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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
Publié le mardi 6 octobre 2009, mis à jour le mardi 20 juin 2017
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009.


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Union091231a - Marne
VIENNE-LE-CHATEAU : Une nouvelle plaque pour l’arbre sanglant

Un triste événement y est ainsi rappelé.
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    A Vienne-le-Château, dans le parc de la Maison du pays d’Argonne, a été inaugurée une nouvelle plaque en souvenir de l’événement tragique qui s’y est déroulé lors de la Première Guerre mondiale.

    Le maire de Vienne-le-Château, l’historien Philippe Lunard ont notamment participé à cette inauguration.

    Cette plaque est là pour rappeler un triste événement. Le 11 décembre 1914, un obus allemand tomba sur des soldats français stationnés : 19 poilus furent tués et 44 autres blessés. « Des lambeaux de chair furent projetés sur l’arbre, transformant ce tulipier du Japon en un lustre ruisselant de sang », est-il écrit.

     

     


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    Union091229b - Marne
    EPERNAY : Denis Niclet n’est plus : Un grand résistant s’est éteint

    Denis Niclet avait 84 ans.
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  • C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Denis Niclet dans sa 85e année.

    Grand résistant, combattant de la guerre 1939-1945, il s’est engagé pour 3 ans au titre du 9e Dragons à l’ âge de 19 ans, entamant une brillante carrière.

    Affecté au 3e régiment de Chasseurs. Parachutiste en Angleterre. Il prit part aux combats des Ardennes au cours du dernier hiver et fut parachuté en Hollande en avril 1945, se battant jusqu’à la réédition allemande.

    Au commissariat de police de 62 à 80

    Mais Denis ne s’arrêta pas là. Dès la fin de 1945, il débarqua à Saïgon en tant que caporal. Il participa au nettoyage de la Cochinchine, à la campagne du Laos. Il est parachuté à Lovang Prabang et à Vientiane où il est blessé une première fois. On le retrouve lors de la campagne du Tonkin. De nouveau blessé à Bac-Min en 1946, puis une troisième fois à Nam-Dinh. Nous sommes alors en 1947. Rapatrié sanitaire en France, il est libéré et rayé des contrôles de l’armée au grade de caporal-chef. Il rentre en avril 1948 dans la police au Maroc. Il y reste 10 ans et rentre en France à l’indépendance. Puis il est affecté en novembre 1948 au commissariat central de Bône en Algérie où il devient un des meilleurs éléments de la brigade criminelle de la Sûreté urbaine.

    Le 1er juin 1961, il est blessé lors d’une manifestation et le 25 octobre de la même année, il est abattu à bout portant par un musulman au cours d’une opération de ratissage. Très grièvement blessé, rapatrié sanitaire, il est nommé au Corps urbain d’Epernay le 15 avril 1962 où il terminera sa carrière comme officier de Paix en 1980.

    Officier de la Légion d’honneur

    Passé si glorieux que Denis Niclet avait été décoré à titre exceptionnel de la Croix de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, dans la Cour des Invalides, par le Général de Gaulle le 24 juillet 1964. Le 24 juin 2006, il était élevé au grade d’officier par son parrain, le colonel Charles Flamand (dont le passé est fort glorieux, avec onze citations), Commandeur, qui avait été fait Chevalier à titre de guerre à l’âge de 23 ans en 1944, la marraine étant Fernande Servagnat.

    En outre, Denis Niclet est titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre 39-45 avec une citation, de la croix de guerre des TOE avec deux citations, de la croix de la valeur militaire avec trois citations, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la croix du combattant volontaire en Exrême-Orient, de la médaille outre-mer avec agrafe « Extrême-Orient », de la médaille commémorative France-Allemagne, de la médaille de blessés, de la médaille commémorative Maroc-Indochine-Algérie, de la médaille d’argent de 1ère classe, de la médaille d’honneur de la police française à titre exceptionnel.

    Les obsèques religieuses de Denis Niclet auront lieu le mercredi 30 décembre à 14 h 30 en l’église Notre-Dame d’Epernay.

    A sa famille, à ses amis, l’union présente ses sincères condoléances.


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    Union091229a - Marne
    SEPT-SAULX : Cédric Lacroix à la tête des anciens combattants

    Cédric Lacroix, nouveau président départemental des ACVG.
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    Cédric Lacroix vient d’être élu président de l’Union marnaise des associations d’anciens combattants et victimes de Guerre (ACVG), il succède à Gaétan Charlot.

    Il est également secrétaire de l’association des anciens combattants de Sept-Saulx et pompier volontaire de cette commune où il réside avec son épouse et ses 3 enfants. Il occupe un emploi de fonctionnaire à Reims.

    Il est amené à se déplacer dans le département car l’Union marnaise regroupe 25 associations d’anciens combattants : guerre de 1939-1945, guerre d’Algérie et d’Indochine et aussi quelques anciens des missions extérieures (guerre du Golfe).

    Le but de ces associations est de regrouper les anciens combattants de toutes générations confondues et de défendre leurs droits. Il y a environ 1 200 adhérents.

    Sept-Saulx organisera le samedi 29 mai 2010 au Parc nature le prochain congrès départemental.

    Pour tous renseignements : Cédric Lacroix, tél. 03.26.03.24.47 ou fax 09.63.60.00.20.

     


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    Union091227a - Marne
    HISTOIRE : Des bons vœux aux postures martiales

    Même en temps de guerre, l’humour est au rendez-vous du nouvel an.
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  • Des bons voeux alsaciens pour la nouvelle année.
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  • NOUVEL AN. Souhaiter la bonne année alors que la menace d’une extension de la guerre est dans tous les esprits lucides n’est pas si simple. Sauf pour les bellicistes qui préfigurent 1940 comme une année d’acier, de sang et de morts.

    Peut-on à l’aube du 1’ janvier 1940 formuler des vœux d’espérance alors que l’issue de la guerre est incertaine et qu’au gouvernement comme au sein de l’état-major la crainte d’une attaque aéroterrestre brutale du Reich reste le scénario privilégié ? Le président de la République Albert Lebrun comme le président du Conseil Edouard Daladier ne veulent pas déroger à la traditionnelle présentation des voeux aux Français même si les traditionnelles étrennes et le repas du Nouvel an sont un temps choisi pour évoquer les incertitudes de l’avenir. On tient aussi à rassurer le pays sur la préservation de ses œuvres et de son patrimoine. Au lendemain de Noël, le télégramme est tombé confirmant que tous les trésors de la nation sont désormais à l’abri. Il ne s’agit que de la réalisation attestée d’une décision prise dès le 25 août par Jacques Jaujard, le directeur des Musées de France pour protéger tout ce qui devait l’être. C’est ainsi que « La Joconde » est remisée dans un château de la Loire. Dans son bilan, le haut fonctionnaire indique : « Trente-sept convois ont été organisés et leurs responsables ont reçu une feuille de route pour disperser à partir du centre de triage établi au château de Chambord les tableaux et les sculptures qui appartiennent à la France et dont la manipulation a été particulièrement surveillée ». Et de préciser : « A Valençay ont été stockées les antiquités grecques et les collections venues d’Asie. Les peintures du Louvre ont été soigneusement rangées dans cinq châteaux du département de la Sarthe ».

    Il en est d’autres qui sont moins enclins à tenir un discours policé et bienveillant. Le ministre de l’Armement Raoul Dautry est de ceux-là. Le 31 décembre, s’adressant à des chefs d’entreprises, il choisit de leur gâcher le réveillon. Et a-t-il vraiment tort ? Il les enjoint de produire, plus, plus vite et mieux et constate que l’industrie française affiche des faiblesses inacceptables face aux firmes allemandes dont tous les secteurs sont mobilisés afin de satisfaire la conclusion du plan quadriennal du Reich. « Même si l’application de la règle des quarante heures fait l’objet de nombreuses dérogations, la production est insuffisante et ce constat touche tous les secteurs essentiels de l’activité. » Le ministre ne s’embarrasse pas de précautions oratoires pour cibler quelques mauvais élèves vertement rappelés à l’ordre. C’est ainsi que Renault est montré du doigt. La société produisait douze chars B1 par mois avant la guerre. Il n’en sort plus désormais que neuf de ses chaînes de fabrication. Le ministre dit l’urgence de la féminisation des ateliers : « Dans les établissements militaires, elle représente déjà 26 `)/0. Il faut aller bien au-delà. Les employeurs semblent avoir été surpris que dans des tâches difficiles, le rendement des femmes est comparable et souvent supérieur à celui des hommes ». Dautry ne veut plus entendre parler d’un seul chômeur dans Le pays ! Conscient qu’avec la mobilisation les bras manquent, il dit son souhait qu’on fasse appel à la main-d’œuvre des colonies et qu’on favorise le transfert en métropole de tous les volontaires prêts à venir y travailler. Dautry est en phase avec les déclarations du ministre des Transports, Anatole de Monzie qui le 27 décembre a convoqué Louis Renault pour le convaincre d’augmenter immédiatement la construction de véhicules au gazogène arguant que la forêt française peut en alimenter de quarante-cinq à cinquante mille.

    Que dit-on ailleurs en Europe ? En Grande-Bretagne, à la veille du 1’ janvier, le roi Georges VI redit sa gratitude envers les nations de l’Empire : « Pour avoir consenti malgré les sacrifices à engager leurs forces aux côtés de celles du Royaume-Uni ». Il ajoute : « La mère patrie vous en est déjà et vous en sera encore reconnaissante. Nous faisons tous partie de cette grande famille des nations prêtes à tout sacrifier pour sauver la liberté di penser ». A Noël déjà, il avait rappelé que : « Les sujets de la Couronne se battaient pour la défense de la civilisation et devaient tous croire en Dieu ». La Saint-Sylvestre londonienne est un peu agitée puisque de joyeux fêtards ayant bu un peu trop de bière allument des feux de Bengale malgré le couvre-feu et l’interdiction formelle de leur emploi. Ils sont appréhendés et conduits dans les locaux de la police !

    LES 60 ANS DE STALINE

    Chez les Soviétiques, on profite des derniers moments de l’année pour se remémorer le soixantième anniversaire de Joseph Staline célébré le 21 décembre. C’est autour de la figure du chef, ce fils d’un modeste cordonnier géorgien, secrétaire général du Parti communiste qu’il est de bon ton d’afficher les projets socialistes pour l’année qui vient. Comme il faut consolider l’alliance entre Berlin et Moscou on ne manque pas de rediffuser le télégramme envoyé par Hitler au maître du Kremlin : « A Joseph Staline, avec tous mes voeux de prospérité pour les peuples des Républiques socialistes soviétiques ».

    En Allemagne, Hitler s’enflamme une fois de plus le jour de la Saint-Sylvestre : « Nous ne parlerons de paix que lorsque nous aurons gagné cette guerre. Le monde judéo-capitaliste ne survivra pas au XXe siècle ». Pour ses voeux, le führer exalte la fierté allemande et parle d’une Europe nouvelle en construction qui est libérée de la tyrannie britannique et n’accepte plus une France arrogante. Il désigne en clin d’œil à Staline le premier ennemi à combattre : « le capitalisme » avant de citer le pacte germano-soviétique comme l’un des actes les plus décisifs des dernières années. Hitler s’époumone au cours d’un discours de bonne année spécifique pour les troupes. Il le délivre également le 31 décembre et exalter l’envie de victoire : « Les plus durs combats pour le peuple allemand, ceux qui ont pour enjeu son existence même, sont encore à venir. Notre devoir le plus impératif est de s’y préparer avec ce courage et cette abnégation que seuls les hommes d’ici possèdent ». Les chefs des armées tiennent presque au même moment des propos martiaux. Dans cet exercice, Göring est celui qui enthousiasme le plus le chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels. Le patron de la Luftwaffe martèle les bras agités par des tics nerveux : « Nous lancerons contre l’Angleterre une attaque comme il n’y en a jamais eu dans l’histoire du monde, dès que notre führer en donnera l’ordre afin de soumettre cet Etat nuisible pour les grands équilibres de l’Europe nouvelle ».

    En Extrême-Orient, le Japon ne dissimule pas ses prétentions de domination en Asie et profite de ses soutiens chinois pour déstabiliser Tchang Kaï-chek et son parti le Kouo-Min-Tang. Le 30 décembre à Hanoi, un groupe nationaliste dirigé par Wang Tsing-wei, ancien ministre des Affaires étrangères, se rallie au pouvoir impérial nippon et forme, sous la protection de Tokyo, un gouvernement national. Pour l’ancien rival de Tchang Kaï-chek réfugié depuis un an au Siam, c’est une occasion inespérée de rebondir et de conforter les ambitions japonaises sur la grande région. Il devient le meilleur porte-parole locale de la grande politique de propagande de l’Empire du Soleil levant, celle du : « Nouvel ordre asiatique ». Cette belle formule résume la volonté du gouvernement nippon d’être à terme le maître incontesté de l’Asie du Sud-est.

    HERVÉ CHABAUD


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    HISTOIRE : Les fragilités de la IIe armée d’Huntziger

    Même en Scandinavie, les chars démontrent qu’ils sont capables de traverser une forêt. Pourquoi ne le pourraient-ils pas dans les Ardennes ?
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  • Le général dont le PC est installé dans un petit village du Vouzinois Senuc, proche du confluent de l’Aire et de l’Aisne, est un colonial plus habitué aux territoires extérieurs qu’aux plaines de Champagne même si ses souvenirs de la Grande Guerre sont intacts.

    Que pense Charles Huntziger entre Noël 1939 et le Jour de l’an 1940 ? Difficile de percer la carapace de cet officier breton par sa naissance en 1880 à Lasneven, un village à une vingtaine de kilomètres de Brest. Mais il est l’enfant d’une famille qui a fui l’Alsace pour ne pas devenir allemande après la défaite de 1870. Autant dire que depuis tout petit, il n’aime pas les Allemands. Même si en 1900, à sa sortie de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, il choisit la coloniale et rejoint le 2’ régiment d’infanterie de marine, il s’intéresse toujours à ce qui se passe en métropole au cours de ses séjours à Madagascar, au Sénégal puis en Indochine au Tonkin. Pendant la Première Guerre mondiale, il se bat en métropole avant d’être affecté au 3e bureau de l’armée d’Orient où il est très apprécié du général Franchet d’Esperey et prépare l’offensive d’Europe centrale pour ouvrir la route de Vienne. Après la guerre, il découvre au cabinet du ministre de la Guerre André Lefebvre, la politique et ses poisons avant de rejoindre la Chine et de protéger avec les troupes anglaises, américaines et japonaises les concessions internationales de Shanghai et Tien-Tsin. De retour en France en 1927, il s’intéresse alors au Moyen-Orient après avoir été le chef d’état-major de l’inspecteur général des troupes coloniales, le général Claudel.

    UN FRONT D’UNE SOIXANTAINE DE KM

    En 1938, en pleine crise de Munich, il manifeste son opposition à une entrée en guerre de la France en raison de la faiblesse de ses équipements. Il ne peut donc pas ignorer qu’un an plus tard rien n’a vraiment changé. Aussi, s’étonne-t-on de lire dans ses notes personnelles en date du 7 septembre 1939 : « La très grande chance que nous pourrions avoir serait que les Allemands veuillent bien nous attaquer ». D’autant qu’un peu plus loin il consigne : « Si nous allons chercher le combat, il faut pouvoir le soutenir avec des moyens puissants pas encore sur pied au sixième jour de la mobilisation ». Ses critiques sont vite sévères sur le manque de discipline, les tenues débraillées, les plans d’opérations périmés, les mouvements de nuit mal préparés.

    A la tête de la IIe armée, Huntziger couvre un front d’une soixantaine de kilomètres. Avec des dispositifs disparates sur un axe Sedan, Mouzon, Montmédy, Marville. Le secteur le plus puissant est celui de Montmédy, dix-neuf kilomètres comprenant quatre ouvrages Maginot reliés entre eux par une douzaine de casemates complétées par des emplacements d’artillerie et un réseau de rails antichars. Des blockhaus légers densifient une défense pourtant trop linéaire. Entre Montmédy et Longuyon est déterminé le secteur de Marville, quinze kilomètres, avec une casemate de 75 et dix-neuf emplacements de pièces de marine, ce qui est peu. Vient le secteur de Mouzon, une vingtaine de kilomètres centrés sur la vallée de la Chiers constitués de dix gros blocs armés de canons de 47 et de mitrailleuses, quatre-vingt-dix petits blocs, quelques positions de 75 et de 105 mais peu de défenses antichars. Sedan est le secteur le plus vulnérable puisque la ville s’est surtout développée sur la rive droite de la Meuse. La cité est au débouché d’une grande route qui, par Bouillon, est un axe d’invasion idéal pour une force allemande qui ne se trouve qu’à cent vingt kilomètres ! Une distance qu’une division panzer peut effectuer en une journée si elle n’est pas pilonnée par l’aviation et par l’artillerie lorsqu’elle se trouve à sa portée. En outre, et c’est un vrai danger, la ville peut être contournée par la vallée de la Bar et les chemins de halage du canal des Ardennes et par des trouées naturelles du côté de Thélonne et d’Angecourt.

    Huntziger le rappelle à ses officiers le 27 décembre : « Si Sedan tombe entre les mains de l’ennemi, il aura accès à des routes essentielles menant vers Vouziers puis Reims et Châlons-sur-Marne donc vers Paris ». Le général se pose la même question que ses prédécesseurs : faut-il abandonner Sedan et se replier sur une ligne antichar à établir allant de Wadelincourt jusqu’à Donchery. Bref, les troupes qui sont acheminées dans le Sedanais doivent de toute urgence être employées à des travaux défensifs complémentaires. Ce qui est d’autant plus compliqué que les civils vivent toujours sur place et que la cohabitation avec les militaires et l’engagement de travaux importants bouleversent la routine et la tranquillité au quotidien ! La carence des matériaux de travaux publics est patente. On manque de sable, de ciment, de fers à béton, de bétonnières, de tôles, de plaques de blindage, de canons en nombre et des munitions correspondantes. En somme, la perméabilité et la porosité du front ardennais auxquelles s’ajoute la précarité des cantonnements seront de lourds handicaps si les Allemands profitent du Nouvel an pour attaquer.

    Depuis Senuc, Huntziger hésite et s’en tient aux ordres de l’état-major : « Surveiller, consolider, être capable de détruire tous les franchissements des voies d’eaux ». A ce sujet, le général ne peut pas oublier le verdict du commandant Verzat du 3’ bureau de la II’ armée qui dénonce la situation matérielle déplorable des sapeurs mineurs oubliés de tous et très atteints au moral. Il sait aussi les critiques amères du général Georges qui a inspecté son armée fin novembre et a été obligé de reconnaître qu’elle manque de tout. Or, un mois plus tard rien n’a changé selon cet inventaire du 30 décembre : « L’infanterie manque toujours de chaussures. Les chevaux ont toujours du foin de mauvaise qualité et sont souvent trop fatigués pour transporter les munitions, les canons antichars lorsqu’ils existent n’ont pas assez de munitions. Gamelin le généralissime ne s’en émeut pas. Il le dit encore à l’occasion des vœux : « Je ne crois pas non plus aux menaces sur la région de Sedan ».


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    HISTOIRE : Thyssen : le magnat exilé

    L’un des industriels les plus importants d’Allemagne, Fritz Thyssen comprend sans doute un peu trop tard son erreur d’avoir collaboré avec des dignitaires nazis qui, désormais, l’ont abandonné à son triste sort. Pourtant, le magnat de l’acier n’a pas ménagé son concours industriel à la production de guerre allemande, se rangeant auprès d’Hitler pour valider la pertinence de la politique de réarmement qui donnait beaucoup de travail aux salariés de ses ateliers. Le 24 novembre, il a dû déchanter et se réfugier de toute urgence dans sa propriété suisse de Locarno pour échapper à une arrestation programmée. S’il échappe à l’emprisonnement, la totalité de ses biens lui sont bientôt confisqués puisqu’il refuse de rentrer en Allemagne et de s’expliquer devant les autorités sur les griefs qu’on lui reproche.

    C’est un sérieux avertissement pour tous les autres industriels du Reich qui voudraient s’écarter d’un soutien aveugle à Hitler ou auraient envie de porter quelques critiques sur ses choix. Thyssen comme les autres dirigeants de la sidérurgie allemande soutiennent alors financièrement depuis des années le parti nazi. Mais Thyssen a exprimé ses inquiétudes sur les conséquences d’une guerre dont on ne peut pas prévoir l’issue. Il a émis des doutes sur la pertinence des alliances contractées et surtout il a osé critiquer les persécutions contre les Juifs et redit son désaccord lorsque, le 27 novembre, le gouvernement allemand donne un an aux aryens pour divorcer de leurs conjoints juifs. Il est donc considéré comme un traître à la solde de l’étranger.

    Le 28 décembre, Fritz Thyssen sort de son silence et réplique aux accusations mensongères du führer : « J’ai été un grand argentier du parti nazi et je n’ai pas sacrifié mes millions pour le bolchevisme et ses nervis mais contre eux ». Dès le lendemain, la police allemande lance un mandat d’arrêt contre l’industriel en exil qualifié de renégat, de menteur odieux et de dangereux manipulateur contre la cause du national-socialisme.


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    Union091224a - Marne
    ONAC

    Les anciens combattants marnais ont exprimé leur stupeur et leur indignation à l’annonce de l’installation du pôle « Mémoire régionale » à Charleville-Mézières et ont écrit aux parlementaires et aux maires pour qu’on n’oublie pas les réalités de l’Histoire.

    Les sénateurs centristes Yves Detraigne et Françoise Ferat ont écrit au secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants Hubert Falco pour s’étonner de l’éventuelle installation de ce pôle hors du département et dans une autre ville que Châlons-en-Champagne.

    Ils rappellent à leur tour les champs de bataille de la Grande Guerre, les villages disparus, la signature de la reddition sans conditions des armées nazies à Reims, la réconciliation franco-allemande de Gaulle-Adenauer et demandent au secrétaire d’État de reconsidérer sa position.


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    Union091223c - Marne
    VALMY : la chute d’un symbole

    Moins de trois semaines après l’ouragan Lothar, une association pour la reconstruction du moulin était créée.
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  • Les vents sont si violents ce matin-là que tous les sapins de l’allée Kellermann, qui mène au moulin de Valmy, sont abattus. Le monument s’écroule comme un château de cartes. Quinze mois plus tôt, il venait d’être inauguré par Alain Richard, alors ministre de la Défense, le 20 septembre 1998, date anniversaire de la célèbre bataille. Sa restauration était consécutive à plusieurs tempêtes du début des années 90.

    Moins de trois semaines après l’ouragan Lothar, sous l’impulsion de Bruno Bourg-Broc, député du secteur, se monte une association pour la reconstruction du monument. Des républicains de gauche et de droite y adhèrent. Une souscription est lancée.

    Et de quatre !

    Le nouveau moulin est inauguré le 20 septembre 2005. Coût total : 530.000 euros, aménagements extérieurs compris. 150.000 euros proviennent de quelque 1200 donateurs du monde entier (collectivités, entreprises, particuliers), 233.000 euros des assurances, l’État et les collectivités amenant le reste.

    La version actuelle du moulin est déjà la quatrième. Ses ailes ont tourné pour la première fois à la fin de l’hiver 2007. Le moulin original fut abattu à des fins stratégiques par le général Kellermann alors que les troupes prussiennes et autrichiennes, venues restaurer la royauté, s’en servaient comme d’un point de repère pour viser les troupes françaises. Le moulin à terre, l’ennemi pris la fuite et la République fut sauvée. C’était le 20 septembre 1792.

    Le moulin sera reconstruit, mais à nouveau détruit au début du XIXe siècle. Il fallut attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour qu’un troisième moulin soit construit (inauguré le 20 septembre 1947).

    Si la météo ne s’y oppose pas, un centre d’interprétation historique du site de la bataille de Valmy devrait voir le jour à l’été 2011, selon un plan de financement établi à 1 610 000 euros. Sans la tempête de 1999, il n’est pas sûr qu’un tel projet ait existé.


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    Union091223b - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Les capsules attisent toujours les convoitises

    De nombreux collectionneurs étaient encore au rendez-vous.
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    Pas de repos chez les anciens combattants de Saint-Martin-d’Ablois et ses environs pour ce dernier échange de capsules de l’année 2009 qui s’est tenu à la salle des fêtes avec de nombreux collectionneurs venus de Belgique et des quatre coins de la France.

    Le président, Bernard Joffre, ne cache pas sa satisfaction de cette dernière manifestation annuelle ainsi que toutes celles organisées tout au long de l’année.

    L’organisateur, Bernard Bouvier, entouré par les membres du comité se sont chargés du bon fonctionnement des manifestations.

    La prochaine bourse d’échanges aura lieu le dimanche 10 janvier de 8 à 17 heures, une capsule sera offerte en contrepartie du droit d’entrée, buvette et restauration sur place.

     


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    Union091223a - Marne
    LA PLACARDELLE : Un bouquin sous le sapin : Karine Collet et ses « Visions »

    Karine Collet a situé l’action de son romain d’anticipation notamment dans « sa » forêt d’Argonne.
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  • L’artiste argonnaise poursuit son œuvre littéraire. Depuis quelques jours, un livre fantastique dont l’action se situe en Argonne est en vente.

    CET ÉCRIT devait être la première de ses parutions. Mais l’exercice cathartique était trop tentant. Il y a quelques années, Karine Collet s’est fait du bien à la tête en publiant « Parce qu’ils ne m’aimaient pas ».

    Aujourd’hui, elle revient sur le devant de la scène avec un roman d’un tout autre genre. Avec « Visions », Karine Collet entraîne le lecteur sur les pas d’une guide conférencière en Argonne.

    Diane, le personnage principal aime à faire découvrir aux randonneurs, les sites datant de la Première Guerre mondiale.

    À travers les nombreuses marches qu’elle effectue, Diane nous livre ses réflexions, ses attentes, son amour de la vie et son désir d’avenir.

    Elle effectue des rêves mêlant la fiction avec la présence d’un certain « Colonel Khadali » et la présence bien sentie de l’humus et de la mousse des forêts argonnaise, plus concrète.

    Un grand écart qui fonctionne et qui livre le lecteur en pâture à ses propres réflexions.

    Touche à tout

    « C’est très naturellement que j’ai rédigé cet ouvrage. J’ai grandi dans ce petit village argonnais de La Placardelle, je l’ai aimé, je suis revenue y habiter, là où mes grands-parents habitaient. J’aime l’Argonne, sa forêt, ses espaces », explique Karine Collet.

    Depuis quelques jours, son livre est en vente dans les supermarchés et dans les quelques maisons de la presse argonnaises. Un aboutissement qui confie à cette femme un surcroît de motivation pour la suite des événements. Peintre, chansonnière, écrivain, Karine Collet veut continuer son parcours dans l’écrit. Son prochain livre est d’ores et déjà dans les tuyaux.

    « Certains disent de moi que je ne suis qu’une utopiste, d’autres me voient comme une rêveuse, d’autres encore plutôt comme une visionnaire ». Dans ce roman fantastique, il est question de religion. De la pratique musulmane salafiste en particulier. « Il est bon de désamorcer ce que certains lecteurs pourraient considérer comme une attaque contre la religion musulmane. Ce n’est absolument pas le but de mes écrits. Ce que je veux exprimer, ce sont les clichés de la société à l’égard de certaines communautés. Je les utilise mais en aucun cas, je ne veux être mal interprétée. Je ne suis contre personne mais certains préjugés m’ont été très utiles dans la rédaction de mon livre ».

    Après la publication de « Visions », Karine Collet n’est pas au bout de son travail.

    D’ailleurs, à l’étage de son corps de ferme du village de La Placardelle, elle serait d’ores et déjà en train de travailler sur une nouvelle publication.

    Le sujet de son prochain travail est encore tenu secret. A suivre…

    Thomas DUPRAT

    « Visions » de Karine Collet. 270 pages. 21 euros. Celle du vendredi 1er janvier sera reportée au samedi 2 janvier, aux heures habituelles.


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    Union091222a - Marne
    BILLET DOUX : Le silence n’est pas d’or

    La possible béatification du pape Pie XII fait controverse. Il y a ceux qui critiquent Pie XII (les organisations juives principalement), lui reprochant d’être resté silencieux devant la Shoah. Il y a les défenseurs intransigeants du pape (les catholiques purs et durs principalement), qui soutiennent au contraire que Pie XII, par son silence, a pu œuvrer dans l’ombre et sauver des vies. Être ou ne pas être silencieux ? Les crimes de guerre ou contre l’humanité continuant à se perpétrer, la question excède largement la seule personne de Pie XII, la seule religion catholique et la seule Shoah. Une question qui devrait s’adresser à toutes les autorités religieuses, et partout où les hommes sont victimes de la politique d’un État.

    Bruno TESTA


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    Union091221a - Marne
    EDITO : Une bombe pour Noël

    À quelques jours de la trêve des confiseurs, le pape Benoît XVI, par définition infaillible, vient de lâcher une bombe qui va certainement servir à alimenter bon nombre de conversations autour de la table de Noël…

    Pensez, au moment de fêter la naissance de l’enfant Jésus, s’apprêter à élever au rang de vénérable le pape Pie XII, c’est pour le moins cocasse. Rappelons en effet que ce dernier a siégé sur le trône pontifical durant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale. Une période durant laquelle le Vatican a, comment dire ?, su préserver sa neutralité et son indépendance en se gardant bien de condamner tel ou tel belligérant.

    Même si le belligérant en question s’appelait Adolf Hitler et même si Sa Sainteté, alertée à de multiples reprises, ne pouvait avoir aucun doute sur l’atrocité des crimes commis par le régime nazi.

    Exemple parmi tant d’autres de la mansuétude vaticane à l’égard des porteurs de croix gammée, le célèbre discours radiodiffusé de Noël 41, au cours duquel Pie XII, dans un accès de courage plus que téméraire, ose fustiger « l’oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales ».

    Quel cran ! S’ils ont eu vent de cette véhémente condamnation, les gazés des einsatzgruppen SS, ces commandos de la mort chargés à la même époque de nettoyer racialement la Russie, ont dû se sentir soutenus.

    Franchement, on se demande comment et pourquoi la communauté juive, à commencer par l’État hébreu, s’est permise de faire la moue à l’annonce de l’intention de Benoît XVI. Et se permettre le moindre rapprochement avec le fait que l’actuel pape a fait partie des Jeunesses hitlériennes avant de porter l’uniforme de la Werhmart serait d’une bassesse sans nom.

    Allez, joyeux Noël quand même…

    Jean-Claude ROUSSEL


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    Union091220c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Loisy-sur-Marne/Apprendre avec les contes : Une initiation à la paix à l’école Camille-Palseur

    Les petits élèves ont été très attentifs à ce qui se passe dans le monde.
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  • L’association Fab (former un avenir sans brutalité) est intervenue à l’école Camille-Palseur de Loisy-sur-Marne dans le cadre « Des jardins de la paix ».

    Des contes du monde entier ont été racontés par Annie Ghiloni aux élèves des classes de maternelle jusqu’au CM2, mettant les élèves face à des situations de conflit entre les personnages qui, morale oblige, se termine toujours bien, dans la paix, démontrant ainsi le ridicule d’un conflit.

    Tout peut s’arranger avec de la réflexion et l’évidence d’une banale situation.

    Les élèves ont été réceptifs, participatifs et ont compris le message à mettre en application. Ils ont applaudi la conteuse qu’ils connaissent depuis quatre ans.

    Ce fut une belle récréation pour tous les enfants qui ont fini ce trimestre avec un goûter, organisé par la directrice, Mme Brigitte Deschamps, et leurs professeurs.


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    Union091220b - Marne
    EPERNAY : Sans papiers depuis 5 ans : Ils trouvent refuge à Épernay

    Les meubles ont été prêtés par des voisins.
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  • La famille Sali a fui le Kosovo en 1998, d’abord vers l’Allemagne. Aujourd’hui à Épernay, les parents espèrent obtenir le statut de réfugiés.

    FADILJ ET RIBAN SALI ont pleuré de joie lorsque, le 17 septembre dernier, après des mois de galère, l’Armée du Salut leur a trouvé un logement décent pour passer l’hiver… avec leurs sept enfants, âgés de 2 ans 1/2 à 13 ans, à Épernay. Depuis leur expulsion d’Allemagne en 2005 et leur arrivée en France, à Orléans, ils n’ont cessé de déménager de chambres d’hôtel en chambres d’hôtel pour finir dans une caravane, après avoir vécu plus de 4 mois à sept dans la rue ou dans une voiture.

    Un soulagement de taille pour cette famille kosovare, d’origine Rom, dont le retour au Kosovo n’est plus possible, même s’il leur manque l’essentiel : un titre de séjour.

    Déjà 4 demandes de titre de séjour

    « Nous en sommes à notre 4e demande depuis 2005. A chaque fois, on est débouté. Je ne comprends pas. Ma famille qui a fui en même temps que nous a déjà obtenu le statut de réfugiés. Mon frère est naturalisé français depuis le 6 octobre 2008. Je ne suis pas un terroriste, je ne suis pas un voleur. Je ne demande qu’à travailler », indique Riban Sali. « Je ne demande qu’une carte de séjour pour un an. Pour travailler. Là, je ne touche rien. On ne vit que des aides, de l’Épicerie sociale, du Secours populaire, des Restos du Cœur… C’est difficile. Et puis, c’est fatiguant pour les enfants. Depuis 2005, on n’arrête pas de bouger. A Orléans, on a vécu sur le trottoir, dans une voiture. On a vécu quatre mois dehors avant que RESF nous trouve une caravane. J’avais honte de vivre comme ça, les enfants aussi ». Au Kosovo, la famille Sali habitait une maison à Mitrovica, détruite pendant la guerre. Riban travaillait sur les marchés.

    Leur arrivée dans la Marne, à Reims, l’été dernier, n’aura pas été facile. « Je suis directement allé à la préfecture. Ils ont appelé la police. Ils nous ont gardés 4 heures avant de nous dire de partir. Pour aller où ? C’était pas leur problème, alors j’ai appelé le 115 », raconte Riban. « L’Armée du Salut nous a logés à l’hôtel avant de nous trouver ce logement à Épernay. Ici, il y a une vraie mobilisation autour de nous. Les enfants sont scolarisés. C’est la mairie qui leur a trouvé les fournitures scolaires. Des voisins nous ont prêté des meubles… » RESF 51 a, par ailleurs, pris le relais. Une pétition circule actuellement sur le net pour leur régularisation.

    Le Secours populaire a, de son côté, lancé une souscription afin de payer l’assurance de leur voiture. Une entraide qui leur parle comme une nouvelle chance.

    Caroline GARNIER

    RESF 51 : Réseau éducation sans frontière au 06.64.41.57.67.


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    Union091220a - Marne
    NOEL 1939 : Le gruyère frontalier ardennais

    Le ravitaillement hippomobile dans un village proche de la frontière.
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  • Dans les derniers jours de décembre, la situation que le général Corap doit gérer le long de la frontière belge témoigne des insuffisances des ouvrages défensifs et de trop de chantiers inachevés qui rendent la zone vulnérable. Qu’en est-il des fortifications de la Meuse après les critiques portées par les officiers chargés de les inspecter dès le début de l’automne ? Les généraux devraient porter une plus grande attention aux observations du général Faury qui est à la tête de la mission militaire française en Pologne et rend compte d’une manière exemplaire des opérations combinées de la Wehrmacht et de la Luftwaffe. Cet officier a participé en 1935 à un exercice intitulé : « La Meuse et les Ardennes difficilement franchissables ». Il explique alors aux généraux Gamelin et Georges dans une salle de la mairie de Mézières qu’en raison du manque de moyens sur une zone aussi étendue, il a mis en place des points d’appui sur les directions les plus importantes avant d’insister : « Par suite de l’absence d’armes antichars, j’ai ordonné à l’artillerie d’appui direct d’agir également contre les engins blindés, ce qui l’a amené à dissocier quelques batteries ».

    En résumé Faury a pioché parmi les dotations en canons de 75 pour consolider ses espaces de résistances. Cette solution est alors dénoncée avec force par le directeur de l’artillerie et le général Gamelin assure alors qu’il est impossible à l’ennemi d’entreprendre une action de rupture sur la Meuse avant le neuvième jour après le début des hostilités : « Si cette offensive se produisait, le Haut-Commandement prendrait toutes les mesures pour la bloquer ».

    Cette analyse avait contraint le général Faury à bousculer les bonnes manières en demandant à s’exprimer de nouveau après le commandant en chef. Ses propos méritent d’être cités : « Si les Allemands attaquent dans cette région, ce sera par surprise. Ils n’attendront pas le neuvième jour. Ils remplaceront l’artillerie par l’aviation. Les chars malgré la pauvreté des itinéraires atteindront très rapidement la Meuse. Sous la protection du bombardement aérien, et après le passage de quelques fantassins, ils traverseront le fleuve. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il fallait bloquer les engins blindés. J’ai dissocié une partie de mon artillerie d’appui direct. C’est la seule mesure possible ». Cette démonstration pertinente n’est pourtant pas à l’ordre du jour en cette seconde quinzaine de décembre 1939. Qu’a-t-on fait de la réponse dépitée de Gamelin à Faury et son état-major : « Messieurs, vous êtes libres ». En l’occurrence, l’immobilisme a été de rigueur ! Une majorité d’officiers considère toujours que le fleuve et les forêts sont des obstacles infranchissables. C’est faire fi de manœuvres opérées avant guerre qui ont pourtant montré que la Meuse peut être traversée par des commandos sans qu’ils soient détectés !

    Le Détachement des armées des Ardennes n’est transformé en IXe armée que le 1er octobre alors que la guerre est déclarée depuis près d’un mois. Les efforts pour renforcer les défenses vont de Revin sur les bords de Meuse à Trélon au nord-ouest de Fourmies. Des obstacles doivent être dressés dans des trouées qui entretiennent une trop grande porosité de la frontière. A Anor, Regniowez, Gué d’Hossus, Hirdaumont, on a identifié des zones d’infiltration trop faciles à utiliser. Du côté de Saint-Michel au nord-est d’Hirson, la situation n’est pas meilleure. L’imperméabilité vantée par le Grand quartier général est une certitude de théoricien. De Pont-à-Bar jusqu’à Givet, un réseau de barbelés doit doubler le fleuve. Parmi les blockhaus, beaucoup ne sont pas terminés. Ils sont démunis de portes lorsqu’ils ont reçu leurs tourelles ou sont sans tourelles lorsqu’on a daigné les équiper d’une porte. Les blindages défaillants sont remplacés par des sacs remplis de terre ou de sable. Les casemates prévues pour recevoir des canons de 75 manquent à l’appel. Dans la Vallée du côté de Château-Regnault et de Monthermé, il existe bien une ligne incomplète d’ouvrages Barbeyrac mais leurs angles de tirs sont trop limités. Ils ne peuvent pas être inclus dans un plan feu d’ensemble !

    On est loin du compte sur le front de Meuse et pourtant malgré le recensement des insuffisances défensives et du manque de matériaux et de maçons pour achever les travaux et compléter les dispositifs, Corap doit adapter au terrain trois corps d’armées qui sont le 2e motorisé aux ordres du général Bouffet, le 11e du général Martin et le 41e du général Libaud. Ces trois corps apportent sept divisions d’infanterie, la 5’ DI motorisé du général Boucher, la 4e nord africaine du général Danselme, la 18e du général Buffet, la 22e du général Hassler, la 53e du général Et¬cheberrygaray, la 61e du général Vauthier et la 102e du général Portier. On dénombre aussi deux divisions légères de cavalerie, les 1" et 4e DLC ainsi que la 3e brigade de spahis sans compter sept régiments d’artillerie de réserve générale, un bataillon de mitrailleurs métro po li tains, deux bataillons de chars Renault 35 et un bataillon de vieux Renault FT 17 employés à la fin de la Grande Guerre. S’ajoutent à tous ces moyens opérationnels trois groupes de 75 de défense contre avions (DCA), trois batteries de 25 de DCA, un groupement de transport auto. Ces unités sont de valeur inégale même si sur le papier, elles font illusion. De l’autre côté de Mézières et jusqu’à Sedan, la IIe armée du général Huntziger n’est pas mieux équilibrée que l’armée Corap. Ces régiments sont mal préparés à une attaque coordonnée de panzers.

    Dans quel état d’esprit vivent en cette période de fêtes les soldats. Des témoignages provenant du 2e bataillon de mitrailleurs coloniaux qui doivent défendre à partir du début janvier la Meuse sur le segment Monthermé-Château-Regnault, Laval-Dieu montrent que la cohabitation avec la population civile n’est pas évidente. Ces soldats venus du Languedoc, contraints de consolider les défenses locales, sont regardés bizarrement par les ouvriers dont les usines fonctionnent comme avant. C’est ainsi que le prélèvement de traverses de chemin de fer sur une voie désaffectée pour fabriquer des obstacles de franchissement soulève la réprobation de gens qui ne croient pas au danger même si les plus âgés se souviennent de l’occupation ennemie pendant la Grande Guerre et en conservent d’effroyables souvenirs. Les mitrailleurs manquent de linge, sont mal logés et sanctionnés lorsqu’ils portent sur leurs courriers le nom du village où ils résident, précaution qu’on n’exige pas des civils. Pourquoi s’inquiéter lorsque Gamelin déclare : « La Meuse est en cette région si encaissée entre des falaises rocheuses à pic qu’elle est inabordable aux chars et parfois même très difficile pour l’infanterie ».

    C’est oublier que les hauts plateaux de la rive droite de la Meuse n’ont pas d’obstacle naturel. Elle est aussi plus élevée que la rive gauche sur laquelle est positionnée la défense française. Ce qui la rend d’autant plus vulnérable. Mais pour défendre Monthermé avec quatre points d’appui l’état-major estime qu’une compagnie dotée d’une quinzaine de mitrailleuses, de fusils mitrailleurs, de trois canons de 25, de quelques pièces de 150 et de mortiers est suffisante. C’est se faire beaucoup d’illusions lorsqu’on sait qu’un groupement blindé allemand dispose de 176 chars opérationnels soutenus par une aviation dense.


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    NOEL 1939 : A Noël 1939

    Est-ce parce que la France est en guerre que Noël ne doit pas être fêté et que les enfants doivent s’abstenir de mettre leurs chaussures devant la cheminée ou au pied du sapin ? Même en l’absence d’un père mobilisé, l’idée qui prime dans les familles est de ne pas punir les enfants. Les commerçants parient sur cette réaction bien humaine pour proposer des séries de jouets en phase avec un pays en guerre.

    C’est ainsi que les panoplies de soldats pour les jeunes garçons avec un casque en métal ont la cote et sont considérées comme le cadeau qu’il faut faire. On immortalise même les enfants ainsi vêtus. Mais il y a aussi des évocations du conflit plus modestes. C’est ainsi qu’une série de cartons en couleur à découper représentent des chars et des automitrailleuses françaises ainsi que des véhicules de transport de troupe. Les dessins sont un peu simplistes mais on n’omet jamais de porter latéralement sur chaque véhicule ainsi proposé un drapeau tricolore. D’autres jouets évoquent les systèmes défensifs tels qu’ils ont été imaginés dans le périmètre défensif de la capitale ainsi que le long des frontières. Des batteries de Défense contre avions (DCA), mais aussi des batteries lourdes et légères d’artillerie tractées par de gros camions, des éléments fortifiés sont mises en vente. Il y a aussi des paquets de soldats qui réunissent des fantassins, des coloniaux, des artilleurs et des sapeurs ainsi que des motocyclistes.

    On valorise aussi des soldats de plomb qu’on annonce comme les défenseurs de la ligne Maginot. On ajoute pour faire plus vrai qu’elle est infranchissable ! Les couleurs choisies sont destinées à insérer les forces armées dans la campagne française, des régions accidentées et plates. Pour les petites filles, la poupée infirmière a bonne cote. Elle est faite pour rassurer et justifier les missions sanitaires et d’assistance des blessés. Ces choix ne sont pas exclusifs des Français. C’est ainsi que les jeunes Finlandais dont le pays est attaqué par les troupes soviétiques qui se heurtent aux vaillants régiments de leurs pères bénéficient de jouets qui placent dans une forêt de sapins reconstituée des combattants à ski revêtus de leurs combinaisons blanches et qui sont assistés de groupes de munitions tractés par des rennes. Une manière d’illustrer la mobilité de ces groupes commandos qui frappent fortement et brièvement et désorganisent par leur audace les unités soviétiques subissant les grands froids polaires.

    En Allemagne, les jouets valorisent les postures martiales ; aussi les soldats de plomb portent les uniformes de la Wehrmacht de la Luftwaffe, de la Kriegsmarine mais aussi celui des nazis avec une croix gammée à la dimension disproportionnée par rapport la taille des combattants. Les bannières et les étendards nazis sont aussi légion. Dans chaque paquet de petits soldats, plusieurs font le salut nazi et on s’arrange pour que le führer se trouve dans chaque paquet. Les confiseries sont largement distribuées avec quelques faveurs pour le chocolat et les gâteaux à base de pain d’épice.

    A l’occasion des fêtes de la Nativité, le pape Pie XII lance un appel à la paix, à la réconciliation et dénonce les agressions dont sont victimes les petits pays qui, comme les grands ont le droit d’exercer librement leur souveraineté à l’intérieur de leurs frontières. Hitler hausse les épaules et ne tient aucun compte de la démarche du Vatican.

    Au même moment, le führer est en visite dans les lignes allemandes tout comme en Finlande le maréchal Mannerheim qui se réjouit que le David finnois soit parvenu pour l’instant à dompter le Goliath soviétique incapable d’accomplir la percée décisive qu’il croyait si simple à accomplir. Il s’apprête à chasser les troupes de l’armée rouge de la rive septentrionale du lac Ladoga.

    En France, la couturière Coco Chanel fête également Noël parmi les soldats et se fait photographier avec eux. Certains montrent les colis qu’ils ont reçus de leurs familles, quelques gâteries bienvenues et une photo qu’ils gardent précieusement sur le cœur. Encore est-il préférable d’avoir rapporté de bonnes notes car on prévient les mauvais élèves qu’ils seront boudés par le père Noël.


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    NOEL 1939 : Le général Corap peste à Vervins

    En Thiérache où règne le bon sens paysan, l’état-major de la IXe armée entend de bonnes questions auxquelles il ne peut pas répondre avec la franchise du cœur. Le patron se méfie des politiques et il sait les faiblesses de ses forces. Dans son PC installé au collège Saint-Joseph de Vervins, le général André Corap mène une vie simple et ne dissimule pas à ses officiers ses inquiétudes face au manque de moyens pour préparer efficacement le grand choc annoncé avec le Reich. Né dans une famille modeste à Pont-Audemer, il a été adopté ainsi que son frère par un industriel M. Corbeau puis pris en charge à l’adolescence par un magistrat troyen, M. de la Motte. Il fait de brillantes études, entre major à Saint Cyr et en sort quatrième de sa position. Après une expérience au début du siècle au Sahara, il a servi en état-major pendant la Grande Guerre y compris auprès de Pétain. Ses chefs l’ont apprécié : « Il a rendu des services éminents et a montré une rare puissance de travail. Il a entraîné l’infanterie avec un esprit vif de méthode ». Plus tard au Maroc auprès de Lyautey, il combat l’insurrection rifaine avec une efficacité incontestée. C’est lui qui reçoit la capitulation d’Abd-El-¬Krim ce qui ne sied guère au résident général Théodore Steeg qui menait de son côté des né¬gociations secrètes avec ce chef de guerre. Dès lors la cote de l’officier vacille et il est écarté de la réorganisation des commandements territo¬riaux du Maroc.

    Aussi n’est-il pas surprenant qu’en 1939, avec obéissance et loyauté, il s’acquitte de ses mis¬sions tout en se méfiant des postures adoptées par les politiques. Il ne les fréquente guère si ce n’est le député radical-socialiste marnais Alfred Margaine qui est un oncle de son épouse. Après une nouvelle expérience marocaine hérissée de chausse-trapes politiques, le général Corap est nommé commandant de la deuxième région militaire à Amiens. On lui fait payer ses relations de travail avec Peyrouton, détesté par le Front populaire et on l’accuse d’être un homme à Wey¬gand. Le général Gamelin s’abstient de prendre position sur le sujet et fait porter au seul gouvernement la responsabilité de cette mutation. Depuis son expérience picarde, il sait que jamais les moyens ne seront au rendez-vous. Dès janvier 1939, il remue ciel et terre pour qu’en haut lieu on prenne conscience de la réalité de la situation générale des armées. Il dénonce alors les seules maisons fortes situées entre Charleville et Monthermé destinées à faire sauter les routes conduisant à la préfecture des Ardennes pour empêcher l’ennemi de les réparer par des tirs bien ajustés. En Décembre il ne croit pas plus qu’hier que la Meuse soit infranchissable, seulement le général Gamelin, péremptoire a des certitudes. A Vervins, le chef d’état-major de Corap, le futur général de brigade Olivier Thierry d’Argenlieu, lui-même picard est tout aussi dubitatif. Ce Saint-Cyrien, ancien lieutenant de hussards pendant la Grande Guerre, diplômé de l’Ecole supérieure de guerre, proche des colonels de Lattre et de Gaulle regrette tout comme son chef la dissociation entre l’armée de l’Air et l’armée de Terre. De fait les avions sont sous l’autorité du général Augereau qui dépend du général François d’Astier de la Vigerie commandant la zone aérienne Nord. Il n’y a pas d’hostilité entre ces généraux. D’Astier est reçu à Vervins et discute avec Corap d’une entrée en Belgique et du soutien que l’aviation pourra apporter pour bloquer la progression ennemie. Mais à son PC de Folembray, le général Billotte entend d’Astier soutenir son contrôle des groupes de chasse pour la couverture des différentes armées par l’obligation : « de constituer une masse de manœuvre pour l’ensemble du front Nord-est ». Corap en profite pour jouer le rabat-joie. N’a-t-il pas déjà regretté le 16 novembre de ne pas avoir d’instructions précises : « sur l’organisation du système défensif de Mézières à Givet ». A la veille de Noël, il n’a toujours pas de réponse mais il répète toujours que la IX’ armée manque d’appui aérien, de chars, de canons, de moyens de transport, d’un vrai service de santé. Dans son journal personnel, le général Corap écrit en cette fin de mois : « Nous recevons de l’habillement et c’est un progrès mais nous manquons de chevaux, d’autos, d’armes antichars et d’aviation. En outre, les transports ne marchent pas bien car on nous fait attendre longtemps le charbon et certaines marchandises pourtant indispensables ». Avant de conclure : « L’organisation des services nécessaires à la guerre laisse à désirer et on ne sent pas d’amélioration ». Cette vision est partagée par plusieurs intendants généraux de passage en Thiérache. L’un d’eux Théry reconnait : « les graves difficultés dont souffre l’armée pour son ravitaillement en viande et en fourrage ». Il pointe du doigt les différends qui opposent les administrations de l’Agriculture, des Finances et des Transports. On murmure alors que le commandement au plus haut niveau manque d’autorité. On s’étonne que les parcs de réparations en tout genre ne soient pas prévus et il faut tout le poids de Corap pour que la IX" armée soit autorisée à utiliser celui de La Fère.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union091219c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Dans les maisons de retraite du Vitryat : L’Onac gâte les anciens combattants

    Vingt-quatre personnes ont reçu un colis de douceurs à Vitry.
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  • La tradition a été respectée. Cette semaine, une trentaine d’anciens combattants et de veuves de guerre ont reçu, avant l’heure, un cadeau de Noël.

    COMME chaque année, le directeur départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) a fait distribuer un colis de Noël à chacun de ses anciens combattants ou veuves de guerre.

    Le résidents de la maison de retraite l’Arc-en-ciel Jean-Juif de Vitry-le-François viennent ainsi de recevoir un colis : ils sont quatre anciens combattants et vingt veuves, âgés de 70 à 100 ans, à avoir été gâtés.

    La remise des cadeaux a été effectuée par Éric Rochette, responsable de la solidarité, Aurore Parizet, chargée des cartes et titres à l’Onac, et Guy Coste, président des sections cantonales de l’arrondissement de Vitry-le-François.

    Une tradition bien ancrée et attendue par les résidents de la maison de retraite, qui ont reçu leur colis dans une ambiance très conviviale, en présence du personnel de l’établissement.


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    Union091219b - Marne
    THIEBLEMONT-FAREMONT : L’Onac gâte les anciens combattants

    Les anciens de Thiéblemont n’ont pas été oubliés.
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    Dans l’établissement Charles-Laurent-Gérard, situé à Thiéblemont-Farémont, on n’était pas en reste non plus.

    Neuf anciens combattants et une veuve de guerre, âgés de 74 à 97 ans, ont également été gâtés par l’Onac, en présence de Floriane Mary, cadre de santé de la résidence, et de Chantal Chilot, responsable des admissions.

    De quoi célébrer avant l’heure, les fêtes de fin d’année.

     

     


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    Union091219a - Marne
    ALGERIE : De nombreuses publications pour le cinquantenaire de sa mort : Redécouvrir Camus

    Ses romans et ses prises de positions politiques ont fait d’Albert Camus l’une des consciences du XXe siècle.
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  • Cinquante ans après sa mort, le 4 janvier 1960, Albert Camus reste une figure mythique de la littérature française, tant par son goût de la justice que par son itinéraire exceptionnel.

    MORT prématurément à l’âge de 46 ans, quand la puissante voiture dans laquelle il rentre à Paris s’encastre dans un arbre, Albert Camus, visage lisse et cheveux gominés, a l’aura des destins brisés. Un peu James Dean pour la vitesse, Humphrey Bogart pour l’éternelle cigarette.

    Enseignée inlassablement dans les lycées, son œuvre a fait de lui l’un des écrivains auquel chacun s’est un jour frotté. Un philosophe accessible, souvent décrié, dont les romans, « L’Etranger », « La peste », portent un regard humaniste sur le monde, pour plus de justice et de liberté.

    Parler pour ceux qui n’ont pas la parole

    « Il disait qu’il voulait parler pour ceux qui n’ont pas la parole ou ceux qui sont opprimés. Il était d’un milieu où les gens n’avaient pas la parole », souligne sa fille Catherine Camus. Né le 7 novembre 1913 en Algérie, Camus est issu d’un milieu extrêmement pauvre, ce qui le distingue dès le départ des autres intellectuels.

    Moins d’un an après sa naissance, son père est tué en octobre 1914 à la bataille de la Marne. Sa mère est femme de ménage. A moitié sourde, elle ne sait ni lire ni écrire.

    Camus grandit dans le quartier Belcourt à Alger. Il se passionne pour le foot, mais la tuberculose l’oblige à délaisser le sport. A l’école en revanche, son instituteur le repère et réussit à lui faire faire des études. C’est à lui que Camus dédiera en 1957 son discours du Nobel.

    Philosophie de l’absurde

    « Pour la première fois, au lycée, il sent l’injustice, le ravin entre le monde des autres et le sien », raconte sa fille.

    A 24 ans, il publie son premier livre, « L’envers et l’endroit », puis s’installe à Paris où il prend la direction de « Combat », l’un des titres clandestins de la Résistance.

    Au lendemain des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, Camus est l’un des rares intellectuels occidentaux à dénoncer l’usage de la bombe atomique.

    Dans « Le mythe de Sisyphe » (1942), il expose sa philosophie de l’absurde : l’homme est en quête d’une cohérence qu’il ne trouve pas dans la marche du monde. « L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est ainsi la révolte », écrit-il. Mais Camus pose la question des moyens : tous les moyens ne sont pas acceptables pour atteindre le but que l’on s’est fixé.

    « C’est quelqu’un qui fait du bien, souligne Catherine Camus. Il réagit honnêtement en fonction de ce qu’il pense et il pensait en fonction des êtres humains ». Engagé à gauche, il dénonce le totalitarisme en Union soviétique dans « L’homme révolté » (1951) et se brouille avec Jean-Paul Sartre.

    Pendant toutes ces années, Camus est un homme seul et la guerre d’Algérie l’isole un peu plus, lui le Méditerranéen, le pacifiste dont la mère vit toujours dans un quartier populaire d’Alger. Son appel à la « Trêve pour les civils » lancé en janvier 1956 l’éloigne de la gauche, qui soutient la lutte pour l’indépendance algérienne.

    En 20 ans, ses romans, ses prises de positions politiques ont fait d’Albert Camus l’une des consciences du XXe siècle et lui valent une audience internationale. C’est cet homme épris de justice que l’Académie Nobel consacre à seulement 44 ans. Un symbole que Nicolas Sarkozy voudrait voir entrer au Panthéon. Catherine Camus a réservé sa réponse.


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    Union091217d - Marne
    SEZANNE : A la maison de retraite : Des cadeaux pour les anciens combattants

    Des colis pour les anciens combattants de la maison de retraite.
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    La commission « mémoire et solidarité » du service départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de la Marne a offert, comme chaque année, un colis de douceurs à ceux qui résident à la maison de retraite de Sézanne : anciens combattants 1939 - 1945, Afrique du Nord, veuves d’anciens combattants.

    Une petite manifestation conviviale s’est donc déroulée à la maison de retraite de la cité de mails, organisée par Christelle, l’animatrice de l’établissement. Claude Desplanches, administrateur du service départemental et membre de la commission mémoire et solidarité, a remis un colis à chacun.

     

     


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    Union091217c - Marne
    IGNY-COMBLIZY : Anciens combattants : nouvelle génération

    Gérard Niger a remis le drapeau à Frédérix Daubock, jeune ancien combattant de l’ex-Yougoslavie.
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  • C’est la nouvelle salle des fêtes d’Igny-Comblizy que les anciens combattants (PG-CATM et TOE) du canton ont choisie pour tenir leur assemblée générale et rendre un hommage officiel à leurs camarades morts au cours de la guerre d’Algérie et des conflits en Tunisie et au Maroc.

    Campagne en ex-Yougoslavie

    Compte tenu de son âge et de la nécessité de rajeunir les cadres, le président cantonal Gérard Niger a proposé la candidature de Frédéric Daubock, ancien combattant en ex-Yougoslavie notamment, déjà très engagé dans le tissu associatif local, en vue de son remplacement. Frédéric Daubock a alors élu à l’unanimité. Dès son acceptation, il a immédiatement été installé dans ses nouvelles fonctions. Un tournant dans la vie de cette association qui voit arriver une génération de combattants.

