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53ème congrès national de l’ARAC : revue de presse
Publié le dimanche 23 décembre 2007, mis à jour le jeudi 24 janvier 2008

 

Intervention, au 53ème Congrès National de l’ARAC, de Monsieur Alain MARLEIX Secrétaire d’Etat à la Défense Chargé des Anciens Combattants
 
Monsieur le Député-Maire, Mon Cher Jean,
Monsieur le Préfet Secrétaire Général de la Préfecture de l’Essonne,
Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Sénateur, Mesdames et Messieurs les Élus,
Monsieur le Préfet-Directeur Général de l’ONAC,
Monsieur le Président, Raphaël Vahé,
Mesdames et Messieurs les Présidents des grandes associations nationales d’anciens combattants,
Chers Amis,

Merci, Monsieur le Président, pour votre invitation.

Votre congrès a lieu tous les deux ans, vos travaux ont duré quatre jours, vous m’avez invité pour la clôture depuis fort longtemps, pratiquement depuis ma prise de fonctions et vous étiez venus me voir avec votre Secrétaire général que j’ai l’honneur aussi de saluer et donc j’avais dit oui et bien entendu je tiens l’engagement et je suis très heureux de me retrouver parmi vous ce matin ici dans cette jolie commune.

Comme vous l’avez souligné, Monsieur le Président, je tiens à ce que nous puissions entretenir un dialogue franc et ouvert.

J’ai en effet pleinement conscience du rôle que jouent les associations d’anciens combattants dans la vie publique de notre pays.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité d’ailleurs vous recevoir dès ma prise de fonction, et c’est la raison pour laquelle je me réjouis de votre invitation à venir ici, à Savigny-sur-Orge, à votre congrès, chez mon ami Jean Marsaudon.

C’est aussi la raison pour laquelle, j’ai souhaité que les mesures nouvelles que j’ai présentées lors de la discussion budgétaire — j’étais hier soir au Sénat dans le cadre du projet de budget 2008 — correspondent le plus possible dans la mesure des capacités financières actuelles du gouvernement aux attentes du monde combattant.

Je veux aujourd’hui m’adresser à vous, et à travers vous, à tous les membres de l’Association Républicaine des Anciens Combattants.

L’ARAC joue en effet un rôle important dans le monde combattant à la fois en poursuivant son œuvre d’entraide, et en s’attachant à préserver la mémoire des conflits et des sacrifices consentis.

Aujourd’hui, vous vous engagez avec la même énergie et la même loyauté au service de la cohésion sociale et de la solidarité nationale.

J’y vois pour ma part la preuve que les anciens combattants occupent une place éminente au sein de notre société.

Cet engagement, cette générosité et cet humanisme, vous les mettez depuis près de 90 ans maintenant au service de la paix, fidèle à l’esprit de votre fondateur Henri Barbusse, cet « écrivain combattant contre toutes les guerres » ainsi qu’il aimait à se définir lui-même.

Le dialogue et la compréhension entre les peuples, parfois ennemis d’hier, doivent apaiser les tensions, et renforcer notre volonté à vivre ensemble.

Ainsi, mesdames et messieurs, je sais combien l’ARAC sera soucieuse, en 2008, lors du 90ème anniversaire du 11 novembre 1918, non pas de fêter la victoire des uns « contre » les autres, mais bien ce « grand soulagement » qu’a constitué l’armistice et ensuite l’avènement de l’Europe qui se prolonge aujourd’hui dans la construction de l’Union européenne.

C’est cette feuille de route que j’ai adressée à la commission présidée par le grand professeur d’histoire et spécialiste de la Première guerre mondiale Jean-Jacques Becker et qui est chargée de me faire des propositions sur le sens à donner aux commémorations qui marqueront le 90ème anniversaire du 11 novembre.

Mais au-delà des symboles nécessaires parce qu’ils cimentent une Nation autour des valeurs communes, cette reconnaissance s’exprime également au travers des droits spécifiques que nous avons tous souhaité voir institués ou renforcés.

Mais, pace qu’il est dans ma responsabilité première au Gouvernement d’être fidèle aux engagements pris par le Président de la République, parce qu’il est aussi de ma responsabilité d’être à l’écoute de la représentation nationale, que ce soit à l’Assemblée ou au Sénat, j’ai souhaité que ce soit un budget volontariste.

