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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
Publié le vendredi 1er juillet 2011, mis à jour le vendredi 30 septembre 2011
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010.

 

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Union110930a
LOIVRE : Il collectionne les motos de la Seconde Guerre : La passion selon Christian

Christian ne s’ennuie jamais, il n’a pas le temps !
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  • A Loivre, un habitant collectionne les motos de la Seconde Guerre mondiale. Christian habite à Loivre, mais il est né en Lorraine il y a 79 ans. Il a été champion de France militaire de cross lorsqu’il était dans l’Armée de l’Air à Fribourg en 1954, neuf fois champion de cross en Champagne. Christian restaure des motos de la Seconde Guerre mondiale pour son plaisir.

    Parfois trouvées à l’état d’épaves, il leur rend leur éclat d’antan à force de patience. Membre de l’Association Radar, il participe à des commémorations : les plages du Débarquement en Normandie, le Pas-de-Calais libéré à Souchez, la Libération de Reims.

    Il possède une moto allemande NSU motorenwerke AG de 1952, et une HD- WLA ayant participé à la Libération de Paris au sein de la Division Leclerc. Il a aussi une Harley Davidson rouge trouvée par hasard sous terre, et une Dresch à moteur suisse de 1929, dont la boîte à chambre à air et la boîte à outils sont intactes. Christian est fier de sa Cushman, model 53 military airborne de 1944, une moto scooter qui se parachutait.

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    Union110929c
    Aimée, une sacrée bonne femme

    Féministe, socialiste et d’un tempérament hors du commun. À 80 ans passés, elle collectait encore des vêtements pour les nécessiteux.
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  • Ici en compagnie de son fils adoptif juif qu’elle a sauvé de l’extermination en le déguisant en fille
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  • Aimée Lallement a désormais une rue à son nom. Belle façon de sortir de l’ombre une Rémoise d’exception.
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    AIMÉE LALLEMENT aurait sans aucun doute apprécié d’avoir une rue à son nom au cœur du quartier Croix-Rouge. C’est chose faite depuis jeudi dernier.

    Militante socialiste et féministe convaincue, Aimée n’avait pas le profil des salons et des réceptions d’une ambiance centre-ville bourgeoise ou gauche caviar.

    Elle n’avait pas non plus le goût des honneurs trop médiatiques. Quand on lui a remis la médaille des Justes en 1980, la Rémoise a demandé qu’on ne fasse pas de publicité autour de cette distinction. Elle en aurait pourtant mérité. Aimée est venue en aide à plusieurs familles juives pendant la guerre. Elle a même sauvé un enfant qui est devenu son fils. C’est l’histoire de Jankel. Un gamin de 14 ans dont la mère, Brandla Przedborz, est arrêtée le 20 juillet 1942 à Reims et envoyée au camp d’extermination d’Auschwitz. Son père, Isaac, est arrêté en octobre de la même année. Il est aussi envoyé vers les chambres à gaz d’Auschwitz. Jankel réussit à s’enfuir par les toits au moment de l’arrestation de son père.

    Il devient Jacqueline

    Seul dans un monde de haine, il se réfugie chez Aimée qui avait sympathisé avec ses parents et offert de les aider. À l’époque, Mme Lallement, alors âgée de 52 ans, est directrice d’un foyer de jeunes filles rue de Talleyrand. Une planque idéale pour le jeune Jankel.

    Aimée lui laisse pousser les cheveux, le fait passer pour une nièce à elle et l’intègre au foyer de jeunes filles. Il devient Jacqueline. Ensuite, elle le cachera à la campagne où elle lui fera donner des cours particuliers. Jusqu’à la Libération, elle partagera avec lui sa maigre ration alimentaire. Puis elle lui paiera ses études de médecine et l’adoptera en 1956 pour en faire son héritier.

    Jankel, devenu Jacques Presbor-Lallement, a aujourd’hui 90 ans. Il vit près de Bordeaux. Son état de santé ne lui a pas permis de faire le voyage jusqu’à Reims pour l’inauguration de la rue dédiée à sa mère adoptive. Pour être là quand même, il a confié à Claude Secroun un message à lire. Il a bien choisi son représentant puisque M. Secroun, le président local de la Licra, est celui qui a proposé à la Ville d’attribuer une rue à Aimée : « J’ai découvert l’existence de cette femme il y a environ un an. Quel étonnement de constater tout ce qu’elle avait fait d’extraordinaire alors qu’elle était tombée dans l’oubli. Elle a tout de même été championne olympique ! À 80 ans passés, elle continuait à collecter des vêtements pour les familles dans le besoin, en toute discrétion. Il fallait absolument que Reims se souvienne d’elle ».

    Grâce à lui et à la municipalité qui a fait aboutir sa démarche, Aimée, Juste des Nations, personnage hors du commun, fait partie du quotidien des habitants de Croix-Rouge

    Catherine FREY

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    Union110929b
    MARDEUIL : Les 8 et 9 octobre à la salle des fêtes Amnesty International organise une foire aux livres

    Francis Binse et son équipe répondront aux questions des visiteurs.
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  • Chaque année, le groupe sparnacien d’Amnesty International organise une foire aux livres dans l’arrondissement. Cette manifestation se tiendra le samedi 8 et le dimanche 9 octobre, de 10 à 18 heures à la salle des fêtes de Mardeuil, rue de la Liberté.

    Un grand choix de livres à tout petit prix sera présenté. Des romans en majorité, d’auteurs connus et moins connus, et de tous les genres : général, historique, sentimental ou régionaliste. « Nous avons effectué cette année un tri préalable pour ne présenter que des livres en bon état », souligne Francis Binse, le secrétaire du groupe.

    « Un espace sera réservé aux enfants et adolescents. Les fonds récoltés serviront à financer les activités de l’organisation aux niveau local, national et international, en faveur de la défense des droits humains, qu’ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels. « Amnesty procède par campagnes et s’appuie sur les quelque 2,2 millions de membres, sympathisants et abonnés dans plus de 150 pays et territoires, dans toutes les régions du monde. Ils écrivent des lettres et des messages afin de forcer les gouvernements ou les organisations non-étatiques à rendre compte des violations des droits humains dont elles se rendent responsables.

    « À l’occasion de la foire aux livres, les membres du groupe seront heureux d’accueillir toutes les personnes qui désirent mieux connaître l’association, et répondront à leurs questions. »

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    Union110929a
    VRAUX : Visite d’un vétéran américain au musée de l’aviation

    Quelle surprise lorsque M. Rapin, passionné d’aviation ardennais sollicita les membres du musée de Vraux pour une visite hors norme mardi.
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  • Il se proposait en effet de venir avec un pilote de chasseur Mustang P 51 âgé de 91 ans le colonel Alexander Jefferson accompagné d’un autre pilote US, vétéran du Vietnam et de la guerre du Golfe le Colonel Ronald L. Albers membre du célèbre musée américain « Motts Military Museum » de Dayton.

    Alexander Jefferson bon pied bon œil malgré ses 91 printemps, était membre du 332e Fighter group, la seule unité composée de pilotes et personnels de couleur.

    Un homme noir

    Le 10 août 1944, âgé de 22 ans alors qu’il participait à l’opération Dragon chargé de détruire l’ensemble des stations radar allemandes installées sur le littoral méditerranéen il fut abattu par la DCA lors d’un straffing à 15 m de hauteur et 600 km/h. 102 Mustang avaient décollé de Ramitelli en Italie en début de matinée pour attaquer par groupe de 12 avions, volant quasi au niveau de la mer. Vers 11 heures, lors de l’arrivée sur le site du cap Carqueiranne, ce fut l’enfer, la flak faisait feu de toute part. Le coéquipier d’Alexander Bob Daniels est touché, son avion s’écrase en mer, Alexander largue ses réservoirs supplémentaires plonge et fonce dans ce chaos d’acier et de feu, il tire de toutes ses armes sur l’objectif, il reçoit une dizaine de balles qui traversent le fond et la verrière de son P 51sans le toucher.

    Quelques secondes plus tard alors qu’il cabre son avion le moteur est gravement touché, alors qu’il est seulement à 300 m., Alexander se détache et éjecte sa verrière pour s’extraire de son avion.

    Le Mustang s’écrase en feu sur un bâtiment allemand et notre pilote touche déjà la cime des arbres lorsque son parachute s’ouvre, la chute est rude il atterrit brutalement sur les fesses, écorché aux bras, au ventre et aux jambes mais rien de cassé et en vie.

    Malheureusement il est tombé près du canon de DCA qui l’a abattu, il est fait prisonnier par les servants de la pièce antiaérienne… Quelle surprise, le pilote est un homme noir. L’officier allemand chez qui il est interrogé lui confie, en anglais qu’il a étudié à l’université de Détroit et espère que la guerre finira rapidement, pour pouvoir retourner en vacances en Amérique. Il fut prisonnier 9 mois près de Sangan dans le Stalagt luft III célébre dans le film « La grande évasion ». C’était très émouvant de le voir heureux et aussi alerte, revêtu de son blouson d’époque type A2 bardé de badges aéro-admiratif devant les pièces du musée avant d’aller en Normandie se recueillir sur les tombes de ses camarades.

    Après la visite d’un autre pilote il y a 3 semaines, petit fils de Jacqueline Auriol et arrière-petit-fils du président de la République française Vincent Auriol, le musée va devoir racheter un nouveau livre d’or avant la fin de saison.

    On peut le visiter les week-ends jusqu’à la fin du mois d’octobre.

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    Union110928c - Marne
    MINAUCOURT : A la mémoire des morts de 1915

    Les porte-drapeaux fidèles au rendez-vous.
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  • Moins de personnalités étaient présentes à la cérémonie.
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  • De nombreux officiels participaient ce dimanche à la commémoration de la deuxième bataille de Champagne à la nécropole de Minaucourt. A cette cérémonie, organisée cette année par l’association de la Main de Massiges, participaient de nombreuses associations telles que le comité Franco-Allemand de la Vallée Moreau, dont les membres avaient revêtu la tenue de soldat de l’époque, mais aussi la chorale d’Argonne nord et l’association des régiments coloniaux et ses porte-drapeaux.

    Dans son discours, le maire de Massiges, Pierre Labat, a rappelé le nombre de soldats tombés au cours de cette effroyable journée de 1915 : on comptait alors 22 morts à l’hectare. Il a également insisté sur les souffrances de ces combattants à peine âgés de 20 ans qui, ce 25 septembre-là, ont remporté une victoire.

    Cette cérémonie se perpétue année après année avec de plus en plus de difficultés. Les personnalités s’y font moins nombreuses.

    Cette fois, le secrétaire d’Etat, Benoist Apparu, mais aussi le député Bruno Bourg Broc et le conseiller général Bernard Rocha étaient absents pour cause d’élections sénatoriales.

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    Union110928b - Marne
    HERMONVILLE : La Villanelle pour fêter la reprise du Fort

    Le vin d’honneur a été servi à la mairie de Sillery.
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  • Le dimanche 25 septembre, la chorale « La Villanelle », présidée par Jean-Marie Goret et dirigée par Noémie Dubois, chef de chœur, s’est associée aux Amis du Fort de la Pompelle pour la cérémonie du 97e anniversaire de la reprise du Fort, en présence d’Henri Walbaum, président de l’association des Amis du Fort de la Pompelle, et de Germain Teschner, ancien président.

    Après le rassemblement des porte-drapeaux, des membres et des invités devant le Fort et l’accueil des autorités civiles et militaires, Robert Clément, vice-président, a présenté un bref historique.

    Des gerbes ont été déposées devant le Fort, à l’Ossuaire près de la route départementale et au cimetière militaire de Sillery.

    Au cours de la messe célébrée à l’église de Puisieulx par le Père Servais, aumônier militaire, la chorale La Villanelle a chanté avec émotion.

    Le vin d’honneur, servi à la mairie de Sillery, a permis de réunir les participants pour un moment de bavardage amical.

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    Union110928a - Marne
    BIGNICOURT-SUR-MARNE : Dans le plus pur esprit parachutiste : Saint-Michel vraiment réussie

    Entre prouesses et mémoire…
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  • C’est sous un soleil radieux que plus de 200 personnes ont accompagné les parachutistes samedi en cette fin d’après-midi.

    Le largage en chute libre à 2000 mètres d’altitude des parachutistes a fait sensation auprès du nombreux public. C’est ensuite au son de la fanfare de Pargny-sur-Saulx que le cortège précédé de ses vingt-et-un drapeaux s’est dirigé à travers les rues du village vers le monument aux morts pour y déposer avec les vétérans anglais une gerbe commune.

    La petite église de Bignicourt a eu bien du mal à accueillir la centaine de participants qui ont assisté à la messe célébrée par le père Ménétrat, curé de la base 113 ; messe ponctuée par la Marseillaise et le God Save the Queen.

    Ces festivités se sont achevées par le traditionnel vin d’honneur offert à tous. Le repas de cohésion, plus tard dans la soirée, a réuni quelque 115 convives.

    Étaient présents Jean-Pierre Formet, maire de Bignicourt, ses adjoints, le député Charles de Courson, la conseillère générale Marianne Doremus, le capitaine-adjoint de la gendarmerie de Vitry-le-François représentant le capitaine Martin, et Gisèle Probst, présidente de l’Unadif.

    L’amicale des parachutistes remercie les habitants de Bignicourt venus nombreux à cette manifestation, ainsi que la municipalité pour l’aide apportée : cette Saint-Michel a été une très belle réussite.

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    Union110927a - Marne
    CHENIERS : L’Amicale parachutiste se souvient

    Les porte-drapeaux ont rendu hommage à leurs frères d’armes tombés au champ d’honneur.
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    L’Amicale parachutiste de Champagne a voulu commémorer les événements tragiques qui se sont déroulés en 1944 au-dessus de la Marne et l’Aube : le bombardement du camp militaire de Mailly-le-Camp.

    Le président, accompagné de quelques membres français et anglais, anciens parachutistes, du maire et de quelques habitants, se sont donc recueillis et ont déposé une couronne sur la tombe des huit aviateurs britanniques et canadiens morts en service aérien commandé et tombés sur le territoire de la commune de Cheniers.

    Le groupe s’est également recueilli sur le monument aux morts français et y a aussi déposé une couronne.

    Les porte-drapeaux ont rendu les hommages à tous ces frères d’armes qui, par le sacrifice de leur vie, ont contribué à la libération de la France.

     

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    Union110926b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Pour que vive la mémoire des Harkis

    Un moment particulier pour servir la mémoire.
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  • Un hommage national à ceux qui ont combattu sous le drapeau tricolore.
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  • Au nom des Harkis et des formations supplétives de l’armée française en Algérie, Châlons a été le relais d’une journée nationale d’hommage.

    NÉS en Algérie, sur cette terre de France qui brutalement ne l’a plus été au terme d’une guerre beaucoup plus terrible qu’on a longtemps voulu le dire, les Harkis ont beaucoup perdu. Dans leur chair et dans leur sort. Avec cette impossibilité pour eux de rester au pays pour avoir combattu sous le drapeau tricolore, - ceux qui sont restés l’ont payé de leur vie - ils ont pris il y a quarante ans le chemin de l’exil.

    Ceux que Châlons a accueillis, après pour beaucoup plusieurs mois d’errances pour beaucoup, ont été surpris de n’être « qu’attendus » sur le sol français « quand ils s’attendaient à être reçus en héros », a rappelé Bruno Bourg-Broc, député-maire. Ils se sont installés sur la rive gauche : la Bidée d’abord, le mont Saint-Michel ensuite.

    De cet endroit longtemps appelé « La petite Algérie » ils ont marqué de leur empreinte tout un quartier, qui travaillant à la Comète, l’ancienne brasserie, qui œuvrant à la SNCF. Un quartier « avec une histoire et une âme ».

    Les Harkis, et puis ces autres membres des formations supplétives qui se sont ralliés à l’armée française en Algérie, le drapeau bleu blanc rouge leur doit tellement. C’est cela qui a été rappelé hier matin, sur leur place, au pied de la tour du mont Saint-Michel, dans une cérémonie placée sous la houlette de Serge Helleringer, conseiller municipal délégué.

    Une cérémonie pour rappeler le rôle des combattants de cette Algérie qu’ils voulaient française : « Nous devons nous souvenir, a rappelé le maire, et nous devons être fiers de leur histoire ».

    Il a par ailleurs insisté sur la « nouvelle image » d’un cadre de vie en pleine restructuration, et qui, avec la création de nouveaux services, donnera un plus à un quartier « à l’identité forte ».

    La nation reconnaissante

    Avant les différents dépôts de gerbe sur la place commémorative, Francis Soutric, secrétaire général de la préfecture intervenant au nom de l’État, n’a pas dit autre chose dans la philosophie du sujet. Seuls les mots ont été différents.

    Voix de l’Hexagone au cœur d’une journée nationale d’hommage aux Harkis, le haut fonctionnaire a relayé la « reconnaissance » de la nation pour l’exemplarité « de tous les musulmans d’Algérie qui ont fait le choix de la France ». Il a mis en exergue leur « fidélité », souffrant qu’au terme officiel de cet événement tragique, « la fin des combats n’ait pas mis fin à leur sacrifice ». Il a en substance souligné l’utilité d’une telle commémoration qui, « même si elle n’a pas la force de guérir les blessures », doit servir à la mémoire.

    Dans les rangs harkis hier rue de Normandie, la plupart semblaient apprécier le geste de la France, même si le mal reste profond : « De Gaulle nous a abandonnés là-bas. On a été massacrés, mais maintenant, la France s’est excusée. Elle fait profil bas, c’est déjà çà… Il faut bien essayer de tourner la page ».

    F.M.

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    Union110926a - Marne
    CLAMANGES : Une plaque pour l’ancien instituteur

    Les proches de Charles Rigaud et les élus ont rendu un hommage appuyé à son action dans le village.
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  • Instituteur dans le village pendant trente ans, notamment durant l’entre-deux-guerres, Charles Rigaud fut une figure du village. Une plaque a été apposée en son honneur.

    C’est devant son école que la foule s’est réunie à Clamanges pour honorer Charles Rigaud.

    Une plaque commémorative a été apposée en sa mémoire sur le bâtiment qu’il a fréquenté pendant trente ans, de 1920 jusqu’à sa mort le 1er janvier 1950. Ce sont ses petits-enfants qui ont eu l’idée de cet hommage, initiative approuvée par la municipalité. Famille, élus, anciens élèves étaient présents à la cérémonie.

    Arrivé à 24 ans

    Charles Rigaud avait 24 ans quand, après avoir occupé un premier poste à Fumay dans les Ardennes, il a été nommé à Clamanges. Il s’est installé avec son épouse Marguerite et leur premier fils, André, dans le logement de fonction de l’école où sont nés ensuite ses deux autres enfants, Yvette en 1925, et Jean en 1926.

    Il a eu la charge d’accueillir tous les enfants de Clamanges de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre, soit au moins deux générations d’élèves, pour assurer dans une classe unique les six niveaux de l’enseignement primaire qui menait alors au certificat d’études.

    Certains de ses élèves l’ont décrit comme « un instituteur rigoureux et juste », qu’ils « écoutaient et craignaient sans en avoir peur », et qui leur inspirait « naturellement le respect ». Ils racontent encore avec reconnaissance qu’avant le certificat d’études, il gardait ses candidats le soir et le jeudi matin pour les préparer aux épreuves, avec des révisions et des exercices supplémentaires.

    Charles Rigaud s’est également employé à rendre d’autres services : avec l’aide de son épouse, il a assuré le secrétariat de mairie de Clamanges et de plusieurs villages voisins, Pierre-Morains, Écury-le-Repos et enfin Trécon.

    Il allait également avec son beau-père, Ernest Virdet, relever les compteurs d’électricité du canton et encaisser les factures.

    Un réserviste mobilisé

    En 1939, déjà âgé de 43 ans et réserviste, Charles Rigaud a été mobilisé.

    Après avoir participé à la bataille de la cluse de Voreppe fin juin 1940, il eut la chance de ne pas être fait prisonnier si bien que, démobilisé après l’armistice, il revint à Clamanges pour reprendre ses fonctions. Mais la mairie-école étant occupée par les Allemands, il dut avec les siens s’installer dans une autre maison près de celle de la famille Moreau, dans l’actuelle rue du Mont, et à la rentrée faire la classe dans une maison particulière sur la place du village.

    Le départ des Allemands en décembre 1940 pour Bergères-lès-Vertus permit aux élèves de retrouver leur école et à la famille Rigaud son logement de fonction. Après la Libération, fin 1944, quand s’est engagée la reconstruction politique de la France après Vichy, Charles Rigaud, exprimant ses convictions républicaines, s’est présenté à l’élection des représentants cantonaux chargés d’élire les conseillers de la République, et a été élu représentant du canton de Vertus.

    Charles Rigaud avait reçu les Palmes académiques et été nommé chevalier dans l’Ordre national du mérite.

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    Anticlérical mais pas fermé

    Charles Rigaud entretenait également des relations suivies avec le curé du village, l’autre personnage important du village avec son maire. Malgré ses opinions laïques sinon anticléricales, il avait noué des rapports très étroits avec l’abbé Modeste Fère, curé de Clamanges de 1897 à 1938 qui l’avait accueilli à son arrivée, et qu’il recevait tous les vendredis pour le dîner familial.

    Il avait noué ensuite des relations également amicales avec son successeur, l’abbé Brion, qui, résistant à l’occupant, fut tué par les soldats allemands le 22 juin 1944.

    C’est Marguerite Rigaud qui reçut d’un officier du Reich un ordre qu’elle n’a jamais pu oublier : « Votre curé a été tué, allez le chercher ! ». Choquée, elle s’était insurgée contre tant de violence.

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    Union110925b - Marne
    RAPSECOURT : Hommage aux aviateurs tombés en 1943 à Rapsécourt

    SAINTE-MENEHOULD (Marne). C’est un fait de guerre assez peu connu en Argonne. En 1943, un avion britannique a été abattu au-dessus du village de Rapsécourt. Vendredi, une cérémonie d’hommage était organisée dans la commune.

    CERTAINS habitants de Rapsécourt s’en souviennent encore. Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 novembre 1943. Un aéronef qui regagnait l’Angleterre après une mission de bombardement en Allemagne est passé au-dessus du village.

    « L’avion a tourné au-dessus de Dampierre-le-Château, se souvient Philippe Claire, présent vendredi à la cérémonie organisée au cimetière de Rapsécourt.

    Il est tombé dans un champ appelé la Prèle, et un moteur à hélice de plusieurs centaines de kilos a été retrouvé à 150 mètres de l’impact. » Comme l’indique le maire Benoît Machinet, « il n’y a eu qu’un seul survivant qui s’est fracturé la jambe en sautant de l’appareil, un Halifax HX 190, avec son parachute ».

    Réquisitionnés pour enterrer les six cadavres

    Et Philippe Claire de se souvenir : « Personne ne parlait anglais dans le village, on ne comprenait pas ce qu’il disait. C’est M. Beaudoin, un cultivateur dont la mère hôtelière parlait anglais, qui a récupéré l’aviateur et a dissimulé le parachute.

    Il l’a emmené chez lui et lui a donné des vêtements civils. »

    Conscient de son état de santé et de la gravité de ses blessures, l’anglais s’est rendu compte qu’il ne pourrait pas s’évader et a demandé à être livré à l’ennemi.

    Le 19 novembre, une ambulance allemande venait le chercher tandis que des habitants de la petite commune argonnaise étaient réquisitionnés pour enterrer les six cadavres.

    Vendredi, à l’initiative de l’UNP (Union nationale des parachutistes de la Marne) et en présence de son président Jean-Louis Leboeuf, le maire de la commune et de nombreuses personnalités civiles et militaires ont commémoré cet événement et déposé une gerbe sur la tombe des six militaires, cinq Anglais et un Australien, abattus au cours de cette nuit tragique et inhumés dans le cimetière communal.

    Pour l’occasion, une délégation de parachutistes britanniques venant de Redditch, près de Birmingham, avait également fait le déplacement.

    Afin de pouvoir échanger et évoquer cet épisode historique au cours du vin d’honneur qui a suivi, les organisateurs avaient fait appel à Michaël Robens, citoyen britannique résidant aux Islettes, afin qu’il assure les traductions simultanées. Benoit Machinet s’est félicité de cette commémoration, non sans remercier les personnes présentes, les anciens du village, les témoins de cet accident ainsi que les plus jeunes afin que puisse perdurer ce souvenir en mémoire de nos libérateurs.

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    Union110925a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Vichy exige des résultats

    Même dans le métro, les murs ont des oreilles.
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  • La présence policière n’est pas que réservée à la circulation urbaine.
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  • police. Le danger bolchévique et la menace gaulliste obsèdent désormais le gouvernement Darlan qui renouvelle ses pressions sur la police et exige des résultats.

    Si en ce mois de septembre les arrestations ne faiblissent pas avec l’interpellation d’individus fichés comme communistes, les résultats laissent dubitatifs à Vichy. Face au diktat nazi, les autorités françaises emboîtent le pas de la répression. Le 20 et le 21 septembre 1941, trois communistes sont exécutés à la guillotine dans la cour de la prison de la Santé. Ils n’ont pas été condamnés par un tribunal allemand mais par une juridiction française obéissant aux ordres du gouvernement de collaboration. Alors que l’occupant manifeste toujours son impatience et réclame de nouveaux exemples, le préfet de police, l’amiral Bard aligne les chiffres qui résument le travail considérable effectué de la mi-juin à la mi-septembre par les services dont il a la responsabilité. Les statistiques reflètent. L’amiral estime que les menées hostiles à l’Etat ont conduit à 11 000 arrestations parmi la volonté de sanctionner 905 gaullistes et 782 communistes.

    On apprend que la chasse aux distributeurs de tracts et aux rédacteurs de graffitis aboutit à l’interpellation de 55 personnes. Pour dissuader tous les affichages intempestifs en contradiction avec les messages répétés par Vichy, 2 250 cas d’avertissements taxés sont infligés aux propriétaires et aux gérants d’immeubles dont les murs servent de panneaux d’affichage !

    La police judiciaire qui s’intéresse aux dossiers criminels et en recherche les auteurs ne chôme pas. Ses responsables annoncent que 16 749 personnes ont été arrêtées dont 6 000 d’entre elles ont été immédiatement traduites en justice. La répression du marché noir est également signalée. La police judiciaire démontre qu’elle ne néglige pas cette tâche qui peut apparaître accessoire. 1 635 personnes ont été appréhendées tandis que 1 484 enquêtes ont été opérées dans les restaurants amenant à 343 arrestations et à un tonnage significatif de marchandises confisquées. Pour ce qui est des menées antinationales c’est-à-dire des activités engagées par des agents de la France libre et leurs complices vivants dans l’Hexagone, les policiers expriment leur inquiétude en raison de leur forte augmentation. Ils flèchent aussi des associations dont ils jugent les activités inopportunes et dangereuses. Ils en recommandent même la fermeture. Le suivi des dossiers est confié à la direction des renseignements généraux.

    Surveillances renforcées

    Les RG sont sur le terrain et ils arrêtent 264 personnes, comptabilisent 863 perquisitions et ordonnent l’internement de 305 personnes gaullistes et communistes souvent qualifiées de parasites. En ce qui concerne l’activité des personnes dites dangereuses ou suspectes qui sont des étrangers et des Juifs, les rapports évoquent des rafles ayant conduit à 101 arrestations, 682 internements et 531 perquisitions. Il est patent que Darlan et Pucheu tiennent à ce que la lutte contre la Résistance en cours de structuration soit active. Qu’il s’agisse de la police et de la gendarmerie ou d’unités nouvelles spécialement formées, la chasse à l’homme est engagée. La Direction de la sécurité du territoire doit lutter contre les agents alliés avec autant de zèle qu’elle s’opposait aux agents allemands avant la déclaration de guerre. Le gouvernement donne de la publicité aux opérations réussies. L’interpellation par les gendarmes d’un groupe de jeunes en train de distribuer des tracts dans le Loir-et-Cher est saluée. Le 21 septembre, les auteurs sont condamnés à des peines de trois et de cinq ans de prison. Les policiers sont actifs aussi bien en zone occupée qu’en zone libre. Toutes les informations susceptibles d’aboutir au démantèlement d’un groupe hostile sont encouragées, toutes les initiatives pour stopper l’élan d’un embryon de résistance sont appuyées.

    La DST possède des listes de noms. Ceux qui sont inscrits sont des priorités mais heureusement il y a aussi dans ces services des acteurs de la Résistance. Ils prennent des risques pour informer ceux qui sont directement menacés ou montent des opérations bidon. Tous supportent une situation contraire au droit français et violant la convention d’armistice. Les Allemands arrêtent non seulement les Français mais ordonnent aux autorités françaises de procéder à l’arrestation de leurs compatriotes. « Les ordres des autorités occupantes doivent être exécutés toutes les fois qu’ils sont notifiés par un service de police. Il faut satisfaire à toute injonction allemande ». Il y a des problèmes de fonctionnement et certains préfets ne sont pas pressés d’appliquer de telles directives ou en organisent l’échec. Le gouvernement réitère à plusieurs reprises la nécessité de bien coopérer avec l’occupant et de répondre dans des délais raisonnables à ses sollicitations.

    Mépris

    L’obéissance de l’administration française suscite beaucoup de mépris chez l’occupant. On note déjà en ce tout début d’automne dans certains rapports de feldkommandants des propos sévères attestant : « une police couchée aux ordres du Reich ». On observe aussi une méfiance croissance à l’égard des gendarmes dont le maillage territorial assuré par les brigades peut aussi être exploité par les gaullistes et les communistes pour étendre leur sphère d’influence. Le ministre de l’Intérieur Pierre Pucheu reste confiant. Il considère que le Service de police anticommuniste (SPAC) et les brigades spéciales, constituées de commandos organisés et entraînés pour s’attaquer aux organisations de la Résistance intérieure sont suffisants pour garantir leur efficacité. L’action du SPAC illustre la collaboration des polices allemandes et françaises.

    Au commencement, ce service comprend une quarantaine d’inspecteurs et de commissaires. La section en zone sud est dirigée par l’intendant de police Detmar, celle de zone nord par Jurquet de la Salle, un ancien cagoulard. « La mission du SPAC est spécialisée dans la recherche et le dépistage des menées du parti communiste illégal, partout où elles s’exerceront ». Le service dispose de correspondants qui doivent : « préciser les centres névralgiques de leur région, en particulier industriels et noter avec le maximum d’exactitude les effectifs du PC illégal, son activité, ses liaisons et complicités conscientes ou inconscientes sur lesquelles il estime pouvoir compter ». Les correspondants recherchent aussi des informateurs parmi dans toutes les classes sociales. Ils maintiennent le contact avec les intendants de police et transmettre leurs renseignements au service, selon des imprimés au modèle bien établi en indiquant quels sont les communistes actifs et dangereux pour l’ordre public. Les résistants sont décrits comme des criminels, de vulgaires hommes de main qui fomentent des attentats et crédibilisent les postures adoptées par les communistes et les gaullistes, ce qui constitue une grave menace à l’ordre public. Pucheu et Darlan insistent auprès des représentants du Reich sur cette police d’intervention dont ils attendent des résultats exemplaires à court terme.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Opération Halberd

    Un croiseur d’escorte se met en position au large de Malte pour prévenir une attaque.
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  • Alors qu’un commando d’assaut italien débarqué du sous-marin Sciré parvient à attaquer Gibraltar et à couler trente mille tonnes de navires alliés, Londres s’interroge sur un plan possible de prise du contrôle du Rocher depuis la mer. Les services de renseignements confirment que le général Franco ne donnera pas l’autorisation aux troupes du Reich et aux unités de l’Axe de traverser son pays pour disposer d’un tremplin d’invasion de l’îlot. Cela ne remet pas en cause l’opération Halberd qui est destinée à réussir une puissante opération de ravitaillement de l’île de Malte soumise aux attaques incessantes de la Luftwaffe et très convoitées pour empêcher les Britanniques de maintenir une présence dans cette partie de la Méditerranée.

    Le 24 septembre 1941, l’amirauté britannique donne le feu vert au départ d’un gros convoi en direction de La Valette. Il est escorté par une puissante escadre navale commandée par l’amiral Somerville. L’escorte comprend trois cuirassés le « Nelson », le « Rodney » et le « Prince of Wales », cinq croiseurs, dix-huit contre-torpilleurs ainsi que le porte-avions que les Allemands qui en sont dépourvus redoutent : « Ark Royal ».

    La présence de l’aéronavale embarquée résulte des observations réalisées. Les quelques bâtiments qui sont parvenus à s’infiltrer dans le blocus de l’Axe ont souvent été attaqués par les bombardiers au moment où les dockers déchargeaient la cargaison. Il y a donc une exigence : l’interception des vagues de bombardiers mais aussi des chasseurs envoyés pour mitrailler les quais encore utilisables du port. Cette décision survient le jour même où les gouvernements de quinze pays adhèrent à la Charte de l’Atlantique élaborée conjointement par Churchill et Roosevelt .Il s’agit de l’Australie, de l’Afrique du Sud, de la Belgique, du Canada, de la Tchécoslovaquie, de la France, de la Grande-Bretagne, de la Grèce, du Luxembourg, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, de la Pologne, de l’URSS, de la Yougoslavie. La vigilance est la plus extrême dans le convoi d’autant que les attaques aériennes commencent. Le 27, un S-84 du 36e groupe italien largue une torpille contre le cuirassé « Nelson » mais les dégâts enregistrés sont limités et le bâtiment n’est pas contraint de rentrer à Gibraltar. Le 28 septembre, le convoi est en approche de Malte et c’est un incontestable succès pour l’état-major britannique. Grâce à un plan minutieusement préparé et une mobilisation totale de la défense antiaérienne, de l’aéronavale, des soldats disponibles pour décharger dans les plus courts délais les différentes cargaisons, ce sont 50.000 tonnes d’armements, de munitions, de denrées alimentaires, de médicaments qui sont débarquées et mises à l’abri en plusieurs endroits de l’île et dans la mesure du possible dans des espaces protégés des bombardements ennemis.

    Les stratèges estiment que toutes les livraisons effectuées si elles sont bien camouflées et gérées en bonne intelligence peuvent permettre à la population locale et aux troupes qui y sont stationnées de tenir jusqu’au mois de mai 1942. Les Italiens et les Allemands ne prennent pas conscience de la portée de ce coup de poker et considèrent que l’opération est avant tout un échange de troupes afin de rapatrier des survivants épuisés et démoralisés par le régime qu’ils leur imposent. C’est méconnaître l’état d’esprit qui prédomine chez les Britanniques coachés par un Churchill plus martial que jamais. Il les pousse à résister et à se battre. Il les félicite d’avoir tenu jusqu’alors de manière aussi héroïque. En prime, le 30 septembre, deux chasseurs britanniques coulent le sous-marin italien Adua. Mieux vaut pour l’Axe ne plus s’approcher de Malte.


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    La France libre peaufine son administration

    Georges-Thierry d’Argenlieu : une force de pragmatisme.
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  • Le général Legentilhomme aime l’efficacité.
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  • Winston Churchill : l’allié qui aime surveiller.
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  • Le vice-amiral Muselier rentre dans le rang.
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  • Londres. Cette nouvelle articulation du pouvoir validée par le général est destinée le jour venu à faire émerger un gouvernement de la France libre assumant toutes les responsabilités.

    Le 25 septembre 1941, le général de Gaulle adresse à tous les hauts-commissaires et gouverneurs de l’Empire libéré un télégramme qui précise la réorganisation des pouvoirs publics de la France libre. Il en émerge un Comité national dont le président est le général. Suivent les commissaires nationaux René Pleven à l’Economie, aux Finances aux Colonies et à la Coordination, Dejean aux Affaires étrangères, le général Legentilhomme à la Guerre, le vice-amiral Muselier à la Marine et à la Marine marchande, René Cassin à la Justice et à l’Instruction publique, Diethelm au Travail et à l’Information, le général Valin à l’Air et le capitaine de vaisseau Georges Thierry d’Argenlieu sans portefeuille. Dans le même temps le chef de la France libre rappelle que le Conseil de défense de l’Empire reste chargé d’émettre un avis sur la protection des territoires de l’Empire et leur participation à l’action de guerre.

    Le pouvoir législatif est exercé par ordonnance du président du Comité national. Le pouvoir réglementaire et les décrets sont signés par le président et contresigné par un commissaire national. Le délégué général, les hauts-commissaires, les gouverneurs généraux, les gouverneurs conservent l’aptitude de prendre des mesures d’application générales ou individuelles par arrêtés. Le même jour, le différend qui oppose le vice-amiral Muselier et de Gaulle semble réglé. Le général lui répond : « Vous m’avez écrit le 24 septembre que, lorsque vous avez téléphoné à M. Dejean lundi matin, votre pensée avait été mal traduite ou mal interprétée et que vous me demandez de considérer comme nulle cette communication téléphonique. Dans ces conditions, je retire purement et simplement ma lettre personnelle du 23 septembre et vous prie de la considérer comme nulle et non avenue ».

    Dans les jours qui suivent, le général rappelle à Londres René Pleven qui se trouve à Washington tout comme le général Legentilhomme en résidence à Brazzaville. Dans l’attente du retour de Pleven, c’est l’inspecteur des Finances Henri Alphand qui assure l’interim. Il est depuis le 23 septembre directeur des Affaires économiques de la France libre.

    De Gaulle écrit aussi le 26 au général Catroux pour lui redire le rôle essentiel qu’il joue au Levant et lui expliquer pourquoi il ne l’intègre pas dans le Comité national : « En raison de la tâche tout à fait essentielle qui vous incombe, je n’ai pu vous demander de faire partie du Comité. Mais il est certain que votre place est marquée dans notre Comité pour le jour où vous aurez la latitude d’y siéger. En attendant votre qualité de membre éminent du Conseil de défense de l’Empire vous conserve toutes facilités pour exprimer vos avis sur tous les points relatifs à la défense de nos territoires et à l’action de guerre ».

    Des procédures strictes

    On mesure le souci du général de disposer d’une administration structurée dont les compétences sont bien définies et qui connaît clairement le degré des attributions de chacun. C’est la raison pour laquelle, une note très précise est adressée le 27 aux commissaires nationaux pour régler l’arrivée et le départ des télégrammes et des notes. Lorsqu’ils parviennent à Londres, les télégrammes sont acheminés au secrétariat général à la Coordination qui répartit tous les jours à 18 h 30 entre les différents commissariats civils les documents parvenus dans la journée au cabinet militaire. Pendant cette séance de travail sont conviés un représentant du commissariat national à la Guerre, un représentant des commissaires nationaux à la Marine, à l’Air, un représentant du cabinet militaire du chef de la France libre. Le commissariat responsable de l’affaire reçoit le télégramme pour attribution. Exceptionnellement, si l’information contenue intéresse un autre commissariat, une attribution pour information est concédée. L’acheminement des télégrammes au départ est possible dès lors que chaque document porte la signature d’un commissaire national. Tout doit être fait alors pour qu’il soit immédiatement expédié lors de la réunion de 18 h 30. Le général explique que tous les télégrammes d’intérêt général, tant à l’arrivée qu’au départ doivent être communiqués à tous les commissaires dans les limites qu’il a fixées. Cette communication est possible dès 18 h 30 jusqu’à 11 heures le lendemain et placée sous la responsabilité du lieutenant Guignard. Et de Gaulle d’ajouter : « MM. Les commissaires nationaux voudront bien noter que cette communication leur est faite à titre strictement personnel et pour les tenir au courant de la marche générale des affaires. Ils ne doivent ni faire copier, ni conserver les télégrammes qui sont ainsi portés à leur connaissance ». On comprend que le général ne souhaite pas que des documents puissent être détournés ou vus par des agents capables de renseigner l’ennemi ou des opposants de l’intérieur aux valeurs morales fragiles. De Gaulle tient en revanche que l’information circule dans un souci d’honnête coopération avec les Britanniques. C’est le sens de la lettre qu’il adresse à Bredan Bracken, ministre de l’Information de Winston Churchill : « Au cours de notre conversation d’hier, vous avez bien voulu me dire que la coordination la plus étroite entre les activités du ministère de l’Information et de la BBC d’une part et celle de l’Information de la France libre d’autre part, était particulièrement souhaitable. Les relations entre nos services ont toujours été excellentes et nous apprécions beaucoup de notre côté l’esprit de cordialité qui anime ceux du ministère de l’Information. Pour me conformer à votre suggestion de désigner un membre de la France libre pour assurer au sein même du ministère de l’Information et de la BBC, un contact plus régulier encore, je propose à votre agrément Georges Boris, membre du service de l’Information de la France libre qui me paraît qualifié et qui a d’ailleurs été souvent déjà en relation avec vos services ».

    Gestion médiatique

    Toutes les démarches entreprises sont conformes aux propos que le général a tenus au cours de sa conférence de presse du 23 septembre. Il a profité de cette rencontre avec les médias pour donner quelques indications sur les moyens opérationnels des FFL. « Nous avons actuellement sous les armes environ 50 000 hommes instruits et combattants, ou susceptibles de combattre ». Il reconnaît que l’Angleterre n’est pour les FFL qu’un lieu de passage puisqu’elles sont ensuite impliquées en Afrique et en Orient. Mais pour éviter des confusions ou des interprétations erronées, il prend le soin d’ajouter : « Ce que je dis par rapport à la Grande-Bretagne n’est exact que pour les troupes de terre, car nous avons en Angleterre, ou agissant à partir de ce territoire, la plus grande partie des navires qui ont été armés par les Français libres et nous avons également des contingents importants d’aviateurs, soit dans des escadrilles, soit à l’instruction ». Cette situation est également valable pour les bâtiments de la marine marchande dont la plupart sont au mouillage dans des ports du Royaume-Uni. Aux journalistes qui le pressent de questions il dit encore qu’il conserve le commandement suprême des FFL mais admet que certains membres du Comité seront chargés de l’une des forces terrestre, navale ou aérienne. Il dissipe aussi quelques doutes sur les relations entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie et rappelle le rôle de médiateur du haut-commissaire pour la Nouvelle-Calédonie.

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    Union110923b - Marne
    BIGNICOURT-SUR-MARNE : Samedi à Bignicourt-sur-Marne : L’amicale des parachutistes fête la Saint-Michel

    René Beaujoin, le président de l’amicale.
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  • L’amicale des parachutistes de Vitry-le-François et de Champagne, présidée par René Beaujoin, prépare activement la Saint-Michel, patron des parachutistes choisi depuis 1949.

    Le programme copieux débutera le samedi 24 septembre à 16 h 30 sur le terrain de football de Bignicourt-sur-Marne (à côté de la salle des fêtes). Les animations s’enchaîneront avec, à 17 heures, avec un largage de paras (trois parachutistes viendront se poser sur le terrain de foot).

    A 17 h 30, le dépôt de gerbe au monument aux morts, en présence de la fanfare de Pargny et des porte-drapeaux sera suivi d’une messe célébrée par le père Menetrat. Les cérémonies seront suivies d’un vin d’honneur et d’un repas à la salle des fêtes de Bignicourt.

    Les prochains rendez-vous avec l’amicale sont programmés les 31 octobre et 1er novembre pour un hommage aux disparus et le 6 novembre à la salle du Manège pour le traditionnel thé dansant. Le 12 novembre, aura lieu l’assemblée générale, au cours de laquelle M. Beaujoin informera l’association de sa décision pour un éventuel changement de président. Dans cet objectif, l’amicale réitère son appel aux volontaires désirant faire partie du bureau.

    Les non adhérents peuvent se faire connaître jusqu’à fin octobre par lettre recommandée avec AR, adressée au siège social de l’amicale : Café du Marché, place des Halles, 51300 Vitry-le-François.

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    Union110923a - Marne
    BAZANCOURT : L’UNC en voyage à la Boisserie

    Les participants ont écouté avec attention l’historique de la Croix de Lorraine.
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    Un voyage a été organisé le 18 septembre, à l’initiative de Jean Bartos, président de l’UNC Bazancourt.

    Voyage entrant dans le cadre des Journées du Patrimoine mais également du souvenir et du recueillement pour celui qui fut le premier président de la Ve République.

    Un car a conduit les trente-huit participants inscrits, des anciens combattants accompagnés de leur épouse et leurs amis. Le vent avait chassé la pluie laissant une place au soleil dans le courant de la journée.

    Au programme : visite de la Boisserie, demeure du Général de Gaulle, recueillement sur sa tombe, temps libre précédant le déjeuner, visite guidée et commentée du Mémorial, historique de la Croix de Lorraine, de la vie du Général de Gaulle. Puis retour au village.

    Cette initiative fut très appréciée par les participants, gageons que Jean Bartos reconduira ce type de voyage vers d’autres destinations symboliques du patrimoine historique.

     

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    Union110922b - Marne
    VALMY : Assemblée générale et hommage Les amis du moulin commémorent la bataille

    Trois gerbes ont été déposées en hommage aux héros de la bataille de 1792.
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  • Mardi soir, c’est le député Bruno Bourg-Broc, président de l’association pour la promotion du moulin, qui a ouvert l’assemblée générale convoquée en mairie de Valmy. Le président a d’emblée remercié le Souvenir Français qui a offert deux tableaux rares de la bataille de Valmy, lesquels ont été provisoirement confiés à la mairie.

    Il a ensuite évoqué, au bilan de l’activité, les suites de la pose de la première pierre du centre d’interprétation et le courrier adressé au ministre de la Culture qui a abouti au rattachement du futur centre de Valmy au Musée national de l’Histoire de France.

    Trésorier, Benoist Apparu a donné un bilan positif de l’exercice 2010, précisant que le nombre d’adhérents s’élève à 191.

    Dans sa musette, le président de la communauté de communes de Sainte-Ménehould, Bertrand Courot, apportait quant à lui une nouvelle importante : l’annonce du début des travaux du futur musée sous quinze jours. Le chantier devrait durer environ 13 mois. À la suite de l’assemblée générale, et à la faveur d’une belle éclaircie du soir, tous se sont rendus pour un dépôt de gerbe au monument Kellermann. Trois gerbes, offertes par l’association de promotion du moulin, les Fils de Valmy et la commune, ont été déposées en hommage aux héros de la bataille du 20 septembre 1792.

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    Union110922a - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : De retour de Pologne : Des voyageurs très marqués par leur visite à Auschwitz

    Les visiteurs se sont recueillis sur la plaque commémorative.
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  • Les 41 participants du voyage annuel de mémoire et de culture du Souvenir français sont rentrés de Pologne, très marqués par la visite du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

    Ils ont découvert qu’à l’origine Auschwitz était un camp répondant à des besoins pénaux mais il possédait cependant une chambre à gaz et un four crématoire. A l’automne 1941, on construit à quelques kilomètres Auschwitz II-Birkenau et début 1942, débutent les transferts massifs de Juifs et Tziganes. Seuls les valides sont laissés en vie mais affectés à des travaux très difficiles avec une nourriture insuffisante, une hygiène déplorable. S’ajoutent les insultes, les brimades, les coups, les punitions, les appels qui n’en finissent pas dans le froid…

    Après la mémoire, le tourisme

    Les déportés vivent dans la peur, se demandant quand viendra leur tour de mourir. Ils ne survivent généralement que quelques mois.

    Les troupes soviétiques libèrent le camp le 27 janvier 1945, et y découvrent 7 000 détenus encore vivants. 1,3 million de personnes ont été déportées à Auschwitz dont 1,1 million de Juifs et près d’un million y ont été assassinés. Une gerbe a été déposée au « Mur de la Mort » devant lequel 20 000 détenus ont été fusillés par les SS.

    Ce voyage a permis également aux visiteurs de découvrir la mine de sel de Wieliczka, ses neuf étages descendant à 327 m et 250 km de galeries. On y a extrait 7,5 millions de m3 de sel au cours des neuf siècles d’exploitation. A l’intérieur, se trouvent plusieurs chapelles décorées de statues, bas-reliefs et autels sculptés dans le sel et même des lustres en cristaux de sel suspendus à la voûte. D’autres visites ont aussi marqué le séjour : Wadowice, la ville natale du pape Jean-Paul II, le château de Wawel, résidence des rois de Pologne, le couvent de Jasna Gora à Czestochowa, la ville de Cracovie et, au retour, une découverte rapide des monuments de Prague.

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    Union110920c - Marne
    MÉMOIRE : Grande guerre : Des écoliers petits artistes de la Mémoire

    Les élèves doivent choisir un poilu originaire de leur ville puis rechercher des témoignages.
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  • Comment les plus jeunes peuvent-ils à l’école s’approprier l’histoire de la Première Guerre mondiale ? Cette question a eu une première réponse avec l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) qui a mis en place en 2006 un concours scolaire intitulé : les petits artistes de la Mémoire. Cette heureuse initiative est reconduite pour l’année scolaire 2011-2012. Les enfants des classes de CM1 et CM2 sont invités à s’approprier l’histoire des poilus et, afin de la transmettre, à devenir ces petits artistes de la Mémoire ! Cette démarche pédagogique présente un véritable intérêt et permet au nom du savoir d’ouvrir une vraie complémentarité des générations.

    Si les professeurs des écoles sont sensibilisés à cette initiative qui conjugue au présent le travail d’histoire et le devoir de mémoire, il n’est pas interdit aux parents et aux enfants d’en parler aux enseignants pour monter un projet. Les élèves n’ont qu’à choisir un soldat de la Grande Guerre, l’un de ces poilus originaire de leur village ou de leur ville puis de rechercher des témoignages qu’ils ont laissés auprès de leur famille, de leurs amis, par des écrits ou en remettant des documents aux archives municipales et départementales, à la bibliothèque de leur lieu de résidence. Ce concours est aussi l’occasion pour les enfants de prendre contact avec des associations d’anciens combattants et pourquoi pas de participer comme certains le font avec recueillement aux cérémonies du 11 Novembre. Ils sont toujours les bienvenus.

    Un journal retraçant la vie d’un poilu

    Après avoir mené leur enquête et en s’inspirant du carnet « Belle petite Monde » du peintre Renefer qui a raconté ainsi la vie au quotidien sur le front à sa fille, les écoliers réalisent à leur manière un journal qui retrace la vie du poilu qu’ils ont choisi. Ils peuvent y insérer des aquarelles, des croquis, des poèmes, de courts textes. Les travaux qui se distinguent par leur contenu historique et leurs qualités plastiques, par leur originalité et le message porté sont distingués par un jury national au cours d’une journée festive à Paris. Dans la Marne on se souvient que l’école de L’Epine avait été primée.

    Le service départemental de l’Office nationale des anciens combattants et victimes de guerre dispose d’une exposition consacrée à la Grande Guerre et d’une mallette pédagogique qui peuvent être mises à disposition des établissements. C’est peut-être ainsi qu’on réalisera en 2014 ce vœu que l’écrivain Michel Bernard formule dans son livre « Le corps de la France » paru chez La Table Ronde : « Le 2 août 2014, jour du centenaire de l’entrée dans la guerre et dans le siècle où nous avons tant souffert, où nous avons tant succombé, j’irai dans un cimetière militaire de la Somme à Montdidier rendre les devoirs du fils sur la tombe de Jean. Je rêve, je vois comme du ciel, que parmi les alignements de croix, je ne serai pas seul ce jour-là, et que sur chaque tombe de ce cimetière militaire, comme sur chaque tombe de ceux de Picardie, du Nord, de Champagne, des Ardennes, de Lorraine et d’Alsace, nous serons nombreux, hommes, femmes et enfants à rendre au même moment les devoirs du fils. Alors nous serons, vivants et morts, le corps de la France ».

    Hervé CHABAUD

    Renseignements et inscriptions : service départemental de l’ONACVG de la Marne, 6-8 quai Notre-Dame, BP 90069 Châlons-en-Champagne-Cedex, tel : 03.26.65.17.60.

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    Union110920b - Marne
    CAUROY-LÈS-HERMONVILLE : Eglise et Grande Guerre

    Un montage vidéo a été présenté aux visiteurs.
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    A l’occasion des journées du patrimoine, les habitants de Cauroy étaient invités à visiter leur église samedi et dimanche après-midi, mais aussi, sous l’impulsion de Jeanne Boulard, 1re adjointe et habitante de la ferme du Luxembourg, haut lieu de la Grande Guerre, par un jeune Normand amoureux de cette période, à visionner un montage vidéo très intéressant de photos de Cauroy qu’il commentait en ravivant des souvenirs oubliés, alors que la matinée s’était passée à aller visiter les endroits les plus stratégiques.

     

     

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    Union110920a - Marne
    SAINT-HILAIRE-LE-GRAND : Patrimoine : dans les villages aussi

    Des commentaires éclairés pour la visite.
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  • Malgré un passé assez destructeur avec la ligne de front de la première guerre mondiale traversant quasiment les villages, il subsiste quelques éléments patrimoniaux qui prennent une dimension historique encore plus grande du fait de leur rareté.

    Ce sont les lieux de cultes qui perpétuent cette histoire qui éclaire notre présent.

    C’est pourquoi à l’occasion des journées du patrimoine, les églises de Saint-Hilaire-le-Grand, Jonchery-sur-Suippe et Souain étaient ouvertes au public avec un accueil personnalisé et des plus conviviaux. Grâce aux explications d’André Gillet, les petites anecdotes de construction et de célébrations d’offices ont illustré l’origine du XIIIe siècle de l’église de Saint-Hilaire qui fut appelée en son temps la petite cathédrale car elle pouvait accueillir plusieurs centaines de fidèles, ce qui était rare pour l’époque. Après moult péripéties (incendies, pillages…), la dernière version de l’église sera inaugurée en 1905 avant d’être totalement détruite dix ans plus tard.

    L’église actuelle date de 1925 et conserve un morceau d’une station de l’ancien chemin de croix, la cloche (sauvée de la fonderie en gare de Suippes lors de la Seconde Guerre mondiale) et un magnifique Christ en croix du XVIe siècle.

    L’autre particularité de la commune de Saint-Hilaire est de compter sur son territoire deux églises orthodoxes situées à la nécropole du souvenir des soldats russes tombés lors du conflit 1914-1918. Ces journées en plus d’une visite d’un monument historique, estampillé comme tel, constituent aussi et surtout un point d’ancrage important dans ce qui fait nos villages au XXIe siècle.

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    Union110918a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    France libre : de nouvelles recrues

    L’accueil à Londres du commandant Billotte.
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  • A Camberley, le 12 septembre 1941, l’émotion est intense lorsque le lieutenant Alain de Boissieu signe son engagement dans les Forces françaises libres. Il fait partie du groupe de 186 militaires français évadés qui, conduits par le capitaine Pierre Billotte, sont arrivés en Grande-Bretagne avec Jacques Branet après un périple exceptionnel attestant leur volonté de poursuivre le combat par tous les moyens. Tous ont été faits prisonniers au cours de la campagne de France. La plupart ont fini à l’oflag II D en Poméranie ou dans un stalag pas très éloigné et sont parvenus, souvent après plusieurs tentatives, à s’en évader pour rejoindre le territoire soviétique. Seulement au cours du premier semestre 1941, les relations entre Moscou et Berlin sont toujours au beau fixe. Les évadés en provenance d’Allemagne sont considérés comme des espions, interpellés et regroupés dans un camp situé au sud de la capitale soviétique, interrogés à de nombreuses reprises par les officiers du NKVD (la police politique du Kremlin). Face à des agents têtus et soupçonneux, ils persistent et signent et expliquent vouloir se battre pour la libération de leur pays.

    Après le début de l’invasion de l’URSS au cours de l’opération Barbarossa qui débute le 22 juin, la situation change. Leur discours retient l’attention. Billotte argue auprès de ses geôliers que lui et ses camarades veulent rejoindre la Grande-Bretagne pour se battre au sein des unités de la France libre comme l’Allemagne nazie. La manière avec laquelle Churchill apporte son soutien à Staline et à tous les soldats soviétiques qui luttent contre les armées d’assaut du Reich convainc le Kremlin de la sincérité des officiers français. Ils peuvent embarquer le 30 août sur un liner anglais « L’Empress of Canada » à Arkhangelsk dans le grand Nord pour gagner le Spitzberg avant de prendre la direction des îles britanniques où ils débarquent à Glasgow le 9 septembre. Billotte avait été fait prisonnier le 12 juin 1940 près de Mourmelon après s’être battu jusqu’au bout avec la 1re compagnie du bataillon de chars 41. Boissieu avait été magistral devant Epoye, avait chargé au sabre l’ennemi avant de tomber dans une embuscade près du Mont Cornillet. Jacques Branet avait été remarquable comme commandant d’un peloton du 8e dragon à cheval.

    Sur la BBC qui commence à diffuser des messages personnels dont les Allemands s’inquiètent du sens, on se félicite de ces renforts pour les Forces françaises libres et on encourage les prisonniers de guerre à tenter l’aventure. Bref, on leur recommande de s’évader et de rejoindre de Gaulle ! A cet épisode s’ajoute celui qui est relaté le 19 septembre. Des ouvriers britanniques qui travaillent dans une carrière de galets au bord de la mer du Nord tombent nez à nez avec trois adolescents trempés et grelottants qui essaient de se rendre à Eastbourne. Comme ces garçons ne parlent pas un mot d’anglais, ils les conduisent auprès de la police où ils sont bientôt rejoints par deux autres jeunes en aussi mauvais état. On fait venir un interprète et il explique alors leur épopée qui va être citée en exemple par la presse d’outre-Manche et saluée dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». Ils ont quitté Fort-Mahon le 17 septembre vers 21 heures à bord de deux embarcations de fortune pour rejoindre l’Angleterre et répondre ainsi à l’appel du général de Gaulle. Agés de quinze à dix-neuf ans, ils ont navigué tant bien que mal durant trente et une heure avant de gagner une plage anglaise et de chercher le village ou la ville le plus proche. Emus par leur démarche, le Premier ministre Winston Churchill les reçoit au 10, Downing Street et les citent en exemple.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Syrie : une émancipation balisée

    Le Général à Soeïda chez les chef du Djebel Druze avec le fidèle Catroux.
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  • Le général de Gaulle avec le cheik Taggedine et le général Catroux.
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  • De Gaulle s’engage pour le Liban et la Syrie mais ne tient pas à l’intervention politique des Anglais.
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    Moyen-Orient. Le glissement de Damas vers l’indépendance ne peut pas aboutir selon les gaullistes avant la fin de la guerre. En attendant, la présence militaire britannique et française est maintenue.

    Le 16 septembre 1941, le cheikh Tageddine El-Hassani est officiellement institué chef de l’Etat syrien par le général Catroux. Un nouveau gouvernement se met en place. On porte à sa connaissance la synthèse que le général de Gaulle a rédigée après son entretien avec le Premier ministre britannique et qu’il a adressé au major Morton, le 13 au lendemain de la rencontre. Il y est mentionné que le chef de la France libre : « a spontanément promis à la Syrie son indépendance » mais qu’il ne croit pas que toutes les conditions seront réunies avant la fin de la guerre. De Gaulle se félicite de l’émergence d’un nouveau pouvoir à Damas et confie à Catroux : « Je m’en remets à votre jugement quant à sa composition. Mais je vous invite à une grande prudence quant à la réalisation pratique actuellement de l’indépendance de la Syrie. Nous avons promis cette indépendance et nous la donnerons mais moyennant un traité satisfaisant pour nous. Donner effectivement l’indépendance sans aucune contrepartie simultanée serait extrêmement dangereux ». Le Général se dit aussi confiant sur l’amélioration des relations avec les Britanniques : « J’espère que le discours très fâcheux de Churchill aux Communes aura été le dernier acte de l’irritation anglaise. Mais il faut, comme vous le pensez vous-même, rester très attentifs et très résistants sur place ». La répartition des denrées et des matières premières au Levant soulève quelques tensions qui exigent de veiller au maintien de l’ordre.

    Rassurer et expliquer

    Le 18 septembre, de Gaulle adresse un télégramme bienveillant au nouveau chef de l’Etat syrien : « Au moment où Votre Excellence assume les fonctions de président de la République syrienne, je tiens à lui adresser au nom de la France mes très sincères félicitations. Je suis convaincu que la Syrie sous la haute direction de Votre Excellence, avec le concours entier de la France son alliée et malgré les épreuves de la guerre engagée dans le monde entre la liberté et la tyrannie, marchera dans l’indépendance vers un destin heureux d’ordre et de prospérité ». Le lendemain, il demande à Catroux de rapporter toute proclamation de sa part jusqu’à de nouvelles instructions. Elles lui parviennent le 21. « Dès maintenant nous devons faire un pas important dans la réalisation de notre promesse d’indépendance en augmentant progressivement la participation du peuple syrien et de ses représentants à la direction du nouvel Etat et en traitant celui-ci en allié ». Dans l’attente de la signature d’un traité d’alliance franco-syrien qu’il juge improbable avant la fin du conflit, le Général ne tient pas à prendre le risque de voir Damas s’allier à d’autres nations. Et d’ajouter : « Au regard des tierces puissances, le régime nouveau ne sera d’ailleurs établi définitivement que lorsque la France aura reçu de la Société des nations ou autrement valable, décharge de ses obligations de mandataire. Vis-à-vis des Etats-Unis, par exemple, la France demeure responsable de toute infraction à la règle de l’égalité économique ».

    C’est la raison pour laquelle de Gaulle énumère à Catroux une série de correctifs pour que son intervention intègre toutes les nuances et les subtilités politiques destinées à garantir l’objectif à atteindre dans un monde apaisé : une Syrie souveraine et indépendante. Il fixe plusieurs perspectives qu’il inscrit dans un cadre juridique clair avec la ferme volonté d’établir un lien de confiance durable avec les nouveaux responsables locaux.

    « En attendant que l’Etat syrien, qui succède naturellement aux droits et obligations souscrites en son nom ait la faculté de nommer des agents diplomatiques dans les pays auprès desquels il jugera avoir intérêt à être représenté, les autorités de la France libre continueront à assurer la défense des droits et intérêts généraux de la Syrie ainsi que la protection des ressortissants syriens, en consultant à cet égard les autorités syriennes. » De Gaulle veut un passage de témoin en douceur et surtout s’assurer que des alliances brutales ne viennent pas handicaper le positionnement des troupes alliées dans la grande région. Il estime que cet argument peut porter à Londres. Pour que l’émancipation progressive de Damas se traduise en actes forts, le Général reconnaît le droit au nouveau gouvernement de constituer une armée nationale. Il précise : « La France libre lui prêtera son concours dans des conditions à fixer soit dans le traité d’alliance, soit dans des accords spéciaux ».

    Assumer la sécurité

    Il est clair que la France et la Grande-Bretagne sont bien décidées à assumer la charge de la défense de la Syrie mais les deux pays ne refuseront pas le concours de volontaires locaux prêts à y participer. Cela passe par une coopération efficace et la mise à disposition des alliés de tout le matériel dont les troupes qui stationnent sur son territoire ont besoin. De Gaulle réitère son engagement solennel : « La France libre s’engage à faire en temps voulu toutes les démarches nécessaires auprès de la SDN et des puissances ayant reconnu le régime antérieur de la Syrie pour qu’elles reconnaissent son indépendance ». On ne souhaite surtout pas que le pays soit démembré en raison de divisions attisées entre les tribus par des agents à la solde de l’Allemagne. Le Général a une vision éclairée de la situation : « La France libre s’entremettra auprès de la Syrie et du Liban pour la recherche et l’organisation d’une collaboration économique entre les deux pays qui fasse disparaître les difficultés rencontrées jusqu’à présent ».

    De Gaulle estime que l’entente nécessaire entre deux pays voisins peut consolider les droits de chacun d’eux et établir une confiance réciproque. Il ne manque pas de recommander à Catroux d’achever son propos par cette formule pleine de sens : « Vive la Syrie indépendante ! Vive la France ! ». Dans un nouveau télégramme du 22, il redit au gouverneur que le point dangereux de son projet est la réalisation immédiate d’une représentation de la Syrie à l’étranger : « Vous lui ouvrez ainsi toutes les portes et vous les lui ouvrez gratuitement. Je vous signale que tout le monde dit à Londres qu’armé de votre propre déclaration, Spears va devenir ambassadeur de l’Angleterre auprès de la Syrie ». Un scénario que le Général exclut sans le dire explicitement. Dans le registre de la politique extérieure, toujours très pris par le Levant, le général écrit toutefois le 20 septembre à New York à l’avocat Henri Torrès qui lui a adressé l’ouvrage dédicacé qu’il a consacré à Pierre Laval. Il mentionne notamment : « Ce récit apporte une nouvelle preuve que si, naissant poète, on devient orateur, de même traître dès l’enfance, on ne peut faillir à sa destinée ». Il confie que la tâche est dure aussi dit-il recevoir comme un grand réconfort tous les messages d’encouragement qui lui sont adressés. Le 19 septembre, il charge le commandant Escarra, chef du service des relations extérieures, de prendre contact en son nom avec le gouvernement chinois de Chungking et de lui expliquer quelles sont les finalités de la France libre. Il lui demande d’échanger régulièrement avec le haut-commissaire de France au Pacifique, le représentant de la France libre à Singapour et d’adresser à Londres des rapports sur les progrès diplomatiques accomplis.


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    Le Comité national français sur les fonts baptismaux

    Le vice-amiral Emile Muselier est rappelé à l’ordre par le général de Gaulle.
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  • Initiative. La dimension politique de la France libre se renforce alors que sa contribution résolue aux combats avec les Alliés est patente.

    Pour démontrer sa bonne volonté après son entretien avec Churchill, le général de Gaulle écrit le 22 septembre à Anthony Eden. Il lui confirme son souhait de donner une base politique plus large au mouvement de la France libre. Il adresse au ministre britannique une copie de l’ordonnance qui constitue le Comité national associé à l’exercice de ses responsabilités. Il y prescrit la formation d’une Assemblée consultative destinée à fournir une expression de l’opinion française. Il y adjoint en pièce annexe le décret prévu pour régler la composition du principal Comité national ainsi que la liste des personnalités qui en font partie.

    Officialisation

    Le 23, dans un communiqué qu’il adresse au sujet de la constitution du Comité national français, le Général observe : « Une terrible fureur nationale est en train de se lever contre l’envahisseur et contre ses complices de Vichy. D’autre part, l’horrible régime de dictature par lequel Vichy et l’ennemi ont remplacé la Constitution et les lois de la République interdit toute représentation nationale ». C’est tout naturellement qu’il justifie que si la France libre doit combattre l’ennemi, il lui faut être à l’écoute des attentes des Français, s’organiser de manière à exprimer la volonté de la France dans la diversité de ses sensibilités, rassembler toutes les résistances en métropole et dans l’Empire de façon à préparer au mieux la Libération. Pour résoudre cette équation politique et sociale, il annonce la constitution du Comité national. « C’est une équipe d’hommes déjà éprouvés dans la lutte pour la patrie, hommes de diverses origines et opinions, mais qui font abstraction de toutes leurs préférences au profit de l’union nationale. Ce comité présidé par moi-même sera associé avec moi aux responsabilités du pouvoir. Nous y gardons d’avance une place à d’autres Français actuellement en France, c’est-à-dire détenus par l’ennemi et par ses collaborateurs mais dont nous savons que, dans la mesure de leurs moyens, ils s’efforcent avec nous, d’organiser la Résistance française ».

    Il le redit et s’inscrit dans la continuité des propos tenus dans l’émission « Les Français parlent aux Français » dont les éditorialistes s’insurgent contre la violation de la constitution, des lois avec la complicité scandaleuse de Vichy. De Gaulle soutient une conception légaliste de l’Etat : « Nous ne reconnaissons aucune de ces violations. Nous sommes donc obligés d’improviser une autorité de fait que nous détenons en notre qualité de gérants provisoires du patrimoine national. Cette autorité est une sorte de délégation intérimaire de la nation, que nous exerçons provisoirement et que nous remettrons à la représentation nationale dès qu’il aura été possible d’en constituer une. Nous n’avons qu’un seul guide : la France ». Et ce guide recommande d’agir dans l’instant de participer aux combats entrepris avec les alliés pour la libération de la Patrie.

    Muselier rappelé à l’ordre

    Les choses étant dites, ce n’est pas autant qu’une unanimité existe autour du projet gaulliste. Le même jour, le général de Gaulle répond à deux courriers que lui a envoyés le vice-amiral Muselier. Elles concernent la formation du Comité national où cette figure de la marine de la France libre affiche ses prétentions. On sait qu’au 10 Downing Street, elles sont regardées avec intérêt. Le chef de la France libre est direct et s’interroge sur les motivations qui font que dans un courrier l’amiral réclame la présidence et dans l’autre la vice-présidence du comité. Il ne comprend pas pourquoi dans l’une des lettres il souhaite que son chef d’état-major fasse partie du comité avec la responsabilité politique et militaire de l’action secrète. Il est tout aussi étonné que Muselier encourage un Comité qui serait pour l’essentiel composé de lui-même, de son chef d’état-major le capitaine de vaisseau Moret et d’André Labarthe, démissionné de ses fonctions de directeur de l’armement en 1940 et qui anime la revue « La France Libre » souvent très critique envers l’homme de l’appel du 18 juin. De Gaulle assène : « Je vous ai demandé de faire partie du Comité avec la direction de la Marine militaire et de la Marine marchande. J’ai proposé à M. Labarthe d’y entrer avec l’action politique et l’Information. Pour le reste, j’ai répondu : non. Comme je les ai refusées, vous m’avez déclaré tous deux que je n’ai pas à compter sur votre concours. Cela était votre droit ». Mais tempête le Général : « Vous êtes sortis de votre droit et de votre devoir quand nous m’avez notifié votre décision de vous séparer de la France libre et d’en séparer la Marine que j’ai placée sous vos ordres ».

    Le chef des Français libres discerne dans cette attitude un abus inacceptable de commandement sur une force opérationnelle dont les officiers et les hommes sont engagés comme Français libres et liés à son autorité par un contrat dûment signé. Il accuse l’amiral de porter atteinte à l’unité du mouvement au sein duquel seule l’union fait la force. Et de reprendre : « Vous détruisez par indiscipline, un élément de la force militaire française, en y jetant vous-même une agitation et une division auxquelles elle ne survivrait pas. Je ne vous laisserai pas faire ». Il lui accorde vingt-quatre heures pour : « revenir au bon sens et au devoir ». Il reconnaît toujours les états de service de Muselier, son courage en 1940 mais craint qu’il soit manipulé par des Français qui, bien qu’opposés à Vichy, tiennent à le réduire à un rôle militaire auxiliaire alors qu’il est le fondateur de la France libre. « J’attendrai votre réponse jusqu’à demain 24 septembre à 16 heures. Passé ce délai, je prendrai les mesures nécessaires pour que vous soyez mis hors d’état de nuire et que votre conduite soit publiquement connue, c’est-à-dire stigmatisée. Je dois ajouter que je me suis assuré dans cette triste affaire de l’appui de nos alliés sur le sol desquels nous nous trouvons et qui m’ont reconnu comme chef des Français libres ». En lui adressant son salut, il place le vice-amiral devant ses responsabilités, au risque qu’il apparaisse comme un diviseur de la France debout.

    Devant les médias

    Le 23 septembre, de Gaulle donne également une conférence de presse. Cette reprise de contact avec les médias est importante après six mois passés loin de Londres. Il affirme que les rapports entre la France libre et la Grande-Bretagne sont plus étroits que jamais. Il se félicite même de l’action anglaise en Syrie et remercie le ministre d’Etat Olivier Lyttelton de son concours et de sa médiation pour signer de solides accords. Vient le moment où il exprime les devoirs immédiats de la France libre à l’égard de la métropole : « Demain se constitue un Comité national français ici, Comité national comprenant pour l’exécution, c’est-à-dire pour l’exercice du pouvoir, un petit groupe d’hommes éprouvés et qui partagent avec moi la responsabilité de l’exercice de l’autorité ». La libération de la France est l’enjeu et cela passe par une contribution exemplaire aux combats aux côtés des alliés : « Notre politique n’est que la reproduction d’une politique française qui est apparue à chaque moment le plus grave de notre histoire et dont la dernière fois a été la Grande Guerre où Poincaré et Clemenceau ont fait autour d’eux l’union nationale. C’est la seule véritable politique française dans les circonstances dans lesquelles nous sommes, et c’est la seule que nous suivrons ».

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    REIMS : Cheminots anciens combattants : Ils se sont souvenus

     

     

    Hier matin, une trentaine d’anciens combattants se sont rassemblés autour du monument aux morts qui est situé à l’intérieur de la gare du centre.

    Il s’agissait comme chaque année de rendre hommage aux travailleurs de la SNCF qui ont lutté de manière courageuse contre l’occupant nazi. Le devoir de mémoire encore et toujours.

    Au cours de la cérémonie, placée notamment sous l’égide de Robert Moulliere, président national de l’Ancac, Félix Beaulieu a été décoré.

     

     

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    MASSIGES : Futur décor d’un court-métrage

    SAINTE-MENEHOULD (Marne). Pour son premier court-métrage derrière la caméra, Jean-Claude Joly, passionné de cinéma et d’histoire, veut planter son décor à Massiges.

    C’EST une grande baraque à la voix de stentor. Une vraie gueule de cinéma.

    A 60 ans, le Meusien Jean-Claude Joly ne fait pas carrière dans le septième art mais prend sa retraite du lycée agricole de Verdun. Ce qui doit justement lui donner du temps pour se consacrer à sa passion : la réalisation.

    « In memoriam » n’est pas son premier projet mais celui qui a le plus de chances d’aboutir. Son précédent court-métrage, en effet, partait sur une idée plus ambitieuse qui nécessitait plus de moyens. Les deux projets ont tout de même un énorme point commun : ils évoquent tous deux, à leur manière, la guerre de 14.

    Une période qui fascine le réalisateur. « J’ai été élevé par mes grands-parents qui étaient nés en 1902 et 1901. Le père de ma grand-mère, Octave Lecot, avait été mobilisé quatre ans comme infirmier. J’ai baigné là-dedans. »

    De la figuration à la réalisation

    Avant d’apprendre à manier la caméra, Jean-Claude Joly s’est investi dans les associations du souvenir de la Grande Guerre.

    Il a également fait de la figuration sur une dizaine de productions dont un épisode des Thibault avec Jean Yanne mais surtout « Allons petits enfants » avec Annie Girardot qui lui a laissé un souvenir impérissable. Localement, on l’a aperçu l’an dernier tenant le rôle d’un cafetier sur le tournage du court-métrage de son complice, Thierry Souffir.

    Et c’est avec lui comme cadreur qu’il prépare sa propre production.

    Petit résumé du scénario : un homme, de nos jours, visite le site de Massiges. Il imagine les combats quand, tout à coup, il se retrouve projeté en 1916 directement dans la tranchée.

    La rencontre avec les soldats est improbable : il croit à une blague, eux le considèrent comme un espion. Enfin, devant son permis de conduire datant des années 1995, ils veulent bien admettre qu’il vient du futur. Dans ce cas, il va lui falloir dire quand s’arrêtera la guerre.

    « Il leur annonce qu’elle finira le 11 novembre 1918 mais leur dit aussi qu’elle sera suivie d’une autre guerre mondiale. Et il parle des autres encore : l’Indochine, l’Algérie… C’est un film pour dénoncer la connerie humaine », résume l’auteur.

    Pointilleux sur les détails historiques, Jean-Claude Joly l’est aussi sur le matériel.

    Pas question de se lancer dans un court-métrage comme un amateur. Car l’objectif n’est pas de pouvoir projeter sa production à ses amis durant les longues soirées d’hiver mais de le présenter sur un festival de film court. Il lui faut donc être pro… tout en ayant les moyens financiers d’un amateur. Déçu par le peu de soutien reçu sur son précédent projet, Jean-Claude Joly a décidé de se débrouiller tout seul pour celui-ci. Il engage donc une équipe technique et des comédiens bénévoles.

    « Il veut faire en sorte que ce soit une œuvre artisanale bien ficelée », souligne Thierry Souffir.

    Le tournage devrait avoir lieu au printemps prochain sur le site de la Main de Massiges.

    Casting

    Trois associations qui œuvrent pour la mémoire de la Grande Guerre à Avize, dans la Somme et l’Aisne, devraient fournir des figurants pour le projet.

    Mais deux rôles restent à attribuer : celui du personnage principal et celui du capitaine qui l’interroge.

    Pour le rôle principal, Jean-Claude Joly recherche un homme âgé de 50 à 60 ans ayant une première expérience au théâtre. Sur le plan technique, il recherche également un technicien lumière, des personnes chargées de l’intendance, une maquilleuse et une personne inspirée par le projet qui se chargerait de réaliser la bande-son.

    Il est possible de le contacter par mail à jcjoly2003@yahoo.fr en n’oubliant pas de mentionner un numéro de téléphone fixe.

    Stéphanie VERGER

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    REVEILLON : "Lettres à Adèle : Paroles de Poilus de 1914-1918"


    Nous avons reçu, de madame Sabine Richard, le mél suivant :


    J’ai le plaisir de vous annoncer que nous jouerons le spectacle "Lettres à Adèle : Paroles de Poilus de 1914-1918" le 11 novembre prochain à Réveillon (51310).

    Vous trouverez les détails sur cet événement ci-dessous. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez plus d’informations.

    En espérant partager ce moment avec vous,
    Sabine Richard

    le Vendredi 11 Novembre 2011 à 18h à l’église de Réveillon (51310)

    "Lettres à Adèle : Paroles de Poilus de 1914-1918"
    Spectacle Musical à partir de 14 ans
    Entrée : 8 €
    réservation conseillée :
    lettresaadele@gmail.com
    ou mairie de Réveillon (51310)
    ou 06.08.90.95.77

    Au début de l’aventure, il y avait des lettres de Poilus de ma famille qui reposaient dans une pochette au grenier.

    Ces lettres écrites sur du mauvais papier, semblaient oubliées.

    Je les ai relues et peu à peu le projet est né.

    Je suis allée chercher d’autres textes de Poilus et l’histoire s’est mise en place : cinq camarades qui écrivent à l’institutrice de leur jeune temps, l’horreur des tranchées, les privations, le froid, la faim et l’injustice de la Grande Guerre.

    La musique et les chants d’époque se sont imposés d’eux-mêmes, les textes étant si chargés d’émotions, il fallait des temps de pause.

    www.sabine-richard.com

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    Union110914b - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Commémoration : Un hommage sous l’orage

    Une gerbe a été déposée au cimetière militaire.
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  • Ils ont été stoïques, voire héroïques, les participants aux cérémonies commémoratives de la Bataille de la Marne dimanche matin.

    Sous un déluge de pluie alors que les éclairs zébraient le ciel et que les coups de tonnerre éclataient, on voyait la conseillère régionale Lynda Munster, le conseiller général Bruno Botella, les maires et les élus, les gendarmes, les pompiers, les porte-drapeaux, un détachement du 501e RCC.

    Des gerbes ont été déposées au monument du cimetière militaire puis au monument aux morts où l’appel des morts de la commune a été fait. Imperturbable Musique Champagne Parade exécutait sonneries et Marseillaise.

    Prenant la parole à l’issue des cérémonies, le maire Roland Leclère a retracé brièvement la bataille de Pargny-sur-Saulx pour se tourner résolument vers la réconciliation citant le jumelage avec Neckarsteinach après la Deuxième Guerre mondiale.

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    Union110914ab - Marne
    LA NEUVILETTE : Escapade parisienne pour les anciens combattants

    Les participants ont apprécié la balade dans la capitale.
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    Le comité de la société des anciens combattants et victimes de guerre de La Neuvillette a organisé une journée de détente à Paris pour ses adhérents.

    L’après-midi fut consacré à une croisière sur la Seine. Les beaux monuments de la capitale ont pu être admirés au fil de l’eau, plaisir dont on ne se lasse pas. Le soir, les participants se sont retrouvés dans un célèbre cabaret pour un dîner-spectacle de tout premier ordre.

    Chacun conservera de cette journée un excellent souvenir.

    Le président Jean Ledoux a évoqué les prochains rendez-vous, à savoir, le 11 novembre, la commémoration de l’Armistice qui a mis fin à la Grande Guerre et le déjeuner dansant du 27 novembre à la salle des Phéniciens.

     

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    Union110913c - Marne
    COURDEMANGES : Cérémonie : Hommage aux soldats tombés au Mont-Morêt

    A l’issue du verre de l’amitié, une gerbe de fleurs a été déposée au monument du Guémont, à la mémoire des cinq soldats du 107e régiment d’infanterie d’Angoulème, inhumés sur place.
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    Ce dimanche 11 septembre, malgré les gros orages qui se sont abattus sur la côte 153, à l’heure des cérémonies commémoratives de Courdemanges, de nombreuses personnalités étaient présentes pour rendre les honneurs à ceux qui gagnèrent le Mont-Morêt le 12 septembre 1914 : les soldats du 126e régiment d’infanterie et de sa réserve du 326e de Brive-la-Gaillarde.

    Chaque année depuis la fin de la Première Guerre mondiale, une cérémonie est organisée par les maires de la communauté de communes du Mont-Morêt, à la mémoire des glorieux soldats français appartenant aux régiments dont une partie est inhumée, autour de la Chapelle Notre-Dame de Lourdes, à la nécropole nationale de Vitry-le-François.

    Les gerbes de fleurs furent déposées au pied du monument par Monique Martin, maire de Glannes ; François Girardin, président de l’Union nationale des combattants de Huiron et Gérald Gaillet, président du comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François

     

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    Union110913b - Marne
    MASSIGES : Sur les traces des combattants de la Première Guerre mondiale : 70 randonneurs de la mémoire

    Les marcheurs de la mémoire sont partis sur les traces des combats de la Main de Massiges, guidés par Jean-Pierre Maisant président de l’association de la Main de Massiges et Pierre Labat, maire de la commune. Près de 70 personnes, presque toutes adhérentes de l’association la Cavalerie dans la bataille de la Marne, étaient au départ du circuit de huit kilomètres sur les pas des combattants de la guerre 14/18.

    Situé sur la ligne Rouge Reims Verdun, ce secteur fût important de part sa situation géographique culminant à 180 mètres avec à perte de vue sur le secteur Ardennes -Meuse.

    Ce qui explique la stratégie adoptée par le commandement : le 28 décembre 1914 deux bataillons, le 8e et le 33e du régiment d’infanterie colonial, positionné sur la côte 180, montent à l’assaut des positions allemandes retranchées sur la Main de Massiges.

    Après d’âpres combats, sur 1 800 hommes, 1 100 ne reviendrons pas.

    Cette position n’a été conquise définitivement que le 26 septembre 1915 avec d’énormes pertes humaines.

    Vue du ciel où face à la côte 180, la succession de reliefs à la forme si particulière ressemblant à une main, d’où son nom la Main de Massiges.

    Chaque doigt y est nommé : le pouce, le faux pouce, l’index, le médium (majeur) et l’annulaire.

    Un travail titanesque pour ces soldats puisque chacun des doigts sont reliés entre eux par des tunnels (ce qui permettait dissimulation et ravitaillement).

    Les marcheurs firent halte à chaque point important avant d’arriver sur le lieu où l’association de la Main de Massiges à reconstitué à l’identique une tranchée française ainsi que différents abris. De retour au village, un moment de recueillement s’est déroulé à la Vierge aux abeilles, la mascotte des régiments, devenue monument aux morts. Accueillis par Raymond Kneip, les pèlerins ont enfin pris leur repas dans les bâtiments du futur musée.

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    Union110913a - Marne
    REIMS : Nécrologie-Aviation : Disparition du colonel Marcel Arnoult

    Breveté de l’Ecole supérieure de guerre aérienne, ancienne figure de l’armée de l’air avant de devenir ingénieur conseil dans le secteur de l’industrie de la défense et de l’aérospatiale, le colonel Marcel Arnoult, 97 ans, vient de disparaître. Bien connu des Rémois, il avait présidé l’Académie nationale de Reims et l’Association de soutien des adhérents de l’Institut universitaire du temps libre de Champagne-Ardenne.

    Le colonel Arnoult a eu un parcours étonnant. Au moment de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il se trouve au commandement de l’air à Beyrouth au Levant. « J’étais chef du 1er bureau à l’état-major et j’ai eu comme adjoint le lieutenant Pierre Mendès-France qui était marié avec une jeune femme dont les parents étaient propriétaire des grands magasins du Caire. » C’est lui qui fait passer au jeune parlementaire qui tient à rester sous l’uniforme son brevet d’observateur et cela le 22 avril 1940. Il entretient une longue correspondance avec celui qui deviendra sous la IVe République, président du Conseil et que Vichy ose appréhender et accuser de trahison parce qu’il a rejoint l’Afrique du Nord à bord du Massilia.

    Après l’opération Torch, le 8 novembre 1942, Marcel Arnoult est chef du 3e bureau (opérations) à l’état-major. Sa parfaite maîtrise de l’anglais fait qu’il est envoyé auprès du général US Clarke pour débattre de la répartition des unités aériennes françaises. Puis, il rejoint une unité de bombardement près de Blida. Il fait la connaissance d’Antoine de Saint-Exupéry. Il a bientôt, un autre écrivain, Jules Roy dans son escadrille mais alors qu’ils doivent rejoindre une unité combattante en Grande-Bretagne, Arnoult est affecté en Italie et participe aux opérations de couverture aérienne de la baie d’Anzio puis jusqu’à la libération de Rome.

    Affecté en 1944 dans la ville éternelle, il est officier de liaison et organise alors avec les services du Vatican des audiences pour les armées avec le souverain pontife. Il s’entretient à plusieurs reprises avec Pie XII. Marcel Arnoult a quitté l’armée de l’air avec le grade de colonel et à notamment travaillé chez Matra dans ses filiales de défense avant de prendre sa retraite. Veuf, il avait quitté Reims il y a quelques années pour se rapprocher des siens en région parisienne. Il était chevalier de la Légion d’honneur et officier des Palmes académiques.

