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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
Publié le vendredi 30 septembre 2011, mis à jour le lundi 2 janvier 2012
 

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1er trimestre 2007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010 ; 3ème trimestre 2010 ; 4ème trimestre 2011.

 

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REIMS : Léa Forget lauréate du concours de la Résistance

Léa Forget a été félicitée par le président de la République.
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  • CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes) Bonne élève, Léa Forget a aussi un caractère bien trempé et une sacrée détermination. Elle vient de s’illustrer dans deux concours exigeants.

    C’EST une impressionnante fin d’année que vient de vivre Léa Forget, une lycéenne de 1re S au lycée Saint-Paul de Charleville-Mézières.

    La jeune fille âgée de 16 ans vient d’être tour à tour lauréate nationale du concours de la Résistance et deuxième de la finale régionale du jury de Reims du concours de plaidoiries pour les droits de l’homme. Remarquable !

    Le concours initié par la confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance, ouvert aux élèves de 3e et les lycéens, a d’abord été un rendez-vous manqué pour Léa lorsqu’elle était collégienne. « Mal inscrite en 3e », elle n’avait pas pu y participer.

    Pour ceux qui connaissent bien la jeune fille, ses parents Odile et Vincent en tête, sa motivation n’en a été que décuplée. Une fois devenue lycéenne, elle n’a eu de cesse d’y participer et de se surpasser.

    Passionnée et bonne élève, elle fréquente le lycée Saint-Paul depuis la 6e et elle en parle comme de son « deuxième chez-soi ». De ses enseignants, au premier rang desquels Jean-Michel Noé, son professeur d’histoire-géographie depuis trois ans et Marie-France Remy, sa prof de français en 3e, elle dit que « ce sont des profs uniques ».

    Le concours de la Résistance ? Sa maman y avait elle-même participé et sa fierté de voir sa fille réussir « encore mieux » n’en est que plus grande.

    « Si la France est libre aujourd’hui, c’est parce que des personnes sont mortes pour nous. C’est un hommage que de participer au concours, et de s’y donner à fond. »

    « A fond, c’est sa devise pour tout », assure sa maman. « C’est une jeune fille obstinée et pugnace. » Le sujet portait cette année sur la répression de la Résistance en France par les autorités d’occupation et le régime de Vichy.

    « J’ai mitraillé mon propos de citations, de témoignages », explique Léa qui a mené son travail avec la volonté de réaliser un travail de mémoire exemplaire, expliquant « en quoi la mémoire des victimes de ces événements contribue à la formation du citoyen d’aujourd’hui ».

    Léa a beaucoup aimé le sujet et elle a fait des recherches très concrètes, rencontrant même d’anciens résistants. Classée au niveau départemental, la jeune fille a été ensuite récompensée nationalement. Elle a même reçu un prix spécial de la Fondation de la Résistance, une récompense créée à l’initiative de Lucie et Raymond Aubrac. « J’en ai pleuré », reconnaît-elle.

    D’autant plus que pour marquer le cinquantième anniversaire de ce concours, après avoir reçu à l’Elysée son prix des mains de Gérard Longuet, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, et de Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, elle a été félicitée, comme tous les lauréats, par le président de la République Nicolas Sarkozy en personne.

    La récompense, ô combien méritée, pour une participation et une détermination sans pareilles.

    Mirko SPASIC

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    Le concours de plaidoirie, « avec ses tripes »

    Léa, à droite, deuxième du concours de plaidoirie organisé par le Mémorial de Caen.
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  • Ne supportant ni l’injustice ni la répression, Léa Forget a participé à un second concours qui semble avoir été fait pour elle autant que le précédent.

    C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée, jeudi 8 décembre, dans l’amphithéâtre du lycée Georges-Clemenceau à Reims, avec une quinzaine d’autres lycéens, pour un événement organisé depuis quatorze ans par le Mémorial de Caen pour permettre aux élèves « d’exprimer leur indignation face à des atteintes fondamentales aux droits de l’homme ».

    Pour ce concours de plaidoiries des lycéens, l’Ardennaise s’est là encore donnée à fond, choisissant comme sujet le drame des infanticides de filles en Inde, dans une plaidoirie intitulée « Laissez-la ouvrir les yeux ».

    Elle s’est même adressée à une journaliste qui avait traité le sujet pour mieux s’en imprégner. « Un peu théâtrale peut-être, j’ai plaidé avec mes tripes », avoue-t-elle. Le public, les larmes aux yeux, a en tous les cas été séduit.

    « Je n’étais pas là pour gagner, mais ma deuxième place me comble et cette expérience m’a fait grandir. »

    A tel point que sa vocation de prof de français depuis son plus jeune âge pourrait laisser la place à une autre carrière autour des droits de l’homme ou du droit international. « C’est le fait d’ouvrir les yeux aux gens, de les toucher, qui m’a plu, même si j’aurais voulu qu’ils soient beaucoup plus nombreux que la trentaine de personnes présentes le jour du concours. »

    Bien que la suite de son année de première puisse lui paraître plus routinière, elle n’en oublie pas la première partie du bac, « un gros challenge en soi ». Modeste et déterminée, comme à son habitude.

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    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Il entretient les mémoires avec son jardin

    La décoration de Noël, un classique… Mais le jardin de Jean-Luc Dervillers à Châlons accueille bien d’autres reconstitutions !
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Six fois dans l’année, ce Châlonnais transforme son jardin en un lieu de souvenir militaire ou religieux. Une façon comme une autre de faire plaisir aux plus jeunes, mais aussi de saluer la mémoire de ceux qui sont morts pour la France.

    LE 3 bis rue Jean-Cocteau à Châlons-en-Champagne figurera peut-être un jour dans les guides de voyage, au même titre que d’autres curiosités de la ville-préfecture.

    Jean-Luc Dervillers en sourit. Ce sourire dont il ne se dépare pas. Le sourire de celui qui se fait plaisir et cherche à transmettre le bonheur, tout simplement. Et dans son esprit, cette joie passe par la décoration de son jardin et de la façade du pavillon familial.

    Lorsque vous arrivez de nuit durant le mois de décembre, pas besoin de GPS pour vous guider. On ne voit que sa maison dans le quartier Croix-Jean-Robert ! Les couleurs rivalisent pour égayer la demeure. Tous les ans, la scénographie change sur le thème de Noël.

    « Je cogite cela d’une année sur l’autre, c’est prévu… Cette année, c’est le père Noël en traîneau tiré par les rennes », précise ce jardinier de 49 ans. OK, le phénomène a tendance à devenir commun, une mode venue d’on ne sait où mais qui fait le bonheur des magasins de décorations de Noël.

    Alors, en quoi l’œuvre de Jean-Luc Dervillers sortirait du lot ? Déjà, notre Marnais « bricole tout cela. Tout est fait maison ». Le roi de la récupération, c’est lui. Ce mois-ci, les rennes bénéficient ainsi d’un pelage issu de ronds de polystyrène, peints et minutieusement collés sur des panneaux qui doivent connaître leur 3e ou 4e réincarnation.

    Ce qui a servi l’année précédente est recyclé sous une autre forme le Noël suivant. La touche personnelle est apportée par la musique, version Jingle Bells, de « 16 à 22 heures ». Le son après la lumière.

    Débarquement, libération, armistice

    Au-delà de cette technique Mac Gyver, Jean-Luc Dervillers se distingue aussi pour son éclectisme. Les passants ne profitent pas uniquement de son sens de la déco, que ne renierait pas Valérie Damidot, en fin d’année.

    Les rendez-vous s’échelonnent au rythme des célébrations qu’a choisi de mettre en avant notre Châlonnais : Pâques, mais aussi le débarquement du 6 juin 1944, la libération de la ville le 29 août 1944 et le 11 novembre 1918.

    On le voit, en dehors des fêtes religieuses, les reconstitutions historiques tiennent l’affiche du programme annuel qui devrait être identique en 2012. « Avec mon gamin (Julien, 22 ans), nous sommes membres de l’association Marne Memory 44 », un groupement qui fait dans la reconstitution historique de la 2e Guerre mondiale.

    L’histoire, voilà l’autre dada de ce décorateur amateur. Certains élaborent des maquettes ou des dioramas, lui préfère l’échelle 1/1. « Mes décorations pour le 29 août cherchent à faire connaître cette journée oubliée de la libération de Châlons. Quant au 6 juin et au 11 novembre, c’est pour entretenir le souvenir de ces dates. » Au-delà de l’aspect décoratif, Jean-Luc Dervillers vise aussi à instiller une dose de pédagogie. « Les enfants me demandent à quoi mon décor correspond, je leur retrace notre histoire… »

    « Fou ? Cela ne me dérange pas »

    Alors, un peu mégalo ? « Vraiment, ce n’est pas pour me mettre en valeur que je fais tout cela. D’ailleurs, je souhaite que plus de maisons affichent des drapeaux ; et si tout le monde mettait une guirlande ou deux à l’extérieur pour Noël, ce serait très bien, même si je suis conscient qu’il faut du temps et des moyens… » Et là, son épouse acquiesce… « La facture d’électricité ? Ça va… ce sont des Led », justifie ce gardien de la mémoire.

    Alors, illuminé notre fana d’illuminations ? « Des gens pensent peut-être que je suis fou. Cela ne me dérange pas. Je fais ce que je veux, et surtout, ce n’est pas méchant. Ce qui compte, c’est mon plaisir de le faire puis de voir les yeux émerveillés des enfants. » Et des adultes…

    D’ailleurs à l’en croire, « nos voisins sont habitués et seraient étonnés s’il n’y avait pas de décoration ! » Faut dire que depuis quinze ans qu’il demeure ici, façonnant son jardin, les riverains ne doivent plus être surpris.

    Toutefois, ils pourraient bien ne pas en croire leurs yeux si Jean-Luc Dervillers parvient à accomplir son rêve : « Faire une ruine de ma maison, comme frappée par la guerre. Enfin, ce serait en placoplatre, avec des volets factices qui tombent. C’est compliqué, mais comme je suis acharné… »

    Ne croyez pas que le Châlonnais cultive un goût particulièrement prononcé pour le morbide et la guerre. Comme monsieur Toutlemonde, son jardin se pare aussi de couleurs joyeuses, mais là encore il se distingue, étant régulièrement primé lors des concours des maisons fleuries.

    « Là, j’ai 300 bulbes de tulipes plantés pour le printemps. » Voilà une indication sur la teneur de la décoration qui transformera son habitation pour Pâques…

    Frédéric GOUIS

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    NAUROY : Les amis de Nauroy, en mémoire du village disparu

    Aujourd’hui les Amis de Nauroy (ici le président Maria) s’accrochent au seul vestige encore visible : la chapelle construite entre les deux guerres.
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  • L’aspect dramatique du village après la guerre de 14.
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  • BEINE-NAUROY (Marne) De ce petit village de la campagne rémoise, la guerre de 14 n’a rien laissé, ou si peu. Des passionnés ne veulent pas le laisser tomber dans l’oubli.

    NAUROY. Le petit panneau sur fond bleu au bord de la route mentionne le lieu-dit. Mais l’œil a beau chercher, il ne voit que des arbres, des herbes, des ronces. Qu’est devenue la mairie ? Où est passée l’école ? Pas la trace de la moindre maison, de la moindre chaumière, de la plus petite ferme. Nauroy fait partie des « villages disparus ». Fauché par la guerre de 14. Va-t-il gentiment sombrer dans l’oubli ? Non, car Nauroy a des amis. Des passionnés, qui viennent de se constituer en association, justement pour éviter que ce village ne disparaisse totalement de la mémoire des hommes.

    Des mitrailleuses dans les tombes

    Cette association est présidée par José Maria, un Niçois d’origine qui a fini par s’attacher à la région où l’armée l’avait expédié dans sa jeunesse. Monique Durand, ancienne directrice d’école, en est la secrétaire. Le siège est situé à Beine-Nauroy, gros bourg situé à une dizaine de kilomètres à l’est de Reims et dont le lieu-dit dépend officiellement.

    Il ne subsiste donc rien de Nauroy ? Pas tout à fait quand même. Au bord de la départementale 34 se dresse une petite chapelle, érigée entre les deux guerres à l’emplacement de l’église du défunt village ; et de l’église elle-même, deux piliers de pierre ont réussi à parvenir jusqu’à nous ; ils encadrent cette chapelle. Derrière celle-ci, un mur, celui du cimetière ; en fait, celui-ci a aujourd’hui tout l’air d’un terrain vague, mangé par la végétation qui s’accroche aux gros tas de terre qui accidentent le sol.

    Il n’y a plus de morts ici : « Les sépultures ont été déplacées ailleurs, indique le président Maria ; pendant la guerre, les tombes ont servi de nids à mitrailleuses ».

    Gare aux explosifs !

    Les Amis de Nauroy ambitionnent donc de faire revivre ce petit reste de l’ancien village. D’ailleurs, ils ont déjà réussi à le faire le 11 novembre dernier, convoyant élus, fanfare, anciens combattants et autres patriotes depuis le monument aux morts de Beine où une première cérémonie avait eu lieu, comme d’habitude, jusqu’à la chapelle de Nauroy ; c’était un peu en catastrophe : « Le compte postal permettant de manier de l’argent n’avait été ouvert que la veille ! » se souvient le président. Une première qui a quand même eu un joli succès. Le vin chaud y était peut-être pour quelque chose… Toujours est-il que l’équipe du président Maria ne compte pas en rester là. « Nos projets, ce sont des travaux de déblaiement au printemps, dit la secrétaire, et puis la réfection du mur du cimetière, qui tombe en ruines. » « Mais il faudra y aller doucement, précise le président ; avec tous les explosifs qui traînent par ici… » Il ne faudrait pas que le travail de mémoire historique bascule à la rubrique faits divers à la suite d’une rencontre intempestive avec un obus oublié.

    Amis de Nauroy, contact : mairie 51490 Beine-Nauroy ou sur amisbn@orange.fr

    Antoine PARDESSUS

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    Union111223a
    REIMS : Théâtre au collège Saint-Remi : Les élèves confrontés à la Grande Guerre

    La pièce, écrite à partir des carnets d’un poilu, évoque la Première Guerre mondiale.
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    À l’initiative des professeurs de lettres et d’histoire-géographie du collège Saint-Remi, la troupe de théâtre « La Tripe du Bœuf » a représenté pour tous les élèves de troisième son spectacle « Bleu Sombre Horizon », évoquant la Première Guerre mondiale.

    La pièce, écrite à partir des carnets du poilu Louis Barthas, mise en scène par l’arrière-petit-fils de ce dernier, a été jouée par Roger Briole et Jean Micheau.

    Parfois avec une pointe d’humour, souvent avec gravité et délicatesse, ces deux comédiens passionnés ont su retracer et restituer, au travers de tableaux, le contexte historique de la Grande Guerre ainsi que le vécu de ceux qui l’ont faite : l’histoire dans l’Histoire.

    L’enthousiasme des comédiens, la qualité de l’échange qui a suivi la représentation ont fait de ce spectacle un moment fort en émotion, très apprécié par les élèves.

     

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    Union111220c
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Le vandalisme exacerbe le monde combattant

    Le président Pol Cher avec à ses côtés le député-maire Bruno Bourg-Broc.
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  • La Maison du combattant a accueilli samedi une quarantaine d’adhérents de l’Association des combattants et victimes de guerre (ACVG), association présidée par Pol Cher, avec à ses côtés le député-maire Bruno Bourg-Broc, lors de l’assemblée générale annuelle.

    Une année 2011 « difficile » comme l’a relaté le président, avec de nombreux hospitalisés ainsi que cinq décès, le dernier en date à savoir Robert Herlequin, responsable de la France mutualiste et ex-directeur de l’Office départemental des anciens combattants.

    Pour eux, une minute de silence fut observée par l’assistance. Si les finances sont bonnes, approuvées à l’unanimité de même que les différents rapports, l’heure était plutôt au grincement de dents du monde combattant au vu du saccage et des vols perpétrés sur le site du terrain de La Folie. Ce lieu de mémoire où se rendent les anciens combattants en souvenir des patriotes tombés sous les balles ennemies et où se déroule chaque année le Rallye de la liberté avec les collégiens est en effet le théâtre d’actes de vandalisme, de dégradations fréquentes et de vols (grillages de protection volés, plaques…).

    Le général Bigeard, combattant exemplaire, décédé récemment aura bien sa rue à Châlons. C’est une déclaration du député-maire. Pas question de débaptiser une artère mais bien de créer une rue à son nom qui pourra se trouver dans l’enceinte des anciens quartiers Chanzy-Forgeot. A noter qu’une proposition de l’Assemblée nationale sera faite dès janvier prochain ; celle d’inscrire les noms des soldats morts en opérations extérieures (OPEX). Une commémoration le 11 janvier rappellera également que deux militaires du 402e RA ont payé de leur vie leur séjour en Afghanistan. Pour conclure cette assemblée, le député-maire a offert à Pol Cher, pour la bibliothèque de la Maison du combattant, le livre Le fil de l’araignée écrit par Yvette Lundy, ancienne résistante et déportée du camp de Ravensbrück.

    Le bureau réélu se compose ainsi : président Pol Cher ; vice-président Jean-Marie Gagnaire ; secrétaire Fabrice Papon ; secrétaire adjoint Jean Hendziak et Céline Biava ; trésorier Michel Lefèvre ; trésorier adjoint Thierry Sokoloff ; porte-drapeau Indochine Dominique Parizet ; porte-drapeau AFN Gilbert Laroche.

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    CONCOURS DE LA RESISTANCE : Yvette Lundy à l’Elysée pour le 50e anniversaire du concours de la Résistance

    Réunis à l’Elysée, les jeunes lauréats ont été félicités par le chef de l’Etat.
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  • LA Sparnacienne Yvette Lundy était émue et heureuse de se retrouver à l’Elysée, où le président de la République avait choisi de célébrer le cinquantenaire du concours scolaire de la Résistance et de la Déportation. Venue avec son fils et trois de ses petits-enfants, elle a suivi avec attention l’évocation par Nicolas Sarkozy de la belle aventure du premier concours scolaire, avant de participer à la remise des prix nationaux 2011.

    Une jeune lycéenne de Charleville-Mézières, Léa Forget, figure au palmarès (voir ci-dessous). Assise près de Jacques Vico, figure de la Résistance dans le Calvados et vice-président d’honneur de la fondation de la Résistance, Yvette Lundy s’est souvenue des générations de candidats et de lauréats qu’elle a pu rencontrer au cours des conférences données dans les collèges et lycées de Champagne-Ardenne et de Picardie.

    L’occasion aussi pour elle de revoir d’anciens résistants et déportés venus de toute la France, et croisés à bien des reprises dans les congrès nationaux.

    « Réfléchir sur le sacrifice »

    « Fort de 40 000 participants, ce concours continue de faire vivre dans la mémoire des collégiens et lycéens de toute la France le souvenir de la Résistance et de la déportation, ses drames et ses souffrances mais aussi les actions héroïques des femmes et des hommes qui s’opposèrent à la barbarie », a redit Nicolas Sarkozy.

    Le chef de l’Etat a encore insisté : « Hier comme aujourd’hui, le concours constitue pour les jeunes générations de notre pays une occasion inestimable de réfléchir sur le sens de l’engagement et du sacrifice individuel en faveur de la liberté, de la justice, et de l’ensemble des idéaux démocratiques et républicains qui sont les nôtres. » Cette manifestation a confirmé sa confiance dans la jeunesse.

    Comme le président, Yvette Lundy aime à répéter que les jeunes qui participent au concours s’investissent beaucoup et prennent une part de leur temps libre pour se préparer. Qu’il s’agisse de la réalisation d’un devoir individuel, d’un travail collectif sous la forme d’un mémoire ou d’un dossier, d’un travail audiovisuel, cela demande un effort, un engagement, une réflexion.

    La Marne est un département où la participation au concours a toujours été importante, grâce à la mobilisation de plusieurs enseignants qui ont su montrer à leurs élèves l’intérêt intellectuel et civique d’une telle participation.

    Yvette Lundy, qui vient de publier un ouvrage Le fil de l’araignée, estime que l’épreuve demeure le support de transmission d’une mémoire active, d’une mémoire vivante à destination des jeunes.

    « C’est un temps choisi, pas simplement pour mieux connaître notre histoire mais pour réfléchir sur le sens de l’engagement, sur la défense des valeurs humanistes. On dépasse ainsi l’expression traditionnelle de l’éducation civique. »

    En 2012, les collégiens et lycéens travailleront sur la Résistance dans les camps de concentration nazis.

    Hervé CHABAUD

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    CONCOURS DE LA RESISTANCE : L’ardennaise Léa Forget lauréate nationale du Concours de la Résistance

    Léa, ici au côté du chef de l’Etat et au milieu de tous les participants au concours, s’est vu également attribuer l’un des prix spéciaux de la Fondation de la Résistance, récompense créée à l’initiative de Lucie et Raymond Aubrac.
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  • LÉA Forget élève du lycée Saint-Paul de Charleville-Mézières était impressionnée lorsque, vendredi à midi, accompagnée de son professeur Jean-Michel Noé, elle a reçu, à l’Élysée, des mains de Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants, et de Jeannette Bougrab, secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Vie associative, un prix national du Concours scolaire de la Résistance et de la Déportation pour la qualité, la densité, et la profondeur de l’analyse de sa copie, dont le sujet portait sur la répression de la Résistance en France par les autorités d’occupation et le régime de Vichy.

    Quelques minutes plus tard, elle était ravie et émue de se voir attribuer l’un des prix spéciaux de la Fondation de la Résistance, récompense créée à l’initiative de Lucie et Raymond Aubrac.

    Sa participation et sa détermination à réaliser un devoir exemplaire ont fait que le jury national a choisi de la récompenser.

    En cette année du cinquantième anniversaire du Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation, le président de la République Nicolas Sarkozy tenait à rendre hommage à l’ensemble des Résistants et Déportés qui ont nourri de leurs témoignages des générations de collégiens et de lycéens, à remercier les enseignants volontaires qui accompagnent les jeunes et à féliciter les lauréats nationaux 2011, ainsi que ceux des promotions précédentes qui avaient pu être contactés.

    Trait d’union entre les générations

    « Hier comme aujourd’hui, le Concours national de la Résistance et de la Déportation constitue pour les jeunes générations de notre pays une occasion inestimable de réfléchir sur le sens de l’engagement et du sacrifice individuel en faveur de la liberté, de la justice et de l’ensemble des idéaux démocratiques et républicains qui sont les nôtres », a notamment déclaré le chef de l’État. Il a aussi insisté sur le trait d’union entre les générations, entre le passé et l’avenir de notre pays que ce concours représente.

    Ce concours voulu et initié par la Confédération nationale des Combattants Volontaires de la Résistance est, aujourd’hui, le premier concours scolaire national avec plus de quarante mille participants.

    « A mi-chemin entre Histoire, Mémoire et formation civique et morale, le Concours est l’occasion de nombreuses rencontres avec les derniers témoins de cette période qui permettent aux élèves de découvrir les valeurs sous-tendant l’engagement de leurs aînés, qui sont autant de ferments pour leur vie de futur citoyen », résume Jacques Vistel, président de la Fondation de la Résistance. Encore toutes nos félicitations à Léa.

    Hervé CHABAUD

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    Union111218e
    LIVRE : La République habillée d’espérance

    « République », Gérard Rondeau, Raphaëlle Bacqué
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  • Comment concilier le regard du photographe sur la République avec l’analyse du journaliste ? A cette problématique, Gérard Rondeau et Raphaëlle Bacqué ont choisi de répondre en associant des images et des commentaires, en additionnant le talent de la chroniqueuse avec l’œil étonnant de l’illustrateur.

    Le résultat est un album surprenant, parfois déroutant par les associations qui sont proposées mais dont la pertinence dans l’approche pittoresque des lieux, des hommes et des choses est une invitation pour le lecteur à se poser des questions sur le sens de la République et de ses valeurs incarnées.

    L’ouvrage structuré, associant la puissance de photos en noir et blanc avec l’élégance de la couleur nous emmène dans une promenade au risque de l’alphabet. Il est ici revisité dans un désordre commode pour mieux maintenir l’attention d’un lecteur s’interrogeant pour savoir s’il n’a pas perdu les acquis du cours préparatoire et est désormais empêché de progresser sur la route de la compréhension dans une société qui ne se comprend plus. Il y a la force des mots, la représentativité des personnages qui sont autant d’instants choisis pour offrir un résumé de l’Histoire. Comment ne pas retenir cette première leçon délivrée par Victor Schoelcher dans son rapport de 1848 : « La République n’entend plus faire de distinction dans la famille humaine. Elle n’exclut personne de son immortelle devise : liberté-égalité-fraternité ».

    Les plus belles thématiques se succèdent. De la laïcité à la parité, des sièges à pourvoir aux suspensions de séance, des chimères aux attentats, jusqu’aux secrets de l’Elysée, le Marnais Gérard Rondeau dispose à chaque fois de l’image qui colle à la citation ou au commentaire de la journaliste Raphaëlle Bacqué. On l’avait déjà rencontrée lorsque l’artiste avait fait découvrir la rivière Marne et lui avait donné la parole aux portes de Paris. Parce qu’il est d’une terre portant les monstrueuses cicatrices des guerres du XIXe et du XXe siècles, le photographe ne pouvait pas s’abstenir de représenter ces monuments et ces lieux qui font signe devant les hommes pour qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent. On appréciera aussi l’évocation de l’Ecole, de Marianne de cette République qui pour mieux se faire connaître a opté pour les grands travaux ceux du savoir intellectuel comme des bâtisseurs d’une architecture sans cesse renouvelée.

    On goûtera aux bonnes choses nées de cette terre de France comme à ses ambitions confortées ou fragilisées qui se nomment idéal, identité, intégration. On saluera les héros nobles d’un engagement total et toujours si présent dans le cœur des vivants. Bien sûr, il y a ici et là quelques nuages et déceptions esquissées mais il demeure une certitude en forme de conclusion en gros caractères dans notre pays de liberté : « Vive la République et Vive la France » !

    Hervé Chabaud

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    LIVRE : L’appel du Sahara

     

     

     

    Du massacre de la mission Flatters en 1881 jusqu’à l’exposition de 1931, ce livre présente un demi-siècle de présence française dans le Sahara, à travers les destinées exceptionnelles de trois hommes aux ambitions très différentes : Ernest Psichari, Hubert Lyautey et Charles de Foucaud.

    Un ouvrage passionnant et particulièrement bien illustré de nombreuses photos anciennes.

    L’Appel du Sahara, Judith Brouste et Pierre Brulé, éditions Place des Victoires, 160 pages, 100 illustrations, 19,95 euros.

     

     

     

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    Union111218c
    LIVRE : Résistants franco-belges contre Gestapo

    Spécialiste de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale dans les Ardennes françaises, Philippe Lecler s’est associé à son homologue belge Annette Biazot (elle-même fille d’un grand résistant) pour étudier l’histoire du réseau Prosper, fondé au printemps 1942 par les Britanniques et implanté dans le Sedanais de chaque côté de la frontière. Il organisa notamment de nombreux parachutages. Le réseau eut même des prolongements jusque dans le nord de l’Aisne.

    Un réseau transfrontalier qui fut infiltré avec méthode et finalement annihilé par la Gestapo durant l’été 1943.

    Parallèlement, était fondé et développé dans cette même région, autour du village de Muno, près de Florenville, le maquis du Banel, où se retrouvèrent également résistants ardennais des deux côtés de la frontière.

    Le maquis dut à son tour faire face à la répression allemande, jusqu’au massacre funeste du 18 juin 1944.

    Très richement documenté et illustré, l’ouvrage de Philippe Lecler et Annette Biazot a valeur de référence. Il se lit parfois comme un roman (avec tout ce qui relève de la lutte clandestine et du contre-espionnage), mais il a aussi et surtout valeur de mémorial. La rigueur historique pouvant être synonyme de devoir de mémoire.

    Ph. M.

    Editions Euromedia, 225 pages, 29 euros

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    Union111218b
    REIMS : EX BA 112 / La famille du général Accart visite le musée

    Lorsqu’au temps de Noël une famille choisit d’effectuer un pèlerinage mémoriel, là même où l’un de ses ancêtres a brillé en servant la France, c’est qu’elle lui manifeste un attachement filial authentique et le conserve dans son cœur comme un exemple pour son pays et pour elle-même.

    Lorsque la famille du général Jean-Mary Accart s’est présentée à l’entrée de l’ex-BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » de Reims, l’émotion était forte, le signe déterminant. Tous venaient au musée de la base et de l’aéronautique locale avec la volonté d’exprimer leur souhait que ses collections demeurent en terre rémoise, berceau mondial de l’aviation.

    Aussi, la perspective d’un transfert à Bétheny a-t-elle été vécue comme un grand espoir dans l’attente de la réponse définitive de l’armée de l’Air.

    La veuve de Pierre-Yves Accart, Vincent et Hervé, leurs épouses, leurs enfants, des cousins ont été accueillis par Frédéric Lafarge administrateur du musée et Hervé Chabaud, président de l’association Edmond Marin la Meslée qui travaille à la préservation du musée et à une meilleure connaissance de l’histoire aérienne de Reims et sa région.

    La famille Accart a apprécié la passion et le talent de Frédéric Lafarge qui a résumé salle par salle les premières mondiales de l’aéronautique à Reims et les temps forts de l’histoire de la base avant sa fermeture opérationnelle le 30 juin dernier. Tous ont mesuré la place de leur aïeul, figure incontestée de l’armée de l’air et qui est évoquée à plusieurs reprises selon les responsabilités qu’il a exercées.

    Palmarès éloquent

    En septembre 1939 à la déclaration de guerre, le capitaine Accart, commande la 1re escadrille du Groupe de chasse 1/5 équipée de chasseurs Curtiss H 75. Il a pour second Marin la Meslée qui va lui succéder. L’escadrille est alors transférée à Suippes.

    Lors de l’attaque aéroterrestre allemande du 10 mai 1940, le capitaine Accart et ses pilotes sont très sollicités mais face à la puissance de l’ennemi, ils doivent se replier plus au sud tout en poursuivant leurs missions. C’est au cours de l’une d’elle, le 1er juin 1940, qu’au contact avec un groupe de Heinkel 111 près de Pontarlier que le Curtiss n°151 et le capitaine Accart sont touchés.

    Grièvement blessé d’une balle entre les deux yeux, il réussit à sauter en parachute et bientôt inconscient atterrit tant bien que mal.

    Polytraumatisé il est transféré à l’hôpital Granges-Blanches de Lyon. Sa campagne de France est terminée.

    Sur les quinze premiers as de ce temps de guerre dont douze sont des Rémois, il se classe quatrième.

    Son palmarès est plus qu’éloquent d’autant qu’il s’interrompt bien avant l’armistice ! Le moteur de son Curtiss est exposé dans le musée de l’ex-BA 112 aussi l’émotion de ses descendants a-t-elle été intense en le voyant.

    Le capitaine se rétablit puis passe en Espagne et sous le pseudonyme de « Bernard » poursuit la guerre. Il participe notamment aux opérations du Débarquement.

    De 1952 à 1955, il revient à Reims comme commandant de la base qui est la première à être baptisée et prend le nom du commandant Edmond Marin la Meslée. Grand-Croix de la Légion d’honneur, il termine sa carrière comme général de corps aérien. Il est décédé le 19 août 1992.

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    Union111218a
    HISTOIRE : 1941

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    Tixier mandaté à Washington

    Déjà le 7 novembre 1941 devant la presse étrangère à Londres et son président Keller, de Gaulle avait évoqué les États-Unis.
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  • Comment les Français libres doivent-ils se comporter envers les Etats-Unis après le choc de Pearl Harbor ? Le général de Gaulle recense plusieurs propositions d’initiatives de la part du vice-amiral Muselier mais lui demande de ne pas négocier directement avec la Maison Blanche. Il confie par télégramme à Adrien Tixier, chef de la délégation de la France libre à Washington une mission qu’il estime capitale. « Notre principe est de refaire l’unité française dans la guerre ; c’est une nécessité nationale. S’il arrive que pour des raisons d’opportunité, nos alliés s’accommodent de la neutralité française, générale ou locale, nous ne l’acceptons pas ». Une manière élégante de redire que la France libre tient à occuper toute sa place dans les missions opérationnelles destinées à la libération des territoires qui, de par le monde sont placés sous le joug de l’Axe. Il est hors de question d’apparaître comme un spectateur et de jouer le rôle de variable d’ajustement lorsque les alliés ont besoin de compléter leurs effectifs sur l’un des points de contact avec l’ennemi.

    Le général qui n’a pas de mots assez durs envers Vichy et sa passivité coupable ajoute : « Nous n’imaginons pas l’avenir d’un monde dans lequel la France n’aurait pas pris part avec ses alliés à la victoire de la liberté ». Mais le chef des Français libres considère qu’à la charnière des années 1941 et 1942, il faut redoubler de vigilance de manière à ne pas laisser faire ni reconnaître toute forme d’arrangement avec les autorités de Vichy. Il y a pour de Gaulle une ambiguïté persistante de la part de Washington dont la diplomatie reste très conciliante avec le gouvernement du maréchal Pétain. « Nous nous refusons à entrer dans les discussions de politique intérieure française à la manière d’autrefois. Ce sont des questions oiseuses et même dérisoires actuellement ».

    Le général ne croit pas que les Français attendent d’interminables palabres dont in fine, ils pourraient faire les frais. Déjà il met en garde contre certains conseillers de la Maison Blanche qui se verraient bien dessiner la France d’après la guerre : « Nous considérons que c’est au peuple français lui-même et à lui seul qu’il appartient de décider de son régime politique et social quand il pourra le faire librement. Nous ne sommes et nous ne voulons être qu’une autorité provisoire au service des seuls intérêts généraux de la nation pendant la guerre. Nous exerçons cette autorité sur la base des lois de la République antérieure à la capitulation de Vichy ».

    En clair, les Français libres n’ont pas l’intention de s’enraciner au pouvoir mais de créer les conditions indispensables à la tenue d’élections libres qui, une fois la guerre achevée, permettront aux Français de reconstruire leur pays sur des bases démocratiques et dans un plein exercice de la souveraineté : « Il ne nous appartient pas de prononcer les réformes nécessaires. Cela sera le rôle d’une Assemblée nationale librement élue et qui devra être convoquée dès que possible ». Ce sont toutes ces données qui doivent être clairement expliquées aux autorités américaines. Tixier en reçoit la charge même si de Gaulle reconnaît que ses coopérateurs Raoul Roussy de Sales (chargé du service de presse et d’information de la Délégation de la France libre) et Raoul Aglion (secrétaire général de la Délégation) ont un rôle important à jouer. En conclusion le général redit à Tixier : « Vous êtes seul responsable vis-à-vis du Comité national de tout ce que fait sa représentation aux Etats-Unis »


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    Le ralliement de St-Pierre-et-Miquelon

    Un plébiscite est organisé pour valider le ralliement.
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  • Tempête sur l’Atlantique : de gauche à droite, l’enseigne de vaisseau Savary, le vice-amiral Muselier, le capitaine de vaisseau de Villefosse.
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  • L’enthousiasme est réel dans l’archipel. Muselier avec les marins du « Surcouf ».
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  • Atlantique. La réussite des FNFL qui adjoignent l’archipel à la France à la croix de Lorraine rend les alliés furieux d’Ottawa à Washington jusqu’à Londres.

    A Saint-Pierre-et-Miquelon, l’armistice et le gouvernement du maréchal Pétain n’ont jamais suscité l’enthousiasme même si, malgré l’hostilité de la population, l’administration est restée fidèle à Vichy. Pourtant l’administrateur Gilbert de Bournat avait dû transmettre en métropole un texte qu’il avait modéré mais dont le fond était sans ambiguïté : « Population unanime des îles Saint-Pierre-et-Miquelon prête à tous les sacrifices, vous supplient de continuer la lutte contre envahisseurs avec aide de toutes les colonies françaises et la collaboration étroite et fraternelle de l’Empire britannique ». Si les Anglais ne s’opposent pas à l’idée du ralliement de cet archipel proche du Canada, les Américains qui maintiennent des relations diplomatiques suivies avec Vichy ne veulent pas en entendre parler. Ils craignent que les Allemands n’en prennent prétexte pour installer une base à proximité de leurs côtes. Alors qu’en novembre 1941, le vice-amiral Emile Muselier doit s’embarquer pour le Canada et inspecter des bâtiments français qui y sont au mouillage, notamment le sous-marin « Surcouf », le général de Gaulle lui demande de réussir à l’occasion de ce voyage dans la grande région le ralliement de l’archipel.

    Carte blanche

    Le chef de la France libre lui laisse cette fois carte blanche pour mener à bien l’opération. Muselier considère que le feu vert oral du général lui suffit. De Gaulle ne lui précise pas que mis en garde par la Maison Blanche, Winston Churchill a demandé au général : « de surseoir au ralliement de Saint-Pierre ». C’est ainsi que le 24 novembre 1941, le vice-amiral Muselier accompagné du capitaine de frégate de Villefosse, premier sous-chef d’état-major et de l’enseigne de vaisseau Alain Savary prend la mer en direction de Saint-Pierre à bord de la corvette « Lobédia ». Le patron des Forces navales françaises libres prévoit même son échec éventuel et demande à ce que la direction provisoire du commissariat de la Marine nationale et de la Marine marchande soit confiée à René Pleven et que le capitaine de vaisseau Moret soit chargé de l’intérim du commissariat à la Marine de guerre. De Gaulle préfère au dernier moment le général Legentilhomme à Moret. Muselier est déçu, hésite un moment puis il part en passant par la route de l’Islande jugée plus sûre.

    Il est bientôt rejoint par une autre corvette des FNFL « Mimosa ». Le 2 décembre la flotte quitte l’Islande en direction de Saint-Jean-de-Terre-Neuve. La mer est démontée et la tempête persiste. C’est à bord que les marins apprennent l’attaque contre Pearl Harbor. Le 8 décembre, deux nouvelles corvettes, « Alysse » et « Aconit » se joignent au convoi. En raison de la situation nouvelle Muselier se propose de rallier Ottawa et d’obtenir l’accord du Canada et des Etats-Unis pour prendre pied à Saint-Pierre-et-Miquelon tandis qu’il demande à de Gaulle confirmation de l’aval britannique.

    L’ambassadeur américain déclare tout de go qu’il juge l’opération inopportune et dit préférer : « voir établir loyalement un contrôle canadien du poste de TSF et des communications ». Si l’on résume, la présence de la France libre n’est pas souhaitée dans l’archipel. Moret apprend à son tour à Muselier que Londres s’aligne sur Washington. Déçu l’amiral reporte l’opération et signifie par courrier qu’une intervention canadienne serait considérée : « comme une atteinte à la souveraineté nationale qui servira certainement d’élément à la propagande de tendance nazie qui s’efforce de faire croire que le but des alliés est de s’emparer des colonies françaises ».

    Après un malentendu lié à un article un rien fantaisiste de Geneviève Tabouis, Muselier tancé par de Gaulle pour des entretiens imaginaires à Washington décide de rentrer à Londres. Or dans la soirée du 17 décembre 1941, de Gaulle apprend que les Canadiens s’apprêtent à débarquer à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il adresse alors deux télégrammes à Muselier. Le second est très clair : « Nous avons comme vous le demandiez consulté les gouvernements britannique et américain. Nous savons de source certaine que les Canadiens ont l’intention de faire eux-mêmes la destruction du poste TSF de Saint-Pierre. Dans ces conditions, je vous prescris de procéder au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon par vos propres moyens et sans rien dire aux étrangers. Je prends l’entière responsabilité de cette opération devenue indispensable pour conserver à la France ces possessions françaises ».

    L’obéissance au général

    Après réflexion et conscient qu’il était inélégant avec l’amirauté britannique, Muselier préfère passer pour un pirate chez les Anglo-américains mais il choisit d’obéir à de Gaulle. Le 21 décembre 1941, le gel est si fort que les canons comme les tubes lance-torpilles sont inutilisables aussi l’amiral attend une légère amélioration météo qui survient le 23. A la mi-journée, l’amiral prétexte différentes manœuvres au sud de Terre-Neuve et son convoi prend la mer. Le 24 décembre en début de matinée, les trois corvettes suivies du sous-marin « Surcouf » se présentent devant Saint-Pierre. Sur l’île, il y a en principe des gendarmes et des douaniers qui sont fidèles à Vichy. Lorsque le débarquement commence, la population rallie ses libérateurs. On crie : « Vive de Gaulle ! », « Vive Muselier ! », « Vive la France ! ». Il ne faut pas plus d’une demi-heure pour que les FNFL occupent les points stratégiques de l’île. Les gendarmes acceptent la nouvelle autorité mais l’administrateur Bournat est le seul à crier : « Vive Pétain ! ». Il est immédiatement remplacé par l’enseigne de vaisseau Alain Savary.

    Le commandant Lehalleur est alors chargé avec la corvette « Alysse » de rallier cette fois Miquelon. Au matin de Noël tous les Français libres assistent aux côtés des Saint-Pierrais à la messe de la solennité de la Nativité. Muselier fait alors connaître ses objectifs à la population : « Nous n’avons qu’un but, libérer la France de l’occupation et de l’emprise étrangère et qu’après la victoire, le peuple français choisisse librement la forme de son gouvernement ». Il organise dans la foulée un plébiscite à l’exemple de ce qui avait été fait à Tahiti. Les habitants ont alors le choix entre le ralliement à la France libre et la coopération avec les forces de l’Axe. Les Gaullistes l’emportent. Sur 990 inscrits il y a 802 votants, 140 bulletins blancs ou nuls, 11 en faveur de la collaboration et 651 pour la France libre. Pour l’anecdote beaucoup de bulletins nuls étaient surchargés d’un « Vive de Gaulle », « Vive Jeanne d’Arc » et même « Vive Clemenceau » ! Comme Muselier a emmené avec lui le journaliste Ira Wolfert, il envoie ses dépêches aux Etats-Unis et explique comment fonctionne la France libre ! Apprenant la réussite de l’opération, le général de Gaulle félicite l’amiral : « Veuillez dire à la population des îles Saint-Pierre-et-Miquelon, si chères et si fidèles à la France, toute la joie que la nation ressent de les avoir libérées. Saint-Pierre-et-Miquelon reprennent vaillamment avec nous et avec nos braves alliés le combat pour la libération de la Patrie et pour la liberté du monde. A vous, personnellement, j’adresse en mon nom et au nom du Comité national, mes vives félicitations pour la façon dont vous avez réalisé ce ralliement dans l’ordre et dans la dignité. Vive la France ! ». Le ralliement obtenu, la colère des Américains et des Britanniques est bien réelle.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    La conférence « Arcadie » : accouchement dans la douleur

    Les inquiétudes justifiées du général MacArthur.
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  • Roosevelt et Churchill en conférence pour fixer la stratégie de 1942.
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  • US Navy. Le secrétaire d’Etat à la Marine horrifié par les destructions de Pearl Harbor veut que Kimmel soit remplacé au poste de commandant en chef de la flotte du Pacifique. Londres et Washington serrent les rangs mais peinent à fixer des priorités communes.

    Alors que les tensions au sein de l’US Navy sont à leur comble et qu’un climat de règlement de comptes semble dominer la situation, les Alliés ne veulent pas être vitrifiés par leurs divisions. Il est temps de remettre de l’ordre. En Grande-Bretagne on se veut pragmatique c’est pourquoi le dimanche qui suit l’attaque de l’aéronavale nippone sur Hawaï, le Premier ministre britannique Winston Churchill accompagné de ses chefs d’état-major s’embarque à destination des Etats-Unis à bord du cuirassé « Duke of York ». Alors qu’il laisse les clés au général Alan Brooke, il s’interroge sur les arguments qu’il lui faut employer pour convaincre les Américains de ne pas renoncer à la stratégie de l’Europe d’abord. Il lui semble impératif que pour battre le IIIe Reich, il ne faut surtout pas disperser les forces opérationnelles occidentales dans le Pacifique. Le chef du gouvernement anglais synthétise ses idées directrices sur trois feuillets. L’heure est grave et la seule lueur d’espoir est marquée par l’offensive de la VIIIe armée qui est parvenue à éloigner progressivement Rommel de Tobrouk en Afrique du Nord.

    Géostratégie

    Tandis que Churchill traverse l’Atlantique, son ministre des Affaires étrangères Anthony Eden est en route pour Mourmansk afin de rencontrer Staline et de le convaincre de déclarer à son tour la guerre au Japon. En revanche, Roosevelt est beaucoup plus prudent et suggère une conférence commune pour fixer une position. Moscou oubliera de répondre. Londres joue l’élargissement du conflit c’est pourquoi la colonie de Hong-Kong est invitée à se rallier aux Chinois pour combattre les Japonais. Le Premier ministre sait que la résistance sera vaine en raison de la puissance des moyens mobilisés par Tokyo. En Malaisie, la progression des Nippons est spectaculaire et ce ne sont pas les quatre escadrilles de Hurricane détournées de Perse vers Singapour qui sont susceptibles de rétablir une maîtrise anglaise du ciel.

    Churchill est surtout très inquiet d’une poussée commune germano-nippone contre l’Inde. Tous les télégrammes qui parviennent en Angleterre confirment la prise de contrôle progressive des Japonais dans toute l’Asie du Sud-Est.

    Le 15 décembre 1941, Churchill demande aux officiers de son état-major : « de prendre soin que les troupes désignées pour l’ultime défense de Singapour ne soient ni épuisées, ni encerclées dans la péninsule malaise ». A Moscou, Eden est déçu par le désintérêt de Staline envers un front contre le Japon. Il se contente de répondre à son interlocuteur : « La Grande-Bretagne n’est pas seule dans sa lutte contre le Japon, puisqu’elle a pour alliés la Chine, les Indes Néerlandaises et les Etats-Unis d’Amérique ». On est bien loin de l’objectif d’une grande alliance. A Washington, l’heure est aux décisions politiques, ce qui ralentit l’envoi en mission des trois « task forces » destinées à reconstituer une police du Pacifique avec l’appui de trois porte-avions.

    Le 17 décembre à 15 heures, l’amiral Kimmel est relevé de son commandement. Il paie l’addition de Pearl Harbor alors que Roosevelt veut prévenir une trop vive réaction du Congrès. C’est désormais l’amiral Ernest J. King qui commandait la flotte Atlantique qui est aux manettes. C’est un partisan de l’emploi de l’aéronavale et de son développement comme composante opérationnelle de la marine. Il obtient le contrôle de l’ensemble de la flotte US avec une responsabilité directe devant le président Roosevelt !

    De Norfolk à Washington

    Dans le Pacifique, l’amiral Chester W. Nimitz est chargé de reconstituer la force et de donner le moral aux marins. Les Japonais se moquent de ces réorganisations militaires et administratives et poussent leurs pions pour débarquer à Wake rebaptisé « Otori Shima », l’île aux oiseaux.

    Churchill arrive enfin à Washington et descend d’un pas alerte de l’appareil qui l’amène de la base de Norfolk en Virginie où le « Duke of York » est au mouillage. Le premier entretien informel entre le président américain et le chef du gouvernement britannique a lieu le soir même alors que la Maison Blanche additionne les mauvaises nouvelles en provenance du Pacifique. La perspective de l’abandon des Philippines est désormais sérieuse. De fait, le 22 décembre, les premiers des soixante-douze transports de troupes japonais escortés par plusieurs cuirassés et croiseurs approchent pour débarquer la XIVe armée du général Homma en provenance de Formose et des Pescadores. Bien aidés par de solides tirs de barrage, les soldats de la 48e division japonaise entreprennent la conquête des positions sur les trois plages principales de Luçon. MacArthur sait qu’il lui est impossible de rétablir la situation avec les moyens dont il dispose. Churchill et Roosevelt continuent de travailler avec leurs collaborateurs pour établir une stratégie commune. Ils reçoivent enfin une bonne nouvelle. Les blindés allemands ont été stoppés en amont de Moscou et sont cloués sur place dans les neiges et la glace. « Toutes les nations hostiles au nazisme, petites ou grandes, se réjouissent d’assister à ce premier échec de la guerre éclair allemande » écrit alors le Premier ministre britannique. Et d’ajouter : « La menace d’une invasion de notre île est écartée tant que les armées allemandes se trouvent engagées dans une lutte à mort à l’Est ».

    Les Américains réclament une guerre de représailles tous azimuts. Or les stratèges US ont engagé l’armée et la marine avec le plan Rainbow 5 pour faire chuter en priorité l’Allemagne. La nouvelle donne impose aux Etats-Unis de tenir une ligne défensive dans le milieu du Pacifique pour se protéger d’une invasion continentale. A Washington, on est aussi conscient que le harcèlement des sous-marins du Reich est un lourd handicap pour garantir un ravitaillement régulier et conséquent à la Grande-Bretagne. L’amiral King qui n’est pas anglophile ne tient pas à ce que les Britanniques imposent leur stratégie à la Maison Blanche. Il estime que gagner la guerre contre le Japon nécessite des opérations navales appropriées et que les Etats-Unis doivent d’abord se fixer cette priorité. King et les chefs d’état-major n’aiment pas voir Churchill prendre ses aises dans la capitale américaine.

    Le Premier ministre s’en moque et présente son plan « Gymnast » pour bouter hors d’Afrique du Nord Rommel mais il n’envisage en Extrême-Orient qu’une stratégie défensive. Le général Marshall et plusieurs officiers d’état-major US réclament à Roosevelt plus de prudence envers l’allié anglais. Churchill parvient à dresser tout l’état-major américain contre lui et il faut à la veille de Noël toute la diplomatie d’Harry Hopkins pour calmer les susceptibilités et arrondir les angles. Les Britanniques sont à leur tour furieux lorsque Marshall envisage un commandement unique US. On réfléchit et on s’aperçoit alors que les mauvaises nouvelles venues d’Asie s’accumulent qu’on peut trouver une politique utile à chacun des alliés et donnant totale satisfaction de part et d’autre. Il faut passer de l’idée de « Puissances associées » à celles de « Nations Unies ». La perspective d’une Déclaration reprenant le principe des Quatre Libertés de la charte de l’Atlantique est alors sur le point d’être signée par vingt-six pays prêts à faire : « épée commune ».

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    Union111217b
    RILLY-LA-MONTAGNE / « Le Djebel » : Les anciens combattants réunis

    Les anciens combattants des différentes communes
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  • L’association « Le Djebel », qui regroupe les anciens combattants des communes de Verzenay, Mailly-Champagne, Ludes, Chigny-les-Roses, Rilly-la-Montagne, Montbré, Champfleury et Trois-Puits, a organisé une cérémonie d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. Une quarantaine de participants se sont recueillis au monument aux morts.

    Samedi dernier, toujours à Rilly, après un autre dépôt de gerbe et une remise de médailles, les anciens combattants se sont à nouveau retrouvés à l’occasion de l’assemblée générale sous la présidence de Gérard Frémaux.

    Après une minute de silence à la mémoire des anciens combattants décédés cette année (Pierre Chandelot, le secrétaire, Georges Prieur, Serge Massonnet), le président a indiqué aux cinquante participants, les déplacements du porte-drapeau de l’amicale : Hubert Julliard, malgré ses ennuis de santé, a participé à quinze manifestations en 2011.

    La médaille des porte-drapeaux était alors remise à Gérard Dumont, de Chigny-les-Roses. Le congrès départemental aura lieu à Cormontreuil le 19 février prochain.

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    Union111217a
    ÉPERNAY : Funérailles du colonel Mérat : Un dernier hommage

     

    Eglise Saint-Pierre Saint-Paul d’Epernay. Près d’une centaine de proches étaient présents pour rendre un dernier hommage à Jean-Louis Mérat.

    Brutalement décédé à l’âge de 87 ans, cet ancien colonel, membre du secteur 170 Marne-Ardennes de l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air (Anoraa) a su s’impliquer dans le tissu associatif et le patriotisme.

     

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    Union111215a
    DIZY : Le colonel Jean-Louis Mérat est décédé

    Le général d’armée aérienne Job remet la croix de combattant volontaire de la Résistance
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  • Le monde de l’aviation et l’armée de l’air sont en deuil. Le colonel Jean-Louis Mérat 87 ans, retiré à Dizy près d’Épernay, est décédé brutalement. Bien connu dans le département, membre du secteur 170 Marne-Ardennes de l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air (Anoraa) dont il était le « sage », il restait très impliqué dans le tissu associatif et les manifestations patriotiques du souvenir. Pilote émérite apprécié à Plivot, il était né à Linthes, un petit village proche de Sézanne.

    Membre de la défense passive à Châlons-sur-Marne, il avait participé aux opérations de secours lors du puissant bombardement américain du 27 avril 1944 qui avait fait de nombreuses victimes civiles. Il avait concouru à l’été 1944 à la libération du village de Coligny puis s’était engagé le 1er septembre au 4e bataillon de Cuirassiers qui était rattaché au 12e groupe d’armée US. Il avait participé à une partie de la campagne de France. En 1945, il avait été admis à l’École des officiers de réserve de l’armée de l’air d’Aix-en-Provence puis s’était investi dans les activités de la réserve.

    Il avait notamment été commandant du Centre air de perfectionnement et d’instruction des réserves (Capir) de Reims (1967-1974) puis officier de réserve adjoint au colonel commandant la BA 112 « Commandant-Marin-la-Meslée » de Reims (1975-1987). Il avait aussi été président du secteur 8/1 Champagne de l’Association des officiers de réserve de l’armée de l’air qui regroupait alors les départements de la Marne, des Ardennes, de l’Aube et de la Haute-Marne.

    Défenseur des traditions

    Le colonel Mérat était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite, titulaire de la médaille de l’aéronautique et de la médaille d’or des services militaires volontaires ainsi que de la Cross of Liberty. Il avait également reçu la croix de combattant volontaire de la résistance des mains du général d’armée aérienne Jean-Pierre Job, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, lors d’une cérémonie du 11-Novembre, place de la République à Reims. Le colonel était un ami personnel du général, né dans la Marne à Fresne-lès-Reims et grande figure de l’armée de l’air.

    Il était un défenseur des ordres nationaux mais aussi des traditions. C’est la raison pour laquelle, il souhaitait la préservation du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale et encourageait l’action de l’Association Marin-la-Meslée et de l’Anoraa. Dernièrement, il participait à la soirée organisée sur le centenaire du premier concours aérien militaire et n’avait pas caché le besoin d’un devoir exigeant de mémoire fondé sur le travail d’histoire. Il avait redit sa confiance au colonel Hervé Chabaud et au capitaine Laurent Marchwant. L’association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air lui avait remis il y a deux ans à Paris « le poignard d’honneur » pour tous les services qu’il avait rendus. Les obsèques du colonel Jean-Louis Mérat ancien inspecteur du cadastre dans le civil auront lieu demain, vendredi 16 décembre, à 14 heures en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul d’Épernay. Il sera inhumé au cimetière de Vertus.

    l’union qui salue un ami du journal, présente à son épouse, à ses enfants et toute sa famille, ses sincères condoléances.

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    Union111214b
    TRIGNY : En assemblée générale Les anciens combattants réunis

    Paul Labassé, secrétaire, Roland Marion, président, et Jean-Claude Ronseaux.
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  • Les anciens combattants UNC - AFN - Soldats de France - Opex et leur président Roland Marion ont tenu leur assemblée générale dans la salle des fêtes de Trigny. Le président a ouvert la séance en remerciant les adhérents présents et en faisant part de l’adhésion de deux nouveaux membres : Jean-Jacques Sobra comme sympathisant et Anthony Guillemart en tant que soldat de France.

    Il a ensuite présenté le bilan des activités de l’année en remerciant les bénévoles qui s’investissent et la municipalité pour le prêt de la salle. Maurice Lévêque, porte-drapeau depuis 1963, a démissionné et c’est Lucien Lotocki qui a accepté de le remplacer avec Daniel Paillard en tant que suppléant, Michel Richard est entré au bureau.

    Paul Labassé, secrétaire, a présenté le rapport moral de l’assemblée générale de 2010 ainsi que les comptes qui s’équilibrent. Sur la cotisation de 22 euros que paient les adhérents, 4 euros sont reversés à l’UNC nationale, 3 euros pour l’action sociale, 2 euros au département et 7,20 euros pour la voix du combattant. Le reste, soit 5,80 euros, revient à la caisse locale.

    Trente-cinq adhérents s’en sont acquittés. La vente des bleuets de France a rapporté 89,80 euros et la commune a versé une subvention de 500 euros.

    Les rapports ont été votés à l’unanimité. Les trois membres sortants : Michel Bernier, Paul Labassé et Jean-Claude Ronseaux se représentant au CA ont été réélus à l’unanimité. Le président a indiqué que le repas de l’AG aurait lieu le samedi 14 avril 2012.

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    Union111214a
    MONTMIRAIL : Des colis aux anciens combattants : Un peu de douceurs pour Noël

    Les résidents ont recu un ensemble de douceurs.
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    Vendredi, une petite cérémonie s’est déroulée à l’hôpital maison de retraite de Montmirail.

    En effet, 13 anciens combattants et victimes de guerre, résidents, se sont vus remettre un colis de douceurs, de la part de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

    Ces présents leur ont été remis par le président des ACPG - CATM du canton de Montmirail, Bernard Lefèvre, et son vice-président Bernard Lelongt.

    Cette agréable distribution s’est faite en présence de M. M’Madi, directeur de l’hôpital et de Sophie Richez, animatrice.

     

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    Union111213b
    RILLY-LA-MONTAGNE : UNC-AFN « Le Djebel » : Reconnaissance et médailles

    Les médaillés aux côtés du maire, Alain Toullec et du président Gérard Frémaux.
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  • Après avoir déposé une gerbe au monument aux morts de Rilly-la-Montagne le 5 décembre en hommage aux 23 000 morts pour la France pendant la guerre d’Algérie, les anciens combattants de l’association UNC-AFN « Le Djebel » se sont à nouveau réunis samedi au pied de ce même monument.

    Après les sonneries d’usage interprétées par les musiciens de la fanfare « L’Espérance » de Cormontreuil, une minute de silence a été observée en souvenirs de trois adhérents disparus au cours de l’année : Pierre Chandelot, secrétaire, Georges Prieur et Serge Massonnet.

    Le président, Gérard Frémaux a alors remis la médaille des porte-drapeaux à Gérard Dumont puis le Titre de reconnaissance de la nation à trois adhérents : Pierre Gounel, du 404e GAAL à Blida puis Telerma et Constantine, Radar SOS artillerie ; Théophile Spillebout, maréchal-des-logis au 1/17e RA à Aïn Sefra et Serge Jeangout, 2e classe au 2e Chasseurs d’Afrique.

    Le TRN est également décerné à Claude Rulland, caporal-chef au 2e Bataillon du 73e Rima, absent pour raison médicale.

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    Union111213a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Maison de retraite : Six colis pour les anciens combattants

    Des douceurs pour les aînés.
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  • Comme chaque année à cette époque, l’Office national des anciens combattants avec le concours des associations d’anciens combattants, offre à leurs ressortissants séjournant en maison de retraite un colis-douceurs pour les fêtes de fin d’année.

    A la maison de retraite de Saint-Germain-la-Ville, six colis ont été remis par Roger Braunshausen et Roger Rouvroy membres et secrétaires du groupement des associations patriotiques de Châlons-en- Champagne, en présence de Mme Tournois, animatrice de cet établissement.

    Trois anciens combattants, André Leclerc, Claude Lecourtier et Hubert Perotin ainsi que trois veuves, Suzanne Blanchard, Yvette Grossinger et Madeleine Vangheluwe reçurent ce cadeau de Noël avant l’heure.

    Cette réunion s’est terminée par un goûter organisé par Mme Tournois.

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    Union111212b
    VITRY-LE-FRANCOIS : A l’occasion des fêtes de fin d’année : Une pensée pour les anciens combattants

    Un colis avec des douceurs a été distribué aux anciens combattants.
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    En cette période de fin d’année, à l’initiative de Pierre-Marie Delaborde, adjoint au maire de Sermaize-les-Bains, les anciens combattants résidant aux Jardins de Sermaize n’ont pas été oubliés par l’Office national des anciens combattants.

    Jeudi après-midi, les deux pensionnaires ont en effet reçu leurs colis de douceur avec les félicitations du directeur de l’établissement Franck Jésouin.

    Les aînés se sont alors plongés dans le passé en se soumettant de bonne grâce aux questions de Véronique, Virginie et Sophie pour évoquer leurs souvenirs militaires.

     

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    Union111212a
    EPERNAY : Yvette Lundy dédicace : A la rencontre du public

    L’occasion d’échanges hors protocole.
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  • Yvette Lundy, grande figure de la Résistance dans la région, dédicaçait son livre « Le Fil de l’araignée - Itinéraire d’une résistante déportée marnaise », samedi à la librairie L’Apostrophe.

    C’est l’itinéraire d’une jeune institutrice entrée dans la Résistance, arrêtée par les Allemands en classe, sous les yeux de ses élèves, et déportée ensuite vers les camps de concentration. Le livre qu’elle a coécrit avec Laurence Boisson-Barbarot retrace cette histoire.

    Au-delà d’une simple demande de dédicace-souvenir, les demandes se faisaient plus précises, justifiées par l’admiration vouée au personnage et les souvenirs personnels. Ici, Marion, qui a fréquenté l’école de Gionges où avait exercé Yvette Lundy, ou encore Clémence Michaut, lauréate du concours national de la Résistance en 2009, élève de 3e au collège d’Aÿ.

    Même si l’instant est grave, l’humour n’est pas exclu des échanges. A ce lecteur qui repart en lui lançant un « au-revoir, à la prochaine… », Yvette Lundy rétorque : « Je ne vais quand même pas retourner dans les camps pour en écrire un autre »…

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    Union111211d
    SAINTE-MENEHOULD : L’Onac pense à eux : Les anciens ont reçu des douceurs


    Les aînés vont pouvoir maintenant se régaler.
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    L’Office national des anciens combattants de Châlons-en- Champagne a honoré ses adhérents et leurs veuves à la Maison de retraite du centre hospitalier de Sainte-Ménehould, avec le soutien financier des ACPG CATM, de L’UFAC de la Marne, et des ACVG de Mourmelon-le-Grand.

    Douze colis de douceurs ont été remis par Michel Glasko, président des ACPG CATM du canton de Sainte-Ménehould et Ville-sur-Tourbe et par le trésorier Henri Golobiewski à Albert Simon, Emile Louis, Denis Vallet, Emile Perdu, André Costa et Fernand Bertrand.

    Les veuves dont les maris ont combattu au cours des derniers conflits n’ont pas été oubliées : Thérèse François, Pierrette Danlos, Yvonne Baudart, Jeanne Pirrus, Jeanne Pouyet et Paulette Hochedez ont eu elles aussi la même attention.

     

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    Union111211c
    LES RIVIERES-HENRUEL : Hommage aux anciens combattants


    Les porte-drapeaux des cantons de Saint-Remy, de Thiéblemont et de Vitry-le-François ont dirigé le cortége vers la mairie.
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    La cérémonie cantonale célébrant la journée d’hommage nationale aux anciens combattants de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie s’est déroulée devant la plaque commémorative de la mairie des Rivières-Henruel.

    Les porte-drapeaux ont conduit le défilé sous la direction de Jean Lelièvre, président de l’ACPG-CATM de Saint-Remy-en-Bouzemont, et en présence de Bernard Thiebaux, président de l’UNC du Perthois-Bocage.

    Dans leur allocution, le maire Patrick Champion puis le conseiller général Jean-Pierre Bouquet ont souligné l’intérêt de regrouper les associations dans les actions collectives du souvenir.

     

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    Union111211b
    LIVRE : L’Elysée au temps des bottes nazies

    A quoi le palais de l’Elysée a-t-il servi pendant la Seconde Guerre mondiale alors que le gouvernement signataire de l’armistice et le chef de l’Etat français étaient repliés à Vichy ? A cette question, François d’Orcival a choisi d’y apporter une réponse. Il rétablit la vie, rue du faubourg Saint-Honoré en prenant soin de resituer chaque événement dans la chronologie des temps de l’occupation. Le 14 juin 1940, le Palais est investi. Le président Lebrun et le gouvernement sont loin de la capitale. Les couleurs sont descendues et remplacées par le drapeau nazi devant le concierge, ancien de la Grande Guerre qui pleure d’humiliation. L’occupant ne cherche pas à s’afficher durablement dans ce symbole de la France républicaine. Après la signature de l’armistice, le Palais est désert mais la totalité du personnel d’entretien est maintenu à son poste. On espère un retour non plus du président de la République mais du chef de l’Etat français le maréchal Pétain. Jamais le vieil homme ne viendra s’y installer alors que les tensions internes du gouvernement sont pesantes. Entre ceux qui affichent leur volonté d’une collaboration absolue et ceux qui cherchent à établir une relation du donnant-donnant, la cohabitation n’est pas simple. D’autant que les carriéristes affichent leurs ambitions tout comme leur autisme face aux restrictions des libertés publiques et aux privations. De Laval à Darlan en revenant à Laval l’atmosphère malsaine perdure. Au printemps 1942, alors que le vice-président du Conseil préfère Matignon lors de ses séjours parisiens, l’amiral de la Flotte François Darlan retient l’Elysée pour s’y installer un bureau.

    L’auteur qui a succédé comme membre de l’Institut à l’historien Henri Amouroux révèle qu’en août 1944, loin de comprendre ce qui se passait réellement avec l’accélération de la libération de la France, le maréchal Pétain s’était fait préparer des appartements à l’Elysée. Il imaginait pouvoir transmettre les pouvoirs au général de Gaulle avec le concours bienveillant des Américains qui, jusqu’à l’automne 1942 et l’opération Torch avaient conservé des relations diplomatiques étroites avec Vichy.

    Lorsqu’il arrive dans la capitale, le chef de la France libre qui est désormais président du gouvernement provisoire de la République française refuse de s’installer dans le palais présidentiel. Il préfère s’établir au ministère de la Guerre et réunir ses ministres à Matignon. L’Elysée reste vide !

    Pourtant alors que les Français se choisissent une nouvelle constitution et refusent la première mouture qui leur est proposée, d’importants travaux sont entrepris rue du faubourg Saint-Honoré. C’est ainsi que le premier président de la IVe République, Vincent Auriol, s’installe à l’Elysée en janvier 1947. Et depuis, tous les présidents élus s’y sont succédé.

    H.C.

    François d’Orcival, « L’Elysée fantôme. Les années noires », Robert Laffont, 292 p., 21 euros.

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    Union111211a
    HISTOIRE : 1941

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    Légèreté et gravité

    Le tonnerre japonais s’abat sur la base militaire US de Pearl Harbor.
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  • « Placier en champagne » telle est la qualification que donne Jean Marin au ministre des Affaires étrangères du Reich, Ribbentrop. Dans l’émission « Les Français parlent aux Français », le speaker des Français libres dénonce le long discours du ministre : « L’occasion lui en a été offerte par le rassemblement dans la capitale du Reich des quelques pitres qui prétendent représenter l’Europe alliée en Allemagne. On y voyait l’écume des traîtres que la collaboration, la vanité, le chantage ont suscité ici et là par le monde. Cette cour des miracles de gredins avait été convoquée paraît-il pour donner l’impression au monde d’un bloc constitué autour de l’Allemagne hitlérienne ». Marin détricote avec un plaisir certain les propos du ministre et le ridiculise à souhait pour mieux singer sa croisade contre le communisme et sa vision de la nouvelle Europe. Le journaliste excuse même l’absence d’Hitler : « Il a jugé préférable de ne pas se compromettre ce qui peut lui rester de prestige dans une pareille manifestation ».

    En revanche, le sujet présenté dès le 7 décembre au soir qui concerne l’attaque de l’aviation japonaise contre Pearl Harbor est rédigé avec beaucoup plus de gravité. Les Français libres s’appuient alors sur une déclaration du président Roosevelt. Cette nouvelle ne semble pas surprendre les commentateurs français : « Dès hier en fin de soirée, Washington avait annoncé que les Japonais poursuivaient d’importantes concentrations de troupes en Indochine et que deux grands convois japonais, puissamment escortés, faisaient route vers l’ouest en direction du golfe de Siam. Ces nouvelles sont confirmées aujourd’hui de Singapour, grâce aux reconnaissances aériennes faites par la RAF et l’aviation australienne dans le sud de la mer de Chine ». A la radio de Londres, on reconnaît ignorer le contenu du message envoyé par le président américain à l’empereur du Japon. Tout au long de la soirée, des infos sont communiquées et c’est encore à minuit que des compléments sont apportés. On insiste alors sur les dernières dépêches de Tokyo qui annoncent que le Japon a déclaré la guerre aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne. On précise déjà qu’à Londres les deux chambres sont convoquées pour le lundi 8 décembre afin d’entendre une déclaration du Premier ministre Winston Churchill. On s’attend aussi à une déclaration du président Roosevelt au Congrès. Pour Gerville qui s’exprime le lendemain sur les ondes : « On retrouve dans les méthodes d’agression japonaise les caractéristiques fondamentales de la dernière technique allemande : ce n’est pas pour rien que le Japon fait partie de l’Axe ». Tokyo est accusé d’avoir déclaré la guerre après avoir frappé très fort contre ses adversaires. Le commentateur explique l’attitude nippone par le même besoin de domination qui a décidé l’Allemagne à soumettre l’Europe. Tokyo veut s’imposer dans toute l’Asie du Sud. Il y aurait chez les Japonais, la volonté d’imposer une puissance à même de les hisser au même niveau que les Allemands pour débattre de leur alliance mais aussi envisager un nouveau partage du monde duquel les Etats-Unis seraient exclus. Maurice Schumann résume la nouvelle donne : « Quelques heures après l’agression japonaise, la France libre a décidé que l’état de guerre existait entre tous les territoires et toutes les forces terrestres, maritimes et aériennes françaises et le Japon ». Le contre-amiral Thierry d’Argenlieu qui veut protéger les positions des FFL dans le Pacifique en accord avec de Gaulle agit en ce sens. Pas question que les Japonais soient acceptés aussi bien à Tahiti qu’en Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides ni même en Indochine.


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    Tora, Tora, Tora !

    L’Arizona va sombrer.
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  • Des avions US sont détruits au sol avant d’avoir pu décoller.
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  • La position des navires américains.
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  • Asie du Sud-Est. Des dizaines de milliers de Japonais disposant de 169 bateaux et appuyés par plus de 2000 avions frappent Hawaï et entament l’occupation du Sud-Est asiatique selon un plan patiemment muri et strictement respecté.

    L’aéronavale n’a pas encore frappé Pearl Harbor en ce 7 décembre 1941 que sur la côte nord de la Malaisie, les forces d’invasion du général Yamashita, avec en tête le 56e régiment d’infanterie, débarquent sur la plage de Kota Bharu, à l’embouchure de la rivière Kelantan. Quatre destroyers et un croiseur léger bombardent alors les défenses fortifiées et les positions identifiées de la 9e division de l’armée indienne et cela malgré une mer démontée et des trombes d’eau. Les échanges sont nourris mais les Japonais parviennent à prendre pied. L’information est relayée à Singapour où on annonce que les forces nippones sont à l’attaque. Aussi réclame-t-on le soutien rapide de la RAF. Il règne une certaine panique et ordre est donné de s’attaquer aux transports de troupes tandis que les Hudson s’envolent mais ne peuvent plus empêcher le débarquement ennemi. Très énervé, le général Percival lance au téléphone au gouverneur : « Je suppose que vous allez rejeter ces petits hommes à la mer ». Deux heures plus tard, les Japonais ont consolidé dans la proximité des plages plusieurs rampes d’invasion !

    Sur le vaisseau amiral

    Dans l’océan Pacifique, alors que le drapeau de la flotte de guerre impériale flotte au sommet du porte-avions « Akagi », le commandant Mitsuo Fuchida salue l’amiral Nagumo commandant la flotte combinée et attache autour de sa tête le bandeau Hachimaki dont lui a fait cadeau l’équipage du vaisseau amiral. C’est lui qui doit conduire la première vague d’assaut contre les bâtiments au mouillage dans la rade de Pearl Harbor. Il ne faut pas plus d’un quart d’heure pour que tous les appareils aient quitté les six porte-avions. La synchronisation des décollages est exemplaire. Ce sont ainsi les 183 avions de la première d’attaque qui sont désormais dans le ciel de l’océan. Les 49 bombardiers Val sont équipés d’obus à ailettes qui percent les blindages les plus épais tandis que 40 Kate sont pourvus d’une longue torpille à moteur à oxygène dont la puissance est dévastatrice. Tous ces bombardiers bénéficient de la couverture assurée par 43 chasseurs Zéro. Il ne faut que quatre-vingt-dix minutes à cette force pour être sur Pearl Harbor et frapper ainsi les Etats-Unis sur leur territoire.

    Par sécurité, le porte-avions « USS Enterprise » qui se trouve à peu près à la même distance à l’ouest d’Oahu que la flotte japonaise l’est au nord, envoie sur l’ordre du contre-amiral Halsey une patrouille de chasseurs ainsi que plusieurs bombardiers en piqué Dauntless vers Oahu. Trois hydravions équipés de grenades sous-marines effectuent comme chaque jour leur reconnaissance sur les eaux de Ford Island. Quelques minutes plus tard, un petit submersible est repéré et attaqué par le destroyer de garde « Ward ». Son pacha, le capitaine William Outerbridge télégraphie sans tarder : « Nous avons ciblé au canon et à la grenade sous-marine un submersible opérant dans la zone de défense ».

    L’écran s’affole

    L’officier de garde au centre d’opération et de coordination ne relaie pas dans l’instant l’information si bien qu’un destroyer de renfort, le Monagham, n’est alerté qu’au bout de trois-quarts d’heure ! Entre-temps, un hydravion de la patrouille anti-sous-marine mène une nouvelle attaque à la grenade. Autant dire qu’il existe bien une menace ennemie. Or, les 86 navires de la flotte du Pacifique ne sont pas mis en état d’alerte. A 7h02, l’équipe opératrice du radar mobile de l’armée à Opana constate un phénomène hors norme sur son écran alors que survient l’heure de la relève. Les deux militaires identifient l’approche d’une importante flotte aérienne mais au QG de l’armée à Fort Shafter on ne prend pas au sérieux l’observation effectuée par les deux hommes : « Ne vous occupez pas de cela » leur réplique le pilote de garde qui estime qu’il s’agit d’un vol de B 17 d’ailleurs attendu en tout début de matinée. A 7h35, le rapport des hydravions de reconnaissance ennemi est rassurant. Les bâtiments américains sont toujours à quai. Cette fois, tous les avions peuvent passer à l’attaque. Les terrains d’aviation d’Oahu sont les premiers touchés par les bombardiers en piqué.

    L’effet de surprise est total et le commandant Fuchida peut lancer le code : « Tora, tora, tora ! » (Tigre, tigre, tigre !) qui signifie que l’effet de surprise est total. L’amiral Yamamoto qui effectue alors une partie de shogi avec son chef d’état-major est averti. Il ne réplique pas et continue à jouer. Dans le dernier waka, poème en trente et une syllabes qu’il a écrit, n’affirmait-il pas « Le désir de mon âme est de servir l’Empereur. Pour être son bouclier, je n’épargnerai ni ma vie, ni mon honneur » ? A Hawaï, au sud de Pearl Harbor, la base de Hickham est en flammes et les avions sont pulvérisés dans leurs hangars. Dans la rade, les Kate commencent à larguer leurs torpilles. La première frappe à l’arrière de l’« Arizona ». Les marin du « Maryland » sont également surpris et se démènent pour ouvrir le feu depuis leurs tourelles. A 7h58 est lancé le message devenu célèbre : « Raid aérien sur Pearl Harbor, ceci n’est pas un exercice ».

    Pendant ce temps, quatre des grands bateaux sont bientôt secoués par l’explosion des torpilles. « L’Oklahoma » et le « West Virginia » sont perforés par plusieurs engins qui éventrent leur blindage. « L’Arizona » est vaincu à son tour et une puissante onde de choc est ressentie. Le magasin à poudre a explosé et un gigantesque panache rougeoyant et noir s’élève dans le ciel à la vitesse d’une nuée ardente. Le « Maryland » est le gros bâtiment qui résiste le mieux aux munitions ennemies. Le « Tennessee » est touché à son tour ainsi que le « California » sans doute le dernier à être atteint. Le « Nevada » qui a été le premier à employer le maximum de sa puissance de feu n’est touché que par une torpille qui certes fait une brèche dans la coque, mais n’immobilise pas le navire.

    Fierté nippone

    Alors que les incendies sont nombreux et intenses, une nouvelle vague comprenant 86 bombardiers en piqué, 54 bombardiers en altitude et 36 chasseurs passe à l’attaque à 8h40. Le « Pennsylvania » pourtant en cale sèche pour réparation est frappé ainsi que l’avant du destroyer « Shaw ». Alors qu’ils constatent que tous les vaisseaux sont touchés plus ou moins sérieusement, les Japonais s’en prennent aux installations portuaires et visent l’« Utah » mais ils ne parviennent pas à embraser au nord de la base les stocks de carburant de la marine. Fuchida qui effectue ses dernières prises de vue avant de retourner sur le porte-avions Akagi confiera : « Un sentiment d’immense réconfort m’envahissait tandis que la récompense de nos efforts s’étendait là, sous mes yeux. Je dénombrai quatre cuirassés définitivement coulés et trois autres sévèrement endommagés. De graves dégâts avaient été causés aux autres types de navires. La base d’hydravions de Ford Island était en flammes ainsi que les terrain d’aviation, notamment l’aérodrome de Wheeler ».

    A Hawaï c’est la consternation, tandis qu’à l’hôpital d’Oahu, les équipes médicales s’efforcent de secourir des centaines de marins dont beaucoup souffrent de vilaines brûlures. Les pertes américaines s’élèvent à 2.403 morts dont mille rien que sur l’ « Arizona ». 18 navires sont définitivement perdus, 188 avions ont été détruits au sol et 159 sont dans l’incapacité de voler dans de brefs délais.

    Les Japonais n’ont perdu que 29 avions et cinq sous-marins de poche. Beaucoup moins que le minimum évalué par Yamamoto. A la Maison Blanche, on sait déjà que les USA sont désormais en guerre.

    Textes : Hervé Chabaud 8 [6>h.chabaud@journal-lunion.fr]


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    Alerte de Manille à Singapour

    Les dépôts de carburant sont bombardés et certains incendiés.
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  • Le Prince of Wales est coulé au large de Singapour.
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  • Alors qu’à Shanghaï, le canonnière US « Wake » est saisie par les Japonais qui interpellent sur le quai son capitaine la rejoignant pour en donner l’ordre de sabordage, le canonnière anglaise « Pétrel » qui refuse de se soumettre est soumise au feu infernal de l’artillerie ennemie. Cela a raison de la vaillance de son pacha. Aux Philippines, MacArthur est informé de l’attaque sur Pearl Harbor et s’écrie : « Mais c’était notre position la plus forte ! ». Le général Leonard Gerow, chef du Département des plans de guerre de l’armée, téléphone à MacArthur et lui dit tout de go : « Il faut s’attendre à une attaque des Philippines à très brève échéance ». Il apprend peu de temps après qu’il doit appliquer le plan Rainbow 5. MacArthur hésite et il perd du temps notamment pour donner une autorisation aux B 17 d’aller bombarder à Formose, l’aviation nippone clouée au sol en raison d’une météo défavorable.

    Des raids puissants

    A Singapour, c’est également l’alerte. Les sirènes retentissent signe de l’imminence d’un raid aérien et, de fait, les avions japonais se dirigent vers la ville alors que les canons anti-aériens ouvrent le feu autour de la base de Changi ainsi que sur le « Prince of Wales » et le « Repulse ». La ville est touchée dans plusieurs quartiers où se développent de gigantesques incendies. A Guam, partie de la base de Saipan qui est distante de seulement 160 km, l’aéronavale japonaise bombarde l’île. Les cinq cents matelots n’ont pour se défendre que des mitrailleuses et des armes de poing. Les bombes détruisent leur casernement tandis que l’USS « Penguin » est envoyé par le fond à Apia Harbor. Il ne reste plus à la marine de Guam que deux très anciens patrouilleurs et un pétrolier pour s’opposer aux forces d’invasion ! Or l’ennemi fonce, soutenu par quatre destroyers qui ont quitté Hashirajima à cet effet. Sur l’île de Wake, peu après midi en ce 7 décembre, ce sont trente-six bombardiers qui ont quitté la piste de Roi dans les îles Marshall qui arrivent en vue selon l’état-major de l’atoll américain le mieux défendu du Pacifique. L’effet de surprise est total. Sept chasseurs au sol sont détruits tandis que les cuves de carburant s’embrasent les unes après les autres. Déjà un croiseur et des destroyers japonais apparaissent à l’horizon lorsque l’hydravion de la Pan Am « Philippine Clipper » s’envole avec 70 personnes à bord qui ne seront ainsi pas prisonnières des Nippons.

    A Hong-Kong, l’attaque ennemie contre la colonie britannique en Chine commence par le raid de trente-cinq bombardiers en piqué ! Un premier groupe cible Kowloon et détruit cinq avions de la garnison avant de prendre sous le feu de leurs mitrailleuses le « Hong Kong Clipper » de la Pan Am. Le général Maltby doit tenir le plus longtemps possible avec ses six bataillons d’infanterie canadienne et indienne et ses vingt-huit canons de campagne. Les Anglais ont choisi de ne pas défendre ce territoire coûte que coûte. Les forces navales britanniques y sont symboliques avec un vieux destroyer et une petite dizaine de bateaux lance-torpilles. Le général pense toutefois être en capacité de résister une petite semaine. Il ne sait pas que six bataillons d’infanterie de l’ennemi sont déjà en marche depuis la Chine.

    Dans l’après-midi ce sont cette fois les Philippines où l’alerte a déjà été donnée qui essuient les premières frappes japonaises. Trente-deux avions s’en prennent aux aérodromes de Baguio et de Tuguegaro au nord de Luçon. Comme la météo s’améliore, Manille peut très vite être la cible de près de deux cents appareils ennemis stationnés à Formose. En fin d’après-midi, une réunion importante se tient à bord du « Prince of Wales » qui mouille à Singapour. Les officiers réunis doivent répondre à cette question posée par un message de l’amirauté : « En raison de l’expédition japonaise en mer de Chine méridionale actuellement en cours et signifiant une invasion imminente, quelle opération pouvez-vous envisager avec vos forces navales et aériennes ? » L’amiral Tom Philips n’a que de mauvaises nouvelles à apporter. Les débarquements japonais à Singora et à Patanu ont réussi et les troupes indiennes qui ont trop attendu avant de déclencher l’opération Matador se sont retirées de leurs positions avancées en pleine mousson. A Kota Bharu, la tête de pont ennemie s’élargit et menace désormais l’aérodrome. Philips décide de tenter une attaque de nuit contre les positions nippones à Singora. Le succès de l’opération repose sur l’effet de surprise mais aussi sur une protection aérienne suffisante des unités navales. Il formalise son plan à l’amirauté et demande au vice-maréchal de l’air Pulford : une mission de reconnaissance d’un rayon de 160 km au nord de Ford pour le 9 décembre, une reconnaissance d’un rayon de 160 km autour de Singora, à 16 km de la côte au lever du jour du 10 décembre, une protection assurée par des chasseurs au large de Singora toute la journée du 10. Cette demande de soutien ne peut pas être validée. La bataille qui fait déjà rage autour de la tête de pont nippone au nord de la Malaisie l’interdit. Il n’empêche, le « Prince of Wales » et le « Repulse » sortent à petite vitesse du détroit de Johore et se dirigent vers Singora avant même d’avoir reçu une réponse négative du vice-maréchal Pulford.

    Churchill et les cuirassés

    Le seul peut-être qui est le moins abattu malgré une situation générale en Asie alarmante est le Premier ministre anglais Winston Churchill. Il sait que les Etats-Unis vont se battre sans réserve aux côtés de la Grande-Bretagne et cela lui donne le moral ! « L’Empire britannique et les Etats-Unis ont été attaqués par le Japon. Nous avons toujours été amis : maintenant nous faisons face ensemble à un ennemi commun ». Cela n’empêche pas le chef du gouvernement britannique de réunir ses conseillers dans son bureau enterré du « Storey’s Gate » afin de débattre de ce qu’il peut faire de sa force navale en Extrême-Orient alors qu’elle est menacée par la flotte impériale. Comme le rôle dissuasif de la force Z n’a pas portée de fruits, il suggère que le « Prince of Wales » et le « Repulse » qui a échappé de justesse à un torpillage de l’ennemi viennent en soutien des bâtiments US dans le Pacifique : « Ce serait un beau geste de bravoure afin de souder ensemble les nations de langue anglaise ». L’amiral Pound n’est pas de cet avis et pose une option pour un retour dans l’océan Atlantique. Churchill face aux divisions qui apparaissent décide de rendre son arbitrage le lendemain.

    Il n’aura pas à le faire car les Japonais mettent le paquet pour éliminer les deux cuirassés anglais. Le « Prince of Wales » est victime d’une torpille qui écrase le gouvernail, sépare l’arbre de transmission gauche et arrache la coque. Les turbines libérées de leur charge s’emballent et explosent. Le vaisseau est incontrôlable. L’équipage lance alors un appel de détresse : « Attaque aérienne ennemie ». Six pilotes de Brewster Buffalo décollent depuis Singapour mais il leur faut plus d’une heure pour être sur zone. Le « Repulse » est à son tour touché par les torpilles de bombardiers japonais. Les deux cuirassés sont bientôt envoyés par le fond. Le naufrage des deux navires coûte à la Royal Navy 47 officiers et 793 hommes. Il est patent que l’Empire d’Hiro Hito vient de réussir dans toute la grande région un coup de maître.

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    Union111210a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Avec la FNAME : Opération « Un colis pour un soldat français »

    Fabien Savarin
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  • Fabien Savarin, délégué départemental de la Marne de la Fédération Nationale des Anciens des Missions Extérieures (FNAME) a tenu une permanence dans l’enceinte du centre commercial du Perthois de Vitry-le-François, afin de présenter l’opération « Un colis pour un soldat français ».

    Cette opération, qui existe depuis plus de vingt ans, a pour objectif de remettre un colis à chacun des 8 000 militaires en opérations extérieures (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Haïti, Kosovo, Liban, Somalie, Tchad).

    D’autre part, une vente d’enveloppes toutes gagnantes a permis de recueillir des fonds afin de soutenir les opérations de la FNAME.

    Plusieurs adhésions ont même pu être réalisées.

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    Union111209c
    SEZANNE : Hommage aux morts d’AFN : Deux anciens combattants décorés

    Bernard Louise et Roland Bibollet ont été décorés.
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  • Une cérémonie s’est déroulée au monument aux morts de Sézanne ce lundi 5 décembre pour rendre hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie.

    Une soixantaine de personnes, en présence des anciens combattants prisonniers de guerre et d’Algérie Tunisie et Maroc, ont assisté à cette cérémonie.

    Après un discours prononcé par le maire de Sézanne, Phillippe Bonnotte, Bernard Louise, président des ACPG CATM, et le premier magistrat sézannais ont procédé au dépôt de gerbe.

    A l’occasion de cette cérémonie, Roland Bibollet de Lachy a reçu la Croix de combattant, et Bernard Obara de Sézanne la médaille de Reconnaissance de la Nation.

    Ces décorations ont été remises par Claude Desplanches.

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    Union111209b
    TINQUEUX : Hommage aux anciens combattants d’Afrique du Nord : Dépôt de gerbe et recueillement

    Dépôt de fleurs en hommage aux soldats morts pendant la guerre d’Algérie
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    La Ville de Tinqueux et les anciens combattants ont rendu hommage aux morts pour la France de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Les corps constitués, les porte-drapeaux, les pompiers, les habitants de la commune se sont rassemblés lundi matin sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette.

    Après l’appel aux morts et un moment de recueillement pour Raymond Girard, mort pour la France le 28 février 1957 à l’âge de 21 ans, et André Mangin ,mort pour la France le 20 mars 1962 à l’âge de 20 ans, tous les deux en Algérie, Lucienne Becker, adjointe aux cérémonies, Jean Cienki du Souvenir français ,Madeleine Dupuis et le président des Anciens combattants, Gilles Richard, ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.

     

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    L’hebdo du vendredi- 111209a
    LES ANCIENS COMBATTANTS dans « l’hebdo du vendredi »

    Journal gratuit d’information

    Semaine du 09 au 15 décembre 2011

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    Yvette Lundy : Iron Lady

    La salle du conseil municipal d’Epernay était un peu petite pour l’occasion.
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  • Yvette Lundy.
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  • Il y a quelques semaines, le collège d’Aÿ prenait son nom. Mercredi 7 décembre, l’Hôtel de Ville d’Epernay était le théâtre de la sortie officielle des mémoires d’Yvette Lundy, résistante déportée, qui parcourt, depuis le début des années 1960, les collèges et lycées de la région pour témoigner.

    Le représentant des anciens combattants a la voix qui tremble, autant que la page qu’il tient, sur laquelle il a écrit son discours. Les discours du maire, Franck Leroy, et du préfet, Michel Guillot, tous les écoutent, comme jamais. La chorale Interlude entame le Chant des Partisans. L’émotion noue tant les chanteurs que les voix peinent à passer les gorges. Rarement une chorale n’aura pourtant fait tant frissonner son audience.

    Yvette Lundy a pris la parole. Comme d’habitude, elle a paru gênée que tant de gens, tant d’officiels, soient là. Elle a fait rire l’assemblée parce qu’il lui fallait chercher ses lunettes. Elle a discouru, avec tendresse, avec fermeté, avec sensibilité. Ses yeux racontent sa vie.

