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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
Publié le jeudi 31 décembre 2009, mis à jour le samedi 3 avril 2010
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009..

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Union100331b - Marne

SAINTE-MENEHOULD : Pour le patrimoine argonnais / Le 402e RA bosse au Ravin du Génie

Garçons et filles n’ont pas perdu leur bonne humeur.
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    Pour la 16e intervention du 402e régiment d’artillerie au service de la remise en état de ce site de 14-18, vingt-six canonniers n’ont pas craint la boue et le mauvais temps.

    Ils sont venus sacrifier une fin de semaine prolongée sous les ordres de l’adjudant Poulet. Plusieurs chantiers ont bénéficié de leurs soins. Celui de la chapelle prévue à l’entrée, mais aussi et surtout celui des cuisines désormais entièrement couvertes, avec un sol bétonné.

    Garçons et filles, outils en mains et pieds dans la boue, n’ont pas perdu leur bonne humeur.

    Jean Laigle et Michel Twarog, coordonnateurs des chantiers, ont apprécié une fois de plus le tonus de ces volontaires, passionnés par les découvertes dans le sous-sol des traces des combats de leurs aînés. Le visiteur occasionnel reste, lui, frappé par les progrès de la remise en état.

     

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    Union100331a - Marne
    TOURS-SUR-MARNE : Forces françaises en Allemagne et en Autriche Hommage et distinctions

    Les médaillés entourés des porte-drapeaux.
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    C’est au Champ Chapon de Tours-sur-Marne que la 39e section de l’association des anciens des forces françaises en Allemagne et en Autriche vient de tenir son assemblée générale.

    Le président Guy Maillet faisait observer une minute de silence à la mémoire des disparus de la section avant son rapport moral de l’association qui compte 88 adhérents. Il rappelait combien il est important de rendre hommage : « à une génération sacrifiée pour la survie de notre nation ».

    Guy Maillet a remis la médaille d’honneur à René Melin et la réduction « Rhénanie, Rhur et Tyrol » à Robert Chevalier.

    Enfin, Yves Perreau remettait l’Étoile européenne de dévouement civil et militaire, échelon or, à Guy Maillet.

    Renseignements : Guy Maillet, 68, rue du Neuf-Bourg, 51 490 Bétheniville. Tél. 03.26.91.15.20.

     

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    Union100330c - Marne

    REIMS : « Mémoires d’Algérie » : Des messages relayés en mairie

    A l’écoute de souvenirs douloureux.
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  • L’hôtel de ville de Reims accueille, jusqu’au vendredi 2 avril, l’exposition « Mémoires d’Algérie », inaugurée le 25 mars par Alain Bisteur, président de la commission « Gage » du comité de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, productrice des panneaux destinés à informer le public, surtout les jeunes, sur une page d’histoire, celle d’une France « encore en partie marquée par cette blessure », a dit l’adjoint Jean-Claude Laval.

    Devant des personnes au visage grave, Alain Bisteur a lu un très long et très fort texte de présentation de cette exposition réalisée en 2002 par la Fnaca, dans un souci de transmission des faits de manière rigoureuse : « Elle a le mérite d’aborder certains sujets tabous ou souvent dénaturés »…

    Il a été rappelé que parmi les 30.000 soldats français décédés, 220 étaient Marnais dont une soixantaine de Rémois.

    Au travers de 14 panneaux thématiques et 20 panneaux chronologiques, riches de photos, articles, cartes et chiffres, ce témoignage se veut « message de réconciliation et de paix mais aussi une condamnation de la guerre ». S’agissant d’une démarche citoyenne et pédagogique, un bénévole de la Fnaca est présent pour la visite de l’exposition visible jusqu’au vendredi 2 avril inclus dans le hall de l’hôtel de ville.

    (Ouverture du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h 30.

    Le samedi de 8 h 30 à 18 heures).

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    Union100330b - Marne

    CHALONS : Combattants volontaires : « Une espèce en voie de disparition »

    Les médaillés (de gauche à droite) : Robert Cochod, André Launois et Albert Meignan.
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  • C’est au CFA de Châlons que s’est tenue mercredi l’assemblée générale départementale des combattants volontaires présidée par Serge Plaquin. Avec 43 personnes présentes dont 30 adhérents sur 52, le président a manifesté sa satisfaction de voir une assistance aussi nombreuse, malgré les responsabilités qui incombent à certains.

    Après la minute de silence observée en mémoire des disparus, Serge Plaquin a décerné, au nom de la fédération nationale des combattants volontaires, la médaille de bronze de à Robert Cochod, Albert Meignan et André Launois.

    Un peu d’histoire ensuite pour rappeler ce que sont les combattants volontaires, « une espèce en voie de disparition » selon le président, car le ministre de la Défense ne reconnaît pas les militaires qui participent aux opérations extérieures (Opex).

    La fédération nationale des combattants volontaires a été créée le 16 janvier 1919 par les engagés volontaires de 1914-1918, qui signaient encore de 1914 à 1916 une décharge à l’Etat contre toute indemnisation éventuelle.

    Le ministre André Maginot leur a fait attribuer en 1935, la Croix du combattant volontaire pour ceux qui s’étaient engagés pour la durée de la guerre et avaient effectivement combattu pendant un minimum de 90 jours.

    Cette mesure a été reconduite pour 1939-1945 et par la suite, l’Indochine, la Corée, l’AFN et les missions extérieures. La fédération a pour objet de rassembler les combattants volontaires des deux sexes de nationalité française ou étrangère qui, au péril de leur vie, ont combattu volontairement au service de la France, alors que rien ne pouvait les y contraindre. La section Marne a été réactivée le 27 novembre 1982 au cercle de garnison de Châlons.

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    Union100330a - Marne
    REIMS : Un projet de 100 M€ sur le site de la caserne Colbert

    Si le site n’est pas pollué, et après les fouilles archéologiques, l’ensemble du projet devrait être terminé en 2014.
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  • Cité et résidence internationales, siège social, bureaux, commerces, logements… Hier soir au cours de la réunion du conseil de quartier du centre-ville, les élus ont montré l’ambitieux projet de 100 M€ projeté sur le site de la caserne Colbert et porté par l’Effort rémois.

    D’ICI trois ans, si le dossier avance comme prévu, la caserne Colbert, située boulevard de la Paix, officiellement enterrée par l’État le 8 août 1991 aura vécu. Détruite, elle va céder la place à un nouveau pôle de vie pour des étudiants, des enseignants, des hommes d’affaires, des salariés de l’Effort rémois et des habitants.

    Elle verra l’implantation de commerces, d’une cafétéria, de jardins et d’un square prolongé par une placette. C’est l’annonce qu’a faite, hier soir, Serge Pugeault, adjoint chargé du développement, lors de la réunion du conseil de quartier du centre-ville.

    Un projet sur près de 40.000 m2 dessiné par le cabinet Jacquet qui pèse la bagatelle de 100 M€ et qui ne devrait rien coûter aux contribuables puisque porté par l’Effort rémois, Berdin immobilier et la Société nationale immobilière.

    Dossier débloqué

    Si depuis qu’elle est désaffectée, la caserne Colbert n’a servi qu’à dépanner des élèves du lycée Libergier, le temps de rénover les bâtiments de leur établissement, la Ville nourrissait beaucoup de projets sur ce site dont la moitié seulement lui appartenait. Il fallait acquérir le reste, ce qui a demandé un certain temps.

    « Nous en avions parlé au ministre des Armées, Hervé Morin, en décembre 2008 quand on l’a rencontré à propos de l’avenir de la base aérienne 112 », explique Serge Pugeault. « Mais il n’était pas question pour l’État de la donner pour l’euro symbolique puisque ce site était fermé depuis bien longtemps. Finalement la caserne a été déclassée en décembre et l’État accepte de nous revendre sa parcelle 2 millions d’euros. »

    Parallèlement depuis juin 2008, la Ville avait constitué un groupe de travail avec l’Effort rémois. L’organisme logeur est, depuis fort longtemps, intéressé par le site pour y construire son siège social. Mais Il fallait encore résoudre un problème : il était interdit de construire à une certaine hauteur, de façon à voir la cathédrale, une obligation un peu caduque puisque les bâtiments qui entourent la caserne masquent déjà la vue !

    « En modifiant le Plan local d’urbanisme, nous avons supprimé cette contrainte et le dossier a pu avancer. Le conseil municipal va être invité à acter l’achat de la parcelle à l’état pour 2 M€ et sa revente à l’Effort rémois avec la parcelle qui appartient déjà à la Ville pour un montant total de 4 M€. Il s’agit pour la nouvelle équipe municipale de faire ce qu’elle a dit, c’est-à-dire d’être facilitateur de projet et non pas d’en être toujours le réalisateur. »

    Si, bonne nouvelle, le site n’est pas pollué, l’investisseur ne pourra pas malheureusement pas faire l’économie des fouilles archéologiques. L’ensemble du projet devrait être terminé en 2014.

    Alain MOYAT


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    Un projet grandiose

    Le projet, dévoilé en conseil de quartier, est grandiose : sur 37.600 m2, il accueillerait une cité internationale de l’étudiant (environ 150 places, pour de courtes périodes dans le cadre d’échanges) ; une résidence d’affaires internationales (même principe, mais pour les hommes d’affaires ou des professeurs) ; le siège social de l’Effort rémois (150 salariés) avec devant un jardin intérieur ; une supérette, une brasserie, et des commerces ; un logement pourra accueillir des professionnels de santé sur 410 m2 et un local pour l’armée de terre ; et enfin en sous-sol, construction sur deux niveaux d’un parking de 560 places dont 179 places en boxe pour des logements.


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    Construite en 1852

    La Ville de Reims, entre 1852 - date de construction de la caserne Colbert - et 1939, a été le siège de l’une des plus importantes garnisons de la région du fait de la diversité des unités présentes.

    Construite à partir de 1853 par l’architecte Narcisse Brunette à la place de la tour des Trois-Museaux (anciens remparts), la caserne Colbert fut la première grande caserne de Reims.

    A l’époque boulevard Cérès (maintenant boulevard de la Paix), elle abritait l’État-major et une partie du 132e RI de 1873 à 1914, le dépôt commun du 132e RI, du 332e RI et du 46e régiment d’infanterie territoriale.

    La caserne a été détruite pendant la Première Guerre mondiale et reconstruite.

    Jusqu’en 1992, au quartier Colbert se trouvaient la fanfare du 1er groupe de chasseurs, et le bureau mobilisation du bataillon dérivé : le 41e groupe de chasseurs.

    C’est l’une des deux dernières encore débout dans la ville avec la caserne de Neufchâtel.


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    Ils ne veulent pas raser l’histoire militaire de Reims

    Une association s’est créée pour proposer de conserver le bâtiment de la caserne Colbert, pour pourquoi pas un nouveau pôle touristique en y concentrant des musées. Pour avant tout conserver tout un pan de l’histoire rémoise.

    Rien que le nom de leur association est un clin d’œil historique : « La tour des trois museaux » était construite à l’emplacement de la caserne Colbert, sur les remparts gallo-romains. Ils sont riverains, mais c’est loin d’être le cas des 50 adhérents, en quelques jours, qui sont venus grossir leurs rangs. « Certains viennent de Lyon, notre blog a été visité par des Américains, des Anglais », explique la présidente, Pauline Ducreux.

    Le but de l’association n’est pas de s’opposer à des projets, mais de demander une large concertation et de défendre le patrimoine. « A-t-on le droit de détruire un bâtiment de 1853, conçu par un architecte qui a fait notamment le Manège ? » Le trésorier, Simon Andriveau, renchérit : « Il n’y a plus rien de militaire sur Reims, après la destruction de la caserne Jeanne-d’Arc et bientôt, la disparition de la BA 112 ».

    Créée le 9 mars, l’association « La tour des trois museaux », qui se veut apolitique, a trouvé un projet comparable à Grenoble, où une caserne semblable a été réhabilitée, pour devenir un éco-quartier (élu le meilleur de France en 2008). Mais qui n’est comparable qu’au niveau de la caserne car sinon, à Grenoble, il s’agit de 8,5 hectares, 850 logements, dont 35 % en locatif social ; 15.000 m2 de commerces, un hôtel de 3 étoiles de 112 chambres ; 2 résidences pour étudiants ; une école élémentaire de 15 classes ; 4,5 hectares de parc urbain et de jardins en cœur d’îlot. Ce ne sont donc pas les mêmes proportions, mais on retrouve tout de même les logements, la cité étudiante et les commerces, qui s’intègrent dans ou autour de la caserne historique.

    Projet bien avancé

    « Nous n’avons pas d’idées préconçues, nous voulons surtout qu’une discussion s’engage autour de la conservation du bâtiment. » En fait, l’idée principale des défenseurs du patrimoine serait de créer un pôle touristique, pas loin de celui de la cathédrale, avec le rapatriement de certains musées qui ont besoin de place, comme le Frac ou le musée des Beaux-arts. « Nous avons écrit à la Ville pour les rencontrer et leur proposer tout cela. Si un projet existe sur le site, aucun permis n’est déposé à ce jour, donc tout est encore possible », selon la secrétaire, Nathalie Garcia-Machuel. Pourtant, le projet (voir ci-dessus) est bien avancé, et l’Effort rémois a besoin d’un nouveau siège. Tout comme les étudiants ont besoin d’une nouvelle cité. Ces deux entités peuvent-elles cohabiter avec un bâtiment respecté qui contiendrait un pôle des musées ? L’idée est en tout cas attractive.

    Les responsables de La tour des trois museaux n’oublient pas le côté écolo, qui prévaut à chaque fois qu’on parle de nouveau quartier. « Le recyclage est justement plus écolo que de raser un bâtiment. Notamment avec l’évacuation des gravats ! » S’il n’y a pas de « solutions toutes faites, le côté musées est intéressant, car le site est assez vaste pour faire tout de même autre chose, notamment des restos… »

    Et le bâtiment, assure la présidente, « est en bon état à l’intérieur, selon une source sûre ». Une chose est sûre : ils veulent qu’on en parle. « Ça intéresse vraiment beaucoup de gens. La caserne Colbert, c’est un pan de l’histoire de Reims. C’est un vrai défi pour la Ville. »

    Le lieu est aussi, pour certains, le symbole de la ville-martyre qu’a été Reims, rare cité à être décorée de la légion d’Honneur.

    Guillaume FLATET

    Association « La tour des trois museaux », 13, rue des murs à Reims ; mail : toudestroism@yahoo.fr ; blog : tourdestroism.canalblog.com

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    Union100329b - Marne
    CHALONS : Ufac Marne en assemblée : Les inquiétudes du monde combattant

    L’assistance, à la salle Pelloutier.
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  • L’Union française des anciens combattants (Ufac Marne) a tenu son assemblée générale à la maison des syndicats de Châlons, samedi. En présence de diverses personnalités du monde combattant, cette assemblée a réuni près d’une cinquantaine d’adhérents.

    Motion

    Dans leur motion, les responsables demandent le maintien officiel d’un ministère aux Anciens Combattants ; revendiquent leur attachement à l’Onac ; prennent acte de l’augmentation de 2 points PMI de la retraite du combattant, mais regrettent que cette mesure ne prenne effet qu’au 1er juillet ; du relèvement à 800 euros du plafond de ressources de l’indemnité différentielle, allouée aux conjoints survivants, ressortissants de l’Onac, depuis le 1er janvier et souhaitent que ce montant passe rapidement à 817 euros comme promis ; octroyer la campagne double pour la guerre d’Algérie et combats du Maroc et de la Tunisie, comme cela a été accordé pour la guerre du Golfe ; souhaitent que la carte du combattant puisse être attribuée aux militaires présents en Algérie après le 2 juillet 1962, à condition que les militaires aient eu une présence minimum de 4 mois ou 120 jours et que le début de leur séjour soit antérieur au 2 juillet 1962.

    Reconnaissance

    Ils espèrent la reconnaissance et l’application du statut de prisonnier de guerre aux anciens combattants d’AFN ayant été détenus par le FLN et non plus victimes de la captivité en Algérie ; déplorent que de nombreux résistants n’aient pas reçu la reconnaissance des services rendus ; il est demandé pour eux la carte du combattant volontaire ; que justice soit rendue à ceux qui ont refusé de participer à l’effort de guerre nazi en se mettant en situation périlleuse, ces réfractaires devant être considérés comme résistants.

    L’Ufac regrette que les promesses une fois de plus n’engagent que ceux qui les croient et que les considérations budgétaires soit les seules prises en compte.

    Il a été question, encore et regrettable, pour les anciens combattants, que le pole mémoire de Champagne-Ardenne soit scindé en deux.

    Cette assemblée, constructive dans son ensemble, s’est terminée par un dépôt de gerbe au monument de la Résistance.

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    Union100329a - Marne
    REIMS : Adieu au Cercle Marin-la-Meslée : Ordre d’évacuation le 31 mars

    Moment d’émotion pour tous.
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  • « Avant d’exécuter l’ordre d’évacuer, nous tenons à remercier toutes les autorités et les personnels qui ont facilité les travaux de notre association »… Pour une dernière rencontre dans les locaux du Cercle des officiers Marin-la-Meslée, Jean Cienki, président de l’union des officiers de réserve de l’arrondissement de Reims, a voulu rendre le moment moins triste en faisant appel à l’humour… En effet, ce 24 mars marquait la dernière fois que les réservistes se retrouvaient en ce lieu qui fermera ses portes le 31 mars.

    Pour l’occasion, Jean Cienki a rappelé que l’union des officiers de réserve existe depuis 1887 : « Des liens se sont établis entre active et réserve, sur le terrain comme à la ville. Nous avons d’abord fréquenté le mess Foch et depuis 20 ans le cercle Marin-la-Meslée. Quel que soit le commandant de la base, nous avons toujours été bien accueillis par, dans l’ordre, les colonels Joseph, Pidancet, Gueniot, Jelensperger, Mothe, Wolczinski, Maigne, Swuitzer, Mercier, Lonnois, Perrone et Meyer ».

    Dernier sur cette liste, le colonel Meyer a écouté attentivement les noms de ses prédécesseurs, très touché de la démarche des officiers de réserve qu’il a rassurés en ces termes : « Vous avez plus d’importance de nos jours puisque nous faisons souvent appel aux réservistes pour pallier des difficultés sur le théâtre des opérations, à plein-temps parfois… Après notre départ de Reims, je compte sur vous pour être les représentants des forces armées dans cette ville ».

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    Union100328c - Marne
    REIMS : L’âme des cimetières militaires

    PATRIMOINE. La Maison du département de Reims accueille jusqu’au 10 avril une exposition de photos de Mathias Dubos sur la mémoire des cimetières militaires.

    « J’ai voulu mettre en lumière un patrimoine marnais que l’on ne connaît finalement pas. Ce sont ces cimetières militaires aux côtés desquels on passe sans jamais s’arrêter… » Etudiant en art plastique à Paris, Mathias Dubos présente pour la première fois dans sa ville natale, Reims, l’exposition Mémoire révélée. Dans le cadre d’une commande faite en 2008 par l’ORCCA (Office régional culturel de Champagne-Ardenne), il avait réalisé une série de photographies en noir et blanc sur une dizaine de cimetières militaires de la Marne. « J’ai travaillé pendant 3-4 mois, au printemps 2008 », raconte le jeune homme de 23 ans. « Ces photos sont une série d’impressions personnelles que j’ai ressenties sur place. Ce n’est pas un travail militant ou un documentaire ».

    Sa marque de fabrique

    Le résultat fut présenté pour la première fois à l’occasion de Champs de Mémoire, une manifestation en commémoration du 90e anniversaire de la Grande Guerre 1914-1918. Les photos furent ainsi exposées au musée de Troyes et au cimetière militaire de Beine-Nauroy. Elles ont aussi été mises en valeur sur le site du village détruit de Suippes quelques mois plus tard lors d’une journée spéciale sur les villages disparus.

    Ce sont ces mêmes photos que l’on peut voir jusqu’au 10 avril prochain à la Maison du département de Reims. On y découvre un Mathias Dubos qui excelle dans l’utilisation du noir et blanc, captant à merveille les lumières et les nuances. Le noir et blanc semble d’ailleurs être sa marque de fabrique, la grande partie de ses reportages passés étant travaillé ainsi.

    Depuis plusieurs années, le Rémois fait d’ailleurs sa place dans le monde artistique. Il a réalisé des reportages notamment sur les coulisses du Grand-Théâtre de Reims, sur le cimetière du nord de Reims, sur l’aide à l’enfant pour l’ONG Terre des hommes.

    Il fait également partie des 40 artistes qui ont été sélectionnés pour faire partie de l’artothèque éphémère 2010-2011 de l’Orcca, une opération où les œuvres des artistes voyagent dans différents lieux e la région. Pour l’occasion, il a choisi des photos prises dans les coulisses du Grand-Théâtre.

    Grégoire Amir-Tahmasseb

    Mémoire révélée, photographies de Mathias Dubos, jusqu’au 10 avril à la Maison du département, 18, rue Carnot à Reims.

    Ouvert le lundi de 14 à 19 heures et du mardi au samedi de 10 à 19 heures. Entrée libre.

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    Union100328b - Marne
    REIMS - 1914-1918 : René Bodin : un as des missions spéciales

    René Bodin habitué des missions spéciales.
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  • L’escadrille MS 12 pendant la Grande Guerre
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  • Septembre 1915, alors qu’on va cocher sur le calendrier l’entrée en automne, l’adjudant René Bodin reçoit cet ordre de mission laconique du 3e bureau de l’état-major. Le pilote qui appartient à la MS 12 stationnée à l’ouest de Reims doit : « déposer aussitôt que possible l’observateur à désigner par le commandant de l’escadrille dans la région de Marienbourg ». Fort de cette instruction à la signature illisible, Bodin, qui a capoté la veille avec un Nieuport flambant neuf, quitte avec Quellenec et le capitaine de Bernis le château de Rosnay pour se rendre dans la Torpédo de l’escadrille sur le terrain où les mécaniciens font déjà tourner les moteurs des avions.

    Il y retrouve un certain capitaine Evrard et son ordonnance. Les deux appareils impliqués dans la mission sont trop chargés mais les pilotes estiment que les lignes françaises seront franchies au bout de vingt minutes de vol, sans parier sur l’altitude ! C’est Quellenec qui décolle le premier. Bodin le suit en se repérant sur les flammes de son moteur. Au franchissement des lignes à Berry-au-Bac, Bodin avec son vieux Nieuport pointe déjà à plus de douze cents mètres du nouvel aéroplane de son collègue ! Les Allemands ne sont pas encore bien réveillés aussi ne tirent-ils qu’une salve de 77 contre cette double incursion française.

    Bodin commente : « Sous l’humidité du matin, je voyais les toiles de mes ailes faire des plissés comme la jupe d’une élégante ». Le pilote enrage contre l’incident mécanique qui lui interdit d’avoir le même appareil que Quellenec : « Mon camarade filait tel un zèbre. Ayant l’impression qu’il filait vers Sedan, je pris la ligne droite puisque je connaissais la région à merveille. Je passais à Château-Porcien, Mézières où je revis le feu d’alerte des guetteurs. Quellenec n’était plus pour moi qu’un tout petit point noir à l’extrême droite de mon horizon ». Bientôt, il ne l’entrevoit plus aussi se dirige-t-il avec sang-froid vers le terrain indiqué, Saint-Pierre, en bordure de la forêt des Ardennes. Bodin atterrit et distingue un homme près d’un bois qui lève les bras avant de se précipiter dans une cabane où il se met à l’abri.

    « Si j’atterris, je suis fusillé »

    Le pilote évite in extremis de capoter. « Mon passager jette par-dessus bord ses paquets de dynamite et descend tout doucement de l’avion comme s’il n’avait rien à craindre. Il saisit ses bagages, passe devant le Nieuport et s’en va d’un pas parfaitement alerte qui ne ressemblait nullement à l’allure grave et réfléchie des missionnaires que j’avais jusqu’alors déposés ». Bodin se fâche, brandit son revolver d’ordonnance et exige qu’il remette en route le moteur qui s’est engorgé. « Vingt fois, trente fois, le moteur refuse de partir. Enfin, j’entends le ronronnement joyeux. Quel soulagement de me retrouver dans l’air libre ».

    Bodin n’est pas au bout de ses peines. S’il a repris la direction de Reims, peu après avoir survolé Rethel, il entend soudain deux petites explosions et diagnostique qu’une soupape d’admission vient de l’abandonner. Il coupe le contact au sommet de son manche à balai et descend lentement en vol plané. Il résume la situation : « Si j’atterris, je suis fusillé, si je remets les gaz, je brûle ». Il se souvient du commentaire de Navarre qui dit que douze balles dans la peau c’est sale aussi remet-il les gaz : « Au milieu des pétarades et des flammes qui sortent des manches à air du carburateur ». Il réussit à passer Bazancourt à une altitude d’environ mille mètres au moment où survient sur sa gauche un chasseur ennemi. Il vire à la droite vers Berry-au-Bac et enrage contre ce missionnaire qu’il a déposé et envers lequel, il n’a aucune confiance ! Comme l’autre hésite, Bodin pique à mort et regagne en rase-mottes le terrain de son escadrille.

    Le pilote confiait vingt ans après son admiration pour ces « commandos » : « Notre travail à nous aviateurs était bien pâle à côté du leur et de la somme de courage et de volonté qu’ils devaient déployer pour réussir ». Et de citer en exemple les douaniers impliqués dans ces opérations : « Ils furent des exemples d’héroïsme et de stoïcisme qu’on ne mettra jamais assez en valeur : c’étaient des hommes ! ».

    Hervé Chabaud

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    Union100328a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Feu vert à la manœuvre Dyle
    Le général Gamelin n’est guère affecté par les mauvaises nouvelles du front…
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  • … Il a d’ailleurs déclaré « Si Hitler attend le printemps pour attaquer, il sera à coup sûr battu ».
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  • OFFENSIVE. Alors que les alliés vont répondre à l’appel au secours de la Belgique les incertitudes politiques françaises à Paris et la prise en main du gouvernement par Churchill à Londres changent la donne.

    Le 10 mai, l’offensive allemande est d’entrée spectaculaire en France avec quarante-sept raids de la Luftwaffe destinés à détruire au sol un maximum d’avions et de pistes. Sont plus spécialement visées les unités qui stationnent dans la vallée de l’Oise et dans le département de la Marne. Les alertes se succèdent et les premiers appareils descendus en flammes sont signalés, près de la Ferté-sous-Jouarre où est installé le PC du général Georges.

    Sans tarder, le général Héring, gouverneur militaire de Paris entre en contact avec le préfet de police Langeron, le directeur de la Sûreté nationale Berthoin et le général Colson, chef d’état-major de l’armée pour selon ses mots : « mettre à l’ombre le plus rapidement possible certains étrangers en commençant par les Allemands ». Le général réclame aussi auprès de son ministre le renfort immédiat de quarante pelotons de gardes mobiles. Dans le même temps des ordres particuliers sont distribués pour la surveillance renforcée et la garde des aérodromes proches de la capitale à savoir Orly, Dugny, Etampes, Villacoublay, Saint-Cyr.

    UN NOUVEAU GOUVERNEMENT

    Le président du Conseil Paul Reynaud qui est démissionnaire depuis la veille après le clash qui l’a opposé à Edouard Daladier opposé au limogeage du généralissime Gamelin n’a pas d’autre choix que de rester aux commandes. Il lui est impossible de claquer la porte bien que son autorité soit entamée. Bref, le gouvernement moribond redevient présentable en raison du choc déclenché par Hitler ! La situation est détestable d’autant que Reynaud doit passer par Daladier pour obtenir les informations d’un état-major mal renseigné. Les ministres s’observent en chiens de faïence et jugent la situation invraisemblable mais ils sont contraints de cohabiter et de tout faire pour empêcher l’effondrement du front à même de mettre en danger la République.

    Cette journée est également décisive en Grande-Bretagne. Dès qu’il apprend l’attaque aéroterrestre des forces du Reich, le roi Georges VI convoque sans tarder Winston Churchill à Buckingham Palace. Le Premier lord de l’amirauté se doute du pourquoi de ce rendez-vous précipité. Souriant et décontracté, le roi lui déclare tout de go : « Je désire vous demander de former un nouveau gouvernement ». Churchill accepte sans ciller : « Je le ferai. Je vais convoquer les leaders travaillistes et ceux des libéraux auxquels je proposerai la constitution d’un cabinet de guerre de cinq ou six ministres et j’espère avoir cinq noms avant minuit ». Au cours de son retour vers l’Amirauté, Winston se tait puis arrivé il interpelle son officier de sécurité, le fidèle Tompson : « Savez-vous pourquoi je suis allé à Buckingham ? ».

    Et le détective de répondre : « Oui Monsieur, je souhaiterais seulement que votre élévation soit intervenue dans des temps meilleurs parce que vous avez une tâche colossale ». Churchill est ému. Ses yeux brillent et il confie alors : « Dieu seul sait combien grande elle est. J’espère qu’il n’est pas trop tard. Je suis très effrayé de ce qu’elle est. Nous pouvons seulement faire de notre mieux ». Churchill qui tient à être correct écrit immédiatement à son prédécesseur Neville Chamberlain puis il lui téléphone pour lui proposer de demeurer au sein du gouvernement.

    Très vite il reçoit les travaillistes. Une délégation conduite par le leader du Labour, Clement Attlee accompagné notamment d’Arthur Greenwood. La situation exige l’union nationale ; aussi Attlee propose qu’A.V. Alexander, Herbert Morrisson et Ernest Bevin entrent dans l’équipe ministérielle. Il fait la même démarche auprès des libéraux qui donnent une réponse positive.

    Anthony Eden reçoit le ministère de la Guerre tout en sachant que les questions de défense sont de la compétence du chef du gouvernement. Churchill qui refuse tout règlement de compte même avec ceux qui ont approuvé Munich maintient lord Halifax comme ministre des Affaires étrangères tandis que Chamberlain, dont la santé est de plus en plus préoccupante devient Lord président of Council.

    GAMELIN DÉCONTRACTÉ

    En France, alors que la fébrilité croît, le général Gamelin ne semble pas affecté par les nouvelles du front ce qui agace au plus haut point Reynaud. D’après le capitaine Beaufre qui se présente dès 6 heures au PC de Vincennes, le généralissime est même incroyablement décontracté : « Gamelin arpentait le couloir de la casemate en chantonnant à mi-voix avec un air martial et satisfait que je ne lui avais jamais vu »

    Cette attitude n’a rien de surprenant si on se remémore ses déclarations de l’automne où il affirmait avec beaucoup d’aplomb : « Si Hitler attend le printemps, il sera à coup sûr battu ». Pourtant Gamelin qui avait critiqué vivement auprès de Daladier l’hypothèse de livrer bataille en Belgique se prépare à appliquer la célèbre manœuvre Dyle ! Le contrôleur général Jacomet est confiant : « Les Allemands lui donnent l’occasion qu’il attendait ». Pour bien des membres de son état-major, il est indubitable que le généralissime patiente depuis huit mois pour donner une correction à la Wehrmacht en Belgique ! En cela ils ne font que s’aligner sur l’analyse développée par Alexis Léger, le secrétaire général du Quai d’Orsay, un mois plus tôt : « Nous pouvons pénétrer impunément en Belgique. Il n’y a pas à craindre que les armées allemandes se précipitent au-devant des armées françaises pour les frapper en plein mouvement ». En somme, beaucoup continuent de croire que les Allemands n’ont qu’un intérêt : attendre l’attaque française sur des positions qu’ils occupent chez eux le long de la frontière belge. Mieux aurait valu se méfier des certitudes de Léger qui, lors de la pose de mines au large de la Norvège, avait garanti au gouvernement qu’il n’y aurait pas de réaction de Berlin.

    LES DIFFICULTÉS COMMENCENT

    Gamelin n’a pas réagi aux informations alarmantes et sourcées du Vatican sur l’imminence de l’attaque ni aux décisions des gouvernements de Pays-Bas et de Belgique de renforcer leurs défenses frontalières. Des heures précieuses sont perdues mais Paul Reynaud n’a pas d’autre solution que de faire confiance au généralissime dont il doute : « Je suis inquiet, nous allons voir ce que vaut Gamelin ». De fait dès 6 h 30, Léopold III et son gouvernement réclament enfin l’aide des Alliés. Cinq minutes plus tard, l’ordre est communiqué au Groupe d’armées n°1 d’entreprendre la manœuvre Dyle c’est-à-dire de pénétrer dans le Royaume belge.

    La VIIe armée du général Giraud doit se porter à la frontière belgo-néerlandaise dans le secteur d’Anvers tout en dirigeant une avant-garde vers Breda. Le corps expéditionnaire britannique de lord Gort doit glisser à l’est de la région de Bruxelles pour barrer les routes conduisant à la capitale. La 1re armée du général Blanchard s’établit sur la ligne Wavre-Gembloux-Namur. Les 2e et 3e DLM doivent se rendre dans les secteurs de Huy, Hannut et Tirlemont avec mission de retarder par tous les moyens l’avance des forces terrestres ennemies. La IXe armée du général Corap est sollicitée pour diriger cinq divisions sur la Meuse belge de Givet jusqu’au sud de Namur. Cette manœuvre a pour but de stopper les Allemands dans les Ardennes belges.

    C’est la raison pour laquelle deux divisions légères de cavalerie et une brigade de spahis marocains passent à l’est de la Meuse. La IIe armée du général Huntziger envoie deux divisions légères de cavalerie et une brigade de chasseurs au-delà de la frontière belgo-luxembourgeoise. Elle est en mesure d’effectuer des reconnaissances et des opérations de retardement. La IIIe armée du général Condé pousse des unités de cavalerie au-delà de la frontière allemande cette fois à l’est de la Moselle.

    Ce vaste mouvement planifié exige pourtant plusieurs jours alors que l’ennemi est résolu à ne pas perdre une heure sur la feuille de route qui lui a été fixée. Les Français n’ont pas envisagé que les routes risquaient d’être saturées et encombrées par des flots de civils fuyant l’avancée allemande. Bref, les difficultés commencent.


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    Prêts à bondir

    Sur la frontière allemande de Bâle à la mer du Nord ce sont des dizaines de milliers de soldats avec des blindés et des moyens automobiles considérables qui sont massés, prêts à franchir la frontière dès qu’Hitler en donnera l’ordre. Les positions sont les suivantes. Du sud de la frontière des Pays-Bas jusqu’à Aix-la-Chapelle, l’ennemi a déployé le groupe d’armées B, constitué de vingt-neuf divisions et demie dont trois blindées aux ordres du général Von Bock.

    D’Aix-la-Chapelle à Trèves, le groupe d’armées A commandé par le général Von Rundstedt est en position avec ses quarante-cinq divisions et demie dont sept sont blindées et trois motorisées. De Trèves jusqu’à la frontière helvétique, le groupe d’armées C du général Von Leeb comprend dix-neuf divisions. Le groupe d’armées A intègre presque la moitié des divisions d’infanterie en ligne et sept des dix divisions blindées surarmées et disposant d’une logistique d’appui parfaitement opérationnelle. Néanmoins, les Allemands disposent encore de quarante-deux divisions de réserve.

    De l’autre côté de la frontière, trois armées sont en état d’alerte. A l’extrême nord, il y a l’armée hollandaise qui possède huit divisions. Elle est à peu près en face des forces ennemies du groupe d’armées A.

    Ensuite, il y a l’armée belge qui affiche dix-huit divisions et bien évidemment en arrière de la frontière française les armées de Gamelin et le corps expéditionnaire britannique. De la mer du Nord jusqu’à Bailleul, on trouve la VIIe armée du général Giraud, de Bailleul à Maulde, les neuf divisions de la « British Expeditionary Force » aux ordres du général Gort, de Maulde à Longuyon dans cet espace situé à gauche de la ligne Maginot, le 1er groupe d’armées français du général Billotte avec vingt-deux divisions dont deux divisions mécanisées.

    De Longuyon à la frontière suisse le long de la ligne Maginot, les IIe et IIIe groupes d’armées des généraux Prételat et Besson possèdent respectivement de trente-cinq et quatorze divisions. L’armée française a vingt-deux divisions de réserve dont trois blindées.

    Si l’on fait les additions, on s’aperçoit que les Alliés comptent au total 2.900.000 hommes et les Allemands 2.750.000 hommes. Dans la bataille des chiffres, les Alliés disent détenir 2574 chars et 2128 avions dont 1648 pour la France (219 bombardiers, 946 chasseurs et 483 avions de reconnaissance) et 480 anglais, 800 autres appareils étant restés stationnés en Grande-Bretagne pour en défendre la souveraineté aérienne.

    L’Allemagne reconnaît posséder 2600 chars plus modernes et autonomes ainsi que 3227 avions de dernière génération.

    Si les différences en nombre ne sont pas significatives, en revanche la modernité est d’abord un atout du Reich.


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    Norvège : Henry, Primrose et Maurice
    L’objectif n’est pas seulement de débarquer des troupes mais de tenir les têtes de pont et d’assurer la logistique.
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  • La neige est encore présente et va handicaper les mouvements des troupes.
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  • PLAN. Les Britanniques baptisent du nom de Ruppert l’opération qu’ils veulent conduire à Narvik mais manquent d’informations précises sur la situation dans le port norvégien puisque les planificateurs estiment entre 400 et 4 000 le nombre de soldats ennemis !

    Le War Office ne veut pas engager des unités dans une impasse, aussi privilégie-t-il la prudence à la précipitation. L’idée de passer par Harstad pour rejoindre Narvik exige de parcourir une soixantaine de kilomètres dans une zone montagneuse incertaine. En outre, les cinq navires qui sont réquisitionnés dans la rade de Scapa Flow sont chargés selon l’arrivée des matériels, et sans aucune cohérence pour faciliter l’équipement et le feu du corps expéditionnaire. Tout semble mal préparé. Côté français on veut que la Suède entre en guerre contre l’Allemagne et pour convaincre de la pertinence de ce choix, le président du Conseil, Paul Reynaud, est décidé à envoyer à Stockholm une mission composée de l’ancien ambassadeur de France à Berlin Robert Coulondre et du général Mittelhauser. Le duo fait escale à Londres avant de s’envoler pour la Suède et est reçu par Neville Chamberlain. Le Premier ministre anglais insiste pour qu’une délégation britannique se joigne à eux. Et d’ajouter : « Si le gouvernement suédois pouvait être incité à envoyer des forces par voie de terre pour prêter main-forte aux alliés à Narvik, cela permettrait de hâter considérablement la prise de la ville ». Downing Street désigne le général Lewin, l’amiral Evans et le commandant Thornton, attaché de l’air à l’ambassade du Royaume-Uni à Stockholm. Seulement Chamberlain se demande s’il sera en capacité de venir en aide aux Suédois aussi s’interroge-t-¬il sur l’utilité de la prolongation de leur neutralité !

    La question est vite réglée puisque dès le premier entretien entre le roi Gustave V assisté de Günther, son ministre des Affaires étrangères, et du général Thörnell, le commandant en chef des troupes, il est patent que la Suède n’a pas l’intention d’ouvrir les hostilités avec le Reich. En revanche, on ne verrait pas d’un mauvais œil un débarquement franco-britannique à Trondheim pour faciliter la résistance norvégienne. Une analyse confirmée par Londres : « Une assistance militaire centrée sur Trondheim (clé des voies de communication vers l’intérieur de la Norvège et de la Suède) constitue un impératif prioritaire. La prise de Narvik ne serait pas d’un grand secours au gouvernement norvégien ».

    « C’EST TRONDHEIM QU’IL FAUT VISER »

    Churchill juge que la reprise de Trondheim n’est pas si simple. Il suggère qu’on se rende maître de Narvik pour diriger ensuite les chasseurs alpins contre Trondheim. S’il mesure la vivacité des discussions au Cabinet de guerre sur la question, il n’est toujours pas convaincu par ce scénario et à force d’éloquence emporte la conviction des autres ministres qu’il faut favoriser l’opération française sur Narvik. Seulement le 13 avril, tout est à refaire. Lord Halifax reprend ses arguments en faveur de Trondheim tandis que le général Ironside réplique qu’il faut pour cela retirer des troupes installées sur le front français. Churchill n’est pas déstabilisé par cette remise en cause et il reprend ses arguments en haussant la voix : « Je crains ne pas avoir été compris hier par quelques esprits qui manquent de capacité de récupération alors qu’il nous faut donner le maximum de nous même ». Chamberlain s’affiche désormais comme un franc partisan de l’opération de Trondheim tout comme le chancelier de l’Echiquier John Simon. En fin de journée, Churchill doit se soumettre et l’ambassadeur à Stockholm est averti de : « l’intention de prendre Trondheim et Narvik ». Les Anglais veulent demander l’autorisation au gouvernement Reynaud d’utiliser les chasseurs alpins sur des théâtres autres que Narvik !

    Néanmoins, juste avant la réunion du Comité de coordination militaire, une nouvelle déterminante est donnée par l’amirauté. Une escadre britannique composée d’un croiseur et de neuf destroyers est entrée dans le fjord de Narvik. A 17 h 45, l’amiral Whitworth, le commandant de l’escadre annonce qu’il a envoyé par le fond les sept destroyers allemands qui y mouillaient. Devant l’absence de réaction des Allemands, l’amiral a hésité à envoyer un corps de débarquement pour s’emparer du bourg. Cela a pour conséquence de modifier les plans britanniques. Les Anglais envisagent alors un débarquement de reconnaissance à Namsos au nord de Trondheim par un groupe de trois cents hommes. Ce sera l’opération « Henry » programmée dès le 14. Un deuxième débarquement est envisagé à Aalesund au sud de Trondheim par une force de six cents hommes. Il s’agit de l’opération « Primrose ». Enfin, cinq mille hommes vont être mis à terre à Namsos au cours de l’opération « Maurice ». Dans un excès d’euphorie, l’attaque directe de Trondheim est même envisagée !

    Churchill joue le jeu et rencontre avec l’amiral Philips, chef adjoint de l’état-major naval le général Ironside : « Tiny, nous nous sommes trompés d’objectif. C’est Trondheim qu’il faut viser. La Marine va lancer une attaque directe contre la ville et il me faut une petite force, composée de bonnes troupes, bien commandées, pour exploiter l’attaque navale. Il me faut aussi des débarquements au nord et au sud de Trondheim afin d’appuyer l’assaut principal par un mouvement qui prenne Trondheim en tenaille ». Ironside fulmine. Même les Français ont accepté d’envoyer leurs chasseurs alpins à Trondheim plutôt qu’à Narvik. Les plans qui vont désormais être mis en œuvre ont été finalisés en à peine cinq jours. Et il manque un élément important : la hauteur de neige. Les temps de déplacement n’ont pas été calculés avec assez de sérieux pour tenir compte des retards provoqués par les intempéries. Or Namsos est à 215 kilomètres de Trondheim. Et lorsqu’il neige et qu’il verglace, ce n’est pas une partie de plaisir. Qui plus est sans couverture aérienne.

    On ne dit rien sur les collaborations envisagées avec les soldats norvégiens. On ne sait pas où se trouvent les unités les plus opérationnelles pas plus que le roi Haakon et son gouvernement. Est-ce suffisant de déclarer qu’il est possible que la voie ferrée menant à Trondheim soit encore aux mains des Norvégiens ? Le général Ruge a pourtant reçu des assurances d’un capitaine du MI 6 aussi adresse-t-il le 15 avril à ses officiers la directive suivante : « L’opération de secours des Alliés est en préparation et il nous a été promis qu’elle serait déclenchée dans les plus brefs délais. Dans ces conditions, notre tâche dans le sud-est de la Norvège est de gagner du temps ». Et ses soldats font des miracles même si les Allemands n’arrêtent pas de recevoir des renforts. Le général Ruge tient à muscler son front au sud de Lillehammer jusqu’à ce que les renforts britanniques mettent un terme à l’infériorité numérique de ses troupes. Il n’est pas au bout de ses peines.

    HERVÉ CHABAUD

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    Union100327a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Un historien tire la sonnette d’alarme : Il faut créer du lien en Argonne

    La chapelle des poilus de Saint-Thomas-en-Argonne sera bientôt restaurée.
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  • La vallée Moreau est le site le mieux conservé. Il peine cependant à se faire connaître du plus grand nombre.
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  • Philippe Lunard veut plus de lien entre les sites historiques.
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  • LE COMITÉ franco-allemand continue son œuvre de préservation du patrimoine. En particulier celui qui a trait à la Première Guerre mondiale. Depuis quelques jours, un nouveau site vient de rentrer dans le giron des lieux à restaurer. Il s’agit de la « Chapelle des Poilus », à Saint-Thomas-en-Argonne, créée en 1917 par le 132e Régiment d’infanterie territoriale, originaire de Montauban. Un site supplémentaire donc, qui représente beaucoup de travail. Si pour la restauration, il ne devrait pas y avoir de difficultés majeures, même si les travaux sont longs, c’est au niveau de la conservation de ces sites que Philippe Lunard se pose beaucoup plus de questions. « Restaurer un site dans son coin, c’est nécessaire. Mais si personne ne fait la promotion de ces lieux de mémoire, c’est un peu comme si nous travaillions pour rien ». En Argonne, on recherche de la notoriété.

    Vallée Moreau fer de lance

    Pour se faire connaître, il faut s’appuyer sur des sites de poids. En ce qui concerne l’histoire de la Première Guerre mondiale, en Argonne, il n’y a qu’à demander. Ainsi, le site de la vallée Moreau, à quelques kilomètres de Vienne-le-Château pourrait servir de vitrine pour le patrimoine de cette période. Entièrement restauré par une poignée de bénévoles, cet ancien camp de cantonnement allemand est un joyau de conservation. « Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut créer un véritable chapeau argonnais, qui couronne des liaisons entre les associations qui œuvrent de Massiges jusqu’à Vauquois. Unis, nous aurons toujours plus de poids et de visibilité que repliés dans notre coin. Dans chacun des sites restaurés et conservés, nous devons faire la promo d’autres sites », poursuit l’historien. Cela paraît en effet plutôt sensé, mais ce n’est pas encore effectif.

    Des projets

    Même si chacun opère donc dans son coin, les projets de conservation foisonnent en Argonne. Ainsi, à la limite de la Meuse et de la Marne, une équipe de fouilleurs éclairés a pour idée de mettre au jour des tunnels oubliés mais « impeccablement conservés ». Il ne s’agit pas de sanctuariser le territoire mais bel et bien de se servir des legs du passé pour construire un avenir, en espérant un appel d’air conséquent provoqué par le tourisme culturel. Pas sûr que cela suffise. « Si le maillage entre les différents sites se resserre, au lieu de s’arrêter une heure pour observer un site, les visiteurs pourraient fort bien passer deux jours en Argonne au lieu de reprendre l’autoroute de suite », assure Philippe Lunard. Et dans ce cas, les quelques hôteliers du secteur devraient aussi avoir le sourire.

    Th. D.

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    Union100326b - Marne
    EPERNAY : Selon Yvette Lundy La Résistance, un état d’esprit

    Près d’une centaine d’élèves de 3e du collège Côte Legris ont suivi l’exposé.
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  • Poursuivant inlassablement sa mission, Yvette Lundy est allée à la rencontre, lundi, des élèves du collège Côte Legris, à l’initiative de Carole Molet-Brocard, professeur d’histoire.

    Pour la narratrice, « … résister, c’est d’abord un état d’esprit. Tous ne l’avaient pas, au départ, un ou deux pour cent au début de la guerre tout au plus… même si cent vingt pour cent le revendiquaient après ! Il fallait vivre le cœur au ventre et faire preuve de beaucoup d’optimisme avec l’occupant toujours dans les pieds. Il était interdit de faire beaucoup de choses, même de manger à sa faim. Et surtout, cette privation de liberté… les Allemands toujours autour de nous… »

    La conférencière éprouve du mal à contenir son émotion en évoquant cette liberté perdue qui semble si lointaine, tellement inconcevable pour son jeune auditoire. « La liberté, ce n’est pas un droit c’est un devoir », assène-t-elle.

    A l’issue de l’exposé, les élèves lui remettront des fleurs accompagnées d’un petit discours avant de plancher sur le concours de la Résistance, organisé dans l’établissement par Sabine Sauvage, professeur d’histoire.

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    Union100326a - Marne
    REIMS : Mémoires d’Algérie en exposition

    La Fédération Nationale des Anciens Combattants Algérie Maroc Tunisie présente une exposition « Mémoire d’Algérie » de 1830 à 1962, dans le hall d’entrée de la mairie de Reims jusqu’au 30 mars de 9 heures à 12 heures et de 13 h 30 à 18 heures ( sauf dimanche).

    Le dossier de presse de la mairie de Reims présentant cette exposition est téléchargeable sur notre site.

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    Union100325c - Marne
    REIMS : Mémoires d’Algérie en exposition

    La Fédération Nationale des Anciens Combattants Algérie Maroc Tunisie présente une exposition « Mémoire d’Algérie » de 1830 à 1962, dans le hall d’entrée de la mairie de Reims jusqu’au 30 mars de 9 heures à 12 heures du lundi au samedi.

    Le dossier de presse de la mairie de Reims présentant cette exposition est téléchargeable sur notre site.

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    Union100325b - Marne
    REIMS : Anciens combattants d’Algérie : Quatre médaillés

    MM. Bodenan et Chevauchet ont été décorés de la croix du combattant, MM. Baudière et Chopin de la médaille commémorative d’Algérie.
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    Quatre anciens combattants d’Algérie ont été décorés, lors de la cérémonie qui s’est déroulée au monument aux morts, organisée par la section rémoise de la FNACA (fédération nationale des anciens combattants d’Algérie) pour célébrer le 48e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie (19 mars 1962).

    En présence de la maire de Reims Adeline Hazan, de plusieurs élus, de représentants de la gendarmerie, de l’armée de l’air et d’anciens combattants, le président de la FNACA Jean Forget a procédé au dépôt de gerbes et à la remise de médailles.

     

     

     

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    Union100325a - Marne
    CORMONTREUIL : Anciens combattants Fnaca : Hommage et déception

    Un hommage a été rendu à Jean Bo et Bernard Sautret, présents depuis la création de la section.
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  • Le week-end a été chargé pour le comité local de la Fnaca (fédération nationale des anciens combattants Algérie, Maroc et Tunisie). Débuté vendredi soir par un dépôt de gerbe au monument aux morts, afin de commémorer le cessez-le-feu en Algérie, il s’est poursuivi samedi par le concours de belote organisé au profit des sinistrés d’Haïti.

    S’ils avaient déjà été déçus par l’absence des associations locales invitées pour l’organisation, les amis de Robert Brujère l’ont été davantage au vu de la participation : vingt-huit présents seulement dans la salle polyvalente. Heureusement, l’aide de la municipalité et de la MJEP a permis de mener à son terme cette journée.

    Les adhérents étaient plus nombreux le lendemain, à l’occasion de l’après-midi festif. Après le repas servi par l’équipe d’Alain Renault, Robert Brujère en a profité pour récompenser deux personnes, dont « un jeune de trente ans au service de la Fnaca ».

    Le président de la section locale, Jean Bo, est en effet présent depuis sa création il y a trente ans. Son « lieutenant » Bernard Sautret , lui aussi actif depuis l’origine, a été honoré tandis qu’un bouquet était remis à leurs épouses.

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    Union100324a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Poésie dans le jardin de l’hôtel de ville : « Les Tambours de la Paix »

    Plus de deux cents enfants ont présenté leurs textes.
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  • L’action des « Tambours pour la Paix » a pour ambition d’éveiller les enfants à la nécessité de lutter contre la violence et de leur offrir une occasion d’exprimer librement, par le biais de la poésie, leur volonté de Paix dans le monde.

    Avec l’association Fab et regroupant les élèves de l’école de la Salle, de Pierre-et-Marie-Curie, du collège Marcel-Alin, une classe de seconde du lycée et l’association Alpha de Saint-Dizier, plus de deux cents enfants au total, ont présenté leurs textes après battements des tambours dans le jardin de l’hôtel de ville vendredi.

    Des créations choisies par les enfants et leurs enseignants en slam, vers prose, écriture libre ou des structures traditionnelles.

    Tous les poèmes ont été écrits sur des feuilles de couleurs et de taille précise pour être toutes réunies dans un drapeau de la paix.

    Exposé samedi sur la place d’armes au « Printemps de la Paix », ce drapeau ira agrandir celui de l’association « Graine de citoyen » dans le but d’obtenir le plus grand drapeau pour la fin de l’année 2010.

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    Union100323e - Marne
    EPERNAY : Visite au centre d’interprétation de Suippes : La vie des Poilus racontée aux CM2 de l’école Sainte-Marie

    Les élèves ont ressenti les peurs et les angoisses du quotidien dans les tranchées.
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    Dans le cadre de l’étude de la Première Guerre mondiale, les CM2 de l’école Sainte-Marie d’Epernay se sont rendus au Centre d’interprétation Marne 1914-18, ce vendredi 19 mars, accompagnés d’Odile Magnaval, enseignante en classe de CM2.

    La visite a commencé par un film poignant relatant la véritable histoire de la famille Papillon.

    Grâce à la correspondance échangée entre trois frères, envoyés au front de Champagne, et leur sœur, femme de service à Paris, et à des images d’archives, les élèves ont découvert l’horreur de cette guerre.

    Au musée, où sont exposés casques, armes, uniformes et photos, ils ont pu mieux comprendre le quotidien des soldats.

    Mais le plus impressionnant est la reconstitution de la vie dans une tranchée. Les enfants, assis sur des sacs, ont vécu et ressenti toutes les émotions de peur et d’angoisse liées au quotidien des Poilus grâce à des images et à une simulation de bombardements.

     

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    Union100323d - Marne
    EPERNAY : Cessez-le-feu en Algérie Commémorations pour le 48e anniversaire

    Lors du dépôt de gerbe au monument « La Flamme ».
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    Ce vendredi, la Fnaca d’Epernay-Aÿ-Oiry a célébré le 48e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

    A 11 heures, un rassemblement a eu lieu au square Clevedon, au monument « La Flamme », avec une délégation de porte-drapeaux, la garde du centre de secours principal, les représentants de la gendarmerie et la Champenoise d’Aÿ : lecture du manifeste du président national, appel des morts et dépôt de gerbe par le président André Richard qui remerciait les participants à la cérémonie.

    Le dimanche 18 avril à 9 h 30, la Fnaca tiendra son assemblée générale à la Maison des associations.

    A 11 heures, défilé jusqu’au square Clevedon avec la Champenoise d’Aÿ, la garde du centre de secours, les porte-drapeaux.

    Cérémonie à 11 h 30 avec la société de musique et la chorale « Interlude », remise de décorations, appel des morts et dépôt de gerbe.

     

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    Union100323c - Marne
    L’ÉPINE : Hommage aux morts d’Afrique du Nord

    Lors du dépôt de gerbe aux monuments aux morts.
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    Vendredi en fin d’après-midi, la Fnaca du canton de Marson s’est rendue au monument aux morts de la commune de l’Epine afin de rendre hommage aux morts d’Afrique du Nord.

    C’est donc en compagnie du maire de l’Epine, Jean-Pierre Adam, accompagné de M. Dupuis, du Souvenir français ainsi que les représentants des maires du canton et les excuses de M. Arrouart, que les anciens combattants ont honoré la mémoire des morts aux champs d’honneur en ce jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars 1962.

     

     

     

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    Union100323b - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : En souvenir du 19 mars 1962

    Les médaillés avec les porte-drapeaux.
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    La section locale de la Fnaca a commémoré l’anniversaire de 19 mars 1962, date marquant le fin de la guerre en Afrique du Nord.

    Une trentaine de personnes ont assisté à la cérémonie.

    Un trio de musiciens de Musique Champagne Parade assurait les sonneries.

    Avant le dépôt de gerbe, Christian Schlick, président des médaillés militaires de Haute-Marne a décoré Christophe Herbin de la Croix du Combattant au titre de la guerre du golfe et le maire Roland Leclère a remis à Alfred Camus la médaille de reconnaissance de la Nation.

     

     

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    Union100323a - Marne
    CORMONTREUIL : Guerre d’Algérie :Deux soldats décorés

    Les deux récipiendaires.
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    Deux décorations ont été remises vendredi soir à l’issue de la cérémonie commémorant le cessez-le-feu en Algérie, organisée par le comité local de la Fnaca.

    Le première classe Christian Richy a reçu la croix du combattant pour sa présence aux Issers (Grande Kabylie) où il officiait dans le matériel.

    Le titre de reconnaissance de la Nation a été décerné à Geor¬ges Saint-Jeveint, 2e classe au 139e régiment d’artillerie, région de Tebbessa (Algérie).

     

     

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    Union100322f - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Deuxième édition de la fête de la Paix : Les armes font place à la paix

    POINT d’orgue d’une manifestation lancée il y a un mois, la fête de la Paix a clôturé en beauté, samedi après-midi, la 2e édition du Printemps de la Paix.

    Cette manifestation unique en son genre est l’œuvre de l’association Fab (Former un avenir sans brutalité), présidée par Jean-Paul Copin : « L’objectif de cette journée, c’est de faire connaître toutes ces associations qui font des actes citoyens à longueur d’années, comme les scouts, les Sapeurs-pompiers… » Numéros de hip-hop endiablés, concert de musique biélorusse traditionnelle ou saynètes improvisées par le Théâtre du Chêne-vert ont rythmé l’après-midi, sur la place d’Armes rebaptisée pour l’occasion place de la Paix.

    Seule ombre au tableau, la météo pour le moins humide, qui a largement découragé les Vitryats à arpenter la Fête.

    Pourtant, cette année, Fab avait souhaité innover, comme l’explique Jean-Paul Copin : « La première édition avait eu lieu en même temps que la Fête du Sport. Le sport avait attiré du monde sur la place, mais pas forcément vers nous. Là, on a voulu faire plus de place à la citoyenneté, en essayant de fédérer autour des associations. »

    Loin de jeter l’éponge, Jean-Paul Copin a déjà en tête l’édition 2011 : « Il faudra plus d’associations… Peut-être même faire venir des gens hors de Vitry. Dans tous les cas, maintenant que la dynamique s’est créée, il n’est pas question de la casser. »

    C.M.

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    Union100322e - Marne
    ÉPERNAY : La participation en berne : Les médaillés militaires en congrès

    Les médaillés militaire et le bureau du congrès, de gauche à droite : Raymond Lemaire, Maurice Lesanne, Paul Chavaillon, Robert Gautier, François Gellibert et Robert Cochod.
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  • C’est la Maison des associations d’Epernay que la 593e section de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire vient d’accueillir le congrès de l’union des sections marnaises de la Médaille militaire, sous la présidence d’honneur de François Gellibert, président national.

    Après le mot d’accueil de Robert Gautier, président de la 593e section, Robert Cochod, président de l’union départementale ouvrait le congrès. Il évoquait à nouveau l’érosion des adhérents, 923 en 2009 contre 935 en 2008.

    Il félicitait les promus 2009 : Alexandre Zentner, officier de la Légion d’honneur, Guy Wavelet, chevalier de la Légion d’honneur ; Pierre David, chevalier dans l’ordre national du Mérite ; Pierre Lusse, médaille de vermeil de la SNEMM.

    Action sociale

    Il annonçait que le congrès 2011 aurait lieu à Mourmelon, occasion de fêter le centenaire de trois sections. François Gellibert entretenait les médaillés sur deux points importants.

    Concernant l’hémorragie des adhérents, des mesures sont prises pour créer des sections de médaillés d’active dans les unités d’une part. Concernant l’action sociale, le président regrettait le peu de participation de certaines sections. « certaines affichant des bilans financiers positifs se montant jusqu’à 35.000 euros ! ». Or il faut savoir que les aides accordées en 2009 par le national se sont élevées à 124.449 euros contre 61.000 euros de dons reçus. Une situation qui risque d’avoir des répercussions sur les aides à accorder.

    Le congrès était clôturé par la remise des brevets et médailles. Ont reçu le brevet de la Médaille militaire : Serge Lépine, président de l’UNC Magenta et Henri Turquin de Coizard-Joches. Ont été décorés de la médaille de la société d’entraide : Paul Chavaillon (argent), Raymond Lemaire (bronze), René Balourdet (bronze). Le diplôme de 50 ans de Médaille militaire sera remis ultérieurement à René Guillepain.

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    Union100322d - Marne
    BETHENY : En mémoire du 19 mars 1962

     

     

     

    La municipalité de Bétheny et la FNACA (association des anciens combattants) se sont associées pour déposer une gerbe au monument aux morts, commémorant ainsi le « cessez-le-feu » en Algérie il y a près de cinquante ans ; à la mémoire « de toutes les victimes de « ce conflit ».

    À cette occasion, Jean-Bak, Roger Mathieu et Jean-Pierre Rousset ont reçu la médaille commémorative des opérations de maintien de l’ordre en Algérie.

     

     

     

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    Union100322c - Marne
    AY : Cérémonies du 19 Mars : Une certaine rigueur militaire

    Les porte-drapeaux sont prêts.
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    Grâce à un regroupement de plusieurs associations d’anciens combattants,les cérémonies du 19 mars qui marquent la fin de la guerre d’Algérie ont retrouvé une certaine rigueur militaire, ainsi qu’une augmentation sensible de la participation, puisque plus d’une soixantaine de personnes étaient rassemblées autour du monument aux morts.

    Après les différentes sonneries effectuées par « la Champenoise », la lecture du message national et les dépôts de gerbes, chacun s’est retrouvé à la mairie, où Dominique Lévéque, le maire, est revenu sur cette période sombre de la décolonisation, insistant sur le devoir de mémoire qui doit surtout servir à garantir la paix.

     

     

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    Union100322b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Anciens combattants d’Afrique du Nord : A la mémoire de nos soldats

    Les autorités devant le monument aux morts.
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    Ce vendredi 19 mars, en début de soirée, devant le monument aux Morts de Vitry-le-François, la section locale de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc (Fnaca) a rendu hommage aux 30 000 morts qui sont tombés au service de la France, dont les 9 vitryats : Robert Adam, André Desjardin, Jean Desnoyelle, Paul Champvaveine, Jean Edel, Michel Guillaume, Pierre Ragon, Paul Rigault et le capitaine d’active Albert Velter.

    Une cérémonie au cours de laquelle, le président de la Fnaca, Jean-Pierre Mathieu et le maire de Vitry-le-François Jean-Pierre Bouquet, ont déposé une gerbe en présence de la population et d’une quinzaine de porte-drapeaux.

     

     

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    Union100322a - Marne
    FAGNIERES : Commémoration du Cessez le feu du 19 mars 1962

    La gerbe du souvenir
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    La commémoration du Cessez le feu du 19 mars 1962 en Algérie s’est déroulée au monument aux morts de l’ancien cimetière de Fagnières.

    Après lecture de messages rappelant les faits, le maire Alain Biaux accompagné du vice-président départemental de la FNACA, Jean Hendziak, ont déposé une gerbe. Pendant la cérémonie.

     

     

     

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    Union100321e - Marne
    VALMY : Un peu d’histoire Fernig : les deux sœurs à la bataille de Valmy

    « Frappes si tu l’oses, une femme qui te rappelle à ton devoir », Félicité sabre au clair. Un dessin d’André Rouvier.
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  • Beurnonville aussi a rapporté les faits des sœurs Fernig.
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  • Dumouriez a vanté, à de nombreuses reprises, leurs actions.
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  • LES sœurs Fernig, Théophile et Félicité, deux femmes qui sont entrées dans l’histoire. Loin des clichés. Ce duo fait partie de cette catégorie de femmes remarquables.

    La situation de deux femmes seules au milieu de soldats, peut aussi déclencher chez les sceptiques, une confusion facile au plan de la moralité.

    Ces deux sœurs ont été décrites, tout au contraire, comme des femmes discrètes, pleines de modestie et de grâce, sous leurs habits d’officiers, par de grands noms comme Dumouriez, Beurnonville, Dampierre sur le champ de bataille de Valmy.

    Enfants des Vosges

    Théophile et Félicité sont les deux filles aînées d’un capitaine de Mortagne. Fernig aurait été secrétaire greffier de la municipalité de cette ville.

    Leur portrait fait apparaître deux jeunes filles de petite taille, les yeux et les cheveux noirs, un teint frais, « une physionomie à la fois douce et hardie, avec un air de noblesse inspirant le respect ».

    Les sœurs Fernig ont su gagner le respect de la troupe et des autres officiers, et notamment des commissaires de la Révolution en mission.

    Dans les régions frontalières, les populations se levaient parfois d’elles-mêmes pour assurer la défense du pays. Les volontaires, hommes ou femmes de tous les âges, mariés ou non, se regroupaient en unités de combat.

    Les filles de Fernig en furent. La pratique du cheval et des longues marches, leur étaient familières.

    Dans les combats, la maison de Mortagne a été incendiée.

    Les combattantes d’Argonne

    Le père, le fils et ses deux filles rejoignirent Dumouriez pour la campagne d’Argonne. Le père et le fils reçurent des grades et les filles, en uniforme, en furent les officiers d’ordonnance. A Jemmapes, Félicité suivait le duc de Chartres à cheval sur le terrain, tandis que Théophile portait les ordres du général en chef au général Ferrand, au camp de Maulde.