J’en veux ainsi pour preuve que la dotation moyenne par pensionné augmente pour 2008 de 3,30%. 3,30% par pensionné, c’est vrai qu’ il y a une baisse globale du Ministère mais au niveau de la structure actuelle, vous savez qu’une loi qu’on appelle la LOIF a modifié les structures de nos ministères et un certain nombre de services des anciens combattants sont maintenant, émargent maintenant à d’autres structures administratives, et notamment au secrétariat général du gouvernement, ce qu’on appelle le SGG, ainsi pour les orphelins par exemple dont tous les bénéficiaires des décrets de 2000 et 2004.

Alors dans les faits, ça traduit une baisse du budget des anciens combattants mais quand on fait le total des sommes qui sont allouées aux anciens combattants on arrive pas du tout à une baisse et par pensionné l’augmentation est donc de 3,30% pour 2008.

Et ainsi, j’ai obtenu, je vais vous parler des mesures phares qui ont été évoquées par le Président Vahé il y a un instant qui sont en fait ces mesures fortes sont les points de revendication essentiels exprimés dans les différentes organisations parmi lesquelles l’ARAC.

Donc j’ai obtenu à la suite d’un amendement que j’ai déposé au nom du Gouvernement, la poursuite de la revalorisation de la retraite du combattant à hauteur de 2 points dès 2008. Alors ce n’est pas au l’ janvier comme certains le souhaitaient, c’est au l’ juillet mais cela portera l’indice de la retraite du combattant à 39 points, l’augmentation initiée depuis 2006 ….. de 6 points il y a eu, je suis désolé de le rappeler mais c’est mon devoir de le faire aucune augmentation de l’indice de 1978 jusqu’en 2006, ça fait près de 30 ans, 30 ans stagnation totale, augmentation 0. 2006, 2007, 2008 : 3 fois 2, voilà. Donc je veux quand même souligner cette dynamique qui vient d’être créée, et cette augmentation de 2 points réalisée en 2006 et 2007 n’est pas un aboutissement, pas plus que celle de 2008, l’objectif c’est celui qui a été défini par le Président de la République c’est d’arriver à la fin du quinquennat à l’objectif 48.

La dynamique de revalorisation est donc bien poursuivie et inscrite dans une démarche continue.

J’ai d’ailleurs demandé, ce qui est la première fois dans l’histoire budgétaire de ce ministère, j’ai d’ailleurs demandé à la direction financière du ministère de la Défense, lors de la discussion budgétaire à l’Assemblée nationale, d’intégrer dans les programmations financières 2009-2012 les augmentations prévues pour atteindre l’indice 48 soit 2 points chaque année en 2009, 2010, 2011 et 3 points en 2012. Ainsi l’engagement de 48 sera tenu à la fin du quinquennat.

Voilà, donc je pense que c’est une hausse tout à fait significative qui vient s’ajouter aux autres et je regrette, bien sûr, que cela n’ait pas été fait plus tôt. Mais vous ne pouvez pas m’imputer entre 1981 ou 2002 l’absence d’augmentation de cet indice. Voilà.

Autre mesure phare qui est l’allocation différentielle pour les veuves. L’effort de solidarité se traduira aussi par la création pérenne, je dis bien pérenne, d’une allocution destinée aux conjoints survivants des anciens combattants.

D’un montant de 5 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2008, cette mesure doit permettre à ces conjoints de continuer à vivre de façon digne en assurant à chaque conjoint survivant un revenu mensuel au moins égal à 681 €. Pourquoi 681 €, c’est ce qui correspond au minimum vieillesse tel que défini par l’INSEE.

A ce sujet, Monsieur le Président, comme je vous l’avais demandé lors de la présentation du budget au ministère il y a quelques semaines, j’en appelle à une mobilisation renforcée de vos adhérents et donc à vous toutes et tous.

Les premiers retours qui me sont faits démontrent en effet que les ayants droit sont insuffisamment informés et sollicités.

Je ne voudrais pas que ce dispositif, plutôt que de bénéficier d’une montée en puissance, soit condamné à terme.

Cette mesure de revalorisation sera effective pour tous les dossiers déposés depuis le 31 août 2007. Dans le budget 2007 nous avions mis 500.000 €, nous l’avons amendé avec 4.500.000 € dans le budget 2008, ce qui fait qu’au total l’ONAC dispose de 5.000.000 € pour payer cette allocation différentielle.