    À son retour des camps, en mai 1945, elle commence à raconter. « Personne ne voulait nous croire au début, alors je me suis tue, je me suis refermée dans ma coquille. » Il faudra attendre la diffusion du film documentaire Nacht und Nebel, en 1955, pour que ça change. « Mais alors, c’était vrai ! » « Oui, c’était vrai. » L’organisation, à partir de 1961, du Concours National de la Résistance et de la Déportation permet la suite. L’objectif est de témoigner, pour que l’on n’oublie jamais. « J’ai vu, j’ai vécu ou je ne sais pas. Même si je suis quelquefois fatiguée, même si c’est lourd de me remettre en situation, tant pis, il faut y aller ! Parce que si on n’y va pas, on laisse le champ libre à tous les détracteurs qui revisitent l’histoire comme ça les arrange ! »

    Tony Verbicaro

    Dédidaces : Yvette Lundy dédicacera son livre ce samedi 10 décembre à la libraire l’Apostrophe, à Epernay, à 15 heures, et mercredi 14 décembre à la librairie Chapitre, à Châlons-en-Champagne, à 15 heures.

    Repères

    Yvette Lundy a 95 ans, elle est née à Oger le 22 avril 1916. Après avoir grandi à Beine (devenue Beine-Nauroy), d’où sa famille est originaire, mais qu’elle avait fui pour Oger pendant la Première Guerre Mondiale avant d’y revenir, Yvette Lundy devient institutrice. En 1938, elle prend son poste à GIonges, où elle est également secrétaire de mairie. Sous l’Occupation, elle fournit des faux papiers d’identité et des cartes d’alimentation, en particulier à des prisonniers évadés du camp de Bazancourt, ainsi qu’à une famille juive. Elle cache des enfants, héberge des réfractaires du STO, des résistants traqués, des soldats alliés pris en charge par le réseau d’évasion Possum. Yvette Lundy a été arrêtée à Gionges le19 juin 1944. Pour protéger ses frères et soeurs René, Lucien, Georges et Berthe, également engagés dans la Résistance, elle affirme, durant les interrogatoires, qu’elle est fille unique. Incarcérée à la prison de Châlons, elle est transférée au camp de Romainville puis déportée, comme Résistante, le 18 juillet 1944 au camp de Sarrebruck Neue Bremm, puis à Ravensbrück.

    Transférée dans le camp de Schlieben (l’un des camps du complexe de Buchenwald), le 16 novembre 1944, elle est libérée le 21 avril 1945 par l’Armée rouge. Après une marche d’au moins 200km, Yvette Lundy et son groupe de déportés parviennent à rejoindre Halle, d’où ils sont rapatriés par avion jusqu’au Bourget.

    « Le 18 mai, un Dakota, avion de l’US Army pour le transport des troupes, se pose sur la piste d’atterrissage. Nous le prenons littéralement d’assaut et, en dépit des gesticulations du pilote et des récriminations outragées de quelques gradés, nous nous accrochons à notre siège avec une détermination féroce qui décourage nos contradicteurs. Bien malin celui qui nous en fera descendre !

    Du reste, ils renoncent, de guerre lasse, et nous décollons enfin. » Extrait du livre Le Fil de l’Araignée, itinéraire d’une résistante déportée marnaise, Yvette Lundy, en collaboration avec Laurence Boisson-Barbarot, Collection Book & Mystère


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    Ciné-débat : « Ici on noie les Algériens » au cinéma Opéra

    Le cinéma Opéra accueille l’association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) à l’occasion d’une soirée mêlant projection et débat autour du film de Yasmina Adi, « Ici on noie les Algériens ».

    Ce long métrage relate l’appel du Front de libération nationale (F.L.N.) où des milliers d’Algériens venus de Paris et de toute la région parisienne ont défilé le 17 octobre 1961 contre le couvre-feu qui leur est imposé : une manifestation pacifique qui sera alors très sévèrement réprimée par les forces de l’ordre. L’historien et vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, Gilles Manceron, sera présent lors de la séance.

    J.D

    Rendez-vous au cinéma Opéra le lundi 12 décembre à 20h30.

    " Ici on noie les Algériens " est un documentaire sorti dans les salles au mois d’octobre dernier. Tarif : 6€

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    Union111208d
    EPERNAY : Yvette Lundy a commencé à rédiger ses mémoires en 2003 : Au fil des mots, elle a tissé sa liberté

    Le témoignage de Mariette et Michèle, deux élèves d’Yvette Lundy ayant assisté à son arrestation, a ému la Sparnacienne.
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  • Au-delà de son parcours dans la Résistance, et de sa déportation, Yvette Lundy envoie avec « Le fil de l’araignée » un message de tolérance aux jeunes générations.

    ANCIENS combattants. Anciens résistants. Titulaires de la Légion d’honneur. Rien que du beau monde. Rien que des amis de la Sparnacienne Yvette Lundy dont on fêtait, hier la sortie tant attendue de sa biographie. « J’ai vingt ans, j’aime trop la vie pour m’offrir en sacrifice… » dit-elle en substance dans ses mémoires, intitulées « Le fil de l’araignée ».

    Une force de caractère qui n’a jamais quitté cette institutrice, même dans les moments les plus dramatiques de sa vie, de son histoire avec un grand « H ». A bientôt 95 ans, comme un long chemin de croix, cette grande figure de la Résistance s’est finalement résolue à achever un travail débuté en 2003. « Je m’y étais d’abord refusée ! Mais, petit à petit, l’idée a fait son chemin. Un livre, pourquoi pas s’il peut servir à d’autres que moi ? ».

    Un message d’espoir qu’elle distille depuis plus de 50 ans auprès des jeunes générations. Un message qui aurait presque rendu anodin, un autre événement : la mondialisation de la seconde guerre mondiale marquée par l’attaque de Pearl Harbor un certain 7 décembre 1941, 70 ans jour pour jour avant la parution du livre d’Yvette Lundy.

    « Cela fait un demi-siècle que je vais au-devant des jeunes avec la même passion et le même leitmotiv : témoigner de ce qui a été pour que cela ne soit plus ».

    Immortelle

    Dans « Le fil de l’araignée », Yvette Lundy relate évidemment son arrestation, un beau jour de juin 1944. Pourtant, hier, c’est Mariette et Michèle, deux anciennes élèves de l’institutrice de Gionges qui ont évoqué ce dramatique événement.

    « On a vu soudain trois Allemands pénétrer dans notre salle de classe. Ils nous ont donné l’ordre de ranger nos affaires dans les cases. Ils se sont ensuite tournés vers notre institutrice… La dernière image que nous avons eue de Madame Lundy, c’est son départ en traction ».

    Un témoignage poignant qui n’a pas été sans susciter l’émotion chez Yvette Lundy. Des trémolos dans la voix, cette dernière a pourtant tenu à apporter une précision : « Pas des Allemands, des gestapistes… »

    « Le collège d’Aÿ qui porte désormais votre nom vous rend déjà immortelle », soulignait hier le préfet de région. « Vous êtes la mémoire vivante de cette période l’histoire… »

    Effroyable et merveilleux

    « Ce projet de livre me tenait à cœur », confiait hier, Laurence Boisson-Barbarot qui a collaboré à l’écriture de l’ouvrage, « du fait que mes parents sont originaires d’Epernay et de par la personnalité d’Yvette Lundy ».

    C’est pourtant Marie-Thérèse Pauvèle, présidente de la Croix-Rouge d’Epernay et amie d’Yvette Lundy qui a incité la Marnaise à coucher sur papier son parcours et tout un pan de l’histoire de France.

    « Si l’expérience que j’ai vécue et partagée avec mes compagnons d’infortune permet d’en montrer l’effroyable et le merveilleux, alors je n’aurais pas perdu mon temps… »

    Corinne LANGE

    Yvette Lundy dédicacera son ouvrage le samedi 10 décembre à 15 heures à l’Apostrophe.

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    Union111208c
    SAINTE-MENEHOULD : Assemblée d’automne des anciens combattants de Sainte-Ménehould : Resserrer les rangs

    Dans une atmosphère fraternelle, Michel Glasko, président, et Henri Golebiewski, trésorier, accueillaient leurs camarades de l’association, tous porteurs de leurs décorations, pour leur réunion d’automne. Ils ont pu tous ensemble évoquer les problèmes en cours et anticiper sur le programme des activités réalisées et ceux de l’année à venir.

    Le président a souligné l’intérêt de la vente des calendriers : une vente destinée à aider à subventionner les secours matériels tant dans la réalisation des colis destinés aux handicapés ou en maisons de retraite que pour les secours en argent pour ceux qui sont dans le besoin. Une distribution de ces colis est prévue demain vendredi 9 décembre.

    La question de la médaille militaire et de son attribution a été soulevée. Évoquée aussi le montant de la retraite et son augmentation.

    Au programme des activités à prévoir, le président rappelle pour le 12 janvier 2012, la journée « galette ».

    Le trésorier, a, à son tour, donné avec précision et clarté un bilan financier parfaitement équilibré pour cette année. Au chapitre des recettes, il a remercié avec insistance toutes les municipalités qui ont bien voulu adresser leur participation annuelle.

    Un bilan favorisé cette année par les frais de quatre décès seulement.

    L’assemblée a particulièrement retenu son évocation de la visite à Notre Dame de Lorette. Une visite très bien organisée par l’association départementale, autant pour le voyage que pour l’accueil. Un voyage qui a permis de découvrir en plus le Vimy canadien.

    Déception en revanche pour le séjour en Belgique, annulé faute d’un nombre suffisant de participants.

    Le président a conclu en soulignant la nécessité de continuer à resserrer les rangs entre anciens combattants.

    La conclusion s’est effectuée à l’extérieur d’abord par une cérémonie au monument aux morts. Deux gerbes supplémentaires sont venues s’ajouter à celles des sapeurs-pompiers récemment déposées. On a noté dans le cortège, en plus du représentant de la préfecture, le maire, Bertand Courot, Benoit Apparu, Olivier Aimond. Une formation réduite mais efficace assurait la musique.

    Couronnement de la séance, une remise d’insignes aux porte-drapeaux a eu lieu devant le perron de la mairie à Pierre Pouyet, Jean Marie Bertarelli, Auguste Plessy. Une réunion marquée par l’amitié et la ferveur dans le souvenir.

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    Union111208b
    LA-NEUVILLE-AU-PONT : Djebel Argonne se souvient

    Après l’office, tous se sont rendus au monument aux morts.
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  • Lundi dernier, date officielle de la commémoration des soldats morts au cours des conflits en Afrique du Nord, la section Djebel Argonne a commémoré ses camarades morts au cours de ces guerres, jusqu’en 1964.

    Après une messe célébrée par le père Collard, la délégation s’est arrêtée au monument aux morts pour y déposer une gerbe. Y participait le président de la section Paul Géni, Nadège Verloo, adjointe au maire et un militaire d’active, Damien Ducrocq. Les sonneries réglementaires ont été exécutées. Malgré la date qui n’était pas propice à un grand rassemblement de la population, des habitants du village se sont joints aux anciens combattants. Une forte délégation s’est ensuite rendue au cimetière afin de déposer une fleur sur la tombe d’anciens combattants du village. Tous les participants se sont ensuite retrouvés à la salle des fêtes pour partager le verre de l’amitié offert par la mairie avant de déguster un repas concocté par le traiteur du village.

    La veille, une exposition intitulée « La guerre d’Algérie, un souci de vérité » avec projection d’un film s’est tenue dans cette salle. Malgré le mauvais temps, cette exposition a suscité l’intérêt de beaucoup de nos concitoyens.

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    Union111208a
    LE-VIEIL-DAMPIERRE : Ils n’avaient que 20 ans

    Temps de recueillement en pensant à ces jeunes, morts à 20 ans.
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  • La cérémonie en mémoire des morts pour la France en Afrique du Nord organisée par les anciens combattants du canton de Givry et du secteur de Vanault-les-Dames a eu lieu devant la plaque commémorative placée à l’entrée de la mairie du Vieil-Dampierre.

    Encadrés des fidèles porte-drapeaux, le président François Lefort et le maire du village Jean-Jacques Mayot ont lu les messages de la FNCPG-CATM et du ministre des Armées devant la population venue assez nombreuse. Un dépôt de gerbe a été déposé également sur la tombe de Denis Thiriot, mort en Algérie le 5 mars 1959 alors qu’il n’avait que 24 ans. Il s’était engagé dans l’armée de l’air où il était sergent.

    François Lefort a rappelé : « Le canton de Givry a payé un lourd tribut en Afrique du Nord, quatre autres camarades y ont perdu la vie. Michel Richard, le 12 décembre 1955 à l’âge de 24 ans, Rémi Nicolas le 31 mars 1957 à l’âge de 20 ans, Jack Cabart le 24 janvier 1957 à 21 ans et René Magot le 3 mars 1957 à 21 ans. »

    Ce moment de recueillement a été rehaussé par les clairons. Et un verre de l’amitié offert par la commune a terminé la cérémonie sur note conviviale.

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    Union111207d
    COURTHIEZY : Anciens combattants : Quel avenir pour les sections locales ?

    Après l’assemblée générale, une gerbe a été déposée au monument aux morts.
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  • La section des ACPG-CATM et TOE du canton de Dormans a tenu son assemblée générale lundi, qui est aussi la journée officielle pour rendre hommage aux combattants disparus en AFN. Après avoir débuté par une pensée pour les personnes disparues depuis la précédente assemblée, Frédéric Daubock, le président, a procédé au bilan de l’année écoulée tandis que Gérard Niger, le trésorier, faisait le point sur les subventions et les adhésions.

    Effectifs en baisse

    Même si les effectifs de l’année en cours ne sont pas encore finalisés - la section comptait 71 adhérents l’an passé, il ressort clairement que ceux-ci sont en diminution constante, un problème commun à l’ensemble des sections locales.

    Ainsi Jean-Pierre Drouet, son secrétaire, a invité l’audience à procéder à une réflexion sur l’avenir de la section. Evoquant les discussions menées il y a quelques mois lors de son assemblée générale par la section du canton de Châtillon-sur-Marne qui, faute de combattants, avait opté pour l’utilisation des derniers fonds dans un voyage, celui-ci a suggéré l’idée d’un rapprochement avec d’autres sections locales qui permettrait d’augmenter les effectifs et de proposer des activités intéressantes.

    Journée du souvenir

    M. Drouet, étant président du Souvenir français de Dormans, Châtillon et Montmort a ainsi suggéré qu’une association entre ces sections pourrait être bénéfique comme l’ont fait les communes de Saint-Martin-d’Ablois, Magenta et Epernay.

    La suggestion de Nicolas Sarkozy lors des dernières cérémonies du 11-Novembre de transformer cet événement en une journée du souvenir pour tous les morts aux combats de tous les conflits a également été longuement évoquée.

    Alors qu’il existe aujourd’hui neuf commémorations officielles, Jean-Pierre Drouet s’est, pour sa part, déclaré favorable à une telle cérémonie, qui permettrait de perpétuer le souvenir. Selon lui, « ce qui compte c’est de continuer à aller se recueillir au monument aux morts ». Un point qui ne fait pas l’unanimité car d’autres membres craignent que cette date unique risque de faire oublier certains conflits.

    Après l’assemblée, générale, le groupe s’est dirigé vers le monument aux morts pour procéder à la lecture du message du secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants ainsi qu’à un dépôt de gerbe. Ce fut ensuite le retour vers le restaurant pour le traditionnel verre de l’amitié et le repas.

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    Union111207c
    COURTISOLS : Comité du Souvenir français : Emotion au passage de drapeau

    Guy Fettler a transmis le drapeau à Alain Tollitte, le nouveau volontaire.
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  • Samedi dernier, les membres du comité du Souvenir français se sont réunis en assemblée générale en présence de M. Arrouart, maire de Courtisols et M. Arnould, maire de Somme-Vesle.

    Après avoir proposé un instant de recueillement à la mémoire des membres bienfaiteurs décédés dans l’année et des militaires tombés en Afghanistan, Denis Dupuis, président du comité a déroulé l’ordre du jour en cédant la parole à Jacques Pannet. Le trésorier a présenté le bilan financier de l’exercice écoulé. Puis, ce fût un retour sur les activités majeures de 2011. A Saint-Memmie, le monument des aviateurs devient un véritable lieu de mémoire franco-britannique. Depuis quelques années au mois de mai, une délégation britannique accompagne les membres du Souvenir français afin d’honorer les quinze soldats alliés qui sont inhumés dans le cimetière.

    La sortie pédagogique avec des élèves de CM2 à la Main de Massiges, Suippes et la Haute Chevauchée a fait l’unanimité. La participation des enfants aux différentes commémorations est particulièrement appréciée. Elle est présentée comme un nouveau souffle en espérant qu’elle ne soit pas éphémère.

    Le programme 2012 est conforme à la mission du Souvenir français. Il comprendra quatre grands rendez-vous : l’hommage aux aviateurs, une sortie pédagogique peut-être à Paris avec deux sites de mémoire, les Invalides, l’Arc de Triomphe et le ravivage de la flamme, un voyage à Compiègne et des travaux d’entretien et de rénovation sur les tombes des soldats morts pour la France.

    Tous ces projets s’inscrivent dans un plan d’action qui guidera le comité jusqu’aux manifestations de 2014, année du centenaire de la Grande Guerre et du 70e anniversaire du débarquement en Normandie.

    Cette assemblée générale s’est conclue par un moment d’émotion. Denis Dupuis a mis à l’honneur et remercié Guy Fettler, le porte-drapeau du comité. Bravant les pires conditions météorologiques, Guy a durant près de trente années fait preuve d’un dévouement et d’une disponibilité sans faille. Des commémorations en hommage national aux militaires chalonnais décédés en Afghanistan en passant par le salut au président de la République à Douaumont, Guy aura accompagné à leur dernière demeure quatre générations du feu.

    Les participants l’ont chaleureusement applaudi avant qu’il ne transmette le drapeau à Alain Tollitte, le nouveau volontaire dans la fonction.

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    Union111207b
    MONTMIRAIL : Cérémonie : Hommage aux anciens d’Afrique du Nord

    Plusieurs anciens combattants ont été médaillés.
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    Une cérémonie s’est déroulée au monument aux morts de Montmirail en présence de Bernard Doucet, maire, et Bernard Lefèvre, président des anciens combattants.

    Une centaine de personnes était présente à cette cérémonie. Celle-ci a rendu hommage aux anciens combattants d’Afrique du Nord. Bernard Lefèvre a lu le message des anciens combattants et prisonniers de guerre rappelant qu’en 2012 ce sera le 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et le 35e anniversaire de l’inhumation du soldat inconnu au pied de la Tour Lanterne de la Nécropole Nationale de Notre-Dame de lorette.

    A l’issue du dépôt de gerbe, plusieurs anciens ont été médaillés : croix du combattant à Marcel Rojda ; médaille de reconnaissance de la Nation à Guy Barthélémy, Guy Debarle, Pierre Mirat, Lionnel Harisojury, Paul Arnoult et Maurice Bernier.

     

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    Union111207a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Médaille de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative : L’argent largement mérité pour Guy Coste

    Guy Coste récompensé
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  • Au service de ses concitoyens depuis 1954, le Vitryat Guy Coste s’est vu remettre la médaille d’argent de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative par le président départemental des Médaillés militaires de la Marne, Robert Cochod, ce vendredi 2 décembre à la salle des fêtes d’Avenay-Val-d’Or, en présence notamment de Thierry Mouton, conseiller général, adjoint au maire de Vitry-le-François et de Gérald Gaillet, président du Comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François, dans le cadre de la promotion du 14 juillet 2011.

    57 ans de bénévolat

    Né le 17 mai 1934 à Vitry-le-François, Guy Coste a débuté sa carrière de bénévole auprès de l’Ufolep dès 1954 comme initiateur de basket-ball.

    Après une carrière de gendarme dans le Loir-et-Cher, Guy Coste prend sa retraite à Vitry-le-François et dès 1989 devient dirigeant de la 256e section des Médaillés militaires ; puis président local de l’Union nationale des personnels en retraite de la gendarmerie, cercle des retraités et veuves de la Marne. Il est titulaire de la Médaille militaire depuis 1983.

    Depuis 1994, Guy Coste est membre de l’association Mieux Vivre de la maison de retraite de l’hôpital de Vitry-le-François, puis vice-président et trésorier.

    Depuis 1997, il est adhérent du Comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François. De 1997 à 2009, il a été membre du conseil d’administration du comité de Vitry-le-François, puis de 2006 à 2009, vice-président et depuis 2009, vice-président honoraire. Il a reçu à ce titre le diplôme d’honneur et la médaille de bronze du Souvenir français.

    Par ailleurs, depuis 1998, Guy Coste est aussi membre du Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre de Vitry-le-François. De 1998 à 2009, il en a été vice-président.

    Depuis 1999, il est membre de la commission d’actions sociales de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de la Marne. Il est président des sections cantonales pour l’arrondissement de Vitry-le-François. Il est titulaire de la Croix du Combattant depuis 2001. De 2000 à 2009, Guy Coste a été le porte-drapeau de différentes associations et de la Ville de Vitry. Il est titulaire de la médaille commémorative « Algérie » et de la médaille de la reconnaissance de la Nation. Sur le plan sportif, Guy Coste est initiateur Ufolep (1954), moniteur 2e degré (1965 - JetS) et moniteur 2e degré (1966 - FFBB).

    Il a reçu le 20 juin 1967, la Lettre de félicitations de la Jeunesse et des Sports du Loir-et-Cher ; le 11 mai 1971, une Lettre de félicitations des Sports scolaires et universitaires et le 14 juillet 1972, la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports.

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    Union111205a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens combattants Remise du colis de Noël à Sarrail

    Ici avec Marcel Depart, 93 ans, ancien cheminot, fier de son diplôme attribué aux anciens combattants 39/45..
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    La tournée des colis de Noël de l’Onac, aux anciens combattants et veuves vivant en résidences et maisons de retraite à Châlons, s’est terminée vendredi.

    Dix femmes et neuf hommes, pensionnaires de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Sarrail, qui ont été bénéficiaires du colis de douceurs attribué à l’approche des fêtes.

    Jean Hendziak, vice-président départemental de la Fnaca, Pierre Maigret, président de l’Ancac Châlons et Bernard Haleux, président du Comité d’entente des anciens combattants, les ont rencontrés.

    Nombreuses sont les personnes qui approchent les cent ans ou presque et qui ont encore une mémoire intacte.

     

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    Union111204b
    LIVRE : Elles ont rejoint la France Libre

    Naïves, chétives, inconscientes, fraîches, difficiles de les imaginer au sein de forces armées.
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  • Pourtant elles furent plus de deux cents à rejoindre la France Libre au Royaume-Uni après l’appel lancé par De Gaulle en 1940.

    Jeunes femmes en uniforme est le récit du quotidien de ces jeunes filles, parfois âgées de seulement quinze ans, toutes volontaires au sein du corps féminin des FFL.

    L’auteur, Tereska Torrès fut l’une d’entre elles. Elle rejoint l’Angleterre à dix-neuf ans où elle deviendra secrétaire au quartier général du général de Gaulle à Londres (ce qu’elle narre dans ses mémoires, Une Française libre. Journal 1939-1945).

    Ce témoignage, publié en 1950 sous le titre Women’s Barracks aux Etats-Unis devint rapidement un bestseller vendu à plusieurs millions d’exemplaires. Il déclencha néanmoins nombre de polémiques. En effet, Tereska Torrès y évoque les relations lesbiennes qui avaient cours au sein de la caserne.

    Il aura donc fallu attendre près de soixante ans pour une publication de ce côté de l’Atlantique. Au-delà de la fierté de combattre Pétain et les nazis sous l’uniforme, Ursula, Caron, Muriel, Nellie, Josette et les autres découvrent la rude vie militaire à Londres sous les feux du Blitz. Ces bombardements quotidiens menés par les Allemands n’entament pourtant pas la joie de vivre de ces recrues dont on découvre le destin parfois tragique.

    Un autre regard sur ces volontaires, loin des images d’Epinal.

    MANESSA TERRIEN
    mterrien@journal-lunion.fr

    Jeunes femmes en uniforme, de Tereska Torrès, Editions Phébus, 187 pages, 17 euros.

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    Union111204a
    HISTOIRE : 1941

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    Leclerc, Benès, Schweitzer

    Les conseils du général de Gaulle pour Leclerc.
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  • Le 4 décembre 1941, le général de Gaulle s’adresse au médecin général Sicé dans un télégramme très secret pour préciser le respect de certains principes d’autorité. Il lui demande d’abord d’indiquer au général Leclerc que l’ordre de déclenchement de son opération contre le Fezzan ne peut lui être donné que par le chef de la France libre en personne. Leclerc a en revanche carte blanche pour provoquer cet ordre. De Gaulle connaît la fougue et l’impatience du jeune général pour passer à l’action aussi ne lui ferme-t-il pas la porte. Il recommande aussi que Leclerc reste en liaison avec le commandement britannique au Middle-East afin de pouvoir apprécier le moment opportun pour le déclenchement. Dans un autre paragraphe, le général de Gaulle redit que les troupes du Tchad ne doivent pas être subordonnées au commandement britannique : « L’ordre de déclenchement de l’opération du Fezzan ne peut donc en aucun cas venir du commandement britannique ».

    Il ajoute à Sicé : « Vous voudrez bien, rappeler à toutes les autorités militaires d’Afrique française libre que la subordination éventuelle de nos troupes et même d’une partie de nos troupes, au commandement militaire d’une puissance étrangère ne peut être décidée que par moi ».

    Psychologue envers Leclerc dont il admire la bravoure et en qui il a totale confiance, le général demande à Sicé de lui dire qu’il attend énormément de son action sur Mourzouk. De Gaulle est toujours aussi vigilant sur ce qui se passe au Levant et adresse à Catroux de télégrammes quotidiens. C’est ainsi qu’il identifie une nouvelle tension avec les Britanniques en ce qui concerne le recrutement des Druzes.

    Le 3 décembre il se félicite que Jacques De Sieyès ait constitué la délégation de la France libre aux Etats-Unis et lui demande désormais de se mettre au service du général Catroux en rejoignant au plus vite selon les moyens disponibles Beyrouth. Il demande aussi au général de conserver l’armement américain en raison de l’impossibilité de renouveler les munitions françaises destinées à l’infanterie.

    Comme il y a toujours le projet de participation des troupes à la croix de Lorraine aux opérations de Libye, il faut démontrer aux Britanniques toujours frileux sur ce concours que les FFL disposent du matériel et du ravitaillement adéquats pour contribuer efficacement aux combats. Subtil de Gaulle ajoute dans son télégramme : « Naturellement si vous pouvez obtenir matériel et armement nécessaires à mise sur pied d’autres éléments, je ne verrais que des avantages à leur participation aux opérations, dans ce cas notre participation devrait comporter deux groupes d’artillerie à deux batteries, quatre pièces anglaises vingt-cinq livres et le nombre total des bataillons serait fonction de la possibilité de doter armement automatique infanterie des munitions indispensables ».

    Il n’est pas question de renoncer à être présent en première ligne. Il s’adresse encore à Edvard Benes pour le féliciter de conception des fédérations européennes destinées à garantir la paix une fois l’Allemagne nazie vaincue : « J’ai la profonde satisfaction de me trouver devant un plan pratique et complet d’organisation de la future Europe dans la paix, plan venant d’un homme d’Etat consacré par le Passé et désigné pour l’Avenir ».

    Toujours le 5 décembre il s’adresse au docteur Albert Schweitzer qui réside à Brazzaville : « Je connais votre mérite et votre réputation. Je vous remercie de les mettre comme vous le faites au service de la science française. Je serai heureux de vous voir à mon prochain voyage en Afrique ».


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    L’entrevue de Saint-Florentin

    L’entrevue entre le maréchal Pétain et le maréchal Goering ne débouche sur rien de concret.
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  • Pour les Français libres, Saint-Florentin n’est qu’une pâle réplique de Montoire.
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  • Darlan s’était aussi entretenu avec le führer au printemps.
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  • Le tandem Pétain-Darlan accélère la collaboration.
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  • Yonne. Pétain et Darlan retrouvent le patron de la Luftwaffe dans un chef-lieu de canton de Bourgogne. Comme pour confirmer l’esprit de Montoire.

    Le 1er décembre 1941, le maréchal Philippe Pétain et l’amiral François Darlan s’entretiennent à Saint-Florentin (Yonne) avec le maréchal Hermann Goering et abordent l’avenir des relations franco-allemandes ainsi que l’intégration de la France dans l’ordre nouveau qui s’établit en Europe. Cette démarche diplomatique est plutôt ressentie comme un geste de soumission supplémentaire du chef de l’Etat français et de son gouvernement. Dès le 3 décembre, cette entrevue est commentée au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français » sur les ondes de la BBC. La critique est sévère et d’entrée le journaliste tape où cela fait mal : « Le maréchal Pétain et l’amiral Darlan viennent donc de se couvrir de la triste gloire de donner à l’Allemagne son unique succès diplomatique après les échecs successifs qu’elle avait essuyés sous forme de tentatives avortées confiées à Von Papen et Ribbentrop pour associer l’Europe au destin du IIIe Reich ». Ce qui est dénoncé est en réalité le réveil de la politique affichée à Montoire en octobre 1940. Il s’agit avec cette posture de Saint-Florentin d’une officialisation du renoncement de la France à exister par elle-même, en suppliant Goering d’adapter la politique d’occupation à l’alignement de Vichy sur les vœux de Berlin.

    La honte de l’abaissement

    A Londres, les Français libres dénoncent la naïveté du maréchal tandis que son principal ministre est qualifié d’« inscrupuleux ». Pour les Gaullistes, il s’agit d’un nouvel épisode de basses vilenies et d’une réelle prostitution politique du gouvernement replié à Vichy. On dénonce par avance la présentation que les médias officiels vont donner à l’événement et l’interprétation qui va en découdre dans les semaines qui suivent. « Comme l’on dit couramment, leur but sera de dorer la pilule. Pour le peuple français naturellement car ses dirigeants provisoires acceptent n’importe quoi avec l’argument qu’ils croient « massu » que dans la sphère de la haute politique leurs bassesses et leurs capitulations seront considérées par l’Histoire comme des actes de grande sagesse et d’une adresse remarquable digne de Talleyrand ». Personne n’imagine à Londres que la rencontre ait pu être équitable. D’autant que Goering a la réputation d’être suffisant et de prendre un plaisir marqué à donner des leçons en permanence à ses interlocuteurs. Si pour que tout soit présentable quelques compensations peuvent être accordées à Vichy en raison de sa bonne volonté pour participer à cette mascarade, il ne s’agit que d’affichage à la portée restreinte. Pour le patron de la Luftwaffe, il est clair que si la France veut prendre sa place dans l’ordre nouveau européen, elle doit s’associer complètement à l’Allemagne dans la lutte engagée contre l’URSS.

    Si elle contribue à faire tomber Moscou et le bolchevisme stalinien, peut-être pourra-t-on lui pardonner son immobilisme envers Londres. Goering ne se contente pas de déclaration d’intentions. Il exige des engagements fermes. Pour le journaliste français : « Au moment où l’Allemagne, après avoir effectué des progrès très coûteux en Russie, y essuie une défaite cuisante, on estime à Berlin qu’il est inadmissible que la France reste à l’écart et cherche à panser ses terribles blessures. Le massacre des Français pris comme otages étant un procédé long et insuffisant, Berlin a voulu mieux ». Pour les Gaullistes, il est patent que la rencontre de Saint-Florentin correspond à une France corrompue au garde-à-vous devant Hitler. De son côté Jacques Duchesne en rajoute une couche alors qu’il évoque dans une chronique du même jour avec une pointe d’humour des plus corrosifs : « La guerre fraîche et joyeuse ». Lorsqu’il détaille le rendez-vous de l’Yonne, le chroniqueur résume : « Quelques airs que prennent Goering, quelques décorations qu’il porte, il se présente comme le chef d’une Allemagne dont les troupes viennent d’être défaites pour la première fois à Rostov et redoutent le sort qui les menace dans le désert de Libye. Seulement, parce que nous avons été battus et que le gouvernement de Vichy aidé par les traîtres de Paris s’est prononcé pour la collaboration, la situation demeure aussi confuse que si la force allemande était encore triomphante ».

    Petits mensonges

    Duchesne met en garde contre la manipulation de l’information avec l’aval du gouvernement de collaboration. Il pense que le mensonge s’inscrit désormais comme la vérité quotidienne des journaux. Il tance la manière dont les événements sont rapportés et s’insurgent contre les raccourcis fallacieux qui dénaturent les faits. Il s’amuse des propos du « Petit Parisien » qui écrit : « Toutes les fois que Londres et Moscou sont en difficulté, un nouvel acte d’agression est commis en France ». Or, les deux capitales qui ont connu et connaissent bien des difficultés en raison de l’intensité du conflit, ont de plus en plus de raisons de croire qu’elles sont en passe d’atteindre une maîtrise de la guerre prometteuse pour l’année qui vient. Mais ce sujet n’a sans doute pas été évoqué à Saint-Florentin. Le chroniqueur aborde la certitude affichée par les journaux comme quoi la question de l’Afrique du Nord a été discutée lors de la rencontre Pétain, Darlan, Goering. « Défense de l’Afrique du Nord contre qui ? On nous répond contre l’ennemi. Mais qui est l’ennemi ? L’ennemi, c’est la France libre, l’Angleterre, à laquelle depuis peu on ajoute l’Amérique de fait. C’est le monde à l’envers. Nos ennemis sont devenus nos amis, nos amis on les appelle nos ennemis. Et la France poursuit ainsi son chemin la tête en bas » assure Jacques Duchesne.

    Pour contrer les effets de la visite de Saint-Florentin, Les Français libres préfèrent mettre à la une l’article de Marcel-Henri Jaspar paru dans la revue « La France Libre » du mois de novembre où il évoque le rayonnement de la France dans le monde. Le speaker à force d’analyse en arrive à cette certitude : « La France reste vivante. Elle a subi une défaite militaire, mais la pensée française n’est pas asservie ». L’équipe des Français libres n’est pas prête de lâcher le morceau. L’intervention de Jacques Benoist-Méchin sur la radio de Lyon est clouée au pilori. Ne déclare-t-il pas après l’entrevue Pétain-Goering : « La réunion prouve que le gouvernement français désire une coopération européenne durable et fructueuse. La rencontre des deux maréchaux, nous permet d’envisager l’avenir avec confiance ? ». A Londres on singe encore la rencontre au cours de l’émission du 5 décembre. On s’amuse du commentaire du journal « Le Nouvelliste » qui considère que l’entretien a été favorable parce que les deux hommes se connaissaient auparavant. De fait tous deux avaient participé aux obsèques du maréchal Pilsudski et à celui du roi Alexandre de Yougoslavie.

    C’est une aubaine pour Goering qui a tout demandé à Pétain : « Oui tout, la flotte, les colonies, la reprise en main de la lutte aux côtés de l’Allemagne. Et naturellement comme il est très malin, le gros Goering, il a laissé marchander le maréchal et les gens de Vichy trouveront que des nouvelles concessions à l’Allemagne c’est un nouveau pas vers le rétablissement de la France, proclame le reporter avant de conclure : La France jusqu’à présent n’a eu à fournir qu’une légion de volontaires. Peut-être bien que ce que Goering a demandé à Pétain c’est de fournir davantage de chair à canon. Sac au dos pour le roi de Prisse. C’est ce que nous saurons bientôt sans doute ».


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    Hawaï ne se prépare pas au pire

    Le chemin suivi par les six porte-avions japonais et leurs forces d’appui.
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  • La préparation des pilotes de l’aéronavale.
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  • PACIFIQUE. Le compte à rebours d’une guerre cette fois vraiment mondiale est engagé mais alors que les Alliés craignent les invasions de Philippines, de la Thaïlande, de la Malaisie, ils négligent une frappe sur Pearl Harbor.

    Pacifique. Le compte à rebours d’une guerre cette fois vraiment mondiale est engagé mais alors que les Alliés craignent les invasions de Philippines, de la Thaïlande, de la Malaisie, ils négligent une frappe sur Pearl Harbor.

    Ni le président Roosevelt, ni le Premier ministre britannique n’ont envie d’une épreuve de force dans le Pacifique. Les Etats-Unis font une confiance excessive en la stratégie de dissuasion anglo-américaine et leurs services de renseignements considèrent que si le Japon engage une opération militaire ce sera contre les Philippines. Or la cible de Tokyo est bien la base aéronavale stratégique de Pearl Harbor à Hawaï. Les négociations qui ont repris entre les émissaires japonais et les représentants de la Maison Blanche sont sous haute surveillance. Grâce à « Magic », les Américains décodent les messages nippons et anticipent sur les postures adoptées par les négociateurs. Mobilisés par la transcription en temps réel des conversations, les Américains ignorent l’appareillage depuis la baie de Tankan de la flotte combinée de l’amiral Nagumo. Un message est bien intercepté mais sa complexité est alors hors de portée du renseignement naval. Le 26 novembre, l’amiral Yamamoto précise à son homologue : « En cas de succès des négociations avec Washington, demi-tour immédiat vers le Japon ».

    Un diagnostic erroné

    Le 27 novembre, à Washington, les experts au terme de leur analyse des informations collectées en Asie assurent que le Japon n’a pas l’intention de déclencher un conflit armé avant la mi-décembre. Néanmoins un mémorandum est remis au président US dont la conclusion est grave : « Si les négociations actuelles se terminent sans accord, le Japon risque d’attaquer la route de Birmanie, la Thaïlande, la Malaisie, les Indes Néerlandaises, les Philippines ainsi que les provinces maritimes de Russie. A Washington on veut alors gagner du temps parce qu’on sait ne pas disposer sur zone des moyens opérationnels suffisants pour résister à une offensive de ce nouvel adversaire. Une action hostile de Tokyo est le scénario le plus souvent retenu. Quelles sont les mesures prises pour s’y opposer ? »

    A Hawaï, le commandant de la garnison, le général Short reçoit un avis d’alerte renforcée par télégramme appelant à la prudence : « Les mesures doivent être prises de manière à ne pas, répétons, ne pas effrayer la population civile ou dévoiler notre action ». De son côté, l’amiral Kimmel commandant de la flotte du Pacifique reçoit toujours le 27 un message particulier : « Cette dépêche est un avis de guerre. Une action hostile du Japon est attendue dans les jours suivants ». Short et Kimmel sont d’accord sur un point. Ils ne croient pas à une menace imminente sur Hawaï et cela en raison d’une note complémentaire jointe à l’avis alertant sur une frappe nippone dans les tout prochains jours : « L’attaque est attendue aux Philippines, en Thaïlande, dans la péninsule de Kra ou à Bornéo ». Le 29 novembre, les Alliés interceptent un message signé du ministre des Affaires étrangères allemand Ribbentrop : « Dans l’éventualité d’un conflit entre le Japon et les Etats-Unis, l’entrée en guerre de l’Allemagne sera immédiate ».

    Le même jour, le Premier ministre nippon, le général Tojo déclare devant le cabinet puis devant le Conseil impérial : « Il n’y a plus comme choix que la guerre sans quoi nous perdrions nos chances ». Le lendemain Churchill câble à Roosevelt la nécessité d’une déclaration américaine sans équivoque selon laquelle : « Tout acte d’agression japonais aurait immédiatement les plus graves conséquences ». Il ignore alors que Tojo a confié au Conseil impérial : « Le Japon doit entamer une guerre avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas pour préserver l’Empire ». Les signaux de guerre sont décrétés. Hinode Yamagata est la clé de l’armée du sud qui ordonne aux flottes d’invasion de se mettre en mouvement pour appliquer strictement le plan contre la Malaisie et les Philippines. Nitaka Yama Nobore est la clé qui donne le feu vert pour attaquer Pearl Harbor.

    Des signaux modifiés

    Roosevelt avertit l’ambassadeur anglais à Washington que, selon les derniers renseignements reçus, la Malaisie et le Siam vont être envahis. Le 2 décembre, l’unité de renseignement de la flotte US du Pacifique s’aperçoit que tous les signaux des navires nippons ont été changés. Le nouveau code semble hermétique aux officiers experts mais ils estiment alors que la force combinée est encore dans la mer intérieure du Japon ! Le 3 décembre l’amiral Kimmel est informé qu’une note de destruction des codes et documents d’intérêt national a été transmise aux représentations japonaises. En revanche, on ne l’informe pas du contenu d’une interception réalisée le 9 octobre mais seulement décodée le 24 novembre où le consulat japonais d’Hawaï est requis pour fournir un rapport détaillé sur Pearl Harbor accompagné d’une division des secteurs en zones codées de manière alphabétique ! On ne l’informe pas plus d’un message du 15 novembre sur les relevés de navires effectués discrètement sur place ! Alors que la force nippone se trouve le 4 décembre à moins de seize cents kilomètres au nord de Midway, les Américains sont émus par les révélations du journal isolationniste « Chicago Tribune » qui détaille le « Victory Plan » destiné à l’invasion de l’Allemagne par les Etats-Unis en 1943 !

    Le lendemain, le porte-avions « Lexington » appareille d’Hawaï avec des chasseurs de la marine pour renforcer l’aviation de Midway en vue de l’arrivée de B 17 sur l’atoll. Le 5 décembre aussi la presse de Tokyo se déchaîne et parle : « d’un encerclement scandaleux du Japon ».

    « On piétine les intentions pacifiques du pays » s’insurge le gouvernement alors qu’à l’aube du 6, au sud du cap Cambodia, dix-neuf transports japonais escortés de croiseurs et de destroyers sont aperçus par un Hudson de la Royal Australian Air Force. Avant d’être abattu, le pilote estime que le convoi se dirige vers la Thaïlande. Churchill informé décrète l’état d’alerte de guerre pour tous les commandements anglais en Extrême-Orient. Au cours de l’après-midi à moins de mille kilomètres au nord-ouest d’Hawaï, la proclamation de l’amiral Ysoroku Yamamoto est saluée par les clameurs des équipages : « Le succès ou la chute de l’Empire dépend de cette bataille. Chacun fera son devoir et se surpassera ».

    Les hommes apprennent que Pearl Harbor est la cible et écoutent le dernier message du consul Kita relayé par Tokyo. Il y affirme que huit cuirassés de la flotte US du pacifique ainsi que trois croiseurs et seize destroyers sont au port.

    En revanche, il précise que les deux porte-avions sont en mer. Il conclut : « Il y a peu d’activité aérienne. Cet ensemble de circonstances est favorable à une attaque immédiate ». Le 6 au soir, Le président Roosevelt informé de l’invasion imminente de la Thaïlande adresse un message personnel à l’empereur Hiro Hito et le prie d’intervenir : « Pour empêcher un avenir de mort et de destruction dans le monde ». A son épouse il confie désabusé : « Le fils de l’homme vient d’adresser un dernier message au fil de Dieu ». D’autant que le président est informé par les chiffreurs du rejet par Tokyo du dernier plan US en dix points. Il ajoute alors : « Cela signifie la guerre ». Pourtant dans son entourage personne ne juge utile de convoquer une réunion extraordinaire des chefs d’état-major. A Hawaï tout est calme à l’aube du 7 décembre. Sur les six porte-avions japonais en position de catapultage, les vagues d’assaut se préparent à décoller pour pilonner Pearl Harbor.

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    Union111203b
    VANAULT-LES-DAMES : Colis de douceurs pour le blessé de guerre

    Roland Wadel, 96 ans, a reçu un colis plein de gâteries..
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    Dans le cadre de la tournée 2011 des colis de douceurs de l’Onac de la Marne, remis aux ressortissants placés en maison de retraite, Bruno Dupuis - en charge de la Mémoire - s’est rendu à la Marpa de Vanault-les-Dames mardi 29 novembre pour remettre celui de Roland Wadel, 96 ans, blessé de la guerre 39-45.

    Il fut durant de nombreuses années le président de l’association des anciens combattants des cantons de Givry-en-Argonne et de Sainte-Ménéhould.

    Une rencontre intergénérationnelle forcément enrichissante, et un geste toujours apprécié par le monde ancien combattant.

     

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    Union111203a
    REIMS : Régine Frydman dédicace son livre aujourd’hui chez Guerlin : Enfant dans le ghetto de Varsovie

    Régine Frydman : « Pour moi, c’est un vrai livre à la vie ».
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  • « J’avais huit ans dans le ghetto de Varsovie » : Régine Frydman vient dédicacer son livre aujourd’hui samedi, à 16 heures, à la librairie Guerlin, place d’Erlon.

    C’est une histoire qui finit bien. Régine était encore une enfant quand elle s’est retrouvée avec sa famille, enfermée dans le ghetto de Varsovie. Un quartier entier de la capitale polonaise où les Nazis ont entassé les juifs pendant plusieurs années avant de les envoyer dans les chambres à gaz. Peu en sont sortis vivants. La famille de Régine a eu cette chance.

    Vingt ans après la guerre, son père Abram Apelkir a entrepris le récit de ces six années de cauchemar entre 1939 et 1945. Malheureusement, il est décédé sans avoir publié son histoire. Régine a repris ses écrits et les a enrichis de ses propres souvenirs. « Mon père avait commencé à écrire et j’ai pris le relais. Aujourd’hui, à chaque fois que je vends un exemplaire, je regarde le ciel et je me dis combien mes parents doivent être heureux. »

    L’enfance à Wroclawek, sur les bords de la Vistule, les belles années, la guerre, la vie dans le ghetto, l’immense difficulté pour y survivre, la désormais célèbre révolte du ghetto, le travail forcé en Allemagne puis, à la Libération, la recherche des survivants. Tout y est. L’insouciance brisée, le cauchemar et l’espoir à nouveau. « Pour moi, c’est un vrai livre à la vie ».

    C.F.

    Éditions Tallandier. Août 2011. 256 pages. 16,90 euros.

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    Union111202c
    REIMS : Alan Lukens : « La libération de Dachau m’a marqué à vie »

    Alan Lukens qui s’exprime dans un français parfait est aussi un expert des questions africaines.
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  • REIMS (Marne). Acteur exceptionnel de la libération du camp de concentration nazi de Dachau, Alan Lukens, ancien diplomate américain, est venu témoigner à Reims.

    « NOUS sommes tombés par hasard sur ce camp immense cerné de barbelés où des hommes d’une maigreur effrayante, ne savaient comment manifester leur joie pour que les portes du camp s’ouvrent » se remémore Alan Lukens, 87 ans, cet ancien diplomate devenu un expert de l’Afrique et qui a terminé sa carrière comme ambassadeur des États-Unis au Congo. « Il y avait des squelettes vivants à perte de vue. Certains avaient encore la force d’espérer, d’autres avaient un visage inexpressif comme s’ils ne croyaient plus la chose possible. On discernait dans les regards une douleur immense. Pourtant la radio clandestine du camp avait averti que la libération était imminente ».

    Et d’ajouter : « La libération de Dachau m’a marqué à vie. Je n’ai pas oublié ces remorques de cadavres, toute cette misère d’une détention dans des conditions inouïes, cette brutalité et cette inhumanité des nazis. Et j’ai vu des hommes cabossés qui puisaient dans leurs dernières forces pour se redresser ».

    Alan Lukens explique encore : « On comprend pourquoi le général Eisenhower a demandé que les reporters viennent à Dachau après Buchenwald et a exigé des Allemands du secteur qui disaient tout ignorer qu’ils fassent le tour du camp et des baraques et qu’ils ouvrent les yeux ».

    Est-ce cette expérience qui l’a conduit à être optimiste. « Peut-être, j’ai confiance en l’homme et je suis convaincu que l’Europe et les États-Unis vont se sortir de la crise ».

    Alan Lukens n’imagine pas lorsqu’il débarque en janvier 1945 au Havre au sein de l’une des dernières divisions américaines à venir en Europe que l’objectif fixé à savoir la libération de la région de Munich va le conduire face à cette brutalité inimaginable que représente le camp de concentration.

    Président de l’association des vétérans de la 20e division américaine, le soldat du 413e bataillon d’artillerie est revenu à plusieurs reprises aux cérémonies de la libération de Dachau : « Pour le 50e anniversaire, nous étions une centaine dont deux de la première section à être entrés dans le camp. Pour le 60e nous n’étions plus qu’une dizaine et l’an dernier j’étais seul et j’ai lu un message spécial du président Obama ».

    Un homme de paix

    Alan Lukens s’est lié d’amitié avec un déporté du camp qui est mort en 2002 mais il reste en lien avec son fils : « La vraie amitié s’inscrit dans la fidélité ».

    Alan Lukens est un homme de paix, un sage dont la gentillesse expressive est pleine de bonté et de pragmatisme. Il ne se départit pas d’un sourire qui atteste une espérance inaltérable.

    Cet homme a su aussi se relever lorsqu’en mai 1961 sa famille a été victime du crash dans le désert algérien de l’avion qui la ramenait de Brazzaville vers Paris. Parmi les soixante-dix-huit victimes il y avait sa femme enceinte, ses trois enfants et sa mère. Il a reconstruit sa vie.

    Aujourd’hui il a une fille qui vit à Londres et un fils qui après avoir travaillé auprès de la secrétaire d’État Hillary Clinton est le nouvel ambassadeur des États-Unis au Sénégal. Et le papa en est fier. Ce qui est bien légitime.

    L’ambassadeur Lukens, qui est l’invité du comité de jumelage Reims-Arlington présidé par Arnaud Desplanques, a rencontré les étudiants de Sciences Po, avant de donner une conférence à la médiathèque de Reims et avec quelle énergie !

    Avant de repartir, il visite ce matin la salle de reddition puis la cathédrale Notre-Dame de Reims dont on célèbre le 800e anniversaire.

    Hervé CHABAUD

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    Union111202b
    VITRY-LE-FRANCOIS : Il estime une nouvelle association d’anciens combattants indispensable Fname : la réponse des autres assos

    Dans nos colonnes du 23 novembre, nous citions Fabien Savarin, délégué marnais de la Fname (fédération nationale des anciens des missions extérieures), qui a ouvert une branche à Vitry-le-François.

    L’association des anciens des missions extérieurs de Champagne et l’union fédérale marnaise des sociétés d’ACVG (anciens combattants et victimes de guerre) tiennent à répondre à ses affirmations.

    L’affirmation qu’aucune autre association ne représente à 100 % la 4e génération du feu « est totalement erronée. En effet, depuis 2005, la section départementale Marne de l’association des anciens des missions extérieures représente la 4e génération du feu dans notre département ».

    De même, ils soulignent que « de nombreux anciens de la 4e génération du feu sont membres des associations d’anciens combattants. Ils sont membres des conseils d’administration et des bureaux de nombreuses associations dans le département », au point que le président de l’union des ACVG est un ancien Opex (militaire dans les opérations extérieures).

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    Union111202a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Suite à l’annonce de sa dissolution : L’amicale parachutiste a soldé ses comptes

    C’est la fin d’une association qui a animé le pays vitryat pendant trente ans.
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  • L’amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne a officiellement soldé ses comptes ce mercredi.

    La remise de chèques aux associations choisies par le bureau de l’association marque la fin de l’aventure pour le président, René Beaujoin, à la tête de l’amicale depuis 1995.

    Depuis cette date, il n’a cessé de faire croître cette association afin de « permettre d’organiser trois voyages par an, dont un qui permettait d’honorer le devoir de mémoire, tous les ans, au pied de l’arc de triomphe, sur la tombe du soldat inconnu ».

    Distribution de chèques

    Seulement, depuis près d’un an maintenant les problèmes internes se sont faits de plus en plus nombreux et de plus en plus pressants, tant et si bien que René Beaujoin a pris la décision de dissoudre l’association.

    Cette dissolution a tout de même été l’occasion de soutenir à hauteur de 1 000 € l’association Myosotis de Vitry, de 1 000 € également l’institut Godinot de Reims afin de soutenir la lutte contre le cancer et de 1 093,21 € l’entraide parachutiste, qui vient en aide à tous les soldats du corps blessés en opérations extérieures.

    La dissolution de l’amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne sera effective aux alentours du samedi 10 décembre, lorsque les trois bénéficiaires auront encaissé le chèque reçu, mettant un terme à une aventure de près de trente ans.

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    Union111201b
    DORMANS : Don au mémorial : De généreux anonymes

    Le Mémorial des batailles de la Marne.
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    L’association du Mémorial des Batailles de la Marne « Dormans 1914-1918 » vient à l’occasion du 11 Novembre dernier de recevoir deux dons anonymes.

    Ces gestes ont été appréciés avec émotion par les bénévoles de l’association historique et prouvent, si besoin est, l’attachement qu’ils ont envers les actions efficaces.

     

     

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    Union111201a
    REIMS – LA NEUVILETTE : Avec le comité des anciens combattants : Un repas dansant apprécié

    Les participants ont apprécié le repas et les airs entraînants.
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  • Les animations proposées par le comité des anciens combattants de La Neuvillette connaissent toujours un franc succès.

    Le repas dansant qui vient d’être organisé n’a pas dérogé à la règle.

    Les participants ont apprécié le repas servi et les airs entraînants d’un dynamique orchestre.

    Une somptueuse tombola a satisfait beaucoup de monde.

    Tout était donc réuni pour créer une ambiance chaleureuse et inciter les convives à se donner rendez-vous pour les prochaines sorties, à savoir, le Bal à Papa le 5 février dans les celliers De Castelnau, et l’assemblée générale, le 25 mars, au Centre des Congrès de Reims.

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    Union111130c
    SUIPPES : Anciens combattants : l’heure des douceurs

    Les anciens combattants vont se régaler.
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    Chaque année à cette époque, l’Office national des anciens combattants de Châlons (ONAC) offre à ses adhérents séjournant en maison de retraite un colis de douceurs.

    Jean Collart, président des anciens combattants de Suippes, Francis Fouillé trésorier et Antoine Garcia membre, ont ainsi remis un colis à ces personnes vivant à la résidence Pierre-Simon, deux hommes et sept épouses. Agés de 74 à 100 ans, Germaine Goyeux, Henriette Charlier, Andrée Alfonsi, Fatima Graïne, Odette Pierrard, Jeanine Bonnard, Hélène Sevestre ainsi que Georges Thiéry et Roger Mangot, ont reçu quelques gâteries qui amélioreront les fêtes de fin d’année.

    Le maire de Suippes Jean Huguin, président du CCAS, lui-même ancien combattant, et Mme Champion directrice de l’établissement, ont partagé le verre de l’amitié.

     

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    Union111130b
    BOULT-SUR-SUIPPE : L’UNC fait le point

     

    Les membres de l’UNC (Union nationale des combattants) de Boult-sur-Suippe, à l’invitation du président François Lallement, ont tenu leur assemblée générale.

    A l’ordre du jour : rapport moral du secrétaire, rapport financier du trésorier, rapport du commissaire aux comptes, élection ou réélection du tiers sortant des membres, organisation des cérémonies du 5 décembre prochain, Opex, secours Onac, fixation du prix du timbre d’adhésion.

     

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    Union111130a
    SAINT-LUMIER-EN-CHAMPAGNE : Edmond Loupias à l’honneur : Une nouvelle sépulture 94 ans après

    Lors de la cérémonie sur la tombe.
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  • Ce dimanche 27 novembre, en fin de matinée, un hommage a été rendu à l’adjudant Edmond Loupias, de la 13e compagnie du 122e Régiment d’Infanterie, au cimetière communal de Saint-Lumier-en-Champagne, par le Comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François.

    Avant de débuter cette cérémonie, les personnes présentes ont accompagné le maire de la commune André Halipré et son conseil municipal devant le monument aux morts, en raison du report de la cérémonie du 11 Novembre, pour la levée des couleurs. Mort pour la France, des suites de ses blessures, le 25 novembre 1917 sur le territoire de la commune de Saint-Lumier-en-Champagne, Edmond Casimir Rémi Loupias, natif de Bor-et-Bar, dans l’Aveyron, le 1er octobre 1891, fut inhumé dans le cimetière communal.

    Cultivateur, Edmond avait quitté le domicile de ses parents le 8 octobre 1912 pour se rendre à Rodez effectuer son service militaire obligatoire au 96e Régiment d’Infanterie. Le 3 juillet 1913, il était nommé caporal, puis obtenait le grade de sergent le 6 décembre 1913.

    Cité deux fois

    Le 28 juin 1914 alors qu’il arrivait au terme de son service militaire, Edmond Loupias était nommé adjudant, mais la Première Guerre mondiale est déclenchée le 4 août 1914. L’adjudant Edmond Loupias sera cité deux fois : à l’ordre de la Brigade le 21 juin 1915 (il est allé volontairement, malgré un bombardement violent, identifier et inhumer trois hommes et un sergent qui se trouvaient à proximité des tranchées ennemies) et à l’ordre de l’Armée le 26 mai 1917 (il s’est fait remarquer par son attitude énergique et son sang-froid dans toutes les actions auxquelles il a pris part).

    Il a brillamment enlevé sa section à l’assaut du 30 avril 1917, atteignant le premier objectif qui lui était assigné. Ses officiers étant tombés, il a pris le commandement de sa compagnie et a contribué, par son attitude, à maintenir le terrain conquis, malgré de furieuses attaques.

    Pour l’ensemble de ses actions, l’adjudant Edmond Loupias a été décoré de la Croix de Guerre avec Palme et Étoile de Bronze. Depuis quelques jours, quatre-vingt-quatorze ans après son décès, une nouvelle sépulture a été installée sur son corps dans le cimetière communal de Saint-Lumier-en-Champagne, avec la participation financière du Centre Communal d’Actions Sociales de la commune de Bor-et-Bar, de la commune de Saint-Lumier-en-Champagne et du Souvenir Français.

    A noter parmi les présents à la cérémonie, celle d’Edmond Izard et de son épouse, seul neveu de l’adjudant Edmond Loupias, qui tient son prénom de celui de son oncle.

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    Union111128b
    MEMOIRE : Grands anniversaires de notre histoire / La Marne ne doit pas manquer le rendez-vous

    Après le succès du huitième centenaire de la cathédrale de Reims, d’autres temps mémoriels importants s’annoncent.
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  • MARNE. Le calendrier mémoriel des prochaines années est dense. Le département y tient une place immense. A condition qu’il ne l’oublie pas.

    COMMENT la Marne va-t-elle participer aux temps mémoriels particulièrement denses des prochaines années ? Beaucoup de questions se posent encore parce qu’il ne semble pas qu’une politique cohérente ait été déterminée. Pourtant, 2012 est le cinquantième anniversaire de la réconciliation franco-allemande scellée conjointement à Notre-Dame de Reims par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. On y évoquera aussi le cinquantenaire de la fin de la Guerre d’Algérie. Déjà se profile le centenaire de la Première Guerre mondiale. Or, le département a été pendant quatre ans une terre de combats avec une métropole - Reims - qualifiée de ville martyre. Les destructions considérables qui y ont été enregistrées et les dévastations effroyables recensées sur le terrain en attestent. 2014 sera aussi le 70e anniversaire de la Libération et 2015 celui de la reddition sans condition des armées nazies à Reims, mettant un terme à la Seconde Guerre mondiale en Europe. Autant dire que le travail d’Histoire indispensable pour justifier ce devoir de mémoire construit sur de solides connaissances et une pédagogie dynamique, justifie un effort considérable. La Marne a pris du retard sur les départements voisins. 2014, c’est demain et l’urgence d’une mobilisation est désormais une évidence. Tout immobilisme serait source d’incompréhensions. Pour faire vivre ces temps d’Histoire, il est nécessaire qu’un maillage territorial soit mis en place de manière à préparer des temps forts qui font sens. Le concours des musées, par la richesse de leurs collections, ne peut pas être négligé. Reims a sans doute un rôle majeur à jouer avec l’expérience d’un huitième centenaire de la cathédrale qui a dynamisé le tourisme historique tout en suscitant un intérêt local renouvelé.

    Un parvis de la mémoire

    Le 8 juillet 1962 a eu lieu la réconciliation franco-allemande. Cet événement considérable pour la paix en Europe et la stimulation d’un vaste pôle économique en devenir a eu comme point d’orgue Reims. Cette étape décisive a permis la signature, en janvier 1963, du traité de l’Elysée. Un premier grand anniversaire a été célébré en 1987. Le mercredi 26 mai 2010, c’est la ville de Reims qui est choisie par le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Jean-Paul Paloméros, et son homologue allemand, le général Kreuzinger-Janik, pour conforter la réconciliation des deux armées à l’occasion du 70e anniversaire de la Bataille de France. Symboliquement, les deux généraux déposent une gerbe devant la dalle de la réconciliation sur le parvis de la cathédrale. Des pilotes alliés et allemands ont également choisi le parvis pour se retrouver et témoigner de leur envie d’une paix durable pour les peuples. Personne n’a oublié le lundi 28 juin 2004, le bel exemple du Canadien William Stuart Gerard et de l’Allemand Frederik Kisker. N’est-ce pas l’occasion d’expliquer les conséquences réelles pour les peuples européens de ce qui a été vécu ici ? Ne peut-on pas inviter le président de la République et la chancelière allemande à un temps du souvenir qui rassemble dans une Europe de la paix ?

    Sur le front

    Le centenaire de la Grande Guerre est aussi un sujet important. 1914, c’est la Bataille de la Marne, le tragique incendie de septembre à la cathédrale, le début de quatre années terribles. Un rapport a déjà été remis au président de la République. Il s’agit d’un travail dense réalisé par Joseph Zimet et qui propose un événementiel rigoureux en phase avec une succession d’événements historiques considérables. Si Reims y tient une place évidente avec un atout contemporain supplémentaire qui est sa capacité d’accueil, on ne peut pas négliger le front du sud-est et du sud-ouest marnais, pas plus que les figures qui ont marqué la littérature de la Première Guerre mondiale.

    Lorsqu’il est proposé au chef de l’Etat de transférer les cendres de Maurice Genevoix au Panthéon, le 11 novembre 2014, peut-on oublier qu’il était officier au 106e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne ? Lorsqu’on va évoquer les combats de la région rémoise, peut-on oublier que le 5 octobre 1914, la première victoire aérienne mondiale a été obtenue près de Reims par le duo Frantz et Quenault de l’escadrille V 24 de la Ve armée qui, avec leur Voisin, ont abattu un Aviatik allemand ? Peut-on négliger que l’aviation de chasse a été créée le 1er mars 1915 à Jonchery-sur-Vesle ? Se souviendra-t-on de l’agonie de Notre-Dame relatée par le journaliste Albert Londres, des témoignages des Rémois après la brève occupation de leur cité avant qu’elle ne devienne une métropole sur la ligne de front ?

    Les vœux ne suffisent pas. Seules les décisions comptent. Les Marnais doivent choisir d’être à leur place aux rendez-vous de l’Histoire sans négliger ni abandonner des pièces du puzzle de leur patrimoine. Le renoncement conduirait à un anonymat inimaginable dans un département de souffrances, porteur d’un esprit de paix et de réconciliation.

    Hervé CHABAUD

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    Union111128a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens combattants : De nouveaux colis de Noël au Village

    Bruno Dupuis de l’Onac
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    Le service départemental de l’office national des anciens combattants et victimes guerre (ONAC) continue sa tournée de distribution de colis de Noël aux anciens combattants et veuves pensionnaires des résidences de Châlons.

    Ce vendredi, Bruno Dupuis, employé du service départemental châlonnais, accompagné de Monique Gruhier, veuve d’ancien combattant, a procédé à la distribution des colis de douceurs à 38 hommes et femmes vivant à la maison de retraite du centre hospitalier « Le Village ».

     

     

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    Union111127d
    LIVRE : Légèretés et lucre sous l’Occupation

    Patrick Buisson, « 1940-1945 : Années érotiques », Albin Michel, 320 p., 39,90 euros incluant le DVD « Amour et Sexe sous l’Occupation d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle.
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  • Patrick Buisson avait déjà consacré deux tomes aux années de l’Occupation qu’il avait qualifiées d’érotiques au risque de choquer. Mais son argumentation foisonnante et les exemples qu’il avait fournis attestaient une vie dissimulée ou l’impudeur et le sexe avaient une place conséquente même s’ils étaient cachés. Cette fois l’auteur revient avec un album riche de photos inédites qui illustrent les formes de stupre et de luxure qui s’épanouissent avec un occupant martial et des femmes accueillantes alors que la France subit une contraction des libertés publiques et est soumise à d’intolérables privations et discriminations.

    Buisson revient sur l’image dépréciée de la masculinité française en raison de la défaite et du nombre de prisonniers transférés en Allemagne. Il insiste sur le soldat allemand qui idéalise la nouvelle masculinité et la nouvelle pureté défendue par le Reich. Le vainqueur est beau, gentil, câlin, affectueux. « Pour les maîtres du Reich, le corps masculin est l’incarnation objective de la supériorité de la race. Il y a une exhibition permanente, un évident souci de propagande ainsi qu’un parfum d’apothéose » écrit l’auteur. Comment comprendre que les cabarets et les claques soient aussi prospères et que de nouvelles enseignes ouvrent alors que l’élan de puritanisme et d’ordre moral voulu et répété par le maréchal Pétain sert de voile à la réalité ? Est-il d’ailleurs écouté par les gens plus préoccupés de rechercher de quoi nourrir les leurs ?

    C’est à dessein que Patrick Buisson parle de « krach de la pudeur ». Est-ce la peur de la privation, de la solitude, de la mort qui pousse certains à dépasser bien des interdits ? Ce peut être une explication mais pas la seule. D’ailleurs la situation de Paris est plus particulière, plus marquée par cette dérive. Dans le bulletin de liaison de la famille du prisonnier de guerre, on s’inquiète des glissements observés : « Nous attirons l’attention sur l’état de grave démoralisation que nous constatons dans l’ensemble des cas que nous examinons ». Sous l’Occupation il y a des relations entre une minorité de Françaises et des Allemands très heureux d’être ainsi réconfortés loin de chez eux !

    Cette collaboration horizontale selon l’expression la plus citée va conduire à des représailles à l’heure de la libération avec un cérémonial barbare où les jouisseurs et résistants de la dernière heure manifestent leur voyeurisme. Il s’agit de la tonte des femmes corrompues parce qu’il faut purifier la France salie par leur comportement. Les « embochies » doivent être lavées de leur infidélité à la patrie. L’histoire se chargera heureusement de replacer la vraie Résistance dans le cadre légitime de son action.

    Hervé Chabaud

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    Union111127c
    LIVRE : Blessures de guerre

    DRAMEs. La guerre est le thème de quatre albums qui racontent d’une façon bien différente les conflits et décrivent les contextes qui créent les affrontements.

    Le sort des blessés revenant des conflits est rarement une priorité. La vie continue et ils sont souvent oubliés. Le mérite de Vies tranchées, Les soldats fous de la Grande Guerre, publié par un collectif, chez Delcourt, est de nous rappeler le sort douloureux de tous ceux qui revinrent sans être atteints dans leur chair mais dans leur être, profondément, en souffrant de troubles psychiatriques. Hubert Bieser, un des scénaristes, est un ancien infirmier qui a consulté plus de 1.300 dossiers médicaux de Poilus. Jean-David Morvan, lui-même passionné par le premier conflit mondial, complète ces histoires avec la précision d’un chirurgien. Après cette réalité examinée avec un souci du vécu, c’est la plus délirante imagination qui est privilégiée dans le projet Jour J concocté par le tandem Jean-Pierre Pécau et Fred Duval. Le septième album, Vive l’empereur décrit la France en 1925 s’apprêtant à célébrer… Napoléon V. Tout n’est pas vrai mais le récit de ces événements qui n’ont pas lieu s’ancre dans une pleine connaissance de l’époque.

    C’est le cas du roman de Didier Daeninckx avec Meurtres pour mémoire chez Futoropolis illustré par Jeanne Puchol. Cette fois, c’est la guerre d’Algérie qui est abordée dans son versant civil.

    Un bilan humain mystérieux

    Ce roman publié en 1991 et difficilement trouvable, est consacré à la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Elle fut réprimée par la police sans que le bilan des victimes soit encore aujourd’hui clairement établi. Les chiffres évoquent entre quatre et quatre cents morts. Le texte illustré avec soin est un vrai roman. Ce parti pris enrichit le texte qui se lit comme une enquête. Celle qui est menée par un lieutenant de gendarmerie dans les tranchées en mai 1917 s’annonce aussi délicate dans Notre mère, la guerre, troisième complainte chez Futuropolis.

  •  « Meurtres pour mémoire » de Didier Daeninckx, Futuropolis, 25 euros.
  •  Jour J, « Vive l’empereur », Delcourt, 13,95 euros ;
  •  « Vies tranchées », Les soldats fous de la Grande Guerre », Delcourt, 19,90 euros ;
  •  « Notre mère, la guerre, troisième complainte, de Kris et Mael, une série en quatre tomes, 64 pages, 16 euros.
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    Union111127b
    LIVRE : Berlin nid d’espionnes

     

    Faut-il se fier à une couverture (jolie au demeurant), à une quatrième de couv’qui affiche « Viktoria parviendra-t-elle à sauver son couple et à conserver l’amour de Wolfgang ? ». Non. On va être vache avec l’éditeur et sympa avec l’auteur. Parce que la Malédiction des Freudeneck vaut mieux que son emballage. Son synopsis, même s’il est un poil romantique et met en scène des femmes comme actrices principales n’en fait pas forcément un roman réservé aux lectrices.

    Voici une histoire d’espionnage en 1910 quand Berlin grouillait d’espions russes et de traîtres. Les barbouzes du tsar se sont mis en tête de dérober les plans de la Grosse Bertha et par hasard, Viktoria, jeune vendeuse dans un grand magasin, découvre le pot aux roses. Les espions s’en aperçoivent et vont la manipuler pour faire passer les plans à leurs supérieurs. Dans cette histoire, on assiste à l’histoire d’amour de Viktoria avec Wolfgang, jeune instituteur qui va être muté en Alsace, région allemande à cette époque et peu favorable à ses occupants. Là-bas, on se voit raconter également la malédiction des Freudeneck, vieille famille du cru aux mœurs singulièrement pourries mais aussi à la vie d’une famille pauvre. Tout cela semble un peu confus mais on s’aperçoit vite du talent de l’auteur, Martial Debriffe, pour ordonner tous ces tiroirs. Un talent que l’on savoure également dans son style vraiment très agréable et écrit dans un présent très direct. A le lire, on comprend pourquoi ce jeune homme a reçu les encouragements d’André Castelot mais également la médaille d’or de l’Alliance française.

    Norbert Illi

    La Malédiction des Freudeneck, par Martial Debriffe, Belfond, 372 pages, 20 euros.

     

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    Union111127a
    HISTOIRE : 1941
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    Opération Crusader

    Rommel, le « Renard du désert ».
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  • Le 18 novembre 1941, la 8e armée britannique qui veut empêcher le général Rommel d’étendre la zone d’influence de ses panzers lance à l’initiative du général Cunningham l’opération Crusader. C’est aussi pour les Anglais l’opportunité de tester dans les espaces désertiques le nouveau char léger américain Stuart M3. Très vite, les résultats imaginés ne sont pas vraiment au rendez-vous. Les combats qui font rage sont d’une rare violence dans le désert proche de Sidi Rezegh. Les Alliés alignent des moyens opérationnels qui sont pourtant très supérieurs à ceux de l’Africa Korps. Ils ont sept cents blindés contre trois cent vingt chez les nazis. Ils peuvent occuper le ciel avec sept cents avions contre un peu plus de trois cents pour la Luftwaffe. Le Premier ministre anglais tape du poing sur la table pour que ses troupes engagent une vigoureuse offensive mais le nouveau commandant en chef, le général Claude Auchinleck, refuse de mener le mouvement offensif tant qu’il ne dispose de toutes ses forces réunies à cet effet.

    L’opération Crusader est destinée à stopper les troupes de l’Axe à la frontière entre l’Egypte et la Libye puis écraser les unités de Rommel afin de rejoindre la garnison stationnée à Tobrouk à près de 120 km au nord. Au commencement, les Alliés profitent de l’effet de surprise pour progresser alors que Rommel a consacré ses meilleures forces dans ce même périmètre. Sa réaction calculée s’avère efficace puisque le 22 novembre, les Panzer attaquent les Britanniques qui, au départ de Sidi Rezegh, s’engagent en direction de Tobrouk. A la mi-journée, la 21e division blindée allemande perce le flanc ouest du dispositif anglais, prend l’aérodrome et anéantit ses défenseurs. La situation est préoccupante. Les Britanniques pensaient capturer Rommel et l’éliminer s’il résistait. L’opération qui a été menée conjointement au mouvement de la 8e armée est un cuisant échec. Un commando dirigé par le lieutenant-colonel Geoffrey Keyes est débarqué de nuit au large de la côte par une mer agitée. Les hommes doivent rejoindre la villa où réside Rommel et qui n’est située qu’à quelques kilomètres. Le commando doit s’emparer du « Renard du désert ». Arrivé dans le périmètre sensible, Keyes est repéré par une sentinelle qui ouvre le feu. L’effet de surprise est raté. Les soldats alliés ripostent mais éprouvent des difficultés face à un ennemi très bien armé. Keyes essaie de se dégager en lançant une grenade alors qu’il est encerclé par une douzaine de soldats allemands mais il est tué. Seuls deux hommes du commando parviennent à s’extraire des environs de la villa et regagnent les lignes amies alors que leurs camarades qui n’ont pas péri sont faits prisonniers. Les Anglais sont mal renseignés. Ils auraient pu épargner cette unité. Le général est alors absent et se trouve à Rome où il liste ses reproches à des Italiens dont il doute toujours autant des aptitudes offensives. Bref, les nouvelles de Libye sont mauvaises. Le 30 novembre, les troupes ennemies délogent la 6e brigade néo-zélandaise de la crête de Sidi Rezegh. Elles sont donc en capacité de harceler les défenses de Tobrouk.

    Rommel se frotte les mains. Sa contre-attaque audacieuse lui permet de marquer des points mais dès le lendemain il doit se rendre à la raison. L’arrière-garde italienne de son dispositif ne suit pas son rythme et est sérieusement accrochée par la 1re brigade sud-africaine qui lui coupe toute possibilité de ravitaillement. Les Anglais soufflent mais Churchill très mécontent fait remplacer le général Cunningham qui n’a pas su surprendre Rommel par le général Neil Methuen Ritchie.

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    Des paroles d’espérance dans la grisaille

    Le général Martial Valin.
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  • Le général Dentz du temps où il régnait à Beyrouth.
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  • Résister. L’horizon bouché de l’automne n’empêche pas des figures de la France libre de hausser le ton et de marteler l’horreur nazie et le fanatisme de ses complices.

    L’intervention de Jacques Maritain dans l’émission « Les Français parlent aux Français » le 23 novembre 1941 est importante parce qu’elle s’adresse d’abord aux jeunes mais surtout démontre par une argumentation soignée que catholicisme et totalitarisme sont antinomiques. Bien sûr, les contradicteurs de Radio Paris raillent cet intellectuel réfugié aux Etats-Unis mais son discours est lucide et il n’hésite pas à dire combien l’attitude de la jeunesse française est passée au crible de la compréhension et saluée pour l’esprit qu’elle manifeste : « On sait ici qu’en elle, à l’heure même où le monde officiel croyait l’embrigader, ce n’est pas l’esprit de collaboration avec l’ennemi, c’est l’esprit de résistance et de liberté qui est à l’œuvre. On connaît les témoignages de fidélité donnés par tant d’étudiants aux professeurs chassés de leurs postes par la persécution raciste. On connaît l’attitude des jeunes ouvriers. On sait que, malgré les efforts faits çà et là pour falsifier sa pensée, la leçon de Péguy, celle qu’à travers les siècles il a reçue de Jeanne d’Arc, et qui est de ne pas céder, est inscrite dans les cœurs, est maintenue et est appliquée ». Par la densité de son propos, Maritain atteste sa fine connaissance de l’organisation en cours d’une Résistance qui choisit aussi le combat des idées.

    Une France qui tient ferme

    Il évoque son admiration pour ceux qui osent malgré les souffrances braver les interdits pour montrer qu’ils sont des hommes et des femmes libres. Il ajoute : « France prisonnière sur le sol de la patrie, et France en exil sur la terre étrangère, il y a en face du parti des oppresseurs une seule et indivisible France, une seule communion, une seule et même espérance, un seul et même combat ». Jacques Maritain assure le témoignage d’une Amérique qui pense à ses amis français et mesure l’indicible détresse d’un peuple chaque jour un peu plus opprimé par un occupant suffisant.

    Il manifeste la solidarité qui s’exprime de l’autre côté de l’Atlantique et précise que ce sont cinquante mille dollars qui, en quelques semaines, ont été réunis pour les prisonniers français : « Les quakers et la Croix-Rouge américaine poursuivent inlassablement leur travail d’humaine charité. Mais je voudrais que vous sachiez aussi quelles répercussions ont ici les nouvelles de France ». Il cite la revue catholique « Commonweal » qui a reproduit les paroles de l’archevêque de Toulouse lors de la fête du Sacré-Cœur. Il redit qu’ici on est bien au fait de la suppression des revues « Esprit » et dx« Temps nouveaux ».

    C’est une illustration évidente de la restriction de la liberté d’expression et d’une volonté de museler la parole chrétienne. Maritain a l’intelligence de revenir sur l’exécution scandaleuse d’otages à Nantes, Chateaubriant et Bordeaux.

    Il y voit la révélation du vrai visage de l’ordre nouveau européen et porte ce commentaire : « Ce crime froidement accompli a réussi à faire perdre d’un coup aux efforts de la propagande allemande le peu de chance qui lui restait. Jamais encore je n’ai vu si intense et si unanime indignation soulever des gens, habitués pourtant à lire chaque matin dans leur journal, le récit des pires horreurs ».

    Il fustige la réalité constatée dénonce ce mystère de l’homme sans loi qui se déchaîne sur le monde : « L’inondation de cruauté, de mensonge et d’abjection qui recouvre la noble terre d’Europe, les populations affamées et déchaînées, les Polonais et les Serbes livrés à l’extermination, les paysans russes torturés, les Juifs inlassablement persécutés, transportés comme du bétail d’un pays à un autre… C’est le Dieu du calvaire qui gémit dans tous les souffrants et est déchiré par tous les bourreaux ». L’intellectuel cite Pascal déclarant que Jésus-Christ sent l’agonie jusqu’à la fin du monde et ajoute qu’il ne faut pas dormir pendant ce temps-là.

    Parce qu’effectivement, en France, la gestapo agit et nuit aux Français et à tous ceux qu’elle place dans son viseur mais aussi parce que des Français ont choisi de concourir à cette ignominie. « Il y a paraît-il, des hommes qui vantent aux Français la générosité, la civilisation, les vertus du vainqueur, qui voudraient agenouiller leur pays vaincu devant le mensonge des prétendues croisades conduites par la croix gammée, par cette même croix gammée qui écrase la France et qui veut tuer l’Evangile et qui, en Allemagne même, s’acharne contre les chrétiens. »

    Incompatibilités et ambitions

    Maritain s’en prend à ceux qui veulent défendre et soutenir un totalitarisme catholique. Il interpelle une fois encore la jeunesse : « Elle sait que le catholicisme, qui est l’universalité de la vérité libératrice et de l’amour rédempteur, et le totalitarisme, qui est l’état politique se saisissant de tout l’homme, sont deux termes contradictoires. Elle sait mieux que jamais, elle a appris dans les ténèbres le prix de la liberté. Elle recueille en son seul cœur la vocation de la France, cette vocation blessée, déshonorée, trahie et dont pourtant jamais davantage le monde n’a senti la réalité et la nécessité ». Il termine par ce message d’espoir : « Le faux réalisme a perdu et perd la France, la foi, la fidélité la sauveront ».

    Il y a de l’ambition pour la délivrance. Le général Martial Valin ne se prive pas de le proclamer le 24 novembre 1941. Il évoque une cérémonie qui s’est déroulée quelques jours auparavant dans un camp d’entraînement des FFL. Une remise de décoration a eu lieu et environ deux cents hommes ont reçu la médaille des évadés, plusieurs la croix de guerre tandis que cinq officiers des Forces aériennes françaises libres reçoivent la Croix de la Libération. Valin se lâche pour mieux frapper les esprits : « La Croix de la Libération, un simple écu massif portant une croix de Lorraine, noire sur un glaive de bronze. Son ruban est de moire verte, rayée de noir. Le noir, c’est le deuil de l’armistice, c’est le deuil de deux qui sont tombés pendant la triste campagne de France, c’est le deuil des malheureux otages fusillés au mépris de toute humanité et de toute justice. C’est le deuil de l’Alsace et de la Lorraine, temporairement ravies, c’est la honte enfin, que tout Français porte dans son cœur depuis qu’un infâme gouvernement a accepté de vendre à ses frères et de collaborer avec l’ennemi ». Le général Valin marque aussi la présence du vert sur cette décoration réservée aux plus vaillants et courageux. Le vert est la couleur de l’espérance et grâce à elle, les nazis seront vaincus.

    Il cite alors ces beaux aviateurs dont l’engagement total n’a qu’un objectif : la victoire de la France, la victoire de leur patrie. « Capitaine de Morlaix, nous vous reconnaissons comme notre compagnon pour la libération de la France dans l’honneur et par la victoire. » Cet officier qui est décoré par de Gaulle a remporté en quelques mois seize victoires et sept probables. S’ajoute le nom du capitaine P. du lieutenant Jean Pompéi, du lieutenant Choron, de l’adjudant du Frétay.

    Valin s’en prend au général Dentz ex-commandant au Levant : « Voilà Français, les hommes cités, que le général Dentz, triste héros de Syrie et dont on a parlé encore pour je ne sais quelle sinistre besogne en Afrique, vous a présentés comme des ambitieux, des malheureux en ménage, des transfuges par amour d’une maîtresse ». Valin termine par cette certitude : « Je suis sûr que vous n’accepterez jamais d’accorder aide et protection aux forces ennemies destinées à combattre ces Français, vos frères qui luttent pour se rapprocher de vous, pour vous ouvrir leurs bras, pour vous délivrer ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Du Liban à la Libye : les freins anglais

    Le général de Gaulle et Spears : une coopération sous haute surveillance.
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  • Le 27 novembre 1941, l’indépendance du Liban est confirmée et proclamée par le général Catroux sur instruction du général de Gaulle et du comité national. Il s’agit de l’officialisation des engagements de la France libre dont les derniers détails ont été réglés par un télégramme du général de Gaulle du 21 novembre. Toujours très vigilant sur la situation au Levant, il précise à son fidèle Catroux : « Toutes autres modifications qui seraient demandées par Spears sont à rejeter purement et simplement » et ne cache pas qu’il soupçonne l’officier britannique de mener « un jeu d’obstruction et de chantage ». Le 28 novembre 1941, Catroux adresse une note très secrète au chef de la France libre où il mentionne que le gouvernement anglais a enfin répondu à sa lettre du 7 octobre dans laquelle il proposait une participation des troupes françaises aux opérations de Libye. Doit-on être surpris du refus poli exprimé par les Britanniques alors que la démarche gaullienne s’inscrivait dans un concours positif à l’action des Alliés ? Quels sont les arguments de Londres ?

    Méfiance libyenne

    Les Anglais invoquent l’appréciation du général Auchinlek d’après laquelle les troupes françaises ne sont pas assez instruites et manquent d’une expérience avérée sur un théâtre complexe. Mais, ce n’est pas en se privant de leurs services que l’on peut évaluer avec pertinence leur comportement au feu.

    Catroux s’autorise cette observation : « J’ai des raisons de penser que le manque de bienveillance de Wilson à notre égard et la peur que lui inspire toute diminution dans l’occupation de la Syrie ont compté pour beaucoup dans cette erreur qui est aussi, selon moi, une mauvaise action ».

    Les Britanniques ratent le coche parce que leur situation en Libye n’est guère enviable en raison de la pression féroce exercée par les unités de l’Africa Korps. Pour rectifier cette erreur, Catroux compte sur la visite du colonel Cunningham, chef de la mission américaine auprès de la France et qui est attendu à Beyrouth dans les premiers jours de décembre. Il a une très bonne image des troupes françaises d’Afrique. Le général de Gaulle dit alors à Catroux : « Les rapports qu’il envoie à Washington peuvent être décisifs. Je crois que ces rapports ont déjà compté dans la décision de principe prise récemment en notre faveur par le président Roosevelt ».

    En clair, il faut que Cunningham apprécie la loyauté des représentants des FFL et mesure combien cette même loyauté guide l’attitude à l’égard des Britanniques : « L’équipement vraiment moderne de nos troupes et de notre aviation ne sera jamais obtenu par Londres et encore moins sur place. Cela ne peut être tranché qu’à Washington ».

    Bref, le général compte sur la médiation des Etats-Unis pour convaincre que l’intérêt des alliés est à une participation en renfort des Français sur le théâtre des opérations en Libye. C’est dans le même état d’esprit que de Gaulle adresse un télégramme au général Odic à New York. L’ancien commandant en chef de l’armée de l’air en Afrique du Nord qui s’est réfugié aux Etats-Unis est remercié pour avoir choisi de rejoindre la France libre : « Je vous prie de venir me voir à Londres dans les plus courts délais possibles, afin de me parler de votre emploi dans un grand commandement. Croyez à ma confiante amitié ». Il est vrai que le général recherche des compétences d’état-major pour renforcer le pôle des Forces aériennes françaises libres. Le 27 novembre, il fait part de ses observations au général Ismay, chef d’état-major du cabinet de guerre et du ministre de la Défense britanniques : « Un renfort de personnel de 80 officiers, sous-officiers et spécialistes indispensables aux unités aériennes du Moyen-Orient et d’Afrique devait partir incessamment. Un avis de l’Air Ministry a été notifié la semaine dernière par la mission Spears au général Valin, remettant l’embarquement à une date indéterminée et les démarches du général Valin n’ont pu obtenir l’assurance d’un départ prochain ».

    Le général exprime son mécontentement car il rappelle que le personnel est destiné à un groupe de chasse en Syrie qui attend ces moyens pour pouvoir devenir réellement opérationnel, mais aussi à servir les unités du Tchad qui peuvent être appelées à intervenir. Ces moyens supplémentaires sont aussi prévus pour conforter un groupe de bombardement en opérations dans le Western Desert. Le chef de la France libre martèle : « Le départ de ce détachement présente donc un caractère d’importance et d’extrême urgence qui ne saurait vous échapper ».

    Avant de conclure : « Je vous serai très obligé d’intervenir d’une manière pressante pour que ce départ auquel j’attache une grande importance ait lieu dans un très bref délai ».

    Mesures de rétorsion

    En revanche, de Gaulle tient à manifester sa mauvaise humeur à l’égard des Anglais comme il le confie au médecin général Sicé, haut-commissaire de la France libre alors à Brazzaville. Il retire la proposition qu’il avait faite aux Britanniques de fournir deux bataillons pour la défense du Nigéria et de la Sierra-Leone ainsi que le concours d’une brigade mixte pour l’offensive dans les colonies françaises pas encore libérées. Cette opportunité avait été soutenue devant le général Giffard par le général Legentilhomme au nom du chef de la France libre : « Ainsi que je vous l’ai télégraphié, j’ai averti le gouvernement britannique que je retirais ma proposition. Nous ne pourrions actuellement pour d’impérieuses raisons politiques et morales, nous engager contre des Français si nous ne combattons pas en même temps et largement l’ennemi ». Et d’ajouter : « Naturellement, cette décision serait immédiatement rapportée si les Britanniques nous donnaient la possibilité de fournir à leur propre effort en Libye, la participation française que j’estime nécessaire ». Dans le même télégramme, il précise aussi : « Je confirme mon ordre formel à Leclerc de ne rien déclencher vers Mourzouk sans mon assentiment personnel explicite ».

    De Gaulle tient tout de même à être en capacité de mettre en ligne une brigade mixte en Libye à la première opportunité seulement, il connaît le niveau des stocks de munitions que ses forces ont au Levant et ne tient pas à les dépouiller pour cet affrontement où il juge la présence française nécessaire pour renforcer encore la coalition alliée. C’est la raison pour laquelle il explique le 30 novembre à Catroux que cette brigade doit comprendre un quartier général et sa compagnie de garde, un escadron de reconnaissance mécanisé, quatre bataillons dont deux ou trois blancs et un ou deux Sénégalais, une compagnie de chars, un groupe d’artillerie, deux batteries, quatre pièces anglaises vingt-cinq livres, trois batteries quatre pièces Bofors, une batterie antichars, quatre pièces anglaise deux livres, un peloton de transmission, un autre du génie, un groupe sanitaire avec ambulances, un détachement d’intendance et deux compagnies de transport automobile. La liste qu’il fournit de ses exigences matérielles est impressionnante.

    Il n’omet pas de préciser que tous les véhicules doivent être pourvus de pneus sable basse pression ! Bref, le général Catroux haut-commissaire français dans les Etats du Levant doit adresser au commandant britannique du Middle-East, le long plaidoyer de ses besoins. Ce qui ne peut que faire grimacer les Anglais mais aussi les impressionner en raison de la haute précision des moyens opérationnels réclamés.

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    Union111126b
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Maison Saint-Joseph : Onze colis de Noël aux veuves de guerre

    Les veuves ont reçu des douceurs à déguster.
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    Les colis de Noël aux anciens combattants et veuves, ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) ont été attribués jeudi à 11 femmes vivant à la Maison Saint-Joseph à Châlons.

    En présence du directeur, c’est Eric Rochette de l’Onac, accompagné par Pierre Maigret et Monique Gruhier, qui ont procédé à la distribution du petit colis de douceurs aux 11 nonagénaires de la maison.

    En effet, la plus jeune a 81 ans, mais la plus ancienne des onze aura 101 ans en février prochain.

     

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    Union111126a
    SUIPPES : Bientôt sur votre agenda : La bourse internationale Militaria à Suippes

    L’exposition sera présentée
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  • Dimanche 4 décembre, à Suippes, se tiendra la seconde grande bourse internationale de Militaria 1814/1962, avec pour thème « Sur les bivouacs des armées de Champagne ».

    Organisée à la salle des fêtes Geneviève Devignes à Suippes sur un espace de 600m², elle accueillera les visiteurs de 8 h 30 à 16 heures.

    Entrée : 2€ (gratuit pour les épouses et les enfants, entrée payante qui offre une réduction de 1,50 € pour la visite du centre d’interprétation Marne 14-18).

    Les personnes désirant exposer (tarif : 5 € la table de 1,83m x 0,80m) sont invitées à effectuer leur réservation au 06.80.30.32.78 (le soir) ou par courriel : mail doc.brunodufour@orange.fr.

    Pour tous renseignements, s’adresser aux contacts ci-dessus.