    A Sainte-Ménehould, on les présente aux Commissaires de la Convention, Carra, Prieur, Sillery. Elles reçoivent toutes deux un brevet d’adjoints aux officiers généraux. On les retrouve encore à Neerwinden.

    Pendant la défaite des troupes de Chancel qui fuient, elles mettent sabre au clair. Face à un fuyard qui la menace de sa baïonnette, Félicité lui crie : « Frappes, si tu l’oses, une femme qui te rappelle à ton devoir ». La trahison de Dumouriez les fera démissionner. Elles retournèrent à la vie civile.

    Félicité choisit Bruxelles où elle tint un bureau de loterie. Elle épousa un officier belge, qu’on a dit sauvé par elle des mains des uhlans à Anderlecht. Elle y mourut le 4 avril 1841. Théophile resta farouchement française, ne se maria pas, resta auprès de sa sœur à Bruxelles où elle mourut le 2 avril 1819.

    Source : Georges Clause et Horizons d’Argonne.

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    Union100321d - Marne
    VALMY : Samedi 19 et dimanche 20 juin : La fête du moulin fait appel aux peintres

    Le moulin reste un sujet « artistique » indéniable.
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  • A l’occasion de la fête du Moulin de Valmy, organisée par l’office de tourisme de Menou et l’ « Association pour la promotion du Moulin de Valmy » qui aura lieu le dimanche 20 juin, l’association « Art Vivant » en collaboration avec la bouquinerie de l’Argonne organise une exposition sur le thème du « Moulin de Valmy vu par les peintres » pour tous ceux qui le désirent.

    Cette exposition se tiendra à la salle des fêtes de Hans, village situé à 4 kilomètres de Valmy, les samedi 19 et dimanche 20 juin de 14 à 18 heures. Cette exposition regroupera tous les peintres désireux d’exposer leur création, qu’ils soient de l’association « Art Vivant », ou amateurs de Sainte-Ménehould, Châlons-en-Champagne, Verdun, Vouziers, etc… avec comme sujet : « Le Moulin de Valmy et son environnement ».

    Les sculptures sont aussi acceptées.

    Pour toute participation « Art Vivant » ou région de Châlons, contacter : Monique Chef, 2 rue Roger Nayrac, 51520 Recy, tél : 03.26.68.21.58. monique.chef@wanadoo.fr . Et pour l’Argonne et Menou, bouquinerie de l’Argonne, 1 rue du Pont d’Argent, 51800 Hans, 03.26.60.29.67. bouquinargonne@orange.fr

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    Union100321c - Marne
    EPERNAY : Les mutilés des yeux de guerre réunis : Rajeunir les cadres

    Lors de l’assemblée conduite par Michel Deglaire, Claude Dubois et Louis Sausse (de gauche à droite).
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    L’assemblée générale de l’association des mutilés des yeux de guerre (section Marne, Aube et Haute-Marne) s’est tenue à la maison des associations d’ Epernay, autour du président Claude Dubois qui accueillit le président général Michel Deglaire et qui souhaita le rajeunissement des membres du conseil d’administration.

    Après la réunion, fut déposée une gerbe au monument aux morts avec la batterie-fanfare de Damery-Venteuil. Suivit une réception à l’hôtel de ville d’Epernay.

    Contacter le président : tél. 03.26.58.48.37 ou le soir 03.26.48.58.68.

     

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    Union100321b - Marne
    CHALONS : Au monument aux morts : Des drapeaux pour se souvenir

    Une classe de CM2 a assisté à la commémoration.
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    Vendredi matin, ils étaient une cinquantaine à se réunir au monument aux morts, pour honorer les morts d’Afrique du Nord.

    En cette date anniversaire du cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie, deux gerbes ont été déposées. En présence de Claude Fauvet, président départemental de la Fnaca, Pierre Cornil, président de l’Encac, Serge Helleringer, conseiller municipal chargé des anciens combattants, et Gérard Berthiot, vice-président du conseil régional.

    Une classe de CM2 de Prilly-Sainte-Thérèse a également assisté à la cérémonie.

     

     

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    Union100321a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Le Danemark tombe en 24 heures

    Le roi Christian X du Danemark subit la domination allemande sur son royaume en une journée.
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  • Vingt-quatre, c’est tout ce qu’il faut au petit corps expéditionnaire du Reich pour contrôler la totalité du Danemark. Lorsque le 9 avril entre 5 heures et 5h30, les troupes allemandes s’infiltrent sur le territoire danois, le roi Christian X comme le commandant en chef de l’armée le général Pryor sont pris au dépourvu. Très vite, les unités sont dépassées par les événements et l’afflux de mauvaises nouvelles amplifie le désarroi du souverain et du gouvernement.

    « Nos soldats combattent-ils comme il faut, dois-je les motiver par un message solennel » interroge le roi. L’hésitation sur la meilleure option à prendre est dramatique puisque l’ennemi qui a bien préparé son opération connaît chacun de ses objectifs et agit avec beaucoup de méthode. Aussi accumule-t-il les succès et fait-il de nombreux prisonniers.

    Le 10 avril à 6 heures après une nuit de réflexion, Christian X ordonne le cessez-le-feu pour éviter que le royaume ne se transforme en une ruine géante. On comprend la décision du roi lorsqu’on apprend le détail des dispositions de l’ennemi. Dès le 7 avril, le général allemand Kurt Himer nommé par Hitler chef du corps expéditionnaire au Danemark est arrivé discrètement à Copenhague. Vêtu en civil et accompagné par un officier de son ambassade, il circule tranquillement en ville pour effectuer plusieurs séries de repérages et prendre quelques notes promptes à affiner ses directives ultimes avant la prise de contrôle de la capitale par ses troupes. Dans la nuit du 8 au 9, les navires de débarquement s’approchent de la côte sans difficulté. Le transport « Hansestadt Dantzig » vient même s’amarrer à la jetée de Langelinie qui se trouve tout prêt du palais royal d’Amalienborg !

    Profitant de l’obscurité, les sections prennent position sur tous les points sensibles du port qui leur ont été indiqués. Un policier qui effectue une ronde est abattu. D’autres transports de troupes qui sont accompagnés et défendus par des vedettes rapides débarquent leurs contingents puissamment armés sur toutes les îles. A Aalborg, un commando aéroporté s’empare de l’aérodrome avec une facilité déconcertante. A Flensburg et Tondem, des colonnes motorisées arrivent dans le centre-ville à une vitesse étonnante tandis que d’autres colonnes de véhicules à la fois dissimulés par des filets mais fortement équipés se dispersent sur les routes de la péninsule du Jutland afin de contrôler chaque carrefour important et les communes cerclées de jaune sur leur carte.

    Les messages qui proviennent chez Kurt Himer convergent d’optimisme. Les chefs de colonnes parlent « d’une promenade militaire », « d’une invasion facile », d’une « conquête des points sensibles sans incident ». Il y a peu d’accrochages. Le bilan l’atteste. On recense treize morts et vingt-trois blessés chez les Danois, vingt morts et autant de blessés chez les Allemands. Hitler qui est tenu au courant d’heure en heure du succès en cours justifie l’opération par un nouveau mensonge : « L’Allemagne a décidé d’occuper le Danemark pour protéger ce pays du pouvoir de nuisance des alliés et faire respecter sa neutralité jusqu’à la fin de la guerre ».

    En réalité, l’occupation du Jutland et le contrôle des détroits de Skagerrak et du Cattegat assurent un avantage stratégique patent au Reich dans sa prise de possession de la Scandinavie.


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    Le nettoyage au lance-flammes

    Les premiers envahisseurs Hollande sont des parachutistes allemands dont la violence des actions stupéfie la population
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  • HOLLANDE. La reine Wilhelmine ne partageait pas l’optimisme du gouvernement qui pensait que le pays serait épargné par le Reich. Le choc en cours confirme la lucidité de cette femme prête à résister.

    Dans le nord de la Hollande, les missions assignées aux soldats de la 22e division aéroportées ne se concluent pas comme prévu. L’étatmajor a prévu que dans un premier temps, trois compagnies du 2e régiment de chasseurs parachutistes doivent prendre le contrôle des aérodromes de Valkenburg, d’Ockenburg et d’Ypenburg près de La Haye. Lorsque la 6e compagnie du 2e RCP saute sur Valkenburg dont la piste est inachevée, elle se heurte à un bataillon hollandais particulièrement motivé. Les échanges sont nourris et meurtriers mais à 7 heures, une première vague de Junker 52 dépose le 3e bataillon du 47e RI commandé par le colonel Heyser. Les pertes sont lourdes et les avions sont immobilisés en raison du sol fangeux.

    Ils ne peuvent pas redécoller ce qui bloque la noria prévue par le plan d’invasion. Les transporteurs de troupes sont incendiés par les Hollandais. Lorsque vers midi, une deuxième vague d’appareils s’apprête à déposer le 2e bataillon de cette unité de fantassins, la mission se révèle impossible. Une partie des avions fait demi-tour, d’autres se posent tant bien que mal dans les dunes. Heyer se rend compte qu’il ne peut pas sécuriser l’aérodrome, aussi se repliet- il dans Valkenburg. Il va y résister pendant cinq jours. A Ockenburg, la 2e compagnie du 2e RCP qui doit s’emparer du terrain est parachutée dix kilomètres au sud à Hoek van Holland. Autant dire que lorsque les JU 52 atterrissent, ce sont les fantassins du 65e RI qui doivent faire le travail confié aux chasseurs ! Mais une frappe de la RAF détruit plusieurs transports de troupes ennemis et rend le terrain impraticable. A la nuit tombante, Kesselring annule l’opération sur La Haye en raison du rapport alarmiste mais motivé du général Sponeck. D’autant qu’à Ypenburg, la situation est encore plus grave pour les Allemands. Le bombardement préventif du terrain est un échec et le 3e bataillon de grenadiers hollandais leur réserve un accueil de feu et d’acier.

    Pis, onze des treize JU 52 chargés d’amener le 1er bataillon du 65e RI sont en feu avant de s’être posés ! L’unité d’invasion est ici anéantie. Le bilan transmis par la 22e division aérotransportée témoigne de l’ampleur de la déconvenue. 42 % des officiers, 28 % des sous-officiers et hommes de troupes sont hors de combat tandis que 92 % des transporteurs de troupes ont été détruits avec les soldats qu’ils amenaient. L’insuffisance des relations sol-air explique le désastre. Les équipages n’ont pas été informés qu’il leur était impossible de se poser. Globalement l’opération hollandaise coûte très cher à la Luftwaffe qui sur les 450 appareils impliqués recense 183 pertes ! La détermination des Néerlandais n’inquiète pas Hitler qui, dès le 11 mai, exige d’accroître l’engagement des parachutistes pour qu’ils jouent le rôle de troupes de choc. A Rotterdam, la division légère hollandaise qui remonte vers le Nord trouve face à elle des points de défense solidement armés par les parachutistes ennemis. Student est sûr de son succès mais les combats menés par les soldats néerlandais est exemplaire de leur esprit de résistance.

    A Dordrecht, les ponts restent sous le feu des résidents ; aussi l’état-major ennemi décide d’engager au plus vite la 9e Panzer. Le 13 mai, trois bataillons tentent de prendre le contrôle de la ville. Trois unités de la 9e Panzer se rangent aux ordres du général Student.

    Les blindés subissent de lourdes pertes mais Dordrecht est dégagée. Une attaque dont la finalité est d’élargir la tête de pont de Rotterdam est envisageable dès le lendemain sous les ordres du général Schmidt, commandant le XXXIXe corps. Malgré des négociations visant à la reddition du grand port, la Luftwaffe bombarde la ville ce qui cause la mort de près d’un millier de civils. En Belgique, sur Eben-Emael, les commandos allemands ont réussi leur coup.

    La panique gagne dans les casemates et le réseau souterrain belge. L’ennemi utilise ses lance-flammes, provoque des incendies qui rendent les galeries irrespirables tandis que des munitions sautent les unes après les autres. Des batteries extérieures tirent sur le toit du fort où les Allemands ont entrepris de nettoyer chaque pièce mais l’intervention des Stuka limite les répliques de l’artillerie belge.

    Si la destruction du pont de Canne interdit le franchissement du 151e RI et du 51e bataillon du génie, les Allemands ne renoncent en rien à leurs objectifs. Les embrasures des défenses sont traitées à l’explosif tandis que les sapeurs disposent des charges creuses pour boucher les puits d’aération et faire basculer les coupoles.

    Le samedi 11 à l’heure du déjeuner, la résistance du fort d’Eben-Emael cesse. Il aura fallu moins de trente-six heures aux Allemands pour venir à bout de ce que les Belges présentaient comme la première forteresse d’Europe ! Léopold III ne comprend pas un tel désastre. Pourtant cinq raisons suffisent à comprendre la domination de l’ennemi. La défense des superstructures n’a pas été pensée pour se protéger d’une attaque de parachutistes. Les contre- attaques belges ont été tardives et insuffisantes en puissance. L’aviation alliée est intervenue après la chute du fort. La force des explosions a fait croire aux défenseurs à une attaque appuyée par des forces considérables ce qui n’était pas le cas. Enfin les fortifications belges sont bien moins impressionnantes que celles des Tchèques qui ont servi de bases d’entraînement aux commandos parachutistes. Le lieutenant Witzig résume : « L’attaque du fort d’Eben-Emael fut pour moi un jeu d’enfant ».

    L’autre maîtrise parfaitement assurée par les Allemands est la conquête des ponts avec un appui coordonné du général von Richthofen, commandant le VIIIe corps aérien. Bref, la double opération spéciale sur les ponts du canal Albert et sur le fort d’Eben-Emael est en ce 10 mai un succès majeur. Il n’en va pas de même à Maastricht où, malgré les stratagèmes de l’Abwehr, les Hollandais ont repéré les Allemands qui venaient prendre le contrôle des ponts et les ont fait sauter. Les panzers du général Hoepner sont alors stoppés et causent un vaste embouteillage. Très vite, des déviations sont mises en place pour exploiter toutes les possibilités de franchissements contrôlés et s’enfoncer le plus vite et le plus profondément possible aussi bien en Belgique qu’en Hollande. Incapables de contre-attaquer, les Belges laissent l’ennemi se renforcer. Vers 17 heures, la 35e division du général Reinhardt force le canal Albert à Laneken. Globalement s’ils avancent, les Allemands enregistrent beaucoup plus de pertes que prévu, en particulier aux Pays-Bas. Léopold III, qui a longtemps refusé l’aide des Alliés, s’impatiente désormais comme si le corps expéditionnaire britannique et l’armée française ne subissaient pas dans le même temps les foudres de l’assaillant.

    HERVÉ CHABAUD


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    Vidkun Quisling, le pantin de Berlin

    Les Allemands veulent occuper toutes les positions hautes dominant la côte pour y établir de l’artillerie et de la défense contre les avions.
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  • Bergen : les Allemands veulent contrôler tous les ports norvégiens pour assurer la protection de la route du fer et installer tout le long de la côte des patrouilles de surface.
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  • NORVÈGE. Hitler veut remplacer au plus vite le gouvernement norvégien par une équipe à sa dévotion choisie parmi les naziphiles norvégiens déterminés aussi à neutraliser la chambre et à emprisonner ses élus coûte que coûte.

    De Narvik jusqu’à Kristiansand, le coup de faux opéré par les forces du Reich est un succès puisque tous les ports visés sont sous le contrôle des forces d’invasion mais la fuite des autorités norvégiennes contrarie l’état-major allemand tout comme l’absence de plusieurs stratèges qui se trouvaient à bord du « Blücher » coulé par la défense côtière.

    Hitler est en colère et pourtant tout semble lui sourire ! Il est très irrité de l’échec de l’ambassadeur Bräuer qui n’est pas parvenu à empêcher le départ du roi de Norvège et doit désormais obtenir par la négociation son retour à Oslo. Cela n’empêche pas les Allemands de chercher à constituer un gouvernement ami dans la capitale. Le gruppenleiter Scheidt rencontre le 9 avril à l’heure du déjeuner, le chef du Rassemblement national, Vidkun Quisling. L’entrevue a lieu à l’hôtel Continental et se déroule dans une atmosphère d’autant plus détendue que son interlocuteur dirige un mouvement aux sympathies pronazies avérées. Scheidt, qui est un homme d’action énergique, confie à Quisling le soin de constituer sous son contrôle un nouveau gouvernement. Toutefois, un grand désordre persiste dans la capitale après un bombardement de ses faubourgs par les avions de la RAF. Bräuer n’est pas favorable à la nomination du patron du Rassemblement national qu’il considère comme un rêveur et un individu incapable « de deux décisions pertinentes ». Qu’à cela ne tienne, le führer opte pour la recommandation de Scheidt.

    Vers 19h30, Quisling intervient à la radio nationale :

    « Norvégiens, Norvégiennes ! L’Angleterre a violé la neutralité de la Norvège en mouillant des mines dans les eaux territoriales, sans que le gouvernement Nygaardsvold fasse autre chose que protester timidement. Le gouvernement allemand a offert son aide, accompagnée d’assurances solennelles concernant le respect de notre indépendance nationale.

    En réponse à cette offre de régler la situation intenable dans laquelle se trouve notre pays, le gouvernement Nygaardsvold a décrété la mobilisation générale et donné à toutes les forces militaires norvégiennes, l’ordre insensé de s’opposer à l’aide allemande par la force des armes. Le gouvernement lui-même a pris la fuite, après avoir imprudemment mis en péril le destin du pays et de ses habitants. Dans ces conditions, le Rassemblement national a le droit et le devoir d’assumer les responsabilités du pouvoir.

    Un gouvernement national a pris les rênes du pouvoir avec à sa tête Vidkun Quisling, qui est également ministre des Affaires étrangères et un cabinet constitué comme suit ». Le nouveau Premier ministre énumère le nom de ses collaborateurs dont certains ne sont même pas au courant de leur nomination ! Quisling ajoute : « Tous les fonctionnaires, tous les employés municipaux, tous les officiers du pays, de terre, de mer, de l’air et de l’artillerie côtière, ont le devoir d’obéir aux ordres du nouveau gouvernement ». Avant de conclure : « Tout manquement à ce devoir engagera la responsabilité du contrevenant et le rendra passible des rigueurs de la justice, qui s’appliqueront également à tous les citoyens ». Il s’agit ni plus ni moins d’un coup d’Etat. Le 9 avril à 21h40, le Parlement (Storting) se réunit dans l’école d’Elverum. Le président Hambro propose l’élection de trois membres chargés de négocier avec les autorités allemandes et propose l’adoption d’une motion : « Jusqu’à ce que le gouvernement et la présidence du Storting, après délibération commune, convoquent de nouveau le Storting en réunion ordinaire, le Storting, charge le gouvernement de sauvegarder les intérêts du Royaume et de prendre au nom du Storting et en son nom propre toutes décisions et dispositions qu’il considèrera comme nécessaires à la sécurité et à l’avenir du pays. » Alors qu’on discute la motion, Hambro interrompt les travaux pour annoncer l’émergence d’un gouvernement de rassemblement national formé par Quisling ! Nygaardsvold est offusqué et suggère de maintenir l’honneur du : « vrai gouvernement norvégien », même si pour cela il faut se réfugier en Suède. Les discussions reprennent sans cohérence ce qui contraint Hambro à hausser le ton : « S’il se révélait impossible pour ce gouvernement qui est le gouvernement légal du pays, d’établir le contact prévu avec ceux qui détiennent actuellement le pouvoir, il lui serait possible de maintenir le symbole de la souveraineté et de l’indépendance de la Norvège même à l’étranger, puisqu’il est le seul à avoir reçu délégation à cet effet. Nous nous sommes efforcés de prendre en compte toutes les éventualités prévisibles ». Le président de l’assemblée craint qu’on cherche à emprisonner les élus de la nation ; aussi espère-t-il que chaque parlementaire saura se comporter de façon à faire honneur à son pays. En guise de conclusion, il déclare : « Nous espérons et nous sommes convaincus que notre peuple aura les moyens et la volonté de supporter les lourdes épreuves qui lui seront imposées, d’une façon telle que l’avenir sera préservé pour nos enfants. Que Dieu bénisse notre chère Patrie ». Tous les élus se lèvent et entonnent l’hymne national !

    Le roi et les ministres prennent la route pour rejoindre le village de Nybergsund. Sage décision puisqu’à Midtskogen sur la route d’Elverum, quatre autobus pleins de parachutistes allemands sont stoppés par un groupe de volontaires norvégiens parmi lesquels se trouvent des tireurs d’élite. Les soldats ennemis lourdement armés ouvrent un feu puissant mais ils sont tenus en échec. Au cours de l’attaque, l’attaché de l’Air allemand Spiller est abattu. Les militaires norvégiens découvrent alors dans son portefeuille une liste de personnalités à appréhender. Le roi, le Premier ministre et le président du Storting y sont placés en tête. En Grande-Bretagne, le cabinet de guerre ne tergiverse pas : « Les Norvégiens doivent être encouragés dans toute la mesure du possible ». Déjà les chefs d’état-major ont reçu instruction de finaliser une expédition pour reprendre Trondheim et Bergen et occuper sans tarder Narvik. Les Britanniques ne veulent rien faire sans les Français. Churchill qui domine le débat et surprend par la précision des informations dont il dispose assure que des ordres ont été donnés aux forces navales pour que les bâtiments forcent l’entrée de Narvik et de Bergen.

    L’opération sur Bergen doit malheureusement être reportée en raison de la présence de deux croiseurs allemands dans le port alors que l’ensemble des batteries de défense est aux mains de l’ennemi.

    « Un simple incident de guerre »

    Si à Londres on a été surpris par la puissance de l’opération allemande, à Paris, on l’est tout autant. La division alpine envisagée pour intervenir en Finlande est toujours dans le Jura mais Gamelin considère que ce sont les Anglais qui doivent prendre l’initiative. A l’impatience de Paul Reynaud pour une réaction militaire, le généralissime réplique : « Vous avez tort de vous énerver. Nous sommes en présence d’un simple incident de guerre ». Il est temps de réunir le Comité de guerre pour définir une riposte. Au terme de discussions confuses, on décide que le gouvernement demandera l’autorisation d’entrer en Belgique, qu’il s’engage à venir en aide à la Norvège et que Reynaud, Daladier, ministre de la Guerre et Darlan, patron de la marine se rendront à Londres pour une réunion du Conseil suprême ! Comme il reste primordial de couper l’Allemagne du minerai de fer suédois, l’ouverture d’un théâtre d’opérations en Scandinavie s’avère indispensable.

    Chamberlain souscrit à l’analyse de Reynaud. Il faut au plus vite occuper les terminus ferroviaires qui partent de la côte norvégienne et assurent la liaison avec les gares minières de Suède.

    H.C.

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    Union100320c - Marne
    REIMS-LA NEUVILETTE : Anciens combattants de la Neuvillette : Ne pas laisser la flamme du souvenir s’affaiblir

    Alexandre Zentner, Jean Deligny et Jean Ledoux.
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  • Au cours de l’assemblée générale des anciens combattants de la Neuvillette, les commémorations qui rassemblent autour du devoir de mémoire ont été rappelées devant les personnalités, adhérents et sympathisants réunis dimanche dernier dans la salle Clovis du Centre des congrès, à l’invitation du président Jean Ledoux.

    « Une jeunesse dévorée »

    Pour évoquer les épreuves traversées par la France au XXe siècle, la parole a été donnée au colonel Carminati qui, avec émotion, a retracé l’épopée de « la jeunesse dévorée » en Europe, en Asie, en Afrique…

    Il a insisté sur les points « qu’on ignore ou qu’on occulte », et cité les conflits des années 40 à 60, sur les champs de bataille, dans les rizières, dans la jungle ou dans l’ombre, avec également une pensée pour les victimes actuelles des opérations externes.

    Il a contesté la date de commémoration du 19 mars, tout comme Jean Ledoux : « Le 5 décembre a été réaffirmé comme jour de mémoire des morts pour la France en AFN : il a force de loi et prime sur toutes les autres cérémonies associatives de mémoire, quand bien même elles feraient référence à une date historique mais pas forcément glorieuse pour autant ».

    Témoigner

    Le président d’honneur Pierre Collinet a expliqué qu’il avait entrepris d’écrire ses mémoires pour témoigner à son tour. Alexandre Zentner, président départemental de l’UNC (Union nationale des combattants), a annoncé qu’une exposition sur la guerre d’Algérie allait circuler dans le département : 43 panneaux qui, par convention entre l’Onac et les établissements scolaires, seront d’abord le 11 avril à Vitry-le-François, date et lieu du congrès départemental de l’UNC. Livre et DVD seront également présentés.

    Pour le Souvenir français, le président Jean Cienki a dit que « le champ de bataille actuel, c’est l’opinion publique », dont il faut maintenir l’intérêt pour le devoir de mémoire, parfois dans un manque de clarté comme l’a exprimé l’adjoint Jean-Claude Laval : « La vérité officielle est toujours partiale… Il faut se tourner vers celle des historiens et des témoins ». Hélas, ces derniers sont de moins en moins nombreux.

    La matinée, qui avait débuté par un dépôt de gerbe au monument aux morts de la Neuvillette, s’est terminée par la remise de la croix du Djebel « argent » à Jean Deligny, vice-président de l’association.

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    Union100320b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Exposition « Choisir la Paix » Fab : un peu de douceur dans un monde de brutes

    Une exposition organisée à la médiathèque en parallèle à la fête de la paix proposée ce samedi.
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  • Tous les partenaires de l’association Fab (Former un avenir sans brutalité ) ont été invités mercredi 17 mars par le président Jean-Paul Copin et les membres de Fab à la visite officielle de l’exposition « Choisir la paix » qui se tient à la médiathèque François-Mitterrand de Vitry.

    Complétée par des séances de contes d’Annie Ghiloni « pour apprendre à vivre ensemble », cette exposition est ouverte au public jusqu’aujourd’hui.

    Elle sera complétée par la deuxième « fête de la paix » ce samedi 20 mars ( voir le programme dans notre rubrique sur les loisirs du week-end en page 11).

    Une opération qui compte de nombreux partenaires : la municipalité, le centre social et culturel, groupe 33 Amnesty France, les scouts et guides de France, la PEEP, les petits frères des pauvres, la troupe du chêne vert, la Caf, l’IDEN de Vitry, le conseil municipal des enfants et l’équipe de prévention.

    Les informations sur l’association sont consultables sur le blog Fab : formerunavenirsansbrutalite.over-bl...

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    Union100320a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Amicale parachutiste : Des activités tous azimuts

    Les paras se retrouveront le dimanche 28 mars à la salle du Manège pour le thé dansant.
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  • L’Amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne a tenu son assemblée générale à la salle des fêtes d’Ecriennes, en présence de Michel Delaunay, maire de la commune, et du général de corps d’armée, Jean-Marie Lemoine.

    Après un instant de recueillement en mémoire des disparus de l’Amicale et pour tous les militaires tués en mission extérieure, le rapport financier a été présenté par le trésorier Régis Fagot. Il laisse apparaître un léger bénéfice.

    Le président, René Beaujoin, a remercié l’ensemble des bénévoles pour le travail accompli dans l’année et donné quelques précisions sur les dépenses importantes. Aucun candidat ne s’est présenté à l’élection du tiers-sortant, les candidats sortants ont donc été réélus pour trois ans.

    Au programme des activités de 2010 : trois thés dansants, un voyage à Kirrwiller le 10 avril, le méchoui, trois journées de manifestations parachutistes en mai et une en août, le 14 Juillet à Paris et les activités habituelles ( repas, Saint-Michel…)

    A l’issue de l’assemblée, une gerbe a été déposée au monument aux morts, suivi d’un vin d’honneur et d’un repas choucroute.

    Renseignement au 03.26.74.53.72 ou 06.62.09.53.72.

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    Union100319a - Marne
    REIMS : Ces Rémoises en résistance : Andrée Paté : Une vie de courage et de combats.

    A 96 ans, Andrée Paté a conservé son esprit de militante.
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  • « Le goût de la révolte, je l’ai eu très tôt » : fille de militant syndicaliste, née en 1914, Andrée Paté avait 5 ans lorsque son père est tué, écrasé par un tronc d’arbre dans les bois où il effectuait du débardage. Sa maman vient s’installer à Reims avec ses deux filles pour y travailler dans un atelier de confection de casquettes. La jeune Andrée passe son certificat d’études. « Je l’ai obtenu un vendredi, le lundi je travaillais avec ma mère. » Dès l’âge de 16 ans, elle prend sa carte du Parti communiste, distribue des tracts.

    Elle se marie et met au monde une petite fille en 37. Elle travaille dans un atelier de corsetier. Mobilisé en 39, son époux revient en 1940 : « Sous l’occupation, les cellules du PC se sont reconstituées, ils ont formé des « triangles », mon mari était l’un des responsables ». Elle porte, chez une voisine détentrice d’une machine à écrire, les textes de tracts. Son mari est arrêté en 1941.

    Elle poursuit son action clandestine. Un jour, la propre fille de sa voisine, écrit aux Allemands pour dénoncer sa mère… qui parle sous la menace : 25 arrestations s’ensuivront, dont celle d’Andrée, qui est emmenée à la Gestapo, rue Jeanne d’Arc.

    Deux ans de déportation

    Elle est confrontée avec la mère et la fille : « Les SS m’ont tabassée. La gamine disait : Qu’est-ce qu’elle prend dans la g… ! Je l’aurais bien étranglée… ».

    Elle sera emmenée à Ravensbrück. Quatre jours de voyage « avec une seule tinette au milieu du wagon ». Plus tard, elle sera transférée à Holleischen en Tchécoslovaquie dans un « Kommando » de travail en usine. Un 14 juillet, les prisonnières réussissent à arborer des cocardes tricolores et à chanter la Marseillaise.

    Elles croisent un convoi de prisonniers de guerre : « Ils ont tous retiré leur calot pour nous saluer ». Sans jamais flancher, elle remontera constamment le moral de ses compagnes. Elle sera libérée en 1945. Après un voyage de retour éprouvant, elle retrouve sa fille et son mari, déporté lui aussi, de retour de Buchenwald. La vie reprendra petit à petit son cours. « Nous avons dû nous battre pour faire valoir nos droits ». Plus tard, elle décidera de témoigner en direction des écoliers et collégiens : « Quand je racontais, je voyais leurs petites tronches changer ». Fière d’être une « prolétaire », elle revendique son franc-parler. « J’ai des mots de gavroche ! » dit celle qui, à 96 ans, n’a rien perdu de son énergie et continue de râler contre le montant des retraites et le coût de la vie…

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    Union100318a - Marne
    CHALONS : Centre du service national de Châlons : Le Mérite à Christine Giovanni

    Christine Giovanni a été promue chevalier dans l’ordre national du Mérite.
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  • C’est en présence de nombreux directeurs régionaux et à l’occasion de l’exceptionnelle délocalisation pour deux jours du comité directeur de la direction interrégionale du service national, que le colonel Fernand Viarouge a remis mardi 16 mars l’insigne de chevalier dans l’ordre national du Mérite à Christine Giovanni, directrice de centre du service national (CSN) de Châlons.

    Depuis 1971 au ministère de la Défense, Mme Giovanni a successivement servi au Commissariat de l’armée de terre de Châlons jusqu’en 2000, comme directrice des ressources humaines au Groupement de camp de Mourmelon-le-Grand (Centre actuel d’entraînement des brigades) jusqu’au 31 mai 2004.

    Affectée au CSN de Châlons depuis juin 2004 sur la fonction de responsable qualité, puis directrice adjointe, elle dirige depuis 2006 un organisme de 36 personnes, composé pour moitié de personnels civils de la Défense et de militaires des 3 armées et de la gendarmerie.

    Le centre du service national a pour mission principale l’organisation et l’animation des journées d’appel de préparation à la Défense (JAPD) sur les neuf sites militaires répartis dans les Ardennes, Marne, Aube et Haute-Marne. A ce titre, ce sont environ 18.000 jeunes Champardennais (dont 7.500 Marnais) qui sont reçus chaque année pour effectuer leur JAPD.

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    Union100317a - Marne
    DORMANS : Guerre des tranchées autour du Mémorial

    Samedi après-midi, le maire de Dormans a fait appel aux gendarmes pour expulser un groupe d’anciens combattants qui souhaitait assister à l’assemblée constitutive du Comité de Dormans du Souvenir Français… Le fond du problème remonte à plus de deux ans.

    « LE maire de Dormans a appelé les gendarmes pour nous faire expulser de la salle ! C’est scandaleux. Nous sommes persécutés depuis près de deux ans. » Maurice Demessance, président de l’Association du Mémorial des batailles de la Marne, en est encore tout retourné. « Notre association est adhérente du Souvenir français, j’ai reçu une invitation pour l’assemblée constitutive d’un comité à Dormans. Je me suis donc présenté avec d’autres membres de l’association, des anciens combattants. Je suis tombé sur un fauve qui m’a alpagué et m’a dit que je ne rentrerais pas, qu’il s’agissait d’une réunion privée. » Pas question pour Maurice Demessance de faire demi-tour. « Je lui ai indiqué que je ne partirais pas, que j’étais invité par le président du Souvenir français… Il a appelé les gendarmes pour nous faire expulser ! Il y avait deux anciens de la 2e DB, des anciens combattants d’Algérie, d’Indochine, des résistants décorés de la médaille militaire. Il nous a tous fait mettre dehors. Je ne reproche rien aux gendarmes. Ils ont été très courtois. Nous sommes partis de nous-mêmes ».

    Des propos choquants

    Christian Bruyen, maire de Dormans, justifie cette expulsion par « leur agressivité. Ils se sont invités alors qu’il s’agissait d’une réunion privée. Ce n’est pas parce qu’ils sont membres du comité d’Epernay du Souvenir Français qu’ils doivent s’inviter à la réunion constitutive du comité de Dormans. Ils auront tout loisirs d’y adhérer après s’ils le veulent. D’autre part, ils étaient un peu trop excités », raconte le maire. « Ils ont tenu des propos choquants, du genre « Vous n’avez pas pris assez de bombes sur la gueule » ou « La division Leclerc passera », en joignant le geste à la parole. Ils me poussaient dans l’escalier. J’ai failli tomber. J’ai dû faire intervenir les gendarmes ».

    La réalité de l’incident va au-delà de cette assemblée générale constitutive. Le conflit entre l’Association du Mémorial des batailles de la Marne et le maire de Dormans remonte à deux ans. Sur fond de polémique : une vision différente quant à la gestion « touristique » du Mémorial de Dormans, l’un des sites les plus visités en Champagne-Ardenne avec près de 17 000 visiteurs par an.

    Caroline GARNIER

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    Deux associations pour un mémorial

    Christian Bruyen ne le cache pas. Il a de grands projets pour le Mémorial de Dormans, un site dont il veut développer l’attractivité touristique. Un projet que ne cautionne pas l’Association du Mémorial des batailles de la Marne dont le seul credo est « le travail de mémoire ». A tel point qu’en 2009, la municipalité a voulu dissoudre ladite association pour en créer une nouvelle, avec d’autres statuts davantage tournée vers « le tourisme de mémoire ». Deux notions complémentaires qui vont pourtant s’opposer. L’un des administrateurs de l’association, Auguste Héry, va fermement s’opposer à cette dissolution (l’union du 29 janvier 2009). Il obtiendra gain de cause… Mais dans la foulée, une autre association à la dénomination quasi identique « Association mémorial Dormans 1914-1918 » verra le jour. Depuis, c’est la guerre ouverte entre les deux structures qui se disputent la gestion du Mémorial, un site propriété de la commune de Dormans.

    « Le devoir de mémoire n’appartient à personne, » réplique Christian Bruyen. « J’espère que la situation va s’apaiser, mais on est bien loin de pouvoir travailler d’un esprit de partenariat. »

    C.G.

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    Union100316b - Marne
    SAINT-GERMAIN-LA-VILLE : Les anciens déportés en assemblée générale : L’enfer ne s’oublie pas

    L’assemblée s’est terminée par un dépôt de bouquets sur les tombes de six aviateurs abattus.
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  • C’est à Saint-Germain-la-Ville, avec l’aval du maire René Schuller, en présence du député-maire Bruno Bourg-Broc et du député Charles de Courson, que s’est tenue, à la salle des fêtes du village, l’assemblée générale des anciens déportés, internés, familles de disparus et associés (Adif).

    En présence de quelque 50 personnes, anciens déportés, veuves et personnalités, Roger Romagny, le président, après avoir invité l’assistance à observer la minute de silence en mémoire des disparus, a rappelé ce que fut 2009 en matière de cérémonies et rendez-vous patriotiques au pied des monuments aux morts, en mémoire des personnes qui vécurent l’enfer des camps de concentration.

    Concours de la Résistance

    Il rappela également que c’est un grand honneur pour lui de présider une telle assemblée que le regretté président disparu Jacques Songy avait à cœur, comme il avait à cœur d’être présent à tous les événements qui rassemblent les déportés, résistants et les veuves. Le directeur de l’Onac Marne, Jean-Daniel Courot, rappela, pour sa part, les événements à venir tels que l’incontournable concours national de la résistance dont les prix seront remis aux lauréats le mercredi 5 mai à 15 heures à la préfecture, ainsi que le voyage d’une journée pour les 45 premiers lauréats dudit concours qui aura lieu à Colombey-les-deux-églises le samedi 5 juin.

    Gisèle Probst, déportée résistante, n’est pas satisfaite quant à l’entretien du monument aux morts de Vitry-le-François. « Il n’y a pas de fleurs et c’est moi-même qui balaye au pied du monument chaque année ! », dit-elle. Et d’ajouter : « On ne parle que très peu des déportés résistants ! »

    Le député-maire, Bruno Bourg-Broc, a rassuré les responsables chargés de la visite du siège de la Gestapo, désormais sous la responsabilité de l’office de tourisme, en leur promettant que les enfants de 4 à 10 ans et à partir de 10 ans ne payeraient plus la somme de 3 et 6 euros pour la visite du siège. Bonne nouvelle…

    L’assemblée s’est terminée par un dépôt de gerbe au pied du monument aux morts et six petits bouquets de fleurs ont été posés sur les tombes, au pied de l’église, pour les six jeunes aviateurs de la RAF abattus lors de la dernière guerre.

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    Union100316a - Marne
    EPERNAY : Médaillés militaires et Mutilés des yeux en assemblée : Dépôt de gerbes en commun

    Le dépôt de gerbes en présence de Claude Dubois, Michel Deglaire, François Gellibert, Hélène Plaquin et Robert Gautier, (de g. à dr).
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  • En congrès et assemblée générale dimanche matin à la Maison des associations, les Médaillés militaires et les Mutilés des yeux se sont réunis pour un dépôt de gerbes au monument aux morts.

    Le défilé était accompagné par la batterie-fanfare de Damery-Venteuil et une importante délégation de porte-drapeaux. Le dépôt de gerbes a été effectué par Hélène Plaquin, conseillère municipale déléguée aux associations patriotiques, entourée de Claude Dubois et Michel Deglaire représentant les Mutilés des yeux et François Gellibert et Robert Gautier représentant les Médaillés militaires.

    Reçus dans les salons de l’Hôtel de ville, Robert Gautier et Claude Dubois remerciaient la ville d’Epernay de son accueil.

    Hélène Plaquin se félicitait d’accueillir les deux associations, rappelant l’historique de la Médaille militaire : « Créée en 1852… une des plus belles médailles que l’on puisse porter ».

    En conclusion, Robert Gautier remettait la médaille de la commémoration de la Médaille militaire à Hélène Plaquin.

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    Union100315a - Marne
    EPERNAY : Guerre et résistance : Yvette Lundy raconte…

    Un témoignage dépouillé de tout artifice opportuniste.
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  • C’est un sujet que les élèves de Notre-Dame Saint-Victor ont largement travaillé en amont avec Corine Depaux, professeur d’histoire, Anne Lutun, professeur de littérature, Bénedicte Louvet et Nathalie Romagny, professeur de langues, Julia Morel, professeur de français et Céline Baudon, documentaliste. Ils étaient donc bien préparés à l’exposé d’Yvette Lundy, une grande figure locale de la résistance.

    En introduction, Patrick Eschard, directeur du groupe scolaire, a redit l’importance de ces témoignages, à l’heure ou l’on entend parfois l’histoire réécrite par certains politiques (allusion sans doute à ceux qui n’y voient que des détails) « pour ne pas recommencer quarante ans plus tard, pour que vos enfants ou vos petits-enfants ne revoient pas de telles choses ».

    Yvette Lundy ne parle que de ce qu’elle a vu et vécu. Une guerre qui a commencé par quelques escarmouches aux frontières, puis l’occupation allemande, l’époque du « alles verboten »… « À force de se voir tout interdit, on finit par redresser la tête ». Puis c’est la résistance, avec une succession d’actes, souvent insignifiants d’apparence, mais ô combien efficaces et la constitution de filières d’évasion vers les zones libres.

    Et puis, le summum de l’horreur, avec la déportation, le second sujet traité par Yvette Lundy, là aussi, un sujet qu’elle connaît bien, et pour cause. Avec son cortège d’atrocités dont certains persistent encore aujourd’hui à nier l’existence…

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    Union100314e - Marne
    REIMS : Il fait la bataille de Reims (13 mars 1814) en maquette : Christian Beauvarlet veut faire de sa passion un métier

    LA perte du permis de conduire ayant entraîné la perte de son emploi de commercial, le Rémois Christian Beauvarlet, 41 ans, pour ne pas gamberger, s’est replongé dans une passion d’adolescent : peindre des petits soldats. Mais oubliées les figurines de 15 mm, cette fois il travaille au 1/72e avec la passion et les méthodes d’un pro.

    Scène saisissante grandeur nature

    Pour preuve, à l’occasion du 186e anniversaire de la bataille de Reims, remportée le 13 mars 1814 par Napoléon (lire par ailleurs), il réalise, sur un plateau de 30x60, une maquette du combat que se sont livrés les Français contre les Russes et les Prussiens. « Cela représente la charge de la division du général Defrance sur la route de Soissons, à proximité de Tinqueux, avec le 1er régiment des gardes d’honneur et de la division du général Ricard, avec le 69e régiment d’infanterie en ligne, opposés à un régiment d’infanterie et de cavalerie prussienne, associés à des chasseurs russes du 33e régiment. Si, sur la photo grossissante, la scène est saisissante, elle l’est encore plus grandeur nature de par l’ampleur du boulot réalisé. »

    « Après un travail de recherches pour connaître les tenues exactes des soldats, en utilisant une loupe grossissante je dois peindre chaque militaire. Il faut souvent une quinzaine de couches différentes par figurine, jusqu’à trois à quatre couches sur un centimètre carré de surface. Le plus dur, ce sont les visages avec les lèvres, les yeux. Pour la compagnie des Marie-Louise - les jeunes fantassins -, j’ai même dû prendre des figurines de soldats de 1805 avec des bicornes car les figurines de Marie-Louise n’existent pas encore. Je leur ai coupé la tête et je les ai remplacées par des têtes de soldats portant un shako. Je leur ai aussi mis une capote car on était en hiver. Pour l’instant je n’ai mis en place que 80 soldats, mais ça avance. »

    Car Christian Beauvarlet a aussi en chantier une autre bataille réputée : la bataille de Moskova à proximité de Moscou. La plus sanglante de la campagne de Russie, gagnée en 1812 par Napoléon et qui a fait 75.000 morts.

    Il a déjà reconstitué le village de Semenovskoïe, potassé des bouquins pour reconstituer les bataillons avec les chasseurs français en bleu foncé, les voltigeurs avec leur plumet jaune, etc. À terme, il compte avoir mis en place près de 3.000 figurines pour rappeler cet épisode historique.

    Redevenu célibataire, Christian Beauvarlet voudrait aujourd’hui transformer sa passion en métier, en prenant le statut d’auto-entrepreneur. « Je voudrais faire un site internet pour vendre des figurines et proposer mes services au musée de Reims ou aux écoles pour apprendre aux enfants à peindre des figurines à partir de scène de l’histoire rémoise : le siège du Prince noir au Moyen Âge, la bataille de Reims, la Première Guerre mondiale etc. J’ai fait une demande au musée Saint-Remi, j’attends maintenant une réponse. »

    Alain MOYAT

    Le dernier triomphe de Napoléon

    « La victoire de Reims du 13 mars 1814 est peu connue, c’est pourtant la dernière victoire obtenue par Napoléon ; « Reims, le dernier sourire de la fortune » a même dit le général Marmont. » Passionné (entre autres) par la période napoléonienne, Marc Bouxin, conservateur du musée Saint-Remi a bien sûr réalisé une vitrine sur cette bataille au musée. Et il connaît presque par cœur le récit des événements.

    Le 1er janvier 1814, les troupes russes, autrichiennes et prussiennes liguées contre Napoléon, avaient envahi la France. Malgré quelques victoires, Napoléon, en nette infériorité numérique (à 1 contre 4 ou 5), ne peut contenir l’invasion et, le 12 mars, le général Saint-Priest (un traître) s’empare de Reims avec plus de 20.000 soldats. Mais alors qu’on le croyait en pleine retraite sur Paris, définitivement battu, Napoléon décide de reprendre Reims.

    « C’est drôle », souligne Marc Bouxin, « à 9 heures, Saint-Priest, sûr de lui, avait fait donner un Te Deum à Bezannes pour les Prussiens quand il a entendu un bruit de canonnades. Au même moment, la cavalerie française surprend au bivouac deux bataillons prussiens à Rosnay. Ils sont faits prisonniers à Ormes. Fin de matinée : avec 4.000 hommes et 1.800 cavaliers, l’avant-garde impériale se positionne devant Reims avec le général De Marmont. Face aux Prussiens qui essaient de se regrouper sur Bezannes, la division Ricard s’installe sur le Mont Saint-Pierre (où se trouve aujourd’hui Ikea) et le reste de l’infanterie à Thillois ».

    14 heures : Saint-Priest, inquiet, décide de faire sortir les troupes russes qui sont devant la butte Sainte-Geneviève. Napoléon arrive au Mont Saint-Pierre et attend jusqu’à 16 heures l’arrivée du gros de l’armée, qui rapplique à marche forcée, commandée par le Maréchal Ney. La bataille s’engage. L’artillerie pilonne les lignes ennemies. La division Merlin cerne des bataillons prussiens qui se rendent entre Trois-Puits et Cormontreuil. Vers 17 heures la division Ricard culbute, à la baïonnette, les troupes russes et traverse le ravin de la Muire.

    Au même moment, un artilleur situé sur le mont Saint-Pierre remarque un groupe chamarré et plumé. Il tire dans le tas et blesse mortellement le général en chef russe Saint-Priest. C’est la débandade. Acculés par la division Ricard et Defrance dans le faubourg de Vesle, Russes et Prussiens passent la porte de Paris et se barricadent dans Reims.

    A la tombée de la nuit, Napoléon installe son commandement à la Haubette d’où il dirige la bataille. Dans l’impossibilité de déloger les Prussiens retranchés porte de Paris, il fait faire un pont sur la Vesle par son bataillon marin sur lequel passent, à Saint-Brice, ses chasseurs à cheval et des lanciers polonais de la garde. A 23 heures, débouchant sur la route de Laon, ils sabrent l’armée ennemie en pleine retraite. A minuit, Napoléon entre dans Reims à la tête de ses troupes.

    La ville était illuminée de partout. « Il faisait si clair », raconte le capitaine Coignet, « qu’on aurait pu ramasser une aiguille ». Les cloches de la cathédrale sonnent à toute volée. L’empereur se dirige à l’hôtel de ville, accompagné par le peuple.

    Les pertes prussiennes s’élèvent à 5.400 soldats hors de combat, 11 canons. Les Français, eux, déplorent 100 tués et 600 blessés. Ce fut la dernière victoire de Napoléon.

    On peut retrouver des évocations de cette bataille au Mont Saint-Pierre et à la Haubette où il y a des stèles, au cimetière du Nord avec un monument « aux soldats russes tués à Reims en 1814 » et au cimetière du Sud, avec aussi un monument « à la mémoire des soldats français morts à la défense de Reims en 1814 ».

    A.M

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    Union100314d - Marne
    LIVRE : Par millions sur les routes

    Est-ce vraiment un drame oublié comme indiqué en sous titre Eric Alary ? L’exode reste un épisode à la fois terrible et bouleversant de 1940. Comment en serait-il autrement lorsque les routes de France ont été saturées par huit à dix millions de réfugiés hollandais, belges et de Français fuyant les troupes d’invasion du Reich tout en étant pilonnés par les bombardiers en piqué d’un ennemi d’une rare cruauté.

    Cet événement anticipe une France fracturée et dépecée bientôt sous le joug d’un occupant que les images de propagande présentent comme gentil alors qu’il se comporte en sangsue de la richesse nationale.

    L’auteur passe au scanner l’Hexagone pour mieux mettre au jour des situations aussi diverses que tragiques. Dès le début de l’invasion, les raids aériens frappent Reims, Châlons, La Fère, Laon, Tergnier, tandis que les drames s’accumulent dans des Ardennes bientôt défigurées. C’est l’écho terrible de la Grande Guerre qui revient et pour les populations axonaises et ardennaises, la peur d’une nouvelle occupation faite d’humiliations et de soumissions.

    Alary raconte cette onde de choc qui parcourt la France et interrompt la vie paisible d’un pays piégé par la drôle de guerre. Le système D s’avère nécessaire. Entre les précautionneux qui ont anticipé le départ, les obéissants qui attendent les ordres, les têtus qui tiennent à rester chez eux coûte que coûte, la déferlante est impressionnante. On croit qu’en franchissant la Loire, on sera à l’abri mais rien ne le garantit dans un premier temps jusqu’à ce que le maréchal Pétain réclame le 17 juin l’armistice.

    Les routes de l’exode sont chargées de cadavres et la peur légitime des avions suscite des crises d’angoisse. Le déferlement allemand sème la mort et multiplie le nombre de blessés qu’il est parfois impossible de secourir. Une jeune réfugiée de l’Aisne, Hélène Gressier résume ainsi son périple jusqu’au camp d’Evron à l’est de Laval le 7 juin : « Papa décédé par détonation, Maman les deux bras coupés. Maman morte à 5 heures du soir. Mon oncle Bochet à 3 heures de l’après-midi ». Combien de tragédies familiales et de séparations déchirent une France meurtrie !

    Le retour s’avère périlleux surtout pour ceux qui se retrouvent au sud de la ligne de démarcation. Pour les autres, revenir chez soi est terrible.

    Les maisons ont été pillées, les logements sont bouleversés et les aides municipales ne peuvent pas être mises en place du jour au lendemain. Eric Alary cite de nombreux témoignages pour épaissir son analyse. Une fresque bien construite où les témoins se retrouveront.

    Un bon livre pour comprendre cette période d’affaissement de la France.

    MH.C.M

    Eric Alary, « L’exode un drame oublié », Perrin, 461 p., 22 euros.

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    Union100314c - Marne
    JEU : NAPOLÉON : TOTAL WAR

     

     

     

    La série des Total War fête ses dix ans en beauté avec ce Napoléon qui colle vraiment à la réalité historique. Mais avec le petit truc en plus : pourquoi Waterloo ne deviendrait pas une victoire, ceci grâce à un super gameplay et la liberté de faire vraiment fonctionner ses neurones pour se sortir de situations a priori inextricables. Des graphismes améliorés et une optimisation pour les processeurs multicoeurs en font un jeu gourmand en config tellement beau qu’on en oublierait le totalitarisme du personnage.

    Alors foncez faire la guerre, surtout qu’il est désormais possible de le faire en multijoueurs.

     

     

     

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    Union100314b - Marne
    LIVRE : Un massacre sous le soleil de Palestine

    HISTOIRE. Ce n’est pas évident de décrire des atrocités.

    C’est pourtant le propos de Joe Sacco avec un ouvrage évoquant un massacre oublié.

    Là-bas, l’air est doux les jours d’accalmie mais cette terre vibre bien souvent des combats. Né à Malte et vivant aux Etats-Unis, Joe Sacco raconte dans un récit minutieux en noir et blanc, comme pour en accroître la dimension dramatique, une tuerie oubliée. En réalisant un reportage en 2001, l’auteur prend ainsi connaissance d’un rapport de l’ONU évoquant la mort de 275 civils tués par l’armée israélienne dans deux endroits, à Khan Younis et Rafah en 1956.Dessinateur et reporter, il devient presque prisonnier de ce drame qui l’obsède. Il se rend à trois reprises sur le terrain, travaille pendant six années, rédige quatre cents pages de données et de témoignages.

    L’album est un condensé de ces recherches se heurtant quelquefois à la méfiance, à l’incompréhension. Pourquoi évoquer ce drame alors qu’il y a en a eu depuis beaucoup d’autres ?

    C’est son choix et il l’assume pleinement. Heureusement pour lui, il est tout de même favorisé par le contexte en vérifiant cette observation : « Avec le temps, j’ai appris que les gens aiment parler d’eux-mêmes. C’est un avantage quand vous êtes amené à leur poser des questions. Même s’ils cherchent à cacher des choses, les gens aiment cela, qu’on leur demande des histoires qu’ils n’ont jamais racontées ».

    UNE RÉFLEXION SUR LA GUERRE

    La bande dessinée prend ainsi la dimension d’une réflexion sur la guerre, la résistance à la brutalité commise par les autres et puis celle qui peut aussi être commise par chacun de nous dans des circonstances particulières. Cet ouvrage est partial mais c’est le cas de nombreux oeuvres fortes qui dénoncent et accusent. La guerre est loin de la retenue, de l’équilibre. C’est une tornade de fer et ceux qui la vivent ou la racontent ne sont d’ailleurs jamais neutres.

  •  Gaza 1956 de Joe Sacco, En marge de l’histoire, Futuropolis, 424 pages en noir et blanc, 29 euros.


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    Union100314a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    Lodz : les barbelés du ghetto

    Ces images insoutenables vont d’abord être des scènes de l’intolérance vécue en Pologne avant de gagner la France.
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  • Les nazis accélèrent la mise en oeuvre de mesures discriminatoires à l’égard des Juifs polonais. A Lodz, ordre est donné de les parquer dans un périmètre strict, celui du quartier de Taludy qui devient de fait un ghetto. Cet espace pauvre de la ville qui accueille déjà 62.000 Juifs va devoir faire de la place pour en recevoir 100.000 autres. Les Polonais et les Allemands qui y résidaient ont été contraints de déménager pour libérer quelques logements et ne plus se mêler avec : « des gens infréquentables et nuisibles à la culture du Reich ». Sur les 32.000 logements répertoriés, 700 seulement possèdent l’eau courante.

    A six par pièce et totalement dépendants de l’extérieur, les conditions de vie de ces familles persécutées ne cessent de se détériorer. Les nazis confient la gestion du ghetto aux Juifs mais l’administration allemande surveille tous leurs faits et gestes et fait pression sur le Conseil des anciens pour que les gestionnaires adoptent les méthodes de l’occupant.

    Les Juifs ont l’interdiction de quitter le quartier de Taludy sauf s’ils peuvent justifier d’un travail stable à l’extérieur. Les nazis entourent la zone de fils de fer barbelés et assurent une surveillance armée vingtquatre heures sur vingt-quatre. Les transports en commun sont détournés. Bref, il s’agit d’une isolation programmée qui conduit à l’enfermement. Dans le même temps, d’autres études sont menées pour déterminer combien de mois seraient nécessaires pour généraliser la dissociation des Juifs de la société dans les pays occupés. Bien sûr la Pologne est considérée comme le meilleur laboratoire expérimental.

    Heinrich Himmler s’inquiète que le Reich puisse tolérer des « parasites » qui, à tous les niveaux de la société, sont un handicap à la politique de nazification à laquelle ils ne peuvent pas prétendre.

    Goebbels assure le relais médiatique de ces préoccupations en pilonnant les Juifs de messages insultants et en les désignant comme les boucs-émissaires de tous les petits dysfonctionnements de la société. Les propagandistes procèdent à un crescendo antisémite qui est bien l’antichambre à des massacres de masse.

    Au printemps 1940, les mauvaises graines de la Solution finale sont déjà semées.


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    La Norvège envahie

    D’intenses préparations d’artillerie de marine précèdent le débarquement d’unités d’invasion du Reich.
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  • COURAGE. Les soldats sont décidés à combattre avec leurs modestes moyens un corps expéditionnaire du Reich mécanisé.

    Les Norvégiens ont peu d’espoir d’empêcher l’invasion mais ils ont choisi de se battre. Dans le fjord d’Oslo, un énorme brûlot est à la dérive.

    Le navire allemand « Blücher » a été atteint par deux fois par une batterie de torpilles dissimulée dans les falaises. Ses machines sont hors d’usage et un immense incendie se développe tandis que l’évacuation est ordonnée. Ce naufrage va faire un millier de morts et quatorze cents blessés. Se sentant pris au piège, la colonne maritime de débarquement fait demi-tour. « L’Emden », le « Lützow » et trois torpilleurs se replient. Ce n’est qu’un court répit pour les Norvégiens puisque les sirènes retentissent et annoncent le survol de la capitale par des avions ennemis. En outre, des gros porteurs tentent d’atterrir sur l’aérodrome de Fornebu bientôt conquis en raison de sa faible défense. Le président de l’Assemblée, Carl Hambro n’attend pas qu’un drame se produise et ordonne, pour 7 heures, l’évacuation par train spécial de tous les parlementaires. La destination est Hamar, une bourgade à 130 kilomètres au nord d’Oslo. Il recommande aux ministres de faire de même s’ils ne tiennent pas à être prisonniers. Ordre est donné de détruire les archives les plus précieuses et d’avertir de la tragédie les ambassadeurs de France et de Grande-Bretagne.

    Alors que la mobilisation générale se fait tant bien que mal, plusieurs villes sont déjà cernées ou sur le point d’être conquises par le corps expéditionnaire du Reich. Il s’agit d’Halden, de Kirstiansand, de Bergen et de Tronheim. Vers 10 heures, alors que le commandant en chef de l’armée, le général Laake se présente au nouveau quartier général installé à Slemdal au nord d’Oslo, il a l’incroyable surprise de constater que tout son état-major est parti avec cartes et véhicules sans l’en informer. Sans voiture, le général entreprend de retrouver ses officiers en utilisant d’abord le tramway puis le train. Pendant ce temps, les parlementaires se réunissent à Hamar. Le ministre des Affaires étrangères Koht lit des extraits de l’ultimatum allemand et synthétise : « Nous voilà en guerre ; une guerre dont je crois que nous pouvons dire devant le monde entier, sans crainte d’être contredits que nous n’en sommes aucunement responsables ». Le président Hambro lui succède au micro pour annoncer que Copenhague est aux mains des Allemands et que le Danemark vient d’accepter les exigences de l’ennemi. Le Premier ministre Nygaardsvold est catastrophé. Avant de mettre un terme à cette réunion improvisée du Parlement, le président Hambro propose que Stockolhm et Narvik demeurent les deux tremplins de communication avec l’étranger et les alliés objectifs d’Oslo. Le chef du gouvernement remet sa démission au roi pour permettre sans tarder la nomination d’un ministère d’Union nationale. C’est le moment choisi par l’ambassadeur du Reich Bräuer pour réitérer une offre raisonnable de négociations : « L’Allemagne n’a aucunement l’intention de mettre en péril l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique du royaume de Norvège, pour le présent, comme pour l’avenir ». C’est fort de ces dernières informations que le conseil de gouvernement se réunit vers 16 h 30. Le président Hambro refuse la démission du gouvernement et se fait ainsi le porte-parole de la droite et de la gauche. Il propose seulement de l’élargir.

    Des conversations, il s’avère qu’une majorité des ministres et des élus est favorable à une prise de contact avec le représentant allemand. Une hypothèse que rejettent avec fermeté, Trygve Lie, ministre de l’Approvisionnement ainsi que MM. Stostad et Wold, ministres des Affaires sociales et de la Justice. Ces trois ministres reçoivent l’appui inespéré du roi Haakon et du prince Olav, partisans d’une résistance résolue : « Si le Danemark s’est rendu, cela ne signifie pas que le roi Christian ait donné son accord. Je suis favorable à une résistance à outrance et il ne faut pas abandonner cette ligne à l’heure actuelle » déclare le roi. Néanmoins, est-ce le résultat de tergiversations ou pour gagner du temps, toujours est-il que le télégramme suivant est adressé à l’ambassadeur du Reich Kurt Bräuer : « Vous prions informer sans délai le ministre, que le gouvernement va maintenant soumettre à l’assemblée la question des négociations avec les autorités allemandes en vue de parvenir à un règlement pacifique. Ceci suppose qu’il y ait entre-temps un arrêt des combats ».

    L’ambassadeur de Grande-Bretagne, Cecil Dormer qui a suivi les autorités norvégiennes à Hamar s’étonne qu’aucune demande d’aide ne lui ait été transmise. Il reçoit pourtant un télégramme du Foreign Office : « Vous devez immédiatement faire savoir au gouvernement norvégien que, du fait de l’invasion de son pays par l’Allemagne, le gouvernement de Sa Majesté a décidé d’apporter sur le champ toute son aide à la Norvège et de mener la guerre en complète association avec elle ». Londres veut frapper d’entrée à Bergen et Trondheim et espère l’appui norvégien. Les stratèges britanniques recommandent au gouvernement d’Oslo de détruire l’aérodrome de Stavanger s’ils ne parviennent pas à le tenir. Dormer transmet cette information juste avant une nouvelle réunion des parlementaires à 18 h 30. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Hambro déclare : « Narvik est occupée par les Allemands. L’ensemble de la province de Trondelag est occupé. On peut s’attendre à tout moment à une offensive contre Hamar ». On apprend aussi qu’environ cinq mille soldats ont été débarqués à Bergen, que plusieurs fjords sont fermés par l’ennemi et que de nouvelles troupes atterrissent sur les aérodromes contrôlés par l’ennemi autour de la capitale.

    Si personne ne doute de l’aide britannique, la crainte est qu’elle arrive beaucoup trop tard. Aussi le Premier ministre norvégien recommande la désignation conjointe avec le Parlement d’un comité de trois personnalités pour négocier avec l’ambassadeur d’Allemagne : « Les conditions dans lesquelles la Norvège pourrait continuer à exercer sa souveraineté ». De fait, la Norvège a alors perdu le contrôle de quatre de ses plus grandes villes. Le président Hambro ne veut pas encore renoncer et avant 20 heures, il annonce qu’un train spécial à destination d’Elverum est à quai : « Il partira dans cinq minutes car des forces allemandes sont en route pour capturer le Parlement (le Storting) et elles ont dépassé Jessheim ». Tout le monde se dépêche alors de partir…

    HERVÉ CHABAUD


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    Benelux : les parachutistes au rendez-vous

    Réglage d’artillerie dans le Grand Nord.
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  • Les convois utilisent toutes les routes d’accès menant à des franchissements qui ont été conquis par les paras
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  • Surprendre les soldats belges dans leurs forts et les neutraliser avant l’arrivée des colonnes fait partie du plan du Reich.

    La brutalité de l’attaque allemande se produit au moment où les gouvernements français et britanniques sont en ébullition. Chamberlain comme Reynaud sont durement contestés.

    Le premier à chuter est l’Anglais mais le Français qui a démissionné reste aux commandes en raison de l’agression du Reich. Depuis les locaux de l’amirauté, Winston Churchill observe avec beaucoup de sang-froid l’effervescence du microcosme politique. Il sait qu’il n’est pas favori pour le 10, Downing Street mais il n’oublie pas que lord Halifax qu’on semble lui préférer n’a jamais tenu un discours de fermeté à l’encontre d’Hitler. L’assaut aéroterrestre lancé par le führer va retourner la situation. Pendant ce temps, Hitler a rejoint avec son train spécial un bunker construit à flanc de coteau près des frontières belge et hollandaise pour mener les opérations.

    A Londres comme à Paris, on ignore que onze planeurs DFS 230 stationnés sur l’aérodrome de Cologne-Ostheim sont bourrés de parachutistes qui emmènent avec eux plus de deux tonnes d’explosifs et des lance-flammes. L’objectif de ces commandos est le fort d’Eben-Emael en Belgique. Cet immense édifice a été creusé dans le schiste des falaises de Loen. Il domine la rive gauche de la Meuse dans le secteur de Maastricht et surplombe le canal Albert et contrôle enfin la vallée de la Geer. Autant dire que cette position est stratégique. Le pôle de défense s’étend sur quatorze hectares et dispose de coupoles d’observation ainsi que de tourelles escamotables.

    Ses ouvrages de flanquement sont puissamment équipés de canons de 75, de pièces de 120, d’armes antichars et de nids de mitrailleuses. Eben-Emael est aussi chargé de la défense avancée de Liège. Avec une garnison de douze cents hommes, ce fort est considéré comme le verrou régional qui doit interdire l’avancée des forces ennemies. Seulement, ce dispositif a un talon d’Achille. Il ne bénéficie pas d’une défense antiaérienne. Les Allemands font le pari de conduire des opérations aéroportées pour mieux désorganiser l’armée belge. Le capitaine Koch, du 1er régiment de chasseurs parachutistes, doit avec ses commandos prendre le contrôle des ponts de Veldwezelt, de Vroenhoven, et de Canne qui sont les principales voies de franchissement du canal Albert. Canne est un noeud de communication puisqu’il permet de rallier Boulogne mais aussi Cambrai et de glisser vers Reims et Soissons pour mieux se rapprocher de Paris. Pour que le capitaine et ses hommes puissent travailler en toute sérénité et profiter au mieux de l’effet de surprise, le lieutenant Witzig reçoit l’ordre de neutraliser les batteries d’artillerie du fort d’Eben-Eamel qui peuvent détruire à distance les ponts précités !