    Hervé CHABAUD

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    Union110912b - Marne
    SAINT-REMY-EN-BOUZEMONT : Les anciens combattants en Corse

    Le groupe a pu admirer de merveilleux paysages.
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    La découverte de la Haute-Corse par les anciens combattants ACPG-CTAM du canton de Saint-Remy-en-Bouzement avec leur président Jean Lelièvre etait magnifique !

    C’est ainsi que les trente-neuf participants ont qualifié leur périple de huit jours en Corse, partis de Vitry-le-François avec Arnauld au volant direction Marseille. La traversée s’est effectuée à bord du ferry Île de Beauté à l’aller et Napoléon Bonaparte au retour.

    Au village de vacances Belambra de Pinetto, le sympathique guide corse Franck Angeli attendait les vacanciers pour la découverte du Cap Corse, Bastia, Corte, Porto, les calanques de Piana, Saint Florent… Sans oublier les dégustations des spécialités locales.

    Sur le chemin du retour, Jean Lelievre a été remercié par des applaudissements et sollicité pour proposer un aussi beau voyage en 2012.

     

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    Union110912a - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Souvenir français : En route vers la Pologne

    Le groupe dans le hall de l’Hôtel de Ville,
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  • La section du Souvenir français pour les cantons de Thiéblemont et Heiltz-le-Maurupt souhaitait organiser un voyage de plusieurs jours qui mènerait les participants jusqu’aux sites de mémoire d’Auschwitz et Birkenau.

    En s’associant au centre culturel sermaizien ce souhait est devenu réalité.

    Vendredi 9 septembre au matin, 41 voyageurs ont embarqué en car à destination de la Pologne. Le circuit prévoyait notamment la visite d’une mine de sel et de la ville de Cracovie.

    Au retour, une étape était prévue dans la ville historique de Prague. Toutes les visites se sont faites avec la présence d’un guide mais le groupe comptait un touriste maîtrisant parfaitement le polonais puisqu’il s’agit d’un ancien attaché défense à l’ambassade de France à Varsovie, le général Cieslak.

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    Union110911d - Marne
    VALMY : Louis-Philippe, un partisan de la Révolution qui accéda au trône Quand le roi visitait Valmy

    Ce tableau témoigne de la présence du duc de Chartres, ainsi que de son frère, le duc de Montpensier, sur le champ de bataille de Valmy.
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  • Soutien des révolutionnaires, Louis-Philippe fut proclamé « roi des Français » par la Chambre des députés.
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  • Quarante ans après avoir combattu à Valmy, le duc de Chartres devenu « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe 1er, revient en Argonne en 1832.

    A l’arrière de la toile, on devine le village de Valmy. Au premier plan des hommes discutent devant ce qui ressemble à un champ de bataille. Il s’agit de Louis-Philippe et de son frère, le duc de Montpensier, rendant compte de la bataille de Valmy au Maréchal de Rochambeau, commandant en chef de l’Armée du Nord.

    C’est la première fois que Louis-Philippe, alors duc de Chartres, foule le sol argonnais. Fils d’un noble royaliste qui s’est prononcé pour la peine capitale pour Louis XVI avant d’être à son tour guillotiné, Louis-Philippe est séduit par les idées de la Révolution. Méprisé par les royalistes, il est proscrit par les révolutionnaires et contraint à l’exil en Belgique.

    En 1814, à l’abdication de Napoléon Bonaparte, il revient en France, retrouve son titre et réintègre le Palais royal, sa demeure familiale.

    Sous la Restauration, sa popularité grandit encore, autant que son opposition mesurée aux offres des royalistes. Louis-Philippe se fait proclamer « roi des Français » par la Chambre des députés. Ce nouveau titre, déjà porté par Louis XVI de 1789 à 1792, est une innovation constitutionnelle liant la nouvelle monarchie populaire au peuple, et non plus au pays.

    En 1832, 40 ans après, le duc de Chartres devenu roi revient sur les lieux où il a combattu. Son voyage est rapporté par l’annuaire de la Marne de la même année. On le montre arrivant à Gizaucourt où il descend de voiture pour monter à cheval, avec sa suite. Une salve d’artillerie lui est offerte par la batterie de la Garde nationale de Châlons.

    De là, il se dirige sur Dampierre-sur-Auve, pour retrouver la maison où il a dormi avec l’État-major de Kellermann.

    Le propriétaire, ému, le reconnaît. Puis il prend le chemin de Valmy, traverse le village fleuri en son honneur, au milieu d’une foule venue pour le saluer.

    Moment d’émotion

    Au sommet de la colline, on a reconstitué les batteries de la canonnade célèbre. Un capitaine, Happe, dirige le feu. Déjà remarqué par le général Tirlet, il est complimenté par le roi. Alors qu’il se prépare à passer devant les canons, un officier lui recommande la prudence. Il lui répond : « ce n’est pas ces pièces-là qui me feront du mal. »

    Au pied de la pyramide élevée à Kellermann, c’est un vieux canonnier manchot qui l’aborde, lui parle de son bras perdu à Valmy en servant les batteries qu’il a commandées et de sa pension amputée, comme son bras. Le roi lui donne sa croix et s’occupera aussi de rétablir la pension. Il décore à la suite un artilleur de la Garde de Châlons, décoration promise à Waterloo.

    La tournée du souvenir se poursuit à Dommartin-la-Planchette, où le roi retrouve la petite maison où il a couché la veille de la bataille. Il y retrouve le maître et la maîtresse de maison. On lui montre le vêtement qu’ils lui ont prêté, car le duc de Chartres, trempé n’avait rien pour se changer. Nouveau moment d’émotion.

    Le roi remonte en voiture jusqu’à Sainte-Ménehould pour une revue de la Garde nationale sur la place et un bal offert par la ville. Le lendemain matin, nouvelle salve d’artillerie en son honneur pour saluer son réveil et son départ. Sur son passage en Argonne, le roi a conquis tous les cœurs.

    Sources Horizons d’Argonne, 1984, N°48, Pages 17 à 22.

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    Union110911c - Marne
    BRIMONT : Les personnages célèbres de Brimont : Des Ruinart de Brimont à Maurice Kaouza

    Irénée de Brimont qui fut maire de Reims avait un petit air de Philippe Bouvard.
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  • Maurice Kaouza, compagnon de la Libération
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  • Du tombeau qui n’a jamais livré son mystère à la famille Ruinart en passant par les héroïques aviateurs anglais, Brimont peut revendiquer plusieurs célébrités

    S’IL faut attendre le XVIIIe siècle pour confirmer de façon certaine la présence de plusieurs personnalités célèbres à Brimont, ce n’est pas faute d’avoir failli en avoir auparavant. Et de sacrés clients si vous me permettez l’expression.

    Passons la découverte de nombreuses médailles datant de l’an 27 avant Jésus Christ jusqu’à l’an 308 de notre ère, preuve d’une importante présence romaine dans le village, pour arriver avec l’énigme de 1790. La découverte d’un cercueil en plomb entouré de pierres contenant le squelette bien conservé d’un homme aux cheveux longs et des restes de tissus de soie et d’or fit polémique chez les spécialistes. S’agissait-il de la tombe de Pharamond, premier roi de France en 420 après Jésus Christ enterré sur le mont Brutus ? N’était-ce pas plutôt le cercueil d’un grand prêtre du temple de Proserpina ? Celui d’un commandeur des Templiers (moine rouge) vivant dans un couvent tout proche ou le tombeau d’un général anglais mort en 1359 lors du siège de Reims ? On ne le saura jamais. Le tombeau n’a jamais livré de réponse.

    Louis XVI récompense Claude Ruinart

    C’est du côté du château de Brimont ou plutôt ce qu’il en reste après deux destructions qu’il faut se tourner pour rendre hommage à la famille Ruinart dont le nom ne peut être dissocié de celui de Dom Pérignon, à l’origine de la découverte du secret de la fabrication de la mousse. Pour être honnête, Don Thierry Ruinart ne devait pas connaître Brimont quand il inventa le champagne. C’est un peu plus tard grâce à Claude Ruinart, le fils de Nicolas Ruinart qui créa la première maison de champagne familiale en 1729 à Épernay que Brimont a vu s’implanter cette famille sur ses terres. Claude fut en effet fait seigneur de Brimont par le roi Louis XVI.

    Ayant transféré son activité sur Reims, il fit reconstruire l’habitation rurale de l’Hermitage victime d’un incendie en 1761 et en fit un château après avoir acquis du Chapitre de la cathédrale, les terres et seigneureries de Brimont et Brimontel en échanges de deux corps de fermes. Il y fit même construire une chapelle néogothique dont les vitraux portaient de beaux médaillons du XVIe siècle. Irénée de Brimont, maire de Reims (1821 à 1827) et député de la Marne qui eu l’honneur de recevoir Napoléon puis Charles X fréquenta aussi Brimont, de même que toute sa descendance avec Edmond qui étendit la notoriété de Ruinart aux États-Unis présidée par Jakson, Edgar qui se tourna vers la Russie de Nicolas I.

    Le dernier vicomte Ruinart de Brimont à avoir dirigé la célèbre marque de champagne et longuement fréquenté la commune se prénommait Gérard. Il est décédé en 1975. C’est son neveu Bertrand Mure qui dirigea la maison dès 1950, qui prit en 1967 la direction du groupe Moet-Mercier-Ruinart.

    Un compagnon de la Libération

    La commune de Brimont a eu aussi l’honneur de voir naître Maurice Kaouza le 2 avril 1911 Après un passage à l’école normale d’Évreux, le Champenois fit son service militaire dans l’aviation à Avord avant d’être nommé en 1931 directeur d’école à Dakar (Sénégal). Démobilisé en 1940, n’acceptant pas la capitulation de mai 1940, Maurice Kaouza tenta d’organiser la résistance depuis Dakar. Ça lui valut trois jours de prison. Pas démonté, depuis la Gambie anglaise, Kaouza contacte De Gaulle pour préparer l’insurrection à Dakar. A nouveau incarcéré il s’évade. Repris il est condamné à deux ans de prison qu’il effectue à Clermont-Ferrand puis en Dordogne d’où il s’évade avant de passer en Espagne. Placé à nouveau dans une geôle à Miranda, il parvient enfin à rejoindre les Forces françaises libres à Londres. Il participera au débarquement en Corse en 1943, sera sous préfet à Avranches au moment du Débarquement, contrôlera les FFI, FTP et milices patriotiques à la libération à Paris dont il devient même préfet de police. Maurice Kaouza terminera sa carrière comme député du Soudan Niger en 1945-1946 puis conseiller général de la Seine de 1945 à 1959 et conseiller municipal de Paris.

    Trois fusillés

    Plus triste cet épisode de la Seconde guerre mondiale qui vit l’exécution dans l’ancienne redoute du « Cran » de trois membres du service de la Navigation arrêtés pour fait de Résistance par la Gestapo. Il s’agit d’Henri Midol (1903-1944) à qui l’on doit le projet du Port Colbert à Reims, l’Ardennais de La Thour Edmond Pottelain (1905-1944) cantonnier et Jean Baubras.

    Peintre des armées

    Enfin, Wikipédia le cite comme un personnage célèbre rattaché à Brimont. De Thierry Flameng (1856-1923), on sait que ce diplômé parisien de l’école des Beaux-arts qui failli être l’auteur du premier billet de banque en quadrichromie et décora une salle du théâtre national de l’Opéra-comique, devint peintre officiel des armées durant la Première Guerre mondiale. C’est ainsi qu’il fit un dessin du front à Brimont que nous ne connaissons pas.

    Alain MOYAT

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    BRIMONT : Les personnages célèbres de Brimont : Des Ruinart de Brimont à Maurice Kaouza

    7 aviateurs britanniques abattus au-dessus de « la Garenne »
    Dans le cimetière communal,
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  • Brimont compte sur son territoire une petite enclave britannique. Elle est située dans le cimetière communal sous la forme de sept tombes qui abritent autant d’aviateurs anglais abattus par la Flak allemande dans la nuit du 16 au 17 avril 1943, un peu au dessus de la base aérienne et dont la forteresse volante s’est abattue à 200 m de la maison de Robert Laluc au lieu-dit : « la Garenne ». Sept soldats âgés de 17 à 25 ans morts en service alors qu’ils revenaient d’une mission sur Pilsen (Tchécoslovaquie) où ils devaient baliser avec des fusées éclairantes une usine d’armement Skoda. Sept héros de l’ombre dont les noms resteront à jamais attachés au nom de la commune de Brimont.

    Partis de la base de Warboys cet équipage du 156 TH Squadron à bord du Lancaster W 44854 était composé de : Harald Roy Andersen (21 ans, pilote), Patrick Langston Brougham Faddy (mécanicien navigant), Bernard Hamilton Gooding (navigateur), Kenneth Winchcombe Bordycott (22 ans, navigant), Frédéric Smith (radio), John Thomas Stephens (19 ans, mitrailleur supérieur) et William Oldfied Woolnough (mitrailleur arrière).

    C’est en revenant de mission en rase-mottes que leur appareil a été touché vers 1 h 30 du matin. Transformé en une boule de feu le Lancaster, après avoir survolé le village et le fort de Brimont s’est écrasé au sol. Les quelques témoins du drame découvrent cinq des six corps calcinés réduits comme des poupées et un autre aviateur mort, suspendu à un arbre.

    C’est l’abbé Jacquemart qui procéda à l’inhumation de ces aviateurs dans le cimetière communal le 18 avril 1943 en présence de soldats de la Lutwaffe qui tirèrent avec leur Mauser une salve d’honneur.

    La tombe de ces aviateurs est depuis régulièrement entretenue par les Britanniques et la commune a déjà eu l’honneur de recevoir l’épouse de Bernard Hamilton Gooding, le seul aviateur qui s’était marié ainsi que le cousin de Patrick Langston Brougham Faddy.

    A.M

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    Union110911b - Marne
    LIVRE : Soldats authentiques

    Rémois de naissance et ancien journaliste à l’union Jean-Charles Stasi partage sa vie entre la presse écrite et l’écriture. Dans un ouvrage qui est la juxtaposition du parcours de Léon Gautier, un béret vert ancien du commando Kieffer et celui de Johannes Börner un ancien parachutiste allemand. Le premier endoctriné dans le culte du führer avait 21 ans en juin 1944, le second élevé dans le souvenir des glorieux poilus de 14-18, 19 ans. L’auteur retrace leur parcours tout au long de la Seconde Guerre mondiale, la façon dont ils ont été impliqués dans la fin du conflit et comment ils ont choisi de vivre après avoir enduré l’effroyable réalité de la première ligne, en fondant une famille et en aimant plus que jamais cette terre de Normandie où ils s’étaient battus.

    Ce sont deux témoignages que l’auteur restitue dans la sensibilité de chacun, en respectant leurs mots et leurs expressions. En fait-il deux personnages attachants ? Est-ce la construction de l’ouvrage qui fait qu’au fil des chapitres on se sent plus proche de ces hommes dont le besoin de témoigner ne relève pas de l’envie de devenir des héros mais tout simplement d’expliquer un vécu, de relater des moments terribles comme des séquences d’espérance. Börner comprend que l’Allemagne ait été détestée qu’il ait été traité de « sale boche » mais il est devenu Français parce qu’il se sentait bien ici et appréciait les qualités et la liberté de ce pays. Ayant revu cette Allemagne de l’Est ou sa mère avait été tuée dans un bombardement et son père grièvement blessé, il a mesuré la dureté du régime soviétique imposé au peuple dans l’une de ses variantes totalitaires. On appréciera aussi sa description de la fracture de l’Allemagne et son vécu de la chute du mur de Berlin. On suivra ses confidences d’hôtelier à Ouistreham.

    Léon Gautier et Dorothy qui a failli également être fauchée en pleine jeunesse par une vilaine blessure reçue à la tête sont éminemment sympathiques. L’ex- commando a compris combien la réinsertion dans une France affaiblie par la guerre était compliquée, a tenté sa reconversion comme carrossier en Grande-Bretagne avant d’opter pour l’Afrique noire. Un grave accident du travail l’obligera à une reconversion comme expert automobile mais après un temps à Saint-Michel-Chef-Chef, il prendra aussi la direction d’Ouistreham pour être au plus près de l’endroit où il avait débarqué le 6 juin avec ses 176 camarades. Il témoigne toujours inlassablement et participe au devoir d’histoire. Il reste un acteur respecté des temps de commémoration.

    Léon et Johannes vivent à moins d’un kilomètre l’un de l’autre. Le Breton et le natif de Leipzig se connaissent bien. Ils sont à leur manière des acteurs de la réconciliation le long de Sword beach et des gardiens de la mémoire de tous les soldats qui sont tombés dans les effroyables combats de juin et de l’été 44 en Normandie.

    Hervé Chabaud

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    Union110911a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Les nerfs US à dure épreuve

    Roosevelt est chaleureux avec les opposants au Reich et intraitable avec l’Allemagne dont il condamne le comportement.
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  • Anthony Eden.
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  • Malgré les mises en garde de la Maison Blanche à Berlin, les agressions à l’égard des navires battant pavillon américain se multiplient. Le 4 septembre 1941, le contre-torpilleur US « Greer » signale à l’amirauté qu’il vient d’être attaqué par un sous-marin allemand dans l’Atlantique à 175 milles au sud-ouest des côtes d’Islande. Le 7 septembre, un cran est encore franchi par le Reich. Des avions de la Luftwaffe prennent pour cible le cargo US « Steel Seafarer » et le coulent alors qu’il navigue dans le golfe de Suez ! Le président Roosevelt est hors de lui et, après avoir consulté ses conseillers, il publie le 11 septembre une directive qui est sans ambiguïté. Il autorise tous les bâtiments qui patrouillent dans la zone de sécurité maritime de ne pas se laisser intimider par les navires battant pavillon allemand et de tirer les premiers. Il ordonne à la marine des Etats-Unis d’attaquer les bateaux qui menacent la libre circulation des navires de commerce américains et ceux qui sont escortés par les unités de guerre. Le président américain renforce toutes les mesures de sécurité en liaison étroite avec le département de la marine. Il est décidé que la flotte protègera jusqu’à la limite du 26e méridien ouest les convois destinés aux pays bénéficiaires de la loi prêt-bail dont la Grande-Bretagne bénéficie.

    L’objectif est de finaliser d’ici la fin du mois une série de nouvelles prérogatives pour ne tolérer aucune tentative d’agression allemande ou italienne. L’ordre est également délivré pour que tous les bateaux qui se trouvent dans le périmètre défensif américain soient protégés. Roosevelt est convaincu qu’Hitler a donné ordre de provoquer les Etats-Unis alors que la politique d’aide envers les ennemis de l’Allemagne est de plus en plus renforcée. La Maison Blanche soutient les priorités de construction qui ont été retenues par le chantier naval de Baltimore. Les ingénieurs US s’apprêtent à y lancer le « Patrick Henry » qui est le premier Liberty. Il s’agit d’un modèle de cargo de dix mille tonnes qui est conçu de manière très rationnelle. Cette fabrication ne cessera plus avant la fin de la guerre. Churchill est satisfait de cette nouvelle. Il est clair que l’ex-lord de l’Amirauté est disposé à soutenir les navires américains et à leur venir en aide si l’un d’entre eux est en difficulté et qu’un de ses bateaux est à une distance raisonnable pour venir lui porter assistance. Cordell Hull, le secrétaire d’Etat américain est très ferme à l’encontre du Reich : « Il est hors de question que l’Allemagne s’adjuge le monopole de la police des mers et ne laisse circuler que les navires des puissances qui ont signé un pacte avec elle. Nous ferons valoir nos droits et en premier lieu nous ferons respecter les règles de navigation maritime qui sont partagées par tous les grands pays riverains des océans ». De Gaulle qui est de retour à Londres est intransigeant envers les nouvelles agressions allemandes aussi, sur cette question, partage-t-il l’appréciation britannique même si, depuis les combats du Levant les relations avec Londres sont plus fraîches. Il dénonce aussi la destruction volontaire du cargo américain dans le golfe de Suez. Le 12 septembre il fait preuve d’apaisement lorsqu’il se dit en phase avec la proposition du ministre Anthony Eden d’étendre à partir du 15 l’accord financier conclu en mars à la Syrie et au Liban placés sous l’autorité du Conseil de défense de l’Empire français : « En mon nom et en celui du Conseil de défense, j’accepte cette proposition. Votre lettre et la présente réponse constituent un accord entre nous pour l’application à la Syrie et au Liban de l’accord financier. ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Le garrot de Leningrad

    La direction de Leningrad reste toujours prioritaire.
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  • Toujours de violents combats et des incendies incessants.
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  • Malgré les stimulations de l’état-major, la fatigue se fait ressentir chez les soldats allemands.
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  • Offensive. Les citadins soviétiques sont soumis à des restrictions draconiennes tandis que de nouvelles solutions précaires de ravitaillement sont mises en place.

    Le 5 septembre 1941, Hitler accepte enfin qu’une offensive soit dirigée sur Moscou avec le concours du groupe d’armées du Centre à la condition que le groupe d’armées du Nord conquiert la forteresse de Schlüsselburg située sur la rive du lac Ladoga. Les Finlandais, qui depuis leur prise de Vyborg contrôlent la voie ferrée menant à Leningrad, n’ont pas l’intention de poursuivre la guerre au cœur de l’Union soviétique. Schlüsselburg est une cité continentale qui a été construite non loin de Leningrad à l’endroit le plus large de la Neva, là où elle rejoint justement le lac Ladoga. Les stratèges affirment qu’il s’agit d’une position clé. Le général Harry Hoppe est chargé de conquérir cette place forte. Il est associé pour cela au groupe commandé par le comte Schwerin. La pression des unités du Reich est puissante. Mga puis Kelkolovo tombent puis, les soldats allemands se positionnent autour de Godorok, nœud ferroviaire qui mène à la fois vers les zones industrielles de Mga et Schlüsselburg. Cette fois le dispositif offensif nazi s’appuie sur les commandos de Brandenberger qui progressent à travers une forêt dense pour se positionner à Mga et au bord de la Neva à Ivanoskoïe. Hoppe et Schwering sont satisfaits d’interrompre ainsi tout ravitaillement vers Leningrad par le chemin de fer. L’offensive sur Schlüsselburg est brutale. Il ne faut pas plus d’une heure aux troupes hitlériennes pour dresser le drapeau du Reich au sommet de l’église.

    Un assaut soigné

    Cette conquête réussie au pas de course est une serrure à trois clés qui ouvre sur la route de la Baltique via Leningrad et le lac Onega, vers la route de la mer Blanche et de la mer de Glace jusqu’à Mourmansk et Arkhangelsk et enfin offre un passage vers Moscou par le lac de Rybinsk et le canal de la Moscova à la Volga. Hitler exulte. Il est si fier de ce succès qu’il décerne la croix de fer au général Hoppe. Le refus des Finlandais d’aller plus avant recule la date de la chute programmée de Leningrad. Le 8 septembre en début de soirée alors que la prise de Schlüsselburg a été officialisée, un raid aérien sans précédent vise la métropole soviétique. La Luftwaffe déverse des milliers de bombes incendiaires. Plusieurs quartiers sont dévastés tandis que les entrepôts Badaïev et l’usine de beurre « Etoile rouge » sont la proie des flammes.

    Pendant l’alerte, la vie culturelle ne s’interrompt pas. Alors qu’on joue l’opérette de Richard Strauss « La Chauve-Souris », c’est tout juste selon l’écrivaine Vera Inber que l’administrateur de l’établissement recommande aux spectateurs de se tenir le plus près possible des murs. La représentation est suspendue pendant une quarantaine de minutes puis, à la fin de l’alerte, les interprètes reprennent leur place. Certains passages sont abrégés. A la sortie, les spectateurs se rendent comptent du désastre.

    Une odeur de graisse brûlée et de sucre carbonisé empoisonne l’atmosphère alors que d’impressionnantes lueurs sont visibles à l’horizon. Tous les secours sont réquisitionnés pour éteindre les incendies et récupérer ce qui peut l’être. La dévastation des grands lieux de stockages est une catastrophe. Cela signifie à court terme pour la population une disette que chacun redoute. En réalité la rumeur amplifie la dimension de la catastrophe. Ce ne sont que 2.500 tonnes de sucre, soit les réserves pour trois jours et 3.000 tonnes de farine qui sont détruits. En revanche, l’usine de beurre est entièrement dévastée. Au cours des deux jours suivants, les tirs d’artillerie de l’ennemi redoublent alors que la fréquence des attaques aériennes augmente. Les habitants sont alors contraints de passer l’essentiel de la journée dans des abris ou des tranchées qui ont été creusées à la hâte pour se protéger des explosions. Les responsables du parti considèrent que désormais la ville ne peut plus compter que sur elle-même pour résister. Ce n’est pas l’avis de Moscou. Le 8 septembre au Kremlin, on planifie toujours les convois ferroviaires pour garantir le ravitaillement quotidien de Leningrad sans s’assurer que la liaison est encore possible. Le centralisme démontre ses limites et on observe aussi combien Staline se méfie des aptitudes des responsables locaux.

    Gérer la pénurie

    Dimitri Vasilevitch Pavlov diplôme de l’Académie panrusse pour le commerce extérieur et spécialisé dans le domaine du ravitaillement et de la distribution des denrées est aux commandes. Il est décidé à imposer toutes les mesures qu’il juge aptes à garantir la survie des populations désormais prisonnières de la cité. Il est le premier à reconnaître que l’addition va être lourde puisque les ravitaillements ne peuvent plus être régulièrement assurés. Il choisit de limiter sans attendre la consommation et de revoir la répartition des stocks disponibles pour qu’ils durent plus longtemps. Mieux vaut ne pas protester. Des ordres sont donnés pour réprimer sans sommations toute révolte alimentaire.

    Si les gens qui sont dans la vie active continuent à toucher une ration capable de reconstituer leur force de travail, les personnes âgées et les enfants qui n’appartiennent pas à cette fraction productive de la population sont rationnés. Les mesures impératives fixées par Pavlov sont jugées excessives. Elles mettent en danger la vie de tous ceux qui sont inaptes à participer à la défense de la ville. Pavlov mobilise les énergies pour faire entrer dans la cité non seulement de la nourriture mais également tous les biens dont une métropole en guerre a besoin pour assurer sa défense. Or l’Armée rouge est dans l’incapacité de détendre le garrot posé par les forces ennemies dans le périmètre de l’agglomération.

    Il reste un espace d’une soixantaine de kilomètres entre les Allemands solidement implantés à Schlüsselburg et les Finlandais à l’arrêt mais positionnés dans l’isthme de Carélie. Selon plusieurs experts, seul le trajet sur le lac Ladoga entre Osinovets et l’embouchure de la Volkhov est encore réalisable en bateau. A condition que le navire ne soit pas surpris par une patrouille de la Luftwaffe et soit à distance des batteries d’artillerie qui peuvent le prendre pour cible ! La ville de Volkhov peut encore recevoir des trains de marchandises. Une fois le ravitaillement et les munitions déchargées, il faut les transférer jusqu’à Gostinopolye à 9 kilomètres, les placer sur les barges qui se dirigent alors vers le lac. Une fois à Novaya Ladoga, les palettes sont transférées sur des péniches qui tentent la traversée de la dernière chance. Il n’y en a qu’un petit nombre de disponibles et il faut éviter les convois pour que les observateurs ne détectent pas les mouvements. Le 12 septembre 1941, deux péniches parviennent à destination. Les 800 tonnes de céréales qu’elles contiennent ne sont qu’une goutte d’eau par rapport aux besoins qui sont recensés à Leningrad. Le blocus de la ville n’est pas totalement hermétique et on peut encore compter sur un ravitaillement certes modeste venu de l’extérieur. Les opérations de déchargement sont compliquées parce que l’aviation ennemie qui effectue régulièrement des vols de reconnaissance les signale aux Stuka qui interviennent. Qu’à cela ne tienne, Leningrad résiste encore.


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    De Gaulle et Churchill : quelques accès d’humeur

    De Gaulle va fumer un cigare de Churchill.
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  • Finalement, Churchill parle en français à de Gaulle.
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  • Mise au point. De retour à Londres, de Gaulle tient à rencontrer Churchill au plus vite pour dissiper tous les malentendus nés au Levant.

    Dès le 3 septembre 1941, le chef de la France libre adresse au Premier ministre britannique une lettre personnelle dans laquelle il énumère l’ensemble de ses griefs à l’encontre de l’administration du Royaume-Uni. La veille, il a déjà exposé au major Morton ses difficultés. S’il reconnaît qu’il a toujours été traité avec une authentique générosité par Churchill et ses ministres, il regrette les attitudes adoptées par les généraux Wilson et Spears et admet avoir manifesté sa mauvaise humeur parfois avec beaucoup d’insistance. Il y a un besoin d’éclaircissements d’autant que depuis le retour du Général, le cabinet anglais a été informé : « qu’en raison de l’attitude préoccupante du général de Gaulle au cours des dernières semaines, les ministères sont priés de traiter toutes les requêtes présentées par les Français libres avec lenteur et circonspection jusqu’à nouvel ordre ». Churchill fait aussi ce qu’il faut pour que le chef de la France libre ne s’exprime plus sur les ondes de la BBC. Le Premier ministre adresse un premier courrier glacial à son interlocuteur : « Jusqu’à ce que je reçoive toutes explications que vous trouveriez bon de me donner, il m’est impossible de juger si notre rencontre pourrait présenter quelque utilité ». La presse n’est pas autorisée à signaler son retour en Angleterre tandis qu’Hervé Alphand, tout juste de retour des Etats-Unis, mentionne dans son journal : « Tous les Anglais rencontrés depuis cinq jours critiquent violemment et ouvertement le Général et ses principaux collaborateurs ».

    Orage en septembre

    Personne ne cherche l’affrontement et Churchill qui n’est pas rancunier préfère avoir une explication orageuse si nécessaire avec de Gaulle plutôt que de l’ignorer plus longuement. Il lui fait savoir qu’il le recevra le 12 septembre. Lorsque le message lui est communiqué, le général déjeune avec Alphand qui note : « Très calme, très sûr de lui, attend tranquillement l’explication que Churchill lui a promise pour la semaine prochaine ». Le Premier ministre prépare avec soin ce rendez-vous. Il cherche à voir comment le Général peut être mieux contrôlé par son mouvement et comment l’obliger à rendre des comptes sur les initiatives qu’il prend. Il exige aussi une note de synthèse du Foreign Office recensant tous les griefs britanniques à l’encontre des Français libres. Devant la Chambre des communes, il s’est dit préoccupé de la position privilégiée de la France à Damas : « Je dois souligner avec force que pour nous, la Syrie doit être rendue aux Syriens, afin qu’ils puissent assumer le plus tôt possible leur indépendance et leur souveraineté. Nous ne voulons pas que ce processus soit différé jusqu’à la fin de la guerre ». Avant d’ajouter : « Il ne saurait être question même en temps de guerre d’une simple substitution des intérêts de la France libre aux intérêts de Vichy ».

    A 15 heures, le 12 septembre 1941, de Gaulle se rend au 10, Downing Street. Le secrétaire de Churchill, John Colville relate la préparation du rendez-vous dans ses mémoires : « A trois heures moins cinq, j’entendis sonner et entrais dans le cabinet. M. Churchill me fit savoir que lorsque le général de Gaulle entrerait, lui, Churchill se lèverait et s’inclinerait légèrement mais ne lui serrerait pas la main. D’un geste il désignerait au général un siège en face de lui, de l’autre côté de la table. Il m’annonça qu’il ne lui parlerait pas en français et ferait l’usage d’un interprète. Et c’est vous me dit-il qui serez l’interprète ». De Gaulle arrive à l’heure militaire. L’entrevue est protocolaire et froide. Colville se fait reprendre par le Premier ministre pour son langage trop diplomatique. Lorsqu’il doit à son tour traduire le Général, ce dernier lui dit qu’il pose des nuances inexactes. Si bien que le brave secrétaire est contraint d’appeler d’urgence au Foreign Office Nicolas Lawford connu pour son français parfait. Il ne reste que quelques minutes et ressort confus et furieux : « J’ai affaire à deux fous, c’est une mission impossible ». De fait, ils ont osé lui dire que son français est hésitant et approximatif ! Le face à face est terrible. Churchill reproche à son interlocuteur de ne plus être un ami et dénonce les propos hostiles à l’Angleterre qu’il tient et qu’on lui rapporte de partout. Le Général réplique qu’on ne saurait prétendre qu’il est un ennemi de la Grande-Bretagne. En revanche, il se dit ébranlé par l’attitude britannique en Syrie et admet que certaines de ses déclarations : « ont dû résonner désagréablement aux oreilles des Anglais ». Il confirme qu’à son avis les administrateurs britanniques n’avaient qu’une préoccupation : « réduire l’influence de la France libre ». Il répète que ses représentants ont subi : « d’innombrables humiliations ». Churchill répond que son pays n’a pas d’ambitions en Syrie, qu’il n’a qu’une préoccupation la chute d’Hitler. Il glisse toutefois que les Arabes ne voient aucun intérêt de chasser les Français de Vichy pour retomber sous la dépendance des Français libres : « Ils veulent leur indépendance et elle leur a été promise ». De Gaulle insiste et reprend qu’il n’y a pas de différends de fond mais un problème de méthode. Il ne conteste pas l’écrasante prépondérance des forces britanniques sur celles de la France libre. Il partage la priorité de son interlocuteur : « La seule préoccupation qui vaille est la défaite de l’ennemi commun ». Subtil, le Général dit à Churchill espérer qu’on lui a rapporté l’admiration profonde qu’il a exprimée à maintes reprises durant les dernières semaines pour les forces de l’Empire britannique.

    Vieille complicité

    Churchill l’encourage à mettre en place un conseil de gouvernement et précise le double but qu’il poursuit : encourager les partisans de la France libre en métropole et par conséquent ne rien faire qui puisse altérer sa stature de chef et améliorer les relations entre le gouvernement britannique et le mouvement de la France libre en lui donnant une base élargie. Cela fait une heure que les deux hommes se parlent, aussi John Colville s’inquiète-t-il de ne capter aucun éclat de voix ni aucune manifestation particulière. Il s’apprête à faire irruption dans le bureau lorsque la sonnerie de son patron retentit : « Entrant dans le bureau, je les trouvai tous les deux assis côte à côte, et la plus grande amabilité se reflétait sur leurs visages. Sans doute par tactique, de Gaulle était en train de fumer un des cigares du Premier ministre. Ils se parlaient en français, un plaisir auquel Churchill était incapable de résister, ce qui ne manquait jamais d’enchanter son auditoire ». Avant son départ, le Premier ministre donne un conseil désintéressé au général : « La France libre aurait intérêt à créer un conseil en bonne et due forme, qui contribuerait effectivement à l’élaboration de la politique du mouvement présidé par le général de Gaulle en tant que chef reconnu de tous les Français libres ». Diluer les prérogatives du Général peut arranger Churchill auprès duquel on souffle plusieurs noms pour jouer un rôle déterminant dont celui du vice-amiral Muselier très critique envers l’autoritarisme de son chef et favorable à une démocratisation du mouvement. Ce même Muselier qu’il avait fait jeter au cachot début janvier !

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    Union110910b - Marne
    REIMS : Base aérienne 112 Il faut sauver le monument

    Claude Scrabalat : « Le monument ne risque-t-il pas d’être laissé à l’abandon quand tous les militaires seront partis ? ».
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    Les anciens de l’armée de l’air sont attendus lundi au monument de la base pour les couleurs. Pour contribuer au « devoir de mémoire ».

    NON, la BA112 n’est pas tout à fait morte. Et en tout cas, il importe d’en conserver la mémoire. Cette conviction est celle de Claude Scrabalat, maire de Boult-sur-Suippe, mais surtout, en l’occurrence, président de l’amicale des anciens de l’armée de l’air de cette fameuse base rémoise en cours de fermeture.

    Pour préserver le patrimoine

    En ce moment, notre homme a une crainte, que « les reliques de la base, et en particulier son monument aux morts, ne soient laissées à l’abandon quand tous les militaires seront partis ».

    Lui-même a mis la main à la pâte avec un petit groupe pour toiletter ledit monument pendant le week-end dernier. « J’ai sollicité le maire de Bétheny pour qu’il nous concède un emplacement sur le territoire de sa commune si jamais il fallait déménager ce monument », ajoute-t-il.

    Et pour montrer leur attachement à ce patrimoine, il invite aussi ses adhérents et sympathisants à venir nombreux à participer à la cérémonie des couleurs, prévue ce lundi 12 septembre. Il fixe le rendez-vous à 8 heures à l’entrée de la base.

    Cette cérémonie, très simple du fait de la présence militaire réduite sur place, sera l’occasion, comme chaque année à la même époque sur toutes les bases aériennes de France, d’honorer la mémoire de Guynemer, l’as des airs de la Première Guerre mondiale, abattu en 1918. « Ce sera la dernière cérémonie Guynemer en présence des militaires ! », souligne le président Scrabalat.

    Notons que ce souci de préservation du patrimoine aéronautique rémois de Claude Scrabalat est partagé par une autre association, nommée Edmond-Marin-la-Meslée, et présidée par notre confrère Hervé Chabaud. Avec autant d’anges gardiens, la mémoire de la base 112 ne devrait quand même pas disparaître de sitôt.

    A.P.

     

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    Union110910a - Marne
    MONTBRE : Sera-t-il la poule aux œufs d’or des deux communes qui vont l’acheter ? Fort de Montbré : la grande spéculation

    150 000 euros pour Taissy, 14 500 euros pour Montbré. Les deux communes vont se partager le fort et les deux conseils municipaux ont d’ores et déjà voté une délibération et pris des engagements fermes d’achat.
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  • Le fort est entouré de vignes et sur ses 17 hectares, les surfaces bâties ne représentent que 4 475 m2 et les aires aménagées 3 600 m2. Un investissement très rentable, si le terrain était classé AOC.
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  • Lorsque l’État se débarrasse de ses biens, il y a toujours des affaires à faire. Dans le cas du fort de Montbré, près de Reims, une chose, une seule, est dans tous les esprits. Et si les hectares du fort étaient reclassés en terres à vignes…

    LES enchères n’auront pas eu le temps de monter. Et pour cause. Avant même d’être officiellement mis en vente, le fort de Montré avait déjà trouvé acquéreur. Rien n’est encore signé, mais comme le confirment les services de France domaine, l’affaire est entendue, et le bien, réservé.

    Qui sera donc l’heureux propriétaire d’un ancien fort militaire du XIXe siècle situé à une quinzaine de kilomètres de Reims ? Les seuls à pouvoir se prévaloir d’un droit de priorité sur tout le monde et dont le fort dépend géographiquement : les communes de Taissy et de Montbré.

    A la demande de la direction générale des finances publiques, les deux conseils municipaux ont d’ores et déjà voté une délibération et pris des engagements fermes d’achat. Taissy se porte donc acquéreur de la plus grande partie du fort - puisqu’elle se trouve sur son territoire -, soit 15,64 hectares avec les bâtiments.

    Prix à payer : 150 000 euros. Montbré, de son côté, déboursera 14 500 euros pour le 1,42 hectare restant.

    Un prix estimé par l’Unité de soutien de l’infrastructure de la défense qui ne dit pas grand-chose en soi. Un euro le mètre carré, voilà qui peut paraître déjà trop cher dans ce cas, ou… carrément donné. Tout dépend de ce que l’on peut en faire, et surtout, de ce que l’on pourrait en faire. Il n’empêche qu’au sein des deux communes, on n’a pas tergiversé longtemps sur cette question. A Montbré, un village de 265 habitants environ, on était même prêt à acheter la totalité. Ni l’une ni l’autre n’ont pourtant de projet précis concernant le fort. « C’est encore un peu prématuré, commente le maire de Taissy, Daniel Bonnet. Il fallait se décider vite, c’est ce que l’on a fait. Après tout, c’est le seul fort qui reste intact dans la périphérie de Reims, et on ne veut pas voir débarquer n’importe quoi. » Mais au-delà de la conservation du patrimoine et autre bon sentiment, chacun garde surtout en tête un élément déterminant dans ce dossier : le fort est bordé par les vignes sur ses trois faces. On y retrouve notamment celles de Moët & Chandon.

    Pas de quoi y prêter attention jusqu’à présent, puisque ce terrain militaire, si proche soit-il de terres à vignes, n’était pas classé en AOC. « D’ailleurs, rappelle Daniel Bonnet, l’ancienne municipalité avait été contactée il y a 8 ans, puisqu’il a déjà été question de vendre le fort. Mais elle n’en avait pas voulu. »

    A ce moment donc, la conservation du patrimoine ne semblait pas si importante.

    De l’eau a coulé sous les ponts depuis ce moment, et la révision de l’aire d’appellation champagne offre une tout autre perspective. Dès 2012, les experts de l’Inao commenceront la révision parcellaire dans toutes les communes retenues en zone de production.

    Sur les 17 hectares du fort de Montbré, les surfaces bâties ne représentent que 4 475 m2 et les aires aménagées 3 600 m2.

    Le reste peut-il être reclassé ? Trop tôt pour le dire. « Si ces terrains répondent aux critères techniques et qualitatifs, ils pourront entrer en appellation. Ce sera aux experts de juger », explique Eric Champion, responsable du centre régional de l’Inao à Epernay.

    Il faudra encore attendre quelques années pour voir s’achever ce travail de titan. C’est donc un pari sur l’avenir qu’ont fait ces communes.

    Un détail qui n’a, semble-t-il, pas échappé au ministère de la Défense non plus. Il y a huit ans, le fort était à vendre 50 000 €, soit trois fois moins qu’aujourd’hui.

    Seul le prix des terres a été réévalué à la hausse, a-t-on expliqué à Daniel Bonnet. Alors même si rien n’est certain, le reclassement est dans tous les esprits. « C’est vrai qu’on y a pensé tout de suite, reconnaît le maire de Montbré, Guy Chrétien. Après tout, quand on regarde autour, il y a des vignes partout… Si ça passait en AOC, ce serait le jackpot, surtout pour Taissy d’ailleurs ! », s’amuse-t-il. Même chose à Taissy. « Cette possibilité a été évoquée en conseil. Et c’est sans doute cette arrière-pensée qui a fait basculer le vote vers l’achat cette fois. Si cela se concrétisait, notre investissement serait très rentable ! »

    Détail surprenant, le maire de Taissy a été contacté « par des Belges qui voulaient louer le fort » avant même que la commune ne soit informée de la mise en vente par France Domaine. Et a reçu deux autres propositions de location ces deux dernières semaines.

    A croire que le fort de Montbré révèle soudainement tous ses atouts.

    Julienne GUIHARD-AUGENDRE

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    Histoires de forts

    Le fort de Montbré a été construit entre 1877 et 1880. Il a été édifié sur une colline de 180 mètres d’altitude dont on a arasé le sommet. Il a été construit en pierres taillées à la main, pierres qui provenaient de la région de Reims et de Bar-le-Duc pour les façades de la caserne.

    Durant la Première Guerre mondiale, le fort de Montbré est resté à l’écart des combats. Il servait de base de repli pour les hommes et le matériel. Seul son pont-levis a été détruit en 1914.

    Contrairement à de nombreux forts Séré de Rivière, Montbré a toujours été la propriété de l’armée.

    Au lendemain de la guerre, les forts rendus inutiles ont été revendus par l’armée à des propriétaires privés, dont certains ont été démantelés pierre par pierre afin de les revendre. Ce qui explique que le fort de Montbré soit encore intact.

    Le 13e RG basé à Épernay s’en est ensuite occupé jusqu’au départ du régiment en 2002. Il est alors récupéré par le 501-503e RCC basé à Mourmelon. Et les autres forts…

    Classé monument historique, le fort de la Pompelle est le seul fort resté aux mains des Alliés durant les combats de 1914-1918 et qui a permis la défense de Reims. Il s’étend sur 2,31 hectares et a été édifié de 1880 à 1883. Désarmé lors du commencement de la guerre, il est pris sans combat par les troupes allemandes le 4 septembre 1914 mais reconquis, le 24 septembre 1914, par le 138e régiment d’infanterie, dans le sillage des victoires de la Marne. Abandonnées pendant quarante ans, les ruines du fort sont mises en vente en 1955. La Fédération nationale André-Maginot se porte acquéreur et le cède ensuite à la Ville de Reims en 1968.

    Le fort de Nogent-l’Abbesse, construit dans le dernier quart du XIXe dépend de la Base aérienne 112. Construite de 1875 à 1881 sur une superficie de 6,5 hectares, cette fortification de type « fort à massif central » a connu l’occupation allemande pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale.

    Elle constitua, avec le fort de Brimont, l’un des deux bastions défensifs de l’ennemi dans le secteur de Reims.

    Construit pour abriter plus de quatre cents soldats, il se compose d’un fort central, d’une lunette de tête et de deux batteries, le tout parfaitement relié.

    Le fort de Brimont est resté aux mains des Allemands jusqu’en octobre 1918. Utilisé alors pour bombarder Reims, il a été régulièrement bombardé par les Français qui ont vainement essayé de le reprendre pendant toute la guerre.

    Il a servi de casernement pour les prisonniers allemands en novembre 1918 puis d’abri pour des familles de Brimont en attente de relogement. Ses fossés ont été en partie démantelés pour la reconstruction des villages voisins.

    De nouveau bombardé en 1940, il a servi de dépôt de matériel puis de station radar en 1944. Longtemps propriété de l’armée, il a ensuite été revendu au village de Brimont.

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    Union110909a - Marne
    MASSIGES : Histoire (Grande Guerre) / Massiges : les marcheurs de la mémoire

    Une évocation de cette Argonne meurtrie.
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  • Les passionnés de la Grande Guerre ont rendez-vous ce samedi 10 septembre à partir de 8 h 30 à Massiges pour évoquer, avec les associations « la cavalerie dans la bataille de la Marne » et « la Main de Massiges », les combats de 1915.

    Le périple qui est prévu pour les marcheurs est long de huit kilomètres et se fera par étapes, avec des explications précises sur les différents événements qui ont eu lieu le long de la ligne de front. De quoi s’instruire sur le terrain pendant trois heures avant de regagner ce petit village d’Argonne et de participer à 12 h 30 à une cérémonie au monument aux morts.

    Des milliers de soldats perdus

    Les pèlerins de l’histoire seront reçus par Pierre Labat, maire de Massiges, Jean-Pierre Mainsant, président de « la Main de Massiges », Henri Maurel, président de « la cavalerie dans la bataille de la Marne ». Ils se retrouveront à l’issue de leur périple chez un meilleur ouvrier de France, Raymond Kneip, pour tirer le repas du sac.

    Pourquoi ce secteur a-t-il été autant disputé ? Parce qu’il dominait la vallée de l’Aisne et les hauteurs situées à l’ouest. Sa situation géographique en faisait un point d’appui indispensable pour assurer, dans les meilleures conditions possibles, la liaison entre les fronts de l’Argonne et de Champagne.

    L’infanterie coloniale a perdu des milliers de soldats dans les effroyables combats qui ont ponctué cet espace en 1914 et 1915. Lors de l’offensive du 25 septembre 1915, les 3e, 4e, 7e, 8e, 21e, 22e, 23e et 24e RIC ont été engagés. Le premier jour de l’attaque a coûté en moyenne mille hommes par régiment : tués, blessés et disparus !

    Si en 1916 la position est plus calme en raison de l’acharnement mis par l’ennemi à Verdun, les coups de main y sont réguliers. Il faut attendre l’offensive du 26 septembre 1918 pour que la position de la Main de Massiges soit enfin desserrée.

    Le travail d’histoire qui est actuellement effectué est destiné à mieux faire comprendre ces épisodes meurtriers, et à disposer aussi sur le terrain des repères et des sites dégagés pour le centenaire de la Première Guerre mondiale, qui sera un rendez-vous mémoriel de première importance.

    Hervé CHABAUD

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    Union110907c - Marne
    LA FERE : 67e anniversaire de la Libération

    Beaucoup de Laférois ont eu des parents qui ont participé
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    « La ville de La Fère fut libérée par les troupes américaines les 3 et 4 septembre. La fin de l’occupation a été un grand soulagement pour la population. »

    Raymond Deneuville et le conseil municipal ont commémoré, dimanche, le 67e anniversaire de la Libération de la ville.

    La cérémonie du souvenir s’est déroulée devant le monument aux morts en présence du commandant Desvergnes, représentant le colonel Vaglio, chef de corps du 1er Rama, du commandant Compra, délégué général du Souvenir français, des membres de l’Amicale des médaillés militaires et des associations patriotiques.

    Les pompiers et l’harmonie laféroise s’étaient joints au cortège des officiels.

     

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    Union110907b - Marne
    MONDEMENT : Commémoration de la première bataille de la Marne à Mondement : Le souvenir toujours vivace

    Le discours de Richard Adams, président des vétérans du Royal Fusiliers de Londres, a été traduit par Victoire Guillaume Barry.
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  • Michel Tellier, maire de Soizy-aux-Bois et président de Mondement 14, et Pierre Gelin 1er adjoint, ont reçu le livre d’or de la commune.
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    C’EST sous la pluie qu’ont débuté les cérémonies du 97e anniversaire de la bataille de la Marne à Mondement. Heureusement, après une messe œcuménique, elles ont continué sous les nuages certes, mais sans aucune goutte pour les nombreuses personnes présentes, les personnalités, les élus, les militaires et pompiers, installés au pied de l’imposant monument national.

    La montée des treize drapeaux des différents pays, Belgique, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Serbie, République Slovaque, République Tchèque, Allemagne et France, a été accompagnée par la musique de Broyes-Fèrebrianges interprétant chaque hymne national. La chorale de Fère-Champenoise a, quant à elle, repris la Marseillaise avec justesse.

    Après un hommage rendu à tous les morts du conflit mondial, les allocutions se sont succédé. Madame Desroches, maire de Mondement, soulignant : « Le souvenir est toujours vivace ».

    Franck Dupré, vice président de Mondement 14, a lu un poème : « La gloire ».

    Soldat inconnu anglais

    Gérard Labrune, président du Souvenir français du Sud-Ouest Marnais a rappelé, « qu’il est nécessaire de sauvegarder la mémoire au-delà des mots en entretenant les stèles ».

    Richard Adams, président des vétérans du Royal Fusiliers de Londres traduit par Victoire Guillaume Barry, a évoqué le soldat inconnu anglais qui se trouve à Londres à l’abbaye de Westminster comme le soldat inconnu français se trouve à Paris, sous l’arc de triomphe.

    Pour finir, le sous-préfet d’Epernay Gilles Giulani a déclaré : « Le rappel des luttes et des souffrances d’hier doit être une mémoire agissante qui doit guider dans les choix politiques qui s’offrent à nous, il doit amplifier l’idéal européen ».

    Ensuite, Michel Tellier, maire de Soizy-aux-Bois et président de Mondement 14, et Pierre Gelin, 1er adjoint, se sont vus remettre le livre d’or de la commune de Soizy dans lequel sont inscrits les différents morts pour la France, livre documenté de textes et photographies.

    La cérémonie en présence de 48 porte-drapeaux Français, trois Serbes, deux Anglais et un Belge s’est poursuivie au cimetière de Mondement par divers dépôts de gerbes.

     

     

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    Union110907a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Histoire d’Outre-mer : La dissidence aux Antilles invitée de la Marne

    Marie-Claire Nossovitch, directrice adjointe de l’Onac, a défendu la portée pédagogique de cette exposition.
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  • Réalisée dans le cadre de 2011 année Outre-mer, l’exposition consacrée à la dissidence en Martinique et en Guadeloupe de 1940 à 1945 illustre le courage des Antillais.

    Comment aller au-delà de l’exposition consacrée à « La dissidence en Martinique et en Guadeloupe 1940-1945 » réalisée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre qui a été présentée à la foire-exposition de Châlons-en-Champagne ? En osant la montrer dans des mairies et des établissements scolaires. Composée de vingt-trois panneaux pédagogiques, elle peut être obtenue sur simple demande effectuée auprès de la direction départementale de l’Onac. Cent quinze copies ont été réalisées, ce qui permet de concourir utilement à la découverte d’une page méconnue de : « notre histoire commune » comme l’a redit le préfet Michel Guillot. Lorsque l’on sait que d’autres spécificités de la dissidence ont été enregistrées à La Réunion, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie-française et même en Guyane, on comprend qu’il existe ici un riche champ mémoriel qui doit être agrégé au savoir déjà transmis.

    Oser et agir

    Guidés par l’historien Thomas Pouty, chargé de mission au département de la mémoire combattante de l’Onac, les visiteurs ont pu mesurer comment les Antillais ont refusé la défaite. Même s’ils n’ont pas connu les dévastations de la guerre sur leurs îles, il ne faut pas oublier que les conseils généraux de Martinique et de Guadeloupe ont demandé de poursuivre le combat avec les Alliés, ce en quoi l’amiral Robert, haut-commissaire de France aux Antilles, représentant du gouvernement de Vichy s’est opposé, appuyé par les gouverneurs Sorin (Guadeloupe) et Nicol (Martinique).

    Malgré les oppositions qui aboutissent notamment à l’emprisonnement en Guyane du Guadeloupéen Paul Valentino, favorable au ralliement au général de Gaulle, les Antilles sont soumises au programme de la Révolution nationale défendu par le maréchal Pétain. La société antillaise subit la restriction des libertés publiques, les lois antisémites s’y appliquent comme ailleurs. En Martinique et en Guadeloupe, on craint la perte de la citoyenneté et un retour à un néoesclavagisme tout aussi réducteur des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité promues par la République.

    La dissidence qui se développe s’exprime par la diffusion de tracts favorables à la France libre et de commentaires très critiques à l’égard de Vichy. Une Résistance intellectuelle surgit autour d’Aimé Césaire. Dans le premier numéro de la revue « Tropiques » le poète et écrivain n’écrit-il pas : « Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n’importe lesquels d’entre ses fils… Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière »

    Des Antillais quittent leurs îles vers la Dominique et Sainte-Lucie pour repartir au combat et porter fièrement les couleurs de la France libre. Des dissidents sont appréhendés et mis aux fers ! On se sert en particulier des cales du porte-avions Béarn pour cette basse œuvre et on déporte en Guyane ceux qu’on estime les plus dangereux. A l’été 1943, la Guadeloupe et la Martinique se libèrent par elles-mêmes et les volontaires s’engagent pour aller se battre en métropole. Les belles pages écrites par le bataillon de marche des Antilles n° 5 en sont un bel exemple.

    Vraiment, il y a avec cette exposition une belle opportunité de connaissances. Ce qui ne peut pas avoir échappé au recteur Cabourdin, aux inspecteurs pédagogiques régionaux d’histoire comme aux élus marnais des collectivités territoriales. On doit donc s’attendre à bientôt revoir cette exposition dans le département.

    Hervé CHABAUD

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    Union110906d - Marne
    SUIPPES : Visite exceptionnelle les 10 et 11 septembre prochains : Les villages détruits sortent de l’oubli

    Le public pourra (re)découvrir, lors d’une visite unique dans l’année, quatre des cinq villages détruits lors de la Grande Guerre, tous situés à l’intérieur du camp de Suippes.
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  • Le week-end prochain, il sera possible de visiter quatre villages détruits pendant la Grande Guerre, tous situés dans l’enclave du camp de Suippes.

    SUR un espace d’environ 14 000 hectares, cinq villages de Champagne, Tahure, Hurlus, Perthes-les-Hurlus, Le Mesnil-les-Hurlus et Ripont, ont été engloutis lors de la Grande Guerre et jamais reconstruits.

    En 1914-1918, la renommée de ce théâtre de guerre retentissait dans le monde entier, le « Front de Champagne » ayant accueilli sur ses champs de batailles poilus français, soldats allemands, tirailleurs marocains et sénégalais, brigades russes, divisions américaines…

    Au lendemain du conflit, cette « zone rouge » fut convertie en terrain militaire, le camp de Suippes, l’un des plus vastes de France, à l’intérieur duquel subsistent les ruines des villages.

    Organisées une seule fois par an, les « journées des villages détruits » offrent au public la possibilité de découvrir ou redécouvrir, en toute sécurité, les vestiges parmi les plus émouvants de la Grande Guerre en Champagne.

    De nombreuses animations sont proposées : visites commentées, cérémonies (militaire et religieuse), vente de souvenirs, présentations avec la présence d’un artiste de l’Office régional de la culture en Champagne Ardenne (Orcca) sur chacun des sites.

    Sur les pas de nos ancêtres

    L’occasion, pour de nombreuses familles, de se promener sur les pas de leurs ancêtres combattants, peut-être morts pour la France ou portés disparus sur ces champs de batailles…

    Le Centre d’entraînement des brigades (CEB), issu du Groupement de camps de Mourmelon-Suippes, lui-même issu du fusionnement de la 31e compagnie de camp de Mourmelon et de la 39e compagnie de camp de Suippes, organise ses deux journées avec le soutien de partenaires : le club sportif et artistique de garnison pour sa participation aux frais d’organisation, le conseil général par son implication dans la mise à disposition des moyens de transport et par son aide à la réalisation d’une plaquette sur l’histoire du camp, le conseil régional par son appui en communication et son investissement financier, l’office régional culturel par la présence d’au moins un artiste sur chaque site. Le Centre d’interprétation Marne 14-18, musée interactif, assure un excellent complément à la visite des villages. Par ailleurs, des partenaires privés soutiennent également l’opération : la GMF, BNP et l’union.

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    Union110906c - Marne
    BIGNICOURT-SUR-SAULX : Le temps du souvenir : Les victimes de septembre 1914 honorées

    Les officiels au carré militaire.
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    Comme chaque année, Bignicourt-sur-Saulx a honoré les morts de septembre 1914 tant militaires, tués au combat, qu’habitants de la commune, victimes civiles.

    En présence des porte-drapeaux et des représentants des associations d’anciens combattants, des élus de la commune et des représentants des communes voisines, du lieutenant colonel Gardez, du conseiller général et du député, des gerbes ont été déposées au carré militaire du cimetière et au monument aux morts.

    La Renaissance de Chavanges a exécuté les sonneries et la Marseillaise et terminé par un judicieux Hymne européen.

     

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    Union110906b - Marne
    LE BUISSON : Bataille de la Marne : Une commémoration tournée vers l’avenir

    Minute de silence au monument du 72e R.I. après le dépôt des gerbes.
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  • Après une messe célébrée en l’église du Buisson, les cérémonies commémoratives de la Bataille de la Marne ont débuté au monument commémoratif dédié aux héros de la 11e Cie du 72e R.I. en bordure de la route de Vitry.

    Des gerbes ont été déposées par le maire Roger Mosnier, entouré du député Charles de Courson et du conseiller général Bruno Botella.

    Les participants ont ensuite gagné la mairie pour un dépôt de gerbes alors que La Renaissance de Chavanges exécutait sonneries et Marseillaise ainsi que l’Hymne européen.

    Hécatombe

    Dans son allocution, le maire Roger Mosnier a eu un mot pour les fidèles porte-drapeaux dont l’un, Raymond Humbert, est décédé récemment. Il a rappelé les lourds dégâts et l’hécatombe du 6 septembre 1914 et souligné l’hommage solennel que nous rendons aux victimes. Et de terminer : « Il faut régler les différends par un moyen pacifique. La guerre ne résout rien. Ensemble, construisons la paix ! »

    Pour Bruno Botella : « Il est indispensable de rappeler ces événements et de retenir la leçon du passé pour assurer la cohésion qui permettra à tous de vivre en bonne harmonie ». Le député Charles de Courson a souligné qu’on commémorait la Bataille de la Marne et aussi les combats du 13 juin 1940. « Ces événements doivent nous faire réfléchir sur les conditions d’une paix durable en Europe. Si on veut s’unir, il y a une chance de maintenir la paix. »

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    Union110906a - Marne
    REIMS : Barbecue et pétanque : Les anciens marins font la fête

    Une journée très conviviale.
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  • Comme chaque année à la même époque, sous la houlette de leur président, les membres de l’amicale des anciens marins de Reims « l’Ancre de Marine » se sont réunis à Fresne-les-Reims pour un barbecue convivial.

    Le temps étant de la partie, l’ambiance était franchement à la bonne humeur et, après avoir dégusté les viandes préparées par les maîtres rôtisseurs, tous se sont affrontés dans un tournoi de pétanque acharné, remporté de haute lutte par l’équipe Francine et Yves, récompensée par une magnifique coupe, qui sera remise en jeu l’année prochaine.

    C’est repus et heureux que les membres de l’association se sont quittés, rendez-vous étant pris pour l’après-midi dansant qui sera organisé le 13 novembre prochain à la salle des fêtes de Fresne-les-Reims.

    Renseignements : tél. 03.26.97.51.70.

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    Union110904e - Marne
    MONTMIRAIL : Cérémonie : Le plein de souvenirs

    Des véhicules d’époque ont défilé dans la commune.
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    Montmirail a fêté son 67e anniversaire de sa libération. Un cortège emmené par l’Harmonie municipale de Suippes a remonté le trajet effectué par les alliés en 1945. Des véhicules d’époque suivaient et ont fait la joie des badauds tout au long du défilé.

    Celui-ci s’est terminé au monument aux morts de Montmirail par un dépôt de gerbe.

    Bernard Lefèvre, 1er adjoint au maire, a rappelé dans son discours que « cette cérémonie chargée de souvenirs pour les anciens, nous rappelle l’arrivée du général Patton, et la joie de tous les Montmiraillais, cette colonne de blindés qui s’élançait vers Montmirail que les Allemands venaient juste de déserter.

    Toute la journée ce ne fut qu’une interminable colonne de véhicules qui traversa la ville en direction d’Epernay ».

     

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    Union110904d - Marne
    MARE-AUX-BŒUFS : Vestige de la guerre 14-18 à la Mare-aux-Bœufs : Un hôpital sous la terre

    Les couloirs bétonnés desservaient les salles de soins, d’opération et de stockage des médicaments.
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  • De longs couloirs bétonnés où l’on soignait les blessés : c’est ainsi que se présentent les vestiges, étonnament bien conservés, de l’ancien hôpital allemand caché sous la végétation à la Mare- aux-Boeufs.

    LE site est volontairement discret. Comme on ne le sait que trop dans la région, les vestiges de la Grande guerre sont régulièrement pillés. Accessible à un public averti et armé de bonnes intentions, l’ancien hôpital allemand de la Mare-aux-Boeufs se situe en contrebas d’une courbe entre Binarville et Servon-Melzicourt.

    On y accède par un chemin de bois qui longe un ruisseau depuis un lavoir. Etrangement bien conservés, des restes de bâtiments témoignent de la belle qualité des ouvrages réalisés à l’arrière de leurs lignes de front par les Allemands pour leur service de santé.

    Il faut rappeler qu’il existait trois catégories de lieux pour les blessés à ramasser et à traiter. En première et deuxième ligne, les postes de secours étaient de simples sapes creusées en terre profonde. Ensuite venaient les hôpitaux de campagne, proches du front, bétonnés. Enfin, au bout de la chaîne, les infirmeries et hôpitaux d’évacuation, constituaient la dernière étape pour le blessé avant de quitter la zone des opérations.

    La revue « Tranchées », reprenant les données du service de santé allemand, expose parfaitement le dispositif en Argonne. Elle situe ainsi l’ambulance principale à Binarville. Celle-ci était reliée par voie ferrée aux postes de secours des bataillons installés dans les vallées. Le transport s’effectuait par wagonnets sanitaires tirés par des chevaux, montés sur essieux pouvant transporter deux à quatre brancards ou huit blessés assis.

    L’ambulance-hôpital de la Mare-aux-Bœufs, deuxième étape de la chaîne comme celui d’Herbeuville et de Dommartin-en-Meuse, a été relié à l’Argonnenbahn. Il est photographié dans les archives allemandes sous l’appellation « Haupt Verband Platz, la mare, i/Bau ».

    « Bon voyage »

    La visite est édifiante. On est surpris par la remarquable conservation des locaux, intacts dans leur structure. A l’accueil, la devise des mineurs, « Glück Auf » (bon voyage), réminiscence de la profession des soldats constructeurs, est gravée en frontispice au-dessus de la porte. Toutes les pièces, en sous-sol, une dizaine environ, sont accessibles par un couloir bétonné lui aussi desservant les locaux alignés. On imagine facilement les lits de blessés répartis par catégories de soins à donner. Deux locaux plus exigus ont pu vraisemblablement servir à des endroits réservés aux soins particuliers, au stockage des moyens de traitement, avec la possibilité d’y abriter les locaux de salle de pansements, voire la salle d’opération.

    La conservation des tours des fenêtres en bois, les inscriptions gravées sur les murs, dont certaines décoratives, ne manquent pas aussi de surprendre. Les plafonds, à savoir les arceaux de ferraille supportant leur charge, sont rouillés mais pas écroulés.

    Détail important : un évier en pierre et son tuyau d’évacuation en métal sont encore présents. Ils prouvent qu’une alimentation en eau courante avait été prévue, facilitant les soins et les mesures d’hygiène pas si évidents à obtenir si près du champ de bataille. Autre élément du site, l’emplacement d’un cimetière sur le plan supérieur de la butte a pu être identifié. Son contenu a été regroupé par la suite dans les nécropoles allemandes.

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    Union110904c - Marne
    TRIGNY : Hameau situé au nord de Cormicy : La Neuville en 1914

    Au XVIe siècle, ce hameau portait le nom de Laneufville-lez-Cormicy.

    Au XVIIIe, il devenait La Neuville-lez-la-cuve. Avant 1914, La Neuville était un hameau de 49 habitants. Il possédait une église dédiée à sainte Marguerite et détruite au XVIIe siècle.

    Le dimanche 30 août 1914, les habitants du hameau virent soudain apparaître, sur la route d’Aguilcourt, des soldats français totalement épuisés. Ils remarquèrent que les cavaliers rougissaient de leur sang la selle de leurs chevaux.

    C’était l’avant-garde de la 5e armée du général Lanrezac, talonnée par les cavaliers de la 5e armée allemande commandée par le général Von Bülov. Les malheureux soldats français battaient en retraite depuis Charleroi en Belgique.

    Le lundi 31, le pays fut engorgé par les soldats en retraite et le mardi 1er septembre, apparurent les premiers uhlans à la hauteur du Mont Spin.

    Une journée épouvantable

    Un général donna l’ordre d’évacuer La Neuville sans prendre le temps de se munir de quelques affaires.

    Certains partirent en charrette et prirent la route de Cormicy mais, la fusillade était telle, qu’ils s’engagèrent en hâte dans le chemin du Fond de Cauroy pour se mettre à l’abri de la forêt.

    Ils se retrouvèrent à Ormes, au milieu d’une effroyable cohue de réfugiés.

    Lundi 14 septembre 1914, aux premières heures du jour, la 60e division s’empara du château du Godat et réoccupa La Neuville, Sapigneul et s’installa sur la côte 61 à l’est de Sapigneul.

    Il s’agissait d’établir à tout prix la liaison avec la 4e division à Prouvais.

    Le PC français était établi sur la côte 61. La journée fut épouvantable, les deux armées en présence ayant pris conscience qu’elle allait être décisive.

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    Union110904b - Marne
    HISTOIRE : Aviation : Jules Roy : l’éloge tranquille de Marin la Meslée

    Pierre Fresnay : un acteur complice de l’auteur Jules Roy.
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  • Jules Roy, aviateur, officier,
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  • Lorsque le bombardier célèbre le pilote de chasse, l’armée de l’air s’éclaire de mille talents qui écrivent en lettres d’or son histoire glorieuse.

    SI la dissolution des Forces aériennes françaises libres a eu lieu sur la BA 112 « Commandant Marin-la-Meslée » de Reims, un choix légitime au regard des prestigieuses unités et des personnels remarquables qui y ont été stationnés, il est un ancien des FAFL du groupement de bombardement Guyenne au franc-parler, dont on aime relire l’affection pour l’As des as de la campagne de 1940 et la proximité avec la célèbre base rémoise aujourd’hui confiée à son échelon liquidateur.

    Jules Roy n’avait pas seulement accepté de préfacer l’ouvrage que l’académicien Michel Mohrt a consacré au commandant Edmond Marin la Meslée.

    L’hommage qui respire

    Il y a expliqué dans le style réfléchi de l’écrivain qui aime relater sa passion et sa complicité, toute l’admiration légitime qu’on peut témoigner envers ces pilotes qui sont une des plus belles fiertés de l’armée de l’air.

    C’est un message adressé aux générations d’aujourd’hui et de demain et qui oriente leur questionnement : « Si nous sommes vulnérables au souvenir de Saint-Exupéry ou de Marin la Meslée, c’est que nous sommes, à quelques années près de leur âge. Nous avons vécu la même aventure, nous avons trinqué contre les leurs nos gobelets pleins du vin rouge de l’intendance. Et quand il nous arrive, de moins en moins souvent d’entonner une vieille chanson d’amitié, leurs voix confuses se mêlent encore aux nôtres ». Si Jules Roy a été fasciné par les exploits cumulés du groupe de chasse 1/5 et des figures d’exception qui ont collectionné ces victoires attestant que l’armée de l’air était bien dans le ciel de France, au combat, en 1940, il a tenu dans cette manière intime de reconnaissance envers les ailes rémoises, à venir sur la base, pour mieux y trouver les enregistrements indispensables à sa pièce de théâtre « Les cyclones » dans laquelle jouait Pierre Fresnay.

    Jules Roy et l’acteur n’ont-ils pas bénéficié alors de la saine complicité du colonel Jean-Mary Accart ?

    Pierre Fresnay n’est-il pas venu sur la base le 14 juillet 1954 pour participer au premier meeting aérien d’après-guerre dans ce ciel marnais témoin de tant d’exploits ?

    Roy qui reconnaissait son émerveillement pour les chevaliers du ciel n’ajoutait-il pas : « Ceux avec qui je mangeais le bœuf-mode et les lentilles des popotes n’avaient ni le nom, ni la gloire de Marin la Meslée. Ils étaient si grands pourtant, que mon admiration ne savait au juste où les placer. Je ne leur disais rien, pour ne point paraître ridicule ».

    Roy qui confie avoir reçu mission de Murtin de donner un feu de camp en l’honneur de Marin dans ce temps incertain vécu au Maroc en 1941 insiste : « Il était déjà touché par l’immortalité qui l’attendait quatre ans plus tard dans le fracas de sa chute en Alsace, trop beau mais surtout trop pur pour un long passage sur la terre et je me repentis par la suite de n’avoir pas noté jusqu’à ses moindres paroles ».

    Se souvenir

    On est ébloui par le descriptif : « Sa voix me frappa tellement que je n’écoutai guère ce qu’il disait. Une si sereine autorité émanait d’elle et lui donnait un sens que les mots, après tout, devenaient accessoires ».

    L’écrivain évoque aussi avec les aviateurs le devoir de mémoire : « Le siècle ne les acclame que lorsqu’en danger de mort, il est sauvé par eux. Le reste du temps, il les tient en disgrâce parce qu’ils gênent. Leur vie est un démenti aux milliardaires, aux philosophes et aux politiciens. Mais aux autres, oui, à l’immense église des hommes qui souffrent et qui espèrent, ils ouvrent parfois les portes de leur ordre pour célébrer le deuil et l’ascension d’un Marin la Meslée ».

    Les propos de Roy sont patrimoniaux, indissociables de la richesse matérielle et intellectuelle du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale.

    Au-delà des pièces et des murs, il y a des hommes, des tranches de vie, des pages, des lettres, de petits trésors conservés par Frédéric Lafarge qui sont des éléments constitutifs d’un puzzle historique dont la mémoire contemporaine aurait bien tort de se passer.

    Hervé CHABAUD

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    Union110904a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    USA : le concours des femmes pilotes

    Un cours de formation d’aviatrices américaines sélectionnées.
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  • Jacqueline Cochran, une pilote confirmée qui tient à la place des femmes dans l’aviation.
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  • L’appui américain à la guerre en Europe ne se dément pas. Le 31 août 1941, Jacqueline Cochran décide de convaincre le gouvernement de Washington de profiter des compétences des femmes pilotes pour accroître le personnel navigant de son armée de l’air. L’aviatrice recense 650 femmes qui, aux Etats-Unis, détiennent le sésame pour piloter un avion et suggère la constitution d’un escadron féminin dont la première mission serait de convoyer les appareils depuis la sortie des usines où ils sont montés jusqu’à leur unité d’affectation. Jacqueline Cochran sait que le pouvoir est très réticent à cette solution aussi l’administration multiplie-t-elle les exigences bureaucratiques pour envisager cette hypothèse. Il en faut plus que cela à l’aviatrice pour renoncer. A ceux qui lui opposent qu’il faut que les femmes choisies aient plus de cinq cents heures de vol pour être capables de réussir ces missions de transfert, elle balaie l’argument en affirmant qu’il suffit d’une formation adaptée pour garantir l’efficacité de son escadron. « Je suis prête à former toutes ces femmes volontaires pour concourir au renforcement de notre armée. J’ai les compétences pour et je peux m’engager à tout instant pour démontrer la pertinence de mon affirmation. » Si Cochran fait le forcing c’est qu’un mois auparavant le général Arnold a fait un premier pas en sa direction en acceptant de prendre à l’essai cinquante aviatrices parmi les plus expérimentées pour une durée de trois mois. « Il s’agit de vérifier si votre proposition est crédible dans le cadre des fortes exigences de notre capacité opérationnelle. » Elles sont alors reçues au sein de l’Air Corps Ferrying Command. La conviction et la détermination de cette femme séduisent le Premier ministre britannique Winston Churchill qui la contacte pour qu’elle recrute aux Etats-Unis des pilotes prêtes à venir en Grande-Bretagne pour étoffer l’Air Transport Auxiliary.

    Le Lysander de Westland prend au 1er septembre 1941 une place renforcée au sein du dispositif de la RAF. Cet avion de liaison est jugé comme un atout pour réaliser à la fois des missions de reconnaissance et de transfert en territoire ennemi ou occupé. Les Anglais l’ont déjà surnommé « Lizzie ». Il a comme avantage d’être un appareil à décollage et à atterrissage court qui intéresse au plus haut point les responsables du Special Operation Executive. Sa dernière version, le Mk II équipée du Bristol Perseus XII de 905 chevaux passe de la reconnaissance de jour à la mission de nuit. Il s’agit de disposer d’un moyen de transport discret et sûr capable d’assurer des liens rapides avec des agents infiltrés ou des groupes de résistance qui maillent les territoires contrôlés par les Allemands. Dans le même temps, Londres maintient le sacrifice d’un certain nombre d’appareils pour mener à bien des missions destinées à maintenir la Luftwaffe à l’écart des convois maritimes de ravitaillement. Les premières opérations conduites dans la première quinzaine d’août confirment ce choix. C’est ainsi que la RAF catapulte depuis le « Maplin » un navire de commerce aménagé, des Hurricane destinés à abattre les Focke-Wulf ennemis et les Junkers qui opèrent au large mais trop loin du périmètre d’action des chasseurs basés à terre. Ces missions d’un type nouveau exigent le sacrifice de l’appareil employé qui, une fois son temps de vol épuisé, doit amerrir à proximité d’un bâtiment de la Royal Navy afin que son pilote soit récupéré dans les meilleures conditions. De son côté, le général de Gaulle demande le 1er septembre au général Martial Valin une nouvelle organisation des Forces aériennes françaises libres qui doit être validée avant la fin de l’automne. La constitution d’escadrilles portant le nom de province de France est alors à l’étude.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    L’accélération des préparatifs nippons : Le bombardier Nakajima très prometteur.

    Le Mitsubishi A6M1 à l’exercice pour la couverture aérienne.
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  • Le bombardier Nakajima très prometteur.
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  • L’empereur Hiro Hito appuie les préparatifs nippons.
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  • Stratégie. Les Japonais peaufinent leur plan d’invasion de l’Asie du Sud-Est tandis que l’attaque de l’aéronavale contre la base de Pearl Harbour est présentée devant l’état-major de la marine.

    Le 2 septembre 1941, un point des alliés sur la situation en Extrême-Orient illustre une analyse insuffisante de la proximité de la menace. Comme si les escadrilles japonaises et les 30.000 hommes de troupes qui stationnent désormais sur des bases indochinoises ne constituaient pas un danger imminent. Les services des renseignements américains et anglais ne mesurent pas l’ampleur des préparatifs ordonnés par Tokyo. De Manille à Kuala-Lumpur, de Guam à la Birmanie, des agents de l’armée impériale et de la marine sont astucieusement répartis sur tous les sites stratégiques. Ils ont reçu comme missions de collecter un maximum d’’informations relatives aux défenses locales, aux pistes d’atterrissages et à leur logistique périphérique, aux plages de débarquement qui peuvent être utilisées dans les meilleures conditions. Ils recrutent localement d’honorables correspondants capables de compléter leurs connaissances et de leur communiquer dans les meilleurs délais toutes les évolutions constatées. Les données sont triées, ordonnées, classifiées, illustrées et adressées au quartier général impérial nippon. Elles sont alors dépouillées par les techniciens au service de l’état-major appartenant à l’Unité 82 du Plan sud. Ce pôle de compétence qui associe des officiers des trois armes et des experts du renseignement est chargé d’élaborer une offensive terrestre, maritime et aérienne sans précédent en Asie du sud-est. Plusieurs plans minutieux sont en cours de rédaction dans un campement spécial qui a été installé à proximité de Taïpeh, la capitale de l’île de Formose.

    Planification offensive

    Officiellement, ce centre est en charge de la recherche sur les questions militaires. En réalité, c’est le cœur du bellicisme annoncé et soutenu par Hiro Hito, l’empereur du Japon. Beaucoup de précautions sont prises aussi, est-ce une équipe restreinte d’officiers qui sait les tenants et les aboutissants de cette mascarade. La préparation des opérations militaires dans le Sud-Est asiatique est placée sous le commandement du colonel Masanobu Tsuji. Cet ultranationaliste est le portrait idéal du fanatique. Comme le pouvoir lui fait confiance, il a oublié qu’il avait envisagé d’assassiner le prince Konoye pour se mettre à la dévotion du gouvernement. Il est la clé du renseignement analytique pour tous les pays avec lesquels le Japon a décidé de constituer une sphère de coprospérité. Sous ce vocabulaire diplomatique se dissimule la décision de Tokyo de dominer toute la grande région et de soumettre les différents Etats à ses exigences par la mise en place d’une collaboration intelligente dont la réciprocité est du seul choix de l’empereur ! Ces officiers mènent des tests pour valider les meilleures techniques de combat dans la jungle et jauger la capacité humaine de résistance à un environnement hostile, peuplé d’une faune et d’une flore dangereuses.

    Le défi est aussi de se prémunir au mieux de la malaria, la fièvre jaune qui est capable d’anéantir des unités entières et de proposer des solutions pour la préservation de l’armement. En effet, en raison du degré d’humidité qui règne dans ces contrées, les armes peuvent rouiller en une nuit ! Des essais de nouveaux vêtements imperméabilisés, l’emploi de casques plus légers mais résistants, l’utilisation de nouvelles techniques de combat ont lieu dans le plus grand secret. Les exercices sont opérés à Hainan dans le golfe du Tonkin et tous les curieux ou ceux qui tombent inopportunément sur ces simulations de guerre sont éliminés.

    On essaie aussi de mesurer la capacité d’endurance de soldats enfermés avec des chevaux à fond de cales pour s’assurer que des transferts importants de troupes peuvent être effectués dans la plus grande discrétion. Des espions déguisés en travailleurs de force sont également répartis aux Philippines et en Malaisie. Ils ont l’ordre de collecter toutes les informations concernant les réseaux routiers, les emplacements des ponts et des zones de franchissement de faible profondeur et cela pour que des itinéraires d’infiltration et des sites d’occupation soient fixés bien avant de donner le feu vert à l’invasion.

    Le colonel Tsuji adresse le 3 septembre 1941 un rapport qui est une synthèse des observations et des exercices réalisés. Il se dit optimiste dans la capacité du Japon à conquérir le Sud-Est asiatique : « Si nous commençons le Miji Setsu (3 novembre), nous prendrons Manille au Nouvel an et Singapour au Kigensetsu (11 février), Java le jour de la commémoration de l’armée (10 mars) et Rangoon pour l’anniversaire de l’empereur (19 avril). » Cette projection dans le temps d’opérations dont il garantit la faisabilité fait l’objet du plan « Opération n°1 ». Tusji est également certain qu’avec une armée motivée et suivant à la lettre les recommandations techniques et sanitaires de ses officiers, il est raisonnable d’envisager la soumission de la Thaïlande, de la Malaisie et de Singapour de manière à éliminer de la grande région la présence britannique. Il repousse la question française à plus tard. Il considère que l’armée d’Indochine n’a pas les moyens de s’opposer durablement.

    Bombardiers et torpilles

    A côté des exigences de l’armée de terre et du sérieux avec laquelle elle prépare sa grande attaque contre les possessions du Royaume-Uni, la marine n’est pas en reste. Tous les jours, des escadrilles de l’aéronavale s’exercent au-dessus du quartier de Honshu à Kagoshima. Les pilotes aux commandes de leurs bombardiers à torpilles Nakajima volent à très basse altitude près du centre commercial de Yamagataya afin d’effectuer leurs attaques contre des bateaux cibles qui sont stationnés dans la baie de la métropole. Le site a été choisi par l’amiral Yamamoto pour la simple raison qu’il présente des similitudes géographiques avec Pearl Harbour aux îles Hawaï. Il ne semble pas que ces exercices très particuliers inquiètent les services de renseignements alliés. On ne s’interroge pas plus sur les raisons qui font que sur d’autres bases de l’île de Kyu-shu, les équipages de bombardiers en piqué Aichi multiplient des simulations d’attaques en direction de la mer ! D’autres manœuvres associant des sous-marins ont lieu au large des côtes de Shikoku. On y teste aussi de nouveaux modèles de torpilles et de nouveaux obus destinés à percer les dernières générations de blindage. L’urgence est à la résolution technique murmure-t-on.

    Au collège naval installé dans la banlieue de Tokyo, l’amiral Yamamoto révèle le 2 septembre 1941 son plan d’attaque de Pearl Harbour. Il explique que les démonstrations qui ont eu lieu lui semblent suffisamment convaincantes pour que l’état-major de la flotte combinée examine désormais dans le détail : « L’opération Z ». « Mon objectif est d’affronter avec audace la flotte américaine du Pacifique afin de détruire le maximum de ses composantes. Pour ce faire je dois employer six porte-avions et leur suite . » Le pacha de la marine, l’amiral Osami Nagano et plusieurs de ses officiers de l’état-major sont dubitatifs et s’interrogent sur la pertinence de jumeler « L’opération Z » avec « L’opération n°1 ». Une longue discussion s’engage mais, solennel, Yamamoto prévient : « La présence de la flotte US à Hawaï est un poignard sur notre gorge ». Il est prêt à mettre son commandement dans la balance pour obtenir gain de cause.


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    Le temps des représailles

    Pierre Pucheu vante l’intransigeance de la police.
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  • Le général von Stülpnagel est sans concession.
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  • Fernand de Brinon joue les intermédiaires.
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  • Vichy et l’occupant tombent d’accord pour réprimer vivement les violences à l’encontre des soldats allemands. Une loi d’exception est publiée.

    Le 3 septembre 1941, le gouverneur militaire allemand écrit à Fernand de Brinon l’ambassadeur du gouvernement de Vichy à Paris : « A la suite de l’attentat contre l’aspirant Moser, vous avez proposé par votre note du 22 août, la comparution de six chefs communistes devant un tribunal spécial dans un délai très court. Nous avons donc renoncé à exercer des représailles or, quatorze jours après l’attentat, trois communistes seulement ont été exécutés. Les autres jugements prononcés par le tribunal spécial ne correspondent pas aux assurances données verbalement. La Kriegsmarine est profondément déçue. En conclusion, le gouvernement français doit tenir les promesses faites dans les plus courts délais ». Dans la transmission de cette correspondance du général von Stülpnagel à la Kriegsmarine en France, le colonel Speidel apporte une information nouvelle et décisive : « Le ministre Pucheu va proposer au Maréchal la nomination d’un tribunal spécial et politique qui prendra dans les délais les plus courts les décisions correspondantes ». Speidel dispose de bons agents de renseignements. Il est patent qu’un texte de loi est à la rédaction pour instituer dans le système judiciaire de l’Etat français, un tribunal politique.

    Justice d’exception

    Le texte est publié au Journal officiel du 7 septembre. Le major Beumelburg, officier de liaison du gouverneur militaire auprès de la délégation générale du gouvernement français, s’entretient à plusieurs reprises avec Fernand de Brinon et le conseiller d’Etat Ingrand qui est membre du cabinet du ministre de l’Intérieur Pierre Pucheu. La création d’une juridiction spéciale apparaît comme la seule solution pour décrisper des relations dégradées en raison de la multiplication des attentats principalement contre des soldats allemands. L’exécution des mesures suggérées par les juristes de Vichy est contraire aux principes généraux du droit puisqu’elles impliquent la rétroactivité de la loi ! Beumelburg n’est gêné en rien par cette situation mais il tient à avoir un engagement écrit sur la détermination du gouvernement Darlan à agir dans les plus brefs délais. S’il n’est pas dit dans le texte qui est remis que la sanction prononcée sera la peine capitale, cela ne fait pas de doute. Plusieurs sources affirment même que Brinon et Ingrand sont favorables à un électrochoc pour dissuader des assassinats politiques, aussi suggèrent-ils que : « Les exécutions aient lieu à la guillotine sur une grande place de Paris ».

