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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
Publié le mardi 1er janvier 2013, mis à jour le dimanche 16 février 2014
 

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1er trimestre 2007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 1er trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 3ème trimestre 2011 ; 4ème trimestre 2011.

 

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Union130303b - Marne
CHALONS : Cheminots anciens combattants : Encore de nombreuses revendications

Denise Cornil, porte-drapeau, a reçu la médaille d’honneur de l’ANCAC des mains de Jean Marchandeau, président départemental.
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  • Les adhérents de l’association nationale des cheminots anciens combattants (ANCAC) se sont retrouvés hier, dans la salle polyvalente du restaurant d’entreprise SNCF, afin d’y tenir leur assemblée générale annuelle présidée par Pierre Maigret.

    Les travaux se sont déroulés en présence de Serge Helleringer, conseiller municipal délégué aux anciens combattants et Jean Marchandeau, président départemental de l’association qui compte sur Châlons quelque 49 adhérents.

    Après les différents rapports adoptés à l’unanimité et la composition du bureau renouvelée dans sa totalité, l’heure était plus pour l’actualité du monde cheminot, lequel est toujours perplexe quant à l’avancée des revendications qui reviennent chaque année.

    Et bon nombre d’entre elles n’ont pas obtenu satisfaction…

    « Une misère »

    La campagne double pour les anciens d’AFN est toujours le problème récurant ; le plafond mensuel des ressources reste toujours à revaloriser ; les veuves d’anciens combattants ont à peu près 950 euros mensuels, « une misère » ; l’office national des anciens combattants (ONAC) est obligé de « serrer les boulons » quand il s’agit d’offrir un minimum pour le colis « douceurs » de Noël aux anciens combattants, veuves et ressortissants en résidence pour personnes âgées…

    Autant de points abordés et bien d’autres encore pour lesquels le monde combattant cheminot grince des dents, lorsque la restriction due à un problème budgétaire touche ces personnes qui ont tant donné pour la Nation.

    Cette assemblée très constructive s’est terminée par une remise de gerbe au pied de la stèle érigée sur le quai de la gare, en présence de nombreux porte-drapeaux, ainsi qu’en fin d’assemblée générale par la remise à Denise Cornil, porte-drapeau de l’ANCAC, de la médaille d’honneur bronze.

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    Union130303a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    De la Tunisie à l’Ukraine : les fissures de l’Axe

    Après la victoire de Stalingrad, la Wehrmacht est déstabilisée par l’Armée rouge.
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  • Un char de l’Axe abandonné par son équipage en Tunisie.
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  • Des soldats américains faits prisonniers par l’Afrikakorps.
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  • Les Allemands économisent le gaz pour l’effort de guerre.
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  • MANOEUVRES. Les chars T-34 soviétiques sont de plus en plus redoutés par les équipages des unités blindées du Reich tandis qu’en Afrique du Nord malgré quelques sursauts courageux de l’Afrikakorps, les Alliés disposent d’un rapport de forces qui, à terme, ne peut que leur être favorable. est un leurre. Depuis le 15 février 1943, l’offensive du Reich a repris et l’Afrikakorps de Rommel attaque dans le sud de la Tunisie. Les soldats de l’Axe occupent Gafsa. Les Américains qui vont au contact ne parviennent pas à manoeuvrer l’ennemi et prennent de rudes coups.

    Lorsqu’ils montent à l’assaut dans le secteur de Sidi Bou Zid, les soldats US sont rudement allumés par les tirs précis des positions défensives allemandes. Par précaution et pour prévenir un encerclement possible, les hommes à la bannière étoilée sont contraints de se replier du djebel Lessouda.

    DIRECTION FÉRIANA

    Le 17 février 1943, les unités italo-allemandes progressent vers Fériana et Sbeïtla à la fois au sud-est et au nord-est de Kasserine. Le général Bernard Law Montgomery recense les points forts et les faiblesses de l’ennemi comme ses propres atouts et fragilités. Il arrive à Médenine à quelques kilomètres au sud de Mareth où Rommel a constitué dans l’urgence une ligne défensive qu’il a tout simplement baptisée « ligne Mareth ». Il a repris pour cela les chaînons de fortins qui ont été construits par les Français de 1934 à 1939. Autant dire que c’est en opportuniste qu’il s’approprie le terrain entre Dahar et la mer Méditerranée. Cette ligne avait alors été mise en place pour se protéger d’une éventuelle attaque italienne en provenance de Tripolitaine. Elle est désormais destinée à clouer sur place les Alliés avant de les faire reculer. L’objectif d’Hitler est de chasser les Américains, les Britanniques et leurs alliés de l’Afrique du Nord. Ni plus, ni moins. Même si l’utopie l’emporte sur la réalité des moyens en présence dans la grande région. Cette ligne Maginot du désert n’est constituée que de fortins et de quelques places fortes en zone montagneuse, or l’artillerie et les chars qui peuvent être utilisés pour les rendre inopérants sont bien présents sur le théâtre. Rommel est optimiste mais il ne croit pas en vérité être capable de tenir bien longtemps. Seulement pour l’honneur de ses troupes et de l’Allemagne, cet épisode de baroud s’impose. Montgomery pendant ce temps fait preuve de patience. Il ne veut rien précipiter qui compromette l’avenir. Il préfère se tenir informé de toutes les initiatives alliées prises en Méditerranée. Il demande quels sont les résultats des bombardements opérés sur Palerme et Naples ainsi que ceux qui ont visé Cagliari et les principaux points militaires de la Sardaigne. Néanmoins, il sait en ce 17 février, que les soldats de l’Afrikakorps ont bien atteint Fériana qu’ils occupent et marchent désormais sur Kasserine. Von Arnim prend la même direction dès le lendemain et le 19 février, Rommel lance la 21e Panzerdivision en direction du nord, vers le Kef où stationne la 6e division blindée britannique. L’objectif demeure Tébessa mais le général allemand est prêt à une grande bataille de blindés si l’opportunité se présente. Avant de provoquer un deuxième coup de boutoir sur les positions alliées, Rommel vérifie la pertinence des commandements et s’assure de la performance des communications entre les unités et les états-majors. Quelques changements sont opérés dans la hiérarchie de la décision. Le général Messe prend la tête de la 1re armée italienne tandis que l’armée italo-allemande conduite par Rommel n’existe plus officiellement même si ses moyens demeurent en Afrique. Le patron de l’Afrikakorps anticipe déjà des mouvements de troupes destinés à assurer une retraite dans les conditions les moins périlleuses qui soient. Alors que le 21 février, la 10 division blindée allemande se dirige vers Thala, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Tébessa, Rommel reçoit une première mauvaise nouvelle. La 1re division blindée américaine a réussi à stopper une attaque de diversion de l’Afrikakorps et a causé parmi les régiments engagés des pertes élevées. Anticipant le danger, le maréchal allemand renonce à l’attaque programmée avec la 21e division blindée contre Sbiba et celle contre Thala avec la 10e division blindée. D’autant qu’il obtient des résultats fiables comme quoi les renforts de la 6e division blindée britannique envoyés par le général Alexander, commandant des armées alliées sont sur le point d’être en place. En agissant de la sorte, Rommel sait qu’il doit s’attendre à une meilleure coordination de l’adversaire. De fait le 24 février 1943, les informations qui lui proviennent de Kasserine sont mauvaises et le préparent à la défaite. Même si l’attaque des soldats de l’Axe a provoqué la mort d’environ dix mille Américains, les Alliés entrent en vainqueurs dans la ville et sont accueillis en libérateurs. Cette évolution favorable de la situation encourage les Britanniques et les Américains à renforcer leurs raids contre la Sicile, la Sardaigne et les ports du sud de l’Italie.


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    Le spectre de Stalingrad

    Un soldat allemand tend un billet de reddition à un militaire de l’Armée rouge.
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  • A l’Est, les nouvelles du front ne sont pas meilleures pour les Allemands. Depuis la chute de Stalingrad ils ne parviennent pas à stabiliser leurs positions qui sont partout attaquées. Le 19 février, les armées russes avancent au sud et au sud-ouest de Kharkov. La grande route ainsi que la ligne de chemin de fer Kharkov- Koursk sont sous leur contrôle et les Allemands ne sont plus en position de pouvoir mener à bien une contre-attaque. Le lendemain, les unités de l’Armée rouge sont à Pavlograd et à Krasnograd au sud et au sud-ouest de Kharkov. Le 21 février, le groupe d’armée Sud du maréchal von Manstein engage une vigoureuse contre-offensive contre le flanc gauche du front du Sud-Ouest des Soviétiques, celui qui est coordonné par le général Vatoutine. Les militaires du Reich s’en prennent aussi au front de Voronej placé sous l’autorité du général Golikhov. Le 30e corps allemand engage alors un mouvement depuis la région de Stalino dans le Donetsk et prend la direction de Krasnoarmeïsk. Dans le même temps la 1re armée blindée avec les 3e et 40e corps progressent en direction d’Andreïevka et d’Izioum. La 4e armée de blindés, avec les 48e et 57e corp,s attaquent en direction de Pavlograd et de Lzovaïa. Pour sa part, le 2e corps de blindés des SS ainsi que le groupe opérationnel d’assaut Kempf convergent depuis le nord vers Pavlograd tandis que le corps de blindés Raus dirige ses chars depuis Poltava vers Karkhov et Bielgorod à l’est et au nord-est. Le 22 février, les Soviétiques répliquent par une vaste offensive qu’ils mènent dans la région d’Orel-Briansk tandis qu’ils accentuent leur pression dans le cœur du front avec l’ambition de reconquérir Rjev. Le résultat est intéressant puisque le 23, les forces de l’Armée rouge réoccupent Soumi en Ukraine, au nord-ouest de Kharkov et au sud-ouest de Koursk. Un peu plus au sud, les Allemand tentent de donner un nouveau souffle à la contre-offensive alors que dans le Caucase des unités du groupe d’armées du général von Kleist réussissent à maintenir une petite tête de pont près de Novorossiisk. Le 24 février les combats sont d’une grande violence dans la région d’Orel ce qui est dû aux unités du groupe d’armée centre du général von Kluge.

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    Union130228a - Marne
    TINQUEUX : Le Prix du président de la République au lycée

    Lucille Mahtout a fait l’historique des initiatives du lycée Brière sur le « Devoir de Mémoire ».
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  • Le lycée Georges Brière de Tinqueux était à l’honneur, samedi 23 février lors de la 47e remise des prix de civisme et de dévouement à la collectivité de l’Union fédérale des associations françaises d’anciens combattants et victimes de guerre. Ces prix sont attribués à des jeunes filles et garçons, adolescents ou jeunes adultes, possédant un comportement altruiste permanent, ce qui constitue leur spécificité.

    Pour récompenser les 10 lauréats des prix annuels, la cérémonie s’est déroulée en région parisienne à la mairie de Saint-Mandé.

    Lucille Mahtout, actuellement élève en 1re professionnelle électronique en convention avec la Marine nationale, accompagnée de Cédric Lacroix, président de l’Union fédérale de la Marne, a eu la lourde tâche de représenter son lycée. Lucille a fait l’historique des initiatives du lycée Brière sur le « Devoir de mémoire » qui se renouvellent depuis quelques années, des actions où l’actuel proviseur Philippe Louges et Marc Christophe à l’origine de l’action, peuvent apporter la preuve tangible.

    C’est effectivement, sous l’impulsion d’un professeur, aujourd’hui à la retraite que l’établissement a lancé en 2004, une action en direction des soldats de la Grande Guerre, qui ont été inhumés dans des cimetières communaux et dont les tombes sont en déshérence.

    « Vois, comprends, agis ! » , tel a été le thème de ce projet dont le but est de démontrer aux jeunes que ces tombes sont là pour nous rappeler par l’histoire de ceux qui y reposent, la grandeur de leur sacrifice.

    Rénover la sépulture, graver une plaque d’identité du soldat, sensibiliser les habitants de la commune à la vie exceptionnelle de certains des leurs : voilà les différentes phases de cette action débutée il y a neuf ans et perpétuée, annuellement, par une trentaine de lycéens. Par leurs efforts, de nombreuses tombes sont entretenues. Menée de manière constante cette action est le témoignage par excellence de ce qui peut être fait pour le « Devoir de Mémoire ».