    A l’ordre du jour aussi, le projet de déplacement des services de l’Onac de Châlons-en-Champagne vers Charleville-Mézières. L’Udac, par la voix de Gaëtan Charlot, et Christian Bruyen, pour le conseil général, appellent à la vigilance, arguant du passé historique exceptionnel de la Marne. La manifestation s’est poursuivie au monument aux morts avec la population et les jeunes musiciens, avec une émouvante cérémonie au cours de laquelle le président sortant a confié le drapeau à son successeur.

    A noter la présence à cette assemblée de MM Ozerec, élu d’Igny-Comblizy, Gillet, de la gendarmerie de Dormans, et Joël Wiman, porte-drapeaux d’Epernay.


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    Union091217b - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Colis de douceurs : Un ancien combattant chouchouté

    La délégation entourant Pierre Pierresteguy.
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  • Après une carrière bien remplie, Pierre Pierresteguy, 87 ans, a intégré la maison de retraite Les Jardins de Sermaize il y a environ un an.

    Originaire des environs de Bayonne, il gagne la France Libre par l’Espagne, participe au débarquement de Normandie et à la campagne de France et après dix ans d’armée entre dans les douanes.

    Il y prend sa retraite avec le grade de lieutenant-colonel. Invalide à 80 % et ne pouvant rester seul, il a quitté à regret les Pyrénées - il avoue qu’elles lui manquent - pour Sermaize, proche de Vitry-le-François où réside son fils.

    La commission de solidarité départementale des anciens combattants, dont font partie Alain Pauphilet et Pierre-Marie Delaborde respectivement 1er et 2e adjoints, ne l’a pas oublié et c’est le maire Raymond Dziéja, lui-même ancien combattant, qui lui a remis le colis de douceurs bien champenoises préparé à son intention.

    Toujours vaillant Pierre Pierresteguy a pris date pour d’autres rendez-vous.


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    Union091217a - Marne
    VIRGINY : Djebel Argonne : Toujours sur le front

    Le pèlerinage « Retrouvailles nationales » (à Lourdes du 4 au 8 juin) sera ouvert à toutes les associations d’anciens combattants.
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  • Suivie par de nombreux adhérents, l’assemblée générale de l’UNC Djebel Argonne a eu lieu salle la Forge à Virginy. Le président Paul Jeny demanda une minute de recueillement en mémoire des membres disparus, dont récemment le lieutenant-colonel André Chevalier, puis rappela les différentes manifestations officielles marquées par la présence de la section au cours de l’année, notamment le congrès départemental à Epernay, Navarin, la Gruerie, Le Pont du Marson, et le 5 décembre à Virginy pour la cérémonie en mémoire de tous les anciens AFN…

    Côté distractions, le repas dansant ainsi que deux voyages avec des thèmes différents connurent un beau succès.

    L’année 2010 se prépare activement, avec le traditionnel repas dansant qui aura lieu le 21 février à Auve. Ouvert à toutes associations d’anciens combattants, un autre point fort sera le pèlerinage « Retrouvailles nationales », à Lourdes du 4 au 8 juin.

    Les inscriptions à ce voyage sont collectées par le trésorier Aimé Gomerieux, secondé par Guy Cellier. Renseignements au 03.26.60.41.72 ou 03.26.60.91.32.


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    Union091216a - Marne
    ARAC – HIRSON : Anciens combattants de l’Arac : Le bureau reconduit

    La réévaluation des retraites est une de leurs revendications.
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  • Maurice Drouard, président de l’Arac (Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre) a convié dans la salle Fernand-Antoine, les adhérents afin d’assister à l’assemblée générale de l’association.

    Après avoir observé une minute de silence en mémoire des disparus, le président a lu le bilan moral de cette association créée en 1919.

    À ce jour, la section d’Hirson est composée de 14 membres. Les anciens combattants de 14/18 sont tous disparus, ce qui réduit de beaucoup cet effectif qui participe à toutes les cérémonies patriotiques.

    Il a, ensuite, été procédé à l’élection du bureau qui a été reconduit dans son intégralité et se compose comme suit : président, Maurice Drouard ; trésorier, Hubert Antoine ; porte drapeau, Alfred Babilotte. Maurice Drouard a fait part des revendications de l’association au sujet de la retraite des anciens combattants, qui est seulement de 562,62 € par an.

    « Le gouvernement ne respecte pas ses engagements sur les revendications des anciens combattants, alors que 32 milliards d’euros sont consacrés à la guerre, pour la réintégration de la France à l’OTAN, ainsi que pour l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. »


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    Union091214b - Marne
    CHALONS :Aux résidences Bichat et d’Automne : Anciens combattants et veuves ont été gâtés

    Les anciens combattants et veuves ont été gâtés.
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  • Anciens combattants et veuves de guerre vivant en résidences ou maisons de retraite à Châlons, ont reçu comme chaque année le colis de douceurs que leur offre l’office national des anciens combattants (Onac51) à l’approche des fêtes de Noël.

    Une façon de récompenser ceux et celles qui ont tant donné pour leur patrie.

    Pol Cher, Jean-Marie Gagnaire et Michel Lefèvre ont distribué le précieux colis à 7 personnes de la résidence d’Automne et à 9 à la résidence Bichat.

    Les bénéficiaires à la résidence d’Automne : Denise Linard, Marie-Paule Schmauch, Suzanne Nicolardot, Roger Seigneur, Jacques Samuel, Camille Foissier et Alice Bronstein.

    A la résidence Bichat : Mouloud Akil, Louis Trouillard, Ginette Champy, Josiane Petitfourt, Josette Gillet, Germaine Chantriaux, Nelly Valentin, Laura Rajoana, Moussa Merzoug.


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    Union091214a - Marne
    MAILLY-CHAMPAGNE : Les AFN à Rungis

    Les anciens combattants et veuves ont été gâtés.
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    L’UNCAFN « Le Djebel » vient d’effectuer son voyage annuel à Rungis.

    Les cinquante participants n’ont pas hésité à se lever très tôt pour découvrir, grâce à un guide, les méandres du ventre nourricier de Paris.

     


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    Union091213e - Marne
    CHASSEUR UN JOUR … : Chasseurs ou cavaliers..

    José Domice, président de l’Amicale des « diables bleus » de Reims nous écrit à la suite de la parution d’un compte rendu d’une audience pénale militaire paru dans nos colonnes et qui concernait quatre militaires condamnés pour des faits de consommation de stupéfiants à Mailly-le-Camp.

    « Les militaires qui ont comparu », indique notre lecteur, « ne sont pas des chasseurs mais des cavaliers et, en souvenir du premier bataillon de chasseur et par respect pour les anciens qui ont servi dans cette unité, qui avait ses quartiers à Reims, les chasseurs n’ont pas de régiment mais des bataillons […]. Leur képi n’est pas bleu ciel mais bleu foncé et il ne reste qu’un seul bataillon de chasseurs mécanisé et c’est le 16 alors ne faisons pas salir les chasseurs pour les cavaliers, nous n’avons pas la même tradition ni la même fête ».

    N’en déplaise à M. Domice, les militaires condamnés faisaient bel et bien partie du régiment des chasseurs de Thierville-sur-¬Meuse.


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    Union091213d - Marne
    CHALONS : Résidence Clamart : Un colis de douceurs

    Les résidents de Clamart ont reçu leur colis.
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    Les anciens combattants et veuves des résidences et maisons de retraite, ressortissants de l’Office national des anciens combattants (Onac 51) de Châlons, continuent d’être gâtés à l’approche des fêtes de Noël. C’était en effet la fête ce mercredi à la résidence Clamart.

    Trois hommes et huit femmes ont bénéficié du colis de douceurs remis par Monique Gruhier :

    Anna Ranglaret ; Françoise Barrois ; Louise Mathieu ; Mauricette Leclère ; Léontine Guiot ; Germaine Thierry ; Fernande Bonnefoix ; Nicole Remy-Beyne ; Suzanne Zaluski ; Yves Daoudal ; Marcel Serginski et Max Berqueret.

     


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    Union091213c - Marne
    GIVRY-EN-ARGONNE : Mémoire : Ils se souviennent de Rémi Nicolas

    Outre Rémi Nicolas, Michel Richard, René Magot, Denis Thiriot et Jack Cabart ont perdu la vie loin de leur Argonne.
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  • Plus de 70 personnes étaient rassemblées pour se souvenir des morts français en Afrique du Nord. Cette année, c’est le village de Givry qui accueillait l’événement, village qui a perdu Rémi Nicolas, à Souk-Ahras en 1957.

    Une gerbe a été déposée par les institutionnels et le président de l’association des anciens combattants.

    La plupart des présents se sont ensuite rendus au cimetière pour déposer une gerbe sur la tombe du jeune Rémi Nicolas.

    Le président de l’association des anciens combattants a rappelé que le canton de Givry avait payé un lourd tribut aux combats en Afrique du Nord avec cinq soldats tués. Outre Rémi Nicolas, Michel Richard, René Magot, Denis Thiriot et Jack Cabart ont perdu la vie loin de leur Argonne.

    Un dernier hommage a enfin été rendu à 3 anciens combattants décédés, il y a peu de temps, à savoir, Camille Braux, Martial Lambert et Roger Zins.


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    Union091213b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Conservation du patrimoine : Thélis Vachon : pilote et commandant de Joseph Kessel

    Sa plaque, au cimetière militaire de la route de Florent, ne porte aucune mention particulière.
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  • Thélis Vachon devant un de ses appareils.
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  • Enterré au cimetière de Menou, Thélis Vachon, pilote est entré dans l’histoire par les écrits de Kessel dans « L’équipage ».

    SA plaque n’est pas plus grande que les autres, mais il y est des hommes que l’Histoire distingue de la masse. Celle de Thélis Vachon est de celles-là. Joseph Kessel, écrivain que l’on connaît par ailleurs, se forme au pilotage des appareils. Tout comme Thélis Vachon. Ce dernier fait de brillantes études, part en Angleterre pendant une année et demie pour renter à la suite à Compagnie générale transatlantique. Il s’engage dans l’artillerie à Rennes, passe son examen d’élève-officier de réserve. Il termine son temps comme lieutenant lorsque la guerre éclate. Il entre alors dans l’aviation comme observateur. Il y débute brillamment en réalisant des réglages de tir d’artillerie, même sous le feu des canons allemands.

    SOP 39, Kessel et Vachon

    Il enchaîne en passant son brevet de pilote le 2 octobre 1916, soutient des combats face aux chasseurs allemands, volant tous les jours, par n’importe quel temps. Attaqué par une patrouille ennemie, il réussit à abattre un avion et à mettre les autres en fuite. Thélis Vachon est un aviateur hors pair. Qui plus est, Jospeh Kessel l’a fait entrer dans la légende en couchant son histoire sur le papier. Dans « L’équipage », ouvrage publié pour la première fois en 1923, Kessel nous entraîne dans l’ambiance et la vie de la SOP 39.

    Qui est précisément l’unité dirigée par Thelis Vachon, dans laquelle l’écrivain officie en tant qu’observateur. Cette escadrille prendra pour symbole le lapin, qui ornera désormais les fuselages des appareils. Cette escadrille a, à son actif, un passé chargé, des faits d’armes glorieux et aussi des morts.

    Elle dispose d’avions Caudron au départ, participe à la bataille des frontières à Rethel. En octobre 1917, elle se dote d’avions anglais, les Sopwith et prend le nom de SOP 39, puis SAL 39. le 14 février 1918, l’escadrille prend position à Jonchery-sur-Vesle, limité au nord par la faille où coule la Vesle. L’église de Rosnay sert de repère aux aviateurs. Le personnel, pilotes et observateurs, est exceptionnellement jeune. A peine plus âgé que ses subordonnés, Thélis porte des galons discrets. Il commande à 12 pilotes, dont 2 seulement sont officiers, et 14 observateurs et photographes. Son prestige est indubitable. Pour son attachement inconditionnel à sa formation, pour ses connaissances techniques, et son passé récent de combattant. Tout autour des appareils, les « rampants », 84 sous - officiers et hommes de troupe, mécaniciens, armuriers, spécialistes radio, conducteurs, avec le même attachement à l’escadrille et à la réussite de ses missions. Kessel ne s’y trompe pas et décrit la performance quotidienne, l’étroite carlingue réservée au passager, le tabouret, les cartes du front, et aussi les crosses des mitrailleuses jumelées dont l’observateur est aussi le servant. « L’équipage » évoque les périls, les flocons noirs autour de l’avion qui signalent les salves ennemies.

    La mort de Thélis Vachon

    Kessel la raconte aussi. De retour d’une permission, il trouve le chauffeur qui est venu le chercher en gare de Sainte-Ménehould, le visage bouleversé. Il comprend qu’un événement grave s’est produit. Leur chef est mort.

    En mission, Thélis est attaqué par trois chasseurs ennemis. Il est gravement blessé. Il réussit à ramener l’avion et son observateur et à le poser au sud du bois de Cernay, au parc d’artillerie de 71e Division. Examiné par le médecin, devant la gravité de son état, on le transporte à l’ambulance de Villers-Daucourt, par les routes défoncées. Il meurt quelques heures plus tard. C’est Kessel qui s’occupe de son cercueil et qui le veille.

    L’enterrement aura lieu devant l’escadrille réunie. Les larmes de ses camarades attestent le dernier hommage rendu par ses hommes.

    Le corps est gardé par le cimetière militaire de Sainte-Ménehould, sur la route de Florent. La plaque ne porte que l’inscription de son régiment d’origine.


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    Union091213a - Marne
    HISTOIRE : Les fragilités de l’armée de l’air

    Curtiss H-75 volant en rase-mottes en 1939-1940 au-dessus du terrain de campagne. Au fond : la route de Suippes.
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  • Un appareil allemand s’est posé en catastrophe.
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  • Récupération d’un chasseur sévèrement endommagé.
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  • AVIATION. L’efficacité de La Luftwaffe pendant ta campagne de Pologne, la précision et l’intensité de ses bombardements, l’importance de la couverture aérienne réalisée par la chasse confirment les inquiétudes de l’état-major général qui ne doute plus de ne pas disposer des moyens suffisants pour garantir sa maîtrise du ciel. Pourtant le ministre de l’Air ne veut rien entendre.

    L’achat aux Etats-Unis de Curtiss H 75 pour former des escadrilles à même d’affronter les meilleures unités ennemies ne doit pas masquer la réalité des insuffisances françaises. Les craintes formulées pendant la première quinzaine de décembre ne sont pas nouvelles. Déjà au début de la guerre, le général Vuillemin qui n’a pas pu finaliser la modernisation de son aviation juge impossible de s’engager dans un conflit ouvert avec le Reich.

    Une analyse rejetée par Guy de la Chambre plus prompt à s’aligner sur le général Gamelin et l’amiral Darlan qui jugent l’armée de terre et la marine aptes et prêtes à affronter l’ennemi : « Au point de vue de la chasse, nous disposons maintenant d’appareils modernes sortant en grande série et les moyens franco-britanniques équilibrent sensiblement les moyens italo-allemands. Notre aviation de bombardement ne sera prête que début 1940 mais, d’ici là, l’Angleterre prend à sa charge les bombardements massifs en Allemagne du Nord ». Et le ministre d’insister : « La situation de notre aviation ne doit plus peser sur les décisions gouvernementales comme elle l’avait fait en 1938 ».

    Face à cet optimisme affiché, personne ne prend soin d’interroger le général Vuillemin ce qui est le plus sûr moyen d’éviter toute contradiction. De retour à son bureau, le chef d’état-major réunit ses plus proches collaborateurs dont le général Mendigal. Il rédige un courrier qui dresse la puissance opérationnelle de l’aviation française et insiste sur l’aide promise par la RAF pour faire face au danger. Il est convaincu que d’ici six mois les alliés auront des forces aériennes comparables à celles de l’Axe à la condition que les usines de l’Hexagone ne soient pas matraquées par les groupes ennemis de bombardement et que les Soviétiques ne se mêlent pas d’engager leurs moyens à long rayon d’action.

    DES RELATIONS HOULEUSES

    Dans son bureau du Grand quartier général aérien(GQGA) installé à Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux, le générai Vuillemin n’ignore rien de l’infériorité de l’armée de l’air en comparaison de la Luftwaffe. S’il dispose de 117 groupes aériens, il ne possède que 1.355 avions de première ligne répartis en 530 chasseurs, 415 bombardiers et 410 appareils de reconnaissance et d’observation. Les trois armées aériennes correspondent à trois théâtres terrestres : La première du général Mouchard au nord-est, la troisième du général Houdemon au sud-est et la cinquième du général Bouscat en Afrique du Nord.

    Cette organisation ne sied pas au commandant en chef des forces aériennes. Il profite de la drôle de guerre pour réorganiser ses moyens, aussi supprime-t-il le commandement des forces aériennes mises à la disposition des armées de terre ainsi que les commandements des forces aériennes de groupes d’armées terrestres. Il substitue à ce dispositif deux zones d’opérations aériennes : une Nord et une Est.

    Pour compliquer la situation, les relations entre les aviateurs et les responsables de l’armée de terre ne sont pas au beau fixe. Game¬lin s’en émeut et accuse Vuillemin préoccupé d’un risque d’une offensive aérienne du Reich de très grande ampleur de placer sous sa responsabilité les unités chargées d’assurer la couverture de ses forces terrestres. Les tensions entre les chefs d’état-major se dupliquent à un niveau inférieur. Le général Prétetat, commandant le groupe d’armées n°2 s’insurge du manque d’appui aérien dont le fait bénéficier le général Pennès commandant la zone aérienne Est. Les commentaires sont sévères : « L’insuffisance notoire de l’aviation met le commandement terrestre dans l’impossibilité d’envisager la moindre opération offensive. Dans la défensive, nos appareils ne peuvent même pas, faute d’une protection suffisante, assurer l’observation des tirs d’interdiction et des tirs de contre-batterie ». Bref, il existe des oppositions graves sur l’emploi des forces aériennes. Elles touchent l’utilisation et la répartition des moyens aériens ainsi que le soutien technique des unités.

    DES RETARDS DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

    Vuillemin échappe de peu au renvoi en octobre 1939 mais le rapport du colonel Bouché, un officier de l’armée de terre cité par l’historien Patrick Facon laisse de vilaines traces. N’écrit-il pas : « Il faut reconstruire une aviation, même modeste, qui ne soit pas un ramassis de moyens périmés, mal équipés, dispersés au hasard, commandés ou ravitaillés par de trop nombreux chefs qui s’ignorent entre eux et qui sont perdus au milieu d’états-majors surabondants ». Les relations se crispent également entre les généraux de l’air. On est loin de l’épilogue et les tensions perdurent d’autant que les généraux Gamelin, Georges, Billotte, Pré¬telat ne sont pas en reste pour rappeler fin décembre 1939 : « l’insuffisance quantitative des appareils et le caractère obsolète d’un trop grand nombre d’entre eux ».

    Les retards de l’industrie aéronautique sont évidents et le plan V de guerre n’est pas suffisant pour redresser la situation même si les effectifs de l’industrie sont passés de juin à fin décembre de 88.000 à 171.000 salariés. Si la production de chasseurs est à peu près assurée, celle des bombardiers prend un gros retard. Trop d’appareils sortis des chaînes de montage ont des problèmes de moteurs, des avaries de trains d’atterrissage, des dysfonctionnements radio. Les vérifications entreprises lors du passage des avions par les entrepôts de Châteaudun démontrent un manque de suivi de la qualité, avant même leur équipement en canons et mitrailleuses ! Vuillemin le reconnaît en cette fin d’année : « Une quantité importante des avions sortis d’usine sont indisponibles pour des missions de guerre ». La formation des pilotes et officiers mécaniciens, des radionavigants, mécaniciens des différentes spécialités, des photographes, des électriciens et des radiotélégraphistes a pris des retards même Si on est passé de trois écoles en janvier 1938 à quinze en septembre 1939. La peur de l’état-major se résume aussi par ce constat : « En Cas d’opérations soutenues et de pertes importantes, les unités aériennes seront à court de navigants en quelques semaines seulement ».

    HERVÉ CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    HISTOIRE : Le 1/5 de Reims à Suippes

    Chasseurs Curtiss H-75 déployés sur le terrain d’opérations de Suippes. Suippes, terrain de desserrement de la Base aérienne 112 fut le terrain à partir duquel les deux escadrilles du groupe de chasse »opérèrent jusqu’au 14 mai 1940, date de leur déploiement sur le terrain de Saint-Dizier.
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  • Vol en formation de trois Curtiss M-75 du groupe de chasse 1/5 au-dessus du terrain de Suippes. La route visible au premier plan est une « fausse route » tracée à la craie dans le but de tromper l’ennemi en cas de bombardement du terrain.
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  • Pilotes de l’escadrille SPA 67 du groupe de chasse US sur le terrain d’opérations de Suippes à la fin de 1939.

    De gauche à droite : le sergent-chef Dominique Penzini, le sous-lieutenant Brion, l’adjudant-chef Bouvard, le sergent François Morel, le capitaine Accort commandant l’escadrille, le sergent Gérard Muselli, le sergent Léon Vuillemain, le lieutenant Edmond Marin la Meslée et le sous-lieutenant Rey.

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  • Sur la plus grande base de France à Reims, le GC 1/5 du commandant Jacques Murtin transféré fin août à Suippes pour éviter une trop grande concentration d’avions est équipé de cinquante-quatre Curtiss H 75.

    L’appareil est apprécié. Il est plus performant que le Dewoitine 501 mais dans le rapport qu’ils cosignent, Accart et Marin-la-Meslée insistent : « sur la fiabilité et la maniabilité » du chasseur américain mais leur appareil n’égale pas la vitesse atteinte par les Messerschmitt allemands. Ils sont conscients que son armement n’est pas optimum puisque l’avion n’est équipé que de quatre mitrailleuses légères de 7,5 mm dont deux ont une petite cadence de tir à travers l’hélice alors que les appareils ennemis et alliés ont souvent au moins un canon de 20 mm. Cette situation contraint les pilotes du 1/5 à s’approcher très près de leur adversaire ce qui les rend vulnérables même si leur talent leur permet d’impressionner leurs adversaires. Ils se sont entraînés sur les champs de tirs de Mourmelon et de Suippes. Le 1/5 est très soudé et il existe entre les pilotes une authentique complicité. A la première escadrille, Jean-Mary Accart le chef et son second Edmond Marin-la-Meslée ont leur caractère mais ils sont des officiers intuitifs bien au fait de leurs missions et évaluant leurs limites. Déjà en juillet 1939, Marin-la-Meslée est jugé apte aux fonctions du grade supérieur et au commandement d’une escadrille, mais ce qui le bloque est son ancienneté insuffisante. Le colonel Nuville, commandant la 5e escadre l’estime : « excellent pilote de chasse confirmé de jour et de nuit, très bon tireur » faisant montre : « de beaucoup de métier et d’allant, connaissant parfaitement le matériel moderne, très bon instructeur et excellent second d’escadrille ». Lorsque fin 1939, on lui propose le commandement d’une escadrille d’un autre groupe, il préfère rester fidèle au 1/5, observe dans une étude qu’elle lui a consacré, Servane Bayle.

    « L’ŒIL DE L’ARMÉE DE TERRE »

    Les transferts opérés sont pluriels comme le remarque Frédéric Lafarge, le conservateur du musée de l’actuelle BA 112 : « Si le 1/5 a gagné Suippes, il fout se souvenir que le GC ¼ a déplacé ses vingt-six Curtiss H 75 et ses deux Potez 631 à Wez-Thuisy (aujourd’hui Val-de-Vesle). C’est également sur cette plate-forme que l’état-major de la 2e brigade aérienne et celui de la 5e escadre de chasse ont été transférés avant d’être dissous. En ce qui concerne l’aviation de bombardement, les seize Bloch 210 du GB 1/12 ont décollé pour Auzainvilliers dans les Vosges, les quinze Bloch 210, le seizième partant quelques jours plus tard du GB 2/12 ont été déplacés à Damblain toujours dans les Vosges, avec l’état - major de la 12e escadre. Les dix-neuf avions du Groupe aérien d’observation 552 ont été station nés sur le terrain de Mourmelon-le-Grand et les quinze Potez 631 du Groupe de chasse de nuit 2/13 ont été envoyés au Plessis-Belleville dans l’Oise pour la défense aérienne de la capitale. Le centre d’expérimentation militaire a rejoint la base d’Orléans-Bricy ».

    Au début de la guerre l’optimisme est de rigueur. Le1/5 aménage astucieusement le terrain de manière à tromper l’ennemi en cas d’attaque. Les fausses routes voisinent des buttes artificielles et des tranchées profondes. La seule inquiétude identifiée chez ces pilotes, patriotes exemplaires, c’est la manière dont la chasse va être employée pendant les combats. La France aligne 613 chasseurs contre 771 pour l’Allemagne. En décembre alors que la « drôle de guerre » s’installe, le 1/5 est relié à la IIe armée. Le général Giraud en visite sur la base n’a-t-il pas résumé ainsi les rapports entre les armes : « L’armée de l’air n’est que l’œil de l’armée de terre qui, elle conquiert le terrain.

    EDMOND, RAYMOND ET CHRISTIAN MARIN-LA-MESLÉE

    Le 1/5 doit assurer la couverture aérienne des zones où sont positionnées les troupes terrestres, surveiller les arrières comme les points sensibles et défendre contre des incursions en profondeurs des chasseurs et des bombardiers de la Luftwaffe. Jusqu’à la fin de l’année 1939, le groupe effectue principalement des sorties de surveillance à haute altitude. Ces missions réalisées à environ 8000 mètres durent d’une à deux heures. Il s’agit aussi d’intercepter et d’abattre des appareils de reconnaissance ennemis qui photographient les zones de bivouacs et rassemblent un maximum de renseignements.

    Des exercices communs avec les Britanniques sont organisés et les relations avec les pilotes anglais sont bonnes. Marin-la-¬Meslée, confie le 5 novembre avoir invité un escadron leader et deux officiers à venir dîner à la popote du groupe. Vers Noël, les températures chutent ce qui complique le travail des mécaniciens même s’ils se réjouissent des performances obtenues avec les premiers Curtiss équipés de six mitrailleuses. La volonté des pilotes d’entretenir leur forme et d’être prêts en cas d’une attaque aéroterrestre combinée est patente. La famille Marin-la-Meslée de Valenciennes est connue parce que trois des quatre fils sont dans l’armée de l’air et pilotes : Edmond, lieutenant, Raymond et Christian, sergents.

    Le général Weiss, inspecteur général adjoint des écoles n’a-t-il pas dédicacé en juin 1939 une photo les représentant avec cette réflexion : « Je veux inscrire sur cette photographie émouvante mon témoignage d’admiration et d’attachement pour la famille Marin-la-Meslée, qui a donné le meilleur d’elle-même à la France et à l’aviation. Honneur à ces trois soldats de l’air. Honneur à leurs admirables parents ! Rien n’est perdu quand un pays possède de telles âmes servies par de telles poignes, ».


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    1.434 morts en trois mois

    Alors que les fêtes de fin d’année approchent, le gouvernement Daladier développe un argumentaire pour rassurer les familles en rappelant que les pertes enregistrées depuis le début du conflit sont très faibles en comparaison des premiers mois de combat de la Grande Guerre. Le président du Conseil rappelle qu’au 30 novembre 1939, on enregistre 1.136 morts dans l’armée de terre, 256 dans la marine et 42 dans l’aviation. Avant d’insister : « Entre le 3 août et le 30 novembre 1914 il y a eu 250.000 tués et le nombre de morts au combat s’est élevé à 360.000 au 31 décembre de la même année. Nous sommes très loin de chiffres aussi dramatiques ». La presse n’accorde pas plus d’importance à ce premier bilan communiqué par le gouvernement qu’aux trois victimes de l’effondrement du pont Saint-Louis contre lequel une péniche s’est fracassée. Comme l’a remarqué en son temps Henri Amouroux : « La disproportion est choquante mais elle ne choque personne ». Pense-t-on assez aux soldats qui passent leurs journées à attendre le long du front et qui aperçoivent de temps à autre des ennemis occupés comme eux aux tâches quotidiennes et peu enthousiastes à se battre ? Pourtant les moyens qui sont déjà concentrés à proximité de la frontière française sont incomparables avec ceux que les militaires de Gamelin sont en capacité d’aligner. Cette « drôle de guerre » incite certains à reprendre leurs habitudes du temps de paix.

    FACILITÉ À MÉPRISER L’ADVERSAIRE

    N’est-ce pas la Chambre syndicale des propriétaires de bals et de dancings qui obtient le 6 décembre 1939 le droit d’organiser à nouveau des après-midis et des soirées dansantes ? Les courses hippiques sont reprogrammées et, à ceux qui s’en étonnent les propriétaires de chevaux réitèrent que quatre cent mille personnes en vivent dans l’Hexagone. On mesure aussi tout le zèle de la sous-commission permanente des travaux publics et des moyens de communication de la Chambre des députés qui s’impatiente de recueillir les motivations du ministre sur la suppression de la première classe dans plusieurs trains très fréquentés. Une facilité à mépriser l’adversaire se développe et on insinue que chez ces gens-là on ne sait pas célébrer Noël et qu’on s’abandonne à l’ivresse au Nouvel an. On se moque aussi de ces Allemands qui ne savent pas s’habiller avec élégance et ont de vêtements aussi grossiers que les propos qu’ils tiennent.

    On rit en les traitant de gros mangeurs de saucisses : « pansus et encombrés de flatulences ». On ajoute goguenard que : « ce n’est pas demain la veille qu’on trinquera avec ces mal élevés ». Cette volonté gouvernementale d’épargner les vies françaises est en phase avec les ordres donnés. Les soldats ont ordre de ne pas tirer de l’autre côté du Rhin pour épargner les villes et les villages en évitant les représailles. Pourtant les journalistes ne sont`pas dupes et même si la censure est présente, ils ne manifestent pas un optimisme équivalent à celui des ministres. Cette perplexité existe dans les familles qui craignent que l’immobilisme enregistré depuis septembre conduise à une nouvelle guerre longue.

    H. Ch.


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    Union091212b - Marne
    CHALONS : Aux morts d’Afrique du Nord : Ils se souviennent

    En mémoire aux morts pour la France : dépôt de gerbes par les hautes autorités au mémorial AFN.
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    Au Mémorial AFN, au pied de la cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne, plus de cent personnes ont récemment assisté à la cérémonie commémorative, en présence de représentants de l’Union française des associations des anciens combattants.

    Gérard Moisselin, préfet de région et préfet de la Marne, le général Philippe Bras, commandant d’arme de la place de Châlons, Benoist Apparu, secrétaire d’état chargé du logement et Bruno Bourg-Broc, député maire de Châlons ont procédé au dépôt de gerbe, assistés par le capitaine Mocellin et le commissaire Philippe Mouronvallé.

     

     


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    Union091212a - Marne
    LOISY-SUR-MARNE : Nouvelle découverte archéologique à Loisy-sur-Marne : Tombes romaines ou vestiges de la guerre ?

    Une deuxième fouille archéologique se poursuit jusqu’au 22 janvier sur la Zac de La Haute Voie. Deux grandes fosses ont été mises au jour.

    DEUX grandes fosses ont été découvertes sur la Zac dite de La Haute Voie, à Loisy-sur-Marne. S’agit-il de tombes romaines ou de vestiges de la guerre mondiale ? « Pour l’instant, nous n’arrivons pas à les identifier », déclare Régis Issenmann, responsable d’opérations à la société Eveha, bureau d’études spécialisé dans les recherches archéologiques pour les périodes antique, médiévale et moderne à Limoges.

    Fin septembre, il avait découvert plusieurs bombes datant de la Seconde Guerre mondiale. Et en octobre, cet archéologue spécialisé dans la protohistoire et l’époque romaine avait mis au jour, sur une parcelle d’un hectare, une maison sur sablière basse délimitée par un enclos, un puits et quelques fosses, avec de nombreux de petits fours datant de l’époque romaine, c’est-à-dire du IIIe-IVe siècles après Jésus-Christ. « Cela laisse à penser qu’il existait à l’époque une zone artisanale. » Il avait également trouvé une annexe agricole sur poteaux « qui pourrait être soit une grange, soit une maison d’ouvrier », ainsi qu’un ancien chemin.

    Jusqu’au 23 octobre

    Tout un tas de céramiques, ossements d’animaux, fragments de récipients en verre ou encore éléments de parure ont par ailleurs pu être sortis de terre. Des vestiges qui sont analysés actuellement dans des laboratoires disséminés à Troyes, Reims et Clermont-Ferrand. « Nous avons jusqu’au 23 octobre 2010 pour rendre le rapport de fouilles », prévient Régis Issenmann.

    En attendant, les sept archéologues continuent de fouiller le terrain d’1 ha de la Zac dite de « la Haute Voie », à l’ouest des travaux d’aménagement actuellement en cours. Ils ont jusqu’au 22 janvier. Ils ne perdent pas espoir de trouver des tombes romaines à cet endroit. « Ce serait logique », estiment-ils. Ils aimeraient enfin pouvoir « commencer à découvrir le pays vitryat à l’époque romaine ». Pour l’instant, on ne connaît rien de la vie vieille de près de deux millénaires à Loisy-sur-Marne et aux alentours. « Il reste probablement plein de vestiges mais ils ne sont pas connus, rappelle le responsable d’opérations. En l’absence de développement périurbain, aucune fouille archéologique n’a été menée. » Loisy-sur-Marne recèle encore bien des secrets…

    Stéphanie GRUSS


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    Union091211b - Marne
    ARRIGNY : Ils se souviennent

    La sonnerie aux morts a retenti avant La Marseillaise.
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    A l’appel des anciens combattants de toutes les guerres (ACPG - CATM - TOE - UNC), les maires, les personnalités civiles et militaires du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont avaient été conviés à se réunir au monument aux morts d’Arrigny pour rendre hommage à tous ceux qui étaient tombés durant la guerre d’Algérie mais aussi au Maroc et en Tunisie.

    Devant les drapeaux, après la lecture du message du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants par Marie France Bouquet maire d’Arrigny, une gerbe était déposée et l’appel aux morts effectué par les anciens combattants.

     


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    Union091211a - Marne
    EPERNAY : Anciens du Corps expéditionnaire d’Extrême-Orient : L’association est dissoute

    Après 22 années d’existence, l’association a dû fermer ses portes.
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  • Le 24 avril 1987, l’association des anciens du Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient était créée par Guy et Yvonne Picandet, inscrite à la sous-préfec- ture de Reims et insérée au journal officiel le 20 mai 1987.

    Mise en sommeil lors de l’assemblée générale 2008, après des appels réitérés, le comité a dû se rendre à l’évidence de cesser toutes activités en raison de l’absence de beaucoup d’adhérents due à l’âge et aux décès successifs.

    Après 22 années d’existence, le président fondateur et son épouse ayant su recevoir de hautes personnalités, notamment des généraux ayant servi en Indochine (de Cokeborne, Bigeard, Lacaze, Maurin, Beaudonnet, Schmitt, d’Anselme, Mengel et le vice-amiral Fuseau) et ayant fait ériger un mémorial place des Maréchaux à Epernay, le comité s’est réuni au siège de Cumières et a décidé à l’unanimité la dissolution de l’association. Réunion au cours de laquelle il a été décidé de faire don de l’argent en caisse à l’association des porte-drapeaux d’Epernay et sa région.

    Décisions prises à l’unanimité des membres du comité représentés par Robert Cochod, le président ; Désiré Gillet, vice-président et secrétaire ; Ghislaine Suisse, secrétaire-adjointe ; Yves Trichet, trésorier ; Françoise Camus, trésorière-adjointe ; Annick Vallier, relations publiques ; Serge Suisse, délégué pour Cumières ; Marcelle Courty, Danielle Rivière et Suzy Cochod, membres.

    Courant novembre, une dernière réunion a eu lieu à Mourmelon au cours de laquelle le président Cochod a transféré l’actif de l’association à l’association des porte-drapeaux d’Epernay et sa région représentée par le président Wimann.


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    Union091210c - Marne
    FISMES : Anciens combattants : Hommage aux soldats morts

    De gauche à droite : Roger Poix, Christian Srnka, Claude Haye, Michel Petit et Emile Pate.
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    Bien que l’événement Téléthon ait dominé l’actualité, la section fismoise de l’Union Nationale des Combattants (UNC) a commémoré la journée du 5 décembre en hommage aux soldats morts au champ d’honneur en Algérie et les combats au Maroc et en Tunisie.

    Après le traditionnel dépôt de gerbe, le président Browarnyj en a profité pour remettre des médailles à cinq anciens combattants :

  •  la médaille de reconnaissance de la Nation à Roger Poix et Claude Haye
  •  et la Com-mémorative Algérie à Emile Pate, Michel Petit et Christian Srnka.

     

     


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    Union091210b - Marne
    MAGENTA : Les anciens combattants se recueillent

    Une gerbe a été déposée au pied du monument aux morts de la commune.
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  • La section locale de l’UNC a rendu hommage à tous ceux qui, de 1952 à 1964, ont versé leur sang en Afrique du Nord, avec la participation d’une délégation de la musique municipale et des porte-drapeaux de Bisseuil et Magenta, de René Railla, Gilbert Curinier et Gérard Macuilis, représentant la mairie de Magenta.

    En présence de M. Botillot, président de l’UNC de Bisseuil, une gerbe a été déposée par le président Serge Lepine en compagnie d’un 39/45 de la section, Emile Bellot.

    Lecture a été faite du message de Claude Barillier, vice-président de l’UNC national, récemment décédé.

    Plus de 25.000 morts militaires et civils et quelque 100.000 harkis mognazuis ont été ignoblement martyrisés jusqu’en 1964. Un hommage émouvant sous la pluie que les sections UNC de Magenta, Ay, Epernay et région ont voulu rendre à tous ceux qui ont donné leur vie.


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    Union091210a - Marne
    MONTMIRAIL : Colis : Des douceurs pour les anciens

    Les seniors ont été chouchoutés…
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    Mardi, Ali Madi, le directeur de l’hôpital, a accueilli Bernard Lefèvre, président des ACPG-CATM et Bernard Lelongt son vice-président.

    Les anciens combattants résidents de la maison de retraite-hôpital avaient été réunis dans la grande salle par l’animatrice Sophie Richez.

    Le président s’est adressé aux 10 personnes concernées : « Nous allons avoir le plaisir de vous distribuer à chacun un colis de douceurs offert par le ministre des Anciens combattants. Nous profitons de cet instant pour vous souhaiter de passer de bonnes fêtes de fin d’année. »

     


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    Union091209b - Marne
    LA CHAUSSEE-SUR-MARNE - : Ils n’oublient pas

    De nombreux enfants ont chanté lors de la commémoration.
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  • Samedi 5 décembre, le maire de la Chaussée-sur-Marne, accompagné d’élus, des anciens combattants, des sapeurs-pompiers, des enfants des écoles et de la section musique de l’association ArtsMony, se sont réunis devant la mairie à l’occasion de l’hommage national aux morts pour la France de la guerre d’Algérie et des combattants du Maroc et de la Tunisie.

    L’hommage a commencé par une minute de silence et s’est poursuivi par le discours de Christian Grandjean, premier élu de la commune, qui a fait part de sa satisfaction de voir beaucoup d’enfants présents.

    La célébration s’est terminée par des chants interprétés par les enfants et l’association ArtsMony.

    Puis un verre de l’amitié a été offert par la municipalité et les pompiers, qui ont fêté ensuite leur sainte patronne.


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    Union091209a - Marne
    SAINT-GERMAIN-LA-VILLE : Des colis offerts aux anciens combattants

    Une délégation de l’Onac s’est rendue à la Résidence du Parc.
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  • C’est un peu la tournée du père Noël avant l’heure. L’Onac, Office national des anciens combattants, section de la Marne, offre chaque année un colis de douceurs aux anciens combattants, prisonniers et veuves de guerre.

    Plus de 400 colis sont ainsi distribués dans les résidences et maisons de retraite du département.

    Lundi, C’est à l’EHPAD Résidence du Parc à Saint-Germain-la-Ville que ce sont rendus MM. Mondet et Brauns Hausen, président et secrétaire de la section PGCATM (prisonniers de guerre et anciens combattants, Algérie, Tunisie, Maroc) avec pour mission de remettre les colis à MM. Bayot, Chamarac, Blanchard, Coquin, Dautelle, Grossinger, Lecourtier et Verdier, ainsi qu’à Mmes Marcoup et Vangehelwuve, toutes deux veuves de guerre.

    Ce moment d’échanges a été suivi d’un goûter.


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    Union091208c - Marne
    TINQUEUX : Hommage aux anciens combattants : Ils se souviennent

    Autour du président Gilles Richard, le conseil municipal, les anciens combattants et les porte-drapeaux rassemblés.
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    Les anciens combattants de Tinqueux ont rendu hommage aux morts pour la France de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.

    Ils se sont rassemblés samedi matin avec les porte-drapeaux, les représentants d’associations, quelques élus et habitants de la commune sur le parvis de l’église Sainte- Bernadette.

    Après l’appel aux morts et un moment de recueillement, Lucienne Becker, adjointe au maire pour les fêtes et cérémonies, et le président des anciens combattants, Gilles Richard, ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.

     


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    Union091208b - Marne
    SEZANNE : Hommage aux morts d’Afrique du Nord : Ils se souviennent

     

     

    C’est au monument aux morts de Montmirail que les élus, les drapeaux, les présidents d’associations et les fonctionnaires de l’Etat, les pompiers, la musique se sont réunis pour célébrer les morts des combats d’Algérie, Maroc et Tunisie. Bernard Doucet, maire, a lu le message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

    Bernard Lefèvre président des anciens combattants du canton a lu un message rappelant que, « Nous rendons hommage à nos camarades, victimes de cette guerre et des opérations qui ont duré jusqu’au 2 juillet 1962 en Algérie ».

     

     


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    Union091208a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » : Ils se souviennent

    Cet hommage solennel a été suivi d’une cérémonie de remises de médailles.
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  • Vitry-le-François a rendu hommage aux victimes de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie samedi place du Maréchal-Joffre.

    Après la lecture, par Raymond Floc’h, sous-préfet de la Marne, du message de Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, des gerbes ont été déposées devant le monument aux morts avec respect et reconnaissance.

    « De part et d’autre de la Méditerranée, ces années de guerre ont laissé des plaies ouvertes dans les mémoires nationales. Mais ce n’est pas sur l’oubli que se construisent la réconciliation et l’apaisement. C’est sur la mémoire et le souvenir »,

    Cet hommage solennel a été suivi d’une cérémonie de remises de médailles que le sous-préfet a eu l’honneur de remettre au porte-drapeau Gilbert Charlier du 9e RCP Champagne-Ardenne Lorraine ainsi qu’à Michel Guelorget de l’amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne.


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    Union091207f - Marne
    ONAC : Ils sont furieux, indignés et écœurés !

    Les anciens combattants et victimes de guerre de la Marne ont décidé de remuer ciel et terre et de secouer les élus via une lettre solennelle adressée aux conseillers généraux et maires du département pour qu’ils prennent publiquement position.

    La raison de leur colère est l’annonce par la direction générale de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC) d’implanter le pôle Mémoire de Champagne-Ardenne non plus à Châlons-en-Champagne mais à Charleville-Mézières.

    Représentant le monde de la Citoyenneté combattante dans le département, Gaëtan Charlot rappelle que le choix devait s’effectuer selon des critères historiques, administratifs et fonctionnels, dans la capitale régionale ou le département le plus fortement marqué par l’histoire des conflits contemporains. Et d’interroger : « A-t-on oublié que la Marne compte le plus grand nombre de sépultures de la Première Guerre mondiale, que le département à été au cœur de la bataille de septembre 1914, des combats des monts de Champagne de 1915, de la grande contre-offensive de l’été 1918 ? Et que dire des villages disparus du camp de Suippes et de Nauroy et Moronvillers ?Tient-on à taire que c’est à Châlons-sur-Marne qu’a été choisi le soldat inconnu américain de la Grande Guerre ? Veut-on passer sous silence les combats acharnés de 1940 dans chaque arrondissement ? Cherche-t-on à occulter que c’est à Reims le 7 mai 1945 à 2 h 41 qu’a été signée la reddition sans conditions des armées nazies ? Néglige-t-on sciemment que c’est à Reims qu’a été scellée le 8 juillet 1962 par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer la réconciliation franco-allemande ? »

    Bref, le monde combattant marnais n’accepte pas l’ignorance de l’histoire des conflits contemporains majeurs dans le département et le secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco ferait mieux de ne pas faire la sourde oreille. La colère gronde chez ces hommes et ces femmes dont les arguments ne manquent pas de pertinence et qui se sentent bernés par une administration autiste.


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    Union091207e - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Anciens combattants et veuves : Des dons aux retraités

    Comme depuis plusieurs années, l’office national des anciens combattants de Châlons a choyé les adhérents et les veuves dans la maison de retraite du centre hospitalier de Sainte-Ménehould.

    Une quinzaine de colis ont été remis par Michel Glasko, président des ACPG-CATM des cantons de Menou et de Ville-sur-Tourbe ainsi que Henri Golebiewski, Albert Simon, Jackie Petit, Gaston Meunier, Denis Vallet, Emile Perdu, Denis Vallet et Guy Tourneux.

    Pour les veuves dont les maris ont combattu durant les différents conflits, un peu de douceur et de chaleur supplémentaire.

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    Union091207d - Marne
    CORMONTREUIL : 5 décembre : date du souvenir

    Ils ont rendu hommage aux combattants.
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  • « Pour beaucoup, cette commémoration rappelle bien des souvenirs. »

    Président de la section des anciens combattants UNC de Cormontreuil, Claude Viéville a tenu à rappeler l’origine de la date du 5 décembre « retenue par Jacques Chirac, lui-même ancien combattant ; il était à l’époque lieutenant ».

    Et M. Viéville d’ajouter qu’« entre le 19 mars 1962, (lendemain du cessez-le-feu à Evian) et le 2 juillet 1964, il y a eu 534 morts reconnus morts pour la France, ainsi que des milliers de morts parmi la population ».

    Répondant à son appel, une nombreuse assistance a participé, samedi, à cette cérémonie du souvenir en déposant, notamment, deux gerbes aux monuments aux morts.


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    Union091207c - Marne
    ESTERNAY : Cérémonie : Hommage au monument aux morts

    Une gerbe
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  • Les anciens combattants se sont retrouvés samedi à midi place du monument aux morts à l’occasion de la journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.

    Une quinzaine d’anciens combattants d’AFN dont trois porte-drapeaux ont participé à la cérémonie, en musique avec deux trompettistes de la Starnacienne.

    Guy Delienne, président de l’association des anciens combattants PG, CATM, TOE, STO et veuves a fait déposer une gerbe de fleur au pied du monument avant de lire le discours officiel.

    Pierre Delannoy, président de la FNACA, Emile Paris, maire de Châtillon-sur-Morin et M. Podolec, maire du Meix-Saint-Époing étaient présents parmi l’assistance.

    Patrice Valentin, vice-président du conseil général a lu l’allocution du Ministre des anciens combattants.


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    Union091207b - Marne
    SEZANNE : Hommage aux morts d’Afrique du Nord : Un médaillé à l’occasion de la commémoration du 5 décembre

    La cérémonie d’hommage s’est déroulée samedi.
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  • Une cérémonie en hommage aux combattants morts pour la France lors des combats d’Afrique du Nord s’est déroulée samedi matin au monument aux morts, square de l’hôtel de ville à Sézanne en présence du maire Philippe Bonnotte, de conseillers, du président du conseil général René-Paul Savary et des portes-drapeau.

    Après un discours prononcé par Philippe Bonnotte, le président de l’association des anciens combattants ACPG - CATM a rappelé dans son allocution qu’il « fallait préserver le devoir de respecter toutes les victimes de ces guerres, il est temps que tous soit unis comme dans le djebel ».

    Francis Henry décoré

    A l’occasion de cette cérémonie, le brigadier Francis Henry a été décoré de la Croix du combattant. Cette décoration lui a été remise par Claude Desplanches.

    Francis Henry a commencé son service militaire en mai 1957. Il est parti en Algérie l’année suivante, à Bône (aujourd’hui Annaba) et Guelma, à chaque fois dans le service optique. Après 14 mois en Algérie et 28 mois de service militaire, il est rentré dans ses foyers.


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    Union091207b - Marne
    NAZISME : capitalisme contre communisme

    La disparition du bloc de l’Est a aussi fait rimer liberté avec inégalités.
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  • La chute du mur de Berlin et la crise économique vue par un militant communiste.

    « Il y a dix ans et plus, il n’y avait pas besoin d’être un grand prophète pour savoir que la catastrophe économique que l’on subissait allait s’amplifier !

    J’envoyais des tracts et petits journaux pour expliquer cela, de long en large avec les causes, les responsables … à des Français de différents horizons mais surtout CGT et PCF.

    Or, aujourd’hui (on a ces preuves), si certains reconnaissent qu’ils ont été trompés par les Hue et les Thibault, d’autres, très peu, qui renvoyaient l’enveloppe avec dessus « je ne veux plus recevoir ce torchon », hypocritement, parce qu’ils sont pour cette société, disent pour se refaire une virginité « qu’ils n’étaient pas au courant de ce qui allait arriver ! »

    Je vous écris pour ne pas que dans quelques années, ces responsables et attitudes ne se renouvellent pas. Ils ont bien été et sont les complices de ces assassinats, des suicides, des morts au boulot, ceux qui pètent les plombs, tous les désespoirs …

    Vos super-prestations, comme toutes celles de tous les médias où les chefs d’orchestres sont vos employeurs, les groupes financiers patrons, en voulant faire du mur de Berlin un symbole des libertés ne peuvent cacher que vous en construisez d’autres, ceux-là, contre les peuples. Sa chute leur a permis de précipiter d’une manière ultrarapide les chutes : des libertés, du pouvoir d’achat, des emplois, des Droits de l’Homme dont la liberté du travail, des droits de toutes sortes, santé, loisirs, éducation. Elle a permis l’extension de la répression, le vol des petites économies des pauvres et des conducteurs de voitures, les interdictions tous azimuts.

    D’ailleurs, tous ceux et celles qui ont fêté la chute du mur de Berlin sont des ennemis virulents des peuples dont ils voudraient faire des animaux qui s’agenouillent, prient et s’entretuent. Drôle de paix !

    Seul le communisme (que vous criminalisez plus que jamais) est l’avenir des peuples. Vous savez qu’ils n’auront pas d’autres solutions, qu’ils se tourneront vers lui !

    Votre redoublement de votre anticommunisme primaire haineux, comme celui de ceux avant 1940 qui disaient« plutôt Hitler que le Front Populaire » avec à la suite, des millions de morts, est une reconnaissance et un aveu de vos intentions qui sont d’aggraver le désespoir, la misère, le pillage, la dévastation, l’exploitation des peuples et de la planète (- ). »


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    Union091206b - Marne
    Quand le Parti communiste français était traître, collabo et… antisémite

    Nous avions signalé, il y a quelque temps, le caractère surréaliste d’un communiqué de la fédération de la Marne du Parti communiste français qui prétendait stigmatiser les relents supposés « vichystes » d’un discours de Nicolas Sarkozy en matière d’identité nationale. Il avait employé le mot « terre ». Chacun est libre de penser ce que bon lui semble de M. Sarkozy, mais ceux qui se réclament du Parti Communiste, avec son drapeau et son histoire, sont très mal placés pour donner des leçons sur le sujet.

    Nous avions donc rappelé, éléments historiques à l’appui, que le PC contemporain des premières années de la Seconde Guerre mondiale, avait été à la fois traître et collabo, on peut y ajouter antisémite, pacte germano-soviétique oblige.

    Cris d’orfraie des camarades marnais sur leur site cocos on line : « De nombreux communistes, des citoyens engagés ou non au sein du PCF, d’anciens résistants ont fait part de leur indignation devant un tel article. Les propos sont insultants, tellement excessifs et grossiers qu’ils en deviennent non crédibles. Il y a le sentiment partagé que ce texte s’inscrit dans une stratégie de lynchage qui franchit les lignes de l’inacceptable, et qui s’éloigne par conséquent du journalisme d’opinion. Face à ce constat, la meilleure réponse est poli- tique et doit se situer sur le fond. »

    Dont acte, nous allons donc les ramener au fond et à la vérité historique. Le Parti communiste français a donné en 1939 et 1940 à ses militants, qui travaillaient dans les usines d’armement, des consignes de sabotage. Des faits de trahison qui sont attestés de la main même de Maurice Tréand, responsable des cadres français du PC, subordonné de Maurice Thorez (secrétaire général), et de Jacques Duclos, l’homme au « bonnet blanc et blanc bonnet ». La chose est clairement établie par le travail de deux historiens, Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse, qui dans « Juin 40, la négociation secrète », éclairent les marchandages entre le Parti communiste et les occupants nazis pour obtenir, dès juin 40, la parution de L’Humanité entre autres activités militantes. Ils produisent les notes saisies sur Denise Ginollin, la secrétaire de Maurice Tréand, en fait l’argumentaire officiel destiné à la négociation avec Otto Abetz, le représentant à Paris de Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich. La simple transcription du texte est assez incriminante pour se passer de commentaire :

    « Vous avez laissé paraître journaux communistes dans autres pays Danemark, Norvège, Belgique. Sommes venus normalement demander autorisation. Sommes communistes avons appliqué ligne PC sous Daladier, Reynaud, juif Mandel […] Juif Mandel après Daladier nous a emprisonnés. Fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nationale. Sommes PC français pas eu peur […] Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud […] Sommes une force, […] nous représentons une force qui dépasse les frontières françaises, vous comprenez, derrière nous l’URSS/c’est une force l’URSS/vous en avez tenu compte/pacte germano-soviétique le prouve. On ne fait pas un pacte avec des faibles mais avec des hommes forts […] Notre défense du pacte cela vous a avantagé… Pour l’URSS nous avons bien travaillé par conséquent par ricochet pour vous… »

    Pour information, le « juif Mandel » n’est autre que Georges Mandel, ministre de l’Intérieur (gouvernement Paul Reynaud de mars à juin 1940), qui a été liquidé par la milice en juillet 1944. Maurice Thorez et Jacques Duclos étaient les chefs du PCF (le premier ayant déserté en octobre 1939 pour se réfugier à Moscou). Ce n’est qu’à partir de juin 1941 date de l’invasion de l’URSS par la Wehrmacht, que le PCF s’engage dans la résistance anti-allemande. Par la suite, le PCF, sous l’égide de Duclos et Thorez fut plus stalinien que les Soviétiques, allant jusqu’à étouffer le rapport rendu public par Khrouchtchev lors du XXe congrès du Parti en 1956, qui dénonçait les crimes de Staline, quelques millions de morts quand même. La même année, l’un et l’autre ont soutenu la répression de l’insurrection hongroise.

    En 1968, Duclos a encore soutenu la répression du Printemps de Prague, l’invasion de la Tchécoslovaquie par les armées du Pacte de Varsovie…

    Alors quand la Fédération de la Marne du PCF déclare « le Parti communiste français a été traversé de nombreuses contradictions. Mais il a toujours été avant tout un collectif de femmes et d’hommes mobilisés pour l’émancipation humaine… », il y a de quoi tousser.

    Philippe Le Claire


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    Union091206a - Marne
    HISTOIRE : Le Graf von Spee se saborde

    La mobilisation sur les mers et les océans des navires de surface britanniques contrarie un ennemi qui privilégie la guerre sous-marine.
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  • BATAILLE NAVALE. Repéré dans l’Atlantique Sud, le redoutable cuirassé de poche de la Kriegsmarine est contraint de se réfugier dans le port de Montevideo avant que son commandant n’ordonne sa destruction pour qu’il ne tombe pas entre les mains des Alliés.

    Les Britanniques et les Français s’inquiètent en ce début décembre 1939, de l’audace de la Kriegsmarine dont les bâtiments de surface ne craignent plus de s’aventurer loin de leurs bases pour frapper les convois alliés et s’en prendre à leurs navires de guerre. Cette crainte est motivée par plusieurs pertes enregistrées par la marine anglaise.

    Le 23 novembre, le croiseur auxiliaire « Rawalpindi », qui patrouille entre l’Islande et les îles Féroé, est piégé par le croiseur de bataille Scharnhorst qui patrouille avec son jumeau le Gneisenau. Le navire britannique est envoyé par le fond. Les recherches entreprises pour les intercepter sont vaines mais désormais ce sont quinze croiseurs et le cuirassé Warspite qui sont désignés pour mettre hors de combat ces deux monstres des mers avec l’appui de la RAF.

    Le 2 décembre, c’est au tour du cuirassé de poche Admiral Graf von Spee de couler le vaisseau anglais Doric Star. Le 7 décembre, son équipage est tout aussi précis. C’en est trop pour Churchill qui décide d’éliminer au plus vite ce puissant navire devenu la bête noire des marines alliées. Il ordonne qu’une escadre d’interception composée de deux croiseurs lourds et de deux croiseurs légers placés sous les ordres du commodore Harwood gagne dans l’Atlantique l’embouchure du Rio de la Plata. Selon des renseignements, le bateau qui patrouille dans l’océan depuis août 1939 doit mouiller dans les parages avant d’attaquer des paquebots et des cargos qui empruntent cette voie maritime pour gagner le port uruguayen de Montevideo et le port argentin de Buenos Aires.

    6 h 14, le combat s’engage

    Le 13 décembre, l’énorme navire est repéré au large du Rio de la Plata à environ 150 milles de Montevideo par trois bateaux britanniques, le croiseur lourd Exeter et les croiseurs légers Ajax et Achilles. Un quatrième bâtiment qui appartient à cette même escadre alliée ravitaille alors aux îles Falkland.

    Conscient de la menace, le capitaine de vaisseau Hans Langsdorff commandant du Graf von Spee ne croit pourtant se trouver qu’en face d’un croiseur puisqu’il assimile alors Ajax et Achilles à deux contre-torpilleurs. Aussi à 6 h 14 engage-t-il le combat.

    Trois minutes plus tard, l’escadre britannique réplique de tous ses tubes et le navire allemand est touché. Son commandant choisit alors de rompre le combat et s’éloigne derrière un épais rideau de fumigènes dans le Rio de la Plata. Comme l’Exeter et l’Achilles ont été également été touchés dans la canonnade, les Britanniques suivent à distance mais, dès qu’ils le peuvent, reprennent leurs tirs. A 7 h 40 subissant de trop nombreuses avaries l’Exeter doit se désengager mais les deux croiseurs légers insistent. A 7 h 54, le combat cesse. Ayant subi plusieurs coups au but, Le Graf von Spee ne dispose plus du plein potentiel de ses canons et son équipage dénombre beaucoup de morts et de blessés. Le commandant Langsdorff comprend alors qu’il est pris au piège. Sa seule voie de salut est le port neutre de Montevideo mais il sait que les conventions internationales ne l’autorisent pas à y mouiller plus de soixante-douze heures.

