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70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
Publié le vendredi 18 juin 2010


Union100618a - Marne

70e anniversaire de l’appel du général de Gaulle

Aujourd’hui avec votre journal, le supplément de 16 pages sur le 70e anniversaire de l’appel du 18 juin. L’occasion de rendre hommage aux Compagnons de la Région, de revenir sur l’appel du 18 juin et ceux qui l’ont entendu, mais aussi quand l’afrique choisissait son camp…


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Le choix de Londres passe par Bordeaux Direction la BBC

Le général à la sortie d’un entretien avec des officiers britanniques.
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  • Churchill et de Gaulle : deux rocs inébranlables.
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  • De Gaulle rend visite à des volontaires déjà à l’entraînement.
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  • C’est dans cet appareil que le général de Gaulle gagne définitivement la Grande-Bretagne pour continuer la guerre.
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  • Ici se trouvait le premier appartement du général.
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  • Lorsque le 16 juin, le général est de retour de Londres où il vient de s’entretenir avec Winston Churchill de transports de troupes vers l’Afrique du Nord où doit se transporter le gouvernement de Paul Reynaud, la situation a changé en métropole. À peine a-t-il atterri vers 21 h 30 sur l’aérodrome de Bordeaux-Mérignac que deux de ses plus proches collaborateurs, les colonels Humbert et Auburtin l’informent que le président du Conseil vient d’être remplacé par Pétain. Toutes les propositions préalablement formulées pour la poursuite de la guerre ont été l’objet de sarcasmes et jugées irréalistes.

    De Gaulle n’est donc plus sous-secrétaire d’Etat, ne dispose plus de commandement au feu. Il ne conserve qu’une volonté d’acier, celle de ne jamais renoncer face à l’adversité et c’est sans doute son meilleur passeport. Il se ressaisit vite et regagne le centre-ville où il s’entretient avec Paul Reynaud. Il ne tourne pas autour du pot, lui annonce qu’il part pour la Grande-Bretagne. Il profite de cet instant pour demander à Margerie, le chef du cabinet diplomatique de l’ancien président du Conseil d’adresser des passeports à son épouse qui se trouve alors en Bretagne à Carantec. Des gendarmes sont immédiatement missionnés à cette fin. Il ne dissimule pas plus ses intentions à l’ambassadeur d’Angleterre Campbell : « Je m’en vais à Londres immédiatement ». On lui explique alors qu’on va lui trouver un avion, alors qu’il n’a pas vraiment besoin des Anglais pour assurer son vol. De Gaulle comprend que le général Spears cherche à en faire « sa créature », ce qu’il ne peut pas accepter.

    Dans la nuit, il réunit ses collaborateurs et leur déclare : « Je leur ai dit, je pars pour Londres ce à quoi Jean Laurent m’a répondu : j’irai vous rejoindre, voilà la clé de mon appartement londonien ». Tous n’ont pas cette promptitude de réaction. À l’évidence, le général n’a pas l’intention d’emmener trop de monde avec lui mais il ne se passera pas de son ordonnance, le lieutenant Geoffroy de Courcel.

    De Gaulle ne s’est jamais étendu sur son départ précipité de Gironde. Dans ses « Mémoires de guerre », il y consacre un paragraphe.

    « l’intransigeant représentant de la nation française »

    Les choses n’ont pas été simples parce qu’en cette nuit, l’aérodrome de Bordeaux-Mérignac est encombré d’avions qui viennent d’un peu partout et dont les pilotes cherchent à éviter la confiscation par l’ennemi qui progresse partout. Les vols à destination de la Grande-Bretagne ne vont y être interdits qu’à partir du 22 juin. Chez beaucoup c’est la volonté qui manque. Henri Amouroux qui s’est entretenu de cet épisode avec Christian Fouchet parti de Bordeaux pour le Royaume-Uni le 17 mentionne cette réflexion de son interlocuteur : « Sur une centaine d’officiers et de sous-officiers qui étaient là, nous fûmes huit à penser que la guerre allait continuer dans l’Empire et que l’honneur consistait à sortir à tout prix de la veulerie dans laquelle on nous plongeait. Nous étions calmes et résolus. Le plus jeune avait vingt ans, le plus âgé vingt-huit. Chacun de nous allait brusquement se muer en déserteur, laisser derrière lui, patrie, famille, maison, se lancer dans l’aventure totale et inconnue. Nous le fîmes très délibérément ».

    Au cours du vol que le conduit à Londres, de Gaulle fait escale sur l’île de Jersey. Il réfléchit aux obligations imposées par son choix. Dans l’exil, il choisit d’être « l’intransigeant représentant de la nation française ». Le 17, de Gaulle est au 10, Downing Street. Il s’agit d’obtenir la confiance de Churchill pour continuer la lutte.