    L’Union fédérale a remis le Prix du président de la République à Lucille Mahtout en présence de Cédric Lacroix et du représentant de la présidence de la République.

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    Union130227d - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : La journée du Maquis des Chênes se dessine

    Les cotisations pour 2014 resteront au même tarif, soit 22 euros.
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    Samedi, Hubert de La Hamayde, président de l’association l’Amicale du maquis des chênes, a débuté par une minute de silence pour les anciens maquisards décédés en 2012.

    Après le rapport moral, il passa la parole au trésorier Jacques Berthel pour le rapport financier, satisfaisant et adopté à l’unanimité.

    Puis il fut procédé à l’élection des membres du bureau sortants. Les cotisations pour 2014 resteront au même tarif soit 22 €.

    Enfin, pour le 16 juin, journée commémorative du Maquis des Chênes, rendez-vous et départ de l’ancienne mairie de Margerie-Hancourt à 9 h 45, puis dépôt de gerbe et de roses à la stèle du Maquis dans le bois des Laires.

     

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    Union130227c - Marne
    REIMS : Diables bleus / Il faut garder l’esprit « Chasseur »

    L’assemblée générale de l’amicale des Diables bleus de Reims et la région (anciens chasseurs à pied, alpins, portés ou mécanisés) s’est déroulée à la Maison de la vie associative, avec renouvellement, sans aucun problème, de la moitié des membres du comité. Après la minute de silence à la mémoire des quatre disparus de l’association, Denise Moreau, secrétaire, a lu le compte rendu d’activités, fort riche, de la saison 2012. Entre dépôts de gerbes, cérémonies aux drapeaux avec le Souvenir français, veillées, anniversaires, commémorations, célébrations et inaugurations, on s’aperçoit que la vie de l’amicale est intense.

    Une valeur symbolique

    Evénements marquants cette année 2012, le 15 avril, pour la journée Bleu-jonquille, le 22 juin, pour l’inauguration de la rue des 1er et 41e Bataillons de Chasseurs organisée par la Ville de Reims en présence de cinq anciens chefs de corps, de Michel Bernard, sous-préfet de Reims et de deux députés, Arnaud Robinet et Catherine Vautrin, et enfin le 14 octobre, pour la célébration du 167e anniversaire des combats de Sidi-Brahim.

    Après l’allocution de lieutenant-colonel Dumont, président de l’amicale Saint-Blaise, c’est l’adjoint Jean-Claude Laval qui a pris la parole. Au nom de la maire de Reims, il a félicité l’amicale, « une association qui vit bien, très bien gérée par le trésorier Michel Carré et qui répond à toutes les demandes, dans la tradition de l’esprit « Chasseur ». Malheureusement, les effectifs n’ont pas augmenté ! Pourtant vos missions sont toujours d’actualité ».

    Revenant sur l’inauguration de la rue des 1er et 41e Bataillons de Chasseurs, il vantait « la valeur symbolique de cette rue pour les Chasseurs, maintenue grâce à cette plaque et à cette rue ». Il évoquait encore le 11 novembre 2012, au cimetière Nord où, des élèves du lycée Croix-Cordier ont fait revivre quatre soldats valeureux tombés sur les terres champenoises : « un trait d’union entre les générations, pour que subsistent nos valeurs ».

    Un matelas financier pour quoi faire ?

    Quand le président José Domice a envisagé d’augmenter le montant de l’adhésion de 17 à 18 euros, Jean-Claude Laval, parlant en simple qualité d’adhérent (il est lui-même ancien chasseur) n’a pu se retenir : « Comment, vous disposez d’un excédent de trésorerie de 12 195 euros ! Est-il vraiment nécessaire d’augmenter l’adhésion ? A quoi va vous servir ce trésor de guerre ? Vous avez le plus gros matelas de laine parmi toutes les associations patriotiques et d’anciens combattants que je connaisse ! Vous disposez de trois années de fonctionnement sans recettes ! » Après vote à main levée, la solution de sagesse a été retenue : il n’y aura pas

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images
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    Union130227b - Marne
    SUIPPES : Médaillés militaires en assemblée / Plus dans le vent…

    Une assemblée réduite mais attentive.
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  • De gauche à droite : G. Gounel, A.Leroy, A. Zentner et J.M. Gagnaire.
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  • Les médaillés militaires ont tenu leur assemblée générale autour de leur président Alexandre Zentner.

    Après avoir respecté une minute de silence en hommage aux morts de l’année, il a remercié toutes les personnes présentes, particulièrement les autorités municipales, départementales, militaires (40e RA et 132e BCAT), le président Marne des médaillés militaires, les présidents des sections de Mourmelon etc…

    Il a évoqué l’action de « nos sociétaires, hommes et dames d’entraide, sans qui nous ne pourrions rien organiser. Nos activités, bien que peu nombreuses au vu de nos effectifs, sont pourtant significatives de notre action au service de la cité. Nous participons à toutes les cérémonies officielles et autres activités associatives individuelles de certains de nos adhérents, en particulier le traditionnel voyage organisé par notre président honoraire Lucien Butin. Et aussi le thé dansant de la fête des grands-mères dont le prochain aura lieu le dimanche 3 mars salle Geneviève-Dévignes. » La secrétaire-trésorière Annie Leroy a présenté le bilan 2012 positif, dont un exemplaire a été remis à Jean Huguin, maire, présent à cette réunion.

    Le président a ensuite parlé « avenir, mais peut-on encore parler d’avenir compte tenu de nos effectifs et d’un manque de recrutement auprès des cadres, tant retraités, que d’active ?…. Etre à l’image des regroupements de communautés de communes ou autres, pour une mutualisation des moyens, il n’y a qu’un pas qu’il nous faudra franchir, sans pour autant abandonner les cérémonies et autres représentations… tel va être notre sort, sans aucun doute ! »

    Militaires à motiver

    Déplorant le fait que les activités associatives n’intéressent personne en particulier les nouvelles générations combattantes, et ajoutant « ceci est valable pour tous les ordres nationaux, Légion d’honneur et ordre national du Mérite dans tous les grades », il a incité les représentants de l’armée à motiver leurs hommes car, bien que les contacts existent, ils s’avèrent sans effet.

    « Nous ne sommes définitivement plus dans le vent ! » et pour sensibiliser l’ensemble des adhérents à ce problème, « un questionnaire sera expédié à tous les sociétaires en octobre, accompagné d’une enveloppe réponse timbrée. « La vie de cette section dépend de vous ! d’autant plus que nous recherchons un président de section ? »

    Un suivi par Mme Leroy secrétaire-trésorière, pourrait alors être effectué au bénéfice d’une autre section locale, tout en assurant les cérémonies et manifestations diverses.

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    Union130227a - Marne
    REIMS : Amicale des porte-drapeaux

    Recueillement au monument
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    Conduite par son président Michel Bonon, l’amicale des porte-drapeaux de Reims a bravé le froid matinal pour déposer une gerbe au monument aux morts, en présence de l’adjoint Jean-Claude Laval.

    Cette cérémonie précédait l’assemblée générale au cours de laquelle il a été question des projets 2013 et du recrutement de nouveaux membres (voir l’union du 22 février).

     

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    Union130226c - Marne
    EPERNAY : Les porte-drapeaux fidèles à leur vocation

    De nombreuses personnalités parmi l’assistance.
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  • Après avoir remercié les personnalités présentes dans l’assistance, le président Joël Wimann a fait observer une minute de silence à la mémoire des disparus de l’Amicale, Gabrielle Lesage, amicaliste, Etienne Duval, porte-drapeau, et M. Ragouillaux, ancien président et co-fondateur de l’amicale, mais également des soldats tombés en Opex, des gendarmes, policiers et sapeurs-pompiers décédés en service.

    Le rapport d’activités 2012, présenté par Jacky Barré, et le rapport financier, présenté par Michelle Moigneau, ont été approuvés à l’unanimité.

    Le président livrait alors quelques remarques concernant les obsèques où il est fréquent que les familles oublient le petit mot de remerciement d’usage à l’égard des porte-drapeaux qui se déplacent souvent de loin, et à leurs frais.

    Autre remarque, elle concernait cette fois la tenue vestimentaire inadaptée de certains amicalistes, jugée irrespectueuse par rapport au drapeau qu’ils portent, symbole républicain.

    A noter sur l’agenda

    Au chapitre des sorties, si la visite de la BA 113 prévue en 2012 a été annulée, une visite au Musée de la Grande Guerre à Meaux et d’une fromagerie est en prévision, ainsi qu’une journée brochettes-merguez si les conditions climatiques le permettent.

    Deux dates importantes sont inscrites au calendrier 2013 : Les Eparges le 1er avril et Navarin le 16 juin.

    Après que René Malet a transmis un message d’encouragement de Philippe Martin, député de la Marne, Daniel Lemaire, conseiller général, a salué le travail de l’association et lancé un avis de recherche à propos d’une borne « anonyme » à déplacer pour des travaux prévus par la Mairie de Boursault et le conseil général à la hauteur de La Chaussée de Damery avant la montée vers Boursault.

    Quant au lieutenant-colonel Claude Metzger, président du comité d’entente des associations d’anciens combattants, il a salué le travail de l’amicale et rappelé le juste devoir de mémoire dû aux anciens et aux valeurs qui les animent.

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    Union130226b - Marne
    REIMS : Jacques Bourguignon est décédé

    De 1957 à 1983, Jacques Bourguignon était journaliste à l’union.
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  • Ancien conseiller municipal et journaliste à l’union.

    Les Rémois qui le connaissaient conserveront de lui l’image d’un anarchiste au grand cœur, d’un homme un peu sanguin, un peu soupe au lait, mais finalement très gentil, attaché à ses valeurs de gauche et profondément anticlérical. Jacques Bourguignon, ancien conseiller municipal PSU sous le mandat du maire communiste Claude Lamblin, journaliste à l’union de 1957 à 1983, vient de décéder dans sa 91e année.

    Natif de Louppy-sur-Chée (Meuse) où il a vu le jour en 1922, Jacques Bourguignon fit ses études à la Sorbonne durant la guerre.

    Il voulait devenir prof d’histoire-géo. Ses faiblesses en latin, sans doute renforcées par son aversion pour les soutanes l’en ont empêché…

    Un peu anar puis communiste, n’hésitant pas à afficher ses idées de gauche dans des manifs durant l’Occupation, il est arrêté par la police française mais il échappe de peu au camp de travail en Allemagne où on voulait l’envoyer. « Il a montré ses mains d’intellectuel et cela l’a sauvé », témoigne son fils Alain à qui il a raconté l’aventure.

    Engagé une courte période au quotidien l’Est Républicain, il effectue en 1955 en 2CV un voyage en Irak, en Inde, au Pakistan et en Afghanistan qui le marquera toute sa vie.

    Arrivé en 1956 à Reims, c’est en 1957 qu’il épouse Denise Carel-Sauveur et entre comme journaliste à l’union, place Drouet-D’Erlon où il occupe les fonctions de secrétaire de rédaction (correcteur de copies et metteur en page) plus spécialement chargé des articles concernant le Nord des Ardennes.

    Dans l’équipe de Claude Lamblin

    Militant PSU, très proche de Michel Rocard, Jacques Bourguignon entre au conseil municipal de Reims en 1977 dans l’équipe du communiste Claude Lamblin.

    Admiratif de l’action menée par le Polonais Lech Walesa au sein du syndicat Solidarnosc, il parvient, non sans peine à faire baptiser une fontaine du nom de cette formation, place d’Erlon ; déçu tout de même qu’on remplace le nom polonais par celui de « fontaine de la Solidarité. »

    Parti en préretraite en 1983, converti aux idées des Verts, il s’est investi aussi dans la section régionale de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) dont il a d’ailleurs été président.

    A son épouse et à ses deux enfants, l’union présente ses condoléances attristées.

    Ses obsèques civiles seront célébrées ce mardi à 9 heures au crématorium de La Neuvillette.