    Autour de minuit, le navire se présente à l’entrée du port. Les blessés sont transférés à bord d’un cargo allemand se trouvant à quai. Immédiatement, les réparations les plus urgentes sont entreprises par les marins tandis que l’ambassadeur du Reich tente de négocier une prolongation de l’accueil du navire dans le bassin uruguayen. Montevideo refuse tout compromis alors qu’au large les renforts britanniques arrivent, en particulier le croiseur Cumberland qui se place à la limite des eaux territoriales uruguayennes. Le 17 décembre, le Graf von Spee s’écarte à petite vitesse du port pour aller se positionner au milieu de la baie. Langsdorff pense alors qu’il va se heurter au croiseur de bataille Renow ainsi qu’à l’aéronavale stationnée sur le porte-avions britannique Ark Royal. Après s’être enfermé dans sa cabine pour réfléchir à la meilleure solution, il télégraphie à Berlin pour demander l’autorisation de se saborder. Il préfère cette option à la reddition et au fait que son équipage sera alors fait prisonnier.

    Un immense soulagement

    A 18 h 15, le Graf von Spee rompt ses amarres après avoir fait débarquer nombre de ses marins. Vers 20 h 50 et sous le regard de nombreux curieux, alors qu’il avance en plein milieu de l’estuaire, le sabordage est effectué. Langsdorff ignore alors que le Renow comme l’Ark Royal sont signalés à plus de mille milles du port de Montevideo. Graf von Spee n’est plus qu’une épave au centre d’un chenal. Ce bijou de la Kriegsmarine qui jaugeait douze mille cent tonnes avec une cuirasse de dix centimètres d’épaisseur et était armé de six pièces de 280 mm et de huit pièces de 150 mm est hors service. Il pouvait filer sur les flots à vingt-six nœuds et disposait d’une autonomie de vingt mille kilomètres à la vitesse moyenne de dix-neuf nœuds. Pour Churchill c’est un immense soulagement. Depuis le 26 septembre avec son frère d’acier le Deutschland, ils avaient coulé aux alliés plus de cinquante mille tonnes. L’état-major de la Kriegsmarine ayant appris que neuf groupes de recherche alliés avaient été constitués pour couler les deux bâtiments, il avait ordonné le repli en Allemagne du Deutschland par la route de l’océan Glacial Arctique. Le Graf von Spee avait été maintenu dans l’Atlantique Sud.

    Le 19 décembre, le capitaine de vaisseau Hans Langsdorff pacha du Graf von Spee se suicide à Buenos Aires pour, comme il le griffonne sur une feuille de papier, « éviter que le discrédit ne vienne entacher le drapeau de l’Allemagne ». Quelques jours plus tard, les Etats d’Amérique adressent conjointement aux gouvernements britannique, anglais et français une vigoureuse protestation contre : « l’action navale qui s’est déroulée dans l’estuaire du Rio de la Plata est une violation manifeste et dangereuse de la zone de sécurité américaine ». Une missive qui ne préoccupe guère ses destinataires qui n’avaient qu’un but : mettre hors d’état de nuire ce cuirassé de poche qu’ils haïssaient par-dessus tout.

    Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union091206a - Marne
    HISTOIRE : La main de la propagande

    Un jeune Polonais prostré devant les décombres de sa maison ou l’utilisation de l’émotion dans la propagande
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  • MATRAQUAGE. La force du verbe domine chez les nazis convaincus que seuls les discours sont à même de galvaniser un peuple ou de le faire sombrer dans la plus grave des déprimes.

    « Rien n’est plus facile que de mener le peuple où l’on veut. Je n’ai qu’à monter une campagne publicitaire qui l’éblouit, et il tombe dans le panneau », ainsi s’exprimait Joseph Goebbels, le maître de la propagande du Reich. Début décembre 1939, il estime que les médias doivent passer à la vitesse supérieure pour démontrer que les nations qui ont déclaré la guerre à l’Allemagne sont des Etats perfides, corrompus et soutenus par les juifs. Ses méthodes suent le racisme et l’antisémitisme. Aux accusations portées contre la Grande-Bretagne et la France accusées d’avoir encouragé les positions intransigeantes de Varsovie s’ajoutent désormais les menaces que ces deux Etats européens font peser sur l’Allemagne. Il s’agit de préparer la population à une intervention armée destinée à protéger Berlin du bellicisme des Alliés.

    Pour stimuler la confiance et montrer que le Reich est fort, « Le Baptême du feu », un documentaire sur la campagne de Pologne est projeté simultanément dans cinquante-cinq cinémas de Berlin puis largement diffusé en province jusque dans les communes rurales. Dans le même temps, Goebbels développe les émissions radiodiffusées destinées à nourrir la discorde entre les Français et les Anglais. Des tracts sont lancés depuis des avions au-dessus des ouvrages de la ligne Maginot. Chaque article est un petit modèle de désinformation. Mais les nazis ont plus confiance dans l’effet de la parole que dans celui de l’écrit. Le même Goebbels n’indique-t-il pas aux journalistes : « Le lecteur devrait avoir l’impression que vous êtes à côté de lui et que vous lui parlez ».

    Depuis Stuttgart, Paul Ferdonnet, un sombre journaliste français nazophile, signe des émissions glauques chargées de révélations. On y présente systématiquement le gouvernement français comme pactisant avec la finance juive qui en oriente la politique. Il y ajoute d’incessantes critiques à l’égard des Britanniques : « L’Angleterre entend combattre jusqu’au dernier Français. L’Angleterre fournit les machines alors que la France fournit les poitrines ».

    DES CARTES POSTALES À MESSAGE

    Si dans un premier temps, le commissaire à l’Information, Jean Giraudoux s’abstient de faire brouiller cette radio manifestant sa confiance dans la capacité de discernement de ses compatriotes, il finit par s’y résoudre sans que les moyens employés soient très efficaces. Le gouvernement d’Édouard Daladier ne trouve pas les clés d’une psychologie de communication prompte à générer la confiance dans les foyers dont les pères et frères sont mobilisés sur le front. Le magazine cinématographique spécial tourné en septembre et diffusé jusque fin décembre se termine sur fond de Marseillaise par une déclaration du président du Conseil qui n’a rien d’exaltant « Nous faisons la guerre parce qu’on nous l’a imposée ». Sous une autre forme, des cartes postales sont éditées avec un autre message d’Edouard Daladier : « La France a pris les armes pour une cause juste et humaine. C’est pour cela qu’elle aura la victoire ».

    Il est paradoxal que la principale campagne de propagande de cette fin d’automne et de ce début d’hiver soit centrée sur : « la distribution gratuite de vin chaud aux soldats » qui est obtenue grâce à la vente d’insignes et de timbres ! A destination de ses compatriotes, Goebbels décrit la France : « Comme une nation qui se meurt avec un peuple au bout du rouleau devenant de plus en plus négroïde ».

    Pour créer des tensions en Grande-Bretagne, les Allemands s’appliquent à construire des scénarios où les Anglais apparaissent comme de vilains exploiteurs des Ecossais, des Irlandais et des Gallois qu’ils envoient se battre à leur place ! Goebbels ne s’arrête pas là puisqu’après avoir présenté un Hitler sous les traits d’un homme d’Etat sage et prudent, inspiré par une solide culture politique fécondée par la lecture des meilleurs auteurs de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, il le dépeint désormais comme un grand stratège, un génie militaire, un penseur d’exception. Le 5 décembre 1939, un film montre le führer à son quartier général. La caméra s’attarde d’abord sur un groupe de généraux qui discutent et débattent en commentant une carte. L’objectif glisse lentement vers une table où Hitler apparaît en pleine réflexion, très concentré et le visage soucieux.

    Et le commentateur de s’autoriser cette remarque : « Si grand et si solitaire » !

    LES JAPONAIS AUSSI

    Les Japonais sont intéressés par les méthodes -d’information du Reich notamment pour ancrer dans les esprits que les armées de l’empereur sont fortes. Mais ils n’ont pas eu besoin des techniciens allemands pour brider l’information. De leur propre chef, ils étranglent petit à petit la liberté d’expression.

    De douze cents journaux imprimés en 1936, il n’en reste plus que 900 en décembre 1939. Le principe déjà retenu est qu’en cas d’extension de la guerre, les quotidiens seront convertis en : « entreprises d’utilité publique ». Déjà les correspondants japonais à l’étranger doivent soumettre tous leurs papiers aux consulats, légations et ambassades. Les Nippons ne se privent pas d’une propagande contre les Britanniques bientôt étendue aux Américains. Ils maîtrisent déjà l’information orientée à partir d’émissions diffusées sur ondes courtes. Craignant que leur population soit contaminée de la sorte par les beaux parleurs de l’étranger, le Japon interdit dès 1932 les récepteurs de radio à’ ondes courtes.

    Fin 1939, leurs spécialistes travaillent déjà à des plans de couverture de l’information à partir d’un réseau d’émissions sur ondes courtes capable d’être installé au plus vite dans des territoires conquis. Une preuve supplémentaire qu’à Berlin comme à Tokyo l’expansionnisme nationaliste a la cote.


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    Union091206a - Marne
    HISTOIRE : Maurice et Joséphine chez les soldats

    Les soldats sont enthousiasmés par Joséphine Baker.
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  • Maurice Chevalier gagne tous les coeurs.
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  • Comment remonter le moral des soldats qui sont affectés à proximité des frontières ?

    L’idée de dépêcher au front des vedettes du music-hall fait son chemin. En décembre, ce sont Maurice Chevalier et Joséphine Baker qui sont sollicités pour participer à des shows à même de soutenir le moral des troupes éloignées de leur chez soi.

    Les deux vedettes du Casino de Paris obtiennent un grand succès dans la tournée qu’ils entament en Alsace et en Lorraine. Ils sont applaudis à tout rompre mais leurs prestations sont tenues secrètes. Pour une question de sécurité, les scènes ne sont pas annoncées à l’avance mais le calendrier est soigneusement respecté.

    Les soldats sont enthousiasmés par Joséphine Baker. Une présence féminine Les émoustille et le talent de la chanteuse et danseuse les impressionne.

    Maurice Chevalier gagne tous les coeurs et sait avec psychologie être proche des militaires. Il les rejoint aux popotes, discute avec les hommes venus remplir leur gamelle, échange des plaisanteries, les encourage et rend sa bonne humeur commu¬nicante. Son passé de la Grande Guerre le sert et sa popularité est grandissante. Il donne le moral aux soldats et trouve les mots pour réconforter les familles dans l’inquiétude.

    D’autres personnalités comme Charles Trenet et Jean Nohain sont volontaires pour venir soutenir la troupe et vantent par la chanson et les mots le patriotisme, insistent sur le courage et la patience dont il faut faire preuve face à un ennemi menaçant qui prépare un mauvais coup contre la France.


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    Union091204a - Marne
    CHALONS : Anciens combattants du Village : Pluie de colis de Noël

    Jean Bernat le centenaire ancien combattant en grande discussion avec le directeur de l’Onac 51
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  • Les colis de Noël aux anciens combattants et veuves dans les résidences et maisons de retraite de la ville, sont un moment très attendu de toutes ces personnes âgées qui ont donné tant pour leur pays.

    A l’établissement et hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) Le Village et V120 du centre hospitalier de Châlons, ce ne sont pas moins de 46 colis sur les 433 de tout le département, distribués à 22 hommes et 24 femmes, anciens combattants et veuves, par des représentants du monde combattant

    Jean-Daniel Courot, directeur de l’Onac 51, Gaëtan Charlot, président de l’Ufac Marne, Yves Schmitter, ex-président de l’Ancac (cheminots), Eric Rochette, agent d’administration principal à l’Onac et Monique Gruhier (parents des tués) se sont fait un plaisir de rencontrer les anciens combattants et d’engager quelques instants la conversation avec eux.

    Réel plaisir partagé aussi entre le directeur de l’Onac 51 et Jean Bernat, qui a fêté il y a un mois ses 100 ans, lequel a évoqué avec une mémoire infaillible quelques souvenirs de la Grande Guerre, comme si c’était hier…


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    Union091202a - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : L’armée de terre fête son saint patron

    La fête a débuté par la montée des couleurs.
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  • Le vendredi 27 novembre, sous la présidence de la lieutenante Delphine Leconte - le chef de corps, le lieutenant-colonel Aguasca, venant d’être envoyé en urgence au Kosovo -, l’établissement spécialisé du Commissariat de l’armée de terre (Escat) de Mourmelon-le-Petit a célébré son saint patron : saint Martin.

    A cette occasion, les présidents et les drapeaux des associations des médaillés militaires, des anciens combattants de Mourmelon-le-Grand et de Mourmelon-le-Petit ont participé à cette fête.

    Après la cérémonie militaire de montée des couleurs, une célébration religieuse, conduite par le diacre Pierre Paget, aumônier catholique du centre hospitalier de Châlons et ancien adjudant-chef de l’Escat, a permis de prier pour tous les personnels et tous les anciens qui sont décédés.A l’issue des « parties », un déjeuner convivial et joyeux a réuni les personnels au cercle mixte Napoléon III.


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    Union091201d - Marne
    ÉDITO : Pion de la honte

    Ce n’est que le procès d’un minable, d’un garde-chiourme mais il a servi les nazis et a concouru à l’exécution de la Solution finale ! Ce lâche, qui a tout fait pour échapper à la justice jusqu’à se réfugier aux États-Unis et devenir américain avant d’être déchu de sa nouvelle nationalité pour avoir dissimulé son passé, n’est que le pitoyable exécutant d’une infâme barbarie.

    S’il va jusqu’à son terme, le procès de John Demjanjuk n’apportera pas grand-chose sur les massacres programmés à Sobibor comme dans les autres camps d’extermination.

    Tout a été dit. La détresse de quelques survivants de cet enfer et des familles blessées à jamais par cette infamie témoigne de la force émotionnelle d’un tel procès, sans convaincre que la justice sera grandie pour avoir installé dans le box une loque humaine secouée de tics et de tocs sur une civière. Demjanjuk n’inspire aucune pitié mais une telle mise en scène est-elle utile à la manifestation de la vérité. La tragédie de l’holocauste est inscrite à jamais dans l’histoire comme une monstrueuse inhumanité imposant une culture de mort à l’humanité.

    Demjanjuk, cet Ukrainien apatride, a été un parmi tant d’autres qui, s’est comporté en agent zélé d’une effroyable exécution de masse. S’il se retrouve à Munich et fait que, pour la première fois, l’Allemagne juge un étranger pour son rôle pendant le nazisme, combien d’autres dont les responsabilités ont été considérables ont terminé leurs jours sans jamais être inquiétés dans ce pays où ils avaient été des bourreaux heureux. Ce semi-grabataire n’est-il pas un petit bouc émissaire idéal pour se donner bonne conscience et rappeler la légitime imprescriptibilité des crimes contre l’humanité ? Risquer la prison à vie lorsqu’on a 89 ans et qu’on s’est défilé pour échapper à la sanction illustre un état d’esprit, celui d’un salaud parmi tant d’autres. Mieux vaut encourager le travail d’histoire sur la Shoah plutôt que de focaliser sur ce rescapé cynique et sinistre.

    Hervé CHABAUD


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    Union091201c - Marne
    REIMS : Anciens combattants : Le Souvenir français veille

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts par Jean-Claude Laval et Jean Cienki.
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  • Le comité de Reims du Souvenir français a fait précéder son assemblée générale d’un dépôt de gerbe au monument aux morts suivi d’une cérémonie au lycée Gustave-Eiffel en hommage au 106e RI.

    Auprès du président Jean Cienki, la Ville de Reims était représentée par l’adjoint Jean-Claude Laval.

    Lors de la réunion qui a suivi, Jean-Jacques Caron, sous-préfet de Reims, est venu apporter son soutien et exprimer la reconnaissance de l’Etat à une association qui met tout en œuvre pour que soit conservée la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France ou qui l’ont honorée par leurs actions.

    Présent lors de toutes les cérémonies patriotiques, le Souvenir français, sur le plan national, assure l’entretien et la rénovation de plus de 130.000 tombes et 200 monuments, en y associant si possible les jeunes générations.

    Un bel exemple est donné localement par M. Christophe qui a mis en œuvre une colossale recherche pour établir une banque de données sur 3.800 anciens combattants de la Première Guerre. Depuis plusieurs années, des élèves du lycée Croix-Cordier de Tinqueux et maintenant du lycée Gustave-Eiffel sont particulièrement sensibilisés à la démarche de ce professeur maintenant à la retraite mais qui poursuit son projet : « Mon prochain objectif est de créer une cellule de veille avec des jeunes. J’ai déjà 60 élèves volontaires : il s’agira pour eux d’être attentifs à ce qui se passe dans les cimetières avec les tombes de soldats maintenant sans famille. Pour les aider dans ce parcours de mémoire, j’envisage de leur faire visiter la Butte de Vaucroix. »

    Jean-Claude Laval a salué ces initiatives qui « lutte contre le temps dévoreur du souvenir ».

    Pour continuer son œuvre, le Souvenir français a besoin de renforcer ses rangs : un appel a donc été lancé pour encourager de nouvelles adhésions. Le Souvenir français est une association nationale reconnue d’utilité publique. www.souvenir-français.com

    Comité de Reims : 18, rue de Witry 51110 Caurel.


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    Union091201b - Marne
    SUIPPES : Office national des anciens combattants : Quelques douceurs pour Noël

    Les anciens combattants et les veuves d’anciens combattants de la résidence Pierre-Simon ont reçu leurs colis de fin d’année.
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  • Chaque année à cette époque, l’Office national des anciens combattants de Châlons (Onac) honore les anciens combattants séjournant en maison de retraite (ou les veuves dont les maris ont combattu durant les différentes guerres) en leur offrant un « colis douceurs ».

    Jean Collart, président des anciens combattants de Suippes et secteur, Francis Fouillé, secrétaire-trésorier, et deux adhérents, Antoine Garcia, adhérent délégué Onac, et Jean Huguin, maire de Suippes, sont allés remettre à leurs aîné(e)s de la résidence Pierre-Simon à Suippes, la valise-cadeau qui leur était attribuée.

    Agés de 76 à 98 ans, six femmes et un homme en étaient les heureux bénéficiaires : Fatima Graïne, Nicole Loche et Raymonde Francart, Janine Buiron, Roger Mangot, Henriette Charlier se sont vus remettre leur colis tout en échangeant oralement et en partageant le verre de l’amitié offert par les ACPG de Suippes…

    Quelques douceurs qui amélioreront les fêtes de fin d’année, un geste apprécié qui a lieu annuellement depuis 10 ans.


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    Union091201a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : 10 hectares de camps allemands découverts

    Yves Defossés, le conservateur régional n’en revient toujours pas de la richesse du site argonnais.
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  • SAINTE-MÉNEHOULD (Marne). Près de Binarville, les archéologues de la Drac ont mis la main sur un site « exceptionnel ». Il s’agit d’un camp ancien allemand d’arrière-front qui a abrité près de 2.000 hommes.

    « UNE découverte de cette ampleur, dans cet état de conservation, il se compte sur les doigts d’une main en ce qui concerne l’histoire la Première Guerre mondiale. » Yves Desfossés, conservateur régional de l’archéologie n’y va pas de main morte pour commenter la découverte d’un nouveau site. Entre Binarville et Apremont, à flanc de pentes rudes, les emprises qui ont accueilli de véritables maisons durant le premier conflit mondial ont été mises en évidence. Plusieurs niveaux de constructions se succèdent.

    Les traces sont encore parfaitement visibles à qui sait les interpréter. Plus le conservateur descend vers le fond du ravin, plus les traces sautent aux yeux. Des fosses qui servaient de dépotoirs aux soldats allemands ont conservé les détritus à travers le temps. Autant d’informations de premier plan pour les archéologues.

    Bouteilles, matériaux de construction, os de bovins découpés pour les repas s’y trouvent à la pelle. « Ce site est un ancien camp de l’arrière allemand. En 1916, les Allemands se trouvaient sur le haut du ravin. Le perfectionnement de l’artillerie française les a fait descendre le long des pentes pour se protéger des bombardements. Nous n’étions qu’à 8 kilomètres du front. Mais à en juger par l’étendue de la surface et le nombre de constructions observées, on peut estimer à près de 2.000 hommes, la capacité de ce site. On le retrouve dans les archives sous le nom de « Borieswald » », poursuit le conservateur.

    Chemise US

    Près de dix hectares, en plein bois, entre des versants abrupts, ont été colonisés jusqu’en septembre ou octobre 1918 par les troupes allemandes.

    « À partir de cette date, selon nos premières constatations, ce sont les troupes américaines qui auraient repris ce camp », poursuit Yves Desfossés.

    En effet, en très peu de temps, les archéologues ont mis en évidence des matériaux américains et des chemises de l’armée US, jusqu’à côté de vêtements allemands.

    Il y avait donc une véritable ville dans les bois. Les maisons construites pouvaient héberger jusqu’à 25 soldats, des cuves à eau alimentaient les troupes et le chemin de fer, l’Argonnenbahn, complétait le ravitaillement des soldats. En descendant complètement en contrebas du ravin, de grandes excavations qui pouvaient abriter des pièces d’artilleries sont bien visibles. Plus loin, c’est un ensemble de galeries souterraines qui se dessine.

    « Il y a encore beaucoup de travail sur le site. Sa richesse pourrait se révéler exceptionnelle pour que l’on connaisse mieux la vie des soldats de l’arrière-front. Nous avons déjà collecté des indices très intéressants comme ces deux cartes de vœux rédigées sur de simples écorces de bouleau et qui ont survécu plus de 90 ans. Ici, la morphologie des sols permet la conservation des matières organiques ce qui n’est pas le cas dans d’autres secteurs de la Marne, comme les zones crayeuses », confirme le conservateur.

    L’été prochain, une grande campagne de fouille sera lancée pour qu’enfin, ce lieu qui est resté dans l’ombre pendant plus de 90 ans, renaisse de ses cendres.

    Thomas DUPRAT

    Par souci de discrétion, pour la conservation du site mais surtout pour la sécurité, la localisation du site est tenue secrète.


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    Union091130c - Marne
    ARAC : Carignan : Alphonse Pierret n’est plus

    Alphonse Pierret était une figure de la Résistance et de la vie politique et syndicale locale.
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  • Alphonse Pierret est né le 5 juillet 1924 dans la petite commune de Glaire. Il a appris la coiffure dans les Deux-Sèvres, où il s’était réfugié avec ses parents.

    De retour à Carignan en 1941 avec ses parents, il participe à la cache, à l’hébergement, à la fourniture de faux papiers, au transfert de prisonniers de guerre ou de juifs en fuite venant de Belgique.

    En 1942, mis en relation avec Robert Briffaut, il entre dans la résistance et rejoint le groupe qui formera ensuite le maquis du Banel. Il crée avec un groupe de copains et Mauricette Michaux (sa future femme) une section de jeunes résistants qui conduit des actions contre l’ennemi.

    Arrêté en octobre 1943, il s’évade en mai 1944, puis reprend du service dans la résistance.

    Il se marie avec Mauricette le 14 avril 1945, et de cette union naissent Nelly, épouse Thomas, de Carignan et Michel, qui réside à Lorient.

    Puis Alphonse adhère au Parti communiste français.

    De 1947 à 1952, il est rédacteur de l’hebdomadaire communiste « Liberté » à Charleville.

    De 1952 à 1955, il travaille dans le bâtiment à Carignan et crée le syndicat CGT bâtiment du secteur de Carignan.

    De 1955 à 1966, il entre aux usines Sommer à Mouzon. Il sera le secrétaire du comité d’entreprise.

    Il est un acteur important dans le monde syndical.

    En 1958, il crée une section de l’Arac à Carignan étendue à tout le département.

    En 1966, il quitte Sommer, construit son salon et relance la coiffure.

    Elu 1er adjoint au maire en 1971, et pendant 24 ans, il va œuvrer pour la commune en participant activement au débat communal. Il participe à de nombreuses actions en particulier aux jumelages avec Neudietendorf (RDA) et Weinsberg (RFA). Il crée une section France-URSS, et fait soigner des enfants venus de Tchernobyl.

    Atteint par la maladie d’Alzheimer, il sera soigné dans un premier temps par sa dévouée épouse Mauricette et ensuite par le Foyer Turquais.

    Alphonse est titulaire de la Médaille de la Résistance, de la Croix de Combattant Volontaire de la Résistance, de la Médaille de la Libération et de la Croix du Combattant.

    Il laissera l’image d’un homme digne qui n’a pas eu peur de s’investir dans les taches qu’il s’était fixées.

    À ses enfants et à toute sa famille, notre journal présente ses condoléances.


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    Union091130b - Marne
    SUIPPES : Souvenirs et projets

    Prochaine destination, la Croatie.
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    C’est dans une ambiance chaleureuse que les participants à la croisière en Egypte (avec les Anciens combattants de Suippes et du secteur) se sont retrouvés pour partager leurs souvenirs vidéos et photos entre amis, voisins ou connaissances.

    Ils ont revécu leur séjour de septembre dernier et reçu les informations concernant leur prochaine destination à savoir un séjour en Croatie avec un départ entre le 23 et le 29 septembre 2010 pour 7 jours en club vacances à proximité de Sibenik.

    Pour toute information complémentaire, s’adresser à Lucien Butin au 03.26.66.08.47 ou à Francis Fouillé au 03.26.70.10.39.

     

     


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    Union091130a - Marne
    CHALONS : Solidarité : Un colis de douceurs

    Henri Colas, 95 ans, heureux et choyé par les personnels de l’établissement.
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  • Les fêtes de Noël approchent à grands pas et cette année encore, les anciens combattants, veuves d’anciens combattants ou ressortissants de l’Office national des anciens combattants ont été bénéficiaires du traditionnel colis de Noël que leur ont apporté, au nom de l’Onac 51, Jean Hendziak et Yves Schmitter, anciens combattants eux-mêmes.

    La juste reconnaissance de la Nation pour ces huit hommes et huit dames de l’Etablissement et hébergement de personnes âgées dépendantes (EHPAD) Sarrail, toutes et tous âgées au minimum de 88 ans jusqu’à plus de 95 ans.

    La reconnaissance pouvait se lire dans leurs yeux lors de la remise du précieux colis rempli de douceurs. « Combien vous doit-on ? » a demandé une dame. « Mais rien Madame, c’est votre Noël à vous et c’est avec un grand plaisir que L’Onac vous l’offre et vous souhaite de bonnes fêtes de Noël », ont rétorqué les anciens combattants.


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    Union091129c - Marne
    C’ETAIT HIER : Épernay bombardée

    Bien que non datée, l’image du passage du 11e de ligne à la gare Épernay traduit bien le départ des soldats depuis la gare de l’Est, à Paris, la fleur au fusil. C’était une affaire de quelques semaines pour faire rendre gorges à Guillaume II !
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  • Comme toutes les plaques de verre réunies dans des boites marquées comme « actualités », les clichés de guerre de Jean Poyet ne portent pas de date précise sauf quelques uns comme ceux que nous avons présentés la semaine dernière, datés directement sur le négatif.

    Comme nous l’avons dit, Jean Poyet fut mobilisé dans « les Pépères », mais faute d’avoir retrouvé son carnet militaire, nous ne retiendrons que l’intérêt esthétique ou historique des clichés qu’il nous a laissés, ne pouvant par retracer ses trajets pendant sa mobilisation.

    C’est surtout en 1918, lors de la deuxième bataille de la Marne qu’Epernay subit les plus forts bombardements.

    Laissons maintenant la parole à un témoin direct des événements. « Le mardi 16 juillet 1918 le bombardement continuait, de 10 h 15 du matin à 7h 30 du soir ; on comptait 69 obus, parmi lesquels de nombreux « fusants ».

    M. Fays Emile, 42 ans, camionneur demeurant à l’Hôtel de Montmirail, était tué dans l’écurie de cet établissement. Un projectile mettait le feu au n° 6 rue de Grandpierre.

    On signalait également des points de chute aux numéros 26 et 51 de la rue des Huguenots, rue des Jancelins, rue du Commerce (maison de Venoge) et au numéro 8 de la rue des Rocherets (maison Chaurey). Bon nombre d’obus se perdaient dans les champs à l’extrémité de la rue du Commerce.

    Mais il y avait quelque chose de plus grave que le bombardement. Si l’on ne connaissait point exactement les progrès de l’avancée allemande (on disait que l’ennemi était à Châtillon), certains signes du moins ne permettaient point de douter de la proximité immédiate des boches.

    On entendait distinctement à Epernay les « départs » des « 77 s ». Or observait que les « saucisses » françaises reculaient non plus de jour en jour, mais presque d’heure en heure. Ily en avait maintenant une qui se balançait au-dessus de la côte Saint-Laurent.

    Bientôt, on avait la certitude que la Marne avait été franchie à Vas¬sieux par les troupes germaniques. Les blessés italiens continuaient à affluer : nos alliés, qui se battaient bravement, étaient très éprouvés.

    La situation devenait tragique et les départs d’habitants se précipitèrent encore quand on connut par les fugitifs des villages environnants la mesure que venait de prendre l’armée ». Un des témoins directs cité par Louis Lepage dans son ouvrage « Epernay pendant la guerre » 1921

    Sources : textes et photos Francis Dumelié

    Le personnage, seul au milieu des décombres, traduit parfaitement ce talent du photographe de faire parler les images : sans lui, la photographie serait celle des dégâts. Avec lui, c’est le spectacle de la tristesse humaine devant les dégâts.Une vraie différence…

    Ces trois images des destructions dans Épernay montrent toujours le même souci de composition et de recherche d’équilibre de Jean Poyet dans ses prises de vues.
    Le point d’intérêt se situant toujours au tiers de la hauteur et de la largeur de l’image.

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  • Ces vues sans date, ont été prises par un appareil à pellicule souple.
    Sans légende, ces photographies partent… Elles partent d’une époque où les urinoirs étaient en verre, tes pots de chambre en faïence, les amputés très jeunes, la barbe et ta moustache universelles, la cuisine de campagne au feu de bois sur des roulantes à roues de charrettes cerclées de fer, et les abris de campagne en toile…


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  • Les infirmiers sont sur le qui-vive. Jean Poyet est à droite sur l’image.
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    Union091129b - Marne
    LIVRES

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    La bible des insoumis

    Quel point commun y a-t-il entre Isaac Newton et Gandhi, entre Che Guevara et François d’Assises ? Chacun à sa manière a été un rebelle.

    Ils se retrouvent en compagnie de vingt et un autres personnages dans cette Encyclopédie des rebelles. Vingt-cinq portraits drôles, illustrés de dessins et photos, pour expliquer comment un jour un individu se dresse et dit non.

    Artistes, scientifiques, hommes ou femmes politiques, ils sont passés de l’autre côté de la barrière et, en devenant des rebelles, ont permis à la société de progresser.

    Souvenez-vous du fameux : « Et pourtant elle tourne », qu’aurait prononcé Galilée devant le tribunal de l’Inquisition. Si le savant italien ne s’était pas obstiné à démontrer que le Soleil est au centre de l’univers et que la Terre tourne autour, aurait-on pu approcher la Lune ?

    Un livre, plein d’humour, pour les ados et leurs parents, histoire de leur prouver que la rébellion a parfois du bon et qu’elle peut engendrer des êtres d’exception. Un seul reproche à faire aux auteurs, la faible présence féminine, quatre femmes ont les faveurs de l’encyclopédie, devons nous en déduire que les femmes sont moins rebelles que les hommes ? A voir…

    « L’encyclopédie des Rebelles » d’Anne Blanchar, Francis Mizio, Serge Bloch, éditions Gallimard jeunesse (à partir de 12 ans) 19,95 euros.


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    Mémoire, mémorial

    Spécialiste de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans les Ardennes qu’il revisite avec la distance inhérente aux générations qui n’ont pas vécu ce conflit, Philippe Lecler aime aussi aborder des thèmes jugés jusqu’alors un peu tabous.

    C’est ainsi que dans ses ouvrages précédents, il s’était penché sur la collaboration ou qu’il a décortiqué le drame du maquis des Manises.

    Son dernier ouvrage ne déroge pas à cette (bonne) habitude. Une première partie met en lumière la part active mais sans doute trop peu mise en exergue dans les livres « officiels » des mouvements de résistance d’obédience communiste dans un département qui pencha pourtant souvent (très) à gauche (FTP, Libé-Nord). L’occasion de dresser le portrait de plusieurs héros comme Jules Fuzellier, maire de Joigny, révoqué en 1939, fusillé à Caen en 1942…

    La seconde partie est plus novatrice encore. Philippe Lecler met au jour l’histoire du mémorial de Berthaucourt, sur les hauteurs de Mézières, qui rend hommage à plus de 500 résistants ardennais qui donnèrent leur vie. Une notice rend hommage à chacun d’entre eux. Mais en fouillant davantage, l’auteur nous apprend que ce mémorial fut aussi au cœur de bien des enjeux de l’après-guerre, quand on commença à vouloir écrire (et graver dans le marbre) l’histoire de l’histoire. Pour ne pas dire l’histoire de la mémoire. Et Philippe Lecler de pointer quelques oublis fâcheux… Edifiant.

    Ph. M.

    « Le temps des partisans », de Philippe Lecler. Editions Dominique Guéniot, 193 pages, 28 euros.


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    En souvenir de Sophie Scholl

    Elisa, jeune Allemande tremble nuit et jour. Chaque nuit, ses amis risquent leur vie en distribuant des tracts sur la ville.

    Nous sommes en 1941, et Hitler ne fait pas l’unanimité, ni à Munich, ni en Allemagne non plus. Un groupe d’étudiants entre en résistance, ils se nomment La Rose blanche.

    A sa tête, entre autres, un frère et une sœur, Hans et Sophie Scholl. Ils seront arrêtés par la Gestapo et exécutés.

    Le frère et la sœur sont des figures héroïques allemandes. Leur combat renaît à travers le journal de leur amie Elisa, personnage créé de toutes pièces par Paule de Bouchet.

    Ce roman mêlant habilement fiction et réalité, fait revivre à travers l’histoire d’Élisa, deux figures de la résistance allemande au nazisme.

    Une façon poignante de ne pas oublier que la résistance n’est pas seulement française mais qu’en Allemagne aussi, des gens ont dit non.

    « Mon amie Sophie Scholl » de Paule du Bouchet, édition Gallimard, 7,50 euros.


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    Union091129a - Marne
    HISTOIRE

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    La surprise finlandaise

    De nombreuses villes finlandaises sont bombardées comme ici à Helsinki.
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  • UN PAYS HEROÏQUE Dès le lancement de l’offensive soviétique contre la Finlande, l’aviation du Kremlin bombarde une quinzaine de villes dont la capitale Helsinki où les équipes de secouristes dégagent de nombreuses victimes civiles sous les décombres des immeubles effondrés.

    Partis de la région de Leningrad, les soldats de la 7e armée soviétique s’engagent en Carélie où l’armée finnoise bien que très inférieure en nombre parvient à clouer les unités ennemies sur la ligne Mannerheim solidement défendues par les hommes du général Oestermann.

    Plus au nord, les 8e et 9e armées s’infiltrent dans les forêts sans rencontrer de résistance tandis que les unités de la 14e armée, qui sont parties de Mourmansk, progressent vers le port de Petsamo par une température de -40° et dans une obscurité quasi permanente en cette période de l’année.

    L’ordre donné par Staline est un copié-collé de celui d’Hitler aux troupes envahissant la Pologne début septembre. Il s’agit de terroriser les populations civiles pour contraindre le gouvernement d’Helsinki à la capitulation. C’est l’effet inverse qui est enregistré sur le terrain. Même si les hôpitaux sont saturés et tous les services de secours débordés par les demandes d’intervention, les gens se serrent les coudes et refusent de renoncer. Ils estiment l’attaque soviétique comme une ignominie impérialiste.

    Lorsque le président Kallio décrète l’état de guerre, il sait que le maréchal Carl Gustaf von Mannerheim, 72 ans, ne dispose que de neuf divisions soit 130.000 hommes pour barrer la route aux colonnes soviétiques d’invasion structurées autour des vingt-six divisions et des 500.000 hommes mobilisés pour soumettre la Finlande au joug stalinien. Les soldats finnois n’ont qu’un avantage, celui du terrain. Très vite un second s’ajoute : une capacité hors du commun à se battre par grand froid et à exploiter le talent de leurs tireurs d’élite. Et le premier ordre du jour du chef d’état-major général des armées, depuis son quartier général de Mikkeli à l’est de la capitale est sans ambiguïté : « Nous nous battrons afin de protéger nos foyers, notre religion et notre nation. Nous sommes prêts au sacrifice parce que nous savons que notre combat est juste ».

    Les Soviétiques n’ont pas encore la maîtrise du ciel

    Si le Kremlin se moque des protestations de l’étranger, les condamnations américaines, britanniques, françaises sont d’une sévérité au moins équivalente à celles formulées par les Suédois, les Danois et même les Italiens. Le silence de Moscou aux récriminations des chancelleries décide les grandes capitales à demander l’exclusion de l’URSS de la Société des nations déjà moribonde. En revanche, dans l’entourage de Staline, on fulmine contre le patriotisme des communistes finnois qui se battent dans les forces régulières plutôt que de rejoindre l’armée rouge. Si après une semaine de durs affrontements, le port de Petsamo tombe entre les mains soviétiques, partout ailleurs les troupes adverses font du surplace et deux divisions sont pratiquement encerclées près de Suomuvsalmi. Toutes leurs tentatives de briser l’étau qui se resserre autour d’elles sont un échec.

    Les mauvaises conditions météorologiques sont un sérieux allié pour les Finnois puisque les bombardiers de l’aviation russe restent cloués au sol et ne peuvent pas intensifier leurs frappes. Les aviateurs rouges sont stupéfaits lors de leurs rares sorties d’être interceptés par les vieux Fokker D-21 hollandais dont Helsinki possède quarante-cinq exemplaires ainsi que par les pilotes d’antiques Bristol Bulldog. Les Soviétiques doivent admettre qu’ils n’ont pas encore la maîtrise du ciel. La capacité des pilotes finlandais à s’infiltrer dans les escadrilles russes pour les contraindre à éclater est efficace et une fois que plusieurs appareils se retrouvent isolés, ils deviennent alors des cibles idéales.

    Le maréchal Mannerheim qui reçoit les ambassadeurs occidentaux leur réclame une assistance militaire et s’en justifie : « Si on ne nous fournit pas du matériel et des renforts, nous ne pourrons pas résister malgré tous nos efforts plus de trois mois. Faîtes vite, c’est une question de survie pour notre pays qui depuis le 30 novembre, sans la moindre déclaration de guerre subit une puissante attaque des Soviétiques ».

    Le chef des armées finnoises sait que la tactique des « motti », des groupes de chasseurs à ski très mobiles capables de frapper l’ennemi sur ses arrières et de lui occasionner des pertes sérieuses n’est pas la panacée même si elle démoralise l’envahisseur. Surtout qu’un ordre est donné pour détruire si possible les cuisines mobiles et les lieux de repos des soldats. S’ils manquent de nourriture et n’ont pas la possibilité de se mettre à l’abri alors que la température baisse chaque jour, l’état général des soldats du corps expéditionnaire soviétique va se dégrader dangereusement.

    L’appui des voisins scandinaves

    Les Finlandais sont appuyés par leurs voisins scandinaves. En Suède, des centaines de volontaires se proposent pour aller se battre avec les soldats de Mannerheim. Un escadron d’aviateurs suédois tous volontaires est en cours de constitution alors que les Britanniques s’engagent à fournir à Helsinki trente Gloster Gladiator. Des Norvégiens s’engagent à leur tour ainsi que des Danois, des Hongrois, des Américains, des Anglais parmi lesquels Christopher Lee célèbre pour ses rôles de Dracula bien après la guerre.

    Benito Mussolini, le duce, accorde aux Finlandais la fourniture de chasseurs Fiat CR-32 mais Hitler leur interdit le survol de l’Allemagne. Les nazis interceptent aussi des cargaisons belges en partance pour la Scandinavie dans le port d’Hambourg.

    De son côté Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères du Reich torpille toutes les initiatives de médiation pour obtenir un cessez-le-feu de façon à laisser les mains libres à Staline comme il les avait laissées libres aux Allemands en Pologne. Une manière de conforter le pacte germano-soviétique ! Partout en Europe des manifestations antisoviétiques sont signalées. Les étudiants parisiens protestent contre Moscou le long des quais de Seine tandis que leurs homologues danois portent un brassard blanc pour dire non à l’agression des « rouges ».

    Même le pape Pie XII condamne la posture du Kremlin. Bref, l’héroïque Finlande tient tête au géant soviétique.

    Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    La manœuvre Dyle validée

    BELGIQUE La poussée des forces françaises stationnées dans le Nord à cent kilomètres de la frontière pour stopper l’invasion probable des forces du Reich est désormais un scénario accrédité par le Grand quartier général mais il suscite bien des réserves et des interrogations d’officiers de terrain.

    La décision du Conseil suprême allié d’entériner la manœuvre Dyle, place la 1re armée du général Blanchard en première ligne alors qu’elle occupe déjà un front de quatre-vingt-dix kilomètres comprenant deux sections fortifiées à Maubeuge et sur l’Escaut, capables de résister aux obus de 210. La 1re armée dispose d’une avant-garde composée des 1re et 2e divisions légères mécanisées appartenant au corps de cavalerie du général Prioux confortée par deux bataillons de mitrailleurs motorisés. Elle dispose de matériels modernes avec des automitrailleuses Panhard équipées d’un canon de 25, des chars Somua avec leur canon de 47 et des Hotchkiss avec leur canon de 37. En revanche, la couverture aérienne laisse à désirer et cela ne rassure par les trois corps d’armées (3e, 4e, 5e CA) qui constituent le cœur de la force.

    Le 23 novembre, le général Gamelin se rend à bord de son train spécial à Bohain-en-Vermandois (Aisne) où le général Billotte commandant le Groupe d’armées 1 a installé son PC. Il y reçoit plusieurs officiers généraux dans son wagon restaurant. Si, au cours du repas, il ne tient qu’une conversation banale, il a tout de même le temps de confier à Billotte deux études. L’une concerne l’extension de l’action de la VIIe armée au-delà du port d’Anvers pour pousser des éléments jusqu’à Breda et se raccorder à la position Hollande et la seconde l’attitude à prendre si jamais les Belges parviennent à contenir l’ennemi sur le canal Albert.

    Le général Georges à l’écart

    Le général Georges est absent de cet entretien, pourtant les notes de son journal personnel à la date dite prouvent qu’il est informé : « de la politique aventuriste de Gamelin-Billotte ». Avant de détailler les informations qui lui ont été murmurées sur les décisions prises : « Le principe de la réorganisation du commandement dans la zone fortifiée a été acté. La répartition des ressources disponibles en artillerie pour constituer de nouvelles artilleries divisionnaires a été abordée. Enfin l’extension progressive du front accordée aux Britanniques a été validée puisqu’une division blindée anglaise de cent chars est attendue pour le tout début janvier ». Si Georges est tenu à l’écart, ce n’est pas simplement parce que le président du Conseil, Edouard Daladier, a interdit à Gamelin et Georges de s’absenter conjointement du Grand quartier général. On sait au gouvernement l’opposition de Georges à une intervention dans la profondeur de la Belgique.

    Le 30 novembre, Billotte lui communique les deux études que Gamelin lui a commandées. Georges est immédiatement très sévère avec les conclusions qui lui sont présentées. Il s’étonne que la manœuvre de Breda soit estimée viable alors qu’il n’y a aucune entente entre les Belges et les Hollandais : « Les actions décrites ne sont pas soudées. Les communications de la VIIe armée du général Giraud vers le sud des Pays-Bas seront limitées par le goulot d’Anvers ce qui représente un vrai danger d’autant que l’armée néerlandaise n’a aucune valeur combative ». Concernant l’opération sur le canal Albert, il juge que pour qu’elle soit envisageable : « Il faut avoir atteint la Dyle et partir de ce point en ordre et en garde avec un corps de bataille cohérent et puissamment constitué ».

    Mise en garde

    Georges aimerait convaincre Gamelin de revenir sur ses orientations. C’est pourquoi, après quelques jours de réflexion, il lui adresse une mise en garde le 5 décembre 1939 et insiste sur la question des moyens disponibles : « Il n’est pas douteux que notre manœuvre Belgique-Hollande devra être conduite avec le souci de ne pas laisser entraîner sur cette partie du théâtre d’opérations, devant une action allemande qui pourrait n’être qu’une diversion, la majeure partie de nos possibilités. Par exemple, en cas d’une attaque ennemie en force, se déclenchant au centre sur notre front, entre Meuse et Moselle, nous pourrions être démunis des moyens nécessaires à la riposte ». Ce courrier reste sans effet d’autant que Gamelin ne marque jamais aucun intérêt pour la Meuse et privilégie ses relations avec Winston Churchill au détriment des contingences et des éclairages qui lui donnent plusieurs de ses généraux.

    Georges, qui possède le titre de commandant en chef, n’est pas écouté mais il ne démissionne pas alors qu’il dispose des motifs pour le faire et peut aussi s’appuyer sur cette appréciation de Napoléon : « Tout général en chef qui se charge de l’exécution d’un plan qu’il trouve mauvais et désastreux, est criminel. Il doit représenter, insister, pour qu’il soit changé, enfin donner sa démission plutôt que d’être l’instrument de la perte des siens ».

    Hervé Chabaud


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    Le double jeu de Franco

    On s’interroge sur les positions politiques du Caudillo.
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  • La diplomatie allemande fortifie les liens avec le gouvernement espagnol du général Franco.

    On sait que le Caudillo a déjà bénéficié de l’appui logistique de la Luftwaffe pendant la guerre civile mais cette fois les convergences politiques entre Madrid et Berlin se traduisent par la signature le 29 novembre 1939 d’un traité bilatéral d’amitié.

    Ce document destiné à faire fructifier les échanges entre les deux pays comprend plusieurs clauses secrètes qui ne peuvent que desservir les Français et les Britanniques. Franco autorise le Reich à utiliser les ports espagnols et s’engage à une coopération policière avec les services allemands. Il s’agit à la fois de faciliter la présence maritime de la Kriegsmarine en Méditerranée et de fermer les yeux sur les pôles d’espionnage qu’Hitler souhaite établir en Espagne. Cet accord précède une cérémonie en grandes pompes à la mémoire du père du phalangisme José Antonio Primo de Rivera, fusillé en novembre 1936 par les Républicains.

    Transférée à dos d’homme d’Alicante à l’Escurial, la dépouille mortelle du fondateur est inhumée à Madrid le 1er décembre 1936 au cours d’une cérémonie grandiose qui mobilise l’armée et les grands corps de l’Etat alors que la participation populaire est impressionnante.

    Au cours d’un éloge funèbre interminable, le général Franco encourage l’Espagne : « à engranger la moisson semée par la mort de ce patriote à jamais inscrit dans la mémoire nationale ».

    Tous les ambassadeurs et auxiliaires de la diplomatie participent à cet hommage et viennent s’incliner devant le catafalque. Le maréchal Philippe Pétain qui est alors l’ambassadeur de France à Madrid participe à la cérémonie funèbre tout comme son homologue britannique et se déplace même dans une voiture avec le père du martyr, le général Miguel Primo de Rivera. Depuis le printemps, le « héros de Verdun » tente de rétablir des relations acceptables avec l’Espagne franquiste. Et il ne manque pas de zèle pour manifester la bonne volonté française.

    Il restitue le trésor de guerre que les Républicains avaient amassé dans l’Hexagone. Le maréchal essaie de trouver une position originale qui ne contraigne pas Paris à s’aligner sur les puissances de l’axe envers lesquelles l’Espagne affiche une sympathie complice. Le gouvernement français n’exclut pas les menaces que Franco pourrait faire peser sur la frontière pyrénéenne s’il s’engageait avec l’Allemagne pour prendre la France en étau et venait à envoyer un corps expéditionnaire dans les colonies d’Afrique du Nord pour en prendre le contrôle.

    Depuis son ambassade madrilène, Pétain manœuvre mais marque auprès du président du Conseil Edouard Daladier ses craintes. Il n’est pas certain de la validité de la parole donnée par le Caudillo.

    Hervé Chabaud

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    Union091128a - Marne

    CHALONS : Maison du combattant : « Venez découvrir nos trésors »

    Le président Pol Cher (2° à droite) était entouré des membres du bureau et du représentant de la Ville.
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  • La Maison du combattant, cette année, était occupée près de 200 fois, toutes réunions confondues (petite salle et grande salle Marcel-Manteau).

    Un record ! Le président Pol Cher rappelait aussi que l’endroit peut recevoir les associations qui se retrouvent lors de galettes des rois ou autres manifestations, à l’exception des repas (à moins d’obtenir l’accord).

    Sous la houlette de la Prévention routière, les anciens combattants pourront également participer à des exercices de remise à niveau du code de la route.

    L’association nationale des femmes de militaires (ANFEM) n’ayant plus la possibilité de se réunir à l’Etat-Major de la 1re Brigade Mécanisée, a désormais rejoint la Maison du combattant.

    « Dommage », a souligné Pol Cher, « que les élèves de différentes écoles ne viennent pas occuper les locaux, des trésors d’informations s’y trouvent avec la bibliothèque qui détient des milliers de livres et documentations sur tous les conflits. Peut-être à voir avec l’Education nationale ? »

    Serge Helleringer, qui confirme le bon équilibre financier de la Maison du combattant, en profitait pour annoncer le projet d’une conférence sur la Résistance à Châlons, courant premier ou second trimestre 2010, de même qu’un spectacle sur la vie des camps de concentration.

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    Union091127a - Marne

    SAVIGNY-SUR-ARDRES : Anciens combattants : Un nouveau président

    Passation de pouvoir lors de l’assemblée générale.
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  • L’Union des combattants de la vallée de l’Ardre a un nouveau président.

    Après plus de 30 années de bons et loyaux services, Jacques Delmotte, fondateur de la section AFN de la vallée de l’Ardre, a souhaité prendre un peu de repos et de passer le relais.

    Sur proposition du président sortant et du bureau, le conseil d’administration a voté à l’unanimité la nomination de Jean-Pierre Caillet, le plus jeune des anciens, qui a pris les fonctions de la présidence.

    Un hommage a été rendu à Jacques Delmotte qui a été nommé président d’honneur.

    Par ailleurs, en présence des maires de Serzy-et-Prin, de Faverolles-et-Coëmy et de Savigny-sur-Ardres, encadrée par la section des sapeurs-pompiers de Savigny ; une remise de médailles a eu lieu. Gilbert Plateau de Faverolles, Daniel et Jean-Claude Montmayeur de Savigny, Michel Govigniaux de Tramery et le trésorier de la section Bernard Delmatti de Reims, ont reçu des distinctions biens méritées.

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    Union091125a - Marne

    SOMME-SUIPPE : Anciens combattants : un nouveau drapeau

    C’est le maître tailleur qui a réalisé le nouvel étendard.
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  • Il est logique que les anciens combattants arborent « un drapeau digne de ce nom, on leur doit bien cela », souligne Jacques Le Touzé, maire. Le village n’ayant pas d’association spécifique (les A.C. sont rattachés à l’association de Suippes et de son secteur), le conseil municipal avait budgété l’achat d’un drapeau en remplacement du précédent sur lequel le temps avait laissé ses marques.

    Pour un coût de 1174,57 euros TTC, le maître tailleur de Mourmelon a réalisé le nouveau drapeau, - brodé des deux côtés et son équipement complet (hampe, baudrier, gants, cravate tricolore et trois cravates de deuil) - dont la première sortie a eu lieu le 11 novembre.

    Seules les arabesques de l’ancien n’ont pas été reproduites. Ce dernier finira sa vie selon le choix qu’en feront les anciens combattants. Dans une vitrine ou sur sa hampe, dans la salle de la mairie ou à Châlons, ils auront à décider de son avenir avec leur fidèle porte-drapeau François Gérard qui ne manque aucune manifestation pour mettre à l’honneur ceux du village tombés au champ d’honneur.

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    Union091124b - Marne

    CHALONS : Fédération nationale des anciens combattants : La section châlonnaise toujours présente

    Les membres du bureau de la section et, debout, la vérificatrice aux comptes.
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  • Une vingtaine d’adhérents de la section de Châlons de la Fédération nationale des anciens combattants Algérie-Tunisie-Maroc (Fnaca), a répondu présent à l’assemblée générale annuelle, présidée par Daniel Fritz à la Maison du combattant.

    Renouvellement des membres du bureau, identique à l’an dernier, trésorerie et rapport moral du président, ont été au menu de cette assemblée générale. « Bon travail effectué par tous ! » a déclaré le président, soulignant la cinquantaine de sorties du drapeau de la section cette année, emblème porté par Daniel Bouilly lors des différentes manifestations patriotiques. Des membres étaient également présents au Rallye de la Liberté, avec la ville, l’Onac et les écoles, au Forum des associations, à la semaine de la solidarité, etc.

    La section châlonnaise, présente à toutes les cérémonies, confirme sa volonté de maintenir la date du 19 mars comme cérémonie anniversaire du cessez-le-feu en AFN.

    Quant au traditionnel thé dansant de la Fnaca, il aura lieu le dimanche 13 décembre de 15 à 20 heures au centre de loisirs de Saint-Memmie, animé par Alberto Garzia et son orchestre musette. Le tirage des rois aura lieu à la Maison du combattant à partir de 15 heures, le jeudi 10 janvier.

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    IDENTITE NATIONALE : DOSSIER / Comment peut-on être Français

    Les élèves ont été impressionnés de vivre, le temps d’une journée, une page d’histoire très marquante.
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  • Qu’est-ce qu’être Français ? Participer au débat lancé par Eric Besson, c’est évidemment le cautionner. Mais rien n’interdit d’y réfléchir. Une chose est sûre : définir l’identité nationale, c’est justement refuser les définitions formatées. Est-ce l’affaire des historiens, des politiques ou des amateurs de fromage ? Et si chaque Français avait sa manière de l’être ? L’historien et doyen de la fac de lettres de Reims Jean-François Boulanger brosse la longue histoire d’un concept qui, depuis plus d’un millénaire, n’a cessé d’évoluer.

    Deux écrivains, l’académicien Jean-Marie Rouart et l’ancien ministre à l’égalité des chances, Azouz Begag (membre du MoDem), émettent des avis diamétralement opposés.

    En 1896, un débat au couteau enflamme la France. On célèbre le 14e anniversaire du baptême de Clovis. Intellectuels et politiques s’empoignent autour d’une question simple : la patrie de Voltaire et d’Hugo est-elle chrétienne ou non ? Plus d’un siècle après, elle fait sourire alors que les préfets, accueillant les nouveaux naturalisés, ajoutent désormais « laïcité » au triptyque « Liberté, égalité, fraternité ». Entre-temps, en 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est passée par là. « C’est la preuve que l’identité nationale est un concept évolutif », estime Jean-François Boulanger.

    Poser aujourd’hui la question conduit donc à s’interroger d’abord sur son bien-fondé. L’expression même recouvre t-elle une réalité tangible ? A t-elle un sens ? Et si oui, depuis quand ? « Le débat est d’autant plus difficile qu’en France, l’Etat a précédé la Nation, contrairement à l’Allemagne ou l’Italie. L’identité nationale est donc une construction mentale et politique. Ce qui en rend la définition nécessairement complexe ». Prenons donc les choses dans l’ordre. Et d’abord, depuis quand parle-t-on d’identité nationale ? « La notion même est récente, mais elle pose une question très ancienne qui est celle de l’origine de la France ».

    Les choses se compliquent. En gros, deux thèses s’opposent. Pour la médiéviste Colette Beaune (1), la conscience d’appartenir à une communauté nationale commence avec l’existence d’un Etat rassemblé autour du roi des Francs. « Clovis marquerait donc la première apparition de la Nation France ».

    Deuxième thèse - controversée, celle de l’historien américain Eugen Weber (2) pour qui « le sentiment d’être français n’apparaît qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, avec Jules Ferry - qui impose l’apprentissage du français dans les écoles - et la guerre de 14-18 ».

    Langue

    Et la Révolution de 1789 dans tout ça ? « Pour Weber, elle ne connaît son achèvement qu’un siècle plus tard, avec Ferry justement. Jusque-là, les Français, imprégnés d’une culture populaire et rurale traditionnelle, ne se seraient pas vus comme faisant partie d’une même communauté nationale. D’autant qu’ils ne parlent pas toujours la même langue, mais l’occitan, le basque, le breton, le patois picard ou lorrain… ».

    Nous y voilà. La langue serait donc le meilleur ciment de l’identité nationale ? « Pas si simple car lorsque Ernest Renan milite en 1882 pour le rattachement de l’Alsace-Lorraine à la France, il évoque un passé commun et un projet d’avenir fondé sur les valeurs républicaines, au détriment de la pratique d’une langue commune, justement », rappelle M. Boulanger.

    Faire de l’identité linguistique le levain du sentiment national serait aussi oublier que lorsque Philippe Auguste annexe la Normandie, au XIIIe siècle, ses ennemis anglais parlent… français.

    La géographie offre-t-elle davantage de prise ? Oui, si l’on estime que notre paysage national semble s’être idéalement dessiné à l’intérieur de ses frontières naturelles : fleuves, mers et montagnes. Sauf que l’hexagone n’a pas toujours eu cette forme-là. « Ainsi, quand le traité de Verdun partage l’Empire de Charlemagne en trois (843), le futur royaume de France ne couvre que la partie Ouest du pays et la Francia Orientalis le territoire qui deviendra la future Allemagne ».

    Embryon

    Pour l’historien rémois, un « embryon de conscience nationale » n’apparaîtra finalement qu’au XIIIe siècle, « avec la stabilisation de l’Etat monarchique et la fin des phénomènes migratoires. Mais ce sentiment n’existe alors que dans les élites, l’aristocratie et les clercs. Il se construit surtout à partir de la guerre de 100 ans et sur le dos d’un ennemi commun : les Anglais ».