    Beumelburg enfonce le clou et se réjouit : « Je me félicite de l’abandon des principes libéraux que représentent la séparation des pouvoirs et la non rétroactivité des lois. Il était temps de jeter par-dessus bord les sacro-saintes conceptions françaises de l’Etat de droit ». Il considère que l’intervention du ministre de l’Intérieur a été déterminante dans cette posture mais il n’est pas un partisan des exécutions publiques. Le choix d’éliminer prioritairement les communistes agrée l’officier qui rappelle que Pucheu avait déjà développé cette solution lors de son entretien avec le docteur Schmid et le colonel Speidel. Dès le 30 août 1941, Beumelburg dessine le cadre de l’action répressive qu’il souhaite voir adopter par Vichy. Il estime que le jugement doit être confié en zone occupée à des sections spéciales auprès des cours d’appel. Il considère qu’en cas de flagrant délit il n’y a pas lieu d’ouvrir une instruction et que l’auteur peut bénéficier d’un avocat qui lui sera commis d’office. S’il n’y a pas de flagrant délit, la procédure doit être engagée dans les huit jours et le prononcé du jugement proclamé dans les quarante-huit heures qui suivent l’arrivée des documents policiers et judiciaires. Il tolère la validation d’une procédure par contumace. Et de conclure : « Il n’y a pas de voie de droit contre les jugements des cours spéciales, lesquels sont immédiatement exécutoires ». L’officier considère que ces mesures ne dispensent pas le maréchal Pétain de combattre sans répit ceux qui mènent des attaques inacceptables contre les forces armées allemandes avec une lâcheté scandaleuse.

    Propos obséquieux

    Beumelburg n’accable pas Vichy. N’écrit-il pas : « Je constate que le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour devancer les autorités allemandes dans les enquêtes afin d’éviter à la population les mesures de répression ». Benoist-Méchin qui le rencontre à son retour confirme son appréciation. Il lui fait un bref résumé du conseil des ministres au cours duquel le Maréchal a déclaré : « Ça ne pourrait être mieux ». Le plus rétif est le ministre de la Justice. Barthélémy n’accepte pas que l’on viole les principes qui font le droit français aussi interroge-t-il ses collègues et manifeste-t-il sa défiance à l’égard de Pucheu. Le garde des Sceaux qui ajoute que les prisons sont déjà surpeuplées est repris de volée par Pétain. Il lui assène : « Le peloton d’exécution fera de la place » ! On peut être surpris par ce rôle de petit télégraphiste au bénéfice des Allemands joué par Benoist-Méchin. N’est-il pas l’indigne rapporteur à l’ennemi des discussions du conseil des ministres ? Pour éviter des tergiversations et une perte de temps inutile, le docteur Schmid demande au chef du SD le colonel Knochen de compléter tous les dossiers déjà en sa possession et d’en adresser d’autres concernant des juifs et des étrangers. C’est parmi ceux-ci que l’on va choisir ceux qui vont être envoyés en représailles devant le peloton d’exécution.

    Le docteur Roesch, l’un des adjoints de Beumelburg, passe au crible chaque cas et manifeste sa mauvaise humeur en raison de l’insuffisance de preuves. Il est d’autant plus courroucé que des fonctionnaires français de la justice et de l’intérieur affirment que les dossiers sont insuffisants pour soutenir une accusation. Il semble que tout est fait pour ralentir les exécutions mais il ne s’agit que de les différer dans le temps. On suit plus spécialement certains procès comme celui d’André Bréchet, chef communiste et ancien journaliste de « L’Humanité ». Trois autres communistes dont un juif sont jugés dans des délais très courts et condamnés à la peine de mort. En réalité, dès le 27 août, Pucheu a publié un communiqué sur les procès et les exécutions montrant qu’il est favorable à des sanctions exemplaires à l’encontre des tueurs mais les chefs militaires allemands considèrent ses propos comme trop timides et attendent du gouvernement une législation d’exception, ce qu’ils vont obtenir. Ils tiennent surtout à ce que le lien soit fait entre l’exécution de l’aspirant Moser de la Kriegsmarine et celles qui sont effectuées en représailles. Il faut que dans chaque famille française on sache que tout attentat commis contre des représentants de l’occupant sera lourdement puni et que des otages seront fusillés. Le 3 septembre, un sous-officier allemand est blessé gravement par balle à proximité de la gare de l’Est. Le général von Stülpnagel ordonne de passer par les armes sans attendre trois otages choisis parmi des responsables communistes et de les conduire au Mont-Valérien. Le général allemand concrétise ses menaces affichées dès le 22 août et donne son feu vert à des exécutions : « dont le nombre sera adapté aux circonstances ».

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    Union110903a - Marne
    MONDEMENT : Des commémorations hautes en couleur à Mondement : Une mémoire à partager avec les Allemands

    Le monument national
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  • La renommée école militaire de Saint-Cyr sera présente pour le 97e anniversaire de la bataille de la Marne à Mondement. Une cérémonie de grande ampleur est prévue.

    CETTE année, l’élite sera là pour ce jour historique à Mondement.

    Quatre Saint-Cyriens de l’école militaire de Coetquidan (Morbihan) invités par l’association « Les soldats de la Marne » qui organise l’événement, rendront les honneurs en mémoire des soldats tués à la bataille de la Marne.

    L’appellation semble à certains historiens un peu fallacieuse, du fait qu’elle se soit déroulée sur environ 300 km, de Senlis à Verdun. « C’était la première fois que les Français ont fait reculer les Allemands lors de cette Grande Guerre. Nos adversaires ont fait marche arrière jusqu’en Argonne », rappelle Michel Tellier, président de l’association depuis quatre ans. Il est important de dépasser maintenant l’esprit revanchard et de travailler sur la mémoire partagée, avec le peuple allemand. »

    Depuis la fin août de cette terrible année 1914, où ils avaient envahi en Belgique, les soldats allemands n’ont cessé d’avancer en France jusqu’à ces combats marnais. Du 5 au 12 septembre 1914, ont donc eu lieu de terribles journées de bataille sanguinolente. Les pertes furent immenses.

    « On a dénombré dix mille morts du côté français rien que parmi les hommes qui se battaient dans le secteur sézannais et la même chose du côté allemand, raconte Michel Tellier. Et si on a gagné, c’est grâce aux tactiques et stratégies de Joffre et de Foch. » Entre autre.

    Parce qu’il ne faudrait surtout pas dénigrer la force et le courage de ces pauvres hommes qui auront donné leur vie à la nation.

    L.T.

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    Union110902a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Libération de la Ville : Des tombes de résistants fleuries au cimetière

    Lors du dépôt du premier bouquet.
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  • À l’initiative de la Ville et du comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François, plusieurs tombes ont été notamment fleuries ce lundi 29 août par de nombreuses personnalités.

    Des flammes du souvenir ont été également déposées sur chaque tombe.

    Au cours des journées qui ont précédé la Libération, plusieurs maquisards et civils vitryats sont en effet morts pour la France.

  •  Jacques de la Fournière de Saint-Genis (1892-1943) (Commandant de réserve, ancien combattant 14-18 avec 7 citations et 4 blessures, ancien combattant 39-40 avec 2 citations, Chevalier de la Légion d’Honneur, croix de guerre française, belge et polonaise), chef du premier groupe de résistance vitryat, arrêté à Châtelraould-Saint-Louvent, torturé le 18 juin 1943 à la prison de Châlons-sur-Marne, puis décédé à Paris le 7 août 1943.
    Un quartier de Luxémont porte son nom.
  •  René Bégard (1919-1944), ancien secrétaire de mairie au service État civil de Vitry-le-François, père de trois enfants, FFI fusillé à Saint-Quentin (Aisne) le 8 avril 1944. Une rue de Vitry-le-François porte son nom.
  •  Gaston Bolot (1923-1944), FFI au groupe Bonnard, fusillé à Huiron le 28 août 1944. Une stèle a été édifiée à Huiron.
  •  Marcel Leblanc (civil), fusillé par les troupes allemandes à Vitry-le-François le 28 août 1944.
  •  Louis Bianchi (1922-1944), (caporal, engagé volontaire en 1942, démobilisé), FFI depuis début 1943 au groupe de La Fournière, puis au groupe de la Fournière (Maquis des Chênes), fait prisonnier à Matignicourt-Goncourt et fusillé à Naives-devant-Bar le 29 août 1944 (médaille de la Résistance et médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération à titre posthume).
  •  Vitalis Gotautas (1920-1944), de Kelme (Lituanie), FFI du groupe de La Hamayde (Maquis des Chênes), fusillé à Naives-devant-Bar le 29 août 1944 (médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération à titre posthume).
  •  Zigmantas Gudelis (1908-1944), de Kovno (Lituanie), FFI du groupe de La Hamayde (Maquis des Chênes), fusillé à Naives-devant-Bar le 29 août 1944 (médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération à titre posthume).
  •  Lieutenant Pierre Klein (1924-1944), FFI entré dans le groupe de La Fournière dès 1943, puis en 1944 au groupe de La Hamayde (Maquis des Chênes), fait prisonnier à Matignicourt-Goncourt et fusillé à Naives-devant-Bar le 29 août 1944 (médaille de la Résistance et médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération à titre posthume).
    Une rue de Vitry-le-François porte son nom.
  •  Capitaine Robert Meunier (1919-1944), réfractaire au STO, a rejoint les Maquis du Dauphiné en 1943.
    Chef de groupe FTP, puis à Combat, il mène avec Paul-Vallier, une lutte sans merci à la milice et à la gestapo.
    Ses exploits sont magnifiques et son courage indomptable. Arrêté le 8 juin 1944 à Grenoble, emprisonné à Montluc, torturé par Klauss Barbie, il est fusillé à Genas, près de Lyon, le 11 juillet 1944 (Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume). Une rue de Vitry-le-François porte son nom ;
  •  Pierre Rameau (1922-1944), FFI d’abord au Groupe de La Fournière en 1943, puis en 1944 au groupe de La Hamayde (Maquis des Chênes), fait prisonnier à Matignicourt-Goncourt et fusillé à Naives-devant-Bar le 29 août 1944 (médaille de la Résistance et médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération à titre posthume).

     

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    Union110901b - Marne
    LA NEUVILETTE : Le héros australien n’a pas été oublié

    Les anciens de La Neuvillette vouent un culte particulier à lan Mackenzie.
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    L’anniversaire de la libération de Reims est toujours un moment fort pour les habitants de La Neuvillette qui se réunissent chaque année autour du comité des anciens combattants et de son président Jean Ledoux.

    Le 67e n’a pas fait exception à la règle et c’est un public étoffé qui a assisté au dépôt de gerbe au monument aux morts ainsi qu’au mémorial de l’aviateur australien Ian Mackenzie.

    Les anciens de La Neuvillette vouent un culte particulier à ce pilote qui plutôt que de sauter en parachute avec son équipage, alors que son appareil était frappé à mort par un chasseur de nuit ennemi, conserva les commandes afin d’éviter que celui-ci ne s’écrase sur les maisons de la commune, action héroïque qu’il paya de sa vie.

     

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    Union110901a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : 29 août 1944 : La Ville est libérée !

    Lors du dépôt de gerbes par les autorités.
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    Pour le 67e anniversaire de la libération de Vitry-le-François le 29 août 1944 par les troupes du général américain George-Smicht Patton, une cérémonie commémorative a eu lieu, ce lundi 29 août en fin d’après-midi, à la stèle élevée à la mémoire des quatre maquisards fusillés par les troupes allemandes le 28 août 1944, dans le faubourg de Saint-Dizier.

    Après l’égrenage, par le président du comité cantonal du Souvenir français, des 49 noms des résistants de l’arrondissement de Vitry-le-François morts pour la France, plusieurs gerbes de fleurs ont été déposées par les autorités.

     

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    Union110831f - Marne
    REIMS : 67e anniversaire de la Libération de la ville : des souvenirs et des projets

    Recueillement et souvenir (ici au square des victimes de la Gestapo), …
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  • … mais aussi projets d’avenir avec les élus belges de Bastogne Bernard Sivade
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  • Reims a commémoré la fin de l’occupation allemande, et envisage de collaborer au projet mémorial de Bastogne.

    C’était il y a 67 ans : le 30 août 1944, Reims assistait à l’entrée des Américains dans ses murs, des libérateurs qui mettaient un terme au cauchemar de son occupation par l’Allemagne nazie.

    La cérémonie d’hier commémorant cet événement était naturellement marquée par nombre de souvenirs liés à cette douloureuse période de l’histoire. Souvenir, à la Neuvillette, de l’héroïsme du jeune pilote australien Ian Mackenzie, qui préféra rester à bord de son bombardier en flamme plutôt que de laisser celui-ci s’écraser sur les habitations de cette même Neuvillette. « Pour nous, c’est un héros », rappelait hier le président Jean Ledoux du comité local des anciens combattants.

    Souvenir aussi, silencieux, à la synagogue, de toutes les familles juives exterminées par la folie nazie. « A la libération de Reims, il n’y avait plus de juifs dans la ville, nous rappelait Claude Mayer, vice-président de l’association cultuelle israëlite, ils étaient en exode, ou bien ils avaient été déportés. »

    Souvenir aussi pour Violette, au monument de la Résistance, qui se met à fredonner le chant des Partisans joué par l’harmonie municipale. « J’avais 12 ans à la libération, confie-t-elle, j’ai vu les Américains arriver par la rue Ruinart ; ils nous ont donné des oranges ; je ne pouvais pas les manger jusqu’au bout tellement elles étaient grosses ! il faut dire que nos organismes n’étaient plus habitués à manger normalement… »

    Projet belge

    Mais la cérémonie rituelle n’était pas uniquement tournée vers le passé. La présence de deux invités inhabituels orientait aussi le regard vers l’avenir. Ces deux invités, c’étaient Philippe Collard et Guy Horman, respectivement député-maire et premier échevin de Bastogne. « Notre ville a le projet de créer un centre mémorial de la Seconde guerre mondiale, nous expliquent-ils, dans cette perspective nous avons tissé des liens avec Reims, qui présentait déjà des points communs avec nous : c’est à Reims qu’était basée la 101e Airborne américaine avant de venir défendre Bastogne,et nous figurons toutes les deux sur la même « voie de la liberté » empruntée par Patton depuis les plages de Normandie. »

    La cité française des sacres pourrait donc être plus ou moins associée au projet belge, comme le laissa entendre la maire rémoise Adeline Hazan à l’heure des discours. Une façon de montrer, une fois de plus, qu’en dépit de toutes les horreurs du passé, la vie continue.

    A.P.

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    Union110831e - Marne
    EPERNAY : Anniversaire de la Libération Les cloches à toute volée

    Un dépôt de gerbe à la stèle érigée en l’honneur du général Patton et de la 3e armée américaine.
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  • Une gerbe a été aussi déposée au pied de la stèle de la SNCF.
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  • C’est un copieux programme de cérémonies qui a marqué le 67e anniversaire de la Libération d’Epernay. Dimanche en soirée alors que les cloches de Notre-Dame sonnaient à toutes volées, Gilles Giuliani, sous-préfet, Philippe Martin, député, Franck Leroy, maire d’Epernay, et Serge Plaquin, vice-président du Comité d’antente des associations d’anciens combattants ont déposé une gerbe en l’honneur de la 3e armée américaine devant la stèle Patton. Emmené par l’Avenir Musique, le cortège s’est ensuite rendu place de la République, pour un dépôt de gerbe sous la plaque de rue du colonel-Servagnat. Face au monument des Martyrs de la Résistance, le lieutenant-colonel Metzger, président du Comité d’entente des anciens combattants, a égrené la liste des 210 morts au combat, fusillés et déportés. Le cortège s’est ensuite rendu au monument aux morts pour une ultime cérémonie avant de gagner les salons de l’Hôtel Chandon pour la réception de rigueur.

    Chez les cheminots

    La veille, une cérémonie était organisée dans l’enceinte des ateliers SNCF, cérémonie à laquelle participait notamment Rémi Grand, conseiller municipal, représentant Franck Leroy. En présence de délégations de l’Ancac (Association nationale des cheminots anciens combattants), de l’amicale des porte-drapeaux et du personnel, une gerbe a été déposée aux pieds de la stèle érigée dans l’emprise SNCF. Les sonneries ont été exécutées par des éléments de l’Harmonie des chemins de fer d’Epernay.

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    Union110831d - Marne
    MAGENTA : En souvenir de la Libération

    De G. à D. : le lieutenant-colonel Serge Plaquin, Gilles Giuliani, sous-préfet, Yvette Lundy, résistante, Laurent Madeline,
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    C’était il y a soixante-sept ans. Après Epernay, les libérateurs délivraient la commune voisine de Magenta du joug de l’envahisseur.

    La population était conviée ce lundi 29 août à une manifestation du souvenir au monument aux morts.

    Au cours d’un moment de recueillement à la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie pour cette libération, une gerbe a été déposée entre une double haie de porte-drapeaux, la Musique municipale exécutant les sonneries réglementaires et La Marseillaise.

     

     

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    Union110831c - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Anniversaire de la Libération : Une cérémonie sobre

    Les officiels face au monument.
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  • Lors du dépôt de gerbe.
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  • Lundi 29 août à 18 heures, les élus locaux, le conseiller général Bruno Botella, les porte-drapeaux, une délégation des sapeurs-pompiers étaient rassemblés devant le monument aux Morts pour une sobre cérémonie.

    Les Sermaiziens se souvenaient des événements tragiques qui ont précédé la Libération de la ville. Dans son allocution le maire, Raymond Dziéja, a rappelé que douze Sermaiziens ont perdu la vie ce mardi 29 août 1944.

    Dans un désir de vengeance aveugle l’armée allemande a allumé 150 foyers d’incendie mais grâce au courage des sapeurs-pompiers et de volontaires seules quarante-trois maisons ont été détruites. Le maire a ensuite terminé par l’appel des victimes de cette journée.

    Il a ensuite déposé une gerbe, imité par le conseiller général, chacun accompagné respectivement par Claudette Bonnet et Danielle Philippe, deux sœurs dont le père a été abattu le 29 août 1944.

    Après avoir exécuté les sonneries et la Marseillaise, Musique Champagne Parade a joué quelques morceaux de circonstance.

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    Union110831b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Il y a 67 ans, les Américains libéraient l’Argonne

    Hier matin, Sainte-Ménehould commémorait le 67e anniversaire de sa libération par les soldats américains. L’occasion d’entendre les souvenirs de ceux qui étaient là, ce 30 août 1944.

    QU’EST CE QUI passe ? » interrogeait hier un passant en désignant la commémoration au monument aux morts, place d’Austerlitz à Sainte-Ménehould. Pour nombre de Ménéhildiens, ce 67e anniversaire de la libération de leur ville par les forces américaines ne représente pas grand-chose. Pour Alain, Henri, François et les autres, c’est au contraire un moment à tout jamais gravé dans leur mémoire. Ces trois-là sont des enfants de la guerre. Ils sont nés quand elle a été déclarée et n’ont connu, jusqu’à leur cinquième année, que le climat de conflit et de restrictions qu’elle imposait. Ils ont aussi vécu l’occupation allemande qui, dans la sous-préfecture, a duré quatre années.

    Dès le 29 août 1944, l’ambiance avait commencé à changer. Les Allemands pliaient bagages, les nerfs à fleur de peau. Toutes les rumeurs annonçaient l’arrivée des Américains. « Depuis quelques jours, nous passions les nuits à la cave, car le bruit courait que les Allemands pouvaient s’en prendre à tout le monde, raconte Alain Duboisy. Nous habitions le quartier de Gergeaux. Dans la cave, il y avait la famille et les voisins. Nous étions une quinzaine. Le 30 au matin, on a su que les Américains arrivaient. Je suis sorti sur la route et j’ai vu une Jeep pour la première fois de ma vie ! »

    Morts un jour de fête

    Les troupes de l’Oncle Sam n’eurent pas à livrer bataille, mais de nombreuses échauffourées et autres exactions eurent lieu en ville. Des jeunes qui étaient sortis trop tôt fêter l’arrivée des libérateurs furent fusillés par les Allemands. D’autres furent alignés dans la cour de l’hôpital afin de subir le même sort en « réparation » de la mort d’un occupant. C’est Mme Virrion, qui parlait couramment la langue de Goethe, qui intervint en leur faveur et les fit gracier.

    A quelques dizaines de kilomètres de Menou, à Saint-Jean devant Possesse, François Hermand participait aux préparatifs du battage des blés. « Mon père n’avait pas eu le temps de fermer les portes et les Allemands sont entrés dans la cour de la ferme. Après le passage d’un avion de reconnaissance américain, ils se sont mis en colère. J’ai pris un coup de crosse qui m’a fracturé la mâchoire. »

    A l’autre bout du pays, du côté de Vienne-la-Ville, Henri Golebiewsky garde un souvenir moins cuisant du 30 septembre de l’année de ses 5 ans. « Nous avons vécu le passage des Américains qui partaient vers Varennes. Un commis de culture de notre ferme a ramené un plein sac de cigarettes, chewing-gums et chocolats qu’ils laissaient tomber sur la route. C’était l’euphorie ! »

    A Sainte-Ménehould, une fois les troupes d’occupation définitivement éloignées, l’heure fut enfin à la liesse. En 2004, à l’occasion d’une veillée commémorative du 60e anniversaire de la libération, les participants évoquèrent les bals qui furent donnés trois jours durant place d’Austerlitz. Et aussi les concerts de jazz donnés tous les soirs à la gare par un orchestre américain. A l’époque, l’air d’« In the mood » trottait dans toutes les têtes. Hier, c’est sur la Marseillaise que les anciens combattants se sont recueillis en souvenir de tous ceux qui ont permis à l’Argonne de retrouver sa liberté.

    Stéphanie VERGER

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    Union110831a - Marne
    SILLERY : Deux anciens rendent hommage à l’abbé Fendler

    La tombe de l’abbé Fendler.
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  • Jean-Marie Loret et Marcel Marguet ont toujours une bonne mémoire.
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  • Nous avons rencontré deux Sillerotins « pure souche », véritables merveilles de mémoire collective : Jean-Marie Loret, 75 ans, et Marcel Marguet, 91 printemps et droit comme un I. Il se plaint de « fuites au toit » (comprendre pertes de mémoire), mais l’auditoire ne s’en rend pas compte, bien au contraire !

    La discussion est partie d’un commun accord sur l’abbé Fendler, curé de Sillery ayant eu un comportement très courageux en 14-18 : il s’était engagé comme brancardier dans l’armée. À la fin du conflit, il a acheté, sur ses deniers personnels, le terrain où est situé l’ossuaire de la RN44. Il a lui-même organisé une souscription pour payer le bâtiment de l’ossuaire où reposent les ossements de plus de 400 soldats. Marcel se souvient : « L’abbé nous demandait quelquefois de l’accompagner et pendant plusieurs heures, on ramassait avec lui les ossements dans les nombreux champs entourant la Pompelle ». Marcel et Jean-Marie ont, tous deux, à des époques différentes, été enfants de chœur avec l’abbé. « Ça ne rigolait pas et le catéchisme avec Mlle Marie, sa sœur, c’était du sérieux. »

    Concernant 14-18, Jean-Marie se souvient de l’épisode raconté maintes fois par ses parents. Un soir, un groupe de soldats français essayait de rejoindre le fort, lorsque l’un d’eux, sentant sa fin proche, a demandé à ses camarades de le déposer dans l’église, pourtant bien endommagée par les multiples bombardements, sous la croix située alors entre le grand autel et l’autel de la Vierge. Le pauvre homme est décédé là et une grande tâche de sang s’est répandue autour de son corps. Et malgré les nettoyages intensifs de Mlle Marie, la tâche est restée visible de nombreuses décennies et, selon la luminosité, serait encore visible !

    En 1927, un décret a autorisé l’abbé, alors président du comité du mausolée des batailles de Champagne, à remonter la chapelle mausolée à la nécropole nationale de Sillery, devant l’ossuaire. Il a pu réaliser cela grâce à une autre souscription. Et les deux hommes d’enchaîner sur d’autres anecdotes qui permettent de comprendre combien cet abbé à compter pour le village.

    Marcel se souvient également d’Irma Noël qui vivait avec ses frères dans la grande maison en face de l’ancienne poste.

    « Elle a reçu en héritage d’autres maisons et a donné à la mairie le complexe qui accueille maintenant le service pour les jeunes et qu’on a appelé à juste titre Espace Irma-Noël ».

    L’abbé Fendler et Irma Noël sont tous les deux inhumés au cimetière civil du village.

    Jean-Marie et Marcel sont détenteurs de multiples autres épisodes qui ont émaillé la vie du village pendant plusieurs décennies. On ne peut tous les relater dans ces colonnes, c’est bien dommage !

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    Union110830d - Marne
    REIMS : Entrée gratuite et nouvelle vitrine au musée de la Reddition

    Une vue du pont Fléchambault gardé par les Allemands.
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  • Le fanion volé par un ado sur la voiture d’un commandant allemand.
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  • Marc Bouxin devant le poste radio récupéré le 29 août 1944 par Guy Tabary.
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  • En plus des cérémonies organisées aujourd’hui pour fêter le 67e anniversaire de la Libération, le musée de la Reddition sera ouvert avec des nouveautés.

    REHAUSSÉ en fin d’après-midi par la présence du maire de Bastogne (Belgique) dont la ville a, comme Reims, accueilli l’État-major de la 101e Air borne avec le général Mac Auliffe, le 67e anniversaire de la Libération de Reims sera aussi marqué par l’ouverture exceptionnelle et gratuite aujourd’hui du musée de la Reddition.

    Conservateur du musée de la Reddition, Marc Bouxin présente une nouvelle vitrine sur la Libération. Avec deux objets au riche passé.

    Aux défenseurs du pont de Fléchambault

    Imposant, presque encore en état de servir, on peut déjà voir un poste radio allemand récupéré le 29 août 1944 par les résistants FFI du quartier Saint-Remi qui ont empêché que le pont Fléchambault sur le canal ne soit saboté par les Allemands. Marx Bouxin raconte.

    « Le 29 août 1944, embusqué dans la tour de la basilique Saint-Remi pour contrôler le secteur, le groupe de choc du commissaire Bourlon appelé « la centaine », a aperçu des sapeurs allemands dotés d’un engin semi-chenillé transportant des explosifs et qui s’apprêtaient à miner le pont. Avec une vingtaine d’hommes, ils les ont attaqués. Perdant plusieurs hommes, les Allemands ont abandonné leur véhicule tandis que le groupe assurait la zone et que Guy Tabary et Marcel Bayreau enlevaient les explosifs. Toute la nuit, le pont fut gardé et après un contact avec les troupes américaines qui étaient devant le bistrot à Cormontreuil pour leur dire que la ville était accessible par ce pont. Et ils ont attendu. A 6 h 30 du matin, des résistants ont guidé les blindés de tête de l’armée US vers Reims via la rue Maison-Blanche et le pont. Guy Tabary a récupéré ce poste dans l’engin allemand et l’a donné plus tard au musée avec un texte explicatif. Il était dans les réserves. » Dans la vitrine du musée on peut d’ailleurs voir une belle photo de ce pont gardé alors par des soldats allemands.

    Le fanion d’une voiture d’officier

    Si les vieux Rémois ont encore en mémoire l’histoire de ce drapeau à croix de Lorraine fixé durant la nuit au fait de la fontaine Subé au nez et à la barbe des occupants et pour lequel il ne fallut pas loin de la journée pour l’enlever, les échelles étant (volontairement) trop petites pour l’atteindre, l’histoire du petit drapeau présenté au musée de la Reddition ne manque pas de sel.

    « Alors que le chauffeur d’un général du génie allemand avait abandonné son véhicule, sans doute, pour accompagner son patron à la gare prendre le train, un gamin de 15 ans n’a pas hésité à subtiliser le fanion du véhicule de commandement et à le planquer dans sa veste. Pour l’histoire. »

    A voir aussi

    Enfin avant de découvrir ou redécouvrir les autres vitrines consacrées à la Libération avec de nombreux objets, personnages en costume d’époque et coupures de presse, vous pourrez jeter un coup d’œil sur la très belle maquette au 1/72e du sous-marin « Le Glorieux », l’un des quatre navires ayant échappé au sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942 et dans lequel se trouvait engagé un Rémois : Geoffroy Vital.

    Alain MOYAT

    Au musée de la Redition, 12, rue Franklin-Roosevelt, ouvert gratuitement aujourd’hui et dimanche 4 septembre de 10 heures à midi et de 14 à 18 heures.

    Au programme

    Les cérémonies du 67e anniversaire de la Libération de Reims se dérouleront ce mardi 30 août.

    Au programme : à 17 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts de la Neuvillette et au monument Mackenzie. A 18 h 30, départ de l’hôtel de ville pour un dépôt de gerbes à 18 h 40 au monument de la communauté juive, suivi d’autres dépôts de gerbes au square des victimes de la Gestapo à 19 heures ; à 19 h 20, au monument aux morts de la Résistance et à 19 h 40 au monument aux morts place de la République. A l’issue des cérémonies, un vin d’honneur sera offert dans les salons de l’hôtel de ville. Le musée de la Reddition sera ouvert et gratuit ce mardi.

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    Union110830c - Marne
    CHAVOT-COURCOURT : Libération : Le village se souvient

    Une émouvante cérémonie devant la mairie.
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    Toute l’agglomération sparnacienne était progressivement libérée du joug nazi il y a 67 ans alors que l’envahisseur se livrait à ses dernières exactions.

    A Chavot, les organisations patriotiques ont honoré la mémoire des derniers fusillés, du sous-lieutenant René Desmarest en particulier. Un cortège composé d’une délégation de l’Anacr (association des anciens combattants de la Résistance), de l’amicale des porte-drapeaux et des sapeurs-pompiers s’est rendu du monument aux morts à la mairie, emmené par la Champenoise d’Aÿ. Face à une haie de porte-drapeaux, Gérard Butin, maire de la commune, a rendu hommage aux morts et déportés alors qu’une gerbe était déposée devant la plaque commémorative, en présence, notamment d’Hélène Plaquin, conseillère municipale d’Epernay représentant Franck Leroy et du lieutenant-colonel Claude Metzger, Président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants.

     

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    Union110830b - Marne
    CHEMINON : Commémoration : 67 ans après, ils se souviennent

    Les officiels face au monument aux morts.
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  • 67 ans plus tard, Cheminon n’a pas oublié 1944. Dimanche après-midi à l’occasion d’une cérémonie en présence de nombreux élus, député, sénateurs, conseiller général, maires de communes voisines, le maire Michel Journet a retracé les grands moments de la libération du village.

    Dès le 26 août, les Allemands tarissent les puits, vraisemblablement pour se ravitailler en eau, clouent des panneaux sur les portes des maisons qui seront incendiées, puis c’est le pilonnage au mortier et l’incendie du bas du village.

    Le 31 août, tout est calme et dans l’après-midi, c’est l’arrivée d’une jeep et de chars américains par la route de Maurupt. Mais ces journées ont fait des morts et des blessés parmi la population civile et de grosses destructions.

    Et de conclure : « Nous avons un devoir de mémoire, la jeunesse doit savoir que Cheminon a vécu des heures terribles ».

    Dépôt de gerbes, dont l’une offerte par le conseiller général, minute de silence et Marseillaise ont clos la cérémonie. Ensuite, les participants ont entendu un concert et suivi l’évolution des majorettes, car ce dimanche était aussi le jour de la fête du village.

    Quant aux quelques anciens toujours présents, ils n’étaient pas avares sur les détails de ces journées qu’ils ont vécues.

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    Union110830a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : En attendant l’assemblée générale extraordinaire en novembre : Démissions en série à l’Amicale des parachutistes

    Le thé dansant et la fête de saint Michel auront toujours lieu, précise René Beaujoin, le président.
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  • L’Amicale vient définitivement de voler en éclats. Les membres du bureau ont démissionné un par un, pour une question pratique et histoire de passer des fêtes de fin d’année sereines.

    L’Amicale des parachutistes de Vitry-le-François n’est plus. Après les trois démissions en décembre 2010 et une assemblée générale que l’on peut qualifier de mouvementée, en janvier dernier, voilà que les membres du bureau de l’Amicale viennent de démissionner.

    « C’est pour une question pratique que nous avons avancé nos démissions ainsi que l’assemblée générale, précise René Beaujoin, ancien président. Comme il faut que les comptes soient sains et qu’il faut attendre un mois pour cela, que nous souhaitons par ailleurs passer des fêtes de fin d’année tranquilles, nous avons décidé d’avancer l’assemblée générale. »

    Initialement prévue en janvier prochain, l’assemblée générale a en effet été avancée au mois de novembre par l’Amicale parachutiste. « La date précise sera donnée en temps voulu », poursuit René Beaujoin.

    Ces démissions surviennent après une réunion de bureau qui s’est tenue à la demande du président. Cette série a été acceptée par le président qui, lui aussi, a rendu son tablier. « Tous les adhérents à jour de leur cotisation ont été avertis par courrier », précise ce dernier.

    Appel aux volontaires

    En attendant la prochaine assemblée générale, un appel est lancé aux volontaires non adhérents pour remonter l’association. Pour les intéressés, il faut faire acte de candidature par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à l’Amicale parachutiste au siège social, Café du Marché - 51300 Vitry-le-François. Les candidats ont jusqu’au 31 octobre pour se déclarer. Au-delà, aucune candidature ne sera retenue.

    Ces démissions ne changent en rien le programme des activités prévues par l’association. Le thé dansant qui doit se tenir le 6 novembre prochain à la salle du manège de Vitry et la fête de saint Michel organisée le 24 septembre prochain à Bignicourt-sur-Marne auront toujours lieu.

    A.-S.C.
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    Union110829b - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Un livre de 250 pages : Les souvenirs d’une figure de la résistante enfin publiés

    Des femmes et des hommes racontent leurs souvenirs de la Résistance dans cet ouvrage.
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  • A Margerie-Hancourt, la mémoire vivante du Maquis des Chênes a confié les souvenirs d’un des épisodes de sa vie, quand sous le commandement du lieutenant-colonel De la Hamayde, les résistants agissaient dans le silence.

    En cette période, des hommes et des femmes œuvraient clandestinement dans des groupes de résistance, le Maquis des Chênes dans la Marne et les commandos M dans l’Aube. Souvent leurs missions étaient complémentaires

    Mme Valton se rappelle. Grâce à une initiative de François Meunier, président du souvenir de Mailly et de son groupe histoire, ces souvenirs vont être, matériellement conservés et portés à la connaissance de tous.

    Mme Sage (infirmière) et M. Doiselet ont également narré leurs souvenirs concernant l’aide apportée aux alliés (aux aviateurs par exemple).

    Marcel Jacquemin avait écrit au jour le jour son exode au cours duquel il a notamment vécu le bombardement de Lesmont. Son neveu a eu la bonne idée, il y a une trentaine d’années de recopier ce récit sur les pages d’un cahier d’écolier, un extrait faisant partie de cette publication.

    Au décès du président Roosevelt, Ferdinand Arnoult, alors maire de Joncreuil, écrivait un poème qu’il adressa à son épouse.

    La veuve de Roosevelt lui retourna une missive lui faisant savoir qu’elle avait aimé cet écrit et qu’il aurait sa place au musée situé à Hyde Park à Londres. Vous pourrez retrouver les copies du poème et du courrier, au milieu d’une dizaine de ses inspirations dans le livre édité par l’Asclocher Joncreuil.

    En effet « Le coup de folie de Ferdinand » relate sa vie et en particulier, l’élaboration de la Croix de Lorraine sur le toit de l’église du village au printemps 1944, ainsi que de nombreux témoignages.

    La commune de Joncreuil (Aube) à quelques kilomètres de Margerie-Hancourt, a décidé de restaurer la Croix de Lorraine à son emplacement initial, et de procéder à son inauguration le 12 mai 2012.

    L’association pour la sauvegarde du clocher soutient financièrement la commune dans son projet en éditant ce livre de 250 pages dont les bénéfices seront intégralement reversés pour cette opération.

    Une souscription est donc lancée pour, la réservation de cet ouvrage au prix de 12 euros (son prix en librairie étant de 18 euros).

    Pour tout renseignement contacter Asclocher Joncreuil au 03.25.92.99.60 ; mail : asclocher.joncreuil@orange.fr

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    Union110829a - Marne
    CORMONTREUIL : C’était le 29 août 1944 : Libérée avant Reims

    Le 29 août 1944, un drapeau est attaché au fronton de la ferme Quentin. Photo inédite proposée par Michel Venant.
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  • Reims fête mardi le 67e anniversaire de sa libération. Mais Cormontreuil a été libérée le 29 août, un jour plus tôt. Guidés par Pierre Véron, les Américains arrivent vers 17 heures avec une jeep et une voiture blindée. Les cloches tintent. Un drapeau américain est confectionné à la hâte par la maison Prévoteau. Au fronton de la ferme Quentin (démolie récemment), on hisse le drapeau français, comme le montre une photo inédite offerte récemment par Michel Venant. Les Américains vont s’installer dans un blockhaus de 14/18 d’où partiront les ordres de l’état-major pour le franchissement du canal.

    Notes d’un habitant

    Dans son agenda, M. Jolicoeur, un Cormontreuillois, note, à la date du 29 août 44 : « Assez beau. Quelques gouttes de pluie. Départ des derniers Boches et arrivée des Américains cinq minutes après ».

    Les FFI de la commune guident les Américains jusqu’au pont Huon. Les soldats du IIIe Reich, vite en difficulté, reçoivent l’ordre de décrocher et sont remplacés par deux chars qui prennent le pont sous leur feu. Pendant deux heures, on tire de part et d’autre, puis soudain les Allemands se retirent. Ils ne reviendront pas.

    A 23 h 30, Pierre Véron et Fernand Steinmetz traversent le pont et emmènent un officier de l’US Army jusqu’à la place des Droits de l’Homme. Pendant ce temps, un colonel américain étudie avec les FFI l’itinéraire qu’il empruntera le lendemain pour entrer dans Reims.

    Sources J. Vigouroux

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    Union110828a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Main mise sur l’Iran

    Churchill ne veut pas que les Allemands contrôlent l’Iran et son pétrole.
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  • Un nouvel axe se constitue entre Londres et Moscou. Le 24 août 1941, le Premier ministre iranien Ali Mansur annonce au Parlement l’invasion conjointe de son pays par plusieurs forces armées étrangères. Des troupes soviétiques au nord et des unités britanniques au sud prennent possession du pays dont les richesses pétrolières sont stratégiques. Les condamnations indignées sont nombreuses et proviennent principalement du Moyen-Orient. Les pays neutres parlent de scandale. Le plan coordonné prévoit que les colonnes du général Novikov foncent vers les villes de Tabriz et Kasvin tandis que les régiments indiens alliés qui ont embarqué sur des bateaux à vapeur des débarquent à Abadan, au fond du golfe Persique. Un troisième groupe d’invasion confié au commandement du général Slim passe la frontière près de Kermanshah. D’une manière générale, les forces iraniennes opposent peu de résistance. Seuls les marins de l’amiral Bay Endor tentent d’empêcher le débarquement mais leur chef est tué à son poste. Londres et Moscou sont convaincus que Téhéran joue à fond la carte allemande. Depuis le partage anglo-russe de 1908, qui a abouti à la mise en place de deux zones d’influence en Perse, les Iraniens parient sur l’appui de Berlin pour se débarrasser de cette tutelle. De nombreux industriels allemands sont déjà venus poser des jalons pour développer les échanges commerciaux avec ce pays prometteur. Ils ont mis en place le réseau télégraphique et ont grandement contribué à l’exploitation des premières lignes de chemin de fer.

    Il est patent que les Alliés ont fait le choix de violer la neutralité de l’Iran mais le gouvernement britannique n’emploie pas la langue de bois pour se justifier : « Nous avons besoin du pétrole d’Abadan et Moscou doit disposer d’une voie de ravitaillement sécurisée partant du golfe Persique ». Churchill ne veut surtout pas que le Reich puisse profiter du pétrole déjà considéré comme la principale ressource de l’Iran. Le 25 août, dans un discours radiophonique, le Premier ministre britannique est très virulent à l’adresse de l’Allemagne nazie. Il accuse les Allemands de se livrer volontairement à de nombreux massacres de civils dans les territoires soviétiques envahis ou en cours de conquête. Churchill martèle : « Depuis les grandes invasions, on n’a jamais assisté à une boucherie aussi méthodique. Nous sommes en présence d’un crime inqualifiable qui doit être dénoncé devant le monde entier ».

    Le chef du gouvernement anglais ne mentionne pas que les principales victimes recensées sont alors des Juifs. Il a demandé des confirmations à ses agents mais n’est pas surpris par cette hypothèse que beaucoup valident déjà comme une certitude. Des rapports qui ont été établis par des Einsatgruppen et destinés à leurs supérieurs hiérarchiques ont été interceptés par des catholiques allemands et transmis à des agents britanniques agissant en Suède. Ces derniers obtiennent une cartographie des lieux d’exécution. Ils sont convaincus qu’en disposant du point précis des charniers où sont ensevelis des milliers de personnes, cela donnera plus de poids aux dénonciations proclamées par la diplomatie alliée. Churchill vante aussi la résistance des « Rats de Tobrouk » qui ont déjà repoussé plusieurs attaques de Rommel. Il sait que les Australiens qui y sont pilonnés tous les jours et sont rationnés en eau et en vivres doivent être cités en exemple tandis que les marins prennent tous les risques pour maintenir le ravitaillement en munitions par le port. Ils reçoivent d’ailleurs des renforts britanniques, polonais, indiens et sud-africains.


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    Laval et Déat blessés dans un attentat

    La LVF multiplie les recrutements et cherchent à convaincre les jeunes Français de combattre auprès des Allemands
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  • Marcel Déat n’est pas épargné.
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  • Pierre Laval était directement visé.
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  • Jacques Doriot.
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  • Quel rôle a joué Deloncle ?
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  • Versailles. Alors que les meurtres politiques se multiplient à Paris, deux éminences de la collaboration sont la cible d’un enrôlé de dernière heure de la LVF. A Londres, on réfléchit pendant ce temps à l’efficacité des bombardements.

    A Vichy, l’entourage du Maréchal semble plus préoccupé par l’attentat manqué dont ont été victimes le 27 août 1941 à Versailles Pierre Laval, ancien vice-président du Conseil et Marcel Déat dirigeant du Rassemblement national populaire et directeur de « L’œuvre ». Ce jour-là, les deux hommes se trouvent à la caserne Borgnis-Desbordes de Versailles pour passer en revue le premier contingent de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme en partance pour le front soviétique. Vers 18 heures, alors que la cérémonie prend fin un homme qui s’est posté sous le porche de la caserne, Paul Collette, 21 ans, ouvrier ajusteur, sort de l’une de ses poches une arme de poing. Il s’agit d’un pistolet 6,35. Il tire à plusieurs reprises. Laval est touché au thorax et s’effondre tandis que Déat portant pour la première fois l’uniforme : chemise bleue, cravate noire, béret, ceinturon est blessé à l’abdomen. Le tireur ne cherche pas à prendre la fuite. Il est ceinturé par des gendarmes, appréhendé et poussé dans une voiture, sous les huées d’un groupe de gens révoltés par cette double tentative d’assassinat. Pourtant une fois la portière refermée, l’un des militaires confie tout de go : « Ce que vous venez de faire est magnifique mais nous ne pouvons rien pour vous ». Un officier allemand qui se tient auprès de Laval avant qu’il ne soit transféré à l’hôpital de Versailles s’engage : « Votre agresseur a été interpellé. Nous allons l’exécuter ».

    Pas très loquace

    L’ancien dauphin de Pétain s’y oppose : « Surtout pas ! Vous ne connaissez pas aussi bien que moi les réactions des Français ».

    Lorsqu’ils arrivent dans l’établissement, les deux blessés qui sont conscients et ont demandé que leur famille soit prévenue doivent patienter de longues minutes avant que le médecin-chef, le docteur Baragué, les prennent en charge. Laval apparaît le plus sévèrement touché. Une balle s’est logée à proximité du cœur et doit être extraite sans tarder. Déat est blessé au niveau de la dernière côte mais son état n’inspire aucune inquiétude. On envisage l’extraction du projectile sous anesthésie locale. Le chirurgien doit se raviser et intervenir sous anesthésie générale. L’estomac et l’intestin ont été déchirés par le parcours de la balle.

    Collette est interrogé mais se montre peu bavard. On apprend qu’il a demandé son engagement dans la LVF le 16 août dans un courrier adressé directement à Deloncle. Il a reçu une réponse favorable le 26 août. On lui signifie : « Veuillez vous présenter le mercredi 27 août entre 14 et 17 heures caserne Borgnis-Desbordes à Versailles ». Pour expliquer son geste, il déclare simplement : « J’ai voulu avant tout tirer sur Laval, l’homme de Montoire ». Il justifie son acte par simple patriotisme. Il n’en demeure pas moins plusieurs zones d’ombre sur les conditions exactes dans lesquelles Deloncle a accepté son engagement. A-t-il été convoqué directement à la caserne ? Les candidats étaient normalement doublement filtrés par le MSR et par les services de la Wehrmacht. Comment a-t-il pu dans des délais aussi courts rejoindre des hommes qui étaient effectivement incorporés ? Déat verse de l’huile sur le feu en voyant dans cet acte un geste par procuration de Deloncle. Il considère qu’un complot le visant a été finalisé. Plusieurs proches vont le conforter dans cette direction. Cette tentative est alors analysée comme la volonté dissimulée du MSR de phagocyter le RNP. On cherche à savoir pourquoi Deloncle s’est rendu à Vichy début août. Ce déplacement a fait l’objet d’un suivi détaillé par les renseignements généraux qui notent ses rencontres avec Pétain, Darlan, Huntziger, du Moulin de Labarthète et Pucheu, le nouveau ministre de l’Intérieur.

    Un rapport embarrassant

    Parmi toutes les intrigues qui dominent l’été à Vichy, l’idée d’écarter définitivement Laval et Déat est une hypothèse recevable mais incertaine. L’attentat se produit en présence du ministre plénipotentiaire Schleier qui représente Otto Abetz, Deloncle, président du comité directeur de la LVF, Brinon, délégué général du gouvernement de Vichy, de nombreux officiers allemands et proches du pouvoir vichyssois. De fait l’attentat est plutôt bien accueilli parmi la population civile qui déteste les deux cibles de Collette !

    A Londres, le gouvernement britannique reçoit un rapport du commandement de l’aviation de bombardement qui résulte de l’analyse des frappes opérées sur le territoire allemand. Le travail est réalisé à partir de photographies aériennes d’excellente qualité qui attestent l’imprécision des largages.


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    Tombés au mont Valérien

    Honoré d’Estienne d’Oves : une belle figure du patriotisme français.
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  • Yan Doornik.
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  • Fusillés. Estienne d’Orves, Barlier et Dornik, les martyres du réseau Nemrod sont tués par les Allemands le 29 août 1941.

    C’est à Eliane son épouse que le capitaine de frégate Honoré d’Estienne d’Orves réserve sa dernière lettre. Il s’agit d’un document puissant dans lequel il expose avec force et certitude ses sentiments. Il y exprime son amour de la vie et sa fidélité aux siens. Il explique le sens du don de soi pour la patrie. Il accepte avec un courage exemplaire son martyre pour une cause juste. Chaque mot est soigneusement réfléchi et atteste la préparation psychologique et spirituelle de l’officier à l’épreuve du peloton d’exécution : « Mon sacrifice est fait depuis longtemps. Seuls ces trois mois d’attente avaient ravivé mon espoir et m’avaient fait espérer de revivre auprès de vous. Je veux croire que tu supporteras avec vaillance cette épreuve. Nous avons eu, pensez-y, le bonheur de nous revoir alors que beaucoup dans les champs de bataille sont morts pour la France sans avoir pu revoir ceux qu’ils aimaient le plus ». Il adresse aussi une lettre de mission à sa femme avec toute la bienveillance et la complicité qu’il lui porte : « Je veux, tu entends ma chérie que tu continues à mener une vie courageuse auprès des enfants qui ont besoin de toi. Tu dois, et la pensée que tu vivras avec eux et pour eux est mon grand réconfort. Je sens que tu me le promets. Tu leur expliqueras ce que j’ai fait, à ces petits, pour qu’ils sachent que leur Papa n’a eu qu’un but : la grandeur de la France et qu’il y a consacré sa vie ». Honoré d’Estienne d’Orves est bel et bien prêt à offrir sa vie en oblation d’un engagement qu’il a mûrement pesé et qui correspond à l’authenticité de son être.

    L’épreuve de la dernière nuit

    Pour passer leur dernière nuit, les trois condamnés à mort auxquels Hitler a refusé toute mesure de grâce sont enfermés dans la même cellule selon leur vœu. On sait qu’ils tiennent à ce que ces quelques heures soient joyeuses aussi s’emploient-ils à créer une atmosphère de potaches. Le capitaine confie à sa sœur : « Passons la soirée à parler tranquillement, à blaguer même et j’ai du mal à obtenir le silence pour pouvoir écrire ». Il faut une très grande force de caractère pour être en capacité de vivre ce temps ultime avec une telle confiance. Il y a un défi qui est posé à l’égard de leurs bourreaux. Maurice Barlier écrit aussi le 29 août 1941 à ses parents : « Comme pour ma femme et mes petits enfants, j’offre au Bon Dieu ma vie pour vous, pour Germaine, pour Jean, afin qu’il vous console, qu’il vous embrasse de son Amour et qu’il vous fasse sentir la richesse de votre souffrance. Vous savez bien qu’aucune souffrance n’est inutile : je demande ardemment à Dieu que la vôtre soit le couronnement de votre vie ». Barlier personnalise aussi un courrier à ses enfants : « Le bon et très doux Jésus, dont nous sommes tous les petits enfants, a dit aux apôtres avant de retourner au ciel : je ne vous laisserai pas orphelins. Aussi bien qu’il me rappelle à Lui maintenant, je sais et je vous dis qu’il ne vous laissera pas orphelins ; d’abord parce qu’il est votre père plus encore que moi et aussi parce qu’avec Lui, il me sera permis de vous voir, d’intercéder pour vous et de vous aimer beaucoup plus encore que je n’aurais pu le faire en restant avec vous ».

    Jan Doornik s’adresse également à ses parents : « Soyez sûrs qu’aucune angoisse, aucune faiblesse n’est en nous, car cette sorte de retraite que fut pour nous la prison nous avait depuis longtemps préparés à cet instant. Je suis prêt à paraître devant Dieu, m’étant repenti de mes fautes et de mes erreurs dont j’espère ardemment que Dieu aura daigné m’absoudre. J’ai confiance en Lui et je bénis Ses volontés ».

    La visite de l’abbé

    Vers 4h30, ce 29 août, les trois condamnés à mort reçoivent la visite de l’abbé Stock. Ils ont souhaité vivre une dernière messe pour être au plus proche de Jésus avant le grand passage. Ils choisissent de prendre ensemble leur petit-déjeuner. Honoré d’Estienne d’Orves a obtenu une seule faveur mais pour lui elle est essentielle. Il est autorisé à pouvoir annoncer lui-même leur grâce à ses camarades bretons du réseau Nemrod qui, enfermés comme lui, attendent d’apprendre que l’heure est venue. C’est ainsi que Clément, Follic, Cornec, Le Gigan, Leprince sont réveillés par les gardiens qui leur ordonnent de se vêtir au plus vite. Tous craignent alors la décision fatale d’autant qu’ils sont malmenés et subissent des invectives. Par la balustrade de la prison, les Bretons aperçoivent des soldats en armes et remarquent qu’il y a beaucoup d’agitation. Lorsqu’ils entrevoient au pied de l’escalier l’abbé Stock, ils sont certains que leur tour est venu. Follic témoigne de ce moment poignant : « A côté du prêtre, il y avait le commandant d’Estienne d’Orves qui m’a pris dans ses bras avec un grand sourire. Follic, je suis heureux pour toi. Vous allez tous rentrer chez vous, retrouver vos femmes et vos enfants. Nous, nous allons être fusillés. Si un jour vous entendez salir notre mémoire, dites que nous ne sommes pas des lâches ni des traîtres, nous avons fait notre devoir de Français. Je vous le demande : défendez notre mémoire ». Et Jean-François Follic abasourdi réplique gravement : « Je vous le promets commandant ». L’émotion est intense. Les hommes s’étreignent. Leur cœur de patriote cogne dans la même communion pour la France. Brutalement, les gardes chiourmes les séparent et vocifèrent à leur encontre. Les graciés sont renvoyés sans ménagement dans leurs cellules. Leur prochaine destination est l’Allemagne et le bagne de Reinbach près de Cologne.

    Pour les condamnés, le départ pour le mont Valérien est imminent. Les trois hommes grimpent dans un fourgon cellulaire. Quelques minutes plus tard, les balles nazies leur ôtent la vie. Le 30 août 1941, l’abbé Stock confie au père de Maurice Barlier : « Je n’oublierai jamais les moments que j’ai passés auprès de ces hommes. C’étaient des héros. Je comprends mieux maintenant ce qu’est la France ». Devant ses juges, d’Estienne a toujours affirmé que tout était de sa faute et qu’il devait assumer. A ses amis il avait fait passer cette consigne : « Vous avez tous fait votre devoir. Il vous en reste deux : sauver vos camarades qui ne sont pas arrêtés et sauver vos têtes à cause de vos familles. Cherchez et trouvez-vous des alibis ». Le commandant d’Estienne d’Orves est d’abord enterré à Ivry puis début septembre est rapatrié au cimetière de Verrières. Son cercueil est recouvert d’un drapeau tricolore. N’avait-il pas écrit : « Je crois mériter l’honneur que l’on inscrive sur ma tombe, à côté de mon nom : Mort pour la France » ?

    Lors de la cérémonie se tient son neveu, David Régnier, un adolescent brillant inscrit à la Jeunesse étudiante chrétienne et qui vit intensément les obsèques de son oncle. Il a en tête les derniers mots qu’Honoré d’Estienne d’Orves a dits à sa mère : « Que personne ne songe à me venger. Je ne désire que la paix dans la grandeur retrouvée de la France ». Si le jeune homme est en phase avec le propos de son aîné, il n’est pas question pour lui de rester inerte. Il veut résister, c’est une question d’honneur, de famille aussi très vite se rapproche-t-il de « Défense de la France » que conduit Philippe Viannay. Le jour où l’on rend hommage à l’illustre capitaine de frégate, il sait que la cause d’Honoré va être poursuivie. Comme son oncle, il donnera sa vie pour la France, exécuté avec onze maquisards à Cassan près de l’Isle-Adam.

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    Union110827a - Marne
    REIMS : Après le décès de l’académicien / Quand Michel Mohrt racontait Marin-la-Meslée

    Edmond Marin-la-Meslée aura été le parrain de la base aérienne de Reims
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  • Lorsqu’un chasseur alpin célèbre l’As des as de la campagne aérienne de 1940, on apprécie combien le sens de l’engagement pour la défense de la France est commun à ceux qui ont porté l’uniforme et donné le meilleur d’eux-mêmes le drapeau sur le cœur.

    L’académicien Michel Mohrt, 97 ans, qui nous a quittés le 17 août, avait démontré son sens du devoir à la tête de la section d’éclaireurs-skieurs du 3e bataillon du 112e régiment d’infanterie alpine. Au col des Colmianes, au-dessus de Saint-Martin-Vésubie, il avait combattu et de quelle manière pour repousser les assauts des troupes italiennes.

    Il ignorait encore l’épopée d’Edmond Marin-la-Meslée et des pilotes du Groupe de chasse 1/5 de la base de Reims équipés de Curtiss H 75 qui démontraient que l’armée de l’air savait elle-aussi se battre et porter de rudes coups aux adversaires plus nombreux et mieux équipés. Si entre 1947 et 1952, Michel Mohrt a enseigné aux États-Unis dans plusieurs universités où il a démontré sa connaissance du monde anglo-saxon avant d’entrer chez Gallimard, il a pris le temps d’écrire un ouvrage aujourd’hui oublié mais ô combien poignant sur le commandant Edmond Marin-la-Meslée. Un choix légitime de ce Breton pour cet enfant de Valenciennes, devenu une figure de Reims, berceau mondial de l’aviation.

    Si cette complicité autour de valeurs partagées entre ces deux patriotes justifie la démarche de l’écrivain, cette initiative n’a jamais été oubliée au musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale. Même si le travail remarquable de Servane Bayle sur Marin, plus récent et enrichi de documents d’archives a fait qu’on a un peu oublié le livre de Mohrt, jamais Frédéric Lafarge, l’administrateur du musée n’a omis de le citer en évoquant le parrain de la BA 112.

    Le précieux ouvrage est toujours en bonne place dans la bibliothèque de l’établissement. Le conservateur le montrait aux plus curieux avec anecdotes à l’appui.

    Mohrt, grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre aimait Marin-la-Meslée comme les Rémois ont aimé la base désormais fermée, portant le nom du commandant.

    Le livre blanc et la réorganisation des armées sont passés par là. Le musée existera-t-il encore dans quelques mois pour que toutes ces richesses de l’histoire de l’aéronautique dont la littérature est aussi un marqueur de la mémoire, ne prennent pas quelque part la poussière, laissant la place à l’oubli.

    Reims et son agglomération peuvent-elles oublier qu’elles ont été le berceau de l’aviation et la terre d’accueil de la plus grande base aérienne de France en 1940 et à sa fermeture la seule base française spécialisée dans la reconnaissance aérienne ? Personne ne peut l’imaginer.

    Michel Mohrt n’écrivait-il pas que l’un des plus grands drames de nos terroirs est de choisir de devenir ignorants d’hier ?

    Hervé CHABAUD

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    Union110826d - Marne
    REIMS : Anniversaire de la libération de Reims / Jacques Pernet époustouflé par la puissance américaine

    Jacques Pernet avait 13 ans à l’époque.
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  • Le 29 août le camion radio Sirault annonçait un couvre-feu pour 17 heures. Quelques heures plus tard on le retrouvait avec les libérateurs.
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  • Jacques Pernet, photographié de dos par M. Michel, devant l’externat de filles..
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  • Comme dans toute la France progressivement, c’était jour de liesse en cette fin du mois d’août à Reims.
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  • Le journal le Nord-Est avait édité un petit drapeau.
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  • Agé de 13 ans à l’époque, Jacques Pernet a vu les premiers véhicules américains passer dans la rue Saint-André (Raymond-Guyot) le 30 août au matin. Il se souvient.

    « LE 29 août, l’évêché avait demandé aux jeunes de se mobiliser pour s’abriter dans les caves et venir en aide aux personnes s’il y avait des combats de rue. Mon frère aîné Pierre qui était étudiant à l’école des Beaux-Arts a pris du ravitaillement pour trois jours. Il a été dans les caves Roederer en haut de la rue Jacquart où se trouve aujourd’hui Palmer. A trois heures de l’après-midi, le camion radio de la société Sirault est passé dans les rues en disant qu’à 17 heures il y avait couvre-feu. On a prévenu mon père qui était préparateur en pharmacie. »

    Âgé aujourd’hui de 80 ans, Jacques Pernet, 13 ans à l’époque, se souvient bien de la libération de Reims qu’il a vécue, yeux grands ouverts allant de surprise en surprise.

    « Les Allemands avaient installé une mitrailleuse place du 30 août. Vers 17 heures, ils ont commencé à tirer dans l’axe de la rue Ruinart-de-Brimont. Mlle Dejour, directrice adjointe de l’externat Saint-André a été blessée. On s’est terré comme on a pu chez nous, rue Saint-André, l’actuelle rue Raymond-Guyot et on a attendu. On a entendu des explosions dans la nuit, sans doute le pont de Vesle qui sautait et le lendemain matin à 7 heures, on a vu passer une file ininterrompue de véhicules américains rue Saint-André et avenue Jean-Jaurès. »

    « Mais ils ne marchent jamais à pied ces soldats, s’est étonné mon père. »

    Sur la libération de Reims, Jacques Pernet a son idée. « C’est moins la libération de la ville de Reims que visait la IIIe armée du Général Patton avec la Ve division d’Infanterie que celle de la base aérienne 112 avec la VIIe division blindée. En effet l’US Army avait besoin d’une base aérienne importante pour que les avions de transport puissent atterrir pour livrer le fuel nécessaire à son parc de véhicules blindés et les camions de la future Red Ball et la station d’essence de la Pompelle qui devint la plus importante du Nord-Est. La base disposait aussi d’importants hangars de stockages qui allaient être utiles à l’Oise section. »

    De surprise en surprise

    De sa sortie, l’après-midi du 30 août, Jacques Pernet se souvient des distributions de chocolats et bonbons. « Moi j’ai hérité d’un paquet de Gauloises qu’un Français avait sans doute dû donner à un soldat américain. J’ai été photographié avec les Américains par M. Michel devant l’externat de filles. Je suis de dos sur la photo avec le fils de M. Michel qui fut maire de Cormicy et sa sœur Jacqueline, le premier amour de ma vie. »

    L’adolescent avoue avoir été étonné par la puissance des soldats qui n’avaient pas l’air de soldats, habillés ensuite comme des sportifs.

    Les jours qui ont suivi, il a assisté à l’arrestation des collaborateurs qu’on parquait sur l’auditorium de la Place Brouette.

    « J’ai assisté à la tonte de plusieurs femmes. Qu’en penser 67 ans après ? C’était le Moyen Âge revenu. Étaient-elles coupables d’une telle humiliation ? Certes elles avaient fauté avec l’ennemi, mais dans quels buts ? Des professionnelles des maisons closes ou par amour. Les mêmes que l’on retrouvait quelque temps plus temps, un foulard sur la tête chez les Américains. Le fameux Palais oriental fut interdit à la troupe. On rapporte que le seul Américain contaminé fut le lieutenant qui commandait la section.

    Les semaines et les mois suivant, plusieurs rues de la ville comme la rue de la Justice furent transformées en camp américain. Les Docks rémois sont devenus les entrepôts les plus importants d’Europe. Les Américains prenaient les enfants devant le théâtre pour les emmener voir un cirque installé dans le parc Pommery. Tout le monde pensait que la guerre était finie. Après la victoire, c’était des prisonniers allemands qui conduisaient les camions. Le fléchage des rues était en anglais et en allemand. Ca n’a pas plu à tout le monde ! Les tickets de rationnement ont duré jusqu’en 1946-1947. »

    Alain MOYAT

    Les cérémonies du 67e anniversaire de la libération de Reims se dérouleront le mardi 30 août. Au programme à 17 h 30 dépôt de gerbe aux morts de la Neuvillette et au monument Mackenzie. A 18 h 30 départ de l’hôtel de ville pour un dépôt de gerbes à 18 h 40 au monument de la communauté juive, suivi d’autres dépôts de gerbes au square des victimes de la Gestapo à 19 heures ; à 19 h 20 au monument au morts de la Résistance) et à 19 h 40 au monument aux morts place de la République. A l’issue des cérémonies, un vin d’honneur sera offert dans les salons de l’hôtel de ville. Le musée de la Reddition sera ouvert est gratuit ce mardi.

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    Reims est rendu aux Rémois

    Voici le texte intégral de l’appel au calme lancé par le Comité local de la Libération nationale. « Le jour tant attendu de la libération de notre ville est arrivé. Reims est rendu aux Rémois et notre hommage reconnaissant s’adresse à tous ceux qui en furent les bons artisans. D’abord au Général De Gaulle, Héros national et populaire, celui qui n’a jamais cessé le combat et qui n’a jamais douté de la cause de la liberté même aux heures les plus difficiles dans ce qui fut la plus grande épreuve de notre histoire.

    Aux magnifiques armées alliées et amies, à tous les Français, ceux de la résistance FFI et FTP et ceux qui ont supporté la douloureuse occupation avec une dignité stoïque, malgré les privations, les deuils et le joug de la Gestapo.

    Mais quel sentiment réconfortant pendant ces 4 ans d’occupation par les membres du Comité restés en étroit contact avec la population, d’avoir pu constater combien l’instinct patriotique était resté vivace et inchangeable et combien, par contre, était infime la proportion des traîtres et collaborateurs envers et contre une propagande éhontée.

    Après les premières heures exaltantes que nous venons de vivre dans l’allégresse, reprenez votre calme et remettez-vous au travail chacun à votre place. C’est la meilleure façon de servir la France nouvelle et de lui permettre de retrouver un équilibre.

    Évitez le désordre, les vengeances personnelles plus ou moins justifiées, contre les individus ou collectivités. Soyez sans haine, mais sans faiblesse et patientez, la justice passera.

    Le Comité que j’ai l’honneur de présider, suivant la Direction du gouvernement du Général De Gaulle est composé d’hommes venus de tous les partis. Tous sont de purs patriotes de la Résistance, désintéressés sans aucune ambition politique, c’est une municipalité de transition qui s’efforcera d’aplanir les difficultés qui restent à surmonter après quatre ans d’exaction et de pillage organisé. Il reste bien des plaies à panser et bien des absents, déportés et prisonniers, otages, fusillés, vers lesquels vont toutes nos pensées.

    Ce comité assure la population qu’il est de tout cœur avec elle, il l’assure également de son dévouement à la chose publique, jusqu’au moment où la voix souveraine du peuple Rémois pourra se faire entendre à nouveau librement.

    Vive la France, vive la République, dans notre Liberté reconquise ! »

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    Union110826c - Marne
    CHAMPLAT-ET-BOUJACOURT : En pleins champs : Une belle cérémonie

    Pas moins de 18 drapeaux ont participé à cette cérémonie avec trois des combattants de l’époque encore en vie.
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    La pluie de la nuit avait fait craindre les péripéties de l’année passée (gros orages et terrains inondés).

    Il n’en fut rien et les participants ont pu se rendre (presque) sans encombre au pied du monument dédié au Maquis de Chantereine après avoir parcouru de longs chemins humides et vallonnés. Pas moins de dix-huit drapeaux étaient réunis autour des personnalités et représentants des communes alentour ainsi que des nombreuses personnes venues saluer la mémoire de ces combattants dont onze sont tombés sous les balles ennemies. Parmi eux, un groupe de seize jeunes randonneurs venus de Chambrecy à pied…

    Tout en saluant la présence de Pierre Tarillon, André Patis et Eugène Bourin, trois des combattants de l’époque encore en vie, le président de l’association, Michel Voisin, rappelait l’historique de ce combat (l’union du 20 août).

    Après le dépôt de gerbes par M. Visneux, maire de Chaumuzy et l’association des Amis du maquis ainsi que les cérémonies d’usage, tous ont pu écouter en silence l’interprétation de Johnny Hallyday du « Chant des partisans ».

    En raison de la vétusté de la ferme, restée en l’état, et des risques pour la sécurité, c’est dans la cour de l’école de Champlat que tous étaient alors conviés au vin d’honneur. Le moment était venu d’évoquer tous ces souvenirs avec les combattants de l’époque…

     

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    Union110826b - Marne
    PASSAVANT-EN-ARGONNE : Commémoration du massacre des Mobiles

    Ce 25 août 1870, après avoir massacré 49 de leurs prisonniers, les soldats prussiens ont bien failli s’en prendre aux habitants de Passavant.
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  • Certes la commémoration du massacre des Mobiles n’attire plus autant de monde qu’au début du siècle dernier, mais la commune attache une attention toute particulière à cette célébration.
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  • Hier matin, une trentaine de personnes participait à la commémoration du massacre de 49 Mobiles, dans les champs de Passavant, le 25 septembre 1870. 141 ans plus tard, la commune défend concrètement le devoir de mémoire.

    DEUX gerbes de fleurs, des élus du village mais aussi de Châlons, Vitry-le-François et Sainte-Ménehould, deux curés, les porte-drapeaux et la musique : la cérémonie commémorative du massacre des Mobiles avait ce qu’il fallait de solennité. Juste assez pour susciter les interrogations des plus jeunes. Tenant fermement la main de son grand-père Jean-Pierre Fave, un garçonnet se laisse impressionner par la musique.

    « On lui expliquera plus tard. On parle beaucoup du devoir de mémoire ces temps-ci, mais à Passavant, on était en avance là-dessus, affirme Jean-Pierre Fave. C’est important de se souvenir. Et puis moi, je me sens concerné car un cousin germain de mon grand-père était Mobile ».

    Pas d’avenir sans mémoire

    Parmi la trentaine de personnes qui participait, hier matin, à la cérémonie d’hommage, ils n’étaient qu’une poignée à avoir un lien plus ou moins direct avec l’événement commémoré.

    « Le champ où le massacre a eu lieu appartenait à mon grand-père, explique le maire adjoint, Joël Jacquesson. Ça me fait quelque chose à chaque fois que j’y vais de savoir que des gens sont morts dans cette terre. » « En 1940, mon grand-père a démonté les plaques du monument et les a cachées jusqu’à la fin de la guerre. Il avait peur que les Allemands s’en prennent à nouveau au monument », explique Christian Richard.

    Quelle que soit leur implication, les personnes présentes avaient toutes la même motivation : perpétuer le souvenir de ce drame qui permet de comprendre notre histoire. « On parle très peu dans les écoles de la Guerre de 1870, déplore Christian Richard.

    C’est vrai que c’est une page d’histoire très courte. Mais c’est au cours de cette guerre que la France a perdu l’Alsace et la Lorraine qu’on a récupérées plus tard à la Guerre de 14. Cela permet par exemple de comprendre pourquoi l’Alsace a gardé pas mal de régimes spéciaux ».

    Passionné par l’histoire de son village, Christian Richard est venu au vin d’honneur un album photo sous le bras. Il y a rangé sa collection de cartes postales dont une, éditée en 1871, témoigne de l’inauguration du monument des Mobiles. « Il en sortait une par an, après chaque commémoration. » Sur les images sépia, le contraste avec aujourd’hui est saisissant. En 1906, par exemple, la foule se pressait autour du monument.

    Un jour décisif pour le village

    Outre le curé et les enfants de chœur, les pompiers étaient également présents, en grande tenue. « Il y a même eu une fois l’association des gymnastes de Châlons qui est venue faire des démonstrations. »

    Cette année, les officiels ainsi que quelques habitants du village ont répondu à l’appel. « C’est sûr que ce n’est pas comme avant mais on a tout de même quelques jeunes qui viennent. Ça montre qu’à Passavant, on n’oublie pas ces gens qui ont été massacrés ici. C’est très important, car des massacres comme celui-là, il en existe encore dans différents pays, 150 ans plus tard », souligne le maire adjoint.

    Chaque commémoration donne l’occasion d’évoquer l’histoire du village au travers des différentes guerres. Et de constater que celle de 1870 a été la plus sanglante. « En 1914, Passavant était un village de repos. Il n’a été que très peu occupé. Les soldats allemands s’y sont peu arrêtés. En 1940 aussi, ils n’ont fait que passer. Contrairement à Villers-en-Argonne qui a beaucoup souffert, Passavant n’a pas été détruit. Il n’a été bombardé qu’une fois, par erreur… Par les Américains ! »

    En 1870, en revanche, le millier d’habitants que comptait la commune a eu la peur de sa vie. Car après avoir massacré leurs prisonniers, les soldats prussiens avaient en effet l’intention de s’en prendre aux villageois (lire par ailleurs). « Ce 25 août 1870 fut le jour le plus long pour Passavant ! » résume Jean-Pierre Fave. C’est peut-être d’être passé si près de la catastrophe, qui incite la commune à ne pas oublier ce jour qui a décidé de la suite de son histoire.

    Stéphanie VERGER

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    Crime de guerre

    Stationné à Vitry-le-François, le 4e bataillon des Mobiles de la Marne était un corps de militaires mal préparé, mal armé et portant, pour tout uniforme, une cocarde au revers de la veste. Le 25 août 1870, à Bassu, les Prussiens ne font qu’une bouchée de cette troupe inexpérimentée. En fin d’après-midi, environ 700 Mobiles faits prisonniers par l’ennemi, traversent le village sous bonne escorte.

    Deux versions expliquent la suite des événements. La première évoque un coup de feu tiré d’on ne sait où et qui affole les Prussiens, lesquels se retournent contre leurs prisonniers désarmés et les abattent sans distinction. L’autre affirme qu’en ce jour de grosse chaleur, une poignée de Mobiles est sortie du groupe pour se désaltérer à l’abreuvoir de la ferme Boïet. Pensant à une tentative d’évasion, leurs geôliers, passablement énervés par l’attitude irrespectueuse de leur officier, auraient tiré. Quoi qu’il en soit, le résultat est un véritable massacre : 49 hommes sont tués et de nombreux autres blessés.

    Quelques heures plus tard, la tension est toujours vive. L’officier qui commandait la troupe prussienne a été découvert mort. Les soldats veulent le venger en s’en prenant à la population. Il faudra l’intervention du maire, du curé et surtout du médecin légiste pour que le village échappe à un nouveau carnage. L’expert médical est formel : c’est une balle prussienne qui a tué l’officier…

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    L’hebdo du vendredi - 1100826a
    HISTOIRE : 28, 29 et 30 août 1944 : la Marne est libérée : Dimanche 28 à Epernay, lundi 29 août à Châlons, mardi 30 à Reims, les autorités commémoreront la Libération.

    L’une des bornes de la Voie de la Liberté, à la sortie de Reims, sur la RD944.
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  • Depuis le 6 juin et le Débarquement allié en Normandie, l’issue de la guerre semblait scellée : l’Allemagne nazie perdrait. Restait à savoir comment. Pour Churchill, Roosevelt et De Gaulle, il était évident qu’il fallait faire vite et libérer la France, la Belgique et les Pays-Bas pour au plus vite rallier Berlin. Deux raisons à cela : on redoutait les pires décisions d’Hitler au moment d’une débâcle ; il fallait rejoindre l’Armée rouge au plus tôt.

    Le 25 août, au soir de la Libération de Paris — qu’Hitler voulait détruite - le front s’est déplacé, l’espace de moins de trois mois, du littoral à une ligne reliant Le Havre à Troyes et Troyes à Nantes. Si le XXIe groupe d’armées alliées du Commandant Montgomery avance, depuis l’ouest de Paris, vers la Belgique puis les Pays Bas (opération Market Garden en septembre 1944), la IIIe armée alliée menée par le Général Patton quitte l’est parisien pour se diriger vers la Lorraine.

    Venant de Provins, les hommes du Général Georges Smith Patton entrent dans Sézanne le 28 août puis libérent Epernay et Mareuil-sur-Aÿ. Le 29, ce sont également des soldats de Patton qui entrent à Châlons (sur Marne à l’époque). Ici, les combats sont rudes. Les Panzer allemands détruisent les ponts sur la Marne en quittant la ville. Le 30, les hommes de Patton sont à Reims, où les FFI avait déjà tiré les premiers coups de feu la veille, emplissant la ville de la rumeur d’une libération proche.

    Vers 7 heures le matin, les premiers chars américains roulent sur le parvis de la cathédrale, rue de Vesle et cours Langlet. Ils n’eurent pas à faire face à une forte résistance allemande. Les rares affrontements se situèrent au Pont Huon, dernier point stratégique occupé par l’armée allemande.

    Les routes qu’a suivi l’armée de Patton, depuis Sainte-Mère-Église, première commune libérée dans la nuit du Débarquement, jusqu’à Bastogne, en Belgique, forment la Voie de la Liberté. Des bornes commémoratives rappellent le passage des soldats libérateurs. Dans la Marne, on peut voir ces bornes sur la RD951, de Sézanne à Reims, puis sur la RD944 à la sortie de Reims, la RD931 jusqu’à Valmy puis sur la Départementale 3.

    TV

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    Union110825c - Marne
    MOURMELON : Grande fête ce week-end : L’émotion de « Mourmelon libéré »

    Rendez-vous au parc Eugénie ce week-end pour « Mourmelon Libéré ».
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    Organisée par le Renault Club Champagne, en partenariat avec la ville de Mourmelon-le-Grand, une nouvelle édition de « Mourmelon libéré » aura lieu ce week-end des 27 et 28 août au parc Eugénie.

    Samedi

  •  12 heures : inauguration de la manifestation.
  •  17 h 30 : défilé dans les rues de Mourmelon avec des véhicules américains d’époque, suivis de véhicules civils (de la même époque).
  •  20 h 30 : bal populaire ouvert à tous (tenue d’époque souhaitée).

    Dimanche

  •  9 h 30 : défilé dans les rues de Mourmelon, puis stationnement des véhicules dans la rue Joffre pendant la cérémonie commémorative.

    Durant les 2 jours, toute la journée, découvrez également la reconstitution d’un camp américain avec exposition de matériels divers au Parc Eugénie.

    Entrée libre. Buvette et restauration sur place.

     

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    Union110825b - Marne
    VILLERS-MARMERY : Les personnages célèbres de Villers-Marmery : Les Villériots héros de leur village

    L’instituteur Auguste Mignot a réalisé une remarquable monographie.
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  • Sur cette gravure, c’est peut-être Florent Bertholus qui a assisté à l’exécution de Louis XVI.
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  • Comme beaucoup de villages, la commune de Villers-Marmery n’a pas de héros majeurs qui ont marqué les mémoires. Pourtant dans sa remarquable monographie, Auguste Mignot évoque la saga de valeureux Villériots.

    A lire la remarquable monographie réalisée en 1909 par l’instituteur Auguste Mignot puis en parcourant « Mémoire d’un siècle » (1890-2006) édité par la commune, force est de constater que le petit village viticole a compté beaucoup d’habitants singuliers et courageux qui ont subi, accompagné ou lutté contre les aléas de la grande Histoire.

    Les habitants de Villers-Marmery ont sans cesse dû reconstruire leur village au fil du temps. Brulé en partie par les Anglais en 1380, ravagé par le baron d’Eslach dont les troupes n’ont pas hésité à assommer, estropier et tuer les hommes mais aussi à violer les femmes dans l’église au moment de la Fronde (1649).

    Premier maire en 1790 Jean-Remi Crique apporte le premier une contribution volontaire et patriotique de 96 livres pour répondre aux besoins de l’Etat. Le curé Le Cacheur donne le double. La commune fait confectionner des souliers pour les volontaire de la garde nationale qui s’enrôlent dans l’armée de la République : Louis-François Godin, Nicolas Porcheret, Sébastien Pierlot etc.

    Le comité de salut public exige que tous les Français soient en réquisition permanente pour le service des armées jusqu’à la libération du territoire, certains résistent comme Jean-Nicolas Harez. Lui reprocherait-on aujourd’hui ?

    Qu’importe quelques années plus tard, Meusien venu terminer sa vie à Villers-Marmery, c’est Florent Bertholus qui a la vedette. Pensez, à l’âge de 13 ans, comme tambour de la Garde nationale, il avait pu assister à l’exécution du roi Louis XVI.

    L’histoire s’accélère. Même si sous le Consulat, les Champenois perdent des libertés, plusieurs iront pour « Saint Napoléon » défendre les côtes contre les Anglais.

    Massacre cosaque aux Moncheux

    Plus triste l’épisode de mars 1814 et la bataille des Moncheux. Informés que Napoléon avait repris Reims, les habitants de Villers furent invités par un émissaire venu de Verzy à faire sonner le tocsin et poursuivre l’ennemi à outrance. N’écoutant pas les conseils de prudence du maire M. Crinque, plusieurs centaines d’habitants accompagnés par femmes et enfants, sans ordre et sans commandement se sont armés pour casser du cosaques. Rompus à l’art de la guerre l’envahisseur n’en fit qu’une bouchée.

    Plusieurs dizaines furent laissés pour mort au « Moncheux », le reste étant aussi presque totalement exterminé après avoir voulu s’achapper à Saint-Avold durant son transport pour la Sibérie. Voilà pourquoi la commune lors du remembrement effectué pour la création de la ligne LGV du TGV Est la commune n’a pas voulu débaptiser le lieu dit : « Le Montcheux ». Mémoire oblige. Guerre de 1870 avec l’invasion des Prussiens, guerre 14-18 avec son lot de héros ordinaires dont le nom est gravé sur le monument au mort du village et un curé, le chanoine Jules-Emile Legras qui, malgré ses 75 ans, partit en 1919 à Paris pour aider les réfugiés rémois. Villers-Marmery aurait pu avoir son nom gravé dans les annales de la Seconde Guerre mondiale avec le char qui portait son nom. Malheureusement au milieu d’une armée en déroute le B1 bis Villers-Marmery, non sans combattre, fut anéanti par les Allemands sur une route de l’Aube à Voué le 15 juin 1940. En feuilletant l’histoire de la commune on pourrait encore citer les noms d’Achile Villin (1829-1904)qui fut conservateur du musée social de Paris, crée en 1894, Constant Hédouin le dernier vannier du village ou Pierre Bonte, ancien journaliste d’Europe 1 et parrain de la commanderie du Chardonnay.

    Alain MOYAT

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    Union110825a - Marne
    CORROY : CIMETIÈRES MILITAIRES

    Le cimetière militaire de Fère-Champenoise.
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    Corroy est située près de Fère-Champenoise et à une cinquantaine de kilomètres de Châlons-en-Champagne. Le joyau de la petite commune : son église. L’église Notre-Dame de Corroy, édifiée entre le XIe siècle XVe siècle est classée monument historique. Remarquez le magnifique porche galerie accolé à la nef. La charpente de l’église de Corroy daterait du XVe siècle.

    On trouve aussi des cimetières militaires à Fère-Champenoise et Connantre. Le cimetière militaire de Connantre, situé à l’extérieur de la commune (fléché depuis Le centre), est le seul cimetière allemand du Sud-Ouest marnais. L’endroit a une histoire singulière. 8.931 soldats allemands sont inhumés au cimetière de Connantre. 536 d’entre eux ont été identifiés et possèdent leur croix noire. Les restes des 8.400 autres soldats allemands reposent dans deux ossuaires.

    Ces soldats proviennent de communes du Sud-Ouest marnais. A l’origine, le terrain avait été donné en vue de servir à la réalisation d’un cimetière militaire français. Mais à la fin de la guerre, la préfecture a décidé que le cimetière militaire français resterait à Fère-Champenoise et que le cimetière militaire allemand prendrait place à Connantre. Le cimetière a été officiellement inauguré en 1923.

     

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    Union110824b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : 67e anniversaire de la Libération de Châlons le 29 août prochain… Trois endroits symboliques pour se souvenir

    Châlons libre : c’était le 29 août 1944 !
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  • CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Les commémorations en souvenir de la Libération de Châlons le 29 août 1944 se dérouleront lundi prochain à 18 heures, 18 h 30 et 19 heures au monument de la Libération, à l’ancien siège de la Gestapo et au monument de la Résistance en présence de nombreuses personnalités.

    UN SOUFFLE de liberté s’est engouffré sur Châlons, c’était le 29 août 1944. Afin de commémorer et se souvenir de ce moment historique, la Ville organise plusieurs cérémonies fortes en symboles lundi prochain, en présence du député-maire Bruno Bourg-Broc, du secrétaire d’État au logement et à l’urbanisme, Benoist Apparu, du préfet Michel Guillot et du général Palasset, commandant la Première brigade mécanisée, délégué militaire départemental, et commandant d’Armes de la Place de Châlons, dont ce sera la première apparition publique suite à sa nomination. Le colonel Bolot et le commandant Costard, respectivement commandant de la Région de gendarmerie et chef de circonscription de la sécurité publique de Châlons par intérim, seront également présents.

    Trois sites différents

    A 18 heures, Serge Helleringer, conseiller municipal, Bernard Haleux, président du Comité d’Entente, et Jean Chabaud, président départemental des Combattants volontaires de la Résistance, accueilleront les autorités civiles et militaires à la stèle de la Libération (monument de la Libération, rond-point de Bagatelle) avant qu’une gerbe ne soit déposée sur ladite stèle.

    A 18 h 30, ce sera ensuite devant la stèle de l’ancien siège de la Gestapo, cours d’Ormesson, que se poursuivront les cérémonies commémoratives avec une courte allocution de Jean Chabaud, suivie d’un dépôt de gerbes par les autorités, de la Sonnerie aux morts, d’une minute de silence et d’un vibrant Hymne national joué par l’harmonie municipale. Le cortège se rendra enfin vers le monument de la Résistance (rue Jacques-Songy) à 19 heures, où BBB fera une allocution avant que le Chant des Marais et le Chant des Partisans ne soient joués par l’harmonie municipale. Les autorités pénétreront dans l’enceinte du monument avant qu’un dépôt de gerbes ne soit effectué. Sonnerie aux morts, minute de silence et hymne national compléteront cet hommage.

    Trois moments forts sur trois lieux différents : la Libération de Châlons sera commémorée comme il se doit.

    D.Z.

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    Union110824a - Marne
    LAVANNES : Aviation Le pèlerinage mémoriel de John Curnow

    Les habitants de Lavannes sont venus en nombre.
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  • Les habitants de Lavannes ont accompagné John Curnow.
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  • Lavannes a célébré son citoyen d’honneur, héros de la RAF, tandis que les enfants lui ont offert des dizaines de dessins symboles de paix

    UNE stèle nue au bord de la petite route menant à Lavannes est battue par le vent. Soudain un véhicule s’arrête. Un drapeau britannique et un drapeau français sont fichés dans le sol. De l’horizon surgissent alors une constellation de points colorés. Ils se rapprochent. Ce sont des anciens appuyés sur leur canne, des jeunes à bicyclette, des mamans avec leur landau, des couples à peine sorti du travail, des agriculteurs, des personnalités aussi. Deux véhicules américains rappellent le temps d’août 1944, celui de la Libération. Il y a de l’impatience. De l’émotion aussi. Quand arrive-t-il s’interroge une mamie qui ajoute : « Je me souviens de cette nuit-là ». A 18 heures, en ce lundi d’août, avec une précision militaire, on l’annonce. « Le voilà ! », « C’est bien lui ! », « Oh ! Il n’a pas changé, il a la forme pour 88 ans ». John Curnow accompagné de son épouse Joan, de l’un de ses petits-fils Jeff et de sa femme Mary descendent d’une berline. Lui, reconnaît plusieurs visages.

    De la stèle au monument

    Depuis son retour, la première fois en 2003, l’année dun soixantième anniversaire du crash de son Lancaster touché par la Flak allemande (Défense contre avion) au retour d’une mission de bombardement sur Munich, il a été accueilli à Lavannes en 2005 et 2008 avec une ferveur populaire étonnante. On se regroupe autour de la stèle. Les sonneries de rigueur sont données. Des fleurs sont déposées. Une minute de silence est respectée. Ce n’est que la première étape de ce pèlerinage mémoriel. John Curnow, unique survivant de son équipage composé de sept aviateurs a le visage grave. Puis, tout le monde se retrouve à Lavannes au pied du monument aux morts. La municipalité a bien fait les choses. La cérémonie est digne, sobre, porteuse de respect et de reconnaissance. Le village par toutes ses générations est présent.