    Alain MOYAT

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    Union130226a - Marne
    CHALONS : Les sous-officiers de réserve recrutent

    Le président Escalier entouré de Serge Helleringer et Maurice Roustan.
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  • Les sous-officiers de réserve ont tenu leur assemblée générale à la Maison du combattant. Présidée par Philippe Escalier, avec à ses côtés Serge Helleringer, conseiller municipal délégué au monde combattant, ainsi que Maurice Roustan, secrétaire fidèle des SOR, une vingtaine d’adhérents a assisté aux travaux. Après la minute de silence traditionnelle en mémoire des disparus, le président a fait remarquer que « la relève n’est pas assurée au sein des sous-officiers et que le citoyen se sent de moins en moins concerné »… Le patriotisme et le devoir de mémoire, la Marseillaise, la fréquentation des lieux de mémoire et du monument aux morts sont un peu oubliés.

    Pour les sous-officiers de réserve, la mission est de rappeler, se rappeler, enseigner à nos enfants, leur rendre l’âme forte… L’objectif des sous-officiers de réserve est de continuer à se faire remarquer, notamment au travers de conférences et autres animations.

    Serge Helleringer, qui a clôturé l’assemblée, a fait savoir qu’un des moyens de se faire connaître et de recruter, c’était de participer au Forum des associations au Capitole en Champagne en octobre 2013.

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    Union130224f - Marne
    SAINT-LEONARD-TAISSY : Les projets des anciens combattants

    Une trentaine d’anciens combattants étaient présents.
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  • C’est à la mairie de Saint-Léonard que les anciens combattants de Sillery, Taissy, Puisieulx et Saint-Léonard se sont réunis cette année à l’occasion de leur assemblée générale présidée par Robert Marguet. Après les paroles de bienvenue prononcées par le président, une minute de silence était observée en mémoire des adhérents disparus en 2012/2013. Les manifestations futures ont été présentées, à commencer par le centenaire de la guerre 14/18, avec l’idée exposée par MM. Douadi, maire de Sillery et Secondé, maire de Puisieulx, « d’un circuit, avec photos sur les vues des différentes communes avant, pendant et après la guerre, qui serait proposé à la population ainsi qu’aux écoles, collèges et lycées ».

    Après les exposés du rapport moral, par le secrétaire puis du rapport financier par le trésorier, Cédric Lacroix, président de l’Union fédérale marnaise renseignait les participants sur « les nouveaux droits aux anciens combattants ; les lois sur les Opex et sur le problème des deux dates en l’honneur des combattants d’Afrique du Nord ».

    A savoir le 18 mars (signature des accords d’Evian), date fixée par le gouvernement et le 5 décembre, date préalablement instaurée.

    Autre sujet également évoqué ; la tenue des jeunes porte-drapeaux n’ayant pas effectué leur service militaire. Il est décidé du port de béret neutre et de gants blancs.

    « La prochaine assemblée générale se déroulera en février 2014 à Puisieulx et celle de 2015 aura lieu à Sillery », annonçait alors M. Marguet avant de laisser le soin à Jean-Paul Michau, maire de Saint-Léonard, de clore la séance.

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    Union130224e - Marne
    BEINE-NAUROY : Redonner vie au cimetière détruit

    Des tombes que les bénévoles voudraient conserver en l’état afin de créer un cheminement. Une piste avant la commémoration de 2014, un siècle après le début du premier conflit mondial.
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  • « Les amis de Nauroy » travaillent à la conservation d’un site dévasté : celui d’un ancien cimetière qu’ils veulent préserver à tout prix.

    LES pieds d’une chapelle qui s’effritent, des stèles chamboulées, cassées, brisées par le temps et les affres de la guerre, l’ancien cimetière de la commune aujourd’hui disparue de Nauroy est dans un sale état. La faute à des bombardements qui ont tout retourné durant la Première Guerre mondiale. La faute aussi au manque d’entretien chronique durant plusieurs décennies de ce site. Pour l’association des « Amis de Nauroy », en charge de la conservation du patrimoine de l’ancien site, des mesures urgentes sont à prendre. « Nous avons passé plusieurs jours à entièrement nettoyer le site. Les arbustes envahissaient tout et, à terme, cela aurait complètement fait disparaître les derniers témoignages du passé », confie Monique Durand, membre actif de l’association et ancienne institutrice du village de Beine-Nauroy. Son souhait, comme celui de tous ses partenaires, est de donner l’accès au plus grand nombre au site. « Mais cela passe par des autorisations complexes à obtenir de la part de la direction des affaires culturelles (Drac). »

    Protéger l’église et ses piliers

    Aussi, ils sont plusieurs à se battre pour sécuriser l’enceinte qui menace de s’effondrer. La chapelle, adjacente à ce lieu présente aussi des fissures inquiétantes. Les piliers qui la soutiennent s’érodent, le toit doit être réhabilité. La tâche est immense pour cette poignée de bénévoles.

    Au milieu de ce qui est un ancien champ de tombes, on devine entre les cahots deux piliers qui sortent de terre. À leur base, plus d’un mètre de terre les protège. « Nous avons eu ordre d’enterrer les piliers pour les préserver. Mais voilà plusieurs mois que nous sommes dans cette situation. Et les autorités ont beaucoup de mal à bouger. Cela compromet une bonne partie de nos projets et de nos travaux », soutient Monique Durand. Ce qu’elle voudrait, elle comme tous les membres de son association, c’est que le cimetière rouvre ses portes de manière pérenne. Conserver la mémoire, ne pas oublier les centaines d’habitants qui ont vécu sur cette commune aujourd’hui disparue, voilà l’ambition finale des « Amis de Nauroy ».

    C’est fermé

    Vandalisé, pillé durant des décennies, les dernières pierres tombales ont besoin d’être démoussées. Le lichen menace les noms des défunts. La plupart des corps, ceux qui ont pu être exhumés ont été transférés vers d’autres sites funéraires. Depuis quelques semaines, un petit cadenas barre l’entrée du site historique « pour éviter les intrusions mais aussi par mesure de sécurité ». En effet, le cimetière de Nauroy, figé depuis sa destruction n’a pas peut-être pas livré l’ensemble de ses secrets. Contactés par téléphone, les services de la Direction régionale des affaires culturelles n’ont pas encore donné suite à nos différentes sollicitations.

    Thomas DUPRAT

    Chemin de mémoire

    A terme, l’association des « Amis de Nauroy » n’a qu’un seul et unique but, celui de faire croître le patrimoine de la commune disparue. Léguer aux générations futures tout un pan de leur passé qu’ils n’imaginent. Et pour cause puisque l’ancienne commune a totalement été rasée. « Nous avons du pain sur la planche. Il faudra continuer d’entretenir le site. Les prochaines étapes seront de nettoyer les stèles afin de mettre en valeur les épitaphes et de créer un cheminement entre celles-ci pour les visiteurs. Bref, de faire revivre ce cimetière en indiquant, le plus précisément possible, qui était enterré ici, son nom, son origine avec si possible des photos qui donneront aux visiteurs une impression de proximité avec ce lieu trop longtemps oublié », insiste l’ancienne institutrice.

    Expos et conférences

    Autour du site, l’association compte également organiser des cycles de conférences, des visites commentées.

    Et cela tombe plutôt bien puisqu’Antoine Caranjot, un historien dont l’arrière-grand-père était un habitant de la commune de Nauroy poursuit actuellement des recherches actives sur la vie de ce village dont il ne reste aujourd’hui que des ruines.

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    Union130224d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Histoire Le carnet de guerre du caporal L’Huillier

    A lui seul, ce carnet, sans le lire, a déjà une histoire. Il portait en tête une mention d’envoi à sa mère, infirmière Croix-Rouge, demeurant rue du Renard à Sainte-Ménehould, en cas de perte. Son malheureux possesseur est blessé pendant l’offensive de 1915.

    Ce carnet sera remis par un officier allemand blessé, en soins dans un hôpital de Cologne, à un infirmier français prisonnier lorrain, Louis Noirez, pour être traduit. Lequel s’exécute, non sans le recopier. Il l’enverra à la mère du propriétaire à la fin des hostilités. En avril 1915, le rédacteur et son copiste se retrouveront avec l’émotion qu’on peut supposer.

    Le carnet suit le trajet du caporal L’Huillier du 151e régiment d’infanterie depuis Douarnenez, le 11 juin 1915. Le Kronprinz a lancé une offensive en Argonne pour s’emparer de Sainte-Ménehould et de la voie ferrée Châlons-Verdun. Depuis Douarnenez. Quimper. Le 13 juin, il s’extasie sur la qualité de l’équipement neuf qu’on leur fournit. Ils font connaissance avec le bleu horizon, les vivres de réserve. Avec un moral d’acier, ils sont dirigés en train sur Lorient, Redon. Puis Laval, Le Mans, Chartres.

    Le 16 juin les trouve à Montargis, Sens, Saint-Dizier. De là, Sainte-Ménehould où il retrouve sa mère et sa sœur. Il dînera chez elles en attendant le départ pour Florent. Il embrasse sa mère et y arrive avec son détachement le 17 juin.

    Ils y seront au repos jusqu’au 18. Le canon gronde au loin. Le 20 juin, instruction sur le lancer de grenades, de fusées, de pétards.

    Le 23 juin, départ pour les tranchées sous une chaleur épouvantable. On double les gourbis où stationnent des militaires au repos. Dans la tranchée, un « joli petit gourbi » lui est affecté. Curieusement, les Allemands les entourent mais eux en font autant. Il observe, à la faveur d’une corvée d’eau, les mitrailleuses allemandes dissimulées et braquées dans des abris.

    Le 25 juin le trouve dans un petit poste à 5 mètres des tranchées adverses. Des coups de pioche sous leurs pieds. Le 26, ils y sont toujours. Ils sont alors bombardés. Les Allemands lancent une attaque à Bagatelle, qui échoue. Au repos le 28, à la Harazée et Vienne-le-Château.

    Blessé

    Vaccination le 28 juin. Il est malade « comme une bête ». Dans la nuit, la canonnade reprend, plus violente. Le 30, on remonte en ligne. Bombardement et cette fois les gaz asphyxiants. Ils sont enfin dans le petit bois terme de leur marche. Un bataillon de chasseurs est avec eux.

    Le 1er juillet, bombardement monstrueux. Une attaque des nôtres échoue. Une corvée de soupe lui vaut la perte d’un homme, alors que les bombardements continuent. L’ennemi attaque. Sept fois, il est repoussé.

    Dans la nuit du 2 au 3 juillet, ils sont en rase campagne. Les Allemands attaquent et sont arrêtés par nos mitrailleuses. C’est alors qu’une bombe contenant des produits inflammables explose au-dessus de lui. Le liquide brûlant coule sur sa capote.

    A peine le temps de la quitter, il est déjà brûlé depuis l’épaule jusqu’aux reins. Il a reçu en outre deux éclats, l’un à la tête, l’autre au doigt. Au poste de secours, on l’évacue sur Florent. Il écrit fièrement : « Ils ne sont pas passés. A trois régiments, les 151e, 16e chasseurs, nous avions arrêté 40 000 boches ».

    Il est passé pour mort à Sainte-Ménehould. Il n’en est rien.

    A Florent, il pourra rassurer sa famille, prévenue par le maire du village. Le fameux carnet a été perdu en rejoignant le village.

    Il passera par la Grange-aux-Bois. On l’évacue sur Sainte-Ménehould, à l’hôpital mixte, au collège Chanzy. Il écrit se retrouver dans la classe où il avait naguère reçu l’enseignement de l’allemand. Il dit y avoir été très bien soigné par sa mère et sa sœur, infirmières. Puis il ira au dépôt des éclopés au lieu-dit la Talonnerie.

    Sur sa demande, il rejoindra son 151e à Athis, puis Tours-sur-Marne, Bisseuil, Plivot. D’autres carnets suivront ses campagnes.

    Source : Horizons d’Argonne 1980, n° 40

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    Union130224c - Marne
    FERE : Fère à la manœuvre

    C’est la communauté de communes du Sud marnais (CCSM) qui porte le projet de circuits mémoriels. Alors que les circuits concernent l’ensemble du Sud-Ouest marnais.

    « Nous avons proposé de porter ce projet car il fallait qu’une seule collectivité prenne en charge ce dossier, explique Gérard Gorisse, président de la CCSM, concernant ces panneaux, ce sont les communes qui paieront ceux implantés sur leur territoire, la CCSM ne fait qu’avancer les fonds.