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    Union111125c
    CORMICY : Souvenir : Marche à Sapigneul

    Les personnes présentes ont assisté à une émouvante cérémonie.
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  • Au départ de la mairie de Berry-au-Bac a eu lieu la marche du souvenir vers l’ancien village de Sapigneul, qui se situait entre Berry et Cormicy. A 10 heures, départ de la place via le canal pour rejoindre le monument inauguré le 29 mai 1948 par Pierre Vallet, maire de l’époque, et qui est érigé à l’emplacement du cœur de l’église Saint-Laurent détruite avec le village au moment de la Grande Guerre. Sapigneul dépendait de la ville de Cormicy dont il était un hameau d’environ 80 à 90 habitants. La marche du souvenir organisée depuis 4 ans est le fait des anciens combattants de Berry-au-Bac et de Cormicy, avec les municipalités de ces deux villages proches, auxquelles sont associées les associations locales : la Baïonnette avec son président Sylvain Hoquet et ses poilus qui ont reconstitué, avec le matériel hippomobile des attelages Dupont de Guignicourt, ambulance, roulante, etc…, et des uniformes d’époque un bivouac sur le site du village disparu. Beaucoup de monde était présent autour des deux maires, Marie-Christine Hullier et Dominique Décaudin, du conseiller général Philippe Timmerman, pour assister à une émouvante commémoration où se mêlaient les évocations d’un passé sanglant et l’espérance d’une paix durable. A l’occasion de cette cérémonie le capitaine Lebrun, de Cormicy a décoré Jacques Paillard, ancien combattant, de la médaille commémorative d’AFN.

    Pour contacter l’Association La baïonnette, s’adresser à Sylvain Hoquet au 06.14.26.14.13

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    Union111125b
    CHATELRAOULD- SAINT-LOUVENT : Anciens combattants : Un repas amical

    Les participants au repas.
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  • C’est à la Petite Auberge de Châtelraould-Saint-Louvent que le Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre de Vitry-le-François, présidé par André Jacquet, vient de réunir les porte-drapeaux des associations patriotiques de Vitry.

    L’occasion de se retrouver autour d’un bon repas en dehors des cérémonies patriotiques.

    A noter qu’en 2012, le Comité d’entente organisera ses deux premières manifestations publiques : un thé dansant le lundi de Pâques 9 avril et un loto le vendredi 9 novembre à la salle du Manège de Vitry-le-François.

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    L’hebdo du vendredi- 111125a
    LES ANCIENS COMBATTANTS dans « l’hebdo du vendredi »

    Journal gratuit d’information

    Semaine du 24 au 30 novembre 2011

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    ALGÉRIE : CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les Harkis dans la colonisation et ses suites : Fatima Besnaci-Lancou : « J’ai grandi dans un camp »

    Fatima Besnaci-Lancou, écrivain et fille de harki, se bat pour les milliers d’anciens harkis, à travers les mots…
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  • Fatima Besnaci-Lancou et Nelly Beaufort, présidente de la Licra de Châlons-en-Champagne.
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  • Co-fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme, Fatima Besnaci-Lancou est également éditrice, et auteure de plusieurs ouvrages dédiés à l’histoire et à la mémoire des familles de harkis.

    En partenariat avec la Licra*, elle a réalisé l’exposition « Les harkis dans la colonisation et ses suites », tirée d’un de ses livres.

    L’Hebdo du Vendredi : Vous avez consacré l’un de vos livres aux idées reçues sur les harkis. Un de vos chevaux de bataille ?
    Fatima Besnaci-Lancou : Tout à fait ! Car dans une histoire aussi poignante que la leur, la vérité doit être rétablie et révélée au grand jour. Ces idées reçues - et totalement fausses - sur leur parcours s’avèrent partagées des deux côtés de la Méditerranée. Et ont été créées le plus souvent par les politiques, soucieux de servir leurs propres intérêts. Par exemple, on entend dire que les harkis combattaient pour maintenir l’Algérie française. C’était en réalité beaucoup plus complexe que cela. Ces paysans se sont de fait retrouvés entre deux feux. Ils se sont battus aux côtés de l’armée française, mais uniquement en réponse aux violences infligées par le FLN**, et pour se protéger, eux et leur famille. La nuit, les membres du FLN débarquaient chez eux pour se nourrir et se ravitailler en vêtements, les menaçant de mort s’ils refusaient de coopérer. Le jour, c’est l’armée française qui les menaçait, du fait qu’ils aidaient les indépendantistes la nuit. Beaucoup n’ont pas eu le choix et ont été enrôlés, plus qu’engagés.

    HDV : Votre premier ouvrage, « Fille de harki », vous a valu en 2005 le Prix Seligmann contre le racisme et l’antisémitisme. Un retour sur votre histoire et celle de votre famille ?
    F.B-L : Effectivement, je suis fille d’anciens harkis et donc personnellement concernée par ce combat que je mène. Mais c’est aussi celui de près d’un million de personnes, toutes générations confondues. Nous luttons depuis des années pour que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans les massacres perpétrés à la fin de la Guerre d’Algérie. Ne serait-ce que quelques mots, de quoi « soulager » ceux qui en ont souffert et qui en souffrent encore aujourd’hui. L’armée a laissé ces hommes à l’abandon, sur place, avec des conséquences désastreuses pour eux et leurs proches. Autre scandale : les harkis rescapés, qui ont pu quitter l’Algérie à ce moment-là et rejoindre la France, se sont ensuite retrouvés dans des camps, faute - soi-disant - de travail et de logement. Nous étions pourtant en pleine période des trente glorieuses… Et pour avoir grandi dans ces camps, de 8 à 23 ans, je sais que la vie n’y était pas facile. Par chance, une partie de notre famille habitait à l’extérieur et a aidé mon père à trouver un emploi. J’ai également rencontré une femme de la Cimade*** qui venait régulièrement me chercher au camp pour que je passe un peu de temps avec elle et sa famille. Elle m’a énormément conseillée et m’a permis de m’en sortir. Une de ces bonnes rencontres qui peuvent vous changer la vie ! Depuis, je parle et j’écris sur ce sujet. Une forme de lutte contre l’injustice, mais pacifiste, à mon image.

    HDV : D’autres projets à venir ?
    FB-L : Un partenariat privilégié s’est instauré entre la Licra et l’association Harkis et droits de l’Homme. Ensemble, nous organisons le 4 février un colloque à Paris qui réunira des spécialistes et un juriste international. Nous prévoyons également plusieurs actions dans toute la France en 2012, à l’occasion du 50e anniversaire de ces évènements dramatiques pour ces familles.

    Propos recueillis par Sonia Legendre

    * Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme.
    ** Front de libération nationale.
    *** Comité inter mouvements auprès des évacués.

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    Union111124b
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Assemblée générale : La Fnaca fait le point sur ses objectifs

    Le président Daniel Fritz (2e à gauche) et les membres de son bureau.
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  • Une vingtaine d’adhérents de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie-Marioc-Tunisie (Fnaca), section de Châlons, ont assisté à l’assemblée générale annuelle.

    Le président Daniel Fritz a ouvert la séance en invitant chacun à observer une minute de silence en mémoire des disparus de l’année, avec une pensée particulière pour le président national Wladislas Marek, disparu le 24 septembre.

    La présence constante du drapeau de la Fnaca, porté par Daniel Bouilly quelque 58 fois dans l’année, lors des cérémonies patriotiques locales ou nationales organisées par la ville, a été soulignée.

    L’objectif principal poursuivi par la section châlonnaise est la retraite du combattant à 48 points au 1er juillet 2012, les 4 points manquants (44 actuels) étant inclus dans le projet de budget 2012 qui sera soumis au Parlement.

    L’assemblée a été l’occasion de renouveler la composition du bureau : président Daniel Fritz ; vice-président Michel Noël ; secrétaire Gérard Regnault ; secrétaire adjoint Monique Noël ; trésorier Claude Poterlot ; trésorier adjoint Daniel Bouilly ; porte-drapeau Daniel Bouilly.

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    Union111124a
    LA-NEUVILLE-AU-PONT : Cérémonie et expo : Le Djebel-Argonne avec les anciens d’AFN

    À l’occasion de la journée d’hommage aux morts en Afrique du Nord du 5 décembre, la section Djebel-Argonne officiera cette année à la Neuville-au-Pont. La messe à 10 h 30 sera suivie d’un dépôt de gerbe au monument aux morts puis d’un dépôt de fleurs sur la tombe des anciens d’AFN de la Neuville-au-Pont.

    Le verre de l’amitié sera servi à la fin de la cérémonie dans la salle des fêtes, route de Moiremont. Un repas est également proposé aux participants pour clore la cérémonie. Réservation et règlement (28 € par personne) pour le 26 novembre par chèque à l’ordre de Djebel-Argonne auprès d’Aimé Gomérieux, à Servon-Melzicourt. Tél.03.26.60.41.72.

    Dans le même esprit, une exposition ouverte à tous sur la guerre d’Algérie et intitulée « La guerre d’Algérie : un souci de vérité », sera proposée sous forme de quarante-deux panneaux, avec projection d’un dvd (sur demande) à la salle des fêtes route de Moiremont le dimanche 4 décembre de 10 à 18 heures et le lundi 5 décembre de 12 à 17 heures.

    L’assemblée générale se déroulera mardi 13 décembre à 14 h 30 à la salle la Forge à Virginy, et le dîner dansant avec les anciens d’AFN aura lieu le 26 février 2012 à Auve

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    Union111123b
    SILLERY : Des visites sur le terrain pour mieux comprendre la Grande Guerre

    Le groupe féru d’histoire s’est rendu au Bois des Zouaves, où des combats meurtiers ont eu lieu en octobre 1914.
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  • Pour la troisième année consécutive, dans le cadre du dispositif « 1,2,3 Bougez », Bernard Langlais, élu municipal et féru d’histoire, a proposé une sortie sur les anciens champs de bataille, de La Pompelle à la ferme de Navarin.

    Le but de ces journées est de conserver la mémoire et plus particulièrement de situer sur le terrain, au nord du village, les lignes françaises et allemandes telles qu’elles étaient positionnées au cours des quatre années de la Grande Guerre.

    Le premier site visité a été l’emplacement du Bois des Zouaves où le 8e régiment de Zouaves a opéré en octobre 1914.

    Les combats y ont été très meurtriers par l’intensité des bombardements ennemis. Les traces de ces combats disparaissent et il devient nécessaire d’utiliser les cartes d’état-major pour retrouver les lieux et la stratégie des positions de chaque armée.

    Si les blockhaus permettent encore de se repérer, force est de constater qu’ils commencent à être démantelés. Il n’existe malheureusement aucune protection de ces sites qui permettraient de sauvegarder la mémoire sur le terrain.

    Cette année, Robert Marguet, président de l’association des anciens combattants, Jean-Marie Loret et Michel Chasseigne, adhérents, faisaient partie du groupe, ce qui a permis à tous de partager leurs connaissances. Le principal souhait des participants serait que ces sorties concernent aussi les jeunes générations car se réaliserait ainsi la transmission de la mémoire et principalement de la mémoire du village.

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    Union111123a
    VITRY-LE-FRANCOIS : La Fname veut créer une permanence : Une nouvelle asso pour les anciens combattants

    Fabien Savarin sera le délégué départemental
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  • La Fname (fédération nationale des anciens des missions extérieures forte de 6 000 adhérents) s’installe dans la Marne.

    Et c’est à Vitry que Fabien Savarin, le tout nouveau délégué départemental, a décidé d’ouvrir une permanence.

    La municipalité vient de leur accorder un local à l’espace Lucien-Herr. Le Vitryat tiendra une permanence le 4e samedi du mois.

    Dans une ville qui compte déjà plus d’une dizaine d’associations et amicales d’anciens combattants, on pourrait crier à la surenchère.

    « Pas du tout, nie Fabien Savarin. Je crois même que nous sommes très attendus par les associations en place. Car aucune des autres associations ne représente à 100 % la 4e génération du feu. »

    La Fname s’adresse en effet aux Opex (soldats des opérations extérieures) qui ont servi la France depuis 1964 : Tchad, Liban, Zaïre, Côte d’Ivoire, ex-Yougoslavie, Afghanistan… « Quelques soldats de la 4e génération sont adhérents dans d’autres associations, mais ils n’y sont pas représentatifs. On ne leur dit pas de quitter les autres unions, mais de nous retrouver pour partager leur expérience. »

    Déjà 10 adhérents

    Et pour appuyer son assurance qu’il y a une place pour la Fname à Vitry, il souligne que la Fname compte déjà 10 adhérents. « Quatre autres personnes ont exprimé leur désir d’adhérer. »

    L’association veut être présente dans le département et la ville pour « informer les combattants de leurs droits, qu’ils ne connaissent pas toujours » : points de retraite, droit à la carte du combattant, à la carte d’invalidité…

    L’autre objectif est de « rassembler un maximum d’Opex pour relever les rangs aux cérémonies patriotiques » et « renforcer la relation armée/Nation ».

    C.B.

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    Union111121b
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Pour mieux connaître l’histoire des harkis

    Les collégiens et lycéens ainsi que leurs enseignants sont naturellement invités à venir découvrir
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  • Jusqu’au vendredi 24 novembre inclus, le 1er étage de l’Hôtel de Ville accueille une exposition complète et plutôt très détaillée sur l’histoire de la communauté harkie divisée en cinq périodes : avant la guerre, la guerre d’Algérie, l’année 1962, les camps et la lutte des enfants des harkis dès 1975.

    Vendredi soir, c’était donc son inauguration dans le grand salon où l’édile, accompagné de nombreux élus, a présenté le contenu de cette expo à la fois riche en textes et en photographies. « Châlons est la ville de la région Champagne-Ardenne qui compte aujourd’hui le plus de harkis ».

    Et à voir le monde qui avait fait le déplacement pour cette inauguration, il était en effet très difficile de contredire l’information de BBB.

    C’est la Licra (association qui lutte notamment contre le racisme), représentée sur le plan local par Nelly Beaufort, qui a organisé l’événement en partenariat avec l’association des harkis et des droits de l’Homme, présidée par Fatima Benasci Lancou qui est également écrivain.

    Cette dernière a animé en soirée une conférence salle de Malte sur le thème « La traversée de la Méditerranée par les familles de harkis et leur vie dans les camps en France ». Récits et anecdotes ont permis au public de mieux comprendre, de mieux s’imprégner de l’histoire de la communauté harkie. Les échanges ont été également très fructueux entre la salle et la conférencière.

    Une rencontre plutôt très appréciée des Châlonnais !

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    Union111121a
    VITRY-LE-FRANCOIS : « Une minute encore » pour rester en vie à Auschwitz

    Courir devient la métaphore centrale du spectacle : est-ce une fuite ou un élan ?
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    Un plateau nu, un tapis roulant, un comédien et 55 minutes de monologue dans l’énergie d’une course pour la survie. Demain mardi 22 novembre, à partir de 20 h 30 sur le plateau de Simone-Signoret, Thomas Germaine s’emparera des textes de Charlotte Delbo, déportée à Auschwitz en 1943, pour « Une minute encore ».

    Dans sa trilogie « Auschwitz et après », d’où sont extraits les textes du spectacle, Charlotte Delbo, qui portait le numéro 31.661 tatoué sur le bras, retrace l’expérience ineffable des camps et raconte avec une force étonnante sa lutte minute par minute pour rester en vie. C’est au cœur de cette entreprise de destruction de l’humain que Charlotte Delbo nous exhorte à toujours croire en l’humain.

    Courir devient la métaphore centrale du spectacle : est-ce une fuite ou un élan ? Pour sa deuxième création théâtrale, Thomas Germaine, créateur - interprète à la scène nationale de Petit-Quevilly/Mont-Saint-Aignant, veut faire comprendre l’expérience du camp, en la faisant éprouver physiquement.

    Courir à vitesse constante et de manière ininterrompue, en lisant les textes, permet d’approcher les sensations, l’arythmie, l’épuisement, la nécessité de continuer. « Ce que j’apprécie au théâtre, ce sont les faux-semblants, les jeux de fausse piste, déclare-t-il. Et ici, par la course, je cherche plutôt à représenter une image tirée de l’inconscient collectif du cauchemar. » « Une minute encore », programmé par La Salamandre, est un spectacle sobre, remarquable et poignant.

    Réservations auprès de La Salamandre au 03.26.72.85.50.

     

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    Union111120d
    REVOLUTION - VALMY : Etienne Radet, illustre citoyen de Varennes : Le gendarme de Napoléon était argonnais

    Etienne Radet s’est installé à Varennes-en-Argonne en 1786.
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  • Mêlé à de nombreux événements historiques, Etienne Radet repose aujourd’hui au cimetière de Varennes-en-Argonne. Portrait.

    ETIENNE RADET est une figure de l’Argonne. Brillant ancien de la maréchaussée, baron d’Empire, il s’est signalé à plusieurs reprises dans l’Histoire. Pourtant ce Varennois présente une particularité : il est le seul général de Napoléon à ne pas figurer sur les inscrits de l’Arc de triomphe.

    Né dans une famille aisée de Stenay, le jeune Radet fait de bonnes études au collège local et nourrit, tout jeune, sa passion pour l’Armée. A la perte de sa mère, pour fuir sa belle-mère, il s’engage à 15 ans. Engagement que son père parvient à casser pour le mettre dans une étude de notaire. Après trois ans qui lui donneront cependant des notions d’administration, il revêt à nouveau l’uniforme et fait campagne au Cap Français à Haïti. Il y gagne ses premiers galons puis revient en France et abandonne quelque temps la vie militaire pour s’installer à Varennes-en-Argonne en 1786.

    Il entre alors dans la maréchaussée du fief de Condé, faisant ses premiers pas dans la gendarmerie, en même temps qu’il achète un office de garde dans les eaux et forêts. Il devient un notable varennois, bien introduit, résidant dans la partie haute du village. Il y organise la garde nationale et est mentionné comme co-fondateur du club de la Société des amis de la Constitution.

    Survient l’épisode de la nuit de Varennes. Louis XVI est à la maison Sauce devant laquelle est enfin arrivé le renfort commandé par Goguelat et ses hussards. Le pont sur l’Aire est barré par les gardes nationaux de Montblainville. Radet, il s’en justifiera plus tard, va tenter de leur faire lever le barrage, sans résultat.

    Revenant à la maison Sauce, nouvel incident : six hussards de Goguelat menacent ses canonniers.

    Au lieutenant de la Garde nationale de Varennes qui intervient pour demander aux hussards de tirer à nouveau, Radet rétorque qu’il ne doit pas se mêler de ce qui ne le regarde pas. Des paroles qui lui seront reprochées. Un peu plus tard, le projet d’évasion par l’arrière de la maison est envisagé puis abandonné. De même que celui de faire atteler la voiture du roi. En fin de nuit, le roi, conscient de l’aide de Radet, lui remet une cassette d’objets précieux.

    Jugé par le tribunal révolutionnaire

    Son attitude va lui valoir une série de dénonciations, la principale par Féraux, un brasseur qui lui doit 1 700 francs. Radet est pourtant désormais commandant de la Garde nationale de Varennes, participe à la défense de Verdun et à la bataille de Valmy aux côtés de Kellermann. Rien n’empêchera pourtant sa traduction devant le tribunal révolutionnaire de Saint-Mihiel.

    Il y plaidera habilement ses intentions, déclarant avec force avoir voulu soustraire le roi et le faire renvoyer à Paris, opposera son idéal révolutionnaire intact et obtiendra son acquittement, soutenu par les dépositions de ses chefs militaires, alors que la Terreur est en marche.

    Ensuite, Etienne Radet ne retourne pas à Varennes mais rejoint l’Armée de la Moselle. Puis il servira Napoléon et fera merveille dans l’organisation de la gendarmerie. Se dépensant sans compter, il servira dans les circonstances les plus difficiles, même lorsqu’il sera, à Rome, chargé de procéder à l’arrestation du pape Pie VII. Il sera baron d’Empire et décoré de La Légion d’honneur.

    A la chute de Napoléon, il revient à Varennes. Pendant les cent jours, fidèle à l’empereur, il ira procéder à l’arrestation du duc d’Angoulême, dauphin de France.

    Puis il participe à la campagne terminale de Napoléon, à Waterloo, bataille dont il reviendra blessé. La Restauration va lui valoir trois années de détention. Louis XVIII le libère en janvier 1819.

    Il revient à Varennes pour y mourir le 28 septembre 1825 à l’âge de 63 ans. Dans le cimetière du village, sa tombe est toujours bien entretenue par la gendarmerie locale.

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    Union111120c
    SEZANNE : Un sentier de randonnée va voir le jour entre Champaubert et Montmirail : Dans les pas de l’empereur

    Le sentier relie les lieux emblématiques de la campagne de France.
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  • Un sentier de randonnée reliant les principaux lieux de batailles de la campagne de France (1814) dans le Montmiraillais est en train de voir le jour.
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  • MARCHER sur les traces de Napoléon. Cela va très bientôt devenir possible, grâce aux Randonneurs montmiraillais, le club de marcheurs de la capitale de la Brie champenoise.

    Repérage des chemins

    « Cette idée de repérer un sentier entre dans le cadre de la commémoration du 200e anniversaire de la campagne de France en 2014 », indique Oumar Diallo, président des Randonneurs montmiraillais.

    Une commémoration préparée par l’association montmiraillaise 1814 V4, dont le président Joseph Puzo a lancé cette idée de sentier sur les traces des soldats de l’empereur.

    L’objectif est simple : repérer, baliser un sentier qui relie les lieux de grandes batailles de 1814 et les hauts lieux de la campagne de France dans la Brie champenoise : de la colonne de Marchais-en-Brie au bois des Cosaques, du château de Montmirail où coucha Napoléon à la stèle de Vauchamps, de la stèle de Janvilliers à la colonne de Champaubert.

    Soit une trentaine de kilomètres. Les bénévoles des Randonneurs montmiraillais ont défriché les sentiers que des marcheurs pouvaient emprunter.

    « Il s’agit d’abord de signer des conventions avec les associations foncières des différentes communes traversées par le sentier, explique Oumar Diallo, puis le sentier devra faire l’objet d’une homologation par le Comité régional et la Fédération de randonnée pédestre. »

    Bornes électroniques

    Etape essentielle avant que le sentier soit officiellement balisé comme tous les sentiers de randonnée et deviendra le GRP 1814, chemin de grande randonnée de pays.

    « Des extensions du sentier sont envisagées vers l’Aisne et la Seine-et-Marne », ajoute le président des Randonneurs montmiraillais.

    Des chemins pour rejoindre des possibilités de logements sont aussi en cours de repérage. « Le GRP 1814 se veut un élément touristique mais aussi économique sur le territoire de la Brie champenoise », souligne Oumar Diallo.

    Des bornes de balisage devraient comporter une puce électronique : « A l’aide de leur téléphone portable, les marcheurs ont des renseignements concernant les hébergements se trouvant à proximité, ainsi que d’autres renseignements sur le chemin, les commerces. »

    Les 30 km de ce chemin devraient être prêts à accueillir les marcheurs avant les commémorations de 1814. 200 ans après leur passage, le plus grand nombre pourra se lancer dans le sillage des soldats de l’empereur.

    Guillaume TALLON

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    Union111120b
    LIVRES : Lire autrement la Seconde Guerre mondiale

    « Les Français parlent aux Français » (1941-1942), Omnibus, 1573 p., 34 euros.
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  • Max Gallo, « 1942 : le jour se lève », XO éditions, 360 p., 19,90 euros ;
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  • « 1943 : le souffle de la victoire », XO éditions, 360 p., 19,90 euros.
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    Voici le deuxième volume qui rassemble les interventions majeures des Gaullistes qui sont intervenus dans l’émission « Les Français parlent aux Français » entre le 19 juin 1941 et le 7 novembre 1942. On y retrouve des éditoriaux mais aussi des analyses et des commentaires des informations en provenance des fronts et relatant les positions britanniques et américaines, des critiques argumentées contre le gouvernement de Vichy et ses choix. Les soldats du micro sont de plus en plus écoutés parce que les Français, en particulier en zone occupée, sont à la recherche de nouvelles qui n’ont pas été soumises à la censure et sont susceptibles de leur permettre une meilleure appréciation de ce qui se passe dans le monde.

    De Maurice Schumann à René Cassin, de Jacques Duchesne à Yves Morvan, de Jean Marin à Jean Oberlé et avec tous les autres, il y a ici une matière riche pour l’historien, un inventaire et une présentation remarquables des événements. Les Français libres usent de pédagogie pour démontrer combien le gouvernement de Vichy sombre dans une collaboration renforcée avec l’ennemi et accepte chaque mois un peu plus l’inacceptable. On se passionne pour la façon dont il est rendu compte des combats sur le front soviétique, dans le Pacifique, en Afrique mais aussi de la relation du quotidien vécu dans une Europe de l’Ouest sous le joug d’un occupant arrogant qui prélève l’essentiel des ressources locales à son profit exclusif.

    On aime aussi retrouver ce refrain : « Il ne faut pas désespérer. On les aura. Il ne faut pas vous arrêter. De résister ». La TSF est un moyen remarquable pour mettre au jour le noyautage de l’administration et de la police par l’occupant, la spoliation et le pillage d’un pays ruiné. L’émission « Les Français parlent aux Français » est aussi le temps choisi pour faire entendre aux Français sur chaque sujet les positions de la France libre, à l’égard des otages fusillés, des persécutions antisémites, des violences, de l’abaissement de la France par Vichy. Bref, un ouvrage qui permet de faire une lecture au jour le jour des événements dans cet espace-temps où l’on célèbre le soixante-dixième anniversaire de la Seconde Guerre mondiale.

    Le récit d’un académicien

    Pour ceux qui préfèrent lire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale sous la forme d’un récit dans un style journalistique affirmé, agréable, centré sur l’essentiel et qui permet de se faire une idée sérieuse de ce qui s’est passé au fil du temps, nul doute que les récits de Max Gallo sont tout à fait appropriés. Après les deux tomes consacrés à 1940 et 1941, l’académicien signe 1942 et 1943. Il résume 1942 comme une année de terreur et d’espoir et insiste sur l’implication de Jean Moulin dans son travail pour fédérer la Résistance tout en démontrant à l’Est combien la bataille de Stalingrad s’avère comme un grand tournant du conflit en Europe. Avec le souci permanent du respect de la chronologie, il insiste aussi sur l’occupation totale de la métropole après l’invasion de la zone sud décidée en réplique à l’opération Torch par Hitler, le 11 novembre. Le général de Gaulle a demandé que ce même jour, les Français manifestent entre midi et midi trente. Ne déclare-t-il pas : « Le 11 novembre 1942, toute la France saluera l’aurore de la Victoire » ? Dans le tome consacré à 1943 et sous-titré « Le souffle de la victoire », Gallo emmène son lecteur dans une promenade historique d’un continent à l’autre et résume la fin de la bataille de Stalingrad pour mieux avancer vers le débarquement allié en Sicile et la libération de l’île sans négliger l’épisode corse. On progresse toujours de semaine en semaine avec les détails qu’il faut pour mémoriser ce qui doit l’être. Avec quelques images qui permettent de mettre un visage sur un nom. Une belle collection qui n’est pas encore achevée.

    Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

     

     

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    Union111120a
    HISTOIRE : 1941

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    Le bal des pantins

    Maurice Schumann fustige l’impérialisme allemand et s’insurge contre la restriction accrue des libertés publiques.
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  • Pierre Bourdan choisit le 15 novembre 1941 d’habiller Hitler des habits d’un pantin de foire. Une manière de se moquer aussi de celui qui avait promis la victoire finale pour la Noël 1941 mais qui ne pourra pas tenir parole. Le propos est de tancer le führer sur son idée de conférence : « Quelle conférence ! Il ne s’agit pas de réunir autour d’une table un certain nombre de chefs d’Etat qui discuteront des relations entre les peuples qu’ils représentent. Il s’agit de grouper un certain nombre d’individus qui ne tiennent leurs pouvoirs que des baïonnettes allemandes dont le pouvoir ne durera qu’aussi longtemps qu’Hitler n’aura pas été battu, un groupe d’individus qui ne représente rien, rien que la trahison ». Bourdan s’interroge sur les raisons de convoquer ainsi des gens à qui on peut donner des ordres et qui les appliquent avec une docilité qui témoigne de leur absence de sentiments authentiques. Le journaliste trouve toutefois une explication : « C’est que même les dictateurs ont besoin de justifications morales. Même les dictateurs veulent prouver qu’ils ont autour d’eux autre chose que la haine des opprimés et le désir de vengeance ».

    Poussant sa réflexion, Bourdan considère surtout qu’Hitler est engagé dans une voie sans issue et qu’il sera bientôt le pantin en chef du bal des perdants. Il considère que le führer est piégé en raison de l’engagement de ses forces sur plusieurs fronts, de la résistance qui se multiplie dans les pays occupés malgré les mesures de représailles qui sont adoptées.

    Bref, l’homme fort du Reich cherche à gagner du temps et pour cela il amuse la galerie : « Si Hitler veut sa conférence, il devra vaincre ces scrupules, ou se contenter de n’avoir autour de lui que des prétendus hommes d’Etat en qui le monde n’aura pas de mal à reconnaître de simples valets ». Il prend le pari que l’Allemagne n’obtiendra jamais le répit qu’elle veut et dont elle a besoin. Dans une guerre où l’ennemi a toujours plus besoin de forces vives, il est contraint d’effectuer des prélèvements de plus en plus lourds sur le patrimoine des nations européennes qu’il domine. Il argumente encore lorsqu’il pose cette question : « Comment pourrait-elle faire des concessions à la France alors que sans la France, elle manquerait d’un grand nombre des produits dont elle a besoin : plus elle continue la guerre, et plus elle doit piller. Puis elle pille et plus elle est menacée de la révolte des peuples qu’elle opprime ».

    Le 16 novembre, Maurice Schumann en rajoute une couche. Lui aussi examine de près les nations asservies et menacées par l’impérialisme allemand : « Si l’ordre nouveau implique le massacre délibéré d’Allemands et en particulier d’enfants, de vieillards et d’anciens combattants dont le seul crime est d’être malade ou d’avoir été blessés au service du pays, quel serait le sort des populations dites inférieures et sur lesquelles la race des seigneurs s’attribue tous les droits dans une Europe où l’Allemagne du souci de faire la guerre, pourrait appliquer tout à loisir sa thérapeutique du meurtre ? ».

    Bref, il n’y a pas d’autres solutions pour s’extraire des ténèbres du Reich allemand que d’être en phase avec les trois priorités rappelées par le général de Gaulle à l’Albert Hall et que Jean Oberlé résume ainsi le 17 novembre : « Faire la guerre et la continuer aux côtés de nos Alliés, rendre la parole au peuple français dès que les événements lui permettront de faire connaître librement ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, concourir à la Libération c’est-à-dire à la victoire ». Et de citer le chef de la France libre : « Quels que doivent être le terme et le prix de la victoire, nous y avons marqué la place de la Patrie. Il n’y a plus pour nous d’autre raison, d’autre intérêt, d’autre honneur, que d’être jusqu’au bout des Français dignes de la France ».


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    Le réquisitoire contre les affameurs du Reich

    Devant les magasins, les queues ne cessent de s’allonger tandis que l’approvisionnement se réduit !
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  • Les Français ont au mieux 1 500 à 1 600 calories par jour.
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  • Rationnement. L’offensive gaulliste témoigne de la compassion manifestée envers ceux qui ne mangent pas à leur faim et est illustrée des recettes employées pour que les privations se retournent contre ceux qui les ont ordonnées.

    A la mi-novembre, l’équipe de l’émission « Les Français parlent aux Français » annonce à ses auditeurs que désormais chaque mercredi soir, l’émission de minuit comprendra un résumé des principaux sujets traités au cours de la semaine. Une façon de disposer de toutes les nouvelles importantes lorsqu’on est dans l’impossibilité de suivre chaque soir le rendez-vous réservé aux métropolitains. Les Français libres savent que c’est le deuxième hiver sous la botte allemande qui commence aussi le speaker n’est pas tendre avec l’occupant et avec son premier complice le gouvernement de Vichy : « Pour les Français, la collaboration représente dix-neuf prisonniers sur vingt maintenus en esclavage, toutes les rations diminuées à nouveau, une augmentation du coût de la vie variant de 60 à 150 %, les récoltes réquisitionnées par l’envahisseur et toutes les ressources du pays dilapidées et pillées ». Les Gaullistes s’en prennent avec vigueur à ceux qui affament leurs compatriotes. Ils n’ont que l’embarras du choix dans les déclarations confiscatoires des autorités du Reich.

    Le docteur Darré, ministre allemand de l’Agriculture est dans le collimateur. N’a-t-il pas déclaré : « La race allemande a droit à plus de nourriture qu’une race inférieure, comme la race française ». Ces propos insultants sont dénoncés comme une humiliation supplémentaire à l’égard des populations qui vivent sous le joug du vainqueur. Une façon de reconnaître que les Allemands se vantent d’être le peuple le mieux nourri de l’Europe : « Les Allemands ont droit à 2 500 calories par personne et par jour, ce qui correspond aux besoins normaux de l’être humain.

    Ventres creux

    Les Italiens n’ont droit qu’à 1 800 calories. Les Français n’ont au mieux que 1 500 à 1 600 calories, c’est-à-dire les deux tiers à peine de la quantité de calories suffisante à une activité normale ». Les gaullistes qui sont très bien renseignés affirment que les Allemands soumis à des travaux de force bénéficient 4 200 calories alors que les Français qui doivent accomplir les mêmes tâches n’ont pour se restaurer que 2 100 calories. On insiste aussi sur le caractère très théorique des rations dans l’Hexagone ainsi que sur le manque de viande de plus en plus préoccupant. On ajoute un peu plus à l’indécence de l’ennemi lorsqu’un capitaine s’exprimant sur les ondes de la BBC assure : « Dans certaines régions où la nourriture est abondante, les soldats allemands reçoivent de leurs chefs l’ordre de graisser leurs tanks avec du beurre plutôt que de le distribuer aux Français. Ils doivent jeter à la rivière tous les restes de leur repas afin que les Français ne puissent pas les utiliser ».

    Il y a même des plaisanteries des plus douteuses destinées à démontrer la rudesse et la haine de l’occupant. C’est ainsi que le speaker évoque cet officier envoyé sur le front de l’Est et qui regrette de devoir quitter la France. Surpris de cette amabilité, un père de famille lui demande pourquoi. Sa réponse tombe comme le couperet d’une guillotine : « J’aurais voulu rester plus longtemps pour avoir le plaisir de vous voir mourir de faim ». Et le commentateur d’apporter cette réflexion : « Cette brute, ce boche, exprimait à haute voix le plan de destruction de la race dont il avait connaissance, comme tous les officiers supérieurs allemands ».

    De Gaulle le répète. Si l’ennemi fait ce qu’il faut pour soumettre les Français par les privations, il faut s’arranger pour retourner contre lui cette arme de la famine. Le speaker énumère ses recommandations : « Cachez le plus possible d’œufs, de volailles, de beurre et que chacun envoie régulièrement à ses parents, à ses amis des villes, des colis pour mieux nourrir les enfants, les jeunes filles, les jeunes femmes, espoir de la race ». On cite en exemple les paysans anglais qui ont recueilli de très nombreux enfants des villes pour empêcher qu’ils ne soient exposés aux bombes ennemies et que leurs petits ventres crient famine. Le journaliste prédit : « Les paysans de France feront comme eux ; on se serrera, on établira des lits de fortune pour recueillir les enfants des villes et les soustraire à la sous-alimentation diabolique organisée par les Allemands ». Dans une sorte d’allégorie décrivant un futur plus heureux pour les jeunes générations, le journaliste imagine des jeunes applaudissant puis défilant derrière le général de Gaulle et les drapeaux tricolores, passer sous l’Arc de Triomphe. S’y tiendront des milliers de mamans qui se pencheront et leur déclareront : « Regarde-les bien, petits, voilà ceux qui nous ont sauvés ; voilà ceux qui ont gagné la bataille de la famine avant de gagner la grande bataille, celle qui a délivré la France ».

    L’ordre nouveau : la famine

    Autant dire que la faim, le pillage organisé par un occupant arrogant et sans scrupule ne doit pas faire renonce une population qui souffre. C’est aussi le moment choisi pour redire que le pillage économique est habillé de l’étiquette de la collaboration. Tout le monde sait la vérité d’ailleurs derrière son micro à Londres, le reporter ne doute pas de la propagation de ce qui se passe vraiment là où l’ennemi se comporte en odieux vainqueur : « Toute la France sait aujourd’hui que l’ordre nouveau, c’est la famine ». On ne manque pas de croiser les informations pour citer des pénuries. On reprend les propos de l’un des dirigeants du Centre français de la chaussure qui reconnaît que seuls 10 à 15 % des besoins sont satisfaits. Et de dénoncer cet accord signé par Vichy qui livre 50 % de la production brute des tanneries françaises outre-Rhin ! 40 % des produits finis fabriqués dans l’Hexagone prennent la même direction. On comprend pourquoi, les gens marchent avec des chaussures trouées. On dénonce le régime imposé aux paysans qui n’ont plus assez d’engrais pour réaliser de bonnes cultures. Or les phosphates débarqués à Marseille sont envoyés par chemin de fer à 40 % vers l’Italie et autant vers l’Allemagne. Sur les 75 000 tonnes qui arrivent chaque mois des colonies, la métropole n’a que la portion congrue.

    Dans l’industrie automobile la situation n’est pas meilleure puisque si la production de camions a doublé en France par rapport à celle enregistrée dans les années d’avant-guerre, 85 % des véhicules finis sont livrés à l’occupant ! On dénonce aussi la prise de contrôle du système bancaire en Afrique du Nord par des fondés de pouvoir du Reich qui s’arrangent pour faire les meilleurs profits au bénéfice des firmes qu’ils servent.

    Si ce tableau est redoutable et atteste la dimension des confiscations imposées par les Allemands, les speakers au service de la France libre trouvent toujours un argument positif pour contrer ce sentiment de domination du Reich. La maîtrise des mers reste anglaise. Le maintien des lignes de communications maritimes qui relient les îles britanniques, centre nerveux de la résistance des Alliés à tous les pays où il s’agit d’envoyer des renforts et d’où il est question de recevoir de nouveaux contingents d’hommes et de matières premières, des produits manufacturés, des armes, des avions, des vivres est le plus sûr moyen le jour venu de faire sombrer le Reich. La faim ne sera pas éternelle et le Reich pliera. Le plus vite possible sera le mieux mais la victoire du bien, incarné par les Alliés est déjà inscrite dans l’histoire.

    Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Une violence inouïe sur le front russe

    Staline à l’Armée rouge : « même si la situation est intenable, il faut tenir ».
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  • Hitler veut enfoncer la ceinture défensive de la « capitale bolchevique ».
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  • Détruire. Alors que les troupes du Reich sont sérieusement ralenties en URSS en raison de la neige et du gel, l’appel au meurtre de la population est relayé par la propagande de Goebbels.

    Si à la mi-novembre, les Allemands rassemblent leurs forces pour participer à ce qu’ils appellent la seconde phase de la bataille de Moscou, Guderian est contraint d’agir avec des moyens limités. La dégradation du climat met hors service bon nombre de véhicules et de blindés et sa dotation initiale de trois cent cinquante chars opérationnels est réduite à une grosse cinquantaine de tanks en capacité de combattre. Le 16, au sud de la capitale, la XIe armée allemande investit Sébastopol tandis que le 42e corps d’armée du général von Sponeck occupe Kertch, une cité située à l’extrémité orientale de la Crimée. Le Reich substitue à l’organisation traditionnelle des territoires conquis une administration autoritaire destinée à la soumission par la force des populations locales. Le Reichskommissariat Ostland est instauré à la fois en Lettonie, en Estonie, en Lituanie et en Biélorussie. A la tête de cette organisation infernale est placé Alfred Rosenberg, le théoricien hystérique du parti national-socialiste.

    Le froid et la faim

    Le 20 novembre 1941, après avoir essayé sans succès de s’emparer de Rostov-sur-le-Don, les Allemands lancent leurs troupes d’assaut au cours d’une puissance attaque frontale très meurtrière. Ils parviennent à s’imposer. Au Nord, la situation sur le front reste inchangée. A Leningrad où le froid est de plus en plus vif. Les restrictions alimentaires imposées à la population sont très dures et causent les premières victimes. Depuis le début du siège de la métropole, les rations alimentaires sont réduites pour la cinquième fois. Les mieux lotis ont un peu plus de mille calories par jours alors qu’en climat continental, en plein hiver, il faut dépasser les trois mille calories pour ne pas souffrir. Les gens manquent de forces et la plupart renoncent à creuser la terre gelée pour inhumer les morts ou constituer des trous de résistance. Le 21, la 1er Panzergruppe réussit à occuper la totalité de Rostov. Si l’état-major allemand se réjouit, l’inquiétude grandit dans le camp soviétique même si les stratèges staliniens sont convaincus que l’ennemi va être paralysé par le froid qui s’aggrave.

    Paul Bouchon s’amuse à l’antenne de la BBC a faire une revue de presse de la propagande des journaux allemands pour mieux mettre en exergue les contradictions. Le 18 novembre, l’éditorialiste insiste : « Il y a cent quarante-neuf jours que la guerre a éclaté entre l’Allemagne et la Russie. Bientôt cinq mois. Evidemment, cela ne fait pas une guerre très longue, mais il est certain qu’à ces cinq mois vont s’ajouter tous les mois d’hiver, car Hitler sait bien maintenant qu’il ne peut échapper à la campagne hivernale qu’il redoutait tellement et à l’éventualité de laquelle il ne croyait certainement pas ». Au fil des éditions feuilletées il s’amuse du « Deutsche Allgmeine Zeitung » qui se félicite au début de l’ouverture du front des avancées exceptionnelles enregistrées par les forces du Reich. Il cite aussi le « Völkischer Beobachter » qui regrette que le manque de routes en URSS ne permette pas une guerre éclair. Avant de commenter : « On se demande, aujourd’hui, 18 novembre, qui des deux adversaires avait formé des espoirs prématurés ». Lisant le « Münchner Neueste Zeitung », il découvre une ligne Staline dont personne n’a jamais entendu parler et cite : « Sur la ligne Staline se jouera la phase la plus importante de la guerre de l’Est, car cette ligne est la dernière grande ligne de résistance organisée du bolchevisme sur le territoire européen. Derrière elle s’ouvre largement et sans protection le cœur de l’Union soviétique. Moscou a placé ses espoirs dans cette dernière ligne de résistance principale derrière laquelle il n’y a plus rien qui pourrait s’opposer à une attaque ». Le journaliste recense tous les communiqués euphoriques qui ont été répétés sans que l’Allemagne ne remporte la bataille décisive capable de mettre fin au régime stalinien. Et Paul Bouchon de prédire : « Au printemps prochain la puissance des Russes aidés par l’Amérique et l’Angleterre provoquera bien davantage l’étonnement de la « Frankfurter Zeitung ».

    De bonnes raisons

    D’ailleurs les journalistes nazis ne manquent pas de talent pour justifier le ralentissement de la progression des unités motorisées et des fantassins dans la plaine russe. Les mécomptes de la Wehrmacht sont à mettre sur le dos de la nature. Il s’agit de faire admettre aux Allemands que plusieurs mois après avoir annoncé l’anéantissement des armées soviétiques, Hitler, de son propre aveu, est réduit à la défensive sur le front de Leningrad et qu’il doit sacrifier la vie de jeunes combattants pour enfin enfoncer la ceinture de résistance de la métropole bolchevique. Les journalistes du Reich rejettent la faute sur le général Hiver. Un journaliste gaulliste commente alors : « Après tout, c’est par sa propre faute que l’ennemi gravit son calvaire. Quand on se donne un Hitler pour maître, quand on se donne le crime pour loi, tôt ou tard, on le paie durement, inexorablement. Tant mieux si le mot d’expiation, que les prébendiers du désastre osèrent inscrire dans le ciel de France, c’est dans le ciel allemand qu’il commence à poindre, en lettre de sang ».

    Les gaullistes dénoncent les fausses nouvelles diffusées et qui concernent les soldats allemands, italiens, roumains ou hongrois. En réalité, selon le chroniqueur : « Dans les neiges russes, les glaces de Russie, ils ont perdu la force de marcher, de dormir, de sourire. Il y a quelques centaines ou quelques dizaines de Français. Ce n’est pas au quarteron de malheureux dont les sergents recruteurs ont racolé l’ignorance ou la misère que nous jetons la pierre. Mais pour les sergents recruteurs eux-mêmes, pas de rémission, pas de pardon ». Faut-il se réjouir si ceux qui ne seront pas morts pendant l’hiver recevront la croix de fer qu’ils auront le droit de porter ? Sur la BBC on veut se persuader que ce qui se passe en URSS est le commencement de la fin pour l’Allemagne nazie. Mais la propagande allemande ose certaines comparaisons dénoncées par les Alliés. N’affirme-t-on pas qu’un citoyen du Reich vaut exactement cent Russes : « Qu’il n’y ait en toi la moindre pitié ni la moindre charité.

    Lorsque tu te trouves en face d’un vieillard ou d’une vieille femme, d’une petite fille ou d’un petit garçon, n’hésite pas… tue… Tu te sauveras ainsi de l’anéantissement. Tu sauvegarderas l’avenir de ta famille et tu gagneras une gloire éternelle. Nous mettrons le monde à genoux devant nous. L’Allemagne domine le monde. Tu es Allemand et comme il convient à un Allemand, tu dois détruire tout ce qui vit et passe sur ton chemin ».

    Certains engagements sont promus et répétés jusque dans les entreprises. Le soldat n’est plus un soldat mais une machine à tuer. Untel est prêt à exécuter deux cent cinquante Russes, Juifs et Ukrainiens, un autre est disponible pour liquider tous ceux qu’on lui désignera. Et lorsqu’on interroge ces hommes décidés à verser le sang à tout instant, la réponse tombe mécanique : « En agissant ainsi, j’obéis à l’appel de mon führer, je convie tous les Allemands à en faire autant ».

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    Union111119b
    REIMS : Il poursuit son action de restauration des tombes : Le devoir de mémoire au cœur du Souvenir français

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts.
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  • Dans le froid pré-hivernal du 15 novembre, les porte-drapeaux étaient au rendez-vous du Souvenir français pour un dépôt de gerbe au monument aux morts par le président Jean Cienki, le colonel Carminati et l’adjoint Jacques Cohen.

    Cette cérémonie a été suivie de l’assemblée générale en présence des représentants des associations d’anciens combattants et d’adhérents.

    L’association en compte 210 que l’on peut rencontrer lors des manifestations patriotiques auxquelles le Souvenir français ne manque jamais d’être présent, en particulier à Reims, Cormontreuil, Tinqueux sans oublier l’inauguration de la stèle à la mémoire de la 1re Armée Rhin et Danube, les offices religieux à la synagogue et à la cathédrale de Reims, les cérémonies du 11-Novembre où le Souvenir français soutient l’action de restauration des tombes qui se poursuit avec les élèves du lycée Croix-Cordier avec celui qui est à l’origine du projet, M. Christophe.

    La contribution au devoir de mémoire se manifeste également lors de voyages scolaires vers des camps d’internement ou des champs de bataille.

    Une belle diversité

    Le colonel Carminati a ensuite brossé l’histoire de l’Armée d’Afrique, depuis la création des premières unités au XIXe siècle : « Une belle diversité, avec les zouaves, les tirailleurs, l’infanterie légère, les chasseurs, les spahis, les goumiers et même la Légion étrangère. Dans la fidélité à leur culture ou à leur religion, chacun a servi l’Empire et la République, c’est-à-dire la Patrie ».

    Ils étaient sur presque tous les champs de bataille en 14-18 (250 000 hommes dont la moitié était des engagés volontaires), aux côtés des alliés en Afrique en 1942, puis sur le continent européen : « Nos braves ont défilé dans Rome, première capitale libérée » et participé aux combats (Toulon, Marseille, Alsace) jusqu’au 8 mai 1945. Le colonel Carminati a évoqué ensuite son affectation dans un régiment de tirailleurs en Indochine.

    D’une voix brisée par l’émotion, le colonel Carminati a terminé avec « la dissolution et la tristesse de la remise des emblèmes au musée de l’armée : la fin d’une épopée, d’une tragédie écrite avec le sang des combattants ».

    Monument aux Noirs

    A la suite d’une question du colonel Signoret, Jacques Cohen a fait le point sur la reconstitution du monument aux Noirs. Selon l’adjoint, la discussion se poursuit en tenant compte de nécessités techniques et financières qui sont apparues plus compliquées que prévues. La Ville de Reims a pris en charge 70 % de la dépense sur le budget 2011 : il faut maintenant rassembler le reste en argent privé. L’idéal serait de retrouver le monument initial : des documents le montre en gare de Reims, prêt à partir fin septembre 1940 pour une destination inconnue : « Si on pouvait le récupérer, ce serait l’idéal. Des recherches sont entreprises en Allemagne » mais l’espoir semble mince…

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    Union111119a
    SUIPPES : Anciens combattants : Souvenirs… des Canaries

    Les anciens ont pu visionner les films réalisés durant le voyage.
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  • Des anciens combattants de la région de Suippes et leurs amis (soixante-trois personnes au total), se sont envolés pour les Canaries, un treizième voyage à destination de l’île de Fuerteventura.

    Annette Girardot relate ici les grands moments de ce séjour d’une semaine.

    « Après l’arrivée à l’aéroport de Puerto del Rosario, c’est la découverte du village de Caleta de Fuste. Là, pas d’hôtels voyants mais tout près de la plage, parmi les palmiers, de jolis bungalows spacieux et bien aménagés. La visite de l’île a permis d’apprécier des dunes, d’immenses plages de sable blanc classées parmi les plus belles du monde et de nombreuses plantes tropicales. Puis un regard sur l’artisanat local nous fait découvrir les broderies ajourées à la Oliva, les cosmétiques à base d’aloë vera et le fromage de chèvres (dans l’île, elles sont 127 000, plus que d’habitants !). A 30 minutes de ferry, l’île de Lanzarote laisse aussi un souvenir inoubliable, en particulier le parc national Del Fuego qui témoigne des éruptions de 30 volcans dans les années 1730, laissant un paysage lunaire impressionnant où des hectares de lave et de basalte recouvrent une activité volcanique qui se poursuit encore sous terre : chaleur et odeur de soufre le prouvent. Dans notre île d’accueil, on trouvait aussi catamaran, jardin botanique, zoo, barbecue et activités multiples dont nous pouvions parler autour du fameux punch canarien ».

    Récemment ces voyageurs se sont retrouvés pour visionner les films réalisés et consulter les photos. Que de bons souvenirs ont ainsi été évoqués ! Tous sont déjà prêts à repartir vers une autre destination.

    « L’année prochaine, on va où ? »… et bien, pourquoi pas Madère. L’idée est lancée, à suivre !

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    Union111118a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Maisons de retraite : Déjà Noël pour les anciens combattants

    Des colis avec des douceurs pour les aînés.
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  • Les fêtes de Noël approchent et les anciens combattants, veuves, ressortissants ou ressortissantes de l’Office national des anciens combattants (ONAC), vivant dans des résidences ou maisons de retraite, ne sont pas oubliés.

    Comme chaque année, des anciens combattants apportent un peu de joie et de chaleur à leurs aînés en leur offrant au nom de l’organisme national un petit colis avec des douceurs.

    Bien que celui-ci est quelque peu réduit par son contenu, rigueur budgétaire oblige… le geste est très bien perçu par ces femmes et ces hommes qui ont tant donné pour la mère Patrie.

    C’était en effet le grand rendez-vous ce mercredi 16 novembre, pour 11 dames et 3 hommes à la résidence Clamart, pour 5 dames et 4 hommes à la résidence d’Automne et pour 7 dames et 3 hommes à la résidence Bichat.

    Pol Cher, président des anciens combattants et victimes de guerre, Jean-Marie Gagnaire son vice-président et Michel Lefèvre le trésorier ont assuré cette tâche avec gaieté de cœur auprès des résidents, en leur souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année et un rendez-vous identique l’an prochain.

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    Union111117d
    HAUSSIMONT : Armistice : Des croix et des bouquets

    Des croix ont été disposées autour du monument aux morts.
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  • La population d’Haussimont a participé à la cérémonie de commémoration de l’Armistice de 1918.

    Pour l’occasion, des croix, blanches pour les victimes militaires, et marrons, pour les victimes civiles, ornées de bouquets étaient disposées autour du monument aux morts. Le maire, Bruno Roulot, a félicité les personnes qui ont préparé cette décoration.

    Puis le maire a lu le discours du président de la République.

    La cérémonie s’est achevée dans la salle communale par la vente des bleuets par les enfants du village pour ne pas oublier les victimes des guerres passées et des conflits actuels.

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    Union111117c
    FISMES : L’ACVG en assemblée : Les anciens combattants sont inquiets

    M. Pinon, conseiller général et maire, a donné l’assurance que les grandes dates patriotiques seraient toujours commémorées à Fismes.
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  • L’assemblée générale des anciens combattants et victimes de guerre a été l’occasion d’exprimer l’inquiétude des adhérents quant au maintien des commémorations nationales.

    COMPTANT 80 membres, l’association ACVG (Anciens Combattants et Victimes de Guerre) de Fismes est présidée par J.-P. Lagrange. Lors de la dernière assemblée générale, il a tenu à rendre hommage à tous ceux disparus cette année, et a remercié les porte-drapeaux « de (leur) sortie par tous les temps ». Il a évoqué les activités de l’association qui seront reconduites en 2011-2012. Le bilan du trésorier, M. Lambre a été approuvé. M. Lagrange a manifesté son attachement aux commémorations du 11 Novembre. M. Pinon, conseiller général et maire, a donné l’assurance que les grandes dates patriotiques seraient toujours commémorées à Fismes.

    Le président de l’Union fédérale marnaise des Anciens combattants et victimes de guerre (ACVG), M. Lacroix, a tenu à manifester son inquiétude au sujet de la baisse de budget, et du message du président de la République relativement au 11 Novembre. Il ne souhaite pas que cette date soit un « memorial day » à la française.

    C’est avec une grande émotion que M. Laplace, président d’honneur de l’association ACVG de Fismes, a évoqué l’importance de commémorer le 8 Mai en souvenir des soldats morts de la Division Leclerc dont il a fait partie. Mme Vautrin, députée et vice-présidente de l’Assemblée nationale, a tenu à rassurer ses interlocuteurs : « il n’est pas question de supprimer le 8 Mai ».

    Ayant assisté à plusieurs cérémonies du 11 Novembre, dont celle de Fismes, elle remarque qu’il y a « plus de monde et plus de recueillement » qu’auparavant. Elle annonce qu’après un vote, le nom des morts en opérations extérieures depuis la Seconde Guerre mondiale serait inscrit sur les monuments aux morts.

    L’an prochain, la fin de la guerre d’Algérie et la réconciliation franco-allemande seront célébrées nationalement. La volonté de mémoire se traduira en actes par la rénovation des monuments aux morts et des sépultures en Algérie et au Maroc. Elle a terminé son intervention en assurant qu’une dotation sur la réserve parlementaire sera attribuée à la restauration du monument aux morts de Fismes.

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    Union111117b
    MAURUPT-LE-MONTOIS : Souvenir Français : L’heure du bilan

    Le président Pierre-Marie Delaborde a présenté le rapport moral…
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  • … devant une assemblée attentive
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  • La section de Sermaize-les-Bains du Souvenir Français (cantons de Thiéblemont et d’Heiltz-le-Maurupt) a tenu son assemblée générale annuelle dernièrement à la salle des fêtes de Maurupt-le-Montois. Une salle bien garnie a écouté le rapport moral du président Pierre-Marie Delaborde rappelant l’enfer de ces jeunes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes.

    Une minute de silence a été observée à la mémoire de ces héros et des membres de l’association récemment disparus. Avant de passer aux prévisions d’activités 2012, le président a rappelé quelques moments marquants de l’année écoulée : galette des rois, déjeuner de cohésion, après-midi récréatif avec projection du film « Démineurs » et, surtout, le voyage en Pologne.

    La tombe du soldat Rémy rénovée

    Côté travaux, ont été réalisés la rénovation de la tombe du soldat Rémy à Cheminon et le monument aux morts de Vroïl. Dans les prévisions 2012 sont notés le repas de cohésion, le voyage des adhérents et la reprise du voyage des scolaires (mais où ?). Des travaux sont aussi prévus en 2012 à Saint-Vrain, Cheminon, Vroïl. Le cas des trois tombes situées à l’intérieur du parc du château de Bussemont n’est pas résolu.

    D’après le rapport financier, le comité se porte bien, soutenu par de nombreuses communes. Le voyage en Pologne a fait ensuite l’objet d’un traitement spécial par le général Cieslak qui fut attaché défense à l’ambassade de France à Varsovie et en même temps représentant du Souvenir Français en Pologne. Dans un premier temps, il a situé le pays, ses institutions, ses costumes traditionnels, ses repas etc. Grâce à un grand écran, les personnes présentes ont visité la mine de sel, n’ont pu retenir leur émotion lors de la visite d’Auschwitz et de Birkenau, ont fait un détour par la maison natale du pape Jean-Paul II, découvert le château de Wavel et sa légende du dragon ainsi que l’abbaye fortifiée de Chestochowa et sa Vierge Noire. Avant de prendre le verre de l’amitié, le maire de Maurupt, Catherine Giraldo, a rappelé le lourd tribut payé par la commune lors des différentes guerres.

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    Union111117a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les collégiens de Notre-Dame Perrier visitent les champs de bataille : L’horreur de la guerre gravée dans le sol de Verdun

    Des élèves de 3e sont partis le temps d’une journée sur les traces des Poilus.
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  • Grâce à l’aide financière du Souvenir français ainsi qu’au concours du ministère de la Défense, tous les élèves des sept classes de 3e du collège Notre-Dame Perrier ont pris ce jeudi le chemin de Verdun. Comme les années précédentes, cette sortie pédagogique s’inscrit dans le cadre du programme d’histoire. Permettre aux jeunes de mieux appréhender sur le terrain la portée de la bataille de Verdun est l’un des objectifs de cette journée. Plusieurs sites étaient au programme des visites.

    Tout d’abord, le Fort de Vaux où les élèves ont été impressionnés par les installations internes sommaires et le peu de confort des lieux de vie des Poilus. La visite de l’Ossuaire de Douaumont a, quant à elle, ému beaucoup de jeunes. D’abord, le fait de voir des ossements humains à la base de cet édifice.

    Mais ce qui a le plus attristé les élèves, ce sont les noms gravés sur les murs des soldats tombés à Verdun, et notamment lorsqu’en y regardant de plus près, ils ont remarqué des noms de famille identiques à ceux de certains camarades. Et aussi l’âge des combattants : 17, 18, 20 ans… Face à l’Ossuaire s’étend un vaste cimetière, la grande nécropole, rendant encore plus dramatique l’issue de la guerre avec son cortège de morts. La présence des mausolées bâtis en l’honneur des soldats musulmans et juifs a touché aussi plusieurs élèves.

    La visite s’est ensuite poursuivie au Mémorial de Verdun où les collégiens ont pu voir les uniformes des Poilus, leurs armes, les chronologies et des cartes présentant les différents moments clés de la bataille de Verdun. Une sortie intéressante et enrichissante sur le plan historique qui aura marqué les esprits surtout en cette période de célébration de l’armistice.

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    Union111116c
    BAZANCOURT : Théâtre au collège : 14-18 Bleu Sombre Horizon

    A l’issue de cette représentation, un grand silence, beaucoup d’émotion et des questions pertinentes.
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  • Les élèves de 3e du collège de Bazancourt ont pu assister à un spectacle de théâtre donné par la compagnie La Tripe du Bœuf de Peyriac Minervois (Aude).

    Ce spectacle pédagogique s’inscrit dans le programme d’histoire des classes appelées à passer le brevet. De plus au lendemain des commémorations du 11-Novembre, il a un impact particulièrement intéressant. L’initiative en revient aux professeurs de français, d’histoire, et à la documentaliste.

    Ce spectacle se déroule en deux temps, la pièce en elle-même, puis une discussion entre élèves et comédiens sur le thème de la Première Guerre mondiale. Roger Briole et Jean Michau sont les auteurs de cette pièce, jouant tour à tour plusieurs rôles : de simples soldats appelés, des gradés à différents niveaux s’exprimant quelquefois en langue d’Oc (autrefois langue de l’Occitanie), utilisant les ombres chinoises, des uniformes d’époque, téléphone radio d’époque. Les acteurs abordent différents aspects : la vie dans les tranchées, l’adaptation au conflit, le désespoir des soldats, les liens avec l’arrière, la répression, la censure, les mutineries, la condamnation à mort de soldats par des tribunaux militaires d’exception pour avoir osé mettre en doute le commandement, un exemple le soldat Berçot condamné à mort pour avoir refusé de porter le pantalon rouge d’un soldat mort à ses côtés.

    Les textes proviennent soit de lettres de soldats à leurs familles, soit d’ouvrages que l’on peut se procurer, certains étaient présentés aux élèves citons : Le Silence du Peuple de Fr

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    Union111116b
    HAUSSIMONT : Des croix pour le 11-Novembre

    Des croix ont été disposées autour du monument aux morts.
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    La population d’Haussimont a, comme de coutume, participé à la cérémonie de commémoration de l’Armistice de 1918.

    Pour l’occasion, des croix, blanches pour les victimes militaires, et marrons, pour les victimes civiles, ornées de bouquets étaient disposées autour du monument aux morts. Le maire de la commune, Bruno Roullot, a félicité les personnes qui ont préparé cette décoration. Puis le maire a lu le discours du président de la République.

    La cérémonie s’est achevée dans la salle communale par la vente des bleuets par les enfants du village pour ne pas oublier les victimes des guerres passées et des conflits actuels.

     

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    Union111116a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Assemblée générale extraordinaire : L’Amicale parachutiste officiellement dissoute

    René Beaujoin (au centre) a dirigé l’association durant dix-huit ans.
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  • L’Amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne n’est plus.

    Sa dissolution a été prononcée lors de l’assemblée générale extraordinaire qui s’est tenu samedi dernier à la salle des fêtes d’Écriennes, en présence du député Charles de Courson, du conseiller général Bruno Botella, du maire d’Ecriennes Michel Delaunay, et de la 5e adjointe au maire de Vitry-le-François, Claudine Brocard.

    Le président, René Beaujoin, avait demandé s’il y avait des volontaires pour reprendre les rênes de l’association, l’ensemble du bureau et du comité étant démissionnaire (lire l’union du 7 décembre 2010 et du 25 janvier 2011).

    Personne ne s’est porté candidat. René Beaujoin s’est donc trouvé contraint, comme le prescrit l’article 10 des statuts de l’Amicale, de procéder à la dissolution de l’association. Une décision qui a été acceptée majoritairement par l’assemblée. Seules quatre personnes se sont prononcées contre.

    Deux commissaires ont été désignés et chargés de la liquidation des biens de l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne, en collaboration avec le président. « Mon mandat se termine en mars prochain. Je resterai pour régler les affaires courantes, a prévenu le président qui a géré l’Amicale durant dix-huit ans. Si quelqu’un veut entre-temps reprendre l’association, je suis prêt à lui donner un coup de main. » En cas de non reprise de l’association, les biens seront attribués à des œuvres sociales ou à des associations patriotiques.

    L’Amicale parachutiste de Vitry-le-François et de Champagne comptait 117 adhérents.

    Souvenir français

    Le voyage de mémoire du Souvenir français de Vitry aura lieu le vendredi 11 mai 2012 à la Maison de la dernière cartouche à Bazeilles (Ardennes). 25 € par adulte et 5 € pour les jeunes. Inscriptions au 03.26.74.68.51.

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    Union111115d
    BLACY : Mort pour la France en août 1915 : Une tombe décente pour Henri Vaconet

    Un temps de recueillement a eu lieu sur la tombe d’Henri Vaconet, rénovée par le Souvenir français.
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  • Avant de débuter la cérémonie du 11-Novembre devant le monument aux morts de Blacy, le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François a organisé un temps de recueillement sur la tombe rénovée du maréchal des logis Henri Vaconet.

    La commune de Blacy a décidé de revoir les tombes de ses administrés afin que celles qui ne soient pas entretenues soient reprises. Parmi elles, celle d’Henri Vaconet.

    Tombé à 26 ans

    Né à Blacy le 29 avril 1891, le maréchal des logis Henri Gilbert Vaconet était affecté au 40e régiment d’artillerie lorsqu’il trouva la mort le 15 août 1917 à la suite de ses blessures dans un hôpital militaire provisoire de Verdun.

    En accord avec la commune de Blacy et avec sa participation financière, Le Souvenir français a rénové la sépulture perpétuelle.

    La cérémonie, comprenant le dépôt d’une Flamme du Souvenir par une jeune blacyate et le dépôt d’une fleur par le capitaine (h) Christophe Colé, a eu lieu en présence du maire Daniel Fontaine et de son conseil municipal, du conseiller général Thierry Mouton, du corps des sapeurs-pompiers, de l’abbé François Vaxelaire et de la population.

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    Union111115c
    CHIGNY-LES-ROSES : Jeunes ambassadeurs de la mémoire

    Les jeunes Chignotins ont chanté la Marseillaise.
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  • « Nous sommes le 11 novembre 2011 à 11 heures et c’est la première année qu’aucun ancien combattant ne sera présent pour honorer la mémoire des disparus d’une guerre si particulière. » Telle est la réflexion entendue vendredi à Chigny.

    Comme toutes les villes de France, la commune de Chigny-les-Roses a commémoré l’armistice de novembre 1918.

    C’est sous une légère brume que le président des anciens combattants, Jean-Claude Naudet, a déposé une gerbe au monument aux morts devant de nombreux Chignotins. Après une minute de silence, les enfants ont chanté la Marseillaise dont les couplets furent appris à l’école.

    Le cortège s’est ensuite dirigé vers la salle du conseil où le maire, M. Doreau, a lu le discours du Président de la République et a offert le verre de l’amitié à l’assemblée.

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    Union111115b
    LACHY : Armistice : Hommage aux poilus

    Un dépôt de gerbe a eu lieu au monument aux morts.
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    Malgré la fraîcheur et un ciel maussade, ce sont beaucoup d’habitants de la commune qui se sont retrouvés au monument aux morts, pour la cérémonie de commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918.

    Après lecture de la lettre du souvenir par le maire de la commune, Antonio Ribeiro, ont été rappelés les noms des habitants de Lachy, morts au combat. Un dépôt de gerbe a eu lieu au pied du monument et une minute de silence fut observée.

    A l’issue de cet hommage rendu aux poilus, les personnes présentes ont été conviées à partager le verre de l’amitié au Foyer des sources.

     

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    Union111115a
    RILLY-LA-MONTAGNE : Après les hommages, les agapes : Belle journée pour les aînés

    Le maire a honoré les anciens et remis des présents aux doyens.
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  • La cérémonie du 11-Novembre a été cette année placée sous le signe de l’hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la nation. Dépose de gerbe par les enfants, message du Président de la République, appel aux morts…

    Après ces instants de recueillement, les anciens se sont retrouvés pour un moment festif. 95 personnes ont ainsi répondu à l’invitation du Centre communal d’action sociale pour le traditionnel repas organisé à l’espace culturel de Rilly-la-Montagne.

    Le repas avait été concocté par le tout nouveau chef du restaurant du château de Rilly-la-Montagne, Marc Smeets, qui a relevé le défi de belle manière.

    L’animation était assurée par le groupe Nomad’Song sur un répertoire de chansons françaises et internationales.

    La doyenne, Mme Nicolas, a reçu un magnifique bouquet des mains d’Alain Toullec, maire de Rilly et le doyen de la journée, M. Laplanche, a reçu un coffret de vins fins. Cette journée commencée dans le recueillement s’est terminée dans la bonne humeur.

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    Union111114i
    BAZANCOURT.

     

    A l’issue de la cérémonie officielle au monument aux morts plusieurs médailles ont été remises par Yannick Kerharo, maire du village.

    Médaille commémorative avec agrafe Algérie à : Henri Andriollo, Jean Bartos, Gérard Blavette, René Godiet.

    Médaille Prix Nobel de la Paix I 998 à Gilles Senecaille.

     

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    Union111114h
    CAUREL.

     

    Au cours de la cérémonie commémorative du 11 Novembre, Jean-Claude Petit, président des anciens combattants de Caurel, a remis la médaille AFN de la Reconnaissance de la Nation à Michel Oudin et Jacques Payen.

    Ce dernier a également reçu la médaille de Commémoration AFN, agrafe Algérie.

    Les enfants des écoles ont ensuite chanté La Marseillaise sous la conduite de Mme Portas, institutrice.

     

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    Union111114g
    BISSEUIL : Des médailles bien méritées

    Les récipiendaires ont posé pour la photo souvenir.
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  • À l’issue de la cérémonie du 11-Novembre au monument de Bisseuil, les membres de l’Union nationale des anciens combattants se sont réunis à la salle des fêtes pour prolonger cette journée commémorative. C’était l’occasion pour le président Jean-Noël Batillot de remettre la médaille du Mérite de l’Ordre National pour services rendus.

    Diplômes et décorations ont été attribués à G. Bierel, J.-P. Delettre, M. Jacottin, J. Sellier, C. Morieux (à l’origine de l’exposition témoin de la Grande Guerre installée dans la salle et qui sera prochainement exposée à l’école du village), en présence du maire, Calixte Bonnenfant, et du conseil municipal.

    Pour le président, élu depuis 1982, la relève est un sujet préoccupant : « Les générations d’anciens combattants disparaissent petit à petit et il faut des jeunes pour assurer la pérennité de nos structures ; l’avenir repose sur eux, même s’il y a encore des gens motivés et actifs au sein des sections, il faut la relève ». Un sujet qui sera sûrement développé lors du prochain congrès, le 19 février 2012, à Cormontreuil.

    La cérémonie terminée, le verre de l’amitié était partagé et les médaillés félicités.

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    Union111114f
    HERMONVILLE : Clémentine, 11 ans, a défilé à Reims.

    Clémentine, jeune sapeur-pompier de 11 ans, est la plus jeune élève de la caserne Marchandeau.
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  • Clémentine, une demoiselle d’Hermonville âgée de 11 ans, a participé vendredi à la cérémonie du souvenir à Reims en tant que jeune sapeur-pompier.

    Elle est en seconde année de formation JSP à la caserne Marchandeau et c’est elle la plus jeune élève.

    Elle a été sélectionnée en mai 2010 après avoir passé des tests sportifs et elle s’est classée 10e sur 80.

    Un samedi sur deux, pendant quatre heures, elle apprend les techniques de secours et de lutte contre l’incendie, pratique du sport, ou apprend à connaître le matériel.

    Elle est en 6e au collège de Saint-Thierry, et ses matières préférées sont les maths et le sport. Elle est par ailleurs inscrite à un cours de gym de compétition.

    Elle a défilé place de la République, puis elle a participé à la cérémonie officielle au cimetière du Nord puis au monument aux morts, avec la présence exceptionnelle des pompiers de Paris.

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    Union111114e
    ISLES-SUR-SUIPPE : Hommage à un Poilu d’Isles-sur-Suippe

    Une partie de la famille de M. Bertin demeure encore sur le secteur et assistait à cette cérémonie.

    Un hommage tout particulier a été rendu à la mémoire d’un ancien habitant du village et soldat appelé, mort au combat pendant la Première Guerre mondiale.

    Léopold Gabriel Bertin est mort au combat le 27 septembre 1915 sur la trop célèbre butte de Souain. Il appartenait au 354e Régiment d’Infanterie, matricule 1110. Son corps ne fut rendu à sa famille que le 25 janvier 1923 à Isles-sur-Suippe. Sa tombe a été restaurée par M. Christophe, membre du Souvenir Français, et un employé de la commune en juillet 2010.

    Léopold Gabriel Bertin avait épousé Rose Philippe d’Isles-sur-Suippe. Ils eurent une fille Henriette. Une partie de la famille de M. Bertin demeure encore sur le secteur et assistait à cette cérémonie.

    A l’issue de cet hommage, a eu lieu la cérémonie officielle au monument aux morts avec la participation de la fanfare de Saint-Masmes.

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    Union111114d
    LES-PETITES-LOGES : La médaille des porte-drapeaux pour Serge Forboteaux aux Petites-Loges

    Serge Forboteaux décoré par Michel Cordier.
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  • Serge Forboteaux s’est vu remettre la médaille d’honneur de porte-drapeau lors de la commémoration du 11 novembre.

    Raymond Ayala, maire, a rappelé l’histoire du père de Serge Forboteaux, Edmond, mort en déportation le 15 juillet 1944 à Nevengamme. Serge est donc devenu par ce drame orphelin de guerre et fait pupille de la nation.

    Habitant depuis fort longtemps aux Petites-Loges, la commune lui a demandé il y a dix ans de succéder au dernier porte-drapeau. Serge Forboteaux a accepté cette mission en mémoire de son père, un des fondateurs de « l’Union des syndicats ouvriers de la Marne ».

    En reconnaissance de sa fidélité à cette fonction de porte-drapeau du village, Michel Cordier, doyen des élus du village, lui a accroché la médaille honorifique sous les yeux des élèves de l’école du village accompagnés de leur enseignante. Les élèves ont ensuite entonné la Marseillaise en son honneur.

    L’émotion était palpable lorsque le maire lui a remis le diplôme d’honneur de porte-drapeau. Un diplôme signé à Paris le 3 novembre dernier par Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants.

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    Union111114c
    REIMS : Expo photos : Hommage aux soldats de 14-18

    L’exposition de Béatrice Dahm est visible durant tout le mois de novembre.
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  • En ces jours tournés vers le souvenir des combattants de 14-18, l’exposition présentée par Béatrice Dahm au Centre International de séjour prend une dimension toute particulière.

    Pour cette jeune femme au caractère bien trempé mais à la sensibilité à fleur de peau, le goût à la fois pour la photographie et l’histoire de la Première Guerre mondiale est né de son parcours scolaire : d’abord en atelier photo avec son instituteur de CM2 à Fismes. Quelques années plus tard, elle visitera la Caverne du Dragon avec son collège. Viendra ensuite la rencontre avec le livre « Orages d’acier », d’Ernst Jünger, et des récits de Maurice Genevoix ou de Roland Dorgelès. Irrésistiblement attirée par les lieux de mémoire, elle y fixera des détails qui, liés aux citations restées dans son esprit, provoqueront des déclics émotionnels très forts.

    Cette exposition illustre ces chocs entre l’image et le texte : elle a été présentée - juste retour des choses - du 4 février au 25 mars derniers à la Caverne du Dragon où elle a suscité émotion et intérêt.

    Exposition des photographies de Béatrice Dahm à voir au Centre international de séjour, chaussée Bocquaine à Reims durant tout le mois de novembre. Entrée libre.

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    Union111114b
    VERNEUIL : Le temps du souvenir

     

     

    À Verneuil, après le traditionnel cortège jusqu’au monument aux morts, les enfants ont lu des textes relatifs au premier conflit mondial devant les habitants du village avant d’entonner la Marseillaise, accompagnés par la Musique municipale de Dormans.

     

     

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    Union111114q
    WARMERIVILLE.

     

    Cette journée du 11 Novembre était également un événement important chez les pompiers :la remise d’un nouveau drapeau au centre de secours.

    Trois médailles ont été remises pour 20 ans au service des pompiers à Jean-Michel Menu, Thierry Mauguière, Jean-Jacques Linguet.

    Tous ont le grade de caporal.

     

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    Union111113w
    VALMY : Kellermann, duc de Valmy

    Quatre canons protègent le monument en l’honneur de François Kellermann à Valmy.
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  • François Kellermann a passé toute sa carrière dans l’armée.
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  • Chapelle renfermant les cendres de la princesse de Giletti, arrière-petite-fille de Kellermann, bienfaitrice de la commune.
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  • Une longue et victorieuse carrière militaire a valu à ce Strasbourgeois le titre de duc de Valmy. Il a traversé monarchie, Révolution, république, Empire et Restauration.

    IL est né le 28 mai 1735 à Strasbourg, ville dans laquelle son père est directeur de la Gabelle. Il fait des études solides et rejoint les armées. Cadet à 15 ans, enseigne à 18, il entre aux volontaires d’Alsace, fait la guerre de Sept Ans dans la cavalerie.

    On lui prête dans cette guerre un fait d’armes assez exceptionnel, celui de faire 300 prisonniers chez l’ennemi avec une modeste poignée d’hommes. Il en ramène la Croix de Saint-Louis.

    Il vit, par la suite, diverses missions en Europe, notamment en Pologne. En 1788, il est nommé maréchal de camp par le roi (grade équivalent à général de brigade), ce qui lui apporte le privilège de la noblesse.

    L’arrivée de la Révolution ne lui pose aucun problème. Il est nommé lieutenant-général (équivalent de général de division). En 1792, âgé de 57 ans, il est promu chef des armées du Centre avec mission de défendre les frontières.

    Il échappe par miracle à la guillotine

    Dumouriez, général en chef, l’appelle pour la défense contre les coalisés en Champagne. Le 16 septembre 1792, il est en route avec 22 000 hommes. Deux adjoints de valeur sont à ses côtés, Berthier, son chef d’état-major, futur chef d’état-major de l’empereur, et Daboville, spécialiste de l’artillerie. Il occupe les hauteurs de Valmy, position négligée par l’ennemi.

    Bataille plutôt étrange, une seule attaque, une très forte canonnade et une pluie torrentielle terminale achèvent l’offensive ennemie, la route de Paris est libre. Goethe, témoin, écrit : « D’ici et d’aujourd’hui, date une nouvelle époque. » L’année suivante, François Kellermann participe à la libération de la Savoie. Il est pourtant soupçonné par le comité de salut public « de ne pas se conduire en mandataire du peuple mais en général de la royauté », arrêté, et interné treize mois à la prison de l’Abbaye. Soupçonné d’intelligence avec l’ennemi, il échappe par miracle à la guillotine.

    Libéré par la mort de Robespierre, il assure le commandement de l’armée des Alpes en 1797. Il est même pressenti à un moment pour doubler Napoléon, jugé encombrant par les politiques de l’époque. Lequel Napoléon menace de démissionner si l’opération a lieu. En 1799, Kellermann devient inspecteur général de la cavalerie. Il accède ensuite aux postes de sénateur, puis président du Sénat en 1801. En souvenir de la victoire de Kellermann à Valmy seize ans plus tôt, Napoléon crée pour lui le titre de duc de Valmy en 1808.

    Il se rallie tout naturellement à Louis XVIII et devient gouverneur de la région militaire de Strasbourg. Quand Napoléon revient de l’île d’Elbe, il préfère se tenir en réserve. Lors de la seconde Restauration, il siège à la chambre des Pairs et y vote la mort du maréchal Ney, son ancien frère d’armes.

    A 80 ans, il ne mène plus d’activité militaire. Les chroniqueurs décrivent un vieillard petit, tiré à quatre épingles, le visage légèrement poudré, « véritable silhouette de l’Ancien Régime ». Son langage est teinté de l’accent « Vosges et Rhin », mais il a toujours le prestige d’un grand chef de guerre.

    Il meurt en 1820, âgé de 85 ans. Son fils, général et grand cavalier de l’Empire, était mort à Waterloo au service de Napoléon, qui ne l’aura jamais honoré du titre de maréchal. Le titre de duc de Valmy a disparu en 1868 avec le troisième héritier du nom.

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    Union111113v
    LIVRE : Scènes de vie au temps du vert-de-gris

    Marché noir, …. f
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  • iles d’attente et restrictions : L’Occupation au quotidien retracée par Hervé Chabaud.
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  • Témoignage. La Seconde Guerre mondiale n’est pas faite que de combats mais pendant quatre ans, la vie quotidienne y est rude, faite de restrictions, de privations, d’humiliation. Un hors-série de l’union revient sur ces années difficiles.

    Quel regard porter sur la vie sous l’Occupation ? Pour aborder ce sujet, Hervé Chabaud qui signe ce hors-série de l’union a fait appel aux lecteurs qui ont vécu cette période compliquée de la Seconde Guerre mondiale. Leur mémoire est souvent précise et les faits qu’ils évoquent peuvent être recoupés avec des rapports préfectoraux et même, malgré la censure, par certaines informations arrangées d’une presse aux ordres.

    Ce qui domine cette période c’est d’abord un Etat contraint de se replier à Vichy et qui tient à conserver au moins une autorité de façade alors que le gouvernement du maréchal Pétain manifeste son suivisme à l’égard d’une Allemagne victorieuse de la campagne éclair du printemps 1940. On relit avec intérêt comment les préfets exercent leurs pouvoirs et à l’examen du contenu de plusieurs de leurs rapports, comment ils mesurent les difficultés de la vie quotidienne pour mieux chercher à atténuer le choc d’une restriction des libertés publiques doublée d’une difficulté croissante à pouvoir manger à sa faim.

    Même l’affichage ministériel dans les départements ne change rien. Ce n’est pas parce que l’amiral Darlan, le général Huntziger, Jean Berthelot ou Jean Achard, Georges Lamirand et Pierre Pucheu viennent expliquer la politique d’un pouvoir qui s’affiche avec Hitler à Montoire ou avec Goering à Saint-Florentin que la population est rassurée. Elle peine sous les restrictions et ressent la collaboration comme une honte française, sans toujours avoir la volonté de s’engager dans une résistance déterminée. Le quotidien de privations comme le montre l’auteur, affaiblit la volonté même si certains osent, plus encore chez les jeunes qui, bientôt vont être requis pour participer au Service du travail obligatoire. Pendant ce temps, à l’école on fabrique un culte du maréchal comme s’il devait être l’exemple de la sagesse et du service de la France.

    Dans les familles où un père, un fils sont souvent prisonniers, l’échange de courriers ne tempère par l’angoisse de l’absence. Le système D se développe et la solidarité intrafamiliale est le ciment indispensable pour soulager la pesanteur de l’occupation marquée aussi par la persécution méthodique des Juifs envoyés vers les camps d’extermination nazis. La Résistance se met en place lentement avec des initiatives plurielles. Très vite l’exigence de la rigueur, du cloisonnement, de la discrétion et d’un professionnalisme du renseignement et de l’action s’avère un impératif pour déjouer une police allemande ambitieuse et déterminée à déstructurer toute l’architecture de cette Résistance soutenue par le général de Gaulle et les Alliés.

    Les ombres de la gestapo sont partout mais cela ne tue pas l’audace de courageux qui, petit à petit, organisent des réseaux efficaces. Par quelques exemples Hervé Chabaud explique le maillage territorial qui se met en place et sera très utile pour venir en aide aux personnes recherchées, aux réfractaires, aux aviateurs alliés contraints de sauter en parachute dans nos régions.

    En sept chapitres illustrés et mis en page par Catherine Tellier, l’auteur propose une série de focus sur ces jours vert-de-gris. Une synthèse intéressante et originale qui retrace des scènes de la vie quotidienne sous l’occupation avant que l’horizon s’éclaircisse et que la libération se profile.

    Hors-série de l’union, Hervé Chabaud « La vie sous l’Occupation » (Marne, Aisne, Ardennes) 116 pages, 5 euros. Disponible chez votre marchand de journaux.

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    LIVRE : Champagne, amour et mort, au temps des nazis…

    Champagne et collaboration : en insérant des personnages de fiction dans un cadre tout ce qu’il y a d’historique, Frédéric Couderc a réalisé un détonnant assemblage.
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  • Vichyste zélé, le préfet de la Marne d’alors, René Bousquet, est en bonne place dans le roman.
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  • Cocktail. Avec son roman historique « Et ils boiront leurs larmes », publié chez Flammarion, Frédéric Couderc nous fait remonter le temps jusqu’à l’Occupation de sinistre mémoire. L’occasion, par-delà les libertés de la fiction, de se pencher sur la réalité confuse de ces temps trop souvent présentés de façon manichéenne…

    Le roman est un genre magique en ce sens que sa nature fictive affranchit auteurs et lecteurs des contraintes de leur temps… Il est donc possible de réécrire une histoire que l’on pensait gravée dans le marbre d’une vulgate bien pensée et politiquement correcte… voire même de la faire diverger à partir d’un événement donné, par la grâce des univers parallèles de l’uchronie (Ndlr : lire « Le maître du haut château » de Philip K. Dick). On peut encore voyager dans le temps, sur les pages ailées des romans historiques, et participer à ces grands moments qui fondent la légende des siècles, de « Salammbô » à « Ivanohé », en passant par « Les Trois mousquetaires », « Ben Hur », ou les « Mémoires d’Hadrien »…

    Pour ce qui nous concerne, « Et ils boiront leurs larmes », de Frédéric Couderc, chez Flammarion, est à n’en pas douter un roman historique, mâtiné d’un zeste d’uchronie, car cette fiction qui se déroule dans la Marne des années 40, met en scène le milieu très secret des grandes maisons de champagne sous l’Occupation, dans le cadre d’une évocation certes historique s’agissant du décor, mais on ne peut plus romanesque en matière d’action, car personnages et histoire y tissent la trame d’un monde légèrement différent de celui que nous pensons connaître.

    Pour être fidèle aux informations communiquées par l’éditeur et ne point trahir l’argument du roman voici comment se présente la chose : « Champagne, décembre 1940. Après quelques années à New York, Véra Keller, belle jeune femme de vingt-cinq ans, retrouve le domaine familial plongé dans le chaos : son frère est emprisonné après un attentat raté ; en représailles, Vichy liquide son vignoble ; sa mère, Rose, bascule dans la folie. Quelques mois plus tôt, Reims a vu arriver le Weinführer Otto Klaebisch chargé par Hitler de fournir le Reich en bulles fines et légères. Cet officier met en place une collaboration « franche et loyale » avec l’aide du préfet René Bousquet. Les nazis réclament deux millions de bouteilles par mois.

    Tandis que les notables et les grandes Maisons « s’accommodent », Véra conserve le sens de l’ennemi. Dans sa lutte pour sauver les siens, épaulée par Marcel, fidèle et talentueux chef de caves, elle reçoit l’aide inattendue de Joseph Bosch, l’adjoint du Weinführer. Fatalement, les deux jeunes gens cèdent à la passion. Si la guerre leur accorde un répit, lâcheté et trahison rôdent autour d’eux. Entre instinct de survie, secrets de famille et conscience morale, Véra choisit de rejoindre les premiers Résistants réfugiés dans les kilomètres de galeries où se bonifient les meilleurs crus. Jusqu’au drame… »

    Les ingrédients d’un honorable roman d’aventure sont présents, la période… troublée, l’héroïne jeune, riche, belle et aventureuse, les méchants clairement identifiés, les bons aussi, l’amour, la mort et les facéties du destin… Tout l’intérêt de ce récit réside, au-delà du divertissement, dans le fait qu’il nous raconte une histoire, et en réveille une autre, soigneusement maquillée, mais un peu gênante… Tant et si bien que l’on en vient à se demander si par-delà cette fiction revendiquée, la réalité qui nous a été donnée sur le monde pétillant du champagne résistant n’est pas, elle aussi, une autre fable… Car l’auteur, à jouer avec ses personnages, mêlés à d’autres on ne peut plus réels, nous conduit à nous interroger sur les frontières entre vraisemblance et vérité, sur le fait de savoir si en matière d’histoire, officielle, il n’existe pas un équivalent de la convention romanesque. « Et ils boiront leurs larmes », de Frédéric Couderc, Flammarion, 425 pages, 21 euros.

    Histoires parallèles

    Et si l’histoire, officielle, n’était qu’une fiction parmi tant d’autres. Une fiction tenue vraie, quand bien même tout n’est pas si simple ?

    Au nombre des personnages du roman, on découvre, en bonne place, le Weinführer Otto Koch - Otto Klaebisch dans la réalité - et aussi, le préfet de la Marne, René Bousquet… tel qu’en lui-même, zélé, efficace, tout dévoué à l’administration vichyste. Et si Véra Keller est un personnage imaginaire, dont le prénom renvoie au sublime conte éponyme de Villiers de L’Isle-Adam, la nécessité ou la raison économique, qui sous-tendent l’action romanesque jouent un rôle qui est sans doute fort proche de l’air de ce temps-là. L’effondrement du pays, miné par une classe politique impotente, trahi par le Parti communiste Français des Maurice Thorez, Maurice Tréand et Jacques Duclos, respectueux du pacte germano-soviétique et coupables de sabotages dans les usines d’armement, a poussé nombre de Français traumatisés par la saignée de 14-18, à sacrifier honneur et esprit critique à un désir effréné de paix… Fermer les yeux sur la honte, parce qu’il fallait bien vivre, reprendre les affaires, faire tourner le commerce, sous l’égide du sinistre géronte Pétain et de ses séides, tel Marcel Déat, ex-prof de philo du lycée de garçons de Reims, ex-député socialiste de la Marne… L’extrême droite n’était pas en reste qui avait animé les années 20 et 30 par l’activisme de ses ligues, l’Action française, les Croix de Feu, dont Mermoz avait été l’un des célèbres adhérents, et aussi les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, cité en tant que tel page 25 du roman de Frédéric Couderc.

    Pierre Taittinger, dont l’un des fils, Michel, sous-lieutenant, à la tête du 66e régiment d’artillerie et d’une section du 4e régiment marocain, est mort pour la France le 15 juin 1940,

    le jour de ses vingt ans, en défendant - à la baïonnette - le pont de Saint-Parres-aux-Tertres (Aube), qu’il avait tenu jusqu’à épuisement des munitions…

    C’est dire si l’époque était confuse et cruelle, l’héroïsme voisinant avec la lâcheté ou la craintive indifférence, les affaires s’accommodant des nouveaux maîtres, la « résistance » se limitant parfois au fait de planquer des bouteilles, ou de les vider, « Au moins ça que les Boches n’auront pas… ».