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    Direction la BBC

    Comment se passe pour le général de Gaulle cette journée du 18 juin ? Il occupe un petit appartement de Seamore Place appartenant à Jean Laurent qui lui en a remis aimablement les clés. Il a pour tout bagage un pantalon, quatre chemises, quelques affaires de toilette et une photo de famille. Son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, fait un retrait d’argent et contacte l’une de ses connaissances à Londres, Élisabeth de Miribel, 24 ans, employée dans l’une des missions françaises de la capitale britannique. Il lui demande de le rejoindre parce que le général de Gaulle a d’importants papiers à faire dactylographier. La jeune femme emmène dans cette aventure deux de ses collègues qui ne se satisfont pas plus qu’elle de distribuer des oranges aux rapatriés de Dunkerque. Il s’agit de Mme Julien Durand et de Mlle Le Tonturier.

    Élisabeth de Miribel reçoit dans la matinée un texte mal écrit, donc difficile à lire. Elle ne le tape pas en raison de son manque d’expérience du clavier mécanique mais elle le dicte à un planton français. Dans une pièce voisine, le général s’entretient avec Courcel sur les initiatives qu’il doit prendre en direction des communautés françaises à l’étranger, auprès des généraux en Afrique du Nord, auprès de Weygand. Il ne se préoccupe pas du télégramme qui est adressé par le ministre français de la Guerre au général Lelong attaché militaire de Londres : « N° 10.978 D. Informer général de Gaulle qu’il est remis à la disposition du général commandant en chef et doit rentrer sans délai ».

    En fin d’après-midi, le général de Gaulle, les traits tirés, fumant beaucoup, arrive dans les locaux de la BBC. Le témoignage d’Élisabeth Baker, employée au service européen de la station est un bel instantané : « J’ai vu arriver un grand homme, immense, avec de grandes bottes brillantes, qui marchait en faisant d’immenses enjambées et parlait d’une voix très grave. Il était très concentré mais aussi impatient d’entrer dans le studio ». Le speaker se lève et cède sa place au général qui ôte ses gants blancs et les jette dans son képi renversé orné de feuilles de chêne. Depuis la cabine, le techicien Gibson Parker demande un essai de voix. Stephen Tallance, directeur de la BBC et Geoffroy de Courcel écoutent alors le général prononcer les mots qui vont le faire entrer dans l’histoire. « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises ont formé un gouvernement. Ce gouvernement alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

    « La France n’est pas seule »

    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limite l’immense industrie des États-Unis.

    Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale.

    Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

    Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

    Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres ». C’est fait, les « Free French », les Français Libres sont nés.


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    Un texte qui mûrit

    Voici un texte d’ébauche de l’appel du 18 juin qui est écrit par le général le 17 au soir. Il est présenté dans « Charles de Gaulle, lettres, notes et carnets 1905-1941 » dernière édition dans la collection Bouquins chez Robert Laffont, p. 934 :

    « La défaite française a été causée par la force mécanique, aérienne et terrestre des Allemands. l’action foudroyante de la force mécanique a fait effondrer le moral du commandement et du gouvernement.

    A la suite de cet effondrement, deux voies étaient ouvertes :

    Ou bien la voie de l’abandon et du désespoir. Cette voie menait à la capitulation. C’est celle qu’a choisie le gouvernement Pétain.

    Ou bien celle de l’honneur et de l’espérance : c’est celle qu’ont choisie mes compagnons et moi.

    Nous croyons que l’honneur commande aux Français de continuer la guerre aux côtés de leurs alliés et nous sommes résolus à le faire.

    Nous espérons qu’un jour une force mécanique, aérienne et terrestre supérieure nous rendra la victoire et nous permettra de délivrer la patrie ».


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    Un talisman de l’espoir

    Le texte de l’affiche qui a été placardée sur les murs de Londres.
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  • « Le Progrès », « le Petit Marseillais », « le Provençal » ont publié l’appel. Certains ont enlevé des passages mais dans l’ensemble, ils ont respecté la lettre. En tous cas, ils en ont fait plus que le Times ou le Daily Express.

    Qui entend le 18 juin l’appel du général ? Il y a quelques privilégiés mais alors que les Français sont sur les routes de l’exode, beaucoup confondent aujourd’hui la date et le moment où ils ont entendu parler de l’appel du général. Il y a bien des exceptions notamment dans le sud-est de la France. Parce que plusieurs journaux donnent l’information dès leur édition datée du 19 juin. On doit reconnaître que le « Petit Provençal » ou le « Petit Marseillais » consacrent une place plus importante que le « Times » à l’initiative de Charles de Gaulle.