    Le secteur de Fère est concerné par ce projet, nous avons la nécropole, le cimetière de Connantre, de durs combats ont eu lieu sur le plateau des Rochelles, nous avons cette légitimité des combats. »

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    Union130224b - Marne
    REIMS : Mémoire de la guerre patriotique : La Russie récompense Marc Bouxin

    Marc Bouxin conservateur du musée Saint-Remi, du musée de la Reddition et du Fort de la Pompelle.
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  • Œuvrant depuis une huitaine d’années pour les relations franco-russes sur les plans historiques, militaires et artistiques, le Rémois Marc Bouxin, conservateur des musées de Saint-Remi, La Pompelle et de la Reddition vient d’être honoré par la Fédération de Russie.

    Il vient de recevoir des mains de M. Koutchkov, du comité gouvernemental du Bicentenaire une distinction très rare baptisée : « la médaille de l’ordre pour la mémoire de la guerre patriotique. »

    Cette récompense qui n’a été tirée qu’à 700 exemplaires a été créée à l’occasion du Bicentenaire de la guerre patriotique de 1812 : un événement aussi important pour eux que le Bicentenaire de la Révolution française pour nous. Reprenant l’aspect des décorations de l’époque impériale et inspirée de l’Ordre de Saint-Vladimir créé par Catherine la Grande en 1780, cette décoration vient récompenser les personnes s’étant distinguées de façon émérite dans l’étude, la pérennisation de la mémoire et la diffusion des connaissances de la guerre patriotique de 1812.

    Deux en France dont Giscard d’Estaing

    « Il n’y aurait que deux Français qui ont obtenu cette distinction », se plaît à dire le Rémois, « dont l’ancien président de la République Valérie Giscard d’Estaing. »

    Marc Bouxin a participé en 2012 à un colloque à Orel (Russie) où il a mis en évidence que « la guerre franco-russe de 1812, en rapprochant les élites des deux pays, a servi de terreau au développement de l’amitié entre la France et la Russie tout au long du XIXe siècle en matières littéraire, artistique, musicale, chorégraphique et militaire, l’alliance militaire franco-russe de 1893 ayant rendu possible la victoire de la Marne en septembre 1914. »

    Marc Bouxin a par ailleurs préfacé pour la France le gros ouvrage historique bilingue du Bicentenaire de 1812 intitulé : « Alexandre et Napoléon. »

    Il a organisé aussi de nombreuses manifestations (exposition « Toltoï, la guerre et la paix », concerts russes, accueil d’étudiants russes, médiateur en vue du centenaire de 1914 pour mettre en valeur l’action du corps expéditionnaire russe en France.

    Enfin, il est à l’origine de la réalisation d’un monument commémoratif inauguré en 2010 au Fort de la Pompelle.

    Alain MOYAT

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    Union130224a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Doenitz : entre mers et océans

    Le Grand amiral Karl Doenitz avec des membres de son état-major.
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  • Le ravitaillement d’un sous-marin allemand par un U-Boote tanker du Reich.
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  • Les convois alliés passent par le Grand Nord pour ravitailler l’URSS.
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  • L’un des redoutables U-Boote à la chasse aux convois alliés.
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  • Kriegsmarine. Elevé à la dignité de Grand amiral, Karl Doenitz, qui a pris ses fonctions de commandant en chef de la marine le 1er février 1943, prend une série de mesures importantes pour intensifier la guerre sous-marine et user des grands bâtiments de surface en mer de Norvège.

    Doenitz qui succède à l’amiral Erich Raeder n’entend pas confier à quiconque le commandement supérieur des sous-marins. C’est la raison pour laquelle il transfère à Berlin l’état-major dirigé par le contre-amiral Godt. C’est lui qui opte pour l’engagement du groupe Haudegen et le nouveau groupe Pfeil soit vingt et sous-marins pour conduire ce qu’il qualifie déjà de : « plus rude bataille de la guerre sous-marine ». Les Britanniques s’attendent à des chasses redoutables de jour comme de nuit. Les premières attaques qui sont engagées dans la nuit du 4 au 5 février sont repoussées par les escorteurs dotés de nouveaux moyens de détection et l’U-187 est envoyé par le fond. Pendant quatre nuits, le harcèlement des U-Boote est infernal nerveusement. La Kriegsmarine engage de tels moyens qu’elle finit par remporter plusieurs succès. Le 6 février quatre U-Boote envoient par le fond six bâtiments alliés dont le bateau de sauvetage « Toward ». Le bilan de cette première quinzaine de février est lourd. Treize navires ont été coulés contre trois sous-marins ennemis.

    Des requins mangeurs d’acier

    Même si les escortes alliées sont intensifiées, les sous-marins de Doenitz parviennent toujours à s’infiltrer pour causer d’importants dégâts. On les surnomme les requins mangeurs d’acier. Le 14 février 1943, le B-Dienst donne la position du convoi ON 166 constitué de quarante-huit navires dont huit traînards, deux cutters et cinq corvettes. Les marins alliés sont attaqués pendant cinq jours par les groupes Ritten et Knappen qui rassemblent une vingtaine de sous-marins allemands. Le convoi perd quinze bâtiments tandis que deux sous-marins sont coulés et probablement quatre autres légèrement avariés.

    Le 17 février 1943, l’amiral Doenitz estime que les pertes alliées dans l’Atlantique Nord s’élèveront à environ soixante-dix bâtiments pendant le mois. Cette évaluation est raisonnable or, alors qu’il pense sacrifier huit sous-marins et leurs équipages, il est alors très optimiste. Lorsque les chiffres définitifs lui seront présentés, les pertes s’élèveront à dix-neuf submersibles. Toujours le 17, le Grand amiral redit : « La priorité donnée à la guerre sous-marine est le seul moyen de contribuer de façon efficace à la conduite générale de la guerre ». Et d’ajouter : « Nous vivons une période de danger. Chacun d’entre nous doit être convaincu de la gravité de notre devoir. Notre vie appartient totalement à l’Etat. Notre honneur se trouve dans l’accomplissement de notre devoir et dans notre disponibilité à servir. Aucun de nous n’a le droit à une vie privée. Il s’agit pour nous de gagner cette guerre. Nous devons tendre vers cet objectif avec un dévouement fanatique et la volonté de vaincre la plus inflexible ». C’est pourquoi il demande à tous les niveaux de l’industrie maritime une mobilisation pour que les moyens soient donnés pour une maîtrise et une domination de la guerre sous-marine par la Kriegsmarine. Le discours de Doenitz n’a pas convaincu les amiraux dont beaucoup restent nostalgiques de Raeder. L’augmentation des capacités de production des Alliés est un vif sujet de préoccupation pour l’amirauté. Même le Grand amiral le reconnaît : « Le peuple allemand ne peut pas conduire seul dans la durée de la guerre dans l’ensemble des espaces de combat, la fabrication des moyens indispensables. Il faut que les autres peuples européens travaillent à cet objectif et effectuent les efforts nécessaires ». Il sait que la priorité du Führer n’est pas la marine et s’il lui faut s’en convaincre, il lui suffit d’écouter le discours de Joseph Goebbels le 18 février 1943 au Sportpalast de Berlin. Le patron de la propagande nazie déclare la guerre totale au bolchevisme. Il sait que la guerre est à un tournant et qu’il lui faut s’adapter au plus vite aux nouvelles priorités qui ont été avalisées par Hitler.

    Textes : Hervé Chabaud


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    Convaincre le Führer

    Bien sûr Goebbels juge que Doenitz fait une très bonne impression et que le moment est opportun pour renforcer les liens entre la Kriegsmarine et le ministère de la Propagande. Goebbels est d’accord pour proclamer que la Kriegsmarine est une arme nationale-socialiste mais au-delà des mots, il n’y a pas de moyens nouveaux attribués pour lui permettre de densifier sa force sous-marine et d’entretenir un nombre de bâtiments de surface compatible pour disposer d’une autorité relative sur les mers. Pis, le Grand amiral a confirmation dès le 15 février 1943 que figure à l’ordre du jour d’une réunion imminente avec le Grand quartier général, un sujet des plus sensibles : le retrait du service des grands bâtiments de surface. Or lors de son entrevue avec Hitler le 26 janvier, Doenitz n’a pipé mot sur le sujet tout en ayant entendu les observations formulées par le commandant en chef de la flotte, l’amiral Otto Schiewind, de l’intérêt de conserver en mer de Norvège, un groupe de combat puissant. Il s’appuyait pourtant sur les deux géants de surface de l’Allemagne, le « Tirpitz » et le « Scharnhorst ». Le Grand amiral s’est également fait représenter le 9 février lors de la réunion préparatoire sur le retrait des grandes unités de surface. C’est l’amiral Krancke qui s’est substitué à lui simplement pour écouter les stratèges. Doenitz considère que pour convaincre le Führer de l’emploi tous azimuts de l’arme sous-marine, il lui faut contourner les rouages de la haute administration nazie. Le Grand amiral prépare de son côté la mise à la retraite du « Hipper », du « Leipzig » et du « Köln » ainsi que celle des vieux cuirassés « Schlesien » et « Schleswig-Holstein » mais il estime que les géants récents de la Kriegsmarine peuvent être très utiles pour attaquer les convois d’Arkhangelsk qui : « ravitaillent l’URSS bolchevique ». Il sait alors qu’il sera écouté d’Hitler d’autant qu’il l’encourage au développement du Me-177 à long rayon d’action pour positionner les convois dans l’Atlantique et faciliter leurs interceptions par les U-Boote disponibles. Pour tarir les ravitaillements maritimes alliés destinés à Staline, Doenitz développe son idée d’un grand groupe de combat composé du « Tirpitz », du « Scharnhorst », du « Lützov » et de six destroyers. Il torpille ainsi une proposition équivalente qui n’émane pas de son propre état-major. Si le Grand amiral est écouté par le Führer c’est qu’il l’a touché sur le problème du libre passage en mer de Norvège. Les convois désormais forts en moyenne de vingt-cinq bâtiments et qui approvisionnent l’Armée rouge lui sont insupportables aussi est-il prêt à de vraies concessions à la marine pour les mettre hors d’état de nuire. Bref, Doenitz sait qu’il doit faire au plus vite et au mieux pour satisfaire le maître du Reich. L’une des autres urgences est de sécuriser l’approvisionnement du minerai de fer en provenance d’Espagne. La zone côtière du golfe de Gascogne au cap Nord mérite une protection particulière puisque plus de 40 % de la production de la fonte allemande dépend de l’arrivée à bon port des cargos chargés du précieux minerai. Le Grand amiral prévoit déjà de revoir Hitler pour qu’il valide la construction de trente nouveaux sous-marins par mois. Une décision pas si évidente que cela lorsque dans le même temps la Wehrmacht exige une forte progression de la fabrication des panzers pour conserver une armée blindée terrestre en capacité d’écraser l’adversaire.

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    Union130223b - Marne
    TINQUEUX : Hommage à Henri Wenisch « Adieu l’ami » !

    Du paysage à la nature morte en passant par les portraits ou les scènes de campagne.
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  • Les membres du Groupe Pictural de Champagne et leur président Luc Billa ont une pensée émue pour leur président honoraire. « En effet, Henri Wenisch nous a quittés le 30 janvier dans sa 96e année ».

    Beaucoup le connaissaient pour sa passion et sa carrière dans l’aviation et notamment pour avoir été le mécanicien du commandant Edmond Marin La Meslée de 1939 à 1945. Mais c’est oublier toute une facette de sa vie : depuis son adolescence, Henri s’était pris de passion pour la peinture et le dessin. Celle-ci ne l’avait pas quitté, même dans les années noires de la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle il est resté séparé de sa famille six années principalement en Afrique du Nord. Là, il n’hésitait pas à croquer des scènes de vie : fantasia, ravitaillement des avions de combat…

    Ses croquis l’inspireront tout au long de sa carrière pour la réalisation de ses merveilleux tableaux. Des scènes de vols ou de combat du Curtiss au Mirage lui permettront de concourir pour être peintre officiel de l’armée de l’air, consécration qu’il n’obtiendra malheureusement jamais.

    D’autres styles viendront aussi compléter ses très nombreuses productions, du paysage à la nature morte en passant par les portraits ou les scènes de campagne. Henri s’amusait à peindre !

