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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
Publié le dimanche 3 avril 2011, mis à jour le dimanche 26 juin 2011
 

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1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010.

 

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Union110626c - Marne
VARSOVIE : Plongée au cœur de l’insurrection

Le 1er août 2011 marquera le 67e anniversaire du soulèvement armé de la résistance polonais. Cet événement est un des plus emblématique pour les Polonais et le musée de l’insurrection qui a été ouvert en 2004 à l’occasion du 60e anniversaire est aujourd’hui l’un des endroits les plus visités de la capitale.

Il est vrai que l’établissement est d’une très grande qualité que ce soit dans la scénographie que dans le nombre de documents présentés : près de 1000 objets, 1500 photos, films et son sur une surface totale de plus de 3 000 m2 dans l’ancienne centrale électrique des tramways de la ville.

On y découvre de façon chronologique la soixantaine de jours de combats que ce soit sous son aspect militaire ou pour ce qui était du quotidien des habitants de Varsovie. Pour mémoire en 1944, au moment où l’offensive russe repoussait les troupes allemandes des terres appartenant à la Pologne, l’armée polonaise clandestine avait décidé de lancer une bataille pour Varsovie. Le 1er août, les Polonais ont attaqué les troupes nazies, initiant ainsi l’Insurrection de Varsovie, qui allait durer 60 jours. Ceci a été la plus grande bataille livrée par l’armée polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale : 10000 insurgés morts, 7000 de disparus. Les Allemands ont également subi des pertes considérables : environ 10000 soldats morts et 6000 de disparus ; l’armée allemande a perdu 300 tanks, pièces d’artillerie et voitures blindées. L’Insurrection de Varsovie n’a pas atteint d’objectifs militaires. Mais en Pologne, pour les générations suivantes, le soulèvement de 1944 est devenu le symbole de la vaillance et de la détermination dans la lutte pour l’indépendance. Cela explique le succès de ce musée qui est aussi très instructif pour les étrangers que nous sommes. A signaler, la présence dans le musée d’une réplique grandeur nature de l’avion B 24J Liberator, la projection en 3D d’un film sur les conséquences de la destruction de Varsovie, la reconstitution d’un égout par lesquels s’échappaient les insurgés et à l’extérieur, le parc de la liberté, le jardin des roses et le mur de la mémoire où sont inscrits les noms de tous les Polonais morts lors de cette insurrection.

Musée de l’insurrection de Varsovie, 79 rue Grzybowska. Ouvert tous les jours sauf le mardi.

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Union110626b - Marne
SAINTE-MENEHOULD : Entré dans l’Histoire un 21 juin 1791 : Qui était Jean-Charles Farcy

Autour d’une berline, des commis s’affairent. Le maître de poste, Jean-Baptiste brouet, de retour de la fenaison, regarde les voyageurs car ils ne passent pas inaperçus. Drouet écrira plus tard avoir reconnu… la reine Marie-Antoinette !
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  • Maire de Sainte-Ménehould, conseiller général de la Marne, Jean-Charles Farcy est entré dans l’Histoire en tant que maillon de la chaîne qui a conduit à l’arrestation de Louis XVI.

    JEAN-CHARLES FARCY entre dans l’Histoire de France le 21 juin 1791. Cet homme bientôt sexagénaire exerce la fonction d’officier municipal. En ce jour de juin, un événement dont on ne mesure pas encore la portée s’est tramé au cœur de Sainte-Ménehould.

    Autour d’une berline, des commis s’affairent.

    Le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet, de retour de la fenaison, regarde les voyageurs, car ils ne passent pas inaperçus. Des militaires tournent autour de la voiture et plus inquiétant encore, le capitaine des dragons les salue militairement. Ancien dragon lui-même, Drouet écrira plus tard avoir reconnu… la reine Marie-Antoinette ! A 8 heures, la berline repart et attaque la rude côte de Crèvecoeur.

    Un coup de pistolet devant la poste a mis la ville en effervescence.

    Au soir du même jour, la municipalité dépêche un officier municipal auprès de Drouet pour l’interroger « sur ce qu’il aurait trouvé d’extraordinaire dans la marche des voitures ». Lequel officier trouve Drouet « fort occupé de cet objet et se disposant à venir faire part de ses soupçons à la municipalité ». Cet officier municipal, c’est Jean-Charles Farcy qui va confirmer les soupçons du maître de poste et ramener Drouet en mairie où il recevra l’ordre de partir à la poursuite des fuyards.

    Futur maire de Menou

    Jean-Charles Farcy est entré dans l’Histoire. Natif de Sainte-Ménehould, notre homme a fait ses études à Paris. Il y est devenu fort savant. Nommé haut fonctionnaire au secrétariat de la Maison du roi, il y a un grade élevé, premier commis, collaborateur immédiat du secrétaire d’État.

    A l’automne 1790, il revient à Sainte-Ménehould où il est bientôt élu officier municipal. Le 21 juin 1791, il prend l’initiative d’envoyer à ses frais un courrier à Metz pour prévenir de l’arrestation du roi et inviter la municipalité lorraine à surveiller Bouillé.

    Le 18 juillet, il est chargé de porter à l’Assemblée un mémoire demandant que soit honorée la ville qui a sa part dans l’arrestation. Il en ramène le remboursement de ses frais et un témoignage de satisfaction de l’Assemblée.

    Le 25 octobre, à la suite de dissensions entre les dirigeants, il est élu maire pour deux ans. Entre-temps, il a offert à Sainte-Menou un lavoir au bord de l’Aisne. Le 15 novembre 1793, le directoire de Sainte-Ménehould est modifié. Farcy est remplacé par Cottrez père. Le nom de Sainte-Ménehould est remplacé, lui aussi, par celui de Montagne-sur-Aisne.

    La commune devient un district, commandé par un directoire. Ses tâches administratives sont principalement les nominations des fonctionnaires, l’enregistrement des décrets, les nominations des juges de paix. Elle a aussi la lourde responsabilité de régler des problèmes de subsistances. Elle doit se nourrir et fournir des denrées aux armées, celle de La Moselle et celle des Ardennes.

    Savant collectionneur

    En supplément encore, il y a des réquisitions alimentaires, la fourniture des cuivres et des uniformes pour les soldats enrôlés.

    On y ajoute la fourniture du salpêtre. Pour compléter les mesures de réquisitions, reste encore les levées d’hommes, concernant plus particulièrement les jeunes gens de 18 à 26 ans.

    Farcy est révoqué et quitte le Directoire le 11 juillet 1794. Evincé du district il subit la vindicte de Robespierre. A la mort de ce dernier, on lui propose la charge d’agent national du district. Plus tard, il sera mis à l’écart de la vie municipale pour retrouver, aux élections de 1795, sa charge d’officier municipal.

    Toute sa vie, il pratique l’instruction aux jeunes gens. Localement, il est connu pour sa riche bibliothèque et ses collections d’objets de sciences naturelles. Il publie de nombreux articles.

    On le donne comme conseiller de Jean-Baptiste Drouet lors de son règne en sous-préfecture. Il finira ses jours comme conseiller général de La Marne de 1800 à 1804.

    Sources : Mémoires société agriculture, sciences et arts de la Marne, Année 1990, pages 91 à 122, Jean-Charles Farcy, l’oublié de Sainte-Ménehould à travers la Révolution, par Georges Clause.

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    Union110626a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Les muscles alliés

    Darlan est accusé de conduire une politique criminelle.
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  • Comment démontrer aux habitants des pays occupés que la supériorité des alliés est en cours de finalisation ? En laissant la parole à Georges Boris qui atteste face à la politique criminelle appuyée par l’amiral Darlan que la Grande-Bretagne comme la France libre restent déterminées pour vaincre le Reich et ses collaborateurs. Il s’agit pour le journaliste d’une obligation morale qu’il développe au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français ». « Il le faut pour sauver la France du déshonneur, il le faut pour sauver la France de sa perte ; car l’Allemagne et tous ceux qui sont ses alliés et qui s’allieront à elle, sont voués au désastre ». Pour les gaullistes, la certitude de la défaite d’Hitler est d’une logique implacable depuis que les Etats-Unis ont choisi d’apporter une aide matérielle et technique à l’Angleterre afin qu’elle dispose des moyens indispensables pour contrer l’impérialisme nazi.

    Boris veut aussi prouver que les richesses minières et industrielles alliées et leurs potentiels de développement sont capables de retourner la situation. Les Etats-Unis produisent alors les trois-quarts du pétrole mondial alors que l’Allemagne fixe ses priorités expansionnistes en intégrant des régions de l’Europe centrale productrices de pétrole. De fait, elle n’en contrôle que deux et demi pour cent. Suit une énumération convaincante : « Pour le cuir, les Anglo-Saxons en produisent autant en trois semaines que les Allemands et leurs vassaux en un an. Pour le chrome, les chiffres sont les suivants : 6 à 700 000 tonnes par an pour les Anglo-Saxons ; 100 000 tonnes pour les Allemands. Pour le nickel, Anglais et Américains en produisent 110 000 tonnes par an ; les Allemands 2 500. Pour l’étain, les Anglo-Saxons disposent annuellement de 200 000 tonnes ; les Allemands de 1 000 tonnes seulement soit 200 fois moins. Pour le plomb, plus de 77 % de la production mondiale appartient aux Anglais et aux Américains ». Dans l’inventaire des déficits qui portent sur l’Allemagne, le porte-parole de la France libre relève également l’absence de caoutchouc naturel. Il se réjouit aussi que 76 % de la production mondiale de laine et 79 % de la production de coton sont contrôlés par les Américains et les Anglais.

    Le Français choisit dans la presse américaine d’autres chiffres manifestant la priorité donnée aux Etats-Unis à l’industrie de guerre. « Trois entreprises américaines produisent plus de moteurs d’avions que toute l’Allemagne ». Pour mieux préciser : « La puissance des moteurs qui sortent chaque mois de leurs ateliers dépasse à l’heure actuelle 3 300 000 chevaux-vapeur par mois, contre une production allemande d’environ 3 000 000 chevaux-vapeur ; vers le milieu de l’été, ces trois grandes entreprises américaines produiront 5 000 000 chevaux-vapeur. Les autres constructeurs américains en produiront autant, soit un total de 10 000 000 chevaux-vapeur, au moins trois fois plus que l’Allemagne ». Cette énumération soigneuse est jugée plus significative que les bavardages de Darlan. Les Français libres veulent démontrer qu’il y aura toujours assez de moyens de transport pour faire parvenir en Europe les matériels nécessaires à la victoire : « Les Etats-Unis exécutent actuellement un programme qui comporte la construction de 4 millions de tonnes par an. Si nécessaire, ce chiffre pourra être considérablement augmenté. Il faudrait que les Allemands réussissent à couler plus de 500 000 tonnes par mois pour empêcher la flotte alliée de s’accroître ». Boris ne le croit pas. Et de conclure : « Vous le voyez, il faut être aveugle, aveugle et criminel, pour jeter la France dans la guerre, pour la jeter dans le camp de la défaite ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Direction Leningrad et Kiev

    La Wehrmacht est à l’assaut sur tout le front.
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  • Leningrad est comme d’autres villes soviétiques bombardée par la Luftwaffe.
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  • On va mobiliser les civils pour creuser des fossés anti-chars.
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  • A l’est. Le führer espère faire la différence en quelques semaines et contraindre Staline à la reddition au profit de Berlin. Un calcul bien optimiste malgré les hésitations de Moscou.

    Joseph Goebbels est le premier à s’exprimer sur la radio allemande pour donner en ce 22 juin 1941 lecture du message d’Hitler qui s’achève ainsi : « J’ai décidé de remettre à nouveau le destin du peuple allemand du Reich allemand et de l’Europe entre les mains de nos soldats ». La surprise semble totale du côté soviétique et il faut que les informations concernant le pilonnage de l’artillerie et les bombardements massifs de la Luftwaffe remontent jusqu’au Kremlin pour que l’entourage de Staline admette enfin que l’URSS est attaquée par la machine de guerre de Berlin. Il faut attendre la mi-journée pour que le ministre des Affaires étrangères de Moscou, Molotov reconnaisse l’agression ennemie et confirme que Jitomir, Kaunas, Kiev et Sébastopol ont subi des frappes. Pour tenter de conjurer le sort, il rappelle que l’agression nazie est vouée à l’échec puisque Napoléon en 1812 a été défait. La comparaison est à l’instant osée mais surtout, le ministre appelle le peuple soviétique à prendre les armes et à se battre partout où il le pourra.

    L’éloquence de Churchill

    Staline reste silencieux. Ce n’est pas le cas du Premier ministre britannique Winston Churchill. S’il a été réveillé et informé dès 4 heures, il prépare soigneusement le discours qu’il tient à adresser au peuple soviétique. Eloquent comme à son habitude, il évoque la cataracte d’horreur nazie et bien qu’ennemi du communisme, il assure que son pays fera tout pour que les Russes ne subissent pas le joug du Reich conquérant : « Lorsque s’avance la monstrueuse armée de sauterelles du voyou sanglant Hitler, la Russie doit être aidée de toutes les forces de l’Angleterre et l’Angleterre ne fera ainsi que s’aider elle-même ». Le Premier ministre pose son diagnostic : « Hitler veut détruire la Russie pour pouvoir abattre cette île qu’il doit vaincre ou payer le prix de ses crimes. Son invasion de la Russie n’est pas autre chose qu’un prélude à l’invasion de la Grande-Bretagne ». Il tient à faire partager de par le monde son opinion et conserve le même ton martial et déterminé dans le courrier qu’il adresse au président des Etats-Unis via l’ambassadeur américain à Londres. Le secrétaire d’Etat à la Guerre US, Stimson remet à Roosevelt un mémorandum assez pessimiste : « L’Allemagne sera occupée à battre la Russie pendant un minimum d’un mois et un maximum de trois mois ».

    C’est à la fois peu et beaucoup pour mettre ne place une action renforcée de la marine américaine dans l’océan Atlantique afin de sécuriser les transports en provenance d’Amérique du Nord. L’opinion publique n’est pas aussi pragmatique que Churchill. Elle retient d’abord le pacte germano-soviétique d’août 1939 aussi se plait-elle à user de sarcasmes et d’un certain humour noir pour qualifier la nouvelle situation conflictuelle en Europe. « Deux coquins en viennent aux mains et Staline va payer la scélératesse qu’il a commise en s’alliant à Hitler » s’amuse la presse. Le président Roosevelt ne fait pas de différence entre le nazisme et le communisme dont il se souvient de l’accord meurtrier pour le démembrement de la Pologne et le partage de l’influence totalitaire sur l’Europe continentale. Les seuls qui s’empressent de plaindre l’Union soviétique sont les communistes. Même à Harlem, les militants US qui manifestaient en tant que combattants de la liberté contre l’impérialisme britannique et les valets de Wall Street rangent leurs calicots ! Comme le mentionne un éditorialiste new yorkais : « Le parti communiste est passé en un clin d’œil de la lutte contre la guerre au jusqu’au-boutisme le plus véhément, oubliant brutalement ses ambiguïtés des mois passés ».

    A Rome où le prince de Bismarck a informé Mussolini, un quart d’heure avant l’assaut de la décision d’Hitler, le Duce accepte sans protestation ce qui est en réalité une mise devant le fait accompli. Le führer a estimé que l’Italie était de toute manière incapable de l’aider dans ses conquêtes puisqu’il était depuis longtemps obligé d’envoyer ses troupes se substituer à celles de Rome mal entraînées et dotées d’un commandement déficient. Benito Mussolini déclare immédiatement la guerre à l’URSS et propose à Hitler de lui fournir un corps expéditionnaire destiné à conforter cette opération de grande envergure. Le ministre des Affaires étrangères le comte Ciano s’empresse de rejoindre l’ambassadeur soviétique qui se repose au bord de la mer pour lui remettre la déclaration de guerre de l’Italie et l’inviter à quitter au plus vite le territoire. La Slovaquie déclare la guerre à l’URSS le 24 juin 1941, la Finlande le 26, la Hongrie le 27, l’Albanie le 28, tandis que Vichy rompt ses relations diplomatiques avec Moscou le 30. Staline est toujours silencieux alors que la situation de l’URSS est préoccupante.

    Trop d’impréparations

    L’Armée rouge n’est mobilisée qu’à 80 %. Elle est articulée en cinq fronts qui représentent des groupes d’armées. Au Nord, le général Popov conduit les XIVe et VIIe armées. Au Nord-Ouest, le général Kusnezov coordonne les VIIIe, XIe, et XXVIIe armées. A l’Ouest, le général Pavlov a sous ses ordres les IIIe, Xe et IVe armées. Au Sud-Ouest, le général Kirponos mène les Ve, VIe, XIIe et XXVIe armées. Au Sud, le général Tilulenjev a la responsabilité de la IXe armée, du 2e corps de cavalerie et du 2e corps motorisé. Beaucoup des unités sont stationnées dans des casernements très éloignés de la frontière et vivent dans les conditions d’une situation de paix. Elles sont incapables d’être opérationnelles en quelques heures ou quelques jours. C’est en Ukraine que les Soviétiques disposent de la meilleure présence armée. Plus de la moitié des divisions engagées et de blindés en capacité d’agir y sont stationnés. Le groupe d’armées allemand du sud de von Rundstedt ignore alors qu’il a face à lui un adversaire supérieur en nombre et en matériel. C’est l’effet de surprise qui lui procure un avantage déterminant. Encadrant le groupement blindé de von Kleist, les VIe et XVIIe armées serrent les rives dénudées du Bug et du San. Elles tombent sur des soldats ennemis qui dorment si bien qu’elles s’emparent de tous les ponts sur les deux rivières. Néanmoins, les forces soviétiques réagissent et engagent de violentes contre-attaques stoppées par les troupes de Reichenau et de Stülpnagel.

    Le 23, les cavaliers de von Kleist s’emparent d’un char qu’ils ne connaissent pas, le T 34, fortement armé, résistant aux tirs du canon antichar allemand de 37 mm sauf dans les chenilles ! La perforation du front sur la route de Jitomir est impossible en l’état. Les Allemands progressent. La VIe armée repousse les forces russes le long des marais du Pripet. A Lemberg, les Allemands découvrent un charnier. Des Ukrainiens nationalistes ont été fusillés par l’Armée rouge. Goebbels en fait une description apocalyptique qui sert la propagande nazie contre le bolchevisme assassin. Hitler furieux que des cadavres de ses soldats aient été profanés ordonne la destruction totale des secteurs hostiles conquis. Pour accélérer le mouvement qu’il trouve trop lent, il demande à von Schobert qui commande la XIe armée d’associer les deux petites armées roumaines d’Antonescu pour attaquer à leur tour au sud des Carpates afin de franchir le Pruth et de reconquérir la Bessarabie. L’attaque doit être lancée au plus tard le 2 juillet. A l’autre extrémité, la densité des forces soviétiques barrant la route de Leningrad est trois fois moins importante. Leeb est prêt à porter l’estocade.


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    Les difficultés de Vichy au Levant

    Un canon de DCA anglais prêts à contrer une attaque aérienne.
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  • Intransigeant. Le refus d’une capitulation honorable conduit le général Dentz à poursuivre le combat sans un plan bien arrêté et au risque de nouveaux combats fratricides. Indécis, influençable il joue Darlan avant Pétain et va droit dans le mur.

    Après la prise de Damas, une nouvelle phase de la campagne au Levant débute. Le général Dentz ne veut pas entendre parler de cessez-le-feu. Aux recommandations du Maréchal, il opte pour les ordres inconditionnels de Darlan. L’amiral, dans la droite ligne des protocoles de Paris considère que l’armée du Levant doit résister jusqu’à épuisement de ses forces. Il n’exclut pas qu’une aide aérienne soit sollicitée auprès de la Luftwaffe. Cette conception crispée de la discipline qui dans son délire fait abstraction de l’honneur et de l’instinct national conforte la fracture française entre ceux qui restent inconditionnels de Vichy et ceux qui font confiance aux Français libres. Dentz est conforté dans son intransigeance par l’amiral Gouton, commandant la marine au Levant qui est favorable à une opération combinée avec les Allemands pour repousser les ennemis franco-britanniques. Finalement Darlan se dit favorable à un renfort d’escadrilles françaises. Il met en garde contre un appui allemand : « L’aide des Stuka pourrait avoir de graves répercussions sur la politique générale du gouvernement. Elle ne doit être demandée que si elle peut être rapide, massive et continue » est-il indiqué dans le télégramme, un document qualifié : « excessivement secret ». Dentz considérant que les conditions ne sont pas réunies renonce à sa demande initiale. Surtout en raison de son général d’aviation Janneckin qui s’oppose avec une grande fermeté à la solution d’une intervention extérieure qu’il assimile : « à une redoutable compromission sans avantages compensateurs ». Avant de compléter son analyse par ce sentiment : « J’estime que la situation exige que les forces françaises de Syrie combattent par elles-mêmes sans le concours de forces étrangères qui chercheraient par leur participation à tirer de nouveaux avantages à leur profit exclusif ».

    En direction de Beyrouth

    Le général Wilson déplace vers la côte l’effort principal des troupes. La 7e division australienne attaque en direction de Beyrouth et bénéficie du soutien de la Royal Navy qui croise à faible distance. En Syrie, la 6e division anglaise du général Ewetts est engagée à l’ouest de la capitale pour fixer un maximum de forces adverses. Wislon reprend également sous sa coupe la manœuvre de débordement par l’est qu’il n’avait pas retenu dans son plan de départ. Dès le 21 juin 1941, il lance une colonne en Syrie centrale composée de la brigade mécanisée du général Clarke qui, quittant Bagdad progresse vers Palmyre. Une seconde colonne composée de deux brigades indiennes débouche de Mossoul pour se diriger vers Djezireh, en direction d’Alep. L’état-major compte qu’elle soit en position pour le 1er juillet. Cela de manière à isoler l’armée du général Dentz de la frontière turque. La 1re DLFL est impliquée dans cette manœuvre. Le général Legentilhomme reçoit des instructions du général Leverak dont le PC stationne à Safed. Les Français se portent sur la route menant vers Homs mais avec beaucoup de précautions. Leurs arrières sont vulnérables.

    Le 23 juin, la 6e division attaque Dimas à l’ouest de Damas, une position qui est encore solidement tenue par le groupement du colonel Georges-Picot. L’opération est conduite par deux bataillons mais échoue. Legentilhomme préfère ne pas engager ses hommes trop loin de Damas. Avec le BM2 qui part en tête de la 13e brigade, il se contente d’occuper un défilé situé à vingt-cinq kilomètres au nord de la capitale entre les Djebels Tourfa et Abou Ata. Plusieurs contacts ont lieu en particulier entre des éléments du BM et un peloton d’automitrailleuses des forces fidèles à Dentz. Après une discussion entre deux officiers, l’un de la France libre et l’autre aux sympathies vichystes, décision est prise qu’il n’y aura pas d’affrontements. Les véhicules se replient et les fantassins peuvent avancer. Le BM2 ne reprend sa progression d’ensemble que le 25 juin 1941 dans la soirée. Ses arrières sont désormais sûrs avec le BM1 qui stationne à Qtaïfé, la Légion à Hadasta et le BIM à Saïdnaya. Dans la nuit il encercle Nebeck pour mieux se lancer à l’attaque du bourg le 26. Le combat est court puisque l’adversaire choisit la retraite vers le nord. Dans la même journée, la 6e division britannique est une fois encore repoussée à Dimas et enregistre cette fois de lourdes pertes. Legentilhomme décide de stopper la marche vers Homs puisque la division s’étire sur quatre-vingts kilomètres au nord de Damas où à une vingtaine de kilomètres vers l’ouest la situation demeure critique. Le général Leverak lui confirme le lendemain que mieux vaut ne pas dépasser pour l’instant Nebeck et rechercher vers l’est le contact avec la brigade du général Clarke.

    L’inquiétude des maréchalistes

    A Beyrouth, la chute de Nebeck et la poussée de la division de la France libre vers Homs préoccupent l’état-major du général Dentz. Ce dernier décide la préparation d’un assaut pour reprendre la ville. Il s’agit de la combinaison d’une attaque frontale avec un mouvement tournant à l’est pour prendre à revers les défenseurs. La mission est confiée au commandant Simon qui a déjà mené le raid de Cheikh Meskine. La manœuvre est mal orchestrée en raison de retard d’une partie de la troupe et d’un manque de communications radio. L’opération se réduit à une attaque frontale assurée par un détachement commandé par le capitaine de Mas-Latrie et composé de chars du 6e RCA d’une compagnie du 16e RTT et une du 3e CLD. Lorsque les chars vichystes pénètrent dans la petite ville tout en terrasses et dominée par un minaret et un fortin ils sont pris à partie par les canons de 25 et l’unique canon de 75 des gaullistes qui bénéficient aussi de l’appui d’une batterie britannique. Les deux seuls H39 qui sont embossés dans une dépression tirent également.

    Les soldats de Dentz sont contraints de se replier. En fin d’après-midi après une journée d’âpres combats, l’adversaire décroche vers Deir Atiyé. Sur le terrain, les forces fidèles au Maréchal laissent sept chars hors d’usage et trente-sept tués. Pour la 13e brigade, la campagne de Syrie est presque achevée. Elle reste dans la périphérie de Nebeck au cours de la première semaine de juillet, laissant Homs aux forces de la brigade Clarke qui s’emparent de Palmyre le 3 juillet 1941. L’état-major fidèle au Maréchal se concerte et s’interroge sur la capacité à s’opposer durablement aux soldats du général de Gaulle et aux forces britanniques. La crispation est patente et les propos tenus par les Français de chaque camp à l’égard de leurs homologues sont de plus en plus durs. Si la situation se tend encore, l’arrêt des combats a toutes les chances de se passer dans un climat insupportable.

    Les gaullistes n’ont pas l’intention de céder sur quoi que ce soit et cherchent à réunir les conditions d’une capitulation sans rechercher l’humiliation.

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    Union110625b - Marne
    DORMANS : Cérémonies commémoratives du 18 Juin 1940 : Les collégiens invités à Paris

    Les élèves ne sont pas prêts d’oublier leur rencontre avec le président Sarkozy.
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  • Pour vingt-cinq élèves du collège Claude-Nicolas-Ledoux de Dormans, le 18 juin 2011 restera sans doute à jamais gravé dans les mémoires.

    En effet, entourés de deux accompagnateurs du collège et de quatre membres du conseil municipal (dont une enseignante revêtant pour l’occasion une double casquette), ceux-ci ont été invités par la présidence de la République à participer aux commémorations de l’Appel historique du 18 Juin 1940 à Paris.

    Parti très tôt en car, le groupe, encadré tout au long de la journée par un responsable du protocole du ministère de la Défense, a d’abord assisté dans la matinée aux cérémonies sur l’esplanade du Mont-Valérien où il a eu le très grand honneur d’être salué par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Les élèves de Dormans à qui le chef de l’Etat a serré la main ne sont pas prêts d’oublier cette rencontre. Le collège Claude-Nicolas-Ledoux était, en effet, le seul collège représenté pendant ces cérémonies.

    Le groupe a ensuite procédé à la visite du Centre d’interprétation avant de parcourir le chemin des fusillés jusqu’à la clairière des fusillés, où plus d’un millier d’otages et de résistants ont été exécutés par les autorités allemandes pendant la guerre.

    Après un repas au mess des officiers du 8e régiment de transmissions basé au Mont-Valérien, ce fut quartier libre pour les enfants sur les Champs-Elysées jusqu’à la cérémonie du ravivage de la Flamme de la Nation sous l’Arc de Triomphe, présidée par Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’Outre-Mer auprès du ministre de l’Intérieur. Le groupe s’est félicité d’avoir été excellemment placé pendant les diverses cérémonies. Quatre élèves ont même été invités à poser auprès du ministre pour la photo officielle

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    Union110625a - Marne
    SEZANNE : L’égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt n’est plus

    Ses amis marnais de la Légion d’honneur lui avaient rendu visite en avril dernier.
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  • SÉZANNE (Marne). ; Sommité mondiale dans sa discipline, grande résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’est éteinte au Foyer Aviat de Sézanne.

    SES travaux ont été reconnus dans le monde entier parce qu’elle s’est imposée avec une modestie naturelle comme un monument du savoir.

    Christiane Desroches-Noblecourt, qui s’était attachée au Sud-Ouest marnais en raison de solides liens familiaux à Mondement, est décédée dans sa 98e année au foyer Françoise de Sales-Aviat de Sézanne.

    L’étude de la civilisation égyptienne a été sa vie. Première femme nommée à l’école du Caire, elle s’est construite un parcours hors normes à force de réflexion, d’intuition, de don de soi, mettant son intelligence au service de la curiosité utile des hommes, toujours passionnés par les grandes civilisations qui ont marqué les temps.

    On l’a surnommé « la dame du Nil », parfois « la pharaonne ». Cela la faisait sourire, mais ces expressions affectueuses traduisaient son engagement sans faille pour la sauvegarde des temples de Nubie et son inlassable travail pour que l’archéologie égyptienne soit accessible au plus grand nombre.

    Construire une vulgarisation de qualité, pour faire tomber les barrières que les plus modestes craignaient de ne pouvoir franchir, a été l’une de ses préoccupations : « J’écris des livres parce qu’il serait égoïste de garder ce savoir pour moi. Il n’y a aucune raison pour que l’archéologie soit réservée à des revues scientifiques. »

    Un demi-siècle consacré au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, tant de campagnes sur le terrain y compris pour sauver les monuments nubiens lors de la construction du barrage d’Assouan, tant de livres passionnants, Christiane Desroches-Noblecourt s’est imposée comme un pivot de l’Égyptologie du XXe siècle. Elle savait aussi bien parler du destin de la reine mystérieuse Hatshepsout, fille de Thoutmosis Ie, que des trésors du tombeau de Toutankhamon ou de son engagement dans la Résistance.

    Une éducation raffinée, le verbe choisi, le regard franc, elle avait cette faculté innée d’exprimer ses passions avec une franchise émouvante. Elle ne truquait jamais. Elle démontrait avec cette puissance de conviction qu’ont les grands chercheurs. N’a-t-elle pas été aussi la première femme médaille d’or du CNRS ?

    Du Caire à Assouan

    Une thèse d’archéologie et une autre de philologie, elle est en 1938 la première femme nommée par le gouvernement à l’école du Caire. Quelques suffisants misogynes gesticulent pour la faire chasser et n’acceptent pas de partager avec elle la salle de travail de l’institution. Christiane Desroches-Noblecourt tient bon. Son opiniâtreté paie et s’inscrit dans le temps.

    Après le coup d’état du colonel Nasser en 1952 et le départ contraint des fonctionnaires français et britanniques, c’est vers elle que l’Unesco se tourne pour renouer des liens avec Le Caire. Elle y parvient et crée le Centre de documentation et de recherche scientifique, composé d’égyptologues locaux. Un peu plus tard, elle fonde le Centre franco-égyptien de Karnak.

    Elle est en première ligne lorsqu’en 1956 le projet du barrage d’Assouan menace de destruction les temples de Nubie : « Mon devoir était d’alerter les élites du monde entier et de les entraîner dans une œuvre commune de préservation de ces lieux culturels. » Elle concourt alors à la notion de patrimoine mondial de l’humanité. Que seraient devenus sans elle les temples d’Abou Simbel, démontés et reconstruits sur une colline artificielle ? Ce chantier titanesque a été réussi grâce à sa détermination. Christiane Desroches-Noblecourt a résisté aux nazis. Arrêtée, interrogée, malmenée, humiliée, elle est restée une femme debout, une femme de France dans la ligne de combat qu’elle avait fixée avec Martin-Chauffier, Aveline, Abraham, Jean Cassou et quelques autres.

    A Sézanne, elle avait évoqué ses souvenirs et cette période en avril dernier, avec ses amis sparnaciens de la Légion d’honneur dont le colonel Flamand, aviateur de la France libre qui avait bombardé Koufra avant bien d’autres missions, Yvette Lundy, déportée de la Résistance. Christiane Desroches-Noblecourt était l’une des rares femmes à avoir été élevées à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur. À sa famille, à ses amis, l’union adresse ses condoléances émues, et salue celle qui a donné, de notre République et de la France, une si belle image.

    Hervé CHABAUD

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    Union110624b - Marne
    SEZANNE : Christiane Desroches-Noblecourt est décédée

    L’Egyptologue mondialement connue, Christiane Desroches-Noblecourt est décédée à Sézanne. DR
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  • L’égyptologue et écrivain, Christiane Desroches-Noblecourt le 14 octobre 1992 à Paris

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  • Christiane Desroches-Noblecourt est décédée à l’âge de 99 ans à la maison de retraite de Sézanne
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  • MARNE. L’Egyptologue mondialement connue, Christiane Desroches-Noblecourt est décédée à l’âge de 99 ans à la maison de retraite de Sézanne. Très attachée à la Marne et au village de Mondement, elle était une intellectuelle remarquable spécialiste de la Haute Egypte et des principaux monuments du temps des pharaons.

    Sauver les monuments nubiens lors de la construction du barrage d’Assouan fut la grande bataille de sa vie, alors qu’elle était conservateur des Antiquités égyptiennes du Louvre. Elle est aussi la première femme médaillée d’or du CNRS.

    Christiane Desroches-Noblecourt est l’auteur de très nombreuses publications sur le sujet. Grande Résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, elle avait été élevée à la dignité de grand croix de la Légion d’honneur en 2008.

    Le site de Mondement avait servi de lieu de tournage pour un documentaire réalisé pour la collection « Empreintes » de France 5.

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    Union110624a - Marne
    REIMS : Construction d’un monument aux héros de l’Armée noire / Une nouvelle convention pour un dossier qui peine

    Un nouveau président a été élu lors de l’assemblée d’Aman.
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  • REIMS (Marne). L’idée de refaire à l’identique le monument en hommage aux héros de l’Armée noire remonte à 2008. Mais le dossier n’avance pas vite.

    SI les promesses sont faites pour être tenues, il y a souvent loin entre un effet d’annonce et sa réalisation. L’exemple de la reconstruction à l’identique du monument en hommage aux héros de l’Armée noire évoqué en 2008 et acté pour novembre 2010 en est une triste illustration.

    On se souvient qu’en novembre 2008, à l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, en présence de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et de Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères ; maire, présidents du conseil général et régional s’étaient engagés à refaire le monument enlevé par les nazis.

    Le temps a passé. Les ministres et les présidents de l’association pour la mémoire de l’Armée noire (Aman) aussi, et force est de constater que le dossier a pris du retard.

    Même si tout un travail de photos et de mesures a été réalisé à Bamako, ville où existe une copie de ce fameux monument édifié en 1924 le long du parc du Champagne à la mémoire de ces troupes sénégalaises qui par leur courage avaient empêché les Allemands de reprendre Reims.

    Un nouveau président

    Samedi en mairie, l’association Aman présidée par le vice-amiral Laurent Lemer s’est donnée un nouveau président. Il s’agit du général Lemoine. Un nouveau bureau a été formé avec cinq vice présidents. Plus important, la convention de financement réalisée dans le cadre d’une souscription et déjà approuvée par la ville en mai dernier a été entérinée. « C’est capital », explique un des adhérents de l’association. « La souscription sera faite en faveur de l’association Aman qui fera réaliser le monument et le transférera à la Ville. La copie du monument étant évaluée à 800 000 €, la Ville s’est engagée à verser 120 000 € dont 50 000 € immédiatement, les États : 200.000 €, la région et le département 80 000 € chacun et on attend 320 000 € du mécénat. » Les appels d’offres vont être lancés en 2012 pour une inauguration prévue en 2013.

    On en est là.

    Alain MOYAT

    Les personnes qui voudraient d’ores et déjà apporter leur contribution à la souscription peuvent contacter le 03.26.73.41.73 ou le 06.45.14.47.99.

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    Union110623b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : L’amicale parachutiste en escapade en Allemagne : Ils ont vogué sur le Rhin

    61 personnes ont participé à la mini-croisière.
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  • Soixante et une personne ont honoré l’invitation de l’amicale parachutiste pour une journée détente. Après un départ à 5 heures du matin, direction l’Allemagne, un petit déjeuner à Saint-Priva, le groupe s’est dirigé vers Saint-Goar pour un déjeuner croisière sur un très beau bateau.

    Déjeuner et promenade très appréciés et pris dans une chaude ambiance comme à l’habitude.

    Dans l’après-midi, le débarquement à Rüdesheim dans le vignoble allemand, puis le départ vers Trèves pour la visite de cette plus ancienne ville d’Allemagne qui possède des monuments culturels singuliers et huit monuments classés à l’Unesco, ont terminé la journée. Le retour vers Vitry-le-François s’est réalisé en passant par le Luxembourg. Une journée bien remplie !

    Prochaine sortie : une journée le 25 juin à Paris avec déjeuner et visite du plus grand cinéma de Paris, le Grand Rex, et ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe.

    Notons que l’amicale fait toujours appel à des volontaires pour remplacer le bureau démissionnaire en janvier 2012. Se faire connaître dès maintenant pour préparer la saison 2012.

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    Union110623a - Marne
    BETHENY : Commémoration : En souvenir de l’Appel

     

    La municipalité de Bétheny, en ce 18 juin, a commémoré l’appel du Général de Gaulle lancé en 1940, depuis Londres, refusant la capitulation de la France face à l’ennemi nazi, et demandant aux Français de rejoindre la Résistance.

    Ce fut l’acte fondateur de la France libre :« Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Ces mots ont été relus lors d’une cérémonie au monument aux morts, suivie d’un dépôt de gerbe.

     

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    Union110622b - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : 67e anniversaire du Maquis des Chênes : Hommage aux combattants

    Une gerbe a été déposée sur la stèle du Maquis dans le bois de Laires.
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  • Dimanche dernier à partir de 10 heures, la société de musique La Renaissance ont entraîné les participants à la cérémonie du 67e anniversaire du Maquis des Chênes vers le monument aux morts où le maire de Margerie-Hancourt a rendu hommage à l’appel lancé par le Général de Gaulle sur les ondes de la BBC en 1940.

    Puis ce fut la lecture du message du ministre de la défense et des anciens combattants Gérard Longuet, en présence des maires des communes, du député du conseiller général de l’Aube et de la Marne ainsi que Jurgis Zutautas, attaché de défense de la République Lituanie.

    La messe a été célébrée par le père Didier Menetrat, aumônier à la BA 113 de Saint-Dizier. Tous les participants à la cérémonie ont ensuite pris la route pour se rendre à la stèle du Maquis dans le bois de Laires où a été déposée une gerbe.

    Hubert de la Hamayde, président du Maquis, a rappelé la création du Maquis, puis d’autres personnalités ont lu un message chacun rappelant le devoir de mémoire pour les générations futures.

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    Union110622a - Marne
    AVIZE : Recueillement

    Lors de la lecture du message officiel par le maire.
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    La municipalité et quelques conseillers ont accueilli au monument aux morts le capitaine Chapon du 501e RCC, le lieutenant Pommier de la gendarmerie, les porte-drapeaux, les anciens combattants et les pompiers qui ont « envoyé » les couleurs.

    Après le dépôt de gerbe, le maire André Tessier a donné lecture du message officiel.

    L’Avenir avizois a exécuté les sonneries et l’Harmonie a joué l’hymne national.

    Les participants sont remontés en cortège vers le Château Desbordes, devant lequel les musiciens ont joué ensemble.

     

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    Union110621f - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Appel du 18 Juin : Commémoration et recueillement

    Lors du dépôt des gerbes de fleurs.
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    En ce samedi 18 juin, journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi (décret 2006-313 du 10 mars 2006), une cérémonie s’est déroulée au monument aux morts, en présence d’une vingtaine de porte-drapeaux, du conseil municipal des enfants, des corps constitués, du Cercle des XVII et d’une section des jeunes sapeurs-pompiers.

    Après la lecture de l’appel du Général de Gaulle à la radio BBC de Londres le 18 juin 1940, par Philippe Lepage, fils et petit-fils de résistants déportés au nom de l’association des déportés et de leurs familles, et du message du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Gérard Longuet, lu par le maire, des gerbes ont été déposées par le secrétaire général de la sous-préfecture, par Jean-Pierre Bouquet, pour la municipalité et Gisèle Probst, présidente locale de l’association des déportés et de leurs familles.

     

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    Union110621e - Marne
    DORMANS : 18 Juin 1940 : L’appel qui a réveillé la France

    Une cérémonie émouvante en hommage à tous les disparus et victimes de la guerre 1940-1945.
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  • L’appel prudent mais pressant, du 18 juin 1940 à la BBC par le Général de Gaulle, fut le jour où l’espoir commença à renaître en France. Un grand réveil qui débuta souvent par de petites actions, comme le rappela le père Fabrice Mathias, aumônier militaire du camp de Mourmelon, dans son homélie à la crypte du mémorial. Une guerre, en somme, à l’image de toutes les guerres, synonyme de sacrifices et de mort.

    La commémoration du 71e anniversaire de l’appel du 18 Juin fut l’occasion d’avoir une pensée pour les Français, mais aussi les hommes venus d’au-delà des mers pour « libérer la liberté ».

    Une question contemporaine

    Un moyen aussi pour le père Mathias de s’interroger sur ce que nous avons fait de cette liberté dans un monde dominé par l’individualisme, les crises et la tentation de l’argent facile. Et de conclure que la meilleure façon de remercier nos libérateurs « est de suivre leur exemple car la libération est toujours à faire : se libérer de la peur, de l’individualisme et de la passivité ». Des paroles poignantes renforcées par les chants de la chorale paroissiale.

    Après le service, les participants se sont retrouvés autour des urnes de la déportation et de la campagne d’Italie devant lesquelles une gerbe fut déposée. En présence d’une délégation des porte-drapeaux de Dormans et d’Epernay, ainsi que du corps des sapeurs-pompiers et des jeunes sapeurs de Dormans, l’émotion était palpable quand l’orchestre municipale de Dormans entama le Chant des Partisans.

    Comme le rappela Christian Bruyen, maire de Dormans, le mémorial est un rempart contre l’oubli. Il a tenu, à cet effet, à remercier Jean Leriche, ancien maire et Jean-Claude Robert, président de l’association du mémorial des batailles de la Marne, pour leur rôle clef dans l’organisation de ces commémorations. La soirée s’est terminée par un vin d’honneur sous le cloître.

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    Union110621d - Marne
    SEZANNE : Cérémonie du 18 Juin : En souvenir de l’Appel

    Une quarantaine d’exposants étaient présents.
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    C’est au monument aux morts de Montmirail que s’est déroulée la cérémonie commémorant l’appel du 18 Juin du Général de Gaulle.

    M. Benoît Bonnefoi, représentant du Préfet de la Marne, présent au Centre de secours des pompiers de Montmirail à 9 heures, était présent à la cérémonie en compagnie, de Bernard Doucet, maire, vice-président du conseil général, qui a lu l’appel du 18 Juin lancé depuis la radio de Londres, par le Général de Gaulle, ainsi que Bernard Lefèvre, 1er adjoint au maire, président des anciens combattants, qui a quant à lui, lu un message du ministre de la Défense.

    Les drapeaux des associations, les pompiers, les gendarmes, les adjoints et des conseillers municipaux, le principal du collège de la Brie Champenoise, l’Union Musicale, étaient également présents à la cérémonie.

     

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    Union110621c - Marne
    EPERNAY : 18 Juin : Hommage aux résistants d’outre-mer

    Gilles Giulliani, Philippe Martin et Franck Leroy ont déposé une gerbe au pied du monument dédié aux Martyrs de la Résistance.
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    La commémoration de l’appel historique lancé par le Général De Gaulle sur les ondes de la BBC le 18 juin 1940 a pris cette année une tonalité particulière.

    Le lieutenant-colonel Claude Metzger, président du comité d’entente des associations d’anciens combattants, a lu le message de Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants.

    Ledit message comporte un hommage appuyé « aux ressortissants de ces terres lointaines qui ont fait le choix de la résistance ».

    Gilles Giulliani, sous-préfet d’Epernay, Philippe Martin, député de la Marne et Franck Leroy, maire d’Epernay ont ensuite déposé une gerbe au pied du monument dédié aux Martyrs de la Résistance, encadrés par une double haie de porte-drapeaux tandis que l’Avenir Musique exécutait les sonneries réglementaires.

     

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    Union110621b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Il était une figure emblématique du « vieux » Châlons… Raymond Nominé n’est plus

    Raymond Nominé avait participé aux travaux de Gérard Rondeau lors de l’élaboration d’« Un bateau sur la Marne ».
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  • Ancien aviateur, amoureux des vieilles pierres et de Châlons où il s’était installé en 1967, collectionneur et bénévole : Raymond Nominé s’est éteint dimanche dans sa 79e année.

    « LES voyageurs de l’Espace sont plus heureux que nous. Ils voient tous les amis que nous possédons. » Quand il avait dédicacé « Tour du monde d’un aviateur Châlonnais », l’un de ses derniers ouvrages ; la plume de Raymond Nominé avait été une fois encore alerte, et les mots couchés pour toujours sur le papier, plus que jamais pleins de sens. Désormais, il faudra parler de Raymond Nominé au passé et évoquer son souvenir, car ce Châlonnais de 78 ans, honorablement connu et reconnu dans de nombreux domaines, s’est éteint ce dimanche.

    Né le 9 avril 1933 à Troissy d’un père électricien, tout le destinait à intégrer les Arts et Métiers, parcours tracé quand il fut « victime », comme il l’évoquait avec nous, des affiches en couleurs, « de ces affiches de recruteurs militaires vantant le charme des voyages mais évitant de parler de la guerre d’Indochine ».

    De la Défense à la Culture

    C’est exactement en 1952 que Raymond Nominé quitte nos contrées afin d’embrasser une carrière d’aviateur militaire : Le Havre, Southampton, New York, le Canada puis l’Algérie où il s’exerce sur des Junker 52. Du pays des Pagodes à Chypre, du Pakistan à Diên Biên Phu, sans oublier deux crashs, la vie de Raymond Nominé n’a ressemblé à aucune autre, et méritait bien tous ces récits, ces témoignages qu’il aimait tant faire partager. Il a résidé dans une cinquantaine de pays et totalisé 467 missions de guerre.

    De son salon de la rue Bichat où il s’était retiré, il réussissait à transporter son interlocuteur avec moult anecdotes à la clé. Sitôt la retraite militaire claironnée, M. Nominé s’installe à Châlons-sur-Marne en 1967, où il travaille pour la Conservation régionale des monuments historiques en tant qu’ingénieur des services culturels et du patrimoine au ministère de la Culture. Châlons ? Une commune qu’il n’aura jamais quittée. Marié en 1956 à Micheline Galéa, de Boufarik (ville d’Algérie située à 14 km de Blida, commune qui fera d’ailleurs l’objet d’un livre de mémoire en images cosigné de M. et Mme), le couple eut trois enfants : Pascal et Patrice, enseignants d’EPS à l’université et dans un collège de La Réunion ; et Fabienne qui, comme son père, adorait les antiquités et la brocante, domaine dans lequel elle évolue à Reims.

    Homme de valeurs

    Raymond Nominé était également le grand-père de sept petits-enfants. Militant et bénévole dans de nombreuses sociétés sportives où il a fait grandir ses enfants en leur transmettant ses valeurs, il fut également l’auteur de huit ouvrages, dont certains consacrés aux cartes postales anciennes. Son dada. Sa collection nous aidait à remonter le temps qui file. Titulaire de nombreuses distinctions militaires et civiles, il laissera l’image et le souvenir d’un homme valeureux, d’un passionné d’aéronautique, de sport, de vieilles pierres. Les obsèques de M. Nominé seront célébrées jeudi à 10 heures en l’église Saint-Jean de Châlons.

    David ZANGA

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    Union110621a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Maquisards lituaniens : Hommage à Zigmantas et Vitalis

    Au moment du message de Gérald Gaillet, président du Souvenir français.
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  • Le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François a rendu hommage ce dimanche 19 juin, à deux soldats lituaniens du Maquis des Chênes, au cimetière du Midi de Vitry-le-François, en présence notamment de quatre porte-drapeaux et du lieutenant-colonel Jurgis Zutautas, attaché de défense près le ministère de la Défense de la République de Lituanie, à Vilnius ; du Général de Corps d’Armée (2s) Jean-Marie Lemoine ; du commandant Isabelle Dauphin, commandant de la place de Vitry et de l’ERSA de Marolles ; du maire Jean-Pierre Bouquet ; du député Charles de Courson et d’Hubert de La Hamayde, président de l’Amicale du Maquis des Chênes.

    Fusillés

    Avant le dépôt des gerbes, le président Gérald Gaillet a rappelé qui étaient les maquisards lituaniens morts pour la France : Zigmantas Gudelis (1908-1944) de Kovno (Lituanie), marié et père de deux enfants. Il était sergent de l’armée lituanienne (classe 1928). Vitalis Gotautas (1920-1944), de Kelme (Lituanie), est engagé volontaire de l’armée lituanienne (classe 1940) lorsqu’ils sont faits prisonnier de guerre par les Allemands. A l’occasion du bombardement du camp de Mailly (Aube), dans la nuit du 3 au 4 mai 1944, ils réussissent à s’évader et à rejoindre Margerie-Hancourt. Lors de la constitution du groupe FFI du commandant François de La Hamayde (2e groupe du Maquis « Yes » du commandant Jacques de la Fournière), ils adhèrent au mouvement du Maquis des Chênes de Margerie-Hancourt. Ils seront faits prisonnier à Matignicourt-Goncourt et fusillés par les Allemands à Naives-devant-Bar (Meuse) le 29 août 1944. Leurs corps seront rapatriés dans le cimetière du Midi, avec ceux des Vitryats, après la guerre. La Médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération leur sera attribuée, à titre posthume, le 1er août 1974.

    Après la cérémonie vitryate, une partie des personnes présentent se sont rendues à Margerie-Hancourt, pour la poursuite des cérémonies.

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    Union110620b - Marne
    AUBERIVE : Le dimanche 3 juillet : Commémoration au cimetière franco-polonais

    Maintenir la fraternité d’Armes qui unit les anciens combattants polonais et français.
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  • La mairie d’Aubérive, l’association des anciens combattants polonais de Troyes et de l’Union française de l’Aube, l’amicale régionale franco-polonaise invitent à prendre part à la cérémonie annuelle qui se déroulera le dimanche 3 juillet au cimetière franco-polonais d’Aubérive (Marne), sur la route de Suippes à 25 km de Reims, pour commémorer les morts français, polonais ,résistants et parachutistes, tombés en 1914-1918 et 1939-1945.

    Présence des drapeaux et port de décoration souhaités.

    Le programme : 10 heures : accueil du consul de Pologne à Lille et de l’attaché militaire de l’ambassade de Pologne à Paris.

  •  10 h 30, messe en plein air au cimetière célébrée en deux langues, par le père Gronowicz, aumonier polonais de Troyes.
  •  12 heures, dépôt de gerbes, remise de décorations et diplômes.
  •  12 h 30, vin d’honneur en mairie pour les officiels, les présidents d’associations et les porte-drapeaux.

    Possibilité de participer au repas au restaurant de la place (22 euros menu complet avec boissons) ou possibilité de tirer son « repas du sac » plutôt que de déjeuner au restaurant dans la salle des fêtes.

    Renseignements : Amicale régionale franco-polonaise. Tél. 03.26.08.57.87.
    Site : arfp-reims.com et e-mail : arfp@free.fr

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    Union110620a - Marne
    MOURMELON : Cérémonie 71e anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940

    L’appel à la résistance : le début de la victoire.
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  • Samedi matin, une cérémonie avait lieu devant le monument aux morts du cimetière civil de Mourmelon-le-Grand, afin de commémorer le 71e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940.

    Fabrice Loncol, maire de la ville, a lu d’une voix grave, l’appel à la radio depuis Londres, du Général De Gaulle. Un instant fort durant lequel les anciens combattants des deux Mourmelon, mais aussi les militaires, les élus et des habitants accompagnés de leurs enfants, sont restés de marbre, attentifs aux propos de l’homme qui appela la France à résister, à se redresser, et à bouter l’ennemi hors du pays. Puis c’est Serge Masson, délégué aux affaires militaires, qui a pris la parole, en citant un message de Gérard Longuet, actuel ministre de la Défense.

    Pour terminer, deux gerbes ont été déposées au pied du monument aux morts, par le maire Fabrice Loncol, ainsi que par le lieutenant-colonel Jean-Christophe Raguet, chef de corps du gsbdd (groupement de soutien de base de défense) de Mourmelon-Mailly.

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    Union110619g - Marne
    REIMS : Appel du 18 Juin : Un goût de dernière fois

    Deux lycéens ont été associés de près à la cérémonie
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  • La cérémonie du 18 juin, hier à Reims, avait un petit goût, non pas de revenez-y, mais au contraire de « nous n’y reviendrons pas ». C’était en effet la dernière fois que la base aérienne 112 participait à une manifestation patriotique de la Ville.

    D’ailleurs, les années précédentes, la base ne venait pas pour la commémoration du message gaullien de juin 40 ; elle avait donc fait une exception pour cette année 2011 pas comme les autres, puisque c’est celle de sa fermeture. Une page se tourne…

    On pourrait même dire deux pages, puisque pour le sous-préfet Caron aussi, cette cérémonie aura probablement été la dernière avant son départ pour d’autres cieux.

    Par ailleurs, outre les traditionnels ravivage de flamme et dépôt de gerbes, ce 18 juin 2011 rémois aura vu à l’œuvre la relève patriotique, incarnée par deux lycéens, Matthieu Gantelet, de Chagall, et Damien Bertrand, de Clemenceau ; ces garçons étaient notamment invités à lire le fameux appel du général, l’un dans sa version radiophonique, l’autre dans sa version pour affichage. Une façon d’exprimer que, en dépit des départs des uns ou des autres, la vie continue…

    A.P.

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    Union110619f - Marne
    HISTOIRE : Hommage du ministre aux résistants ultra-marins

    En cette année de l’Outre-mer, le préfet a tenu à souligner le rôle dans la Résistance de nombreux Français ultra-marins.
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  • « Français libres venant de métropole, des départements ou des territoires d’outre-mer et des vastes espaces qui constituaient alors l’Empire, résistants de l’intérieur, de toutes convictions, qui choisirent de mener le combat sur le territoire national, ils ont tous mérité de la patrie.

    En cette année des Outre-mer, un hommage tout particulier doit être rendu aux ressortissants de ces terres lointaines qui ont fait le choix de la Résistance. Malgré l’éloignement de la Mère Patrie ou, peut-être, à cause de cet éloignement qui en faisait les dépositaires isolés d’une cause sacrée, nos compatriotes ultra-marins rejoignirent en masse le camp de la dignité et de l’honneur. Dès l’été 1940, refusant le joug de Vichy représenté par l’amiral Robert, la dissidence se fait jour et s’enracine aux Antilles.

    Tandis que certains s’organisent localement en groupes de résistance, tel Aimé Césaire avec la revue Tropiques, plusieurs milliers de jeunes antillais choisissent la voie de l’exil en rejoignant les îles britanniques de la Dominique et de Sainte-Lucie pour participer, au sein des FFL, aux rudes combats contre les forces de l’Axe. Le 2 septembre, l’Océanie française rejoint la France libre. Le bataillon du Pacifique se couvre alors rapidement de gloire dans la guerre de course qu’il mène dans le désert libyen contre l’Afrikakorps et les troupes italiennes.

    L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon est libéré de la férule dégradante de Vichy dès décembre 1941, la Réunion rejoint la France Libre le 28 novembre 1942, puis c’est autour de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane qui se libèrent par elles-mêmes, en 1943.

    Ces événements sont le fait de femmes et d’hommes unis dans un même amour de leur patrie meurtrie et dans un même rejet de la compromission et de l’injustice.Ils furent, en cela, les dignes compagnons de Félix Éboué, grande figure de l’Outre-mer, originaire de Guyane, qui reste, en tant que Gouverner du Tchad, l’un des premiers à avoir répondu à l’appel du 18 juin. À la hauteur de ce refus de la capitulation, de cet inflexible orgueil national, et cette fidélité à nos valeurs, nous commémorons ce souvenir et nous inclinons devant leur mémoire ».

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    Union110619e - Marne
    REIMS : Réunion des anciens combattants

    L’association nationale des anciens chasseurs et des combattants d’Afrique du Nord, des Opex et des anciens des commandos de chasse de la guerre d’Algérie est à la recherche de délégués.

    Une réunion d’information aura lieu à la maison de la vie associative, 122 rue du Barbâtre, samedi 25 juin à partir de 11 heures.

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    Union110619d - Marne
    MAQUIS DES CHENES : Hommage aux Résistants lituaniens

    À l’invitation du comité canto¬nal du Souvenir français de Vitry-le-François, ce dimanche 19 juin à 9 h 15, le Lieutenant-colonel Jurgis Zutautas, attaché de défense près le ministère de la Défense de la République de Lituanie, déposera une gerbe de fleurs au cimetière du Midi (avenue du Colonel Henry-Moll) sur les tombes des deux Maquisards lituaniens du Maquis des Chênes, Morts pour la France le 29 août 1944 à Nai¬ves-devant-Bar (Meuse).

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    Union110619c - Marne
    HISTOIRE : 1940, année terrible : Les Juifs de la WOL

    La famille Huet de Frénois qui a sauvé la petite Monique Pisam, au centre sur les genoux de Mme Huet.
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  • Soixante-dix ans après les tragiques événements qui marquèrent notre département d’une empreinte indélébile, qu’il s’agisse des combats acharnés d’une armée encore trop souvent présentée comme un ramassis de fuyards ou de l’exode qui jeta sur les routes des dizaines de milliers de civils désemparés, L’Ardennais et l’union s’associent aux historiens de Terres Ardennaises pour vous présenter, chaque mois, une page entière consacrée au souvenir de cette douloureuse période.

    1940 : lors de l’exode, le département est légalement déclaré « prise de guerre » et placé par l’occupant en zone interdite, destinée à l’annexion en cas de victoire, dont la frontière est la rivière Aisne, avec un seul point de passage très contrôlé à Rethel.

    Les agriculteurs, indésirables, sont refoulés, ou mis en rétention dans les camps de Tagnon et de Maison-Rouge.

    La WOL, filiale de l’Ostland, entreprise influente à Berlin, a confisqué les terres agricoles. Elle emploie 3 000 prisonniers de guerre en congé de captivité ou « prisonniers libres », 3 500 ouvriers étrangers présents avant la guerre, 4 000 prisonniers nord-africains, 5 000 civils français et, en mars 1943, 3 500 Polonais catholiques déportés de Pologne.

    La main-d’œuvre juive est recrutée dès novembre 1941 par l’U.G.I.F., organisme créé par Vichy, parmi les Juifs étrangers de la région parisienne réfugiés en France suite aux persécutions en Europe de l’Est.

    Ils sont à 70 % polonais, le reste constitué de 21 nationalités différentes. Ils seront presque 700 au total, entre le 11 novembre 1941 et le 4 janvier 1944, répartis dans 53 communes ardennaises. Ils viennent souvent en famille, les enfants sont scolarisés, les vieillards suivent, car à Paris la vie est impossible : interdiction de travailler, de fréquenter les lieux publics, rafles quotidiennes et difficultés pour se nourrir.

    L’U.G.I.F. enrôle les juifs étrangers contre la promesse de la protection des biens et des personnes…

    Les Ardennais leur font bon accueil. On échange des services contre de la nourriture : ressemelage ou confection contre œufs, lait ou beurre.

    Des amitiés se nouent, des amours aussi : une fillette sauvée dans le Rethélois reviendra après-guerre épouser le fils de ses sauveteurs.

    Malgré cela, les conditions de vie sont très dures : le froid, la faim, le travail pénible sous le joug des chefs de culture, et le pressentiment d’un sort pourtant inimaginable hante beaucoup d’esprits.

    Le 4 janvier 1944, c’est la rafle : 223 Juifs de la WOL, 12 du Judenlager des Mazures et 9 Juifs ardennais sont déportés à Auschwitz dans le convoi 66 du 20 janvier 1944.

    Parmi eux, 41 enfants dont un bébé de 5 mois et demi : René Kornberg.

    110 Juifs sont alors sauvés par des Ardennais, certains Allemands et quelques gendarmes français, Ce sont des Justes qui, reconnus ou à jamais anonymes, ont « sauvé l’Humanité en sauvant une vie ».

    Christine DOLLARD-LEPLOMB (Terres ardennaises)

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    Union110619b - Marne
    LIVRE : Dönitz : l’amiral devenu führer

    François-Emmanuel Brézet, « Dönitz, le dernier führer », Perrin, 390 p., 22,50 euros.
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  • L’historien ne peut pas réduire le rôle de Karl Dönitz à celui de successeur exclusif d’Hitler aux portes de l’effondrement du Troisième Reich. C’est pourquoi la personnalité de cet amiral doit être cernée avec finesse pour comprendre comment il a progressé au sein de la Kriegsmarine jusqu’à en devenir l’homme clé avant d’apparaître comme le symbole d’une transition préfigurant le désastre. François-Emmanuel Brézet reconstitue le parcours de ce hiérarque qui s’est retrouvé sur le banc des accusés du tribunal militaire international de Nuremberg.

    L’auteur fait une présentation intéressante qui modifie l’aspect lisse et gentil du personnage tel qu’il a été longtemps décrit. Dönitz est l’un des concepteurs de la guerre sous-marine moderne qui jusqu’à sa nomination en février 1943 à la tête de la Kriegsmarine a été très écouté mais aussi critiqué. Pour autant, l’Allemagne consciente de la faiblesse de sa marine de surface se devait de parier sur l’emploi de ses sous-marins pour attaquer tous azimuts les convois de ravitaillement alliés. Dönitz a tiré des leçons de la Première Guerre mondiale et des années de tourmente qui se sont succédé avant l’éclatement du Second conflit planétaire. Replacé dans l’époque avec le souci de suivre une chronologie rigoureuse, le parcours de Dönitz peut apparaître incroyable. Il est déterminant pour la place de la marine allemande dans la guerre.

    Avec la validation de la tactique de groupe qu’il a mis au point et dont il attend un grand succès dans la lutte contre les convois ennemis, l’amiral se forge une réputation de tenace sous un visage aux traits paisibles n’en dissimule pas moins un caractère autoritaire et des certitudes tactiques.

    Est-ce la raison qui fait qu’il est le seul des commandants opérationnels à être autorisé à présenter des exposés au führer lors des réunions d’état-major ? Le 14 mai 1942, il expose le rôle déterminant de la guerre sous-marine pour asseoir la victoire de l’Axe tandis que le 28 septembre, il dresse un bilan très précis de la bataille de l’Atlantique où il pointe l’insuffisance du soutien apporté par la Luftwaffe. Petit à petit par son argumentation et sa certitude que les gros bâtiments de surface ne permettront pas le contrôle des mers, il s’impose à Hitler au détriment de Raeder. Si bien que le 30 janvier 1943, dix ans jour pour jour après la prise de pouvoir des nazis, il est élevé à la dignité de grand amiral et nommé commandant en chef de la marine. Il prend soin de se démarquer de son prédécesseur et demande un engagement total aux marins : « Chacun d’entre nous doit être convaincu de la gravité de notre devoir. Notre vie appartient totalement à l’Etat. Notre honneur se trouve dans l’accomplissement de notre devoir et dans notre disponibilité à servir. Aucun de nous n’a le droit à une vie privée. Il s’agit pour nous de gagner cette guerre ».

    L’auteur nous fait voguer sur tous les théâtres d’opération. Pendant ce temps, Dönitz multiple ses interventions et témoigne de son adhésion fanatique à l’idéologie national-socialiste. Qui plus est après l’attentat manqué du 20 juillet 1944 contre Hitler où sa rectitude affirme son loyalisme absolu. Pourtant ce n’est qu’au tout dernier moment que le führer renie Goering et propulse de fait Dönitz auquel il a confié le commandement de la zone Nord-Ouest comme successeur après son suicide. Une solide biographie.

    Hervé Chabaud

    François-Emmanuel Brézet, « Dönitz, le dernier führer », Perrin, 390 p., 22,50 euros.

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    Union110619a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    18 juin 1941

    Le général de Gaulle maintient le cap de l’appel du 18 juin.
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  • Un an après l’appel lancé par le général de Gaulle, la France libre tient à en rappeler la pertinence et à démontrer que l’analyse présentée le 18 juin 1940 résultait d’une conscience aiguë de la situation. C’est aussi le temps choisi pour redire que trois fois en l’espace d’une vie d’homme, l’Allemagne s’en est pris à la France. « Non Français, vous n’avez pas la mémoire courte » assène Maurice Schumann dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». Dresser le bilan de toutes les souffrances endurées pour mieux constater que les engagements du maréchal Pétain n’ont pas été tenus est une démarche très politique mais indispensable pour convaincre de l’impasse de la collaboration. « Vous n’avez pas oublié qui, l’an dernier, s’est livré dans notre ciel et sur nos routes à ce que l’histoire appellera le grand massacre des innocents. Et quand on vous parle de la générosité de cet ennemi-là, vous avez un sursaut qui fait trembler les traîtres, justement parce qu’ils voient combien la France a bonne mémoire. »

    Le porte-parole de la France libre insiste et se réjouit que le combat continue pour bouter hors de France les nazis soutenus par la clique de Vichy : « Vous vous rappelez que de tous les pays vaincus, pas un seul ne s’est avoué vaincu, que leurs gouvernements réguliers continuent tous la lutte, que leurs Empires sont restés dans le devoir, c’est-à-dire dans la guerre. Vous vous rappelez aussi que nous disposions il y a un an d’une flotte victorieuse, d’un Empire intact et d’alliés puissants ». Une manière de mettre le doigt sur l’erreur de Pétain, celle d’avoir demandé un armistice qui a ouvert en grand la porte de la servitude. Un an après, la France métropolitaine a le visage de l’esclave soumis à la mauvaise humeur de son maître. Elle est le valet d’un ennemi imperméable aux souffrances de ses serviteurs qui doivent toujours s’aplatir pour mieux le satisfaire. « Quand vous voyez que le sang français qui ne devait plus couler, même pour la France, coule aujourd’hui en Syrie, mais pour l’Allemagne, alors vous êtes secoués par un frisson de colère et de justice qui, un jour, étonnera le monde, et lui démontrera combien la France a bonne mémoire. »

    Le discrédit sur le gouvernement de Vichy doit être total. C’est le sens de la critique développée sapant point par point chaque initiative qui a été prise : « Le mythe de l’infaillibilité, vous l’avez vu s’incarner dans un Laval, dans un Darlan, dans les hommes de toutes les faillites, les prébendiers de la décadence et les profiteurs du désastre ». Schumann est tout aussi incisif lorsqu’il relève que le feu vert donné à l’amputation de la France est une ignominie. La collaboration revient à ôter neuf départements de l’Hexagone, à humilier 5.800.000 Français sans compter l’Alsace et la Lorraine « vendues dès le premier jour par un marché sordide et secret ». La victoire de l’Axe qui devait transférer quatre cinquièmes de notre Empire dans l’escarcelle de l’ennemi n’a heureusement pas été possible. Parce que de l’Inde à l’Afrique et au-delà des Français authentiques ont refusé le déshonneur choisi par Pétain et Vichy. Et de rappeler cette phrase terrible du ministre allemand Darre évoquant l’ordre nouveau : « Il est destiné à la transformation des Français paresseux et jouisseurs, en esclaves de la race des Seigneurs ». Le journaliste encourage ses compatriotes à suivre la Grande-Bretagne et les Français libres : « L’heure de la décision est arrivée. Elle nous portera du côté de la liberté humaine »


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    Opération Barbarossa

    La carte de la position des groupes d’armées.
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  • Les forces mécanisées allemands à l’assaut de l’URSS.
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  • Hitler entouré des membres du grand état-major donne le feu vert à l’opération.
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  • URSS. Alors que l’état-major peaufine la coordination de l’invasion de l’Union soviétique, les Allemands n’ont aucun doute sur leur supériorité militaire. Ils escomptent un effondrement rapide de l’Armée rouge.

    Plus de trois millions d’hommes sont massés le long de la frontière soviétique pour se ruer à l’assaut des troupes de Staline. L’essentiel des préparatifs a été validé lors du conseil de guerre du Reich du 2 février 1941. Aux vingt-cinq divisions qui se trouvent déjà en Pologne et en Roumanie sont ajoutées sept divisions en mars, treize en avril, trente en mai et cinquante et une en juin. Malgré la densité et la qualité du réseau de communication allemand, un bon nombre d’unités progresse à pied. Le commandement reste celui des grandes victoires sur la France. Le führer garde le maréchal von Brauchitsch et le colonel-général Halder dans les postes respectifs de commandant en chef et de chef d’état-major. Von Leeb, von Bock et von Rundstedt conservent la tête des trois groupes d’armées clés.

    Le Heeresgruppe Nord de Leeb aligne sur le Niémen la XVIIIe armée de von Küchler, le 4e groupement blindé de Hoepner et la XVIe armée de Busch soit vingt-neuf divisions et cinq cent soixante-dix chars. La 1re Luftflotte du colonel-général Keller lui est assignée. Ses positions lui permettent d’exploiter deux axes d’infiltration, l’un vers Riga et l’autre vers Dunabourg.

    Au centre, Bock a la responsabilité du Heeresgruppe « Mitte » dont les moyens qui lui sont attribués sont de loin les plus importants. Il dispose de la IXe armée de Strauss, du 2e groupement blindé d’Hoth, du 3e groupement blindé de Guderian, de la IVe armée de von Kluge, soit quarante unités et neuf cent trente chars sans compter l’appui de la 2e Luftflotte du maréchal Kesselring. La mission qui lui est fixée est de fracasser le centre du dispositif de défense des forces staliniennes.

    Brauschitsch souhaite que Bock fonce sans tarder sur Moscou mais Hitler ne partage pas cette option et le fait savoir dans des termes peu amènes : « Seuls des cerveaux pétrifiés dans des conceptions fossiles peuvent se laisser hypnotiser par une capitale ennemie. Moscou n’est qu’un nom. Les citadelles du bolchévisme sont Leningrad et Stalingrad. Lorsqu’elles seront prises, le bolchévisme s’effondrera ».

    Cet avis est loin d’être partagé par tous les généraux mais ils doivent s’incliner. Rundstedt reçoit le Heeresgruppe « sud ». Il a ainsi à sa disposition la VIe armée de Reichenau, le 1er groupement blindé de von Kleist, la XVIIe armée de von Stüpnagel, la XIe de von Schobert. Cela représente quarante-deux divisions, sept cent cinquante chars sans oublier le précieux concours de la IVe Luftflotte du colonel-général Löhr.

    Supériorité mécanique

    Le plan des opérations est classique. Il s’agit d’un déploiement en éventail sur le territoire du nouvel ennemi. Il favorise les possibilités de repli de l’Armée rouge même si le führer s’en défend. Il ne craint pas l’éloignement et répond que les distances seront dominées par la vitesse. L’immensité du territoire à conquérir le sera par les moteurs ! Il croit que la force mécanique et l’aviation pour peu qu’elles bénéficient d’une parfaite coordination sont capables de s’imposer dans des délais courts.

    Reste l’ennemi et il semble que l’évaluation de ses forces soit imprécise. Les services allemands ne parviennent pas à établir la capacité de mobilisation de l’URSS et surtout le nombre de soldats qui peuvent être formés sur plusieurs années loin du front. Alors que la bataille aérienne fait toujours rage contre la Grande-Bretagne, le front de l’Est ne reçoit que 1.160 bombardiers, 720 chasseurs et 120 appareils d’observation. C’est nettement insuffisant pour couvrir l’immensité du territoire soviétique.

    En outre, la fabrication de caoutchouc synthétique est insuffisante et de qualité incertaine si bien que l’équipement des moyens de transport en pneumatiques fiables n’est pas assuré. Les préparatifs allemands ne sont pas reconnus par le Kremlin malgré les avertissements et les mises en garde en provenance des services anglais.

    Le communiqué de l’agence Tass du 13 juin 1941 est explicite : « Les milieux responsables soviétiques croient nécessaire de déclarer que les rumeurs de concentration de troupes, d’intentions agressives allemandes sont des manœuvres maladroites de ceux qui ont intérêt à l’élargissement et à la prolongation de la guerre ». En clair Moscou reste fidèle au pacte germano-soviétique.

    « Dortmund »

    Pourtant le 14 juin 1941, une réunion exceptionnelle se tient à la nouvelle chancellerie du Reich. Tous les généraux qui comptent dans l’architecture militaire allemande sont au rendez-vous. Hitler y prononce un discours qu’il qualifie de leçon à méditer : « Lorsque la Russie sera vaincue, l’Angleterre demandera la paix. Vaincre la Russie exige quatre semaines de batailles ardentes suivies d’actions d’une violence décroissante. Le gros de l’armée doit être rentré en Allemagne, le monde doit avoir pris son visage nouveau pour Noël ». Le 17 juin, la date de l’offensive est définitivement fixée. Elle aura lieu le dimanche 22. L’ultime validation se fera le 21 à 13 heures.

    Le mot « Dortmund » signifiera la confirmation de l’opération, « Altona » l’annulation. Au jour et à l’heure dite, les commandants des trois grands groupes d’armées reçoivent le message « Dortmund ».

    Dans la soirée du 21, le ministre des Affaires étrangères soviétique convoque l’ambassadeur d’Allemagne à Moscou, le comte Schulenburg. S’ouvre une conversation très franche au cours de laquelle Molotov reconnaît que son gouvernement est préoccupé par la subite froideur de son homologue allemand et par les manifestations d’agacement et de mécontentement dont il témoigne. Le ministre souhaite en savoir plus de manière à ce que toutes les mesures utiles soient prises pour y remédier. Schulenburg en diplomate appliqué s’engage à transmettre la volonté de Moscou d’arrondir les angles.

    (…)

    (…)

    Lorsqu’il est de retour à l’ambassade, les agents du service du chiffre lui apportent un texte qui est le télégramme de Ribbentrop ordonnant la remise sans délai au ministre des Affaires étrangères soviétique de la déclaration de guerre du Reich. Il doit dans le même temps détruire tous les codes et moyens particuliers de communication.

    La dernière nuit est longue. Guderian dont les Blindés sont postés en face de Brest-Litovsk ou a été signée la paix séparée au printemps 1918 s’interroge : « Il n’y a chez les Soviétiques aucun mouvement défensif particulier. Tout semble calme comme si l’ennemi ne se doutait de rien ».

    Dans les rangs allemands beaucoup ne croient pas à l’ouverture d’un nouveau front même si on vient de leur distribuer une bouteille de schnaps pour quatre et trente cigarettes. Staline n’est même pas au Kremlin alors que Ribbentrop ordonne qu’on réveille l’ambassadeur d’URSS à Berlin, Dekanosov. Dès son arrivée le ministre du Reich résume un long réquisitoire contre l’allié d’hier. L’ambassadeur comprend la situation et demande ses passeports. Ribbentrop est déjà dans la salle voisine où des correspondants étrangers ont été convoqués pour une communication importante. Lorsqu’ils quittent les lieux pour câbler en urgence la propagation de la guerre en Europe centrale, l’artillerie allemande a déjà ouvert le feu et la frontière est embrasée par les tirs intenses des batteries.


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    Vichy lève les bras à Damas

    Les forces britanniques et australiennes ont franchi la frontière.
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  • Le général Dentz arrive au quartier général de Beyrouth.
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  • La carte des opérations au Levant.
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  • Syrie. Un baroud d’honneur pas moins, pas plus, les troupes maréchalistes se battent contre les FFL mais n’insistent pas pour ne pas être accusées de nourrir une guerre civile.