    Tout juste le « Daily Express » accorde-t-il sur une colonne en huitième page une brève résumant l’intervention du général : « La France n’est pas perdue. Un général français dit : un jour nous vaincrons ». Bien sûr, si l’information est développée sur la Côte d’Azur c’est bien parce que les départements méditerranéens ne sont pas occupés par les forces de l’envahisseur. Autant au nord de la Loire la défaite est totale, autant plus au sud, il s’avère qu’avec la demande d’armistice formulée par le maréchal Pétain, l’occupation totale de l’Hexagone ne se fera pas. Tout du moins pour l’instant.

    dépêches retaillées

    Dès lors la rédaction du « Petit Marseillais » n’hésite pas en page 3 à publier l’essentiel de l’intervention du général tandis que « Marseille matin » révèle qu’à Londres, de Gaulle invite les Français expatriés à le rejoindre. « Le Petit Provençal » choisit de consacrer un texte sur deux colonnes dans la moitié supérieure de la une à cet appel lancé depuis la Grande-Bretagne. Il s’agit d’une publication du communiqué de la BBC qui rappelle que le général français de Gaulle s’est exprimé depuis la capitale britannique. Il varie de quelques mots avec le texte qui a été prononcé mais n’en détourne pas le sens. En revanche, il manque les deux premières phrases sévères à juste titre à l’égard des chefs des armées et du gouvernement.

    Dans le « Progrès de Lyon » c’est une dépêche retaillée qui est proposée au lecteur : « Le général de Gaulle, auteur de nombreuses études sur le rôle des chars d’assaut a prononcé ce soir une allocution à la radio de Londres. La France n’a pas peur, a-t-il dit. Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui continue la lutte. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Foudroyée aujourd’hui par la force mécanique de l’Allemagne, nous pourrons vaincre par une force supérieure mécanique. Le destin du monde est là. Il a conclu : quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain, le général de Gaulle parlera de Londres ».

    Auditeurs privilégiés

    Forcément l’appel est lu mais sa répétition, l’affichage vont avoir un poids particulier au fil du temps. Pourtant, il y a eu quelques auditeurs privilégiés à l’exemple de Pierre Mendès-France revenu du Levant en mai pour aller se battre en Norvège.

    Désireux de faire-valoir ses qualités d’observateur dans l’armée de l’air, brevet d’aptitude que lui a fait passer un Rémois, le futur colonel Marcel Arnoult. Depuis Bordeaux, il entend l’appel. André Philip a également cette chance alors qu’il se trouve à Cognac, tandis que Maurice Schumann, future grande voix de la France libre est à Niort lorsqu’il entend le général.

    Quelques anciens combattants ont été touchés par son initiative puisque le 19, ils lui télégraphient ce message : « Mon général, les mutilés et anciens combattants de la guerre 1914-1918, groupés en Légion française des combattants, vous expriment leur admiration pour l’énergie dont vous faites preuve et les sentiments de patriotisme qui vous animent ».

    Jean Marin qui est déjà à Londres résume l’état d’esprit de ceux qui ont déjà choisi de rejoindre le général, en ayant entendu, lu ou découvert les affiches de l’appel dès le 19 juin : « Dans ces premières journées, puis dans les longues heures de l’espérance se forment des liens qu’au-delà de tout le temps, ni l’usure ni la fatigue ne pourront dénouer tout à fait, parce que leur nature est celle de cette communauté d’infortune et d’espérance, de revers et de fiertés qui est l’argile même de la patrie ».

    Victor Desmet : « Ma fidélité au général est éternelle »

    Victor Desmet a été fait compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941.

    Cette année, les compagnons iront à Londres le 18 juin pour le 70e anniversaire de l’appel du général, mais sans moi, parce que je ne peux plus me déplacer. J’ai reçu l’avant programme, c’est un hommage merveilleux pour notre Chef qui l’a bien mérité. Je ne sais pas combien des quarante-deux survivants auront la force du voyage. Je serai avec eux par le cœur » résume Victor Desmet, 90 ans. Ce Rémois est l’unique compagnon de la Libération encore vivant dans la Marne. Ce vieux monsieur si attachant a rallumé combien de fois la flamme au monument aux morts, lorsque la pleine forme physique était au rendez-vous ? Il n’a pas compté, il l’a fait par fidélité au général et à tous ceux qui ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale pour que le nazisme s’effondre et que la France redevienne un grand pays, libre, généreux, humaniste.

    Humble, attachant, avec sa sagesse de grand aîné, il ne se gargarise pas de son passé : « Un homme doit faire son devoir et lorsque son patriotisme le fait vibrer, il se fait serviteur de son pays. J’ai toujours aimé la France et mon drapeau. Je me suis battu pour eux. C’était pour moi une simple évidence ».