    Porte-drapeau de cette mission unificatrice : Jeanne d’Arc, bien sûr. « Mais lorsque la Pucelle parle de la France, n’oublions pas qu’elle évoque en réalité le Nord du pays, voire l’actuelle Ile-de-France ». Il n’est pas certain qu’à l’époque, les Basques ou les Auvergnats se soient vraiment sentis concernés.

    Dossier Gilles Grandpierre

    (1) Auteur de « Naissance de la Nation France »
    (2) Auteur de « La fin des terroirs »


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    Azouz Begag : « C’est être en capacité de dire non ! »

    Ancien ministre à l’égalité des chances, Azouz Begag est écrivain et sociologue. Il mène la liste MoDem aux régionales en Rhône-Alpes.
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  • Que pensez-vous de ce débat ?

    « Je l’attendais depuis un an. Nicolas Sarkozy sait qu’il ne pourra pas tenir ses promesses économiques. La dette de 1 700 milliards d’euros et le niveau de l’emprunt- 700 M€ par jour - ne le lui permettront pas. Il lui restait donc ses terrains de prédilection : l’insécurité dans les banlieues et l’insécurité identitaire, deux thèmes qui lui permettent de capter les électeurs du FN. Ce ministère de l’identité nationale contre l’immigration, comme je l’appelle, prouve que le président de la République relance l’hameçon dans la mare à confusions à laquelle il greffe désormais la question de l’islam via la burka. Ça permet de ne plus parler des 2 000 chômeurs que fabrique chaque jour l’économie française. »

    N’y a t-il qu’une lecture politique à faire de cette question ?

    « Présentée comme elle l’est, elle ne peut être que politique. »

    Malgré tout, c’est quoi être Français aujourd’hui ?

    « C’est avoir le pouvoir de dire non au détournement des vraies questions que se posent les Français. Je suis né à Lyon. La figure de Jean Moulin me parle. Voilà un homme qui a dit non et qui n’a pas trahi. Quand je songe que l’incarnation de la traîtrise politique, Éric Besson, est à l’initiative de ce débat, ça me révolte, alors qu’il est l’antithèse de ce qu’est être français, savoir dire non quand cela s’impose, à l’occupation allemande en 1940, à la guerre en Irak en 2003. Non au piston du fils du président de la République aussi… »

    Mais n’est-ce pas aussi dire oui, aux valeurs républicaines par exemple…

    « Ce n’est pas contradictoire. Dire non aux privilèges en 1789, c’est dire oui à l’hospitalité française dont ont bénéficié des centaines d’intellectuels étrangers au nom de la liberté et des droits de l’homme. Parmi eux, il y avait notamment Thomas Payne, cet Anglais qui est devenu député du Nord-Pas-de-Calais et qui ne parlait même pas français. C’est cela la France. »

    Pour beaucoup de personnes, c’est aussi ses vins, sa culture, ses paysages…

    « Certes, mais on aurait tort de confondre patrimoine et identité. Le patrimoine est à la France ce que l’émail est à la dent. L’identité, c’est la racine. Et la racine de la France, c’est bien plus que cela. »

    Est-ce que ça peut être parler la langue ? En tout cas, c’est l’avis d’une majorité de Français…

    « Eh bien, ils se trompent. Ils parlent de francophonie. 300 ou 400 millions de personnes dans le monde parlent français sans être français. Le ministère de l’identité nationale veut justement faire barrage à ces milliers d’Africains qui sont parfaitement francophones et qui voudraient rentrer dans leur nation identitaire. Mais ce n’est évidemment pas le cas de tous les francophones. »

    Vous êtes né à Lyon de parents algériens. Vous êtes-vous toujours senti Français ?

    « Non. Jusqu’au début des années 80, je voulais rentrer en Algérie pour participer au développement du pays. Mais à l’époque, l’Algérie obligeait les enfants d’immigrés engagés dans un cursus universitaire à faire deux ans de service militaire dans le Sahara pour combattre les Marocains. Ça n’avait aucun sens. J’ai donc opté pour la nationalité française et j’ai cessé d’aller en Algérie pendant 25 ans. »

    Quand les beurs défilent avec le drapeau algérien pour saluer la qualification de l’équipe algérienne de foot au Mondial, ça vous choque ?

    « Non, pourquoi ? Les Italiens de France supportent bien l’Italie contre la France en finale du Mondial 2006. »

    Vous arrive-t-il de chanter la Marseillaise ?

    « Quand je le dois, bien sûr, même si j’ai toujours un peu de mal avec « le sang impur qui abreuve nos sillons ». Ce n’est pas l’idée que je me fais des autres. »

    La France a t-elle encore un message universel à délivrer au monde ?

    « Je crains que non, hélas, à part ce retour frileux à son identité première. Cette histoire de but de Thierry Henry, tenez, est assez symptomatique. Ne trouvez-vous pas que demander à faire rejouer le match auprès de la fédération internationale aurait eu de la gueule. Ça, ça aurait été digne des valeurs françaises de justice, d’équité, de grandeur. »


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    Jean-Marie Rouart : « La France, c’est la tolérance »

    L’académicien Jean-Marie Rouart est écrivain et journaliste.
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  • Le moment est-il venu de lancer ce débat, un débat « scabreux » dites-vous ?

    « Scabreux parce que difficile. En tout cas nécessaire. La mondialisation et l’entrée dans l’Europe déstabilisent les Français. Comme l’école et le service militaire ne jouent plus ce rôle, ceux qui savent le mieux ce qu’est être Français sont les gens cultivés et les étrangers. On l’a vu au moment de la déclaration de Villepin à l’ONU. Pour eux, la France, c’est la liberté et le sentiment qu’elle est porteuse de vérités universelles. Bref, qu’elle a une mission. Notre pays est d’ailleurs le seul à défendre ces valeurs, parfois contre ses propres intérêts. »

    Cette question de l’identité nationale a-t-elle un sens alors que la France est l’expression même de la diversité ?

    « Il n’y a pas d’opposition entre les deux. On est ouvert à la diversité quand on a conscience de son identité. La France l’a prouvé au moment de la colonisation. Il y a eu des choses négatives, certes, mais c’est aussi une période extraordinaire d’ouverture culturelle. « Aimer la France, c’est aimer tout ce qui n’est pas la France », disait Suarès. Notre pays est lui-même une unité issue de divisions innombrables : un Breton n’a pas le même vécu qu’un Béarnais ou un Corse. Mais tous peuvent se sentir fiers d’être Français. »

    Ce débat n’est-il pas une marque de repliement ?

    « Non, mais il est vrai que la remise en cause des valeurs, des racines et l’oubli progressif de notre culture générale, profondément littéraire, font que les Français se sentent déboussolés comme ils ne l’ont jamais été. Je note d’ailleurs avec satisfaction que pour 75 % d’entre eux, la France, c’est d’abord la langue. »

    Vous êtes très critique sur la méthode de ce débat. Pourquoi ?

    « Parce qu’il mélange de façon très politique deux questions : l’identité nationale et l’immigration. Lui donner un cadre culturel aurait permis d’en révéler la complexité et la subtilité. 63 millions de Français, c’est 63 millions de conceptions de l’histoire de France. Toutes sont respectables. La France est aussi la somme de ses contradictions. A la fois républicaine et monarchique, chrétienne et laïque, c’est Napoléon et la Commune, le PC et Le Pen, etc. J’ajoute que la dimension culturelle aurait permis d’élever le débat, alors qu’en général ceux qu’on nous propose sont au ras des pâquerettes. Sarkozy aurait dû le lancer à l’Académie, à la Sorbonne ou au Conseil constitutionnel. Ça aurait eu de la gueule. »

    A « identité nationale », certains préfèrent « citoyenneté républicaine ». Que choisir ?

    « On peut ajouter aussi identité française. Tout cela est une question de sémantique. L’identité nationale, c’est la République, laïque désormais. L’identité française remonte à Clovis. Certains estiment même que cette identité, ce sont nos paysages. Pourquoi pas. L’erreur serait de suggérer une définition exclusive. Tout Français doit pouvoir faire admettre sa définition, même ceux qui ne l’aiment pas ou qui s’en foutent, parce que la France, c’est aussi la tolérance. Mais je défie quiconque ayant lu Hugo, Romain Gary ou Montaigne de ne pas en conclure que ce pays a quand même quelque chose d’à part. Même les étrangers l’admettent, pourquoi pas nous ! »

    L’identité nationale, n’est-ce pas d’abord le partage d’un projet commun ?

    « Certes, mais ce projet ne peut exister que s’il est une synthèse du passé. SI vous voulez savoir qui vous êtes, vous devez savoir d’où vous venez. Comme dit Renan, la France est une caisse de résonance. On ne peut pas toucher à un élément sans toucher à l’ensemble. Et l’ensemble, c’est l’histoire de ce pays, dans toutes ses dimensions. »

    Est-ce que la burka menace l’identité nationale ?

    « C’est une plaisanterie. Que m’importe qu’une fille porte la burka si elle lit Voltaire ou Chateaubriand. La burka concerne dix personnes. Elle ne menace pas plus la République que les Guyanais vêtus d’étuis péniens. »

    Que souhaitez-vous qu’il sorte de ce débat ?

    « Il sera utile s’il donne aux Français le sentiment qu’appartenir à un pays, c’est d’abord la conscience de lui appartenir. Le pire serait une approche tatillonne. On ne va quand même pas délivrer des permis à points de bonne conduite française. Ce serait évidemment ridicule. »


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    Dans les préfectures, les débats se mettent tranquillement en place

    Officiellement, les contributions affluent sur le site du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Mais sur le terrain, les préfectures, chargées de relayer le débat dans les départements, ne se précipitent pas. Seule la Marne a fixé le rendez-vous au 14 décembre.

    Dans les Ardennes et l’Aisne en revanche, aucune date, aucun lieu ne sont encore arrêtés alors que le « grand débat » cher à Éric Besson est censé avoir commencé le 2 novembre. En théorie, il devrait se poursuivre jusqu’au 31 janvier et se clôturer le 4 février 2010 par un colloque national.

    Entre-temps, les préfectures auront fait remonter vers Paris le produit des réunions départementales. En attendant, on peut toujours s’informer et alimenter le débat sur www.debatidentitenationale.fr


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    A Châlons, un jour de gloire

    « L’identité quoi ? ». Fatoumata Samaké lève les sourcils, se demande ce que peut recouvrir l’étrange expression. Mais elle sourit à belles dents. Fatoumata fait partie des soixante Marnais qui ont reçu, le 13 novembre dernier, leur décret de naturalisation française.

    Dans la salle de réception de la préfecture marnaise, à Châlons, ils sont endimanchés, intimidés parfois, souriant souvent.

    Ils sont originaires de Côte d’Ivoire, d’Ouzbékistan, de Moldavie, du Portugal, du Tchad ou d’Algérie. Au total, une vingtaine de nationalités.

    Fatoumata est née au Sénégal en 1976. Elle est venue avec sa tante Khadidiatou Cissé, 46 ans, arrivée à Reims en 1981. Elle aussi naturalisée après six années à batailler pour rassembler les documents exigibles par l’administration française. « Ça bloquait, je ne sais pas trop pourquoi », tente d’expliquer Khadidiatou, « mais je suis contente pour ma gamine ». À 7 ans, sa fille devient française de fait.

    Le décret de naturalisation comporte plusieurs documents, dont un acte de naissance, un livret de famille. Mais pas de carte d’identité. Fatoumata est un peu déçue. « On devra faire la queue pour la chercher à la sous-préfecture de Reims », sourit la jeune femme qui, comme sa tante, ignore la devise nationale. « Liberté, égalité, fraternité », leur dit-on. « C’est joli », lance-t-elle, même si elle n’est « pas persuadée » que les remarques désobligeantes vont cesser « simplement parce que j’aurai des papiers en règle ».

    « Pas qu’une simple formalité »

    La devise, Patrick Belleka la connaît par cœur. Et aussi la « Marseillaise » qu’il entonne, après la cérémonie, d’une voix puissante et convaincue. Le regard au ciel et sa petite dernière dans les bras.

    Originaire de Centrafrique, Patrick, 37 ans, avait obtenu le statut de réfugié politique en 2003. Six ans après, il devient français « par choix ». « C’est l’aboutissement d’une décision mûrement réfléchie, pas simplement une formalité administrative », explique le jeune homme. « Devenir Français est un acte de responsabilité qui implique le respect des lois et de l’hymne ».

    Le concept d’identité nationale, en revanche, ne lui inspire qu’un commentaire vague autour de « ceux qui ont combattu pour la liberté du pays ».

    On lui fait remarquer qu’il aura peut-être du mal à se sentir des affinités avec ces millions de Français qui ont perdu un grand-père dans les tranchées de 14-18. « Eh bien, non justement. Ce n’était pas un grand-père mais un grand-oncle maternel. C’était du temps des colonies », commente le jeune homme.

    C’était assez en tout cas pour que Patrick se sente déjà « un peu français sans le savoir ». Comme les quelque 900 personnes qui, cette année, ont été naturalisées dans la Région (300 dans la Marne, 286 dans les Ardennes, 274 dans l’Aisne).

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    Union091121a - Marne

    CHALONS : Collège Notre-Dame-Perrier :Des élèves face à l’histoire des poilus »

    Les élèves ont été impressionnés de vivre, le temps d’une journée, une page d’histoire très marquante.
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  • Comme l’année précédente, tous les élèves de 3e du collège Notre-Dame-Perrier ainsi que douze accompagnateurs (dont trois professeurs d’histoire-géographie) se sont rendus à Verdun.

    Cette sortie pédagogique s’inscrit dans le cadre du programme d’histoire qui traite le XXe siècle. Permettre aux jeunes de mieux appréhender sur le terrain la portée de la bataille de Verdun était un des objectifs de cette journée.

    Au cours de cette sortie, quelques éléments ont d’ailleurs étonné voire surpris et marqué les élèves. Notamment, les 60 millions d’obus tirés lors de la bataille de Verdun (pendant les 300 jours et les 300 nuits) et les 5 % d’obus qui n’ont pas explosé.

    Ils sont allés également visiter le Fort de Douaumont, monument qui a fort impressionné les 3e de par les installations internes sommaires et le peu de confort des lieux de vie des poilus.

    Quant à la visite de l’Ossuaire de Douaumont, elle semble en avoir ému plus d’un. « D’abord, le fait de voir des ossements humains à la base de cet édifice, a troublé plusieurs élèves. En effet, savoir qu’il y a des corps enterrés sous l’ossuaire et voir les os, ce n’est pas la même chose. Puis, la taille de ce bâtiment en impose », souligne Fayçal Omrane, professeur d’histoire-géographie. Face à l’Ossuaire s’étend un vaste cimetière, la grande nécropole. Voir ce site a plutôt marqué les jeunes car cela rend plus dramatique encore l’issue de la guerre avec son cortège de morts.

    Et dans le Mémorial de Verdun, les élèves ont pu découvrir les uniformes des poilus, leurs armes, les chronologies et des cartes présentant les différents moments clés de la bataille de Verdun.

    Pour tous les participants, cette sortie était très intéressante et surtout très pédagogique.

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    Union091120a - Marne

    FAGNIERES : Sortie émouvante des collégiens : « A la mémoire de nos pères… »

    Une prise de conscience indispensable et qui complète les cours d’histoire travaillés en classe.
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  • « Comment font-ils pour tenir dans ces conditions, sous la mitraille, assaut après assaut ? »

    « Pourquoi continuer à obéir à de tels ordres, de monter aux combats, alors que les tirs de ceux d’en face s’intensifiaient ? »

    « Comment ne pas craquer ? »

    Telles étaient les questions qui revenaient le plus souvent dans la bouche des élèves de 3e1 et 3e2 du collège Louis-Grignon de Fagnières, en visite sur les sites les plus importants des combats de Verdun. Fort de Vaux, Ossuaire de Douaumont, musée Mémorial de Fleury, tranchée reconstituée de Mogeville… Tous ces lieux témoignant du courage des hommes face à l’intensité des combats.

    C’est à Douaumont, dès la lecture de lettres de poilus à leur famille, au cœur même du cimetière, que l’émotion fut la plus forte.

    Tous ont ensuite déposé une rose blanche sur la tombe de l’un de ces soldats, parfois à peine plus âgés qu’eux, tombés pendant le carnage de « la Grande Guerre ».

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    Union091118b - Marne

    CORMICY : Poilus et « La Baïonnette » réunis : Un hommage rendu au caporal Joseph Dauphin

    Les poilus et anciens combattants rendent hommage au caporal fusillé pour l’exemple.
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  • Cette manifestation organisée par l’association « La Baïonnette » de Cormicy, dont le président est Sylvain Hoquet, avec celle des poilus de la Marne s’est déroulée, samedi, en présence des corps constitués et de nombreuses personnalités.

    Un hommage au caporal Joseph Dauphin, fusillé pour l’exemple le 12 juin 1917 près de Ventelay fut rendu sur sa tombe n° 884.

    Les membres présents se rendirent ensuite sur la tombe du chef de bataillon du 150e RI, Paul Farret, qui est le grand-père du général Olivier Farret que les anciens combattants avaient reçu l’an passé.

    Cette manifestation s’est terminée par un vin d’honneur en l’hôtel de ville de Cormicy.

    Le maire, Dominique Décaudin, souhaite rechercher des membres de la famille du caporal Dauphin pour leur faire part de cet hommage et effectuer un rapprochement avec son village.

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    Union091118a - Marne

    SOMMEPY-TAHURE : Les anciens combattants se retrouvent

    Pierre Jacquemin (ancien président), Gilles Sarazin (délégué sur Sommepy), Lucien Butin (ancien président) et Jean Collard (président de l’association)
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  • Tous les ans, l’association des anciens combattants de Suippes et alentours organise un repas pour le 11 Novembre.

    Chaque année, c’est une commune différente qui accueille les membres de l’association et pour le 11 novembre 2009 c’est dans la salle polyvalente de Sommepy qu’a eu lieu la rencontre : 80 personnes ont répondu à l’invitation (dont 16 anciens combattants de Sommepy).

    Jean Collard (président de l’association) a évoqué la mémoire de deux anciens décédés au cours de l’année : Roger Clément et Joseph Haulin.

    Marie-Ange Gangand a accueilli l’assemblée par un discours de bienvenue rappelant le départ des hommes présents pour l’Algérie. En effet, tous les anciens soldats présents étaient des anciens d’Algérie, à une exception près : Pierre Jacquemin, engagé en 44 dans la guerre 40-45.

    Un autre point fort de l’année est le voyage à l’étranger, proposé et organisé par Lucien Butin, le dernier se passait en Egypte et le prochain aura la Croatie pour destination fin septembre prochain.

    Au moment du dessert, René Merlot a animé l’après-midi avec son accordéon et une visite à l’exposition sur la reconstruction des villages après guerre à la mairie du village a été organisée.

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    Union091117a - Marne

    SAINT-HILAIRE-LE-GRAND : L’ambassadeur de Russie en terre marnaise

    Une assistance nombreuse et recueillie s’est associée à l’hommage rendu par l’ambassadeur de Russie.
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  • En cette période de commémoration de fin de conflits, Son Excellence Alexandre Orlov, ambassadeur extraordinaire de Russie en France, a tenu à venir au cimetière russe de Saint-Hilaire-le-Grand afin de rendre hommage aux combattants russes engagés de 1916 à 1918 sur le front, aux côtés des forces françaises. Il a été accueilli par Agnès Person, maire de Saint-Hilaire-le-Grand, Dr Georges Kopiloff, président de l’association du souvenir du corps expéditionnaire russe en France, et Raymond Floc’h, sous-préfet de Vitry. C’est accompagnées du général Sukharev et du colonel Antropius, représentant les armées russes et françaises, que les personnalités ont procédé au dépôt de gerbe devant les drapeaux portés par les anciens combattants de Saint-Hilaire et Jonchery ainsi que par les jeunes élèves de l’école russe de l’ambassade.

    Dans son allocution, prononcée devant un auditoire nombreux composé des familles des attachés militaires et navals de l’ambassade mais aussi des habitants des villages voisins, l’ambassadeur a insisté sur le symbole de réunification que prend désormais ce genre de cérémonie à l’instar de celle du 11 Novembre dernier à Paris où étaient réunis le Président français et la Chancelière allemande. Il a également remercié tous ceux, civils et militaires, qui localement dans le cadre de ce cimetière perpétuent la mémoire des héros russes qui ont donné leur vie pour la liberté. Agnès Person a complété l’hommage rendu en affirmant qu’après la paix des armes, « nos pays construisent désormais la paix des cœurs ».

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    Union091115f - Marne

    SAINTE-MENEHOULD : Sauvegarde du patrimoine : Une nécropole marnaise entretenue par des Lorrains

    Des alignements toujours parfaits.
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  • Cette nécropole compte 5 400 tombes, Sainte-Ménehould moins de 5 000 habitants !
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  • Cette semaine a eu lieu le traditionnel dépôt de gerbes commémorant l’armistice. Rien pour le plus grand cimetière de la ville Et pour cause.

    SAINTE-MÉNEHOULD compte moins de 5 000 habitants. Autant dire que le plus grand des cimetières de la ville abrite plus de morts que l’ensemble des foyers ménéhildiens actuels.

    5 400 tombes se dressent à la sortie du bourg lorsqu’on emprunte la direction de Florent-en-Argonne.

    De l’hôpital au cimetière

    5 400 morts pour la France selon l’expression consacrée qui ont dû se sentir bien seuls le 11 novembre dernier. Personne n’est venu déposer de bouquets, pas un coup de clairon. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce cimetière est une nécropole nationale qui est entretenue par le comité des anciens combattants de Metz.

    Pourquoi implanter un cimetière militaire de cette taille en ce cas. A cause de l’histoire qui lie Sainte-Ménehould au premier conflit mondial.

    Petit rappel. Le 4 septembre 1914, les troupes allemandes foulent le sol ménéhildien. Le 15 septembre, les Allemands quittent précipitamment la ville en abandonnant 200 blessés derrière eux. Si la ville n’a pas été le lieu d’affrontements directs, c’est dans la ville que les blessés du front étaient soignés.

    En avril 1915, la situation se dégrade pour la ville et l’Argonne en général, Sainte-Ménehould est frappée par les canons allemands, il n’y a quasiment plus de civils présents. Les passages des avions et des Zeppelins finiront d’instaurer le climat de terreur sur la zone. Les morts affluaient de partout. Le front, à vol d’oiseau, était tout proche. Les blessés étaient soignés dans l’Hospice de la rue Florion mais aussi dans l’école de la rue Gaillot-Aubert. L’hôpital d’évacuation 37 fut créé à Sainte-Ménehould pour soutenir la IIIe armée de Sarrail. Certains blessés étaient soignés à Sainte-Ménehould. D’autres, les cas les plus graves, étaient envoyés vers l’arrière.

    C’est notamment parce que beaucoup de jeunes hommes sont morts ici, que cette nécropole a vu le jour. 22 000 mètres carrés de tombes où gisent des milliers de corps de poilus. Sans oublier quelque 215 Français tombés durant la Deuxième Guerre mondiale. Classé nécropole nationale, donc affiliée au secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, le cimetière de Sainte-Ménehould est encore entretenu par la section des anciens combattants de Metz. Qui visiblement n’a pu faire le déplacement le 11 novembre dernier.

    Th. D.

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    Union091115e - Marne

    LIVRE : Instantanés du djebel

    Associer un album reprenant des textes marquants sur la guerre d’Algérie et un DVD rassemblant des images du conflit telle est l’association réussie à l’initiative de Patrick Buisson et avec le concours du service cinématographique des armées. Il s’agit d’un puissant témoignage par l’image qui n’a rien à voir avec l’histoire exhaustive d’une guerre dans le strict respect de sa chronologie. En partant de la mise en garde adressée dès 1939 par Albert Camus qui s’inquiétait des injustices dont étaient victimes les musulmans, ce qui avait suscité de vigoureuses réactions d’indignation du gouvernement général et de ses compatriotes pieds-noirs, l’auteur nous emmène au quotidien d’un drame dont les attentats violents de la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 sont les premiers signaux d’une insurrection préparée et voulue par le FLN.

    On découvre la guérilla, les embuscades sur des terrains qui s’y prêtent, la méfiance qui s’installe, les efforts accomplis pour reconquérir les cœurs. L’implication des soldats français qui crapahutent et baroudent dans le bled témoigne d’une volonté de rétablir la paix mais pour maintenir quel ordre. L’indécision des politiques propulse le général de Gaulle sur le devant de la scène.

    Les photos et les légendes appropriées incitent le lecteur à la réflexion. Les images des paras au combat sont fortes comme celles de ceux qui s’impliquent dans la contre-insurrection et s’appliquent par une aide généreuse à regagner la confiance des populations et à garantir leur sécurité. On s’attarde volontiers sur la vie dans le djebel avec les spahis, les zouaves et les méharistes pour soulager la misère et donner une perspective à des gens qui doutent et souvent sont menacés par les insurgés.

    Si le 23 octobre 1958, de Gaulle propose au FLN de faire : « la paix des braves », il constate que le refus de : « laisser les couteaux au vestiaire » contraint la France à intensifier les opérations sur le terrain dans l’espoir de l’emporter une fois pour toutes. Le putsch du 21 avril 1961 dessine une autre ligne de fracture.

    La déclaration du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc le 5 juin 1961 devant le haut tribunal militaire est sans ambiguïté : « M. le président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer ».

    Hervé Chabaud

    Patrick Buisson, « La Guerre d’Algérie », Albin Michel, 271 p. et un DVD, 29,90 euros.

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    Union091115d - Marne

    LIVRE : Le PCF de la Marne surréaliste sans le savoir

    Il n’y a pas plus amnésiques que les communistes. S’agissant d’identité nationale et du débat qui va avec, les camarades marnais, qui communiquent tant bien que mal, dénoncent le flirt supposé de Nicolas Sarkozy avec l’extrême droite de Pétain, si, si… parce que le président de la République a employé le mot « terre » dans son discours sur l’agriculture et que Pétain l’avait fait avant lui ; de fait le but de la manœuvre serait de « draguer les électeurs dans la boue du FN… » Histoire de fonder leur défense et illustration de la république en danger, nos camarades « cocomarnais » citent Claude Lévi-Strauss et posent aux garants des vertus et libertés démocratiques. Que ne sommes-nous tous amnésiques, nous pourrions les entendre. Mais que le Parti Communiste qui fut si peu français du temps du Komintern ou du pacte germano-soviétique, excommunia ses propres intellectuels quand ils osaient considérer la réalité et non plus le dogme, que ce parti enfin qui fut la négation même des droits de l’Homme, donne des leçons de morale à qui que ce soit - FN y compris - est pour le moins surréaliste. George Orwell, auteur de 1984, a su résumer en quelques lignes l’éthique que se devaient de suivre, pour survivre, les camarades privilégiés enfermés dans le paradis socialiste : « Le crime de penser n’entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. Maintenant qu’il s’était reconnu comme mort, il devenait important de rester vivant aussi longtemps que possible… »

    « Juif Mandel nous a emprisonnés et fusillé des ouvriers »

    Au-delà, nous vous proposons une anamnèse de saison.

    Pour ceux qui ne s’intéressent pas uniquement à la téléréalité, la lecture d’un bon bouquin historique s’impose : « Juin 1940 la négociation secrète ». Cet ouvrage écrit par Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse, aux Editions de l’Atelier, détaille pièces authentiques à l’appui comment, en 1940, le Parti Communiste « dealait » avec les Nazis. Cet ouvrage étudie le contenu d’un carnet de notes qui était conservé, sous scellés, aux Archives de Paris, depuis sa saisie en juin 1940, sur une militante communiste arrêtée par la police.

    L’intérêt de ce document réside dans le fait qu’il témoigne de l’argumentaire utilisé par Maurice Tréand, dirigeant du Parti, dans ses négociations avec Otto Abetz, intermédiaire de Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich. Cette ambassade était ordonnée tout à la fois par Jacques Duclos et Maurice Thorez - ce dernier depuis Moscou - qui voulaient obtenir des Nazis le droit de diffuser la presse communiste en France occupée. La qualité de l’argumentaire, quoi que télégraphique dans son style, laisse sans voix. Quelques extraits : « Vous avez laissé paraître journaux communistes dans d’autres pays : Danemark, Norvège, Belgique. Sommes venus normalement demander autorisation (…) Sommes communistes, avons appliqué ligne PC. Sous Daladier, Reynaud, juif Mandel (Ndlr : Mandel, ministre de l’Intérieur du gouvernement Reynaud de mars à juin 1940, assassiné par la milice en juillet 1944). Juif Mandel nous a emprisonnés et fusillé des ouvriers qui sabotaient Défense Nationale […] Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud […] Notre défense du pacte vous a avantagé. Pour l’URSS nous avons bien travaillé, par conséquent par ricochet pour vous… »

    On voit donc que le PC français a été « collabo » avant que le terme ne connaisse son sinistre succès, et qu’il a en plus donné et fait exécuter des consignes de sabotage dans les usines d’armement françaises au profit des Nazis. Donc collabo et traître. Et quand bien même de nombreux militants sincères ont par la suite donné leur vie pour la France, la défense de l’URSS rendant leur sacrifice nécessaire, il est insupportable de voir des politiques se réclamant du Parti Communiste, poser aux garants des valeurs républicaines.

    Philippe Le Claire pleclaire@journal-lunion.fr

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    Union091115c - Marne

    LIVRE : « Un espoir aussi fort : les années de fer » : La Résistance aux portes de Reims

    Le premier tome a pour cadre un petit village de la Montagne de Reims. Romancier, Gérald Messadié vient de publier une trilogie sur la vie imaginée de Philippine Villeret. Dans le premier tome, l’héroïne est résistante à seize ans et demi dans un petit village viticole aux portes de Reims.

    BIEN connu pour ses sagas historiques, Gérald Messadié vient de terminer une trilogie ayant pour héroïne une jeune fille née dans un petit village imaginaire et bien imaginé de la Montagne de Reims pas loin de Trépail et de Vaudemange. Intitulé « Un espoir aussi fort : les années de fer 1941-1945 », le premier tome raconte avec force détails romanesques comment un soir de septembre 1941 par hasard, alors qu’elle n’avait que seize ans et demi, Philippine Villeret, tireuse émérite, tua deux Allemands pour tirer son frère d’un sale guêpier dans lequel il s’était précipité. Naïve en politique, mais préférant choisir la Résistance à la jeunesse milicienne du Maréchal, Philippine va vite découvrir un monde et des codes qu’elle n’imaginait pas, dans lesquels la violence, la mort, la trahison, le devoir, le sexe et l’amour se côtoient avec force.

    Dans son ouvrage, l’auteur, entre le sabotage de convois allemands et la destruction de locomotives dans un entrepôt de la gare de Reims ou de Laon, se plaît à essayer de décortiquer les farouches antagonismes existant dans le monde de la guerre clandestine. Vite qualifiée de Jeanne d’Arc par sa bravoure, son héroïsme, Philippine a plus de mal à comprendre les rapports s’établissant dans la Résistance entre les communistes FTP et les gaullistes, entre les partisans des Britanniques et des Américains, obligée aussi à faire la part des choses entre les transfuges et les escrocs qui étaient florès durant cette délicate période de l’histoire.

    « Quand on fait la guerre, on n’a pas le droit de s’apitoyer » répète l’héroïne qui n’hésite pas à tuer de sang-froid où à partir à Londres apprendre le maniement de la radio et des explosifs. La même qui souffre de voir sa mère s’acoquiner à Châlons avec un cardiologue collabo tandis que son père est prisonnier dans un stalag.

    Et comme dans une saga, il faut une part de mystère, Gérald Messadié nous laisse sur notre fin en évoquant la disparition de plusieurs centaines de kilos d’or repris aux nazis par la Résistance et dont une partie aurait transité par son village champenois.

    Un beau suspens qui inévitablement conduit à se procurer le tome II de la saga : « Les années d’argent : 1945-1954 », nettement moins moral toutefois, dans lequel l’héroïne, mariée à un Allemand doit mener une nouvelle guerre, aux États-Unis cette fois, pour acquérir et développer son entreprise tout en luttant contre les vieux démons de la Seconde Guerre mondiale cherchant à connaître les secrets de son réseau Tulipe. Dans le troisième tome, enfin, sous titré « Les années d’or », Philippine, est-ce pour apaiser sa conscience, fait dans l’humanitaire. Un monde terrible aussi avec d’autres combats, au sens propre encore, pour faire valoir ses idéaux entre Europe, Afrique et États-Unis.

    Une belle saga qui se dévore avec plaisir, même si elle s’essouffle un peu en cours de route.

    Alain MOYAT

    « Un espoir aussi fort : les années de fer » par Gérald Messadié. Aux éditions l’Archipel.

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    Union091115b - Marne

    LIVRE : Le bureau de la race

    « Dans le berceau de l’ennemi » évoque une réalité de la Seconde Guerre mondiale très largement méconnue, les naissances encouragées pour créer de futurs guerriers nazis. C’est en 1945 que Himmler fonde une organisation SS dépendant du bureau de la race et la colonisation pour développer la population aryenne. Des adolescentes, âgées d’une quinzaine d’années, sont même encouragées à procréer avec des soldats allemands. La méthode est aussi utilisée dans les pays occupés. En Pologne, 200.000 enfants sont nés sans jamais avoir été rendus à leur famille d’origine.

    Après six ans de recherche, Sara Young, un auteur américain de livres pour enfants, s’est décidée pour la première fois à s’adresser à un public adulte en décrivant la Hollande occupée en 1940. Une jeune fille juive, originaire de Pologne, se croit à l’abri mais les menaces pèsent de plus en plus sur sa communauté. Pour espérer conserver sa vie, elle prend la place de sa cousine décédée (qui avait eu un enfant avec un officier allemand) dans une maternité nazie. L’aspect romanesque de l’histoire est nettement privilégié sans sacrifier à la réalité. Ce récit d’une tentative de survie est réellement poignant. Le suspense est omniprésent car le danger, pour l’héroïne, n’est jamais très éloigné. Les premiers émois sexuels, la découverte de l’amour, sont aussi des thèmes déclinés dans ces pages méritant un très large public.

    Thierry de Lestang Parade

    Dans le berceau de l’ennemi de Sara Young, 384 pages, 20 euros. Edition Belfond.

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    HISTOIRE : Le blues des réfugiés alsaciens

    L’arrivée des réfugiés alsaciens dans le Sud-Ouest bouscule les habitudes de vie tant dans les villes que dans les cantons ruraux où une certaine suspicion se développe envers des gens qui s’expriment en dialecte ou dans un français mal assuré et avec un fort accent. Ce qui oblige les pouvoirs publics à réaffirmer le principe de l’accueil et à inviter à plus de solidarité.

    La condition de réfugié n’est pas si simple en cette première quinzaine de novembre 1939. Si depuis le mois de septembre, le préfet de Dordogne insiste sur la nécessaire solidarité avec les Alsaciens évacués d’office dans le Périgord, la barrière de la langue suscite de l’inquiétude. Beaucoup parmi eux sont d’autant plus malheureux qu’ils ne sont pas familiarisés avec notre langue, surtout les personnes d’un certain âge. « En revanche, les jeunes Alsaciens et Lorrains qui ont fréquenté les écoles françaises ont réalisé maintenant des progrès considérables que nos populations pourront constater », mentionne le représentant de l’Etat.

    Cette information n’empêche pas les moqueries sur l’accent des réfugiés de l’Est qui sont souvent taxés avec une évidente méchanceté de « boches ». On n’est jamais loin de la polémique même si plusieurs intellectuels expliquent que le parler local est une richesse de France et que le provençal, le breton ou l’alsacien en sont des exemples parlants.

    Le 10 novembre, Jean Giraudoux, commissaire général pour l’information s’exprime ainsi dans une allocution radiodiffusée : « Je rends hommage à ce dialecte alsacien qui résonne aujourd’hui dans les écoles et sur les marchés du Périgord et de la Saintonge. Jamais ce dialecte n’a mérité d’être plus respecté et conservé ». L’écrivain redit ce qu’il avait expliqué en novembre 1918 à ses camarades en entrant dans Saverne et insiste à la veille de la commémoration de l’armistice sur : « l’exigence de l’accueil », nourrissant aussi sa réflexion de cette remarque : « Dans le Limousin, dans ma ville natale, la pancarte mairie de Wissembourg est accrochée à côté des armoiries qui signalent la mairie de Bellac ».

    PARLER FRANçAIS

    Conscient des tensions locales, le président du conseil général du Bas-Rhin, Michel Walter publie plusieurs tribunes dans des journaux du Sud-Ouest et demande en particulier aux jeunes Alsaciens : « de se conformer aux règles de l’hospitalité en s’adressant en français à leurs hôtes, de parler français entre eux surtout dans la rue, dans les magasins, dans les cours d’école et de mettre à profit la situation actuelle, avec tout ce qu’elle comporte de douloureux, pour s’initier aux finesses de la langue française ». La presse concourt à l’apprentissage de la langue et dans « L’Alsacien » est publiée chaque jour une leçon pour apprendre le français selon la méthode des mille mots. Pour garantir une rentrée scolaire dans des conditions acceptables, l’inspecteur d’académie de Dordogne adresse un courrier aux instituteurs des écoles publiques. Il s’agit d’abord d’expliquer aux autres la raison de l’accent des jeunes Alsaciens et la nature de leur dialecte et d’ouvrir une classe spéciale pour quinze enfants de réfugiés sinon ils sont directement admis dans les classes habituelles des écoles de village ou de quartier.

    Certaines initiatives fraternelles méritent d’être citées. Ainsi à Périgueux, une fillette a écrit sur le tableau noir : « Chères petites amies alsaciennes, vous venez dans notre école, elle n’est certainement pas aussi belle que la vôtre à Strasbourg, elle est vieille et laide. Mais nous espérons que vous vous trouverez bien ici et nous disons que nous vous aimons très fort ». Avec les maîtres, des initiatives sont prises pour que les jeunes réfugiés ne soient pas privés de la Saint-Nicolas ni de la joie de Noël. Dans la discrétion, on prépare déjà des surprises. Les préfets sont appelés à encourager un esprit festif. Ceux de l’Indre et de Dordogne sont les plus prompts à proposer des fêtes de la nativité pour les réfugiés et la distribution de sapins dans toutes les communes où résident des réfugiés.

    Des critiques perfides

    D’autres difficultés apparaissent, provoquées par les prix pratiqués par les commerçants locaux et quelques critiques perfides sur le niveau moyen de revenus des Alsaciens. Les commentaires sont parfois sévères comme du côté de Limoges où on indique que dans l’Est : « On achète à prix fixe et les prix sont contrôlés et surveillés efficacement ». Il faut reconnaître que les prix du poulet, de la douzaine d’œufs sont à la hausse ainsi que ceux des bains-douches.

    Beaucoup de fausses nouvelles sont propagées et mettent en doute la probité d’élus qui seraient en réalité des agents du IIIe Reich. Cela n’est pas sans troubler l’opinion publique très méfiante. D’autant qu’avec la drôle de guerre, la question de la pertinence de l’évacuation est posée. Michel Walter explique aux plus vindicatifs : « Personne ne pouvait avoir la certitude qu’il puisse s’écouler des semaines avant que les obus ennemis atteignent nos villes et nos campagnes. Raisonnablement, chacun se doit de reconnaître que la zone frontière devenait zone de danger, dès la première minute de guerre ». Quelques informations sont plus rassurantes comme ce décret qui maintient pour les évacués d’Alsace-Lorraine, le régime spécial des cultes, de l’instruction publique et des assurances sociales.

    En Périgord naît, malgré les circonstances, une compétition gastronomique avec les plats alsaciens. La presse commente et note que le Kouglof est : « Un gâteau un peu massif mais agréable ». Les critiques sur la charcuterie sont plus sévères : « A base de saucisse élastique, elle ne vaut pas à notre avis la charcuterie périgourdine ». Ou encore : « Les Alsaciens ignorent le confit d’oie ». Ce qui vaut quelques rappels comme le fait que c’est en Alsace qu’a été créé initialement le foie gras. La synthèse revient à ce commentaire : « Déjà, il y a un siècle et demi, l’Alsace et le Périgord collaboraient ainsi pour la plus grande délectation des amateurs d’une saine table ».

    Hervé Chabaud

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    D’abord la bataille au sol

    On n’en finit pas d’évoquer la situation de la Belgique et des Pays-Bas sans tenir compte des rapports d’inspection qui insistent sur la porosité et la perméabilité du système défensif français aux frontières. Edouard Daladier le répète le 15 novembre 1939 : « L’occupation de la Belgique seule, ou aussi de la Hollande est un danger redoutable qu’il faut empêcher par tous les moyens ». Le constat est évident mais encore faut-il être en capacité de l’interdire et d’engager des représailles conséquentes sans quoi le triomphe de l’Allemagne sera inévitable. Or, il est patent que la trop grande disparité entre l’aviation de bombardement alliée et celle du Reich ne peut que conduire à un échec des raids imaginés sur les complexes industriels de l’Allemagne mais surtout provoquer des répliques meurtrières tant en France qu’en Grande Bretagne. Les répercussions sur l’industrie aéronautique française toujours très centralisée sont incalculables mais n’en est-il pas de même dans tous les domaines de la production de guerre ? L’alliance franco-britannique n’est pas certaine de réussir. Ce ne sont pas les cérémonies du 11 novembre 1939 à l’Arc de Triomphe avec le concours de détachements anglais qui feront la différence même si le symbole de l’unité contre le Reich est ainsi manifesté. Dans le même temps la propagande nazie s’enflamme et dénonce l’extrême faiblesse du concours militaire britannique auprès des Français mobilisés. Une manière de créer du doute et de la suspicion. Daladier qui doute de la capacité de l’armée à réagir tient à privilégier la bataille au sol plutôt que de trop investir dans l’urgence en faveur de l’aviation. Il veut éviter à tout prix la destruction de l’appareil de production. Mais que va-t-il advenir du plan de la RAF ?
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    Staline menace la Finlande

    La volonté de Staline de placer une partie de la Scandinavie sous la tutelle de l’Armée rouge contraint le gouvernement finlandais à réaffirmer sa souveraineté et à refuser des concessions territoriales et un rôle politique du Kremlin sur son territoire. La rupture entre les deux pays frontaliers annonce l’ouverture d’un nouveau front. Les Soviétiques sont diplomatiquement encouragées par les Allemands.

    L’extension du conflit vers la Scandinavie se précise à la mi-novembre 1939. Le 13, excédés par les prétentions des représentants soviétiques, les Finlandais suspendent les discussions entamées avec leur grand voisin. Le gouvernement finnois est conscient du danger et craint de ne pas pouvoir faire face à une attaque de l’armée soviétique mais il refuse de se soumettre sur tapis vert.

    La mobilisation des forces armées est ordonnée.

    Ce sont 150 000 hommes répartis au sein de neuf divisions et huit brigades qui rejoignent en bon ordre leurs unités. Les régiments ne sont pas très bien équipés. L’artillerie est très insuffisante puisque chaque division n’est dotée que de dix-huit mortiers de 81 mm, de trente-six canons anciens et de cent douze canons antichars de 37 mm. Le pays ne possède aucune défense antiaérienne, très peu de moyens de communication radio et seulement quelques colonnes motorisées. L’aviation aligne environ cent cinquante appareils incapables de rivaliser avec les appareils de Moscou tandis que sa marine n’est efficace que pour la défense côtière.

    Quelles sont les vraies raisons de ce divorce diplomatique ? Des entretiens ont débuté le 12 octobre avec l’arrivée dans la capitale soviétique du ministre plénipotentiaire finlandais Juho Kusti Paasikivi. Alors qu’il pense participer à des discussions équitables, les propositions formulées par le Kremlin pour échanger des territoires s’apparentent à un ultimatum. Le porte-parole moscovite propose ta cession aux Finnois de 5500 km2 situés dans les régions septentrionales de Repola et de Porajorpi en échange d’un recul de la frontière finlandaise dans l’isthme de Carélie, entre le lac Ladoga et le golfe de Finlande. Staline tient en effet à ce que Leningrad soit hors de portée de tous les canons existants. Il exige aussi que Helsinki cède plusieurs îles du golfe de manière à établir un périmètre élargi de la sécurité de l’URSS et réclame la location pendant trente ans du port stratégique de Hangô.

    A ces modifications s’ajoutent des rectifications de frontière dans l’extrême nord, de façon à disposer de Petsamo qui est le seul port finlandais de la mer de Barents à ne jamais être pris dans les glaces ! Si le gouvernement finnois est prêt à plusieurs concessions en gage de sa bonne volonté et de sa recherche d’une cohabitation harmonieuse avec les Soviétiques, il exclut de remettre au maître du Kremlin les clés d’Hangô.

    En effet, cela donnerait à Moscou le contrôle total du golfe de Finlande et de la région la plus importante du pays. Les négociateurs communistes sont intraitables et multiplient les pressions comme les menaces.

    BIENTÔT C’EST L’ESCALADE

    Le 27 novembre, le gouvernement soviétique s’insurge avec véhémence contre un bombardement de troupes de l’armée Rouge par raffinerie finlandaise dans la région de Leningrad. C’est le prétexte trouvé pour dénoncer le pacte de non-agression russo-finnois de 1932. Helsinki dénonce un mensonge d’Etat et assure les chancelleries européennes que ses soldats n’ont pas ouvert Le feu contre l’URSS. Certains avancent déjà que Moscou copie sur Berlin qui, pour justifier son intervention en Pologne a monté de toute pièce l’attaque d’un de ses postes frontières pour mieux justifier devant la communauté internationale sa réplique à une agression extérieure.

    Dès le 28 novembre, on signale une concentration anormale de troupes le long de la frontière finlandaise.

    Le 29, l’URSS rompt ses relations diplomatiques avec la Finlande et fait la sourde oreille à une offre de dernière heure d’Helsinki de retirer ses troupes massées le long de la frontière.

    Le 30 novembre, tes unités soviétiques entrent sur le territoire finlandais et lancent plusieurs colonnes d’invasion dans l’isthme de Carélie. Hel¬sinki subit plusieurs bombardements aériens mais le gouvernement choisit la résistance et ordonne à tous les commandants de régiments de s’opposer par tous les moyens aux assauts de l’adversaire.

    Les Finnois doivent profiter de leur bonne connaissance du terrain et de la météo hivernale pour tirer partie de leurs positions. Le Kremlin ne s’attend pas à ce choix de fermeté ; aussi n’a-t-il mobilisé que les troupes de La région de Leningrad pour donner une correction à ce petit pays qui n’accepte pas de se faire dicter sa ligne de conduite par Moscou.

    Pourtant, très vite Staline peut concentrer quarante-cinq divisions contre la Finlande, soit 800 000 hommes, mille cinq cent blindés et un millier d’avions.

    HERVÉ CHABAUD

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    Union091114e - Marne

    MARGERIE-HANCOURT et SAINT-UTIN : Assemblée générale : L’amicale du 11-Novembre fait le point

    La cotisation restera à 3 euros pour 2010.
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    Mercredi dernier, vers 10 h 30, s’est ouverte l’assemblée générale de l’amicale du 11-Novembre, en présence des maires de Margerie-Hancourt et de Saint-Utin, ainsi que du vice-président qui a ouvert les débats.

    Le secrétaire a présenté le rapport moral de l’année qui a été adopté à l’unanimité.

    Pierre Brunette, le trésorier, a ensuite détaillé un bilan financier satisfaisant, également adopté.

    La cotisation pour 2010 restera à 3 euros.

    Les membres de l’Amicale se sont ensuite rendus au monument aux morts avec la municipalité où une gerbe a été déposée par le maire.

    La Marseillaise a été interprétée par les sapeurs-pompiers, accompagnés des enfants des écoles.

     

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    Union091114d - Marne

    BLACY : Souvenir sur deux tombes rénovées

    Un bouquet de fleurs et une flamme du Souvenir ont été déposés sur chaque tombe rénovée.
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    A l’occasion de la cérémonie du 11-Novembre, la municipalité de Blacy a décidé d’inaugurer la restauration des tombes de deux soldats, enfants de la commune.

    Après la célébration religieuse par le père François Vaxelaire, en l’église Saint-Martin de Blacy, la cérémonie a commencé par le message du secrétaire d’État aux anciens combattants lu par Raymond Floc’h, sous-préfet de l’arrondissement de Vitry-le-François ; puis ce fut l’appel des morts par Gérald Gaillet, président du comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François, avec le concours des enfants des écoles, pour le dépôt des 27 flammes du Souvenir et pour « La Marseillaise ».

    La nombreuse assistance s’est ensuite dirigée vers le cimetière. Un bouquet de fleurs et une flamme du Souvenir ont été déposés sur les sépultures rénovées du Maréchal des Logis Émile Matras (1856-1880) et du Lieutenant-colonel Ernest Matras (1890-1916), Chevalier de la Légion d’honneur.

    Les frais de rénovation des deux tombes ont été partagés entre la commune de Blacy et le Souvenir français.

     

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    Union091114c - Marne

    SOMMEPY-TAHURE : Exposition : Des villages après guerre

    Des scènes toujours empreintes de nostalgie.
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    L’association du souvenir de Sommepy-Tahure organise une exposition sur la reconstruction des villages après guerre.

    Cette exposition a été proposée le mois dernier à la médiathèque de Suippes et sera visible dans la salle du rez-de-chaussée de la mairie jusqu’au 1er décembre.

    Entrée libre aux heures d’ouverture du secrétariat municipal, c’est-à-dire de 11 à 12 heures sauf le mercredi.

    Visite sur rendez-vous avec possibilité d’une visite guidée de la salle mémoriale :
    téléphoner au 06.08.78.13.64 ou au 03.26 64.45.43.

     

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    Union091114b - Marne

    MUIZON : Les anciens combattants au pas… de danse

    Les convives ont dansé tout l’après-midi.
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    Pour poursuivre la journée de célébration du 11 Novembre, la section des anciens combattants de Muizon a convié ses adhérents et leurs amis à un repas, suivi d’un après-midi dansant, à la salle du parc du Champ-Jeudi.

    Après le déjeuner servi par l’équipe d’un traiteur, les convives ont pu s’amuser à danser sur tous les rythmes, de la valse au disco, en passant par la java, le tango ou le madison, interprétés par Aurélie et Denis.

    L’après-midi s’est conclu par un moment d’émotion, lorsque deux des convives, qui ne s’étaient pas vus depuis plus de quarante ans alors qu’ils avaient travaillé ensemble, se sont retrouvés par le plus grand des hasards…

     

     

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    Union091114a - Marne

    CORMICY : Marche jusque Sapigneul : En mémoire du village disparu

    Les maires, les présidents des anciens combattants des deux communes et les deux récipiendaires devant le monument commémoratif de Sapigneul.
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  • Dans le cadre d’un partenariat entre les communes de Berry-au-Bac (Aisne) et Cormicy et les associations d’anciens combattants des deux communes, c’est Berry-au-Bac qui organisait cette année la marche vers Sapigneul, village détruit pendant la Première Guerre mondiale.

    Les participants, aussi nombreux que l’an dernier, partaient dimanche matin de la mairie de Berry-au-Bac pour un parcours d’environ 2,7 km avec la même ferveur.

    « Si les 2 communes ont la volonté de la maintenir, c’est pour maintenir une commémoration locale sur un lieu chargé d’histoire qu’il faut absolument faire vivre en tant que lieu de mémoire », dixit Dominique Décaudin, maire de Cormicy. « Que cette marche soit une pierre à l’édifice que représente notre devoir de mémoire…

    Nous sommes dans un lieu unique que peu de gens connaissent, lieu que nous devons préserver et faire connaître. C’est un sanctuaire, un lieu exceptionnel marqué par les combats de cette Première Guerre mondiale sur notre territoire où un hameau entier a été complètement détruit et jamais reconstruit…

    C’était la ligne de front où les combats ont fait des milliers de morts. La présence de la nécropole de la « maison bleue » nous le rappelle chaque jour. »

    Une gerbe a ensuite été déposée avant la remise de médaille de l’Algérie à Jacques Tissier et celle d’AFN à Jacques Couvin, tous deux anciens combattants de Cormicy, par le capitaine de réserve Benoît Lebrun au 3e RG de Charleville-Mézières, en présence de Philippe Timmerman, conseiller général du canton de Neufchâtel-sur-Aisne. Les participants sont ensuite retournés à Berry-au-Bac où Marie-Christine Hallier, maire de la commune, les accueillaient à la salle des fêtes pour le verre de l’amitié

    Cérémonie historique

    En accord et en partenariat avec la municipalité, les anciens combattants et l’association « la Baïonnette » de Cormicy, le « Poilu de la Marne » d’Epernay rendra un hommage particulier à tous les combattants de la Grande Guerre aujourd’hui samedi 14 novembre à 11 heures au cimetière militaire de la commune de Cormicy (et non dimanche comme indiqué par erreur dans notre édition d’hier). Une gerbe sera déposée sur la tombe de Joseph Dauphin, soldat fusillé en 1917 pour l’exemple. Cette cérémonie sera suivie d’un vin d’honneur en mairie.

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    Reconstruction de Cormicy : Un conférencier passionné et passionnant

    Le conférencier Hubert Vallet, entouré du maire Dominique Décaudin et de la présidente de CMVSH Marie-Noëlle Boulard.
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    C’est devant une assistance à l’écoute qu’Hubert Vallet, membre de l’association « Cormicy, ma ville, son histoire » (CMVSH), passionné d’histoire, aidé de sa fille Sophie, a commenté toute la période de la reconstruction du village.

    Des propos assortis d’un excellent support audiovisuel, racontant ainsi la première réunion du conseil municipal, place Vendôme à Paris chez l’architecte, pour faire le choix de l’entreprise.

    Des plans d’alignements, une construction de l’usine à briques de sable, des bâtiments provisoires (village noir, les maisons en bois ou en briques dites « Adriant », la reconstruction de l’église, du presbytère,…

    Cette deuxième conférence organisée par l’association du Patrimoine « CMVSH » sera certainement suivie par d’autres sur des sujets différents notamment sur La Cendrière de Cormicy.

     

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    BAZANCOURT

     

     

    Les élus de Bazancourt et la population se sont retrouvés au monument aux morts du village, pour la commémoration de l’Armistice de 1918, après une visite des tombes au cimetière. La partie musicale a été assurée par l’ensemble issu de l’école de musique de la commune. Lecture faite du message du secrétaire d’Etat aux anciens combattants,Yannick Kerharo, assisté de Jean Bartos, président de l’amicale des anciens combattants, a remis la croix du combattant à Gérard Blavette et la médaille de reconnaissance de la nation à Edmond Nerka et Pierre Briquet.

     

     

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    BEINE-NAUROY

     

     

    Pour la deuxième année consécutive, la classe de CM2 de Laurent Gaudry, directeur de l’école élémentaire, a participé aux commémorations du 11 Novembre.

    Tout d’abord à la chapelle de Nauroy, les enfants ont déposé une gerbe dans le recueillement. Puis à Beine-Nauroy, devant un monument, très récemment rénové, ceux-ci ont lu le message du secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, après avoir également déposé une gerbe.

    Les enfants, émus après l’hommage rendu aux morts, ont participé au défilé à travers le village, avec élus locaux, anciens combattants, pompiers, gendarmes, la fanfare du village et de nombreux habitants.

     

     

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    BOURGOGNE

     

     

    Le 91 e anniversaire de l’Armistice a été célébré avec notamment les enfants du village. Ce sont d’ailleurs les écoliers qui ont répondu à l’appel des morts pour les 17 Bourguignons tués aux combats.

    Ce jour était pour eux l’aboutissement d’un travail scolaire sur ce thème grâce aux sites « mémoire des hommes » et « sépultures de guerre »Ais se sont ensuite rendus au cimetière pour déposer une rose sur les tombes des militaires.

     

     

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    CERNAY-LES-REIMS

     

     

    Les habitants de Cernay-lès-Reims ont commémoré l’Armistice du11 Novembre 1918 par une messe pour la paix suivie d’une double cérémonie civile : en effet, le maire Patrick Bedek et Jean Diot, président des anciens combattants, ont déposé d’abord une gerbe au monument aux morts puis au cimetière après lecture des noms de ceux qui ont payé de leurs souffrances, voire de leur vie, pour défendre notre pays.

    Les enfants ont été particulièrement attentifs aux messages délivrés.

     

     

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    CHAMPIGNY

     

     

    Avec les membres du conseil municipal, les représentants d’associations de la commune, porte-drapeau et anciens combattants, Daniel Ménard, adjoint au maire, a lu le contenu de la lettre d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, sur le devoir de mémoire.

    Après l’appel aux morts, l’hymne national et la minute de silence, il a déposé une gerbe en compagnie des enfants de la commune.

     

     

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    LACHY : Quatre anciens élus à l’honneur

    Trois récipiendaires de médailles aux côtés du maire.
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    Le maire de Lachy, Antonio Ribeiro, a profité de la commémoration du 11 Novembre, mercredi, pour procéder à une remise de la médaille régionale, départementale et communale à quatre anciens élus de la commune.

    Roger Charpentier a reçu une médaille d’argent, pour avoir passé plus de 20 ans au service de la commune. Roger Charpentier a notamment fait trois mandats de maire.

    Michel Mattrat a également reçu une médaille d’argent : il a été conseiller de 1983 à 2008 et a fait partie du comité de fleurissement.

    Michel Beauvais a été décoré d’une médaille de vermeil, pour avoir passé plus de 30 ans au service de la collectivité, comme conseiller puis adjoint.

    Christian Lanciot a, lui aussi, été honoré d’une médaille de vermeil : il a été conseiller de 1977 à 1983, maire de 1983 à 1989, puis adjoint et conseiller jusqu’en 2008.

     

     

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    LE-GAULT-SOIGNY-CHARLEVILLE : 11 Novembre :Impressionnantes cérémonies

    La musique de l’Etoile broyenne a participé au défilé.
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  • Du monde à Charleville…
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  • L’émotion et le recueillement étaient au rendez-vous de cette commémoration, à laquelle les enfants ont pris part en nombre.

    IL y avait presque davantage de public que d’habitants pour les commémorations du 11 Novembre à Charleville et le Gault-Soigny.

    Les cérémonies du souvenir, mercredi dans les communes de Charleville et Le Gault-Soigny, avec la flamme rapportée la veille de Paris (voir l’union d’hier) ont été vraiment impressionnantes.

    Les membres des deux conseils et les habitants s’étaient déplacés en grand nombre dans ces deux communes à la taille modeste.