Bien évidemment, si les crédits n’étaient pas tous consommés, ou s’il apparaissait que la mesure ne répondait qu’imparfaitement à l’exigence de solidarité, j’envisagerai là encore de relever ce seuil. On l’a relevé de 550 € à 681 €, indice INSEE mais s’il n’y pas assez de bénéficiaires ou si c’est encore trop bas, je suis prêt, plutôt que de rendre l’argent et bien entendu à remonter le seuil mais il faut aussi que les ayant droits bénéficient d’une réelle information et donc c’est le rôle de la presse des anciens combattants et elle le fait, c’est le rôle des associations et elles le font mais je saisis chaque occasion et je le fais aujourd’hui devant vous pour rappeler cet effort d’information qu’il faut faire auprès des anciens combattants, surtout des veuves pour qu’elles puissent devenir des ayant droits et qu’elle soient au courant de leurs droits propres.

Et, autre mesure importante, parce que ça correspond à une revendication déjà ancienne et légitime de beaucoup d’associations, il s’agira d’achever dans ce budget 2008 le processus de décristallisation des pensions engagée dès septembre 2006 au bénéfices des anciens combattants des pays autrefois sous souveraineté française.

Ce sont des sommes là, j’attire votre attention là-dessus, des sommes qui sont très importantes dans ce budget. Le projet de budget 2008 comprend la dotation de 118 millions d’euros. Ce n’est pas rien et dans ce budget pour la décristallisation des pensions. Les premiers bénéficiaires, les anciens combattants qui ont servi l’année française notamment dans la lutte contre le nazisme, l’Algérie premier bénéficiaire, ensuite le Maroc en second, la Tunisie, en troisième le Sénégal ensuite. D’autres pays africains. Je me suis d’ailleurs rendu en Algérie au mois de septembre, j’y retournerai demain avec le Président de la République, je me suis rendu en Tunisie, j’irai au Maroc dans quelques semaines, et au Sénégal juste après, pour me rendre d’abord pour inviter ces anciens combattants qui se sont battus avec nous notamment dans la lutte contre le nazisme et pour leur rappeler que la France ne les oublie pas, que la France est toujours à leurs côtés, croyez-moi c’est très touchant, très émouvant d’aller les rencontrer, c’est pour moi aussi l’occasion de vérifier que les pensions arrivent et je peux vous dire, sauf cas tout à fait exceptionnel, puisque nous avons d’ailleurs des antennes de l’ONAC, des antennes administratives qui sont encore très présentes avec du personnel à Alger, à Oran, à Tunis, à Casablanca entre autre, avec des services sociaux qui marchent d’ailleurs très et bien on se rend compte que les choses maintenant sont parfaitement rodées et que les pensions arrivent dans les délais à la satisfaction générale. C’était là une revendication tout à fait légitime de nos anciens combattants et nous y avons pourvu.

Alors bien entendu maintenant cette mesure va monter en puissance parce qu’il y a d’avantage d’ayant droits chaque année mais vous voyez le budget 2008 prévoit avec 118 millions d’euros cette montée en puissance.

Vous avez dit un mot, président Vahé, sur la campagne double. Je vais être très clair aussi, mois je m’étonne que le rapport commis à ce sujet ne vous ait pas été communiqué.

Je m’engage, pour ma part, à le rendre public ainsi que l’avis du Conseil d’Etat qui d’ailleurs contrairement à ce qui est dit, ne confirme pas les propositions du rapport, mais au contraire les infléchit, et les infirme. Voilà, donc ma position là-dessus.

J’ai aussi, à la suite du Président de la République, la volonté d’aboutir à un résultat satisfaisant et équilibré en pleine collaboration avec les associations, et dans le cadre d’une parfaite démarche interministérielle. Et donc je souhaite que dans ce domaine aussi nous obtenions les meilleurs résultats et je veux qu’on arrive à régler rapidement ce problème qui traîne depuis trop longtemps.

Venons-en à la politique de mémoire qui est axe fort de la politique des anciens combattants. En matière de politique de mémoire, j’ai souhaité là encore donner une impulsion qui me semble forte et nouvelle.