    Kissoué est jugé par l’état-major allié comme le pivot de la défense de Damas. Il s’agit d’un gros bourg qui est cerné de vergers et de jardins dans un bras du Nahr el Aouaj. Une colline baptisée le Telle Kissoué le domine au nord. Si l’on se présente par le sud on accède par une trouée de trois kilomètres entre la muraille du Djebel Maani et la plaine du Leja. C’est un secteur inhospitalier pour les véhicules. Kissoué est adossé à une chaîne de Djebels qui boucle l’horizon sur une vingtaine de kilomètres au nord de la rivière. La position de résistance de l’armée du Levant est installée le long de cette barrière naturelle. Le 14 juin 1941, l’attaque de la 5e brigade indienne contre Kissoué ne provoque pas les réactions attendues par les alliés. Des reconnaissances sont opérées et les conclusions convergent : « La position n’est pas tenue, il suffit de foncer et de tout culbuter ». Les Français libres passent à l’attaque à l’est de la position pour conduire un mouvement débordant. Vers 8 heures, la 13e brigade s’engage contre les positions des Djebels el Kelb et Abou Atriz. Les soldats progressent sur les pentes exposées, appuyés par les tirs de deux batteries. Les forces loyales à Pétain se replient en bon ordre et freinent l’avancée des FFL. Sur Abou Atriz, le colonel Collet et ses hommes pourtant bien équipés ne parviennent pas à déborder le Djebel. L’officier ne désespère pas. Il tient à forcer le passage. Les spahis emmenés par le lieutenant de Villoutreys s’infiltrent dans les vergers de Nehja. En début d’après-midi, des blindés se positionnent vers le pont de l’Aouaj. Toute la troupe repart à l’assaut et cette fois les lieux sont investis et tenus. Le répit est de courte durée. Environ une heure plus tard, l’adversaire déclenche un feu nourri d’artillerie. Pris sous un déluge d’obus et contre-attaqué par une compagnie et un peloton de chars, Collet, la rage au cœur, doit quitter le village avec de lourdes pertes. Huit chars et dix automitrailleuses sont hors de combat. Les spahis sont décimés et le lieutenant de Villoutreys gravement touché au cours de la retraite par échelon de ses forces. Ses deux adjoints sont tués et ses sous-officiers sont tous blessés !

    Les paris de Legentilhomme

    Le 15 juin, le général Legentilhomme est préoccupé. Le général Dentz dont les troupes mènent une vigoureuse contre-offensive sur tout le front ne veut rien lâcher et compte bien repousser les Britanniques et les Français de l’autre côté de la frontière. Legentilhomme ne se laisse pas intimider malgré la menace qui pèse sur ses arrières. Il pare au plus pressé avec détermination et dirige vers Cheikh Meskine toutes les troupes disponibles dont deux compagnies du BM3 en réserve à Sanamein avec le commandant Garbay, la 3e compagnie du BIM du lieutenant de Laborde participant à la défense de Deraa et une batterie du 1er Royal Artillery ôtée du front de Kissoué. Avec tous ces éléments rassemblés, le lieutenant-colonel Génin doit reprendre Ezraa.

    Le général Legentilhomme maintient l’offensive sur Damas parce qu’il lui paraît essentiel d’isoler la capitale de Beyrouth. C’est un pari qui le contraint à engager le 16 la totalité de ses moyens opérationnels. Dans la matinée, les deux bataillons hindous qui sont relevés à Kissoué par des soldats du BM4 montent sur le Djebel Madani. Ils constatent que ses défenseurs ont quitté les lieux. Sur la gauche, le BIM coupe la route de Kuneitra à Damas de manière à interdire tout renfort et ravitaillement aux troupes de Dentz. Les Français libres foncent et occupent Aartouz. A Damas, l’état-major de Syrie commence à douter. Il choisit de jeter au sud de Mezzé toutes les unités qui sont encore disponibles pour barrer la route de l’ouest. Même si les Anglais et les gaullistes sont éprouvés, leur situation n’est pas aussi grave qu’ils ne pensent. Leur offensive permanente déstabilise l’adversaire mais ils le mesurent mal. La chute de Kissoué et l’avancée des Hindous et du BIM vers Mezzé ont convaincu le général de Verdilhac à ne pas insister. Il n’entreprend pas la manœuvre en tenaille sur Cheikh Meskine.

    Le BIM progresse encore d’Aartouz jusqu’à Mouaddamiyé mais il doit se replier après avoir été stoppé dans son élan pour un tir de barrage des Français maréchalistes. Très vite l’état-major de Syrie ordonne qu’un peloton de chars avance jusqu’à Aartouz suivi par des tirailleurs algériens. La compagnie Savey qui surveille les alentours et s’est positionné pour cela à l’extérieur du village surprend la manœuvre mais les blindés s’écartent rapidement pour laisser les bombardiers agir. A Damas, le général de Verdilhac est rappelé à Beyrouth et remplacé par le colonel Keime, commandant la cavalerie au Levant. Les cadres et la troupe savent que face à eux il y a des FFL et beaucoup s’interrogent sur ce combat fratricide aussi ne font-ils pas preuve nécessairement de beaucoup de combativité. C’est dans cet état d’esprit particulier que s’engage la bataille pour la capitale. La marge de supériorité alliée est précaire et à Damas, il y a quelques troupes irréductibles qui sont prêtes à se sacrifier pour Vichy.

    Les faubourgs de Damas

    La journée du 18 juin 1941 est consacrée aux préparatifs de l’assaut. L’attaque doit se développer sur deux axes depuis Mezzé et Kadem. Dans la perspective d’un succès qu’il pense imminent, le général Legentilhomme rassemble le BM2 et le bataillon de la Légion à Kissoué. Il pense que dès la conquête du Djebel el Kelb, les deux bataillons embarqués en camions et escortés par des automitrailleuses pourront foncer sur Damas. Malheureusement, la tentative de conquête du Djebel est un échec meurtrier. La situation semble bloquée. A Mezzé, les Hindous semblent pris au piège et Legentilhomme ne peut plus compter que sur le 2e bataillon du 3e régiment d’infanterie australien pour leur venir en aide car la situation qui lui est décrite est dramatique. Bref, la journée du 19 est mauvaise. Le 20, à force d’insister, la 13e brigade se déploie le long de la route de Damas. La Légion étrangère est placée à gauche, le BM1 à droite, le BM2 en deuxième échelon. Elle ne rencontre personne jusqu’à la ferme de Hoch Blass. Contre toute attente, des mitrailleuses et des canons de 37 ouvrent le feu. A la première riposte, des canons de 25 du BM1, les forces maréchalistes décrochent. Les légionnaires accélèrent. Amilakvari perd le contact avec la 3e compagnie du lieutenant Messmer qui est en tête. C’est le lieutenant Simon avec deux légionnaires qui part à sa recherche !

    Dans la soirée du 20, Damas est investie et on attend la chute de la capitale syrienne dans les heures qui viennent alors qu’à Mezzé la situation demeure préoccupante pour les FFL.

    Que va faire Dentz ? Dès le 18 juin, il a demandé aux Britanniques par l’intermédiaire du consul général américain à Beyrouth quelles conditions eux et les gaullistes mettraient à une cessation des hostilités. De Gaulle fait cette proposition à Churchill : « Un traitement honorable pour tous les militaires et les fonctionnaires ; la garantie donnée par la Grande-Bretagne que les droits et intérêts de la France seront maintenus de son fait ; la représentation de la France au Levant assurée par les autorités françaises libres. Tous militaires et fonctionnaires qui le désireront pourront rester ainsi que leurs familles, les autres étant rapatriés plus tard ; toutes dispositions devront être prises par les Alliés pour que ce choix soit réellement libre ». Le général Catroux doit devenir le délégué général et plénipotentiaire au Levant.

    h.chabaud@journal-lunion.fr
    Textes : Hervé Chabaud

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    Union110616c - Marne
    MAREUIL-SUR-AY : Résistance et déportation : Une conférence avec Yvette Lundy

    Yvette Lundy, résistante et déportée, témoigne toujours et encore.
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  • Yvette Lundy, figure de la Résistance, n’a de cesse de parcourir la région, pour témoigner de ce qu’elle a vécu, principalement avec les jeunes générations.

    Depuis une cinquantaine d’années, à travers le Concours national de la Résistance, les multiples conférences qu’elle donne dans les établissements scolaires, elle cultive ce fameux devoir de mémoire.

    Afin que nul n’oublie l’enchaînement infernal de la déportation qui a suivi la résistance à l’occupant. Elle peut en parler en connaissance de cause.

    C’est donc tout naturellement que la commune de Mareuil-sur-Aÿ et l’association Histoire et Patrimoine l’ont invitée à tenir une conférence sur la résistance et la déportation durant la Seconde Guerre mondiale le mardi 21 juin à 14 h 30 à l’Espace culturel Jean-Philippe-Collard.

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    Union110616b - Marne
    VERZENAY : Les 1er et 41e bataillons de chasseurs en visite

    Cette traditionnelle rencontre renforce les liens d’amitié.
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  • C’est au cœur du vignoble champenois que les anciens des premier et 41e bataillons de chasseurs ont choisi de se réunir, renouant ainsi avec une ancienne tradition.

    Jusqu’en 1992, le premier groupe de chasseurs (1er GC) incorporait les jeunes recrues aux quartiers Chatellus et Jeanne-d’Arc. Puis avait lieu la cérémonie de remise de la Fourragère, en général organisée à Reims ou dans les communes voisines. À l’issue du service actif, certains rejoignaient les cadres de réserve au sein du « 41 », le bataillon dérivé du premier.

    Pour cette rencontre, la municipalité de Verzenay vient d’accueillir une trentaine d’anciens, habitant la Champagne ou bien venant de Paris, Rennes, Annecy, Bordeaux, ou encore Villingen (en Allemagne)… heureux de se souvenir du baptême du char « Verzenay » qui eut lieu le 21 septembre 1975.

    Organisée par les membres de l’amicale Saint-Blaise (commune vosgienne, haut lieu de la Première Guerre mondiale, où le 1er s’est illustré en 1914), la journée a commencé par la visite du Fort de la Pompelle, sous la houlette de M. Cadario, passionné d’histoire. A la mairie de Verzenay eut lieu un dépôt de gerbes, suivi du vin d’honneur offert par la municipalité. Jacques Gragé, maire, Jacques Busin et Michel Articlaut, adjoints, ont beaucoup échangé avec le lieutenant-colonel Dumont, président de l’amicale.

    Après avoir partagé un déjeuner agréable, place à la visite du Phare de Verzenay. Cette traditionnelle rencontre renforce les liens d’amitié et marque la réelle solidarité qui unit les anciens, leurs conjoints et leurs amis.

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    Union110616a - Marne
    SUIPPES : Maison des associations / « Lieux et mémoire de la Grande Guerre »

    Anne Roze commente.
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  • Suippes (Marne) Le centre d’interprétation Marne 14-18 et l’association les Champs de la Mémoire présentent l’exposition « Lieux et mémoire de la Grande Guerre », du 4 juin au 17 juillet, à la Maison des associations de Suippes.

    C’EST EN JUIN 1914, le 28, que l’assassinat de l’archiduc d’Autriche à Sarajevo déclenche une guerre qui va durer quatre ans. Elle fera près de dix millions de morts, deux fois plus de blessés, et bouleversera l’ordre du monde comme personne n’aurait pu l’imaginer. « Dans chaque pays se dressent des monuments aux morts et mémoriaux, mais on a oublié les lieux où sont tombés les hommes », tel est le thème de cette exposition que l’auteur Anne Roze a commenté au public.

    À travers une quarantaine de photos, l’exposition « Lieux de mémoire de la Grande Guerre » évoque le premier conflit mondial en faisant affleurer l’histoire à partir des images du présent. « Les photographies en noir et blanc réalisées par John Foley sont accompagnées de courts textes explicatifs, de manière à ce que les paysages puissent prendre tout leur sens au regard des événements qui s’y sont passés. Regroupées par régions, elles donnent un aperçu du déroulement d’ensemble du conflit. » Flandres, Artois, Somme, Aisne, Champagne, Lorraine-Verdun, Vosges, près d’un siècle plus tard, la terre reste marquée par les combats de cette guerre immobile.

    Ces cicatrices sont là comme autant de témoignages de ce qu’ont vécu les millions de jeunes hommes venus des quatre coins du monde, qui se battirent durant des mois interminables, enfouis dans la terre, dans des conditions de misère et d’horreur extrêmes.

    « Cette exposition est l’occasion d’entretenir la mémoire de ce gigantesque sacrifice collectif qui, en inaugurant tragiquement le XXe siècle, marqua une rupture radicale dans l’Histoire, et dont les conséquences ne cessent de se faire sentir ». En présence notamment d’Agnès Person, 1e vice-présidente du Conseil général et de Yves Detraigne, sénateur et président de l’amicale des maires de la Marne, le président de la communauté de communes, François Mainsant a inauguré « cette réalisation tout à fait dans la ligne de conduite que s’est fixée le centre d’interprétation Marne 14-18, le devoir de mémoire en direction des jeunes générations ».

    Entrée libre Ouvert du mardi au dimanche, de 14 heures à 18 heures
    Maison des Associations 9, rue Saint-Cloud.
    Contact : Marne 14-18 Centre d’Interprétation 4 ruelle Bayard 51600 Suippes
    Tél. 03.26.68.24.09
    contact@marne14-18.fr
    www.marne14-18.fr
    www.facebook.com/marne1418

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    Union110615b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Le dimanche 12 juin : Hommage rendu au lieutenant Pierre Loyer

    Hommage place Godart, face à la plaque qui rappelle qu’à cet endroit est mort le lieutenant Loyer.
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  • Comme chaque année, le 12 juin dernier, au carré militaire du cimetière de l’Est, les autorités civiles et militaires, les porte-drapeaux et les associations d’anciens combattants ont rendu hommage au lieutenant Pierre Loyer, le jour anniversaire de son sacrifice face à l’ennemi.

    Avec Jacques Loyer, fils du jeune officier tué par l’ennemi le 12 juin 1940 à l’une des fenêtres de l’hôtel de ville, de son épouse, de David l’arrière-petit-fils du disparu, René Doucet premier adjoint, accompagné de Rachid Kaci représentant le préfet de région, Christian Michel, président du Souvenir Français, deux gerbes furent déposées simultanément au pied de la sépulture.

    Un second rendez-vous eut lieu ensuite place Godart, avec dépôt d’un coussin de fleurs, face à la plaque commémorative qui rappelle que ce jeune officier de 32 ans du 485e régiment de pionniers coloniaux de Marmande est tombé là sous les balles allemandes en voulant stopper l’avance de l’ennemi. Cité à l’ordre de l’armée, la Légion d’honneur lui fut attribuée à titre posthume le 4 novembre 1942.

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    Union110615a - Marne
    EPERNAY : Morts pour la France en Indochine : Les anciens combattants se souviennent

    Le lieutenant-colonel Serge Plaquin, Hélène Plaquin, conseillère municipale représentant Franck Leroy, et Désiré Gillet, président de l’amicale CEFEO, ont déposé une gerbe au pied de la stèle.
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    Depuis 2005, la Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine est célébrée le 8 juin.

    Il y a 57 ans, le piège se refermait…

    Place des Maréchaux, entre deux haies de porte-drapeaux, Désiré Gillet, président de l’amicale CEFEO, a rappelé le sacrifice des militaires, français, légionnaires, africains, vietnamiens, laotiens, cambodgiens, tombés en défendant les valeurs républicaines et le droit à la liberté.

    « Il y a 57 ans, le piège de Diên-Biên-Phu se refermait sur les troupes françaises. Jamais le drapeau blanc n’a été hissé. En juillet 1954, la Conférence de Genève mettait un terme aux hostilités. Nous devons nous incliner devant tant d’héroïsme et ne jamais oublier. »

    Il a ensuite déposé une gerbe au pied de la stèle en compagnie du lieutenant-colonel (ER) Serge Plaquin et d’Hélène Plaquin, conseillère municipale, tandis qu’un détachement de la Champenoise d’Aÿ exécutait les sonneries réglementaires.

     

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    Union110614b - Marne
    EPERNAY : Histoire (Aviation) / Qui est venu en aide à Arvy Kyslely ?

    Le 9 avril dernier, nous avions lancé un appel à témoin pour savoir qui avait récupéré, pendant la Seconde Guerre mondiale, un aviateur américain, Arvy Kyslely, dans les environs d’Epernay. Le Sparnacien Christian Pol-Roger et d’anciens résistants comme Yvette Lundy et Maurice Lesanne avaient eux aussi recherché une piste capable de donner satisfaction à Michael Houston, déterminé à écrire son histoire et que l’ancien aviateur considérait comme un fils.

    Problème de moteur

    Les témoignages reçus au journal ne correspondaient malheureusement pas à cet aviateur mais concernaient bel et bien la récupération de pilotes ou de mitrailleurs alliés britanniques effectivement confiés à la Résistance.

    Rappelons que de son vivant, Arvy Kyslely disait qu’il avait une dette envers une famille française qui était venue à son secours à l’été 1944, peu de temps avant l’arrivée des soldats de la IIIe armée du général Patton qui ont libéré la région d’Epernay avec l’appui des FFI.

    Victime d’un problème moteur, Arvy avait dû se poser en catastrophe et, peu après, avait bénéficié de l’assistance d’un viticulteur qui l’avait caché et lui avait expliqué son métier jusqu’à lui montrer comment remuer les bouteilles de champagne !

    Michael Houston sait qu’Arvy Kyslely est, plus tard, revenu en Champagne mais il n’apparaît pas dans ses dossiers qu’il y a retrouvé son sauveur.

    Pour relater le plus précisément possible l’épopée de l’aviateur US, Michael Houston recherche des informations sur cet épisode.

    De son côté, l’association « Edmond Marin-la-Meslée » qui défend la préservation du musée de la BA 112 de Reims et de l’aéronautique locale et s’implique dans le travail d’histoire et le devoir de mémoire, effectue des recherches.

    Toutes les données sont les bienvenues.

    h.chabaud@journal-lunion.fr ou tél. 03.26.50.50.15. Vous pouvez laisser un message sur le répondeur avec votre numéro de téléphone.

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    Union110614a - Marne
    DORMANS : Commémoration : L’appel du 18 juin

    La cérémonie honorera le souvenir du général de Gaulle.
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    La commémoration du 71e anniversaire de l’appel historique du 18 juin se déroulera à partir de 21 h 15 sur le parvis du Mémorial.

    À 21 h 30, une prière sera dite à la crypte du Mémorial par le père Fabrice Mathias, aumônier militaire du camp de Mourmelon, avec la participation de la chorale paroissiale, en hommage à tous les disparus et victimes de la guerre 1940-1945.

    L’appel historique du général de Gaulle sera évoqué à 21 h 50 à l’Ossuaire. Une gerbe sera ensuite déposée devant les urnes de la déportation et de la campagne d’Italie. Le Chant des Partisans sera interprété par la musique municipale de Dormans. Une délégation des porte-drapeaux de Dormans et d’Epernay ainsi que le corps des sapeurs-pompiers de Dormans seront présents.

    La commémoration se terminera à 22 h 15 par un vin d’honneur sous le cloître.

     

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    Union110613b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens combattants / Le Conseil départemental en pleine mutation

    Autour du préfet (2e à gauche), le directeur de l’Onac et les deux vice-présidents réélus.
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  • Le Conseil départemental des anciens combattants désormais appelé Conseil départemental pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la nation, a réuni ses membres le jeudi 9 juin en présence du préfet de région Michel Guillot.

    Le but de cette rencontre était le renouvellement du Conseil départemental ainsi que la refonte de sa composition et de son organisation.

    Désormais constitué pour quatre ans, de nouvelles élections ont eu lieu afin de désigner les représentants des collèges qui siégeront au titre du collège des Anciens combattants et victimes de guerre et du collège dit Lien entre le monde combattant et la nation.

    Le premier collège dit collège des Elus et services est composé du préfet, président du conseil, du maire du chef-lieu de département, d’un conseiller général, du délégué militaire départemental, de l’inspecteur d’académie et du directeur des archives départementales.

    Les deux vice-présidents sortants ont été réélus par les membres présents.

    Il s’agit en effet de Jean Chabaud, président départemental des Combattants volontaires de la Résistance de la Marne et de Jean Hendziak, vice-président départemental de la FNACA et vice-président du comité d’entente des anciens combattants.

    Le préfet les a félicités et en s’adressant à eux leur à dit : « Vous êtes toujours jeunes d’esprit ». Il a également donné un grand coup de chapeau aux porte-drapeaux toujours présents et souriants aux cérémonies. Jean Chabaud a rappelé que le monde combattant marnais a répondu présent et qu’il était toujours présent pour défendre les valeurs essentielles de la République, ajoutant : « Tant que l’on voudra toucher à la liberté de notre pays on nous trouvera sur le chemin ! »

    Anciens Combattants

    La nouvelle commission départementale des Anciens Combattants et de la mémoire de la nation de la Marne placée sous la présidence du préfet Michel Guillot et qui comprend vingt membres vient d’être installée. Les deux vice-présidents sortants, Jean Chabaud et Jean Henziak ont été réélus et reconduits dans leurs fonctions.

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    Union110613a - Marne
    BOURNONVILLE : les coloniaux résistent

    Bournonville Alors qu’on célèbre l’anniversaire des derniers combats du printemps 1940 avant la demande d’armistice, voici un épisode argonnais qui en illustre la complexité.

    SI hier à Châlons-en-Champagne on a célébré le comportement héroïque du lieutenant Loyer qui a défendu l’hôtel de ville jusqu’à ce qu’il soit tué par l’ennemi le 12 juin 1940, dans le même temps, l’avancée des troupes de la Wehrmacht dans le département de la Marne a donné lieu à de nombreux accrochages et à de vraies batailles au cours desquels les soldats français ont résisté du mieux qu’ils pouvaient avec les moyens dont ils disposaient.

    Noëlle Lahaye, une lectrice a retrouvé dans son village natal le témoignage rédigé en 1946 par le lieutenant de réserve Guiffroy du 6e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais qui a combattu avec ses hommes à Bournonville en Argonne.

    Elle a obtenu ce document en 2009 à l’occasion de l’inauguration du petit beffroi remettant la cloche ressortie de terre au milieu du village !

    Un nouveau point de défense

    Un mois après la puissante attaque aéroterrestre contre le Benelux et la France engagée par le Reich, la situation des troupes françaises est alarmante.

    Les armées sont contraintes au repli et certains secteurs sont très désorganisés.

    Pourtant des efforts sont accomplis dans les Ardennes puis dans la Marne afin de freiner la progression de l’ennemi.

    Le 12 juin 1940, le 6e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais se replie depuis Gratreuil.

    Le 13 à la mi-journée, il traverse La Chapelle-Felcourt puis Valmy. C’est à ce moment précis que le 3e bataillon est dirigé sur Givry-en-Argonne. Les soldats passent par Vieil-Dampierre. Il est 16 heures. Ils coupent au plus court par les bois alors que le convoi des véhicules d’approvisionnement continue par la route jusqu’à Bournonville.

    Le village est atteint vers 18 heures : « Nous faisons former les faisceaux alors que les mitrailleuses allemandes claquent à l’autre bout de la commune » mentionne l’officier. Tandis que le chef de bataillon et son état-major s’implantent dans le bois de Belval avec la 9e compagnie, la 10e commandée par le capitaine Larroque déjà deux fois cités prend position près du dépôt d’essence. La 6e compagnie s’installe dans le village avec l’ordre suivant : « tenir jusqu’à la mort ».

    Une section celle du sergent David est placée à l’est du village flanquée de deux groupes de mitrailleuses.

    La section du lieutenant narrateur est positionnée dans la grande ferme occupant le centre de la commune.

    « Toute la soirée et toute la nuit nous sommes mitraillés et bombardés ». On relève de nombreux blessés dont un Sénégalais qui a eu les deux jambes arrachées. Le malheureux expire peu après.

    Il faut partir

    Déjà il faut penser à évacuer et faire partir le train avec autos et bagages.

    Le 14 à 4 heures, les Allemands pilonnent le village et plusieurs maisons s’embrasent. Une grange où étaient dissimulés la cuisine roulante et plusieurs véhicules est à son tour dévorée par le feu. Il y a partout un tel dégagement de fumée qu’il devient très difficile de respirer.

    À 6 heures, la 10e compagnie se replie vers le bois où est stationné le PC du bataillon.

    Le lieutenant fait de même avec ses soldats mais, vers 8 heures, ordre est donné de contre-attaquer pour reprendre Bournonville.

    Les Allemands sont surpris. Ils battent en retraite et abandonnent du matériel ainsi que des blessés. Peu de temps après les blindés ennemis contraignent les tirailleurs à s’abriter à la lisière des bois : « C’est là qu’à mes côtés mon caporal-chef, Monge est tué d’une balle dans la bouche ».

    Pendant ce temps les gars de 11e compagnie se donnent à fond pour briser l’élan de l’adversaire. Guiffroy obtient alors sa 3e citation.

    La situation se dégrade. Cinq officiers sur sept sont blessés et doivent être évacués vers les hôpitaux de l’arrière.

    Vers 14 heures, le lieutenant est chargé d’une liaison avec la 9e compagnie.

    À son retour vers 19 heures, le bataillon reçoit l’ordre de se replier. C’est un temps pénible puisque ce n’est que le 15 juin aux alentours de 10 heures qu’il retrouve sa compagnie à Vaubécourt. « Sans carte ni boussole, nous n’avions que l’étoile polaire pour nous diriger ».

    Et de préciser : « A la 11e compagnie, il ne reste plus le 15 que deux sections : celle du sous-lieutenant Delès et la mienne. Celle du sergent David a été faite prisonnière, celle de l’adjudant-chef Saintagne a été massacrée ».

    Le 16, le lieutenant apprend que le 1er bataillon à la tête duquel se trouve le commandant Cordier a été surpris à Braux-Saint-Remy. Il a été fusillé avec ses hommes.

    Il repose dans le cimetière du village. Guiffroy salue en conclusion : « les Braves Sénégalais qui, venus du fond de l’Empire colonial sont tous morts en héros », en glorieux soldats.

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    Union110612d - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : L’hommage au lieutenant Loyer

    Les Châlonnais ont rendu hommage en ce dimanche de Pentecôte au lieutenant Loyer, héroïque officier qui a défendu jusqu’à la mort l’hôtel de ville de Châlons-sur-Marne, le 12 juin 1940 alors que les Allemands envahissaient la cité préfecture de la Marne.

    Une cérémonie a eu lieu sur sa tombe au cimetière militaire, rue de la Charrière puis un hommage lui a été rendu devant la plaque posée sur le mur de la mairie, place Godart.

    Hervé Chabaud

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    Union110612c - Marne
    VALMY : Charles Dumouriez : Héros et traître de la République

    Le nom de Dumouriez figure toujours sur l’Arc de Triomphe.
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  • Pour les historiens, Charles Dumouriez est le maître à penser de la victoire à Valmy
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  • Génial stratège dont le rôle fut décisif pour la victoire de Valmy, bataille fondatrice de la République, Charles Dumouriez fut aussi l’artisan d’une restauration de la monarchie. Une œuvre dans laquelle il échoua et qui ternit son nom.

    A l’heure où la bataille de Valmy est proche de recevoir un musée à la taille de sa signification pour une victoire de la République, on peut se demander pourquoi le nom de Dumouriez ne reçoit pas sur le terrain, à l’égal de plusieurs autres, au moins un monument modeste.

    Pourtant, tous les historiens s’accordent à louer le trait de génie du manœuvrier, agent de la victoire. Pour en trouver la raison, il faut se pencher sur le déroulement d’une carrière, toute en dents de scie, alternant à la fois la vie d’un espion, celle dans les camps militaires, celle dans les bureaux feutrés des ministères et, en supplément, un intermède d’un séjour à la Bastille.

    Carrière fulgurante

    Fils d’un commissaire des guerres, Charles François Dumouriez prend très tôt l’habit militaire. Il y fait une carrière fulgurante jusqu’à la blessure qui lui vaudra d’être réformé. Il est alors capitaine.

    Le voila qui s’oriente vers la diplomatie. Plus ou moins officielle…

    Après la Pologne, on lui demande de démêler le problème suédois, pays partagé entre les appétits russes et danois. On le retrouve à Hambourg, occupé à organiser un corps de 7 000 hommes prêt à lutter contre les Russes. Toutefois son ministre trouve ses négociations un peu louches. Il le fait embastiller six mois. Il en sort à l’avènement de Louis XVI, se marie puis se sépare de son épouse et devient colonel.

    L’évolution politique des événements rallume son ambition. A Paris, il fréquente les Girondins. Le 6 février 1792, il est nommé Lieutenant général et mis à la tête de l’armée du Nord en remplacement de La Fayette. Remarqué par le roi, il est appelé au ministère des affaires étrangères où il saura s’imposer et sera nommé ministre de la Guerre par la suite. Les historiens décrivent : « Un homme de 53 ans, au visage plus expressif que beau, sachant enflammer les soldats, dissiper leurs alarmes, relever le moral d’une armée ».

    Le 18 août 1792, les troupes prussiens et autrichiennes commandées par le duc de Brunswick entrent sur le sol français. Pour les arrêter, Dumouriez mise sur l’Argonne.

    Le 2 septembre, Verdun, place forte supposément imprenable, tombe. L’avancée de l’armée qui veut sauver la monarchie semble inexorable. D’autant que les Français sont en très nette infériorité numérique.

    Les Austro-prussiens sont plus de 100 000, les Français seulement 24 000.

    Mais Dumouriez est décidé à utiliser en Argonne la tactique de la bataille des Thermopyles : il veut prendre l’ennemi à revers. Malgré un coup heureux des artilleurs prussiens, l’intrépidité de Kellermann et aussi celle de jeunes officiers dont le Duc de Chartres resserrent les rangs français. 300 hommes hors de combat chez les Français et 185 tués chez les Prussiens, qui auront encore plus de pertes par la maladie.

    Après le combat, vient l’heure de la diplomatie. Dumouriez conduit, sans y participer personnellement, des négociations dont tous les termes ne sont pas connus. Les Prussiens plient bagages et se retirent. Dumouriez se présente à la Convention le 12 octobre. Nommé général en chef, en février 1793, il entame la préparation de l’invasion des Pays-Bas et de la Belgique.

    Une vie d’errance

    Mais Charles Dumouriez n’a jamais été l’ennemi de Louis XVI. Aussi entame-t-il alors ce qu’il faut bien appeler une trahison. Elle débute par un accord secret avec les Autrichiens. Il échange le retrait des forces françaises de Belgique contre leur appui pour la restauration de la Monarchie en France.

    La Convention lui envoie quatre commissaires, il les livre à L’Autriche. A partir de là, il va mener une vie d’errance, offrant ses services aux royalistes sans jamais être accepté par eux, trempant dans la conspiration de Cadoudal, conseillant Wellington contre Napoléon. Louis XVIII lui refusera le retour en France. Il mourra en Angleterre le 14 mars 1823.

    Sa fin le fera oublier dans la gloire de la victoire de Valmy, alors que son nom, énigmatique et controversé, figure toujours sur l’Arc de triomphe.

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    Union110612b - Marne
    Le sacrifice d’un soldat axonais

    Le pont Corneille à Rouen où Aristide Elie s’est sacrifié le 9 juin 1940.
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  • Avec une vingtaine de membres de sa famille, le Saint-Quentinois Laurent Elie rendra hommage, samedi à Rouen, à son grand-père mort pour la France sur le pont Corneille.
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  • Aristide Elie (au premier rang) s’est illustré dans de nombreux combats.
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  • Seconde Guerre mondiale. Aristide Elie, un soldat axonais, s’est sacrifié sur le pont Corneille de Rouen. La capitale normande va lui rendre hommage en présence de ses descendants.

    « C’est forcément très émouvant. Toute la famille restante est invitée le 18 juin à Rouen par la députée-maire Valérie Fourneyron pour rendre hommage à mon grand-père Aristide », indique Laurent Elie, un Saint-Quentinois aujourd’hui âgé de 36 ans qui prépare son déplacement dans la ville aux 100 clochers comme l’écrivait Victor Hugo, en compagnie d’une vingtaine de membres de sa famille. En Normandie, le devoir de mémoire n’est pas une expression galvaudée et ceux qui sont morts pour la France y sont régulièrement mis à l’honneur. Rouen qui vécut un calvaire lors de la Seconde Guerre mondiale ne fait pas exception et célébrera samedi prochain, avec honneur des drapeaux et plaque commémorative, celui qui s’est sacrifié le 9 juin 1940 sur le pont Corneille.

    Blond aux yeux bleus

    Lorsqu’éclate la guerre en 1939, Aristide Elie est affecté à la 13e légion de la garde républicaine de marche. Cet Axonais de 42 ans, né à Jeantes près d’Aubenton, est entré dans la gendarmerie en 1922. Blond aux yeux bleus selon son signalement qui précise aussi qu’il avait le visage ovale mais le front haut et le nez rectiligne, il a été promu maréchal des logis chef. Arrivé en Normandie, il participe à la défense des ponts de la ville et plus particulièrement à celle du pont Corneille, une réalisation voulue par Napoléon 1er et construit de 1813 à 1829. L’ouvrage d’art a porté plusieurs noms avant d’être dédié au célèbre dramaturge natif de Rouen. La ville compte alors moins de ponts qu’aujourd’hui et le site est stratégique. Lorsque les Allemands attaquent, les Français sont décimés. Rapidement Aristide Elie est l’un des derniers officiers. Mais, malgré les offensives à répétitions des Allemands et les bombardements, les soldats français gardent la maîtrise du pont permettant l’évacuation des civils pris entre les deux feux.

    Sacrifice

    La lutte est acharnée, trois Panzers sont anéantis mais d’autres chars arrivent. Aristide Elie se retourne vers les hommes qui lui restent. Qui est volontaire pour rester avec lui afin de retarder le plus longtemps possible l’ennemi ? Ceux qui restent choisissent le sacrifice en connaissance de cause. Le pont est miné et ne survivra pas à la progression allemande. L’infanterie adverse entre dans la bataille bien supérieure en nombre aux derniers défenseurs du pont. Avant de ployer sous le nombre, Aristide Elie ordonne la mise à feu des charges explosives qui détruisent l’ouvrage d’art et emportent ceux qui restaient de la 13e légion de la garde républicaine de marche.

    Le corps du militaire axonais ne sera jamais retrouvé et il devra attendre 1962 pour être fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Chauny.

    Fils de combattant

    « Nous avons été éduqués dans son souvenir et c’est aussi un exemple », explique Laurent Elie qui assume pleinement « l’héritage familial » sans pour autant en être prisonnier. « La famille Elie a payé un lourd tribut à la guerre. A peine un quart de ceux qui se sont engagés en 40 sont revenus. Pourtant chez nous, il n’y a pas de tradition militaire. Plutôt une tradition très républicaine », commente l’actuel responsable de l’antenne saint-quentinoise du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement.

    Illustration de cette piété familiale qui se transmet de génération en génération : « Depuis que je suis gamin, nous avons toujours été aux cérémonies au monument aux morts. Nous n’en avons jamais raté une ». Mais, autant Laurent Elie peut être fier de son aïeul, autant il veille à ne pas se laisser piéger par le passé et ses facilités de langage : « Je me définis comme fils de combattant pas comme fils de militaire. Il ne suffit pas de porter l’uniforme pour se comporter comme mon grand-père ».

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    HOMMAGE DE LA GENDARMERIE

    Aristide avec son père.
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  • Avant l’hommage de la Ville de Rouen, Aristide Elie a aussi été mis à l’honneur par la gendarmerie au sein de laquelle il effectua l’essentiel de sa carrière militaire.

    Le nom du soldat axonais a été donné à la 333e promotion d’élèves sous-officiers de gendarmerie de l’école de Châtellerault.

    Là encore, l’ensemble des descendants du héros avait été invité à une cérémonie officielle.

    Un moment d’autant plus émouvant qu’il s’agissait de la dernière promotion sortie de cet

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    Une famille de fortes têtes

    Autant Laurent Elie estime son grand-père, autant il ne souhaite pas que les autres membres de la famille tombent dans l’oubli. Il est vrai que dans les rubriques « faits d’armes » et « fortes têtes », la famille Elie a fait fort. Ainsi, Lucien et René deux des quatre enfants d’Aristide Laurent et de son épouse Germaine Renard, la fille d’un sous-officier des douanes qui élevèrent aussi Camille, marin durant la guerre, et Thérèse. Lucien, le père de Laurent, était quartier-maître à bord du Viking et a participé notamment aux campagnes de Bir Hakeim et d’El Alamein avant de débarquer en Provence en 44. Blessé par des éclats d’obus, 16 exactement à la poitrine, il termine la guerre en sanatorium ce qui n’empêchera pas un officier de vouloir l’envoyer en Indochine. Refus de Lucien qui ne veut pas combattre ses anciens compagnons d’armes. L’officier ne lui pardonnera pas et le cassera.

    Quant à René, engagé volontaire, il s’est vieilli pour partir au front dans les Ardennes et en Alsace. Blessé en janvier 45, il refuse de quitter son poste et continue à servir sur sa mitrailleuse avant de remplacer le tireur tué. Il sera tué peu après par un bombardement.

    Tous les deux, ainsi que leur père Aristide, ont été médaillés de guerre et compagnon de la Libération.

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    Déjà en 14-18

    Aristide Elie n’a pas attendu la Seconde Guerre mondiale pour se faire remarquer. Ainsi, lors de la Grande Guerre, il s’est illustré à plusieurs reprises.

    Soldat du 87e régiment d’infanterie de ligne basé à Saint-Quentin, il se signalera à plusieurs reprises en 1917 sur la côte 304, à la Tranchée de Calonne. Ses supérieurs soulignent déjà « son superbe esprit de sacrifice ».

    Il s’illustre aussi dans la Somme lors de l’offensive du bois de Mongival et de Thory en enfonçant les positions allemandes et en faisant moult prisonniers. En 1918, il participe à la campagne de Champagne jusqu’à la défaite allemande.

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    Union110612a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Les offres du général aux USA

    Le président Roosevelt reçoit plusieurs propositions du général de Gaulle.
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  • Le mémorandum qui est remis le 5 juin 1941 à M.A. Kirk, ministre d’Etat des Etats-Unis au Caire, par le général de Gaulle est destiné à soutenir : « Le caractère politique et moral d’une participation éventuelle de l’Amérique à la guerre ». Le chef de la France libre est clair : « C’est en Afrique que l’Amérique doit normalement choisir la zone dans laquelle elle installera des bases de départ. L’Afrique appartient à beaucoup autant dire à tout le monde. L’espace y est illimité. Les communications entre les ports américains et africains sont relativement faciles et sûres ».

    Le général reconnaît que l’Afrique occidentale française est moins exposée mais qu’on ne peut pas la retenir puisqu’elle demeure encore dans l’obédience de Vichy et que l’ennemi veut utiliser son port principal Dakar. Il confirme que l’Egypte demeure le centre d’une grande bataille mais ne présente pas tous les atouts de sécurité indispensables. Tout cela pour mieux affirmer : « C’est donc en Afrique centrale qu’on est amené à envisager le déploiement initial des bases d’action militaire de l’Amérique. Le Nigéria britannique, le bloc des colonies françaises libres : Tchad, Cameroun, Gabon, Congo, Oubangui, le Soudan anglo-égyptien, l’Erythrée et l’Abyssinie constituent la zone normale de départ des futures et vastes entreprises interalliées en Afrique, entreprises dont la puissance américaine constituera la partie principale. Le Congo belge et les territoires britanniques : Kenya, Ouganda, Tanganyika, qui disposent de bonnes communications avec l’Afrique du Sud, compléteraient cette zone en profondeur ».

    Autant dire que de Gaulle a beaucoup réfléchi à la question et le concours qu’il propose de la part du bloc de l’Afrique française libre, témoigne combien il tient à prendre avec ses soldats toute sa part dans l’œuvre de libération. Il insiste sur l’utilité des ports de Douala, de Pointe-Noire capables dès maintenant de recevoir du matériel de guerre et de contribuer au montage d’avions. Il souligne que par tous ces territoires, il existe assez de terrains pour être en capacité d’avoir une maîtrise totale du ciel tout en menant des opérations contre l’ennemi. Il recense pour l’aviation les terrains de Douala, Yaoundé, Fort-Lamy, Faya, Fort-Archambault, Bangui, Brazzaville, Pointe-Noire, Libreville. Peuvent y être accueillis plus de 150 avions et tous les équipements pour assurer leur maintenance.

    De Gaulle insiste aussi sur les communications au sol avec la voie ferrée Pointe-Noire vers Brazzaville, la voie fluviale Brazzaville-Bangui, le chemin de fer entre Douala et Yaoundé, la route entre Yaoundé et Fort-Lamy, Bangui et Yaoundé, Bangui, Fort-Archambault et Fort-Lamy. Ces axes de communications sont en outre praticables pendant toutes les saisons. « La France libre est prête à accueillir sur les territoires d’Afrique qu’elle administre pour le compte de la France, toute installation que les Etats-Unis d’Amérique désireraient y placer en vue de leur intervention militaire éventuelle dans la guerre. Une commission qui serait envoyée publiquement ou secrètement par le gouvernement des Etats-Unis pour étudier la question sur place recevrait de la part des autorités de la France libre toutes les facilités qui sont en leur pouvoir » assure le général. Il ne croit pas que la Grande-Bretagne offre des conditions favorables de déploiement de la puissance militaire américaine d’autant que les bombardements qu’elle subit encore provoquent d’importantes destructions. Il y existe des risques dont l’Afrique est réellement protégée. C’est le sens de sa démonstration très détaillée pour convaincre la Maison Blanche.


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    Syrie : sur la route de Damas

    La carte de la progression des Forces françaises libres destinées à prendre la contrôle de la Syrie.
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  • Le général Legentilhomme suit les opérations ( il s’entretient ici avec lady Marie).
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  • Les troupes aux ordres de Vichy ont les moyens de résister à l’offensive alliée. En Syrie, le général de Verdilhac qui commande à Damas dispose de moyens supérieurs à ceux qui vont être alignés devant lui. Il commande onze bataillons d’infanterie, huit batteries d’artillerie, vingt-quatre escadrons de cavalerie montée, quatre escadrons de cavalerie portée et environ cinquante chars et autant d’automitrailleuses. De l’autre côté, le général Legentilhomme et son homologue britannique, Lloyd alignent neuf bataillons d’infanterie, cinq batteries d’artillerie, un escadron monté, deux escadrons portés, douze chars et douze automitrailleuses. Le Français libre conscient de la faiblesse de ses moyens sait que l’opération est risquée mais il ne renonce pas. Le départ de l’opération se fait dans un climat proche de l’euphorie. Les soldats sont angoissés mais ils se réconfortent en chantant. Leur gaieté est bruyante mais leurs chefs aiment ce tempérament, cette envie de défier l’ennemi. Le samedi 7 juin 1941, le convoi de la 1re division légère française libre quitte Qastina vers 16 heures et prend la route du lac de Tibériade. Il progresse à petite vitesse dans la campagne palestinienne au milieu des champs de blé. La population des colonies juives est enthousiaste et les familles se précipitent pour encourager les soldats. On leur lance des fleurs, on leur crie « Bonne chance ». En tête de la colonne, le 1er BIM avec ses deux compagnies motorisées fait de l’effet. Il est suivi par les bataillons de marche n°1 et n°2 qui ne possèdent pas de belles autos Morris mais de véhicules disparates réquisitionnés ici et là. Il y a notamment de très vieux autocars mais personne ne s’en préoccupe parce qu’on veut croire que la marche sur Damas sera : « Une simple promenade militaire ». A la nuit tombée, les forces françaises stoppent au sud du lac de Tibériade où elles bivouaquent.

    Franchir la frontière

    Dès l’aube du 8, toute la colonne se remet en route. A 9 heures, la division entre en Transjordanie, à Irbid pour constituer la force de réserve. Devant elle avance la 5e brigade indienne qui est déjà au contact avec les troupes loyales au Maréchal. Dès 2 heures, ses deux bataillons de tête ont franchi la frontière syrienne. A 5 h 30, le 3e bataillon du 1er régiment du Punjab est devant le poste de Deraa. Le lieutenant-colonel Greatwood dépêche à bord d’un véhicule trois parlementaires dont le médecin-capitaine français Maurin. Un coup de canon part et la voiture est touchée. Les négociateurs décident d’avancer à pied. Le capitaine Rebuffel qui commande la place les renvoie. Ce n’est pas une surprise. Il avait déjà signifié sa décision de se battre jusqu’au bout au commandant de Chevigné, son camarade de Saint-Cyr qui l’avait fait approcher. La garnison de Deraa n’offre qu’une petite résistance puisqu’elle capitule dès 6h30. Une partie de la troupe se replie mais abandonne un canon de 47, deux 75 et trois automitrailleuses. La 1re DLFL en a bien besoin ! Au nord-ouest, le 1er bataillon du Own’s Royal Fusiliers à la tête duquel se tient le lieutenant-colonel Orr file sur Kuneitra. A 9h30, deux parlementaires dont le médecin-capitaine Rédinger se présentent avec un clairon porteur d’un drapeau blanc. Ils sont en contact avec le capitaine Dewatre. Il les présente à Kuneitra au PC du lieutenant-colonel Milliet. Une discussion s’engage et des contacts sont pris avec Beyrouth. Les ordres donnés sont inexécutables par un officier, homme d’honneur. Ils sont renvoyés vers 13 heures. Les hostilités débutent dans les minutes qui suivent.

    Toujours le 8 au lever du jour, le général Legentilhomme se rend au QG de la 5e brigade indienne pour suivre le mouvement des différentes unités. En accompagnant le général Lloyd au PC du 4e bataillon du 6e régiment des Radjpoutana Rifles du lieutenant-colonel Jones qui attaque Cheikh Meskine dans le milieu de l’après-midi, il mesure la complexité de la progression et la nécessité d’opérer des mouvements tournants y compris la nuit. Il propose pour vérifier son intuition de s’emparer d’Ezraa et d’opérer dans l’obscurité ce mouvement enveloppant par la droite autour de Cheikh Meskine. Le commandant de Chevigné est chargé de cette mission appuyé par ses deux compagnies du 1er BIM des capitaines Bayle et Savey qui patientent à Deraa. Il rappelle aussi le colonel Collet qui marche de Beisan vers Sanamein avec ses Tcherkesses et ses spahis marocains. Toute la journée du 8, la 13e brigade reste en réserve derrière les Hindous. Elle pénètre à son tour en Syrie en fin de matinée. Deux avions prennent la colonne pour cible. Pour la plupart des hommes, il s’agit de leur baptême du feu. En soirée, tandis que le commandant de Chevigné et le colonel Collet se placent de part et d’autre de Cheikh Meskine, la 13e brigade s’échelonne au bivouac de Deraa à Ibta. Le PC de la division s’installe à Deraa sous la protection des fusiliers marins de Détroyat. Le BIM parvient à s’imposer à Ezraa et s’aperçoit que la garnison a décroché profitant de la tombée du jour. Plus loin, les soldats du BIM interceptent un détachement motorisé aux ordres du capitaine Grandpierre. Au lever du jour, les Français libres constatent que Cheikh Meskine n’est plus défendu. Le général de Verdilhac a ordonné le repli de ses forces comme à Kuneitra.

    La route de Damas

    Le 9 juin, avec vingt-quatre heures de retard, la 1re DLFL dépasse les Hindous à Cheikh. Le BIM est loin devant avec l’ordre de rejoindre Kissoué et de s’emparer si possible du pont de la route de Damas. Le commandant de Chevigné pige vite, comme devant Rethel en juin 1940. Il y a vu les blindés allemands foncer sans se soucier de leurs arrières pour causer le plus de désordre possible chez l’adversaire. Il est convaincu que cela peut marcher. Tout se passe à la perfection jusqu’à proximité de Khane Denoune. Le BIM est brutalement stoppé par de puissants tirs d’artillerie et des tirs nourris de mitrailleuses positionnées sur la rive sud du Nahr el Aouaj et sur le djebel Maani. Alors que la 13e brigade fait mouvement, elle est à nouveau mitraillée et bombardée par l’aviation adverse. Un temps désorganisée, la colonne se regroupe dans la soirée à hauteur du djebel Abou Aabba. Le QG de la division est maintenant implanté à Sanamein. Legentilhomme ne veut pas perdre de temps et souhaite que dès le 10, la 13e brigade se heurte à la principale ligne de défense des forces loyalistes. Il y a des risques notamment celui de subir une contre-attaque de blindés sur l’axe Kissoué-Rhabarheb. C’est la raison pour laquelle, ile demande au général Wilson de porter la 5e brigade avec ses deux bataillons indiens à sa hauteur à l’’ouest de Kissoué. Face aux déconvenues successives les maréchalistes hésitent. Verdilhac prône une défense statique et ne mesure pas les faiblesses des Français libres. Le 12 juin, le général Dentz, patron des forces de Vichy transmet à Damas des directives destinées à conduire des contre-attaques dans le sud de la Syrie. Cette décision de passer à la contre-offensive apparaît tardive pour les stratèges gaullistes. Elle entraîne des mouvements de troupes qui éclaircissent le dispositif défensif de Damas avant le choc décisif.


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    Armée d’armistice : grandes et petites manœuvres

    Georges Loustaunau-Lacau : un officier du renseignement.
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  • Les positions de l’amiral Darlan offensent la France libre.
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  • André Dewawrin dit Passy : méthodique et décidé au maillage territorial en faveur du renseignement.
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  • Pierre Fourcaud : toujours à la pointe du combat.
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  • Le général Weygand prend ses distances.
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  • Divergences. Si le devoir d’obéissance est pour beaucoup impossible à remettre en cause, des militaires sont tentés par la rupture et s’y préparent avec plus ou moins de réussite.

    La méfiance envers l’armée d’armistice grandit et ce sont les aviateurs qui sont d’abord dans le collimateur. Le général Gabriel Cochet, ancien chef des forces aériennes de la Ve armée qui avait pris d’entrée ses distances avec Pétain est arrêté en juin 1941. On s’intéresse aussi aux liens privilégiés qui ont été établis par le colonel Pierre Malaise, attaché de l’air à Madrid avec les représentants de l’Intelligence Service en Espagne. Les Anglais fournissent déjà aux Français des postes de radio qui permettent de réaliser des émissions régulières à destination de la Grande-Bretagne. Le développement de cette activité est d’autant plus difficile à mettre en place qu’une reprise en main des services de renseignement de l’armée de l’air et de la marine est ordonnée par Darlan. Il confie la mission au capitaine de vaisseau Henri Rollin et recommande la réorganisation des services secrets au sein d’un Centre d’informations gouvernementales.

    L’audace des aviateurs

    Rollin dénonce très vite le fonctionnement irrationnel et opaque du SR air. Le commandant Léon Faye, sous-chef de l’état-major de l’air en Afrique du Nord, acquiert la conviction que la résistance à l’occupant et la préparation de la libération sont incompatibles avec le respect des directives du maréchal. Il est alors en rupture avec Vichy. Il prépare une étude très argumentée sur les chances d’une dissidence de l’aviation qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur les autres armes. Il expose sa stratégie devant un groupe d’officiers triés sur le volet et qui sont dans le même état d’esprit. Parmi eux, il y a le commandant Loustaunau-Lacau et le capitaine Beaufre. Faye démontre qu’il n’y a plus rien à attendre de Vichy et assure que le régime est condamné à l’impuissance au mieux à la docilité obséquieuse envers l’occupant. Il imagine un soulèvement en Afrique du Nord bénéficiant du soutien des Britanniques de manière à ce que le jour où les alliés y débarqueront, ils soient accueillis en amis plutôt que combattus comme des adversaires. Les officiers s’interrogent alors sur le besoin d’inclure ou pas dans le complot en préparation le général Weygand.

    Le délégué du gouvernement en Afrique a manifesté à plusieurs reprises son hostilité à l’esprit de Montoire et s’est insurgé en petits comités devant les concessions accordées aux Allemands. Loustaunau ne croit pas dans le retournement du général : « Il suivra le maréchal ou il se retirera. Ne perdons pas notre temps ». Faye témoigne encore de son optimisme lorsqu’il affirme pouvoir compter sur cinq cents équipages sûrs. Pour lui en résumé : « L’aviation est prête ». Il assure que les groupes de bombardement repliés en Tunisie n’attendent que le feu vert pour s’engager dans la nouvelle aventure si la révolte est bien préparée. En revanche, le commandant minore un handicap patent : la mentalité des états-majors. Plusieurs pilotes expriment leur pessimisme et se disent convaincus que leurs chefs sont à plat ventre devant Vichy tandis que d’autres officiers sans sympathie particulière avec le régime refusent d’entrer en dissidence. De fait, les autorités vont être informées du complot en préparation. Loustaunau-Lacau, Beaufre et Faye sont appréhendés et transférés en métropole. Sont mis aux arrêts le colonel Ronin, chef du SR air et son adjoint le commandant Bézy. Le patriotisme, le désir d’action, l’envie de participer à la libération ne suffisent pas en l’absence d’un encadrement convaincu de la légitimité et de la pertinence de s’affranchir d’un gouvernement à la botte des nazis.

    La marine dans l’ombre de Darlan

    Du côté de la marine, depuis l’accession de l’amiral Darlan à la vice-présidence du Conseil, la neutralité est l’état d’esprit qui prévaut. Pourtant, le 3 juin 1941, lors d’une entrevue orageuse avec l’amiral, le général Weygand exprime son amertume : « Ce que vous me demandez, c’est une autre politique que celle que j’ai été chargé de faire en Afrique. Elle me fera mentir à tout ce que j’ai affirmé en accord avec le gouvernement » avant d’annoncer que si Vichy n’infléchit pas son engagement envers Berlin, il partira. Darlan tempère la colère de son interlocuteur. Weygand n’est pas convaincu et au conseil des ministres du 6 juin, il tape du poing sur la table : « Nous avons tout cédé pour du vent ».

    Darlan redit qu’un armistice a été signé et qu’il interdit tout acte d’hostilité envers les Allemands Cependant le 8 juin, les forces anglaises et des unités de la France libre franchissent les frontières de la Syrie et du Liban pour empêcher que ces territoires soient à terme occupés de fait par les Allemands. Weygand est d’autant plus mal à l’aise qu’il a donné sa parole au sultan du Maroc : « La France est votre bouclier. Elle vous protègera quoi qu’il arrive ». Mohammed ben Youssef prend bonne note de cet engagement mais ajoute : « Chez nous, la parole d’un homme respecté comme un homme d’honneur vaut plus que cent écrits ». Weygand pense ainsi pouvoir construire une armée de la revanche avec la complicité du général Noguès.

    Les Américains suivent ses manœuvres avec grand intérêt puisqu’à partir de juin 1941, ils ont la possibilité d’installer en Afrique du Nord des observateurs qui sont en réalité des agents des services spéciaux chargés de préparer le futur débarquement allié sur ces côtes méditerranéennes.

    L’amiral Darlan veut aussi reprendre en mai le Service des menées antinationales (SMA). Il donne l’ordre de procéder à des écoutes nombreuses depuis le premier étage de la poste de Vichy où cinq tables d’écoutes chargées d’enregistrer les conversations diplomatiques vingt-quatre heures sur vingt-quatre fonctionnent. Le quartier général du SMA est établi à Royat mais dans chaque région militaire est installé un Bureau des menées antinationales. Or la mission des BMA est contestée. Ils sont chargés de combattre toutes les actions subversives dans l’armée. Dès lors ils doivent pister les éventuels liens avec les Anglais et les Gaullistes et toutes les relations promptes à donner des renseignements aux ennemis de l’Allemagne. Roger Wybot qui est alors officier au BMA de Marseille se sent surveillé dès le mois de juin 1941 et redouble de précaution dans ses relations avec l’un des fondateurs du réseau Brutus, Pierre Fourcaud et missionné par le colonel Passy chef des services secrets de la France libre. Il n’échappera pas à une arrestation avant de s’enfuir et de gagner Londres. Il est patent que les moyens donnés à ces services sont conséquents. Ils ont à la leur disposition les contrôle postal, télégraphique, téléphonique peuvent ordonner des écoutes et s’arroger le concours de tous les services de police et de gendarmerie à même de leur être utiles. Si dans un premier temps, cela permet au gouvernement de Vichy de démasquer des agents français de l’Abwehr, il est certain qu’on se sert du SMA contre la Résistance encore balbutiante en bien des endroits. D’autres se souviennent de cette parole entendue à Saint-Cyr : « L’histoire n’enseigne pas le fatalisme. Il y a les heures où la volonté de quelques hommes brise le déterminisme et ouvre de nouvelles voies ».

    h.chabaud@journal-lunion.fr

    Textes : Hervé Chabaud

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    Union110611d - Marne
    EPERNAY : Débarquement allié de 1944 : Une double commémoration

    Franck Leroy, maire d’Epernay, Martial de Saint-Jeveint, ancien combattant, Philippe Martin, député de la Marne
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  • Face au théâtre Gabrielle-Dorziat, une stèle est érigée à la mémoire du général Patton et des troupes alliées qui ont participé à l’opération Overlord, nom de code donné au débarquement allié du 6 juin 1944.

    En souvenir des soldats qui ont sacrifié leur vie sur les plages de Normandie ce jour-là, Franck Leroy, maire d’Epernay, Martial de Saint-Jeveint, ancien combattant, Philippe Martin, député de la Marne, y ont déposé une gerbe entre une double haie de porte-drapeaux et un détachement de sapeurs-pompiers.

    En retrait du dispositif, l’Avenir Musique a exécuté les sonneries réglementaires, « La bannière étoilée », l’hymne américain et La Marseillaise.

    Les délégations se sont ensuite rendues en cortège au monument des Martyrs de la Résistance pour un second dépôt de gerbe, cette fois en présence d’Yvette Lundy, résistante de la première heure.

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    Union110611c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : 8 juin 1954 : L’hommage aux soldats morts en Indochine

    Le 8 juin 1954… les armes se taisaient en Indochine.
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  • Il y a 57 ans, les armes se taisaient en Indochine.

    Le sacrifice des combattants fut immense. De 1945 à 1954, près de 100 000 soldats de l’union française sont tombés en Indochine.

    Plus de 76 000 ont été blessés. 40 000 ont été faits prisonniers. Parmi eux, 30 000 ne sont jamais revenus.

    Parachutistes, légionnaires, coloniaux, tirailleurs, métropolitains, gendarmes, marins, aviateurs, médecins et infirmières, ils venaient de France, d’Europe, d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire.

    Leurs frères d’armes vietnamiens se battaient pour leur terre, pour leur liberté.

    Depuis maintenant six ans, la France n’oublie pas tous ces soldats et le 8 juin de chaque année (journée nationale), elle commémore cette période importante de l’histoire.

    Aujourd’hui, au monument aux morts situé sur le côté de la cathédrale Saint-Etienne, élus, représentants du monde combattant, sous-officiers et officiers de différentes brigades étaient présents pour rendre hommage aux soldats morts en Indochine.

    Le secrétaire général de la préfecture, Alain Carton, présidait cette cérémonie commémorative et a lu un texte pour se souvenir de tous ces Français qui ont combattu contre le Vietminh plusieurs années durant.

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    Union110611b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Anciens combattants : Hommage aux morts pour la France en Indochine

    Civils et militaires étaient réunis pour rendre hommage aux victimes françaises en Indochine.
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  •  

    La journée nationale officielle de l’Indochine a été marquée, mercredi, place du Maréchal Joffre à Vitry-le-François par un hommage rendu aux soldats morts pour la France.

    En présence des officiels, des anciens combattants, des portes drapeaux et de nombreux élus, Mariane Doremus a lu le message du ministre de la Défense et la cérémonie s’est poursuivie par un dépôt de gerbes (combattants ainsi que des autorités civiles et militaires).

    La minute de silence a été suivie par la traditionnelle sonnerie au mort et la Marseillaise. Une cérémonie qui s’est achevée dans le respect le plus profond pour ces soldats morts pour la France.

     

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    Union110611a - Marne
    MUIZON : En mémoire de l’Indochine

    Jean-Michel Chevalier, président de l’UNC, et Germain Renard, maire de Muizon, devant le monument du souvenir, avec les porte-drapeaux.
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  • Mercredi, la section UNC (Union nationale des combattants) de Muizon et Jonchery-sur-Vesle a organisé, au monument du souvenir, une cérémonie en mémoire des soldats tombés pour la France au cours de la guerre d’Indochine.

    Le président Jean-Michel Chevalier et le maire de Muizon, Germain Renard, ont déposé une gerbe de fleurs au pied du monument et prononcé un discours.

    Le président de l’UNC a également eu une pensée pour les soldats morts en Opex (Opérations extérieures), qui, à ce jour, n’ont toujours pas de journée commémorative qui leur soit dédiée.

    La cérémonie s’est conclue à la maison du combattant, autour du verre de l’amitié.

    Rappelons que cette maison du combattant, située dans la cour des ateliers municipaux derrière la mairie de Muizon, et où l’on peut trouver de nombreux costumes, armes neutralisées, photos et documents d’époque de tous les conflits plus ou moins récents, peut être visitée par toute personne ou groupe qui en ferait la demande, les deuxième et quatrième vendredis de chaque mois, entre 17 et 18 heures.

    Renseignements au 09.62.26.93.86

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    L’hebdo du vendredi- n° 217 - 110610a
    Les Anciens Combattants de la Marne dans « l’hebdo du vendredi »

    Journal gratuit d’information rémoise

    N ° 217 - Semaine du 10 au 16 juin 2011


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    Livre : Se souvenir du passé…

    Reims 1914-1918 est le 14ème livre de Michel Lefèvre.
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  • …même si celui-ci est douloureux. Michel Lefèvre, écrivain rémois, publie Reims 1914-1918, son 14e livre. Dans son nouvel ouvrage, il aborde la ville des Sacres pendant la Première Guerre Mondiale par le prisme de la vie de familles vivant le conflit.

    « J’écris depuis 20 ans et ces trois dernières années, je me suis consacré à des faits appartenant au régionalisme, car la Ville est riche en événements historiques ». Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un roman avec des êtres de fiction, même si l’auteur s’est abondamment renseigné sur la période et la vie de familles rémoises pauvres durant la guerre. Les hommes sont partis au front et pendant ce temps, les femmes et les enfants ont tenté de survivre. Dans son univers fictionnel, Michel Lefèvre aborde tout un pan de notre histoire, moment difficile qu’il convient néanmoins de réactiver pour que personne ne l’oublie car le témoignage direct disparaît avec les derniers Poilus.

    Comment vivre après un tel charnier ? Chaque famille compte les êtres chers perdus et tente courageusement de se reconstruire. Dans son prochain ouvrage, l’auteur abordera la Deuxième Guerre Mondiale, on retrouvera les personnages qui ont survécu à la Grande Guerre et qui doivent, avec leurs fils, de nouveau prendre part au conflit.

    Reims 1914-1918 (AEditions Reims) est disponible auprès de l’auteur, au 03 26 36 52 15 et dans toutes les bonnes librairies (Guerlin, Maisons de la presse Saint-Remi et Gambetta, Leclerc Champfleury et Saint-Brice, et Cora Cormontreuil).

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    Union110609b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Une famille hors du commun : Le Débarquement dans le jardin

    Deux mois de travail auront été nécessaires pour réaliser cette barge, fierté du propriétaire.
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  • Parmi les objets exposés, certains sont d’époque, d’autres ont été créés pour l’occasion.
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  • Lundi, les Dervillers commémoraient le 67e anniversaire du Débarquement chez eux, laissant leur portail ouvert aux plus curieux.

    DU Glenn Miller en fond musical, des casques, des fils barbelés, des drapeaux alliés, on pourrait se croire sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, et pourtant, il s’agit de la cour de Jean-Luc Dervillers. Jardinier de métier, il occupe son temps libre à décorer la devanture de sa maison.

    Beaucoup ont déjà pu observer les décorations de Noël et d’Halloween qui ornent chaque année sa maison. Depuis un an, Jean-Luc Dervillers innove en commémorant les grandes guerres qui ont marqué l’histoire de la France et de Châlons. Passionné de Première Guerre mondiale depuis le berceau, il a d’abord fait des maquettes puis a commencé à collectionner des objets d’époques. Ces « dons des gens du coin » sont exposés chez lui. Il a même eu un mini-musée dans sa maison, à une époque…

    Une passion tellement importante pour lui qu’il aurait été dommage de ne pas en faire profiter tout le monde !

    Deux mois de travail

    « Ça faisait longtemps que je voulais décorer ma maison pour rendre hommage à ceux qui sont morts, ceux qui nous ont sauvés, ajoute-t-il, mais je n’osais pas trop. »

    Il est en effet peu commun de voir des drapeaux dans les rues châlonnaises lors des commémorations : « On n’est pas en Normandie ici ! »

    Il s’est tout de même lancé, il y a un an, quand son fils, Fabien, 21 ans, a intégré Memory 44. L’association a pour vocation de transmettre la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et même de la revivre, lors de grand événement comme « War of Marne », une reconstitution de la vie dans un camp américain.

    Jean-Luc et Fabien ont commencé à faire des recherches sur internet et à acheter des livres d’histoire pour se rapprocher le plus possible de la réalité de l’époque, lors de cette reconstitution.

    Dans son jardin, tout est fait main ou presque : « J’ai fait des fils barbelés avec de la ficelle, construit une mitrailleuse, des grenades et une barge en bois ». La barge, c’est sa fierté et aussi ce qui lui a pris le plus de temps. Mais parmi les reconstitutions se trouvent aussi des objets d’époque. En baladant un œil attentif sur les décorations, on observe par exemple, des morceaux d’obus.

    Après deux mois de travail, le résultat est réussi et Jean-Luc n’est pas peu fier. Il pense déjà à l’année prochaine et à comment « faire mieux » ; mais souhaite garder la surprise. Une information filtre : la façade de la maison subira des modifications spectaculaires.

    En attendant, rendez-vous au 3, Jean Cocteau, à Châlons, l’exposition dure toute la semaine…

    Orianne ROGER

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    Union110609a - Marne
    SEZANNE : Des lycéens ont tourné un court-métrage se déroulant au temps de Napoléon : 1er Cours d’histoire en costumes d’époque

    Les élèves de première ont tourné leur film durant deux jours au château de Montmirail.
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  • Ce sont les enseignants qui ont tenu la caméra pour les neuf scènes que les élèves ont jouées.
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  • De beaux costumes d’époque pour les filles.
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  • Dans le cadre de la future commémoration du bicentenaire de la campagne de France, une vingtaine d’élèves du lycée de Sézanne ont tourné un court-métrage en costumes d’époque. De quoi aimer les cours d’histoire.

    « ON est des stars », sourient-ils. Costumes d’époque, tournage dans un château, scénario digne d’un polar : pour leur court-métrage, les 20 élèves de classe de première littéraire n’ont pas fait dans la demi-mesure.

    Pour le bicentenaire de la bataille

    Leur film de 57 minutes, intitulé « Vive l’empereur », a été projeté hier à la cité scolaire.

    Le thème : Napoléon, la campagne de France et le passage de l’empereur dans la région lors de la bataille Montmirail.

    « Ce travail entre dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la campagne de France de 1814, présente Nathalie Zélanti, professeur de français à la cité scolaire, réaliser ce court-métrage permet aux élèves d’apprendre le français et l’histoire de façon originale. »

    Et se retrouver en costume du XIXe siècle, au château de Montmirail, cela fait tout de suite apprécier le français ou l’histoire.

    « J’habite Montmirail et je ne savais pas ce qui s’était passé dans cette ville à cette époque », lance une lycéenne.

    Les élèves ont écrit, avec l’aide de leurs professeurs, le scénario de leur film au début de l’année.

    L’histoire : en 1816, une femme recueille des témoignages des châtelains et occupants du château de Montmirail en faveur de son fiancé qui vient d’être accusé de comploter contre le roi Louis XVIII et est emprisonné. La malheureuse fiancée mène donc l’enquête…

    « Le contexte historique est vrai, les personnages ont existé, seule l’intrigue a été inventée », précisent les élèves.

    La plupart n’avaient pas jamais fait du théâtre et encore moins du cinéma auparavant. « Nous avons choisi nos rôles, tout le monde a joué », indiquent les élèves.

    Puis les lundis 9 et 16 mai, ils avaient rendez-vous au château de Montmirail pour le tournage.

    Deux jours de tournage

    « Nous avons pu disposer de toutes les pièces du château », précisent-ils.

    Les costumes sont prêtés par l’association 1814 V4, les enseignants filment.

    Un membre des Hussards de la Salle et le conseiller principal d’éducation sont figurants.

    Neuf scènes sont tournées, les deux journées n’ont pas été de tout repos. Pas seulement sur le plan technique. Film historique oblige, aucune référence à notre monde contemporain devait apparaître à l’image.

    « Nous nous sommes aperçus qu’il n’était pas facile de tourner un film, soulignent les élèves, il a fallu faire attention à de nombreux détails, les miroirs, le bruit des avions, des tracteurs. »

    Les lycéens ont pu faire partager hier leur film avec leurs camarades de la cité scolaire et en présence de Joseph Puzo, PDG de l’entreprise montmiraillaise Axon’cable et propriétaire du château de Montmirail.

    Et le film « Vive l’empereur » sera projeté une nouvelle fois en 2014, lors de la commémoration du 200e anniversaire de la campagne de France. Des stars, on vous dit.

    Guillaume TALLON

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    Union110608b - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : Souvenir de la Grande Guerre : Les familles des « marines » au mémorial

    Ils revenaient de la manifestation du « Memorial day » de Bellau, près de Château-Thierry, ce dimanche 29 mai.
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  • Des familles de « marines » américains ont fait halte à la salle mémoriale franco-américaine de Sommepy ce week-end.

    L’étape était mise au programme par le responsable des sites américains en Europe, avant que les voyageurs ne rejoignent leur caserne à Stuttgart en Allemagne.

    Leur unité est celle justement du général Lejeune qui a participé à la libération du village de Sommepy début octobre 1918. C’est avec un intérêt aiguisé que les visiteurs ont fait le tour du talus de l’église, avec un arrêt devant la sape et la tour allemande, escaladant le talus pour mieux en découvrir l’entrée.

    Un arrêt commenté s’est imposé devant la grosse borne américaine portant son étoile (comme les trois autres sur le territoire lorsque l’on se dirige vers la tour américaine du Blanc Mont à quelques kilomètres de là).

    Ce fut ensuite la remarquable peinture de l’artiste Gauwel qui fut l’admiration des visiteurs, de même que les nombreux vestiges que l’on peut découvrir dans cette superbe salle.

    Un historien, ancien marine, venu exprès, s’est particulièrement intéressé à l’histoire de ce lien entre la commune et l’association « sommepy-fund » dans le cadre de la reconstruction du village en 1920.

    Des liens nouveaux se nouent pour enrichir les archives de cette association des « marines américains ».

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    Union110608a - Marne
    REIMS : Salut nazi devant les CRS

    Samedi midi, un automobiliste de 47 ans a fait un salut hitlérien en passant devant une patrouille de la CRS 33 en contrôle routier boulevard Diancourt.

    Non content de les provoquer par geste, il a lancé un tonitruant « Bonjour la Gestapo ! ».

    Interpellé pour « outrages », l’homme a été convoqué au palais de justice pour un rappel à la loi.

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    Union110607a - Marne
    SILLERY : Cérémonie au cimetière militaire de Bellevue : Hommage aux soldats « oubliés »

    C’est en hommage aux soldats « oubliés » de la guerre que s’est déroulée, samedi, une cérémonie au cimetière militaire de Bellevue, organisée par l’association des anciens combattants de Sillery, Puisieulx, Taissy et Saint-Léonard.

    Sept drapeaux étaient présents aux côtés de Michel Bonnon.

    « Ici sont enterrés vingt-sept anciens combattants morts dans le secteur des « Fronts de Champagne » en mai-juin 1940 », a expliqué le président, Robert Marguet.

    Après le dépôt de gerbe par M. Secondé, maire de Puisieulx, et Fabienne Delaine, première adjointe au maire de Sillery, Jean-Marc Loret a fait l’appel de ces morts.

    Après quoi, M. Marguet en a profité pour rendre hommage également aux combattants d’Indochine et de Corée, « avant la journée nationale de mercredi ».

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    Union110606a - Marne
    C’était il y a soixante-sept ans, les Alliés débarquaient en Normandie

    Le 6 juin 1944, Américains, Canadiens, Britanniques et Français s’engageaient dans la plus grande opération amphibie de tous les temps pour « le Jour le plus long ».

    UTAH, Omaha, Juno, Sword, Gold : ces noms résonnent toujours dans les mémoires comme ceux des plages du Débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie.

    Il y a 67 ans, l’impressionnante armada qui s’est rassemblée au sud de l’île de Wight, au point de convergence de « Piccadilly Circus », se déployait pour prendre d’assaut les défenses côtières ennemies et installer de solides têtes de pont destinées à débuter la libération de l’Europe et à contraindre le régime nazi à capituler.

    Si, à l’aube, l’horizon est couvert des silhouettes des bateaux de débarquement, la côte subit un bombardement intensif de l’artillerie de marine et de l’aviation tandis qu’au cours de la nuit, plusieurs points stratégiques ont été conquis par des commandos aéroportés dans le but d’empêcher l’arrivée des renforts ennemis sur les plages.

    Les combats sont intenses. Les Alliés sont déterminés. Les Allemands ne sont pas prêts à céder. A bord du croiseur USS Augusta, le général Bradley est satisfait des premiers rapports en provenance d’Utah Beach. En revanche, il est inquiet des nouvelles alarmantes parvenues d’Omaha, où les unités américaines sont clouées sur place et interdites de progresser. Un mur de béton de trois mètres de haut, cerné par des blockhaus pourvus de nids de mitrailleuses et de canons de 88 qui prennent la plage en enfilade, est un piège infernal.

    Les pertes en hommes et en matériel sont énormes.

    Vers 9 h 15, Bradley envisage de stopper le débarquement à Omaha et de reverser les effectifs sur les plages voisines. Les Anglais et les Canadiens y remportent des succès décisifs.

    A Sword Beach, un commando des FFL est placé auprès de la 1re brigade britannique de Lord Lovat qui doit faire jonction avec la 6e division aéroportée, durement éprouvée sur la tête de pont de l’Orne. Les bérets verts français se heurtent à Ouistreham à la ligne de villas fortifiées et au casino de Riva-Bella transformé en place forte par les Allemands. Kieffer et ses hommes, appuyés par deux tanks, investissent le casino et neutralisent ses défenses.

    Si l’arrivée des renforts est handicapée en raison de conditions météorologiques détestables, il est patent que l’effet de surprise et les puissants moyens mis à la disposition des Alliés sont un atout pour les forces de la liberté. D’autant que les actions de la Résistance intérieure génèrent une pluie de dysfonctionnements dans les réseaux des transmissions et des communications ennemis.

    Commandant en chef allié, le général Dwight Eisenhower bénéficie aussi des erreurs d’analyse de l’état-major du Reich. Von Rundstedt est convaincu que le débarquement de Normandie n’est qu’une opération de diversion. Cette opinion est largement partagée au sein de la Wehrmacht, qui s’attend à un choc terrible dans le Nord et le Pas-de-Calais. Hitler tergiverse avant d’autoriser deux divisions blindées, la Panzer Lehr et la 12e Panzer SS, à faire mouvement vers la côte ! Au soir du 6 juin, sur les cinq plages du débarquement, les Alliés ont déposé 130 000 soldats, sans oublier les 22 000 parachutistes largués dans les heures qui ont précédé le jour J. Ils ont perdu 9 500 hommes, tués, blessés ou disparus.

    L’opération Overlord est un succès. Mais l’impossibilité de prendre d’entrée Caen comme l’aérodrome de Carpiquet témoigne d’une forte capacité défensive adverse à l’intérieur des terres. Le déploiement en direction de la Seine n’est pas pour tout de suite. L’objectif fixé par Eisenhower reste d’actualité : « Vous allez briser la machine de guerre allemande, balayer la tyrannie sur les peuples opprimés d’Europe et assurer la sécurité pour tous dans un monde libre. J’ai pleine confiance en votre courage, en votre sens du devoir, en votre préparation au combat. »

    Hervé CHABAUD

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    Union110605a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    De la Crête à Glina

    Churchill mesure la gravité de la situation (ici avec le général Alexander).
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  • A Londres, la perte de la Crête met Churchill de mauvaise humeur. L’évacuation de l’île pour sauver un maximum de soldats est une solution coûteuse qui scelle la victoire des troupes allemandes du général Ringel. Des bombardiers en piqué de l’ennemi ont attaqué comme jamais la Royal Navy et remporté des succès patents. Le porte-avions britannique « Formidable » a subi de telles avaries qu’il n’existe pas d’autres moyens pour le sauver que de le rapatrier vers les Etats-Unis pour le confier aux experts des chantiers navals. Le Cabinet de guerre est conscient que le Reich n’a pas mesuré la situation de détresse de ses troupes sans quoi le bilan serait beaucoup plus alarmant. Le général Ringel n’a pas fait porter son effort sur les ports du sud de l’île où les Anglais rembarquaient leurs forces. Le 31 mai, les derniers éléments encore encadrés se précipitent vers Skafia mais faute de moyens, ils restent à terre ! Le 1er juin, la bataille de Crète est considérée comme terminée. Les derniers isolés n’ont pas d’autre solution que de regagner les montagnes pour résister avec les Grecs qui ont envie de le faire. Le lendemain, une nouvelle rencontre a lieu entre Hitler et Mussolini au col de Brenner.