    Les enfants des écoles et les enseignants étaient présents, ainsi qu’une délégation de Montmirail, des porte-drapeaux, la musique de l’Etoile broyenne, l’association Mondement 14, les anciens combattants, les pompiers et un détachement du 1er RMAT de Connantray.

    Des gendarmes ont régulé la circulation pour la sécurité de tous.

    Les maires des deux communes voisines, Thierry Lebon (Charleville), et Daniel Jacquier (Le Gault) ne pouvaient être que satisfaits de ces commémorations.

    Les enfants des deux écoles, accompagnés des enseignants et également des collégiens, ont chanté la Marseillaise lors des cérémonies, menées par le lieutenant-colonel de réserve, Alain Hennequin, membre de Mondement 14.

    Moment rare : 60 élèves ont entonné l’hymne national qu’ils ont tous appris en classe.

    À Charleville, la flamme a été portée par Colette Lecat, seule conseillère municipale, visiblement émue et fière de tenir le flambeau. Au Gault, trois enfants du cours moyen du regroupement pédagogique ont eu cet honneur.

    En fin d’après-midi, c’est à la salle des fêtes de Le Gault, presque trop petite pour contenir tout ce monde, que se sont terminées les commémorations.

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    MESNEUX

    Le maire, le conseiller et deux gendarmes de la communauté de brigades ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.
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    Le conseil municipal, les anciens combattants et leurs porte-drapeaux, les pompiers volontaires et la population se sont rassemblés devant le monument aux morts dans l’enceinte du cimetière de la commune.

    La maire des Mesneux,Anny Dessoy, a lu le message national du devoir de mémoire d’Hubert Falco et rendu un hommage très solennel aux combattants et victimes de la Première Guerre mondiale.

    Une cérémonie ponctuée par l’appel aux morts des anciens combattants, l’hymne national et les chants patriotiques interprétés à l’unisson par les personnes présentes et le dépôt de gerbe avec les enfants du village.

     

     

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    PARGNY-SUR-SAULX : Un hommage dans la tradition

    Le maire, le conseiller et deux gendarmes de la communauté de brigades ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.
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    De nombreuses personnalités étaient présentes pour célébrer le 91e anniversaire de l’Armistice, à Pargny-sur-Saulx. Un premier recueillement a eu lieu au cimetière militaire où les élus ont procédé au traditionnel dépôt de gerbe. Champagne Parade, dirigée par Stéphanie Danjoux, avec les sapeurs-pompiers de Pargny, sous la houlette du chef de centre, M. Pfund, ont ensuite rejoint, en musique, la place de la Mairie où une petite foule s’était massée pour assister au deuxième hommage.

    Étaient présents, notamment, les présidents de l’association de pêche, de football et du vélo club.

    Le maire, Roland Leclère, a fait lecture du message national du secrétaire d’Etat à la Défense. Avec le conseiller général du canton de Thiéblemont, Christian Zapior, et deux gendarmes de la communauté de brigade de Thiéblemont-Faremont, le maire a déposé une gerbe devant le monument aux morts.

    En clôture de la cérémonie, le maire a tenu à remercier tous les participants, avant de les inviter à partager le vin d’honneur, dans la salle des réunions.

     

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    Union091113f - Marne

    RILLY-LA-MONTAGNE

     

     

    Les jeunes étaient en première ligne lors de la cérémonie à Rilly-la-Montagne où le maire Alain Toullec a déposé une gerbe au monument aux morts de la commune puis prononcé un discours avant de faire réciter les noms des personnes de Rilly mortes pour la France. La manifestation était rehaussée de la présence de l’harmonie de Ludes.

    Suivait le traditionnel repas des anciens à l’espace culturel.

     

     

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    Union091113e - Marne

    SAINTE-MENEHOULD : Une double cérémonie : Après Menou, le maire s’est rendu à La Grange-aux-Bois.

     

     

    Après avoir déposé une gerbe au monument aux morts de Sainte-Ménehould, le maire Bertrand Courot, accompagné de l’adjoint spécial Henri Jacquier et d’autres élus, représentants des anciens combattants, de la gendarmerie et des pompiers, a célébré le 91 e anniversaire de la signature de l’Armistice à la Grange-aux-Bois : recueillement, défilé, musique et verre de l’amitié ont animé cette matinée du 11 Novembre.

     

     

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    Union091113d - Marne

    SILLERY

     

     

    Après un dépôt de gerbe fleurie au monument aux morts, les Sillerotins se sont rendus à la Nécropole nationale.

    Robert Marguet, président de la Société des anciens combattants a alors informé que les corps de deux jeunes soldats de la Grande Guerre ont été récemment retrouvés. L’un à Moronvilliers suite à des travaux, et le second à Cormicy découvert suite à la destruction d’un arbre après une tempête.

    Ces corps viennent donc d’être inhumés au cimetière militaire sillerotin. Un hommage particulier leur a été rendu, notamment par deux enfants, Claudia et Adrien, qui ont fleuri leurs tombes.

    Valentine et Mathilde ont ensuite lu le message du ministre des Anciens combattants et la cérémonie s’est terminée par la Marseillaise, chantée par les élèves de l’école élémentaire.

     

     

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    Union091113c - Marne

    SOIZY-AUX-BOIS : Commémoration de l’Armistice : Pour ne pas oublier

    L’heure était au recueillement devant la nécropole.
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    En l’absence de Michel Tellier, premier magistrat, excusé car retenu par les commémorations à Montmirail en tant que président de Mondement 14, c’est Pierre Gélin, maire adjoint, qui a officié lors de la cérémonie du 11 Novembre dans la commune de Soizy-aux-Bois.

    En présence des pompiers de la commune, des membres du conseil municipal et d’habitants, Daniel Gélin a lu le texte envoyé par le secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, avant de déposer une gerbe en l’honneur des nombreux disparus pendant la Première Guerre mondiale qui reposent dans la nécropole.

    C’est au foyer communal, autour d’un vin d’honneur, que s’est terminée la matinée.

     

     

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    Union091113b - Marne

    WARMERIVILLE

     

     

    Avant de se rendre au monument aux morts, sous la conduite de la fanfare du village, afin de commémorer l’Armistice, Patrice Mousel, maire, a procédé à des remises de médailles et de galons. Alain Pierret et Gérald Logette ont reçu la médaille d’honneur des sociétés de musique, puis Nicolas Mouton a été promu sergent du corps des sapeurs-pompiers de Warmeriville,Véronique Curci a été nommée caporal-chef, Benoît Mascret et Jean-Pierre Camus ont été promus adjudant-chef.A noter la présence à cette cérémonie des anciens combattants d’Heutrégiville.

     

     

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    Union091113a - Marne

    WITRY-LES-REIMS

     

     

    Cette année la cérémonie du 11 Novembre a connu un éclat particulier à Witry-lès-Reims grâce aux corps d’armée présents, terre, air et spécialement la marine avec neuf stagiaires et le capitaine d’armes, maître principal Jacquier, de la préparation militaire marine Amiral Aube, présents pour honorer le village d’un des leurs.

    Comme toujours la musique municipale, et la population est venue nombreuse.

     

     

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    Union091112n - Marne

    ANGLURE : Armistice : Les petits ont déposé leurs fleurs au monument aux morts

    La participation des enfants à la cérémonie a été appréciée.
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    La participation de plus en plus importante des enfants a redonné un coup de jeune à la cérémonie du 11 Novembre. Les élus avec à leur tête Jean-Marc Albaut, des représentants de la gendarmerie, des Hussards de Sourdun et des sapeurs-pompiers accompagnaient la population tandis que les drapeaux commémoratifs des anciens combattants prenaient place devant le monument aux morts.

    Une belle cérémonie au cours de laquelle chaque enfant à déposé une fleur devant le monument et quelques-uns d’entre eux ont raconté l’histoire des heures tragiques de la guerre.

     

     

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    Union091112m - Marne

    DORMANS : Une gerbe commandée par l’Elysée

    Marie-Claude est très fière de cette commande.
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    Cérémonie initiée par François Mitterrand et poursuivie par ces successeurs, une gerbe a été de bon matin déposée sur le site du mémorial des victoires de la Marne.

    Au nom de l’Elysée.

    Cette gerbe, Marie-Claude Laplaige a l’honneur de la réaliser : « Je suis contente que l’on m’attribue ce travail ». Le bleu, le blanc et le rouge sont les couleurs dominantes de cette gerbe, faite de roses, de bonnies, de gerberas et de têtes de boules de chrysanthèmes, le tout donnant une forme « valorisante ».

     

     

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    Union091112l - Marne

    EPERNAY : Commémoration de l’Armistice du 11 Novembre 1918 : Les collégiens n’oublient pas

    Jean Meydat entouré des élèves des collèges Côte-Legris, à gauche, et Jean-Monnet, à droite.
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  • Recueillement et émotion hier pour le 91e anniversaire de l’Armistice de 1918. Les jeunes, dont les collégiens, ont été associés aux anciens.

    DÈS 8 h 15 hier, une prière œcuménique était célébrée au mémorial des Déportés, près de l’église Saint-Pierre - Saint-Paul. Cérémonies, dépôts de gerbes et de palmes, levée des couleurs se sont succédé aux cimetières Nord et de La Villa, en hommage aux morts de tous les conflits, puis au monument aux Martyrs de la Résistance, au monument aux morts de l’Hôtel de Ville et à la plaque d’honneur du personnel municipal mort pour la France.

    Une foule de personnalités et d’anonymes ont participé dans le recueillement à ces cérémonies du 91e anniversaire de l’Armistice de 1918.

    Lors du dépôt de gerbes au monument aux morts de l’Hôtel de Ville, sous la conduite de Jean Meydat, Camille Bougy et Marie Moussouni, du collège Côte-Legris, ont donné lecture du message de l’Union fédérale des associations d’anciens combattants et victimes de guerre (Ufac).

    Ensuite, lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’état à la Défense chargé des anciens combattants, par André Patricio, Simon Martinez, Victoria Schepens et Rémi Berthe, du collège Jean-Monnet.

    Plus jamais ça

    Les collégiens étaient en effet là. « C’est un honneur pour nous, c’est bien de se souvenir de ce que nos aînés ont fait pour la liberté ».

    Des enfants de l’école Vignes-Blanches ont chanté la Marseillaise sous la conduite de Florence Desmenard, professeur des écoles.

    Les participants ont été reçus dans les salons de l’Hôtel de Ville.

    Le maire, Franck Leroy, s’est souvenu. « En plus de la reconnaissance à nos poilus, notre pays a contracté une dette indescriptible à l’égard des combattants venus d’autres pays d’Europe, notamment d’Afrique et d’Amérique ».

    Et Franck Leroy de rappeler « devant nos amis de Fada n’Gourma présents aujourd’hui, le 1er Corps d’Armée coloniale ayant combattu dans notre région en avril 1918 a contribué de façon décisive à enrayer la poussée des armées allemandes ».

    Gilles Giuliani, sous-préfet, s’est également réjoui de la présence de nombreux jeunes. Et le représentant de l’Etat de souligner : « Ce matin, j’ai vécu intensément ces deux vers de Victor Hugo -Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie- Oui, ici il y a recueillement et mémoire ».

    Enfin, Gilles Giuliani a demandé de soutenir nos soldats engagés dans des combats difficiles sur des théâtres d’opérations extérieures, « si nous voulons pouvoir dire comme Lazare Ponticelli, le dernier survivant de la Grande Guerre qui nous a quittés récemment : Plus jamais ça ».

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    ESTERNAY : Commémoration du 11 Novembre : Avec de jeunes musiciens

    De jeunes musiciens ont participé à cette cérémonie.
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  • Après le rassemblement devant la mairie hier matin, le cortège a défilé jusqu’au monument aux morts où se sont regroupés une soixantaine de Starnaciens, avec le maire Patrice Valentin et une partie du conseil municipal, les pompiers sous le commandement du lieutenant José François, le président des anciens combattants Guy Delienne, un enseignant et cinq élèves de l’école élémentaire ainsi que les gendarmes de la brigade.

    La Fanfare la Starnacienne, sous la direction de Nicole Royer, a procédé aux différentes sonneries officielles.

    Parmi les musiciens se trouvaient des jeunes pour lesquels il s’agissait de la première sortie pour une cérémonie officielle.

    Visiblement, la volonté de faire participer des enfants à la commémoration a été forte.

    Patrice Valentin a lu une allocution rappelant le chemin parcouru depuis ce 11 novembre 1918 entre l’Allemagne et la France.

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    Union091112j - Marne

    LE GAULT-SOIGNY : Elus et enfants de trois communes du canton sur la tombe du Soldat inconnu : Les jeunes ravivent la flamme

    Deux écoliers ont ravivé la flamme de la tombe du Soldat inconnu, en compagnie du secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.
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  • Les écoliers se sont rendus près de la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe.
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  • Des délégations venant de trois communes du canton avec des écoliers se sont rendues mardi à Paris se recueillir sur la tombe du Soldat inconnu.

    TROIS bus au départ de Montmirail et du Gault-Soigny se sont rendus à Paris mardi. A leur bord, des élus, des représentants de différentes associations d’anciens combattants, des pompiers venant de trois communes du Sud-Ouest marnais, Montmirail, Charleville et Le Gault, mais aussi des élèves de deux classes élémentaires des écoles de Montmirail et une troisième du Gault ainsi que des collégiens de Montmirail.

    Il ne s’agissait en rien d’une sortie ludique, bien au contraire. Tous convergeaient vers Paris à l’initiative de l’association Mondement 14 pour les cérémonies de la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe.

    D’abord, tous se sont retrouvés aux Invalides où un guide et Rémi Bécourt-Foch, arrière-petit-fils du maréchal Foch les attendaient pour une visite sous le dôme où se trouve le tombeau du Maréchal Foch avec d’autres grands chefs militaires.

    Après cette visite, adultes et enfants ont assisté aux deux cérémonies de la prise de la Flamme et de son ravivage à l’Arc de triomphe. Les enfants ont eu l’honneur d’être placés au premier rang. Bernard Doucet, maire de Montmirail et Bernard Lefèvre 1er adjoint et président de l’ACPG-CATM se sont avancés pour prendre la flamme, suivis de près par Daniel Jacquier et Thierry Lebon respectivement maires du Gault et de Charleville qui ont enflammé leur torche.

    Flamme présentée hier pour les commémorations du 11 novembre dans les trois communes.

    Après divers dépôts de gerbes, a eu lieu le deuxième temps fort de cette fin d’après-midi, celui du ravivage de la flamme par deux enfants choisis parmi les classes présentes en présence d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et le général d’armée Bruno Cuche, président du comité de la Flamme.

    La fanfare militaire a ensuite joué la Marseillaise que tous les enfants des écoles ont chantée sous le regard attentif de l’assemblée.

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    Union091112i - Marne

    MONTMIRAIL : Avec la flamme du souvenir : Un éclat tout particulier

    Un moment émouvant.
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  • Les cérémonies du 11 Novembre ont pris cette année un éclat tout particulier à Montmirail.

    Le maire Bernard Doucet et son conseil municipal, en présence du député Philippe Martin, des anciens combattants et des porte-drapeaux, de l’association de Mondement 1914 et son président Michel Tellier, des élèves des écoles élémentaires et des collèges, de l’Union musicale de Montmirail, et des sapeurs-pompiers, ont commémoré l’Armistice en présence de la flamme du souvenir, ramenée la veille de l’Arc de triomphe de Paris.

    Les enfants ont déposé sur chaque tombe un petit drapeau et chanté la Marseillaise. Des gerbes ont été déposées au cimetière militaire, à la stèle des Saint-Cyriens et dans les hameaux de l’Echelle-le-Franc et de Courbeteaux.

    Pour chaque intervention la flamme du souvenir était portée par trois pompiers de Montmirail. Bernard Doucet a reçu la médaille de l’association Mondement 14 et la médaille des Saint-Cyriens.

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    Union091112h - Marne

    REIMS : L’homme qui aimait les Poilus

    Hier matin, des lycéens de la Croix-Cordier et de Gustave-Eiffel ont rendu hommage aux Poilus dans le cimetière de l’Est. Une mobilisation suscitée par Marc Christophe.
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  • REIMS (Marne). Ce 11 Novembre à Reims, le parcours officiel des autorités a connu un changement. Dû à la passion de Marc Christophe pour les tombes des soldats de 1914-18.

    IL était une fois un homme qui se passionnait pour l’entretien des tombes des Poilus. Cette marotte singulière lui était venue dans sa jeunesse : « Ça remonte à l’époque de mes 17 ans.

    Nous avions perdu dans notre famille deux petites filles, et quand nous allions entretenir leur tombe à Sedan, mon père nous disait : on va en profiter pour s’occuper aussi de celles des Poilus puisqu’elles sont juste à côté ».

    Cet homme, aujourd’hui retraité, c’est Marc Christophe. Il fut enseignant au lycée professionnel de la Croix-Cordier de Tinqueux. Son souci de la sépulture des soldats de 1914 lui est resté. Mieux, il essaye désormais de le rendre contagieux. C’est ainsi qu’il a réussi à associer son ancien lycée aux cérémonies officielles de la Ville de Reims depuis plusieurs 11 Novembre déjà. Cette année, il a également entraîné Gustave-Eiffel dans la bataille (voir par ailleurs). « Ce que j’essaye de mettre en avant quand je m’adresse aux élèves, explique-t-il, ce n’est pas tant le soldat que l’homme, tout ce que ces jeunes ont été capables d’endurer pour leur pays, le froid, la boue… et le formidable esprit de camaraderie qui pouvait régner entre eux : un camarade tombé entre les lignes, on ne l’abandonnait pas ! »

    Et il faut croire que le message passe bien, puisqu’ils étaient, hier, une grosse soixantaine de jeunes d’aujourd’hui des deux établissements scolaires à avoir renoncé à la grasse matinée pour affronter le froid qui régnait à Reims lors de la traditionnelle cérémonie patriotique.

    Morts sans descendance

    Cette mobilisation lycéenne a même entraîné une modification du parcours habituel des autorités : pour la première fois, en effet, ce parcours a fait un crochet par le cimetière de l’Est, en haut de l’avenue Jean-Jaurès, dans l’un des cantons où Marc Christophe avait repéré 66 Poilus inhumés. Une rose a été déposée sur la tombe de chacun d’eux. Si certaines sont en parfait état, d’autres, au contraire, sont vraiment pitoyables, justifiant l’action de notre passionné.

    « Ça s’explique facilement, commente-t-il, ces jeunes tués n’ont pas pu avoir de descendance ; du coup, quand les parents ont disparu, il n’y avait souvent plus personne pour entretenir leur tombe. » Qui s’en chargera donc ? M. Christophe compte largement pour cela sur le Souvenir français, dont il est membre. Mais pour signaler à celui-ci les besoins, il compte maintenant sur ses jeunes lycéens : sur la base du volontariat, certains s’engageront à « parrainer » en quelque sorte une sépulture de Poilu. « Ce sera ma cellule de surveillance ! »

    Antoine PARDESSUS

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    Union091112g - Marne

    REUIL : Les écoliers chantent la Marseillaise

    Forte participation des enfants des écoles.
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  • Quelques instants de recueillement.
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  • André Varlet, maire de Reuil, semblait satisfait des cérémonies du 11 Novembre.

    « Je suis content de la présence en nombre de la population et surtout des enfants des écoles ». Des écoliers qui, avec leur nouvelle institutrice, ont, un drapeau tricolore à la main, entonné au pied du monument aux morts une partie de l’hymne national.

    Le rassemblement des anciens combattants, des élus, des sapeurs-pompiers de la communauté de communes des 3 coteaux, des représentants des associations locales et des enfants de la commune a eu lieu ce mercredi 11 novembre à 11 heures devant la mairie et suivi d’un défilé juqu’au monument aux morts devant l’église avec un dépôt de gerbe par les enfants puis ce fut la lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants par Gérard Butin, maire de la commune.

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    SERMAIZE-LES-BAINS : Cérémonie du 11 Novembre : Le devoir de mémoire se perpétue

    La commémoration de l’Armistice a réuni de nombreuses personnes hier matin, devant la mairie.
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  • Malgré le froid et la grisaille, de nombreuses personnes se sont rassemblées devant la mairie pour célébrer le 91e anniversaire de l’Armistice, hier matin à Sermaize-les-Bains (1). Même si le dernier Poilu n’est plus, le devoir de mémoire subsiste bel et bien.

    Les enfants de l’école privée Jeanne-d’Arc étaient là pour le prouver même si la municipalité avait souhaité que les établissements publics participent également.

    Après la messe célébrée en l’église, le cortège emmené par les musiciens de Champagne-Parade, sous le sifflet de Christian Collignon, président et maître de la manœuvre, a remonté la rue Bénard, pour arriver devant le monument aux morts, place de la mairie. Après l’allocution du maire Raymond Dzieja, le directeur du cabinet du préfet, Rachid Kaci a lu le message national du secrétaire d’Etat à la Défense.

    Sous la conduite de l’adjoint en charge de la mémoire, Pierre-Marie Delaborde, également délégué départemental du Souvenir français, les officiels ont ensuite procédé au traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Après l’appel aux Morts, les personnalités se sont retrouvées autour du vin de l’amitié servi dans la salle d’honneur de la mairie, qui sera bientôt baptisée du nom de l’ancien député-maire Raymond Ferin. L’occasion pour le directeur du cabinet du préfet d’évoquer le débat sur l’identité nationale, qui sera bientôt ouvert dans le département.

    (1) En présence notamment de Loïc Obled, stagiaire de l’ENA détaché auprès du cabinet du Préfet, du conseiller général Christian Zapior, du lieutenant Bracq, commandant de la communauté de brigades de gendarmerie de Thiéblemont-Farémont, du chef d’escadron Maurice représentant le colonel Vidal, et du chef du centre de secours le lieutenant Chabanois.

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    SEZANNE : 91e anniversaire de l’Armistice : La population s’est déplacée

    Quelques instants de recueillement.
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    La cérémonie de commémoration du 91e anniversaire l’Armistice de 1918 s’est tenue hier matin devant le monument aux morts du square de l’hôtel de ville, en présence de pompiers de jeunes sapeurs-pompiers de Sézanne, ainsi que des délégations de la gendarmerie et de l’armée de l’air.

    Le maire de Sézanne, Philippe Bonnotte, a déposé une gerbe devant le monument aux morts.

    Il a notamment rappelé dans son discours que, « le mur, tombé il y a 20 ans, ne doit pas nous faire oublier les murs qui existent toujours ».

    Une gerbe a ensuite été déposée au carré militaire du cimetière.

     

     

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    TINQUEUX

    A cette occasion, les enfants des écoles primaires ont admirablement bien chanté l’hymne national et répondu à l’appel aux morts pour les 17 combattants, enfants de Tinqueux, morts pour la France.

    Gilles Richard, président des ACVG de Tinqueux a remis deux décorations : la médaille de la Reconnaissance de la nation à Chergui Amouri et à Lucien Frumin.

    Une cérémonie d’une grande sobriété mais émouvante, ponctuée par l’hymne national, le dépôt des gerbes, la minute de silence, et la lecture du message de l’UFAC par Valentin et celui d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, par Jean-Pierre Fortuné, maire de la commune, pour honorer le devoir de mémoire.

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    VITRY-LE-FRANCOIS : Commémoration de l’armistice du 11 Novembre 1918 : Le défilé du souvenir

    La brigade des pompiers vitryats, dirigée par le capitaine Guyot, était présente pour célébrer le 91e anniversaire de l’armistice.
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  • De la place Joffre à la mairie, le défilé a clôturé en beauté cette matinée.
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  • Une foule de Vitryats s’est rassemblée, hier, de la nécropole nationale au monument aux morts, pour se souvenir.

    C’était il y a 91 ans. Le 11 novembre 1918, un armistice était signé entre la France et l’Allemagne, mettant ainsi fin à la Première Guerre mondiale. « La nature humaine est ainsi faite que plus le temps passe, moins les Hommes se souviennent. Alors il faut que nous, les pouvoirs publics, soyons vigilants pour perpétuer la mémoire », a souligné Jean-Pierre Bouquet au cours de son discours, avant de poser cette question très contextuelle : « Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? » et de citer Romain Gary pour conclure : « Le patriotisme, c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres ».

    En tout cas, les citoyens vitryats, eux, n’ont manifestement pas oublié de se souvenir. Ils étaient présents en nombre, hier, durant toute cette matinée de commémoration.

    Parade musicale dans les rues

    Tout a commencé vers 10 h 30, à la nécropole nationale. La section des anciens combattants et le comité du Souvenir français ont déposé une première gerbe, avant que le défilé ne se mette en route pour la place Joffre.

    Là, Raymond Floc’h, sous-préfet de l’arrondissement de Vitry, a d’abord lu le message officiel du secrétaire d’Etat à la Défense, avant d’aller déposer une gerbe au pied du monument aux morts, accompagné par Jean-Pierre Bouquet et Charles de Courson, député.

    Finalement, les trompettes et les tambours ont repris leur droit pour un grand défilé final.

    A travers la ville, du boulevard François-1er jusqu’à la mairie, un vaste cortège musical, auquel ont pris part une centaine de citoyens vitryats, a conclu en beauté cette cérémonie.

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    CHALONS : Communauté de Communes de la Vallée de la Craie : Inauguration du « Front Invisible »

    Lors de l’inauguration, en présence d’Hubert Arrouard (conseil général), René Shuller (président de la communauté de communes de la Vallée de la Craie) et Franck Lesjean.
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  • L’exposition « le Front Invisible », réalisée par les archives départementales de la Marne et du service des affaires culturelles et inaugurée la semaine dernière dans la salle des fêtes de Saint-Germain-la-Ville, était encore visible hier.

    Présentée par Franck Lesjean, travaillant au conseil général, elle reflétait l’aspect culturel qui a découlé de la Grande Guerre. Une vision forte intéressante et riche en informations.

    Journaux dessins, peintures

    En effet, afin de pallier l’éloignement de leurs proches ou pour tout simplement survivre, les combattants écrivaient : journaux intimes, correspondances privées… « Si l’on empilait tout le courrier et les colis envoyés pendant cette période, on obtiendrait la hauteur du Mont Blanc », raconte Franck Lesjean. Il en résultera des correspondances témoignant de la vie quotidienne dans les tranchées. Des correspondances d’anonymes mais aussi d’artistes tels qu’Apollinaire.

    Le dessin et la peinture étaient également utilisés pour traduire la souffrance des hommes à travers, entre autres, le cubisme. Cette conception picturale permettait aux artistes de représenter leur vécu ou celui des soldats par sa décomposition des formes et ses distorsions de perspectives.

    « Le Front Invisible » c’était aussi le camouflage, un aspect artistique plus méconnu mais ayant eu une importance cruciale. En effet, quelques peintres ont contribué à rendre cette guerre « invisible » grâce à cette technique de dissimulation des éléments. Un atelier était ainsi installé dans le cirque de Châlons-sur-Marne.

    Cette exposition est synonyme de mémoire afin que les générations présentes et futures se souviennent. Les plus jeunes ont apporté leur contribution en travaillant dans le cadre scolaire sur le thème du monument aux morts comme lieu de mémoire.

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    REIMS : Défense du civisme et de la mémoire avec la Fnaca : Le 19 mars toujours revendiqué

    André Nicon, Jean Bak et Robert Chopin ont reçu la médaille de reconnaissance de la Nation.
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  • « Nos droits ont été reconnus et accordés avec parcimonie : faudra-t-il attendre que nous soyons tous disparus ? »

    Pour les anciens combattants d’Algérie, le 19 mars doit devenir commémoration nationale officielle.

    LE comité de Reims de la Fnaca (fédération nationale des anciens combattants Algérie-Tunisie-Maroc) a tenu son assemblée générale au centre des congrès le samedi 7 novembre avec renouvellement de son bureau, qui reste présidé par Jean Forget.

    Une partie de la rencontre a été consacrée aux interventions des personnalités invitées qui ont, tour à tour, informé les adhérents sur l’avancement de divers dossiers en cours.

    Jean Marchandeau, président de l’UFAC, a fait le point sur les négociations nationales et l’éventuelle revalorisation de la retraite mutualiste du combattant.

    Il a expliqué qu’un dossier avait été déposé en mai 2009 concernant les opérations en Algérie.

    La réponse devrait intervenir prochainement.

    Autre demande vigoureusement soutenue : faire du 19 mars une journée nationale officielle de commémoration pour marquer la fin des combats (19 mars1962 : accords d’Evian).

    Mêmes préoccupations pour Jean-Claude Fauvet, président départemental qui a toutefois fait remarquer que le travail de la Fnaca avait porté ses fruits puisque cette année 5.634 cérémonies avaient eu lieu le 19 mars en France.

    Reims a répondu favorablement, comme l’a rappelé l’adjoint Jean-Claude Laval : « Vous avez été entendus puisque cette date est maintenant officielle dans notre ville ».

    Jean-Daniel Courot, directeur de l’Onac Marne, a expliqué comment fonctionne désormais son service qui reprend toutes les missions autrefois disséminées.

    Il a évoqué la difficulté de recenser les veuves bénéficiaires de l’allocation différentielle.

    On a pu aussi entendre François Borel, président du comité de Longwy, qui a parlé des projets de rencontres 2010 entre les deux sections jumelées depuis 25 ans et cela à l’occasion des 35 ans de la Fnaca de Reims.

    A l’issue de la matinée et entourés des fidèles porte-drapeaux de l’association, André Nicon, Jean Bak et Robert Chopin ont reçu la médaille de reconnaissance de la Nation des mains de Jean-Claude Fauvet.

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    REIMS : Nuit de cristal : Un appel à la vigilance

    Les participants ont fait une chaîne, rempart symbolique contre toutes les intolérances.
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  • Lundi soir, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le fascisme et l’antisémitisme, une cérémonie a été organisée dans le square des Victimes de la Gestapo à l’initiative d’un collectif d’associations.

    Entre ombres et lumières, la maire, Adeline Hazan, puis Claude Secroun, vice-président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, ont évoqué la Nuit de cristal au cours de laquelle en 1938 les nazis ont organisé des pogroms en brûlant des synagogues, détruit de nombreux magasins appartenant à des juifs et commencé à déporter ou interner plusieurs dizaines de milliers de juifs. Le début de la Shoah dans la plus grande indifférence des nations.

    La maire a dit tout son espoir dans la construction de l’union européenne scellée à Reims, ville de réconciliation et de paix. Mais elle a rappelé que « cette paix était fragile et vulnérable ; que la haine et la peur de la différence pouvaient la menacer ». Et de rappeler les mots d’Élie Wiesel : « La culture est le seul rempart contre la barbarie. »

    Après un mot de M. Secroun qui a dit qu’« il ne fallait jamais rien céder à l’intolérance et à l’exclusion », l’intervention d’un slameur et une minute de silence, les participants ont fait une chaîne, rempart symbolique contre toutes les intolérances.

    A.M.

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    EDITO : Bleuet de la paix

    Le 11 Novembre ne mérite-t-il pas de conserver sa vocation ? Il est dans le cœur symbolique et affectif de la nation, le temps de l’hommage solennel et fraternel à tous les soldats de la Grande Guerre, patriotes simples et droits tombés au champ d’honneur ; poilus héroïques cabossés et fracassés par des affrontements inouïs, et qui ont fait vibrer la France dans les plis de son drapeau.

    Les traces matérielles et mémorielles sont sur les champs de bataille, dans les cimetières, sur les places des villes et des villages autant de pierres du sacrifice contre l’oubli. Tous ces morts et disparus sont éternellement près de nous.

    Que la chancelière allemande Angela Merkel soit conviée devant l’Arc de Triomphe à ce devoir d’histoire témoigne du chemin parcouru et de la puissance du moteur franco-allemand pour entretenir une paix sincère, durable et équitable dans une Europe apaisée. Elle est la bienvenue et l’initiative française est heureuse.

    Mais est-il judicieux d’habiller cette journée de douleur d’une fête de l’amitié franco-allemande qui, si elle a toute sa place dans le monde d’aujourd’hui, porte atteinte à la lisibilité et au sens de la commémoration de l’armistice. Si les adultes savent faire la part des choses que sauront de la tragédie de 14-18 dans dix ans les enfants, si le 11 Novembre incarne la réconciliation en oubliant les drames ?

    Prenons garde à ne pas manipuler les repères et, s’il est utile de célébrer la proximité entre la France et l’Allemagne, bien visible depuis les engagements d’Adenauer et de Gaulle de Colombey à Notre-Dame de Reims, de la signature du traité de l’Élysée à la pertinence de l’axe Paris-Berlin, alors stimulons le 9 mai, fête de l’Europe.

    De grâce, ne rectifions pas le sens du 11 Novembre ! Réfléchissons à cette question laissée à notre méditation par le général de Lattre de Tassigny : « À quoi bon remporter une victoire, si personne ne le sait ? ». Osons perpétuer la mémoire sans perpétuer la peur, dire la guerre pour mieux défendre la paix.

    Hervé CHABAUD

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    CHALONS : 11 novembre / A chacun son souvenir

    Verra-t-on un jour une cérémonie commune franco-allemande lors du 11 novembre ?
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Nicolas Sarkozy aimerait faire du 11 Novembre une fête franco-allemande. Dans le monde des anciens combattants, on grimace.

    L’IDÉE du président de la République de faire tomber le mur traditionnel des célébrations françaises du 11 Novembre fera-t-elle un jour son chemin ? On sait que Nicolas Sarkozy souhaiterait une commémoration commune entre la France et l’Allemagne. Grosso modo à Châlons, le monde des anciens combattants tousse encore à l’idée, et peu importe semble-t-il la couleur politique du chef d’Etat qui la véhicule aujourd’hui.

    « Pardonner, mais ne pas oublier »

    Bernard Haleux, président du comité d’entente des anciens combattants, est carrément contre : « Tout ce que Sarkozy va arriver à faire, s’il est réélu, c’est détruire le monde des anciens combattants. Mais comment des gars comme lui peuvent-ils savoir ce que ça représente ? Donc, avec les Allemands, il faudrait passer l’éponge ? Je sais bien que du côté de l’armée allemande, la plupart des soldats était comme nous, que ces guerres, ils ne les voulaient pas. Qu’il ne faut pas confondre avec les SS. Qu’il y ait des autorités allemandes qui viennent ici et là, comme en Normandie ou dans des manifestations, je veux bien, mais c’est tout. Si ça continue, il n’y aura plus qu’une seule fête nationale. »

    Pour Marcel Plu, porte-drapeau de la Légion étrangère, c’est encore pire, les atrocités commises l’Allemagne sont trop horribles et il ne peut d’ailleurs dissocier les conflits : « J’ai de la famille qui a été massacrée à Oradour-sur-Glane. Un oncle, deux tantes, et deux cousines, brûlées dans l’église. Des amis aussi. Seul un cousin y a réchappé. Une idée comme celle-là, c’est dégueulasse par rapport à ce qui s’est passé ».

    De l’avis de Pol Cher, président de l’association des victimes de guerre, l’urgent est d’attendre : « C’est une idée qui ne va pas plaire à ceux de la Résistance et de la Déportation. A ceux du STO non plus. Il en reste encore… A mon avis, c’est une idée qui est lancée trop tôt. Il ne faut pas aller trop vite. Dans un ou deux ans, ça serait bien. Mais c’est vrai qu’il faut pardonner. Ne pas oublier mais pardonner ».

    Qu’en pense Gérard Coqueret, tout nouveau président des porte-drapeaux ? : « D’un point de vue de la réconciliation, c’est bien. On ne peut pas continuer à s’entretuer. Il ne faut pas tourner le dos aux Allemands, bien au contraire. Mais il ne faut pas oublier que le 11 Novembre est une fête très importante pour les Français ».

    Pour Jean Chabaud, président de l’amicale de la Résistance, l’important est de n’oublier ni le conflit dont il est question aujourd’hui, ni celui qui viendra un quart de siècle plus tard : « Je ne suis pas contre le rapprochement franco-allemand. J’en veux à ceux de ma génération du côté français, qui ont fait en sorte que l’accession d’un Hitler soit possible, et à ceux de la même génération, mais du côté allemand cette fois, qui ont mis cet homme au pouvoir. Je parle au nom des premiers résistants ».

    « Un souvenir reste un souvenir »

    Beaucoup de hauteur dans les propos de Gaëtan Charlot, président de l’Ufac Marne et du comité départemental de l’Onac : « La bataille de Crécy reste la bataille de Crécy. Un souvenir reste un souvenir… Je suis pour qu’il y ait des choses en commun mais il ne faut pas effacer le caractère particulier de l’événement dans un camp ou dans l’autre… ». A ses yeux donc, à chacun de ne pas se perdre et d’être vigilant. Car le danger de ce qui est une belle idée peut se nicher dans cette métaphore : « Une louve qui voulait mettre bas demande un jour à une chienne l’autorisation de pouvoir s’installer dans sa niche pour mettre au monde ses louveteaux. La chienne accepte. Mais quand les petits de la louve arrivent, la niche est trop petite. Et la chienne est mise dehors… ». A méditer !

    Fabrice MINUEL

    Commémoration du 11 Novembre : prise d’armes et cérémonie au monument aux morts à 11 h 30.

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    REIMS : Hommage aux héros de l’Armée noire / Pas évidente, la reconstruction du monument

    Le monument tel qu’il a été refait à moindres frais en 1963.
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  • Le monument aux héros de l’Armée noire détruit en 1940 par les nazis sera-t-il reconstruit pour 2010 comme prévu ? Le dossier avance, lentement.

    LE 3 novembre 2008, à l’occasion du 90e anniversaire de l’Armistice de 1918, à grand renfort de personnalités, le secrétaire d’État aux Anciens combattants Jean-Marie Bockel et Rama Yade, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, avaient déposé une gerbe au pied du monument aux héros de l’Armée noire qui avait remplacé en 1963 l’original, détruit en 1940 par les nazis (lire par ailleurs). Le même jour, solennellement, devant pas moins de seize ambassadeurs de pays africains, sur les marches de l’hôtel de ville, l’Etat, la Région et le Département s’engageaient derrière la maire Adeline Hazan à refaire à l’identique le monument dont il existe une copie originale à Bamako (Mali). « En l’honneur de l’épopée héroïque de la Force noire. » Inauguration prévue le 11 novembre 2010. Un an plus tard, force est de constater que le dossier n’avance pas aussi vite que pouvait l’espérer la Ville.

    Si du côté de l’État, le remaniement ministériel a désormais conduit Jean-Marie Bockel à s’occuper de la justice et Rama Yade à parler sport…, à Reims, au sein de l’Association pour la mémoire de l’Armée noire (Aman), on se bat pour que le dossier avance comme prévu. Pas si simple. En mai dernier, une délégation s’est rendue en mission technique à Bamako avec l’adjoint Jacques Cohen chargé des relations internationales, le colonel Boutinaud, attaché de défense à l’ambassade de France, Cheikh Sakho, Éric Deroo, spécialiste des troupes coloniales. Après un dépôt de gerbe devant le monument, un gendarme de l’identité judiciaire a photographié le bronze sous toutes les coutures pour avoir le maximum de données techniques sur l’œuvre d’art dont une maquette prêtée par le musée de Fréjus est aujourd’hui au musée Saint-Remi. Fin du premier épisode.

    Refaire le bronze par moules multiples

    Mardi lors d’une réunion organisée dans une annexe de la mairie, en présence de Raymond Riquier, secrétaire général de l’association Aman, Jacques Cohen a accueilli Yann Jurez, directeur de l’atelier de moulage de la réunion des musées nationaux, et son chef d’atelier qui ont présenté un rapport sur les solutions techniques possibles de reproduction du monument et leurs coûts.

    Pour faire court, il y aurait trois possibilités : partir de la maquette et finaliser le travail avec un artiste, refaire le bronze à l’échelle à l’identique ou refaire le monument par moulage à partir de moules multiples fait sur place à Bamako. Trois solutions pour trois tarifs différents qui s’échelonnent de 500.000 € à 1,8 M€. C’est la dernière technique, la moins onéreuse qui a été retenue.

    « Reste à obtenir les autorisations des autorités maliennes car ce travail de moulage va prendre plusieurs mois et nécessiter l’édification autour du monument d’un échafaudage de 10 mètres de haut », précise l’adjoint.

    Quel financement ?

    Reste le financement. Pas le moins compliqué. L’association Aman, présidée par le colonel Claude Mademba Sy, envisageait un financement à 60 % par les collectivités et l’État, le reste par des fonds privés. Elle espère que les collectivités en tiendront compte en établissant leur budget 2010. De son côté comme il l’a fait savoir hier, l’Etat se dit toujours très intéressé par ce projet qui ne manquera pas d’être évoqué au Mali et au Sénégal lors des cérémonies commémoratives du 50e anniversaire de l’indépendance des ex-colonies africaines de la France.

    Faute de pouvoir inaugurer le monument le 11 novembre 2010, la Ville pourrait poser symboliquement une première pierre le 14 juillet prochain, les travaux de moulage de la statue étant alors achevés.

    Alain MOYAT

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    Un monument détruit par « haine raciale »

    Le monument rémois inauguré en 1924 était une copie de celui encore en place à Bamako au Mali.
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  • Inauguré le 13 juillet 1924 par le ministre des Colonies Édouard Daladier, « le monument aux Noirs », comme on l’appelait à l’époque, honorait la mémoire des unités coloniales dont les tirailleurs sénégalais qui s’étaient illustrés dès septembre 1914 dans les combats de Champagne et en juillet-août 1918 à Reims.

    Réalisé par les sculpteurs Paul Moreau Vauthier et Auguste Bluysen, il représentait un groupe de soldats africains des armées coloniales rassemblés autour d’un drapeau porté par… un officier blanc. Édifié contre le mur du parc Pommery, c’était la réplique d’un monument inauguré quelques mois avant à Bamako (Mali).

    En septembre 1940, sans doute pour effacer ce monument du paysage dans une démarche d’élimination, d’extermination de la mémoire de ces soldats africains qui ont empêché les Prussiens de reprendre Reims en 1918, les Boches ont démonté le monument pour en fondre le bronze.

    Suite à la Seconde Guerre mondiale, le monument n’a pas été refait tout de suite. Finalement faute d’argent (déjà), une stèle provisoire en marbre noire fut posée sur le site du monument initial. C’est en 1963 qu’un monument neuf - rien à voir avec le bronze de Paul Moreau Vauthier - a été inauguré. Il est composé de deux obélisques de 7 mètres de hauteur qui symbolisent l’union des combattants métropolitains et africains et le bloc la résistance de Reims et de ses défenseurs durant la Première Guerre mondiale.

    A.M.

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    TINQUEUX : Au repas des anciens combattants : Le plaisir de se rencontrer

    Convivialité et bonne humeur à la table de Henri Wenisch, président d’honneur des anciens combattants de Tinqueux, et l’actuel président Gilles Richard.
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    Lorsque le mois de novembre arrive, l’association des anciens combattants de Tinqueux organise le repas dansant de la Saint-Martin à la salle des fêtes Guy Hallet. Une salle magnifiquement décorée des tables recouvertes de nappes couleurs bleu, blanc, rouge.

    Accueillis par le président Gilles Richard, les convives étaient particulièrement nombreux, on pouvait remarquer la présence de Jean-Pierre Fortuné, maire de la commune et conseiller général de la Marne. Des moments pour vraiment se détendre, s’arrêter un peu dans le temps et en profiter pour faire la fête, une tradition gastronomique avec au menu des mets succulents et des boissons à faire tourner la tête.

    Après le repas et le tirage de la tombola, les convives se sont retrouvés sur la piste de danse, et tard en soirée, ils se sont quittés presque à regret, tous manifestement enchantés et en se donnant rendez-vous à l’année prochaine.

     

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    TINQUEUX : Avec les jeunes du Milieu ouvert : Une exposition européenne

    Intitulée Guernica, cette exposition est dédiée à la paix.
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  • Clara Camarena, jeune Espagnole, a fait l’école des Beaux-arts en Espagne. Elle est venue ensuite travailler quelques mois au centre culturel de Tinqueux et vient de réaliser l’exposition Guernica avec les jeunes du Milieu ouvert, un projet mis en place en collaboration avec le centre culturel.

    Principal objectif : ouvrir les jeunes à la culture et à la mobilité, les amener à rencontrer d’autres Européens.

    Chaque jeune a réalisé un tableau, les tableaux ont ensuite été réunis pour n’en former plus qu’un. Ils s’inspirent de « Guernica » de Picasso.

    Clara Camarena a voulu ainsi montrer l’Espagne sous l’angle de l’art, et non pas sous les aspects traditionnels et trop clichés de la fête ou du flamenco.

    Elle a choisi de s’inspirer de Guernica pour montrer que dans la société espagnole le souvenir de la Guerre civile était encore présent, et pour montrer également que la barbarie existe toujours aujourd’hui. C’est pour cela qu’elle a voulu que les tableaux réalisés par les jeunes soient en couleurs.

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    REIMS : Entrée gratuite au fort de La Pompelle

    Aujourd’hui 11 Novembre, à l’occasion du 91e anniversaire de l’armistice de 1918, le fort de La Pompelle, situé le long de la RN 44 en direction de Châlons-en-Champagne, ouvre gratuitement ses portes au public de 10 heures à 17 heures.

    Classé monument historique en 1922, cet ouvrage militaire, construit de 1880 à 1883 pour compléter la ceinture fortifiée de Reims, résista sans se rendre aux quatre années de bombardements allemands.

    Transformé en musée, il contient de nombreux documents, objets de la vie quotidienne des tranchées, des armes, des équipements, des pièces d’uniformes, des mannequins et des pièces d’artillerie.

    A voir aussi une collection unique au monde de 530 coiffures de l’armée impériale allemande de l’ancienne collection de Charles Friese.

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    SOISSONS : Anciens combattants de l’Arac : Sur le front des revendications

    L’Arac se bat aussi pour la sauvegarde de l’Onac et du secrétariat des anciens combattants
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  • Les sections axonaises de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) ont tenu leur congrès au centre culturel, samedi. A l’ordre du jour : la préparation du congrès national, qui se tiendra en février.

    L’association, créée en 1917 par Henri Barbusse, a relancé ses revendications, restées vaines jusqu’à ce jour. D’abord, elles concernent les retraites, actuellement basées sur 41 points.

    L’Arac en souhaite 48. Les deux points supplémentaires accordés par le gouvernement sont jugés insuffisants.

    L’Association républicaine des anciens combattants réclame, en outre, l’application d’un rapport constant du taux de ses retraites sur celui de la fonction publique.

    Enfin, dernières revendications, une augmentation de l’allocation attribuée aux veuves les plus démunies et une augmentation de la rente mutualiste.

    Sept membres médaillés

    « Nous avons combattu pour notre pays. Certains sont infirmes. D’autres ont leur nom inscrit sur les monuments aux morts.

    Ces revendications sont une compensation », explique Michel Nowak, le président de la section de Saint-Quentin.

    Après un dépôt de gerbe, respecté devant la maison des anciens combattants, sept membres de l’association ont reçu une médaille de l’Office républicain des mérites civiques (ORCM) pour leurs combats pour la paix, la mémoire, l’amitié, la solidarité et l’antifascisme : un moyen de faire perdurer l’Arac.

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    REIMS : Exposition : La Nuit de Cristal prélude à la Shoah

    Exposition à voir à l’hôtel de ville jusqu’au 16 novembre aux heures d’ouverture.
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  • À l’occasion du 70e anniversaire de la Nuit de cristal, deux jours (les 9 et 10 novembre 1938) au cours desquels les SA et les SS, devant des populations allemandes et autrichiennes passives ont incendié et pillé 270 synagogues, brisé les vitres et saccagé 7.500 magasins, tué une centaine de juifs, violé des dizaines de femmes et arrêté ou interné près de 30.000 juifs, le prélude à la Shoah, la ville de Reims, en liaison avec la Licra, organise une exposition jusqu’au 16 novembre à l’hôtel de ville (1).

    En présence d’Olivier Lalieu, historien du Mémorial de la Shoah qui a prêté cette exposition, Virgine Coez, adjointe chargée de la lutte contre les discriminations, a rappelé, samedi, comment les nazis avaient utilisé le meurtre, à Paris, d’un diplomate allemand par un jeune juif pour organiser une riposte massive et généralisé, violente et barbare contre les juifs : « Un pogrom qui n’avait rien de spontané ». Comme le montre d’ailleurs l’expo, l’antisémitisme, l’un des moteurs du nazisme avait déjà abouti à la création de camps d’internement comme à Dachau (1933), des mesures antijuives de 1933 à 1937 dans l’université et les commerces. Le génocide qu’on connaît avec l’élimination de 6 millions de personnes, aurait-il pu être évité, si les 32 grandes nations réunies à Evian en 1938, redoutant la guerre, avaient été moins lâches ? Des nations dont les États-Unis, l’Angleterre et la France ont refusé de recevoir des immigrés juifs sur leur territoire. Une indifférence coupable qui n’a pas évité la guerre et ses horreurs. Et c’est pour secouer cette sournoise indifférence qui endort notre raison face aux violences de masse, qui continuent chaque jour à se reproduire dans le monde, que l’expo prend tout son sens aujourd’hui.

    Lisant plusieurs poèmes écrits par d’anciens déportés, les acteurs du Théâtre à pattes (2) ont montré le caractère universel des réflexions de ces hommes et femmes persécutées pour la seule raison qu’ils étaient juifs.

    Et pour ceux - il y en a encore - qui seraient surpris par la présentation d’une telle expo, 70 ans après, Virginie Coez a cité les paroles de Primo Levi évoquant la violence : « Nous ne pouvons pas la comprendre mais nous pouvons et nous devons comprendre d’où elle est issue et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire parce que ce qui est arrivé peut recommencer. Les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi. »

    Hommage ce soir

    La Nuit de cristal sera commémorée ce lundi à 18 heures au square des victimes de la Gestapo, 18, rue Jeanne-d’Arc par plusieurs associations : les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, l’association rémoise contre les racismes, le collectif de lutte antifasciste, Homozygote (l’association LGBTQ des campus rémois), la ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, la ligue des Droits de l’Homme et la Ville.

    Alain MOYAT

    (1) Exposition au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville.
    (2) La troupe donnera un spectacle intitulé « Avec ou sans étoile » les 4, 5 et 6 décembre au centre culturel du Crous.

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    HISTOIRE : Le U boote

    Les sous-marins allemands deviennent la bête noire des Alliés.
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  • La propagande valorise l’image des sous-mariniers heureux.
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  • Un U boote au chargement avant un départ en mission.
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  • L’amiral Dönitz (à droite), ici auprès d’Albert Speer, croit à la guerre sous-marine.
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  • OCÉANS. Conscients de [insuffisance de leur flotte de surface pour dominer les mers et les océans, les amiraux du Reich tablent sur les sous-marins pour causer des pertes importantes parmi Les navires alliés et entretenir L’insécurité maritime.

    En ce mois de novembre 1939, la guerre navale préoccupe de plus en plus les Alliés. En premier lieu, ce sont les Britanniques qui en mesurent les dangers. Leurs experts n’affirment-ils pas que c’est en mer que le conflit est véritablement déclaré ? De fait, dix heures seulement après la déclaration de guerre à l’Allemagne par Londres, le paquebot britannique « Athenia » en route vers New York est torpillé. On compte cent douze victimes dont vingt-cinq Américains. C’est le début des premières polémiques puisque Churchill est accusé d’avoir placé une machine infernale à bord pour provoquer une tragédie au milieu de l’océan. En réalité, le responsable de ce naufrage est le lieutenant de vaisseau Lemp, commandant de l’U boote 30 qui a donné l’ordre de faire feu. La Kriegsmarine garde le silence et les agents de la propagande nazie rient de l’émoi provoqué en Grande-Bretagne par la perte de ce navire. Deux jours plus tard, c’est au tour du « Royal Spectre » d’être envoyé par le fond. Le Reich joue la provocation puisque le lieutenant de vaisseau Herbert Schultze, commandant de l’U boote 48 adresse un télégramme en anglais à Churchill pour l’informer de la perte du bâtiment ! Si la flotte de surface est encore jugée insuffisante, l’arme sous-marine semble très adaptée à la guerre de harcèlement maritime que promeut le führer.

    Cette flottille constituée dès 1935 à l’initiative du capitaine de frégate Karl Dönitz dispose de cinquante-sept bâtiments dont certains trop petits sont inemployables dans l’Atlantique tandis que la plupart sont en phase d’essais. Les Britanniques affichent une domination évidente par la puissance de leur flotte de surface mais ils ont compris que cela était désormais insuffisant. Déjà l’exécution, le 14 octobre, du cuirassé « Royal Oak » au mouillage dans la baie de Scapa Flow a été un avertissement supplémentaire. En surface avec son U Boote 47, le lieutenant de vaisseau Gunther Prien a éventré le fleuron de la marine et tué plus de huit cents marins ! Plus grave, il est parvenu à déjouer les protections maritimes et à s’approcher à moins de deux milles de sa cible ! En outre, de nombreux bateaux qui se déplacent le long des côtes anglaises, dans les estuaires et même sur la Tamise sont victimes de puissantes explosions et détruits. Sur la liste, figure le cuirassé « Nelson », le plus puissant de l’escadre mais aussi six cargos qui se suivaient sur la Tamise. Le Premier lord de la Mer, sir Dudley Pound informe alors Churchill que les Allemands possèdent une arme secrète et que la Grande-Bretagne ne sait pas comment y faire face. A la mi-novembre, la situation s’aggrave. Mais les Anglais recueillent un renseignement de la première importance quelques jours plus tard, lorsqu’un appareil ennemi est l’objet de tirs nourris en provenance de l’une des batteries de la défense contre avion, placée à l’entrée de la Tamise. Le pilote allemand largue alors plusieurs objets assez volumineux. Par chance, l’un tombe dans une zone boueuse si bien qu’à marée basse, il est découvert. Les services britanniques dépêchent immédiatement sur les lieux deux de leurs officiers experts des mines, Ouvry et Lewis. La météo est exécrable mais ils parviennent sur zone et dans la nuit à la lumière de projecteurs désamorcent l’engin. Par chance, le système d’autodestruction n’a pas été armé si bien que les Anglais rapportent dans leurs ateliers cette mine magnétique. Le verdict est clair : « Il est urgent de démagnétiser les navires de manière à ce que leur masse métallique ne pêche pas ces machines infernales qui présentent toutes les caractéristiques pour demeurer dans des eaux de faible profondeur ».

    Ces informations confortent Churchill partisan de reconstituer de vastes champs de mines pour protéger les côtes et réaliser un blocus contre l’Allemagne : « Dès le premier coup que nous porta la mine magnétique, j’avais été profondément bouleversé et, en dehors de toutes les mesures de protection que nous fûmes contraints de prendre, je recherchais une forme de représailles ». Parce qu’il ne veut pas subir, le Premier lord de l’Amirauté décide d’entreprendre une chasse impitoyable contre les plus beaux bâtiments de la Kriegsmarine et exige avant Noël des résultats exemplaires. Il donne une priorité à « Admirai Graf Spee », un puissant cuirassé qui se déplacerait dans l’Atlantique sans protection et serait donc vulnérable malgré son impressionnante puissance de feu.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD h.chabaud@journal-lunion.fr

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    L’automne des complexes alliés

    Léopold III veille au strict respect de la neutralité.
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  • La perméabilité du système défensif belge préoccupe les Alliés d’autant que l’intransigeance de Léopold III interdit de rectifier cette insuffisance des fortifications et de bien anticiper une attaque massive aéroterrestre déjà validée par Hitler.

    Le 14 novembre, une conférence est convoquée en urgence au Grand quartier général pour dresser un état des lieux des systèmes défensifs continentaux et débriefer la campagne de Pologne.

    La tension des officiers d’état-major est palpable mais le général Gamelin détend d’entrée l’atmosphère en estimant : « La situation militaire en Belgique est plus favorable puisque des troupes ont été massées le long de la frontière du Reich et que la décision de construire des obstacles sur la ligne Wavre Namur est actée ».

    Cette confiance excessive qui est manifestée relève d’une interprétation souple des orientations fléchées par le roi Léopold III. D’autant que le colonel Devoie, représentant la Belgique ne fournit aucun plan détaillé des réseaux défensifs existants et ne présente aucun schéma d’amélioration ni de calendrier pour renforcer les secteurs les plus fragiles.

    Les Britanniques sont plus pragmatiques et s’étonnent des réticences belges à communiquer leurs dispositifs. Même l’amiral Keyes qui est un ami du roi ne parvient pas à en obtenir davantage. Les alliés s’inquiètent de l’existence d’un trou défensif d’une trentaine de kilomètres autour de Gembloux. Français et Britanniques partagent la même opinion : il s’agit du talon d’Achille de la défense terrestre en Belgique.

    Si Gamelin est enthousiaste, il a pourtant été mis en garde par le général Georges qui, dans un rapport précis, a expliqué plusieurs scénarios pour contrer les assauts de l’adversaire. La première hypothèse décrite est de se porter de l’Escaut jusqu’à la position Anvers-Namur si la certitude est acquise que les troupes alliées y seront avant les forces mécanisées allemandes et suffisamment organisées pour empêcher la rupture de leur ligne de résistance. Georges est favorable au renouvellement des contacts avec les diplomates et l’état-major belges pour les convaincre d’anticiper la stratégie de la Wehrmacht et d’y apporter par anticipation des réponses militaires crédibles. Toutefois les Français ne disposent pas de toutes les données pour établir depuis Vincennes un accompagnement des troupes belges dans la défense de leur territoire. Plusieurs généraux sont favorables pour se porter en avant au-delà de l’Escaut. Le général Giraud est dubitatif. Commandant de la VIIe armée, il doit rester en réserve générale. Après de longues discussions, la décision finale d’entrer en Belgique est laissée à l’appréciation du général Georges et non au seul généralissime.

    En réalité, Gamelin ne veut rien modifier du plan qu’il a présenté à Winston Churchill lors d’une conversation le 4 novembre. C’est pourquoi il répartit ainsi les principaux rôles à tenir en Belgique. L’armée de Léopold III doit se concentrer sur le réduit Anvers-Gand pour couvrir au mieux le nord du pays tandis qu’au centre, les Britanniques défendront Bruxelles et qu’au sud, la 1ère armée française se positionnera sur la Dyle pour mieux rendre infranchissable la trouée Wavre-Namur.

    La IXe armée doit de son côté tenir un front qui va de Givet jusqu’à Namur. Enfin la VIIe armée doit tout faire pour venir se lier au dispositif des troupes des Pays-Bas. On considère alors que ce sont les divisions légères mécanisées qui garantiront l’installation dans de bonnes conditions des alliés. Tout cela semble simple sur le papier mais plus complexe à traduire concrètement sur le terrain.