    Générosité

    En 1976, il répond à l’appel de Lucien Robert pour la création du Groupe Pictural de Champagne, association d’artistes de Tinqueux. Puis, il en prend la présidence en 1982 jusqu’en 2000. C’est alors qu’unanimement, les membres du GPC lui ont demandé de garder la présidence honoraire de l’association. En 1999, au côté du regretté ami Raymond Mathey, il avait participé au salon d’automne en qualité d’invité d’honneur.

    Par sa générosité et son altruisme, Henri a toujours prôné le partage du savoir afin d’améliorer les qualités artistiques de chacun, leitmotiv de l’esprit insufflé dans l’association. Il maîtrisait un grand nombre de techniques, notamment l’aquarelle, l’huile, l’encre, la marqueterie et la sculpture…..

    Lors du prochain salon d’automne du 6 au 13 octobre 2013, un hommage lui sera rendu à travers l’exposition de quelques-unes de ses plus belles œuvres.

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    Union130223a - Marne
    TETAIGNE : « On se serait cru à une fête »

    Arsène et ses deux sœurs, Marie (à gauche) et Hermine avec qui il a « évacué » en août 1914, jusqu’en Haute-Marne. La photo a été prise en 1916, lors d’une permission d’Arsène. D’origine belge, donc non mobilisable, il s’était, dès 1915, engagé dans l’armée française.
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  • PAYSAN de Tétaigne, Eric Dion conserve pieusement le journal tenu en août et septembre 1914 par son grand-oncle Arsène Pierrard dont, dans une précédente chronique, je vous ai évoqué le destin. « En 1982, me confie Eric Dion, ma femme a eu une étonnante prémonition. Elle a demandé à taper à la machine les pages manuscrites du journal de mon grand-oncle. Aussitôt fait, elle les a restituées à ma grand-tante Marie, la sœur d’Arsène. Un an après, l’incendie de sa ferme les a réduites en cendres »

    En 1914, Arsène Pierrard a vingt ans. Il vit à Pure chez ses parents avec ses deux sœurs, Marie et Hermine, qui à un an près, ont son âge. Étant de nationalité belge, il n’est pas mobilisé. Le soir du 23 août 1914, tandis qu’affluent dans Pure des civils belges terrorisés, Arsène et ses sœurs, sur ordre de leur père, prennent le chemin de l’exode qui les conduira en Haute-Marne.

    Voici des extraits du récit étonnant et parfois déroutant qu’Arsène Pierrard fait, au jour le jour, de sa fuite à travers les Ardennes.

    24 AOÛT. L’artillerie française qui était en batterie à Mont-Tilleul bombardait les bois de Pure. C’était beau à voir. Mes sœurs étaient déjà parties, avec notre jument, la Nivette attelée à une grosse voiture. Je pris ma bicyclette et me dépêchai à les rattraper entre Osnes et Tétaigne. Je leur dis que je retourne à notre ferme pour aller chercher notre cheval Bibis. Je traversai Messincourt. Il y avait au moins cinquante soldats français blessés devant l’école des filles. Ils attendaient qu’on les panse. On venait de tuer trois uhlans à La Réunion-des-Eaux.

    Arrivé chez nous, je selle le Bibis, et me voilà parti sur la route de Carignan. Les obus tombaient ferme sur Maugré et Matton, cela produisait une fumée bleuâtre. On se serait cru à une fête. La route était tellement encombrée d’émigrés, de convois d’artillerie, de soldats de toutes sortes que les piétons étaient obligés de passer dans les champs. Arrivé au pont de Mouzon, je retrouve Marie et Hermine. Le soir, à Yoncq, nous couchons dans une grange.

    On marchande une poule

    25 AOÛT. Ce qu’il y a de remarquable, c’est le pic de Stonne d’où on découvre une grande plaine dans laquelle il y avait des combats d’artillerie. Le soir à Stonne, les soldats nous ont donné à manger du singe. C’est comme cela qu’ils appellent le bœuf en conserve. On a couché sur un tas de foin. 26 AOÛT. De bon matin, je selle le Bibis pour retourner chez nous, à Pure. Arrivé à Mouzon, je fais demi-tour, les ponts ayant sauté. A Stonne, on repasse la nuit dans le foin.

    27 AOÛT. On traverse les Grandes-Armoises. Le soir, on est accueilli à la ferme de Nosièvre, commune de Mont-Dieu où on retrouve des gens de Pure, le Jules Labbé et le Jules Lacombe qui n’avaient mangé qu’un navet depuis une journée et demie.

    28 AOÛT. En route, on rencontre quatre vieux de Pure. Ils avaient faim. On marchande une poule à une fermière, on la tue, on la plume, on allume un feu dans les champs. Je mets la poule au pot. Les quatre vieux se mettent devant le feu pour arrêter les obus qui seraient venus pour culbuter la soupe. Tout d’un coup, sauve-qui-peut général, on dit que les Prussiens arrivent ! Un vieux tire la poule du pot par une patte. Ils boivent le bouillon, se disputent les légumes. On file. On arrive à Châtillon-sur-Bar à 10 heures du soir

    Le trapèze volant

    29 AOÛT. On se lève tôt, car on n’avait rien dans le fusil. Je donne du pain de soldats aux chevaux, à la place de l’avoine. On se dirige vers Belleville, Boult-aux-Bois, puis Briquenay et Longwé où on boit un litre de bière dans une auberge, une rareté. Le soir, nous logeons dans la ferme de La Habette où un soldat de l’infanterie coloniale originaire du fond de Givonne, me donne du singe et des biscuits. Nous couchons dans une sorte de fournil.

    30 AOÛT. Nous nous dirigeons vers Falaise, puis Monthois rempli de soldats. Nous arrivons pendant les vêpres à Saint-Morel où dans une belle maison, un cultivateur, M. Depierre et ses deux filles nous apprêtent à dîner. Bon vin, tout figurait sur la table, on était vraiment trop bien. Les deux jeunes filles m’ont apprêté un bon lit entouré de paravents. Depuis que j’étais parti de chez nous, c’était la première fois que je couchais dans un lit et cela me semblait bien bon.

    31 AOÛT. La jument Nivette est tombée malade. Un vétérinaire de l’armée me conseilla de lui frotter les reins et les pattes avec de l’essence de térébenthine, ce qui produisit de l’effet. C’était dû à la fatigue. Elle tirait une grosse voiture avec dessus une malle qui pesait cent kilos, et mes sœurs Marie et Hermine. Un riche pays, Saint-Morel, car toutes les récoltes que j’ai vues étaient magnifiques. C’est là que l’on commence à voir la terre blanche de la Champagne. Toutes les maisons sont construites en craie.

    1er SEPTEMBRE. On est resté à Saint-Morel. J’ai lavé avec du savon le Bibis et la Nivette qui était bien remise. Le reste de la journée, j’ai fait de la gymnastique avec le trapèze volant qu’il y avait dans le garage. Vers minuit, M. Depierre ayant entendu des pas de chevaux dans le village, nous a réveillés. Vite, on s’est sauvés par des chemins de traverse que M. Depierre connaissait bien. Il faisait le guide. Entre Liry et Aure, on entendit un coup de fusil et en même temps, j’entendis la balle siffler derrière moi. C’était une sentinelle française qui nous tirait dessus. On s’est tassés autour de la voiture en attendant le jour.

    Le matin, on voyait les obus éclater à 100-200 mètres en l’air. Cela produisait une longue traînée rougeâtre. C’était magnifique, mais pas très amusant surtout qu’ils éclataient à un kilomètre de nous. Nous filons jusqu’à Manre, petit village sur la limite de la Marne. Les soldats y avaient abandonné des sacs, des fusils, des baïonnettes, des cartouches. C’était une vraie déroute.

    Qu’en pensent les chênes de nos forêts ?

    Yanny HUREAUX

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    Union130221a - Marne
    CORMICY : Des passeurs de mémoires pour les générations futures

    La présidente au centre, le secrétaire à gauche, le député et le maire à droite.
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  • Les faits marquants 2012 sont nombreux, rappelés par Alain Lecomte, secrétaire de l’association « Cormicy, Ma Ville, Son Histoire » : conférences, concerts, éditions du feuillet encore disponible « Cormicy châtellenie de l’archevêque de Reims », construction par le groupe des explorateurs de l’accès à une cavité souterraine à but de mémoire et pédagogique, voyage en Meuse et visite avec M. Houde (historien) du site de l’oppidum de St-Thomas dans l’Aisne appelé « Bibrax » par Jules César.

    Balisage des sites

    La rencontre avec les Amis de Nauroy et la participation au comité de concertation du conseil général ont permis à Alain Lecomte de faire reconnaître les villages disparus lors de la Grande Guerre : les hameaux de Cormicy (Sapigneul et La Neuville) ; lieux sur lesquels le centenaire de la Première guerre sera célébré de concert avec les autres villages, les mairies et associations locales. C’est ainsi que l’exposition « Traces et Fragments » est passé par Cormicy en novembre dernier. La pose de pupitres informatifs et le balisage des sites vont rependre après plusieurs concertations avec le maire Dominique Décaudin.

    La présidente Marie Noëlle Boulard donna ensuite le programme 2013 : conférence sur les moulins à vent le 12 avril 2013 à 20 h 30 par Jean-Claude François, complétée par Jean-Louis Leguay pour les moulins à eau.

  •  Mi-mai à Cormicy : le 5, à l’occasion du déplacement des Anglais du jumelage Cormicy/Kingsclere.
  •  Musique en juin : le 7 à 20 h 30 en l’église de Cormicy avec les Cors du Vert galant.
  •  Conférence le 8 novembre, en projet : les vétérans de la Grande armée et la marche du souvenir sur Sapigneul avec la nouvelle signalisation du conseil général.
  •  Organisation conjointe avec Familles rurales du marché de Noël le 30 novembre.

    « L’identité de la commune »

    Une nouveauté serait la participation à la nuit des musées, samedi 18 mai avec la découverte en sons et lumières de la cavité souterraine ; sans oublier la sortie du feuillet n° 5 sur l’histoire de l’association ABEP, du n° 6 sur Sapigneul et du n° 7 sur les lieudits.

    Le député Arnaud Robinet a souligné le grand rôle que peut jouer l’association dans le centenaire. « Quand on parle de mondialisation, le rôle de votre association, c’est de garder l’identité de la commune et son devoir de mémoire indispensable aux générations futures ».

    Le maire salua la mobilisation des adhérents et le travail de fond effectué sur les cavités, avec l’inauguration poignante du 18 novembre. Il fit le point sur le projet de travaux étudié par Sylvianne Leclère, conseillère et membre du bureau de CMVSH pour la restauration et la sauvegarde de la belle église.

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    Union130220a - Marne
    SEZANNE : Sur la trace des poilus

    « A Fère, nous avons la légitimité des combats », selon le maire Gérard Gorisse. ici, la nécropole nationale de Fère-Champenoise.
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  • Le monument de Mondement serait un point d’intérêt intégré à ces circuits mémoriels.
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  • C’est un projet ambitieux. Depuis un bâtiment situé à Soizy-aux-Bois, les visiteurs partiraient sur la trace des soldats de 1914, guidés par leur téléphone portable.

    DANS les pas des soldats de la première bataille de la Marne, avec un smartphone (téléphone portable relié à internet). La communauté de communes du Sud marnais, la commune de Soizy-aux-Bois et l’association Mondement 1914 portent un projet de circuits mémoriels ayant pour thème la première bataille de la Marne.

    « Des choses à voir »

    Le principe : les touristes suivent en voiture un circuit qui les mène sur différents points d’intérêt ayant trait à la première bataille de la Marne, comme le monument de Mondement ou la nécropole nationale de Fère. Ils trouveront en chemin des panneaux.

    Sur chacun des panneaux, un dessin appelé « flashcode », qui une fois photographié avec un téléphone portable, donnera accès à des documents expliquant en quoi cet endroit est singulier. Il ne s’agira pas d’un grand cours magistral sur la guerre. « Le but est de montrer aux visiteurs des endroits où se sont déroulés les combats et où il y a quelque chose à voir, précise Michel Tellier, maire de Soizy et président de Mondement 1914, nous souhaitons aussi raconter la vie quotidienne des habitants et des soldats qui se trouvaient dans la région en 1914. »

    Les personnes qui n’ont pas de téléphone adéquat pourront se procurer des documents sur papier. Tous les visiteurs trouveront le détail des circuits dans un bâtiment d’accueil situé le long de la route départementale 951 à Soizy-aux-Bois.