    Le führer se félicite de la leçon donnée aux troupes britanniques et à leurs alliés et porte un toast à une victoire générale sur tous les fronts qui n’est plus qu’une question de quelques mois. Il affirme que les pertes anglaises en Crête sont considérables. Devant Churchill on évoque 16.583 hommes dont 8.200 Anglais, 3.376 Australiens, 2.996 Néo-Zélandais. Hitler n’est pas inquiet par les manifestations de mauvaise humeur et les grèves dans le bassin minier du nord qui lui sont signalées. Il les assimile à : « des caprices d’ouvriers » ! Pourtant le 4 juin ce sont 100.000 mineurs du Nord et du Pas-de-Calais qui refusent de descendre dans les fosses. Ce qui n’est pas aussi accessoire que le prétend le maître de Berlin.

    En Afrique du Nord, la situation est préoccupante. Même si l’ennemi semble faire preuve d’attentisme devant Tobrouk, il est clair que les Italiens se frottent les mains. Ce sont eux qui déconseillent une attaque en force contre la ville tant que Rommel n’aura pas reçu tous les renforts qu’il juge indispensables. « Nous pouvons regarder la situation avec sérénité. Ce n’est que si nous n’étions pas renforcés que la situation pourrait se révéler dangereuse et nous contraindre à lever le siège de Tobrouk » considère Mussolini. Même si l’aviation italienne pilonne la ville à plusieurs reprises, la RAF n’est pas absente du ciel de la grande région et procède à plusieurs raids contre Benghazi et Derna. Les puissances de l’Axe redoublent d’efforts en ce début juin 1941 pour contrôler la Méditerranée mais les attaques aériennes menées contre Malte provoquent une vive réplique de la chasse anglaise. Si bien que le ciel maltais est le théâtre de combats acharnés. Londres perd trop de Hurricane dans cette lutte. Cela permet de contrer les prétentions italiennes et allemandes. Ces événements font passer sous silence une tragédie en Yougoslavie ou l’aryanisation est terrifiante. Les restaurants, les transports publics sont interdits aux Serbes, aux Juifs, aux Tsiganes et aux chiens ! Le 4 juin à Glina, au sud de Zagreb, 1.260 Serbes sont brûlés vifs dans une église orthodoxe. L’horreur absolue du nazisme sème l’effroi.


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    L’appel à la Résistance des fonctionnaires

    Le général de Gaulle a demandé à Pierre Tissier qu’il lance dans l’émission « Les Français parlent aux Français » un appel à la Résistance des fonctionnaires.
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  • Message. De Gaulle souhaite que l’administration soit noyautée et que le gouvernement de Vichy soit empêché de nuire dans les départements.

    Comment provoquer un électrochoc parmi la haute fonction publique plutôt bienveillante dans son ensemble au maréchal Pétain ? Pierre Tissier ose secouer ses collègues en s’adressant aux magistrats du Conseil d’Etat et à tous ceux qu’il a côtoyés dans les grandes commissions de l’Etat. Et de les interpeller sur l’exigence de probité : « Vous rappelez-vous de quel cœur, avec quelle passion même nous nous efforcions naguère de chercher en chaque affaire l’intérêt véritable de la nation ? »

    Pour mieux poser la question de la cohérence de son engagement : « Croyez-vous vraiment, vous qui me connaissez que je puisse être un traître parce que je suis le collaborateur du général de Gaulle ? Dois-je croire, moi, que vous trahissez la France en conservant des postes officiels dans une France en tutelle ? » Tissier est réconforté par les lettres qu’il reçoit et dont les auteurs saluent son courage et son audace. Il reconnaît que les fonctionnaires peuvent se poser des questions légitimes sur le rôle qu’ils ont à jouer mais il les invite à réagir plutôt qu’à subir : « Tous vous souhaitez ardemment la victoire de l’Angleterre dont vous avez pu douter un moment, sur la foi de renseignements truqués, et qui est vraiment une très grande et très belle nation ».

    Tissier démontre qu’on ne peut plus faire confiance au gouvernement soutenu par le Maréchal même s’il a pu incarner un espoir après la signature de l’armistice : « Vous avez cru que l’on vous conviait à participer à un effort qui permettrait à la France, le moment venu, de trouver dans son organisation régénérée le moyen de prendre sa revanche d’un échec passager ». Désormais, il n’est plus possible de douter. Le vrai visage de l’ancien soldat de Verdun apparaît au grand jour.

    Des mensonges d’Etat

    Pétain incarne une régression institutionnelle, une restriction des libertés publiques. « Qu’ils aient trahi, l’Assemblée nationale qui leur avait délégué ses pouvoirs, il est aisé de s’en rendre compte. Reportez-vous à l’exposé des motifs de la loi de pleins pouvoirs et faites le bilan des promesses tenues. Où sont les assemblées qui devaient être créées ? » interroge-t-il. Tissier en juriste averti poursuit l’énumération des mensonges d’Etat : « Où se trouve la ratification populaire de la nouvelle constitution ? ». Il observe aussi une instabilité ministérielle marquée depuis la fin de la IIIe République par dix remaniements. Dans le domaine économique, il est tout aussi incisif : « L’indépendance à l’égard des trusts est-elle consacrée par la remise de toute économie entre leurs mains, par le truchement des comités d’organisation ? ». Le haut fonctionnaire remarque aussi que les promesses de modernisation de la justice sont restées lettres mortes et que, surtout, il n’y a aucune simplification administrative initiée par le pouvoir. Le budget de l’Etat est à la dérive alors que promesse avait été faite d’une gestion rigoureuse des dépenses publiques. Inflexible, il ajoute : « Quelles sont les libertés nécessaires sauvegardées par le gouvernement de Vichy ? ». Tout cela justifie l’interprétation présentée sur les ondes de la radio de Londres.

    La réalité est grave et simple à décrire. L’amiral Darlan entend assurer le succès de l’Allemagne par tous les moyens. Par son attitude, par les promesses faites aux dignitaires du Reich, le vice-président du Conseil humilie son pays. Avant de conclure : « Le gouvernement de Vichy ne peut trahir la France sans votre coopération. Il n’est pas possible que vous la lui accordiez ». Pour mieux dessiner un scénario idéal de Résistance : « Si votre passivité, votre inertie paralysent le fonctionnement des services publics, les hommes de la trahison n’auront plus rien derrière eux. Un ordre exécuté trop tard, ou mal exécuté, perd toute son efficacité ». Pierre Tissier est clair : « Fonctionnaires, chacun dans votre sphère, pour le salut de la France, agissez ! ».

    Nouveau totem

    Darlan est le nouveau totem de la défaite. On dénonce sa faiblesse, la pauvreté de son argumentation politique, de sa facilité à accuser les autres des maux de la France. Il est patent que le vice-président du Conseil dit sa certitude que la faute revient au gouvernement qui a entraîné la France dans la guerre. A Londres la réplique est immédiate : « Si nous avons bonne mémoire, l’amiral Darlan et bien d’autres jouaient un rôle au Conseil supérieur de la guerre avant le 3 septembre 1939. Pourquoi n’ont-ils pas ouvert la bouche ? Serait-ce parce que, semblables à ces politiciens qu’il dénonce, ils ignoraient tout de la puissance allemande ? Où serait-ce tout simplement parce qu’ils servaient ces politiciens sans avoir le rude courage des soldats, celui de dire la vérité ? ». Ce qui est reproché à l’amiral comme à bon nombre d’officiers supérieurs c’est de s’être alignés sur certains politiques sans oser leur démontrer leurs erreurs et user de leurs compétences de militaires pour les recadrer. « L’amiral Darlan qui emprunte au maréchal Pétain ses formules, en même temps qu’il se couvre de son drapeau, nous parle des malheurs de la défaite. Pour la centième fois nous le répétons, personne n’a jamais eu l’audace de reprocher à la France sa défaite. »

    On ne peut pas faire vivre un pays en consolidant la défaite et en n’ayant que de la considération à l’égard de l’ennemi. Le plus grave pour le général de Gaulle dont la foi est authentique est que Vichy invoque la résignation chrétienne : « Ceux qui parlent, oublient que le christianisme a détruit l’esclavage et qu’Hitler le recrée ». Il s’agit donc d’un comportement absurde et hypocrite. La France doit s’en tenir aux clauses loyales de l’armistice et ne pas donner au vainqueur l’occasion de les dénoncer. C’est la traduction politique d’un alignement docile sur Berlin. Dans l’émission « Les Français parlent aux Français », les journalistes utilisent cette première semaine de juin 1941 pour dénoncer chacun avec leurs mots cette imposture.

    « Ce galimatias est incohérent. La seule politique de l’Allemagne depuis l’armistice, vis-à-vis de la France a consisté à outrepasser les clauses et Vichy n’a pas bronché jusqu’au 8 février. A partir du 8 février date de l’avènement de Darlan, Vichy a servi les desseins de l’Allemagne, dans sa transgression des clauses d’armistice ». Et au micro de la BBC on ne manque pas d’exemples pour crédibiliser ce réquisitoire.

    L’armistice n’exigeait pas que les usines françaises travaillent pour la guerre allemande. Il ne donnait pas le droit aux Allemands d’aller au Maroc ni d’établir des bases en Syrie. Pour les gaullistes, Darlan est un maître chanteur : « Il montre aux Français tout ce dont l’Allemagne est capable, si la France n’en passe pas par ses volontés. Des volontés qui n’ont rien à voir avec l’armistice mais uniquement avec l’offensive allemande : chantage à la famine, aux prisonniers etc. ». Au prétexte de préparer la paix, l’amiral est prêt à faire la guerre contre les ennemis de l’Allemagne. Avec lui la France est durablement à la remorque de sa défaite.

    Pour mieux affirmer quelques jours avant le premier anniversaire de la demande d’armistice : « C’est du côté de la France libre qu’il y a relèvement, renaissance, qu’il y a du soleil et non l’atmosphère du cachot et des ténèbres ».


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    Darlan : un Gauleiter de la France

    Le temps est toujours aux interdictions et à la discrimination
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  • Joseph Hackin : « Vaincre ou mourir ne sera pas une vaine formule pour moi ».
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  • Marie Hackin : « La même passion de servir le chef de la France libre »
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  • Maurice Schumann : « Eclairer les Français sur la réalité des situations ».
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  • René Cassin : « L’intelligence au service du combat ».
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  • Trahison. L’amiral ayant choisi le camp allemand, il est cloué au pilori de l’indignation par les Français libres qui lessivent sa politique puis essorent ses idées pour mieux le qualifier de honte nationale.

    Le 31 mai 1941, dans sa déclaration à la presse de la France occupée, l’amiral François Darlan prononce les paroles suivantes : « J’entends agir en sorte que la France reprenne sa place de puissance en Europe et dans l’univers. Cela implique qu’elle participe à la construction de l’ordre nouveau. Cela implique aussi qu’elle agisse pour hâter l’heure de la paix car, si l’impérialisme britannique a besoin de la guerre pour détruire l’Europe, la France a besoin de la paix pour exister et grandir comme une des parties essentielles de cette Europe ». Le discours du vice-président du Conseil est considéré par les Français libres comme une trahison. La radio de Londres interpelle les citoyens : « Devant ces déclarations et ces attitudes contradictoires, est-ce que le maréchal Pétain est d’accord avec la politique suivie par Laval et Darlan ? Pourquoi le maréchal Pétain garde-t-il le silence ? ».

    Un traitre et des héros

    Le général de Gaulle a raison de mettre la pression sur Vichy. D’autant que les déclarations inquiétantes se multiplient. Déjà le 26 mai, à la veille de la déclaration d’alarme du président Roosevelt au peuple américain sur la situation du monde, Pierre Laval indiquait : « Sa fonction de plaque tournante entre le Nouveau Monde et la nouvelle Europe, la France ne pourra la remplir qu’à la condition d’accepter et de pratiquer une collaboration totale et sans arrière-pensée avec l’Allemagne ». Cette situation provoque la colère de l’universitaire René Cassin qui, dans un style flamboyant fustige Vichy : « L’infamie de quelques plumes prostituées ne fait que souligner la grandeur de ceux des vôtres qui sont prisonniers dans les camps allemands ou victimes des mouchards de la gestapo, le courage de vos actes, de vos écrits et la dignité de vos silences ». Il dénonce les renégats qui sont les dociles serviteurs du maréchal et de sa clique pour citer en exemple ceux qui ont donné leur vie pour la liberté : « Parmi ces héros les plus purs morts pour nous tous, la France libre compte Joseph Hackin, l’illustre orientaliste lorrain qui, dès juillet 1940, avait répondu à l’appel du général de Gaulle, du fond de l’Afghanistan. Cet ancien de la Marne et de Verdun a été accompagné dans le sacrifice suprême par sa femme, la collaboratrice de ses travaux scientifiques, devenue pour la guerre son officier d’ordonnance ». Et d’ajouter : « Un de nos premiers compagnons, Henri Marais, condisciple de Carcopino et d’Albert Thomas à Normale supérieure a succombé aussi ». Le soin qu’apporte Cassin à reléguer Vichy comme l’exécuteur des basses œuvres tranche naturellement avec la confiance manifestée envers ceux qui combattent auprès du général de Gaulle.

    Il célèbre tous les soldats marins et aviateurs ainsi que les populations de l’Empire engagées dans la reconquête : « Avec une intuition admirable, le peuple français a compris qu’il ne serait pas vaincu, tant que sa volonté de vivre libre subsisterait. Or l’âme de la France qui vit en chacun s’exprime par vous ». Pour convaincre les Français de métropole à relever la tête, le professeur de droit reprend : « Vous incarnez une liberté indestructible, celle du jugement ; vous avez l’esprit critique qui démasque les mensonges les plus perfides, tempère les espoirs prématurés, et fortifie les certitudes raisonnées de victoire ». Cet appel à l’intelligence et au discernement de chacun est un pari sur le temps pris pour réfléchir alors que les journées sont déjà si remplies pour assurer la survie familiale. René Cassin est confiant dans le bon sens et l’engagement des intellectuels : « Répétez partout qu’après avoir versé son sang depuis tant de siècles pour toutes les nobles causes et pour la libération des hommes et des peuples, la France ne saurait défaillir au moment même où l’Univers des nations libres s’apprête à la délivrer. Soutenues par l’esprit, l’épée de nos alliés, celles de vos libérateurs, vaincront les puissances du mal ! ».

    Un réquisitoire au micro

    Le 4 juin 1941, Maurice Schumann est tout aussi sévère avec Darlan. Il décrit l’insulte au drapeau et à la France que le comportement insoutenable du vice-président du Conseil provoque. Il s’interroge sur le silence de Pétain. Il choisit de s’adresser aux soldats de la Bataille de France, en particulier à ceux qui ne sont pas enfermés de l’autre côté du Rhin et qui pourraient rejoindre très vite la Résistance. « Savez-vous comment Darlan célèbre l’anniversaire de votre sacrifice ? En annonçant aux soldats français que, désormais, ils sont les soldats de l’Allemagne, aux marins français que, désormais ils sont les marins de l’Allemagne ; aux aviateurs français que, désormais, ils sont les aviateurs de l’Allemagne ; aux travailleurs français, de la pensée, des usines et des champs que désormais ils sont les forçats de l’Allemagne ». C’est bien d’une soumission totale dont parle le journaliste, la réduction de la France et de son peuple à être l’esclave de l’Empire nazi. Vichy est désormais l’allié proclamé du Reich, d’Hitler, de sa politique de discrimination. N’oublions pas que le 2 juin 1941, un second statut des juifs est promulgué par le Maréchal. Il remplace et aggrave le texte du 3 octobre 1940. Il redéfinit la qualité de Juif, prescrit le recensement des Israélites dans toute la France et augmente le nombre d’interdits professionnels qui leur sont opposables. Il impose un seuil maximum de 3 % d’étudiants juifs ! Schumann à la fois grave et moqueur résume ainsi la situation en métropole : « Sac au dos pour Hitler ». Il use de la formule pour accentuer le rejet de cette collaboration absolue synonyme de soumission et d’humiliation : « Sac au dos pour que les Flamands, les Artésiens, les Picards, les Champenois, les Francs-Comtois soient chassés comme du bétail errant loin de leurs terres et de leurs foyers ». Il s’insurge contre ce qui anticipe le démembrement de la France. Il martèle encore : « Sac au dos pour que la victoire allemande permette aux carabiniers de Mussolini d’entrer sans risque à Chambéry, à Annecy, à Nice, à Ajaccio ». Il multiplie les exemples sur la même proposition accusant l’ennemi de parier sur la mort de la France. Le porte-parole du général détaille comment l’amiral plonge la France dans le déshonneur.

    Darlan est accusé de livrer dans un premier temps, les bases, les aérodromes, les usines, les ressources de la France puis au cours d’une deuxième étape de provoquer et d’attendre la riposte des alliés dont le droit et le devoir sont de pourchasser l’ennemi partout où il se trouve. Enfin, il retrouve ce ton martial et cette posture de chef : « qu’il se gardait bien de prendre quand il s’agissait de combattre pour le pays ». Avant d’ajouter : « Il se tourne vers notre armée, notre marine, notre aviation qu’il s’est patiemment efforcé de duper par ses mensonges, de paralyser par ses jeux équivoques, de démoraliser par le favoritisme la délation ou les brimades, et il leur dit : j’avais juré de défendre l’Empire. Qui l’attaque ? L’Angleterre. Aux armes contre l’Angleterre ». Maurice Schumann poursuit son réquisitoire pour l’achever avec puissance : « A ce prix, il ne restera plus rien de la France et des Français qu’un vaste bagne dont le Gauleiter Darlan sera le garde-chiourme, un vaste cimetière dont il sera le pourvoyeur ».

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    Union110604b - Marne
    SUIPPES : La grande guerre en photographies

    De magnifiques clichés de John Foley.
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    Le centre d’interprétation Marne 14 -18 propose une exposition photographique intitulée « Lieux et mémoire de la grande guerre ».

    Il s’agit d’une exposition de l’association les Champs de mémoire, avec pour auteur Anne Roze et le photographies John Foley.

    Cette exposition est à voir du 4 juin au 17 juillet, du mardi au dimanche, de 14 à 18 heures, salle Hardheim de la Maison des associations, entrée libre.

    Marne 14-18 Centre d’Interprétation

  •  4 ruelle Bayard 51600 Suippes.
  •  Tél. 03.26.68.24.09
  •  contact@marne14-18.fr
  •  www.marne14-18.fr

     

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    Union110604a - Marne
    ALGERIE : Charleville-Mézières : « Notre Algérie » au centre culturel

    Tout est fait pour mettre les spectateurs dans l’ambiance, tapis et thé à la menthe.
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  • Le centre culturel propose, mercredi 8 juin, un spectacle rare et exceptionnel, une réflexion sur l’Algérie, son identité et l’évolution de sa société.

    LA semaine prochaine, l’Algérie sera à l’honneur au centre culturel, avec la venue pour la première fois en France du spectacle « Notre Algérie », de et avec Michel Beretti et Ahmed Belbachir, avec également Ammar Toumi pour la musique.

    Rendez-vous mercredi 8 juin à 18 heures dans la salle nouzonnaise.

    Ce spectacle a une longue histoire. Au cours de l’hiver 2009-2010, Ahmed Belbachir et Michel Beretti ont échangé de longs courriers électroniques sur leur rapport à l’Algérie.

    Ahmed Belbachir a passé son enfance dans le pays, jusqu’à ce que son père, déçu par la « Révolution », revienne s’installer en France. Né loin de l’Algérie où il s’est rendu pour la première fois dans les années 1980, Michel Beretti traite de ce pays dans plusieurs textes.

    Plusieurs rencontres

    « Notre Algérie », lecture-spectacle musical, est le produit de cet échange de correspondances, qui continue à se développer, notamment avec les derniers événements qui secouent le monde arabe. Aux deux auteurs-interprètes s’est adjoint Ammar Toumi, musicien algérien vivant à Genève.

    « Notre Algérie » n’est pas une lecture-spectacle comme une autre. Pour entrer dans la salle, de vieux tapis sont disposés sur le sol. A leur entrée, les spectateurs sont accueillis par les trois interprètes à la porte de la salle. Dès qu’ils se sont déchaussés, on leur offre du thé à la menthe. « Notre Algérie » a été créé au Centre Culturel ABC de la Chaux-de-Fonds, en Suisse, le 23 mars 2010.

    En plus de ce spectacle, Michel Beretti sera également présent le lundi 6 juin à 17 heures pour une lecture dans le hall du centre culturel. L’entrée sera libre. L’auteur lira des extraits du texte « Rendez-vous reporté » et « Des yeux de Nercès », écrits pour le grand comédien algérien Sid Ahmed Agoumi, évoquant une enfance en Algérie et le parcours d’un homme de théâtre pris entre la bureaucratie du FLN et les islamistes. On y verra surgir tout le petit peuple d’Alger en d’innombrables personnages, comme Sid Ahmed Agoumi sait parfaitement les faire revivre dans la tradition du théâtre arabe.

    Michel Beretti sera également présent le mardi 7 juin à Nouzonville, pour une intervention au collège Jean-Rogissart et la présentation d’un opéra pour les enfants.

    Mirko SPASIC
    avec notre correspondant Olivier Grunenberger

    Il reste quelques places disponibles. Pour tous renseignements et réservations, appeler le 03.24.37.37.49 ou contacter le centre par mail : centreculturel.nouzonville @wanadoo.fr

    Retour en Algérie : Dans la France profonde

    Pierre Bensusan, admirateur des guitaristes Paco de Lucia et Ralph Towner, prépare un projet ambitieux : « C’est la déclinaison d’une ligne musicale et artistique qui part de L’Irlande, le sud de l’Angleterre, l’Espagne et qui va jusqu’en Afrique du Nord.Les échanges existent depuis très longtemps. »

    Vers ses racines

    Plusieurs invités sont prévus, comme des musiciens des Chieftains, un groupe irlandais formé dans les années soixante, très connu dans les pays anglo-saxons. Il ont ainsi joué avec les Rolling Stones.

    En plus du patrimoine celtique, Pierre Bensusan s’intéresse à la culture de son enfance, en Algérie, un pays qu’il a quitté à l’âge de 4 ans.

    Ce disque est prévu en 2013.

    Il va aussi collaborer à un film avec une cinéaste originaire d’Oran, en Algérie, Rahma El Madani.« L’idée est de revenir à Oran, de rencontrer des musiciens, de jouer ensemble, de partir en France et de revenir en Algérie, en donnant peut-être un concert avec un orchestre symphonique. »

    Un texte fort

    Le texte de « Notre Algérie » est particulièrement fort. Extrait.

    Ahmed Belbachir : « L’homme est né pour la liberté, enlève-lui la liberté, il ira la chercher ailleurs.

    Je vous remercie, dictateurs de mon pays,
    Sans vous je n’aurai jamais parcouru le monde.
    Je vous remercie, tyrans d’Algérie,
    Sans vous, je n’aurai jamais compris qu’ailleurs peut vivre l’Algérie.
    L’Algérie est un rêve. Je le porte
    Là où je suis, là où la Parole est vivante ».

    http://www.michelberetti.net/print....

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    Union110603c - Marne
    ALGERIE : Il rêvait d’une Algérie où l’on s’entr’aime

    Fils d’un cadre de la Compagnie des chemins de fer du Nord, Roger Gavoury est né le 7 avril 1911 à Mello (Oise). Il effectue sa scolarité à Senlis et ensuite ses études à Beauvais et à Lille.

    Il entre dans la vie active en 1931 comme cadre dans des sociétés bancaires ou commerciales (notamment aux Docks rémois) avant de se présenter en avril 1936, au concours pour les emplois de commissaire de police stagiaire dans les départements.

    Roger Gavoury reçoit sa première affectation de commissaire de police le 21 novembre 1936 à Hazebrouck (Nord) : dans cette commune éprouvée par les bombardements aériens, il se signale par son dévouement lors des événements de mai-juin 1940.

    Il est nommé successivement à Sarcelles, Sotteville-lès-Rouen, Rouen-Saint-Sever, Béthune, Mézières-Charleville et La Rochelle.

    En mission temporaire au Maroc à compter du 9 août 1955, il est confirmé dans ses fonctions d’adjoint au chef de la sûreté régionale de Casablanca en février 1956. Il se voit confier la responsabilité du service central de la sécurité publique à Rabat en février 1957 et élabore la doctrine relative à l’organisation de la sûreté nationale marocaine.

    Il est promu commissaire divisionnaire au lendemain de son installation, le 29 février 1960, dans les fonctions de commissaire central adjoint à Alger.

    Il est admis au bénéfice de la croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent le 21 avril 1961.

    La citation souligne sa participation « très importante à la lutte contre la rébellion ». Elle rappelle qu’il a « payé courageusement de sa personne, au cours des événements de décembre 1960, en se portant constamment aux endroits où la violence des manifestations prenait la forme la plus dangereuse, afin de limiter les heurts entre les communautés ».

    Elle se conclut en ces termes : « A suscité, en ces circonstances, l’admiration de son personnel, qu’il a galvanisé par son exemple. »

    Dans un ouvrage intitulé « Commissaire de police en Algérie, 1952-1962 », publié en mars 2011 aux Éditions Riveneuve, Roger Le Doussal précise : « S’appuyant sur les CRS, il avait joué un rôle important lors des émeutes musulmanes du 11 décembre 1960 pour éviter que leur répression par des militaires ne tourne au carnage. »

    Jugé puis exécuté par l’OAS

    Prenant ses fonctions de commissaire central le 23 mai 1961, moins de six semaines après le plasticage de son appartement, Roger Gavoury s’adresse à ses collaborateurs en ces termes : « L’horizon commence à blanchir et bientôt, je l’espère, luira sur l’Algérie l’aube de la paix. Je voudrais, de toute mon âme, être le Central de la pacification, la vraie cette fois, celle des esprits. Je rêve d’une Alger où les hommes s’entr’aiment enfin, sans plus être séparés par des races, des religions ou des mers. »

    Tué en service commandé, Roger Gavoury est nommé, à titre exceptionnel, contrôleur général de la sûreté nationale, par arrêté du ministre de l’intérieur du 2 juin 1961.

    Le 3 juin 1961, le juge d’instruction d’Alger est saisi d’une note de la police judiciaire ainsi libellée : « Des constatations et des premiers éléments de l’enquête, il ressort que le crime a été commis en raison de l’attitude ferme manifestée par ce fonctionnaire, particulièrement pour maintenir l’ordre à Alger et réprimer les troubles provoqués par les organisations subversives activistes. On peut donc estimer que cet homicide est le fait d’une bande armée en relation avec les insurgés d’avril 1961. »

    Le 4 juin 1961, un tract ronéotypé à en-tête « OAS-Sous-Secteur Alger-ouest » est distribué dans les boîtes aux lettres d’Alger précisant que l’Organisation armée secrète avait « jugé » le commissaire divisionnaire Gavoury notamment pour « crime de haute trahison » et « complicité avec le régime » ; il se conclut comme suit : « Un premier avertissement (14 avril dernier - bombe au plastic) n’ayant donné aucun résultat, il a été décidé de procéder à son exécution ».

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    Union110603b - Marne
    TINQUEUX : Au lycée Croix-Cordier de Tinqueux : Conférence des anciens marins

    « Les décorations françaises », un panorama à la fois visuel et historique présenté par Yves Perreau.
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  • C’est une première : le lycée professionnel Croix-Cordier a accueilli une conférence intitulée « Les décorations françaises » proposée par Yves Perreau, président des Anciens Marins de Reims.

    Le public s’est mobilisé et environ une soixantaine de personnes se sont retrouvées pour profiter d’un panorama à la fois visuel et historique sur les décorations de l’Ancien Régime à nos jours.

    De nombreuses questions ont été posées et l’intervention s’est terminée par un moment de convivialité. Le proviseur du lycée, Philippe Louges, s’est réjoui de cette ouverture vers l’extérieur.

    Quelques élèves et professeurs étaient présents dans l’assemblée. Chacun a pu apprécier la recherche documentaire proposée et la passion de l’intervenant.

    D’autres conférences sont d’ores et déjà en projet.

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    HISTOIRE – NAPOLEON : La petite histoire dans la grande : L’élève d’anglais de Sainte-Hélène

    Reproduction d’une œuvre de Benjamin Robert Haydon, peintre et écrivain historique.
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  • Napoléon a appris la langue de l’ennemi en captivité.
    Des documents rares sur l’Empereur sont mis aux enchères dimanche.

    NAPOLÉON BONAPARTE, « le premier ennemi de l’Angleterre », se résolut à apprendre l’anglais lors de sa captivité sur l’île de Sainte-Hélène, où il fut déporté par les Britanniques en octobre 1815 après la défaite de Waterloo.

    C’est ce que révèlent de rares témoignages autographes qui seront mis en vente dimanche à Fontainebleau, près de Paris.

    « To run, runned (sic), running », peut-on lire de la main de l’empereur déchu sur l’un des trois fragments de papier vergé d’une manufacture anglaise, montés plus tard en un feuillet. Les historiens ne recensaient jusqu’à présent que deux autres fragments d’exercices d’anglais et deux lettres écrites par Napoléon Ier à Las Cases.

    L’Empereur honteux d’une telle lacune

    Emmanuel de Las Cases, que Napoléon fit comte d’empire en 1810, accompagna l’Empereur à Sainte-Hélène, où il resta dix-huit mois pour noter ses propos, publiés en 1823 sous le titre « Mémorial de Sainte-Hélène », ouvrage qui contribua à la légende napoléonienne. « Il est venu à remarquer qu’il était honteux qu’il ne sût pas encore lire l’anglais », écrit Las Cases à l’année 1816. En janvier, l’Empereur prend une première leçon d’anglais puis s’entraîne à la traduction « à l’aide d’un petit tableau que je lui ai fait pour les verbes auxiliaires et les articles ».

    Sur l’un des fragments jaunis, où surgit l’écriture arachnéenne de Napoléon, on devine le combat du captif pour maîtriser la langue.

    « Qu’es qui étoit arrivé », est traduit « What was it arrived », là où son instructeur aurait préféré lire « What has happened » ?

    Au verso du papier, Napoléon avait dessiné des redoutes fortifiées.

    Même pendant ses cours d’anglais, « il ne peut pas s’empêcher d’être un homme d’armée, un militaire, il griffonne des murs, des projets de fortifications », souligne le commissaire-priseur Jean-Pierre Osenat, responsable de la vente de dimanche.

    En février 1816, Las Cases relève les « très grands » progrès de Napoléon. « Il en était frappé lui-même et s’en réjouissait comme un enfant », écrit-il.

    « C’est incroyable de penser que Napoléon, qui sa vie entière s’est battu contre les Anglais, a voulu apprendre l’anglais sur le tard. Il aurait peut-être pu y penser avant ! », s’étonne Jean-Pierre Osenat.

    Napoléon mourut le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène. Le gouverneur de l’île, Hudson Lowe, qui n’eut de cesse d’imposer vexation sur vexation à son prestigieux prisonnier, salua « un grand homme ». « C’était le plus grand ennemi de l’Angleterre et le mien aussi, mais je lui pardonne tout », dira-t-il.

    La maison de ventes Osenat, située face au château de Fontainebleau, est réputée pour ses ventes napoléoniennes. Deux fois par an, les ventes « L’Empire à Fontainebleau » réunissent experts, collectionneurs et autres passionnés de l’Empire, venus du monde entier, autour de souvenirs historiques, manuscrits, mais aussi mobilier, orfèvrerie et armes anciennes. Les fragments autographes seront mis à prix entre 3 000 et 4 000 euros. La maison Osenat en attend au moins 9 500 euros.

    Au fil des enchères

    Berezina. Les nombreux documents mis en vente dimanche par la maison Osenat apportent également d’intéressants témoignages sur les campagnes napoléoniennes, notamment le récit par le maréchal de camp Antoine-Clément Chapelle de l’action du général Jean-Baptiste Eblé, qui parvint à sauver les restes de la Grande Armée lors de la campagne de Russie en construisant des ponts sur la Berezina. « On se mit à l’ouvrage, on abattit des maisons, on en rassembla les bois, on forgea des clous », peut-on lire dans un ensemble de douze lettres.

    Sœur préférée. On découvre également des témoignages plus intimes, comme ces cinq lettres de Pauline Bonaparte, la sœur préférée de Napoléon, qui évoque en janvier 1816 son divorce d’avec le prince Borghèse dans une lettre au cardinal Nicolas Cuneo d’Ornano, originaire d’Ajaccio comme elle. Pauline fut la seule des Bonaparte à rendre visite à l’Empereur durant son exil sur l’île d’Elbe.

    Louis XVI. L’une des autres pièces maîtresses de la vente ne concerne plus Napoléon. Il s’agit de la liste des votants au procès de Louis XVI les 16 et 17 janvier 1793.Cette pièce manuscrite, mise à prix à 2 000-3 000 euros, mentionne les conventionnels dans l’ordre où ils furent appelés - ordre alphabétique des départements - et leur décision : mort, détention ou réclusion. Le vote dura pratiquement vingt-quatre heures. Lorsque ce fut le tour de Bertrand Barère (Hautes-Pyrénées), ce dernier déclara : « Il n’y a que les morts qui ne reviennent pas, je vote pour la mort. » Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793.

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    Union110601b - Marne
    MAILLY-CHAMPAGNE : Les AFN du Djebel en promenades

    Avant de monter sur le bateau.
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  • L’association « Le Djebel » regroupant les AFN (Anciens combattants d’Afrique du Nord) de neuf villages de la Montagne de Reims viennent de vivre une belle journée de convivialité.

    Grâce à l’initiative de leur président, Gérard Frémaux, et des membres du bureau, 53 d’entre eux sont allés en croisière sur le Rhin.

    A l’heure dite, pas un n’était en retard pour vivre cette escapade. Selon les adhérents, la réussite fut complète avec décontraction et bonne humeur. Les estivants ont apprécié les paysages magnifiques sous un beau soleil.

    Le groupe s’est déjà promis de se retrouver l’an prochain pour de nouvelles découvertes entre amis.

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    Union110601a - Marne
    FISMES : « Memorial Day » : L’hymne américain a résonné

    Devant le monument.
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  • Le dimanche 29 mai, une cérémonie a eu lieu aux abords du monument dédié aux troupes américaines à la sortie de Fismes en direction Bazoches/Vesle, sur la RN 31. Cette commémoration se situait dans le cadre du Memorial Day, jour de la célébration officielle des combattants de toutes les guerres aux États-Unis.

    Le général de brigade, commandant des forces américaines en Europe Jeffrey G. Smith, le capitaine Patrick Ireland, aumônier militaire du 43e bataillon de l’armée des USA, basé à Heidelberg (Allemagne) et Jeffrey Aarnio, superintendant du cimetière Oise-Aisne de Seringes-et-Nesle, étaient présents pour célébrer le souvenir des soldats américains morts sur le territoire de la commune et dans ses environs dans la fin des combats de la Première Guerre mondiale.

    6 012 d’entre eux sont en effet enterrés à Seringes-et-Nesle.

    Jean-Pierre Pinon, maire de Fismes et conseiller général de la Marne, a accueilli la délégation américaine, entouré par les porte-drapeaux et présidents des associations d’anciens combattants de Fismes.

    La fanfare de Fismes, sous la direction de Pierrette Creton et d’Arnaud Cochenet, avait inscrit pour la première fois dans son répertoire l’hymne national américain.

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    Union110531d - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Souvenir français : Le voyage en Pologne est prêt LOISY

    La salle attentive suit sur grand écran.
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  • Vendredi soir Pierre-Marie Delaborde, président de la section du Souvenir français pour les cantons de Thièblemont et Heiltz-le-Maurupt avait convié les participants au voyage en Pologne à une réunion d’information à la salle des réunions.

    Depuis dix ans que le Souvenir français organise des voyages de mémoire, le président souhaitait sortir des frontières. En 2010 la sortie d’une journée à Bruxelles fut un ballon d’essai. La participation augurait mal d’un voyage plus lointain de plusieurs jours. En s’associant au centre culturel, un voyage en Pologne du 9 au 14 septembre est devenu réalité. Deux fois amendé, le projet présenté vendredi était donc une troisième mouture.

    Le voyage aura lieu en car grand tourisme avec départ de nuit. Il comprendra la visite de sites historiques comme Cracovie et Prague et des sites de mémoire Auschwitz et Birkenau ainsi que la visite d’une mine de sel.

    Toutes les visites se feront avec guides et le groupe bénéficiera parmi les participants d’un touriste parlant couramment le polonais en la personne du général Cieslak qui fut attaché défense à l’ambassade de France à Varsovie.

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    Union110531c - Marne
    CAUROY-LES-HERMONVILLE : 119e régiment d’infanterie : Français et Belges se souviennent

    La délégation franco-belge.
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  • Comme chaque année depuis 1954, les anciens combattants de Couillet en Belgique et ceux de Cauroy-les-Hermonville se sont retrouvés dimanche à Cauroy afin de commémorer le 119e régiment d’infanterie qui s’est distingué sur le terroir de Cauroy du 13 au 29 septembre 1914.

    Rassemblés à Cauroy, les hommes avaient reçu l’ordre de se déployer sur Berméricourt en traversant le pont du Godat. Les morts furent nombreux. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, le régiment, qui ne comptait plus que 7 officiers sur 35 et 1 300 hommes sur 4 000 fut relevé par le 84e et se réorganisa à Pévy avant de reprendre position dans la nuit du 3 au 4 octobre.

    Une délégation belge est arrivée en car afin de déposer une gerbe, avec la municipalité et les AC de Cauroy, au monument commémorant les valeureux combattants des 119e RI, 319e RI et du 20e territorial.

    La délégation s’est ensuite recueillie au monument aux morts de Cauroy où une gerbe fut déposée.

    Le maire, Guy Lecomte, a ensuite rendu un hommage appuyé à Roger Rosart, décédé le 18 avril dernier à Marcinelle en Belgique. M. Rosart fut résistant à 15 ans, volontaire de guerre en 1944, journaliste d’investigation. Il servit au sein de l’armée US du général Patton.

    A noter qu’une animation sur le 119e RI sera organisée lors des journées du patrimoine les 17 et 18 septembre après-midi à l’église de Cauroy.

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    Union110531b - Marne
    EPERNAY : Journée nationale de la Résistance : Commémoration et dépôt de gerbe

    Jacques Fromm et Geneviève Philizot ont déposé une gerbe au pied du monument des Martyrs de la Résistance.
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  • L’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) section d’Epernay avait invité les patriotes et la population sparnacienne à commémorer l’anniversaire de la création du Comité national de la Résistance qui a unifié tous les mouvements de la résistance française, permettant ainsi de hâter la libération de la France.

    Emmené par Alain Galataud, président de la section ANACR d’Epernay, le cortège s’est rendu au monument des Martyrs de la Résistance.

    Encadrés par une double haie de porte-drapeaux, Jacques Fromm, adjoint au maire d’Epernay représentant Franck Leroy, et Geneviève Philizot, ancienne résistante, y ont déposé une gerbe, tandis que la Champenoise d’Aÿ exécutait les sonneries réglementaires.

    Les participants ont ensuite rejoint La Villa pour déposer une seconde gerbe au pied de la plaque dédiée à Jean Moulin.

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    Union110531a - Marne
    SHOAH : Mouzon / Remise de la médaille des Justes de France Le geste des Cailac gravé à jamais

    Robert Maignan et Raymonde Nathanson. Entre eux deux (derrière), Michel Harel, ministre près l’ambassade d’Israël à Paris.
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  • Sans les Cailac, la petite Raymonde aurait sans doute été déportée avec ses parents. Dimanche, on remettait la médaille des Justes à titre posthume à ce couple si discrètement héroïque.

    GABRIEL et Sara Cailac ne sont plus là. Ils sont aujourd’hui décédés. Dommage qu’ils n’aient pu recevoir de leur vivant les honneurs qui leur ont été rendus, dimanche matin, à la mairie de Mouzon, par Michel Harel, ministre près l’ambassade d’Israël à Paris, pour avoir sauvé des camps de déportation une petite juive, alors âgée de 6 ans. Durant trois ans, à la Besace, en pleine occupation, ils ont réussi à faire croire que la jeune Raymonde était une cousine de Paris.

    Ses parents, morts à Auschwitz un peu plus tard, l’avaient confié à Sara et Gabriel Cailac, cafetiers à la Besace, en les suppliant de sauver leur fille de la déportation. « Mes parents m’ont dit que ces gens allaient bien s’occuper de moi et qu’ils viendraient bientôt me rechercher », se souvient Raymonde, qui dimanche, avait fait le déplacement depuis Las Vegas, où elle vit aujourd’hui avec son mari Philip Fiol.

    Cette très haute distinction, décernée par l’institut Yad Vashem de Jérusalem à ceux qui ont sauvé des Juifs pendant l’occupation, a été remise à Robert Maignan, 93 ans, gendre des Cailac.

    En larmes

    Tour à tour, Gérard Renwez, maire de Mouzon, Christine Dollar Leplomb, présidente départementale des Amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation, Marc Lamenie, sénateur, Didier Cerf, délégué régional du comité français pour Yad Vashem, Béatrice Obara, sous-préfète de Sedan, ont rendu un vibrant hommage à tous ceux qui n’avaient pas hésité à prendre de gros risques pour sauver des vies, comme l’avaient fait Sara et Gabriel Cailac, en gardant trois ans avec eux la petite Raymonde, élevée comme leur propre fille, cela va de soi.

    Robert Maignan, le gendre chargé de recevoir les honneurs de ses beaux-parents décédés, n’a pu retenir ses larmes en serrant dans ses bras celle qu’il avait eu le temps de « croiser » à son retour des camps de prisonnier en 1945. Puis, Raymonde étai partie pour une pension à Paris, avant de partir pour l’Angleterre.

    Cette belle et triste histoire aurait pu en rester là. Grâce au travail de recherche de Christine Dollar-Leplomb, le geste des Cailac sera immortalisé sur le mémorial de Yad Vashem où leurs noms seront désormais gravés parmi les 21.000 justes, dont 2.800 Français identifiés à ce jour - qui ont permis à quelques milliers de juifs d’échapper à la folie nazie.

    Raymonde Nathanson n’avait rien oublié de tout ça. Et c’est également en larmes qu’elle tendrement serré dans ses bras Robert Maignan, l’incarnation vivante de ses sauveurs.

    O.R.

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    Union110530b - Marne
    TINQUEUX : Union Fédérale Marnaise : Encore beaucoup de doléances

    De gauche à droite : Etienne Hamaide (France Mutualiste), Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général, les présidents Cédric Lacroix et Gilles Richard.
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  • L’assemblée générale de l’Union Fédérale Marnaise s’est tenue à Tinqueux dans l’amphithéâtre du collège Paulette-Billa. Gilles Richard a accueilli le président Cédric Lacroix, les présidents d’associations et ses amis anciens combattants.

    Baisse constante des crédits

    Il s’est réjoui de les recevoir dans une salle au nom prestigieux de Paulette-Billa, maire de Tinqueux de 1945 à 1983 : « Ce nom évoque aussi celui de mon prédécesseur Serge Billa qui fut président de l’association de 1982 à 2007 ». Il a remercié les porte-drapeaux pour leur présence et leur participation à la cérémonie d’hommage au monument aux morts.

    Cédric Lacroix, après son exposé sur la situation dans le monde combattant, a présenté la motion de l’Union Fédérale Marnaise où il a regretté la baisse constante des crédits alloués aux anciens combattants, alors que leur simple maintien réglerait un grand nombre de contentieux. Il a désapprouvé la disparition d’un interlocuteur direct de rang ministériel, souhaité encore une fois que la retraite du combattant atteigne les 48 points PMI, taux de 1930 (pension militaire d’invalidité) en 2012.

    Cédric Lacroix a aussi demandé que l’allocation différentielle des conjoints survivants soit basée annuellement par l’INSEE sur le seuil de pauvreté français et non sur une somme figée ; et que le fonds de solidarité soit étendu aux anciens des missions extérieures. Il a déploré les pertes militaires dans les théâtres d’Opérations Extérieures sur lesquels participe la courageuse armée française.

    L’adresse du siège social de l’UFM a changé : ce n’est plus 31 rue de l’Arquebuse, mais 26, Chaussée Bocquaine à Reims.

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    Union110530a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Suite au concours de la résistance : Un voyage dédié aux lauréats

    Une gerbe déposée par deux lauréats du concours de la résistance.
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  • Vingt-huit élèves, lauréats du concours de la Résistance 2011, ont été reçus samedi à la Butte des Fusillés par Jean Chabaud, président des combattants volontaires de la Résistance et notamment vice-président du Conseil départemental des anciens combattants, au même titre que Jean Hendziak, présent à ses côtés.

    Ce rendez-vous fait partie d’un voyage organisé pour les élèves, en récompense de leur savoir sur ce que fut la résistance dans la Marne. Un rendez-vous avec un dépôt de gerbe par deux lauréats au pied du monument des fusillés érigé près de la butte, accompagné d’un résumé par Jean Chabaud de ce que fut la résistance dans le département.

    Le voyage s’est poursuivi via le musée de la résistance au château de Montmort et les lauréats purent échanger avec Jocelyne et Jean-Pierre Husson, ainsi qu’Yvette Lundy, ancienne résistante et déportée du camp de concentration de Ravensbrück. Ultime étape enfin, à Reims, pour la visite du musée de la reddition.

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    Union110529c - Marne
    LIVRE : Les moines de Tibhirine tués par la politique ?

    Au monastère d’Aiguebelle (Drôme), un arbre et un mémorial en la mémoire des moines de Tibhirine. Photo : Fabrice Hébrard/Le Dauphiné Libéré
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  • En quête de vérité. Le martyre des moines de Tibhirine, de René Guitton. Calmann-Lévy. Mars 2011. 345 pages. 21,50 euros.
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  • René Guitton, éditeur et auteur.
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  • Enquête. Le livre de René Guitton apporte de nouveaux éléments concernant l’assassinat des sept moines. Il évoque notamment le rôle joué par le préfet Jean-Charles Marchiani, les ministres Juppé et Debré et le président Chirac.

    Jean-Charles Marchiani : « Debré et Juppé ont été mis au courant de ma mission. Et ils ont décidé de mettre un terme à mes efforts »

    Le martyre des moines des Tibhirine reste une énigme depuis leur enlèvement par un commandant islamique et leur mort entre mars et mai 1996 dans la région de Médéa en Algérie. René Guitton, déjà auteur d’un livre sur le sujet en 2001, revient sur cette question et publie une enquête approfondie qui, si elle ne parvient pas à dénouer le mystère, éclaire sur le contexte de l’Algérie des années de plomb et la présence chrétienne sur cette terre d’Islam où la démocratie s’est arrêtée subitement après les élections législatives de 1991 qui avaient vu la victoire du Front islamique du salut.

    Mais au-delà de cette mise en perspective, l’ouvrage apporte des éléments nouveaux propres à rectifier certaines idées préconçues, voire certaines rumeurs. Les moines ont-ils été enlevés par un commando du GIA manipulé par les services de renseignement algériens ? La question reste ouverte. Les moines ont-ils été victimes d’une bavure de l’armée algérienne ? L’étude des photographies des têtes des moines qu’il a soumises à un certain nombre de spécialistes, tels des médecins légistes ou des balisticiens, semble démontrer son impossibilité, même si les têtes n’ont toujours pas été autopsiées… Mais le plus stupéfiant dans cette enquête est le récit de négociations officieuses dont l’échec aurait conduit à l’assassinat des sept frères trappistes. René Guitton raconte comment le préfet du Var Jean-Charles Marchiani, (mandaté officieusement le 6 avril 1996 par Jacques Chirac) et le général Saïdi Fodil, ancien patron du Département de la sécurité extérieure devenu chef de la 4e région militaire, se sont rencontrés à Ouargla pour mettre au point un scénario d’exfiltration des moines. Les choses semblent d’abord bien se présenter et un contact est noué avec les ravisseurs. Djamel Zitouni, chef du commando qui a enlevé les religieux, fait parvenir à Paris un communiqué, le n° 43, qui montre qu’un accord a été trouvé entre eux et les négociateurs. Le GIA complète d’ailleurs ce texte par un enregistrement audio transmis à l’ambassade de France à Alger le 30 avril, qui fait la preuve que les moines sont entre leurs mains et vivants à la date du 20 avril 1996.

    La DGSE réceptionne la cassette mais n’en informe pas Marchiani. En revanche Alain Juppé, Premier ministre, et Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur, sont prévenus. Ils découvrent alors le rôle du préfet du Var qui aura cette réflexion devant l’auteur : « Ma conviction personnelle est que, durant le week-end du 1er mai, Debré et Juppé ont été mis au courant de ma mission. Ils se sont alors dits : « On va encore se rendre ridicules comme dans l’affaire de la Bosnie. » Et ils ont décidé de mettre un terme à mes efforts. »

    La Bosnie, c’est l’intervention de Jean-Charles Marchiani pour faire délivrer les deux pilotes français pris en otages en décembre 1995. Mise en doute, son intervention a été confirmée dans le procès en appel de Charles Pasqua la semaine dernière ! Résultat, au conseil des ministres du 9 mai 1996, sans que Jacques Chirac ne lève le petit doigt, Juppé et Debré décident de renvoyer Marchiani aux affaires du Var…

    Juppé reconnaîtra d’ailleurs devant l’auteur qu’il se trompait peut-être… Un « peut-être » qui a conduit à l’enlisement de l’affaire, puis à la tragédie de Tibhirine… Ceux qui auront vu le film Des hommes et des Dieux découvriront là tout le hors-champ du film qui ne s’est intéressé qu’à la trajectoire spirituelle des frères de Notre-Dame de l’Atlas. Un hors-champ au sujet duquel, le président algérien Abdelaziz Bouteflika déclarait sur LCI en 2004 : « Toute vérité n’est pas bonne à dire, du moins pour le moment… » L’ouvrage reste une enquête irrésolue et l’auteur conclut, impuissant, en souhaitant que « l’obstination du juge Marc Trévidic aboutisse, et parvienne à ce que la justice puisse faire jaillir la vérité ».

    François-Xavier Guillerm (agence de presse GHM)

    L’auteur

    Défenseur ardent de la dignité humaine, passeur infatigable des courants de pensée, oeuvre depuis de nombreuses années pour un dialogue philosophique, culturel et religieux entre l’Orient et l’Occident.

    Il est membre du réseau d’experts de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies.

    Il est l’auteur notamment de Lettres à Dieu (Calmann-Lévy, 2004) ; Si nous nous taisons : le martyre des moines de Tibhirine (Calmann-Lévy, 2001, près de 20 000 ventes, Prix Montyon de l’Académie française, Prix Lyautey de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, Prix Liberté) et de Ces chrétiens qu’on assassine (Flammarion, 2009, Prix des Droits de l’homme).

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    Union110529b - Marne
    AFMD : La médaille leur est remise ce matin à Mouzon Sara et Gabriel dixièmes « Justes »

    Christine-Dollard-Leplomb, présidente départementale de l’AFMD (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation), enseignante retraitée, qui a retrouvé les témoins et instruit leur dossier. Angel GARCIA
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  • En juin 1943, les Cailac de La Besace ont sauvé une petite fille juive. Ses parents, morts à Auschwitz, étaient ouvriers agricoles de la Wol, la Wirtschaftsoberleitung.

    Ils sont les dixièmes et peut-être derniers des « Justes » ardennais. Décédés depuis plusieurs années, c’est à titre posthume que Sara et Gabriel Cailac reçoivent ce matin, à l’hôtel de Ville de Mouzon, le titre de « Justes parmi les Nations » pour avoir sauvé une petite fille juive, Raymonde Nathanson, pendant l’Occupation.

    Cette haute distinction, qui est décernée par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem à ceux qui ont sauvé des Juifs sous l’Occupation, sera remise à leur représentant, Robert Maignan, leur gendre, et ses deux enfants, Alain Maignan et Christine Espenel par Michel Harel, ministre près l’Ambassade d’Israël à Paris.

    Parmi les invités, Raymonde Nathanson qui vient spécialement de Las Vegas en mémoire de ses sauveurs et de ses parents.

    L’histoire est celle de ces Ardennais de la campagne, « des gens courageux et des hommes accomplis » comme le dit Christine-Dollard-Leplomb, présidente départementale de l’AFMD (Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation), enseignante retraitée, qui a retrouvé les témoins et instruit leur dossier.

    En juin 1943, Gabriel Cailac est abordé par un couple de travailleurs agricoles juifs à Bulson : « Sauvez notre fille ! »

    Le cafetier de La Bagnole à la Besace, qui faisait aussi des transports de grains et d’engrais pour la coopérative de Douzy, n’hésite pas.

    Il hisse la petite, âgée de 7 ans, dans son camion, la ramène chez lui. Avec son épouse, Sara, qui est protestante, il l’élèvera comme sa propre fille, Evelyne.

    Sept mois plus tard, début janvier 1944, ses parents, David et Lyba-Esther Nathanson, sont conduits à Drancy avant d’être déportés à Auschwitz, comme les 222 autres ouvriers juifs de la WOL des Ardennes raflés en même temps.

    Par l’internet

    Mais en 1946, des membres de sa famille qui vivent à Londres la retrouvent. La France n’ayant pas autorisé son expatriation, la fillette est placée dans une pension à Paris, passant ses vacances en Angleterre.

    Les Cailac la reverront, une dernière fois, au moment de son mariage. Raymonde s’envole alors vers New-York avec son mari, Philip Fiol.

    Pour la retrouver, l’ex-institutrice de l’école Bellevue a remué ciel et terre. « Je savais seulement qu’elle était en Amérique. Je suis allée sur le site internet du US Holocaust Memorial Museum et j’ai trouvé miraculeusement un message de Raymonde qui recherchait sa maman.

    J’ai inondé le site de mails, mais en vain. J’ai alors imaginé qu’il existait l’équivalent des pages blanches et c’est ainsi que je l’ai trouvée », évoque la présidente de l’AFMD qui a fait venir Raymonde, en 2008, pour qu’elle puisse se recueillir sur la stèle de Bulson où figure le nom de ses parents.

    Celui des Cailac sera également gravé sur le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, parmi 21.000 Justes, dont quelque 2.800 Français identifiés et qui ont refusé l’entreprise de déshumanisation incarnée par le nazisme.

    Dominique BERTHÉAS

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    Dix ans de recherches

    Dix ans de recherches et un véritable travail de fourmi pour collecter les rares témoignages et raviver une histoire peu connue qui s’est déroulée dans un département dépeuplé par l’Exode. Marquée par sa rencontre, le 15 novembre 1990 à Bulson, avec l’historien Maurice Rajsfus qui tentait de rassembler des documents sur la Déportation, Christine Dollard-Leplomb s’était alors promis d’entreprendre des recherches et d’écrire la suite de l’histoire. Ce vœu s’est concrétisé avec Jacques Lévy, alors président de l’AFMD (Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation). Le point de départ de cette longue quête fut le projet d’inauguration d’un monument à la mémoire des Juifs de Puilly-et-Charbeaux. « Claude Lamblin, son maire, m’a demandé de l’aider. Cela m’a amené à défricher d’innombrables documents, notamment aux archives départementales, grâce à l’aide d’Odile Jurbert. J’ai retrouvé les listes établies pour toutes les communes, celles de la gendarmerie française, celles de l’inspection académique qui recensaient les enfants scolarisés, celles de la Wol et de la Kommandantur. Une autre source capitale a été le Mémorial de la Shoah et le Centre de Documentation Juive Contemporaine. Mais quand nous avions les noms, il fallait ensuite rechercher les survivants ou les descendants. Cela nous a permis d’inaugurer des plaques avec les noms de toutes ces familles disparues à Puilly, Tétaigne, Nouart, Bulson, Champigneul-sur-Vence et, prochainement, à Beaumont-en-Argonne. Alors qu’auparavant, il y avait eu seulement deux "Justes" reconnus dans notre département, Mme Ficher, à Wadelincourt, et la famille Wimart, à Fraillicourt, nous avons, avec Pierre Coulon, instruit et fait aboutir sept autres dossiers : M. Prime de Bâalons, Odette Chauveau de Carignan, la famille Dereims-Achart à Remaucourt, de même que les familles Brunet à Faux, Maljean à Tétaigne, Tarradou à Forest et Cailac à La Besace. A ces sept dossiers, il convient d’ajouter celui d’Emile Fontaine grâce aux travaux de Jean-Emile Andreux. »

    A la retraite depuis deux ans, Christine Dollard-Leplomb prépare aujourd’hui l’écriture du second tome de « Sauveteurs d’étoiles en Ardennes » et l’histoire des ouvriers juifs de la Wol.

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    Serge Klarsfeld : « Une histoire encore méconnue »

    « Nathanson… Nathanson… Les voici. Ils habitaient au 80, rue de Turenne à Paris, ont été arrêtés à Bulson dans les Ardennes lors des rafles des 4 et 6 janvier 1944, conduits à Drancy par les trains des 5 et 7 janvier et déportés à Auschwitz dans le convoi 66 du 20 janvier.

    Joint par téléphone ce vendredi, Serge Klarsfeld a aussitôt plongé dans son fichier. Et retrouvé, en quelques secondes, les dernières étapes de la vie des parents de Raymonde. « Je suis en train de terminer le mémorial de la déportation des Juifs de France qui représentera 80.000 noms. C’est un travail de très longue haleine et c’est pourquoi j’encourage les chercheurs qui, notamment dans les Ardennes, permettent d’écrire l’histoire des Juifs perdus et des Juifs sauvés. »

    Le fondateur de l’Association des Fils et Filles de déportés juifs de France (AFFDJF) et vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah confie avoir eu connaissance de l’histoire des travailleurs agricoles ardennais par l’historien Maurice Rajsfus et le travail des archives départementales.

    « On connaît encore mal leurs conditions de travail et la vie des enfants qui étaient placés. D’où l’importance de réunir

    les témoignages », conclut le « chasseur de Nazis » qui a recensé trente enfants qui venaient des Ardennes, dans le « convoi 66 ».

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    110 ont été sauvés…

    Il y eut les Nathanson et bien d’autres. Entre le 11 novembre 1941 et le 6 janvier 1944, quelque 700 personnes d’origine juive sont venues travailler dans les Ardennes dans le cadre de la WOL.

    La Wirtschaftsoberleitung, direction des services d’exploitation agricole, filiale de l’Ostland, société agricole privée créée par le IIIe Reich, contrôle alors tous les départements de la zone interdite (ou annexée) dont les Ardennes, largement désertées par l’exode.

    Ces juifs étrangers de la région parisienne avaient été « recrutés » par l’UGIF (Union générale des Israélites de France) créé par le gouvernement de Vichy. Tous espèrent une vie meilleure qu’à Paris, où les lois antisémites s’appliquent en tous domaines. Ils durent s’adapter au travail de la terre pour un salaire moitié moins élevé que pour les autres travailleurs. Ils ont subi la tyrannie des « chefs de culture » mais l’historienne souligne que ces conditions de vie très dures ont souvent été adoucies « par la chaleur de l’accueil, de l’amitié ou simplement de la bienveillance » des habitants.

    Ces familles pour la plupart originaires de Pologne (à 70 %) ont été réparties dans 53 communes ardennaises. Surtout dans le Sedanais (Bulson, Puilly, Tétaigne, Francheval…) jusqu’à Poix-Terron à l’ouest et Nouart au Sud, et dans le Rethélois (Seraincourt, Fraillicourt, Remaucourt, Ecly, notamment). Au gré des permissions ou des évasions, l’AFMD estime la population permanente de ces familles oscillait entre 350 et 400.

    Que sont-ils devenus ? Grâce au croisement des archives et des témoignages, Christine Dollard-Leplomb a établi que 309 ont péri, dont une majorité à Auschwitz suite aux rafles des 4 et 6 janvier 1944. « Début janvier, il restait 330 juifs étrangers de la WOL dans le département et 110 d’entre eux ont été sauvés grâce à l’aide des Ardennais. »

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    Union110529a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    L’avertissement des USA

    Les déclarations du président Roosevelt sont pris au sérieux.
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  • Les conseillers de la Maison Blanche prônent la fermeté.
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  • Le 30 mai 1941, Jacques Duchesne qui sait les interrogations provoquées par les nouveaux gains territoriaux enregistrés par les Allemands se résout à présenter la situation telle qu’elle est pour : « tâcher d’y voir clair ». Après les succès accumulés par les Anglais au cours du premier trimestre et la vaillance enregistrée des troupes de la France libre, il faut se rendre à l’évidence, les Allemands qui se sont substitués aux Italiens enregistrent des succès patents : « Vous avez vu les progrès de l’ennemi s’ajouter les uns aux autres en deux points. Les Allemands ont pu débarquer des colonnes motorisées à Tripoli et ils ont repris la Libye. Ils se sont emparés de la Grèce et de la Yougoslavie et leur mouvement de ce côté-là se poursuit en Crête ».

    Pour ne pas être atteint par la désespérance, seule la lucidité est de bon conseil : « Il faut aussi que la volonté de victoire continue à vous animer parce qu’il n’y a de victoire possible que si on la veut et que les efforts des Allemands en France, en vous tenant sans cesse au contact de certains chefs qui se sont abandonnés, en vous répétant sans arrêt le mot collaboration, ces efforts visent à briser en chacun de vous la volonté de victoire ». Ne pas se laisser toucher par la propagande, croire dans le courage et la volonté des FFL auprès des Britanniques sont les deux exigences pour une seule voie : celle de la victoire des forces de la liberté.

    Pour remonter le moral, les Français libres insistent sur le discours du président Roosevelt qui, sans déclarer la guerre, a évoqué la participation américaine au conflit.

    La Maison Blanche proclame le principe de la liberté des mers et elle affirme que l’aide matérielle fournie par l’Amérique à l’Empire britannique sera protégée sur les mers par des navires américains.

    Ce qui revient à défier la Kiergsmarine et à avertir Hitler que Washington n’a plus l’intention de laisser l’Europe seule alors qu’elle subit la domination d’un Etat totalitaire.

    FIN DE LA NEUTRALITÉ

    Est-ce déjà l’ouverture d’hostilités navales entre les Etats-Unis et l’Allemagne ? On peut le penser mais une chose est certaine. Le discours du président Roosevelt atteste la fin de la neutralité américaine. Jacques Duchesne ajoute : « Il marque une deuxième étape dans l’intervention : celle de la prébelligérance, mais d’une prébelligérance qui n’est pas une complicité passive comme le fut celle de l’Italie au bénéfice de l’Allemagne, mais au contraire une assistance active sous la protection de la puissance américaine ».

    Bien sûr, les Français libres laissent à Hitler le soin de tirer les conclusions utiles de la prise de position sans ambiguïté du président américain mais Duchesne ne peut s’interdire de glisser son interprétation : « Hitler sait ce que ce discours veut dire. Il veut dire que partout où un sous-marin allemand émergera pour attaquer un convoi, ce sous-marin sera coulé. Il veut dire en outre que la mobilisation américaine a un but précis, que ce but, c’est la destruction de l’hitlérisme et du gangstérisme international sous toutes ses formes et sur tous ses noms ».

    Les Français croient que l’entrée de Washington dans la guerre est imminente. Ils sont un peu trop optimistes.

    On se souvient des conséquences favorables pour l’Europe de l’entrée dans la Première Guerre mondiale des Etats-Unis. Et de prédire : « Jusqu’ici l’Amérique n’a donné qu’une faible mesure de ses formidables moyens d’action ». Les Alliés veulent donner l’impression qu’ils ne craignent plus Hitler.

    Pourtant sur les fronts les puissances de l’Axe tiennent la situation.


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    Le « Bismarck » exécuté par une torpille

    Les troupes anglaises contraintes de quitter la Crête ont été transférées vers Alexandrie.
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  • Le général de Larminat est méthodique et déterminé.
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  • Moyen-Orient. Après une halte à Khartoum le 23 mai 1941, le général de Gaulle arrive au Caire le 25. Le lendemain, il se rend à Kistina en Palestine où sont réunies les troupes des FFL destinées à l’action en Syrie.

    Les assauts victorieux des troupes de Rommel en Afrique du Nord confirment le chef des Français libres dans l’urgence de conduire avec les alliés britanniques de nouvelles actions pour étendre les hostilités envers le Reich et Vichy au Moyen-Orient. Déjà le 20 mai dans un télégramme adressé au général Spears, de Gaulle manifeste son impatience de passer à l’action et regrette des reports dans l’acheminement des forces : « Je ne puis m’expliquer le retard apporté au transport des troupes françaises face à Damas. La marche sur Damas est une question d’heures. La situation risque de se gâter très vite du fait de Vichy ou des Allemands ou des nationalistes syriens ou de tous à la fois ». Le général en profite pour exprimer ses divergences d’analyse avec l’Intelligence service. Il est convaincu contrairement aux agents de Londres que les meneurs arabes de Damas sont en phase avec le Reich aussi prévient-il : « Il serait impardonnable que l’occasion soit manquée à cause de ces analyses ou faute des camions nécessaires pour transporter immédiatement les troupes françaises ». Pour étoffer les moyens d’action, de Gaulle suggère au général Wavell d’intégrer des soldats polonais et tchécoslovaques parce qu’il est convaincu que cela impressionnerait les unités vichystes stationnées en Syrie.

    Certifier l’indépendance

    Dès son arrivée en Egypte, le général câble à la délégation de la France libre à Londres ses observations agacées à l’encontre du ministre de l’Air anglais qui n’est jamais d’accord avec les suggestions et recommandations qu’il formule : « Veuillez attirer l’attention sur le fait que son attitude perpétuellement négative en ce qui nous concerne peut avoir des inconvénients sérieux et contraste avec notre empressement à régler dans un sens favorable les nombreuses demandes de la RAF intéressant les terrains et les voies aériennes de l’ Afrique française libre ». Toujours le 25 mai depuis Le Caire, le général communique au ministre britannique Anthony Eden le texte de la déclaration d’indépendance des Etats du Levant qu’il compte faire au nom de la France libre, si l’action militaire envisagée a bien lieu. Et de préciser : « J’ai pris connaissance du projet de déclaration qui sera faite par la Grande-Bretagne à ce sujet. Ce texte me paraît satisfaisant au point de vue français ». Le lendemain dans un télégramme très secret envoyé à Brazzaville au général de Larminat, il lui recommande d’accélérer le transfert au Gold Coast des éléments de fusiliers marins et les bataillons sénégalais désormais entraînés, avant de conclure : « Tenez-moi au courant. Affaire de Syrie offre perspectives prochaines ». Le 26 mai, de Gaulle manifeste encore son inquiétude sur la propagation de confidences susceptible de modifier les postures ennemies : « Nous avons été plutôt surpris ici de la liberté avec laquelle la presse londoniennes parlait des questions de la Syrie et du ralliement de certains éléments aux Forces françaises libres, à un moment ou toute indiscrétion pouvait avoir, comme l’événement l’a prouvé, de très fâcheuses conséquences ».

    Le 27 mai, il adresse une note au général Wavel sur la situation de la 1re division française libre du général Legentilhomme. Il recense six bataillons (deux européens et quatre sénégalais), une compagnie divisionnaire antichars, deux compagnies de fusiliers marins, un escadron de spahis, une compagnie de douze chars, une batterie de 75 tractée, une compagnie de transport. Pour mieux préciser : « Tous ces éléments sont en très bon état matériel et moral avec des effectifs complets. Tous sont bien armés, tous peuvent et doivent participer aux opérations ». Seulement il reste un handicap de poids puisqu’il manque environ trois cents camions pour assurer le transport ! Les moyens gaullistes ne permettent de véhiculer qu’un bataillon, deux compagnies et de tracter la batterie d’artillerie. Il suggère à Wavel de ne pas hésiter à accélérer le mouvement : « Le général Legentilhomme a des qualités. Mais il est nécessaire de le pousser. Je lui ai fait comprendre que cette guerre est une course contre la montre et qu’il ne faut pas espérer s’engager dans des conditions théoriquement idéales ». Le 28 mai, de Gaulle envoie au général Catroux la proclamation qu’il devra faire au nom de la France libre dans l’éventualité d’un succès enregistré en Syrie. Il lui en fait un commentaire politique pour qu’il en comprenne mieux la portée : « Ce texte correspond entièrement sous cette forme à ce qu’il est nécessaire de dire, en particulier en ce qui concerne les droits et intérêts de la France dans les Etats du Levant, droits et intérêts qui devront être sauvegardés par le traité à conclure nous-mêmes, d’une part, et les Syriens et Libanais, d’autre part, comme conséquence de la fin du mandat ». Le général s’étonne d’ailleurs à cette occasion de la nécessité qui existerait à faire garantir par la Grande-Bretagne l’indépendance que la France libre promet pour les deux Etats concernés.

    Que contient ce texte ? Il affirme une volonté et une ambition : « A l’heure où les forces de la France libre, unies aux forces de la Grande-Bretagne, son allié, pénètrent sur votre territoire, je déclare assumer les pouvoirs, les responsabilités et les devoirs du représentant de la France au Levant. Ceci au nom de la France libre qui s’identifie avec la France traditionnelle et authentique et au nom de son chef le général de Gaulle. En agissant comme tel, j’abolis le Mandat et je vous proclame libres et indépendants ». Cet engagement est considérable par sa portée politique par les conséquences sur l’exercice de la souveraineté qui doivent être définies dans un traité qui sera négocié dans les meilleurs délais. Aux Syriens et aux Libanais, il doit encore être dit : « Vous jugerez par cette déclaration que si les Forces françaises libres franchissent vos frontières, ce n’est pas pour opprimer votre liberté, c’est pour l’assurer. C’est pour chasser de la Syrie les forces d’Hitler et y faire respecter vos droits en même temps que ceux de la France ». Cette action militaire est légitimée par une volonté de libération et par l’indignation provoquée par un ennemi confisquant les biens et les richesses et transformant la population en esclaves : « Nous ne permettrons pas que des populations que la France a promis de protéger soient jetées entre les mains du maître le plus impitoyable que l’histoire ait connu. Nous ne permettrons pas que les intérêts séculaires de la France au Levant soient livrés à l’ennemi ».

    De Gaulle tient à ce que Catroux valorise aussi les synergies avec la Grande-Bretagne : « Si vous vous ralliez à nous, vous devez savoir que le gouvernement britannique, d’accord avec la France libre, s’est engagé à vous consentir tous les avantages dont jouissent les pays libres qui leur sont associés. C’est ainsi que vous obtiendrez sur-le-champ votre entrée dans le bloc de la livre sterling, ce qui vous ouvrira les plus larges possibilités à votre commerce d’importation et d’exportation. Vos achats et vos ventes avec tous les pays libres se feront librement ». Bref, cette indépendance, c’est la France qui lutte pour sa vie et la liberté du monde qui la donne.


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    Le « Bismarck » exécuté par une torpille

    Le « Prinz Eugen » échappe à la curée.
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  • Tirs effectués par le Bismarck qui, avant d’être envoyé par le fond, a pulvérisé un fleuron de la Royal Navy, le « Hood ».
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  • Bataille navale. Les avions torpilleurs anglais et la Royal Navy développent l’assaut final et envoient par le fond le cuirassé allemand, fierté du Reich.

    La chasse contre le « Bismarck » s’intensifie en cette journée du 26 mai 1941 alors que les conditions météorologiques sont incertaines. En début d’après-midi, quinze avions torpilleurs Swordfish décollent du porte-avions « Ark Royal » et se dirigent vers le lieu où leur a été signalé le navire ennemi.

    Comme les nuages sont épais, les pilotes ont des difficultés à identifier leur cible mais lorsqu’ils délivrent leurs munitions, les pilotes anglais ne se rendent pas compte qu’ils visent le croiseur britannique « Sheffield » qui talonne le mastodonte du Reich. Le bâtiment anglais évite les torpilles amies.

    Vers 19 heures, une nouvelle vague de Swordfish décolle de l’« Ark Royal ». Cinquante minutes plus tard les appareils britanniques sont au-dessus du « Bismarck ». Une torpille frappe le gouvernail qui est gravement endommagé. Ce qui contraint le navire à ralentir énormément sa vitesse. Dans le même temps, un groupe de contre-torpilleurs est envoyé sur zone. Le 27 mai à 8h15, les marins du croiseur « Norfolk » donnent la position précise du « Bismarck » à l’amirauté tandis que les cuirassés « George V » et « Rodney » sont informés parallèlement. Les deux bâtiments lourds se rapprochent à grande vitesse du géant allemand qui est pratiquement à l’arrêt. A 8h47, le « Rodney » commence son tir contre le « Bismarck » et dans les minutes qui suivent ce sont les canons du « George V » qui ouvrent le feu. S’ajoutent bientôt toutes les pièces du « Norfolk » et du « Dorsetshire ». Le cuirassé allemand riposte par des salves de haute précision mais la pluie de projectiles qu’il reçoit réduit progressivement sa capacité offensive et ses disponibilités opérationnelles. A 10 heures, le « Bismarck » cesse ses tirs et devient une épave flottante. Un quart d’heure passe puis le croiseur « Dorsetshire » reçoit l’ordre de s’approcher du géant agonisant et de l’achever à la torpille. A 10h40, l’épave se retourne et coule. Des 2.300 hommes d’équipage, 110 seulement sont récupérés par le « Dorsetshire » et le contre-torpilleur « Maori ». L’amiral Lutjens comme le capitaine de Vaisseau Lindemann sont parmi les victimes. Le « Prinz Eugen » réussit à éviter le même sort en se réfugiant dans la rade de Brest.

    Le « Dorsetshire » applaudit

    Dès le 27 au soir dans l’émission « Les Français parlent aux Français », Maurice Schumann se réjouit de la fin du « Bismarck ». Il explique d’abord que la grande bataille navale qui vient de s’achever résulte de l’accumulation de fautes du Reich. Avoir osé envoyer le « Bismarck » dans la zone de sécurité des Etats-Unis est fléché comme la première erreur : « Hitler dans son ivresse imprudente, a fourni la preuve à l’Amérique qu’elle était, comme l’Europe asservie, comme l’Afrique envahie, comme l’Asie menacée, directement visée par le pangermanisme. Ce coup d’essai fut un coup de maître ». Le journaliste français ne cache que le cuirassé allemand a eu raison du « Hood » mais pour mieux expliquer que le Reich avait plus à y perdre qu’à y gagner : « Il y aura gagné d’avoir envoyé par le fond le cuirassé le plus lourd de la marine britannique. Il y aura perdu d’avoir follement éclairé l’Amérique, en lui démontrant que, dans cette guerre, il n’y allait pas seulement de son idéal mais de sa vie. Or la perte d’un bâtiment si puissant soit-il, c’est une défaite anglaise. Tandis que l’alliance anglo-américaine, c’est la défaite allemande ». Si le « Bismarck » a exécuté le « Hood », cela a été son dernier succès. Trois jours ont suffi à la vengeance de la Royal Navy. En envoyant par le fond un fleuron de l’adversaire, il se condamnait à mort. Pour Schumann, la cause est entendue : « La flotte britannique est invincible ». Avant d’ajouter : « Tandis que la flotte allemande sans le Bismarck, c’est le souvenir d’un orgueilleux espoir. Deux des trois principaux commandants de sous-marins au fond des mers, le troisième prisonnier, le Scharnhorst et le Gneisenau coulés et mutilés dans le port de Brest, les 35.000 tonnes du « Bismarck » entraînant dans l’abîme, en quelques heures, des années de recherche et de labeur : voilà le communiqué du seul front décisif de la guerre, la voie sacrée de l’Atlantique, qui part d’un arsenal inépuisable pour aboutir à une citadelle inexpugnable ». La conclusion qu’apporte le porte-parole de la France libre est sans ambiguïté : « L’aventure du « Bismarck » c’est le symbole de la guerre allemande. Pour commencer, une victoire tonitruante et spectaculaire. Pour continuer, une fuite en avant vers le port inconnu qui ne sera pas atteint. Et pour finir, une épave ».