    A moins de cinq kilomètres, le bataillon ZBV 100 qui est une unité d’action de la section étrangère de l’Abwehr comprend deux automitrailleuses, une unité cycliste, une compagnie de génie d’assaut, une compagnie mixte infanterie- génie, une batterie de 88 antiaérienne sur automoteur.

    Plusieurs parachutages sont programmés pour le ravitailler au cours de sa progression. Le ZBV 100 doit aussi préserver trois ponts et une passerelle pour piétons et en assurer la défense. Ces infrastructures sont proches de Maastricht et permettent de passer la Meuse dans cette hernie entre la frontière belge, la frontière allemande et Aix-la-Chapelle. Deux atouts sont en faveurs des Allemands. Les Hollandais n’ont quasiment pas de défense sur ce secteur que le gouvernement n’a pas jugé utile de défendre. En outre, il n’existe aucune coordination opérationnelle entre les Néerlandais et les Belges. Les spécialistes de l’Abwehr ont fourni des uniformes de gendarmes hollandais aux soldats qui sont en tête des commandos et parlent tous le néerlandais. Si ces opérations spéciales étaient un succès, la force de frappe de la 6e armée du général von Reichenau formée des 3e et 4e Panzers constituant le XVIe corps du général Hoepner placerait alors dans une situation impossible huit divisions belges positionnées le long du canal Albert. Elles seraient contraintes de se replier pour éviter d’être prises en tenaille. Dans le même temps, cela autoriserait plusieurs centaines de blindés à filer vers Tongres, Saint-Trond, Tirlemont pour déboucher dans la plaine menant à la Sambre. C’est pourquoi Gamelin a envisagé par la manoeuvre Dyle d’empêcher cette avancée des blindés ennemis. Hitler parie sur la rapidité de ses unités pour ne pas laisser le temps aux Français de réagir et surtout de creuser des positions défensives.

    HITLER FAIT CONFIANCE AU GÉNÉRAL STUDENT

    Pour régler la question hollandaise, Hitler fait confiance au général Student devenu un spécialiste des forces aérotransportables et peut combiner avec le général Sponeck une vaste opération de prise de contrôle par l’utilisation sélective d’une armée parachutiste. Hitler met à sa disposition 450 Junkers 52 pour assurer le transport des troupes sous la protection de la Luftwaffe. Student fort d’une logistique inédite et d’un PC volant est prêt à passer à l’action. Pour ce faire, la prise de contrôle de l’aérodrome de Waalhaven s’avère indispensable tandis que le 2e régiment de chasseurs parachutistes reçoit comme mission de s’emparer de trois terrains d’aviation nécessaires pour l’atterrissage des unités du général Sponeck.

    Ces soldats sont chargés d’assiéger La Haye, de couper les communications de la capitale vers l’extérieur avant d’entrer en vainqueurs dans la ville ! Il est vrai que pour que ce plan soit une réussite, la Luftwaffe doit bénéficier de la totale maîtrise du ciel. Mais Hitler tient à garantir un soutien terrestre immédiat en cas de succès des opérations spéciales.

    C’est pourquoi il réquisitionne le XXXIXe corps du général Schmidt qui possède une division de Panzers pour venir appuyer Sponeck et Student. Dans ce qui doit ressembler à un plan Schlieffen de 1914 très amélioré, l’état-major du führer espère que Gamelin poussera ses unités en Belgique pour être pris au piège de la nasse qu’il a imaginée à partir de Sedan pour se refermer derrière les troupes françaises par une course effrénée à la mer. Hitler est jusqu’au dernier moment très préoccupé par la météo. Il demande régulièrement des bulletins précis et est prêt à différer le grand mouvement de vingt-quatre à quarante-huit heures si cela est nécessaire. Le chef du service météo du Reich, Diesny prédit du beau temps pour le 10 mai. Hitler est heureux et offre à son prévisionniste une montre en or.

    Les dés sont jetés. Il n’est pas 5 heures à Rotterdam, en ce 10 mai, lorsque douze Hydravions Heinkel 59 amerrissent sur le Nieuwe Waterweg à proximité des ponts hollandais fléchés. Cent cinquante soldats du 16e régiment d’infanterie de la 22e division aérotransportée du général Sponeck gagnent sans tarder la rive et y établissent un point d’appui. Quelques minutes plus tard, cinquante parachutistes sautent sur un terrain bien dégagé au sud de la ville portuaire et réussissent sans difficulté à faire la jonction avec les hommes de Sponeck. Un bataillon du 1er régiment de chasseurs parachutistes transporté par 53 Juncker 52 est largué en une demi-heure sur l’aérodrome de Waalhaven et s’en rend maître après un court mais violent bombardement de la Luftwaffe. Très vite, un bataillon de fantassins aux ordres du lieutenant-colonel von Choltitz se pose vers 6 heures sur le terrain. Bientôt, c’est Student en personne qui y installe un état-major avancé. Mais très vite un bataillon de chasseurs néerlandais entame une résistance vigoureuse, interdisant aux Allemands la prise de contrôle immédiate de Rotterdam. Au sud-est de la ville, la 3e compagnie du 1er RCP est bientôt neutralisée tandis qu’au sud de Dordrecht, le colonel Brauer et l’état-major du 1er RCP se heurtent aux pontonniers hollandais qui ne veulent rien céder. L’offensive est bien lancée d’autant que le commandant du groupe d’armées B, le général von Bock annonce que le pont de Gennep est tombé intact entre ses mains. La 18e armée peut donc foncer vers les ponts de Moerdijk, de Dordrecht déjà aux mains des parachutistes de Student !

    H.C.

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    Union100313d - Marne
    REIMS : Au collège Pierre-Brossolette : Résistance et déportation : le récit d’Yvette Lundy

    Mme Lundy (debout) a su faire partager sa dure expérience aux collégiens de 3e.
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  • Depuis de longues années, Yvette Lundy, 94 ans, ancienne résistante et déportée marnaise, met son expérience, sa conviction, servie par une étonnante mémoire, au service des jeunes publics. Invitée une nouvelle fois par Mme Monier, professeur d’histoire-géographie au collège Pierre-Brossolette, elle a donné, mardi après-midi une conférence devant les élèves de deux classes de 3e de cet établissement.

    Son exposé en deux parties a été suivi avec attention et émotion par les collégiens.

    Il faut dire que Mme Lundy, cadette d’une famille de sept enfants, entrée dans la Résitance à l’âge de 23 ans en 1939, sait d’emblée captiver son public, et inspirer le respect, par la manière dont elle raconte son vécu, insistant sur la notion sacrée de liberté à laquelle les jeunes sont particulièrement attachés. Déportée en 1944 à Ravensbrück, Yvette Lundy, dont un frère est mort dans un camp, a su donner matière à réflexion aux jeunes sur cette période - pas si lointaine - de souffrance, permettant à ces futurs adultes de relativiser sur le présent, et la construction de l’avenir.

    Une belle leçon d’histoire qui laissera des traces dans ces jeunes esprits.

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    Union100313c - Marne
    AŸ : Yvette Lundy et Charles Flamand invités au collège : Transmettre mémoire et valeurs aux élèves

    Les collégiens attentifs aux narrateurs de la Seconde Guerre mondiale.
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  • Sous la direction d’Aurore Garnier, professeur d’éducation musicale du collège d’Aÿ, 124 élèves de 3e ont entamé le chant des partisans, afin d’accueillir deux témoins de la Seconde Guerre mondiale. En effet Yvette Lundy, résistante marnaise déportée au camp de Ravensbrück, et le colonel Charles Flamand, mécanicien aviateur engagé dès 19 ans dans les Forces françaises libres, ont évoqué leurs engagements durant la guerre de 39-45.

    Yvette Lundy a ainsi expliqué l’aide qu’elle a apporté aux personnes pourchassées et persécutées en leur procurant un hébergement et de faux papiers.

    Quant à Charles Flamand, il a décrit sa participation à de nombreux combats de la France libre en Afrique, notamment la bataille de Koufra. L’énergie est toujours là, afin de transmettre cette mémoire et les valeurs qui l’accompagnent aux jeunes collégiens.

    Les élèves de Fabienne Dherse, Aurélie Plé et de Grégory De Gotowski, professeurs d’histoire de l’établissement vont préparer le concours national de la Résistance et de la déportation dont le thème 2010 est la commémoration du 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle et de son impact jusqu’en 194

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    Union100313b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Cheminots anciens combattants : L’hommage aux morts

    La section de Vitry-le-François, qui comprend 29 adhérents a participé au dernier forum des associations.
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  • C’est dans la salle des conférences de la gare SNCF de Vitry-le-François que s’est déroulée l’assemblée générale locale de l’ANCAC (association nationale des cheminots anciens combattants - résistants, prisonniers et victimes de guerre), en présence d’une quinzaine de personnes.

    Le président Jean Pourcher a demandé une minute de silence à la mémoire de Maurice Delaunay, ancien prisonnier de guerre 39/45, disparu au cours de l’année 2009.

    Avant de procéder à l’élection du bureau, le président communiqua différentes informations concernant la retraite du combattant et l’attribution de la campagne double. Il a également invité les membres de la section à participer à la cérémonie commémorant le 48e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars.

    Des fleurs à la stèle de la gare

    Pour l’année 2010, le bureau sera composé de Jean Pourche à la présidence (à noter que Robert Bonnet devient président d’honneur). Le secrétariat sera tenu par Jacques Lefebvre, aidé par Étienne Robinet. Le « trésor » sera géré par Marcel Salembier, aidé par René Martin. Les vérificateurs aux comptes sont Michel Barois, Guy Gaillet et Serge Lance. Les membres sont François Gille, Jean-Claude Louis et Marcel Blaise. Bravo aussi aux porte-drapeaux : Jean-Claude Louis et Jean Dauphinot.

    L’assemblée générale s’est terminée par l’appel des cheminots morts pour la France et un dépôt de gerbes à la stèle de la gare SNCF, en présence de la conseillère générale Marianne Dorémus et de Claudine Brocard, adjointes au maire de Vitry-le-François.

    À l’issue de la cérémonie, le président a rendu, en ce jour anniversaire de sa mort, un vibrant hommage au grand cheminot résistant et homme de Paix que fut Pierre Semard, fusillé par les nazis le 7 mars 1942 à Évreux. Une rue de Vitry-le-François porte son nom dans le quartier du désert.

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    Union100313a - Marne
    GRAUVES : Les anciens combattants en congrès cantonal : Bilan et hommages

    Noël Tessier, Bruno Vazart, Pascal Desautels, René Trubert, Pierre Pangaut et Gaston Bertin
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  • La maison des associations de Grauves a abrité les travaux du congrès cantonal des ACPG-CATM-STO-TOE, sous la présidence de René Trubert. C’est le président local, Jean Ruelle, qui a ouvert la séance par quelques mots. Le secrétaire, Noël Tessier, a donné la lecture du PV de l’édition 2009 à Cramant. Les effectifs avec 5 ACPG, 85 CATM, 6 STO, 2 TOE et 20 veuves, sont de 118 adhérents.

    Le placement du pécule pose problème. Le Crédit Agricole a dénoncé le placement à 4,5 %.

    Le président et le trésorier ont des rendez-vous à la recherche d’une solution judicieuse. L’an prochain le congrès cantonal se tiendra au Mesnil-sur-Oger. La commémoration du 5 décembre se fera à Grauves.

    Pierre Pangaut, délégué, a donné des informations sur l’union départementale et la fédération. Les centres de santé médicalisés ont été cédés à d’autres organismes. Le produit vient en renforcement du fonds d’aide sociale.

    La fédération a redit son attachement à l’Onac. Le transfert du pôle de mémoire étant prévu vers Charleville, il y en aura deux : l’un à Châlons et l’autre à Charleville.

    Porte-drapeaux en tête, suivis des trompettes de l’Avenir avizois, le cortège, sécurisé par les pompiers, a gravi une côte redoutable, pour les plus anciens, pour se rendre au monument aux morts pour le dépôt de gerbe.

    Puis, en musique, le cortège a gagné la salle des fêtes devant laquelle William Théroude a reçu le titre de reconnaissance de la nation et Jean-Claude Bristiel, porte-drapeau de Grauves, la médaille de fidélité de la fédération.

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    Union100312b - Marne
    CORMONTREUIL : Anciens combattants : L’amicale a fêté ses 90 ans

    Les anciens combattants ont participé nombreux.
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  • C’est le 29 février 1920 qu’un comité d’anciens combattants de Cormontreuil a décidé de se rattacher à l’Union nationale des combattants, créée le 25 novembre 1918. Aujourd’hui, cette section, dénommée depuis le 30 mars 1977 « Amicale des anciens combattants de Cormontreuil » a donc 90 ans, comme l’a rappelé Claude Viéville à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est tenue dimanche.

    Six présidents depuis la création

    Et le président de rappeler que le 20 août 1921 a été inauguré le monument aux morts, qui se trouvait alors à l’angle des rues Simon-Dauphinot et Manoël-Pinto. Depuis cette création, six présidents se sont succédé : René Véron, Paul Ronflette, Théophile Delmotte, Bernard Doé de Maindreville, Eric Désiront et Claude Viéville depuis 1990.

    « Nous sommes en grande discussion pour l’obtention de la carte du combattant jusqu’en juillet 1964 car il y a eu plus de 500 morts entre juillet 62 et juillet 64 », expliquait M. Viéville qui, avec 120 adhérents, ne recense plus que six anciens de 39/45 ; neuf d’Indochine et le reste en AFN et sympathisants. Le président évoquait alors l’évolution de la retraite du combattant.

    Journée en plein air

    Si cette retraite et la cotisation permettent de « s’offrir un repas ou deux dans l’année », la collecte des Bleuets permet de distribuer des colis douceurs dans les maisons de retraite de Cormontreuil et Verzenay au nom de l’Office national des anciens combattants. Un office qui peut également attribuer des aides.

    Si, l’an dernier, l’amicale n’a pu organiser la journée en plein air « en raison du meeting de la BA 112 », cette année, elle aura bien lieu le dimanche 27 juin au parc Jean-Saintin. Avant de clore cette réunion, M. Viéville insistait auprès du maire pour l’aider à obtenir, pour les anciens combattants, la gratuité dans les transports en commun. Ce à quoi M. Marx l’assurait de transmettre cette requête auprès de Reims Métropole.

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    Union100312a - Marne
    BLACY : Les ACPG-CATM en assemblée générale : Un canton important

    A l’issue de l’assemblée générale, la croix du combattant AFN a été remise à William Ragon.
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  • La section des anciens combattants ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Vitry-le-François a tenu dimanche son assemblée générale annuelle dans la salle des fêtes du Foyer rural de Blacy, sous la présidence d’Alain Valentin, membre du bureau départemental, secrétaire du canton d’Écury-sur-Coole, et en présence d’une cinquantaine de personnes dont Georges Matras, président d’honneur de l’association, Charles de Courson, député de la Marne, Daniel Fontaine, maire de Blacy et les présidents ou leurs représentants d’associations de combattants de Vitry-le-François.

    La section de Vitry-le-François de l’association des ACPG-CATM est l’une des plus importantes de la région avec un effectif de près de deux cents adhérents, dont treize PG, treize veuves de PG et treize veuves CATM.

    Un hommage fut rendu par le président André Jacquet aux huit adhérents décédés : Henri Fornara (vice-président PG), Georges Loisy (vice-président d’honneur PG), Claude Guidou, Serge Quetelot, Marcel Spanagel, Fernand Legros, Raymond Robert et Marcel Cagnon. Le président André Jacquet a fait part des différentes manifestations prévues pour l’année 2010 avec deux thés dansants le lundi 5 avril et le dimanche 24 octobre à la salle du manège de Vitry-le-François et un méchoui le 19 juin à Écriennes.

    La réunion s’est terminée devant le monument aux morts de Blacy pour un dépôt de gerbe avec la participation d’un musicien de la « Musique Champagne Parade » de Pargny-Sermaize et la remise par Alain Valentin, de la croix du combattant AFN au soldat William Ragon, de Norrois. Ce dernier a effectué 28 mois de service militaire, dont de nombreux mois en Algérie.

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    Union100311b - Marne
    CHALONS : Médaillés militaires : Le nombre d’adhérents en baisse

    Plus de 70 personnes ont assisté aux travaux de l’assemblée.
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  • Les Médaillés militaires étaient près de 70 à l’assemblée générale de la 141e section de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire (SNEMM), présidée par Jean-Claude Filmotte, qui a eu lieu dimanche au CSC Schmit à Châlons.

    Après la minute de silence en mémoire des disparus de 2009, le président a associé les deux militaires châlonnais tués au combat en Afghanistan ainsi que les militaires de toutes armes morts au service de la France.

    Un grand « coup de chapeau » était adressé à l’intention de Gérard Coqueret, président des porte-drapeaux, ainsi qu’à Denis Girod, porte-drapeau de la section châlonnaise, n’oubliant pas Pierre Morvan et Pierre Berthelemy représentant la section de Marson. Après l’énoncé des activités de l’année écoulée, il a été rappelé que par arrêté ministériel en date du 29 mai 2009, les Médaillés militaires ont désormais pour sigle SNEMM. 

    La section châlonnaise se voit satisfaite du retour d’anciens adhérents, bien qu’il soit constaté chaque année une baisse continue du nombre d’adhérents. En 2001, la section affichait 274 adhérents pour un peu moins de 200 cette année. Ce qui faisait dire au président Filmotte : « Reprenons notre bâton de pèlerin pour rechercher et inciter les nouveaux médaillés, ou ceux qui le sont déjà, à venir nous rejoindre et à ne pas rester dans l’anonymat ! »

    Cette assemblée générale fut suivie d’une messe du souvenir en l’église Saint-Antoine.

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    Union100311a - Marne
    SOIZY-AUX-BOIS : Les anciens combattants en congrès : Toujours le devoir de mémoire

    Les membres du bureau avec les récipiendaires.
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  • C’est à Soizy-aux-Bois que vient d’avoir lieu le congrès des anciens combattants du canton de Montmirail. Plus de cinquante personnes étaient présentes, accueillies par le maire Michel Tellier, en présence notamment de Bernard Doucet, conseiller général, Michel Zarkovic, vice-président départemental des anciens combattants et prisonniers de guerre.

    C’est Bernard Lefèvre président des ACPG et CATM de Montmirail qui a fait le bilan des différentes manifestations de l’association qui permettent aux membres de se retrouver : repas et voyage.

    Puis il est revenu sur les cérémonies des 10 et 11 novembre derniers qui ont revêtu un caractère exceptionnel dans les trois communes, Montmirail, Charleville et Le Gault-Soigny. « A l’initiative de l’association Mondement 14, les anciens combattants de Montmirail et son canton ont vécu deux journées exceptionnelles. Le 10 novembre à Paris pour aller prendre la flamme sur la tombe du Soldat inconnu et le 11 novembre dans les trois communes pour les diverses cérémonies » a précisé Bernard Lefèvre.

    Et il a conclu par ces mots : « Souvenons-nous de nos morts pour la France, assurons notre devoir de mémoire pour sauvegarder nos valeurs républicaines, respectons et faisons respecter notre devise : liberté, égalité, fraternité. »

    La réunion s’est achevée par une remise de médailles. Michel Brochot a reçu celle du mérite fédéral alors que Serge Coffinet, Pierre Mirat et Bernard Lefèvre ont eu la médaille du mémorial AFN de Châlons-en-Champagne. Un cortège s’est ensuite formé pour se rendre à la nécropole nationale où a été déposée une gerbe de fleurs.

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    Union100310a - Marne
    CHALONS : Anciens combattants UNC : Cotisations à la hausse pour assurer l’aide sociale

    Le bureau de l’UNC, avec notamment le président F.Kermann (3e à droite).
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  • Dimanche par un vent glacial, après le dépôt d’une gerbe au monument aux morts de la ville et un recueillement à la stèle des morts en AFN, l’Union nationale des combattants (UNC-AFN), a tenu son assemblée générale à la Maison du combattant, présidée par François Kerman. Les travaux se sont tenus en présence de Serge Helleringer, délégué aux anciens combattants.

    Quelques bonnes nouvelles

    Le rapport du secrétaire faisait apparaître une stabilité des effectifs, le trésorier présentait une situation financière saine, malgré la hausse remarquée de certains produits (cependant que les cotisations restaient stables). Une hausse de ces cotisations est aujourd’hui envisagée, afin de développer l’action sociale. M. Sadin rappelait en effet que le nombre de dossiers à traiter était toujours plus important, résultant de la situation difficile vécue par chacun.

    Quelques bonnes nouvelles heureusement : la hausse du plafond majorable de la CARAC à 1715 euros depuis 1er janvier 2010 ; une hausse de la retraite du combattant de 43 points au 1er juillet et quelques avancées à propos de la carte du combattant après 1962.

    Thé dansant le 14 mars, congrès à Vitry-le-François le 11 avril et méchoui le 13 juin sont à l’affiche des activités annoncées. Avant que ne soit remise la médaille de bronze du Mérite UNC à M. Savry, pour son action sociale, le député-maire a clôturé l’assemblée par quelques informations concernant le pôle mémoire de la Marne.

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    Union100309c - Marne
    BASLIEUX-SOUS-CHATILLON : Un pôle mémoire pour la Marne : Anciens combattants toujours mobilisés

    Avec les déviations mises en place à chaque extrémité du village, il n’est actuellement pas facile d’accéder à Baslieux-sous-Châtillon dont la traverse est en travaux.

    Un rien pour les anciens combattants ACPG-CATM du canton de Châtillon-sur-Marne qui, dimanche matin, avaient rendez-vous pour l’assemblée générale de leur section à la salle des fêtes de Baslieux.

    Des adhérents toujours mobilisés qui firent le point sur une année d’activités, les travaux de cette matinée s’orientant rapidement sur les informations de Mme Ferrat, sénateur maire de Cuchery qui en avait appelé au Premier ministre sur le très décrié futur pôle « Mémoire régionale ».

    Et l’élu de faire part du courrier réponse fait par François Fillon en date du 22 février dernier. « Madame le sénateur, vous avez bien voulu appeler mon attention sur le choix qui a été fait d’implanter dans le département des Ardennes le futur pôle Mémoire régionale. Vous estimez que, de tous les départements de Champagne-Ardenne, la Marne est celui qui porte les marques de notre histoire. Sensible à vos réactions et à celles venues du monde combattant de la Marne, j’ai saisi Hubert Falco, secrétaire d’état à la Défense et aux Anciens Combattants, qui a décidé l’installation d’une mission à Charleville-Mézières et d’une autre à Châlons-en-Champagne. Cette décision est pleinement justifiée au regard du patrimoine historique particulièrement riche de la région Champagne-Ardenne ».

    Voilà donc un message qui a apporté un peu de baume au cœur des anciens combattants de ce secteur, comme de toute la Marne du reste.

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    Union100309b - Marne
    CHATILLON-SUR-BROUE : Anciens combattants : Toujours au service de la patrie

    Le défilé après l’assemblée a été suivi de la remise de médailles.
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  • Les membres de l’association des anciens combattants, prisonniers de guerre, combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc et troupes opérationnelles extérieures, du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont se sont retrouvés dimanche à la mairie de Chatillon-sur-Broue pour tenir leur assemblée générale annuelle, présidée par Jean Lelièvre. C’est à Pierre Le Thies, maire de Chatillon-sur-Broué qu’est revenu le plaisir d’accueillir les participants. Au cours d’une brève allocution où il a rendu hommage à ceux qui ont su mettre leur vie au service de la patrie, il a rappelé aux participants que leurs témoignages sont les preuves tangibles pour les générations suivantes de ce qu’est la guerre.

    Dépôt de gerbe et médailles

    Il les a remerciés de remplir cette mission auprès de tous les jeunes. Le président Lelièvre, après avoir salué la présence de Jean-Pierre Bouquet, conseiller général, de François Lefort, délégué départemental, et de Jean Gérard, président d’honneur, a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire des épouses de camarades décédées au cours de l’année. Il a ensuite présenté le rapport moral en insistant sur les commémorations des 8 mai, 11 novembre et 5 décembre.

    Le trésorier a ensuite présenté la situation financière de l’association. Le président a évoqué les différentes manifestations à venir. Puis les membres de l’association se sont rendus à l’église de Chatillon pour y assister à une brève cérémonie religieuse, suivie d’un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Enfin le président, ainsi que les personnalités, ont procédé à la remise de médailles à quatre anciens combattants.

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    Union100309a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Exposition et contes à la médiathèque : « Choisir la paix » avec les enfants

    Un questionnaire de visite permet aux enfants de découvrir de nouveaux moyens de communication..
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  • Mercredi dernier, l’exposition « Choisir la Paix » à la médiathèque de Vitry-le-François a reçu, en matinée, la visite des enfants du centre social et culturel de l’antenne Rome-Saint-Charles avec des contes expressifs pour les petits (3-6 ans) et une participation animations, fabrication expression avec les moulins de la paix et les colombes pour les 6-12 ans.

    L’après-midi, Annie Ghiloni a animé deux séances de contes pour des enfants attentifs a l’histoire de « Grand-père chocolat et Grand-mère sucre ».

    Jeudi, c’était au tour des deux classes de 6e du collège Marcel-Alin et des classes de CM1/CM2 de l’école de La Salle, de visiter l’exposition qui comprend un questionnaire et un débat sur les découvertes faites dans le cadre de la paix.

    Une exposition ouverte à tous les enfants (écoles, collège, lycée…) dans une démarche d’ouverture sur l’éducation civique ainsi que sur l’écriture, l’expression et l’histoire.

    Toutes les infos sur le blog : formerunavenirsansbrutalite.over-bl...Renseignements par téléphone au 03.26.72.61.48.

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    Union100308b - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : Deux noms pour un village : Il ne veut pas être oublié

    Les membres de l’association dans la salle franco-américaine.
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  • Durant le conflit de la première guerre mondiale, la Marne a payé un lourd tribut. C’est notamment le cas de certaines communes qui ont complètement disparu.

    Ainsi, le village de Tahure a été rasé de la carte pour ne plus jamais revivre. Afin que la mémoire de ce lieu perdure, Sommepy a décidé dans les années cinquante d’accoler le nom de Tahure au sien.

    Une association locale, dirigée par Marie-Joseph Guyot, organise également des visites sur les lieux de ce village détruit, dorénavant situé sur le camp militaire de Suippes. « La prochaine visite se fera la 12 septembre. Nous cherchons donc des témoignages de descendants des familles qui habitaient sur Tahure, avant la première guerre mondiale, afin de retracer comment les habitants ont vécu cet exode, explique Marie-Joseph Guyot. Nous savons que certains sont partis dans l’Aude ou l’Yonne. »

    En 2005, cette association avait déjà édité un livre sur le drame de Tahure.

    D.L.-T.

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    Union100308a - Marne
    CHALONS : Ils collectionnent les armes, mais surtout le patrimoine historique : « Nous ne sommes pas des militaristes »

    Les échanges ne se font pas que pour les armes. La preuve avec cette statuette en bronze acquise par William, au détour d’un stand.
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  • C’EST un patrimoine historique qui est exposé dans ce type de bourse. Il y a des armes, en effet, mais pas seulement. Insignes, casques, uniformes, montres d’aviateurs, documentation… recouvraient les tables des exposants, hier, à la 19e bourse militaria de Châlons.

    « Si vous regardez bien, les armes ne représentent que 40 % de ce qui est exposé », note un exposant venu du Nord. « Les armes, ça fait peur aux gens. Ils mélangent tout, interprètent mal, déforment et du coup, nous avons une mauvaise image. »

    La plupart des collectionneurs qui participaient, hier, à la bourse châlonnaise venaient pour discuter, se rencontrer, échanger. « S’il n’y avait pas autant de collectionneurs, c’est notre patrimoine qui disparaîtrait ! » s’exclame William, venu de l’Aisne. « Nous ne sommes pas bien vus, parce que les gens pensent que nous sommes des militaristes. Ils ne comprennent pas que nous collectionnons pour la beauté des objets. »

    C’est sûrement aussi pour cela que certains préfèrent rester discrets sur leur activité. « Ou parce qu’ils possèdent des objets qu’ils n’ont pas le droit d’avoir », remarque Dominique, tout droit débarqué d’Auxerre. « Certains ont des armes militaires qui ont été gardées de génération en génération. Ça ne veut pas dire pour autant qu’ils sont fanatiques. Ce sont des pièces de collection dont on peut avoir du mal à se séparer, pour leur valeur. »

    William et Dominique regrettent, par ailleurs, que les lois ne soient pas les mêmes à travers l’Europe. « Moi, par exemple, je me suis inscrit dans un club de tir, pour pouvoir conserver certaines de mes armes », explique William. A savoir que les armes de catégorie 8 ne sont pas neutralisées. Celles dont la sortie date d’après 1886 sont prohibées. Mais pour toutes, la législation est assez sévère. « C’est comme pour le code de la route », compare l’exposant nordiste, « il faut la respecter ».

    Et si les visiteurs de la bourse multicollections, qui se tenait dans le hall d’à côté, ont eu du mal à passer la porte, William et Dominique restent assez satisfaits de leur journée. « Moi j’ai trouvé une nouvelle pièce pour ma collection du Premier empire à la IIIe République ». En effet, il repartait, hier soir, avec une jolie statuette en bronze d’un soldat, échangée au détour d’un stand. Et c’est bien à ça que servent les bourses de collection…

    Audrey JOLY


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    Union100307c - Marne
    CHALONS : Cheminots anciens combattants : L’heure du bilan et des médailles

    Bernard Mouzon, porte-drapeau depuis près de 30 ans, honoré par le monde cheminot.
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  • L’association nationale des cheminots anciens combattants (Anca), section de Châlons, à laquelle est rattachée la section d’Epernay, a tenu son assemblée générale, samedi, dans ses locaux de la gare SNCF. Présidée par Pierre Cornil, elle a réuni quelque 35 adhérents sur un effectif de 73 membres, veuves et amis adhérents également.

    Les actions de l’Anca sont nombreuses dans le cadre de la défense des droits de ses adhérents, notamment les actions pour obtenir le bénéfice de la campagne double pour les anciens d’AFN, comme les sorties multiples pour la représentation du drapeau aux cérémonies patriotiques tout au long de l’année.

    « Notre objectif est de resserrer les rangs, allier amitié et démocratie, défendre nos valeurs, agir et non critiquer ! » déclarait le président.

    Les médailles aux porte-drapeaux ont permis au président d’attribuer à Pierre Maigret la médaille d’honneur échelon or ainsi qu’à Sauveur Mazella, la médaille d’argent à Jean-Pierre Meslat, tandis que Bernard Mouzon recevait des mains du président d’honneur, Yves Schmitter, la médaille pour sa fidélité après près de 30 ans de porte-drapeaux.

    Le bureau de l’Anca renouvelé se compose ainsi : président d’honneur, Yves Schmitter ; président, Pierre Cornil ; vice-présidents, Pierre Maigret et Sauveur Mazella ; secrétaire, Denise Cornil ; secrétaire adjoint, Francis Didier ; trésorier, Pierre Maigret ; trésorier adjoint, Jean Krolak, et porte- drapeau en place de Bernard Mouzon.

    L’assemblée s’est terminée par le dépôt d’une gerbe à la stèle du quai de la gare en mémoire des cheminots disparus et en présence des autorités représentant les associations d’anciens combattants.


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    Union100307b - Marne
    HISTOIRE : La guerre chimique s’expose à l’historial de la Grande Guerre

    Fritz Haber, au centre, a été prix Nobel de chimie en 1918
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  • Fritz Haber et sa première épouse Clara. Cette dernière, également chimiste de formation, réprouva la dérive de la science de son mari et se donna la mort quelques jours après la première attaque allemande au chlore. © Edition Delcourt
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  • DÉCOUVERTE. L’historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme, propose en 2010 deux expositions consacrées aux gaz de combat. La première concerne Fritz Haber, juif allemand, initiateur du gaz moutarde en 1915.

    C’est en 2008 que né le projet. « Cette année-là, la BD de David Vandermeulen sur Fritz Haber venait d’être primée par le prix Château de Cherveny de la bande dessinée historique », raconte une responsable de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne. La BD est la première biographie en français consacrée à un homme, juif allemand de la première moitié du XXe siècle, prix Nobel de chimie avec sa découverte de la synthèse de l’ammoniac, mais aussi initiateur de la guerre chimique en étant l’inventeur des gaz Ypérite et Zyklon B… Un personnage ambigu présenté comme un « Dr Jekyll et Mr Hyde de la chimie ».

    « La tradition veut que le gagnant du prix de la BD historique ait droit, l’année suivante, à une exposition dans le cadre des rendez-vous de l’histoire de Blois. On s’est alors dit que ce serait une bonne idée de conclure notre année dédiée à la bande dessinée et 1914-1918 par cette exposition ». C’est ainsi que l’Historial s’est associée à l’exposition du lauréat de Blois. Une première mouture a été présentée l’an passé dans le Loir-et-Cher. « Celle que l‘on peut voir à Péronne jusqu’au 9 mai est complétée par un panneau, deux magnifique œuvres originales d’un film de Fritz Lang et de nombreux objets de l’Historial », souligne Sylvain Gache, commissaire de l’exposition.

    Une soixantaine de planches originales de la bande dessinée sont réparties autour d’une dizaine de panneaux thématiques sur notamment la vie sociale de Fritz Haber, son laboratoire, le cinéma allemand à cette époque, la politique internationale du Kaiser, l’implication du scientifique dans la guerre…

    L’ensemble est mis en scène avec des objets de l’Historial, des décors, des citations et des extraits de films d’archives.

    Cette première exposition, qui durera jusqu’au 9 mai, a inspiré celle qui suivra du 29 juin au 14 novembre. Intitulée « Gaz ! Gaz ! Gaz ! La guerre chimique, 1914-1918 », elle sera l’occasion d’expliquer et d’analyser les gaz de combat, emblématiques de la Grande Guerre, à travers une exposition composé de nombreux objets et documents originaux de la collection de l’Historial.

    GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB


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    Union100307b - Marne
    « Un défi de traiter ce sujet en BD »

    L’exposition reprend une soixantaine d’originaux de David Vandermeulen.
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  • Fritz Haber, une bande dessinée de David Vandermeulen.
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  • Auteur de la nouvelle vague assez iconoclaste de la bande dessinée belge, David Vandermeulen travaille depuis dix ans autour de ce projet de BD dont deux des cinq tomes sont déjà sortis.

    Comment êtes-vous venus à vous intéresser à un personnage, Fritz Haber, assez peu connu du grand public ?

    Il est même peu connu dans les milieux scientifiques… J’ai découvert Haber par hasard, au travers d’un article qui s’appelait « Le cabinet du Docteur Fritz Haber ». Je me suis intéressé à lui pour la question identitaire. Je me suis en effet rendu compte que c’était un personnage très symptomatique d’une période de l’histoire, des questions autour des juifs allemands. Je voulais aussi parler de la Première Guerre Mondiale à travers l’intelligencia juive, évoquer le conflit vu du côté Alle-mand. En réalité, mon sujet dépasse la simple histoire de Haber, c’est la question identitaire qui est mon sujet central, et même, en quelque sorte, la biographie d’une certaine Allemagne. Je me suis décidé à raconter la vie de Haber quand j’ai compris qu’à travers lui je pouvais aborder tous les sujets qui me tenaient à cœur.

    Depuis quand travaillez-vous sur ce projet ?

    J’ai commencé vers 1999-2000 en lisant pendant cinq ans toute la documentation possible sur le personnage, sur cette époque. Le premier album est sorti en 2005, le second en 2007 et le troisième est prévu pour novembre 2010. À chaque fois, cela nécessite du temps, car la BD est un art de synthèse et ce n’est pas évident de traiter un sujet comme celui-ci de façon succincte. C’était un défi de parler de Fritz Haber en BD. A la base d’ailleurs, je voulais faire un récit, un roman. Et puis pour des raisons purement pragmatiques, c’est dans le milieu de la BD que je connaissais le plus de monde, j’ai opté pour la bande dessinée.

    Cette série sur Fritz Haber est très différente de vos précédentes réalisations.

    Au départ, c’est vrai que je faisais surtout des BD d’humour. Mais j’aime changer de style de façon radicale. Et là, cela s’est imposé naturellement. Il y a notamment les panneaux dans certaines images qui rappellent les films muets de l’époque. Le sépia des dessins, le flou de certains, symbolise la période trouble, complexe à laquelle se déroule l’histoire.

    Que représente pour vous cette exposition ?

    J’avais déjà fait des expositions d’originaux mais c’est la première fois qu’ily a tout un travail de mise en scène autour. Ce qui m’intéresse dans ce que je vois à Péronne, comme cela avait déjà été le cas à Blois dans la première version de cette exposition, c’est que mes images sont en retrait d’un travail didactique. Ce n’est pas le fait que mes dessins soient vus qui m’importe mais c’est que les thèmes que je traite soient mis en avant.

    Plus généralement, en abordant un tel sujet, j’essaie de conquérir des gens qui ne sont bédéphiles à la base. Je pense que la BD a des possibilités de s’accaparer ainsi des thèmes très difficiles mais qu’elle ne le fait pas assez. Cela peut être l’histoire mais aussi les sciences humaines, la philosophie… J’envisage d’ailleurs mon travail de dessinateur bien au-delà du simple album. Pour Fritz Haber par exemple, j’ai créé un blog qui permet aux gens d’aller plus loin, de mettre tout ce que je n’ai pas pu dire dans mes premiers albums.

    G. A.-T.

    Fritz Haber, L’esprit du temps, tome 1, Delcourt et Fritz Haber, Les héros, tome 2, Delcourt. Blog : http://fritz-haber.over-blog.com

    Infos pratiques

    Exposition jusqu’au 9 mai à l’historial de la Grande Guerre, château de Péronne.

    Ouvert tous les jours de 10 à 18 heures, jours fériés inclus.

    L’accès à l’exposition est gratuit.

    Renseignements au 03.22.83.14.18 ou sur le site www.historial.org


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    Union100307a - Marne
    HISTOIRE : De New York à Marienburg

    Le président Roosevelt s’enthousiasme face aux retombées de l’exposition universelle de New York.
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  • Les Etats-Unis semblent bien loin de la guerre en Europe. Ils sont d’abord captivés par l’Exposition Universelle qui se tient à New York et qui est la plus importante jamais organisée en Amérique. Malgré le fiasco financier enregistré, l’événement est un succès populaire puisque quarante-cinq millions de visiteurs en ont franchi le périmètre. Cette manifestation considérable, dédiée à la paix et au progrès, a pour thème officiel « Le monde de demain ». Dans le discours d’inauguration qu’il a prononcé l’année précédente devant six cent mille personnes, le président Franklin D. Roosevelt a félicité tous les créateurs qui, comme lors de l’Exposition internationale des arts et techniques de Paris en 1937, ont proposé de nouveaux concepts architecturaux. C’est pourquoi il salue tout particulièrement parmi les représentants des soixante-trois nations qui disposent d’un pavillon le concepteur du Trylong, une pyramide effilée de deux cent cinquante mètres et celui de la Périsphère, une énorme sphère de cristal de soixante mètres de diamètre. Parmi les pavillons les plus applaudis, il y a celui des Finlandais qui ont échappé de justesse à l’occupation soviétique. Il s’agit d’une construction aux parois de bois ondulé, œuvre audacieuse d’Alvar Aalto.

    Alors que l’on annonce la clôture de l’Exposition, l’industriel allemand Karl Bosch, prix Nobel de chimie 1931 et président de l’IG Farben, décède le 27 avril. Il est l’inventeur du carburant synthétique que les armées du Reich vont utiliser. Il est aussi celui qui a développé à une échelle industrielle les études de Haber sur l’ammoniac de synthèse employé pour la production de fertilisants et la fabrication d’explosifs. Adolf Hitler qui a fêté ses cinquante et un ans une semaine plus tôt et a apprécié les milliers de personnes rassemblés sur la Wilhelmplatz, devant la chancellerie pour lui adresser ses vœux de bon et heureux anniversaire, salue cet industriel qui a mis son intelligence au service de l’Allemagne. A Marienburg, en Prusse Orientale, il encourage des groupes d’adolescents des Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend) à donner le maximum d’eux-mêmes. Ce même jour, Hitler valide les propositions d’un rapport secret du ministère du Travail qui prévoit l’inscription obligatoire sur des registres du travail de toutes les femmes âgées de quinze à quarante ans. Cela de manière à identifier celles qui n’ont jamais travaillé et à repérer une main-d’œuvre qualifiée capable d’être confiée dans les plus brefs délais aux industries de l’armement en quête de techniciens et d’experts. Il n’y a pas unanimité des hiérarques nazis sur cette formule, certains considèrent que la femme ne peut qu’être mère ou épouse. Les industriels sont enthousiastes car le salaire féminin est de 20 % inférieur à celui d’un homme.


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    Les Norvégiens rejettent l’ultimatum du Reich

    Bergen est l’une des zones surveillées à la fois par les Britanniques et les Allemands alors que l’ouverture d’un nouveau front en Scandinavie est imminente.
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  • RÉSISTANCE. S’appuyant sur sa « neutralité », la Norvège refuse de se soumettre à Hitler.

    Si le 8 avril à Londres, le ministre de Norvège Col-ban confie son inquiétude à l’ambassadeur soviétique Ivan Maïski sur les intentions hostiles de la Grande-Bretagne à l’égard de son pays, il se rassure en confiant au diplomate : « L’Allemagne nous a donné les assurances les plus catégoriques qu’elle respecterait notre neutralité ». Les craintes norvégiennes ne sont pas sans fondement puisque le même jour à l’aube, des bâtiments de la marine anglaise ont mouillé un champ de mines à l’entrée du Vestfjord au nord de Bodo et ont fait semblant d’en installer un autre au sud de Molde. Dès 6 heures, les ministres de France et du Royaume-Uni ont remis une note conjointe à Oslo : « Le gouvernement français et le gouvernement de Sa Majesté ont résolu de refuser à l’ennemi le droit de continuer à se servir d’eaux territoriales qui sont manifestement pour lui d’une valeur particulière, et ils ont dans ces conditions décidé d’empêcher le libre passage à travers les eaux territoriales norvégiennes des navires transportant de la contrebande de guerre ». Cet ultimatum contraint le cabinet et le parlement d’Oslo à siéger en urgence. Si quelques-uns évoquent une possible intervention du Reich, la plupart des élus l’exclut. La seule résolution qui est adoptée est l’envoi d’une protestation solennelle aux gouvernements français et britanniques. Les termes sont néanmoins mesurés : « Le gouvernement norvégien doit se réserver de prendre toutes mesures utiles auxquelles une telle violation de la neutralité peut donner lieu ». Il n’est ni question d’entrer en guerre contre l’Angleterre pas plus qu’avec la France. Cette focalisation séduit l’attaché naval allemand à Oslo. Schreiber est en contact permanent avec l’amirauté norvégienne où il mesure une certaine nervosité. Dans son rapport qu’il adresse à l’Etat-major général du Reich, il indique : « On m’a dit être en possession d’une information selon laquelle plusieurs centaines de navires de guerre allemands avaient traversé les eaux danoises en direction du nord. On m’a demandé ce que cela pouvait signifier. J’ai répondu que je n’étais pas au courant mais que je supposais que la flotte avait appareillé pour protéger les côtes allemandes ». Les explications de Schreiber suffisent. C’est ainsi que le colonel Hatledal, chef d’état-major de l’armée de terre qui a réclamé une mobilisation de quatre brigades stationnées dans le sud de la Norvège se voit répondre ce même 8 avril par le ministre de la Défense, le colonel Ljungberg que le gouvernement n’a encore pris aucune disposition à cet égard ! Et le ministre de lui demander pour le faire patienter une étude du coût du déplacement de ces unités ! A 21 heures, alors que l’incertitude est toujours aussi vive sur une intervention étrangère possible dans les eaux territoriales norvégiennes, le cabinet choisit de mobiliser deux bataillons ! Le colonel Hatledal est effondré et suggère à son or¬donnance qu’on ne le dérange plus : « A moins que les hostilités n’éclatent ». L’officier ne compte pas si bien dire. Vers 23 h 30, les observateurs de deux batteries côtières informent que des bâtiments de nationalité inconnue essaient de forcer l’entrée du fjord d’Oslo. Le chef d’état-major de l’armée com¬munique immédiatement cette information alar-mante au commandant en chef norvégien, le géné¬ral Laake et au Premier ministre M. Nygaardsvold. Une réunion de crise est convoquée au ministère des Affaires étrangères le 9 avril à 1h30. Les ministres obtiennent des précisions sur l’imminence d’un débarquement puisque ce sont quatre gros navires accompagnés d’une douzaine d’autres d’une taille plus modeste qui remontent à vive allure le fjord d’Oslo. La situation s’aggrave rapidement puisque d’autres informations confirmées indiquent que cinq grandes unités navales allemandes ont pris position devant Bergen et qu’une autre est signalée au large de Stavanger. Sans tarder, le ministre de l’Approvisionnement, Trygve Lie suggère à ses collègues de demander immédiatement l’aide des forces armées britanniques et françaises. Le ministre des Affaires étrangères Halvadan Koht exclut avec véhémence cette hypothèse.

    UNE MOBILISATION BIEN TARDIVE

    Après de vives discussions, le gouvernement décide d’informer de la situation l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Cecil Dormer. Le gouvernement norvégien décide de rester à Oslo considérant que la ville dispose de solides défenses. Lorsque le roi Haakon VII est informé à son tour de l’état de guerre, la première question qu’il pose est : « contre qui ? ». La mobilisation qui est décrétée est bien tardive et le gouvernement est contraint de s’en remettre totalement au ministère de la Défense. Or le ministre Ljungberg en poste depuis trois mois est assez incompétent tandis que le chef d’état-major, le général Laake qui a huit ans d’expérience a été choisi parce qu’il acceptait une réduction du budget de la Défense ! Le plus catastrophique est qu’il refuse de prendre au sérieux l’annonce du débarquement de forces allemandes au moins en trois points des côtes norvégiennes. Il est plus que temps de mobiliser les quatre brigades réclamées à corps et à cris par l’état-major depuis le 5 avril ! Selon le code norvégien, il ne s’agit encore que d’une mobilisation partielle et secrète. On ne compte pas que les quatre unités soient pleinement opérationnelles avant le 11 avril. Alors que l’électricité a été coupée par précaution à Oslo, un nouveau télégramme parvient au gouvernement pour signaler cette fois que deux navires ennemis viennent d’entrer dans le fjord de Trondheim. Alors que les navires allemands engagés dans le fjord d’Oslo approchent de la forteresse d’Os¬carborg qui n’est équipée que de deux canons du XIXe siècle, lents à recharger, « Moïse » et « Aaron », le commandant de la place, le colonel Eriksen attend que le croiseur« Blücher » se trouve à cinq cents mètres pour ouvrir le feu. Il est 4 h 21 et le navire est touché au niveau de son centre de contrôle de DCA et du hangar de son pont arrière où est stockée de l’essence d’avion. Pendant ce temps, l’ambassadeur d’Allemagne, Kurt Bräuer est convoqué. Il remet alors au représentant du gouvernement, M. Koht, dix-neuf feuillets dactylographiés exigeant de fait la soumission totale de la Norvège à l’Allemagne : « Le gouvernement allemand assume désormais la protection du royaume de Norvège pour la durée de la guerre. Il s’attend par conséquent à ce que le gouvernement royal et le peuple de Norvège fassent preuve de compréhension à l’égard de l’action allemande, et ne lui opposent aucune résistance. Toute résistance devrait être, et serait effectivement brisée par les troupes d’occupation allemandes avec toutes les forces dont elles disposent et ne pourrait donc qu’entraîner une effusion de sang entièrement inutile ».

    Le ministre des Affaires étrangères est certain que la France et la Grande-Bretagne vont venir en aide à son pays et sa réponse au diplomate allemand est nette. Il n’est pas question que le gouvernement se soumette. Il s’en est expliqué dans ses mémoires : « Je connaissais trop bien les méthodes nazies pour souhaiter les voir appliquer en Norvège et j’abhorrais l’idée d’une alliance avec un tel régime ». Et Koht fixant droit dans les yeux l’ambassadeur Braüer cite Hitler à propos des Tchèques : « Une nation qui s’incline docilement devant un agresseur n’est pas digne d’exister ». Quelques minutes plus tard, le gouvernement refuse à l’unanimité l’ultimatum du Reich : « Par notre politique de neutralité, nous avons prouvé que nous ne voulions avoir aucun ennemi. Mais nous maintiendrons notre indépendance aussi longtemps que possible ».


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    Union100307a - Marne
    Indifférence, crispations et démissions

    Un exercice avec un canon automoteur.
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  • Une colonne d’infanterie croise une colonne de ravitaillement. Les troupes assurent les missions quotidiennes dans l’attente de l’action.
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  • IL EST DÉJÀ TROP TARD.

    Français et Britanniques attendent encore d’être sollicités par Léopold III pour prendre position en Belgique et s’opposer à l’invasion allemande.

    Si le 9 mai au soir, le branle-bas de combat est ordonné à la marine néerlandaise tandis qu’à Bruxelles le gouvernement reçoit des télégrammes indiquant une agitation inhabituelle à la frontière allemande, personne ne se préoccupe de confirmer aux Alliés l’imminence d’une attaque générale des Allemands sur le Benelux.

    Le roi des Belges veut attendre la violation de ses frontières pour solliciter les Français et les Britanniques. Le 10 mai à 0h30, le major Jottrand, commandant du fort d’Eben-Emael sonne la dixième alerte depuis septembre 1939 et les soldats réagissent sans vraie conviction alors qu’ils s’apprêtent à être attaqués avec une rare violence. Dans l’heure qui suit, les 3e et 7e corps d’armée qui ont la responsabilité des secteurs de Liège et de Namur sont mis en état d’alerte. L’ordre de l’état-major est alors sans ambiguïté : « Les troupes doivent être en place à l’aube ». Bientôt on signale le bourdonnement d’avions qui semblent chercher leurs cibles !

    En France on est toujours confiant et on n’imagine pas un instant que les Allemands attaquent pendant la fête de la Pentecôte. D’ailleurs, les généraux Billotte et Prételat commandants les groupes d’armée n°1 et n°2 en charge du front s’étendent de Dunkerque à l’Alsace sont en permission ainsi que leurs collègues les généraux Bourret et Besson. Pourtant le 4 mai, le général Georges commandant en chef du front du Nord-est a reçu à son QG de la Ferté-sous-Jouarre le colonel Hautecoeur, attaché militaire en Belgique qui lui explique que depuis une nouvelle alerte avortée le 10 avril, les relations avec Leopold III sont plus crispées que jamais. Bref, il n’y a aucun échange d’informations sur les observa-tions quotidiennes réalisées à la frontière avec l’Allemagne.

    Georges qui apprend alors le nouveau tracé de la position de résis¬tance belge sur la Dyle s’en émeut d’autant que Bruxelles n’a pas jugé utile de l’en informer ! C’est pourtant la ligne où la 1re armée française est susceptible d’être employée pour stopper la progression allemande vers l’Hexagone. Les opérations de retardement qui doivent être préparées pour retarder la progression de l’ennemi vers la Meuse restent toujours aussi floues. Et pourtant c’est bien là qu’Hitler compte emporter la décision. Le retrait le 6 mai de l’antenne du renseignement allemand basée au Luxembourg passe inaperçue. Pourtant grâce à la machine à décoder « Enigma », le commandant Gustave Ber¬trand sait que ce repli est à rapprocher des préparatifs d’attaque de la Luftwaffe sur les aérodromes français alors que les aviateurs de Goering se limitaient jusqu’à maintenant à des opérations de routine. Au 2e bureau on est également serein même si le colonel Gauché dont les services ont recensé soixante divisions allemandes et la totalité des panzers n’est pas en mesure d’indiquer au gouvernement de Paul Reynaud la direction de l’effort principal que produira l’ennemi.

    Le 8 mai, lors d’une réunion que se tient à Montry au QG du général Doumenc, major-général des Armées et à laquelle sont conviés les généraux Gamelin et Georges, on ne discute pas de l’imminence de l’attaque des forces du IIIe Reich. On débat d’un exercice des troupes qui doit être coordonné autour d’Amiens. C’est négliger les inquiétudes que mentionnent en une la presse et les informations qui sont transmises par nos diplomates depuis La Haye et Bruxelles. Il est aussi paradoxal de constater que le colonel Paul de Villelume, conseiller Défense au cabinet du président du Conseil n’évoque pas l’offensive allemande dont toutes les informations recoupées attestent l’imminence. On est alors plus préoccupé dans l’entourage de Paul Reynaud par le remplacement du général Gamelin qui est déjà décidé. Le 7 mai, le ministre de la Marine, César Campinchi conseille à Reynaud de ne pas limoger le généralissime et prévient qu’en cas de démission d’Edouard Daladier, il sera obligé de faire de même. Autant dire que les radicaux soutiennent toujours le commandant en chef.

    Le 9 mai, alors que Reynaud dresse un réquisitoire sévère contre Gamelin, le capitaine Michel de Lombarès chef de la section « Opérations » au 3e bureau de la IIe armée qui a la responsabilité de la défense à l’ouest de Sedan rencontre dans un bois de la frontière un ingénieur des ponts et chaussées belges qui est un de ses informateurs. Il lui indique que d’après ses sources luxembourgeoises et belges, l’attaque est pour le 10 ! Le capitaine se précipite au QG de la IIe armée à Senuc dans le Vouzinois. Il rend compte au lieutenant-colonel Paquin commandant du 3e bureau. Le capitaine tombe mal car son supérieur s’apprête à accompagner le général Huntziger à une représentation théâtrale donnée à Vouziers.

    Paquin exige de son subalterne un rapport écrit et part avec la majorité de l’état-major au spectacle. Huntziger est toujours aussi confiant. Déjà le 7 mai alors qu’il assiste à un récital d’un pianiste de ses amis Alfred Cortot, il a cet aparté avec Paul Troller, le maire de Sedan : « Je ne crois pas que les Allemands ne songeront jamais à attaquer dans la région » ! L’imperméabilité imaginée de la forêt ardennaise conduit à une désinvolture patente.

    Les troupes allemandes aux Pays-Bas…

    Ce n’est que le 10 mai à 1 h 20, que le général Georges est informé de préparatifs intenses de la Wehrmacht. C’est le lieutenant-colonel Poydenot appartenant à l’état-major de Gamelin qui signale que des Allemands résidant au Luxembourg sont convoqués pour prendre des armes et qu’on indique aussi l’installation de batteries d’artillerie allemande à la stricte limite de la frontière. Quelques minutes plus tard, on indique au commandant en chef des armées du Nord-est que les troupes allemandes seraient entrées aux Pays-Bas. Pendant qu’on recherche la confirmation de l’information, l’alerte est donnée aux 2e bureaux des différentes armées chargées de la défense des frontières françaises. A 2h15, sans pouvoir valider l’information, le général Laurent, attaché militaire français en Belgique, signale des survols anormaux d’avions et des bruits comme quoi les Allemands sont en train de franchir les frontières de la Hollande et de la Belgique. Les Anglais sont à leur tour avisés mais ils ne signalent rien de particulier par plus les observateurs du Groupe d’armées 1. Qui sait alors que la France est sans gouvernement ? N’ayant pas obtenu le limogeage de Gamelin, Paul Reynaud a décidé de démissionner.

    En Grande-Bretagne, la situation n’est guère meilleure. Chamberlain est vivement attaqué aux Communes pour l’échec des opérations en Scandinavie et prépare sa démission.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD


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    Union100306b - Marne
    SEZANNE : Une page d’histoire vivante au collège de Fère : Yvette Lundy raconte sa résistance

    « Quand je vous parle, c’est comme si mon âme saignait encore. » Jeudi dernier, Yvette Lundy est venue témoigner pendant près de deux heures devant les 64 élèves de 3e du collège Stéphane-Mallarmé.

    Elle a parlé de son parcours durant la Seconde Guerre Mondiale. Son intervention s’est déroulée en deux temps.

    Elle a tout d’abord évoqué la défaite française de mai-juin 1940, l’exode, l’Appel du 18-Juin de général de Gaulle et la résistance dans laquelle elle s’est engagée. Elle a ainsi fourni de précieuses informations aux neuf élèves qui participent au Concours national de la Résistance et de la Déportation dont le thème est cette année justement « L’appel du 18-Juin 1940 du général de Gaulle et son impact jusqu’en 1945 ».

    Elle a ensuite retracé sa terrible expérience dans le camp de concentration de Ravensbrück. Arrêtée en juin 1944, elle est déportée dans ce camp de concentration pour femmes situé à 80 kilomètres au nord de Berlin. Travaux harassants, sous-alimentation, mauvais traitements… étaient le quotidien des prisonnières.

    Les élèves, très attentifs et émus, ont ensuite pu lui poser de nombreuses questions.


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    Union100306a - Marne
    REIMS : Dépôt de gerbe : Les membres de la Légion d’honneur réunis à Reims

    La première gerbe a été déposée au monument aux morts.
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    Mercredi, les 78 membres de l’Association des membres de la Légion d’honneur de la région Champagne-Ardenne étaient réunis au Cercle Marin la Meslée, à l’occasion de leur assemblée générale annuelle

    M. Coudert, président de l’Association de la LH décorés au péril de leur vie, était entouré de M. Philippoteaux, président de l’AMLH de Reims, des lieutenants-colonels Forest, de la gendarmerie mobile, Gronner représentant le colonel Meyer, de la BA112, du capitaine Allix, de l’armée de terre et de Jean-Claude Laval, adjoint représentant la maire de Reims.

    Dans la matinée, des gerbes ont été déposées au monument aux morts, au cimetière du Nord ainsi qu’au monument de la Résistance.

     


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    Union100304e- Marne
    TINQUEUX : « Le Front invisible » s’expose au collège

    « Le Front invisible », une exposition sur les artistes et camoufleurs qui ont contribué à rendre la Grande Guerre « invisible ».
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  • L’exposition « le Front invisible », réalisée par les archives départementales de la Marne dans le cadre d’un programme culturel mis en œuvre et financé par le conseil général de la Marne a été inaugurée vendredi soir au CDI du collège Paulette-Billa en présence d’élus de la Ville de Tinqueux, du principal, Patrick Leméasle, entouré de Françoise Retif, Conservateur des archives de Reims, de Mme Fournier, responsable du service éducatif des archives de Reims, de Mme Carrière, professeur d’histoire-géographie au lycée Jean-Jaurès de Reims et de Mme Kazi, professeur documentaliste au collège.

    Franck Lesjean, le responsable mémoire au service culturel du conseil général a présenté les différents thèmes de l’exposition reflétant l’aspect culturel qui a découlé de la Grande Guerre en Champagne : des représentations par les artistes de champs de bataille, des soldats, des combats, de la vie dans les tranchées entre deux combats, de la guerre tueuse d’hommes, des ateliers de camouflage de la Marne.

    Quelques artistes peintres et camoufleurs ont, en effet, contribué à rendre cette guerre « invisible » grâce à une technique de dissimulation des éléments. Un atelier avait même été implanté dans les locaux du cirque municipal de Châlons. On y fabriquait des faux arbres, des faux canons pour tromper l’ennemi.

    Ces aspects sont montrés d’une façon très intéressante dans les journaux, les correspondances d’anonymes mais aussi d’artistes comme Apollinaire, les dessins, comme par exemple celui de Jean-Louis Forain, « inquiétudes » des années de guerre, les peintures, également utilisées pour traduire la souffrance des hommes.

    Un questionnaire sous forme de livret pédagogique permet aux élèves et visiteurs de chercher les réponses à travers l’exposition, de découvrir surtout que de nombreuses personnes ont pu photographier, filmer, peindre la guerre 1914-1918.

    Collège Paulette-Billa, 1, rue du Général-Kléber à Tinqueux. Tél. 03.26.08.34.36.


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    Union100304d - Marne
    HUIRON : Union des combattants : Michel Ganster nouveau porte-drapeau

    Les anciens combattants et les maires des communes.
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  • Ce lundi 1er mars en début de soirée, la salle du conseil municipal de Huiron a accueilli les anciens combattants de la section locale de l’Union nationale des combattants (UNC) ainsi que les maires des quatre communes de la communauté de communes du Mont-Morêt pour l’assemblée générale annuelle de la section.

    Les effectifs sont stable avec seize adhérents au jour de l’assemblée.

    Au cours de l’année 2009, la section a acquis un nouveau drapeau. L’ancien avait plus de 30 ans d’âge et commençait à se dégrader. L’UNC a reçu des subventions de la part des communes de Châtelraould-Saint-Louvent, Courdemanges, Glannes et Huiron. Un repas de cohésion a eu lieu le samedi 5 septembre à La Grange aux Abeilles.

    Pour l’année 2010, le bureau reste composé de François Girardin (AFN) à la présidence ; André Magnier (AFN) à la vice-présidence ; Claude Choque (AFN) au secrétariat et à la trésorerie. Le porte-drapeau Jean Parnisari est remplacé, à sa demande, par Michel Ganster.

    La section participera au congrès départemental de l’UNC qui se déroulera cette année à Vitry-le-François le dimanche 11 avril. Enfin, un repas de cohésion sera relancé cette année.


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    Union100304c - Marne
    SOMPUIS

    L’association des combattants prisonniers de guerre ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Sompuis tiendra son assemblée générale le samedi 6 mars, à partir de 10 h 30, au foyer rural de Sompuis.

    Celle-ci sera suivie d’un dépôt de gerbes à midi au monument aux morts.


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    Union100304b - Marne
    MONTIER-EN-DER

    La section ACPG CATM du canton de Montier-en-Der organise un thé dansant le dimanche 7 mars à la salle des fêtes de Ceffonds. Cet après-midi sera animé par l’orchestre Tony Brusse.

    Réservation au 03.25.04.20.92 ou 03.25.94.43.07.


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    Union100304a - Marne
    MARGERIE-HANCOURT

    L’Amicale du Maquis des Chênes tiendra son assemblée générale le samedi 6 mars à 14 h 30 dans la salle de la mairie.


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    Union100303c - Marne
    VALMY : 1,8 million d’euros pour faire vivre un lieu historique : Revivre la bataille de Valmy

    20.000 visiteurs sont attendus d’ici deux à trois ans sur le futur centre d’interprétation.
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  • LE site est mondialement connu. Lorsque le 20 septembre 1792, les troupes françaises, conduites par les généraux Dumouriez et Kellerman, battent les Prussiens, la Révolution française est sauvée. Le lendemain, la Convention proclame l’abolition de la royauté et l’avènement de la République.

    Un lieu chargé d’histoire donc. Pourtant, au grand dam des milliers de touristes qui s’y rendent chaque année, presque rien ne s’y passe. Certes, le fameux moulin de Valmy, reconstruit après la tempête de 1999, propose bien quelques activités. Trop peu.

    Alors, après moult réflexions sur la valorisation du site, la communauté de communes de Sainte-Ménehould a opté pour la construction d’un centre d’interprétation. « C’est l’architecte parisien Pierre-Louis Faloci qui a été retenu », indique Jérôme Gorgeot, directeur de cabinet du maire de Sainte-Ménehould.

    Avec une enveloppe de 1,8 million d’euros, ce dernier a reçu pour mission de ramener les futurs visiteurs deux siècles en arrière.Ce projet touristique devrait, de plus, se solder par une bonne opération financière pour le territoire. « Si tout va bien, nous devrions approcher les 80 % de subventions. Nous sommes résolument optimistes, vu l’accueil reçu pour ce projet dans les différentes administrations et notamment les félicitations de la commission des sites », fait remarquer Emmanuelle Bissieux, secrétaire générale de la communauté de communes de Sainte-Ménehould.

    Nouvelles technologies

    L’espace aménagé de 600 m2, en grande partie enterré pour ne pas dénaturer le paysage, fera la part belle aux nouvelles technologies. Une grande maquette évolutive ainsi que des images fixes et en mouvement permettront de retracer le déroulement de cette journée historique. Un volet racontera également le contexte historique qui a conduit à cette bataille et ce qui en a découlé. Dernière touche, un espace réservé à des expositions temporaires. Côté fréquentation, la communauté de communes se veut rassurante. « Selon notre programmiste, nous devrions accueillir 20.000 visiteurs au bout de deux à trois ans, ce qui nous permettrait d’atteindre un petit équilibre de fonctionnement », ajoute Emmanuelle Bissieux. Ne restera plus qu’à faire revivre le château de Baux-Sainte-Cohière, utilisé comme quartier général par les généraux français, à l’abandon depuis 2004 pour une sombre histoire d’héritage.

    D.L-T.