    Renoncer au combat, subir l’armistice sans savoir de quoi demain sera fait sont deux situations qu’il refuse. Alors le 19 juin, il déserte, lui, le zouave bien noté pour poursuivre le combat.

    Son choix se porte vers la Palestine où stationnent des unités britanniques. Bientôt on réunit ces Français rebelles à Ismaïlia en Egypte. Ils sont une petite centaine.

    C’est le général de Gaulle en personne qui m’a décoré

    Tous sont impatients de monter au feu. Le jeune Victor s’engage dans les Forces françaises libres. Nous sommes en juillet. Il est incorporé à la 1re compagnie commandée par le capitaine Folliot qui est intégrée à la 7e division blindée britannique. Il fait partie des premiers Français libres au combat. Victor participe aux batailles menées à la frontière de l’Egypte et de la Libye au cours de l’hiver 1940-1941. Il n’a pas froid aux yeux. Avec les troupes anglaises et australiennes qui ont repris Sidi Barrani et Port Sullum, il entre en Libye et participe aux combats de Bardia et surtout de Tobrouk où il se distingue. « J’étais le tireur au fusil mitrailleur de ma section et c’est ainsi que j’ai descendu un CR 42. Au cours d’une patrouille, j’ai simplement fait prisonnier le général italien commandant de la place et je lui ai confisqué sa voiture que j’ai confiée au lieutenant Barberot (futur ambassadeur de France) avec lequel je suis resté très lié jusqu’à sa mort ». Victor s’arrête, il pense à son ami, compagnon comme lui. Il est bouleversé mais en soldat, digne, il ne bronche pas.

    Puis il reprend : « Ensuite j’ai été versé dans la 13e demi-brigade de Légion étrangère ». Pour ses actions, il reçoit la croix de guerre et est cité à l’ordre de l’armée avant d’apprendre que le général de Gaulle le nomme compagnon de la Libération. Son nom figure dans le décret du 7 mars 1941 publié au Journal officiel de la France libre du 25 mars. « C’est le général de Gaulle en personne qui m’a décoré en mai, juste avant le début de la campagne de Syrie. Cet instant, je ne l’oublierai jamais ».

    Robert Galley : « Fidèle à l’esprit de famille, je voulais m’engager »

    Robert Galley aurait pu devenir officier dès le début de son engagement. Il a préféré gagner ses galons au combat.

    Robert Galley n’est pas seulement l’ancien ministre et député-maire de Troyes. Il est un compagnon de Libération, un gaulliste historique, intégré à la cavalerie blindée, brillant jeune officier du 501e régiment de chars de combat de la 2e DB et qui a épousé Jeanne, l’une des filles du général Leclerc. Dans le livre que Georges-Marc Bénamou vient de consacrer aux « Rebelles de l’an 40 », il explique ses motivations pour continuer le combat et résister. Élève d’une classe de mathématiques spéciales du lycée Louis-le-Grand à Paris, il prépare les concours des grandes écoles mais, à cause de la guerre, sa classe est transférée à Bayonne. Sa motivation première est indissociable de son éducation, où le culte de la patrie est un socle solide. Comment en serait-il autrement alors que son père est un médecin militaire, professeur de chirurgie ?

    Apprenant que des militaires polonais s’embarquent à Saint-Jean-de-Luz, il s’y rend avec quelques camarades. Stoppés et rossés par des policiers, ils font demi-tour mais reviennent le lendemain encore plus convaincus de la pertinence de leur choix. Sur le « Sobieski » qui vogue vers l’Angleterre, Robert Galley apprend l’appel du général de Gaulle. Il confie : « Cela a renforcé notre résolution à poursuivre la lutte jusqu’au bout ». Pas le temps d’évoquer ce choix avec ses parents pris sur les routes de l’exode.

    Il aurait voulu être aviateur mais n’a pas son brevet, alors ce sera la cavalerie blindée, un clin d’œil au général en sorte. Il commence comme simple soldat avant de gravir les échelons. Sa première rencontre avec le général à Aldershot est abrupte. À sa question : « Pourquoi êtes-vous parti ? », il répond : « Parce que j’avais honte de ne m’être pas battu ». Lui reprend : « Vous n’êtes pas parti pour vous sauver ». Galley réplique indigné au fond de lui-même : « Pas du tout ! ».

    Je suis venu me battre, pas gagner des galons

    Après un temps bref de formation où son sergent n’est autre que Raymond Aron, il part pour Dakar et son épisode de guerre totale. Au départ, il ne sait pas où il va. La perspective de se battre contre des troupes françaises l’interpelle. L’échec au Sénégal est une première leçon.