    La Kriegsmarine montrée du doigt

    Dans l’entourage du général de Gaulle, on choisit de semer le doute au sein même de la Kriegsmarine avec des chroniques structurées destinées à mettre au jour toutes les faiblesses identifiables. Surtout on table sur l’aide américaine pour rétablir un équilibre au profit de la Grande-Bretagne. « Le succès décisif, les Allemands le recherchent à la fois dans l’Atlantique et dans la Méditerranée. Dans l’Atlantique, ils réussissent à infliger à l’Angleterre des pertes très lourdes mais déjà on observe un fléchissement certain de l’activité des sous-marins ennemis. La destruction du « Bismarck » est venue démontrer la supériorité massive et la maîtrise que détient la flotte anglaise » résume Yves Morvan dans sa chronique du 29 mai 1941. Il faut convaincre l’opinion que jamais les Allemands ne parviendront à interrompre les communications maritimes entre le continent américain et la Grande-Bretagne. « Dans l’Atlantique, les Américains prennent les mesures nécessaires, le président Roosevelt l’a annoncé, pour réduire les pertes sur mer, empêcher les Allemands de se saisir de bases nouvelles, et remplacer le tonnage détruit. C’est aussi la bataille de la puissance industrielle et de la capacité à produire plus et mieux. »

    Pendant que l’Allemagne piétine et perd du temps, cela sert les Anglais pour consolider leurs positions en Méditerranée et empêcher que les progressions de l’ennemi lui permettent d’y contrôler la circulation maritime : « Il y a quelques jours un pétrolier français escorté par un torpilleur italien a été coulé par un sous-marin anglais. Hier le port de Sfax a été bombardé par l’aviation anglaise poursuivant un convoi italien qui s’y était réfugié. Dans les deux cas, l’action de l’ennemi avait rendu inévitable l’action des alliés ; le pétrolier comme le port de Sfax étaient devenus du fait de l’action de l’ennemi des objectifs militaires ». L’attitude la Kriegsmarine justifie que l’ennemi soit attaqué partout où il se trouve y compris lorsqu’il utilise les installations et la logistique de Vichy : « Comme vous, nous savons que cette nécessité est dure. Mais comme vous, nous savons qu’elle est le prix de la libération, c’est-à-dire, de ce que la France veut qu’on mette au-dessus de tout ».

    Pour les gaullistes, le fait que l’Empire italien de l’Est africain n’existe plus permet d’envisager un ravitaillement américain en matériel, en munitions et en vivres par la mer Rouge. Ce qui est un atout appréciable pour renforcer le point central de la bataille de la Méditerranée vers lequel convergent les Allemands : le canal de Suez.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Union110527b - Marne
    REIMS : Le temps presse pour les pupilles de la nation-orphelins de guerre

    Une délégation rémoise a déposé une lettre ouverte à la sous-préfecture
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  • REIMS (Marne) Las de voir leurs revendications repoussées au gré des ministres successifs… les orphelins de guerre adressent une lettre ouverte au président de la République.

    « POURQUOI nous sommes là ? Pour que l’Etat reconnaisse nos droits et que le président Sarkozy tienne sa parole ! » lance Françoise Guillart-Litzler. Membre de l’ANPNOGD (Association nationale des pupilles de la Nation et orphelins de guerre ou du devoir) de la Marne, elle est présente, avec dix autres adhérents, devant la sous-préfecture. Leur revendication ? Tout est parti d’un décret signé en 2000 par le Premier ministre Lionel Jospin qui institue des mesures de réparation pour les enfants des déportés juifs morts en camp de concentration. Loin de condamner ce décret, les enfants des déportés non juifs et autres orphelins de guerre estiment qu’ils sont victimes d’une injustice. « Dès lors qu’on donne de l’argent pour réparer la souffrance de ceux dont un parent est mort indirectement de la guerre, pourquoi écarter ceux dont le père est mort au front ? » Un second décret en 2004 attribue une aide financière aux orphelins dont les parents ont été victimes de « barbarie » : déportés, résistants, internés, fusillés, massacrés… à la condition de fournir un certain nombre de preuves parfois difficiles ou impossibles à retrouver plus de 60 ans après les faits…

    Promesse non tenue

    Partout en France, les associations se battent pour faire reconnaître leurs droits. Elles pensent avoir réussi quand, le 23 mai 2007, par courrier, Nicolas Sarkozy s’engage à aboutir « à un décret unique qui remplacera et complétera ceux de 2000 et 2004 en instituant une mesure de réparation pour tous les orphelins de guerre ». Quatre ans après, ils n’ont toujours pas eu satisfaction !

    C’est donc à cette date anniversaire d’une promesse non tenue qu’ils ont décidé de porter une « lettre ouverte » à la sous-préfecture. « Mon père a été déporté en Allemagne durant 3 ans et est décédé des suites de sa captivité », confie André Macur. « C’est très difficile pour être indemnisé, il faut faire des démarches pour prouver la façon dont nos parents sont morts. Chaque personne nous raconte ses problèmes », explique Jacki Nix, président de l’ANPNOGD Marne, qui n’a jamais réussi à retrouver la tombe de son père, mort en déportation en Allemagne. Fusillé par les Allemands à bout portant devant ses enfants, le cas du père d’Antoine Le Duc entre dans la définition de « barbarie »… son fils a donc droit à une indemnisation.

    Après la remis de la lettre, la délégation s’est rendue à l’Arc de Triomphe à Paris.

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    Union110527a - Marne
    FISMES : Escapade à Majorque pour les anciens combattants

    La section fismoise UNC 51 s’est envolée sur l’île de Majorque pour un agréable séjour.
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    Les vacanciers ont séjourné à Cala Millor, à proximité d’une des plages les plus belles de l’île, avec son sable clair bordant une mer turquoise !

    Ils ont pu découvrir l’arrière-pays typiquement majorquin et apprécié les produits du terroir. Lors d’un tour de l’île en bateau, ils ont même pu voir des dauphins !

    Ce voyage a été très apprécié et tous les membres du groupe pensent déjà à la prochaine destination !

    Pour tout renseignement, contacter Maurice Browarnyj au 03.26.50.16.20.

     

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    Union110526a - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Anciens combattants marnais / Un congrès qui a vu grand

    De très nombreuses personnalités étaient présentes.
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  • C’est à Saint-Martin-d’Ablois que s’est déroulé le 60e congrès départemental des combattants PG-CATM-TOE-Veuves et Victimes de guerre de la Marne, organisé par Bernard Joffre et sa section, avec le concours du bureau départemental.

    Jean-Marie Nicolas, délégué fédéral et vice président de la FNCPG-CATM était invité à participer à cette manifestation en compagnie de très nombreuses personnalités : les députés Bruno Bourg-Broc et Philippe Martin ; le maire Jackie Barrois ; le colonel Antoine, du groupement de la Marne ; le lieutenant Podvin, de la brigade de Dizy ; M. Kern, délégué de la fédération Allemande ; les représentants des associations auboise et marnaise ; le lieutenant colonel Metgzer, président du comité d’entente d’Epernay ; Bruno Vazart, président départemental de la Marne ; M.Bignon, directeur de l’Onac ; M.Kerman, vice président de l’UNC ; M.Fauvet, président de la Fnaca ; ainsi que M.Serge Lépine, de la section de Magenta.

    Un grand cortège

    La réunion s’est tenue dans la mairie ou chaque personnalité a pris la parole pour expliquer ce que représente ce groupement telles que les politiques sociales et de mémoires.

    Aux environs de midi, un grand cortège de plusieurs centaines de mètres s’est mis en place devant la mairie pour se rendre au monument aux morts. Ce défilé était composé d’une musique locale, de dizaines de portes drapeaux, d’anciens combattants de toute la Marne et de l’association du Poilu de la Marne, présidée par Didier Blanchard.

    Ils avaient, pour l’occasion, revêtu les uniformes de plusieurs époques ; du soldat napoléonien jusqu’au soldat d’Algérie.

    Il y eut ensuite des dépôts de gerbes et des remises de médailles. Après cette cérémonie, le cortège s’est rendu dans la cour de l’école pour écouter des airs de musique.

    Le secrétaire Michel Japin, a donné les explications des différents uniformes portés par les membres de l’association du poilu de la Marne. Le verre de l’amitié fut servi et un repas qui a réuni 245 convives, a été servi dans la salle des fêtes.

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    Union110525c - Marne
    AMNISTY INTERNATIONAL : Repères chronologiques

  •  28 mai 1961 : création d’Amnesty international à Londres par Peter Benenson.
  •  1962 : première mission de recherche, effectuée au Ghana et premier rapport annuel.
  •  1972 : première campagne internationale contre la torture.
  •  1973 : première « Action urgente », lancée en faveur de Luiz Basilio Rossi, professeur Brésilien arrêté pour des raisons politiques.
  •  1977 : Amnesty international reçoit le Prix Nobel de la paix.
  •  1985 : l’ONG ajoute à son champ d’action le travail en faveur des réfugiés.
  •  1991 : le mouvement élargit sa mission aux exactions commises par des groupes d’opposition armés, aux prises d’otages et aux personnes incarcérées en raison de leur orientation sexuelle.
  •  1994 : campagnes sur les droits des femmes, les disparitions et les assassinats politiques.
  •  1996 : Amnesty international milite en faveur d’une Cour pénale internationale permanente, dont le principe sera adopté par les Nations unies deux ans plus tard.
  •  2003 : lancement de la campagne « Contrôlez les armes » en faveur de l’adoption d’un Traité international sur le commerce des armes.
  •  2004 : lancement de la campagne « Halte à la violence contre les femmes ».
  •  2009 : lancement de la campagne « Exigeons la dignité » qui met les droits humains au cœur de la lutte contre la pauvreté.
  •  2011 : Amnesty internaitonal fête son cinquantième anniversaire.
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    Union110525b - Marne
    EPERNAY : Amnesty International / 28 mai 1961, le jour où tout a commencé

    Le groupe sparnacien organise une rencontre le samedi 28 mai sur la place des Arcades.
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  • A l’origine du mouvement, en novembre 1960, Peter Benenson, avocat britannique spécialiste du droit international, indigné en apprenant que deux étudiants portugais vont passer sept ans en prison pour avoir trinqué à la liberté dans un restaurant de Lisbonne.

    Révolté, il crée Amnesty International, partant du constat que seul, il ne peut rien mais avec ses amis du premier jour, il entame une grande campagne contre l’emprisonnement des prisonniers d’opinion, des prisonniers oubliés.

    2 000 000 membres dans le monde

    Le groupe très motivé - des personnes qui s’unissent pour aider d’autres personnes - prend rapidement de l’ampleur.

    Amnesty International, c’est 20 000 membres en France, 2 000 000 à l’échelon mondial qui, à force d’opiniâtreté, arrivent à faire libérer environ un tiers des prisonniers incarcérés, en s’appuyant uniquement sur le droit international, la référence étant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

    Depuis 50 ans, le mouvement n’a de cesse de lutter pour la liberté et le respect des droits humains dans le monde, et entend bien, aujourd’hui, célébrer l’événement comme il se doit. Les membres du groupe Amnesty International d’Epernay tiendront un stand le 28 mai, de 14 à 17 heures, sur place des Arcades.

    Ils exposeront au public leur méthode d’intervention à base de pétitions, et proposeront toute une documentation sur le mouvement Amnesty.

    A 16 h 45, ils inviteront le public à partager un toast à la liberté et au respect des droits humains dans le monde, en écho à celui des étudiants portugais de 1960. Un lâcher de ballons symbolique mettra un terme à l’événement, en l’honneur des femmes et des hommes emprisonnés pour avoir simplement manifesté leur opinion ou défendu leurs droits de façon spécifique.

    Amnesty International sera présent le 28 mai de 14 à 17 heures sur la place des Arcades.

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    Union110525a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Amnesty international souffle sa 50e bougie

    CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Plusieurs animations auront lieu Place Foch, à Châlons, pour commémorer la naissance d’Amnesty international en 1961. Une journée de fête et d’engagement !

    « JE crois en un groupe d’une certaine taille, qui puisse mettre à profit l’enthousiasme de tous ceux qui, dans le monde entier, désirent que les droits humains soient davantage respectés. » (Peter Benenson, 1961)

    Marie Madeleine Bourquel, secrétaire de l’association à Châlons, Philippe Barre, un membre et plusieurs étudiants de l’ENSAM (Ecole nationale supérieure des Arts et Métiers) se creusaient la tête lundi dernier pour s’assurer que tout soit prêt pour samedi.

    Ce sera une journée un peu particulière pour Amnesty internationale puisqu’elle fêtera sa cinquantième année d’existence.

    Soulever le verre de l’amitié

    Créée en 1961 par l’avocat londonien Peter Benenson, l’association est apolitique et vise à défendre l’ensemble des droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’association a remporté plusieurs succès puisque des Etats ont été contraints à mieux respecter les droits de l’homme grâce aux pétitions lancées par Amnesty international et les deux tiers des pays du monde ont renoncé à la peine capitale après le lancement de la campagne contre la peine de mort en 1977.

    Pour bien fêter son demi-siècle d’action, une cinquantaine de bénévoles se retrouvera Place Foch. Au programme un après-midi de musique, de spectacle, mais surtout d’engagement. A partir de 14 h 30, les enfants de la chorale du conservatoire La Croche Chœur, sous la direction de Romain Changenot et accompagné de Yves Godefroy, à l’orgue de barbarie, se produiront dans le concert « Les chansons françaises ». Ils seront suivis de Térébenthine, avec Guillaume et Raphaël. Et enfin deux étudiants du Cnac, un jongleur et un monocycliste feront leur numéro.

    Une bougie faite de ballon s’élèvera dans le ciel et les présents lèveront alors le verre de l’amitié lors d’un toast à 17 heures. Un « geste symbolique » pour Marie Madeleine, mais qui donnera peut-être envie aux passants de s’engager à leur tour.

    Sur place, les gens intéressés pourront signer les différentes pétitions proposées par l’association, faire un don ou adhérer à Amnesty international.

    Orianne ROGER

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    Union110524b - Marne
    WITRY-LES-REIMS : Un cru féminin

    Cette année encore, sensibilisés au devoir de mémoire, des élèves du collège ont participé au Concours de la Résistance.

    Sous la houlette de Mlle Ganthier, professeur d’histoire/géographie, et de Mme Malezet, professeur de Lettres, les élèves ont produit des mémoires de qualité, après avoir rencontré des déportés comme Mme Probst.

    Le sujet était difficile : rôle des autorités de Vichy et de l’occupant dans la répression de la résistance.

    Quatre élèves de troisième : Audrey Brossard-Kimmel, Eléonore Jactat, Joaline Fournier et Lisa Meilleur, ont été choisies par le jury et récompensées en présence de nombreuses personnalités notamment Yvette Lundy, déportée à Ravensbrück et grande figure de la résistance marnaise.

    Un cru 2011 totalement féminin !

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    Union110524a - Marne
    CORMICY : Hommage à une grande résistante : Une plaque dédiée à Emma Verachten

    L’arrière petite-fille d’Emma Verachten, très émue,
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  • Après avoir rendu hommage à Georges Chrétien, ancien déporté habitant de Cormicy, le 8 mai dernier, c’est à une autre habitante, Emma Verachten, elle aussi déportée que le maire Dominique Décaudin, son conseil municipal et l’association des anciens combattants ont tenu à rendre hommage dimanche matin.

    Mme Verachten était née en Belgique en 1905 et était germanophone, ce qui l’a bien aidé pour faire sa résistance qu’elle a débutée dès 1940 en facilitant le passage de la zone occupée en zone libre à des prisonniers évadés en leur indiquant les lieux et heures de passages des patrouilles allemandes. En 1942, Edouard Charlot, originaire de Châtillon-sur-Marne qui avait été gendarme à Loivre, crée le réseau « Kléber-Uranus » composé de six résistants : Antoinette et Serge Croix dont un de leur fils était présent, Alfred Gaumel, Jacques Garcin, Germaine Harniche et bien sûr Emma Verachten qui était employée à la Komandantur de Cormicy comme secrétaire-interprète. C’est ainsi qu’elle peut surveiller toutes les instructions et notes de services destinées au terrain d’aviation de Juvincourt situé à une dizaine de km de Cormicy, et renseigner la résistance française, elle a pu aussi prévenir des prisonniers évadés qui avaient été dénoncés afin qu’ils puissent « prendre le large ». Des cultivateurs étaient prévenus des instructions de réquisitions de récoltes et de bétail afin qu’ils puissent en camoufler au maximum.

    Le réseau dénoncé

    Malheureusement, tout son réseau fut arrêté par la Gestapo sur dénonciation le 20 août 1942. Incarcérés à la prison de Reims, de Châlons-sur-Marne puis Paris et l’Allemagne où elle est passée par les prisons d’Aix-la-Chapelle, Flussbach à la prison de femmes près de Cologne puis à Mayence où elle fut libérée le 21 avril 1945.

    Mme Verachten était titulaire de l’ordre de Léopold avec palmes, la Croix de guerre avec palmes, la Croix de la résistance, la médaille de la résistance et celle de la commémoration guerre. Elle a rencontré le général de Gaulle à Cormicy pour un grand moment de reconnaissance et d’émotion, à l’invitation de l’ancien maire Pierre-Henri Vallet. Elle est décédée à Cormicy en 1954 à 49 ans, usée par ses années de déportation. C’est l’arrière-petite-fille d’Emma Verachten qui, très émue, a dévoilé la plaque commémorative fixée à l’endroit même où elle fut arrêtée alors qu’elle était avec son fils Maurice âgé à l’époque de 8 ans. La foule, environ 150 personnes composés d’élus, de la famille, des anciens combattants de Cormicy mais aussi de Cauroy-lès-Hermonville et de Tinqueux et bien sûr des habitants de Cormicy, s’est ensuite rendue au cimetière déposer une gerbe sur sa tombe où la chorale « la Villanelle » a rehaussé la cérémonie. C’est Maurice Verachten, le fils d’Emma, qui a fait savoir au maire il y a un peu plus d’un an ce qu’avait fait sa mère, et après des recherches et des études de documents qui ont aboutit à cette cérémonie du souvenir, il a remercié M. Décaudin, son conseil municipal, les anciens combattants et, à 77 ans, a le sentiment du devoir accompli envers cette mère dont il a fait son héros.

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    Union110522b - Marne
    RESISTANCE : JEAN MOULIN : La Galerie Romanin comme couverture ; Jean Moulin, profession artiste peintre ; Vocation

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    Jean Moulin, profession artiste peintre

    Jean Moulin vers 1930. Musée Jean Moulin, Paris, collection Escoffier Dubois
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  • « Appelez-moi Romanin ». Depuis le 10 mai, et jusqu’au 5 août, le Mémorial Charles de Gaulle de Colombey- les-Deux-Églises, présente l’exposition « Romanin, l’autre Jean Moulin », caricaturiste, illustrateur, collectionneur et marchand d’art. 120 œuvres pour la première fois rassemblées, à découvrir.

    La rue Soufflot est glaciale ce 19 décembre 1964 lorsqu’en présence du Général de Gaulle, la République rend un hommage inoubliable à Jean Moulin, chef du peuple de la nuit et héros martyr de la Résistance. Ses cendres sont transférées au Panthéon et c’est la voix pathétique d’André Malraux qui déchire le silence en évoquant le supplice de Jean Moulin : « Le jour où, au Fort de Montluc à Lyon, après l’avoir fait torturer, l’agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu’il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau… »

    Au-delà de ses souffrances, c’est par le dessin, la passion de sa vie, que Jean Moulin redevenu « Romanin » adresse l’une de ses ultimes bravades à son tortionnaire.

    C’est aussi en pensant à « Romanin » que le 21 juin 43, alors que les nazis viennent arrêter « Max », chef du Conseil national de la Résistance et représentant en France occupée du Général de Gaulle, il décline son identité et sa profession : Jean Moulin, artiste peintre.

    « Romanin », c’est l’autre Jean Moulin. Un homme sorti de l’ombre pour continuer de vivre sa passion, le dessin, la peinture, sans pour autant porter ombrage à sa fonction de fonctionnaire de l’Etat, lui permettant ainsi de devenir à 26 ans, le plus jeune sous-préfet de France puis le plus jeune préfet de France.

    Romanin, c’est le souvenir d’enfance d’un lieu-dit plein de soleil, de thym, de romarin et de couleurs de Provence. Celui des jeux de gosses dans les Alpilles, quand il accompagnait son père, au château médiéval austère et mystérieux mais dont le cœur battait encore de rythmes des Cours des Amours renommées dans toute l’Europe qu’il avait accueilli dès sa construction en 1203. Sa sœur Laure se plaisait à raconter qu’il aimait aller au château Romanin à vélo, marcher dans les ruines, et regarder l’horizon. Peut-être y cherchait-il les rires des Dames de la plus haute naissance dont la belle Laure, amante du poète Pétrarque, avait été la première présidente et qui s’était établie dans le château de Romanin. Dans cette cour de Romanin, où s’assemblaient une armée de chevaliers et une multitude de poètes et troubadours, le but était de perfectionner l’idée d’Amour, de cultiver le cœur, de le rendre moins sauvage, d’adoucir le caractère, d’apprendre à mettre plus de bonne foi et de retenue dans une passion où les hommes en mettent si peu. On retrouvera les Dames de Romanin plus tard, dans les croquis des élégantes dressés par Jean Moulin devenu le peintre dessinateur Romanin.

    Romanin, dans la jeunesse de Jean Moulin, c’était aussi l’eau claire du « Gaudre de Romanin », un sous-affluent du Rhône long de 9km qui traversait Saint-Rémy-de-Provence, mais aussi et surtout Eygalières, près de Saint-Andiol, village bastion de sa famille, près duquel il se fera parachuter le 2 janvier 1942.

    Romanin c’est donc le pseudo que Jean Moulin a choisi en 1922 pour que son expression artistique lui survive. Le dessin et la peinture étaient chez Jean Moulin une seconde nature. Une vocation précoce, premier dessin à 9 ans, « la seule chose qui l’intéressât vraiment » disait sa sœur Laure. Et son coup de crayon incisif allait avoir ses profs pour premières victimes. La première guerre, révélateur de son sens politique, devait être le temps de sa reconnaissance avec la première publication en 1915 de l’un de ses croquis dans les journaux parisiens « Baïonette » et « la Guerre sociale ».

    Ironique et moqueur

    Son arrivée dans l’administration préfectorale au lendemain de l’Armistice, et la carrière fulgurante qui allait être la sienne, ne mettra un terme ni à son talent mordant ni à son envie de l’exercer. Et c’est pour éviter confusion ou amalgame que Moulin en préfecture deviendra aussi Romanin dans les colonnes du « Rire », de « Gringoire » ou du « Carnet de la semaine ». Le regard est toujours aussi ironique et moqueur et s’il raille sans concession les personnalités politiques, l’ascension des dictateurs Mussolini et Hitler, et les travers du monde, au fil des ans et de ses affectations, il se gausse aussi avec légèreté des siens, de ses amis artistes peintres du Montparnasse en goguette, des élégantes et des coquines. En 1931, à Paris, en marge de l’exposition coloniale, se tiendra la première exposition parisienne de Romarin, au Salon des peintres humoristes.

    Il va encore retrouver le succès cinq ans plus tard, au Salon de la Société nationale des Beaux-arts avec l’exposition des huit pages typographiques de ses eaux-fortes qui illustraient Armor, le recueil des poèmes de Tristan Corbière édité en 1935. Une série qui évoquait avec beaucoup d’émotion l’humanité souffrante et mettait en évidence la sensibilité exacerbée de l’artiste et des traits qui s’harmonisaient à merveille avec la violence de l’univers de Tristan Corbière. Son amour de la peinture et de la poésie ne le quittera jamais, même aux heures les plus sombres, et c’est en s’inspirant de deux vers de « La rapsodie foraine » de Tristan Corbière- « Prends pitié de la fille mère - Du petit au bord du chemin » - que, durant la Résistance, il a codé un message pour Londres. Démontrant qu’en fait Moulin et Romanin, ne faisait qu’un.

    Christian Chardon


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    La Galerie Romanin comme couverture

    Petit dessin avec comme légende en dessous :
  •  Que vois-je ? Un suçon ?…
  •  Heu, heu… c’est sûrement un vampire.
    Musée des Beaux-arts de Béziers

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  • Petit clin d’œil à Reims avec ce dessin intitulé les Faméliques de Montparnasse. A l’arrière est indiqué : « Lui au moins, il a la veine de ressembler à Foujita, il peut se faire inviter de temps en temps par les Américains… » Musée des Beaux-arts de Béziers
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  • Si la passion de Jean Moulin a su préserver sa fonction, elle s’est mise à la disposition de son devoir. Le dessinateur de talent était un amateur d’art averti, amateur d’art moderne qui dès 1920 acquit ses premières toiles.

    Et le moment venu, il engagea la peinture au cœur même de la mission confiée par le Général de Gaulle. Le 16 octobre 1942, Jean Moulin adresse officiellement au préfet des Alpes-Maritimes, une demande d’ouverture d’une « galerie d’exposition et de vente de peintures, dessins et sculptures modernes ». Elle sera sise au 22 rue de France, dans les locaux d’une ex-librairie, la « Boîte à bouquins ». Colette Pons, femme de confiance dont Jean Moulin a fait la connaissance auparavant, en sera la directrice. Il disposera aussi d’une maison, à deux pas, au 31 de la rue de France. Elle servira de maison d’accueil à des réunions de résistants. Quelques semaines encore avant son arrestation à Caluire, les peintres Henri Matisse et Pierre Bonnard y feront aussi un passage.

    La Galerie Romanin ouverte le 9 février 1943 et qui organisera trois expositions, jouera parfaitement son rôle de couverture. Le statut de marchand de tableaux justifiant tout à faite de nombreux déplacements en France. Romanin était aussi entré dans la Résistance.

    Suite à l’arrestation de Jean Moulin à Caluire, Colette Pons reçu un télégramme de Laure Moulin : « Vendez comme convenu » signifiant la fermeture sans délai de la Galerie Romanin.

    La mission était terminée.

    C.C.


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    Vocation

    L’atavisme, une encre de Chine réalisée en 1926. Musée des Beaux-arts de Béziers
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  • L’élève Hitler ou l’école de la trique un dessin réalisé à l’encre de Chine. Musée des Beaux-arts de Béziers
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  • Encre de Chine avec comme légende au dos :
  •  Vous ne vous baignez pas aujourd’hui mesdemoiselles ?
  •  A quoi bon, il n’y a personne sur la plage !
    Musee des Beaux-arts de Béziers

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  • Autoportrait réalisé en 1928. Musée des Beaux-arts de Béziers
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    « Le mémorial Charles de Gaulle est dédié à l’homme Charles de Gaulle et à toutes ses facettes, celles souvent qu’on connaît beaucoup moins » explique Alexandre Mora, directeur général délégué du mémorial, le théoricien, le père de famille, l’écrivain. Faire quelques chose de comparable à propos de l’homme de la résistance était naturel. Romanin, c’est l’autre Jean Moulin, le nom d’une vie d’artiste, de collectionneur, à côté de celle d’un haut fonctionnaire, d’un préfet de la République.

    C’est la première fois que sont réunies les œuvres habituellement déposées au Musée des Beaux-arts de Béziers, au Musée Jean Moulin de la Ville de Paris et aux Archives départementales des Alpes-Maritimes. En fait, Laure Moulin était le légataire universel de son frère. Et à sa mort, dans les années 1970, elle a fait don des œuvres et de la collection de son frère au MBA de Béziers, ville natale de Jean Moulin. D’autres œuvres détenues par des cousins, les Escoffier Moulin notamment avaient été données à la Ville de Paris et à la Ville de Quimper. « Que nous ayons pu les rassembler aujourd’hui, grâce à la collaboration d’EDF, est un bonheur et une fierté. »

    « Pour savoir où l’on va, il faut d’abord savoir d’où l’on vient. » Philippe Germain, délégué régional d’EDF en Champagne-Ardenne a souligné « l’importance qu’à eu le Conseil de la Résistance réuni pour la première fois par Jean Moulin le 27 mai 1943, moins d’un mois avant son arrestation, dans la création d’EDF. Peu après la Libération, en 1946, l’idée qui avait été la sienne a été reprise sous la double parenté de Charles de Gaulle et de Marcel Paul, revenu de Buchenwald. Il s’agissait de redonner à la nation ses moyens de production et ses sources d’énergie. EDF était né ».

    Pratique

    Au Mémorial Charles de Gaulle Colombey-les-Deux-Eglises « Romanin, l’autre Jean Moulin jusqu’au 5 août.
    www.memorial-charlesdegaulle.fr

     

     

     

     

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    Union110522a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    La honte au front

    Hitler et le Duce : la Wehrmacht rétablit les insuffisances italiennes et domine le champ de bataille en Europe et en Afrique.
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  • Le 21 mai 1941 dans l’émission « Les Français parlent aux Français », Paul Bonifas interpelle ses auditeurs sur la valeur de la parole du maréchal Pétain. Il s’appuie sur une intervention du chef de l’Etat remontant au 7 avril dans laquelle il déclarait : « L’honneur nous commande de ne rien entreprendre contre d’anciens alliés ». Le journaliste s’interroge sur le pourquoi de tels mensonges alors que des Français s’affairent pour fabriquer du matériel qui sera bientôt utilisé contre les Britanniques. « L’Empire français libre est menacé par Vichy poussé par les Allemands. L’Allemagne veut mettre la main sur l’Afrique du Nord et Dakar. Tout cela nous vous l’avons dit. Hier les avions allemands ont été autorisés à atterrir en Syrie. Quels ordres sont aujourd’hui donnés aux troupes françaises en Syrie ? Français, nous vous posons la question. La parole d’honneur du maréchal Pétain est-elle respectée ? » Pour mieux conclure de la nécessité de s’opposer aux actes du gouvernement de Vichy qui sont contraires à l’honneur du peuple français.

    La question de la Syrie est aussi l’occasion d’une charge sans concession de Pierre Bourdan qui s’insurge contre cette politique de démission et de soumission validée en permanence par le gouvernement et le tandem Pétain-Darlan : « Ceinturé d’Allemands, noyauté par les Allemands, truffé d’Allemands, le gouvernement de Vichy qui ne portait encore un nom français qu’en raison du lieu de réunion qu’il avait choisi est un cauchemar teuton pour la France ». Le chroniqueur s’enflamme et indique que le gouvernement ne tient ses pouvoirs de personne : « Il a pris le pouvoir pendant que la France était battue, incapable de résister aux ennemis du dehors et aux mauvais bergers du dedans. Même Hitler, le plus féroce des autocrates s’est fait plébisciter. Le gouvernement de Vichy ne pourrait pas oser le plébiscite ». Il s’agit encore de dénoncer l’arrangement obtenu par Berlin pour profiter des relais syriens de la France au profit des insurgés irakiens. On dénonce le soi-disant donnant-donnant du führer : « Personne ne croira que pour libérer 100.000 prisonniers, un chef de l’Etat condamne à la servitude un peuple de quarante millions d’hommes. Personne ne croira que ces hommes qui souffraient dans la captivité, eussent même accepté qu’on payât leur libération d’un pacte avec l’ennemi mortel ».

    Pour l’intervenant, Hitler peut libérer des prisonniers sans trop se poser de questions puisque par ses choix l’amiral Darlan se propose de lui livrer en esclavage la totalité de la France et bientôt de ce qui reste à Vichy de l’Empire. L’attaque vise aussi à démontrer l’intensité du pouvoir de nuisance du Reich : « La guerre allemande n’a qu’un but. C’est de faire travailler trois cents millions d’Européens pour la race des Seigneurs » raille Bonifas. Et de prédire que tout le continent deviendra un bagne permanent si le maître de Berlin parvient à accomplir la totalité de son entreprise. Ce qui fait dire aussi à William Pickles le 22 mai 1941 qu’il n’y a plus de place en Syrie que pour les traîtres et les défaitistes : « Et le pire se prépare, car on nous annonce que le général Bergeret, ministre de l’Air de Vichy s’est rendu en Syrie pour organiser la défense du pays contre les bombardements aériens ». Et d’interroger : lesquels ? Tout ce que fait l’Allemagne pour manipuler le gouvernement du Maréchal est, pour le porte-parole allié, le signe de sa faiblesse en raison de la dispersion territoriale de ses moyens. Pickles demande à tous les travailleurs d’agir et de dire non à Vichy et à ses compromis qui donnent la honte au front.


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    Les paras allemands sautent sur la Crète

    Les parachistes allemands largués sur l’île.
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  • Une carte des opérations crétoises.
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  • Départ. Après l’évacuation réfléchie de la Grèce continentale pour éviter un drame à son corps expéditionnaire, le Premier ministre britannique se résoud à quitter également la Grèce insulaire.

    Il veut tenir. Il s’est beaucoup battu pour. Y compris contre les officiers des états-majors de Londres très timorés sur le sujet. Le 19 mai 1941, Winston Churchill câble encore au général Archibald Wavell sa conviction qu’une victoire en Crète est indispensable, les événements l’obligent à réviser son jugement. Hitler a décidé l’invasion de cette île de la Méditerranée qu’il juge stratégique pour contrôler la circulation maritime et aérienne. Il est soutenu dans cette logique par le général de parachutistes Karl Student qui estime pouvoir mener à bien dans un temps record la conquête. Il démontre au führer qu’une fois le succès obtenu, le contrôle de la Crète empêchera les équipages des bombardiers britanniques de menacer les puits de pétrole de Roumanie et assurera une tranquillité des forces d’occupation en Grèce métropolitaine. Comme le maître de Berlin s’impatiente et trépigne pour porter l’estocade contre la Russie soviétique, il se range à l’avis de son général dont le plan d’intervention lui semble lumineux. Ayant obtenu le feu vert, Karl Student engage ses forces à partir du 20 mai. Le plan des opérations est coordonné par l’état-major de la Luftwaffe.

    Toutes les forces retenues pour y participer y compris la 5e division de montagne sont subordonnées aux aviateurs. La préparation exige beaucoup d’attention et de rigueur. Goering se réjouit de baser en Grèce méridionale les 228 bombardiers, les 205 Stuka, les 119 chasseurs, les 114 destroyers du 8e Flieger Korps commandé par le général von Richtofen ainsi que les dix groupes de Junker 52, soit 520 appareils destinés à assurer le largage des paras et du 11e Flieger Korps.

    Pour réussir l’accueil de tous ces appareils des terrains d’atterrissage ont été réalisés à la hâte à Corinthe, Mégare, Tanagra, Topolia, Eleusis, Phalère. Des îles voisines sont transformées en lieu de stockage d’armes et de matériels. C’est le cas de Cythère et d’Anticythère qui deviennent des bases de la Flak, Milo qui reçoit des troupes terrestres destinées à débarquer un peu plus tard sur l’île. Scarpanto accueille des Messerschmitt et des Stuka. Le ravitaillement en carburant est un autre souci parce que toutes les opérations de transvasement doivent être effectuées à la main et il faut selon le plan 3.600.000 litres de pétrole par jour ! En outre les décollages sur ces pistes précaires provoquent un impressionnant soulèvement de poussière. Ce qui contraint à ralentir les opérations pour éviter des accidents. La conquête de la Crète n’est pas si simple parce que si l’île n’est située qu’à une centaine de kilomètres des doigts du Péloponnèse, qu’elle possède une superbe façade maritime de 260 km, elle est hérissée d’une chaîne de montagne dont les sommets oscillent entre 2.000 et 2.700 mètres. L’essentiel de la vie se fait sur la côte nord, le sud étant toujours aussi sauvage. Le général Student compte marquer les points décisifs en s’emparant des trois aérodromes de Malème, Héraklion et Rétimo ainsi que de la capitale La Canée.

    Fragilités anglaises

    De son côté, le général Freyberg articule sa défense autour de ces quatre centres. Ses troupes sont partagées en une moitié de soldats grecs et une moitié de soldats britanniques, australiens et néo-zélandais. Ses effectifs sont équitablement répartis avec 11.859 hommes à Malème, 14 822 à La Canée, 61 730 à Rétimo et 8 029 à Héraklion. Pourtant les troupes présentent des faiblesses. Elles ne disposent pratiquement d’aucune pièces d’artillerie et n’ont que seize blindés légers.

    Pis, le déficit aérien est patent. Le 19 ami, le général Freyberg a renvoyé en Egypte les sept appareils dont il disposait : quatre Hurricane et trois Gladiator ! Il est évident qu’en cas d’attaque massive, les Allemands disposeront d’une maîtrise aérienne totale. Ce qui n’est pas le cas sur mer. Pour transférer sur l’île la 5e division de montagne, l’amiral Schuster doit réquisitionner les caïques de la mer Egée qui sont de grosses embarcations à moteur, de cent à deux cents tonneaux, dont la vitesse atteint au mieux cinq ou six nœuds.

    Les Britanniques peuvent compter sur les forces de l’amiral Cunningham. Il dispose de quatre cuirassés, de onze croiseurs de quarante destroyers et d’un porte-avions. Il n’a rient à craindre de la flotte italienne qui depuis la sévère leçon reçue lors de la bataille du cap Matapan n’est plus que l’ombre d’elle-même. En revanche, Cunningham n’est pas favorable à engager le gros de ses moyens si le ciel est entièrement allemand. Le 20 mai à 7 h 05, les parachutistes et les planeurs du Régiment d’assaut ennemi se posent tout autour de Malème. Ceux d’un régiment de la 7e Flieger division tombent sur La Canée. Les JU 52 font la noria et viennent cette fois larguer des paras sur Héraklion et Rétimo. Des 493 appareils engagés dans cette première phase de l’opération, sept seulement manquent à l’appel et toutes les informations recueillies témoignent du succès des parachutages.

    En vérité, les victimes sont plus nombreuses qu’indiquées. Les Allemands ne parviennent pas à submerger les Anglais malgré l’effet de surprise. Dans la soirée, aucun des objectifs fixés n’a été atteint. Student comprend le danger. Il ordonne alors qu’en pleine nuit des avions se posent à Malème malgré la présence britannique pour qu’un bataillon du 100e régiment de montagne s’empare de la ville. Cette audace est couronnée de succès. Au cours de la même nuit vingt-cinq caïques quittent l’île de Milo simplement accompagnés par un torpilleur italien. Les embarcations sont détectées par la flotte du contre-amiral Glennie. Dix bateaux sont envoyés par le fond.

    Les autres font demi-tour. La flotte anglaise est alors attaquée par les bombardiers ennemis. Les croiseurs « Naïad » et « Carlisle » sont endommagés, le « Warspite » est gravement touché, le « Greyhound » est coupé en deux après avoir coulé un caïque. Les jours suivants ce sont les destroyers « Kelly » et « Kashmir » qui sont perdus. Le porte-avions « Formidable » dont les avions frappent la base allemande de Scarpanto est touché à deux reprises et doit rejoindre Alexandrie à petite vitesse.

    Churchill demande à Cunningham d’insister quitte à exposer sa flotte déjà mise à mal. Comme les renforts allemands arrivent régulièrement par les rotations des JU 52, le 27 mai le général Wavell est contraint d’ordonner l’évacuation de l’île. Il est approuvé par l’état-major. Churchill déçu s’incline devant les arguments de poids qui lui sont présentés. Il ne veut pas d’une capitulation britannique en Méditerranée. Le rembarquement est meurtrier. Deux destroyers surchargés de soldats sont coulés dans le détroit de Kaso. Certaines troupes qui ne peuvent rejoindre la côte décident de s’isoler dans la montagne pour constituer des pôles de résistance. Au final les Britanniques reconnaissent que le repli est loin d’être satisfaisant puisque près de 12.000 soldats sont prisonniers. La défaite morale est plus lourde encore d’autant que les nouvelles d’Afrique du Nord sont également préoccupantes avec les succès enregistrés par Rommel. L’impression d’invincibilité de la Wehrmacht préoccupe beaucoup à Londres.


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    Churchill ordonne de couler le « Bismarck »

    Le vice-amiral allemand Lütjens.
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  • Le « Hood » dans la rade de Scapa Flow avant son premier et dernier combat.
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  • Le « Bismarck » a une redoutable puissance de feu.
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  • Attaque. L’amirauté britannique veut donner une leçon à la Kriegsmarine mais elle redoute les croiseurs « Prinz Eugen » et le redoutable « Bismarck », fleurons de la marine de surface ennemie.

    Le 18 mai 1941 à la tombé de la nuit, deux bâtiments impressionnants quittent le port de Gdynia sur la Baltique. Il s’agit du croiseur lourd « Prinz Eugen » dont le pacha est le capitaine de vaisseau Brinckmann et du cuirassé « Bismarck » commandé par le capitaine de vaisseau Ernst Lindermann.

    Cette force sous les ordres de l’amiral Günther Lütjens est destinée à semer la terreur parmi les convois maritimes. Il s’agit de la première sortie du « Bismarck » présenté à juste titre comme un géant des océans puisqu’il jauge 50.900 tonnes à pleine charge et peu filer à vingt nœuds. Il est armé de huit canons de 380 et de dix-neuf pièces de 152. Ce bateau de guerre exceptionnel a été mis en chantier en 1936, lancé en 1939 et totalement achevé et modernisé au cours du premier trimestre 1941. Considéré comme une machine à cracher le feu, il inquiète les états-majors alliés.

    Winston Churchill estime légitime les préoccupations des amiraux, aussi leur réplique-t-il non sans humour : « Messieurs, la solution est d’une simplicité enfantine : débarrassez-nous en ! ».

    Espionnage aérien

    Pour être à même de le piéger encore faut-il en assurer une surveillance permanente et discrète. C’est pourquoi des reconnaissances aériennes régulières sont effectuées à cet effet. De même des agents infiltrés ont mission de transmettre tous les renseignements possibles concernant les mouvements de navire de guerre dans le Grand Nord.

    Très vite Londres est informé du départ des bâtiments lourds du port de Gdynia. Le 20 mai au lever du jour, le « Bismarck » et le « Prinz Eugen » ont déjà remonté une grande partie du Skagerrak, le détroit qui sépare les côtes de Norvège de celles du Danemark et permet de quitter la Baltique pour entrer en mer du Nord.

    Le lendemain, la RAF les signale dans le courant de la matinée à Bergen que l’amirauté considère comme le grand port de la côte occidentale norvégienne. Immédiatement, les informations sont communiquées au cours d’une réunion de crise qui se tient à Scapa Flow, principale base de la Home Fleet. La décision d’une mobilisation opérationnelle exemplaire pour contrer ces deux fleurons de la marine ennemie est actée. L’amiral John Tovey retient à cet effet le cuirassé « King George V », le nouveau cuirassé « Prince of Wales », les croiseurs lourds « Hood » qui est armé de pièces de 406 mm et « Repulse ». Les croiseurs « Norfolk » et « Suffolk » qui sont déjà en patrouille sur zone sont réquisitionnés ainsi que le porte-avions « Victorious ».

    Le 22 mai, alors que des avions repèrent le « Bismarck » faisant ses préparatifs d’appareillage dans le fjord de Kors au sud de Bergen, le « Hood » et le « Prince of Wales » escortés de six contre-torpilleurs et placés sous les ordres du vice-amiral Holland quittent Scapa Flow à destination du détroit du Danemark. Ils vont soutenir les croiseurs « Norfolk » et « Suffolk » opérant déjà dans le secteur et susceptibles d’être les premiers au contact avec le navire infernal de l’ennemi. Mais une deuxième reconnaissance quelques heures plus tard prouve que le fjord est désormais vide !

    Alors que la nouvelle est confirmée vers 20 heures à l’état-major de l’amiral John Tovey, le porte-avions « Victorious » se prépare à prendre la mer. Son appareillage est programmé à 22 heures. La course poursuite est engagée. Le 23 mai, après avoir contourné le nord de l’Islande, le « Bismarck » et le « Prinz Eugen » pénètrent dans le détroit du Danemark. Ils évitent soigneusement les mines qui ont été posées par les Britanniques. La Kriegsmarine est très bien renseignée sur leurs positions mais cela contraint les deux gros bâtiments à naviguer au milieu du détroit, là où le ciel est le plus dégagé.

    Alerte radar

    Entre 19 heures et 19h30, les marins du « Suffolk » repèrent les deux navires et communiquent leur position aux autres bateaux de la Royal Navy. Peu avant 20h30, le « Norfolk » identifie à son tour les deux bâtiments et signale leur progression. C’est sans compter sur la rapidité de réaction des officiers du « Bismarck ». Le cuirassé change de cap et fonce vers le « Norfolk » tout en ouvrant le feu. Le navire anglais réussit à échapper aux bordées du cuirassé ennemi par d’audacieuses manœuvres témoignant du professionnalisme de son équipage. Informé de ce premier contact, l’amiral Lütjens comprend que toute sa progression comme ses changements de cap sont connus des Anglais. Aussi s’interroge-t-il sur la pertinence de sa mission qui consiste à rejoindre l’Atlantique. Il se demande s’il ne serait pas plus prudent de rentrer en Allemagne.

    Vers minuit, croisant les informations du « Norfolk » et du Suffolk », le vice-amiral Holland comprend que le puissant « Hood » n’est qu’à 120 milles du « Bismarck ». Seulement les deux bateaux britanniques ne vont plus transmettre d’aussi précieuses informations parce qu’ils n’ont pas les machines pour suivre les monstres du Reich. Pourtant peu avant 3 heures, le 24 mai, le « Suffolk » accroche sur son écran radar les silhouettes des navires qu’il chasse. A 4 heures, les calculs anglais confirment que le « Bismarck » doit croiser la route du « Hood » autour de 5 h 30. A 5h35, les équipages du « Hood » et du « Prince of Wales » confirment qu’ils ont le « Prinz Eugen » et le « Bismarck » en vue à environ 17 milles. A 5h52, les deux bâtiments britanniques ainsi que les contre-torpilleurs ouvrent le feu. La réplique ne se fait pas attendre. A 6 heures, un obus du « Bismarck » traverse le blindage du « Hood » et explose dans la cale arrière. Le croiseur est comme soulevé de la mer et coule en quelques minutes. C’est une tragédie. Des 1.419 marins de l’équipage composé de 95 officiers et 1.324 officiers mariniers et matelots, trois seulement sont sauvés ! Un peu plus tard, le « Prince of Wales » est touché à son tour aussi se retire-t-il du combat pour rejoindre le « Norfolk » et le « Suffolk ». Les Allemands n’engagent pas la poursuite et gardent leur cap. C’est alors une surveillance à distance qui reprend. Alors que le « Prinz Eugen » change de direction, le « Bismarck » progresse en direction du golfe de Gascogne.

    Venger le « Hood »

    Horrifiés par le drame du « Hood », les amiraux ordonnent au porte-avions « Ark Royal », aux cuirassés « Ramillies » et « Rodney », au croiseur de bataille « Renown », au croiseur « Sheffield » et à six contre-torpilleurs appartenant à la force H basée à Gibraltar d’engager à leur tour la chasse finale destinée à envoyer le « Bismarck » par le fond. Dans le même temps, huit avions torpilleurs Swordfish s’envolent du porte-avions « Victorious » et frappent le « Bismarck » sans lui causer d’avaries fatales. Le 25 mai, le cuirassé allemand semble s’être volatilisé, d’ailleurs les avions torpilleurs qui reprennent l’air pour le frapper à nouveau ne parviennent pas à le repérer.

    Il faut attendre le milieu de la matinée du 26 mai pour qu’un hydravion Catalina repère le « Bismarck » mais à 700 milles à l’ouest de Brest et à 130 milles seulement du « King Georges V » de l’amiral John Tovey. C’est une course contre la montre qui s’engage mais rien de cohérent ne peut être tenté avant le début de l’après-midi, aussi craint-on à Londres que le navire allemand s’échappe une fois encore.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Union110521b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Association 14/18 : Sur les traces des Poilus

    Le groupe a visité de nombreux sites historiques.
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  • L’association nationale 14/18 a choisi la Champagne-Ardenne cette année pour son voyage annuel d’assemblée générale. Prévue en octobre dernier, cette sortie avait été reportée en raison des problèmes d’approvisionnement de fuel.

    Ce sont cinquante personnes qui se sont données rendez-vous à Sommepy-Tahure pour y découvrir la salle mémorial franco-américaine, l’église classée du XV et XVIe siècle, avec son talus où on peut y découvrir un abri allemand, une borne américaine symbole de la libération du village, une pierre de chacun des cinq villages disparus et le panneau relatant leur position dans le camp de Suippes. Tous ont été impressionnés de découvrir ces lieux où tant de soldats sont tombés.

    Ils ont pu visualiser des sites connus comme le Blanc-Mont, la Main de Massiges, la Ferme de Navarin, les différentes positions de tir de Saint-Hilaire-le-Petit, Naurois, Sainte-Marie-à-Py, Semide, ainsi que les blockhaus qui ne manquent pas dans ce secteur du front.

    Ils se sont également recueillis dans plusieurs cimetières militaires qui jalonnent la région.

    Daniel Rochepault, organisateur et secrétaire de l’association 14/18, avait préparé ce circuit en lien avec Michel Godin et M. Guyot, membres du comité de pilotage du Centre d’interprétation de Suippes.

    Les participants furent enchantés de ce circuit inédit et émouvant.

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    Union110521a - Marne
    REIMS : Disparition : L’adieu à « Zoubinette »

    Marcelle Tissier-Labruyère.
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  • Elle était une figure des débuts de l’union, journal clandestin de la Résistance dont la création avait été décidée au cours d’une réunion secrète le 4 avril 1943. Elle en a été, au péril de sa vie, le pivot de sa distribution. Marcelle Tissier, 87 ans, « Zoubinette » comme l’avaient surnommée ses camarades de combats, est décédée jeudi à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif. Jamais elle n’avait brisé le lien et elle choisissait les grands anniversaires de la Seconde Guerre mondiale et de notre titre pour prendre des nouvelles de l’union et raconter avec une rare modestie son rôle pourtant si déterminant. Elle avait été heureuse de recevoir en mars 2009, le hors-série paru à l’occasion de notre 20.000e numéro. Son parcours a été celui d’une authentique combattante. Marcelle Tissier, jeune résistante très active des Francs-Tireurs Partisans à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), est identifiée par la gestapo et activement recherchée dans son département. Elle doit quitter sa région et, après sept semaines passées à Dijon (Côte-d’Or), elle est mise à l’abri à Reims avec une nouvelle carte d’identité au nom d’Évelyne Martin. Elle se refuse à l’inaction. En femme de tempérament, elle poursuit son engagement de Résistante. Elle devient « Nadia » mais un camarade, Julien Fretey, impressionné par son sang-froid et sa capacité à se fondre dans le monde comme si de rien n’était pour rapporter des renseignements et agir, la surnomme « Zoubinette ».

    Ce nom ne la quittera plus. La jeune femme reçoit une bicyclette d’homme dont le cadre est scié par un garagiste de Port-à-Binson pour lui permettre de transférer des documents dans la plus grande des discrétions. Au printemps 1944, on lui désigne un contact. Il s’agit d’un grand jeune homme, Serge Labruyère qui dîne seul au Petit Sapeur, un établissement proche de l’usine à gaz de Reims. Le principe est simple. Lorsque cet instituteur de Venizel qui a rejoint la clandestinité y sera présent et assis à la même table, cela signifiera que dans l’arrière-cuisine de l’établissement, il y a des journaux à distribuer. Il est alors l’imprimeur du journal et installé dans une petite maison au 21, rue de Sousse à Reims, il utilise une Minerve à pédale pour s’acquitter de sa tâche ! « Zoubinette » s’acquitte de sa mission avec une grande efficacité. Sa distribution de numéros clandestins de l’union est une réussite.

    L’histoire s’achève par un mariage. Après la Libération, Marcelle Tissier devient Mme Serge Labruyère. En août 2004, évoquant la mémoire de son époux décédé et devenu naturellement diffuseur de presse, elle me confiait : « Quand je pense que la 1re fois que je l’ai aperçu, je l’ai trouvé trop distant et trop fier, eh bien il a bouleversé mon cœur et restera mon grand amour ». Marcelle est partie rejoindre Serge pour l’éternité. À l’union, nous sommes tristes et assurons Maxime, son petit-fils, et toute sa famille de notre profonde sympathie. Notre pensée en cet instant va vers nos fondateurs.

    Hervé CHABAUD

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    Union110519e - Marne
    ONAC : « Rallye de la mémoire » samedi sur les traces des fronts de 14/18

    Ce samedi, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) organise un rallye de la mémoire « sur les traces des fronts de Champagne et d’Argonne - 1914/1918 ».

    Déjà plus de 40 équipages se sont inscrits pour cette journée de tourisme de mémoire, avec notamment la présence de voitures de collection.

    Le rendez-vous est fixé à 9 heures au gymnase de Sommepy-Tahure et le coup d’envoi sera donné à 10 heures pour la première des huit étapes de la journée.

    Les personnes désireuses de participer à ce rallye, gratuit et ouvert à tous, doivent s’inscrire d’ici ce soir auprès de l’ONACVG de la Marne (03.26.65.17.60 ou bruno.dupuis@onacvg.fr)

  •  Lisez la brochure éditée par l’ONAC
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    Union110519d - Marne
    VILLERS-FRANQUEUX : Hommage à trois braves

    Des jeunes qui s’engagent à ce que l’on n’oublie pas notre passé.
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  • Un vibrant hommage a été rendu samedi matin, par le maire Eric Maltot, à trois « braves » tombés, lors de ce qui devait être la « Der des ders », aux alentours de Villers-Franqueux et enterrés au cimetière civil, les soldats Doudrich de Montpellier, Fagès de Bordeaux et Lescure de Paris.

    Ces soldats n’ayant plus de famille les visitant et, de ce fait, leurs tombes plus entretenues, M. Christophe, professeur en retraite du lycée Croix-Cordier de Tinqueux, s’est inquiété de ce problème, et, avec l’accord du proviseur M. Louge et de l’Education nationale, il a entrepris, après un remarquable travail de recherche, de rénover les sépultures des soldats « oubliés » enterrés dans la région, en impliquant les élèves du lycée, alliant travaux de restauration en façonnant de nouvelles plaques et leur faisant ainsi prendre conscience du devoir de mémoire qu’il fallait avoir pour ces jeunes à peine plus vieux qu’eux, morts pour défendre leur patrie, grâce à qui nous sommes peut-être libres aujourd’hui.

    Après avoir visionné un diaporama relatant les conditions de vie de ces soldats ainsi que des lettres envoyées par eux à leur famille, les jeunes du lycée ont déposé eux-mêmes les plaques, en présence de M. Christophe, M. Louge, de nombreux élus, cérémonie rehaussée par la Pouillonnaise. Trois d’entre eux ainsi que deux jeunes de Villers leur ont, au nom de tous leurs camarades, rendu hommage et un jeune de Villers-Franqueux s’est engagé à entretenir les tombes à l’avenir.

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    Union110519c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Concours national de la résistance : Les lauréats vitryats à l’honneur

    Charles-Edouard, Virginie, Melvin, Sandra et Noémie, élèves de première au lycée professionnel, ont été reçus à la sous-préfecture.
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    Élèves, professeurs et personnalités se sont retrouvés à la sous-préfecture de Vitry-le-François, lundi, pour la remise des récompenses obtenues par les cinq lauréats du concours national de la résistance.

    Plusieurs orateurs se sont succédé pour féliciter les élèves sur leur travail de recherche, réalisés et préparé avec leurs professeurs de lettres, d’histoire et de géographie Philippe Lallemand et Karine Mercuriali, dans le cadre de ce concours national portant sur la résistance et de la déportation. Sur les 102 candidats des classes de première commerce Bac sur ligne de production et les classes de première bac pro ELEEC et MEI, cinq étudiants, Charles-Edouard, Virginie, Melvin, Sandra et Noémie, ont fait honneur au lycée professionnel de Vitry, le seul établissement à s’être distingué lors de cette épreuve.

    Les étudiants ont pu discuter avec Gisèle Prost qui, avec émotion, leur a raconté le parcours de sa déportation, avant de leur remettre leurs récompenses.

     

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    Union110519b - Marne
    CHAMPILLON : Journée patriotique

    Le recueillement était palpable lors du dépôt de gerbe.
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  • C’est un long week-end en Champagne qu’avait organisé Raymond Lemaire, le Président de l’Amicale. Après l’assemblée générale du samedi à la salle Henri-Lagauche, une seconde rencontre le dimanche associait les retraités et veuves de la gendarmerie de la Marne, la société nationale d’entraide de la médaille militaire d’Epernay, les anciens combattants de Champillon et les porte-drapeaux d’Epernay et sa région. Après l’office religieux célébré en l’église d’Hautvillers, un cortège de cent cinquante participants emmené par la fanfare des vignerons de Champillon s’est rendu au monument aux morts pour un dépôt de gerbe.

    On a relevé la présence, entre autres, du colonel Vidal commandant le groupement départemental de gendarmerie représentant le colonel Bolot, chef de corps de la région Champagne-Ardenne, du chef d’escadron Badel, commandant la compagnie de gendarmerie d’Epernay, d’une délégation de la communauté de brigades de Dizy conduite par le major Callay, de Philippe Martin, député, d’Hélène Plaquin, conseillère municipale d’Epernay déléguée aux anciens combattants représentant Franck Leroy, de Jean-Marc Beguin, maire de Champillon.

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    Union110519a - Marne
    VALMY : Lieux de visites : la cathédrale de Reims, bien sûr

    62 000 visiteurs se sont rendus sur les sites de mémoire tels le moulin de Valmy.
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    Mais où vont les touristes qui visitent le département ? Les dernières données disponibles auprès du comité départemental du tourisme, celles de 2009, annoncent - sans surprise - que la cathédrale de Reims arrive largement en tête avec 1,5 million de visiteurs. Viennent ensuite le marché de Noël à Reims (1,45 million) et le lac du Der (1,1 million). En quatrième position, on retrouve les Faux de Verzy, à égalité avec les Fêtes johanniques de Reims, avec 200 000 visiteurs, puis la basilique Saint-Remi de Reims (150 000). Ensuite, le palmarès annonce la première maison de champagne, Mercier à Epernay, avec 115 000 visiteurs.

    Au total, 27 maisons viticoles ont reçu près de 520 000 visiteurs, bien mieux que les musées (268 000 visiteurs) et les sites de mémoire (62 000 visiteurs), comme le moulin de Valmy.

     

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    Union110518c - Marne
    AY : Devoir de mémoire : Cinq collégiennes primées

    De gauche à droite : Fabienne Dherse, professeur, Victoria Pongnot, Mathilde Thomas, Mme Yvette Lundy, Jennifer Henry, Cassandre Godfroy et Noémie Raynaud.
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    Cinq élèves de 3e du collège d’Aÿ figurent parmi les lauréats départementaux du concours de la Résistance et de la Déportation : cinq jeunes filles qui ont eu l’honneur d’être invitées à la cérémonie officielle organisée à la Préfecture de Châlons le 4 mai dernier. Victoria, Mathilde, Jennifer, Cassandre et Noémie ont chacune reçu un diplôme et une série de livres entourés du ruban tricolore.

    Elles, qui concouraient dans la série devoirs individuels sur le thème de la répression de la Résistance en France par les autorités d’Occupation et le régime de Vichy, ont été félicitées pour la qualité de leur travail. Préparées par leur professeur d’histoire-géographie, Fabienne Dherse et stimulées par la venue d’Yvette Lundy, résistante déportée, au collège d’Aÿ pour sa conférence annuelle, les collégiennes se sont efforcées de présenter dans leurs copies, des exemples marnais tout en développant un grand sens civique.

    En récompense de leur implication à la préparation de ce concours qui fête cette année son 50e anniversaire et en prolongation de ce travail de mémoire, les lauréats participeront, le 28 mai à un voyage, organisé par l’Office national des anciens combattants, sur les hauts lieux de mémoire de la Résistance dans la Marne.

     

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    Union110518b - Marne
    COURCY : Robert Clément : mémoire du village

    Robert Clément, lors de sa dernière conférence à l’IUTL.
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  • Dernièrement, Robert Clément a donné une conférence à Reims, dans le cadre de l’Université du temps libre. Un large public s’était déplacé pour l’écouter. Le thème de la conférence portait sur la Grande Guerre dans les environs de Courcy. Robert Clément, président des anciens combattants du canton de Bourgogne, est en effet l’auteur du livre « Il fut un temps à Courcy », un ouvrage très documenté qui raconte l’histoire de sa commune durant ce terrible conflit.

    Morceaux choisis :

  •  Le fort de Brimont est occupé par les Allemands, et Courcy l’est aussi depuis le 17 septembre 1914. - Le bombardement de Reims a lieu le 19 septembre 1914. Le 39e RI, dont faisait partie l’écrivain Roland Dorgelès, est à Hermonville.
  •  Le 16 février 1915, un violent combat a lieu au Godat, entre Loivre et Cormicy, près de l’écluse du même nom.
  •  En juin 1916, un corps expéditionnaire russe, arrive en renfort.
  •  Le 16 avril 1917 l’offensive désastreuse du général Nivelle s’étend du Chemin des Dames jusqu’aux Cavaliers de Courcy.
  •  La brigade russe combat en vue de reprendre le fort de Brimont.
  •  Les chars lancent une attaque à Berry-au-Bac.
  •  Le 5 mai 1917, les combats reprennent sur le plateau de Californie.
  •  Le 15 mai 1917, le général Pétain devient commandant en chef des Armées françaises.
  •  Le 27 juin 1917, les Français occupent de nouveau la caverne du Dragon.
  •  Le Chemin des Dames est dégagé le 2 novembre 1917 jusqu’à Craonne.
  •  Reims est sauvé par les coloniaux de la 134e Division d’Infanterie.
  •  Courcy est repris à l’ennemi le 5 octobre 1918, ainsi que le fort de Brimont.
  •  Courcy en ruines est classé zone rouge.
  •  Courcy, titulaire de la croix de Guerre, est reconstruit grâce à l’opiniâtreté de Monsieur Givelet, directeur de la verrerie.
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    Union110518a - Marne
    THIL : Histoire : Des fêtes pour ériger le monument

    Le monument aux morts de Thil a été inauguré en grande pompe le 23 mai 1926.
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  • Au lendemain de la guerre 1914-1918, des monuments aux morts ont été érigés dans toutes les communes de France.

    Des rites se jouent autour de cette pierre funéraire qui devient lieu de sociabilité : appel aux morts, remise de décorations, dépôt de gerbes.

    L’espace sacré est matérialisé par des grilles, afin de maintenir une distance entre le visiteur et l’espace de recueillement. Seuls tels les prêtres dans le sanctuaire, les dignitaires ont le droit de pénétrer dans cet enclos : anciens combattants, autorités civiles et militaires, dépositaires de gerbes, familles endeuillées, enfants des écoles, les anonymes se tenant plus loin.

    L’emplacement du monument peut être demandé par les familles en deuil, ou des comités, mais la commune a le dernier mot quant à ce choix. 70 % des monuments ont été installés sur les places publiques : leçons données aux survivants et aux enfants, ils doivent être visibles.

    Leur financement a représenté un coût élevé, surtout en cette période de reconstruction. A Thil, les habitants ont pris l’initiative de chercher eux-mêmes des fonds en effectuant des quêtes à l’occasion des fêtes de famille ou lors de banquets en l’honneur de saint Vincent.

    Des festivités organisées dans ce but n’étaient pas en contradiction avec l’hommage rendu aux morts tombés au champ d’honneur.

    La commune a versé la somme de 50 francs, par délibération datée du 25 juillet 1923, pour compléter les fonds déjà récoltés.

    Les habitants de Thil ont installé leur monument aux morts devant l’église.

    Le jour de l’inauguration, le maire Fernand Hénonin a prononcé un discours écouté par une foule qui s’était déplacée pour cet événement important : c’était le 23 mai 1926.

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    Union110515b - Marne
    EXPOSITION : Sur le chemin des civils pendant la Grande Guerre

    L’exposition propose autant des explications très didactiques à travers des séries de panneaux thématiques que des objets et divers documents qui permettent de témoigner de façon concrète de ce que fut cette période difficile.
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  • Les armées voient les déplacements spontanés de civils comme une menace : routes encombrées, démoralisation des troupes… Durant le conflit, des ordres d’évacuation sont donnés pour avoir une plus grande latitude pour les combats.
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  • Les civils qui partaient des zones de combats emportaient souvent juste le strict nécessaire sur des carrioles de fortune.
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    A la fin de l’été 1914, alors que les frontières nationales s’effacent et que s’installe le front, en Belgique et en France, de très nombreux civils fuient la guerre et se précipitent sur les routes.

    Cet exode inaugure quatre années aux cours desquelles les déplacements vers des destinations souvent lointaines, en complète rupture avec les lieux de vie du temps de paix, vont affecter près de douze millions d’individus en Europe, devenus des « réfugiés ».

    En 1918, en France, ce sont encore deux millions de réfugiés, surtout originaires du Nord et de l’Est, qui vivent loin de chez eux.

    Les déplacés ont des visages multiples : réfugié quittant sa maison à cause des combats, civil évacué par l’autorité militaire, rapatrié en France non occupée, travailleur forcé, interné, déporté, civil limité dans ses déplacements en zone occupée… mais une expérience commune : solitude, perte de repères, absence de nouvelles des proches, méfiance des habitants du lieu d’accueil, conditions de vie et de travail souvent dures. Le « déplacé de guerre » devient un enjeu pour tous les belligérants qui doivent organiser, orienter et contrôler les mouvements de population. Témoignages, documents, images et objets

    Des conditions dans lesquelles s’effectuent ces déplacements à leurs conséquences pour les déplacés, la Caverne du Dragon explore les divers aspects de ce « grand remuement » à travers de nombreux témoignages, documents, images et objets provenant des territoires du front de l’Ouest, mis en perspective et scénographiés dans le bâtiment d’accueil du musée.

    Cette exposition entre dans le cycle « La Grande Guerre par 4 chemins », en partenariat avec l’In Flanders Fields Museum (Ypres, Belgique), le musée de Flandre (Cassel, Nord) et l’Historial de la Grande Guerre (Péronne, Somme) dans le cadre du projet européen « Mémoire de la Grande Guerre ».

    Elle se décompose en plusieurs étapes : l’exode de 1914, les déportations et internements, les déportés pour travailler, le rapatriement des civils des régions occupées par l’armée allemande, la difficulté des déplacements mais aussi tout ce qui se faisait autour de l’accueil des réfugiés, l’image qui en était véhiculée.

    « Suivre ces chemins de civils en guerre sur le front ouest nous invite à redécouvrir combien la Première Guerre mondiale a bouleversé les horizons des populations européennes, expliquent les organisateurs. Pour ces hommes et ces femmes sans arme, la guerre s’est jouée ainsi derrière le front, sur des chemins incertains… »

     

     

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    Union110515a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Brazzaville : le punch gaulliste

    Savorgnan de Brazza est une autorité morale et lui rendre hommage avec solennité témoigne de l’affection gaullienne à ses engagements.
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  • En séjour à Brazzaville, le général de Gaulle participe à deux événements importants. Le 11 mai 1941, il prononce un discours remarqué à l’occasion de la pose de la première pierre d’un monument dédié à Savorgnan de Brazza. C’est un moment privilégié pour s’adresser aux Africains rassemblés autour du drapeau portant la croix de Lorraine. « Le héros qui fut l’explorateur de l’Afrique-Equatoriale française méritait depuis longtemps que la reconnaissance du groupe de nos colonies Gabon, Moyen-Congo, Oubangui-Chari et Tchad fût marquée définitivement dans la pierre. Nul emplacement ne pouvait mieux convenir pour ce monument que le bord du fleuve magnifique vers qui s’étaient portés tout à tour son rêve et son action et dont grâce à lui, la France est devenue riveraine ». Il vante l’homme courageux, téméraire, entièrement donné à la France, aimant l’Afrique et les Africains. Pour mieux affirmer : « L’hommage solennel qui lui est aujourd’hui rendu montre que les générations nouvelles, instruites par de terribles leçons, souhaitent suivre son exemple ». Cette cérémonie n’est pas simplement un témoignage de reconnaissance décerné à un serviteur exemplaire du pays et de l’Empire. De Gaulle précise : « Nous voulons qu’elle symbolise la fidélité nationale à tout ce qui fut la gloire de la patrie et la foi des Français dans leur destinée ».

    L’instant est choisi pour faire le point sur la situation générale du monde et insister sur un désastre momentané qui fait que les terres françaises sont tronçonnées en trois : « Une partie est occupée par l’ennemi, l’autre contrôlée par lui et soumis par abus de confiance à ses collaborateurs, la troisième libre et combattant en Afrique, en Asie, en Océanie. Par le fait même qu’ils sont libres et qu’ils sont combattants, c’est aux Français de cette portion de nos terres, c’est à nous que reviennent le devoir et l’honneur de parler et d’agir au nom de la nation toute entière, certains que nous sommes d’être passionnément approuvés par la majorité immense de nos compatriotes asservis ». Le chef des Français libres tient à ce que l’âme de la France déchirée domine cette cérémonie destinée à honorer la mémoire d’un homme d’honneur. « C’est en présence de la France qu’à Brazzaville, posant la première pierre du monument à Savorgnan de Brazza, nous renouvelons le serment de combattre et de vaincre pour rendre à la patrie son sol, sa liberté, sa gloire. C’est au nom de la France unanime que nous proclamons par-delà les deuils, les épreuves, et les douleurs, notre inébranlable foi et notre radieuse espérance ».

    Deux jours plus tard, le 13 mai, le général reçoit le général Ryckmans, gouverneur du Congo belge. Le discours est chaleureux et de Gaulle évoque la réception qui lui fut dédiée le 27 octobre 1940 à Léopoldville. « Monsieur le gouverneur général, nous nous félicitons de voir ici en votre personne, le chef du Congo belge que le même idéal, la même volonté et je ne crains pas d’ajouter la même nécessité unissent aux territoires de l’Afrique française libre dans la guerre que nous soutenons avec tous nos vaillants alliés ». Il insiste sur le partage de fortes convergences tant sur les terrains économiques, politiques et moraux. Se félicitant de liens privilégiés avec la Belgique il ajoute : « Sans doute y a-t-il dans notre compréhension l’effet des affinités profondes qui, à tous égards, existent entre nos deux peuples. Mais aussi l’admiration respectueuse que nous portons à votre roi Léopold III prisonnier et l’immense sympathie que nous avons pour la Belgique occupée mais insoumise et belligérante ». Avant de conclure : « Il y a là un élément essentiel des rapports futurs de nos deux peuples et de la reconstruction de l’Europe après l’infaillible victoire »


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    Rudolf Hess : le dauphin félon

    Albert Speer est témoin de la colère d’Hitler lorsqu’il est informé du départ de Hess pour la Grande-Bretagne.
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  • Goebbels doit faire passer Hess pour un fou.
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  • Rudolf Hess : il se croit investi d’une mission essentielle : que l’Allemagne et la Grande-Bretagne luttent ensemble pour détruire l’URSS.
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  • Le Me 110 de Hess avec lequel il s’est entraîné à Augsbourg pour réussir son vol jusque dans la région de Glasgow.
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  • Alors qu’Albert Speer le grand architecte d’Hitler attend au Berghof pour s’entretenir avec Hitler et lui présenter les premiers plans du nouveau Berlin dont l’aménagement du territoire et l’urbanisme devront être achevés en 1950, il règne une certaine fébrilité. Speer ne s’en préoccupe guère. Il sait qu’il a la confiance d’Hitler et le führer a déjà manifesté son enthousiasme pour la réalisation d’une Avenue Triomphale dotée d’un arc de la domination et destinée à fêter les victoires du Grand Reich. Pourtant deux aides de camp de Rudolf Hess, Kurt Leitgen et Karl Heinz Pietsch piétinent la mine grave et l’œil noir. Hess deuxième héritier du régime après Goering les a chargés de remettre en personne à Hitler une lettre de la plus haute importance.

    Et lorsqu’il s’agit d’un courrier émanant de celui qui a codirigé avec lui le parti nazi, le maître de Berlin accepte bien volontiers qu’on les lui remette en personne. Le führer demande à Speer quelques instants supplémentaires le temps de recevoir ce pli urgent. L’architecte entend alors un hurlement insensé. Hitler surgit et fait des gestes désordonnés. Il bave et dans un soupir ahurissant réclame sur le champ Martin Bormann qui est l’adjoint direct de Rudolf Hess. Une réunion au sommet est convoquée. Ribbentrop, Goebbels, Himmler et Goering sont requis dans l’heure. Speer voit son rendez-vous reporté ! Ce n’est que plusieurs heures plus tard que l’architecte apprend le départ de Hess pour la Grande Bretagne.

    Un plan prémédité

    Ce fidèle menacé dans ses responsabilités par l’œuvre tentaculaire de contrôle mise en place par Bormann a tenté un coup de poker. Pour retrouver toute son aura auprès du führer, il décide de s’envoler pour le Royaume-Uni afin de trouver la solution politique qui éviterait au Reich d’avoir à conduire une guerre sur deux fronts. Il reste convaincu que l’échec de l’Allemagne en 1918 est la résultante d’un conflit qui a dû être mené un certain temps à l’ouest et à l’est. Il sait qu’Hitler a déjà envisagé de proposer la paix aux Anglais à condition de conserver le contrôle de l’Europe continentale. En retour, il assurerait une totale liberté de circulation des Britanniques vers leur Empire. Churchill s’est toujours refusé au moindre compromis avec : « L’hystérique de Berlin ». Hess qui été l’élève du professeur Karl Haushofer a retenu les recommandations de ce passionné de géopolitique : « La Grande-Bretagne a une vocation naturelle à rejoindre tous ceux qui sont prêts à s’associer à la lutte mondiale contre le cancer du bolchévisme ». Même s’il ignore le détail du plan Barbarossa, Hess sait qu’Hitler a pris la décision d’attaquer l’URSS pour abattre Staline et le régime scandaleux qu’il incarne. Il juge qu’il existe une bonne opportunité pour conclure un accord surprise capable de renverser la donne de la guerre. N’en a-t-il pas été encouragé par l’idéologue du parti nazi Alfred Rosenberg. Il s’est dit en phase avec Hess sur les dangers représentés par une guerre menée conjointement sur deux fronts !

    Comme la Grande-Bretagne subit depuis des mois des bombardements intensifs, les deux hommes estiment que le peuple anglais est au bord de l’épuisement et acceptera toute solution capable d’assurer la paix.

    Dès lors, Rudolf Hess n’hésite plus. Il se rendra à Londres. Comme il est pilote, il prépare son vol avec beaucoup de soins et suit des cours de perfectionnement sur l’aérodrome des usines Messerschmitt à Augsbourg. Il choisit un Me 110 et conçoit un plan de vol vers Glasgow. Pourquoi cette direction ? Parce que dans les environs, le duc de Hamilton y possède le château de Dungavel House entourant une vaste propriété. Comme il a rencontré le duc et qu’ils ont sympathisé lors des Jeux olympiques de Berlin en 1936, il est certain que l’Anglais acceptera d’être son médiateur !

    La surprise du duc

    Le 10 mai 1941 à 17 h 45, Hess revêtu de sa combinaison de pilote décolle d’Augsbourg. Il vole pendant cinq heures puis, alors qu’il s’estime dans la périphérie de Glasgow, il saute en parachute et son appareil s’écrase dans la campagne anglaise. Très vite, le duc de Hamilton est informé qu’un pilote allemand affirmant s’appeler Alfred Horn et qui vient d’être appréhendé par un garde territorial demande à le rencontrer afin d’être conduit auprès des plus hautes autorités du gouvernement britannique. Hamilton est un lieutenant-colonel de la Royal Air Force qui a été avant la guerre membre de la Société d’amitié anglo-allemande. Contrairement à ce que croit Rudolf Hess, il n’a aucune influence politique. En revanche, il identifie formellement l’Allemand qui est confié aux services de sa Majesté et interrogé par Ivone Kirkpatrick un ancien de l’ambassade de Grande-Bretagne à Berlin. Hess solennel affirme qu’il est porteur d’une offre de paix qui s’appuie sur les propositions faites par Hitler à Neville Chamberlain, l’ancien Premier ministre anglais signataire des accords de Munich en septembre 1938. « L’Angleterre ne pourra jamais vaincre l’Allemagne. Il est donc nécessaire et souhaitable de trouver un accord entre les deux pays pour mettre un terme au conflit ».

    Informé, Churchill considère qu’il s’agit d’une plaisanterie de très mauvais goût. Kirkpatrick est lui aussi dubitatif parce qu’il considère que dans l’organigramme nazi, le rôle de Hess est devenu subalterne : « Il ne semble pas être au courant des opérations en préparation. Sa naïveté et son ignorance de la réalité politique sont confondantes ». Diplomate chevronné, Kirpatrick note soigneusement les déclarations du hiérarque nazi et est stupéfait lorsque son interlocuteur qui insiste sur la proposition inestimable de Berlin ajoute brutalement : « L’Allemagne n’acceptera de finaliser l’accord que devant un nouveau gouvernement. Winston Churchill est coupable d’avoir poussé son pays à la guerre depuis 1936. Il n’a ni la probité, ni la légitimité pour négocier avec le führer ».