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    EPERNAY : Tony Gatlif au Palace : Un grand moment d’émotion

    Tony Galtif et Yvette Lundy, une rencontre émouvante.
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  • IL a fallu refuser du monde lundi soir. Plus de 200 personnes… Tony Gatlif au Palace, l’affiche avait de quoi séduire. Le cinéaste était attendu de pied ferme… mais pas autant qu’Yvette Lundy, grande résistante sparnacienne, dont l’histoire a inspiré son dernier film « Liberté ». Lundi, l’héroïne, c’était elle.

    « Mlle Lundi », l’institutrice du film, c’est elle. Tous les actes de résistance du film sont inspirés de ses propres actes de résistance.

    « Ce film, je n’avais pas envie de le faire ». Tony Gatlif le reconnaît volontiers. « Ce film m’a fait mal. J’ai pris sur moi… Ça faisait des années que je voulais m’attaquer à ce pan oublié de l’histoire. L’extermination des roms pendant la seconde guerre mondiale. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Il est difficile de s’attaquer à un film historique. On n’a pas le droit à l’erreur. Il faut être juste sans trop déborder… Il y a 4 ans, je me suis dit qu’il était temps ».

    Temps pour le réalisateur de poser sa caméra sur ce peuple tsigane et « ce trou noir de presque 70 ans… Il n’y a pas d’existence de cette histoire-là dans l’histoire française ».

    Temps pour lui de parler de ces « justes » qui ont bravé tous les dangers. « Je voulais être authentique et raconter l’histoire d’une résistante authentique. Je connaissais Yvette Lundy de ce que m’en avait dit Delphine Mantoulet, la productrice. Je l’ai donc rencontrée ».

    La rage de témoigner

    Une demande à laquelle Yvette Lundy ne s’attendait pas. « Je suis tombée des nues, mais je connaissais la droiture de la famille de Delphine et la collaboration secrète avec sa famille pendant cette époque. Je savais qu’elle ne pouvait pas trahir ».

    Yvette Lundy a donc livré son histoire avec simplicité et vérité. « Je n’ai pas cherché, j’ai parlé tout simplement. Quand on dit la vérité, tout est fluide… Je prends ce film comme une reconnaissance, même s’il ne s’agit pas de mon histoire. Le film parle de choses semblables à ce que j’ai vécu. Personnellement, je n’ai jamais eu l’occasion de protéger les roms ».

    Pour Tony Gatlif, la différence est infime. « Sauver des juifs, des aviateurs ou des Tsiganes, l’engagement est le même. C’est le même danger. Pour moi, les deux personnages de l’histoire, l’institutrice et le maire, représentent tous les justes du monde. Ils sont le ciment du film » Sorti en salles mercredi dernier, le film « Liberté » a déjà trouvé son public. Plus de 60.000 entrées en 5 jours.

    Caroline GARNIER


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    REIMS : Assemblée en pleine tempête : Les porte-drapeaux défient les éléments

    Catherine Vautrin a félicité Nicolas Devaux.
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  • Porter un drapeau le dimanche 28 février au matin, en pleines bourrasques de vent, relevait de la performance sportive : c’est pourtant ce qu’on fait les membres de l’Amicale des porte-drapeaux de Reims et des environs accompagnés de leur président Michel Bonon, venus déposer une gerbe au monument aux morts, en présence des députés Catherine Vautrin et Arnaud Robinet auprès du colonel Meyer, de la BA 112.

    L’assemblée générale a ensuite eu lieu à la salle Saint-Thierry.

    Mme Vautrin a été sensible au fait qu’un jeune homme, Nicolas Devaux, était prêt à prendre la relève de son grand-père Gilles et elle lui a remis le certificat officialisant sa fonction.

    Au cours de la matinée, un diplôme d’honneur de porte-drapeau a été remis à Claude Jacquin pour 30 ans de services.


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    Union100301b - Marne
    EPERNAY : Le réalisateur de « Liberté » sera ce soir au Palace avec Yvette Lundy : Gatlif, la voix des tsiganes

    Tony Gatlif s’est inspiré de la vie d’Yvette Lundy, institutrice à Gionges pendant la guerre, pour son dernier film « Liberté ».
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  • UN mauvais garçon assagi, un poète turbulent, un trublion aux passions lourdes, un éternel naïf qui agrippe sa caméra. Tony Gatlif est sans doute un peu tout cela. Partout on dit de lui qu’il met en scène le peuple gitan comme personne. Mise à part l’injure faite à Emir Kusturica, le réalisateur plonge en effet aisément et régulièrement dans cet univers détonnant.

    C’est en tout cas cette thématique qui le fera exister aux yeux du public… et exister tout court. D’ailleurs avec la première œuvre dans lequel il revendique sa condition gitane (Corre Gitano en 1980), il veut y affirmer : « Je suis Gitan. Malgré tout, les persécutions, le mépris, je suis Gitan. J’existe, nous existons. »

    Exil et errance

    Dans son dernier film, Liberté, le réalisateur pose une fois encore sa caméra sur ce peuple tsigane tout en s’inspirant de la vie de la résistante sparnacienne, Yvette Lundy. Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Tony Gatlif en parlera ce soir, au Palace.

    L’enfant qui a failli se perdre, d’abord dans son Algérie natale, puis dans les rues de Marseille et de Paris, rencontrant la délinquance et les maisons de correction, trouve une voie improbable avec le cinéma. La légende inscrirait son illumination devant Michel Simon sur les planches. On est à la fin des années 60 et Tony Gatlif adopte le septième art. Comédien d’abord (il travaille même avec Gérard Depardieu), l’écriture le démange vite. Un premier scénario, un premier court-métrage, un premier film. 1975, Michel Dahmani (son vrai nom), 27 ans, originaire de la banlieue d’Alger d’une famille de gitans andalous, devient réalisateur. Il n’a pas alors qu’un métier, il se construit un chemin sinueux.

    Son œuvre éclate rapidement à la face des critiques. Les Princes en premier lieu (en 1982 avec un débutant nommé Gérard Darmon), sur une famille de gitans, puis Latcho Drom (1992, semi-documentaire sur le peuple rom) dont il dira : « Pour moi ce film est un hymne. Au sens premier du terme. Un film qui recrée un lien, à travers la musique, pour l’ensemble du peuple tsigane ». Enfin, c’est Gadjo Dilo (1997) qui le révèle au grand public et l’amène doucement vers, selon le terme établi, la consécration. En 2005 à Cannes, il obtient le prix de la mise en scène pour Exils.

    Toutes ces œuvres (comme sa dernière, Liberté) reviennent inexorablement vers le peuple gitan. Et si Tony Gatlif a su élargir son registre scénaristique, chaque film l’installe malgré tout dans la thématique de l’errance, de l’exil voulu ou subi. Eternels retours sur une enfance en dents de scie, tentatives éperdues de dompter des origines fantasmées, épanchements politico-mystiques de la marginalité, Tony Gatlif filme avec le cœur et les tripes. Sa plus grande qualité. Son plus grand défaut.

    M.A.


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    Union100301a - Marne
    CORMONTREUIL : Entraide Tarot, loto et belote pour les sinistrés d’Haïti

     

    Le comité local de la Fnaca, la MJEP et la municipalité de Cormontreuil ont décidé d’organiser une manifestation en faveur des sinistrés d’Haïti les vendredi 19 et samedi 20 mars.

    Pour mener à bien cette opération, les membres de la Fnaca, emmenés par Robert Brujère, ont organisé, samedi, un concours de tarot dans la salle mise à disposition par la MJEP.

    Huit tables ont été constituées ; le concours se déroulant en trois parties de huit donnes à l’issue desquelles tous les participants ont pu choisir leurs lots.

    Les bénéfices serviront à l’organisation du loto le 19 et du concours de belote le samedi 20 mars à la salle polyvalente

     


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    Union100228a - Marne
    HISTOIRE : La petite paix finlandaise

    Un premier concours pour pouvoir en organiser d’autres en faveur des sinistrés d’Haïti.
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  • L’aviation soviétique multiplie les raids qui provoquent de gigantesques incendies.
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  • Contraints au repli, les soldats finlandais secourent de nombreux blessés parmi leurs compagnies de chasseurs et de fantassins.
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  • TRAITÉ. Pour éviter d’être submergés par les renforts ordonnés par Staline, le gouvernement d’Helsinki abat la carte de la négociation.

    145 voix contre 3, le 15 mars 1940, la diète finlandaise ratifie le traité de paix avec l’URSS avant que les armées soviétiques ne soient en position de prendre le contrôle du pays. Moscou impose ses conditions et Helsinki doit satisfaire les exigences territoriales signifiées par Staline. Le 12, le chef du Kremlin a imposé la cession de l’isthme de Carélie avec Viipuri, d’une partie de la Carélie orientale et de la presqu’île des Pêcheurs dans l’océan Glacial Arctique. En outre, la péninsule de Hangö doit être cédée à bail à l’URSS pour une durée de trente ans tandis que les Russes jouiront d’une pleine liberté de circulation sur le territoire de Petsamo.

    Néanmoins, le gouvernement finnois n’est pas privé de sa souveraineté et les diplomates communistes qui ne veulent pas entendre parler d’une intervention alliée ont fait quelques concessions. C’est ainsi qu’ils renoncent à l’exploitation des mines de nickel de la région de Petsamo. Et pour cause, elles sont en partie contrôlées par des capitaux britanniques. Si les alliés sont surpris de la volte-face des Finlandais, ils en portent un peu la responsabilité puisque le soutien logistique et la fourniture d’armement promis n’ont pas été à la hauteur des promesses.

    En outre, le refus de la Norvège et de la Suède de laisser passer les cinquante mille hommes du corps expéditionnaire formaté par les alliés a flanqué un mauvais coup au moral des gens d’Helsinki. A l’heure du bilan, la Finlande estime avoir perdu 25 000 hommes et soigne 45 000 blessés alors que l’URSS affiche 200 000 morts mais tait le nombre impressionnant de blessés dans ses hôpitaux ! Les Soviétiques ont perdu aussi de nombreux véhicules et plusieurs centaines d’avions ! Ce qui fait dire à plusieurs observateurs alliés que malgré la possibilité de mobiliser onze millions d’hommes, l’URSS dispose d’un matériel très inférieur à celui de la Wehrmacht. Comme des forces sont prêtes à être dépêchées en Scandinavie, le cessez-le-feu provoque des remous. Le sénateur du Puy-de-Dôme, Pierre Laval farouche opposant à l’entrée en guerre de la France embrase le débat du comité secret de la Haute assemblée. Il s’en prend avec véhémence au président du Conseil Edouard Daladier qu’il accuse : « de ne pas faire la guerre comme il faut ». Avec une rare vivacité il s’enflamme : « Dans quelques jours ou dans quelques semaines, la paix nous sera offerte et nous ne pourrons pas l’accepter parce que ce ne pourrait être qu’une paix blanche, déshonorante ». Léon Blum réplique dans Le Populaire : « Les peuples de France et de Grande-Bretagne avaient compris que la cause de la Finlande était la leur ». Bref, on sent bien que l’étau se resserre autour de Daladier.

    La situation en Scandinavie fait presque oublier que le 19 mars, une cinquantaine de bombardiers de la RAF ont frappé sans grand succès la base d’hydravions de Hornum sur l’île de Sylt. Même si beaucoup de bombes sont tombées à la mer et n’ont pas causé les dégâts escomptés, ce raid a été réalisé en représailles de l’attaque quarante-huit heures plus tôt de la Luftwaffe sur la base navale anglaise de Scapa Flow. Une marine anglaise qui a aussi arraisonné six cargos italiens dans le cadre de sa politique de renforcement du blocus contre l’Allemagne. Sans doute Churchill espère-t-il convaincre le Duce de réviser sa politique d’alliance avec Hitler en lui confisquant des approvisionnements en matières premières !

    De même les conclusions cosignées par deux physiciens réfugiés en Grande-Bretagne, l’Autrichien Otto Frisch et l’Allemand Rudolf Peierls au conseiller scientifique du gouvernement britannique Henry Ti¬zard comme quoi il est possible de confectionner une superbombe à partir d’une réaction nucléaire en chaîne passent inaperçues. Et pourtant il s’agit d’une révélation capitale. Désormais on sait que si les nazis se procurent le minerai d’uranium et le travaillent, ils peuvent prendre un avantage déterminant. Ce qui va contraindre à la fois les Anglais mais aussi les Américains à réfléchir au plus vite à la question. Le 21 mars, la France commande de l’eau lourde à la Norvège pour ses recherches atomiques.

    On préfère alors insister sur l’accueil fait à New York au plus grand paquebot du monde le « Queen Elizabeth » sorti des chantiers navals de Glasgow. Le navire, vedette de la « Cunard line » parti de Liverpool le 28 février a accompli mais sans passager à bord, la traversée de l’Atlantique. Certains observateurs craignaient que l’amiral Dönitz donne l’ordre à ses sous-marins d’envoyer ce fleuron de 315 mètres de long jaugeant 83 673 tonnes et pouvant accueillir 2 285 passagers par le fond. Le paquebot entre dans le port le 7 mars et vient se placer à côté du « Queen Mary ». Il y a plus de dix mille personnes sur les quais pour s’enthousiasmer de cette visite dont le secret avait été bien gardé jusque-là.

    Pendant toute la traversée, les machines du navire ont été poussées de manière à ce qu’il atteigne la vitesse de croisière de 24,5 nœuds. Cette vitesse remarquable est pour les experts sa meilleure sécurité parce que les sous-marins ne peuvent pas suivre. Pas plus d’ailleurs que les destroyers prévus pour le protéger ! Déjà on envisage de s’en servir comme transporteur de troupes.


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    Paul Reynaud à la tête du gouvernement

    Paul Reynaud remplace Edouard Daladier à la présidence du Conseil.
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  • Le 20 mars, le président du Conseil Edouard Daladier est désavoué de fait par la Chambre des députés puisque s’il obtient 239 voix contre une en faveur de sa politique, trois cents parlementaires s’abstiennent. Il en tire la leçon et démissionne. Dès le lendemain, Paul Reynaud forme le nouveau gouvernement mais le 22, il n’obtient la confiance que d’extrême justesse : 268 voix pour, 156 contre et 111 abstentions ! Reynaud cumule les portefeuilles puisqu’il dirige alors les Affaires étrangères. Il permutera avec Daladier le 18 mai pour occuper alors ceux de la Défense et de la Guerre. Son choix s’explique par son discours ferme à l’égard de l’Allemagne qu’il transforme par les actes en rencontrant dès le 28, Winston Churchill afin de s’entendre pour ne jamais signer un accord de paix séparée avec l’Allemagne. Ce changement important alors que la menace allemande est de plus en plus forte, témoigne qu’on ne mesure pas en haut lieu l’ampleur du danger et la réelle capacité de l’Allemagne à envahir la France et à en prendre le contrôle. Reynaud se méfie du chef d’état-major général Gamelin. Il lui préférerait Weygand ou Huntziger mais il n’a pas encore de raison objective de substituer l’un d’eux au généralissime. Paul Reynaud est alors présenté comme un non-conformisme de la République. Il est épris d’autorité mais peut-il satisfaire ses admirateurs qui attendent tant de lui, notamment de tenir la dragée haute à Hitler. Avocat, secrétaire de la conférence, député des Basses-Alpes depuis 1919, il appartient à l’Alliance démocratique. Dès 1938, il est membre du gouvernement d’Edouard Daladier et se prononce comme garde des Sceaux puis comme ministre des Finances pour une augmentation de la production et une augmentation du temps de travail. Il se met alors la CGT à dos. Depuis 1934, il s’est attaché le colonel de Gaulle comme conseiller militaire et est un partisan de force blindées autonomes. Il n’exclut pas d’être rapidement placé devant de très grandes difficultés mais il a la niaque et est décidé de continuer, si cela s’avère nécessaire, la guerre hors de métropole. Ce qui le guide dès ses premiers jours à la tête du gouvernement c’est de ne jamais se mettre à genoux devant le führer du IIIe Reich.

    Pas si simple lorsqu’on a dans sa propre équipe son prédécesseur le radical Edouard Daladier qui a dirigé le gouvernement pendant deux ans. Et ce fils de boulanger de Carpentras élu député du Vaucluse dès 1919, habitué des postes ministériels n’est pas là pour faire de la figuration. Pas plus que le radical Camille Chautemps bien décidé à faire entendre sa différence. Reynaud subit aussi l’influence de sa compagne Mme de Portes dont les emportements pacifistes heurtent le président. Autant dire que sa tâche est d’autant plus périlleuse que sa majorité est fragile et que la solidarité de son équipe est précaire.


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    Pie XII donne l’alerte

    Les services secrets de Pie XII confirment l’imminence de l’attaque aéroterrestre des forces du IIIe Reich. Les nonces apostoliques relaient l’information auprès des gouvernements hollandais, belges, français et britanniques.
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  • ROME. Cette fois les émissaires du Vatican en sont certains, l’attaque massive du Reich est imminente, c’est pourquoi ils croient de leur devoir d’avertir les gouvernements hollandais, belge, français et britannique.

    Comme le Vatican l’a déjà fait début janvier, il réitère auprès de la Belgique et des alliés l’imminence d’une attaque aéroterrestre conduite par les Allemands. Le 7 mai, le cardinal Luigi Maglione, secrétaire d’Etat et très proche collaborateur de Pie XII transmet au nonce apostolique à Bruxelles, Mgr Clemente Micara de précieuses informations concernant l’offensive du IIIe Reich. Le diplomate livre les derniers renseignements vérifiés par les services du pape au secrétaire du roi Léopold III, le comte Robert Capelle.

    Tout le monde s’accorde à signaler l’impatience d’Hitler qui exige une attaque d’envergure à l’Ouest pour donner une leçon à la France avant de corriger la Grande-Bretagne. Le führer veut lancer l’assaut le 5 mais il en est dissuadé par de mauvaises prévisions météorologiques qui risquent d’interdire l’utilisation de l’aviation, pièce indispensable à la réussite de la guerre éclair. Un premier report est signifié pour le 7 puis pour le 8 mais l’état-major réclame quelques jours supplémentaires. Pendant ce temps, ceux qui doutent de la véracité des preuves du Vatican se rapprochent de l’ambassadeur d’Italie qui infirme le pessimisme affiché : « La Belgique verra sa neutralité respectée jusqu’à la fin de la guerre ». Une démarche est effectuée auprès de l’ambassadeur d’Allemagne qui est moins affirmatif : « Grâce à sa neutralité, la Belgique a de grandes chances d’échapper à la guerre ».

    Le pape dispose pourtant de renseignements de première main

    Lorsque le 8 mai au soir arrive de Rome, le père abbé de Leffe, Mgr Lamy, il justifie son retour précipité par l’ordre qu’il a reçu du supérieur général des Prémontrés, Mgr Noots : « De regagner d’urgence son abbaye et d’avertir Paul-Henri Spaak, le ministre des Affaires étrangères que la Belgique sera attaquée massivement avant la fin de la semaine ». Cette franchise du religieux et la certitude de la pertinence de ses informations sont partagées par l’ambassadeur belge romain, M. Nieuwenhuys.

    Curieusement si le ministre des Affaires étrangères reçoit bien le père abbé, il étonne par sa réponse : « Vous ignorez sans doute que la situation a beaucoup changé depuis votre départ de la cité vaticane ». Autant dire qu’on ne prend guère au sérieux les diplomates du pape ou ceux qui sont mandatés pour en transmettre les analyses les mieux finalisées.

    La légèreté avec laquelle la Belgique reçoit ces informations est d’autant plus stupéfiante que le pape dispose de renseignements de première main. L’un des chefs de la « résistance allemande », le colonel Hans Oster est celui qui a donné l’alerte ! Il a été encouragé dans cette initiative par le chef du service de renseignements et de contre-espionnage de la Wehrmacht (L’Abwehr), l’amiral Wilhem Canaris. Avec l’aide de l’avocat Joseph Müller qui lui sert de lien avec le Vatican, il a informé Pie XII. Le pape qui a été nonce apostolique en Allemagne, certain de la crédibilité de sa source, charge son secrétaire d’Etat de diffuser au mieux la menace accrue du Reich sur le Benelux. De son côté, le substitut à la secrétaire d’Etat, Mgr Giovanni Montini reçoit Jean Rivière, conseiller de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège. Il lui communique les mêmes informations que celles données à la Belgique. Oster de son côté échange ces renseignements auprès de l’un de ses amis qui n’est autre que le major Sas, attaché militaire de Hollande à Berlin. Seulement à La Haye, on ne fait pas grand cas de son rapport et on doute du sérieux de sa source ! Sas s’adresse aussi au lieutenant-colonel Goethals, attaché militaire belge auquel il confie ses plus vives inquiétudes pour les prochains jours. Goethals qui est sûr de l’honnêteté de Sas en réfère à Jacques Davignon l’ambassadeur. Le 8 mai au soir, il adresse un télégramme d’avertissement à Bruxelles : « Une offensive à l’Ouest, englobant la Belgique et les Pays-Bas pourrait être imminente. Je conseille de se tenir prêt à toute éventualité ».

    Le Premier ministre belge Hubert Pierlot s’interroge sur l’arrivée brutale d’informations convergentes sur les intentions immédiates du Reich. Le roi pour sa part est contraint de reconnaître qu’il y a danger. Mais de tous les informateurs, les confidences d’Olster sont celles qui donnent aux Belges les plus gros frissons et les décident alors à renseigner à leur tour les ambassadeurs de Grande-Bretagne à Bruxelles et à La Haye ainsi que l’ambassadeur de France à Bruxelles que cette fois c’est du sérieux. Comme les alertes précédentes n’ont rien donné, on ne prend plus au pied de la lettre ce nouveau branle-bas de combat. Léopold III se demande simplement s’il ne s’agit d’une intoxication de la propagande nazie ou d’une provocation pour pousser son pays à déroger à sa stricte position de neutralité, autoriser la présence sur son sol des Britanniques et des Français, opportunité que les Allemands saisiraient pour prendre le contrôle de la Belgique !

    Au Vatican on ne comprend pas et on regrette discrètement que sept ans d’exercice du pouvoir par Hitler n’aient pas mieux ouvert les yeux des diplomates occidentaux sur les vraies ambitions de ce führer qui ne vit que pour la guerre. Le Premier ministre qui a un profond respect pour l’ambassadeur Davignon juge utile de réunir Paul-Henri Spaak et son ministre de la Défense nationale, le général Henri Denis pour entreprendre une démarche commune et insister : « sur les graves préoccupations que cette éventualité d’invasion leur inspire ». Le roi écoute mais rassure. Il ne souhaite pas prendre de décision immédiate et répète à ses interlocuteurs : « C’est devant l’événement qu’il faudra trancher ». Il considère que les dispositions défensives du royaume sont équilibrées et bien pourvues. Dès lors, il voit mal les Allemands oser se heurter à une telle ligne capable de leur causer de lourdes pertes. Léopold III semble oublier que l’équipement des armées du Reich n’a rien à voir avec celui de son armée. On comprend pourquoi le 9 mai, l’ambassadeur des Etats-Unis à Bruxelles M. Cudaby écrit au président Franklin D. Roosevelt : « Le roi des Belges ne s’attend pas en ce moment à une attaque de son pays. Il estime que l’alerte en Hollande est un nouvel épisode de la guerre des nerfs ».

    Quel décalage entre la réalité et la perception qu’en ont les dirigeants du Benelux ! Y compris lorsque le 9 mai, le correspondant du Frankfur¬terZeitung Hans Frings indique au directeur du service de presse du ministère des Affaires étrangères belge qu’il quitte le pays pour l’Allemagne : « Cela commence demain matin à 5 heures. Je préfère être à Aix-la-Chapelle avant minuit ». Et sous le signe de la confidence pour certifier qu’il ne parle pas à la légère il ajoute : « Allez rue Belliard et vous verrez des flammèches s’échapper de la cheminée. Ils sont en train de brûler leurs dossiers ». Le directeur y envoie une patrouille de police qui signale une cheminée dégageant une fumée épaisse. Néanmoins, on craint au gouvernement qu’il ne s’agisse que d’une simple mise en scène.

    Est-ce aussi pour amuser la galerie que le capitaine Doorman, attaché militaire adjoint de Hollande à Bruxelles avertit l’état-major belge que la Wehrmacht adopte l’état de marche ? Qu’à cela ne tienne, on se prépare à célébrer la Pentecôte et la perspective de la fête séduit plus que l’alarme sonnée par les mieux informés.

    TEXTES : HERVE CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union100227a - Marne
    EPERNAY : Pour le film « Liberté » projeté au Palace lundi prochain : Une spectatrice de marque

    Yvette Lundy, Mademoiselle Lundi, lundi au Palace.
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  • Le film « Liberté » réalisé par Tony Gatlif et qui sera présenté lundi prochain 1er mars à 20 heures, retiendra sans doute un peu plus l’attention d’une spectatrice très particulière. Yvette Lundy sera en effet présente dans la salle, aux côtés du réalisateur.

    Grande figure de la Résistance locale, elle constitue à son corps défendant, le point de départ de l’histoire - les tribulations d’un groupe d’enfants tziganes pendant la seconde guerre mondiale - et donne de l’épaisseur au personnage central - une institutrice, Mademoiselle Lundi - interprété à l’écran par Marie-Josée Croze.

    Elle tient d’ailleurs à préciser que ce film ne relate pas son histoire, même s’il s’en inspire largement, mais une histoire semblable à celle qu’elle a vécue à l’époque.

    Yvette Lundy apportera malgré tout son témoignage aux côtés du réalisateur, Tony Gatlif, ce lundi 1er mars à 20 heures.

    Tarif unique : 4,50 euros.


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    Union100226b - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : La presse va en parler

     

     

    La semaine dernière, une journaliste, de notre confrère L’Express, s’est rendue sur la commune de Sommepy-Tahure.

    Elle a visité le célèbre mémorial franco-américain mais également la salle communale qui évoque les villages avoisinants détruits pendant la Première Guerre mondiale (photo).

    Cette dernière a souligné « la grande richesse d’expression et d’émotions ». En effet, le magazine prépare un dossier sur la guerre 14-18.

    Contact pour visiter la salle (mairie) : tél. 03.26.66.80.04 ou au 06.08.78.13.64.

     

     


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    Union100226a - Marne
    ÉPERNAY : Anciens combattants : Les projets de la Fnaca

    Les anciens combattants ne manquent pas d’occupations. comme la galette des rois, un grand moment pour se retrouver.
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    Retrouvailles pour les anciens combattants de la section Epernay-Oiry de la Fnaca à l’occasion des agapes traditionnelles organisées à la salle des fêtes de Oiry.

    Dans son allocution d’accueil, le président André Richard a souhaité la bienvenue aux membres du Comité d’Aÿ qui vient de rejoindre celui d’Epernay-Oiry.

    Et de communiquer les dates à retenir : vendredi 19 mars, cérémonie avec dépôt de gerbes aux monuments aux morts d’Epernay, Oiry et Aÿ ; mardi 6 avril, visite du Parc mini-europe de Bruxelles ; dimanche 18 avril, assemblée générale avec dépôt de gerbe à la stèle du square Clevedon suivis du repas à la salle des fêtes de Oiry.

    En ce qui concerne le voyage du mois de juin, il reste encore quelques places.

     

     


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    Union100225b - Marne
    AUVE : Djebel-Argonne : Les anciens combattants au pas de danse

    Une très bonne ambiance pour ce rendez-vous annuel.
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    L’association UNC Djebel-Argonne regroupe notamment d’anciens combattants d’Algérie.

    Elle œuvre tout au long de l’année pour le travail de mémoire en participant à de nombreuses manifestations ; mais les membres du bureau ont à cœur d’organiser, chaque année, une journée conviviale.

    Une fois encore, ce fut une réussite. Repas, musique et ambiance étaient au rendez-vous. Lors de son discours, le président Paul Jeny a rappelé que les personnes désirant participer au congrès départemental, qui aura lieu à Vitry-le-François le dimanche 11 avril, doivent s’inscrire dès maintenant.

    Renseignements au 03.26.60.41.72.

     


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    Union100225a - Marne
    EPERNAY : Dépôt de gerbe : Les porte-drapeaux unis dans le souvenir

    Lors du dépôt de gerbe au monument aux morts par Hélène Plaquin, Joël Wimann et Claude Metzger.
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    A l’issue de son assemblée générale, l’Amicale des porte-drapeaux d’Epernay et sa région se rendait au monument aux morts d’Epernay, emmenée par la Champenoise d’Aÿ et la garde du Centre de secours principal d’Epernay.

    Un dépôt de gerbe effectué par Hélène Plaquin, conseillère municipale déléguée aux anciens combattants, Joël Wimman président de l’Amicale, et Claude Metzger, président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants.

    Lors de la réception qui a suivi dans les salons de l’hôtel de ville, Hélène Plaquin se félicitait d’accueillir une association qui cultive le devoir de mémoire.

    L’élue se félicitait encore de la présence d’une grande Résistante en la personne d’Yvette Lundy et du plus jeune porte-drapeau, Julien, 14 ans, porteur du drapeau des Poilus d’Orient.

     


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    Union100223e - Marne
    FAUX-VESIGNEUL : La mairie a fait élaguer le symbole de la Libération : Discorde autour d’un arbre

    Jacques Rémy avait 80 ans.
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  • L’élagage d’un arbre de la liberté planté en 1945 fait débat à Faux-Vésigneul. « Un massacre » pour certains, une mesure de sécurité pour la mairie.

    « C’ EST carrément massacre à la tronçonneuse ! ». C’est sur le ton de l’humour que Janine Husson, 85 ans, évoque l’élagage d’un symbole à Faux-Vésigneul, l’arbre de liberté trônant devant la mairie. Le tilleul, qui aurait été planté à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour célébrer la Libération, a été étêté en début d’année, sur décision du conseil municipal.

    Mais plus que cette initiative, c’est le résultat qui choque certains habitants : « Je ne suis pas contre l’élagage, c’est nécessaire. Mais je pense que l’entreprise a fait son travail grossièrement. L’arbre est complètement détruit, il ne repoussera pas », détaille la retraitée.

    En effet, l’immense tilleul d’environ huit mètres de haut se réduit aujourd’hui à un tronc de deux mètres. De même, une habitante lance « Vous trouvez ça beau, vous, un village sans arbres ? Tout est défiguré ».

    Du côté de la mairie, on explique que l’élagage était une nécessité absolue : l’arbre gênait la pose de guirlandes à Noël ainsi que l’installation des manèges devant la mairie. De même, une élue affirme que « le forestier a découvert en coupant les branches que l’arbre était malade. On peut encore en voir les tâches en son cœur. Mais il nous a dit qu’il allait repousser ».

    Une opération de grande envergure

    Mais l’affaire ne se limite pas au dit tilleul. Ainsi les arbres plantés sur le domaine public des trois bourgs qui composent la commune - Fontaine-sur-Coole, Faux-sur-Coole et Vésigneul-sur-Coole - ont aussi eu droit à leur nettoyage de printemps. De la peupleraie au marronnier centenaire en passant par les thuyas du cimetière, plusieurs dizaines de spécimens ont été élagués par la même entreprise. Une opération de grande envergure rendue nécessaire pour des raisons de sécurité selon la mairie : « L’électricien qui vient changer les ampoules de l’éclairage nous a spécifié dans ses deux dernières factures, qu’il n’interviendrait plus à certains endroits car cela était devenu dangereux. Il y a des branches trop hautes et grandes qui empiètent et pèsent sur les fils électriques ».

    De même, ajoute une élue : « L’élagage de ces arbres n’a pas dû être effectué depuis vingt à trente ans au moins. C’est pourquoi c’est impressionnant aujourd’hui. Mais il fallait le faire. Ce sont parfois des riverains qui nous l’ont demandé, car les arbres empiétaient sur leur propriété ». Le coût de la tâche, confiée à une entreprise forestière après appel d’offres, s’élève à environ 8 600 euros.

    Une décision qui votée par le conseil municipal, fait encore débat dans les foyers.

    M.T.


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    Union100223d - Marne
    ESTERNAY : Anciens combattants : Jacques Rémy n’est plus

    Jacques Rémy avait 80 ans.
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  • Jacques Rémy, ancien président des anciens combattants ACPG - CATM d’Esternay est décédé vendredi 19 février à l’âge de 80 ans.

    Jacques Rémy était né à Courgivaux le 8 juin 1929.

    Mécanicien automobile et mécanicien naviguant sur hélicoptères et spécialisé en électronique, Jacques Rémy a été engagé dans l’armée de 1948 à 1966.

    Il a servi dans plusieurs pays, au Sénégal, au Maroc et en Algérie notamment.

    Il a fait carrière et résidé en région parisienne avant de prendre sa retraite dans la maison familiale à Esternay. C’était en 1994.

    Membre de la section d’anciens combattants ACPG - CATM d’Esternay, il devient secrétaire de la section puis président en 2001. Il y restera huit ans. Jacques Rémy avait quitté son poste de président en mars 2009.

    Les obsèques de Jacques Rémy se dérouleront le mercredi 24 février à 14 h 30 en l’église d’Esternay.


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    Union100223c - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Assemblée générale de la Fnaca : Petit nombre, grande solidarité

    Autour de la table.
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  • Une assemblée générale autour d’une table, espace suffisant pour accueillir, samedi soir, les huit membres présents de la Fnaca de Pargny-sur-Saulx.

    Ce petit nombre s’explique par la disparition progressive de la génération et par la réticence des combattants des opérations extérieures actuelles qui évitent de faire partie d’une association.

    Le président Alfred Camus a surtout rendu compte d’activités départementales indiquant au passage une exposition à l’hôtel de ville de Reims du 23 au 30 mars. Suggestion du délégué venu de l’Aube : « Demandez cette exposition au comité départemental, c’est gratuit et ferait connaître la Fnaca à Pargny-sur-Saulx. Il serait même bien d’y inviter les écoles ».

    Parmi les questions évoquées lors du tour de table le « bruit » de disparition de l’Onac Marne et son rattachement à Charleville, les aides aux veuves, la polémique avec l’UNC qui reproche à la Fnaca de représenter moins de 10 % des anciens combattants d’Algérie et sa célébration du 19 mars. Réplique d’un participant : « Il y a encore eu des morts après le 11 novembre 1918 et après le 8 mai 1945 et personne ne remet en cause ces deux dates ! »

    Quant à une rue du 19 mars à Pargny, on en reparle… comme de l’Arlésienne.


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    Union100223b - Marne
    EPERNAY : Les porte-drapeaux garants du devoir de mémoire Une présence toujours importante

    De gauche à droite : Michelle Moigneau, Odil Valois, Joël Wimann, et Jacky Barré.
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  • L’Amicale des porte-drapeaux d’Epernay et sa région s’est réunie en assemblée générale à la Maison des associations le dimanche 21 février, autour de son président Joël Wimann, et en présence d’Hélène Plaquin, conseillère municipale déléguée aux anciens combattants, des colonels Hennequin, Metzger, Plaquin et Prato, du conseiller régional Jean-Paul Angers, de Bruno Sanfilippo, adjoint au maire de Magenta, du lieutenant Bruyen, représentant le CSP, des représentants de la gendarmerie et des associations d’anciens combattants. « Nous sommes 61 porte-drapeaux et 25 amis de l’amicale, un nombre d’adhérents qui se maintient. En 2009, nous avons recensé 86 prestations » a rapporté le secrétaire, Jacky Barré. Michelle Moigneau, trésorière, présentait une excellente situation financière, laissant apparaitre le don de l’association du CEFEO dissout en 2009.

    Le bureau a été reconduit dans ses fonctions à l’unanimité : Roger Géranton, président honoraire ; Joël Wimann, président ; Odile Valois et Guy Lallement, vice-présidents ; Jacky Barré, secrétaire ; Gilbert Griveau, secrétaire-adjoint ; Michelle Moigneau, trésorière ; André Richard, trésorier-adjoint ; James Sommesous, Jean-Pierre Drouet et Francis Risselin, membres. Les personnalités ont rendu hommage aux porte-drapeaux pour leur fidélité, garants du devoir de mémoire : « une association qui porte en elle un certain nombre de valeurs »… « que seraient les cérémonies sans votre présence ! »


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    Union100223a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : « Printemps de la paix » : Quatre temps forts

    Ce grand rendez-vous commence ce mardi à la médiathèque.
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  • Mardi, le président de l’association Fab, Jean-Paul Copin, Annie Ghiloni, secrétaire et conteuse, Sophie Gagneux, trésorière et animatrice, et Florian Thierry, Webmaster de l’association, se sont réunis à l’espace Lucien-Herr de Vitry-le-François pour mettre au point et finaliser les derniers détails des moments forts de ce grand rendez-vous qu’est le « printemps de la paix ».

    Un programme important qui débute ce mardi 23 février à la médiathèque (partenaire de l’association) avec l’exposition « Choisir la paix » : une trentaine de panneaux, un « mur de paroles », un coin livres et des séances de contes venus des quatre coins du monde, puisés dans la sagesse de ses diverses cultures.

    Des séances de jeux coopératifs sont au programme le mercredi 10 mars de 10 h 30 à midi à la médiathèque.

    L’opération « les tambours de la paix » proposent des ateliers d’écriture, (sur demande), pour préparer le rassemblement du vendredi 19 mars où chacun pourra lire son poème dans les jardins de l’hôtel de ville ou le samedi 20 mars, place d’Armes, lors de la 2e fête de la paix. Cette fête a, cette année, pour parrain Romain Bouquet, champion d’Europe et du monde de Qwan ki do et verra de nombreuses animations proposées par l’association Fab et tous ses partenaires.

    Pour clôturer et s’exprimer sur le thème de la paix, une conférence-débat, « La médiation par les pairs », animée par Génération médiateurs avec Michèle Masset, membre de cette association, et les enfants du conseil municipal aura lieu le 25 mars à 17 heures à l’auditorium de la médiathèque. Toutes les animations sont gratuites. En dehors des séances tout public, les écoles et associations intéressées doivent s’inscrire auprès de la médiathèque pour bénéficier des contes ou d’un atelier écriture.

    Retrouvez toutes les infos sur le site

  •  association-fab@wanadoo.fr
  •  blog : formerunavenirsansbrutalite.over-bl...

    Renseignements par téléphone au 03.26.72.61.48.


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    Union100221b - Marne
    DROITS DE L’HOMME : 24 heures… avec ou sans immigrés

    L’événement intitulé« La journée sans immigrés – 24 h sans nous » fait l’objet d’une drôle de démarche dont nous avons récemment évoqué la teneur ; ce qui nous a valu les foudres de Marie-Dominique Tatard-Suffern, qui s’occupe « des relations presse du collectif La Journée sans Immigrés ». Selon elle, on n’a raconté que des bêtises et des menteries, en leur attribuant des « propos » qui ne seraient pas les leurs entre autres perfidies… Elle entend donc poursuivre l’union en justice pour diffamation. Nous sommes donc contraints de faire un mea culpa en ce sens que nous avons naïvement cru que le Comité rémois organisateur de la journée sans immigrés du 1er mars participait officiellement de la démarche du « Collectif » en question. A en croire Marie-Dominique Tatard-Suffern, très colère, les associations constitutives du Comité rémois ne seraient en aucun cas parties prenantes de l’organisation de la manifestation et ne se seraient même pas manifestées auprès du « collectif » dont le seul discours officiel serait contenu dans le « manifeste ». Le Collectif antifasciste, l’Association des travailleurs maghrébins de France et l’Association France- Palestine Solidarité seraient « out », tout comme les propos tenus lors de la réunion du 3 février 2010.

    Il a certes été fait référence en cette occasion à « l’esprit du manifeste », on ne peut plus « droit de l’hommiste », voire un brin altermondialiste : cette « action n’est aucunement communautariste, partisane ou catégorielle mais ouverte à toutes celles et ceux qui œuvrent aux droits de l’Homme et qui refusent de voir les valeurs humanistes et républicaines de la France foulées du pied et qui se battent au quotidien contre ce « fascisme soft » qui désigne les émigrés et les enfants d’une certaine immigration, les « Français d’origine » comme victimes expiatoires de tous les échecs politiques, économiques et sociaux résultant de leurs politiques ultralibérales… » Mais dans le même temps, les participants ont clairement dit que pour faire valoir ce contenu, il fallait appeler tous ceux qui sont en phase avec ce constat – Ali Aissaoui est chargé de centraliser les contacts et l’information des médias locaux pour l’organisation d’une conférence de presse - à « cesser de consommer et/ ou de travailler le 1er mars 2010… ». Finalité de la chose : « La stratégie consiste donc au vu des prochaines échéances électorales de faire pression sur les têtes de liste pour qu’ils se déterminent politiquement dans ce débat sur la politique de l’immigration, l’entrée et le séjour des étrangers, les sans papiers… ». Pour aider à l’organisation complètement apolitique du truc, on envisage de « mobiliser toutes les associations qui sont dans cette thématique, les syndicats au niveau local […] A noter qu’il y a une discussion au niveau national avec les différentes centrales syndicales pour déterminer un engagement de celles-ci qui pourra ensuite être décliné dans les comités régionaux […] La CGT aurait déjà donné un accord de principe. » Quant aux partis politiques, difficile de les associer officiellement au truc par les temps qui courent, ils participeront donc de façon non déclarée : « mais rien n’empêche les militants ou les élus de s’y engager en tant que citoyens… ». C’est beaucoup plus simple et pas de risque de voir les comptes de campagne imputés par une telle manip. Finalement, « l’agit-prop » c’est facile, on « manifeste » une chose et on fait le contraire, derrière le paravent opaque d’un collectif qui n’est jamais qu’une association de type Loi 1901.

    PHILIPPE LE CLAIRE

    pleclaire@journal-lunion.fr


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    Union100221a - Marne
    HISTOIRE : Des Fairey-Battle dans le ciel de la région

    Un vol d’appareils alliés. Des missions de surveillance et de reconnaissance sont effectuées ainsi que des missions de bombardement. Churchill aimerait frapper massivement la Ruhr où se trouve 60 % de l’industrie de guerre du Reich.
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  • Que font les aviateurs britanniques stationnant en France ? En l’absence de missions aériennes, leur quotidien est rythmé par des vols d’entraînement, des exercices de tirs et de bombardements de manière à maintenir les aptitudes des pilotes et des équipages. Les aviateurs français sont soumis au même régime même s’ils veillent à ce que l’espace aérien ne soit pas violé par des appareils ennemis. L’hiver est rude et les conditions météorologiques défavorables désorganisent les unités qui ont été dispersées sur des terrains secondaires de manière à être moins vulnérables si jamais l’ennemi entreprenait par surprise une frappe massive des aérodromes de l’Hexagone. Mais, l’entraînement indispensable ne protège pas des incidents et des accidents.

    Stationné sur le terrain marnais d’Aubérive depuis le 2 septembre 1939, les aviateurs du 218e squadron transféré de Boscombe Down en Angleterre sont bien acceptés dans ce village du canton de Beine. Ils disposent de bombardiers légers Fairey-Battle MK I qui appartiennent à la force britannique de bombardement avancé. Au cours d’un vol de routine qu’il accomplit le mardi 23 janvier 1940, le lieutenant Richmond réalise sans difficulté son plan de vol sur le K 9329 et alors qu’il se prépare à poser son appareil, il est victime d’une avarie et est dans l’impossibilité de régler ses volets.

    Dans l’incapacité de réduire sa vitesse après s’être posé, il percute le Fairey-Battle K 9327 qui est au parking. Les deux avions sont sérieusement endommagés mais l’officier échappe à la mort. Curieusement, son bombardier n’est pas réparé et il est abandonné sur place lorsque les Britanniques reçoivent l’ordre d’évacuer alors que les troupes allemandes progressent vers la Marne après l’attaque aéroterrestre déclenchée le 10 mai !

    LES DEUX AVIATEURS INHUMÉS À EPERNAY

    C’est une fois encore au cours d’un vol d’entraînement, le 1er mars 1940 que le Fairey-Battle MK I dont l’équipage est composé du lieutenant Hulbert le pilote, du sergent Frank Dewar l’observateur, et de l’aviateur de première classe Robert-Francis James l’opérateur radio mitrailleur, est perdu alors qu’il survole la banlieue d’Epernay. Victime d’une avarie, l’appareil s’écrase au sol. Dewar et James sont tués sur le coup tandis que le pilote sort miraculeusement indemne du crash. Les deux aviateurs morts en service aérien commandé sont inhumés à Epernay au terme d’une cérémonie au cours de laquelle leur sont rendus les honneurs militaires.

    Le mardi 26 mars 1940, c’est pendant un vol d’entraînement de nuit qu’un Fairey-Battle MK I du 105e squadron est porté manquant. Le bombardier s’envole du terrain de Villeneuve. Aux commandes se trouve le lieutenant Allan Matheson Edgar, 27 ans, qui emmène avec lui comme observateur le sergent Hugh Edward Pettit, 20 ans, et comme opérateur radio mitrailleur le caporal Alexander Egerton Jones, 22 ans. Que s’est-il passé ? Toujours est-il que l’avion capote dans un champ sur le territoire de la commune de Cheniers, un petit village situé sur la gauche de la route menant de Châlons-sur-Marne à Fère-Champenoise. Lorsqu’à l’aube, des paysans signalent l’épave, les secours constatent la mort des trois aviateurs. Le mercredi 27 mars, c’est un Fairey-Battle MK I du 103e squadron qui ne rentre pas. L’unité a quitté sa base de Benton le 2 septembre 1939 pour rejoindre le terrain de Challerange dans le Vouzinois. Mais le 28 novembre, les aviateurs anglais reçoivent l’ordre de quitter les Ardennes pour s’installer à Plivot dans l’arrondissement d’Epernay.

    LE BOMBARDIER PERCUTE UN BOUQUET D’ARBRES

    Un nouveau déménagement est ordonné le jeudi 15 février 1940. Les Britanniques font une trentaine de kilomètres pour rejoindre le terrain de Bétheniville situé en bordure de la route conduisant à Vouziers à la charnière des départements de la Marne et des Ardennes, près du village d’Hauviné.

    C’est au cours d’un exercice de bombardement à basse altitude sur le champ de tir militaire de Moronvilliers que l’appareil à bord duquel le pilote est le lieutenant Ian Percival Hinton, l’observateur le sergent Duncan Cameron Findlay et l’opérateur radio mitrailleur l’aviateur de deuxième classe John Alexandre Sharpe, s’écrase. Le bombardier ne parvient pas à s’élever dans le ciel et bientôt il percute un bouquet d’arbres avant de s’écraser quelques centaines de mètres plus loin. Les sauveteurs se précipitent mais les trois aviateurs ont été tués sur le coup. Le dimanche 31 mars, c’est un Fairey-Battle du 105e squadron engagé dans un exercice de vol de nuit qui s’écrase dans un champ tout proche du village de Champigneul-Champagne dans l’arrondissement de Châlons-sur-Marne. Le pilote, le lieutenant Cecil Raymond Mace et son observateur, le caporal Frank Coughtrey sont tués. Le même jour, un autre Fairey-Battle MK I du 150e squadron unité, qui après avoir été basée sur le terrain ardennais de Challerange a été transférée sur le terrain d’Ecury-sur-Coole, enregistre trois morts. Le bombardier P 2244 s’envole pour un exercice. Il est piloté par le lieutenant David Devoto, 25 ans, qu’accompagnent le sergent observateur Clifford Wall, 25 ans, et l’aviateur de 1re classe opérateur radio William Fraser Taylor, 33 ans. Alors qu’il se dirige vers le terrain de Bétheniville, il chute brutalement tout près de Saint-Hilaire-le-Grand. Lorsque l’épave est retrouvée, l’équipage est mort.

    HERVÉ CHABAUD


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    HISTOIRE : Dévaluation : le « franc Raynaud »

    Le ministre des Finances Paul Raynaud ose la diffusion d’une lettre manuscrite où il incite à un acte de civisme porte-monnaie en main.
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  • L’effort de guerre mérite-t-il une dévaluation ? C’est en tout cas le choix du gouvernement poussé par le ministre des Finances Paul Raynaud à modifier la parité du franc qui passe de 24,57 à 21,006 mg d’or fin ! Cette opération est une aubaine pour le ministère qui réalise alors une plus-value de 17,4 milliards de francs. Il s’agit de la deuxième dévaluation depuis 1938. Le gouvernement craint de ne pas pouvoir faire face aux dépenses de guerre et s’alarme des listes de matériels et de munitions réclamées par le Grand quartier général. Le ministre craint une forte augmentation de la dette mais insiste aussi sur le fait que l’achat des matières premières pour approvisionner les usines d’armement coûte cher. Malgré les efforts engagés, les plans d’équipement ont pris du retard ; aussi la France est contrainte d’acheter à l’étranger les machines-outils indispensables à la fabrication des commandes. Si les Etats-Unis sont prêts à honorer les demandes françaises, ils exigent d’être payés en or. La confiance en la solvabilité de Paris a-t-elle des limites ? Le gouvernement, même s’il n’affiche pas son pessimisme, craint un conflit long comme durant la Grande Guerre. Cette dévaluation complète le dispositif économique et s’ajoute à la politique d’emprunt activée en juillet 1939. Des bons d’armement sont émis pour un montant de vingt-trois milliards de francs. Une campagne active est menée auprès des particuliers pour qu’ils confient leurs économies à l’Etat. Aux tracts et aux affiches s’additionnent les messages dans les cinémas, dans les journaux et à la radio pour la souscription de ces bons particuliers. Paul Raynaud ose même la diffusion d’une lettre manuscrite où il incite à un acte de civisme porte-monnaie en main. Il choisit également de taxer les bénéfices exceptionnels induits par la guerre. Les heures supplémentaires au-delà des quarante heures et les bénéfices des sociétés font l’objet d’une retenue à la source d’au moins 25 %. Cette dernière mesure est très impopulaire mais jugée nécessaire pour faire face à une situation des plus incertaines. Raynaud qui a déjà ordonné par décret l’extension du rationnement ne se fait pas que des amis. Après les jours sans viande, il y aura désormais des journées sans boissons alcoolisées et un rationnement drastique des produits pétroliers. Les prix sont certes bloqués pour juguler l’inflation et assurer aux Français un approvisionnement acceptable mais la grogne existe bel et bien.

    Les nouvelles en provenance du renseignement diplomatique sont préoccupantes. On s’attend désormais d’un moment à l’autre à ce que la Finlande sous la menace d’une offensive sans précédent des Soviétiques s’effondre. Même si Helsinki privilégie une négociation de paix, son gouvernement sera forcément fragilisé. De fait, le 6 mars, une délégation conduite par le Premier ministre Risto Ryti arrive à Moscou. Le ministre chargé de conduire la négociation, Juho Paasikivi espère encore obtenir quelques concessions des dirigeants soviétiques mais les combats violents et meurtriers ont laissé des traces. Le Kremlin qui a mandaté le ministre des Affaires étrangères Viatchelav Molotov fait d’entrée preuve d’une grande fermeté. Lorsqu’il apprend la chute de Viipuri, il sait que les Finlandais vont demander un armistice. Molotov sait qu’il n’est pas question d’accepter. Moscou tient à une capitulation. Paasikivi tente alors de gagner du temps de manière à ce que la diète finlandaise soit consultée.

    H.C


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    HISTOIRE : Scandinavie : l’ombre de la croix gammée

    C’est la route du fer que le führer veut protéger. Les plus grosses importations de minerai proviennent de Suède mais elles sont acheminées par chemin de fer vers les ports norvégiens dont Narvik avant d’être transférées en Allemagne. Les alliés espèrent interrompre les livraisons et créer ainsi une pénurie de matière première pour l’industrie lourde du Reich.
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  • Une vue aérienne de la baie de Bergen.
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  • Hitler est bien décidé à s’offrir le contrôle du Danemark et de la Norvège sans avoir à imposer l’ordre nazi par le déploiement de troupes trop importantes. C’est pourquoi il étudie ligne par ligne les propositions du Groupe 21. Les interventions allemandes dans l’administration et l’économie des deux pays doivent être associées à une occupation pacifique justifiée comme le plus sûr moyen de garantir la neutralité des pays scandinaves. Aussi insiste-t-il pour trouver les réponses dissuadant les gouvernements danois et norvégien d’entreprendre une résistance armée. Pour faire admettre l’occupation du Reich, le führer dissocie la mission militaire qui revient au chef du Groupe 21 de la mission civile correspondant aux domaines politiques, économiques et administratifs confiés à un agent de confiance de Berlin. Il est donc prévu de s’assurer la collaboration du gouvernement d’Oslo. Hitler ne s’embarrasse pas de scénarios inutiles et précise : « Si le gouvernement norvégien ne se soumet pas, on le démissionnera et on en fera nommer un plus docile par le roi ». Pour ce faire, il ne faut pas que le monarque s’échappe. A ce titre, le Groupe 21 reçoit une directive stricte, le 2 avril 1940 : « Le führer ordonne que la fuite des rois du Danemark et de Norvège de leurs pays au moment de l’occupation soit empêchée par tous les moyens. Les mesures nécessaires seront prises par les plénipotentiaires du ministère des Affaires étrangères en coopération avec les commandants militaires. Il sera essentiel de faire surveiller étroitement les résidences des souverains et, en cas de nécessité, de bloquer les rois dans leurs palais ».

    Le 20 mars 1940, le général Von Falkenhorst confirme à Hitler que l’opération « Weserübung » est prête. Le 1er avril, tous les responsables de la kriegsmarine, de la Luftwaffe et des corps de débarquement se retrouvent autour d’Hitler qui se fait expliquer dans le détail chaque étape de la conquête. Il s’entretient avec chaque général et pose de nombreuses questions. Falkenhorst résume ainsi cette réunion : « Le führer s’est entretenu avec chacun d’entre nous qui lui a expliqué quelle tâche lui était impartie. Il a même discuté avec les commandants des navires la question de savoir s’ils débarqueraient les troupes à gauche ou à droite d’un objectif donné. Il n’a rien laissé au hasard. C’est son idée, c’est son plan, c’est sa guerre ». La bonne ambiance qui règne lors de cette répétition générale d’état-major est confirmée par le Journal de guerre de la marine : « Hitler se déclare parfaitement satisfait des préparatifs effectués. Il considère que l’opération est osée et que c’est même l’une des opérations les plus culottées de l’histoire de la guerre moderne qui en amènera le succès ». Le führer ne masque pas son anxiété jusqu’à la réussite de l’occupation des deux pays scandinaves. Le 2 avril, le général von Falkenhorst, l’amiral Raeder et le maréchal Goering présentent conjointement un dernier rapport à Hitler. Tout est alors prêt et le dégel de la mer Baltique est suffisamment entamé pour favoriser le franchissement des unités de surface de la kriegsmarine. Le führer fixe alors au 9 avril l’attaque qui sera déclenchée à 5h15 sur tous les objectifs danois et norvégiens. Il est prévu qu’à 5h20, une note diplomatique soit remise à Oslo au roi Haakon VII par le ministre Braüer tandis qu’à Copenhague le ministre von Renthe Fink fera parvenir un document identique au roi Christian X.

    PRENDRE LES ALLIÉS DE VITESSE

    Les Alliés et d’abord les Britanniques ne restent pas inertes face à la menace. Le 6 avril, les quatre destroyers qui doivent poser des mines dans les eaux norvégiennes prennent la mer escortés par les croiseurs « Renown » et « Birmingham » et huit destroyers. Cette force est commandée par l’amiral Withworth. Le 7 au matin à Rosyth, les quatre bataillons britanniques destinés à Stavanger et à Bergen embarquent à bord de croiseurs tandis que dans le Clyde, les soldats destinés à Trondheim et Narvik montent sur le croiseur « Devonshire » et un transport de troupes. Toutes ces unités sont prêtes à lever l’ancre dès que l’Allemagne réagira à la pose des mines anglaises. Pourtant, le 6 au matin, l’ambassadeur britannique à Copenhague reçoit d’une source neutre bien informée la confirmation qu’Hitler a donné l’ordre à une division embarquée sur dix navires de débarquer à Narvik. Le Jutland doit être occupé le même jour mais la Suède sera préservée. Cette nouvelle de la plus haute importance confirmée par d’autres sources autorisées n’est pas prise en compte ! Lorsque dans la matinée du 7, des appareils de la RAF repèrent à 130 miles du cap Lindesnes un croiseur et six destroyers allemands qui font route vers le nord, personne à l’amirauté n’imagine qu’une expédition allemande peut devancer les forces britanniques de débarquement. A Londres, les plans qui ont été validés reposent sur l’idée que l’initiative est anglaise ! On est loin de l’optimisme exprimé le 2 avril par le ministre des Affaires étrangères de Norvège, Halvdan Koht dans les colonnes du journal « Aftenposten : « Tant que les deux puissances maritimes voisines de notre pays seront en guerre, la paix que nous connaissons restera menacée. Mais je ne vois pas pourquoi la Norvège serait entraînée pour autant dans une guerre ». Les télégrammes des diplomates norvégiens et danois qui résident à Berlin confirment la menace d’une occupation. L’explication qui est avancée : « Le but est d’accélérer le rythme de la guerre et de prendre les Alliés de vitesse ». Le colonel Adlercreutz qui appartient aux services de renseignement suédois précise à Oslo : « C’est bien le Danemark qui est visé en premier ainsi que la Norvège dans une seconde étape ». Un nouveau télégramme adressé le 7 mentionne que selon des sources dignes de foi, une vingtaine de bateaux jaugeant 150.000 tonneaux ont quitté Stettin dans la nuit du 5 et ont mis le cap à l’ouest. Le 8 dans l’après-midi, l’état-major danois remet une note urgente à destination du gouvernement d’Oslo : « Ce matin de bonne heure, deux croiseurs de bataille, un cuirassé, trois destroyers ainsi que de nombreuses vedettes lance-torpilles et transports armés ont passé le grand Belt, cap au nord ». L’opération n’est donc pas limitée qu’au Danemark.

    Pratiquement au même moment, le ministre de la Défense norvégien indique aux parlementaires qu’un cargo allemand le « Rio de Janeiro » a été coulé probablement par un sous-marin anglais dans les parages de Kristiansand. Il était chargé de soldats et de pièces d’artillerie avec leurs munitions. Interrogés, les soldats affirment qu’ils se rendaient à Bergen pour aider les Norvégiens à la demande du gouvernement d’Oslo. Le gouvernement norvégien ne décide pas la mobilisation de son armée et ne prend aucune mesure particulière de défense. Le Premier ministre Nygaardsvold reste imperméable aux notes alarmantes déposées sur son bureau. Il est plus préoccupé comme ses ministres par la menace britannique. Churchill et Chamberlain ont haussé le ton. Le Premier ministre a prévenu devant les Communes : « La plus importante de toutes nos armes, c’est la puissance navale et les Alliés sont résolus à poursuivre et intensifier au maximum l’emploi de cette arme. Les navires de Sa Majesté ont déjà pris certaines mesures pour faire obstacle au passage des cargos allemands en provenance de Scandinavie. D’autres mesures sont à l’étude. La Chambre peut être assurée que nous n’avons pas encore atteint la limite de notre capacité d’opération dans cette région ».

    H.C.


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    Union100217b - Marne
    SEZANNE : Pour un pôle mémoire marnais

    L’assemblée générale s’est terminée par une remise de récompenses.
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  • L’assemblée des ACPG - CATM du canton de Sézanne s’est tenue à Lachy dimanche sous la présidence de Michel Zarcovic, délégué départemental et de Bernard Obara, président cantonal. Des élus et des représentants d’association étaient présents.

    Le président a demandé une minute de recueillement pour honorer les disparus de l’année 2009. Il a repris la parole pour présenter l’état de l’association, le rapport d’activités en 2009 et celles envisagées pour 2010 avec notamment une croisière sur le Danube.

    Après l’examen de diverses questions, le président a fait un petit exposé sur les différents problèmes du monde combattant. La parole a été donnée à Claude Desplanches qui a évoqué le pôle mémoire interdépartemental : « Ce pôle sera-t-il installé à Charleville-Mézières ou Châlons ? A quelques km d’ici se dresse à Mondement la borne contre l’envahisseur qui rappelle les combats sanglants de septembre 1914 lors de la bataille de la Marne ? La Marne, qui a tant souffert, répond à tous ces critères. » Les anciens combattants ont ensuite défilé accompagné de la fanfare de Broyes, afin de se rendre au monument aux morts pour un dépôt d’une gerbe.

    Le colonel Hennequin a remis à deux Lachéens la Croix du combattant à Roger Charpentier et celle du titre de reconnaissance de la nation à Michel Mattrat. M. Sarcovic a remis à Robert Sendron de Reuves la médaille de fidélité, celle du Mérite fédéral à J.J. Moret et celle de la reconnaissance à Germaine Delizée.

    Après un vin d’honneur, un repas a réuni 152 personnes à la maison des sports de Sézanne.


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    Union100217a - Marne
    REIMS : Ces Rémoises en résistance / Yvonne Châtelain : "faire savoir que cela a existé"

    « Pour moi, c’est un honneur d’avoir su prendre une petite part dans cette lutte et, à présent, dans le fait de témoigner » : pour Yvonne Châtelain, 86 ans, « faire savoir que ça a existé et que ça peut encore arriver » c’est aussi apporter, aux jeunes, son expérience et leur ouvrir les yeux sur les dangers des dérives de certains courants de pensée.

    Fille d’un ouvrier syndicaliste, elle habite, en 1928, Alfortville. Elève en cours complémentaire, elle arrête ses études en 41 pour travailler comme « employée aux écritures » dans une maison de confection. Ses patrons lui payent des cours de secrétariat. De confession juive, ils seront arrêtés en 1942.

    Elle retrouve du travail, rejoint le groupe des « Auberges de jeunesse ». Se rend compte que le responsable a des contacts avec des jeunes voulant éviter le STO : « Je lui ai dit : tu fais de la résistance ? Si tu as besoin de moi, je suis d’accord ». On lui confie la frappe des stencils servant à dupliquer les tracts. Elle met en contact les jeunes qui veulent échapper au STO avec son chef de résistance. Le 1er mars 1944, un soir de réunion, la Gestapo, mise au courant, les attendait. « Nous étions 14 garçons et 5 filles à être arrêtés ».

    Ne pas perdre espoir

    Emprisonnée à Fresnes, après un interrogatoire « bousculé »… elle sera transférée à Romainville, emmenée à Ravensbrück en avril 1944, puis, en juin, en Tchécoslovaquie, dans un « kommando » de travail. « On souffrait de tout, du froid, du manque de nourriture et de sommeil… » Elle a toujours gardé confiance : « Il m’est arrivé de pleurer de douleur physique, de brutalité… mais jamais de désespoir : Je savais que je rentrerais ». Elle sera libérée en mai 1945. Quand elle arrive devant la maison de ses parents, elle cherche la clé dans sa cache : « Elle y était. J’ai pleuré. Cela signifiait : la vie continue… »

    Elle se marie en 1947 et aura trois enfants. Depuis une dizaine d’années, en tant que membre de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, elle se rend à l’IUFM, dans les lycées, les collèges : « Je raconte mon histoire. Je leur montre mes souvenirs, ma robe de déportée ». Sous le choc, intimidés, les jeunes ne posent pas beaucoup de questions.

    « Il faudrait les revoir une autre fois, en petits groupes. » Yvonne Châtelain ouvre un livre, montre une photo : « C’est « Résurrection » la rose mémoire de Ravensbrück ! Elle avait fini par disparaître. Un lycée horticole a réussi à la recréer ». Une belle image d’espoir…


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    Union100216a - Marne
    VICTIMES DES ESSAIS NUCLEAIRES : Des soldats français délibérément exposés à des radiations, selon un rapport

    Essai nucléaire français près de Reggan dans le sud de l’Algérie, photo prise dans les années 60
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  • L’armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d’expérimentation, selon un rapport militaire.

    Selon ce texte, le tome 1 du "Rapport sur les essais nucléaires français 1960-1965", classé "Confidentiel défense", dont l’AFP s’est procuré une copie, le fait de positionner des soldats, engagés et appelés, près du point d’explosion devait permettre "d’étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique".

    Interrogé mardi par l’AFP, le ministre de la Défense Hervé Morin a assuré que "toute la transparence sera faite" sur le niveau d’exposition aux radiations lors de chaque essai nucléaire réalisé par la France.

    L’existence de ce rapport, intitulé "La genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara", a été révélée mardi par "Le Parisien".

    Ce texte, rédigé par des officiers français certainement en 1998, donc après la fin des essais nucléaires français en 1996, fait référence notamment au dernier tir atmosphérique dans le Sahara algérien, baptisé "Gerboise verte" le 25 avril 1961.

    Peu après ce tir, deux manoeuvres ont été organisées pour envoyer des hommes en zone contaminée : certains s’étaient abrités dans des trous d’hommes à 800 mètres du point d’impact et d’autres se sont approchés en camions 4x4.

    Le but était "d’étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique, afin d’obtenir les éléments nécessaires à la préparation physique et à la formation morale du combattant moderne", précise le rapport. Ces manoeuvres devaient aussi permettre de "fixer les possibilités de franchissement de la zone des retombées" ainsi que de "réaliser un programme d’instruction sur les mesures pratiques à prendre par les combattants pour se mettre en garde, se protéger et se décontaminer", ajoute le texte. Equipés de bottes, pèlerines, gants et masque de combat, une trentaine d’hommes ont disposé de 45 minutes pour creuser des trous individuels à 800 mètres du point zéro. Après l’explosion, "les résultats constatés étaient les suivants", précise le rapport : "absence de brûlures apparentes, effets mécaniques pratiquement nuls (légère projection de sable), mesure de radioactivité relevée sur les mannequins".