    John s’adresse à la foule. La voix est forte. Les mots sont choisis et précis. Le propos est spontané. Il lève le bras, montre la direction d’où venait son bombardier en perdition puis le dirige vers la zone du crash. Il remercie encore son pilote, Roper d’avoir tout fait pour ne pas s’écraser sur le village. D’un coup, son émotion tente de prendre le dessus. Et elle prend l’assistance. Quelques larmes perlent sur des visages de mamans ou d’ados : « J’ai 88 ans. Je ne sais pas, forcément, quel sera mon état de santé dans deux ans. Si je vais bien, je serai au rendez-vous du soixante-dizième anniversaire de ce drame. Je m’y engage. Pour mes camarades dont le souvenir est gravé dans mon cœur. Pour vous, habitants de Lavannes qui me témoignez tant de bienveillance. Que Dieu vous garde ! ».

    Le salut du lieutenant

    On part pour le cimetière. Le long du mur sont alignées les sépultures de six membres de son équipage tués et ceux d’un autre appareil tombé la même nuit du 9 au 10 mars 1943 à la frontière de la Marne et des Ardennes. John s’incline devant chaque tombe. Il dépose une couronne de coquelicots. Il salue. Le silence règne. Le recueillement est partagé. Mary ajoute une rose rouge. Une fois la cérémonie achevée, il se tourne vers tous ceux qui l’ont accompagné. Il parle d’un de ses coéquipiers, John Todd, formé avec lui en Afrique du Sud et insiste sur la mention que sa veuve qui a elevé deux enfants a fait porté sur sa sépulture : Du crépuscule jusqu’à l’aube, il est parti mais il doit être heureux. Et sur le ton de l’admiration il ajoute : « Elle a trouvé la force d’écrire cela ».

    On se retrouve alors à la salle des fêtes pour un temps de partage. John qui a déjà rencontré dans l’après midi Madeleine, l’une des filles du maire au moment du crash, Emile Charlier, s’entretient avec deux autres témoins. Elles se prénomment Jeannette. L’une explique : « Le lendemain matin avant qu’on nous interdise d’approcher, j’ai vu dans un morceau de l’appareil le pilote qui était toujours aux commandes. Il y avait le corps d’un aviateur sur la route, un autre dans un champ, un autre dans la queue de l’avion. Les deux autres, je ne sais pas où ils étaient. J’avais 17 ans, mais ces images sont gravées à jamais ». Les enfants s’approchent du vétéran et lui offrent leurs dessins. L’un d’eux tout excité, tirant sur ma veste me dit : « C’est une surprise pour le grand-père ! T’as vu ses médailles ? ». Ce temps est touchant et le lieutenant Curnow exprime son bonheur. Sa famille est ravie : « On se sent attendu, aimé même. C’est inoubliable ».

    Et si on prenait exemple sur Lavannes pour organiser des temps d’histoire. Ici on sait se souvenir et surtout y associer toute une population heureuse de partager un temps fort de mémoire de la Nation.

    Hervé CHABAUD

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    Les confidences du vétéran

    John Curnow : « La Marne est un des berceaux mondiaux de l’aviation ! »
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  • John Curnow aime discuter avec ses amis français. En anglais, il s’est essayé au français mais il préfère s’abstenir. « Je ne suis pas doué ! » plaisante-t-il.

    Lorsque le capitaine Laurent Marchwant, président du secteur 170 (Marne-Ardennes) de l’association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air lui demande le secret de sa forme, le vétéran le prend par l’épaule et confie : « Je ne fume pas, je suis végétarien, j’ai une femme qui me surveille avec une attention particulière jamais démentie et puis j’ai un accord avec Dieu ! ».

    Au cours de conversation avec Jean Ledoux, président des anciens combattants de la Neuvillette, avec Pascal Garnotel, John Curnow redit sa conviction que la Marne est bien « un des berceaux mondiaux de l’aviation ». Comme le maire de Lavannes a rappelé lors de son intervention devant la stèle qu’il n’y aura plus aucun aviateur sur l’ancienne BA 112 de Reims « commandant Marin-la-Meslée », le 30 juin 2012 (la base a été fermée le 30 juin 2011 par le général Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air) laissant la place à l’échelon liquidateur, le lieutenant s’autorise cette remarque : « Surtout préservez votre patrimoine aéronautique. C’est important pour l’histoire de l’aviation et pour les relations entre nos armées de l’air d’aujourd’hui ». Une observation qui n’a pas échappé à Frédéric Lafarge, administrateur du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale et à ceux qui se battent pour le préserver.

    Ils étaient aussi au rendez-vous de John Curnow qui a, dans le ciel marnais, par son rôle écrit une page de l’histoire contemporaine de l’aviation. Le sacrifice de tous les aviateurs alliés pour notre liberté mérite bien un hommage partagé. Comme l’a déclaré Pascal Garnotel : « Devant le sacrifice de leur vie, pour notre liberté, nous avons le plus grand respect. Merci ». Chaque 10 mars, ce pilote survole la zone du crash. Une autre façon de ne pas oublier.

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    Union110823a - Marne
    REIMS : Le général Pierre Delachenal est décédé

    C’est à Reims que le commandant Delachenal (2e en partant de la gauche)
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  • Il restera une figure de l’armée de l’air qui a écrit, dans la Marne, une belle page de son histoire. N’a-t-il pas fondé sur la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » de Reims la première Patrouille de France en 1953 alors qu’il commandait la 3e escadre de chasse ?

    Le général de corps aérien Pierre Delachenal, 90 ans, est décédé à l’hôpital des armées Percy à Clamart et ses obsèques auront lieu ce vendredi à 10 h 30 en l’église Saint-Louis des Invalides.

    Qui aurait imaginé que son initiative allait faire de cette unité prestigieuse, l’une des plus célèbres patrouilles au monde dont la maîtrise et les figures remarquables suscitent toujours respect, émotion et fidélité de la part d’un public enthousiasmé par ces chevaliers du ciel.

    Un homme audacieux

    Lorsque le commandant Delachenal monte avec les lieutenants Petit, Dellac et Villain cette première patrouille à bord de F 84 Thunderjet, il croit à la pertinence de son projet mais n’imagine pas la dimension que va prendre la Patrouille de France dans la présence aérienne de notre pays sur les cinq continents.

    Pierre Delachenal est un audacieux qui a démontré pendant la Seconde Guerre mondiale ce dont il était capable. Engagé le 1er octobre 1939 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il rejoint la même année l’École de l’air à Versailles. En 1943, il sert au sein du groupe de chasse 2/5 « La Fayette » et il participe à 165 missions de guerre. Célèbre pilote sur la base de Reims dans les années cinquante, il est nommé général de brigade en 1965 et dirige notamment le 2e commandement aérien tactique (Catac) et la 2e région aérienne à Villacoublay. Le général termine sa carrière en 1971 avec quatre étoiles comme inspecteur technique de l’armée de l’air. Il devient conseiller de la SNIAS (Ancienne aérospatiale intégrée dans EADS).

    Le général Pierre Delachenal qui avait plus de sept mille heures de vol était grand officier de la Légion d’honneur, grand-croix de l’ordre national du Mérite et titulaire de nombreuses décorations.

    Lors de chaque visite du musée de la BA 112 de Reims et de l’aéronautique locale, Frédéric Lafarge son administrateur, n’a jamais omis de rappeler la création par Pierre Delachenal de la première Patrouille de France à Reims.

    Le général avait été convié à la fermeture de la BA 112 le 30 juin dernier mais sa santé ne lui avait pas permis de faire le déplacement. Son heureuse initiative de 1953 avait été rappelée lors de l’historique exceptionnel de la base rémoise.

    Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général d’armée aérienne Jean-Paul Paloméros, ancien commandant de la 30e escadre de chasse sur la BA de Reims s’est associé à la peine de sa famille et de ses proches. l’union se joint à cet hommage rendu au général de corps aérien Pierre Delachenal qui a toujours su faire honneur à son arme et a reconnu la place éminente de Reims dans l’histoire de l’aviation.

    Hervé CHABAUD

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    Union110822d - Marne
    RESISTANCE : Célébrité d’ici / Lucien Sampaix

    Lucien Sampaix est né le 13 mai 1899 à Sedan, cinquième enfant d’une famille ouvrière qui en compte sept. Sa mère est ménagère. Après avoir obtenu son certificat d’études primaires, Lucien Sampaix entre en apprentissage comme ajusteur-mécanicien à l’âge de 12 ans. Trois ans plus tard, la Première Guerre mondiale éclate.

    Mobilisé en avril 1918, il est incorporé dans un service infirmier.

    Démobilisé en 1921, il retourne à Sedan. Il y trouve du travail comme ajusteur-mécanicien. Il adhère d’abord à la CGT, puis au PCF. Il a 24 ans. Dès lors, Lucien Sampaix participe à toutes les actions engagées par le Parti communiste. Peu à peu, il incarne le communisme dans la région.

    En 1932, l’ancien ajusteur est embauché à l’Humanité, et devient journaliste au sein du service des informations générales et politiques. Chargé de suivre l’actualité de la gauche non communiste, Lucien Sampaix s’intéresse peu à peu à l’activité de l’extrême droite. Il s’emploie alors à dénoncer les agissements des organisations de cette mouvance « aux ordres du grand patronat et des ennemis du pays ».

    Au lendemain de la victoire du Front populaire, Lucien Sampaix est nommé secrétaire général du quotidien. En juillet 1939, le journaliste est poursuivi pour avoir dénoncé les agissements de la cinquième colonne. Finalement, il est acquitté. Un mois plus tard, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression. Immédiatement, la presse communiste est suspendue puis interdite. En réponse à l’invasion de la Pologne, Londres et Paris déclarent la guerre à Berlin. Les députés communistes votent les crédits de guerre.

    Quelques semaines plus tard, le PCF est interdit. Hors-la-loi, l’ancien journaliste participe à l’édition clandestine de l’Humanité jusqu’à son arrestation le 19 décembre 1939. Tout au long de l’année 1940, Lucien Sampaix est régulièrement transféré d’un lieu de détention à un autre. À la fin de l’année, il s’évade et se réfugie à Paris chez un ancien ouvrier de l’imprimerie de l’Humanité, où il est arrêté trois mois plus tard. Emprisonné à la Santé, Lucien Sampaix est traduit devant la section spéciale auprès de la cour d’appel de Paris. Contre toute attente, ce tribunal d’exception le condamne aux travaux forcés, et non pas à la peine capitale.

    Mi-septembre 1941, il est transféré à la prison centrale de Beaulieu. Le 15 décembre 1941, Lucien Sampaix est fusillé à Caen en compagnie de douze autres otages.

    D’après l’historien Alexandre Courban

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    Union110822c - Marne
    REIMS : Notre-Dame de Reims et ses anecdotes (14) / Les honneurs pour Estienne et de Lattre

    Le général Estienne.
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  • Le maréchal de Lattre.
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  • (Marne). La maréchale de Lattre de Tassigny participe à l’office célébré à la cathédrale avant de s’associer à l’hommage rendu par Reims à deux chefs militaires.

    ON n’honore pas deux grands soldats sans passer par un temps de recueillement et de prière à Notre-Dame. En ce troisième week-end du mois de septembre 1961, alors que la cathédrale de Reims fête ses 750 ans sans commémoration majeure, la Ville choisit de donner le nom de deux rues au général Estienne, le père des chars, et au maréchal de Lattre de Tassigny, l’inoubliable commandant de la 1re armée.

    Les anciens de Rhin et Danube sont mobilisés pour l’événement puisque la maréchale de Lattre a répondu à leur invitation et accepté d’inaugurer le boulevard et la place qui doivent porter le nom de ce chef d’exception. La journée débute par une messe à la cathédrale à la mémoire des deux officiers généraux. La maréchale de Lattre de Tassigny découvre le nouveau vitrail réalisé par Brigitte Simon, une œuvre discrète et vivante aux lignes mouvantes et enchevêtrées de bleus, de gris, et de bistre. On lui explique qu’il s’agit d’un cantique à la Création et à l’eau purificatrice. Mgr Bertoli, nonce apostolique qui avait célébré la messe solennelle de clôture de la Semaine sociale le dimanche 16 juillet, s’était déjà attardé auprès des créations les plus récentes des maîtres verriers dans l’édifice.

    Accompagnée du général Brunet, commandant le groupe de subdivisions de Châlons-sur-Marne, et du colonel Dugit-Gros, commandant la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » et commandant d’armes, la maréchale se rend au monument aux morts.

    Après le ravivage de la flamme, une couronne géante aux couleurs de Rhin et Danube est déposée. La fanfare enfantine des sapeurs-pompiers joue la Marseillaise alors que les détachements de la base et du 503e régiment de chars de combat de Mourmelon demeurent dans un garde à vous impeccable. Le cortège, musique en tête, emprunte le boulevard Foch pour rejoindre la voie qui va être baptisée du nom du général Estienne et relie la place Drouet-d’Erlon à la cour de la gare.

    Le bel exemple

    Le général Bourget, historien de l’arme blindée, retrace avec verve le parcours du général, saluant à la fois « le penseur, l’ingénieur et le soldat » et insistant sur ce Français « qui a simplement et noblement servi son pays ».

    On se transporte dans le nouveau quartier de l’Europe qui s’étend depuis la route de Cernay vers la voie de chemin de fer en direction de Châlons. A 11 h 30, la maréchale dévoile la plaque du boulevard qui porte le nom de son glorieux époux. M. Coquerel, président de la section de Reims de Rhin et Danube, justifie alors la cérémonie : « C’est un honneur pour nous, Mme la maréchale, que vous ayez accepté de présider l’inauguration du boulevard et de cette place qui portent désormais le nom d’un chef prestigieux, notre chef ». Et d’ajouter : « Nous voudrions tirer de ce chef autour de la mémoire duquel flotte une auréole à laquelle est attaché et claque au vent le drapeau de notre beau pays, le plus bel exemple pour que nos vies servent comme il s’est servi de la sienne sans compter ». Avant de conclure : « Que son exemple reste vivant, que les sacrifices, que le sien, restent à nos mémoires afin que vivent les humains dans la paix et la liberté ».

    Roger Crespin insiste sur la fierté de la Ville de voir le nom d’un grand chef associé à celui d’une cité prestigieuse liée à la grandeur de la France : « Je veux rendre à cette armée l’hommage qu’elle mérite car malgré les vicissitudes, elle a su se maintenir et être fidèle à sa devise : ’Honneur et Patrie, Valeur et Discipline’ tout en faisant sienne celle de Lattre : ’Ne pas subir’ ».

    Deux détachements du 50e RCC et du 1er BCP rendent les honneurs militaires avant qu’une réception ne soit donnée à l’hôtel de ville en l’honneur de la maréchale de Lattre qui remercie aussi Reims d’avoir caché son fils recherché par la gestapo pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Hervé CHABAUD

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    Union110822b - Marne
    VILLERS-ALLERAND : Roger Garitan un grand patriote

    Roger Garitan a assuré le commandement d’une équipe de maquisards
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    Nommé instituteur, puis directeur de l’école en 1932, Roger Garitan, grand amateur de football, fondera deux associations sportives : « La laïque sportive » à Vandières et « l’association sportive de Villers-Allerand ».

    Mobilisé de 1938 à 1939, il reprend ses fonctions en octobre 1940.

    Profondément patriotique, il entre tout naturellement dans la Résistance. Dès janvier 1941, alors secrétaire de mairie, il procure de fausses cartes alimentaires et de faux papiers d’identité à des prisonniers évadés et à des réfractaires du travail obligatoire.

    Mort en déportation

    Il prend une part importante dans l’organisation de la résistance du secteur de Villers. Arrêté le 21 février 44, il subit, rue Jeanne-d’Arc, les terribles interrogatoires de la Gestapo. Il sera interné au camp de Neuengamme, puis au camp de travail de Fallersleben.

    Il mourra d’épuisement le 15 avril 1945 et repose dans une fosse commune avec 2 000 autres déportés.

    Sources et documents avec l’aimable collaboration d’Anne Fatoux

     

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    Union110822a - Marne
    VILLERS-ALLERAND : Blanche Cavarrot et « La Rosière »

    Derrière les enfants, au centre, Blanche Cavarrot directrice de l’école de plein air.
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  • INSTITUTRICE, Blanche Cavarrot fonde, avec Marie-Clémence Fouriaux, sa directrice, et Mme Desteuque, l’union des Jeunes Filles, en 1900. Durant la première guerre mondiale, elle organise des évacuations d’enfants.

    Léon Bourgeois, maire de Reims, lui confie en octobre 1918 l’organisation des cantines populaires.

    En 1919, avec Marie-Clémence Fouriaux, elle fait remettre en état la propriété léguée par Mme Veuve Eugène Desteuque à la Ville de Reims, le fameux « château de la Rosière » de Villers-Allerand.

    Avec Mme Joseph Krug, elle reçoit 50 enfants, dans ce qui allait devenir, en 1922, une école de plein air et un préventorium qu’elle dirigera durant de nombreuses années.

    Décorée de la médaille de la Reconnaissance française, elle reçoit la Légion d’honneur en 1936, après avis favorable du maire Paul Marchandeau qui note, au bas de son état de services : « Melle Cavarrot a fait preuve tant pendant les bombardements de Reims qu’aux heures difficiles de la reconstitution, et depuis dans toutes les œuvres de bienfaisance, des plus hautes qualités d’intelligence et de dévouement désintéressé ».

    Une personne très respectée

    Henri Cappe se souvient d’elle, accueillant dans son bureau les visiteurs : « Une personne à l’allure sévère, très digne, très respectée dans le village ».

    L’école de plein air employait pour les cuisines, l’entretien des locaux, des hommes et des femmes du village.

    Le château de la Rosière continue d’accueillir des enfants dans le cadre de la Caisse des écoles de la Ville de Reims.

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    Union110821b - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Visite guidée du camp de la Vallée Moreau à Vienne-le-Château : Dans les pas des soldats

    Lors de la reconstitution costumée, un soldat occupait la guérite d’entrée et filtrait le passage vers le monument reconstitué.
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  • Quand il assure la visite guidée, Roger Berdold fait revivre le quotidien des soldats de ce camp de 3e ligne, lieu de repos à l’arrière du front.
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  • Bel exemple de fraternité franco-allemande, le camp de la Vallée Moreau à Vienne-le-Château, est remis au jour par des bénévoles argonnais aidés par des volontaires bavarois. Tous ont à cœur de préserver cette trace d’une histoire commune qui, bien que dramatique, ne doit pas tomber dans l’oubli.

    COMME chaque été, les bénévoles se mobilisent à la Vallée Moreau afin de faire découvrir le travail qu’ils ont réalisé au fil des années. Le week-end dernier, ils offraient même une petite mise en scène avec visite guidée en costumes et reconstitution des conditions de vie du camp durant la Première Guerre.

    Sur le circuit des hauts lieux argonnais de 14-18, le camp allemand de la Vallée Moreau a désormais trouvé sa place. Et cela au prix d’un investissement sans faille des bénévoles conduits par Roger Berdold. Chaque fin de semaine, ils manient la pelle et la pioche avec souvent, à la clé, le frisson de la découverte. Ici, de nouvelles sapes. Là, des sorties de secours dans les souterrains.

    Grâce au concours des Allemands, des plans ont été retrouvés, favorisant ainsi l’identification des différents abris et édifices remis au jour. La visite guidée prend un peu plus d’une heure. Elle déroule ses méandres dans la vallée proprement dite puis remonte le long de ses flancs. Le guide, en l’occurrence Roger Berdold, pose d’abord le décor. Le camp était un lieu de repos pour les soldats. Le chemin de fer, ramification de l’Argonnenbahn, y est présent, un wagonnet et ses rails en témoignent. Tout le fond de la vallée était réservé à l’hygiène de la troupe. Ont été restaurés les différents bâtiments, douches avec leur département « pour officiers », la centrale électrique, les points d’eau et les installations de prélèvement.

    Des souterrains au cinéma

    Sur le chemin à gravir pour accéder aux étages supérieurs, le guide pointe une pierre tombale d’origine, mise en place par leurs soins.

    La guérite aux couleurs de l’armée allemande domine l’entrée.

    Le week-end dernier, elle était tenue pour la circonstance par un figurant coiffé du casque à pointe et portant un Mauser bien dans le ton. On relève au passage le monument en hauteur pratiquement reconstitué, formé théoriquement de trois blocs de pierre sur lesquels sont gravés de bas-reliefs de circonstance. Un bloc est absent et n’a pas été retrouvé.

    Au sommet, par une ouverture, débute le chemin de protection de l’installation, superbement reconstitué, bardé de traverses sur ses flancs. Il comporte plusieurs banquettes de tir, une installation d’observation au périscope, une alvéole de repos pour les sentinelles. Après une redescente au demi-étage inférieur par les escaliers aménagés dans la pente, on double un orifice de sape en cours d’exploitation, escalier qui ramène dans la vallée.

    En bout de chemin, une première construction abrite les toilettes.

    Juste en face, on découvre le fameux cinéma pour la troupe dont la rénovation a été menée cette année. Une réalisation à mettre à l’actif des coopérants bavarois. Entièrement construit en Bavière sur les plans d’origine, le « kino » a été réinstallé avant l’été.

    Mais le clou de la visite reste à venir. La descente dans le grand souterrain, ses escaliers, son bardage indispensable, son éclairage, ses sorties de secours, sa fraîcheur appréciée emportent l’admiration. À la sortie, un dernier coup d’œil au lavoir parfaitement reconstitué emporte l’adhésion, voire l’admiration que témoignent sans réserve ceux qui sont venus applaudir à cette découverte.

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    Union110821a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Sicé : le docteur diplomate

    Le médecin général Adophe Sicé reçoit la croix de compagnon de la Libération des mains du général de Gaulle.
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  • Haut-commissaire en Afrique française libre, le médecin général Adolphe Sicé a la confiance du général de Gaulle. Il sait que le directeur du service de santé de l’Afrique française a été parmi les premiers à rallier la France libre et il estime que son excellente connaissance de l’Afrique est un atout dans la consolidation du dispositif de reconquête et dans les nécessaires négociations qui vont devoir être conduites avec les alliés. Ce n’est pas étonnant qu’il ait été nommé le 1er août 1941 compagnon de la Libération. Le général lui remet la célèbre croix quelques jours plus tard. Alors qu’il donne ses premières instructions pour l’agrandissement de l’aérodrome de Pointe-Noire afin de permettre aux bombardiers américains de s’y poser, il est contraint d’intervenir sur le terrain de l’information et des interprétations audacieuses d’un reporter américain. Ce qui irrite au plus haut point de Gaulle. Dans un télégramme qu’il adresse au Haut-commissaire depuis Lagos, le 27 août, le général est explicite : « En ce qui concerne mon interview prise par Weller pour Chicago Daily News, veuillez lui notifier que je n’admets pas qu’il me fasse dire : que j’ai offert à l’Amérique la disposition de nos bases ; que l’Angleterre a peur de la flotte de Darlan ». Déjà le 27, le chef des Français libres s’en est ouvert à René Pleven auquel il a télégraphié à Washington le message suivant : « Le journaliste américain Weller pourrait bien publier dans le Chicago Daily News une entrevue avec moi à Brazzaville. Veuillez empêcher la publication. Si c’est trop tard, veuillez déclarer, de façon énergique, que le texte ne représente pas, je dis ne représente pas, mes déclarations et que par suite d’une phrase mal comprise, il a complètement mal interprété mon intention ».

    De Gaulle ne cède pas et maintient la pression. Sicé reconnaît le caractère de son chef et ne s’en offusque pas. C’est un sage qui a beaucoup appris au contact de Lyautey qui a une longue expérience des conflits qu’il s’agisse de celui qu’il a mené contre les rebelles du Maroc ou des combats pendant la Grande-Guerre en Picardie au sein de la première division mixte marocaine ou du 1er régiment d’infanterie coloniale. Sa connaissance de Madagascar, du Cameroun, et le fait qu’il soit un rescapé miraculeux d’un accident d’avion qui a coûté la vie au lieutenant-colonel Parant quelques mois plus tôt en font une autorité respectée. Il n’est pas surpris de recevoir le 29 août un nouveau télégramme du général de Gaulle envoyé depuis Bathurst : « Veuillez faire immédiatement expulser Weller de l’Afrique française libre et révoquer l’Américain qui était avec lui lors du soi-disant interview et qui fait partie de votre service d’information ».

    Il est patent qu’on n’adapte pas la parole du chef de la France libre. Le même jour dans un autre message, il confie à Pleven toujours aux Etats-Unis l’ordre de démentir fermement les propos rapportés par le journaliste ! « Je répète que interview Weller doit être contrée. J’ai simplement dit à Weller comme à tout le monde que Vichy ne représente pas la France réelle et que l’importance stratégique de notre Afrique française libre est considérable. Le reste est tissu de bruits qui courent à Léopoldville et à Brazzaville. J’ajoute que Weller a télégraphié son article de Léopoldville et ainsi je n’ai pu voir le texte que trop tard pour l’empêcher. Je fais expulser Weller. » Bref, le général donne des clés à Pleven pour argumenter et tient à faire cesser les rumeurs qui empoisonnent l’atmosphère. Quelques jours après, sur la recommandation de son honorable correspondant à Washington, de Gaulle rapporte son ordre d’expulsion mais il prévient Sicé qui partage son analyse : « Vous l’avertirez que cet ordre serait immédiatement et définitivement exécuté s’il lui arrivait de télégraphier sans notre censure une information nous concernant ».

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    D’Estienne d’Orves : le chemin du peloton d’exécution

    Le capitaine de frégate Honoré d’Estienne d’Orves : une figure admirable d’engagement.
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  • Malmené par ses bourreaux, voici une image du commandant.
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  • Peine de mort. Les attentats communistes et l’entêtement d’Hitler ont raison du mince espoir de voir échapper à la mort le chef du réseau Nemrod.

    Le 21 août 1941, le capitaine de frégate Honoré d’Estienne d’Orves qui a été condamné à mort conserve un moral d’acier. Il écrit : « Mon huitième mois de prison va commencer la nuit prochaine. Me faudra-t-il encore beaucoup de cahiers ? Mystère ». Il continue à coucher sur le papier ses impressions, à envisager l’avenir de la France avec cette ardeur d’un patriotisme d’une pureté tricolore. Les autorités de Vichy ont bien tenté d’obtenir sa grâce et plusieurs voies politiques et diplomatiques ont été utilisées à cet effet. N’a-t-on pas saisi la commission d’armistice chargée d’harmoniser les relations franco-allemandes et qui siège à Wiesbaden ? L’ambassadeur de Vichy pour les territoires occupés Fernand de Brinon s’est adressé au général Doyen, président de la délégation française à la commission et à Tarbé de Saint-Hardoin, représentant français à la même commission des démarches entreprises. Il a insisté sur l’attitude exemplaire des neuf condamnés et reconnaît que les avocats allemands commis d’office ont fait honnêtement leur travail. Le chef de la délégation française appuie les initiatives de Brinon et s’insurge auprès de son homologue allemand Vogl : « Je dois appeler votre attention sur le fait qu’il s’agit de personnalités honorablement connues ; parmi eux se trouvent des pères de familles nombreuses et d’anciens combattants ayant au cours de l’une ou l’autre guerre glorieusement servi leur pays ». Avant d’ajouter : « Tous sont dignes d’intérêt. L’exécution de la sentence dont ils sont l’objet ne manquerait pas de soulever une émotion considérable et ne pourrait que nuire à l’œuvre d’apaisement des esprits à laquelle nous sommes l’un et l’autre attachés ».

    Attentats et représailles

    Si les diplomates ne relâchent pas leurs efforts, ils n’obtiennent aucune réponse des autorités du Reich. Même l’amiral Darlan n’est pas insensible au destin de d’Estienne d’Orves. Il préconise de s’attirer les faveurs des autorités allemandes en leur communiquant des renseignements assez intéressants pour gagner leur confiance mais trop insignifiants pour compromettre les intérêts de l’armée d’armistice. C’est ainsi que des mouvements de la flotte anglaise sont communiquées à Wiesbaden. Les Allemands expriment leur satisfaction puisqu’ils recoupent leurs propres informations. On pense alors que les chances d’une grâce du commandant d’Estienne d’Orves grandissent. C’est méconnaître l’intransigeance d’Hitler. Louis d’Estienne d’Orves, le frère qui est un officier de spahis profite d’une permission en métropole pour rencontrer le Maréchal à Vichy grâce à l’intervention de l’un de ses camarades de Saumur en poste dans l’Allier. Le chef de l’Etat avoue malheureusement qu’il est dans l’impossibilité de sauver son frère.

    A Paris, les manifestations de communistes contre l’invasion de l’URSS ont lieu le 13 août près de la station de métro Strasbourg Saint-Denis. Un affrontement se produit et les soldats allemands ouvrent le feu. Trois jeunes militants sont ceinturés puis exécutés le 19 août dans les bois du Plessis-Robinson. Il s’agit d’Henri Gautherot, d’André Masseron et de Samuel Tyszelman. Des actes de représailles ne tardent pas. Pierre Georges, 22 ans, alias « Frédo », le futur colonel Fabien est l’un des meneurs de la Résistance communiste à Paris. Il se rend à la station de métro Barbès-Rochechouart. Pour venger son ami Tyszelman, il décide d’abattre un soldat allemand. Déjà, le 13 août, Maurice Le Berre et André Manuel ont poignardé un occupant dans un hôtel de passe miteux de la porte d’Orléans. Sur le quai de Barbès, un officier de la Kriegsmarine, l’aspirant Moser attend le métro. Lorsque la rame entre dans la station, Pierre Georges lui tire deux balles. La réaction allemande est immédiate. Le jour même, le major Boemelburg, officier de liaison de la Wehrmacht auprès de la délégation générale annonce la désignation de cent otages et l’exécution de cinquante d’entre eux. Il se justifie : « Le sang appelle le sang ». Le generalleutnant Schaumburg commandant du Gross Paris publie la déclaration suivante : « A partir du 23 août 1941, tous les Français mis en état d’arrestation, que ce soit par les autorités allemandes, ou qui sont arrêtés pour celles-ci, sont considérés comme otages. En cas d’un nouvel acte criminel, un nombre d’otages correspondant à la gravité de l’acte commis sera fusillé ».

    A Vichy, cette proclamation est jugée dramatique, aussi Darlan dépêche-t-il le secrétaire d’Etat aux rapports franco-allemands, Jacques Benoist-Méchin, plaider l’apaisement. Il doit également déclarer au général von Stülpnagel que le maréchal Philippe Pétain est prêt à se livrer aux Allemands comme otage ! Un délai de grâce de quinze jours est octroyé au gouvernement à condition qu’il condamne sans ambiguïté les crimes commis. Mais les attentats se poursuivent. Un Français est abattu à son tour. Les Allemands décident dans l’heure de représailles. Le 27 août, cinq militants communistes - Roger Nogarède, Alfred Ottino, André Sigonney, Raymond Justice et Jean-Louis Rapinat - sont exécutés « pour avoir pris part à une manifestation communiste dirigée contre l’occupation allemande ». Le Reich tient désormais à faire payer tous les Français. Dès lors, il est certain que le commandant d’Estienne d’Orves ne sera pas sauvé.

    Fin de non recevoir

    Le 24 août, Hitler met fin aux derniers espoirs et exige l’exécution de d’Estienne mais aussi de ses camarades Barlier et Doornik. Il dicte une lettre qui est alors signée du maréchal Keitel chef de l’Oberkommando de la Wehrmacht et adressée au chef d’état-major des armées. Le führer y écrit : « Je confirme le jugement. Pour les condamnés comte d’Estienne d’Orves, Barlier et Doornik, je refuse la grâce. Pour la peine de mort prononcée contre Le Gigan, Clément, Leprince, Cornec et Follic, je la commue en une peine de bagne de quinze années. Même chose pour la peine de mort prononcée à l’encontre de Mme Clément et commuée en dix ans de prison. Quant à la condamnation à perpétuité concernant Pennec, Bizien et Dohet, je la transforme en quinze années de bagne ». Alors que le commandant d’Estienne d’Orves vient de quitter son épouse, il trouve à son retour en cellule devant la porte, le père Stock. En effet, aucun officier allemand ne s’est porté volontaire pour annoncer aux condamnés le refus de leur grâce signifié par Adolf Hitler. L’aumônier se charge donc de cette difficile mission. L’abbé paraît accablé mais il s’acquitte de cette tâche avec dignité. D’Estienne d’Orves semble plus serein que le prêtre. Ne lui déclare-t-il pas tout de go : « Si Dieu est avec soi, qui sera contre ? ». Avant de murmurer à l’abbé : « La journée sera dure demain. Il faut aller vous reposer ». Le commandant ne perd pas un instant et sort plusieurs feuilles de papier et son porte-mine. Il rédige quatre lettres tout en songeant aux membres de son réseau Nemrod. Il veut qu’aucune famille ne souffre et demande à ses proches de subvenir à leurs besoins ou de les aider du mieux possible. A L’abbé il écrit notamment : « J’ai appris à vous connaître comme homme. Je prie Dieu de donner à la France et à l’Allemagne une paix dans la justice, comportant le rétablissement de la grandeur de mon pays ». Il consacre sa dernière lettre à sa femme Eliane.

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    L’espoir de gagner la zone libre

    Le RNP de Déat prend possession de biens juifs.
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  • Des Juifs étrangers sont dirigés vers un camp de travail. Ils sont les premières victimes des lois raciales de Vichy et des ordonnances allemandes.
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  • Fuite. La persécution des Juifs augmente le nombre de candidats au franchissement de la ligne de démarcation longue de 1.200 kilomètres dans l’espoir d’échapper à l’étau de la discrimination serré par les nazis et Vichy.

    Vichy, qui dès le 2 juin 1941 avait adopté le deuxième statut des Juifs toujours plus discriminatoire et restrictif des libertés publiques, entretient un antisémitisme patent qui se concrétise par des arrestations massives à Paris entre le 20 et le 25 août. Ces mesures privatives de liberté décidées par les militaires allemands en application des exigences de la gestapo ne provoquent pas de réactions indignées du maréchal.

    La crainte qui est alors exprimée par l’administration se résume au risque accru de franchissement de la ligne de démarcation ! Or jusqu’alors, les rapports ne mentionnent pas de mouvements migratoires particuliers vers la Zone dite libre. Cela résulte aussi des décisions du commissaire aux questions juives Xavier Vallat qui laisse à penser aux Israélites que leur condition est de plus en plus similaire entre les deux zones. Il y a en réalité peu d’informations fiables et de consignes cohérentes qui sont délivrées.

    Néanmoins, des familles entières tentent le tout pour le tout et estiment qu’elles seront plus en sécurité dans le Sud ou à l’étranger. L’accumulation des privations, des humiliations et l’affermissement de la répression allemande font évoluer les mentalités vers un départ ou décident les familles à envisager cette éventualité et à la préparer.

    Les dirigeants du Consistoire central savent la gravité de la situation et mesurent le casse-tête vécu par des démobilisés qui sont bloqués en zone non occupée et n’ont toujours pas le droit de subvenir aux besoins alimentaires de leurs proches.

    La cible des étrangers

    L’entrée en guerre du Reich contre l’URSS est un prétexte pour s’en prendre prioritairement aux Juifs étrangers notamment aux Polonais tandis que les Juifs français de la zone occupée sont de plus en plus contraints par le cumul de la législation française et des directives de l’occupant. L’interdiction grandissante d’exercer certains métiers a des effets dramatiques sur leur situation économique. Les autorités de Vichy se préoccupent du renforcement de la présence de familles israélites dans les villages qui bordent la ligne de démarcation.

    Le 19 août, le maréchal est informé de la nette augmentation des procès-verbaux de gendarmerie à ce sujet. Les habitants les considèrent d’abord comme des étrangers à leur communauté. Certains chiffres communiqués le 21 août 1941 au Maréchal attestent qu’au moins cent mille Juifs résident en zone libre et qu’il y aurait à peu près autant de Français que d’étrangers.

    Le gouvernement réclame un recensement plus précis et souhaite un nouvel état des lieux pour la mi-septembre. L’amiral Darlan dispose des rapports préfectoraux qui ne sont pas toujours très amènes à l’égard des familles israélites. Le préfet de Dordogne marque ainsi sa sévérité : « Bien qu’accablés par les derniers succès allemands, les Juifs n’en continuent pas moins à mener une vie insouciante de désœuvrement passant leur temps au café ou au spectacle et, suivant leur condition sociale, enlevant les produits sur les marchés en se livrant à certains trafics de commerce noir » !

    Les filières d’exfiltration se développent et les cheminots ne sont pas les derniers pour s’y activer. Henri Laville évoque les stratagèmes employés à Moulins (Allier). « Une multitude d’agents des trains, hommes d’équipes, facteurs, mécaniciens, chauffeurs aux uniformes et aux brassards réglementaires passaient à la barbe et au nez des boches ou de la gestapo. D’autres passagers étaient soit cachés sur les soufflets des voitures, sur les toitures des wagons, dans les coffres des machines, dans des véhicules à marchandises plombés, voire dans la niche à chiens ou dans le charbon et dans des caisses. Beaucoup montaient aussi en marche, aidés et conseillés par nous : le mécanicien au courant ralentissait au départ, et provoquait presque toujours un brouillard artificiel par l’ouverture des purgeurs de la locomotive, des groupes entiers de douze à quinze, dont de nombreuses femmes, profitaient de ces quelques instants de marche ultra-lente pour filer. »

    A Chalon-sur-Saône, la seule gare autorisant les passages interzones pour les voyageurs venant du nord, du nord-est et du sud-est de la France, bien des entourloupes sont organisées. Généralement, le passage clandestin n’est pas une finalité pour les réseaux ni même pour les mouvements. Il s’agit plutôt d’une nécessité dont tous se passeraient bien si cette séparation arbitraire était supprimée.

    Les Allemands sont toujours à la recherche de renseignements pour identifier les familles qui facilitent le franchissement et remonter d’éventuelles filières en identifiant chaque membre en composant les maillons. L’occupant est prêt pour cela à préparer de faux candidats au passage pour mieux piéger ceux qui, en agissant de la sorte, font acte de résistance.

    Ligne maintenue

    La ligne de démarcation est toujours maintenue même si le général Thomas, responsable de l’armement de l’OKW a demandé au maréchal Keitel une ouverture très large de cette frontière artificielle qui bénéficie désormais de la présence de douaniers allemands pour faciliter l’approvisionnement de l’armée.

    L’officier du Reich explique qu’il mesure les difficultés politiques avant d’ajouter : « Tant que la ligne de démarcation coupera les régions productrices, nous ne parviendrons jamais à tirer de l’économie française ce que nous devrions en tirer, aussi je souhaite qu’on recommande au führer une décision empreinte de largesse dans le règlement de cette affaire ».

    Sachant la méfiance d’Hitler, Keitel refuse d’appuyer la demande de Thomas prétextant que le vainqueur n’a pas à s’engager à l’égard d’un pays vaincu. Abetz est prêt à obtenir des améliorations territoriales et économiques pour la France à condition que le Maréchal décide d’être auprès du Reich dans la guerre nécessaire contre la Grande-Bretagne. Une condition qui est jugée irrecevable à Vichy où l’on est bien conscient que l’opinion publique ne l’accepterait pas. Depuis le Protocole de Paris signé les 27 et 28 mai, les frais d’occupation sont passés de 20 à 15 millions de mark et un assouplissement de la ligne de démarcation a été acceptée par l’occupant mais le prix est fort puisque Darlan a accepté de renforcer la collaboration économique et politique avec Berlin.

    Le 18 août 1941, Abetz informe l’amiral Darlan que toutes les négociations sur les sujets litigieux sont reportées à une date ultérieure. Tout le monde s’accorde alors pour reconnaître que la ligne de démarcation est assouplie mais que sa suppression n’est pas envisagée.

    La collaboration franco-allemande est alors au point mort et les relations entre Abetz et son ministre des Affaires étrangères Ribbentrop sont tendues. Le premier estime que les concessions réclamées à la France ne coûtent pas grand-chose au Reich et que cela permet au vice-président du Conseil français de s’engager davantage dans une collaboration exemplaire à l’égard de Berlin.

    Ribbentrop considère qu’il ne peut pas y avoir d’entorses aux principes fixés lors de l’armistice entre un vainqueur et son vaincu. Il pense que si l’étau envers Vichy est desserré, cela réduira automatiquement la portée de la mainmise allemande sur la France.

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    Union110820a - Marne
    CORMONTREUIL : Demain dimanche à 10 h 30 : En souvenir du maquis de Chantereine

    La ferme où se sont déroulés les combats est restée en l’état.
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  • Nichée entre les villages de Champlat et Boujacourt, la ferme de Chantereine est un lieu de souvenir. C’est ici que, le 28 août 1944, eut lieu un affrontement entre Allemands et maquisards, faisant onze morts et six blessés parmi les 116 Français.

    « Jeunes et moins jeunes étaient venus des quatre coins du département, prisonniers de guerre évadés, résistants ou réfractaires au service du travail obligatoire (STO), et bien d’autres encore, se regrouper dans cette ferme dans un esprit patriotique, pour prendre part à la libération imminente de la région. Mais le 28 août 1944, vers 13 heures, deux automitrailleuses allemandes dévalèrent le raidillon qui mène à la ferme et attaquèrent nos braves FFI, qui ripostèrent de leurs armes automatiques » explique Roger Cousin, défunt président de l’association du maquis de Chantereine créée en souvenir.

    Fuite à découvert

    « Mais devant une telle attaque menée par des blindés, ils décrochèrent pour gagner le bois d’Éclisse en vue de se regrouper. Hélas, il y avait plusieurs centaines de mètres à parcourir en terrain découvert ; ce qui leur fut fatal. Pendant l’attaque, un char se trouvait en poste sur la route de La Neuville, à environ 1 kilomètre, et dirigeait ses tirs vers le bois. Onze Français trouvèrent la mort. Le lendemain, 29 août, nous retrouvions la liberté et la région était libérée. » Parmi les morts figure Philippe Coutiez, un enfant de Cormontreuil.

    Visite de la ferme

    Aussi, comme chaque année, une cérémonie se déroulera de nouveau ce dimanche 21 août à 10 h 30, à l’initiative des membres du comité du souvenir du maquis de Chantereine, présidé par Michel Voisin.

    La population est invitée à y participer. De nombreux drapeaux seront présents ainsi que des représentants des communes alentour.

    À l’issue de la cérémonie officielle, chacun pourra alors visiter la ferme qui est restée en l’état depuis soixante-sept ans grâce à son propriétaire, M. Huiban, âgé de 13 ans à l’époque, et qui a souhaité la conserver « en souvenir des gens qui se sont battus et qui sont tombés ici ».

    Présidée par Michel Voisin, l’association du maquis de Chantereine et le comité UNC (Union nationale des combattants) de Cormontreuil invitent les populations des communes alentour à participer à cette manifestation.

    A Cormontreuil, le départ est fixé à 9 h 30. Rendez-vous à 9 h 15 devant la mairie afin de se grouper dans les voitures.

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    Union110819c - Marne
    JONCHERY-SUR-SUIPPE : Les plus beaux villages / Jonchery-sur-Suippe a choisi son camp

    L’oratoire a été reconstruit et déplacé à proximité de l’église l’année dernière, après un accident de la route.
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  • Une fine bande de terre sépare les camps de Suippes et de Mourmelon. Assez large pour que s’y niche Jonchery, défiguré par la guerre mais qui a trouvé du charme dans sa reconstruction.

    Jonchery-sur-Suippe est une petite bourgade tranquille, étendue, comme de nombreuses autres et comme son nom l’indique, le long de la Suippe et rattachée à la communauté de communes de la région de Suippes.

    Pour autant, l’histoire du village n’a pas été des plus agréables tout au long de son existence. La faute à la Grande Guerre qui, dans les environs, a fauché des dizaines de milliers de combattants aussi sûrement qu’elle a annihilé les villages.

    De ce passé, le village en tire pourtant un réel charme. Chantal Chobeau, actuelle maire, explique que « lors de la reconstruction, toutes les maisons ont été édifiées suivant les plans du même architecte et toutes l’ont été avec de la pierre meulière ». Une particularité qui, 90 ans après, apporte la vision d’un beau village avec de belles maisons.

    Un temps menacé de disparition

    Petit à petit, le village s’est donc reconstruit, autour de son église, seul bâtiment à avoir tant bien que mal résisté aux obus et à la mitraille. Construite entre les XIIe et XIIIe siècles, elle présente la particularité d’avoir une nef romane, aujourd’hui masquée par des boiseries qui en épousent la forme, et un chœur gothique. Bien qu’elle ait été restaurée une nouvelle fois après les dommages causés par la Seconde Guerre mondiale, elle a bien failli disparaître et le village avec elle.

    Il fut en effet question, en 1952, de relier les camps de Mourmelon (12 000 hectares) et de Suippes (13 500 hectares). Pour cela, une seule solution, rayer purement et simplement les 800 hectares du village de Jonchery de la carte. Finalement, la mobilisation des habitants a permis au village de survivre et de prospérer encore aujourd’hui.

    Au cours de la dernière année, « de nombreuses maisons se sont construites » du fait de la situation du village, à mi-chemin de Reims et de Châlons. L’attrait de la campagne et les prix de l’immobilier en ville poussant bon nombre d’acheteurs à jeter leur dévolu sur des villages comme Jonchery. Ces nouveaux habitants, de même que les curieux de passage, pourront s’arrêter près de l’oratoire, reconstruit en 2010 et placé près de l’église après qu’un accident de la circulation l’avait complètement réduit, épargnant par miracle la Vierge à l’enfant. Ils pourront également, dans les champs et le plus souvent à la nuit tombante, observer la multitude de sangliers et de chevreuils, parfois même de cerfs qui, bien que causant de nombreux dégâts dans les cultures, sortent régulièrement des camps militaires qui leur offrent une tranquillité fort intéressante.

    Vianney PANNET

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    Union110819b - Marne
    HERMONVILLE : Le piano de Dorgelès

    Sur la façade, au 3 rue de l’église, une enseigne en fer forgé « Hôtel de la croix d’or - Thomas » indiquait aux voyageurs qu’ils étaient arrivés à destination.

    Une salle de réunion, une salle pour noces et banquets de 150 couverts, des chambres et une boulangerie-pâtisserie (car M. Thomas était boulanger) composaient les pièces de cet hôtel, qui a fonctionné jusqu’en 1965.

    Pendant la Grande Guerre, l’hôtel transformé en débit de boissons accueillait les poilus venus se reposer avant leur retour sur le front, et parmi eux l’écrivain Roland Dorgelès. Dans son livre Les croix de bois, il se souvient qu’au café de la Croix d’or il y avait un piano mécanique. Il fallait mettre un sou de 10 centimes pour entendre le piano jouer Sambre et Meuse ou Les petits Pierrots.

    Las ! Les poilus étaient désargentés et glissaient des rondelles de fer-blanc, si bien que le piano détraqué refusa un jour de fonctionner ! Or, un après-midi, un bombardement qui visait l’église fit sauter le calvaire situé sur le parvis. Cette forte détonation, qui arracha les fenêtres de la Croix d’or à cause d’un déplacement d’air, remit en marche le piano qui se mit à jouer gratuitement La petite Tonkinoise !

    C’est « une histoire vraie par conséquent incroyable qui s’était déroulée à Hermonville, en Champagne ! » conclut Roland Dorgelès. Cet auteur réaliste ne manquait pas d’humour.

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    Union110819a - Marne
    HERMONVILLE : Son grand-père a rencontré Courbet

    Jean Greten, auteur du livre Maux de guerre mots d’amour, est originaire d’Hermonville. Son grand-père a dû se rendre à Paris en 1871, pendant les émeutes de la Commune, pour toucher des loyers. Il était propriétaire d’une maison dans laquelle vivaient des locataires miséreux.

    Depuis Hermonville, il s’était rendu dans la capitale à vélo. Ce motif particulier est devenu une chance pour lui d’assister à la Commune de Paris, qui bouleversera l’Histoire de France et précipitera la chute de l’Empire. Au cœur de la fournaise, ce témoin malgré lui va rencontrer le peintre Gustave Courbet. Il le raconte dans une lettre :

    « Il est 7 heures, je descends dans la rue et je m’avance chaussée d’Antin. Je ne vois que boutiques trouées par les balles et les boulets, des maisons éventrées par les obus, des cadavres et des mares de sang sur les trottoirs. Vengeances des insurgés repoussés de beaucoup de quartiers. Ils veulent mitrailler Paris, y mettre le feu par les obus et l’anéantir complètement. Le peuple de Paris lutte contre l’oppression de la garde nationale et de ses bataillons. »

    La maison faisait face à Belleville, quartier peuplé d’ouvriers chassés de Paris par le prix des loyers. Monsieur Châtelot a rencontré devant chez lui celui qui a fomenté la destruction de la colonne Vendôme, symbole de la tyrannie impériale : le citoyen Courbet, peintre réaliste célèbre et élu de la Commune de Paris, sur le point de partir en exil.

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    Union110818b - Marne
    COMMUNE : SAINT-BRICE-COURCELLES : Célébrités d’ici / Du communard Jules Martelet au prodige de l’électro Brodinski

    Henry Berge fut, entre autres, chef de cabinet du ministre de la Guerre fin 1877.
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  • Jules Martelet
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  • Brodinski jouera le 8 octobre sur le parvis de la cathédrale.
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  • SAINT-BRICE-COURCELLES (Marne) Si Saint-Brice-Courcelles n’entretient pas trop le culte de ses personnalités, elles existent. En voici quelques-unes, du communard Martelet au colonel Charbonneaux.

    PAS toujours facile de retrouver l’histoire des personnages célèbres d’une commune. Ainsi, sur Wikipédia, pour Saint-Brice-Courcelles, on ne trouve que les noms de Jules Martelet, confirmé par le maire Alain Lescouet et Louis Bodinski, inconnu du premier magistrat. Et pourtant.

    Martelet, peintre sur verre

    Disons-le tout net, nous n’avons pas encore trouvé d’œuvre peinte sur verre réalisée par Jules Martelet, né à Saint-Brice-Courcelles le 27 septembre 1843 (et décédé à Ivry le 27 avril 1916). Monté à Paris à l’âge de vingt ans, on sait qu’il a adhéré à l’association internationale des travailleurs. Révolté de voir le couard gouvernement de la Défense nationale baisser pavillon face aux Prussiens, le jeune homme s’enrôle dans le 136e bataillon de la Garde nationale et participe activement aux journées révolutionnaires. Le 18 mars, il s’empare de la mairie du XIVe arrondissement. D’abord à la commission des services publics du conseil de la commune du XIVe arrondissement, il en deviendra un court moment l’administrateur. Le gouvernement Thiers tient vite sa revanche avec les Versaillais et les Communards paient un lourd tribut à leur rêve éveillé. 20 à 30 000 d’entre eux passent de vie à trépas. Si Martelet échappe au plomb, il est condamné en 1873 à la déportation. Par chance il parvient à s’enfuir de Paris. Il gagne la Suisse, exerce les fonctions de prof de dessins à la Chaux-de-Fonds. On retrouve ensuite sa trace en Belgique et même aux États-Unis.

    Baron Henry Berge

    Les Bricorcelliens connaissent le château de la Malle qui pleure ruines mais dont le cadre pourrait un jour servir pour l’hôtellerie de plein air. Eh bien, sachez que ce château a été la résidence secondaire du baron Henry Berge marié à Marie Andrès et qui l’avait racheté aux héritiers Clicquot.

    Ce baron d’empire né en 1828 à Paris, sorti de Polytechnique, lieutenant en 1851 fit la guerre de Crimée où il fut blessé d’une balle à la nuque. Pas assez pour l’empêcher de combattre. Il participe à la bataille de Solférino, participe à l’expédition mexicaine. Il est à nouveau blessé à l’omoplate à la bataille de Saint-Privat (1870) et il est même fait prisonnier à Hambourg. De retour en France, il commanda un groupe de batteries lors de la répression de la Commune. Y croisa-t-il sans le savoir Jules Martelet ? L’histoire a de tels raccourcis ! Colonel au 13e régiment d’infanterie en 1872, il devient directeur de l’artillerie puis chef de cabinet du ministre de la Guerre fin 1877. En 1880 il est aussi chargé de l’inspection permanente des écoles de tir et de cartoucheries, et c’est lui qui fit adopter le fameux fusil Lebel. Nommé gouverneur de Lyon en 1888, il organise la protection des frontières sur le massif alpin en faisant faire des forts, des routes, des tunnels et en développant les troupes alpines. Décédé le 18 novembre 1926 il repose au cimetière du Nord à Reims.

    Brodinski, petit roi de l’électro

    Il n’a pas encore sa rue à Saint-Brice-Courcelles, mais sa notoriété chez les musicos est déjà au firmament. En effet, si le nom de Louis Rogé, né le 13 juin 1987 à Saint-Brice-Courcelles et longtemps résident rue Croix-Labbesse ne vous dit rien, peut-être avez-vous déjà entendu parler de Louis Brodinski, un DJ que déjà certains qualifient de prodige de l’électro et qui a déjà à son actif des tas de productions et de remixes ainsi qu’une multitude de set aux quatre coins du monde. Brodinski commence à mixer à 15 ans. « Sa musique » écrivait dans nos colonnes Isabelle Griffon « est un mélange d’électro survitaminé et d’hymnes techno qui sonne bien ». Sa culture musicale : de Marvin à Debussy en passant par Damien Lazarus, Erol Alkan, Jennifer Cardini. Son papa spirituel est Cyril Jollard (Binary Gears) et le grand frère, c’est Yuksek qui l’a aidé à produire ses propres morceaux et remix.

    Brodinski se produira d’ailleurs à Reims le samedi 8 octobre sur le parvis de la cathédrale dans le cadre du Festival Electricity 9.

    Alain MOYAT

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    Pol Charbonneaux, Compagnon de la Libération

    Salut au colonel Charbonneaux, au milieu sur la photo en tenue sombre.
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  • Frère de Philippe Charbonneaux, inventeur de la R8 et de la R16 et de Nicole Henriot, Pol Charbonneaux, fils de René Charbonneaux industriel, est né en 1909 au château de Courcelles. Après un service militaire effectué au 18e régiment des Dragons puis à l’école de cavalerie de Saumur (1930-1931), c’est étant réserviste qu’il passe son brevet de pilote en 1938. Prémonitoire sans doute puisque le militaire réserviste entend toujours servir son pays quand éclate la Seconde Guerre mondiale. C’est tout naturellement que cet homme à l’idéal élevé, en mission au centre d’instruction de reconnaissance de Toulouse décide de s’engager dans les Forces françaises libres et de s’envoler pour Londres le 17 juin 1940, la veille du fameux appel du Général De-Gaulle. Vite affecté au groupe de combat N°1, il débarque en septembre 1940 au Cameroun où il doit s’occuper de ravitaillement. Impatient de se rendre encore plus utile il part quelques mois plus tard en Egypte apprendre à piloter un Blenheim.

    Un sésame qui lui permet rapidement d’être affecté à Khartoum dans le groupe réservé de bombardement N°1 (GRB1) pour effectuer plusieurs missions en Abyssinie autour du lac de Tana contre les Italiens.

    Le GRB1 ayant fusionné avec le groupe de bombardement N°1 de Lorraine, c’est au sein de la première escadrille de Lorraine qu’il participe en Libye aux nombreuses offensives anglaises au-delà de Benghazi. Il échappe de peu au pire en décembre 1941. Alors qu’avec douze appareils dont quatre Oppenheimer accompagné de douze chasseurs Hurricane il devait bombarder une colonne ennemie sur la route de Tocra-Benghazi, sa formation fut attaquée par des Messerschmitt 109. Deux des quatre avions du Lorraine purent s’en tirer dont ceux pilotés par Yves Ezanno et Pol Charbonneaux.

    En mars 1942 on retrouve le capitaine Charbonneaux en Syrie avec le groupe Lorraine. Après plusieurs convoyages d’avion entre Takoradi et Calcutta il prend le commandement de l’escadrille Nancy en Palestine avant de rentrer en Angleterre fin 1942 avec le groupe Lorraine.

    Son avion prend feu

    Jusqu’en septembre 1943 il effectue de nombreuses missions de bombardement. Il en totalisait 77 quand pour des raisons de santé il arrêta les opérations pour devenir instructeur du personnel français venant d’Afrique du Nord.

    C’est en juillet 1944 que Pol Charbonneaux rejoint le cabinet de De-Gaulle où il est promu lieutenant-colonel cinq mois plus tard.

    On le retrouve en juin 1945 commandant de la base de l’école de pilotage de La Rochelle puis lauréat de la première promotion de l’école de guerre aérienne. Nommé en 1948 à l’État-major de l’armée de l’air le lieutenant-colonel Charbonneaux y est inspecteur de l’aviation du bombardement et du transport. Promu colonel en janvier 1951 il devient attaché de l’air adjoint à l’ambassade de France à Washington (États-Unis).

    Alors que le 17 juillet 1954, il décolle avec son C45 sur la base d’Andrews, un incident survenu sur le train d’atterrissage de son appareil provoque un incendie des réservoirs de son avion qui prend feu violemment. Il devait mourir quelques jours plus tard de ses blessures tout comme son compagnon de vol le colonel Bremond attaché de l’air suisse à Washington.

    Commandeur de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, croix de guerre 1939-1945 avec trois citations, officier de l’empire britannique etc… Pol Charbonneaux a été inhumé à Reims.

    A.M.

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    Union110818a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : À 72 ans, Hans Abel traverse la France à pied de la Sarre à la baie de Somme : Sur le sentier de la guerre… et de la paix

    Hier, Hans Abel faisait halte à Menou après avoir parcouru la distance qui sépare Verdun de la capitale du pied de cochon.
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  • Une guitare dans le dos, de bonnes chaussures aux pieds : c’est tout ce qu’il faut à Hans Abel, un habitant d’un petit village de la Sarre, pour traverser la France d’Est en Ouest en 22 jours.

    Rencontre insolite.

    AVEC SON double mètre de hauteur, son étui à guitare dans le dos et ses grosses chaussures, difficile de le rater. Sur le bord de la route, certains camionneurs le saluent pour l’avoir déjà croisé du côté de Verdun ou de Metz. D’autres lui proposeraient bien un bout de conduite, mais le gaillard a décidé de marcher. Hans Abel est parti de Sankt-Ingbert en Allemagne et compte rejoindre la baie de Somme à pied en 22 jours.

    Hans Abel n’effectue pas de pèlerinage, il ne relève pas non plus un défi sportif. En fait, il se fait tout simplement plaisir. Et il n’est pas peu fier de son âge : 72 printemps célébrés en début de mois. « Attendre toute la journée dans un fauteuil que ce soit l’heure d’aller se coucher, très peu pour moi ! » tente-t-il d’expliquer dans un français mêlé d’allemand et d’anglais. Si l’âge de la retraite a sonné pour cet ancien banquier, cela ne signifiait certainement pas qu’il allait se tenir tranquille. Depuis 2004, il fait une randonnée par an. Toujours en solitaire. Toujours sur longues distances et jamais sans sa guitare. L’an dernier, il était parti d’Alsace pour rejoindre la République tchèque en traversant toute l’Allemagne. Une autre fois, il a traversé les Alpes pour rallier Venise. Cette fois, il cherchait un itinéraire qu’il emprunterait en sortant de chez lui. « Je cherchais vers quoi aller, un endroit sympathique, beau à regarder. J’ai pensé à l’Atlantique. » Finalement, ce sera la Manche avec l’arrivée en Baie de Somme.

    Chaque jour est une aventure

    En construisant son voyage, Hans Abel s’est alors aperçu qu’il était jalonné de sites marqués par les guerres. « Et aussi par des sites de paix ! » Compiègne et ses deux armistices, Amiens et le traité qui ramène la paix entre le Royaume-Uni et la France en 1802 ou encore Reims et sa messe de réconciliation en présence de De Gaulle et Adenauer en 1962.

    L’aspect historique de la marche s’est imposé de lui-même. Du coup, Hans l’Allemand se retrouve plongé dans les heures les plus sombres qui ont opposé son pays au nôtre. Un parcours qui a une résonance toute particulière pour lui. « Je suis né en août 1939. J’avais trois semaines quand la guerre a commencé. À la fin de la guerre, j’allais à l’école. Ensuite la Sarre a été occupée par les Français. On était obligé d’apprendre le français à l’école. » Aussi bien avec ses parents qu’avec ses grands-parents, il lui a été impossible de parler de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, en passant près des cimetières militaires, il engrange des connaissances qui le font réfléchir. « Je ne porte pas de dette. Cette dette-là, c’est celle de mes grands-parents. Mais quand j’entends les Allemands qui râlent parce que Mme Merkel doit ouvrir son porte-monnaie pour aider la Grèce ou l’Irlande, je pense qu’ils devraient plutôt rester tranquilles. Car les deux Guerres Mondiales sont venues d’Allemagne ! »

    S’il apprécie l’Histoire, Hans Abel ne vit pas dans le passé. Son voyage est avant tout une aventure, avec ce qu’il faut de joie, de courbatures et de rencontres. « Et cette question qui est la première aventure : où je vais dormir cette nuit ? ». Hier soir, c’était à l’Argonnais. Ce soir, ce sera aux alentours de Reims.

    Et chaque soir, c’est l’occasion de faire prendre le frais à sa guitare. Si le patron des lieux est d’accord, il met un peu d’ambiance. Hans n’est pas un va-t-en guerre. Son truc à lui, ce serait plutôt la paix et la musique !

    Stéphanie VERGER

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    Union110817a - Marne
    SEZANNE : Le Souvenir français sort enfin de son sommeil

    SEZANNE (Marne) Le 28 août prochain, les activités du Souvenir français reprendront, après avoir été abandonnées pendant dix ans, avec la fête de la libération de Sézanne en 1944.

    LE SOUVENIR français est reparti comme en quarante. Aujourd’hui, la section à Sézanne, qui regroupe les cantons d’Anglure, Esternay et Fère-champenoise compte 61 membres. Après avoir été en sommeil pendant une dizaine d’années, sans président, Gérard Labrune, pupille de la nation (voir encadré) a repris les rênes de l’association qui avait longtemps été menée par Pierre-Marie Vignier.

    Chevalier de la légion d’honneur

    Quand son ami Serge Finck lui suggère de reprendre le flambeau de l’association, ce retraîté qu’est alors Gérard Labrune, décoré de l’ordre national du mérite aux débuts des années 2000 sait à peine de quoi il s’agit. Il se renseigne et n’hésite plus. Son lien avec les soldats décédés pour la France dans les conflits de 14-18, 39-45 et la guerre d’Algérie paraît évident. « Mon père est une victime de la guerre de 40, raconte le nouveau président, depuis le 14 avril dernier. Il s’est pris une balle et a été tué par la tuberculose… »

    Il envoie son CV au siège national, à Paris. Il est accepté, reçoit son mandat de président dès le mois de mars et devient président officiellement le 14 avril. Il nomme Serge Finck vice-président.

    Depuis, l’association est assurément entre de bonnes mains. Avec un parcours de Chevalier de la légion d’honneur en 2009 et président du conseil d’administration de la Caisse primaire d’assurance maladie de Neuilly, Gérard Labrune semblait être l’homme de la situation.

    Entretenir les monuments

    « Notre devoir est d’entretenir les monuments, les tombes », aime-t-il à rappeler. Dès lors, il endosse sa mission avec brio en partant relever la stèle bousculée par un camion sur la nationale 4 et en remplaçant le drapeau en lambeaux. Son objectif est d’atteindre les 100 membres d’ici un an. « Le 28 août, on célébrera à Sézanne la libération de la ville en 1944. Le 4 septembre à Mondement, la délégation de Saint-Cyr de Coet Quiden (Bretagne), sera présente pour une nouvelle célébration, annonce-t-il.

    Ça me fait plaisir de faire vivre ce souvenir. Aujourd’hui, on se doit de transmettre le flambeau aux jeunes, souligne-t-il. Ces millions de morts à la guerre nous ont donné la paix. Aujourd’hui, on vit paisiblement grâce à eux. »

    Lilly THOMANN

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    Union110816a - Marne
    SILLERY : L’hommage d’une épouse à son mari déporté à Dachau

    Marie Hecht s’est nourrie des trois versions du livre écrit par son mari pour en tirer les meilleures feuilles.
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  • Didier Hecht a reçu des prix de poésie aussi.
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  • SILLERY (Marne) L’ancien maire de Sillery, décédé en 2004, avait été déporté à Dachau. Son épouse Marie vient de faire publier ses mémoires : « Il neigeait sur la Bavière ».

    ASSISE, toute fragile dans son canapé clair, Marie Hecht, 80 ans passés, a une phénoménale énergie. Elle est intarissable pour défendre avec les mots justes la mémoire de son mari Didier, aujourd’hui disparu, et dont elle a décidé de faire éditer les meilleures pages pour saluer la mémoire du résistant, arrêté sur dénonciation par la Gestapo en juillet 1944 à Sillery et envoyé dans un camp à Dachau.

    Le livre poignant, intitulé « Il neigeait sur la Bavière » et édité chez Parole et Silence, évoque dans un fort joli style, d’une part sa captivité dans un camp de travail, ses peurs, sa volonté de vivre sauvée par une imagination fertile et son étonnante rencontre avec Dieu ; et d’autre part le retour et la liberté, pas si faciles à vivre non plus quand on est poète dans l’âme. Didier Hecht fut maire de Sillery après la Seconde Guerre mondiale.

    Pourquoi faire éditer ces mémoires ?

    Marie Hecht : « Durant trente-cinq ans après son retour, mon mari n’a parlé de rien sur la période de sa déportation à Dachau avec son père Maurice. Parce qu’il n’y avait pas de mots pour raconter l’horreur. Vous savez, quand on voit lancer des bébés dans le feu, l’émotion vous bloque. À partir de 1980, il a écrit pour lui. Il a fait une seconde version trop longue, puis une troisième intitulée « La forêt reverdira ». Ayant lu, lu et relu et m’étant longuement nourrie de ces trois versions, j’ai pensé qu’il fallait en faire un livre tant il y a une force morale et spirituelle dans son histoire qui peut servir à tous ceux qui sont un jour dans la difficulté. »

    La certitude qu’il rentrerait…

    Didier Hecht n’en parle pas dans le livre, mais il faisait partie d’une famille de résistants…
    « Né d’un père ardennais mais d’une famille alsacienne qui avait pour devise « la France d’abord », il a passé son baccalauréat à Nîmes mais il est revenu en 1942 à Sillery dans la ferme de sa grand-mère Marguerite Pelzer où ses parents et son frère Christian étaient réfugiés. Il y avait un réseau de Résistance qui rapatriait les pilotes alliés en Angleterre ou en Espagne. Des gens de Mailly et de Sillery ont été recrutés. Christian en faisait partie, mon futur beau-père aussi, M. Serpe, M. Georgeton, chef de cave à Pommery ; M. Mangenot, chef de gare, le restaurateur du relais, le boucher de Mailly, Paul Bénard, le fils du fermier dont la maman cachait des gens chez elle. Si Giberte Hecht fut arrêtée en 1943 à la place de son fils Christian, le réseau tomba le 8 juin 1944 deux jours après le débarquement, dénoncé par une jeune fille contrainte à donner des noms pour sauver son fiancé. Didier Hecht et son père ont été d’abord internés rue Jeanne-d’Arc à Reims où il y avait la Gestapo avant d’aller à Châlons puis Compiègne. Les Allemands les ont ensuite embarqués dans un train surchauffé, direction Dachau. Didier disait avoir survécu en respirant à travers une fente qu’il y avait entre deux planches du wagon. Quand ils ont ouvert les portes, de nombreux cadavres sont tombés. Ils se sont retrouvés en juillet avec son père dans le camp d’Allach où la durée de vie était prévue pour durer neuf à dix mois. »

    Il est revenu du camp car il avait une forte volonté de vivre ?
    « Oui. Il n’a jamais perdu le moral malgré les circonstances, les tâches difficiles comme porter de barres de fer mal ébarbées sur ses épaules ou faire du béton dans lequel tombaient parfois des prisonniers épuisés. Il a eu une crise cardiaque. Il ne s’est pas plaint pour ne pas être envoyé à la mort assurée. Dans son malheur, il a eu la chance, avec son père, de devoir aller tous les matins travailler comme tourneur dans une usine de montage d’avions BMW. Malgré le froid ou la chaleur, la marche à l’air libre lui a été bénéfique. Il a été aussi sauvé par les colis de la Croix-Rouge. Il m’a dit aussi qu’ayant la dysenterie, il a mangé une boîte de cacao qui lui a bloqué les intestins. »

    Dans son ouvrage, Didier Hecht avoue, avec ses mots, que c’est sans doute Dieu qui lui a sauvé la vie.
    « Oui, même s’il avait peur, s’il en avait marre de n’être rien, il avait la certitude qu’il rentrerait. Si son imagination l’a aidé à tenir, un appel, une prière, à peine formulée, faite à un moment d’ennui d’une journée qui ne passait pas, lui a fait rencontrer Dieu. De la même façon, c’est en assistant un jour à une pendaison publique qu’il dit avoir mesuré la phrase du Christ : « Mon Dieu, pardonnez-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ». Tout cela l’a aidé à avoir une force morale et spirituelle, à essayer de trouver une parcelle d’humanité dans le regard de ses geôliers, et à revenir le 25 avril 1945, libéré avec son père par les Américains. »

    Didier Hecht, « Il neigeait sur la Bavière » aux éditions Parole et Silence. Disponible à la librairie Largeron à Reims.

    Quelques extraits du livre

    • L’appel
    … « La séance d’appel du matin se transforme en pantomime grotesque et sépulcrale. Alors, les épaules se voûtent en cloche au-dessus des troncs affaissés comme des linges mouillés. Les têtes oscillent sur une gélatine filandreuse enfouie dans des vêtements sans forme ni épaisseur. Les mains décharnées pendent, inutiles, en lambeaux abandonnés. Les visages ravagés ne sont plus rien que l’expression du vide. Ni attente, ni tristesse, ni espoir, pas la moindre étincelle. Aucune lueur n’allume ces masques teintés de gris, échoués dans la nuit, pétris de résignation. »

    • Le pouvoir de l’imagination
    … « L’obsession de survie, comme un devoir envers soi-même restait un puissant levier […]. L’imagination avait le champ libre et ne manquait jamais d’en profiter à son aise. S’il pleuvait, la tendre chaleur d’un feu de bois levait amoureusement nos membres détrempés. Si la tornade soufflait, un profond fauteuil et un livre de choix m’attendaient pour me proposer un réconfort. Si le soleil me brûlait le corps, une piscine se remplissait aussitôt, puis je goûtais aux rafraîchissements préparés par ma femme. Ces refuges imaginaires ne réconfortaient pas, ne consolaient pas davantage. Simplement, ils nous accordaient un verre d’eau dans la course à la survie. »

    • L’impossibilité d’en parler
    Les rescapés des camps sont souvent longtemps restés silencieux. Didier Hecht s’en explique :
    « Aux questions anxieuses de mon épouse, légitimement avide de récits, je me suis gardé de livrer plus que quelques anecdotes […]. Je lui opposais une sorte de masque propre à cacher des vérités douloureuses. Jamais je n’ai franchi les limites du supportable pour un auditoire non averti. Jamais soufflé un mot de mes sensations profondes ou de mes pensées secrètes. Bien sûr, l’exutoire est une nécessité. Mais je tenais à lui faire ignorer les lames de fond où avaient baigné les prisonniers. Je taisais les courants capables de brasser et de broyer les victimes comme une pâte juste bonne pour les ordures. Du reste on descend toujours seul dans un gouffre pareil. Tout y est sans partage. Personne ne peut rien contre ces stigmates. »

    Alain MOYAT

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    Union110814e - Marne
    CHATEL-CHEHERY : L’histoire d’un héros de guerre : Sur la piste du sergent York

    Le sentier de l’exploit repart sur les traces du héros, le caporal York.
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  • CE FAIT d’armes de la guerre de 14-18 se situe lors des combats de la 80e division américaine dans l’offensive menée par le général Pershing au nord de Verdun en Argonne entre Meuse et Aisne. Le bataillon du caporal York descend les pentes du Chatelet, le village situé en dessous de Chatel-Chéhéry. Il a pour ordre d’attaquer la ligne de chemin de fer Decauville. Celle-ci est située dans une forêt dont les collines sont truffées de nids de mitrailleuses. Une patrouille est chargée de les surprendre en les contournant par l’arrière. Elle est aux ordres du sergent Early et comprend 3 escouades commandées par 3 caporaux. Alvin York, en arrière-garde, commande la troisième.

    La patrouille se faufile dans les taillis, sous une pluie fine et dans le brouillard, à flanc de colline. Elle arrive à 200 mètres des mitrailleuses. Deux brancardiers allemands lui font face. Ils en abattent un et l’autre s’enfuit pour donner l’alarme. Early, lui, continue et, avec 16 hommes, tombe sur un groupe de 20 Allemands en plein casse-croûte. Leur lieutenant est le seul armé. Tous se rendent et sont faits prisonniers. Quelques instants plus tard, une mitrailleuse allemande ouvre le feu sur la patrouille, un caporal est tué, de même que six Américains. Les deux autres caporaux sont blessés ainsi qu’un de leur soldat.

    Les 20 prisonniers allemands, et les Américains qui ne sont plus que 7 s’abritent alors derrière les arbres. York est maintenant le seul gradé, il prend le commandement du groupe. Ils attendent sous le feu de la mitrailleuse. York va alors faire montre de ses qualités exceptionnelles de tireur. De sa place, il ajuste les servants de la mitrailleuse et tire successivement sur chaque tête qui dépasse.

    La confusion règne chez les Allemands. Le lieutenant Endriss qui les commande tente une sortie à travers les buissons en chargeant à la baïonnette à 25 mètres de York. Ce dernier tire alors son colt et les abat un par un, comme il faisait à la chasse dans sa ferme du Tennessee.

    Les Allemands se rendent. Le lieutenant Vollmer, l’officier prisonnier, reçoit l’ordre de rassembler son monde en colonne par deux. Il progresse, le canon du Colt dans les reins. Les prisonniers portent les blessés. La colonne grossit. Vollmer fait arrêter les tirs au sifflet. Il admire le sang-froid d’ Alvin York, échange avec lui quelques mots. Il s’étonne de la direction qu’il lui fait prendre : « Nous allons dans l’autre sens vers les lignes américaines » lui répond-il.

    Le prestige

    Vers 10 heures, le combat est terminé pour la patrouille et ses survivants. La voie de chemin de fer pourra être atteinte. York sera nommé « sergeant » sur le champ et recevra en plus la prestigieuse médaille d’honneur des États-Unis et la Croix de Guerre française.

    Le sentier de l’exploit est désormais matérialisé dans le paysage. Les différentes stations numérotées décrivent la progression de la patrouille. On admirera le soin à l’entretien du chemin, celui dans le sous-bois, garni de cailloux par des scouts américains. À la station qui porte le n° 8, une plate-forme avec une table d’orientation devant laquelle Lucien Houllemare, un des agents actifs de la mise en place, peut affirmer que c’est l’endroit où le tireur glorieux a procédé à son exploit, avec en contrebas un monument où sont inscrits les noms des membres si méritants de la patrouille.

    Un grand moment d’héroïsme à revivre, une reconnaissance de plus aux Boys venus épauler les troupes françaises.

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    Union110814d - Marne
    REVOLUTION - CHALONS-EN-CHAMPAGNE : La cathédrale fut incendiée et la Révolution ne l’épargna pas Souffrir pour être belle

    Les visites de la cathédrale sont assurées chaque samedi.
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  • Incendiée, martyrisée pendant la Révolution, fragilisée jusqu’à perdre ses flèches, la cathédrale Saint-Etienne a souffert. La légèreté de son architecture et sa lumière intérieure en font un édifice de tout premier plan.

    COMME par pudeur, les cicatrices de la cathédrale de Châlons se sont refermées et il faut l’éclairage d’érudits pour les montrer du doigt. Mais, comme Saint-Etienne, le premier martyr de la foi chrétienne à qui on a donné son nom, elle aussi a souffert tout au long du deuxième millénaire.

    Elle a souffert dès son achèvement : en 1668, la foudre tombe sur la flèche de la tour nord. Les dégâts sont considérables. Ils imposent d’importants travaux de reconstruction de l’abside. Pour que nul n’oublie, la date de l’incendie est gravée dans la voûte du chœur. Il suffit de lever les yeux.

    Saint-Etienne souffre de nouveau 130 ans plus tard, sous la Révolution française qui se montre impitoyable pour les hommes, et qui n’est pas tendre pour les pierres : de nombreuses statues sont alors détruites, martelées partiellement ou en totalité.

    Après avoir abrité des écuries, Saint-Etienne entreprend de se refaire une beauté. Sa remise en état s’étend tout le long du XIXe siècle. La nef est consolidée, certaines travées sont reconstruites.

    Mise en lumière

    On restaure et on déplace les vitraux. On démolit des chapelles latérales ajoutées du XIIe au XVIIe siècle, on supprime les flèches en pierre car elles ne tiennent plus. Voilà pourquoi, en arrivant à Châlons, au grand dam des amoureux de la cathédrale, on ne voit que celles de Notre-Dame. Dans les deux grandes guerres des temps modernes, heureusement, la cathédrale n’est que peu touchée. Mais elle souffre toujours jusqu’à ce qu’on décide, il y a trente ans, de s’occuper sérieusement de son cas.

    En raison de son état nécessitant des soins sur plusieurs points névralgiques, elle fait l’objet d’importantes campagnes de restauration. Après avoir été plusieurs années fermée au public et au culte, elle est finalement rouverte qen mars 2009.

    Depuis, le public la redécouvre, mise en lumière par le talent des conférencières de l’office de tourisme, chaque samedi d’été. Mise en lumière surtout par son architecture légère et ses vitraux hors du commun.

    Elle offre trois niveaux de baies (arcades, triforium, fenêtres hautes), qui donnent au site un éclairage naturel unique.

    Les vitraux les plus anciens datent du XIIe siècle. Les couleurs utilisées, comme le vert de la rose du transept nord, le bleu ou le rouge, sont remarquables de clarté. De nombreuses dalles funéraires de nobles et d’écclésiastiques à la sculpture sobre et élégante, sont visibles dans la cathédrale. Mais, utilisées comme simple pavage après la Révolution, les plus exceptionnelles d’entre elles ont été relevées. Saint-Etienne abrite de belles peintures. Parmi elles, « la consécration de la cathédrale par Eugène III », et qui est un des seuls tableaux médiévaux conservés dans une église de Champagne-Ardenne. Les fonts baptismaux sont en pierre bleue de Tournai et datent du XIIe. Et puis, il y a le Trésor et ses vitraux romans.

    Le Trésor et ses reliquaires, ses calices funéraires et ses fragments de mosaïque du Moyen Âge. Le Trésor, c’est enfin une partie de la natte en jonc sur laquelle est mort saint Bernard de Clairvaux.

    F.M.

    La cathédrale Saint-Etienne. Départ de l’office de tourisme quai des arts, chaque samedi d’été, à 14 h 30.

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    Union110814c - Marne
    L’Algérie vue du ciel

    Yann Arthus-Bertrand aime nous faire découvrir la planète sous un autre regard. C’est une de plus le cas dans ce livre consacré à l’Algérie. Déjà sorti il y a quelques années, il est réédité dans une version, toujours de grande qualité, mais plus abordable.

    Pour la première fois un photographe a été autorisé à survoler toutes les régions du pays, offrant ainsi des images totalement inédites de ce pays immense et énigmatique, le plus grand de l’Afrique du Nord.

    Des montagnes de Kabylie aux massifs des Aurès, du Sahara majestueux à Alger la Blanche, de la plaine de la Mitidja à Constantine suspendue à son rocher, c’est une redécouverte totale de cette terre chargée d’histoire et de ses habitants qui est proposée par Yann Arthus-Bertrand.

    Au-delà de la beauté des photographies, ce livre revêt une importance particulière pour Yann Arthus-Bertrand : il souhaite ainsi participer à la réconciliation de deux peuples, les Français et les Algériens, qui ont l’Algérie au cœur. Jean Daniel, Benjamin Stora et Djamel Souidi accompagnent de leurs textes les quelque 230 photographies contenues dans cet ouvrage.

    Algérie, Yann Arthus-Bertrand, éditions de la Martinière, 336 pages, 25 euros.

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    Union110814b - Marne
    Un grand musée pour la Grande Guerre

    Masque de pompier et têtes pour mannequin dans les réserves des collections. Photo : Didier Pazery
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  • Le projet vu de côté avec à gauche le monument américain. © Atelier Lab
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  • Dans moins de trois mois tout devra être prêt…
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  • PROJET. Il y a la Caverne du Dragon dans l’Aisne, le mémorial de Verdun dans la Meuse, le fort de la Pompelle dans la Marne, l’Historial de Péronne dans la Somme, la Carrière Wellington à Arras… et bien d’autres encore. Le 11 novembre prochain, c’est le « Musée de la Grande Guerre » qui va voir le jour à Meaux, en région parisienne. L’établissement, plus généraliste que les autres, a pour ambition de devenir un haut lieu de la mémoire nationale et de s’inscrire parmi les grands équipements culturels et historiques de France et d’Europe.

    11-11-11… la date se veut évidemment symbolique. C’est en effet le 11 novembre 2011, soit dans un peu moins de trois mois que le musée de la Grande Guerre doit être inauguré à Meaux en présence du président de la République.

    A l’origine du projet la rencontre entre deux hommes : Jean-Pierre Verney, collectionneur (voir par ailleurs) et le maire de Meaux, Jean-François Copé. « C’était en 2004 à l’occasion d’une exposition à Meaux pour le 90e anniversaire de la bataille de la Marne, se souvient Michel Rouger, responsable du futur Musée de la Grand Guerre. Jean-Pierre qui avait participé au projet de l’expo parle avec Jean-François Copé de sa collection de 50.000 objets et documents sur la Grande Guerre dont personnes ne veut en France. Il se dit prêt à la lâcher aux Etats-Unis ou en Allemagne à des musées qui sont intéressés. ».

    Très rapidement Copé dit banco. En 2005 la collection devient propriété de l’agglomération du pays de Meaux et l’idée d’un musée construit autour de ces trésors est lancée. Quelques consultations et appels d’offres plus tard, les premiers coups de pioches sont donnés début 2010 avec comme date butoir d’inauguration le 11-11-11.

    « Grâce à la richesse et à la diversité de la collection de Jean-Pierre Verney, nous proposerons un musée qui sera une sorte de porte d’entrée généraliste sur le conflit, indique Michel Rouger. Il ne s’agira pas de parler que de l’aspect militaire ou de ne présenter qu’une seule bataille. Le musée couvrira l’ensemble de la Guerre en remontant même en 1870. Nous aborderons aussi les impacts et les changements de la société durant cette période, sans oublier d’évoquer la mondialisation de ce conflit ».

    Et pour tous ceux qui auraient un doute, le directeur du musée rappelle que Meaux et sa région ont une réelle légitimité à avoir un musée dédié à ce conflit : voir par ailleurs : « C’est vrai que dans l’imaginaire du grand public, 14-18 c’est le nord et l’est de la France. Mais le front est venu jusqu’à 50 km de Paris. De nombreux sites dans la région témoignent des combats : Barcy, Chambry, Chambry-Neufmontiers… Il va enfin y avoir un lieu en Ile-de-France consacré à la Grande Guerre. »

    Uniformes, avions, camions, chars taxi…

    Dans son contenu, le musée, un bâtiment de 7000 m2 dont 3000 m2 pour présenter les collections, s’attachera à démontrer combien les conditions ont pu changer entre une bataille de la Marne en 1914 qui rappelle la guerre de 1870 et une bataille de 1918 qui fait appel aux avancées techniques que l’on retrouvera dans tous les conflits qui suivront. « Cette période marque un vrai tournant dans l’Histoire, une transition entre le XIXe et le XXe siècles, dont de nombreuses conséquences résonnent encore aujourd’hui. C’est par cette approche que le Musée se définit comme un musée d’Histoire et de Société. »

    Temps fort de la visite, la « grande nef » accueillera notamment les uniformes complets de Marne 1914 et de Marne 1918, les gros matériels (avions Blériot XI et Spad XIII, trois camions, char Renault FT17, taxi de la Marne…) et la reconstitution d’un champ de bataille (tranchée allemande, no man’s land et tranchée française).

    Tout autour, des espaces thématiques aborderont des sujets aussi différents que les nouvelles technologies apparues durant la guerre, le rôle des femmes, la présence des Américains, les « Français de l’étranger » mobilisés (« Du bled à la tranchée »), les coups et les souffrances… A chaque fois le visiteur est emmené dans une ambiance différente : des objets à toucher et manipuler, des ambiances olfactives ou encore un travail sur le design sonore, des projections sur différents supports sont également proposées. Les images d’archives témoignent aussi de la dureté des combats, de la vie dans les tranchées ou à l’arrière.

    Pour découvrir les lieux, rendez-vous est donc pris dans un peu moins de trois mois.

    Textes : Grégoire Amir-Tahmasseb


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    Une impressionnante collection née sur le Chemin des Dames

    Képi français modèle 1884. Photo : Didier Pazery
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  • Bombes et obus à ailettes (pour l’artillerie de tranchée française). Photo : Didier Pazery
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  • Jean-Pierre Verney a accumulé en quarante ans près de 50.000 pièces. Photo : Didier Pazery
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  • Collections d’obus et de bombes. Photo : Didier Pazery
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  • L’exceptionnelle collection qui sera présentée au musée de la Grande Guerre de Meaux, cinquante mille pièces, a pour origine un collectionneur privé de 65 ans, Jean-Pierre Verney. Autodidacte, celui-ci est aujourd’hui un spécialiste reconnu de la Première Guerre mondiale, auteur de nombreux livres sur le sujet. Ancien chargé de mission au ministère de la Défense, il a également été commissaire de plusieurs expositions nationales sur la Grande Guerre, collaborateur de Tardi sur de nombreux ouvrages (dont Putain de Guerre), conseiller de Jean-Pierre Jeunet pour le film Un long dimanche de fiançailles, ou encore de Bertrand Tavernier sur La Vie et rien d’autre et Capitaine Conan.