    Le 16 novembre, une nouvelle réunion est marquée par un déjeuner au PC du 1er Groupe d’armées. Pour l’occasion, le général Georges vient à Paris et y retrouve les généraux Blanchard commandant la 1re armée, Corap commandant la IXe armée, Roton, chef d’état-major de Georges, Les généraux Swayne, chef de la mission de liaison britannique auprès du général Georges, le major Archdale, officier de liaison de lord Gort auprès du général Billotte et que les Français, non sans raison, considèrent comme une des pièces maîtresses de l’Intelligence service. Si Georges a accepté le plan Gamelin, il ne se dispense pas d’en corriger plusieurs détails. C’est ainsi qu’il travaille avec lord Gort sur une juste coordination des unités britanniques avec celles de la 1ère armée. On débat des terrains d’aviation disponibles, de leurs capacités d’accueil, du réseau routier et de la solidité des franchissements et des différents axes qui seront utilisés pour garantir la progression la plus rapide des soldats. Les Britanniques sont plutôt satisfaits de l’initiative qui sied aussi à un Churchill éreinté par la prudence excessive de Chamberlain. Le Premier ministre anglais malade demande à Edouard Daladier de le rejoindre à Londres le 17 novembre pour le troisième Conseil suprême interallié. Le sujet principal inscrit à l’ordre du jour concerne une querelle qui oppose l’état-major de sa Majesté avec les généraux français. Le point d’achoppement concerne l’emploi de la RAF. Est-elle en capacité de s’engager dans une frappe massive des zones industrielles de la Ruhr en représailles d’une attaque aéroterrestre à l’Ouest ?

    Chamberlain qui souffre d’une crise de goutte est de mauvaise humeur d’autant qu’il craint une manœuvre de Churchill pour durcir la position des Britanniques dans la guerre. Le Premier lord de l’Amirauté est explicite et cela depuis une réunion le 14 septembre du cabinet de Guerre. Il reste favorable à une frappe prioritaire des usines d’essence synthétique développées par le Reich. Il ne craint pas une réaction de la Luftwaffe. Pour lui, le meilleur moyen de mettre l’Allemagne à genoux est d’engager une offensive aérienne. Il reste minoritaire au sein du gouvernement. Sir Kingsley Wood, secrétaire d’Etat à l’Air réplique vertement à Winston : « Il nous faut conserver la petite et modeste RAF dans l’état où elle se trouve parce qu’elle peut se révéler notre dernier secours en cas d’invasion ». Churchill n’en démord pas et maintient ses déclarations du 14 octobre : « Le viol des frontières belges par l’Allemagne et son choix de soumettre ce pays offrira une justification morale pour bombarder la Ruhr, même s’il doit en résulter des pertes dans la population ».

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    Le coquelicot et le bleuet

    Même si la guerre est déclarée depuis plus de deux mois, il n’est pas question de passer sous silence l’armistice du 11 novembre 1918 ni de ne pas rendre hommage à tous les soldats alliés qui sont morts au champ d’honneur. C’est pourquoi Paris et Londres s’entendent pour témoigner conjointement de la mémoire des nations. Les cérémonies mettent en valeur l’indéfectible solidarité franco-britannique afin de conforter la solidité des liens entre les deux pays. Dans les rues de Paris, on privilégie la distribution d’insignes franco-anglais et on met en valeur le bleuet et le coquelicot qui sont proposés par l’association des femmes françaises décorées de la Légion d’honneur. Le Commissariat général à l’information fait placarder dans chaque ville une affiche qui représente pour l’événement un tommy et un « poilu » de 1939. A Londres, le même enthousiasme règne pour célébrer comme il se doit la mémoire de la Grande Guerre. Les cérémonies sont aux couleurs des deux pays tandis que la BBC retransmet sur ses antennes « L’Ode à la France » de Rudyard Kipling. Le président de la République, Albert Lebrun adresse au roi d’Angleterre Georges VI, un télégramme d’amitié et le souverain fait de même alors qu’en fin de journée, la reine Elisabeth adresse un message patriotique aux femmes de l’Empire.

    Quarante-cinq mille d’entre elles sont déjà engagées dans des services auxiliaires des armées où leur disponibilité et leur efficacité surprennent même les officiers les plus misogynes. En outre, elles s’engagent massivement dans le Service des femmes volontaires pour la défense civile qui regroupe déjà en novembre 1939 plus de cinq cent mille personnes au Royaume-Uni. A La mi-novembre Scotland Yard qui a déjà appréhendé environ six mille suspects de sympathies nazies parmi lesquels des espions avérés renforce sa surveillance et n’hésite pas à faire ouvrir les courriers adressés dans les pays neutres pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale.

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    VITRY-LE-FRANCOIS : Journée nationale du Souvenir français : Un hommage centenaire

    Les enfants ont été associés à cet hommage.
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  • A l’occasion de la Journée nationale du Souvenir français, un hommage a été rendu à tous les soldats et victimes civiles de l’arrondissement de Vitry-le-François décédés lors des conflits au monument du Souvenir Français, sur la place Maucourt, en présence d’une trentaine de personnes dont le député Charles de Courson, l’adjointe au maire Mariane Dorémus, conseillère générale, le général Jean-Marie Lemoine, la présidente du comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre Gisèle Probst, et de nombreux présidents d’association d’anciens combattants et leurs porte-drapeaux. A l’occasion du dépôt de gerbes, ce fut l’occasion pour le président Gérald Gaillet d’évoquer le centenaire du monument du Souvenir français, construit le 12 septembre 1909.

    Des fleurs …

    Puis, les participants se dirigèrent vers le cimetière du midi à Vitry-le-François pour fleurir la tombe rénovée du soldat vitryat André Colson (1895 / 1915), du 237e régiment d’infanterie. Ont aussi été fleuries les tombes de Mgr Jules-Nottin, archiprêtre et d’Émile Paillard, otages des Allemands lors de la première bataille de la Marne ainsi que celles de Marc Lamort de Gail, Jean Bernard et Françoise Allerat. Une dizaine de soldats de la grande guerre ont été honorés par le dépôt d’une flamme du Souvenir.

    Toujours à l’occasion de cette journée du Souvenir français, dix membres du comité de Vitry se sont relayés, pendant deux jours, au cimetière du midi pour la quête nationale qui a rapportée la somme de 556,24 euros.

    … et des travaux

    Plusieurs tombes ou monuments vont faire l’objet de restaurations à Vitry-le-François : celle du président Jules-Delaunay, fondateur du comité vitryat du Souvenir français, la sépulture militaire de six membres de la famille De Morlaincourt, la sépulture de l’ancien député (1910-1925) et ancien sénateur (1925-1932) Ernest-Haudos, la sépulture d’Émile-Paillard, président de la commission spéciale municipale pendant la Première Guerre mondiale, la sépulture du sergent Marcel-Lévy, la plaque à la mémoire de Raymond-Marx, la plaque à la mémoire de Gabriel-Mayer et de son épouse Andrée-Deutsch et Roger-Tauber, la plaque à la mémoire de Charles-Rzepkowicz, la restauration du monument 1914-1918 et de la plaque à la mémoire des juifs déportés à l’espace culturel « La Synagogue ».

    Des travaux ont également lieu à Bignicourt-sur-Marne (inauguration le 11 novembre à 15 heures), à Blacy (inauguration le 11 novembre à 12 heures), à Châtelraould-Saint-Louvent, à Frignicourt, à Humbauville, à La Chaussée-sur-Marne, à Maisons-en-Champagne, au Meix-Tiercelin, à Saint-Ouen-Domprot et à Sompuis.

    Pour signaler des travaux, contacter le Souvenir français de Vitry-le-François (9 rue des Hauts Pas 51300 Vitry-le-François tél : 03.26.72.32.74).

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    FILM : Du 10 au 17 mai 1940 dans les Crêtes… : Un DVD pour l’Histoire

    « Ma démarche est de raconter la grande Histoire par le biais de la petite », explique Barthélemy Vieillot, avant d’interviewer Albert Boulanger qui, enfant, a porté la Croix de Guerre remise au village de Bouvellemont.
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  • Les Allemands dans le centre de Vendresse le 14 mai 40 au soir.
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  • Les derniers témoins des combats de mai 40 ont livré leurs souvenirs devant la caméra. Un film de 90 minutes est en préparation.

    BARTHÉLÉMY VIEILLOT a été mis en garde. « Oh vous savez, il ne reste plus grand monde, vous aurez du mal à retrouver des témoignages »…

    Finalement, ce monteur de métier ayant réalisé des documentaires pour Arte ou France 2, a déjà réussi à filmer une petite quinzaine d’interviews.

    Après trois ans de recherche en France, en Belgique et en Allemagne, il vient de planter sa caméra dans le secteur des Crêtes pré-ardennaises. Le théâtre des combats du 10 au 17 mai 40, sept nuits et sept jours décisifs de la campagne de France plus communément appelée « La percée de Sedan ».

    Pourquoi a-t-il choisi d’y braquer ses projecteurs ? D’abord parce que son oncle faisait partie des Spahis de La Horgne. Il y a quatre ans, il se rend sur place. L’état de santé de son aïeul ne lui permet pas de l’accompagner. L’ancien combattant n’aura plus l’occasion de fouler - de nouveau - la terre ardennaise, mais Barthélemy Vieillot, originaire des Vosges, reste marqué par ses récits.

    « La souffrance est toujours là »

    En se documentant, ce passionné d’histoire découvre que derrière le célèbre épisode de la Horgne, se dissimule une enfilade de combats difficiles, tout aussi marquants mais restés plus confidentiels. Des combats menés villages après villages… Chémery, Bulson, Vendresse, La Horgne, Chagny, Bouvellemont, Poix-Terron, Mazerny, Montigny, Launois-sur-Vence, Faissault, etc., souvent par les mêmes hommes.

    Ces combattants « ont souffert de l’oubli », souvent accusés à tort de s’être « carapatés » devant l’ennemi, selon le réalisateur. Des hommes qu’on envoyait se sacrifier « pour l’honneur de la France », mais à qui l’Histoire a peu rendu hommage, leur préférant les récits de 44. « Qu’est-ce qui rappelle les combats de Faissault aujourd’hui ? Pourtant les Allemands s’y sont cassé les dents. »

    Ceux qui ont survécu à la défaite ont gardé le silence, pour beaucoup. Puis les prisonniers, de retour d’Allemagne des années après, ont fait de même. Les esprits étant à la fête, Libération oblige. « 70 ans après, la souffrance est toujours là » rapporte Barthélemy Vieillot, qui a réussi à faire raconter des souvenirs à nos anciens que même leurs enfants ne connaissent parfois pas.

    Comment ne pas regarder la campagne ardennaise différemment, nous, jeunes générations, en écoutant le récit d’un soldat, gisant blessé au milieu de ses camarades morts, contraint de boire la rosée le matin, et de manger des racines pour survivre…

    Si certains anciens de nos villages peinent à revenir sur ce mois de mai 1940, d’autres ont accueilli avec beaucoup d’émotion celui qui leur a tendu le micro. Le poids du passé semblant d’autant plus fort, qu’ils sont les derniers survivants de la génération de 40.

    Quelques mots d’une dame âgée de Bouvellemont illustre cette intensité. « J’espère que je serai encore là pour voir votre film… » Rendez-vous est donné, aux jeunes générations et aux anciens, au printemps prochain.

    Perrine GUILLET

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    Des images fortes

    Les témoignages des combattants seront mêlés à ceux des habitants de nos villages calcinés. Souvenirs civils et militaires locaux et faits historiques s’entremêleront dans ce documentaire tant attendu.

    Le travail iconographique accompli par Barthélemy Vieillot constituera également un élément important. Grâce à d’importantes recherches, le DVD restituera en effet des photos des rues de ces villages anéantis comme personne ne les a vus. Parfois même, des films très courts laissent percevoir les ruines fumantes…

    Des documents émanant des troupes allemandes ou sauvés par des habitants des Crêtes, comme cette mère qui a insisté pour évacuer avec l’album photo familial. Aujourd’hui, sa fille, alors enfant, a confié une partie de son trésor d’époque au réalisateur.

    Ce dernier a aussi disséqué les films de propagandes, allant jusqu’à visionner un passage 50 fois, pour réussir à savoir de quel village ardennais il s’agissait…

    Tous ceux qui disposent de documents pouvant intéresser le réalisateur sont invités à le joindre.

    Plus d’infos sur www.historik.fr. Contacts : Tél, 01.46.71.88.42 ou french.factory@yahoo.fr

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    Pour œuvrer à la mémoire collective

    Le projet a reçu le soutien d’associations locales telles que « Ardennes 1940 » mais aussi « le Burnous », amicale nationale des Spahis dont le monument se dresse dans le village de La Horgne en mémoire du fait héroïque qui opposa la 3e Brigade de Spahis à la 1re Division-Panzer le 15 mai 1940.

    Le réalisateur a par ailleurs sollicité les associations d’anciens combattants, mais aussi des acteurs ruraux comme l’ADMR pour tenter d’identifier des personnes âgées isolées, ayant un passé riche. Les élus locaux, comme Hilde Hénon, maire de Bouvellemont ont également œuvré pour favoriser l’émergence de témoignages.

    « J’ai distribué une note d’information dans les boîtes aux lettres », explique le maire, qui voit dans la démarche du réalisateur un excellent moyen de sensibiliser les jeunes générations.

    « Beaucoup de personnes m’ont demandé quand elles pourraient avoir ce DVD. Elles souhaitent le montrer à leurs petits-enfants parce qu’elles regrettent que ces derniers ne viennent même plus au monument aux morts. »

    Les mots sont chargés de sens, mais la jeune génération est davantage sensibilisée aux images, selon la première magistrate.

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    MONDEMENT – MONTMIRAIL : Armistice : La flamme du Souvenir brillera

    Les membres de Mondement 14, réunis pour mettre sur pied le programme.
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  • À l’occasion du 91e anniversaire de l’armistice, une délégation ira chercher la flamme du Souvenir à l’Arc de Triomphe.

    LA dernière réunion du conseil d’administration de l’association Mondement 14, à Sézanne dans l’ancien collège, sous la présidence de Michel Tellier, avait un ordre du jour important. Le président est revenu sur les différentes cérémonies qui ont eu lieu au mois de septembre avant de passer à celles qui auront lieu pour la commémoration de l’armistice du 11 novembre.

    Les commémorations auront un caractère très particulier cette année dans plusieurs communes du canton de Montmirail.

    C’est d’ailleurs la veille, le 10 novembre, qu’elles débuteront. Différentes délégations communales, d’anciens combattants mais également des enfants des écoles de Le Gault-Soigny et de Montmirail, se rendront à Paris pour prendre la flamme sur la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe afin de la ramener dans la Marne. Tous assisteront également au ravivage de celle-ci qui a lieu tous les jours à 18 h 30. Auparavant, une visite des Invalides, de la cour d’honneur et de la crypte, est prévue.

    Le 11 novembre, des cérémonies auront lieu, avec la flamme du souvenir, le matin à Montmirail et l’après-midi à Charleville et Le Gault avec la flamme prise la veille dans la capitale. De nombreuses autorités militaires et civiles, détachements militaires, fanfares, seront présents aux différentes manifestations et la population est invitée à assister massivement.

    Il s’est agi pour l’association Mondement 14 de planifier cette sortie à Paris, plus de 150 personnes faisant le déplacement, adultes et enfants compris.

    Le président a poursuivi la réunion en présentant un exemple de nouvelle médaille de l’association qui pourra être frappée et il y a eu un compte rendu d’un voyage en Angleterre organisé dernièrement.

    Tout le programme

    Voici le programme du 11-Novembre dans les trois communes porteuses de la flamme du Souvenir :

    le matin à Montmirail, à 9 heures, messe en l’église Saint-Etienne.

    À partir de 10 h 15, dépôts de gerbe au cimetière militaire, au monument aux morts cantonal, à la stèle des Saint-Cyriens, au monument aux morts de l’Echelle-le-Franc et à celui de Courbetaux.

    À 15 heures, dépôts de gerbe au monument aux morts et au monument du colonel Perez à Charleville.

    À 16 heures, dépôts de gerbe devant les plaques commémoratives sous le porche de l’église et sur la tombe des frères Bichet au cimetière de Le Gault-Soigny.

    À 16 h 45, allocutions et vin d’honneur à la salle des fêtes de du Gault.

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    Union091106c - Marne

    LA VEUVE : La Grande Guerre expliquée aux élèves

    Les élèves ont découvert les conditions de vie des soldats et de leurs familles pendant la Première Guerre mondiale.
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    Les 26 élèves de la classe de CE2-CM1, accompagnés de Mme Siron, leur institutrice, sont venus découvrir les panneaux représentant la vie des soldats au cours de la guerre de 1914/1918.

    Jean-Daniel Courot, directeur départemental de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre, accompagné de son adjoint, Eric Rochette, a expliqué aux élèves la vie des soldats et de leurs familles au cours des quatre années de ce terrible conflit.

    Les enfants ont été très attentifs aux explications et ont posé beaucoup de questions.

    A noter que Jean-Daniel Courot a également pour mission aux veuves et pupilles de Harkis ainsi qu’aux victimes d’attentats.

     

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    AY : Avec la MJC : De nouveaux spectacles

    Un chanteur dans la tranchée.
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    La MJC intercommunale d’Aÿ, propose ce vendredi 6 novembre,à 19 heures dans la salle des fêtes de Nanteuil-la-Forêt, une conférence musicale interprétée par Jean Perciot : « Le chant du poilu », ou la Grande Guerre en chansons.

    Les chansons sélectionnées racontent, tel un documentaire, la période de la Grande Guerre ; elles disent la révolte, l’humanisme, la propagande, le désespoir, la liesse. A la veille de l’anniversaire de l’Armistice du 11-Novembre1918, c’est un spectacle à voir.

    Dans un autre registre, la salle Sabine-Sani à la MJC accueillera, les mardi 10 et vendredi 13 novembre à 19 heures, du théâtre d’objets avec la dernière création de la compagnie de la boite noire : « Marcovaldo » d’Italo Calvino. Tout comme Charlie Chaplin ou Jacques Tati ont su le faire, Italo Calvino a l’art de raconter la vie d’un homme ordinaire en décalage total avec son entourage.

     

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    Union091106a - Marne

    LES RIVIERES-HENRUEL : Exposition photos : Le patrimoine à l’honneur

    Le diaporama sera présenté par deux étudiantes.
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  • Raconter l’histoire d’un village en s’appuyant sur des photographies recopiées et agrandies, c’est ce qu’ont entrepris Guy Lefebvre et Patrick Champion depuis plusieurs années.

    Pour cette 12e édition, le facteur d’autrefois sera à l’honneur grâce à Claude Servettaz, ancien receveur des Postes.

    Quelques chants d’oiseaux seront entendus sur une initiative de Bernard Laigle de la Société mycologique rémoise, qui s’attardera également sur les champignons.

    Décidément très varié, le programme proposera à Bernard Parisse de représenter le musée de la tuile de Pargny-sur-Saulx tandis que Yannick Racapé tentera d’initier les écoliers ou de redonner envie aux anciens élèves de s’adonner à l’exercice d’écriture à la plume. « La récréation se déroulera au rythme de l’orgue de Barbarie », insiste l’artiste.

    La participation du Souvenir Français, qui présentera sa collection « Hommage aux résistants de la Deuxième Guerre mondiale dans l’arrondissement vitryat » complétera l’abondance des sujets abordés.

    « En fait, nous avons essayé de rappeler la plupart des thèmes traités au cours de ces 12 années. C’est ce qui explique une telle diversité », déclare Patrick Champion.

    En effet, les poèmes écrits en 2004 par les membres d’Evasions Poétiques seront, eux aussi, évoqués au même titre que les quelque 800 clichés de Guy Lefebvre.

    Pour mettre cette exposition en place, deux étudiantes du lycée François-1er se sont portées volontaires.

    Cette action viendra étayer la préparation de leur BTS d’assistance de gestion en PME/PMI.

    Aux côtés des organisateurs, Audrey et Perrine sont déjà prêtes à partager le fruit de leur travail en donnant rendez-vous le mercredi 11 novembre à 14 heures à la salle des fêtes.

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    Union091105b - Marne

    PONTFAVERGER : Guerre 14-18 : Les restes d’un soldat allemand mis au jour

    Une fois encore, la terre de Champagne a livré les restes d’un soldat tombé pendant la Première Guerre mondiale.

    La découverte a été effectuée hier après-midi lors de travaux de restauration d’un bâtiment sur un champ de tir du terrain militaire de Pontfaverger-Moronvilliers.

    Plusieurs ossements éparpillés ont été mis au jour. Seule une botte a été retrouvée près de la dépouille. Elle a permis d’établir qu’il s’agissait d’un soldat allemand.

    Conformément aux usages, les honneurs militaires lui ont été rendus lors d’une petite cérémonie sur site, puis les restes ont été transférés au service des anciens combattants et victimes de guerres basé à Metz. Ils seront déposés dans un ossuaire.

    En mars dernier, le squelette d’un autre soldat allemand avait été déterré dans l’enceinte du camp militaire de Suippes, lors du comblement d’une sape. Une vareuse avait permis d’attester de son origine.

    En avril et en juillet, ce sont les restes de deux Poilus qui ont été exhumés, le premier à l’occasion de travaux sur le terrain militaire de Pontfaverger, le second près de Cormicy à la suite de la chute d’un arbre (la dépouille se trouvait sous la souche).

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    Union091105a - Marne

    WITRY-LES-REIMS : Avec l’Escal à Witry-lès-Reims : Afrique et colonialisme sur grand écran

    Un film pour un autre regard sur la colonisation.
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  • L’Escal propose le film « Le petit blanc à la caméra rouge » de Richard Hamon, demain vendredi 6 novembre, à 20 h 30.

    Tourné en Afrique de l’Ouest en 1949 par un très jeune homme à peine sorti d’une école de cinéma, censuré en France de 1950 à 1990, « Afrique 50 » est, dans l’histoire du cinéma français, le premier film ouvertement anticolonialiste.

    Cette attaque en règle de la politique africaine de la France fut un brûlot, que le gouvernement français tenta d’étouffer par tous les moyens.

    C’est aussi le premier film de René Vautier qui réalisera en 1971, « Avoir vingt ans dans les Aurès », une autre œuvre emblématique de la représentation de la politique française en Afrique.

    En retraçant les pérégrinations de son réalisateur entre l’Afrique et la France, en re-situant « Afrique 50 » dans le contexte historique et politique des années d’après-guerre, « Le Petit Blanc à la caméra rouge » propose de (re)découvrir ce film en noir et blanc de 17 minutes. La projection sera suivie d’un échange autour d’un verre.

    Entrée 1 euro, verre de l’amitié compris.

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    Union091104a - Marne

    REIMS : Il y a un an, une stèle

    À l’occasion du 90e anniversaire de l’Armistice, la municipalité de Reims à l’initiative de l’un de ses adjoints, Jacques Cohen, a inauguré une stèle à l’angle de la rue du lieutenant-Herduin et de la rue Gambetta à la mémoire d’Henri Herduin et de Pierre Millant en présence des porte-drapeaux et des autorités civiles et militaires.

    Une manière aussi de ne pas oublier en ce temps du souvenir un abus de droit inqualifiable de la part de la hiérarchie militaire, de saluer le combat de sa veuve et de la Ligue des droits de l’Homme.

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    Union091103e - Marne

    MARSON

    La communauté de communes du Mont de Noix présidée par Marie Ancellin, qui regroupe sept villages dans le canton de Marson, s’était distinguée l’année dernière en organisant une cérémonie commune pour célébrer le 11-Novembre.

    Elle récidive en cette année du 91eme anniversaire de l’Armistice et c’est à La Francheville, autour du monument aux morts, qu’aura lieu le jour dit à 11 heures ce temps du souvenir.

    Les enfants du pôle scolaire « Arc-en-ciel » accompagnés de leurs maîtres y participeront et chanteront la Marseillaise.

    Un piquet d’honneur venant de la 1ère compagnie de commandement et de transmissions rattachée à la 1ère brigade mécanisée de Châlons-en-Champagne sera également présent à ce rendez-vous du souvenir auquel sont conviées les populations des différentes communes.

    « Ce moment de recueillement en mémoire des victimes militaires et civiles de la Grande Guerre est très important et relève du devoir d’histoire auquel nous sommes tous attachés » relève Michel Le Dren, adjoint au maire de Marson.

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    Union091103d - Marne

    TINQUEUX : 1er et 11-Novembre : Pour ne pas les oublier

    La petite Kyra Neveux et les membres du comité des anciens combattants ont fleuri 11 tombes à l’ancien cimetière communal.
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    Comme c’est la tradition, le 1er novembre, le président Gilles Richard et les membres du comité des anciens combattants et victimes de guerre de Tinqueux, en présence de Lucienne Becker, adjoint au maire aux cérémonies et d’Arnaud Robinet, député de la Marne ont déposé des chrysanthèmes au monument aux morts en hommage aux enfants de Tinqueux morts pour la France et sur les sépultures des soldats de la guerre 14-18 tombés sur le sol de la commune.

    Un parcours de mémoire effectué par les élèves du lycée Croix-Cordier leur a permis de retrouver 11 sépultures de soldats, de les rénover avec l’aide des ateliers de la commune.

    Un geste de mémoire d’une grande sobriété, mais à l’honneur des participants qui s’associeront également dans quelques jours aux cérémonies du souvenir du 11-Novembre qui se dérouleront à 10 heures devant le monument aux morts de Tinqueux.

     

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    Union091103c - Marne

    CHALONS : Seconde Guerre mondiale : Marne Memory 44 : montrer pour raconter

    Le président Lemaire, son bureau, et Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants.
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  • Créée il y a deux ans, l’association Marne Memory 44 a pour devise « Pour que le devoir continue ». Elle est constituée de 15 membres, tous passionnés d’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Elle fait le point de ses activités lors de son assemblée générale à la Maison du combattant, sous la houlette de son président Frédéric Lemaire. Perpétuer la mémoire et organiser des spectacles vivants, redonner vie à des véhicules de légende de la Seconde Guerre mondiale…

    Dix véhicules d’époque

    Les objectifs sont nombreux pour toute une équipe d’hommes et de femmes qui n’ont de cesse de communiquer avec le grand public. Internet, l’outil par excellence, permet à l’association d’évoluer et de faire connaître ses projets au travers de contacts permanents avec le monde entier. Les contacts sont aussi permanents avec les médias et les revues spécialisées.

    Marne Memory 44 gère désormais un parc de 10 véhicules d’époque, en partenariat avec l’association des anciens combattants et victimes de guerre qui a donné au début son feu vert pour stocker, réparer et rénover des véhicules désormais mis à l’abri des intempéries et des regards dans des hangars avec l’aide de la municipalité châlonnaise.

    Les manifestations, les sorties du matériel devant le grand public, lors de commémorations, sont nombreuses : ce fut le cas lors de l’anniversaire de la libération de Châlons le 29 août dernier ou encore à Bastogne (Belgique) en décembre 2008, l’opération War Of Marne 2009 à Coolus en mai durant trois jours qui connut un grand succès lors de la présentation d’un camp « alliés », le « Printemps du Jazz » en avril à l’initiative de la municipalité, Normandie en juin 2009, Haucourt en août 2009 et la célèbre bourse militaria à Coolus en octobre 2008. Autant d’actions qui ont fait l’unanimité auprès du grand public.

    La prochaine bourse aux armes aura d’ailleurs lieu à Coolus le dimanche 15 novembre à partir de 9 heures.

    Adresse Internet : www.marnememory44. e-monsite.com

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    Union091103b - Marne

    SAINT-GERMAIN-LA-VILLE : « Le Front invisible » en exposition

    La salle des fêtes de Saint-Germain-la-Ville accueillera prochainement l’exposition « Le front invisible » réalisée par les Archives départementales de la Marne et le service des affaires culturelles.

    « Le front invisible » fait partie des sept expositions itinérantes proposées depuis 2004 par le programme « Marne, Pays d’histoire » du conseil général de la Marne.

    Création et camouflage

    Elle sera visible au public demain mercredi 4 novembre de 17 à 19 heures, et les 7 et 8 et 11 novembre de 15 à 19 heures. L’entrée est libre.

    Elle présentera la Grande Guerre à travers la création artistique qui en a découlé dans les tranchées notamment : dessin, peinture, sculpture, artisanat… autant de petits gestes et de moyens pour les combattants de se sortir pour un moment de l’horreur de leur quotidien, mais aussi un autre aspect plus méconnu de cette création qui se met aussi au service de l’armée : le camouflage.

    Le département de la Marne accueillera des ateliers de camouflage à Châlons-en-Champagne, Epernay, Baye…

    Cette évocation du fait culturel sera complétée par un travail des enfants de CE2 du pôle scolaire de Vésigneul-sur-Marne sur le thème du monument aux morts comme lieu de mémoire, ainsi que par les recherches de M. Deludet sur les Poilus de Saint-Germain-la-Ville et quelques objets de sa collection : objets personnels de toilette, d’écriture, d’art des Poilus.

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    Union091103a - Marne

    WARMERIVILLE : Le temps du petit train à vapeur : N’oubliez pas la chapelle Saint-Druon

    La gare a accueilli des voyageurs jusque vers 1936. À l’époque, la ligne disposait de deux voies.
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  • Aujourd’hui, Warmeriville recèle encore une gare et une ligne de chemin de fer.

    Mais cette dernière ne sert plus aux voyageurs : la démocratisation de la voiture est passée par là. « De nos jours, celle ligne est juste utilisée pour le transport de marchandises, plusieurs fois dans la semaine », indique le maire.

    Fini le temps, donc, où le voyageur pouvait venir de Reims jusqu’à Warmo en train, via Bazancourt ; et à partir de là, il pouvait prolonger en direction de Saint-Masmes et Pontfaverger. Cela a duré de 1865 jusqu’entre les deux guerres mondiales. La mairie conserve le souvenir du petit train à vapeur d’alors, sur une grande reproduction de carte postale de l’époque.

    Chambres d’hôtes

    Et si aujourd’hui, la gare elle-même est toujours là, toute pimpante et comme neuve, les voyageurs qui y arrivent ne descendent plus du train, mais de leur voiture : Nicole Leduc et Christian Lacroix l’ont en effet reconvertie en pittoresques chambres d’hôtes.

    « Il s’agit de la gare reconstruite après la Première Guerre, précise Mme Leduc. La gare originelle, elle, construite vers 1872, avait été détruite par l’occupant. À l’origine, la ligne de chemin de fer fonctionnait avec deux voies, mais pendant la guerre de 40, les Allemands ont déferré la deuxième pour la réinstaller sur leur front russe. »

    On voit que Warmeriville garde encore quelques stigmates de la grande Histoire…

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    Union091102a - Marne

    CHALONS : Cérémonies de la Toussaint : Grogne et recueillement

    Une manifestation entre mécontentement et mercis.
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  • « Aujourd’hui, nos associations de Rapatriés dénoncent le manque réel de volonté du gouvernement français d’assurer, avec les autorités algériennes, la sauvegarde des cimetières, chrétiens et juifs, civils et militaires… Nos morts ne sont plus respectés. »

    Hier en fin de matinée, au cimetière du Sud, si Jean Arbasset, délégué de la fédération nationale des Rapatriés Marne, a regretté le manque d’implication de l’État dans l’entretien des tombes, il a tout de même remercié ceux qui, il y a quarante ans, on fait en sorte que les Rapatriés puissent s’incliner devant leur stèle.

    Au carré militaire du cimetière de l’Est une demi-heure auparavant, Christian Michel, au nom du Souvenir français, avait souligné le travail des membres de l’association pour que, chaque année, le pèlerinage parmi les dernières demeures des combattants soit nettoyé et fleuri. Une double manifestation de la Toussaint que Serge Helleringer, conseiller municipal délégué aux fêtes et cérémonies patriotiques, a suivi de bout en bout.

    F.M.

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    Union091101b - Marne

    CHALONS : La flamme arrivera ce soir à Verdun : Sacré souvenir…

    Autorités civiles et militaires, jeunesse aussi, au pied de la flamme sacrée.
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  • « Mes deux grands-pères se sont battus ici et sont morts dans les environs. Je ne sais pas où… Tout mon être vibre de l’espoir de retrouver leur trace… ». S’il devait absolument y avoir une raison de convaincre les dubitatifs quant à l’intérêt du devoir de mémoire d’une part et des cérémonies commémoratives d’autre part, peut-être pourrait-on commencer par s’incliner devant le fol espoir de cette dame originaire du Kasaï (ancien Congo Belge) dont les aïeux ont offert à la France le sacrifice suprême. Aujourd’hui bragarde, Princesse Pita-Aubry-Canciet a rejoint ceux du comité de la Voie sacrée et de la Voie de la liberté, comité qui entretient depuis 1923 la flamme du souvenir, de l’Arc de Triomphe jusqu’à Verdun. Princesse faisait donc partie hier à 9 heures, de l’ensemble de la délégation de sportifs qui s’est arrêtée au monument aux morts, devant un parterre d’autorités civiles et militaires.

    C’est Maurice Michelet, président du comité, qui a présidé le passage de cette flamme au pied du monument. Après un dépôt de gerbe où la jeunesse avait été conviée, après la minute de silence en hommage aux morts, c’est à l’unisson ensuite que la cinquantaine de personnes présentes ont entonné a cappella l’hymne national, chant initié par les membres du comité. Il s’agissait ensuite de reprendre la route par la Voie sacrée jusqu’à Verdun où la flamme achèvera ce soir son périple. Cette Voie sacrée empruntée par deux millions de combattants s’en allant au front de la première guerre mondiale et dont énormément ne revinrent pas…

    F.M.

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    Union091101a - Marne

    HISTOIRE : Munich : Hitler échappe à un attentat

    Alors que les rumeurs d’une attaque imminente à l’Ouest ne désenflent pas, la propagande nazie soigne la commémoration des événements qui ont marqué l’ascension du parti. Même les étapes qui ont été un échec sont fêtées pour mieux montrer au peuple allemand la détermination des militants à reconstituer le grand Reich et à en faire la puissance dominante de l’Europe. C’est la raison pour laquelle le 8 novembre 1939, une réunion rassemblant les figures historiques du régime et leurs plus proches collaborateurs est organisée à la brasserie Buergerbräukeller pour se souvenir du pustsh manqué de 1923. Hitler y prononce un discours destiné à stimuler les troupes et à convaincre ceux qui sont encore hésitants d’appuyer totalement toutes les initiatives de son gouvernement pour rendre à l’Allemagne sa vraie place dans la communauté internationale. Contrairement à son habitude, le führer ne pratique pas de digressions pour enrichir son discours et enflammer son auditoire. Il va à l’essentiel au point que sa concision surprend. Dès qu’il a achevé son intervention, Hitler quitte immédiatement la brasserie pour rejoindre la gare et reprendre le train pour Berlin.

    Douze minutes après son départ, une puissante explosion ravage l’établissement. Une bombe dissimulée derrière l’un des piliers de la tribune provoque l’effondrement de tout l’espace de prise de parole. Les secours alertés convergent sur les lieux tandis que le führer est informé du drame. Les sauveteurs sortent des décombres sept morts et portent les premiers soins à soixante-trois blessés dont plusieurs grièvement. Hitler horrifié par la tragédie n’en conserve pas moins son cynisme et déclare à ses proches : « Je suis indemne, c’est la preuve que la providence me soutient ». Son entourage est convaincu qu’il existe des ennemis de l’intérieur et des groupes extérieurs organisés renseignés par des individus qui ne partagent pas le bellicisme conquérant du führer. Des représailles sont ordonnées dans les heures qui suivent et visent les cercles jugés hostiles au nazisme. Des arrestations ont lieu chez les francs-maçons, les juifs et les nazis hostiles à leur chef.

    La version officielle est un peu différente. Un communiqué annonce l’interpellation et le placement en détention de Georges Elser, un artisan menuisier proche des communistes. Les agents de Goebbels, le maître de la propagande nazie décrivent son arrestation à la frontière suisse en possession des plans détaillés de la brasserie de Munich. Il aurait reconnu au cours de ses interrogatoires par la gestapo être l’auteur de l’attentat. Cette propension à donner autant de détails dissimule en réalité les préoccupations de ceux chargés de la sécurité d’Hitler. D’autant que les informations recueillies par les Alliés convergent et démontrent que le nommé Elser était déjà détenu dans un camp de concentration au moment des faits. Bref, si Elser a été mandaté pour commettre cet acte, c’est que la SS en a la paternité et que le drame a été orchestré avec la bénédiction du führer pour : « redorer son blason ». Une hypothèse qui n’est pas dénouée de logique puisque les nazis ont déjà utilisé cette pratique avec l’incendie commandité du Reichstag. Néanmoins, ils cherchent à accuser l’étranger et à monter un scénario aussi grossier qu’irréaliste. Est-ce la raison de l’enlèvement de deux agents de renseignements britanniques qui sont transférés en Allemagne ? Le major Richard Stevens et le capitaine S. Payne Best qui rencontrent depuis plusieurs semaines dans une petite ville de Venlo à la frontière de la Hollande, le major Richard Schaemmle, un officier allemand tombent dans un guet-apens. Les deux officiers anglais pensent avoir identifié les acteurs d’un complot contre le führer. Et on leur propose de rencontrer les chefs de la conjuration afin de préparer conjointement une information pour le service en langue allemande de la BBC. Il s’agit d’un piège. Leur contact est un agent de Reinhard Heydrich, chef de la police de sécurité du Reich, qui n’est autre que Walter Schellenberg. Le but recherché est de faire accuser Stevens et Payne Best d’avoir voulu la mort violente du führer. Dans le premier cercle d’Hitler, on est convaincu que des informations de la première importance sont transmises aux Alliés. De fait l’attaché militaire hollandais à Berlin, Jacob Sas, a tissé un réseau lui garantissant de solides informations. Et ce sont des agents de l’Abwehr qui l’alimentent de renseignements de première main. C’est encore cet officier qui dans le même temps informe sa chancellerie que l’avocat nazi Hans Franck qui a été nommé à la tête du gouvernement de Varsovie a résumé ainsi sa mission : « Les Polonais doivent devenir les esclaves du grand Reich allemand ». Déjà ordre est donné d’obliger les Juifs âgés de 14 à 60 ans à travailler pour les projets du Reich et de les regrouper dans des zones à part. On pense qu’il est aussi le fournisseur des renseignements comme quoi, à l’occasion du vingtième anniversaire de la naissance de la Tchécoslovaquie, des manifestations d’étudiants à Prague ont été sévèrement réprimées par les blindés allemands. Trois mille cinq cent arrestations auraient été effectuées par la gestapo.

    Hervé Chabaud

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    HISTOIRE : L’aveuglement belge

    Hitler se moque de la défense belge et lorsqu’il aura défait les armées de Léopold III, il se fera photographier avec des officiers parachutistes à Emel pour le faire savoir.
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  • Les perspectives d’une invasion possible de la Belgique et de la Hollande par la Wehrmacht contraignent le Général Gamelin à convoquer au PC du Grand quartier général à La Ferté-sous-Jouarre une réunion de crise. Si l’Allemagne attaque, la décision est prise de porter le front allié sur une ligne Anvers-Louvain-Wavre-Namur sans envisager quels seraient les moyens employés par l’adversaire pour assurer sa progression et consolider sa conquête. Encore ce choix est-il très théorique puisque, depuis 1936, il n’y a pas eu de conversations sérieuses avec les Belges sur les questions de défense. En outre, le Britannique Ironside apporte un bémol rappelant que les bombardiers lourds de la RAF sont efficaces pour frapper les complexes industriels et les bases militaires de l’ennemi mais inemployables pour attaquer des troupes au sol. Gamelin est suspecté par Londres de vouloir établir à tout prix et dans la précipitation un plan dont l’application n’est pas crédible. Le généralissime imagine une bataille de rencontre engagée dans les pires conditions et par conséquent imprévisible dans ses conséquences. Pour renouer les contacts avec les Belges, Gamelin choisit le général Giraud commandant la VIIe armée qui est destiné à concourir aux opérations fléchées en Belgique. L’objectif recherché est d’obtenir du roi Léopold III l’assouplissement de la neutralité de son pays. Or le souverain tient au strict respect de cette neutralité tant il craint Hitler et surtout l’invasion des Panzers. Giraud dont le sens politique n’est pas la première des qualités est-il la personnalité idéale pour conduire cette mission ? En outre, dans un entretien avec le général Georges, Churchill est estomaqué par les certitudes de l’officier français persuadé que les dix-huit divisions belges sont : « supérieures aux grandes unités allemandes les moins bien équipées ». Le leader conservateur est convaincu que la Wehrmacht est prête à lancer dans la bataille des unités homogènes et suréquipées pour emporter la décision dès les premières heures de combat.

    Silence à l’égard du gouvernement de La Haye

    L’afflux d’informations concordantes sur l’imminence d’une frappe du Reich conduit le roi des Belges à rencontrer la reine Wilhelmine à La Haye, le 8 novembre, le jour même où un attentat est perpétré contre Hitler à Munich (lire ci-contre). Bruxelles décide de concentrer l’essentiel de ses moyens sur la frontière nord-est de manière à conforter un pôle défensif sur le canal Albert. Le choix du gouvernement irrite Léopold III qui réplique : « Je m’oppose aux manœuvres d’intimidation soutenues par de grands déploiements de forces ».

    Le propos du monarque est déconnecté de la réalité puisque les divisions allemandes concentrées à la frontière belge et les avions répartis avec beaucoup de cohérence sur 150 terrains ne sont pas là pour stresser les souverains du Benelux mais pour envahir leurs pays dès qu’ils obtiendront le feu vert de Berlin. Difficile dans ces circonstances pour les alliés d’envisager une entrée sur le territoire belge en ignorant tout des choix stratégiques et tactiques de l’armée de ce pays. Bruxelles est tout aussi silencieux à l’égard du gouvernement de La Haye dont l’optimisme surprend. Les dirigeants hollandais sont certains que leur pays sera préservé d’un nouveau drame comme en 1914. Dans le cas contraire, ils n’espèrent pas pouvoir résister plus de dix jours.

    Les Britanniques comme les Français insistent sur le besoin d’entretiens militaires. Londres choisit le colonel Blake, son attaché militaire à Bruxelles, pour dire au chef d’état-major belge ce que ferait son pays en cas d’appel au secours de la Belgique. Le général Van Overstraeten accepte la rencontre mais il s’oppose à un échange tripartite avec la présence des Français au prétexte que le roi y est défavorable. Ce qui ne l’empêche pas de dépêcher le colonel Delvoie à Vincennes chez Gamelin ! Et l’officier belge d’interroger : « Si la Belgique fait appel à la France et à la Grande-Bretagne, avec quelles forces pourrait-elle compter être soutenue sur le canal Albert en quarante-huit heures puis dans les quatre jours ? ». Gamelin plaide pour un appui avec des troupes déjà présentes sur le territoire belge et déclare que dans le cas contraire, l’efficacité de l’assistance est très incertaine. Le généralissime redit que les Alliés ne franchiront pas la frontière : « si la Belgique ne fait pas clairement appel à eux ». Le discours français est néanmoins incohérent. Alors qu’il justifie la lenteur de la pénétration des alliés en Belgique en raison de la puissance de la Wehrmacht et de la force de la Luftwaffe, Gamelin prédit qu’ils iront le plus loin possible et cite Anvers ainsi que le Sud des Pays-Bas. Le généralissime n’envisage à aucun moment l’inégalité entre l’aviation alliée et celle de Goering. Pourtant Ironside a expliqué les limites de l’efficacité des bombardiers de la RAF et surtout leur inutilité dans l’attaque de troupes au sol. Dans le même temps, Chamberlain mandate auprès de Léopold III, un ami personnel de la famille royale belge, l’amiral sir Roger Keyes. Cela ne sert à rien puisque le souverain se dit convaincu que la guerre va s’achever rapidement par un compromis entre l’Allemagne et les Alliés. Péremptoire il déclare : « Je n’entends pas autoriser les conversations militaires au fond ». L’attitude du roi désespère Londres comme Paris mais il est patent que Léopold est très mal à l’aise. Il doit concilier les Flamands plus germanophiles que neutralistes avec des Wallons très francophiles tandis que les arguments de partition du pays ne sont pas remisés au placard malgré l’hypertension diplomatique qui règne en Europe.

    Le bilan décevant témoigne aussi du manque de fermeté des Alliés à l’égard de la Belgique. Ils n’ont jamais exigé le plan de défense belge pour adapter leur appui ni réclamé un haut commandement unifié opérationnel dès l’attaque des troupes du Reich. Ils n’ont jamais mis le marché en main ni avertit qu’en cas de refus, il faudrait se passer de l’aide franco-britannique. Même si Hitler accepte sur la pression de ses chefs militaires de reporter l’attaque programmée initialement le 12 novembre, le dossier belge n’est pas réglé ce qui met en péril toute la défense des pays d’Europe de l’Ouest sous la menace d’une prise de contrôle ordonné par le pouvoir nazi.

    H.C.

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    Union091031a - Marne

    REIMS : Mémoire de la Déportation : Une visite émouvante à Compiègne

    A l’initiative des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, une cinquantaine de Rémois et Rémoises ont participé au voyage de mémoire le samedi 24 octobre.

    Cette année, il se centrait sur le Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Royallieu, inauguré en février 2008. C’était aussi l’occasion de se replonger dans l’atmosphère du château royal de Compiègne aux XVIIIe et XIXe siècles et d’admirer une exposition temporaire sur « Les tables d’Eugénie ».

    Avant de se rendre dans l’ancien camp, la présidente avait prévu de déposer une gerbe à la mémoire des internés et des déportés partis de Compiègne. Les élus, représentants la Ville de Compiègne, ont réservé aux Rémois un accueil chaleureux et préparé une émouvante cérémonie particulièrement appréciée des participants.

    A Rethondes aussi

    L’émotion était également palpable lorsque l’on retrouvait sur le « Mur des Noms » la trace d’un parent ou d’un ami disparu dans les camps.

    Dans les baraques conservées, la compréhension et la dénonciation du système de répression nazi étaient intelligemment rappelées selon les techniques muséographiques modernes. La vue du tunnel qui a permis plusieurs évasions était impressionnante également.

    Dernière étape de ce voyage, la visite du wagon de la clairière de Rethondes, visite incontournable dans ces lieux chargés d’Histoire.

    Notons que pour l’an prochain, le voyage de Mémoire de l’AFMD 51 est déjà programmé : ce sera le Mémorial du Général De Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises. Renseignements au 03.26.61.52.16.

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    Union091029d - Marne

    REIMS : Commémoration : Nuit de cristal : c’était le 9 novembre 1938

    A l’occasion de la journée internationale de lutte contre le fascisme et l’antisémitisme le lundi 9 novembre, une cérémonie sera organisée à Reims par des associations (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme, la Ligue des Droits de l’Homme, United, ARCR, le Collectif de lutte antifasciste, Homozygote) avec la Ville de Reims pour commémorer la Nuit de cristal. Cette commémoration a pour but de perpétuer la mémoire mais aussi de rappeler aux Rémois la nécessité de vigilance.

    Rappel historique : profitant de l’assassinat du conseiller de l’ambassade d’Allemagne par un juif polonais, Goebbels dénonce un « complot juif » contre l’Allemagne et jette ses militants dans les rues. Dans la soirée du 9 novembre 1938, ceux-ci s’en prennent aux synagogues et aux locaux des organisations israélites, ainsi qu’aux magasins et aux biens des particuliers. Près d’une centaine de personnes sont tuées à l’occasion de ce gigantesque pogrom. Une centaine de synagogues sont brûlées et 7.500 magasins sont pillés.

    Avec un certain cynisme, les nazis donneront à ces premières violences antisémites planifiées en Allemagne le nom poétique de « Nuit de Cristal », en référence aux vitrines et à la vaisselle brisées cette nuit-là.

    La cérémonie se tiendra le lundi 9 novembre à partir de 18 heures au Square des Victimes de la Gestapo : prise de parole des institutionnels, discours unitaire des organisateurs, cercle de silence, intervention de Slam tribu.

    Exposition

    A noter aussi que du 7 au 16 novembre dans le hall de l’hôtel de ville, se tiendra l’exposition « Nuit de Cristal » du Mémorial de la Shoah. De 8 à 19 heures.

    Samedi 7 novembre à 17 heures pour l’inauguration officielle, des comédiens du Théâtre à Pattes liront des poèmes extraits de « Les voix toujours présentes ».

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    REIMS : Reddition : une date qui gêne ?

    Laurent Paillard nous adresse un courriel à propos du musée et de la date de la reddition allemande de 1945 :

    « Je suis scandalisé que les médias s’acharnent à nous donner 1 8 mai comme date de la signature ! Ça gêne que ce soit à Reims le 7 mai ? Pourtant, moi, j’y étais au collège technique, en tant qu’interne externé (qui désignait les élèves hébergés chez l’habitant), la partie centrale était réquisitionnée pour le QG de l’armée. Je suis rentré ce jour-là à Soissons chez ma mère en stop sur un camion ! Si quelqu’un est un ancien aussi qu’il me contacte : lorpail@laposte.net. »

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    CHALONS : Flamme sacrée

    Le passage de la Flamme sacrée transférée de l’Arc de Triomphe au monument aux morts de Verdun aura lieu à 9 heures précises, lors d’une cérémonie au monument aux morts de Châlons, rue de Marne, devant la cathédrale Saint-Etienne, face à la poste) samedi 31 octobre. Un relais d’honneur est donc prévu quand la Flamme arrivera dans la ville de Châlons.

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    CHALONS : Souvenir français

    Dimanche 1 er novembre, à 11 heures, le comité de Châlons déposera une gerbe devant le mémorial érigé au cimetière de l’Est, à la mémoire des victimes militaires et civiles de toutes les guerres.

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    Union091028b - Marne

    CHALONS : Cimetière du sud : 40 ans pour la stèle

    La stèle fut inaugurée le 21 septembre 1969 au cimetière du sud.
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  • Chaque année à l’occasion de la Toussaint, elle est fleurie au cours d’une cérémonie simple et émouvante qui caractérise la douleur subie par les rapatriés.

    Elle symbolise également les morts laissés dans les cimetières abandonnés en Algérie, elle est devenue un lieu de pèlerinage et de recueillement. Elle, c’est la stèle érigée à la mémoire des morts d’AFN et d’Outre-Mer au cimetière du sud, stèle qui fut inaugurée le 21 septembre 1969 (notre photo) en présence de M. le Coz, secrétaire général de la préfecture, de Jean Degreave, député-maire de Châlons, du général Jubert, commandant la 63e division militaire au côté de Jean Arbassette, président du rassemblement régional des rapatriés.

    Les drapeaux des associations d’anciens combattants, toujours fidèles, formaient un demi-cercle autour de la stèle sculptée par l’artiste Roland Irolla qui vécut lui aussi là-bas. Le secrétaire général de la préfecture rappelait dans son allocution : « Le souvenir de ce cimetière de Champagne, lié à celui des autres morts qui sont tombés ici pour la France, morts d’AFN, d’OM, reposez en paix ! Ceux qui vous ont connus, vos frères, vos amis, vos compatriotes, ne vous oublieront pas ».

    A la mémoire des victimes civiles et militaires se tiendra une cérémonie commémorative, ce dimanche 1er novembre à 11 h 30.

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    Union091028a - Marne

    VITRY-LE-FRANCOIS : Souvenir français : Agir pour garder la mémoire

    Une nouvelle équipe a été élue : Gérald Gaillet président et secrétaire général ; André Protat vice-président ; Yvan Broussard trésorier ; Jean-Frédéric Allerat trésorier adjoint.
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  • En assemblée générale, le Souvenir français a évoqué le 65e anniversaire du 8 mai 1945, qui sera célébré à travers une grande expo.

    A l’occasion de l’assemblée générale du comité cantonal du Souvenir français, son président Gérald Gaillet a présenté les projets de son comité qui comprend 53 communes de l’arrondissement de Vitry.

    Ainsi pour le 65e anniversaire du 8 mai 1945, le comité prévoit une exposition de photographies de Vitry pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui pourrait avoir lieu du 4 au 25 mai 2010, dans le patio de l’hôtel de ville.

    Plusieurs centenaires seront fêtés, dont notamment celui de l’inauguration du monument du Souvenir français de Vitry-le-François, inauguré le 12 septembre 1909 (une cérémonie est prévue le dimanche 1er novembre) et du décès du lieutenant-colonel Henry Moll, au Fort Archambault, à Abéché au Tchad le 9 novembre 1910 (exposition fin 2010 début 2011 en lien avec le service culturel de la Ville de Vitry-le-François et plusieurs associations vitryates).

    Un voyage de mémoire aura lieu le vendredi 21 mai 2010 à Compiègne au camp de concentration et visite au wagon de Rethondes. Il est déjà possible de réserver sa place (25 euros pour les adultes et 3 euros pour les jeunes).

    Les manifestations ou actions sur Vitry seront nombreuses : quête annuelle au cimetière du midi les samedi 31 octobre et dimanche 1er novembre, de 9 à 17 heures ; dimanche 1er novembre dépôt de fleurs au monument du Souvenir français et sur les tombes du soldat André Colson, mort pour la France (tombe restaurée) ; Marc Lamort de Gail, décédé le 5 avril 2009 ; Étienne Paillard et abbé Léopold Nottin, otages lors de la première Bataille de la Marne ; Jules Delaunay, fondateur du comité vitryat du Souvenir français ; dépôt de fleurs à la chapelle Notre-Dame de Lourdes de la Nécropole nationale.

    Les 11 novembre et 8 mai, dépôt de fleurs sur les tombes de sept soldats du Commonwealth, à la Nécropole nationale, le 11 novembre, avec les élèves du collège de l’Immaculée Conception.

    Dépôt de fleurs le dimanche 20 juin 2010 au cimetière du Midi en souvenir des soldats lituaniens du Maquis des Chênes.

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    Les freins belges à une défense audacieuse

    A proximité de la frontière belge, des batteries d’artillerie, comme celle-ci, ont été disposées par les allemands.
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  • Depuis la mi-octobre, la fébrilité de l’état-major français est proportionnelle au temps perdu pour se prémunir des menaces d’attaques de l’ennemi. Lorsque le général Georges développe devant le généralissime Gamelin la crédibilité d’une offensive de l’armée allemande passant par la Belgique, force est de constater que l’armée française n’est pas prête pour une réplique immédiate. Personne ne croit plus que le führer retienne l’option d’un passage par la Suisse et le Jura pour envahir l’Hexagone. On semble prendre brutalement conscience que Paris ne se situe qu’à deux cents kilomètres de la frontière belge et qu’une guerre éclair employant de puissants moyens terrestres coordonnés à une aviation offensive peut conduire à un désastre. Il ne faut pas être un grand stratège pour identifier les talons d’Achille du système défensif français. Stoppée à Montmédy, la ligne Maginot peut être contournée sans grandes difficultés en optant pour l’infiltration par les plaines belges et les vallées de la Sambre et de l’Oise. Cette option est d’autant plus pertinente qu’elle permet l’usage d’un réseau routier abouti, facilitant la progression vers Paris d’unités mécanisées. Seulement, depuis la proclamation de la politique de neutralité, par le roi des Belges Léopold III et son gouvernement en octobre 1936, toutes les hypothèses de plans communs de défense ont été gelées et les circuits mutuels d’informations ont été fermés. Les attachés militaires britanniques et français n’obtiennent plus aucun renseignement confidentiel.

    Dans le même temps, l’armée belge néglige ses lignes défensives et ne renforce pas ses fortifications. Le roi et son commandant en chef le général Van Overstraeten considèrent que la neutralité est une protection absolue.

    Si les Français sont aussi préoccupés en cette fin octobre 1939, c’est qu’ils ont en mémoire le rapport du 13 avril 1937 du général Georges. S’adressant alors à Edouard Daladier qui est ministre de la Guerre dans le gouvernement Blum, il insiste sur l’exigence d’une action franco-belge pour s’opposer dans la cohérence à une offensive des troupes du Reich. Trois positions de défense ont alors été fléchées : une défense sur le canal Albert, un front dit d’Anvers prenant en compte la rivière Dyle et une résistance sur l’Escaut pour mieux protéger les villes françaises de Lille-Roubaix-Tourcoing. Ces trois cas de figure ne sont envisageables qu’avec l’existence : « d’un plan de défense concerté ». Comme rien ne se débloque, les stratèges français ont travaillé depuis sur des scénarii où le roi des Belges autoriserait l’entrée de l’armée française dans son pays. Rien ne garantit que cette solution soit privilégiée par le souverain et son gouvernement. Comme les informations manquent, les Français ne disposent pas d’informations pertinentes sur la capacité de résistance des troupes belges.

    Churchill ne relâche pas la pression

    Impossible aussi de parier sur une ouverture des frontières avant l’attaque des forces du Reich. Autant dire que parier sur l’échec d’une invasion de la Wehrmacht est très aventureux. Gamelin n’est pas chaud : « à une bataille de rencontre en Belgique avec la Wehrmacht ». Pour ne pas froisser Léopold III et pour ne pas stimuler la propagande allemande dénonçant l’irrespect de la Belgique par la France, Paris a ordonné de maintenir les troupes à une distance raisonnable de la frontière. La densité d’occupation des territoires frontaliers est allégée face à la Belgique au profit de la Lorraine, ce qui n’est sans doute pas le plus opportun même si une percée par le Luxembourg n’est pas impossible.

    La diplomatie britannique n’est pas plus convaincante à Bruxelles. Pourtant Londres voit d’un mauvais œil que l’Allemagne puisse prendre position en Belgique et contrôler le port d’Anvers depuis lequel, elle peut envisager le lancement d’une invasion de la Grande-Bretagne. Les Anglais n’ont pas oublié la Grande Guerre et le rôle joué par les sous-marins allemands basés à Zeebrugge et dans le canal de Bruges. Le gouvernement Chamberlain est préoccupé par les fins de non-recevoir du roi des Belges parce qu’il aimerait avec les Français tenir des positions sur une ligne courant d’Anvers en passant par Bruxelles jusqu’à Namur. Les efforts des diplomates du Royaume-Uni s’avèrent infructueux. Même l’adresse d’une lettre de Georges VI à son homologue belge est sans effet. Churchill ne relâche pas la pression. Le Premier lord de l’Amirauté réclame que la frontière française le long de la Belgique soit fortifiée nuit et jour et par tous les moyens. Il insiste sur les obstacles antichars, la disposition de champs de rails, l’établissement de fossés truffés de mines, la disposition astucieuse de batteries d’artillerie, la mise en place d’un dispositif défensif surarmé en profondeur. Churchill espère que la voie d’une diplomatie classique soit abandonnée au profit de pressions plus fermes. Si Clive, l’ambassadeur de Grande-Bretagne en Belgique appuie l’ouverture de négociations entre les états-majors britannique et belge, il essuie le refus du ministère belge au prétexte que les attachés militaires belge et hollandais à Berlin confirment d’une seule voix la volonté du Reich de respecter la neutralité déclarée des deux pays.