Des investissements dans ce budget seront ainsi engagés, et je pense ici pour faire court aux travaux de sécurisation et de remise en état des cimetières en Afrique du Nord, là aussi je suis allée les visiter à Alger, à Oran au Petit lac, à Mers El Kébir, à Gammarth à Tunis, j’irai au Maroc et donc au Sénégal dans quelque temps, et je ferai la même chose.

Donc remise en ordre des cimetières en Afrique du Nord, alors sécurisation aussi qui est quelque chose de très important et nous avons souvent recruté sur place du personnel local qui fait extrêmement bien son travail et en Algérie, j’ai eu d’ailleurs l’occasion de remercier les autorités algériennes, notamment à Alger, et les employés de la Wilaya qui entretiennent le cimetière qui est sous Notre Dame d’Afrique de façon tout à fait remarquable.

Hélas, vous savez que la guerre civile a sévi pendant une dizaine d’années en Algérie, les cimetières qu’ils soient civils ou militaires ont été éventrés, endommagés, saccagés, et donc il y a encore tout un travail à faire, que on s’efforce de faire avec les autorités algériennes.

Donc pour revenir au patrimoine lié à la mémoire, Thessalonique, armée d’Orient 400 mille euros c’est parmi les nécropoles du front d’Orient sur lequel les armées françaises combattirent de 1915 à 1918 et rien n’avait été fait depuis longtemps.

J’évoquerai surtout, mais je sais combien la question éveille notre conscience collective le cimetière de Mers El Kebir et la nécropole du Petit Lac d’Oran en Algérie, la nécropole de Gammarth en Tunisie et puis la remise en état, leur sécurisation, et donc bientôt comme je l’ai dit au Maroc à Casablanca le carré militaire de Ben M’Sick.

J’ajouterai aussi enfin la poursuite de la restauration du site de Notre Dame de Lorette pour 120 mille euros, la mise en valeur du site du Mont Valérien pour 400 mille euros, la modernisation du Mémorial du Mont Faron pour 400 mille euros, l’historial Charles de Gaulle aux Invalides pour 17 millions d’euros et je le rappelle la création de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc pour 3 millions d’euros.

Mais j’ai également décidé d’engager une vaste réflexion sur la politique de mémoire. Je vais vous en dire brièvement quelques mots.

Je vais le dire le plus simplement du monde, et je vais le dire de manière forte, engagée parce que je sais que vous me comprendrez.

Ce n’est pas désuet de se réunir autour du monument aux morts pour célébrer la mémoire de ceux, illustres ou non, qui ont combattu pour la France, la mémoire de ceux, illustres ou non, qui ont été la victime de la folie meurtrière.

Je veux que ces moments de recueillement ne cessent pas d’être cette occasion privilégiée de transmettre leur exemple, d’inculquer les valeurs qui font le ciment de notre République française. Aussi, j’ai décidé d’installer une commission présidée par le Professeur André Kaspi afin de réfléchir aux voies du renouveau pour les cérémonies commémoratives dont certaines, hélas chacun le sait bien, souffrent de désaffection.

Il faut que nous réfléchissions sur la forme sans, bien entendu, en affecter le fond. J’en veux pour preuve l’exemple de la lecture de la lettre de Guy Môquet.

En effet, au Mont Valérien, il y a quelques jours, lieu emblématique du martyre de la Résistance, s’il en est, j’avais convié 5 classes de lycéens des banlieues à participer, et avec quel succès, à un spectacle culturel fondé sur des textes de la Résistance, ça a fort bien marché, la presse d’ailleurs s’en est fait l’écho. C’est une expérience qu’il faudra renouveler, cette manifestation s’est passée dans un langage qui est propre aux jeunes avec le style qui est propre aux jeunes d’aujourd’hui et je pense qu’il faut adapter ces cérémonies aux nouvelles générations si on veut qu’elles soient pérennisées. Vous le voyez, si le fond bien entendu, doit rester intangible, presque sacré parce qu’il est au cœur même de notre identité républicaine, la forme a été grandement renouvelée, modernisée plus en phase avec ce qu’attendent les jeunes générations.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Au-delà des chiffres et mesures techniques, je veux que vous reteniez ce lien qui nous unit désormais parce que je découvre avec vous un monde attachant, où j’ai toujours rendez-vous avec notre histoire, l’histoire France, parce que je découvre un monde moderne où les notions que vous avancez, les valeurs que vous défendez ont été celles mises en avant, avec passion, notamment, par le Président de la République dans la dernière campagne électorale.