    Après une escale à Victoria au Nigeria, il gagne Douala au Cameroun puis c’est la campagne du Gabon. Au cours de la dernière quinzaine de décembre, Robert Galley est retenu parmi les anciens des classes préparatoires aux grandes écoles pour faire partie d’un peloton d’officiers en constitution à Brazzaville. Il refuse comme une demi-douzaine de camarades et s’explique : « Je suis venu me battre contre les Allemands, je ne suis pas venu gagner des galons en A.E.F. ». C’est ainsi qu’il va devenir deuxième mécanicien sur le char de l’adjudant Robédat avec Jacques Hébert comme premier mécano. Ce n’était qu’un avant-goût avant la campagne de Syrie puis l’épopée de la 2e DB.

    Robert Galley finira par être officier mais c’est un autre épisode de cette vie au service de la France d’un compagnon de la Libération qui a gagné le respect par son courage et ses engagements.

    Louis dans Carrière : un calvaire les camps de concentration nazis

    Il est le délégué de la Fondation de la France Libre mais il est surtout un ancien déporté résistant, inlassable veilleur de la juste célébration de l’appel du 18 Juin. Lorsqu’il entre dans l’armée de l’air en 1938, les relations européennes sont déjà dégradées et la menace d’un nouveau conflit est prise au sérieux. Louis Carrière, ce grand ado du sud-ouest marnais suit cette actualité nerveuse mais prépare avec soin son diplôme de radio navigateur qu’il obtient en mars 1940. Il est affecté au groupement de bombardement 1/15 de Reims mais les événements de mai le conduisent bientôt en Bourgogne à Saint-Yan. il sert à bord d’un quadrimoteur Farman et effectue au sein d’un équipage trois bombardements sur l’Allemagne. L’incessante progression des troupes allemandes et la maîtrise du ciel progressivement acquise par la Luftwaffe font que son unité est transférée au Maroc à la mi-juin.

    peloton d’exécution ou déportation ?

    Ceux qui pensaient poursuivre la guerre en Afrique du Nord sont rapidement déçus. Il faut attendre ou avoir l’opportunité de s’éclipser. Son unité n’est placée en congé d’armistice que de retour à Istres en décembre 1942 mais Louis Carrière ne reste pas inerte et profite de ses nombreux contacts dans l’armée de l’air pour intégrer le réseau Gallia. Il va d’abord travailler sur le secteur de Toulouse dans ce réseau dépendant du Bureau central de renseignement et d’action de Londres. Il est agent P 2 et sa rigueur ainsi que sa disponibilité conduisent ses chefs à le désigner pour diriger le réseau à Limoges en Haute-Vienne. Malheureusement, il est arrêté à l’automne 1943 par la gestapo et subit les terribles interrogatoires de ses nervis. Il est enfermé pendant près de deux mois à la prison Saint-Michel de Toulouse puis à peu près le même temps au fort de Ha à Bordeaux. Il est alors transféré au quartier des otages de la prison de Fresnes. Plusieurs détenus sont alors fusillés et il ignore alors quel sera son sort : le peloton d’exécution ou la déportation. Son envoi à Compiègne sera la réponse. Louis Carrière va connaître l’enfer des camps de concentration nazis avec un périple de cauchemar : Neue Bremm, Mauthausen, Gusen, Flossenbürg, Lutmeritz… Comme beaucoup, pendant longtemps, Louis Carrière a eu des difficultés à exprimer ce qu’il avait vécu tant cela paraissait inconcevable pour ceux qui n’en avaient pas été les victimes. Est venu le temps où il a choisi à son tour de témoigner tout en participant à la vie de l’Association des Français Libres. En 2004, le train de la France-Libre s’est arrêté en gare de Reims. De nombreux visiteurs ont alors découvert l’épopée vécue par ces hommes et ses femmes animés d’un patriotisme inaltérable.

    L’Afrique choisit son camp

    Bien sûr, le général de Gaulle n’omet pas de célébrer à Londres le 14-juillet, mais en cette journée de Fête nationale qu’il doit vivre depuis l’étranger, il se réconforte en passant en revue quelques centaines d’engagés volontaires, en phase avec sa volonté de continuer le combat. Un accord signé avec le Premier ministre Winston Churchill témoigne que le gouvernement britannique reconnaît la justesse de son engagement et de ceux qui s’y rallient.

    Le général ne dispose pas en Angleterre d’une authentique base française et cela le contrarie. Ce qui lui dope le moral est un mouvement en cours dans l’Empire qui, jusqu’alors, est resté fidèle à Vichy à l’exception des Nouvelles-Hébrides qui ont exprimé leur défiance à Pétain.