    "Il semblait d’après ces résultats qu’à 800 mètres du point zéro et en dehors de la zone de retombées, le combattant aurait été physiquement apte à continuer le combat", ajoute le texte.

    Mais il reconnaît que "dans l’offensive, si l’infanterie était appelée à combattre en zone contaminée (…) les vêtements spéciaux ne lui confèreraient qu’une protection relative et il faudrait réduire la durée du séjour des unités dans une telle zone".

    M. Morin a affirmé qu’une "synthèse de ce rapport avait été faite en janvier 2007 par le ministère de la Défense", qui relatait "les expérimentations tactiques durant les opérations Gerboise verte et Gerboise rose", du nom de code des tirs entrepris il y a cinquante ans. Il a rappelé qu’une loi d’indemnisation des victimes des essais, instaurant "une présomption de cause", avait été votée, ajoutant avoir demandé "à l’Académie des sciences une étude complémentaire sur chaque tir et le niveau d’exposition, dont les conclusions seront publiques".

    La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu’à l’ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française. Des milliers de vétérans des essais nucléaires, persuadés d’avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice.


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    Union100215a - Marne
    JOUY-LES-REIMS : Les anciens combattants font le point

    Autour du président Jean Léger, Rolande Perseval, maire de Jouy, Michel Caquot, conseiller général, et Michel Zarkovic, vice-président départemental des ACPG-CATM de la Marne.
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  • L’assemblée générale des ACPG-CATM du canton de Ville-en-Tardenois s’est déroulée samedi à la coopérative de Jouy-lès-Reims, sous la présidence de Jean Léger et en présence de Michel Caquot, conseiller général du canton, Rolande Perseval, maire de Jouy-lès-Reims, et de Michel Zarkovic, vice-président départemental des ACPG-CATM de la Marne.

    Après la présentation des différents rapports et comptes rendus, la parole a été donnée aux personnalités : tout d’abord à Michel Zarkovic puis au maire de Jouy-lès-Reims et au conseiller général de la Marne. Ces derniers ont fait part de leur attachement aux anciens combattants et ont souhaité que l’association dure le plus longtemps possible car malheureusement les membres prennent tous de l’âge et les anciens disparaissent (dans le canton, il n’y a plus qu’un seul combattant prisonnier de guerre 39-45).

    Après avoir procédé aux élections et aux questions diverses, le président a clôturé les débats. L’ensemble de l’assistance avec les porte-drapeaux et la fanfare de Sacy se sont rendus au monument aux morts de la commune pour le dépôt de gerbe. Retour ensuite à la coopérative pour le vin d’honneur. Vers 12 h 30, les participants se sont retrouvés à la salle des fêtes du village où un excellent repas leur a été servi par le traiteur local. Au cours du banquet, Pierrette Sogny, veuve d’ancien combattant, a distribué le texte d’une chanson « l’Algérie » que tous ont chantée sur l’air de « Fais du feu dans la cheminée… » Yvon Briffoteaux a réussi à chanter les couplets et l’assistance a entonné les refrains, le résultat fut à peu près correct.

    Puis Michel Caquot a précisé que Jean Kremer, le vice-président, venait d’écrire un livre dont le titre est « Les fils de notre âge », disponible à la librairie Guerlin-Martin et qui « se lit d’une seule traite, tellement il est passionnant » !


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    Union100214d - Marne
    BLAISE-SOUS-ARZILLIERES : Anciens combattants : L’heure du bilan et des projets

    Les participants à l’assemblée générale.
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  • La section de Vitry-le-François-Blaise-sous-Arzillières de l’Union nationale des combattants (UNC) a tenu récemment sa 42e assemblée générale à la salle des fêtes de Blaise, en présence d’une quarantaine de participants.

    Le vice-président départemental, Bernard Thiebault, président de l’UNC de Thiéblemont-Farémont, a exposé le rapport moral présentant les activités de l’année écoulée. Pas moins de 43 sorties sont à mettre à l’actif des porte-drapeaux.

    Claude Laplaige a été réélu au conseil d’administration, ainsi que Gilbert Gilblas et Mathieu Leblanc. L’assemblée générale s’est terminée par la remise du diplôme et de la médaille de porte-drapeau pour ses 10 ans d’activité à Guy Dreer.

    Pour conclure, Le président Zentner s’est félicité du regroupement entre les associations de Blaise-sous-Arzillières, Thiéblemont-Farémont et Vitry-le-François et de la future création d’un comité d’entente des UNC du Bocage et Perthois. Il a également précisé que le congrès départemental de l’UNC Marne se déroulerait à Vitry-le-François, à la salle du Manège, le dimanche 11 avril prochain.

    Les prochaines manifestations

    Dimanche 11 avril, à Vitry-le-François (salle du Manège) : congrès départemental de l’UNC Marne ; dimanche 25 avril : Journée de la Déportation, à Vitry-le-François (stèle de la Déportation) à 10 heures ; vendredi 8 mai : commémorations à Vitry-le-François (Nécropole nationale) à 10 h 45, puis place Maréchal-Joffre à 11 heures. À Blaise-sous-Arzillières, à 11 h 45 et à 15 heures : cérémonie commémorative du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont ; dimanche 9 mai : 70e anniversaire de l’attaque de l’aérodrome de Vauclerc ; dimanche 16 mai : marche de printemps de l’UNC…


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    Union100214c - Marne
    FLORENT : Au fil de l’histoire La mort du comte d’Oualson : le canular Sivry-Ante / Assemblée générale de l’association Les mains, les mots, la voix : Des effectifs en baisse

    Voici le faux faire-part de décès d’Emile Rougeau.
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  • FLORENT était à l’époque une bourgade animée, en banlieue directe de Sainte-Ménehould.

    Le glorieux Septième de cavalerie, régiment aristocratique fourni en représentants de la noblesse, siégeait au quartier Valmy.

    A l’époque, les cadres du régiment participaient activement à la vie mondaine locale. Ils étaient conviés aux chasses et aux réceptions des alentours, nouaient avec la population des relations amicales et finissaient par se tisser des réseaux de connaissances, voire de sympathies poussées.

    Les sous-officiers comptaient parmi eux un maréchal des logis nommé Rougeau. Les relations que Rougeau cultivait se tenaient à Florent. Elles finirent par exciter quelques-uns de ses camarades, jaloux de ses succès mondains.

    Ils montèrent un canular de taille en son honneur. Le 27 mai 1887, un cuirassier en grande tenue avec un crêpe noir au bras parcourait les rues de Florent, distribuant des faire-part annonçant la nouvelle de la mort d’Emile Rougeau, « comte d’Oualson ».

    La mort était accidentelle, mais s’accompagnait d’un don exceptionnel pour l’époque d’une somme de trente mille francs aux pauvres de la commune, « pour perpétuer à jamais son souvenir dans le cœur de ceux qu’il aimait tant ».

    Village bouleversé

    La nouvelle se répandit rapidement dans le village, colportée par ses connaissances. Les hommes se rencontraient en se serrant les mains, les femmes se parlaient avec des pleurs. L’annonce du décès, confirmée par ce faire-part imprimé, avait bouleversé le village et le cœur de ses habitants. Le maire fit mettre un crêpe noir aux becs de gaz. Pour le jour du service religieux annoncé, on fit préparer chez M. Goyeux, horticulteur, un envoi massif de fleurs. L’adjoint au maire de l’époque, M. Gentin, en jaquette, l’instituteur repérable par sa maigreur, prirent la tête d’un cortège parti de Florent pour se rendre à la cérémonie annoncée au quartier Valmy.

    Le cortège se présenta à l’entrée bien connue de la caserne. Le sous-officier de service, ébahi à leur arrivée, appela l’officier de garde. Lequel leur fit part de son étonnement et leur apprit que Rougeau n’était pas comte ; que ce dernier, comme par hasard, était en train de purger une punition d’arrêts de rigueur. Il avait, sans titre de permission, fait une escapade parisienne non autorisée officiellement. Pour mieux les convaincre, il leur désigna Emile Rougeau à cheval, sous leurs yeux, à l’exercice dans la cour du Quartier.

    Sur le coup, tranquillisés, les participants sautèrent de joie en retrouvant leur bienfaiteur. Les officiels, le cortège, les fleurs, reprirent le chemin de Florent.

    Le canular, monté par des camarades jaloux, avait réussi au-delà de toute espérance. Par contre, les suites ne se firent pas attendre. Et les conséquences allaient conforter la réussite de l’exploit. De retour, remis de leur désappointement, outrés d’avoir été victimes de la tromperie et ridiculisés, les habitants de Florent écrivirent au Journal de la Marne : « Nous savons qu’à Sainte-Ménehould, la population est en liesse et fait des gorges chaudes de notre aventure… Nous n’avons qu’un mot à répondre… nous avons pêché par le cœur et nous ne le regrettons pas. »

    Mutations disciplinaires

    De son côté, en complément de la polémique locale, l’autorité militaire allait réagir sans ménagement : le glorieux Septième était transféré à Vouziers, des dégradations et des mutations disciplinaires en Afrique furent distribuées aux auteurs du célèbre faire-part.

    Pour couronner l’événement, un journaliste, Henri Paupette, rédacteur au Journal de la Marne, composa sur le thème deux chansons, Florentiana et En revenant de Florent. Cette dernière empruntait la musique d’un refrain populaire coquin déjà en vigueur à l’époque. Le chroniqueur rajoute que l’auteur n’avait pas intérêt à se montrer à Florent.


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    Union100214b - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU / LA PLACARDELLE : Sur les traces d’une guide historique en 2016 : Un roman en Argonne

    Un ouvrage sans autre prétention que de faire partager des rêves… dont certains en Argonne.
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  • UN roman qui a pour décor l’Argonne, on n’en voit pas tous les quatre matins.

    Alors plongeons-nous dans « Visions », le petit frère de « Parce qu’ils ne m’aimaient pas », écrit par Karine Collet, qui vit à La Placardelle, en Argonne marnaise.

    Son récit se déroule justement dans notre région, mais pas seulement.

    Il s’articule en effet autour de trois pôles de lieux et d’histoires, qui semblent n’avoir rien en commun…

    Le premier a pour théâtre une ville souterraine de Lybie, construite par des islamistes radicaux, des terroristes qui préparent un attentat d’envergure mondiale contre l’Occident. Pour ce faire, ils ont infiltré un agent, Carlos Médina, dans une importante société pyrotechnique française.

    Sa mission est de mêler à la poudre prévue pour les feux d’artifice du 14 Juillet un virus à l’effet dévastateur une fois libéré dans l’air.

    Le deuxième pôle se situe à Carcassonne et en pays cathare, où vit la compagne du héros, Ben.

    La visite du château local de Villerouge, associé à la mémoire de Bélibaste, dernier « parfait » cathare connu, constitue un instant-clef de l’intrigue. L’opinion publique est alors en état d’alerte, après que le virus libéré a causé des centaines de cas de brûlures inexpliquées.

    Enfin, le troisième pôle est notre Argonne, où vit la mère de Ben, Diane. Elle partage avec son fils une sensibilité particulière aux rêves, aux visions prémonitoires, à l’impalpable des sentiments…

    Affection et justesse

    Guide spécialiste des poilus de 14, elle est lancée sur la piste d’une énigme qui la conduira à rencontrer deux soldats de l’époque, déserteurs et amants, alors que l’histoire a lieu en 2016.

    L’Argonne, qui représente la famille pour le héros, est décrite avec justesse et attachement : « Pays des Bois, horizons verts vallonnés de prairies et forêts, terre meurtrie par l’histoire, préservée des industries ». Des communes du secteur sont citées, comme Châtel-Chéhéry. Bref, un moment sympathique proposé par l’auteure, qui affiche pour seule ambition de faire partager ses rêves.

    Pour être tout à fait honnête, les fautes d’orthographe qui auraient mérité une relecture plus sérieuse, la ponctuation fantaisiste et la lourdeur occasionnelle de certaines tournures risquent de faire décrocher le puriste.

    Mais le lecteur qui s’abandonnera comme dans un rêve se plaira sans doute dans ce songe de papier…

    Jacques BERTHION

    Visions, Karine Collet, 270 pages, 21 euros. Chez Leclerc.


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    Union100214a - Marne
    HISTOIRE : Publicité et désinformation

    La publicité joue-t-elle un rôle en cette période de guerre ? Une marque d’apéritif ne se prive pas d’offrir des cartes postales sur lesquelles est mentionné le message du président du Conseil Edouard Daladier : « La France a pris les armes pour une cause juste et humaine. C’est pour cela qu’elle aura la victoire ». La certitude de la protection de la ligne Maginot est attestée par les chansonniers au premier rang desquels figurent Ray Ventura et ses collégiens.

    Ils avertissent non sans audace les Allemands et chantent : « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried ». Le calme persistant sur le front entretient un climat défavorable de lassitude.

    Les correspondants de guerre sont préoccupés par cette oisiveté contrainte du combattant qui est tenté par le désœuvrement. La politique française de propagande est fragile et ce n’est pas la mise à l’écart de Jean Giraudoux et son remplacement début mars 1940 par Ludovic-Oscar Frossard qui devient ministre de l’Information qui change quoi que ce soit. Les murs restent placardés d’affiches promettant la victoire prochaine : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». On insiste aussi sur la puissance de l’alliance franco-britannique qui est bien relayée par les actualités cinématographiques.

    Les Britanniques sont mieux organisés avec les services de Bruce- Lockhart dont le titre est directeur de la guerre politique. Il est installé avec ses collaborateurs à Woburn dans le Bedfordshire. Sa mission est de travailler en bonne intelligence avec la BBC et le ministère de l’Information à Londres. Seulement cet éloignement imposé d’une cinquantaine de kilomètres de la capitale n’est pas heureux parce qu’il complique les liaisons. Au sein de l’équipe on recense à la fois des fonctionnaires, des journalistes, des avocats et même des universitaires sans oublier un jardinier paysagiste. Le point convergent entre ces personnalités aux parcours si différents est qu’elles connaissent très bien un pays d’Europe.

    Les services de Bruce-Lockhart supervisent les programmes de la BBC émis depuis Londres vers les pays étrangers. Il semble pourtant qu’au moins au début de la guerre, on manque plutôt de rigueur.

    Duff Cooper explique : « Il y avait au ministère trop peu de fonctionnaires de métier et trop de brillants amateurs. Il était obligatoire que la présence de tant d’hommes capables mais indisciplinés dans un seul ministère amène beaucoup de frictions ».

    Bruce-Lockhart note pour sa part : « En fait, il y eut durant cette période plus de combat politique sur le front intérieur que contre l’ennemi ». Sans doute parce que Chamberlain comme Churchill ne s’intéressent pas à la propagande.

    Ils estiment que c’est d’abord la guerre d’action qui compte, bien plus que celle des mots. Un avis qui est partagé par le maréchal Harris, commandant de l’aviation de bombardement chargé de larguer des tracts au-dessus de l’Allemagne et qui est défavorable à ces vols : « Je n’ai guère envie d’exposer mes équipages pour larguer des feuilles de papiercul ».

    Côté allemand pendant la « drôle de guerre », et particulièrement pendant les deux premiers mois de 1940, tout est fait par les services de Goebbels pour monter les Français et les Anglais les uns contre les autres. Si les Britanniques larguent des tracts sur l’Allemagne, les Allemands ne se privent pas d’en faire autant au-dessus des lignes françaises. Il s’agit de tissus de mensonges très bien écrits où l’on minore l’assistance anglaise sur le territoire métropolitain tandis qu’on insiste sur la corruption inouïe régnant dans les hautes sphères du pouvoir. On réitère la collusion existant entre les ministres et la finance juive, on accuse les soldats britanniques de violer les adolescentes et de poursuivre de leurs assiduités des femmes dont les maris sont au front. Goebbels, qui fait une fixation contre les Britanniques, imagine un émetteur écossais dont le speaker s’exprime en dialecte et insiste sur les iniquités anglaises en Ecosse et en Irlande. Il accuse les Anglais de lever des régiments d’Ecossais et d’Irlandais pour se battre à leur place. L’antisémitisme est aussi employé mais il ne s’avère pas très efficace. Les Anglais s’insurgent contre ces persécutions. L’erreur que commet Goebbels atteste les limites de sa culture.

    Comme Hitler, il a peu voyagé hors d’Allemagne si bien qu’il ignore les comportements locaux. Il ne suffit pas de traiter Churchill : « de gros gueulard et d’ivrogne incompétent », de Eden : « de petite secrétaire d’Etat bien parfumée faisant bonne figure parmi les personnages de synagogue » pour gagner les cœurs. Cela semble même ridicule. Sûr de lui et conforté dans ses méthodes depuis la victoire allemande au cours de la campagne de Pologne, Goebbels ne ménage plus les susceptibilités des étrangers. C’est ainsi que 5 avril 1940, des personnalités politiques danoises et norvégiennes ainsi que des chefs d’entreprises sont invités à l’ambassade d’Allemagne à Oslo pour la projection du film « Baptême du feu » qui met au jour la futilité de la résistance polonaise aux troupes du Reich. Cinq jours plus tard, l’Allemagne envahit conjointement le Danemark et la Norvège !


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    HISTOIRE : Léon Blum et le malaise des politiques

    Léon Blum aurait préféré un gouvernement restreint dès la déclaration de guerre. En février, il aimerait que le président du Sénat, Jules Jeanneney devienne président du Conseil.
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  • Léon Blum sait qu’il peut rapidement devenir un bouc émissaire.
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  • Que pense le leader socialiste Léon Blum en ce début février 1940 ? Depuis qu’il a proposé à Edouard Daladier en septembre 1939 la création d’un cabinet de guerre, à l’exemple de celui constitué par Georges Clemenceau durant la Grande Guerre, on ne l’a guère entendu.

    Favorable à la constitution d’une petite équipe représentative de l’ensemble des forces politiques françaises, il n’est pas écouté. Aussi reproche-t-il au président du Conseil d’exercer un pouvoir trop personnel et de ne pas assez écouter les suggestions formulées autour de lui. Daladier se méfie de Blum. C’est aussi la raison qui l’a poussé à rejeter la demande de convocation du Parlement formée par son prédécesseur.

    Le leader SFIO estime que l’immobilisme du gouvernement génère un lourd handicap que dissimule la drôle de guerre. Il est favorable à la désignation d’un nouveau chef du gouvernement et pour lui, la personnalité la plus compétente est le président du Sénat Jules Jeanneney : « Je pensais que malgré son âge, ce vieillard était l’homme le plus capable de constituer un cabinet d’union entre tous les partis et de faire prévaloir une direction et une volonté unique, de composer et de mener son ministère selon le seul intérêt du pays et sans aucune acceptation de personnes ou de partis ».

    Alors qu’après la Chandeleur, Jules Jeanneney est informé du vœu de Blum, il refuse tout net le rôle que tient à lui voir jouer ce poids lourd socialiste dont la cote de popularité a chuté. Convaincu que les soutiens de Daladier sont de moins en moins nombreux, il considère que son départ n’est que l’affaire de quelques semaines. Il n’exclut pas que son ami Paul Reynaud puisse se retrouver en situation favorable mais il n’en a pas la certitude.

    Il soupçonne également que l’idée d’un cabinet de guerre restreint est loin de faire l’unanimité et que malgré la guerre déclarée, l’obtention d’un poste ministériel reste pour certains un objectif essentiel. Constituer dans un tel climat une union sacrée est un vrai défi. Le danger couru par la patrie, la nécessité de l’effort national sont affichés mais pas forcément partagés. Cette guerre quasi virtuelle, sans opérations militaires d’envergure entretient les luttes politiques.

    TIRADES ANTICLÉRICALES

    Blum omet alors de reconnaître que son propre parti concourt à la poursuite des luttes internes sans renoncer à des tirades anticléricales qui provoquent de vives réactions. Comme celle de l’abbé Luquet qui réplique : « Qu’a-t-on à reprocher au clergé catholique ? De se consacrer au bien public et de n’avoir pour vivre que les aumônes que lui font ses fidèles, de mener un dur métier en même temps qu’un genre de vie très modeste et de trouver encore le moyen de faire servir la plupart des aumônes qu’il reçoit à l’entretien d’œuvres très diverses dont profite le peuple et bénéficie l’Etat ».

    Blum estime que bien des divisions déclarées sont artificielles et qu’il y a trop d’exagérations à s’en prendre de la sorte aux croyants. Il est lui-même choqué. Il l’est tout autant par la querelle entre les partisans d’une conciliation avec Hitler et ceux qui défendent le principe de la fermeté à l’égard du führer. Tant que les hostilités ne sont pas déclenchées à l’ouest, des décideurs croient que le Reich va faire des offres de paix et militent pour que le gouvernement saisisse la perche de Berlin. Les communistes agissent clandestinement dans cette direction qui est aussi la position adoptée par l’Union nationale des combattants rejetant l’idée d’un nouveau conflit. La presse fascisante est sur la même ligne, « Je suis partout » en tête.

    Au Parlement, un groupe d’une quarantaine de députés et de sénateurs comprenant plusieurs élus socialistes autour de Pierre Laval et Pierre-Etienne Flandin mène une activité de propagande en faveur de la paix au sein même du gouvernement. Curieusement pour ces gens Blum serait une sorte de chef du clan du bellicisme. Le directeur de la publication du « Populaire » reçoit de nombreuses lettres de désabonnement de lecteurs protestant contre le caractère guerrier du journal.

    DES MILITANTS « BRIMÉS »

    Le malaise au Parti socialiste est profond.

    Des militants audois interpellent Blum dès le 31 janvier : « Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi le parti le plus fort, le plus nombreux est écarté du pouvoir et ses militants brimés ». Il comprend bien qu’une partie des socialistes lui sont hostiles même si Camille Pelletan lui écrit qu’il est l’un des rares hommes politiques« à avoir conservé sa sérénité de jugement, l’égalité dans l’énergie et cette foi profonde dans l’idéal dont l’absence ou l’insuffisance constituent l’alarme des temps présents ». Son ami Georges Pioch confie : « J’ai cette mélancolie, elle m’est douloureuse, de vous être éloigné aujourd’hui dans le seul service qui vaille d’être tenté : celui de la paix ».

    Blum ne se fait aucune illusion, il sait qu’il peut très vite être un bouc émissaire. Détesté par les radicaux, critiqué par une partie des socialistes, vomi par les communistes, on le juge belliciste et, qui plus est, son judaïsme est une circonstance aggravante puisque les racistes de tout poil mettent en doute son patriotisme.

    Le propos de ce sénateur qui lui a écrit le 27 décembre 1939 semble bien dépassé et pourtant il le conserve précieusement : « Vous avez été ce que vous êtes toujours, courageux, loyal, décisif, Hélas ! Vous vous adressez, par-dessus votre parti, à une France qui, j’en ai peur, est prête à tout subir. Vous ne pouvez croire combien est spécialement écœurante à cet égard l’atmosphère du Sénat. Les trois quarts des radicaux de l’assemblée sont devenus tellement réactionnaires qu’ils détestent Herriot plus encore que vous-même. Il est à leurs yeux encore plus Moscou que vous ».


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    HISTOIRE : Overstraeten : l’épouvantail belge

    Le général Gamelin tergiverse aussi et les Alliés ne franchissent pas la frontière belge.
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  • Le roi des Belges avec son ministre Denis et une partie de son état-major au cours d’une visite aux armées. Il ne croit toujours pas à la violation de la neutralité de son pays.
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  • CRITIQUES. Gamelin et son état-major sont excédés par l’attentisme belge qui, sous couvert d’une stricte neutralité, ne parvient pas à anticiper une solution pour se protéger d’une attaque certaine des troupes du Reich.

    Bien sûr, en ce début février, le roi des Belges Léopold III est vivement critiqué par les Alliés puisqu’il campe sur une position neutraliste d’autant plus indéfendable qu’il dispose de documents démontrant l’intention d’Hitler de soumettre le Benelux et reçoit des informations de première main confirmant que l’attaque aéroterrestre destinée à prendre le contrôle de l’Europe de l’ouest est une question de semaines. Les officiers d’état-major ne s’insurgent pas seulement contre le souverain de Bruxelles. Ils sont véhéments à l’égard du général Raoul Van Overstraeten, 55 ans. Quelques-uns lui reconnaissent un esprit militaire incisif ; d’autres, plus sévères, le taxent de mauvais génie du roi. Tous se retrouvent pour affirmer qu’il porterait une lourde responsabilité en cas de victoire de l’Allemagne.

    Est-ce une manière de s’affranchir par anticipation de toute responsabilité dans un désastre prévisible eu égard à l’impréparation persistante des armées.

    Overstraeten est natif d’Ath, une petite ville de garnison. Fils d’un officier d’origine flamande et d’une mère wallonne, il se définit comme un vrai Belge. Sorti diplômé de l’Ecole royale militaire et de l’Ecole d’application, il choisit l’artillerie à cheval. Officier brillant, il entre dès 1910 à l’Ecole de guerre dont il sort deux ans plus tard pour intégrer le Corps spécial d’état-major. Son vécu de la Grande Guerre en fait à la fois un théoricien brillant et un tacticien expérimenté mais son caractère tranchant est loin de séduire.

    « IL FAIT PENSER À UN SERPENT »

    Si le roi lui fait une entière confiance, il n’a pas plus les faveurs de Londres. Il traîne une sale réputation depuis un voyage au Congo en 1929 au cours duquel son autoritarisme avait scandalisé la reine Elisabeth. Ses propos d’alors sonnent en 1940 comme une condamnation : « C’est un être parfaitement odieux. Il a quelque chose d’inhumain et de froid qui fait penser à un serpent ».

    A la même époque, des officiers supérieurs ont à son égard la dent dure : « Quand il accompagne le roi, il se permet de traiter des généraux même pas comme des stagiaires de l’Ecole de guerre, mais presque comme des écoliers. Après leurs exposés en présence du roi, il démontre leurs erreurs sur un ton méprisant et cassant destiné à blesser. Il ne se cache pas de la piètre opinion qu’il a de ses collaborateurs ».

    Alors comment ce général antipathique a-t-il un si grand ascendant sur le roi ? Léopold III le considère plus intelligent que lui, plus dur et cela le rassure. Le souverain, volontaire et obstiné, n’a à l’évidence pas la même stabilité intellectuelle qu’Overstraeten, aussi s’appuie-t-il sur ses analyses et ses intuitions pour parfaire sa posture. Le roi mesure les conséquences de l’intransigeance de son conseiller spécial à l’égard des principaux responsables des armées mais il s’en accommode.

    Le général ne facilite pas les relations entre le ministère des Affaires étrangères et celui de la Défense. Lorsque le baron Muûls, conseiller juridique des Affaires étrangères, professeur à l’Ecole de guerre et officier de réserve, est envoyé avec des renseignements sur des offres de coopération militaire de la Hollande, il est tancé de verte façon et doit écouter une leçon de haute stratégie juste pour condamner sa démarche. Dès lors on comprend pourquoi les relations avec les Alliés restent glaciales. A Londres comme à Paris, on est d’accord pour considérer que l’armée belge forte de 650.000 hommes est surabondante mais manque de cadres et est handicapée par une chaîne de commandement trop rigide. Les régiments d’infanterie sont à trois bataillons de trois compagnies de fusiliers, plus une compagnie de mitrailleurs. Un quatrième bataillon d’engins groupe une compagnie de mitrailleurs supplémentaires, une de mortiers et une d’antichars. Overstraeten est favorable au développement de l’artillerie qu’il privilégie à celui de l’aviation. Il ajoute : « Une armée vaut ce que vaut son infanterie ». Et cela a des conséquences. En février 1940, les Belges ont une pénurie de canons de DCA. On ne recense qu’une trentaine de batteries de 75 mm obsolètes et neuf batteries Bofor de 40 mm à tir rapide. Les véhicules pour les transporter sont en nombre insuffisant ! La Belgique manque de blindés qui sont considérés par des parlementaires comme des armes offensives, ce qui est incompatible avec un pays neutre. Aussi le général peut rédiger des notes où il affirme qu’un bataillon d’infanterie en contre-attaque a besoin du soutien de cinq chars en ligne et de cinq en soutien. L’armée belge mobilisée depuis septembre 1939 compte deux cent seize bataillons d’infanterie mais seulement huit chars !

    Comment s’étonner que les quelques confidences faites aux Franco-britanniques parient sur deux à quatre jours de combat retardateur avant d’être submergé.

    Selon l’universitaire liégeois Francis Ballace, le colonel français Auguste Hautecoeur qui a été stagiaire à l’Ecole de guerre belge et attaché militaire à Bruxelles a confié à l’historien Jean Vanwelkenhuyzen : « Notre malheur commun en 1940 est que les rôles principaux ont été mal distribués. Vous avez eu le général van Overstraeten. Nous avions le général Gamelin. Il aurait fallu l’inverse. Le chef était chez vous et vous n’en aviez pas tout à fait l’usage. Nous, nous avions un homme qui avait toutes sortes de qualités, sauf celle justement qu’il aurait dû avoir ». Overstraeten est un grand penseur mais il n’est pas un acharné du commandement effectif. Les Alliés ne peuvent donc pas compter sur une résistance durable de l’armée belge d’autant qu’ils ne croient guère à la capacité défensive de sa ligne de forts anciens et modernes qui sera forcément soumise à un intense bombardement aérien de la Luftwaffe.

    Le drame est qu’engager un vaste mouvement de troupes en Belgique dès lors que les panzers du Reich auront violé la frontière du royaume constituera une perte de temps irrattrapable. D’autant que les colonnes franco-britanniques de renfort seront également soumises aux frappes aériennes de l’ennemi.

    Côté français, on ne se risque à pas à certifier que les Allemands ne réussiront pas à couper le pays en deux et à gagner Anvers. Une hypothèse qui inquiète Londres. Chamberlain et Churchill y voient une lourde menace parce que les Allemands disposeraient alors en Belgique de bases de conquête de la Grande-Bretagne. Toute cette cogitation excite les tensions.

    Les idées ne manquent pas pour parer au pire. La volonté du Premier lord de l’amirauté de « s’asseoir sur la neutralité belge » pour forcer le destin est d’une évidente lucidité et les événements de la première quinzaine de janvier l’ont convaincu de la plus grande fermeté. Seulement la frilosité du Foreign office sert le IIIe Reich.

    H.C.


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    Union100213a - Marne
    TINQUEUX : Anciens combattants Le nombre d’adhésions en baisse

    De gauche à droite à la tribune : Jean-Daniel Courot, Arnaud Robinet, Lucienne Becker, Gilles Richard, Cédric Lacroix et Georges Marette.
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  • Les anciens combattants et victimes de guerre de Tinqueux se sont réunis, dimanche, dans l’amphithéâtre du collège Paulette-Billa pour leur 29e assemblée générale sous la présidence de Gilles Richard. Après les différents comptes rendus et l’acceptation de porter à 20 € la cotisation 2011, MM. Bertrand, Charlier et Labrousse, membres de la commission de contrôle ont été reconduits dans leur fonction. Dans son rapport moral, Gilles Richard a rappelé la baisse des effectifs de plus en plus importante due à l’âge des adhérents, la nécessité de se tourner vers les anciens militaires des missions à l’extérieur qui sont aussi des anciens combattants. Georges Marette a fait part des avancées de la mutuelle et a rappelé que son but est de rentabiliser, préserver les intérêts de chacun. Plusieurs personnalités ont assisté à l’assemblée : Arnaud Robinet, député de la Marne, Lucienne Becker, maire adjoint et secrétaire de l’association, Cédric Lacroix, président départemental des anciens combattants, Jean-Daniel Courot ,directeur du service départemental de l’Onac, Georges Marette, représentant la France Mutualiste, et le lieutenant Colin des sapeurs pompiers volontaires de Tinqueux. Une gerbe a été, ensuite, déposée au monument aux morts. Un vin d’honneur a clôturé cette matinée suivi d’un repas amical et animé.

    Informations et cotisations à la Maison des associations, rue Croix-Cordier de 10 à 12 heures, chaque dernier samedi du mois.


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    Union100210a - Marne
    SILLERY : La renaissance pour les anciens combattants

    Les adhérents attentifs.
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  • C’est à Sillery que s’est tenue la dernière assemblée des anciens combattants de Sillery, Taissy, Puisieulx et Saint-Léonard, en présence de Daniel Bonnet et André Secondé, maires de Taissy et Puisieulx et de représentants des autres communes.

    Robert Marguet, président, a d’abord expliqué la raison pour laquelle la société s’est dissoute en décembre dernier pour renaître en association début janvier. « C’est pour des critères administratifs et financiers du fait de notre statut de mutuelle. Cela sera préférable pour nous d’être en association loi 1901. » Jean-Marie Loret, trésorier, a présenté un exercice s’établissant à 0 €. « C’était obligatoire de tout « dépenser », car il était interdit de transférer l’argent présent de notre ancienne trésorerie à la nouvelle. Les travaux de la stèle-ossuaire située sur la RD 944 étant quasiment terminés, ils ont donc été réglés. Mais maintenant, je demande aux communes de nous verser leurs subventions le plus rapidement possible, car nous ne pouvons plus travailler pour le moment. »

    M. Marguet a présenté des photos expliquant les travaux réalisés sur cette stèle puis présenté les projets 2010 : sortie à l’Arc de Triomphe et au Mont Valérien le 20 mars, le congrès départemental à Sept-Saulx le 22 mai et l’inauguration des travaux de la stèle le 4 juin. D’autres dates seront proposées en aval.

    88 adhérents composent l’association et la cotisation est portée à l’unanimité à 20 € pour l’année prochaine. Une minute de silence a été observée en hommage à deux adhérents disparus cette année : Roger Debeiner de Puisieulx et Jacquy Baudot de Mailly-Champagne.


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    Union100209a - Marne
    FISMES : Le Souvenir français va dans les écoles

    Une médaille à Mme Gowacki et M. Caron.
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  • « Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts. » Cette citation de Victor Hugo, reprise par M. Galantin, président de la section fismoise du Souvenir français, donne bien l’esprit de cette association. Elle compte 52 personnes dévouées à conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France, à entretenir leurs tombes et les monuments, et à transmettre le devoir de mémoire aux nouvelles générations.

    M. Galantin insiste sur le fait que la mémoire n’est pas qu’un devoir, c’est une mission, une vocation : « Chacun devrait perpétuer le souvenir de ceux qui sont allés jusqu’à donner leur vie pour la patrie et lui rendre la liberté. » Les compagnons du Souvenir français, depuis près d’un siècle et demi, œuvrent pour que « les expériences du passé préparent l’avenir », « pour éviter que l’usure du temps ne conduise à banaliser l’intolérable ». Il rappelle que cette année aura lieu le 70e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale.

    Après l’évocation des participations aux cérémonies patriotiques et associatives, le président a expliqué qu’il dirige dorénavant son action vers le milieu scolaire (exposition-mémoire).

    Après la remise de la médaille de bronze du Souvenir français à Mme. G. Nowacki et à M. H. Caron, Jean-Pierre Pinon, maire de Fismes et conseiller général, s’est félicité qu’« à Fismes la culture de la mémoire soit bien ancrée, la population, jeune et moins jeune, répond toujours présent aux manifestations commémoratives ». Il a informé l’assemblée qu’après la réfection du monument aux morts, l’aménagement de la place est envisagé. Il répond positivement à la demande de M. Galantin de donner des noms patriotiques à de nouvelles rues de Fismes.

    Le bureau de l’association est composé de M. Caron, trésorier ; M. Le Roux, secrétaire ; M. Gaultier, responsable recrutement ; M. Leulmi, porte-drapeau ; M. Leroy, commissaire aux comptes adjoint.


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    Union100208a - Marne
    REIMS – AFMD : Passeurs de mémoire

    A l’écoute des conférenciers.
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  • Veiller à empêcher le retour du fascisme, tel est le but de l’association des Amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation.

    L’ASSOCIATION des Amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation (AFMD) poursuit sa mission avec détermination.

    « L’année 2010 est importante pour nous : elle marque le 65e anniversaire de la libération des camps », rappelle Hélène Lebrec, présidente de la délégation de la Marne de l’AFMD.

    Commémorations, témoignages et conférences vont se succéder dans la Marne (déjà en janvier il y a eu deux représentations théâtrales). Par ailleurs, on a pu apprécier une conférence de Jean-Pierre Husson fin janvier à la Maison de la vie associative de Reims. Une communication a aussi été faite par Max Weinstein. Né en 1927 à Nancy, dans une famille de juifs venue de Pologne, il est entré à 17 ans dans l’UJJ (union de la jeunesse juive) et suivi de l’intérieur les divers organes de presse clandestine. Il a évoqué la mémoire des résistants juifs de la main-d’œuvre immigrée.

    Aujourd’hui, avec d’autres camarades de l’époque, il crée au 4, rue de Paradis à Paris un lieu de mémoire consacré aux résistants juifs de la MOI (conférence de lancement le 24 mars).

    Guider la jeunesse

    De son côté, l’AFMD justifie son action : « L’histoire et les témoignages des anciens résistants ou victimes des persécutions n’ont de sens que s’ils guident notre jeunesse sur les routes d’un avenir pacifique et humaniste »… Voila pourquoi, depuis dix ans, l’association poursuit son effort, auprès d’autres bénévoles de la Licra, du Souvenir français etc. pour que chacun « veille à empêcher le retour du fascisme ».

    Localement, un souci est évoqué régulièrement : celui du non-respect de l’emplacement réservé au monument des Martyrs de la Résistance, à Reims, par les forains qui débordent sur son espace. L’adjointe, Virginie Coez, s’est montrée très ferme à ce sujet et a promis de demander à ce qu’on « scelle à nouveau la grille amovible ». Elle a évoqué le succès, auprès des scolaires, des expositions présentées dans le hall de l’Hôtel de ville. Des commémorations sont annoncées pour le 24 avril, le 8 mai, le 30 août et la Nuit de cristal.

    Autres événements

    Dans le cadre de la semaine de lutte contre le racisme : reprise de la pièce « Avec ou sans étoile » de Gérard Thévenin, le 23 mars à 20 heures au conservatoire National de Région, 20, rue Gambetta à Reims et le 14 mai au Flambeau à Reims. Adultes 5 euros, jeunes 3 euros (une table ronde sera organisée en juin sur ce sujet à la bibliothèque Carnegie le 5 juin à 16 heures). Voyage historique au Struthof le 29 mai. Visite à Colombey-les-Deux-Eglises le 16 octobre.

    Renseignements et inscriptions au 03.26.61.52.16
    www.afmd.asso.fr


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    Union100207a - Marne
    HISTOIRE : Racisme et discrimination l’ombre des SS

    Himmler considère que la purification de la race passe par la persécution et ne cesse d’imaginer et de discuter les meilleurs moyens d’éliminer ceux qui ne conviennent pas et créer le profil type de l’Allemand de demain.
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  • PERSÉCUTIONS.

    Les mesures restreignant les Libertés des Juifs témoignent des graves dangers encourus tandis que Les nazis imaginent des fabriques d’aryens dont ils assurent la gestion et La sécurité.

    De nouveaux signes alarmants sur la politique éducative et raciste développée par le Reich marquent un raidissement des hiérarques hitlériens. Le 24 janvier, le maréchal Göring, patron de la Luftwaffe charge le chef de la police de sûreté et du service de sécurité, Reinhardt Heydrich de résoudre la question juive par l’émigration. Heydrich ne tarde pas à réagir avec zèle puisque le 30 depuis Berlin, il ordonne des expulsions de juifs vers Lublin en Pologne orientale. Déjà le 26, les autorités allemandes avaient interdit aux juifs polonais de voyager par le train. Par sa naissance et son éducation, Heydrich appartient pourtant à l’autre bord de l’Allemagne hitlérienne, celui des officiers aristocrates dont les nazis étaient jaloux. S’il a gravi si vite les échelons pour devenir un cynique terrifiant c’est qu’il a été exclu de la marine pour avoir séduit la fille d’un officier supérieur. Il rejoint alors les SS et Himmler en fait son second. Lorsqu’il est mandaté par Göring, il réfléchit à la création d’escadrons particuliers d’intervention destinés à régler la question juive dans les territoires occupés. Ce qui est bien le signe que la persécution ne fait que débuter.

    Dans le même temps, Himmler tente de démontrer le pouvoir de nuisance des tziganes pour mieux justifier sa décision d’en déporter trente mille. Cet homme impitoyable qui était déjà à côté d’Hitler lors de la tentative de putsch de Munich a été promu à la tête des Schützstaffel (SS) dès 1929 et a développé le service d’ordre du parti qu’il transforme en rival des chemises brunes, les SA avant d’en éliminer les cadres lors de la Nuit des longs couteaux le 30 juin 1934. C’est un tueur et la fixation qu’il porte aux tsiganes est un très mauvais signe pour eux. Responsable de la politique antisémite du parti, il ne cesse pas de prendre des initiatives promptes à persécuter les juifs et considère depuis septembre 1939 que la Pologne est : « un territoire d’expérimentation recommandé pour imaginer l’extermination des juifs ». Il est aussi favorable à la transformation de la main-d’œuvre polonaise en : « réservoir d’esclaves pour l’économie de guerre du Reich » et au port d’un signe distinctif « P » pour qu’ils soient identifiés sans aucun doute. Himmler a plus que jamais en ce début d’année la pleine confiance d’Hitler et sa fidélité absolue envers le führer est le moteur de son action.

    Les rétorsions à l’égard des Juifs se multiplient. Après les épisodes polonais c’est au tour des Juifs tchèques d’être dans le collimateur des nervis nazis. Ces derniers décrètent le 10 février la fermeture de la totalité des magasins de textiles, de vêtements et d’articles de cuir qui appartiennent à des familles israélites. Le « Reichsprotektor » de Bohême-Moravie, von Neurath prend des mesures complémentaires à savoir la confiscation des bijoux et métaux précieux en leur possession et leur mise en vente au profit de l’Allemagne. Face aux réactions courroucées des intéressés, il menace alors d’ordonner la fermeture sous vingt-quatre heures de tous les commerces tenus par des Juifs et s’engage à les confier alors : « à de vrais Allemands travailleurs ».

    GOEBBELS ET LES ARTISTES DÉCADENTS ET DÉGÉNÉRÉS

    A Prague, toutes ces mesures violentes sont comprises comme le commencement d’une politique d’élimination systématique des Juifs de la vie économique nationale. Cette politique atteint aussi les artistes. Le 10 février encore, les services de la propagande de Joseph Goebbels s’en prennent : « aux artistes décadents et dégénérés » qui sont une honte pour leur pays et pour l’art.

    C’est ainsi que le peintre suisse Paul Klee qui a longtemps enseigné en Allemagne est traîné dans la boue pour son incapacité à représenter : « le type humain allemand idéal ». A Berlin, on privilégie Arno Breker et sa : « grandiloquence pompeuse » à la création intelligente.

    La politique menée envers les jeunes enfants est tout aussi préoccupante. Au prétexte de prendre modèle sur les valeurs éducatives pratiquées par les cités grecques dans l’Antiquité ; les nazis mettent en place sous le nom de « Sources de vie » (Lebensborn) ce que certains nomment des « Haras pour SS ». L’ambition secrète des dirigeants est de réussir la conception d’enfants purement aryens. Des centres spéciaux sont installés dans les zones rurales et destinés à prendre en charge des jeunes femmes enceintes de SS tout en leur garantissant des conditions sociales privilégiées. Alors qu’à Sparte on retirait l’enfant à ses parents à l’âge de sept ans pour entamer sa formation de futur combattant, il s’agit ici de confisquer le bébé dans les semaines qui suivent sa naissance au profit d’une prise en charge exclusive par des cadres habilités du Reich. Cinq Lebensborn sont déjà opérationnels en janvier 1940 mais Hitler juge ce nombre très insuffisant, aussi ordonne-t-il de délivrer des crédits complémentaires pour accélérer la construction de nouveaux établissements et en assurer une meilleure répartition géographique. Les futures mères, une fois la porte franchie découvrent qu’elles ont en réalité pénétré dans une prison où les conditions d’hygiène sont déplorables et les règles de vie d’une rare dureté. Chaque portail est surmonté du drapeau SS et la sécurité est assurée par des hommes en armes qui contrôlent les rares permissions de sortie et sont intransigeants sur le respect des règles de vie collective et sur le partage des corvées d’entretien. La méchanceté qui règne dans ces maternités à la croix gammée provoque des drames. Certaines futures mamans se suicident. D’autres le font une fois leur enfant confisqué ; d’autres tentent de s’échapper ou réussissent à s’enfuir et sont recherchées pour être éliminées avant d’avoir parlé. Une certaine confusion règne dans la société allemande sur la nature de ces Lebensborn. Certains les assimilent à des lieux de stupre et de débauche. Seuls les plus nazis reconnaissent qu’il s’agit de centres pilotes : « de régénérescence de la race ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD


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    HISTOIRE : Hauteclocque : « Se commander à soi-même »

    A quoi pense le capitaine Philippe de Hauteclocque en ce début d’année 1940 ? Cet officier reçu major au concours de l’École de guerre en 1938 a les qualités des grands stratèges et s’avère aussi un tacticien d’exception. En septembre 1939, avec la 4’ DI formée de réservistes de la région d’Amiens il doit rejoindre les Ardennes mais il est contraint à une halte à Hirson où ses soldats sont occupés à des travaux défensifs pour renforcer la ligne Maginot inachevée sur ce secteur. Rien de bien significatif mais en janvier le quotidien change avec des patrouilles et des embuscades de nuit à la corne nord de la forêt de la Warndt. Hauteclocque le Picard est alors chef d’état-major de l’infanterie divisionnaire et il se distingue en ne quittant pas le poste de commandement avancé. Ce qu’il cherche est le contact avec l’ennemi et il n’hésite pas à prendre la direction des opérations lorsqu’il le faut. On le dit critique à l’égard de la « drôle de guerre » conduite par l’état-major. Il est en vérité d’une grande sévérité envers les options retenues. La situation lui paraît lourde de dangers pour l’avenir. Lorsque le 7 janvier 1940 la 4e DI est placée en réserve générale à Montreuil, il s’emploie à instruire la troupe avec rigueur. On considère alors qu’il est mal employé et son nom est avancé pour prendre la tête du 3e bureau. Ce ne sera effectif qu’en avril.

    Hauteclocque est un homme d’action qui se méfie des idées bien ficelées et du brillant de la dialectique. Il est enjoué, apprécie les bons côtés de la vie mais est jugé austère car il ne pratique pas l’humour. Sa concentration, il la met toujours au service de sa détermination. Il est une figure de l’aristocratie rurale, se méfie de la République, lit volontiers « L’Action Française » et souscrit à l’idée que le présent vient du passé. C’est un soldat entier prêt à tous les sacrifices pour servir le drapeau. Il a un tempérament de meneur. Le général Vézinet écrit de lui : « L’image qu’on se fait de lui au moment où la destinée va l’entraîner sur la voie aventureuse de la gloire est inachevée mais elle laisse apparaître quelques traits particulièrement nets d’un tempérament d’exception. On découvre une intelligence large qui se saisit d’emblée de l’essentiel des problèmes et va droit à la synthèse sans considérations superflues. La langue qui exprime ses idées est elliptique et dépouillée. Sa forme d’esprit est celle d’un homme d’action qui ne s’accroche qu’à la pensée susceptible d’aboutissement pratique ».

    Pour le comprendre, il faut savoir qu’à la base de tout, il y a la foi, moteur de tous ses actes. Pour lui, l’action est la forme naturelle de la prière. En ces premières semaines d’une année 1940 dont il craint qu’elle ne soit bien sombre pour la France, il est prêt à sublimer ses actes pour faire honneur à son pays. Il conserve sur lui une image du père Charles de Foucauld au dos de laquelle, il a porté ces mots : « se commander à soi-même ». Bref, son éthique est marquée de spiritualité et de fait il sait contrôler ses impulsions et parfois ses réactions brutales qui lui donnent une marque de sévérité excessive ne correspondant pas avec son cœur. Il possède le prestige du baroudeur qu’il a été en Afrique du Nord et est réputé pour : « une vie irréprochable et un service impeccable ».

    La question de la Belgique l’agace. Aussi bien la position du roi Léopold III que les hésitations des alliés. Londres et Paris manquent de courage et il craint que ,la progression des troupes fers de l’attaque générale du Reich ne s’avère très aventureuse. Lorsqu’il apprend que sa division est susceptible d’être envoyée à ce moment-là dans la région de Breda aux Pays-Bas, il est très dubitatif. Il connaît l’état général des armées et surtout les conséquences sur les routes d’un exode civil en plein mouvement des troupes. Il craint aussi la Luftwaffe qu’il juge redoutable’. Au fond de lui-même, il n’est pas question d’envisager la défaite et refuse l’humiliation que serait son impuissance personnelle.


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    Churchill : « Plus que jamais j’ai une volonté de fer »

    Churchill maintient que seul le discours de fermeté est adapté à l’adresse d’Hitler et du gouvernement du IIIe Reich. Son intransigeance est aussi forte devant ses collègues qu’à la radio.
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  • FERMETE. S’il exaspère toujours autant le cabinet, s’immisce dans les domaines de compétence de ses collègues et ne tient pas sa langue, Le Premier lord de l’Amirauté est un redoutable tribun et un excellent communicant à la BBC.

    Si Churchill a accepté de faire des émissions à la radio, c’est qu’il a compris la portée de ce média et la possibilité qui lui est offerte de mieux faire connaître ses idées. Dans un premier temps, il se limite à une analyse de la guerre navale et sait insister sur les succès enregistrés parla marine. Très vite, il corrige le tir et dès sa troisième intervention, il s’intéresse à une question qui relève à l’évidence du Foreign Office. Ses propos sont carrés et il s’en prend aux Etats neutres européens dont il dénonce le manque de courage et le refus d’affronter le péril hitlérien.

    Le 20 janvier 1940, il prophétise : « Aucune fin n’est possible si ce n’est pas une action commune. Et si jamais la Grande-Bretagne et la France lasses de la lutte, devaient conclure une paix honteuse, il ne resterait aux petits Etats d’Europe, avec leurs navires et leurs possessions qu’à se partager entre les barbaries contraires mais similaires du nazisme et du bolchevisme ». Le ministre des Affaires étrangères, lord Halifax s’inquiète et l’écrit à Winston : « Je crains que l’effet de votre émission dans les pays auxquels, de toute évidence, vous la destiniez essentiellement ne soit très différent de celui que vous avez prévu ». De fait la presse du Benelux est peu amène avec le Premier lord de l’amirauté. « Politiken » au Danemark, « Morgenbla¬det » en Norvège, « Le Journal de Genève » en Suisse relaient le mécontentement des chancelleries dont les gouvernements disent conjointement avoir été vexés par la sévérité des propos britanniques. Halifax, furibard, s’insurge : « Je me trouve dans une situation impossible si un membre du gouvernement comme vous-même adopte en public un point de vue différent de celui que nous avons adopté ».

    Churchill réplique avec une rare audace : « C’est indubitablement un tollé bien déplaisant. Je pensais évidemment exprimer votre point de vue et celui de Neville… Cependant, ne soyez pas si sûr que ma démarche se révélera aussi inopportune qu’il y paraît mainte- nant. Ce que les neutres disent est très différent de ce qu’ils pensent : ou de ce qui va se passer ». Bref, Churchill prend ses collègues pour des imbéciles mais surtout il prend date parce qu’il a la certitude de la pertinence de son analyse et n’exige du gouvernement qu’un peu de patience intelligente. Rien ne l’arrête, ni la violation des eaux territoriales norvégiennes, ni l’imposition d’un corps ex- expéditionnaire en Belgique que cela plaise ou pas à Léopold III. Il estime impératif la constitution d’un bouclier le long de la frontière belge jusqu’à la mer. « Il faut être à même de contrer un terrible mouvement tournant qui a failli consommer notre ruine en 1914 ».

    Churchill est pessimiste sur la capacité de la Finlande à résister dans la durée. Il reconnaît le courage des soldats finnois et s’extasie de leurs nouvelles grenades à main, baptisées non sans ironie « cocktails Molotov » du nom du ministre soviétique des Affaires étrangères et qui ne sont en vérité que de simples bouteilles remplies d’essence et bouchées Par une mèche allumée au dernier moment. Elles s’avèrent destructrices du matériel de l’ennemi. Churchill qui a compris l’utilité des médias et mesuré les conséquences de leur contrôle en Allemagne par Hitler, est désireux de rejoindre les Britanniques chez eux, un peu à la manière de Roosevelt lors de ses causeries au coin du feu. Le ter février sur les ondes, il redit : « Maintenant nous avons commencé, maintenant nous continuerons, maintenant avec l’aide de Dieu et la conviction d’être les défenseurs de la civilisation et de la liberté, nous continuerons et nous continuerons jusqu’au bout ». Ce qui fait dire à Virginia Cowles qu’il donne avec conviction au peuple britannique la direction ferme et claire dont il a besoin. Il est d’autant plus à l’aise pour agir de la sorte qu’en décembre au quatrième mois de la guerre, une étude d’opinion révèle que la moitié à peine de la population fait confiance à Chamberlain. Un proche de Winston dit alors du Premier ministre : « Il s’accroche au pouvoir comme un vieux chewing-gum à un pied de chaise ». L’hypothèse que Churchill succède bientôt à Chamberlain fait son chemin à la Chambre des communes. S’il y a de l’incompréhension entre les deux hommes à la charnière des mois de janvier et de février, jamais Chamberlain qui se rend régulièrement dans la Salle de guerre de l’Amirauté ne porte de critiques sur le Premier lord. Ils conservent des rapports cordiaux. Churchill coupe court aux rumeurs. A la BBC il déclare tout de go : « Vous savez que je n’ai pas toujours été d’accord avec M. Chamberlain, bien que nous ayons toujours été personnellement amis. Mais c’est un homme d’une solide trempe et je peux vous assurer qu’il va se battre aussi obstinément pour la victoire qu’il s’est battu pour la paix ». Churchill est un homme loyal. Doit-on pour s’en convaincre relire cet épisode que Virginia Cowles rapporte alors qu’elle était invitée à déjeuner à l’Amirauté ? L’un des enfants lance une pique contre Chamberlain et le Premier lord fronce le sourcil avant de répliquer péremptoire : « Si tu as l’intention de te livrer à des remarques désobligeantes sur mon chef, je te prierai de quitter la table. Nous sommes unis dans une grande cause commune et je ne tolérerai pas que l’on use de pareil langage à propos du Premier ministre ».

    Churchill doute de la qualité de l’armée française.

    De retour de France en cette fin janvier 1940, Churchill n’est pas rassuré. Il doute de la qualité de l’armée française. Il juge que les défenses sont loin d’être satisfaisantes sur la ligne Maginot où il faudrait construire d’urgence des ouvrages complémentaires fortifiés et bien armés. Il se dit frappé par : « La médiocrité du travail en cours, par l’absence de toute activité visible » et juge que : « Les routes vides que l’on voit derrière la ligne offrent le plus vif contraste avec les va-et-vient continuels que l’on observe sur plusieurs kilomètres à l’arrière du secteur britannique ». Il craint que l’exercice et l’entretien des troupes ne soit pas assez soigné. En cela il rejoint l’appréciation du colonel de Gaulle qui pense également que les soldats ont besoin de formation continue et d’exercice. Pour peu Churchill partagerait l’appréciation de John Slessor du ministère de l’Aviation évoquant Gamelin à Londres : « Le commandant suprême est un charmant vieillard absolument pas à la hauteur de son immense mission ». Churchill francophile espère tout de même que l’armée française saura se relever comme pendant la Première Guerre mondiale où il s’est battu.

    Pendant ce temps il peaufine l’application de la « Loi de la poursuite acharnée en mer » destinée à aller traquer les na- vires allemands dans les fjords norvégiens et à inter- dire le contrôle de la circulation maritime autour de la Scandinavie par la Kriegsmarine. Le sauvetage incroyable de deux cent quatre-vingt-dix-neuf des cales de « L’Altmark » légitime encore plus le Premier lord. Lors de son arrivée à la Chambre des communes le mardi 20 février, il est selon la presse unanime : « bruyamment acclamé ». Le 15 février à la veille du coup contre « L’Altmark » il a accueilli l’équipage de « L’Exeter » victorieux en décembre du « Graf Von Spee » dans la baie de Montevideo dont il a contraint l’équipage au sabordage. En tribun, Churchill proclame : « Jamais le courage de nos forces qui servent sur les océans n’a été plus résolu et plus grand qu’aujourd’hui. Les glorieux héros du passé peuvent nous regarder, comme la statue de Nelson nous regarde aujourd’hui, sans avoir le sentiment que la race insulaire a perdu de son audace ou que les exemples qu’ils ont donnés au cours des siècles se sont flétris au fil des générations ». Tel est Winston. « Ironside »


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    Union100205c - Marne
    EPERNAY : Une gerbe déposée

    Au monument aux morts.
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    A l’issue des travaux de l’assemblée générale commune UNC-AFN et CATM qui s’est tenue ce dimanche à la maison des associations, le cortège s’est rendu à l’hôtel de ville en défilé, pour déposer une gerbe au pied du monument aux morts.

    C’est la Musique municipale de Magenta et l’Harmonie des chemins de fer d’Epernay qui ont accompagné le défilé des délégations d’anciens combattants et les porte-drapeaux, en exécutant les sonneries réglementaires et La Marseillaise à l’occasion du dépôt de gerbe.

    Ce dépôt a été effectué par Philippe Martin, député de la Marne, Hélène Plaquin, conseillère municipale en charge des associations patriotiques et Henri Huet, résident des CATM.

     


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    Union100205b - Marne
    BAZANCOURT : Anciens combattants : Un nouveau président pour l’UNC

    Les membres du bureau entourent le président.
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  • Il y a quelques jours l’UNC (union nationale des combattants) section de Bazancourt, à tenu son assemblée générale en salle de formation de la mairie du village.

    Tout d’abord une minute de silence a été observée en hommage aux disparus. Lors de cette assemblée, outre la présentation du bilan moral, bilan des activités et bilan financier.

    Bernard Savart a fait un exposé très complet de l’action sociale au sein de l’association, cette action ayant été mise en œuvre au niveau départemental par M. Sadin du bureau UNC51 de Châlons-en-Champagne. Une répartition des tâches pour le thé dansant du 21 avril a été programmée.

    Les membres du comité, viennent de se réunir, pour désigner le nouveau bureau, qui se compose de la façon suivante :

    Président d’honneur, Edmond Mlynarczyk, président, Jean Bartos, vice-président, Tony Mauclaire (suppléant porte-drapeau), secrétaire, Henri Andriollo, secrétaire adjoint, Bernard Delatour, trésorier Michel Coutin, trésorier adjoint, André Ghyllebert (porte-drapeau), relations sociales Bernard Savart et Marie-France Guyot.

    Sont membres du comité, Serge Blanchart, Daniel Collot, Denis Dufrene, Czewlas Kucharski, Noël Marlette (soldat de France, suppléant porte-drapeau).


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    Union100205a - Marne
    FISMES : Les médaillés militaires derrière les platines

    Sur la photo, de gauche à droite : R. Cheval (porte-drapeau), J. Legeas (vice-présidente des dames d’entraide), A. Lelleve (vice-président et secrétaire), P. Legeas (vice-président),
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  • L’association des médaillés militaires rassemble régulièrement de nombreux sympathisants lors de thé-dansant, qui comme récemment ont une nouvelle fois fait le plein. Malgré le vent, la pluie, le froid, quelque 200 personnes viennent de se retrouver à la salle des fêtes de Fismes. Là, dans une ambiance chaleureuse et conviviale, entraînés par une musique très dansante, les participants au thé dansant des médaillés militaires ont passé une bonne après-midi.

    C’est à l’évidence le plaisir de se retrouver, la convivialité entre les membres qui étaient à l’ordre du jour !

    Outre la participation aux différentes commémorations patriotiques, quatre thés dansants, une journée barbecue et un repas en décembre sont organisés par l’association.

    La 1 687e section des médaillés militaires de Fismes et environs a été créée en 1969 par René Lombard et compte actuellement 22 médaillés, 32 dames d’Entraide et 18 membres associés.

    Créée par Napoléon

    Roger Debar, le président, aime rappeler l’historique de son association : c’est Napoléon III, en 1852, qui créa cette médaille pour remercier les soldats « ayant fait preuve des plus belles qualités militaires ». La société mutualiste des médaillés militaires s’est déclarée en 1904, et, en 1931, l’association a été reconnue d’utilité publique.

    La médaille peut être attribuée aux militaires en fonction de la durée de service, de la citation à l’ordre de l’armée, d’une blessure en combattant, d’un acte de courage ou de dévouement. 3 500 décorations sont décernées chaque année.

    Défense des droits M.Debar définit les objectifs principaux ; il s’agit de resserrer les liens de solidarité et de camaraderie entre les porteurs de la médaille militaire et d’assurer la défense de l’honneur, de la dignité et de la valeur de cette décoration.

    De plus, l’association aide ses adhérents dans la défense de leurs droits d’anciens combattants et de victimes de guerre. L’assistance morale et matérielle envers les orphelins des militaires décédés en opération, les anciens dans la détresse, et l’octroi de bourses à des étudiants font également partie des buts de cette association.

    Pour tous renseignements : contacter Roger Debar au 03.26.48.10.42.


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    Union100204a - Marne
    CORMICY : Les anciens combattants fourmillent de projets

    Les anciens combattants à l’écoute de leur président.
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  • Afin d’approuver le rapport d’activités et les comptes de l’association des anciens combattants, une vingtaine de personnes se sont réunies à Cormicy ce dimanche.

    Une minute de silence a été observée en hommage à Paul Cusse, décédé le mois dernier. Le président, Claude Hivet, a félicité l’initiative de la municipalité pour le jumelage entre Cormicy et Berry-au-Bac qui se sont réunis en novembre dernier pour la marche de Sapigneul. M. Hivet a sollicité Francine Girard 1re adjointe en charge des associations, pour la subvention allouée par la commune. Il a rappelé que cette subvention permet de financer une partie des obsèques des personnes disparues ainsi qu’un soutien financier aux veuves.

    Une sortie dans l’Avesnois est prévue le 23 avril prochain qui permettra la visite du musée du textile, voir un souffleur de verre sans oublier une halte gourmande avec la dégustation de produits du terroir.

    Avant de se quitter, chacun a pu déguster le verre de l’amitié agrémenté de douceurs réalisées par Mme Hivet en présence de Dominique Décaudin, maire.


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    Union100203b - Marne
    EPERNAY : Anciens combattants : un rapprochement réussi

    Les médaillés du jour, Roland Charlot et Maurice Marteau.
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  • Près d’une centaine d’anciens combattants UNC et CATM ont participé aux travaux de l’assemblée générale, commune aux trois sections dorénavant (Epernay, Saint-Martin-d’Ablois et Magenta).

    En présence d’Hélène Plaquin, conseillère municipale en charge des associations patriotiques, Philippe Martin, député de la Marne, Claude Metzger, président du comité d’entente des anciens combattants d’Epernay, Jacky Barrois, maire de Saint-Martin-d’Ablois, Gérard Macuilis, conseiller municipal représentant la mairie de Magenta, Paul Lalu, président cantonal des CATM, Alexandre Zentner, président de l’UNC Marne, l’assemblée tri-sections a été menée tambour battant sous la houlette d’Henri Huet, président des CATM d’Epernay, Bernard Joffre des CATM de Saint-Martin-d’Ablois et Serge Lepine de l’UNC Magenta-Epernay.

    C’est à l’unanimité que les associations d’anciens combattants ont souhaité se rapprocher, et ce malgré les divergences de leurs dirigeants. Tout comme, ils sont tous d’accord pour mener une action accrue auprès des jeunes, autour du devoir de mémoire, avec là aussi, une date de commémoration unique, le 11 novembre étant la plus appropriée.

    Hélène Plaquin a, par ailleurs, plaidé la cause du Souvenir français, désormais sans président. En l’absence de candidature, l’association risque la dissolution. « L’entretien des tombes ne doit pas poser problème, si c’est le cas, des solutions existent. » Pour sa part, Philippe Martin s’est inquiété de l’attitude de certains jeunes face à ce devoir de mémoire, idem pour la suppression du service national, « pas forcément une bonne chose ». Il a ponctué son propos d’un plaidoyer en faveur d’un pôle de mémoire implanté en terre champenoise, tout naturellement, plutôt qu’en terre ardennaise.

    A l’issue de l’assemblée générale, les participants, accompagnés des porte-drapeaux, se sont rendus à l’Hôtel de Ville en défilé, emmenés par la Musique municipale de Magenta et l’Harmonie des Chemins de Fer d’Epernay pour déposer une gerbe au pied du monument aux morts. Lors de la réception dans les salons de l’Hôtel de Ville, Roland Charlot a reçu la médaille Djebel bronze et Maurice Marteau, l’insigne des porte-drapeaux pour dix ans d’activité.