    Hitler qui rêve de l’échec de Hess confie au Berghof : « Si seulement il pouvait se noyer dans la mer du Nord. Il disparaîtra alors sans laisser de traces et nous aurions tout le temps pour trouver une explication quelconque ». Hélas, ses agents ne tardent pas à l’informer qu’il est parvenu en Grande-Bretagne. Il fulmine. Il craint que les Italiens et les Japonais pensent qu’il cherche vraiment une paix séparée.

    Goebbels note dans son journal l’abattement du führer et cette confidence du maître : « Quel spectacle pour le monde : un déséquilibré mental pour second derrière moi ». Le service de la propagande est chargé de trouver une explication cohérente dans les plus brefs délais. Goebbels rédige en personne le communiqué annonçant que Rudolf Hess a été : « atteint subitement de graves désordres mentaux imputables à une ancienne blessure de guerre et entraînant des aberrations de caractère idéaliste ».

    Et d’ajouter : « Il apparaît que Rudold Hess souffrait depuis quelque temps de troubles hallucinatoires le portant à s’imaginer qu’il était appelé à négocier un accord pacifique entre le Reich et le Royaume-Uni. Cet accident n’affecte en aucune façon la poursuite d’une guerre imposée au peuple allemand par la Grande-Bretagne ». Hess est désormais prisonnier de guerre.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Le piège du Berghof

    Darlan se rend au nid d’aigle pour s’incliner devant Hitler.
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  • Jacques Benoist-Méchin joue les éclusiers.
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  • Les concessions accordées par l’amiral Darlan aux autorités du IIIe Reich sont préoccupantes aussi bien pour le général de Gaulle que Winston Churchill. Le 2 mai, l’ambassadeur d’Allemagne en France, Otto Abetz convoque Jacques Benoist-Méchin et lui remet une demande urgente de Berlin concernant la mise à disposition d’aérodromes en Syrie afin de faciliter l’acheminement des escadrilles allemandes qui doivent rejoindre Mossoul en Irak. L’occupant réclame également un accord de Vichy pour céder sans délai à Rachid Ali qui a mené le coup d’Etat, des canons, des munitions et des armements légers qui sont stockés au Moyen-Orient. Ils sont placés sous contrôle de la Triple alliance depuis l’armistice. Benoist-Méchin se satisfait de la commande : « Par un de ces retournements dont l’histoire a le secret, le Reich demandait des armes à la France pour l’aider à soutenir son prestige en Orient ». Il sait fort bien que cette exigence n’est pas sans risques politiques puisque la Grande-Bretagne peut répliquer et attaquer la Syrie fidèle au Maréchal.

    Discussions parisiennes

    Benoist-Méchin rencontre le soir même Philippe Pétain et François Darlan et relate son entretien : « Le désir du gouvernement allemand de soutenir Rachid Ali nous ouvrait des perspectives inattendues. N’était-ce pas la première fois depuis l’armistice que le vainqueur s’adressait au vaincu pour solliciter son concours ? Jusque-là, c’était toujours nous qui avions été demandeurs. A présent, la situation commençait à se retourner. C’était le moment de songer à reconquérir ce que nous avions perdu, en prenant appui sur ce que nous possédions encore ».

    Darlan prend alors le dossier en main et effectue plusieurs voyages entre Vichy et Paris. Il apparaît que le Maréchal et le vice-président du Conseil sont favorables à l’utilisation par la Luftwaffe des bases françaises du Moyen-Orient ce qui ne peut que provoquer l’ire des Français libres. Darlan estime qu’il faut en retirer des avantages et se montrer suffisamment discret pour : « ne pas alerter prématurément les Anglais ». A Vichy on se laisse prendre par les sentiments sans réfléchir sérieusement aux éventuelles réactions de la Turquie et de la Grande-Bretagne. Les Italiens réclament à leur tour, un droit de passage de leurs avions destinés au Levant.

    Une première négociation est entamée à l’ambassade d’Allemagne dans la capitale. Abetz est présent assisté du général Vogl, président de la Commission d’armistice et successeur du général Carl-Heinrich von Stülpnagel, et du docteur Hemmen. Côté français, l’amiral Darlan est accompagné de Bouthillier, son ministre des Finances. Abetz cassant et sûr de lui exige du gouvernement de Vichy une décision rapide et sans ambiguïté. L’amiral ne proteste pas et adresse sans tarder un télégramme au général Dentz, haut-commissaire au Moyen-Orient et commandant en chef des troupes en Syrie. Il lui précise l’arrivée imminente d’appareils de la Luftwaffe et insiste pour que tout soit mis en œuvre pour faciliter leur escale. Otto Abetz désigne le consul général Rahn pour prendre livraison des armes stockées et les acheminer auprès du commandement opérationnel de Rachid Ali. Le 7 mai, un accord franco-allemand valide la possibilité pour les avions allemands de faire des escales à Alep pour se rendre en Irak. En exécution de la convention d’armistice, des armes françaises stockées en Syrie sont délivrées aux rebelles irakiens. S’ajoute à cela, la possibilité de renseigner l’Allemagne sur les mouvements des forces britanniques au Moyen-Orient.

    Pour justifier toutes ces concessions dangereuses pour les Alliés, Darlan affirme avoir obtenu des assouplissements concernant le franchissement de la ligne de démarcation et une réduction des frais d’occupation. Conséquence de tout cela, le 11 mai 1941, trois avions de la Luftwaffe avec des cocardes italiennes se présentent en Syrie. Le lendemain ce sont dix-huit appareils qui se posent à Damas et à Alep.

    Au Nid d’aigles

    Alors que le général Dentz est sommé d’appliquer avec zèle l’accord trouvé avec les Allemands, l’amiral Darlan est reçu par le ministre des Affaires étrangères allemand Ribbentrop et par Hitler au Berghof. Le vice-président du Conseil recherche des résultats politiques pour démontrer que Vichy obtient du führer des conditions pour une vie meilleure dans la France occupée tandis que le chancelier nazi exige d’abord des concessions françaises avant d’envisager de desserrer l’étau d’occupation. « Ce sera donnant, donnant » martèle-t-il à l’amiral en le fixant droit dans les yeux. Ayant été informé que des avions allemands ont atterri en Syrie, l’amiral Leahy, ambassadeur des Etats-Unis en France rencontre le maréchal Pétain. Il n’obtient pas de réponses claires à ses questions. Le chef de l’Etat français se contente de justifier cette présence par la nécessité de contrôler au Moyen-Orient les conditions d’application de la Convention d’armistice. Quant à la fourniture de matériel de guerre à l’Irak, il précise que celui-ci : « était sous contrôle italien ». Et d’ajouter : « La France n’en avait donc plus la disposition ».

    Au conseil des ministres du 14 mai 1941, Darlan résume sa rencontre avec les autorités du Reich. Il dit combien le führer est bien disposé à l’égard de la France et s’autorise quelques citations des propos échangés : « Hitler m’a assuré que si la France se tenait bien, l’Allemagne ne l’amputerait pas de ses territoires coloniaux y compris la Syrie ». Mais il doit avouer qu’au cours de l’entretien, le maître de Berlin a fait pression pour que les sous-marins allemands dans l’Atlantique puissent utiliser la base de Dakar, y effectuer des escales techniques et s’y ravitaillent.

    Darlan y est favorable d’autant qu’il est convaincu par l’optimisme affiché par le führer sur le règlement de la question soviétique. Ne lui a-t-il pas confié, goguenard : « La Wehrmacht sera maîtresse de l’URSS en trois semaines ».

    L’amiral considère que les conditions sont réunies pour engager dès la fin du mois des pourparlers pour une coopération militaire franco-allemande. Un calendrier est déjà proposé et réserve à cet effet la semaine du 21 au 28 mai.

    Abetz constitue une délégation composée du général Warlimont accompagné d’officiers d’état-major et de diplomates de moindre rang. Côté français, l’amiral Darlan pense être le pivot de la discussion aussi se désigne-t-il chef de la délégation française. Il sera assisté du ministre de la Guerre le général Huntziger, du secrétaire d’Etat aux Colonies, l’amiral Platon, de Jacques Benoist-Mechin, de Fernand de Brinon et de plusieurs officiers.

    Les débats ne seront pas centrés sur la question syrienne puisqu’un projet de protocole doit émerger et prendre en compte aussi bien l’Afrique Noire que l’Afrique du Nord. Or la discussion du protocole de Paris est un piège puisque les Allemands ont déjà rédigé un document de dix-sept pages qui comprend trois chapitres : la Syrie et l’Irak, l’Afrique du Nord, l’Afrique Occidentale et l’Afrique Equatoriale française. Mieux, il y a aussi en prime un protocole additionnel truffé de mauvaises surprises.

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    Union110514d - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Le rallye de la liberté veut inscrire le passé dans la mémoire des jeunes 626 élèves se souviendront

    Organisateurs et scolaires au pied de la plaque des fusillés : la communion intergénérationnelle.
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  • « QUAND des jeunes ne savent pas ce que signifie le 6 juin 1944, ça fait mal… ».

    Jean Chabaud, président des Combattants volontaires de la résistance, regrette ces lacunes. A plus d’un titre. En effet, le 6 juin de cette année-là, aux environs de 17 h 30, alors même que les plages de Normandie accueillaient sous un déluge de mitraille les soldats alliés qui libéreront l’Europe moins d’un an plus tard, sept résistants étaient fusillés par les Allemands.

    C’était au lieu-dit de « La Folie », entre Châlons et l’Epine. Ils avaient été condamnés à mort le matin même. Un mois avant, des résistants du groupe Tritant avaient été éxécutés au petit matin. Le site est devenu « La butte des fusillés ».

    Affluence en hausse

    Depuis 1945, chaque 6 mai, les anciens résistants et déportés marnais se rassemblent sur ce site pour honorer la mémoire de ceux qui sont morts sous les balles ennemies.

    Devant les poteaux d’exécutions au cœur d’un site récemment rénové, 38 résistants furent passés par les armes entre août 1943 et août 1944.

    11 autres le furent sur divers sites de la ville, soit 49 noms inscrits en lettres d’or sur plaque de marbre.

    Parce que les martyrs de cette guerre ont offert le plus beau cadeau à ceux qui restent, à savoir la liberté, un rallye est organisé avec les enfants à qui on souhaite inculquer le devoir de mémoire. Une organisation collégiale que ce rallye, concocté sur deux jours (hier et jeudi) par l’ensemble du monde combattant.

    Cette année, 626 enfants, représentants 16 écoles (CM1 et CM2) de Châlons mais aussi de l’agglomération ont été envoyés sur ce rallye : « C’est beaucoup plus que l’année dernière, ou nous avions accueilli 510 scolaires. Et en 2009, ils n’étaient que 374 » se satisfont les organisateurs, à l’image de Bernard Haleux, président du comité d’Entente des anciens combattants.

    Remise des prix le 6 juin

    Sur place, six tentes, « gratuitement confiées par l’Armée » se félicite encore Bernard Haleux. Sous chacune des tentes, une thématique différente, assurée par des anciens combattants ou résistants qui se prêtent au jeu des explications de texte.

    A l’issue, ils posent quelques questions du style : « A quelle date a été libérée Châlons-sur-Marne par les troupes américaines ? », ou bien celle-ci encore : « Citez des organisations de la résistance marnaise qui se sont illustrées dans le département de la Marne ? ». Tous ne répondront pas : « 29 août 1944 » pour la première question, ou bien pour la seconde, « Ceux-de-la-Résistance, Ceux de la libération, Résistance-Fer, groupe Tritant, Bleu et Jonquille, Mélpomène ». Mais beaucoup mesureront, au travers les voix enrouées toujours submergées par l’émotion, - Roger Romagny par exemple ancien déporté-, la souffrance toujours à vif, même plus de soixante après. La remise des prix, toute symbolique, sera effectuée le 6 juin à la mairie de Châlons.

    Cette date que Jean Chabaud aimerait voir à jamais gravée en dur dans la tête de tous les jeunes…

    Fabrice MINUEL

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    Union110514c - Marne
    BOULT-SUR-SUIPPE : A l’école primaire Témoin de l’Histoire, rescapée de l’enfers

    Devant les enfants, Madame Lundy a évoqué le prix de la Liberté, le devoir de respect. Tous les enfants se sont rendus en sa compagnie au monument aux morts et ont déposé une gerbe.
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  • MME Lundy, 95 ans, ancienne résistante, rescapée des camps de la mort, invitée par les enseignants de l’école primaire du village et du Maire, Claude Scrabbalat, est venue évoquer ce qu’était cette page noire du siècle écoulé. Son ancienne profession d’enseignante lui permet de dialoguer avec les mots que les enfants comprennent sans jamais les paniquer, en invitant les écoliers à poser toutes les questions qui leur viennent à l’esprit. Des questions, il y en avait beaucoup, on aurait pu y consacrer bien davantage de temps.

    Mme Lundy a expliqué comment la France était entrée en guerre, la défaite de notre armée, ce que fut l’occupation, la débâcle, la Résistance, le Maquis, la Déportation, l’Armistice.

    Les questions

    Qu’est-ce que l’occupation ? « c’est comme des gens qui s’invitent à votre table sans être conviés, des gens qui s’approprient vos biens, des gens qui vous chassent de votre maison ».

    Comment fait-on la guerre ? Comment sont les armes ? Pourquoi la capitulation ? « l’armée allemande était puissante, bien organisée, avec des objectifs précis. Elle a occupé les nations, les unes après les autres. Elle s’est rendue maître des airs avec ses avions et ses batteries de DCA, et a mis en place le blocus des ports ».

    La Résistance c’était comment ? « Parce qu’au départ 2 % des Français n’ont pas accepté le discours du Maréchal Pétain pour diverses raisons, parce que très peu de personnes ont pu entendre le message du Général De Gaulle sur les ondes de la BBC le 18 juin ? Tout le monde ne possédait pas la radio que l’on appelait alors la TSF, il a fallu du temps pour organiser la lutte armée, renseigner les Alliés de manière fiable pour être aidé, il fallait faire confiance, veiller à ne pas se faire dénoncer ou faire d’être emprisonné, fusillé ou déporté ».

    A Ravensbrück

    Mme Lundy a passionné son auditoire, expliqué comment, à 28 ans, vivant près d’Epernay, elle a été arrêtée comme Résistante, emprisonnée à Châlons-sur-Marne, déportée au Camp de Ravensbrück, après 4 jours et 3 nuits, entassée dans des wagons à bestiaux avec 120 autres personnes, dont des enfants et des vieillards. Dans ce camp, 14 nationalités se côtoyaient.

    A l’arrivée, tous les prisonniers étaient tondus, saisis de tous leurs effets, travaillaient comme des esclaves, dormant à même le sol ; tous sous-alimentés, subissant les pires humiliations.

    Mme Lundy a survécu à un an de détention… son matricule 47360.

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    Union110514b - Marne
    REIMS : Journée Défense et Citoyenneté : Rencontres entre réservistes et lycéens

    Présentation de matériel aux jeunes civils.
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  • LA journée de la Défense et de la Citoyenneté (JDC) a eu lieu mercredi au lycée Val-de-Murigny. Prévue pour les jeunes de Reims et de l’agglomération rémoise, elle touche un grand nombre de lycéens, mais aussi certains jeunes déscolarisés. « Cette journée permet de les détecter et de les mettre en relation avec les dispositifs d’insertion, comme l’EPIDe (Etablissement Public d’Insertion de la Défense) ou avec les missions locales avec lesquelles nous avons des partenariats » explique Bernard Mattei, chargé de Relations extérieures et partenariats. Les coordonnées des élèves en difficulté de lecture ou d’écriture sont transmises à l’Inspection Académique. Dans une salle du lycée, le maréchal des logis-chef Pacanowski rappelle quelques notions d’histoire, de droits et devoirs du citoyen aux jeunes convoqués pour la JDC, auxquels se sont ajoutés les élèves délégués du « Comité académique de la vie lycéenne » qui entendront également l’intervention d’un représentant de l’Unicef et celle de Jacqueline Ibrahim, vice-présidente régionale de la Croix-Rouge.

    Se faire recenser

    « Je trouve intelligent d’avoir réuni l’Éducation nationale et l’armée. Cela permet d’avoir une impression sur la défense nationale et la citoyenneté », confie Antonino Tripodi, délégué académique et élève en BTS au lycée Val-de-Murigny. Pour les jeunes de la JDC, la motivation est très intéressée : « Nous sommes là parce que c’est obligatoire et que le certificat qui nous sera remis est indispensable pour passer le bac, et aussi obtenir le permis de conduire », avouent Anthony Simon, 17 ans, de Wassy, et Maeva Dogué, rémoise, élève de Terminale. « Ils vont avoir aussi une partie plus axée sur la défense et le monde instable dans lequel nous vivons. On va leur parler du terrorisme et de toutes les menaces qui peuvent exister. » « En 2010, dans la Marne, nous avons reçu un peu plus de 6 000 jeunes », précise Christine Giovanni, chef de centre du service national de Châlons-en-Champagne, qui insiste sur la nécessité, pour les jeunes âgés de 16 ans, de se faire recenser.

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    Union110514a - Marne
    REIMS : 7ème édition de la nuit des musées

    REIMS (Marne) Beaucoup d’animations ce samedi 14 mai à l’occasion de la nuit européenne des musées. Une bonne occasion de découvrir gratuitement les merveilles des musées rémois.

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    Musée de la Reddition

    De 20 à 23 heures, visite libre. Le 7 mai 1945, à 2 h 41 du matin, à Reims, au grand quartier général allié d’Eisenhower (SHAEF) fut signée la capitulation des armées allemandes du Troisième Reich, la salle où s’est déroulée la signature, classée « monument historique », est restée en l’état. Un livret sera remis au jeune public. Projection d’un film d’archives.

    Musée de la Reddition,

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    Fort de la Pompelle

    De 11 à 21 heures visite libre du Fort de la Pompelle, classé Monument historique, qui fut la clé de voûte de la défense de Reims pendant la Première Guerre mondiale. Riches collections.

    Musée du Fort de la Pompelle, sortie de Reims - RN 44, direction Châlons-en-Champagne.

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    Union110513b - Marne
    EPERNAY : Nécrologie : Albert « Bob » Persohn a livré sa dernière bataille

    Décoré de la Victoria Cross, Albert Robert Persohn avait reçu des mains du général de Gaulle la Croix de la France Libre.
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  • Ancien parachutiste SAS dans l’armée, photographe de cœur et ancien correspondant pour l’union, le Sparnacien Albert Robert Persohn nous a quittés.

    LES médailles, il les a souvent laissées aux autres. Son fils Thierry Persohn, résident de Tours-sur-Marne, se souvient d’une phrase que son père aimait tant à lui répéter : « la gloriole, c’est pour les autres. C’est à nos copains morts au combat qu’il faudrait les donner ».

    Albert Robert Persohn dit « Bob » s’est éteint le 25 avril 2011 à l’âge de 86 ans au Pouliguen (Loire-Atlantique). Photographe à Epernay, ancien correspondant de l’union, ancien parachutiste de la France Libre, cette figure de l’armée nous a quittés trop tôt comme cela est souvent le cas. Décoré de la Croix de guerre par le général de Gaulle, de la prestigieuse Victoria Cross (distinction militaire suprême de l’armée britannique), de la médaille d’Epernay, la Légion d’honneur aurait pu compléter son tableau. S’il ne l’avait pas refusée…

    Apprenti photographe à Alger à la fin de 1938, il prend le bateau pour s’enrôler dans l’armée. « À l’époque, explique son fils Thierry, il a menti sur son âge. il avait 16 ans, mais ne pouvait s’engager qu’à partir de 18 ans ». Et c’est ainsi qu’il change son nom en Bob pour éviter toutes représailles.

    L’armée de l’ombre

    Arrivé en Écosse, Albert Bob Robert Persohn est formé par Richard Dunbrill pour intégrer la FFL Special Air service. Leur devise : « Who dares wins ». Comprenez : « Qui ose gagne ». « C’était une armée de l’ombre qui ne devait pas se faire voir », rappelle son fils. Armé d’un poignard et d’un revolver, les bérets rouges ont largement participé à la libération de l’Europe, et donc de la France et de la Hollande. « Après être revenu de Hollande, en semi-repos dans la Marne, Albert Persohn rencontre Geneviève dans le bar tabac les Tourelles du centre-ville d’Epernay », sourit Thierry. De cette rencontre naîtra trois fils. « Bob » Persohn restera six mois à Epernay à l’occasion de la bataille des Ardennes. Avant de repartir en mission.

    À la fin de la guerre, il viendra s’installer dans la Marne pour reconnaître son premier enfant. Puis viendront un deuxième et un troisième. Il installe son magasin à Epernay, rue Eugène-Mercier, de 1960 à 1990, pour dédier le reste de sa vie à sa passion : la photo. Une passion qu’il aura su transmettre à ses enfants : « Il m’a mis ça dans les pattes, et aujourd’hui, j’ai un peu repris le flambeau », sourit l’un de ses trois fils. Lundi 16, à 10 heures à l’église Notre Dame d’Epernay, Albert « Bob » Persohn réalisera sa dernière mission. Sa famille, son épouse Geneviève, ses trois fils Patrick, Eric et Thierry Persohn, ainsi que ses cinq petits-enfants Nathalie, Franck, Cécile, Stéphanie et Céline, devront trouver le courage. Le même courage qui habitait Monsieur Albert Robert Persohn durant ses nombreux combats contre le nazisme.

    Stéphane GUERRINI

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    Union110513a - Marne
    JONCHERY-SUR-VESLE : Anciens combattants : Sur les traces de la Grande Guerre

    Guy Didriche et les anciens combattans de jonchery-sur Vesle, à Nesles.
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    Les anciens combattants du secteur de Jonchery-sur-Vesle sont allés visiter l’historial de la Grande Guerre à Péronne.

    Emmenés par Guy Didriche, leur président, ils se sont ensuite remis de leurs émotions en allant déjeuner et voir le spectacle du P’tit baltard à Nesles.

    Ils ont été autant satisfaits du devoir de mémoire que de la prestation des artistes.

     

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    Union110512a - Marne
    ORBAIS-L’ABBAYE : Le monument aux morts change de place : Une décision discutée

    La statue a été descendue de son socle le lendemain de la cérémonie du 8 Mai. Elle était en place depuis 83 ans.
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  • ENLEVER le monument aux morts un 8 mai aurait été maladroit. C’est pourquoi la municipalité d’Orbais-l’Abbaye aura attendu le lendemain de la cérémonie commémorative pour déplacer la stèle, installée place Jehan-d’Orbais depuis 1928. Dans la discrétion, ou ostensiblement, selon les points de vue…

    Car depuis quatre ans, le projet de réaménagement de la place d’Orbais prévoyait déjà de déplacer ce monument sur la place Letrez-Macquart. Le maire Pierre-Yves Jardel s’explique : « Ce projet était ancien et a toujours fait l’unanimité, y compris chez les anciens combattants. De plus, le nouvel endroit où il sera installé lui offrira beaucoup plus de visibilité. Les anciens combattants ont été très satisfaits. Et de manière plus générale, le projet a fait l’unanimité ».

    « On n’a pas notre mot à dire »

    « À l’unanimité ». Une expression doublement employée par le maire. Pourtant, dans sa définition, cette expression qualifie « un accord total (entre plusieurs personnes) établi en vue de la réalisation d’un objectif commun ». M. Jardel serait-il de l’étoffe des maires qui font fi de l’opinion d’un des habitants de leur commune ?

    « Tout le monde a été satisfait »

    « La vérité n’est pas bonne à dire à Orbais », s’emporte Jean Vieira, un habitant particulièrement sensible au déplacement du monument.

    Du fait d’avoir de la famille gravée dans la pierre, Jean Vieira s’emporte : « Je n’admets pas qu’on manque de respect aux anciens combattants. C’est Monsieur le maire qui décide de tout ici. Au conseil municipal, les votes se font toujours à l’unanimité, grâce à des élus qu’il connaît bien. De toute façon, on n’a pas notre mot à dire. Le maire se cache derrière des décisions d’un conseil qui lui appartient ».

    Du côté des anciens combattants, on modère ces propos. Si la nouvelle n’a pas été vraiment accueillie avec bonheur, le nouvel emplacement apportera plus de visibilité : « Au début, explique un des anciens combattants, je n’étais pas satisfait car on ne déplace pas quelque chose qui est là depuis 1928. Mais finalement, le nouvel emplacement le rendra plus visible aux yeux des gens ».

    Plus visible. Vous l’aurez compris, donc. « De toute façon, ça fait quatre ans que le projet a été voté et décidé, conclut Pierre-Yves Jardel comme pour se justifier.

    C’est la fin d’un épisode qui n’a rien de bouleversant ». Rien de bouleversant, certainement. Mais pas pour tous les Orbaciens.

    Stéphane GUERRINI

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    Union110510t - Marne
    BETHENY : Cérémonies du 8 mai : Hommage des pompiers au capitaine Brouardelle

    Les pompiers ont déposé une plaque sur la tombe du capitaine René Brouardelle.
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  • En ce jour de commémoration de la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe, la municipalité de Bétheny a honoré ses victimes en déposant une gerbe au monument aux morts.

    Les sapeurs-pompiers volontaires de Bétheny ont choisi ce jour pour rendre hommage à l’une des figures marquantes de leur corps, le capitaine René Brouardelle, décédé le 25 janvier dernier, à l’âge de 90 ans. Ils ont déposé sur sa tombe, dans le cimetière de la commune, une plaque, en souvenir des trente années qu’il a passées au commandement de la section de Bétheny en présence de son épouse Jacqueline, de son fils Didier, et du maire M. Jean-Louis Cavenne.

    « René, c’était l’autorité souriante », se souvient M. Beaulieu, qui était pompier en même temps que lui, entre 1947 et 1972, quand la section des Docks Rémois et celle de Bétheny s’entraînaient ensemble.

    « Malgré son grade de capitaine, il n’avait pas la grosse tête, avait toujours un mot gentil pour chacun. C’était un joyeux luron, plein d’humour, mais qui savait être sérieux quand il le fallait. Il reste un exemple pour les jeunes sapeurs. » C’est également le souvenir qu’il laisse aux habitants de Bétheny, un homme consciencieux dans son travail d’agriculteur, attentif aux autres, et qui aimait beaucoup plaisanter.

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    Union110510s - Marne
    BEZANNES : Une cérémonie d’une grande dignité

    Le maire et toutes les personnes présentes se sont recueillies devant le monument aux morts.
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  • La cérémonie a commencé ponctuellement à 11 heures devant le monument aux morts en présence de Jean-Pierre Belfie, maire et son conseil municipal, d’Eric Quénard, conseiller général. Il y avait de nombreux Bezannais parmi lesquels les présidents d’associations, les anciens combattants, et porte-drapeaux, les pompiers locaux, quelques enfants du groupe scolaire Sylvain Lambert.

    Et avec ces enfants, le maire a déposé une gerbe.

    Digne et émouvante, la cérémonie a ravivé bien des souvenirs chez certains ainés de la commune qui ont vécu la guerre et y ont perdu des membres de leur famille.

    Jean-Pierre Belfie a remercié toutes les personnes présentes, notamment les anciens combattants qui « perpétuent le devoir de mémoire tout en exprimant la volonté commune de tout mettre en œuvre par la paix, la liberté et l’avènement d’un monde libre, juste et d’amitié ».

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    Union110510r - Marne
    CHARMONT : Le souvenir rendu aux artilleurs

    Charmont a commémoré le 66e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie face aux Alliés en déposant une gerbe au monument aux morts ainsi qu’au monument érigé en mémoire de la batterie antichars qui, le 13 juin 1940, a détruit de nombreux blindés allemands au sacrifice de 42 artilleurs du 20e régiment d’Artillerie.

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    Union110510q - Marne
    CORMICY : Célébration particulière : Hommage à un ancien déporté

    Le maire Dominique Décaudin rendant hommage à Georges Chrétien entouré de sa famille, avant le dépot d’une plaque commémorative.
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  • La célébration de ce 8 mai revêtît un caractère particulier pour les habitants de Cormicy qui ont rendu hommage à l’un des leurs, déporté en Allemagne, en camp de concentration, et dont la famille est solidement attachée au terroir et se sont recueillis devant la sépulture de Georges Chrétien, au cimetière civil, lieu de mémoire des familles disparues. Certains l’ont connu. La présence de ses enfants, petits-enfants, et arrière-petite-fille, au côté du maire Dominique Décaudin a renforcé l’émotion de la communauté.

    Arrêté à Cormicy, il fut d’abord interné à Laon du 4 mars au 4 avril 1944. Ensuite transféré à Compiègne du 4 avril au 15 juillet, puis déporté en Allemagne le 18 juillet à Neuengamme sous le matricule 37.032, il fut libéré le 17 mai 1945, lorsque s’ouvrirent les portes des camps de concentration sous les coups de boutoirs des forces alliées. Brutalement, est apparue en pleine lumière la réalité d’un système d’oppression qui avait organisé méthodiquement la destruction d’êtres humains. Georges Chrétien a eu la chance de rentrer vivant de cette terrible épreuve mais malheureusement affaibli par la maladie, par de graves troubles pulmonaires. Il avait séjourné au Revier en compagnie de Roger Jardelle, bien connu des rémois, et il avait intégré les baraquements des tuberculeux à son arrivée au camp de Neuengamme, d’où ses séquelles pulmonaires. Georges Chrétien fit partie de ces milliers d’hommes et de femmes rescapés de ces camps d’extermination et de concentration qui allaient témoigner au nom de ces millions de morts et de disparus tous victimes de la terrible organisation de la déportation mis en place par les nazis. Georges Chrétien a reçu la carte de déporté politique le 18 août 1954.

    Et le maire d’ajouter : « A leur libération en 1945 les survivants de tous les camps de concentration fidèles aux dernières volontés de leurs camarades de lutte et de souffrance assassinés sous leurs yeux , torturés, massacrés, gazés ont fait le serment de ne jamais oublier et d’agir inlassablement pour extirper le nazisme jusqu’à ses dernières racines, rétablir et consolider la liberté des peuples la dignité des hommes pour forger la paix et, par la coopération entre les peuples rendre impossibles les guerres. »

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    Union110510p - Marne
    CORMONTREUIL : A l’occasion du 8 mai : Quatre médailles ont été remises

    Les décorés aux côtés du président Viéville.
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  • Cette année, à l’occasion des cérémonies du 8 mai, deux jeunes élus du conseil municipal d’enfants entourent le président Claude Viéville, qui leur donne tour à tour la parole pour participer à cet hommage. « Nous avons associé tous ceux de 14/18, de 39/45, d’Indochine et d’AFN. Tous ceux, qui, à Cormontreuil, sont morts pour la France. Les victimes civiles ont également été citées » souligne le président de l’UNC.

    Deux gerbes ont été déposées par le maire, Jean Marx et le Général Grenouilleau.

    La jeune Elena, maire du CME, a lu la conclusion du texte des associations de déportés.

    Le président Viéville a ensuite procédé à une remise de décorations : la médaille de combattant volontaire Indochine à Germaine Nahé, la Croix du Combattant à Roger Hilger, Bernard Robbe a reçu la médaille commémorative AFN et Bernard Randonneix la médaille du mérite UNC.

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    Union110510o - Marne
    EPERNAY : Cérémonie du 8 Mai 1945 : Un hommage poignant

    De nombreuses personnalités ont participé à ce devoir de mémoire.
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  • Les cérémonies du 66e anniversaire de la victoire de 1945 se sont déroulées à Epernay en présence de nombreuses personnalités. Le maire Franck Leroy étant excusé, la municipalité était représentée par Benoît Moittié, accompagné de Pierre Marandon et de nombreux élus.

    Parmi les autorités officielles, on notait la présence du sous-préfet et du député, d’Yvette Lundy, ainsi que différentes délégations d’anciens combattants et invités.

    Après une première cérémonie à la Villa et un dépôt de gerbe au monument du cimetière, un rassemblement avait lieu à la gare pour une cérémonie devant la plaque commémorative à la mémoire des anciens de la SNCF, rejoint par les scouts d’Europe et les sapeurs-pompiers.

    Le cortège s’est ensuite dirigé vers la stèle Patton pour un hommage et un dépôt de gerbe suivi de l’hymne américain et du refrain de la Marseillaise. Il s’est aussi rendu au monument aux martyrs de la résistance pour un hommage et la montée des couleurs suivie d’un dépôt de gerbe.

    « Aux hommes qui se sont battus »

    C’est ensuite au pied du monument aux morts, face à l’hôtel de ville, qu’a eu lieu la lecture par Martial Saint-Jeveint, ancien combattant, du message de Gérard Longuet rappelant l’émotion intacte de cette commémoration chaque année. « À tous ceux qui ne se sont jamais résignés, qui n’ont jamais abdiqué, qui espéraient la liberté ; aux hommes qui se sont battus… nous rendons aujourd’hui l’hommage qu’ils méritent ».

    Ce fut ensuite le temps des remerciements aux porte-drapeaux, à la section des réservistes dans les salons de l’hôtel de ville, suivis d’une réception officielle pour clôturer cette cérémonie sous le son des cloches de l’église Notre-Dame.

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    Union110510n - Marne
    FERE-CHAMPENOISE : Une cérémonie émouvante : Des enfants dans le défilé

    Quelques enfants ont pris part au cortège.
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  • M. Bertorelli.
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  • La célébration du 66e anniversaire du 8 mai 1945, s’est déroulée comme à l’habitude. Quelques enfants ont suivi le défilé. À la question « Pourquoi es-tu là ? », une petite fille répond : « C’est l’anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale ». Et la maman d’ajouter : « On a dû leur en parler beaucoup à l’école ! »

    Parmi la population qui suivait ce défilé, un monsieur fort discret mais avec de nombreuses décorations. En effet, M. Bertorelli, qui a plus de 80 ans, est un ancien militaire de carrière (quinze ans de service), ce qui lui a valu de connaître les campagnes d’Indochine, d’aller au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et de finir en Algérie

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    Union110510m - Marne
    FISMES : Cérémonies du 8 mai : Vigilance nécessaire

    Quelques instants de recueillement devant le monument aux morts.
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    En présence de Mme Vautrin, député, de M. Pinon, conseiller général et maire de Fismes, de représentants des autorités civiles, militaires et patriotiques, et des pompiers, les cérémonies commémorant le 66e anniversaire de l’Armistice ont eu lieu devant une centaine de personnes.

    La nécessité de transmission de la mémoire et la nécessaire vigilance à préserver les droits de l’homme et le maintien de la paix ont été rappelés.

    Cette cérémonie était accompagnée par la musique de la fanfare de Fismes.

     

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    Union110510l - Marne
    GIFFAUMONT – CHAMPAUBERT : Il y a 66 ans… la Libération

    Les habitants de Giffaumont en plein recueillement.
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    La cérémonie patriotique du 8 Mai a comme chaque année, connu à Giffaumont une importance particulière.

    Dès 11 h 30 au cimetière de regroupement, dépots de gerbes aux monuments aux morts de Champaubert-aux-Bois et Chantecoq.

    Puis à 11 h 45 rassemblement devant le monument aux morts de Giffaumont en présence de Fanny Beaudouin, maire du village, de deux sous-officiers en tenue de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, habitants de Giffaumont, du porte-drapeau et d’une nombreuse assistance.

    Après la lecture du message du ministre des Armées par une jeune Giffaumontaise, un vin d’honneur a été offert au foyer rural offert par la municipalité.

     

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    Union110510k - Marne
    LA NEUVILETTE : Des cousins de Mackenzie pour le 8 mai

    Au pied du monument aux morts.
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    A l’occasion du 66e anniversaire de la reddition de l’Allemagne nazie, les habitants du quartier de La Neuvillette ont rejoint les anciens combattants au monument aux morts pour un dépôt de gerbe ainsi qu’au mémorial de l’aviateur australien Ian Mackenzie.

    MM. Gordon et Ian Mackenzie, cousins de l’héroïque pilote ont participé à la cérémonie et également déposé une gerbe.

    En présence d’Eric Quénard, premier adjoint qui représentait la maire de Reims, une réception a suivi à la maison de quartier où après les allocutions d’usage un vin d’honneur a été servi.

     

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    Union110510j - Marne
    LE GAULT-SOIGNY : Les enfants associés : Un hommage aux victimes

    Les enfants de l’école ont chanté l’hymne national
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    La municipalité, le corps des sapeurs-pompiers, les enfants des écoles, leur enseignant et les habitants de la commune du Gault-Soigny ont rendu hommage, dimanche, aux victimes de la Seconde Guerre mondiale en ce jour anniversaire de la capitulation.

    Avant que les enfants de l’école ne chantent l’hymne national, Clément, un des élèves du Gault, qui prend des cours de trompette, a demandé à jouer « la Sonnerie aux Morts ». C’est vraisemblablement avec un peu de trac qu’il l’a interprétée.

    Un cortège s’est ensuite formé pour aller devant la tombe de deux jeunes décédés en 1940 et enterrés dans le cimetière du Gault.

     

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    Union110510i - Marne
    LES MESNEUX : Une cérémonie devant un monument tout neuf

    Environ 60 personnes se sont retrouvées autour d’Anny Dessoy maire, de la commune devant le monument.
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  • Ce dimanche matin, sous un soleil quasiment estival, le rendez-vous au monument aux morts a été fixé à 11 h 30.

    Le conseil municipal avait décidé de remettre « à neuf » le monument aux morts. Une entreprise est venue sabler l’édifice, nettoyant le granit qui a retrouvé très vite une seconde jeunesse après 90 ans d’existence. Avec patience, Gilles, employé municipal de la commune, a repeint toutes les inscriptions des personnes disparues, mortes pour la France.

    Environ 60 personnes se sont retrouvées autour d’Anny Dessoy maire, de la commune devant le monument afin d’écouter le message transmis par le ministre Gérard Longuet.

    Après l’appel aux morts par deux habitants du village, et une minute de silence, les enfants du village ont déposé une gerbe au pied du monument.

    Un vin d’honneur a suivi cette cérémonie ; les participants ont partagé le verre de l’amitié, accompagné de petits fours, moment privilégié permettant une rencontre et des échanges entre villageois.

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    Union110510h - Marne
    LIGNON : En mémoire des instituteurs

    Plus de 100 personnes ont assisté au dépôt de gerbe.
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    A Lignon, le village a reçu dimanche après-midi les élus, des anciens combattants, des représentants de la gendarmerie et des pompiers du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont pour la commémoration du 8 mai 1945.

    Plus d’une centaine de personnes ont assisté aux dépôts de gerbes devant le monument aux morts situé près de l’église et à la mairie devant la plaque des quatre instituteurs de Lignon morts durant la Seconde Guerre mondiale.

    La cérémonie s’est terminée autour du verre de l’amitié dans une bonne humeur estivale.

     

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    Union110510g - Marne
    MONTMIRAIL : Trois lieux de souvenir : Le temps du recueillement

    Silence émouvant à la stèle de Marenta.
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  • Cette année, les cérémonies du 8 Mai à Montmirail se sont déroulées dans trois endroits particuliers.

    Au monument aux morts cantonal de Montmirail. C’est un monument érigé pour commémorer la mémoire des soldats du canton de Montmirail, morts pour la France. Il a été réalisé par le sculpteur G. Saupique et inauguré en 1922, en présence du Maréchal Franchet d’Espérey, vainqueur de l’une des premières batailles de la Marne. Une victoire ailée domine le monument et semble protéger les deux soldats, le premier casqué, l’autre coiffé d’une casquette. Au bas de l’édifice, on peut lire au centre : gloire à eux et de chaque côté de ce texte, Marne 1914, Marne 1918. Un peu plus bas encore, la croix de guerre apparaît en relief. Les deux soldats encadrent une borne milliaire sur laquelle est inscrite la date d’une grande bataille napoléonienne s’étant déroulée non loin de là en 1814. Sur cette borne, repose un casque de poilu. La symbolique est clairement énoncée : les hommes qui se sont battus contre les Allemands entre 1914 et 1918 ont préservé ce que Napoléon avait sauvé en 1814 contre la coalition européenne. Nul ne s’étonne de découvrir que les ailes de la victoire représentent aussi le chapeau de l’empereur.

    À la stèle Michel Marenta. C’est à la sortie de Montmirail, en bordure de la D933, que se dresse la stèle Michel Marenta. Celui-ci appartenait au réseau de renseignement « F2 » et il a été surpris par la gestapo en pleine action de renseignement et il a été fusillé sur le champ. Sur la stèle est écrit « À la mémoire de Michel Marenta dit Arnaud Jean, né le 13 juin 1898 à Ville-d’Avray, assassiné par la gestapo au cours d’une mission périlleuse à Montmirail le 22 août 1944 ».

    Au monument aux morts de Maclaunay. Pour la première fois, le cortège s’est rendu au calvaire de Maclaunay, hameau de Montmirail, pour le dépôt d’une gerbe. Ce monument a été mis à la disposition gracieuse de la commune par Daniel Roger en avril 2010. Sur le monument est écrit « À la mémoire des soldats tués le 13 juin 1940 ».

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    Union110510f - Marne
    MUIZON : Ancien prisonnier allemand : Un invité surprise pour la commémoration

    Silence émouvant à la stèle de Marenta.
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  • M. Schwalm et son épouse, aux côtés du conseiller général et maire honoraire de Muizon, Michel Caquot.

    Ce dimanche, les anciens combattants et la comune ont organisé la célébration du 66e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale : défilé, dépôt de gerbes, sonneries… Mais ce qui a été le plus émouvant dans cette cérémonie, c’est sans doute la présence d’Erich Schwalm et de son épouse, ceci grâce à la participation du comité de jumelage entre Muizon et Klein-Winternheim, qui fêtera ses trente ans en septembre.

    M. Schwalm était, durant la guerre et à l’âge de dix-neuf ans, prisonnier des Américains, et après avoir traversé quelques camps de prisonniers dans son Allemagne natale, puis en Belgique et en France, il a fini par arriver à Muizon, dans un camp situé près de l’ancienne gare, à travailler au ravitaillement des véhicules militaires américains. Cette présence était exceptionnelle, car, jusqu’à présent, nul n’avait entendu parler d’un camp de prisonniers sur la commune. Seule Ginette Lenel, qui vivait (et vit toujours) près de la gare, et qui avait assisté à l’arrivée des libérateurs dans la commune, pouvait encore apporter son témoignage : elle se souvient parfaitement de la présence d’un camp de soldats allemands prisonniers, lesquels étaient hébergés dans le village voisin de Châlons-sur-Vesle, gardés par des soldats polonais. Avec le concours de Margaret Touzel, qui a servi d’interprète, et en présence du maire Germain Renard, Mle Lenel et M. Schwalm se sont rencontrés samedi en fin de matinée et ont échangé leurs souvenirs.

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    Union110510e - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Un hommage aux jeunes fusillés

    Tous étaient rassemblés au lieu-dit « La Folie ».
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    Comme chaque année, le 6 mai à 7 heures, une délégation d’anciens combattants, sous la conduite de leur président Bernard Joffre, de Jackie Barrois, maire, et des membres de la famille des disparus, a rendu hommage aux trois jeunes Ablutiens fusillés en 1944 au lieu-dit « La Folie » situé entre Châlons-en-Champagne et l’Épine.

    Rappelons que trois rues de la commune de Saint-Martin-d’Ablois portent le nom des jeunes fusillés en 1944 : avenue Michel-Destrez, rue Julien-Ducos et rue Marcel-Soyeux.

     

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    Union110510d - Marne
    SAINT-REMY-EN-BOUZEMONT : L’appel aux morts par les pompiers

    La lecture du maire Jacques Leblanc.
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    Le 66e anniversaire de l’armistice a aussi été commémoré à Saint-Rémy-en-Bouzemont.

    Le maire Jacques Leblanc a lu le message de Gérard Longuet, ministre de la Défense et des anciens combattants, rappelant ainsi la

     

     

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    Union110510c - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : La victoire de 1945 célébrée !

    Lors du dépôt de gerbe par le maire et le général Cieslak.
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    Très encombré, le carrefour de l’Hôtel de Ville, quand les cérémonies commémoratives se téléscopent avec le marché dominical !

    Pour célébrer le 66e anniversaire du 8 mai 1945, le maire Raymond Dziéja a relaté les péripéties de la reddition à Reims.

    M. Delaborde adjoint a lu le message du ministre de la Défense et le président local des anciens combattants a fait l’appel des victimes militaires et civiles de la période 1939/1945.

    La cérémonie s’est déroulée en présence d’une délégation de la gendarmerie, des porte-drapeaux, des sapeurs-pompiers et de Musique champagne parade pour les sonneries et la Marseillaise.

     

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    Union110510b - Marne
    TINQUEUX : Commémoration / Une décoration et du recueillement

    Jean-Pierre Fortuné et Maciej Ostrowski, maires de Tinqueux et Myslenice ainsi que Gilles Richard et Henri Wenisch ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.
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  • La cérémonie du 66 e anniversaire a débuté par un dépôt de gerbes à la plaque des Frères Glorieux.

    Les participants ont ensuite formé un cortège pour se rendre au monument auxmorts sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette.

    De nombreuses personnalités civiles et militaires parmi lesquelles, Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, Maciej Ostrowski,maire de Myslenice, accompagné d’une délégation de cette ville jumelée avec Tinqueux, les membres du conseil municipal , les anciens combattants, les porte- drapeaux, les sapeurs-pompiers aquatintiens et de Myslenice , les représentants de la police nationale et municipale, de très nombreux Aquatintiens dont les enfants d’une écoles primaire de Tinqueux .

    Gilles Richard, président des ACVG de Tinqueux a remis la croix du combattant à Georges Fournier, appelé au service armé le 18 décembre 1955 au 422 CRI et dirigé vers l’Algérie le 28 juillet 1957.

    Une cérémonie d’une grande sobriété mais très émouvante.

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    Union110510a - Marne
    VILLERS-ALLERAND : Avec une expo en plus : Un 8 mai historique et pédagogique

    A la mairie, des visiteurs très intéressés par l’exposition.
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  • Une soixantaine de personnes étaient présentes à la cérémonie commémorative du 8 mai au monument, pour entendre citer les noms des morts pour la France de la commune, ainsi que les noms de tous les soldats morts au combat sur son territoire.

    Une cérémonie du souvenir doublée d’une remarquable exposition mise en place, toute la journée, dans les locaux de la mairie et qui portait sur la seconde guerre mondiale. Une collection de tenues, accessoires et objets militaires, patiemment assemblée par un élu municipal, Jean-Marie Chappellet (l’union du 5/05). Mais la partie historique la plus intéressante est sans aucun doute les documents collectés par ce dernier, assisté d’Anne Fatoux, autre élue, et qui retracent, mois après mois, année après année, les recherches des familles pour retrouver des soldats disparus.

    Enfin, devant la mairie, Bertrand Furelaud, du « collectif France 40 » expliquait tous les détails de la chenillette Renault UE : « C’est un véhicule d’accompagnement d’infanterie, destiné au ravitaillement des petits canons et mortiers ».

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    Union110509k - Marne
    BETHON : Un pompier volontaire à l’honneur

    Fabrice Andry a été décoré.
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    Toutes les communes du canton d’Esternay ont célébré la commémoration du 8 Mai. Cependant, une petite note en plus de la fanfare de la Fraternelle de Villenauxe a été donnée à Bethon.

    Daniel Gomes, maire du village, a eu l’honneur de remettre une médaille à l’un de ses pompiers volontaires. Fabrice Andry, pompier assidu dans ses fonctions et lors des manœuvres, est passé caporal. Ce pompier, viticulteur de métier, père d’un adolescent, a rejoint le rang avec ses collègues pour poursuivre sa passion et sauver des vies.

    Un 8 Mai dont il se souviendra, organisé en présence de nombreuses personnes de son village.

     

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    Union110509j - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Victoire de 1945 célébrée en uniforme d’époque

    Une tente d’état-major, avec un mobilier devenu exceptionnel. Même les journaux sont d’époque !
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  • Pour la 4e édition, les bénévoles de l’association ont scrupuleusement respecté les données historiques pour commémorer à leur manière la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    À l’entrée du camp, les visiteurs hésitaient. Il faut dire que les casques « MP » vissés sur la tête des deux sentinelles étaient plus vrais que nature.

    La 4e édition de la grande reconstitution d’un camp allié par l’association Marne Memory 44, a été poussée dans le moindre détail.

    Les Anglais étaient attendus

    PC, cuisine, tentes, repas du soldat, montée des couleurs… Ces passionnés ont accompli un exercice de mimétisme jusqu’à reproduire tout au long de ces deux derniers jours des scènes de la vie courante, dans leurs moindres gestes.

    Enfin presque… Quand l’appareil photo sort de son étui, une main vigilante attrape un gobelet en plastique oublié sur une table ou range précipitamment des pages imprimés en couleur.

    « C’est la reconstitution d’un camp allié, et non exclusivement américain, car il y a aussi des Français. Les Anglais devaient être là, mais ils n’ont pas pu venir » expliquait Frédéric Lemaire, président de l’association, en se levant de son « siège d’état-major ».

    Quatre-vingt-dix-sept figurants, 30 véhicules, 25 tentes, avec armes et bagages.

    Il s’agit avant tout d’exposer un matériel qui, au fil des années, devient rare, « pour commémorer le 8 mai 1945. »

    « Nous réalisons une reconstitution de cette époque pour le devoir de mémoire » souligne le président, « nous nous déplaçons d’ailleurs en tenue, dans les communes, pour participer aux célébrations ». Il ne s’agit pas d’un simple jeu historique.

    La Victoire a d’abord été fêtée de cette façon à Coolus, avant que la reconstitution du camp allié ne soit transférée sur un terrain du 402e régiment d’artillerie de Châlons. Prochain rendez-vous dans un an.

    S.L.

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    Union110509i - Marne
    COUVROT

    Le général Cunningham accueille l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié après cinq ans d’exil.
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    Ce dimanche 8 Mai, c’est en défilé, au départ de la mairie, que les enfants des écoles, les anciens combattants, les sapeurs-pompiers et les conseillers municipaux et la population, se sont rendus au cimetière de Couvrot.

    Placé autour du monument aux morts, les 3 porte-drapeaux ont rendu les honneurs pendant que la fanfare du Cercle des 17 entonnaient les sonneries d’usage.

    Après la lecture du message par Jean Pankow, maire de Couvrot et président de l’Union des combattants, deux gerbes ont été déposées.

    Les enfants ont chanté la Marseillaise.

    Au retour, le vin de l’amitié, offert par les anciens combattants a été servi à la salle polyvalente.

     

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    Union110509h - Marne
    EPERNAY : Commémoration : Les anciens combattants honorés

    La cérémonie a eu lieu devant la stèle, quai de la Marne.
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    La commémoration de l’anniversaire de la réédition allemande du 8 mai 45, a eu lieu devant la stèle, quai de la Marne à Epernay, où des anciens combattants SNCF, en présence de Jean-Pierre Meslat, président de l’ANCAC, des représentants d’associations d’anciens combattants de la région et de Rémi Grand, représentant la municipalité d’Epernay.

    Alain Collette, directeur du centre technique Champagne-Ardenne (SNCF), lors de son allocution, rappela l’atrocité inouïe du conflit. « En 6 ans, 3 générations sont nées. A nous de transmettre la mémoire, à eux d’en interpréter le sens pour la conduite de leur vie civique… Participer à cette cérémonie est à la fois une reconnaissance de dettes vis-à-vis des plus anciens, mais c’est également un devoir vis-à-vis des plus jeunes ».

     

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    Union110509g - Marne
    LA CHEPPE : Cérémonie du 8 mai : Respecter la mémoire

    Le cortège vers le monument aux morts de La Cheppe.
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  • La Cérémonie du 66e anniversaire de la Capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945 a rassemblé la population de La Cheppe, les Anciens combattants et le corps de sapeurs-pompiers, autour de Marcel Bonnet, maire de la commune.

    Retenons quelques passages du message de Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants : « Le 8 mai 1945, les armes se taisaient enfin en Europe, mettant un terme à cinq années de cauchemar et de barbarie, cinq années parmi les plus cruelles de l’humanité… A l’engagement militaire, s’est doublé l’héroïsme des résistants et la générosité des justes qui ont, par leur bravoure personnelle, et au nom de la France qu’ils estimaient éternelle, sauvé l’image de notre pays. »

    Yves Gérardin a repris des extraits d’allocutions données au 72e Congrès de l’Union Fédérale Marnaise sur Le devoir de mémoire : « Le respect de la mémoire de nos conflits, c’est un enjeu qui dépasse de loin, toutes les préoccupations savantes et le monde combattant lui-même. Respecter la mémoire, c’est connaître l’histoire. Respecter la mémoire, c’est d’abord et avant tout connaître et se reconnaître dans cette histoire-là et la recevoir en partage. Respecter la mémoire est une grande valeur qui nous appartient à tous. C’est à nous, anciens combattants, que revient la mission de devoir de mémoire, de manière à ce que les jeunes générations se souviennent que si, aujourd’hui, nous vivons en paix, c’est grâce à ceux qui ont défendu la France, son drapeau et sa liberté d’aujourd’hui… Nous n’avons pas le droit d’oublier nos morts, ce serait les faire mourir une seconde fois. »

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    Union110509f - Marne
    MAROLLES

    A Marolles, l’ensemble du conseil municipal et le capitaine Biguet, représentant le pharmacien principal Isabelle Dauphin (commandant de l’Établissement ravitaillement sanitaires des armées) accompagnés du première classe Haslouin, du TSH Toth, du caporal-chef Kremer et du caporal Lefevre, ont célébré les commémorations du 8 mai 1945.

    Évelyne Piombini, en tant que maire, a prononcé un discours à l’occasion de ce 66e anniversaire. Elle y a rappelé la date anniversaire de la fin des hostilités, la victoire des alliés, la fin de cinq années de barbaries et de cruauté.

    Elle a également souligné l’héroïsme des résistants et la générosité des justes. Des enfants du village ont rendu hommage aux morts pour la France de la commune et l’ensemble de l’école communale, dirigé par M. Cicognani, ont chanté l’hymne national devant les habitants de la commune.

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    Union110509e - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX

    Une assistance moins fournie qu’habituellement pour célébrer le 66e anniversaire du 8 mai 1945.
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    Le maire Roland Leclère a lu le long message du ministre de la Défense Gérard Longuet rappelant « la capitulation sans condition à Reims il y a 66 ans ».

    « Le 8 mai 1945 met fin à cinq années de barbarie, citant l’engagement des français libres jusqu’à Berchtesgaden, la résistance personnifiée par Jean Moulin ».

    Il a ensuite déposé une gerbe au monument aux morts entouré du conseiller général Bruno Botella et de la 1ère adjointe Denise Guérin.

    Musique Champagne Parade a exécuté les sonneries et la Marseillaise avant de jouer quelques morceaux de circonstance.

     

     

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    Union110509d - Marne
    REIMS : 8-Mai nostalgique avec la dernière sortie de la base aérienne 112

    Ultime démonstration pour la base aérienne 112, qui sera dissoute le 30 juin.
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  • COURCY (Marne). Hautes en couleur mais finalement peu suivies par les Rémois, les cérémonies du 8-Mai ont vu pour la dernière fois la sortie publique des militaires de la BA 112.

    « AU nom des Rémois, je peux vous le dire, colonel Meyer, la présence de la base aérienne 112 va nous manquer. » Au terme d’une journée patriotique organisée à l’occasion du 66e anniversaire de la capitulation nazie, une journée marathon commencée à 9 h 45 devant le monument des déportés de la communauté juive pour s’achever à 12 heures devant le monument aux morts de la Résistance, la maire Adeline Hazan a tenu à saluer hier les représentants de l’armée de l’air qui vont officiellement dissoudre la BA 112 le 30 juin prochain et quitter Reims. Si comme Josette Bafoil, dont le mari, un ancien de la base, récemment décédée avait une petite larme à l’œil, personne n’avait trop envie d’évoquer ce départ.

    Transmettre

    Auparavant, chacun avec ses mots, les intervenants ont tous insisté sur la nécessité de rendre hommage à tous ceux qui ont combattu les nazis et leur abjecte idéologie, à se souvenir et à demeurer toujours vigilant parce que la paix est fragile. Jean Marchandeau, président de l’UFAC a salué la mémoire des 55 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, les 3 millions de disparus et les 35 millions de blessés. Il a appelé à « être toujours vigilant pour défendre les Droits et l’homme. » Au nom du ministre de la Défense, le sous-préfet Jean-Jacques Caron a rappelé le combat de la Résistance, de De Gaulle à Jean Moulin avant, en mairie, de rappeler que « la France, patrie des Droits de l’homme prenait une part importante pour soutenir les peuples opprimés. » La maire, a insisté sur « la nécessité de transmettre la mémoire entre les générations », seule condition pour tirer les enseignements du passé. « Transmettre, c’est notre devoir à tous, transmettre inlassablement car la paix est un bien précieux et très fragile qui n’est jamais acquis. Un engagement quotidien, permanent. »

    Alain MOYAT

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    A l’honneur

    Les récipiendaires.
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  • Au cours de ces cérémonies, plusieurs décorations ont été remises à des militaires méritants. Le capitaine Christophe Dosne, commandant de l’Escadron de soutien de ravitaillement technique 2C.112 sur la base aérienne 112 a été fait chevalier de l’ordre national du Mérite.

    Le capitaine Frédéric Durand, commandant le centre d’information et de recrutement des forces armées de Reims a reçu la médaille d’argent de la Défense nationale.

    L’adjudant-chef de réserve Jacques Soriano, affecté à l’Escadron de soutien technique aéronautique 2E.033 a reçu la médaille des services militaires volontaires.

    Chergui Amoury a été décoré de la médaille militaire.

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    On a vu …

    Présents. Outre des représentants de la police, de la gendarmerie, du monde judiciaire et politique, le public a pu voir de nombreux uniformes : une troupe en armes de la BA 112, le porte-drapeau du 33e escadron de la BA 112, des marins de l’école de préparation militaire amiral Aube de Troyes, les sapeurs-pompiers de Reims métropole et un Écossais en kilt représentant une association qui entretient la mémoire des Écossais morts à la guerre : le 51e STHD mémorial ; les musiciens de l’harmonie municipale.

    Jeunesse. Si le public aurait pu être plus nombreux, la présence de jeunes a fait chaud au cœur des nombreux porte-drapeaux et anciens combattants.

    Des jeunes du lycée Croix-Cordier de Tinqueux faisant un travail de mémoire sur la guerre ont ravivé la flamme du monument aux côtés de M.Maack, président départemental de Rhin et Danube sous l’œil des écoliers de CM2 de la classe de Mme Menacer de l’école Galilée.

    Europe. A la veille de la journée de l’Europe, la maire a aussi salué la volonté de peuples d’en finir avec la guerre et de construire un espace de paix et de fraternité.

    Boisson. Pas de champagne au vin d’honneur, mais du vin et des bières européennes.

    Avenir. Cérémonie patriotique oblige, il n’était pas question d’aborder à haute voix la question de l’avenir de la base. Et pourtant il y a urgence. Dommage.

    A.M.

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    Union110509c - Marne
    SAINT-OUEN ET DOMPROT

     

    Pour le grand rassemblement cantonal des cérémonies du 8 mai 1945, Joël Legrand, maire de la commune, a accueilli les anciens combattant du secteur.

    Après un dépôt de gerbe et la lecture des discours des anciens combattants et des élus présents, des médailles ont été remises. Jacquard Yves, habitant Saint-Ouen, a reçu la médaille Fédération et la médaille Commémoration avec l’agrafe Tunisie.

    Henri Mauclaire, domicilié à Corbeil, a reçu la médaille au titre de la reconnaissance de la Nation. Un vin d’honneur puis un repas ont cloturé cette matinée.

     

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    Union110509b - Marne
    TRIGNY : Le livre d’Albert Vecten offert par le maire à ses prédécesseurs

    Le livre vient d’être offert.
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  • A l’issue de la cérémonie du 8 mai où Arthur et Benoit ont aidé le maire Francis Blin à déposer la gerbe au monuments aux morts et qu’Annaëlle, Anne-Sophie et Camille ont lu le discours de Gérard Longuet, ministre des Anciens Combattants, le maire remit aux anciens maires Robert Bertrand, Paul Labassé et Raymond Toury, le livre d’Albert Vecten, ancien maire de Muizon, président fondateur du district de Gueux, ancien président du conseil général et ancien sénateur, avec qui ils ont tous travaillé et lié des liens d’amitié en tant qu’habitant de la commune voisine, et dédicacé par son auteur.

    C’est très émus qu’ils reçurent ce cadeau qui fit remonter beaucoup de souvenirs à la surface et ne manquèrent pas de remercier le maire pour cette délicate attention ainsi que l’auteur pour la dédicace personnalisée faite à chacun

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    Union110509a - Marne
    WITRY-LES-REIMS : 8 mai à Witry-lès-Reims : Les pompiers à l’honneur

    Trois jeunes sont
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    A l’issue de la cérémonie officielle commémorant le 8 mai 1945, M. Détraigne, sénateur-maire du village, a remis à Delphine Fontaine, chef de corps des sapeurs-pompiers, les galons d’adjudant.

    Il a également fait sortir du rang Romuald Nouvelet et Jean-Yves Chatelain pour les nommer officiellement caporal-chef.

    Après avoir précisé que le corps avait accueilli dernièrement 4 nouvelles recrues, ce qui porte son effectif à 15 membres actifs, il a remis un diplôme de formation initiale perfectionnement à un sapeur, et présenté 3 garçons en formation à la section des jeunes sapeurs-pompiers de Warmeriville.

     

     

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    Union110508c - Marne
    COMMÉMORATION : Il y a 66 ans : La guerre prenait fin en Europe

    Pour célébrer le 66e anniversaire de la capitulation nazie, Nicolas Sarkozy honorera aujourd’hui, à Port-Louis dans le Morbihan, la Résistance intérieure française en rendant hommage au sacrifice des patriotes bretons.

    Ce dimanche 8 mai, on célèbre le 66e anniversaire de la capitulation nazie qui a mis fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. La signature de cette reddition sans condition a eu lieu le 7 mai 1945 à 2 h 41 à Reims, dans les locaux du collège moderne et technique devenu le lycée Roosevelt et où était installé le QG avancé du général Dwight Eisenhower.

    Elle a été confirmée à Berlin dans les premières minutes du 9 mai. Le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 1re armée française, qui a exigé la présence d’un drapeau tricolore, est présent aux côtés des alliés. Les Soviétiques qui avaient fait chuter la capitale du Reich tenaient à la solennité de la victoire dans les ruines de Berlin. Dans chaque ville et dans chaque village de France, cette commémoration est un temps important de l’histoire contemporaine. On se souviendra peut-être de ce qu’Eisenhower déclarait à Reims le 7 mai à 3 h 39 devant son état-major et les officiers alliés : « Je pense qu’il est particulièrement symbolique que la reddition ait été signée au cœur de la France, ce pays qui a tant souffert, ce pays où nous avons débarqué en juin dernier et dont les forces armées et les mouvements de résistance nous ont tant aidés ».

    Cette année, le président de la République se rend à Port-Louis dans le Morbihan, haut-lieu de sacrifice des patriotes bretons. Ils ont été soixante-neuf à y être fusillés par l’occupant au mois de juin 1944.

    C’est la manière dont Nicolas Sarkozy a choisi d’honorer cette année la Résistance intérieure française. Devrait être annoncée l’ouverture des archives du bureau de la Résistance qui ont été stockées par le Service historique de la défense à Vincennes. Sont recensés 610 000 dossiers qui équivalent à 1,5 kilomètre de linéaire. Ces dossiers ont été constitués pour permettre l’homologation de 443 000 résistants. Leur accès avait déjà été favorisé par la loi du 1er juillet 2008. Il y a ici une matière considérable pour les historiens qui vont ainsi pouvoir développer de nouveaux axes de recherche.

    Les pochettes comprennent un descriptif des faits de Résistance ainsi que des certificats authentifiant l’engagement et l’action des personnes citées. Le fichier s’appuie sur les quatre principales familles de la Résistance. Il y a à la fois les Forces françaises combattantes qui comprennent les réseaux de renseignement, d’action et d’évasion, les Forces françaises de l’intérieur avec les maquis, les corps francs mais aussi les unités ayant opéré du 1er janvier 1943 à la Libération, les Forces françaises libres qui constituent l’armée régulière de la France libre, la Résistance intérieure française avec ses services non militaires.

    Ces documents sont importants d’autant que depuis quelques années, on constate une recrudescence de demandes pour des titres d’homologation pour les Forces françaises libres et les Forces françaises combattantes et en dépit de la forclusion, pour l’ouverture de dossiers FFI. Ces revendications tardives sont délicates puisque la plupart des chefs de la Résistance ont disparu et que certains dont l’homologation a été refusée à une époque où les acteurs essentiels étaient encore en vie, sollicitent à nouveau l’étude de leur cas.

    Hervé Chabaud

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    MAILLY-LE-CAMP : Nuit du 3 au 4 mai : L’hommage solennel aux aviateurs de la RAF

    Une stèle au cœur du camp de Mailly. Elle immortalise le sacrifice de 249 aviateurs morts en service aérien commandé dans la nuit du 3 au 4 mai 1944.

    Claquent au vent les drapeaux canadien, australien, britannique, néo-zélandais et français. Ils arrivent anciens témoins de cette nuit terrifiante où la RAF avait mission d’anéantir une division blindée nazie signalée en résidence sur le camp. Aux côtés des anciens, les porte-drapeaux de toutes les générations du feu et des représentants des différentes associations patriotiques. Tous participent dans la même communion du souvenir à l’hommage rendu aux aviateurs entourés de vétérans des bombardiers alliés, d’officiers de la Royal air force (RAF), de cadets de la RAF et de leur musique.

    Comme chaque année, l’association « Mailly nuit du 3 au 4 mai 1944 » désormais présidée par le Vitryat François Meunier a préparé avec l’aide des militaires du camp ce temps du souvenir auquel participaient le colonel Green, attaché de défense d’Australie en France, et le lieutenant-colonel Marcel Cloutier, attaché de défense adjoint du Canada en France, et des personnalités civiles et militaires.

    11 heures précises, la cérémonie commence et dans le ciel à la verticale de la stèle passe un Rafale de la BA 113 « Commandant Saint-Exupéry » de Saint-Dizier. L’ordre du jour n° 11 est lu, rappelant la mission qui a impliqué 348 bombardiers et au cours de laquelle 44 appareils sont tombés principalement dans l’Aube, la Marne et la Seine-et-Marne et un dernier à l’atterrissage en Grande-Bretagne. Hommage est rendu aux aviateurs morts au cours des derrières combats aériens menés par la chasse de nuit allemande.

    Travail d’histoire

    La gravité se lit sur chaque visage. Le recueillement est fort, symbolique, nécessaire pour que l’on n’oublie pas.

    Le moment est aussi choisi pour évoquer les combattants d’aujourd’hui, engagés en Afghanistan et en Libye : « Dans la fidélité et le souvenir du sacrifice de nos anciens, nous pensons dans ce monde instable et fragile à nos soldats qui tombent dans la lutte contre le terrorisme pour la démocratie et la liberté ».

    Une façon de leur exprimer le soutien de la nation et de dire encore que la France est avec ses alliés fidèles à l’engagement autour des valeurs des droits de l’Homme et des libertés.

    Des gerbes et des couronnes sont déposées. Les hymnes nationaux sont joués. Il est temps de se retrouver dans la convivialité avec les familles d’aviateurs tombés cette nuit-là et qui ont voulu aussi participer à ce pèlerinage annuel rehaussé cette année d’une forte présence britannique. Des livres offerts par les villes de Troyes et de Vitry-le-François sont remis aux représentants des ambassadeurs. On bavarde, on discute, on se souvient, on prend des contacts. Des liens se créent.

    Un appel est lancé pour recueillir encore un maximum d’informations sur ce bombardement. Le travail d’histoire sur ce sujet n’est pas achevé. Même si l’on a pu reconstituer les filières qui ont permis à certains rescapés d’être exfiltrés par la Résistance, les rapports britanniques témoignent combien sans l’aide et la prise de risques en particulier dans les villages d’honnêtes gens, bien des aviateurs auraient été un jour ou l’autre faits prisonnier.

    Hervé CHABAUD

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    Union110508a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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  • Tobrouk sous les obus

    Le général Cunningham accueille l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié après cinq ans d’exil.
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  • Dans sa volonté de bouter les alliés hors de Cyrénaïque et de Tripolitaine, le général Rommel lance une offensive d’envergure contre Tobrouk. L’engagement débute par une succession d’attaques aériennes qui sont menées contre les lignes de défense britanniques. Elles sont relayées par des tirs concentrés de l’artillerie allemande tandis que les chars progressent à petite vitesse protégeant les fantassins qui s’abritent dans leur sillage. Le 30 avril, première journée de cette nouvelle offensive, l’ennemi parvient à enfoncer les positions britanniques dans le secteur occidental. Les troupes du Reich réussissent à constituer une poche de trois kilomètres de profondeur malgré les tirs intenses des canons anglais. Le 1er mai les combats redoublent de violence et le bloc italo-allemand attaque à l’ouest de Tobrouk. Malgré les vagues d’assaut qui sont concentrées sur plusieurs points de l’articulation du système défensif des régiments du Royaume-Uni, les colonnes ennemies ne progressent pas. Dans le même temps, l’aviation de l’Axe s’en prend à l’île de Malte et pilonne à plusieurs reprises le port de La Valette. Le 2 mai, les nouvelles tentatives d’entrée dans Tobrouk sont toutes repoussées par les soldats anglais. Rommel ne veut rien savoir. Il demande aux commandants de ses régiments d’insister et de renouveler leurs assauts. Il compte sur l’usure de l’adversaire pour l’emporter. Rien n’y fait et le commandant de l’Africa Korps doit se rendre à l’évidence. Il faut revoir en profondeur le plan de reconquête. Le général allemand juge indispensable le renfort de ses moyens offensifs. Il demeure toujours aussi critique sur la valeur au feu des troupes italiennes qui lui sont adjointes.

    Rommel estime alors que l’ensemble des unités italo-allemandes doivent être portées au volume d’une armée constituée de trois corps d’armée, deux italiens et un allemand avec cinq divisions blindées, trois italiennes et deux allemandes. Il demande l’addition de sept divisions motorisées italiennes et de quatre divisions d’infanterie d’occupation. Mussolini fulmine devant les exigences posées. S’il cède aux exigences du général allemand, il lui faut trouver le moyen de transférer en toute sécurité 100 000 hommes, 14 000 véhicules et 850 canons. Un tel déploiement ne peut pas se faire dans la discrétion ce qui risque de provoquer une vigoureuse riposte des Britanniques. Or le duce a en souvenir la débâcle du cap Matapan et toutes les leçons récentes infligées par la Royal Navy. Il juge que les prétentions opérationnelles fixées par l’allié allemand sont irréalistes et irréalisables. Il n’empêche que Tobrouk reste une cible. Toute la journée du 7 mai les frappes aériennes et les échanges d’artillerie sont d’une rare violence. Dès le lendemain, les Anglais déclenchent une contre-offensive générale pour desserrer la pression ennemie sur la ville. Churchill apprend qu’en Irak, la situation se dégrade très vite et que toutes les garnisons sont attaquées par les troupes insurgées qui occupent Ar Routbah et font le siège de Bassorah. Pour l’état-major britannique il ne faut pas perdre pied au Moyen-Orient pour conserver les bases qui permettent de projeter des forces en Afrique du Nord. Il y a tout de même quelques bonnes nouvelles avec des conquêtes significatives qui sont réussies en Afrique orientale italienne par la 29e brigade d’infanterie indienne tandis que le 5 mai, pour le 5e anniversaire de l’occupation d’Addis-Abeba, l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié rentre en vainqueur dans sa capitale.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    L’éloge du travail au service de la victoire

    La RAF renforce ses postes de commandement où les femmes exercent des responsabilités.
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  • Le 1er mai n’est plus la Fête du travail mais la Saint-Philippe, une journée chômée où, sous l’égide du Maréchal on se doit de célébrer l’union et l’amitié. Pétain donne le ton de ce temps particulier au cours d’un discours à Commentry dans l’Allier. Cette réorientation déplaît et dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais des drapeaux rouges sont plantés sur les terrils tandis qu’à Lambersart un sous-officier de la Wehrmacht est tué. Dans l’émission « Les Français parlent aux Français », le ton est donné : « En cette année 1941, où la France est soumise à un esclavage qu’elle n’a jamais connu, le 1er mai sera la journée des opprimés et c’est à eux que nous pensons. Nous savons que tous les Français souffrent. Mais nous savons aussi que ceux qui portent le plus lourd fardeau, ce sont les ouvriers et les paysans de France. C’est le peuple éternel de France qui ne se rallie jamais, qui ne s’est jamais rendu ». Pour concélébrer cette fête particulière, les Anglais souhaitent y participer et donner la parole à des hommes et des femmes en responsabilité.

    Ernest Bevin, ministre du Travail est très offensif et tient à marquer la solidarité du monde du travail avec ceux qui subissent dans leur quotidien la dureté de l’occupation : « Nous savons que vous vous réjouissez d’apprendre que les classes ouvrières en Grande-Bretagne opposent à la domination nazie une résistance farouche. Vos camarades anglais ne doutent pas de votre concours. Ils savent bien que dès que l’occasion se présentera, vous serez de nouveau à leurs côtés, résolus de vous libérer et de lutter avec eux pour la libération économique ».

    Travailler contre l’ennemi

    Le moment est choisi pour exciter ceux qui ne sont pas prêts à aider le tyran de Berlin et à obéir à un gouvernement de Vichy dépourvu d’une authentique autorité. Les Britanniques le redisent avec conviction. Les vrais ouvriers français n’accepteront jamais de produire des munitions destinées à tuer leurs camarades d’outre Manche et à détruire leur outil de travail. Et d’ajouter : « Les classes ouvrières de la Grande-Bretagne ont accepté la mobilisation intégrale du travail. L’effort de la production continue sans cesser, nuit et jour. Nos soldats luttent avec un courage magnifique, nos marins et nos aviateurs également. La plupart de ces combattants sont vos camarades, des ouvriers comme vous ». Avoir courage et garder confiance, ne pas se laisser manipuler par la propagande à la solde des nazis, dépasser la résistance passive pour porter des coups à l’ennemi, telles sont les priorités affichées. Bevin l’assure : « Je suis convaincu que le jour n’est pas lointain où nos organisations internationales se réuniront de nouveau pour reprendre leur tâche ». On ne se prive pas côté français de critiquer les émissions de Radio Paris consacrées au 1er mai qui : « suent la propagande ». On est heureux de rapporter que la séance du Rassemblement national populaire a été un four. On rit des commentaires de Marcel Déat évoquant la Révolution nationale partie de Paris : « Il ne connaît pas sa géographie, en vrai il voulait parler de Berlin ». On fustige le Comité de collaboration industrielle franco-allemand qui a créé les conditions préliminaires à un changement profond dans l’établissement des contrats bilatéraux, de manière à mettre l’industrie française à la disposition des firmes germaniques : « Voilà comment les Allemands remédieront au chômage en asservissant l’industrie, c’est-à-dire les travailleurs français à la tâche de l’armement allemand ».

    On rappelle aussi qu’Hitler ne s’est pas écarté du programme de Mein Kampf et que s’il parle le 1er mai par la bouche de Déat et de Desmoulins c’est qu’il a besoin des bras et de la sueur des travailleurs français : « Parce que 80 millions d’Allemands ne suffisent plus à la tâche gigantesque d’armer et d’équiper pour une guerre longue ces gigantesques légions qu’on va promener des antipodes aux antipodes. C’est pour cela qu’on fait appel à vous par les voix des traîtres de Radio Paris ». Le message est clair. On ne collabore pas avec l’ordre nouveau. On le subit. Jusqu’au jour où on le détruira. On profite aussi de la journée pour s’adresser aux femmes et c’est d’abord à Charles Péguy que les gaullistes citent pour planter le décor : « Une capitulation, c’est essentiellement une opération par laquelle on commence à raisonner au lieu d’agir ». Si cette adresse particulière est portée en cette Fête du travail confisquée, c’est en raison des traits de la France éternelle que les femmes portent : « En partant nous battre, nous avons obéi à quelque chose de plus fort même qu’un sentiment. Nous avons obéi à notre passion, à notre passion pour la France, à notre passion pour vous, c’est la même. Si nous nous battons, c’est pour vous ».