    Si de Gaulle s’inquiète du refus de l’Afrique du Nord, du Levant, de la Somalie de le rejoindre, il constate le 26 août que l’audace et le courage du gouverneur du Tchad, Félix Eboué, peuvent être le ferment d’un vrai changement d’attitude. Déjà début juillet, le gouverneur s’est confié à titre personnel au général lui déclarant : « Dans l’esprit de la discipline la plus haute qui est la mienne, je ne reconnais d’autorité que la vôtre ». Il lui faut être prudent. Sa position n’est pas partagée par le commandant militaire du pays et les Italiens sont présents le long d’une frontière de huit cents kilomètres. De Gaulle choisit d’aider Eboué et dépêche le 23 août, une délégation d’ardents patriotes composée notamment de René Pleven et du commandant d’Ornano.

    « Nous refusons de servir sous la croix gammée »

    L’accueil de la population est bon aussi, le 26, le colonel Marchand, désormais commandant militaire du territoire, lit une proclamation conjointe de Félix Eboué et René Pleven : « Nous annonçons la volonté du Tchad de s’unir aux Forces françaises libres et de continuer la lutte au côté de la Grande-Bretagne ». Eboué hisse la Croix de Lorraine à Fort-Lamy avec l’aide de ses deux complices.

    Sans doute ignorent-ils alors que leur initiative va être contagieuse. En Afrique équatoriale, le mouvement est enclenché et avec le concours du colonel Leclerc, le Cameroun se rallie le 27 août. En provenance du Nigéria avec vingt-trois Français à bord de trois pirogues, Leclerc et Boislambert abordent à Douala. La défiance à Vichy et à ses représentants est proclamée : « Au nom du Cameroun français, conquis sur le boche avec du sang français, anglais et belge, nous déclarons notre volonté de rester dans le Cameroun français des Français Libres. Nous repoussons toute tentative de nous placer ici devant le fait accompli par Bordeaux ou par Vichy ou par Berlin et nous refusons encore avec une volonté farouche et décidée de servir sous la croix gammée ». Le 29 à Yaoundé, la population exulte pour la France Libre.

    Dans le même temps, le moyen Congo se rallie également avec Brazzaville. Un petit noyau résistant autour du médecin général Sicé et du commandant Delange reçoit à Léopoldville le représentant du général de Gaulle, le colonel Edgar de Larminat.

    Lorsque le 28 août, le général Husson, resté fidèle à Vichy, essaie d’écraser les gaullistes, il est pris de vitesse et tous les points sensibles sont occupés par les Français libres. Larminat peut annoncer au général : « Je suis passé à Brazzaville aujourd’hui et j’ai assuré les pleins pouvoirs. Il n’y a pas eu de réaction »

    L’Afrique équatoriale française divorce de Vichy. Le 30 août, le gouverneur de l’Oubangui-Chari annonce à son tour le ralliement du territoire. Reste encore à convaincre le Gabon alors que Vichy place un sous-marin devant Libreville. De Gaulle sait qu’il va falloir être patient mais les faits lui donnent raison.

    Tchad et Cameroun félicités

    Voici comment le général réagit au ralliement du Tchad dans un télégramme de Londres daté du 27 août qu’il adresse à Félix Éboué, gouverneur du pays et au colonel Marchand, commandant militaire : « J’apprends la décision prise par vous et par le territoire et troupes du Tchad de continuer la guerre dans l’honneur au service de la France. Cet événement est capital et aura une très grande répercussion. Ma joie et ma fierté en tant que Français et en tant que chef sont extrêmes.

    D’accord avec le gouvernement britannique, je fais le nécessaire pour que le matériel que vous demandez vous parvienne dans le plus bref délai possible et pour que la continuité de votre ravitaillement soit assurée. Pour faciliter le règlement de ces questions, je vous invite à vous mettre et à demeurer en rapports étroits avec le gouverneur britannique du Nigeria et avec le général commandant les troupes britanniques d’Afrique-Occidentale qui reçoivent des instructions de leur gouvernement. Dans la situation militaire et économique où se trouve le Tchad, il faut faire bloc avec les Britanniques.

    Je compte me rendre moi-même prochainement à Fort-Lamy pour vous voir et apprécier votre situation sur place. En attendant, je vous envoie de tout cœur mes amitiés et ma confiance. Vive la France ! ».