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    Union100203a - Marne
    FISMES : Un nouveau bureau pour les anciens combattants

    Tout le monde se prépare pour le loto du 28 février.
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    Maurice Browarny, avec son bon bilan de l’année 2009 garde la présidence et sera aidé dans sa tâche par Claude Moreaux, vice-président, Jacques Billet, secrétaire, avec Jeannine Browarny, son adjointe.

    Daniel Jarlier, le trésorier sera aidé par un adjoint : Lionel Ternard.

    Le porte-drapeau sera Jean-Claude Merlet.

    Parallèlement à l’assemblée générale de l’UNC 51, Pierrette Moreaux a été élue présidente des dames bénévoles qui officient lors des événements organisés par l’UNC 51.

    Les prochains événements seront le loto du dimanche 28 février à la salle des fêtes puis le congrès départemental à Vitry-le-François le 11 avril.

     


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    Union100202a - Marne
    SUIPPES : Assemblée générale des médaillés militaires : Soutien à l’armée française

    Le président et la secrétaire ont animé cette réunion.
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  • Les membres de la 677e section des médaillés militaires de Suippes ont tenu leur assemblée générale en présence du maire de Suippes Jean Huguin, du président départemental M. Cochod et du major Rheinher, représentant les médaillés militaires du 40e RA.

    Après une minute de silence en mémoire des sociétaires disparus, et des militaires en OPEX (opérations extérieures) morts pour la France , puis un bilan financier positif présenté par la secrétaire-trésorière Annie Leroy, c’est un exposé moins optimiste qu’a dressé le président Alexandre Zentner : difficultés de recrutement de médaillés militaires en particulier vers l’armée, liens « Armée-Nation » inexistants tant sur le plan local que départemental, rapports et obligations de chacun sur le « devoir de mémoire ».

    Cependant, il a assuré l’armée du soutien des associations d’anciens combattants par le biais de « l’association de soutien à l’armée française » en particulier « face aux attaques judiciaires dont elle est l’objet tant actuelles que par le passé. »

    M. Cochod procéda à une présentation de l’action de la « société d’entraide des médaillés militaires » qui porte bien son nom et mérite le respect.

    En fin de réunion, le président Zentner notait que « la prise de conscience de ces faits, par l’assemblée, fut certaine ainsi que l’enregistrement de petites lueurs d’espoir quant aux changements positifs d’attitude des uns et des autres ».


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    Union100201a - Marne
    REIMS-THILLOIS : Pour ne pas oublier les soldats de la Première Guerre : Des recherches très approfondies

    Une conférence intéressante.
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  • Une manifestation en mairie a été préparée par Robert Joly, conseiller municipal de Thillois et les équipes du Souvenir français, pour rendre hommage aux soldats oubliés de la Première Guerre mondiale avec la participation de Marc Christophe, ancien professeur du lycée Croix-Cordier à Tinqueux qui effectue depuis de très nombreuses années des recherches dans ce domaine.

    A cette conférence, ont participé également Philippe Louges, proviseur du lycée Croix-Cordier, Jean Cienki président de la section locale du Souvenir français, des élus et des habitants de la commune de Thillois.

    Marc Christophe a fait un exposé sur ses recherches approfondies concernant les soldats reposant dans les cimetières des villes et villages par exemple dans des tombes familiales. Il dispose ainsi d’un fichier de près de 4 000 noms avec la date et la cause de la mort au combat, les éventuels transferts de sépulture, les décorations, les citations…

    Il perpétue ainsi la mémoire de tous ces soldats morts pour la France et il peut également renseigner les familles recherchant des informations sur leurs ascendants.

    Après cet exposé, une cérémonie s’est tenue au cimetière de Thillois près des tombes restaurées de deux soldats : Léon Habert, mort le 23 août 1918 à l’âge de 27 ans et Joseph Bruneau, mort le 9 mai 1917 à l’âge de 27 ans.

    Deux habitantes de Thillois, marraines de ces soldats, Colette Thieulin et Candice Poncelet, ont fleuri leur tombe.


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    Union100131b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Patrimoine : Feu l’hospice de Menou

    Un bas-relief est encore très visible sur une des parois
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  • Aujourd’hui, la grande bâtisse n’abrite plus aucun organisme de santé. A quand sa reconversion ?
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  • Fermé depuis quelques années et la construction du centre hospitalier d’Argonne, l’ancien hospice cache une histoire longue et dense.

    A celui qui ne connaît pas la ville de Sainte-Ménehould, c’est une des premières choses qu’il remarque. Ce clocher emblématique situé presque sur les rives des rivières Aisne et Auve. Fermé depuis quelques années, l’ancien hôpital de la ville recèle une histoire de plus de quatorze siècles.

    Tout a démarré avec Jules Lahirée, historiographe, qui a rapporté comment deux Juifs, contraints par l’autorité religieuse à s’expatrier, avaient décidé de transformer leur petit domaine en une véritable maison de refuge. C’est dans cet établissement que Ménehould, sanctifiée bien après, effectua ses premières armes.

    Tout au long du Haut Moyen âge, des soins vont y être prodigués aux malades. Ce que les historiens contemporains appellent « les pestes » ravage le territoire. En 1632, avec le retour de la peste, on agrandit en bas de la rue Sainte-Catherine. La Croix des pestiférés, le long du cimetière militaire actuel, rappelle l’événement. Le bâtiment change de statut avec la structuration de l’État sous Louis XIV. D’autres biens viennent étoffer le patrimoine de l’hôpital tel la Ferme de la Converserie, la Ferme de la Malassise, la Ferme des Marécages, les prés Bonnefille, la Maladrerie de la Haute Maison. S’y ajoutent des prairies le long de l’Aisne et de l’Auve. 1731 est également une année importante pour le bâtiment. cette date correspond à l’arrivée des sœurs de Saint-Charles en ville, avec la création d’un pensionnat de jeunes filles, suivie en 1737 de la pose de la première pierre de nouvel Hôtel-Dieu de Sainte-Ménehould. Trois sœurs y sont employées qui suppléent aux services des infirmiers et infirmières. La Maison de Charité et l’Hôpital vont désormais monopoliser la dispense des secours pour le plus grand bien de la population.

    Valmy et la Grande Guerre

    À la Révolution, avec l’abandon des classes latines et la transformation des bâtiments scolaires en filatures où œuvrent les assistés de l’Hospice, la chapelle sera utilisée pour la célébration de fêtes décadaires. Un bonnet phrygien et une flamme dominent le clocheton de l’édifice et l’autel est séparé du reste de la salle. Est mentionné par ailleurs le nom d’une religieuse dans la liste des suspects. L’hôpital subira l’arrêt des subventions, des impôts supplémentaires, mais échappera à la confiscation grâce à un notaire, Simon, qui ajournera le décret de vente. Les blessés militaires de la canonnade de Valmy seront accueillis, ainsi que les femmes attachées aux bataillons, mesure qui sera supprimée par la suite. Sur le trajet proche de la frontière, d’autres militaires seront accueillis dans la salle ouverte à leur intention. En 1801, c’est le retour aux pratiques religieuses, avec le port de l ’habit rétabli aux Sœurs. La congrégation de Saint-Charles est reconnue d’utilité publique, la Maison mère reste à Nancy. Une croix surmontée d’un coq remplace les attributs révolutionnaires du clocher. Une manne considérable viendra contribuer au soutien de l’Hospice.

    Durant la première guerre mondiale, entre 100 et 112 malades sont reçus en permanence dès le début du conflit, l’hôpital étant placé dans le dispositif sanitaire militaire. Les blessés allemands prennent leur suite pendant les 10 jours d’occupation. Les bombardements, dont certains proches de l’hôpital, conduisent à évacuer les vieillards et les enfants en Saône-et-Loire. Avec les obus qui atteignent l’hôpital le 6 juillet 1918, la maison est évacuée à Brachay en Haute-Marne pour quelques jours.

    La fin

    Les décennies qui suivent verront la continuation de la présence bienfaisante des Sœurs. Réparties dans tous les services de l’hôpital, elles seront logées dans une maison annexe, participeront à l’ouverture de la première maison de retraite rue Menut. Elles assureront les soins à domicile en ville.

    Les anciens Ménéhildiens gardent le souvenir de Sœur Gabrielle, et de sa « deux chevaux » pour ses services en ville et à la campagne.

    Elles auront la charge des soins palliatifs par simple vocation. Les trois dernières religieuses quitteront l’hôpital le 27 septembre 1998. Mais ces bâtiments et ces lieux consacrés à aider, soutenir, soulager, soigner tant de misères au long des décennies sous tous les régimes, appartiennent au patrimoine de la ville.

    Nombreux sont ceux qui pensent qu’ils valent mieux que la seule pioche des démolisseurs.


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    En 39-45, l’hôpital ciblé : huit exécutions en quelques jours

    Dès mai 40, le pensionnat Saint-Charles est affecté par la guerre . On opère sans discontinuer, on ne descend plus aux abris. Le travail est compliqué par les pannes de courant, alors que les brancards des blessés encombrent les trottoirs des deux cours.

    Pour faire de la place aux blessés militaires, les civils sont envoyés en Saône-et-Loire puis après de nombreuses étapes, les blessés se retrouvent dans le département du Lot, bien loin de l’Argonne.

    Le retour à Sainte-Menehould leur réserve de nouvelles épreuves. L’hôpital est occupé par les Allemands. Ils finissent par déménager. Toute la communauté est enfin réunie à nouveau le 8 décembre 1941.Les années d’occupation sont dures. Les esprits des enfants Finkelstein déportés en 1943 ainsi que ceux d’autres réfugiés hantent encore les murs des bâtiments.

    En 1944, c’est la libération et le sabotage du pont de la route de Vitry. De graves dégâts sont faits aux bâtiments en particulier à la façade arrière. Les Allemands sont toujours présents en ville, alors que les FFI entament le combat. Trois détonations dans la cour, des exécutions, trois premiers cadavres découverts par une religieuse qui est « montée voir ».

    Edifice épargné

    A l’extérieur, les Allemands entament un triage des civils réfugiés dans la grande cave, en représailles de leurs camarades tués par les FFI. Heureusement, le temps leur manquera pour des représailles plus conséquentes. L’hôpital est perquisitionné par l’occupant qui menace de faire sauter l’édifice. Mais ce dernier sera néanmoins épargné.

    Le combat débute. Un canon mis en travers sur la route de Châlons devant la chapelle est projeté jusqu’au passage à niveau par un obus. L’explosion brise les carreaux du rez-de-chaussée de l’hospice, des balles pénètrent un peu partout. Le 31 juillet, des Allemands combattent encore les FFI.

    Les familles des exécutés viennent reconnaître leurs morts, cinq de plus qui viennent s’ajouter aux trois précédents. Une équipe chirurgicale, venue en renfort, reste sur place trois semaines encore et donnera ses soins aux blessés membres des FFI, aux civils et aux prisonniers allemands.


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    Union100131a - Marne
    De Lattre à la tête de la 14e DI

    De Lattre est en 1940 le plus jeune général de l’armée.
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  • Le 4 janvier 1940, le général de brigade Jean de Lattre de Tassigny est nommé commandant de la 14e DI. Cette unité transférée depuis décembre en Lorraine séduit l’ancien chef d’état-major de la Ve armée stationnée en Alsace. Celui qui est le plus jeune général de France tient à ce que tous ses régiments soient exemplaires et il s’emploie à tenir le discours de motivation adéquat. Joseph Kessel écrit de lui : « Un masque impérieux et délicat. Un profil de médaille et un front tourmenté. Une sensibilité, une intelligence extrême menée par une énergie sans repos. De Lattre a l’aisance d’un grand seigneur et la simplicité du soldat ». Cette faculté qu’il possède à susciter l’enthousiasme autour de lui est un précieux trésor alors que le choc avec l’ennemi se précise. « Par je ne sais quelle magie, tout devenait vivant, coloré, excellent, tout se faisait avec précision, promptitude, ardeur et joie », mentionne encore Kessel.

    De Lattre dont la devise est : « Ne pas subir » ne ménage pas ses efforts. Depuis son arrivée par un verglas généralisé à son PC lorrain, il a déjà reçu le 10 janvier le ministre Paul Reynaud avec lequel il a une conversation courtoise avec plusieurs divergences de vues. Le 9 dans une lettre à sa femme Simonne il précise : « Mes fidèles ont poursuivi mon installation dans ce cantonnement qui était une horreur. Et la maison sordide où était planté mon fanion devient un petit home propret et bien chauffé, parfaitement apte au travail comme au repos ». On reconnaît alors sa sagesse : « De ma division, encore trop tôt pour t’en parler, très bonne troupe, commandement de qualité diverse. En général des cadres top en rênes… besoin de détente et de décentralisation. Il faut leur rendre leurs initiatives et plus de chaleur d’âme ». Optimiste, il ajoute : « J’ai l’impression que ça ira bien comme je veux assez vite ».

    De fait le général veut tenir le front et bien faire comprendre à l’ennemi que lui l’ancien commandant du 15’ RI a retenu la devise de Verdun : « On ne passe pas ». Très vite, il est confronté à la réalité des opérations coup de poing du Reich. Le r février, il vit une brusque accélération du mouvement. « Nous avons subi une assez forte attaque de nuit d’un vigoureux stosstrupp de cent cinquante hommes environ qui a essayé de nous enlever un poste de village. Il en a été quitte pour ses frais. Nos : chasseurs ont été magnifiques de cran et de calme. Bon travail d’aguerrissement, de confiance et du sen tinrent de sa propre valeur de ma troupe ». Il tient alors à récompenser ses plus vaillants combattants : « Je vais dès demain décorer un commandant et trois des plus braves chasseurs de la croix de guerre, comme ça, sans plus attendre ».

    Faire un peu de provocation ne déplaît pas à de Lattre. En février, il décide d’envoyer plusieurs de ses groupes francs à l’intérieur des lignes allemandes pour y planter des drapeaux tricolores. Les soldats parviennent à s’infiltrer à plus de deux kilomètres derrière les points de défense de l’ennemi. Deux grands arbres qui marquent deux points essentiels de leur système défensif sont ainsi pavoisés. Le lendemain au lever du jour, la colère des Allemands est retentissante. Il déclenche un puissant tir d’artillerie en direction des lignes de défense françaises. De Lattre ne s’inquiète pas et explique : « On leur a répondu à dix coups pour un. Et ils ont fait silence. Oui ne pas subir, jamais ».

    C’est à la mi-février qu’il accueille à sa popote le colonel de Gaulle ainsi que le colonel de Lassus et le duc d’Harcourt, député du Calvados. C’est un temps choisi pour débattre de la stratégie employée et des inquiétudes légitimes qui se font jour. Nul doute que le général et le colonel de la cavalerie blindés sont deux audacieux qui s’impatientent face à l’inertie de l’état-major général. Ils le résument ainsi : « Il y a trop d’hésitations et pas assez de décisions ».


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    Le guêpier finlandais

    Les Finlandais disposent d’une grande mobilité de leurs chasseurs à pied qui utilisent skis et rennes pour conduire des coups de main meurtriers contre l’ennemi soviétique.
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  • PIÈGE. Surpris pas [étonnante résistance des soldats de Mannerheim, les Soviétiques renforcent leurs opérationnels mais étudient une sortie de crise en proposant une paix qui leur est forcément très favorable.

    Comment les Soviétiques espèrent-ils se tirer du piège militaire finnois ? Il y a les partisans d’un repli stratégique et ceux qui n’envisagent pas un instant la défaite et insistent pour concentrer un maximum de moyens et d’hommes de manière à faire plier Helsinki. Des le 1- janvier, la socialiste Hella Woulijoki qui est un célèbre auteur dramatique finnois prévient le ministère des Affaires étrangères qu’elle est conviée à se rendre à Stockholm pour y rencontrer son amie Aleksandra Kolllontaï, ambassadeur d’URSS en Suède. Nul doute que cette entreprise dictée par le Kremlin est destinée à évaluer les chances d’un règlement diplomatique. Moscou sait que dans l’affaire il est l’agresseur et recherche une médiation profitable pour rétablir des relations acceptables et pacifiques avec son voisin qui, depuis le début de l’engagement a manifesté un courage et une promptitude à faire face militairement à l’invasion en désorganisant la force d’invasion. Dans le même temps, Staline martèle ses critiques à l’égard de son état-major et décide de plusieurs sanctions. Plusieurs officiers généraux sont écartés et emprisonnés tandis que le commandement du théâtre des opérations en Finlande est confié au général Semion Timochenko. Ce fils de paysan est un cavalier proche de Staline depuis la Révolution d’octobre, l’homme auquel on fait appel dans les situations critiques et qui réfléchit déjà à une réorganisation de l’Armée rouge en veillant particulièrement à l’entraînement et à la discipline de fer exigée des nouveaux venus. Au lendemain de sa désignation, le général apprend que dans la région de Suomussalmi, les Finlandais du général Siilasvuo ont encerclé le 8 janvier la 44e division d’assaut soviétique et l’ont contrainte à la capitulation. Ils confisquent trente-cinq chars, cinquante canons lourds, vingt-cinq canons antichars et deux cent cinquante camions ! Cela s’ajoute à la victoire enregistrée le 29 décembre au cours de laquelle les Soviétiques ont été chassés de la rive septentrionale du lac Ladoga, la 163’ division étant disloquée, laissant aux Finlandais onze chars, vingt-cinq canons et cent cinquante camions. Fort de ces deux succès, le gouvernement finnois autorise Hella Woulijoki à se rendre en Suède pour savoir quel message l’ambassadeur Kollontaï tient à faire passer.

    La rencontre a lieu le 29 janvier 1940. L’entretien est courtois, même chaleureux et Hella Woulijoki s’applique dès qu’elle a quitté son amie soviétique à rédiger une note détaillée sur le contenu de leurs entretiens. Le point essentiel est que le Kremlin n’a aucune objection à ce qu’un accord éventuel soit trouvé avec le gouvernement Ryti d’Helsinki. Bref, Staline reconnaît désormais le gouvernement légitime de la Finlande. Cette position de principe est indispensable pour organiser au plus vite une rencontre prompte à décider un cessez-le-feu immédiat. Le gouvernement fantoche d’Otto Kuusinen est oublié tout comme l’ambition d’annexer purement et simplement le pays. Pourtant le 1- février, le général Timochenko déclenche une attaque de très grande envergure contre les positions finnoises autour de Summa. Précédée d’une intense préparation d’artillerie et soutenue par des moyens aériens considérables, l’action au sol associe les chars et des régiments de fantassins qui s’abritent derrière ces blindés pour progresser le plus à l’abri possible. Les combats sont d’une rare violence mais les assauts conduits les 2 et 3 février sont repoussés.

    LES ALLIÉS CHOISISSENT DE LIVRER DES AVIONS A HELSINKI

    Conscient que les Soviétiques jouent un double jeu et cherchent à améliorer leurs positions avant d’engager une vraie négociation, le Conseil suprême allié décide le 5 février d’un plan d’intervention en Finlande. Dans l’attente d’y placer un corps expéditionnaire à même d’appuyer les opérations de défense et une vaste contre-offensive de l’agressé, les Alliés choisissent de livrer des avions ainsi que des canons antichars et antiaériens au gouvernement d’Helsinki. C’est en possession de ces informations que se tient le 10 février la réunion du Conseil de défense finlandais en présence du général Mannerheim père de la résistance armée aux Soviétiques. Trois attitudes à l’égard de l’URSS sont alors discutées : calmer Staline et obtenir la paix dans les plus brefs délais en leur concédant une île du grand Nord à la place du port d’Hangö qu’ils revendiquent depuis plusieurs années ; continuer la guerre avec l’appui de la Suède si Stockholm accepte de sortir de sa neutralité ; accepter l’offre d’intervention que la France et la Grande-Bretagne viennent de formuler. Pas si simple d’autant que les choses se compliquent dès le 11 février lorsque la VII’ armée soviétique rompt la ligne Mannerheim jusqu’alors infranchissable. Comme le général finnois doute de la crédibilité du plan allié et surtout ne possède aucune information concernant les délais d’acheminement de troupes fraîches et bien équipées, le doute s’installe. Pour prévenir des livraisons rapides depuis la Grande-Bretagne, l’Allemagne qui continue à soutenir indirectement l’initiative soviétique contre la Finlande informe le 15 février que désormais tous les navires marchands britanniques sont considérés comme des bâtiments de guerre et peuvent être coulés à tout instant.

    Le 17 février, les Finlandais rétablissent la situation puisque l’ensemble des troupes malmenées sur la ligne Mannerheim se regroupent sur leurs positions intermédiaires et sont de nouveau en capacité de conduire une résistance efficace. Deux jours plus tard, le commandant en chef finnois opère une restructuration de ses armées. Ce qui se passe alors en Scandinavie irrite Hitler qui donne l’ordre d’accélérer le plan Weserübung destiné à l’invasion de la Norvège et du Danemark. Le Führer choisit le général Nikolaus Von Falkenhorst pour commander les troupes destinées à l’occupation de ces deux pays. Comprenant qu’il n’est pas en capacité de poursuivre sa progression, le général Timochenko remanie à son tour son dispositif devant les lignes de défense finlandaises. Le gouvernement soviétique choisit d’informer alors Helsinki de ses dernières offres de paix. Le 23 février, Staline confirme sa stratégie de fermeté. La Finlande doit renoncer à l’isthme de Carélie, aux rives du célèbre lac Ladoga, céder un bail de trente ans à l’URSS pour le contrôle de la péninsule de Hangö, signer un pacte d’assistance mutuelle afin d’authentifier une maîtrise partagée exclusive sur le golfe de Finlande. Si toutes ces conditions sont acceptées, le Kremlin s’engage à retirer immédiatement les unités de l’Armée rouge qui stationnent dans la région de Petsamo. Le même jour, la Suède inquiète pour sa souveraineté réitère son choix de ne pas intervenir dans le conflit opposant Moscou à Helsinki. Elle précise qu’elle n’autorise pas les alliés à traverser son territoire pour rejoindre la Finlande ni à utiliser son espace aérien.

    Le 26 février, le ministre finlandais des Affaires étrangères se rend à Stockholm où son homologue avec l’accord de son gouvernement l’invite à ce que son pays accepte les conditions de paix fixées unilatéralement par les Soviétiques. La Suède s’engage alors à contribuer à la reconstruction des provinces finnoises dévastées par les unités russes. Une proposition qui demande réflexion d’autant que les 28 et 29 les forces de Timochenko enfoncent la nouvelle ligne de défense des soldats de Mannerheim.

    HERVÉ CHABAUD


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    Les ambitions scandinaves du führer

    Les soldats finlandais ont de plus en plus de mal à repousser les vagues d’assauts soviétiques depuis leurs tranchées.
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  • Staline envoie d’importants renforts pour fracturer la ligne de défense finnoise et multiplie les bombardements sur les villes
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  • INVASION. Craignant surtout la flotte britannique et inquiet par l’audace de ses amiraux, Hitler veut empêcher qu’un corps expéditionnaire allie’ se positionne en Norvège alors que les offres de service alliées à la Finlande sont notoires.

    Comment le Reich envisage-t-il révolution de la situation en Scandinavie ? Bien sûr, le 14 décembre 1939, Hitler a reçu ce brillant mathématicien et officier remarquable mais piètre homme politique qu’est Lauritz Quisling. Keitel a redit le 31 décembre : « Nous avons intérêt à ce que la Norvège reste neutre » mais le Grand quartier général poursuit un travail demandé par le führer baptisé : « Etude du Nord ». Les états-majors des trois armes ont fourni des rapports qui constituent l’essentiel des contributions. Celui de la marine est de loin le plus ambitieux puisqu’il prévoit un débarquement sur toute la longueur de la côte, depuis Oslo jusqu’à Tromso. Le 20 janvier Hitler confirme l’urgence d’un état-major spécial pour développer sous : « sa supervision personnelle », le projet d’invasion des espaces clés de la Scandinavie.

    Le 5 février 1940, l’équipe particulière constituée de l’amiral Krancke, du colonel Knaus et de l’oberleutnant Von Tippelskirch se réunit pour la première fois et en grand secret au quartier général de l’Oberkommando der Wehrmacht.

    Keitel résume alors les enjeux : « Votre tâche consiste à préparer une opération visant à occuper la Norvège, opération qui pourrait s’avérer nécessaire dans certaines circonstances. Nous disposons de plusieurs informations selon lesquelles les Anglais et les Français ont de leur côté l’intention d’occuper les ports de la côte occidentale norvégienne. Nous disposons aussi d’informations aux termes desquelles le gouvernement britannique a déjà pris contact à ce sujet avec son homologue norvégien. Vu notre infériorité dans le domaine naval, l’occupation de la côte occidentale norvégienne serait pour nous un revers majeur. Il nous faut préparer en théorie une opération qui puisse être mise en pratique rapidement ». Les trois experts s’appuient sur les analyses de la Kriegsmarine pour recommander un débarquement en plusieurs points de la côte. Sont fléchés Oslo, Kristiansand, Arendal, Stavanger, Bergen, Trondheim et Narvik. L’emploi de plusieurs bataillons parachutistes pour prendre le contrôle des aérodromes et aéroports clés du pays est retenu. Hitler croit encore à la neutralité durable de la Norvège jusqu’à l’incident qui oppose à la mi-février les marines britanniques et allemandes.

    Les Anglais abordent l’Altmark dans les eaux norvégiennes et libèrent ainsi plusieurs dizaines de leurs marins prisonniers. Hitler éructe tandis que l’amiral Raeder estime que la donne a changé : « Le gouvernement d’Oslo n’est plus en mesure de faire respecter sa neutralité ». En cela il confirme l’analyse de l’amiral Krancke : « Lorsque nous eûmes reçu des nouvelles plus détaillées au sujet de l’attitude contraire à la neutralité de torpilleurs norvégiens, l’opération considérée jusqu’ici par la direction suprême comme purement prophylactique fut prise très au sérieux ». Hitler qui convoque le 20 février à la chancellerie du Reich le général Von Falkenhorst en charge du dossier s’abandonne à un long monologue : « Si les Britanniques s’installent en Norvège, ils contrôleront la Suède et la Baltique. En traversant cette mer ils pourront pénétrer jusqu’au cœur même de l’Allemagne. C’est impensable. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’occuper les principaux ports de Norvège par une attaque surprise ».

    Le 26 février à Berlin, un état-major désigné sous le nom de code de « Groupe 21 » se met au travail. Tous les jours les officiers travaillent de 7 à 23 heures dans un espace isolé. Le scénario retient d’abord six divisions et un ensemble de forces maritimes nécessaires pour cinq zones d’attaque. Le groupe I, « Narvik » est constitué de deux mille hommes de la 3’ division de montagne qui doivent être transférés sur zone par dix destroyers accompagnés des croiseurs de bataille « Scharnhorst » et « Gneisenau ».

    Le groupe II « Trondheim » est doté de mille sept cents hommes déployés à bord de quatre destroyers escortés par le croiseur lourd « Admirai Hipper ». Le groupe III « Bergen » bénéficie de treize cents hommes embarqués sur les croiseurs « Köln » et « Königsberg » ainsi que deux destroyers. Les groupes IV et V « Kristiansand » et « Egersund » disposent de l’appui du croiseur « Karlsruhe », de l’escorteur « Tsing-Tau », de trois torpilleurs et d’autant de dragueurs de mines. Le groupe VI « Oslo » est constitué des croiseurs « Blücher », « Lûtzow » et « Emden » ainsi que de trois destroyers et dragueurs de mines chargés de débarquer les éléments avancés de la 163’ division, l’état-major de l’armée d’invasion et toutes les équipes administratives indispensables à l’occupation et à la gestion d’une grande ville. Poursuivant les étapes de planification, l’état-major estime alors opportun de préparer conjointement l’invasion simultanée du Danemark. La raison invoquée est simple : « Les aérodromes du Jutland seront nécessaires à l’opération ».

    Le travail ainsi réalisé est présenté à Hitler le 29 février. Le führer ne cache pas sa satisfaction et demande qu’on lui présente désormais tous les deux jours l’état d’avancement des travaux préparatoires à cette double invasion désormais validée.

    HERVÉ CHABAUD


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    Union100130b - Marne
    EPERNAY : Le film « Liberté » de Tony Gatlif s’inspire du combat de la Sparnacienne : La résistante Yvette Lundy bientôt sur grand écran

    Melle Lundi, l’institutrice, fait la connaissance des Tsiganes …
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  • … qui sont venus faire les vendanges dans le pays.
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  • Résistante, Yvette Lundy fut arrêtée puis déportée. Son témoignage a permis à Tony Gatlif de travailler toutes les scènes qui concernent le personnage de Melle Lundi et l’école.
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  • Le Palace proposera une soirée spéciale pour la sortie du film.
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  • La Sparnacienne Yvette Lundy a inspiré le personnage de « Mademoiselle Lundi » dans le film « Liberté » réalisé par Tony Gatlif, dont la sortie au cinéma est annoncée pour le 24 février.

    « J ’AVAIS envie de faire un film sur l’holocauste des roms depuis que j’ai commencé à faire du cinéma. J’ai écrit la première trame du scénario en un mois. Tout est devenu clair lorsque j’ai compris que je ne pouvais raconter cette histoire qu’à travers deux justes. »

    Pour son nouveau film « Liberté », avec Marc Lavoine et Marie-Josée Croze, le réalisateur Tony Gatlif s’est inspiré de personnages qui ont existé : « Théodore », un maire et vétérinaire de village et « Mlle Lundi », l’institutrice… d’après l’histoire vraie d’une institutrice qui travaillait à Gionges dans la Marne : Yvette Lundy.

    Une rencontre émouvante

    « Tony Gatlif m’a contactée début mai 2009. Il avait eu connaissance de mon histoire par Delphine Mantoulet (NDLR : la productrice) dont la famille est originaire de Gionges. Je connaissais ses arrière-grands-parents. Ils sont donc venus me voir avec Marie-Josée Croze. Ils sont restés un long moment. On a discuté. L’actrice voulait s’inspirer de ma personnalité, de mes réflexions », raconte Yvette Lundy qui ne pensait jamais que son histoire allait inspirer un film.

    « Marie-Josée Croze est une jeune femme adorable, charmante, discrète et très simple. J’ai trouvé en elle quelque chose de connu… J’ai vu le film. J’ai trouvé qu’il a été joué avec beaucoup d’honnêteté. Ils sont restés dans un esprit très loyal. Ça m’a fait plaisir. J’ai été émue en le voyant. J’avais les larmes aux yeux. Ça représente ce que l’on pouvait faire pendant la guerre, avec le danger auquel on ne voulait pas penser. »

    Si son personnage a inspiré Tony Gatlif, il ne s’agit pourtant pas de son histoire. « Le film parle de choses semblables à ce que j’ai vécu, mais ce n’est pas mon histoire », tient à préciser Yvette Lundy. « Je ne suis qu’une idée. Je n’ai jamais eu l’occasion de protéger les roms. »

    Delphine Mantoulet, la productrice, n’oubliera jamais sa rencontre avec Yvette Lundy. « C’est une personne incroyable, d’une grande humanité. Elle nous a raconté son histoire avec une grande dignité. J’étais très très émue. Ce fut une grande rencontre, un moment très fort. Le personnage de Melle Lundi est inspiré de l’institutrice et de la résistante qu’elle était. Tous les actes de résistance du film sont inspirés de ses propres actes de résistance. »

    A quelques semaines de la sortie du film, Yvette Lundy s’avoue impatiente de le découvrir au cinéma : « J’apercevrai alors la réaction, le ressenti des gens ».

    Dossier Caroline GARNIER


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    Un hymne à la tolérance

    « Liberté » est un hymne à la tolérance, un témoignage du sort réservé aux nomades français. Mais le film évoque aussi ces résistants qui risquaient leur vie pour des valeurs de justice et de liberté. Tels Yvette Lundy dont le combat a inspiré le personnage de l’institutrice et secrétaire de mairie.

    Le synopsis

    Maire d’un village situé en zone occupée pendant la Seconde Guerre Mondiale, Théodore (Marc Lavoine) recueille P’tit Claude, 9 ans, orphelin, tandis que Mademoiselle Lundi (Marie-Josée Croze), l’institutrice, fait la connaissance des gitans venus s’installer au village le temps des vendanges. Humaniste et républicaine convaincue, elle les persuade, non sans mal, de scolariser leurs enfants. Parmi eux, Taloche (James Thiérrée), grand bohémien de 30 ans à l’âme d’enfant, pour qui P’tit Claude se prend d’amitié.

    Pendant ce temps, la pression de Vichy s’intensifie. D’abord interdits de circulation, les gitans sont finalement parqués dans des camps d’internement. Emus par leur sort, Théodore et Mademoiselle Lundi vont se battre pour leur libération.

    Sortie en salle le mercredi 24 février. Une soirée spéciale sera organisée au cinéma Le Palace en présence de Tony Gatlif et Yvette Lundy.


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    Une grande dame

    « Etre résistant, c’est être un peu « anormal » dans la société de l’époque. » Ancienne déportée, résistante toujours appliquée à éveiller les plus jeunes aux valeurs sacrées de la Liberté et de la République, Yvette Lundy n’a jamais cessé de répandre son message. La semaine passée, elle était encore au collège de Dormans pour « témoigner ».

    Son arme, c’est le stylo

    Jeune institutrice à Gionges au début de la Seconde Guerre Mondiale, Yvette s’est trouvée engagée dans la Résistance dès l’été 1940.

    Avec sa famille, elle habitait au nord de Reims, pas très loin du camp de Bazancourt où étaient enfermés plus de 3 000 soldats français prisonniers, gardés par les Allemands.

    Ceux qui parvenaient à s’enfuir, Yvette ou ses frères les hébergeaient. Il fallait les habiller en civil, les nourrir, leur changer l’identité… En tant qu’institutrice et secrétaire de mairie, Yvette a commencé par faire de fausses cartes d’identité. Des cartes nécessaires pour obtenir les tickets d’alimentation à cause du rationnement. Elle a également fabriqué de fausses cartes d’identité pour des familles juives, pour des gens qui refusaient de faire le STO et qui se cachaient… Son arme de résistance, c’était le stylo.

    Arrêtée devant ses élèves

    Sa résistance s’est arrêtée net en juin 1944… sur dénonciation. Les Allemands sont venus l’arrêter dans sa classe, devant ses élèves !

    Elle sera alors emmenée et interrogée dans les locaux de la Gestapo, cours d’Ormesson à Châlons-en-Champagne puis emprisonnée au fort de Romainville, avant d’être déportée au camp de Ravensbrück. Elle portait le numéro 47360.

    Elle sera libérée par les Russes le 21 avril 1945.

    Revenue dans la Marne, elle a fondé une famille, élevé ses trois enfants et pris une part importante dans le monde associatif, allant notamment à la rencontre des élèves. Aujourd’hui, commandeur dans l’ordre national du Mérite, elle ne cesse de travailler au devoir de mémoire.


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    Union100130a - Marne
    BETHENY : La centenaire Giberte héroïne des vœux

    Beaucoup d’attention lors de cette cérémonie pour la centenaire Giberte Hébert.
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  • Le maire de Bétheny, Jean-Louis Cavenne, accompagné de Majouba Hallouch et d’Aline Neau, conseillères, a présenté ses vœux en offrant un magnifique bouquet de fleurs à la centenaire de Bétheny : Gilberte Hébert.

    Gilberte est née le 9 novembre 1909. Riche d’une vie bien remplie, elle a vu tellement d’inventions nouvelles, plusieurs présidents de la République…

    Très impliquée durant la Seconde Guerre mondiale à aider les prisonniers, elle est fort connue dans la région, qu’elle connaît comme sa poche.

    Elle a toujours travaillé à la confiserie, aux voitures auto-stoppeuses… En un mot, elle faisait partie du monde des forains.

    Un siècle d’existence, au cours duquel Gilberte Hébert a mis au monde 5 enfants. Avec aujourd’hui la 5e génération, dont le dernier bébé a 5 mois.


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    Union100128a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Gisèle Probst témoigne : Une semaine pour ne pas oublier

    L’étude de la Seconde Guerre mondiale étant au programme de cette année scolaire, les élèves se sont sentis fortement concernés par ce passé, raconté par Mme Gisèle Probst..
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  • Intervenante au collège du Vieux-Port dans les classes de 3e, Gisèle Probst était l’invitée du directeur, Bertrand François, ainsi que Mylène L’Huillet, professeur d’histoire.

    Présente lundi de 14 à 17 heures, Mme Probst a apporté son témoignage et son engagement dans la résistance lors de l’appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940 (message d’espoir qui se termine par un appel à la résistance).

    Arrêtée en 1943, elle a connu et elle raconte sa déportation en Allemagne pour faits de guerre, le camp de concentration de Ravensbrück, les épidémies, les travaux physiques jusqu’au 21 avril 1945, jour de sa libération par les soldats de l’Armée rouge.

    Un témoignage important pour les élèves qui participeront au « concours national de la résistance et de la déportation ».


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    Union100127a - Marne
    POLE MEMOIRE

    Le préfet Remi Enfrun, directeur de l’Office national des anciens combattants est venu à Châlons-en-Champagne pour annoncer finalement qu’un pôle interdépartemental « mémoire » serait implanté dans la capitale régionale mais qu’il y aurait également une structure à Charleville-Mézières dans les Ardennes.

    Pour savoir qui fera quoi, il faudra attendre fin avril, soit un bon mois après les élections régionales.

    En attendant, on espère que les esprits sont apaisés. Si les anciens combattants marnais sont sortis un peu rassurés, ils espèrent ne pas avoir été roulés dans la farine. En tout état de cause, ils gardent sous le coude leur dossier argumenté et suivront de près cette histoire pour laquelle ils ont reçu de nombreux soutiens à l’exemple de celui de la ville de Montmirail.


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    Union100126c - Marne
    CARIGNAN : Les droits des anciens combattants en question

    L’exposition visitée par les invités, porte sur la citoyenneté.
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  • En la salle des fêtes, la section des anciens combattants de l’ARAC a tenu son assemblée générale en présence de son président Pierre Boulanger. Après avoir souhaité la bienvenue à toute l’assemblée le président demanda de respecter une minute de silence à la mémoire des trois camarades de la section disparus depuis la dernière assemblée générale.

    Il ouvrit ensuite l’assemblée et donna lecture du compte rendu moral de la section qui tout au long de l’année est très représentative sur le plan local ou départemental à chaque sortie patriotique. C’est ensuite Henry Antoniak qui donna lecture du compte rendu financier de l’association. Ces deux rapports furent ensuite soumis au vote devant l’assemblée.

    Le président fit ensuite part de divers communiqués, et donna une excellente nouvelle pour l’association qui, au cours de l’année 2009, a reçu 18 adhésions. Ensuite il fut question des droits des anciens combattants avec un débat ouvert, le président donnant à l’assemblée toutes les informations concernant cette question qui revient chaque année.

    De nombreuses questions furent débattues avant que le président ne close cette assemblée générale en invitant l’assemblée à prendre le verre de l’amitié. Parallèlement à cette assemblée, l’association proposait au public une exposition sur la citoyenneté. Pour cela la section disposait de 20 panneaux prêtés gratuitement par l’ONAC mettant au premier rang des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire par leur courage et leur détermination à faire face à l’ennemi.

    Cette exposition était visible toute la journée. Enfin le midi la section s’est retrouvée devant une bonne table pour leur traditionnel repas annuel dans une très bonne ambiance.


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    Union100126b - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Opération délicate à venir : Le monument aux morts va changer de trottoir

    Voilà à quoi devrait ressembler le nouveau site du monument aux morts, adjacent à la mairie.
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  • Sécurisation et modification de la circulation obligent, le monument aux morts sera déplacé dans les prochains mois.

    « CE n’est pas une lubie. C’est un projet en réflexion depuis longtemps et qui suit le réaménagement des rues dans la commune. »

    Roland Leclère, maire de Pargny-sur-Saulx, sait que la décision votée la semaine dernière en conseil municipal pourrait faire débat dans son village. Et pour cause : l’édile envisage de déplacer, purement et simplement, le monument aux morts, installé le long de la rue Arthur-Hannequin depuis plus d’un demi-siècle.

    « Tout ça entre dans le cadre du nouveau plan de circulation. Depuis peu, la rue Léon-Leroy est en sens unique, car nous l’avons jugée trop étroite et nous voulions libérer les trottoirs, souvent encombrés de véhicules en stationnement. Le problème, c’est que nous utilisions cette rue pour dévier la circulation, lors des cérémonies officielles devant le monument aux morts. »

    Il faut dire que la grande stèle du souvenir est postée en bordure de la route principale et qu’à la moindre manifestation, tous les véhicules sont priés de passer par des chemins de traverse. « Par ricochet, nous avons été obligés de voter cette délibération. Mais ce sera un plus pour la sécurité et la convivialité des cérémonies », assure Roland Leclère. Car la statue commémorative sera tout simplement démontée et remontée sur le trottoir d’en face, sur la place de la mairie. Sous ses pieds, le conseil souhaite même faire construire un parvis flambant neuf. Coût total de l’opération : 15.000 euros.

    Une opération de 15.000 euros

    « Il n’y a pas besoin d’autorisation particulière, puisque sous le monument ne repose aucune tombe », précise le maire, qui assure que « les associations d’anciens combattants seront incluses dans la réflexion ».

    Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opposition au projet ne semble pas de mise : « Il y aura toujours des nostalgiques qui regretteront l’ancien emplacement. Mais dans l’ensemble, je ne vois pas en quoi cela posera un problème », confirme Alfred Camus, président de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie) de Pargny. Au contraire, cela facilitera les cérémonies qui, jusque-là, étaient un peu dangereuses ».

    Si tout se passe bien, les opérations pourraient être terminées avant la fin de l’année.

    Charles MARTIN


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    Union100126a - Marne
    SOIZY-AUX-BOIS : Vœux du maire : « Calme et sérénité » : pour l’historial

    Le maire Michel Tellier a notamment abordé la future création de l’historial.
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  • En présence d’élus, de représentants d’associations, des sapeurs-pompiers et de nombreux habitants de la commune, Michel Tellier, maire de Soizy-aux-Bois, a présenté ses vœux en ce début d’année 2010.

    « L’année 2010 sera celle de l’accélération du projet de l’historial Marne 1914, qui sera, j’en suis convaincu, un atout économique et touristique pour nos territoires. Ce dossier du centre d’interprétation de la Grande Guerre doit être traité avec calme et sérénité. Nous travaillons actuellement avec Etienne Dhuicq, président de la CCBC et Bernard Doucet, conseiller général pour une labellisation du projet par l’état dans le cadre d’un pôle d’excellence rural », a confié le premier magistrat.

    Des travaux importants de voirie, d’élargissement, d’assainissement, d’éclairage public seront réalisés cette année dans l’actuelle ruelle Saint-Martin. « Je proposerai au conseil municipal, une fois ceux-ci achevés, de rebaptiser cette ruelle Saint-Martin, rue Saint-Martin », a ajouté Michel Tellier.

    D’autres travaux d’accès à l’arrière de l’église et du cimetière sont également prévus.


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    Union100125c - Marne
    CHALONS : Pour garder le Pôle Mémoire à Châlons : Les anciens combattants prêts à se battre

    Le président (au centre), les membres du bureau et à gauche Céline Biava qui assure désormais le secrétariat.
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  • Devoir de mémoire et Pôle Mémoire ont été les principaux thèmes évoqués samedi par Pol Cher, président de l’association des anciens combattants et victimes de guerre (ACVG) de Châlons et Gaëtan Charlot, président de l’Union fédérale marnaise (UFAC). Lors du renouvellement du bureau, Pol Cher accueillait Céline Biava, en tant que secrétaire aux ACVG, puis il mit un point d’honneur à citer le dévouement sans faille des porte-drapeaux lors des multiples cérémonies, ainsi que la tenue irréprochable de la bibliothèque de la maison du combattant, avec ses 4000 livres de guerre. Une tâche à laquelle se dévoue sans relâche Jean-Marie Gagnaire, le vice-président.

    Des réponses aujourd’hui ?

    « Continuons à assister nombreux aux cérémonies patriotiques et restons aussi vigilants ! » rappelait Pol Cher. Gaëtan Charlot rappela le problème crucial du Pôle Mémoire qui ne doit en aucun cas quitter la Marne et Châlons pour rejoindre les Ardennes.

    « Il doit rester ici, nous faisons vivre l’âme d’un peuple, des Marnais et des Marnaises ! » déclarait le président de l’UFAC Marne, « on ne peut accepter d’autres solutions, par respect et par mémoire. Nous verrons si l’on doit durcir notre action pour la mémoire de nos ancêtres ! »

    Le préfet Rémy Enfrun, directeur général de l’ONAC est d’ailleurs attendu au service départemental à Châlons aujourd’hui pour des informations sur ce problème crucial qui chagrine au plus haut point le monde combattant marnais.


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    Union100125b - Marne
    COURTISOLS : Programme chargé en 2010 : Le Souvenir français compte sur les ados

    Les adhérents du comité du Souvenir français.
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  • Réunion annuelle du comité du Souvenir français sous le signe de l’émotion. Le président Denis Dupuis a remercié tous les membres pour leur action et leur dévouement. Il a exprimé en quatre mots l’ordre du jour et le programme 2010 : émotion, solidarité, mémoire, citoyenneté.

    Après avoir observé un instant de recueillement à la mémoire des membres bienfaiteurs disparus en 2009 et des militaires tombés récemment en Afghanistan, il a exprimé sa solidarité à l’égard des unités châlonnaises. Il a souligné que de nombreuses familles militaires résidaient dans les communes de la vallée de la Vesle.

    Sur la ligne Maginot

    Après avoir approuvé l’exercice financier de l’année écoulée, les membres du comité ont pris connaissance du calendrier 2010. Une année chargée avec, en prévision, une cérémonie importante à la mémoire des aviateurs alliés tombés en mai 1944, le dimanche 2 mai 2010 au cimetière de Saint-Memmie. Une délégation britannique sera présente.

    Une sortie pédagogique sur le thème « Les combattants de mai-juin 1940 » sera organisée en mai au profit des scolaires, sur la ligne Maginot.

    Un voyage de mémoire est à l’étude pour la deuxième quinzaine de juin. Stonne ou La Horgne, l’ouvrage de Villy, Margut, Montmédy en seraient les étapes. Le spectacle « Des flammes à la lumière » à Verdun en représenterait le final.

    Le comité propose également une activité à l’animatrice du LDJ pour les ados sous la forme de petits travaux d’entretien à la nécropole du Souvenir français à Laval-sur-Tourbe. La seconde partie de journée serait consacrée à la visite du centre d’interprétation de Suippes.

    Cette démarche s’inscrirait dans une approche citoyenne.

    L’assemblée s’est terminée par le verre de l’amitié, et la galette des rois offerte par le président.


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    Union100125a - Marne
    ÉPERNAY : Salon de l’arme ancienne hier au Palais des fêtes La passion de la collection

    Des armes oui, mais pas seulement. Le salon est une véritable caverne d’Ali-Baba pour les collectionneurs et « reconstitueurs ».
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  • Une centaine d’exposants ont répondu présent au Palais des fêtes.
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  • Passionnés d’histoire militaires et collectionneurs n’ont pas raté cet événement où les objets rares et parfois insolites se retrouvent en un même lieu.

    IL est devenu le rendez-vous incontournable de nombreux collectionneurs. Le salon de l’arme ancienne a donc une fois encore rassemblé des centaines de personnes passionnées d’histoire militaire au Palais des fêtes d’Epernay hier. Un titre par ailleurs quelque peu réducteur pour cet événement qui est loin de se limiter à la vente d’armes de collection.

    Uniformes de cinéma

    Place à l’insolite et à la curiosité dès l’entrée du salon. Que font donc ici tous ces mannequins sans vêtements qui s’offrent aux regards des visiteurs ?

    « C’est pour les collectionneurs, indique l’exposant qui arrive de Belgique. Mais mes meilleurs clients, ce sont les musées, et l’armée française. »

    Des mannequins extensibles, d’autres fixes, ou encore avec une tête amovible, tout est possible ou presque, pour pouvoir faire revivre une scène historique.

    Et ce ne sont pas les membres de l’association Le poilu de la Marne, organisatrice du salon, qui diront le contraire.

    Un peu plus loin, au milieu de la centaine d’exposants présents hier, Jean-Charles Maratier, lui, vend des costumes. Des uniformes essentiellement liés à la Première Guerre mondiale, thème vedette de l’événement. Il faut dire que ce professionnel possède un gros stock à écouler. C’est lui qui fournit les grosses, et moins grosses productions cinématographiques, en costumes de ce type.

    Citons par exemple Un long dimanche de fiançailles, La bossue, Indigène, mais aussi la Reine Margot, Cyrano ou encore la série des Astérix notamment. « Je vends par exemple des uniformes utilisés par les acteurs pendant les films, explique-t-il. Et puis je possède un stock d’environ 250 000 costumes ! »

    Regain d’intérêt pour l’histoire

    Ce qui n’est pas un problème car, observe-t-il, « il y a un véritable engouement pour la reconstitution depuis quelques années ».

    Dans ce même esprit, Jean Dumas est lui aussi venu de Paris pour exposer ses décorations militaires et civiles. Encore une autre spécialité à laquelle on ne peut déroger si l’on tient à une reconstitution parfaite.

    « En plus, précise Jean Dumas, la décoration française devient internationale. Beaucoup d’étrangers les collectionnent désormais, ce qui n’était pas le cas auparavant. »

    L’Histoire a donc le vent en poupe. L’affluence, hier encore, au salon de l’arme ancienne témoigne de ce regain d’intérêt. Et cela dure depuis 1992.

    J.G.-A.


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    Union100124e - Marne
    RESISTANCE : 1re biennale de l’égalité femmes/hommes : Zoom sur les femmes en résistance

    Le sacrifice des femmes au Darfour (Soudan). Pendant la saison des pluies, juste avant l’orage, une femme déplacée du camp de Riyad s’empresse de remplir ses bidons d’eau à une pompe installée au cœur du camp par des ONG internationales.
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  • Du 13 février au 3 avril, Reims organise sa première biennale de l’égalité femmes-hommes. En mettant à l’honneur les femmes en résistance.

    EN proposant à Christiane Kutten le poste d’adjointe à l’égalité femmes/hommes, du jamais vu à Reims, la maire Adeline Hazan avait lancé un signal fort. C’est pour cette raison que cette année, la Ville a décidé de faire un zoom important sur le combat pour la parité femmes/hommes en organisant, du 13 février au 3 avril, la première biennale du genre placée sous le thème de « Femmes en résistance ». À la veille d’un déplacement à Strasbourg où il va être question de la mise en place d’une charte européenne sur la parité femmes/hommes.

    Qu’avez-vous fait depuis votre élection ?

    Christiane Kutten : « Il y a eu un gros travail de réflexion et de rencontres avec les responsables d’associations concernées par toute cette problématique de l’égalité femmes/hommes. Des heures passées sans résultats visibles immédiatement, je le reconnais, mais indispensable pour bâtir quelque chose de solide. Cela a déjà abouti, l’an dernier, à la parution d’un guide pratique contre les violences à l’égard des femmes, à instaurer aussi la mixité dans le staff des conseils de quartiers. »

    Charte

    « Au niveau interne de la mairie et de Reims métropole, en liaison avec le comité technique paritaire (élus du personnel), nous allons faire un diagnostic pour évaluer de façon précise si l’égalité femmes/hommes est respectée dans les services. La police municipale va recevoir une formation pour savoir comment accueillir des femmes victimes de violence. »

    Dans le cadre de votre délégation, vous partez la semaine prochaine à Strasbourg. Pour faire quoi ?

    Ch.K. : « Nous allons discuter du contenu d’une charte sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale qui devrait être mise en place au niveau européen. L’ancienne municipalité avait été invitée à y participer mais n’avait pas donné suite alors qu’aujourd’hui la Ville de Reims est prête à la signer. Et à la faire respecter. »

    Vous organisez cette année la première biennale de l’égalité femmes/hommes. Pourquoi ?

    Ch.K. : « Vous savez que le combat en faveur du Droit des femmes n’est pas nouveau. Nous allons justement fêter cette année le 100e anniversaire de la journée internationale des femmes lancé en 1910 à Copenhague par la seconde internationale socialiste des femmes. Depuis, nourri surtout par les socialistes, un mouvement européen en faveur de la parité se développe. En France les lois Rudy et Genisson sur l’égalité professionnelle et la non-discrimination ont servi de starter aux mouvements pour l’égalité car contrairement à ce que beaucoup pensent, les femmes ne sont pas une catégorie particulière comme on peut parler des migrants, mais représentent la moitié de l’humanité. »

    Quel est le but de cette biennale ?

    Ch.K. : « A partir du travail et d’une grande exposition réalisée par le photographe Pierre-Yves Ginet intitulé « femmes en Résistance » et qui brosse le portrait de femmes en lutte dans dix-sept pays, du Maroc au Tibet, du Darfour à la Palestine ou au Rwanda, nous allons mettre aussi en valeur dix femmes qui s’investissent, de leur côté à Reims, au sein d’associations. Pierre-Yves Ginet les a photographiées. Elles ont rencontré des lycéens de classes de seconde et des jeunes dans des maisons de quartier qui vont rédiger un portrait écrit dont des extraits alimenteront le catalogue de l’expo. Parallèlement de nombreuses manifestations seront organisées du 13 février au 3 avril en ville (lire par ailleurs).

    C’est important que les femmes sachent que la Ville porte un grand intérêt à leur combat. »

    Alain MOYAT


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    Le programme à toute vitesse

    Christiane Kutten : « Les femmes rémoises en résistance seront aussi à l’honneur ».
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  • Voici l’essentiel du programme (pas encore totalement arrêté) de cette première biennale de l’égalité femmes/hommes organisée du 13 février au 3 avril.

    Femmes en résistance

    Colonne vertébrale de la biennale, le travail du photographe Pierre-Yves Ginet intitulé « Femmes en résistance » fera l’objet de plusieurs expositions.

    La plus importante se tiendra dans les salons d’honneur de l’hôtel de ville avec l’accrochage de 70 images de femmes oppressées de diverses façons et qui ont décidé de lutter par la non-violence, le dialogue, l’abnégation.

    À la médiathèque Jean-Falala expo photos : « Darfour, le sacrifice des femmes » ; à la médiathèque Croix-Rouge expo : « Caravanières du Maroc face à la Moudawana » ; à la médiathèque Laon-Zola : « grandes résistantes contemporaines » ; à la Villa Douce : « Les nonnes tibétaines : un combat pour la liberté. »

    Dans les quartiers populaires, dix femmes ont été photographiées par Pierre-Yves Ginet. Il s’agit d’Andrée Paté et Yvonne Chatelain, résistantes ; Sophie Soumare, présidente du groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles ; Julianne Unterberger, membre de l’association femmes et mathématiques ; Céline Schifelbein de l’association Ensemble pour elles ; Dafroza Gauthier du collectif parties civiles pour le Rwanda ; Chloé Authelet, membre du planning familial ; Catherine Brion, animatrice du groupe de femmes en insertion ; Gisèle Bienne, auteur ; Nicole Bouvier et Anne-Marie de Pasquale d’ATD quart monde.

    Théâtre

    Les 10, 11 et 12 mars à la salle Jean-Pierre-Miquel : « Louise Michel » mise en scène de Marie Ruggieri. Un groupe de jeunes volontaires de Unis-cités interviendra dans des établissements scolaires et les maisons de quartiers en présentant des saynètes sur le thème des stéréotypes, du sexisme.

    Conférences

    Plusieurs conférences seront organisées au cours de la biennale sur les thèmes suivant : « Femmes et développement urbain » ; « la mixité professionnelle », « le code de la famille au Maroc », « la désexuation de l’Etat-civil ».

    Par ailleurs, l’association Ex æquo organisera un débat sur la visibilité lesbienne ; des contes pour les enfants sur la question des rapports entre les filles et les garçons seront organisés dans les médiathèques.

    En partenariat avec l’association Les Désobéissantes, les Maracasses’pieds organiseront une soirée festive avec une expo de Corinne Thévenet, de la poésie avec Slma tribu, deux concerts et un quiz.

    En plus, nombreuses animations dans les médiathèques et les bibliothèques municipales.


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    Union100124d - Marne
    REIMS : Les étudiants algériens fêtent le nouvel an 2960 : De l’identité nationale des Berbères

    Le président Chalal Makhlouf, les personnalités invitées et une jeune étudiante en robe berbère.
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  • En célébrant le nouvel an berbère, les étudiants algériens de Reims ont lancé officiellement leur association autour d’un bon couscous.

    « TOUT le peuple algérien est berbère, même s’il y a des diversités culturelles. L’an 2960, ça signifie que l’Algérie a une très longue histoire et que nous sommes fiers de cette histoire ». Applaudissements nourris de députés algériens pour leur député de l’immigration en France, Abdel Azzedine. Ce dernier s’exprimait lors de la célébration, hier midi, du nouvel an berbère. Autrement dit, le 12 janvier 2960. Cette manifestation chaleureuse marquait ainsi le lancement officiel de l’association des étudiants algériens de Reims.

    Cette association est née en novembre dernier, sous la présidence de Chalal Makhlouf. Pour le moment, elle réunit une centaine de membres, mais elle est ouverte à l’ensemble des étudiants rémois.

    En marquant « Yennayer », les étudiants algériens ont commémoré à la fois l’avènement de Sheshnaq, le Berbère fondateur de la XXIIe dynastie égyptienne, et le mariage de son fils avec la princesse Makara, fille du pharaon de l’époque, soit les années 950 avant Jésus-Christ. Au-delà de ce fait historique, les étudiants algériens se sont retrouvés avec les représentants des étudiants marocains, africains, maliens et même chinois. Parmi les personnalités, le conseiller municipal délégué à l’enseignement, Dominique Bunel. Mais aussi Sabrina Ghallal, la jeune conseillère générale, elle-même originaire de l’Algérie où elle se rend deux fois par an pour retrouver sa famille.

    « Je vous encourage à aller loin dans votre association, de vivre votre identité, vos valeurs que je partage avec vous », a insisté la jeune élue.

    Autre personnalité : le chef de cabinet du préfet de région, conseiller du président de la République, Rachid Kaci, qui s’est dit « militant de la cause Berbère », qui s’est plu à souligner « le chemin parcouru depuis trois décennies » par son pays.

    Ce chemin semé d’embûches a été évoqué par M. Azzedine, qui a rappelé la période sanglante du terrorisme algérien et de la lutte du pays « pour lui-même et pour les autres pays » contre le terrorisme islamiste. Une période qui a freiné le développement de l’Algérie, mais qui semble terminée. De ce fait, « nous nous développons grâce à 150 milliards d’investissements dans les infrastructures. Nous avons pris le chemin de la paix et de la démocratie », a conclu le député algérien.

    L’association des étudiants algériens peut désormais se consacrer à ses buts : assurer la cohésion de ses membres et mener ses actions pour « montrer la richesse de la culture algérienne ».

    J.-F. SCHERPEREEL


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    Union100124c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Conservation du Patrimoine : Le Kaiser Tunnel, véritable ville souterraine

    Le monument aux morts honore les 150.000 tués des batailles d’Argonne.
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  • Au cœur du massif Argonnais, cet édifice exceptionnel permet de se rendre compte des travaux du Génie lors de la Première Guerre mondiale.
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  • A quelques kilomètres des frontières des départements de la Meuse et de la Marne, ce site recèle encore des secrets, même si le Kaiser Tunnel est l’un des lieux de mémoire les mieux mis en valeur.

    Excavé dans la typique gaize argonnaise, l’édifice a vu le jour dès mars 1916 après plusieurs mois de travaux. Ce site servait de tunnel de liaison et rendait l’acheminement de produits aussi divers que variés en première ligne. Le tout, bien à l’abri des bombardements des artilleries françaises. Plus de 450 mètres de galeries, des pièces innombrables, une véritable structure « en dur » loin de la crasse et de la boue des tranchées.

    Ce tunnel et son édification découlent directement du changement tactique survenu après les premières grandes offensives meurtrières.

    Les soldats allaient désormais occuper le terrain et se stabiliser. Voilà d’où vient l’origine de l’édification de ce tunnel.

    À l’intérieur de ce dernier, à l’abri de tout sur plusieurs mètres de gaize, les Allemands avaient disposé un central téléphonique. un hôpital de premiers secours permettait aussi de recueillir les blessés provenant du front très proche. Une soixantaine de lits étaient disponibles. Il y avait même, pour les cas, les plus urgents, un bloc opératoire alimenté par de grands groupes électrogènes qui permettaient le renouvellement de l’air via vingt-trois ventilateurs. Plusieurs pompes à eau complétaient le dispositif d’hygiène.

    Un peu plus vers le sud du site, un second tunnel fut construit, une sorte de prolongation du Kaiser Tunnel. Ce nouveau bâtiment, le Batallon Tunnel, construit pour les mêmes raisons que le premier a été livré aux soldats le 29 juillet 1916.

    Ces deux hyperstructures, très bien conservées et relativement faciles d’accès allaient servir deux ans. Avant les grandes offensives, notamment celles de l’armée américaine.

    Abandonné en septembre 1918

    En 1918, les combats en Argonne avaient perdu de leur importance. les places stratégiques se situaient désormais plus à l’ouest.

    En conséquence, les contingents des belligérants furent très sensiblement allégés en Argonne. Le Kaiser Tunnel, si utile pendant deux années n’avait plus lieu d’être. Devant l’avancée de l’armée américaine, le 24 septembre 1918, le Kaiser Tunnel est vidé de tout son matériel. Ce dernier est rapatrié derrière la ligne de résistance « Hindenburg » située plus au nord.

    Pour éviter les infiltrations adverses, et comme c’était l’usage, les issues furent bouchées ou détruites le 25 septembre 1918. Le lendemain, commençait l’offensive américaine Meuse-Argonne…

    L’une des entrées du Kaiser Tunnel est encore tout à fait accessible aux visiteurs.


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    Union100124c - Marne
    A voir à proximité : La plus grosse bombe allemande utilisée en Argonne

    Le trou de la plus grosse mine allemande utilisée en Argonne est encore visible aujourd’hui.
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  • Une déchirure dans la forêt. A proximité du parking, un trou béant s’offre aux yeux des visiteurs en contrebas du monument aux 150.000 morts des batailles d’Argonne. Un cratère a été conservé pour se souvenir. Plus de dix mètres de profondeur pour un diamètre supérieur à 50 mètres.

    Impressionnant. C’est ici, que le 12 décembre 1916, la plus grosse mine allemande utilisée durant le conflit en Argonne a explosé. Elle était chargée à 52,5 tonnes de puissance.

    Autour de ce site, la végétation a été conservée la plus rase possible afin que le public se rende compte de l’ampleur des dommages. C’est l’illustration parfaite d’un épisode connu des historiens de la période de la Guerre des mines. Avec l’apparition de nouveaux explosifs, telle la cheddite, la mélinite, il est alors possible en une seule fois d’engendrer de très lourdes pertes à l’ennemi.

    Un abri, une fortification, rien ne résistait, ou presque, à son usage. Ainsi, les belligérants pouvaient rapidement reconquérir un terrain perdu. La proximité de deux lignes durant le conflit argonnais empêchant l’utilisation de l’artillerie a permis le recours à cette méthode en 1915 et 1916.


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    Union100124b - Marne
    VILLAGES FANTOMES : Sacrifiés pour la France

    Il ne reste plus grand-chose de Perthes-lès-Hurlus au lendemain de la guerre.
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  • La Première Guerre mondiale a laissé de lourdes séquelles. De nombreux villages furent ainsi totalement détruits dans l’Aisne et dans la Marne. Certains ont été reconstruits à proximité. Mais pour la plupart, ils n’existent plus et leurs territoires ont été rattachés aux communes voisines qui ont ajouté les noms des villages disparus aux leurs. A quelques encablures de la Marne, neuf communes des environ de Verdun rayées de la carte existent toujours. Elles n’ont plus d’habitants mais des maires désignés par le préfet qui se battent pour qu’elles ne meurent pas une seconde fois.

    Ailles, Chivy, Courtecon, Vauclerc-et-la-Vallée-Foulon, Courtonne, Hurlus, Ripont, Tahure, Nauroy… Ces noms de villages de la Marne et de l’Aisne ne vous sont sans doute pas familiers. Et pour cause. Ils n’existent plus. Ils font partie, avec une dizaine d’autres dans ces deux départements, des villages situés en zone rouge qui ont été totalement détruits pendant la Première Guerre mondiale et dont les terroirs ont été classés inconstructibles.

    Depuis ce temps, chacun de ces villages fantômes a essayé à sa manière de ne pas mourir une seconde fois. L’histoire leur a laissé pour cela une nouvelle chance. Certains ont ainsi été reconstruits à proximité comme c’est le cas dans l’Aisne pour Craonne (à quelques centaines de mètres en contrebas de l’ancien village) ou Cerny-en-Laonnois (sur la crête au-dessus du vieux Cerny).