    Des femmes exemplaires

    En demandant aux femmes de tenir et de ne pas se laisser accabler par les exigences de l’occupant sans cesse accrues, les Français libres veulent associer toutes les mères qui travaillent pour se substituer aux hommes prisonniers ou empêchés parce qu’ils portent l’uniforme gaulliste. Est-ce aussi la raison qui pousse Mme Maillaud à s’exprimer sur les ondes, le 5 mai 1941 ? Elle y décrit le travail féminin dans les usines anglaises : « Les unes, l’œil fixe, la main aux leviers surveillent et contrôlent les machines-outils. Les autres, assises, travaillent le métal laminé, la règle, le T ou le compas devant elles, le ciseau à froid, la lime ou le poinçon à la main ». Pour entretenir l’espoir, on décrit malgré les bombardements toujours aussi intenses cette capacité à s’organiser pour la production de guerre et l’anéantissement à venir de l’Allemagne nazie. « Aujourd’hui, dans les forges, les usines et les ateliers du pays, pénètrent peu à peu des régiments, des brigades, des divisions de femmes, comme de nouveaux régiments, des brigades, des divisions arrivent sur le champ de bataille pour jeter leur poids dans la balance contre l’ennemi ». Cette exaltation est illustrée de confidences et de témoignages qui reflètent autant de postures martiales : « Nous allons leur montrer ce que nous sommes capables de faire nous les femmes ».

    Bref pendant qu’on interdit aux Français de vivre la Fête du travail, on relève que la Grande-Bretagne applique une politique de mobilisation de tous au service de la défense du pays et de la protection de tous ceux l’ayant rejointe pour agir de même. La description est idéale et surfaite à souhait mais elle porte : « Et voici la cloche du déjeuner. Hommes et femmes avec un ordre qui crée une discipline consentie se dirigent vers l’immense réfectoire où, cote à cote, ces rivaux hommes et femmes dans la lutte pour la puissance industrielle de leur pays et de leur Empire vont prendre une demi-heure de repos en même temps que se restaurer. On mange, on parle, et Dieu soit loué, ici on entend encore des éclats de rire. Car on vit dans la joie du travail librement consenti ». La vraie France ne peut pas célébrer la Saint-Philippe ni s’extasier devant celui qui, par son action, ne fait rien pour atténuer les souffrances de tout un peuple.



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    L’acharnement de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe

    La reconnaisance au périscope permet un effet de surprise.
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  • L’amiral Erich Raeder le chef de la Kreigsmarine.
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  • L’amiral Karl Dönitz, le concepteur de la guerre sous-marine.
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  • Une obligation pour les alliés : protéger les convois.
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  • Londres, Plymouth et Liverpool meurtries
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  • Le 1er mai 1941, l’amiral Karl Dönitz affirme disposer de cent sous-marins. Vingt-huit sont déployés dans l’Atlantique (Front U-Boote), les autres sont utilisés pour la formation ou le perfectionnement des équipages. Ce plan de formation est essentiel pour le pacha de la flotte sous-marine puisque son plan prévoit une puissance opérationnelle de deux cent trente unités. Dönitz qui a défendu cette politique ciblée de harcèlement et de destruction de navires dans les convois en provenance des Etats-Unis et parmi ceux qui se déplacent en Méditerranée, a expliqué au grand état-major allemand que, même si l’ennemi dispose d’une supériorité en surface, la puissance de feu sous les mers peut renverser la donne. Cette explication est d’autant plus plausible que le bilan maritime qui est présenté le 5 mai au Premier ministre britannique est préoccupant alors qu’il met en place le Comité de la nouvelle bataille de l’Atlantique. Un QG est institué en Islande. Des hydravions et des appareils de patrouille de la RAF ainsi que des destroyers de la marine reçoivent la mission de couvrir la zone de l’Atlantique ouest et de faire la liaison avec la marine royale canadienne qui fait de même dans sa zone maritime élargie.

    Convois torpillés

    Un mois plus tôt le convoi SC 26 a été détecté par les sous-marins allemands et ce sont dix bâtiments qui ont été coulés. Si le reste du mois d’avril a heureusement été moins favorable aux marins du Reich, les U-Boote élargissent leur périmètre d’action. Deux convois sont identifiés alors qu’ils progressent au large des îles Féroé et un autre est poursuivi près de l’Irlande par le U-96. Le 7 mai 1941 en fin de journée, l’U-94 commandé par du lieutenant de vaisseau Kuppisch patrouille au sud de l’Islande. Il aperçoit le convoi OB 138 et envoie par le fond deux navires avant d’être mis en difficulté par l’escorte qui engage la chasse. Le déroulement de cette opération d’interception a des conséquences majeures sur l’organisation des missions à venir. L’U-110 du lieutenant de vaisseau Lemp prend à son tour contact le lendemain avec les autres bâtiments et en exécute deux. Toutefois, la réplique de l’escorte dirigée par le Bulldog surprend par sa puissance le pacha qui est contraint de faire surface et d’abandonner son sous-marin. Lemp croit que son bâtiment a été saboté et que les Anglais ne pourront pas monter à bord. Alors qu’il s’en écarte à la nage, il comprend qu’il n’en est rien. Le commandant du Bulldog dirige sans tarder une embarcation vers le sous-marin tandis que des tirs sont dirigés vers ceux qui cherchent à remonter à bord. C’est une équipe de prise qui investit le bâtiment.

    Un examen minutieux de toutes les installations et des moyens de communication est réalisé pendant que le Bulldog décide de remorquer la prise. L’U-110 finit par couler au cours de l’opération mais avant qu’il ne sombre, les marins britanniques ont mis la main sur une superbe machine à coder ainsi que sur des documents de la plus haute importance permettant de l’utiliser au moins pendant un certain temps de manière à connaître la totalité des opérations envisagées et commandées par la Kriegsmarine. Cette découverte n’est pas le fait du hasard. Les commandants anglais ont reçu instruction de rechercher et de confisquer tous les matériels de transmission avec la documentation qui les accompagne. Avec le concours d’experts polonais, le service de décryptage qui est déjà très actif à Bletchley Park dispose alors d’un plus évident. La machine à chiffrer de la Kriegsmarine est plus sophistiquée qu’Enigma. Elle possède en particulier un rotor de plus ce que les services alliés ignoraient jusqu’à en saisir un exemplaire ! Les spécialistes du chiffre se rendent compte de l’apport décisif de cette machine pour bénéficier d’une position des sous-marins à la mer par radiogoniométrie de leurs émissions. Dönitz n’apparaît pas préoccupé par la disparition de l’U-110 et de son équipage. Il est conscient que les pertes peuvent être importantes d’autant que sa volonté de faire chasser en meute ses unités multiplie les risques de destruction. Ce qui le préoccupe le plus pendant cette première semaine de mai est le déploiement de sept sous-marins de type IX et de deux sous-marins italiens moins performants dans une zone qui court des îles Canaries jusqu’à la côte de Freetown en Sierra Leone.

    Afin de leur garantir un calendrier opérationnel allongé, il expérimente alors un réapprovisionnement en torpilles, en carburant et en vivres. Pour mesurer la pertinence de cette initiative, il a envoyé sur zone les ravitailleurs « Nordmark » et « Egerland » ainsi que le pétrolier « Lothringen ». L’objectif est d’interdire le ravitaillement de la Grande-Bretagne depuis son Empire et de développer cette stratégie dans toutes les mers du monde dès lors que le potentiel des forces sous-marines sera optimum. Dönitz choisit aussi à la même période de renoncer aux dispositifs stationnaires pour privilégier de vastes opérations de recherche en déployant un dispositif linéaire sur la route présumée des convois.

    Bombes sur les villes

    Si les océans sont une source de soucis, l’intensification des raids de la Luftwaffe ajoute à l’insécurité. Après une semaine de frappes nocturnes, Liverpool et Mersyside sont pilonnées et de gigantesques incendies se développent. Sur Liverpool, les bombardements sont si intensifs que la ville est coupée du monde ! Le cœur de la cité est dévasté et les services de secours recensent plus de quatre cents victimes civiles. Chargé de munitions pour le Proche-Orient, le « Makaland » explose et la déflagration est si puissance qu’elle ravage la zone portuaire de Huskisson. Six autres navires sont détruits et les témoignages recueillis et recoupés sont convergents. On retrouve des débris du « Makaland » à plus de trois kilomètres de sa zone de mouillage. Un train de munitions est pulvérisé alors que des cheminots l’éloignaient de la ville. Les dégâts sont immenses. La cité est en ruines. La gare centrale n’existe plus, la halle au blé n’est plus qu’un tas de gravats, le musée est à terre et les maisons et immeubles d’habitations sont détruits. Même la prison n’est pas épargnée ! A Mersey, un ferry coule et il y a cent soixante disparus. A l’hôpital, il y a au moins soixante morts.

    Au cours de la première semaine de mai, le bilan qui est présenté au gouvernement de Londres est dramatique. On relève au moins quatre mille morts au cours de soixante-huit raids qui ont été conduits sur Liverpool, Bootle, Walasey et Birkenhead. Socialement l’aide d’urgence doit être démultipliée puisque ce sont soixante-dix mille sans-abri supplémentaires qui doivent être pris en charge. Churchill résume : « les assassins reviennent toujours sur les lieux de leurs crimes ». Il sait que le risque aérien est plus menaçant que jamais. Pour parer à la crise, le Premier ministre nomme l’industriel Frederick Leather à la tête du ministère de la Communication en temps de guerre. Il cumule cette responsabilité avec le ministère des Transports. Lord Barbazon reçoit le portefeuille de la Production aéronautique tandis que lord Beaverbrook devient ministre d’Etat.

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    Union110507d - Marne
    RECHERCHE : Retrouver un ancêtre prisonnier de guerre

    Juin 1940, la Bataille de France se conclut par l’internement de plus d’un million de soldats français capturés par les forces allemandes avant d’être expédiés, outre-Rhin, dans des camps.

    A la veille du 8 Mai, le site www.genealogie.com vous propose de retrouver la trace de ces prisonniers dont fait peut-être partie l’un de vos ancêtres.

    Ces archives en ligne proviennent de 100 listes officielles éditées entre août 1940 et juin 1941 par le Centre national d’information sur les prisonniers de guerre, d’après les renseignements fournis par les autorités allemandes.

    Pour chaque prisonnier, sont indiqués les nom et prénom, ses date et lieu de naissance, ses grade et régiment ainsi que son camp d’internement.

    Ces archives sont consultables gratuitement jusqu’à lundi sur le site.

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    Union110507c - Marne
    L’EPINE : Hier, sur la commune de L’Épine : Hommage des familles et proches aux fusillés

    La cérémonie s’est déroulée
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  • Un hommage a été rendu hier aux 49 patriotes fusillés dans la Marne après leur condamnation à mort par des tribunaux militaires allemands.

    Cette commémoration a lieu à la Butte des Fusillés. Un endroit encore lugubre, sur la commune de L’Épine, où se dressent quatre poteaux d’exécution.

    Le club aéronautique a effectué son traditionnel survol à très basse altitude, à 7 heures, en mémoire de son président, abattu par l’occupant.

    Les exécutions ont d’abord été effectuées à Châlons, avant de se dérouler ici, sur une parcelle dénommée Terrain de la Folie. 38 résistants ont été tués sur ces lieux, amenés en camion, assis sur leur propre cercueil. Les résistants et déportés châlonnais honorent chaque année la mémoire de leurs cinq camarades du groupe Tritant fusillés par les nazis le 6 mai 1944. Les proches des victimes encore en vie sont toujours présents.

    Cette cérémonie est l’une des plus particulières de la région. Le rassemblement se fait toujours spontanément, sans aucune annonce, tant la douleur reste grande au sein des familles concernées, plus de 65 ans après les faits.

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    Union110507b - Marne
    EPERNAY : La stèle commémorative inaugurée rue de Reims : Le dernier acte de résistance de Robert Dié

    Robert Dié, jeune résistant, a été abattu alors qu’il circulait à vélo par un milicien français à qui il avait pourtant sauvé la vie.
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  • « C ’est la fin de son périple. Tout du moins je l’espère. Je n’oserais d’ailleurs jamais avouer à son fils ce qu’il s’est passé cette année ». Alain Galataud, président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance, est enfin serein. Depuis mercredi matin, la plaque en la mémoire de Robert Dié, « un jeune résistant abattu le 5 août 1944 par la milice française à la solde du nazi », a enfin trouvé un emplacement qui satisfait aujourd’hui tout le monde : sur une stèle érigée par la municipalité sur une petite parcelle du parking de la rue de Reims… Dans le virage même où le jeune instituteur a été abattu.

    Un déplacement mal perçu

    La fin d’une année d’âpres négociations entre les membres de l’ANACR et la municipalité.

    A l’origine de la polémique : des travaux de ravalement de façade rue de Reims et la demande du propriétaire de l’immeuble de déplacer la plaque commémorative. Restaurateur, il voit d’un mauvais œil l’inscription « à la solde des Boches » sur la devanture de son restaurant… Pour le touriste Allemand de passage notamment.

    En mai 2010, la ville accepte ce transfert légitime. L’ANACR accepte même de modifier les thermes de la plaque, en remplaçant « à la solde des Boches » par « à la solde des nazis ».

    La plaque est alors déplacée de l’autre côté du parking de la rue de Reims, sur le mur de l’ex-MJC, loin du lieu de fusillade de ce 5 août 1944.

    Attachée à la mémoire et au respect des faits d’histoire, Geneviève Philizot, ancienne résistante de 91 ans et membre de l’ANACR, n’accepte pas ce déplacement. Avec Alain Galataud, ils vont demander au maire de revoir les choses. « Robert Dié a été fusillé ici et pas là-bas, » martèle l’ancienne résistante qui se bat alors « pour la mémoire et le respect de cet homme ». Un résistant abattu par un milicien français… à qui il avait pourtant sauvé la vie, en refusant de le tuer au regard de son jeune âge !

    Leur vœu sera finalement exaucé. En début d’année, la municipalité décide d’ériger une stèle sur laquelle sera apposée la plaque… à quelques mètres du lieu de la fusillade. La plaque a été fixée sur la stèle mercredi matin. Hier, c’est non sans émotion que Geneviève Philizot, Alain Galataud et les membres de l’ANACR ont inauguré le nouveau mémorial… Entre eux, en l’absence d’élus. « Nous ne voulions aucun élu, » confirme Alain Galataud. « Nous avions simplement invité Hélène Plaquin (NDLR : Conseillère municipale déléguée), mais elle n’a pu venir. Elle est tout excusée, car elle tenait une conférence sur la résistance ». Pour le reste, il flottait hier comme un goût de ressentiment.

    Caroline GARNIER

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    Union110507a - Marne
    EPERNAY : Cérémonies officielles Les poilus en Turquie

    Les poilus de la Marne ont défilé en tenue à Istanbul.
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    Une belle cérémonie qu’ont vécue les membres de l’association du Poilu de la Marne. Partis à neuf, les poilus se sont rendu à Istanbul pour peaufiner, en compagnie de l’assistante de l’attaché de Défense à Ankara, Régine Lotte, les derniers préparatifs pour les cérémonies des Dardanelles.

    En tenue, les poilus de la Marne ont déposé une gerbe au monument aux morts, devant les officiels de tous les pays et en compagnie du consul général de France Hervé Magro, ainsi que de l’attaché de Défense, le colonel Patrice Moyeuvre.

    Un moment fort, que les poilus ont vécu devant les 14 000 morts français tombés sur la terre turque en 1915 dans le convoi VIP composé de cinq bus officiels.

    Les membres de l’association se sont aussi rendu aux cérémonies australiennes et néozélandaises où ils ont pu découvrir une forte mobilisation pour fêter l’Anzac day.

     

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    Union110506f - Marne
    TERGNIER : Association républicaine des anciens combattants : La mémoire à l’honneur

    Jean-Pierre Cristiani de l’Arac 02 et Paul Markides, vice-président national, attendent du beau monde le 14 mai.
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  • PERPÉTUER la mémoire des anciens combattants, des résistants et des valeurs républicaines, tel est l’objectif de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) qui tiendra son rassemblement national le 14 mai à Tergnier.

    « Nous existons depuis 1917 et nous sommes là pour défendre les droits des anciens combattants, les valeurs de la République, la paix. Nous demandons le retrait des troupes engagées en Afghanistan par exemple, car les jeunes gens qui s’engagent aujourd’hui le font car ils n’ont rien d’autre à faire. Et quand ils reviennent ils sont complètement démunis. Nous ne pouvons comparer l’engagement conscient d’hier et celui d’aujourd’hui », à fait savoir Paul Markides, le vice-président de l’Arac. Afin que cette mémoire des différents conflits perdure, le 14 mai de nombreux écoliers, collégiens et lycéens prendront part à la manifestation.

    De Tergnier à Chauny, les élèves proposeront des textes, des poèmes, des lettres, des chants, des expositions. « C’est pour nous une bonne façon de faire connaître l’histoire aux jeunes, d’ailleurs nous nous sommes aperçus que même certains enseignants voulaient en savoir plus. Il y a un véritable intérêt à faire passer ce message. »

    Pour le maire Christian Crohem c’est une satisfaction d’accueillir un tel rassemblement « puisque la municipalité depuis longtemps partage les mêmes valeurs que l’Arac. Et puis l’avantage c’est la participation de jeunes en direct à cet événement ».

    La journée débutera à 10 heures au parc Sellier et se poursuivra au musée ainsi qu’à la mairie annexe de Fargniers. Un bon moyen de faire un peu plus connaissance avec l’histoire locale et bien plus.

    S.P.

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    Union110506e - Marne
    VILLERS-LE-CHATEAU : Souvenir et hommage aux combattants alliés

    A l’appel aux morts,
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  • un enfant du village
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  • Mercredi en fin d’après-midi une délégation anglaise d’une cinquantaine de membres de la Royal Air Force Association est venue se recueillir sur les sépultures de sept aviateurs alliés inhumés dans le cimetière communal. Organisée par Denis Dupuis président du comité du Souvenir français, et Ken Scott traducteur et responsable de la délégation, cette cérémonie a rassemblé les représentants d’associations d’anciens combattants, les élus de la commune, quelques vétérans britanniques et des cadets de la RAF. Une couronne et une gerbe ont été déposées sur le monument et à l’appel aux morts un enfant du village déposait une fleur à chaque stèle.

    Les hymnes nationaux ont été interprétés par la délégation musicale des cadets de la RAF avec une émotion perceptible chez les participants.

    Cet hommage rendu aux aviateurs alliés tombés sur le sol français durant la Seconde Guerre mondiale et inhumés dans les cimetières communaux était le dernier de ce pèlerinage effectué durant ce séjour en France.

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    Union110506d - Marne
    CHENIERS : Cérémonie : Pour ne pas oublier le 4 mai 1944

    Huit aviateurs sont décédés lors de cette tragique nuit…
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  • Afin de ne jamais oublier la nuit tragique du 3 au 4 mai 1944, un hommage a été rendu au monument aux morts anglais dans le petit cimetière du village en présence de jeunes cadets militaires de la Royal Air Force Association, de quelques porte-drapeaux et de deux vétérans anglais de 86 et 9O ans.

    Dans son hommage le maire François Griffon, a rappelé que dans la nuit du 3 au 4 mai 1944 a eu lieu le plus grand combat aérien de la Seconde Guerre mondiale au-dessus de la Marne et de l’Aube : le bombardement du camp militaire de Mailly-le-Camp.

    En mémoire des huit aviateurs britanniques et canadiens morts en service aérien commandé et enterrés à Cheniers, une petite croix fut déposée sur leur tombe, à l’appel de chaque nom, ainsi qu’une couronne de coquelicots.

    Les hymnes canadiens, français et anglais joués par la musique de la RAF, retentirent devant un parterre de participants anglais très émus pour honorer ces frères d’armes qui, par le sacrifice de leur vie, ont contribué à la libération de la France.

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    Union110506c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : 4e édition de War of Marne / A la guerre comme à la guerre

    Sur le camp tout sera thématisé pour offrir au public une véritable reconstitution de la vie des soldats américains.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Les 7 et 8 mai, une centaine d’acteurs joueront des militaires de la Seconde Guerre mondiale au 402e régiment d’artillerie de Châlons. Attention les yeux !

    EFFETS spéciaux, jeux de lumières et de sons et mises en scène seront au rendez-vous pour célébrer le 66e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis quatre ans, la vingtaine de membres de l’association Marne Memory 44 organise une reconstitution de la vie d’un camp militaire américain avec un soutien important du 402e régiment d’artillerie de Châlons et de la mairie.

    Sur le camp tout sera thématisé (tentes, armes, une quarantaine de véhicules…) pour offrir au public une véritable reconstitution de la vie des soldats américains à la fin de la guerre, mais pas seulement. Quelques « soldats anglais » et des « résistants français » seront sur place également.

    Des scènes de vie seront jouées par une centaine de figurants recrutés pour l’occasion : soin dans un hôpital de campagne, maniements d’armes, patrouilles… Ils devront suivre un régime militaire pendant les deux jours.

    « Il y aura des heures précises pour manger, explique Christophe Lefevre, secrétaire de l’association, chacun aura sa gamelle et certains seront de corvée de patates ».

    Pas d’effets personnels non plus, les figurants devront se passer de portables, lecteur MP3… comme à l’époque !

    Remplir le devoir de mémoire

    L’accueil du public se fera sur le camp en toute sécurité. « L’association est là pour s’assurer que tout se passe dans de bonnes conditions, précise Christophe Lefevre, que les véhicules ne roulent pas trop près du public… » Une buvette et un stand de sandwich seront mis à la disposition des visiteurs, qui pourront également devenir « acteurs » en pratiquant des baptêmes de véhicule (half-track et jeep).

    Les curieux de la Seconde Guerre mondiale pourront ainsi participer à la reconstitution. Les anciens combattants seront également les bienvenus pour faire part de leur histoire.

    Le secrétaire de l’association, Christophe Lefevre insiste sur l’importance du devoir de mémoire lors de ce week-end avec deux temps forts pour ces deux journées.

    Bruno Bourg-Broc viendra inaugurer l’ouverture de la manifestation War of Marne, demain samedi à 10 heures.

    Le 8 mai, comme chaque année, il y aura la commémoration aux monuments aux morts de la victoire des armées alliées et de la capitulation allemande en 1945.

    Pour plus d’informations, contacter l’association Marne Memory 44 au 06.29.74.50.83.

    Orianne ROGER

    Au programme

    Le samedi 7 mai, le camp sera ouvert au public de 9 à 19 heures :

  •  9 heures : montée des couleurs.
  •  10 heures : inauguration en présence de Bruno Bourg-Broc et début de la manifestation scènes de vie.
  •  De 12 à 13 heures : repas du soldat.
  •  De 14 à 19 heures : scènes de vie et spectacles.
  •  19 heures : descente des couleurs. Le dimanche 8 mai, le camp sera ouvert au public de 9 à 17 heures :
  •  11 heures : commémoration au monument aux morts.
  •  12 h 30 : 13 h 30 : repas du soldat.
  •  14 à 17 heures : scènes de vie.
  •  17 heures : descente des couleurs et fin de la manifestation.
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    Union110506b - Marne
    REIMS : On en oublierait la Révolution

    Avec tous ces invités à particule attendus, on en oublierait presque qu’entre 1211 et 2011, on a fait la Révolution. Y compris à Reims.

    Un document débusqué dans les archives de la Ville nous le rappelle.

    Dans un courrier adressé à la Convention, le député Philippe Rühl, raconte comment, le 7 octobre 1793, il a cassé la Sainte Ampoule : « Je me suis transporté sur la place ci-devant royale, aujourd’hui nationale et […] j’ai brisé*, en présence des autorités constituées et d’un peuple nombreux, sous les acclamations répétées de vive la République […] la Sainte Ampoule ».

    Le citoyen Rühl était alors en mission dans la Marne, chargé de « prêcher la haine des rois et l’unité de la République ».

    La Sainte Ampoule est une fiole contenant une huile qui aurait servi lors du baptême de Clovis. Depuis, elle servait à l’onction des rois lors des sacres. Aux yeux du Montagnard, elle constituait un symbole de l’oppression monarchique : « Le Français, ce peuple immense et généreux ne verra plus désormais l’insidieuse farce du sacre d’un brigand heureux. Tout ce qui a trait à ce sacre, tout ce qui entretient le fanatisme du peuple pour les oppresseurs, en lui faisant croire que le ciel avait choisi des mortels plus favorisés que lui pour les mettre aux fers, doit disparaître ».

    Le député Philippe Rühl aurait été sidéré d’apprendre qu’en 2011, une municipalité de gauche dépenserait de 1,5 à 2 millions d’euros * pour célébrer l’anniversaire d’une église et le fêterait en invitant plusieurs héritiers de la monarchie. Faut-il à nouveau briser l’ampoule ?

    C.F.

    * Le baume du sacre existe toujours mais pas dans son reliquaire d’origine. La veille du coup d’éclat de Philippe Rühl, un curé avait retiré ce qu’il pouvait du contenu de la Sainte Ampoule et l’avait caché. * Dont la moitié en équipements pérennes.

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    Union110506a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Avant l’assemblée de l’Amicale parachutiste : A la recherche d’un président

    René Beaujoin, président depuis dix-huit ans, démissionnera en janvier prochain, lors de l’assemblée générale.
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  • L’Amicale parachutiste, présidée depuis 18 ans par René Beaujoin, est à la recherche de candidats pour le bureau de l’association et précisément le poste de président. Après une année 2010 mouvementée, avec deux démissions au compteur et le trésorier démis de ses fonctions par le président, l’association, qui compte aujourd’hui 110 membres soit dix de moins qu’en 2010, vit une année 2011 plus sereine avant la prochaine assemblée générale prévue en janvier prochain.

    Le bureau, actuellement composé de René Beaujoin, président, de son épouse Hélène secrétaire et de Dominique Selve trésorier, sera en effet démissionnaire et ne se représentera pas lors de l’assemblée générale prochaine.

    « Cela fait cinq ans que je veux arrêter, mais faute de successeur, j’ai toujours repoussé ce moment. Cette fois-ci, ma décision est prise », tranche celui qui avait repris les rennes d’une association qui était devenue peu active voici dix-huit ans.

    « Je ne veux pas polémiquer, juste que l’association continue à vivre, reprend René Beaujoin, c’est pour cela que nous recherchons dès à présent des candidats pour le bureau et notamment la présidence, afin de travailler avec eux pour l’année 2012. »

    Car le président actuel refuse de prendre toute décision pour 2012. « Je ne veux pas m’engager dans quelque chose que mon successeur ne souhaitera peut être pas. Et je ne veux pas de problème une fois que je serai parti. » Et d’insister sur le fait qu’il est prêt à travailler avec tout le monde.

    Si aucun candidat ne se présente, l’association pourrait être dissoute ou mise en sommeil. « Auquel cas nous avons déjà décidé que l’argent qui restera sur les comptes sera partagé entre l’association Myosotis et l’association des Petits enfants de l’hôpital de Reims. »

    Toutes possibilités ont déjà été pensées.

    A.-S.C.

    Les candidats intéressés peuvent se rapprocher du président ou de l’un des membres du bureau. Tél. : 03.26.74.53.72

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    Union110505e - Marne
    MEMOIRE : 47 lauréats marnais pour le Concours national de la Résistance

    Les lauréats ont reçu leur prix des mains des résistants et du préfet de région.
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  • Marne. « Jeunes, vous avez votre propre responsabilité » C’est par ces mots que la résistante Yvette Lundy s’est adressée hier aux collégiens et lycéens venus recevoir leur prix en préfecture, à Châlons.

    « LA répression de la Résistance en France par les autorités d’occupation et le régime de Vichy. » 415 élèves de la Marne ont travaillé sur ce thème dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Une mission assumée de manière volontaire.

    Le concours a un demi-siècle, mais sa thématique reste primordiale.

    Le nombre de participants montre que la flamme du souvenir, et de la vigilance, ne faiblit pas. 47 lauréats ont été sélectionnés, les prix leur ont été remis hier après-midi en préfecture, au cours d’une belle réception. Le préfet Michel Guillot a souligné à quel point la démarche est belle, qui réunit « ceux qui ont fait l’histoire, ceux qui l’enseignent et ceux qui l’apprennent ».

    La résistante Yvette Lundy (94 ans), survivante des camps de Buchenwald et Ravensbrück, a ému l’assemblée en rappelant qu’à l’origine de la répression de la résistance il y avait « l’occupant », mais aussi l’acceptation du régime de Vichy avec tout ce qu’elle a entraîné comme « honteuses délations ». « Jeunes, vous avez votre propre responsabilité. Je vous dis : la vie est belle », a-t-elle souligné, avant de terminer sur une note plus sombre, déclarant : « Quand l’un d’entre nous quittera la table, quelque chose s’éteindra ».

    Depuis 1961

    Le résistant Jean Chabaud, président de l’association des Combattants volontaires de la Résistance, a pour sa part évoqué l’historique du concours depuis ses touts débuts, en rappelant que cet événement est né progressivement de la volonté d’associer les jeunes à la commémoration de la Libération. C’est en 1961 que le ministre de l’Éducation, Lucien Paye, donna à ce prix un caractère officiel et une dimension nationale.

    Parmi les 47 lauréats marnais, 8 ont l’honneur de la sélection nationale. L’Histoire réserve parfois d’étranges coïncidences puisque les prix ont été remis la veille du procès de l’un des derniers criminels de guerre nazis encore vivant, Sandor Kepiro (97 ans). Il sera jugé à partir d’aujourd’hui à Budapest pour des accusations de crime de guerre perpétré en Serbie en 1942.

    Les lauréats

    Mémoires collège

  •  Collège Notre-Dame-Perrier, Châlons-en-Champagne, directeur Laurent Lanfranchi : Mathilde Marchal, Elise Wavrant, Eléonore Krawczykowski, Alexis Jacquet, Valentin Pernet, Louis Villem, Miguel Pinto, Victor Rouault, Romain Fouilland, Gaëlle Ianz*, Gwendoline Caqué*, Phébé Falconieri*.

    Mémoires audiovisuels collège

  •  Collège Notre-Dame-Perrier, Châlons-en-Champagne, directeur Laurent Lanfranchi : Rémy Denneval, Esteban Georgelin, Thomas Adam, Jules Vitry.

    Devoirs collège

  •  Collège Les Bleuets, Aÿ-Champagne, principal Yannick Tschens : Jennifer Henry, Victoria Pongnot, Noémie Raynaud, Mathilde Thomas, Cassandre Godfroy.
  •  Collège Notre-Dame-Perrier, Châlons-en-Champagne, directeur Laurent Lanfranchi : Marilyne Anspach, Anne-Sophie Zanga.
  •  Collège François-Legros, Reims, principal Roger Cordier : Axel Baudry, Caroline Lapinte*.
  •  Collège Léonard-de-Vinci, Witry-lès-Reims, principal Hervé Danjean : Audrey Brossard-Kimmel, Joaline Fournier, Eléonore Jactat, Lisa Meilleur.

    Mémoires lycée

  •  Lycée Jean-Jaurès, Reims, proviseur Dominique Montagne : Bartholomé Gillery, Kennedid Aboubaker, Anthony Dassier, Marie Loth, Maria-Isabelle Marcus, Juliette Tricaud.
  •  Lycée Ozanam, Châlons-en-Champagne, directrice Marie-Christine Vanet : Alice Onyszkiewicz*, Julia Montagne*, Marlène Bourly*.

    Devoirs lycées

  •  Lycée Léon-Bourgeois, Epernay, proviseur Martine Soteras-Poulet : Sarah Ortonovi.
  •  Lycée Chagall, Reims, proviseur Michèle Sobaczek : Matthieu Gantelet.
  •  Lycée Clémenceau, Reims, proviseur Maurice D’angelo : Damien Bertrand*, Mehdi Talbi.
  •  Lycée professionnel François-1er, Vitry-le-François, proviseur Philippe Hanen : Sandra Duvallet, Charles-Edouard Gerard, Melvin Lebrun, Virginie Morel, Noémie Nolle.

    * Élèves retenus pour le jury national.

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    Union110505d - Marne
    REIMS : 8 Mai Les cérémonies dans l’arrondissement

    Auménancourt
    A 11 heures, devant le monument aux morts à Pontgivart, défilé des pompiers.

    Bazancourt
    A 11 h 45, au monument aux morts. Dépôt de gerbe, allocutions, défilé avec la fanfare municipale jusqu’à la salle des fêtes, allocution et verre de l’amitié.

    Boult-sur-Suippe
    A 9 h 45, cérémonie au monument aux morts avec un hommage tout particulier à un ancien combattant de la guerre 39-45, Monsieur Berthelemy, récemment décédé, dernier témoin au village de cette terrible guerre.

    Beine-Nauroy
    A 10 h 45, dépôt d’une gerbe aux monuments aux morts et d’un bouquet sur la plaque Georges-Lundy, rue de la République, en présence de la fanfare La Champenoise. Puis vin d’honneur à la salle polyvalente.

    Berméricourt
    A 9 h 30, rassemblement est prévu au monument aux morts. Après le défilé, un vin d’honneur sera offert à la mairie.

    Bétheny
    A 11 h 15, dépôt de gerbe à la mairie annexe, à 11 h 30 par un rassemblement devant la mairie, défilé et cérémonie au monument aux morts.

    Caurel
    A 11 h 30, rassemblement place de la mairie, 11 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts puis vin d’honneur.

    Cauroy- lès-Hermonville
    A 9 h 35, rassemblement devant la mairie, à 9 h 45 défilé avec la fanfare La Pouillonnaise, dépôt de gerbe au monument aux morts puis vin d’honneur.

    Champigny
    A partir de 11 heures, dépôt de gerbe au monument aux morts avec la participation de la fanfare des Dauphins puis verre de l’amitié à la mairie.

    Courcy
    A 11 h 30, au monument aux morts, dépôt de gerbe suivi d’un vin d’honneur.

    Hermonville
    A 9 heures rassemblement au square Jean-Moulin. A 9 h 15, cérémonie du souvenir pour la Déportation, suivie d’un défilé. A 9 h 45, cérémonie au monument aux morts et à 10 heures, vin d’honneur à la mairie.

    Loivre
    A 9 h 30, rassemblement devant la mairie, puis dépôt de gerbes au monument aux morts et au cimetière, puis vin d’honneur à la salle des fêtes.

    Pouillon
    A 11 heures, rassemblement devant la mairie, dépôt de gerbes au monument aux morts avec la fanfare La Pouillonnaise puis verre de l’amitié à la salle municipale.

    Prunay
    A 11 h 30, place de la mairie, dépôt de gerbes au monument aux morts, vin d’honneur à la salle des fêtes.

    Saint-Masmes
    A 10 h 15, cérémonie au monument aux morts avec la clique des Fanfarons et des jeunes sapeurs pompiers de Warmeriville, puis vin d’honneur sous les préaux de l’école.

    Saint-Thierry
    Attention en raison de la brocante du 8 mai, la cérémonie est avancée au samedi 7 mai. Rassemblement devant la mairie à 18 h 15. Cérémonie au monument aux morts à 18 h 30. Vin d’honneur.

    Savigny-sur-Ardres
    A 10 h 45, rassemblement à la mairie, à 11 heures cérémonie au monument aux morts, à 11 h 15, vin d’honneur.

    Sermiers
    Rendez-vous devant la mairie pour le défilé, un dépôt de fleurs au monument aux morts, puis vin d’honneur au foyer rural.

    Sillery A 11 h 15, rassemblement place de la mairie puis dépôt de gerbe fleurie au monument aux morts. Vin d’honneur à la salle des fêtes où les enfants assureront la vente de « bleuets ».

    Thil
    A 11 h 30, place de la mairie avec la clique « L’espérance ». Dépôt de gerbe au monument aux morts. puis verre de l’amitié dans l’ancienne école.

    Trigny
    A 10 h 30, rassemblement sur la place du village.

    Villers-Allerand
    A 9 h 45, rassemblement place de la mairie. A 10 heures, défilé et dépôt de gerbes au monument aux morts et au cimetière militaire, un vin d’honneur à la salle polyvalente.
    A 18 heures, concert trompettes et orgues à l’église Sainte-Agathe organisé par la mairie avec Jean-Baptiste Arnold et Clément Guimmin (trompettes) et Bejamin Steens (orgue).
    Entrée : 5€ (15 ans et plus) ; 2 pour les moins de 15 ans. Une occasion de redécouvrir la qualité de cet orgue, restauré par Laurent Ple, de Troyes.

    Villers-Franqueux
    A 10 h 15, rassemblement à la mairie. A 10 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts, avec la fanfare la Pouillonaise.

    Villers-Marmery
    A 9 h 45, rassemblement place de la mairie. A 10 heures, défilé et dépôt de gerbes au monument aux morts et au cimetière militaire puis vin d’honneur à la salle polyvalente.

    Warmeriville
    A 11 h 30, rassemblement sur la place de la mairie, défilé au monument aux morts, dépôt de gerbes. A 11 h 45, vin d’honneur au centre associatif.

    Witry-lès-Reims
    A 11 h 30, rassemblement place de la mairie, à 11 h 45, départ pour le monument aux morts, cérémonie suivie de la remise de galons à trois sapeurs-pompiers à la salle des fêtes et vin d’honneur.

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    Union110505c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Commémoration : Toutes les cérémonies du 8 mai

    Courdemanges. La cérémonie commémorative aura lieu dimanche à 10 h 15 devant le monument aux Morts.

    Couvrot. Rendez-vous à 11h45. Rassemblement place de la Mairie, à midi, pour le départ vers le monument aux morts.
    A 12 h 15, dépôt de gerbes et allocations, puis à 12 h 30, un vin d’honneur à la salle polyvalente sera offert par les anciens combattants.

    Changy. Le rendez-vous est fixé à 10 h 30. Rendez-vous devant la mairie.

    Chatelraould-Saint-Louvent. La cérémonie aura lieu à 11 h devant le monument aux morts.

    Frignicourt. Une gerbe sera déposée dimanche devant le monument aux morts. Le rassemblement est fixé à 12 h, place de la Mairie où se formera le défilé qui se rendra au monument aux morts. Cette cérémonie du souvenir sera suivie d’un vin d’honneur servi dans les salles communales.

    Huiron. La cérémonie aura lieu à 9 h 30 devant le monument aux morts.

    Glannes. La cérémonie aura lieu à 11 h 45 devant le monument aux morts.
    Les anciens combattants, les enfants des écoles, les sapeurs pompiers et les habitants des communes de Châtelraould-Saint-Louvent, Courdemanges, Glannes et Huiron sont invités à participer à cette cérémonie communautaire.

    Marolles. Rassemblement devant le monument aux morts à 11 h, en présence des enfants de l’école. La population est invitée à y participer. A l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur sera offert à tous les participants.

    Revigny-sur-Ornain. Le 66e anniversaire de la Victoire de 1945 sera commémoré par une cérémonie, qui se déroulera selon le programme suivant :
    10 heures : office religieux en l’église Saint-Joseph ;
    11 h 15 : cérémonie au monument au morts (place Louis-Chenu et des résistants Revinéens) : dépôt de gerbes de fleurs, lecture du message du ministre de la Défense et des Anciens combattants ; lecture du message de l’Ufac.

    Saint-Dizier. Les cérémonies de la Victoire de 1945 auront lieu dimanche selon le programme suivant :
    9 h 45 : église Saint-Martin de la Noue - office religieux célébré à la demande du comité d’entente des associations d’anciens combattants, victimes de guerre et patriotiques de Saint-Dizier à la mémoire des victimes civiles et militaires de toutes les guerres ;
    10 h 45 : dépôt de gerbes au monument aux morts de Marnaval - les honneurs seront rendus par un détachement de la base aérienne 113 Saint-Éxupéry ;
    11 h 15 : monument aux morts (place du Maréchal Leclerc) : lecture des ordres du jour - dépôt de gerbes - lecture du message de M. le ministre de la Défense et des Anciens combattants. Les honneurs seront rendus par un détachement de la base aérienne 113 Saint-Éxupéry. Participation de l’harmonie de l’UJB et du Réveil eurvillois. Départ vers la place Aristide-Briand en défilé ;
    11 h 45 : prise d’armes (place Aristide-Briand). Honneurs au drapeau - revues des troupes - remise de décorations - défilé devant l’hôtel de ville et la rue Gambetta jusqu’à la place du 11 novembre des unités à pied et motorisées de la base aérienne 113 Saint-Éxupéry ainsi que le centre de secours principal de Saint-Dizier et la Croix-Rouge Française.

    Sainte Marie du Lac Nuisement. Le conseil municipal invite la population aux cérémonies du souvenir :
    11 h 10 : devant la plaque commémorative de Blaise ;
    11 h 20 : au monument du cimetière de Nuisement ;
    11 h 30 : au monument aux morts des Grandes Côtes.
    Le verre de l’amitié clôturera les cérémonies.

    Saint-Rémy en Bouzemont. Rassemblement place de la Mairie à 11 h 30.

    Songy. Le rassemblement est prévu à 11 h, devant le monument aux morts. Après la cérémonie de commémoration, un vin d’honneur sera servi à la population.

    Vitry-en-Perthois. La cérémonie aura lieu à 12 h devant le monument aux morts.

    Vitry-le-François. A 10 h 15 : rassemblement à la nécropole nationale ; dépôt de gerbes par les anciens combattants, le comité du souvenir français et les autorités.
    Mise en place du défilé ; arrivée place Joffre ; salut des drapeaux par les autorités.
    Lecture du message du secrétaire d’état à la défense et aux anciens combattants par le représentant du sous-préfet ; dépôt de gerbes par les autorités ; minute de silence.
    Défilé jusqu’à l’hôtel de ville ; salut des drapeaux par les autorités. Vin d’honneur à l’hôtel de ville.

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    Union110505b - Marne
    VILLERS-ALLERAND : Exposition / Un 8 Mai de souvenirs et d’émotions

    Anne Fatoux et Jean-Marie Chappellet ont monté une exposition très documentée.
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  • Villers-Allerand (Marne) Le 12 juin 1940, des soldats tombaient sur le sol de la commune. Ils venaient de très loin, leurs noms ne sont pas sur le monument. Mais deux élus ont monté une exposition sur cette période d’histoire locale pour rappeler leur sacrifice.

    « TOMBE n° 1 : il a été trouvé sur lui une pipe, une cartouchière. Devait être de l’infanterie. » Un papier énumère les objets récupérés sur un soldat, tombé en 1940 sur le territoire du village. Il s’agit d’un des hommes de la 82e Division d’Infanterie d’Afrique tués dans les combats les opposant à des blindés allemands.

    Anne Fatoux et Jean-Marie Chappellet, élus de la commune, passionnés d’histoire locale, ont décidé de préparer une exposition. « J’ai rassemblé photos, cartes postales, archives. Fait du porte à porte chez les habitants, chiné dans les bourses », explique M. Chappellet, qui montre les multiples documents, tenues et accessoires militaires réunis pour l’expo. Il a beaucoup cherché dans les archives municipales. « C’est d’ailleurs de là que tout est parti ! » Il retrouve des documents relatant la mort de soldats tués le 12 juin 1940, des courriers de familles recherchant leurs parents ou enfants pour identification.

    Donner un sens à l’histoire

    Les deux élus se rendront même aux archives de la Défense Nationale à Paris. Ils recueillent des témoignages, transcrivent des rapports d’officiers français sur les régiments qui sont passés par la commune. « Il y avait le 1er régiment de zouaves, le 66e d’artillerie africain, avec les spécialistes du combat anti-char, et aussi le 266e régiment d’artillerie lourde. »

    Les soldats ont été enterrés sur place, sommairement. En 1941, ils seront exhumés pour être remis au cimetière municipal. Certains ayant été identifiés, le seront une seconde fois pour être rapatriés. C’est là que les recherches effectuées par les deux élus prennent un côté humain imprévu : « L’an dernier, nous avons été contactés par un homme qui est le neveu d’un soldat tué. Il nous a amené des documents, confié la plaque nominative de son oncle, les courriers de son grand-père, à la recherche de son fils en juin 1940. Il a fait le tour de toutes les communes et petit à petit a su que c’était à Villers-Allerand ». Ce neveu d’André Tronville sera présent dimanche. Un 8 mai où, après l’appel aux morts, sera rendu un hommage à ces soldats qui ne sont pas des enfants de la commune : « On va les citer eux aussi, même si leurs noms ne figurent pas sur le monument. Notre expo, c’est pour donner un sens à l’histoire », ajoute Anne Fatoux.

    Dimanche 8 mai : rassemblement à 11 heures au monument, appel aux morts et rappels historiques, Inauguration de l’expo ouverte jusqu’à 18 heures et présentation d’une chenillette Renault utilisée en 1940.

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    Union110505a - Marne
    BETHENY : Reconstitution historique avec la Shaef / Les Américains sont de retour

    Un campement américain sera reconstitué ce prochain week-end à Ambonnay avec l’association Shaef de Bétheny.
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  • Dans le cadre des cérémonies du 8 Mai, à l’occasion du 66e anniversaire de la fin du second conflit mondial en Europe, l’association Shaef de Bétheny organise, à Ambonnay, avec le comité des fêtes, une reconstitution historique et participera au défilé au monument aux morts de la commune.

    Un campement américain de la période 1944-1945 sera reconstitué, avec tentes, véhicules, et des figurants en tenue d’époque, qui montreront, de façon vivante, les activités quotidiennes d’un campement militaire américain.

    Le camp sera ouvert au public, gratuitement, les samedi 7 et dimanche 8 mai, à partir de 9 h 30, et jusqu’à 18 heures le samedi et 16 heures le dimanche. Le dimanche, à 11 h 45, aura lieu la cérémonie au monument aux morts d’Ambonnay.

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    Union110502a - Marne
    REIMS : Devoir de mémoire / Reims se souvient des déportés

    Lycéens et pompiers volontaires ont rendu hommage à Raymond Poupart, mort en déportation.
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  • Gladys Hulot a fait vibrer sa lame pour interpréter le thème de la Liste de Schindler
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    REIMS (Marne) Le soixante-sixième anniversaire de la libération des camps de concentration a donné lieu à une commémoration émouvante.

    COMMÉMORÉE dans le calendrier officiel lors du dernier dimanche du mois d’avril, la libération des camps de concentration a dû attendre une semaine supplémentaire pour se tenir à Reims. « En raison des vacances scolaires, qui plus est au cœur du week-end pascal, il était impossible de réunir les musiciens et de faire une vraie cérémonie avec les collégiens et lycéens » explique la Ville. Or, c’est par la jeunesse que passe le souvenir. Le dimanche 24 avril a donc vu un dépôt de gerbe alors que la veillée officielle s’est déroulée quelques jours plus tard donc, samedi soir.

    Hommage

    Ce soixante-sixième anniversaire de la libération des camps a bien entendu rendu hommage à l’ensemble des déportés durant la Seconde Guerre mondiale mais a également personnifié cet hommage en la personne de deux Rémois, Raymond Poupart et Selma Schumann, déportés à Neuengamme et Auschwitz, là où ils sont décédés. Cet homme et cette femme font partie des cent trente-cinq dont le nom est gravé sur le monument dédié aux déportés, Esplanade du Colonel Boucher ainsi que sur les façades des maisons rémoises dans lesquelles ils ont vécu. C’est en passant par ce vecteur que des élèves de troisième du collège François-Legros et du lycée Croix-Cordier ainsi que des sapeurs-pompiers volontaires se sont souvenus, en silence pour les uns, en lisant des textes pour les autres. L’émouvante cérémonie a également laissé la place à M. Gourlin, ancien déporté, auteur d’une déclaration forte. Rappelant que « des hommes et des femmes de toutes origines, croyantes ou non croyantes ont résisté et ont été déportés » mais aussi qu’il ne reste « qu’un très faible reliquat de ce qui était le peuple de la nuit et que le risque de l’oubli s’accroît car il ne reste que peu de temps avant que les derniers témoins oculaires ne s’éteignent », il appelle à se souvenir « avec douleur et dans le silence de ceux qui sont morts dans la souffrance » et de finir après la citation de Roland Dorgelès : « Beaucoup n’ont pas de tombes, qu’ils aient au moins nos cœurs », en pensant « à ceux qui aujourd’hui encore souffrent de perversions et d’atrocités ».

    Quand la musique pleure

    C’est dans des termes différents mais avec le même objectif que le message officiel des associations de déportés « se souvient et soutient toutes les envies de démocratie ». Après ces prises de parole, c’est sur le thème de la Liste de Schindler que s’est achevée la commémoration. Avec Gladys Hulot jouant le thème à la lame sonore, la musique donnait l’impression de se souvenir avec un son à la fois mélodieux et lancinant que l’on aurait pu décrire en disant que la musique, elle aussi, pleurait.

    Vianney PANNET

     

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    Union110430b - Marne
    AVIZE : Journée des déportés : La gerbe du souvenir

    Gerbe et bouquet ont été déposés au monument aux morts et à la stèle.
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    Arrivé tôt au monument aux morts, le maire, André Tessier, a pu accueillir les pompiers, les musiciens de l’Avenir avizois et de l’Harmonie municipale, les représentants des associations et les membres du conseil municipal.

    En ce 66e anniversaire de l’ouverture des portes des camps, le maire a donné lecture du message officiel et présidé aux dépôts de gerbe au monument aux morts et à la stèle des déportés.

    L’Avenir avizois a interprété les sonneries réglementaires et l’Harmonie municipale l’hymne national.

     

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    Union110430a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Nécrologie : Maurice Pettini n’est plus

    L’adjudant-chef, Maurice Pettini, trésorier honoraire du comité d’arrondissement du Souvenir Français de Vitry-le-François, est décédé le mercredi 27 avril à l’âge de 82 ans.

    Il était ancien parachutiste, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de guerre des TOE avec citation et de la Croix de la valeur militaire avec citation. Le Souvenir Français l’avait également récompensé pour ses actions en qualité de trésorier en lui décernant le diplôme d’honneur le 14 mars 1984 et la médaille de bronze le 1er mars 1991.

    La cérémonie religieuse aura lieu ce lundi 2 mai à 9 h 30, en l’église Saint-Louvent de Frignicourt suivie de la crémation au centre funéraire de Châlons-en-Champagne.

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    Union110429e - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Des fragments de la Thora de Châlons en Israël

    Jean Schydlowsky devant la Synagogue châlonnaise.
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  • La synagogue de Châlons a été profanée par les nazis.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Une cérémonie s’est déroulée mercredi au mémorial Yad Vachem de Jérusalem, haut lieu du Souvenir de la Shoah au cours de laquelle le Châlonnais Jean Schydlowsky a remis plusieurs morceaux de la Thora de la synagogue de Châlons-sur-Marne, profanée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

    « J’AI remis les fragments à Michaël Tal qui est l’un des responsables de l’Institution » nous a confié hier matin au téléphone depuis Tel Aviv Jean Schydlowsky qui est président honoraire de l’Association cultuelle israélite de Châlons-en-Champagne et du Consistoire régional de Champagne-Ardenne et réside en Israël depuis dix-huit ans. Avant d’ajouter : « Ainsi, à travers ces documents et l’historique qui les concernent, Yad Vachem pourra conserver et transmettre de manière tangible aux générations futures, la mémoire de ce qui s’est passé partout dans le monde pendant la Shoah ».

    Avec dignité et sagesse Jean Schydlowsky explique ce qui s’est passé et comment cette contribution au devoir d’histoire et au souvenir a été possible, soixante-dix ans après les faits.

    La mémoire de l’évêque

    Après la Libération puis la reddition sans conditions des armées nazies le 7 mai 1945 à Reims puis la confirmation de la capitulation dans les premières minutes du 9 mai à Berlin, les survivants de la Communauté juive de Châlons-sur-Marne ont retrouvé leur synagogue dans un triste état. Il ne restait que le toit et les murs : « À l’intérieur, tout avait été saccagé. Les bancs avaient disparu, les vitraux avaient été brisés, les objets de culte n’existaient plus ». La profanation est patente puisque l’Arche Sainte qui abrite les rouleaux de la Thora c’est-à-dire le texte du Pentateuque, la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, écrit à la main sur parchemin, était vidée de son contenu.

    « Toutes les Thoras avaient été profanées » insiste Jean Schydlowsky. Le Châlonnais rassemble des témoignages et il en est un qui est particulièrement intéressant. Il émane de Mgr René-Joseph Pierard, ancien évêque de Châlons-sur-Marne qui écrit le 3 mai 1975, à l’occasion du centenaire de la Synagogue châlonnaise, une lettre poignante dans laquelle il rappelle les durs temps de l’Occupation et certaines humiliations : « Parmi mes souvenirs, la vue de la Synagogue massacrée comme devaient l’être tant de ses fidèles, avec l’horrible inscription « Pissoir » que maintenaient les nazis, M. Popelin, président du Secours national qui avait demandé au maire, M. Bruyère, un local pour entreposer des vêtements et des denrées. Celui-ci lui proposa la Synagogue. M. Popelin refusa en disant qu’il aurait trouvé fort mauvais comme catholique, si on lui avait offert de prendre Saint-Alpin comme entrepôt ». Par chance, il se trouve que des fragments de la Thora profanée ont été sauvegardés.

    Un geste de respect

    Deux d’entre eux ont été récupérés par un Châlonnais dont l’identité reste inconnue : « On peut penser que ces fragments étaient dispersés à l’extérieur et qu’ils ont été ramassés. Ne sachant qu’en faire, cette personne les a adressés à l’institution Saint-Etienne, comme en atteste une adresse au crayon, inscrite au dos de l’un des fragments. Saint-Etienne a transmis ce document à l’évêché de Châlons qui les a restitués à la Communauté israélite après la Libération » résume Jean Schydlowsky. Depuis cette date, les fragments étaient conservés dans l’Arche Sainte de la Synagogue. Comme l’institution Yad Vachem a fait savoir qu’elle recueillait tous les objets ayant appartenu à la Communauté et liés à l’époque de la Shoah dans le cadre de son œuvre de mémoire, les administrateurs actuels de la Communauté de Châlons-en-Champagne ont accepté de transmettre les éléments au Mémorial de Jérusalem.

    Hervé CHABAUD

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    Union110429d - Marne
    REIMS : Secteur Eisenhower / Des noms pour les nouvelles rues

    Les deux futures rues s’appelleront rue Hubert-Carpentier et rue Aimée-Lallement.
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  • Deux nouvelles rues sont en cours de construction dans le secteur Eisenhower. Une première va relier la rue François-Legros et l’avenue du Général-Eisenhower, l’autre reliera la rue du Docteur-Billard et la rue Pierre-Taittinger. Leur construction a été décidée, après quelques démolitions d’immeubles, dans le but de désenclaver le secteur.

    Le dernier conseil de quartier devait donner son avis sur les propositions municipales et le public a participé activement aux débats.

    Les choix étaient à effectuer parmi la liste suivante : rue Aimée-Lallement, rue Charlotte-Delbo, rue Anna-Marly, rue Hubert-Carpentier, rue Paulette-Le-Du, rue des Bâtisseurs ou prolongation de la rue François-Legros.

    Un habitant, Philippe Godebwski, a suggéré d’ajouter à cette liste le nom de Marceau Nicolas, mais ce n’était pas possible, la liste proposée par la ville de Reims n’étant pas modifiable. « De toute façon, » a expliqué le conseiller municipal Michel Guillaudeau, « d’autres rues seront créées dans le secteur Pays-de-France, il sera temps alors de proposer M. Nicolas, sur les lieux principaux de ses interventions ».

    En définitive, pour la liaison Billard/Taittinger, le choix unanime est allé en faveur d’Hubert Carpentier, conseiller général PS du canton de Reims V de 1982 à 1994, entre Claude Lamblin (PCF) et François Legrand (DVD). Il fut également conseiller régional et conseiller municipal de Reims et il a fait forte impression dans le canton où son souvenir est très vivace. Pour la liaison Legros/Eisenhower, c’est Aimée Lallement (1898-1988) qui a été retenue par la majorité des participants. Elle fut une militante associative, socialiste et féministe, présidente des Droits de l’Homme, du comité départemental d’action laïque, des aides ménagères rémoises et de l’association familiale laïque. Sportive, elle se distingua dans les épreuves du 110 m et du lancer du javelot. Pour avoir hébergé, caché, aidé ou sauvé des familles juives pendant la guerre, Aimée Lallement fait partie des « Justes parmi les nations ».

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    Union110429c - Marne
    EPERNAY : Cérémonie du souvenir A la mémoire des déportés

    A l’occasion de la journée des déportés.
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  • Réunis devant le monument aux morts de Dormans, dimanche dernier, les membres et sympathisants de l’Association du Mémorial des Batailles de la Marne, ont honoré la mémoire des déportés, victimes de la barbarie Nazie, pendant la deuxième guerre mondiale.

    Deux anciens combattants, Serge Lafon, ancien maire de Dormans, combattant d’Algérie, dont le beau-père est mort pour la France en 1940, et Antoine Sarazin, combattant de la division Leclerc, ont déposé la gerbe composée, à la mémoire des déportés, au pied du monument où figurent les noms de ceux originaires de Dormans.

    Peu importe la catégorie à laquelle ils aient appartenu, déportés de la résistance, politique ou en raison de leur race, de leur religion ou de leurs convictions idéologiques.

    Alors que le drapeau des anciens combattants et victimes de guerre de Dormans et environs, s’inclinaient à l’appel « aux morts », l’assistance observait une minute de silence à la mémoire des martyrs.

    La cérémonie fut très simple, digne de la clandestinité dans laquelle ont vécu les déportés avant d’être arrêtés, torturés, séquestrés ou exterminés, et dont les cendres de quelques uns, rapportées en 1947 de Dachau, sont déposées dans une urne à l’ossuaire du mémorial.

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    Union110429b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Bombardement d’avril / Et la mort est venue du ciel…

    René Doucet, premier adjoint, a rappelé que la notion de « frappes chirurgicales » n’existait pas à l’époque.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). 77 morts, 375 familles sinistrées, une ville privée d’eau courante durant une semaine : le bombardement d’avril 1944 par les Britanniques dans le cadre de la préparation du débarquement a été rappelé comme il se doit dans le quartier Madagascar.

    « A chat angora, faveurs rouges ».Il s’agit d’un message codé. Le chat angora en question, c’est Châlons. Le reste se passe de commentaires et est suffisamment explicite : on imagine sans peine que les faveurs rouges seront teintées de sang ! Ce qu’annonce en effet à la Résistance française la voix de la BBC depuis Londres, en ce mois d’avril 1944, c’est l’imminence d’un bombardement allié sur la capitale régionale champardennaise.

    Et les abris devinrent des tombes

    C’est qu’il s’agit déjà de préparer le débarquement qui aura lieu en Normandie quelques semaines plus tard, en affaiblissant l’envahisseur allemand tant que faire se peut aux points stratégiques.

    Et Châlons en est un, nœud ferroviaire d’importance. A Châlons, les bombes alliées britanniques visent la gare et son dépôt le 27 avril entre 18 h 40 et 19 h 10. La ville est sous le feu nourri et on comptabilisera 77 victimes et quelque 375 familles sinistrées. C’est cette tragédie que mercredi soir, René Doucet, premier adjoint, a commémoré dans le quartier Madagascar, en mémoire des victimes civiles.

    Et le représentant du maire de rappeler qu’à cette époque, la notion de « frappes chirurgicales » n’existait pas, ni dans les termes ni dans les faits. Ce jour-là, trop imprécis et peut-être trop impétueux, les aviateurs anglais lâchent leurs engins de mort sur le quartier, faisant s’effondrer deux abris censés protéger la soixantaine de Châlonnais qui s’y étaient réfugiés : ces abris seront leur tombe.

    12 000 civils français

    Par ailleurs à la gare, les ateliers de montage sont détruits, 25 machines sur 40 touchées, touchée aussi l’usine de traitement des eaux : la ville sera privée d’eau pendant une semaine.

    La douleur d’une ville est-elle moins vive quand elle est associée aux douleurs d’autres villes ? Peut-être. C’est ce qu’a pensé en tout cas un premier adjoint sensible, soulignant les 12 000 civils français qui ont péri durant les deux mois seulement précédant le débarquement, sous le feu ami provenant du ciel !

    Il n’y a que depuis quelques années dans le quartier Madagascar, grâce à la demande du conseil des sages, que le chemin de la batellerie, la rue Simon-de-Chaalons et la rue Maxime-David sont au centre d’une cérémonie du souvenir chaque 27 avril. Celle d’hier a rassemblé nombre de porte-drapeaux, des personnalités civiles et militaires, d’officiels, d’élus ou de représentants de l’Etat. Mais trop peu de population cependant…

    Fabrice MINUEL

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    Union110429a - Marne
    LA FOLIE : Cérémonie à la Butte des fusillés

    Une cérémonie aura lieu le vendredi 6 mai à 7 heures à la Butte des fusillés sur le terrain de La Folie, (entre Châlons-en-Champagne et L’Épine), haut lieu de mémoire de la Résistance marnaise, pour le 67e anniversaire de l’exécution des membres du groupe Tritant.

    Cet hommage a lieu chaque année, à l’heure même où ces patriotes marnais sont tombés sous les balles nazies.

    Tous ceux qui le souhaitent sont conviés à ce temps du souvenir.

    L’accès se fait par la route de Melette entre Châlons et L’Epine

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    Union110428f - Marne
    SEZANNE : Journée des déportés : L’émotion était au rendez-vous

    Au monument aux morts.
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    C’est par un dépôt de gerbe, au monument aux morts de Montmirail, que c’est déroulé la cérémonie du souvenir de la libération des camps de concentration.

    Bernard Lefèvre 1er adjoint au maire, devant la population, les services de la commune, et de l’état, a lu le message des déportés ; rappelant qu’en avril-mai 1945, il y a 66 ans, s’ouvraient les portes des camps de concentration, sous les coups de boutoir des forces alliées.

    Brutalement, apparu en pleine lumière, la réalité d’un système d’oppression qui avait organisé scientifiquement la destruction d’êtres humains…

    Puis il a déposé une gerbe au monument avant de se recueillir.

     

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    Union110428e - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Nuit des musées au Centre d’interprétation : L’histoire au menu

     

    Comme tous les ans, le Centre d’interprétation de Suippes participe à la Nuit européenne des musées, qui aura lieu le samedi 14 mai. Cette année, l’équipe de Marne 14-18 donne rendez-vous à Sommepy-Tahure pour une grande soirée spectacle.

    De 19 à 21 heures, la Salle mémoriale franco-américaine, située au 1er étage de la mairie, ouvre ses portes pour une visite libre. Des membres de l’association du Souvenir animeront cette première partie de soirée. A partir de 20 heures, un repas à la Roulante sera servi par l’association du Poilu de la Marne (15 €/pers. tout compris), à la salle polyvalente. A partir de 21 h 30, un spectacle théâtral « Bleu Sombre Horizon » sera présenté par la troupe La Tripe du Bœuf (entrée gratuite). Réservation obligatoire pour le repas et le spectacle (places limitées).

    Centre d’Interprétation, 4 ruelle Bayard, 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09, contact@marne14-18.fr - www.marne14-18.fr www.facebook.com/marne1418

     

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    Union110428d - Marne
    RECY : Histoire au menu des Tamalous : Voyage au cœur du dispositif d’attaque allemand

    Les visiteurs ont découvert un arsenal impressionnant et terrifiant.
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  • Pour leur premier voyage à thème, les Tamalous ont choisi les armes de représailles allemandes de la guerre 1939/45.

    Une visite de deux jours dans le Nord de la France les a conduits successivement au blockhaus d’Eperlecques, mastodonte de 90 000 tonnes de béton, et à La Coupole de Wizernes, devenu aujourd’hui un étonnant musée sur les enjeux historiques et scientifiques de la Seconde Guerre mondiale, et qui devait servir de base de lancement à la fusée V2 devant détruire Londres et Anvers. Fort heureusement, cette arme redoutable qui aurait pu faire basculer le sort de la guerre n’a jamais pu être pleinement utilisée en raison des bombardements intensifs de la coalition alliée en août et septembre 1943.

    La matinée du deuxième jour fut consacrée à la visite de la forteresse de Mimoyecques. Entièrement souterraine, elle est l’un des édifices les plus impressionnants imaginés par Hitler. Surnommée le canon de Londres, elle devait servir à l’installation du canon géant V3.

    La dernière visite fut dédiée au musée du Mur de l’Atlantique d’Audinghen. Situé dans un des quatre blockhaus de la Batterie Todt, on peut y découvrir plusieurs milliers de pièces de collections (armes, uniformes, affiches, matériels de guerre en tout genre) et à l’extérieur une pièce d’artillerie de 280 mm sur voie ferrée unique en Europe.

    Petite cerise sur le gâteau : une escapade surprise au Cap Gris Nez où sous un temps magnifique, on pouvait voir au loin la côte anglaise tant convoitée, mais jamais atteinte par les troupes allemandes.

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    Union110428c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : A Vitry et dans l’arrondissement Toutes les cérémonies du 8 Mai

    A Frignicourt, une gerbe sera déposée au monument aux morts. Le rassemblement est fixé à 12 heures, place de la mairie où se formera le défilé pour se rendre au monument aux morts. Cette cérémonie du souvenir sera suivie d’un vin d’honneur servi dans les salles communales.

    A Huiron, la cérémonie aura lieu à 9 h 30 devant le monument aux morts.

    A Glannes, la cérémonie aura lieu à 11 h 45 devant le monument aux morts. Les anciens combattants, les enfants des écoles, les sapeurs-pompiers, les habitants des communes de Châtelraould-Saint-Louvent, Courdemanges, Glannes et Huiron sont invités à participer à cette cérémonie communautaire.

    A Marolles, rassemblement devant le monument aux morts à 11 heures en présence des écoliers. La population est invitée à y participer. A l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur sera offert à tous les participants.

    A Revigny-sur-Ornain, la cérémonie se déroulera selon le programme suivant : 10 heures : office religieux en l’église Saint-Joseph ; 11 h 15 : cérémonie au monument aux morts (place Louis-Chenu et des résistants Revinéens), dépôt de gerbes de fleurs, lecture du message du ministre de la Défense et des anciens combattants ; lecture du message de l’Ufac.

    A Vitry-en-Perthois, la cérémonie aura lieu à 12 heures devant le monument aux morts.

    A Vitry-le-François, à 10 h 15, rassemblement à la nécropole nationale ; dépôt de gerbes par les anciens combattants, le comité du souvenir français et les autorités ; mise en place du défilé ; arrivée place Joffre ; salut des drapeaux par les autorités ; lecture du message du ministre de la Défense et des anciens combattants par le représentant du sous-préfet ; dépôt de gerbes par les autorités ; minute de silence ; défilé jusqu’à l’hôtel de ville ; salut des drapeaux par les autorités ; vin d’honneur à l’hôtel de ville.

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    Union110428b - Marne
    LA FOLIE : Cérémonie à la Butte des fusillés

    Une cérémonie aura lieu le vendredi 6 mai à 7 heures à la Butte des fusillés sur le terrain de La Folie, (entre Châlons-en-Champagne et L’Épine), haut lieu de mémoire de la Résistance marnaise, pour le 67e anniversaire de l’exécution des membres du groupe Tritant.

    Cet hommage a lieu chaque année, à l’heure même où ces patriotes marnais sont tombés sous les balles nazies.

    Tous ceux qui le souhaitent sont conviés à ce temps du souvenir.

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    Union110428a - Marne
    TRIGNY : De nombreux visiteurs à Trigny : Succès pour l’expo sur la guerre d’Algérie

    Roland Marion (à droite sur la photo) était un président heureux dimanche soir.
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    En effet, l’exposition en 44 panneaux intitulée Guerre d’Algérie, une exigence de vérité » qu’il organisait à la mairie avec I’UNC de la Marne et Alain Hermand (au centre sur la photo), responsable de cette expo et ancien instituteur en Algérie pendant son service militaire, a remporté un vif succès puisque 70 personnes dont des scolaires avec leurs parents se sont déplacés pour la visiter et ne l’ont pas regretté.

    Les panneaux très riches ont permis d’en apprendre beaucoup sur ce conflit finalement méconnu.

    Les personnes intéressées peuvent contacter M. Hermand par courriel :alain.hermand@dbmail.com

     

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    Union110427a - Marne
    RECY : Hommage aux fusillés de 1944 / Le devoir de mémoire

    Une cérémonie empreinte de respect et d’émotion.
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  • RECY (Marne). Le conseil municipal en liaison avec l’Association des anciens combattants ayant décidé de faire procéder à la rénovation des plaques du souvenir fixées sur les lieux des habitations des fusillés de 1944, un hommage a été rendu en présence des familles le lundi 25 avril.

    Devant chaque emplacement, la chorale du village a chanté « le Chant des partisans », plaçant la nombreuse assistance dans une attitude de respect et d’émotion forte.

    Pour chaque plaque, une allocution retraçant le parcours des fusillés dans leurs actions de résistance a été prononcée, suivie d’un dépôt de gerbe, d’une minute de silence et du salut des 11 drapeaux des anciens combattants présents.

    Après les trois hommages successifs avec en particulier l’intervention empreinte d’une grande émotion de Jean Chabaud ; résistant et témoin à côté des fusillés à la prison de Châlons où il était lui-même détenu, une gerbe a été déposée au monument aux morts devant lequel le maire a lu la lettre du ministre de la Défense et des anciens combattants relative à la journée des déportés.

    Roger Nayrac, Louis Vanseveren, Emile Rochet, ces trois compatriotes de la commune de Recy qui sont morts pour la France en 1944 ont été honorés dans le cadre du devoir de mémoire par une population nombreuse et recueillie.

    Michel Valter, maire de Recy a remercié l’ensemble des intervenants bénévoles et des personnalités présentes, les porte-drapeaux, la chorale Rosalia, les sapeurs-pompiers, le personnel communal, M. Chatelain et son fils avec le véhicule FFI, les militaires présents, Rudy Namur conseiller général, et la police nationale qui a assuré la sécurité de la manifestation.

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    Union110426b - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Commémoration : A la mémoire des déportés

    Comme chaque année Sermaize-les-Bains a commémoré la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.
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    Samedi matin, habitants et officiels avaient notamment pris place devant le monument aux morts.

    Le maire Raymond Dziéja a rappelé ce qu’était le régime inhumain des déportés : « Un déporté ne pouvait survivre que 5 à 6 mois… Une pendaison en public représentait pour les prisonniers trois heures de repos. »

    Pierre-Marie Delaborde adjoint et président local du Souvenir français a lu le message officiel : « Il y a 66 ans nous apparaissait l’extermination organisée… Le monde se construit par la générosité des hommes. »

     

     

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    Union110426a - Marne
    FISMES : La commune se souvient de ses déportés : Journée de mémoire

    Cérémonie très émouvante au monument aux morts.
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    En présence d’anciens déportés et de famille de déportés, de M. Pinon, maire de Fismes, des représentants des associations d’anciens combattants, des Médaillés militaires, du Souvenir français, la cérémonie en mémoire des déportés de Fismes a eu lieu dans un grand recueillement.

    A cette occasion, le chant des partisans joué par la fanfare a retenti avec une grande intensité….

    Le public était moins nombreux que les autres années, cette célébration ayant lieu le jour de Pâques.

    Cet article est l’occasion de rattraper l’oubli de deux résistants morts en déportation dans l’article du 24 avril : il s’agit de René Letilly, mort au camp de concentration de Neuengamme, et d’Henri Dambreville, mort quelques jours avant la fin de la guerre au camp de Dachau.

     

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    Union110425j - Marne
    BETHENY : 66e anniversaire de la libération des camps de la mort : A la mémoire des déportés

    La municipalité a rendu hommage aux victimes de la déportation.
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  • La loi du 14 avril 1954 a consacré le dernier dimanche d’avril « Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation ». Aussi la municipalité de Bétheny a tenu samedi soir, en présence d’élus de la commune, de responsables d’associations, des sapeurs-pompiers, et des représentants des médaillés militaires de la BA 112, à honorer la mémoire de ces victimes en déposant une gerbe au monument aux morts.

    Après avoir rappelé qu’il est important de se souvenir afin que de telles atrocités ne puissent se reproduire, le maire, Jean-Louis Cavenne, a fait observer une minute de silence.

    Cette commémoration l’occasion de saluer, pour la première fois à Bétheny, le drapeau de la 1733e section de la SNEMM (Société nationale d’entraide de la médaille militaire), créée il y a 37 ans par M. Claude Scrabalat, sur le site de la BA 112. En raison de la fermeture prochaine de la base, l’association a été accueillie en janvier par la mairie de Bétheny, car « il est important », comme l’a rappelé M. Cavenne, « de faire perdurer le souvenir de la BA 112, et c’est pourquoi nous nous sommes aussi investis dans l’association Marin-la-Meslée, pour la sauvegarde du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale ».

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    Union110425i - Marne
    REIMS : Journée nationale de la Déportation : Pour ne jamais oublier

    Une veillée du souvenir est également prévue samedi à 21 h 45.
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  • Il y a 66 ans avec la libération des camps de concentration « apparut en pleine lumière la réalité d’un système d’oppression qui avait organisé scientifiquement la destruction d’êtres humains ».

    Afin de ne jamais oublier, hier matin à l’occasion de Journée nationale de la déportation, une cérémonie a été organisée au monument aux morts des Martyrs de la Résistance en présence des autorités civiles, militaires et de plusieurs porte-drapeaux.

    Après un dépôt de gerbes effectué par Jean-Claude Laval, adjoint à la maire, lecture a été faite d’un message commun des associations de déportés (Fondation pour la mémoire de la Déportation, Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance, Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, et de l’Union nationale des associations de déportés internés et familles de disparus.) L’occasion de rappeler « en ces temps de tourmente où se confrontent des extrémismes étatiques ou religieux », qu’il faut plus que jamais « témoigner du danger mortel que recèle tout régime établi sur la négation des droits de l’être humain. »

    Venu aussi avec quelques copains, un élève du lycée Croix-Cordier de Tinqueux, volontaire pour s’investir dans un parcours de mémoire sur les conflits des Première et Seconde Guerres mondiales et la déportation, a lu un petit texte très émouvant.

    A noter qu’une veillée solennelle (pour la même cause) aura lieu ce samedi 30 avril à 21 h 15 au monument aux Martyrs de la Résistance, esplanade du Colonel-Bouchez.

    A.M.


    Union110425h - Marne

    TINQUEUX : Journée nationale de la Déportation à Tinqueux : Un hommage aux victimes

    Samedi à 18 heures devant le monument aux morts, Tinqueux a commémoré le 66e anniversaire de la libération des camps.
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  • Le dernier dimanche d’avril est, chaque année, dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d’extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale.

    A Tinqueux, cette commémoration a été célébrée samedi soir, organisée par la Ville avec la participation des associations d’anciens combattants de Tinqueux, de déportés et des Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.

    Lucienne Becker, adjointe au maire, a présidé la cérémonie devant le monument aux morts sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette en présence de Véronique Marchet, suppléante d’Arnaud Robinet, député et conseiller général de la Marne, de Gilles Richard, des anciens combattants et Aquatintiens présents, d’élus de la commune, de porte-drapeaux, pompiers et d’Hélène Lebrec, présidente de l’association des Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, entourée de deux enfants.

    Un hommage digne et émouvant à la mémoire de toutes celles et à tous ceux qui ont connu la déportation.

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    Union110425g - Marne
    SAINT-AMAND-SUR-FION : Cérémonie Hommage à Rose Probst

    Pendant le discours de Maurice Bourgeois.
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  • Comme chaque année, une cérémonie a eu lieu ce samedi 23 avril, en fin d’après-midi, en hommage à Rose-Probst, déportée à Ravensbrück, à l’initiative de l’association des Déportés, Internés et Familles de Disparus de l’arrondissement de Vitry-le-François, à Saint-Amand-sur-Fion.

    En cette année du 66e anniversaire de la Libération des camps de concentration, une cérémonie solennelle s’est déroulée devant le monument aux morts de la commune, en présence d’une dizaine de porte-drapeaux et des autorités, dont le secrétaire général de la sous-préfecture Laurent Zakrzewski ; de la municipalité conduite par son maire Jean-Daniel Dommange ; du député Charles de Courson ; de la sénatrice Mireille Oudit ; de la conseillère régionale Karine Métivier ; des maires des communes environnantes ; du président du comité cantonal du Souvenir Français Gérald Gaillet ; du président du comité d’entente des anciens combattants de Vitry-le-François André Jacquet ; des responsables d’associations d’anciens combattants ou de mémoire, ainsi que des familles de déportés ou des habitants de Saint-Amand-sur-Fion.