    De Gaulle commente aussi par télégramme en date du 28 août 1940 les initiatives prises par le capitaine Claude Hettier de Boislambert et le commandant Philippe Leclerc de Hauteclocque qui n’ont pas hésité à s’attribuer un galon supplémentaire, commandant et colonel pour faire plus forte impression : « Le Cameroun vient de prendre une belle résolution et de donner un magnifique exemple. Cet exemple sera bientôt suivi par tout l’Empire. Mes représentants assument par mon ordre, au nom de la France Libre, l’administration et le commandement militaire du territoire d’accord et en liaison avec les autorités britanniques. Le Cameroun restera français. Vive le Cameroun français. Vive la France ! ».

    À Larminat il télégraphie le 29 août 1940 : « Vous prie de féliciter commandant Colonna d’Ornano pour son rôle dans le ralliement du territoire du Tchad. Il est provisoirement nommé lieutenant-colonel à compter du 28 août. Désire vous rappeler que je vous ai provisoirement donné pouvoir pour déplacer et nommer en mon nom tout le personnel militaire et civil des Forces françaises en Afrique. Considération et félicitations »

    L’histoire passe par le mémorial de Colombey

    Beaucoup de visiteurs sont surpris par la sobriété de la tombe du général : c’était une volonté de sa part.

    Cette croix de Lorraine au milieu d’un paysage verdoyant est une vigie de la mémoire au cœur de la France rurale que le général de Gaulle aimait avec cette pudeur qui distingue les grands hommes ». Ainsi s’exprime Asceline, l’une des lauréates marnaises du Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation.

    Avec ses camarades distingués par le jury, elle s’est rendue à Colombey-les-Deux-Églises, pour suivre ce pèlerinage de la mémoire organisé à l’initiative des combattants volontaires de la résistance et du service départemental des anciens combattants et victimes de guerre. Une journée qui a été consacrée à la visite du mémorial, la découverte de la Boisserie et un passage devant la tombe du général. « Ce qui est proposé au mémorial est un authentique parcours pédagogique qui laisse au visiteur une liberté d’appréciation et de sélection de ce qu’il veut découvrir ou approfondir. Pour des jeunes de quinze-dix-huit ans, c’est fort bien pensé mais il est évident que cela peut et doit intéresser nos aînés ».

    Avoir choisi ce déplacement est en phase avec le thème traité par les collégiens et lycéens volontaires pour participer au concours. « Lorsqu’on lit le texte de l’appel long et même celui de l’appel court qui a été largement diffusé après le 18 juin, on discerne chez le général cette formidable capacité à dire non, ce souffle d’espérance qui refuse tout renoncement, cette envie de rétablir la France dans ses droits et ses valeurs. Il y a chez de Gaulle en juin 1940, la volonté de sauver le pays et d’imaginer l’avenir. Il y a chez lui une force visionnaire » résume la lycéenne.

    Et ses camarades ne sont pas en reste utilisant chacun à sa manière des formules qui interpellent : « un sacré bonhomme », « un roc », « la classe » « Il a été beaucoup attaqué, critiqué dans sa vie mais c’est justement parce qu’il dérangeait et avait des idées. Mieux vaut être un agitateur d’idées qu’amorphe ».

    « besoin de repères, de valeurs de fraternité »

    Tous ont apprécié le parcours d’une vie qui est ainsi résumée : « ce mémorial est un musée irremplaçable. Bravo pour les fondations et les mécènes qui, par leur engagement, ont permis cela ».

    La Boisserie est un tout autre symbole : « On entre dans l’intimité du général. On voit où il a vécu, où il a réfléchi, où il a écrit, où il a pris des décisions importantes qui ont compté dans la vie de la France ». « Je crois que cette demeure correspond à l’homme. Il avait besoin de calme pour réfléchir, il aimait la nature, et les promenades sereines dans le parc devaient l’aider à la fois à se ressourcer et à imaginer ». « C’est complètement différent ici, c’est un peu la découverte du général intime ». La propriété est bien entretenue et les visiteurs sont soigneusement encadrés, notamment pour visiter le rez-de-chaussée où les pièces ne sont pas si grandes pour y accumuler trop de personnes à la fois.

    Le temps est venu de se rendre sur la tombe du général, dans le petit cimetière qui entoure l’église : « C’est impressionnant toutes les plaques qui ont été consacrées à sa mémoire et sont rassemblées le long du mur près d’un calvaire. Cela tranche avec l’extrême sobriété de la tombe du général de Gaulle. Elle est dépouillée, On pourrait s’attendre à autre chose de la sépulture d’un homme connu mais lorsqu’on a lu un peu de son histoire, on sait ce vœu de simplicité. Il est resté général de brigade alors qu’après la guerre on lui a proposé d’être nommé général d’armée au regard de tout ce qu’il venait de faire pour la France. Il n’a jamais fait de dépenses inutiles, a payé y compris à l’Élysée, les factures de certaines initiatives qu’il estimait d’ordre privé. Ce grand patriote avait une éthique républicaine et un sens de l’intérêt public et général. Il doit, par son œuvre, nourrir aujourd’hui encore notre réflexion dans un monde toujours plus agité et individualiste. Nous avons besoin de repères, de valeurs, de fraternité » conclut Asceline.