    La plupart n’ont pas eu cette opportunité. Dans ce cas-là, leur nom a simplement été rajouté à celui de communes proches pour qu’on ne les oublie pas. Dans la Marne, sept villages ont connu ce sort. Nauroy (Beine-Nauroy), Moronvilliers (Pontfaverger-Moronvilliers), Hurlus (Wargemoulin-Hurlus), Ri-pont (Rouvroy-Ripont), Le Mesnil-lès-Hurlus (Minaucourt-le-Mesnil-les-Hurlus), Tahure (Sommepy-Tahure) et Perthes-lès-Hurlus (Souain-Perthes-lès-Hurlus).

    Dans l’Aisne, plusieurs communes du secteur du chemin des dames ont également été concernées par ces rapprochements : Ailles (Chermizy-Ailles), Courtecon (Pancy-Courtecon), Vauclerc-et-la-Vallée-Foulon (Bouconville-Vauclair d’un côté et Oulches-la Vallée-Foulon de l’autre), Moussy-sur-Aisne (rattachée à Verneuil-Courtonne devenu ensuite Moussy-Verneuil), Beaulne-et-Chivy (Vendresse Beaulne), Grandelain-et-Malval (rattachée à Pancyet-Colligis, elle-même redécoupée pour devenir Pancy-Courtecon et Colligis-Grandelain puis Colligis-Crandelain).

    A noter que la Marne et l’Aisne ne sont pas les seuls départements concernés par ces villages détruits. Le département de la Meuse fut particulièrement touché, surtout lors de la Bataille de Verdun en 1916 où neuf villages ont été complètement détruits par les combats (voir page suivante). En Meurthe-et-Moselle, trois communes situées près du saillant de Saint-Mihiel ont également été rasées de la carte. Si aujourd’hui tous ces villages n’existent plus seuls, les maires des communes qui ont récupéré leurs territoires essayent d’en perpétuer la mémoire.


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    VILLAGES FANTOMES : Sur la liste rouge

    La zone rouge est le nom donné en France au secteur des champs de bataille où, à cause de dégâts physiques majeurs sur le milieu pendant la Première Guerre mondiale et en raison de la présence de milliers de cadavres et de millions de munitions non explosées, certaines activités comme la remise en culture ou les constructions ont été provisoirement ou définitivement interdites par la loi. Les terres ont été rachetées par l’Etat au lendemain de la guerre, neutralisées. C’est dans cette zone rouge que se trouvaient les villages détruits de notre région. Toute construction y a purement et simplement été interdite.

    Les superficies en zone rouge varient selon les départements, sur la base des estimations préfectorales des dommages. Dans le seul département de la Marne, la superficie totale de la zone rouge (1/7 de la superficie totale en zone rouge en France) est de 24.556 hectares, dont 2.185 pouvaient en 1921, selon le préfet de la Marne, être remis en état de culture. Cela concernait les communes de Cormicy, Loivre, Courcy, Berméricourt, Minaucourt, Massiges, Fontaine-en-Dormois, Gratreuil, Rouvroy, Cernay-en-Dormois, Servon, Ville-sur-Tourbe, et Vienne-le-Château. A cette époque, le préfet a proposé le boisement pour 84 % de la zone rouge, soit 20.833 hectares. Les 1.538 hectares restants devaient être conservés « en l’état actuel » comme vestiges de guerre et « emplacement de villages ».

    En 1919, la zone rouge dans l’Aisne inclut 19.000 hectares, comprenant principalement le plateau du Chemin des Dames, la plaine de Corbeny à Berry-au-Bac et Pinon. Sous la pression des propriétaires et des élus locaux (maires, conseillers généraux, députés), cette zone finit par se réduire en 1925 à 725 hectares, limités pour l’essentiel à des sols pauvres du plateau de Craonne.

    A noter que « Zone rouge » est une appellation générique sans rapport symbolique avec le sang versé ou la puissance de feu déployée comme cela a souvent été dit, due simplement, semble-t-il, au traçage en rouge, sur les cartes, de la délimitation de ces terrains !


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    VILLAGES FANTOMES : Maires sans administrés

    François-Xavier Long est maire de Louvemont, un village des environs de Verdun rayé de la carte.
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  • Officiellement, ils sont présidents de la commission municipale de leur village. Dans les faits, tout le monde les appelle « maire » car ils en ont les mêmes pouvoirs. « Nous avons les mêmes prérogatives mais ce qui fait notre originalité, c’est que nous n’avons pas d’habitants et nous ne sommes pas grands électeurs », expliquent les « maires » des communes Beaumont, Bezonvaux, Cumières, Douaumont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux, Louvemont-Côte-du-Poivre, Ornes et Vaux.

    Tous ces villages, situés à proximité de Verdun, ont été purement et simplement rayés de la carte lors de la Première Guerre mondiale à l’occasion de combats d’une violence inouïe. Une loi du 18 octobre 1919 dote alors chacun d’entre eux d’une commission municipale avec un président qui fait office de maire et d’un membre de commission que l’on peut appeler adjoint ou conseiller municipal. « Nous sommes là pour faire revivre le village, maintenir la mémoire du site », indiquent les maires qui sont nommés par le préfet sur proposition du conseil général.

    Leurs fonctions consistent à redonner vie à leurs villages, les aménager pour les visiteurs, organiser des fêtes avec les descendants… bref dynamiser les lieux pour « que ces communes ne meurent pas une seconde fois ». Dans cet esprit, en 1987, ils se sont regroupés en Sivom pour mutualiser leurs actions.

    Chacun gère environ 10 % du territoire de son village, le reste étant laissé à l’ONF. Comme pour toute commune, ces maires disposent d’un budget dont la somme (20.000 euros en moyenne) provient de la dotation globale de fonctionnement et de la taxe foncière non-bâti. Leur statut à part suscite régulièrement des jalousies. « La tendance est de vouloir nous rattacher à d’autres communes. Cela ne ressemblerait plus à rien. Tous les villages qui n’ont plus de maires et qui ont rattaché à une commune n’ont plus aucune âme… »


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    VILLAGES FANTOMES : Une journée pour le souvenir

    Cinq des villages détruits de la Marne sont aujourd’hui sur le périmètre du camp de Suippes.
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  • Ils sont inaccessibles ou presque. Et pour cause. Le périmètre des cinq villages marnais de Tahure, Hurlus, Perthes-lès-Hurlus, le Mesnil-lès-Hurlus et Ripont qui ont été rayés de la carte entre 1914 et 1915, est aujourd’hui zone militaire. Au lendemain du conflit, cette zone rouge fut en effet convertie en terrain militaire (1922), le camp de Suippes, l’un des plus vastes de France. Impossible dorénavant d’y mettre les pieds à la recherche d’un passé lointain. A une exception près.

    Une fois par an, la « Journée des villages détruits » permet en effet de découvrir ou redécouvrir, les vestiges de ces villages. Elle se déroule généralement en septembre (la dernière a eu lieu le 12 septembre 2009). Et cela ne manque pas d’intérêt car de nombreuses ruines témoignent encore du passé de tous ces « pays » dont les noms ont été rattachés depuis à d’autres communes. Lors de ces journées, on voit d’ailleurs fréquemment des descendants d’anciens habitants ou de soldats morts sur place venir chercher des traces de leurs aînés.

    C’est à Hurlus que les « restes » sont les plus spectaculaires avec une partie de l’église encore bien visible. Ce village comptait 88 habitants à la veille e la Première Guerre mondiale. Atteinte par un obus en décembre 1914, l’église devait s’effondrer par la suite sous les bombardements. Il en reste aujourd’hui une partie des murs sur plusieurs mètres de haut.

    A Perthes-lès-Hurlus, 151 habitants au recensement de 1911, des petites ruines ou pierres sont aussi apparentes, qui permettent de deviner ici la présence d’une maison, d’une église.

    Au Mesnil-lès-Hurlus, 97 habitants en 1911, rien ne subsiste du village en dehors des ruines de l’église qui avait été édifiée au XIIIe siècle et qui ont été dégagées en 1984 par le 40e Régiment d’artillerie.

    A Tahure, 185 habitants en 1911, on peut voir l’autel de l’église avec son bas-relief presque intact. Celui-ci a été découvert en 1980, dans les ruines du village envahies par la végétation, par les pionniers du 39e groupement de camp en creusant les fondations d’une grande croix de fer destinée à marquer l’emplacement présumé de l’église.

    A Ripont, 84 habitants à l’époque, enfin, il ne reste du village détruit dès Pâques 1915 que quelques tombes et le monument aux morts élevé à la mémoire des morts de la Première Guerre mondiale.

    A noter qu’outre ces cinq villages, le camp de Suippes accueille la ferme et le fortin de Beauséjour. À l’origine simple ferme, construite en 1820 le long du chemin reliant Minaucourt à Mesnil-lès-Hurlus, Beauséjour constituait en 1914 un hameau dépendant de la commune de Minaucourt, que les habitants avaient dû évacuer le 2 septembre. Pendant toute la guerre, ce hameau dominé par un fortin aménagé dès 1914 par les Allemands fut l’objet de combats meurtriers.


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    VILLAGES FANTOMES : Le vieux Craonne comme si on y était

    Dans l’Aisne, il est possible de marcher dans les rues du Vieux Craonne grâce à un parcours balisé par des images du village à l’époque.
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  • Dans l’Aisne sur le chemin des Dames, le village de Craonne fait partie de ceux qui ont été détruits puis reconstruits au lendemain de la Première Guerre mondiale. Il a donc conservé une existence administrative mais n’a plus rien à voir avec celui qui existait avant 1914.

    En raison des pilonnages et des combats très intensifs, notamment à la fin de la guerre, le site n’était en effet plus constructible, ni cultivable : il a été placé en zone rouge. Le « nouveau Craonne » a été reconstruit sur un autre emplacement à quelques centaines de mètres en contrebas de l’ancien.

    Pas question pour autant d’oublier le vieux Craonne. Confié à la gestion de l’Office national des forêts, l’ancien site a été aménagé aujourd’hui en arboretum. On y trouve également un intéressant parcours qui a été aménagé dans ce qui était à l’époque les rues du vieux village et qui aujourd’hui se situe au milieu d’une forêt.

    Au gré de la promenade, on découvre des panneaux sur lesquels sont installées d’anciennes images représentants les lieux. On peut ainsi imaginer en fonction de l’endroit où l’on se trouve où était l’église, différentes rues, l’entrée du village, telle place, le monument aux morts.

    Un parcours instructif mais aussi difficile à imaginer parfois tant la topographie des lieux a évolué depuis un siècle avec dans de nombreux endroits les traces des différents pilonnages.


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    VILLAGES FANTOMES : Une vie après la guerre

    L’exposition qui se tient actuellement à la Caverne du Dragon dans l’Aisne ne parle pas exclusivement des villages détruits mais elle mérite que l’on y fasse un détour au gré d’une visite dans le secteur. Car en fait c’est toute la vie au lendemain de la guerre qui y est évoquée et notamment celle de ceux qui vivaient dans ces villages. Comment vit-on dans un pays tout juste sorti de la guerre, pas encore en paix au début de 1919, un pays ravagé, « aplati » selon l’expression de Roland Dorgelès, frappé par l’ampleur des destructions de la zone du front ? C’est ce à quoi l’exposition présentée à la Caverne du Dragon, musée du Chemin des Dames, tente de répondre. Initialement prévue du 16 avril au 15 décembre 2009, elle a été prolongée du 15 janvier au 28 mars 2010. On y découvre au fil des panneaux et autres documents d’époque, le quotidien fait de provisoire qui est souvent devenu du définitif. C’est ce miracle de la reconstitution sociale, où émergent anciens et nouveaux notables (les entrepreneurs de la Reconstruction), qu’évoque l’exposition.

    Après la Guerre, l’Aisne 1919… La Caverne du Dragon, Musée du Chemin des Dames, Chemin des Dames - RD 18 CD 02160 Oulches-la-Vallée-Foulon. Tél. : 03.23.25.14.18.


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    HISTOIRE : Plan jaune : le IIIe Reich soigne ses préparatifs

    Les escadres de bombardements de la Luftwaffe seront mobilisées.
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  • Le rôle des blindés doit être décisif pour fracturer les défenses alliées.
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  • JANVIER 1940. Les généraux allemands se rangent à L’idée que l’effet de surprise doit être maximum pour faciliter la rupture des lignes de défense françaises par l’engagement intelligent des blindés.

    Von Manstein continue les préparatifs de l’action à l’Ouest tout en tenant compte des observations qu’il a notifiées depuis novembre. La zone dépourvue de bois qui s’étend depuis Arlon en passant par Tintigny jusqu’à Florenville reste une zone qui l’intéresse tout spécialement. Et sur ce secteur, il tient à engager le 19e corps d’armée de Guderian avec les 2e et 10e Panzer, une division motorisée, la Leibstandarte, et le régiment « Gross Deutschland ».

    Guderian a l’avantage d’être l’officier général le plus expérimenté des grandes unités blindées. En ce mois de janvier, seul son nom est cité pour conduire une puissante offensive surprise destinée à conquérir Sedan et à sécuriser les colonnes d’infiltration en direction de la Champagne et de la Picardie. Manstein multiplie les études dont la dernière est remise au quartier général führer le 12 janvier. On retient qu’il marque sa préférence pour une percée au centre et recommande l’effet de surprise.

    « IL FAUT DIRIGER LES CHARS VERS SEDAN »

    Convaincu qu’un repositionnement des forces dans les clairières d’Arlon, de Tintigny et de Florenville facilitera l’accès vers la Meuse et ne retardera pas les renforts, Manstein maintient son enthousiasme pour sa manœuvre sans rencontrer Hitler pour autant. Son temps d’état-major s’achevant, il est nommé à la tête d’un nouveau corps d’armée et envoyé en Poméranie pour le constituer. Va-t-on abandonner son travail ? Il n’en est pas question et il suffit pour s’en convaincre de reprendre les indications portées par Jodl dans son journal aux dates des 9 et 13 février 1940. Il insiste sur les remarques d’Hitler qui estime que les projets d’invasion concentrent trop de blindés sur les zones secondaires au détriment des points clés. « Ils manqueront aux XII’ et XVIe armées. Il faut diriger les chars vers Sedan. L’ennemi n’attend pas notre effort principal à cet endroit » martèle te führer. Le dispositif est donc remanié.

    L’état-major général allemand affecte au groupe A des armées du Reich trois nouvelles Panzer, les 1e, 5e, et 9e. En réalité, il s’agit d’un redéploiement des forces opérationnelles. Le général Bock qui en avait neuf, n’en conserve que trois. Rundstedt qui n’en avait qu’une à l’origine en possède désormais sept dont cinq doivent être employées en face de Sedan. De même la IV’ armée de Von Kluge est ôtée à Bock pour être placée sous son commandement.

    Manstein ne rencontre Hitler que le 17 février. Il se retrouve à la nouvelle chancellerie en compagnie des nouveaux commandants de corps qui viennent d’être désignés : Schweppenburg, Schmidt, Reinhardt, Glumme. Rommel, Jodl et Keitel sont de la partie. Au terme du dîner, Hitler s’isole avec Manstein. Le führer tient à connaître son évaluation d’une attaque contre la France. Jodl écrit encore dans son journal : « Manstein redit que la décision ne se fera pas à l’ouest de la Meuse mais sur un segment situé entre Sedan et Charleville ». Le général de la cavalerie blindée plaide pour une forte concentration de chars. Et il est convaincant : « Je ne sais pas si Hitler avait ou n’avait pas connaissance de notre plan, mais je dois reconnaître qu’il est entré dans nos idées avec une vivacité étonnante et a très vite partagé nos convictions ».

    Bref, le plan de Sedan est désormais soutenu au plus haut niveau. Il ne reste plus qu’à en peaufiner l’exécution. Tout passe par une préparation des plus rigoureuses et la définition d’un ordre de marche chronométré des différentes unités programmées pour passer la frontière. Échelonner de longues colonnes de véhicules chargés d’un maximum de munitions et de ravitaillements exige une couverture aérienne exemplaire. C’est pourquoi tous les itinéraires y compris les plus petits sentiers forestiers sont pris en compte. La moindre erreur, le moindre bombardement peuvent impliquer une désorganisation générale et causer des obstacles insurmontables dans l’instant. Certains officiers se moquent et estiment que de s’appuyer sur des plans de chasse aux sangliers est ridicule. Ils ne sont pas entendus.

    Von Bock enrage et fulmine contre l’état-major : « Vous vous imaginez que les Français vont se contenter de vous regarder ! Vous pelotonnez vos blindés sur les rares chemins de l’Ardenne et vous oubliez que l’aviation a été inventée ! Vous vous imaginez que vous franchirez la Meuse en un jour et que vous courrez jusqu’à la mer avec un flanc exposé de trois cents kilomètres. Que ferez-vous si vous êtes bloqués et que les Français n’entrent pas en Belgique ? Croyez-moi, vous rêvez ! ». Ce pessimisme actif de Bock est immédiatement sanctionné. Accusé de défaitisme, il est dessaisi de tout rôle actif dans le projet mais force est de constater que Rundstedt, commandant du groupe d’armées A est soucieux. Il résume ainsi son sentiment : « Mon petit Gamelin est habile, ne l’oubliez pas ! ».

    Un autre général, Halder, suggère qu’on stoppe sur la Meuse pour faciliter le regroupement de l’infanterie près des blindés avant d’engager : « Une attaque générale rangée ». Jodl qui écoute les réactions des uns et des autres décide de remettre une note de synthèse à Hitler où il écrit : « La poussée sur Sedan est un sentier secret sur lequel on peut être surpris par le dieu de la Guerre… ».

    BROUILLER LA DONNE

    Le seul qui manifeste un optimisme sans retenue est Guderian. Que ce soit en février et mieux encore à la mi-mars, il est convaincu de franchir la Meuse en cinq jours. A la question du führer : « Que ferez-vous alors », le général répond du tac au tac : « Je continuerai vers l’ouest. La seule chose que je demande au haut commandement c’est de m’indiquer quelle direction je dois prendre : Laon-Amiens ou Reims-Paris ».

    Il ne reste plus qu’à détailler les opérations de diversions qui doivent accompagner ce mouvement à la fois au Pays-Bas avec la 7e division de Flieger et sur la Belgique autour des ouvrages du canal Albert et des fortifications de Liège. L’emploi des parachutistes et de commandos déployés en planeurs est destiné à brouiller la donne. Pendant que l’ennemi se posera des questions, les Panzer se glisseront vers la frontière. Dans le même temps, Gamelin considère toujours que la défensive est le meilleur moyen de contenir les forces allemandes dont les chefs tiennent un raisonnement à l’opposé. « Je donnerai un milliard pour être attaqué » risque le généralissime français qui craint d’abord que la longue attente démobilise les soldats français.


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    HISTOIRE : Les surprises du plan Gamelin

    La mise en place de défenses antichars a pris beaucoup de retard.
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  • Les canons de 105 peuvent-ils faire peur à l’adversaire ?
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  • Excédé par les susceptibilités belges réitérées à la mi-janvier, Edouard Daladier réclame au général Gamelin un plan de guerre pour le printemps destiné à contrer les ambitions du Reich et à garantir la souveraineté de la France.

    Sommé le 13 janvier de présenter dans les meilleurs délais au président du Conseil un plan de guerre, le généralissime prend son temps pour l’établir. Il attend le 26 février pour l’adresser au chef du gouvernement en précisant qu’il a été finalisé en accord avec le chef d’état-major de la marine, l’amiral Darlan et le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Vuillemin. Le document est constitué de trois parties : une situation comparée des belligérants au printemps 1940, les possibilités militaires comparées et la ligne de conduite que les Alliés doivent suivre pour faire échec à l’association de la Luftwaffe et de la Wehrmacht. Le document constitué de vingt-cinq feuillets dactylographiés est déposé sur le bureau d’Edouard Daladier. Que faut en retenir ?

    Le premier des trois dossiers mentionne que les forces terrestres ennemies devraient se situer entre cent soixante-dix et cent soixante-quinze divisions de campagne. Le généralissime confiant précise : « Cet accroissement doit porter sur des divisions de type normal et non sur des divisions blindées ». Ce qui tend à confirmer que les renseignements recueillis par les agents français sont bien imprécis, Gamelin estime que les nouvelles unités de l’adversaire n’ont pas la valeur des unités constituées à la mobilisation. Il ne semble pas tenir compte des améliorations apportées par l’état-major du Reich aux divisions constituées et qui tiennent compte des leçons tirées de la campagne de Pologne. Mais cette position lui permet d’écrire que la puissance de choc des armées hitlériennes est stagnante. En revanche, il a raison de noter que les Allemands disposent de plus de ressources que les Alliés. Notamment, il n’exclut pas que la domination de l’aviation allemande perdure : « Si l’accroissement de la Luftwaffe doit être inférieur à celui des forces aériennes alliées, elle conservera probablement une supériorité numérique sur celles-ci ».

    L’état-major français n’apporte aucune information nouvelle sur les ressources économiques de l’Allemagne et son potentiel industriel consacré à l’effort de guerre. Tout juste se contente-t-il de consigner qu’un des points faibles de l’ennemi réside dans ses moyens de transport. Même s’il insiste sur les tiraillements qui existent au sein du régime nazi, il sait pertinemment que les leaders du parti ont assez d’autorité pour imposer toutes leurs décisions. Essayant de se mettre à la place d’Hitler, Gamelin pronostique que le führer va rechercher des succès de prestige dans les Balkans. Cela ne repose sur rien de sérieux si ce n’est d’essayer de se rassurer et de conforter les hypothèses inconséquentes développées chez certains dirigeants comme quoi la Wehrmacht n’a jamais eu l’intention d’attaquer à l’Ouest. Dans le même temps, Gamelin manifeste son manque de confiance à l’égard des Italiens. Il n’a pas tort de douter de la sincérité de Rome et de penser qu’à la première occasion, Mussolini rétablira son alignement sur Berlin. Une manière de justifier le maintien de forces armées dans les Alpes mais également à la frontière de la Tunisie. Mieux vaut prévoir toutes les éventualités. Il existe un risque modeste mais réel pue les Italiens perturbent les hues commerciales maritimes de Méditerranée. Reste la grande énigme : la position de l’URSS qu’on peut imaginer hostile à Paris. Globalement, Gamelin est raisonnable lorsqu’il précise que les Alliés n’auront pas une supériorité des moyens opérationnels dans la guerre avant 1941. Il résume : « Ce n’est que fin 1940 qu’ils auront des dotations normales en matériels modernes. En 1941 arriveront les projectiles de l’artillerie lourde et les nouveaux engins encore à l’étude et destinés à l’attaque de la ligne Siegfried . ». Il se veut tout aussi rassurant lorsqu’il dit sa certitude que la chasse franco-britannique dépassera le chiffre des formations correspondantes du Reich. Ce qui fait bondir le général Georges convaincu qu’il ne s’agit que d’affirmations gratuites destinées à rassurer le gouvernement.

    DES MANŒUVRES AUDACIEUSES

    Gamelin veut prendre son temps pour la victoire alors que dans le même temps Hitler pousse ses officiers généraux à obtenir une décision rapide par des manœuvres audacieuses. Revenant sur les événements récents, il confirme que la Belgique ne sollicitera l’aide des Alliées que si tes unités allemandes franchissent la frontière. Il émet quelques espoirs sur l’évolution de la position de la Turquie. Il salue les dispositions de la Grèce vis-à-vis de Paris, parie que la Yougoslavie refusera le passage aux troupes du Reich tentées d’intervenir du côté d’Athènes mais se demande quelle option finale adoptera la Roumanie qui : « louvoie entre ses puissants voisins et les Alliés ».

    Qu’en est-il des possibilités militaires des deux camps au printemps 1940 selon l’analyse de Gamelin ? Le généralissime écarte une offensive de rupture du Reich contre la ligne Maginot et juge plausible une manœuvre de contournement par la Belgique pour entrer en France même s’il s’interroge sur la volonté allemande de refaire comme en 1914. Il envisage que les Allemands restent en Belgique et en Hollande et n’entrent pas en France de manière à préparer des têtes de pont destinées à être utilisées pour envahir la Grande-Bretagne.

    En ce qui concerne l’Europe du Nord, l’idée d’une prise de contrôle des côtes de Norvège par un corps expéditionnaire allemand apparait comme une hypothèse crédible. Une manière de s’assurer le contrôle du minerai de fer suédois. Gamelin en conclusion affirme à Daladier que le Reich est capable de prendre l’initiative d’une guerre plus dure mais qu’il ne dispose pas des forces pour conduire des opérations sur plusieurs fronts en même temps. Le généralissime suggère que lorsque les Alliés en auront tes moyens, ils mènent une puissante offensive sur le Rhin. En attendant, la priorité est à une guerre défensive destinée à clouer la Wehrmacht sur ses positions et à lui interdire toute offensive de grande envergure. Gamelin n’exclut pas une intervention sur des théâtres extérieurs. Pour garantir des moyens à cet effet, il émet l’hypothèse de prélever dans l’Hexagone comme en Angleterre et en Afrique du Nord une dizaine de divisions. Une réflexion qui ne sied guère aux commandants d’armées qui se plaignent de ne pas disposer d’assez de régiments pour garantir l’hermétisme des frontières et contrer des tentatives d’infiltration. S’agit-il de venir en aide à la Finlande qui lutte héroïquement contre les troupes soviétiques ? Est-il question d’assurer à la Suède les moyens de commercer librement sans subir les contraintes additionnées de l’URSS et de l’Allemagne ? Il ne le précise pas.

    Plus prolixe sur les opérations terrestres, le généralissime écrit : « Si la Wehrmacht envahit la Belgique, la Hollande et le Luxembourg, les Alliés peuvent passer à la contre-offensive car l’ennemi s’offrira à eux en terrain libre ». Mais justement n’est-ce pas un terrain d’évolution très favorable pour les panzers ? Il ajoute : « Dans les pays scandinaves, une intervention franco-britannique serait susceptible d’entraîner l’échec définitif des entreprises soviétiques contre la Finlande et par là même, conjuguée au besoin avec une action au Caucase, l’effondrement plus ou moins total de l’URSS ». C’est de l’utopie pure ! Enfin, dans le dernier dossier de son plan, Gamelin déconseille de prendre l’offensive sur le front occidental au printemps et recommande de se concentrer sur la désorganisation de l’Allemagne, des opérations dans les Balkans et la destruction des puits de pétrole du Caucase dont il ne démord pas.

    H.C.


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    HISTOIRE : La « Bomba » contre « Enigma »

    Parmi les compétences, on ne crie pas sous tous les toits qu’on sait décrypter les messages de l’ennemi.
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  • Les Alliés sont en passe de remporter leur première victoire ! Ce n’est pas sur le terrain mais dans le domaine du renseignement que la partie se joue. Les messages codés de l’armée et des diplomates allemands sont interceptés par les services qui travaillent d’arrache-pied pour réussir à les décoder. Les spécialistes britanniques et français échangent et comparent leur méthodologie. Les Allemands utilisent une machine sophistiquée baptisée « Enigma ». L’appareil code les informations par impulsions électriques ; aussi deux machines dont les réglages changent chaque jour sont nécessaires pour réaliser le travail dans des conditions idéales. L’une chiffre le texte et la seconde le déchiffre, la procédure de cryptage étant réversible.

    Les Français obtiennent des renseignements de première importance par Hans Thilo Schmidt, un Berlinois qui travaille pour Paris depuis 1931. C’est ainsi que des machines sont construites selon un modèle très proche de celui employé par les nazis. Les Britanniques sollicitent les Polonais, en particulier le sous-lieutenant Langer et le mathématicien Marian Rejewski qui ont mis au point une puissante calculatrice répondant au nom détonant de « Bomba ». Ces experts travaillent depuis la chute de leur pays dans les locaux du quartier général du 2e bureau français au château de Vignolles à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Renforcée par les collaborateurs britanniques de Bletchley Park, toute cette fine équipe réussit à casser la clé allemande employée le 28 octobre 1939. C’est à partir de ce succès que les scientifiques mettent au point des modèles mathématiques pour percer le secret du cryptage et parvenir à une traduction quasi instantanée des messages.

    Les progrès obtenus en janvier 1940 sont un plus évidents. Il va être possible de tout savoir sur les Allemands sans qu’ils sachent que leur technologie de cryptage et de décryptage a été craquée par l’ennemi. Encore faut-il être très prudent pour ne pas montrer ce que l’on sait. Si bien que certaines informations ne doivent pas provoquer de réactions militaires ou politiques. C’est un impératif de guerre qui ne sied pas aux plus impatients.


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    AVIZE : Des galettes pour les anciens combattants

    Pendant le rapport d’activités de René Trubert.
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  • La section d’Avize a tenu son assemblée générale en l’absence de son président Lucien Diot, dont la famille vient d’être à nouveau durement éprouvée.

    René Trubert, président cantonal, a rappelé la participation aux cérémonies de commémoration des 8 mai ,11 novembre et 4 décembre, la journée de détente du 21 juin en Normandie : Honfleur et une balade en bateau dans l’estuaire de la Seine, avec une magnifique vue du célèbre pont enjambant le fleuve.

    Les CATM ont unanimement affirmé que le pôle mémoire de Champagne-Ardenne ne peut être qu’à Châlons-en-Champagne, et non à Charleville-Mézières… « Peut-on oublier ce qu’a vécu la Marne lors des conflits majeurs du XXe siècle ».

    La réunion s’est conclue autour d’une galette des rois, d’une façon moins festive qu’à l’accoutumée.


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    EPERNAY : Dimanche au palais des fêtes : Nouveau salon de l’arme ancienne

    Didier Blanchard présente deux pièces de sa collection.
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  • L’association « Le Poilu de la Marne » organise ce dimanche 24 janvier, au palais des fêtes d’Epernay, un salon de l’arme ancienne, ouvert de 9 à 16 heures.

    L’association a vu le jour en 1991. Elle a fait rapidement ses classes en organisant dès l’année suivante, un Salon de l’arme ancienne qui a depuis, conquis ses lettres de noblesse dans l’hexagone, et même au-delà de nos frontières.

    Outre ce grand rendez-vous annuel des collectionneurs avisés, l’association est souvent sollicitée pour la participation de ses membres - ils sont une petite cinquantaine - tous férus d’histoire militaire.

    Manifestations patriotiques ou festives, comme ce fut le cas en novembre lors des festivités du jumelage à Magenta, ou tournages de films, cinéma ou télévision, en tant que figurants.

    Didier Blanchard, le président du Poilu de la Marne, exhibe fièrement deux pièces de sa collection personnelle : un casque à pointe de réserviste de l’armée prussienne datant de 1895, un modèle utilisé jusqu’en 1915, et une paire de baguettes de tambour estampillées « 28 juillet 1833 » appartenant à l’époque, au grenadier Fauchetaine. Elles sont en ébène, ivoire et argent.

    Une centaine d’exposants venant de France, d’Allemagne, de Belgique, est attendue à ce salon qui devrait accueillir comme chaque année, quelque deux mille cinq-cents visiteurs passionnés. « Ils trouveront du matériel militaire, des armes,des équipements, des uniformes, des coiffures, des documents, etc … couvrant la période allant du 1er Empire à la guerre d’Algérie, et aussi quelques armes de chasse ». De quoi satisfaire les amateurs, qui sont légion. Ils seront d’ailleurs gâtés cette année, puisqu’un second salon est prévu à Epernay, le dimanche 27 juin, au Millésium cette fois.

    Salon de l’arme ancienne au Palais des Fêtes d’Epernay, dimanche 24 janvier, de 9 à 16 heures. Buvette et restauration légère sur place. Entrée : 4 euros, gratuit pour les moins de 12 ans.


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    Union100123a - Marne
    POLE MEMOIRE

    Plusieurs aviateurs marnais ont participé à la cérémonie du ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe par le général Jean-Paul Palomeros, chef d’état-major de l’armée de l’air, ancien commandant de la 30e escadre de chasse sur la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée ».

    Jusqu’à présent l’armée de l’air n’avait pas une telle cérémonie qui lui était propre devant le tombeau du Soldat inconnu mais était associée à ces temps de la mémoire. Le général souhaite que chaque année, l’armée de l’air se recueille devant le tombeau du Soldat inconnu et ravive la flamme. « Il est important qu’on se souvienne des disparus des différentes guerres notamment de la bataille de France dont on célèbre cette année le 70e anniversaire. Il est important que nous nous souvenions des morts de l’armée de l’air, de toutes les spécialités et de tous les grades. C’est une tradition que j’aimerais transmettre aux plus jeunes générations. »


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    SUIPPES : Cochons de sangliers !

    Au nom du respect de ceux qui ont donné leur vie, il faudrait sans doute que de tels spectacles soient honnis !
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  • Claude Gillet à la lecture des regrets du monde combattant quant aux dégâts provoqués par les sangliers.
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  • SUIPPES (Marne). La moitié des cinq hectares d’une nécropole militaire « La ferme de Suippes » sur la RN77 en bordure du camp de Mourmelon a été ravagée par les sangliers. Habitants et anciens combattants sont en colère.

    « SUITE au passage d’animaux sauvages dans cette nécropole, l’aspect général de cette dernière peut impressionner défavorablement les pèlerins venant se recueillir sur les tombes.

    La plus grande compréhension est demandée à tout visiteur. Le ministère des Anciens combattants et victimes de guerre s’employant actuellement à en diminuer les effets défavorables dans le but de redonner à ce site un aspect digne du sacrifice des militaires ensevelis en ces lieux. »

    Nous sommes sur la nécropole militaire « La ferme de Suippes », un des dix-neuf sites rendant hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale, en bordure de la RN77, entre Cuperly et Suippes. Ici, jouxtant le camp militaire de Mourmelon-le-Grand, cinq hectares sont réservés à ceux qui ont combattu pendant les batailles de Champagne, faisant des centaines de milliers de morts au cours des diverses offensives.

    Cette nécropole a été créée après la guerre. Elle rend hommage aux combattants de tous les horizons. Sans distinction des soldats de tous les cultes, ou libres-penseurs.

    Une clôture électrique ?

    Hélas, récemment, quasiment la moitié des cinq hectares de ce cimetière a été ravagée par les sangliers. La partie récemment engazonnée, où les vers ne sont pas encore là, a été épargnée. Du coup, la vision est surprenante : seul le secteur central est épargné, les parties latérales étant complètement dévastées : « C’est chaque année la même chose », regrette Claude Gillet un habitant de Cuperly, « mais cette année, c’est encore pire » !

    A l’intérieur de la nécropole, le résultat est affligeant : la pelouse est retournée.

    Elle ressemble, sinon à un champ de bataille, à des parcelles d’un jardinier en train de bêcher la terre : « Les sangliers y cherchent de la nourriture, des vers, des souris… », lâche Claude Gillet.

    Lequel n’en veut pas aux cochons puisque c’est ainsi que les chasseurs nomment les sangliers. Il en veut à ceux qui ne font rien pour que les choses changent.

    Il demande à ce qu’on se donne les moyens pour que ces choses-là n’arrivent plus : « Ce que je veux, c’est le respect. Je pense à ceux qui ont donné leur sang, qui sont morts dans des conditions parfois atroces. Il faudrait quand même que quelqu’un pense à eux non ? Qui est responsable ? On ne peut pas faire quelque chose ? Installer une clôture, pourquoi pas électrique ? Je pense aussi aux combattants musulmans : on a bien eu besoin d’eux, non ? S’ils savaient que leurs tombes ont été piétinées par des cochons, que penseraient-ils de nous ! »

    La faute aux chasseurs ?

    Depuis Châlons, Gaëtan Charlot, autorité départementale des anciens combattants, est bien entendu conscient du problème. A ses yeux, d’un point de vue législatif, les choses sont claires : ce sont les responsables de la chasse qui sont responsables des terrains dégradés. Il évoque une solution parfois utilisée et qui pourrait à « La ferme de Suippes » être la panacée : « Quand il y a trop de sangliers, une battue peut être organisée par la préfecture. »

    Nous aurions bien aimé joindre hier soir les responsables de la société de chasse ad hoc pour connaître leurs points de vue sur la problématique. Lesquels pourront s’exprimer dans nos colonnes s’ils le souhaitent. En tout état de cause, c’est trop tard pour le gazon déjà détruit…

    Fabrice MINUEL


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    EPERNAY : Anciens combattants : Une assemblée unitaire

    Les responsables des trois sections.
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    Les responsables des sections ACPG CATM et UNC, MM. Huet, Ravillon, Joffre, Bouvier, Lépine, Picquot et Cunière, se sont réunis mercredi soir pour préparer leur assemblée générale qui aura lieu le dimanche 31 janvier à la Maison des associations.

    Au programme : début des travaux à 9 h 30 ; départ du défilé avec les porte-drapeaux et la musique municipale de Magenta à 11 h 30 ; dépôt de gerbe au monument aux morts à 11 h 45 ; vin d’honneur et remise de médailles à 12 heures, et repas dansant à l’auberge de Moussy à 13 h 15.

    Pout tout renseignement, tél. 03.26.51.73.63.

     


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    SHOAH : Le philosophe recadre le débat sur la papauté et la shoah : BHL défend Benoît XVI et Pie XII

    Benoît XVI s’est rendu dimanche dernier à la synagogue de Rome.
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  • Agacés par les attaques contre le pape, des intellectuels, dont Bernard-Henri Lévy, dénoncent la désinformation et défendent une approche historique des faits.

    LA visite du souverain pontife à la synagogue de Rome a réveillé les vieilles lunes chargées de commentaires étroits, d’analyses biaisées et de condamnations radicales et faciles. Pourtant, en faisant un peu d’histoire, la vraie, les jugements péremptoires et les propos véhéments apparaissent dérisoires face aux faits.

    C’est aussi par cette démarche intellectuelle que le philosophe français Bernard-Henri Lévy vient de prendre la défense de Benoît XVI et de Pie XII dans un article publié par « Le Corriere della Sera » et repris par le quotidien du Vatican « L’Osservatore romano ». Parlant de désinformation, BHL considère que l’on fait des deux papes des « boucs émissaires ».

    Si Benoît XVI est allemand, cela ne signifie pas qu’il est nazi. S’il a été enrôlé de force comme les jeunes de son âge et a, lui, servi dans une batterie de la Flak (Défense contre avions), cela ne veut pas dire qu’il approuvait cette guerre et toutes ces horreurs. Si l’on prend la peine de lire Joseph Ratzinger, on comprend très vite son opposition ferme au nazisme et sa souffrance lorsque tout en a été révélé. Évoquant, ce que certains nomment le « conservatisme du panzer cardinal », BHL ne pense pas qu’un pape puisse être autrement que conservateur puisqu’il veille sur le sens donné à « la Parole ».

    BHL n’écarte pas le dossier Pie XII

    Le philosophe français comme plusieurs intellectuels européens salue la déclaration et les gestes du pape au cours de sa rencontre avec la communauté juive de Rome et insiste sur la densité spirituelle de la prière devant la plaque à la mémoire des 1 021 Romains déportés et remarque : « le pardon demandé au peuple juif dévasté par la fureur d’un antisémitisme aux vieilles racines catholiques ».

    Le fait que Benoît XVI continue le travail entrepris par Jean Paul II est salué comme une démarche durable éclairée par le concile Vatican II. BHL qui n’écarte pas le dossier complexe de Pie XII tient à relever quelques vérités. Ce pape, qui a été nonce apostolique en Allemagne a aussi été le cardinal Pacelli secrétaire d’État de Pie XI et a, à ce titre travaillé sur l’encyclique « Mit brennender Sorge » (Avec vive préoccupation) qui demeure un texte structuré et argumenté qui est : « un manifeste antinazi éloquent ».

    On sait aussi que si Pie XII n’a pas fait de déclaration au monde pour condamner la persécution des juifs, il a encouragé toutes les congrégations et prêtres qui ont caché et aidé ceux qui étaient inlassablement poursuivis. BHL enfonce le clou et se dit surpris que : « dans le silence assourdissant du monde entier sur la Shoah, on fait porter tout le poids ou presque sur celui qui, parmi les dirigeants de l’époque, n’avait pas de canons ni d’avions à sa disposition, n’épargna pas ses efforts pour partager, avec ceux qui en disposaient, ses informations et sauva en personne, à Rome et ailleurs, un très grand nombre de ceux dont il avait la responsabilité morale ».

    Il tacle au passage Rolf Hochhuth qui a lancé en 1963 la polémique contre Pie XII et qui est un négationniste condamné plusieurs fois comme tel.

    Hervé CHABAUD


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    POLE MEMOIRE

    Les anciens combattants marnais, qui protestent contre l’établissement du pôle mémoire Champagne-Ardenne à Charleville-Mézières alors qu’il était initialement prévu à Chalons, ont reçu l’appui d’une association d’anciens combattants allemands dont la section départementale de Heidelberg s’est rapprochée dès 1966 de l’Union fédérale marnaise.

    Depuis plus de 40 ans, des liens ont été tissés et des échanges organisés. C’est pourquoi leur président Hans-Josef Hotz a adressé un courrier au préfet Gérard Moisselin pour dire sa solidarité avec les associations mar-naises et demander que l’implantation du pôle se fasse à Chatons.

    Une protestation de plus dans le dossier du directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, le préfet Enfrun.


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    Union100119b - Marne
    EPERNAY : Comité d’entente des anciens combattants : Erosion des effectifs

    Le Comité d’entente des associations d’anciens combattants regroupe une vingtaine d’associations.
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  • Le comité d’entente des sociétés d’anciens combattants d’Epernay vient de se réunir en assemblée générale dans ses locaux de la Maison des associations. A l’ouverture de la séance, le président Claude Metzger faisait observer une minute de silence à la mémoire des membres disparus de l’année.

    Dans son rapport moral, Claude Metzger évoquait notamment l’érosion des effectifs des associations d’anciens combattants et la conjoncture économique mondiale. Il soulignait que l’hymne national devait être respecté tout comme l’emblème national. Il revenait sur l’idée d’un jour unique pour la commémoration des morts lors des guerres alors qu’il faut maintenir au moins trois journées nationales : combats des deux guerres mondiales ; résistance et déportation de 1941 à 1945 ; opération TOE.

    Il évoquait aussi les faits nationaux demandant une pensée : « pour nos soldats qui combattent pour faire respecter la paix en divers points du globe ». Au conseil d’administration, le bureau a été reconduit dans ses fonctions : René Guillepain, président honoraire ; Claude Metzger, président ; Robert Gautier et Gérard Mégret, vice-présidents ; François Dumez, secrétaire ; Martial Saint-Jeveint, trésorier ; Alain Lépicier, vérificateur aux comptes.

    Prochains rendez-vous : assemblée générale tri-sections des ACPG-CATM et UNC le dimanche 31 janvier à 9 h 15 à la Maison des associations ; AG des porte-drapeaux le dimanche 21 février à 10 h 15. Congrès des médaillés militaires le samedi 14 mars ; AG de la FNCV le mercredi 24 mars à Châlons ; AG des Mutilés des yeux le 14 mars.


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    Union100119a - Marne
    REIMS : Médaillés militaires : Resserrer les liens de solidarité

    Brevets, diplômes et médailles ont été remis en fin d’assemblée.
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  • La 138e section des Médaillés mililaires de Reims et sa région a tenu sa 94e assemblée générale, samedi, au centre des Congrès. Le président, Pierre David, a eu le plaisir d’avoir à ses côtés François Gellibert, président général de la « Société nationale d’entraide de la médaille militaire ».

    Car c’est le nom aujourd’hui porté par « cette grande maison qui regroupe 914 sections (dans l’Hexagone et l’étranger) soit 43.772 médaillés militaires, 4.158 membres associés et 12.803 dames d’entraide », soit 60.733 adhérents.

    A noter que cette année, 180.000 médaillés militaires ont été recensés. La société nationale leur offre la possibilité de resserrer les liens de solidarité, d’assurer la défense de leurs droits d’anciens combattants et victimes de guerre, de les informer régulièrement des décisions les concernant, de leur accorder des secours exceptionnels et l’accès à la maison des médaillés militaires située à Hyères dans le Var.

    « Au décret du 6 novembre 2009, il a eu 1.059 médailles militaires d’octroyées » a dit le président. La société se charge de suivre certains dossiers qui aboutissent parfois trop tard, comme pour Emile Copin, qui n’a pas eu le temps de porter sa médaille, étant décédé peu de temps après son attribution (sa famille a reçu son brevet à la fin de l’assemblée générale).

    Opérations extérieures

    Outre les adhérents et sympathisants, il y avait, dans la salle, de nombreux représentants des autorités civiles et militaires. La parole a été donnée au lieutenant-colonel Linart, représentant la Base 112. Il a, comme tous les intervenants, évoqué la mémoire des deux militaires dont les obsèques avaient eu lieu la veille à Châlons. Le commandant Husson a rappelé que la gendarmerie est maintenant rattachée au ministère de l’Intérieur et que 150 gendarmes sont en Afghanistan pour des missions de formation, non dénuées de danger…

    L’adjoint, Jean-Claude Laval, a lui aussi évoqué les opérations extérieures. Pour ce qui concerne la médaille militaire, il a ajouté que la France est parfois ingrate… ce qui justifie les actions comme celles menées par l’association des Médaillés militaires sur les plans national et local.

    Pour clore l’assemblée, des brevets de la Médaille militaire ont été remis ainsi que des médailles et diplômes d’honneur à titre de récompenses internes à la société.


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    Union100118c - Marne
    CORMONTREUIL : Les anciens combattants payent la galette

    « La galette ! La galette ! » : Scandés par les petits de la maternelle Saint-Exupéry, ces mots accueillaient, jeudi, trois membres de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants Algérie-Maroc-Tunisie) les bras chargés des fameuses pâtisseries.

    « Nous sommes tous grands-pères, et nous avons à cœur d’apporter un peu de gaieté et de fantaisie en ce début d’année », explique Jean Bo, le président. « C’est quand même meilleur à manger que de la neige ! » commente un petit (à qui on a sûrement interdit d’absorber l’autre aliment… ).

    La fête a rassemblé une bonne centaine d’enfants, dont certains arboraient une couronne joliment décorée par leurs soins. « C’est encore plus joyeux de partager ces galettes avec des personnes qui, avec beaucoup de gentillesse, prennent sur leur temps » , apprécie Elisabeth Gilson, la directrice.

    « A l’année prochaine ! » lancent les enfants aux anciens qui repartent.

    A noter que, simultanément, la même fête était organisée à l’école Enelle.

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    Union100118b - Marne
    CHALONS : Anciens combattants : Aller à la rencontrer des jeunes pour faire perdurer le souvenir

    Pour que le souvenir perdure, Bernard Haleux n’hésitera pas à aller rencontrer les jeunes.
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  • Samedi matin, une trentaine de personnes assistaient à l’assemblée générale du comité d’entente des associations d’anciens combattants et victimes de guerre et des sociétés patriotiques et régimentaires de Châlons.

    Élu depuis à peine un an, le tout nouveau président, Bernard Haleux s’est donc adressé à l’assistance en ces termes. « Je tiens à vous remercier d’être présents et disponibles pour cette rencontre que j’ai l’honneur de présider pour la première fois, coopté pour cette responsabilité le 6 mars 2009 ».

    M. Courot, directeur départemental de l’ONAC (office national des anciens combattants) était également présent. A ce jour, le comité d’entente compte environ une quarantaine d’adhérents.

    Bernard Haleux a tout particulièrement remercié les porte-drapeaux, pour leur implication lors des cérémonies ou commémorations. « Je pense, quant à moi, comme le faisaient très souvent Jacques Songy et Roger Romagny, aller à la rencontre des jeunes, dans les écoles, aller discuter avec eux, mais surtout les inciter, avec leurs enseignants à venir plus nombreux aux cérémonies patriotiques, visiter également le lieu de mémoire ».

    Bref, 2010 devrait donc être pour le président, une année chargée certes mais également riche en terme de communication.


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    Union100118a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Il avait lutté pour la cause des anciens combattants : Georges Loisy n’est plus

    Figure marquante de la cité rose pour son dévouement à la cause des anciens combattants prisonniers de guerre et des enfants : Georges Loisy est décédé le mardi 12 janvier dans sa maison de Toulon.

    Mobilisé en 1939, prisonnier dès le 20 juin 1940, Georges Loisy était libéré après cinq ans de captivité.

    Après une carrière à SNCF, il s’installait à Vitry-le-François en 1954 et devenait membre du comité cantonal des ACPG.

    Nommé vice-président en 1960, il allait, par la suite, multiplier les responsabilités au sein de l’organisme.

    En 1979, il devenait membre du comité départemental, puis secrétaire général, responsable des mutuelles, et enfin administrateur national en 1983.

    Ses compétences et son dévouement lui ont valu un certain nombre de distinctions : la médaille départementale du Mérite ACPG et CATM, la médaille de la fédération nationale, la médaille d’honneur de la Jeunesse et des Sports, chevalier puis officier des Palmes académiques, et enfin chevalier de l’ordre national du Mérite.

    Parallèlement, il fut fondateur de l’Amicale laïque de Vitry-le-François et également conseiller municipal de Vitry de 1989 à 1995.

    Marié à Suzanne Labre, décédée à l’âge de 79 ans le 23 novembre 1997, Georges Loisy était le père de Claude et Pierre.


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    CORMONTREUIL : Maternelle Saint-Exupéry : Plusieurs générations réunies autour de la galette

    Les membres de la Fnaca ont tiré les rois avec les deux écoles.
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  • « La galette ! La galette ! » Scandés par les petits de la maternelle Saint-Exupéry, ces mots accueillaient, jeudi, trois membres de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants Algérie-Maroc-Tunisie) venus les bras chargés des fameuses pâtisseries.

    « Nous sommes tous grands-pères, et nous avons à cœur d’apporter un peu de gaieté et de fantaisie en ce début d’année », explique Jean Bo, le président. « C’est quand même meilleur à manger que de la neige ! » commente un petit (à qui on a sûrement interdit d’absorber l’autre aliment…).

    La fête a rassemblé une bonne centaine d’enfants, dont certains arboraient une couronne joliment décorée par leurs soins.

    « C’est encore plus joyeux de partager ces galettes avec des personnes qui, avec beaucoup de gentillesse, prennent sur leur temps », apprécie Elisabeth Gilson, la directrice. « À l’année prochaine ! » ont lancé les enfants aux anciens qui repartaient.

    À noter que, simultanément, la même fête était organisée à l’école Enelle.


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    Union100116a - Marne
    CHALONS : Cérémonie : L’hommage de la Nation aux deux soldats marnais

    L’émotion a submergé l’assistance.
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  • Comme le veut la tradition, les deux militaires tués en opération extérieure ont été élevés au grade supérieur.
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  • Lors d’une émouvante cérémonie hier matin à Châlons-en-Champagne, le ministre de la Défense a salué la mémoire de Mathieu Toinette et Fabrice Roullier, les deux soldats marnais tombés lundi en Afghanistan.

    LE brouillard glacial enveloppe comme un linceul la place d’armes du 402e régiment d’artillerie à Châlons-en-Champagne.

    Vendredi, 10 h 30. La Nation rend hommage à Fabrice Roullier et Mathieu Toinette, morts au combat en Afghanistan lors d’une patrouille, lundi dernier, dans le village d’Alasay.

    Un millier de militaires, quarante chefs de régiments, les proches des victimes, et les élus de la République sont figés par la douleur et le recueillement. Un immense drapeau tricolore, accroché sur la façade du bâtiment principal du quartier Corbineau domine la cérémonie. Sur les accords lancinants et déchirants de la Marche funèbre de Chopin, les cercueils de l’adjudant Mathieu Toinette et du lieutenant-colonel Fabrice Roulier, portés par leurs frères d’armes, sont déposés devant les deux familles éplorées.

    Comme le veut la tradition, les deux militaires tués en opération extérieure ont été élevés au grade supérieur. Le capitaine Roullier, qui était sur le point d’être promu commandant, a été nommé directement lieutenant-colonel. Le sergent-chef Toinette a été élevé au grade d’adjudant. Tous deux ont été faits chevalier de la Légion d’honneur.

    « Contribuer à la sécurité de la France »

    L’air grave, Hervé Morin, le ministre de la Défense, s’adresse directement aux défunts pour leur rendre hommage : « Le 11 janvier dernier, vous avez tous deux trouvé la mort dans un accrochage avec des insurgés. Vous êtes tombés au champ d’honneur alors que vous accomplissiez votre mission aux côtés de nos amis afghans, pour les aider à construire une armée efficace, qui puisse assurer la stabilité du pays. Vous êtes tombés au champ d’honneur pour permettre au peuple afghan de vivre en paix et en sécurité, mais aussi pour contribuer à la sécurité de la France et à la stabilité du monde. »

    Sur le théâtre d’opération depuis le 21 septembre, l’infirmier du 402e RA Mathieu Toinette et le capitaine Fabrice Roullier, de l’état-major de la 1re brigade mécanisée, étaient chargés de la formation et de l’appui de soldats de l’armée nationale afghane. A ce titre, ils étaient au sein « d’une section afghane engagée en tête de la reconnaissance à pied du bazar d’Alasay », rappelle le ministre.

    Lors de l’éloge funèbre de Mathieu Toinette, Hervé Morin évoque l’attaque aussi soudaine que tragique du 11 janvier : « Au mépris des risques, fidèle à votre vocation d’infirmier, vous êtes au plus près de cette unité pour être en mesure d’apporter le plus vite possible les premiers soins aux soldats les plus exposés. Au moment même où la section afghane tombe en garde, devinant une présence ennemie, les premiers coups partent. Vous êtes frappé de plein fouet.

    Vous n’aviez pas 30 ans. »

    A ces mots, les larmes perlent aux yeux de certains camarades du jeune militaire. Garçon dévoué, généreux, Mathieu Toinette était très apprécié au sein de son régiment.

    Quant à Fabrice Roullier, le ministre de la Défense insiste sur « la rigueur, le professionnalisme et l’enthousiasme » de l’officier. « Vos qualités professionnelles et humaines faisaient l’unanimité, tant auprès des Afghans que vous formiez que des soldats français que vous commandiez ». « Cette exemplarité, vous l’avez montrée jusqu’au sacrifice suprême. »

    Lors de l’attaque, après avoir organisé la riposte et préparé la manœuvre de dégagement, Fabrice Roullier s’est précipité au secours de Mathieu Toinette. Hervé Morin termine ainsi le récit du drame : « Vous vous exposez à découvert et vous êtes touché à votre tour. Vous le rejoindrez dans l’éternité, au terme d’une longue nuit passée entre la vie et la mort. Oui, lieutenant-colonel Fabrice Roullier, nous nous souviendrons de votre bravoure, de votre sang-froid et de votre dévouement. Nous nous souviendrons que vous êtes mort en chef. »

    Christophe PERRIN


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    Union100113c - Marne
    CHALONS : Anciens combattants : Ils ont tiré les rois

    Un rendez-vous incontournable de la Fnaca.
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    Les adhérents de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, (FNACA) se sont retrouvés à la Maison du combattant, dimanche, pour y tirer les rois en compagnie de leurs épouses.

    Les conditions climatiques et l’éloignement pour certains n’ont pas permis de réunir tous les adhérents mais la bonne humeur était au rendez-vous pour le partage de la traditionnelle et succulente galette.

    L’occasion également de rappeler quelques rendez-vous de cette année 2010, à savoir le congrès de la Fnaca qui se tiendra à Anglure le samedi 10 avril. Plus loin encore le thé dansant au centre de loisirs de Saint-Memmie le lundi 18 octobre.

     


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    Union100113b - Marne
    FISMES : Les anciens combattants réunis

    La section fismoise de l’UNC 51 a tenu son assemblée générale.
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    Près de 140 personnes s’étaient déplacées pour assister à l’assemblée générale de la section fismoise de l’Union Nationale des Combattants (UNC 51).

    Autour du président Maurice Browarnyj, de nombreuses personnalités étaient présentes dont Catherine Vautrin, député, ainsi que Jean-Pierre Pinon, maire et conseiller général de Fismes. M. Pinon s’est d’ailleurs réjoui de la bonne gestion de l’association dont le but, est-il nécessaire de le rappeler, est de réunir les anciens combattants ainsi que la nouvelle génération et les sympathisants dans un esprit convivial. Les membres participent également activement aux cérémonies patriotiques afin que le devoir de mémoire soit transmis à toutes les générations.

    Le président a également rappelé que depuis la création de l’action sociale dirigée par Mme Browarnyj et avec l’aide de M. Billet, sept dossiers d’aide concernant les veuves d’anciens combattants avaient abouti.

    Après avoir énoncé la liste des événement auxquels l’UNC 51 allait participé en 2010, l’assemblée générale s’est terminée autour de la traditionnelle galette des rois.

     


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    Union100113a - Marne
    CHALONS : Les anciens légionnaires auront leur repas : « Serrer davantage les liens »

    Serge Helleringer, conseiller délégué aux fêtes, aux cérémonies liées aux anciens combattants, était présent aux côtés des membres du bureau.
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  • Samedi matin, les amicalistes (anciens légionnaires) de l’association Camerone étaient rassemblés dans les locaux de la Maison des Combattants, à Châlons.

    Gaetan Charlot, président de l’UFAC Marne (Union Française des Anciens Combattants) avait également fait le déplacement. Il a notamment évoqué le « Pôle mémoire », qui tend aujourd’hui à quitter la Marne au profit des Ardennes « alors qu’il a tout à fait sa place dans notre département », précise Bernard Haleux, président de l’association Camerone.

    Une minute de silence a été respectée en l’honneur de deux membres actifs décédés au cours de l’année 2009 : Jacques Delise (ancien parachutiste) et Gilbert Hourlier (ancien trésorier de l’amicale).

    En 2010 comme les autres années, les amicalistes seront présents aux cérémonies patriotiques tant sur le plan local que départemental.

    Et le 30 avril, les membres de l’amicale se retrouveront au monument aux morts à l’occasion de l’anniversaire de la bataille de Camerone.

    Pour la première fois depuis bientôt cinq ans, l’association Camerone organisera au mois de juin un repas réunissant l’ensemble des adhérents (soit 35 membres). « Il n’y avait plus ce type de rencontres amicales depuis la disparition de René Thibault (ancien président) en 2005 », souligne Bernard Haleux.

    Puis, comme le veut la tradition de la Légion étrangère, la dégustation du boudin est venue clore la rencontre.


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    Union100112c - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Souvenir français : Mémoire et entretien

    L’assemblée a réuni une soixantaine d’adhérents.
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    Vendredi soir, le président, Pierre-Marie Delaborde, a ouvert l’assemblée générale du comité cantonal du Souvenir français en présence d’une soixantaine d’adhérents. Après avoir fait observer une minute de silence, il a indiqué que l’exposition « 2e Guerre mondiale 39/45 » organisée à l’occasion du 70e anniversaire des combats de mai-juin 1940 (130.000 morts) avait été visitée par plusieurs classes de 3e du collège.

    Au cours de l’année 2009, les actions de mémoire et l’entretien des tombes se sont poursuivis ; une tombe a été rénovée à Sermaize ce qui porte à 44 le nombre de tombes entretenues dans ce cimetière. Il n’y a pas eu de possibilité de réaliser le voyage pour les scolaires ce qui fait progresser les fonds disponibles.

    Vingt municipalités ont renouvelé leur subvention au comité. Pour 2010, le repas de cohésion est prévu le 28 février ; la cérémonie de la déportation le 28 avril ; en avril encore une exposition « De Gaulle et l’appel du 18 juin et Jean Moulin et la résistance » ; le 20 mai, les collégiens de 3e partiront vers Verdun, cinq tombes, dont une de 1870, seront rénovées ainsi qu’un monument aux morts.

     


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    Union100112b - Marne
    REIMS : Fermeture du cercle Marin-la-Meslée : Les réservistes en état de siège

    Dernière assemblée générale au « cercle » pour les officiers de réserve.
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  • Il y avait un brin de nostalgie chez les officiers de réserve lors de leur assemblée générale. Il faut dire que c’était la dernière fois qu’ils disposaient d’une salle du cercle militaire « Marin-la-Meslée », dont la fermeture est fixée au 31 mars. La disparition définitive de cette institution entre dans celle, plus large, de la BA112 prévue dans les prochains mois.

    Pour les officiers de réserve, comme pour d’autres associations « patriotiques », cela signifie aussi la nécessité de retrouver un siège social et des salles de réunion.

    Chez les officiers de réserve, la question s’est posée de savoir s’il fallait prendre position à la maison de la vie associative ou dans les locaux de la gendarmerie mobile, rue du Général-Carré. Savoir aussi à qui il fallait adresser le courrier de l’association, pour en assurer la continuité.

    Finalement, les Réservistes ont opté pour la gendarmerie mobile qui reste militaire, malgré le rattachement des services de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur. Et le courrier ira chez le président.

    Ce dernier, Jean Cienki fête cette année ses… trente ans de mandat ! Au-delà du siège social de l’association, son souci principal est le recrutement de nouveaux membres…

    Quant au Cercle Marin-la-Meslée, il fermera définitivement le 31 mars. Commenceront alors des travaux pour transformer cette belle demeure en bureaux pour le recrutement pour les armées de l’Air et de la Marine.

    Une fois la BA112 fermée, il ne restera plus à Reims que les gendarmes pour représenter la « Défense nationale ».

    J.-F. SCHERPEREEL


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    EDITO : Drapeau en berne

    Chaque mort au combat est un deuil pour la France ! Nos soldats sont d’abord des frères en humanité qui ont fait le choix de servir le drapeau pour défendre les valeurs qui font de nous un peuple libre.

    Ils sont au service de leur pays et savent qu’ils peuvent être amenés dans des coalitions à remplir des missions dont ils ne reviendront pas. Même lorsqu’on sait le risque on n’est jamais affranchi du déchirement et de la peine causés par le départ d’un militaire, d’un mari, d’un père, d’un frère, d’un fils qui a donné sa vie pour la France.

    L’engagement, le courage, le sang-froid, l’abnégation de ceux des nôtres aujourd’hui en Afghanistan sont, dans chacune des spécialités qu’ils représentent, exemplaires. N’ayons pas peur de le dire. Ils méritent notre proximité d’âme et de cœur et notre soutien infaillible dans l’épreuve.

    Chaque jour en professionnels, ils doivent sublimer leur volonté, démontrer par leurs initiatives et la maîtrise de leurs gestes qu’au nom de la paix, ils sont en guerre contre les talibans et pas contre tous les Afghans.

    Dans ces montagnes où les subtilités et les nuances exigent une incessante concentration et une disponibilité d’esprit pour comprendre ce monde complexe, les soldats de la 1re brigade mécanisée, les artilleurs du 402 de Châlons-en-Champagne, comme leurs camarades, fortifient leurs sens pour être meilleurs que l’adversaire.

    Sans pouvoir déjouer tous les pièges et embuscades facilités par une géographie tourmentée et la cruauté d’attaquants qui sont très à l’aise dans leur milieu habituel. Leur quotidien est fait de danger que la noblesse de la mission à accomplir ne peut pas occulter.

    Il suffit de se remémorer tous ceux qui ont péri là-bas sous l’uniforme français pour savoir que la guerre n’est jamais exempte de violence aveugle.

    À quinze jours de la conférence de Londres, ce nouveau drame parmi tant d’autres dans cet Afghanistan de tous les dangers doit faire réfléchir les politiques sur les choix d’avenir à valider.

    Hervé CHABAUD


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    Union100111a - Marne
    MEMOIRE : Va-t-il venir avec son casque lourd ?

    Toujours est-il qu’en raison du vif mécontentement exprimé par les anciens combattants marnais sur le choix des Ardennes pour l’installation du pôle régional mémoire, le préfet Rémy Enfrun, directeur général de l’Office national des anciens combattants, se déplacera à Châlons-en-Champagne le lundi 25 janvier pour expliquer la décision d’implantation prise pour le futur pôle interdépartemental des coordinateurs « mémoire et communication » compétent en Champagne-Ardenne.

    Il est attendu par des représentants qui ont un solide dossier et une autorité morale patente.

    Aussi l’exercice ne sera pas aussi simple que lorsqu’il avait accompagné Jean-Marie Bockel alors secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants et Rama Yade, alors secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme lors de l’hommage solennel unanime rendu à Reims aux Forces noires de la Grande Guerre.

    On sait que le monument détruit par les nazis doit être reconstruit avec l’aide des collectivités et une souscription qui sera lancée prochainement.


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    Union100110d - Marne
    REIMS – LA POMPELLE : Déficits en hausse, visiteurs en baisse : Le fort de la Pompelle coule sans avoir été torpillé

    Depuis 2008, le Département ne donne plus rien au fort de la Pompelle qui accumule les déficits.
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  • Monument historique appartenant à la Ville, le fort de la Pompelle, haut lieu de 1914-1918, va mal. En cause : le désengagement du Département. Les bénévoles qui le gèrent en ont ras la casquette.

    « JE suis fatigué par tous les tracas administratifs. Ce fort est une trop lourde charge pour des bénévoles. » Alain Chauveau est depuis douze ans président de l’association de gestion du musée du fort de la Pompelle qui s’est vu confier jusqu’en décembre 2010 par contrat d’affermage la gestion de ce fort, haut lieu de la guerre 1914-1918.

    Il ne s’en cache plus aujourd’hui : « C’est l’assemblée générale qui en décidera en avril, mais à titre personnel, je souhaiterais que le fort, propriété de la Ville depuis 1968, soit municipalisé car les candidats pour le reprendre en délégation de service public ne vont pas se bousculer au portillon maintenant que le Département nous a laissés carrément tomber. » Explications.