    Léopold III est dans le même temps très sévère avec le souverain britannique qu’il accuse de : « pousser le gouvernement de Bruxelles à agir de façon indigne ». L’un de ses amis anglais, l’amiral Robert Keyes assure : « Le roi des Belges est terrifié à l’idée d’être accusé d’avoir violé la neutralité de son pays et d’être envahi par les Allemands ». Dès lors rien d’étonnant à ce qu’il n’y ait aucun contact entre les Belges et les états-majors alliés. Churchill est alors de plus en plus convaincu qu’il sera nécessaire d’attendre l’offensive allemande sur des positions préparées à la frontière française. Le ministre britannique n’est pas rassuré : « La guerre moderne va vite. Nous ne sommes plus en 1914 et tous ces atermoiements sont un avantage indiscutable pour l’Allemagne hitlérienne ».

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    Le double jeu de l’Abwehr

    Le führer adore les bains de foule qui le galvanisent
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  • En participant à des défilés Hitler soutient les démonstrations de force de son armée.
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  • Organiser et entraîner des commandos de l’Abwehr chargés de porter des uniformes étrangers pour mieux s’emparer des points sensibles des pays sur le point d’être envahis, tel est l’un des objectifs d’Hitler. Il veut recenser des officiers et des sous-officiers maîtrisant parfaitement la langue du pays à infiltrer pour leur confier la prise de contrôles de bâtiments et de points de passage essentiels pour les troupes d’occupation. La Hollande et la Belgique sont les deux pays choisis pour développer cette pratique. Un bataillon spécial composé de cinq cents soldats se prépare à ces opérations ponctuelles. Il est même envisagé de parachuter un groupe paramilitaire sur La Haye pour capturer le gouvernement des Pays-Bas. Pour bénéficier des relais locaux indispensables au succès de ce plan, le Reich s’adresse aux organisations nazies de Hollande. C’est ainsi le führer obtient deux cents volontaires qui sont envoyés en Allemagne pour subir un entraînement militaire intensif.

    L’amiral Canaris exige que l’Abwehr se procure des uniformes hollandais et, si elle échoue, de les fabriquer. Un petit réseau d’espionnage est activé pour informer l’entourage d’Hitler de toutes les habitudes des principaux dirigeants des Pays-Bas. Dans le même temps, un travail identique est effectué en Belgique. Toutefois l’unanimité n’est pas au rendez-vous. Le colonel Hans Oster, l’un des adjoints de Canaris entreprend une tournée des généraux de la Wehrmacht afin qu’ils se mobilisent pour contraindre Hitler à renoncer. L’opposition s’organise mais la désignation du général von Brauchitsch pour prendre la tête de la contestation est un mauvais choix. L’officier est un bon stratège et un commandant respecté mais il n’est pas un orateur. Or pour être en mesure de contrer Hitler, il vaut mieux être un tribun maniant les idées et le verbe avec une facilité à même d’interpeller son interlocuteur, mieux de le déstabiliser dans ses certitudes. Bien sûr, Brauchitsch est coaché pour être à même d’exceller face au führer. L’audience est programmée le 5 novembre 1939 à midi. Besogneux, le général récite l’argumentaire qu’il a soigneusement répété mais cela se révèle insuffisant pour faire vaciller le chancelier. Hitler entre même dans une colère folle lorsque Brauchitsch soutient qu’en Pologne, les fantassins ont témoigné d’une moindre aptitude offensive qu’en 1914.

    Eructant contre des mensonges grossiers, il exige une liste précise des manquements constatés ainsi que les sanctions retenues pour punir : « les pleutres et les indisciplinés ». Alors que le général bafouille, Hitler met un terme à l’entretien en claquant la porte. Brauchitsch est livide d’autant qu’avant de partir, le führer hurlant s’en prend à l’esprit de faiblesse qui règne au sein du Grand quartier général. Pointant un index menaçant devant son interlocuteur il s’étrangle : « Je sais tout de l’esprit de Zossen, de l’étroitesse d’esprit de certains scribouillards qui se prennent pour de grands chefs. Le jour venu, ils répondront devant moi de leur petitesse et de leur bêtise ».

    Cette grosse colère est suffisante pour angoisser les cadres du GQG qui redoutent une opération « coup-de-poing » de la gestapo. La situation est suffisamment incertaine pour que le colonel Oster détruise les documents de cet embryon de conjuration.

    Toujours opposés aux choix d’Hitler, un groupe d’officiers dont plusieurs membres de l’Abwehr tentent de prendre contact avec des dirigeants alliés en passant par le Saint-Siège. Un avocat catholique munichois antinazi, Josef Muller qui défend l’église contre toutes les tracasseries foncières opérées par une administration soumise aux pressions politiques est sollicité pour informer Pie XII. Il approche pour ce faire Mgr Micara qui est le nonce apostolique en résidence à Bruxelles. Il s’agit d’informer en amont de la date d’attaque des troupes allemandes. Une démarche équivalente est entreprise en Hollande par l’intermédiaire de l’attaché militaire des Pays-Bas à Berlin, le major Sas. L’épouse de ce dernier réside toujours à La Haye aussi emploie-t-il un langage convenu pour lui donner des informations qu’elle s’empresse de transmettre au gouvernement qui peut ainsi croiser ces données avec des renseignements communiqués par le cabinet britannique. Le major Sas entretient aussi des rapports privilégiés avec le vicomte Jacques Davignon, ambassadeur de Belgique. Le diplomate juge alors essentiel de rédiger un « courrier spécial » à l’adresse de son gouvernement, insistant sur sa confiance absolue sur la véracité des informations recueillies : « La décision du führer est prise et une date est fixée. L’envahissement de la Belgique, de la Hollande et du Limbourg aura lieu dans les premières heures du dimanche 12 novembre. Les armées allemandes feraient donc un mouvement tournant pour atteindre la France ». Il est d’autant plus convaincu que sa source lui a déjà communiqué antérieurement que le général allemand Frantz Halder est chargé de programmer : « une marche de la Werhrmacht à travers la Belgique en évitant autant que possible la Hollande ». Les services spéciaux alliés recensent d’autres sources qui confirment l’initiative allemande. Pourtant aux Pays-Bas, plusieurs personnalités doutent de la pertinence de la totalité des informations ainsi collectées. Il n’y a guère que la reine Wilhelmine et son ministre de la Justice Pieter Sjoerds Gerbrandy qui attachent de l’importance à ces confidences. Les autres parient sur une entreprise d’intoxication d’une unité de désinformation de l’Abwehr. Bref, les avertissements en provenance de Berlin n’ont pas le retentissement qu’ils méritent.

    Cette course contre la montre témoigne de l’inquiétude de Berlin devant les livraisons de matériels de guerre américains aux Européens en guerre contre l’Allemagne. Conscient du danger et inquiet d’une interprétation inappropriée de ses partenaires, Winston Churchill s’adresse à Gamelin dès le 4 novembre pour l’interroger sur ce qu’il conviendrait de faire en Belgique si la Hollande était envahie. Ce qui n’est pas sans embarrasser l’état-major français.

    Textes : Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Union091025a - Marne

    PHILATHELIE : Juliette Dodu : l’espionne du télégraphe

    « Je suis Française et ma mère aussi. J’ai agi pour mon pays. Messieurs faites de moi ce que vous voudrez ». Ainsi s’exprime Juliette Dodu à l’officier allemand qui l’interroge avant d’être condamnée à mort par une cour martiale puis graciée deux jours plus tard par le prince Frédéric-Charles à la faveur de la signature du traité. On est en 1871. C’est pour le centenaire de sa mort le 28 octobre 1909 que la Poste, loin des polémiques injustement entretenues, a décidé de rendre hommage à cette femme née le 15 juin 1848 à Saint-Denis-de-la-Réunion, décorée de la Médaille militaire et de la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

    Un timbre horizontal 35 x 26 d’une valeur faciale de 0,56 euro créé par Claude Perchat et gravé par Noëlle Goffin représente la jeune héroïne comparée à Jeanne d’Arc avec à ses côtés un appareil du télégraphe. Un timbre à date 32 mm « premier jour » complète cette sortie.

    Comment Juliette Dodu est-elle devenue une espionne de la République, transmettant des informations vérifiées de la plus haute importance au gouvernement de la IIIe République ? Lorsqu’elle quitte l’île de la Réunion à l’âge de seize ans, elle accompagne sa mère, veuve pour la seconde fois et ses deux frères pressés de refaire leur vie en métropole. Bénéficiant d’un appui, Mme Dodu obtient la direction du bureau du télégraphe de Pithiviers, une sous-préfecture du Loiret. La guerre de 1870 éclate et le 20 septembre, les troupes prussiennes envahissent la petite ville. Le bureau du télégraphe est occupé et Mme Dodu et sa fille sont consignées au premier étage. Ce qu’ignore l’ennemi c’est que le fil de communication passe par la chambre de Juliette. Ne mesurant pas les risques, la jeune femme installe une dérivation et parvient avec un appareil de réception à écouter les communications de l’occupant. Bientôt elle les prend en notes et livre les messages aux soldats français. Elle renouvelle ce travail pendant dix-sept nuits avant d’être dénoncée par la bonne de la maison, agacée par les réprimandes de son employeur, Mme Dodu. Juliette et sa mère sont arrêtées et interrogées.

    Entrée dans la légende

    Des preuves matérielles de son espionnage sont trouvées. Juliette est jugée et condamnée à la peine capitale qui par la chance du calendrier de règlement des hostilités n’est pas appliquée. Pour sa conduite exemplaire Juliette Dodu reçoit les deux décorations à titre militaire les plus élevées : la Médaille militaire puis la Légion d’honneur.

    Certains s’emploient alors à noircir sa réputation l’accusant d’être un agent double, une femme de mauvaise vie, une profiteuse. Son mythe est écorné, on accuse Villemesant le directeur du Figaro, ami de Gambetta d’avoir monté de toutes pièces le scénario. Aucun rapport officiel ne signale la fourniture d’informations par la jeune femme. Si certains croient à la sincérité du récit qui a été fait, des historiens parlent d’un mythe et s’interrogent sur sa capacité à transcrire des messages codés en allemand sans disposer a priori des manuels adéquats. Néanmoins Juliette est entrée dans la légende. Elle incarne après la défaite, une France debout et résistante. Mensonge ou vérité de l’histoire, le doute persiste d’autant que le général de Paladines commandant de l’armée de la Loire ne mentionne pas que ses hommes ont été sauvés grâce aux informations collectées par Juliette. En 1880, elle quitte la poste et devient inspectrice des écoles. Elle s’installe ensuite en Suisse et décède à Clarens, chez son beau-frère, le peintre Odilon Redon.

    Disponible dans tous les points philatéliques à partir du jeudi 29 octobre.

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    Union091024e - Marne

    CHALONS : Office national des anciens combattants : De nouvelles missions

    Yvette Lundy a reçu la médaille d’or de l’Onac.
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  • Le conseil départemental des anciens combattants, présidé par Gérard Moisselin, préfet de région et préfet de la Marne, a réuni 39 de ses membres mercredi lors de son assemblée salle de Malte à Châlons.

    Avant que ne débutent les travaux, le directeur du service départemental de la Marne, Jean-Daniel Courot, remettait au nom du préfet Enfrun, directeur général de l’ONAC, la médaille d’or de l’office national, pour l’éminence des services rendus à la cause combattante, à Yvette Lundy, résistante déportée de Ravensbruck.

    La mise en œuvre du Contrat d’objectifs et de moyens était le point fort de ce conseil. Avec notamment les nouvelles missions de l’Onac : modification prévisionnelle du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, solidarité et mémoire, conditions d’attribution de la carte du combattant, accueil et renseignement des usagers auprès des services départementaux, droit à réparation, etc…

    Le service départemental de la Marne devrait conserver quatre grandes missions actuelles, à savoir : l’instruction des demandes de cartes et titres, les missions d’action sociale et de solidarité en faveur des ressortissants (secours, prêts, participation aux frais d’obsèques, allocation différentielle du conjoint survivant…), la promotion du Bleuet de France et la mise en œuvre de la politique de Mémoire. Autres missions : l’accueil et le renseignement des ressortissants ainsi que la reconnaissance vis-à-vis des anciens supplétifs d’AFN. Et en particulier, l’accès prioritaire pour leurs enfants aux postes de fonctionnaires des catégories B et C dans le cadre d’emplois réservés. Enfin, des interventions financières seront réalisées par le service départemental en faveur des supplétifs nord-africains ayant servi dans l’armée française.

    L’attente est en revanche d’actualité pour l’attribution de la carte de combattant à la 4e génération du feu pour les militaires en opérations extérieures. Ce conseil départemental s’est voulu constructif dans son ensemble, le directeur Jean-Daniel Courot n’omettant pas de signaler l’aide importante fournie par les deux vice-présidents actuels, MM. Chabaud et Charlot.

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    Union091024d - Marne

    CRAMANT : La résurrection du calvaire de la Libération

    Lasure, nouvelles pierres pour le socle… Le calvaire de la Libération est en pleine rénovation.
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    Surplombant le vignoble cramantais, au sommet de la rue de la grande côte, le calvaire de la Libération subit actuellement une cure de jouvence.

    En effet, depuis quelques jours, une entreprise du bâtiment remplace certaines pierres du socle et rénove la croix en bois, qui sera recouverte d’une nouvelle couche de lasure.

    Pour l’histoire, le calvaire de la Libération avait été érigé dans le village au terme de la Seconde Guerre mondiale, en reconnaissance de la libération du pays et à la mémoire des victimes de la guerre.

    Il a subi un premier transfert dans les années 70 sur la colline de Saran puis en 1989 à son emplacement actuel : à l’entrée du lotissement. Il est visible de la route départementale 10 grâce, notamment le soir, à son illumination.

     

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    Union091024c - Marne

    SEZANNE : Repas des anciens combattants : Pour le plaisir d’être ensemble

    La convivialité et la bonne humeur sont toujours de mise au repas des anciens combattants.
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  • Le traditionnel repas d’automne des anciens combattants a réuni 140 convives de Sézanne mais aussi des villages environnants à la salle des sports de Sézanne ce dimanche à midi. Là, pas de grand discours mais un mot d’accueil par Bernard Obara, président de l’association des anciens combattants du canton de Sézanne, qui a remercié tous les participants. Il s’estime satisfait de voir une assemblée de plus en plus nombreuse et a souhaité la bienvenue aux nouveaux arrivants. Il a également excusé les personnes absentes pour raison de santé.

    A l’heure de l’apéritif, le président a rappelé que l’assemblée cantonale aura lieu le 14 février, à Lachy. Le repas, lui, aura lieu à Sézanne. Quant au voyage d’été il se fera au mois de juin sur le Danube, pour une superbe croisière de Budapest à Passau.

    Après toutes ces palabres, chacun a pu apprécier l’excellent couscous servi par des serveuses très prévenantes, dans un décor automnal des tables préparées par Germaine, la sympathique membre du bureau de l’association.

    Pendant le repas, un animateur plein de dynamisme a mis l’ambiance, avec des passages de danse sur des morceaux et des chansons de la jeunesse des participants.

    Bonne humeur, convivialité, sympathie, toutes les conditions étaient donc réunies pour cette journée.

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    Union091024b - Marne

    SAINT-GERMAIN-LA-VILLE : Première Guerre mondiale : Les élèves à la rencontre du passé

    Les trente élèves de CE2 se sont rendus au monument aux morts de Vésigneul.
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  • Dans le cadre de l’exposition « Le front invisible » du programme « Marne, pays d’histoires » du conseil général de la Marne qui se tiendra à Saint-Germain-la-Ville du 4 au 11 novembre, les trente élèves de CE2 de la classe de Mmes Hinsinger et Gauthier ont été amenés à effectuer un travail autour du thème de la Première Guerre mondiale et particulièrement du monument aux morts comme héritage et témoignage du passé.

    Même si le sujet paraissait ardu au départ pour de si jeunes enfants, ils ont manifesté un grand intérêt à ce travail qui s’est étendu sur trois semaines, à raison de quelques heures par semaine et trouvera sa finalisation lors de l’exposition dans la présentation d’un tableau synthétisant le fruit de leurs recherches.

    Pour celles-ci, les élèves se sont rendus au monument aux morts de Vésigneul, ont relevé les noms inscrits sur celui-ci, à partir desquels ils ont consulté le site « Mémoire des hommes » où ils ont pu accéder aux fiches militaires de certains de ces soldats. Ce travail les a également amenés à questionner leur famille pour aller à la recherche de leur propre passé.

    Ils ont aussi pu profiter de l’intervention de M. Déludet de Saint-Germain-la-Ville venu dans leur classe afin de leur apporter un éclairage plus local sur cette période…

    Au final, ses recherches ont apporté un sens à la commémoration du 11 Novembre qui n’est plus seulement pour eux un jour sans école… et leur a permis de comprendre ce qu’est un monument aux morts et plus largement de prendre conscience de la valeur du patrimoine local comme témoin du passé.

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    Union091024a - Marne

    BAZANCOURT : Journée chargée pour les parachutistes

    La garde d’honneur et la mascotte.
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  • L’UNP (Union Nationale des Parachutistes de la Marne), présidée par Jean-Louis Leboeuf, qui compte environ 150 adhérents, vient de tenir son assemblée générale ordinaire et de fêter par la même occasion la Saint-Michel.

    Un programme chargé attendait les participants. En effet dès 9 heures, salle Michel-Prévoteau de Bazancourt, s’est tenue l’assemblée générale, puis en l’église de la commune célébration de la messe de la Saint-Michel, en présence d’Eric Kariger, conseiller général, du capitaine Sylvestre, représentant la BA 112, et de Yannick Kerharo, maire de Bazancourt. Défilé avec la musique de Bazancourt et dépôt de gerbe au monument aux morts ont suivi. Puis retour à la salle des fêtes de la commune, pour un vin d’honneur et un repas servi par un traiteur local.

    Cette journée a été aussi dédiée à Jean-Louis Lefèvre, résident couriat décédé depuis peu de temps, qui avait milité au sein de l’association pendant de nombreuses années en assumant le rôle de trésorier départemental. Cette cérémonie s’est déroulée également en présence de sa veuve et de ses enfants.

    A noter la présence de représentants des départements des Ardennes, Aube et Aisne.

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    MONTMIRAIL : Avec les anciens combattants :Agréable séjour à Laguiole

    Les membres de l’association sont partis sept jours.
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  • L’association des anciens combattants du canton de Montmirail a organisé un voyage de sept jours dans la région de Laguiole, dans l’Aveyron. Bernard Lefèvre, président, explique que ce séjour a été pour tous un enchantement plein de découvertes avec une bonne ambiance, un bon accueil ainsi qu’une gastronomie sans pareille.

    « Pendant cinq jours, nous avons découvert l’Aubrac, qui s’étend sur trois départements, l’Aveyron, le Cantal et la Lozère avec ses hauts plateaux à plus de 1.000 mètres d’altitude, les pâturages aux milliers de vaches aux grandes cornes, à la robe fauve, le célèbre taureau de Laguiole. Nous avons aussi visité une coutellerie artisanale et des fromageries. »

    « Pour terminer ce séjour, c’est à Soulanges-Bonneval, dans une ferme à 5 km de Laguiole, que nous avons découvert le célèbre grenier de Capou, qui retrace l’histoire des objets traditionnels d’antan à nos jours. »

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    Union091023a - Marne

    TINQUEUX : Les anciens combattants réunis

    Les anciens combattants de la Fnaca veulent voir la date du 19 mars reconnue.
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    Le comité local de la Fnaca a tenu, samedi à Cormontreuil, son assemblée générale.

    Après le compte rendu des activités par les différents rapporteurs, les représentants départementaux ont rappelé deux des grands principes de la Fnaca, à savoir : « la solidarité pour les adhérents en difficultés, et la date du 19 mars comme date nationale pour la célébration du cessez-le-feu en Algérie) ».

    A la fin de la réunion, un vin d’honneur a été offert aux participants.

     

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    CORMICY : Pour le souvenir

    Dominique Décaudin (debout au centre), Mme Hallier et les représentants des anciens combattants des deux communes.
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  • Mme Hallier, maire de Berry-au-Bac, et Dominique Décaudin, maire de Cormicy, se sont rencontrés, accompagnés des associations locales des anciens combattants, pour organiser la 2e marche du souvenir.

    Lors des commémorations du 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale l’année dernière, la maire de Berry-au-Bac avait participé aux cérémonies organisées par la commune de Cormicy.

    Dans un souci commun de maintenir un devoir de mémoire, les deux communes s’associent pour perpétuer cette marche du souvenir jusqu’au monument de Sapigneul.

    Tous deux villages martyrs de la Première Guerre mondiale, ils souhaitent perpétuer des cérémonies rappelant le lourd tribut de leur population.

    Cette année, la marche partira de la mairie de Berry-au-Bac pour se rendre à Sapigneul le dimanche 8 novembre à 10 heures.

    Les associations d’anciens combattants de Cormicy et de Berry-au-Bac sont largement impliqués dans l’organisation de l’événement avec des associations comme « Cormicy, ma ville, son histoire ».

    Les élus saluent l’initiative et souhaitent associer les enfants des écoles des deux communes.

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    HOMMAGE : Guy Môquet : Du sens des lettres

    On lira peut-être aujourd’hui, dans certains établissements de l’académie la lettre de Guy Môquet, fusillé à l’âge de 17 ans, il y a soixante-huit ans.

    Si on la lit, espérons que ce soit loin de toutes les polémiques entretenues ou réveillées. Il n’y a pas lieu à une caporalisation mémorielle et mieux vaut susciter qu’édicter afin que la leçon d’histoire s’inscrive dans une démarche scientifique et pédagogique, utile à la réflexion des jeunes lycéens sur la nature de l’engagement, la signification de la Résistance, le sens de la vie et de la mort.

    On ne lit pas une telle lettre sans y être préparé afin de ne pas être submergé par l’émotion qui vient alors brouiller le sacrifice d’un homme pour son pays.

    Il ne s’agit ni de participer à un mythe, ni d’entretenir une légende mais de mieux situer dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, l’implication de ces jeunes dans le destin de la France, la vigueur et la sincérité de leur participation à la Résistance, faisant l’offrande de leur vie, en conscience de leurs choix.

    Leur parcours est plus explicite que leur éloge mais les textes qu’ils ont écrits, lorsqu’on les possède encore, renseignent sur l’authenticité et la profondeur de leur pensée. Guy Môquet est l’un d’eux.

    Ce fils d’un syndicaliste cheminot et député communiste du XVIIe arrondissement, élève au lycée Carnot de Paris, arrêté le 13 octobre 1940 sur dénonciation à la gare de l’Est de Paris, s’est donné totalement à son pays.

    Il n’est pas le seul et ce n’est pas entreprendre une guerre des mémoires que de le dire. De Fresnes à la Santé, en passant par la centrale de Clairvaux, avant de se retrouver en mai 1941 au camp de Choisel à Châteaubriant, puis d’être envoyé au poteau d’exécution le 22 octobre, il y a une tranche de vie qui illustre le quotidien de ces jeunes, même relaxés par la justice mais contraints à un internement administratif, pouvant s’achever par une mort violente

    Penser à Julien, Robert et les autres

    Guy Môquet est une figure de la France. Mais la Marne en possède aussi, plus anonymes mais dont la vie de résistant témoigne de la richesse de leur engagement. Combien parmi eux sont tombés sous les balles allemandes en criant : « Vive la France », sur le terrain de la Folie, entre Châlons et l’Épine, site qui va devenir enfin un vrai lieu de mémoire ?

    Si la force d’une lettre est irremplaçable alors celle de Julien Ducos, 23 ans, ce résistant de Saint-Martin-d’Ablois est d’une force inouïe. Ce garçon appréhendé le 17 novembre 1943, inculpé d’attentats contre le matériel SNCF, condamné à mort par le tribunal militaire de Châlons-sur-Marne et fusillé à la Folie le 19 février 1944 a laissé ce texte à méditer (lire par ailleurs).

    Alors si l’on pense à Guy, il faut aussi penser à Julien, Robert et tous les autres dont les parcours symétriques ou extraordinaires font honneur à notre histoire.

    En prenant soin de les replacer dans leur contexte.

    Hervé CHABAUD

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    Lettre de Julien Ducos

    « Chers parents, chère petite sœur,

    Adieu, je vais tomber où sont tombés déjà tant de camarades ; je viens d’être confessé et je pars muni des saints sacrements. Avant de mourir, je vous demande pardon de la peine que je vais vous causer mais soyez courageux et fiers. Je vous demande aussi pardon de tous les ennuis et soucis que je vous ai causés dans ma courte vie, car je n’ai pas été toujours raisonnable, pourtant vous étiez bons pour moi. Adieu papa, toi qui m’as toujours montré le chemin de l’honneur et de l’honnêteté ; sois fier de moi, car toi aussi, tu auras donné à la France un fils, notre sacrifice ne sera pas inutile. Adieu maman, toi qui m’as mis au monde et qui t’es penchée si souvent sur mes peines, sois courageuse, il te reste Yvonne pour te consoler.

    Et toi petite sœur chérie, adieu ; ainsi c’est à toi que je confie papa et maman ; rends les toujours heureux, fais leur une vieillesse heureuse, et surtout prends soins de maman, ça va être terrible pour elle. Et maintenant on vient nous chercher ; quand le jour va se lever, nous ne serons plus, nous allons faire comme tous les patriotes, notre sacrifice, je crois, ne sera pas inutile, car il donnera à la France, le jour de la victoire finale, le droit d’être, elle aussi, fière de ses fils. J’ai toujours été un patriote et je ne regrette rien. Adieu aussi tante Reine et cher Maurice qui furent aussi bons pour moi et qui me consoliez quand j’avais des peines. Adieu à toute la famille et à tous les bons copains. Votre fils, ton frère qui va mourir et qui vous envoie ses derniers baisers. Vive la France ! »

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    Union091019a- Marne

    SEZANNE : Croisière

    L’association des anciens combattants du canton de Sézanne organise sept jours de croisière sur le Danube baroque et pittoresque de Budapest à Passau du mardi 22 au lundi 28 juin 2010.

    Points forts : les trois capitales, Budapest, Bratislava et Vienne. Traversée des plus belles parties du Danube, découverte très complète de l’Autriche. Renseignements et inscriptions auprès du président, Bernard Obara, au 03.26.80.69.11 ou d’André Barrat au 03.26.80.65.81.

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    Union091018c - Marne

    L’Eglise menacée par les nazis

    Dans sa première encyclique le nouveau pape pieXII, condamne vivement les principes totalitaires
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  • Le 20 octobre 1939, le nouveau pape, Pie XII qui a succédé à Pie XI en mars 1939 signe au Vatican sa première encyclique « Summi Pontificatus » où il condamne fermement les principes totalitaires. Le souverain pontife dénonce les causes de la crise internationale qui ont conduit à la guerre. Il insiste sur les droits des nations et notamment ceux des plus petites, affirme la nécessité de la protection des minorités, l’utilité de la coopération économique et prône le désarmement. Il rappelle l’importance de la religion comme garante d’une paix : « juste et durable ». Le cardinal Eugène Pacelli qui a été nonce apostolique en Allemagne de 1917 à 1929 est informé des inquiétantes dérives du nazisme et met donc en garde contre les menaces que font peser sur l’ordre international et la vie sereine des peuples, les choix politiques et militaires du Reich.

    Berlin est déjà furieux après l’encyclique « Mit brennender Sorge » publiée le 14 mai 1937 en allemand, et préparée par les cardinaux Faulhabern, archevêque de Munich et Pacelli, secrétaire d’Etat du Saint-Père. Il s’agit de la seconde condamnation du nazisme et de ses objectifs. Le régime n’apprécie pas que le texte soit lu le 21 mars 1937 dans toutes églises et publié dans la presse le lendemain. La réaffirmation de la dignité humaine par l’Eglise agace le führer : « L’homme en tant que personne, possède des droits qu’il tient de Dieu et qui doivent demeurer vis-à-vis de la collectivité hors de toute atteinte qui tendrait à les nier, à les abolir ou à les négliger ». Il engage des représailles contre les imprimeurs et les associations catholiques dont les bénévoles sont progressivement empêchés d’agir. Ce qui freine l’ardeur du Vatican à critiquer sans peser chaque mot au trébuchet du strict sens chrétien. Les analyses qui ont déplu sont de solides mises en garde : « Celui qui entend détacher la race, le peuple ou l’Etat de son échelle de valeur terrestre, en faire la norme de toutes les valeurs et leur rendre un culte idolâtre inverse l’ordre des choses, tel que Dieu l’a créé ». Ou encore : « Dans sa vision souveraine, Dieu a promulgué ses commandements. Ils gardent leur valeur indépendamment du temps, du lieu, du pays et de la race. Tout comme le soleil divin brille sur toutes choses, sa loi ne connaît pas des droits préalables ni d’exceptions ».

    Pie XII jugé pro-allemand à Paris et… pro-français à BERLIN

    On est déjà loin du climat privilégié défini le 20 juillet 1933 lors de la venue à Rome du vice-chancelier allemand Franz von Papen venu signer le concordat d’Empire destiné à garantir certains droits à l’église catholique dans le Reich. Pourtant les diplomates se méfient du pape qui apparaît raide lors de ses déplacements en grandes pompes sur : « la seda gestatoria ».

    On le juge pro-allemand à Paris sans doute parce qu’il ne condamne pas en termes directs les atrocités nazies commises en Pologne et pro-français en Allemagne parce qu’on juge inacceptables ses condamnations intellectuelles du régime. A la chancellerie du Reich, on se souvient aussi que son prédécesseur Pie XI l’a choisi pour devenir son secrétaire d’Etat. Or en 1931, Pie XI a condamné le fascisme en publiant l’encyclique « Non abbiamo bisogno » puis en 1937 le communisme par l’encyclique « Divini Redemptoris ». L’entourage d’Hitler estime alors que Pacelli a forcément eu de l’influence sur ces textes et qu’il est donc dangereux à l’heure de cette « lune de miel » entre Berlin et Moscou.

    Lors du cinquantième anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, Jean Paul II a tenu à adresser un appel à l’Europe où il écrit notamment : « Hier, ce continent a exporté la guerre : aujourd’hui, il lui appartient d’être artisan de paix. J’ai confiance que le message d’humanisme et de libération, héritage de son histoire chrétienne, saura encore féconder ses peuples et continuera de rayonner dans le monde ». Et d’ajouter : « Oui, l’Europe, tous te regardent, conscients que tu as toujours quelque chose à dire, après le naufrage de ces années de feu : que la vraie civilisation n’est pas la force ; qu’elle est le fruit de la victoire sur nous-mêmes, sur les puissances d’injustices, d’égoïsme et de haine qui peuvent aller jusqu’à défigurer l’homme ».

    Karol Wojtyla est un pape polonais. Il a vécu l’invasion de son pays par les troupes allemandes et a constaté leurs outrances. Il mesure tout le sens qu’il faut donner aux propos de Hans Frank à la tête d’un gouvernement général qui s’est installé dans le palais royal sur le Wawel à Cracovie : « Le Polonais n’a strictement aucun droit. Sa seule obligation est d’obéir aux ordres. On doit constamment lui rappeler que son devoir est de se soumettre. L’un des principaux objectifs de notre plan est d’en finir au plus vite avec tous les hommes politiques, prêtres et leaders, semeurs de troubles qui tombent entre nos mains. Je reconnais ouvertement que plusieurs milliers de Polonais soi-disant importants devront payer de leur vie, mais vous ne devez pas laisser des sympathies individuelles vous détourner de votre mission qui est de faire en sorte que le National-Socialisme triomphe et que la nation polonaise ne soit plus jamais en mesure d’opposer la moindre résistance ». Il voit le démantèlement de l’Eglise dans son pays par les nazis qui s’en prennent dès les premiers jours de l’occupation à ses biens et affichent leur volonté de détruire la domination sociale et spirituelle des catholiques en s’en prenant à son clergé. Dès la mi-octobre 1939 des arrestations arbitraires de prêtres sont signalées tandis que les principaux ecclésiastiques du diocèse de Pelplin sont exécutés dans les semaines suivantes. Le jeune homme qui a été ouvrier dans une carrière de pierres puis dans une usine de produits chimiques est aussi l’un des fondateurs à Cracovie du Théâtre rhapsodique rassemblant des comédiens clandestins et antinazis : « Ma vocation a pris corps au milieu de tout cela, comme un fait intérieur d’une transparence indiscutable et absolue ». Aussi sa parole sur la portée de la guerre et la réflexion qu’elle suscite conserve une force de questionnement évidente.

    Textes : Hervé Chabaud h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Hitler éructe de colère

    Hitler s’insurge contre la frilosité de ses généraux, s’interroge sur l’authenticité de leur audace et de leur courage, et s’indigne de leur absence de sens politique.
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  • Le 9 octobre 1939, Hitler éructe de colère. Il fulmine. Son visage est pourpre. Il interpelle ses généraux et leur annonce sa décision : « Je vais lancer une attaque surprise le 12 novembre à l’Ouest ». L’offensive qu’il dessine fait l’objet d’une directive qui structure une offensive â travers le Benelux. La perspective est de prendre possession de la plupart des ports de La Manche. Ils sont indispensables selon l’état-major pour conduire la guerre sous-marine et se doter des rampes de lancement nécessaires pour envisager une invasion de la Grande-Bretagne. Encore n’est-ce qu’une hypothèse puisque le führer estime que l’Angleterre renoncera à une posture belliciste dès lors que la France est anéantie. Cette volonté d’Hitler prend au dépourvu de nombreux chefs militaires qui n’apprécient guère d’être mis devant le fait accompli. Le général Von Leeb, commandant le groupe d’armées C chargé de la défense de la ligne Siegfried du Luxembourg à la Suisse est courroucé et commente ainsi à son état-major l’ordre du maître du Reich : « Il s’agit d’une attaque insensée ». Le général Von Reichenau que ses collègues jugent trop proche des leaders nazis s’ouvre de cette planification décidée dans l’urgence à un autre officier très hostile à Hitler. N’ose-t-il pas lui demander d’utiliser ses réseaux pour avertir les Hollandais et les mettre en garde contre un risque massif imminent d’invasion ?

    Bref, l’ordre du führer est contesté par plusieurs autorités militaires qui opposent %préparation des armées et l’inachèvement du plan quadriennal d’équipement adopté en 1936. Ces officiers considèrent que Les jeunes unités n’ont pas bénéficié d’assez d’entraînement pour manifester un esprit de corps infaillible. Il demande un peu de temps pour peaufiner leur instruction et recommande la reconstitution de panzers et la finalisation des actions coordonnées entre les blindés et l’aviation. Les mêmes experts attirent l’attention contre le risque de conditions météorologiques défavorables et la durée insuffisante du jour à cette période de l’année.

    ÉVITER LÉ RETOUR AU SCÉNARIO DE LA GRANDE GUERRE

    Hitler tance les- généraux et démonte leurs arguments. IL s’insurge contre leur frilosité, s’interroge sur l’authenticité de leur audace et de leur courage, s’indigne de leur absence de sens politique. Ne leur déclare-t-il pas : « Notre accord avec l’Union soviétique nous donne l’avantage de n’avoir à combattre que sur un front. Combien de temps durera la neutralité bienveillante de Moscou. Je l’ignore mais je doute de la sincérité de Staline Je m’inquiète de la position de l’Italie dont le cap diplomatique semble encore incertain. Je préfère exploiter sans tarder mon avantage ». Aux expressions de surprises des visages des officiers supérieurs auxquels il martèle ses certitudes, Hitler ajoute : « La guerre n’aura une issue favorable que par l’offensive. L’Allemagne doit agir avant, le printemps 1941 pour ne pas laisser le temps aux alliés de finaliser leur réarmement et de se donner les moyens d’attaquer notre grand pays. Une guerre longue présente de graves dangers pour le Reich ; le temps travaille donc pour l’ennemi ». Ce qu’Hitler veut éviter, c est le retour au scénario de La Grande Guerre. Il craint le front immobile et se souvient des tranchées de 1914-1918. Il considère qu’il faut frapper vite et fort et juge cette conclusion évidente à l’analyse des leçons tirées de la campagne contre la Pologne. L’emploi tactique du duo Panzers-Luftwaffe lui apparaît comme le moteur crucial de la réussite. Pour contrer l’envie de l’ennemi de stabiliser le front, il bouscule ses généraux et leur réclame avec insistance d’improviser : « à toute heure du jour et de la nuit ». S’en prendre aux points les plus fragiles de La défense de l’adversaire revient à se donner de bonnes chances de percer ses lignes et de désarticuler ses systèmes de protection. Dès lors, l’idée d’une attaque frontale de la ligne Maginot est exclue. Passer par Les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg est une solution plus rationnelle selon le führer. Il approche le général von Bock, l’un des vainqueurs de la campagne polonaise qui doit bénéficier de trente divisions, des Panzers ainsi que de plusieurs grandes unités motorisées en provenance du groupe d’armées B. S’emparer de la Hollande et du Nord de la Belgique est considéré comme un objectif raisonnable même si les Allemands tablent sur une réaction immédiate d’un corps expéditionnaire franco-britannique dont il faudra briser au plus vite la cohésion. Hitler imagine qu’avec vingt-deux divisions d’infanterie du groupe d’armées A, le général Von Rundstedt couvrira l’action principale du général von Bock dont la feuille de route consistera à progresser par le Sud de la Belgique et le Luxembourg. Une mission particulière est attribuée à la 16e armée qui, après avoir traversé le Grand-duché : « prendra une position défensive à l’extrémité occidentale de la ligne Maginot à l’Est de Sedan ». En ce qui concerne Le groupe d’armées C, il a comme vocation de sécuriser la ligne Siegfried depuis la frontière helvète jusqu’au Luxembourg.

    Lorsqu’il résume une nouvelle fois son idée auprès des généraux, Hitler martèle : « L’intention est limpide Cette offensive massive est destinée à battre la plus grande partie de l’armée française et de ses alliés tout en occupant le plus d’espace possible aux Pays-Bas, en Belgique et dans le Nord de la France pour mener une, guerre aérienne et na-vole exemplaire contre l’Angleterre et constituer un glacis de protection de notre poumon industriel : la Ruhr ».

    Une correction de taille est ordonnée à ce plan d’invasion le 29 octobre. Von Bock doit atteindre le Nord de la Somme et entreprendre au Sud une percée le menant à Laon. On le devine, Hitler n’a pas encore l’intention d’une prise totale du contrôle de la France. Il cherche simplement à la lecture des événements de 1914 à améliorer les positions allemandes qui, malgré l’occupation de la Belgique n’avaient pas permis d’emporter la décision par la seule guerre éclair.

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    PATRIMOINE : La fabuleuse histoire des pigeons voyageurs

    ROUCOU. « Le Vaillant », « Le Maquisard », « White Vision », et les autres… Les héros ne manquent pas dans le régiment des pigeons voyageurs. Et pour immortaliser leur bravoure et que nul ne l’ignore ces pigeons-héros ont leur monument, érigé près de l’entrée la citadelle fortifiée de Lille, dans une région éminemment colombophile, à l’entrée du Champ de Mars. Ce monument a été construit en 1936, par la Fédération nationale des sociétés colombophiles de France, fondée par M. Leroy-Beague, et dont le président général était Louis Palliez. Sur le côté gauche de l’obélisque sont gravés en grandes lettres majuscules les mots évocateurs des Zones ou les pigeons ont été utilises par les alliés : Champagne, Somme, Aisne, Flandre, Marne, Orient, Maroc, Syrie, Mer… Une représentation allégorique du rôle des pigeons rend hommage à la colombophilie personnalisée par une femme debout entourée de pigeons. Un bouclier représente la résistance à l’ennemi qui prend la forme d’un grand serpent rampant.

    Mais la présence des pigeons voyageurs à côté des hommes, et au profit des hommes ne date pas de l’ère moderne. L’usage des pigeons messagers remonte bien avant l’exploitation militaire.

    Il a même toujours été.

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    Antiquité

    Moïse raconte qu’après le déluge, alors que les eaux recouvrent encore la Terre, Noé lâche une colombe qui va revenir à l’arche, portant un rameau d’olivier. La Légende montre déjà l’attachement des hommes à cet oiseau, toujours considéré comme un animal sacré, messager de paix. Dans la Grèce Antique, la colombe était symbole de douceur et de constance. Les Hébreux les offraient souvent en sacrifice dans le temple de Jérusalem.

    L’instinct et la volonté qui poussent les pigeons à revenir vers leur point de départ ont été utilisés depuis les premiers temps de la civilisation. Les Égyptiens, les Perses, les Chinois et les Grecs, utilisaient les pigeons voyageurs comme messagers lors de leurs campagnes de guerre, ou pour la politique et le commerce. Des serviteurs colombophiles étaient spécialement affectés aux soins et au transport des oiseaux. Après sa victoire aux jeux olympiques, un athlète de l’île d’Égine, lâcha un pigeon porteur d’un ruban pourpre

    Les Romains ont compris très vite les avantages qu’ils pouvaient en tirer. Ils ont bâti d’énormes pigeonniers de 4.000 à 5.000 pigeons dont ils se servaient en toutes occasions. Des pigeons teints de différentes couleurs étaient relâchés après les courses de chars pour avertir les propriétaires de leur victoire ou de leur défaite.

    Le siège de Modène par Antoine, en l’an 43 avant J.-C., a vu cet usage appliqué pour la première fois à l’art militaire. Le consul Hirtius envoya à Decius Brutus, commandant de la ville, une lettre attachée au cou d’un pigeon par un fil de soie. A son tour, Decius Brutus dépêcha au camp des consuls un pigeon porteur d’une missive attachée à l’une de ses pattes. Là serait l’origine de la phrase de Pline l’Ancien.

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    Moyen Age

    Un faucon au bec tranchant, à la serre cruelle, fond sur l’oiseau timide.
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  • Charlemagne rend l’élevage du pigeon « privilège nobiliaire ». Pratiquement tous les châteaux, fermes seigneuriales, abbayes possèdent une tour à pigeons. Celles-ci peuvent contenir jusqu’à 5.000 pigeons et attestent de la richesse et de la puissance de leur propriétaire. Les seigneurs emploient les pigeons comme messagers commerciaux, politiques et porteurs de renseignements en temps de guerre.

    Ils servent pendant les Croisades. Dans le poème du Tasse « La Jérusalem est délivrée » l’auteur écrit : « Pendant que les chrétiens se préparent à l’assaut et les Infidèles à la défense, on aperçoit un pigeon qui fend les plaines de l’air et dirige son vol vers les remparts de Saline. Les ailes étendues, il plane sur l’armée chrétienne. Déjà, cet étrange courrier du sein des nues s’abaisse vers la cité. Mais soudain, un faucon au bec tranchant, à la serre cruelle, fond sur l’oiseau timide. Il le poursuit, il le presse et déjà il est prêt à le déchirer. Le pigeon tremblant s’abat et va chercher un asile sur les genoux de Bouillon. Le héros le reçoit et le sauve. Mais au bout d’un fil attaché à son cou, pend un billet qui est caché sous son aile. Godefroy le prend, l’ouvre et lit ces mots : « Le général d’Égypte au Roi de Palestine -Salut - Ne laisse point, Seigneur, abattre ton courage. Résiste encore 4 à 5 jours. Je viens délivrer les murs. Tes yeux verront tomber tes ennemis. »

    La poste par pigeon est également mise à l’honneur par le Sultan Saladin, lors du siège de Ptolémaïs. C’est par ce même moyen que le débarquement de Saint-Louis en Égypte a été annoncé au Sultan du Caire et que les résultats de la désastreuse bataille de Mansourah, ont été connus par les chrétiens. Le Sultan Noureddin (1146-1173) a également apprécié tous les avantages de la poste par pigeons. Des tours servant de colombiers ont été élevées de distance en distance sur toute l’étendue de l’empire. Chaque colombier avait son directeur et ses veilleurs qui attendaient à tour de rôle l’arrivée des pigeons. On y trouvait aussi des domestiques et des mules pour les échanges réciproques de pigeons. Les pigeons étaient appelés les anges du roi et les plus rapides étaient hors de prix.

    Les corsaires de Dunkerque et de Saint-Malo utilisaient des pigeons avec une technique toute particulière. Elle consistait à envoyer une barque de reconnaissance au large avec quelques pigeons. Dès qu’une proie était repérée, on lâchait les pigeons. Ceux-ci indiquaient, en tournant pour s’orienter, la position du bâtiment convoité.

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    Après la Révolution

    Il a fallu La Révolution de 1789 pour voir abolir ce privilège. La Révolution a donné à tous le droit de détenir des pigeons. Des colombiers ont été bâtis un peu partout, surtout pour en retirer de La viande bon marché. Mais le goût du jeu étant très développé à cette époque, des concours sont organisés en 1800 dans Le Nord de la France et en Belgique. C’est le début d’une sélection sévère qui va aboutir au vrai pigeon voyageur. En 1806, les financiers de l’époque comprennent l’intérêt que représente Le pigeon messager pour la transmission d’une information.

    C’est ainsi que Rothschild, apprenant la défaite de Napoléon à Waterloo par pigeon messager, a pu se permettre l’excellente spéculation boursière à l’origine de sa fortune. A Anvers, les propriétaires de bateaux de transport marchand emmenaient de nombreux pigeons. A l’approche du port, ils les lichaient avec des messages indiquant la marchandise transportée. A l’arrivée du bateau, elle était déjà vendue. C’est ainsi que cette ville, avec ses 25.000 pigeons sélectionnés, était en 1846 La première ville colombophile au monde.

    Pendant le siège de Paris en 1870, 64 ballons chargés de pigeons ont quitté La ville. Ils étaient destinés à rapporter à La capitale, assiégée par les troupes allemandes, des nouvelles du Gouvernement les dépêches étaient miniaturisées par un procédé mis au point par le photographe Dragon, qui s’était fait remarquer en réduisant une photo représentant 400 députés sur une pellicule de 2 millimètres carrés. Grâce à ce procédé, chaque pigeon pouvait transporter 3.000 dépêches sur une pellicule de 3,5 mm’. Pendant le siège, les pigeons ont ainsi acheminé 115.000 dépêches officielles et plus de 1.000.000 de dépêches privées. Les 25 premiers pigeons ont été emportés par le ballon « Le Washington a avant d’être acheminés à Tours où s’était installé le Gouvernement. Le 17 octobre, on leur a confié leur première mission. Un succès. L’expérience a été renouvelée et le 4 novembre, on chargea les pigeons de la correspondance privée. Les pellicules étaient projetées sur un écran et recopiées à la main. Ainsi. Paris recevait régulièrement un véritable journal qui le tenait au courant des opérations militaires et de la vie du pays.

    Les pigeons étaient chassés par Les Uhlans, lanciers de l’armée allemande et par les paysans qui avaient déclaré la guerre aux pigeons. Cette « chasse » avait pris une telle ampleur que Gambetta a édicté la peine de mort contre quiconque serait surpris tirant sur l’un d’eux. Le 6 septembre, décision est prise par le Préfet du Nord, à l’initiative de M. Hassehroucq, Président du Tribunal de Commerce de Roubaix, d’envoyer à Paris, avant que les lignes de chemins de fer ne soient coupées, des pigeons pour ramener des nouvelles de la capitale. Mille cinq cents pigeons sont réunis dans les villes de Roubaix et de Tourcoing et on a fait appel à deux colombophiles, J. François de Tourcoing et H. Leman de Roubaix pour les accompagner. Le 9 septembre au soir, ils arrivent à Paris.

    Les pigeons sont Logés au Bois de Boulogne, dans les greniers du jardin d’acclimatation. La première dépêche reçue à Roubaix donne les détails de la bataille de Champigny. Six siècles après les Croisades, la France emploie enfin le pigeon voyageur comme porteur de messages.

    Après la guerre de 1870, l’armée en tire les Leçons. Coëtquidan et Moratoire deviennent les principaux centres d’instruction colombophile militaire. Vers 1900, les pigeons sont embarqués sur les bateaux et employés comme porteurs de courrier. Bientôt, ils servent les cours de La Bourse. Leur transport s’effectue parfois à cheval mais souvent à dos d’homme.

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    Pendant la Première Guerre mondiale

    Hommage au pigeon soldat, à Charleroi.
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  • Pendant la guerre 1914-1918, l’armée française améliore sa technique : au lieu de colombiers fixes qui se trouvaient soit très loin, soit trop près du front, ils utilisent l’araba, qui avance et recule selon le retrait ou ta progression de l’adversaire. L’araba était un autobus à impériale de marque Berliet, transformé en pigeonnier. Le bas servait de réserve de nourriture et de logement pour le soigneur.

    En 1916, on fabrique 16 pigeonniers sur remorque, afin d’améliorer La mobilité. Certains pigeons sont devenus de véritables héros. Le plus connu d’entre eux « Le Vaillant », matricule 787.15, a été lâché du fort de Vaux le 4 juin 1916 à 11 heures 30 pour apporter à Verdun le dernier message du Commandant Raynal qui écrivait :

    « Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence, à nous dégager. Faites-nous donner de suite toute communication optique par Souville, qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon. Signé : Raynal. » Ce pigeon a obtenu la citation suivante à l’ordre de la Nation : « Malgré les difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal, unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier. Fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier ».

    L’utilisation du pigeon soldat a permis de sauver de nombreuses vies humaines. C’est ainsi que le Capitaine René décrit dans son ouvrage Lorette, une bataille de 12 mois, octobre 1914 - septembre 1915 :

    « Une unité de chasseurs à pied, engagée à fond, s’est trouvée en pointe et coupée des autres unités. Tous les moyens pour aviser le commandement de cette situation étaient fauchés par les bombardements ou le tir des mitrailleuses. Le téléphone était coupé et la liaison optique impossible en raison de la fumée des éclatements. C’est alors que les chasseurs qui avaient emporté quelques pigeons voyageurs obtinrent de les lâcher avec le message suivant : « Sommes sous le Souchez. Subissons lourdes pertes, mais le moral est très élevé. Vive la France ! » Du colombier, le message fut transmis à l’artillerie qui allongea te tir, protégeant ainsi nos chasseurs d’une contre- attaque allemande. Ainsi Souchez fut libéré ».

    Les pigeons de la guerre de 1870, lors du siège de Paris par les Allemands, avaient permis au nouveau gouvernement évacué, de continuer à communiquer efficacement avec la capitale. Suite à cette expérience, l’armée française, à Coëtquidan et Montoire, a créé de nouveaux centres d’instruction colombophiles militaire. Ceux-ci seront utiles et utilisé de 1914 à 1919.

    Bien que ce soit l’époque du plein développement de La téléphonie, il était fréquent que des unités soient isolées ou que des messages doivent être envoyés rapidement sur de grandes distances. Pour cela, les deux camps utiliseront largement les pigeons voyageurs qu’ils élèveront et transporteront dans des unités mobiles de campagne, camions spéciaux se déplaçant au gré des besoins sur différents fronts.

    L’occupant allemand veille à interdire aux civils des zones occupées le lâcher de pigeons. Ainsi, dès décembre 1915, dans le nord de la France, pays des « coulonneux ». La semaine suivante, le « Bulletin de Lille » précise que « ceux qui trouveraient des pigeons voyageurs sont tenus de les remettre à l’autorité militaire la plus proche, faute de quoi elles seront suspectées d’espionnage et s’exposeront à des poursuites ; les infractions commises par négligence seront punies d’un emprisonnement pouvant atteindre 3 ans ou d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 10.000 marks ».

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    Pendant la seconde guerre mondiale

    Pendant la guerre 1939-1945, 16.500 pigeons anglais sont parachutés en France, afin de rapporter au commandement allié des renseignements sur les Lignes ennemies.

    Les Allemands avaient spécialement dressé des faucons pour les attaquer en vol. Un jour, six sous-marins allemands se réfugient dans le port de Bordeaux. Les résistants envoient un pigeon messager avertir l’opérateur radio de Toulouse et deux heures plus tard, la RAF largue une pluie de bombes sur les sous-marins. Ce pigeon fut appelé « Le Maquisard ».

    Un autre pigeon, nommé « White Vision », était affecté à un hydravion de la RAF. Au cours d’une mission dans la tempête, l’appareil tomba dans la Mer du Nord. Les aviateurs lâchèrent le pigeon malgré le brouillard et le froid, porteur d’un message indiquant leur position. « White Vision » remplit sa mission malgré la tempête, et quelques heures plus tard, les aviateurs ont été sauvés.

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    De nos jours

    Le pigeon voyageur n’est plus guère employé comme messager : il a été victime de la concurrence du télégraphe, puis du téléphone et de la radiophonie (TSF).

    Mais l’armée française possède encore un colombier au Mont Valérien, à Suresnes, et quelques pigeonniers mobiles. Des hôpitaux emploient les pigeons voyageurs pour transporter leurs produits à analyser de l’hôpital au laboratoire (par exempte, de Granville à Avranches, dans ta Manche). Les habitants des îles isolées tes utilisent de La même façon pour se relier au continent. La NASA, qui connaissait des problèmes de fuites de renseignements, est venue acheter des pigeons voyageurs à Roubaix et les secrets-défense américains voyagent désormais souvent attachés aux pattes des pigeons. L’US Navy a ouvert à Hawaï une école de pigeons héliportés destinés au repérage et au sauvetage en mer. Les moniteurs associent certaines couleurs à des récompenses (rouge, jaune, orange).

    Quand la couleur apparaît, le pigeon appuie sur une petite pédale et la récompense tombe.

    Comme ces couleurs sont celles des dinghys et des gilets de sauvetage et que le pigeon a une excellente vue, le tour est joué !

    DOSSIER : CHRISTIAN CHARDON
    D’après Pascal Garez de la société colombophile de Laon

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    Familles résistantes

    Aborder la Résistance en évoquant des familles qui, par leur engagement, ont marqué les années de l’Occupation et ont concouru à la Libération de la France, telle est l’approche de l’album cosigné par Dominique Missika et Dominique Veillon. A la rigueur de la relation des faits, s’ajoute une analyse des motivations ce qui donne à cet ouvrage une valeur universitaire tout en étant très accessible par le souci pédagogique de l’approche de chaque séquence.

    Si l’on connaît mieux le parcours des grands chefs de la Résistance, la participation de personnes moins connues témoigne d’une authentique capacité à dire non et illustre des sensibilités géographiques indissociables du lourd souvenir de l’occupation et de la répression pendant la Première Guerre mondiale. On le remarque en lisant l’histoire de la famille D’Hallendre enracinée dans le Nord-Pas-de-Calais ou encore chez les Marié soumis à rude épreuve dans le Soissonnais en 1914-1918. Si ces hommes et ces femmes sont décidés à désobéir quitte à être des hors-la-loi c’est que l’illégalité est légitime pour rétablir les valeurs humanistes de la France et un gouvernement démocratique. Qu’ils soient des citadins ou des ruraux, ils ont des convictions pour lesquelles ils sont capables de se dépasser jusqu’à mettre leur vie en jeu. « A travers ces quelques itinéraires, l’histoire de la Résistance prend une dimension nouvelle, tant la solidarité familiale qui s’est exprimée en ces temps de guerre favorise un nouveau regard », résument les auteurs. Leur analyse est pertinente pour mieux prendre en compte les réactions face à la défaite, mesurer la flamme de la Résistance allumée par le général de Gaulle, comprendre la construction clandestine de mouvements résistants dans la France à l’heure allemande, apprécier l’importance des réseaux avec la famille du colonel Rémy, les Le Tac, les frères d’Astier de La Vigerie, les frères Péju, les sœurs Berçot, la famille Vico à Caen et combien d’autres appartenant à la Résistance intérieure comme aux unités de la France libre. On s’intéressera aussi à la famille Lifchitz active dans la Résistance juive, à ces autres familles qui rejoignent le maquis avec l’esprit des camisards ou de Témoignage chrétien. En suivant la chronologie de cette guerre, on la vit ainsi par des parcours individuels dans la petite collectivité résistante ouverte à toutes les sensibilités d’accord sur l’essentiel : la libération de la France, la restauration des libertés, la reconstruction d’un pays abîmé par les atrocités d’un conflit impitoyable. Pour les derniers survivants, donner leur témoignage reste une forme de fidélité à leurs camarades et un précieux concours au devoir d’histoire.

    Hervé Chabaud

    Dominique Missika, Dominique Veillon, « Résistance, Histoires de familles » (1940-1945) », Armand Colin, 175 p., 27,50 euros.

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    ARGONNE : Suzanne et Maurice : portraits croisés : Centenaires aujourd’hui

    C’est aujourd’hui le grand jour pour nos centenaires : bon anniversaire Suzanne et Maurice !
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  • C’est aujourd’hui le grand jour pour nos centenaires : bon anniversaire Suzanne et Maurice !
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  • Suzanne Bruaux et Maurice Villeneuve sont nés le 17 octobre 1909. Aujourd’hui, ils ont 100 ans. Si leur date de naissance est la même, leurs parcours restent très différents.

    BON pied bon œil à cent berges, ces deux Argonnais.

    Deux personnes qui naissent le même jour, il y en a pléthore mais qui parviennent jusqu’au siècle, c’est un brin plus rare.

    Suzanne Bruaux (Boudaille de son nom de jeune fille) naît dans la ferme de ses parents à Herpont, agriculteurs et brasseurs.

    Maurice Villeneuve verra le jour dans un hameau des Côtes-d’Armor.

    Quand le jeune homme s’oriente vers la carrière militaire et le 19e Régiment du train à Paris, Suzanne ne peut pousser plus loin son cursus scolaire. La ferme de ses parents a besoin de ses bras courageux. Suzanne Boudaille enchaîne les taches. Elle rencontre son mari lors d’une de ses tournées de ravitaillement des cafés. Elle s’éprend d’un autre livreur-brasseur. Ils ne se quitteront plus.