    CHAUNY : De Gaulle, de l’appel londonien au sujet lycéen « Moi », mémoires, émoi

    François Tricoteaux, professeur de lettres, voit, lui aussi, des leçons à tirer sur l’auteur et ses lecteurs.

    Pour Florence Desort, professeur d’histoire, même le style des « Mémoires » est chargé de sens…

    C’EST aujourd’hui la commémoration de l’appel du général de Gaulle. A cette occasion, voici les points de vue croisés d’un professeur d’histoire et d’un autre de lettres sur l’inscription d’un extrait de ses Mémoires de guerre au programme du baccalauréat littéraire, l’an prochain.

    l’union : Le choix du mémorialiste Charles de Gaulle pour des terminales littéraires vous semble-t-il judicieux ?

    Florence Desort (histoire) au lycée Gay-Lussac : Nous avons en histoire pour les terminales L et S « Bilan et mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France depuis 1945 ». Que les élèves aient les « Mémoires de guerre » en littérature, j’en suis plutôt contente, dans le sens où cela va contribuer à ce qu’ils manient l’esprit critique entre l’œuvre et la gestion de la mémoire. Je pourrai travailler en interdisciplinarité avec leur professeur de lettres.

    François Tricoteaux (lettres) à l’institution Saint-Charles : Si cela fait polémique, j’ai le sentiment que c’est une problématique syndicale ou politique, plus que pédagogique, autour de l’œuvre ou de son auteur. Je n’aurai pas de réticence à faire l’étude de ce texte, dont les qualités littéraires sont assez généralement reconnues.

    L’appel, c’est « Moi, général de Gaulle… ». Ce « moi » du rassemblement sur un nom et dans ses « Mémoires de guerre » sur sa « certaine idée de la France », n’est-il pas le mot qui divise sur le sujet qui nous intéresse ?

    F.D. : Ce que nous voyons en histoire dans « Bilan… », c’est l’influence de la mémoire officielle sur la mémoire collective, notamment à travers le « résistancialisme », la mise en avant de la résistance sur la collaboration et le traitement des juifs, qui commence avec de Gaulle pour se retrouver dans des œuvres fictionnelles, le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon ou des choix de programmes scolaires.

    F.T. : De Gaulle construit effectivement son personnage et sa postérité à travers ses mémoires. C’est l’hypothèse de lecture que je lancerais pour les « Mémoires de guerre ». Alors bien sûr, il y a de probables différences à chercher entre réalité littéraire et réalité historique. Dans le cas de de Gaulle, il faut voir comment l’écriture de ses mémoires va transformer la réalité.

    F.D. : Sachant que du côté des lecteurs, il y a eu une acceptation de cette voix - « la France ne peut être la France sans la grandeur » -, parallèlement à un refus dans la population d’avoir un autre miroir de ce qu’elle fut dans les heures sombres. Ce qui intéresse les élèves, c’est de voir comment la politique peut influencer la mémoire.

    Propos recueillis par François FENE

    Tchat / Toutes les réponses d’Hervé Chabaud sur l’appel du 18 juin

    70e anniversaire du 18 juin, Hervé Chabaud, rédacteur en chef de l’union et auteur de l’ouvrage 1940, répond à toutes vos questions pendant une heure.

    1940-2010… Il y a 70 ans, le général de Gaulle lançait sur les ondes de la BBC son appel du 18 juin depuis Londres. Comment, 70 ans après, retentit cet appel, quelle est sa portée, qu’évoque-t-il pour vous ?

    "L’appel du 18 juin est fondateur d’une France exigenate, déterminée à rester debout, convaincue que le nouveau pouvoir n’est que le vassal de Berlin, certaine que la Libération viendra par le sacrifice de ses fils prêts à s’offrir en oblation de la Liberté. Si 1940 est l’année de la défaite, on y prend date pour préparer une nouvelle victoire", analyse Hervé Chabaud en avant-propos de ce hors-série de plus de 130 pages.

    Officier de réserve de l’armée de l’air, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les deux grandes guerres. Il est notre spécialiste des deux grands conflits mondiaux du XXe siècle dans la région.

    Retrouvez toutes les réponses à vos questions en cliquant ici http://www.lunion.presse.fr/node/572011



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      18 juin 2010

    Le texte de l’affiche qui a été placardée sur les murs de Londres.
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