    « Cette construction est indissociable des circuits, l’un ne va pas sans les autres », insiste Michel Tellier. Dans cet espace de 165 m2, les touristes pourront trouver une explication de la première bataille de la Marne.

    Un bâtiment à Soizy

    « La mobilisation du monde paysan et le rôle des femmes seront mis en valeur », ajoute Michel Tellier. Une salle sera consacrée à la médaille de la Marne et aux commémorations. « Nous voulons montrer comment cette bataille a été une première pierre à la fondation de l’Europe, souligne le maire de Soizy. La visite de ce bâtiment est un prélude à la découverte des sites. »

    Deux emplois relevant du service civique pourraient assurer l’accueil des visiteurs. Le coût de ce bâtiment est estimé à 200 000 euros. Le projet est porté par la commune de Soizy-aux-Bois. « Le musée de Mondement reste en l’état », précise Michel Tellier. La mise en place des circuits mémoriels s’élèverait à 50 000 euros.

    Là, c’est la communauté de communes du Sud marnais qui pilote le projet. Pour le moment, le montage du financement est en cours. « Nous comptons aussi créer des liens avec le musée de la Grande Guerre de Meaux, pour que cette structure nous renvoie des visiteurs », remarque Michel Tellier.

    Après avoir découvert les moyens de transmission militaires exposés au musée francilien, les touristes se rendraient munis de leur smartphone sur les traces des poilus de la Marne.

    Guillaume TALLON

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    Union130219d - Marne
    EPERNAY : Amicale des porte-drapeaux : Dépôt de gerbes au monument aux morts

    Hélène Plaquin et Joël Wimann côte à côte.
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    A l’issue des travaux statutaires de l’assemblée générale, les amicalistes se sont rendus en cortège au monument aux morts de l’hôtel de ville d’Epernay.

    Hélène Plaquin, conseillère municipale en charge des relations avec les associations patriotiques et Joël Wimann, président de l’Amicale des porte-drapeaux, ont déposé une gerbe en présence d’une assistance recueillie. La Champenoise d’Aÿ, qui avait accompagné le défilé sur le parcours, a exécuté les sonneries réglementaires.

     

     

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    Union130219c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Comité des anciens combattants : Ambiance au thé dansant

    Une animation qui maintient le lien entre les familles.
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    Excellente ambiance au thé dansant organisé par les bénévoles du « Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre », dimanche dans la salle du manège.

    130 personnes ont passé un agréable après-midi au son de l’orchestre de Tony Brusse.

    Valses, tangos, paso-doble, cha-cha-cha, fox-trot, sans oublier le madison se sont enchaînés sans discontinuer, pour la plus grande joie du public qui a pu ainsi, jusqu’à 20 heures, apprécier les différents rythmes et la qualité des interprétations.

     

     

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    Union130219b - Marne
    REIMS : Les anciens marins se réunissent

    Derrière leur drapeau.
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  • C’est, traditionnellement au sein du Refuge de Cormontreuil que l’association des anciens marins de Reims et sa région « L’Ancre de marine » vient de tenir son assemblée générale.

    Après la minute de silence en mémoire des disparus, le président Yves Perreau a présenté les différents rapports et manifestations organisées en 2012. « Avec beaucoup de sorties patriotiques dans le département et à l’extérieur » : Paris, Dieppe, Bois-Belleau, Laffaux, etc. « Des manifestations qui, en 2013, seront sensiblement les mêmes. »

    Le président s’est félicité « qu’un lycée technique porte le nom de Georges Brière, marin rémois tué au combat, et qui repose au Mont Valérien ».

    Rappelons que cette association a été créée en 1998 par Yves Perreau, dans le but de faciliter les contacts entre anciens marins et d’organiser diverses manifestations. L’objectif est de « maintenir l’esprit des traditions maritimes, contribuer au rayonnement local de la Marine et provoquer des vocations de jeunes attirés par la mer ».

    Après que le bureau a été réélu à l’identique (Yves Perreau président ; François Bourdaud’hui, vice-président ; Marie-Noëlle Gros, secrétaire ; Maurice Lerolle, trésorier et François Mayoly, porte-drapeau), M. Perreau a remis la médaille des vétérans des essais nucléaires à Michel Labaume.

    Pour rejoindre l’amicale de « L’Ancre de marine », tél. 03.26.97.51.70.

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    Union130219a - Marne
    LA CHAUSSEE : Bataille napoléonienne du 3 février 1814 : Le bicentenaire se prépare

    Les participants à cette réunion de travail veulent faire de cette commémoration un véritable événement, sur les traces de Napoléon.
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  • À l’initiative du comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François, une première réunion de travail a eu lieu à la mairie de La Chaussée-sur-Marne pour la commémoration du bicentenaire de la bataille napoléonienne de La Chaussée, le 3 février 1814, portée par la nouvelle association « La Chaussée-sur-Marne, Histoire et Patrimoine ».

    Cette commémoration aura lieu lors du week-end du samedi 1er février et dimanche 2 février 2014, dans la salle des fêtes de La Chaussée. La salle sera ouverte le samedi de 14 à 18 heures et le dimanche de 10 à 18 heures.

    Cartes, films et timbres

    Le champ de bataille incluant les communes de Aulnay-L’Aître, Ablancourt, La Chaussée-sur-Marne, Omey et Pogny sera présenté sur des cartes napoléoniennes, avec le concours d’un collectionneur. Les organisateurs vont se rapprocher d’autres associations afin que des randonnées pédestres ou cyclistes puissent être organisées sur le parcours du champ de bataille. Des films seront également diffusés en lien avec Napoléon.

    Une exposition philatélique sur le thème de Napoléon sera présentée par le Club philatélique de Courdemanges et de l’arrondissement de Vitry-le-François. Un bureau temporaire avec timbre à date spécial sera mis en place par La Poste. Une carte postale sera dessinée par Roland Irolla pour y apposer le cachet spécial.

    Il est proposé d’associer les soldats napoléoniens en lien avec l’arrondissement de Vitry-le-François à cette exposition, sous forme de fiche. Le comité du Souvenir Français de Vitry-le-François se charge de contacter les communes de sa délégation qui connaîtraient des monuments en lien avec Napoléon ou ses soldats, et surtout leur passé militaire. Quelques noms sont évoqués : Sompuis, Courdemanges, Huiron, Frignicourt, Vitry-le-François, Orconte ; général Étienne Lefol, de Giffaumont ; baron Joseph Aubry d’Arancey, de Vitry ; général Jean Baptiste Dommanget, de Possesse, dont le nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe à Paris ; maréchal Molitor dont un descendant habite à Vitry-le-François ; Jacques Herbert et Pierre Goblet à Couvrot…

    Le comité du Souvenir Français de Châlons-en-Champagne se charge de faire refaire la plaque à la mémoire des soldats du 155e Régiment d’Infanterie, tombés glorieusement à Pogny et Omey pour la défense de la Patrie, sur le monument situé à Pogny (route des Crayères), où une cérémonie de dépôt de gerbes aura lieu le dimanche 2 février 2014 à 15 heures.

    Un arrêté municipal de contournement de la circulation sera pris par les communes d’Omey et de Pogny pour faciliter la cérémonie, sur le CD 60 entre 14 h 30 et 15 h 30.

    Pour tous renseignements : Nicole Filaine à La Chaussée-sur-Marne.

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    Union130217e - Marne
    SEZANNE : L’association participera aux cérémonies de 2014 : Mémoire fertonne sur tous les fronts

    Les adhérents de cette active association se sont retrouvés pour faire le point sur les activités à venir.
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  • Les membres de Mémoire fertonne étaient presque au complet pour leur 18e assemblée générale. S’y étaient joints Claude Maillard, président des Ragraigneux de Vertus et Jérémy Petit président du Club loisirs et culture ferton (CLCF), dont Mémoire fertonne est une section.

    Daniel Laprun a souligné la bonne santé de l’association, avec des effectifs en légère hausse, répartis sur 12 communes du canton (et 2 membres hors région, anciens Fertons), la bonne tenue des réunions mensuelles suivies en moyenne par une quinzaine d’adhérents.

    Exposition de Sainte-Catherine

    Il a adressé ses remerciements à la commune de Fère pour son aide en locaux et matériel, aux adhérents particulièrement actifs dans l’organisation de l’exposition de la Sainte-Catherine, la rédaction du bulletin annuel et la recherche d’archives.

    La réunion décentralisée à Corroy, sous la conduite de Florent Brisson, a beaucoup plu. Le bulletin annuel a été tiré à 150 exemplaires. L’exposition de la Sainte-Catherine avait un thème local, avec l’évolution de l’agriculture. Un millier de personnes ont défilé pendant les deux jours. « Le dépouillement des délibérations du conseil municipal jusqu’en 1970 et la découverte d’archives inédites ont fourni de précieux renseignements aux historiens locaux. »

    « Pour 2013, outre les rubriques habituelles, une partie du bulletin concernera l’agriculture, compte tenu des documents que nous avons pu rassembler pour l’exposition », a-t-il été annoncé.

    L’exposition de Sainte-Catherine, les 23 et 24 novembre à la salle des fêtes aura pour thème « 1914 -18 vu par des artistes » et la place des animaux dans ce conflit.

    Mémoire Fertonne, membre de l’association 1814 - Brie et Champagne s’implique également dans la commémoration de la campagne de France. « Les 21 et 22 mars 2014, une manifestation est prévue au niveau local. »

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    Union130217d - Marne
    REIMS : Un taxi de la Marne au musée de l’automobile

    3 000 militaires de la 7e division ont été transportés dans ces Renault AG1 en septembre 1914.
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  • REIMS (Marne). À quelques mois des célébrations du centième anniversaire de la Grande Guerre, le musée de l’automobile vient d’acquérir un de ces si célèbres taxis de la Marne.

    DEPUIS hier, grâce à la générosité de l’Ardennais Bernard Moreau de Carignan, qui en avait fait l’acquisition il y a quelques années chez Oseno à Fontainebleau, le musée de l’automobile de Reims géré par l’association Scar (Salon collection autos rémoises) présidée par Didier Carayon possède désormais un de ces fameux Taxis de la Marne, un fiacre auto Renault AG1 de 1913, deux cylindres en ligne, 1205 cm3 pour 9 CV qui ont tant fait parler d’eux en septembre 1914.

    Une belle histoire

    La légende dit que c’est grâce à leur utilisation pour transporter des soldats vers le front que Paris n’a pas été prise par les Allemands au début de la Première Guerre mondiale. Si l’Histoire est sans doute un peu trop généreuse, la réquisition de plus de 650 taxis parisiens, des Renault AG1, dont ceux de la Compagnie française des voitures des automobiles de place (appelée aussi G7) les 6 et 7 septembre 1914, aura tout de même eu pour conséquence de semer le doute dans l’état-major allemand aux portes de Paris, de redonner le moral aux militaires et aux civils et de prouver à l’état-major toute l’importance du transport des troupes par route dans un conflit. Ce transport, de nuit, de 3 000 militaires de la 7e division, serrés dans des Renault AG1 à raison d’un soldat sur le marchepied, trois derrière et un à côté du chauffeur avait été rendu possible par la mise en place dès août 1914 d’un système de réquisition de véhicules pour compléter le transport par trains. Pour « alléger l’infanterie de ses sacs » selon les uns, pour transporter les archives de la Nation en cas d’invasion de Paris aussi au cas où… Et c’est sans conteste à Gallieni, général en retraite devenu gouverneur militaire de Paris, qu’il convient d’attribuer la décision d’utiliser les taxis pour renforcer vers Gagny et Livry-Gargan le 4e corps d’armée dans sa tentative de déborder l’aile droite allemande. Une décision qui a tout de même coûté 70 000 F de l’époque au Trésor public car les taxis se sont fait rétribuer au tarif d’une course normale.