    Frédéric Couderc n’a pas la prétention d’être un nouveau Zola, ou un autre Hugo… il focalise sa fresque sur le petit monde du « champagne », dans le triangle Reims-Châlons-Epernay, ses personnages et figurants animent une dramaturgie vouée à l’action romanesque, non à l’exégèse historique. Chacun incarne un archétype, une catégorie humaine, quitte à ce que la stature que leur prête le roman ne corresponde pas vraiment à la trace que leurs modèles ont laissée dans les mémoires. Ainsi, Robert-Jean de Vogüé, authentique résistant, qui fut arrêté par la Gestapo, jugé et condamné à mort en mars 1944, à Reims, doit-il la vie à René Bousquet, dont les relations au sein de l’appareil pétainiste ont obtenu qu’il fût gracié et… déporté. Un Robert de Vogüé qui a plaidé la cause de Bousquet, à la Libération, arguant de ce qu’il avait permis de sauvegarder le stock de champagne en aidant à sa dissimulation… D’autres notables du cru ont été plus explicites encore, déclarant tel Bertrand de Mun, le président de la Chambre de commerce de Reims, que le préfet Bousquet « faisait tout ce qu’il pouvait pour servir d’écran protecteur » au service des Marnais, face aux autorités allemandes d’occupation. En la matière c’est encore Pierre Regnault, directeur de la maison de champagne Salon, qui s’avère le plus laudateur, invoquant la « conduite magnifique » de Bousquet, expliquant que « le plus beau fleuron de la résistance de M. Bousquet à nos ennemis, fut l’organisation de la viticulture champenoise… ».

    Frédéric Couderc a puisé nombre d’éléments de son roman dans les travaux de Jean-Pierre Husson, historien de son état, et dont une part significative des travaux est consultable en ligne sur le site du Centre Régional de Documentation Pédagogique (www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_2gm/champagne_occupation.htm#actes).

    Après la lecture du roman, une plongée dans les archives de notre histoire s’avère indispensable, tant pour satisfaire la curiosité éveillée par la fiction que pour mieux comprendre sur quels fondements, le petit monde du champagne, comme la France contemporaine, font reposer leurs représentations contemporaines, « issues de la Résistance », comme on dit.

    Philippe Le Claire pleclaire@journal-lunion.fr

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    REIMS : La Fnaca défend la cause des anciens combattants

    Une belle assistance pour cette AG 2011.
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  • De gauche à droite : le porte-drapeau Michel Coulmier, les médaillés Jacques Baudière et Jacki Fradin auprès de Claude Fauvet.
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  • Geste malheureusement incontournable : l’assemblée générale du comité de Reims de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants Algérie Maroc Tunisie) s’est ouverte sur un moment de silence en hommage à la quinzaine de membres disparus cette année, dont deux veuves… Disparitions un peu compensées par des entrées mais « nous subissons la loi biologique de l’âge », a déploré le président Jean Forget. Cependant, l’association compte encore 486 adhérents dont 85 veuves.

    Un constat qui, une fois de plus, entraîne un appel à des volontaires pour soulager l’équipe des membres du bureau, ainsi que les fidèles porte-drapeaux qui ont participé en 2011 à 15 manifestations officielles et aux enterrements.

    Après avoir rappelé quelles étaient ces cérémonies, le président a exprimé sa satisfaction suite à l’aide apportée par la mairie de Reims pour celle du 19 mars 2011 « en présence de nombreuses personnalités et associations amies, avec participation très appréciée de l’harmonie municipale que nous espérons revoir en 2012 pour le 50e anniversaire ».

    Rassemblement

    Parmi les projets pour 2012, cette date du 19 mars est annoncée pour des cérémonies qui auront lieu à Bétheny, Reims et Witry, sans doute le matin car l’après-midi, le bureau national organise un grand rassemblement à Paris pour commémorer ce 50e anniversaire du cessez-le-feu : plusieurs cars sont prévus pour ce déplacement.

    Après l’intervention amicale d’André Collignon, vice-président du comité de Longwy, association jumelée, ce fut au tour de Claude Fauvet, président départemental et membre du bureau national, de prendre la parole pour faire le point sur le budget 2012 des anciens combattants « dont il n’y a rien de bon à attendre puisqu’il est de nouveau en baisse de 4,62 % »… Toujours la crise en cause… Pourtant, « chaque année, des milliers d’anciens combattants disparaissent et cette caractéristique devrait dégager des marges sans augmenter la dépense publique ? Bien qu’il ne soit pas très moral de compter faire des économies sur les morts !… A ce rythme-là, il est probable que nous serons tous disparus quand la crise sera finie ! »

    Claude Fauvet a par ailleurs annoncé que le 20e congrès départemental de la Fnaca aurait lieu à Cormontreuil le 15 avril 2012.

    Pour terminer, il a remis la médaille de la Reconnaissance de la Nation à Jacques Baudière et Jacki Fradin.

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    CORMONTREUIL : Beaucoup d’enfants à Cormontreuil

     

     

    Il y avait beaucoup d’enfants à Cormontreuil.

    Ceux du conseil municipal d’enfants, bien sûr, mais aussi de plus jeunes qui sont allés déposer une gerbe à l’un des monuments aux morts.

    Au cours de cette cérémonie, Claude Viéville, président de la section locale de l’UNC, a remis la médaille des porte-drapeaux à Claude Mailfait (photo), en poste depuis trois ans au sein de la section locale avant que le maire, Jean Marx, lui remette à son tour le diplôme d’honneur.

     

     

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    CHAMPILLON

     

     

    C’est dans la grisaille de ce 11 novembre que se sont rassemblés devant la mairie, les habitants, le conseil municipal et la fanfare de Champillon, avant de se rendre au monument aux morts pour un hommage aux disparus de la Grande Guerre.

    Les bleuets, symbole de paix ornaient les boutonnières en signe de solidarité.

    A l’issue de la cérémonie, le verre de l’amitié a été partagé.

     

     

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    CHATILLON-SUR-MARNE

     

     

    A Châtillon-sur-Marne comme à Montigny-sous-Châtillon, les cérémonies du 11 -Novembre ont été dignement célébrées afin de pérenniser le devoir de mémoire envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour préserver notre avenir.

     

     

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    COOLUS : Hommage solennel

     

    La cérémonie du 93e anniversaire de l’Armistice du 11Novembre 1918 s’est déroulée devant le monument aux morts de Coolus où le maire Michel Flot a déposé une gerbe.

    Les soldats tombés sous le drapeau français en Afrique, au Proche Orient et en Afghanistan ont été associés à cet hommage solennel de la Nation pour que notre drapeau, lui, jamais ne tombe.

     

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    DIZY

    La commémoration du I I -Novembre a été particulièrement suivie par la population de Dizy.

    Invités à effectuer un devoir de mémoire en hommage aux anciens combattants de la Grande Guerre, les habitants sont venus nombreux et la présence des enfants de l’école très appréciée.

    Le maire, Barbara Naveau, leur confia la lecture de la lettre du Président.

    Une cérémonie émouvante notamment pour l’hymne national chanté par les enfants.

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    Union111113n
    DORMANS : La jeunesse très impliquée

    La plaque « Patrimoine du XXe siècle » a été dévoilée par Gilles Giuliani, sous-préfet de l’arrondissement d’Epernay et Philippe Martin, député de la Marne à l’occasion des cérémonies du 11-Novembre.

    Plusieurs moments forts ont marqué les cérémonies commémoratives du 11-Novembre. La matinée a débuté par le traditionnel dépôt de la gerbe offerte par le président de la République au Mémorial des batailles de la Marne.

    Pour donner sa pleine valeur à l’événement, les autorités avaient également choisi le 11 novembre pour dévoiler la plaque officielle « Patrimoine du XXe siècle », suite à la labellisation du monument par le ministère de la Culture. Cette reconnaissance met en lumière l’importance de l’édifice bâti comme un « rempart contre l’oubli » et qui est aussi devenu aujourd’hui un élément clef d’un tourisme résolument tourné vers les plus jeunes générations, notamment grâce au travail effectué par les bénévoles.

    Car ce qui a caractérisé l’ensemble des cérémonies qui se sont poursuivies aux monuments aux morts de Soilly, puis de Dormans, ainsi qu’aux cimetières militaire et civil, c’est l’implication très active de la jeunesse. Que ce soit la soixantaine de lycéens venus d’Epinal à l’invitation de l’association Mémorial de Dormans 1914-1918, présidée par Jean-Claude Robert, les élèves du collège Nicolas-Ledoux de Dormans, dont plusieurs font aussi partie des Jeunes sapeurs-pompiers et de la Musique municipale, également présents, ou encore les petits de l’école primaire du Gault, soutenus par leurs professeurs et leurs parents, tous se sont donnés à fond pour porter la gerbe, lire le discours du président Sarkozy ou déposer des fleurs sur les tombes des soldats français et allemands, n’hésitant pas à se lever parfois très tôt pour préparer ces cérémonies.

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    EPERNAY : Les messages lus par les jeunes

    Des élèves du lycée Léon-Bourgeois et du collège Jean-Monet ont accompagné les personnalités lors du dépôt de gerbe au monument aux morts.
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  • Les cérémonies commémoratives de l’armistice du 11-Novembre ont débuté place de la République où avaient pris position les sapeurs-pompiers et leurs véhicules, les délégations scolaires, les guides et scouts d’Europe, les porte-drapeaux, l’Avenir Musique, les personnalités et les Anciens combattants.

    Un premier dépôt de gerbe a été effectué au pied du monument dédié aux Martyrs de la Résistance par Gilles Giulliani, sous-préfet d’Epernay, Philippe Martin, député de la Marne, Franck Leroy, maire d’Epernay et Yvette Lundy, résistante et déportée, alors que l’Avenir Musique exécutait les sonneries réglementaires.

    Le cortège s’est ensuite rendu dans les jardins de l’hôtel de ville pour un second dépôt de gerbe au pied du monument aux morts. Les autorités étaient alors accompagnés par une délégation scolaire du lycée Léon-Bourgeois, des anciens lauréats du Concours de la résistance et de la déportation et une délégation scolaire du collège Jean-Monnet.

    Sur la terrasse surplombant le monument aux morts, le communiqué du 11 novembre 1918 émanant du Grand quartier général de l’armée française a été lu par des élèves du collège Terres Rouges, le message de l’UFAC par des élèves du collège Côte Legris, et le message du ministre de la Défense et des anciens combattants par des élèves du collège Jean-Monnet.

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    EPERNAY : Devoir de mémoire Les écoliers et la flamme sacrée

    Remise de diplômes à des élèves qui sont devenus Ambassadeurs de mémoire.
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  • Ils sont allés raviver la flamme sous l’Arc de Triomphe et ont rapporté ce feu du souvenir en prévision des cérémonies du 11-Novembre dans leur commune.

    « J’AI eu un peu peur au début, mais je suis fier », explique intimidé Camille Chayoux. Le jeudi 10 novembre, cet écolier du Mesnil-sur-Oger a été choisi par les militaires afin de tenir le glaive au-dessus de la flamme du Soldat inconnu. Une grande émotion teintée de surprise, c’est certain.

    Camille était parti en direction de Paris, le matin à 9 heures en compagnie d’élèves des CM1 et CM2 des écoles de Val-des-Marais, Colligny, Vertus, Chaltrait, Mesnil-sur-Oger, Oger, Bergères-les-Vertus. Pour la 4e année, c’est l’association Mondement 1914 qui est à l’origine de ce déplacement vers la Capitale.

    Travail scolaire

    « Ce projet nous avait été proposé dès mars de l’année passée », explique Laure Cailly, enseignante des élèves du Mesnil-sur-Oger. « Les contacts ont été relancés en octobre pour bien préparer les choses. Mais auparavant nous avons effectué un grand travail en classe avec les élèves afin de les impliquer le plus possible. Ils ont notamment lu des lettres de soldats. J’ai pris soin de glisser aussi un courrier d’un Allemand pour qu’ils puissent se rendre compte que la lutte avait été terrible des deux côtés. » Les enfants du Mesnil se sont également rendus au monument aux morts et ont effectué des recherches concernant les conditions de vie des Poilus ainsi que celle des civils durant le conflit, ce qui a conduit à la réalisation d’une exposition.

    Retour au voyage du jeudi 10 novembre, la troupe de 164 Marnais est arrivée vers 11 heures au fort de Vincennes. Les enfants ont été accueillis dans une caserne afin de déjeuner à côté des militaires. Puis, tout le monde a pris la direction des Invalides pour être reçu par l’arrière petit-fils du maréchal Foch. Après la cour d’honneur, ce fut la découverte du tombeau de Napoléon et de nombreuses anecdotes prestigieuses.

    Aux Champs-Elysées

    Vers 17 heures, les élèves et leurs accompagnateurs ont rejoint l’Arc de Triomphe pour être aux premières loges de la cérémonie qui consiste à raviver la flamme sacrée. Certains ont accompagné des élus pour un dépôt de gerbe, ils étaient ainsi parfaitement associés aux événements de commémoration et mis sur le devant de la scène pour la prise de la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu et son ravivage.

    Puis vint le moment du défilé sur les Champs-Elysées avec la Garde républicaine et tous les corps de l’Armée.

    « Remonter la plus grande avenue du monde et traverser la place de l’Etoile, ce n’est pas quelque chose qu’ils feront plusieurs fois dans leur vie », souligne Laure Cailly, l’enseignante du Mesnil-sur-Oger. « J’ai bien insisté sur la chance qu’ils ont eue et tout particulièrement Camille ! Ce genre d’événement, c’est plus vivant qu’une simple visite au musée. Cela restera gravé dans leur mémoire et ils l’auront bien présent lorsqu’ils aborderont ce sujet qui est au programme du brevet. »

    Avec des images plein la tête, les jeunes ont ensuite repris le chemin du retour pour arriver chez eux vers 23 h 30. Une longue journée riche en souvenirs de toute sorte.

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    LE MESNIL-SUR-OGER : Armistice Toutes les générations rassemblées

    Lors de l’hymne national.
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  • Aux côtés des « grands », les écoliers ont participé à leur façon à la commémoration de l’Armistice de 1918. Tout d’abord, aux alentours de midi, les enfants ont ouvert la marche du défilé jusqu’au monument aux morts.

    Puis, ce fut l’émotion de la lecture de 3 lettres de soldats à l’époque du conflit. Enfin, ils ont chanté l’hymne national à la mémoire des hommes mort pour la France.

    Une implication des plus jeunes qui a fait chaud au cœur tant aux parents d’élèves qu’aux élus et au représentants de l’armée.

    Le maire, Pascal Launois, n’a pas manqué d’insister sur l’importance de la mobilisation des enfants en rappelant les atrocités du conflit et en rendant hommages aux efforts des soldats qui se sont battus en faveur d’un monde libre.

    « C’est remarquable de voir l’implication des habitants sur ce genre de cérémonie », souligne le capitaine Sigwalt du 501e RCC. « C’est toujours une occasion concrète d’entretenir le devoir de mémoire. Notre régiment est jumelé avec le Mesnil-sur-Oger. Nous allons faire en sorte que les habitants puissent mieux découvrir notre quotidien. Nous nous devons de rayonner en étant présent aux côtés des élus et en communicant avec la population. »

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    MAGENTA : Sa famille reçoit sa médaille

    La Croix du combattant volontaire avec barrette « Guerre 1939-1945 » décernée à Emile Bellot a été remise à sa famille.
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    A l’occasion des cérémonies du 11-Novembre en présence d’une délégation d’Anciens combattants de l’UNCAFN et de porte-drapeaux, le lieutenant-colonel Serge Plaquin, vice-président du comité d’entente et du Souvenir français, Laurent Madeline, maire de Magenta et Serge Lépine, président de l’UNCAFN, ont déposé une gerbe aux pieds du monument aux morts « en mémoire des quarante-cinq enfants de la commune tombés pendant la Grande Guerre ».

    La Musique municipale, dirigée par Marjorie Muller, a exécuté les sonneries réglementaires, l’hymne anglais, « God save the queen », l’hymne américain, « The star spangled banner », et La Marseillaise.

    Le cortège s’est ensuite rendu à l’Espace culturel Pierre-Godbillon pour la remise de la Croix du combattant volontaire avec barrette « Guerre 1939-1945 » décernée à Emile Bellot. Le récipiendaire étant malheureusement décédé quelques jours après la décision d’attribution, c’est à sa famille que le lieutenant-Colonel Serge Plaquin a remis la Croix du combattant volontaire.

     

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    MUIZON : Muizon n’oublie pas

    Raymond Hulin, étoile d’or pour ses 20 ans comme porte-drapeau, et Raymond Fortin, croix du combattant.
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    Comme de coutume, la commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale s’est déroulée à Muizon de manière très simple : la section du village de l’UNC (Union Nationale des Combattants), désormais jumelée avec Jonchery-sur-Vesle, a dirigé les participants dans les rues, en compagnie de figurants du GMC (Groupe Mémoire et Commémoration) en tenue d’époque et des pompiers.

    Après un dépôt de gerbe au monument du souvenir puis un autre à l’ancien cimetière et les discours officiels, tous se sont retrouvés à la salle polyvalente pour assister à la remise, par le président de l’UNC, Jean-Michel Chevalier, de la croix du combattant à Raymond Fortin, de Jonchery. Raymond Hulin a, lui, reçu l’étoile d’or, insigne et diplôme d’honneur décernés à l’occasion de ses vingt ans d’activité en tant que porte-drapeau…

     

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    Union111113h
    NEUVY : 11-Novembre : Quelques habitants à la cérémonie

     

    Le maire a lu le message.

    A Neuvy, le 11-Novembre a rassemblé quelques habitants courageux.

    Le maire André Sarrazin a lu le message de Nicolas Sarkozy, président de la République en hommage de la nation aux soldats morts pour la France.

     

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    Union111113g
    POGNY : Un message de paix

     

     

    Le maire, les élus et une bonne assistance ont célébré, accompagnés des drapeaux d’anciens combattants et de la fanfare de Saint-Germain, l’armistice du 11 novembre aux deux monuments de la commune, avec dépôt de gerbes et lecture d’un message de paix.

     

     

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    Union111113f
    RECY : Armistice : Les animaux participent aussi

    Une cérémonie largement suivie.
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  • La population a répondu massivement présent à l’occasion de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 rehaussée par la présence de la pouliche Nora, d’un berger hollandais et de pigeons.

    Après la lecture par le maire de la lettre du président de la République puis celle d’un texte sur « Les Animaux dans la Guerre » par deux enfants de l’école, ce fut l’appel des morts soutenu par la sonnerie d’un clairon et le dépôt d’une rose pour chaque combattant. Les représentants des anciens combattants et du groupe scolaire ont déposé une gerbe multicolore au pied du monument.

    Se sont également associés à cette cérémonie : les sapeurs-pompiers, de nombreux bénévoles et les enfants des écoles qui ont chanté la Marseillaise entourés de leurs professeurs et de nombreux parents. Un lâcher de pigeons a clôturé la cérémonie.

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    Union111113e
    SAINT-GIBRIEN : Une gerbe avec les enfants

     

    Patrick Libera, maire de Saint-Gibrien, accompagné d’une partie de ses administrés, a rendu un hommage aux soldats morts pour la France.

    Quelques enfants assistés par le premier magistrat ont déposé une gerbe en leur souvenir.

    Le verre de l’amitié a clôturé cette commémoration.

     

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    Union111113d
    SUIPPES : 11-Novembre Des gerbes et des décorations

    Les jeunes sapeurs-pompiers étaient associés.
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  • La commémoration de l’Armistice du 11-Novembre a été marquée par une prise d’armes devant le monument aux morts de la ville suivi d’un dépôt de gerbes au cimetière militaire.

    La cérémonie était présidée par le maire Jean Huguin et le lieutenant-colonel Jean-Pierre Trzcialkowski, commandant en second le 40e régiment d’artillerie représentant le commandant d’armes de la place de Suippes. Celui-ci a procédé à une remise de décorations.

    Le maréchal des logis Daroussi s’est vu remettre une citation avec attribution de la médaille d’or de la défense nationale, et, le brigadier-chef Botton a reçu une lettre de félicitations.

    Après la lecture du message du président de la république par Jean Collart, président des ACPG, civils et militaires, se sont rendus au cimetière militaire à la suite de l’Union Musicale et des drapeaux des Anciens combattants.

    Le dépôt de gerbe y associait les jeunes sapeurs pompiers du corps districal de Suippes.

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    Union111113c
    TINQUEUX : Cérémonies du 11 novembre

    Deux générations mobilisées pour honorer le devoir de mémoire : Jean-Pierre Fortuné, maire de la commune, et Fanny Deramond, maire enfant, ont déposé ensemble une gerbe devant le monument aux morts.

    Beaucoup de monde vendredi matin sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette devant le monument aux morts de Tinqueux, à l’occasion du 93e anniversaire de l’armistice. Parmi les nombreuses personnalités civiles et militaires, Jean-Pierre Fortuné, maire de la commune et conseiller général de la Marne, Jean Cienki, président du Souvenir Français, Fanny Deramond, maire enfant, Gilles Richard, président des Anciens Combattants, les membres du conseil municipal, les anciens combattants, les porte-drapeaux, les sapeurs-pompiers, les représentants de la police nationale, de très nombreux Aquatintiens.

    Une cérémonie d’une grande sobriété mais très émouvante, ponctuée par l’hymne national, le dépôt des gerbes, la minute de silence et la lecture du message du ministre des Anciens combattants pour honorer le devoir de mémoire.

    Une cérémonie qui, en l’absence des derniers témoins des combats de 14-18 rend également hommage cette année à tous les soldats morts pour la France.

    Tous les participants ont été invités ensuite à partager à la salle des fêtes Guy Hallet, le verre de l’amitié.

    Jacques Coulon décoré

    Au cours de la cérémonie à Tinqueux, Jacques Coulon a reçu la Médaille commémorative du Maroc. Il a été appelé au service armée le 4 janvier 1958 en Allemagne, alors qu’il portait le grade de caporal-chef, il est dirigé ensuite vers le Maroc où il va servir au premier régiment de tirailleur de mai 1959 à mai 1960. Il sera démobilisé le 15 mai 1960. Il était jusque maintenant titulaire du diplôme de la Médaille Commémorative du Maroc. Au nom du ministre de la Défense, Gilles Richard, président des Anciens Combattants lui a remis la Médaille commémorative du Maroc.

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    Union111113b
    TRIGNY : Deux médailles à Trigny

    A Trigny, vendredi, de nombreux habitants du village ont répondu à l’invitation du maire Francis Blin, et étaient présents pour la cérémonie du souvenir.

    Les pompiers avec leurs casques rutilants côtoyaient les anciens combattants et les élus.

    Après les salutations d’usage, les participants sont montés en défilé vers le carré militaire du cimetière, où ont eu lieu discours et dépôts de gerbes. La vie de deux officiers morts pour la France a été évoquée.

    Ensuite, c’est au monument aux morts que le discours du Président de la République a été lu par deux enfants, avant une remise de médailles dans la salle de la mairie (photo). Les récipiendaires sont : Michel Bernier et Robert Gauthier. Tous deux reçoivent des mains de Roland Marion, président de l’association des anciens combattants, la médaille de l’Ordre national du Mérite en bronze, décernée par l’Union nationale des Combattants. Jean-Claude Verniolle souffrant recevra sa médaille à son domicile.

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    Union111113a
    HISTOIRE : 1941

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    « Ark Royal » torpillé

    Le porte-avions est normalement ben escorté.
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  • Le 14 novembre 1941 est une mauvaise journée pour la Royal Navy. Le porte-avions britannique « Ark Royal » est torpillé par le Kriegsmarine. Malgré tous les efforts de l’équipage pour sauver le bâtiment, les marins sont contraints de renoncer parce qu’ils ne parviennent plus à maintenir à flot l’imposant navire. « Ark Royal » coule à 6h13 à environ vingt-cinq milles nautiques de Gibraltar. C’est le 13 au soir que deux sous-marins de l’amiral Karl Dönitz, le U boote 81 et le U boote 205, repèrent le porte-avions et mettent en commun une stratégie d’attaque pour l’envoyer par le fond. Une première torpille tirée par le U 81 fait mouche au centre du bâtiment et détruit l’une de ses chaudières ainsi que les systèmes d’alimentation électrique de l’ensemble des niveaux. La brèche est importante et l’eau s’engouffre sous la ligne de flottaison si bien que « Ark Royal » prend de la gîte. Le commandant tente le tout pour le tout et espère pouvoir rejoindre à petite vitesse le port de Gibraltar.

    Deux remorqueurs sont appelés au secours de manière à tracter le bâtiment et corriger la bande qui lui donne une position de plus en plus penchée par rapport au niveau de la mer. La situation est compliquée par un incendie qui se déclenche dans la chaufferie. Les marins sont contraints de stopper les pompes indispensables pour évacuer l’eau qui continue à pénétrer dans les compartiments qui n’ont pas pu être isolés. Le bateau reprend de la gîte. Elle atteint 35 degrés. Lorsque l’ordre d’évacuation est donné, un seul membre de l’équipage manque à l’appel. Comme « L’Illustrious » et le « Formidable » sont alors aux Etats-Unis pour y subir des réparations et des modernisations, la Royal Navy ne dispose plus de porte-avions opérationnel capable d’intervenir en Méditerranée ou dans l’océan Atlantique. Cette perte est un handicap pour assurer durablement la protection de Malte. Le Reich n’a toujours pas renoncé à conquérir l’île. Il demeure un port étape sur la route du ravitaillement de l’Afrique du Nord pour le soutien des troupes du général Rommel. Cela n’empêche pas Winston Churchill de considérer que la Royal Navy est toujours en capacité d’intervenir puissamment sur toutes les mers du monde. Ne met-il pas en garde le gouvernement japonais contre toute agression envers les Etats-Unis. Il promet à Tokyo que si les USA sont attaqués par les forces nipponnes il engagera la Royal Navy à la fois dans l’océan Pacifique et dans l’océan Indien. En revanche, le Premier ministre britannique est inquiet sur l’avenir de Hong Kong. Le 15 novembre alors qu’il s’intéresse à l’emploi du paquebot « Awatea » qui a été transformé en transport de troupes pour acheminer deux mille soldats canadiens placés sous les ordres du général de brigade Lawson, Churchill admet qu’il est presque impossible que ces deux unités sans entraînement puissent s’opposer à des troupes d’assaut venues du Japon.

    En réalité, il confie à son entourage qu’il craint un nouveau Dunkerque à l’autre bout du monde. Les plus pessimistes ajoutent qu’à Dunkerque il y avait une porte de sortie alors qu’à Hong Kong, des forces attaquées seront prises au piège. Churchill demande l’étude de tous les scénarios possibles d’autant qu’il ne veut pas subir sur l’ensemble de ses positions dans le Sud-Est asiatique, une prise de contrôle par les corps expéditionnaires japonais. Comme s’il avait une mauvaise prémonition.


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    Huntziger : la mort dans les Cévennes

    Le général Charles Huntziger périt dans un accident d’avion.
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  • Winston Churchill surveille les intrigues.
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  • L’amiral Darlan place ses pions.
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  • Le général Weygand est dans le collimateur.
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  • Crash. Le général Charles Huntziger, ministre de la Guerre du gouvernement de Vichy, est victime le 12 novembre 1941 d’un accident d’avion alors qu’il revient d’Afrique où il a rencontré le général Weygand.

    Cet officier de l’infanterie coloniale qui a été signataire de l’armistice à Rethondes et Villa Incisa a commandé la IIe armée pendant la campagne de France. C’est lui qui a pris de plein fouet le choc de Sedan. Désigné pour présider la délégation d’armistice, il admet que les conditions fixées par le vainqueur sont dures, mais « pas déshonorantes ». C’est encore lui qui est à la tête de la commission d’armistice de Wiesbaden puis, prenant la place de Weygand appelé à un poste secondaire en Afrique du Nord, il devient ministre, secrétaire d’Etat à la Guerre. A l’arrivée de Darlan au pouvoir, Huntziger conserve le poste de la Guerre mais il est progressivement marginalisé par le vice-président du Conseil qui est chargé également des Affaires étrangères et de la Marine. Il se retrouve mis devant le fait accompli lorsque la France se retrouve en guerre en Syrie et, à l’automne 1941, il fait partie avec Weygand et Doyen des officiers généraux que Darlan tient à écarter de toute responsabilité afin de mener à bien une collaboration militaire avec l’Allemagne. Alors qu’il est en tournée en Afrique, le général apprend que l’amiral veut profiter de son absence de métropole pour l’éloigner du gouvernement. Il abrège son déplacement pour avoir une explication avec le vice-président du conseil mais son appareil s’abîme sur un contrefort des Cévennes. Tout l’équipage ainsi que les passagers sont tués.

    Ecarter Weygand

    La mort du ministre accélère la remise en ordre du haut commandement militaire. Le 16 novembre, l’ambassadeur d’Allemagne Otto Abetz est à Vichy pour assister aux obsèques du ministre français de la Guerre. Il en profite pour faire pression sur le Maréchal et l’Amiral et réclame avec insistance le départ immédiat du général Weygand d’Alger. On le soupçonne de prendre de plus en plus de distance à l’égard du gouvernement français et de rechercher des contacts avec des émissaires américains. Dès le lendemain, c’est le général von Stülpnagel et son chef d’état-major le colonel Speidel qui notifient à Jacques Benoist-Méchin l’obligation pour la France de rappeler Weygand. « Si l’immobilisme prévaut nous prendrons les mesures autoritaires qui s’imposent. En effet continuer de faire la sourde oreille aux revendications du Reich reviendrait à saboter le socle d’une fructueuse collaboration. » Pétain cède et interdit à Weygand de faire ses adieux aux corps stationnés en Afrique du Nord. Pis, son fils, le commandant Jacques Weygand qui est en poste à Alger est contraint de rentrer en métropole.

    Le général qui pense alors pouvoir se retirer en Bretagne déchante vite. Il ne peut pas rejoindre sa maison qui est occupée par les Allemands et on lui signifie une sorte d’assignation à résidence en Provence. La seule concession qui lui est faite est le droit de conserver un véhicule et d’être assisté par deux officiers qui sont laissés à son service. Le général choqué par ces mesures manifeste sa mauvaise humeur mais doit se soumettre. Il se rend d’abord à Grasse dans les Alpes-Maritimes chez un de ses collaborateurs, le comte Pierre de Leusse. Les ordres qui sont donnés en sous-main sont très stricts. L’officier est soumis à une surveillance policière permanente mais, comme les visites ne lui sont pas interdites, de très nombreuses personnalités mais aussi des officiers démobilisés se présentent chez le comte pour le rencontrer. La police dresse des listes de visiteurs, prend des renseignements sur les relations éventuellement « dangereuses » que ces personnes peuvent avoir. C’est le temps de la suspicion. Furieux de sa situation, Weygand est sans doute trop bavard. Il marque son hostilité à Vichy et prédit la défaite d’Hitler. Il se réjouit aussi des premières difficultés rencontrées par les Allemands en raison des conditions météorologiques très dures dans la grande région de Moscou. Au journaliste André Blanchet qui vient le voir au Maroc, il lui recommande de regagner le protectorat et suggère que des événements importants vont s’y dérouler à terme. Weygand avait également précisé à Huntziger avant son retour tragique qu’il s’opposerait à une aide française aux troupes de l’Axe en Libye ou ailleurs. Il reconnaît devant le ministre qu’il a conservé des liens avec Robert Murphy, consul général des Etats-Unis à Alger avec lequel il a signé le 26 janvier 1941 un mémorandum définissant les conditions de ravitaillement américain de l’Afrique du Nord.

    Un binôme suspect

    Cet accord Murphy-Weygand a permis de limiter la pénurie dans la région. Le général a en même temps autorisé les Etats-Unis à désigner des représentants pour contrôler la bonne exécution de l’accord de ravitaillement. Consuls et vice-consuls s’installent avec sa bénédiction. Or leurs fonctions ne se limitent pas à un simple contrôle administratif. Ils font du renseignement militaire et Huntziger n’est pas dupe. Les Américains s’intéressent aux questions militaires dans toute l’Afrique du Nord et ils ont le feu vert de la Maison Blanche. Le colonel Solberg a ses entrées auprès de l’état-major français. Il y cultive avec une rare courtoisie des amitiés intéressées, s’occupe avec discrétion des matériels nécessaires à une armée d’Afrique qui reprendrait la lutte contre les forces de l’Axe.

    Weygand a compris que les Etats-Unis considèrent l’Afrique du Nord comme un domaine réservé et une rampe de lancement pour entreprendre de possibles interventions en direction de l’Europe. De son côté Huntziger flaire la supercherie et sait que les relations soignées qui sont entretenues avec Vichy sont aussi destinées à renforcer le maillage territorial extra métropolitain par les services de renseignements US. Winston Churchill qui est au courant des ambitions de Washington ne s’y oppose pas dans la mesure où il garde en souvenir l’opération de Mers el Kébir et estime que les Américains seraient mieux à même d’agir sans déclencher des hostilités locales préjudiciables à la réussite par exemple d’un débarquement allié. Le lieutenant-colonel Jean Chrétien et ses agents du service de renseignements protègent les agents américains qui manquent de discrétion dans leurs investigations locales. Le commissaire Achiary, chef de la Sécurité du territoire à Alger, adopte une attitude semblable. Weygand dit officiellement tout ignorer des combines des services ayant pris certaines distances avec les ordres de Vichy mais officieusement, il encourage toutes les frondes administratives et militaires.

    Les Allemands excédés par tous les freins français au Maroc et en Algérie exigent des sanctions. Ils ont aussi la preuve que le général Béthouard, chargé de liaison avec la commission de contrôle allemande, applique des consignes pour mettre des obstacles dans tous les déplacements initiés par les représentants du IIIe Reich. Enfin, Weygand ne cesse de protester auprès de Vichy contre les excès de la commission de contrôle allemande en Afrique du Nord. C’est aussi une manière de les empêcher d’identifier au Maroc des caches d’armes et de matériels et d’effectuer une comptabilité précise des effectifs qui dépassent ceux qui sont autorisés. Avec l’élimination de Weygand et la disparition d’Huntziger, un nouveau scénario se profile.


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    Le rendez-vous de l’Albert Hall

    Les contradictions de Philippe Pétain sont détaillées à souhait.
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  • Rommel devient le Renard du désert.
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  • C’est à l’appel de l’association « Les Français libres de Grande-Bretagne » que, le 15 novembre 1941, la France libre est conviée à un grand rassemblement fixé à l’Albert Hall. C’est l’occasion pour le général de Gaulle d’affirmer ses convictions républicaines, en reprenant haut et fort, la devise « Liberté, égalité, fraternité » mais aussi « Honneur et patrie ». En ce 510e jour de lutte du Peuple français pour sa libération, l’espace londonien est comble. Le Général est enthousiaste et mesure la mobilisation. Il redit que la France libre est résolue à rétablir, après la victoire, l’égalité en dignité comme en devoir de tous les citoyens sur tous les territoires français. Dans l’émission « les Français parlent au Français », à 20h30 l’intervenant André Labarthe s’en prend à la fois à Philippe Pétain et à Eugène Deloncle le chef des cagoulards. Ce dernier avait déclaré trois mois plus tôt après un entretien à Vichy que le Maréchal était entièrement d’accord avec lui. Dans les cercles gaullistes on doutait de cette pleine convergence de vue mais cette fois il n’y a plus de doute possible après les diffusions de Radio-Paris.

    Des accusations ciblées

    Pétain a en effet adressé au colonel Labonne un télégramme par lequel il approuve l’action de la légion antibolchévique : « Je suis heureux de sentir que vous n’oubliez pas que vous êtes détenteur d’une part de notre honneur militaire. Vous servirez la France d’une manière encore plus directe en participant à cette croisade dont l’Allemagne a pris la direction et qui lui vaut la reconnaissance méritée du monde ». On identifie bien dans les propos du chef de l’Etat français la virulence de son anticommunisme et sa faculté à composer avec le Reich par un discours qui ne peut que flatter Berlin. Pour les gaullistes, c’est la confirmation que le Maréchal adapte de mieux en mieux son discours sur celui des agents d’Hitler. Ces propos indignes sont relayés par : « la presse allemande de langue française ». Labarthe enfonce le clou pour mieux épaissir sa colère et illustre son propos en passant en revue plusieurs manifestations des compromissions de Pétain : « Nous connaissons déjà les multiples masques dont on couvrait tour à tour le visage du Maréchal : un jour c’était le masque de celui qui avait dit face aux Allemands : « Ils ne passeront pas », et le lendemain c’était celui de l’homme qui avait été serrer la main à Hitler à Montoire ; le masque de celui qui chassait Laval puis le masque de celui qui appelait Darlan. Un jour c’était celui de l’homme qui vantait la grandeur du régime totalitaire, le lendemain l’homme qui affirmait aux Américains que les idéaux de la démocratie américaine restaient ceux du peuple français ».

    L’auteur identifie un nouveau visage dont le vieil homme peut revêtir la peau. Il s’agit de celui de la Cagoule ! Le journaliste rappelle que le Maréchal est autiste, imperméable aux manifestations croissantes d’hostilité à l’égard de son gouvernement. Il l’accuse de n’avoir d’yeux qu’en faveur des sergents recruteurs du IIIe Reich et de tous ceux qui se laissent acheter par des promesses venues d’outre-Rhin. « En dépit d’ignobles chantages, en dépit de promesses de libérer les prisonniers, parents des légionnaires on n’a pu trouver en France qu’un nombre dérisoire de mercenaires et d’égarés ou de fanatiques. Et le Maréchal n’aura réussi qu’à compromettre qu’une part du prestige qu’avait gagné la nation française par son attitude héroïque. » Néanmoins, le speaker met en garde Vichy : « Dans la course tragique entre la capitulation des chars et la révolte du peuple, c’est le peuple qui toujours gardera le devant ». De Gaulle qui est scandalisé par la position de Pétain est en phase avec cette autre remarque pertinente martelée par Labarthe : « Devant toutes les nations libres, devant tous les peuples opprimés, il a infligé un nouvel affront à la France. Au moment où tous les Quisling du monde commencent à trembler, il prétend lier le sort de la France à celui des armées allemandes. Au moment où les divisions blindées sont bloquées dans les neiges de Russie, il va au secours de Deloncle. Au moment où tous les peuples d’Europe versent leur sang dans une révolte contre la Tyrannie, le Maréchal Pétain ose parler d’une Europe réconciliée ».

    Pivot de la trahison

    Bref, le Maréchal est considéré comme un pivot de la trahison de la France aussi les Français libres s’émeuvent de celui qui, par son attitude, porte une fois encore une tache sur le pays : « Les Français n’ont jamais consenti et ne consentiront jamais à être les mercenaires d’un conquérant barbare. Ils ont versé leur sang pour la liberté de tous les peuples, ils sont prêts à la verser encore pour libérer leur patrie. Ils ne serviront jamais l’impitoyable ennemi de la liberté et de la France ». Sur les ondes de la BBC, il est clair que les FFL demandent aux vrais Français de dénoncer ces recruteurs de la honte qui essaient de gonfler les effectifs de la Légion des volontaires contre le bolchévisme. Avant de conclure : « Sachant que le destin de la France est entre vos mains et que c’est de vos gestes que dépend dans le monde le prestige de la France, soyez au rendez-vous de l’honneur ». Toujours le 15 novembre, un commando du Special Air Service perd trente-deux de ses cinquante-cinq hommes. Parachutés dans le désert par de très mauvaises conditions météorologiques, il ne parvient pas à détruire l’un des aérodromes de soutien à Rommel. Leur chef, le capitaine Stirling est heureusement récupéré par une équipe du Long Range Desert Group constituée d’anciens explorateurs du désert, spécialisés dans la reconnaissance et qui disposent de véhicules adaptés.

    Quels sont les sentiments qui dominent chez le Général ? S’il se veut résolument optimiste, il confie toutefois ses préoccupations dans une lettre qu’il adresse à son fils Philippe qui alors aspirant de marine à Porthsmouth. Il encourage d’abord l’élève officier : « Ce que tu fais est comme base nécessaire pour devenir un bon officier de marine pour le présent et pour l’avenir. Sache te défendre contre un excès d’invitations (je ne parle pas naturellement de celles qui te sont faites par tes chefs) ».

    Puis il passe au sujet essentiel, celui de l’avenir de la Patrie : « Les affaires de la France ne vont guère. Elles n’iraient pas du tout sans la France libre. Notre devoir sacré consiste, par conséquent, à continuer de marcher fort et droit. Mais l’ignominie de Vichy dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Et cependant quelle occasion s’offre en Afrique du Nord ! Tout de même nous gagnerons la guerre ».

    Les Français libres s’intéressent aussi au premier numéro des « Cahiers du témoignage chrétien ». Cette nouvelle publication dirigée par le père Chaillet interpelle chacun : « France prends garde de perdre ton âme ! ». Il apparaît clairement que pour l’équipe à l’origine de cette publication, soutenir les principes nazis et se dire en phase avec l’ordre nouveau est entrer en rupture avec les valeurs chrétiennes.

    La conception du monde national-socialiste est dangereuse pour la France. Le père Gaston Fessard qui est aussi un coopérateur du journal « Défense de la France » tient à ce que les catholiques et les chrétiens au sens large se redressent et n’acceptent pas un régime de rupture avec ce qui a fait la France et ses valeurs.

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    Union111112k
    LIVRE : Quand les Allemands luttaient contre les réseaux et maquis franco-belges « Face à la Gestapo » : zoom sur une traque sans merci

    Une somme richement illustrée et documentée pour mieux comprendre un aspect peu connu de l’histoire de la résistance.
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  • Un livre-référence sur les réseaux et maquis franco-belges pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands les décimèrent. Mais l’action de ces héroïques résistants fut toutefois décisive.

    « IMPLANTÉ en Belgique, dans le village de Muno, à un jet de pierre de la frontière française, le réseau Prosper s’organisa avec la coopération de résistants français, en la personne notamment de Georges Lefèvre. Une première réunion franco-belge à laquelle participèrent les chefs de la Résistance ardennaise, Paul Royaux et André Point, sur l’initiative d’un agent du SOE aboutit à la création de la branche ardennaise de PHYSICIAN, dirigée par le poète Armel Guerne (dit « Gaspard »), et aux parachutages du printemps 1943. C’est alors que la Résistance ardennaise s’intégrait au réseau Prosper qu’un journaliste belge fondait un réseau de renseignements dont le cœur se trouvait, une fois encore, sur la frontière. Le maquis du Banel fut le centre de cette toile tissée patiemment par son chef, le Belge Adelin Husson… » Les premières lignes du « prière d’insérer » de « Face à la Gestapo » sont explicites. Les deux historiens Philippe Lecler et Annette Biazot livrent une étude particulièrement pointue et documentée sur un aspect peu exploré jusqu’alors de la Résistance ardennaise : « L’objet de cette recherche - le réseau Prosper - est de circonscrire l’action de ses agents des deux côtés de la frontière, de tenter d’expliciter les raisons et les modalités de son démantèlement, de préciser les conséquences qu’il eut dans la région, de comprendre la genèse et l’échec du réseau POSSUM, ainsi que de définir l’action du maquis du Banel de sa création à son démantèlement par les troupes allemandes. »

    La résistance sans frontière

    Le maquis du Banel « dont la plus grande originalité ne fut pas seulement d’avoir été le premier maquis ardennais ou le seul à personnel tant français que belge (fut) une véritable organisation de résistance, avec ses services de diffusion de presse clandestine, d’aide aux illégaux et aux aviateurs alliés, ses corps francs voués au sabotage, et surtout son service de renseignements en liaison régulière avec la Suisse… » Le livre aide à comprendre « comment et pourquoi cette organisation, apparemment si solide, tomba si rapidement lorsque, le 18 juin 1944, les troupes allemandes investirent son aire et massacrèrent les maquisards présents… »

    C’est qu’entre-temps, « dans la région, les services de contre-espionnage de la Gestapo avaient entamé un audacieux "Funkspiel" qui leur permit d’entrer en contact avec Londres, grâce au matériel de radio pris sur les deux opérateurs radio qui devaient travailler sur le secteur ardennais de PHYSICIAN. Par l’intermédiaire de leur faux réseau ARCHDEACON basé dans l’Aisne, ils se firent parachuter pendant près d’une année armes, argent, et même agents du SOE qui étaient immédiatement arrêtés dès leur arrivée sur le sol de France. L’opération ARCHDEACON permit en outre à la Gestapo d’infiltrer une filière d’évacuation d’aviateurs alliés dans les Ardennes et de décimer, au printemps de 1944, la Résistance dans le département. »

    Enseignant, spécialiste de l’histoire de l’Occupation dans les Ardennes, auteur de nombreux ouvrages qui ont fait date (« Article 75 : La collaboration et sa répression dans les Ardennes », « L’Affaire des Manises », « Le Temps des Partisans »), le Français Philippe Lecler a travaillé avec son homologue belge Annette Biazot, professeur à la retraite, fille d’un ancien membre du réseau Propser, secrétaire du Comité belge du Souvenir du Banel.

    Accessible mais rigoureux, un ouvrage appelé à faire référence.

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    Union111112j
    MOURMELON-LE-PETIT : Des médailles pour les anciens

    Nouvelle et ancienne équipes réunies.
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  • Comme tous les ans, l’association des anciens combattants de Mourmelon-le-Petit organisait un repas, mais cette année il fut particulier.

    En effet, les trois « têtes pensantes » de l’association ont changé. À cette occasion, le nouveau président, Philippe Filipiak, a tenu à présenter son nouveau secrétaire, Gérard Masson, et son nouveau trésorier, Thierry Vecrin.

    Trois nouvelles têtes

    M. Filipiak a tenu à remercier chaleureusement ses prédécesseurs et les a assurés que son objectif sera avant tout de maintenir à flot cette association. Par ailleurs, quatre médailles ont été remises lors de ce discours, à Claude Clergé, Jean-Pierre Torres, Daniel Bordet et Jérôme Jedrzejczak, les prédécesseurs de MM. Filipiak, Masson et Vecrin.

    Puis un diplôme a été remis à Dominique Blondeau, fille d’Andrée et André Blondeau, actuelle porte-drapeau de Mourmelon-le-Petit, qui a succédé, dans l’ordre, à Houadi Libidi, André Blondeau et Alain Camus. Ce drapeau, offert par l’Union des commerçants et artisans des deux Mourmelon a été remis par le général Zeller au capitaine Lochereau en avril 1952 et est l’un des plus anciens de la région. Après le discours, tous ont déjeuné ensemble avant de refaire le monde, une nouvelle fois.

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    Union111112i
    ANGLURE : De nombreux enfants ont participé aux cérémonies du 11-Novembre Ambassadeurs de la mémoire

    ANGLURE. Pas d’inquiétude à se faire pour le devoir de mémoire à Anglure. La cérémonie de commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 hier matin a réuni les élus, les pompiers, les gendarmes et les habitants de la commune. Ainsi que de nombreux enfants de l’école élémentaire.

    Ceux-ci ont lu des textes en rapport avec la Première Guerre mondiale, en l’occurrence des témoignages de poilus. La participation des enfants n’est pas une nouveauté à Anglure. Sous l’impulsion de Marie-France Leblanc, directrice de l’école élémentaire, des enfants sont présents aux cérémonies du 11-Novembre, du 8-Mai et du 18-Juin. Habituellement, seulement les grands de CM2 lisaient des textes.

    Hier matin, après avoir déposé des fleurs auprès du monument aux morts, 12 écoliers ont lu ou récité des textes. Les deux petites de CP, Clara et Eve, entraînées par leurs mamans, ont fait forte impression. Les personnes présentes à la cérémonie ont écouté attentivement les trois écoliers de CE2 (Julien, Antoine et Zoé), un de CM1 (Kostia) et six de CM2 (Paul, Bérénice, Alexandra, Mathilde, Aurore et Inès).

    « Les enfants étudient en classe la Première Guerre mondiale », a indiqué Marie-France Leblanc, particulièrement fière de la prestation des enfants.

    G. T.

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    Union111112h
    EPERNAY : Hommage très particulier aux cheminots combattants

    Robert Athanase, membre du conseil de l’Ancac, Rémi Grand, conseiller municipal représentant Franck Leroy, et Alain Colette, directeur des ateliers SNCF, ont déposé une gerbe au pied de la stèle.
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  • A la veille de 11 novembre, les cheminots anciens combattants avaient rendez-vous pour la dernière fois aux ateliers SNCF, quai de Marne.

    En effet, la stèle érigée à la mémoire de leurs compagnons disparus dans des circonstances tragiques sera déplacée dans un avenir proche vers le nouvel atelier de maintenance du TER.

    La cérémonie revêtait donc un caractère tout particulier, marquant du même coup, la fin d’une époque, celle des ateliers SNCF qui ont largement contribué, aux côtés du négoce du Champagne, à l’essor de la ville, l’opposition de deux mondes que rien ne destinait à se rencontrer.

    Un personnel venu nombreux

    Pour preuve de l’intérêt suscité, le personnel SNCF venu en nombre important se ranger auprès des anciens combattants, d’une délégation de porte-drapeaux et d’une délégation de l’Harmonie des Chemins de Fer d’Epernay qui a exécuté les sonneries réglementaires.

    Dans un profond recueillement, Pierre Maigret, le président de l’Ancac Châlons, a égrené la liste des trente et un noms gravés dans la pierre. Pierre Guy, un ancien cheminot, a réalisé un historique très documenté retraçant les cent soixante ans d’existence des ateliers d’Epernay dont il a donné lecture devant une assistance attentive. Une manière de réunir dans un même hommage les cheminots qui ont payé un lourd tribut en temps de guerre et ceux qui, d’une manière générale, ont fait vivre ces ateliers.

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    Union111112g
    HERMONVILLE : Une cérémonie du Souvenir bien préparée

    André a remis à neuf le mât du drapeau.
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    A Hermonville, la cérémonie du Souvenir a été préparée depuis longtemps.

    Gérard, le garde-champêtre, a appris le chant du Départ aux enfants, tandis qu’André, dit Dédé, le président de la section des anciens combattants, peintre retraité, a remis à neuf le mât soutenant le drapeau tricolore près du monument aux morts.

     

     

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    Union111112f
    MOURMELON-LE-GRAND : Au cimetière civil

    Deux gerbes ont été déposées au pied du monument
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    Après s’être donné rendez-vous devant la mairie de Mourmelon-le-Grand, un cortège composé d’élus, d’anciens combattants, de militaires, de sapeurs-pompiers et de citoyens, a pris la direction du cimetière civil de la ville.

    Devant le monument aux morts, Jean Decorne (1er adjoint au maire), Serge Masson (délégué aux affaires militaires) et le colonel Bruno Desgranges (commandant la Base de Défense de Mourmelon-Mailly) ont lu le discours du président de la République Nicolas Sarkozy, et ont ensuite déposé une gerbe au pied du monument.

     

     

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    Union111112e
    MOURMELON-LE-GRAND : Au cimetière militaire Robert-Millant

    Le colonel Bruno Desgranges, lisant le discours du Président.
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    Une cérémonie du souvenir s’est déroulée au cimetière militaire 1914-1918 « Robert-Millant » de Mourmelon-le-Grand, où Jean Decorne, Serge Masson et le colonel Desgranges ont rendu hommage aux soldats morts pour la France.

    La cérémonie a réuni plus de monde que lors de la précédente au cimetière civil. La chorale du collège Henri-Guillaumet, avec le soutien des militaires présents, a entonné « la Marseillaise » avant d’aller déposer quelques roses jaunes aux pieds de plusieurs croix.

    Un pot de l’amitié a ensuite été offert par la mairie en salle Joffre.

     

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    Union111112d
    REIMS : 11-Novembre / « Je n’ai jamais revu ma femme ni ma fille… »

    Plus de monde que d’habitude aux cérémonies, malgré le froid.
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  • Recueillement au monument aux morts.
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  • REIMS (Marne). Lors de la commémoration de l’armistice de 1914, les lycéens de Croix-Cordier ont à nouveau évoqué la vie de jeunes poilus morts pour la France.

    « LE 1er août 1914, le tocsin me fait comprendre que la guerre est déclarée. Le 2 août je quitte mon village, ma fille et ma chère épouse ; je ne les reverrai jamais… » Le 6 février 1915, le jour de ses 27 ans, le soldat Colignon, de Monthermé (Ardennes), meurt sur le champ de bataille, atteint par un éclat d’obus. Son histoire a été évoquée hier matin au cimetière du Nord devant une bonne centaine de personnes qui avaient bravé la fraîcheur du temps. Cela se passait dans le cadre des cérémonies rémoises commémorant l’armistice de 1918, et qui visent à entretenir la mémoire des heures dramatiques de la Première Guerre mondiale, pour éviter qu’elles ne se reproduisent… En plus du soldat ardennais, quatre autres poilus ont reçu la même forme d’hommage rendu par des lycéens de la Croix-Cordier de Tinqueux. Cela fait déjà plusieurs années que ces jeunes, sous l’impulsion de M. Christophe, enseignant, se livrent à ce genre d’exercice.

    Les enseignants aussi

    Cette année, une petite nouveauté supplémentaire était venue s’ajouter au rituel : des enseignants eux aussi étaient associés à la cérémonie : ils lisaient pour leur part un message transmis par la commune d’origine du soldat en question. C’est ainsi que le nom d’Alain Juppé, ministre, mais aussi maire de Bordeaux, apparut au cours de la manifestation, puisque l’un de ces cinq morts évoqués était Bordelais.

    D’autres particularités distinguaient ce 11 novembre 2011 rémois des éditions précédentes. Ainsi la présence de sapeurs-pompiers de Paris, celle des chiens d’un bataillon cynophile au monument aux morts, ou encore celle de lycéens de Croix-Cordier déjà cité en uniforme de marine (lire aussi par ailleurs). Est-ce à cause de toutes ces innovations que l’impression était donnée d’une plus grande affluence que d’habitude ? A l’heure du vin d’honneur il semblait en effet que la salle des fêtes de la mairie allait presque être trop petite…

    Antoine PARDESSUS

    Inhabituel

    Parisiens : Cette année, une importante délégation de sapeurs-pompiers de Paris s’est associée au 11 novembre rémois. Ils venaient ainsi marquer à leur façon le bicentenaire de leur fondation par Napoléon. « Et si nous venons à Reims, c’est aussi parce que quatre de chez nous sont tombés, en 1917 et 18, en luttant contre des incendies à Reims et Epernay », rappelait le caporal-chef Causel qui encadrait les jeunes sapeurs.

    Toutous : D’habitude le 132e bataillon cynophile de l’armée de terre de Suippes se cantonne à une présence au monument du Poilu du 132e RI dont il est l’héritier (monument situé place Léon-Bourgeois). Cette année pour la première fois, il participait aussi à la cérémonie au monument aux morts, place de la République. Les toutous y ont fait preuve d’une admirable sagesse.

    Pompons rouges : Cette année aussi, les tenues de marin avec pompon rouge étaient particulièrement nombreuses : c’était la première fois en effet que les lycéens de Croix-Cordier en préparation marine étaient invités à venir en uniforme. Il est vrai qu’avec le départ de la base aérienne, il y a des places à prendre dans les rangs militaires.

    Témoignage : On est également habitué à une remise de décoration lors de la cérémonie. Cette fois-ci, il ne s’est agi que d’un « témoignage de satisfaction », bref discours élogieux de remerciement pour service rendu. Son récipiendaire était le sergent-chef Engels, gestionnaire des munitions pour hélicoptères de combat dans le cadre de l’opération Armatan au profit de la Libye.

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    Union111112c
    SAINTE-MENEHOULD : 11-Novembre : Première cérémonie pour le sous-préfet par intérim

    Les personnalités civiles et militaires déposent une gerbe
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  • Francis Soutric, secrétaire général de la préfecture de la région Champagne-Ardenne et sous-préfet par intérim de l’arrondissement de Sainte-Ménehould, a présidé les cérémonies commémoratives de l’Armistice au monument aux morts de La Grange-aux-Bois. Des gerbes furent déposées et l’harmonie d’Argon’Notes a exécuté les sonneries réglementaires en présence du corps des sapeurs-pompiers et des Jeunes sapeurs-pompiers ménéhildiens.

    Avant de lire le message du président de la République, le représentant de l’Etat a tenu à préciser que c’était sa première participation officielle en Argonne depuis son arrivée dans la Marne en juillet dernier. Avant lui, Jean-Marc Verdelet, adjoint au maire de Sainte-Ménehould et représentant ce dernier absent, a mentionné qu’il préférait donner de la solennité à cette commémoration de l’Armistice à La Grange-aux-Bois plutôt qu’à Sainte-Ménehould dans l’ambiance de la foire et au milieu des camelots. Il s’est également félicité de la présence de nombreux jeunes à cette manifestation.

    Une demi-heure auparavant, les anciens combattants avaient tenu à déposer une gerbe au monument aux morts de Sainte-Ménehould en présence du général Jean, d’Olivier Aimont, conseiller général du canton, des conseillers municipaux et de la population. Les participants ont interprété a cappella la Marseillaise ce qui a fait dire à certains porte-drapeaux et personnes de tous bords présents : « Un jour comme aujourd’hui, c’est honteux qu’il n’y ait pas de musique pour jouer les sonneries officielles et qu’il n’y ait pas de représentant de la municipalité ».

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    Union111112b
    SAINT-HILAIRE-LE-GRAND : La Russie à l’honneur

    Se souvenir de nos aînés, aussi bien français, que russes.
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    À 9 h 30, une cérémonie se tenait au cimetière russe situé sur la D 21, près de Mourmelon et rattaché à la commune de Saint-Hilaire-le-Grand.

    En présence d’Alexandre Avdeïev (ministre de la Culture en Russie, et ex-ambassadeur de Russie en France), de Georges De-Brevern (président de l’Association du souvenir du Corps expéditionnaire russe en France - ASCERF), du colonel Bruno Desgranges (commandant la Base de Défense de Mourmelon-Mailly) et de Mmes Agnès Person et Chantal Chobeau (respectivement maires de Saint-Hilaire-le-Grand et de Jonchery-sur-Suippe).

    De jeunes Russes étaient également présents en mémoire de leurs aînés, ainsi que des soldats français et deux porte-drapeaux d’anciens combattants français et russes.

    Après avoir déposé communément les gerbes du souvenir, l’hymne national français, puis russe, ont été entonnés.

     

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    Union111112a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Armistice de 1918 : Une commémoration très suivie

    Treize collégiens ont déposé une bougie sur les tombes de sept soldats du Commonwealth.
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  • Alors que les médias audiovisuels nous montrent à travers des reportages que pas mal de Français sont incapables de dire ce que représente le 11 novembre, la question ne se pose pas à Vitry-le-François, où environ 150 personnes ont assisté ou participé aux cérémonies de commémoration de l’armistice de 1918. On y a vu les élus évidemment, maire et député en tête, la sous-préfète, les pompiers, les immuables portes drapeaux et membres d’associations patriotiques mais aussi un certain nombre d’enfants.

    Lors de la première étape de cet anniversaire, juste après le dépôt de gerbe à la nécropole nationale de Vitry, treize collégiens de Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle ont déposé une bougie sur les tombes de sept soldats du Commonwealth, dont un Indien et un Canadien, morts pour la France.

    Le défilé s’est ensuite dirigé vers le monument au mort de la cité rose, mené par la fanfare du cercle des XVII. La sous-préfète Sylvie Cendre a pris la parole pour lire un message du président de la république. « Désormais chaque 11 novembre, tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, que ce soit pour la défense de la patrie ou lors des opérations extérieures auxquelles notre pays participe, seront également associés à cet hommage solennel de la nation », a-t-elle annoncé, tandis que les troupes françaises sont engagées en Afrique, au Proche Orient et en Afghanistan.

    Questionnaire

    Là encore, des enfants à qui l’on avait distribué des œillets bleu blanc et rouge, ont déposé à leur tour ces fleurs au pied du monument au mort.

    Après la cérémonie, tandis que le cortège se dispersait, d’autres bambins continuaient de tourner autour de la place maréchal Joffre : des élèves d’une classe de CP qui remplissaient avec leur parent un questionnaire distribué par leur instituteur sur le monument et sur la guerre. A Vitry, plus qu’ailleurs, le devoir de mémoire est perpétué.

    R.H.

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    Union111111j
    11-NOVEMBRE : cinq parcours au nom de tous les autres

    Après le recueillement sur les cinq tombes au cimetière du Nord, l’hommage se poursuivra au monument aux morts.
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  • Inhumés à Reims, ces cinq soldats reçoivent ce matin un hommage particulier de lycéens et de jeunes sapeurs-pompiers. Parcours avant une mort pour la France.

    C’EST devenu un rendez-vous de la mémoire à Reims où, chaque année, des élèves du lycée Croix-Cordier de Tinqueux et de Val-de-Murigny rendent hommage à des poilus en réalisant des plaques mémorielles pour remplacer celles usées par le temps ou en évoquant la mémoire de ces soldats morts au champ d’honneur. L’initiative de Marc Christophe, un professeur aujourd’hui retraité qui reste très impliqué dans la démarche, permet d’associer les plus jeunes dans cet exercice où la Nation salue ses fils tombés pour la France.

    Un Ardennais de la Vallée

    Robert Collignon, cet Ardennais né à Monthermé et mouleur à Deville, était marié et père d’une petite fille lorsqu’il a quitté son foyer et a rejoint le 348e régiment d’infanterie de Rocroi. D’abord déployé sur la ligne Vireux-Chooz puis Fumay-Haybes, il retraite sous la poussée ennemie via Novion-Porcien, Rethel, Bétheniville, La Pompelle et Sillery, jusqu’à Corroy entre Fère-Champenoise et Faux-Fresnay.

    Le 7 septembre, il repart à l’attaque avec son régiment et la progression passe par Vouzy le 11, Pocancy et Jâlons le lendemain pour aboutir sur la ligne Sept-Saulx - Prosnes le 14. Bientôt, c’est l’envoi sur Reims et ses forts bombardés sans cesse. De la ferme Pierquin jusqu’au mamelon du Linguet, il se bat jusqu’à ce 6 février 1915, jour de ses 27 ans, où un éclat d’obus le tue net laissant une veuve et une petite orpheline. Un message des maires de Monthermé et Deville sera lu. Pour montrer qu’en sa terre d’Ardennes aussi, on ne l’oublie pas.

    Un cultivateur du Cotentin

    Louis Jouin était un cultivateur de la Ronde-Haye dans la Manche, soldat du 136e régiment d’infanterie de Saint-Lô. Il a répondu, comme ses camarades, à la mobilisation générale et s’est retrouvé en gare d’Amagne-Lucquy près de Rethel avant de monter sur une ligne Donchery-Charleville-Rimogne puis d’engager le combat à l’est de Charleroi.

    La poussée de l’adversaire est telle qu’il faut se replier. Le recul passe par la Marne, Méry-Prémecy, Épernay et Lachy.

    Il est en ligne lorsque l’offensive française reprend, le 6 septembre, depuis les marais de Saint-Gond. Il participe, les 11 et 12, au dégagement d’Épernay et de la Montagne de Reims.

    Il progresse jusqu’à la ligne où l’ennemi a décidé de tenir entre Sillery et Mourmelon. Grièvement blessé, il décède le 16 septembre à l’hôpital, rue de l’Université à Reims. Il avait 33 ans. Il a reçu la Médaille Militaire et la croix de guerre. Il n’est pas oublié.

    Un Meusien voyageur

    Henri Strauël, un Meusien de Savonnières-en-Perthois, a déjà, comme canonnier au 2e Groupe d’artillerie de campagne d’Afrique, l’expérience du combat dans le Djebel marocain où il a été blessé gravement avant que la Grande Guerre ne commence. Avant de rejoindre la métropole le 13 mars 1918, il s’est encore distingué dans l’armée d’Orient au 8e régiment d’infanterie coloniale. C’est au 103e bataillon de tirailleurs sénégalais qu’il se bat dans notre région après avoir débarqué à Oiry et avait été cantonné à Aÿ. De là, il rejoint Rilly-la-Montagne et, le 5 juillet, Reims. Alors que la pression allemande est énorme et que les combats sont effroyables, il tombe le 12 août à 25 ans. Mais les soldats ennemis n’ont pas pénétré en ville.

    Un Bordelais gazé

    Georges Lavigne est un Bordelais né en 1896 de père inconnu, incorporé au 108e régiment d’infanterie en avril 1915. Il a 19 ans. Le 16 avril 1916, il est affecté au 58e RI, connaît la bataille de Sillery, l’enfer de Verdun, avant de passer, en août, au 412e RI et de vivre l’horreur du Mort-Homme et de la côte de Poivre. Blessé, bientôt rétabli, c’est au 63e RI qu’il est affecté et au printemps 1918, subit un bombardement à l’ypérite et un autre à l’arsine. C’est la guerre chimique. Il est tué devant Cernay-lès-Reims le 3 juin 1918.

    Un Nordiste engagé volontaire

    Jean Descamps est un gars du Nord, né en 1890, un jeune zingueur qui a envie d’être militaire. En 1914, il a déjà roulé sa bosse dans la Légion et a participé aux campagnes d’Algérie et du Maroc. Il s’est rengagé en 1913 au 4e régiment d’infanterie coloniale du Maroc. Blessé après s’être battu du côté de Signy-l’Abbaye, il meurt à l’hôpital auxiliaire rémois de la rue des Chapelains, le 2 septembre 1914, à la veille de l’entrée en ville de l’ennemi. Il n’avait pas fêté ses 24 ans.

    Lorsque ces parcours seront évoqués dans le détail, ce sont tous les morts des guerres qui seront présents dans le cœur de ceux qui s’associent à ce pèlerinage de la mémoire.

    Hervé CHABAUD

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    Union111111i
    FORT DE LA POMPELLE : 11 Novembre au fort de la Pompelle : dépôt de gerbe à l’accent russe

    Le monument commémoratif du corps expéditionnaire russe, inauguré l’an dernier, sera fleuri par le numéro deux de l’ambassade de Russie en France.
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  • Un représentant de l’ambassade de Russie participera ce vendredi à une cérémonie au fort-musée de la Grande Guerre.

    LE dépôt de gerbe de ce 11 Novembre au fort-musée de la Pompelle aura l’accent russe : on annonce en effet la présence du numéro deux de l’ambassade de Russie en France, le ministre conseiller M. Kadichev. Celui-ci se recueillera devant le monument commémoratif du corps expéditionnaire que son pays envoya au secours de la France pendant la Grande Guerre : 17 000 fantassins, qui, sur ordre du tsar Nicolas II, se battirent sur notre sol pendant neuf mois, entre juillet 1916 et mars 1917. Le monument rappelant cet engagement de notre allié avait été inauguré en septembre de l’an dernier.

    Cet engagement russe, le fort-musée dédié à la Première Guerre mondiale y consacre déjà une large place dans ses collections permanentes comme le rappelle le conservateur Marc Bouxin : « Nous avons déjà de nombreux armes et uniformes. Et des photos inédites offertes par des descendants de soldats de la 3e brigade russe ont été ajoutées dernièrement ». Voilà qui offrira au public un prétexte pour revenir voir le site de la route de Châlons. Rappelons que, comme d’habitude, l’entrée à ce fort-musée sera gratuite le 11 Novembre, et ce de 10 à 17 heures.

    L’association de gestion de ce musée, qui vit ses dernières heures avant que la Ville de Reims ne lui succède à partir de l’an prochain, signale pour sa part que les visiteurs pourront aussi découvrir le nouveau visage de la galerie d’entrée débarrassée de ses étais.

    A.P.

    11-Novembre : un ambassadeur russe à la Pompelle

    Le ministre conseiller de l’ambassade de Russie en France, M. Kadichev participe ce vendredi matin à la cérémonie qui a lieu au fort de la Pompelle près de Reims devant le monument du corps expéditionnaire russe qui y a été érigé. Il y sera rejoint par les autorités civiles et militaires rémoises.

    Le 132e bataillon cynophile à l’honneur

    Lors des cérémonies du 11 Novembre, l’autorité militaire sera le colonel Mircher, commandant le 132e bataillon cynophile de l’armée de Terre à Suippes. Il participera à toutes les remises de gerbes et coussins sur les différents monuments. Devant le monument aux morts, le bataillon sera présent avec les maîtres-chiens accompagnés par leur chien de combat.

    C’est la première fois que le 132e BCAT participe aux cérémonies patriotiques au monument aux morts alors qu’il est chaque fois présent à la stèle du poilu du 132e RI. Ce bataillon devrait également confirmer sa présence à Reims pour les cérémonies du 8 mai et du 13 juillet. Cette prestation devant le monument aux morts sera l’occasion pour le 132e BCAT de remettre à un sous-officier un témoignage de satisfaction pour conduite exemplaire en opération.

    Le 501e Régiment de Chars de Combat sera également présent sur les rangs en présentant deux piquets d’honneur au cimetière du Nord ainsi qu’une section de combat au monument aux morts. Seront également présents sur les rangs des sapeurs-pompiers de Paris ainsi que des marins.

    A l’occasion des discours en salle des fêtes de l’hôtel de ville, la parole sera exceptionnellement donnée au colonel Mircher, chef de corps du 132e bataillon cynophile de l’armée de terre, afin qu’il présente brièvement son unité.

    Le programme des commémorations : à 9 heures, dépôt de gerbe au monument aux morts de La Neuvillette. A 9 h 30, les enfants déposeront des bouquets sur les sépultures des militaires de l’ancien cimetière. A 10 h 15, réception à la maison de quartier et vin d’honneur. A 10 h 15, au monument aux héros de l’Armée noire ; à 10 h 30 au Fort de la Pompelle, à 10 h 55 au monument aux infirmières ; à 11 h 05 au monument du poilu du 132e, à 11 h 15 au cimetière du Nord, et à 11 h 50 au monument aux morts place de la République.

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    Union111111h
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Croix Jean-Robert : Jean-Luc Dervillers commémore l’Armistice à sa manière… Une tranchée dans… le jardin !

    Le jardin du pavillon des Dervillers accueille… une tranchée en ce vendredi 11 novembre.
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  • Passionné d’histoire et collectionneur de pièces militaires, le Châlonnais Jean-Luc Dervillers rend à sa façon un hommage aux soldats de la Première Guerre. Il a reconstitué une tranchée devant son pavillon de la rue Jean-Cocteau avec objets, drapeaux, mannequins et fond sonore de… bombardements.

    « IL ne faut pas oublier nos Héros mais au contraire honorer la mémoire de tous ceux dont le nom est gravé pour toujours dans la pierre froide des monuments de nos villes et villages. A ma façon, je leur rends hommage ».

    A l’occasion du 93e anniversaire de l’Armistice du 11-Novembre, Jean-Luc Dervillers, jardinier à la RIC dans le civil, est passé à l’action en reconstituant une tranchée devant son pavillon de la Croix Jean-Robert avec divers objets gorgés de vécu, et éclairage s’il vous plaît, le soir de 17 h 30 à 22 heures. Déjà gamin, Jean-Luc s’était pris de passion pour cette période de notre histoire en emmagasinant d’année en année des casques, des obus, des douilles, mais aussi des photos offertes par des connaissances.

    Avec le temps, sa collection a d’ailleurs gonflé pour « s’élargir » à 39-45.

    « Mon dada »

    En ce 11-Novembre, pour la toute première fois, cet habitant du quartier de la Croix Jean-Robert a pensé un véritable décor devant son pavillon de la rue Jean-Cocteau, il en résulte une réalisation plutôt inédite que certains automobilistes découvrent en stoppant net, que des proches apprécient, et que des élèves de l’école voisine ont immortalisé via des photos.

    L’instit a d’ailleurs proposé un cours spécial 11-Novembre suite au passage de la classe devant le pavillon.

    Si la terre du jardin a été retournée, c’est peu dire, Katia, l’épouse, n’a pas été plus offusquée que cela : « Même si mon mari empiète dans le jardin, ça lui fait plaisir. C’est le principal. Je suis habituée ». Depuis un mois, ce passionné a préparé son « coup » et déjà pensé cette décoration en se rendant à plusieurs reprises sur des lieux de mémoire. « Moi, j’aime ça, c’est mon dada et j’en suis fier », poursuit M. Dervillers qui alimente la conversation de riverains se demandant toujours quelle sera la prochaine « folie » de cet habitant hissant les drapeaux tricolores régulièrement. Car il n’en est pas à son coup d’essai.

    Se souvenir…

    « Si c’est bien effectivement la toute la première fois que je réalise cette tranchée avec mon fils Fabien qui m’a donné un bon coup de main pour ce 11-Novembre, j’ai déjà décoré le devant de ma maison à Noël, à Pâques, pour commémorer la Libération de Châlons, mais également le 6 juin 1944 », insiste celui qui n’a jamais essuyé de critiques « sauf une fois pour Halloween », le ton étant plutôt narquois.

    Pas bien grave. Si les douilles de 14 « trop précieuses » selon notre Châlonnais, sont restées à l’intérieur, M. Dervillers certifie qu’il n’a rien acheté pour l’occasion et n’a pas compté son temps afin de ne pas oublier Verdun, la Somme, Vimy, Douaumont, l’Argonne… et les vies perdues.

    « A ma manière, je souhaite perpétuer le devoir de mémoire pour les générations futures ». Les jeunes de la Croix Jean-Robert sont au parfum.

    David ZANGA

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    Union111111g
    EPERNAY : Poilu : itinéraire d’un carnet de route

    L’ossuaire et le phare de Douaumont lors de la translation des restes des héros de la Grande Guerre.
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  • Lors de sa mort à Montmirail, Marcel Pineau serrait contre son cœur une carte postale de son village de Châtillon-sur-Marne. Le carnet de route du poilu a rejoint l’Ossuaire de Douaumont.

    DERNIÈREMENT dans la Meuse, le colonel Boissé, président de l’Ossuaire de Douaumont, a rencontré le chapelain Jacques Ebling qui lui a fait découvrir un carnet ayant appartenu à un poilu.

    Le soldat Marcel Pineau avait reçu une blessure mortelle en plein cœur. L’éclat ou le coup de baïonnette a laissé les stigmates du combat en traversant le carnet annoté par le militaire. Il s’y logeait une carte postale de son village : Châtillon-sur-Marne.

    Vers les Ardennes

    Né à Jauzé dans la Sarthe, le jeune homme faisait partie du recrutement de Versailles, l’un des premiers du conflit de 14-18. Incorporé au 1er régiment de Chasseurs, il est mort au combat dans la Marne à Montmirail.

    D’une écriture fine, il a rempli quelques pages retraçant son parcours pour la France qui avait débuté par un trajet vers les Ardennes, séjournant tour à tour à Sedan, et Vrigne-aux-Bois

    Il a couché ses impressions et son quotidien de soldat, stipulant par exemple qu’il était bien nourri, et qu’il avait du tabac à volonté.

    Marcel Pineau se réjouit également d’être bien logé chez l’habitant, notamment dans les écuries d’un baron.

    Son régiment a poursuivi ensuite son chemin en Belgique. Outre Quiévrain, les soldats furent hébergés par un ressortissant français avant de devoir reculer face aux troupes ennemies.

    Combat avec un hulan

    Dans les dernières pages, le soldat Marcel Pineau note avoir tué un hulan (lancier à cheval). Puis plus rien…

    C’est certainement lors des âpres combats qui ont suivi que son action a connu une issue fatale, soit 27 jours après le début du conflit, avant la première bataille de la Marne.

    Par la suite, ce document fut rendu à la famille qui en a désormais fait don à la fondation de l’Ossuaire de Douaumont. Il va ainsi prendre place parmi d’autres témoignages de la Grande Guerre en étant exposé dans le haut lieu de mémoire de la Meuse.

    A noter que la nécropole nationale fut créée après la bataille de Verdun.

    Elle abrite un cloître long de près de 137 mètres avec des tombeaux pour environ 130 000 soldats inconnus, allemands et français, indéfectiblement entremêlés.

    En face de l’Ossuaire se trouve un immense cimetière composé de plus de 16 000 tombes de soldats français.

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    Union111111f
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Cérémonie du 11-Novembre : En mémoire des Poilus

     

     

    La cérémonie commémorative du 93e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 se déroulera ce vendredi.

    Au programme : dépôt de gerbe à la plaque du Soldat inconnu américain dans le hall de l’Hôtel de Ville à 10 h 10 ; cérémonie du souvenir au Carré militaire du cimetière de l’Est à 10 h 40 ; prise d’armes et cérémonie au monument aux morts rue de Marne à 11 h 30.

    Ces cérémonies du 11-Novembre seront commémorées en présence du député-maire Bruno Bourg-Broc, du secrétaire d’Etat Benoist Apparu (sous réserve), du préfet Michel Guillot ; du colonel Amelineau, commandant la 1re brigade mécanisée et commandant d’armes de la place de Châlons ; du colonel Bolot, commandant la région de gendarmerie de Champagne-Ardenne ; d’Emmanuel Gravier, commissaire de police ainsi que d’un représentant de l’ambassade des Etats-Unis.

     

     

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    Union111111e
    EDITORIAL : Chemin de mémoires

    L’hommage solennel de la France à ses fils tombés pour elle mérite que l’on s’abstienne quelques heures de stresser devant la dictature des marchés financiers, le hoquet des bourses émaciées. Pour se souvenir de l’humanité de ceux qui, de la Grande Guerre à aujourd’hui, sous l’uniforme de notre pays, ont payé le prix le plus élevé pour que nos trois couleurs claquent toujours au vent et que les valeurs portées par notre République restent des lumières qui guident notre chemin en humanité. Évoquer un nom célèbre ou inconnu, fleurir une tombe ou un monument, s’incliner simplement, sont des gestes à la fois de respect et sont signe d’appartenance à une grande Nation qui se refuse de faire de la mémoire une simple variable de l’Histoire. Les poilus ont légué leur vie de damnés au fond des tranchées, leurs souffrances, leurs écorchures, leurs blessures, leurs mutilations, leur courage et leur héroïsme aussi. Ils ont dit, écrit, témoigné. Plus que tous les autres. Mais ces autres, combattants de la Seconde Guerre mondiale, de l’Indochine, de l’Algérie, des théâtres d’opération du Golfe à l’ex-Yougoslavie en passant par le Liban, la Côte d’Ivoire jusqu’à l’Afghanistan et la Libye, ont à leur façon incarné et incarnent un pays qui ne se couche jamais.

    Lorsque notre souveraineté est entamée ou confisquée et quand les valeurs universelles d’un humanisme respectueux de l’individu sont bafouées, il est une partie du corps de la France qui se lève pour la représenter dans son entier. Du siècle passé à celui de notre temps, la France n’accepte ni d’être défigurée, ni d’être lâche face à ses obligations politiques, morales et éthiques qui fusent à la fontaine de la Liberté. C’est en mesurant le prix du sang et du sacrifice que les nations apprennent à gagner la paix et à la défendre. Parce qu’elle n’est jamais acquise et que le devoir de chacun est d’en être un gardien vigilant.

    Hervé CHABAUD

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    Union111111d
    DOSSIER 14-18


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    Morts sans sépulture : la leçon de Craonne

    Difficile d’imaginer que là où nous sommes, il y avait une église du XIIe siècle, Saint-Martin.
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  • Noël Genteur nous montre ce qui reste du vieux village de Craonne : une pierre tombale.
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  • Le plateau de Californie, qui fut un coin de guinguettes avant-guerre, a retrouvé son côté champêtre.
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  • Photos Christian LANTENOIS
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  • Que reste-t-il de l’offensive du 16 avril 1917 au Chemin des Dames, restée célèbre pour ses milliers de morts ? Pas grand-chose à Craonne, sinon deux monuments et des obus que l’on retire de temps à autre d’un champ. En revanche, la mémoire des hommes ne s’est pas tarie, comme le prouve notre rencontre avec le maire, Noël Genteur.

    ICI, le temps n’existe pas. C’est là le paradoxe. Que ce soit dans les bois de l’ancienne Craonne ou sur la colline de Californie, d’où l’on domine la plaine du regard, la nature semble éternelle. Comme elle devait l’être avant 1914, ou avant le 7 mars 1814, quand Napoléon livra bataille contre les Russes et les Prussiens.

    Dans le silence ambiant, on doit faire un effort d’imagination pour remplacer les arbres par des bombes, le tapis de feuilles mordorées par des tranchées et de la boue. Est-ce parce qu’il y a eu un tel vacarme que le silence a quelque chose de surnaturel ? On pourrait croire que toutes ces histoires de 14 n’ont été qu’une illusion s’il n’y avait des témoignages humains pour rappeler qu’ici, on marche sur des milliers de cadavres.

    « Quand mon grand-père est rentré de la guerre, où il avait été fait prisonnier par les Allemands, il n’en est pas revenu. Il y avait Craonnelle, le village d’à côté. Mais il ne reste plus rien de son village à lui. » Celui qui parle : Noël Genteur, maire de Craonne, agriculteur, fils d’agriculteurs implantés dans le paysage depuis des générations. Il a fort bien connu son grand-père, mort en 1989, et donc été informé de première main sur la folie de 14. Marqué par son témoignage, il s’est fait passeur de relais grâce à son association, La Cagna. Nous voici, à notre tour, pris dans la chaîne de mémoire.

    Essayant de visualiser les 300 maisons du village de Craonne (prononcer crâne) dont il ne reste rien, pas même l’église Saint-Martin bâtie en 1156. Tout a été détruit, ou plutôt concassé. Rien ? Pas tout à fait. Ironie de l’Histoire, il reste une pierre tombale sur laquelle est inscrit : « Concession perpétuelle ». La supériorité de la mort sur la vie, comme de la laideur sur la beauté, c’est qu’elle dure !

    Puisqu’on parle de mort, en cheminant dans le bois, on trouve un cimetière naturel, parmi les arbres, les feuilles, la mousse, qui vaut bien le cimetière marin de la chanson. Repose ici l’écrivain Yves Gibaut, que Noël Genteur a fréquenté. L’auteur d’Allons Z’enfants (porté au cinéma par Yves Boisset), né d’un père Poilu qu’il n’a pas connu, plus tard enfant de troupe et antimilitariste, a toute sa vie cherché ses racines dans ce coin de terre qui n’était pas le sien. Comme si c’était dans le paysage de Craonne, et uniquement là, que se trouvait la vérité de sa naissance.

    Dans le recueillement qu’impose la nature, il faut imaginer que 30 000 hommes ont péri dans la fameuse offensive du 16 avril 1917, au Chemin des Dames. Rien qu’ici, 6 000 à 6 500 personnes sont mortes le premier jour. Quand on songe que Craonne comptait 700 habitants en 1914, cela donne une bonne échelle des choses.

    Pour comprendre la clé d’une bataille qui fut une boucherie, mieux vaut contempler la maquette de 3x3 mètres que l’on trouve dans la mairie. Là, on visualise bien la folie de l’entreprise. Les Allemands solidement campés sur la butte de Californie, dont le nom est toute une histoire. Deux habitants du coin, partis faire fortune en Californie, sont revenus au pays, ont acheté deux ou trois hectares où ils tenaient alors des guinguettes dans un cadre champêtre.

    Comment prendre la butte aux Allemands, qui ont remplacé les guinguettes par des mitrailleuses lourdes et de canons ? En montant à découvert, répondent les grands stratèges de l’armée française ! Attaque impossible ? Certes. Mais c’est le cadet des soucis de généraux de l’époque, style Nivelle, élevés dans un souverain mépris du peuple. Les soldats ne sont ni plus ni moins que de la « chair à canon », pour reprendre l’expression consacrée.

    De là viendront le découragement, l’écœurement, le refus parfois d’obéir à des ordres plus criminels qu’imbéciles. La chanson de Craonne est restée dans la mémoire populaire. Pour mesurer son pouvoir subversif, il faut rappeler qu’elle a été interdite sur les ondes jusqu’en… 1974, date de l’élection de Giscard d’Estaing.

    Dans la salle du conseil municipal de Craonne, il y a un triptyque du dessinateur Tardi consacré à cette offensive du 16 avril 1917. Sur le panneau de gauche, on voit l’acharnement des soldats à prendre le plateau de Californie. Sur celui de droite, l’échec de l’entreprise. Enfin, au milieu, esseulé, le fusillé de 17, celui qui aura tout perdu à la fin de la guerre : la vie et l’honneur. C’est pour réhabiliter tous ces soldats victimes de politiques imbéciles que Haïm Kerm a élevé une sculpture faite de chaînes et de têtes, intitulée : « Ils n’ont pas choisi leurs sépultures ». Loin de l’héroïsme ronflant de certains monuments, celui-ci témoigne de la vérité de la guerre.

    Alors, que célèbre-t-on quand on célèbre le 11-Novembre ? La victoire sur l’Allemagne ? Le sacrifice de milliers de soldats envoyés sous le feu par des supérieurs incompétents ? Pour sa part, Noël Genteur a décidé qu’il fallait faire passer un message, afin que tous ces morts ne soient pas morts pour rien. Quand il fait visiter les lieux aux scolaires, principalement aux élèves venus de banlieues dites difficiles, il a à cœur d’expliquer que là, sous le feu des Allemands, sont tombés des Algériens, des Marocains, des Africains… Que cette terre, où le sang de nombreuses nationalités a coulé, doit nous inviter à la fraternité.

    Pour ma part, je tirerai une deuxième leçon, politique. A savoir que c’est toujours au peuple que l’on demande des sacrifices en temps de crise. Comme dit le dernier couplet de la chanson de Craonne :

    « Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
    Car c’est pour eux qu’on crève
    Mais c’est fini, car les trouffions
    Vont tous se mettre en grève
    Ce s’ra votre tour, messieurs les gros
    De monter sur l’plateau
    Car si vous voulez faire la guerre
    Payez-la de votre peau. »

    Bruno TESTA (btesta@journal-lunion.fr)

    Dimanche 13 novembre, de 10 heures à 18 heures, journée du livre 14-18 organisée par la mairie de Craonne.
    « Chair à canon »
    Leçon politique

    Hervé Chabaud


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    Au fil du temps

    Il aura fallu la loi du 24 octobre 1922 pour que le 11 novembre devienne un jour férié en France. Cette date de l’armistice de la Grande Guerre était bien gravée dans la mémoire des plus anciens, des poilus rescapés, des veuves et des orphelins comme des jeunes écoliers. Déjà la commémoration était en place alors que se multipliaient les initiatives d’érection de monuments aux morts dans nos villages et nos villes. Dans une France qui avait mobilisé plus de six millions et demi d’hommes entre 1914 et 1918 et dont le nombre de tués et de disparus franchissait la crête d’un million trois cent mille, tandis que les grands blessés et mutilés illustraient un pays fracassé dans sa chair, se succédaient les évocations des épisodes glorieux et douloureux de la vie de notre patrie.

    L’hommage que la nation rend à ces soldats, pantalons rouges ou poilus, célèbres ou anonymes, intellectuels, ouvriers et paysans, s’inscrit dans l’Histoire de France. En ce jour, le pays salue la mémoire de ces millions d’hommes qui ont enduré des souffrances inimaginables de nos contemporains dans les champs de la Marne, dans les tranchées de l’Argonne, sur les contreforts du Chemin des Dames, dans les abris de Verdun, sur les arêtes du Linge, dans la plaine d’Artois comme dans tous ces lieux où leur sang versé a sauvé le pays assiégé. Depuis que le dernier, Lazare Ponticelli s’en est allé, la mémoire biologique de cette tragédie s’est évanouie. Il n’y a plus que les livres, les photographies et les films pour raconter l’effroyable affrontement qui a jeté des millions d’hommes les uns contre les autres et fait de l’événement la première des deux guerres mondiales du XXe siècle. Quelle est la famille qui n’a pas été touchée et marquée pour des générations par la brutalité, la rudesse de ce conflit où tant de jeunes vies ont été confisquées sur cette terre d’ici, défigurée et ensanglantée ? Il n’y en a pas. Aujourd’hui la France rend les honneurs à ses fils tombés sous les couleurs du drapeau. Elle le fera avec fière allure parce qu’elle est redevable de leur sacrifice.


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    D’un 11 novembre à l’autre

    Si l’on retient le 11 novembre 1918 parce qu’il est le jour de la signature de l’armistice dans la clairière de Rethondes, on ne se souvient pas vraiment de ce qui s’est passé les quatre autres 11 novembre de la Grande Guerre et lors de plusieurs de ces commémorations plus récentes mais toujours poignantes.

    1914 : si près et si loin

    En ce premier automne d’atrocité, les combats du 11 novembre sont particulièrement intenses sur le front d’Ypres où les Allemands déploient de puissants tirs d’artillerie. Ce déluge de feu et d’acier est insuffisant pour qu’ils dépassent Dixmude et Saint-Eloi. Si le front au nord de Reims et sur l’Aisne semble calme, on s’inquiète de préparatifs ennemis en Argonne dans le secteur du bois de la Gruerie. A l’Est, l’heure est à la contre-offensive ennemie. Les troupes de Guillaume II entament la bataille de Lodz. Elle va opposer la IXe armée allemande aux Ire, IIe et Ve armées russes. Au Moyen-Orient, les Britanniques prennent l’avantage au sud de la Mésopotamie tandis que le sultan de Constantinople lance une fatwa dans laquelle il appelle à la guerre sainte contre les Alliés. La Turquie va leur déclarer officiellement la guerre le lendemain. Comme pour le contrer, le roi d’Angleterre dans son discours du Trône rend hommage à la fidélité des musulmans de l’Empire. Au Parlement, un député des Pyrénées-Orientales fait une dernière démarche personnelle auprès du président du Conseil avant d’interpeller le gouvernement sur les dysfonctionnements en cascade du service de la Poste aux armées.

    1915 : l’appel aux volontaires

    Un an plus tard, le 11 novembre correspond d’abord à la suspension par les Allemands de leurs déploiements terrestre et naval contre la métropole de Riga. Au Royaume-Uni, un nouvel appel solennel est lancé pour que des volontaires s’engagent dans l’armée. Le vibrant appel patriotique de Lord Derby est suivi d’une mise en garde du gouvernement : « Si les jeunes gens ne s’engageaient pas volontairement, poussés par le sentiment du devoir national, d’autres moyens seraient employés ». En France, le président du Conseil Aristide Briand dépêche son ministre d’Etat Denys-Cochin pour mener une mission diplomatique en Grèce où l’instabilité politique est préoccupante après la dissolution de la chambre des députés. A Bourgoin, l’abbé Charvet de Montalieu est condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et 200 F d’amende. Il a prêché sur l’impréparation de l’armée et estimé, ce qui braque particulièrement les patriotes rémois et sans doute beaucoup d’autres : « La victoire de la Marne n’est pas une victoire, c’est un miracle ». A Paris, on prépare la Journée de l’Emprunt de la Défense nationale, programmée le 13.