    Mais avant d’être tout cela, Jean-Pierre Verney c’est surtout un homme passionné depuis son enfance par une histoire qui est un peu la sienne. Tout petit, il se retrouve en vacances chez ses grands-parents paternels, qui ont une location du côté de Soupir et Chamouille, sur le Chemin des Dames. Là, sur ce qui est une halte de pèlerins, il voit défiler les anciens combattants venus voir les champs de bataille de leur jeunesse, leurs copains, les morts… Au fond du jardin familial, il y a des tombes allemandes avec des casques de soldats. Et puis, il y a aussi ces paysages de champs d’obus, de murs avec des barbelés… Tout cela marque Jean-Pierre Verney, l’intrigue, le passionne.

    quinze mille livres sur le sujet à quatorze ans

    Dès 7 ans, il commence à s’intéresser à l’histoire de la Première Guerre mondiale. A 14 ans, il possède déjà 1500 livres sur le sujet et part à cet âge en stop à Verdun pour mieux connaître la réalité du terrain. Car au-delà des livres, notre collectionneur a besoin se comprendre l’histoire à travers les objets. Jean-Pierre Verney commence à rassembler des objets à la fin des années 1960. Loin de vouloir atteindre une exhaustivité, comme chez la plupart des collectionneurs, son objectif est de pouvoir raconter l’Histoire et des histoires en se servant des objets comme passeurs de mémoire : armement et artillerie (fusils, mitrailleuses, sabres, baïonnettes, obus, torpilles…), objets de la vie quotidienne sur le front et à l’arrière (réchauds, tabac, prothèses, souvenirs, pharmacie, objets de culte…), gros matériels (roulante, charrette de compagnie, lit d’hôpital, chaise de mutilé, tour d’obus…), plus de deux cents uniformes complets représentant la totalité des pays belligérants (35 pays), journaux, photographies, plaques de verre, affiches, cartes postales mais aussi des dessins, des lettres, des gravures et des tableaux… La collection est d’une exceptionnelle diversité et permet de comprendre autant l’histoire que le quotidien de la société de l’époque.

    Elle « exprime l’émotion, la lassitude, la colère, la fierté, la séparation et une grande partie des nombreuses facettes révélées ou obscures de l’événement », explique Jean-Pierre Verni qui a rassemblé au fil des ans près de cinquante mille objets et documents. La présentation de cette collection dans le cadre du futur musée de la Grande Guerre est sans conteste un aboutissement pour celui qui est aujourd’hui conseiller scientifique et historique de cette structure.

    D’autant plus que cela fait de nombreuses années que Jean-Pierre Verney rêvait de voir ses trésors présenter au grand public. Alors qu’il était au ministère des Anciens combattant, il propose de faire un grand cycle d’expositions de 1984 à 1989 pour le 70e anniversaire de la Première Guerre mondiale, avec pour but au final (pour sa part) de faire un musée. Les expositions ont eu lieu mais le musée ne verra jamais le jour…

    Alors quand en 2004 le maire de Meaux, Jean-François Copé lui propose de reprendre sa collection dans le cadre d’un futur musée, Jean-Pierre Verni n’hésite pas un instant. Acquise finalement en 2005 par la communauté d’agglomération du pays de Meaux, cette collection est à ce jour la plus importante d’Europe pour aborder la Grande Guerre sous tous ses aspects.


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    « Complémentaire de ce qui existe déjà »

    « C’est vrai qu’il y a eu au départ quelques craintes. Mais nous avons présenté notre projet aux responsables des structures déjà existantes et tout cela s’est dissipé. Nous sommes différents des autres, complémentaires.

    Je pense vraiment qu’il y a autant de musée que de façon d’aborder la Grande Guerre. » Quand on l’interroge sur l’utilité d’un nouveau musée autour de 14-18, alors qu’il en existe déjà plusieurs ailleurs qui ont parfois du mal à bien s’en sortir, Michel Rouger n’élude pas la question.

    Pour le responsable du futur musée de la Grande Guerre de Meaux, la nouvelle structure pourrait au contraire permettre de « redynamiser le réseau 14-18 » à l’approche des manifestations du centenaire. « Le musée sera une porte d’entrée généraliste sur le conflit. De chez nous, les gens pourront ensuite aller sur des lieux emblématiques plus à l’est ou au nord. »

    Le musée de Meaux sera aussi différent par son contenu. L’impressionnante collection de 50.000 objets et documents de Jean-Pierre Verney permet en effet de couvrir l’ensemble du conflit, sur tous ses aspects que ce soit militaire, société, au niveau local comme au plan international. « Les visiteurs pourront trouver sous un même toit, dans un même lieu, ce qu’ils ont l’habitude de voir dispersé dans différents musées. »

    De quoi rendre jalouses les autres structures ? « Absolument pas, car rien ne remplacera la force d’un lieu de combat. Pour cela Verdun, le Chemin des Dames, les champs de bataille de la Somme sont des sites uniques. »


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    Le monument américain en rénovation

    Képi français modèle 1884. Photo : Didier Pazery
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  • Le monument a été offert à la France par les Etats-Unis en 1932 en mémoire des soldats tombés pendant les batailles de la Marne.

    Situé juste à côté du futur musée, le monument Américain « La liberté éplorée », fait depuis peu l’objet d’une rénovation complète afin de lui redonner toute sa beauté et sa force pour l’ouverture du musée de la Grande Guerre le 11 novembre prochain.

    C’est après la victoire de 1918 que l’idée de réaliser une statue commémorative s’est concrétisée. Un concours, sur maquettes, fut organisé dont le lauréat fut Frederick Mac Monnies. Il fallut néanmoins quatorze années avant que le projet puisse aboutir. En effet, ce n’est qu’en septembre 1932 que le Monument Américain est inauguré, lors d’une cérémonie solennelle, en présence du président de la République, Albert Lebrun et du président du Conseil, Edouard Herriot.

    L’ensemble principal est composé d’une femme nue, debout. Sur le haut de sa jambe droite, elle porte son fils mort au combat. La nudité des corps rappelle les compositions de l’Antiquité. Derrière, sur la droite, un deuxième ensemble est constitué d’un autre homme, couché sur le dos, le visage en arrière, et d’une femme, à genou, le prenant dans ses bras. Le personnage principal, coiffé d’un bonnet phrygien, symbolise la France ou la Liberté. Il tient dans sa main droite une épée brisée et dans son bras gauche des étendards et des drapeaux, surmontés d’un coq. Un drapé en fleurs de lys entoure son bras droit.

    Ces dernières années, le monument avait très largement perdu de sa superbe du fait de l’altération du temps et de la pollution. Le coup de jeune qu’il est en train de subir, devrait lui donner une seconde jeunesse.

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    Union110814a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Levant : de Gaulle enracine les FFL

    La cité d’Alep est visitée par le général de Gaulle qui y prononce un discours.
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  • Le rapatriement des blessés de l’armée fidèle à Vichy se fait sur le « Mariette Pacha » via Marseille.
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  • De Gaulle, un bain de foule à Alep
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  • Alep. Le général tient ferme les positions françaises en Syrie et au Liban ce qui ne l’empêche pas de soigner ses relations avec Washington. Il est aussi favorable à une plus grande implication des Etats-Unis.

    Si le général de Gaulle est heureux de l’accueil qu’il reçoit à Alep le 14 août 1941, il ne manque pas d’en remercier la municipalité et de dire combien il a été sensible aux propos qui ont été tenus à son égard : « Vos paroles m’ont touché, aussi pour cette raison que j’y ai senti à la fois toute l’ardeur des aspirations syriennes vers l’indépendance, toute la confiance que vous faites à ce sujet à la parole de la France et toute la pondération des hommes qui rompus, comme vous-mêmes, à la pratique des affaires publiques et dévoués au bien commun, voulez qu’une telle œuvre politique, si capitale pour l’avenir de votre pays, s’accomplisse dans le calme en suivant une raisonnable progression ». Le chef des Français libres est satisfait que la France soit encore reconnue comme un pays défendant d’authentiques convictions et incarnant l’espérance. Le général y est très attentif. Il considère que le périmètre de la guerre va encore s’élargir et que le parti de la liberté doit se renforcer pour vaincre le parti de la tyrannie. « Nous voyons nos vaillants alliés britanniques chaque jour mieux armés et chaque jour aussi plus résolus. Nous voyons les armées et le peuple russe en train de faire subir à l’ennemi des pertes irréparables. Nous voyons la gigantesque Amérique engagée sur la pente de l’intervention. Nous voyons la France après une bataille perdue, ranimer sa volonté de vaincre et redresser ses armes. Bref, nous voyons les champions du mensonge, de l’oppression et de la violence entourés d’une muraille qu’ils sont impuissants à briser, en attendant qu’ils soient écrasés par l’assaut vainqueur des peuples libres ».

    Un avertissement à Londres

    De Gaulle tient à expliquer qui si la France s’engage pour combattre et gagner cette guerre, la victoire sera aussi celle de la Syrie qui est une alliée et son amie.

    Le général s’adresse d’urgence le 15 août à Olivier Lyttelton qui est toujours au Caire. Il a appris que la commission d’armistice allemande fait détourner sur Marseille les navires qui transportent les troupes de Vichy rapatriées de Syrie. Ces unités qui sont restées sous les ordres de leurs chefs habituels qui se sont opposés à des contacts durables avec les gaullistes représentent-elles un réel danger ? De Gaulle le pense et l’exprime sans détour : « Je prévois que ces troupes sont destinées par Hitler et par Darlan soit à participer bientôt à une opération allemande sur le Proche-Orient, pour revenir en Syrie, soit à figurer comme corps français dans la campagne allemande en Russie du Sud ». Il veut que Lyttelton comprenne son erreur et mesure l’effet désastreux sur la population métropolitaine française du retour de ces troupes vaincues avec leurs moyens de poursuivre la lutte. Et de redire son opposition à cette option soutenue en son temps par les Britanniques : « De toute manière, je considère comme une pure absurdité le rapatriement de ces troupes actuellement excitées par le combat contre nous et toujours soumises à la propagande active de Vichy ».

    Le même jour de Gaulle écrit au général de Larminat pour le tenir informé des souhaits américains de constitution de nouvelles lignes aériennes. En effet, la légation des Etats-Unis au Caire a saisi confidentiellement le représentant en Egypte du chef de la France libre de l’intention de la Pan American Airways d’établir une ligne transafricaine vers Le Caire. Un délégué de cette compagnie doit rejoindre l’Egypte pour discuter de la faisabilité de l’entreprise. « J’ai fait donner l’assurance aux Américains que nous donnerions les facilités de transit et d’escale nécessaires à l’établissement de cette ligne aérienne et je vous invite, au cas où un représentant de cette compagnie se présenterait en Afrique française libre pour l’étude de ce projet à lui faciliter sa mission et à m’en rendre compte ». Dans le même temps il travaille toujours au renforcement des FFL au Levant. C’est en ce sens qu’il écrit le 17 août 1941 au général Spears. Il lui annonce sa décision de faire venir la compagnie française de parachutisme actuellement en Grande-Bretagne, en Syrie et au Liban. Il prévient : « Si les autorités britanniques ne jugent pas à propos de fournir à cette compagnie l’équipement spécial, je le regrette mais je ne change pas ma décision. La compagnie viendra sans équipement. Quant au transport, on ne pourrait concevoir d’objection du côté britannique étant donné le tonnage français en service et dont profitent directement et principalement les autorités britanniques ». C’est une manière à la fois élégante et ferme de signifier à Londres que la réciprocité de l’assistance est un comportement nécessaire et équitable chez des alliés qui poursuivent le même objectif de victoire contre le nazisme.

    Coup de patte aux aviateurs

    Il enfonce le clou : « Mon opinion est qu’il y aurait avantage à ce que le ministère de l’Air et le ministère de la Guerre britannique renoncent à se croire plus qualifiés que moi-même dans toutes les questions qui concernent les forces françaises ». Le même jour il adresse au général Petit à Londres un télégramme qui va dans le même sens de renforts vers le Levant : « Je maintiens mon ordre d’envoi d’un bataillon sénégalais ici. Je vous prie de ne tenir aucun compte de ce que dit la mission Spears qui n’a aucune qualité pour vous donner des ordres et que j’emploie pour vous transmettre les miens ». Toujours le 17 août, il notifie quelques recommandations urgences à son état-major de proximité. A Beyrouth, le général demande de préparer la rédaction d’une note à destination du général Spears pour lui préciser le sens d’un certain nombre d’initiatives des FFL. Ces dernières ne considèrent pas comme une prise leur mise en service d’un navire français. Il griffonne : « Si nous avons dû, jusqu’à présent, laisser les autorités britanniques procéder à la saisie de certains navires français et faire juger leurs cas par la cour des prises britanniques, c’est à titre provisoire et en attendant que nous soyons en mesure de procéder autrement sans nuire à l’emploi de navires de guerre ». Dans la foulée, il adresse un autre télégramme au général de Larminat à Brazzaville. Il s’agit de soigner les relations avec les Etats-Unis. « Le gouvernement de Washington a décidé d’envoyer visiter l’Afrique française libre par une mission militaire qui arrivera dans les premiers jours de septembre et comprendra le colonel Cunningham de l’état-major général accompagné de deux officiers. L’envoi de cette mission doit encore conserver un caractère absolument secret. La mission compte parcourir tous nos territoires notamment les postes du Tchad. Elle viendra officiellement et devra être reçue officiellement ». C’est avec la même préoccupation qu’il télégraphie à Washington à Maurice Gareau-Dombasle : « Je vous remercie amicalement de vos sentiments. Bien que vous ayez donné votre démission, je suis désireux que vous continuiez à servir. J’ai chargé Pleven, qui a toute ma confiance, de voir dans quel emploi votre dévouement doit être utilisé. Croyez que je n’oublie pas ce que vous avez fait. Je compte sur votre esprit de discipline et de désintéressement pour notre grande cause ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Le rapprochement avec Tchang Kaï-chek

    Tchang Kaï-chek.
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  • Depuis l’arrivée de cinquante mille soldats japonais en Indochine française à la charnière des mois de juillet et d’août, le général de Gaulle est inquiet. Il a eu entre les mains des photos qui ont été prises et montrent l’entrée à Saigon des troupes nippones. Il sait aussi que des unités de la flotte impériale se trouvent dans la baie de Camranh tandis que l’aviation d’Hiro Hito a placé plusieurs de ses appareils sur les aérodromes stratégiques du pays.

    Huit mille soldats japonais ont également été envoyés au Cambodge. Il dénonce cette situation d’autant que l’amiral Darlan et l’ambassadeur Kato ont signé à Vichy un accord aux termes duquel les Japonais sont autorisés à s’installer en Indochine et à participer à la défense du pays si jamais une agression venant de l’extérieur y était enregistrée. Tokyo maintient les autorités françaises en poste mais dispose d’une grande latitude pour y implanter de fait un corps expéditionnaire. L’Indochine reste française mais sous strict contrôle nippon. Le général de Gaulle comprend aussi que dans le cadre des nouvelles relations établies avec l’Empire du Soleil Levant, les troupes vichystes sont chargées de la défense du Tonkin et des frontières de la Chine. Ce qui facilite la stratégie japonaise. Il dispose d’un tampon entre eux et les Chinois tandis que l’amiral Decoux surveille les bandes de nationalistes indochinois qui stationnent principalement sur la frontière.

    La décision de Tokyo de neutraliser l’Indochine confirme que l’axe d’expansion japonais se situe bel et bien en Asie du Sud-Est et dans l’océan Pacifique. Pour contrarier cette situation, les Américains adoptent le principe des Tigres volants. Il s’agit de mercenaires qui sont engagés pour Tchang Kaï-chek afin de piloter ses avions et de bombarder des cibles indiquées par les nationalistes chinois. Les 101 volontaires forment un groupe américain qui sera intégré aux forces armées chinoises. Ce sont principalement des retraités de l’armée de l’air US et de l’aéronavale qui composent cette unité. Ils bénéficient d’un congé spécial et reçoivent 750 dollars par mois auxquels s’ajoute une prime de 500 dollars par avion nippon abattu. Les Tigres disposent de P-40.

    Ces appareils jugés trop anciens par les Britanniques ont été financés par les Américains avec un prêt-bail de 50 millions de dollars. Les pilotes sont commandés par un Texan, le capitaine Claire L. Chennault. Il a déjà contribué à la formation des pilotes chinois et impressionne beaucoup l’épouse de Tchang Kaï-chek.

    Le 17 août 1941, le général de Gaulle télégraphie à René Pleven qui se trouve à Washington. Il répond à une note du 2. « Vous pouvez dire à l’ambassadeur de Chine que je suis disposé à mettre à la disposition du gouvernement chinois, une quinzaine de pilotes autant que possible choisis parmi ceux qui connaissent l’Indochine. Ces pilotes seront regroupés et serviront comme Français. Ceci est une condition sine qua non et je vous prie de bien insister sur ce point auprès de l’ambassadeur. Mettez-vous en rapport avec les pilotes amenés par Bréguet pour les inviter à s’engager dans nos forces. S’ils se rallient à nous et s’ils sont vraiment sérieux et instruits, vous pourrez les envoyer en Chine avec un chef désigné et l’assurance qu’ils seront rétribués par nous avec des fonds qu’il nous faudra trouver en Amérique ». Ils communiqueront alors avec les FFL par Charles Baron, administrateur colonial et représentant de la France libre à Singapour. Le général confie aussi son intention d’envoyer Escarra pour dialoguer avec le gouvernement de Tchang Kaï-chek et combiner une action commune pour l’avenir.


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    Orages d’été à Vichy

    L’amiral Darlan conduit toujours le gouvernement.
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  • Caziot demeure ministre de l’Agriculture.
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  • Pierre Pucheu est nommé ministre de l’Intérieur.
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  • Bouthillier solidement accroché aux Finances.
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  • Pétain vante par affiche la Révolution nationale.
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  • Malaise. Pétain et Darlan sont pilonnés de critiques et celles qui sont encouragées par les Allemands sont capables de déstabiliser un gouvernement restructuré à peine nommé.

    Le remaniement ministériel du 11 août 1941 est-il en mesure de stopper le flot de critiques adressées au gouvernement Darlan ? L’amiral conserve la vice-présidence du Conseil ainsi que les portefeuilles des Affaires étrangères et de la Défense nationale. Deux ministères d’Etat sont institués, un pour Lucien Romier, un serviteur du Maréchal, un pour Henry Moysset, un féal de l’Amiral. Pierre Pucheu devient ministre de l’Intérieur, le général Huntziger est toujours ministre de la Guerre. Le Garde des sceaux, ministre de la Justice est Joseph Barthélémy. Les Finances restent entre les mains d’Yves Bouthillier et l’Agriculture est conservée par Pierre Caziot. Tous les secrétaires d’Etat qui avaient été adjoints au cabinet le 25 février demeurent en poste.

    Ce remaniement ne règle rien et surtout pas les tensions interarmées. Huntziger se maintient et conserve l’autorité sur les Services secrets malgré la constitution d’un Centre d’information gouvernemental placé directement sous l’autorité de Darlan. En réalité, par la volonté du général et de celle exprimée par plusieurs chefs du renseignement permettent de sauver le SR. L’Amiral se serait bien débarrassé d’Huntziger mais il considère que le moment n’est pas encore venu.

    Pétain sort de son silence

    A peine installé, le nouveau gouvernement et l’objet d’attaques concentrées. La presse parisienne s’en prend avec une rare violence contre Darlan accusé de diriger le gouvernement des « traîtres de Vichy ». Cette campagne est orchestrée par la Propaganda Abteilung. On a l’impression de relire les accusations qui avaient déjà été avancées en décembre 1940. Pour résumer, le gouvernement est accusé d’être responsable de tous les maux dont souffre la France. Conscient du danger que de telles attaques représentent, Philippe Pétain décide le 12 août 1941 d’adresser un message aux Français. « J’ai des choses graves à vous dire. De plusieurs régions de France, je sens se lever depuis quelques semaines un vent mauvais. L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes. L’autorité de mon gouvernement est discutée, les ordres sont souvent mal exécutés. Dans une atmosphère de faux bruits et d’intrigues, les forces du redressement se découragent ».

    Le Maréchal estime qu’on fait trop souvent appel à lui pour trancher parce que les ministres sont accablés de critiques alors qu’ils concentrent leurs efforts pour améliorer la vie quotidienne d’un peuple qui subit l’occupation d’un adversaire victorieux. « Mon patronage est invoqué trop fréquemment, même contre le gouvernement pour justifier de prétendues entreprises de salut qui ne sont en fait que des appels à l’indiscipline. Un véritable malaise atteint le peuple français ».

    Pétain est bien embarrassé et peine à rassurer dans une ambiance aussi orageuse aussi choisit-il de résumer la situation depuis la défaite enregistrée : « Nos relations avec l’Allemagne sont définies par une convention d’armistice, dont le caractère ne pouvait être que provisoire. La prolongation de cette situation la rend d’autant plus difficile à supporter qu’elle régit les rapports entre deux grandes nations. Quant à la collaboration offerte au mois d’octobre 1940 par le chancelier du Reich, dans des conditions dont j’ai apprécié la grande courtoisie, elle est une œuvre de longue haleine et n’a pu porter encore tous ses fruits ». Le Maréchal demande aux Français de patienter et parie sur une amélioration rapide de la situation générale du pays alors que tous les clignotants sont au rouge. Il demande un effort intellectuel aux Français et de l’audace pour faire tomber des barrières psychologiques : « Sachons surmonter le lourd héritage de méfiance légué par des siècles de dissensions et de querelles, pour nous orienter vers les larges perspectives que peut offrir à notre activité, un continent réconcilié. C’est le but vers lequel nous nous dirigeons ». Quelque peu pathétique, le Maréchal ajoute : « Mais c’est une œuvre immense ». Il avance des explications sur tout. Il justifie les difficultés intérieures par le trouble des esprits, la pénurie de bras et la raréfaction des produits. Pas besoin d’être à la tête de l’Etat pour aboutir à des conclusions qui sont celles des honnêtes gens peinant au quotidien. Il dit encore que le trouble des esprits est à rechercher dans les vicissitudes de la politique étrangère. Il avance une autre explication : « Le malaise provient surtout de notre lenteur à reconstruire un ordre nouveau ou plus exactement à l’imposer ». Pour mieux vendre une nouvelle fois la solution qu’il avait déjà proclamée le 11 octobre 1940 : la Révolution nationale. « Elle n’est pas encore entrée dans les faits. Elle n’y a pas pénétré parce que, entre le peuple et moi, qui nous comprenons si bien, s’est dressé le double écran des partisans de l’ancien régime et des serviteurs des trusts ». Ce discours comprend aussi un volet important consacré à la politique intérieure.

    Une parole qui ne passe pas

    Globalement ce discours est mal reçu. Dans l’esprit des gens, il ne s’agit que d’une justification honteuse de la collaboration. Il n’y a aucune réponse apportée aux difficultés et aux incertitudes qui se profilent. On affirme que le Maréchal porte bel et bien l’esprit de trahison. A Paris, les nazis exultent et résument cette intervention comme un réquisitoire contre la presse de la capitale et la maudite radio de Londres. Paul Marion alors secrétaire général à l’information reconnaît : « Nous avons agi devant les Allemands comme si on avait été en 1870 ou en 1815, à l’époque où les grandes masses humaines, où les hommes n’étaient pas encore des citoyens. Nous avons cru qu’on pouvait faire de la politique dans le secret des chambres politiques et des états-majors alors qu’il y avait la radio, alors qu’il y avait la propagande, alors que des peuples entiers étaient passionnés par la politique. Nous avons cru que nous pouvions résister aux Allemands, les tromper et protéger notre pays dans des conditions qui n’étaient pas les conditions du monde moderne ». C’est un aveu, celui d’une erreur et d’une impuissance.

    Darlan multiplie en ce mois d’août des concessions de détail dont l’occupant ne peut pas se satisfaire. Cette attitude est dénoncée par les gaullistes. L’Amiral accorde aux Allemands de pouvoir transférer quatre cents camions de métropole vers l’Afrique du Nord afin de transporter en Libye des marchandises achetées par la commission de contrôle en Tunisie et à porter l’effectif de cette commission à quarante et une personne. Weygand est très critique envers Darlan sur ce sujet : « En croyant satisfaire seulement une exigence allemande limitée à un point précis, pour pouvoir résister sur l’essentiel, l’amiral ne se rend pas compte que, pratiquement, cette concession de détail risque d’annuler les effets de sa résistance ». Moysset encourage l’Amiral à mettre fin au proconsulat de Weygand outre Méditerranée. Entre le marin et le terrien c’est le divorce. Mais il n’est pas encore prononcé.

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    Union110812a - Marne
    DORMANS : La Grande Guerre remémorée à Dormans

    Du haut de la chapelle du mémorial de Dormans, la vue s’étend sur les vignobles et la vallée de la Marne.
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  • DORMANS (Marne) La commune de Dormans est surtout célèbre pour son mémorial de la Grande Guerre. A voir avec un parc de 25 hectares, un château médiéval et un écomusée.

    Avec son mémorial de la Première Guerre mondiale, Dormans attire d’autant plus sûrement les touristes que des panneaux en font la promotion à des kilomètres à la ronde.

    Ce n’est pas le seul atout de la commune, qui possède également l’église Saint-Hippolyte, mi-romane mi-gothique, datant du début du XIe siècle. Cette dernière est ouverte aux visiteurs tous les après-midi de l’été.

    Un château et l’écomusée de l’ancien moulin sont situés dans le même parc que le mémorial. On peut pénétrer dans ce cadre de verdure en voiture, mais en se garant à l’extérieur de l’enceinte, on profitera plus pleinement du charme de ce jardin de 25 hectares, agrémenté d’une balade fleurie balisée, d’étangs, rivières et cascatelles, et d’un verger conservatoire comptant 153 arbres fruitiers, visitables sur demandes à la mairie.

    Symboles militaires et religieux

    On tombe d’abord sur le château. Ses deux tours datent du XIVe siècle, la façade du XVIIIe. On peut l’admirer de dehors, mais malheureusement pas le visiter : ses derniers propriétaires, des pères Salésiens, ont vendu tout le mobilier pour subvenir à leurs besoins… En revanche, la mairie le loue pour des mariages et réceptions.

    Un peu plus haut dans le parc, on découvre enfin le mémorial, bâti sur instructions du maréchal Foch entre 1921 et 1931. « Dormans a été choisie car la commune est située entre les deux batailles de la Marne, celle de 1914 et celle de 1918 », explique la guide. La crypte en-bas est dans le style roman, la chapelle au-dessus est néo-gothique. Dès le premier regard, le mémorial tranche, par rapport aux monuments habituels, par la place qui y est accordée à la religion, symboles militaires et religieux se mêlant dans l’ornementation. « C’est l’influence de la duchesse d’Estissac, comtesse de La Rochefoucauld, qui a participé au projet avec le maréchal Foch », raconte la guide.La crypte, sobre et couverte de noms (soldats tombés, institutions, donneurs au mémorial) est consacrée au recueillement et la tristesse pour les millions de morts de la guerre. La chapelle, haute, lumineuse avec de grands vitraux, célèbre la victoire de l’automne 1918. Deux petits musées de la guerre y sont attenants.

    Est aussi offerte une superbe possibilité de monter en haut de la tour crénelée (l’art militaire médiéval a également influencé les bâtisseurs). La centaine de marches franchie, on a vue sur Dormans, les vignobles et la vallée de la Marne. Un sommet d’où l’on domine les champs de bataille de la Grande Guerre.

    Le mémorial accueille aussi une ébauche de cloître qui mène à l’ossuaire, lequel recueillerait les restes de 1 500 soldats pour 130 cercueils en bois. Une immense « lanterne des morts » en pierre y est également érigée. Ce lieu de sépulture est allumé tous les soirs, en souvenir des soldats tombés.

    Mémorial ouvert tous les après-midi de 14 à 18 heures. L’office du tourisme est situé au rez-de-chaussée du château.

    Caroline BOZEC

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    Un écomusée dans l’ancien moulin

    À l’extrémité du parc, l’ancien moulin avec roue à augets (ou moulin d’en-haut) accueille un écomusée visant à continuer à faire vivre les anciens métiers, et voir comment les gens travaillaient à une autre époque.

    Histoire viticole, agricole, artisane, découverte d’ustensiles comme un fournil ou l’ancêtre de la machine à laver… Les salles du musée comportent des explications très détaillées pour comprendre différents métiers : sabotiers, vanniers, travail du bois ou du fer, présentation d’un alambic mobile.

    Ce qui fait la fierté du cercle historique de Dormans, l’association en charge de l’écomusée, est leur reconstitution de la roue du moulin, qui date, selon les archives, au moins de 1831.

    La première roue, utilisée selon la mémoire orale locale jusqu’à 1914, a aujourd’hui complètement disparu. Mais les volontaires ont réussi à en reconstruire une, lourde de 8 kilos, en 1989. Cette grande roue à augets (petites cases en bois qui en se remplissant font peser la roue dans la bonne direction) n’avait besoin que d’un filet d’eau pour tourner.

    Malheureusement, les constructeurs n’ont pas réussi à trouver le bon frein pour compenser le frein naturel qu’était jadis le broyage de la meule, et la roue n’a tenu que jusqu’en 2007, au lieu de tourner pour des décennies ou des siècles.

    Aujourd’hui, le cercle historique a pour ambition de construire une troisième roue. Encore reste-t-il à la financer. C’est pourquoi, même si l’écomusée est gratuit à visiter, les bénévoles restent ouverts aux dons.

    L’écomusée est ouvert de 14 h 30 à 18 h 30.

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    Union110811c - Marne
    VALMY : La visite du moulin Valmy, j’y étais !

    Hugo et Mathilde sont militaires à Mourmelon. Ils profitent d’une leçon de conduite pour visiter le site.
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  • Quand Leslie (en haut à gauche) reçoit ses parents à Châlons, elle leur fait découvrir les hauts lieux de l’Argonne.
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  • Venus de Thionville, Françoise et François font toujours halte à Valmy quand ils font route vers Évreux pour voir leur fille.
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  • Le colonel Vuillemin (au centre), quant à lui, fait découvrir le moulin à ses petits-enfants.
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  • Hugo et Mathilde sont militaires à Mourmelon. Ils profitent d’une leçon de conduite pour visiter le site. Le colonel Vuillemin (au centre), quant à lui, fait découvrir le moulin à ses petits-enfants.

    Venus de Thionville, Françoise et François font toujours halte à Valmy quand ils font route vers Évreux pour voir leur fille.

    Quand Leslie (en haut à gauche) reçoit ses parents à Châlons, elle leur fait découvrir les hauts lieux de l’Argonne.

    VALMY (Marne) Il suffit d’un rayon de soleil pour que le site du moulin de Valmy fasse le plein de visiteurs. D’où viennent-ils et pourquoi font-ils le détour, c’est ce que j’ai voulu savoir…

    29, 78, 55, 83… Une bonne douzaine de véhicules immatriculés dans toute la France font halte sur le parking du moulin de Valmy. Il est 13 h 30, ce mercredi, et le soleil s’est enfin décidé à briller. Françoise et François font une petite marche digestive. Comme eux, j’admire la beauté du site. « Nous sommes de Thionville et notre fille est à Évreux. Alors quand nous allons la voir, nous faisons toujours un crochet par ici », explique Françoise. Autant par amour des vieilles pierres que par passion de l’histoire. « Parce qu’il ne faut pas que cet événement historique tombe dans l’oubli. »

    Tous ceux qui passent à Valmy ne sont pas aussi au fait qu’elle de la valeur historique des lieux. Denis, 13 ans, est en vacances chez ses grands-parents dans les Ardennes. « À l’école, je n’ai rien appris sur la bataille de Valmy mais ma mère, qui a des origines allemandes, m’en a parlé. » 14 heures. Sur le parking, les camping-cars ont cédé la place à de nouveaux véhicules. Josiane et Dominique, un couple de Toulonnais venus rendre visite à leur fille à Châlons, ont passé une bonne heure sur le site. Il faut dire que Dominique raffole des hauts lieux de batailles. Et puis Valmy, c’est un souvenir d’enfance. « J’avais gardé en mémoire l’image de Kellermann avec son chapeau décoré de plumes tricolores. »

    Manque d’infos

    Du coup, le Varois a voulu tout explorer, du moulin au monument au Général. Il apprécie mais reste un peu sur sa faim. « On n’arrive pas à situer où était exactement la bataille. L’endroit est beau mais pas assez connu. » Eux qui ont déjà écumé par mal de musées alentour se montrent très intéressés par la perspective d’un centre d’interprétation sur le site. « C’est une très bonne idée, estime également François le Mosellan, car là, ça manque un peu d’informations. »

    Tandis que Mathilde prend la pose, Hugo fait appel à son imagination pour reconstituer la bataille. Militaire à Mourmelon-le-Grand, il fait souvent étape au moulin quand il donne des cours de conduite.

    Ce mercredi, il est accompagné d’un collègue ayant appartenu au 1er régiment d’infanterie, celui-là même qui s’illustra à Valmy. « Les jeunes ne savent pas toujours qu’une grande page de l’Histoire de France s’est écrite ici », estime Hugo. Les militaires ne font qu’un court passage au moulin mais n’oublient pas de sacrifier au rituel de la photo.

    14 h 30. De petits groupes se forment sur la colline. « Nous attendons la visite guidée, précisent ces deux habitants du village de Valmy. Les petits-enfants, Maëlys et Edgar, nous la réclament depuis longtemps, alors c’était l’occasion… »

    Une fois la porte ouverte, les visiteurs n’ont qu’une hâte, grimper l’escalier pour découvrir les rouages de cette étonnante construction. Au passage, ils retiennent qu’il faut un vent de 45 km/h pour que les ailes tournent. A condition d’avoir été entoilées au préalable, opération qui prend six heures !

    Au pied du moulin, le colonel Jean Charles Vuillemin révèle à ses petits-enfants, Arnaud et Paul-Augustin, un fait historique qui ne figure pas sur les panneaux du site. « Le 26 septembre 1914, le 24e régiment d’infanterie coloniale fut le premier à prendre un drapeau aux Prussiens. À ce titre, il reçut la légion d’honneur qui lui fut remise ici, à Valmy. » Comme quoi, un guide est toujours bien utile. Sur ce site si beau dont l’histoire est si dense, c’est la présence humaine qui fait le plus défaut. En attendant la construction du musée, qui a pris un sérieux retard, les visiteurs sont un peu livrés à eux-mêmes. Dommage.

    Prochaine visite guidée organisée par l’office de tourisme de Sainte-Ménehould ce dimanche à 10 heures. Tarif : 4 euros par personne. Sur inscription, visites tous les mercredis après-midi jusqu’à la fin du mois.

    Stéphanie VERGER

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    VIENNE-LE-CHATEAU : Les 14 et 15 août : Reconstitution historique

    Les bénévoles reconstitueront l’ordinaire des soldats.
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  • S’il est un des sites de la guerre 14-18 en Argonne à ne pas manquer, c’est le site de la Vallée-Moreau. Durant la Grande Guerre, c’était un camp allemand de 3e ligne.

    Situé en forêt, à 3 kilomètres au-dessus de Vienne-le-Château sur la route de Binarville, la Vallée-Moreau, comme beaucoup de ravins du massif argonnais, proches du champ de bataille et des tranchées, a accueilli plusieurs camps destinés à abriter les troupes de réserve. C’est le Comité franco-allemand qui œuvre à la restauration de ce camp qui a été occupé par les soldats allemands entre septembre 1915 et septembre 1918.

    On peut y découvrir la centrale électrique, les douches, les latrines, le réseau de galeries souterraines, le lavoir…. et depuis peu la salle de cinéma. Dimanche 14 et lundi 15 août, une vingtaine de personnes habillées en costumes de soldat d’époque vont passer deux jours sur le site. Ils y accueilleront les visiteurs de 10 à 17 heures. Une façon originale de reconstituer les conditions de vie des soldats.

    Site ouvert le samedi matin de 9 à 12heures dimanche 14 et lundi 15 août de 10 à 17heures (dernier départ pour la visite guidée). Entrée sur le site gratuite Visite guidée 5 euros.

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    SOUAIN-PERTHES-LES-HURLUS : l’histoire en héritage

    Récemment rénové, le cimetière militaire de Souain compte plus de 30 000 sépultures.
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  • Souain-Perthes-lès-Hurlus (Marne) A proximité du camp militaire de Suippes, Souain-Perthes-lès-Hurlus reste marqué par la Première Guerre mondiale. Le village était alors en plein sur la ligne de front.

    Souain-Perthes-lès-Hurlus n’a pas toujours eu une dénomination aussi longue mais l’histoire récente en a voulu autrement, notamment la Première Guerre mondiale qui s’est acharnée sur le territoire au point de faire disparaître de la carte totalement ou presque bon nombre de communes.

    Après guerre, le village de Souain a donc récupéré le territoire de Perthes-lès-Hurlus qui lui, en revanche, n’a jamais été reconstruit et fait désormais partie des cinq communes des environs qui ont totalement disparu. Michel Godin, l’ancien maire du village et passionné par l’histoire des lieux explique que « Souain a survécu car le village était plus important que les autres ».

    Plus difficile donc à supprimer sans qu’il n’y ait de réclamations car au sortir du conflit, l’état a racheté à ses propriétaires toute la bande de front, dite « zone-rouge », de la mer du Nord à la Suisse afin d’éviter tous les accidents liés aux mines et autres bombes qui n’avaient pas explosé au moment où les combats faisaient rage.

    La ligne de front n’ayant pas bougé de plus de trois kilomètres pendant les quatre ans de conflit, le territoire entourant Souain et Perthes-lès-Hurlus a subi plus de dommages que les autres, au point qu’à cet endroit, c’est une poche qui a été rachetée par l’Etat.

    C’est à cet endroit, entre 1925 et 1930, que le camp de Suippes a été créé, englobant Perthes-lès-Hurlus.

    Reconstruction et souvenir

    Alors qu’il comptait 416 habitants en 1911, le village, qui « n’avait plus qu’un seul pilier de l’église qui tenait debout », a perdu près de la moitié de sa population, quand, en 1921, les habitants exilés sont revenus. « Il ne restait plus que ceux qui avaient des attaches foncières au village », explique Michel Godin.

    Une fois la reconstruction terminée, « aidée en partie par trois villages algériens et un fonds américain », le village a survécu en rencontrant les vestiges du passé au quotidien.

    Aujourd’hui, s’étend dans le village le troisième cimetière militaire de soldats français sur notre territoire. Récemment rénové, il compte plus de 30 000 sépultures.

    Pourtant, « il ne se passe pas une année sans que l’on découvre un corps dans la campagne car sous l’épaisseur de terre mélangée par le labour, le champ de bataille est resté intact, au point qu’il se peut que plus de 10 000 autres corps gisent sous terre ».

    C’était pour commémorer cette prenante histoire que le village avait ouvert un musée, aujourd’hui ouvert sur demande et le maire actuel, Jean-Baptiste Leclère admet qu’il est « particulier d’être maire d’une ville aussi chargée d’histoire même si les événements ont bientôt cent ans » mais le regain d’intérêt est fort et nombreuses sont les demandes extérieures de descendants effectuant des recherches sur des membres de leur famille tombés au combat.

    Vianney PANNET

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    Le coq de l’église est revenu

    Étrange et belle histoire que celle du coq de l’église du village. Alors que la commune est restée dans les lignes françaises du début à la fin de la guerre, l’artillerie allemande n’a eu de cesse de bombarder l’église qui servait alors d’observatoire à l’armée française.

    Petit à petit, l’édifice s’est retrouvé en véritable état de délabrement. Quand un jour le coq qui y trônait était devenu branlant, un infirmier voulut l’en décrocher afin que celui-ci ne soit pas détruit. Son major, le docteur Salvetti, lui interdit alors de monter, essayant de faire prendre le moins de risques possibles à ses hommes.

    L’ordre n’a pas refroidi l’homme qui, un matin, lui ramena le fier volatile en fer forgé. Dès lors, la force de propagande s’empare de l’histoire et en fait un symbole mais aussi une cible pour les voleurs. Afin d’éviter qu’il ne disparaisse, le major Salvetti le conservera jusqu’à la fin du conflit. Une fois rentré chez lui, il l’exposera même sur sa bibliothèque.

    L’histoire rebondit alors 50 ans plus tard, quand en 1969, au cours d’un reportage télévisé, l’homme reconnaît le village de Souain, qu’il croyait détruit à jamais suite aux nombreuses plaies que la guerre avait laissées.

    Il décide donc de prendre contact avec la Ville afin de lui rendre son coq. Aujourd’hui, l’oiseau est rentré chez lui et est exposé au musée du village, témoin muet de l’histoire qui a embrasé toute la campagne environnante.

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    LE CENTRE D’INTERPRÉTATION DE SUIPPES

     

    Souain-Perthes-lès-Hurlus est naturellement proche de Suippes. C’est d’ailleurs au Centre d’interprétation que les plus belles œuvres du musée de Souain ont été transférées.

    Afin de poursuivre l’histoire et de découvrir le déroulement de la Première Guerre mondiale, ce musée offre des projections, affiche des lettres de soldats et montre les conditions dans lesquelles les hommes vivaient et quel matériel ils utilisaient.

    Pas uniquement centré sur la bataille de la Marne, il permet également d’avoir une idée du déroulement de la guerre sur tous les fronts et propose de nombreuses photos d’époque.

    Une salle est également entièrement consacrée aux hôpitaux de campagne, souvent oubliés des livres d’histoire mais qui ont eu à gérer l’afflux de centaines de milliers de blessés pendant les quatre années du conflit dans des conditions et avec des moyens très rudimentaires.

     

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    Union110810b - Marne
    SUIPPES : Mémoire de la Grande Guerre : Nouvelle visite des villages détruits

    Des découvertes toujours émouvantes.
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  • Le Centre d’Entrainement des Brigades (CEB), commandé par le colonel Charles Aballéa, ouvrira exceptionnellement au public les portes du camp militaire de Suippes les 10 et 11 septembre.

    Ces journées permettront au public de visiter les sites des villages disparus lors de la guerre de 1914-1918.

    Après la célèbre bataille de la Marne en septembre 1914, les armées allemandes reculent et s’arrêtent sur les hauteurs situées au nord de la région de Suippes. La ligne de front s’y fixera durant quatre longues années, les attaques infructueuses feront des milliers de morts, le terrain deviendra un champ de ruines.

    Après la guerre, l’état décide la création d’un camp militaire sur l’emplacement de cette partie du champ de bataille, les habitants des villages et des fermes incluses dans le périmètre ne sont pas autorisés à reconstruire.

    Les sections de personnels du CEB et en particulier les sections pionniers sont à pied d’œuvre depuis quelques jours afin de remettre en état les pistes qui permettront aux bus d’accéder sur les sites lors de ces journées : le samedi 10 septembre de 12 à17 heures et le dimanche 11 de 10 à 17 heures avec à 11 h 30 une cérémonie religieuse à Perthes-les-Hurlus.

    Les sites visités lors de ces journées « portes ouvertes » seront : Beauséjour (ouverture exceptionnelle), -Mesnil-les-Hurlus, Hurlus, Perthes-les-Hurlus et entonnoirs de mines, Tahure. Prise en charge des visiteurs par des navettes de bus (2 euros) au départ du PC du camp de Suippes où on trouvera aussi restauration sur place, présentation de matériels actuels, baptême en blindés, démonstration de poilus et animations diverses.

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    Union110810a - Marne
    GLANNES : Nouvelle cérémonie

     

     

    Sous une pluie fine, de nombreuses personnes se sont regroupées dans la plaine de Glannes pour rendre hommage à six aviateurs du Commonwealth et à deux agents de renseignements français tombés pour la défense du pays le 5 août 1944.

     

     

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    Union110809b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : La main de Massiges : Jeu-enquête sur les tranchées

    Un jeu-enquête pour découvrir
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    Cet été et jusqu’à la fin de l’année, le centre d’interprétation Marne 14-18 propose de participer au grand jeu-enquête la main de Massiges. Découvrez la tranchée et les lieux où se sont déroulés les combats, à travers un jeu d’enquête passionnant sur les traces des poilus à Massiges ! Des lots sont à gagner.

    Rappel : un concours de photographie amateur est lancé durant toute la période estivale. Ce dernier est proposé en deux catégories : jeunes (10-17 ans) et adultes. Une à trois photos par personne, couleur ou noir et blanc, seront acceptées. Le sujet devra être la photographie d’un monument, d’une borne…., d’un site 14-18 du circuit « sur les pas des armées de Champagne ». Le règlement plus détaillé est à se procurer auprès du Centre d’Interprétation.

    Pour plus d’informations :

  •  centre d’interprétation Marne 14-18, 4 ruelle Bayard, 51 600 Suippes.
  •  Tél. 03.26.68.24.09
  •  e-mail : contact@marne14-18.fr www.marne14-18.fr
  •  www.facebook.com/marne1418

     

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    PONTFAVERGER-MORONVILLERS : Les démineurs du 3e Génie en action

    Les démineurs commencent par le délicat travail de l’identification.
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  • Jeudi dernier, les démineurs du groupe régional d’intervention Nedex* du 3e Génie sont partis pour le terrain militaire de Moronvilliers (Pontfaverger), dans la Marne, pour traiter une dizaine de munitions (de la grenade à la bombe de tranchée) françaises et allemandes, datant toutes de la Première Guerre mondiale.

    Il s’agissait de la 15e intervention de l’année pour le groupe. L’équipe de déminage a commencé par les rassembler dans un « fourneau » (une cavité creusée pour l’occasion) avant d’entamer un travail délicat de brossage, destiné à identifier et à enregistrer chaque munition.

    Dès que l’équipe a été certaine que le lot ne contenait pas de munitions chimiques, le processus de destruction a été lancé.

    Neuf kilos d’explosif ont été mis en place, et c’est à une distance de sécurité d’un kilomètre que l’explosion a finalement été déclenchée.

    Quelques minutes plus tard, une dernière vérification a permis de constater qu’aucune munition n’avait résisté. Le travail de dépollution des 7 000 hectares du camp de Moronvilliers est loin d’être terminé.

    La zone a été un lieu de combat de 1914 à 1917. Des centaines de munitions sont neutralisées chaque année, de la simple cartouche à l’obus de 200 millimètres.

    Ces munitions remontent à la surface avec le temps ou sont trouvées lors de travaux. Le groupe régional d’intervention Nedex du 3e RG est en charge de la neutralisation, de l’enlèvement et de la destruction de tout engin explosif, sur l’ensemble des sites militaires du Nord-Est de la France.

    En 2010, il a détruit douze tonnes de munitions. Les douze démineurs qui composent le groupe sont en alerte sept jours sur sept et 24 heures sur 24, par binôme, et interviennent dans les huit départements qui composent leur zone de responsabilité, afin de neutraliser les munitions qui jonchent les sols suite aux différents conflits armés du XXe siècle.

    Travail de longue haleine, si on considère que pas moins de 38 millions d’obus ont été tirés côté français rien que pendant la Première Guerre mondiale.

    * Neutralisation, enlèvement, destruction d’engins explosifs.

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    Union110807a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Terre-Neuve : la naissance de la Charte de l’Atlantique

    La signature de la Charte de l’Atlantique rapproche les Américains et les Britanniques.
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  • Signature. La rencontre entre les délégations britannique et américaine est fructueuse. Churchill et Roosevelt s’inquiètent de l’impérialisme japonais et des mensonges de Tokyo

    Alors que les relations transcontinentales demeurent heurtées, bien des questions se posent chez les diplomates britanniques et américains soucieux de préparer avec soins l’entrevue fixée entre le Premier ministre Winston Churchill et le président des Etats-Unis Franklin Roosevelt. A la Maison Blanche comme au 10, Downing Street deux informations retiennent l’attention.

    D’abord le 7 août 1941, Joseph Staline annonce qu’il prend le commandement de la totalité des forces soviétiques de combat. Le 8 août, c’est cette fois l’amiral Nomura, ambassadeur du Japon à Washington qui propose au président américain un entretien avec le chef du gouvernement nippon pour aplanir les différends qui brouillent les relations entre Tokyo et l’Amérique.

    Autant dire que l’ordre du jour de la rencontre programmée le 9 août entre Churchill et Roosevelt est dense. C’est à Terre-Neuve que le rendez-vous a été fixé et les deux hommes se retrouvent à Argentia dans la baie de Placentia. Le chef du gouvernement britannique arrive à bord du cuirassé « Prince of Wales ». Il est accompagné du chef d’état-major impérial sir John Dill et du premier lord de l’Amirauté, sir Dudley Pound. Le président Roosevelt et ses proches conseillers naviguent à bord du cuirassé « Augusta » pour rejoindre l’espace maritime canadien.

    Un travail d’horloger

    La première discussion qui a été minutieusement préparée par les services respectifs des deux hommes d’Etat se déroule à bord du navire anglais. La première priorité est de fixer l’architecture de la Charte de l’Atlantique en inventoriant tous les principes généraux du droit qu’il faut y inclure. Il s’agit d’être d’accord sur tous les atouts démocratiques qui définissent les buts poursuivis dans cette guerre pour rétablir les grands équilibres internationaux et assurer une paix durable. Si les Etats-Unis ne sont pas menacés sur leur territoire, Churchill explique la persécution dont sont victimes les populations de Grande-Bretagne et met son homologue en garde contre les provocations et les menaces réelles d’extension du conflit en Asie. Le Premier ministre britannique qui est satisfait de l’aide matérielle et technique apportée par Washington tient à ce que le président américain franchisse une nouvelle barrière politique. Il veut le convaincre de s’inviter dans le conflit. Il pense qu’une intervention directe de la puissance américaine changerait la donne. Seulement Roosevelt ne sent pas le peuple américain prêt à ce choix. Il sait le traumatisme laissé par la Première Guerre mondiale dans les familles mais il redit à son interlocuteur qu’il n’hésitera pas à franchir le pas si l’Allemagne nazie attaque des bâtiments commerciaux américains ou nuit de manière caractérisée aux intérêts US. Pour l’heure, le président américain réserve encore sa réponse.

    Churchill est alors chagriné. Il souhaite plus d’audace et une diplomatie plus offensive mais il comprend qu’il va encore devoir patienter et se battre seul. Même si l’Allemagne ne pourra pas durablement accabler la Grande-Bretagne en raison du front soviétique et de la résistance de l’Armée rouge qui n’est désormais plus livrée à elle-même. Seule consolation pour le chef du gouvernement anglais, Roosevelt accepte de l’aider si les troupes japonaises attaquent les Indes néerlandaises, Singapour et la Malaisie. Le pétrole, le caoutchouc, diverses matières premières et denrées alimentaires qui sont produites dans cette région du monde intéressent les stratèges nippons. Aussi préparent-ils des plans d’invasion pour soumettre ces territoires à leurs intérêts économiques de guerre.

    Une diplomatie de la fermeté

    Churchill et Roosevelt tombent d’accord sur l’exigence d’une diplomatie cohérente. Il n’est pas question de traiter la question japonaise chacun de son côté. Il doit y avoir une politique partagée. Seulement on se rend compte que les deux hommes sont assez pessimistes. Ils ne pensent pas que l’Indochine française qui est restée fidèle au maréchal Pétain soit en capacité de s’opposer aux exigences de Tokyo. Ils estiment qu’en Indochine, les Français libres ne sont pas en situation de renverser les autorités de Vichy. Tout au mieux envisagent-ils une neutralisation de l’Indochine et de la Thaïlande. Ils ne veulent pas quitter Terre-Neuve sans un acte politique fort. C’est la raison pour laquelle ils lancent un avertissement à Tokyo : « Tout acte d’expansion ultérieure de la part du Japon créerait une situation telle que le gouvernement de Washington se verrait contraint de prendre des contre-mesures, même si cela devait conduire à la guerre ».

    La conférence placée sous très haute surveillance dure jusqu’au 12 août alors que d’inquiétantes révélations des services spéciaux concernant les Philippines inquiètent les négociateurs. Les Japonais s’intéressent plus que jamais à l’archipel et préparent selon plusieurs agents très informés une opération surprise. C’est au cours de l’une de leurs conversations qu’ils apprennent le 11 que l’amiral François Darlan ajoute à ses fonctions le portefeuille de ministre de la Défense nationale. Le même jour, le chef des opérations navales US demande aux représentants britanniques de se montrer compréhensifs et de remanier leur programme intéressant l’armement « Prêt bail » afin de permettre la livraison d’urgence de canons à Manille. Sans hésiter, Dill et Pound acquiescent et reconnaissent : « qu’une puissante défense des Philippines est la garantie d’une défense de Singapour et des Indes néerlandaises ». Les stratèges américains et britanniques restent pourtant dubitatifs sur la faisabilité par Tokyo d’une attaque sur Manille et Singapour.

    Le stress australien

    En revanche, à Canberra, on est plus pragmatique et l’on argumente pour convaincre les officiers anglais et américains. Le gouvernement australien fait savoir qu’il : « est gravement préoccupé par une situation très sérieuse en Asie du sud-est ». Si la formule est vague elle traduit les vives inquiétudes exprimées par le Comité de défense qui s’est réuni à Singapour qui juge une trop grande faiblesse défensive de la place. « Il est entendu depuis toujours que si l’Australie est sérieusement menacée par une invasion, nous n’hésiterons pas à compromettre, voire à sacrifier, notre position en Méditerranée pour des parents et amis ». Churchill confie à Roosevelt qu’il est opportun d’envoyer des renforts dans le Pacifique à la fois pour dissuader le Japon et pour rassurer l’Australie.

    L’US Navy reste sceptique sur les capacités de préserver Manille et les amiraux s’opposent à l’envoi de grosses unités à l’exception de quelques sous-marins à même de faire de la surveillance et du renseignement. Roosevelt est embarrassé parce que le 12 août, jour de la signature de la Charte de l’Atlantique, les isolationnistes de la Chambre des représentants font du bruit. 75 % des Américains se disent alors indifférents à la Charte affirmant qu’ils s’opposent toujours à l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne. Une petite majorité est tout de même d’accord pour résister à une agression japonaise même s’il faut se résoudre à faire la guerre. Sur le « Prince of Wales » on envisage même une rencontre entre le Premier ministre nippon Konoye et le président Roosevelt en Alaska. A Londres comme à Washington, on ne se fait guère d’illusions.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    D’Argenlieu s’impose à Sautot

    Georges Thierry d’Argenlieu
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  • Henri Sautot
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  • Le général de Gaulle qui est déjà très soucieux de la stabilisation du Liban doit gérer un autre dossier difficile dans le Pacifique. Il l’explique le 4 août 1941 dans un télégramme qu’il adresse au haut-commissaire Georges Thierry d’Argenlieu. Il s’étonne que la mission du gouverneur général Richard Brunot au Pacifique ait dérapé. L’inspection administrative qu’il devait accomplir s’est traduite par la prise d’une succession de décisions radicales que condamne le chef de la France libre : « Il n’avait aucune qualité pour enfermer un gouverneur nommé par moi et surtout pour prendre sa place sans aucune autorisation de ma part. En outre, la conduite et les allégations de Brunot à l’égard d’Henri Sautot, membre du Conseil de défense de l’Empire sont inadmissibles ».

    Pour le général il n’y a pas d’autres solutions que le rapatriement de Brunot à Londres dans les meilleurs délais. S’il conçoit qu’il y a des insuffisances et sans doute des tentatives d’intrigues de gens restés fidèles à Vichy ou soutenant les Japonais, il n’est pas question de condamner ceux qui ont osé s’opposer au Maréchal même s’ils éprouvent quelques difficultés dans les tâches qu’ils doivent accomplir. « Il y a lieu de rétablir l’autorité, d’installer un vrai gouverneur et de calmer les esprits ».

    S’il considère que Sautot n’a peut-être pas toutes les qualités requises, il insiste une fois encore pour dire qu’il a bien servi la France. « Je vous demande de lui marquer que je le tiens en haute estime, que je n’oublie rien de ce qu’il a fait. Vous lui remettrez solennellement la croix de la Libération et vous pouvez me le proposer pour la classe supérieure ». Ce que de Gaulle attend de Thierry d’Argenlieu est qu’il explique à Sautot sa mission qui est de défendre la politique militaire et morale de nos colonies du Pacifique dans une conjoncture heurtée et préoccupante en raison des positions ambiguës et parfois péremptoires du gouvernement nippon. Le général ajoute : « C’est pourquoi j’envoie au-dessus de Sautot une personnalité comme la vôtre. Vous le lui direz formellement de ma part. Là comme ailleurs, les événements peuvent me forcer à élever tel ou tel au-dessus de tel ou tel dans l’intérêt national qui est mon seul guide. Mais toujours et partout, paix aux hommes de bonne volonté ».

    Déjà le 2 août 1941, le général recommandait dans un premier télégramme de remettre la croix de compagnon de la Libération à Henri Sautot. Preuve qu’il ne voulait pas discréditer cet homme qui avait déjà risqué sa vie à plusieurs reprises pour la France libre.

    De Gaulle n’oublie pas que cet administrateur des colonies, commissaire-résident de France dans le condominium des Nouvelles-Hébrides est le premier haut fonctionnaire colonial à s’être rallié à lui le 20 juillet 1940. Ce qui lui a valu d’être nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et de rallier le territoire à la France libre avec des gaullistes de l’archipel et la marine australienne. Toujours à Beyrouth pour normaliser les relations avec les Britanniques le général ne veut pas qu’à Londres on considère que son absence est définitive. C’est la raison pour laquelle il s’adresse toujours le 2 août au professeur René Cassin pour qu’il signifie à Winston Churchill que le général a hâte de reprendre contact avec lui pour dresser un panorama de la situation sur tous les fronts. De Gaulle considère qu’en Extrême-Orient, la Grande-Bretagne a tout intérêt à être vigilante parce que les Japonais ont d’évidentes prétentions sur leurs possessions.


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    Front de l’Est : le rôle de la propagande

    Les femmes soviétiques tentent de limiter l’avancer des panzers.
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  • Les bombardiers de la Luftwaffe ont pilonné par vagues Leningrad.
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  • URSS. Soviétiques et Allemands usent de la communication et des médias pour certifier qu’ils maîtrisent la situation. Ce qui est loin d’être le cas.

    Alors qu’au sud du lac Ilmen la XVIe armée a pris Kholm, le 2 août et Staraïa Roussa le 6, l’état-major allemand décide que l’assaut final contre Leningrad débutera le 8. A ce moment la disposition des forces du Reich se compose d’une branche nord avec le corps de Reinhardt et le 38e groupe d’armées prévu pour foncer sur la métropole via Kingisepp, d’une branche de la Louga avec les 50 et 56e groupes d’armées fléchés pour envahir la ville et une branche sud avec le 1er et le 28e groupe d’armées dont la mission est d’envelopper Leningrad par l’Est. Bien des points de détails n’ont pas été étudiés et l’état-major a validé un peu vite une progression qui n’est pas sans faille.

    Sous les bombes

    Dès le 7 août, les bombardiers de la Luftwaffe pilonnent par vagues la ville. Plus de 6300 bombes sont déversées entre 18 h 15 et 22 h 30. Puis de nouvelles escadrilles se présentent et larguent des bombes explosives de 250 et 500 kg sur le centre de la cité. L’institut Smolny est touché mais la propagande soviétique a tout prévu pour muscler son appel à la Résistance. Le Komsomol édite une proclamation où est saluée l’héroïque jeunesse d’URSS qui, à Leningrad, a été en première ligne pour protéger et sauver ce qui peut l’être encore. Les autorités du Kremlin sont bien embarrassées par les lourdeurs de la bureaucratie et une planification qui ne correspond en rien aux besoins du moment. L’organisation du travail est défaillante. Partout, on durcit les mesures. Les 9 et 10 août, alors que la pression allemande ne se relâche pas, les trois premières divisions de la garde sont prêtes et un décret supplémentaire sur la mobilisation des travailleurs est publié. Il est signé du comité exécutif du soviet municipal de Leningrad et fixe de nouvelles mesures d’âge concernant le travail obligatoire. Il est systématique pour tous les hommes âgés de 15 à 55 ans et pour les femmes de 16 à 50 ans. Il faut savoir que l’espérance de vie des hommes à cette époque dans la région est de cinquante ans. Autant dire qu’on mobilise les vieillards pour l’effort de guerre.

    Les personnes réquisitionnées doivent travailler sept jours intramuros avant de prétendre à une journée de repos. En périphérie, il faut travailler quatorze jours avant de pouvoir bénéficier de deux journées de repos si cela ne met pas en danger la défense de la patrie. Cette organisation doit être certifiée alors qu’il est interdit de prélever sur les effectifs des usines. Ce qui signifie qu’on est encore conscient qu’il est impossible à chacun de se dédoubler pour assurer à la fois la défense de la cité et occuper son poste de travail habituel. Cette réalité est celle des rapports. Concrètement on est bien loin d’un panorama organisationnel aussi optimiste. L’usine Kirov qui est spécialisée dans la production d’armements lourds manque de main-d’œuvre parce qu’elle est envoyée au front mais surtout ne reçoit plus les matières premières indispensables. Aussi dès que le chômage technique est avéré, on procède à une redistribution des forces. Malgré la propagande, la population mesure l’état d’impréparation de l’URSS à un conflit d’une telle ampleur. Comme les responsables locaux ne peuvent pas prendre de manière autonome des décisions susceptibles de contrarier le plan d’Etat, la crise s’aggrave.

    Musique

    Ce ne sont pas les initiatives courageuses de quelques artistes qui changent la donne. Si on se réjouit que le compositeur Chostakovitch finalise sa symphonie n° 7 destinée à devenir la symphonie de Leningrad pour soutenir son peuple, cela ne ralentit pas les blindés nazis. « J’ai voulu écrire une œuvre sur les hommes de chez nous, qui deviendront des héros dans le combat qu’ils livrent au nom de la victoire. En travaillant cette œuvre, j’ai songé à la grandeur de notre peuple, à son héroïsme, aux merveilleuses idées humanistes, aux valeurs humaines, à notre nature superbe, à l’humanité, à la beauté » proclame encore l’artiste. Son propos est idéal pour soutenir l’information officielle contre le fascisme et l’annonce d’une victoire prochaine aussi, « La Pravda » ne manque pas de saluer cet exploit.

    Dans le même temps de nouvelles mesures de restriction sont discutées. Si jusqu’alors Leningrad bénéficie du même régime alimentaire que les autres régions avec 800 g de pain pour les ouvriers, 600 g pour les employés et 400 g pour les enfants sans que les boutiques des centres d’alimentation ne réclament les tickets de rationnement, tout va changer.

    Les délégués du gouvernement prévoient de diminuer les rations journalières à 400 g de pain pour les ouvriers et à 300 g pour les enfants sans être certains de pouvoir durablement maintenir ces quantités. Le risque de famine n’est pas exclu d’autant que les bombardements détruisent aussi de précieux stocks alimentaires. Les ravitaillements par péniches sont désormais incertains. On prépare de nouvelles règles de couvre-feu tandis que la vente de boissons alcoolisées est interdite. On anticipe aussi l’hiver à venir et on envisage de démonter les plinthes et les planchers, les portes et tout le bois qui peut être récupéré pour se chauffer. C’est pourquoi tout ce qui peut être récupéré dans les ruines puis stocké doit l’être mais cela s’effectue dans l’anarchie la plus totale.

    Chemises bleues

    Côté allemand, on insiste sur les renforts étrangers qui légitiment l’action menée. En ce début du mois d’août, ce n’est pas Vichy qui est portée aux nues mais l’Espagne. Quelque 18 000 volontaires sont recrutés pour partir vers l’Est. Ils constituent la division Azul (la division Bleue) qui a été en réalité créée le 20 juillet 1941. Son hymne d’assaut est alors le chant phalangiste « Face au Soleil ». L’engagement est valorisé par un serment : « Je jure que j’obéirai de manière inconditionnelle à Hitler, le führer du Reich germanique et de son peuple, commandant suprême des armées et je serais prêt comme un brave soldat à risquer ma vie à chaque fois pour faire mon devoir ».

    Goebbels se félicite que la division espagnole s’enthousiasme pour Hitler et qu’elle lutte contre : « la gangrène communiste et son chef Staline ». La division est accueillie en Bavière pour se familiariser avec les exigences militaires allemandes. Elle est commandée par le général Agustin Munoz Grandes qui est une figure de la guerre du Maroc et de la guerre civile espagnole. Le führer le reçoit en grande pompe à son quartier-général de Prusse-Orientale. Les actualités qui sont fabriquées par la propagande nazie montrent les images de congratulations entre les deux hommes. Le général espagnol reçoit même la croix de fer ! Ce qui est important est de faire croire à l’adversaire qu’on est le plus fort et que mieux vaut renoncer pour ne pas être contraint à la défaite et à l’humiliation. Ces jeux de rôle et de mots sont un écran de fumée puisque sur le terrain le sang coule et les destructions y sont de plus en plus nombreuses.

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    Union110803a - Marne
    REVOLUTION : Célébrité d’ici… / Edmond Louis Dubois-Crancé

    Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé (ou Dubois de Crancé) est né le 24 octobre 1746 à Charleville, où son père est intendant de police. À l’âge de 14 ans, il obtient une dispense pour être admis dans la première compagnie des mousquetaires de la garde du roi.

    En 1775, il est à Châlons-sur-Marne lieutenant des maréchaux de France. Le 21 mars 1789, son éloquence le fait élire député du Tiers état aux Etats généraux par le bailliage de Vitry-le-François, dont il a largement contribué à la rédaction du cahier de doléances.

    Son enthousiasme pour la Révolution apparaît à travers le Serment du Jeu de Paume, sur lequel David, dont il est proche, l’a mis en valeur : de profil, en habit clair, debout sur une chaise, Dubois-Crancé tend la main droite en direction de Bailly pour prêter le serment, derrière Robespierre et le « père Gérard ».

    Membre du comité des subsistances, et du comité militaire (il en est le secrétaire), il travaille à la réorganisation de l’armée, et présente en décembre 1789 un rapport dans lequel, après avoir décrit le désordre régnant en son sein, il est le premier à émettre et à défendre l’idée du service militaire obligatoire pour tous : « Il faut une conscription vraiment nationale… Il faut que chaque homme, dès que la patrie sera en danger, soit prêt à marcher… J’établis pour axiome qu’en France tout citoyen doit être soldat et tout soldat citoyen, ou nous n’aurons jamais de constitution. »

    En mai 1792, le nouveau ministre de la Guerre Servan le charge de maîtriser le mouvement royaliste qui se développe dans le sud de la France. Lors du procès du roi, il vote la mort. Nommé le 3 janvier 1793 membre du comité de défense générale (créé à sa demande), il joue un rôle de premier plan dans les mesures militaires prises en février : le 2, il fait adopter un projet réorganisant le ministère de la Guerre, et après un long débat obtient le vote d’un nouveau plan d’organisation militaire, avec le principe de l’amalgame entre les « culs blancs » de l’ancienne armée royale et la « porcelaine bleue » des volontaires.

    Membre du Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire, il est nommé ministre de la Guerre en remplacement de Bernadotte en 1799. Il meurt à Rethel le 29 juin 1814.

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    Union110731d - Marne
    LIVRES : Visions sous la Terreur

    Marie-Adélaïde Lenormand a existé. Cette cartomancienne (1772-1843) a, très jeune, révélé des dons de prophétesse. Sa plus célèbre prédiction serait celle qu’elle a révélée aux trois hommes les plus influents de la Révolution, Marat, Robespierre et Saint-Just, auxquels elle aurait annoncé une mort violente. C’est cette jeune femme que Nicolas Bouchard a déjà mis en scène dans « La Sibylle de la Révolution » et qui nous revient dans « Le Traité des supplices ». Là encore, il est question de crimes odieux et de liens suspects entre crimes et politique. Dans « Le Traité », la Terreur vient de prendre fin et c’est à cette occasion qu’on découvre dans la prison des Recluses, à Lyon, des dizaines de corps qui ont subi d’horribles tortures. Marie-Adélaide va mener l’enquête, guidée par ses visions qui lui promettent une fin tragique, dans un récit haletant et coloré entrecoupé d’extraits du traité des supplices que le monstre a entrepris de décrire. Nicolas Bouchard sait habilement nous entraîner dans une époque tourmentée où il n’y a pas qu’un seul monstre psychopathe. Dans sa galerie de portraits se retrouvent ainsi un horrible souteneur handicapé et un Joseph Fouché plus vrai que nature dont la noirceur d’âme explique sans doute la longévité. Superbe fresque, ce « Traité » est un appel au crime de lecture : il donne envie de revenir en arrière pour lire « La Sibylle de la Révolution » qui vient d’être rééditée en 10/18. Ça tombe bien, l’été, on a le temps pour ces petits plaisirs.

    Norbert Illi

    « Le Traité des supplices », éditions Belfond, 305 pages, 18,50 euros. Précédé de « La Sibylle de la Révolution », éditions 10/18, 336 pages.

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    Union110731c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Elle commémore la participation de l’armée américaine à l’offensive Meuse-Argonne : La tour de la butte de Montfaucon

    La colonne
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  • Dressée au-dessus du village de Montfaucon d’Argonne, une colonne blanche rappelle les combats menés par les Américains lors de l’offensive Meuse-Argonne qui s’est déroulée du 26 septembre au 11 novembre 1918.

    L’OPÉRATION fait suite à la directive du plan Foch. Après la réduction du saillant de Saint Mihiel par les troupes US, les Américains entament aux côtés des Français l’offensive Meuse-Argonne.

    Il faudra alors en quelques jours transporter leurs moyens d’un front sur l’autre.

    Face aux 15 divisions américaines, dont 9 en première ligne et une française, les Allemands opposent quatre lignes de positions de résistance successives sur 30 kilomètres de long, bien équipées en canons et mitrailleuses, une forteresse qui protège l’axe Sedan-Metz. Le 26 septembre, l’offensive débute par une vigoureuse préparation d’artillerie. La progression initiale est rapide. Les villes de Vauquois, Varennes, Cheppy sont prises, mais les Américains sont retenus en Argonne dans les bois de Gruerie.

    26 000 prisonniers allemands

    Le 27 septembre, les Allemands s’organisent sur une deuxième ligne. Les Américains occupent alors Montfaucon mais évacuent Eclisfontaine et Epinonville. L’offensive est bloquée sur l’ensemble du front par la pluie et par le manque de munitions.

    Elle reprendra le 1er novembre pour crever le front. Les Allemands se replient derrière la Meuse. Le 5 novembre, le 5e corps américain traverse la Meuse, s’empare de Volosne et de Dun-sur-Meuse et prend à revers les défenses ennemies. Le 11 novembre, jour de l’armistice, les armées américaines ont toutes franchi la Meuse.

    Malgré des critiques sur l’organisation de leurs troupes, le bilan de l’offensive est de 26 000 prisonniers allemands, 874 pièces d’artillerie, 3 000 mitrailleuses.

    On pourra en plus donner raison à Pershing, commandant l’armée américaine, qui avait eu raison de rabattre ses forces de Sedan sur Verdun pour détruire les troupes de l’Allemagne en Lorraine avec la prise de Metz. Comme Pétain, Pershing avait bien compris que la décision finale était à l’est.

    Inaugurée par Albert Lebrun

    Cette victoire décisive pour terminer les hostilités a incité les Américains à édifier sur la crête une belle colonne de 60 mètres de hauteur.

    Elle a été inaugurée en septembre 1937 par Albert Lebrun, président de la République. Elle domine les ruines de l’ancien village qui était bâti au sommet de la colline.

    Pour les Allemands qui l’ont occupé toutes les années de guerre, la crête a offert un exceptionnel poste d’observation. La colonne est surmontée d’une statue symbolisant la liberté. Elle est dotée d’un escalier intérieur de 234 marches permettant au visiteur un accès à la plateforme supérieure d’où un point de vue de qualité donne une vision de tout le champ de bataille.

    Les quatre secteurs repris par les Américains sont nommés sur le mur de la façade.

    Sur celui qui entoure la façade principale, on retrouve les noms des divisions qui composaient la première armée US au départ de l’offensive Meuse-Argonne ainsi que les trois sites désormais célèbres dans l’histoire américaine.

    Une plaque de marbre poli sur le mur nord-ouest porte les secteurs des différentes divisions ayant combattu sur le terrain.

    Au pied de la colonne, un espace est occupé par les ruines de l’ancien village et celles de la Collégiale Saint Germain, à quelques dizaines de mètres de la tour. D’anciennes traces de fortifications sont encore visibles à proximité, dans le bois tout proche.

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    Union110731b - Marne
    SEZANNE : Une distinction bien méritée à Fère-Champenoise : Michel Bertorelli reçoit la Légion d’honneur

    Michel Bertorelli entouré de sa famille et de ses amis.
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  • Le colonel Prato épingle la Légion d’honneur sur la veste de M. Bertorelli.
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  • Ancien combattant d’Indochine et d’Algérie, le Ferton Michel Bertorelli vient de recevoir la Légion d’honneur.

    « V OUS comprendrez, j’en suis sûr, mon émotion et ma fierté d’avoir à relater dans cette salle où j’ai officié pendant 25 ans, le passé de Michel Bertorelli ». Ainsi s’exprimait, en prologue de son allocution, Claude Hardy, maire et conseiller général honoraires de Fère-Champenoise.

    En effet, de nombreux amis étaient rassemblés dans la grande salle du conseil de Fère, pour assister à la remise officielle de la médaille de chevalier de la Légion d’honneur, par le colonel Prato, président de l’association d’Epernay, Légion d’honneur attribuée pour faits de guerre.

    Michel Bertorelli s’est engagé à l’âge de dix-huit ans, en 1946. Incorporé au 6e régiment de tirailleurs sénégalais à Rabat, il embarque deux ans plus tard pour l’Indochine ; il y obtiendra trois citations et la croix de guerre des T.O.E. Il rejoint Tunis en 1950 où il obtient son grade de sergent.

    Deuxième campagne en Indochine en 1953, avec une quatrième citation ; « chef de section calme et courageux qui s’est distingué lors de l’attaque d’un village rebelle ».

    Avec cette quatrième citation, il sera décoré de la médaille militaire à titre exceptionnel.

    Après quelques années de retour en France où il sera notamment instructeur à Dinan, il obtient les galons de sergent-chef en 1956, puis adjudant-chef en 1959.

    Après le Sénégal, puis l’Algérie, il fera valoir ses droits à la retraite en 1962 et retrouve son épouse et son fils Jean-Michel. M. Hardy concluait ce panégyrique en affirmant : « Vous pouvez être fiers de votre mari et père qui fut un militaire courageux et un civil estimé et modeste. »

    La remise de cette distinction s’est faite en présence, outre la famille et les amis, de membres médaillés de l’association d’Epernay

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    Union110731a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Leningrad devient forteresse

    Des villages sont incendiés sur ordre de Staline.
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  • L’avance des troupes motorisées allemandes en URSS.
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  • Des batteries antiaériennes sont installées dans les grandes métropoles dont Moscou et Leningrad.
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  • Barricades. Résister à l’ennemi dans chaque maison s’il le faut, tel est le mot d’ordre politique du Kremlin.

    Depuis que l’armée allemande s’est emparée de Gdov à une centaine de kilomètres au nord de Pskov, le comité exécutif du soviet de Leningrad considère que la menace ennemie est imminente. Il décide la constitution de deux régiments de secours de deux mille soldats chacun auxquels s’ajoutent trois bataillons de défense civile de six cents hommes afin d’intervenir si des raids aériens provoquent de nouvelles destructions. Aucun de ces Soviétiques réquisitionnés n’a de formation sérieuse. D’autres mesures sont imposées et apparaissent insensées en raison de la situation générale. On demande que les maisons endommagées soient réparées sur le champ. Les femmes sont également mises à contribution. Elles sont acceptées dans ces nouvelles brigades. Le 20 juillet, l’état-major de l’Armée rouge estime la situation critique aussi ordonne-t-il la formation militaire de tous les hommes restant encore à Leningrad et qui ne sont intégrés à aucune unité. En ville, on leur fait faire de l’exercice militaire mais on diffère le maniement d’armes par manque de fusils !

    Résister pied à pied

    Le 21, la décision est prise de créer quatre divisions de la Garde alors que les Finlandais se positionnent déjà à Salmi et préparent une attaque de grande envergure sur laquelle les Soviétiques manquent de renseignements. Le 27 juillet, les administrateurs d’immeubles deviennent responsables de la défense civile. Comme à Londres dès l’automne 1940, on les équipe d’un casque, d’un brassard et d’un sifflet. Pour les autorités, il n’est pas question que Leningrad soit une ville ouverte. C’est pourtant le souhait d’une partie de la population traumatisée par cette guerre inattendue et qui craint les représailles. Le mot d’ordre est passé qu’il est un devoir de résister pied à pied à l’envahisseur. C’est ainsi que les habitants sont contraints avec des pelles et des pioches à ériger des barrages antichars et à tout faire pour handicaper le franchissement des blindés allemands.

    Les Soviétiques multiplient les fortifications intramuros pour imposer une bataille urbaine, îlot par îlot. Leningrad doit devenir un camp retranché. Le plan prévu dispose de défendre chaque carrefour. Il s’agit aussi de s’enterrer au mieux pour être moins vulnérable par les bombardements aériens. Les fenêtres de tous les immeubles d’angle sont transformées en meurtrières. Ces travaux ne servent pas à grand-chose puisqu’il n’y a pratiquement pas d’armement à mettre derrière. Même les tramways qui ne peuvent plus être employés en raison du manque d’électricité sont transformés en barricades. Toute lumière doit être invisible aussi même les becs de gaz sont peints en bleu comme les phares des quelques voitures encore dans la ville et les lanternes des transports hippomobiles. La nuit c’est dans un noir absolu qu’on se déplace à Leningrad ! Dans les hôpitaux et les dispensaires, le personnel a interdiction de sortir en blouse blanche parce que cette tenue est jugée trop visible. La milice reçoit l’ordre de faire respecter toutes les interdictions et de prendre les sanctions adaptées contre : « les saboteurs et les traîtres ». Très vite les autorités soviétiques se rendent compte que leur planification n’est guère adaptée tant le rouleau compresseur de l’adversaire est puissant. Bien sûr, Leningrad qui est une ville-musée et possède un nombre considérable de lieux renfermant des œuvres d’art d’une valeur inestimable doit être protégée. Mais en haut lieu, on sait que les places, les palais, les canaux et même le fleuron de l’Ermitage sont en danger. Iosif Orbeli a pris ses dispositions pour mettre à l’abri un maximum des trésors locaux.

    Préserver le patrimoine

    Les collections qui sont parfaitement répertoriées sont emballées. Toutefois organiser l’évacuation de deux millions et demi de pièces comprenant des tableaux, des statues, des porcelaines, des verreries, des meubles et des bijoux n’est pas une chose simple. Les œuvres qui sont considérées comme ayant la plus grande valeur ont été rangées soigneusement dans les caves mais on craint un jour ou l’autre les tirs des redoutables canons de 88 de l’adversaire. On emballe vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pour les premières évacuations on fait appel à des marins de la Baltique. Le premier convoi d’évacuation des trésors de Leningrad est composé de vingt-deux wagons qui sont encadrés par des plates-formes de DCA. Le train doit rejoindre Sverdlovsk. Il est placé sous une haute surveillance armée pour interdire les vols. Un deuxième chargement est évacué le 22 juillet. Il ne compte pas moins de 700 000 pièces. Le conservateur en chef constate qu’il reste encore à peu près la moitié des collections à transférer. Or la pression de l’ennemi empêche la programmation d’un troisième convoi.

    Les Allemands sont désormais parvenus à interrompre durablement les liaisons ferroviaires et il n’y a plus de matériel d’emballage disponible. Orbeli ne désespère pas et il donne la priorité à la protection renforcée des urnes et des colonnes de malachite qui sont monumentales mais surtout très fragiles. Le personnel de l’Ermitage est rejoint par les employés d’autres musées de la cité. On déplace les pièces de valeur vers les caves voûtés que l’on pense inaccessible au souffle des bombes. Paradoxalement alors que la ville est menacée d’être conquise par l’ennemi, les autorités maintiennent un colloque universitaire célébrant le 500e anniversaire du poète ouzbek Alicher Navoï !

    Du côté du second joyau de la métropole qui n’est autre que l’Institut russe d’horticulture, on accumule les sacs de sable pour préserver la statue du tsar Nicolas 1er. Dans l’établissement sont stockés des boîtes numérotées et des sachets renfermant toutes les graines de plantes connues et répertoriées en URSS. Le personnel préfère se priver plutôt que de se nourrir des graines des semences qui sont ici précieusement conservées. Ce qu’ignorent ces courageux c’est la décision d’Hitler de constituer un commando spécial de la SS dont l’unique mission est de s’emparer des graines de cette collection unique au monde ! Les experts du Reich estiment à juste titre qu’il y a en cet endroit une banque génétique de la première importance et que le travail accompli sous la direction du savant Nicolaï Vavilov doit devenir un bien allemand. Ce scientifique qui a été encouragé dans ses investigations par Lénine bénéficie d’une aura internationale même après son arrestation lorsqu’on lui reproche en tant que généticien de servir : « une science pseudo-scientifique et bourgeoise ». Vavilov qui devait être fusillé le 9 juillet 1941 a vu sa peine commuée en prison à vie. Le NKVD et Staline lui reprochent son sabotage de l’agriculture soviétique et d’avoir espionné au profit de la Grande-Bretagne. Moscou tient cependant à préserver les collections du savant.

    Alors que Leningrad attend l’assaut final, Hitler reçoit le 4 août 1941 ses généraux Bock, Guderian, Hoth au quartier général de Novyi Borisso, une localité proche de la Berezina. Dans un moment de doute, il confie à Guderian qui s’oppose à la stratégie de contournement de Moscou : « Si j’avais été informé de la vraie puissance de l’arme blindée soviétique, je ne me serais pas lancé dans l’aventure à l’Est ». Le pense-t-il vraiment ? En tout cas ce qui le préoccupe c’est la capacité industrielle de l’URSS à l’Est et l’aptitude du Kremlin à lever de nouvelles troupes pour compenser les régiments décimés.


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    Les subtilités du général

    Le général Catroux.
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  • Le char Moghrane a été restauré par Daniel Pala et Ange Betka.
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  • Pour finaliser un nouvel entretien que le général Catroux doit avoir avec le général Wilson au sujet des détails de l’application de l’accord franco-britannique concernant la coopération militaire en Orient, le général de Gaulle s’adresse à son ami le 31 juillet 1941. Il liste alors plusieurs points importants qui doivent soutenir l’accord bilatéral entre les Britanniques et les Français libres. Le premier élément est le nécessaire travail en commun pour établir les nouveaux plans d’action. De Gaulle est disposé à déléguer ses pouvoirs à Catroux pour prendre les mesures qui s’imposent à la seule condition que le général d’armée français soit considéré comme l’une des clés des opérations communes. Le chef de la France libre précise : « Cette délégation ne joue naturellement que pour l’exécution d’un plan d’opérations. Tout ce qui concerne les stationnements, mouvements des troupes françaises en dehors des périodes d’opérations est du ressort exclusif du commandement français. De même les stationnements, mouvements et réorganisations des troupes britanniques sont du ressort exclusif du commandement britannique ». Les propos du général ont le mérite de la clarté et signifient que les Français libres tiennent à occuper toute leur place dans le dispositif allié mais rien que leur place. Bien sûr, la recommandation de concertation permanente se justifie par le seul souci d’une meilleure efficacité.

    Au Levant, de Gaulle rappelle avec subtilité que le commandement territorial appartient aux autorités françaises et qu’il est nécessaire dans un souci de bonne intelligence que les commandants des troupes britanniques qui doivent y effectuer certains mouvements tactiques en avertissent l’autorité tricolore. Il ajoute : « Le commandement français dispose de tout le matériel militaire qui appartient à la France au Levant. Il est clair que les casernements, aérodromes, installations qui sont priorité militaire française, entrent dans ce matériel. La répartition ne peut donc être que par entente entre les deux commandements et certainement pas par voie d’autorité de la part du commandement britannique ». Une manière d’inviter chacun à rester à sa place et de dissuader les Anglais de faire un peu trop de zèle. On ne sait jamais !

    En ce que concerne l’ensemble des moyens de communication de la région, le général juge opportun d’apporter les précisions suivantes : « Les réseaux téléphoniques, télégraphiques et radiotélégraphiques au Levant sont à la fois la propriété militaire française et service public. A ce double titre, ils ne dépendent que de l’autorité française. Naturellement toutes les facilités d’utilisation seront données à l’armée britannique ».

    Le général de Gaulle souhaite que toutes les mesures soient prises si les Anglais outrepassent leur rôle. Il vise plus spécialement le Djebel-Druze du Hauran, et de la Djézireh. Il conclut à Catroux : « De toute manière et étant donné la grande importance que j’attache à la coopération militaire interalliée, votre accord éventuel à ce sujet avec le général Wilson devra m’être soumis avant d’être applicable. Je vous prie d’en aviser le général Wilson ». Le lendemain 1er août 1941, le général précise que le congrès de la France libre comprendra environ soixante Français dont quinze d’Afrique, dix du Levant, cinq d’Egypte et de Palestine, six du Pacifique et de l’Inde, dix de l’Angleterre, de l’Amérique du Nord, du Centre et du Sud, cinq du reste du monde sans compter les membres du Conseil. Il suggère que le congrès puisse se réunir soit à Brazzaville soit à Beyrouth au plus tard en décembre 1941.