    Plusieurs messages ont été lus, dont celui des associations de déportés par Maurice Bourgeois, fils de Louis Bourgeois de Loisy-sur-Marne (mort pour la France en déportation le 22 décembre 1944) et par le maire.

    Plusieurs gerbes ont été déposées par la mairie et l’association des déportés.

    Une cérémonie plus intime a ensuite eu lieu devant la plaque rappelant le sacrifice de Rose-Probst, apposée sur son ancienne maison du 18, rue des Bas-Près, où une gerbe fut également déposée par son petit-fils Jean-Louis.

    La partie musicale était assurée par des musiciens du Cercle des XVII, habitants de Saint-Amand-sur-Fion.

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    Union110425f - Marne
    VERTUS : Yvette Lundy, une résistante déportée témoigne : Nous survivons pour passer un message

    Yvette Lundy, une grande figure de la Résistance locale.
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  • Après avoir enduré les tourments de la guerre 39-45 et l’horreur des camps, Yvette Lundy, grande dame de la Résistance marnaise, a levé le voile sur son silence pour témoigner de cette partie de sa vie dont elle garde des souvenirs bouleversants.

    C’était au début des années soixante, avec la création du concours national de la Résistance de la Déportation.

    Depuis cette date, elle n’a de cesse de faire partager, avec une grande dignité, ce qu’elle a vécu, et ce, essentiellement aux jeunes générations, offrant une belle leçon de courage et de soif de vivre. A l’invitation de la municipalité de Vertus, Yvette Lundy est venue livrer son émouvant récit devant une très nombreuse assistance réunie à la salle Wogner, en présence notamment d’élèves de primaire du canton et d’anciens combattants.

    Jeune institutrice et secrétaire de mairie à Gionges pendant la guerre, elle a participé à la résistance contre l’occupant en fabriquant de fausses cartes d’identité pour les évadés, réfugiés, Juifs ou en les hébergeant. Dénoncée en 1944, elle fut arrêtée dans sa classe devant les élèves et déportée ensuite vers les camps de concentration de Neuenbrem et surtout de Ravensbrück.

    En clôture de son vibrant témoignage, la salle s’est levée pour chanter avec elle « le Chant des Partisans ».

    A 95 ans, Yvette Lundy continue de transmettre les valeurs de la Résistance et la mémoire de la Déportation.

    « Nous survivons pour passer un message. Si nous n’étions pas revenus, l’Histoire s’écrirait autrement ».

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    Union110425e - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Commémoration de la libération des camps et du souvenir des déportés

    Les témoins de cette époque douloureuse entretiennent le souvenir, pour que le pire ne se reproduise pas.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Samedi soir et dimanche matin, un hommage émouvant a été rendu à ceux que le régime nazi a exterminés. A ceux qui ont lutté pour la liberté, et qui ne sont souvent jamais revenus.

    « AMI, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? » Le chant des partisans, hymne de la Résistance face au nazisme, a raisonné longtemps sur la (trop) petite foule venue assister à la cérémonie commémorative de la libération des camps et du souvenir des déportés, samedi soir.

    Une veillée émouvante, sous un ciel orageux, organisée autour du monument dédié aux martyrs de la Résistance, rue Songy, par le comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre, et par les anciens déportés, internés, combattant résistants et familles de disparus.

    Hier matin, l’hommage a pris plusieurs formes. Le message des déportés a été lu par Roger Romagny. Un message œcuménique a également été lu par les représentants des quatre cultes concernés.

    Montée des populismes

    Enfin, le texte lauréat du concours de la Résistance et de la Déportation a également été prononcé par ses auteurs, deux jeunes Châlonnaises. « Celui qui ignore son passé est condamné à le revivre », ont-elles commencé de manière percutante, en citant Primo Lévi.

    « Nous avons découvert à quel point le devoir de mémoire est important et qu’il est nécessaire d’éduquer les générations actuelles pour ne pas se retrouver dans des situations analogues que les sociétés ont connues dans le passé. »

    Des déclarations qui ne peuvent laisser indifférent, à l’heure où partout en Europe émergent à nouveau des nationalismes, des mouvements populistes et des réactions xénophobes de grande ampleur. Comme dans les années trente, les pays européens sont tentés de se replier sur eux-mêmes et de rejeter les différences en se crispant sur des discours identitaires qui peuvent aboutir au pire.

    Le texte lauréat du concours de la Résistance a été entendu en silence par Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement et 5e adjoint du maire de Châlons, par le préfet de région, Michel Guillot, par le premier adjoint du maire, René Doucet, entourés des autorités militaires et des présidents du comité d’entente et des anciens déportés. Chacun a déposé une gerbe devant le monument. Un symbole contre la haine.

    Sébastien LAPORTE

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    Union110425d - Marne
    EPERNAY : 66ème anniversaire de la déportation

    « Aux martyrs de la résistances » : une gerbe a été déposé à la mémoire de ces femmes et hommes mort pour la France.
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  • EPERNAY (Marne) Depuis l’adoption d’une loi (14 avril 1954), le dernier dimanche d’avril est consacré aux souvenirs des victimes et des héros de la déportation". Ambiance.

    Les années passent, les commémorations restent. Hier, la journée nationale de la déportation a été l’occasion de pérénniser le devoir de mémoire. Un travail qui se transmet (entre autres) aux jeunes générations qui n’ont pas eu le malheur de connaître la guerre.

    Sur la voix d’Yvette Lundy, résistante désormais bien connue des locaux, la cérémonie de dépôt de gerbe s’est passée en musique, sous les airs de la fanfare de l’Avenir-Musique. « Il y a 66 ans, les portes des camps de concentration s’ouvraient rappelle Yvette au micro, révélant toute l’horreur d’un régime dictatorial ». Bien des années plus tard, la voix vacille encore au fur et à mesure que les souvenirs remontent à la surface. Après le rassemblement place de la République (qui n’a pourtant pas attiré un grand nombre de personnes), les portes drapeaux des Anciens Déportés Internés ont ouvert le chemin en direction du monument de la place de la République. « C’est important de ne pas oublier ce qui s’est passé confie un des anciens tout en retirant son drapeau bleu-blanc-rouge en fin de cérémonie. La jeune génération n’a pas connu cela, et il ne faut surtout pas que cela arrive à nouveau un jour ».

    Une cérémonie nationale

    Au début des années 1950, un regroupement d’anciens déportés ainsi que les familles des déportés qui n’avaient pas survécu aux « camps de la mort » ont exprimé le souhait de voir s’inscrire au calendrier national des commémorations une célébration destinée à préserver la mémoire de la déportation. Près de 60 ans plus tard, la journée nationale de la déportation a fait son chemin dans l’Histoire. « Et tant que nous seront encore là clame un des membres des anciens combattants, il n’en sera pas autrement. Nous continuerons de faire vivre l’histoire ».

    Sous l’œil attentif de ces personnes qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres, Yvette Lundy, Phillipe Martin et Gilles Giuliani ont donc déposé une pensée colorée en forme de gerbe de fleurs au pied du monument dédié aux « martyrs de la résistance ». Pour ne pas oublier tout simplement. Entourée des représentants de la police et de la gendarmerie, une partie des élus locaux a donc assisté à ce moment rempli de souvenirs pour certains, et de découverte pour les plus jeunes. Au pied de cet obélisque dédié aux nombreux morts qui ont donné leur vie pour sauver la France, les fleurs faneront bientôt. Mais refleuriront bientôt.

    S.G

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    Union110425c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Déportation / Hier les Vitryats se sont souvenus

    Les enfants ont été remerciés par Gisèle Probst qui leur a remis un diplôme. En haut, l’inauguration de la rue au nom de leur père a ému Josette et Alain Grosyeux.
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  • C’EST toujours avec beaucoup d’émotion que les Vitryats se souviennent de leurs déportés et leurs résistants, morts pour la France, en ce dernier dimanche d’avril devenue Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation après l’adoption de la loi du 14 avril 1954 par la République française.

    A 9 h 45, hier, les Vitryats avaient rendez-vous avec les autorités, les élus et la résistante Gisèle Probst, à la stèle érigée en face de la gare SNCF à l’effigie des déportés du pays vitryat, où Maurice Bourgeois, maire de Vitry-en-Perthois, dont le père disparut en déportation, a lu le message des associations des déportés.

    « Il y a 66 ans, s’ouvraient les portes des camps de concentration sous les coups de boutoir des forces alliées. Brutalement, apparut en pleine lumière la réalité d’un système d’oppression qui avait organisé scientifiquement la destruction d’êtres humains. Des milliers d’hommes et de femmes rescapés de ces camps d’extermination et de concentration, allaient témoigner, au nom de millions de morts et de disparus, du danger mortel que recelait un régime établi sur la négation des droits de l’être humain […]. En cette journée du souvenir de la déportation et des combats de la liberté, les hommes, les femmes et les enfants qui ont vécu ces événements dans leur chair et avec leurs yeux, appellent avec force leurs concitoyens à rester fermes dans la défense des valeurs de liberté, de démocratie, de tolérance, et à ne jamais oublier que le monde se construit par la force de l’espoir, et par la générosité des hommes, non par la force de la dictature. »

    Les enfants de l’école de Vauclerc et de petits Vitryats ont ensuite déposé une fleur à la mémoire de chaque déporté et résistant, mort dans les camps allemands. Le conseil municipal de la cité rose et l’association des déportés, internés et familles de disparus de l’arrondissement de Vitry-le-François, représentée par Gisèle Probst et plusieurs membres, ont eux aussi déposé plusieurs gerbes avant de se recueillir.

    Des mains de la résistante et rescapée des camps allemands, les enfants, par qui le devoir de mémoire perdurera, ont ensuite reçu un diplôme de remerciements pour leur participation aux cérémonies, notamment celle d’hier. Gisèle Probst s’était déplacée il y a un mois dans la classe des enfants pour témoigner de son passé. Une rencontre qui a offert à l’institutrice un support de travail et de réflexion sur cette période trouble de l’Histoire et qui n’a pas laissé indifférents les enfants.

    A.-S. C.

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    Union110425b - Marne
    MUIZON : Ils ont connu l’horreur

    Le maire et le président de l’UNC, avec les porte-drapeaux, devant le monument du souvenir.
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  • Ce samedi, la section muizonnaise de l’UNC (Union nationale des combattants) a organisé, au monument du souvenir de la commune, une cérémonie en hommage aux personnes qui furent déportées vers les tristement célèbres camps de concentration, au cours du second conflit mondial.

    Germain Renard, le maire, et Jean-Michel Chevalier, le président de l’UNC, ont, sous les yeux d’une bien faible assistance, déposé une gerbe de fleurs au pied du monument, puis, après s’être recueillis, ont prononcé quelques discours, la cérémonie se concluant par la musique du Chant des partisans. Tous les participants ont ensuite été invités à la maison du combattant, afin de prendre le verre de l’amitié.

    La maison du combattant, située dans la cour des ateliers municipaux, derrière la mairie de Muizon, et où l’on peut découvrir de nombreux costumes, documents d’archives et autres clichés, est ouverte les deuxième et quatrième vendredis de chaque mois, entre 17 et 18 heures. L’UNC est également à la disposition des anciens combattants, de leurs familles, ainsi que des Pupilles de la Nation pour tout renseignement, demande d’aide, documents, adhésion ou consultation aux Affaires sociales.

    Renseignements au : 09.62.26.93.86.

    En outre, il était écrit dans nos colonnes (l’union du 15 avril) que la réunion des sections UNC de Muizon et de Jonchery-sur-Vesle serait effective à l’automne prochain, lors de l’assemblée générale ordinaire de la section muizonnaise. Il convenait en fait de lire que ce rapprochement serait effectif au lendemain des commémorations du 8 mai prochain.

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    Union110425a - Marne
    REIMS : Diables bleus : Journée « Bleu jonquille » dans la tradition

    Le nouveau fanion de l’amicale était de sortie.
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    La journée « Bleu jonquille » de l’amicale des Diables bleus de Reims et la région s’est déroulée dimanche 10 avril.

    Après une messe du souvenir en la cathédrale de Reims, deux dépôts de gerbes, au monument aux morts puis au monument des Martyrs de la Résistance ont été effectués.

    Le président José Domice explique : « Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer le souvenir de nos anciens tombés au champ d’honneur, et particulièrement le caporal-chef Clément Chamarier du 7e BCA, survenu le 19 février en Afghanistan, ce qui porte à 54 le nombre de nos frères d’armes tombés en opérations extérieures, sans oublier ceux qui ont été blessés. » (NDLR : un 55e soldat est décédé depuis en Opex).

    La cérémonie s’est achevée par repas amical.

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images

     

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    Union110424d - Marne
    FISMES : Fismes se souvient de ses résistants déportés : Le plus jeune n’avait que 17 ans

    En 1943, Raymond Leroux a été interné durant six mois en Alsace. Son père a été déporté à Dachau.
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  • Joseph Misiak n’avait que 17 ans lorsqu’il fut déporté. Son nom figure sur la plaque apposée sur le monument aux morts
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  • Ce matin à 11 heures, aura lieu la cérémonie de dépôt de gerbes à la mémoire des résistants de Fismes morts en déportation.

    Quatorze noms figurent sur le monument aux morts. Le plus jeune, Joseph Misiak, n’avait que 17 ans. Y figurent également un couple, Jeanne et Maurice Dezothez et puis le maire de Fismes, Fernand Genillon qui, prévenu de l’arrestation de plusieurs personnes, les rejoignit. On lit encore les noms de deux jeunes hommes, Roland Dervin et Georges Tangre et cinq hommes d’âge mûr, Eugène Gobert, Camille Rigaux, Jean Hubert, Charles Ledru et Hildevert Lefèvre, enfin, une femme, Marie Boivin. Fin 1945, décision est prise de donner aux rues de Fismes les noms de ces martyrs de la Résistance.

    L’action du réseau Possum

    Dès 1942, des patriotes s’organisent pour lutter contre le nazisme, appartenant pour plusieurs au réseau Possum, pour d’autres au groupe de Fismes, certains menant des actions dans les deux organisations. Le réseau Possum organisait l’évasion des aviateurs de la RAF (Royal Air Force) tombés en territoire occupé et Fismes fut désigné comme point de ralliement et de départ d’opérations. L’hébergement et l’évacuation de ces aviateurs alliés nécessitaient l’action des résistants locaux et l’aide de familles réparties à Fismes et dans les villages environnants.

    Grâce au réseau Possum implanté aussi dans d’autres sites en France et en Belgique, 125 aviateurs furent récupérés, hébergés et rapatriés, mais dénoncé à la Gestapo, son activité prit fin le 31 décembre 1943. Le jour même, sept Fismois furent arrêtés et déportés. Les arrestations se poursuivirent les jours suivants.

    Raymond Leroux, alors âgé de 15 ans, se souvient de ces événements. Son père participait à des expéditions près de l’abbaye d’Igny pour récupérer pour la résistance des armes parachutées. Ayant aidé au déplacement de ces armes, qui risquaient d’être découvertes, M. Leroux fut arrêté avec son père.

    Transféré à Reims, puis dans un camp de la milice en Alsace, il fut interné durant six mois. Son père, envoyé au camp de concentration de Dachau en revint très affaibli.

    Depuis, M.Leroux, fidèle à la mémoire des résistants du réseau Possum, va régulièrement en Grande-Bretagne aux cérémonies commémoratives. Il a gardé jusqu’à leur mort des liens étroits aves deux aviateurs sauvés à Fismes. Bien sûr, cette année encore, M. Leroux sera présent au monument lors de la journée des déportés.

    Documents de J.-P. Husson et l’Echauguette n°15

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    Union110424c - Marne
    FISMES : La Croix de Guerre à la ville de Fismes

    En 1948, la ville de Fismes a reçu la Croix de Guerre par Max Lejeune, le secrétaire d’Etat aux Forces armées, par décision n° 79.

    « Ville déjà détruite en 1914-1918. A peine relevée de ses ruines, a subi en 1940 de violents bombardements, détruisant plus de 45 immeubles et en endommageant fortement plus de 240.

    Population d’un ardent patriotisme, a contribué pour une large part à la victoire des Alliés. Centre important de résistance, formation de deux réseaux clandestins Hector et Possum, [sic] a sauvé et hébergé plus de 70 aviateurs alliés dont 19 ont été rapatriés par avion.

    Arrestation de plus de 28 déportés politiques, dont le maire de la Ville, 16 sont morts dans les camps de déportation.

    Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile d’argent. » Fait à Paris, le 11 novembre 1948. Signé Max Lejeune.

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    Union110424b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : En 1942, les Finkelstein sont raflés à Sainte-Ménehould et envoyés à Auschwitz : En souvenir de la famille du cordonnier juif

    Une plaque à la mémoire de la famillea été posée dans le grand hall de la mairie.
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  • Albert Finkelstein (2 à gauche tenant par l’épaule Ida Ksiazenicer) et Rose Finkelstein (à droite).
    Tous deux ont été déportés avec leurs parents à la fin du printemps 1942. Les quatre autres membres de la fratrie le seront aussi à l’automne.

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  • Trois des six enfants de la famille.
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  • A l’arrivée à Auschwitz.
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  • EN 1990, un comité de Ménéhildiens s’est souvenu qu’une famille de la ville avait subi le même sort que les raflés du « Vel’d’hiv ». Des recherches, limitées aux sources locales, et des témoignages divers avaient été consignés dans une étude parue dans le bulletin municipal et reprise par l’union, le 11 février de la même année.

    Ces deux publications successives rappelaient aux Ménéhildiens un double et douloureux épisode de 1942. Cette année-là, deux rafles, exécutées par des représentants de l’ordre français de l’époque, avaient concerné une même famille juive : les Finkelstein. Le père, Charles, exerçait le métier de cordonnier, rue des prés à Sainte-Ménehould. Immigrant polonais arrivé en Argonne dans les années trente, il était bien intégré dans la vie locale. Deux de ses six enfants, Marcelle et Henri, étaient d’ailleurs nés à Sainte-Ménehould.

    Durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, Charles Finkelstein assurait aux membres de sa famille installés à Paris qu’il se sentait en relative sécurité en province. Ayant déménagé son échoppe rue Florion, il avait tout de même choisi de travailler au tunnel des Islettes pour échapper aux mailles du filet.

    Ne pas oublier

    En 1942, à la fin du printemps, après une dénonciation, il est raflé à son domicile avec sa femme Ida et leurs deux aînés, Albert et Rose.

    Conduits dans un premier temps à Châlons-sur-Marne, ils ont été envoyés, en compagnie de 43 autres personnes, vers le camp de Drancy, antichambre de la solution finale. Ils ont en effet péri à Auschwitz. Ses quatre autres enfants, Jacques, Henri, Marcelle et Léon, confiés à l’hospice par le maire de la ville, subiront le même sort à l’automne suivant. Le petit dernier n’avait que 7 ans.

    Les extraits de presse concernant les Finkelstein ayant été transmis au Centre de documentation juive animé par Serge Klarsfeld, leurs noms furent inscrits dans l’annuaire des enfants juifs de France morts en déportation.

    C’est à la lecture de l’ouvrage qu’un des parents de la famille Finkelstein, inconnu du comité initial, a bien voulu se manifester. Il s’agit d’Elisabeth Hervert, la petite-nièce de Charles, le cordonnier de la rue des prés.

    N’ayant pas été informée, en 1990, des démarches effectuées à la mémoire des membres de sa famille, elle a bien voulu ouvrir ses archives aujourd’hui à ceux qui s’y intéressent et permettre de mieux se remémorer la personnalité du cordonnier déporté. Sainte- Ménehould a décidé de n’oublier ni Charles Finkelstein ni sa famille.

    Une plaque rappelant leur mémoire est installée dans le grand hall de la mairie. Sa pose avait donné, à l’époque, lieu à une cérémonie émouvante. De nombreux habitants de la ville s’étaient regroupés à cette occasion, voisins, camarades de classe qui avaient gardé vivace la mémoire de leurs amis martyrs.

    Alors que l’on commémore l’anniversaire de la libération des camps de concentration, le souvenir des Finkelstein ne s’efface pas.

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    Union110424a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    La manipulation de paques.

    Pas de chocolat de Pâques ! Les privations sont de plus en plus
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  • Comment se vit le temps de Pâques en 1941 ? La Semaine sainte est le temps choisi pour démontrer les mensonges flagrants de la propagande allemande dans le traitement qu’elle réserve à la question religieuse. Il s’agit de déjouer la perversité de certaines évocations d’un Hitler fervent chrétien vivant par ses choix et ses actes la Parole de Dieu.

    Alors que Radio Paris soutient que « nul ne saurait prouver que le führer a jamais donné un seul ordre qui ne fût pas conforme aux enseignements du Christ : aime ton prochain comme toi-même », Jacques Duchesne tempête contre une telle affirmation : « Tout commentaire est superflu. Cette profession de foi particulièrement révoltante se trouve réaffirmée dans une résolution radiodiffusée il y a quelques jours par le poste d’Allouis pour les auditeurs espagnols et sud-américains ». La chaîne affirme ne reproduire qu’une résolution adoptée à l’unanimité par le diocèse de Trèves. Cette validation est jugée très incertaine par ce porte-parole du général de Gaulle qui estime que la vérité est travestie. Il attend de l’Eglise une réaction à hauteur de la provocation.

    Il s’insurge aussi contre cette autre assertion : « Rarement un Etat a fait autant pour l’Eglise que l’Allemagne national-socialiste ». On affirme rien que dans un évêché que vingt-quatre fondations religieuses auraient été créées et soixante-treize nouvelles églises édifiées grâce au concours de généreux mécènes. On ajoute : « L’Allemagne a vu s’épanouir la vie religieuse en un nouvel essor. Aussi les catholiques d’Allemagne tiennent-ils à témoigner toute leur gratitude à Hitler et à manifester leur désir de verser leur sang dans le combat que mène l’Allemagne pour la liberté ». Les gaullistes pensent que la position exercée par les dignitaires du Reich ne ressemble en rien à cette description très favorable. Ils préfèrent se référer à plusieurs interventions récentes qui ont été diffusées sur Radio Vatican dans la seconde moitié du Carême. On y indique que l’évêque de Strasbourg a dû chercher refuge en France non-occupée.

    On mentionne aussi que la cathédrale alsacienne est transformée en musée que toutes les écoles élémentaires catholiques ont été fermées : « Plusieurs milliers d’instituteurs et d’institutrices catholiques ont été relevés de leurs fonctions ; certains même ont été enrôlés dans les cadres de l’enseignement national-socialiste. Les autorités allemandes proclament que c’est la philosophie du christianisme qui a provoqué la dégénérescence de l’humanité et que la religion chrétienne doit par conséquent être éliminée petit à petit ».

    Ce qu’on dénonce à Londres, c’est aussi la propension des services de la propagande du docteur Goebbels à triturer les Ecritures pour en donner des interprétations qui sont contraires aux travaux des exégètes et à ceux des théologiens. Comment oser dire qu’à chaque fois qu’un acte de trahison est commis, on ne peut s’empêcher de rapprocher cette terrible attitude de l’histoire subie par Jésus ? C’est ainsi qu’on assimile la Yougoslavie qui a refusé dans un premier temps le pacte tripartite d’être disciple de Judas ! Goebbels ne dit-il pas que toute trahison, quelles que soient les circonstances, comporte un élément essentiel, elle est le résultat d’une attitude misérable à l’exemple de celle adoptée par celui qui a livré Jésus. Les rapprochements hasardeux sont encore utilisés lorsqu’il s’agit de qualifier les maîtres impies qui en Angleterre ou au nom de la France conduisent au chaos : « Entre la Grande-Bretagne qui va être détruite et la France qui se suicide, c’est maintenant une terrible course à la mort ». Il n’y a que des péchés mortels. Seul Hitler est comparé à un passeur de la résurrection. C’est une réécriture scandaleuse de l’Evangile.


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    Churchill torpille Darlan

    Le premier ministre Winston Churchill est inflexible et tout à la guerre.
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  • L’amiral Darlan est, lui, critiqué avec application.
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  • Churchill et de Gaulle : deux caractères, un même objectif.
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  • Comment Winston Churchill analyse-t-il la situation au cours de la seconde quinzaine d’avril 1941 ? Devant la Chambre des communes, le Premier ministre britannique fait part à la fois de la gravité de la situation mais justifie son optimisme inscrivant la guerre dans la durée. S’il insiste sur les premières victoires enregistrées en Afrique, il n’omet pas de pointer la menace représentée par les troupes du général Rommel. Confiant, il redit l’importance d’une résistance de tous aux attaques renouvelées par la Luftwaffe : « Il faut que la bataille de l’Atlantique soit gagnée. Et parce que nous connaissons la résolution farouche du peuple avec lequel nous vivons, cette bataille sera gagnée ». Churchill parle également de la France. Il s’amuse qu’à Vichy on le présente comme le modèle le plus détestable de tyran anglo-saxon : « Il paraît qu’à côté de moi, Hitler est un premier communiant timide. C’est le nouveau registre de l’humour français vert-de-gris ».

    En revanche, il dénonce les mensonges accumulés par le gouvernement Darlan et sur lesquels Pétain reste silencieux. « A Vichy, on se torture l’esprit pour affirmer que je veux asservir la France, que je veux confisquer l’Empire français. On oublie une simple chose immédiatement vérifiable. Il n’y a pas un seul soldat anglais dans l’Empire français libre. Nous voudrions en dire autant des soldats allemands dans l’Empire français unifié par M. Darlan ».

    Bref, Churchill est caricaturé en ogre prêt à croquer la France. Le Premier ministre commente : « A Vichy, on ne manque pas d’air pour masquer une incompétence générale dont la résultante est une souffrance accrue de tout un peuple. Je suis Ahriman, l’ange du mal et Hitler, Ormuzd l’ange du bien. C’est sans doute ce qu’on enseigne aux enfants des écoles mais on oublie de leur dire que le Scharzekorps, proclamait à la fin du mois de mars que la Bourgogne était et devait redevenir une province allemande ».

    Le tango des mensonges

    Ces accusations gratuites portées contre le chef du gouvernement anglais sont dénoncées dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». Cette situation n’étonne pas chez les Forces françaises libres.

    Seulement, les FFL mettent en garde les habitants de métropole contre le langage de circonstance de Vichy : « Il faut qu’on se souvienne que depuis plus de douze ans, un homme se levait presque chaque jour à la Chambre des Communes pour dire aux Anglais que leur sort dépendait de la France. Qu’un homme se levait chaque jour, comme Caton l’ancien pour dénoncer Carthage, pour avertir son pays du terrible danger allemand. Il faut rappeler que pendant des années, tous les dirigeants français n’ont eu qu’un espoir : c’est de voir cet homme arriver au pouvoir. Cet homme, c’est M. Churchill. Sa présence seule est pour nous une garantie que le peuple de France n’est pas oublié ». Il est clair pour le général de Gaulle que le Premier ministre britannique est conscient que la victoire de la Grande-Bretagne coïncidera avec la libération de la France et de l’Europe placées sous le joug nazi. Il est celui qui par son alliance avec le général tient à ce que la vraie France existe et qu’elle soit le pivot de la renaissance à laquelle la nation aspire.

    Maurice Schumann résume ainsi la pensée des FFL : « M. Churchill est le chef d’un peuple d’hommes libres qui défend au péril de sa vie et dans la plus difficile des guerres, le sort de tous les hommes libres. Tout dépend de cette guerre. Et parce que tout dépend de cette guerre, notre avenir et celui du monde, le peuple anglais ne peut se priver d’aucune des armes dont il dispose dans la lutte ».

    « Un défenseur du pain de la France »

    Si Churchill a été prêt un temps à engager des contacts avec Vichy pour limiter les privations subies par les familles, il a très vite mesuré que la commission d’armistice de Wiesbaden y était opposée et que les généraux allemands considéraient que tout lien diplomatique revenait à ce que le gouvernement Darlan engage la France dans la guerre de la Grande-Bretagne. « Nous avons fait des efforts pour que le blocus fût relâché au profit de la France, mais l’amiral Darlan n’en a pas jugé ainsi ».

    Pour de Gaulle, le vice-président du Conseil tient compte des ordres et des intérêts de l’occupant et veut s’assurer auprès de la population de la réputation d’un « défenseur du pain de la France ». Il s’agit d’une mise en scène cynique. Derrière la liberté commerciale entière qu’il appelle de ses vœux, il n’existe aucune volonté de préserver les intérêts français mais de conclure des accords économiques avec l’ennemi pour combler les finances publiques asséchées par les prélèvements obligatoires infligés par le vainqueur. Ce qui empêche la France de disposer d’un budget à sa mesure.

    Winston Churchill pointe devant les parlementaires de son pays les contradictions de Darlan qui sont autant d’illustrations de ses faiblesses politiques : « L’amiral qui, entre septembre 1939 et juin 1940, fut un des partisans les plus acharnés du blocus, prétend aujourd’hui que ce blocus est un crime. Et il le prétend parce que ses anciens ennemis sont ses nouveaux amis. Et il le prétend même si sa lutte contre le blocus doit empêcher l’Angleterre et l’Amérique d’agir en faveur du peuple français qui a feint une exception aux strictes règles prévues par le droit international ». Il s’interroge pour savoir dans tout cela qui aime le mieux la France. Est-ce celui qui dit : « Le peuple français jugera, le peuple français pour lequel nous combattons comme nous combattons pour vous » ou celui qui sert ses ambitions personnelles et qui « sacrifie au renversement des alliances le pain des Français d’aujourd’hui et l’avenir des Français de demain » ? William Pickles est sur la même longueur d’ondes et condamne les postures de l’amiral Darlan : « Pendant qu’il noue et renoue ses combinaisons politiques, pendant qu’il poursuit ses intrigues de salons et de couloir, pendant tous ces voyages de Vichy à Paris et de Paris à Vichy au cours desquels il avance à petits pas vers la réalisation de ses rêves de pouvoir dictatorial, nous camarades, nous faisons la guerre, la guerre à outrance contre un ennemi implacable, sans scrupule, sans pitié, sans humanité et dont l’ambition avouée est non seulement d’anéantir la Grande-Bretagne et son Empire, mais d’asservir le monde ».

    Les Britanniques conscients qu’il n’existe pas de possibilités d’entente avec Darlan ne sont plus prêts à la moindre concession.

    Tout doit être fait pour contrer les armées tentaculaires du Reich en le privant de toutes les matières premières indispensables à son industrie de guerre. Si Darlan se plaint du blocus, c’est simplement pour donner des gages de fidélité à l’occupant. Il est en cela le clone de Pierre Laval.

    Pickles se fait persifleur et affirme : « Il ambitionne maintenant le poste de gauleiter de France parce que ses modèles sont dorénavant les Quisling, Seyss-Inquart et toute la bande de flagorneurs à qui la trahison a valu un moment de célébrité honteuse. Le nouveau gauleiter restera au pouvoir tant que vous le permettrez. A vous, camarades, maintenant de faire entendre votre voix ».

    Hervé Chabaud


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    Menaces annoncées sur le Levant

    Djibouti libéré : le négus est de retour.
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  • Jeanne d’Arc est même invoquée.
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  • Le général Dentz : beaucoup de question sur son état d’esprit
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  • MOBILISATION. Alors qu’il a institué une première division, le général de Gaulle veut que la fête du travail et celle de Jeanne d’Arc soient l’occasion de coups de semonce populaires contre Vichy et l’occupant.

    Legentilhomme qui est alors à Khartoum au Soudan : « J’ai décidé la création de la 1re division à la date du 15. Cette division placée sous votre commandement, comprend toutes les unités actuellement au Middle East y compris le 1er bataillon d’infanterie de marine et le 1er escadron de spahis ».

    Le chef des Français libres confirme qu’il a donné satisfaction au général britannique Archibald Wavell pour que cette nouvelle grande unité soit affectée au théâtre d’opération de Cyrénaïque et d’Egypte. Au cours de la seconde quinzaine d’avril, la situation au Levant préoccupe sérieusement les Anglais même s’ils s’accommodent de la présence sur leurs arrières d’une Syrie neutralisée par l’armistice de 1940. Du moins à condition que le général Dentz, nommé haut-commissaire par Vichy ne laisse pas les Allemands s’y installer. Le gouvernement de Churchill aimerait bien que le général Catroux réussisse le ralliement total du Levant à la cause alliée. Ce qui éviterait de mobiliser des troupes pour occuper cette grande région afin d’interdire aux forces du Reich d’y établir des relais.

    Avec des forces engagées en Ethiopie, en Cyrénaïque, en Crête et désormais en Irak, les Britanniques espèrent que leur présence multiple dissuadera les Allemands de les bousculer. Churchill est plus réservé. Son pessimisme actif repose sur une solide réflexion. Il ne voit pas ce qui empêcherait Hitler de tenter une opération au Levant. Le ministre des Affaires étrangères anglais Anthony Eden le signifie à son consul général à Beyrouth : « Vous devez attirer l’attention des autorités françaises sur les dangers que présenterait toute infiltration allemande en Syrie, si petite soit-elle ». Cette recommandation est confirmée par un télégramme du Foreign Office en date du 1er mai. La mise en garde ne surprend pas le général de Gaulle qui partage le souci de la Grande-Bretagne. Après la chute d’Athènes, il est convaincu que les Allemands vont rechercher à étendre leur zone d’influence en s’implantant au Levant. Dès le 25 avril, il transmet au général Catroux un plan pour la Syrie baptisé : « Opération Georges ».

    OSER DIRE NON

    L’objectif est de porter la 1re DFL à Damas puis à Beyrouth pour rallier les chefs et les soldats français de l’armée du Levant à la faveur du choc psychologique que provoquerait l’arrivée des appareils de la Luftwaffe. Le plan Georges n’est qu’un moyen de ralliement et à ce moment-là, de Gaulle ne pense pas que de violents affrontements entre Français vont avoir lieu. Le même jour, le général depuis Brazzaville adresse deux autres télégrammes importants à René Pleven. L’un évoque le message qu’il est impératif de lire sur les ondes de la BBC le 1er mai : « L’ordre nouveau de l’ennemi et de ses collaborateurs, c’est la servitude. Les ouvriers français veulent le travail dans la liberté. Ils ne participeront pas, le 1er mai, aux mascarades organisées par Hitler et par Vichy. En s’enfermant le 1er mai dans la dignité du silence, les ouvriers français manifesteront leur mépris pour les traîtres et leur espoir dans la libération ».

    L’autre rendez-vous qu’il tient à marquer spécifiquement est le 11 mai, la fête de Jeanne d’Arc : « Il nous faut provoquer en France et dans l’Empire une immense manifestation d’unanimité nationale semblable à celle que nous avons provoquée le 1er janvier 1941. Je vous demande d’organiser continuellement à la radio de Londres la préparation de cette manifestation et de reproduire le texte suivant adressé par le général de Gaulle actuellement sur le front du Tchad aux Français : le 11 mai, fête de Jeanne d’Arc, tous les Français s’uniront dans une seule pensée : la liberté de la patrie. Ce jour-là de 15 à 16 heures, ils se trouveront tous sur les promenades publiques dans nos villes et nos villages. Ils y passeront individuellement ou en famille ou par groupes d’amis. Ils ne formeront pas de cortèges. Le silence absolu régnera. Mais en se regardant l’un l’autre droit dans les yeux, leur regard suffira pour exprimer leur volonté commune et leur fraternelle espérance. L’ennemi ne nous aura pas. Un jour, il sera chassé de chez nous ».

    LA LIBERTÉ DE LA PATRIE

    La même démarche est développée par Radio Brazzaville. Le général revient à la charge auprès de Pleven le 28 avril : « Je vous demande d’organiser la chose sans délai et sans discontinuer par votre radio de Londres autour de la communication suivante : « Le 11 mai, fête de Jeanne d’Arc, tous les Français s’uniront dans une seule pensée : la liberté de la patrie ». Pendant ce temps, le général Catroux peaufine son intervention auprès des Britanniques au Caire. Il leur suggère de préparer sans tarder une riposte au débarquement impromptu de forces du Reich.

    Wavell exprime ses plus vives réserves sur une action terrestre aussi le général français lui confie son intention d’intervenir si cela est nécessaire avec la seule 1re DFL à laquelle il faudrait toutefois fournir trois cents camions pour assurer son transport. Wavell est inflexible : « En raison des missions que je dois accomplir en Irak ainsi que dans le désert de Libye, il n’est pas possible d’envisager ce soutien logistique au cours de ce mois ». Les Anglais sont hostiles à l’idée française. Se souvenant de l’affaire de Dakar, le général anglais est comme le Premier ministre défavorable à l’emploi isolé des Forces françaises libres, même pour s’opposer à une invasion nazie en Syrie. Le message est aussi transmis à de Gaulle. Néanmoins pour prévenir toute situation d’urgence, De Gaulle adresse depuis Yaoundé cette nouvelle recommandation au général Catroux le 3 mai : « Au cas où les événements amèneraient nos alliés britanniques à pénétrer dans les Etats du Levant dits sous mandat français. Il est nécessaire que nous participions à leur opération au nom des droits et intérêts de la France en raison de la participation de la France à la guerre. D’autre part si les circonstances viennent à nous offrir l’occasion de régler la question nous-mêmes, fût-ce en employant la force, en profitant d’une secousse morale des troupes françaises de Syrie, nous devons immédiatement et sans hésiter saisir cette occasion ».

    Et de recommander à ce premier général d’armée qui l’a rallié dès 1940 : « Je vous prie de prendre d’urgence d’accord avec le commandement britannique en Orient toutes les dispositions nécessaires au cas où cela ne serait pas encore fait. J’ai toute confiance en vous pour mener cette grande affaire ». Un autre dossier préoccupe le général de Gaulle, c’est l’avenir de Djibouti. Il ne tient pas à ce que les Anglais y prennent une place particulière et souhaite qu’avant le ralliement à la France libre, le blocus soit maintenu intégralement même s’il doit être de longue durée.

    Il commente : « Djibouti ne peut résister à un blocus réellement effectif et prolongé. Que les Italiens soient à Assab ou qu’ils aient perdu à Assab ne peut rien changer au fait que le blocus est justifié du moment qu’il nous est nécessaire et même s’il doit entraîner des désordres militaires et civils momentanés ». Le général encourage le survol par les avions amis et le largage de tracts pour convaincre de la pertinence du ralliement au drapeau à croix de Lorraine.

    HERVÉ CHABAUD

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    Union110423b - Marne
    MAGENTA : Avec les anciens combattants : Escapade à la fête des jonquilles de Gérardmer

    Au cours de la balade en vedette sur le lac.
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    A l’initiative de Raymond Picquot, secrétaire de l’UNCAFN section de Magenta, Epernay, Aÿ et environs, un voyage à Gérardmer était organisé, regroupant plus d’une cinquantaine de participants, anciens combattants de l’UNC Magenta, de la CATM et de la FNACA, arbitres de football d’Epernay et autres sympathisants.

    Au programme, le Corso fleuri emmené par de multiples fanfares régionales, dégustation d’apéritif à base de fleurs, visite de Linvosges et d’un atelier de jouets en bois et pour finir, une balade sur le lac en vedette.

     

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    Union110423a - Marne
    REIMS : Intervention des démineurs / Un obus de 400 kilos au palais du Tau

    REIMS (Marne) Hier matin, deux démineurs sont intervenus au palais du Tau pour s’occuper d’un obus de 400 kg dans les réserves. Pas de panique, il ne risquait pas d’exploser…

    DEUX démineurs sont intervenus hier matin dans les sous-sols du palais du Tau. Leur mission ? S’occuper d’un obus de 400 kilos, d’un calibre de 310 et reposant au milieu des statuaires d’une des réserves.

    Le bâtiment a été évacué, le personnel mis en sécurité dans la cour mais l’ambiance est restée décontractée, sereine, car il s’agissait d’une intervention programmée. L’obus n’a pas été découvert par hasard, ce qui n’aurait pas manqué de faire frémir sachant les trésors entreposés dans l’ancienne résidence archiépiscopale et sa proximité immédiate avec la cathédrale.

    Obus destructeur

    « Il s’agit d’un obus allemand que nous avons en réserve, connu, répertorié et qui date de la Grande Guerre, probablement la période 1917-1918 », explique l’administrateur du palais du Tau, Aymeric Peniguet de Stoutz. « C’est un obus de rupture, c’est-à-dire un obus extrêmement lourd, sans tête explosive, qui était destiné à casser, à détruire les œuvres architecturales. Ce sont des obus de ce type qui ont brisé les voûtes de la cathédrale. Le palais du Tau en avait récupéré un exemplaire après la guerre. »

    Dans la perspective de l’exposition sur « Henri Deneux, architecte de la cathédrale », qui ouvrira ses portes le 19 mai (jusqu’au 30 septembre), Aymeric Peniguet de Stoutz a eu l’idée de sortir cet obus de l’ombre.

    « La première partie de l’exposition est consacrée aux destructions infligées à la cathédrale. Il m’a paru intéressant de montrer quel type d’obus était utilisé. Nous n’avons pas retrouvé sa fiche originale d’inventaire établie par le déminage. Comme il reposait debout, sans possibilité pour nous de pouvoir en inspecter le fond, j’ai préféré jouer la carte de la prudence en sollicitant l’intervention du service de déminage, même si nous savions qu’il n’y avait aucun risque s’agissant d’une masse d’acier inerte. »

    Intervenus hier à 9 h 15, les deux démineurs n’ont mis que quelques minutes pour basculer l’obus et confirmer qu’il était inoffensif.

    Transport délicat

    L’opération s’est déroulée avant l’ouverture au public, si bien que seul le personnel a été évacué dans la cour en application du principe de précaution.

    L’obus se trouve toujours dans la réserve, non plus debout mais couché à même le sol. Un dernier point reste à régler : l’acheminer jusqu’au lieu d’exposition, quelques escaliers plus haut. Le transporter à la force des bras est impossible en raison de son poids. Plusieurs solutions techniques ont été suggérées par les démineurs.

    Les responsables du palais du Tau ont jusqu’au 19 mai pour en venir à bout.

    F.C.

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    Union110422a - Marne
    VAL-DE-VESLE : Il y a 94 ans, la bataille des monts de Champagne..

    Pas moins de vingt-deux drapeaux étaient présents à cette cérémonie.
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  • Le 17 avril 1917 à 4 h 45, contrairement à dimanche dernier, il pleuvait et neigeait sur les monts de Champagne, qui s’apprêtaient à vivre l’une des batailles les plus meurtrières de leur histoire, au 3e mois d’une guerre qui n’en finissait pas.

    Ces monts de Moronvilliers constituaient un point d’observation stratégique pour l’armée allemande et leur prise aurait inversé la situation et permis aux Français une vue sur les arrières ennemis. Mais les Allemands se doutaient des intentions du commandement français et l’effet de surprise n’eut pas lieu. Le résultat : trente mille tués…

    94 ans ont passé. Il n’existe plus de combattants de la Grande Guerre. Mais l’association des amis du Fort de la Pompelle, que préside Hubert Walbaum, associée à la Ville de Reims, continue à entretenir le souvenir de cette période douloureuse.

    Dimanche, au carrefour des CD 931 et 34, où est érigé un monument aux morts dédié à la mémoire du 8e corps d’armée, pas moins de vingt-deux drapeaux étaient réunis autour des autorités. Après le dépôt de gerbes et un moment de recueillement, Jean-Claude Collinet, le maire de Val-de-Vesle, a retracé l’histoire de la bataille des monts de Champagne. Autour du monument « qui sert également de table d’orientation » avaient pris place une dizaine de poilus ainsi que deux infirmières.

    M. Collinet en a profité pour remercier M. Galichet et les internautes du forum des pages 14/18 « qui ont fait un travail remarquable de remise en valeur de la stèle du souvenir français du Boyau Eugène ». Une stèle a en effet été érigée à quelques centaines de mètres de ce monument pour rappeler les vestiges de ce chemin de relèves où périrent des milliers de soldats français.

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    Union110420b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : La Grande Guerre était aussi… une affaire de bête

    Un corbeau pour mascotte.
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  • À Reims, un soldat enfourche un squelette de cheval.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Jusqu’au 26 juin, le public peut découvrir des clichés exceptionnels et des objets rares sur ces témoins du conflit dans la région.

    DES chevaux, beaucoup de chevaux : il y en avait 1,9 million dans ce conflit atroce. 60 % sont morts, tués par balle, par éclat d’obus, ou bien gazés, quand ce n’est pas la maladie ou la fatigue qui les a fauchés. Des vaches, des chiens, des pigeons et même des grillons… Les animaux ont payé un très lourd tribut à la folie guerrière des hommes.

    Les archives départementales de la Marne, en partenariat avec le Musée royal de l’Armée et d’histoire militaire de Belgique, ont eu l’idée de montrer 14-18 sous un jour inattendu en proposant au public « Chienne de guerre ! ». Les photos rassemblées par l’équipe d’Isabelle Homer, directrice des archives, sont saisissantes. Elles proviennent du ministère de la Défense, de collections privées ou des archives elles-mêmes. Une sélection gigantesque a été réalisée. Quelques objets accompagnent ces témoignages bouleversants, qui en disent en fait aussi long sur les animaux que sur leurs maîtres.

    Le visiteur apprend d’abord que des campagnes nationales de réquisition étaient organisées, notamment pour les chiens et les chevaux. Chacun d’entre eux possédait un livret matricule. 15 000 chiens engagés, 60 000 pigeons… Pour les canidés, tout a commencé lorsque, en 1908, fut créée la Société nationale du chien sanitaire. Un organe privé sur lequel les armées se sont rapidement appuyées. Des entités similaires existaient déjà ailleurs en Europe, là où les hésitations n’étaient pas de mise, contrairement à la France où la SPA se faisait déjà entendre.

    Chiens sanitaires, pour rechercher les blessés, chiens sentinelle, chiens de patrouille, chiens télégraphistes, chiens estafettes. Les fonctions attribuées au « meilleur ami de l’homme » étaient presque sans limite. Côté belge, les bergers belges malinois firent sensation. Au point que l’armée allemande s’est montrée très intéressée par ces chiens tout-terrain, mais la Belgique a refusé d’exporter un tel trésor. Les Allemands ont alors décidé de développer leurs propres chiens : les bergers allemands.

    En ce qui concerne les pigeons, les visiteurs découvriront ce qu’étaient les « colombiers mobiles », avec personnel attitré. Les pigeons étaient utilisés lorsque les moyens modernes de communication ne fonctionnaient plus. On les transportait dans des sacs à dos, dans des caisses (sur des vélos !), ou encore à cheval. « C’est d’ailleurs à Châlons qu’un système permettant de transporter les pigeons voyageurs à dos de cheval a été inventé à la fin du 19e siècle » précise Isabelle Homer. Les volatiles pouvaient transmettre un message à 40 kilomètres de distance. Mais toujours dans le même sens, et jamais la nuit. L’oiseau et le chien devenaient complémentaires sur le front de Champagne. Des milliers de vies ont parfois été sauvées grâce à ces bêtes. Le chien Jacquot a ainsi été décoré de la Croix de guerre le 19 août 1918. Le pigeon Cher Ami est immortalisé sur un monument américain à Binarville. Sa dépouille a même été empaillée pour un musée de Washington.

    Autant d’histoires extraordinaires que cette exposition aborde avec tact. « Chienne de guerre ! » prend aussi des chemins de traverses. Des petits animaux de ferme sculptés par un soldat pour sa petite fille trônent dans une vitrine : le jeune père a été tué sur le front, il ne reste plus que ces silhouettes animales, étonnement naïves. À découvrir absolument.

    Sébastien LAPORTE

    Entrée gratuite (aux archives départementales, à Châlons), du lundi au vendredi de 9 à 12 heures et de 14 à 17 heures. Samedi, dimanche et jours fériés de 14 à 18 heures.

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    Union110420a - Marne
    COMMEMORATION : Les Poilus en Turquie

    Cette année, l’association du Poilu de la Marne présidée par Didier Blanchard se rend aux Dardanelles en Turquie pour la commémoration de la bataille de 1915, les 24 et 25 avril, une bataille qui vit la perte de 250 000 soldats français et alliés, un départ repoussé d’une année à la suite du nuage volcanique en Islande.

    Les poilus, au nombre de neuf, Participeront aux diverses cérémonies organisés par les autorités turques et l’ambassade de France à Ankara, « Nous n’aurons, évidemment pas d’armes avec nous, mais nous serons complètement équipés et en tenue bleu horizon », précise Didier Blanchard. Le programme est bien ficelé, dès le samedi matin, les poilus devront prendre le bateau pour se rendre sur L’île de Gallipoli à 5 heures en convoi diplomatique.

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    Union110418a - Marne
    VOYAGE : Mémoire de la déportation

    Les amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation (AFMD 51) organisent un voyage de mémoire à Paris le dimanche 15 mai.

    Ainsi, l’amicale vous invite au Mémorial la Shoah puis au Fort de Romainville, camp, allemand où furent regroupées de nombreuses femmes avant leur transport au camp de Ravensbrück.

    La journée s’achèvera par l’Arc de Triomphe pour le ravivage solennel de la flamme du souvenir et la dépose d’une gerbe.

    Départ de Reims, au parking René-Tys, près de la patinoire, à7 h 45.

    Retour vers 21 h 30.

    Prix par personne (voyage, visites et repas compris) : pour les adhérents : 60 € ; pour les non adhérents : 70 E ; carte d’identité obligatoire pour le Fort de Romainville

    Demi-tarif pour les jeunes de moins de 18 ans et les personnes sans emploi. Renseignement et inscriptions auprès d’Hélène Lebrec (03.26.61.52.16) ou de Jocelyne Batteux (03.26.85.84.71).

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    Union110417b - Marne
    HERMONVILLE : Cérémonie : La Villanelle à l’Arc de Triomphe

    La chorale d’Hermonville au Mémorial de la Déportation.
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  • Germain Teschner, ancien président des Amis du Fort de la Pompelle, a participé à la cérémonie (il porte le drapeau –à droite sur la photo-).
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  • Le président des Anciens combattants du canton de Bourgogne, Robert Clément, (à droite) était également présent.
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  • La chorale d’Hermonville, La Villanelle, a chanté sous l’Arc de Triomphe.

    La journée parisienne de La Villanelle a commencé par une cérémonie au Mémorial de la Déportation. Traverser le long couloir incrusté de petites pierres représentant chacune un déporté qui n’est pas revenu des camps est bouleversant. Les choristes ont visité ensuite la cathédrale Notre-Dame toute proche, avant de se rendre au mess de l’école militaire pour le déjeuner.

    A 14 heures, direction porte d’Orléans, pour déposer une gerbe au monument du Général-Leclerc, où la chorale a interprété le chant de la 2e DB.

    Après un temps libre sur les Champs-Elysées, rassemblement sous l’Arc de Triomphe à 18 heures. Les anciens combattants, dont Germain Teschner, initiateur de cette journée, le Colonel Neuville, président des Amis du Fort de la Pompelle, et Robert Clément, président des Anciens Combattants du Canton de Bourgogne, ont défilé sur les Champs-Elysées, accompagnés par la fanfare des gardiens de la paix. À 18 h 30 précises, une gerbe a été déposée sur la tombe du soldat inconnu, en présence de Jean-Claude Laval, adjoint au maire de Reims.

    Les élèves du collège Georges-Braque de Reims ont ravivé la flamme, tandis que la chorale entonnait la Marseillaise, puis le chant des marais et le chant des partisans, accompagnée, et c’était une surprise, par les cinquante musiciens des gardiens de la paix. L’honneur de chanter au cours de la cérémonie du ravivage de la flamme est rarement dévolu à une chorale. C’était la deuxième fois pour La Villanelle, et les choristes en sont à la fois fiers et émus.

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    Union110417a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Solidarité et mises en garde

    La carte des combats en Grèce montre l’ampleur des opérations.
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  • Des bombardiers de la Luftwaffe survolent Athènes.
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  • Alors que la situation est alarmante en Yougoslavie et en Grèce, la France libre manifeste son soutien à ceux qui sont qualifiés de petits peuples mais dont l’esprit de résistance fait honneur aux engagements citoyens qui se manifestent sur le terrain. Jacques Duchesne l’explique : « L’âme française répondra toujours d’un mouvement spontané à l’action d’un petit peuple qui se dresse en face d’une brute et qui dit par son geste même : vous arrivez avec toutes vos divisions blindées, avec votre machine de guerre savamment montée. Nous serons un contre cinq mais nous vous barrerons la route ». Et le journaliste d’interroger ses auditeurs : « Avez-vous remarqué dans la proclamation grecque à sa marine, la reprise de cette vieille devise : méprisons la mort ». Cette formule ne peut que saisir les Français de respect face à ces hommes qui sont déterminés à faire le sacrifice de leur vie pour empêcher le Reich d’imposer sa loi sur les terres fondatrices de la démocratie. Les Français libres font passer le message. Cette devise, un jour où l’autre devra guider l’engagement en métropole. « Il n’y a pas d’autre attitude dans une lutte pareille. Et cela aussi les Français le savent ».

    Alors que les contre-offensives allemandes s’avèrent préoccupantes pour la stabilité des fronts, il est indispensable d’entretenir le moral : « Nous sommes sûrs que l’unité de la France se crée en ces moments-ci, dans l’admiration pour les petits peuples qui osent affronter le monstre et pour l’Angleterre qui est partout à la fois. Les Grecs, les Yougoslaves vont sûrement connaître des jours durs. Mais ils le disent eux-mêmes, qu’importe ? Hitler a connu son apogée, à partir de maintenant, vous allez le voir décliner, comme vous avez vu Mussolini décliner ». Fustigeant la désinformation propagée par « Radio Paris » et « Radio Lyon », Jacques Duchesne redit sa confiance dans des Français qui ne sont plus dupes des manœuvres de l’occupant et de ses complices à Vichy : « Tout est balayé par le grand mouvement des braves gens qui, en France, ne pensent aujourd’hui qu’à crier : Vive la Yougoslavie. Vive la Grèce ! Et par-dessus tout : Vive l’Angleterre ! ». Cette première quinzaine d’avril est encore le temps choisi pour faire passer des messages aux familles. C’est ainsi qu’un frère qui a rejoint Londres s’exprime ainsi lorsqu’il évoque son engagement auprès du général et du drapeau à croix de Lorraine : « Vieux frère, les Français doivent savoir qu’en travaillant dans les usines, à forger eux-mêmes leurs propres chaînes, ils retardent leur propre libération ». Et de redire que la collaboration est synonyme d’esclavage.

    Si les esprits les plus faibles se laissent encore séduire par les mensonges les plus éhontés des Allemands, il faut leur ouvrir les yeux : « Montre-leur la route, la bonne route, et ainsi, avec le concours de ceux qui, comme toi, soutiennent la guerre en silence, notre tâche sera plus facile et votre libération plus proche ». William Pickles est dans le même état d’esprit lorsqu’il met en garde contre les nazis qui tendent de plus en plus à recourir à de la main-d’œuvre étrangère pour assurer le fonctionnement de leur industrie de guerre. Il ne faut surtout pas se laisser séduire par leurs contrats alléchants. « Les milliers d’ouvriers et de techniciens qualifiés représentent pour eux un butin plus précieux que l’or ». Il dénonce le plan qui consiste à débaucher les maçons, les métallurgistes, les mineurs français pour combler les vides de l’industrie allemande outre-Rhin. Et de prévenir : « Des travailleurs français se voient refuser l’allocation du chômage s’ils n’acceptent pas l’offre hypocrite des nazis ». Il craint qu’on enlève de force des travailleurs.


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    Les Panzers dans Athènes

    Des prisonniers grecs sont emmenés dans des convois vers une destination inconnue.
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  • La bataille de l’Epire est meurtrière.
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  • Les Panzers défilent dans Athènes qu’ils contrôlent.
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  • Alors que quinze divisions allemandes progressent vers la mer Egée, le général britannique Maitland Wilson craint un nouveau Dunkerque. Le 10 avril 1941, il donne l’ordre au corps expéditionnaire de se replier. La prise de Salonique a désorganisé l’armée hellène. Le 17 avril, la IXe armée italienne progresse en Epire, au Nord-Ouest du pays et le lendemain devant l’accumulation de télégrammes annonçant de mauvaises nouvelles, le Premier ministre grec, Alexandros Koritzis se suicide. Pendant ce temps, le 18e corps d’armée de montagne allemand bouscule la 2e division néo-zélandaise qui a pourtant bien structuré son dispositif défensif. L’ennemi franchit le fleuve Aliakmon puis ceinture le mont Olympe avant d’occuper la ville de Larissa.

    Le 40e corps d’armée blindée qui a pour objectif Florina et Trikkala provoque une brèche entre l’aile gauche des troupes anglaises et l’aile droite défendue par les vaillants soldats grecs. Les Allemands profitent de cette rupture du front pour infiltrer leurs éléments avancés. Le 19 avril, à Rome Mussolini jubile puisque ses troupes avancent toujours en Epire et que les Grecs se voient couper leur retraite par les chars de la division d’assaut SS « Adolf Hitler ». L’attaque déclenchée sur le Pinde a permis à plusieurs régiments de prendre position sur le col de Metsovon et à Grevena. L’armée hellène est battue alors que l’arrière-garde du corps expéditionnaire britannique s’implante aux Thermopyles. Il s’agit de sacrifier plusieurs compagnies pour permettre le rembarquement dans les meilleures conditions possibles des forces. Malgré les ordres qu’il a reçus, le général Tsolakoglou, commandant l’armée de Macédoine, complique un peu plus la situation en prenant contact avec l’ennemi pour négocier la capitulation de ses troupes !

    La sagesse du roi Georges II

    La fragmentation du front et la poussée globale de l’ennemi contraint à une réunion d’urgence des états-majors grec et allié à Athènes. Le roi Georges II, le général Papagos et les généraux Archibald Wavell et Maitland Wilson se concertent. Les Grecs conscients que les Allemands peuvent marquer des points décisifs dans la guerre. Ils acceptent que le corps expéditionnaire anglais se retire de la Grèce continentale de manière à réaffecter autant que de besoins les troupes sur d’autres fronts devenus critiques. Et celui d’Afrique du Nord est bien fragilisé depuis que le général Rommel y déploie ses unités. Georges II pense que la résistance peut se développer dans les îles. Il ignore que les Allemands ont également un plan pour en prendre le contrôle dans les semaines à venir. La Luftwaffe harcèle les Anglais. Goering veut les empêcher de reprendre la mer et donne l’ordre de causer de lourdes pertes pendant les opérations de rembarquement. Les Stuka pilonnent les points de ralliement aussi bien à Nauplie qu’à Kalamata et Monemvasia. Aux Thermopyles, la situation devient intenable pour les braves qui tiennent jusqu’à épuisement de leurs munitions leurs positions. Les chars de la division SS « Adolf Hitler » entrent le 21 avril à Ioannina non sans avoir causé de lourds dégâts dans les faubourgs. Ils occupent la cité sur les arrières du dispositif grec qui fait face aux positions armées par les Italiens.

    A Larissa une délégation de plénipotentiaires grecs signe la reddition de leur pays au PC de la XIIe armée allemande commandée par le général von List. Seize divisions déposent les armes. Beaucoup de soldats pleurent d’y être contraints après s’être battus courageusement. Ils comprennent que ce n’est pas leur aptitude à résister qui est en cause mais la supériorité du matériel dont disposent les troupes ennemies. Cette capitulation reçue par des soldats du Reich provoque un vif incident entre Berlin et Rome. Le duce exige une seconde signature cette fois dans une villa de la banlieue de Salonique et en présence d’une délégation italienne ! Hitler accepte le caprice de l’ami Bénito et la cérémonie se déroule le 23 avril.

    Les résistants de Thermopyles

    Le même jour, les Allemands déclenchent une vive offensive aux Thermopyles pour tester la résistance anglaise. S’ils n’insistent pas le premier jour, ils reprennent leur assaut le 24. Ils se trouvent face à des Anglais déterminés qui ont auprès d’eux des soldats grecs ayant refusé de se rendre et d’obéir à leur gouvernement. Ils saluent d’ailleurs le : « de Gaulle français qui les a encouragés, a su en son temps dire non à l’armistice de son pays et a continué à se battre, forçant le respect et offrant l’espérance à son peuple ». Le même jour, plusieurs bataillons de parachutistes ennemis sont largués sur les îles de Lemnos, de Thasos, de Samothrace au nord-est de la mer Egée. C’est le commencement de la maîtrise de l’archipel avec toujours la même ambition : le contrôle de la circulation maritime dans la grande région. Cette journée est aussi celle au cours de laquelle, l’armée italienne fait sa jonction avec les forces du Reich sur le pont de Perati.

    Le 25 avril, les troupes alliées n’ont pas d’autre option qu’un retrait par échelons depuis les Thermopyles. Les soldats anglais, néo-zélandais et australiens prennent la direction de Thèbes puis glissent en Grèce continentale vers de petits ports qui demeurent autant de portes vers la liberté assurée. Il s’agit de Rafina, de Mégare et de Porto Rafti. Ils comptent y embarquer. Hitler donne le feu vert pour le parachutage de nouvelles troupes sur Corinthe alors que les éléments de reconnaissance de la division SS du führer franchissent le goulet occidental au moyen d’équipements légers mais insuffisants pour garantir le passage des blindés lourds. Ce n’est plus qu’une question d’heures avant que les troupes allemandes tissent une toile d’araignée de soumission sur tout le Péloponnèse. Hitler attend la confirmation de cette progression martiale et victorieuse pour valider la directive 28 baptisée « Merkur » et qui est le plan d’invasion de la Crête.

    Le 27 avril, les panzers à croix gammée pénètrent dans Athènes, capitale du berceau de la démocratie. Les Britanniques ordonnent l’accélération de l’évacuation de la Grèce et maintiennent les ports préalablement fléchés à cet effet. Six croiseurs, dix-neuf contre-torpilleurs et de nombreux bateaux de faible tonnage sont réquisitionnés. Le bilan est lourd. Ce qui devait être un appui à l’allié grec s’achève par un désastre militaire même si le plan « Demon » d’évacuation est une réussite. Les Britanniques sont de fait chassés et ils ont perdu près de 13 000 hommes dont 9 000 ont été faits prisonniers. Le matériel lourd est laissé sur place. Même saboté, il est perdu pour l’emploi sur un autre front.

    Bien sûr, à ces chiffres, Londres peut opposer les pertes italiennes enregistrées en six mois de guerre dans cette région d’Europe du sud. Rome a listé 13 755 morts, plus de 50 000 blessés et admet 25 067 disparus. Les Grecs pleurent 15 700 soldats morts ou disparus. 300 000 Hellènes ont été faits prisonniers. A l’exception des officiers, ils vont être rapidement relâchés parce que les Italiens comme les Allemands ne veulent pas s’embarrasser et ne disposent ni de l’intendance ni de camps démontables susceptibles de créer de vastes zones de détention. Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    La Luftwaffe largue des mines sur Londres !

    La ville de Birmingham n’est pas épargnée par la Luftwaffe.
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  • Les Queen’s messengers apportent une aide d’urgence sur les sites venant d’être bombardés.
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  • Une vue aérienne de Kiel dont les zones industrielles ont été frappées par la RAF.
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  • Le Bomber Command annonce le 8 avril 1941 que ses bombardiers sont parvenus à frapper la base navale de Kiel en menant un puissant raid au moyen de 229, Whitley, Wellington et Hampden. Pendant cinq heures les appareils de la RAF ont largué de milliers de bombes incendiaires. La réplique allemande ne tarde pas. Le führer est furieux d’apprendre que la ville a été en partie détruite par de violents incendies et s’insurge contre l’inaptitude de la Luftwaffe à interdire une telle concentration aérienne hostile en un seul point. Il n’a raison que sur un point. Il s’agit bel et bien de la plus violente attaque finalisée sur une ville ennemie par les stratèges churchilliens. Ce choix de Londres résulte des conclusions du rapport sur la destruction de Coventry par les Allemands. Les experts insistent sur l’emploi de munitions incendiaires dont les destructions sont bien supérieures aux seuls explosifs. Le Premier ministre se félicite du résultat obtenu et précise que les bombardiers apporteront la victoire. Un signe supplémentaire du rôle consolidé de la RAF et de la confiance que le chef du gouvernement manifeste envers ses commandants et ses pilotes. Si les certitudes martelées au 10, Downing Street ne font pas l’unanimité, les ingénieurs de l’armement développent une bombe capable d’une grande précision tandis que l’ordre est donné pour que les frappes soient les plus précises possibles et visent tout l’appareil industriel et de défense du Reich.

    Les messagers de la Reine

    Les villes britanniques vivent au rythme des alertes renforcées. Les victimes sont toujours trop nombreuses tandis que la liste des destructions d’habitations et d’infrastructures s’allonge dangereusement. En mars 1941, les services sociaux anglais recensent 4259 victimes des bombardements ennemis. Depuis le début avril, les ruines de Coventry ont été matraquées à deux reprises et ce sont trois cent trente tonnes de bombes qui ont été larguées. Londres n’est pas épargnée et la mobilisation des guetteurs d’incendie et des auxiliaires du feu demeure la règle. Les Allemands ne s’embarrassent pas. Ils ne visent pas et des hôpitaux sont touchés, des patients blessés et soignés tués ainsi que les équipes médicales à leur chevet ! Le nombre de sans-abri augmente aussi de nouvelles unités mobiles de solidarités sont mobilisées. Il s’agit des « Queen’s Messengers », des « Messagers de la Reine » qui sont composées de camions citernes fournissant de l’eau et de camions cuisines. Ce sont des colonnes de secours dont l’objectif est de nourrir les familles victimes récentes des bombes ennemies. Animées et coordonnées par des volontaires féminines, ces cantines mobiles autonomes peuvent fabriquer jusqu’à six mille repas. En avril, le gouvernement britannique est capable d’aligner cent quarante-quatre véhicules. La reine Elisabeth en a financé un sur sa cassette personnelle. Les autres proviennent du soutien au sauvetage fourni par les Américains. La guerre coûte de plus en plus cher à la Grande-Bretagne. Le 7 avril, le taux d’imposition est relevé. La pression fiscale n’a jamais été aussi forte outre-Manche mais dans le même temps les autorités assurent qu’elles vont stabiliser le coût de la vie.

    Alors que la Royal Navy envoie par le fond un convoi de ravitaillement qu’elle intercepte au large du cap Bon en Tunisie le 16 avril, la Luftwaffe attend le feu vert de Goering pour réaliser des bombardements d’un nouveau type. Lorsqu’il apprend que cinq navires transportant vingt mille tonnes de marchandises de Tripoli à la Sicile ont été coulés ainsi que les trois destroyers qui les accompagnaient, Hitler pique une nouvelle colère. Il est si agité qu’il éructe des insanités à l’égard de son état-major.

    Alerte aux mines

    Le raid qui est opéré dans la nuit du 18 au 19 avril sur Londres est la réponse allemande aux attaques britanniques dans le ciel et sur mer. Sur la capitale, c’est le bombardement le plus important enregistré depuis celui du 29 décembre 1940 qui avait embrasé des quartiers entiers. Birmingham et d’autres villes sont touchées avec des réussites variables. La grande nouveauté est le parachutage de mines terrestres. Ce sont sept cent douze avions qui larguent 153 096 bombes incendiaires qui allument 1 500 incendies tandis que 1026 tonnes d’explosifs et de mines sont parachutées. Ces mines sont impressionnantes. Elles ressemblent à des colonnes Maurice et pèsent chacune deux tonnes. Elles provoquent des dégâts considérables aussi un seul de ces engins dispose d’une puissance meurtrière redoutable. Lorsqu’elles quittent la soute du bombardier, elles sont portées par le vent et explosent au contact du sol. Le résultat est terrifiant. Deux de ces mines détruisent une rue entière ! C’est ce qui se passe près de « Victoria Station ». Une mine atterrit sur le pont du chemin de fer conduisant à « Charing Cross » mais n’éclate pas. Une équipe de démineurs se rend sur place et parvient à la neutraliser. Huit hôpitaux londoniens sont encore touchés. Pour les sauveteurs, ce n’est pas le fait du hasard. Les célèbres salles des ventes de chez Christie’s, le magasin de meubles Maple’s, le théâtre de Shaftesbury sont détruits. Une partie de Westminster, dont la maison du « Speaker » est en flammes tandis que la caserne de Wellington et le palais de justice subissent d’importants dégâts. La cathédrale Saint-Paul n’est pas épargnée. Déjà fermée au public depuis qu’une bombe de deux cent cinquante kilos est tombée sur le transept nord, elle a cette fois sont toit en feu. Plusieurs autres églises de la cité sont meurtries comme St Clement, St. Andrew’s, Chelsea Old Church. Les docks sont également très touchés.

    Le gouvernement craint qu’une nouvelle campagne de bombardement ait été validée par le Reich alors que d’autres fronts sont désormais ouverts. Churchill tempère les inquiétudes de ses collègues. Il ne pense pas qu’Hitler puisse durablement disséminer ses avions pour conduire des raids multiples. Les Anglais ne sont pourtant pas au bout de leurs peines puisque les 21, 22 et 23 avril, Plymouth subit trois nuits de suite les frappes massives d’appareils de la Luftwaffe. Le centre-ville avait pourtant été très sérieusement pilonné les 21 et 22 mars. Le quartier de Guildhall est rasé dans un rayon de cinq cents mètres et plusieurs constructions médiévales préservées sont anéanties. Le chantier naval de Devonport qui est la cible prioritaire reste fonctionnel. Ici aussi ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut. Les services d’urgence évaluent à un millier le nombre de victimes tandis que 30 000 sans-abri ont besoin d’une assistance alimentaire et d’un minimum d’accueil dans des structures légères. On met en place des tentes de survie. Dix-huit mille habitations sont détruites. Ce sont environ 50 000 personnes qui sont contraintes à l’exode. Elles préfèrent se réfugier à la campagne, convaincues que les Allemands ne s’en prendront pas aux petits villages, ni aux granges ou aux maisons forestières. Refusant la fatalité, un orchestre organise un bal en plein air pour narguer l’ennemi, et mieux faire valser Hitler au plus tôt du pouvoir. Cet optimisme ne correspond pas à la réalité. Au cabinet de guerre, on est conscient que l’Allemagne veut profiter du printemps pour dominer sur tous les fronts.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    REIMS : Au collège François-Legros : Des déportés témoignent

    Raymond Gourlin et Paulette Gellé ont témoigné.
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  • Les collégiens, émus, ont été très attentifs.
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  • Fidèle à une tradition de transmission du souvenir, le collège François-Legros a reçu Raymond Gourlin, résistant déporté, et Paulette Gellé, déportée raciale, en qualité de juive, qui sont venus pour témoigner devant près de cent vingt élèves de 3e générale du collège.

    Les personnels libres ainsi que les parents d’élèves étaient également conviés à cet événement exceptionnel.

    En effet, comme l’a rappelé Jean-Raphaël Nicaise, principal adjoint, « c’est probablement la dernière fois que ces personnes interviennent en milieu scolaire, et elles ont choisi notre collège, qui sera d’ailleurs le seul établissement à recevoir leurs témoignages cette année ».

    Pour immortaliser ce moment, le collège a d’ailleurs filmé la séance.

    Deux déportés qui ont vécu l’enfer

    Impossible de raconter ici les récits de ces rescapés des camps de la mort, un livre n’y suffirait pas. Ce qui compte, comme l’a fait remarquer Jean Constant, président de l’association rémoise des déportés, c’est que les collégiens se sont vite identifiés aux orateurs, Raymond Gourlin, qui s’est révolté dès l’âge de 14 ans, avant de prendre le maquis de la Résistance à 18 ans pour échapper au travail obligatoire en Allemagne, et Paulette Gellé, arrachée à sa mère et déportée à l’âge de six ans comme de nombreux autres enfants porteurs de l’étoile jaune des Juifs.

    Tous deux ont connu les wagons à bestiaux vers les camps de concentration, tous deux ont raconté à leur façon la faim, le froid, les poux, le typhus, les brimades, les humiliations et brutalités et l’odeur de la mort, omniprésente autour d’eux dans les camps.

    Tous deux s’en sont sortis : le premier ne pesait plus que 28 kg quand il s’est évadé après neuf mois de camp.

    La seconde a été libérée par les troupes russes, les cosaques à cheval, avant d’être prise en charge par les Américains.

    L’association témoigne depuis une douzaine d’années dans les collèges et les lycées, une façon de répondre à cet appel d’un déporté juste avant sa mort : « Dites au monde ce qu’ils ont fait de nous et ce que nous sommes devenus ! »

    Une remise de fleurs et de cadeaux a clôturé cette matinée exceptionnelle.

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images
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    TINQUEUX : Association des anciens combattants : Un nouveau bureau harmonieux

    Les anciens combattants et porte-drapeaux rendront hommage aux victimes du génocide nazi le samedi 23 avril à 18 heures.
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  • Depuis environ deux mois, suite à sa 30e assemblée générale, un nouveau bureau composé de femmes et d’hommes motivés fonctionne merveilleusement bien à l’association des anciens combattants et victimes de guerre de la ville de Tinqueux : président honoraire, Henri Wenisch ; président, Gilles Richard ; vice-président, Guy Lefebvre ; trésorière, Françoise Druet ; secrétaire, Lucienne Becker ; secrétaire adjoint, Gilbert Barthelemy ; porte-drapeaux titulaires, Chergui Amouri ; porte-drapeaux adjoint, Daniel Dépit ; porte-drapeaux suppléant, François Bereaux ; assesseurs : Suzanne Fréchain, Monique Wilmet, Josiane Zanivan, Bernard Ricart, Jean Thiebaut, Gérard Zanivan, Guy Drulmelle.

    Mais les responsables ont une fois de plus relaté le manque de présence de membres à l’assemblée générale qui peut à l’avenir devenir préjudiciable pour la survie de l’association. Le président Gilles Richard précise : « Chaque adhérent doit se sentir concerné. L’association vit par vous mais pas sans vous ».

    La cotisation annuelle est de 20 euros. Les permanences sont de 10 à 12 heures, le dernier samedi du mois à la Maison des associations de Tinqueux, rue de la Croix-Cordier, bureau n° 7. Les prochaines dates de permanence sont les 23 avril, 28 mai, 25 juin, 24 septembre, 29 octobre et 26 novembre. Contact : association des anciens combattants et victimes de guerre, siège social à la mairie BP 86 - 51433 Tinqueux Cedex. Tél. (président) 03.26.04.01.04.

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    TINQUEUX : Journée souvenir

    La Ville de Tinqueux et l’association des anciens combattants et victimes de guerre rendront hommage aux victimes du génocide nazi le samedi 23 avril à 18 heures.

    Elles invitent tous les administrés, les anciens combattants, les porte-drapeaux, les enfants des écoles à participer à cette cérémonie du souvenir qui se déroulera devant le monument aux morts.

    Rassemblement sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette à 17 h 30.

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    COURTISOLS : Réunis en congrès départemental : Les anciens combattants unis comme au front

    Le congrès départemental de l’Union nationale des combattants (UNC-Opex) des Camps de Champagne, présidé par Alexandre Zentner s’est déroulé à la salle des fêtes de Courtisols le dimanche 10 avril.

    En présence de nombreuses personnalités, dont Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, Yann Bignon, directeur du service départemental des anciens combattants, du président Opex des camps de Champagne Mathieu Leblanc… ce congrès s’est avéré très constructif et enrichissant pour le monde combattant. Il a été rappelé que des centaines de dossiers ont été traitées représentant quelque 130 000 euros. Que les veuves d’anciens combattants bénéficiant d’aides sont en légère augmentation, que ces aides sont particulièrement en faveur des plus démunis, anciens combattants ou veuves, ce qui faisait dire au président Zentner que « la solidarité est le mot à la mode ».

    Soixante-sept dossiers furent traités en 2010 avec l’aide sociale, dont 26 dossiers depuis janvier 2011 et il y a 305 veuves à ce jour.

    Concernant la jeune génération des Opex, le président départemental Mathieu Leblanc a dit « Nous espérons que nous ne serons pas les dernières générations pour continuer notre tâche » Et d’ajouter : « A nous d’assurer la relève, nous mettrons tout en œuvre pour y aboutir ». Et le président Zentner de dire « Il faut que l’UNC bouge si elle ne veut pas mourir ! »

    La campagne double, les droits aux ressortissants et veuves d’anciens combattants, allocations différentielles, etc… De nombreux points furent abordés au sein de ce congrès, dont la prochaine date est d’ores et déjà fixée pour 2012, à savoir le dimanche 22 avril à Cormontreuil.