    Au frein à main

    Élégante dans sa robe de couleur rouge et noire, « la Renault AG1, avec ses roues en bois se conduit bien » raconte Bernard Moreau qui a fait 2 à 3 000 km avec, à moins de 50 km/h. « Le deux cylindres, ça allait bien pour Paris où il n’y a pas beaucoup de côtes, mais ici… Pour freiner, mieux vaut utiliser le frein à main. » Enfin pour l’éclairage - une mèche imbibée de pétrole dans une lampe - on comprend mieux pourquoi les Taxis de la Marne ont été obligés de rouler, pare-chocs contre pare-chocs pour ne pas trop se perdre. Ce qui est malgré tout arrivé. L’emblématique taxi sera présenté à Paris lors du prochain mondial du tourisme et du voyage dans un espace « Tourisme de Mémoire » créé par plusieurs offices de tourisme dont celui de Reims.

    Alain MOYAT

    A voir au musée de l’automobile, 84 avenue Clemenceau, tous les jours sauf le mardi de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures. L’acquisition a aussi été rendue possible grâce à une subvention de 5 000 € de la Ville de Reims et 5 000 € de la réserve parlementaire à la demande du sénateur Yves Detraigne.

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    Union130217c - Marne
    ALGERIE : Traces de la guerre d’Algérie : les marionnettes s’en mêlent

    Agnès Oudot et Pierre Gatineau, les deux comédiens de la Cie Arnica ont joué le 1er volet du triptyque au Centre social de Manchester. Pour l’anecdote, les marionnettes sont remplies de sable comme les sacs dont on protège les bâtiments stratégiques en temps de guerre.
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  • Emilie Flacher entourée de Jean-Claude Vion (à gauche) et de Max Lefebvre.
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  • CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). La compagnie de marionnettes Arnica collecte actuellement la mémoire des témoins de la guerre d’Algérie, militaires et civils. Deux spectacles seront joués au prochain festival mondial en septembre.

    EMILIE FLACHER est née en 1978. Bien longtemps après la fin de la guerre d’Algérie dont le cessez-le-feu a été signé le 19 mars 1962.

    Pourtant, elle se souvient que quand elle était gamine « il ne fallait pas en parler ! » Pourquoi ?, s’est-elle demandée jusqu’à ce qu’elle ait l’âge de comprendre qu’il y avait eu jusqu’à… très récemment, dans la parole gouvernementale et a fortiori dans la société française, une certaine gêne à évoquer ce que longtemps on n’a même pas appelé une guerre mais plutôt des opérations de « pacification » et de « maintien de l’ordre ».

    Un jour, la jeune femme s’est dit que l’art de la marionnette avait peut-être un rôle à jouer dans l’expression de la vérité. Qu’il s’agissait du passé colonial de la France, pas si lointain. Que l’on sentait encore dans la société « un grand besoin d’en parler ». Et que rien n’interdisait que l’on « pose un regard artistique là-dessus ».

    Emilie Flacher a alors commencé à rencontrer et à écouter des anciens appelés du contingent dans sa région à Bourg-en-Bresse avec l’auteur Sébastien Joanniez. Certains lui ont avoué qu’ils n’en avaient jamais parlé à personne depuis cinquante ans, même pas à leur famille.

    A la recherche de « transmetteurs »

    « Je les ai écoutés d’une manière totalement dépassionnée car je n’ai personne dans ma famille qui ait combattu en Algérie mais je me sentais tout de même concernée ». La metteuse en scène reconnaît cependant qu’elle s’est « laissée embarquer ». Résultat : au lieu d’un spectacle, la compagnie Arnica a prévu d’en faire une trilogie sous le titre général Écris-moi un mouton. Deux « petites formes » de 30 mn et une plus longue.

    Le volet 1 est achevé. Il s’appelle On dirait rien longtemps (puis tout à coup tout). Le spectacle vient d’être joué au centre social de Manchester devant deux témoins de cette époque qu’Emilie Flacher a rencontrés à Charleville-Mézières pour poursuivre la mise en scène du volet 2 intitulé On vivrait ensemble (mais séparément). Les deux volets seront présentés en septembre 2013 en co-production avec le Festival Mondial des théâtres de marionnettes. Le troisième volet sera une « science-fiction », dit la directrice de la Cie Arnica, qui sera créée en 2014, racontant l’histoire d’un personnage à la recherche de son identité… mais on sera toujours dans le sillage de la guerre d’Algérie.

    Pour Emilie Flacher, l’idéal serait d’entendre tout le monde : anciens combattants français, Harkis, combattants du FLN, anciens de l’OAS, Pieds-Noirs… Pour ce faire, elle va aller, avec Sébastien Joanniez, de Charleville-Mézières à Nîmes, en passant par Montataire (Oise) et Frouard (Meurthe-et-Moselle).

    Ce que cherche cette femme de théâtre, ce sont des « transmetteurs » qui permettent d’avancer. « Le but, c’est l’avenir et d’en finir avec les préjugés ».

    Patrick FLASCHGO

    Contact : Cie Arnica, maison de la Vie associative, 2 bd Joliot-Curie. 01006 Bourg-en-Bresse cedex. Courriel : cie_arnica@yahoo.fr.

    Participer à la « réparation »

    A Charleville-Mézières, Emilie Flacher a rencontré Jean-Claude Vion et Max Lefebvre, deux « anciens » d’Algérie. On sent bien que ni l’un ni l’autre ne furent des va-t-en-guerre. Jean-Claude Vion, qui fut longtemps président de la Ligue des Droits de l’Homme dans les Ardennes, insiste pour ne pas être désigné comme « ancien d’AFN » mais « ancien appelé du contingent ». Il reverse même l’intégralité de sa pension militaire à des projets humanitaires en Algérie que soutient l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre. Pour lui, il est important de participer à la « réparation vis-à-vis du peuple algérien ».

    Max Lefebvre, pour sa part, préside le comité ardennais de la Fnaca mais sa position est très voisine de celle de Jean-Claude Vion. « On nous avait dit qu’il fallait aller défendre la France mais, sur place, j’ai vu que ça n’était pas la France », dit l’un. « Les colons ont eu des terres spoliées aux Algériens », ajoute l’autre. L’un et l’autre parlent d’un sentiment de « gêne » vis-à-vis de la résistance algérienne. Comment ne pas s’émouvoir, en effet, quand on a vu un jeune de 17 ans abattu et son corps traîné dans la rue parce qu’il a été pris à ravitailler ses frères aînés partis dans la clandestinité ?

    Flashes…

    Les discours de De Gaulle qui grésillent dans un vieux poste, des passages d’Only You des Platters, d’autres chansons (françaises) de l’époque. Et puis des phrases fortes dans la bouche des deux comédiens qui interprètent le volet 1 On dirait rien longtemps (puis tout à coup tout).

    Extraits :

  •  On faisait comme pour les sangliers…
  •  On attendait l’hélico : mon cul l’hélico !
  •  La date, c’est le 19 mars 62 !!!

    Pas de complaisance ni d’impasses. Ce qu’ont dit les témoins se retrouve dans le spectacle : les femmes enceintes éventrées, la torture, les paroles de femmes, de Harkis, de Pieds-Noirs, l’ivresse de la célébration du cessez-le-feu, le retour inattendu d’un fils, le premier repas familial un peu tendu, la valise en bois du père qui avait servi en 39 et que l’on remise au grenier… pour la prochaine guerre ?

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    Union130217b - Marne
    LIVRES : Quatre regards posés sur la Grande Guerre

    Témoignages. Quatre albums réussis décrivent la Première Guerre mondiale. De belles leçons d’histoire en bande dessinée.

    Le premier conflit mondial permet tellement d’analyses que les récits de cette époque se signalent par une grande diversité. C’est le cas avec ces quatre albums bien différents.

    Dans le deuxième tome de « Les Godillots », l’oreille coupée », Bamboo édition, les dessins de Marko semblent prendre un peu de distance. Le souci de précision est pourtant réel. C’est l’histoire d’une oreille arrachée à un soldat allemand dans les Vosges et ramenée comme un trophée qui témoigne d’une façon saisissante des combats, de la haine.

    Avec le tome 3 de « L’ambulance 13 », « Les braves gens », Grand Angle, le lecteur se trouve plongé au cœur de la bataille de Verdun. Un chirurgien tente de sauver des vies fragiles au moment où des destins sont menacés par une affaire d’espionnage.

    Delcourt privilégie l’épopée avec la série « L’homme de l’année ». Quatre albums prévus cette année et trois autres l’an prochain racontent l’histoire à hauteur d’hommes.

    L’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames

    « 1917 », le premier tome, décrit la vie de deux combattants, un officier noir de Côte d’Ivoire travaillant avant la guerre pour un colon, un officier également engagé. Les tranchées effacent leurs différences. Ils deviennent amis dans cette fresque associant Jean-Pierre Pécau, Fred Duval, les scénaristes et Mr Fav pour les dessins. Des pages sont consacrées à l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames. On y ressent l’âpreté des combats, la rigueur du climat et le souci méticuleux des auteurs de retranscrire l’implacable réalité, une charge meurtrière face à un mur de feu.

    Avec « Silas Corey », Glénat, le propos est plus décalé. Un ancien reporter est engagé par Clemenceau dans une affaire d’espionnage. C’est la guerre de l’ombre.

    « L’homme de l’année », 1917,Delcourt 14,95 euros ; « Les Godillots », 56 pages, 13,50 euros ; « Silas Corev », Glénat, 64 pages, 14,95 euros ; « L’ambulance 13 », 13,90 euros, 48 pages.

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    Union130217a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Et maintenant la Milice et le STO

    Darnand prend en charge la Milice.
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  • Le STO se met en place avec sa propagande.
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  • PERSÉCUTIONS. L’instauration d’une unité de Français destinée à terroriser les Français et la validation sous la pression du Reich du Service du travail obligatoire pour faire tourner les machines dans les ateliers ennemis témoignent de la violence sociétale imposée à un pays occupé dont les dirigeants sont de simples marionnettes politiques.

    La propagande en faveur de la Milice est une particularité de ce mois de février 1943 dans la France occupée. Le maréchal Pétain a donné son feu vert pour sa constitution dès le 5 janvier mais la loi du 30 janvier qui en définit les statuts est passée assez inaperçue même si, dès le lendemain, à l’hôtel Thermal de Vichy a été organisée une cérémonie solennelle de prestation de serment accompagnée de discours hystériques. La presse aux ordres a vanté cette initiative mais les Français sont d’abord préoccupés par leurs difficultés quotidiennes. Ils doivent assurer leur subsistance. Abel Bonnard, ministre de l’Education nationale et académicien néglige cette réalité pour sublimer l’esprit de sacrifice et de service au Maréchal et à la collaboration.

    LES PROTÉGÉS DE DARNAND

    Les nouveaux miliciens prêtent serment avec déférence et entonnent un refrain qui donne le frisson : « A genoux nous fîmes le serment, miliciens de mourir en chantant, s’il le faut pour la nouvelle France, amoureux de gloire et de grandeur, tous unis dans la même ferveur, nous jurons de refaire la France, à genoux nous fîmes ce serment ».

    Ce pays qu’ils décrivent n’est pas celui pour lequel la France combattante unit ses forces pour lui rendre sa dignité, ses libertés, sa souveraineté et sa grandeur.

    On sent que Vichy a pris l’option du durcissement et favorise un régime policier où le gouvernement veut prendre toute sa part. Joseph Darnand est radical dans ses propos lorsqu’il s’adresse à cette nouvelle institution destinée à persécuter les Français insoumis.

    Il insiste sur le rôle déterminant du corps d’élite de la Milice : les Francs- Gardes.