    « Avez-vous déjà été visité le fort de la Pompelle ? » Alain Chauveau s’amuse souvent à poser la question aux élus qu’ils rencontrent. Et il se déclare surpris du peu d’intérêt que semble susciter le fort pourtant si bien coté par les connaisseurs avec son exceptionnelle collection de 560 coiffures de l’armée impériale allemande, la salle « les crapouillots », celle des souvenirs du corps expéditionnaire russe en Champagne et celle des as de l’aviation de chasse française.

    Et si l’année 2008, année du 90e anniversaire de l’Armistice de la guerre 14-18, a vu la fréquentation du fort augmenter de 6 % par rapport à 2007 en dépassant les 15.200 visiteurs, l’année 2009 sera moins bonne avec une perte de 3.000 visiteurs (dont un tiers en entrée payante). Pire, c’est du côté des finances que la situation est la plus préoccupante, car elle n’a fait que se dégrader depuis trois ans.-

    Déficits et baisse de fréquentation

    18.000€ de déficit en 2007, 32.519€ en 2008, sans doute près de 35.000€ en 2009, l’association de gestion du fort n’arrive pas à se remettre de « la fin de non-recevoir » du Département qui a arrêté son soutien.

    « Le Département a entamé une politique d’économie à tout va pour boucher ses trous. Il rogne sur le patrimoine et la culture. Alors qu’il nous versait 58.000€ pour le fonctionnement en 2004, il nous a donné 50.000€ en 2005, puis par contrat de partenariat il nous a versé 30.000€ en 2006, puis 15.000€ en 2007 et depuis plus rien. Il dit qu’il peut nous aider sur des projets particuliers et ne veut plus entendre parler de nouveau contrat. Fermez le ban.

    Six salariés et encore du travail

    Nous nous estimons aujourd’hui trahis. J’ai la triste impression que le Département voit le fort de la Pompelle comme un beau bateau dont la coque est rouillée avec des trous qui apparaissent et qu’il nous propose de mettre une cheminée neuve avec le logo du département que l’on voit de loin pour chanter la Marne, la Marne ! Il aurait mieux fait de nous donner l’argent dépensé pour le CD de Gotainer ! »

    Désormais rattaché à la sphère tourisme de Reims, que va devenir fin 2010 le fort de la Pompelle et ses six salariés en CDI qui travaillent quasiment toute l’année ?

    Profitant des travaux de mises aux normes électriques et de sécurité effectués en 2004/2005, l’association de gestion a investi près de 50.000€ pour racheter des vitrines et des mannequins. « Toute la partie alliée a été refaite mais il reste encore la partie allemande », note Alain Chauveau. « Ce serait dommage d’abandonner petit à petit ce fort que d’autres cités nous envient. »

    Alain MOYAT


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    Monument historique depuis 1922

    Fort secondaire destiné à appuyer ceux construits autour de Reims, le fort de la Pompelle construit sur 2,31 hectares résista héroïquement durant la Première Guerre. Occupé par les troupes allemandes le 4 septembre 1914 après la victoire de la Marne, il fut reconquis de haute lutte par le 138e régiment d’infanterie le 24 septembre devenant jusqu’à la fin de la guerre la clef de voûte de la défense du secteur de Reims malgré les mille et un assauts tentés contre le fort par des attaques d’infanterie, des bombardements, des attaques au gaz, les mines et des chars. Près de 180 régiments défendirent le site dont deux brigades spéciales russes envoyées par le tsar Nicolas II, la marine nationale avec des canonnières fluviales embossées sur le canal à Sept-Saulx.

    Classé monument historique le 23 mars 1922, le fort fut abandonné durant quarante ans, avant d’être revendu par l’administration des Domaines en 1955 quand la Fédération nationale André-Maginot a décidé de racheter le site pour le confier ensuite pour le franc symbolique en 1968 à la Ville de Reims dirigée alors par le député maire Jean Taittinger. Un maire qui écrivit le 11 novembre 1968 : « La ville de Reims, reconnaissante du sacrifice des milliers de ses défenseurs, a décidé que ce sol sacré ferait désormais partie du patrimoine de la cité. Le nom du fort de la Pompelle mérite d’être gravé pour l’éternité dans les annales de la patrie. »


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    LIVRE : Un ordre, c’est d’abord un ordre

    Couperet. Dans « L’obéissance » adapté du roman de François Sureau, Franck Bourgeron raconte une étrange mission pendant la Grande Guerre.

    Dans son roman l’Obéissance, François Sureau, ancien énarque, décrivait le cheminement d’une guillotine et d’un bourreau français chargé de remplir son sinistre devoir en Belgique, pendant la Grande Guerre, à la demande des autorités de ce pays. Ce fait est inspiré d’une scène qui s’est effectivement déroulée. Adapté par Franck Bourgeron, il conserve son aspect surréaliste. « Cela ne parle pas de la guerre de 14, rien à voir avec du Tardi, la guerre n’est pas le thème central, elle est juste le faire-valoir du sujet : l’obéissance. Ce que j’aime bien chez Sureau, c’est sa vision de la machine d’Etat. Il en décompose le mécanisme en dépeignant les énergies mises en branle pour tuer une personne, le condamné à mort ».

    Entente sacrée

    La scène se déroule en zone occupée par l’armée allemande. La mission consistant à exécuter un soldat coupable de meurtre est donc assurée en accord avec les représentants de pays en guerre, la puissance occupante, L’Allemagne, le pays occupé, la Belgique, et celui qui fournit le moyen de tuer un individu, la France, quand des milliers d’autres trouvent la mort sous les bombardements ou la mitraille. Le matériel est péniblement convoyé. Le bourreau est satisfait, la lame n’a pas trop souffert. Mais finalement, la scène finale ne se déroule pas comme prévu. C’est l’histoire du fameux grain de sable qui triomphe d’une grande planification qui doit se dérouler sans que ses acteurs manifestent le moindre état d’âme. L’ouvrage propose ainsi une véritable réflexion sur l’homme. Doit-il tout accepter, même l’inacceptable ? La culpabilité de l’homme à tuer n’est nullement démontrée. Mais en temps de guerre, un ordre, c’est d’abord un ordre.

    « L’obéissance » de Franck Bourgeron, couleur de Claire Champion, 72 pages, 17 euros, édition Futuropolis.


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    HISTOIRE : Belgique un couac et des déficits

    Pendant qu’on s’interroge sur l’avenir du conflit, les soldats viennent chercher leur courrier.
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  • Le Général Gamelin, Lord Gort et leurs Etat-majors discutent encore de la question belge.
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  • 15 JANVIER 40. Si Léopold III maintient son refus de l’accès de son pays à un corps expéditionnaire allié, les Français recensent toutes les insuffisances de leur dispositif et cela s’avère très préoccupant alors que l’ennemi est prêt à frapper avec une puissance aéroterrestre de rupture.

    Le 15 janvier, force est de constater que la situation est bloquée ! Le gouvernement belge décide de ne pas faire appel aux Alliés. Gamelin fulmine. Depuis le lever du jour dans son PC de la Ferté-sous-Jouarre, il a imaginé plusieurs scénarios pour enclencher le mouvement des troupes terrestres britanniques et françaises en Belgique. Le nouveau refus du roi Léopold III est vécu comme un camouflet. Gamelin croyait-il vraiment à une solution raisonnable ? A 8 heures, ne se confie-t-il pas au général Georges en regrettant que : « La réponse anglaise est vague et peu satisfaisante ». Cette déception témoigne d’un revirement puisqu’en septembre 1939, il était réticent à l’installation d’un corps expéditionnaire en Belgique. Faut-il alors faire peser la responsabilité de ce nouvel échec sur la frilosité exprimée par les Britanniques ? C’est un peu simple. A 20 h 30, le général Gamelin constate avec une certaine amertume : « La Belgique vient de faire connaître qu’elle ne pouvait plus prendre la responsabilité de nous appeler ». Ce qui provoque ce commentaire du général Georges, commandant en chef du front Nord-est lui-même excédé d’attendre : « La comédie est terminée au moins pour l’instant ». Les troupes qui ont été avancées vers la frontière pour gagner du temps doivent retourner vers leur implantation initiale. Une mesure qui est mise en œuvre dès le 16 janvier à l’aube. L’état-major entend tirer les leçons d’une situation qui peut recommencer. Il semble évident que les services de renseignements vont donner d’autres alertes dans les semaines qui viennent. Mieux vaut être prêt pour la riposte. Le questionnement de Georges est sans ambiguïté : « Quelles dispositions devons-nous prendre pour répondre instantanément à l’éventualité d’une intervention au Benelux ? Quelles sont les mesures impératives pour acquérir plus de souplesse ? Comment stationner dans de bonnes conditions au plus près de la frontière belge, les unités appelées à constituer le corps expéditionnaire d’assistance à l’armée royale ? » Dans son journal quotidien, Georges mentionne aussi son agacement face aux dysfonctionnements enregistrés au cours de la préparation des forces à répondre au roi des Belges : « Des déficiences ont été constatées et il nous faut prendre sans tarder les mesures pour y parer ».

    Alors qu’on cogite en France, le chef d’état-major général de l’armée belge, le général van den Bergen, est la cible de critiques d’une rare violence. On l’accuse d’avoir ouvert de sa propre initiative la frontière du royaume aux colonnes alliées et d’avoir mis en danger la souveraineté de son pays ! Il est vertement rappelé à l’ordre et s’il faut trouver un bouc émissaire au couac du 15 janvier, il a le profil idéal. Il est clair que le roi le lâche, encouragé par van Overstraeten. Si bien que les généraux français ont la conviction qu’aucun progrès ne sera accompli pour coordonner la défense de l’Europe de l’Ouest face aux menaces avérées d’une Allemagne conquérante. Van den Bergen outré par le procès d’intention qui lui est fait démissionne et est remplacé par le général Michiels peu suspect d’excès d’initiatives ! Une chose est certaine, ta pagaille enregistrée ne peut qu’amuser les observateurs politiques et militaires du Reich.

    Le général Billotte propose alors une analyse en creux de cette crise de la première quinzaine de janvier. Il observe d’abord que le mouvement des unités a été chaotique bien que les distances à parcourir aient varié entre dix et quatre-vingt-dix kilomètres. Il insiste sur ce problème pour signifier, en tant que commandant du groupe d’armées 1, que : « La manœuvre de la IX’ armée couvrant la Meuse de Givet à Namur aurait pu être sérieusement gênée et de toute manière retardée tandis que la protection des colonnes par l’aviation aurait été insuffisante ». Néanmoins, il constate la bonne volonté des soldats qui ont été déplacés par grand froid et ont accepté sans broncher cette exigence stratégique. Toutefois le général s’alarme du manque d’animaux mis à disposition des armées pour assurer les transports hippomobiles et estime qu’il y a un déficit préoccupant de camions pour accélérer les transferts exigés par la situation militaire sur le terrain. Partout Billotte s’interroge sur le manque de moyens de DCA et le peu d’avions aperçus dans le ciel. Il faut dire qu’à la mi-janvier, l’aviation d’observation et de reconnaissance qui constitue les Forces de coopération est répartie au sein des différentes armées. La VIIe armée du général Giraud dispose ainsi de six Potez 63/11 et d’une vingtaine d’avions anciens tandis que la 1’ armée du général Blanchard et le corps de cavalerie du général Prioux ont à leur service cinq Potez 63/11 auxquels on peut en ajouter trois autres dépourvus de phonie et une bonne vingtaine d’appareils anciens. Mais pour ce beau monde, il n’y a qu’un appareil photo. La IX’ armée du général Corap qui, en cas d’attaque ennemie fournit trois divisions destinées à interdire le franchissement de la Meuse entre la frontière française et Namur, ne déclare que huit Potez 63/11, douze appareils anciens et une fois encore un seul appareil photo. La II’ armée du général Huntziger en charge du front Longuyon-Montmédy-Sedan n’a que quatre Potez ! La chasse avec ses deux groupes à Cambrai et quatre autres stationnés dans la Marne à Wez-Thuisy n’a pas été renforcée en raison de mauvaises conditions météorologiques. Billotte considère également que les cinq groupes de Chantilly sont trop éloignés pour mener des missions utiles en Belgique. Ce qui lui fait dire au général d’aviation d’Astier de la Vigerie que les moyens ne sont pas réunis pour s’opposer efficacement à la Luftwaffe et à un adversaire disposant d’un puissant corps de bataille.

    Le général Billotte qui se veut constructif est aussi brutal dans ses conclusions destinées à secouer l’état-major : « Les moyens dont nous disposons pour garantir une protection efficace à nos mouvements sont inexistants ! La carence des moyens aériens et de DCA est criante » conclut-il. Cela ne le fait pas renoncer à sa conviction qu’il faut entrer en Belgique pour conduire une bataille de rencontre même face à une Wehrmacht réunissant tous les outils d’une percée profonde et bien protégée par une aviation entraînée et surarmée.

    HERVÉ CHABAUD


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    Balkans : l’errance diplomatique

    ABRI SOUTERRAIN et mitrailleuse antiaérienne d’un poste d’infanterie coloniale. Dans un amas de broussailles, l’arme est pointée vers le ciel et les bandes de balles sont prêtes à l’action.L’idée de constituer des points d’appui dons les Balkans soulève bien des réticences.
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  • La question de la nourriture d’un corps expéditionnaire suscite des réflexions.
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  • Pourquoi l’idée de l’envoi d’un corps expéditionnaire allié fait-elle à nouveau surface au sein de l’état-major français ? Sans doute la visite du Premier ministre anglais Neville Chamberlain au corps expéditionnaire britannique le 16 décembre n’est pas étrangère à cette préoccupation réitérée en cette première quinzaine de janvier 1940. Lors de son séjour, le chef du gouvernement du Royaume-Uni déclare au général Bernard Montgomery : « Je ne crois pas du tout que les Allemands veuillent nous attaquer et vous ? Il est donc indispensable que nous cherchions les bonnes décisions ailleurs ». Si la mise en place d’un blocus économique est pertinente en raison de la puissance conjointe des marines française et anglaise, son efficacité ne sera pas à la hauteur des espérances. Les services de renseignements des deux pays savent que le Reich bénéficie de ravitaillements de l’Italie et surtout de l’aide de l’URSS. Churchill est partisan de couper la route du fer au besoin par des actions coordonnées en Norvège et en Suède réalisées par des corps expéditionnaires débarquées pour l’occasion. Mais côté français on remet au goût du jour un débarquement sur Salonique comme en 1915 pendant la Grande Guerre. L’idée défendue par plusieurs experts est de disposer d’une troisième force constituée par un amalgame de divisions balkaniques prélevées sur les forces armées yougoslaves, roumaines, grecques. Naîtrait ainsi une coalition en Europe centrale qui serait complétée par une dizaine d’unités métropolitaines amenées à assurer des passerelles opérationnelles entre les différentes armées.

    RÉACTIVER LA PETITE ENTENTE

    Ce scénario n’est pas rejeté par Edouard Daladier. Le président du Conseil sait que la France a conservé dans la grande région de solides amitiés et des intérêts économiques conséquents malgré l’abandon de la Tchécoslovaquie par Paris face à l’appétit de l’ogre allemand. Le chef du gouvernement français rêve de réactiver la Petite Entente destinée à freiner les ardeurs germaniques. N’est-il pas déjà trop tard ? Le général Gamelin soucieux de sa cote suit le président du conseil même s’il hésite sur l’utilité militaire d’un tel déploiement. Le plus enthousiaste et cela depuis septembre 1939 est le général Weygand qui préconisait déjà l’envoi d’un groupe d’officiers à Salonique pour repérer les lieux et préfigurer la constitution d’un, nouvelle force. Le général Georges est consterne par le temps passé à travailler sur cette hypo thèse. Et de motiver son agacement : « L’Aile magne disposera au printemps de cent soixante divisions. Nous en aurons à peine quelques-unes de plus. Ce n’est pas le moment de se lancer dan de pareilles folies ». Personne ne s’inquiète dl l’équipement de ce corps de Salonique. Or plu sieurs engagements de livraisons d’armement par la France n’ont pas été honorés. Le ministre des Affaires étrangères roumain, M. Gafenco s’en plaint dans un langage diplomatique qui témoigne des manquements : « Sur trois cent mitrailleuses Hotchkiss qui auraient dû nous être livrées à la fin de l’année 1938, une trentaine seulement l’auraient été jusqu’à la mi-octobre 1939 ». Lorsque Gamelin parle d’envoyer di : divisions à Salonique, les commandants d’armées s’étranglent en silence ! Comment envisager de telles largesses alors que le secteur dl Sedan n’est protégé que par deux divisions faiblement équipées auprès d’une ligne de défense inachevée présentant de nombreuses lacunes Cherche-t-il à puiser dans les réserves générales qui sont déjà considérées comme trop légères ? Compte-t-il demander un appui aérien à des aviateurs déjà bien en peine faute de moyens de garantir la sécurité totale de l’espace aérien métropolitain ? Comment transférer troupes et matériels jusqu’au port de Salonique ? Quelle intendance est en capacité d’une telle planification dans des délais raisonnables.

    On croit que Daladier a été refroidi par la frilosité des Britanniques lors du quatrième Conseil supérieur interallié de la mi-décembre. Il ne tarde pas à revenir à l’attaque, arguant que la Roumanie comme la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie manifestent une volonté raisonnable de résister au Me Reich et à l’URSS. Disposant déjà d’accords avec les gouvernements de Bucarest et d’Athènes, il compte faire de même avec celui d’Ankara. Aussi est-il prêt à accueillir à Paris des missions militaires de ces différents pays pour préciser les objectifs et décider d’une attitude et d’une action communes. Il plaide en faveur d’une action diplomatique franco-britannique pour convaincre les principaux gouvernements d’Europe centrale et orientale que Paris et Londres sont prêts à les soutenir en cas d’agression du tandem germano-soviétique. Seulement il ne suffit pas de s’engager. Encore faut-il tenir et la situation générale à l’Ouest ne permet pas d’envisager l’envoi immédiat de renforts dans des pays éloignés sans mettre gravement en danger la sécurité métropolitaine de la France et de la Grande Bretagne. Si Chamberlain est d’accord pour favoriser une aide directe envers la Turquie, il craint les réactions de mécontentement de Rome. Mussolini n’envisage-t-il pas une diplomatie de protectorat sur les Balkans ? Paris et Londres envisagent d’en discuter avec le ministre des Affaires étrangères italien le comte Ciano, ce qui revient à ne prendre aucune décision dans l’immédiat. C’est un succès pour Chamberlain qui n’a pas envie de s’impliquer dans cette région toujours considérée comme une poudrière. Pendant ce temps, les diplomates du Reich ne restent pas inactifs pour y trouver des soutiens. Côté français, on rêve encore et Gamelin se plait à expliquer qu’en 1918, le « second front » a été un atout remarquable puisqu’aux ordres du général Franchet d’Esperey, l’armée d’Orient a désarticulé le front austro-allemand, contraint la Bulgarie à la reddition, est entrée à Belgrade et a libéré Budapest avant de desserrer l’emprise allemande sur la Roumanie et de marcher vers Vienne. Mais nous sommes en 1940 et la donne a changé.

    H.C.


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    Puits de pétrole l’illusion du Caucase

    Les soldats sont davantage préoccupés par le ravitaillement en vin…
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  • Gamelin n’en démord pas ! Dans son plan de campagne, il maintient le bombardement des puits de pétrole du Caucase qui produisent l’essentiel des 900.000 tonnes de carburant que Staline livre chaque mois à l’Allemagne. Cette fourniture est un avantage patent du Pacte germano-soviétique. Cette frappe évoquée dès la première semaine de janvier 1940 contraint le commandant en chef à mettre en concurrence plusieurs études afin de valider l’opération aérienne la plus réfléchie, à même de dévaster les zones de pompage et de raffinage de l’URSS. A aucun moment il n’évoque le risque d’une intervention des Soviétiques contre les Alliés ! A l’évidence, une frappe sur ses installations pétrolières déciderait Moscou à déclarer la guerre à la France comme à la Grande-Bretagne. Pour permettre aux vagues de bombardiers de déverser leurs tapis de bombes sur les puits caucasiens, Paris comme Londres ont besoin de l’autorisation du gouvernement turc de survoler son territoire. Or si la Turquie a bien signé un accord de défense avec les Alliés, le document ne mentionne pas une attaque contre l’URSS. Aussi Le Premier ministre turc désapprouve l’idée d’une frappe aérienne massive du Caucase qui menacerait la propre sécurité de ses frontières.

    Les Britanniques proposent un plan plus ambitieux. Churchill n’est jamais loin lorsqu’il s’agit de durcir le protocole et d’initier des actions de guerre totale. A Londres on estime que la neutralisation des puits caucasien est insuffisante sans des bombardements équivalents sur chacune des usines d’essence synthétique en Allemagne et sans la mise hors service des raffineries clés du réseau de distribution soviétique installées à Bakou, Grozny et Batoum.

    Les Français opposent aux Britanniques que le plan « Russie industrie pétrolière » (RIP) programme la destruction de la centaine de raffineries de la grande région. Encore faut-il disposer des avions à même d’accomplir cette mission à longue distance tout en bénéficiant d’une couverture aérienne. Or le 3’ Bureau de l’état-major de l’armée de l’air estime que pour détruire une seule raffinerie, il faut déverser sur la cible trois cent trente bombes de manière à être certain que cinquante parmi elles feront mouche. Dès lors, la campagne aérienne nécessaire pour satisfaire cette ambition nécessite de mobiliser pendant un mois plusieurs escadres de bombardement dont les appareils seront chargés de bombes de cinquante et cent kilos. Qui peut alors imaginer que pendant tout ce temps l’aviation soviétique restera au sol et ne cherchera pas à intercepter et abattre les bombardiers alliés ?

    Conscient que ses avions n’ont pas le feu vert pour utiliser les aérodromes turcs, le général Vuillemin, chef d’état-major de l’armée de l’air suggère que des terrains soient aménagés en urgence dans la région du « Bec de Canard ». Ces travaux indispensables du génie obligent à n’envisager cette campagne de frappe qu’à la mi-mai. Autant dire que le plan RIP dont le manque de rigueur technique est criant est en quelque sorte un dispositif bâclé qui, selon l’expression de l’historien Patrice Buffotot, « permet d’exorciser l’inactivité de l’état-major pendant la période de la drôle de guerre ». Il est tout aussi surprenant que le président du Conseil Edouard Daladier opposé aux raids sur le Caucase ne soit pas parvenu à dissuader les aviateurs de l’inopportunité d’une telle campagne compte tenu des moyens opérationnels à disposition de l’armée de l’air.


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    Union100109a - Marne
    BINARVILLE : Découverte insolite à Binarville : Ci-gisent des stèles funéraires

    La mousse empêche tout relevé de données.
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  • Autour du cimetière militaire, plusieurs stèles sont disséminées dans les bois.
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  • A plusieurs dizaines de mètres du cimetière d’Apremont, des stèles gisent au milieu des bois et se dégradent. Comment sont-elles tombées dans l’oubli ? LA forêt argonnaise est, aujourd’hui, devenue un terrain de jeu idéal pour les promeneurs, les chasseurs, et les cueilleurs de champignons à l’automne. Mais, il y a plus de 90 ans, cette terre a été abondamment arrosée du sang de milliers d’hommes. Qu’ils soient Allemands ou Français. Ces tueries successives ont laissé des traces. Des cimetières, des nécropoles nationales, les sites de mémoire sont très nombreux. Les troupes allemandes, stationnées dans le secteur de Binarville, ont leur cimetière. 1.111 corps de soldats tombés lors des différents assauts en Argonne.

    Au premier abord, le site est particulièrement bien entretenu, à l’image de la plupart des lieux de souvenirs du secteur. Les croix de fer ne flanchent pas. Le sol est entretenu et délimité par un réseau de solides poteaux en ciment. A priori, le cimetière militaire allemand d’Apremont est très bien conservé.

    Oubli ou vandalisme ?

    À première vue oui. Mais le promeneur, qui va un peu plus loin que la simple zone où se trouvent les tombes, risque d’être quelque peu surpris. En effet, à plusieurs dizaines de mètres à l’est de ce cimetière, en plein bois, des stèles funéraires gisent. Impossible de distinguer un quelconque nom tant la mousse obstrue tout. Abandonnées, ces lourdes stèles de pierre, sont disséminées sur plusieurs dizaines de mètres, dans un rayon de 400 mètres autour du cimetière allemand. Mais d’autres indices laissent envisager des dégradations volontaires. Ainsi, dans l’angle nord-ouest de ce cimetière, on peut clairement constater qu’une stèle a été enlevée.

    Où est-elle passée ? Pas de réponse. Un peu plus loin, et toujours dans cette zone de la nécropole, à l’abri des regards des automobilistes, se trouve un gros tas de feuilles. Un amas de végétaux dans les bois, rien de très original. Mais en fouillant un peu, on observe de nombreux fragments, des croix cassées.

    Le mystère reste entier quant aux causes de ces dégradations. Pour les stèles qui se trouvent au beau milieu des bois, Yves Desfossées, conservateur régional du Patrimoine et spécialiste de la Première Guerre mondiale, a son explication.

    Qu’il tire lui-même de ses travaux de recherches. « Le cimetière militaire allemand était beaucoup plus vaste au départ. En 1917 et 1918, les fosses communes s’étendaient sur une superficie beaucoup plus grande. Le cimetière qui demeure visible aujourd’hui n’est donc qu’une partie de la véritable nécropole. Et si la plupart des corps ont été rapatriés au sein du cimetière actuel, il reste des stèles dans un vaste rayon. »

    Ce qui explique aussi pourquoi, sur les croix de ce cimetière allemand, deux noms sont gravés. Tout simplement pour gagner de la place.

    Thomas DUPRAT


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    Union100106a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Assemblée générale : Avec le Souvenir français

    La tombe du soldat Choppin restaurée en 2009 dans le cimetière de Sermaize.
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    « Conserver la mémoire de ceux et celles qui sont morts pour la France au cours de son histoire » : telle est la vocation du Souvenir français.

    C’est ainsi que cette association entretient, rénove et fleurit des tombes et restaure de nombreux monuments. Avant son assembée générale vendredi 8 janvier à 18 h 30 à la Maison des jeunes et de la culture de Sermaize-les-Bains, le comité cantonal présentera une exposition sur le conflit de la Deuxième Guerre mondiale.

    Au cours de l’assemblée générale, il sera rendu compte des activités 2009 et les animations et travaux envisagés en 2010 seront présentés.

    La réunion se poursuivra par le partage de la galette des rois.

     

     


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    Union100105a - Marne
    REIMS : MEMOIRE DE L’ARMEE NOIRE : Le dérapage du communiste Michel Guillaudeau

    REIMS (Marne). Alors que le projet de reconstruction du Monument aux héros de l’armée noire a déjà du mal à se finaliser, un élu communiste, Michel Guillaudeau, propose que ceux qui l’ont détruit le financent. Johanna Touzel (MoDem) est offusquée.

    CERTAINS élus perdent parfois des occasions de se taire. C’est sans doute ce que Johanna Touzel, conseillère municipale MoDem, pense aujourd’hui en revenant sur une petite phrase lancée par Michel Guillaudeau, conseiller municipal (et conseiller régional) communiste, en évoquant le financement de la restauration du Monument aux tirailleurs sénégalais, érigé en 1924 en hommage à l’armée noire qui avait combattu devant Reims durant la Première Guerre mondiale et qui avait été démantelé par les nazis en 1940.

    « Pour le financement de la reconstruction, je propose que l’on sollicite les casseurs », a carrément lancé l’élu communiste qui a souvent été plus inspiré dans ses déclarations. « Ce sont les armées nazies, qui, en septembre 1940 ont démonté le monument pour le fondre et je propose donc que vous sollicitiez la chancelière Angela Merkel pour que son pays participe à ce financement. »

    SCAN-DA-LEUX

    Johanna Touzel, n’est pas contente et s’en explique.

    « En tant que Franco-Allemande, j’apprécie particulièrement ce raccourci entre le régime nazi et l’Allemagne d’aujourd’hui. Je n’ose imaginer comment serait notre cité si une telle demande parvenait à Mme Merkel. Car Reims est aussi la ville de la réconciliation franco-allemande depuis qu’Adenauer et de Gaulle se sont retrouvés dans la cathédrale en 1962, la ville jumelée avec Aix-la-Chapelle, la ville où tant d’échanges scolaires, culturels, touristiques et économiques enrichissent le quotidien des Rémois. »

    Pour l’élue, « M. Guillaudeau ne semble pas mesurer l’importance de la réconciliation et du pardon entre les peuples pour mettre un terme à des siècles de conflits sur nos terres champenoises comme dans le reste de l’Europe. Si M. Guillaudeau fait ce raccourci entre l’Allemagne et le nazisme, peut-on faire de même entre PCF et idéologie communiste ? Dans ce cas, on pourrait évaluer la somme qu’il faudrait rembourser aux victimes de cette idéologie qui a opprimé durant plus de quarante ans les peuples de l’autre moitié de l’Europe. »

    « Au moment où l’on célèbre le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, de l’autre côté duquel Mme Merkel a grandi et résisté, cette souffrance et cette persécution doivent aussi interpeller notre mémoire », conclut l’élue MoDem.

    « Une connerie »

    Adjoint au tourisme, Jacques Cohen, ami de la maire, a dû intervenir pour mettre fin aux péroraisons de l’élu communiste.

    Rappelant que le dossier technique était bouclé, il a dit qu’à sa connaissance il n’y avait plus d’État nazi de l’autre côté du Rhin, avant de revenir sur l’histoire de la reconstruction du monument qui a été en partie financé par des dommages de guerre (1.183 € sur 38.115 €).

    Donc l’affaire était close. « Si l’Allemagne avait envie de contribuer, ce serait sur la base de la seule amitié franco-allemande et rien d’autre. »

    En coulisses, chacun s’accorde à dire que Michel Guillaudeau « a fait une belle connerie qui n’engage que lui-même et en aucun cas les membres de la municipalité ». De la majorité et de l’opposition.

    Alain MOYAT


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    Les collectivités peinent à s’engager

    Le 3 novembre 2008, au pied de l’hôtel de ville, la main sur le cœur, avec des vibratos dans la voix, le président du conseil général René-Paul Savary tout comme le président de région Jean-Paul Bachy s’étaient engagés devant Jean-Marie Bockel alors secrétaire d’État aux Anciens combattants et Rama Yade, secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux Droits de l’homme, à cofinancer la reconstruction du monument aux héros de l’Armée noire.

    Plus d’un an a passé et visiblement, aucune des deux collectivités territoriales n’a inscrit le moindre centime d’euro à son budget primitif 2010 pour aider à cette reconstruction estimée à plus de 500.000 €. Il faut dire, à leur décharge, que le devis n’est pas encore totalement finalisé. Yann Durez, directeur de l’atelier de moulage de la réunion des musées nationaux, et son chef d’atelier, chargés de reproduire le monument doivent en effet se rendre encore une fois à Bamako pour voir s’il faut enlever la peinture du monument original ou pas afin de refaire des moules.

    Le temps sera alors compté pour solliciter les collectivités, sachant que du côté des mécènes, Pierre-Emmanuel Taittinger, notamment, n’attend qu’un geste du département et de la région pour s’engager à fond lui aussi. De son côté, Jacques Cohen, adjoint au tourisme et aux affaires internationales, va devoir user de son verbe pour convaincre Jacques Toubon, chargé en 2010 des cérémonies commémoratives du 50e anniversaire de l’Indépendance des ex-colonies africaines de la France, de faire un geste fort en faveur de ce monument aux héros de l’Armée noire. Il y a urgence.

    En novembre 2008, on parlait d’inaugurer le monument le 11 novembre 2010. On parle aujourd’hui de 2011.

    A.M.


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    Union100104c - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE : Une figure disparaît

    Pépère Nico s’en est allé dans sa 95e année.
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  • Qui n’a pas connu Pépère Nico, une figure de Mairy-sur-Marne. Nicolas Kandel s’en est allé, dans sa 95e année, et chacun se souvient de son sourire et de sa bonne humeur.

    Il n’avait pourtant pas eu la vie facile.

    Ce parisien de naissance, quatrième enfant d’une fratrie de six, s’installe avec ses parents dans une ferme de Mairy en 1920.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est envoyé sur la ligne Maginot. « Nous sommes partis les derniers ! » disait-il. Il n’aura d’ailleurs pas la reconnaissance d’être ancien combattant.

    Renvoyé dans ses foyers, il entre, avec son épouse Madeleine, dans un groupe de résistants nommé « Bleu et Jonquille ».

    Dénoncé, il est obligé de se cacher, en compagnie de son frère André, dans les bois. De cela, encore, il ne tirera aucune reconnaissance.

    Mais le principal n’est pas là. Comme il le disait lui-même, « J’ai fait mon devoir, cela me suffit ! ».

    A la libération, le voilà contremaître dans la scierie de sa belle-mère.

    En 1961, il achète avec son épouse le café de Mairy, son village.

    En 1963, il est le premier embauché à l’usine de déshydratation de luzerne, où il terminera sa vie active.

    De son union avec Madeleine Batisse sont nés trois enfants.

    La famille compte aujourd’hui six petits-enfants, une flopée d’arrière-petits-enfants et même une arrière-arrière-petite-fille.


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    Union100104b - Marne
    MEMOIRE DE L’ARMEE NOIRE

    Une délégation de l’Association pour la mémoire de l’armée noire (Aman) doit se rendre courant février à Bamako au Mali où a été inauguré en 1924 le double du monument qui avait été érigé à Reims mais retiré par l’occupant en octobre 1940 en application de sa conception raciste et discriminatoire de la société.

    Aman dont l’objectif est la reconstruction de ce monument vient d’adresser un vœu au secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants Hubert Falco, au président du conseil régional Jean-Paul Bachy, au président du conseil général René-Paul Savary et à la maire de Reims Adeline Hazan pour qu’ils inscrivent au budget 2010 les financements nécessaires.

    Si le département et la région ne participent pas chacun à hauteur de 10 % du coût et l’État comme la Ville de Reims à hauteur de 15 % d’un projet estimé à 800 000 euros, l’Aman estime qu’il sera impossible de lancer une souscription publique et de solliciter d’autres aides.

    Les procédures destinées à sélectionner les entreprises aptes à cette réalisation pourraient être lancées dès le retour de la délégation à Bamako.

    Réponses à suivre.


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    Union100104a - Marne
    LA POMPELLE : Du musée Saint-Remi au fort de la Pompelle : Reims à l’heure russe

    Serge Volkonsky gouverneur militaire russe de Reims en 1814.
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  • À l’heure où la Russie souhaite se réapproprier son riche passé historique, Reims rappellera en 2010 tous ces liens qui l’unissent historiquement à cette grande nation depuis le XIe siècle.

    ELLE sera l’année de la France en Russie et de la Russie en France. En cette année 2010, la ville de Reims dont les attaches avec ce pays datent du XIe siècle proposera, en plus de l’exposition de robes de la famille Romanov (lire par ailleurs), plusieurs rendez-vous au musée Saint-Remi, à la salle de la Reddition et au fort de la Pompelle notamment.

    Conservateur du musée Saint Remi, Marc Bouxin, passionné d’histoire, nous a rafraîchi la mémoire.

    Une princesse de Kiev sacrée à Reims

    C’est incontestablement Anne de Kiev, épouse du roi de France Henri Ier, qui fut la première personnalité russe à marquer Reims de son empreinte puisqu’elle y fut sacrée reine en 1051 en la cathédrale. Elle régna jusqu’en 1060. La bibliothèque Carnégie détient d’ailleurs son évangéliaire slavon qui fut utilisé pour le serment des rois.

    Il faut ensuite attendre le XVIIIe siècle, le 2 juin 1707 exactement, et la visite du tsar Pierre le Grand pour voir tout l’intérêt que suscitait notre ville en Russie. « Ce fut une visite surprise » rappelle le conservateur. « Alors que le tsar se rendait à Versailles il voulut faire une étape en touriste à Reims. Mais alors que le clergé l’attendait devant la cathédrale et les autorités devant l’hôtel de ville, il s’est directement rendu à la basilique Saint Remi pour voir la fameuse Sainte Ampoule utilisée pour les sacres et déposée dans la salle Capitulaire. Étonnant. »

    Guerres et alliance

    Les hasards de l’histoire firent aussi se croiser Français et Russes à Reims et dans les alentours. C’est Napoléon qui les chasse en reprenant la ville le 13 mars 1814. Un monument aux officiers russes qui abrite notamment le prince Gagarine existe toujours au cimetière du Nord. Mais après l’abdication de l’empereur, les Russes occupent à nouveau la ville pendant près d’un an. C’est le gouverneur militaire Sergeï Volkonsky, élève de l’abbé Macquart qui dirige la place, payant de sa poche les dégradations occasionnées par ses troupes en ville. L’abbaye Saint-Remi devient hôpital militaire russe.

    En 1825, lors du sacre de Charles X, c’est un autre prince Volonsky qui représente d’ailleurs l’ambassade russe.

    Septembre 1901, la Russie et la France qui ont signé une alliance en 1892 sont amies. Le tsar Nicolas I vient voir les grandes manœuvres militaires organisées à Fresnes-lès-Reims et Witry-lès-Reims. Il découvre le canon de 75 français. Participe à une revue militaire dans la plaine de Bétheny en présence de plus de 100 000 hommes.

    Toujours alliée de la France, la Russie envoie plusieurs corps expéditionnaires russes en Champagne défendre le fort de la Pompelle de juillet 1916 à mars 1917. Un tiers des 15 000 hommes y laisseront leur vie.

    Normandie-Niemen

    L’amitié franco-russe fut renforcée en 1942 quand des aviateurs français du groupe de chasse Normandie décidèrent d’aller se battre en Russie. Deux ans plus tard Staline baptisait l’escadron Niemen du nom du fleuve où s’étaient illustrés les pilotes français. Après plusieurs affectations l’escadron Normandie-Niemen stationna de 1962 à 1993 sur la base aérienne 112 de Courcy. L’occasion de nombreuses cérémonies entre les deux pays, y compris durant la guerre froide. Les Rémois se souviennent des cérémonies organisées ne 1992 à l’occasion du cinquantenaire de l’escadron avec la venue des Sukhoï des chevaliers russes.

    Aujourd’hui, Russes et Français, notamment par le biais du jumelage de la Région avec celle région d’Orel et de nombreux échanges scolaires et universitaires à Reims entretiennent d’excellentes relations culturelles et d’amitié.

    Pour évoquer cette histoire le musée Saint-Remi a prévu d’organiser en mai une grande exposition. Un rappel de la présence russe à la signature de la capitulation allemande le 7 mai 1945 sera fait et une exposition sera proposée aussi au fort de la Pompelle.

    Alain MOYAT


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    Union100103b - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Conservation du patrimoine : Saint-Thomas, le plus grand des cimetières argonnais

    Dès le 2 juillet 1915, plusieurs régiments de la 128e DI sont envoyés autour de Sainte-Ménehould.
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  • Lorsque l’on pousse la porte du cimetière militaire de Saint-Thomas, on ne voit que l’immensité des tombes. Des sépultures à perte de vue…
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  • Juste à la sortie de Vienne-le-Château lorsqu’on se dirige vers Vouziers, le cimetière de Saint-Thomas est le plus grand des cimetières militaires de L’Argonne.

    L’HIVER, le spectacle est encore plus saisissant. La nappe de brouillard fait son œuvre. Lorsque l’on pousse la porte du cimetière militaire de Saint-Thomas, on ne voit que l’immensité des tombes. Des sépultures à perte de vue.

    Et puis au fond des 23 000 mètres carrés de cette nécropole nationale, le visiteur distingue à peine plusieurs plaques. Une en particulier. Sur un fond neutre, une tête de loup est taillée en relief. Cette tête est l’emblème de la 128e division d’infanterie. Après les rudes batailles, les hommes de la 73e division d’infanterie, renforcée par la brigade mixte de Toul dans le secteur de Bois-le-Prêtre, ces combattants donc sont affublés du surnom de « Loups de Bois-le-Prêtre ». Le 16 juin 1915, ces deux entités n’en forment plus qu’une avec la constitution de la 128eDI, la division des loups qui ont pour devise « Planquez, planquez vos cheveux, voilà le juteux ». Dès le 2 juillet 1915, plusieurs régiments de la 128e DI sont envoyés dans la région de Sainte-Ménehould. Entre le 8 et le 29 septembre 1915, ces hommes « courageux au combat » tiendront le secteur entre l’Aisne et la route de Vienne-le-Château à Binarville. Beaucoup n’en reviendront pas. Et c’est notamment pour cela que ce cimetière militaire est implanté sur les hauteurs de Vienne-le-Château.

    Au total, le cimetière de Saint-Thomas, créé en 1924, abrite les sépultures de 8 085 soldats tombés lors de la première guerre et 88 morts durant la Seconde. En plus de ces tombes, deux ossuaires complètent le lieu de mémoire abritant 3324 soldats relevés sur les secteurs de Saint-Thomas, Binarville, Vienne-le-Château, Servon, La Harazée et la Gruerie. Pour ce seul cimetière de Saint-Thomas, ce ne sont donc pas moins de 11 409 corps qui reposent.

    10 000 inconnus

    Plus vaste des nécropoles militaires de l’Argonne marnaise, le cimetière de Saint-Thomas fait directement face à un autre monument qui abrite 10 000 corps, tous étant tombés au champ d’honneur de la Première Guerre. L’ossuaire de la Gruerie. Témoignage de l’âpreté de ces combats argonnais et des pertes très lourdes concédées par les soldats français. Pour ces 10 000 corps, pas de stèle nominative, pas de signes distinctifs lorsqu’ils ont été relevés dans les Bois de la Gruerie et dans la vallée de la Biesme. Ce « petit » monument (seulement 850 m2) est l’un des ossuaires les plus importants du département.

    En deux monuments donc, ce ne sont pas moins de 21 409 soldats qui reposent en terre argonnaise.

    Thomas DUPRAT


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    Union100103a - Marne
    HISTOIRE : Belgique : une nouvelle poussée de fièvre

    La perte d’un avion avec un équipage possédant des documents secrets donne l’alerte.
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  • Deux prisonniers allemands sont ramenés dans les lignes françaises quelque part sur le front.
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  • 10 JANVIER 1940.

    Un avion de la Luftwaffe qui capote dans un champ belge et l’imminence d’une attaque générale coordonnée des troupes du Reich resurgit pour provoquer une vive crise d’angoisse chez les gouvernements de l’Europe de l’Ouest.

    L’événement provoque la panique dans les chancelleries d’Europe de l’Ouest. Le 10 janvier 1940, un appareil de la Luftwaffe se retrouve en difficulté pris dans un épais brouillard tandis que l’équipage subit une panne moteur. Le pilote réussit un atterrissage d’urgence près du petit village belge de Mechelen-sur-Meuse. Alertés par des habitants, deux gardes-frontières se précipitent vers les lieux du crash et surprennent derrière une haie le commandant Helmuth Reinberger occupé à brûler une par une des feuilles de papier qu’il extrait d’une sacoche en cuir. Près de lui se trouve le commandant Erich Hoenmanns. Les deux officiers supérieurs sont transférés au PC militaire du village tandis que leurs documents sont saisis et que les morceaux de papier noircis ou à moitié brûlés sont soigneusement ramassés.

    « UNE FAUTE IMPARDONNABLE »

    Reinberger tente alors d’arracher l’arme de poing de l’un de ses gardiens pour mettre fin à ses jours mais il en est empêché. A ceux qui l’interrogent il déclare alors : « Je suis coupable vis-à-vis du Reich d’une faute impardonnable ».

    L’ordre est donné d’emmener à Bruxelles sous bonne escorte les deux officiers. Les spécialistes du renseignement qui dépouillent alors les documents saisis sont stupéfaits de découvrir qu’il s’agit en réalité d’un plan détaillé sans date d’une vaste offensive aéroterrestre contre les Pays-Bas et la Belgique. Les informations recueillies sont d’une telle importance que le général van Overstraeten ordonne au roi Léopold III de ne rien en dire aux ministres du gouvernement ! Brutalement conscient que sa politique de stricte neutralité n’a aucun effet sur Hitler, le souverain décide dès le 11 janvier un renforcement des mesures de sécurité aux frontières et de protection des itinéraires d’infiltration dans le pays. En outre, le périmètre de surveillance des villes clés d’accès à la mer et menant vers la France est densifié. Au même moment, devant son état-major, Hitler plus déterminé que jamais annonce que l’offensive du Reich à l’Ouest doit débuter le 17 janvier ! Seulement l’affaire Rein-berger émeut les fonctionnaires et officiers de l’ambassade d’Allemagne à Bruxelles. Berlin exige une réponse rapide et certaine : « Est-ce que les précieux documents ont été détruits ? ». Même si Reinberger l’affirme, les services nazis n’en possèdent pas la certitude, c’est la raison pour laquelle le führer choisit de différer une nouvelle fois l’attaque du Benelux et de la France.

    Cette interception incroyable et chanceuse confirme la qualité des informations recueillies par le Vatican qui, depuis la mi-décembre, a informé via les conseillers de ses nonciatures, les gouvernements européens des dangers encourus par l’enthousiasme belliciste des dirigeants du Reich. Mgr Micara, le nonce en Belgique, ne ménage pas sa peine pour dire au ministre des Affaires étrangères belge que son pays est menacé d’une invasion générale brutale et massive. Au cours de plusieurs entretiens, il martèle cette formule : « Prenez garde, l’imminence du danger est avérée, l’Allemagne veut prendre le contrôle de la Belgique et n’a pas l’intention de s’arrêter là ». Est-ce la raison qui décide toujours le 11 le général van Overstraeten à convier l’attaché militaire adjoint de l’ambassade de France, le lieutenant-colonel Hautecoeur pour faire un large tour d’horizon diplomatique et militaire de la situation en ce début d’année ? Le général belge remet alors à l’officier français deux feuillets écrits à la main sur lesquels il a écrit au porte-plume les principales informations consignées dans le document allemand saisi. Van Overstraeten demande à ce que ce document de la plus haute importance soit remis en main propre au seul général Gamelin et que cette question lui soit posée : « Sur quels renforts la Belgique peut-elle compter dans les quarante-huit heures de son appel aux Alliés ? Dans les quatre jours ? ».

    Comprenant la gravité de la situation, Hautecoeur décide de se rendre sans tarder à Paris et se présente en pleine nuit au PC de Vincennes. Le 12 janvier en début de matinée, Gamelin ordonne au général Georges de le rejoindre sans tarder pour un bilan d’urgence de la situation. A 15 heures, une réunion de la plus haute importance débute à La Ferté-sous-Jouarre. Autour de la table se retrouvent aussi les généraux Billotte, Doumenc, Roton, Mendigal, Mouchard, le colonel Gaucher, chef du 2e bureau. Le rappel immédiat des chefs de corps permissionnaires est décidé ainsi que celui des divisions de réserve générale. A Londres, on est plus dubitatif. Le cabinet de guerre craint que les Belges soient tombés dans un piège soigneusement préparé par les autorités du Reich. A Paris, on demande à tous les spécialistes du renseignement de croiser leurs sources pour déterminer la pertinence des informations ou déjouer le piège. Le colonel Rivet, chef des services spéciaux, répond simplement : « Il n’y a rien de nouveau ». Comme il apparaît que les Belges des villes et des campagnes ne s’affolent pas, la prudence est recommandée. Le 14 janvier, Léopold III est prêt à solliciter officiellement les Alliés. A 15 h 45 Billotte signale : « Les armées rendent compte que les frontières belges sont ouvertes ». Mais les Alliés sont-ils en capacité de se projeter aussi vite et de faire face à un choc imminent contre les forces armées du Reich ?

    GRAVE MALENTENDU ENTRE BRUXELLES ET LONDRES

    Le 15 janvier à 8 h 30, le général Gamelin transmet une note au président du Conseil Edouard Daladier : « Dans la nuit du 14 au 15, les troupes françaises se sont rapprochées de la frontière belge pour répondre à l’appel implicite de Bruxelles. Actuellement, toute heure perdue peut être grosse de conséquences. Les Allemands vont connaître nos mouvements par leur aviation et par leur espionnage ». La météo est très froide, ce qui ne facilite pas les mouvements. Bref, la France se dit prête à : « entrer en Belgique au premier appel du roi ». Tout aurait été simple sans un grave malentendu entre Bruxelles et Londres ! Les Anglais sont d’accord pour apporter une assistance mais ils exigent d’entamer sur-le-champ « des conversations d’état-major ». Une posture qui ne sied par au ministre des Affaires étrangères, Paul-Henri Spaak convaincu du maintien de la politique de neutralité. L’amiral Roger Keyes, un ami du roi des Belges confie alors à Churchill que Léopold III peut convaincre ses ministres : « de faire appel aux troupes alliées si le cabinet britannique donne des garanties politiques, économiques, financières et coloniales jugées indispensables ». Chamberlain informé se met en colère : « Comment les Belges peuvent-ils poser leurs conditions ? ».

    Daladier est alors averti des propositions du souverain belge aux Britanniques ce qui met Paris de très mauvaise humeur. Les Anglais sont prêts pour des conversations d’état-major mais excluent les conditions préalables esquissées par le gouvernement de Bruxelles. Du côté de Paris, on exige une réponse belge avant 20 heures pour passer en Belgique. Une initiative très mal prise par Léopold III et son Premier ministre M. Pierlot. C’est le temps d’une nouvelle impasse.


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    Gamelin à Corap : « La Meuse ne m’intéresse pas »

    Il semble que les fronts lorrain et alsacien préoccupent plus le généralissime.
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  • Le Grand quartier général ne considère toujours pas la frontière ardennaise comme l’espace probable d’invasion ; aussi aucune priorité d’équipement n’est délivrée aux et IXe armées également privées de renforts régimentaires. En ce début janvier 1940, la sécurité aux frontières reste l’une des premières priorités de l’état-major. Le général Georges le répète au risque d’irriter le généralissime, il estime préoccupante : « la faiblesse du front défensif sur la Meuse de Mézières à Givet ». Au cours d’une réunion qui se déroule à Nouvion-sur-Meuse, Georges qui est entouré de Huntziger, Corap et Billotte réfléchit à la pertinence d’une action combinée des unités de cavalerie des Ir et IX’ armées, dont l’objectif serait alors de freiner la progression de la Wehrmacht dans les Ardennes si par un malheureux hasard elle parvenait à franchir la Meuse. Les apartés confirment alors qu’il existe bel et bien des désaccords au plus haut niveau sur la meilleure stratégie à retenir. Corap le mentionne alors dans son journal personnel : « J’eus avec mon ami Georges une longue conversation sur l’organisation du haut commandement et la direction de la guerre, et je constatais qu’il partageait les mêmes interrogations que moi et que ce n’était guère rassurant ». Cela préfigure des tensions qui vont aller crescendo et handicaper une préparation déjà difficile de l’attaque allemande désormais certaine. Corap a l’avantage du terrain et des contacts avec la population. Il juge la situation en officier et n’est pas insensible aux réactions agacées et parfois hostiles des civils à une présence militaire de moins en moins bien admise. Au plan militaire, les relations se tendent encore plus lorsqu’au printemps, le 4e corps d’armée du général Boris qui a la responsabilité de couvrir la droite du front Corap en charnière avec la IIe armée du général Huntziger qui contrôle les espaces de Mézières à la frontière avec le département de la Meuse est remplacé par des unités bien moins opérationnelles. Le général s’étrangle lorsqu’il apprend qu’on substitue à ce corps d’armée la 102e division d’infanterie de forteresse et la 61e division d’infanterie. Sa conclusion est sans appel : « le Grand quartier général a choisi d’affaiblir la IXe armée sur l’un des éléments clés de son dispositif de défense ».

    Soucieux de ne pas rester inerte face à ce qu’il considère comme une erreur grave, Corap dépêche son sous-chef d’état-major, le colonel Veron chez le général Doumenc qui est alors major-général des Armées, c’est-à-dire le numéro deux de Gamelin. Le colonel dispose d’un solide dossier pour demander un renforcement en matériels et en hommes des moyens opérationnels de la IXe armée. Doumenc écoute et résume : « En bref, qu’est-ce que vous voulez, des canons ? ». Verron répond par l’affirmative, ce qui suscite dans la foulée cette deuxième question du major-général : « Avez-vous des artilleurs pour les servir ? ». Le colonel est bien contraint de répondre par la négative et de concrétiser sa remarque : « Nous en sommes réduits à faire servir ceux de la 102e DIF par des fantassins ». Cela suffit au général pour juger incongrue la demande de Corap. Verron repart les mains vides et il faudra patienter jusqu’au 8 mai 1940 pour que trois batteries d’artillerie soient livrées ! Lorsque Corap a une nouvelle entrevue avec le général Gamelin et insiste sur ses craintes d’une percée allemande dans le secteur de Donchery, il reçoit en réponse cette phrase terrible : « Mais la Meuse, Corap, ça ne m’intéresse pas .1 ». Il est vrai que même le 12 mai, deux jours après le déclenchement de l’attaque aéroterrestre massive du Reich, le chef du 3e bureau du grand quartier général martèle encore dans son bureau de La Ferté-sous-Jouarre « Les Allemands s’engagent dans les Ardennes. C’est une faute. Ils s’engagent dans un compartiment stratégique et imperméable. Ils vont c’est certain à l’échec ».

    BAISSE DU MORAL DES TROUPES

    Dès lors, comment envisager en ce début d’année 1940 un avenir prometteur alors que les fortifications bien armées sont en nombre insuffisant, que les défenses antiaériennes et antichars sont trop clairsemées, que les munitions en réserve ne permettent pas d’assurer plusieurs jours de combat sans un ravitaillement ininterrompu. La baisse du moral des troupes et les entorses à la discipline témoignent d’un vrai malaise. Corap est honnête lorsqu’il estime qu’il ne dispose pas des moyens suffisants pour repousser l’assaut d’unités modernes fortement appuyées par l’aviation. On ne peut pas l’accuser de ne pas avoir tiré le signal d’alarme. Huntziger se plaint aussi de : « la misère de la II armée en effectifs » aussi, pour le rassurer le général Georges lui promet une visite à son PC de Senuc. La réalité est alarmante : aucun blockhaus n’a été commencé dans la tête de pont de Sedan. On réclame des outils et des pelles mécaniques pour construire une première ligne alors qu’on occupe ces matériels à la construction d’une seconde ligne bien en retrait. Mais on reste optimiste. Ne promet-on pas de livrer en trois tranches d’exécution pour le 1er avril sur le front de la IIe armée : « cent kilomètres de fossés antichars, cent trente kilomètres de barbelés, soixante-quinze ouvrages bétonnés d’infanterie de 1.200 à 1.500 M3 chacun, deux casemates pour canons de 75, un observatoire commun pour les IIe et IXe armées à Omont » ? Le général Charles Belhague qui a été le bâtisseur de la ligne Maginot sait que c’est irréalisable parce que les matières premières et les hommes qualifiés manquent. Il reconnaît la partie complexe et alerte le généralissime : « J’ai les plus grandes difficultés à retrouver et à ramener ce personnel indispensable malgré l’aide réelle que j’ai trouvée auprès du major-général des armées ». Il est patent que bien des chantiers sont mal gérés. Faut-il par exemple s’étonner qu’à la veille de l’offensive de la Wehrmacht sur Sedan, le 13 mai 1940, la 55e division d’infanterie en responsabilité d’un front d’une vingtaine de kilomètres dispose d’une DCA : « réduite aux armes automatiques de la troupe », d’une défense antichar : « équipée simplement d’une batterie de 47 arrivée dix jours plus tôt après deux semaines d’instruction en camp » ?

    Bien sûr la 55e DI reçoit in extremis trois sections de 25 antichars mais aucun de ses trois régiments d’infanterie ne se voit attribuer la moindre pièce pour s’opposer à une avancée de blindés.

    TEXTES : Hervé Chabaud h.chabaud@journal.lunion.fr


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    Les Polonais, les Anglais et le quotidien

    Tout ce qui peut être récupéré doit l’être
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  • Alors que le 2 janvier 1940 à Prague, des anciens officiers de l’armée sont arrêtés en nombre et que le lendemain les Finlandais réussissent un audacieux largage de tracts au-dessus de Leningrad, les Polonais exilés, et qui refusent l’anéantissement de leur pays partagé entre les griffes totalitaires de Moscou et de Berlin, annoncent qu’ils veulent reconstituer une armée en France. Ils sont prêts à se battre auprès des alliés, là où ils seront utiles. Le 4 janvier à Paris, le général Wladyslaw Sikorski, commandant en chef de l’armée polonaise et le président du Conseil Edouard Daladier signent un accord qui formalise la reconstitution d’une force armée polonaise sur le territoire de la République. Il s’agit cette fois d’unités qui seront affectées à l’armée de terre, à l’armée de l’air et à la marine et placées sous commandement polonais. Comme elles s’installent dans l’Hexagone, le général Gamelin en reçoit la conduite suprême. Le gouvernement ne fait que concrétiser une idée présentée au printemps 1939. Une convention avait été établie en mai entre le général Kasprzycki et Gamelin.

    Cette fois Sikorski compte enrôler de nombreux Polonais qui sont venus travailler en France en particulier dans les bassins houillers et dans l’agriculture. Il espère aussi accueillir une partie des 70.000 soldats de son pays faits prisonniers par la Hongrie et la Roumanie. Il sait par ses groupes de renseignements que chaque jour, des militaires de tous les grades s’évadent des camps d’internement. Beaucoup parmi eux n’ont qu’un objectif : rejoindre la France pour se battre. D’autres sont des civils, souvent justes sortis de l’adolescence et qui fuient les brimades et la répression orchestrées par les troupes d’occupation soviétiques et allemandes dont on signale te comportement de plus en plus cruel. Cette annonce fait rire gras Goering. Le patron de la Luftwaffe prend le contrôle le même jour de l’économie et de toutes les industries de guerre de son pays ! Il n’y a guère que l’éditorialiste Geneviève Tabouis qui écrit sa certitude d’une victoire prochaine : « En ce 1’ janvier 1940, il apparaît à tous d’une façon indiscutable que les Alliés ont gagné la guerre ». Des universitaires français pourtant optimistes de nature se demandent si la journaliste si habituée aux subtilités de la politique étrangère n’a pas un peu trop fêté la nouvelle année ! En Grande-Bretagne, la presse ne manifeste pas le même optimiste et insiste sur la participation des femmes à l’effort de guerre. Une place particulière est donnée à ta section des Auxiliaires féminines des transports aériens qui vient de recevoir son premier appareil sortant d’usine. Ce choix ne fait pas l’unanimité mais les neuf femmes qui sont présentées dont l’officier Pauline Gower qui est entourée de huit sous-officiers, ne sont pas des amatrices. Elles totalisent plus de sept mille cinq cents heures de vol et la plus jeune du groupe, Joan Hughes dispose déjà, à 22 ans, de la qualification d’instructeur.

    Les femmes anglaises qui font leurs courses se heurtent à de nouvelles difficultés. Elles doivent désormais se munir de leur carnet de tickets pour se rendre en commissions. La ration de beurre hebdomadaire est limitée à 113 grammes tout comme celle du bacon et du jambon cru. L’Allemagne est depuis l’été précédent beaucoup plus chiche puisque l’adulte allemand n’a droit qu’à 85 grammes de beurre par semaine et 226 g de sucre contre une livre au Royaume-Uni.


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    Union100102a - Marne
    MEMOIRE : Pôle mémoire

    La Nouvelle année n’a pas changé l’état d’esprit des anciens combattants marnais qui n’ont toujours pas digéré que le pôle mémoire de la région soit installé dans les Ardennes. Il semble même que leur agacement atteigne un niveau que n’imaginent pas les politiques qu’ils ont sollicités et qui n’ont pas pris le temps de leur répondre soit pour se désolidariser du choix du secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants Hubert Falco, soit pour la justifier. Alors que les régionales approchent, ni le président Jean-Paul Bachy et ni son challenger, Jean-Luc Warsmann, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale n’ont pour l’instant donné signe de vie. Il est vrai qu’ils sont tous les deux des Ardennais !


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    Union091231a - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Une nouvelle plaque pour l’arbre sanglant

    Un triste événement y est ainsi rappelé.
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    A Vienne-le-Château, dans le parc de la Maison du pays d’Argonne, a été inaugurée une nouvelle plaque en souvenir de l’événement tragique qui s’y est déroulé lors de la Première Guerre mondiale.

    Le maire de Vienne-le-Château, l’historien Philippe Lunard ont notamment participé à cette inauguration.

    Cette plaque est là pour rappeler un triste événement. Le 11 décembre 1914, un obus allemand tomba sur des soldats français stationnés : 19 poilus furent tués et 44 autres blessés. « Des lambeaux de chair furent projetés sur l’arbre, transformant ce tulipier du Japon en un lustre ruisselant de sang », est-il écrit.

     

     


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    Union091229b - Marne
    EPERNAY : Denis Niclet n’est plus : Un grand résistant s’est éteint

    Denis Niclet avait 84 ans.
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  • C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Denis Niclet dans sa 85e année.

    Grand résistant, combattant de la guerre 1939-1945, il s’est engagé pour 3 ans au titre du 9e Dragons à l’ âge de 19 ans, entamant une brillante carrière.

    Affecté au 3e régiment de Chasseurs. Parachutiste en Angleterre. Il prit part aux combats des Ardennes au cours du dernier hiver et fut parachuté en Hollande en avril 1945, se battant jusqu’à la réédition allemande.

    Au commissariat de police de 62 à 80

    Mais Denis ne s’arrêta pas là. Dès la fin de 1945, il débarqua à Saïgon en tant que caporal. Il participa au nettoyage de la Cochinchine, à la campagne du Laos. Il est parachuté à Lovang Prabang et à Vientiane où il est blessé une première fois. On le retrouve lors de la campagne du Tonkin. De nouveau blessé à Bac-Min en 1946, puis une troisième fois à Nam-Dinh. Nous sommes alors en 1947. Rapatrié sanitaire en France, il est libéré et rayé des contrôles de l’armée au grade de caporal-chef. Il rentre en avril 1948 dans la police au Maroc. Il y reste 10 ans et rentre en France à l’indépendance. Puis il est affecté en novembre 1948 au commissariat central de Bône en Algérie où il devient un des meilleurs éléments de la brigade criminelle de la Sûreté urbaine.

    Le 1er juin 1961, il est blessé lors d’une manifestation et le 25 octobre de la même année, il est abattu à bout portant par un musulman au cours d’une opération de ratissage. Très grièvement blessé, rapatrié sanitaire, il est nommé au Corps urbain d’Epernay le 15 avril 1962 où il terminera sa carrière comme officier de Paix en 1980.

    Officier de la Légion d’honneur

    Passé si glorieux que Denis Niclet avait été décoré à titre exceptionnel de la Croix de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, dans la Cour des Invalides, par le Général de Gaulle le 24 juillet 1964. Le 24 juin 2006, il était élevé au grade d’officier par son parrain, le colonel Charles Flamand (dont le passé est fort glorieux, avec onze citations), Commandeur, qui avait été fait Chevalier à titre de guerre à l’âge de 23 ans en 1944, la marraine étant Fernande Servagnat.

    En outre, Denis Niclet est titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre 39-45 avec une citation, de la croix de guerre des TOE avec deux citations, de la croix de la valeur militaire avec trois citations, de la croix du combattant volontaire de la Résistance, de la croix du combattant volontaire en Exrême-Orient, de la médaille outre-mer avec agrafe « Extrême-Orient », de la médaille commémorative France-Allemagne, de la médaille de blessés, de la médaille commémorative Maroc-Indochine-Algérie, de la médaille d’argent de 1ère classe, de la médaille d’honneur de la police française à titre exceptionnel.

    Les obsèques religieuses de Denis Niclet auront lieu le mercredi 30 décembre à 14 h 30 en l’église Notre-Dame d’Epernay.

    A sa famille, à ses amis, l’union présente ses sincères condoléances.


    ***********************************

    Union091229a - Marne
    SEPT-SAULX : Cédric Lacroix à la tête des anciens combattants

    Cédric Lacroix, nouveau président départemental des ACVG.
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    Cédric Lacroix vient d’être élu président de l’Union marnaise des associations d’anciens combattants et victimes de Guerre (ACVG), il succède à Gaétan Charlot.

    Il est également secrétaire de l’association des anciens combattants de Sept-Saulx et pompier volontaire de cette commune où il réside avec son épouse et ses 3 enfants. Il occupe un emploi de fonctionnaire à Reims.

    Il est amené à se déplacer dans le département car l’Union marnaise regroupe 25 associations d’anciens combattants : guerre de 1939-1945, guerre d’Algérie et d’Indochine et aussi quelques anciens des missions extérieures (guerre du Golfe).

    Le but de ces associations est de regrouper les anciens combattants de toutes générations confondues et de défendre leurs droits. Il y a environ 1 200 adhérents.

    Sept-Saulx organisera le samedi 29 mai 2010 au Parc nature le prochain congrès départemental.

    Pour tous renseignements : Cédric Lacroix, tél. 03.26.03.24.47 ou fax 09.63.60.00.20.

     



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