    « J’ai une pensée pour vos frères d’armes actuellement en OPEX » a souligné Benoist Apparu.

    Au cours de ce congrès, Lucile Leclère s’est vu remettre le « Mérite » argent et Luc Pinon le bronze. Un dépôt de gerbe fut effectué au monument aux morts de la commune et Jean-Claude Galichet se voyait attribuer la Croix du Combattant, tandis que Lucien Lotocki recevait la commémorative Afrique du Nord.

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    Union110415a - Marne
    REIMS : Coup de gueule d’une Rémoise / Le monument aux morts transformé en « cirque »

    L’agitation qui règne sur le monument aux morts pour fêter l’inauguration du tramway provoque l’indignation d’une lectrice.
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    La préparation du feu d’artifice pour fêter l’inauguration du tramway donne la nausée à une Rémoise.

    « C’est scandaleux ! Je suis atterrée ! », s’indigne Marie-France. « Ils tirent le feu d’artifice du monument aux morts transformé à cause de ça en fête foraine. Il y a des toiles de tentes, de la musique à tue-tête. C’est un manque total de respect pour les morts. »

    « J’ai téléphoné à la mairie pour me plaindre. Quelqu’un du cabinet de la maire m’a répondu que ce remue-ménage était normal à cause de l’inauguration. Eh bien désolé, moi, je ne trouve pas ça normal. Mon grand-père a été tué à la guerre de 14. Il a laissé une veuve avec quatre enfants. Mon père avait sept ans. Ce drame l’a marqué à vie. Il nous a toujours élevés dans le respect des soldats morts pour la France. Un tel cirque autour de ce monument me choque profondément. Il faut prévenir les associations d’anciens combattants. »

    À la lecture de ces lignes, c’est chose faite, mais face au rouleau compresseur des festivités, il n’y a pas grand-chose à faire.

     

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    Union110414a - Marne
    MUIZON : Les anciens combattants en agapes

    Les sections de Muizon et de Jonchery réunies pour un repas et un après-midi de fête avant le regroupement officiel…
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    Ce dimanche, dans la salle du Champ-Jeudi, la section muizonnaise de l’UNC (Union Nationale des Combattants) a réuni ses adhérents et sympathisants, ainsi que la section de Jonchery-sur-Vesle, pour la troisième édition de son repas de printemps.

    Les anciens combattants de Jonchery ont, ces dernières semaines, pris contact avec ceux de Muizon, afin de procéder à un rapprochement des deux sections.

    Celui-ci interviendra officiellement à l’automne prochain, lors de l’assemblée générale ordinaire de la section muizonnaise.

    En attendant, après un savoureux repas, tous les participants ont apprécié les acrobaties et clowneries surprises de trois jeunes artistes de l’association Cheval Art Action, puis ont dansé au rythme du medley interprété au clavier et au chant par Denis et Aurélie.

     

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    Union110413b - Marne
    REIMS : Mémoire : Une stèle pour les anciens de la 1re armée

    Le général de Lattre est venu à Reims à Saint-Joseph pour parler du maréchal Foch
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    C’est aujourd’hui à 11 heures à l’intersection de la rue Saint-Exupéry et de l’avenue de Lattre de Tassigny à Reims, que les anciens de la 1re armée française « Rhin et Danube » inaugurent une stèle érigée à la mémoire de tous les anciens qui ont servi sous les ordres du général de Lattre de Tassigny pendant la Seconde Guerre mondiale, sont tombés au champ d’honneur sans oublier ceux qui ont perpétué la mémoire de ce grand Français en témoignant de leur engagement auprès de lui pour les valeurs de la France.

    « Rhin et Danube » est l’association qui rassemble tous les anciens combattants ayant appartenu à la 1re armée, qui ont débarqué en Provence le 15 août 1944 puis libéré le tiers du territoire métropolitain avant d’avancer jusqu’au Rhin pour atteindre le Danube et l’Autriche. Elle est présidée dans la Marne par Vilfrid Maack.

    Rappelons que la 1re armée a été constituée pour l’essentiel par des unités de l’armée d’Afrique qui ont participé à la bataille pour la libération de la Tunisie (1942-1943) contre l’Afrikakorps de Rommel, aux exploits du Corps expéditionnaire français en Italie débarqué à Naples sous les ordres du général Juin (1943-1944), à la libération de l’île d’Elbe et de la Corse.

    Forte selon les moments de 250 à 350 000 hommes, la 1re armée comptait dans ses rangs un petit noyau d’active renforcé dès 1942 par la mobilisation générale en AFN de vingt-cinq classes de réservistes, de jeunes engagés volontaires pour la durée de la guerre dont les évadés de France par l’Espagne et enfin, après le débarquement en Provence, d’éléments métropolitains et de FFI qui ont rallié volontairement ses rangs, individuellement ou par unités constituées. Ce qu’on a appelé l’amalgame.

     

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    Union110413a - Marne
    REIMS : Mémoire de la caserne Jeanne-d’Arc / On recherche des documents

    Les plus anciens se souviennent de la caserne
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  • A l’occasion de la future inauguration de la rue des 1er et 41e bataillons de Chasseurs sur le site de la Zac Jeanne-d’Arc, le conseil de quartier « Chemin Vert-Clemenceau-Europe » a le projet d’une exposition « Mémoire de la caserne Jeanne-d’Arc ».

    Il est à la recherche de documents personnels : photos, cartes postales, souvenirs divers, sur la vie autour du quartier Jeanne-d’Arc, sur les liens qui se sont créés entre les militaires et la population rémoise des quartiers entourant la caserne. Si vous possédez de tels documents, vous pouvez participer à ce travail de mémoire.

    Pour cela, une permanence sera assurée tous les mercredis du 13 avril 8 juin, de 18 heures à 19 h 30 à la Maison commune du Chemin-Vert, place du 11-Novembre.

    Vos documents seront photographiés et vous seront rendus.

    Vous pouvez également transmettre tout document numérique avec vos coordonnées précises sur l’adresse : memoiredarc@mairie-reims.fr

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    Union110412a - Marne
    MAGENTA : Visite réaliste pour les CM2 de Sainte-Marie

    Odile Magnaval et Marie Anne Busson, enseignantes de CM2, encadraient le groupe.
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  • Les CM2 de l’école Sainte-Marie sont allés visiter le Centre d’interprétation Marne 14-18 à Suippes. Une visite en lien avec le programme d’Histoire concernant la Première Guerre mondiale.

    La visite a commencé par un film émouvant sur la famille Papillon, dont les trois fils sont partis au front durant la guerre.

    La correspondance entre les trois frères et la sœur a permis de relater leur vie durant le conflit et de comprendre la souffrance des soldats dans les tranchées.

    Un parcours guidé était ensuite proposé pour découvrir les armes, les uniformes et tous les grands événements qui ont jalonné cette guerre.

    La visite s’est poursuivie par la reconstitution d’une attaque dans une tranchée. C’était très réaliste !

    Les CM2 ont passé un moment culturel et instructif dans ce musée situé au cœur de l’histoire de la Première Guerre mondiale dans notre département.

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    Union110410d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Comment un coiffeur a fait échouer la fuite de Louis XVI

    Dans le « Marie-Antoinette » réalisé par Sofia Coppola, on a une idée des coiffures créées par ce petit provincial devenu Monsieur Léonard.
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  • Par son manque de prudence, Léonard Autié a semé la zizanie dans l’organisation de la fuite du roi… et contribué à son arrestation.
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  • Qui l’eût cru ? Parmi les protagonistes de la fuite de la famille royale à Varennes, l’histoire a aussi retenu le nom du coiffeur de Marie-Antoinette.

    IL se nomme Jean-François Autier et voit le jour dans une petite cité de l’Ariège. A l’été 1777, il arrive à Versailles où il apprend, auprès de son frère, à s’occuper de la chevelure des grandes dames de la cour.

    Bien vite, il troque son patronyme provincial pour se faire appeler Léonard. Talentueux, le jeune homme jouit d’une renommée exceptionnelle dans les milieux de l’élégance parisienne de l’époque. C’est le temps des gigantesques coiffures des dames, soutenues par des armatures d’acier et compliquées d’accessoires hétéroclites. Léonard est à la base de nombreuses d’entre elles.

    Il assortit ses échafaudages capillaires d’une quantité invraisemblables d’aunes, de rubans, « parfois jusqu’à seize mètres environ ».

    Ses créations, d’après G. Lenotre, qui parle de lui dans son « Drame de Varennes, juin 1791 », lui valent l’idolâtrie de ses clientes.

    La reine est l’une de celles-ci. Elle est si coquette qu’elle ne peut, au moment de fuir son château, se priver de son coiffeur. Marie-Antoinette trouve alors un subterfuge pour que Léonard soit, indirectement, du voyage.

    Peu avant le départ, elle lui remet une lettre à porter à Choiseul, qui doit être envoyé en avant-coureur pour préparer la fuite au relais de Pont de Somme-Vesle.

    Choiseul embarque Leonard dans son cabriolet en lui disant qu’il s’agit d’aller faire une course pour la reine à quelques lieues de Paris.

    Ce n’est qu’arrivés à Somme-Vesle que Choiseul lui avoue la vérité. Les souverains sont en fuite et lui transporte les bijoux de la reine et le costume militaire du roi. L’après-midi commence, on attend le roi. Arrive le lieutenant Boudet, venant de Sainte-Ménehould avec Goguelat et avec ses 40 hussards. Le roi et son convoi tardent, la population commence à s’agiter.

    Les heures passant, Choiseul va prendre la décision catastrophique de quitter le relais avec ses hussards. Bévue qu’il complète par une supplémentaire : il ordonne à Léonard de continuer sur le trajet prévu et de prévenir les détachements de Sainte-Ménehould et de Clermont qu’il y a un contretemps. Le voilà nanti d’un billet à leur remettre. De simple valet, Léonard devient désormais l’un des acteurs de la fuite. A Sainte-Ménehould, il montre le billet à Dandoins et lui conseille de faire desseller les chevaux et rentrer les hommes. A Clermont, il remet le billet à Damas.

    A Varennes, n’étant plus porteur de message, au lieu alors de rester sur une prudente réserve, il prend la responsabilité, selon Lenotre, de parler en maître aux deux jeunes officiers qui attendent à l’hôtel du Grand Monarque. Il invoque la confiance de la reine qui lui a confié ses diamants, leur dit que le roi a été arrêté à Châlons et il leur conseille de partir se mettre à l’abri.

    Il tente de leur prendre les chevaux pour relayer, ce qu’ils refusent. Damas accourant de Clermont ne trouvera plus personne au Grand Monarque et apprend que les deux officiers qui y avaient logé sont partis à toutes jambes avec les chevaux du relais prévu.

    Quant à Léonard, il a repris sa route et, croyant se rendre à Stenay, s’est retrouvé à Verdun. Son passage aura semé une parfaite désorganisation sur l’itinéraire : des hommes désarmés et rentrés à leur cantonnement, le relais prévu et retiré à l’entrée de Varennes qui fera perdre aux véhicules royaux le temps qui manquait à leurs poursuivants pour organiser l’arrestation de Louis XVI.

    Comment Léonard a-t-il terminé son existence ? Les avis des historiens divergent. Certains le pensent guillotiné, d’autres sont d’avis qu’il a échappé à l’échafaud. Jusqu’au bout, en tout cas, le modeste coiffeur devenu le chouchou de ces dames de la cour, aura su faire parler de lui.

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    Union110410c - Marne
    LIVRE : Le putsch des généraux

    HISTOIRE. Comment analyser et comprendre les événements autour du putsch des généraux d’avril 1961 ? Deux lectures en sont proposées, l’une par un journaliste, l’autre par un universitaire. Réflexions croisées.

    L’événement a fait alors grand bruit mais aujourd’hui il est presque oublié. Et pourtant ce qui se passe le 22 avril 1961 a un retentissement aussi considérable en métropole qu’en Algérie. A 7 heures, Radio Alger informe que l’armée vient de prendre le contrôle du pays et que plusieurs généraux n’exerçant plus de commandement opérationnel ont choisi d’agir : « Pour que nos morts ne soient pas morts pour rien ». Les généraux André Zeller, Edmond Jouhaud, Maurice Challe et bientôt Raoul Salan s’opposent à de Gaulle mais tout le monde ne les suit pas. Le ministre des Armées Pierre Messmer demande d’isoler les putschistes par tous les moyens. On s’interroge. La Ve République va-t-elle tenir ? Dans l’après-midi, à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire à l’Elysée, le général déterminé et cinglant affirme : « Ce qui est grave en cette affaire, c’est qu’elle n’est pas sérieuse ». A 20 heures, il intervient à la télévision. Il porte son uniforme et s’amuse du pronunciamiento conduit : « par un quarteron de généraux à la retraite et par un groupe d’officiers partisans, ambitieux et fanatiques ».

    Il n’y va pas par quatre chemins. Le président de la République invite tous les Français « à leur barrer la route en attendant de les réduire ».

    Dans son ouvrage, Pierre Abramovici part du principe que le gouvernement de Michel Debré avait vu les choses venir et que le général profite de cette situation pour renforcer les institutions de la Ve République et préparer l’élection du président au suffrage universel, mettre l’armée au pas et engager une politique audacieuse d’équipement et de développement. On a le droit d’être dubitatif parce que tous les arguments de l’auteur ne répondent pas à la logique événementielle même s’ils méritent d’être discutés. Peut-être doit-on alors rechercher les réponses aux questions soulevées par Abramovici chez Maurice Vaïsse. Cet ancien professeur au lycée Clemenceau de Reims, qui a ensuite occupé la chaire d’histoire contemporaine à l’université de Reims Champagne Ardenne avant d’être nommé à Sciences Po, considère que le pustch surpris et fortement inquiété le pouvoir craignant l’arrivée des parachutistes en métropole. Contrairement à Abramovici, l’universitaire ne croit pas qu’il y ait chez les putschistes une stratégie à long terme ni une analyse subtile des réactions possibles dans l’Hexagone.

    Les généraux ne tiennent que quelques jours avant de se rendre ou d’entrer dans la clandestinité au sein de l’OAS, l’organisation de l’armée secrète qui se développe sur le socle de ce cuisant échec. L’obsession est alors d’éliminer de Gaulle qui va échapper à plusieurs attentats dont les deux plus célèbres sont ceux de Pont-sur-Seine et du Petit- Clamart.

    Bref, ces journées d’avril ne sont qu’une péripétie au regard de l’histoire mais elles constituent un tournant dans cette guerre d’Algérie qui va faire encore de nombreux morts.

    HERVÉ CHABAUD

  •  Abramovici, « Le pustch des généraux », Fayard, 374 p., 22 euros
  •  Maurice Vaïsse « Comment de Gaulle fit échouer le putsch d’Alger », André Versaille, 352 p.,19,90 euros.
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    Union110410b - Marne
    LIVRE : Dans l’enfer d’avril 1915

    La source ne risque pas de se tarir. La guerre de 14-18 continue de fasciner de nombreux auteurs.
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    Les sentinelles, publié par Delcourt, forme une série dont le troisième volume Avril 1915-Ypre vient de sortir. Xavier Dorison, le scénariste, est inspiré par les récits fantastiques de Stephen King. Cette part belle donnée à l’imagination est bien perceptible dans cette oeuvre racontant la création d’êtres extraordinaires capables de remporter la victoire. Mais à cette idée des Français répond la même année du côté des Allemands.

    La guerre représentée par Enrique Breccia devient alors un tournoi de chevaliers bien loin de l’esprit chevaleresque.

    Ces évocations sont complétées par de courts textes de témoignages de combattants. L’effroyable réalité et la démesure d’une collection pas éloignée de la science-fiction forment ainsi un tableau très original.

     

     

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    Union110410a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Vallat et la question juive

    Xavier Vallat, un antisémite autoritaire et dangereux.
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  • Alfred Rosenberg : un fanatique nazi.
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  • En nommant Xavier Vallat à la tête du nouveau Commissariat général aux questions juives, l’amiral Darlan estime qu’il manifeste son indépendance et démontre ainsi qu’il n’applique pas la politique antisémite du Reich. Cette appréciation n’est partagée qu’à Vichy car les Français libres ont dénoncé de longue date le statut des Juifs d’octobre 1940 et les discriminations qu’ils subissent en France, parlant d’une marginalisation sociale orchestrée. Cette nouvelle institution dans le paysage administratif français résulte d’une demande insistante de l’occupant pour appliquer la législation antisémite française. Même si le gouvernement veut rendre présentable ce commissariat, personne n’est dupe. La nomination de Vallat est même un signe fort donné à la collaboration. Il s’agit d’un antisémite notoire dont les propos sont d’une rare violence. Ce nationaliste forcené n’aime pas les Allemands mais il sert leurs intérêts.

    Berlin se moque de la personnalité du nouveau commissaire. Ce qui importe aux responsables du Reich c’est l’existence d’une institution fonctionnelle dont ils promettent d’en fixer les objectifs. Tout ce dispositif procède d’un plan restant à finaliser et destiné à régler la question juive en Europe. C’est un préparatif machiavélique à la Solution finale. Xavier Vallat plus martial que jamais s’installe à l’hôtel d’Alger. Pétain lui demande de mettre en œuvre par lui-même un programme antijuif labellisé France et intéressant aussi bien la zone occupée que la zone libre.

    Cette politique est coordonnée puisqu’à Francfort-sur-le-Main, les nazis inaugurent le 26 mars 1941 l’Institut de recherche sur la question juive et organisent un congrès de deux jours au cours desquels on recense les menaces que font peser ces populations sur l’avenir du Reich et des grands équilibres mondiaux. Son président Wilhelm Grau se montre très offensif et est prêt à justifier une guerre sociale contre les personnes de confession israélite. L’idéologue nazi Alfred Rosenberg n’est jamais loin. Ne définit-il pas cet institut comme une grande école du parti destinée à poser une analyse scientifique et systématique sur le problème juif. Grau promet que les résultats des recherches effectuées par un collège d’experts seront communiqués au gouvernement et seront présentées aux populations de chaque région au cours de rencontres d’informations dans l’intérêt supérieur du Reich allemand.

    L’institut est doté d’une bibliothèque de 350.000 volumes et documents divers qui ont été réquisitionnés. Lors de son grand discours qui ponctue l’inauguration, Alfred Rosenberg précise : « Il est de notre devoir d’étudier sans concession la question juive qui ne sera résolue pour le pays que lorsque le dernier Juif aura quitté la Grande Allemagne ». Il annonce de fait une épuration ethnique et confirme à la vindicte populaire un bouc émissaire idéal pour focaliser les récriminations plurielles d’une société soumise à une communication d’embrigadement. C’est aussi le moyen facile d’accuser les Juifs d’être responsables le 1er avril de la frappe par six bombardiers Wellington britanniques du port d’Emden sur la mer du Nord. Chaque appareil modifié pour l’occasion portait une bombe de deux tonnes. L’engin surnommé « cookie » pour gros calibre résulterait d’un ingénieur juif ! Cela confirme une escalade dans la guerre de bombardement. De leur côté, les Allemands testent le biréacteur de Heinkel, le He 280 propulsé par deux moteurs à réaction même si le général Udet, chef du développement technique de la Luftwaffe, semble très réservé.


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    L’opération « Châtiment » comme vengeance

    Les progressions allemandes en Yougoslavie.
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  • Rachid Ali : son coup d’Etat est soutenu par Berlin.
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  • Hitler ne décolère pas. Le 1er avril 1941, il fustige son état-major. Il ne veut plus entendre parler de la Yougoslavie et rêve aussi de rayer la Grèce de la carte ! La chancellerie fixe donc des conditions inacceptables pour le nouveau gouvernement de Belgrade afin de provoquer l’incident capable d’ouvrir un nouveau front. N’exige-t-il pas la démobilisation complète et immédiate de toute l’armée yougoslave et la réactivation du pacte d’adhésion aux puissances de l’axe signé à Vienne ? Ne demande-t-il pas des excuses officielles pour des manifestations antinazies qui ont été tolérées par les autorités ?

    Pendant ce temps tous les moyens nécessaires sont mobilisés pour l’application rapide de la 25e directive de guerre du führer. Le gouvernement yougoslave sent le danger croître, aussi tente-t-il de signer un traité de non-agression avec l’Union soviétique. Parmi les clauses qui sont négociées, il y a une assistance militaire en cas d’attaque des forces du Reich mais les Soviétiques sont bien en peine d’y répondre favorablement puisqu’une forte concentration d’armées allemandes bien équipées est signalisée le long de la frontière avec l’URSS. Pour mener à bien l’opération « Marita », Hitler ne donne que quelques jours de sursis à ses stratèges pour inclure la Yougoslavie dans le plan. Les officiers remanient dans l’urgence leur plan d’invasion. La division SS « Das Reich » est transférée de Bulgarie pour se positionner en Roumanie dans la région de Temesvar, tandis qu’une armée entièrement nouvelle est constituée et placée sous les ordres de von Weichs. Il s’agit de la 12e qui est installée en Carinthie au sud de l’Autriche ainsi qu’en Hongrie.

    Belgrade sous les bombes

    L’attaque contre la Yougoslavie débute le 6 avril par l’opération Châtiment destinée à frapper massivement la capitale Belgrade. Deux vagues de bombardiers appartenant à la 4e Luftflotte dirigée par le général Löhr déversent sur la ville leurs cargaisons mortelles et paralysent les centres militaires de communication ainsi que l’appareil politique.

    Plusieurs milliers de civils sont tués et l’offensive de l’Axe a un retentissement considérable dans tous les Balkans. A l’utilisation massive de la Luftwaffe s’ajoute la mise en mouvement de trois colonnes blindées qui proviennent de Hongrie et de Roumanie. Leurs commandants reçoivent l’ordre de faire tomber la capitale yougoslave. A Belgrade, la situation devient intenable. Les vagues aériennes d’assaut ne cessent de revenir et les pilonnages infligés aussi bien par les Ju-88 que les Stuka défigurent la cité. Pour maintenir l’intensité de la frappe, l’aviation du Reich utilise les aérodromes situés dans la périphérie de Bucarest. Les informations qui arrivent à l’état-major yougoslave sont plus alarmantes les unes que les autres. Alors que le 9 avril, une estimation laisse entendre que 17.000 morts sont déjà enregistrés à Belgrade, le Premier ministre, le général Simovitch, obtient la confirmation de l’entrée en Macédoine d’une armée allemande.

    Partout les troupes gouvernementales sont contraintes au repli. Skopje tombe aux mains de la Wehrmacht tandis que les blindés de von Kleist investissent Nis en Serbie. Devant l’ampleur de la menace et le risque d’effondrement général, le gouvernement se replie à Uzice dans les montagnes de Serbie mais sans illusion. Les mauvaises nouvelles s’accumulent puisqu’on annonce désormais que cinq brigades hongroises, une division bulgare et une armée italienne se joignent aux corps allemands.

    Les Britanniques sont dans l’incapacité de réagir à cet assaut allemand d’autant qu’ils ont mobilisé et dépêché toutes leurs troupes disponibles en Grèce. Les grandes unités de la 12e armée allemande foncent sur Zagreb qui est occupée le 10 avril 1941. Les Allemands y sont accueillis en libérateurs tandis que le lendemain, la Croatie proclame son indépendance suivie le 12 avril par la Slovénie.

    Ce même jour, Belgrade tombe aux mains de l’ennemi. Hitler très méthodique fait protéger le ministre des Affaires étrangères yougoslave Alexandre Cincar-Markovitch, signataire de l’adhésion au Pacte tripartite de Berlin puisqu’il paraphe cette fois la capitulation de son pays face au Reich. A ce moment-là, le gouvernement est considéré par les militaires allemands en fuite. L’urgence de l’Etat-major est d’exploiter au mieux cette victoire en densifiant les troupes fidèles à Hitler.

    Au nord, les minorités allemandes sont favorables aux nazis et des ralliements s’effectuent aussi auprès des Hongrois. L’envahisseur a fait de nombreux prisonniers mais le commandement yougoslave replié envisage de structurer la résistance et de profiter du relief pour constituer des bastions imprenables. Cette manœuvre est compliquée par les Allemands qui font glisser plusieurs unités vers Sarajevo pour empêcher ces éléments de se mettre à l’abri. Le dépôt général des armes par les troupes yougoslaves semble inévitable. Alors qu’en 1915, il a fallu deux mois de durs combats aux forces austro-allemandes et bulgares pour venir à bout de l’armée serbe dont les derniers régiments étaient parvenus à travers les montagnes du Montenegro à atteindre la mer Adriatique et embarquer avec l’aide de la marine française vers Corfou, cette fois le plan allemand qui prévoit un effondrement complet de l’ennemi en douze jours est sur le point d’être parfaitement respecté.

    La chute de Salonique

    Alors que la situation pour les Alliés est désespérée en Yougoslavie, elle se détériore en Grèce. Les Allemands exploitent les failles du commandement hellénique qui s’est refusé à sacrifier la Macédoine pour avancer ses pions. Il maintient le dispositif selon lequel la 1re armée avec ses quatorze divisions verrouillent les prétentions italiennes depuis l’Albanie tandis que la 2e armée avec ses six divisions protège le port de Salonique en s’appuyant sur la ligne Metexas. Le corps expéditionnaire anglais du général Wilson a la responsabilité de donner de la cohérence à cette stratégie, notamment en couvrant les brèches qui existent entre les deux armées. Avec deux divisions et une brigade blindée, il s’appuie sur les monts Vermion et protège la Thessalie. Le mouvement des troupes du Reich contre Salonique commence le 6 avril 1941. Appuyés par des bombardiers en piqué, le 18e corps de montagne du général Böhme force la ligne Metexas alors que la 2e Panzer déborde les positions grecques par l’ouest. Cette rapide manœuvre d’enveloppement est déterminante et donne un avantage immédiat aux Allemands. Ils parviennent ainsi à Salonique le 9 avril et le 10, la 2e armée grecque est contrainte de déposer les armes. Très vite, les troupes de l’Axe se rapprochent de la ligne de défense de l’Aliakmon où sont stationnées les unités australiennes, néo-zélandaises et britanniques.

    Un raid aérien intensif est mené contre le convoi de ravitaillement allié alors que les cargos sont en phase de déchargement dans le port du Pirée. Les dégâts sont considérables et on enregistre de nombreuses victimes alors que les incendies se propagent d’un bateau à l’autre. Churchill se dit très préoccupé d’autant qu’au Moyen-Orient les choses se corsent.

    Le 1er avril, un coup d’Etat a porté à la tête de l’Irak Rachid Ali soutenue par Berlin. L’émir renversé Abdul Ilah appelle au secours et un traité d’assistance existant, l’Angleterre doit se résoudre à un front supplémentaire.


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    La 1re DFL sur les fonts baptismaux

    Le général accélère l’effort militaire pour constituer de nouvelles forces opérationnelles.
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  • Le général de Gaulle délivre trois discours complémentaires en Egypte.
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  • DISCOURS. De Gaulle à peine arrivé en Egypte soigne ses interventions publiques et donne le feu vert à la formation opérationnelle de la première division française libre.

    Le 1er avril 1941, le général de Gaulle atterrit au Caire. Il vient d’Erythrée mais il s’inquiète de l’amoncellement de mauvaises nouvelles en provenance des Balkans et du Moyen-Orient. Il s’enferme avec le général Catroux et un groupe d’officiers d’état-major pour évaluer les dangers et préciser les objectifs de l’ennemi. Tous s’accordent pour reconnaître que l’offensive de l’Axe est destinée à contrôler les champs de pétrole et à garantir l’approvisionnement des armées nazies.

    Le chef de la France libre décide le 10 avril le rassemblement de toutes ses forces disponibles en Basse-Egypte. Il s’agit de la brigade française d’Orient qui vient de prendre Massouah, du bataillon d’infanterie de marine engagé en Cyrénaïque, des nouveaux bataillons de marche qui ont été constitués en Afrique Equatoriale, du bataillon de fusiliers marins, de la 1re compagnie de chars de combat ainsi que des unités du train, du génie, de l’artillerie et des transmissions en cours de transport vers Port-Soudan. Tous ces éléments sont priés de se regrouper dans le delta sous le commandement du général Legentilhomme pour former la première grande unité de la France libre, la 1re DFL. Le 2 avril, il a adressé au général Archibald Wavell une note très détaillée sur ses initiatives. Il lui annonce qu’il constitue au Tchad un détachement de manoeuvre saharien motorisé destiné à participer à des opérations comparables à celles de Koufra. Il énumère le matériel qui lui est nécessaire tout en reconnaissant disposer de quelques équipements. Il lui faut cinquante camionnettes d’1,5 tonne, cent camions de trois tonnes, quatre canons de 20 mm anti-aériens et antichars, une douzaine de mitrailleuses, 13,2, six mitrailleuses ordinaires, huit fusils antichars, huit postes radio-émetteurs-récepteurs. En réalité il a déjà télégraphié le 26 mars à Londres pour que tout le matériel soit mis à sa disposition à Douala. Le général de Gaulle confie son état d’esprit au journaliste Richmond Temple : « Je n’ai qu’un but : délivrer la France ».

    A L’« EWART MEMORIAL HALL »

    Le 5 avril 1941, le général prononce un discours devant le Comité national français du Caire à l’« Ewart Memorial Hall ». D’entrée il exprime sa satisfaction à la vue : « de 2.000 bons Français et bonnes Françaises rassemblés d’un seul élan pour l’amour de la patrie. Je sais, bien certainement, ce qu’un tel concours doit à l’activité de votre Comité national, à celle de votre éminent président le baron de Benoist, à celle des hommes courageux qui l’entourent et je sais aussi tout ce que l’union morale des Français d’Orient doit au rôle joué par la haute personnalité et la grande autorité du général Catroux ». De Gaulle ne manque pas de rappeler l’attachement de la France à l’Egypte depuis saint Louis en passant par Bonaparte et Lesseps ce qui marque sur cette terre une présence depuis des temps immémoriaux : « Il est capital que nous soyons aussi nombreux et résolus dans le camp de l’honneur et de l’espoir, et cela est essentiel parce que la guerre fait de l’Egypte le centre des plus grands événements ».

    Il s’adonne à un vibrant plaidoyer et recense tous les atouts en possession de la France Libre avec les ralliements enregistrés depuis l’été précédent et l’action partagée sur le terrain avec les alliés anglais. Il démontre que l’idée de résister et de combattre est bien la bonne : « Il apparaît que notre Afrique du Nord, que notre Levant, notre flotte, notre aviation peuvent jouer un rôle magnifique et décisif dans la grande bataille de la Méditerranée. Et je ne suis pas certain que la prétendue Révolution nationale ait consolé en quoi que ce soit le peuple français écrasé ». Pour le général, l’Allemagne ne se satisfait pas de la reddition militaire, elle veut dépouiller le pays de ses forces matérielles et morales, de son éthique humaniste. Il met en garde contre cette destruction préméditée de la France : « Dans un régime où personne ne peut écrire ou publier sans la permission de l’ennemi, où la presse et la radio sont contrôlées, l’Allemand tente la plus gigantesque entreprise de dissolution de l’âme française. Voilà la réalité ». L’autre danger identifié est d’associer cette France accablée à une guerre contre l’autre France, celle qui est fidèle à son histoire. Face à cette situation, il encourage ceux qui persistent dans leur refus et s’organisent pour contrer Vichy et Berlin : « Nous avons un seul but, une seule volonté, un seul devoir : chasser l’ennemi de chez nous, et en même temps contribuer à sauver la liberté du monde. Et je vous prends à témoin : nous sommes sur le chemin, nous avons commencé à remettre la France dans la guerre. Il y a des territoires français qui fournissent des hommes, il y a des voix qualifiées qui expriment la volonté nationale de libération. Il y a des hommes pour revendiquer tous les droits et intérêts de la France ».

    De Gaulle sait aussi que les efforts à accomplir et les sacrifices à accepter sont nombreux. Il mesure le réveil et la puissance offensive d’un ennemi qui possède une puissance industrielle de guerre incomparable avec celle des alliés même si l’aide indirecte des Etats-Unis ne cesse pas d’augmenter. Il ne veut pas donner de faux espoirs et sa force c’est aussi son pragmatisme qui donne confiance : « La route que nous avons prise est une route dure et sanglante. Mais nous sommes désormais soutenus par la volonté nationale. Nous savons qu’à son terme et chaque jour un peu plus, nous aurons des points d’appui assurés. Heure par heure, morceau par morceau, nous en sommes certains, tout l’Empire et toute la Patrie se joindront à nous pour la victoire ». Le chef de la France libre ne doute pas un instant. La France est avec lui et elle l’est chaque jour un peu plus.

    DEPUIS ALEXANDRIE

    Le 6 avril 1941, de Gaulle est à Alexandrie. C’est l’occasion d’une nouvelle allocution qui s’inscrit dans la même tonalité que celle de la veille mais dont le texte a été retravaillé et demeure d’une fidélité exemplaire à l’appel du 18 juin 1940. Il enfonce le clou : « Nous n’avons pas affaire à un adversaire quelconque, mais à un adversaire qui est le champion d’un ordre nouveau qu’il prétend imposer au monde et, quand cet adversaire vous tient à ses genoux comme il l’a dit dans son « Mein Kampf », toutes les richesses de ceux qu’il a vaincus lui appartiennent. Alors combinant le chantage à la misère du peuple, misère qu’il organise savamment, avec la crainte de l’occupation totale et le déshonneur et l’impuissance de ceux qui ont signé un premier acte avec lui, nous le voyons établir peu à peu sa mainmise sur tout ce qui est la substance matérielle et morale de la nation française ». Informé des contre-performances alliées dans les Balkans, le général ne veut surtout pas renoncer. Il le redit dans un discours prononcé le 12 avril 1941 à Ismaïlia. « Il est essentiel que les Français ne courbent pas la tête. La libération de la patrie est la suprême loi. Il nous faut combattre auprès de nos glorieux alliés anglais, des Grecs et Yougoslaves, venus si héroïquement nous rejoindre depuis. Il n’y a pas de radio plus écoutée que la nôtre, parce qu’on sait la qualité de ce que nous avons fait. La France nous suit, nous aime nous encourage ». Il termine cette intervention comme les précédentes par cette formule : « La France ! Avec nous ! ». Malgré les difficultés, de Gaulle a un moral d’acier.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union110407a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Union départementale des anciens combattants en assemblée : Les revendications sont multiples

    Une gerbe était déposée par les autorités suite à l’assemblée générale.
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  • La 66e assemblée générale de l’Union départementale des anciens combattants (UDAC-Marne), s’est tenue ce samedi 2 avril, à la maison des syndicats ; présidée par le secrétaire général Claude Desplanches, avec à ses côtés le délégué national de l’UFAC Jean-Claude Klinkert et les membres du bureau. Claude Desplanches prend d’ailleurs les rênes de l’UDAC, après sa nomination par intérim.

    Des promesses non tenues

    Il a été rappelé, lors de cette assemblée et dans le cadre de la commission défense des droits qu’il regrette les promesses non tenues, telles que : la retraite du combattant qui devait atteindre 48 points pour 2012, 3 points devant être accordés en 2011, un seul point sera octroyé, applicable au 1er juillet au lieu du 1er janvier et perçu seulement au 1er janvier 2012. La retraite mutualiste devait atteindre 130 points mais reste bloquée depuis 3 ans à l’indice 125. Le seuil d’allocation différentielle ne devrait jamais être inférieur au seuil de pauvreté, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

    La commission constate avec ironie que les décrets concernant la campagne double ne seront applicables que lorsque plus personne ne sera concerné. La commission regrette la forte diminution des sommes allouées aux colis douceurs (anciens combattants et veuves d’anciens combattants, vivants en maison de retraite).

    La commission demande aussi l’application réelle du droit à réparation, pour les victimes des psycho-traumatismes de guerre et irradiés des essais nucléaires. Elle déplore et dénonce le fait que l’Office national des anciens combattants (ONAC), n’a pas été doté des moyens humains et financiers nécessaires pour faire face à l’accomplissement des nouvelles tâches qui lui sont confiées.

    L’UFAC exige solennellement du gouvernement la nomination d’un Ministre délégué ou d’un secrétaire d’Etat aux anciens combattants et victimes de guerre dans les délais les plus brefs, le respect des engagements du candidat Sarkozy, leur concrétisation dans le budget 2012 des ACVG qui doit être débattu publiquement à l’Assemblée nationale.

    Une motion de l’union départementale fut acceptée à l’unanimité par l’assistance (plus d’une soixantaine de personnes). A l’issue des travaux, une gerbe était déposée par les autorités au monument de la Résistance, en présence d’une vingtaine de porte-drapeaux.

    Motion générale

    Les délégués de l’UDAC Marne, représentant 7 333 adhérents cotisants, réunis en assemblée générale le 2 avril à Châlons-en-Champagne, soutiennent l’ensemble des résolutions prises par l’UFAC à l’assemblée générale des 6 et 7 octobre 2010 et à la réunion de coordination du 2 mars 2011.

    Ils considèrent comme particulièrement prioritaires : le rétablissement d’un interlocuteur ministériel privilégié ; un budget décent qui ne condamne pas les anciens combattants et victimes de guerre à « la double peine », alors qu’ils sont des « citoyens plus » ; la prise en compte, une fois pour toutes, alors que la fin de la législature est proche, des mesures qui ne sauraient attendre plus longtemps. Ils déplorent avec amertume que les engagements électoraux ne soient pas honorés ; rappellent la raison d’être, au service du monde combattant, de l’ONAC et de ses services départementaux, face à la révision générale des politiques publiques (RGPP) ; réaffirment que la reconnaissance de la nation passe d’abord par une revalorisation digne, de la retraite du combattant ; exigent l’abrogation du décret inique sur la campagne double ; s’indignent que les orphelins de guerre ne soient toujours pas considérés à l’égard des autres catégories d’orphelins ; souhaitent le réajustement accéléré du plafond majorable de la retraite mutualiste du combattant ; demandent qu’une allocation différentielle, similaire à celle servie aux conjoints survivants, soit créée pour les anciens combattants les plus démunis.

    Les délégués de l’UDAC-Marne protestent avec vigueur contre cette volonté de reporter aux calendes grecques et rejettent l’excuse de la situation économique actuelle, alors que la dure loi biologique est là.


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    Union110406c - Marne
    EPERNAY : Pour les anciens combattants en Algérie : La Fnaca cultive le sens de la solidarité

    La médaille d’Afrique du Nord a été décernée à José Courtois.
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  • La Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie) est très représentée sur la place d’Epernay par ses deux cent soixante-dix-sept adhérents. Elle a tenu sa 48e assemblée générale à la maison des associations en présence de Rémy Grand, conseiller municipal représentant Franck Leroy, Claude Fauvet, président départemental et Odile Valois, vice-président de l’Amicale des porte-drapeaux.

    Le compte-rendu social y tient une grande place, comme en témoignent les informations multiples fournies à l’assistance : interventions auprès de l’Onac et de la Fnaca départementale pour l’obtention d’aides aux veuves, le bénéfice d’une demi-part fiscale supplémentaire accordée sous certaines conditions, la revalorisation en juillet de la retraite du combattant, une allocation différentielle de solidarité pour les plus démunis …

    Pour autant, les moments de convivialité ne sont pas occultés, pour preuve, un voyage en Ardèche programmé fin juin et un grand repas dansant organisé le 22 octobre.

    Les participants à l’assemblée générale se sont ensuite rendus en défilé au square Clevedon emmenés par la Champenoise d’Aÿ. En présence d’une double haie de porte-drapeaux, une gerbe a été déposée au pied du monument dédié aux combattants de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie entre 1952 et 1962 par Claude Fauvet, président départemental de la Fnaca, André Richard, président de la Fnaca Epernay et Rémi Grand.

    Auparavant, José Courtois avait reçu la médaille d’Afrique du Nord des mains d’André Richard et les noms des « Morts pour la France » égrenés un à un. La Champenoise d’Aÿ exécutait les sonneries réglementaires et le Groupe vocal Inter-Lude, La Marseillaise, sous la direction de Jocelyne Evrard.


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    Union110406b - Marne
    SEZANNE : Présidé par Gérard Labrune : Un nouveau Souvenir français

    Une partie de l’assistance qui a assisté à la réunion lundi à Sézanne.
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  • En sommeil depuis 15 ans, l’association du Souvenir français connaît un nouveau départ depuis lundi par la création d’un comité cantonal du Sud-Ouest marnais.

    Devant une très nombreuse assistance, preuve qu’un besoin se faisait sentir, M. Delaborde, délégué général adjoint pour la Marne du Souvenir français intronisait Gérard Labrune président du comité local.

    Ce dernier a rappelé les objectifs de l’association : entretenir et conserver la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, ce qui est un devoir vis-à-vis des jeunes, transmettre les valeurs de la République, entretenir les tombes et les monuments.

    Gérard Labrune a précisé ses premiers objectifs : répertorier les tombes de soldats et monuments en mauvais état, augmenter le nombre d’adhérents, chacun devenant ambassadeur du Souvenir français, et surtout remplacer le drapeau actuel qui est en lambeaux.

    Pour l’accompagner et le soutenir dans son action, ont été nommés : Serge Finck vice-président, Brigitte Prato secrétaire, Michel Caillot trésorier et Do minique Pinard porte-drapeau.


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    Union110406a - Marne
    REIMS : Société d’entraide de la Légion d’honneur : De nouveaux statuts

    Les autorités civiles et militaires ont déposé une gerbe sur la tombe de la Légion d’honneur et des médaillés militaires, au cimetière du Nord à Reims.
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  • « Ici, face à cet hôtel de ville à moitié détruit, Raymond Poincaré remettait à la cité de Reims, le 6 juillet 1919, la croix de chevalier de la Légion d’honneur »… Ce fait historique a été rappelé par le lieutenant-colonel Claude Signoret, président de la section Marne de la SEMLH (Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur) en ouvrant l’assemblée générale 2011, après Epernay, Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François les années précédentes.

    Le général Hervé Gobilliard, président national de la SEMLH, a rappelé que de nouveaux statuts ont été adoptés par une large majorité mais qu’ils n’entreront en vigueur « qu’après publication au journal officiel de la décision du ministre de l’Intérieur prise après avis du Conseil d’Etat […] Ils ne marqueront pas une révolution, mais une nécessaire évolution ». Y seront précisés les secteurs et l’étendue des actions à mener pour maintenir et promouvoir les valeurs incarnées par la Légion d’honneur.

    « Les initiatives citoyennes envers les jeunes doivent se multiplier et se renforcer ». Elles concerneront en priorité le travail d’histoire, le devoir de mémoire et des actions éducatives à l’image de la 8e édition du jeu-concours de la langue française dont les prix ont été remis à Reims. Quatre lauréats de ce concours seront invités le 4 mai à prendre part à la visite du mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises, à l’initiative de la section de Reims. Les adhérents des 4 sections marnaises y participeront.

    Hommage

    La mémoire des légionnaires récemment disparus a été évoquée au premier rang desquels Bernard de Nonancourt, Raymond Bur et Seddick Daoudi, avec également la disparition de « notre doyen, le général de division Maurice Villeneuve qui allait sur ses 102 ans ». L’effectif de la section est de 310 membres. Le général Gobilliard a remis le brevet de chevalier à Jacques Dham, Thierry Gentilhomme et Jacqueline Pietro.


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    Union110404b - Marne
    REIMS : Georges-Braque va ranimer la flamme

    Le samedi 9 avril à 18 h 30 à l’Arc de Triomphe de Paris, une cérémonie de prise d’armes réunira des élèves du collège Georges-Braque et l’association des Amis du Fort de la Pompelle, accompagnés de l’adjoint au maire Jean-Claude Laval.


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    Union110404a - Marne
    REIMS : Orphelins de guerre oubliés de l’histoire : Toujours rien de concret !

    Les adhérents de la délégation marnaise des pupilles de la nation : Un constat amer.
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  • L’AN dernier, nous avions titré - reprenant une phrase du président de la délégation départementale des pupilles de la nation et orphelins de guerre ou du devoir : « Une année d’espérance ». « Devons-nous continuer à espérer ? » demande Jacki Nix aux adhérents réunis en assemblée générale à la Maison des associations.

    Rappelons brièvement les faits : l’association se bat pour que tous les orphelins de guerre, quelles qu’aient été les causes du décès d’un ou des deux parents, soient reconnus de la même façon, et perçoivent la même indemnisation. Mais les décrets (en 2000 et 2004) ne reconnaissent que certaines catégories : les orphelins de parents victimes « d’actes de barbarie » ou de parents juifs morts en déportation. Le projet de nouveau décret serait basé uniquement sur le critère de la « barbarie élargie »… « Nous n’admettons pas cette notion de « barbarie » très subjective. Seul le critère de « mort pour la France » est pour nous acceptable », écrit en substance le président national de l’ANPNOGD dans une lettre lue à l’assemblée.

    Au gré des changements de ministre des Anciens Combattants, le dossier continue de se promener de service en service. « Mes collègues, présidents des délégations départementales, ont le sentiment que les collaborateurs des ministres, comme les adjoints de cabinet, freinent ce dossier », estime Jacki Nix.

    Actions et pétition

    La demande d’égalité de traitement avait pourtant reçu un accord de principe du président de la République en 2007. L’association pense que le dossier doit être porté plus que jamais sur le plan politique et notamment à l’occasion des élections présidentielles. Elle envisage des actions, mais s’interroge sur le choix : « Une action trop forte pourrait nuire, une action trop faible marginaliserait notre demande ». Il est envisagé que chaque délégation se présente, le 27 mai, devant la préfecture et remette au préfet une pétition sous forme de lettre ouverte au président de la République. Chacun en a une copie.

    Extrait : « Le temps passe… Nous sommes âgés… et l’égalité figurant à l’article 2 de notre Constitution n’est toujours pas respectée. Les filles et fils des Morts pour la France se permettent de vous rappeler cette obligation de justice ». On n’ose imaginer que le gouvernement puisse compter sur l’avancement en âge des adhérents et leur disparition prochaine…

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    Union110403c - Marne
    « LES FLAMME DE PARIS, 1789 » À EPERNAY

    Représenté plus de cent fois au Théâtre du Bolchoï, le spectacle « Les Flammes de Paris, 1789 » arrive en France. Une double représentation est d’ores et déjà programmée le jeudi 1er décembre au Millesium d’Epernay à 15 heures et 20h30. Les réservations sont ouvertes. Cette oeuvre à la croisée des chemins entre ballet classique et comédie musicale se place dans le contexte de la Révolution française, époque de tumulte politique, de déchaînement des passions et propose de suivre l’histoire de deux couples aux destins radicalement opposés.


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    Union110403b - Marne
    Plongée au cœur du procès Barbie

    Près d’un demi-siècle après les faits, aucune de ses victimes présentes au procès de Lyon d’eux n’a oublié le regard de Barbie.
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  • « Le procès Barbie a été le premier procès filmé d’un homme accusé de crime contre l’humanité »

    HISTORIQUE. Arte Editions et l’Ina ont relevé le défi insensé de condenser les 145 heures d’enregistrement vidéo du procès du Boucher de Lyon en 5 DVD représentant dix-neuf heures de récit. Un titanesque travail de mémoire mais surtout un document passionnant. Et glaçant.

    Au temps où il régnait sur la section IV du Sipo SPD de Lyon, son regard était l’une de ses armes les plus puissantes. Cachés au fond de ses profondes orbites et néanmoins animés d’une féroce incandescence, les yeux de Klaus Barbie ont terrorisé des dizaines de prisonniers et hanté les nuits de centaines d’autres.

    Quarante-cinq ans plus tard, ce 5 juin 1987, c’est ce regard - toujours aussi inquiétant – qui confond l’accusé devant les jurés de la cour d’assises de Lyon. Jugé pour crime contre l’humanité, Klaus Barbie fait face, en ce 18e jour d’audience, à sept de ses victimes. Trois d’entre elles : Kurt Hipser, Julie Fino-Francheschini et André Courvoisier le reconnaissent formellement. Près d’un demi-siècle après les faits, aucun d’eux n’a oublié le regard de Barbie. Le face-à-face est totalement prenant. Cette scène, extraite du Procès Barbie, un coffret de six DVD édité conjointement par Arte Editions et l’Institut National de l’Audiovisuel (Ina) illustre parfaitement le propos des auteurs de ce document exceptionnel. « Ce n’est pas un best-of du procès, un résumé ou un film sur le procès Barbie, prévient Dominique Missika, directrice éditoriale et historique du projet, c’est une contraction de ce qui s’est passé durant ces 37 audiences, avec une vision d’ensemble que personne au fond n’a réellement eu à ce moment-là. » Jérôme Clément, président d’Arte, voit pour sa part dans ce travail « un défi politique et historique, bien plus qu’un défi technique », rejoignant ainsi Robert Badinter, instigateur de la loi autorisant la présence de caméras dans les prétoires, qui déclarait en 1985 : « la mémoire audiovisuelle a une double dimension, pédagogique et historique, liée à ce que les images nous révèlent sur les protagonistes d’un procès et sur les actes jugés. »

    Ce que révèlent les images de ce procès, c’est bien entendu la charge émotionnelle liée à une procé-dure dévoilant un pan de la barbarie nazie, mais c’est aussi « la méticulosité quasi obsessionnelle » avec laquelle sont menés les débats, comme le souligne Philippe Truffault, réalisateur et directeur artistique du projet. C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites de cette entreprise que d’avoir su concilier cette approche quasi anthropologique du fonctionnement de l’institution judiciaire avec l’intensité des témoignages et la détermination de l’accusation comme de la défense. Certes, l’utilisation des images du procès est encadrée par une décision de justice très stricte (lire par ailleurs), mais les auteurs se sont approprié cette contrainte jusqu’à en faire l’une des lignes directrices de leur propos. Ce qu’ils expliquent ainsi : « Parce que le procès Barbie a été le premier procès filmé d’un homme accusé de crime contre l’humanité, il nous a semblé essentiel de conserver ce qui fait la dramaturgie d’un procès d’assises : l’ouverture et la clôture des audiences, l’arrivée de l’accusé dans son box, son absence aussi, les incidents de séance, la réaction du public dans la salle, les exigences de la procédure, la solennité de la cour… »

    Le résultat de ce parti pris, c’est l’impression pour le spectateur de participer au procès. Sur le plan auditif d’abord : des bruissements de la salle aux apartés à peine étouffées entre les avocats, du crissement des pages tournées par le président de la cour d’assises au bruit des pas de Barbie montant l’escalier conduisant au box des accusés, c’est tout l’univers sonore des audiences qui est ici restitué. Visuellement ensuite : le caractère brut de l’image VHS, que l’on oublie rapidement, n’enlève rien aux mimiques, rictus, haussement d’épaules ou de sourcils, signes d’agacement et autres émotions trop intenses pour être totalement contenues.

    Le Procès Barbie est un témoignage inestimable, une pierre de taille sur le chemin du travail de mé-moire ; mais c’est aussi, et c’est pour cela qu’il faut oser le regarder, un formidable drame, une mécanique implacable qui se joue sous nos yeux, et qui redonne au final la parole aux victimes de celui qu’on appelait alors le boucher de Lyon.

    SAMUEL RIBOT, AGENCE DE PRESSE GHM

    « Le Procès Barbie ». Six DVD + livret de quarante pages. Arte Editions / Ina Editions. 50 euros. Sortie le 20 avril.

    QUAND LA LOI DICTE LA TECHNIQUE

    La réalisation du Procès Barbie a été scrupuleusement encadrée par une autorisation délivrée le 5 février 2009 par le tribunal de grande instance de Paris. Les termes de cette autorisation engagent notamment les auteurs à respecter l’équilibre entre accusation et défense mais aussi à conserver les images dans leur ordre chronologique. Résultat, les auteurs se sont abstenus de tous les artifices habituellement utilisés pour ce type de documentaire. « Nous avons d’abord réalisé un travail rythmique de coupe afin de réduire le contenu sans perdre le fil du procès, précise Philippe Truffault, réalisateur et directeur artistique du projet. Puis nous avons utilisé des marqueurs comme les fondus, dont nous avons varié la durée pour signifier le temps qui séparait les scènes. » Des flèches, qui apparaissent en haut de l’écran, aident également à saisir telle ou telle avancée dans le temps. Enfin, conformément à l’autorisation délivrée par le TGI de Paris, la synchronisation du son et de l’image a été entièrement respectée. Pas de voix off donc, ni d’utilisation d’images sorties du strict contexte chronologique.

    UN SIXIÈME DVD POUR COMPRENDRE

    Afin de mettre en lumière les implications du procès Barbie, le cinéaste Jérôme Prieur – réalisateur de la série documentaire Corpus Christi - a réalisé un film de 2 h 20, articulé autour de douze entretiens menés avec des magistrats, des écrivains, des historiens et des personnalités comme Serge Klarsfeld dont le travail acharné permit l’arrestation de Barbie), Pierre-Emmanuel Dauzat ou Fabrice Humbert, lauréat du Renaudot Poche 2010 avec son roman L’origine de la violence.

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    Union110403a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Cyrénaïque : la reconquête de Rommel

    La reconquête engagée par Rommel est en cours et menace les Britanniques et les Français contraints à certains replis stratégiques.
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  • Alors que les Allemands continuent de débarquer, les Italiens sont en difficulté en Erythrée. Au terme d’une douzaine de jours de violents échanges d’artillerie, les troupes du Duce qui sont désormais sous la pression d’un escadron de chars d’infanterie britanniques optent pour un repli de Keren vers Asmara. Les combats pour Keren ont durée deux mois et les Anglais y ont enregistré quatre mille morts et blessés. Les Italiens ont perdu environ trois mille hommes. Les unités de Rome continuent à reculer. Elles abandonnent leurs positions de Diredaoua, une grosse bourgade d’Ethiopie au nord-ouest de Harar que les Britanniques occupent le 29 mars 1941. Leurs commandants fixent le rassemblement à Addis-Abeba.

    Le 31 mars, en Cyrénaïque, les troupes italo-allemandes sous le commandement du général Rommel engagent leur contre-offensive et attaquent Marsa el-Bréga, au nord-est d’El-Agheila. Les Anglais surpris par la violence de l’offensive et la puissance de feu concentrée par l’ennemi se retirent mais abandonnent sur le terrain une trentaine de chars légers ainsi qu’une cinquantaine d’automitrailleuses. Le 1er avril, les troupes des 4e et 5e divisions indiennes du général Platt occupent Asmara la capitale de l’Erythrée. Sur sa lancée, Rommel progresse à vive allure et cette fois ce sont Agedabia et Zouétina qui tombent entre les mains des régiments arborant la croix gammée. Tandis que les Anglais avancent d’Asmara vers Massoua, cinq contre-torpilleurs italiens qui se trouvent dans le port le quittent pour Port-Soudan. Ils sont repérés par des appareils de reconnaissance de la RAF qui guident sur zone des avions torpilleurs. Quatre bâtiments sont envoyés par le fond. Bien que loin de disposer de l’ensemble des forces opérationnelles de l’Afrika-korps, Rommel accélère la reconquête de la Cyrénaïque et dans un rapport s’étonne de la facilité avec laquelle ses troupes enregistrent des succès. Il considère que la résistance anglaise est faible et confirme l’inadaptation de la stratégie italienne et un commandement lacunaire sur le terrain.

    Le 4 avril, le général allemand quitte Agedabia qui est tombée quarante-huit heures plus tôt. Il déclenche alors une offensive dans trois directions : au nord vers Benghazi, au nord-est vers Mous et El-Mekhili et à l’est vers les arrières britanniques qui sont stationnés à Ben-Gama et Tengeder. Il définit personnellement la manœuvre qui est confiée aux divisions italiennes Ariete, Trento et Brescia lancées sur Benghazi. Pour défendre les positions conquises en Libye, les Britanniques ont confié au général Philip Neame le soin de stopper l’offensive ennemie. Il dispose pour ce faire de la 2e brigade, de la 2e division blindée, de la 9e division australienne et de la 1re brigade motorisée indienne. Ce n’est pas assez pour s’opposer efficacement au rouleau compresseur mis en mouvement par le Reich. Neame doit gagner du temps et il sait que le repli lui est recommandé par le cabinet de guerre si l’ennemi se montre trop mordant. Les Britanniques et les Français ne peuvent pas fournir de renforts pour l’instant. Rommel rencontre donc assez peu de résistance si bien que ses troupes pénètrent sans difficulté dans Benghazi qui repasse le 4 avril sous l’autorité des forces de l’Axe. Les Anglais qui ont anticipé la manœuvre du général allemand réussissent à évacuer les régiments vers l’est. En revanche, le lendemain, les Italiens sont contraints de quitter Addis-Abeba. Les troupes du vice-roi Amédée d’Aoste sont alors disséminées dans les zones montagneuses du pays pour y installer des pôles défensifs de l’Amba Aladji vers Sidamo et l’Amhara.


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    Yamamoto et l’Opération Z

    L’amiral Nomura : il écoute Yamamoto.
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  • Le général Tojo soutient les rangs bellicistes.
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  • L’amiral Yamamoto, un stratège dont les analyses ne séduisent pas tous les nationalistes.
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  • Le redoutable pari sur l’aéronavale.
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  • Tchang Kaï Chek : les alliés ne peuvent pas l’abandonner.
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  • Cordell Hull, le bouillant secrétaire d’Etat américain s’interroge sur le jeu nippon.
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  • ASIE. Au printemps 1941, le Japon qui a renforcé sa puissance militaire est déterminé à établir un « Nouvel Ordre » en Asie alors que les Etats-Unis insistent sur le caractère sacré des traités internationaux.

    A la Maison Blanche, dans les premiers jours d’avril 1941, on s’inquiète de l’arrogance de Tokyo. Il n’y a pourtant rien de bien nouveau depuis l’intervention du secrétaire d’Etat Cordell Hull qui, dès le mois de janvier devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a condamné les plans destinés à lui garantir une position dominante dans la grande région. Et de prévenir les élus américains : « Toute agression nippone, entraînerait des représailles économiques croissantes ». Le durcissement de la diplomatie de Washington est tempéré par la proposition d’ecclésiastiques US de conduire une médiation entre les deux capitales. Mgr James E. Walsh et le père James M. Drought rencontrent le ministre des Affaires étrangères Matsuoka que l’administration américaine juge : « aussi retors qu’une botte d’hameçons ». Les deux prélats accréditent l’idée d’une diplomatie parallèle pour que l’évocation de la question chinoise soit la plus discrète possible. C’est aussi dans cette perspective que l’ancien Premier ministre nippon, l’amiral Kichisaburo Nomura, un américanophile apprécié de Roosevelt, est envoyé aux Etats-Unis pour relancer le processus de négociation entre les deux pays. L’ambition américaine est de convaincre les Japonais de stopper leurs opérations militaires en Chine. Une entrevue secrète est programmée entre Nomura et Hull. Seulement début avril, réclamer aux Américains de reconnaître l’autorité du Japon sur une grande partie de la Chine, de mettre fin au soutien logistique et technique accordé à Tchang Kaï-chek et de le contraindre à signer la paix est aller bien vite en besogne. Cordell Hull est scandalisé par cette proposition qui a été plaidée par les deux ecclésiastiques de son pays ! « Ce document est beaucoup moins conciliant que nous avions été amenés à l’envisager, et tout à fait dans les vues de l’impérialisme nippon » tonne-t-il.

    Palabres diplomatiques

    S’il est furieux, le secrétaire d’Etat exige néanmoins de continuer la négociation en retenant quatre principes fixés par Washington : le Japon respecte l’intégrité territoriale des autres nations, il n’intervient pas dans les affaires intérieures des autres Etats, il soutient le principe de l’égalité des chances dans le commerce, il accepte le statu quo dans le Pacifique, à moins d’un changement pas la voie démocratique. Nomura comprend alors que les Américains n’ont pas la souplesse décrite par les deux religieux. Il s’interroge sur l’appréciation par la Maison Blanche de l’adhésion de Tokyo au Pacte tripartite initié par Hitler. L’amiral essaie de gagner du temps et comme il est un homme policé, Cordell Hull se montre moins braque que de coutume. Il faut pourtant admettre qu’après plusieurs semaines de rencontres régulières depuis février, aucun progrès significatif n’est enregistré. Hull suit à la lettre les consignes fixées par le président Roosevelt tandis que Nomura s’en tient aux instructions du Premier ministre, le prince Konoye. Les deux diplomates y trouvent leur compte et font traîner les discussions. Pendant ce temps, l’industrie lourde nippone tourne à plein régime de manière à préparer au mieux un plan multiple d’invasion du Sud-est asiatique, ce qu’ignorent les Etats-Unis ! Konoye ne croit pas que le Pacte tripartite va favoriser la politique de son gouvernement. Il juge que les priorités de Berlin ne sont plus l’invasion de la Grande-Bretagne mais l’écrasement de l’Union soviétique, la contre-offensive en Afrique et dans les Balkans en raison des échecs répétés des Italiens. Cela n’intéresse pas Tokyo.

    La prudence de Yamamoto

    La visite à Moscou du ministre des Affaires étrangères japonais pour négocier avec le Kremlin un pacte de non-agression est l’objectif diplomatique prioritaire de Tokyo pour la première quinzaine d’avril 1941. Matsuoka joue ses cartes russe et allemande pour tenter d’arracher des concessions à Washington : « Maintenant que la Russie et le Japon ont réglé leur contentieux, vous allez pouvoir vous occuper de l’Extrême-Orient et l’Allemagne de l’Europe » déclare Staline à son interlocuteur nippon. Alors que le gouvernement Konoye maintient les liens diplomatiques entre les deux capitales, les stratèges japonais se réunissent chaque semaine pour finaliser un plan d’attaque contre les Etats-Unis. A Tokyo, il est patent que sans résultat politique probant, les armes parleront.

    L’amiral Isoroku Yamamoto qui connaît bien les Etats-Unis mais aussi la Grande-Bretagne veut éliminer purement et simplement la puissance navale américaine dans l’océan Pacifique. Vice-ministre de la Marine, il a déjà développé un plaidoyer très argumenté pour doter son pays d’une puissante aéronavale. La combinaison des porte-avions, d’une aviation d’assaut et d’une aviation de couverture est pour lui la clé pour humilier une Amérique rétive à l’appétit de puissance de l’Empire d’Hiro Hito. Pourtant Yamamoto considère que son pays ne dispose pas de la puissance industrielle suffisante pour s’opposer durablement aux Etats-Unis. Cette analyse pragmatique ligue contre lui les ultranationalistes. En 1939, sa vie a été menacée par les bellicistes et le Premier d’alors Yonai, l’a envoyé en mer comme commandant en chef de la flotte combinée. L’amiral n’a jamais été un partisan du rapprochement avec l’Allemagne dont il ne voit pas l’aide qu’elle pourrait apporter au Japon. Seulement, chez les jeunes officiers en particulier, l’Allemagne martiale et autoritaire séduit. S’il est pratiquement certain de pouvoir surprendre à un moment donné les Etats-Unis, il considère que la réaction de cette grande nation blessée sera terrifiante. Le 6 avril il le redit : « Quiconque a vu ses usines d’automobiles à Detroit ou ses champs de pétrole du Texas sait que le Japon en tant que nation, manque de richesses et de puissance pour se lancer dans une compétition navale avec une telle nation ».

    L’amiral n’est pas dupe, il sait que malgré le professionnalisme et la volonté de Matsuoka, la politique du prince Konoye privilégie le choc entre les deux pays. Yamamoto ressort alors un document qu’il a signé le 7 janvier 1941. Il s’agit d’un mémorandum de neuf pages intitulé : « Idées préalables à la guerre ». La destruction de la flotte US du Pacifique par surprise est pour lui une solution raisonnable pour se donner le temps de conquérir les champs pétroliers des Indes néerlandaises, de la Malaisie, des Philippines et ainsi rééquilibrer la puissance des deux nations au profit du Japon. Le rôle de l’aéronavale encouragé par Yamamoto est confié au commandant Minore Genda, ancien attaché naval nippon à Londres un expert qui a déjà étudié l’attaque réussie de l’aéronavale anglaise contre le port italien de Tarente. Yamamoto et Genda officialisent « L’opération Z ». Les Etats-Unis n’ignorent pas leur vulnérabilité à Hawaï mais ils ne pensent pas que les Japonais aient l’audace de les provoquer. Ce qui ne les empêche pas de renforcer les dispositifs statiques, maritimes et aériens de défense de Pearl Harbour. A bord du « Nagato », l’énorme machine de planification nippone se met en marche avec les meilleurs officiers d’état-major et des commandants d’escadrilles très motivés.

    Textes : Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    V comme Victoire

    Le général est toujours un parfait orateur.
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  • Contrer les mensonges de la presse aux encriers dociles, promouvoir les gestes hostiles mais pacifiques, stimuler l’envie de revêtir l’uniforme pour bouter hors de France un ennemi arrogant, les Français libres sont sur tous les fronts.

    La colère de Pierre Bourdan est à hauteur du scandale que suscite chez les Français libres, la une de « Paris Soir » en cette fin mars 1941. Un journaliste n’hésite pas à écrire : « Enfin nous redevenons les maîtres de notre destinée ». Le reporter de la France libre avale de travers ce mensonge alors que les effectifs de la gestapo dans la capitale ne cessent de croître. Il réagit avec une grande vigueur : « Maîtresse de sa destinée quand il y a un espion derrière chaque porte. Maîtresse de sa destinée quand son territoire et son Empire voient partout grouiller la vermine teutonne. Maîtresse de ses destinées quand la presse allemande nous annonce que la Lorraine, province essentiellement germanique doit devenir le rempart de l’Allemagne contre le poison de la culture occidentale… Maîtresse de sa destinée quand on lui vole les huit dixièmes de sa récolte de blé pour lui en rendre deux centièmes. Maîtresse de sa destinée quand on garde en captivité deux millions de Français », le réquisitoire de cette voix désormais habituelle de l’émission « Les Français parlent aux Français » accumule tous les exemples concrets qui démontrent que le comportement de Berlin est à l’opposé des certitudes des journaux aux ordres.

    Il prend le contre-pied et tient à parler de sa propre espérance : « Vous redeviendrez, nous redeviendrons les maîtres de nos destinées quand ce cauchemar, quand cette lèpre de malheur auront disparu de notre pays où, dans les plus grands moments, le travail était heureux et humain ».

    Maurice Schumann prend le relais pour dénoncer une presse dite française : « entre les mains des censeurs, des souffleurs, des argousins de la Gestapo ». Il a l’opportunité de dénoncer les quatre instructions destinées à museler l’information pour l’abandonner aux brosses à reluire de Vichy. La première norme affichée par l’occupant est de dire que le devoir principal de la presse est d’être un instrument au service d’une cause : « Elle ne doit publier que les nouvelles propres à favoriser la politique du Reich ». Le deuxième élément dénoncé par le porte-parole de la France libre est la divulgation des communiqués des armées allemandes et italiennes : « ils doivent être publiés chaque jour en première page et les plus gros caractères leur sont réservés ».Et d’ajouter que la politique étrangère relayée dans les journaux doit appliquer le prisme de lecture de Berlin.

    La boîte à astuces

    Jacques Duchesne se félicite que cette manipulation de l’information conduise à amplifier la campagne du V comme victoire. Ils surgissent sur les murs, dans les cours de plusieurs lycées, à l’intérieur d’usines. « V à l’heure actuelle, ça n’a qu’un sens : c’est la première lettre du mot Victoire. On écrit V partout et chacun le sait, chaque Français sait bien que ce V veut dire Victoire. Alors si les murs d’une ville ou d’un village sont couverts de V, les habitants de cette ville ou de ce village, sans avoir besoin de se consulter, savent qu’ils sont tous animés du même désir ». Bien sûr, des ordres sont donnés pour que tous ces signes jugés hostiles à l’occupant et favorables à la fois aux gaullistes et aux Anglais soient effacés. Duchesne s’en amuse et s’en explique : « Les V reparaîtront parce que, songez donc, un V ça se trace presque tout seul, on marche sur le trottoir, le long des murs, en rentrant chez soi avec un bout de craie, ou un bout de fusain dans la main et on laisse derrière soi une traînée de V et personne ne vous a vu les tracer ».

    Le journaliste récapitule des astuces et multiplie les scénarios pour donner des idées aux Français : « Un grand V dans le dos d’une capote bien tracé à la craie, une capote qui pend dans un vestibule, ça fait très bien, surtout si la capote est allemande. La peinture d’une automobile allemande arrêtée dans un coin où il n’y a pas beaucoup de monde, il ne faut pas longtemps pour y couper un V au couteau. Il y a beaucoup de mots allemands qui commencent par V. Il y a le mot Verboten, un cercle autour du V de verboten, c’est agréable à voir ».

    Les journalistes qui insistent sur ces manifestations pacifiques d’hostilité ont beau jeu de rappeler qu’ils n’ont pas la paternité de cette initiative : « C’est vous qui l’avez inventée. Tracez des V sur tous les murs, sur toutes les palissades partout en France, c’est un moyen de manifester votre espoir sans courir aucun danger. C’est un moyen de déprimer l’ennemi, c’est un petit moyen mais c’est par l’accumulation de petits moyens que nous arriverons à miner les forces de ces Allemands qui, vous le savez, ne sont plus aussi forts qu’ils l’ont été. C’est un moyen de hâter le jour de la vraie victoire ».

    Le sermon gaulliste

    Profitant de la journée des prières inscrite le 23 mars 1941 Schumann demande qu’on diffuse le message que le général de Gaulle a adressé au journal français d’Action catholique imprimé à Londres : « J’affirme en connaissance de cause que le clergé dans son ensemble, approuve la résistance à l’ennemi. Nous savons ce qui se passe chaque jour dans les églises de France. Il n’est pas un seul de nos sanctuaires d’où ne montent au quotidien des prières pour la victoire des alliés. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement ? Les prêtres de France comme les fidèles, n’ignorent pas que la croix gammée prétend se dresser en rival de la Croix du Christ et qu’une victoire hitlérienne nous replongerait dans les ténèbres du paganisme. Ils ont gravé dans leur cœur la condamnation des hérésies que le souverain pontife a prononcée à diverses reprises et que notre épiscopat fit lire dans toutes nos églises ». Le général n’exclut pas que quelques dignitaires du clergé cultivent une position ambiguë mais il préfère citer le cardinal britannique Hinsley : « L’esprit de la France n’est pas écrasé, l’esprit de sainte Jeanne d’Arc vit toujours et vaincra ».

    Pour de Gaulle dont la foi est intense et intacte, le catholicisme français est toujours imprégné par l’esprit de Jeanne de Lorraine et il est convaincu que la sainte prendra sa part à la victoire. Maurice Schumann préfère citer les conclusions d’un moine, aumônier des Forces françaises libres : « Oui faisons pénitence ! Mais n’allons pas croire que la pénitence consiste à gémir dans les chaînes que nous ont imposées des mains barbares sans chercher à les briser. Notre pénitence à nous doit être une pénitence active, une pénitence de croisé. Elle consiste après avoir imploré le secours de Dieu, à nous lancer dans l’action et à tout faire pour délivrer nos frères ».

    Duchesne reprend dans sa chronique du 26 mars dans le prolongement de l’appel de l’homme d’église : « Dans la dernière guerre, j’ai été appelé à 17 ans et demi, je sais ce que c’est. Il n’y a que cette pensée qu’un jeune Français puisse avoir à l’heure actuelle : se battre et se battre pour la cause que la France a toujours défendue, pour la liberté ». Les Français libres sont unanimes pour dénoncer les appels de Français à combattre d’autres Français. Maurice Schumann lance cet appel sur un ton solennel : « Marins, soldats, aviateurs, nos camarades, alerte au drapeau ! La guerre pour la France ? Toujours. La guerre pour Hitler ? Jamais ! ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Union110331b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Comité des anciens combattants : André Jacquet réélu président

    Les participants à la réunion.
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  • Le comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre de Vitry vient de se réunir à la maison des associations et des syndicats Lucien-Herr pour son assemblée générale, en présence de Claudine Brocard, adjointe au maire chargée des cérémonies et du général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine. Le bureau a été réélu. Ainsi André Jacquet, président des ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Vitry, est réélu à la présidence du comité d’entente. Jean-Claude Nattier, secrétaire de l’UNC Perthois-Bocage, est confirmé à la vice-présidence. Jean-Frédéric Allerat, président de la 256e section des médaillés militaires, est également confirmé dans ses fonctions de secrétaire et trésorier de l’association. Gisèle Probst reste présidente honoraire.

    Il a été reconduit qu’une gerbe par association serait prise en charge. Les porteurs de gerbes pour les différentes cérémonies ont été désignés. Le repas de cohésion avec les porte-drapeaux aura lieu cette année le samedi 19 novembre à Châtelraould-Saint-Louvent. Il a également été proposé que l’association organise un thé dansant et un loto pour faire rentrer un peu d’argent.

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    Union110331a - Marne
    SEZANNE : Seconde jeunesse pour le Souvenir français

    Serge Finck, trésorier du comité du Souvenir Français du Sud-Ouest marnais : « Il n’est pas décent de laisser mourir le Souvenir ».
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  • SEZANNE (Marne). Des bénévoles viennent de relancer le comité du Souvenir Français de Sézanne. Objectifs : entretenir des tombes et faire des émules, en particulier chez les jeunes.

    APRES de longues passées à sommeiller, le comité du Souvenir français de Sézanne renaît. Désormais baptisé comité du Sud-Ouest marnais, il reste fidèle à ses missions d’origine. Et ses membres souhaitent impliquer davantage les jeunes générations. Explications avec Serge Finck, trésorier de l’association.

    Reconnu d’utilité publique

    Qu’est-ce que le Souvenir français ?

    Il s’agit d’une association créée après la guerre de 1870. Elle visait à entretenir les tombes de soldats morts pour la France, enterrés en Alsace et en Lorraine. Cet entretien se faisait par des bénévoles, clandestinement. Le Souvenir français a été reconnu d’utilité publique en 1906. Il a trois objectifs : le devoir de mémoire et l’entretien de tombes de soldats morts pour la France, ceci dans 62 pays différents. C’est une association apolitique, pas religieuse.

    Il n’existait pas de comité du Souvenir français à Sézanne ?

    Si, un comité existait bien à Sézanne. Mais il était en sommeil depuis 15 ou 20 ans. Des bonnes volontés, soutenues par les associations d’Anciens combattants, d’association patriotiques, d’élus, ont décidé de donner un nouvel élan à ce comité.

    Pourquoi vouloir remettre un comité sur pied ?

    Il n’est pas décent de laisser mourir le Souvenir. Pour l’entretien des tombes de ceux qui sont tombés pour la France.

    Il y a de nombreuses tombes de soldats dans notre secteur. Bien sûr, les membres du comité assistent aux diverses cérémonies.

    Et nous espérons impliquer les jeunes générations pour continuer ce devoir de mémoire.

    Pas une association d’Anciens combattants

    Ce comité concerne t-il seulement Sézanne ?

    Il regroupe les cantons de Sézanne, Esternay, Fère-Champenoise et Anglure, nous avons décidé de le baptiser comité du Souvenir français du Sud-Ouest marnais.

    S’agit-il d’une association d’Anciens combattants de plus ?

    Pas du tout. Le Souvenir français n’est pas une association d’Anciens combattants, le Souvenir français se situe en dehors. C’est une association qui est animée par le patriotisme ; et qui a pour objectif de transmettre cette flamme du souvenir aux jeunes. Car dans quelques années, il n’y aura plus d’Anciens combattants.

    Quel est le but de la réunion organisé lundi 4 avril à 18 h 30 à la Maison des sports de Sézanne ?

    Cette réunion vise à recruter davantage d’adhérents. Le bureau de l’association est constitué, nous avons un président, M. Labrune. Nous y avons convié les adhérents des associations d’Anciens combattants notamment. Mais toutes les bonnes volontés seront accueillies à cette réunion de présentation du Souvenir français.

    Selon vous, le souvenir est-il assez entretenu à Sézanne et dans les environs. Y-a t-il assez de monde qui assistent aux différentes cérémonies ?

    Les anciens combattants répondent présent, la population également, en particulier à la belle saison. Mais il manque des écoliers aux cérémonies, en particulier à Sézanne.

    Recueilli par Guillaume TALLON

    Réunion le lundi 4 avril à 18 h 30 à la Maison des sports de Sézanne.



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      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

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      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010