Enfin, les mots de « patrie », « d’amours de la France » sont réapparus, non pas comme un tabou mais comme ce qui constitue notre essence de citoyen, notre condition pour vivre ensemble.

Et si je suis heureux d’être là c’est parce que je sais, Mesdames et Messieurs, que vous faites vivre au quotidien ces valeurs républicaines, sans lesquelles il n’y a pas de France possible.

Avant de terminer et de vous remercier je voudrai aborder deux points, je n’avais pas prévu de la faire dans mon discours, j’espère que je ne suis pas trop long mais, vous l’avez évoqué et je ne veux pas esquiver des réponses à des questions que vous avez posées.

Sur Perpignan, c’est vrai j’y étais dimanche dernier. Il y avait 6.000 familles de disparus, des pied- noirs certes mais aussi beaucoup de harkis, beaucoup de familles de harkis, des familles de militaires parce que ne l’oublions pas il y a eu 320 soldats français qui ont disparu. Ils ont été identifiés comme tel et sur ce mur il y a les noms certes des pieds-noirs qui ont disparu, il y a le nom des français de métropole qui au moment de ces événements ont également disparu, et il y a aussi beaucoup de noms de harkis disparus, il y a aussi beaucoup de noms, ces 300 militaires, ces 300 appelés du contingent qui ont disparu dans des conditions encore inexpliquées.

Donc ça n’avait pas du tout un caractère, comme ça a été dit, Algérie française ou nostalgique. Si ça avait été le cas je n’y serais pas allé ou j’aurai quitté la manifestation et le gouvernement algérien d’ailleurs a fort bien pris la présence du gouvernement français à cette manifestation et pour ceux que ça intéresse je pourrai leur communiquer les extraits de la presse algérienne qui n’a pas du tout pris le gouvernement français en défaut dans cette affaire, bien au contraire, et a parlé de la mesure, de la mesure de la sérénité avec lequel le représentant du gouvernement français s’était exprimé à cette occasion. Je tiens à la souligner devant vous et je tiens tous ces documents à votre disposition.

Alors je le 19 mars je ne veux pas m’esquiver non plus. Le 5 décembre c’est la loi. Le Président de la République l’a rappelé. Pour le 19 mars qui est une date associative mais comme l’était le 18 juin. Le Président de la République a écrit aux présidents des associations, les autorités civiles et militaires en assurent, écoutez chaque mot, les autorités civiles et militaires en assurent le bon déroulement, en assurent le bon déroulement sauf circonstances locales.

Alors vous savez que c’est une circulaire qui demande au Préfet et aux fonctionnaires d’autorité l’organisation, les modalités d’organisation de cette manifestation du 19 mars. La circulaire doit être rénovée, la circulaire pour 2008 au Préfet devra être réécrite, je souhaite qu’elle soit réécrite, et je vais y travailler avec mes collègues concernés au Ministère de l’Intérieur en particulier et je souhaite que dès 2008 cette circulaire au Préfet évoque de façon claire la participation des autorités civiles et militaires à ces cérémonies, bien sûr sauf situations locales très particulières qui pourraient engendrer des désordres, des manifestations ou des conflits. Ce n’est pas la peine d’avoir des conflits, des bagarres devant nos Monuments aux morts. Je souhaite, parce que j’en ai été victime moi-même dans mon département, je souhaite qu’il y ait une représentation de l’État, une représentation militaire qui soit digne de cette date et je veillerai à ce que cette circulaire 2008 à l’ensemble de nos Préfets tienne compte de ce qui a été exprimé dans la lettre aux anciens combattants et à leurs associations et à leurs présidents par le Président de la République lors de la campagne électorale.

Merci de votre attention.

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Journal « l’Humanité »  
Les anciens combattants en congrès
 
ARAC . La formation veut ouvrir ses rangs « aux générations nouvelles ».

L’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) vient de clore hier, à Savigny-sur-Orge (Essonne), au terme de quatre jours de débats, son 53e Congrès national.

L’un des enjeux essentiels : étendre son audience « aux gens de tous âges qui veulent résister à la désespérance ».