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    La difficile cohabitation

    Une colonne de spahis dans le désert.
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  • Une cohabitation complexe avec les Britanniques.
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  • LEVANT. On mesure les difficultés des Français et des Britanniques à s’entendre sur leurs positions respectives au Moyen-Orient.

    Les premiers jours d’août sont encore marqués par des poussées de fièvre entre Français et Britanniques. Les rapports de Catroux sont sans ambiguïté puisque le général informe de Gaulle le 2 août 1941 des caprices du général Wilson : « Celui-ci a déclaré que s’il n’obtenait pas satisfaction à ses demandes, il proclamerait la loi martiale au Levant ».

    Le chef de la France libre réplique tout de go : « Je ne crois pas que cette manière menaçante de soldat à soldat puisse faciliter l’entente. Mais en outre, il m’apparaît que la proclamation de loi martiale en Syrie et au Liban par l’autorité militaire britannique sans accord avec nous serait une simple usurpation de souveraineté.

    Naturellement, nous ne pourrions accepter cette dépossession ». Le patron des FFL estime ce comportement stupide parce qu’il est susceptible de provoquer parmi les populations un effet catastrophique. Avant de conclure : « J’appelle très sérieusement votre attention sur ce point et sur la gravité des conséquences possibles ».

    UN SEUL FRONT

    Le 4 août 1941, de Gaulle adresse une note détaillée à Olivier Lyttelton au Caire qui atteste sa ferme conviction qu’il ne doit pas se laisser impressionner par la puissance britannique. D’abord il recadre le théâtre des opérations du Moyen-Orient pour signifier solennellement que l’Egypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Transjordanie et la Palestine ne constituent qu’un seul front pour mieux marteler : « Les opérations défensives et offensives des alliés doivent y être coordonnées ». Il tient à réafficher les obligations particulières de la France sur le territoire des Etats du Levant : « C’est en premier lieu à la défense de ce territoire que la France libre a décidé de consacrer, dans la situation générale actuelle, les forces françaises d’Orient et les forces syriennes et libanaises ». Le général réitère des principes qui, lui semble-t-il, font l’objet d’un accord mais qui ne se traduisent pas par une coopération sincère au quotidien : « Tout plan d’opérations qui implique l’emploi des forces françaises conjointement avec des forces britanniques ou qui intéresse le territoire des Etats du Levant doit être établi en commun par le commandement britannique et le commandement français ». Il ne s’agit pas que l’un assure une prédominance sur l’autre.

    En revanche, De Gaulle reconnaît la prépondérance des troupes britanniques sur celles des forces françaises en Orient. Aussi admet-il qu’il appartient au commandement britannique du théâtre d’opérations d’Orient d’arrêter le plan et de fixer le rôle que les forces françaises doivent y jouer. Il lui délègue sur cette question précise son propre pouvoir. Il apporte toutefois une limite : « Si le commandement français estime que le plan arrêté ou le rôle fixé aux forces françaises est incompatible avec ses responsabilités particulières concernant les Etats du Levant, il en référera au général de Gaulle ». La question sera alors tranchée au plus haut niveau entre le Premier ministre Winston Churchill et lui-même. En ce qui concerne le partage des responsabilités, le général recommande à son interlocuteur anglais que le commandement des forces britanniques et françaises qui opèrent dans une même zone d’action soit exercé normalement par un officier britannique ou un officier français selon que les forces britanniques ou françaises y sont dominantes : « Dans tous les cas, les liens organiques des unités, grandes ou petites, sont maintenus dans toute la mesure du possible ».

    De Gaulle propose aussi quelques équilibres entre les uns et les autres : « Quelles que soient la proportion et la mission des forces britanniques et des forces françaises sur le territoire d’un Etat englobé dans le théâtre d’opérations d’Orient, le commandement territorial direction ou contrôle militaire des services publics, sécurité générale, gendarmerie, police, exploitation des ressources locales) appartient à l’autorité britannique en Irak, Transjordanie, Palestine, Egypte, et à l’autorité française en Syrie et au Liban ». Pour éviter que des unités alliées se sentent isolées ou en danger, le général, pragmatique, est d’accord pour que les forces anglaises qui opèrent en Syrie et au Liban comme les troupes françaises qui stationnent en Irak ou en Transjordanie et en Palestine assurent elles-mêmes leur sécurité immédiate et utilisent si cela s’avère nécessaire toute ressource indispensable à leur protection.

    DE LA FERMETÉ

    De Gaulle le répète : « Dans tous les cas, les forces britanniques et les forces françaises dépendent respectivement et exclusivement du commandement britannique et du commandement français pour tout ce qui concerne la discipline, l’organisation des troupes et des services, l’affectation du personnel et du matériel, la tenue, la censure postale etc. ». Le même jour De Gaulle adresse à Catroux toutes les directives et notes qui lui seront utiles pour ses discussions avec le général Wilson La feuille de route est dense mais concrète. Le plan de défense de la Syrie et du Liban doit être établi en commun et cela ne peut désormais plus être reporté. « Ce plan fixera en particulier les zones d’action éventuelles de la défense face au nord et face à l’ouest, les forces britanniques et françaises affectées à chaque zone d’action, la mission générale de ces forces, le commandement de chaque zone d’action, la désignation et la mission des réserves ». Il tient à ce que le plan de stationnement des troupes alliées soit établi en commun sans plus tarder. Pour mieux préciser : « Le maintien de l’ordre incombant au commandement français, le plan de stationnement tiendra compte de la nécessité pour le commandement français, d’avoir des troupes sur tout l’ensemble du territoire pour le maintien de l’ordre. Tout changement important au plan du stationnement se fera par entente entre les deux commandements. Le terme changement important vise une unité au moins égale à un bataillon d’infanterie, une batterie d’artillerie, une compagnie de chars, une compagnie du génie, un groupe d’escadrons de cavalerie, un établissement de services ».

    Pour ce qui est de l’état de siège ou l’état de siège renforcé sur tout ou partie du Liban et de la Syrie, seule le délégué général de la France est habilité pour en prendre la décision. Pour fixer les idées sur la mise en place d’un plan de défense du Levant de Gaulle tient à ce qu’on prenne en compte les troupes françaises une fois terminées les opérations de ralliement des unités aux ordres de Vichy. Il estime les éléments de manoeuvre à deux divisions d’infanterie comprenant chacune au minimum, un groupe de reconnaissance, six bataillons d’infanterie, deux batteries d’artillerie, une compagnie de transmissions, deux compagnies de transport ainsi qu’un bataillon de chars, des unités spéciales du génie et du train. Pour ce qui est des éléments de garnison, il désigne les troupes syriennes et libanaises qui forment onze bataillons d’infanterie et une vingtaine d’escadrons. Le 5 août, le général écrit son inquiétude : « L’opposition des points de vue des Français libres et des Britanniques au Levant risque d’avoir des suites graves ».

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    Union110729a - Marne
    HERMONVILLE : Le Moghrane de 1944, un char très demandé

    Le char Moghrane a été restauré par Daniel Pala et Ange Betka.
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  • Mais où était le char Moghrane les 13 et 14 juillet ? Il était parti pour la fête nationale à Neufchâtel-sur-Aisne.

    Ce char de la 3e Armée du général Patton, de la 2e DB du général Leclerc et du 12e Régiment de chasseurs d’Afrique, avait débarqué à Utah Beach le 1er août 1944.

    Laissé à l’état d’épave après avoir libéré la France, le char Moghrane a été a rendu à la vie par Daniel Pala, aidé de son ami Ange Betka.

    Daniel, collectionneur de véhicules militaires américains de la Seconde Guerre mondiale, est vice-président de l’association RADAR (Rassemblement axonais des amis de la Résistance), dont fait partie Ange.

    La prochaine sortie du char est prévue les 27 et 28 août à Mourmelon.

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    Union110728b - Marne
    REIMS : Quel avenir pour le musée du fort de la Pompelle ?

    La Ville n’est pas prête à laisser tomber le fort puisqu’elle continue, seule, à y faire des travaux de sauvegarde
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  • REIMS (Marne) Il a permis à la ville de Reims de ne pas être reprise par les Allemands. Torpillé par le Département qui ne lui donne plus de subvention, le fort de la Pompelle se cherche un avenir serein.

    AU 31 décembre 2011, le contrat d’affermage qui lie depuis 2005 la Ville de Reims à l’association de gestion du musée du fort de la Pompelle prendra fin. Compte tenu des difficultés de plus en plus grandes à équilibrer les comptes de ce musée qui ne reçoit plus de subvention départementale et qui vit grâce aux importantes perfusions de la Ville qui a même dû accorder deux rallonges de 40 000 € en deux ans, le président Alain Chauveau a décidé de jeter l’éponge à la fin de l’année. Il l’a fait savoir lors de l’assemblée générale de son association bien que la fréquentation du musée ait progressé en 2010. Il y a eu 12 797 entrées (727 de plus qu’en 2009) dont 8 177 payantes et 4 620 gratuites (dont 1 788 pour la journée des musées, la journée du patrimoine et le 11 Novembre). Ce sont 2 337 étrangers qui sont venus découvrir les collections du musée dont 27,3 % de Belges, 23,3 % d’Anglais, 9,9 % de Hollandais, 9,3 % d’Allemands et 6,9 % de Russes.

    Fort d’un budget d’un montant de 255 885 € en recettes dont 225 885 € alloués par la ville pour 30 000 € de recettes propres, l’association de gestion doit faire face à 206 000 € de dépenses de personnel (il compte cinq agents en CDi et 2 en intérim), 12 000 € d’électricité et de chauffage, 1 400 € pour la promotion etc.

    Six salariés

    Forcément, aujourd’hui, les bénévoles de l’association ne font plus de plan sur la comète. De son côté la Ville gamberge. Va-t-elle relancer un appel d’offres pour une gestion via une délégation de service public ou va-t-elle mettre en place une régie directe, c’est-à-dire municipaliser le musée. « Aucune décision n’a encore été prise », affirme Jacques Cohen, adjoint au tourisme. Une chose est sûre, c’est que la Ville ne veut pas laisser mourir ce musée. Pour preuve, les services municipaux continuent les travaux dans le fort. La galerie à l’entrée du fort a été restaurée et le trou dans la voûte a été colmaté. La voûte située devant le monument aux morts et donnant vers la cour intérieure et la caponnière est en réfection. Si la partie droite du musée est refaite, reste à restaurer la partie gauche où il y a les réserves. « Nous avons un plan de modernisation de ce musée », poursuit l’adjoint. « Mais nous ne pourrons mettre en scène ce fort pour y simuler la guerre que quand nous aurons pu dégager un budget. »

    Alain MOYAT


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    Classé monument historique en 1922

    À voir, 560 coiffes de l’armée impériale allemande
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  • Construit de 1880 à 1883 pour compléter la ceinture fortifiée de Reims, le fort de la Pompelle, conçu par le général Séré De Rivières, clef de voûte de la défense du secteur rémois, a tenu quatre ans de 1914 à 1918 malgré les bombardements et les assauts répétés des Allemands.

    Transformé en musée on peut y voir notamment l’évocation des garnisons de la Belle époque, des canons de 75, une salle consacrée à l’artillerie de tranchée : « Les Crapouillots », les souvenirs des corps expéditionnaires russes en Champagne, ceux de l’as de l’aviation de la chasse française ainsi qu’une collection de 560 coiffures de l’armée impériale allemande. Dans les réserves, il y a aussi une impressionnante collection de pipes de réservistes allemands, qui, malheureusement, ne peut pas encore être exposée.

    Le musée situé le long de la RN 44 (en direction de Châlons-en-Champagne) est ouvert de 11 à 18 heures du lundi au vendredi (sauf le mardi) et de 11 à 19 heures les samedis et dimanches.

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    Union110728a - Marne
    CHATELRAOULT : En souvenir d’un jeune aviateur anglais

    Lors de la cérémonie présidée par Hubert de La Hamayde.
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  • Âgé de 21 ans, le sergent anglais Leslie Richard Lutwyche est tombé pour la défense de la France, sur le territoire de la commune de Châtelraould-Saint-Louvent, dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944.

    Cet aviateur faisait partie de l’équipage qui est inhumé à Somsois, mais dont le corps avait été retrouvé sur le territoire de Châtelraould-Saint-Louvent.

    En souvenir, l’amicale du Maquis des Chênes de Margerie-Hancourt, présidée par Hubert de La Hamayde, s’est recueillie sur la tombe de l’aviateur allié, dans le cimetière de Châtelraould-Saint-Louvent, en présence du président du comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François Gérald Gaillet, des délégations des ACPG-CATM du canton de Saint-Remy-en-Bouzemont et de Sompuis, de l’UNC de Chavanges et de Droyes.

    Le maire René Hanot a demandé une minute de silence à la mémoire de nos soldats français tombés en Afghanistan.

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    Union110724a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Karl : le mortier monstrueux

    Le général Guderian : un fort caractère.
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  • Hitler est agité. Il marque son impatience alors qu’il a convié Goering, Keitel, Larrers, Bormann et le théoricien du régime Alfred Rosenberg pour leur exposer les objectifs du Reich dans les nouvelles régions occupées à l’Est. Alors qu’il débute sa présentation à son quartier général, son état-major s’inquiète. Il n’a eu aucun loisir de débattre des choix que le führer tient à imposer à ses collaborateurs. Hitler fixe un nouveau découpage territorial avec la constitution de quatre commissariats du Reich tandis que les provinces les plus riches de l’URSS seront directement annexées. Il cite alors la Crimée. Il désigne Alfred Rosenberg comme ministre des Territoires occupés de l’Est. La priorité est de réaliser au profit de l’Allemagne une exploitation de toutes leurs richesses mais aussi de les assainir c’est-à-dire de les purger de leurs forces d’opposition. En clair, il s’agit d’abord d’éliminer les communistes et très vite de déporter les juifs : « Il n’y a rien à attendre des bolcheviques et tout à craindre de la juiverie tentaculaire sur le monde des affaires » tonne le führer.

    Le 20 juillet 1941, Hitler est hilare lorsqu’il apprend que Staline est nommé commissaire du peuple à la Défense : « C’est le règne rouge de l’amateurisme » s’esclaffe-t-il. Il a encore l’occasion de se réjouir lorsqu’il apprend le 24 juillet que la garnison soviétique de Brest-Litovsk qui résiste depuis le 22 juin malgré des bombardements quotidiens s’est rendue. Pour obtenir ce renoncement, les Allemands emploient pour la première fois un nouveau modèle de mortier qui leur sert à pilonner les positions ennemies. Il s’agit du mortier Karl dont les projectiles de 615 mm pèsent près de deux tonnes ! Les nouvelles sont plutôt bonnes puisque le 27, les Allemands entrent dans Tallinn, la capitale de l’Estonie qui est située sur le golfe de Finlande. Les télégrammes mentionnent aussi que les forces soviétiques sont complètement encerclées à Smolensk mais une incertitude demeure sur la capacité à les ravitailler.

    L’armée Rouge dispose des puissants mortiers Katioucha que les nazis ont baptisé « orgues de Staline » avec lesquels elle réalise d’impressionnants tirs de barrage. Une fois Smolensk tombé, l’état-major souhaite que le 2e Panzergruppe de Guderian et la IIe armée abandonnent l’offensive contre Moscou et infléchissent leur marche vers le sud pour anéantir la Ve armée soviétique du général Potapov. Le moment sera opportun pour encercler Kiev et faire la jonction par une manœuvre en tenaille avec le 1er Panzergruppe de von Kleist. Guderian qui réitère son désaccord n’est pas suivi. Il persiste à dire que l’abandon dans l’immédiat de la conquête de Moscou est une erreur stratégique. Staline réveille ses soldats bien malmenés qui, malgré leur courage manquent souvent d’armement adapté, active les commissaires politiques qui font leur retour dans les régiments. Ce qui n’est guère apprécié par les commandants d’unité.

    Ils n’ont pas confiance dans ces hommes qu’ils considèrent comme des petits rapporteurs au service du Kremlin et dont les états de service militaire sont quelquefois inexistants.

    Lorsqu’ils martèlent qu’il faut sauver Leningrad et empêcher sa conquête, le discours martial n’est pas crédible. Les routes qui mènent vers la cité qu’Hitler tient par-dessus tout à soumettre ne sont plus défendues. Ceux qui en avaient la charge sont morts sur place pour interdire la progression des Allemands, mais les blindés nazis sont passés. En outre, la réduction de la poche de Smolensk s’amplifie. Hitler tient à ce qu’elle soit liquidée avant le 7 août. Il maintient aussi sa pression sur ses troupes alors qu’il ne peut pas leur reprocher leur audace conquérante.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Damas : de Gaulle exalte la patrie

    L’entrée solennelle dans Damas de Catroux et de Gaulle.
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  • Des soldats qui préfèrent rester fidèles à Vichy sont transférés en métropole.
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  • Les drapeaux de Vichy s’en vont.
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  • « La France avec nous ! ». Soucieux de rétablir la France dans l’authenticité de ses valeurs, le Général sollicite la mobilisation de tous pour y parvenir. Y compris en Syrie.

    Le 24 juillet 1941, les représentants du général de Gaulle et ceux du capitaine Lyttelton signent un arrangement qui fixe l’interprétation à donner par les autorités britanniques et les autorités françaises libres à la convention d’armistice du 14 juillet mettant fin aux hostilités au Levant. Cet accord est complété le 25 juillet par un arrangement complémentaire concernant la collaboration des autorités britanniques et françaises libres au Moyen-Orient. Ces documents donnent enfin satisfaction aux FFL en particulier sur la possibilité offerte aux soldats de Vichy de rallier la cause alliée. C’était jusqu’alors un point d’achoppement. Ce n’est pas une raison pour les gaullistes de baisser la garde.

    Dès le 27, de Gaulle écrit à Spears pour s’étonner que le corps australien dispose de formulaires à distribuer au gens de Vichy : « Je pense que vous jugerez comme moi, qu’il faut, une fois pour toutes, prendre un autre chemin que cette négligence perpétuelle de nos Alliés. J’ai désigné Larminat pour toutes ces affaires. Il lui faut voir Wilson et qu’on applique sans délai, dans leur esprit et dans leur lettre, les accords conclus avec le capitaine Lyttelton et moi ». En clair, il n’y a pas un instant à perdre et il n’est surtout plus question de tergiverser. Le Général le redit : « Les Français libres ont un intérêt prééminent dans ces affaires. Ils doivent participer d’une manière essentielle à l’application ». De Gaulle est poli et ajoute d’ailleurs une formule qui exprime sa proximité d’esprit : « Bien sincèrement à vous ».

    Recruter encore

    Le 27, il écrit aussi à René Cassin pour le prévenir du risque de représailles du gouvernement du Maréchal après l’échec du Levant. Craignant une attaque en Afrique française libre, il veut y envoyer sans tarder des troupes qui stationnent en Grande-Bretagne. Mais le War Office ne fait aucun effort pour précipiter leur départ aussi, agacé, le Général réclame à son juriste de faire les démarches nécessaires auprès de Winston Churchill et du ministère des Affaires étrangères pour sortir de cet imbroglio. Il ajoute : « Quand à la question du transport, vous ferez observer que nous procurons à l’effort commun un tonnage beaucoup plus important que celui que nous employons nous-mêmes ». De Gaulle, dont la campagne de recrutement au Levant est importante pour densifier ses troupes, le redit à tous ceux qui veulent bien l’entendre : « Nous convions à nous suivre tous les Français, toutes les Françaises. Nous n’avons de haine pour personne, excepté pour l’ennemi. Nous ne faisons pas de calcul, sauf celui d’être vainqueurs. Nous n’avons pas d’ambition, excepté celle de sauver la patrie ». Le 28 juillet, le Général adresse un télégramme depuis Beyrouth à Spears : « Je suis informé que la consultation des officiers et hommes de Vichy pour le choix de leur destination commencerait demain. Je ne puis croire qu’un tel manquement à nos accords puisse se produire et je vous prie de me renseigner d’urgence à ce sujet ». Autant dire que la méfiance perdure et que dans le clan des FFL on redoute des manœuvres douteuses des Anglais en faveur des troupes vaincues du général Dentz.

    Le brio de l’orateur

    Le même jour il communique à Damas au général Catroux tous les documents relatifs à la convention d’armistice et notamment le désintéressement politique complet de la Grande-Bretagne en Syrie et au Liban. Les principes de la collaboration militaire franco-britannique en Orient y sont rappelés. « Ces accords sont immédiatement exécutoires. Je vous prie en conséquence d’en notifier aux échelons subordonnés. Eventuellement, il me serait rendu compte sans délai de tout incident notable auquel la mise en vigueur des accords donnerait lieu avec le commandement britannique ». On relève une nouvelle fois l’inquiétude du Général qui craint une exécution imparfaite de l’accord bilatéral. Tout cela doit être calé avant son déplacement dans la capitale syrienne.

    Le 29 juillet 1941, il s’adresse aux Français de Damas. « Sur la route glorieuse qui mène à la libération de la France, cette réunion ici des bons Français et des bonnes Françaises que vous êtes est une preuve décisive du fait que l’âme de la France est indivisible. Nous le prouvons tous ici par notre présence car, quelles qu’aient été les différentes voies dans lesquelles nous avons pu être engagés par la catastrophe militaire de juin 1940 et aussi par les intrigues de l’ennemi, nous sentons bien que nous sommes tous ici les fils et les filles du même grand peuple, momentanément malheureux, mais résolu à recouvrer sa liberté et sa grandeur ».

    Il reprend aussi des passages de ce qu’il a déjà dit à Beyrouth. Cela a au moins le mérite de la cohérence et de la continuité mais il insiste sur le fait que le Reich pille le pays. « La France qui produit beaucoup plus que ce qui est nécessaire à sa vie est affamée. L’ennemi barre toutes les voies par lesquelles pourraient s’exprimer la France et la volonté d’une France dont le génie hier encore rayonnait sur le monde ».

    Le Général tient à ce qu’au Levant on comprenne que la France a un genou à terre mais qu’elle est désormais prête à se redresser et à porter des coups décisifs aux Allemands qui, par la multiplication des zones de guerre, vont s’épuiser. « La France couverte de sang, d’outrages, de larmes, notre Dame la France voit se dessiner à l’horizon la lumière de la délivrance. Le peuple français voit très bien que se dresse autour de l’ennemi un cercle de fer et de feux qui, une fois de plus, l’écrasera ».

    De Gaulle résume toutes les victoires où les FFL étaient présentes et prédit que les peuples asservis vivent leurs derniers mois de souffrances. Il précise : « C’est en voyant se dessiner toutes les données de la Victoire que nous nous renforçons nous-mêmes dans notre volonté de faire en sorte qu’à cette victoire la patrie participe, de faire en sorte que soient sauvegardés ici et partout les devoirs et tous les intérêts de la France. Oui la route est cruelle ; elle conduit parfois à des événements douloureux et je vous prie de croire que ce qui s’est passé ici durant ces dernières semaines n’a pas trouvé un cœur d’homme plus déchiré que celui de l’homme qui vous parle ».

    Le fait qu’on a pris pour cible les FFL est pour le général un geste insupportable. Des Français qui tirent sur d’autres Français, cela témoigne d’un pays fracturé. Il faut rassembler, cicatriser et surtout dominer son chagrin pour reprendre la marche vers le seul but qui compte : la libération de la France et de l’Europe du joug nazi. De Gaulle, qui sait aussi que sur les murs de l’Hexagone de plus en plus de graffitis témoignent de la résistance croissante du peuple à Vichy et à l’occupant, veut faire partager son optimisme.

    « Nous voulons grandir chaque jour en nombre, en force et en résolution. Voilà la route, la seule route qui mène à l’honneur et au devoir. Nous invitons à nous suivre tous les Français et toutes les Françaises, sans haine, sans ambition si ce n’est le salut de la patrie. » A Damas, de Gaulle conclut par cette expression : « La France avec nous ! ».


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    Une tribune gaulliste à Beyrouth

    De Gaulle salue des enfants sur son passage.
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  • Une carte de la région.
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  • Messages forts. Au Levant, le chef de la France libre n’a pas envie de faire de la figuration et il le signifie dans deux discours retentissants.

    Le Général s’adresse d’abord aux Libanais le 27 juillet 1941. Il choisit la franchise et le langage direct pour exprimer les préoccupations de la France libre et prendre ses distances d’une position britannique qu’il juge trop timide à l’égard de Vichy et de ses représentants. Il tient d’abord à exprimer une solidarité exemplaire à l’égard du Liban qui procède de liens ancestraux et privilégiés : « Les Libanais, libres et fiers ont été le seul peuple dans l’histoire du monde qui, à travers les siècles, quels qu’aient été les péripéties, les malheurs, les bonheurs, les destins, le seul peuple dont, jamais, aucun jour, le cœur n’a cessé de battre au rythme du cœur de la France ». Cette célébration d’une amitié particulière est propice à conforter des relations privilégiées.

    Les changements qui viennent d’être opérés avec la défaite militaire des forces maréchalistes ne doivent pas obérer la fraternité d’âme avec la vraie France : « Ce sont ces événements qui constituent, à mon avis, la base la plus solide, la plus réelle et l’édifice de nos relations avec vous. La première chose que je veux vous dire à ce sujet, dans une assemblée qui comporte tant d’hommes au courant des choses politiques -je crois d’ailleurs que c’est le cas de tous les Libanais -je puis vous dire que notre présence parmi vous comporte d’abord une obligation. Une obligation de notre part » proclame le Général. Avant d’ajouter un élément essentiel qui constitue une information politique de première importance. « Nous considérons qu’il est équitable et qu’il est utile d’établir la souveraineté et l’indépendance réelle de l’Etat du Liban, non seulement pour le Liban lui-même, qui trouvera dans cette indépendance et dans cette souveraineté, les meilleures conditions de son développement national, mais, pour la France elle-même qui, dans ce régime nouveau aura, j’en suis convaincu, les meilleures garanties possibles de ses intérêts séculaires et présents sur votre sol. » De Gaulle s’affiche en chef politique capable de prendre avec solennité des engagements qui intéressent l’avenir du Liban.

    Bâtisseur d’espoir

    Il se veut comme un passeur d’espoir. Pour autant, il ne cache pas la complexité du conflit armé qui perturbe chaque mois un peu plus la vie du monde. Comment dans ce contexte assurer les meilleures garanties possibles des intérêts régionaux sans exclure le rôle bienveillant des grandes puissances ? Le général ne dissimule rien : « Messieurs, nous faisons la guerre, et cette guerre, c’est trop banal de le dire n’est pas une guerre ordinaire, une de ces guerres où l’on combat pour un agrandissement territorial ou pour une indemnité. C’est une guerre mondiale. C’est une guerre morale ».

    Il reprend le socle de son engagement du 18 juin 1940 pour remettre en perspective les enjeux du conflit : « C’est une guerre mondiale, en ce sens qu’elle s’étend sur de tels espaces qu’aucun peuple et même qu’aucun homme n’existe qui ne soit directement intéressé, et qui ne puisse, d’un jour à l’autre, être immédiatement menacé. C’est une guerre mondiale par conséquent, car elle n’a pas d’autre limite, tout au moins elle n’en aura pas d’autre, que celle de notre terre. Et le Liban le sait bien, lui qui vient d’éprouver sur son sol les conséquences d’un drame affreux, où il a vu des destructions et des pertes. Et le Liban le sait bien, lui qui connaît sa situation et qui voit que cette situation même peut le rendre exposé d’un moment à l’autre ».

    De Gaulle envisage un autre aspect du conflit qui est moins privilégié même s’il est présent dans les commentaires formulés au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français ». « C’est une guerre morale car tour le monde le sait, ce sont des passions idéologiques qui animent cette guerre-là et dressent les combattants les uns contre les autres. Si l’on voulait simplifier on pourrait dire que c’est la liberté qui se bat contre la tyrannie. Mais la liberté et la tyrannie en sont venues à ce point qu’il n’est plus possible qu’elles composent ensemble. Il n’y a personne qui ne doute qu’il faudra que l’un de deux adversaires succombe totalement. Et le Liban, qui depuis si longtemps, a mesuré quel était le prix magnifique de la liberté, le Liban on le sait bien avec son cœur, dans quel camp il se trouve ». Cette présentation est destinée à garantir aux Libanais que la présence des FFL signifie que la vraie France continuera à défendre auprès de ses amis la liberté.

    De Gaulle précise avec diplomatie : « Si pour des raisons stratégiques les armées de nos braves Alliés britanniques sont entrées ici avec nous, c’est pour nous aider à remplir notre tâche militaire comme nous les aidons et les aiderons sur d’autres territoires, à remplir la leur ».

    Rassurant, le Général qui reconnaît le désastre de la campagne de 1940 assure que le redressement est en cours et qu’envisager la victoire n’est plus une utopie mais procède d’un réalisme de combat. Il est donc nécessaire de développer la solidarité et de toujours mieux s’impliquer pour contraindre l’ennemi à reculer : « Je vous en prends à témoin, nous commençons à voir se dessiner à l’horizon toutes les données de la Victoire. Je vous dis pour conclure, en toute simplicité et en toute franchise, que ma conviction est celle-ci : lorsque le soleil de la paix aura recommencé à briller sur le monde, le Liban et la France, après avoir traversé ensemble toutes les épreuves qu’ils traversent, seront comme des amis qui ont souffert côte à côte et la main dans la main, des amis dont, par conséquent, l’amitié sera scellée par des liens indestructibles ».

    Contre la tyrannie

    Au discours aux Libanais, s’ajoute toujours le 27 juillet un discours à l’adresse des Français. De Gaulle entame son propos par une note optimiste : « Dans les heures cruelles que nous traversons, il n’y a rien qui puisse être plus réconfortant n’est-ce pas ? que cette réunion de tant de bons Français, de tant de bonnes Françaises, rassemblés pour le seul motif de participer ensemble à la même émotion nationale. Nous savons, nous sentons tous ici, tant que nous sommes, en ce moment même que la France est une et indivisible dans son âme ». Ce qui donne la pêche, c’est la possibilité de chasser l’ennemi au terme de sacrifices pour le drapeau, pour la nation, pour la France. Le général dope son auditoire : « L’ennemi est à Paris, à Bordeaux, à Lille, à Reims, à Strasbourg. L’ennemi s’est emparé de toutes les voies par quoi peuvent s’exprimer la pensée et la volonté de la France. L’ennemi occupe avec son implacable tyrannie les deux tiers de nos terres. Il étend vers le reste les tentacules de la servitude. Mais après une année désespérée, l’espérance réapparaît ». De Gaulle dit sa confiance dans la Grande-Bretagne mieux armée pour résister et combattre l’Allemagne. Il assure aussi que les Etats-Unis n’ont pas l’intention de subir les caprices de Berlin et qu’ils aident ceux qui se battent pour recouvrer leurs libertés.

    Il insiste sur l’engagement des FFL dans la reconquête : « A Kub Kub, à Keren, à Massoua, à Koufra, à Mourzouk, la gloire a recommencé de caresser nos drapeaux et sur toutes les mers, dans tous les ciels, la force française s’est reprise à se déployer ; dans l’Europe momentanément asservie, et surtout en France, l’âme des nations demeure vivante et tendue vers un seul but qui est la libération ». Le chemin sera dur mais de Gaulle l’assure : les Alliés vaincront.

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    Union110723b - Marne
    BEINE-NAUROY : Il a reçu la médaille d’argent d’honneur communale : Jean-Luc Renondeau récompensé

    Jean-Luc Renondeau a été récompensé pour ses 20 ans de présence en tant qu’élu.
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  • Lors des dernières cérémonies, Jean-Luc Renondeau, 1er adjoint au maire de Beine-Nauroy, s’est vu remettre la médaille d’argent d’honneur communale pour ses 20 ans de présence en tant qu’élu.

    Il a intégré le conseil municipal en 1983.

    Après un bref arrêt, il a resigné en mars 2008 pour le mandant 2008-2014.

    En présence d’Alphonse Schwein, conseiller général, le maire Francis Floquet a salué les diverses actions de son 1er adjoint.

    Il a également mis à l’honneur l’épouse de Jean-Luc Renondeau, pour son soutien et sa présence à ses côtés.

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    Union110723a - Marne
    MONDEMENT : Martine Poggi, 12 ans avec une pharaonne

    Martine Poggi garde précieusement les livres dédicacés par Mme Desroches-Noblecourt.
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  • SEZANNE (Marne). Habitante de Queudes, Martine Poggi a été durant douze ans la dame de compagnie et la confidente de l’égyptologue Christiane Desroches Noblecourt.

    MARTINE POGGI est fière d’avoir été durant plus d’une décennie la dame de compagnie d’une sommité mondiale, Christiane Desroches-Noblecourt. Cette pionnière de l’égyptologie, grande résistante, nous a quittés fin juin. Et le souvenir de cette grande dame n’est pas près de s’éteindre dans la mémoire de Martine Poggi.

    « Simple et respectueuse »

    « C’est quelqu’un que je n’oublie pas, qui m’a apporté beaucoup de choses, j’ai tant appris avec elle », souligne avec une pointe d’émotion cette femme coquette, qui conserve précieusement dans sa maison de Queudes les livres dédicacés par la main de celle que l’on surnommait parfois « la pharaonne » ou « la dame du Nil ».

    La rencontre de ces deux femmes que presque tout oppose se fait par hasard, en 1998, par le biais de l’ANPE. « Mme Desroches recherchait quelqu’un pour faire la cuisine, le ménage, quand elle venait le week-end et les vacances, à Mondement », raconte Martine Poggi, qui à l’époque ne connaît rien de la vie de la grande dame. Puis Mme Desroches-Noblecourt s’installe à l’année au château familial.

    « Je venais tous les après-midi pour faire la cuisine, le ménage, mais aussi pour la promenade, lire les journaux, des livres d’histoire et parler. »

    Martine Poggi commence à comprendre pour qui elle travaille. « Une femme qui est toujours restée simple, respectueuse, qui adorait les fleurs et la cuisine, se souvient Martine Poggi, et à qui j’ai posé beaucoup de questions. Elle appréciait qu’on s’intéresse à ce qu’elle faisait, elle a toujours aimé enseigner. »

    A Mondement, c’est le défilé des éditeurs, chercheurs, journalistes. D’aide-ménagère, Martine Poggi devient au fil des ans, la dame de compagnie, l’assistante, la secrétaire et aussi la confidente. Entre l’égyptologue parisienne et l’aide-ménagère de Queudes, le courant passe.

    Au ministère

    Dorénavant incontournable, Martine Poggi prend les rendez-vous, donne son avis sur les nombreuses sollicitations que reçoit la dame, sur sa garde-robe, ou la couverture d’un livre. « C’était une femme qui avait un fort caractère, qui savait ce qu’elle voulait. » Martine Poggi est une des rares qui ait pu amadouer celle qui avait dirigé des milliers d’ouvrier sur les chantiers de fouilles.

    La dame de compagnie est au ministère de la Culture quand Christiane Desroches-Noblecourt reçoit la Grand-Croix de la Légion d’honneur. Elle est à ses côtés à l’Unesco à Paris, lorsque le film qui lui a été consacré y est diffusé.

    Aujourd’hui Martine Poggi garde l’image, « d’une grande dame qui avait du respect pour ceux, comme moi, issus d’une famille de Français moyens, et moi j’avais du respect pour elle. Elle me disait qu’elle me considérait comme sa fille. » Martine Poggi n’en dira pas plus, par pudeur. Et peut-être aussi, parce que, « Madame Desroches n’aimait pas qu’on parle pour ne rien dire ».

    Guillaume TALLON

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    Union110722b - Marne
    NORROIS : Méchoui et feu d’artifice : Le délice des agneaux

    Des habitants heureux de ce rassemblement annuel.
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  • Le samedi 9 juillet, les habitants de Norrois se sont rassemblés autour des agneaux cuits à la broche pour célébrer ensemble la fête nationale avec quelques jours d’avance.

    Près d’une centaine de personnes de Norrois et leurs invités ont participé à cette journée champêtre organisée par la commune.

    Sous la houlette du maire Jackie Sanlis, les membres du conseil municipal, des bénévoles des associations Joie de Vivre, de l’Amicale des anciens sapeurs-pompiers ainsi que quelques autres, ont œuvré à la réussite de cette journée.

    L’après-midi, une dizaine de stands animés ont permis de se divertir.

    La soirée fut clôturée par un superbe feu d’artifice tiré par des jeunes artificiers du village depuis les bords de Marne.

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    Union110722a - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Ils ont résisté

     

     

    Ce lundi à 17 h 45, une délégation du Maquis des chênes accompagnée de drapeaux a rendu hommage aux cinq aviateurs morts pour libérer notre pays.

    La doyenne du Maquis était présente à cette cérémonie. Mme Valton a salué la délégation.

     

     

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    Union110721b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Amicale laïque de Vertus : Une randonnée historique

    Le groupe a particulièrement apprécié la balade.
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  • Certains membres de l’Amicale laïque de Vertus connaissaient l’Argonne pour y être déjà venu, mais ne connaissaient pas l’histoire de la guerre 14/18. C’est maintenant chose faite.

    Le groupe a commencé par emprunter un chemin de randonnée pédestre balisé.

    Au cours du circuit, les participants ont découvert ce qu’avait été la guerre dans le secteur de Vienne-le-Château et la signification des différents monuments présents dans ce secteur : cimetière militaire, stèles de Bernard Citroën et de Marcel Karcker, le Kaiserlager, le Feste Kronprinz.

    Ils ont aussi pu découvrir le front de la Gruerie.

    Après avoir parcouru six kilomètres, le groupe est enfin arrivé sur le site de la vallée Moreau.

    Puis les randonneurs ont repris la route, parcourant ainsi sept autres kilomètres cette fois en forêt puis en longeant les étangs de la Houyette avant de revenir au point de départ, c’est-à-dire à Vienne-le-Château.

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    Union110721a - Marne
    FAVEROLLES-ET-COEMY : La tombe d’un poilu sauvée de l’oubli

    Grâce au travail des bénévoles, le soldat de la Grande Guerre a retrouvé une sépulture digne de ce nom.
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    Comme prévu, les membres de la section de la vallée de I’Ardre de l’UNC (union nationale des combattants), anciens combattants d’AFN et soldat de France, ont rénové une tombe d’un soldat de la Grande Guerre.

    Cette tombe, située dans le cimetière, oubliée par les hommes et par le temps, a retrouvé les honneurs grâce au travail d’une poignée de volontaires.

     

     

     

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    Union110720t - Marne
    BAZANCOURT : A l’occasion de la cérémonie du 14 Juillet : Gisèle Chazot à l’honneur

    Gisèle Chazot a reçu la médaille d’honneur de la commune, des livres et des fleurs.
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  • Cette année, la célébration du 14 juillet a été l’occasion de fêter le centième anniversaire de Gisèle Chazot née Meunier.

    Le maire, Yannick Kerharo, a souligné la valeur d’exemple, de ténacité, l’expérience, la connaissance de celle qui a traversé un siècle de notre histoire. Gisèle Chazot est très connue dans le village pour sa gentillesse et le sourire qu’elle affiche toujours. C’est une figure historique liée à ce qu’il convenait d’appeler l’entreprise Bauche, aujourd’hui Gunnebo.

    En effet, Mme Chazot est née en juin 1911 à Bazancourt, son père travaillait chez Bauche, a quitté une première fois le village avec ses parents pour aller dans la Sarthe où l’entreprise Bauche s’était installée à la suite de la destruction du site marnais pendant la Première Guerre mondiale. De retour en 1923, titulaire d’un certificat d’études, et après avoir reçu une formation administrative, elle entra dans les bureaux chez Bauche.

    Le 16 août 1930, elle épouse René Chazot, technicien chez Bauche. En 1931, départ en famille à Montpellier où elle restera 6 ans, travaillant au côté de son mari à la tenue de l’agence Bauche montpelliéraine. Trois enfants sont nés : Guy, Nicole et Jean. Aujourd’hui ses trois petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants l’entourent de toute leur affection.

    Mme Chazot s’est également beaucoup investie dans la commune, elle est à l’initiative de la naissance du « club Joie de vivre », longtemps présidente du club, aujourd’hui plus connu sous l’appellation Atlas. Elle est à l’initiative de l’exposition-vente des travaux de « petites mains » chaque année en novembre.

    Le maire lui a remis la médaille d’honneur du village, des livres et fleurs. Emue, Mme Chazot, toujours pleine de vitalité a déclaré :

    « Je ne pensais pas vivre si vieille, bien vieillir est une épreuve, c’est en continuant à apprendre que l’on s’adapte, que l’on accepte ».

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    Union110720s - Marne
    BLESME

     

    Les villages de Blesme et de Saint-Lumier-la-Populeuse ainsi que leurs associations se sont unis pour la fête du 14 Juillet qui a eu lieu place de la salle des fêtes à Blesme.

    Au menu du jour : un repas offert aux habitants, des jeux pour petits et grands avec des récompenses aux vainqueurs, un goûter préparé par les familles et un vin d’honneur pour clôturer cette sympathique manifestation.

    La prochaine date à retenir pour les communes sera fin août avec la fête patronale et la brocante.

     

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    Union110720r - Marne
    BRANDONVILLERS

     

    Jeudi à I2 h30, le maire et le conseil municipal ont reçu les habitants de la commune pour le repas gratuit du 14 Juillet.

    Ce fut une après-midi réussie ou la population a pu dialoguer en toute convivialité.

     

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    Union110720q - Marne
    CHARLEVILLE : Pour leur entrée : Un dico en cadeau

    Les enfants, ravis de leur présent.
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    En milieu d’après-midi, lors de la fête nationale, Thierry Lebon, maire de Charleville, a appelé les enfants qui se rendront à la rentrée prochaine au collège pour leur offrir, au nom de la commune, un superbe dictionnaire.

    Les futurs 6e pourront ainsi rechercher l’orthographe des mots de notre belle langue française lorsque le besoin s’en fera sentir.

     

     

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    Union110720p - Marne
    CONDE-SUR-MARNE : Le temps du souvenir

    Emotion aux côtés des aviateurs anglais et des Belges de Gellik.
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  • Après le défilé aux lampions, le feu d’artifice et le bal, est venu jeudi le temps du souvenir. Elus, pompiers, fanfare « La Cécilienne », militaires et habitants se sont retrouvés devant la mairie pour un défilé jusqu’au monument aux morts.

    Se sont joints à eux, comme chaque année, des Belges de Gellik, la « Blenheim Society » et des aviateurs anglais du squadron XV de la RAF qui occupa le terrain d’aviation de Condé-Vraux fin 39.

    Des dépôts de gerbes ont eu lieu au monument puis sur la tombe du Sergent Dean, mort à 20 ans avec 5 autres équipiers, dont l’avion a été abattu entre Vraux et Aigny en 1943.

    La fanfare a ensuite interprété plusieurs morceaux sous la halle avant que tout le monde se dirige vers la salle des fêtes où, après les discours, le verre de l’amitié a été partagé.

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    Union110720o - Marne
    HAUSSIGNÉMONT - DOMPREMY : I4 Juillet : Deux jours de festivités

    Qui sera le plus rapide pour attraper la pomme dans l’eau ?
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  • Depuis de nombreuses années maintenant, les villages d’Haussignémont et de Dompremy se regroupent pour les festivités de la fête nationale et cette fois encore, les habitants ont participé le 13 au soir à la retraite aux flambeaux, au feu d’artifice qui a été tiré place de la Gare à Haussignémont et au bal, tandis que le lendemain chacun s’est retrouvé à Dompremy pour le traditionnel repas qui a réuni plus de 260 personnes.

    L’après-midi s’est poursuivie par des jeux pour les petits comme pour les grands et c’est en fin de soirée que chacun est reparti après avoir profité pleinement de cette sympathique manifestation.

    Une belle réussite qui a demandé beaucoup de travail et d’organisation pour les bénévoles de ces deux communes.

    La prochaine manifestation prévue sera la brocante vide-greniers le 11 septembre dans les rues d’Haussignémont.

    Il est déjà possible de réserver son emplacement en téléphonant au président du comité des fêtes au 06.18.96.91.06.

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    Union110720n - Marne
    LE GAULT-SOIGNY : Bien équipés pour le collège

    Les larges sourires en disent long…
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    Les enfants du cours moyen deuxième année de l’école élémentaire de Le Gault-Soigny qui quittent le primaire pour entrer en 6e ont reçu un bon pour un dictionnaire à retirer dans une librairie, des mains de Daniel Jacquier, premier magistrat.

    Jean-Luc Brocard, leur enseignant, n’a pas manqué de les féliciter tout en leur souhaitant de réussir brillamment au collège.

     

     

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    Union110720m - Marne
    LES RIVIERES-HENRUEL : Animations : Un jeu de piste pour redécouvrir le village

    Une marche de 3 kilomètres attendait les chasseurs de trésors.
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  • Les conseillers municipaux et les jeunes de La Jouvence ont unis leurs efforts pour donner du relief aux festivités du 14 Juillet.

    Parmi tous les jeux proposés, le concours de pétanque et la chasse aux trésors ont été appréciés.

    Le jeu de piste a enrôlé une trentaine de participants dans une traversée du village originale et attractive. Découverte de la commune, de la nature, du patrimoine et rencontre avec les habitants ont agrémenté cette promenade. Il a fallu notamment emprunter un mètre-ruban à une couturière pour mesurer le tronc d’un marronnier centenaire.

    A leur retour, randonneurs et boulistes ont levé le verre de l’amitié.

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    Union110720l - Marne
    MERFY : Inauguration : Une rue au nom du docteur Jacques de Montrémy

    Les arrière-petits-enfants du Docteur Jacques de Montrémy découvrent la plaque
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  • A la suite de la commémoration du 14 Juillet avec la fanfare du Massif et l’hommage rendu aux cinq soldats français tués lors d’un attentat en Afghanistan, la rue du Docteur-De-Montrémy, fondateur de la maison de santé, fut inaugurée en présence de sa famille et de nombreuses personnes y ayant travaillé.

    C’est pendant sa captivité qui a duré 5 ans, (il fut libéré le 14 juillet 1945, il y a tout juste 66 ans), que Jacques de Montrémy découvrit sa vocation et son envie de venir en aide à son prochain et entreprit des études de médecine psychiatrique à Paris.

    Il arriva à Merfy en 1953 dans une maison familiale pour y fonder la maison de santé qu’il dirigea pendant plus de 48 ans.

    C’est pour honorer sa mémoire que la plaque, fixée au mur de « Sa » maison de santé fut découverte par ses arrière-petits-enfants.

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    Union110720k - Marne
    NEUVY : Pour récompenser les travailleurs : Dictionnaires et places de cinéma

    Les jeunes apprécient le geste.
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    Les enfants de Neuvy se rendant au collège en septembre prochain ont reçu des mains d’André Sarazin, maire de la commune, un dictionnaire qui sera fort utile en sixième.

    Quant au détenteur du brevet des collèges, il s’est vu offrir des places de cinéma qui vont pouvoir lui servir dès maintenant, en ces temps malheureusement pluvieux.

     

     

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    Union110720j - Marne
    SAINT-HILAIRE-JONCHERY : Unies pour faire la fête

    Un moment de rire avec Thaz.
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    La collaboration entre Saint-Hilaire et Jonchery se poursuit. A l’occasion de la fête nationale, les élus ont proposé à la population d’assister à un spectacle humoristique.

    L’opération a reçu un chaleureux accueil puisque plus d’une centaine de spectateurs a pu découvrir la jeune comique qui monte : Thaz.

    Par ailleurs, les jeux et la retraite aux flambeaux et le feu d’artifice ont réuni les habitants des deux villages.

     

     

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    Union110720i - Marne
    SAINT-PIERRE : Des citoyens dévoués

    Les médaillés.
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    Dans le cadre de la fête nationale, le maire Michel Viard a convié à la mairie le conseil municipal et le corps des sapeurs-pompiers représenté par son chef le caporal Christophe Ussaï pour une remise de médailles.

    Le maire a retracé dans son allocution les mérites des récipiendaires pour les services rendus à la collectivité.

    Daniel Collard a remis respectivement la médaille de vermeil à Yves Perrein 2e adjoint, la médaille d’argent à Antoinette Varnier 1re adjoint et Philippe Jacquinet conseiller municipal ; le sapeur Sébastien Séjourné a reçu la médaille d’argent des mains de Christophe Ussaï.

    Le verre de l’amitié a clôturé cette sympathique cérémonie.

     

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    Union110720h - Marne
    SOUDRON : Dévouement et compétences récompensés : Une pluie de médailles

    Les récipiendaires et leurs conjoints entourés de Charles de Courson et Daniel Collard.
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  • C’est en présence de nombreux élus et des habitants de Soudron que, le maire, Jean-Jacques Weber a récompensé la compétence et le dévouement de deux pompiers : Patrick Boucquemont et Gérard Moreaux qui ont reçu la médaille d’honneur échelon argent des sapeurs-pompiers pour 20 années de service. Patrick est le caporal-chef du CPI de la commune et Gérard, le mécanicien de la compagnie.

    Puis trois médailles « Régionale - Départementale - Communale » furent remises au cours de cette sympathique cérémonie.

    L’une, échelon or, à Jeanine Petit pour quarante années comme secrétaire de mairie. En effet, Jeanine est arrivée à Soudron en 1971 ; elle a travaillé avec 4 maires et fut présente à toutes les séances du conseil municipal, soit au total 343 réunions. En 1996, elle assuma avec assiduité le passage à l’informatique, améliorant ainsi la qualité du travail et le service rendu à la population.

    C’est une médaille échelon argent qui fut remise à Jean-Pierre Prévost, adjoint au maire. Il fut élu en mars 1989 au sein du conseil municipal ; en tant qu’adjoint au maire, il est délégué au service et à la distribution de l’eau.

    Puis Alain Fleuriet, premier adjoint au maire a retracé et remercié le parcours de Jean-Jacques Weber élu au conseil municipal en 1971, puis adjoint en 1977 et maire depuis 1992. Pour ces 40 années consacrées à sa commune, il a reçu la médaille échelon or.

    A l’issue de cette sympathique cérémonie, un vin d’honneur fut offert à la population, suivi d’un copieux buffet-barbecue et d’un feu d’artifice réalisé par les pompiers.

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    Union110720g - Marne
    VAVRAY-LE-PETIT

    En présence de la population de Vavray-le-Petit et profitant de la fête nationale, le député Charles de Courson a remis à Xavier Gérard, 44 ans, une médaille du mérite pour 21 années passées au conseil municipal de la commune.

    Agriculteur et viticulteur, fils de Josette Lambert et de Georges Gérard, maire de Vavray-le Petit, il est marié à Delphine Lequeux depuis 1989.

    Père de 3 enfants, il est aujourd’hui domicilié à Bassu avec sa petite famille.

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    Union110720f - Marne
    VERZY : De l’or pour M. Leblanc

    Albert est très apprécié, toujours prêt à rendre service.
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    C’est à l’occasion de la célébration du 14 Juillet, qu’Albert Leblanc s’est vu remettre la médaille d’or du travail pour ses 31 années passées au service communal et son dévouement auprès de la commune de Verzy.

    Guy Flamant, 1er adjoint, a retracé a cette occasion le parcours du récipiendaire : c’est au début des années 80 que M. Leblanc a intégré la commune à la demande de Pierre Lallement, maire de cette période, pour prendre en charge la station d’épuration.

    Puis à la suite de la reprise de la compétence des eaux de la station par la communauté de communes, il fut intégré au service technique communal.

    Il est actuellement agent technique 1re classe.

     

     

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    Union110720e - Marne
    JANVRY : Paul Delagarde n’est plus

    Avec le décès de Paul Delagarde, le village de Janvry vient de perdre un habitant « qui laissera un grand vide », selon les termes du maire Jean-Claude Conreau.

    Le défunt, né en 1934, avait longtemps siégé au conseil municipal, comme conseiller et adjoint au maire, de 1965 à 1995.

    Agri-viticulteur de profession, il avait aussi été responsable de la vinification au sein de la coopérative viticole.

    Il avait reçu le bâton de la confrérie Saint-Vincent en 1987.

    « C’était aussi un des derniers de la guerre d’Algérie, ajoute le maire, puisqu’il avait été envoyé là-bas après son service militaire normal en Allemagne. »

    Les obsèques de M. Delagarde auront lieu ce mercredi 20 juillet à 15 heures en l’église du village. A sa famille et à tous ceux que son décès met dans la peine l’Union présente ses condoléances.

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    Union110720d - Marne
    COMMENTAIRES : Drôles de guerres et drôles d’élites

    Hier matin, le président Sarkozy a fait chevaliers de la Légion d’honneur, à titre posthume, sept soldats français tombés en Afghanistan. Une cérémonie en sept stations douloureuses sous un ciel plombé et une pluie battante. Une cérémonie vécue dans le recueillement par la majorité des Français, en empathie avec les parents et proches des militaires défunts. Un rite républicain qui entre en résonance avec le souvenir des années sombres, lors desquelles tant de familles pleuraient un mari, un père, un frère disparu, mort au combat. Sans donner dans la niaiserie bien pensante, la mémoire d’une nation et d’un peuple s’enracine dans cette anamnèse qui ne doit rien au nationalisme, mais se fonde dans la compassion, la compréhension d’une douleur partagée, le prix de notre commune liberté.

    Et si les polémiques se sont tues pour l’occasion, l’écho de celles d’hier vibre encore. Tout particulièrement la sortie d’Eva Joly, le 14 juillet dernier, qui se pinçait le nez devant le défilé militaire, le jugeait dépassé, malvenu, malséant, inutilement belliqueux, semblable aux parades de « la Russie, la Chine, la Corée du Nord »… Des propos tenus au lendemain de la mort de cinq des militaires honorés hier par la nation… Des propos de fait déplacés et indécents. Tout comme paraissent aujourd’hui décalés les honneurs servis à une foule de gens qui ne les méritaient pas tous vraiment, ce même 14 juillet. Que valent les décorations d’un Hervé Bourges, commandeur de la légion d’honneur après avoir été un grand ami des réseaux de porteurs de valise du FLN, un ami si proche des assassins du FLN qu’il a émigré en Algérie quand les « pieds-noirs » n’avaient que le choix entre la valise et le cercueil. Un ami à ce point converti aux thèses du FLN qu’il acquit la nationalité algérienne en août 1963 et fut un proche collaborateur - joli nom - de Ben Bella et de Boumediene, dont les mains étaient encore rouges du sang des Français, pieds-noirs, appelés du contingent, harkis, massacrés par le FLN. Ce Hervé Bourges-là, bardé d’honneurs et de décorations, a été grâce à François Mitterrand, président du très indépendant CSA, et des deux chaînes publiques de télévision française, Antenne 2 et FR3, avant de devenir PDG de TF1…

    Il est aujourd’hui président du comité permanent de la diversité de France Télévisions et fait la morale à tout l’audiovisuel public du haut de sa haute et vertueuse qualification. À ce qu’il paraît, l’ordre de la Légion d’honneur est « une institution ouverte et représentative de l’élite vivante d’un pays moderne ». Vues d’Afghanistan et sous le feu des talibans, il est des élites qui éveillent sans doute de drôles de souvenirs.

    Philippe Le Claire

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    Union110720c - Marne
    HERMONVILLE : Histoire : Un monument pour ne pas oublier

    Le monument aux morts de la commune a été inauguré le 27 juillet 1924.
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  • A Hermonville, en 1923, dans la période de l’après-guerre et de la reconstruction, la décision d’ériger un monument aux morts place Truchon a été prise par délibération du conseil municipal.

    Ce projet a pu aboutir grâce aux efforts conjugués de Victor Goret, ancien combattant, de M. Joncquet, maire de la commune, et des conseillers municipaux.

    Le monument a été inauguré le 27 juillet 1924, il y a 87 ans, lors d’une cérémonie grandiose présidée par M. Jacquy, député de la Marne. Des arcs de triomphe, des drapeaux, des fleurs décoraient le village. Des discours, prononcés par les nombreuses personnalités, à la gloire des 47 combattants tombés au champ d’honneur et des 12 victimes civiles, ont été écoutés par la foule dans un silence recueilli.

    L’instituteur, M. Sarrazin, a évoqué la mémoire des disparus qui furent tous ses élèves. L’espace autour du monument est consacré à l’hommage de la Nation envers ses défenseurs. Il est aussi le reflet de la grande souffrance vécue par la population.

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    Union110720b - Marne
    REIMS : Anciens combattants de La Neuvillette : Journée champêtre

    Comme chaque année, sur invitation du président Jean Ledoux et du vice-président Jean Deligny, le comité des anciens combattants de La Neuvillette s’est réuni pour une journée champêtre.

    Cette réunion avait pour but, non seulement de se détendre, mais aussi de faire le point sur les activités de l’association et d’évoquer les projets pour les mois à venir.

    Le 11 septembre, une sortie à Paris avec croisière sur la Seine et dîner-spectacle dans un cabaret célèbre est prévue puis le 27 novembre le déjeuner dansant de l’armistice, salle des Châtillons.

    Début 2012, le traditionnel Bal à Papa, le 5 février, puis l’assemblée générale au centre des congrès le 18 mars.

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    Union110720a - Marne
    REIMS : Honneurs tricolores pour Geneviève Tavernier

    Le cercueil drapé de tricolore, du au passé de résistante et de déportée de Genviève Tavernier
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  • Sa vie avait constitué comme un trait d’union entre les deux guerres mondiales : Geneviève Tavernier avait vu le jour 3 semaines avant l’armistice du 11 novembre 1918, et plus tard, lors du second conflit, avait œuvré dans un réseau de résistance à Reims avant d’être dénoncée et déportée (lire aussi notre édition d’hier).

    Ses obsèques ont eu lieu hier en l’église Saint-Jacques. Ce fut l’occasion de lui rendre les honneurs tricolores ; tricolores comme le drap ornant son cercueil, en raison de son passé héroïque, tricolores comme les deux drapeaux présents, celui de la Légion d’honneur, dont elle avait été faite commandeur, et celui des Anciens marins de Reims, venu, lui, à un titre d’amitié plus personnelle.

    Cette cérémonie, conclue par le Chant des partisans, fut aussi l’occasion d’apprendre que Geneviève Tavernier était passée bien près de la mort lors de l’évacuation de son camp par les SS, et n’avait dû son salut qu’en se faisant passer pour morte dans un fossé.

    A.P.

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    Union110719q - Marne
    AVENAY-VAL-D’OR.

     

     

    14 Juillet haut en couleurs à avec un spectacle folklorique donnée par la Troupe nationale du Mexique venue directement de Mexico.

    Les festivités ont débuté avec un repas à la salle des fêtes suivi d’un concours de boules.

     

     

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    Union110719p - Marne
    BETHON : Le temps des médailles

     

    A Bethon, c’est le temps des remises de médailles : les pompiers Patrick Landréat, Jean Pascal Jarry, Fabrice et Astride Handry, Serge Harrois ont reçu la médaille de reconnaissance.

    Le maire Daniel Gomes a également remis des récompenses aux enfants du village qui passent en 6e Dylan Frison et Matthieu Berriot, et à ceux qui ont obtenu le brevet : Camille Bastien, Mickael Legendre, Léa Menielle et LéaTriollet.

     

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    Union110719o - Marne
    CHAMPILLON.

     

    Au 14 Juillet à chacun son défilé et Champillon a respecté sa tradition avec la traversée du village du cortège regroupant le maire, les habitants et sa fanfare pour se rendre au monument où un hommage était rendu.

    A l’issue de la cérémonie, l’assemblée était invitée à partager le verre de l’amitié offert par la municipalité.

     

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    Union110719n - Marne
    CHAMPVOISY.

     

    C’est une soirée de théâtre qui a ouvert les festivités du 14 Juillet, rassemblant les habitants au pied de la salle des fêtes, pour assister à la présentation de Chéri Bibi , jouée par la troupe « Les Apicoles ».

    Une fête s’est poursuivie le lendemain, notamment avec les commémorations et la réception de bienvenue organisée pour les nouveaux habitants.

     

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    Union110719m - Marne
    DAMERY.

     

     

    Dans le cadre des festivités du 14 Juillet orchestrées par les pompiers locaux, trois de ces volontaires, Denis Kerner, Philippe Gout et Eric Martin, ont reçu la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers pour 25 années de service.

     

     

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    Union110719l - Marne
    FONTAINE-SUR-AY

     

     

    Une trentaine de personnes et la municipalité se sont réunis sur la place de la mairie sous un chapiteau pour célébrer le 14 Juillet dans la convivialité.

    Le comité des fêtes y organisait un pique-nique autour d’un barbecue et karaoké.

     

     

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    Union110719k - Marne
    FRESNE-LES-REIMS.

     

     

    Eric Kariger, maire de Fresne-lès-Reims, et son équipe municipale ont décidé de mettre à l’honneur à l’occasion de la cérémonie officielle du 14 Juillet, le corps des sapeurs-pompiers volontaires du village et notamment Benoît Deville.

     

     

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    Union110719j - Marne
    HAUTVILLLERS.

     

     

    La fête nationale a réuni les habitants le 13 au soir, avec distribution de lampions, défilé mené par la fanfare Dom Pérignon, feu d’artifice tiré des Beurys, suivi du verre de l’amitié et bal avec l’orchestre « Joël Olivier ».

    Le lendemain, tous étaient conviés aux Prés Jaumés, pour participer à une pêche à la truite, pique-nique et des jeux tenus par les associations du village.

     

     

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    Union110719i - Marne
    LACHY : Jeux et rondelle

     

    Les Lachéens sont venus nombreux, place de la mairie.

    L’animation de cette journée avait été confiée au comité des fêtes qui a installé divers jeux gonflables et le matériel pour le pique-nique.

    Puis vers 19 heures, tous étaient invités à la rondelle au Foyer des Sources.

     

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    Union110719h - Marne
    GAYE : Futurs collégiens

     

     

    Lors du 14 Juillet, Rémi Picard, maire de la commune a tenu à féliciter les jeunes du village pour leurs bons résultats aux différents examens puis a remis un livre à chacun des six élèves de CM2 qui s’orientent désormais vers le collège.

    Pour les plus jeunes, la commune offrait des tours de poneys ainsi que des friandises.

    La veille, une retraite aux flambeaux a précédé vers 22 h 30 le feu d’artifice.

     

     

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    Union110719g - Marne
    LEUVRIGNY.

     

    Les habitants n’ont pas manqué le 13 juillet, la soirée méchoui proposé par le comité des fêtes de Leuvrigny.

    Le repas fut entrecoupé du défilé et le dessert pris après le feu d’artifice.

    Chacun put ensuite rejoindre la piste de danse avant de participer à une tombola.

     

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    Union110719f - Marne
    MUIZON.

     

     

    Après la cérémonie officielle, outre la restauration et la buvette, des jeux étaient proposés aux enfants et adolescents.

    Les plus petits pouvaient se promener sur le dos des poneys de l’association Cheval Art Action ou participer à une pêche aux canards.

     

     

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    Union110719e - Marne
    SAINT-THIERRY-ET-MERFY.

     

    Après une retraite aux flambeaux et un pot d’accueil, accompagné d’une aubade de la clique de Merfy, le feu d’artifice a embrasé le centre culturel et sportif du Massif.

    Le lendemain, manège, structures gonflables, concours de pétanque et démonstration de step de la section gym tonique du CCSM étaient proposés.

    Le groupe folklorique portugais Os Jovens a ravi les spectateurs.

     

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    Union110719d - Marne
    TINQUEUX.

     

     

    La commémoration a eu lieu en présence de Jean-Pierre Fortuné, maire, et Gilles Richard, président des anciens combattants de Tinqueux, avec la participation de la police nationale, des conseillers municipaux, des pompiers et porte-drapeaux, des enfants et de nombreux administrés.

     

     

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    Union110719c - Marne
    VERDON : Des dicos pour la 6e

     

     

    Lors des cérémonies du 14 Juillet à Verdon, deux enfants ont reçu des mains de Rosemonde Roullot, maire de la commune, un dictionnaire pour leur passage en 6e : Akuce Pangaut et Léo Jobert étaient très fiers, ici entourés de leurs camarades.

     

     

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    Union110719b - Marne
    VERNEUIL.

     

    C’est entourés des pompiers et de la Musique municipale de Dormans que les habitants ont rejoint le monument aux morts pour commémorer le 14 juillet.

    Après le vin d’honneur, tous se sont retrouvés autour d’un repas champêtre.

    L’après-midi s’est poursuivi par un concours de pétanque organisé par le CCAS et une saucisson fromage party à 17 h 30.

     

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    Union110719a - Marne
    FISMES : UNC 51 : Barbecue d’été

     

     

    La journée barbecue de l’association UNC 51 s’est déroulée dans une ambiance amicale et joyeuse, chacun ayant participé à la réalisation de ce repas estival.

     

     

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    Union110719aa - Marne
    REIMS : Figure de la Résistance / Geneviève Tavernier n’est plus

    REIMS (Marne) Les obsèques de cette rescapée de la déportation auront lieu ce mardi à Saint-Jacques.

    LES obsèques de Geneviève Tavernier, décédée le 13 juillet, auront lieu ce mardi à 14 heures en l’église Saint-Jacques. Avec elle c’est une belle figure de la Résistance rémoise qui disparaît. Son action au cours de la Seconde guerre mondiale avait été notamment honorée par le titre prestigieux de commandeur de la Légion d’honneur en novembre 2007.

    Avec son mari Marcel, avec lequel elle tenait une boucherie rue des Romains à Reims, Geneviève Tavernier cache en effet pendant la guerre des pilotes et des mitrailleurs anglais ou américains, assume aussi des missions de renseignement et de ravitaillement ; ces faits lui vaudront de connaître le cauchemar de la déportation, le réseau Possum dont faisait partie le couple ayant été infiltré par un agent double et dénoncé aux Allemands. Ce seront successivement pour la résistante les camps de Neuenbremme et Ravensbrück. Elle sera finalement libérée au printemps 45 et pourra retourner à Reims où elle rejoint son mari.

    Déjà honorée de la croix de guerre avec palme, Geneviève Tavernier reçoit la Légion d’honneur en 1961, dont elle est promue officier quelques années plus tard, en 75.

    En 2007, ce sera donc l’élévation au grade supérieur, celui de commandeur. La cravate lui en est remise par le colonel Louis Carrière, un aviateur déporté résistant. Lorsque l’union l’avait rencontrée, à la veille de cette cérémonie, cette dame alors âgée de 89 ans évoquait ses souvenirs de guerre avec une grande modestie : « Vous savez, d’autres en ont fait plus que moi ».

    A.P.

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    Union110718y - Marne
    BASSUET

     

    À Bassuet, le 14 Juillet était placé sous le signe de la convivialité.

    Après le traditionnel rassemblement au monument aux morts, puis la lecture retraçant l’histoire de la Révolution de 1789, une remise de dictionnaire pour l’entrée en 6e d’Oxéane Jaugey, Océane Gehin et Sophyène Sayeh a été effectuée.

    Tard dans la nuit, les jeunes enfants ont défilé avec les lampions.

     

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    Union110718x - Marne
    BOUZY : Fête de la famille

     

    Le 14 juillet, la toute jeune association Bouzy en fête organisait sa première« fête de la famille » sur l’espace du relais sport Santé Nature.

    Il y avait au programme : baby-foot humain, minigolf, jeux en bois, tournoi de pétanque.

    C’était l’occasion également de partager un moment de convivialité ensemble lors d’un pique-nique géant.

     

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    Union110718vv - Marne
    BROYES : Fête nationale : La tradition respectée

     

    Un bon moment : la dégustation de la rondelle.

    Beaucoup d’adultes et d’enfants pour le défilé aux lampions de la veille de la fête nationale et le feu d’artifice qui, cette année, a été tiré depuis la route d’Allemant pour le plus grand plaisir de tous.

    Les activités du 14 juillet, à cause d’une température fraîche se sont, quant à elles, déroulées dans la salle du château : jeux divers pour les plus petits, jeu du palet pour les plus grands, questionnaire et bien sûr le moment très attendu, la dégustation de « la rondelle ».

    Pour ceux qui le souhaitaient, ce 222e anniversaire s’est terminé par un barbecue.

     

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    Union110718v - Marne
    CHAMPIGNEUL-CHAMPAGNE : Mercredi, la commune a rassemblé les habitants.

     

    Mercredi, la commune a rassemblé les habitants pour le dépôt d’une gerbe au monument aux morts avec la participation de la musique du Mesnil-sur-Oger et la présence des enfants du village.

    Après la cérémonie, défilé, brochettes et feu d’artifice.

    Le jeudi 14 juillet, la Boule campalienne a organisé un déjeuner en plein air près des rives de la Somme-Soude et un après-midi récréatif sur la place communale et le boulodrome.

     

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    Union110718u - Marne
    CHARMONT

     

     

    Le 14 Juillet, des gerbes ont été déposées aux monuments aux morts dans le cimetière et sur la place de la Mairie, suivi d’une minute de silence observée par l’assemblée présente en hommage aux six soldats français tués en Afghanistan.

     

     

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    Union110718t - Marne
    CONNANTRE : D’agréables journées

    Un moment apprécié des Connantrats : « La saucinnade ».
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    Après un feu d’artifices réussi le 13 juillet, le 14 juillet fut également une agréable journée. Un temps idéal pour les jeux installés au plan d’eau pour les enfants : pêche, divers parcours sur le thème de hand ainsi qu’un jeu ludique consistant à faire un carreau sur un œuf avec une boule de pétanque à une distance de 8 m pour les ados et adultes.

    La pétanque connantrate rencontra son succès habituel avec son concours.

    Après les jeux, l’heure était à la traditionnelle « saucissonnade » qui permet de passer un moment de convivialité entre Connantrats.

     

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    Union110718s - Marne
    CORMONTREUIL : A l’occasion de la fête nationale : Trois pompiers promus

    Jean Marx remet ses galons au sergent-chef Rachel Garnier, entourée de Didier Calanca
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    Les cérémonies de la Fête nationale sont l’occasion de remettre aux sapeurs-pompiers volontaires de la commune leurs nouveaux grades.

    Ce qui a été encore une fois le cas ce jeudi : à l’issue du dépôt de gerbes aux deux monuments aux morts, Jean Marx, le maire, assisté du lieutenant Philippe Chêne, a procédé à la remise des galons correspondant aux passages de grades de trois pompiers. Il s’agit du major Didier Calanca, qui devient lieutenant honoraire, du sergent Rachel Garnier, promue sergent-chef et du sapeur Farid Guerrar qui est nommé caporal.

    La fanfare « L’Espérance cormontreuilloise » a assuré la partie musicale de la cérémonie.

     

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    Union110718r - Marne
    COURTISOLS : La cérémonie était basée sur le souvenir

     

    La cérémonie était basée sur le souvenir, la mémoire et la mise à l’honneur des soldats disparus et la remise de diplômes aux récipiendaires du corps intercommunal de sapeurs-pompiers médaillés, nouvellement gradés ou partant à la retraite.

    L’après-midi fut consacré aux courses à pied, de rollers, aux jeux à l’ancienne toujours très appréciés.

     

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    Union110718q - Marne
    COUVROT

     

    Comme chaque année, la commune fête le 14 Juillet avec de nombreuses animations sportives.Au programme de la fête nationale : un concours de pêche sur le bord du canal latéral à la Marne ; un concours de tir à la carabine à air comprimé à 10 mètres et un concours de boules sur la place de la Mairie.

    Après les efforts, la population a été invitée à la salle des fêtes pour partager un pain saucisson puis danser au bal.

     

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    Union110718p - Marne
    EPERNAY : Le p’tit bal du 14 Juillet : Sur la place Mendès-France

     

    Long à démarrer, mais quand c’est parti…

    Le défilé militaire, le bal du 14 juillet… aucune de ces traditions bien républicaines n’ont été remises en question cette année encore.

    Au soleil couchant, la place Mendès-France s’est peu à peu remplie. 20 h 30, c’était « hors taxes ».

    C’était surtout l’heure où on attaque le fromage dans les restaurants alentour. Beaucoup de touristes sont ensuite venus prendre place sur les gradins improvisés.

    Bringuebal a pris possession de l’estrade avec la ferme intention de ne pas laisser le public faire banquette. Pas facile au début, mais petits et grands sont rapidement entrés dans la sarabande.

    Le prochain rendez-vous des Musiques d’été aura lieu demain, mardi 19 juillet, à 19 heures au théâtre Gabrielle-Dorziat.

    Françoise Perpete et Félicie Bazelaire au piano et à la contrebasse interpréteront un programme dédié à Franz Schubert, Robert Schumann et Astor Piazzola.

     

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    Union110718o - Marne
    FÈRE-CHAMPENOISE : 14 Juillet : Le plein d’animations

     

    Le magicien a eu fort à faire pour satisfaire tous les enfants.

    Outre le traditionnel défilé avec lampions mercredi soir, les enfants ont pu profiter pendant les deux jours (13 et 14 juillet) des jeux mis à leur disposition près du gymnase.

    Structures gonflables, jeux d’adresse et d’équilibre ont eu un franc succès. Jeudi, un magicien a eu fort à faire pour répondre aux demandes de tous, en particulier au moment de confectionner des sculptures avec ballons.

     

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    Union110718n - Marne
    JUSECOURT-MINECOURT

     

     

    Environ une vingtaine de personnes s’est réunie ce jeudi 14 juillet pour participer à la cérémonie organisée par la commune au monument aux morts.

    Les jeunes encore scolarisés en maternelle ou en primaire au groupe scolaire de Heiltz-le-Maurupt ont chacun reçu un livre.

     

     

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    Union110718m - Marne
    LE MEIX-TIERCELIN

     

    Au menu de la cérémonie du 14 Juillet, dépôt de gerbes au monument aux morts et discours du maire avec cette année une pensée pour les soldats tués en Afghanistan.

    Un vin d’honneur et un barbecue ont été offerts à la population.

    L’après-midi, tout le monde s’est retrouvé pour les traditionnels jeux avant la remise de cadeaux pour les plus jeunes.

     

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    Union110718l - Marne
    LUXEMONT-VILOTTE

     

     

    Pas moins de 88 personnes étaient présentes pour le repas en plein air organisé par le comité des fêtes lors du 14 Juillet.

    L’après-midi a été consacrée à la danse puis vers 22 h 45, un feu d’artifice a été tiré pour finir la journée en beauté.

     

     

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    Union110718k - Marne
    MARGERIE-HANCOURT

     

    Jeudi en fin de soirée, le maire et le conseil municipal ont déposé une gerbe de fleurs au monument aux morts.

    Après l’appel des morts, le maire a demandé une minute de silence pour les six militaires décédés dans un attentat en Afghanistan puis les enfants ont chanté La Marseillaise.

     

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    Union110718j - Marne
    MAURUPT-LE-MONTOIS

     

     

    Pour la fête nationale, la première adjointe Laurence Février a déposé une gerbe au monument aux morts de la commune accompagnée du 2ème adjoint Jean-Luc Richard et en présence de quelques habitants.

     

     

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    Union110718i - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Dans la matinée du 14 Juillet, une cérémonie.

     

    Dans la matinée du 14 Juillet, une cérémonie avait lieu au square Jean-Jaurès de Mourmelon-le-Grand afin de mettre à l’honneur les sapeurs-pompiers de la ville.

    Le caporal Dagonez, les caporaux chefs Lantenois, Paillassa etVéti ont ainsi été décorés. Le sapeur Badoux faisant valoir son droit à la retraite après de nombreuses années au service de la caserne de Mourmelon, fut également décoré, et par la même occasion, promu au grade d’adjudant.

     

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    Union110718h - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX

     

     

    Lors de la fête nationale, le maire Roland Leclère était entouré des adjoints et des conseillers municipaux pour la cérémonie sur la place de la mairie.

    Après avoir rappelé le sens du 14 Juillet, il a déposé une gerbe au monument aux morts.

     

     

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    Union110718g - Marne
    SAINT-BRICE-COURCELLES : Promotions chez les soldats du feu

     

     

     

    Le maire a remis leurs galons à Fabien Paruit et Nathalie Lefort.

    C’est lors des cérémonies du 14 Juillet, après le dépôt de gerbe au monument aux morts, que le maire a remis leurs nouveaux galons à deux sapeurs- pompiers.

    C’est ainsi que les sapeurs première classe Nathalie Lefort-Wattelet et Fabien Paruit ont été promus chacun au grade de caporal.

     

     

     

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    Union110718f - Marne
    SAINT-REMY-EN-BOUZEMONT

     

    Comme à l’accoutumée, les festivités du 14 Juillet ont commencé par la traditionnelle retraite aux flambeaux rehaussée cette année par les chants d’une compagnie scout suivi d’un magnifique feu d’artifice.

    La soirée a continué par un bal populaire à la salle des fêtes. Le 14 juillet, un concours de boules a vu la victoire de la paire Cwikla, Sué.

    Jacques Leblanc, maire de la commune, a annoncé les résultats du concours de fleurissement qui a couronné Gérard Coeffier, Jean Curkla, Gérard Nathier et Claudette Jeanson.

     

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    Union110718e - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS

     

    Sur la place de l’église, le maire Raymond Dziéja a fait l’appel des bienfaiteurs de la commune devant un parterre bien fourni.

    Ensuite, c’est un défilé de plusieurs centaines de personnes dont les enfants du centre aéré qui a gagné la place devant la mairie.

    Le maire a alors fait l’historique et donné la signification de la fête nationale du 14 Juillet.

     

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    Union110718d - Marne
    SUIPPES : Citations et distinctions militaires

    Les militaires du 40e RA qui se sont distingués en Afghanistan.
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  • James Hariot et Jean Huguin.
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    Après le feu d’artifices de la veille, la prise d’armes et le défilé sont un moment important du 14 Juillet à Suippes. Elus, représentants des anciens com¬battants, de l’armée et de la gendarmerie, pompiers et jeu¬nes sapeurs-pompiers, Union Musicale et un public nom¬breux étaient présents.

    Au cours de la cérémonie, la médaille militaire 677e section de Suippes a été remise par le colonel Franz Chapuis à James Hariot de Sainte-Ménéhould.

    Ce dernier engagé volontaire au titre des Compagnies Noma¬des d’Algérie de 1957 à 1962, chef de harka au 3e Groupe Nomade d’Algérie ( zone Est constantinois à Gounod), réen¬gagé 5 ans de 1962 à 1967 à la Légion étrangère, sergent au 2e Régiment Etranger d’Infante¬rie ; 1re Compagnie Portée à Colomb-Bechar comme chef de peloton, est titulaire de la Croix de la Valeur militaire (deux citations).

    Le colonel Chapuis a ensuite procédé à la mise à l’honneur d’hommes de son régiment, de retour d’Afghanistan où ils se sont particulièrement distin¬gués, remettant citation avec attribution de la croix de la Valeur militaire, au maréchal des logis-chef Ottavi.

    Ont suivi les citations avec. attribution de la médaille d’or de la Défense nationale aux lieutenant Séverin, adjudants Rungette et Bayard, maréchaux des logis-chefs Doré-Monchy et Zveguintzoff, brigadiers-chefs Zitte et Cussonneaux.

    Les pompiers et jeunes sapeurs-pompiers de Suippes, ont poursuivi le défilé dans Suippes avec l’Union musicale de Suippes en tête jusqu’à la salle Geneviève Dévignes.

    Là, après avoir félicité les réci¬piendaires, le maire Jean Huguin a tenu à souligner le mérite de deux de ses « con¬naissances » : Jacques Baudhuin de Suippes (récemment décédé) et Maurice Lanfroy (de Somme-Yèvre), brigadier-chef qui resta durant quatre ans pri¬sonnier du FLN (il assure actuel¬lement la responsabilité de porte-drapeau des médaillés militaires).

     

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    Union110718c- Marne
    TINQUEUX : Trois personnalités récompensées

     

    Guy d’Argent, Jacques Leclerc et André Migeo félicités par Jean Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne.

    Guy d’Argent, Jacques Leclerc et André Migeo : trois person¬nalités fortes qui ont marqué l’histoire de Tinqueux. Pour récompenser leur engagement, le maire, Jean-Pierre Fortuné, leur a décerné la médaille de la Ville, mercredi dernier, en pré¬sence de conseillers munici¬paux et d’invités.

    Il a rappelé le parcours exem¬plaire de chacun d’eux. Guy d’Argent a oeuvré en tant que secrétaire général de la mairie de 1965 à 1990 et a, en parallèle, fortement contribué à l’essor de la pratique sportive, en pre¬nant en main le club de football, devenu le Sporting, et en tant que créateur et président du comité des sports (fonction qu’il occupe toujours).

    Le sport constitue également l’activité dans laquelle s’est illustré Jacques Leclerc qui, sur les courts de la Muire, a ensei¬gné le tennis à la haute société rémoise durant près de 40 ans. André Migeo, de son côté, a fondé et présidé le Foyer cultu¬rel (« ancêtre » du centre cul¬turel) en 1960 et a aussi été l’assureur de la mairie pendant 20 ans. Il est par ailleurs habi¬tué aux récompenses puisqu’il a, entre autres, été nommé offi¬cier de la Légion d’honneur en 2005.

     

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    Union110718b - Marne
    VERTUS : Des distinctions pour les sapeurs-pompiers

    Les sapeurs-pompiers mis à l’honneur en ce jour.
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    Emmenés par l’harmonie municipale « Les Chardonnay », les participants au traditionnel défilé du 14 Juillet n’ont pas manqué de rendre hommage aux disparus des deux guerres mondiales aux monuments aux morts, mais cette année une pensée est allée également vers les soldats tués tout dernièrement en Afghanistan.

    A l’issue de ce défilé, des sapeurs-pompiers du centre de secours de Vertus ont eu l’honneur de se voir promus ou récompensés par un diplôme : le lieutenant Didier Millard ; les caporaux-chefs David Mansard, Julien Doublet et Marcellin Petitpas ; les caporaux Emmanuel Doublet, Stéphanie Moncuit et Aurélien Masset ; les 1re classes Jean-Christophe Mathieu, Claude Lopez et Baptiste Narès et le 2e classe Romain Dreit.

    Sans oublier les jeunes sapeurs en formation d’apprentissage qui, par leur présence à cette cérémonie, témoignent de la relève de demain.

     

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    Union110718a - Marne
    VRAUX : Les belles heures de la Maison rouge : Un 14 Juillet sous le signe de l’aéronautique.

     

    Cette année encore, deux bombardiers « Tornado » du XVe Squadron, (dont un du 617e Squadron, les célèbres « Bri¬seurs de barrages ») se sont posés à Vatry, pour passer quelques jours avec leurs amis du musée de Vraux et fêter le « Bastille Day » en langage d’Outre-Manche.

    Malgré un séjour récent en Afghanistan pour des missions de guerre, deux équipages et six mécanos (arrivés par la route avec le drapeau de l’esca¬drille) avaient tenu à être pré¬sents, comme le veut la tradi-tion depuis 1991 aux festivités organisées par la commune et par le musée.

    La cérémonie à 9 h 30 au mémorial « Maison rouge » débuta par un défilé au son de l’harmonie de Gellic (Belgique). Une minute de silence fut observée pour les vétérans tombés au combat et les militai-res français tués en opération le matin même. Il fut question aussi de la disparition de la BA 112 en présence d’une déléga¬tion de réserviste de l’Armée de l’air emmenée par M. Cohuet. Gaëlle Rigollet tra-duisit les discours dans la lan¬gue de Shakespeare. Le sonneur de Gellic entonna au clairon « The last poste » (sonnerie aux morts anglaise) avec beaucoup de brio et d’émotion.

    Emotion

    La Maison rouge, vestige du terrain de Condé-Vraux, revi¬vait ses heures de gloire. Ce fut le tour des hymnes d’abord la brabanconne, ensuite The god save the queen et la Mar¬seillaise, un des morceaux pré¬féré de Lucien le chef de la musique, coup de chapeau à ces bénévoles venus en bus de Belgique, entièrement autonomes, couchage sous la tente, logisti¬que culinaire et cuisiniers assu¬rant l’intendance qui ont dû prendre sur leurs congés pour se joindre aux Vrautiers.

    Ensuite ce fut le tour des avions. D’abord le passage du Tiger Moth de Serge et Marie-France Maigrot qui lancèrent l’habituel bouquet de fleur par¬dessus bord et qui tomba au pied du mémorial sous les applaudissements ; clou du spectacle un T6 aux couleurs américaines fit couler quelques larmes aux anciens d’Algérie présents. Après quelques beaux passages, il est reparti vers sa base en faisant le tonneau de sa victoire.

    Tout le monde se rendit à Aigny pour inaugurer la stèle érigée au pied de l’église en l’honneur du Lancaster Anglais du 156 squadron de la RAF abattu près d’Aigny en 1943.

    Pendant la cérémonie deux Rafales de Saint-Dizier de retour de Paris survolèrent Aigny et Vraux pour clôturer le spectacle.

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    Union110718aa - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : L’heure du recueillement devant la synagogue

    Des anciens combattants, des membres d’associations cultuelles et de lutte contre l’antisémitisme étaient présents rue Lochet.
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  • Moment de recueillement, juste avant le dépôt de gerbes.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Hier à 9 h 30, une cérémonie officielle, solennelle et empreinte d’émotion se tenait devant la synagogue de Châlons à l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et en hommage aux Justes de France.

    LE régime nazi avait eu « l’aplomb » de baptiser l’opération « Vent printanier », un nom qui donne froid dans le dos. Les 16 et 17 juillet 1942, le régime de Vichy mobilisait 9 000 policiers et gendarmes afin d’arrêter 13 152 citoyens qui eurent le malheur d’être de confession israélite, dont 4 115 enfants.

    Sombre page de notre histoire que cette rafle à grande échelle de Juifs, la rafle du Vel’d’Hiv, symbole d’un délire génocidaire qui vous donne des hauts le cœur. Des heures noires où la folie criminelle de l’occupant a été assistée par des Français et par l’État.