    1916 : insubordination et punition

    Le 11 novembre 1916, les régiments du Kaiser s’emparent des hauteurs à l’ouest de Bucarest. Le gouvernement provisoire grec de Venizelos déclare la guerre à la Bulgarie. Des mouvements d’insubordination sont signalés dans plusieurs unités italiennes. Pour contrer ces actions incontrôlées, les généraux sont autorisés par Rome à les réprimer durement : « Les commandants ont le droit et le devoir de tirer au sort parmi les suspects et de les punir par la peine de mort ».

    1917 : plan décisif

    Le 11 novembre 1917, les cadets de l’Ecole militaire de Petrograd se soulèvent contre le pouvoir bolchevique à l’heure même où le général Ludendorff tient une importante réunion d’état-major et de planification à Mons pour fixer les grandes opérations du printemps 1918. Il tient à mobiliser les chefs d’état-major des groupes d’armées disposés sur le front occidental et les convaincre de l’importance de l’emporter avant que les Américains soient en capacité de mettre en ligne toutes leurs divisions. A Langarone, une division de la IVe armée italienne capitule après avoir été submergée par les forces autrichiennes qui conduisent un assaut sur la Piave. En Alsace, les vagues d’assaut allemandes parviennent à prendre pied dans le nœud de boyaux des lignes françaises de l’Hartmannswillerkopf, un point élevé et stratégique.

    1940 : une journée différente

    Impossible d’oublier la manifestation des lycéens et des étudiants déterminés à ce qu’un hommage soit rendu aux poilus malgré les interdictions et que dans le même temps une défiance soit manifestée à l’égard de l’Occupant et de Vichy. Se souvient-on de l’initiative des jeunes de la Corpo de la faculté de droit de Paris de Jean Ebstein et André Pertuzio qui, avec la complicité de Pierre Lefranc, éditent dans les sous-sols d’Assas ce tract diffusé dans le Quartier latin : « Etudiant de France, malgré l’ordre des autorités opprimantes, tu iras honorer le soldat inconnu à 17 h 30. Le 11 Novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 Novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore » ?

    1943 : l’audace des maquisards

    Et qui se rappelle de l’audace des maquisards qui, le 11 Novembre 1943, prennent le contrôle d’Oyonnax (Ain), défilent pour célébrer les héros de la Grande Guerre et déposer au pied du monument aux morts, une gerbe en forme de croix de Lorraine portant la mention : « Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18 ». Cette manifestation a un retentissement international grâce à la BBC et la presse des pays libres. Parmi les organisateurs, il y a le Marnais Edouard Bourret, un aviateur natif de Mourmelon-le Grand et membre de l’état-major du capitaine Romans-Petit.

    2009 : ensemble sous l’Arc

    Que dire du 11 Novembre 1944 célébré à Paris en présence de Winston Churchill et du général de Gaulle, de la cérémonie de l’année suivante au Mont-Valérien qui va devenir un haut lieu mémoriel des martyrs de la Seconde Guerre mondiale et où repose dans la crypte le Rémois Georges Brière ? La solennité et l’émotion concourent à une commémoration digne en mémoire des disparus. Jusqu’au 11 Novembre 2009 où la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la République Nicolas Sarkozy se retrouvent sous l’Arc de triomphe pour témoigner de la force de la réconciliation franco-allemande. C’est alors la première fois qu’un chef de gouvernement allemand est présent pour ce temps du souvenir.


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    La mort de près

    Dans la brume qui se lève en ce matin de 11 Novembre surgissent ici des croix blanches ou noires tandis que la lumière envahit les ossuaires où reposent, mêlés, ces soldats victimes d’un même combat. Ils n’ont pas entendu le clairon sonner le cessez-le-feu. Ils étaient déjà morts, souvent depuis longtemps, quelques-uns depuis une poignée de minutes. La grande faucheuse, gourmande de sang et de martyrs contemplait son œuvre atroce mais celui qui, sans doute, l’a approchée de si près qu’il en a reçu sur le seuil ses premières confidences est Maurice Genevoix.

    En ce jour de commémoration, il est un petit livre d’une profondeur et d’une intensité exceptionnelles qui ouvre sur la réalité vécue par le soldat de la Grande Guerre lorsqu’il se fait écrivain. « La mort de près » est le testament mémoriel littéraire d’un homme capable de décrire avec la précision d’un microscope électronique à balayage la mort de ses camarades de boyaux. Et de vous glacer par le propre récit du parcours des balles qui viennent le déchirer pour lui donner une mort qui se refuse à son adversaire.

    C’est Genevoix, bien sûr qui est à la plume. L’auteur de « Ceux de 14 » récidive, lui le miraculé de la Tranchée de Calonne où trois balles l’ont transpercé sans venir à bout de sa vie de jeune lieutenant du 106e RI. Comme l’exprime avec une rare justesse Michel Bernard qui en préface la dernière édition : « La Mort de près est le livre d’un homme apaisé qui, sentant venir la fin, se tourne vers le lieutenant de 24 ans pour qu’il lui rappelle ce qu’il a vu dans les parages de la mort. Le texte, paru en 1972, est le compte-rendu de ce dialogue entre le vieil écrivain et le jeune soldat ». Genevoix fait conversation avec son lecteur, il le tire de son enveloppe charnelle pour l’emmener dans la tranchée criblée d’éclats et encombrée de civières où gisent les morts et les râlants. Alors il lui murmure entre les lignes un questionnement sur le sens de l’engagement, du don de soi, d’une vie cédée à l’instant où elle se détache d’un corps.

    A des années d’intervalles en relisant ce texte, on est cueilli au cœur et peut-être mieux à même d’être en ce jour, un pèlerin authentique, acteur de l’hommage solennel aux poilus de 14-18. « Ce petit livre bouleversant est l’un des plus réconfortants jamais écrits » conclut Michel Bernard. Il est une fontaine d’humanité.

    Maurice Genevoix, « La mort de près », La petite vermillon, La Table Ronde, 141 p., 7 euros

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    Union111111c
    FILM : Rediffusion du téléfilm « La Dette », tourné sur le Chemin des Dames

    Venu rencontrer les experts comptables nordistes et picards, au Center Parcs, Erik Orsenna avait réaffirmé son intention de continuer son travail sur le Chemin des Dames.
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  • Le tournage de ce téléfilm avait vraiment marqué Erick Orsenna, l’écrivain économiste.

    « VOUS me l’apprenez. C’est avec ce film que j’avais découvert ce lieu… le Chemin des Dames. J’en garde un souvenir fort, émouvant. J’en avais d’ailleurs pleuré quand j’avais marché avec le maire de Craonne, Noël. Vous lui transmettrez le bonjour. »

    De passage dans l’Aisne, à portée de pas des pentes qui l’ont marqué, Erik Orsenna est revenu sur le film, tourné en 2000 par Fabrice Cazeneuve, dont il a écrit le scénario. Un film qui est rediffusé ce soir sur Arte à 20 h 40.

    Pour mémoire, l’histoire est celle d’un ancien tirailleur sénégalais qui souhaite s’inviter aux célébrations du 11 Novembre sur le Chemin des Dames, pour attirer l’attention sur le traitement de ceux-ci pendant et après la Première Guerre mondiale.

    « Effectivement, c’était un moment fort, celui d’essayer de remettre à leur vraie place , ces tirailleurs sénégalais qui ont été sacrifiés lors de cette offensive Nivelle », se rappelle le membre de l’Académie Française qu’est Erik Orsenna, « mais je crois qu’il y a encore beaucoup à faire. Je vais d’ailleurs me lancer dans l’écriture d’un livre sur ce sujet. » Si le sort des combattants africains avait un peu évolué, leur situation - la reconnaissance - nécessite d’appuyer encore. Plus…

    Montrer le mépris

    « J’ai toujours voulu mettre ces destins en avant, montrer le mépris pour ces combattants que l’on avait mis en première ligne, qu’ils soient Africains Noirs ou du Nord, les provinciaux comme les Bretons ou les Basques, tous les paysans français. Alors qu’à la capitale tout le monde vivait sa vie sans souci. A guère plus de 100 km. » Une perception que l’écrivain, auteur de nombreux voyages et séjours de l’autre côté de la Méditerranée, avait reçue de plein fouet : « De plus, lors de mes nombreux séjours en Afrique, j’ai souvent eu des commentaires sur ce comportement. Où le terme de mépris était sous-jacent. C’est pour cela que j’ai fait le film. » Où cet homme de conviction avait été obligé de se freiner dans ce qu’il voulait mettre dans le film. Comme se rappelle Noël Genteur, le maire de Craonne, conseiller « technique » sur le film.

    « Nous en avions discuté longuement, des messages que nous pouvions glisser dans le film, et comme la tendance était à lever le voile sur les mutins notamment, (ndlr : Lionel Jospin était venu fin des années des 90, le film avait été tourné à la même époque), nous avons choisi cette voie médiane. »

    Avec deux autres films documentaires en préparation sur le Chemin des Dames, des pas supplémentaires sont en cours. Pour que la mémoire soit complète.

    Stéphane MASSÉ
    smasse@journal-lunion.fr

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    Union111111b
    HERMONVILLE : C’était il y a 87 ans

     

     

    A Hermonville le 27 juillet 1924, jour de l’inauguration du monument aux morts, la foule silencieuse écoute les discours de M. Jacquy, député de la Marne, de M. Joncquet, maire de la commune, de Victor Goret, ancien combattant, M. Sarrazin, instituteur.

     

     

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    Union111111a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Thé dansant des paras : C’est toujours un succès

    Les danseurs ont envahi la piste jusqu’à 20 heures.
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  • Plus de 200 personnes venues de l’Aube, de la HauteMarne, de l’Ile de France, de la Marne, des Ardennes ou de la Meuse se sont donné rendez-vous dans la salle du Manège, dimanche 6 novembre, pour le thé dansant organisé par l’amicale des parachutistes de Vitry-le-François et de Champagne.

    Invité par René Beaujoin, président de l’association, l’orchestre d’Alberto Garzia, musicien compositeur venu des Vosges, a animé et fait danser les couples sur des airs de musette jusqu’à 20 heures. Une animation sympathique, organisée depuis plusieurs années par les bénévoles de l’association et dont les bénéfices seront reversés au profit d’autres associations. Un choix qui sera pris en commun lors de l’assemblée générale qui aura lieu demain samedi 12 novembre dans la salle des fêtes d’Ecriennes.

    Le président de l’amicale précise qu’une assemblée extraordinaire est au programme, pour un éventuel renouvellement de l’équipe dirigeante (une décision prise lors de la dernière assemblée) Elle sera suivie d’un repas commun dans la salle des fêtes.

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    L’hebdo du vendredi- 111110i
    LES ANCIENS COMBATTANTS dans « l’hebdo du vendredi »

    Journal gratuit d’information

    Semaine du 10 au 16 novembre 2011

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    LA POMPELLE : Au plus Fort du souvenir

     

    En 2014, la France célébrera le centenaire de la Grande Guerre.

    Dans la Marne, parmi les bâtiments ayant compté au moment des conflits, figure évidemment le Fort de la Pompelle, entre Reims et Châlons-en-Champagne.

    Un fort devenu musée et qui, aujourd’hui, peine à équilibrer sa trésorerie.

     


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    11 NOVEMBRE 1918 : Commémoration : Soldat Inconnu américain : Châlons-en-Champagne et Reims à Arlington

    Bruno Bourg-Broc et Harry Amos, lors de la cérémonie commémorative du 26 octobre dernier, à Arlington.
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  • Avec les officiels de l’Armée des Etats-Unis.Une cérémonie au Cimetière honore le choix du Soldat Inconnu en 1921
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  • Le 26 octobre dernier, des délégations châlonnaise et rémoise se sont rendues au cimetière militaire américain d’Arlington pour commémorer le 90e anniversaire du choix du Soldat Inconnu américain mort sur le champ de bataille en France durant la Première Guerre Mondiale. Reims, jumelée à Arlington, ville voisine de la capitale fédérale Washington, était représentée par Arnaud Desplanques, président du comité de jumelage. Châlons est la ville où la cérémonie du « choix » s’est déroulée le 24 octobre 1921. Le député-maire Bruno Bourg-Broc était à Arlington accompagné des adjoints Serge Helleringer et Mickaël Brun. Voici une traduction de l’article publié par le journal d’Arlington, Sun Gazette le lendemain de la commémoration, le 27 octobre.

    Le 24 octobre 1921 Edward Younger, sergent de l’armée américaine, a reçu l’ordre de réaliser l’un des devoirs les plus solennels que l’on puisse imaginer : choisir, parmi quatre soldats morts sur le champ de bataille en France pendant la Première Guerre Mondiale, celui qui sera immortalisé dans la Tombe du Soldat Inconnu au Cimetière National d’Arlington.

    Tenant dans sa main un bouquet de roses blanches cueillies dans le jardin d’une famille française qui a perdu deux fils dans cette guerre, le Sergent Younger fait le tour des catafalques trois fois, place le bouquet sur celui de son choix, le troisième à partir de la gauche, et s’immobilise dans un salut au compagnon d’arme tombé.

    90 ans et deux jours après l’évènement historique à l’Hôtel de Ville de la ville française de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne aujourd’hui), les officiels militaires français et américains se sont rassemblés avec les représentants de l’Army Historical Foundation, de l’American War Memorials Overseas et de l’association du jumelage d’Arlington pour honorer les deux soldats, le Soldat Inconnu et celui qui fît le choix.

    Cette commémoration représente une opportunité de « renouveler notre fidélité de nous, les vivants, envers les vies des soldats qui sont morts », a dit Arnaud Desplanques […] « Leurs mémoires vivent aujourd’hui », a dit Desplanques, celles hommes morts au combat et celles de ceux qui sont retournés à la vie civile après ce conflit vieux de presque un siècle. Cette cérémonie a été aussi l’occasion pour les Français de saluer « l’immense effort de vos hommes à la contribution de la libération de la France » pendant la Première Guerre Mondiale, a-t-il ajouté.

    Un contingent, mené par le Colonel à la retraite de l’Armée des Etats-Unis Harry Amos, a déposé une gerbe de roses de soie blanche au pied de la Tombe du Soldat Inconnu avant de se diriger vers la section 18 du Cimetière National d’Arlington pour déposer des fleurs rouges, blanches et bleues (les couleurs nationales des Etats-Unis et de la France) sur la pierre tombale du Sergent Younger. Younger a participé à de nombreuses batailles pendant la Première Guerre Mondiale et a reçu la Purple Heart. Younger est décédé en 1942 et est enterré à côté de son épouse, morte un peu plus tard la même année.

    Le 4 juillet 1939, alors qu’une autre guerre menaçait le continent européen, l’ambassadeur des Etats-Unis en France a conduit une délégation à Châlons pour remercier les Français et pour dévoiler une place commémorant la cérémonie du choix du Soldat Inconnu en 1921. Younger avait été invité mais n’avait pas pu s’y rendre pour raisons de santé. Il avait cependant envoyé une lettre à cette occasion, rappelant que le Soldat Inconnu représentait « un symbole de ce que les citoyens et les militaires peuvent faire pour leur pays ». Les quatres catafalques qui ont été présentés au Sergent Younger lors de la cérémonie avaient été exhumés de cimetières militaires américains en France (ndlr : Bois Belleau dans l’Aisne, Bony dans la Somme, Romagne-sous-Montfaucon et Saint-Mihiel dans la Meuse), parmi ceux dont les corps n’ont pas pu être identifiés. Les corps des trois soldats qui n’ont pas été choisis ont été enterrés à Romagne-sous-Montfaucon. […]

    Scott McCaffrey, Sun Gazette, édition Arlington Tony Verbicaro
    Bruno Bourg-Broc : « Nous exprimons notre reconnaissance »

    Le 26 octobre à Arlington, le député-maire de Châlons s’est exprimé sur la tombe du Sergent Edward Younger, citant d’abord la lettre qu’écrivit ce dernier à l’occasion de la commémoration de 1939 à Châlons : « La France a toujours reçu sa part dans les honneurs que nous rendons à notre Soldat Inconnu, écrit Younger, car la tombe dans laquelle il repose est tapissée de la terre de France, apportée dans ce pays par l’Olympia. C’est pourquoi je suis heureux de me joindre par la pensée à vous qui aujourd’hui êtes réunis pour renouveler la fidélité des vivants en souvenir de nos soldats afin que ceux-ci ne soient pas morts en vain. » Puis Bruno Bourg-Broc a poursuivi, dans ces mots : « Et bien aujourd’hui, 26 octobre 2011, c’est nous qui sommes fidèles et qui exprimons notre reconnaissance au Sergent Younger, à tous les Soldats Inconnus et à ceux qui ne le sont pas, qui sont morts et qui meurent aujourd’hui encore pour notre liberté. »


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    SCULPTURE : Le monument monumental de Mondement

    Les bas-reliefs rappellent les faits d’armes de la première bataille de Marne.
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  • Près de Sézanne et des marais de Saint-Gond surgit le monument de Mondement.
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  • La victoire ailée dans le tiers supérieur de la sculpture.
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    À Mondement-Montgivroux, près de Sézanne, trône un géant de béton teinté grès des Vosges, élevé pour commémorer la première victoire de la Marne, du 5 au 12 septembre 1914. Le site a été retenu parce qu’il marquait un point de riposte stratégique sur le front établi par Joffre, de l’Oise à Verdun. Le château de Mondement, au sud des marais de Saint-Gond, dominait la partie la plus méridionale du front et verrouillait le passage vers Paris par le sud. Si ce point avait cédé, l’effort de tout l’ouest du front pour repousser l’ennemi vers l’est aurait pu être compromis. Le site était tenu par la IXe armée commandée par Foch.

    Deux ans après la fin de la guerre, le Parlement décide l’érection d’un monument commémoratif à Mondement. En 1929, le sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, Eugène Lautier, passe commande à l’architecte Paul Bigot, qui conçoit le monument avec son ami sculpteur Henri Bouchard. Une borne de 33 mètres (35,5m finalement) doit symboliser l’arrêt de l’avancée allemande. Au tiers supérieur trône une victoire ailée, sculptée par Bouchard. Les bas reliefs, dans le tiers inférieur, sont confiés à plusieurs artistes (Bottiau, Patrisse, Duparc). Le monument est érigé en 1933, et les sculptures suivent. L’inauguration du monument de Mondement est fixée au 19 septembre 1939, mais la déclaration de guerre du 3 septembre empêche la cérémonie, qui n’aura lieu que le 23 septembre 1951.

    T.V avec association Mondement 1914

     

     


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    FORT DE LA POMPELLE : Objectif : le centenaire de la Grande Guerre

    Occupé par les Allemands le 4 septembre 1914, le Fort est repris le 23 septembre de la même année.
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  • 2014, une échéance importante pour le Fort, l’année du centenaire du début de la Der des Der.
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  • Le Fort de la Pompelle a été construit entre 1880 et 1883.
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  • A quelques kilomètre de Reims, sur la route menant à Châlons-en-Champagne, trône le Fort de la Pompelle, un édifice construit entre 1880 et 1883, pour défendre la ville des sacres suite à la guerre franco-allemande de 1870. C’est bien sûr durant la Première Guerre que le fort acquiert ses lettres de noblesse. Occupé par les Allemands le 4 septembre 1914, il est reconquis par les soldats français le 24 septembre de la même année, devenant la clef de voûte de la défense du secteur de Reims. Des milliers de soldats, français, mais aussi Russes et Italiens le défendront durant toute la guerre. Et ce fort, contrairement aux autres alentours, ne sera jamais repris.

    Au lendemain de la signature de l’armistice, et bien que classé monument historique en 1922, le site est laissé à l’abandon. Il le restera pendant presque 40 ans avant d’être mis en vente par l’administration des Domaines en 1955 ! « Les anciens combattants sont alors en émoi et le fort est donc racheté par la Fédération Maginot », indique le conservateur en chef du musée de la Pompelle, Marc Bouxin. Trop lourd à gérer, il est ensuite cédé à la ville de Reims pour un franc symbolique en 1968. » Une association des amis du fort est alors créée et petit à petit, grâce aux subventions municipales, un musée est constitué. Il sera inauguré le vendredi 10 novembre 1972. Depuis, le fort de la Pompelle survit, connaissant des problèmes de trésorerie, accentués par le retrait de la subvention allouée par le Conseil Général. Aujourd’hui, les panneaux signalant le musée tombent en décrépitude, tandis que le site mérite dans sa globalité d’être restauré pour devenir un musée digne de ce nom. « Si l’association n’a pas démérité, le système a montré ses limites » estime Marc Bouxin. Au 1er janvier 2012, le musée du Fort de la Pompelle entrera donc dans une nouvelle ère : il sera « municipalisé ». Dorénavant directement géré par la ville de Reims, comme les musées Saint-Remi, celui de la Reddition ou les Beaux-Arts, le Fort, qui accueille tout de même près de 13 000 visiteurs à l’année, peut espérer retrouver un peu de sa splendeur. « L’échéance, c’est 2014 avec le centenaire de la Grande Guerre, explique Marc Bouxin. Le Fort doit gagner en visibilité. Pour cela, on va essayer de travailler en réseau avec d’autres sites et musées comme ceux de Meaux ou de Bastogne. On a le temps mais on ne doit pas louper le coche. »

    Le musée du Fort de la Pompelle est ouvert de 11h à 18h en semaine et de 11h à 19h le week-end. Fermé le mardi. Tarifs : 2/3/4€ (gratuit pour les moins de 15 ans). A noter que ce vendredi 11 novembre, le musée ouvrira ses portes gratuitement

    Julien Debant


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    PATRIMOINE : Le Fort de Condé, pour se souvenir

    L’entrée du fort, véritable fortification imaginée par Raymond Séré de Rivières.
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  • Le Fort de Condé était prévu pour accueillir plus de 650 hommes.
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  • Bâti entre 1877 et 1882 par le général Raymond Séré de Rivières, le fort, exemple typique de l’architecture militaire de la fin du XIXe siècle, est construit à la confluence des vallées de l’Aisne et de la Vesle, à proximité de la commune axonnaise de Chivres-Val. Pouvant accueillir 658 hommes au total, dont 600 hommes de troupe, sur près de treize hectares, il est situé sur un point élevé, non loin du Chemin des Dames, ce qui en fit une place très convoitée entres les armées allemandes et françaises au cours de la Première Guerre Mondiale (le 23 octobre 1917, les généraux Pershing et Franchet d’Espérey choisissent au demeurant le fort pour observer les combats faisant rage).

    Déclassé en 1912 suite aux grands progrès de l’artillerie, il est utilisé comme hôpital par les allemands jusqu’à l’offensive Nivelle, en 1917, suite à laquelle ces derniers en sont délogés. Et même si les soldats d’outre-Rhin le reprennent le 28 mai 1918, ce n’est que pour en être définitivement chassés le 7 août de la même année. Après la guerre, le Fort de Condé, dont la mesure de déclassement de 1912 est renouvelée en 1927, servira principalement de centre de désobusage.

    Aujourd’hui, le bâtiment est un symbole du second grand système de fortifications, après celui imaginé par Vauban. Ouvert au public, il accueille environ 12 000 visiteurs chaque année ce qui en fait l’un des monuments les plus visités du département de l’Aisne. Lors des visites, les amateurs de jeux de piste pourront partir à la recherche du mystérieux carnet du général Séré de Rivières, en recherchant toute une série d’indices dispersés dans le Fort qui permettront d’élucider des énigmes. Par ailleurs, le Fort de Condé joue au musée jusqu’au 15 novembre prochain, en accueillant en son sein l’exposition de l’artiste Michel Barbault qui, à travers une série de peinture/collages, rend hommage au galièriste japonais Masuda.

    Ouvert jusqu’au 15 novembre, de 9h30 à 17h30. Visites guidées de 14h à 16h (sauf lundi) Tarifs : 5 euros pour les adultes, 3 euros pour les 10-18 ans et gratuit pour les moins de 10 ans. Renseignements : 03 23 54 40 00 / fortdeconde02@orange.fr / www.fortdeconde.com

    Aymeric Henniaux
    Liens : www.fortdeconde.com


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    INAUGURATION - PATRIMOINE : A Meaux, un musée pour la Grande Guerre

    Parmi les objets exposés : des statues de bronze représentant les soldats au conflit.
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  • Les uniformes français et allemands d’époque représentent une grande partie des collections.
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  • Les plans du musée au moment de sa conception.
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  • Un casque de l’armée française en parfait état.
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  • De forme parallélépipèdique, le musée abritera plus de 30 000 objets sur 7 OOO mètres carrés.
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    Après sept années de réflexion, le Musée de la Grande Guerre ouvrira enfin officiellement ses portes ce week-end à Meaux. Une inauguration en grandes pompes, en présence du chef d’Etat, et qui se fera symboliquement le vendredi 11 novembre, à 11h11 précises. Situé précisément entre Meaux et Verreddes (là-même où se déroulèrent les célèbres batailles de la Marne), le musée siègera en léger contrebas du Monument américain La Victoire éplorée. D’une superficie de 7 000 m2, le bâtiment revêt la forme d’un parallélépipède et se divisera entre plusieurs surfaces d’accueil, des espaces dédiés aux expositions temporaires (600 m2 dont un amphithéâtre de 115 places et des ateliers pédagogiques), et des espaces réservés pour les expositions permanentes (sur 2 900 m2).

    Impressionnant de par son design et son étendue, le musée l’est aussi par l’extrême diversité de ses collections, recelant pas moins de 20 000 objets et 30 000 documents conservés de la période 1914-1918. A découvrir notamment les uniformes, constituant ici l’une des plus importantes collections d’Europe sur la thématique de la Première Guerre Mondiale. Pas moins de 200 bustes et d’uniformes complets sont exposés au public. Deuxième catégorie d’objets rassemblés : les armes individuelles ou collectives et les pièces d’artillerie (matraques, grenades à main, fusils, baïonnettes, mitrailleuses et obus de calibres). Du gros matériel d’époque est également présenté comme une charrette de compagnie, un lit d’hôpital, des chaises de mutilés et bien sûr le fameux taxi Renault, symbole de la victoire de la Marne. Au programme de la visite également, des objets du quotidien ramenés du front, un fonds documentaire et d’archives ainsi qu’un fonds Beaux-Arts composé d’affiches, de dessins, de peintures et de sculptures. Une opportunité idéale de redécouvrir le patrimoine historique de cette période de conflit, à seulement 40 minutes de la Marne.

    Visites gratuites vendredi 11 de 18h à 21h, samedi 12 et dimanche 13 de 10h à 18h. Horaires classiques : de 9h30 à 18h30 toute la semaine de mai à septembre, et de 10h à 17h30 d’octobre à avril. Fermeture hebdomadaire le mardi.

    Tarifs : de 5 à 10 euros (gratuit pour les moins de huit ans).
    Renseignements : 01 60 32 14 18 / www.museedelagrandeguerre.eu _ Aymeric Henniaux

    Liens : www.museedelagrandeguerre.eu

     

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    Union111110h
    VITRY-LE-FRANCOIS : A Vitry et dans l’arrondissement : Les cérémonies du 11-Novembre

    Vitry-le-François : la cérémonie commémorative aura lieu demain à partir de 10 h 15. Le rendez-vous est fixé à la Nécropole nationale (rue du Souvenir français).
    Au programme : dépôt de gerbes de fleurs par le Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre, le comité cantonal du Souvenir français et les autorités, sur les marches de la chapelle Notre-Dame de Lourdes ; puis dépôt de la flamme du Souvenir, par des collégiens de l’Ensemble scolaire Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle, devant les emblèmes des 7 soldats du Commonwealth, sous la présidence de la sous-préfète ; puis défilé jusqu’au monument aux morts (place Joffre).
    Salut des drapeaux et des sapeurs-pompiers par les autorités ; lecture du message du secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants par la sous-préfète ; dépôt de gerbes de fleurs par le Comité d’entente et les autorités.
    Courdemanges : à 10 h 15 devant le monument aux morts.
    Couvrot : à 12 heures, rassemblement place de la mairie ; à 12 h 15, départ au monument aux morts ; à 12 h 30, dépôt de gerbes et allocution ; à 12 h 45, vin d’honneur à la salle polyvalente.
    Châtelraould-Saint-Louvent : à 11 heures devant le monument aux morts.
    Frignicourt : à 11 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts, suivi d’un vin d’honneur servi dans les salles communales.
    Glannes : à 11 h 45 devant le monument aux morts.
    Huiron : à 9 h 30 devant le monument aux morts.
    Loisy-sur-Marne : à 11 h 30 à la mairie puis cérémonie au monument aux morts, suivie d’un vin d’honneur.
    Marolles : à 11 heures devant le monument aux morts avec la participation des représentants de l’Ersa. Vin d’honneur après la cérémonie.
    Pargny-sur-Saulx : à 10 h 45 rassemblement des sociétés et des personnalités au cimetière militaire pour dépôt de gerbe ; à 11 heures retour vers le monument aux morts face à la mairie ; à 11 h 15 dépôt d’une gerbe au monument aux morts ; à 11h30 : vin d’honneur offert par la ville dans la salle des réunions. Participation de la musique Champagne parade.
    Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement : à 11 h 10 devant la plaque commémorative de Blaise, à 11 h 20 au monument aux morts du cimetière de Nuisement, à 11 h 30 au monument aux morts des Grandes Côtes. Le verre de l’amitié clôturera la cérémonie.
    Sommesous : messe en l’église St Denis à 10 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts à 11 h 30 en présence d’un piquet d’honneur et d’une délégation du 5e régiment de Dragons du Centac de Mailly-le-Camp, puis vin d’honneur et repas à la salle des fêtes.
    Vitry-en-Perthois : à 12 heures devant le monument aux morts, dépôt d’une gerbe, lecture du message, appel des morts, chant par la chorale La Clef des Chants et vin d’honneur à la mairie.

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    Union111110g
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Le soldat inconnu US choisi à Châlons

    Pour Alain Girod, la célébration de l’événement reste trop confidentielle.
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  • En 1921, la manifestation avait drainé une foule considérable.
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  • Le salut des autorités devant le cercueil du Soldat inconnu.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Sait-on suffisamment que le Soldat inconnu US de la Première Guerre mondiale a été choisi à Châlons il y a quatre-vingt-dix ans ? Alain Girod, auteur d’une plaquette éditée il y a trente ans, pense que non…

    « DEPUIS trente ans, le souvenir du Soldat inconnu US choisi par le sergent Younger n’a droit qu’à une petite cérémonie à l’intérieur de l’hôtel de ville. Elle passe inaperçue auprès des Châlonnais. Cette année, on aurait pu, je ne sais pas moi, organiser une exposition par exemple, avec des photos de l’époque… »

    Une cérémonie même réduite à sa portion congrue, rappelle Alain Girod, passionné de la Première Guerre mondiale, est toujours mieux que rien. Chaque année, -il le reconnaît-, le péristyle de la maison commune témoigne d’une gerbe posée devant la plaque. Laquelle rappelle que le 24 octobre 1921, c’est à Châlons que fut choisi le Soldat inconnu américain de la Première Guerre mondiale. Mais Alain Girod regrette : on aurait pu faire davantage pour le 90e anniversaire de cet événement qui, chaque année à Arlington aux Etats-Unis, est commémoré avec faste. Du reste, Bruno Bourg-Broc, maire de Châlons, n’a t-il pas franchi l’Atlantique pour assister à cet anniversaire il y a une quinzaine de jours ?

    Quatre cercueils

    Pour Alain Girod, la date déjà célébrant le choix du Soldat inconnu US n’est pas assez respectée à Châlons. A ses yeux, la dernière manifestation digne de ce nom, remonte à 1981, pour le soixantième anniversaire de la manifestation : « Elle eut lieu exactement le jour anniversaire », commente celui qui, du reste, est l’auteur d’une plaquette commémorative qu’édita cette année-là l’association philatélique champenoise. Un auteur qui se souvient que « la mairie mit sur pied une manifestation d’ampleur avec la participation de nombreuses autorités américaines. La manifestation se déroula devant une foule impressionnante ».

    Moins impressionnante sans doute que celle du 24 octobre 1921. Comme s’il en avait été le témoin, Alain Girod peut la raconter par cœur. Ce jour-là, quatre catafalques de soldats anonymes US sont installés devant l’hôtel de ville.

    Quatre combattants exhumés d’autant de cimetières américains provenant de plusieurs départements de la région, départements particulièrement touchés par cette guerre, Aisne, Somme, Meuse. Quatre corps expertisés de façon que la raison de leur décès ne fasse aucun doute et due à une blessure reçue au combat.

    Et c’est en Marne, autre haut lieu de ce terrible conflit mondial que devant la chapelle ardente châlonnaise se présente, soldat blessé deux fois, un héros qui a participé à toutes les batailles sur le sol français, le sergent Younger.

    Il tient à la main un bouquet de roses blanches données par un Châlonnais qui a perdu deux de ses fils à la guerre. « Par trois fois, explique Alain Girod, le sergent Younger fait le tour des cercueils. Il est grave, impénétrable, ému ». Et puis il fait son choix : « Sur un des cercueils, il dépose les fleurs et se fige dans un salut solennel à son frère d’armes ».

    « On pourrait faire mieux »

    Plus tard, ces quelques mots seront gravés en argent sur son cercueil plombé : « An unknow American who gave his life in the world war ». En Français : « Un inconnu Américain qui donna sa vie dans la guerre mondiale… ».

    Ce soldat repose donc depuis à Arlington. A Châlons, la plaque commémorative fut inaugurée le 4 juillet 1939. Le sergent Younger, qui mourut quelque mois plus tard, avait été invité. Il n’avait pu être présent. Il écrivit : « Le souvenir de la part que j’ai prise dans la désignation du Soldat inconnu- en plaçant une gerbe de roses blanches sur le troisième cercueil à gauche- qui devait recevoir les honneurs de la reconnaissance de la nation pour un devoir bien rempli, est encore très vif et très précieux pour moi ».

    Très précieuse aussi est cette commémoration pour Alain Girod qui justement n’en démord pas : « On pourrait faire mieux. Elle est organisée le 11 novembre parmi d’autres dépôts de gerbe. Ceux qui ne connaissent pas cette histoire ne peuvent que difficilement l’apprendre… Bientôt, elle sera tombée dans l’oubli… ».

    Fabrice MINUEL

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    Union111110f
    VILLIERS-AUX-CORNEILLES : Trois poilus sortent de l’oubli

    Hervé Moreau, maire de Villiers-aux-Corneilles, devant la plaque posée sur le mur de la mairie.
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  • VILLIERS-AUX-CORNEILLES (Marne). Demain, Villiers-aux-Corneilles va commémorer pour la toute première fois le 11-Novembre. Car la commune vient d’apposer une plaque honorant ses trois habitants morts pour la France.

    LES MORTS pour la France de Villiers-aux-Corneilles seront honorés ce vendredi 11 novembre pour la toute première fois. Il a donc fallu attendre près d’un siècle pour qu’apparaisse une plaque à la mémoire des trois habitants de Villiers morts lors de la Première Guerre mondiale.

    Recherches dans l’état civil

    Hervé Moreau, maire de cette commune située près de Conflans-sur-Seine, tenait à mener à bien ce dossier : « Les villages accueillaient à tour de rôle l’assemblée des anciens combattants du canton d’Anglure, mais jamais le nôtre, car nous n’avions pas de monument aux morts, raconte-t-il. J’avais toujours entendu dire qu’il n’y avait pas eu de tués pendant la guerre à Villiers. »

    Etonnant, car même les plus petites communes du pays ont eu des fils tués entre 1914 et 1918. Et Villiers comptait un peu plus de 100 habitants à la veille de la Grande Guerre.

    « J’ai tout simplement recherché dans le registre d’état civil », indique Hervé Moreau. La quête n’a pas été vaine. « Trois habitants de Villiers ont été tués durant la Première Guerre, il n’y en a aucun pour la Seconde Guerre mondiale », annonce le maire.

    Ces trois soldats morts pour la France résidaient dans la commune mais n’étaient pas natifs de Villiers-aux-Corneilles. Aucun n’est enterré au cimetière de cette commune de 90 habitants. « J’ai quand même tenu à ce que la commune les honore », note le maire.

    Âgés de 20 à 36 ans

    Qui sont-ils ? Clément Ponsard est mort le 5 février 1915 à Amiens, d’une fièvre typhoïde contractée en service. Il avait 20 ans et était né à Conflans-sur-Seine. Eugène Léfilé est mort en octobre 1916, dans la Somme, à l’âge de 36 ans. Il a été tué au combat. Fernand Ponsard est mort en octobre 1918. Cet habitant de Villiers-aux-Corneilles a succombé à ses blessures en Belgique. Il avait 27 ans. « La commune a fait fabriquer une plaque, nous l’avons inauguré en mai dernier », note Hervé Moreau.

    La commune n’a pas réalisé de véritable monument aux morts, « car nous ne disposons pas de beaucoup de moyens financiers », note le maire. Demain vendredi 11 novembre, Villiers-aux-Corneilles va connaître sa première cérémonie commémorative de l’Armistice.

    « Nous allons procéder à un dépôt de gerbe, ce sera l’occasion de réunir les habitants de la commune, note Hervé Moreau. Cela me paraissait important d’honorer ces jeunes qui ont fait un sacrifice pour notre pays. » Ce sera désormais chose faite.

    Guillaume TALLON

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    Union111110e
    REIMS : Nuit de cristal / Tout le monde a laissé les juifs se faire massacrer

    Hier soir, trois élèves de François-Legros ont participé à la commémoration en lisant des poèmes d’enfants déportés.
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    Les nazis l’ont appelée « Nuit de cristal » à cause de toute la vaisselle qui a été cassée cette nuit-là. Ainsi, ils faisaient cyniquement référence aux vitrines et à la vaisselle cassées de tous les juifs qu’ils ont réussi à violer, frapper, insulter, humilier et tuer en une seule nuit. C’était la nuit du 9 au 10 novembre 1938, dans tout le reich allemand. Les monstres étaient fiers d’avoir pu saccager une centaine de synagogues rien qu’en une nuit. Fiers aussi d’avoir mis à sac et pillé des milliers de magasins en si peu de temps. Tellement satisfaits d’avoir terrorisé les juifs qu’ils étaient déjà décidés à les exterminer jusqu’au dernier. Cette opération planifiée, savamment orchestrée et déclenchée au premier prétexte, en l’occurrence l’assassinat d’un conseiller d’ambassade, montre que la Shoah qui a suivi était déjà en préparation.

    A cette époque, les nazis n’avaient pas encore construit les chambres à gaz. Ils misaient encore sur une émigration massive des juifs. Seulement, même après cette sombre nuit, les autres pays n’ont pas ouvert leurs frontières. Ni la France, ni les autres. L’Angleterre a même décidé de limiter fortement l’entrée en Palestine où pourtant les juifs étaient censés construire leur foyer national. Tous, sans exception, les ont laissés aux mains meurtrières des nazis.

    Hier en fin d’après-midi, au square des victimes de la Gestapo rue Jeanne-d’Arc, a eu lieu la traditionnelle commémoration de cette sombre nuit. Pour l’occasion, trois élèves du collège François-Legros ont lu des poèmes d’enfants déportés dont deux sont morts gazés à Auschwitz.

    Une commémoration pour oser croire que si la même chose se reproduisait demain, la réaction des pays dits civilisés serait immédiate, unanime et sans appel à l’égard des bourreaux. Où que cela se passe dans le monde et quel que soit le profil de ces éventuels nouveaux nazis. Mieux vaut y croire.

    Catherine FREY

     

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    Union111110d
    TINQUEUX : Repas de la Saint-Martin à Tinqueux Les anciens combattants en agapes

    Convivialité à la table de Gilles Richard, président des anciens combattants, et de Lucienne Becker, adjointe aux cérémonies.
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  • Lorsque le mois de novembre arrive, l’association des anciens combattants de Tinqueux organise son traditionnel repas dansant de la Saint-Martin (le patron des soldats) à la salle des fêtes Guy-Hallet. Depuis plusieurs siècles, cette fête marque le début des rigueurs hivernales, elle est aussi le moment où l’on fait festin de produits gastronomiques.

    Dans la salle, plus de 160 convives, parmi lesquels Jean-Pierre Fortuné, maire de la commune et conseiller général de la Marne.

    Après le pot de l’amitié, place à la détente et au repas gastronomique préparé par un traiteur local, avec, au menu, des mets succulents, ainsi que des boissons à faire tourner la tête à tous les anciens combattants et leurs amis.

    Après le repas et le tirage de la tombola, les convives se sont retrouvés sur la piste de danse au son de l’orchestre Musicaliente. Tard en soirée, ils se sont quittés presque à regret, tous manifestement enchantés et en se donnant rendez-vous l’année prochaine.

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    Union111110c
    11-NOVEMBRE : Armistice / Les cérémonies du 11-Novembre

    Ce vendredi 11 novembre, les communes rendront hommage à ceux qui sont tombés
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  • Voici la suite des rendez-vous pour les cérémonies qui se dérouleront ce vendredi 11 novembre dans l’arrondissement de Reims à l’occasion du 93e anniversaire de l’armistice de 1918.

    Auménancourt
    Commémoration à 11 heures au monument aux morts : discours, défilé des pompiers et verre de l’amitié.

    Beine-Nauroy
    Créée afin de pérenniser le devoir de mémoire et faire revivre le souvenir du village de Nauroy, disparu et rattaché à la commune en 1950, l’association « les Amis de Nauroy » rend un hommage spécial aux disparus, aux familles qui n’ont jamais reconstruit leurs maisons, lors des cérémonies officielles du 11-Novembre. À l’issue de celles-ci, elle vous invite à une exposition de documents, photos, objets, écoute de témoignages, et à des échanges avec les passionnés de l’histoire de la Grande Guerre, avant de partager le « pot du souvenir ».

    Programme : à 10 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts. À 11 h 11, cérémonies devant la chapelle de Nauroy. Dépôt d’un bouquet sur la stèle commémorative FFI.

    Chamery
    Rendez-vous à 11 h 30 devant la mairie, pour le défilé et le dépôt de gerbe au monument aux morts. A l’issue, vin d’honneur offert à la Chambre chaude.

    Chenay
    Rendez-vous à 10 h 15 pour un défilé avec l’association des poilus, et la Villanelle qui chantera la Marseillaise et la Madelon, accompagnée par la Clique l’Espérance, dépôt de gerbe au monument aux morts suivi du verre de l’amitié à la salle des fêtes où seront accueillis les nouveaux Chenois. Le comité de fête offrira ensuite un repas à ses anciens.

    Chigny- les-Roses
    Le rendez-vous de la cérémonie commémorant la fin des hostilités de la guerre 14/18 est prévu vendredi 11 novembre à 11 heures, place de la Mairie, pour un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Ecueil
    La population est cordialement invitée à participer à la cérémonie du 11-Novembre. Rassemblement devant la mairie à 10 h 45. Dépôt de gerbe au monument aux morts à 11 heures. Un vin d’honneur sera offert à tous les présents dans la petite classe.

    Faverolles- et-Coëmy
    Rendez-vous place de la Mairie pour la cérémonie du souvenir, à 11 h 15, puis au monument aux morts, à 11 h 30. Un vin d’honneur suivra.

    Jouy-lès-Reims
    La cérémonie de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 se déroulera ce vendredi au monument aux morts. Le rassemblement est prévu devant la mairie à 11 h 15. A l’issue de la cérémonie, la municipalité offrira un vin d’honneur à la salle des fêtes.

    Merfy
    Rendez-vous à midi place de l’Église pour un défilé au cimetière militaire où sera déposée une gerbe. Rendez-vous ensuite au monument aux morts pour un dépôt de gerbe, également suivi de la Marseillaise chantée par les enfants de l’école élémentaire. Un vin d’honneur à la salle des fêtes suivra cette cérémonie.

    Mont- sur-Courville
    Rassemblement à 11 h 45 devant le monument aux morts, dépôt de gerbe puis vin d’honneur.

    Pargny- lès-Reims
    La population est cordialement invitée à participer à la cérémonie du 11-Novembre. Elle aura lieu devant le monument aux morts à 11 h 30, un vin d’honneur sera offert à tous les présents à la Marpa, suivi de la remise des récompenses pour les maisons fleuries.

    Rilly- la-Montagne
    La commémoration de l’armistice du 11 novembre se déroulera selon le programme suivant à Rilly-la-Montagne : à partir de 11 h 30, rassemblement place de la Mairie ; dépôt de gerbes au monument aux morts ; appel aux morts ; vente du bleuet de France. Un vin d’honneur sera ensuite servi à l’espace culturel.

    Saint-Masmes
    Rendez-vous au monument aux morts à 11 heures avec les participations du Corps des sapeurs-pompiers, des jeunes sapeurs-pompiers de Warmeriville et de la clique des Fanfarons. La cérémonie sera suivie d’un vin d’honneur à la salle polyvalente.

    Sept-Saulx
    La messe prévue le 11 novembre sera à 9 h 30 et non à 10 heures comme inscrit sur le « Tous Frères ».

    Sermiers
    Rassemblement devant la mairie à 11 heures pour le défilé jusqu’au monument. Vin d’honneur au Foyer rural.

    Verzenay
    Le rassemblement pour la cérémonie commémorative du 11 novembre 1918 est prévu à 11 h 15, place de la Mairie, puis départ du cortège vers le monument aux morts.

    Villers-Allerand
    Le rendez-vous de la cérémonie commémorant la fin des hostilités de la guerre 14/18 est prévu vendredi 11 novembre à 11 heures à Villers-Allerand pour un dépôt de gerbe au monument aux morts, suivi du verre de l’amitié.

    Le rassemblement est prévu à 11 h 15, place de la Mairie, puis départ du cortège vers le monument aux morts.

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    Union111110b
    11-NOVEMBRE : Les sapeurs-pompiers de Paris à Reims

    Du 10 au 14 avril 1918, 530 immeubles brûlent à Reims.
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  • Faut-il être surpris qu’en cette année de leur bicentenaire, les sapeurs-pompiers de Paris participent aux cérémonies du 11 Novembre à Reims ? Dans la cité martyre de la Grande Guerre, ils sont venus en renfort des sapeurs-pompiers rémois qui étaient des volontaires. Bombardée, dévastée, Reims connaissait des incendies dramatiques dont celui resté célèbre de sa cathédrale en septembre 1914 et bien des habitants avaient besoin d’être secourus dans l’urgence. C’est pourquoi les Rémois ont accueilli des colonnes de sapeurs-pompiers de Paris qui ont combattu les sinistres auprès de leurs camarades des lieux et ont contribué à sauver des vies mais aussi certaines œuvres d’art. Quatre soldats du feu parisiens sont morts en service commandé. Plusieurs autres ont été blessés.

    Cette année, sapeurs-pompiers rémois et parisiens seront ensemble pour rendre hommage à leurs aînés courageux et ils seront les uns et les autres accompagnés de jeunes sapeurs-pompiers. Signe que dans leurs rangs, on perpétue la tradition et l’on transmet la mémoire parce qu’on sait ce qu’est le devoir de fidélité envers ceux qui ont donné leur vie pour les autres. La délégation parisienne sera accueillie au centre de secours Marchandeau par le lieutenant-colonel Fouquet. Tous participeront au pèlerinage mémoriel rémois et contribueront directement à l’hommage rendu dans les carrés militaires 31 et 32 du cimetière du Nord à cinq poilus tombés à Reims. Il s’agit du Manchois Louis Jouin, de l’Ardennais Robert Collignon, du Meusien Henri Strauël, du Girondin Georges Lavigne, du Nordiste Jean Descamps dont les parcours seront évoqués.

    Le corps de sapeurs-pompiers de Reims comme celui de Paris est décoré de la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Lorsque la croix est remise au corps rémois par le président de la République, le coussin est porté par le capitaine Clément Geoffroy. « C’était mon arrière-grand-oncle », se souvient Philippe Germain. Et d’ajouter : « À la fin de la guerre, parmi le dernier carré des dix-sept sapeurs-pompiers commandés par le capitaine Geoffroy se trouvaient également son frère le sergent Gabriel Geoffroy, mon arrière grand-père, charpentier de son état, pompier volontaire et le fils de ce dernier Joseph. En quelque sorte ne restaient comme pompiers que ceux qui étaient trop vieux… ou trop jeunes pour monter au front mais ils risquaient aussi leur vie tous les jours ».

    Hervé CHABAUD

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    Union111110a
    SOMMEPY-TAHURE : La Grande Guerre en images Des photos pour raconter l’enfer

    Les visiteurs sont venus nombreux découvrir les photos de Pierre Jacquart, véritable trésor, et la vidéo « J’habitais à Tahure ».
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  • Elles sont venues de Reims et de Châlons, de l’Argonne, des Ardennes et du village… Près de cent personnes se sont retrouvées à la salle polyvalente à l’initiative de l’association du Souvenir, pour découvrir les photos sur plaques de verre prises par Pierre Jacquart lorsqu’il était au front en 14/18.

    L’Aisne, les Vosges, la Champagne et l’enfer de Verdun et ses environs : le photographe a pris soin de montrer la vie dans les tranchées et les boyaux, le matériel et son évolution, les conditions terribles de vie avec les obus et dans la boue, les conditions de distribution des repas, les rassemblements pour la messe et… la mort présente partout.

    On pouvait découvrir aussi le matériel utilisé à chaque période de cette longue guerre : les chars, les engins tractés, les « saucisses » et les avions. Découvrir ensuite le village durant cette période où il n’y avait plus que des pans de murs comme maison, et l’état critique de l’église.

    Les premières reconstructions de baraquements ont montré la volonté des habitants de sortir des ruines. D’autres photos sur la reconstruction n’ont pu être montrées (problème technique) mais chacun a pu apprécier la vidéo « J’habitais à Tahure » qui avait été réalisée par l’association pour les journées des villages disparus.

    Avec un scénario écrit sur des faits réellement vécus, par Jean-Pierre Thirion et une participation technique d’Antony Depors : la réalisation a été applaudie. Un DVD sera bientôt disponible auprès de l’association du Souvenir.

    La salle mémoriale de Sommepy, au premier étage de la mairie, fait revivre toute cette période et est toujours visitable.

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    Union111109c
    EPERNAY : Commémoration : Les poilus de la Marne dans le Sud de la France

    Une vingtaine de membres de l’association est attendue
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    Pas de répit pour les membres de l’association du poilu de la Marne présidé par Didier Blanchard, en cette veille du 11 novembre, après la Turquie, l’Italie et la Roumanie, c’est à Menton et à Beausoleil dans le Sud de la France qu’ils se rendront pour les commémorations.

    Une vingtaine de membres est attendue. Invités par Louis Dental, président du « Comité de commémorations d’époque », ils défileront en tenues d’époque, leur canon de 75 étant déjà sur place avec leur roulante, ils inaugureront un rond-point au nom de Clemenceau.

     

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    Union111109b
    LOIVRE : Histoire : Hermann Löns, tué entre Loivre et Villers-Franqueux

    L’écrivain allemand Hermann Löns a trouvé la mort à Loivre le 26 septembre 1914.
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  • A Loivre, Hermann Löns, l’un des plus célèbres écrivains allemands de son temps, a trouvé la mort lors de la Grande Guerre le 26 septembre 1914. Il était né à Külm en Prusse occidentale le 29 août 1866.

    Ardent défenseur de la Nature, il avait suivi des études de médecine et de zoologie. Devenu journaliste et écrivain, ses écrits relataient le vide spirituel lié à l’essor industriel et à la vie dans les grandes villes et dénonçaient le matérialisme économique et culturel.

    Son roman à succès « Der Wehrwölf », le « Loup-garou », évoque les milices paysannes d’autodéfense de la lande de Lunebourg pendant la guerre de trente ans (1618-1648). Sur sa demande, Hermann Löns est parti au Front le 24 août 1914 dans le 73e IR.

    Son journal intime au ton désabusé souligne que la guerre mécanisée laisse peu de place à l’héroïsme. Le 26 août 1914, le 28e RI occupe Villers-Franqueux ; les troupes allemandes, dont celles du 73e IR à laquelle appartient Hermann Löns, basées à Loivre, ont essayé de franchir la route nationale 44. Trois attaques allemandes furent menées le 26 septembre 1914 : au matin, du moulin de Loivre, et du bois de Chauffour avec le 239e RI, ainsi qu’à Villers-Franqueux durant la nuit. La mort viendra faucher Hermann. Son corps sera retrouvé à Loivre en janvier 1934 par un agriculteur.

    « C’est un camarade, car il est tombé en automne 1914, dans une Compagnie que je devais commander plus tard. Il a été tué par une balle dans un combat de tirailleurs. »

    Ainsi Ernst Jünger, écrivain allemand, auteur de « Orages d’acier » et de « Journaux de guerre », venu combattre à Loivre lui aussi, a-t-il raconté la mort au combat de son compatriote Hermann Löns.

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    Union111109a
    SAINTE-MENEHOULD : Cérémonies du 11-Novembre : Pour honorer la mémoire des Poilus

    Sainte-Ménehould. Pour honorer la mémoire des Poilus et victimes de la guerre de 14-18, l’association ACPG-CATM de la section de Sainte-Ménehould/Ville-sur-Tourbe déposera une gerbe au monument aux morts de la place du Général-Leclerc le vendredi 11 novembre à 10 h 30.
    Un dépôt de gerbe sera organisé par la mairie au monument aux morts de la Grange-aux-Bois à 11 heures, suivi d’un vin d’honneur.

    Maffrécourt. A l’occasion du 93e anniversaire de l’armistice de 1918, une cérémonie aura lieu au monument aux morts à 11 h 15. Un vin d’honneur sera offert en mairie. La population est invitée à participer à la cérémonie.

    Arrondissement de Clermont-en-Argonne. Les citoyens sont invités à s’associer à la commémoration des soldats et combattants disparus au champ d’honneur. Rassemblement à 8 h 15 place de la République à Clermont-en-Argonne ; 8 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts de Parois ; 8 h 50, dépôt de gerbe au monument de Jubécourt ; 9 h 05, dépôt au monument d’Auzéville ; 9 h 15, dépôt à la stèle de Rarécourt ; 9 h 40, dépôt de gerbe au cimetière militaire de Clermont et sur la tombe de sœur Gabrielle Rosnet ; 10 heures, messe à l’église Saint-Didier de Clermont ; 11 h 15, dépôt de gerbe au monument aux morts et au monument des déportés de Clermont et allocutions ; vin d’honneur à la mairie de Clermont.

    La Neuville-au-Pont. La cérémonie commencera par un rassemblement place de la mairie à 9 h 45, suivi par un dépôt de gerbe au monument aux morts à 10 heures et un vin d’honneur. La population est cordialement invitée.

    Vienne-le-Château. Rassemblement à 10 heures place de la mairie ; à 10 h 10, dépôt de gerbe au cimetière militaire de la Gruerie ; à 10 h 30, dépôt de gerbe au cimetière militaire de la Harazée ; à 10 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts, avec la participation des pompiers, des enfants des écoles et de la fanfare. A l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur sera offert salle bleue à la mairie.

    Verrières. La cérémonie commencera à 11 heures par un rassemblement devant la mairie. On débutera par les honneurs aux drapeaux et un défilé vers le monument aux morts, un hommage aux soldats morts pour la France avec la participation des enfants de l’école, puis un vin d’honneur à la salle polyvalente.

    Passavant-en-Argonne. La population est invitée à participer à un dépôt de gerbe au monument des Mobiles à 11 heures.

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    Union111108a
    SUIPPES : Centre d’interprétation Marne 14-18 : 400 visiteurs pour 40 clichés

    Les meilleures photos ont reçu un prix.
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  • A l’issue de trois semaines d’exposition, ce sont plus de 400 visiteurs qui se sont attardés devant les quarante clichés présélectionnés par le jury du centre d’interprétation

    Tous ont été réalisées par des amateurs - dont une québécoise qui a mis à l’honneur la tombe du soldat Libert(é).

    300 votants ont sélectionné la photo de leur choix dans les deux catégories : jeune et adulte, chacune ayant un prix du public et un prix du jury (jugé sur la technique et l’esthétique)

    En catégorie jeune, l’IME de Sainte-Ménéhould s’est distingué (prix du jury pour le coq de Souain et prix du public, avec 137 voix sur 300 votants, pour la tranchée de Massiges)

    En catégorie adulte, le prix du jury revient à Olivier Detième (Massiges, la vie malgré toi) et le prix du public, avec 25 sur 300, à Eric Meyer (la main de Massiges) et à Laurent Vidal (le cimetière de la Crouée) ex-æquo.

    Tous les participants sont repartis avec un cadeau et les heureux sélectionnés ont gagné un week-end en chambre d’hôtes de leur choix.

    Brigitte Chocardelle vice-présidente de la Communauté de communes a remercié participants et organisateurs et exprimé sa satisfaction par rapport à la réussite de cette exposition qui présente des lieux familiers sous un angle inhabituel, ne manquant pas d’inciter à les visiter voire même revisiter.

    Le centre d’interprétation Marne 14-18 est ouvert du mardi au dimanche de 13 à 18 heures. Centre d’interprétation 4, ruelle Bayard 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09. Contact@marne14-18.fr www.marne14-18.fr et/ou www.facebook.com/marne1418

    A retenir : Le 11 novembre, à l’occasion de l’Armistice, un tarif spécial de 3 euros par personne est mis en place. La bourse militaria 2011 aura lieu le dimanche 4 décembre dans la salle G. Dévignes à Suippes de 8 h 30 à 16 heures. Entrée 2 euros.

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    Union111107d
    DORMANS : L’association historique du Mémorial en assemblée

    L’association poursuit son travail de mémoire et de recherches.
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  • DORMANS (Marne). Née en 1997 à Dormans sous l’impulsion de bénévoles, qui à l’époque avaient fondé « Les amis de la Chapelle » pour faire perdurer la mémoire de tous les soldats morts au combat lors de la Première Guerre mondiale, l’association du Mémorial des Batailles de la Marne Dormans 1914/1918, vient, dans une salle de l’Espace 2000 à Mareuil-le-Port, de tenir son assemblée générale.

    Une salle où avaient pris place les membres du bureau excusant Antoine Sarazin, souffrant et remplacé par Michel Richon aux côtés d’Auguste Héry le secrétaire et de Daniel Ouy, trésorier.

    Entre les mains d’un avocat

    Une association forte de 190 membres, nombre qui a notablement augmenté depuis 2008, date du litige important qui l’oppose à une association possédant quasiment le même nom, créée lors d’un changement de l’équipe dirigeante qui affiche très clairement l’objectif de réaliser un tourisme de mémoire et révoque les fondateurs.

    Aujourd’hui l’affaire est entre les mains d’un avocat, car privés de leur trésorerie et de leur matériel, n’étant plus conviés aux réunions, les membres de l’association historique mettent notamment leurs activités sur un site internet.

    Samedi après-midi, les présents ont enregistré les cotisations et le tiers du conseil d’administration sortant a été réélu. Le bilan financier a reçu l’approbation du vérificateur au compte.

    Parmi les actions de l’association, on notera les intenses recherches qui ont permis de donner une sépulture décente à un soldat mort en forêt de Vandières, complètement disparu sous la végétation. Il repose maintenant au cimetière du village.

    Le mémorial, érigé en 1919 grâce à la Duchesse d’Estissac et au Maréchal Joffre, a vu sa construction durer dix ans. Longtemps géré par les pères Salésiens, qui avaient peu de moyens pour l’entretenir et quittèrent définitivement les lieux en 1986, cet ensemble immobilier est propriété de la commune depuis janvier 2000.

    Le mémorial de Dormans est devenu au fil du temps, notamment grâce au travail de l’association dormaniste, très prisé des touristes et visité par plus de 17 000 personnes chaque année.

    Une reconnaissance que le président Antoine Sarazin a par ailleurs reçue personnellement, sous la forme une invitation émanant de l’Elysée, le conviant au musée de la Grande Guerre à Meaux lors des prochaines commémorations du 11 Novembre.

    200 000 visiteurs sur le site web

    Par ailleurs le fils du secrétaire est le webmaster du site internet, enrichissant quotidiennement les pages de ses recherches, au point d’avoir vu courant octobre le 200 000e visiteur se connecter. Les soldats de ces combats y sont listés, répertoriés dans les moindres détails, faisant de ce travail une référence pour laquelle M. Héry est souvent sollicité. De plus en plus de personnes souhaitent en effet connaître le destin de leur aïeul, qu’il s’agisse de Français ou de demandes venues de l’étranger.

    Adresse du site internet : memorialdormans.free.fr

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    Labellisé « Patrimoine du XXe siècle »

    Le Mémorial des Batailles de la Marne à Dormans vient de se voir attribuer le label « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture.

    La plaque attribuée au monument à la suite de cette labellisation sera officiellement dévoilée à l’occasion des cérémonies commémoratives du 93e anniversaire de l’armistice de 1918, le 11 novembre prochain :

  •  8 h 45 : rassemblement sur l’esplanade du Mémorial.
  •  9 heures : dépôt de gerbe au nom du Président de la République, sonnerie aux morts suivie d’une minute de silence et du refrain de la Marseillaise, salut aux porte-drapeaux par le sous-préfet et les autorités présentes.
  •  9 h 15 : dévoilement de la plaque officielle « Patrimoine du XXe siècle » par Gilles Giuliani, sous-préfet de l’arrondissement d’Epernay, et Philippe Martin, député.
  •  9 h 30 : collation au château.
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    Union111107c
    MARDEUIL : Le couple Ponson de Mardeuil reçoit la Médaille des Justes à titre posthume : Ils ont contribué à la Grande Histoire

    Emotion lorsque Joséphine, entourée d’autres enfants de CM2 de l’école de Mardeuil, lit devant une assistance comble,
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  • Les noms de Lucien et Henriette Ponson vont être gravés sur le mémorial des Justes de Jérusalem pour avoir sauvé en le cachant à Mardeuil, un enfant juif.

    RENÉE DOMINIQUE, née Ponson, est venue hier à la salle des fêtes recevoir la médaille des Justes, remise à titre posthume à ses parents, Lucien et Henriette, pour avoir, en le recueillant, sauvé Roger Gelbart, un enfant juif de 14 ans, d’une mort certaine. « J’avais 8 ou 10 ans en 1944, mes parents habitaient avenue Paul-Langevin à Mardeuil. Roger, c’est une cousine des Ardennes qui l’a envoyé ici. Nos parents nous ont dit que c’était un cousin et il est resté deux ans », se souvient-elle.

    Comme a allégué le maire Pierre Martinet, « c’est le peuple israélien qui par l’intermédiaire de ses représentants, remercie et rend hommage à Lucien et Henriette Ponson ». En ces temps d’Occupation, de premier conflit mondial où la guerre a pris cette dimension raciale, d’un peuple qui veut en exterminer un autre, « ce fut de leur part une générosité et un courage exemplaires de contribuer à sauver une vie, au regard des risques encourus par tous les membres de cette famille ». « Dans le Talmud, il est dit que quiconque sauve une âme, sauve l’humanité tout entière », a abondé dans son sens Elad Ratson, directeur des relations publiques à l’Ambassade d’Israël.

    Lucien et Henriette ont cinq enfants lorsqu’en 1944, des neveux de l’épicière de Fraillicourt, Mme Gosset, une cousine des Ardennes, leur amènent un enfant juif.

    Sans rien lui demander, cette famille simple et bonne va cacher Roger jusqu’à la fin de la guerre, en le faisant passer pour un neveu.

    Comme l’a lu Joséphine, de la classe de CM2 de Mme Kremer, Roger Gelbart est raflé par les Allemands le 4 janvier 1944 avec ses parents, Moïse et Chana, des juifs polonais. Ils se trouvent tous les trois dans un camion en direction de Drancy-Auschwitz, lorsque le père ordonne à son fils de sauter du camion. Ce qu’il fait, échappant à une fusillade. Il reste caché dans les bois jusqu’à la nuit. Parvenu à Fraillicourt, il trouve refuge chez l’épicière mais doit très vite s’enfuir par la fenêtre pour échapper aux Allemands. C’est alors qu’il est conduit à Mardeuil chez Lucien et Henriette Ponson. Pour subvenir à ses besoins, Roger travaille dans une usine de contreplaqués puis dans les caves du champagne Mercier.

    « Ils m’ont sauvé la vie »

    « Avec courage et simplicité, la famille Ponson m’a sauvé la vie », a dit hier Roger Gelbart, présent à cette cérémonie avec sa femme Céline. Une vie menacée à cause du statut de juif. La gorge serrée, il glisse que personne de sa famille n’est revenue des camps. « Il me restait juste une tante. » Roger a vécu sa vie d’homme, travaillé dur dans le prêt-à-porter pour arriver à avoir son propre commerce. Il a eu deux enfants, dont l’un est malheureusement décédé et coule désormais une retraite méritée au Perreux.

    « Si la France n’a pas toujours été fière de son histoire, elle peut à juste titre, s’enorgueillir du courage et du patriotisme de Français à l’image de cette famille et de tant d’autres anonymes. Ces héros redonnent à la France ses lettres de noblesse », relève Pierre Martinet.

    Daniel Lemaire, conseiller général, est d’accord qu’en refusant la déportation, M. et Mme Ponson ont, par désobéissance civile, sans rechercher de contrepartie, aussi sauvé la dignité de la France. Le couple de Mardouillats fait désormais partie des 3 300 justes honorés en France, soit 30 000 dans le monde, comme l’a annoncé Didier Cerf, délégué régional du comité français pour Yad Vashem. La médaille des Justes est décernée par l’institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des juifs sous l’Occupation, au péril de leur vie. Le sous-préfet de l’arrondissement d’Epernay, Gilles Giulliani, a mis en exergue que ce qui est célébré là, c’est à la fois quelque chose qui nous rend fiers, mais aussi coupables, car il faut admettre les défaillances de l’Etat.

    « Nous sommes fiers quand même car nous honorons l’acte héroïque d’une famille française. Il est important de se souvenir qu’il y avait des résistants cachés et modestes. Si on honore nos soldats, qu’on n’exalte pas la guerre. Cette présence forte et celle de ces enfants, nous forge une âme de résistants qui nous protégera de la tentation du laisser-faire ».

    Fabienne NOUIRA-HUET

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    Union111107b
    REIMS : Armistice : Les cérémonies du 11 Novembre

    Ce vendredi 11 novembre, les communes rendront hommage à ceux qui sont tombés
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  • Voici les cérémonies qui se dérouleront ce vendredi 11 novembre dans l’arrondissement de Reims à l’occasion du 93e anniversaire de l’armistice de 1918 :

  •  Bazancourt A 11 h 45 : rassemblement au monument aux morts pour dépôt de gerbes, lecture du discours officiel, remise de médailles à quatre membres de l’UNC-UNCAFN ainsi qu’une médaille « Prix Nobel de la Paix 1988 » à un membre de l’UNC-UNCAFN. Puis vin d’honneur à la salle des fêtes Michel-Prévoteau.
  •  Beine-Nauroy A 10 h 45, dépôt de gerbe au monument aux morts de Beine-Nauroy ; à 11 h 10, cérémonie devant la chapelle de Nauroy, dépôt d’un bouquet sur la stèle commémorative FI. Pot du souvenir.
  •  Bermericourt Cérémonie du souvenir à 11 heures.
  •  Bétheny 11 h 15 : dépôt d’une gerbe devant la plaque commémorative à la mairie-annexe du Petit-Bétheny ; 11 h 30 : rassemblement place de la Mairie, défilé et dépôt de gerbe au monument aux morts. Le verre de l’amitié clôturera la cérémonie à la mairie.
  •  Bezannes Rendez-vous au monument aux morts à 11 heures. Vin d’honneur ensuite.
  •  Caurel 10 heures : rassemblement sur la place de la Mairie. 10 h 15 : dépôt de gerbe au monument aux morts - Marseillaise chantée par les enfants - Remise de deux médailles. A la fin de la cérémonie aura lieu, à la salle polyvalente, la remise des prix du concours des maisons fleuries, suivie d’un vin d’honneur.
  •  Cauroy-lès-Hermonville A 9 h 35, rassemblement devant la mairie. A 9 h 45, défilé avec la fanfare La Pouillonnaise et dépôt de gerbe au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur, salle de la mairie.
  •  Cernay-lès-Reims A 10 h 30, messe. A 11 h 30, commémoration devant le monument aux morts puis au cimetière. Vin d’honneur à la mairie.
  •  Champigny-sur-Vesle La population est invitée devant le monument aux morts près de la mairie à 11 heures ; participation de la fanfare « les Dauphins ».
  •  Cormicy 9 h 30, rendez-vous à la Maison Bleue ; 9 h 45, cérémonie au cimetière militaire avec la fanfare « l’Espérance » de Cormontreuil ; 10 heures : monument du Général-Rousseau, 10 h 15 : cimetière civil, 10 h 45 : monument aux morts (appel aux morts avec les enfants de l’école primaire) ; 11 h 15, vin d’honneur à l’Hôtel de Ville.
  •  Courcy Martine Jolly, maire de la commune, invite à la cérémonie du souvenir qui aura lieu à 11 h 30 au monument aux morts.
  •  Fismes Rassemblement à partir de 10 h 45, place de l’Hôtel de Ville. Un convoi est organisé à 10 h 30 pour un hommage aux monuments du 109e RI (route de Merval) et de la 4e division de Meadville (RN 31 direction Soissons).
  •  Fresne-lès-Reims A 11 heures, rassemblement sur la place de la Mairie du conseil municipal, des anciens combattants, des sapeurs-pompiers et de la population. Départ vers le monument aux morts et dépôt d’une gerbe. Allocution du maire. Retour à la salle municipale où Mme Longhini sera à l’honneur à l’occasion de son départ à la retraite. Vin d’honneur.
  •  Hermonville Rassemblement place Truchon à 8 h 45. Cérémonie au monument aux morts. Défilé au cimetière communal et au cimetière anglais. Aubade par la fanfare de Bourgogne.
  •  Isles-sur-Suippe Un hommage au cimetière sera rendu au soldat Gabriel Bertin enfant du village dont la tombe a été restaurée par le Souvenir français à 11 h 30. A 12 h 20, cérémonie au monument aux morts avec la participation de la fanfare de Saint-Masmes. A 12 h 50, à la salle polyvalente, remise de médaille. Vin d’honneur.
  •  Les Mesneux A 11 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts. La cérémonie sera suivie d’un vin d’honneur à la salle des fêtes.
  •  Les Petites-Loges Rassemblement à 11 h 30 place de la Mairie ; à 11 h 45, dépôt de gerbe au monument au mort. Vin d’honneur salle de la mairie.
  •  Loivre A 9 heures, rassemblement devant la mairie. Le défilé se rendra au monument aux morts pour un dépôt de gerbe, puis rue du 11-Novembre et au cimetière.
  •  Muizon Cérémonie organisée avec l’UNC (Union nationale des combattants) et le GMC (Groupe mémoire commémoration) : 10 h 15, rassemblement place du Commerce, vente du Bleuet de France ; à 10 h 30, départ au monument du Souvenir. A 10 h 45, au monument, dépôt de gerbe, allocutions et remise de médailles (salle polyvalente en cas d’intempérie).
    11 h 15, départ pour la salle polyvalente, vin d’honneur.
  •  Ormes 11 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts et verre de l’amitié ensuite en mairie.
  •  Sillery Rassemblement sur la place de la mairie à 11 h 15. La cérémonie sera accompagnée par le 501e-503e Régiment de chars de combat de Mourmelon. Les enfants des écoles assureront la vente de bleuets.
  •  Thil Cérémonie du souvenir à 9 h 30, place de la Mairie. Remise de gerbes au monument aux morts et au cimetière, avec la fanfare l’Espérance.
  •  Tinqueux La municipalité de Tinqueux et l’association des anciens combattants et Victimes de Guerre invitent tous les administrés, les enfants des écoles à participer à cette cérémonie : rassemblement devant l’église Sainte-Bernadette à 9 h 50 - Recueillement devant le monument aux morts à 10 heures - Dépôt de gerbes - Minute de silence - Défilé en direction de la salle des fêtes Guy-Hallet - Vin d’honneur offert par la municipalité.
  •  Trépail Un rassemblement aura lieu à partir de 10 h 45 sur la place de la Mairie, suivi d’un défilé traditionnel avec un détachement du 501e régiment de Mourmelon avant un dépôt de gerbes au monument aux morts de la commune.
  •  Trigny Rendez-vous place de la mairie à 10 h 30, défilé jusqu’au cimetière militaire, dépôt de gerbe, retour au monument aux morts pour l’appel aux morts des guerres 14-18 et 39-45, remise de médailles à la salle des fêtes.
  •  Warmeriville Rassemblement à 10 heures place de la mairie, remise au drapeau et de médailles aux pompiers, ravivage de la flamme,… Vin d’honneur au centre associatif.
  •  Villers-Marmery Rassemblement place de la mairie à 9 h 45. A 10 heures, défilé et dépôt de gerbes au monument aux morts et au cimetière militaire suivi d’un vin d’honneur salle polyvalente.
  •  Witry-lès-Reims A 11 heures, rassemblement place de la Mairie. A 11 h 15, défilé jusqu’au cimetière, dépôt de fleurs par les enfants des écoles sur les tombes des victimes de guerre.
    Cérémonie au monument aux morts - Distribution de brioches et vin d’honneur à la salle des fêtes.
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    Union111107a
    REIMS : Mémoire de la Déportation

    L’Association des Amis de la Mémoire de la Déportation (AFMD 51) s’associe à d’autres organisations engagées dans la dénonciation des discriminations et du racisme.

    Ils appellent à commémorer le souvenir de la Nuit de Cristal du 9 novembre 1938, qui est une étape majeure dans la montée de la barbarie nazie et la mise en œuvre de la solution finale dans les camps d’extermination.

    Rassemblement ce mercredi 9 novembre, à partir de 17 heures, au square de la gestapo rue Jeanne-d‘Arc à Reims.

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    Union111106j
    LIVRE : L’hommage en bleu, blanc, rouge

    Du héros des temps de la résistance au combattant en Indochine , on marche dans les pas de ce centurion toujours en première ligne aux côtés de ses hommes.

    Efficace. La parution de cet album souvenir, au texte succint mais aux nombreuses photos retrace l’itinéraire exceptionnel d’un sous-officier du 3e RI devenu général de corps d’armée et parachutiste de légende.

    C’est l’album souvenir que tous les paras mais pas seulement vont conserver du général Marcel Bigeard. Aucune fioriture, aucune volonté de reconstituer une biographie du célèbre combattant mais simplement un hommage par les images qui résument à la fois le caractère et les qualités de l’homme.

    Ce livre est à la fois un témoignage de tendresse, et un résumé choisi des étapes compliquées et intenses qui ont marqué le cheminement d’une vie consacrée à la France. N’a-t-il pas été aussi un jongleur des mots pour mieux marquer ceux auxquels il s’adresse. « Si c’est possible c’est fait ; si c’est impossible, cela se fera ».

    Du héros des temps de la résistance au combattant qui est en Indochine de 1948 à 1954, on marche dans les pas de ce centurion toujours en première ligne aux côtés de ses hommes qu’il considère comme ses fils, ceux que la France met en première ligne pour défendre son idéal. A-t-il l’audace pour vertu ? A l’évidence, elle est indissociable de sa personnalité confortée en première ligne dans une succession d’épreuves ou beaucoup des siens sont tombés.

    Inlassablement, il transmet à ses hommes l’espoir, le courage, le sens du sacrifice. Après Diên Biên Phu et la détention, il repart en mission et va connaître l’Algérie de 1955 à 1960 où il développe l’emploi de l’hélicoptère et défend l’organisation de raids surprises pour mieux instaurer l’insécurité chez l’ennemi. Exigeant, il tient à ce que ses hommes aient de la gueule : « un para rasé en vaut deux ».

    On retrouve les images des défilés sur les Champs-Elysées, celles des rencontres avec Chaban-Delmas, le général de Gaulle. On le suit dans la succession des responsabilités qu’il exerce en Afrique, dans l’océan Indien, à Pau, Toulouse, Bordeaux, Paris de 1960 à 1974. Lorsque l’armée va mal, le président de la République Valéry Giscard d’Estaing l’appelle au secours et le nomme secrétaire d’Etat à la Défense. Il remet les choses à l’équerre mais voici que le destin le conduit à devenir député de Meurthe-et-Moselle. On le retrouve enfin à l’heure de la retraite effective, en pèlerinage en Indochine, de retour dans son PC Gono devant le monument élevé à Diên Biên Phu par le légionnaire Rolf Rodel. Il se rend aussi en République centrafricaine. C’est poignant.

    Enfin, on a rendez-vous avec le sage, celui qui écrit, laisse des messages puissants de sa passion pour la France. Vient l’heure du départ avec son temps d’émotion, l’hommage de la nation pour une grande leçon de vie. Cet album est exemplaire comme Bigeard qui en est le sujet.

    Hervé Chabaud

    « Bigeard : l’album souvenir », Rocher, 144 p., 29,90 euros.

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    Union111106i
    SEZANNE : Quand une lecture fait revivre les Poilus

    Sabine Richard lira des lettres de cinq poilus ce vendredi 11 novembre en l’église de Réveillon.
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  • Le spectacle décrira notamment la vie des Poilus dans les terribles tranchées.
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  • SEZANNE (Marne). Des lettres de Poilus feront l’objet d’une lecture vendredi 11 novembre prochain en l’église de Réveillon. Un spectacle qui fait revivre la vie au quotidien dans les tranchées.

    LES POILUS de la Grande Guerre vont revivre à Réveillon ce vendredi 11 novembre. Sabine Richard, conteuse, va lire des lettres écrites par cinq soldats. Le spectacle est donné pour la première fois dans le Sud-Ouest marnais.

    « Je me suis basé sur des lettres de Poilus de ma famille, ainsi que sur un recueil de lettres de soldats de la Première Guerre mondiale », explique la conteuse Seine-et-Marnaise.

    Adressées à leur institutrice

    Les textes qui font le lien entre les différentes lettres de ces cinq soldats ont été écrits par la conteuse. Ce fil conducteur inventé, c’est Adèle, l’ancienne institutrice de ces hommes. Du fond des tranchées, les soldats écrivent à cette femme devenue leur marraine de guerre.

    Le spectacle se déroule en 1919, Adèle relit ces lettres alors que la guerre est terminée. Les noms des Poilus ont été changés.

    « Mais je n’ai rien touché au contenu des lettres, souligne-t-elle, la langue employée dans ces lettres est riche, très imagée, on ne peut pas inventer une écriture comme celle-ci. » Tous les aspects de la « der des ders » sont abordés lors de cette lecture.

    « Ces lettres représentent un éventail de ce qu’était 14-18, assure Sabine Richard, on est à Verdun, au chemin des Dames, lors des mutineries, dans les tranchées. Le seul élément auquel je ne fais pas référence, c’est le gaz. »

    Attention : la lecture de Sabine Richard est, « un peu théâtralisée ». La conteuse sera accompagnée par Marie Gorlicki, qui jouera de l’accordéon. « Elle sera costumée, comme moi-même, elle donnera des respirations à ces textes très lourds en émotion. » La lecture sera également émaillée de trois chants d’époque.

    Ce spectacle qui existe depuis 2003 n’arrive pas par hasard à Réveillon.

    « Je joue ce spectacle depuis 2003 et avec Marie Gorlicki depuis deux ans. Nous n’avions pas de date de représentation en novembre. Marie ayant de la famille à Réveillon, nous avons fait un échange de bons procédés. La mairie nous a aidé au niveau logistique. Jouer ici nous permet de toucher un autre public, car nous avons l’habitude de jouer en région parisienne, dans les bibliothèques ou les établissements scolaires. »

    Le spectacle « Lettres à Adèle » est d’ailleurs conseillé aux jeunes à partir de 14 ans. « En classe de 3e, la correspondance épistolaire est étudiée en cours de français, et la Grande Guerre est au programme d’histoire. » Mais cette lecture, qui dure un peu plus d’une heure, n’est pas un cours magistral : « Je me définis comme une passeuse d’histoire, qui rend accessible ces lettres. » A noter que deux représentations sont prévues : à 15 heures et à 18 heures. Une telle lecture, programmée de surcroît un 11 novembre, ne devrait pas décevoir.

    Guillaume TALLON

    « Lettres à Adèle, paroles de Poilus 1914-1918 », par Sabine Richard et Marie Gorlicki, le vendredi 11 novembre à 15 heures et à 18 heures en l’église de Réveillon. Entrée : 8 euros.

    La réservation est fortement conseillée : lettresaadele@gmail.com ou 06.08.90.95.77.

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    Union111106h
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : Le conflit au jour le jour

    Qui n’a pas entendu parler de la Première Guerre mondiale, ne serait-ce que par les propos rapportés par les générations suivantes sur l’expérience vécue par nos aînés dans les tranchées ?

    Cela a été, au fil des décennies un peu romancé pour faire de nos illustres poilus des héros familiaux alors qu’ils l’étaient de France. Leurs souffrances dans un quotidien fait de violence, de promiscuité, de sang, de mort, de désespérance, de sursaut et enfin d’une petite lueur de victoire qui les maintenait debout, sont un sujet inépuisable. Pour bien s’approprier cette page ô combien lourde et dense de l’histoire du XXe siècle, les seuls souvenirs rapportés par la mémoire collective ne suffisent pas. Il faut des socles, des repères, des éléments solides pour s’orienter. Une fois encore en historien ayant le souci de la proximité avec les gens sans jamais sacrifier la rigueur intellectuelle qu’imposent les travaux de recherche et de synthèse, le lieutenant-colonel Rémy Porte propose un outil fort commode d’emploi.

    Il signe une chronologie commentée de la Première Guerre mondiale. Ce livre épais, précis et bien écrit permet que notre mémoire ne soit pas simplement façonnée par les récits complémentaires et différenciés qu’au fil du temps on a pu emmagasiner. Avec le souci d’offrir des photographies événementielles denses des temps essentiels du conflit, l’auteur nous fait accéder à l’étendue, la complexité, la dureté de la Grande Guerre. Il nous rappelle que le conflit s’est développé certes des Balkans à la France, de l’Allemagne à la Russie mais aussi en Afrique noire et au Proche-Orient et que de nouveaux matériels encore plus destructeurs ont été utilisés. Avec intelligence et un inventaire expliqué de tous les sigles utilisés, Rémy Porte nous promène d’année en année et de jour en jour dans ce conflit. Il nous invite avant le centenaire de la Première Guerre mondiale à nous en réapproprier la chronologie.

    L’exercice n’est pas si compliqué puisqu’il s’agit de lire chaque jour simplement quelques pages pour se remettre à niveau et être en capacité de revivre la Bataille de la Marne en septembre 1914, les terribles combats de Champagne de septembre 1915, revoir Verdun en février 1916, identifier les préparatifs de ce qui deviendra le désastre du printemps 1917 sur le Chemin des Dames lorsque le général Nivelle écrit le 21 décembre 1916 : « Le but que les armées franco-britanniques doivent atteindre est la destruction de la masse principale des forces ennemies. Ce résultat ne peut être obtenu qu’à la suite d’une bataille décisive ». On passe en revue les incertitudes des premiers mois de 1918 avant de goûter à la grande offensive déclenchée par Foch et de réapprendre les épisodes d’une libération en marche à l’exemple de la libération de Soissons par la 11e DI le 2 août. On appréciera que l’auteur ne pose sa plume qu’après avoir évoqué la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919. Bref, un livre indispensable pour tous ceux qui ne veulent pas avoir la mémoire qui flanche.

    Rémy Porte, « Chronologie commentée de la Première Guerre mondiale », Perrin, 647 p., 26 euros.

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    Union111106g
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : La beauté et la douleur des combats, une nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale

    Ils ont été des témoins. Ils ont été des acteurs. Ils ont vécu des événements aussi dramatiques qu’effroyables et ont été marqués toute leur vie par la Première Guerre mondiale avant pour beaucoup de connaître la Seconde et ses tragédies. En retenant les écrits de vingt personnes aujourd’hui oubliées et en respectant strictement la chronologie de la guerre, Peter Englund propose une lecture différente du conflit. Il ne faut pas chercher dans ce livre l’analyse de l’historien fondée sur une méthodologie destinée à produire une fresque scientifique d’événements qui ont embrasé le monde. L’auteur construit

    un puzzle associant la géographie du front aux regards divers des familles et des soldats sur leur vécu de ces temps impossibles parmi tous les théâtres de la guerre. Cela se lit comme une éphéméride si bien que l’on peut, en suivant cette chronologie, vivre le quotidien de la Grande Guerre près d’un siècle après. L’auteur prend soin d’éclairer son lecteur par des notes qui replacent dans le contexte du moment les faits et les commentaires des témoins.

    De la mobilisation à ceux qui optent pour un engagement volontaire ou décident de venir en aide aux blessés et aux mutilés, il y a dans ces textes beaucoup de richesses humaines qui aident à bien comprendre les sentiments dominants dans les cœurs. « Il faut que je rejoigne les rangs des combattants. Je suis jeune et fort, personne ne dépend de moi économiquement si je venais à disparaître et même si c’était le cas, je ne pense pas que cela aurait freiné mon ardeur » confie Elow Nilson au moment où il s’engage à Paris près de ceux qui ont quitté, femme, enfant et foyer pour se battre et défendre la France. D’un front à l’autre, on est marqué par la densité des récits. De l’écolière à l’infirmière, du soldat surgissant d’une tranchée et cueilli par la mort jusqu’au survivant miraculeux, tous concourent par leurs textes d’une authentique sincérité à l’écriture de l’Histoire.

    Peter Englund, « La beauté et la douleur des combats, une nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale », Denoël, 556 p., 27 euros.

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    Union111106f
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : L’histoire d’un des sacrifiés de la Grande Guerre Auguste ou le fil interrompu

    Marie-Odile Guy a reconstitué la vie de son grand-père, décédé en 1916.
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  • Un officier, mortellement blessé lors de la bataille de la Somme, agonise. Il revoit des fragments de sa vie. Une histoire vraie, qui mêle réalisme et romantisme.

    « Par un bel été de 1916, au beau milieu de la guerre, quelque part dans la Somme… » C’est ainsi que commence « Auguste, le fil interrompu », un livre écrit par la Rémoise Marie-Odile Guy sur un grand-père qu’elle n’a découvert qu’à travers une correspondance échangée au verso de cartes postales.

    « Une histoire vraie, une histoire d’amour, sublimée par une jolie plume délicate et des illustrations vraiment touchantes », mentionne, dans un message « coup de cœur », Joaquim Boitrelle, libraire, qui s’en explique : « Dès que je l’ai parcouru, j’ai senti que c’était bien écrit et qu’il y avait une âme dans ce livre. Il y avait aussi tout le vécu, l’histoire qu’il y a derrière le texte ».

    Nous avions déjà parlé de Marie-Odile Guy, lorsqu’elle avait sorti la première édition, sous forme d’un livre d’artiste précieux et rare, en coffret, illustré de gravures originales de Marie-Christine Bourven. Une édition de luxe destinée aux collectionneurs et aux bibliophiles (l’union du 30 octobre 2010). Celui-ci, plus modeste, mais sur papier de qualité, reprend exactement le même texte, avec quelques reproductions des gravures et des cartes postales.

    Puzzle à reconstituer

    Pourquoi Marie-Odile Guy a-t-elle écrit cet ouvrage ? « J’ai hérité de divers documents familiaux. Parmi eux, deux albums de cartes postales, au verso desquelles je découvre une correspondance entre un grand-père que je n’ai pas connu, Auguste Marcot, et ma grand-mère Lucie, qu’il a épousée il y a cent ans. Un puzzle à reconstituer, une trame de vie, le fil interrompu… »

    L’auteur, qui a également collecté des documents, photos, objets, livret militaire, a pu reconstituer la vie de son grand-père. « Capitaine Marcot, 7e Tirailleurs, on vient juste de le ramener du front : éclats d’obus dans le ventre » : le livre commence par l’agonie du héros, sur son lit d’hôpital, blessé mortellement lors de la bataille de la Somme, et remonte sur sa vie passée, jusqu’à sa vie d’enfant et d’écolier. « Un contraste entre la dureté de la guerre et la légèreté de la jeunesse. Plus on avance dans l’ouvrage, plus ça devient romantique. »

    Le portrait d’un homme de son temps, dont le fil d’un avenir prometteur s’est brutalement interrompu, à l’image des millions de sacrifiés de la Grande Guerre…

    En vente à la librairie « La Procure Largeron », rue Carnot.

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    Union111106e
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : Les pierres du souvenir

    Quel est le rapport entre mémoire et traumatisme ? Comment se souvient-on dans un département comme la Marne qui a été sur le front lors de chacun des rendez-vous hostiles intra-européens de 1870, de 1914-1918 et de 1940 ? Faut-il s’arrêter au discours du secrétaire général de la préfecture de la Marne Gaignerot lors de la cérémonie consacrée au Memorial Day, le 31 mai 1920 au cimetière militaire de Châlons-sur-Marne : « Nous revenons volontiers ici, chacun de nous apportant ses prières ou ses fleurs, ou sa pensée reconnaissante, ou des larmes qui ne tarissent pas, chacun emportant ou un apaisement, ou un réconfort, ou un enseignement, ou un espoir. Finalement, il faut que la mort éclaire la vie. Répétons que la gloire a été immense. Mais les deuils ont été innombrables, et combien d’entre eux ont été atroces » ? Cela peut servir de point de départ d’une réflexion de l’historien.

    Stéphane Tison ne se dérobe pas et publie une thèse remarquable qui résulte d’un travail de fourmi parmi les archives départementales pour nourrir une nécessaire comparaison des formes mémorielles. Liasses communales, inventaire du Souvenir Français, la matière est riche comme le sont les plaques, stèles et monuments qui illustrent de la mémoire régimentaire à la mémoire de la Nation, les différentes expressions du souvenir qui ont été manifestées, au fil du temps, et sont renouvelées aujourd’hui au cours de pèlerinages des descendants ou le 11 novembre et le 8 mai.