    Dans le même temps, Maurice Villeneuve épouse la carrière militaire. En 1934, il découvre l’Argonne par l’intermédiaire du 120e escadron du Train de Sainte-Ménehould. Et c’est dans la capitale du pied de cochon qu’il rencontre sa femme en 1936.

    La guerre et le café

    En 1940, la guerre éclate. La famille de Maurice Villeneuve aussi. L’officier se retrouve affecté à Lyon. En 1943, il quitte l’hexagone et rejoint le 27e escadron du Train basé à Alger en qualité d’officier d’état-major.

    Quelques années avant que n’éclate la guerre, Suzanne Bruaux et son mari ouvrent le café de la Gare à Somme-Bionne et tiennent tant bien que mal durant les rudes années qui se profilent. Suzanne Bruaux tiendra son café jusqu’en 1971, date de sa retraite, à 62 ans.

    Maurice Villeneuve continue, lui, sa carrière militaire. Fin 1949, il part pour l’Indochine et dirige le commandement du Train des forces franco vietnamiennes au sud-Vietnam. Il y restera deux ans. Colonel en 1959, il se voit confier l’un des plus beaux commandements de l’armée, celui du train des Forces françaises à Baden-Baden en Allemagne. En 1966, après 39 années de service actif, il est promu général. Peu de temps après, il retrouve Sainte-Ménehould qu’il ne quitte plus depuis à part… pour voyager.

    Suzanne Bruaux est elle aussi toujours en Argonne, à Somme-Bionne. Autonome, elle continue de cultiver son jardin seule. Mais elle ne le reste jamais longtemps, du moins paraît-il, tant la saveur de son fameux biscuit de Savoie lui a taillé une solide réputation de pâtissière. Son seul regret aujourd’hui est de ne plus pouvoir sillonner les routes argonnaises sur sa bicyclette.

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    Union091017a - Marne

    REIMS : Grain de sable autour du monument

    Quand la copie du monument aux héros de l’Armée noire qui se trouve à Bamako et qui devrait reprendre sa place à proximité du parc de Champagne sera-t-elle réalisée ? Bien malin qui pourra le dire.

    Le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel, qui avait soutenu le projet l’an dernier, est devenu secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Justice et des Libertés. Il a sans doute bien d’autres chats à fouetter.

    Sur place, à Reims, on s’active toujours en coulisses. Mais pas de pot, le directeur des ateliers de montage des Musées nationaux qui devait venir mardi présenter les différents choix techniques pour réaliser l’œuvre ne viendra pas à cause de la grève à la SNCF. Et comme, par ailleurs, il manque de l’argent pour lancer la souscription (un comble !), celle-ci est reportée à Dieu sait quand.

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    BEINE-NAUROY : Au fil des délibérations : Souvenir.

    Les élus s’engagent à entretenir cette stèle près de Beine-Nauroy.
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    Lors du dernier conseil municipal de Verzenay, les élus s’engagent à entretenir la stèle située près de Beine-Nauroy symbolisant la disparition le 29 août 1944 de deux jeunes Bouquins tués par les Allemands juste avant l’arrivée des Américains.

    Ils s’engagent également à honorer la mémoire de ces deux jeunes chaque 29 août par une cérémonie comme il s’en déroule une chaque année à l’initiative de Georges Quenardel et Bernard Uhl.

     

     

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    Union091016a - Marne

    VIENNE-LE-CHATEAU : Décès : André Chevallier n’est plus

    Le colonel Chevallier s’est éteint dimanche dernier, à 81 ans.
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  • Le colonel Chevallier s’est éteint dimanche dernier, à 81 ans.

    Hier, un dernier hommage a été rendu à l’ancien parachutiste et commandeur de la Légion d’honneur. Entre émotion et souvenirs militaires.

    ANDRÉ CHEVALLIER est né le 7 août 1928 à Vienne-le-Château où il passa toute sa jeunesse. Fils aîné d’une famille de douze enfants, il aurait pu devenir charcutier-boucher, mais son rêve, il le trouvait dans les nuages.

    En 1947, il s’engage comme volontaire dans les troupes coloniales et part pour l’Indochine d’où il revient en 1951 avec le grade de sergent des troupes coloniales et décoré de la croix de TOE. De retour en France, il rejoint son Argonne.

    C’est lors d’une kermesse qu’il rencontre Anne-Marie Gomérieux (originaire de Servon-Melzicourt).

    Il est ensuite affecté au 6e bataillon colonial des paras de Saint-Brieuc. Le 4 février 1952, il épouse Anne-Marie, le voyage de noce est court. Trois jours plus tard, ils partent pour Saint-Brieuc pour rejoindre l’armée (Bigeard ne laisse pas à André le temps de prendre de mauvaises habitudes).

    En juin 1952, il part pour le Vietnam, la première séparation. Retour en France en septembre 1954, après de longs mois de combat et de souffrances. Prisonnier, il reçoit la croix de la Légion d’honneur du président Coty et découvre son fils.

    Après le Vietnam, l’Algérie

    Affecté à Bayonne en 1955, son deuxième enfant naît : Nathalie.

    En 1957, il demande à effectuer une formation de pilote dans l’aviation légère de l’armée de terre et est breveté pilote. En 1960, il part en Algérie, toujours avec Bigeard. De retour en France il rejoint Nancy et est promu chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur par le général Massu. En 1968, naîtra sa dernière fille : Valéry.

    En 1979, il prend sa retraite militaire et créé une agence de sécurité à Saint-Dizier. Il la dirige pendant 12 ans. En 1992, il rejoint enfin l’Argonne et est élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur. Mais il ne peut pas oublier les petits gars, ses camarades de combats, il devient alors président des anciens combattants d’Argonne, et président des anciens combattants du bataillon Bigeard.

    Toujours fier, très humble il participait activement aux différentes cérémonies militaires et était très actif pour les cérémonies de la Gruerie.

    Il a su transmettre à sa famille les valeurs de la vie. Son leitmotiv : « oser et croire ».

    Affaibli par la maladie mais toujours présent lors des cérémonies, bien entouré par sa famille, il s’est éteint dimanche dernier. Rejoignant ainsi ses camarades tombés au champ d’honneur.

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    ESTERNAY : Bal de la Fnaca : Valses et bonne humeur

    Plus d’une centaine de danseurs ont pris du bon temps sur l’invitation des anciens combattants.
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    Dimanche, plus d’une centaine de personnes étaient réunies à la MTL à l’occasion du bal annuel de la Fnaca (anciens combattants).

    La bonne humeur était au rendez-vous et l’orchestre « Les amis d’Henry » a permis aux participants de danser tout au long de l’après-midi.

     

     

     

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    LIVRE : Une invention pour changer la guerre de 14

     

    Il n’est vraiment pas évident de marier le passé et le futur. C’est pourtant le pari lancé par le scénariste Xavier Dorison et le dessinateur Enrique Breccia avec leur série Les Moissons d’acier consacrée à la Première guerre mondiale.

    Avec le début de la guerre, un colonel a l’idée de concrétiser un projet fou abandonné des années plus tôt, créer des combattants comme des robots, des êtres sans état d’âme, des machines de guerre alimentées en énergie avec des piles au radium. Mais l’inventeur de cette découverte ne veut pas la céder à l’armée.

    L’histoire se nourrit donc d’une toile de fond réaliste avec le contexte du conflit pour incarner la violence retenue par aucun frein, ni sentiment.

    Un homme est envoyé près de Château-Thierry pour récupérer des photos des positions allemandes. Il s’agit justement de l’inventeur des piles capables de transformer des êtres en gladiateurs mécaniques. Sa famille le croit mort. Il est lui-même complètement invalide et se déplace le visage protégé par un masque effrayant. La mission va-t-elle réussir ? L’issue de la guerre en dépend.

    Les Moissons d’acier de Xavier Dorison et Enrique Breccia, tome 1 et tome 2, 14,95 euros, un album, éditions Delcourt.

     

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    REIMS : Casanave et le soldat inconnu

    Rencontre. Originaire des Ardennes, Daniel Casanave, 47 ans, vit à Reims en multipliant les projets artistiques. Il vient d’illustrer un album évoquant sous le mode loufoque le soldat inconnu.

    Comment devient-on auteur de bande dessinée ?

    Par hasard, en fabriquant des livres et en les présentant à des éditeurs.

    Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous devenu dessinateur ?

    Je suis originaire de Charleville-Mézières et j’ai été diplômé des Beaux-arts de Reims en 1987. Je n’ai pas réalisé de BD tout de suite, j’ai attendu longtemps car je n’en avais pas envie.

    Et maintenant qu’est-ce qui vous plaît ?

    C’est un peu classique : aux Beaux-arts, j’ai beaucoup détesté ce que j’avais aimé auparavant et puis je suis revenu à mes premiers amours.

    Vous êtes influencé par quel dessinateur ?

    Cela dépend. Ce sont des influences qui viennent de mon enfance, la bande dessinée classique avec Franquin, Tardi et puis des dessinateurs de presse.

    Dans votre ouvrage Crevaisons, il y a un aspect assez loufoque, êtes-vous sensibilisé à cette dimension ?

    Oui, j’ai fait beaucoup de théâtre et j’ai beaucoup adapté de pièces de Jarry ou d’Apollinaire. Crevaisons s’inscrit dans une collection proposant des fausses biographiques de personnages. Cette fois, le soldat inconnu est assez peu présent dans le récit de Manu Larcenet. C’est un récit assez étrange avec une réflexion sur la condition humaine.

    En 2008, vous aviez été sélectionné au festival d’Angoulème pour un ouvrage consacré à Baudelaire Avez-vous vécu cela comme une forme de reconnaissance ?

    Forcément, comme une petite récompense mais cela n’était pas la première fois. J’avais déjà eu un album sélectionné avec une adaptation de « Ubu roi » d’Alfred Jarry .

    Est-ce que vous arrivez à vivre de votre passion ? »

    Oui, je suis uniquement dessinateur. Cette année, j’ai ainsi publié six ouvrages mais pas forcément tous des BD, il y a des illustrations.

    Quels sont vos autres projets ?

    Je vais sortir bientôt un album consacré aux derniers jours de Gustave Flaubert. Un autre livre sort en novembre consacré à la Champagne impertinente. C’est un pamphlet… gentil avec Frédéric Chef.

    Est-ce qu’il y a une autre idée que vous n’avez pas encore concrétisée ?

    J’en ai tellement. Je voudrais me consacrer à la disparition de la ville de Reims pendant la guerre de 14.

    Une aventure rocambolesque du soldat inconnu, Crevaisons, Tome 5, Histoire de Manu Larcenet et dessin de Daniel Casanave, 48 pages, 10,40 euros.

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    HISTOIRE : L’obsesssion de la « race pure »

    Bientôt, ces enfants subiront des expérimentations médicales sur ordre des nazis.
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  • Parmi les expériences sur des personnes normales ou atteintes de handicaps, les nazis ont ôté des muscles pour observer ensuite quelles en étaient les conséquences.

    Si la purification de la race apparaît comme un axe de la politique familiale du Reich, la guerre provoque une accélération du processus et la ferme volonté de débarrasser la société des personnes atteintes de maladies mentales et handicapées. Bien sûr, dès 1933, année de l’arrivée d’Hitler au pouvoir, le ministre de l’Intérieur Wilhem Frick nomme le docteur Rüdin, président de la Société d’hygiène raciale et de la Société des neurologues et psychiatres allemands à la tête d’un comité de recherche sur l’hygiène raciale dans l’ensemble du Reich.

    Le praticien reçoit les exigences du führer qui réclame une loi sur la prévention des désastres héréditaires. Votée le 14 juillet 1933, elle est appliquée dès le 1er janvier 1934. Ce texte autorise toute institution de l’Etat à ordonner la stérilisation médicale de sujets atteints de maladies héréditaires ou congénitales. Sont directement concernés les épileptiques, les schizophrènes, les aveugles, les sourds, les déments, les dépressifs et les individus ayant des conduites addictives avérées. Des dispositions légales complémentaires sont décidées en 1934 et 1935 pour : « la protection du sang et de l’honneur allemands » et la « citoyenneté dans le Reich ».

    Ce n’est que le début d’une spirale infernale puisqu’en mai 1939, Hitler franchit une nouvelle étape en demandant à son médecin personnel Karl Brandt de recenser les petits Allemands âgés de moins de trois ans, présentant des malformations et des handicaps qui justifient qu’on leur : « offre une mort douce ». A quelques jours de l’entrée en guerre contre la Pologne, les gynécologues obstétriciens, les sages-femmes reçoivent un courrier qui leur fait obligation de déclarer les cas concernés pour établir des statistiques et évaluer les moyens sanitaires nécessaires à leurs traitements. Les personnels de vingt-huit institutions réparties sur tout le territoire obtiennent l’autorisation de pratiquer l’euthanasie des enfants qui leur sont amenés. Tout cela répond aux vœux effrayants exprimés par les dignitaires nazis qui retiennent le meurtre de masse : « des cinglés et des dégénérés » pour : « débarrasser la société de parasites inutiles et coûteux ». Tous les éléments sont déjà réunis pour mettre en œuvre l’industrialisation de la mise à mort. Il s’agit du plan Aktion T4.

    Alors que la Pologne est submergée par les divisions mécanisées du Reich, le führer antidate et valide un décret destiné à autoriser des médecins avisés à accorder : « Une mort miséricordieuse aux malades qui auront été jugés incurables, selon une appréciation aussi rigoureuse que possible ». Hitler compte à la fois économiser les deniers publics consacrés aux soins de ces malades-là et libérer ainsi des lits d’hôpitaux plus profitables pour la convalescence des soldats blessés au feu. Le programme T4 est donc engagé mais il est dissimulé à souhait au sein d’institutions dont on ne devine pas, a priori, l’action criminelle. C’est ainsi qu’un groupe de travail du Reich sur les sanatoriums et les nurseries est installé au n°4 de la Tiegarstenstrasse à Berlin. Les spécialistes qui y travaillent sont chargés de recenser les patients et de les remettre à des : « instituts de désinfection ». Pour assurer un transport discret des victimes, une société de droit privé est spécialement créée. Il s’agit de la Gekrat dirigée par Richard von Hegener dont les véhicules et les chauffeurs sont sélectionnés par des officiers supérieurs SS. Les malades sont asphyxiés au monoxyde de carbone dans les fourgons de transport. Le GSA est chargé de faire disparaître les corps et se spécialise dans la construction de fours crématoires et bientôt de chambres à gaz livrées clés en main !

    Philipp Bouhler est désigné responsable général du programme d’euthanasie auprès de la chancellerie tandis que le docteur Brandt devient haut-commissaire du Reich à la Santé et travaille avec le professeur Leonardo Conti, secrétaire d’Etat à la Santé auprès du ministre de l’Intérieur et Viktor Brack, un bureaucrate de la Chancellerie. Le groupe de travail du Reich sur les sanatoriums et les nurseries réunit une quinzaine de praticiens encadrés par deux sommités de la psychiatrie, les docteurs Hermann Paul Nitsche et Werner Heyde. Ils passent au tamis les dossiers de tous les établissements hospitaliers fléchés et adressent à leurs directeurs des formulaires à remplir impérativement. Les documents s’intéressent notamment à l’inaptitude au travail des patients. L’organisation méthodique d’élimination est opérationnelle dès la fin octobre 1939.

    « La race des seigneurs »

    Un classement en trois groupes de personnes à liquider est établi. La priorité pour les premières campagnes de désinfection revient à la Poméranie et à la Prusse-Orientale. Pour ne pas attirer l’attention des familles des victimes des courriers restrictifs de leurs droits leur sont adressés. On justifie les transferts pour des raisons : « relevant de la défense du Reich » avant de préciser : « Les visites ne sont pas autorisées pour le moment et, pour les mêmes raisons, aucun renseignement ne peut être donné par téléphone ». Pour dissuader les proches de se montrer insistants, la lettre s’achève ainsi : « Le manque de personnel dû à la guerre et le surcroît de travail qui en résulte nous obligent à vous prier de renoncer à toute demande d’informations ». De la même manière, on annonce le décès d’un patient en affichant un diagnostic précis ayant entraîné la mort. On présente des condoléances et on explique ainsi la crémation : « Cette mesure a pour but de protéger la Patrie contre la propagation de maladies infectieuses qui présentent en temps de guerre un grave danger ». L’envoi de l’urne funéraire est gratuit ainsi que la délivrance de deux actes de décès pour usage administratif. Bref, c’est par cette abomination de l’assassinat industrialisé que les nazis veulent imposer : « la race des seigneurs ». Le racisme et la xénophobie qu’ils expérimentent aussi dans la Pologne tout juste occupée confirment une dynamique criminelle alarmante.

    Hervé Chabaud

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    La lucidité de Winston Churchill

    Alors que la situation s’aggrave et laisse augurer d’un choc frontal à venir à l’ouest, le gouvernement britannique est partagé sur l’attitude à adopter. Bien sûr Londres a apporté son soutien à la Pologne agressée par les armées nazies mais Neville Chamberlain n’a pas déclenché une attaque structurée contre les forces allemandes. Toutefois, un homme entre au Cabinet de guerre pour reprendre les fonctions de lord de l’Amirauté. Il s’agit de Winston Churchill qui a vécu comme officier et comme ministre la Première Guerre mondiale. Il n’est pas prêt à céder à Hitler qu’il estime arrogant, provocateur et sans panache. Outre Rhin, on raille cette figure du parti conservateur comparée à : « un bouledogue à deux pattes ». Chamberlain hésitant et déjà affaibli par la maladie accepte le retour de cet homme qui n’a pas seulement une magnifique propriété dans la campagne de Chartwell mais a une expérience ministérielle patente puisqu’il a occupé neuf fois un portefeuille et surtout est un orateur percutant et redouté.

    Pour la Grande-Bretagne, c’est un atout indéniable parce que Churchill est à la fois un animal politique, un organisateur de talent, un remarquable communicant et un chef exigeant mais bienveillant. Contrairement au Premier ministre, cela fait des années qu’il alerte sur les dangers de la montée des fascismes et des dictatures qu’ils imposent. Il ne partage pas la diplomatie d’ouverture et de dialogue entamée avec le Reich. Il s’insurge contre une politique de défense qu’il juge schématique et très insuffisante pour garantir la souveraineté britannique. Violemment critiqué, il est brusquement réhabilité lorsque tous les observateurs constatent que ses prévisions sur l’expansionnisme et le bellicisme allemands sont bien au rendez-vous de l’actualité. Chamberlain comprend alors qu’il ne peut faire autrement qu’accepter Winston Spencer dans son gouvernement. Dès le 3 septembre 1939, tous les marins apprennent la nouvelle par ce message laconique mais qui veut tout dire : « Winston is back ».

    En quelques jours, il bouscule les habitudes et transforme son ministère en un état-major opérationnel. Il exige chaque jour un point de la situation et les exactes disponibilités des différentes escadres. Il considère qu’un blocus total des côtes allemandes est un impératif et qu’un corps expéditionnaire anglais doit s’installer en France. Il n’y va pas par quatre chemins pour ordonner la transformation de chalutiers en chasseurs de sous-marins ennemis et pour équiper d’armement les navires marchands pour qu’ils se défendent contre les attaques possibles des U boote comme des bâtiments de surface de la kriegsmarine. Il réclame la surveillance renforcée des ports avec la pose de filets et d’obstacles sous-marins et décide d’arraisonner en haute mer tous les navires ennemis qui seront dès lors des prises de guerre.

    Comme l’observe l’un des proches du führer, l’aviateur Hermann Goering : « Churchill veut faire une vraie guerre ». Si Chamberlain espère que le lord de l’Amirauté tout à son ministère n’aura pas le temps de s’occuper d’autres dossiers brûlants de la politique britannique, il fait erreur. Tous les ministres, ceux de la guerre, de l’air, des finances reçoivent ses conseils « affectueux » qui sont en réalité des « ordres déguisés ». Comme lorsqu’il somme son collègue de l’Intérieur de créer une Home Guard, une garde nationale employant des hommes de plus de quarante ans. Et d’ajouter : « 500.000 soldats supplémentaires en cas d’invasion de notre métropole, cela serait d’une évidente utilité ». Churchill n’hésite pas à se déplacer en France pour rencontrer les ministres et plusieurs généraux. Il fait aussi le voyage des Etats-Unis et entretient avec le président Roosevelt et son administration des échanges réguliers. Chacun peut mesurer son énergie et sa détermination au cours de ses interventions au Parlement et à la radio. Ainsi, le 1er octobre 1939, il déclare avec malice sur les ondes de la BBC : « Hitler a décidé du début de la guerre, mais, ni lui, ni ses successeurs ne pourront décider de sa fin ». Il n’hésite pas à bluffer pour redonner le moral à Londres. Le 17 octobre 1939, il résume ainsi la situation : « Nous estimons que sur soixante sous-marins allemands prêts à l’action au début de la guerre, un tiers a déjà été coulé ou sérieusement endommagé ». Il est débordant d’idées.

    Chamberlain reconnaît le 10 octobre : « Certaines sont fantaisistes mais beaucoup sont pertinentes. Il est sur tous les fronts mais il faut canaliser son énergie ». Churchill est bien décidé à suspendre ou handicaper la circulation fluviale en Allemagne en larguant des mines dérivantes. Il juge tout aussi cohérent de perturber les livraisons de matières premières indispensables à l’industrie de guerre de l’ennemi. Le blocus des routes du fer suédois est mis à l’étude. Il n’exclut pas de passer outre à la neutralité de certains Etats, ce qui suscite une levée de boucliers y compris chez les Tories. En tête se trouve lord Halifax, le ministre des Affaires étrangères qui ne goûte guère les suggestions churchilliennes en octobre. Le lord de l’Amirauté détaille son projet dont la pertinence est reconnue par tous les ministres mais, commente-t-il, « les arguments du Foreign Office sur la neutralité étaient sérieux. Je ne pus l’emporter ». A la mi-octobre, il secoue encore son monde pour s’inquiéter des dispositions prises pour anticiper des attaques aériennes et protéger au mieux les populations civiles qui ne manqueraient pas d’être visées. Bref, Churchill est bien sur tous les fronts d’autant qu’il ne croit pas un instant à la sincérité d’Hitler qui, le 6 octobre dans un discours devant le Reichstag, a lancé un appel à la paix à destination des puissances de l’Europe de l’ouest. A la lecture de cet élément du propos du chef nazi, il le qualifie de menteur : « L’Allemagne déclare n’avoir aucune ambition vis-à-vis de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg ».

    Le lord de l’Amirauté est lucide puisqu’un peu plus loin, Hitler réclame le retour dans son giron des colonies d’Afrique perdues au terme des traités mettant un terme définitif à la Grande Guerre.

    H.C.

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    Union091010d - Marne

    EPERNAY : Cheminots anciens combattants : Epernay se rattache à la section châlonnaise

    Les responsables des deux sections réunies.
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  • La section locale sparnacienne de l’Association nationale des cheminots anciens combattants (Ancac) s’est réunie en assemblée générale extraordinaire, avec pour but d’entériner et mettre au point les modalités du rattachement de la section d’Epernay à la section de Chalons dès janvier 2010.

    Pérennité de l’Ancac sparnacienne

    Compte tenu du déclin inéluctable du nombre d’adhérents dans les sections locales, ces regroupements permettent la survie de celles-ci en leur conservant une réelle représentativité lors des manifestations commémoratives.

    Les dépôts de gerbes et la présence du drapeau de l’Ancac seront assurés par des représentants locaux élus lors de la prochaine assemblée générale de la section châlonnaise.

    La candidature de Sauveur Mazella, actuel président de la section d’Epernay, sera proposée pour un poste de président adjoint de la section de Châlons, ainsi qu’un suppléant.

    Cette disposition permettra la pérennité de la présence de l’Ancac lors des manifestations sparnaciennes, dépôts de gerbes à la plaque commémorative située cours de la gare et à la stèle de l’établissement de maintenance du matériel plus connu sous le nom d’ateliers SNCF d’Epernay.

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    Union091010c - Marne

    EPERNAY : Cheminots anciens combattants : La section sparnacienne se rapproche de Châlons

    Les membres des bureaux de Châlons et d’Epernay.
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  • Le dimanche 4 octobre, la section locale de l’association nationale des cheminots anciens combattants (ANCAC) tenait une assemblée générale extraordinaire, à la maison des associations. Le but de cette assemblée était d’entériner et de mettre au point les modalités du rattachement de la section d’Epernay à la section de Châlons en Champagne dès janvier prochain.

    S’unir ou mourir

    Compte tenu du déclin inéluctable du nombre d’adhérents dans les sections locales, ces regroupements permettent la survie de celles-ci en leur conservant une réelle représentativité lors des manifestations commémoratives.

    Les dépôts de gerbes et la présence du drapeau de l’Ancac seront assurés par des représentants locaux élus lors de la prochaine assemblée générale de la section Châlonnaise.

    La candidature de Sauveur Mazella, actuel président de la section d’Epernay, sera proposée pour un poste de président adjoint de la section de Châlons, ainsi qu’un suppléant. Cette disposition permettra la pérennité de la présence de l’Ancac lors des manifestations sparnaciennes, dépôts de gerbes à la plaque commémorative située cours de la gare et à la stèle de l’établissement de maintenance du matériel plus connu sous le nom d’ateliers SNCF d’Epernay.

    Les camarades de la section d’Epernay sont invités à rester fidèle à l’Ancac, c’est une association nationale et la représentativité de celle-ci est en rapport avec le nombre de ses adhérents.

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    Union091010b - Marne

    MAURUPT-LE-MONTOIS : Perthois Sport Nature : Les randonneurs ont rencontré « La Suzanne »

    Sur le trajet du futur chemin de fer historique.
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  • « La Suzanne » était très courtisée, mardi dernier, par les marcheurs marnais de Perthois Sport Nature.

    Une trentaine d’entre eux avait rendez-vous à Bar-le-Duc pour voir cette Corpet 031T de 1891.

    Leur cicérone leur a conté l’histoire de cette locomotive du réseau meusien d’intérêt local à voie métrique qui a eu son heure de gloire pendant la guerre 1914/1918 pour ravitailler le front de Verdun et en rapatrier les blessés.

    Cette dernière combattante de la Voie sacrée, récupérée à l’état d’épave, est maintenant restaurée et classée monument historique.

    Après la visite des ateliers et pour allier partie historique et partie sportive, les randonneurs ont parcouru le tracé d’un projet de chemin de fer historique de la Voie sacrée.

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    Union091010a - Marne

    SEZANNE : Institut universitaire du temps libre : Conférence d’Hervé Chabaud à l’occasion de la rentrée de l’IUTL

    A l’occasion de la séance de rentrée de l’IUTL, Hervé Chabaud, historien et rédacteur en chef de l’union, a donné une conférence sur le thème, « 1939, les débuts d’une nouvelle guerre ».
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  • La séance de rentrée de l’institut universitaire du temps libre (IUTL) s’est déroulée hier après-midi au Prétoire.

    A cette occasion, Hervé Chabaud, historien et rédacteur en chef de l’union a donné une conférence sur le thème, « 1939, les débuts d’une nouvelle guerre ».

    Cette conférence est la première d’une série d’exposés qui auront lieu tous les vendredis après-midi de 14 h 30 à 16 h 30 à l’Ancien collège.

    Les conférences abordent les sujets les plus divers : sociologie, histoire de l’art, histoire de l’Egypte, philosophie.

    La prochaine conférence se déroulera le vendredi 16 octobre. Roland Choiselle parlera de l’Europe : « Faut-il parler de l’Europe au passé ? » est l’intitulé de cette conférence.

    Renseignements et inscriptions à l’institut universitaire du temps libre auprès de Claudie Lepont au 03.26.81.56.97 ou par courriel à lepont.claudie@orange.fr

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    Union091008d - Marne

    SUIPPES : Architecture de l’après-guerre : La reconstruction de Suippes en expo

    Des images à découvrir jusqu’au 6 novembre.
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  • Du 10 octobre au 6 novembre, le Centre d’interprétation Marne 14-18 , en partenariat avec la médiathèque intercommunale présente : « La reconstruction d’après-guerre ».

    Cette exposition retrace les grandes étapes de la reconstruction en évoquant le bilan désastreux des pertes matérielles au lendemain de la Première Guerre. Seront également évoquées les aides nationales et internationales mises en œuvre pour aider les populations. Une volet sur l’organisation provisoire et l’architecture d’après-guerre (publique et privée) sera présenté.

    L’exposition sera appuyée d’exemples locaux des villages avoisinant Suippes, tels Souain, Sommepy et Sainte-Marie-à-Py.

    Exposition à la médiathèque, du mardi au vendredi de 14 à 18 heures et le samedi de 11 à 17 heures.

    Tél. 03.26.68.24.09. et (->www.marne14-18.fr]

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    Union091008c - Marne

    REMICOURT : Commémoration à Remicourt : Entre émotion américaine et souvenirs français

    Les deux nièces des pilotes abattus ont écouté les discours avec attention.
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  • Hier, plusieurs soldats de la National Guard des Etats-Unis étaient présents pour la cérémonie.
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  • Hier, soldats et historiens américains ont effectué un déplacement en Argonne pour se souvenir de deux pilotes abattus il y a 91 ans.

    SOULIERS impeccablement vernis, fourragères rutilantes et médailles au poitrail, de nombreux soldats des forces armées américaines se sont souvenus hier à Remicourt d’un événement majeur de la Première Guerre mondiale. Même 91 ans, jour pour jour après les faits, l’émotion était palpable.

    Le 7 octobre 1918, les lieutenants Erwin Klecley et Harold Goettler décollaient d’un terrain situé proche du village de Remicourt à bord d’un avion d’observation De Havilland DH4. Leur mission : repérer le « Bataillon perdu » (le fameux Lost Batallon) serré de près par les troupes allemandes. Pour ce faire, les deux pilotes du 50e escadron de l’air américain doivent franchir les lignes ennemies. Peu de temps après leur décollage, le pilote sera atteint d’une balle à la tempe, son passager assistera impuissant à la descente en piqué de l’appareil. Goettler est tué sur le coup, Kleckey secouru par les troupes françaises survivra au crash mais mourra quelques heures après.

    C’est ce haut fait d’armes que les historiens américains et tout le village de Remicourt ont voulu célébrer.

    Médailles d’honneur

    Pour leur sacrifice et leur courage, les pilotes de la flotte américaine ont été décorés à titre posthume de la médaille d’honneur, la plus rare et très prestigieuse décoration. Un fait exceptionnel durant le premier conflit mondial.

    « Deux médailles d’honneur ont été décernées pour les deux aviateurs qui ont perdu la vie en Argonne. Et seulement quatre de ces distinctions ont été remises à des pilotes durant toute la Première Guerre mondiale. Rendons-nous compte de l’importance de ce qui s’est passé ici, il y a plus que 90 ans », explique l’historien américain, Jerry Asler, un des instigateurs de l’événement.

    Pour cette occasion, les deux nièces des pilotes américains ainsi que les porte-drapeaux de l’Illinois et du Kansas, états d’origine de deux aviateurs, avaient effectué le déplacement. De nombreux autres hauts gradés US et français complétaient la liste des présents.

    Pèlerinages futurs

    Remicourt entre ainsi par la grande porte dans l’Histoire. Le nom de ce village argonnais prendra une bonne place dans les musées de l’armée de l’air des USA.

    De plus, le travail des historiens de l’armée américaine a permis de localiser avec précision le lieu de l’aérodrome d’où ces deux pilotes ont décollé mais aussi le lieu exact où ils se sont écrasés.

    De quoi perpétuer le souvenir, de quoi valoriser un secteur qui a tant souffert il y a neuf décennies, de quoi mieux connaître un village qui fut le point névralgique de l’avancée d’un million de soldats entre octobre et novembre 1918.

    T.D.

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    Union091008b - Marne

    REMICOURT : Souvenirs : Deux aviateurs américains au pinacle

    Abattus alors qu’ils survolaient la forêt argonnaise, les deux aviateurs se sont vu attribuer à titre posthume la médaille d’honneur.
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  • À l’initiative de l’historien américain Jerry Hester et l’American WW1 Historian League, les lieutenants Keckley et Goettler sont définitivement passés à la postérité. Abattus alors qu’ils survolaient la forêt argonnaise à la recherche du « Lost Batallon », les deux aviateurs se sont vu attribuer à titre posthume la médaille d’honneur. La plus prestigieuse et la plus haute des décorations militaires qui existent aux États-Unis. Un fait rare, surtout durant la Première Guerre mondiale où seulement quatre de ces titres ont été accordés. La moitié donc pour deux soldats tombés en Argonne.

    Grâce au travail des historiens US, l’endroit de leur dernier décollage et celui de leur crash, le 7 octobre 1918, ont pu être déterminés avec la plus grande précision par le collège d’historiens qui a travaillé sur le sujet. Pour l’occasion, l’émissaire de l’US Air Force a souligné le travail encore actuel des USA et en « particulier de l’aviation dans les actuels conflits afghans et irakiens ».

    Émues aux larmes, les deux nièces des pilotes décédés ont déposé une gerbe à la mémoire de leurs aïeux. La Bataille d’Argonne était déjà un épisode connu de la Première Guerre mondiale. Mais désormais, le petit village de Remicourt, près de Givry-en-Argonne, aura son nom sur les prestigieuses tablettes des musées de l’aviation des États de l’Illinois et du Kansas, d’où étaient originaires les lieutenants Goettler et Keckley.

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    Union091008a - Marne

    AFMD : Amis de la Déportation

    Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation organisent un voyage de la mémoire à Compiègne le samedi 24 octobre prochain.

    Dans la mémoire commune des deux guerres mondiales, Compiègne évoque la signature des armistices de 1918 et 1940.

    Pour les adversaires de l’Allemagne nazie, Compiègne évoque surtout un camp de transit et on estime à 54.000 le nombre d’internés, résistants politiques ou otages à y être passés avant leur déportation vers les camps de concentration.

    Il reste encore quelques places. Prix de la journée tout compris (visite du château, repas, visite du mémorial et carrefour de Rethondes) : 55 € par personne. Renseignements auprès d’Hélène Lebrec au 03.26.61.52.16. AFMD 51 sera présente au Forum des associations les 10 et 11 octobre dans le hall 1 sur le stand 187.

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    Union091006a - Marne

    EPERNAY : Bruno Vazart reçoit l’insigne d’officier dans l’ordre national du Mérite

    Bruno Vazart, à droite, décoré par Michel Héois.
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  • C’est à l’auberge de Moussy, au cours d’une cérémonie emprunte de simplicité, que Bruno Vazart, fondateur du mouvement CATM dans la Marne, a reçu l’insigne d’officier dans l’ordre national du Mérite, des mains de son parrain, Michel Héois, officier de la Légion d’honneur, trésorier général de la Fédération nationale des combattants, prisonniers de guerre et combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc (FNCPG-CATM).

    Après l’accueil de Claude Desplanches, secrétaire général des CATM Marne, de René Trubert, président du canton d’Avize, et de Jacques Goujat, président national, Michel Héois retraçait le parcours de Bruno Vazart.

    Né à Epernay, résidant à Cramant, Bruno Vazart travaille dans une prestigieuse maison de champagne. En 1954, service militaire de 33 mois en Allemagne et en Algérie. Il fonde une amicale d’anciens d’Afrique du Nord à Oger qui comprendra 18 membres. Il prend son bâton de pèlerin et assure la promotion des amicales.

    Dès lors, ses responsabilités seront très nombreuses : vice-président puis président de l’ADCPG-CATM de la Marne depuis 1971 ; vice-président cantonal puis président des ACPG-CATM depuis 1971 ; vice-président de l’UDAC ; président de différentes sections mutualistes et de prévoyance ; membre de la région Champagne-Ardenne au Comité fédéral ; membre de la Commission nationale du Mérite fédéral.

    Bruno Vazart est titulaire de la carte du combattant, du titre de reconnaissance de la nation et de la médaille commémorative d’AFN avec l’agrafe Algérie. C’est avec émotion que le récipiendaire remerciait son parrain et les nombreux présents, notamment les maires de Cramant et d’Oger, avec une mention particulière à son épouse Jacqueline qui était couverte de fleurs.

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    Union091004b - Marne

    REMICOURT : Grande Guerre : Cérémonie pour deux aviateurs américains

    Petit village du canton de Givry-en-Argonne, Remicourt inaugure le mardi 7 octobre, une plaque à la mémoire de deux aviateurs américains, morts en service aérien commandé alors qu’ils cherchaient à repérer le célèbre « bataillon perdu » qui, encerclé vivait des heures critiques près de Binarville.

    L’an dernier, d’importantes cérémonies avaient eu lieu en mémoire des soldats, héros de ce bataillon américain qui avaient refusé de se rendre. Ce dernier avait subi de lourdes pertes pour, finalement, être délivrés par les leurs.

    Cette année, on se souvient plus particulièrement des lieutenants Goettler et Bleckley. Du 26 septembre au 28 octobre 1918, de violents combats s’étaient déroulés en Argonne pour percer les puissantes lignes de défense souvent fortifiées de l’ennemi. Il avait résisté avant de se replier et osé des contre-attaques.

    Le 6 octobre, les deux officiers avaient reçu une mission particulière. Ils étaient alors stationnés avec le 50e squadron sur un terrain proche de Remicourt au cœur de l’arrondissement de Sainte-Ménehould. Ils ont alors été chargés d’effectuer une reconnaissance pour localiser et ravitailler les hommes du 77e bataillon dit « le bataillon perdu » du côté du moulin de Charlevaux.

    Au cours de leur vol à bord d’un De Haviland 4 n°6, leur appareil a été touché par des tirs alors qu’ils franchissaient les lignes allemandes. Leur avion s’est écrasé alors près de Binarville. Goettler et Bleckley se sont vus décerner alors, à titre posthume, la Médaille d’honneur qui est la plus haute décoration militaire américaine. Les États-Unis ont alors tenu à rendre hommage à leur courage et à leur bravoure.

    Le lendemain, 7 octobre 1918, un autre De Haviland 4, le n° 16, s’envolait de Remicourt avec, à son bord, les lieutenants Anderson et Rogers. Ils situent alors le 77e bataillon qui peut être secouru. Pour l’événement, l’armée de l’air américaine sera présente à cette cérémonie du souvenir auprès des Marnais soucieux de ne pas oublier.

    Hervé CHABAUD

    L’histoire détaillée du bataillon perdu a été rapportée dans « 1918 » notre hors-série paru en novembre 2008.

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    Union091004a - Marne

    HISTOIRE : La laborieuse défense de Paris

    Le gouverneur militaire de la capitale est sans illusion sur la capacité des forces à percer en n’importe quel point la défense organisée de la Wehrmacht.
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  • Le général Pierre Héring, qui est rappelé en activité, est nommé gouverneur militaire de Paris. Il s’adresse à Edouard Daladier qui vient d’achever un remaniement ministériel pour prendre en charge les Affaires étrangères. Favorable à une action au Benelux, il réitère sa démonstration au général Gamelin : « Quand comptez-vous exécuter la manœuvre par la Belgique dont nous avons étudié toutes les modalités depuis trois ans, dans les exercices du Conseil supérieur de la guerre ? ».

    La réplique du généralissime est immédiate : « J’aurai déjà déclenché l’opération mais les Belges tiennent à observer scrupuleusement leur neutralité et le gouvernement britannique se refuse à leur forcer la main ». Héring qui a tiré les leçons de l’attaque allemande de 1914 insiste et considère que le meilleur moyen de mettre en difficulté l’ennemi très occupé en Pologne est de produire un mouvement de troupes en Belgique puis de foncer en direction d’Aix-la-Chapelle de manière à être en capacité d’attaquer la Ruhr qui est le poumon industriel du Reich. Et d’ajouter : « De cette manière, nous déborderons par le nord la ligne Siegfried ».

    Le gouverneur militaire de la capitale est sans illusion sur la capacité des forces à percer en n’importe quel point la défense organisée de la Wehrmacht. Il veut convaincre : « Cette manœuvre est réalisable avec les moyens dont nous disposons ». Dans son analyse, le général considère aussi l’avantage de pousser des unités sur le canal Albert en prévention d’une offensive de l’ennemi en direction de Paris ou de Londres. S’affranchir de la neutralité belge est inacceptable pour la Grande-Bretagne et la Hollande, aussi le plan Héring est rangé au fond d’un placard. Dommage, il contient une autre idée intéressante : la constitution d’une force de choc aéroblindée interalliée prête sans délai à l’action. Ses camarades jugent ses propositions utopiques et moquent son discours péremptoire. Ils estiment que la France ne possède pas les moyens adaptés pour concrétiser une telle offensive condamnée d’avance par la prudence patente des gouvernements.

    Héring se recentre sur la défense de la capitale et inventorie les moyens dont il dispose pour en garantir la sécurité. Aux 3.500 agents de police, il peut ajouter la légion de gendarmerie départementale, la garde républicaine composée d’un régiment à pied et d’un second à cheval soit 2.200 hommes, trois régiments territoriaux rassemblant 12.000 soldats. On y adjoint deux divisions d’infanterie dites de série B qui sont stationnées à la fois au nord et au sud de Paris. Leurs effectifs sont en cours d’instruction.

    Accablé par toutes les servitudes qui incombent à l’armée, le général est vite conscient qu’il ne dispose que de 6.000 hommes effectivement disponibles. Il forme alors trois groupes d’intervention qui seront chargés de mettre en œuvre son plan de contre-attaque. Héring n’hésite pas à se rendre sur le terrain pour suivre, guider et participer aux manœuvres qu’il a ordonnées. On le voit suivre et corriger des actions contre la descente de parachutistes lancés hypothétiquement sur la capitale. Il assiste aussi à des exercices destinés à réprimer des émeutes que les clandestins du PC pourraient conduire sur ordres de Moscou. Il ordonne des défilés de soldats et des démonstrations de force dans les principaux quartiers de la capitale. Il s’autorise même de vigoureux rappels à l’ordre aux commerçants qui commencent à pratiquer avec bonheur la valse des étiquettes. Ses propos au président du Syndicat de la boucherie sont vigoureux allant jusqu’à recommander l’interpellation des récalcitrants comme de tous ceux portant un uniforme et qui se comportent avec désinvolture.

    La chasse aux délinquants et aux sans domicile est effective et le général Héring demande leur départ en province. Cette solution est rejetée par les préfets qui ne tiennent pas à accroître l’insécurité sur leur territoire.

    Finalement, le ministre de l’Intérieur, Albert Sarrault, accepte le 3 novembre que : « ces indésirables soient transférés aux colonies ». Les réactions politiques hostiles sont majoritaires et le gouvernement suspend la mesure. Le sujet sera remis sur le tapis au printemps. Le général enrage parce qu’il n’accepte pas le traitement favorable accordé à des familles allemandes qui résident dans sa ville. Le général n’a pas plus de chance dans sa volonté de protéger les usines. La présence de soldats à leurs portes pourrait être assimilée à une défiance envers les ouvriers.

    Le gouvernement refuse cette hypothèse et recommande au gouverneur militaire d’assouplir son dispositif et de prendre conseil auprès du préfet de police qui partage les craintes du gouvernement ! Bref, la plupart des instructions du général sont contestées par les hauts fonctionnaires des ministères qui font tout pour qu’elles ne soient pas appliquées. Dans son carnet, le général résume ainsi la situation à la date du 23 octobre 1939 : « En France, on ne sait plus que bavarder et discuter. L’impuissance à décider est un lourd handicap. Notre pays en guerre n’est pas dirigé ». S’il se plaint des civils, il peut en faire tout autant des militaires qui lui mettent des bâtons dans les roues. Il ne parvient pas à imposer un commandement unique de la Défense contre avions (DCA) de la région parisienne. Il découvre que les avions affectés à la défense de Paris sont inefficaces et ose suggérer au général Vuillemin furieux de réclamer à Chamberlain le prêt de deux groupes de Hurricane et de Spitfire. Et que dire de la position de sûreté antichars de Paris décidée dès sa prise de fonction le 8 septembre par le général Héring ? Si Gamelin a donné son accord dès le 20 et que les travaux ont débuté dès le 25 avec 47 bataillons de travailleurs et 14 compagnies de transport sous les ordres du général Chavineau, on oublie l’essentiel, équiper les différentes positions de défense qu’il s’agisse de celles des forêts de Chantilly et du Lys, de la trouée de l’Ourcq, de la Marne et du Grand Morin. Bref, on s’achemine vers une ligne antichars dépourvue de canons ou équipée de quelques matériels remontant à la Grande Guerre.

    Autant dire que la vulnérabilité de Paris reste patente.

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    HISTOIRE : La neutralité de Roosevelt

    Le président des Etats-Unis Roosevelt déteste Hitler et défend les valeurs des démocraties occidentales mais il n’a pas d’autres solutions que de lancer des appels à la paix.
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  • ENJEUX. En 1939, le quai d’Orsay prend en compte la déclaration du président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt sur la conduite de son pays alors que la guerre vient d’être déclarée en Europe.

    Dès le 5 septembre, la Maison Blanche adopte une position prudente qui est d’afficher la neutralité de l’Amérique dans le conflit. Cette initiative réjouit les Lobbies isolationnistes qui demeurent très puissants tant à Washington qu’à New York. N’ont-ils pas rappelé en préambule que les sacrifices consentis par les Américains en 1917 et 1918 ne doivent pas se répéter ? Les 100.000 morts enregistrés pèsent dans les mémoires. En outre, en application de la loi de neutralité votée en 1937, le président des Etats-Unis est contraint de décréter un embargo systématique sur tous les matériels de guerre qui pourraient être achetés par les belligérants. A-t-il la volonté d’appliquer strictement cet ensemble de mesures ? On peut en douter d’abord parce qu’il attend quarante-huit heures avant de s’exprimer de manière à ce que certaines quantités d’armes soient transférées vers le Canada puis acheminées sur des cargos britanniques vers la Grande-Bretagne. Roosevelt sait qu’il n’obtiendra pas le feu vert du Congrès pour s’engager dans un conflit lointain.

    « NI EGOÏSME NI FAIBLESSE »

    Le président des Etats-Unis déteste Hitler et défend les valeurs des démocraties occidentales mais il n’a pas d’autres solutions que de lancer des appels à la paix. Tout au long de l’année 1939, il met en garde tes bellicistes : « Vous avez assuré de façon répétée que vous-même ainsi que le peuple allemand n’aviez aucun désir de guerre. Si cela est vrai, il n’y aura aucun besoin de faire la guerre. Rien ne peut persuader les peuples de la terre qu’aucune puissance ait le droit ou le besoin d’infliger les conséquences d’une guerre aux siens ou à d’autres autrement que par la nécessité de se défendre », déclare Roosevelt dès le 14 avril. Avant d’ajouter : « En disant cela, nous autres Américains, ne sommes mus ni par l’égoïsme, ni par la faiblesse. Si nous parlons ainsi aujourd’hui, c’est avec la certitude de notre force et avec amitié pour le genre humain ».

    A la Maison Blanche, l’administration démocrate suggère au président de promulguer dès le 8 septembre un état d’urgence limité et lui démontre que les intérêts américains sont menacés par une situation internationale très dégradée. Autant dire qu’il existe désormais des raisons valables pour renforcer l’armée et ses moyens opérationnels. Il ne s’agit pas de les confier à un corps expéditionnaire mais de se donner les moyens d’assurer une défense parfaite du territoire américain. Aucun effort d’équipement militaire n’a été fait depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Les navires sont vieillissants, l’aviation ne dispose que de deux mille appareils dont plusieurs centaines très anciens tandis que l’armée de terre ne bénéficie d’aucun effort budgétaire. Forte de 175.000 hommes elle ne possède qu’une division mécanisée, trois divisions d’infanterie et une division de cavalerie sur Le territoire métropolitain. Il faut y ajouter environ 180.000 gardes nationaux capables de constituer six divisions supplémentaires. En cohérence de sa décision du 8 septembre, Roosevelt autorise le recrutement de 53 000 soldats et il porte la Garde nationale à 235.000 hommes. Ces mesures s’accompagnent d’un petit coup de pouce budgétaire.

    MISSIONS DE SURVEILLANCE

    Le 21 septembre, le président des Etats-Unis convoque le Congrès en session extraordinaire avec un ordre du jour sans ambiguïté. Il est question d’une révision de la loi de neutralité de mai 1937. La mesure proposée qui suscite le plus de controverse est l’abrogation de l’embargo d’armes à destination des pays en guerre. Dans le même temps pour ne pas être accusé de chercher à emboîter le pas à la France et à la Grande-Bretagne, le président insiste sur sa volonté de contribuer à établir un périmètre impératif de paix en Amérique. Le sous-secrétaire d’Etat Sumner Welles est chargé de présider une conférence à Panama qui est destinée à aboutir à une décision commune de neutralité des Etats américains. Le 3 octobre une zone d’exclusion navale de 300 miles le long des côtes est adoptée et Le droit de contrôler militairement cet espace maritime est accordé. Ce qui autorise l’US Navy de remettre en état des bâtiments pour assurer des missions de surveillance. On a l’impression que Roosevelt cherche par petites touches à venir en aide aux alliés sans éveiller les ardeurs moralisatrices des isolationnistes. Pourtant le sénateur Borah n’est pas dupe et s’offusque des manœuvres de l’administration de la Maison Blanche.

    Les groupuscules nazis comme le Bond dénoncent la tentation antiallemande. Des personnalités américaines s’enflamment contre les manœuvres du président et celle la plus en vue, Charles-Lindbergh est d’une rare sévérité contre l’administration. Henry Ford qui dispose d’usines en Allemagne et approvisionne La Wehrmacht est également réticent aux choix de Roosevelt. Néanmoins, le 27 octobre 1939, le Sénat vote la nouvelle toi sur la neutralité sans mener une bataille d’amendements. En revanche, l’adoption est beaucoup plus laborieuse à la Chambre des Représentants. Elle est finalement obtenue le 4 novembre. Si la neutralité des Etats-Unis est confirmée, la levée de l’embargo sur les armes est acceptée par les membres du Congrès. Les conséquences de cette nouvelle loi sont considérables puisque les entreprises américaines ont Le droit de vendre du matériel de guerre aux puissances engagées en Europe dans le conflit à condition que les factures soient payées cash et que les acheteurs se chargent du transport. Les Alliés ne savent pas comment remercier Roosevelt. Le Premier ministre britannique, Neville Chamberlain considère qu’il s’agit d’un appui indirect accordé par la Maison Blanche. N’écrit-il pas dans une lettre adressée au président : « C’est un profond encouragement moral dans la lutte à laquelle nous sommes engagés que vous venez ainsi de nous signifier ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    GIVRY-EN-ARGONNE : Première Guerre mondiale : Une commémoration exceptionnelle mercredi à Remicourt

    Le SE 5a, un avion biplan, évoluera dans le ciel de Remicourt mercredi.
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  • Le croiriez-vous ? Un événement de dimension internationale aura lieu à Remicourt (petit village situé à un kilomètre de Givry-en-Argonne). Une cérémonie commémorative s’y prépare. Le mercredi 7 octobre rassemblera la population locale et des citoyens américains venus tout exprès d’outre Atlantique.

    Une commémoration en souvenir de deux aviateurs, les lieutenants Erwin Kleckley et Harold Goettler, qui ont perdu la vie en franchissant les lignes ennemies le 7 octobre 1918. Pour leur acte héroïque, ils ont reçu la médaille d’honneur, la plus haute distinction militaire américaine.

    L’initiative en revient à l’Amarican Aviation WW1 historians league (association américaine des historiens de l’Aviation de la Première Guerre mondiale) et notamment de M. Jerry L. Hester. Une plaque de bronze sera officiellement dévoilée qui rappellera les faits historiques et honorera les deux valeureux lieutenants.

    Mercredi, 91 ans après les faits, la cérémonie devrait débuter vers 11 heures devant la mairie de Remicourt. Un avion de chasse américain devrait effectuer un passage dans le ciel au-dessus des participants pour marquer le point de départ (sous réserve d’autorisations administratives).

    Suivront les discours des personnalités américaines et françaises avec la participation des nièces des deux héros, des porte-drapeaux américains avec une délégation d’une vingtaine de militaires, des porte-drapeaux français et des représentants des anciens combattants.

    Un lâcher de pigeons sera effectué pour célébrer l’esprit de liberté qui animait les valeureux aviateurs et enfin le public, attendu nombreux, aura la chance de voir évoluer un avion biplan historique, le SE5a appartenant à l’amicale Jean-Baptiste-Salis basée à la Ferté-Alais (Essonne).

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    MINAUCOURT-LE-MESNIL-LES-HURLUS : Combats de Champagne : Ils n’oublient pas

    Recueillement au moment du dépôt de gerbe.
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  • La Nécropole du Pont du Marson, un lieu qui impose le respect des hommes qui y reposent ; 9.010 tombes individuelles et six ossuaires soit plus de 21.000 soldats. Nombreux sont tombés lors des Combats de Champagne en septembre 1915. Durant tout l’été débute d’immenses travaux sur tout le front, aménagements de boyaux, élargissements de tranchées, routes et voies ferrées pour le renfort et les munitions, remplacement de batteries de tir, augmentation du nombre de canons, le commandement prépare une grande offensive avec l’espoir de percer les lignes allemandes pour libérer Reims d’un côté et l’Argonne de l’autre. Celle-ci débute le 22 septembre, les Combats de Champagne débutent par un déluge d’artillerie, trois jours durant, 300.000 obus sont tirés sur les positions ennemies, l’aviation détruit les gares ferroviaires et les axes de ravitaillement. Le 25 sous la pluie, les fantassins baïonnettes au canon s’élancent des tranchées, nombreuses sont les contre-attaques, l’avancée est bloquée au niveau des 2es positions ennemies. Seulement quelques kilomètres de gagnés entre Souin et Tahure, quelques centaines de mètres entre Beauséjour et Massiges. Le 28 septembre le Maréchal Pétain ordonne d’interrompre les attaques et d’organiser les défenses. En quatre jours 140.000 morts ou disparus côté Français.

    Ce dimanche, faisant suite à l’office religieux célébré en l’église de Minaucourt, un vibrant hommage leur a été rendu lors du dépôt de gerbe qui a eu lieu en en présence du secrétaire d’Etat chargé du logement et de l’urbanisme, Benoît Apparu, du député Bruno Bourg Broc, du sous-préfet Carton et des représentants des autorités militaires des camps de Mourmelon et Suippes ainsi que de nombreux anciens combattants et du maire, Jean-Pierre Adam.

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    REIMS : Bruno Tessarech aux rencontres Passerelles : Shoah : qui savait quoi ?

    Bruno Tessarech : « C’est un roman qui découle d’une interrogation remontant à mon enfance : est-ce qu’on ne voulait pas ou est-ce qu’on ne pouvait pas savoir ? »
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  • L’écrivain sera ce mercredi 30 septembre à Reims pour évoquer son dernier roman, sur les non-dits entourant la « Solution finale ».

    BRUNO TESSARECH vient à Reims ce mercredi 30 septembre dans le cadre des rencontres Passerelles de l’école supérieure de commerce. Il y donnera une conférence sur le thème de son dernier roman, Sentinelles, sur les silences entourant la Shoah, la « Solution finale » d’extermination des juifs par les nazis. Nous l’avons joint à Nantes, ville où il réside depuis quelques années :

    Comment en êtes-vous venu à ce thème de la Shoah ? A la suite d’un vécu personnel ou familial ?

    « Non, je n’ai pas eu à souffrir personnellement, ni par le biais de la famille, de la persécution nazie contre les juifs, je ne suis pas juif ; ce thème m’est venu à la suite d’une interrogation remontant à mon enfance. »

    Et qui portait sur quoi ?

    « Je me souvenais des récits de mes parents ou de mes grands-parents qui avaient vécu la guerre ; j’entendais bien parler des privations, de tickets de rationnement, des Allemands sur les Champs Elysées, etc. Mais je n’entendais pas parler de la barbarie nazie ; on parlait de Pétain, mais pas des lois antijuives. Alors je me suis posé la question : à cette époque, est-ce qu’on ne voulait pas ou est-ce qu’on ne pouvait pas savoir ? Il y a deux-trois ans, comme j’avais du temps libre, je me suis plongé dans des lectures et dans les témoignages de cette époque, et j’ai découvert un univers merveilleusement romanesque, dans lequel certains personnages ont tenté de témoigner au plus haut niveau des horreurs de la Solution finale, sans y parvenir. J’en fais intervenir certains dans mon roman. »

    Qui par exemple ?

    « Le SS Kurt Gerstein, qui fournissait le gaz Zyklon B, et qui a tenté d’alerter les démocraties occidentales ; il apparaît dans le film Amen de Costa Gavras ; ou bien un courrier de la résistance polonaise, Jan Karski. Et il se trouve qu’un roman vient de paraître chez Gallimard, qui s’intitule précisément Jan Karski. »

    Pour écrire, avez-vous aussi rencontré des témoins ou des acteurs de l’époque ?

    « Non, pour éviter les anachronismes ; je voulais conserver le regard qu’on pouvait avoir à l’époque, pas celui d’aujourd’hui ; c’est pour cette raison aussi que je n’ai pas voulu revoir le film de Lanzmann, Shoah. »

    Vous mettez donc en scène des personnages réels, mais en avez-vous aussi inventé ? « Très peu ; parmi eux, il y a notamment un jeune diplomate français, fils d’émigrants italiens, Patrice Orvieto ; il est à la fois le fil conducteur du roman, et le personnage auquel le lecteur est amené à s’identifier. »

    Reims mieux que Nantes

    Sinon, quels sont vos liens avec Reims ?

    « J’y ai vécu cinq ans à l’époque où ma compagne dirigeait la librairie de la Fnac ici, entre 1997 et 2002. »

    Et quel souvenir en gardez-vous ?

    « Ne croyez pas que je fasse une réponse de circonstance, mais j’en garde un souvenir excellent ! J’ai trouvé que les gens y étaient sincères, chaleureux. Par comparaison, dans les villes du sud, c’est chacun pour soi, chacun sa piscine, l’individualisme ; à Reims j’ai trouvé une qualité de vie formidable ! Et un dynamisme culturel que je n’ai retrouvé nulle part ailleurs. »

    Même pas à Nantes ?

    « Même pas à Nantes. »

    Antoine PARDESSUS

    Conférence Passerelles avec Bruno Tessarech : qui savait quoi, la grande question sur la Shoah, aujourd’hui mercredi 30 septembre à 20 h 30 à RMS.

    Renseignements : 03.26.77.46.41



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      2 janvier 2012

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      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

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      18 juin 2010