    Aussi, hier à 9 h 30, de nombreux officiels civils et militaires parmi lesquels le préfet Michel Guillot ; le premier adjoint au maire de Châlons, René Doucet ; le député Charles de Courson ; le vice-président de la Région, Gérard Berthiot ; sans oublier le rabbin Amar de Reims, ou encore Marcel Sebbag et Georges Rouch, vice-présidents de l’association cultuelle israélite de Châlons, ont participé à une cérémonie qui se tenait devant la synagogue de la rue Lochet.

    Livrés aux bourreaux

    Porte-drapeaux, anciens combattants, membres de la Licra : tous étaient réunis hier à l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, mais également afin de rendre un vibrant hommage aux Justes de France.

    Ces 2 000 hommes et femmes (dont six Marnais identifiés) qui au péril de leur vie, ont caché, protégé et donc soustrait au régime de Vichy des enfants qui ont réchappé à la déportation et donc… aux camps de la mort.

    Dans son allocution, le vice-président Sebbag est revenu sur la rafle du Vélodrome d’Hiver, sur ces hommes et ces femmes arrêtés à leur domicile de Paris et de banlieue, qui au petit matin, furent rassemblés dans les commissariats de police. Avant de rejoindre le Vélodrome, Drancy, Beaune-la-Rolande, Pithiviers, puis d’être déportés vers les camps d’extermination allemands.

    Des hommes et des femmes que l’on ne revit plus. Des hommes et des femmes que la France, pays des Droits de l’Homme, a livrés à des bourreaux.

    « État indigne »

    De son côté, le préfet a prononcé publiquement un message du secrétaire d’état aux anciens combattants, Marc Laffineur. Le représentant de l’État dans la Marne et dans la Région a alors évoqué « cette froide obstination, cette collaboration inique et cet État indigne », tout en insistant sur ce macabre bilan, sur les convois, sur ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces Tziganes ; bref celles et ceux qui ne sont pas revenus. Un hommage aux Justes de France a ensuite été rendu avant que le rabbin Amar, ne propose un moment fort de recueillement en langue hébraïque, et ce juste devant l’entrée de la synagogue. Hier, cette émouvante cérémonie a permis de penser plus que jamais aux victimes et aux Justes. De se souvenir. Et de transmettre des valeurs de respect, de fraternité et de tolérance. Plus jamais ça…

    David ZANGA

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    Union110717h - Marne
    CHARLEVILLE : Barbecue et rondelle

    Même si le temps n’était pas idéal pour la soirée barbecue organisée par le comité des fêtes de Charleville ce mercredi13 juillet, Joël Suau, président du comité des fêtes, et tous les membres étaient plus que satisfaits.

    Pas moins de 170 personnes se sont retrouvées autour de tables soigneusement préparées sous une rotonde, pour être bien à l’abri du vent et de la fraîcheur du soir.

    « C’est une espèce de rodage, avant notre 22e grande brocante du dimanche 17 juillet (aujourd’hui, NDLR) », soulignait Joël Suau.

    Vers 23 h 30, un feu d’artifice a été tiré sous l’œil avisé des pompiers. Quant au 14, c’est la municipalité qui a proposé la rondelle dans la pure tradition.

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    Union110717g - Marne
    LA NOUE : Les pompiers honorés

    Lors du 14 Juillet, après une cérémonie au monument aux morts en présence de Bernard Queudret, maire, des membres du conseil municipal, des associations et des habitants, plusieurs sapeurs pompiers appartenant au centre de première intervention intercommunal des Portes de Champagne ont été honorés.

    Gilles Caritte et Laurent Rittling ont reçu les galons de caporaux.

    Jean-Michel Ritling, Gilles Carrite, Laurent Rittling, Patrick Eve et Jean-Marc Courtot ont eu une médaille d’argent pour leur dévouement.

    Puis, les collégiens ayant obtenu leur brevet des collèges se sont vus offrir des places de cinéma et les enfants entrant en 6e, un dictionnaire.

    La journée s’est poursuivie par des jeux organisés par les pompiers et la traditionnelle rondelle offerte par la municipalité.

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    Union110717f - Marne
    LES ESSARTS-LES-SEZANNE : Soirée moules frites

     

     

    Belle réussite que la très originale soirée moules frites organisée par le comité des fêtes des Essarts-lès-Sézanne ce mercredi 13 juillet au soir.

    La salle communale était copieusement garnie avec plus de 70 personnes.

     

     

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    Union110717e - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE : Tradition oblige

     

    Les Maryons ne laisseront jamais passer un 14 Juillet sans se retrouver autour d’un buffet offert par la commune avant de parcourir les rues du village à la lumière des lampions.

    La soirée s’est terminée en musique jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le lendemain, le village était invité à se réunir au monument aux morts pour célébrer les mots gravés dans la pierre :« Liberté, égalité, fraternité ».

     

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    Union110717d - Marne
    MONTMIRAIL : 14 Juillet : La tradition respectée

    Diverses manifestations se sont déroulées à Montmirail et dans les hameaux à l’occasion du 14 Juillet.

    Dès mercredi soir, une retraite aux flambeaux dans les rues de la ville, soutenue par l’Union Musicale, emmenait la population vers le stade municipal où un feu d’artifice était tiré.

    Après un dépôt de gerbe au monument aux morts, la population, emmenée par les pompiers et la musique, s’est rendue place de l’Hôtel-de¬Ville, pour la traditionnelle rondelle.

    Des dépôts de gerbes au monument aux morts ont eu lieu également à l’Echelle-le-Franc et à Courbeteaux.

    L’amicale de la rue des Vignes à Montmirail a fêté le 14 Juillet à sa façon. C’est une tradition pour cette rue que tous se retrouvent sous une rotonde pour un repas dans la rue fermée à la circulation pour l’occasion.

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    Union110717c - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Fête nationale : Un 14 Juillet détonnant !

    Un défilé réglé au millimètre près !
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    Comme tous les ans, la ville de Mourmelon-le-Grand a fêté ce fameux 14 juillet 1789, déclaré jour de fête nationale. L’armée a débuté les festivités par son traditionnel défilé, où les personnels des différents régiments du camp de Mourmelon ont marché au pas, suivis de divers véhicules militaires.

    Les véhicules de la caserne des pompiers ont terminé le cortège devant une foule toujours plus nombreuse au fil des ans. Le colonel Bruno Desgranges, commandant de la base de défense Mourmelon-Mailly, fraîchement arrivé de Montpellier, n’a jamais vu autant de monde sur un tel rassemblement.

    La soirée a continué avec la distribution de plus de 600 lampions afin d’effectuer l’habituelle retraite aux flambeaux. Enfin, c’est un somptueux feu d’artifice qui est venu éclairer le ciel de différentes couleurs, faisant pétiller les yeux des petits et des grands, avec un bouquet final rivalisant sans peine avec de plus grandes villes.

     

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    Union110717b - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Périple en Touraine : Les anciens combattants en voyage

    Les participants ont beaucoup apprécié les visites et l’organisation.
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  • Magnifique et réussi ! C’est ainsi que les adhérents anciens combattants accompagnés de leurs épouses peuvent qualifier leur périple de deux jours en Touraine.

    Après un premier arrêt au château de Montsoreau, rendu célèbre grâce au roman d’Alexandre Dumas avec une vue magnifique sur le confluent de la Loire et de la Vienne, et un repas dans un restaurant troglodytique, l’après-midi fut consacré à la visite du musée des blindés à Saumur, une collection unique de 800 véhicules dont 250 chars allant de la Première Guerre mondiale jusqu’au char Leclerc.

    Dès le lendemain matin, visite de l’école nationale d’équitation. Hélas, le retour sonnait mais une cave de Bourgueil attendait nos visiteurs avec des tartes au Bourgueil comme pique-nique. Un voyage noté 18/20 par un sondage effectué dans le bus en retour.

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    Union110717a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Réactionnaires de juillet

    Marcel Déat,
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  • Jacques Doriot
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  • et Eugène Deloncle : des ultras de la collaboration.
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  • Le 18 juillet 1941, Eugène Deloncle dans une logorrhée pétainiste invite le Maréchal à oser un engagement extrême dans la collaboration au cours de la grande réunion de la Légion des volontaires français au Vélodrome d’Hiver, boulevard de Grenelle à Paris. Marcel Déat qui a moins le goût des aventures militaires observe la scène parce qu’il n’est pas totalement convaincu des certitudes de son allié que tout doit se régler à la mitraillette ! Néanmoins, la constitution de la LVF est le révélateur des ambitions des chefs des partis collaborationnistes. Chacun envisage l’emploi de la Légion comme un vecteur capable d’assurer la suprématie de son propre courant. Autant dire que cette armée destinée à soutenir la lutte du Reich contre le pouvoir soviétique n’a pas une vocation exclusive. Deloncle s’engage à fond, moins pour des raisons militaires que politiques. Il ne rejoint pas le front de l’Est. Il imagine une fusion de son mouvement et de la LVF pour constituer le grand parti de collaboration, partenaire privilégié des Allemands. Il s’interroge sur les raisons de la censure relative de cette ambition dans la presse. Les officiers de l’armée d’occupation se méfient des manœuvres des politiciens français qu’ils estiment prêts à tout pour exister. Deloncle et Déat enragent de voir Jacques Doriot, passer du communisme à l’extrême droite, antisémite et ennemi de la République, être en grâce à Vichy. Sa qualité de membre du Conseil national l’y aide. « Le Cri du peuple », journal doriotiste maintient deux lignes éditoriales : une fidélité à la politique de collaboration germano-européenne, une confiance renouvelée dans la capacité du maréchal Pétain à transformer la France. Si sur le premier point les convergences avec Déat sont patentes, sur le second il y a un risque de fracture. L’ancien professeur de philosophie du lycée de Reims, cofondateur du Rassemblement national populaire, est très critique à l’égard du chef de l’Etat français. Le lancement de la LVF est pour Doriot l’occasion d’attaquer Déat et ses amis qu’il sait soutenus par l’ambassadeur Otto Abetz. Si le 18 juillet, Jacques Doriot est chaleureusement applaudi en raison de la violence de ses propos, Eugène Deloncle triomphe parce que son service d’ordre a minutieusement préparé l’accueil de son chef en plaçant dans l’enceinte des militants du MSR triés sur le volet. Il est clair que l’objectif fixé est l’officialisation de la LVF pour le début du mois d’août alors que des négociations sont encore en cours avec Costantini de la Ligue française, Bucard du Parti franciste et Clémenti du Parti national-collectiviste pour constituer un contingent représentatif des différentes sensibilités qui s’expriment au sein de la droite extrême.

    La confiance dans une victoire du Reich contre l’URSS enthousiasme les responsables même si Déat porte un bémol sur la partition des félicitations adressées à la Wehrmacht en considérant que les pertes sont trop élevées et les massacres des civils russes préoccupants. Recruter est d’autant plus important que les rapports préfectoraux sont pessimistes. Après un frémissement enregistré en juin, des incidents et des tentatives de sabotage visant l’occupant et les représentants des autorités de Vichy, la première quinzaine de juillet confirme cette tendance qui exige un durcissement des mesures d’ordre public. Le climat politique de l’été est lourd de tensions permanentes entre ceux qui persistent dans un alignement zélé en faveur de Berlin et ceux défendant une collaboration éclairée. Comme ils sont bien en peine de justifier leurs options auprès d’une population qui souffre de plus en plus de l’occupation, leur crédit vacille et leurs attitudes sont dénoncées avec vigueur par les Français de Londres.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Les premiers déportés français à Oranienburg

    Un camp dans le camp, celui des prisonniers soviétiques.
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  • Des travaux de terrassement imposés aux déportés.
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  • Camp de concentration. Les Allemands veulent éloigner au plus vit les activistes qui s’opposent à leur occupation et menacent le gouvernement de Vichy.

    Comment freiner les mouvements sociaux qui, en particulier dans le bassin minier, ont démontré une mobilisation des travailleurs ? En prenant à l’encontre des grévistes des décisions dures et exemplaires. Depuis que le 26 mai 1941, un débrayage interdit par les Allemands a eu lieu pour réclamer un meilleur ravitaillement et se plaindre de l’occupation, les instructions délivrées aux préfets sont de la plus grande sévérité.

    Sur les murs des cités ouvrières sont placardés les jugements rendus par le Tribunal de guerre de l’Obserfledkommandantur 670 de Lille. C’est ainsi que le 4 juin on a pu lire : « Les mineurs dont les noms suivent ont été condamnés chacun à cinq ans de travaux forcés pour avoir participé à la grève et s’y être comportés en meneurs ». Ils sont onze. Sur la liste ont été ajoutés les noms de deux femmes qui doivent effectuer trois et deux ans de travaux forcés. La répression ne donne pas les résultats attendus par Vichy. Le préfet du Nord en convient le 7 juin et à nouveau le 17 juillet 1941. Faisant l’historique de l’agitation sociale enregistrée, il mentionne : « Le 4 juin, les quatre cinquièmes de la région Nord-Pas-de-Calais étaient en grève. Le mouvement revêtait un caractère particulier du fait que les ouvriers, pris individuellement, se déclaraient prêts à travailler si leurs camarades reprenaient de leur côté le travail ».

    Dans sa deuxième note, il s’inquiète des tracts communistes, distribués la nuit et qui incitent encore en plein été à préparer la grève générale. Il pointe deux objectifs : l’insuffisance des salaires et la recommandation de se révolter : « contre le gouvernement de Vichy et l’esclavage allemand ». Celui qui est l’origine des tracts suggérant l’insurrection n’est autre que Paul Dubois, un mineur de Carvin. Il n’y a pas de preuves établies contre lui mais son passé de militant communiste et son activisme syndical ont conduit à son arrestation. D’abord enfermé à la caserne Vincent de Valenciennes transformée pour l’occasion en centre de détention, il est emmené avec plusieurs de ses camarades dans un camion de la Wehrmacht à la forteresse de Huy en Belgique. C’est derrière les hauts murs de la citadelle qu’il apprend l’entrée en guerre du Reich contre l’URSS. Le 15 juillet il est, comme les autres détenus, interrogé. Les jours suivants, l’épreuve se répète. Le 20 juillet, tous les prisonniers sont rassemblés. A l’appel de leur nom, les uns doivent se placer à droite, les autres se diriger à gauche. Le groupe de droite est le plus nombreux. Il est composé de 270 hommes qui sont désignés pour un départ imminent vers l’Allemagne nazie.

    Wagons à bestiaux

    Après trente-huit jours passés à Huy, Dubois et ses amis d’infortune quittent la forteresse le 22 juillet 1941. Avant le départ, on leur distribue une maigre ration de nourriture. Ils sont descendus à la gare locale. Soudain, ils sont poussés dans des wagons à bestiaux qui sont soigneusement verrouillés par des soldats en armes. Ils ne le savent pas encore mais leur destination est Oranienburg.

    Lorsque le convoi y arrive le 25 juillet, ils ne sont plus que 244. Vingt-six détenus sont morts pendant le transport. Certains ont été étouffés ou sont décédés après avoir été pris d’une crise de folie liée au confinement. Quelques-uns ont été abattus par des gardiens agacés des protestations qui s’élevaient dans les wagons ! A la descente du train, les hommes sont dirigés sous les hurlements vers des camions non bâchés qui stationnent à proximité d’un talus.

    Après quelques kilomètres, les véhicules stoppent brusquement : « Les portes arrière s’ouvrent, les bennes basculent, jetant pêle-mêle à terre leur chargement humain. Nous sommes au milieu de la place d’appel du camp de Sachsenhausen » s’est remémoré Paul Dubois. Cette maudite place est ainsi décrite : « Il s’agit d’un périmètre de quatre cents mètres et tout autour on découvre des baraquements qui portent sur leurs pignons des mots en lettres gothiques. Les murs sont flanqués de miradors d’où des sentinelles surveillent, prêtes à faire feu au moindre comportement suspect. Les limites à ne pas franchir sont bien matérialisées et les barbelés sont électrifiés. On a l’impression d’être dans un autre monde ».

    Les premiers Français qui entrent dans cet enfer ne se font aucune illusion lorsque le chef de block fixe ses consignes : « Ici, il y a deux moyens de sortir : la porte qui ne s’ouvre jamais et la cheminée du crématoire que vous voyez là-bas et qui fume toujours. Vous, les Français, vous manquez de discipline. Notre mission est de vous rééduquer ». Vite les nouveaux arrivés comprennent pourquoi les détenus anciens sont aussi maigres. La nourriture est très insuffisante et il n’est pas rare de n’avoir qu’une gamelle pour trois. Le camp dispose déjà d’un certain nombre de kommandos de travail situés à l’extérieur de l’enceinte. Celui qui cherche à s’évader est certain d’être abattu comme un animal. L’ordre SS qui y règne est déjà terrifiant cet été 1941. A tous les niveaux de la hiérarchie du camp, il ne faut qu’il se produise le moindre incident. C’est bien la preuve que les nazis ont déjà une expérience du fonctionnement du camp de concentration. C’est ainsi que ceux qui sont morts pendant la nuit sont présents lors de l’appel du matin parce que le nombre d’individus comptés le soir doit être identique à celui relevé au matin ! Pourtant une forme de résistance se développe dans le camp dès juillet 1941. Elle a été structurée par des communistes allemands enfermés depuis longtemps. Il s’agit d’Albert Buchmann et Rudi Grosse. L’organisation n’est alors pas très développée. Elle n’intègre que les individus jugés les plus sûrs, les plus forts physiquement et moralement. C’est ainsi qu’à l’arrivée des mineurs français, l’organisation clandestine confie à Heinz Junge, un jeune communiste connaissant l’esperanto, d’établir un contact avec eux pour juger de leurs motivations. « Les détenus allemands, polonais, tchèques, autrichiens ont déjà vu bien des horreurs mais le tableau qu’offre les mineurs les stupéfie. Ils arrivent affamés et épuisés. Une collecte de pain noir est organisée pour leur venir en aide. »

    Le camp de Royallieu près de Compiègne devient à la même époque, un centre de rassemblement avant le départ vers le Reich. La montée en puissance s’effectue pendant la seconde quinzaine de juin et au mois de juillet. Henri Pasdeloup, un cheminot appréhendé à Saint-Mihiel le 23 juin 1941, y est dirigé dès le 27 après un passage par Verdun, Sainte-Ménehould, Reims, Soissons. Dans les jours qui suivent, des groupes importants en provenance de la région parisienne y sont parqués. Le 14 juillet un nouveau départ est organisé depuis la gare de Poitiers si bien que le 24 juillet 1941, il y a déjà plus de douze cents internés à Compiègne. Leur porte-parole est l’avocat communiste parisien Michel Rolnikas. Il donne alors lecture au cours de l’appel du soir d’un décret qui a été signé le 23 par Hitler. Il affirme alors que les internés sont désormais considérés comme des otages qui répondront de tout attentat contre l’occupant commis dans la région. Quelques semaines plus tard, il fera partie avec deux de ses confrères parisiens des premiers fusillés.


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    Le bras de fer allié au Levant

    Le général Catroux avec les généraux Wilson et Auchinleck.
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  • Le général de Gaulle et le général Wavell.
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  • Discordances. De Gaulle n’est pas prêt à accepter une diplomatie trop favorable aux Britanniques qui placent leurs pions pour mieux s’enraciner dans la région après la guerre. Comment gérer l’après Saint-Jean d’Acre et les relations franco-britanniques alors que le général de Gaulle devine les ambitions de Londres sur le Levant ? Dans une déclaration qu’il fait le 16 juillet 1941 à Brazzaville, le chef de la France libre s’emploie à rétablir une chronologie qui le place comme le pivot des événements dans cette région du monde. « Je puis bien dire aujourd’hui que la campagne de Syrie a eu lieu à notre initiative. Nous nous félicitons doublement qu’elle ait abouti à une conclusion militaire favorable aux Alliés tout en déplorant plus que personne au monde les pertes subies des deux côtés. »

    Il n’y a pas ici la moindre critique orientée mais un simple résumé d’une situation militaire avérée. « Si les Français libres ont partagé avec les Britanniques les épreuves de ces combats particulièrement douloureux pour nous, c’était pour interdire à l’ennemi l’accès de territoires que la France a mission de défendre et aussi pour maintenir la présence et la primauté de la France en Syrie et au Liban, dans le régime d’indépendance que le Conseil de défense de l’Empire français s’est engagé à instaurer par traités avec les gouvernements des Etats du Levant. » En clair, le général tient à réaffirmer la présence géographique française mais aussi confirmer une ouverture politique destinée à donner une marge d’autonomie et d’initiative aux pouvoirs locaux afin d’y développer les libertés publiques dans le cadre des traditions locales. Le général veut reprendre à son compte des engagements antérieurs visant à terme à l’indépendance assumée des territoires : « Je note que cette indépendance a toujours été promise par la France, puissance mandataire, mais le moment est venu de la réaliser ». Il s’agit d’un acte politique puissant. Ce qui n’a pas été fait jusqu’alors, le général de Gaulle assure qu’il le fera dans le strict respect de la parole donnée.

    Aller sur place

    Il montre aussi qu’il n’est pas dupe de certains stratagèmes : « On sait que nos alliés britanniques ont tenu à conclure eux-mêmes l’armistice avec Vichy. Je ne dirai donc rien des conditions qu’ils ont acceptées et au sujet desquelles M. Winston Churchill a fait connaître hier aux Communes l’opinion de son gouvernement ».

    Bref, c’est une manière élégante de faire comprendre au gouvernement britannique que rien n’échappe aux FFL et qu’elles ont dans leurs rangs des analystes politiques peu enclins à se laisser rouler dans la farine. « Je me rends en Syrie et au Liban, d’une part pour y fixer avec le général Catroux, délégué général et plénipotentiaire de la France et avec les gouvernements de Damas et de Beyrouth, les modalités politiques de notre collaboration avec les Etats du Levant et nos alliés ; d’autre part pour y régler avec les Britanniques les conditions dans lesquelles s’exercera le commandement militaire sur ce théâtre d’opérations. » Il ne faut pas compter sur de Gaulle pour rester spectateur de ce qui se trame et pour prendre ses distances afin de ne pas revendiquer des responsabilités qu’il estime légitime d’assumer.

    Le 17 juillet depuis Kampala, il adresse un télégramme à Oliver Lyttelton, ministre d’Etat du gouvernement britannique qui se trouve au Caire : « Je suis heureux d’apprendre que le major général Spears serait chargé de mettre en train la liaison britannique avec le délégué général de la France au Levant. Le major général Spears m’a souvent montré sa compréhension et sa largeur de vues. Je pense que vous sentez que les conditions de l’armistice en Syrie ne m’ont pas donné beaucoup de satisfaction. Je compte arriver au Caire samedi et j’espère vous voir avant de me rendre en Syrie ». Arrivé au Caire, de Gaulle s’adresse le 20 juillet au général Auchinleck, commandant en chef britannique au Moyen-Orient et cela en réponse à un courrier daté du 16 qui lui est remis à son arrivée dans la capitale égyptienne. « Je vous remercie de l’appréciation élogieuse que vous voulez bien porter sur la façon dont les troupes françaises sous les ordres du général Legentilhomme se sont comportées pendant la campagne de Syrie. Je puis vous dire que nos troupes ont également pour les vôtres une très grande estime militaire. Je regrette que cet effort mené en commun ait abouti à des conditions d’armistice dans lesquelles les intérêts de la France libre, c’est-à-dire de la France ont été défavorisés. » Le chef des Français libres distingue la bonne entente opérationnelle et le respect dû à ceux qui ont combattu avec vaillance avec les manœuvres politiques qui obscurcissent la bonne entente mainte fois exprimée.

    Prêt à des mesures de rétorsion

    Le 21 juillet dans un télégramme adressé à Félix Eboué, de Gaulle exprime la complexité de la situation au Moyen-Orient et donne ses directives pour l’Afrique : « Nous sommes engagés ici avec les Britanniques dans une négociation décisive. A titre d’excès de précaution et en vue d’éviter tout incident interallié qui pourrait être exploité par l’ennemi, je prescris qu’aucune troupe constituée étrangère ne peut avoir accès sur le territoire de l’Afrique française libre et aucun navire étranger ne peut pénétrer dans nos eaux territoriales sans mon autorisation formelle et personnelle. D’autre part, il est bon, à tout hasard, de faire garder militairement le poste radio de Brazzaville. Veuillez faire le nécessaire et me rendre compte ». L’ordre est explicite. Il est signé le jour même où de Gaulle et le Conseil de défense de l’Empire annoncent aux Britanniques qu’ils reprendront la pleine et entière disposition de toutes les forces françaises au Levant à la date du 24 juillet 1941.

    Le général en informe Lyttelton et le Premier ministre anglais. Bref, il existe un désaccord sur les termes de la convention d’armistice et le protocole additionnel signés par le général Wilson et les représentants de Vichy. De Gaulle veut forcer le destin et entrer en contact direct avec les forces maréchalistes pour les décider à rallier la croix de Lorraine. Au général Catroux, il précise toujours le 21 juillet : « Je n’ai jamais consenti au rapatriement de l’armée de Vichy par unités constituées. J’ai exigé exactement le contraire dans mon télégramme à Churchill du 23 juin et dans mon télégramme à Eden du 28 juin, télégrammes que j’ai portés à votre connaissance ». C’est une manière de clore tous les malentendus imaginés y compris chez les Français libres. On sent le crescendo du durcissement avec cette note adressée au Caire au général Spears, chef de l’organe de liaison entre le général Wilson et le général Catroux : « Se référant à une communication qui lui a été faite ce matin par M. Le général Spears au sujet des mouvements du navire de guerre de la France libre « Président-Honduce », le général de Gaulle fait connaître que si un bâtiment marchand de Vichy est capturé par les Français libres, la destination de ce navire et de son équipage sera réglée par les autorités françaises libres ».

    Cette mesure ne s’appose pas aux dispositions des accords en vigueur entre la Grande-Bretagne et les gaullistes pour ce qui concerne l’utilisation des navires de commerce français. A l’éminent juriste René Cassin, de Gaulle s’indigne le 23 juillet 1941 que le général Dentz et les autorités de Vichy fassent signer aux militaires français des déclarations par lesquelles ils s’engagent à ne pas servir dans les FFL : « Il y a une violation flagrante de l’esprit de l’article 8 de la Convention d’armistice. J’estime que cette violation devrait être de nature à suspendre tous les rapatriements ».

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    Union110716l - Marne
    AIGNY : Festivités du 14-Juillet : Une double commémoration

    Chloé et Lucas ont interprété la Marseillaise à la flûte.
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  • Ce 14-Juillet fut une journée pleine d’émotion et de souvenir à Aigny. Après une commémoration au cours de laquelle Mme Niclet, maire, a rappelé les acquis que nous devions à cette période et que le public a entonné la Marseillaise avec les pompiers, une stèle commémorative a été inaugurée.

    Cette stèle a été érigée en mémoire d’un Lancaster écrasé sur la commune dans la nuit du 16 au 17 avril 1943, entraînant la mort de 7 aviateurs : 5 Britanniques, un Canadien et un Américain. Pour l’occasion, des aviateurs anglais étaient présents, ainsi que des représentants de différentes armées. Après le dévoilement de la stèle, Mme le maire a rappelé les faits, puis Émétine et Marie ont raconté une anecdote locale concernant M. Pausier, habitant de Vraux, qui avait 13 ans au moment des faits ; celui-ci, étant présent, a pu intervenir pour commenter l’histoire.

    Ensuite, la fanfare belge de Gellik a joué les hymnes nationaux de la Belgique, du Royaume-Uni et de la France. Après avoir remercié tous les participants, ceux-ci ont été invités à partager le verre de l’amitié et à découvrir une exposition sur le Lancaster installée pour la circonstance dans la salle de la mairie.

    Au début des cérémonies, le survol du village par le Tiger Moth de Marie-France et Serge Maigrot de Vraux fut un moment d’émotion. Ce 14-Juillet exceptionnel a été organisé grâce à une étroite collaboration entre les élus d’Aigny et les représentants du musée de l’aviation de Vraux.

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    Union110716k - Marne
    DORMANS : De jeunes sapeurs au cœur des festivités

     

     

    Bien alignés au pied du château de Dormans, ils n’étaient pas peu fiers, les 12 jeunes sapeurs-pompiers du centre de secours de Dormans qui, accompagnés par la Musique municipale ont reçu leurs validations de fin de première année de formation des mains du chef de centre de secours Pascal Briand. « Maintenant que vous n’êtes plus des bleus, au travail » a lancé le chef de centre à ces jeunes qui pour achever leur formation devront encore travailler pendant trois années.

     

     

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    Union110716j - Marne
    ESTERNAY : Les élèves récompensés

    Les sapeurs-pompiers ont ouvert les festivités sur la place de la Mairie, puis en compagnie de la starnacienne et de nombreux habitants, ont procédé au dépôt de gerbe au monuments aux morts.

    Patrice Valentin, maire, et les élus ont remis des prix x 29 élèves qui passent en 6’ et aux 23 autres qui ont reçu le diplôme du brevet.

    Les pompiers ont effectué une démonstration, tandis que les enfants se sont retrouvés autour des jeux.

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    Union110716i - Marne
    FISMES : Festivités du 14 Juillet : La foule des grands jours

    Les lampions étaient de la fête, comme le veut la tradition.
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  • 5 à 6 000 personnes ont assisté à cette explosion de lumière.
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  • Toujours un énorme succès pour le magnifique feu d’artifice de Fismes ! De 5 à 6 000 personnes se pressaient pour assister à cette explosion de lumière et de couleurs.
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    M. Pinon, maire de Fismes, en préambule de la soirée, a tenu à rendre hommage à Félix Béreaux, bénévole du comité des fêtes, décédé récemment qui, pendant 30 ans, a participé à l’organisation de cet événement.

    Pour cette 31e édition, le public était au rendez-vous. La retraite aux flambeaux, joyeusement animée par une fanfare d’Amiens, et le bal populaire, mené par l’orchestre Cocktail, ont complété cette soirée chère au cœur de nombreux Fismois.

     

     

     

     

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    Union110716h - Marne
    LE GAULT-SOIGNY : Retraite aux flambeaux

     

    Les enfants de Le Gault-Soigny, munis de lampions, ont défilé dans les rues de la commune.

    La compagnie des sapeurs-pompiers a encadré cette manifestation.

    Petits et grands se sont ensuite retrouvés derrière la salle des fêtes où un feu d’artifices a été tiré.

     

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    Union110716g - Marne
    MAGENTA : Le devoir de mémoire

     

    A l’occasion de la Fête nationale, Laurent Madeline, maire de la commune et Christian Cunière, vice-président de l’UNC-AFN de Magenta-Ay-Epernay ont déposé une gerbe au monument aux morts, en présence d’une délégation de porte-drapeaux et de la population.

    Les sonneries réglementaires et La Marseillaise ont été exécutées par la Musique municipale, placée sous la direction de Marjorie Muller.

     

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    Union110716f - Marne
    MAREUIL-LE-PORT : Festivités du 14-Juillet : Les bords de Marne retrouvés

    Le dépôt de gerbe près du monument aux morts.
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  • C’est de toute évidence une belle fête du 14-Juillet qui s’est tenue à Mareuil-le-Port, avec au début des festivités l’incontournable feu d’artifices.

    Et si le discours au pied du monument aux morts avait une consonance très bleue-blanc-rouge, la suite des festivités a eu lieu sur les bords de Marne, permettant à tous d’apprécier la base de loisirs fraîchement terminée.

    Cet endroit a été au cœur de cette fête de grande envergure, grâce à la municipalité, efficacement épaulée par les associations locales.

    Un méchoui fut partagé et l’après-midi revint aux enfants qui purent se dépenser sans compter autour de jeux prévus pour eux, entièrement gratuits.

    Auparavant, 14 jeunes de la commune tout juste majeurs ont été mis à l’honneur, recevant des guides de citoyenneté et les mains vertes, qui dès les beaux jours font le plaisir des yeux, ont elles aussi reçu un prix.

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    Union110716e - Marne
    MOIREMONT : Le 14-Juillet : Tradition et détente

    Les festivités ont débuté le matin avec la traditionnelle cérémonie au monument aux morts près de l’église du village. Les participants ont ensuite rejoint la salle du Rucher pour le verre de l’amitié.

    L’association des Gaillots avait invité les habitants du village à un repas champêtre. Les barbecues étaient prêts, chacun n’avait plus qu’à apporter son panier.

    L’après-midi était réservé à des jeux récréatifs : les enfants ont joué avec des jeux anciens réalisés depuis quelques années par les bénévoles, ainsi qu’à différents jeux récréatifs.

    Les adultes n’étaient pas en reste puisque, des équipes se sont montées pour jouer à la pétanque pendant cette après-midi réussie.

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    Union110716d - Marne
    SEZANNE : Festivités du 14-Juillet : Moment de recueillement

     

    À Sézanne, c’est en présence de Jean Agrapart, adjoint au maire et correspondant local pour la Défense nationale, de M. Louise, président cantonal des anciens combattants, de différents corps constitués dont les pompiers, les gendarmes, les militaires, ainsi que la population, que s’est déroulée la cérémonie au monument aux morts, jeudi matin. Un défilé en ville toutes sirènes hurlantes des véhicules des sapeurs-pompiers avait précédé le dépôt de gerbe et le moment de recueillement.

     

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    Union110716c - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : Festivités et hommage.

    Dès le 13 juillet en soirée, plus de 120 personnes, toutes générations confondues se sont retrouvées sous le chapiteau du minigolf pour le méchoui du Salon du mouton. L’occasion de rappeler la préparation de la T édition de la Fête du mouton qui aura lieu le 27 mai 2012.

    La cérémonie du 14-Juillet au monument aux morts présidée par Marie-Ange Gangand maire, accompagnée de la délégation de réservistes de la gendarmerie, de la fanfare municipale et des pompiers, a été un moment fort.

    Après le dépôt de fleurs au monument aux morts, la population a été invitée au gymnase pour remercier Patrick Mazzero, 4e adjoint, appelé à d’autres obligations professionnelles.

    Un hommage lui a été rendu pour son investissement auprès des jeunes dans l’animation des équipes de foot au sein du conseil municipal et dans d’autres associations locales.

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    Union110716b - Marne
    TREPAIL : Un pompier médaillé

    Sébastien Leclerc a été récompensé.
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    Après le défilé du 13 juillet au soir, Sébastien Leclerc, membre du corps des sapeurs-pompiers de Trépail, a été élevé au grade de caporal et a reçu la médaille d’argent des services volontaires pour ses 21 années de présence.

     

     

     

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    Union110716a - Marne
    TRIGNY : Il obtient la médaille grand or du travail : Michel Richard récompensé

    Le maire Francis Blin remettant la médaille grand or du travail à Michel Richard.
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  • À l’issue des cérémonies du 14 Juillet pendant lesquelles un hommage fut rendu aux cinq soldats tués la veille en Afghanistan, le maire remit une calculatrice aux élèves entrant en 6e avant d’honorer Michel Richard en lui remettant la médaille grand or du travail. Après un apprentissage en 1964 dès l’âge de 14 ans en maçonnerie chez les compagnons en Moselle, il vint à Charleville-Mézières en 1967 puis dans la Marne en 1973, toujours comme compagnon maçon.

    Arrivé à Trigny en 1977, il changea complètement d’orientation en entrant chez Jeanine et Michel Guillemart comme ouvrier vigneron. Ceux-ci prenant leur retraite, il continua chez leur fils et son épouse, Éric et Pascale, jusqu’à sa retraite le 31 décembre 2010 après plus de 44 ans de travail.

    Félicitations à Michel, qui profite désormais, avec son épouse Eliane, de leurs petits-enfants.

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    Union110715i - Marne
    BISSEUIL : Une Fête nationale en musique !

     

    Le temps maussade n’a pas dissuadé les habitants de Bisseuil à se réunir pour fêter le Juillet dans une ambiance festive et musicale.

    Chaque année les habitants et leurs invités sont de plus en plus nombreux au rendez-vous.

    Au programme : barbecue géant, stand de restauration suivi d’une retraite aux flambeaux et bal de clôture pour danser en famille dans la convivialité et ce fut un succès.

     

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    Union110715h - Marne
    CHÂTILLON-SUR-MARNE : Témoignage conservé

     

     

    Comme chaque année les cérémonies du 14-Juillet se sont déroulées au monument aux morts, témoignage du devoir de mémoire respecté.

     

     

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    Union110715g - Marne
    CHERVILLE : Cérémonie réussie dans le village

     

     

    Après avoir appelé le nom des héros de guerre, le maire, ses adjointes et le conseil municipal, accompagnés des habitants de Cherville ont chanté la Marseillaise avec les enfants du village avant de se joindre au vin d’honneur offert pour la Fête nationale.

     

     

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    Union110715f - Marne
    FLORENT-EN-ARGONNE : Du changement chez les pompiers

    L’adjudant Gilbert Goulet passe le flambeau à Nathalie Bozzano.
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  • C’est un 14 Juillet un peu particulier qui s’est déroulé à Florent-en-Argonne. À l’occasion de cette fête nationale, le passage de témoin s’est déroulé entre l’ancien chef de corps du centre de première intervention de Florent, l’adjudant Gilbert Goulet, qui prend sa retraite, et le nouveau sapeur-pompier Nathalie Bozzano.

    Comme l’ont rappelé le caporal Bienvenido Nunez et le maire Gérard Ley, l’adjudant Gilbert Goulet a gravi un à un les échelons pour terminer sa carrière au grade d’adjudant. Il a succédé au lieutenant André Deliege et durant 30 ans, il a su inculquer les valeurs des pompiers : courage et dévouement. M Ley souligna dans son discours que l’arrivée dans le village de M. Goulet n’avait pourtant pas bien débuté puisque sa maison avait pris feu. M. Ley a rappelé son investissement dans la commune au niveau de différentes associations.

    Le nouveau chef de corps, Nathalie Bozzano, n’est pas novice car cela fait un an qu’elle a pris les rênes du corps par intérim.

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    Union110715e - Marne
    GIVRY-EN-ARGONNE : 14 Juillet : Des festivités suivies

    Il fallait du souffle pour remporter l’épreuve !
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  • Le 13 juillet a été fêté avec une affluence particulière lors du feu d’artifice tiré sur l’étang qui a été suivi d’un bal public gratuit à la salle des fêtes.

    Le 14 juillet, le manège et les attractions étaient au rendez-vous sur la place.

    Suivant une tradition déjà ancienne, la municipalité a organisé les jeux pour tous les enfants présents. Antoine, adjoint au maire, aidé de quelques conseillers, a orchestré les différentes parties. Ainsi, encouragés par les parents, les enfants se sont affrontés au gonflage de ballon, à la traversée de la rivière à gué, à l’assiette mouillée…

    Chaque participant a été récompensé. Mais le premier de chaque série savait que la pièce serait plus grosse !

    Le vide-greniers organisé par les pompiers ce même jour a été une réelle réussite. Même le temps frais de la matinée n’a pas altéré le moral des exposants et des visiteurs venus nombreux.

    A 17 h 30, les anciens combattants ont déposé une gerbe au monument aux morts.

    C’est un bal apéritif qui a clôturé ce cru 2011 dans la gaieté.

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    Union110715d - Marne
    LA CHEPPE : Les habitants présents au défilé du 14-Juillet

    Le défilé dans les rues de La Cheppe.
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    La Fête nationale est une journée symbolique pour célébrer la liberté, l’égalité et la fraternité. Dans notre monde si bousculé, ces mots sont une référence et un soutien.

    C’est pour cela que les habitants de La Cheppe étaients présents ce 14-Juillet, au monument aux morts.

    « Célébrer la Fête nationale, c’est se souvenir des sacrifices, des drames de notre histoire pour les transmettre à nos enfants », a déclaré M. Bonnet, maire de La Cheppe.

    Et cet hommage au drapeau de C. Planque, lu hier par Y. Gérardin, ancien d’AFN, est bien à propos, en ces heures de deuil où six soldats français sont morts en Afghanistan : « Que l’on te voie flotter aux frontons des mairies / Ou gardien de la paix dans les autres pays / Que tu sois étendard ou drapeau de papier / Sur le bord de la route le 14 juillet / Tu recouvres les morts, tu honores les vainqueurs…. »

     

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    Union110715c - Marne
    MAREUIL-SUR-AY : Festivités du I4 Juillet : La petite République de Mareuil en fête

     

    Commémoration et hommage à la Liberté, à l’Égalité et à la Fraternité au monument de Mareuil- sur-Aÿ, où M. Droin, maire, rappela à ses administrés : « le 14 Juillet n’est pas un événement historique ! C’est d’une certaine manière, un événement moral au sens où il nous oblige pour l’Avenir »….

    Ce sera pour la petite République de Mareuil, des thèmes de réflexions et d’actions…

    A l’issue de la cérémonie, un apéritif offert par ta mairie et un pique-nique Karaoké était prévu à la Maison de Mareuil pour un rassemblement festif.

     

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    Union110715b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : En 2011 comme en 1789 : le droit de dire non

    Les pompiers professionnels, volontaires et les JSP ont été applaudis.
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  • Le cercle des XVII ouvrait la marche, emmené par un garçonnet levant fièrement le drapeau
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  • Le colonel de région de la gendarmerie était aux côtés de la sous-préfète, du maire et du député.
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  • VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). La fête nationale mobilise toujours l’ensemble des associations vitryates, qui forment chaque année, avec les pompiers et les porte-drapeaux, un défilé bien garni.

    UN soleil voilé et un vent frais ont accompagné, hier matin, le traditionnel défilé du 14 Juillet dans les rues de Vitry-le-François. Les pompiers, les porte-drapeaux et, pour la première fois, les militaires du centre de ravitaillement sanitaire de Marolles, ont retrouvé les élus, la nouvelle sous-préfète Sylvie Cendre, et de nombreuses associations vitryates, place Maréchal-Joffre, la fanfare du cercle des XVII rythmant chacune des étapes de la cérémonie.

    Le public est venu en petit nombre assister aux célébrations, mais la mobilisation des associations de la cité rose reste exemplaire.

    Les jeunes sapeurs-pompiers, l’union cycliste Vitry-Frignicourt, l’amicale du chien d’utilisation (accompagnée de nos amis quadrupèdes), les arbitres, la pétanque, les majorettes, les vétérans du SAV, les clubs de tennis, de gymnastique, de football, de handball, de motoball, d’escrime, d’athlétisme et de boxe étaient tous présents en délégation plus ou moins importante pour fêter la nation.

    Hommage aux soldats tués

    Dans les jardins de l’hôtel de ville, le maire Jean-Pierre Bouquet n’a pas manqué de rendre hommage aux cinq soldats français tués en Afghanistan en ouverture de son discours.

    Il a rappelé que la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 constituait, à l’époque, un délit et même un crime, que nous reconnaissons pourtant aujourd’hui comme légitime et fondateur. Faisant référence au livre de Stéphane Hessel « Indignez-vous », Jean-Pierre Bouquet a fait un parallèle entre la révolution de 1789, celle de velours de 1989 (chute des régimes communistes d’Europe de l’est), celles de Jasmin et les actions de rue des indignés d’Athènes, Madrid, Lisbonne et Londres. « Ce qui fait la grandeur de nos démocraties, c’est le droit de dire non. »

    R.H.

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    Union110715a - Marne
    EPERNAY : La Fnaca découvre l’Ardèche

    Le groupe en voyage en Ardèche.
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  • Le voyage annuel de la Fnaca, section Épernay - Oiry-Aÿ, a encore connu un vif succès. Pour preuve, deux autocars ont emmené les 121 participants en Ardèche pour une durée de six jours. Le lendemain de l’arrivée à Grospierres, chacun a pu apprécier le programme qui prévoyait la visite d’une fabrique de nougats avec dégustation, du musée de la lavande et aussi celle de la châtaigneraie.

    Au fil des jours, il y a eu la découverte des Gorges de l’Ardèche avec un arrêt au Pont d’Arc, puis des Cévennes ardéchoises par le Col de Meyrand, de l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges, du barrage de Villefort.

    Une excursion sur le plateau ardéchois a permis de voir la Vallée de la Volane, Antraigues, le Mont-Gerbier-de-Jonc où la Loire prend sa source, et le lac d’Issarlès. Ensuite tous ont joué les curistes sur le chemin du retour en dégustant un verre d’eau de Vals-les-Bains avant d’aller voir la fameuse source intermittente, située à quelques dizaines de mètres des thermes.

    Le vendredi après-midi a été occupé par la visite de la grotte d’Aven d’Orgnac (une des plus belles grottes classées de France), pour finir par la découverte de Labeaume, un joli village de caractère.

    Au cours de ce séjour, trois soirées à thèmes ont permis aux participants de prolonger agréablement la journée.

    Le samedi a été consacré au voyage de retour sur Épernay Avec pleins de souvenirs en tête et de joyeux moments partagés ensemble, tous se sont promis de se retrouver le 22 octobre prochain lors du repas dansant qui se déroulera à la salle des fêtes d’Aÿ.

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    Union110714d - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Fête Nationale / Haute tenue pour un défilé au millimètre

    Les militaires et leurs chiens lors d’un défilé : toujours un succès.
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  • Six coups par minute avec une portée atteignant 38 km : bienvenue au Caesar, nouveau fer de lance de l’artillerie
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Comme le veut la tradition, c’est hier soir, 13 juillet, que se déroulait la célébration châlonnaise de la Fête nationale. Prise d’armes, défilé à pied puis motorisé. La population est venue applaudir son armée.

    HiER soir, quand ils ont débuté leur défilé au pas sur l’avenue de Gaulle, ils ont pensé à leurs cinq « frères » tombés dans la journée lors d’un attentat-suicide en Afghanistan. Car l’armée, c’est avant tout une grande famille et ce quelle que soit son arme d’appartenance. Pas de discours sur cette triste actualité. Pas de signe particulier…

    Hier, 13 juillet, Châlons organisait sa célébration de la Fête nationale, avenue de Gaulle devant un public qui ne cessait de scruter le ciel gris, mais aussi tous ces militaires en kaki évoluant au millimètre dans le cadre d’un protocole parfaitement huilé. Comme le veut la coutume, c’est le 13 que Châlons honore son armée à l’occasion d’une cérémonie qui était présidée par le préfet, Michel Guillot, en présence de Benoist Apparu, secrétaire d’État au Logement et à l’Urbanisme ; du député-maire Bruno Bourg-Broc et des colonels Amelineau et Bolot. Honneurs rendus à l’étendard du 402e RA, Marseillaise vibrante car parfaitement jouée par l’harmonie municipale, oui, le défilé militaire avait… de la gueule.

    5 sur 5 pour les hommes du 18

    Sitôt les autorités accueillies, plusieurs décorations étaient épinglées (Légion d’honneur, Médaille militaire et ordre national du Mérite) à cinq valeureux citoyens. Premiers applaudissements pour les artilleurs du 402 suivis par la compagnie cynotechnique d’intervention, puis la 1re brigade mécanisée. Rangers nickels tout comme les Famas et autres baïonnettes rappelant le temps de la conscription. Motards de la gendarmerie puis engins en tous genres, le Caesar aérotransportable et polyvalent, nouveau fer de lance de l’artillerie, n’a pas laissé indifférent. Les gamins « bouffaient » des yeux ces autres engins Panhard et ces missiles -inertes c’est logique-. Quant aux pompiers, une fois encore, leur cote de popularité ne fut pas à démontrer. Bref, un défilé de belle tenue.

    David Zanga
    Photos : Hervé Oudin

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    Union110714c - Marne
    REIMS : Fête nationale / De nouveaux uniformes pour le défilé

    Pas la grosse foule pour assister à la cérémonie militaire. « La fête nationale n’est plus ce qu’elle fut », a commenté le sous-préfet.
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  • Le contingent militaire était fourni cette année par l’armée de terre, le centre d’entraînement de Mourmelon.
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  • Les pompiers étaient là aussi.
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  • Les animations se sont poursuivies en musique place de la République ; elles ont attiré nettement plus de monde que la partie patriotico-militaire trois heures plus tôt.
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  • Lors de la cérémonie patriotique, le capitaine Barba a reçu la médaille de chevalier dans l’ordre du Mérite.
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  • Première sortie publique pour le nouveau sous-préfet Michel Bernard.
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  • Folklore gitan pour animer la soirée place de la République.
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  • Les forains sont eux aussi de la fête :ils sont installés sur les Promenades jusqu’à dimanche inclus. Parmi les attractions remarquables, signalons la « bulle flottante », qui vous permet de vous prendre pour le Christ marchant sur le lac de Tibériade.
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  • Place d’Erlon, c’était le bal populaire, animé par l’orchestre Andréasony. Il revient cet après-midi à 15h30.
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  • Ambiance festive, même si le public Place de la République était assez éloigné de la scène. Sécurité oblige ? Photos Christian LANTENOIS
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    REIMS (Marne). L’armée de terre a succédé aux aviateurs de la défunte base 112 pour la partie militaire des festivités du 14 Juillet anticipé.

    ADIEU les vestes bleues, bonjour les treillis de camouflage. Ce 14 Juillet anticipé rémois restera marqué par la présence de nouveaux uniformes lors de la cérémonie officielle autant que largement militaire, place de l’Hôtel de ville : la base aérienne 112 ayant fermé ses portes, c’est l’armée de terre qui était chargée de fournir les troupes, en l’occurrence le centre d’entraînement des brigades de Mourmelon.

    Ce n’était pas la grosse grosse foule pour découvrir ces nouveaux invités et leur façon de faire, de l’ordre de deux cents à trois cents personnes en gros dans les rangs des spectateurs, soit pas beaucoup plus que dans ceux des acteurs toutes catégories confondues, musiciens, porte-drapeaux, élus et autorités, sapeurs-pompiers et militaires déjà cités. La faute à la météo, plus aussi estivale qu’en tout début de semaine ? Pourtant, le ciel n’avait guère changé de couleur trois heures plus tard, et pourtant la foule se faisait nettement plus nombreuse place de la République et place d’Erlon, pour les festivités moins protocolaires et plus musicales.

    Individualisme

    L’explication est donc à chercher ailleurs, et c’est probablement le sous-préfet, nouveau lui aussi, qui la donna à l’heure des allocutions : « La fête nationale n’est plus aujourd’hui ce qu’elle fut autrefois, la vie individuelle ayant pris le pas sur la vie collective ». Faut-il s’en réjouir ou le déplorer ? On ne peut en tout cas que le constater.

    Les absents avaient peut-être oublié leurs lointains cours d’instruction civique ou d’histoire ; et en manquant la cérémonie d’hier, pas de chance, ils ont encore manqué une occasion de se rafraîchir la mémoire…

    Antoine PARDESSUS

    Les échos de la fête

    Héritage : changement par rapport aux façons de faire des aviateurs, le détachement militaire d’hier a introduit la cérémonie par une allocution ; il y fut notamment rappelé le riche héritage dont peuvent se glorifier les Français, incluant aussi bien Jeanne d’Arc que Debussy, l’abbé Grégoire que Jules Ferry.

    Rectification : dans son discours, la maire, Adeline Hazan, a rappelé que le 14 Juillet avait été choisi comme fête nationale, non en souvenir de la prise de la Bastille de 1789, comme on le pense souvent, mais de la fête de la Fédération, célébrée un an plus tard.

    Souvenir décoiffant : au sein de l’assistance de la cérémonie militaire, Hermann Leuchtenberger, secrétaire général de l’association rémoise des membres de la Légoin d’honneur, a eu un pincement au cœur particulier en voyant le drapeau du 51e régiment d’infanterie dont le centre d’entraînement de Mourmelon a la garde ; il porta en effet ce même drapeau pendant plusieurs années dans les années 60. « Lors d’une cérémonie, j’avais même décoiffé mon général avec, à la suite d’un fort coup de vent ! » se souvenait-il.

    Souvenir valorisant : le sous-préfet, Michel Bernard, lui, évoqua un souvenir personnel dans son discours : « C’était il y a 29 ans, je participais à un 14 Juillet en tant que caporal du 1er groupe de chasseurs ». Vu le chemin qu’il a parcouru depuis, il ajoutait un commentaire sur l’efficacité de l’ascenseur républicain de l’époque.

    Hésitation : au vu de la météo incertaine, le service des cérémonies de la Ville avait longuement hésité sur le lieu du vin d’honneur ; finalement il renonça à la cour de la mairie utilisée l’an dernier et opta pour la solution abritée de la salle des fêtes.

    Retard : le bal de la place d’Erlon a commencé avec vingt bonnes minutes de retard ; mais il a fini par démarrer !

     

     

     

     

     

     

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    Union110714b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Festivités du 14 Juillet / Et la lumière fut !

    Plusieurs centaines de personnes étaient réunies place d’Armes pour les premiers instants du spectacle.
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  • Pour la distribution des lampions, les élues Anna Réolon et Claudine Brocard ont mis la main à la pâte.
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  • Mais non mais non, personne n’a été ensorcelé au cours de la soirée !
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  • Photos : Hervé OUDIN
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  • Les artistes ont réalisé leurs premières prouesses sur le chemin vers la place Maucourt.
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    VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). De la place d’Armes au stade Fabien-Ghiloni, les Vitryats sont venus en nombre assister aux animations de la Fête nationale.

    C’EST lorsque le jour est parti, que les Vitryats sont sortis. Sur la place d’Armes, à 21 heures, il ne faisait pas encore nuit, quand les enfants ont récupéré leurs lampions.

    C’est devant une petite foule timide que la Carité de Guingamor a débuté son spectacle. « Nous sommes ici pour célébrer… le vin », a lancé le troubadour sans doute pour détendre l’atmosphère. Les mélodies médiévales étaient interrompues par les explosions de pétards à répétition, mais cela n’a empêché personne d’applaudir.

    Puis ce fut au tour de l’Arche de Sel et de ses torches d’entrer en action, d’abord en déambulation puis sur la place Maucourt, une fois que la ville s’est obscurcie. Les flammes s’envolent ! les étincelles tourbillonnent ! Les enfants en raffolent.

    À 22 h 40, la foule plus étoffée se dirige vers le stade Fabien-Ghiloni, entraînée par le son des instruments, éclairés par les torches et les lampions.

    23 heures, des musiques familières se font entendre, celles de classiques du cinéma. Les fusées s’envolent, se croisent, par deux puis par quatre avant d’exploser en libérant des filets de lumières Plus de 1 000 personnes ont admiré ce splendide feu d’artifice. Ils en redemandaient.

     

     

     

     

     

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    Union110714a - Marne
    DORMANS : Batailles de la Marne / Un hommage aux passeurs de mémoire

    Le devoir de mémoire.
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  • DORMANS (Marne). C’est par une citation de Jean D’Ormesson que Christian Bruyen, maire de Dormans et conseiller général, a débuté les cérémonies commémorant les deux batailles de la Marne de 1914 et 1918 : « Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants. » Après la messe célébrée à la chapelle de la Reconnaissance par le père Spiegel, avec la participation de la chorale paroissiale, les autorités civiles et militaires, entourées des porte-drapeaux, des sociétés d’anciens combattants, du corps des sapeurs-pompiers et de la musique municipale de Dormans ont rendu un hommage émouvant aux victimes de la guerre.

    À cet effet, M. Bruyen a tenu à souligner le rôle des bénévoles, véritables passeurs de mémoire qui, loin de chercher les honneurs, ont pour mission de « transmettre, partager et faire prendre conscience car il est important de multiplier les canaux de compréhension pour les générations futures ». Il a particulièrement rendu hommage à Pierre Dujarier, ardent auteur de la mise en lumière du mémorial, qui nous a quittés récemment.

    M. Bruyen a aussi remercié toutes les autorités présentes pour leur fidélité et leur soutien : Gilles Giuliani, sous-préfet de l’arrondissement d’Epernay, le lieutenant-colonel Dominique Ortiz, délégué militaire départemental adjoint de la Marne, René-Paul Savary, président du Conseil Général de la Marne, le député Philippe Martin, les nombreux élus locaux présents ainsi qu’Yvette Lundy, une des grandes figures de la Résistance marnaise.

    « Ce monument est un rempart contre l’oubli, un rempart parmi d’autres, qui permet de faire passer un message de vigilance aux quelques 15 000 visiteurs annuels, de dépasser les frontières de nos communes et d’avancer vers un avenir prospère », a continué M. Bruyen. Comme l’a rappelé le sous-préfet Gilles Giuliani, la guerre n’a pas commencé et ne s’est pas achevée avec le conflit de 1914, mais la guerre des tranchées a gravé l’horreur dans les mémoires et la France a enraciné à Dormans une part de son histoire. « Un passé qu’il ne faut pas oublier, car nous ne sommes pas prisonniers de l’histoire, mais ses gardiens ». La journée s’est poursuivie par un vin d’honneur et un déjeuner au château.

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    Union110713f - Marne
    REIMS : Le programme, commune par commune : Les cérémonies du 14 Juillet dans l’arrondissement de Reims

    Beine-Nauroy

    Mercredi 13 juillet à 18 h 30, apéritif sous le préau des anciennes écoles, à 19 heures repas, à 21 h. 30 distribution de lampions, â 22 heures retraite aux flambeaux, à 23 heures feu d’artifice au terrain de foot. Jeudi 14 juillet à 11 heures, place de la mairie rassemble ment. Dépôt de gerbes au monument aux morts, vin d’honneur dans la cour de la salle Diakow.

    Bètheniville

    Voir Pontfaverger-Moronvilliers.

    Bétheny

    jeudi 14 juillet à 11 h 15, dépôt d’une gerbe devant la plaque commémorative à la mairie annexe du Petit-Bétheny, à 11 h 30 rassemblement devant la mairie et dépôt d’une gerbe au monument aux morts de Bétheny.

    Bourgogne

    Mercredi 13 juillet à 22 heures, rassemblement place de la mai rie et retraite aux flambeaux, à 23 heures leu d’artifice derrière le quartier de l’Europe. Jeudi 14 juillet à 11 h 45, rassemblement place de la mairie, à 23 heures dépôt de gerbe au monument aux morts, à 12 h 30, vin d’honneur.

    Cauroy lès-Hermonville

    Jeudi 14 juillet, rassemblement à 9 h 45 devant la mairie. Défilé avec la fanfare « La Pouillonnaise », dépôt de gerbe au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur.

    Caurel

    Mercredi 13 juillet à 21 h 15, rassemblement place de la libé ration, distribution de lam pions, à 21 h 45, retraite aux flambeaux suivie d’un feu d’artifice. Jeudi 14 juillet : 11 h 15, rassemblement devant la mairie, 11 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts puis vin d’honneur à la mairie.

    Chamery

    Rendez-vous devant la mairie à 11 h 30 le jeudi 14 juillet, défilé et dépôt d’une gerbe au monu ment aux morts. Vin d’honneur à la « chambre chaude ».

    Chigny-les-Roses

    Ce soir à 18h 30, dépôt de gerbe et verre de l’amitié. Soi rée barbecue (sur réservation en mairie au Tél. 03.26.03.42.35). A 22 heures, retraite aux flambeaux, à 23 heures feu d’artifice suivi d’une soirée dansante avec groupe musical.

    Chenay

    Jeudi 14 juillet à 10 heures, cérémonie au monument aux morts.

    Epoye

    Mercredi 13 juillet à 21 h 45, distribution des lampions dans la cour de l’école, à 22 h 30 défilé dans le village, à 23 h 30 feu d’artifice, suivi du verre de l’amitié à la salle polyvalente. Jeudi 14 juillet à 10 h 45, rassemblement devant la mairie, à 11 heures cérémonie au monument aux morts, vin d’honneur Sous le préau de l’école.

    Fismes

    Petits et grands sont attendus jeudi 14 juillet à 21 heures, place de Wem pour le départ de la retraite aux flambeaux. Des lampions seront distribués et le défilé arrivera au stade vers 22h 30.

    Le bal avec le groupe Cocktail aura lieu devant le stade, allée des Missions. Comme chaque année, le feu d’artifice aura lieu au même endroit à 23 heures

    Petites Loges

    Jeudi 14 juillet à 11 h 30, rassemblement place de la mai rie, à 11 h 45 dépôt de gerbes au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur en mairie et distribution de brioches aux enfants

    Merfy

    jeudi 14 juillet, rendez-vous sur la place à midi pour les cérémonies et l’inauguration de la rue de Montrémy.

    Muizon

    Ce soir, ouverture du manège d’auto-tamponneuses. Jeudi 14 juillet, à 10 heures vente de lampions place du Commerce, puis rassemblement à 10 h 45, et à 11 heures départ pour le monument du souvenir.

    A 11 h 15, cérémonie au monument du souvenir. A 11 h 30, vin d’honneur sous le préau de l’école élémentaire.

    Après-midi et soirée au parc du Champ-Jeudi : tours de poney, manège, pêche aux canards. Attractions pour enfants et ados, donnant droit à des places gratuites de manège et d’auto-tamponneuses. Buvette et restauration : frites, saucisses, sandwiches américains.

    Dès 21 h 30. Spectacle avec les artistes de Cheval Art Action. Départ de la retraite aux flambeaux, à 22 h 30, spectacle pyrotechnique sonorisé vers 23 heures au Champ-Jeudi.

    Bal champêtre pour tous à partir de 23 h 30.

    Pontfaverger Moronvilliers

    Mercredi 13 juillet, départ de la retraite aux flambeaux à 22 h 30, place de la mairie. Feu d’artifice avenue de la gare à 23 heures. Retour des flambeaux place de la mairie suivi du traditionnel bal.

    Jeudi 14 juillet, rendez vous place de la mairie à 11 h 30 pour le défilé au monument aux morts avec la fanfare pontfabricienne pour le dépôt de gerbes, allocution, et retour place de la mairie.

    Distribution de brioches aux enfants des écoles et vin d’honneur pour les adultes.

    Pouillon

    Jeudi 14 juillet à 11 h 15, rassemblement devant la mairie, dépôt de gerbe au monument aux morts avec la fanfare, vin d’honneur dans la salle communale.

    Prunay

    Mercredi 13 juillet, à 22 heures, retraite aux flambeaux.

    Jeudi 14 juillet à 11 heures, rassemblement place de la mairie, dépôt de gerbe au monument, distribution de prix, vin d’honneur à la salle des fêtes.

    Saint-Masmes

    Cérémonie au monument aux morts jeudi 14 juillet à 16h 45 avec les pompiers et la clique des fanfarons.

    Ensuite goûter, jeux pour tous en musique. L’apéritif est offert par la commune. Une restauration rapide est prévue.

    A 21 h 45, défilé aux lampions suivi du feu d’artifice.

    saint-Thierry

    Mercredi 13 juillet, rassemble ment de tous les habitants de la communauté de communes au transformateur chaussée Sainte-Anne à 21 h 30 pour un pot d’accueil, à 22 heures aubade de la clique, à 22 h 15, départ pour le Centre culturel et sportif du Massif, à 22 h 45, feu d’artifice sur fond musical. A 23 heures, bal populaire, manège gratuit pour les enfants.

    Jeudi 14 juillet à 11 heures cérémonie au monument aux morts. A 15 heures, début des animations gratuites au CCSM, structures gonflables : châteaux gonflables, démolition Man, tir à l’élastique et manège enfantin, concours de pétanque en doublette.

    A 16 heures, groupe folklorique Os Jovens de Portugal, concours « surprise », démonstration de step.

    Sermiers

    Mercredi 13 juillet, à partir de 20 heures, soirée grillades au foyer rural avec animation musicale. Feu d’artifice à 23 heures.

    Jeudi 14 juillet inscription pour le concours de pétanque à 14 heures au foyer rural.

    Trépail

    Mercredi 13 juillet à 21 h 45, rassemblement place de la mairie. A 22 heures, défilé et dépôt de gerbe. A 22 h 30, retraite aux flambeaux, feu d’artifice, vin d’honneur au foyer rural Claude-Beaufort, bal public.

    Trigny

    Mercredi 13 juillet, à partir de 19 heures sur le parking de la coop, structure gonflable, pêche aux canards et confise rie, buvette, friterie. A 21 heures, distribution des lampions, à 21 h 30, retraite aux flambeaux.

    Retour à la coop : spectacle cabaret et dansant jusque 2 heures avec une interruption à 23 heures pour le feu d’artifice.

    Jeudi 14 juillet à 11 heures, rassemblement place de la mairie pour le défilé et la cérémonie au monument aux morts sui vie d’un vin d’honneur.

    A 12 h 30, sur le terrain de sports, apéritif offert par le comité des fêtes suivi d’un pique-nique tiré du sac, réservé aux habitants de Trigny. S’habiller en bleu, blanc, rouge.

    De 13 heures à 18 h 30, structures gonflables, tir à l’arc pour tous avec moniteur.

    Verzenay

    Jeudi 14 juillet à 11 h 15, place de la mairie. Défilé à 11 h 30 vers le monument aux morts avec la fanfare « Les copains d’abord ». Vin d’honneur au kiosque du jardin public ou au Caveau Saint-Vincent en cas de pluie.

    Verzy

    Mercredi 13 juillet à 21 h 30, rassemblement place de la mairie. A 22 heures, retraite aux flambeaux et feu d’artifice. Jeudi 14 juillet, rassemblement place de la mairie de Verzy à 11 h 45, départ du défilé au monument aux morts à 12 heures. Vin d’honneur et distribution de brioches.

    Ville en-Tardenois

    Ce soir à 20 heures à la salle des fêtes, karaoké et bal avec sono. A 22 h 30 retraite aux flambeaux. Restauration sur réservation. Buvette.

    Warmeriville

    Mercredi 13 juillet à 21 h 15, distribution de lampions devant la mairie. Retraite aux flambeaux.

    A 23 heures, feu d’artifice sur fond musical au stade Laurent Lecomte suivi d’un bal public sur la place du village.

    Jeudi 14 juillet à 11 h 45, rassemblement place de la mairie. A midi, défilé au monument aux morts, dépôt de gerbe.

    Vin d’honneur au centre associatif, boissons et friandises pour les enfants.

    Witry-lès-Reims

    Mercredi 13 juillet à 22 heures, distribution des lampions, à 22 h 15 départ de la retraite aux flambeaux avec la musique municipale et les pompiers, à 22 h 45 feux d’artifice, à 23 heures bal public.

    Jeudi 14 juillet à 11 heures, rendez-vous devant la mairie, à 11 h 15 défilé jusqu’au monument au mort, dépôt d’une gerbe puis vin d’honneur.

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    Union110713e - Marne
    REIMS : Fête nationale / Fiesta Gipsy et Mélodie de feu ce soir

    Le feu d’artifice sera réalisé par la même entreprise que celle qui a animé le mariage princier de Monaco.
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  • REIMS (Marne) Retour au centre-ville ce soir pour les festivités de la fête nationale. Festival gitano-andalou place de la République avec Fiesta Gipsy suivi d’un spectacle pyrotechnique.

    C’EST place de l’hôtel de ville que sera donné ce soir, à 18 h 30, le coup d’envoi officiel et patriotique des cérémonies organisées à l’occasion de la fête nationale.

    Après une aubade donnée par l’harmonie municipale, la cérémonie officielle débutera à 19 heures avec une revue des troupes (deux sections du centre d’entraînement des brigades de Mourmelon-le-Grand), une remise de décorations et un défilé des troupes auxquels se joindront des sapeurs-pompiers et de jeunes sapeurs-pompiers avec une douzaine de véhicules.

    Avec Manolo et El Chato folklore gitan

    Sur une place de la République rendue aux piétons, à 21 h 30, le public pourra vibrer et danser avec les animations proposées par Fiesta Gipsy. Dans la plus pure tradition gitane Manolo, El Chato et les danseuses de Las Ninas de Fuego chaufferont l’ambiance durant près de deux heures avant le spectacle pyrotechnique.

    Feu d’artifice mélodieux

    C’est à la société Couturier (qui vient d’organiser le feu d’artifice pour le mariage princier de Monaco) que la Ville a confié l’organisation d’un spectacle pyrotechnique de 25 minutes qui sera tiré dès 23 heures par quatre artificiers. Intitulé « Mélodie du feu » il s’agira, dit l’organisateur, d’« un jeu d’harmoniques colorées où les tableaux monochromes se dressent sous vos yeux et évoluent par combinaisons de couleurs. Une expérience de l’illusion où l’artificier, tel un prestidigitateur, danse et se déplace dans l’espace scénique pour créer les mouvements de fresques monumentales. Une projection de matières dorées et lactescentes sur la toile noire de la nuit, où le feu comme suspendu à la voûte céleste, imprime dans nos yeux ses plus pures mélodies. »

    Fête foraine et bal

    Pas de fête nationale sans fête foraine. Jusqu’au 17 juillet, la fête foraine ouvrira dès 14 h 30 dans les hautes promenades interdites au stationnement.

    Comme d’habitude, c’est place d’Erlon qu’ont rendez-vous les danseurs ce soir de 22 heures à 2 heures avec un bal populaire proposé par l’orchestre Andreasony (ils remettront ça demain, même endroit, de 15 h 30 à 19 heures.)

    Réseau bus et tram renforcé
  •  Ce soir de 21 heures à 1 h 15, le réseau Citura Bus-Tram est renforcé. Les lignes de bus 1,2,3,4,5,7,9 et 13 du réseau de soirée sont prolongées avec une dernière correspondance à Opéra à 1 h 15.
  •  Les lignes de bus 7, 9 et 13 du réseau de soirée sont prolongées jusqu’à 1 h 18, dernière correspondance à gare centre, pour les lignes 7 et 9 du réseau de soirée. À 1 h 24, dernière correspondance à Campus Croix-Rouge pour la ligne 13 du réseau de soirée.
  •  Le tramway sera plus fréquent avec un tram toutes les 15 minutes environ à compter de 21 h 30. Attention, la station tram Boulingrin, à proximité des festivités, sera fermée à partir de 19 heures jusqu’à la fin des festivités.

    Pour plus d’information :www.citura.fr ou tél. 0 800 003 038.

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    Union110713d - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Dans l’arrondissement

    Fagnières : 11 heures : dépôt de gerbe au monument aux morts de l’ancien cimetière ainsi qu’à celui du nouveau ; 13 heures : concours de pétanque en doublettes. Inscriptions sur placeau terrain de foot Wolter (face à Leclerc) ; à partir de 18 heures : bal populaire avec l’orchestre Musicaliente au Centre de culture A. Gallois ; 22 h 15 : retraite aux flambeaux. Rendez-vous place des Collines ; 23 heures : feu d’artifice au terrain de foot Wolter.

    Recy : Recy organise le bal du 14 juillet ce jeudi à 21 heures, à l’arrière de la salle socioculturelle Maurice-Simon. Il sera animé par l’orchestre Anthracite. A 23 heures, le feu d’artifice sera tiré du même endroit.

    Saint-Memmie : Tous les Mengeots sont invités à assister à la cérémonie qui aura lieu au monument aux morts ce jeudi 14 juillet à 11 h 30.

    Courtisols : 11 heures : défilé des associations vers le monument aux morts (départ de la salle du judo) ; 11 h 30, dépôt d’une gerbe au monument aux morts et vin d’honneur à la salle polyvalente ; 14 h 30, départ de la balade à rollers et départ de la course à pied à 14 h 45. Début des festivités à 16 h 30 au parc (par temps de pluie, salle polyvalente). 17 h 30 : goûter des enfants ; 18 h 30 : bal apéritif ; 21 h 45 : retraite aux flambeaux. 23 heures : grand feu d’artifice et bal de nuit au parc Massez.

    Suippes : Mercredi 13 juillet : à 19 heures, pique-nique au parc Buirette ; à 22 h 30, aubade au stade (à côté du gymnase) ; à 23 heures, feu d’artifice au terrain de football du parc Buirette. Jeudi 14 juillet : à 9 h 45, rassemblement des sociétés locales place de l’Hôtel de Ville ; à 10 heures, prise d’armes, revue et défilé des troupes avec l’union musicale, les sapeurs-pompiers, les anciens combattants et un vin d’honneur servi salle Geneviève-Desvignes ; à 13 heures, pique-nique au parc Buirette ; à 14 h 30, début des jeux pour enfants ; à 16 h 30, goûter des enfants et à 17 h 30, concert au kiosque par l’union musicale.

    Circulation difficile à prévoir

    En raison des festivités et notamment du défilé militaire, des modifications sont à prévoir en ce qui concerne la circulation ainsi que le stationnement. Voici les principales difficultés à prévoir.

    Circulation interdite à partir de 13 heures : avenue du Général de Gaulle ; rue d’Alsace ; allée Alphonse Karr ; rue du Général Abbé ; boulevard Hippolyte Faure ; voies desservant la polyclinique Priollet.

    Circulation interdite à partir de 17 heures : pénétrante urbaine ; allée Voltaire ; allée Paul Doumer ; rue du Cirque ; rue Carnot ; place Sainte-Croix ; rond-point Bagatelle.

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    Union110713c - Marne
    MAREUIL-LE-PORT : Aujourd’hui et demain : Deux jours de fête

    Deux jours de liesse vont animer les bords de Marne dans le cadre des fêtes du 14 Juillet. Feu vert ce soir.
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  • Sur les bords de Marne à Port-à-Binson, aujourd’hui et demain, la fête nationale sera célébrée de belle grandiose. Volonté municipale, rejointe sans tarder par les associations locales, chacun va apporter son savoir-faire.

    L’adjointe municipale Valérie Liesch associée à Céline Meunier conseillère, sont en charge de la mise en place. « Ce que tout le monde souhaitait depuis longtemps, tetc’est proposer deux jours où les enfants aient pleinement leur place et se donnent sans compter puisque les animations sont gratuites. Faire de ces deux dates des moments chaleureux ouverts à tous ».

    Aujourd’hui
    A partir de 19 heures : ouverture des festivités avec restauration.
    A partir de 21 heures : concert donné par le groupe de rock Trent, formation née à Reims en 2005 et composée de cinq musiciens.
    A 22 h 30 : retraite des lampions qui mènera au feu d’artifice prévu à 23 h 15.

    Demain
    A 11 heures : commémoration au monument aux morts à Mareuil-le-Port.
    A 11 h 30 : remise du livret de citoyenneté aux jeunes majeurs et diplômes remis aux mains vertes de la commune et de ses hameaux.
    A 12 h 30 : méchoui accompagné de ses légumes et de son dessert, pour lequel il faut réserver.
    L’après-midi, les enfants pourront venir avec leurs vélos décorés, avec notamment l’aide du centre de loisirs qui sera ouvert à cette période.
    A 15 heures : jeux de jadis, échasse, jeu des anneaux, pêche à la grenouille, course d’échasses, tir à la corde…
    A 17 h 15 : résultats des divers jeux et goûter distribué aux enfants. En cas de mauvais temps, les responsables peuvent avoir recours à la salle Espace 2000.

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    Union110713b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : A 21 heures sur la place d’Armes : Une soirée enflammée

    Rendez-vous ce soir pour célébrer la fête nationale.
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  • Les célébrations de la fête nationale débuteront ce soir, dès 21 heures à Vitry-le-François, sur la place d’Armes avec la distribution des traditionnels lampions aux enfants. Comme lors des années, précédentes, ce sont les conseillers municipaux qui s’en chargeront. Dans la foulée, les Vitryats pourront suivre le spectacle « Danses de feu », concocté conjointement par la compagnie l’Arche en Sel et les musiciens de la Carité de Guingamor.

    Jongleurs et musique médiévale

    Déjà passée par la cité rose, la compagnie l’Arche en Sel est spécialiste du maniement du feu. Ses quatre jongleurs-danseurs devraient entraîner le public dans leurs véritables tourbillons d’étincelle.

    Ce sont les musiciens de la Carité de Guingamor qui accompagneront les prouesses des saltimbanques. Ces baladins proposent un répertoire hors du temps, ramené des temps médiévaux et de la Renaissance, assaisonnée de quelques arrangements modernes histoire de rendre leur spectacle accessible au plus grand nombre.

    Les plus inspirés pourront même s’essayer à quelques pas de danse au son des violons, tambourins, flûtes ou autre corne muse.

    La soirée ne s’arrêtera pas là, puisqu’à 23 heures, le feu d’artifice sera tiré depuis le stade Fabien-Ghiloni sur le thème des musiques de films.

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    Union110713a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Voyage Souvenir à Paris : Les paras au Grand Rex

    Moment de recueillement et d’émotion à l’Arc de Triomphe.
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  • Encore une journée bien remplie avec l’amicale parachutiste grâce à une visite cette semaine de l’un des plus grands cinémas et salle de spectacles de Paris : le Grand Rex.

    Avec une première visite de la salle de cinéma construite en 1922 qui peut accueillir 2 800 personnes, une présentation générale a ensuite transporté les trente membres présents dans le monde entier. En seconde partie de visite, un parcours ludique avec une présentation commentée du Grand Rex et de ses coulisses était au programme. Ce fut un parcours plein de surprises avec des scènes très originales qui furent projetées. Après le déjeuner, l’après-midi fut consacré pour certains à la visite des magasins sur les Champs Elysées avant de tous se retrouver sous l’Arc de Triomphe pour le devoir de mémoire envers ceux qui ont donné leurs vies pour la Paix. Comme chaque année, l’amicale était invitée à la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe.

    Tout le monde était très satisfait de cette journée qui risque malheureusement d’être la dernière si personne ne se présente pour remplacer les membres du bureau à partir de janvier 2012.

    Prochaine manifestation de l’amicale en plus des cérémonies où elle est invitée : la Saint-Michel, le 24 septembre à Bignicourt-sur-Marne.

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    Union110712d - Marne
    FETE NATIONALE : Les festivités du 14 juillet dans la Marne

    REIMS

    MERCREDI 13 JUILLET

  •  Place de l’Hôtel de Ville
    18h30 - Aubade de l’Harmonie Municipale
    19h00 - Défilé des troupes
  •  Place de la République
    21h30 - Animations avec Fiesta Gypsy
    23h00 - Feu d’artifice (Espace personnes à mobilité réduite à proximité du podium)
  •  Place d’Erlon
    De 22h00 à 2h00 - Bal populaire avec l’Orchestre Andréason’y
    JEUDI 14 JUILLET
  •  Place d’Erlon
    De 15h30 à 19h00 - Bal populaire avec l’Orchestre Andréason’y

    Châlons-en-Champagne

    Mercredi 13 juillet 2011
    18h45 : Prise d’armes et défilé militaire, avenue du général De Gaulle
    20h : Fin du défilé
    21h30 : Concert de l’Harmonie municipale, Eglise Saint-Alpin
    23h : Feu d’artifice : spectacle pyrotechnique, Grand Jard sur le thème du cirque
    23h30 : Bal populaire par l’orchestre Cocktail, Place Foch

    Sézanne

    Mercredi 13 juillet : à 20 h 15, place du Champ-Benoist, distribution de lampions, à 21 heures, retraite aux flambeaux, avec la participation de l’orchestre d’harmonie de Sézanne, des sapeurs-pompiers, la gendarmerie, de la fanfare de Broyes. A 22 h 15, sous la halle, concert de l’orchestre d’harmonie de Sézanne, à 23 h 45, au stade de la Fontaine-du-Vé, feu d’artifice avec spectacle son et lumière, et à minuit, à l’Espace jeunes, bal animé par l’orchestre Arpège. Jeudi 14 juillet : à 11 heures, défilé des sapeurs-pompiers, à 11 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts, à 15 heures à l’Espace jeunes, animations pour tous et à 17 heures, distribution de bonbons aux enfants.

    Montmirail

    Mercredi 13 juillet
    à 22 heures, retraite aux flambeaux (rassemblement sur le parking, rue des Lilas).
    A 23 heures, feu d’artifice au stade municipal. Le 14 juillet, rassemblement à 16 heures au monument aux morts et dépôt de gerbe, défilé. Jeux, musique, goûter.

    Courbeteaux

    A 16 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts et à 17 heures rassemblement aux Ets Duteil à Mondant, jeux et goûter traditionnel à 17 heures ; rassemblement sur la zone industrielle avec goûter traditionnel et à 17 h 30 à l’Echelle-le-Franc, dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Esternay

    Le 13 juillet, dés 20 h 30, retraite aux flambeaux, animée par la Starnacienne. A 23 heures, feu d’artifices au complexe sportif. A 22 heures, place des Droits-de-l’Homme, bal. _Le 14 juillet, à 15 h 45, rassemblement place du Général-de-Gaulle, défilé en compagnie des sapeurs-pompiers, de la, Starnacienne, des associations. Dépôt de gerbe au monument aux morts. Remise des récompenses aux scolaires sur la place des Tilleuls. Jeux et Rondelle.

    Anglure

    Mercredi 13 juillet à 21 h 45, retraite aux flambeaux. A 23 heures, bal. Jeudi 14 juillet, à 10 h 30, randonnée pédestre. A 13 h 15, courses cyclistes. A 15 h 30, jeux dans la cour de l’école primaire. A 16 h 45, goûter. A 22 h 30, feu d’artifice.

    Broussy- le-Grand

    16 h 30, défilé au monument aux morts, dépôt de gerbe. 17 heures, goûter dansant animé par un orchestre. 19 h 30, concert par un groupe celtique.

    Charleville

    Mercredi 13 juillet, soirée barbecue, à partir de 19 h 30, suivie d’un feu d’artifice. Jeudi 14 juillet, rondelle municipale, distribution de dictionnaires aux futurs 6e.

    Connantre

    Mercredi 13 juillet, à 21 h 45, retraite aux flambeaux et à 23 heures feu d’artifice au plan d’eau suivi d’un bal avec sono. Jeudi 14 juillet, à 15 h 30, jeux au plan d’eau organisé par le club de Handball. A 17 heures, saucissonnade.

    La Noue

    Jeudi 14 juillet, à 15 h 30 défilé des sapeurs pompiers. Remise des dictionnaires aux futurs 6e. Jeux des pompiers et ron- delle municipale. Le soir feu d’artifice.

    Sainte-Ménéhould

    Le 13 juillet, un feu d’artifice au stade municipal démarrera à 23 heures sur la musique du Cirque du Soleil Le 14 juillet sera proposé un vol en montgolfières (contact Air Tonic au 03.26.05.73.34). Jeudi 14 juillet aura lieu un dépôt de gerbes au monument aux morts, suivi d’un défilé avec la participation du corps de sapeurs-pompiers de Sainte-Ménehould.

    Clermont- en-Argonne

    Demain, un feu d’artifice sera tiré à 23 heures, suivi d’un bal gratuit au Pôle d’animation des Quatre Saisons. Jeudi, un rassemblement est prévu à 10 h 35, place de la mairie. Un départ en cortège démarrera à 10 h 40, pour passer aux monuments aux morts de Parois (10 h 40), Jubecourt (11 h 15), Auzeville (11 h 30) et pour finir à Clermont à 11 h 45.

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    Union110712c - Marne
    REIMS : Fête nationale / Circulation et stationnement réglementés

    Bonne nouvelle. Cette année, les manifestations organisées à l’occasion de la fête nationale retrouvent la place de la République.
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  • Après la cérémonie patriotique qui débutera demain, mercredi, à 18 h 30 devant l’hôtel de ville, le public a rendez-vous à 21 h 30 sur cette place embellie et piétonne avec le groupe Fiesta Gipsy, Manolo, El Chato et les danseuses de la Ninas de Fuego avant un feu d’artifice tiré à 23 heures, tandis que de 22 heures à 2 heures un bal populaire sera donné place d’Erlon.

    Afin de mettre en place toutes ces animations, de nombreuses restrictions de circulation sont mises en place. Attention aux panneaux. En voici les principales.

    Circulation interdite
  •  La circulation sera interdite place de la République ce mardi 12 juillet à partir de 14 heures jusqu’au jeudi 14 juillet, fin de démontage des structures.
  •  Exceptionnellement, l’interdiction de tourner à gauche du boulevard Lundy vers le boulevard Desaubeau, sera supprimée.
  •  La circulation sera interdite avenue de Laon (de la rue Lesage à la place de la République) du 13 juillet à partir de 8 heures jusqu’au 14 juillet, fin de la manifestation.
  •  La circulation sera interdite mercredi 13 juillet de 18 heures à la fin de la manifestation, place de la République, avenue de Laon (de la rue Lesage à la place de la République), rue Villeminot-Huart (de la rue Chaix-d’Est-Ange à l’avenue de Laon), du Champs de Mars, boulevards Jules-César et Lundy, rue du Temple (de la rue Olivier-Métra à la rue de Mars), rue de Mars, boulevard Roederer (de Bir-Akeim à Joffre), boulevards Joffre, du Général-Leclerc, Foch et Desaubeau, rues de la Tirelire et Thiers (Hôtel de Ville vers Tirelire).
  •  La circulation sera interdite mercredi 13 juillet de 19 heures à la fin de la manifestation, rues de Chativesle, de l’Étape, Buirette (de la rue Jeanne-d’Arc à la place d’Erlon), rue de Thillois.

    Stationnement interdit

    Le stationnement sera interdit jusqu’au 18 juillet sur les parkings des hautes promenades en raison de la fête foraine qui débutera tous les jours à 14 h 30.

    Ordures ménagères

    La collecte des ordures ménagères du mercredi 13 juillet sera reportée au lendemain matin, jeudi 14 juillet à partir de 9 heures, dans les rues suivantes : rues de Mars, Jovin, Henri-IV, du Tambour, boulevard Foch, rues de la Renfermerie, Condorcet, Théodore-Dubois, Marx-Dormoy, de l’Étape, place Drouet-d’Erlon, rues Thiers (de Jules-Lobet à l’Hôtel de Ville), Colbert (entre Forum et Hôtel de Ville), Buirette (entre Erlon et Jeanne-d’Arc), Thillois (entre Erlon et Jeanne-d’Arc), boulevard Desaubeau, rues Château-Porte-Mars, des Ecrevées, Général-Sarrail, boulevard Joffre, place de l’Hôtel de Ville, rues de la Grosse-Écritoire et Jean-Jacques-Rousseau.