    Le livre de Stéphane Tison mérite qu’on prenne son temps pour en apprécier toute la densité. Comparer ce qui est vécu en Champagne et ce qui est ressenti dans la Sarthe demande un long travail à la fois pour croiser les sources et percevoir les mentalités. L’auteur montre que les monuments communaux et paroissiaux ne suffisent pas. Il illustre combien sur le champ de bataille les constructions mémorielles sont variées mais bien présentes. Il y a le besoin d’affirmer l’identité régimentaire, de marquer la participation régionale à la défense de la Nation, de se souvenir des exactions commises par l’envahisseur, de construire aussi de grands points de rencontres pour ne pas oublier de Mondement à Verdun, de Navarin à Dormans de chaque petit village jusqu’à la tombe du Soldat inconnu. « Chaque monumental hommage est posé comme un calice patriotique sur cette terre brûlée des champs de bataille » écrit l’auteur.

    On s’attardera avec bonheur sur le chapitre VII de son ouvrage pour mieux regarder aussi comment la presse locale se fait l’écho de ce travail de mémoire qui s’appuie sur l’hommage cadencé rendu à ceux qui sont tombés. Se souvenir n’est pas s’enfermer dans le passé. C’est au contraire exprimer une reconnaissance et une envie de construire et d’agir pour que ceux qui ont donné leur vie ne l’aient pas fait pour rien. Le rite civique est aussi une ode à la paix, à l’engagement pour que la sauvagerie du XXe siècle ne se répète pas.

    Stéphane Tison, « Comment sortir de la guerre ? Deuil, mémoire et traumatisme (1870-1940) », Presses universitaires de Rennes, 423 p., 22 euros.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    Union111106d
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : Manicamp / Grande Guerre Des livres pour les écoliers

    Les anciens et les jeunes dans la même relation contre l’oubli.
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  • L’Amicale des anciens combattants de Manicamp a distribué, en ce jeudi de la rentrée des vacances de la Toussaint, des livres aux écoliers, après les cours. Cette manifestation était organisée par Luc Degonville, l’instituteur et président de l’amicale.

    « Notre association a fait l’acquisition de livrets proposés par le CIDEM (ndlr, Civisme et démocratie) », avait-il expliqué, dans la lettre-invitation adressée aux membres de son association, lesquels ont répondu présents en grand nombre.

    Après un mot d’introduction de l’instituteur, l’ouvrage Louis, soldat de la Grande Guerre, adapté pour les enfants, leur a été remis. Les écoliers « pourront travailler dessus en amont de la cérémonie du 11-Novembre », complète Luc Degonville, toujours attentif et engagé dans la transmission du devoir de mémoire. Ses élèves, très intéressés par le soldat Louis, apprendront à travers son récit beaucoup de choses sur cette guerre, dont l’histoire a laissé des traces dans leur village.

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    Union111106c
    LA GRANDE GUERRE EN LIBRAIRIE : Maurice Genevoix : bouleversant de vérité

    Sur la crête des Éparges, le monument aux Morts de la 12e DI.
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  • Lorsqu’on évoque un géant de la littérature et que l’on veut faire partager à son lecteur la passion de l’écrivain, de l’homme et d’une vie entière donnée à l’écriture pour qu’elle demeure une œuvre au service de l’histoire, il faut s’approcher du talent du maître. Michel Bernard en est un disciple éclairé parce qu’on ne se lasse jamais de le lire, tant ses phrases sont nourries d’un vocabulaire d’une exceptionnelle richesse et que leur construction est un bonheur pour notre langue. Il est en un authentique défenseur comme Genevoix qu’il nous invite à apprendre ou à redécouvrir.

    Lui aussi, écolier, a été marqué par la place que l’Ecole de la République donnait à cet auteur tant à l’heure de la dictée qu’à celle de la leçon d’histoire. L’auteur, Meusien, est marqué à jamais par « Ceux de 14 ». Comment l’en blâmer alors que ce livre est essentiel pour comprendre la Grande Guerre ? L’enfant des bords de Loire qui a rejoint l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm a d’abord fait son devoir de patriote. Le jeune sous-lieutenant du 106e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne est allé se battre sur les Côtes de Meuse dont il a vécu l’intensité des combats avec cette admirable lucidité qui lui permet d’en restituer toute la gravité par une succession de scènes terrifiantes qui ont ensanglanté un pays dont la terre geint encore du râle des mourants.

    Michel Bernard connaît cette géographie du front qui se dessine sur la terre de ses aînés et dont il nous a déjà donné à goûter dans « La tranchée de Calonne ». Il nous emmène aux Eparges et il fait parler Genevoix dont la chair sera bientôt déchirée par l’acier chaud qui mutile, éviscère et déchiquette ses camarades de la première ligne assommés par une grêle d’obus, bourreaux d’une mort atroce. L’auteur a l’art de replacer Genevoix au centre de chacune des étapes d’une vie qu’il passe en revue pour mieux justifier le choix de ce grand écrivain comme sujet d’un récit ô combien séduisant.

    Né à Decize, dans le pays minier nivernais, c’est à Châteauneuf-sur-Loire qu’il passe son enfance. Il est un élève brillant et sportif, un lycéen orléanais excellent qui aime le retour au pays pour y tutoyer la nature et respirer cet environnement qui l’a, d’une certaine manière, façonné. Les classes préparatoires au lycée Lakanal de Sceaux sont le vestibule de la rue d’Ulm qui lui ouvre ses portes.

    N’est-il pas le cacique, le major de promotion ? Point de préparation de l’agrégation des lettres, la guerre s’est invitée. Le Normalien devient soldat et se donne pour la France jusqu’à être cabossé et souffrir dans sa chair hachée d’une blessure si grave qu’elle va lui interdire tout retour au front. Genevoix ne renonce pas, il va écrire et expliquer l’inexplicable si on ne l’a pas vécu.

    Même si on aime le romancier, son récit de la Grande Guerre est au-dessus comme si à cet instant la littérature devenait un accomplissement. Jean Norton Cru a tout compris : Genevoix est bien le plus grand peintre de ce conflit. On aime aussi le mari, le père, l’Académicien, le Secrétaire perpétuel de l’honorable assemblée. On discerne l’homme qui, vieilli mais résolu, témoigne jusqu’au bout. L’auteur nous guide jusqu’aux derniers moments de l’écrivain : « Quand il s’en est jugé proche, Maurice Genevoix a regardé sa propre mort. La main du petit lieutenant français des Eparges a pris celle du vieil écrivain, maigre de tendons et bleue de veine et elle l’a réchauffée. Nous qui le lisons sentons cette main sur notre épaule, la présence d’un homme ». Il faut lire Michel Bernard. C’est un passeur de sens qui réveille les nôtres.

    Michel Bernard, « Pour Genevoix », La Table Ronde, 206 p., 16 euros.

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    Union111106b
    MUSEE : La Grande Guerre s’offre un nouveau musée

    Au milieu de la grande nef surgit du sol un char Renault FT17. Il est l’une des attractions de cet espace central autour duquel s’articule tout le musée.
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  • Masque à gaz utilisé par les Allemands durant le conflit.
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  • Une belle collection d’obus et de bombes.
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  • Deux avions surplombent les collections : un Blériot XI et un Spad XIII.
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  • La nef centrale propose deux vitrines avec des mannequins, l’une consacrée à 1914 l’autre à 1918.
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  • 14-18. Le président de la République va inaugurer ce vendredi 11 novembre le musée de la Grande Guerre à Meaux. Un site qui accueille notamment la collection exceptionnelle d’un passionné Jean-Pierre Verney (50.000 pièces) et qui se veut une porte d’entrée depuis Paris sur tous les autres sites 14-18 de l’est de la France. Visite en avant-première.

    A quelques jours de l’ouverture, le 11 novembre prochain (11-11-11), le musée de la Grande Guerre de Meaux est en plein chantier. Difficile en effet d’imaginer en voyant les ouvriers s’affairer dans tous les coins que, ce vendredi, Nicolas Sarkozy sera là pour l’inauguration officielle du nouveau musée situé sur les hauteurs de la ville de son ami Jean-François Copé. « C’est toujours comme cela dans les derniers jours mais nous seront prêts », assure Michel Rouger, directeur du musée. « De toute façon on n’a pas le choix ! »

    Cela fait maintenant plusieurs années que le projet est en gestation. « En 2004 le collectionneur Jean-Pierre Verney avait fait une exposition à Meaux sur 1914 à l’occasion du 90e anniversaire de la Bataille de la Marne, se souvient le directeur. A l’époque il explique à Jean-François Copé, impressionné par tous ses objets, qu’il en a autant pour les années 15, 16, 17 et 18. Il aimerait pouvoir proposer l’ensemble de sa collection à un musée mais personne n’en veut en France tandis que dans le même temps des Américains et des Allemands étaient prêts à l’acquérir. »

    « Une légitimité historique à Meaux »

    C’est alors que né l’idée d’un musée de la Grande Guerre qui accueillerait cette collection de près de 50.000 pièces. Reste à en légitimer le lieu car dans l’esprit de beaucoup, 14-18 c’est la Bataille de la Marne, le Chemin des Dames mais pas Meaux. « C’est vrai que pour le grand public, 14-18 c’est le nord et l’est de la France. Mais en septembre 1914, le front est venu jusqu’à 50 km de Paris.

    Aujourd’hui de nombreuses communes du pays de Meaux et des environs témoignent encore de cette histoire à travers les cimetières et les monuments commémoratifs… Edifier un musée de la Grande Guerre à Meaux répond donc à une légitimité historique, confirmée par son implantation au pied du monument américain, cadeau des Etats-Unis à la France, à la mémoire des soldats tombés au cours de la Bataille de la Marne en 1914. »

    Ce nouveau musée se veut donc complémentaire de ceux existants. Pas question en effet de froisser les susceptibilités dans un domaine aussi sensible. « Nous sommes un musée généraliste sur la Grande Guerre, une porte d’entrée, ou de sortie selon d’où on vient, vers tous les autres sites existants. Une fois ici, vous pouvez ensuite poursuivre votre trajet vers des lieux plus précis, témoins de l’histoire comme Péronne, Verdun, le Chemin des Dames. Nous ne pouvons rivaliser avec ces sites pour ce qui est des traces du passé. »

    « Notre ambition est de n’oublier personne »

    Deux parcours sont proposés aux visiteurs à travers trois grandes étapes dont l’objectif est d’accompagner le visiteur dans sa compréhension de la Grande Guerre en la restituant dans son contexte général. C’est ainsi que l’on se promène de 1870 à 1914, puis de 1914 à 1918 et enfin de 1918 à 1939.

    Temps fort de la visite, la « grande nef » accueille notamment les uniformes complets de Marne 1914 et de Marne 1918 issus pour la quasi-totalité de la collection de Jean-Pierre Vernay mais aussi d’autres objets provenant de prêts de musées et institution comme des avions Blériot XI et Spad XIII, des camions, un char Renault FT17, taxi de la Marne… A signaler aussi dans cette grande nef la reconstitution d’un champ de bataille (tranchée allemande, no man’s land et tranchée française).

    Tout autour de ce lieu, des espaces thématiques aborderont des sujets aussi différents que les nouvelles technologies apparues durant la guerre, le rôle des femmes, la présence des Américains, les « Français de l’étranger » mobilisés (« Du bled à la tranchée »), les coups et souffrances…

    L’impressionnante collection de 50.000 objets et documents de Jean-Pierre Verney permet ainsi de couvrir l’ensemble du conflit, sur tous ses aspects que ce soit militaire ou sociétal, au niveau local comme au plan international. « Notre ambition est de n’oublier personne. C’est ce qui fait notre force d’ailleurs. Qui sait par exemple qu’en 14-18 des soldats portugais et japonais ont combattu sur les fronts ? »

    Textes : Grégoire Amir-Tahmasseb
    Photos : Christian Lantenois

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    La revanche d’un collectionneur fou

    En 40 ans, Jean-Pierre Verney a accumulé une collection de près de 50.000 objets liés à la Grande Guerre.
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  • Avec la présentation de sa collection au musée de Meaux, Jean-Pierre Verney est un homme heureux. Voilà en effet plus de 40 ans qu’il collectionne tout ce qui touche de près ou de loin à la Grande Guerre et une vingtaine d’années qu’il cherchait désespérément un lieu pour accueillir ses trésors.

    « Un véritable travail de laboureur, se souvient celui qui est aujourd’hui conseiller scientifique et historique du nouveau musée. J’ai proposé ma collection dans 27 endroits différents et à chaque fois on m’a fermé la porte au nez sans même parfois prendre le soin de regarder ce qu’il y avait dedans. Dans votre région, je suis allé à Blérancourt, Péronne, le fort de la Pompelle ou encore le chemin des Dames… Mon erreur aura été de chercher un lieu tel un fort qui puisse accueillir toute la collection. Jamais je n’aurais pu obtenir cela. »

    Une enfance sur le Chemin des Dames

    Alors quand aujourd’hui il voit sa collection ainsi mise en valeur, Jean-Pierre Verney doit savourer. Il doit aussi se souvenir de ce spécialiste qui avait parlé de ses 50.000 objets comme d’une « petite collection » de la valeur d’un petit tableau du XIXe que l’on accroche avec un seul clou à un mur. A 600.000 euros la vente de l’ensemble de sa collection au musée, voilà un tableau qui aurait tout de même fière allure… Mais notre collectionneur ne veut pas rentrer dans ces considérations. Il préfère se rappeler de la genèse de cette passion sans doute quelque part dans un petit village de l’Aisne. « Enfant, j’allais chez mes grands-parents qui séjournaient au pied du Chemin des Dames dans une halte de pèlerin, le Chalet bleu, situé à Soupir, un village proche de la ligne de front. J’y ai souvent croisé d’anciens soldats de 14-18 qui venaient en pèlerinage sur les traces de leur jeunesse à la recherche aussi de leurs camarades morts. J’avais 2-3, 4-5 ans et cela a dû me marquer à vie. A quatorze ans, je partais aussi en stop à Verdun, couchant dans les forts en ruines, découvrant les champs de bataille… »

    Depuis Jean-Pierre Verney n’a cessé de voir sa vie tourner autour de cette période (à 14 ans, il possède déjà 1.500 livres sur le sujet !). « J’ai besoin de toucher les choses pour les comprendre… »

    Il a été l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages, d’articles et le conseiller sur de nombreux films dont celui de Jean-Pierre Jeunet « Un long dimanche de fiançailles », ou encore ceux de Bertrand Tavernier, « La vie et rien d’autre » et « Capitaine Conan ».

    Il est également proche du dessinateur Jacques Tardi avec lequel il a collaboré pour notamment « Putain de Guerre ». De 1984 à 1989, il devient le commissaire des cinq grandes expositions nationales commémorant le 70e anniversaire. Et la liste n’est pas exhaustive… Le 11 novembre prochain sera donc un jour particulier pour le collectionneur : « Mon envie de jeune homme deviendra à 65 ans une réalité. J’aurai associé mon humble pierre à la passionnante et éternelle quête de ceux qui luttent pour défendre une société plus informée et mieux instruite, donc plus juste, fraternelle et responsable ».

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    QUELQUES CHIFFRES

  •  50 000 pièces, objets, documents, œuvres d’art composent l’exceptionnelle collection du musée (1/3 sont présentés dans le cadre de l’exposition permanente)
  •  7000 m2 de surface totale de bâtiment
  •  3000 m2 d’exposition permanente
  •  300 m2 d’exposition temporaire
  •  80 à 100.000 visiteurs annuels attendus
  •  120 cèdres composent le bois situé à l’entrée du musée
  •  28.000.000 euros : coût total du projet avec la participation d’une trentaine de mécènes.
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    Informations pratiques

  •  Horaires : ouvert d’octobre à avril de 10 à 17h30 et de mai à septembre de 9h30 à 18h30. Fermeture hebdomadaire le mardi, ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
  •  Tarifs : pour l’inauguration, le musée sera ouvert gratuitement pendant trois jours les 11 novembre (18 heures à 21h30) et les 12 et 13 novembre (10 à 18 heures). Ensuite, tarif normal à 10 euros. Tarifs réduits à 7 euros pour les étudiants de - 26 ans, les + 65 ans, anciens combattants et à 5 euros pour les jeunes de - 18 ans. Gratuit pour les enfants de - 8 ans. Forfait famille 25 euros 2 adultes et 2 jeunes de - 18 ans (+ 2 euros par enfant supplémentaire).
  •  Adresse : Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux, route de Varreddes, Meaux.
  •  Renseignements : 01.60.32.14.18 et www.museedelagrandeguerre.eu
  •  Livre catalogue : un beau livre sort à l’occasion de l’ouverture du musée. Disponible à partir du 10 novembre aux éditions du Cherche midi « Le musée de la Grande Guerre, un nouveau regard sur 14-18 » permet de pénétrer dans les coulisses de la création du musée et de suivre les différentes thématiques du parcours de la visite, le tout très largement illustré (160 pages, 29 euros)
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    Et aussi ailleurs…

    Les cérémonies du 11 Novembre sont aussi l’occasion de rappeler l’actualité d’autres sites de la région consacrés à la Grande Guerre.

    • Historial de la Grande Guerre de Péronne

  •  Animations 11 novembre (de 10 à 19 heures) pour les jeunes visiteurs avec atelier « rédaction d’une lettre à un soldat », plaquettes jeune public, « Musée en famille, un jeu d’enfant », « Sur les traces de la Grande Guerre » (jeu de piste dans le musée et la ville de Péronne).
  •  Expositions : « Bertrand Carrière, Ce qui demeure (Photographie) », photographies d’aujourd’hui des lieux évoqués dans un album d’un soldat de la Grande Guerre (jusqu’au 4 décembre). « Breathing Fire, le dragon de la Somme » ou l’histoire du lance-flammes Livens, une arme de terreur utilisée pour la première fois lors de la Bataille de la Somme (jusqu’au 11 décembre). « Buraglio, la guerre intime », première rétrospective des œuvres de Pierre Buraglio sur le thème de la guerre (jusqu’au 4 mars 2012). Renseignements au 03.22.83.14.18.

    • Caverne du Dragon

  •  Visite thématique le 11 novembre (départ à 10h30 et à 14h30) sur le Chemin des Dames. Matin : Cerny-en-Laonnois. Histoire d’un village. Après-midi : une chapelle au Chemin des Dames, la chapelle Sainte-Berthe.
  •  Expositions : « Chemins de civils en guerre ». Des conditions dans lesquelles s’effectuent les déplacements à leurs conséquences pour les déplacés, la Caverne du Dragon, musée du Chemin des Dames explore les divers aspects de ces événements à travers de nombreux témoignages, documents, images et objets provenant des territoires du front de l’Ouest, mis en perspective et scénographiés dans le bâtiment d’accueil du musée (prolongée jusqu’au 25 mars 2012). Renseignements et réservation au 03.23.25.14.18.
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    Union111106a
    HISTOIRE : 1941

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    Savoir sanctionner

    Le Seafire, l’adaptation navale du Spitfire.
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  • De Gaulle n’aime pas les manquements. Qui plus est, lorsqu’ils proviennent de ses rangs. Dans un courrier adressé le 3 novembre à Archibald Sinclair, il évoque un incident et les décisions radicales qui ont été prises pour punir l’officier dont le comportement a été indigne : « Un officier appartenant aux forces aériennes françaises s’est comporté à l’égard d’un officier général français, commissaire nationale à l’Air d’une manière contraire au respect et à la discipline et pour un fait totalement étranger au service de l’unité de la Royal Air Force à laquelle il est provisoirement affecté ». De Gaulle explique qu’une sanction a été appliquée et qu’il l’approuve mais il tient à vérifier que les Anglais n’ont pas modifié leur attitude en cas d’incident et sont toujours d’accord pour se référer à l’accord du 15 janvier 1941 : « Je suis convaincu que pas plus que moi-même, vous ne considérez notre accord comme susceptible de retirer à moi-même et aux chefs désignés par moi, toute autorité sur des militaires français liés à moi par contrat d’engagement et dont je suis responsable vis-à-vis de mon pays ». Le général reconnaît néanmoins que cet accord pas plus que celui conclu le 7 août 1940 avec Winston Churchill ne peut prévoir tous les scénarios possibles. « Je suis tout prêt à examiner avec vous comment peuvent se concilier le texte même de l’accord et l’exercice nécessaire de mon autorité sur des militaires français détachés par moi dans la Royal Air Force. Il me semble que cela doit être assez facile ».

    Les échanges de lettres sont très rapides puisque de Gaulle répond dès le 5 novembre à Archibald Sinclair. Il propose à son interlocuteur trois recommandations : « En premier lieu que le personnel des Forces françaises libres servant dans une station de la RAF soit traité au point de vue de la discipline conformément à notre accord du 15 janvier, c’est-à-dire suivant les règles en vigueur dans la RAF ». Le général souhaite aussi que les infractions qui pourraient être commises en dehors des stations de la RAF à l’égard des autorités françaises soient réglées en strictes applications des règlements militaires en vigueur dans l’Hexagone avant la déclaration de guerre. Enfin que cette dernière disposition s’applique au lieutenant visé par la sanction en raison de sa conduite scandaleuse.

    L’intransigeance du général envers ses subordonnés qui s’affranchissent des règles militaires est la même en ce qui concerne des comportements inamicaux des Anglais. C’est ainsi que le 5 novembre, il fait écrire au colonel Archdale, membre de la mission Spear que certains sous-officiers et officiers qui ont manifesté une claire volonté de se rallier aux FFL sont interceptés par l’Intelligence service et invités à travailler pour les services britanniques. Sont évoqués le cas d’un adjudant-chef et d’un lieutenant mais aussi celui de six pêcheurs qui, s’ils ont bien été remis à l’autorité française l’ont été après avoir été approchés par l’IS, pour piloter des bateaux de transport d’agents de ce service très spécial. De Gaulle qui a rédigé le courrier fait dire à son ordonnance : « Le général m’a chargé de vous dire comme conclusion, qu’il ne peut accepter de tels procédés de la part des services de l’Intelligence, parce qu’il considère ces procédés comme contraires à ce qui est dû à un allié et de nature à rendre impossible la franche collaboration des services secrets français avec les renseignements britanniques ». Ce n’est pas innocent si, le 3 novembre, il prévient le Premier ministre de son intention de constituer un bataillon nord-américain avec les Français des Etats-Unis volontaires à Camberley. Il lui demande l’autorisation pour que l’unité soit formée en Grande-Bretagne et que ses effectifs ne soient pas détournés au profit des forces locales.


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    Les précautions gaullistes d’automne

    Le général Catroux et le général de Gaulle : une coopération intelligente.
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  • Le général Spears et le général de Gaulle : une vigilance réciproque.
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  • Liban. Catroux doit lire aux Libanais une adresse du chef de la France libre mais de Gaulle tient à ce que ce texte soit d’abord le sien et celui du Comité national.

    Comment s’adresser au mieux aux Libanais ? Lorsque le général de Gaulle lit le texte qu’a préparé le général Catroux à cet effet, il lui télégraphie le 5 novembre 1941 des modifications qu’il juge absolument nécessaires et qui sont également exigées par le Comité national. Très ferme, il mentionne : « Moi-même et Comité national vous interdisons, je répète vous interdisons, de faire votre proclamation avant que son texte définitif ait été approuvé par nous ». Dès le lendemain, le général adresse à Catroux le texte arrêté avec le Comité national et qui dresse un bilan de l’action engagée depuis l’entrée des troupes alliées dans la grande région.

    Le document récapitule les initiatives prises pour favoriser malgré la guerre l’émancipation des Libanais afin qu’ils jouissent de toutes les libertés publiques. « Il s’agit maintenant d’organiser votre indépendance. En ce qui me concerne, deux devoirs tutélaires m’incombent. Le premier, de remettre le soin d’installer et de diriger le régime à une personnalité hautement qualifiée dans la conjoncture présente pour accomplir cette tâche délicate ».

    Unir et rassembler

    De Gaulle explique les motivations de son choix : « J’ai discerné que les vœux de la nation libanaise désignaient son Excellence M. Naccache. Je lui ai demandé de conserver le pouvoir avec le titre et les prérogatives de président de la République et de gouverner par les moyens d’un ministère qui serait responsable devant lui et au sein duquel serait assurée une juste représentation de toutes les régions et de toutes les confessions qui constituent la nation libanaise ».

    Il y a la volonté chez le chef de la France libre de réunir les conditions d’une union nationale propice au mûrissement d’une constitution dont l’application serait d’autant plus aisée qu’elle serait largement plébiscitée. Il ajoute : « J’assure le président Naccache ainsi que la communauté libanaise, de ma sollicitude et de mon entier concours. Le second devoir consiste à définir dans son esprit et ses formes la collaboration à instituer entre le Liban et la France en attendant la conclusion d’un traité d’alliance et d’amitié ». On mesure que depuis juin, le général n’a pas changé de cap mais compte-tenu des conditions de guerre, il ne tient pas à précipiter les choses.

    Aussi tient-il à ce que les relations bilatérales établies le soient sous les signes de la reconnaissance, de la franchise, du respect des particularités de chacun. Il veut établir une vraie confiance. Ce n’est pas un hasard s’il redit que la reconnaissance par la France libre de l’indépendance du Liban est la conséquence directe d’une amitié traditionnelle et forte avec les Libanais.

    Il s’inscrit aussi dans la continuité du traité d’amitié largement approuvé en 1936. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés en raison du conflit de Gaulle précise que l’Etat libanais jouit des droits et des prérogatives attachés à la qualité d’un Etat indépendant et souverain mais il reconnaît certaines restrictions imposées par l’Etat de guerre et la nécessité de garantir la sécurité mutuelle de la population et des troupes alliées qui y sont provisoirement stationnées. Bien sûr le Liban doit agir en phase avec les Alliés. Le général reprend : « En accédant à la vie internationale indépendante, le Liban succède naturellement aux droits et obligations résultant de tous les traités, conventions et actes internationaux conclus par la France en ce qui concerne le Liban ou en son nom ».

    Le pays dispose de la faculté de désigner ses représentants dans les chancelleries. De Gaulle s’engage aussi à ce que les autorités de la France libre prêteront assistance autant que nécessaire si les droits et les intérêts libanais sont menacés.

    Il insiste : « L’Etat libanais a la faculté de constituer ses forces militaires nationales et la France libre lui prêtera à cette fin tout son concours ». On sait alors que la Grande-Bretagne s’est déjà engagée à plusieurs reprises à reconnaître l’indépendance du Liban mais elle ne veut pas la voir intervenir trop vite. De Gaulle confirme qu’il fera tout pour que d’autres puissances alliées et amies reconnaissent également cette indépendance pour que le statut international de ce jeune Etat s’impose comme une réalité de la nouvelle géopolitique.

    « La France libre considère que l’Etat du Liban constitue politiquement et territorialement une unité indivisible, dont l’intégrité doit être préservée de toute atteinte. Elle favorise en conséquence le resserrement des liens politiques, culturels et économiques qui unissent les différentes parties du Liban ». Le chef des Français libres recommande que le gouvernement libanais garantisse l’égalité des droits civil et politique entre tous ses ressortissants. Il désire aussi qu’il assure la répartition équitable des différentes sensibilités du pays dans les hauts postes à responsabilité et souhaite que les dépenses publiques soient équilibrées entre chaque région dans le seul souci d’équité.

    Une souveraineté reconnue

    Pour conforter la stabilité régionale de Gaulle décrit comment il imagine les relations extérieures : « La France s’engage à s’entremettre entre le Liban et la Syrie afin que soient recherchées et instituées les bases d’une coopération économique entre les deux pays et que soient éliminées les difficultés que cette collaboration rencontre dans le présent. Cette entente nécessaire entre les deux pays frères et voisins doit garantir les droits légitimes et respectifs des deux parties et établir leurs rapports sur une base de confiance réciproque en vue de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du Liban et de mener à bien la lutte commune ». Il est patent que les Alliés ont choisi pendant tout le temps de la guerre de garantir la sécurité aux deux pays et d’y interdire toute tentative de reconquête par l’ennemi. Pour ce faire il faut que l’ensemble des voies de communication, les aérodromes, et les ports puissent être utilisés afin de mailler le territoire pour mieux le défendre. Le général n’hésite pas à ajouter cette phrase après avoir redit la coopération nécessaire entre tous les services et l’armée : « Le Liban doit être en état de défense en temps de guerre, non seulement contre ses ennemis du dehors mais aussi contre ses ennemis du dedans ». Il n’existe pas de voie de salut sans une coopération qui s’étend à tous les espaces clés de la vie du pays. C’est dire que les relations économiques avec les Alliés doivent être privilégiées. « Le Liban entré maintenant dans le bloc sterling adoptera dans l’ordre économique et financier et notamment dans le domaine du change, les mesures nécessaires pour rester en harmonie avec la politique du bloc sterling ».

    De Gaulle conclut : « Les stipulations qui précèdent concilient le respect de l’indépendance et de la souveraineté du Liban avec la mission séculaire de la France et avec les nécessités de l’Etat de guerre ». Il est certain que le général ne veut pas retarder l’appropriation par les Libanais de tous les droits nécessaires à un Etat indépendant mais il veut aussi que le traité franco-libanais à venir maintienne une relation privilégiée entre les deux pays. Il achève son propos par un : « Vive le Liban indépendant ! Vive la France ! ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Résister pour faire honneur aux poilus

    C’est à Nantes que 48 otages ont été fusillés après l’exécution du lieutenant-colonel Holtz pas très loin d’ici.
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  • Le général de Larminat : une efficacité reconnue.
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  • Le lieutenant-colonel Raymond Appert (futur général) était né à Saint-Quentin en 1904.
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  • Le 11 novembre : comme l’année précédente malgré les interdits, honorer les poilus.
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  • 11 novembre. De Gaulle et ses reporters sur la BBC encouragent les Français à marquer le jour de la Victoire de gestes hostiles à l’occupant et au gouvernement de Vichy.

    Comment évoquer le 11 Novembre en se souvenant à la fois du courage des lycéens et des étudiants l’année précédente à Paris et dans plusieurs villes de province, tout en donnant à ce grand hommage aux morts de la Première Guerre mondiale une portée dans le conflit alors en cours ? Le général de Gaulle réfléchit à cette problématique et y répond en choisissant cette date pour adresser plusieurs messages et prendre des décisions qui s’inscrivent dans l’histoire. Il n’omet pas de faire de cette commémoration, un événement transcontinental.

    C’est pourquoi il écrit par exemple à la délégation de la France libre à New York. Que dit-il à ces gaullistes d’outre-Atlantique dont l’administration de la Maison Blanche qui entretient toujours des relations diplomatiques avec Vichy, s’interroge sur le sens de leur engagement ? « En ce 11 novembre, notre pensée va à la victoire d’hier et à celle de demain. En même temps, nous révérons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour la cause de la Liberté. Nous associons au souvenir des nôtres, celui de nos frères d’armes d’Amérique et d’Angleterre tombés sur le sol français durant la Grande Guerre, et comme des victimes des récentes agressions allemandes les marins du « Kearny » et du « Reuben-James » ». De Gaulle montre bien le lien entre les deux conflits de ce XXe siècle marqué par des affrontements répétitifs et meurtriers. Il manifeste que la France n’oublie pas et que la France libre considère les Américains comme de vrais alliés en saluant la mémoire des marins US victimes des torpilles allemandes. Il précise son analyse : « La guerre actuelle n’est que le dernier acte, sous la forme la plus barbare, de la guerre de trente ans commencée en 1914 par l’assaut de la tyrannie contre la démocratie ». Cela lui permet de mieux exposer son analyse politique de la situation du moment : « Tous les peuples libres se retrouvent unis. La France malgré ses malheurs reste inébranlablement attachée à l’idéal que l’Amérique et elle ont, il y a un siècle et demi, fait rayonner dans le monde. Les Français n’accusent pas la démocratie des erreurs commises par de mauvais chefs. La proclamation par le président Roosevelt des quatre libertés humaines a trouvé dans la France qui souffre et que l’ennemi condamne au silence, une résonance profonde ».

    Un message d’espoir

    Le général profite de ce 11 novembre pour redire sa certitude et même sa foi dans une victoire du parti de la Liberté. C’est aussi volontairement qu’il choisit cette date hautement symbolique pour prendre le décret qui attribue à la ville de Nantes, la croix de la Libération. La citation est la suivante : « Ville héroïque qui, depuis le crime de la capitulation, a opposé une résistance acharnée à toute forme de collaboration avec l’ennemi. Occupée par les troupes allemandes et soumise aux plus dures mesures d’oppression, a donné aux Français, par de nombreuses actions, individuelles et collectives, un magnifique exemple de courage et de fidélité. Par le sang de ses enfants martyrs, vient d’attester devant le monde entier, la volonté française de libération nationale ».

    Bien sûr, le général évoque ici les exécutions d’otages après l’exécution du lieutenant-colonel Holst et les manifestations silencieuses d’indignation observées dans la population. C’est toujours le 11 novembre que de Gaulle adresse un télégramme au général Catroux à Beyrouth. Il lui communique ce qui est évalué comme une bonne nouvelle. Il semble que le blocus imposé à Djibouti soit sur le point de contraindre les autorités de Vichy à la reddition. Il aimerait que cette information tombe le soir même mais il ne tient pas à forcer le destin et préfère prendre les mesures adaptées à cette hypothèse crédible : « Cette éventualité devrait nous amener à assurer l’administration de la colonie et à régler, d’accord avec nos alliés britanniques, la destination des troupes et de l’armement de la Côte française des Somalis ». Il mentionne à Catroux que Gaston Palewski est chargé d’assurer les fonctions de gouverneur. Et de préciser : « Il dispose dès à présent du bataillon sénégalais du capitaine Bouillon, du détachement méhariste du lieutenant-colonel Appert et du « Savorgnan-de-Braza ». Mais il serait nécessaire qu’une haute autorité militaire se rendit à Djibouti aussitôt après la reddition pour prendre en main la question des troupes provisoirement de Vichy ». Il confie à Catroux qu’il ne voit que le général de Larminat pour mener à bien cette mission : « Je vous prie en conséquence de lui dire que je le charge de se rendre à Djibouti, sans délai après la reddition et d’organiser le commandement, le stationnement, le ralliement, le ravitaillement de tous les éléments militaires de la colonie d’accord avec le commandement britannique et en union avec Palewski ».

    C’est la raison pour laquelle il informe dans le même temps le colonel à Addis-Abeba pour qu’il se tienne prêt et lui redit l’accord qu’il a signé avec le général Wavell : « C’est à vous qu’il appartient de prendre le pouvoir aussitôt après la capitulation en qualité de gouverneur ». Il lui précise aussi que si des difficultés surgissent, il garera la haute main sur les affaires politiques, la décision revenant à Larminat en ce qui concerne l’action militaire. Avant de conclure : « Dès maintenant surveillez de très près la situation en Somalie française et tenez-moi au courant ».

    Etre des Français debout

    Le général conscient que certains Français veulent célébrer à leur manière le 11 novembre ne décourage pas toutes les initiatives suffisamment subtiles pour défier l’occupant et manifester aux morts de la Grande Guerre le respect des jeunes générations. Si certains imaginent déposer des gerbes au pied des monuments aux morts avec un signe qui témoigne leur attachement aux Forces françaises libres, ce n’est pas dans l’émission « Les Français parlent aux Français » qu’on va les décourager. On demande seulement aux plus jeunes, tentés de manifester leur ardeur patriotique, de faire très attention de manière à ne pas être appréhendés et ne pas vivre ce que leurs camarades ont enduré à Paris l’année précédente.

    Alors que l’association « Les Français libres de Grande-Bretagne » prépare pour la mi-novembre un grand rassemblement de la France libre à l’Albert Hall tout ce qui peut marquer par des actes aussi modestes soient-ils l’esprit de résistance est encouragé. La ferme volonté d’impressionner l’occupant tout en déstabilisant le gouvernement de Vichy est une priorité partagée. Des mesures de sécurité exceptionnelles sont prises par les feldkommandant ainsi que par la police de Vichy. On ne veut pas laisser se développer des manifestations factieuses et hostiles pour les uns tandis que les autres ne tiennent pas à ce que les Allemands soient vexés ou victimes de nouvelles violences comme à Nantes et à Bordeaux. Il faut être plus malin qu’eux et surtout ne pas donner des occasions de nouvelles répressions que ce soit sur les Champs-Elysées, à l’Etoile, à Compiègne, à Châlons-sur-Marne, à Mézières ou ailleurs.

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    Union111105d
    VIENNE-LE-CHATEAU : Camp de la vallée Moreau : Des passionnés découvrent l’ancien camp allemand

    Une quarantaine de férus a découvert le camp allemand
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  • Dernièrement, les Amis du fort de la Pompelle (fort à l’entrée de Reims qui défendit la ville pendant quatre ans durant la Première Guerre mondiale), soit une quarantaine de personnes, sont venus visiter le camp de la vallée Moreau.

    Très intéressés et férus d’histoire, ils ont découvert avec surprise ce site en forêt, mis en valeur depuis douze ans par une douzaine de bénévoles, sous les directives du président Bertold et de l’écrivain historien Philippe Lunard.

    Dans ce camp de 3e ligne allemand, 500 soldats ont vécu pendant trois ans et trois mois dans un relatif confort.

    Les visiteurs y ont découvert trois niveaux de cabanes-dortoirs, une centrale électrique, un lavoir, une énorme douche (unique sur le front), un kiosque, une salle de cinéma reconstruite identique à l’originale, deux abris-tunnels et une tranchée reconstituée au-dessous du camp. Ces passionnés ont alors posé de nombreuses questions. La bataille de l’Argonne, dans les bois de la Gruerie (surnommés « de la Tuerie » par les Poilus) de septembre 1914 à juillet 1915, est une bataille méconnue qui fit environ 100 000 morts français (dont 10 000 inconnus dans l’ossuaire au-dessus de Vienne-le-Château).

    Les Allemands voulaient alors contourner Verdun pour prendre Clermont-les-Islettes et la voie ferrée.

    Le front se stabilisa ensuite entre les monts de Champagne et la butte de Vauquois. L’Argonne fut reconquise par les Américains en octobre 1918.

    Le site est ouvert aux visiteurs tous les samedis de 9 à 12 heures. Visite guidée. Les groupes peuvent venir en semaine en réservant au 03.26.60.85.83. Sur la RD 63 entre Vienne- le-Château et Binarville.

    Tarif 5 euros, gratuit pour les moins de 12 ans. 3 euros par personne pour les groupes de quinze au minimum.

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    Union111105c
    CORMONTREUIL : A la chasse des Poilus

    La femme : un des thèmes favoris des « Poilus ».
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  • Des photos des œuvres réalisées par les soldats de la Première Guerre mondiale.
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  • Des conditions sportives : il faut ramper dans les carrières….
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  • CORMONTREUIL (Marne). Un photographe passionné fouille carrières, cavernes, galeries, pour y dénicher, creusés dans la pierre, des témoignages émouvants des « Poilus » de la Grande Guerre.

    DEUX fois par semaine, hiver comme été, par tous les temps, Jean-Paul Doucet crapahute à travers l’Aisne et l’Oise. Il quadrille, inlassablement, carré par carré, les sites des anciennes carrières de pierres situées de Laon à Compiègne, à proximité du « Chemin des Dames ».

    Dans ces carrières, les soldats de la Grande Guerre ont, de 1914 à 1918, réalisé des dessins, peintures et surtout sculptures. Dans l’attente d’une montée en ligne, où des centaines de milliers d’entre eux sont morts, ils ont gravé dans la pierre tendre leurs souvenirs, leurs souhaits… ou tout simplement leur désespoir.

    Certains réalisaient de véritables chefs-d’œuvre, d’autres se contentaient de quelques motifs plus simples, voire gravaient simplement leur nom.

    Prise de vues à risques

    Equipé en spéléologue -ce qu’il est également-, muni de cartes d’état-major, porteur de tout un matériel de prise de vue, en compagnie de deux amis, il s’enfonce, parfois en rampant, dans des galeries. « Il faut dégager des ronces. Il nous arrive de passer au travers d’éboulements » raconte Jean-Paul Doucet. Plutôt sportive, voire dangereuse la chasse aux photos !

    Pour pénétrer dans certaines carrières privées, il faut demander l’autorisation aux propriétaires, qui connaissent l’existence des sculptures. « Mais nous, on ne le sait pas, et c’est toujours une vraie découverte. Il arrive aussi qu’on trouve, en nettoyant des pierres couvertes de moisissures, de nouvelles œuvres ». Jean-Paul Doucet a réalisé des centaines de photos et en expose environ 200 à la médiathèque. Les thèmes les plus courants ? « Des animaux, des soldats, des symboles religieux -voire des autels- et… la femme, forcément ! ».

    Un superbe cheval n’a pas été achevé : son auteur a-t-il été déplacé ou tué ? Des thèmes symboliques aussi : un phare éclaire un bateau qui coule avec un texte : « La liberté éclairant le monde »…

    Des soldats de toutes nationalités ont gravé des motifs. Certains bas-reliefs sont manifestement l’œuvre d’artistes. « Dans l’Oise, certaines sculptures sont l’œuvre d’un certain Leclabart. La guerre finie, il a repris son métier de sculpteur et a réalisé une grande partie des monuments aux morts de Picardie ». Toutes ces œuvres pleines d’émotion représentent des tranches de vie des « Poilus », figées à jamais dans la pierre…

    Médiathèque. Jusqu’au 12 novembre.

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    Union111105b
    VITRY-LE-FRANCOIS : Nécropole nationale : Ouverture exceptionnelle

    Des gerbes de fleurs ont été déposées par la ville de Vitry-le-François et le Souvenir français.
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  • A l’occasion du 90e anniversaire de la mise en place de la nécropole nationale (cimetière militaire) de Vitry, située rue du Souvenir français, le monument votif a fait l’objet d’une ouverture exceptionnelle guidé par Gérald Gaillet, président du comité cantonal du Souvenir français.

    Près d’une centaine de personnes sont ainsi venues pour découvrir que ce monument était en fait une chapelle dédiée à Notre-Dame de Lourdes et qu’elle contenait un ossuaire de 1 127 soldats français inconnus exhumés des cimetières de Vitry-le-François (17), Blesme (262) et du Mont-Morêt à Courdemanges (848) ainsi qu’une plaque à la mémoire du Chanoine Eugène Oudin, curé doyen de Sompuis (ancien vicaire de Vitry-le-François) mort pour la France à Sedan le 14 septembre 1914 et de l’abbé Gabriel Goujet, vicaire de Vitry-le-François (aumônier militaire du IIIème D.C.) mort pour la France à Sarrelouis le 05 décembre 1918…

    Les plaques qui entourent le monument sur sa hauteur reprennent les noms des vitryats Morts pour la France au cours de la première guerre mondiale. Après une première pierre posée et bénite par Mgr Tissier, évêque de Châlons le 10 septembre 1920, la chapelle fut inaugurée le 12 septembre 1921 .

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    Union111105a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Le Souvenir français en assemblée générale Des expositions en préparation

    Les membres du Souvenir français réunis pour l’assemblée générale.
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  • L’assemblée générale ordinaire du comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François s’est tenue à l’Espace Paul-Bert de Vitry sous la présidence de Christian Michel et Gérald Gaillet respectivement délégué général de la Marne, et président local du Souvenir français, et en présence de Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry.

    Au cours de cette réunion, Christian Michel a remis au porte-drapeau Maurice Conraux, le diplôme d’honneur du Souvenir français ainsi qu’à André Leroy, ancien porte-drapeau de Couvrot et à Jean Poucher.

    Le capitaine Jack Beck s’est vu remettre la médaille de bronze du Souvenir français, et Roger Conraux, de Vauclerc et le trésorier adjoint l’adjudant-chef Jean-Frédéric Allerat celle d’argent. Dans les projets, le président annonça que plusieurs expos sont en préparation : « Les plaques et monuments aux morts de la délégation cantonale » ; « Les soldats ou scènes de guerre représentés dans les vitraux des églises »… ainsi que la poursuite des fiches sur les soldats, déportés, résistants ou victimes des différents conflits ayant un lien avec l’arrondissement de Vitry-le-François.

    Il évoqua également les restaurations en cours.

    Une nouvelle équipe a été élue. Président et secrétaire général : Gérald Gaillet ; vice-président : André Protat ; secrétaire adjointe : Myriam Tarin ; trésorier : Yvan Broussard ; trésorier adjoint : adjudant-chef Jean-Frédéric Allerat ; membres du bureau : Serge Deland’huy, Gilbert Gilblas, Andrée Jeanmaire ; Général de Corps d’Armée Jean-Marie Lemoine, Jean-Claude Louis ; porte-drapeaux pour Vitry-le-François et les 53 communes : Maurice Conraux et Mickaël Magin ; conseillers techniques : Monique Coulmy, Pierre Ihuel, Philippe Michel et Françoise Paquis.

    Pour tout contact : Le Souvenir Français 9 rue des Hauts Pas 51300 Vitry-le-François - Tél./fax : 09.75.61.15.91 courriel : souvenir.vitry@orange.fr.

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    Union111104a
    FAGNIERES : La Flamme sacrée a fait escale

    En hommage aux soldats tués lors de la guerre 14-18.
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  • Ce 30 octobre à 9 h 50 la Flamme sacrée a fait halte devant le monument aux morts de l’ancien cimetière de Fagnières.

    Cette flamme prélevée sur la tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe est portée par un relais pédestre composé de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur jusqu’à Verdun.

    Elle symbolise le sacrifice des soldats tués lors de la Grande Guerre de 14-18.

    Le maire, les élus, les présidents et membres des anciens combattants ont accueilli cette délégation et recueilli la flamme qui brûlera en hommage aux Fagniérots morts au champ d’honneur.

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    Union111103d
    TINQUEUX : Souvenir : Recueillement sur les tombes des soldats

    Les anciens combattants, quelques élus de la commune, le maire enfants et les porte-drapeaux rassemblés à l’ancien cimetière communal des Frères Glorieux pour fleurir 11 tombes de poilus.
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    Mardi matin, jour de la Toussaint, les anciens combattants, quelques conseillers municipaux et porte-drapeaux se sont rendus au cimetière municipal de Tinqueux, rue des Frères Glorieux, pour se recueillir et fleurir onze tombes de soldats de la guerre 1914-1918 tombés sur le sol de Tinqueux.

    C’est la tradition, le 1er novembre, Gilles Richard, président des anciens combattants, Jean Cienki, président du Souvenir Français, Fanny Deramond, maire enfant, et Lucienne Becker, adjointe pour les cérémonies, déposent ensemble des chrysanthèmes sur les tombes et également au monument aux morts en hommage aux enfants de Tinqueux morts pour la France.

    A l’issue de la cérémonie, Gilles Richard a remercié les Ateliers municipaux pour l’entretien permanent des onze sépultures. Il a remercié les personnes qui se sont déplacées en ce jour de la Toussaint (elles n’étaient malheureusement pas nombreuses) : « Vous savez redonner une identité à ces morts de la guerre 14/18 qui sont enterrés et quelquefois oubliés dans l’ancien cimetière communal des Frères Glorieux. » Un geste de mémoire d’une grande sobriété, mais à l’honneur des participants qui vont s’associer dans quelques jours aux cérémonies du souvenir du 11 Novembre qui se dérouleront à 10 heures devant le monument aux morts de Tinqueux.

     

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    Union111103c
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : L’idée d’une rue Général-Bigeard fait son chemin

    Les cendres du général Bigeard seront transférées aux Invalides.
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  • La mairie vient d’en recevoir la demande. Le général Bigeard n’avait aucun lien direct avec Châlons. Héros de la Seconde Guerre ou de Dien Bien Phu, l’usage de la torture à Alger jette encore une ombre sur sa légende.

    MARCEL BIGEARD, décédé le 18 juin 2010 (à 94 ans), avait posé un vrai casse-tête à ses proches en souhaitant que ses cendres soient dispersées au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu, pour rejoindre définitivement ses compagnons d’armes, tout en précisant que cela « emmerderait la France et le Vietnam ». Il avait vu juste. Le gouvernement a même dû renoncer à cette idée, ses cendres seront vraisemblablement transférées aux Invalides. Telle est du moins la dernière proposition du ministre de la Défense, formulée à sa famille le mois dernier. C’est maintenant au tour des élus de Châlons de se pencher sur son cas.

    « Pas une impasse »

    Michel Le Dren, président du comité du Souvenir français, et Pol Cher, président des anciens combattants et victimes de guerre, ont en effet rédigé un courrier adressé à la mairie de Châlons demandant officiellement qu’une artère de la ville soit baptisée « Général Marcel-Bigeard ». Le bureau municipal va en être informé par le maire Bruno Bourg-Broc, les élus devront ensuite se prononcer sur cette idée.

    Deux obstacles se dressent déjà devant eux. Le premier provient du fait que Bruno Bourg-Broc s’est juré de ne jamais débaptiser une rue au cours de ses mandats successifs. Il faudra donc que les conseillers municipaux se creusent la tête pour trouver une nouvelle voie, si la proposition des anciens combattants est acceptée. Or les quartiers neufs sont rares, vu la tendance démographique de la région. Le Souvenir français aimerait en outre que le nom du général soit attribué à une grande artère, et non « à une ruelle ou à une impasse ».

    Deuxième difficulté : le général a toujours des détracteurs qui le suspectent d’avoir pratiqué la torture en Algérie. Ceux-ci soutiennent que des investigations sont notamment nécessaires sur son rôle pendant la bataille d’Alger en 1957. Le colonel Bigeard est alors sous les ordres d’un Châlonnais, le général Massu, qui le charge d’arrêter les dirigeants du FLN. Marcel Bigeard a toujours tenu le même discours : « Mes prisonniers étaient vivants quand ils quittaient mon quartier général. Et j’ai toujours trouvé dégueulasse de les tuer. Mais c’était la guerre et on devait trouver les bombes qui tuaient des civils ». Ou encore : « Les interrogatoires musclés, c’était un moyen de récolter des infos. Mais ces interrogatoires étaient très rares et surtout je n’y participais pas. Je n’aimais pas ça ».

    Contredit par Massu sur la torture

    Pourtant en 2000, une certaine Louisette Ighilahriz, ancienne indépendantiste violée et torturée pendant trois mois à l’état-major de la 10e division parachutiste d’Alger, affirmait au quotidien Le Monde que le colonel Bigeard et le général Massu venaient sur le lieu de ses interrogatoires. Les « travaux pratiques » étaient réalisés par un autre officier. Après ce témoignage, le général Massu confirmera contre toute attente, à l’âge de 92 ans, l’essentiel de cette déclaration, alors que dans le même temps Marcel Bigeard nie tout en bloc.

    Grande gueule, artisan de sa propre gloire, autodidacte des armes devenu secrétaire d’Etat à la Défense puis député UDF, Bigeard reste un personnage hors norme, adulé ou détesté. Un homme charismatique et plus complexe que sa gouaille ne le laissait penser. Le vœu émis par les anciens combattant de Châlons donnera du grain à moudre aux élus.

    Mais Michel Le Dren semble confiant. Il explique avoir connu le général Bigeard pendant « une trentaine d’années ». Le président du comité du Souvenir français de Châlons retient surtout la mémoire d’un homme « qui avait le sens de l’honneur ».

    Sébastien LAPORTE

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    Union111103b
    VITRY-LE-FRANCOIS : Bilan de la quête du Souvenir Français : Plus de 780 euros collectés durant la Toussaint

    Douze adhérents du Souvenir Français se sont relayés durant quatre jours aux trois entrées du cimetière du Midi.
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  • 784,63 euros : c’est la somme exacte qu’a collectée le comité de Vitry-le-François du Souvenir Français lors de sa traditionnelle quête de la Toussaint. Un montant qui a diminué de 61,62 euros par rapport à 2010. « Je suis tout de même content, affirme le président Gérald Gaillet. L’an dernier avait été une année exceptionnelle. La quête avait doublé par rapport aux années précédentes où nous recevions entre 300 et 400 euros. Réunir plus de 700 euros, c’est bien, surtout avec la conjoncture actuelle ».

    Douze adhérents se sont relayés durant quatre jours, de 9 à 17 heures, aux trois entrées du cimetière du Midi. Grâce à l’argent collecté, le Souvenir Français va pouvoir remplir sa mission : entretenir les tombes des combattants morts pour la France, civils ou militaires.

    L’association, qui a été créée en 1887 par Xavier Niessen, va ainsi pouvoir refaire la plaque du soldat Antoine Tausserat, mort à l’âge de 99 ans et enterré à Vitry-le-François. Né à Plivot le 4 mai 1797, cet homme avait combattu pendant les Cent Jours. Il s’était engagé au 4e bataillon du régiment de la Marne et avait reçu le baptême du feu à Sedan, dans un engagement avec une division russe. « Malheureusement, un violent coup de vent a fait tomber la plaque qui s’est cassée en mille morceaux », rappelle Gérald Gaillet.

    Le Souvenir Français offrira également une sépulture digne au soldat Loupias, décoré notamment de la Croix de guerre. Il est mort le 25 novembre 1917 à Saint-Lumier-en-Champagne. C’est dans le cimetière du village qu’il est enterré. « Ce combattant n’a jamais eu de couverture sur le dos », précise-t-il. Le 27 novembre prochain, il aura enfin une croix et une semelle.

    S.G.

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    Union111103a
    EPERNAY : Anciens combattants FNACA : Joyeuse ambiance bavaroise

    Le groupe « Die Lustingen Tiroler », connu également sous le nom de « Groupe folklorique bavarois » a enchanté les participants, ravis de danser.
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  • Quelques mois après le voyage annuel, le premier après-midi dansant, organisé par la FNACA (Section Épernay - Oiry-Aÿ), s’est avéré être une belle réussite. Une forte participation a permis de réunir dans la salle des fêtes d’Aÿ, adhérents, sympathisants, accompagnés de leurs familles et amis.

    Après le très apprécié repas, au cours duquel les participants ont dégusté une choucroute copieuse, l’ambiance était au beau fixe pour tous les danseurs qui évoluaient au son des airs proposés par l’orchestre pour danser qui du tango, qui du paso-doble, ou des valses viennoises, du madison et autres danses.

    Galette, AG et Savoie

    « Je suis vraiment content du succès rencontré. Les gens sont aussi unanimement satisfaits. C’est bien que ceux qui aiment danser se rassemblent dans une bonne ambiance », souligne M. Richard, le président.

    Le prochain rendez-vous de la FNACA sera évidemment la très attendue « galette des rois », fin janvier 2012, suivie de l’assem blée générale le 22 avril. Rappelons également que, dès maintenant, les seniors peuvent s’inscrire pour le voyage en autocar proposé par l’association et dont la destination est Samoëns en Savoie, du 18 au 23 juin.

    Pour tout renseignement complémentaire : M. Richard au 03.26.54.16.64 (heures de repas).

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    Union111102a
    SAINTE-MENEHOULD : Toussaint : Un hommage aux morts pour la France

    Des gerbes ont été déposées à l’ancien
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  • Comme tous les ans à l’occasion de la Toussaint (fête des saints, largement confondue avec la fête des morts du 2 novembre), officiels, associations, pompiers et simples citoyens ont rendu hier hommage aux morts victimes de la guerre. Après une messe à l’église Saint-Charles, ils se sont retrouvés à l’ancien lycée Chanzy, sous les Arcades, pour un dépôt de gerbe devant la plaque en mémoire des anciens lycéens morts au champ d’honneur dans les deux guerres mondiales. Direction ensuite le cimetière militaire pour un hommage aux soldats morts pour la patrie.

    Les gerbes ont été déposées par le maire Bertrand Courot, le député Bruno Bourg-Broc, le conseiller général Olivier Aimont et le général Jean. Étaient également présents la Fnaca (fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) avec ses porte-drapeau, le Souvenir français qui a prononcé un discours d’hommage au sacrifice des héros anonymes, et l’ACPG-CATM (anciens combattants, prisonniers de guerre - combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc). La marche était menée par l’harmonie municipale, les pompiers de Sainte-Ménehould et les jeunes sapeurs-pompiers (avec le casque orange).

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    Union111101c
    BATAILLE DE VALMY : Les travaux du futur musée de la bataille de Valmy ont commencé : C’est parti pour un an

    En septembre dernier, l’accès au moulin de Valmy ressemblait à cela.
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  • Depuis jeudi dernier, la butte a disparu laissant voir le sous-sol en craie.
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  • Le futur musée sera semi-enterré. Les terrassiers vont donc creuser à environ 15 mètres de profondeur pour réaliser les fondations. Une baie vitrée permettra aux visiteurs de contempler le moulin situé au-dessus d’eux.
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  • Les tonnes de craie sont entassées sur la gare à betteraves, à l’arrière du moulin
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  • Le futur musée sera semi-enterré. Les terrassiers vont donc creuser à environ 15 mètres de profondeur pour réaliser les fondations. Une baie vitrée permettra aux visiteurs de contempler le moulin situé au dessus d’eux.

    Les travaux du futur centre d’interprétation de la bataille de Valmy ont enfin commencé au pied du moulin, avec huit bons mois de retard. Les terrassiers devraient mettre une quinzaine de jours à dégager la butte. Ensuite, il faudra compter une année pour que le musée sorte de terre.

    LA scène est impressionnante. Au pied du moulin, d’énormes camions se livrent à un incessant va-et-vient. Après avoir charrié la terre végétale qui couvrait la butte du côté du parking visiteurs, ils transportent des tonnes de craie extraite à la pelle mécanique. La roche s’amoncelle ensuite sur la gare à betteraves située sur le plateau.

    En une poignée de jours, le paysage a été bouleversé. Tout d’abord une clôture a poussé autour du site afin de délimiter la zone du chantier. Mardi dernier, les engins de terrassement ont commencé à leur ballet. Ils devraient dégager 20 000 m3 de terre et de craie en creusant à une quinzaine de mètres de profondeur.

    Appels d’offres infructueux

    Depuis les deux poses de première pierre réalisées au printemps puis à l’automne 2010, le projet de Centre d’interprétation de la bataille de Valmy ne donnait plus guère de signe concret d’avancement. Les travaux, qui auraient dû commencer au printemps, avaient été repoussés le temps de relancer les appels d’offres. Les réponses s’étaient en effet révélées catastrophiques puisque chaque lot présentait un surcoût de 50 %.

    Il avait fallu tout reprendre pour resserrer les coûts. « Nous avons notamment travaillé sur le choix des matériaux, explique Jean-Pierre Colinet, le vice-président de la communauté de communes de Sainte-Ménehould. Par exemple, les parties apparentes devaient être recouvertes d’acier Corten. Or son prix a flambé entre le moment où il était prévu et le passage des appels d’offres. Finalement, nous l’avons mis en option mais au final la façade sera traitée en béton lisse teinté. »

    Devant les élus de la communauté de communes, le vice-président avait expliqué qu’il préférait que le chantier prenne du retard plutôt que son budget explose. Alors que les premiers coups de pelle sont enfin donnés, Jean-Pierre Colinet assure que l’enveloppe est respectée.

    « Il y a une légère augmentation par rapport au budget initial mais par rapport à l’évolution de l’indice du coût de la construction, c’est lissé. Il faut bien savoir que le premier estimatif date de 2006 ! Aujourd’hui, nous sommes sur la base d’1 100 0000 euros pour le bâtiment et 900 000 pour la muséographie. »

    Pour cette partie, également réalisée par l’architecte Pierre-Louis Faloci, en collaboration avec un comité scientifique local, le budget n’est pas totalement arrêté.

    L’Etat fera-t-il un geste ?

    « Nous recensons actuellement les œuvres qui seront utilisées afin d’en négocier les droits. Nous espérons que l’Etat fera un geste pour celles qui sont dans ses musées… » L’Etat n’est, à ce jour, pas le principal financeur du futur musée. Il joue à part égale avec le Conseil général, soit à hauteur de 25 %, tandis que la Région met 20 % sur la table, le gros du budget restant à la charge de la Communauté de communes. En terme de délais, le vice-président Colinet ne table plus sur une ouverture au 20 septembre 2012, pour le 220e anniversaire de la bataille.

    « Après les 15 jours de terrassement, le gros œuvre devrait être terminé en janvier. Viendront ensuite le second œuvre puis la muséographie. Mi-novembre, une grue devrait arriver sur place pour porter les plaques de béton précontraint de 8 tonnes chacune qui feront la couverture du bâtiment. Là dessus, nous remettrons de la terre végétale pour planter une herbe de prairie. »

    En tenant compte des éventuelles intempéries de l’hiver, il ne faut guère compter sur une ouverture avant début 2013.

    Stéphanie VERGER

    Repères

    Accès au moulin en 2011-2012

    Durant les travaux de terrassement, l’accès des visiteurs au site du moulin risque d’être compliqué. Le parking provisoire est celui destiné en principe aux personnes à mobilité réduite. L’accès se fait par le haut du site mais implique de franchir les barrières installées par le chantier et de faire attention au passage des camions.

    Accès au moulin à partir de 2013

    Une fois le musée construit, l’accès au moulin se fera via le bâtiment du musée. Deux voies seront possibles : une entrée payante au musée ou un accès gratuit au moulin. De l’intérieur du centre d’interprétation, le public pourra admirer le moulin grâce à une vaste baie vitrée. Sur le plateau, en revanche, le musée sera pratiquement invisible puisque semi-enterré et recouvert d’une prairie.

    Matière première

    La bonne terre extraite ces derniers jours est mise de côté pour être réutilisées ultérieurement sur la couverture du musée. La craie, quant à elle, servira à reprendre des chemins appartenant à l’association foncière de Valmy.

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    Union111101b
    VITRY-LE-FRANCOIS : De 9 à 17 heures au cimetière du Midi : Le Souvenir Français en quête d’argent

    De droite à gauche : Gérald Gaillet, président du Souvenir Français, Christophe Colé, membre, avec son fils Julien, et Yvan Broussard, trésorier.
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  • Une vingtaine de plaques d’identification de victimes du bombardement de mai 1940 à Vitry-le-François ont ainsi pu être changées au cimetière du Midi.
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  • Le Souvenir Français quête encore aujourd’hui au cimetière du Midi. L’an dernier, il a récolté 846,25 euros. Une somme qui a servi à entretenir les tombes d’anciens combattants.

    CHAQUE année, à la Toussaint, le Souvenir Français met en place le même rituel. Une urne est installée aux trois entrées du cimetière du Midi. Les membres, eux, se promènent dans les allées, un tronc dans la main.

    La traditionnelle quête du Souvenir Français existe depuis 1887, c’est-à-dire depuis la création de l’association par Xavier Niessen. « Cette année, le ministère de l’Intérieur nous a autorisés à quêter pendant quatre jours », précise Gérald Gaillet, président du Comité de Vitry-le-François qui rassemble les cantons de Saint-Rémy-en-Bouzemont, Sompuis, Vitry Est et Ouest.

    500 euros pour rénover une tombe

    Douze adhérents se relaient depuis samedi et jusqu’à aujourd’hui, de 9 à 17 heures, au cimetière du Midi. « Les gens donnent ce qu’ils veulent, indique le trésorier Yvan Broussard, qui a déjà trouvé des billets de 10 ou 20 euros comme des pièces de 10 centimes. Certains viennent spontanément mettre leur obole. D’autres en revanche passent leur chemin sans même nous regarder… »

    L’an dernier, l’association a collecté 846,25 euros en trois jours. Une somme qui a doublé par rapport aux années précédentes. « Nous avons été étonnés parce que d’habitude nous réunissions entre 300 et 400 euros », rappelle Gérald Gaillet.

    Mais à quoi sert cet argent ? « A entretenir les tombes des combattants morts pour la France, civils ou militaires, explique le président du Souvenir Français. La rénovation d’une tombe coûte à elle seule 500 euros ». Avec les 846,25 euros collectés l’an dernier, l’association a ainsi changé une vingtaine de plaques d’identification de victimes du bombardement de mai 1940 à Vitry-le-François. « Certains noms de famille étaient mal orthographiés comme Marie Munier, épouse de Paul Kirchdoerffer, décédée le dimanche 26 mai 1940 au collège de jeunes filles », cite-t-il en exemple.

    « Honorer la mémoire des morts »

    Le Souvenir Français a également refait 5 plaques dont les inscriptions ont disparu avec le temps, 4 au cimetière du Midi et 1 au cimetière de Dommartin-Lettrée sur la tombe d’un aviateur canadien. « C’est normal que les tombes demeurent entretenues. Ces combattants sont morts en défendant le drapeau tricolore », estime Marie-Thérèse, 61 ans, qui met une pièce dans l’urne chaque fois qu’elle vient au cimetière. « Entretenir les tombes, c’est honorer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la France », acquiesce Colette, 72 ans, dont le mari était ancien combattant. Anne-Marie, 55 ans, donne chaque année une obole. « C’est une tradition ! »

    Avec l’argent de la quête, le Souvenir Français refera la plaque du soldat Antoine Tausserat, qui a combattu pendant les Cent-Jours. Il est mort à l’âge de 99 ans. « Un violent coup de vent a fait tomber la plaque qui s’est cassée en mille morceaux », déplore le président.

    L’association compte également offrir une sépulture digne au soldat Loupias, décoré de la croix de guerre, cité à de nombreuses reprises, mort le 25 novembre 1917 à Saint-Lumier-en-Champagne. « Ce combattant n’a jamais eu de couverture sur le dos », souligne Gérald Gaillet. Le 27 novembre prochain, il aura une croix et une semelle.

    Stéphanie GRUSS

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    Union111101a
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : La flamme sacrée hier au monument aux morts : Jamais sans Châlons…

    La Flamme sacrée prélude aux commémorations du 11 novembre
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  • Sept départements traversés, quatre mille personnes concernées, 75 communes impliquées, pour autant de cérémonies officielles organisées : parmi elles, Châlons qui ne saurait être absente pour le passage de la flamme sacrée.

    Chaque année, cette flamme part de Paris via l’arc de triomphe, jusqu’à Verdun. 350 kilomètres effectués à la vitesse d’un homme courant à pieds ; un événement qui cette année, aura duré trois jours et deux nuits.

    La flamme a débarqué dans notre ville vers 11 heures. Elle a ensuite pris la direction de Verdun, pour y arriver vers 18 h 30. Elle a été transportée dans la crypte du monument de la Victoire : elle sera ensuite reprise et acheminée à l’ossuaire de Douaumont pour les cérémonies commémoratives du 11 novembre. Car la flamme est intimement liée à l’armistice d’une guerre qui coucha des dizaines de millions d’êtres humains. Il y a vingt-six ans que le comité de la Voie sacrée nationale et de la Voie de la liberté a été créé. Vingt-six ans qu’une équipe de bénévoles entretient, dans une action éducative et citoyenne, cette vérité : « Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir ».

    En tout cas, hier à Châlons, face au monument aux morts, les officiels chantant la Marseillaise a cappella en compagnie d’une jeune verdunoise entourée de sportifs de la police nationale, ont rappelé qu’il n’était pas question de déroger à ce précepte…

    F.M.

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    Union111031b
    VITRY-LE-FRANCOIS : Hommage aux soldats et victimes civiles : Une cérémonie pour le souvenir

    Avant la cérémonie du souvenir.
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  • A l’occasion de la journée nationale du Souvenir français, un hommage a été rendu, samedi, à tous les soldats et victimes civiles de l’arrondissement de Vitry-le-François décédés lors des différents conflits.

    La cérémonie avait lieu au monument du Souvenir français, sur la place Maucourt, en présence d’une trentaine de personnes dont l’adjointe au maire Claudine Brocard et de nombreux présidents d’associations d’anciens combattants et leurs porte-drapeaux.

    Les gerbes de fleurs ont été déposées par l’adjointe au maire, Guy Coste, pour le comité d’Entente, et Georges Matras, pour le Souvenir français.

    Pour financer les actions de rénovation, une quête est autorisée au cimetière du midi de Vitry-le-François, jusqu’au mardi 1er novembre inclus.

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    Union111031a
    FISMES : Les Médaillés militaires réunis

    Une assemblée nombreuse.
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  • Le temps de la remise des récompenses
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  • Dimanche 23 octobre s’est déroulée la 43e assemblée générale de la 1 687e section des Médaillés militaires de Fismes et environs, en présence de Mme Vautrin, députée et première vice-présidente de l’Assemblée Nationale, du commandant de gendarmerie Husson, de M. Cochod, président départemental des Médaillés militaires de la Marne, du conseiller général et maire de Fismes, M. Pinon, et de plusieurs représentants des associations fismoises. Le discours d’accueil a été fait par son président, M. Debar, qui a tenu à manifester sa reconnaissance à la municipalité « pour les services rendus à la section », puis il a demandé à tous une pensée pour les deux adhérents disparus, Michel Leroy et Jean Voisin. Il a lancé un appel aux éventuels décorés de la médaille militaire qui « seraient bienvenus dans la section ». Il rappelle que le but essentiel est « l’aide aux plus démunis ». Puis M. Levé, secrétaire, a procédé aux rapports moral et d’activités. L’effectif de la section se monte à 67 inscrits. Au niveau du département, il y a 873 adhérents, et plus de 60 000 au niveau national.

    67 inscrits

    Le bilan de l’activité permet de prendre connaissance de quelques chiffres : 22 sorties de drapeaux, 24 participations aux cérémonies patriotiques et commémoratives, 29 participations à la vie associative civile, 22 activités internes telles que les thés dansants, remises de colis, etc.

    M. Lelleve a tenu à remettre en exergue la devise de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire, « valeur et discipline », et tient à manifester sa déception devant le traitement « trop léger » du décès des soldats en Afghanistan par les divers médias.

    Puis Mme Legeas a procédé aux rapports moral et d’activités des Dames d’Entraide. Au nombre de trente, elles accomplissent diverses actions en complémentarité avec la section des Médaillés militaires.

    M. Marquigny, trésorier, a mis très pédagogiquement le public au courant des finances de la section. Un appel à candidatures a ensuite été lancé pour intégrer le comité ; M. Dumay s’est porté volontaire.

    Le commandant de gendarmerie Christophe Husson a profité de cette réunion pour exprimer deux préoccupations. La première concerne les cambriolages. Il souhaiterait que les appels au 17 soient plus rapides après un délit. Il a expliqué que l’alerte rapide (sans tomber dans la délation) était essentielle pour pouvoir mener une enquête efficace. Il a ensuite rappelé le rôle essentiel des gendarmes adjoints volontaires mais trop de postes restent vacants (encore 30 à la compagnie de Reims). Il souhaiterait que beaucoup de candidats se présentent pour que la sélection reste exigeante.

    M. Pinon a témoigné de l’attachement de Fismes à sa gendarmerie puisque cinq nouveaux logements ont été construits, complétant les dix existants et destinés à pérenniser la présence de la brigade à Fismes.

    Mme Vautrin est revenue sur le besoin de recrutement de gendarmes adjoints volontaires pour lesquels les moyens existent, les budgets ayant été votés… « Dommage que des postes ne soient pas pourvus ! »

    Elle a estimé que les Opex (Opérations extérieures) « ont pris tout leur sens, leur rôle est important… » Elle a évoqué l’entrée de la Côte d’Ivoire dans le processus démocratique et « le travail fait en Lybie… » Elle a rappelé que depuis le 19 octobre, les 200 premiers soldats sont rentrés d’Afghanistan. « Ce désengagement » doit se doubler « de l’accompagnement de ce pays dans sa démarche… »

    Mme Vautrin est revenue sur de nouvelles mesures prises au budget : l’augmentation de la retraite du combattant de 4 points (hausse de 30 % en 5 ans), l’augmentation du nombre de cartes de combattants de l’Opex (hausse de 25 à 50 %), la poursuite de la rénovation des sépultures de guerre. Elle a évoqué la nécessité de « maîtriser les dépenses publiques » qui entraîneront une diminution du budget des collectivités. Avant de terminer son intervention, elle a rendu hommage à « l’unité de la commune » et à sa riche vie associative.

    Puis des récompenses de la Société Nationale ont été remises à Guylaine Leroux, Monique Durenq, Marc Micholet, Gérard Gabet et Sadch Leulmi. La fanfare et une délégation de sapeurs-pompiers ont accompagné le cortège aux monuments aux morts pour les dépôts de gerbes. Le repas qui a suivi a réuni plus de 200 personnes.

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    Union111030e
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Une rue à Châlons pourrait prendre le nom de Bigeard

    Le président du comité du Souvenir français de Châlons-en-Champagne, Michel Le Dren a adressé un courrier au député-maire Bruno Bourg-Broc pour qu’il entame une procédure destinée à donner le nom d’une rue de la ville préfecture de la Marne au général de corps d’armée Marcel Bigeard, figure des armées françaises dont l’engagement pendant la Seconde Guerre mondiale, en Indochine et Algérie a été exemplaire et dont la sincérité du témoignage et la disponibilité pour les valeurs de la République ont toujours été saluées.

    Celui qui a été qualifié d’"héroïque parachutiste" par le général de Gaulle est souvent venu dans le département.

    Ancien ministre et ancien député, il a également été président de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale.

    Le général Bigeard décédé le 18 juin 2010 était grand-croix de la Légion d’honneur.

    hervé chabaud
    hervechabaud@orange.fr

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    Union111030d
    ALGERIE : Sainte-Ménehould : Un Argonnais a couché sur le papier ses souvenirs de la période 1956-1958 : La guerre d’Algérie vécue par un jeune appelé

    Un entraînement intensif le conduit en patrouille le jour ou la nuit.
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  • Pratiquement cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, de nombreux appelés se souviennent de cette expérience douloureuse qui a marqué leur service militaire. L’un d’entre eux, un Argonnais, a couché ses souvenirs sur le papier.

    CERTES, aujourd’hui, le service militaire obligatoire n’existe plus. Mais entre 1954 et 1962, ceux qui ont eu à l’effectuer, ont pris le chemin de ce qu’on appelait avec hypocrisie, au moins au début, la pacification. De l’autre côté de la Méditerranée, ce sont plusieurs classes d’âge successives qui ont goûté à la croisière forcée pour rejoindre les djebels.

    Quelques « appelés » ont pris la plume et couché sur le papier les points les plus marquants de leur épopée, souvent marquée par l’évocation des copains disparus. C’est du journal de l’un d’eux, « Ma guerre d’Algérie 1956-1958 » que proviennent les extraits suivants. Si l’auteur a préféré conserver l’anonymat, il souhaite toutefois faire partager le récit de cette époque qui a marqué l’aube de sa vie d’adulte.

    C. P., fils d’un agriculteur d’Argonne reçoit, le 6 mars 1956, sa convocation à Châlons pour l’inévitable appel au service. Chacun sait maintenant qu’il s’assortira du départ en Algérie. Après la visite médicale, la perception du paquetage, c’est le départ en premier pour le camp de Mourmelon pour y suivre la formation du peloton de brigadier. Il enchaîne ensuite deux mois à Châlons au quartier Chanzy pour une formation complémentaire puis, après sa première permission, un dernier stage au camp de Suippes. Il en sortira troisième de son peloton.

    Un accueil « formidable »

    Avec l’annonce du départ, le mois de juin 56 sera marqué pour lui par l’ultime visite de son père au quartier. Il verra une larme lui glisser du coin de l’œil avant le baiser final. Le 21 juin, c’est l’arrivée à Marseille au camp Sainte-Marthe. Puis l’embarquement sur le Kairouan. Une traversée offerte à fonds de cale, sur des chaises longues. La foule des parents sur le quai entonne le « Ce n’est qu’un au revoir ».

    A l’arrivée à Alger, son casque tombe à l’eau et c’est un petit Algérois qui le lui récupère. Un accueil qu’il qualifie de formidable par des jeunes filles et des femmes en robes fleuries, offrant cigarettes et friandises.

    Le lendemain, le voilà en route pour l’Oranie, à travers une Mitidja étonnamment riche au point de vue agricole. Ils sont maintenant en montagne, dans le massif de l’Ouarsenis. Le 22 juillet, on le mute à l’est à 10 kilomètres à Ain Bouchekif. Il y rencontre un officier estimable et des camarades, véritables frères de campagne, avec lesquels il va vivre les 18 mois de service.

    Chaleur et camaraderie

    La chaleur y est suffocante. Sous les tentes qui les abritent, impossible de tenir le jour. La nuit y est fraîche, la ceinture de flanelle y est obligatoire. Un entraînement intensif le conduit en patrouille le jour ou la nuit. Il marche, en pataugas, chapeau de brousse, pistolet-mitrailleur et lunettes noires indispensables. La nuit, il fait connaissance avec la peur. Il découvre le nuage de sauterelles, la tempête de sable.

    En août 56, sa batterie rejoint Trezel, le sud désertique. En septembre 56, il est à Diderot à 20 km au nord-ouest de Tiaret, avec l’arrivée des pluies verglaçantes. Ils seront, avec ses camarades, remplaçants de chasseurs alpins à Tidda, un poste écarté dans l’Ouarsenis.

    Il est nommé brigadier et désigné pour un second peloton en banlieue d’Oran le 24 novembre 1956. Échappée lumineuse dans cette succession de postes en montagne, il apprécie d’être en bord de mer, dans cette ambiance plus décontractée, qu’il goûte en dehors des séances lourdes d’instruction au camp du Murdjardo. Il y perfectionne son métier d’artilleur. Noël 1956 le trouve à Oran avant de devenir sergent à l’issue de son peloton.

    Des centaines de corps

    En mars, avec son unité, ils vont s’installer à Nedroma, à proximité de la frontière marocaine. Ils occupent la Ferme Havard dans laquelle ils vont vivre une année. En plus des alertes nocturnes, Ils participent aux opérations de l’infanterie.

    Pointeur et chef de pièce, Pâques 57 le trouve au volant d’un camion GMC, en remplacement d’un chauffeur, participant à une offensive contre des rebelles. Il verra au retour la centaine de corps abattus dont certains sont encore très jeunes. Plus tard, une autre opération d’envergure le conduira dans le massif du Fillaousène et celui du Tadjera.

    A la ferme, de retour, la vie s’organise. Il verra avec tristesse dans le bâtiment voisin des scènes qu’on nomme pudiquement « d’obtention de renseignement » mais qui, par leur brutalité, évoquent la torture et vont profondément le marquer. Une permission lui est accordée le 2 août. Il assiste à la fête annuelle du 15 août à Menou. Au cours de ces journées, après une consultation chez un ORL civil, il est déclaré inapte à participer aux tirs, ce qui lui vaudra de rester au garage de la batterie à son retour.

    La peur au ventre

    Les événements s’enchaînent. En octobre 57, ce sont les patrouilles du soir, avec la peur au ventre. Le mois suivant, la ferme est attaquée par les Fellagas. Fin 57, il fête son deuxième Noël loin de chez lui.

    Avec le retour du printemps, cette fois, la libération s’annonce. Pour notre Argonnais, elle va toutefois se teinter de douleur. Un soir, quatre de ses camarades sont sortis en Jeep. Leur voiture saute sur une mine et deux d’entre eux seront retrouvés morts, les jambes arrachées. Ivres de douleur, les soldats, en représailles, tirent sur le village voisin. Avec le recul, notre sergent se souvient d’avoir été pris par la haine.

    Mars 1958, c’est le retour, avec la joie de retrouver sa famille. De ce périple qu’on mettra longtemps à désigner comme une guerre, il retient que 27 000 jeunes gens y ont laissé la vie. Il reprendra sa vie professionnelle, se mariera et aura deux enfants.

    Mais l’épreuve marquée par l’épisode tragique et l’esprit exceptionnel de la camaraderie et de la solidarité vécue lui laissent encore à ce jour un souvenir qui ne s’éteint pas.

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    Union111030c
    ESTERNAY : Les fidèles au rendez-vous de la Fnaca

    Ils ont enchaîné les pas de danse.
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    La Fnaca a organisé dimanche dernier son célèbre thé dansant à la salle de la MTL, à Esternay.

    Les fidèles étaient une nouvelle fois au rendez-vous. Ils ont enchaîné les pas au rythme de la musique de Claude et de son orchestre.

    L’occasion de se retrouver entre amis pour discuter autour d’un verre et d’une friandise. Le temps est passé trop vite mais les danseurs ont apprécié ces beaux instants de vie.

    À noter que l’association organisera son assemblée générale le 27 janvier prochain.

     

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    Union111030b
    REIMS : Conférence de la Licra vendredi 4 novembre : L’horreur de la Shoah par balles

    Pierre-Philippe Preux : « Il faut qu’un maximum de personnes soient au courant de cette extermination. Le silence reviendrait à multiplier le crime par deux. »
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  • L’historien Pierre-Philippe Preux vient raconter la Shoah par balles. L’histoire d’un massacre trop ignoré qui a fait 1,5 million de victimes.

    Ames trop sensibles s’abstenir. La conférence donnée vendredi prochain à 18 heures à la fac de Sciences-éco (4 novembre) de Reims, par Pierre-Philippe Preux, ne détendra personne. À l’invitation de la Licra, le professeur et historien vient évoquer la Shoah par balles. Moins connue que celle des chambres à gaz, elle n’en est pas moins horrible.

    Qu’entendez-vous par Shoah par balles ?

    « Il s’agit de l’extermination systématique des juifs et des tziganes par fusillades. Ce massacre qui a fait 1,5 million de victimes s’est déroulé en ex-URSS. On retrouve là-bas d’innombrables fosses communes où l’on a assassiné les juifs et les tziganes qui n’avaient pas pu s’enfuir. Cette tuerie a duré de juin 1941 à début 1944. Nous avons retrouvé des témoins qui nous ont raconté. À l’époque, tous étaient pour la plupart des enfants. Ils avaient été réquisitionnés pour donner un coup de mains aux bourreaux ».

    Que racontent-ils ?

    « Ils racontent que les nazis arrivaient dans les villages et faisaient croire aux juifs qu’on allait les déporter en Palestine. Les familles emportaient leurs affaires les plus précieuses. Ils étaient conduits hors du village où on les obligeait à se déshabiller. Ils étaient placés au bord d’une fosse.

    Chacun recevait une balle de pistolet. Soit il mourrait et tombait dans la fosse. Soit il n’était que blessé. Alors on le poussait dans la fosse et on l’enterrait vivant. Beaucoup de témoins racontent que la terre bougeait pendant trois jours après la tuerie à cause de toutes les personnes enterrées vivantes ».

    Pourquoi ressortir cette horreur aujourd’hui ?

    « Pour qu’un maximum de personnes soient au courant. C’est un devoir d’histoire. C’est aussi un moyen de rendre hommage à toutes ces victimes. Le silence équivaudrait à multiplier le crime par deux.

    Nous cherchons aussi, par le biais d’une association qui s’appelle Yahad In Unum, à recenser et à donner une sépulture décente à ces innocents massacrés ».

    C.F.

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    Union111030a
    HISTOIRE : 1941

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    Kurusu, le diplomate de la dernière chance

    L’ambassadeur Kurusu.
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  • Le 31 octobre 1941 à Tokyo, l’effervescence qui règne dans les sphères militaires atteste que des événements importants sont sur le point d’être approuvés. Selon le plan de l’état-major pour conduire à la victoire un groupe aéronaval d’assaut contre les Etats-Unis dans le Pacifique, il est désormais nécessaire de prendre une décision définitive avant le 5 novembre. Tout est préparé pour que le 3 novembre, l’empereur Hiro Hito et le haut commandement impérial approuvent solennellement le plan détaillé travaillé par l’amiral Isoroku Yamamoto. La flotte combinée destinée à remplir la mission appareille alors pour finaliser des manœuvres de guerre qui ont déjà été maintes fois répétées. Les services d’écoute et de décryptage américains interceptent dans les premiers jours de novembre plusieurs instructions du ministère des Affaires étrangères nippon et destinées à l’ambassadeur du Japon aux USA Nomura. Il lui est ordonné de déployer tout son talent de négociateur pour engager de nouvelles discussions avec les autorités de la Maison Blanche. On donne au diplomate très peu de temps. Si un accord est possible, il doit être conclu et signé pour la mi-novembre. Il est inenvisageable d’imaginer un calendrier plus long !

    Autant dire que si les positions des deux pays restent éloignées, le Japon n’aura alors plus rien à perdre et pourra passer à l’action selon les options qui ont été validées par le grand état-major impérial. L’ambassadeur US Grew résume ainsi le scénario de Tokyo : il n’est pas question de perdre la face. Il ajoute : « Mieux vaut pour eux un hara-kiri national ayant pour but d’essayer de soustraire la nation à un embargo économique plutôt que de céder à la pression étrangère ». Si le 3 novembre, les Japonais font le choix de la guerre, le Premier ministre Tojo obtient toutefois de la conférence impériale le 5 novembre, de pouvoir reporter l’opération jusqu’au 1er décembre afin « d’essayer encore une fois de résoudre la crise par une voie diplomatique solide et un accord garantissant des droits raisonnables et présentables devant l’Empereur et ses sujets ». Pour aider Namura dans sa tâche aussi complexe que délicate, Tokyo lui adjoint Saburo Kurusu. Il s’agit de l’ancien consul japonais de Chicago désormais ambassadeur à Berlin. Il rejoint ainsi Washington. On estime en haut lieu qu’en raison de son passage aux Etats-Unis et de son mariage avec une Américaine, il est le mieux à même de comprendre dans le détail les positions défendues par la Maison Blanche et de trouver les clés d’une solution économique et politique où chacun garderait la tête haute.

    Le schéma de travail des Nippons s’articule autour de deux projets : le A qui recommande une résolution totale du conflit entre les deux pays avec un retrait limité des troupes japonaises en signe de bonne volonté. Le B qui est un simple modus vivendi destiné à gagner du temps et à obtenir de Washington la livraison de 3.000.000 de litres de kérosène contre l’engagement de ne pas mener d’opérations hostiles contre les USA. Les Américains ont l’avantage, grâce à Magic, de connaître la stratégie de Tokyo. Le président Roosevelt recommande au secrétaire d’Etat Cordell Hull de faire preuve : « de sang-froid » et de bien jouer pour ne pas être à l’origine d’une rupture de la négociation. Depuis le 1er novembre, il est sous le coup d’une nouvelle manifestation d’impatience du Chinois Tchang Kaï-chek qui réclame de l’aide militaire tandis qu’il suggère avec insistance aux Anglais de renforcer leurs positions sur Singapour pour dissuader les Japonais d’y tenter une opération surprise. Personne ne parle d’une menace sur Hawaï !

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Au quotidien des FNFL

    Le « Mimosa » revêtu de sa tenue de camouflage !
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  • Jupiter le chien mascotte de la « Junon ».
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  • Le lieutenant de vaisseau Pépin-Lehalleur sur « L’Alysse ».
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  • Le P19 c’est la « Junon » avec à la passerelle le commandant Querville.
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  • La corvette « Aconit » photographiée par gros temps.
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  • Que se passe-t-il en cette fin octobre 1941 parmi les troupes de la France libre ? Les Forces navales françaises libres (FNFL) disposent désormais de quatre sous-marins puisque la « Junon » qui a appareillé de Plymouth, escortée par le HMS White Bear, a rejoint le mouillage d’Holy Loch dans la Clyde. L’équipage du bâtiment procède à un entraînement militaire intensif.

    Le 19 octobre, a lieu un exercice de lancement de torpilles. Malheureusement les deux engins coulent ! Le commandant Querville ordonne alors un deuxième double tir. L’une des torpilles part correctement, la seconde zigzague. La « Junon » présente aussi le défaut de remonter trop lentement à la surface et il apparaît évident qu’il y a un défaut dans les tubes lance-torpilles modifiés. Les mécaniciens décident alors d’entreprendre pendant deux semaines des aménagements techniques sous le contrôle de leurs officiers.

    Lorsque le 23 octobre, le commandant Querville de retour d’un dîner se présente sur le quai où est amarré son bâtiment, il a un coup au cœur. Le sous-marin n’est plus à sa place !

    La fugue de la « Junon »

    Averti, le commandant de la flottille confirme qu’il n’y a eu aucun mouvement de navires pendant l’après-midi. Querville s’interroge et se demande si son second n’a pas reçu l’ordre d’un transfert discret vers un autre point de mouillage. Comme il n’est pas question pour l’instant d’informer le vice-amiral Muselier, on recherche discrètement la « Junon ». Dès le lever du jour, le 24 octobre, le sous-marin est retrouvé ! Il a rompu ses amarres et s’est échoué au fond d’Holy Loch. On le remorque. Fort heureusement, le bâtiment ne présente pas d’avaries.

    Le 31 octobre, lorsque la « Minerve » revient de sa septième mission qui l’a conduite jusqu’aux abords de Stavanger sans succès particulier, la « Junon » entreprend alors sa première sortie d’entraînement avec une patrouille dans la Clyde entre le Holy Loch et le Kilbrannan Sound. Querville se dit satisfait.

    Son homologue de la « Minerve » est lui confronté avec des difficultés en raison de dysfonctionnements dans la chambre des machines. Il faut revoir les circuits, les modifier, et entreprendre un plan de révision qui exige une présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De Gaulle est informé que les différentes interventions techniques qui s’imposent sur les bâtiments ne permettront pas de disposer de la pleine puissance de feu sous-marine des FNFL avant janvier. Le 30 octobre, la corvette « Aconit » appareille de Saint-John’s pour escorter son premier convoi. Les marins gaullistes se doutent que la Kriegsmarine a placé plusieurs de ses sous-marins au large de Terre-Neuve. Des messages de l’Amirauté confirment cette hypothèse et signalent des navires ennemis.

    Explosions à l’horizon

    Dans la nuit du 1er au 2 novembre, le convoi est repéré aussi le commandant Levasseur ordonne-t-il à son équipage de redoubler de vigilance aux postes de veille. De brusques changements de cap sont ordonnés. « L’Aconit » se trouve en protection à l’arrière du convoi. La veille repère une présence suspecte. Il s’agit d’un U Boote et chacun pense pouvoir le couler. Les pièces du navire sont armées tandis que les grenades sont réglées à l’immersion minimale. Le commandant ordonne la manœuvre de manière à aborder le fuseau sombre du sous-marin qui se détache au clair de lune. L’équipage du sous-marin découvre brutalement le danger et le bâtiment plonge en catastrophe tandis que « L’Aconit » lance un chapelet de huit grenades. Bientôt rejoints par deux autres navires, force est de constater qu’il n’y a aucune trace en surface, ce qui signifie que l’ennemi n’a pas été touché. A 0h15, « L’Aconit » sur l’ordre de son chef d’escorte abandonne la recherche. Il n’y a pas d’autre option raisonnable.