Refusant d’être un simple lobby adossé au seul « devoir de mémoire », l’association revendique le droit à réparation mais entend aussi agir et résister pour « les laissés-pour-compte des guerres contemporaines ».

« Comment, dans les conditions d’aujourd’hui… participer à la sauvegarde et la construction d’une paix durable, agir pour un monde et une Europe plus solidaire, plus social, plus démocratique et plus pacifique ? » interrogeait le texte préparatoire aux débats.

Du travail sur la planche pour des congressistes, qui portent un regard résolument progressiste sur le monde, à rebours de l’image ancrée dans les esprits de bien de leurs concitoyens.

L’association fondée en 1917, notamment par les écrivains Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier, revendique plusieurs dizaines de milliers d’adhérents individuels et collectifs.

Son actuel président, Raphaël Vahé avait pris l’initiative, peu avant l’élection présidentielle, d’une lettre en direction des candidats faisant mention des principales inquiétudes de l’organisation, parmi lesquelles la préservation d’une autonomie budgétaire et la pérennité des institutions au service des anciens combattants.

Alain Marlex, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, devait les rejoindre, ce dimanche, pour la séance de clôture du congrès.

Fr. D.

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Allocution de Monsieur Alain MARLEIX"

Allocution de Monsieur Alain MARLEIX à l’adresse de l’Association Républicaine des Anciens Combattants à SAVIGNY SUR ORGE (02/12/07)
 
Monsieur le Président, Raphaël VAHE,

Monsieur le Préfet, Directeur général de l’ONAC,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Merci, Monsieur le Président, pour votre invitation.

Comme vous l’avez souligné, je tiens à ce que nous puissions entretenir un dialogue franc et ouvert.

J’ai en effet pleinement conscience du rôle que jouent les associations d’Anciens Combattants dans la vie publique de notre pays.

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité vous recevoir dès ma prise de fonction, et c’est la raison pour laquelle je me réjouis de votre invitation à venir ici, à SAVIGNY-SUR-ORGE, à votre congrès.

C’est aussi la raison pour laquelle, j’ai souhaité que les mesures nouvelles que j’ai présentées lors de la discussion budgétaire – j’étais hier soir au Sénat dans le cadre du projet de budget 2008 – correspondent le plus possible aux attentes du monde combattant.

Je veux aujourd’hui m’adresser à vous, et à travers vous, à tous les membres de l’Association Républicaine des Anciens Combattants.

L’ARAC joue en effet un rôle important dans le monde combattant à la fois en poursuivant son œuvre d’entraide, et en s’attachant à préserver la mémoire des conflits et des sacrifices consentis.

Aujourd’hui, vous vous engagez avec la même énergie et la même loyauté au service de la cohésion sociale et de la solidarité nationale.

J’y vois pour ma part la preuve que les Anciens Combattants occupent une place éminente au sein de notre société.

Cet engagement, cette générosité et cet humanisme, vous les mettez depuis près de 90 ans maintenant au service de la paix, fidèle à l’esprit de votre fondateur Henri BARBUSSE, cet "écrivain combattant contre toutes les guerres" ainsi qu’il aimait à se définir lui-même.

Le dialogue et la compréhension entre les peuples, parfois ennemis d’hier, doivent apaiser les tensions, et renforcer notre volonté à vivre ensemble.

Ainsi, mesdames et messieurs, je sais combien l’ARAC sera soucieuse, en 2008, lors du 90ème anniversaire du 11 novembre 1918, non pas de fêter la victoire des uns "contre" les autres, mais bien ce "grand soulagement" qu’a constitué l’armistice et ensuite l’avènement de l’Europe qui se prolonge aujourd’hui dans la construction de l’Union européenne.

C’est cette feuille de route que j’ai adressée à la commission présidée par le grand professeur d’histoire et spécialiste de la Première guerre mondiale Jean-Jacques BECKER et qui est chargée de me faire des propositions sur le sens à donner aux commémorations qui marqueront le 90ème anniversaire du 11 novembre.

Mais au-delà des symboles nécessaires parce qu’ils cimentent une Nation autour de valeurs communes, cette reconnaissance s’exprime également au travers des droits spécifiques que j’ai souhaité voir institués ou renforcés.

Mais, parce qu’il est de ma responsabilité première au Gouvernement d’être fidèle aux engagements pris par le Président de la République lors de la campagne présidentielle, parce qu’il est aussi de ma responsabilité d’être à l’écoute de la représentation nationale, j’ai souhaité que ce soit un budget volontariste.