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    Union110712b - Marne
    LA CHEPPE : Retrouvailles des anciens d’AFN : Souvenirs et émotion

    Les anciens combattants se retrouveront l’année prochaine en Meurthe-et-Moselle.
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  • Roger Gérardin de La Cheppe et Claude Soudant de Sainte-Marie-à-Py ont organisé les retrouvailles des Anciens du 26e RIM de Verdun, aujourd’hui dissous.

    Ils étaient venus des Vosges, de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle, de la Marne et des Ardennes.

    La journée a débuté par une messe célébrée en hommage à leurs camarades tombés en Algérie et pour ceux décédés depuis.

    Ensuite, dans la salle des fêtes de La Cheppe, ce fut le moment des souvenirs avec le colonel Wirtz qui avait effectué ses classes avec la plupart des participants, en octobre 1955.

    Riche d’émotion, c’est avec enthousiasme que cette journée sera reconduite l’an prochain, chez Claude et Jeanine Parisot, près de Sion, en Meurthe-et-Moselle.

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    Union110712a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : En mai 2013 : Fête de la Paix : clap numéro 4

    Encore de nombreux projets pour FAB.
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  • Installée sur une table permettant de visionner les différents rapports, Annie Ghiloni, secrétaire ; Sophie Gagneux, trésorière, et Jean-Paul Copin, président de l’association FAB (Former un Avenir sans Brutalité) ont pris la parole à tour de rôle pour l’assemblée générale annuelle de l’association, en présence de la sous-préfète Sylvie Cendre ; de l’adjoint au maire Laurent Burkel et de la conseillère régionale Karine Métivier…

    À noter que les différentes activités au cours de l’année scolaire 2010/2011 ont été proposées à 1 949 personnes contre 1 243 l’an passé, l’exposition La tolérance a été présentée au Lycée François 1er, un jeu coopératif a été créé avec la médiathèque François-Mitterrand et les Tambours de la paix ont été vécus par six classes sur le thème aussi de La tolérance.

    La Fête de la Paix a été quant à elle une réussite, sauf sur le plan financier, avec un énorme déficit qui est pris en charge par les excédents précédents.

    Projets 2011/2012

    L’antenne FAB du lycée François 1er avec un atelier hebdomadaire va se poursuivre au cours de la prochaine rentrée.

    Une quinzaine de la Paix aura lieu en septembre. Les différentes expositions détenues par l’association FAB vont être ainsi présentées en classeur afin de mieux les visualiser.

    La formation des animatrices va continuer. Un barbecue sera organisé en mai 2012 avec les différents partenaires de la Fête de la Paix, pour garder le contact avec la 4ème édition qui aura lieu en mai 2013.

    Au titre du conseil d’administration : François Jankowski et Florian Thiery ont été réélus et Adeline Ménage et Guy Cochard viennent remplacer Françoise Arvois et Éric Joffres qui ne se représentaient pas. Dans sa clôture de l’assemblée générale, la sous-préfète a déclaré « qu’elle allait aider l’association FAB à récupérer son agrément auprès de l’Éducation nationale grâce aux belles actions que mènent les membres de FAB ».

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    Union110711b - Marne
    SAINT-AMAND-SUR-FION : Il a été maire de Saint-Amand-sur-Fion Roger Bouquet n’est plus

    Roger Bouquet a joué un rôle majeur pour que le village fasse partie de l’association des plus beaux villages de France.
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  • Ancien maire de Saint Amand sur Fion, et officier du mérite agricole depuis 1992, Roger Bouquet, 84 ans, s’est éteint vendredi. Il sera inhumé mercredi.

    Né le 25 décembre 1926 à Saint-Amand-sur-Fion, fils d’une famille d’agriculteurs, Roger Bouquet a effectué son service militaire en 1947-1948 à Blida (Algérie). En 1950, il épouse une enfant du pays, elle-même fille d’agriculteurs, Jacqueline Dominé, qui lui donnera trois enfants : deux garçons et une fille. Installé comme chef d’exploitation à l’âge de 25 ans, sur 60 hectares, la ferme s’agrandit à force de travail et de persévérance pour atteindre 250 hectares en 1975.

    De 1955 à 1970, il est nommé président cantonal de la FDSEA et de 1960 à 1975, administrateur. De 1960 à 1970, il devient administrateur de la SICA Viande de Vitry-le-François ; de 1962 à 1989, administrateur de la Caisse locale du Crédit Agricole de Châlons-sur-Marne ; de 1955 à 1989, membre de la commission mixte des sucreries de Sermaize-les-Bains et Châlons-sur-Marne.

    De 1968 à 1989, vice-président de la coopérative de vente de betteraves de Châlons-sur-Marne ; de 1969 à 1989, vice-président de la coopérative de déshydratation de Songy ; de 1984 à 1989, membre du bureau de la coopérative de déshydratation de Francheville.

    De 1960 à 1982, en plus de l’exploitation, il devient commerçant en bétail par passion pour les animaux.

    Roger Bouquet deviendra aussi premier magistrat de Saint-Amand-sur-Fion de 1971 à 1989. Parmi les grandes actions à retenir, sa participation à l’aménagement du lotissement et il a tout fait pour apporter l’eau potable dans le village. Un diplôme de maire honoraire lui sera décerné le 22 janvier 1991.

    De 1971 à 1989, il est président du SIVOM de la Vallée du Fion ; de 1979 à 1986, président du comité local du Souvenir Français qui desservira les communes de Lisse-en-Champagne, Saint-Amand-sur-Fion et Saint-Lumier-en-Champagne.

    En 1988, il devient vice-président de la résidence pour personnes âgées Les Trois Vallées de Saint-Amand-sur-Fion, une résidence qu’il contribua à faire édifier en milieu rural et notamment au centre de la commune, avec le concours de Vitry-Habitat.

    Roger Bouquet a pris sa retraite le 31 décembre 1988 pour laisser la place aux plus jeunes. Roger Bouquet était officier du Mérite Agricole depuis 1992 et titulaire de la Médaille d’Argent du Souvenir Français depuis 1981.

    La cérémonie religieuse aura lieu mercredi à 10 h 30, à l’église Saint-Amand de Saint-Amand-sur-Fion.

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    Union110711a - Marne
    SUIPPES : Centre d’Interprétation Marne 14-18 « Lieux et Mémoire de la Grande Guerre »

    Le photographe John Foley et Hélène Méhaut, la directrice du centre d’interprétation de Suippes.
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  • Le Centre d’Interprétation Marne 14-18 et l’association Les Champs de la Mémoire présentent l’exposition « Lieux et Mémoire de la Grande Guerre », jusqu’au 17 juillet, à la Maison des associations de Suippes.

    Le 28 juin 1914, l’assassinat de l’archiduc d’Autriche à Sarajevo déclenche une guerre qui va durer quatre ans, faire près de dix millions de morts, deux fois plus de blessés, et bouleverser l’ordre du monde comme personne n’aurait pu l’imaginer.

    Le sens des événements

    Dans chaque pays se dressent monuments aux morts et mémoriaux, mais on a oublié les lieux où sont tombés les hommes. Pourtant, près d’un siècle plus tard, la terre reste marquée par les combats de cette guerre qui fit se battre des jeunes hommes venus des quatre coins du monde.

    A travers une quarantaine de photos noir et blanc réalisées par John Foley, accompagnées de courts textes explicatifs de manière à ce que les paysages puissent prendre tout leur sens au regard des événements qui s’y sont passés, cette exposition dont l’auteur est Anne Roze évoque le premier conflit mondial en faisant affleurer l’Histoire à partir des images du présent en Flandres, Artois, Somme, Aisne, Champagne, Lorraine-Verdun, Vosges, lieux du déroulement de l’ensemble du conflit.

    Cette exposition est l’occasion d’entretenir la mémoire de ce gigantesque sacrifice collectif qui, en inaugurant tragiquement le XXe siècle, marqua une rupture radicale dans l’Histoire.

    Contact :

  •  Marne 14-18 Centre d’Interprétation 4 ruelle Bayard - 51600 Suippes * Tél. 03.26.68.24.09
  •  contact@marne14-18.fr
  •  www.marne14-18.fr
  •  www.facebook.com/marne1418
  •  Entrée libre.
  •  Ouvert du mardi au dimanche, de 14 à 18 heures à la Maison des associations.
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    Concours : À vos appareils photo !

    Les photos du concours feront l’objet d’une exposition le 11 novembre prochain.
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  • Le Centre d’Interprétation Marne 14-18 poursuit son programme 2011. Après la nuit des musées, soirée spectacle à Sommepy- Tahure le samedi 14 mai, qui a remporté un beau succès et l’exposition photographique « Lieux et mémoire de la grande guerre », un concours de photographie amateur est lancé durant toute la période estivale.

    Ce dernier est proposé en deux catégories : jeunes (10-17 ans) et adultes. Une à trois photos par personne, couleur ou noir et blanc seront acceptées. Le sujet devra être la photographie d’un monument, d’une borne, d’un site 14-18 du circuit « sur les pas des Armées de Champagne ».

    Le règlement plus détaillé est à se procurer auprès du Centre d’Interprétation.

  •  Une randonnée historique sera organisée en août.
  •  Du 26 août au 5 septembre le Centre d’Interprétation Marne 14-18 sera présent sur la - foire de Châlons en Champagne.
  •  Les 10 et 11 septembre sera organisée la journée des villages détruits du camp de Suippes.
  •  Les 17 et 18 septembre, à l’occasion des journées du patrimoine, la visite du centre Marne 14-18 est gratuite.
  •  En octobre ou novembre se tiendra une exposition des photographies du concours photos.
  •  Le 11 novembre, à l’occasion de l’Armistice, un tarif spécial de 3 euros par personne est mis en place.
  •  Enfin, suite au succès de la bourse militaria 2010, l’édition 2011 aura lieu le dimanche 4 décembre dans la salle G. Dévignes à Suippes.

     

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    Union110710c - Marne
    PATRIMOINE : A Verdun, le passé se compose au présent

    Une promenade avec des agents de l’ONF permet de découvrir des sites peu connus de la forêt de Verdun.
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  • L’ouvrage de la Falouse était à l’abandon quand il a été repris en 2008 par une bande d’amis.
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  • L’association Histoire de France a reconstitué 75 mètres d’une tranchée, à l’identique de ce qui se faisait en 14-18
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  • Le fort de Douaumont propose une visite avec des tablettes comprenant des documents d’époque.
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  • Le Centre mondial de la paix accueille une exposition des oeuvres de Paul David Wright, artiste britannique installé dans les Ardennes.
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  • Luc Bécquer, directeur du Centre mondial de la paix
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  • HISTOIRE. Lieu ô combien marqué par la Grande Guerre, Verdun propose de nombreux sites à visiter pour mieux comprendre ce que furent les terribles combats de 1916. Plutôt que de faire le tour des endroits connus de tous (aussi importants et intéressants soient-ils comme l’ossuaire, la citadelle souterraine, les villages détruits, le monument de la Victoire), nous vous proposons de découvrir les nouveautés. Il y en a sur certains sites incontournables (Mémorial, Fort de Douaumont, Centre mondial de la paix) et sur des lieux méconnus (Ouvrage de la Falouse, Forêts de l’histoire, tranchée de Mogeville).

    L’ouvrage de la Falouse

    La Falouse, c’est avant tout une histoire de passionnés. Celle de cinq amis qui, il y a quelques années, ont mis leurs économies en commun pour acheter et redonner vie à leur rêve : un ouvrage qui servit de cantonnement pendant la Première Guerre mondiale. Situé à quelques kilomètres de Verdun, entre Belleray et Dugny-sur-Meuse, l’ouvrage de la Falouse permet de découvrir la vie d’un fort (les puristes parlent d’ouvrage…) de l’arrière front en 1916. L’intérêt de ce site, construit entre 1906 et 1908 et qui pouvait accueillir jusqu’à 128 hommes, c’est qu’il n’a pas pris un obus pendant la guerre. Il est donc dans sa configuration d’origine et dans un parfait état de conservation même si le temps et les pillages l’ont un peu détérioré. Racheté en 2008, il est depuis restauré à raison de nombreux investissements (200.000 euros) et de milliers d’heures de travail. Même s’il reste du travail, l’ouvrage de la Falouse a ouvert ses portes au public en juillet 2010. Au gré des salles, plusieurs saynètes permettent aux visiteurs de comprendre la vie quotidienne des soldats français pendant la Première Guerre mondiale. Les reconstitutions sont de très grande qualité avec notamment des mannequins saisissants de réalisme. Cet ouvrage en béton armé possède par ailleurs une tourelle d’un canon de 75, une tourelle de mitrailleuse et une guérite d’infanterie. Ses abords présentent un réseau complet de tranchées. Un lieu qui se visite en famille avec, qui plus est, un guide propriétaire, passionné et passionnant.

    L’Ouvrage de la Falouse. Lieu-dit « Le Plat d’Houillon », Dugny-sur-Meuse. Tél. : 06.83.27.13.34. Ouvert de mars à septembre de 9 à 18 heures et d’octobre à février de 9h30 à 12 heures et de 14 à 16 heures. Tarifs : adultes, 5.50 euros. Enfants, 2.50 euros.

    Gratuit pour les moins de 5 ans.

    Les forêts de l’histoire

    Voilà une façon originale de découvrir le champ de bataille de Verdun. Accompagné d’un agent de l’Office national des forêts aussi féru en histoire qu’en environnement (on a testé !), on part à travers forêts et trous d’obus pour une autre approche de cet événement majeur de l’Histoire de France. En visite guidée d’une demi-journée ou d’une journée, l’idée est de parler évidemment de l’histoire de ces lieux et de la bataille de 1916 sous un angle différent, in situ, mais aussi d’expliquer comment la nature s’est installée sur des milliers d’hectares là où il y a un siècle il n’y avait que champs et vignes. La forêt domaniale de Verdun est ainsi une mine d’or et un incroyable exemple de ce que peut donner un reboisement intelligent, d’autant plus quand on se rappelle que l’on estime que 60 millions d’obus sont tombés sur ce site, dont 15 millions n’ont pas explosé. Se promener ainsi au coeur de cette forêt, c’est entrer en quelque sorte dans l’Histoire, c’est aller sur des sites méconnus. Mais attention de bien le faire. Car par endroits la faune et la flore présentent des espèces rarissimes comme ce crapaud sonneur à ventre jaune et une pupille en forme de coeur ! Et puis il y a les « souvenirs » de guerre. Avec votre guide vous pourrez tomber sur quelques éclats d’obus, de la ferraille que vous emporterez, mais évitez de vous aventurer hors des sentiers battus pour rechercher des obus. C’est un peu le sport local à Verdun mais non sans risque. il y a quelques années, un jeune homme est mort après avoir manipulé un tel objet chez lui. Les policiers en ont trouvé l’équivalent de 3 tonnes…

    « Les Forêts de l’Histoire » et « Les rendez-vous de l’Histoire ». Renseignements, tarifs et réservation auprès de l’office de tourisme du Pays Verdunois, 14 bis Raymond Poincaré à Bras-sur-Meuse. Tél. : 03.29.85.41.52 ou 06.43.23.91.01. Quelques rendez-vous liés à des dates anniversaires sont programmés en ce mois de juillet.

    Le Mémorial de Verdun bientôt musée de France

    Ouvert en 1967, le mémorial présente la bataille de Verdun à travers une belle collection (armes, matériel lourd, véhicules, avions, uniformes…) qui se déploie sur deux niveaux d’exposition, autour d’une reconstitution du champ de bataille. A l’approche du centenaire de cette bataille, en 2016, le site est en train de prendre une nouvelle dimension sous l’impulsion de son directeur, le colonel Pierson. Cet ancien légionnaire se bat avec son équipe depuis quelques années pour redonner toute sa place à ce lieu qui est une mine d’or pour les touristes et passionnés d’histoire. Pour cela, il multiplie les initiatives avec la création d’ateliers pour les jeunes, la mise en place de produits dérivés et surtout le travail autour d’un projet d’extension du mémorial. Avec 750 m2 de plus à l’horizon 2015, le site va pouvoir retrouver son but original : se spécialiser vraiment et exclusivement sur la Bataille de Verdun (avec le temps, c’est la Grande Guerre dans son ensemble qui se trouvait au mémorial). Et cerise sur le gâteau, les lieux devraient d’ici quelques mois recevoir le label Musée de France. A voir également jusqu’au 23 septembre, une exposition temporaire intitulée « Ecrire l’incommunicable : Maurice Genevoix et Ernst Jünger, deux combattants témoignent de part et d’autre du front ». Elle met en avant l’histoire et les écrits de ces deux auteurs qui se sont retrouvés à la même période, sur le champ de bataille de Verdun mais chacun d’un côté. Une vision intéressante d’un même événement sous deux prismes. En 2012, deux expositions se tiendront au mémorial : une première de février à septembre sur le général Pellé et une seconde à partir de septembre sur les Garibaldi dans la Meuse.

    Mémorial de Verdun, 1, avenue du Corps Européen, Fleury-devant-Douaumont. Ouvert printemps-été de 9 à 18 heures, automne-hiver de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures. Fermé de la mi-décembre à fin janvier.

    Tarifs 7 euros (3,50 pour les enfants de 11 à 16 ans).

    Tél. : 03.29.84.35.34.

    Reconstitution d’une tranchée

    C’est dans un lieu improbable, le jardin d’une maison d’un petit village situé à 15 km de Verdun et 5 de Douaumont, que l’association Histoire de France a créé une véritable tranchée et un mini-village reconstituant l’ambiance d’un bivouac à l’arrière du front. Ouvert en 2006 à Mogeville, le site a déjà accueilli 34.000 visiteurs dont de nombreuses familles car il a l’avantage d’être très réaliste et complet. C’est ainsi que l’on peut se promener dans une tranchée de 75 mètres de long qui a été réalisée sur le modèle de ce qui se faisait en 1915. Elle a été reconstituée d’après de nombreux documents photographiques et selon les règlements en vigueur à l’époque.

    Si l’on fait abstraction de l’environnement (le jardin d’une maison de village), la force des lieux réside dans les nombreux petits détails que ce soit dans la tranchée ou sur le campement de repos (mitrailleuses, documents, objets…). A noter que Mogeville, village en première ligne de 1914 à 1916, a été totalement détruit pendant la Bataille de Verdun. Si l’association non subventionnée s’est installée là, c’est grâce à la propriétaire des lieux dont un des parents fut poilu…

    La Tranchée de Mogeville 2, rue des Bois, Mogeville. Ouvert tous les jours de 14h30 à 18h30.Entrée libre (système de donation à la sortie). Renseignements : 06.26.73.05.50.

    Authenticité et modernité au fort de Douaumont

    Le fort de Douaumont et celui de Vaux font partie des sites incontournables lorsque l’on passe à Verdun. Ce furent les deux places fortes du système de défense de Verdun, objets de toutes les batailles en 14-18. A l’occasion du 95e anniversaire de la bataille, fin juin, plusieurs nouveautés ont été annoncées. La première est que rien ne sera fait pour retoucher les forts ! La nouvelle peut surprendre mais elle est parfaitement assumée par les responsables du site. L’idée est en effet que lorsque le visiteur entre dans les forts il se retrouve comme en 1918, que le temps se soit figé. Ne vous attendez donc pas à une scénographie particulière, à des objets rajoutés. Ici, on joue la carte de l’authenticité. Cela ne signifie pas pour autant que rien ne bouge. La seconde nouveauté est en effet la création d’audio-guides multimédia pour accompagner la vite du site. Jusqu’à présent, un simple papier était remis à l’accueil, charge ensuite à chacun de se débrouiller en déambulant dans les différentes pièces. Dorénavant, la balade se fait avec des casques mais aussi, et c’est là la grande innovation, une tablette numérique. Sur cette tablette, 45 minutes de documents, mini-films d’époque qui permettent de mieux connaître les forts, leur histoire, les conditions de vie, la bataille. A chaque pièce son explication, et la possibilité de passer d’un endroit à l’autre comme on veut, de revenir en arrière, d’accélérer. Ce nouvel outil est déjà en place à Douaumont et le sera à l’automne à Vaux. Il entraîne une augmentation du prix d’entrée d’un euro dans les deux forts (4 au lieu de 3), ce qui au vu de l’apport pour le visiteur est raisonnable.

    A signaler également la création d’une application Iphone gratuite, complémentaire de ces audio-guides multimédias, qui va permettre d’avoir une présentation succincte des autres sites liés à la Grande Guerre dans le secteur de Verdun. Et pour en terminer avec Douaumont et Vaux, à noter le lancement de deux nouvelles expositions à l’automne : « Charles de Gaulle et la Grande Guerre » à Douaumont (de Gaulle fut fait prisonnier à Verdun le 2 mars 1916) et « Les animaux dans la Grande Guerre » au fort de Vaux.

    Fort de Douaumont, Douaumont, ouvert en juillet août tous les jours de 10 à 19 heures, en septembre de 10 à 18 heures, octobre novembre de 10 à 17 heures et en décembre de 10 à 13 heures et de 14 à 17 heures. Tél. : 03.29.84.41.91 Fort de Vaux, Vaux, ouvert en juillet et août de 10 heures à 18h30, en septembre et octobre de 10 à 12 heures et de 13 heures à 17h30, en novembre et décembre de 10 à 12 heures et de 13 à 17 heures. Renseignements : 03.29.88.32.88.

    Renseignements : comité départemental du tourisme de la Meuse 03.29.45.78.40.

    www.tourisme-meuse.com et www.tourisme-lorraine.fr

    Le Centre mondial de la paix

    Le lieu fait débat de l’aveu même de son directeur Luc Bécquer. Le Centre mondial de la paix, installé depuis 1994 dans le plus vaste et le plus splendide palais épiscopal de France selon les Mémoires de Saint Simon, dérange dans sa démarche. « Je ne vous cache pas qu’il y a des réticences qui viennent de la Ville, de l’office du tourisme, des associations d’anciens combattants », insiste le directeur. Mais que reproche-ton donc à ce lieu ? Sans doute sa modernité. Le Centre mondial de la paix se veut en effet « un lieu d’échanges, de rencontres et de réflexion au service de la promotion de la paix, des libertés et des droits de l’homme ». Pour cela, des expositions, conférences, colloques, rencontres internationales de la paix, projections de films, concerts sont organisés tout au long de l’année. Mais le fonds ne plaît pas toujours, choque parfois comme par exemple l’actuelle exposition des œuvres contemporaines de Paul David Wright, artiste britannique multimédia installé dans les Ardennes, élève d’Henry Moore, partenaire de Francis Bacon. A l’instar de ce qui se passe à Versailles, la confrontation art contemporain et lieu historique a de nombreux détracteurs d’autant plus quand se rajoute dessus la mémoire de centaines de milliers de morts. Pas de quoi arrêter pour autant Luc Bécquer pour qui l’une des façons d’attirer un nouveau public vers cette lourde histoire est justement de s’appuyer sur le présent et non le passé.

    Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de l’Homme, place Monseigneur Ginisty, Verdun.

    Tél. : 03.29.86.55.00.

    TEXTES ET PHOTOS GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB

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    Union110710b - Marne
    HISTOIRE : Le dragon de la Somme est de retour

    L’exposition accueille une réplique grandeur nature du lance-flammes créée notamment par des apprentis des Centres de formation et d’apprentissage industriel de Saint-Quentin et Soissons. © Y. Medmoun
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  • Reconstitution d’un lance-flammes Livens par le génie militaire britannique (Royal Engineers). © Peter Barton
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  • L’arme projetait un jet de diesel et de kérosène enflammé de 100 mètres de long. © The National Archives
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  • Des vestiges de l’engin ont été trouvés lors des fouilles effectuées fin mai 2010, près du village de Mametz, dans la Somme. © Y. Medmoun
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  • Le lance-flammes quand il était encore en usine . © Imperial War Museum
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  • EXPOSITION. L’historial de la Grande Guerre à Péronne présente, jusqu’au 21 décembre, l’un des plus grands secrets de l’histoire de la bataille de la Somme : le dragon de la Somme. Ce lance-flammes britannique, véritable arme de terreur, a été utilisé à onze reprises pendant la Première Guerre mondiale dont dix fois dans la Somme.

    On a du mal à imaginer que cela puisse être vrai. Pourtant cette arme de terreur a bien existé et surtout a bien été utilisée à plusieurs reprises lors de la Première Guerre mondiale. C’est ce que nous montre l’exposition qui se déroule actuellement à l’historial de la Grande Guerre à Péronne et qui aborde l’histoire du lance-flammes Livens, une véritable arme de terreur.

    La machine de 19 mètres de long, 40 cm de large et 2,5 tonnes, fut conçue pour être transportée pièce par pièce jusqu’à la ligne de front par 250 hommes, pour être ensuite assemblée, cachée et déployée par une équipe spécialement formée de sept personnes dans un tunnel creusé sous le No Man’s Land. Elle projetait un jet de diesel et de kérosène enflammé de 100 mètres de long, sur les lignes allemandes. Certainement l’une des armes les plus effroyables de ce conflit.

    C’est en 2005 que Peter Barton, historien britannique et commissaire de l’exposition, a commencé à s’intéresser à l’histoire de cette arme, aussi impressionnante par son envergure que terrifiante par sa puissance. Malgré le caractère ingénieux et sophistiqué de cette arme pour l’époque, celle-ci n’avait, jusque-là, suscité l’intérêt que de très peu d’historiens.

    Pendant cinq ans environ, il consulte de nombreuses archives, à la recherche d’un indice qui pourrait l’aider à reconstituer l’histoire du lance-flammes Livens depuis son invention, jusqu’à la découverte de vestiges de l’engin lors des fouilles effectuées fin mai 2010, près du village de Mametz, dans la Somme.

    Alors que de nombreux livres furent écrits sur la Bataille de la Somme, aucun ne mentionne véritablement son utilisation. Il est vrai qu’alors qu’il fut utilisé onze fois pendant la Première Guerre mondiale, dont dix fois dans la Somme, l’existence du lance-flammes fut tenue secrète jusqu’à sa première utilisation le 1er juillet 1916.

    Une réplique taille réelle exposée

    Le résultat des recherches de Peter Barton et de Jeremy Banning, ainsi que les résultats des fouilles effectuées fin mai 2010, est dévoilé au public lors de cette exposition, au sein même du musée de l’Historial de la Grande Guerre. Des panneaux explicatifs, des photographies, des cartes, des plans, des schémas, ainsi que les pièces du lance-flammes récupérées lors des fouilles et quelques pièces utilisées par les Royal Engineers lors de la construction du prototype sont exposés.

    Cette exposition intègre également une réplique grandeur nature du lance-flammes créée notamment par des apprentis du CFAI (Centres de formation et d’apprentissage industriel) de Saint-Quentin qui se sont occupés de cinq réservoirs supérieurs et la vanne gauche du lance-flammes et ceux de Soissons qui ont réalisé les éléments de la lance, c’est-à-dire la lance, le corps, le tube inox, l’ensemble jonction et platine, le coude et le tube acier. A voir pour essayer de comprendre ce qu’était cette arme.

    G. A.-T.

    Informations pratiques

    Dates et horaires.- L’exposition Breathing Fire - le Dragon de la Somme Le lance-flammes britannique Livens est présentée jusqu’au 11 décembre, tous les jours de 10 à 18 heures, dimanches et jours fériés inclus.

    Lieu.- château de Péronne, à Péronne dans la Somme, entre Saint-Quentin et Amiens. Tarifs.- L’exposition est présentée dans le cadre des collections permanentes et du musée. Entrée 7,50 euros pour les adultes et 3,80 euros pour les enfants.

    Renseignements.- 03.22.83.14.18 et www.historial.org

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    Union110710a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    La Yougoslavie éclatée

    Victor-Emmanuel III.
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  • L’Allemagne et l’Italie proclament la fin de l’Etat yougoslave et valident un nouveau bouleversement de la carte de l’Europe en remodelant les Balkans. Hitler et Mussolini s’accordent pour que la Croatie devienne un royaume dirigé par Tomislas II qui n’est autre que le duc de Spolète, neveu de Victor Emmanuel III. La province autonome de Ljubljana qui est à peine constituée est rattachée de manière autoritaire à l’Italie. La plus grande partie de la Dalmatie qui comprend également les îles de l’Adriatique et les bouches de Kotor revient aussi au Duce qui applaudit ce qu’il qualifie d’annexion salutaire pour les peuples. Une grande partie de la Bosnie est occupée militairement et le commandement en est confié à un état-major italien. Le Monténégro devient un protectorat de Rome avec la promesse d’une restauration de la monarchie. La Croatie adhère comme par hasard dès le 12 juillet 1941 au Pacte tripartite. Pour sa part, le Reich intègre à son territoire une partie de la Basse Carinthie ainsi qu’un morceau de la Carniole. La Hongrie reçoit les territoires compris entre la Save et le Mur, une partie de la Baranya entre la Save et le Danube, provinces qui avaient été données à la Yougoslavie en 1918. Elle obtient aussi une part de la Backa qui appartenait à la Serbie.

    Le général de Gaulle tient à ce que la Fête nationale soit partout célébrée dignement par les Forces françaises libres : « Soldats, marins et aviateurs de la France, le 14 juillet 1941 est pour nous la fête de la foi et de l’espérance nationales. De la foi, parce que jamais, malgré les revers de la France, nous n’avons cru plus fermement en elle et en son destin, de l’espérance parce que nous voyons paraître à l’horizon toutes les données de la victoire. Soyons fermes, fiers et fidèles. Au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé ». Le 14 juillet est la date choisie pour le commencement des opérations de guérilla contre les armées allemandes et italiennes. Ces actes de résistance sont engagés en Serbie par le général Draja Mihailovitch et au Monténégro par Josip Broz surnommé « Tito » et qui dirige le parti communiste local. Mihailovitch a participé aux guerres balkaniques de 1912 et 1913 ainsi qu’à la Première Guerre mondiale. Il structure des groupes les « tchetniks » depuis son quartier général de Rvana Gora dans une perspective anti-allemande et de fidélité à la dynastie serbe et au gouvernement en exil de son pays. Tito qui est contre les nazis est surtout engagé parce que la rupture du pacte germano-soviétique exige une solidarité transfrontalière des communistes. Si bien que l’association de ces deux pôles armés d’opposition n’est pas à l’ordre du jour.

    La France vichyssoise reste sous le coup de l’annonce de la création de la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) codirigée par Marcel Déat et Jacques Doriot. Tout juste se satisfait-elle d’apprendre que l’amiral Darlan après l’armistice du Levant a obtenu l’accord des Allemands pour qu’ils renoncent à utiliser les ports de Dakar et de Bizerte. Du côté de Londres, on craint qu’il ne s’agisse que d’une échappatoire et que la question soit bientôt à nouveau inscrite à l’ordre du jour. Les Américains qui ne croient pas à la baisse des prétentions maritimes du Reich annonce le 15 juillet 1941 qu’ils installent une base aéronavale à Argentia sur l’île de Terre-Neuve.

    Après la position de forces des Marines en Islande, on mesure combien la Maison Blanche est préoccupée par la garantie de la libre circulation maritime sur les océans.

    Textes : Hervé Chabaud h.chabaud@journal-lunion.fr


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    URSS : de sanglants combats

    Un temps de repos pour les tankistes.
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  • Des prisonniers russes par milliers.
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  • Une carte des opérations dans la grande région.
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  • Des civils toujours réquisitionnés pour construire des obstacles défensifs.
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  • Kiev. Alors que les troupes nazies sont renforcées par un corps expéditionnaire italien qui complète la division Torino, l’Armée rouge entreprend ses premières contre-offensives meurtrières.

    Le 5 juillet, dans le secteur sud du front allemand contre l’URSS, près de l’ancienne frontière polonaise à l’est de Lwow, la VIe armée allemande du général von Reichenau ouvre une brèche dans la ligne de Staline sur les positions des VIe et XXVIe armées soviétiques. Au même moment, le 1er Panzergruppe de von Kleist s’infiltre dans la trouée vers Berditchev et Jitomir c’est-à-dire au sud-est et à l’est de Kiev. Hitler lui donne l’ordre de stopper. Le lendemain, dans le secteur sud, les Roumains occupent Cernauti, un peu au-delà des Carpates. Les soldats sont reçus avec beaucoup d’enthousiasme d’autant que la population de cette région est d’origine roumaine ! Près de Vitebsk vers Smolensk, la XVIe armée du groupe Nord fait sa jonction avec la IXe armée du groupe Centre. La plus au nord des armées du Reich, la XVIIIe, avance jusqu’à une ligne qui part du lac Peipous, passe par Tartou et atteint Pärnou, juste au nord du golfe de Riga.

    Le 7 juillet, les Allemands accentuent leur pression de la Baltique à la mer Noire. Le 4e Panzergruppe du général Hoepner s’empare de Pskov près de la pointe sud du lac portant le même nom et s’oriente au nord-est en direction de Novgorod et Leningrad.

    Premières contre-attaques

    Le 9 juillet dans un rapport qui est adressé au führer, l’état-major avancé précise que la résistance soviétique s’épuise dans toutes les poches qui sont encerclées et dont la liquidation doit être la priorité des prochains jours. Les envahisseurs recensent alors 300.000 prisonniers et estiment que dans le secteur de Bialystok quarante divisions ont été anéanties. Les 2e et 3e Panzergruppen des généraux Guderian et Hoth qui constituent désormais la 4e armée blindée progressent de l’autre côté du Dniepr et de la Dvina en direction de Smolensk sur la route menant vers Moscou !

    Le 10 juillet alors qu’Hitler reçoit confirmation par Mussolini du départ des divisions Pasubio, Prince Amédée duc d’Aoste et de la légion des « chemises noires » pour le front russe, les troupes soviétiques déclenchent brutalement une série de contre-attaques tout autour de la ville de Korosten à l’ouest de Kiev. Les unités staliniennes sont repoussées avec de très violents combats avec le 1er Panzergruppe de von Kleist. Il s’agit de la première alerte sérieuse depuis le commencement des hostilités. Le 11 juillet, après avoir repoussé les assauts des soldats de l’Armée rouge, les forces blindées allemandes prennent position à une quinzaine de kilomètres de Kiev. Elles trouvent face à elles un mur défensif qui les contraint à freiner leurs ardeurs et à étudier le terrain afin d’identifier les môles fortifiés qui handicapent leur progression.

    Le lendemain, alors que la Grande-Bretagne et l’URSS concluent un pacte d’assistance mutuelle qui scelle les engagements pris par Winston Churchill dès le 22 juin au soir dans son grand discours adressé au peuple russe, l’alerte retentit à Moscou.

    La capitale est en ce 12 juillet pour la première fois bombardée par la Luftwaffe. Entre Londres et Moscou, la décision est prise de ne pas signer de paix séparée lorsque la guerre prendra fin. Ce choix politique très important n’empêche pas la poursuite de vives batailles sur tout le front. Au nord, les Allemands continuent leur avancée de Pskov vers Louga. Les soldats ne sont alors qu’à 120 km de Leningrad. Le 14 juillet, les unités du IIIe Reich atteignent le fleuve Louga. Elles sont désormais en capacité de menacer Leningrad qui est l’une des villes qu’Hitler tient à voir tombée avant la capitale. Elle est pour lui l’un des grands symboles du cancer bolchévique. La défense soviétique sur ce secteur manque d’homogénéité. Les troupes sont mal organisées. La coordination de leur commandement est balbutiante. L’état-major de l’Armée rouge comprend alors que la situation est quasi désespérée.

    Montrés du doigt

    Le général Vorochilov, commandant en chef des armées du Nord et Jdanov, chef de l’organisation du parti communiste de l’Union soviétique à Leningrad, formulent un ordre du jour à destination de toutes les unités positionnées dans un axe nord-ouest : « L’ennemi fait peser directement sa menace d’invasion sur la grande cité de Leningrad, berceau de la révolution prolétarienne, démocratique et populaire. Alors que les troupes qui combattent entre la mer de Barents et les régions de Tallinn et de Hango résistent valeureusement aux hordes nazies et finlandaises en défendant chaque pouce de notre terre soviétique bien-aimée, celles du front du centre-ouest, c’est-à-dire celles du secteur de Leningrad, ne repoussent pas les attaques ennemies et abandonnent souvent leurs positions sans lutter, encourageant ainsi l’arrogance croissante des Allemands. Certains lâches non seulement quittent le front sans en avoir reçu l’ordre, mais sèment la panique parmi les soldats fidèles, courageux et valeureux. Les officiers et les responsables politiques ne font rien pour endiguer le désordre. Leur conduite honteuse ne fait que l’accroître et provoquer la désorganisation du front ».

    Cette mise en garde incisive à la fois militaire, politique et morale se poursuit en des termes tous aussi vifs : « Tous ceux qui abandonneront les lignes sans ordres de leurs supérieurs seront jugés par un tribunal de campagne et fusillés pour leur trahison devant l’ennemi, et cela, sans tenir compte de leurs grades et de leurs états de service ». Les Soviétiques adoptent à l’égard de leurs soldats des attitudes raides qui témoignent des craintes politiques d’un effondrement possible en raison de l’accumulation de mauvaises nouvelles enregistrées en tous les points de contact avec les troupes d’assaut du Reich. Toujours est-il que le 15 juillet, devant Leningrad, les troupes staliniennes lancent une puissante contre-attaque dans la partie sud de la ligne de Louga entre les lacs Ilmen et Solsty. L’offensive est courageuse mais les moyens dont elles disposent ne leur permettent que de ralentir la progression de l’ennemi et d’organiser quelques initiatives de harcèlement. Pourtant, sur ordre des hiérarques du PCUS, des milices urbaines sont recrutées à Leningrad. Ce sont des gens patriotes et de bonne volonté mais ils n’ont pas de formation militaire. Ils tentent de prendre d’assaut les chars allemands mais sont massacrés à la mitrailleuse.

    Les civils sont alors réquisitionnés pour construire des fortifications. Plusieurs lignes sont décidées. L’une part de l’embouchure de la Louga à Tchoudovo, file vers Gatchina, Urick, Poulkovo puis le long de la Neva. Une autre ligne passe par Peterhof, Gatchina, Poulkovo, Kolpino et Koltouchi, cela à l’est de la ville et au nord de la Neva. D’autres défenses sont commandées près de Leningrad pour contrer l’arrivée de soldats finlandais. Ce sont plusieurs centaines de kilomètres de barbelés qui vont être déployés tandis que des tranchées sont creusées et que des positions d’artillerie sont sécurisées dans l’urgence. Plus de trois cents kilomètres de barricades constituées d’abattis vont être dressées. Des nids de mitrailleuses sont également confectionnés. Staline parie sur une guerre de positions lorsqu’une grande ville est en danger.


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    Les ambitions impériales du Japon

    Le général Tojo.
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  • Quel jeu joue l’empereur Hiro Hito ?
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  • Hitler s’inquiète du peu d’empressement des Japonais à gêner la diplomatie américaine. En cette première quinzaine de juillet son appréciation est insuffisamment renseignée. Dans l’esprit du führer, le pacte tripartite est destiné à fixer la marine des Etats-Unis dans le Pacifique pour lui interdire de venir en aide à la Royal Navy, de plus en plus harcelée par les sous-marins du Reich dépêchés sur zone par l’amiral Karl Dönitz. Après les entretiens entre Matsuoka et les dignitaires nazis, l’ambassadeur nippon conforte l’idée que le Japon doit imposer sa domination sur l’Asie. A Washington, le secrétaire d’Etat Cordell Hull maintient avec une grande fermeté ses mises en garde contre Tokyo dont les ambitions impérialistes agacent. Conscient des multiples tensions qui se développent dans le monde, le président Roosevelt renouvelle l’état d’alerte national illimité. Les Japonais sont très réservés sur la décision d’Hitler d’envahir l’URSS. Comme le temps n’est plus aux bonnes relations avec Staline, certains diplomates de l’Empire du Soleil levant mettent en garde le gouvernement qui tient à concentrer son armée et sa marine en direction d’objectifs fléchés dans le sud-est asiatique. Au sein du cabinet, les avis divergent. Plusieurs membres proposent d’emboîter le pas au führer et de lancer une puissante attaque contre le port de Vladivostok afin de disposer d’un tremplin efficace pour envahir ce vaste territoire. L’empereur Hiro Hito est sollicité pour encourager ce schéma. Il hésite d’autant qu’il subit une campagne de défiance de la part de ceux qui l’assimilent à un valet d’Hitler. L’armée n’a aucune envie de combattre l’Armée rouge à moins de disposer de la certitude que l’URSS est au bord de l’effondrement. L’état-major de la marine est tout aussi frileux puisque les plans qu’il a établis sont destinés à opérer un mouvement rapide vers le sud pour s’approprier le pétrole des Indes néerlandaises.

    Une grande méfiance

    Comme Washington refuse le plan de Tokyo d’une Chine indépendante protégée par les troupes nippones, les dirigeants japonais haussent le ton et le secrétaire d’Etat américain fait de même au cours d’une brève intervention rapportée par ses collaborateurs : « Certains leaders japonais de haut rang se sont irrémédiablement lancés sur une voie soutenue par l’Allemagne nazie et sa politique de conquête ». Informé de cette position, le ministre Matsuoka estime qu’il s’agit d’une insulte et que son pays n’a pas d’autre choix que de lier son destin à celui de l’Allemagne nazie. Le 2 juillet 1941, Tokyo fait savoir à Berlin que : « le gouvernement japonais a décidé de se ménager des points d’appui en Indochine française afin d’accentuer la pression sur la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ». Le message adressé à Ribbentrop, le ministre des Affaires étrangères du Reich se conclut ainsi : « Nous, Japonais, n’avons pas l’intention de garder les bras croisés alors que vous, Allemands, combattez les Russes ».

    En réalité le gouvernement impérial est hésitant et les messages interceptés par les services alliés témoignent de cette incertitude sur la pertinence de ce choix. Pour paralyser Tokyo, le secrétaire d’Etat aux Affaires intérieures, Harold Ickes fait pression sur Roosevelt pour qu’il décrète un embargo pétrolier contre le Japon. Il s’y refuse pour ne pas précipiter les choses. Il n’empêche que début juillet, l’empereur préside une conférence au cours de laquelle il prend la décision de promouvoir une politique d’expansion vers le sud et prévient de l’exigence d’être courageux et audacieux : « Aucune importance si des obstacles se dressent sur notre route ». Il n’est plus question de s’intéresser à la question soviétique mais « d’engager le Japon vers le sud pour y établir des bases solides nécessaires à l’existence et à la sécurité de la nation ». Hiro Hito décortique la situation diplomatique et émaille de commentaires la géographie mondiale. Le prince Konoye encourage l’empereur qui manifeste son souci d’éclairer le gouvernement puis ajoute : « Notre finalité est d’établir une sphère de coprospérité pour tout le Grand-Est asiatique ».

    En somme, le Japon entend transférer à son profit tous les marchés régionaux, qu’il s’agisse du pétrole, des richesses minérales des possessions anglaises, françaises et hollandaises. Dans le même temps, le gouvernement impérial est déterminé à empêcher le ravitaillement des nationalistes chinois et de couper la route de Birmanie qui leur permet de recevoir du matériel allié. Sur l’Indochine, il est question de proposer un coprotectorat au gouvernement de Vichy pour obtenir le stationnement de troupes capables de mener des opérations militaires contre les nationalistes chinois dans le nord, à l’ouest contre la Thaïlande et la Birmanie, au sud contre la Malaisie. Le prince Konoye indique que si les résultats attendus ne sont pas obtenus par la diplomatie, son pays mobilisera deux millions de soldats supplémentaires et réorganisera la production de guerre pour arriver à ses fins : « Messieurs, les préparatifs d’une guerre contre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont engagés. La France et son gouvernement si terne ne sont pas un danger ».

    Matsuoka remplacé

    Au sein du cabinet nippon, Matsuoka qui est considéré comme trop proche d’Hitler est remplacé par l’amiral Teijiro Toyoda, beaucoup plus souple. Il est chargé de tenter une dernière négociation avec les Etats-Unis. Washington ne veut pas en entendre parler parce que les interceptions des transmissions nippones prouvent que Tokyo presse le gouvernement français de lui céder une base à Saigon et une autre dans la baie de Camranh. Les stratèges US estiment que cette demande représente à terme une menace contre la Thaïlande, la Malaisie et les Philippines, aussi mettent-ils en garde la Maison Blanche. D’autant qu’ils obtiennent la certitude par leurs agents que les Japonais préparent un ultimatum destiné au maréchal Pétain le menaçant en cas de refus à leurs exigences d’une intervention armée.

    Aux Etats-Unis, le clan des durs est ainsi conforté. Roosevelt tempère les plus radicaux : « Je ne tiens pas pour l’instant à pousser le Japon à la guerre en imposant l’embargo total sur le carburant. Je suis toujours désireux de laisser du lest au nœud coulant, ma tactique consistant à imprimer des secousses de temps à autre, mais sans étrangler définitivement ». Parmi les secousses évoquées par le président américain, il y a désormais l’obligation de demander aux USA une licence d’exportation pour tout produit à destination du Japon. A Nomura, l’ambassadeur nippon aux Etats-Unis, il expose que pour résoudre la crise actuelle il faut une neutralisation de l’Indochine et un commerce qui y soit ouvert à toutes les nations.

    Avant de mettre en garde son interlocuteur : « Une situation excessivement sérieuse résulterait immédiatement de toute action directe de Tokyo vers les Indes néerlandaises ».

    Bref, le Japon est sous haute surveillance mais poursuit ses parades martiales.

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    Union110709b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Commémoration à la Gruerie Fidèles au devoir de mémoire

    Des gerbes de fleurs ont été déposées à la Gruerie
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  • UN OFFICE sous un soleil radieux, pour cette cérémonie de commémoration à la Gruerie, même si le vent un peu froid a donné quelques frissons, des tentes avaient été dressées afin que chacun puisse être à l’ombre et profiter au mieux de la célébration.

    Comme à l’accoutumée la chorale paroissiale était présente, pour accompagner les nombreux paroissiens venus des communes voisines.

    À l’issue de l’office religieux, l’abbé Pierre Collart laissa la parole à M. Bertold du comité franco-allemand.

    L’importance des mots

    La cérémonie des commémorations de la Gruerie en l’honneur des combattants de la Première Guerre commença par la lecture par Tanguy d’une lettre d’un jeune soldat ; suivie par la lecture par Clément et Monsieur Gomérieux d’un poème d’une jeune fille à son grand-père, le tout dans un parfait silence, tant les mots avaient de l’importance.

    C’est M. Savary, président du Conseil Général, qui évoqua ce moment si particulier qui s’est déroulé dans la forêt de la Gruerie en 1915.

    Il a rappelé la férocité des combats, la destruction quasi -totale de ce lieu qui, avant cette date, était un lieu de détente pour les habitants des environs et qui devint la tombe des soldats avec l’ossuaire de Saint-Thomas-en-Argonne.

    Même si, au fils des années, la nature a repris sa place, il reste les blessures, comme des vestiges de ces années difficiles, qu’il faut s’efforcer de restaurer pour conserver le souvenir de ce que ces hommes ont fait.

    De plus, le Conseil Général, en partenariat avec les associations locales et nationales, commence à entreprendre des travaux pour le centenaire de cette grande période.

    Le sous-préfet sur le départ

    Le sous-préfet M. Carton a salué le rapprochement entre la France et l’Allemagne, puisque la commémoration est franco-allemande.

    Il a rappelé également que nous sommes les héritiers de ceux qui ont combattu pour défendre la République.

    Après un dépôt de gerbe à la Gruerie, mais aussi au monument de l’ossuaire de Saint-Thomas-en-Argonne, M. Rocha a remercié toutes les personnes présentes fidèles au devoir de mémoire, l’abbé et la chorale, la fanfare de l’association Argonn’notes venue prêter main-forte, les anciens combattants, le ministre, le président du Conseil Général, les députés et le sous-préfet, à qui il a remis un souvenir de l’Argonne. En effet, le sous-préfet quitte la région pour d’autres horizons.

    M. Rocha en a donc profité pour remercier le travail qui a été fait, tout en lui rappelant que des sujets comme l’intercommunalité devait être pensé avec les locaux, ce qui n’a pas manqué de faire sourire et M. Carton de répondre : « Vous avez réussi avec brio la réconciliation franco-allemande par conséquent ne créez pas de polémique avec vos concitoyens ».

    Un vin d’honneur fut servi sur le site de la Gruerie.

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    Union110709a - Marne
    SAINT-BON : Anniversaire de mariage : L’or pour Odile et Roger Huber

    Enfants, petits-enfants, famille et amis ont fêté les noces d’or d’Odile et Roger.
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    Odile et Roger Huber se sont mariés le 17 juin 1961 à Saint-Bon, d’où est originaire Roger.

    Cinquante ans plus tard, entourés de leurs quatre enfants, douze petits-enfants, famille et amis, le couple a fêté ses noces d’or à la mairie de Saint-Bon.

    Ils se sont rencontrés lors d’une séance de cinéma, en février 1959, à Fontevraud.

    Le couple réside au couvent Sainte-Monique de La Ferté-Gaucher depuis sa retraite en 1991, après de nombreuses mutations imposées par la profession de Roger, gendarme. Une retraite qui est loin d’être de tout repos, étant rythmée par les travaux de rénovation du couvent, les repas, les fêtes, les voyages, la famille et la Fnaca, dont Roger est le président.

     

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    Union110703d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : « L’énigme de Varennes » revisitée par Michel Godard et Fabien Clesse : Un classique à lire comme une bande dessinée

    Michel Godard signe, en compagnie du dessinateur Fabien Clesse, une version revisitée de « L’énigme de Varennes »,
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  • texte de référence signé par Charles Aimond en 1936.
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  • Michel Godard et Fabien Clesse signent une version contemporaine et richement illustrée du classique de Monseigneur Aimond, « L’énigme de Varennes ».

    LE talent de Michel Godard n’est plus à découvrir. Dans sa publication « Terres d’argonne », qui en est à son troisième bulletin, il donne la parole à tous ceux qui lui apportent en plus de ses textes, des souvenirs, des articles, des documents relatifs à l’histoire de Varennes et de ses environs.

    Complément de ses recherches et de ses réflexions, il a mis au point en plusieurs années son projet : faire revivre le texte du Meusien Charles Aimond publié sous l’intitulé « L’énigme de Varennes ». Un ouvrage qui fait autorité et est reconnu par tous les historiens comme l’ouvrage de base concernant l’arrestation de Louis XVI.

    Nombreuses illustrations

    Pour le rendre plus attractif, notamment auprès des jeunes générations, Michel Godard l’a enrichi et a choisi d’accompagner le texte de nombreuses illustrations. Il lui fallait un complice. Il l’a trouvé en la personne du Verdunois Fabien Clesse, peintre et dessinateur. Son rôle a été de croquer, sur les indications de Michel Godard, telle scène ou tel personnage. Un travail mené dans l’esprit d’une bande dessinée. L’enchaînement des différentes phases se suit comme dans l’ouvrage original. Pour représenter les acteurs du drame, le dessinateur a choisi de faire ressortir leurs traits de caractère les plus saillants.

    Ainsi Axel Fersen a le charme qui fit frémir le cœur de la reine, Bouillé porte l’ordre de Saint Louis et signe son appartenance, le Duc de Choiseul, jeune et brillant, apparaît comme tel avec, dans le commentaire qui lui fait face, le rappel des bourdes monumentales qu’il a commises dans l’exécution des consignes.

    Pour les scènes successives du déroulement, celles de la nuit de l’effondrement du roi devant le papier de l’Assemblée, la colère de la Reine lisant le texte, le crayon du dessinateur a parfaitement souligné les enchaînements, réalisé des tableaux collectifs de groupes, entre autres ceux des révolutionnaires à la barricade dans Varennes.

    Reprenant certains éléments déjà présentés par Charles Aimond, Michel Godard montre à son tour les plans originaux du parcours du roi et les complète avec une carte précise. Tout au long de la fuite, à Sainte-Menou comme à Varennes, le dessin reprend avec fidélité les silhouettes architecturales des bâtiments témoins de l’affaire, souvent étiquetés à nouveau, la mairie de Menou, la tour et l’hôtel du Grand monarque de Varennes, l’évocation des remparts de Montmédy.

    Souci de la vérité historique, on peut citer encore les sept dessins précis du dispositif militaire mis en place, les dragons et hussards agents protecteurs de la fuite, répartis en détachements sur le parcours, silhouettés dans le costume de l’époque. Cette nouvelle version de « L’Énigme de Varennes » n’est décidément pas un livre dans la série de ceux qui l’ont précédé. Dans la nouveauté de la présentation, et dès la première page, on se laisse guider par l’invitation de la préface de Jacques Hussenet : « … goûtons le plaisir de relire Monseigneur Aimond et peut-être de le redécouvrir dans une superbe mise en images. »

    L’énigme de Varennes, 1791, le dernier voyage de Louis XVI, d’après Charles Aimond (1874-1968).

    Adaptation Michel Godard, illustrations Fabien Clesse. Edité par l’association « Terres d’Argonne », 37 euros.

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    Union110703c - Marne
    REIMS : Trois vétérans américains au rapport

    Les trois vétérans américains s’en sont donné à cœur joie au musée Saint-Remi.
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  • REIMS (Marne) Vendredi, trois anciens membres de l’US Air Force ont fait le tour de la ville. Du musée de la Reddition à Saint-Remi.

    DANS la cour du musée Saint-Remi, le grand âge des trois vétérans de l’US Air Force était gommé par leur excitation. De vrais gamins devant les quelques véhicules amenés dans la cour. Pourtant, les voitures, ce n’étaient pas leurs spécialités.

    En effet, Sandy Groendyke, Richard Dinning et Robert Hansen ont tous servi dans les cieux en 1944, au-dessus de l’Allemagne, respectivement dans les 508e, 510e et 511e Squadrons de la 351e Bomb Group.

    Ils ont d’ailleurs plusieurs dizaines de missions à leurs compteurs. Certains ont frôlé la mort. Ces trois pilotes tenaient à visiter la cité des sacres, lieu de signature de la reddition allemande. Un symbole fort pour eux. Ils l’ont désiré, Marc Bouxin, conservateur du musée de Saint-Remi, a fait des pieds et des mains pour que leur souhait soit réalisé. Dans le musée de la Reddition, les trois vétérans s’en sont donnés à cœur joie. Les anecdotes pleuvaient.

    Puis direction la maison de champagne Veuve-Clicquot pour déguster une coupe. Pourquoi avoir choisi cette maison dans l’imposant panel existant dans la vile ? Tout simplement parce que c’est précisément cette marque de champagne qui avait été dégustée le jour de la signature de la capitulation allemande, notamment par le général Eisenhower.

    La coupe dégustée, les trois vétérans se sont lancés, avec quelques membres de leur famille, à l’assaut du musée Saint-Remi, dernière étape de leur tournée marnaise. Là, autour de la radio disposée sur une table ou des véhicules, ils se sont souvenus. Sans amertume. Mais avec une volonté de transmettre leur histoire intacte.

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    Union110703b - Marne
    LIVRE : Couleurs d’un ciel de guerre

    Dans l’histoire de l’aviation de conflit du XXe siècle, nul doute que René Fonck et Manfred von Richtofen sont deux figures héroïques en France et en Allemagne puisqu’ils ont été deux des As les plus prodigieux de la Première Guerre mondiale. Rapprocher leurs parcours pour mieux comprendre leurs engagements et leur détermination à briller au service de leur pays a conduit Patrick de Gmeline à oser un livre différent dans l’approche et la méthode historique. Le résultat est cohérent avec deux portraits somptueux et une explication rigoureuse de leur action sur les différents théâtres d’opération où ils ont été engagés. Bien sûr, la vie de Richtofen est plus courte que celle de Fonck. Il est déjà une figure mémorielle de la guerre aérienne lorsque l’Europe est secouée par un second séisme guerrier où la fidélité de Fonck au maréchal Pétain va obscurcir son image devant la nation par une lecture biaisée de son comportement.

    Est-ce la raison qui fait que Fonck ne tient pas la même place dans la mémoire collective que Guynemer, Nungesser, Dorme ou Saint-Exupéry ? Ce ne peut pas être la justification exclusive pour un homme méthodique, économe de ses munitions, dont la vue exceptionnelle lui permet de remarquables tirs au but du côté du Chemin des Dames ou à la verticale du fort de Brimont. Ce Lorrain au patriotisme moral exemplaire, à l’esprit de chef l’entreprise avéré ne vit pas dans le scenario d’une fracture définitive avec l’Allemagne. Son amitié avec Udet qui mettra fin à ses jours en 1941 pour ne pas avoir à assumer la folie nazie en témoigne. Est- ce à dire qu’il faut rechercher d’abord des liens privilégiés entre Richtofen et Fonck ? L’auteur se garde bien d’abuser de comparaisons pour privilégier le parallèle de situations militaires et patriotiques. Si leur point commun est d’être des pilotes de chasse d’exception bien des choses les séparent dans leur parcours. L’un est le fils d’un modeste ouvrier forestier soucieux de donner une bonne éducation à ses enfants, l’autre appartient à l’une des grandes familles de l’aristocratie prussienne.

    Mort au combat, le Baron rouge devient un mythe alors que le colonel Fonck, parlementaire puis industriel foudroyé dans la vie civile obtient des funérailles officielles in extremis. On appréciera dans cet ouvrage très documenté mais fort bien construit pour se lire comme un roman, une belle histoire d’hommes dont l’auteur sait mettre en valeur leurs qualités comme leurs différences réciproques. Ce ne sont pas seulement deux palmarès d’exception mais des personnalités qui réfléchissent et apportent leur analyse à la stratégie et à la tactique d’alors comme à la conscience sociale de leur temps. Du groupe des Cigognes à la Jagdgeschwader 1, il y a deux vies étonnantes, truffées de détails pour un long vol d’histoire vraie.

    Hervé Chabaud

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    Union110703a - Marne
    HISTOIRE : 1941

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    Staline parle enfin

    Joseph Staline sort enfin de son silence.
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  • Ribbentrop dénonce la rupture du Pacte germano-soviétique par l’URSS !
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  • Le 3 juillet 1941, Joseph Staline sort d’un long silence et s’adresse aux Soviétiques. On ne l’a pas entendu depuis l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS. La mise en scène est soignée comme pour mieux faire oublier cette étrange période d’absence médiatique.

    Sur toutes les places des grandes villes ainsi que dans les usines, des haut-parleurs sont installés de manière à ce que les citoyens puissent écouter en direct le propos de leur chef.

    Dans les casernes le même mot d’ordre est fixé à 6h30. Aucun soldat ne doit manquer l’intervention annoncée.

    Staline choisit de s’extraire de son vocabulaire habituel pour émouvoir la nation : « Camarades, citoyens, frères et sœurs, combattants de notre armée, de notre aviation, de notre marine, je m’adresse à vous en amis ». Cette proximité particulière surprend mais l’enjeu est de taille. Il cherche à rassembler. Aussi tient-il à séduire le pauvre paysan comme le jeune officier, le fonctionnaire zélé comme l’employé de commerce. Il se fait doux et l’on oublie ainsi toutes les purges qu’il a imposées depuis une dizaine d’années dans l’armée jusqu’à en décapiter les états-majors. On ne songe pas à cet instant aux milliers de déportés qu’il a envoyés autour du cercle polaire. Il s’adresse dans une communion fraternelle à ses frères et sœurs auxquels il demande l’effort suprême, celui d’un engagement pour faire face ensemble à un ennemi « cruel et sans pitié », un ennemi : « le plus perfide et le plus néfaste : le fascisme allemand ».

    Il n’est plus temps de se souvenir du Pacte germano-soviétique d’août 1939 mais de formuler un nouvel engagement, celui de la résistance absolue à l’agresseur. En passant en revue quelques épisodes historiques majeurs, il réaffirme que la Russie a eu raison des chevaliers Teutoniques, a détruit l’armée napoléonienne et, à l’appel de Lénine, a vu les partisans défaire les troupes de Guillaume II puis les armées blanches des réactionnaires. Son propos n’est pas enflammé. Si le contenu est fort, le ton n’y est pas. Il semble avoir du mal à s’exprimer et certains affirment qu’il s’hydrate pendant le discours tellement il a la bouche sèche. Il ne dissimule rien de la difficulté du temps présent : « Une sérieuse menace plane sur notre pays ». Staline est bien informé que Leningrad est déjà sous la menace de la cavalerie blindée ennemie, que Smolensk est isolé. Si les forces du IIIe Reich continuent leur progression à une telle vitesse, elles seront bientôt aux portes de Moscou. Les rapports qui arrivent au Kremlin convergent pour insister sur la gravité de la situation. La Luftwaffe multiplie les frappes meurtrières qui touchent les civils en exode et dévastent des villes comme Mourmansk, Kiev, Odessa et Sébastopol. Staline cherche à se justifier : « Comment le gouvernement soviétique a-t-il pu signer un pacte de non-agression avec des voyous inhumains comme Hitler et Ribbentrop ? N’avons-nous pas fait une faute sérieuse ? Non. Nous voulions la paix. Pourquoi la refuser ? Mais maintenant il faut détruire cet ennemi cruel et sans pitié ». Avant d’ajouter : « Et pour cela se battre jusqu’à la dernière goutte de sang pour nos villes et nos villages. Si nous devons reculer, tous les biens utilisables doivent être détruits s’ils ne peuvent pas être évacués ».

    Sa conclusion est optimiste : « Les voyous germano-fascistes, ceux qui veulent rétablir le tsarisme et faire des peuples de l’URSS les esclaves des princes et des barons allemands seront vaincus. Toute la puissance de notre peuple doit être mise en œuvre pour écraser l’ennemi ». Il met en garde : « Il n’y a pas de place dans nos rangs pour les pleurnichards, les lâches, les déserteurs et les semeurs de panique ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Saint-Jean d’Acre : un armistice favorable à Vichy

    A Saint-Jean d’Acre, la signature de la fin des hostilités est effective.
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  • La difficile mission du général Catroux.
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  • Le général Dentz fidèle à Vichy.
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  • Liban. Les Britanniques veulent tirer leur épingle du jeu au Levant et marginaliser la présence des FFL. Ce qui met de Gaulle de mauvaise humeur.

    En ce début du mois de juillet, les troupes françaises fidèles à Pétain sont épuisées. Les mauvaises nouvelles s’accumulent. C’est au Liban que les événements poussent l’état-major du général Dentz à envisager une sortie honorable.

    Les Australiens de la 7e division qui ont progressé le long de la côte forcent la position de Damour les 6 et 7 juillet. Ils se trouvent aux portes de Beyrouth. Il est patent que l’armée du Levant a atteint les limites de sa capacité à résister. « Une simple poussée de l’infanterie australienne et tout s’écroulera » pronostique un officier très au fait de la situation et convaincu que, sans l’intransigeance du commandement, tout serait achevé depuis longtemps. En trente-quatre jours de combats, les pertes sont conséquentes : 1.002 tués et 1.029 disparus dont 79 officiers, 2.500 blessés et 2.800 prisonniers. Hormis deux groupes d’aviation et quelques cadres qui ont pu être envoyés de France ou d’Afrique du Nord, aucun renfort n’est venu soutenir les unités engagées.

    Les Britanniques compensent leurs pertes ce qui leur permet de maintenir un haut niveau de pression sur l’adversaire. Conscient que le rapport de forces lui est devenu très défavorable, le général Dentz se résigne à négocier un armistice. Comme il ne veut pas être l’interlocuteur de cette démarche, il sollicite le consul général américain pour mener à bien la discussion. L’une des conditions est de ne pas traiter en direct avec les Français libres que le général pétainiste persiste à qualifier de traitres.

    Catroux snobé

    La délégation française est conduite par le général de Verdilhac et elle se rend le 12 juillet 1941 à Saint-Jean d’Acre. Elle y rencontre un comité allié où, à côté du général Wilson, siègent les représentants de la France libre dont le général Catroux, le lieutenant-colonel Brosset et le capitaine Repiton. « Ils nous regardent et nous les regardons » se souvient Repiton. Avant d’ajouter : « Les yeux évitent Catroux et les deux uniformes français qui les accompagnent pour s’accrocher à Wilson, à Laverak, aux officiers de la Royal Navy et de la RAF qui les assistent ». Ils sont bel et bien contraints d’engager la discussion avec ceux qu’ils considèrent plus que les Britanniques comme les responsables scandaleux de leur humiliation. Les plénipotentiaires vichyssois regrettent l’attitude fière et hautaine du vainqueur alors qu’il ne s’agit que d’acter une situation qui, sur le terrain, atteste la défaite militaire de la France pétainiste. Le général de Verdilhac a le visage fermé. Les traits graves, il déclare : « Les conditions que vous édictez sont d’une rare dureté. Il y a derrière cette intransigeance et ce peu d’amabilité, la rancœur et la haine sourde des gaullistes et surtout du général Catroux ».

    La délégation de Beyrouth n’a de cesse de manifester son hostilité à l’égard du délégué du général de Gaulle. Catroux solennel ne répond pas et comme en attestent ses officiers présents, il est d’une correction exemplaire. En réalité, il éprouve de la compassion pour ces soldats français contraints de demander un armistice après s’être battus pour une mauvaise cause. N’est-ce par l’intervention de Catroux qui évite que les troupes de Dentz soient entièrement désarmées comme l’exigeaient les instructions parvenues de Londres et en possession du général Wilson ? Astucieux le général des FFL qui ne recherche pas à humilier les vaincus obtient que les hommes conservent leur armement individuel et que la remise des armements collectifs soit présenté : « comme un apport destiné à alimenter la guerre contre l’Axe ». Il ne parle jamais de reddition ou de capitulation, ce qui est une nuance juridique et psychologique importante.

    Le général Catroux ne parvient pas à faire valider les conditions définies par le général de Gaulle. Le gouvernement britannique accepte celle de Vichy de ne pas avoir à traiter directement avec les représentants de la France libre. Après plusieurs jours d’âpres discussions, la convention d’armistice n’est conclue que le 14 juillet entre les généraux Wilson et Verdilhac. Elle équivaut à une remise de la Syrie et du Liban aux Anglais. Catroux ne signe pas.

    Mise en œuvre difficile

    Le général se résout à un compromis qui n’accorde à la France libre que peu d’avantages. Il est entendu en préambule avec les Britanniques que la France libre s’établit au Levant, y exerce les pouvoirs de la France, y reçoit tous les matériels de guerre et la disposition des troupes spéciales. Londres veut que Vichy sauve la face. En revanche, les dispositions de la convention d’armistice précisent que l’armée du Levant est rassemblée autour de Tripoli au Liban. Elle obtient de conserver son encadrement dans des conditions incroyables qui laissent peu d’espoir de la liberté de choix offerte aux soldats consignés. Les autorités de Vichy n’ont qu’un objectif. Avoir la possibilité de rembarquer l’ensemble des soldats du Levant pour qu’ils soient réaffectés sous d’autres théâtres. Cette condition est jugée inacceptable par de Gaulle mais le général Wilson ne s’y oppose pas. Il n’a qu’une envie, se débarrasser au plus vite de l’armée Dentz et ne souhaite pas que les Forces françaises libres bénéficient de ralliements massifs. Cette attitude n’est pas sans une arrière-pensée politique.

    Le gouvernement britannique qui ne recherche pas un clash avec la France libre voit à plus long terme et envisage de démanteler les positions de la France en Orient. De Gaulle qui connaît les ambitions anglaises n’a pas l’intention d’accepter la manœuvre diplomatique de Londres. Depuis Brazzaville, le chef des FFL prépare sa réplique. Il tient à créer un rapport de forces avec les alliés. Aussi peaufine-t-il les mesures de rétorsions à l’égard d’une attitude jugée inamicale. La première mesure qu’il envisage est de ne plus subordonner la 1re DFL au commandement anglais. Il veut engager des négociations avec le ministre d’Etat britannique chargé des affaires d’Orient. En clair, si l’interprétation de la convention d’armistice de Saint-Jean d’Acre n’est pas en phase avec les objectifs gaullistes d’une action alliée coordonnée, garantissant un partage des responsabilités au Moyen-Orient, le retrait des FFL sur ce théâtre sera alors inévitable. Que recherche de Gaulle ? Un droit de regard sur tous les mouvements de troupes et l’organisation du rapatriement des forces vaincues de Vichy. Il sait que les autorités maréchalistes font pression sur les soldats comme sur tous les fonctionnaires d’autorité qui ont été rapatriés sur Beyrouth de rester fidèles à Philippe Pétain. Il sait aussi que Vichy est favorable à une politique de terre brûlée et privilégie l’autorité britannique pour mieux marginaliser les FFL. Les officiers gaullistes ne doivent pas intervenir auprès des soldats de Dentz pour les inviter à les rejoindre.

    De Gaulle se méfie de la commission d’armistice placée sous l’autorité du général Crystall et soupçonne le général Wilson de préparer l’éviction des Français de plusieurs régions syriennes. La Djezireh et le Djebel Druze intéressent les Anglais qui prévoient l’installation d’une brigade quitte à expulser le délégué français de sa résidence. Bref, la question du Levant crispe les relations franco- britanniques.


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    URSS : la poussière des blindés du Reich

    D’interminables convois d’invasion témoignent de la détermination allemande.
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  • Le général Vorochilov.
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  • Grandes manœuvres. La force mécanisée est un atout mais aussi un handicap lorsqu’il s’agit de traverser des zones marécageuses ou trop accidentées.

    Les Allemands sont-ils trop optimistes ? Toujours est-il que les manœuvres entreprises par Manstein sont remarquables même si pour certains stratèges, elles ne masquent pas la faiblesse structurelle des armées du Reich. Le 56e corps ne comprend qu’une seule Panzer, la 8e à trois bataillons de chars seulement. Sa division motorisée, la 3e, accompagne les chars, mais la 3e division du corps d’armée, la 290e, est une grande unité d’infanterie traditionnelle qui est très à la traîne. Il y a ici des risques de ruptures dans la montée en puissance des moyens.

    La preuve en est que, pendant trois jours, Manstein, se trouve à plus de cent kilomètres en avant du groupe d’armées avec la possibilité d’être pris à revers si l’ennemi n’était pas aussi désorganisé. Cette imprudence ne sera pas toujours sans conséquences.

    Dix-huit jours

    Le 29 juin 1941, la Duna est atteinte par tous les trois groupes d’armées. La XVIe armée a placé sous son contrôle la région de Kovno tandis que la XVIIIe a conquis Riga. Une fois le fleuve franchi, la progression des forces reprend. Les deux-tiers du chemin menant vers Leningrad sont franchis en dix-huit jours. Une vingtaine de divisions ennemies ont été détruites ou gravement diminuées. Néanmoins, l’état-major allemand reconnaît qu’il n’est pas parvenu à réussir de grands encerclements conduisant à la reddition d’armées entières si bien que la conquête probable de Leningrad va exiger des engagements plus conséquents que ceux initialement fléchés. Ces journées charnières des mois de juin et de juillet sont l’occasion pour les unités de Rundstedt et de Leeb de conduire à la fois des opérations de diversion tout en se préparant à appuyer, si cela est nécessaire, la poussée du group Bock.

    Le franchissement du Bug est une belle réussite mais les Soviétiques opposent une bonne résistance à Brest-Litovsk. De part et d’autre de cet espace de combat, le groupement blindé du général Guderian comprenant quinze divisions et neuf cent trente chars franchit le Bug et la Lesna. Au nord, le 47e Panzer Korps (PK) du général Lemelsen, au centre le 12e corps du général Schroth, au sud le 24e Panzer Korps du général Geyr von Schweppenburg s’engagent tandis que le 46e PK du général Viethinghoff se tient en réserve.

    C’est sur une centaine de kilomètres de large, une impressionnante progression de chars qui s’effectue. Rien ne résiste à ces blindés qui détruisent tout sur leur passage et foncent vers Slonim et Baranovitch. La IVe armée avec les 4e, 7e, 13e et 43e corps suit cette vague d’invasion. Guderian qui multiplie les initiatives audacieuses est freiné par son chef, le feldmarschall von Kluge.

    Il enrage contre le classicisme défendu par sa hiérarchie. L’autre force d’intervention rapide du groupe médian d’invasion qui est constituée par le 3e groupement blindé du colonel général Hoth est en position aux lisières de la Prusse-Orientale et de la Lituanie. Hoth est agacé de devoir s’aligner sur les exigences d’un fantassin, le général Strauss, patron de la IXe armée. Hoth a sous son autorité le 39e PK du général Rudolf Schmidt et le 57e PK du général Kuntzen ainsi que les 5e et 6e corps soit environ 250.000 hommes et 840 chars. Sa base de départ se situe à une cinquantaine de kilomètres du Niémen mais son intervention constitue pour les Soviétiques une surprise totale si bien que les ponts de Merkine et les deux ponts de Dolita sont conquis intacts et permettent le passage des matériels et des hommes.

    Ce n’est que le lendemain que Hoth est handicapé par les sables mouvants de la Puszcza Rudnika. Cela contraint tous les équipages à dépenser beaucoup d’énergie pour éviter de perdre beaucoup de matériel.

    Autoroute coupée

    Bien plus à l’est, la 7e Panzer a coupé l’autoroute qui mène de Moscou à Borisov sur la Berezina. Mais Hoth a déjà dépassé de deux cents kilomètres les IIIe, IVe et Xe armées soviétiques qui sont placées de part et d’autre du Niémen ! Guderian surgit de Baranovitch pour faire la liaison avec son homologue tout en laissant les IVe et IXe armées fermer la poche dessinée par les blindés.

    Etudiant la géographie des lieux, les généraux observent que la Duna au nord et le Dniepr au sud font de la Baltique à la mer Noire une ligne d’eau dont la continuité n’est interrompue que par un isthme d’une soixantaine de kilomètres de large entre Vitebsk et Orscha. Les cavaliers réfléchissent ensemble à une vaste manœuvre pour gagner du temps et se rapprocher très vite de Moscou. Une fois encore ils sont stoppés dans leur élan par les généraux d’infanterie agacés par l’obsession de rapidité manifestée par leurs homologues. Et ils obtiennent gain de cause puisque le tandem Brauschitsch Halder se refuse à laisser trop de liberté d’action aux commandants des unités blindées. Le 1er juillet 1941, il est rappelé aux officiers supérieurs de panzers qu’ils doivent servir avant tout de bouclier aux fantassins et freiner leurs ardeurs consistant à conduire de puissants raids en profondeur. Pendant ce temps l’armée soviétique se réorganise et trois généraux très proches du régime reçoivent les trois commandements géographiques du nord, du centre et du sud. Vorochilov doit s’opposer à Leeb, Timochenko à Bock et Boudienny à Rundstedt. Ce sont avant tout des politiques. Vorochilov, cet ancien métallo a maté la mutinerie des marins de Cronstadt en 1920 tandis que Boudienny est un ancien sous-officier courageux mais inculte. Seul Timochenko a un vrai bagage et est un officier stratège. C’est lui qui a rétabli la situation en Finlande alors que l’Armée Rouge y était malmenée par des forces finnoises beaucoup plus faibles mais très déterminées.

    Le 5 juillet, le groupe d’armées Sud part à l’assaut de la ligne Staline. Il s’agit pour les Allemands de neutraliser un dispositif d’ouvrages bétonnés consolidés par des fortifications de campagne et qui utilisent avantageusement le terrain pour en interdire le franchissement. Les officiers du Reich constatent que les Soviétiques ont effectué d’importants travaux et surtout privilégiés les trous individuels très étroits et difficilement détectables qui font qu’on découvre les tirailleurs au dernier moment et à condition qu’ils n’aient pas ouvert le feu avant qu’on les ait vus !

    Sur ce terrain, les fantassins allemands bien que soutenus par les blindés ne progressent que lentement. C’est le premier grand coup d’arrêt à leur avancée irrésistible. Face à cette situation soudain défavorable, Rundstedt modifie son approche de Kiev et entreprend un mouvement contournant pour ne pas être trop retardé. Boudienny essaie alors de briser la manœuvre en engageant une contre-attaque dans le flanc des unités ennemies. Ses tentatives sont infructueuses parce que les corps de cavalerie blindés du Reich sont très vigilants à toutes les étapes de leur progression.

    La question de la prise de Mourmansk dans le grand nord se pose toujours. Isoler ce port est un impératif notamment en interrompant la circulation ferroviaire y menant mais les difficultés de progressions liées à la présence de zones marécageuses reculent cette hypothèse. L’Allemagne est confrontée à ses premières vraies difficultés.

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    Union110702b - Marne
    TINQUEUX : Appel du 18 juin à Tinqueux : Le temps du souvenir

    Une équipe de jeunes footballeurs polonais de Myslenice était présente.
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  • Samedi 18 juin à 11 heures, Jean-Pierre Fortuné, maire de Tinqueux et conseiller général de la Marne, a présidé la cérémonie de commémoration du 71e anniversaire de l’appel lancé le 18 juin 1940 par le Général De Gaulle. Le conseil municipal, les porte-drapeaux, les sapeurs-pompiers, les représentants de la police nationale, les responsables d’associations, les Aquatintiens, parmi lesquels de nombreux enfants des écoles et une équipe de jeunes footballeurs polonais de Myslenice, ville jumelée avec Tinqueux, étaient également présents.

    Après la lecture de l’appel du 18 juin, le maire et Gilles Richard, président des anciens combattants de Tinqueux, ont déposé une gerbe.

    Gilles Richard a remis ensuite le diplôme de l’union fédérale marnaise des anciens combattants et victimes de guerre à François Bereaux, ancien combattant de Tinqueux.

    Un moment de souvenirs et de recueillement, non sans émotion, suivi de l’hymne national.

    À l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur a été offert à tous les participants en mairie.

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    Union110702a - Marne
    COMPERTRIX / Les scolaires ont participé à un concours national La Ligue des droits de l’homme les a récompensés !

    La notion d’égalité n’a plus aucun secret pour ces élèves qui hier ont reconstitué les pétales de leur affiche, à leur manière.
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  • Depuis une dizaine d’années, l’école élémentaire participe au concours de la Ligue des droits de l’homme. CP, CM1 et CM2 ont ainsi planché sur l’égalité filles-garçons. Les plus jeunes ont raflé le 2e prix national.

    « FILLES-garçons-égalité ». Tel était le thème du concours national de la Ligue des droits de l’homme auquel trois classes de l’école élémentaire de Compertrix ont participé.

    Parce que dans la vie, il y a le français, les maths, les sciences, mais également certaines valeurs fondamentales à faire partager aux jeunes générations, Jean-Luc Déthune, directeur, est allé de l’avant avec deux enseignantes Mme Gardeur et Melle David.

    Ainsi, les élèves de CP, CM1 et CM2 ont travaillé sur les thèmes fondateurs de notre République, la liberté, l’égalité et la fraternité au travers du fil rouge qui avait été choisi cette année : l’égalité filles-garçons. Bref, l’égalité femmes-hommes.

    Compertrix : 2e au national

    Si les CP concourant dans la catégorie œuvre collective, ont réalisé un livre poétique agrémenté d’illustrations ; les CM1 et CM2 n’ont pas été en reste, les premiers concoctant une petite BD, les seconds un livret créé sur ordinateur.

    Tous ont réfléchi et su trouver des exemples (de métiers ou de situations) vécus aussi bien par les hommes que par les femmes.

    « Ils ont su rétablir l’équilibre et casser les clichés d’une société vantant la supériorité de l’homme », explique Mme Gardeur, pas peu fière d’annoncer que ses élèves ont décroché le 2e prix de leur catégorie au niveau national.

    Aussi, ils se sont rendus dans la mairie du XIIe arrondissement de Paris afin de récupérer leur prix : une bonne quinzaine de livres qui compléteront la bibliothèque de l’école. Notion de partage là également.

    Pétales de l’espoir

    La présidente de la section locale de la Ligue, Mme Nowak ; Nicolas Darré et Jean-François Planchet sont également venus à la rencontre des élèves et en particulier des CM2 qui ont réalisé une affiche sur le thème de l’égalité.

    Gros visuel qui deviendra support de la Ligue lors de manifestations locales.

    « Nous avions des bulles à remplir, des mots à inscrire dans les pétales », insiste une élève. Grâce à un échange et beaucoup de discussions provocatrices d’idées, les enfants ont ainsi ressorti des idées principales et surtout des mots qui leur permettront de lutter contre les maux de notre société, comme le manque d’égalité.

    C’est donc « boostés » que ces enfants ont planché sur une thématique citoyenne à l’occasion d’une opération originale et d’un concept moteur dans le bon sens du terme.

    Homme = femme. Fille = garçon. Écolière = écolier… Bonnes vacances !

    David ZANGA

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    Union110701c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Commémoration : Bombardement du 28 juin 1944

    Pendant le rappel des faits, par le président Gérald Gaillet.
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    À l’occasion de l’anniversaire du bombardement allié du 28 juin 1944, un dépôt de gerbes par Mme le sous-préfet, la mairie, le comité cantonal du Souvenir Français et le Comité d’Entente des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, a eu lieu ce mardi dernier en fin d’après-midi au monument aux morts.

    Pendant la cérémonie en hommage aux 105 victimes civiles, une trentaine de personnes dont une dizaine de porte-drapeaux était présente.

    Les 15 victimes civiles des bombardements de mai 1940 ont été associées à cette commémoration annuelle.

     

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    SUIPPES : Cérémonie annuelle à Navarin : Le temps du souvenir

    De nombreuses personnes ont fait le déplacement à Navarin.
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  • La cérémonie annuelle du Souvenir, à Navarin, est toujours un point fort pour l’ASMAC (association du souvenir aux morts des armées de Champagne).

    Plus de 90 ans après la Première Guerre mondiale, sur un lieu tant marqué de combats et de sacrifices, les autorités, l’armée française, les Français et les associations se sont retrouvés réunis pour rendre hommage aux morts de Champagne.

    « Depuis des années, nous invitons un régiment qui accepte que sa participation ne soit pas seulement un service commandé mais aussi une démarche volontaire d’hommage à ses anciens. Le 402e régiment d’artillerie quittant Châlons en 2012, la cérémonie 2011 était l’occasion pour lui et pour nous de rendre un hommage particulier à cette arme de la guerre 14-18 que fut la Défense contre Avions (DCA), devenue artillerie anti-aérienne. » C’est donc lui qui a rendu ce jour les honneurs.

    Dans son allocution, le général Xavier Gouraud a fait l’historique de ces « postes semi-fixes » occupés le plus souvent par des anciens hospitalisés n’ayant pas retrouvé toutes leurs aptitudes physiques. Partie de rien, créée dans l’urgence en 1914, l’artillerie anti-aérienne avait acquis, en 1918, une efficacité reconnue, sinon redoutable. Un poste de Défense contre Avions était installé au Mont Héry.

    « Se souvenir est un devoir sacré », il est important de garder la mémoire des conditions héroïques dans lesquelles ces hommes ont combattu. Le devoir de se réconcilier s’impose, mais la paix impose le fait d’être attentif.

    Dans les différences, il y a toujours quelque chose qui ouvre l’esprit, et ces différences deviennent un enrichissement mutuel.

    Aussi, encourager ce qui vise à maintenir la paix entre les hommes et les peuples est important.

    « La paix est un édifice fragile »

    C’est M. Bignon, directeur départemental de l’Onac (Office national des anciens combattants) qui représentait le préfet.

    « Alors que la Grande Guerre est difficile à imaginer pour des jeunes, il faut garder à l’esprit le courage et la ténacité de ces hommes », c’est ce qui motive les membres de l’association qui font perdurer le souvenir. « La paix est un édifice fragile en perpétuelle construction, menacée par l’indifférence. Un monde de tolérance est perpétuellement à construire. »

    Une soixantaine de drapeaux étaient au pied du monument. À noter la prestation de l’Union Musicale et la présence des jeunes sapeurs-pompiers de Suippes.

    Au cours de la cérémonie militaire, M. Sommesous s’est vu remettre la médaille militaire par le général Palasset commandant la 1re brigade mécanisée de Châlons.

    La cérémonie s’est poursuivie par la messe célébrée par le père Claude Vignier, curé de la paroisse Sainte-Edith-Stein-de la Suippe qui a orienté son homélie sur le « devoir et non pas la tradition ainsi que sur la prévention des fléaux, causes de guerre et de violence, que sont la peur, l’injustice, la course aux profits… » appelant à intensifier la solidarité.

    Le pèlerinage s’arrêtait cette année au cimetière nord de Suippes pour un dépôt de gerbe avant un repas amical servi au camp de Suippes.

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    MAREUIL-SUR-AY : Rencontre avec Yvette Lundy : « Le fil de l’araignée » un livre témoignage

    A 95 ans, Yvette Lundy témoigne encore et force toujours l’admiration.
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  • La rencontre avec Yvette Lundy est toujours un moment intense. A Mareuil-sur-Aÿ, elle était invitée à la Maison de Mareuil pour une conférence, accompagnée de Marie-Thérèse Powwèle qui a participé à la biographie de son livre « Le Fil de l’Araignée ».

    Un fil qu’Yvette Lundy avait rêvé lors de sa déportation au camp de Ravensbrück, qui aurait pu la hisser hors de cet enfer, là ou la vie et la mort n’avait plus de sens.

    La douleur des souvenirs

    A 95 ans, elle témoigne et force l’admiration avec sa volonté et son optimisme quand elle dit « qu’il y a des barrages que l’on peut faire sauter et certains où l’on peut se faire tuer » ou bien « quand on veut on peut, ce que l’on ne peut pas on ne le dit pas ! »

    Des mots qu’elle martèle et qui sortent de sa mémoire, en fermant les yeux comme si elle ouvrait des tiroirs et qu’elle les refermait pour pouvoir vivre le présent, tant la douleur des souvenirs est encore vive.

    C’est avec beaucoup d’émotion qu’une délégation du groupe « Interlude de Magenta » interpréta « le Chant des Partisans » à l’issue de cette rencontre.

    Une souscription départementale est lancée pour le financement de la biographie et la date limite est fixée au 30 septembre.

    Contact : Office National des anciens combattants et victimes de la guerre Marne. « Souscription Yvette Lundy » 8 quai Notre-Dame -BP 90069- 51006 Châlons-en-Champagne.



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      2 janvier 2012

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      18 juin 2010