    La nuit suivante vers minuit, deux puissantes explosions mais lointaines sont perçues par l’équipage. Bientôt, une lueur est visible à l’horizon. Deux navires du convoi viennent d’être torpillés et coulent ! La nouvelle journée qui commence est brumeuse ce qui favorise les attaques sous-marines.

    Peu après, trois autres cargos sont envoyés par le fond. Le bilan est déjà lourd avec cinq victoires ennemies. A 14 heures l’ordre est donné de disperser le convoi qui doit rejoindre Sydney par le détroit de Belle-Isle au nord de Terre-Neuve. La Kreigsmarine jubile, le convoi n’est pas parvenu à franchir la ceinture de destruction. Cette escorte qui est un baptême du feu pour les marins de « L’Aconit » leur laisse un goût amer.

    De retour à Saint-John’s, les hommes sont heureux de retrouver ceux de la corvette « Mimosa » et ceux de « L’Alysse » qu’on surnomme déjà les trois inséparables. Les troupes terrestres qui se trouvent en Afrique et au Levant sont impatientes de participer à de nouvelles opérations et en particulier d’agir avec les Anglais pour interdire à l’Afrika Korps d’étendre son espace de contrôle. Les aviateurs sont tous aussi décidés à agir avec la RAF.

    Cette volonté ferme qui est relayée par les FFL. Le 30 octobre 1941, Jacques Bardoux, sénateur du Puy-de-Dôme lance un véritable cri d’alarme au maréchal Pétain : « Il y a pour votre gouvernement un péril extrême à n’être au contact avec le pays que par l’intermédiaire de fonctionnaires dont les antennes et la vision sont totalement déformées ».

    Il dénonce aussi « l’isolement total » dans lequel le chef de l’Etat risque d’être rapidement placé. Bardoux cherche à réhabiliter la juste influence des notables dont une grande majorité s’est rangée dans les rangs maréchalistes et est moquée par les gaullistes pour ce suivisme commode. On insiste alors sur l’influence négative que la France libre a sur les rouages de l’administration. Après un premier rapport en août, un deuxième qui est diffusé le 31 octobre indique qu’ à tous les degrés du préfet au commis d’ordre, on freine les instructions gouvernementales et que des fonctionnaires créent sciemment des barrière entre le gouvernement et la Nation : « Ce freinage résulte d’un esprit systématique d’obstruction afin de faire échec à l’ordre nouveau, soit de la médiocrité d’individus irresponsables ».

    Pour tempérer cette appréciation inquiétante, on s’empresse d’ajouter : « D’une façon générale, le fonctionnaire n’a pas évolué ; assujetti à sa fonction, il la remplit généralement sans ardeur même s’il est consciencieux ; au fond, il ne croit pas à ce qu’il fait, ses formules de recrutement et d’avancement ne font rien pour l’élever ; privé de l’exemple du concret, il se contente d’appliquer le règlement ».

    On le soupçonne de jouer sur tous les tableaux : « Ne jamais faire de zèle pour le gouvernement au pouvoir, afin de ménager l’avenir ». La conclusion est redoutable mais elle suscite quelques moqueries sur Radio Londres. Et pour cause le rapport mentionne : « Rien n’est changé dans l’administration ; les mêmes incapables demeurent en place. Les méthodes d’irresponsabilité et de lenteur règnent toujours. Le Maréchal nous avait promis un changement, mais les fonctionnaires sont plus forts que lui. La Révolution nationale est une duperie ». Il y a effectivement ceux qui servent l’ennemi et ceux qui servent face à l’ennemi. Leurs comportements sont forcément différents.


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    Morts des otages : réquisitoire anti-allemand sur les ondes

    Maurice Schumann est l’un des orateurs les plus appréciés de la France libre.
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  • Riposte. Lorsque parvient à Londres la confirmation de l’exécution de cinquante otages à Nantes et Chateaubriant de cinquante autres au camp de Souges près de Bordeaux, la France libre réagit avec vigueur.

    Toute l’équipe de l’émission « Les Français parlent aux Français » est indignée par les représailles en cascade qui viennent d’avoir lieu en métropole aussi, d’un commun accord, la décision de dénoncer ces crimes est unanime. Maurice Schumann dont on connaît la pertinence et la rudesse de la plume ainsi que le ton choisi pour donner de l’épaisseur à ses propos décline avec gravité le 29 octobre 1941 le jugement des gaullistes envers cette ignominie. Sa description témoigne aussi de l’écœurement des Nantais et des Bordelais. L’orateur se concentre d’abord sur la situation de Nantes : « Dimanche soir, quand la ville martyre entendit les avions alliés approcher, elle ouvrit ses portes, elle éclaira ses fenêtres ; en un instant, comme l’a dit un des pilotes, elle se transforma en une mer de lumière : la même où l’autre jour, cinquante otages innocents sont tombés sous les balles ennemies ». Le journaliste présente ainsi les Nantais comme lançant un défi à l’occupant et acceptant d’être bombardés pour que le potentiel de la grande ville ne puisse pas lui servir autant qu’espéré. Schumann se fait même lyrique lorsqu’il évoque ce que les aviateurs repéraient depuis le ciel : « On voyait briller la lettre V, le signe de la victoire. Nantes tendait les bras vers ses libérateurs, non pas des bras suppliants, mais des bras de combattants ».

    La route de la Résistance

    Au micro, Schumann inscrit les gestes des Nantais insurgés le long de la longue route de la Résistance qui s’est ouverte le 1er janvier, lorsque les Français se sont unis dans le deuil et l’espérance et ont bouclé leur maison pour signifier leur opposition à l’occupant et leur défiance envers Vichy. Il justifie cette attitude dans la droite ligne des signes donnés le 11 mai lors de la fête de Jeanne d’Arc. Ce jour-là, les Français devaient se regarder l’un l’autre droit dans les yeux pour échanger le serment de chasser au plus vite l’envahisseur d’une terre qu’il souillait. Et de demander à tous ceux qui écoutent la BBC : « Vendredi prochain, de 4 heures du soir à 4h05, tous les Français envelopperont l’ennemi de leur immobilité terrible et dans leur silence vengeur ». La critique qui est alors développée contre l’occupant est argumentée et impitoyable.

    « Quel aveu que celui de Stulpnagel ! Nous pouvons dire aujourd’hui quel hommage de Stulpnagel à la France quand le boucher s’écrie : c’est la dernière chance pour le peuple français de collaborer avec les Allemands. Il confesse que malgré la terreur et la corruption, malgré le double appareil militaire et policier qu’il a partout déployé, malgré le chantage aux prisonniers, il s’est heurté à quelque chose de plus fort que ses millions, de plus subtil que la gestapo et de plus invincible que ses tanks : la Résistance morale de la France désarmée. » Le journaliste se livre alors à une analyse de l’étroitesse d’esprit et des limites intellectuelles de cet exécuteur en chef des basses œuvres ordonnées par le führer et lâche à propos de ce général allemand imperméable à la conviction d’acier des insurgés : « Un soudard de son espèce ne le comprendra jamais ». Il lie d’ailleurs cette incapacité à analyser la situation à d’autres faits de même nature déjà constatés pendant la Grande Guerre : « Pas plus que ses devanciers n’ont compris comment le soldat de la Marne avait pu se retourner pour vaincre alors qu’il était déjà vaincu. Ce miracle de la Marne, ce miracle de la France, c’est l’éternelle stupeur de l’envahisseur séculaire et c’est aussi d’âge en âge l’admiration du monde ».

    Schumann estime alors que le brusque arrêt des exécutions ordonné par Berlin résulte des flux diplomatiques protestataires des pays qui ont conscience des terribles dangers que représentent pour la liberté des hommes une Allemagne puissante et arrogante : « Il faut que vous sachiez ; si l’ennemi a dû s’arrêter en plein crime, affolé par le sang qu’il avait vraiment versé, c’est sans doute parce que la protestation de la conscience universelle lui a fait peur ». Les Français libres ajoutent que cette faculté à prendre des gens en otages est l’expression d’une rare lâcheté. S’en prendre à n’importe qui et de préférence à des innocents pour obliger la population à se soumettre et à dénoncer les Résistants traduit la préméditation de l’institution d’une société de la délation. Le même jour les Allemands qui cherchent toujours à obtenir des informations sur les auteurs de l’assassinat du lieutenant-colonel Holtz à Nantes reviennent à la charge et promettent la libération des prisonniers de guerre du proche entourage de ceux qui livreront des informations décisives pour l’interpellation des terroristes. Le gouvernement de Vichy essaie d’intervenir pour que le choix des otages à exécuter soit à l’avenir revu.

    Le ministre de l’Intérieur Pierre Pucheu remet le 4 novembre un document au docteur Schmid dans lequel il choisit ses mots pour ne pas froisser l’occupant et affirme qu’il doit : « seulement servir à l’amélioration des méthodes de choix des otages au où, contre tout espoir et toute attente, cette question deviendrait aigüe ». Les Allemands acceptent d’ouvrir une enquête sur les dossiers portant sur sept victimes qui n’auraient pas dû être fusillées (l’une avait été relaxée, trois autres avaient fait l’objet d’un non-lieu et les trois dernieres avaient été condamnées à des peines légères pour des petits délits sans gravité). Les services de l’Abwehr d’Angers ne veulent pas reconnaître leur erreur. Ils disent que de lourdes charges pesaient contre ces personnes et qu’ils n’ont pas eu assez de temps pour présenter les pièces décisives certifiant leur culpabilité. Le même service avance que si certaines preuves n’ont pas été produites c’est afin de protéger des agents infiltrés. Le général Neumann-Neurode, commandant le district militaire d’Angers ne se contorsionne pas et reconnaît des fautes dans la désignation des otages : « La raison en a été la hâte dans laquelle ces listes de personnes à fusiller ont été établies. Le poste de l’Abwehr aurait dû être plus prudent dans le choix de ses agents ». Cela ne suffit pas à détendre l’atmosphère d’autant que l’analyse des services d’occupation sur la posture de Vichy est insuffisante. Les Allemands ne sont pas d’accord sur le fait que l’exécution de communistes peut soulever le reste de la population contre un occupant qui fait une œuvre salutaire d’épuration de la société de gens nuisibles ! Toutefois, le Reich admet qu’une majorité de la population s’oppose à la prise d’otages et à leur exécution. Il reconnaît que le gouvernement met de la bonne volonté pour arrêter les terroristes même si les résultats sont jusqu’alors décevants. Il y a aussi dans les services certains fonctionnaires qui n’ont pas vraiment envie que leur enquête aboutisse alors que leurs collègues y manifestent un zèle très vichyssois. Au sein de la police un premier clivage se dessine entre ceux qui demeurent dans la stricte obéissance aux autres donnés et ceux qui sont plus réceptifs à l’esprit gaulliste.

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    Union111029b
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Cérémonie au mémorial le 1er novembre… : « A nous le Souvenir, à eux l’Immortalité ! »

    Michel Le Dren, président du comité châlonnais du Souvenir français : « Nous devons conserver la mémoire de ceux qui sont morts pour la France au cours de son histoire et transmettre le flambeau aux générations successives ».
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  • Mardi 1er novembre à 11 heures, une gerbe sera déposée par le député-maire et le président Michel Le Dren devant le mémorial du Souvenir français au cimetière de l’Est. Qu’est-ce que le Souvenir français ? Quelle est son histoire ? L’objet de cette association ? Réponses.

    A la Toussaint, une gerbe sera déposée devant le mémorial du Souvenir français au cimetière de l’Est.

    Qu’est-ce que le Souvenir français dont vous présidez la section locale ?

    « Je déposerai une gerbe en compagnie du député-maire à 11 heures pour rendre hommage à toutes les victimes militaires et civiles de toutes les guerres. La cérémonie se déroulera en présence des porte-drapeaux et de la population qui est invitée à se recueillir devant les tombes sur lesquelles nous veillons depuis près d’un siècle et demi. Gardien de notre mémoire, le Souvenir français est une association nationale reconnue d’utilité publique depuis le 1er février 1906. À l’origine, elle fut créée en 1887 par Xavier Nielsen, un professeur alsacien. Elle traduisait déjà la volonté de constituer un trait d’union entre tous les Français regroupés dans une association autour des valeurs de la France et de la République, pour lesquels 100 000 de ses soldats se sont sacrifiés en 1870-1871. »

    Quel est l’objet de cette association ?

    « La structure souhaite conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France au cours de son histoire ou qui l’ont honorée par de belles actions, notamment en entretenant les tombes et monuments érigés à leur gloire, tant en France, y compris Outre-mer, qu’à l’étranger. Le Souvenir français transmet également le flambeau aux générations successives en leur inculquant par le maintien du souvenir, le sens du devoir, l’amour de la patrie et le respect de ses valeurs. »

    A qui s’adresse l’association ?

    « Elle est ouverte à toutes celles et tous ceux, de tous âges, Français et étrangers qui souhaitent participer à sa mission. Elle se compose de citoyens mais également de groupements affiliés (associations d’anciens combattants, établissements d’enseignement, mouvements de jeunesse, sociétés sportives, associations patriotiques…). Aujourd’hui, nous sommes 200 000 membres dans 1 650 comités. »

    De prime abord, on pourrait penser que vous suppléez les Anciens Combattants…

    « Nous ne sommes pas une association d’Anciens Combattants mais une œuvre inspiratrice d’énergie morale et de solidarité, en dehors de toutes préoccupations politiques ou confessionnelles. En ayant conscience que les Anciens combattants seront de moins en moins nombreux, nous serons dans le futur la seule association privée existante pour garder la mémoire et transmettre cet héritage. Nous montrons ainsi le respect que nous devons à ceux qui ont donné de leur vie pour défendre le droit et la liberté. »

    Michel Le Dren, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

    « Je suis âgé de 65 ans, directeur régional honoraire du travail, ancien conseiller social au cabinet du ministre de la Défense (Michèle Alliot-Marie) de 2002 à 2004, et ancien directeur du siège social de Safran (Snecma et Sagem) jusqu’à fin 2007.

    Lieutenant-colonel dans la réserve citoyenne auprès du général commandant la 1re brigade mécanisée, je suis également vice-président du comité de Châlons des membres de la Légion d’honneur (ndlr : entre autres…). »

    Recueilli par David ZANGA

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    Union111029a
    VIENNE-LE-CHATEAU : Un camion ayant participé à la Grande Guerre passera demain par Vienne-le-Château : Le Dion Bouton monte toujours au front

    C’est un projet fou : parcourir le front de 1917 de la Belgique jusqu’à la frontière suisse à bord d’un camion qui a servi durant la Grande Guerre. Ce dimanche, le Dion Bouton fera halte à Vienne- le-Château.

    C’EST un engin mythique, une pépite pour les collectionneurs et autres grands passionnés de la guerre de 14. Produit par la maison De Dion Bouton, le FR 1917 équipé de roues à bandages pleins servit, durant le conflit, à transporter aussi bien des troupes que du matériel. Aujourd’hui, il ne resterait plus dans le monde que deux exemplaires comme celui qui passera demain à Vienne-le-Château.

    Ce véhicule est la propriété de Dominique Bleunven. Cet habitant de Loire-Atlantique rend un hommage tout à fait original aux Poilus de la Grande Guerre. A bord de son camion, avec lequel il participe à des rallyes mais aussi des tournages de films comme « Un long dimanche de fiançailles » ou « The Lost Batallion », il a décidé de suivre d’un bout à l’autre le front de guerre de 1917. Le 24 octobre dernier, il a pris le départ à Nieuwpoort en Belgique et se prévoit d’arriver à la frontière suisse le 25 novembre. Il couvrira ainsi 1 200 km à la vitesse maximale de 30 km/h !

    Un voyage tout en lenteur qui lui donnera l’illusion de vivre au rythme des soldats du siècle dernier. D’autant que le camion porte encore les stigmates - sous forme d’impacts de balle - du conflit mondial.

    Son projet, Dominique Bleunven l’a lancé début décembre et il a très vite trouvé aide et soutien logistique de la part de passionnés de la Grande Guerre. A Vienne-le-Château, Alain Chevallier a découvert son périple sur un forum d’histoire. C’est lui qui accueillera le pilote et son engin ce soir et jusqu’à lundi matin. Aucune cérémonie spécifique n’est prévue mais le Dion Bouton sera visible dans la journée de demain au cœur du village. Après l’Argonne, le camion prendra la direction de Bar-le-Duc puis remontera vers Verdun via la Voie sacrée. L’objectif symbolique de Dominique Bleunven est en effet de rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale le 11-11-2011 à l’Ossuaire de Douaumont. D’ici là, il ne lui faudra pas brusquer son engin qui affiche tout de même 94 printemps.

    Stéphanie VERGER

    Le récit du périple est à suivre sur parcoursdufront1917.wordpress.com

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    Union111028b
    EPERNAY : La stèle érigée à la mémoire des cheminots combattants déplacée vers le nouvel atelier du TER

    Un monument « cheminot » et qui le restera.
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  • Le 10 novembre prochain, à 11 h 15, les cheminots anciens combattants ont rendez-vous pour la dernière fois aux Ateliers SNCF, quai de Marne. A chaque cérémonie patriotique, ils déposent une gerbe au pied de la stèle qui a été érigée sur leur lieu de travail, à la mémoire des compagnons disparus. Le site étant voué à d’autres projets, la stèle sera transportée vers le nouvel atelier de maintenance du TER.

    « A une date qui reste à préciser, souligne Jean-Pierre Meslat, président de l’Ancac Epernay, en tout cas, avant les cérémonies commémoratives du 8 mai en 2012. Nous avons eu un très bon contact avec les responsables du TER quant au choix de l’emplacement, près de l’entrée principale. Ce transfert marque également à sa manière, la fin d’une époque, celle des Ateliers SNCF d’Epernay.

    C’est pourquoi nous avons souhaité donner un éclat particulier au dernier dépôt de gerbe en ces lieux. Aux côtés des anciens combattants cheminots, il y aura une délégation de porte-drapeaux, l’Harmonie des Chemins de Fer d’Epernay, un représentant de la municipalité, Pierre Maigret, le président de l’Ancac Châlons, Alain Collette, l’actuel directeur des ateliers et Pierre Guy, un ancien cheminot chargé de l’historique des ateliers. Tous les anciens cheminots et personnels en activité sont cordialement invités à se joindre à cette cérémonie hautement symbolique. Un important travail de recherche effectué sur les circonstances de la disparition des agents dont les noms figurent sur la stèle sera restitué à l’occasion de cette cérémonie. C’est pourquoi nous espérons la présence d’un maximum de cheminots. »

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    Union111028a
    COURLANDON : Incendie : Opération terminée pour les démineurs

    Après l’incendie qui a ravagé un pavillon de Courlandon (notre édition d’hier), les pompiers avaient découvert un important stock de munitions datant de la Première Guerre mondiale, notamment de nombreux obus.

    Dès mercredi après-midi, un périmètre de sécurité avait été établi autour du garage qui abritait les obus. Au bout de nombreuses heures de travail, les démineurs sont finalement venus à bout du stock. Le périmètre de sécurité a été levé et la chaussée rendue aux automobilistes peu après-midi.

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    Union111027a
    COURLANDON : VIDÉO / Un stock d’obus découvert dans une maison en feu

    Des démineurs doivent revenir ce matin pour finir d’enlever la quinzaine d’obus découverts dans le garage.
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  • Une trentaine de personnes ont été évacuées au-delà d’un périmètre de 100 mètres
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  • Le feu, probablement d’origine électrique, s’est déclaré dans le grenier de la maison
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  • L’incendie a mobilisé vingt-huit pompiers des centres de Fismes, Reims et Braine.
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  • COURLANDON (Marne). Hier matin, venus éteindre un feu de combles qui a détruit une maison de Courlandon, les pompiers ont découvert dans le garage un stock d’obus. Trois rues ont été évacuées dans un périmètre de 100 mètres pour les évacuer.

    UNE trentaine de personnes évacuées, un no man’s land dans un périmètre de cent mètres, des gendarmes et des pompiers partout… Petit village de 250 habitants situé à quelques kilomètres de Fismes, Courlandon a pris des airs de commune en état de siège durant une bonne partie de la journée d’hier.

    Intervenus sur un feu de combles qui a causé d’importants dégâts, les pompiers ont été saisis d’une frayeur rétrospective en découvrant un stock d’obus dans le garage de la maison.

    « Ils sont inactifs. Il n’y a plus que les carcasses », tente de rassurer le propriétaire, un passionné des armes de guerre qui a complété sa collection au fil de ses découvertes dans la campagne, mais les autorités ont voulu s’en convaincre par elles-mêmes sans prendre aucun risque. D’où la décision de faire intervenir les démineurs.

    Ils ont découvert une quinzaine d’obus de taille différente dont l’enlèvement commencé hier après-midi se poursuivra ce matin. En soirée, ils avaient un doute sur l’un des explosifs qui ne leur semblait pas désamorcé.

    Une épaisse fumée

    Plus tôt dans la journée, le remue-ménage avait commencé à 10 h 15 avec l’apparition d’un panache de fumée rue Nicolas-de-Fougères, près de l’église. « J’étais en train de faire mes carreaux quand j’ai vu de la fumée. Il y en avait tellement qu’on ne voyait plus la maison en face, ni même la rue », témoigne Véronique Cattarin. « Je suis sortie. C’est le toit d’un voisin qui fumait. J’ai pris mes quatre enfants et je suis allée me réfugier chez quelqu’un de ma famille. »

    L’incendie a pris au domicile de la famille Barthes, au niveau du grenier. Il s’agit d’une maison située dans un ensemble de quatre habitations mitoyennes recouvertes par la même toiture. Il n’y avait personne à l’intérieur quand le feu s’est déclaré. Les parents et le fils se trouvaient en face. Ils ont tenté d’éteindre le sinistre en prenant de gros risques (lire par ailleurs), mais ils ont dû reculer devant son intensité.

    Cascades d’ennuis

    Vingt-huit pompiers sont venus des centres de Fismes, Reims et Braine. A leur arrivée, la toiture de la maison brûlait complètement, avec un début de propagation de part et d’autre. Les trois lances mises en manœuvre ont permis de fixer le sinistre qui se serait peut-être déclaré sur un compteur électrique.

    Il a presque tout détruit dans la maison, deux des trois chats de la famille ont disparu, le fils est brûlé aux quatre doigts d’une main et pour ajouter à cette cascade de malheurs, voilà le père inquiété par la présence des obus dans son garage (il s’agit d’un délit).

    Le périmètre de sécurité de 100 mètres mis en place pendant l’intervention des démineurs a entraîné l’évacuation de trois rues. A l’arrêt des opérations à 18 heures, les riverains ont été autorisés à rentrer chez eux, à l’exception de deux maisons dont celle qui a brûlé (cela représente sept personnes, toutes relogées dans la famille). Une surveillance devait avoir lieu toute la nuit. L’enlèvement des explosifs va reprendre ce matin à 8 h 30, avec la mise en place du même périmètre. L’heure prévisible de fin d’intervention n’était pas connue.

    Fabrice CURLIER

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    « Il y avait de la fumée partout »

    Les traits tirés, la main gauche bandée, Jérémy Barthes a failli y laisser sa peau en voulant éteindre l’incendie.

    « Il n’y avait personne quand le feu s’est déclaré », témoigne le garçon âgé de 27 ans. « Nous étions en face, chez de la famille. Lorsque je me suis rendu compte que la fumée venait de notre maison, j’y suis allé pour monter dans le grenier. C’est un endroit où se trouve une chambre. Il y avait de la fumée partout. C’était tout noir. J’ai essayé de sauver quelques affaires mais j’ai dû redescendre car ça devenait trop dangereux. J’ai vu un rideau qui prenait feu. Après avoir prévenu mes parents, je suis revenu avec eux pour tenter d’éteindre l’incendie. On accède au grenier par un escalier qui donne sur une trappe. De là, j’ai jeté un seau d’eau puis on a voulu arroser avec un tuyau branché sur la cuisine. La trappe en feu est alors tombée sur ma main. J’ai sauté de l’escalier et nous nous sommes enfuis. »

    Le jeune homme s’en sort avec quatre doigts brûlés.

    Solide, il a préféré être soigné sur place, ne souhaitant pas être transporté à l’hôpital, mais hier soir, rattrapé par la douleur, il s’est résolu à aller consulter son médecin traitant.

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    Union111026b
    VITRY-LE-FRANCOIS : Au thé organisé par les ACPG-CATM : Près de 200 danseurs

    Le président André Jacquet et quelques membres de son équipe.
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    La section des anciens combattants ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Vitry-le-François, forte de plus de 160 adhérents, a organisé dimanche dernier son traditionnel thé dansant d’automne avec Tony et Coralie Brusse, à la salle du Manège.

    Plus de 200 danseurs avaient répondu à l’appel de l’association vitryate d’anciens combattants, qui va pouvoir poursuivre ses actions, notamment sur le plan de l’entraide.

    Les prochains thés dansants auront lieu les dimanches 22 janvier et 28 octobre 2012 à la salle du Manège, de 15 à 20 heures.

     

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    Union111026a
    SEZANNE : Des dessins pour les soldats français à l’étranger : Mission accomplie !

    Les élèves de CE1 de l’école d’Esternay viennent d’achever leur dessin qui sera envoyé pour Noël aux soldats français.
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  • « PERRINE, ton dessin me touche car je sais que tu as passé du temps et mis tout ton cœur pour le réaliser. Je suis ici pour défendre la sécurité et les intérêts de la France et pour que ce pays puisse se construire. Ma vie quotidienne de soldat est faite de pensées, de peines, de joies et aussi d’impatience. Mes amitiés à ton maître ou ta maîtresse. » Difficile de ne pas être touché par une telle lettre de remerciement envoyée à l’école d’Esternay par un adjudant en mission en Afghanistan.

    Depuis trois ans, Véronique Quignot participe au projet proposé par l’association nationale Solidarité défense. Laquelle collecte depuis nombreuses années des dessins de Noël réalisés par les enfants des écoles avant de les envoyer aux soldats français en opération à l’étranger. « Claude Belin, conseiller municipal et correspondant défense pour la commune, avait évoqué le sujet en conseil. Etant élue et enseignante, j’ai engagé le projet dans ma classe », explique Véronique Quignot, précisant que tout ce travail s’inscrit dans une démarche pédagogique.

    Art visuel, découverte du monde en situant géographiquement les pays, citoyenneté… Ce projet transdisciplinaire crée le lien entre la défense et la nation. « On leur explique que les militaires partent à l’étranger pour aider les populations sur place et pour maintenir la paix », note la professeur des écoles.

    « Le ministère de la Défense, conjointement avec le ministère de l’Education nationale, encourage les écoles à participer au projet », ajoute Claude Belin, chargé de collecter localement les productions qui devront être envoyées début novembre à Paris.

    Un geste de réconfort

    Les 22 élèves de CE1 ont achevé leur œuvre le jour des vacances de la Toussaint. Sur une feuille de papier bleue, couleur symbolisant la paix, ils ont laissé libre cours à leur imagination. Chaque dessin comporte une colombe et un joyeux Noël qui sera de circonstance puisque les soldats français les recevront en même temps que leur colis de fin d’année. A côté des vœux du président de la République, de quelques friandises, ils apprécieront le travail réalisé par les élèves. Un geste de réconfort pour ces militaires éloignés de leur famille. Si les enfants ne connaissent pas le pays (Afghanistan, Liban, Kosovo…) où leur dessin sera envoyé, ils sont sûrs de « faire plaisir aux soldats ». « Et ça nous fait plaisir qu’ils soient contents », explique Louanne, 7 ans. Une manière « de donner beaucoup d’amour et montrer aussi à quel point on est gentils », ajoute une autre élève. Pour Maéva, pas de doute, ces dessins leur porteront forcément bonheur…

    Marie BLUTTE

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    Union111025b
    REIMS : Les anciens chasseurs réunis : Pour se souvenir des combats de Sidi-Brahim

    Moment de recueillement au monument aux morts.
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    Les anciens chasseurs à pied, alpins, portés ou mécanisés de Reims et la région, se sont réunis devant le monument aux morts de la ville de Reims pour la 166e célébration des combats des Chasseurs à Sidi-Brahim.

    Avec eux, le député Arnaud Robinet, l’adjoint Jean-Claude Laval, qui représentait la maire de Reims, M. Scrabalat, pour la Fédération nationale des anciens chasseurs, M. Vache, ancien adjoint au maire chargé des affaires militaires, et les porte-fanions et porte-drapeaux.

    Après le dépôt de gerbe et la minute de silence, José Domice, président du Comité des Diables bleus (anciens chasseurs à pied, alpins, portés ou mécanisés) de Reims et la région, déclarait : « Devant ce monument aux morts où sont inscrits les noms de ceux qui sont tombés pour la France, je ne peux oublier nos frères d’armes tombés en opérations extérieures, sans oublier ceux qui ont été blessés ».

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images

     

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    Union111025a
    VITRY-LE-FRANCOIS : Du mouvement chez les anciens combattants d’Afrique du Nord La Fnaca Vitry rejoint Pargny pour survivre

    L’union des deux sections de la Fnaca a été validée lors d’une assemblée générale.
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  • La fusion entre la Fnaca de Vitry-le-François et celle de Pargny-sur-Saulx vient d’être officialisée. L’association vitryate risquait de disparaître, faute de président.

    AVEC ses quatre-vingt-treize adhérents, l’association des anciens combattants en Algérie-Tunisie-Maroc (Fnaca) de Vitry-le-François se portait bien. Mais après six ans à la tête de l’association, le président Jean-Pierre Mathieu a souhaité passer la main.

    « J’ai eu quelques reproches des membres du bureau, suite à des manifestations que nous avions organisées et qui n’ont pas très bien marché. J’ai proposé ma démission le 8 juillet dernier. Deux réunions se sont tenues pour renouveler le bureau et trouver quelqu’un qui puisse prendre ma succession, mais personne n’a voulu se présenter », explique-t-il. Le trésorier de l’association a aussi démissionné.

    Dans cette situation, le comité vitryat de la Fnaca aurait bien pu disparaître.

    « Nous croisions souvent les membres de la Fnaca de Pargny-sur-Saulx lors de réunions à Châlons. J’ai proposé que notre association rejoigne le comité pargnysien », poursuit Jean-Pierre Mathieu (qui a depuis rejoint la Fnaca de Bettancourt-la-Ferrée en Haute-Marne).

    De 9 à 102 adhérents

    À Pargny, l’association compte… neuf adhérents. « Cela s’apparentait un peu à une amicale », concède Alfred Camus, son président, désormais à la tête du Comité local 51340 Pargny-sur-Saulx - Vitry-le-François, qui compte aujourd’hui 102 membres.

    Après plusieurs rencontres entre les membres des bureaux, une assemblée générale réunissant les adhérents des deux comités a permis de valider cette union.

    « Pour nous renforcer et assurer un bon fonctionnement, des Vitryats intègrent notre bureau actuel composé de Claude Pegurri, Daniel Chenet et moi-même », souligne Alfred Camus. Les fonctions de vice-président (Hugues Simon), de trésorier-adjoint (Jean-Bernard Mapelli), de vérificateur aux comptes (Claude Hanriot) et de conseiller juridique (Michel Moricart) ont été attribuées à des Vitryats. L’argent gardé sur les comptes de la Fnaca Vitry a aussi été transféré intégralement sur ceux du comité pargnysien.

    Présent lors de l’assemblée générale, le président départemental des anciens combattants d’Afrique du Nord, Claude Fauvet, s’est félicité de cette fusion. « Il aurait été dommage de perdre les adhérents vitryats qui se seraient dispersés dans d’autres associations », a-t-il affirmé, satisfait.

    Pas sûr en revanche que la structure créée ait le même volume d’activité que la Fnaca de Vitry, qui organisait régulièrement des thés dansants ou des excursions touristiques. « Ce n’est pas une priorité, mais ce n’est pas exclu », explique en substance Alfred Camus, qui souhaite d’abord restructurer l’association et s’assurer de son bon fonctionnement sous sa nouvelle forme.

    « En revanche, nous serons présents sur toutes les cérémonies, à Vitry et à Pargny. » Une cérémonie particulièrement importante approche d’ailleurs pour ces anciens combattants : le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars prochain.

    R.H.

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    Union111024b
    REIMS : Conférence de la Licra vendredi 4 novembre : L’horreur de la Shoah par balles

    Pierre-Philippe Preux : « Il faut qu’un maximum de personnes soient au courant de cette extermination. Le silence reviendrait à multiplier le crime par deux ».
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  • L’historien Pierre-Philippe Preux vient raconter la Shoah par balles. Où l’histoire d’un massacre trop ignoré qui a fait 1,5 million de victimes.

    Ames trop sensibles s’abstenir. La conférence donnée vendredi prochain à 18 heures à la fac de Sciences-éco (4 novembre) de Reims, par Pierre-Philippe Preux, ne détendra personne. À l’invitation de la Licra, le professeur et historien vient évoquer la Shoah par balles. Moins connue que celle des chambres à gaz, elle n’en est pas moins horrible.

    Qu’entendez-vous par Shoah par balles ?

    « Il s’agit de l’extermination systématique des juifs et des tziganes par fusillades. Ce massacre qui a fait 1,5 million de victimes s’est déroulé en ex-URSS. On retrouve là-bas d’innombrables fosses communes où l’on a assassiné les juifs et les tziganes qui n’avaient pas pu s’enfuir. Cette tuerie a duré de juin 1941 à début 1944. Nous avons retrouvé des témoins qui nous ont raconté. À l’époque, tous étaient pour la plupart des enfants. Ils avaient été réquisitionnés pour donner un coup de mains aux bourreaux ».

    Que racontent-ils ?

    « Ils racontent que les nazis arrivaient dans les villages et faisaient croire aux juifs qu’on allait les déporter en Palestine. Les familles emportaient leurs affaires les plus précieuses. Ils étaient conduits hors du village où on les obligeait à se déshabiller. Ils étaient placés au bord d’une fosse. Chacun recevait une balle de pistolet. Soit il mourrait et tombait dans la fosse. Soit il n’était que blessé. Alors on le poussait dans la fosse et on l’enterrait vivant. Beaucoup de témoins racontent que la terre bougeait pendant trois jours après la tuerie à cause de toutes les personnes enterrées vivantes ».

    Pourquoi ressortir cette horreur aujourd’hui ?

    « Pour qu’un maximum de personnes soient au courant. C’est un devoir d’histoire. C’est aussi un moyen de rendre hommage à toutes ces victimes. Le silence équivaudrait à multiplier le crime par deux. Nous cherchons aussi, par le biais d’une association qui s’appelle Yahad In Unum, à recenser et à donner une sépulture décente à ces innocents massacrés ».

    C.F.

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    Union111024a
    REIMS : Jours des défunts

    Mercredi 2 novembre à 11 heures au cimetière de l’avenue de Laon, dépôt d’un coussin devant le monument des Français et Françaises qui reposent dans les cimetières d’Algérie et d’Outre-Mer ; à 11 h 30 à l’hôtel de ville dépôt de coussins devant les plaques dédiées à la mémoire des membres de l’administration et du personnel de la ville.

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    Union111023b
    SAINT-THOMAS-EN-ARGONNE : La chapelle des poilus de Saint-Thomas-en-Argonne entièrement restaurée : Bel hommage à ceux qui ont donné leur vie

    La chapelle ne devait pas être visible par l’ennemi.
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  • En juin dernier, une foule compacte se pressait pour admirer la chapelle restaurée. Le fils du soldat Linden était présent et contemplait, non sans émotion, l’œuvre de son père.
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  • Monument modeste mais émouvant, la chapelle des poilus de Saint-Thomas- en-Argonne est sortie de l’oubli grâce à une restauration conduite par le Comité franco-allemand.

    L’ÉDIFICE est modeste et caché dans le creux d’un vallon. Une situation qui n’a pas été choisie par hasard. Construite en 1917, en pleine guerre, la chapelle des poilus était conçue comme un abri. Elle ne devait pas être visible par l’ennemi et ainsi représenter une cible comme l’avait été l’église du village de Saint-Thomas-en-Argonne. C’est d’ailleurs avec certains matériaux tirés de l’édifice ruiné que les soldats ont aménagé cette sobre chapelle. Mobilisé le 3 août 1914, le 132e Régiment d’Infanterie territoriale était stationné à Montauban. Il était constitué de deux bataillons des classes 1890 à 1897. Au début de l’année 1917, l’unité a été affectée en Argonne dans le secteur de Saint-Thomas. Ses lignes ne seront jamais prises par l’ennemi.

    De nombreux lieux de culte ont été érigés par les soldats durant la Première guerre. Rares toutefois sont ceux qui sont encore visibles. Avant sa restauration, la chapelle était en partie ensevelie sous la terre qui s’était écroulée du coteau. Protégée par son toit en tôle ondulée, caractéristique des matériaux utilisés pour réaliser les abris, la chapelle ne contenait guère qu’un autel en pierre. Mais chaque élément était finement sculpté.

    Un sculpteur sous l’uniforme

    Ces décors, on les doit au soldat Joseph Linden. Sous l’uniforme, l’homme était en effet sculpteur. Originaire de Dijon, il avait 35 ans en 1917. C’est lui qui signe les piliers et leurs chapiteaux qui supportent la couverture en arc. Dans un style simple mais harmonieux, il décore également l’autel et sculpte une croix qui surmonte l’édifice. Celle-ci semble protéger le blason de Montauban, sous lequel Joseph Linden a inscrit la date, 1917, et le département, le Tarn-et-Garonne.

    Placée sur un chemin conduisant directement au front depuis les lignes arrières, la chapelle n’était pas d’un accès facile. En la restaurant, les bénévoles du Comité franco-allemand ont également aplani le petit tertre sur laquelle elle s’élève et auquel on accède par une volée de marches. En juin dernier, une foule compacte s’y pressait pour admirer la chapelle restaurée et rendre hommage aux poilus qui l’ont construite. Le fils du soldat Linden était présent parmi les officiels et contemplait, non sans émotion, l’œuvre de son père.

    Plus qu’un lieu de culte, la chapelle constituait sans doute pour les soldats un point de repère, le symbole qu’ils étaient encore vivants au milieu de la boucherie que fut la Grande Guerre. Elle n’était d’ailleurs pas située à Saint-Thomas par hasard. Dans un article publié par nos confrères de La Dépêche du Midi, le président de Mémoire 82, association qui a lancé une souscription pour la rénovation du monument, rappelait qu’elle était placée « à un endroit stratégique. A la croisée des chemins que les poilus empruntaient pour monter au front ou pour retourner au repos dans les lignes arrières, harassés par les offensives, les attaques allemandes et les bombardements incessants. »

    L’envie de vivre

    Croyants ou non, Michel Florens est certain que « l’ensemble des soldats exténués par les longs combats de première ligne s’inclinait devant ce lieu de culte en remerciant je ne sais qui, d’avoir pu survivre. Les autres, ceux qui repartaient pour le front, devaient également réagir de la sorte en espérant en revenir… »

    Aujourd’hui, la chapelle rend hommage à leur envie de vivre, à leur espoir et veille sur la mémoire de ceux qui ont disparu au combat.

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    Union111023a
    HISTOIRE : 1941

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    Le Général veille à tout

    Georges Thierry d’Argenlieu reçoit un télégramme du Général très remonté.
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  • De Gaulle veille à tout ce qui se passe aux quatre coins du monde. C’est ainsi que le 22 octobre 1941, il télégraphie à Jean Vacher-Corbière, délégué de la France libre en Union sud-africaine à Durban, ses observations sur la situation qui règne dans ce vaste espace. Le chef de la France libre s’inquiète d’officiers français qui embarquent à Durban ou Capetown et refusent de rejoindre les Alliés : « Je vous rappelle qu’il est dans vos attributions de m’informer au plus tôt de tout ce qui intéresse la France libre et, surtout, de toutes les questions de ralliement toujours importantes, qui se présentent fréquemment dans ces deux villes ». Il fait aussi de solides recommandations à son représentant : « Vous voudrez bien dans un pays où une notoire partie de la population nous manifeste sa sympathie, vous efforcer par votre action personnelle et éventuellement par l’action de collaborateurs bénévoles, faire comprendre aux militaires français de passage dans l’Union Sud-Africaine où est leur devoir ». Et d’ajouter pour durcir le climat : « Vous devez, en outre, leur faire connaître que j’ai décidé de considérer comme déserteur tout militaire qui, après avoir été pressenti, aura refusé de rallier ».

    A Londres, le 24, il s’adresse au commandant Passy, chef du service de renseignement des Forces françaises libres et lui dit son agacement des attitudes britanniques : « J’apprends que malgré mes précédentes représentations, les divers services de l’Intelligence service britannique persistent à détourner de leur devoir de militaires français des hommes venus de France pour faire la guerre et les prennent pour les employer à des missions spéciales sans aucun agrément de ma part ». De Gaulle souhaite que son spécialiste du renseignement monte au créneau pour rappeler à ses homologues anglais les bonnes manières qui doivent prévaloir à leurs relations : « En conséquence, vous avertirez sans délai les services britanniques que nous cessons toute relation de quelque nature qu’elle soit avec eux jusqu’à ce que nous soient rendus les Français en question ». Le Général joint une liste d’officiers, sous-officiers en passant par des pêcheurs de Douarnenez. Tout aussi remonté, de Gaulle exprime sa colère dans un troisième télégramme adressé cette fois le 26 octobre à Georges Thierry d’Argenlieu, haut-commissaire actuellement à Nouméa. De mauvaises nouvelles en provenance du Japon le met très en colère : « Barbé, président de notre comité de Kobé a été arrêté par les autorités japonaises le 13 juillet et gardé au secret depuis lors. Toutes les démarches en sa faveur tant du côté britannique que du nôtre se sont heurtées à une fin de non-recevoir. Le traitement qui lui est infligé soulève de vives protestations des Français libres d’Extrême-Orient ». C’est pourquoi le chef de la France libre explique à son interlocuteur qu’il a demandé au haut-commissaire Sautot de faire arrêter un ressortissant japonais en Nouvelle-Calédonie : « Sur sa demande et pour éviter toute complication, je l’ai autorisé à attendre l’arrivée à Nouméa du « Triomphant ». Je n’ai aucune confirmation de l’exécution de mon ordre et vous prie de bien vouloir insister auprès de Sautot pour une exécution immédiate qu’exigent les considérations de politique générale ». Dans un mot plus amical où il emploie le tutoiement ce qui est rare, de Gaulle écrit le 23 octobre à son ami Jacques de Sieyès : « Je pense à toi et à ton désir de servir en terre française d’Empire. Je ne t’oublie pas à ce point de vue non plus qu’à d’autres. Mais pour l’instant il vaut mieux que tu restes où tu es. Bien amicalement à toi ». Bref, le souci du Général d’être partout au contact est clairement manifesté.


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    Châteaubriant : les otages de la baraque 19

    Une photo prise au camp de Chateaubriant avant les exécutions.
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  • Guy Môquet, 17 ans, le plus jeune fusillé.
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  • Massacre. L’exécution des détenus de Choisel dont le jeune Guy Môquet, 17 ans, illustre la volonté de faire payer aux communistes le prix fort des attentats mais aussi leur soutien à l’URSS attaquée.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    Le 13 octobre 1941, Chassagne, chargé de mission auprès du ministre de l’Intérieur vient à Châteaubriant pour effectuer un certain nombre de relevés de noms. Il ne fait guère de doute qu’il est mandaté par Pucheu dont l’anticommunisme est notoire. La baraque 19 devient une réserve d’otages susceptibles d’être remis aux Allemands si de nouveaux attentats se produisent. Le ministre de l’Intérieur se justifie auprès de ses collègues. Plutôt que de laisser fusiller cinquante bons Français, il croit plus judicieux de sélectionner des communistes enfermés à Châteaubriant. Sa position ne fait pas l’unanimité. Elle inquiète même le ministre d’Etat Lucien Romier : « Comment avez-vous pu désigner vous-même les otages ? ». Il s’en défend : « Je ne les ai pas désignés. J’ai laissé seulement les Allemands substituer une nouvelle liste à la précédente ». Cela ne convainc pas Romier qui réplique : « Vous n’en aviez pas le droit, mon pauvre ami. Anciens combattants ou communistes, c’était de bons Français. Vous n’aviez pas à faire un choix. Vous n’aviez pas à prendre parti. Il fallait laisser aux Allemands la responsabilité de ce massacre. Vous la partagez maintenant avec eux ». Pucheu a-t-il compris l’avertissement de son collègue. Ce n’est pas certain d’autant que le vice-président du Conseil, l’amiral Darlan privilégie une collaboration subtile destinée à limiter les dégâts.

    Le sourire de Berlin

    Est-ce ici le cas de figure idéal pour mettre en pratique une posture lâche ? Berlin se félicite que : « Les Français servent ses intérêts et fassent son jeu ». Il est patent que parmi les vingt-deux personnes qui sont internées par les autorités françaises au camp de Choisel près de Châteaubriant, seize sont dénoncées : « comme propres à être exécutées comme otages par le ministre français de l’Intérieur, Pucheu dans une correspondance en date du 22 octobre 1941 ». Ce document est signé par son chef de cabinet Larozière. A Choisel les événements s’accélèrent aussi. Des gendarmes allemands se présentent pour se substituer aux gendarmes français qui en assurent la sécurité. On leur refuse l’entrée mais on les autorise à mettre en place tout autour du périmètre de l’enceinte un cordon de sécurité publique ! Le 22 en début d’après-midi, des officiers allemand se présentent au camp et exigent qu’on leur remette vingt-sept otages. Informé, le sous-préfet Lecornu se rend immédiatement sur les lieux. Les officiers ennemis ne veulent rien savoir : « Nous avons reçu un ordre. Les SS vont venir les fusiller à un kilomètre d’ici. En attendant veuillez donner instruction au chef de camp pour qu’il enferme tous les internés dans leurs baraques respectives ». Une mitrailleuse est placée avec ses servants devant la baraque six où ont été regroupés les vingt-sept otages. Lecornu doit informer les malheureux de leur destin. Parmi les détenus, Tétine se lève et s’adresse au sous-préfet. Il désigne Guy Môquet, le fils d’un député communiste et interroge : « Même lui, qui a dix-sept ans ? ». Lecornu ne répond pas et distribue papier et crayon pour que les désignés puissent écrire leurs dernières volontés ou adresser une ultime lettre à leurs proches. Le curé de Saint-Jean de Béré arrive à son tour. Il s’adresse aux martyrs : « Mes amis, je ne viens pas ici faire violence à vos consciences et à vos mentalités. Si quelques-uns veulent utiliser mon ministère, je suis à leur disposition mais je tiens par-dessus tout à vous dire que je viens partager vos dernières heures, vous aider à faire le grand sacrifice qu’on exige de vous, vous encourager à mourir comme des Français doivent mourir ». Le prêtre ajoute : « Je veux vous dire que je suis plus que votre ami, plus que cela, votre frère dans l’amour de la patrie ».

    La certitude de Môquet

    Guy Môquet qui est très entouré avance avec dignité : « Je laisserai mon nom à l’histoire car je suis le plus jeune des condamnés. Notre sacrifice ne sera pas inutile, nous le savons ; un jour il produira ses fruits ». Il écrira une lettre à ses parents qui va devenir un authentique document sur le sens de l’engagement. Le 23 octobre, Lecornu qui s’est vu interdire le droit d’être présent à l’exécution en apprend le déroulement par le Kreiskommandant Kristukat : « Une fois rassemblés dans trois camions, les otages ont chanté la Marseillaise. Les autres internés du camp de Choisel ont repris votre hymne national. Pendant tout le trajet jusqu’à la carrière de Soudan, ils n’ont cessé de chanter l’Internationale, le Chant du départ, et encore la Marseillaise. Lorsqu’on a appelé les neuf premiers otages, ils ont refusé qu’on leur bande les yeux et se sont placés d’eux-mêmes devant les poteaux. Avant chaque salve, ils ont crié : vive la France ! Les dix-huit autres otages ne pouvaient pas voir ce qui se passait mais ils entendaient.Lorsque leur tour vint, ils adoptèrent la même attitude que leurs camarades ».

    Kristukat ose alors cette confidence au sous-préfet de Châteaubriant : « Les véritables vainqueurs de cette journée, ce ne sont pas nous, les Allemands, mais eux, les Français communistes ».

    L’occupant règle alors les obsèques avec beaucoup de discrétion. Si les soldats acceptent les cercueils fournis par la sous-préfecture, ils refusent que les tombes soient personnalisées et font inhumer les fusillés dans les cimetières de neuf communes qui reçoivent chacune trois corps : Erbray, Moisdon-La-Rivière, Noyal-sur-Brutz, Petit-Auverné, Lusanger, Ruffigné, Saint-Aubin-des-Châteaux, Sion-les-Mines et Villepot. Dans les cimetières de ces villages les rassemblements sont interdits.

    Nouvelle escalade

    La tuerie n’est pas achevée car si dans les quarante-huit heures les auteurs de l’assassinat du lieutenant-colonel Holtz ne sont pas appréhendés, cinquante autres otages devront être fusillés. Le Maréchal qui souhaite que ces exécutions cessent est prêt à un coup d’éclat et envisage de se livrer aux Allemands. Ses ministres l’en dissuadent.

    Le jeudi 23 octobre 1941, au lendemain de l’exécution des cinquante premiers otages de Nantes, se développent des initiatives pour limiter la répression. Dans la soirée le commandant von Altenstadt, chef du 2e bureau du général von Stülpnagel téléphone au QG d’Hitler et signifie que son général attend beaucoup d’une grâce du führer pour les otages. A 23 heures, le sous-secrétaire d’Etat Jacques Benoist-Méchin est reçu par Stülpnagel qui redit que les Nantais et les Bordelais sont opposés aux attentats mais que si on les persécute, ils pourraient très vite changer d’avis. Pourtant le vendredi 24, c’est l’escalade. Cinquante otages sont fusillés au camp de Souge près de Bordeaux. La question des otages n’est pas de la compétence des généraux et ne tient pas compte de leurs avis. Le seul qui décide est Adolf Hitler. Le général Wagner l’explique : « La responsabilité politique des mesures à prendre ne se situe pas au niveau de Stülpnagel, de Witzleben mais seulement au niveau du führer qui se réserve toutes les décisions ». De la conférence tenue au QG du maître du Reich en sort enfin une bonne nouvelle. Les mesures envisagées sont suspendues jusqu’à la clôture de la procédure d’instruction. On est le 25 octobre. Wagner précise : « Le führer ne s’est pas décidé sous l’effet des requêtes qui lui ont été adressées mais dans l’attente d’actes ».


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    Représailles nantaises

    En représaille de l’assassinat de Holtz, des otages vont être fusillés.
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  • Exécutions. Pour venger la mort du lieutenant-colonel Holtz, les Allemands choisissent des fusiller des anciens combattants et de jeunes innocents soulevant l’indignation au bord de la Loire.

    Le 22 octobre 1941 en milieu d’après-midi, les événements s’accélèrent. Le commissaire central Lemoine est convoqué en urgence par le Kreiskommandant, le major von Hasselbach. Dans la cour du 19, rue du Roi-Albert, le policier français remarque que deux camions sont stationnés. Sous la bâche de l’un d’eux dépassent des cercueils. Pour lui c’est la confirmation du bruit qui s’est fait de plus en plus insistant depuis le début de la matinée comme quoi les Allemands ont décidé d’exécuter des otages. Un capitaine déclare à Lemoine que des sanctions graves doivent être appliquées dans les plus brefs délais et il ajoute : « Nous regrettons vivement, mais nous avons agi sur un ordre supérieur. Il me faut tout de suite trente hommes avec des pioches et des pelles pour creuser des fosses d’inhumation ». Le commissaire excédé réplique : « Adressez-vous au bureau des cimetières de la mairie de Nantes. Ces choses-là ne sont pas de ma compétence ». L’officier reprend : « Il me faut aussi quatre agents de police pour accompagner les camions sur les lieux d’ensevelissement. Afin d’empêcher toute manifestation, les corps seront déposés dans des cimetières de la périphérie nantaise et la fosse sera simplement marquée d’un numéro. Nous, les Allemands connaîtront seuls l’identité et l’emplacement des défunts ». Lemoine fournit les fonctionnaires. Alors que place La Fayette, les familles de détenus attendent à la porte de la prison pour y déposer le colis hebdomadaire toléré, elles sont éconduites par un gardien qui leur demande de ne pas se représenter avant la fin de l’après-midi.

    Préparatifs macabres

    L’inquiétude grandit parce qu’une effervescence inhabituelle règne dans et autour de l’établissement. Président de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, M. Billot et l’avocat Me Alexandre Vincent ont été autorisés après l’intervention de Yolaine de Sesmaisons auprès de lieutenant-colonel Holtz à visiter les prisonniers dans leurs cellules. Malgré le zèle des gardiens allemands, ils réussissent à converser avec chaque détenu et à donner de leurs nouvelles à l’extérieur. A peine Billot est-il de retour à son domicile qu’il reçoit un appel téléphonique. Les Allemands lui enjoignent alors de prévenir deux aumôniers. L’homme craint le pire et cette préoccupation est partagée par son ami du barreau. Dans le même temps, le père Fontaine, aumônier de la prison de Nantes, est convoqué par la gestapo. Un officier lui déclare tout de go : « Monsieur l’abbé, vous allez être chargé d’annoncer à certains prisonniers qu’ils vont être fusillés ». Le prêtre est choqué par cette annonce mais il se reprend : « Je les accompagnerai, je les assisterai jusqu’au bout ». Le responsable de la gestapo s’agace : « Non, non vous n’irez pas et rien ne me fera changer d’avis ».

    Dans une des grandes cellules de l’établissement où se trouve prisonnier l’abbé Chauvat, cinq détenus anciens-combattants se préparent à se mettre à table lorsque la porte s’ouvre. Un gardien allemand fait l’appel et ordonne à ceux qui seront nommés de sortir : « Blot, Jost, Blouin, Fourny, Birien ». Seuls restent le prêtre et Kropf. Les cinq anciens combattants sont transférés au bout du couloir dans une autre cellule plus grande encore. Y sont disposées treize chaises. Huit jeunes gens viennent les rejoindre : Jean-Pierre Glou, Jean Grolleau, Maurice Allano, René Carrel, Robert Grassineau, Joseph Gil, André Le Moal et Léon Ignasiac. Quelques minutes plus tard, l’abbé Fontaine entre. Ils comprennent. Le père leur précise que c’est pour 14 heures. Léon Jost, un mutilé qui se déplace difficilement, exprime son horreur. L’abbé Fontaine leur dit alors : « Mes amis, vous avez deux heures pour écrire à vos familles, me faire des recommandations, vos commissions ». Avec un gros crayon à mine, les condamnés écrivent ici une dernière lettre ou un testament. Fontaine s’entretient avec chaque martyr et accepte quelques biens personnels à remettre aux familles malgré l’interdiction formelle de l’occupant. A 14 heures rien. A 15 heures, toujours rien. Certains reprennent espoir mais l’abbé sait que la décision est irrévocable. Il prie pour les âmes des détenus.

    Le peloton de la mort

    A 16 heures, les Allemands arrivent en force. Les prisonniers sont entravés deux par deux, le dernier est menotté. Le prêtre embrasse les otages à mesure qu’ils montent dans le camion. L’abbé est empêché d’accompagner les condamnés et retenu pendant une demi-heure : « Nous ne voulons aucune manifestation, aucune » tempête un officier. A 17 heures, M. Billot sort de la prison et s’avance vers les familles qui sont revenues pour voir les leurs. Il a la douloureuse obligation de leur faire cette déclaration : « Les Allemands viennent de fusiller des anciens combattants ». Dans les rues avoisinantes, les forces de l’ordre refoulent des parents accourus vers l’enceinte du centre de détention alors qu’on murmure en ville que l’occupant s’est vengé. Une même tragédie se produit à la prison des Rochettes où l’abbé Théon, aumônier de la maison d’arrêt et enseignant d’anglais au collège Stanislas est requis pour une affaire ne tolérant aucun retard. Il est emmené dans la cellule de Frédéric Creusé, Michel Dabat et Jean Platiau. Les trois jeunes comprennent aussi qu’ils vont être passés par les armes.

    Avec bien du mal, le prêtre parvient à obtenir les hosties que les trois condamnés sollicitent. Ils veulent communier avant d’être fusillés. L’exécution a lieu vers 17 heures sur le terrain du champ de tir du Bèle. En apprenant la mort des otages, le commissaire Lemoine déclare à l’officier de permanence de la Kreiskommandantur : « Monsieur, l’Allemagne qui prêchait le rapprochement avec notre pays, vient de creuser désormais un fossé infranchissable. En fusillant des anciens combattants, des enfants innocents, vous venez de commettre une lourde faute. Les Nantais réprouvaient le crime dont le Feldkommandant a été victime, mais aujourd’hui, ils sont complètement retournés. Ils sont indignés. Tous les Français penseront de même lorsqu’ils sauront ». Puis rejoignant son bureau, le commissaire écrit au nouveau Feldkommandant, Freiherr von und zu Bodman : « N’ayant pu découvrir les auteurs du meurtre du lieutenant-colonel Holtz dans les délais prescrits, je me considère comme otage des Allemands ». D’autres Nantais et Nantaises vont faire de même. M. Bodard de la Jacopière, ancien combattant des deux guerres se propose pour épargner la vie du plus jeune de tous les otages. Henri Adam fait une proposition équivalente. Mlle Benoît, professeur au Conservatoire et Mlle Landois demandent à remplacer un père de famille.

    L’officier supérieur convoque Lemoine le lendemain : « Monsieur le commissaire, je vous félicite. C’est très bien. C’est très honorable. Mais je ne veux pas de vous comme otage. Il faut continuer les recherches ». Si les Allemands tiennent à ce que la police française persiste à enquêter, c’est qu’ils ne sont pas sûrs d’aboutir par eux-mêmes. Cela leur donne toute latitude pour préparer de nouveaux groupes d’otages et faire pression afin que des dénonciations soient effectuées. C’est un peu trop présumer de l’envie des Français d’apporter leur concours à un occupant qui fait désormais des exemples sanglants.

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    Union111022a
    MARGERIE-HANCOURT : Voyage : L’amicale du Maquis des Chênes en Espagne

    Le groupe a profité des atouts touristiques et culinaires de l’Espagne.
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  • Du 7 au 16 octobre, l’amicale du maquis des Chênes a emmené son groupe en Espagne, à Salou, où toutes les fantaisies étaient permises, baignades comprises.

    Hôtel excellent, chambres très confortables, animations de toute première qualité pour les soirées, sans oublier bien sûr la cuisine pour les gourmands et les gourmets…

    Au-delà de ces considérations, l’amicale a pu visiter « Morella », cité moyenâgeuse située sur un piton rocheux à 1 000 mètres d’altitude et dotée d’une splendide basilique, puis « Santa Creus », puis encore « Peniscola » et le delta de l’Ebre avec la visite du vieux village et l’écomusée, et enfin « Tarragone » classée au patrimoine de l’Humanité pour ses vestiges romains.

    N’oublions pas non plus les repas gastronomiques qui accompagnaient certaines de ces excursions.

    Prochain voyage en Corse vers fin mars.

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    Union111020a
    WARMERIVILLE : Assemblée générale : Les anciens paras font le point

    Les anciens parachutistes ont défilé accompagnés des porte-drapeaux des communes environnantes.
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  • L’UNP (Union Nationale des Parachutistes) de la Marne présidée par Jean-Louis Leboeuf vient de tenir son assemblée générale ordinaire et fêté le patron des parachutistes, Saint Michel.

    Un programme chargé attendait les participants. Dès 9 heures, a eu lieu l’assemblée générale à la salle polyvalente de Warmeriville, suivie de la messe de Saint-Michel célébrée en l’église de Boult-sur-Suippe, en présence d’Eric Kariger du Conseil général, Claude Scrabalat maire de Boult-sur-Suippe, M. Boulanger représentant l’UNP au niveau national, Jean-Louis Leboeuf président de la Marne ainsi que MM. Leduc, Bartos, Manon, présidents locaux d’association d’anciens combattants.

    Ensuite un hommage a été rendu avec un dépôt de gerbe au monument aux morts de Warmeriville en présence de Jean-Michel Liesch, adjoint au maire, Patrice Mousel était excusé, retenu par ses obligations.

    Un défilé a été effectué par les anciens « Paras » accompagnés des porte-drapeaux des communes environnantes, du monument à la salle des fêtes où les discours des officiels ont été prononcés avant de prendre un repas en commun. Parmi les convives on notait la présence des représentants des anciens « Paras » de l’Aube, l’Aisne et les Vosges.

    Pour l’histoire, le premier brevet de parachutiste militaire fut délivré le 1er janvier 1938 à celui qui devint bien des années plus tard le Général de division Sauvagnac avec, à son actif le record de France de saut en chute libre sur la base aérienne de Reims.

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    Union111018d
    CHALONS –EN-CHAMPAGNE : Amicale des porte-drapeaux : Déjà le trentième anniversaire…

    Daniel Ponche a reçu le nouveau drapeau des mains de Gérard Coqueret.
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  • Un trentième anniversaire, çà se fête et dignement d’ailleurs…

    Samedi, en effet, l’amicale des porte-drapeaux de Châlons et de ses environs fêtait l’événement avec dans un premier temps, l’assemblée générale à la Maison du combattant sous la présidence de Gérard Coqueret.

    Cette assemblée générale, en présence de nombreux adhérents et épouses, avait en effet un caractère particulier, notamment pour fêter le trentenaire de cette amicale dynamique.

    Si l’assemblée a permis de faire un retour en arrière au vu des nombreux déplacements des porte-drapeaux sur tous les sites (plus de 50 annuellement) où le devoir d’être présent avec les trois couleurs du drapeau français est une tâche qu’aucun de ces porte-drapeaux ne rechigne mais plutôt avec un réel plaisir partagé, ce trentenaire de l’amicale avait aussi un objectif primordial, à savoir la remise d’un nouveau drapeau au titulaire Daniel Ponche.

    Une cérémonie qui s’est tenue au monument aux morts en présence du député-maire Bruno Bourg-Broc avec Gérard Coqueret, Claude Michelin et également Pol Cher pour le cérémonial puisque co-fondateur de l’amicale et détenteur également de nombreux drapeaux qui ont rejoint la Maison du combattant après un temps de service particulièrement long ou lorsque qu’une association est dissoute pour une raison ou pour une autre.

    Un dépôt de gerbe et sonnerie aux morts face au monument a marqué cet événement, suivi d’un repas pris en commun qui a rassemblé près de soixante personnes.

    Le bureau réélu lors de cette assemblée trentenaire est le suivant : président Gérard Coqueret ; président d’honneur Camille Henry ; vice-président Michel Poncelet ; secrétaire Michèle Coqueret ; secrétaire adjointe Nicole Catin ; trésorier Georges Louvel ; trésorier adjoint Claude Michelin ; porte-drapeaux Daniel Ponche ; porte drapeaux suppléant Claude Michelin ; vérificateurs aux écritures Jean Hendziak et Corinne Marchal.

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    Union111018c
    MONDEMENT : Première bataille de la Marne : Le Souvenir Français honore les soldats

    Les membres au pied du monument de Mondement.
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  • « On se fera tuer sur place plutôt que de reculer » avait dit Joffre. La bataille de la Marne, du 5 au 12 septembre 1914, fut une victoire, mais aussi la semaine la plus meurtrière de la Grande Guerre.

    Le monument de Mondement a été élevé pour commémorer cette victoire et honorer les soldats tués au combat.

    C’est une des raisons pour lesquelles une quarantaine de membres de l’association Le Souvenir Français ont choisi cet endroit pour déposer une gerbe et se recueillir au pied du monument à la mémoire des soldats tombés lors de la bataille.

    Les participants ont ensuite visité le musée où ils ont eu un exposé sur la bataille.

    La journée s’est poursuivie par la visite du château de Montmort-Lucy et son musée sur la résistance locale, ainsi qu’une chocolaterie à Pierry.

    « C’est une de nos sorties de cohésion et de convivialité, une occasion de nous rencontrer pour visiter un lieu d’histoire », précise Jean Cienki, le président du comité rémois qui rappelle à cette occasion la triple mission du Souvenir Français : honorer les « morts pour la France » ; veiller à l’entretien de leurs tombes et monuments ; transmettre le flambeau aux jeunes générations.

    Les gens ont souvent une image fausse de cette association, la croyant à tort composée de militaires et d’anciens militaires.

    « Notre action n’est pas uniquement réservée aux générations qui ont vécu les guerres. Tout le monde peut s’inscrire et œuvrer dans le sens du devoir de mémoire ».

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    Union111018b
    AŸ : Le collège change de nom : Adieu les « Bleuets » et bonjour « Yvette Lundy »

    La chorale des élèves dirigée par Aurore Garnier, professeur d’éducation musicale.
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  • Adieu les « Bleuets » et bonjour « Yvette Lundy ». En effet, depuis ce vendredi 14 octobre, jour officiel de l’inauguration, le collège d’Aÿ, porte le nom de cette grande dame. Yvette Lundy est née le 22 avril 1916 dans la Marne, durant la Première Guerre mondiale.

    Sous l’occupation de la Seconde Guerre, elle fournit des papiers d’identités ainsi que des cartes d’alimentation à des prisonniers évadés du camp de Bazancourt, ainsi qu’à une famille juive de Paris. Arrêtée, à la suite d’une dénonciation, le 19 juin 1944 à Gionges, elle est incarcérée à la prison de Châlons-sur-Marne. Là commence la descente aux enfers ; déportée comme résistante à Sarrebruck Neue Bremm, puis à Ravensbruck, et ce dans des conditions atroces.

    Pendant le trajet qui dure trois jours, sans boire ni manger, confinée dans un wagon à bestiaux hermétiquement clos, où les odeurs nauséabondes se mèlent à la promiscuité.

    C’est alors le triste et célèbre camp de Buchenwald qui « l’accueille » dans un monde infame, cruel et dénué de toute dignité.

    Elle est enfin libérée par l’armée rouge, le 21 avril, veille de son 28e anniversaire.

    Petit clin d’œil

    Il y a 39 ans que le collège « Les Bleuets » a ouvert ses portes et a accueilli trois générations de collégiens. Un fait historique, puisque, rares sont les établissements scolaires qui portent le nom d’un de leur contemporain. Cependant un petit clin d’œil pour les nostalgiques, puisque le bleuet est, en France le symbole de la mémoire envers les anciens combattants et les autres victimes de la guerre (cet emblème tire ses origines des tranchées de la guerre 1914-1918). C’est donc autour du préfet, de l’inspectrice d’Académie, du conseil général de la Marne, du maire d’Aÿ, de nombreux élus ainsi que de hauts dignitaires de l’armée, que cette magnifique et noble inauguration, s’est déroulée, avec la participation de nombreux élèves (chants, panneaux descriptifs de cette triste période, discours…), de Yannick Tchens, principal de l’établissement, des professeurs d’histoire-géographie et d’éducation musicale.

    Ce fut un grand événement émouvant qu’ont partagé 340 personnes avec, comme adage commun « Plus jamais ça ». La liberté est bien celle des témoins ; « Si nous n’étions pas revenus, l’histoire s’écrirait autrement ».

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    Union111018a
    GUERRE D’ALGERIE : Les retrouvailles des frères d’armes

    Daniel Bisseux et Gérard Callay : une amitié forgée lors du conflit en Algérie.
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  • HIRSON (Aisne). L’Hirsonnais Gérard Callay vient de retrouver le Laonnois Daniel Bisseux. Après 49 ans de séparation… C’était lors de la guerre d’Algérie.

    UNE amitié qui refait surface, 49 ans après ! L’histoire de Gérard Callay et de Daniel Bisseux nous replace dans une période douloureuse de l’histoire contemporaine, la guerre d’Algérie. Une période tourmentée entre deux peuples, mais n’est-ce pas dans de telles conditions que, souvent, les amitiés sont les plus solides ?

    L’Hirsonnais Gérard Callay et le Laonnois Daniel Bisseux effectuent d’abord leur service militaire à Lille, au 43e régiment d’infanterie. À Lille, ils ne se connaissent pas. Puis, c’est l’Algérie. Ils sont alors affectés au 131e Bataillon d’infanterie, à Ténés. Nous sommes en novembre 1962. Dans cette ville, située entre Oran et Alger, Gérard Callay habitait en bordure de mer. Tandis que Daniel Bisseux logeait en ville.

    Thiérachien découvrant subitement la Méditerranée et le soleil, Gérard Callay commente : « C’était pour moi des vacances ! » Il poursuit : « La guerre était finie, malgré les exactions de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), une organisation d’extrême-droite. J’étais caporal-chef chargé de l’entretien des véhicules. »

    Dans son logement, Gérard Callay accueille régulièrement des copains de régiment, pour jouer aux cartes notamment, dont un certain Daniel Bisseux.

    En 1962, l’union publie d’ailleurs une photo, où figurent les deux amis, de même que trois autres soldats demeurant dans l’Aisne.

    Ensuite, Gérard Callay rejoint le 9e Gama (Groupe d’artillerie de marine), sur les hauteurs d’Alger. C’est là qu’il quitte Daniel Bisseux. Un dernier contact a cependant lieu en juillet 1963, à la suite d’une soirée bien arrosée. Daniel écrit une lettre à Gérard…

    « On se reverra… »

    La guerre d’Algérie se termine, les deux hommes reviennent en France, l’un à Hirson, l’autre à Laon. « Je savais où il habitait. Lui ne savait pas où j’habitais », ajoute l’Hirsonnais, qui a gardé la liste des lettres envoyées en France lors de cette période.

    Il faudra donc attendre août 2011, lors de l’anniversaire de Gérard, pour que, à l’initiative d’un neveu, les deux hommes se retrouvent à nouveau. Daniel Bisseux, ancien cheminot, de même que son épouse, ont accepté de faire la surprise à Gérard. Et la suite ? « Il sait qu’on ne va se revoir tous les 15 jours, tous les mois, mais on se reverra… », promet Gérard Callay.

    À noter que ce dernier fut membre du conseil municipal sous Raymond Mahoudeaux. En tant qu’homme de gauche, cet ancien agent de l’Équipement ne cache pas ses opinions sur la guerre d’Algérie et la politique de colonisation.

    Michel MAINNEVRET

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    Union111016g
    VALMY : Qui était le général Tirlet ? Un enfant de Moiremont devenu député

    Sur la mairie de Moiremont, une plaque rappelle la prestigieuse carrière de militaire et d’homme politique de l’enfant du village, Louis Tirlet
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  • Son nom est prononcé chaque jour par les usagers des Impôts de Châlons-en-Champagne. Rares sont sans doute ceux qui connaissent le parcours de l’enfant de l’Argonne que fut le général Louis Tirlet.

    SON biographe dira de lui qu’il était « un homme qui faisait honneur à l’homme ». Fils de Charles Tirlet, simple cultivateur de Moiremont, Louis, futur général et député de la Marne, débute sa carrière militaire dans les rangs des volontaires de la révolution en 1791. On le retrouve combattant à Valmy et sa participation lui vaut le grade d’aspirant d’Artillerie. A l’École de Chalons, il sera élu par ses camarades au grade de capitaine aux canonniers de la Marne.

    A partir de là, il ne cesse de prendre du galon. Attaché à l’Armée de Sambre et Meuse, il dirigea le Service des pontonniers et est félicité par Jourdan.

    Colonel en 1799

    Devenu colonel en 1799, il est, deux ans plus tard, le chef de corps du 8e Régiment d’artillerie de Commercy.

    Baron d’Empire en 1810, on l’envoie en Espagne. Il y participe à la bataille des Arapiles. Sa manœuvre habile mettra un terme à la poursuite des Anglais.

    Après sa brillante carrière militaire, il s’engage en politique. Elu député de la Marne en 1827 et réélu trois ans plus tard, il se fait remarquer par son action toujours limitée aux discussions à sujets militaires. Réélu à nouveau en 1831 par le collège de Sainte-Ménehould, il sera pair de France en 1837. Son action sera importante dans le budget des travaux publics, faisant prévaloir la suppression des petites places de guerre et la création d’enceintes fortifiées ou de camps retranchés.

    Une grande modestie

    Louis Tirlet ne fut pas seulement reconnu par ses contemporains pour ses qualités brillantes de militaire. Il fut aussi apprécié pour sa très grande modestie, qui lui fit exclure toute recherche d’avancement, mais aussi son sens de l’honneur et du dévouement assez exceptionnels. Des qualités dont il donne la mesure sur les champs de bataille mais aussi, une fois revenu à la vie civile, en se dévouant pour l’organisation des haras, les fortifications de la région parisienne, l’extension de la marine à vapeur ou encore le transit du commerce en Méditerranée.

    Malgré sa fortune et sa notoriété, Louis Tirlet n’oubliera jamais ses origines paysannes argonnaises. Il élèvera ainsi un monument à la gloire de ses parents dans le cimetière de Moiremont. Quant à lui, il choisit d’être enterré à Fontaine-en-Dormois, un village qui lui doit notamment son église.

    Source : François Jannin, Horizons d’Argonne, N° 81.

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    Union111016f
    HISTOIRE : A 96 ans, le rosier Marne retrouve une seconde jeunesse

    Photo : CDT Marne / Horizon Bleu
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  • Variété de polyantha au feuillage foncé brillant, à la floraison semi-double remontante rose, le rosier « la Marne » a été créé en 1915 en hommage aux poilus de la Grande Guerre. Retrouvée en 1999 par Edith Brochet-Lanvin, pépiniériste passionnée de variétés anciennes (jardin botanique de la Presle), cette belle oubliée est depuis fêtée et distinguée dans les plus grands rendez-vous horticoles et compétitions florales européennes (« Mérite de Courson », « Coup de cœur » de Courson). En partenariat avec les pépinières Brochet-Lanvin, le comité départemental du tourisme de la Marne l’a offerte aux 167 communes marnaises labellisées de 1 à 4 « fleurs », en honneur au label « Département fleuri », titre que la Marne détient depuis 2005.

    S’il retrouve une seconde jeunesse depuis une dizaine d’années, le rosier « la Marne » connaît en 2011, 96 ans après sa création, un renouveau d’intérêt particulier auprès des institutionnels et professionnels du fleurissement. Trois manifestations d’importance ont ainsi marqué ce véritable retour sur histoire.

    Le comité départemental de tourisme de la Marne a tout d’abord offert ce rosier emblématique, créé en 1915 par un rosiériste d’Orléans, à la société d’horticulture d’Orléans et du Loiret (SHOL). Le rosier « la Marne » trône désormais dans toutes les communes du canton de Bellegarde, troisième région productrice de rosiers en France où s’est tenue en mars dernier l’assemblée générale de la SHOL.

    Pour l’occasion, le petit-fils du créateur s’était déplacé spécialement pour honorer la mémoire de son illustre aïeul.

    Autre événement cette année, la présence du rosier « la Marne » à la Roseraie du Château de Bionnay (Rhône), siège de l’éditeur des « Cahiers du fleurissement », magazine destiné aux communes fleuries.

    Dernier temps fort enfin, l’échange organisé avec la commune de Guyencourt (80), médaille d’or 2010 au concours européen de l’entente florale. Le don du rosier Marne symbolise les liens noués avec ce village de la Somme, lorsque le CDT de la Marne avait apporté son soutien pour l’accueil du jury européen mais aussi et surtout en raison d’une histoire commune : la Grande Guerre. Issue des combats de 1914, la rose « la Marne » marquait une victoire historique, celle des combats de la bataille de la Marne. Il était donc « logique » que cette rose puisse être présente sur d’autres champs de combats de cette période.

    G. A.-T.

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    Union111016e
    HISTOIRE : L’observatoire du général Mangin

    Cela fait plusieurs années que l’étang est asséché.
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  • Une pierre en granite, inaugurée en 1926 par le Maréchal Foch, vient rappeler le caractère historique de la « Tour Mangin » dans les combats de 1918.
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  • Le monument tel qu’il était avant d’être détruit par un arbre lors d’une tempête en 1924.
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  • L’étang de Malva, lieu de rendez-vous des anciens

    L’étang de Malva est connu de tous les habitants de Villers-Cotterêts. C’est un des endroits de promenade préférés des petits et grands. C’était, devrait-on plutôt dire, car voilà déjà de nombreuses années que les lieux sont asséchés. Seul, lors des grosses pluies, il est possible de revoir, en partie, ces étangs dans leur configuration originale. Pourtant, les plus anciens y ont plein de beaux souvenirs : l’été on pouvait ainsi y voir des barques et des pêcheurs avec une petite île dans le fond. L’hiver, nombreux étaient ceux qui venaient patiner sur l’étendue d’eau devenue glacée. C’était aussi le lieu des sorties nature des écoles. Construit dans les années 1860-70, l’étang est aujourd’hui asséché en raison sans doute d’une fuite au niveau de la digue. Des études ont été menées pour essayer de faire revenir l’eau. Sans résultat concret pour l’instant.

    La forêt de Retz fut le théâtre d’âpres combats et subit de nombreux dommages au cours de la Première Guerre mondiale. C’est depuis son observatoire de la « Tour Réaumont », érigé sur l’un des points culminants du massif que le général Mangin lança, le 18 juillet 1918, l’ultime et victorieuse offensive.

    De ce moment historique reste sur place une grande pierre de granite sur laquelle on retrouve la reproduction de cet observatoire étonnant. Ce monument a été inauguré le 14 novembre 1926. A l’époque l’événement était de la plus grande importance comme en témoigne la liste des personnalités présentes au premier rang desquelles le maréchal Foch, le général Weygan ou encore le général Gouraud.

    Située en pleine forêt sur la commune de Puiseux-en-Retz, près de la nationale 2, la tour Réaumont ou Mangin du nom de son initiateur était construit sur un endroit stratégique qui a vu plusieurs monuments y être dressés, détruits et reconstruits au fil des siècles.

    Sous le règne de Charlemagne s’élevait ainsi sur ce point culminant de la forêt de Retz (231 mètres) une tour colossale, habitée par un seigneur. Le premier observatoire est une tour édifiée vraisemblablement au XIVe siècle. Elle permettait la communication par feux et signaux optiques avec d’autres tours semblables. Elle avait été élevée au sommet de la forêt d’où l’appellation de « Tour es haults monts » qui deviendra Tour Réaumont.

    Un deuxième « observatoire » fut édifié quatre siècles plus tard (fin août 1914), par le général Maunoury, commandant de la 10e armée. Superposition de guérites en planches, c’était une sorte de pigeonnier juché dans un gros hêtre, auquel on accédait par une échelle.

    En 1918, le général Mangin y construisit son observatoire, une massive tour en bois accessible par un escalier. Chaque étage possédait une plate-forme. La hauteur était calculée de façon que la tour atteigne la cime des arbres sans, bien entendu, la dépasser pour ne pas être repéré. Au pied, une cabane pour les téléphonistes et deux tentes où le chef couche si nécessaire et s’il peut rester toute la nuit éloigné de son quartier général.

    A la suite d’un ouragan survenu vers le milieu d’octobre 1924, un gros arbre de la forêt a été renversé et a entraîné dans sa chute l’observatoire Mangin dont les montants étaient pourris au niveau du sol.

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    Union111016d
    LIVRE : L’Occupation intime

     

    Voilà un livre qui tranche avec ceux que l’on a l’habitude de voir sur le thème de la Seconde Guerre mondiale.

    Dans cet ouvrage, Patrick Buisson ne parle pas des combats mais de ce que fut la vie sous l’Occupation et jusqu’à la Libération sous un angle original : celui des moeurs.

    Difficile pourtant au premier abord d’imaginer que derrière la souffrance, les privations, la douleur des séparations, s’est développée une sexualité de guerre débridée avec un goût prononcé pour les fêtes libertines.

    C’est tout ce pan méconnu de la guerre, celui que l’on n’avait pas non plus très envie de voir, que Patrick Buisson présente dans un très beau livre richement illustré (plus de 500 iconographies).

    En bonus, le DVD « Amour et sexe sous l’Occupation », réalisé par Costelle et Clarke et diffusé le 11 octobre dernier sur la chaîne Histoire.

    1940-1945 années érotiques, Patrick Buisson, éditions Albin Michel, 320 pages, 39,90 euros.

     

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    Union111016c
    LIVRE : En première ligne

    Près de 90 personnes ont participé à cette assemblée.
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    La Seconde Guerre mondiale est bien un thème cher aux auteurs.

    Trois albums racontent cette époque.

    Le premier tome de « Wotan » chez Dupuis, raconte le destin d’un artiste et d’un enfant amnésique en 1939 en France.

    Bourgeron et Ricard mettent en scène chez Aire libre-Dupuis, une équipe de tournage soviétique prise au piège de Stalingrad dans « Stalingrad Khronika ».

    Enfin, Philippe Jarbinet présente chez Casterman un troisième album de la série Airborne 44. Cette fois, il s’arrête au 6 juin 44 avec « Omaha Beach ». Grâce à ses recherches minutieuses, ses planches sont pleines de réalisme pour dépeindre la réalité de combats sanglants. La suite de cet album est prévue dans « Destins croisés ». Comme pour les autres projets, cette fresque permet de bien saisir la brutalité de cette époque grâce à des personnages attachants, déterminés mais fragiles des deux côtés des lignes alliées et allemandes. Des leçons d’histoire, colorées et inspirées.

     

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    Union111016b
    DVD : Le chat du rabbin

    Le chat du rabbin d’Alger n’a pas sa langue dans sa poche et ne manque jamais
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    MATOU PHILOSOPHE. C’est à Cannes en 2007 que ce film est né. Cette année-là, la Croisette était emballée par le Persepolis de Marjane Satrapi et le dessinateur Joann Sfar décidait enfin d’adapter à l’écran sa bédé à succès, le Chat du rabbin, vendue à plus de 700.000 exemplaires.

    Vivement boosté par le succès de son premier film sur Gainsbourg, il décide de s’atteler lui-même à la mise en scène. Le chat qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas passe donc du papier glacé au grand écran, sans se départir de ses pertinentes réflexions.

    L’histoire est peu ou prou la même que celle développée dans les cinq tomes de bédé. A Alger vers 1920, un rabbin possède un chat qui parle à haute voix depuis qu’il a boulotté un perroquet. Et pas pour dire n’importe quoi. Ce chat gris aux yeux verts milite pour une coexistence pacifique entre les religions (dans l’Algérie des colons il est à son aise) tout en dénonçant la bêtise des hommes. Et s’il s’embrouille dans ses propos, en une pirouette, il retombe sur ses pattes. François Morel est la voix du raminagrobis de la casbah. Un divertissement très malicieux.

    « Le chat du rabbin ». Film français d’animation (2011 - 1 h 26). TF1 Vidéo. 20 euros.

     

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    Union111016a
    HISTOIRE : 1941

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    Tokyo : Tojo remplace Konoye

    Le prince Konoye contraint au renoncement.
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  • L’empereur Hiro Hito suit le rapport de forces.
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  • Le général Tojo, nouvel homme fort.
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  • Les tensions entre les diplomates et les militaires sur la conduite à tenir avec les Etats-Unis se radicalisent au Japon. Le prince Konoye qui est à l’interface de ces affrontements mesure combien son poste de Premier ministre est exposé. La tentative d’assassinat dont il a été victime le 18 septembre confirme qu’il n’a pas que des amis dans les plus hautes sphères du pouvoir. Comme il est prêt à des concessions majeures comme le retrait de son pays du Pacte tripartite, la réduction du volume des troupes nippones en Chine et la neutralité de l’Indochine, il est l’homme à éliminer par les faucons de Tokyo. Depuis plusieurs mois, les relations extérieures sont élaborées par le biais d’une commission de liaison qui reçoit ses instructions du quartier général impérial. Les militaires sont vent debout contre les diplomates. Le ministre de la Guerre, le général Tojo est opposé à tout compromis avec les Occidentaux. Konoye qui est en difficulté tente le 15 octobre une dernière initiative et s’adresse au président Roosevelt par la médiation de l’évêque Walsh. Malheureusement, aucune réponse ne vient en retour de Washington. Le 16 octobre 1941, le chef du gouvernement japonais est contraint de démissionner. Au terme d’une délibération du Conseil des sages de l’empereur (Jushin), le général Tojo est proposé pour lui succéder. Il est très apprécié par l’armée et par les cercles civils nationalistes ainsi que par certains responsables d’entreprises qui ont des intérêts dans l’industrie de guerre.

    Hiro Hito accepte mais suggère à son nouveau Premier ministre de repartir de zéro et de mener une politique diplomatique intelligence à l’égard des Etats-Unis. L’ambassadeur US Grew met en garde la Maison Blanche face à « la capacité et la disponibilité du peuple japonais à se précipiter dans une guerre suicidaire ». Le Département d’Etat considère pour sa part que la ligne dure a pris le pouvoir à Tokyo et n’est pas disposé à se montrer conciliant. Il choisit de mettre en état d’alerte les bases du Pacifique par ce télégramme : « Renseignement confirmé, possibilité attaque du Japon, Russie, Colonies britanniques ou hollandaises ». Tojo répond aux orientations de l’Empereur et demande à son ministre des Affaires étrangères d’entreprendre une démarche révisée envers les Américains. Cette décision met l’état-major de la marine hors de lui en raison de la diminution de ses stocks de carburant : « La situation est critique. Nous devons prendre immédiatement une décision dans un sens ou dans un autre ». A l’impatience japonaise répond une Amérique qui a envie de prendre son temps.

    A la Maison Blanche, le président se fait présenter l’état des forces opérationnelles dans la grande région et la capacité de projection depuis les Philippines en cas de danger. Un rapport lui est soumis le 21 octobre dans lequel le secrétaire à la Guerre assure que la force des bombardiers de l’archipel philippin est un atout de dissuasion majeur. Il pense que les moyens mobilisés sont suffisants pour assurer la protection de Singapour. Les Britanniques font la même analyse. Ni Roosevelt, ni son administration n’ont envie de pousser l’Empire du Soleil Levant à la guerre. L’US navy se considère déjà de fait en guerre dans l’Atlantique contre une Allemagne qui n’hésite plus à attaquer des bâtiments battant pavillon américain. Les destroyers « Kearny » et « Reuben James » ont été torpillés c’est aussi la raison pour laquelle le 9 octobre, le président a demandé au Congrès d’abroger l’Acte de neutralité pour armer les navires marchands. A Washington on n’évalue pas le danger nippon. L’Allemagne est l’ennemi numéro un et pour l’état-major, il faut éviter toute intervention dans le Pacifique avant le printemps 1942. Washington veut gagner du temps, mais il laisse ainsi carte blanche aux Japonais pour finaliser leur offensive.


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    Des représailles imminentes de masse

    Les obsèques du lieutenant-colonel Holtz dont la mort doit être vengée.
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  • Une image de quatre futurs fusillés : on reconnaît Timbaud (1er à gauche)
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  • Une affiche qui appelle à la délation.
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  • Nantes. De nouveaux attentats contre des autorités d’occupation décident Hitler à punir la France en exécutant des groupes d’otages selon un calendrier prompt à favoriser la délation.

    Que se passe-t-il à Nantes le lundi 20 octobre 1941 ? L’assassinat en pleine rue d’un officier supérieur allemand justifie l’occupant à passer à la vitesse supérieure dans les représailles qui sont ordonnées après des attentats commis contre des représentants du Reich. Deux femmes qui se rendent à la messe de 7h30 à la cathédrale croisent sur le trottoir d’en face le feldkommandant, le lieutenant-colonel Hotz qui est accompagné par le médecin-capitaine Sieger. L’officier qui réside à l’Hôtel Central se rend dans ses bureaux qui sont installés dans une maison de maître appartenant au XIe corps d’armée et qui se trouve en face de l’église. C’est à la sortie de l’office que les deux femmes constatent une agitation inhabituelle. Le secteur grouille de soldats allemands. Plusieurs font des gestes très démonstratifs tandis qu’une silhouette dessinée à la craie est visible sur le sol. Dans l’immeuble où elles logent, les deux dames apprennent que le lieutenant-colonel vient d’être abattu. Toutes les maisons des alentours sont visitées, certaines fouillées. On affirme que le tueur a fui par la rue Portail. Les perquisitions se multiplient. Le maire de Nantes, Gaétan Rondeau se rend à la Feldkommandantur où le corps de Holtz a été rapatrié. Devant le médecin-capitaine Sieger, il assure : « L’assassin ne peut pas être l’un de nos concitoyens. Ils savent que le colonel était juste et bon. Le crime ne peut être l’œuvre que d’un étranger. En tant que maire et chef de la police, je me considère comme le premier otage. Je suis à la disposition des autorités allemandes ». A cette déclaration, le docteur réplique froidement : « Paris et Berlin décideront ».

    Des investigations difficiles

    L’enquête qui est coordonnée par le commissaire central de Nantes, Lemoine mobilise tous les effectifs disponibles. Beaucoup de renseignements sont collectés. Sans attendre les premiers résultats des investigations des policiers français, l’occupant impose des mesures d’applications immédiates. Les libertés publiques sont une nouvelle fois restreintes. L’interdiction de circuler en ville est décrétée de 19 à 8 heures. Il est interdit de se rassembler à plus de deux personnes. Un barrage militaire et policier est installé à toutes les entrées de la métropole. Le téléphone peut être interrompu à tout moment et des contrôles inopinés dans les services publics sont possibles lorsque cela est jugé opportun par les autorités d’occupation. Des arrestations ont lieu y compris de personnes très âgées. Holtz est très connu à Nantes. Avant même d’en être nommé après la défaite de 1940, le feldkommandant avait été l’un des concepteurs et des exécutants du détournement de la rivière l’Erdre. Il est considéré comme un officier tolérant et a déjà accepté d’assouplir plusieurs mesures administratives handicapantes. Certains affirment même qu’il est en désaccord avec les méthodes brutales employées par la gestapo. Au point que plusieurs enquêteurs émettent l’hypothèse d’un acte commandé par les redoutables agents du Reich. Ce qui n’est pas démenti par le commissaire central qui aurait alors déclaré : « Je ne trouverai jamais rien. Quand je suis sur une liste ici, la gestapo m’ordonne d’aller voir ailleurs ».