J’en veux ainsi pour preuve que la dotation moyenne par pensionné augmente pour 2008 de 3,30 %.

Ainsi, j’ai obtenu, à la suite d’un amendement que j’ai déposé au nom du Gouvernement, la poursuite de la revalorisation de la retraite du combattant à hauteur de 2 points.

Cela portera l’indice de la retraite du combattant à 39 points, poursuivant la tendance haussière initiée depuis 2006 après 28 ans de stagnation.

Rappelons-nous à ce sujet qu’une augmentation de deux points avait été réalisée en 2006 et 2007 et que le Président de la République a fixé comme ambition d’atteindre pour la fin du quinquennat l’objectif 48.

La dynamique de revalorisation est donc bien poursuivie et inscrite dans une démarche continue.

J’ai d’ailleurs demandé à la direction financière du ministère de la Défense, lors de la discussion budgétaire à l’Assemblée nationale, d’intégrer dans les programmations financières 2009-2012 les augmentations prévues pour atteindre l’indice 48 soit 2 points chaque année en 2009, 2010, 2011 et 3 points en 2012.

L’effort de solidarité se traduira aussi par la création pérenne d’une allocation destinée aux conjoints survivants des Anciens Combattants.

D’un montant de 5 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2008, cette mesure doit permettre à ces conjoints de continuer à vivre de façon digne en assurant à chaque conjoint survivant un revenu mensuel au moins égal à 681 € qui correspond au minimum vieillesse tel que défini par l’INSEE.

A ce sujet, Monsieur le Président, comme je vous l’avais demandé lors de la présentation du budget au ministère, j’en appelle à une mobilisation renforcée de vos adhérents.

Les premiers retours qui me sont faits démontrent en effet que les ayants droit sont insuffisamment informés et sollicités.

Je ne voudrais pas que ce dispositif, plutôt que de bénéficier d’une montée en puissance, soit condamné à terme.

Cette mesure sera effective pour tous les dossiers déposés depuis le 1er août 2007.

Bien évidemment, si les crédits n’étaient pas tous consommés, ou s’il apparaissait que la mesure ne répondait qu’imparfaitement à l’exigence de solidarité, j’envisagerai là encore de relever ce seuil.

Par ailleurs, il s’agira d’achever le processus de décristallisation engagée dès septembre 2006 aux bénéfices des Anciens Combattants des pays autrefois sous souveraineté française.

Le projet de budget 2008 comprend une dotation de 118M€ à cet effet.

Concernant la campagne double, je vais être très clair.

Je m’étonne que le rapport commis à ce sujet ne vous ait pas été communiqué.

Je m’engage, pour ma part, à le rendre public ainsi que l’avis du Conseil d’Etat qui contrairement à ce qui est dit, ne confirme pas les propositions du rapport, mais au contraire les infléchit, les infirme.

J’ai, à la suite du Président de la République, la volonté d’aboutir à un résultat satisfaisant et équilibré en pleine collaboration avec les associations, et dans le cadre d’une parfaite démarche interministérielle.

En matière de politique de mémoire, j’ai souhaité là encore donner une impulsion forte et nouvelle.

Des investissements seront ainsi engagés, je pense ici aux travaux de sécurisation et de remise en état des cimetières en Afrique du Nord comme celui de THESSALONIQUE en Grèce (400 mille euros) qui compte parmi les nécropoles du front d’Orient sur lequel les armées françaises combattirent de 1915 à 1918.

J’évoquerai surtout, puisque je sais combien la question éveille notre conscience collective le cimetière marin de Mers El Kebir et de la nécropole du Petit Lac d’ORAN en Algérie, la nécropole de Gammarth en Tunisie où je me suis rendu dernièrement pour apprécier par moi-même leur entretien, leur remise en état et leur sécurisation, et bientôt au Maroc à CASABLANCA le carré militaire de Ben M’ Sick.

J’ajouterai enfin à ce sujet la poursuite de la restauration du site de Notre Dame de Lorette (120 mille euros), la mise en valeur du site du Mont Valérien (400 mille euros), la modernisation du Mémorial du Mont Faron (400 mille euros), l’historial Charles de Gaulle aux Invalides (17,5 millions d’euros) et je le rappelle la création de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc (3 millions d’euros).