    Il apparaît pourtant que la décision d’abattre un officier supérieur a été prise par le Comité national militaire du parti communiste. Trois militants Brustlein, Spartaco et Bourdarias auraient eu rendez-vous dans un petit restaurant de la rue Paul-Bellamy dont la gérante avait un frère prisonnier et n’aimait pas les Allemands. Les trois individus y prennent leurs repas les jours qui précèdent l’exécution de Holtz. Sont-ils de redoutables professionnels ? A l’évidence non, puisque le 19 octobre, ils ratent deux attentats qu’ils avaient projetés. C’est un peu par hasard qu’ils auraient pris pour cible Holtz abattu de deux balles dans le dos. L’arme qui devait tuer le médecin qui l’accompagnait se serait enrayée.

    Faire un exemple

    Il semble bien que la restauratrice ait donné des informations sur ces militants communistes à la police française. Elle aurait fait le 23 une déclaration au commissaire Coutant de la 4e brigade de police judiciaire. Elle tente de monnayer ses renseignements et insiste pour obtenir son dû. Informé à son quartier général, Hitler demande une réaction exemplaire alors qu’on lui dit soupçonner les services secrets britanniques ! Sur ordre du maréchal Wilhem Keitel, le général Warlimont s’entretient à 10h30 avec le général von Stülpnagel : « Je vous suggère de fusiller de 100 à 150 otages et d’imposer à la ville de Nantes une amende d’un million de francs-or destinée à récompenser les personnes qui collaboreront et fourniront des informations décisives pour l’interpellation des assassins ». Stülpnagel reçoit aussi cette mise en garde : « Des mesures douces seraient inopportunes ». Le gouvernement est également informé. A 11 heures, le ministre de l’Intérieur, Pierre Pucheu présente à son interlocuteur le major Beumelburg « les sincères regrets du gouvernement de Vichy et son souhait d’envoyer une commission d’enquête à Nantes ».

    Cinquante minutes plus tard, Stülpnagel résume ses mesures de représailles aux QG d’Hitler. « Je suggère l’exécution de cent otages de tous les milieux hostiles c’est-à-dire communistes, gaullistes et britanniques. J’y ajoute la prise de nouveaux otages, la fixation d’une prime d’un million pour la capture de l’auteur de l’attentat. Le couvre-feu sera instauré strictement à Nantes de 19 heures à 8 heures. » A midi et quart, le maréchal von Witzleben, commandant en chef à l’Ouest et chef du groupe d’armées D propose d’attendre avant d’exécuter les otages de voir si la prime annoncée permet l’obtention de renseignements décisifs.

    A 13h30, Hitler donne son feu vert aux réquisitions de Stülpnagel. Le gouverneur militaire de la France occupée transmet alors les recommandations de Witzleben pour gagner un peu de temps mais, peu après 14 heures, Hitler exige l’exécution immédiate de cinquante otages puis de cinquante autres dans les quarante-huit heures si le ou les auteurs de l’assassinat ne sont pas appréhendés. Pucheu peut rencontrer Stülpnagel en fin d’après-midi. Il présente ses condoléances au nom du maréchal Pétain et précise que le commissaire Delgay est envoyé à Nantes pour éclaircir cette triste affaire.

    En soirée, Stülpnagel adresse un rapport au QG d’Hitler dans lequel il affirme sa certitude d’une signature communiste de l’attentat mais sous-entend que les gaullistes ont autorisé le passage à l’acte. Le mardi 21, l’amiral François Darlan est reçu à son tour. Il présente « les regrets du gouvernement français pour l’assassinat de Holtz » et assure que « des représailles trop dures feraient le jeu de la propagande britannique ». La tension semble s’apaiser lorsqu’en soirée on apprend qu’à Bordeaux, le docteur Reimers, conseiller d’administration militaire a été abattu de cinq balles sur le chemin de son domicile. Les Allemands considèrent qu’il y a un lien évident entre ces deux attentats meurtriers. Les autorités locales désignent cent nouveaux otages. Stülpnagel hésite à appliquer les mesures brutales du führer étant à titre personnel hostile aux exécutions massives. Il exige des directives explicites d’Hitler pour mettre en application l’élimination immédiate de deux groupes d’otages à Nantes et à Bordeaux.


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    Le premier rapport de Jean Moulin

    Jean Moulin.
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  • La confection clandestine de tracts s’intensifie.
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  • Intervention. L’ancien préfet de l’Eure montre à Londres combien l’aide sincère à ceux qui résistent peut transformer le lien entre la métropole, les FFL et les Alliés.

    Le régime nazi doit-il douter de sa capacité à transformer l’Europe et à y généraliser son ordre nouveau ? Lorsque le 10 octobre 1941, un référendum organisé au Luxembourg par le parti germanophile et destiné à valider l’annexion du Grand-duché à l’Allemagne ne donne pas le résultat escompté, certains posent la question dans le but d’affirmer qu’il est toujours possible de s’opposer à Hitler. Pourtant sur tous les fronts où le Reich est engagé, il contrôle la situation même si les positions de ses unités ne sont pas forcément en phase avec les plans d’invasion préétablis. Le 15 octobre, une ordonnance établit en Pologne la peine de mort pour tous les Juifs qui seront surpris hors des limites des ghettos. Cette mesure atteste que les Juifs sont bel et bien parqués et privés des libertés publiques légitimement reconnues aux citoyens. Si les Allemands restent dominateurs et confiants, la pression exercée par les Britanniques contre les Italiens se renforce. Le 16 octobre, un puissant raid aérien très bien préparé vise la zone industrielle et le port de Naples. Une douzaine de victimes civiles est à déplorer mais les dégâts sont considérables en de nombreux secteurs de la cité. Les bombes incendiaires ont fait leur effet. Il ne s’agit que de la première étape d’une campagne de bombardements qui vise les ports stratégiques du Duce. Dès le 21 octobre, cinq nouvelles vagues d’appareils anglais déversent leurs cargaisons de bombes incendiaires et explosives sur Naples. Il s’agit aussi de réponses aux frappes aériennes de l’aviation italienne qui persiste à pilonner à Malte aussi bien le port de La Valette que l’aéroport de Micabba.

    Des attentes et des besoins

    Pendant ce temps, Jean Moulin établit en lien avec trois mouvements, Liberté, Libération nationale et Libération, un rapport sur les activités, les plans, les besoins des groupes formés en France en vue de l’éventuelle libération du pays. Le préfet qui se veut humble dans sa démarche croit utile de faire le point : « Quoique ces mouvements soient certainement connus des services de renseignements britanniques et français, je crois qu’il est de mon devoir de donner un bref aperçu de leurs activités ». Le travail qui est rédigé est très structuré puisqu’il définit d’abord les buts recherchés, fait l’historique avant d’inventorier les activités effectives parmi lesquelles il distingue la propagande, l’action directe avec les volets du recrutement, de la contre-propagande, du sabotage, les activités militaires, les liaisons avec l’Angleterre. A la mi-octobre, le préfet estime que le sabotage atteint un stade où il commence à attirer l’attention. Il insiste sur les difficultés à établir des contacts avec la Grande-Bretagne : « Les chefs et un certain nombre de partisans des trois mouvements ont très souvent essayé de créer des liens. Les résultats obtenus ont été décevants, quelques communications emportées de la zone occupée par des avions anglais, ou quelques tracts d’informations reçus de Londres par le même moyen, ont constitué les seuls fruits de leurs efforts jusqu’à ces derniers temps ».

    C’est l’occasion pour Moulin d’insister sur le besoin de créer des passerelles solides pourtant promises par des agents britanniques infiltrés mais qui n’ont jamais été suivies d’effets. A ces difficultés dont il a vérifié la véracité et dont il montre le handicap, il oppose les facilités avec lesquelles le maréchal Pétain a été en capacité d’envoyer à Londres un émissaire direct en la personne du colonel Groussard et cela avant son arrestation. Le préfet mesure le degré d’agacement que provoque l’occupation en zone nord : « La masse ardente des Français qui est restée sous le joug ronge son frein et attend toujours l’occasion de secouer ce joug. Il serait fou et criminel de ne pas utiliser ces soldats, qui sont prêts à faire les plus grands sacrifices, dans l’éventualité d’opérations de grande envergure entreprises par les alliés sur le continent ». Se projetant dans l’avenir, il dessine plusieurs hypothèses : « En admettant que, ni l’idée d’un débarquement en France ou en tout autre point de l’Europe occidentale, ni celle d’un soulèvement simultané de toutes les nations occupées ne puisse se matérialiser, les trois mouvements sont convaincus qu’au moment d’une victoire britannique, la France sera dans un tel état que les brigades formées par des patriotes français seront de la plus extrême nécessité pour maintenir l’ordre et pour aplanir la transition d’un régime à l’autre ».

    Une analyse pertinente

    Il met en garde aussi contre les rumeurs qui circulent y compris dans des cercles gaullistes en métropole comme quoi les dirigeants anglais ne seraient pas fâchés de conserver le gouvernement du maréchal Pétain, même après l’écrasement de l’Allemagne, afin que la paix soit signée dans les meilleures conditions avec un partenaire discrédité. Si cela peut sembler totalement irréaliste, on ne mesure jamais assez le poids sur l’opinion publique du « on dit ». Pour le préfet, les trois mouvements ont un certain nombre de plans qui exigent les mesures suivantes : « accroissement du nombre des enrôlements, formation des cadres, instruction pour le combat et la reconnaissance des points stratégiques, diffusion des ordres, débarquement d’armes en France occupée et en France non occupée, transit des armes d’une zone à l’autre, constitution de dépôts d’armes et de munitions ». Il insiste encore sur le besoin d’une aide immédiate. Cela passe par un soutien pécuniaire de manière à entretenir le niveau de propagande : « Il ne faut oublier qu’on ne peut jamais faire usage du système postal, télégraphique et téléphonique et que tous transports et communications s’effectuent par des émissaires voyageant à bicyclette ou par le train ». Il suggère que les mouvements en cours de constitution puissent camoufler leurs activités sous une couverture commerciale ou industrielle : « ce qui aurait l’avantage d’écarter la suspicion et de fournir les ressources matérielles nécessaires, camions, voitures, moteurs, personnel etc. Les sommes mensuelles demandées par les trois mouvements afin d’élargir leur rayon d’action, équivalent à peine au taux actuel de change de notre franc dévalué, à un cinquième du coût d’un bombardier et à peine plus que le prix d’un simple raid pour un lancer de tracts par un petit nombre d’avions ».

    En résumé on retient de cette étude que les mouvements souhaitent un soutien moral, des communications régulières et faciles avec Londres et le général de Gaulle, des fonds et pour commencer une somme de trois millions par mois pour les trois mouvements, des armes avec d’abord des équipements légers puis des moyens lourds d’intervention. Jean Moulin ne se veut qu’un modeste messager de trois mouvements qui, en raison de la situation sur le terrain, lancent un vrai SOS à Londres. Il insiste sur les sacrifices déjà consentis, sur le nombre de ceux qui sont déjà emprisonnés pour avoir osé s’opposer : « Ceux qui continuent le combat ne doivent pas rester sans aide. C’est l’intérêt immédiat de la Grande-Bretagne et de ses alliés. Ce doit être aussi une des raisons d’être des Forces françaises libres. C’est l’espoir d’un peuple entier réduit à l’esclavage ». Bref lutter contre les Allemands et le gouvernement de Vichy a un prix. Londres doit le comprendre sans tarder.

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    Union111015a
    CORMONTREUIL : Réunion de la Fnaca : Les anciens combattants font le point

    Près de 90 personnes ont participé à cette assemblée.
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  • Les anciens combattants regroupés au sein du comité local de la Fnaca se sont réunis le week-end dernier. Près de 90 membres ont participé tout d’abord à l’assemblée générale présidée par Jean Bo, en présence notamment d’André Van Compernolle, adjoint au maire, et Régine Pillière, conseillère régionale. Président de la Fnaca de Reims, M. Forget était également présent ainsi que M. David, président des médaillés militaires, et M. Fauvet, président départemental.

    Au cours de cette réunion, pendant laquelle ont été présentés les différents rapports, les élus ont, une nouvelle fois, été interpellés « pour obtenir une place, une rue ou un rond-point du 19-Mars-1962 ». Une question qui revient régulièrement à l’ordre du jour, déjà au temps de l’ancienne municipalité.

    M. Fauvet a ensuite évoqué les diverses revendications avec le gouvernement : 19 mars, retraite du combattant mais aussi la réduction du budget des anciens combattants. « Malgré les promesses du président de la République, nous n’obtiendrons pas les 48 points promis », a fustigé le président.

    Le lendemain de cette assemblée, les anciens combattants se sont retrouvés de nouveau dans cette même salle mais pour le repas traditionnel entre amis.

    Le prochain rendez-vous est fixé au 18 novembre, à l’occasion du beaujolais nouveau.

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    Union111012b
    MONDEMENT : Légion d’honneur : Une cérémonie émouvante

    Sur la tombe de Christiane Desroches-Noblecourt.
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  • La Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur du comité d’Epernay est venue à Mondement pour déposer la palme de la Légion d’honneur sur la sépulture de Christiane Desroches-Noblecourt, égyptologue mondialement connue.

    C’est en présence de son fils Alain Noblecourt et de sa compagne, d’Anne-Marie Desroches maire de Mondement, du colonel Jean-Pierre Prato, président de cette société, de Maurice Lesanne vice-président, de François Mlakar porteur du drapeau, d’Yvette Lundy porteuse du coussin présentant la palme, de Jean Menjoz, de Gérard Labrune, et du ccolonel Serge Finck, que cette émouvante cérémonie s’est déroulée.

    Tour à tour Jean-Pierre Prato et Serge Finck , ont retracé la vie extraordinaire de Christiane Desroches-Noblecourt. Une vie consacrée à l’Egypte et à tous ses trésors. N’a-t-elle pas été surnommée « la Dame du Nil » ou « la pharaone ! ».

    Mais n’oublions pas son engagement dans la Résistance à l’ennemi . Puis la palme fut déposée sur la sépulture, créant un grand moment d’émotion et de recueillement.

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    Union111012a
    AY : L’hommage à Yvette Lundy

    Malgré les épreuves de la guerre, Yvette Lundy continue à véhiculer son message d’espoir parmi la jeune génération.
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  • Le collège d’Aÿ portera dès vendredi le nom de cette grande figure de la Résistance.
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  • Grande figure de la Résistance marnaise, Yvette Lundy donnera vendredi son nom au collège d’Aÿ. La cérémonie se déroulera en présence de la Sparnacienne.

    « QUAND la proposition m’a été faite, j’ai ressenti beaucoup d’émotion. C’est un honneur puissant, un honneur qui ne se refuse pas. » A quelques jours de l’hommage qui doit lui être rendu, Yvette Lundy nous reçoit chez elle, dans son appartement d’Epernay. En effet, c’est ce vendredi, que le collège d’Aÿ initialement baptisé « Les Bleuets », prendra officiellement le nom de cette ancienne institutrice, figure emblématique de la Résistance marnaise.

    A 95 ans, Yvette Lundy met toujours autant d’énergie à transmettre les valeurs de la Résistance, en témoignant auprès des jeunes générations. « Cela fait près de 35 ans que je témoigne au collège d’Aÿ ». C’est d’ailleurs à cette occasion que Yannick Tschens, principal de l’établissement agéen a rencontré Yvette Lundy, « une grande dame qui a valeur d’exemplarité et qui livre aux élèves et aux adultes une belle leçon d’humanité ». L’homme salue également « le souci d’honnêteté » de la Sparnacienne. « Elle ne témoigne que ce sur quoi elle est certaine à 100 %. Il existe un véritable échange entre elle et les collégiens à qui elle transmet des valeurs fortes ».

    Arrêtée par la Gestapo

    Plus qu’un symbole, Yvette Lundy reste encore aujourd’hui une référence pour cette jeune génération en qui elle croit énormément. « Il faut faire confiance aux jeunes mais aussi leur donner de quoi avoir confiance en l’avenir ». Des jeunes à qui elle se livre à chaque intervention. « Je revis à nouveau toute cette période et la nuit qui suit la conférence, je suis dans l’impossibilité de trouver le sommeil », avoue-t-elle.

    Née en 1916, Yvette Lundy devenue institutrice à Gionges, s’engage très tôt dans la Résistance, tout comme ses trois frères et sœur. Elle fournit papiers et tickets d’alimentation à des prisonniers évadés, ainsi qu’à une famille juive. Yvette Lundy assure également l’hébergement à des réfractaires du travail obligatoire et à de nombreux résistants traqués. Elle est arrêtée à Gionges le 19 juin 1944. « Ma Résistance s’est arrêtée net dès que la Gestapo est venue m’arrêter… », explique-t-elle aux élèves venus l’écouter.

    Une pensée libre

    Là, ils apprennent que l’ex-institutrice est déportée dans les camps de Ravensbrück puis de Buchenwald. Elle évoque alors la vie de ces camps d’extermination « où l’on entre par la porte, et l’on sort par la cheminée ». Si le témoignage bouleverse chacun de ses auditoires, Yvette Lundy apporte aussi l’espoir : « Oui, nous étions des esclaves, mais notre pensée était libre. ILS ne pouvaient pas nous la prendre ». Et si, à près de 96 ans, cette rescapée des camps de la mort témoigne encore « c’est pour rendre hommage à tous ces hommes et ces femmes qui n’ont pas eu la chance de voir la France libre ». Une liberté qui remonte pour l’ancienne institutrice de Gionges au 18 mai 1945 « à 14 h 30 précises. Mon premier pas sur le sol français. Pour moi, c’était cela la liberté. On sort de l’enfer pour entrer dans un pays libre. Et là, on se dit que l’on n’a plus rien à craindre ». Si Yvette Lundy a décidé de limiter ses déplacements au département, elle n’en continuera pas moins à témoigner. Un témoignage qui passera peut-être par la rédaction d’un livre de souvenirs… Des souvenirs qu’elle continue de distiller au sein même de sa famille, chez ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants… Une magnifique leçon d’humanité.

    Corinne LANGE

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    Union111012a
    Une grande dame

    « La liberté n’est pas un droit, c’est un devoir ». Cette maxime de Nicolas Berdiaeff, Yvette Lundy lui a donné par son engagement une épaisseur morale indestructible. Comme une fleur que l’on arrose au quotidien pour lui garantir sa vitalité et lui permettre d’illuminer durablement son chez-soi, elle a renouvelé ce geste des milliers de fois pour que son témoignage demeure celui de la vérité, celui d’une combattante pour la France, heureuse de transmettre aux plus jeunes les valeurs qui sont l’ossature inaltérable de notre République et ont forgé ses convictions de femme libre.

    De l’immense tristesse qui l’a traversée comme un frisson de honte à l’annonce par Pétain du renoncement de son pays en passant par l’espérance générée par l’appel du général de Gaulle, le quotidien difficile d’une résistante aussi déterminée que consciente des dangers, de l’ouverture des portes de Ravensbrück jusqu’à aujourd’hui, Yvette Lundy s’est donnée à la France. Qu’a-t-elle donc le sentiment de lui devoir pour demeurer en première ligne avec le souci constant d’être digne de la mission qu’elle s’est assignée ? Tout. Parce qu’elle a la certitude tranquille d’appartenir à son histoire et d’être légitime dans son choix d’agir pour que ce beau pays ne perde ni la mémoire, ni la trace de ceux, petits ou grands, qui ont lui ont tout donné par amour.

    Dire non à l’inacceptable

    Cet engagement est un accomplissement, celui d’une grande dame dont la modestie et la sincérité donnent de la chair à notre devise de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Cet engagement est une œuvre au service de la mémoire par une parole forte et constante nourrie d’une expérience irremplaçable. Yvette Lundy a vu la barbarie à visage humain, a éprouvé la souffrance, a subi les violences les plus cruelles. Mais elle a toujours trouvé la force de se redresser pour croiser le regard de ses bourreaux et mieux leur signifier par un sursaut d’orgueil qu’ils n’auraient jamais le dernier mot.

    Alors donner son nom de son vivant à un collège de notre département est une juste reconnaissance pour celle qui a rencontré des dizaines de milliers de jeunes et leur a expliqué ce qu’a été l’occupation, la résistance et la déportation. Elle le fait, soutenue des siens et de toutes ses camarades dont la vie a été confisquée en pleine jeunesse derrière les barbelés de la haine. Elle le fait, convaincue qu’il restera toujours quelque chose de son propos. Même si cela n’a que la taille d’une graine de moutarde, sa croissance donne alors une plante vigoureuse bien oxygénée pour une citoyenneté pleinement assumée.

    Vendredi, lorsque le collège d’Ay sera officiellement baptisé du nom d’Yvette Lundy, le plus bel hommage qui pourra lui être rendu c’est d’associer en cet instant tous ceux qui, à son exemple, ont fait le choix de la France debout et dont les noms sur nos monuments aux morts, dans nos cimetières, témoignent qu’avoir le courage de dire non à l’inacceptable c’est dire oui à l’honneur d’être Français. De Gaulle n’écrivait-il pas en pensant à eux : « Votre pensée fut naguère la douceur de nos deuils. Votre exemple est aujourd’hui la raison de notre fierté. Votre gloire sera pour jamais la compagne de notre espérance ».

    Hervé CHABAUD

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    Union111011c
    AUMENANCOURT : Une rue en cadeau : Gaston Nicolas à l’honneur

    De nombreux officiels ont participé à la cérémonie d’hommage.
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  • A Auménancourt, samedi 8 octobre, Gaston Nicolas a reçu les honneurs dus à son titre de centenaire.

    De nombreux officiels l’attendaient sur le parvis de l’ancienne église de Pontgivart, devenue le centre culturel : Eric Kariger conseiller général, Franck Gureghian maire d’Auménancourt, Lucien Machet, président de l’Arac, Association républicaine des Anciens Combattants et victimes de Guerre de la Marne, et Robert Clément, président des Anciens Combattants ACPG, CATM du Canton de Bourgogne.

    Des anciens combattants, des pompiers, de nombreux Courcéens et des parents et amis de Gaston Nicolas étaient présents et lorsqu’il est arrivé, tous l’ont accompagné près du monument aux morts.

    La fanfare de Bourgogne a joué la marche de la 2e DB. Ensuite, Gaston Nicolas a dévoilé la plaque de la rue qui portera désormais son nom. La cérémonie a continué à l’intérieur du centre culturel où les discours ont été prononcés.

    Robert Clément a rendu un vibrant hommage à Gaston Nicolas qui, comme lui, a été incorporé au 106e RI et a porté le titre de président des anciens combattants du canton de Bourgogne.

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    Union111011b
    SUIPPES : Jusqu’au 29 octobre : Monuments et vestiges de guerre en photo

    Suite au concours de photographies organisé cet été sur le circuit de mémoire « Sur les pas des armées de Champagne », le Centre d’interprétation Marne 14-18 expose une sélection des clichés à la Maison des associations de Suippes, jusqu’au 29 octobre.

    Un jury, composé de Marne 14-18, des associations Dclick de Suippes et Clic Clac Club de Cormontreuil, a effectué une pré-sélection des photographies reçues dans le cadre du concours. Celles-ci seront exposées salle Hardheim à la Maison des associations de Suippes.

    Pendant toute la durée de l’exposition, le public sera invité à voter pour la meilleure photo. A la suite de l’exposition, une cérémonie de remise de prix sera organisée par le Centre d’interprétation le samedi 29 octobre à 11 heures.

    Les photographes plébiscités par le public seront alors récompensés.

    Ouvert du mardi au vendredi, de 14 à 18 heures. Le samedi de 14 à 17 heures. Entrée libre. Contact : Marne 14-18 Centre d’interprétation - 4 ruelle Bayard - 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09.

    contact@marne14-18.fr - www.marne14-18.fr - www.facebook.com/marne1418

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    Union111011a
    MARDEUIL : Organisée par Amnesty International : La foire aux livres a fait des heureux

    On cherche, on fouille, on trouve…
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  • Le groupe d’Epernay d’Amnesty International organisait, ce week-end, sa foire aux livres annuelle à la salle des fêtes de Mardeuil.

    Francis Binse, secrétaire du groupe, rappelle la finalité de cet événement : « Les recettes contribuent au financement des activités de notre organisation, tant au plan local que national ou international. Nous menons une campagne « dignité », pour la reconnaissance du fait que les pauvres ne peuvent faire valoir leurs droits.

    Il s’agit donc d’un moyen de pression pour lier ensemble le droit, la justice, la réparation. Une autre campagne est en route, sous forme d’une pétition pour les femmes d’Egypte, pour que leurs droits soient respectés, pour qu’elles ne soient pas écartées du processus de réforme, et une autre pour l’abolition de la peine de mort en Biélorussie ».

    De 8 à 10 000 ouvrages, collectés tout au long de l’année grâce à l’aimable concours d’un commerçant sparnacien, puis stockés dans un local à Aÿ, sont ainsi proposés chaque année à prix modique.

    « Nous faisons en sorte de ne présenter que des livres en bon état, ce qui nous vaut une clientèle fidèle, et la démonstration que les Français lisent toujours, malgré l’avènement des nouveaux supports numériques. »

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    Union111009c
    LIVRE : La jeune auteur algérienne Kaouther Adimi de passage à Reims

    La jeune Algérienne
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  • REIMS (Marne). Auteur à 23 ans d’un premier roman faisant des portraits croisés d’Algériens, Kaouther Adimi s’est livrée sur son travail, sa vie d’étudiante. Rencontre.

    ELLE est jeune, plutôt menue : c’est cette « gamine » qui a écrit « L’envers des autres » ? La première impression lors de notre rencontre avec Kaouther Adimi, écrivaine algérienne de 25 ans, de passage à Reims avec Nova Villa, est fausse, totalement fausse.

    C’est une femme très mature, qui porte un regard parfois cynique, surtout intransigeant sur le monde, notamment sur son pays.

    Titulaire d’un master 2 en lettres modernes, elle a enchaîné avec un autre master 2, cette fois en ressources humaines. « J’ai fait la fac de lettres pour la culture générale, sans vraiment d’idée de métier. J’ai fait des stages de journalisme, de prof, mais cela ne m’a pas donné envie. Faire carrière comme romancière ? Je commençais à être publiée, et à force d’être dans ce monde très fermé des auteurs, j’ai eu envie d’avoir un pied dans le monde réel. Cela nourrit mon écriture. Je ne me vois pas faire qu’écrire. »

    Des contes de fées

    Elle ne dira rien sur le métier qu’elle exerce dans les ressources humaines, préférant parler de « son » Algérie, « mon domaine de jeu, j’y rencontre des gens inspirants ». Kaouther vit en France depuis trois ans, mais elle respire toujours Alger la blanche, cette ville mythique à la fois « fascinante et repoussante. J’ai envie de la raconter, puis de créer un monde autour d’elle ».

    L’écriture, Kaouther l’a dans le sang, depuis toute petite. « Dès l’école primaire, en France (elle y a vécu de 4 à 8 ans), l’instit nous faisait écrire pour pouvoir dessiner. J’adorais le dessin, puis l’écriture a pris le dessus. C’était des contes de fées, avec des princesses, des dragons… De retour en Algérie, on ne trouvait pas de livres, en 1994. Je me suis mis à écrire pour… lire après ! Ça n’a pas marché ! »

    Un café littéraire

    Kaouther a encore le cahier de ses 8 ans, et de toutes ses années d’adolescence. « J’ai tout gardé, c’est rigolo, mais pas publiable… » Etonnamment, la jeune Algérienne sera fort surprise de voir que chez beaucoup d’amis, « il n’y a pas de bibliothèque. Dans ces maisons, je me sens mal, j’ai l’impression que le copain en question était dépossédé ».

    C’est à la fac d’Alger, en 2005, qu’elle a commencé à vraiment écrire, « car j’avais beaucoup de temps libre. J’ai vu une affiche sur le prix du jeune écrivain de langue française, à Toulouse. J’ai envoyé une nouvelle, et j’ai été lauréate en mai 2006 ». Elle sera de nouveau primée lors de ce festival en 2008, mais c’est juste avant, en Algérie, que sa carrière d’écrivain va prendre forme.

    « Je travaillais avec une association d’étudiants, pour mettre en place un café littéraire. On faisait partager un livre à des jeunes, puis on invitait l’auteur pour une rencontre. Il y avait un monde fou ! » Et personne n’empêchait ces rencontres, pas de censure ? « Non, le plus difficile à Alger, c’est de trouver des lieux mais aussi de motiver les gens. » La preuve, un seul éditeur a répondu présent pour aider les étudiants pour ces cafés littéraires.

    Et les éditions Barzakh auront un coup de cœur pour Kaouther Adimi, lui demandant d’écrire un roman. « Avec les nouvelles, je n’arrivais pas à écrire tout ce que j’avais à dire. » Ainsi est né « Des ballerines de papicha », édité en Algérie, et un an après en France sous le titre « L’envers des autres » chez Actes Sud. « En fait, papicha, c’est de l’argot algérois, donc il fallait absolument un autre titre. »

    Le deuxième roman est déjà en cours, dans la tête de Kaouther. « J’écris dans ma tête tout le temps, en structurant, avec la ponctuation et tout ! L’écriture, pour moi, est un travail très très solitaire. » Sa notoriété commence à être grande, tant en Algérie qu’en France. « Je ne m’y attendais pas, mais ce n’est que du positif. Ici en France, je suis un peu en décalage, car le livre est sorti un an après. »

    Coup de chance pour nous Français : « J’écris dans cette langue car je suis passée en France en étant petite, mais si mon père, qui travaillait dans la communication, avait été en Russie, j’aurais écrit en russe… »

    Guillaume FLATET


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    La vie à Alger dans les bus

    « Alger est une ville qui nous donne des gifles ! »
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  • Petite, Kaouther avait décidé de son avenir : « J’avais fait un plan de vie sur les soixante-dix prochaines années… J’allais devenir astronaute, factrice ou bibliothécaire. Finalement, tout a été bouleversé ! ».

    Son roman, « L’envers des autres », est une série de portraits, d’Algériens qui se croisent sans se rencontrer, sauf deux petits enfants.

    Une vision prenante de l’Algérie d’aujourd’hui, qui parle de la solitude dans les grandes villes, de la vérité « qui change d’un personnage à l’autre. J’aime raconter des histoires d’hommes et de femmes, écrire la manière dont on est perçue par les autres ».

    Kaouther se nourrit des conversations dans le… bus à Alger. « Ce n’est pas comme en France, où les gens ont leur MP3, leur journal, ou se taisent tout simplement. A Alger, on peut connaître la vie des autres si l’on écoute les conversations entre deux amis. C’est comme un endroit intime, hors famille. A Alger, il n’y a pas de banc, de parc, mais il y a les bus. »

    Ah, Alger ! Kaouther en parle en termes forts : « On l’admire et on veut la quitter. C’est une ville qui nous donne des gifles ! Toutes nos émotions sont refoulées, on ne sort pas d’un cadre très neutre ».

    Kaouther Adimi est née en 1986, et a vécu entre Alger, Oran, Grenoble et Paris. Prix du jeune écrivain francophone en 2006 et 2008, prix de la nouvelle des insomniaques en 2007, elle reçoit aussi le prix du Festival international de littérature et du livre de jeunesse en 2008. « Des ballerines de papicha » a été publié en juin 2010 en Algérie, « L’envers des autres » est sorti en mai 2011 chez Actes Sud en France.


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    « Les Tunisiens nous ont donné tout l’espoir du monde »

    Le printemps arabe, la jeune Algérienne l’a vécu entre « frustration et espoir formidable. J’étais en France, et j’avais terriblement envie de rentrer. Ce que j’ai fait en juin, et j’ai eu une grosse déception, car j’ai eu l’impression que rien n’avait changé à Alger. Pourtant, il y a un besoin de démocratie dans mon pays. Sauf que l’époque du terrorisme, c’était juste hier. Les Algériens n’étaient sans doute pas prêts, mais la Tunisie, l’Egypte, nous ont montré que tout peut arriver très vite. »

    Kaouther analyse parfaitement la situation : « On n’a pas connu ce court moment de la révolution de 1962, comme nos parents. Cela leur a donné du courage et de l’espoir. La Tunisie, c’était un peu notre station balnéaire, un petit pays par rapport à nous qui étions si forts avec notre pétrole et notre gaz. Eux ne vivent que du tourisme. Et voilà que ce peuple met son président dehors ! Les Tunisiens nous ont donné tout l’espoir du monde. C’était notre moment à nous, pour notre génération ».

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    Union111009b
    LIVRE : Dans la peau d’un collabo antisémite

     

    Avec Monsieur le Commandant de Romain Slocombe, la collection les Affranchis de chez Nil éditions nous livre un roman d’une rare intensité. Le principe de cette série est de proposer à des auteurs d’écrire « la lettre qu’ils n’ont jamais écrite ». Cela peut être à une personne proche, à un lieu, quelque chose de réel ou alors de totalement imaginaire. Invité à se lancer dans cet exercice, Romain Slocombe s’est mis dans la peau d’un collabo qui écrit une lettre de délation à un officier Allemand.

    A travers une longue confession, Paul-Jean Husson, ce collabo imaginaire, raciste et antisémite, retrace les étapes de sa vie qui l’ont vu notamment avoir une belle-fille… juive. Le récit est très détaillé, troublant, cynique, noir, dérangeant. Une vraie réussite qui a valu d’ailleurs à Romain Slocombe de faire partie de la première sélection pour le prix Goncourt 2011.

    G. A.-T.

    Monsieur le Commandant, Romain Slocombe, Nil éditions, 272 pages, 18 euros.

     

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    Union111009a
    HISTOIRE : 1941

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    La discipline gaullienne

    Le général a toujours le souci du juste emploi des unités des FFL dans les combats en cours. C’est la raison pour laquelle il écrit le 14 octobre 1941 au général Platt, commandant en chef britannique et Afrique orientale. Il lui confie son souci de savoir que des difficultés existent pour un emploi immédiat au front du quatrième bataillon de marche pourtant disponible pour les opérations programmées à Gondar, une ville d’Ethiopie toujours sous le contrôle de l’armée italienne. « Ce bataillon s’est engagé sans réserve contre des Français au Gabon et en Syrie et mérite pleinement l’honneur d’être engagé maintenant contre l’ennemi. Je suis persuadé que vous appréciez parfaitement bien toute l’importance de cela. Aussi je vous demande personnellement de bien vouloir examiner à nouveau la possibilité de l’emploi du bataillon contre les Italiens malgré les grandes difficultés de transport ». Le même jour, il télégraphie au colonel Palewski qui est au Caire (Egypte). Il lui explique qu’il a réagi dans l’instant à son propre télégramme et en a adressé un au général Platt pour qu’il reconsidère sa position. Et de mentionner : « En cas d’impossibilité absolue de faire participer ce bataillon à cette affaire, compensation lui sera donnée par son envoi en temps opportun sur un autre théâtre d’opérations ». Le général demande à son interlocuteur d’informer le commandant Buisson de son intervention auprès du commandement britannique et de lui préciser qu’il n’oublie pas ce beau bataillon. Il garantit qu’à la première occasion, il marchera vers l’ennemi. Il lui faut faire patienter mais surtout rassurer tous ceux qui sont prêts à se battre et contrer les propagations de mauvaises nouvelles.

    Celles qui concernent les progressions significatives des Allemands en Union Soviétique sont jugées préoccupantes et exigent selon de Gaulle, une ferme réplique à la fois patriotique et pédagogique. C’est le sens du télégramme qu’il envoie à la fois au médecin général Sicé à Brazzaville, au haut-commissaire Georges Thierry d’Argenlieu à Papeete, au général Georges Catroux à Beyrouth et à Louis Bonvin à Pondichéry. Le chef de la France libre est aussi directif que déterminé : « Veuillez communiquer à tous les éléments militaires et civils sous vos ordres le message suivant : Les succès militaires de l’Allemagne en Russie et le parti qu’en tire la propagande ennemie ne doivent pas tromper les Français une seule minute. L’énorme accroissement des forces alliées et la résistance croissante des peuples asservis, avant tout du peuple français, pèsent et pèseront beaucoup plus lourd dans la balance de la guerre que la progression des tanks allemands sur le territoire immense de la Russie. C’est le moment de serrer les dents, de tenir ses nerfs et sa langue et de redoubler d’efforts dans tous les domaines comme nous l’avons fait naguère à l’appel de Clemenceau ». Il rend au passage hommage à la ténacité du Tigre plus offensif que jamais malgré les difficultés de novembre 1917 jusqu’à la victoire un an après.

    La cohérence est partout indispensable comme il le rappelle aussi dans un télégramme envoyé à Albert Guérin, président du Comité France libre d’Argentine qui a des difficultés avec Albert Ledoux, délégué de la France libre pour l’Amérique du Sud : « Rien ne peut nous faire plus de tort qu’une telle désunion et il est indispensable que vous trouviez un terrain d’entente pour une explication franche et loyale. Le rôle de Ledoux et le vôtre ne sont pas les mêmes ». Et d’ajouter à Guérin : « Je fais appel à votre patriotisme et au sien pour mettre fin à une situation dont la prolongation serait très préjudiciable à notre cause. Je suis heureux de vous annoncer votre nomination dans l’ordre de la Libération ». L’avenir de la France exige de surmonter les différends


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    L’armée rouge attend la raspoutitsa

    Des villageois fuient la guerre.
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  • Les Allemands utilisent leur artillerie dans la guerre urbaine.
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  • Des bombardiers allemands survolent les ruines de Smolensk.
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  • Des chars soviétiques, hors de combat ?
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  • Enlisement. Un rapport de l’aviation soviétique confirme le 5 octobre 1941 que la menace sur Moscou est réelle. Au Kremlin on accuse l’officier signataire de défaitisme mais Staline hausse le ton.

    Une patrouille de l’aviation est formelle. Une colonne des forces allemandes d’une vingtaine de kilomètres de long a été repérée près d’Ioukhno. Le doute n’est plus permis et on peut toujours minimiser cette information au quartier général de l’état-major de l’Armée rouge, la capitale est menacée. Les officiers les plus optimistes qui refusent de s’aligner sur une vision politique étriquée de la situation parient sur le seul moyen susceptible de ralentir la progression des forces d’invasion : la raspoutitsa c’est-à-dire la saison des boues qui, avant l’hiver défonce chemins et champs, et rend les déplacements difficiles en raison des risques accentués d’enlisement. La météo est plutôt du côté des Soviétiques puisque dès le 6 octobre, les averses de neige suivies de gel puis d’un dégel brutal transforment brutalement la nature du sol. « Une pareille gadoue, personne n’en a vu, c’est sûr : la pluie, la neige, une soupe, liquide, un marécage sans fond, une pâte noire, touillée par des milliers et des milliers de bottes, de roues et de chenilles. Les Allemands s’enlisent dans notre infernal automne, dans le ciel comme sur la terre. Nous pouvons leur échapper » griffonne l’écrivain Vassili Grosman. Pour certaines unités sur le point d’être encerclées, cette situation leur permet de gagner la route Orel-Toula. Chance ou hasard, l’auteur repère même une pancarte qui mentionne Iasnaï Poliana, la propriété que Léon Tolstoï possède à une vingtaine de kilomètres au sud de Toula. Pour oublier le danger, il suggère à plusieurs de ses camarades d’aller la visiter !

    Tolstoï et Guderian

    Un autre hiérarque a déjà marqué l’endroit sur sa carte. Le général Guderian est décidé à y installer son quartier général pour finaliser l’assaut de ses forces blindées sur Moscou. D’ailleurs l’atmosphère est partout à la retraite. Il y a des caisses et des paquets. L’ordre pour tous ces gens déplacés est de rejoindre la capitale et de s’y enterrer pour la défendre jusqu’à la mort. Déjà des barricades sont érigées selon plusieurs périmètres qui ont été prédéterminés de manière à installer plusieurs lignes défensives et à les fortifier autant que cela est possible. Les correspondants de guerre sont pressés de questions. « Pourquoi n’avez-vous rien écrit sur la défense héroïque d’Orel » interroge un commissaire indigné. Et de recevoir pour simple réponse : « Parce qu’Orel n’a pas été défendue » ! La langue de bois est employée dans les bulletins du Bureau soviétique d’information (Sovinformburo). Il est impossible pour le pouvoir communiste de publier des reportages sur la percée du front de Briansk, la prise d’Orel par l’ennemi. En tout cas pas avant que les communiqués officiels aient été validés. On est dans une stratégie de désinformation. C’est la guerre !

    Pendant ce temps, une partie du 1er corps de fusiliers de la garde de Leliouchenko qui est composé de deux divisions de fusiliers et de deux brigades blindées est aéroporté dans la région d’Orel sur ordre personnel de Joseph Staline. En tant que chef des armées, il fait intervenir les redoutables chars T 34 de la 4e brigade blindée placée sous les ordres du colonel Katoukov. Cet officier à l’entière confiance du maître du Kremlin. Le 14 octobre, la 10e division blindée et la division SS Das Reich atteignent le vieux champ de bataille de Borodino à un peu plus de cent kilomètres à l’ouest de Moscou. Pendant ce mouvement, la 1re division blindée conquiert Kalinine sur la Volga au nord-ouest de la capitale. Les blindés de Guderian continuent de se rapprocher de Toula. La situation est tellement critique que le 15 octobre, on demande aux ambassades étrangères à Moscou de prendre toutes les dispositions indispensables au départ dans les meilleurs délais de leurs personnels vers Koïbychev. Dans les chancelleries on comprend que ce scénario signifie que l’état-major soviétique n’est pas certain de parvenir à stopper l’ennemi devant la capitale et craint la chute du Kremlin. Il n’empêche que la propagande communiste prend le temps de définir des plans d’articles de manière à maintenir le moral de la population.

    Plumes tenues

    Les correspondants de guerre n’ont plus qu’à boucher les trous d’une histoire qu’on leur suggère. Cet exemple est parlant : « L’idée de base : un jeune Soviétique débordant de joie de vivre part pour la guerre plein d’intérêt et de curiosité. Au front, témoin de la souffrance des gens et amené à passer lui-même par un chagrin personnel, il se transforme en guerrier endurci et féroce, débordant de haine envers l’ennemi. Dans le récit, le thème principal est la haine et son caractère implacable. Nous voulons y décrire en détail l’armée et les combattants, les généraux, les officiers, les soldats, les kolkhoziens, les ouvriers de chez nous, les villes et les villages en train de forger une grande défense. L’idée intrinsèque du récit : le caractère d’acier des Soviétiques qui ne peuvent avoir pour destin que la victoire. Ils s’endurcissent dans les flammes des villes qui brûlent, dans les villages détruits par les Allemands ».

    On cherche aussi à décrire les soldats ennemis comme les clones de la terreur. On recommande de les décrire après une observation de leur façon de vivre la campagne : « Le soldat soviétique s’est approché en rampant. Leur façon d’être est celles de fous complets. Ils hurlent, ils se comportent comme des animaux, ils tirent au hasard aussi bien avec des mitrailleuses que des fusils ou des armes de poing. Le brave soldat de l’Armée rouge est médusé par la façon de faire de ces hordes de sauvage ».

    Il n’empêche que les choses ne vont pas assez vite. Hitler est mécontent lorsqu’il apprend le 8 octobre 1941 que les Soviétiques persistent à résister dans la banlieue de Leningrad. A l’état-major les quatre mois prévus pour faire basculer l’URSS dans le chaos sont sur le point de s’achever et l’Armée rouge bien que sérieusement amputée parvient toujours à résister et plus grave reçoit de nouveaux moyens pour combattre. Cela veut dire que le potentiel industriel de guerre n’est pas anéanti. Leeb propose d’étrangler un peu plus la métropole soviétique. Hitler opte pour une poussée sur Tikhvine qui est un nœud ferroviaire clé. Cette option est risquée parce qu’elle contraint les troupes d’assaut à faire un large détour or l’incertitude météorologique peut tout remettre en cause. D’autant que trois armées soviétiques sont déployées pour dissuader les Allemands de s’aventurer plus avant. Ce sont la 54e du général Khozine, la 4e du général Yakovlev et la 7e du général Meretskov. Elles sont susceptibles de recevoir de nouvelles pièces d’artillerie et d’être également dotées en pièces de DCA pour s’opposer aux attaques de la Luftwaffe. L’envahisseur prépare un nouveau mouvement de ses corps blindés pour la mi-octobre pour étouffer l’Armée rouge et l’isoler définitivement de ses axes de ravitaillement. Comme les unités soviétiques n’ont pas eu le temps de s’enterrer leur résistance ne doit pas durer très longtemps. Mais dans le secteur les premiers flocons tombent…

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Pétain accable Blum

    Léon Blum est une cible du maréchal.
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  • Les avocats des détenus franchissent cette grille pour les rejoindre dans les chambres d’un château.
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  • Georges Mandel a aussi le tort d’être Juif !
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  • Le général Gamelin doit concentrer les responsabilités.
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  • Charges. Le Maréchal veut faire porter la responsabilité de la guerre au Front populaire. L’ancien président du Conseil s’étonne que les militaires aient été exclus du champ des recherches de culpabilité.

    Quel rôle peut encore jouer Léon Blum en ce début du mois d’octobre 1941 ? Il est toujours sous la menace d’un procès que le gouvernement de Vichy tient à conduire contre le gouvernement du Front populaire. L’ancien président du Conseil n’a pas l’intention de faciliter la tâche à ses accusateurs. Dans un courrier qu’il adresse à Vincent Auriol il manifeste sa perplexité sur le terrain choisi par les Vichyssois pour le mettre en accusation : « L’objectif seul est clair : rejeter sur la politique que nous avons pratiquée au pouvoir, et qui nous était imposée non seulement par les circonstances de fait, mais par la volonté du suffrage universel encore souverain, une part de responsabilité de la défaite ». Blum veut préparer soigneusement sa défense. Il demande le concours de Me Sam Spanien, auquel il suggère de travailler dans toutes les collections de documents officiels pour cumuler les éléments qui lui seront indispensables pour sa défense. Il sollicite également un autre socialiste Me André Le Troquer pour plaider en sa faveur et déjouer le procès politique qu’on cherche à lui faire. Depuis 1940 quand le gouvernement de Vichy a transféré Léon Blum à Bourasol près de Riom, les choses n’ont guère évolué. Il est soumis à une surveillance intense et ne bénéficie pas d’un régime de visite des plus souples. Si l’instruction suit son cours, elle est considérée comme achevée en février 1941.

    Une liste de griefs

    Blum se voit signifier les charges qui lui sont imputées. Seuls quelques éléments complémentaires secondaires y sont adjoints en juin. Tout semble figé et on murmure en haut lieu que le procès pourrait être reporté jusqu’à la fin des hostilités. Si l’opinion publique pense que l’ancien leader socialiste a peu de chance de se retrouver devant une cour, lui est beaucoup moins optimiste. Dans la première décade d’octobre 1941, il fait le point sur sa situation et commente : « Le temps marche, et l’obscurité ne se dissipe pas. Le parquet achève ses réquisitions qui, d’après les derniers on-dit, seraient prêtes dans une quinzaine. Comptez dix jours en sus pour que la cour rende l’arrêt de renvoi et de mise en jugement, comme il plaira. Vichy sera saisi à la fin du mois si je compte bien. A partir de quoi toutes les conjonctures sont ouvertes et tous les partis possibles. Non, pas absolument tous… Je pense à ces petits problèmes le moins possible. Je suis les événements. Je travaille. Je réfléchis. Je lis ». Si l’incertitude prévaut, dans l’entourage du maréchal, tout est prêt.

    Le 16 octobre 1941, il reçoit communication du réquisitoire établi par le procureur général près la cour suprême de Riom. Il ne s’agit que d’une synthèse des chefs d’accusation qui ont déjà été portés à sa connaissance. Le même jour, une décision du maréchal Pétain, lui est signifiée. Elle est brutale. S’appuyant sur l’acte constitutionnel n° 7 par lequel il s’est attribué le pouvoir de justice politique, il choisit de condamner la plupart des inculpés du procès de Riom. Sont concernés outre Blum les anciens présidents du Conseil Edouard Daladier et Paul Reynaud ainsi que Georges Mandel et le général Gamelin. Leur détention doit s’effectuer dans une enceinte fortifiée. Pour autant, le maréchal ne dessaisit pas le pouvoir judiciaire. La cour de Riom est toujours compétente mais que peut-elle décider, hormis confirmer en droit l’enfermement de fait voulu par un chef de l’Etat soucieux de son nouveau pouvoir discrétionnaire ? Le régime manifeste une fois de plus son appétence pour la violation caractérisée de l’Etat de droit et préfère les décisions autoritaires dont les motivations sont avant tout discriminatoires. Léon Blum reste méthodique. Invité à présenter ses observations au réquisitoire du procureur général, il souligne le caractère dérisoire de la procédure et s’en explique : « C’est un homme déjà condamné et condamné exactement par la même qualification pénale, que vous invitez à répondre au réquisitoire de votre parquet. N’est-ce pas autre chose qu’une cruelle dérision ? Que pourra signifier ma réponse ? Est-ce que la cause n’est pas déjà tranchée devant vous ? On a parlé de la séparation des pouvoirs, c’est-à-dire de la spécialité de l’autorité judiciaire et de son indépendance au regard du pouvoir exécutif ; on a même jugé convenable de rendre hommage à ce beau principe. Mais en fait, vous êtes dessaisis ; il y a chose jugée contre vous comme contre moi. Statuant sur les mêmes faits, en vertu d’une inculpation identique, resterez-vous libres d’informer par votre futur arrêt le dispositif ou les motifs de la sentence déjà rendue par l’autorité suprême de l’Etat ? J’aurais honte d’insister davantage auprès de magistrats français ».

    En trois points

    Blum fait une réponse en trois points. Il s’insurge contre le caractère prétendument contradictoire de l’instruction. Il reproche à la cour d’avoir refusé d’étendre ses investigations à la conduite des opérations militaires et à la direction stratégique de la guerre. Il relit enfin la déclaration qu’il a faite à l’issue de son interrogatoire définitif. Léon Blum se prépare à être transféré au fort du Portalet mais cela n’entame en rien sa détermination à se battre contre l’injustice érigée en système par Vichy. Ses proches croient de moins en moins au procès mais lui souhaitent être prêt au cas où Pétain provoquerait un nouveau coup de théâtre. Depuis le 15 septembre 1940 où on lui a signifié que le gouvernement le jugeait dangereux pour la sécurité de l’Etat et avait décidé de l’interner au château de Chazeron en Auvergne, il s’attend à tous les coups tordus possibles et n’exclut pas que ses camarades d’infortunes soient soumis au même régime. Même s’il a quitté ce premier lieu de détention, il n’omet jamais de rappeler : « Il paraît que la prison manquait à mon expérience de la vie, et la Providence y a pourvu. L’événement m’a profondément déconcerté et j’avoue que, même après coup, je ne le comprends pas. Mais il ne me trouble pas. Le problème qui va se poser pour moi est de savoir si, après tant d’épreuves, de fatigues et de chagrins, il me reste assez d’activité d’esprit pour m’aménager une vie de réflexion profitable et de travail ».

    Après la déclaration du 16 octobre, Blum considère avec encore plus de force l’inanité des accusations par lesquelles on veut faire porter à la politique conduite en 1936 la responsabilité de la défaite : « Je tiens à rappeler, en termes formels que les lois sociales que j’ai fait voter ont été présentées au nom du gouvernement, à un Parlement qui les a votées à de très larges majorités. Je tiens à rappeler qu’elles figuraient dans un programme sur lequel venait de se prononcer dans sa majorité le suffrage universel souverain ». Blum tient à ce qu’on sache que : « Le procès des responsabilités de la guerre est devenu le procès des responsables de la défaite, est devenu le procès du Front populaire et à travers le Front populaire des principes et des institutions démocratiques ». Il s’étonne qu’on évite de mettre des militaires au premier rang des responsables aussi compte-t-il énumérer toutes ces contradictions le moment venu.

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    Union111004a
    SEZANNE : ACPG-CATM : Des permanences pour les anciens combattants

    Le bureau de l’association.
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    Les ACPG -CATM du canton de Sézanne ont repris les permanences qui auront lieu tous les mois le 2e mercredi de 17 heures à 18 h 30 au rez-de-chaussée de la mairie de Sézanne.

    Le Président Bernard Louise et les membres du bureau se tiennent à la disposition de toutes les personnes concernées pour l’obtention de la carte du combattant, demande de retraite du combattant, les droits des veuves de guerre d’anciens combattants ou la retraite mutualiste, etc… Le président rappelle que la carte du combattant peut être obtenue pour les militaires justifiant de quatre mois de présence en Algérie, Tunisie, Maroc dans les dates de référence ainsi que les nouvelles conditions d’obtention d’un titre de reconnaissance de la Nation. Les permanences sont ouvertes à toutes et tous ; pendant ces permanences peuvent être consultés les comptes rendus des différentes assemblées générales, des réunions à Châlons à l’association départementale, ainsi que les projets de voyage (deux jours en octobre et 8 jours en mai) ou des invitations d’associations comme les Cadres de réserve, Mondement 14, etc.

     

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    Union111002e
    SAINTE-MENEHOULD : Ils voulaient fabriquer du carburant avec du bois

    Les cadres de l’administration de l’usine avaient installé leurs bureaux dans le café Collard.
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  • Il ne reste aucune trace de l’usine de Binarville qui ne produisit pas un centilitre de carburant pendant la Seconde Guerre mondiale.
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  • Deux années durant, pendant la Seconde Guerre mondiale, une usine implantée à Binarville fut censée fournir aux Allemands un carburant fabriqué à partir du bois des forêts d’Argonne.

    NOMBREUX sont les Argonnais dont le père ou le frère ont travaillé dans l’usine de Binarville.

    Réquisitionnés dans le cadre du Service du travail obligatoire, ils devaient, sur ce site, produire du carburant à partir du bois. Cette fabrique est décrite par Jean Noël dans ses souvenirs publiés dans Horizons d’Argonne. Même si elle n’a pas à son actif de hauts faits de résistance, sa courte existence mérite d’être rappelée. Au départ, l’objectif de l’occupant allemand était d’y produire du méthanol à partir de la distillation des goudrons de bois.

    Pour cela, dès 1942, des bâtiments avaient été réalisés par une société parisienne. Le hangar, les bâtiments destinés aux bureaux de chantier, aux chaudières, à la colonne de distillation et à la tour centrale de refroidissement des eaux de distillation étaient implantés sur un terrain situé à la sortie de village de Binarville, à gauche, en direction d’Apremont. De ce terrain on aperçoit l’église du village, et au loin, la ferme de Rome. Aujourd’hui, il n’en reste plus de traces.

    Dans le village, la société avait installé ses bureaux face à la mairie, dans ce qui fut le café-restaurant Collard. Il semble que quelques précieux centilitres de méthanol auraient pu être recueillis par essais en laboratoire.

    Main-d’œuvre locale

    A partir de là, les Allemands visaient leur production de manière industrielle. Les cadres français avaient pour directeur un M. Boutin et pour ingénieur chimiste un certain Lafontan.

    Pour fonctionner, l’usine exigeait de grandes quantités de bois. Pour cela, l’occupant fit appel à la main-d’œuvre locale chargée du bûcheronnage et du transport. Celui-ci était effectué avec des camions fonctionnant au gazogène tandis que les mulets, richesse locale, aidaient au débardage. Durant l’étape de déchiquetage industriel, les pannes étaient fréquentes. Les outils n’étaient bien souvent pas assez résistants ou mal adaptés. Le chauffage du bois produisait de la vapeur d’eau et des goudrons mélangés, qui étaient acheminés vers des colonnes de distillation par des pompes électriques. Peu de matières arrivaient au bout des canalisations, il fallait démonter, nettoyer et remonter.

    Pour couronner la faillite de l’installation, dans les produits de distillation certains acides perçaient les conduites, compliquant encore les opérations de production.

    En outre, les ouvriers, contraints de travailler à l’usine par le STO, ne mettaient pas tous beaucoup de cœur à l’ouvrage. S’ils ne sabotaient pas directement leur travail, certains faisaient régulièrement en sorte qu’une opération menée la veille soit bonne à refaire le lendemain. Jean Noël affirme qu’à la suite de toutes ces complications, jamais une seule goutte de méthanol n’a pu être produite. L’activité de l’usine se limita alors au bois déchiqueté emporté par l’organisation Todt, installée à Vienne-le-Château, supervisant l’ensemble des travaux forestiers travaillant pour l’occupant.

    Dans ses souvenirs, Jean Noël évoque aussi le dévouement du directeur local de l’organisation Todt, le commandant Classen. Ce dernier intervenait de front contre les commissions dites de peignage qui ratissaient avec âpreté les entreprises pour mobiliser des personnels à envoyer en Allemagne. Il défendait ceux qui travaillaient pour la sienne avec humanité. Il a été, d’après l’auteur, un défenseur des jeunes gens en situation irrégulière, arrêtés par les services de police allemande et même française au cours de leurs permissions.

    On retiendra qu’à Binarville, de 1942 à 1944, une usine fantôme n’a pratiquement rien produit mais elle a peut-être sauvé quelques jeunes français sous l’Occupation.

    Les souvenirs de Jean Noël ont été publiés dans le numéro 70-71 d’Horizons d’Argonne.

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    Union111002d
    MUSIQUES : L’hommage de Jean-Louis Murat aux combattants de 14-18

    « Deux trois jours à Paris, ça me rend malade à chaque fois. Je suis un gars de la campagne. » Photo Frank Loriou
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  • SORTIE. Vous avez enregistré le Grand Lièvre en un temps record. Ce fut déjà le cas lors de votre dernier album. Pourquoi ce timing serré ?

    J’aime beaucoup travailler comme ça. Ce n’est pas pour gagner du temps coûte que coûte mais je trouve que cela me correspond bien. Toute la musique que j’aime, toutes les chansons que j’aime… quand je me renseigne, elles ont été faites très rapidement. Il y a une durée pour chaque expression artistique. Si on veut que cela reste populaire, spontané et naturel il faut bien que ça aille vite.

    Vous procédez avec la même rapidité pour écrire et composer ?

    Plutôt que de travailler vite, je travaille régulièrement. Mon rythme de prédilection c’est une chanson par jour. Faut arrêter : écrire une chanson, ce n’est pas tourner un film avec 3000 figurants ou écrire un roman de 800 pages. Cela se fait plus simplement ! J’ai aussi cette manie très auvergnate de toujours prévoir le pire. J’écris donc trois ou quatre fois trop de textes ce qui fait des chansons assez longues.

    Pourquoi ne jamais faire appel à d’autres auteurs ?

    Je suis musicien, j’écris. J’adore ce côté artisanal. Je fais tout dans l’atelier de A à Z. Je construis la chaise et je la livre quand on peut s’asseoir dessus. Je ne veux pas basculer dans l’industrialisation de la chose en faisant une partie et déléguer le rester. En fait, je ne suis pas très partageur. Je ne partage qu’une fois que les choses sont terminées dans mon esprit.

    « LES EFFETS PRODUITS, JE M’EN FOUS UN PEU ! »

    On retrouve dans cet album un son indépendant rock des années 90…

    J’ai toujours cherché ça. Ce que j’aime, ce que je sais faire, s’exprime beaucoup mieux dans des formes simples comme ça. Indé c’est quoi ? C’est l’indépendance par rapport au business. J’ai personne des maisons des disques qui me dit ce que je dois faire.

    Indé c’est préserver sa liberté, faire les choses à sa façon sans avoir le souci de savoir si c’est calibré, si ça va plaire à France Inter, à Télérama et aux Inrocks… je m’en fous complètement. Je suis un grand garçon maintenant. Les effets produits je m’en fous un peu.

    N’est-ce pas compliqué d’être indépendant aujourd’hui ?

    Le business est dans un tel état de décomposition que chacun peu être indépendant à sa façon. On n’est plus dans les années glorieuses, début des années 90 où il y avait dix personnes pour vous dire ce que vous aviez à faire. Aujourd’hui c’est chacun dans son coin et il faut savoir en profiter. La liberté en période de crise est bien plus grande.

    Dans votre nouvel album vous revenez sur un thème qui vous est cher : le monde rural. Pourquoi cet engagement continu ?

    J’y habite. C’est chez moi. Là j’ai fermé la fenêtre mais j’entends les tracteurs, les vaches. J’ai tous mes repères ici. Ce matin je suis allé courir une heure dans la forêt. Il n’y avait pas un bruit, j’ai croisé des animaux. J’ai l’impression d’être le roi du monde. Deux trois jours à Paris, ça me rend malade à chaque fois. Je suis un gars de la campagne. J’ai lu récemment qu’il y avait 5 fois plus de cancer chez les citadins que les paysans. Les paysans que je connais ici sont très épanouis. Ils sont dehors toutes la journée, travaillent avec leurs mains, ne font jamais deux fois la même chose. Ils sont leur propre patron. Une sorte de vie rêvée. Quand on voit les timbrés des villes qui se tapent trois heures de métro pour aller au boulot et qui rentrent quand les gamins sont couchés.. ce n’est pas une vie ça même si je sais bien que pour certains ce n’est pas un choix.

    « J’AI QUELQU’UN QUI EST MORT CHEZ VOUS EN 1918 »

    Vous abordez aussi un thème qui n’est pas évident à traiter en chanson : les guerres dont celle de 14-18…

    J’ai toujours eu cette idée-là, été sensible à cette période, car mon nom d’état civil n’est pas mon nom vraiment. Dans la famille, j’ai quelqu’un qui est mort chez vous en 1918 et on m’a collé son nom. J’ai tous ses papiers, ses photos. Je me suis toujours senti comme si j’étais déjà mort une fois en 18. 14-18, il n’y a rien de mieux comme explication à la situation dans laquelle on est aujourd’hui. Dans 14-18 il y a tout : la fin de la paysannerie, la folie humaine à son maximum, l’industrialisation de la mort.

    Pourquoi avoir fait un album aussi pessimiste ?

    Comment faire autrement. Quand vous regardez tout ce qui sort au cinéma et en bouquins, il y en a très très peu qui disent : demain ça va être génial, on va s’éclater. La crise, c’est que l’on a du mal à imaginer demain. On voit demain comme un putain de cloaque… alors je participe de la sensation générale qui nous fait tout voir en gris ou en noir. Entre surpopulation, les richesses naturelles qui disparaissent, la connerie, les villes de 40 millions d’habitants, on est en train de fabriquer des tarés…

    Aujourd’hui on vous présente souvent comme un chanteur décalé… Cela vous plaît ?

    Je ne pense pas trop à l’image, c’est le seul moyen de devenir dingue et de finir comme Marylin Monroe. L’époque actuelle me dégoûte tellement que si je peux en être un peu en dehors, ce n’est pas si mal. Je serais bien emmerdé si on vous disait : vous êtes pile poil dedans !

    Et chez les jeunes chanteurs, quels sont ceux que vous écoutez ?

    Je n’en écoute pas, comme ça, je ne me fais pas d’ennemis ! Je ne pense pas que la chanson française et même européenne puisse produire une chanson de qualité… là c’est mon côté sombre qui parle. Il y a 30 ans, c’était les Beatles, les Stones, Stevie Wonder et Pink Floyd qui squattaient les premières places. Aujourd’hui c’est Lady Gaga et je ne sais quelle autre connerie… Vraiment, je n’ai rien entendu de fantastique depuis longtemps. Mais c’est normal : s’il y a un disque bon par an c’est bien le maximum.

    RECUEILLIS PAR GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB

    Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, Polydor.

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    Union111002c
    LIVRE : Une autre image de l’Algérie

    A vingt-cinq ans, Kaouther Adimi publie un premier roman très abouti.
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  • RENCONTRE. Kaouther Adimi sera le 7 octobre prochain à Reims pour une rencontre-lecture au palais du Tau.

    Auparavant, elle sera allée rencontrer un groupe de femmes à Sedan. La jeune auteur de vingt-cinq ans y présentera son premier roman, « L’envers des autres », une chronique de la vie ordinaire dans l’Alger d’aujourd’hui par le prisme des différentes générations d’une même famille.

    C’est une des belles découvertes littéraire de cette année. Dans son premier roman Kaouther Adimi dresse un portrait tout en finesse, en subtilité et sans complaisance de la société algérienne d’aujourd’hui. Pour cela, la jeune femme de vingt-cinq ans met en scène une famille installée au coeur d’Alger. Chacun parle de ses problèmes, de ses rêves, des autres, du quartier… On y découvre une jeunesse désoeuvrée mais qui essaye aussi de s’en sortir malgré toutes les difficultés et les conflits. « L’Algérie fait partie de mon imaginaire, confie Kaouther Adimi aujourd’hui en France mais qui a passé toute son enfance dans son pays d’origine. Ce roman fait directement écho à ce qui m’a interpellé, à ce que j’ai pu voir, entendre, percevoir. » Pour la jeune femme qui sera à Reims le 7 octobre prochain « les attentes, envies, espoirs et rêves sont vécus de manière différente en fonction des générations. Mais au final, nous voulons et attendons tous la même chose : des lendemains meilleurs. »

    « UNE PROFONDE MÉCONNAISSANCE EN FRANCE »

    Malgré un tableau souvent sombre, Kaouther Adimi veut y croire : « Je suis optimiste quand je vois ce qui s’est passé en Tunisie mais aussi quand je vois de jeunes peintres, de jeunes caricaturistes ou encore de jeunes réalisateurs Algériens se battre au quotidien pour pouvoir créer librement et partager. En fait, je suis surtout optimiste sur l’avenir de ma génération. »

    Ce portrait en creux de la société algérienne permet aussi de mieux connaître un peuple dont l’image est souvent très décalée entre la perception que l’on peut en avoir en France et la réalité à Alger. « La perception des Algériens est souvent liée à des thématiques comme l’immigration ou le terrorisme. Ce que je perçois, en France, ce n’est pas un désintérêt mais plus une profonde méconnaissance de ce qui se passe juste à quelques heures des côtes françaises. La littérature, le cinéma, l’art mais aussi la relance du tourisme en Algérie peuvent évidemment changer les choses… »

    Les rencontres organisées le 7 octobre à Sedan et au palais du Tau de Reims, par l’association Nova Villa, permettront en tout cas de mieux découvrir cette jeune auteur dont les nouvelles ont été distinguées à deux reprises par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (2006 et 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger) en 2008. L’Envers des autres, son premier roman, est paru en Algérie aux éditions Barzakh sous le titre Des ballerines de papicha en juin 2010.

    GRÉGOIRE AMIR-TAHMASSEB

    Rencontre avec Kaouther Adimi au centre social Torcy-cité à Sedan le vendredi 7 octobre à 14 heures puis lecture-rencontre à 19 h 30 au palais du Tau à Reims. Entrée libre.

    « L’Envers des autres », Actes Sud, 13,80 euros.

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    Union111002b
    LIVRE : Les bourreaux de l’Histoire

     

    Faut-il un jour en finir avec la plus grande chasse aux sorcières de notre histoire contemporaine qui veut condamner tous ceux qui ont participé à l’extermination des Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale ? Certes non. Pour rendre justice aux millions de morts d’abord. Pour mobiliser les consciences ensuite et que jamais ne soit oublié que notre humanité a été capable du pire. Si les commanditaires de la Solution finale ont été jugés dans le procès de Nuremberg pour crime contre l’humanité, le système a bel et bien reposé sur des centaines de sousfifres, qui ont obéi sans sourciller et parfois fait du zèle dans les camps de concentration. C’est le cas de John Demjanjuk condamné le 12 mai dernier à l’âge de 91 ans pour complicité dans l’extermination de 28 060 Juifs. Il était gardien au camp polonais de Sobibor. Son procès, peu relayé par la presse avait débuté en 2009 à Munich. Comme beaucoup d’autre, il avait été recruté par les nazis parmi les prisonniers de guerre soviétiques comme garde-chiourme. Emigré aux Etats-unis où il a travaillé comme ouvrier dans une usine automobile de Cleveland, Demjanjuk a nié son implication dans les crimes commis et raconté comment ils n’étaient lui et ses camarades que de simples prisonniers contraints de veiller à ce que personne ne s’échappe du camp avec des armes mais sans munitions. Combien d’autres comme lui, criminels reconnus, ont disparu dans la nature, morts aujourd’hui ou trop âgés. Combien auraient mérité de comparaître devant ce dernier tribunal de l’histoire pour avoir exécuté les ordres.

    Le récit de ce dernier procès est édifiant et permet de comprendre comment tous les soldats embarqués dans la folie nazie ne sont pas condamnables. Et comprendre aussi comment l’extermination des Juifs a été rendue possible et effective en reposant sur des bataillons de criminels comme Demjanjuk et combien d’autres anonymes qui n’ont jamais payé leur dette.

    FRANÇOISE KUNZÉ

    Le dernier procès. Nicolas Bourcier. Editions Don Quichotte. 302 pages. 18,90 euros.

     

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    Union111002a
    HISTOIRE : 1941

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    De Gaulle sur tous les fronts

    André Lichtwitz s’était distingué le 11 juin 1940 à Chatillon-sur-Marne et à Port-à-Binson.
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  • Pour encourager les nouveaux ralliés et leur confier des postes opérationnels en phase avec leurs attentes, le général de Gaulle fait d’évidents efforts. Ainsi demande-t-il au général Catroux de recevoir au Levant le médecin commandant Lichtwitz, médecin des hôpitaux de Paris, ex-assistant du professeur Abrami et considéré comme un remarquable praticien. Arrivé récemment de métropole, il a manifesté son souci d’être utile sur le terrain auprès d’une unité combattante : « Je serais heureux que vous lui attribuiez un poste qui réponde à son désir et en même temps à sa compétence » mentionne le chef de la France libre.

    Le 1er octobre 1941, le Général porte une vive critique contre un article signé par Charles Maurras et publié dans « L’Action française ». Il remarque toutes les outrances et abus de langage de l’auteur et estime qu’ils ne présentent aucun intérêt et manque d’une réelle solidité intellectuelle. Il diverge sur les interprétations données par l’écrivain à ses appréciations de la politique conduite par Gambetta en 1870-1871 et y voit plutôt un procès d’intention et la volonté de le disqualifier. Il s’insurge aussi de comparaisons abusives parce qu’en 1870-1871, la France était effectivement seule tandis que dans cette guerre, elle ne l’est pas. Il reproche à Maurras d’occulter la position du Royaume- Uni et le soutien de fait apporté aux Forces françaises libres. Sur les appréciations péjoratives que le Général aurait porté contre le chef de l’Etat français, de Gaulle ne cède pas et écrit : « Quant à mon jugement sur Pétain - nécessités de politique à part- il fut toujours le même : Pétain fut un très grand homme qui mourut vers 1925 ». La phrase est féroce mais elle correspond aux divergences fortes surgies entre les deux officiers.

    Cette note de lecture n’empêche pas le Général de suivre de très près les organisations des FFL. Le 1er octobre, il adresse un nouveau télégramme au général Catroux. Il prévient : « Le groupement de divisions légères est constitué conformément à vos propositions, sauf en ce qui concerne les fusiliers marins. Pour ceux-ci, en raison des charges importantes qui incombent à la marine, je maintiens ma décision, objet de mon télégramme du 17 septembre 1941. Toutefois, vous êtes autorisé à conserver l’effectif strictement nécessaire de fusiliers marins. Ces fusiliers devront être rendus à la marine à mesure que vous pourrez les remplacer. Je vous enverrai, d’ici peu, un premier détachement de spécialistes de DCA que je ferai suivre à bref délai par d’autres détachements de même nature ». On remarque le souci de pédagogie du Général. Il justifie ses choix et se veut rassurant sur les moyens qui vont être dévolus à Catroux. On sent sa lucidité : « Il doit être bien entendu que l’infanterie des DL devra être complétée à trois bataillons par brigade, dès que ce sera possible ».

    Tout pourrait bien se passer sauf que des incidents se produisent entre soldats alliés. Une grosse bagarre oppose des soldats australiens et des FFL. Magrin-Verneret alias « Monclar » et Cazaux deux officiers très estimés par de Gaulle sont blessés dans l’échauffourée. Le Général télégraphie à Catroux parce qu’il est informé par les Anglais de l’incident : « Je vous prie de m’envoyer sans délai compte rendu télégraphique sur cette affaire.En tout cas vous penserez comme moi qu’il faut absolument éviter de tels incidents et vous mettre immédiatement en rapport avec le commandement britannique pour rétablir les sentiments de fraternelle camaraderie entre les troupes alliées ». Quelques provocateurs ayant une rare faculté à lever le coude sont à l’origine de la pagaille indescriptible qui a été constatée. De Gaulle ne veut pas de ces comportements qui entachent l’image des alliés.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    L’hystérie antisémite

    L’exposition de la honte destinée à ridiculiser les Juifs dans la société française.
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  • Un groupe allégorique à l’exposition anti-juive de Paris. Cette forme d’art au service de la propagande heurte un public qui s’inquiète d’autant de haine.
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  • Xavier Vallat, commissaire aux questions juives
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  • Louis-Ferdinand Céline joue les médiateurs.
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  • Alors que l’exposition « Le Juif et la France » vient d’être inaugurée au palais Berlitz et est vantée par une affiche ignominieuse qui recouvre les cinq étages de l’immeuble, elle témoigne combien la France de la collaboration sous l’égide de l’Institut des questions juives stimule l’antisémitisme homicide. Dans le hall a été installée la statue d’une jeune femme debout élevant son enfant vers la lumière tandis qu’entre ses jambes git avachi le juif talmudique qui incruste ses doigts dans le globe terrestre. Les murs sont ornés de la double francisque gallique qui sied au maréchal Pétain.

    Cette exposition qui est approuvée par Vichy assimile le Juif au mal et bénéficie d’une onction scientifique ! Ont été consultés pour sa réalisation plusieurs chercheurs dont le professeur Georges Montandon, un ethnologue qui publie dans la presse une tribune retentissante : « Comment reconnaître les Juifs ». Il explique très sérieusement que les Juifs sont issus : « d’un très ancien métissage d’une souche europoïde avec des Négroïdes, des Flavoïnes ou de Mongoloïdes ». L’enseignant accumule les descriptions des tares physiques et psychiques. Il est d’une rare violence. Elle n’est pas directement liée à la guerre puisque dans une correspondance bien antérieure avec un collègue allemand le professeur Guenther il recommandait le marquage au fer rouge et ajoutait : « Personnellement, je trouve appropriée la mesure consistant à couper, dans certains cas, le bout du nez aux femelles juives car celles-ci ne sont pas moins dangereuses que les hommes. Du temps de mon stage de jeune médecin à Zurich, j’ai pu constater dans un cas de cet ordre l’excellent effet d’une telle opération pratiquée par morsure ».

    UNE HAINE ABSOLUE

    Plus grave, Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, choisit parmi ses experts en capacité de délivrer des certificats d’appartenance ou de non appartenance à race juive le triste Montandon ! Ce dernier est défendu par Louis-Ferdinand Céline qui écrit à l’ambassadeur Fernand de Brinon : « Encore un cas navrant à porter à votre haute connaissance. Il s’agit de Montandon, un admirable savant, que l’on a traité monstrueusement depuis deux ans. Ne pourrait-on pas lui trouver d’urgence un emploi à l’Institut des questions juives. Il serait le seul en fait à connaître la question scientifique dans cet institut ? ».

    Brinon visite cette exposition alors qu’il attend son départ pour l’Allemagne où il a été invité par le maréchal Goering et le ministre des Affaires étrangères Ribbentrop. L’ambassadeur ne prépare pas sérieusement son déplacement en Allemagne et les autorités se gardent bien de lui adresser par anticipation le programme qu’elles lui réservent.

    Dans l’entourage du führer, on a donné certaines recommandations. On tient à ce qu’il rencontre le général von Epp qui est qualifié de futur ministre des Colonies. Il doit être également reçu par le docteur Scharzmann, chef de la section Ouest-Europe au ministère des Affaires étrangères. On prévoit aussi de l’accueillir pour un séjour tous frais payés dans les Alpes bavaroises au bord du lac Tegernsee. Il s’agit de le mettre dans les meilleures conditions avant son entrevue envisagée avec Adolf Hitler et qui doit confirmer un nouveau renforcement de la collaboration dans tous les domaines utiles à l’expansion de l’autorité du Reich. Les services de la propagande fignolent le programme de cette visite parce qu’ils en souhaitent plusieurs volets médiatiques. Ribbentrop tient à le recevoir dans sa grande bâtisse du XVIIe siècle à Steinort tandis qu’Hitler envisage une réception à la « Tanière du loup ». Il est étonnant que l’ambassadeur de Vichy à Paris ne subodore pas cette manipulation très politique des services du Reich.

    PETITES MANIPULATIONS

    Le 3 octobre 1941, un questionnaire concernant Brinon est adressé à Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne à Paris par le bureau militaire du ministère des Affaires étrangères du Reich. Il est question d’obtenir de plus amples renseignements sur l’individu et de définir les raisons objectives qui rendent souhaitables une entrevue avec Ribbentrop. Abetz répond sans tarder en retraçant la carrière de Brinon insistant sur le fait qu’avant guerre il avait toujours défendu l’entente avec l’Allemagne nationale socialiste. Il observe qu’il avait la confiance de Laval et écrit : « Lors de l’arrestation de Laval, le 13 décembre 1940, il fut également arrêté à Vichy. Grâce à l’intervention de l’ambassade d’Allemagne, il fut libéré et chargé de la délégation du gouvernement français dans les territoires occupés en remplacement du général anglophile de La Laurencie.A ce poste, il s’est toujours montré très loyal et, par ce motif, il fut attaqué à de nombreuses reprises par les milieux germanophobes de Vichy.

    Une réception par M. le ministre des Affaires étrangères du Reich serait pour lui non seulement une satisfaction personnelle méritée mais renforcerait sa position vis-àvis du gouvernement français ». On sait que depuis plusieurs mois, l’amiral François Darlan qui avait demandé à rencontrer Ribbentrop n’avait pas obtenu de réponse. Abetz estime que Brinon a gagné des sympathies dans les cercles collaborationnistes et qu’il est haï par les gaullistes et les communistes ce qui atteste sa loyauté envers Berlin. Comme l’homme de Vichy veut démontrer sa capacité à développer ses relations avec les dignitaires nazis, il envisage aussi de faire un crochet en Pologne où il juge qu’une entrevue avec le gouverneur général Hans Frank qu’il connaissait bien avant la guerre, peut apparaître comme un plus. Or l’homme est un fervent partisan des ghettos polonais et est favorable à leur disparition du territoire. On le surnomme alors le roi allemand de Pologne !

    Brinon mesure-t-il qu’en souhaitant cette rencontre, il se prépare à s’afficher avec un proche d’Himmler qui depuis le printemps 1941 ne cesse de rappeler à ses collaborateurs le besoin de réfléchir aux moyens les plus expéditifs pour se débarrasser des Juifs. A moins qu’il estime que cette politique de ségrégation et d’élimination est un choix judicieux ?

    Le 2 octobre 1941, Frank participe à une conférence au quartier général d’Hitler au cours de laquelle il insiste sur sa réussite à la tête du gouvernement général de Pologne : « Les Juifs de Varsovie et des autres villes sont enfermés dans des ghettos. Bientôt Cracovie devrait être entièrement débarrassée des Juifs. Quant aux Polonais non juifs ils devraient être privés de leurs élites. Tous les représentants de l’intelligentsia polonaise doivent être anéantis. Cela paraît cruel mais c’est la loi de la vie ». Frank développe une politique de soumission des Polonais à toutes les exigences nazies et dit comment il faut procéder pour obtenir les meilleurs résultats : « Les prêtres seront payés par nous et en retour ils prêcheront ce que nous voudrons. Si l’un d’eux agit de façon différente, nous serons expéditifs. La tâche du prêtre consiste maintenant à maintenir les Polonais calmes, sots et bornés ». On imagine dans ce contexte de Cracovie comment un garçon comme Carol Wojtila est à même de discerner le piège tendu par les païens de Berlin en direction des catholiques polonais. Et au terme de son intervention Frank conclut : « Les Juifs sont une race qui doit être exterminée. Quel que soit le lieu ou nous prendrons le moindre Juif, c’en sera fait de lui ».


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    La chute d’Orel et la peur panique

    Toujours d’impressionnantes colonnes de prisonniers.
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  • URSS. Alors que les blindés allemands prennent la direction de la capitale, l’impréparation de l’exode des populations civiles des villes menacées crée des situations dramatiques bien décrites par un écrivain soviétique.

    Alors que s’achève le 1er octobre 1941 à Moscou, la conférence réunissant autour du ministre des Affaires étrangères soviétiques, le Britannique lord Beaverbrook et l’Américain Averell Harriman pour établir un plan d’aide d’urgence dont l’URSS a besoin, la situation militaire de l’Armée rouge demeure alarmante. L’opération Typhon destinée à conquérir Moscou est enclenchée depuis le 30 septembre avec l’assaut donné par les troupes du général Guderian contre le front de Briansk qui est tenu par le général Eremenko. La 50e armée du général Petrov est coupée de ses arrières par la 2e armée allemande. La ville d’Orel est sous la menace directe du 24e corps blindé. L’écrivain Viktor Grossman démontre combien la population est au fait du danger imminent de l’invasion par les troupes du Reich et estime que les autorités militaires soviétiques refusent de regarder la situation avec objectivité. Les chars ennemis ont commencé à encercler la ville dès le 1er et les bombardements aériens s’intensifient.

    L’auteur croise dans le couloir d’un petit hôtel où est affichée une carte scolaire de l’Europe le correspondant de guerre et photographe Redkine. Il lui confie son pessimisme : « Les Allemands foncent droit sur Orel, des centaines de chars, j’ai échappé au feu de justesse, il faut partir immédiatement, sinon ici, ils vont nous attraper ». L’homme ne manque pas de détails pour illustrer l’effet de surprise réussi par les Allemands contre les forces de Staline. Grossman qui cherche à évaluer le degré d’information des officiers qui stationnent dans la ville est consterné à la fois par leur attitude, leur ignorance des derniers événements et leur peu d’entrain à les connaître : « J’entre dans la chambre où sont descendus un major barbu et un capitaine de la section des opérations que j’ai connus à l’état-major. Ils me regardent avec des yeux remplis d’une inaltérable stupidité ». Au bref résumé qu’il leur fait, ils rétorquent : « Des bêtises, rien du tout » et continuent à trinquer ensemble. Pourtant la nuit est dense d’une activité inhabituelle. Des véhicules s’arrêtent brièvement dans la cité avant de repartir. Les rues sont envahies de familles sur des charrettes ou poussant des carrioles.

    L’ÉPREUVE DE L’EXODE

    Le 2 au matin, la ville est méconnaissable : « Dans la rue courent des gens avec des sacs et des valises. Ils portent des enfants dans leurs bras. Le major si grand stratège et le capitaine détalent à côté de moi avec des têtes apeurées comme des lapins ». Grossman se rend à l’étatmajor de la région militaire mais il ne possède pas le laissez-passer adéquat pour entrer. Il est stupéfait de voir avec quel entêtement, les consignes administratives sont appliquées. Le zèle manifesté est insupportable au regard de la gravité de la situation : « Inertie tranquille des secrétaires et des fonctionnaires subalternes : les laissez-passer se délivrent à dix heures vous avez encore une heure à attendre ». L’écrivain placide note : « Ah !, je ne la connais que trop cette tranquillité inébranlable issue de l’ignorance et à laquelle succèdent une peur hystérique et la panique. Tout cela, je l’ai déjà vu : à Gomel, Bejitsa, Chtchors, Mena, Tchernigov, Gloukhov ». Comme il connaît de nombreux officiers supérieurs, il cherche des informations sûres pour rejoindre l’état-major par la route de Briansk. Aucun renseignement fiable ne peut lui être donné. On espère pour lui mais on soupçonne les blindés ennemis d’être déjà positionnés dans ce secteur !

    Il tente le coup avec une femme médecin militaire géorgienne qui ne se départit pas de sa gaité et chante des romances hors de propos. Oser est finalement une option intelligente puisque le petit groupe parvient sans encombre jusqu’à la forêt de Briansk. Deux heures après leur départ, les chars allemands investissent Orel en passant par la route de Kromsk ! Le 3 octobre 1941, Grosman ne sait pas que l’une des colonnes blindées sous les ordres de Guderian est en train de couper de ses arrières le front de Briansk que défend avec autorité le général Eremenko.

    MOBILITÉ ET RETRAITE

    Ce chef attend néanmoins l’autorisation de Staline de pratiquer une défense plus mobile, ce qui est un euphémisme destiné à autoriser une retraite ordonnée et en profondeur. A force d’attentisme, les Allemands toujours aussi méthodiques interdisent progressivement toutes les solutions de repli. Il faut attendre le 6 octobre pour qu’un commissaire de l’état-major se fasse enfin directif : « A quatre heures pile, pas une minute plus tard, partez d’ici en suivant cet itinéraire ». L’homme ne perd pas son temps à donner une quelconque explication sur la situation en cours. Il se comporte en facteur et distribue dans les boîtes aux lettres que constituent les points de résistance sur le front, des ordres avec le sentiment d’avoir ainsi bien agi. « Notre état-major se trouvait pris dans un filet. A droite, les Allemands avançaient sur Soukhinitchi, à gauche sur Bolkhov, depuis Orel, et nous, nous étions là près de Briansk. Dans la Forêt. Nous sommes allés dans notre baraque et nous avons entrepris de faire notre paquetage : matelas, tables, chaises, lampes, sacs ». Un autre soldat qui pense que le ravitaillement peut venir à manquer prend soin de prélever dans un grenier un petit stock d’airelles. Tout est chargé à l’arrière d’un camion.

    Une course contre la montre est engagée : soit les Soviétiques échappent au filet allemand, soit les soldats ennemis ont le temps d’en resserrer le cordon avant qu’ils aient engagé leur mouvement. Les généraux allemands sont enthousiastes. Leur plan est efficace et leurs régiments leur signalent faire des prisonniers par milliers ! Le commissaire de brigade Chliapine et le général Petrov sont pris dans leur encerclement. Petrov touché ne tarde pas à périr de la gangrène dans une cabane de bûcheron près de Belev. Chliapine meurt également. Grosman qui commente la manœuvre allemande écrit : « Je pensais savoir ce qu’est une retraite mais une chose pareille, non seulement je ne l’avais jamais vue mais je n’en avais pas même l’idée. L’Exode ! La Bible ! Les voitures s’avancent sur huit rangées ; en un hurlement déchirant, des dizaines de camions s’extraient en même temps de la boue. Par les champs sont poussés d’énormes troupeaux de moutons et de vaches, plus loin grincent des charrettes à cheval, des milliers de chariots recouverts de bâches colorées, de contreplaqué, de fer-blanc, avec dedans des réfugiés en provenance d’Ukraine ».

    L’auteur avec son talent de conteur ajoute pour décrire la situation d’un peuple qui fuit l’envahisseur : « Ce n’est pas un courant, pas un fleuve, c’est le lent mouvement d’un océan qui se déverse, un mouvement qui se fait sur une largeur de plusieurs centaines de mètres à droite et à gauche ». Toutes ces familles qui peinent et sont épuisées par autant de kilomètres parcourus craignent les avions. « Les voilà ! Ils arrivent, ils viennent par ici ! Très haut dans le ciel, en un mouvement lent et parfaitement réglé, voguent en triangle des dizaines d’avions. Des dizaines de personnes dégringolent des camions quittent les charrettes et s’éparpillent. Comme une peste qui se déchaîne, la panique s’empare de tous. Et se déployant au-dessus de la foule, le cri perçant d’une femme : froussards, froussards, ce sont des grues qui volent ! ». Confusion. En ce début octobre, la peur domine dans la population civile alors qu’en bien des endroits, l’Armée rouge est inorganisée pour être efficace contre les nazis.

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    Union110930a
    LOIVRE : Il collectionne les motos de la Seconde Guerre : La passion selon Christian

    Christian ne s’ennuie jamais, il n’a pas le temps !
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  • A Loivre, un habitant collectionne les motos de la Seconde Guerre mondiale. Christian habite à Loivre, mais il est né en Lorraine il y a 79 ans. Il a été champion de France militaire de cross lorsqu’il était dans l’Armée de l’Air à Fribourg en 1954, neuf fois champion de cross en Champagne. Christian restaure des motos de la Seconde Guerre mondiale pour son plaisir.

    Parfois trouvées à l’état d’épaves, il leur rend leur éclat d’antan à force de patience. Membre de l’Association Radar, il participe à des commémorations : les plages du Débarquement en Normandie, le Pas-de-Calais libéré à Souchez, la Libération de Reims.

    Il possède une moto allemande NSU motorenwerke AG de 1952, et une HD- WLA ayant participé à la Libération de Paris au sein de la Division Leclerc. Il a aussi une Harley Davidson rouge trouvée par hasard sous terre, et une Dresch à moteur suisse de 1929, dont la boîte à chambre à air et la boîte à outils sont intactes. Christian est fier de sa Cushman, model 53 military airborne de 1944, une moto scooter qui se parachutait.

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    Union110929c
    Aimée, une sacrée bonne femme

    Féministe, socialiste et d’un tempérament hors du commun. À 80 ans passés, elle collectait encore des vêtements pour les nécessiteux.
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  • Ici en compagnie de son fils adoptif juif qu’elle a sauvé de l’extermination en le déguisant en fille
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  • Aimée Lallement a désormais une rue à son nom. Belle façon de sortir de l’ombre une Rémoise d’exception.
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    AIMÉE LALLEMENT aurait sans aucun doute apprécié d’avoir une rue à son nom au cœur du quartier Croix-Rouge. C’est chose faite depuis jeudi dernier.

    Militante socialiste et féministe convaincue, Aimée n’avait pas le profil des salons et des réceptions d’une ambiance centre-ville bourgeoise ou gauche caviar.

    Elle n’avait pas non plus le goût des honneurs trop médiatiques. Quand on lui a remis la médaille des Justes en 1980, la Rémoise a demandé qu’on ne fasse pas de publicité autour de cette distinction. Elle en aurait pourtant mérité. Aimée est venue en aide à plusieurs familles juives pendant la guerre. Elle a même sauvé un enfant qui est devenu son fils. C’est l’histoire de Jankel. Un gamin de 14 ans dont la mère, Brandla Przedborz, est arrêtée le 20 juillet 1942 à Reims et envoyée au camp d’extermination d’Auschwitz. Son père, Isaac, est arrêté en octobre de la même année. Il est aussi envoyé vers les chambres à gaz d’Auschwitz. Jankel réussit à s’enfuir par les toits au moment de l’arrestation de son père.