Mais j’ai également décidé d’engager une vaste réflexion sur la politique de mémoire.

Je vais le dire le plus simplement du monde, et je vais le dire de manière forte, engagée parce que je sais que vous me comprendrez.

Non, ce n’est pas désuet de se réunir autour du monument aux morts pour célébrer la mémoire de ceux, illustres ou non, qui ont combattu pour la France, la mémoire de ceux, illustres ou non, qui ont été la victime de la folie meurtrière.

Je veux que ces moments ne cessent pas d’être cette occasion privilégiée de transmettre leur exemple, d’inculquer les valeurs qui font le ciment de notre République.

Aussi, j’ai décidé d’installer un commission présidée par le Professeur André KASPI afin de réfléchir aux voies du renouveau pour les cérémonies commémoratives dont certaines souffrent de désaffection.

Il faut que nous réfléchissions sur la forme sans en affecter le fond.

J’en veux pour preuve l’exemple de la lecture de la lettre de Guy MOQUET.

En effet, au Mont Valérien, lieu emblématique du martyre de la Résistance, j’avais convié 5 classes de lycéens à participer, et avec quel succès, à un spectacle culturel fondé sur des textes de la Résistance.

Vous le voyez, si le fond doit rester intangible, presque sacré parce qu’il est au cœur même de notre identité républicaine, la forme a été grandement renouvelée, modernisée plus en phase avec ce qu’attendent les jeunes générations.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Au-delà des chiffres et mesures techniques, je veux que vous reteniez ce lien qui nous unit désormais parce que je découvre avec vous un monde attachant, où j’ai toujours rendez-vous avec notre histoire, l’histoire de France, parce que je découvre un monde moderne où les notions que vous avancez, les valeurs que vous défendez ont été celles mises en avant, avec passion, par le Président de la République.

Enfin, les mots de "patrie", "d’amour de la France" sont réapparus, non pas comme un tabou, mais comme ce qui constitue notre essence de citoyen, notre condition pour vivre ensemble.

Et si je suis heureux d’être là c’est parce que je sais, Mesdames et Messieurs, que vous faites vivre au quotidien ces valeurs, sans lesquelles il n’y a pas de France possible.

Je vous remercie.

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Intervention de Monsieur Alain MARLEIX"

Intervention de Monsieur Alain MARLEIX,
 
Secrétaire d’Etat à la défense chargé des Anciens combattants, au 53ème Congrès national de l’Association Républicaine des Anciens Combattants, et Victimes de Guerre (ARAC), à Savigny sur Orge (Essonne), dimanche 2 décembre 2007

Monsieur Alain MARLEIX, Secrétaire d’Etat à la défense, chargé des Anciens combattants se rendra dans le département de l’Essonne à Savigny sur Orge pour la clôture du 53ème Congrès national de l’Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ARAC), le dimanche 2 décembre 2007.

Monsieur Alain MARLEIX qui attache une importance toute particulière au rôle important que jouent les associations d’Anciens Combattants dans la vie publique de notre pays, répond à l’invitation de l’ARAC pour saluer son oeuvre constante pour l’entraide et la préservation de la mémoire des conflits et des sacrifices consentis.

Le Secrétaire d’Etat, par sa présence à Savigny sur Orge, tient à rendre hommage à "cet engagement et cette loyauté au service de la cohésion sociale et de la solidarité nationale." et y voit "la preuve que les Anciens Combattants occupent une place éminente au sein de notre société."

Programme :

11 h 30 Arrivée à Savigny sur Orge

  •  Allocution du Ministre
  •  Revue des troupes
  •  Dépôt de gerbe
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    http://berson91.typepad.fr/berson/2007/12/congrs-de-larac.html

     
    J’étais dimanche au 53ème Congrès national de l’Association Républicaine des Anciens Combattants en présence d’Alain Marleix, secrétaire d’Etat chargé des Anciens Combattants.

    Les jours de débat ont permis à cette grande association de définir des pistes de travail pour les prochains mois, notamment l’extension de l’audience de l’association et de la mémoire combattante aux générations nouvelles.

    Conserver la mémoire de l’engagement de ceux qui se sont battus pour notre pays, qui ont défendu sa liberté doit demeurer un impératif, nous le savons tous. Michel