    Pour exalter ses troupes il déclare : « C’est le salut de la France que nous poursuivons à travers cette révolution que nous portons en nous ». S’adressant à un Pierre Laval qui jubile de cette théâtralisation, il achève ainsi son discours d’excité : « Monsieur le président, une force s’est levée. Vous en prenez le commandement. Cette force n’a jamais manqué à ses chefs. Elle ne vous manquera pas. Donnez-nous les moyens et vous ne serez pas déçus ». C’est une invitation à instituer un régime de terreur nationale en s’appuyant sur des méthodes que les nazis pratiquent depuis dix ans avec une redoutable efficacité. Il y a ici l’ambition d’une logistique et d’une force au service d’un Etat de la peur qui soumet les populations par l’omniprésence d’une police particulière très politisée.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD


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    L’obligation de servir l’ennemi

    Arrestations musclées dirigées par des miliciens.
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  • Laval qui justifie la Milice par le péril que représente le bolchevisme pour la civilisation européenne accepte le commandement des hommes en noir : « Nous devons tout faire par tous les moyens pour empêcher que notre pays connaisse ce malheur. Je voudrais que la France comprenne qu’elle devrait être tout entière avec l’Allemagne pour l’empêcher ». C’est parce que les adhésions ne suivent pas qu’à la mi-février, le gouvernement de Vichy stimule la propagande en faveur de la Milice. Ceux qui s’y présentent ont souvent un passé douteux lorsqu’ils ne sont pas des repris de justice ou des fanatiques et autres extrémistes.

    La répression est partout. Le 11 février 1943, dans l’Alsace annexée, 183 jeunes qui sont convoqués pour être enrôlés de force dans la Wehrmacht se regroupent et franchissent dans la neige la frontière avec la Suisse parce qu’ils ne veulent pas se battre pour le Reich. Leur courage a un prix et ce sont leurs familles qui sont persécutées.

    Le 17 février 1943, le gouvernement de Vichy institue le Service du travail obligatoire qui organise la réquisition de tous les jeunes Français des classes 40 à 42 pour aller travailler dans les usines en Allemagne. Cela s’inscrit dans un plan global alors que les bombardements alliés sur les sites de production de l’ennemi se multiplient désormais de jour (par les Américains) comme de nuit (par les équipages de la RAF). Comme les frappes sont imprécises, les Allemands enregistrent une croissance alarmante des victimes civiles. L’insécurité gagne mais surtout la production est entamée, interrompue parfois transférée en raison de risques avérés. Fritz Sauckel exige la mobilisation maximale de tous ceux qui sont à même de travailler répondant ainsi aux exigences posées par le ministre de l’Armement Albert Speer. La France n’échappe pas à cette politique de confiscation des forces du travail alors que l’Allemagne met en place la mobilisation systématique de tous les hommes âgés de seize à soixante-cinq ans et les femmes de dix-sept à quarante-cinq ans. Sauckel enrage et martèle que les SS, la gestapo, la Wehrmacht lui livrent les travailleurs étrangers qui sont indispensables au maintien de la production de l’armement. « Je m’exprime au nom du Führer et vous pouvez être certains qu’en aucun cas je ne me laisserais guider par le sentiment ou par quelque vague de romantisme. L’effort sans précédent que nous impose cette guerre exige que nous mobilisions des millions d’étrangers pour travailler en Allemagne à notre économie de guerre totale et que nous tirions d’eux le maximum de rendement ».

    Ce durcissement fracture les familles et crée des tensions extrêmes. Speer a fait passer le message à Vichy : « Le Führer a indiqué qu’il n’est pas nécessaire à l’avenir d’avoir des égards particuliers envers des Français ». Ce qui prédispose à fixer cette exigence qu’il faut pour la mi-mars 150.000 spécialistes, 100.000 manœuvres, hommes et femmes transférés de force en Allemagne pour occuper jour et nuit les postes de travail en lien avec l’industrie de guerre.


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    Laval est pitoyable

    Pierre Laval est coincé et il ne peut pas jouer sur deux tableaux : être aimable avec l’occupant et séduire la France occupée. A Sauckel il répond condescendant : « Je ne réclame rien qui puisse affaiblir la force offensive de l’Allemagne. Je prie le Gauleiter de reconnaître pleinement les difficultés auxquelles je me heurte ». Laval est pris au piège de sa cupidité parce qu’il sait combien les Français lui sont déjà hostiles. Tout ce qui aggrave leur vie et la mise en place du travail obligatoire est un coup dur pour les familles peut provoquer des séquences insurrectionnelles. Ribbentrop réplique au vice-président du Conseil : « La France se trouve aujourd’hui à un carrefour. Elle doit choisir entre son adhésion sans réserve à l’Europe et sa disparition totale de la scène internationale ».

    Cette évolution dramatique de la situation atteste que Pétain chef de l’Etat et Laval Chef du gouvernement n’ont plus que les apparences d’un pouvoir. Ce qui n’échappe pas aux chroniqueurs de l’émission « Les Français parlent aux Français » qui qualifient l’exécutif de Vichy de nouvelle entreprise négrière. Accepter la déportation ou l’émigration provisoire forcée revient à abandonner les fonctions régaliennes de l’Etat à autrui. Pierre Laval s’entête : « Il y a plusieurs routes possibles. J’ai choisi la seule qui puisse conduire au salut de notre pays. Je ne me laisserai jamais égarer par l’opinion publique si elle doit me faire tourner le dos à l’intérêt de la France. Je renverrai impitoyablement tout ce qui, sur ma route, m’empêchera de sauver la France ». Dans ce contexte si particulier la déclaration du président des Etats-Unis devant le Congrès n’en prend que plus d’importance : « Cette guerre est une lutte entre ceux qui croient à l’homme et ceux qui n’y croient pas ».

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    Union130215f - Marne
    CHIGNY-LES-ROSES : Les anciens combattants en agapes

    Une belle journée pour les anciens combattants.
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    Les membres de l’association des anciens combattants d’Afrique du Nord viennent de se réunir, comme ils en ont l’habitude, pour leur repas annuel.

    Le président Jean-Claude Naudet a accueilli tout le groupe avec un discours de bienvenue et une pensée pour ceux qui ne pouvaient être là.

    Se félicitant de la bonne tenue de l’association et après une flûte levée au nom de l’amitié tout le monde s’est retrouvé autour de la table pour savourer un cassoulet toulousain.

     

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    Union130215e - Marne
    SUIPPES : Des grillages anti-sangliers sur la nécropole militaire « La Ferme de Suippes »

    Claude Gillet : son implication a payé.
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  • Du grillage provisoire en attendant la rénovation définitive de la nécropole.
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  • Régulièrement saccagée par le passage des sangliers, la nécropole nationale « La ferme de Suippes » a fait l’objet d’attention particulière du Pôle des sépultures : un grillage a été posé en attendant la rénovation complète en 2014.

    « AYANT à cœur de perpétuer la mémoire des soldats qui ont sacrifié leur vie pour la France, j’espère avoir répondu à votre attente… ».

    Signé Nathalie Boiselet, directrice adjointe de l’ONAC, l’office national des anciens combattants. Une réponse à Claude Gillet, un agriculteur respectueux s’il en est des nécropoles militaires. De cette lettre et de ce qu’elle induit, il n’est pas peu fier. C’est lui qui, à plusieurs reprises dans nos colonnes, s’est ému du passage des sangliers en certains endroits de la nécropole nationale « La ferme de Suippes », située en bordure de la départementale 977.

    Lui qui avait dénoncé, faute d’une vraie enceinte grillagée périphérique, le scandale de ces animaux qui saccagent régulièrement les lieux, à la recherche de nourriture.

    Hauteur : 80 centimètres

    Il en avait marre des terres quasiment labourées tout autour des quelques 7 425 corps ensevelis en ces lieux. « C’était une honte », s’enflamme t-il encore, « la plupart n’avait pas vingt ans ». Un comble, le carré musulman était le plus atteint par les dégâts : « C’était aussi des combattants Français avant tout » redouble de flamme cet ancien d’Algérie, « Ils sont morts pour nous, pour notre pays, il ne faut pas les oublier ».

    A la fin de l’année dernière, Claude Gillet avait écrit à Michel Guillot préfet de région Champagne-Ardenne : « Ça n’a pas traîné. Huit jours après, j’ai reçu une lettre. C’était celle du Pôle des sépultures de guerre et de hauts lieux de mémoire nationale ».

    Il s’agit d’un service en provenance de Metz, qui a la charge de l’entretien et la rénovation des nécropoles nationales. Dans sa missive la directrice adjointe précisait : « Le chef de secteur déjà avisé de ces faits par ailleurs, a demandé à ses agents de procéder au nettoyage des emblèmes. Il a également été décidé de faire poser un grillage provisoire de 80 centimètres de hauteur, autour de la nécropole ».

    Ainsi a t-il été fait sur la partie bordant la départementale à qui il manquait du grillage.

    Les autres parties ont été renforcées. De fait, cet espace du souvenir est désormais totalement encerclé pour le plus grand plaisir de Claude Gillet.

    Clôture définitive en 2014

    Pour celui également de Claude Delahaye président de l’association des chasseurs de Suippes, par ailleurs lassé qu’on ait pu montrer du doigt sa corporation : « Beaucoup nous mettaient dessus la responsabilité des dégâts. Mais quand il n’y a pas de glands dans les forêts, le sanglier s’avance dans la plaine. En tout cas, ce grillage c’est très bien ».

    Très bien d’autant que le meilleur est à venir selon les responsables de Metz : « Une clôture définitive sera installée lors de la rénovation complète de la nécropole prévue en 2014 » promet encore Nathalie Boiselet « afin de rendre toute son intégrité à ce site ».

    F.M.

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    Union130215d - Marne
    REIMS : Centenaire de la Première Guerre mondiale / Les premières idées du comité de pilotage

    REIMS (Marne). A l’hôtel de ville de Reims, vendredi dernier réunion du Comité de Pilotage local du Centenaire de la Première Guerre mondiale

    LA première réunion du comité de pilotage du centenaire de la Première Guerre mondiale, en présence de Michel Bernard sous-préfet, de Catherine Vautrin, députée de la Marne, de Jean Maillet chef de cabinet d’Adeline Hazan, maire de Reims, et de Jacques Cohen, adjoint chargé du Tourisme, s’est déroulée à Reims.

    De nombreux maires de l’agglomération et du Pays rémois assistaient à la réunion : Dominique Decaudin, maire de Cormicy, Alain Harbulot, adjoint au maire de Loivre, Bernard Touret, conseiller municipal d’Hermonville. Les projets qui seront établis dans les communes devront parvenir au comité pour le 1er juin 2013. La 1re date retenue pour célébrer le centenaire est celle du 11 novembre 2013

    Circuits de mémoire

    En sachant que la Marne est appelée à recevoir des milliers de personnes lors des commémorations, il faut dans chaque commune que le monument aux morts et ses abords soient impeccables (lettres à redorer, fleurs, pelouse) ainsi que les plaques portant les noms des morts pour la France situées dans les églises. La DETR aidera à financer les frais de restauration.

    Les habitants vont croiser des visiteurs : il leur est demandé de les écouter, de pouvoir leur indiquer où est une nécropole, un monument. Les communes auront à mettre à disposition des circuits de mémoire avec des panneaux et des explications. Certains circuits sont incontournables : le Chemin des Dames, les Cavaliers de Courcy, les monts de Champagne, les Forts. Fin octobre 2013 sera inauguré le monument à l’Armée noire.

    Durant l’été 2014, la façade de l’hôtel de ville sera animée. Un ouvrage sera publié, des conférences grand public seront programmées qui peuvent être délocalisées dans les communes, des expositions auront lieu dès l’automne 2013. Le site internet du conseil général est en cours d’élaboration. Les communes auront à donner des informations qui seront matérialisées sur le site. Les traductions en anglais et en allemand sont souhaitées.

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    Union130215c - Marne
    REIMS : Les officiers réservistes attentifs à l’actualité

    L’assistance a suivi avec intérêt les diverses interventions.
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  • L’Union des officiers de réserve de Reims a tenu son assemblée générale, en présence des représentants des autres associations patriotiques, de l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre du Mérite.

    « N OUS ne devons pas lâcher nos soldats et leurs familles car il y va de notre honneur de soutenir ceux qui défendent les valeurs de notre Patrie. Soyons fiers d’eux ! » C’est en ces termes que Jean Cienki, président de l’Union des Officiers de réserve de Reims, a terminé son intervention au sujet des théâtres d’opérations extérieures, avec les préoccupations qu’elles suscitent.

    Il a également évoqué les suppressions de postes, les fermetures de sites et d’unités militaires et il se demande : « Combien de temps la France pourra tenir ? le béret deviendra-t-il casque bleu ? »

    L’UOR compte 45 membres et c’est au cours de son assemblée générale que le président a engagé la discussion autour de ces sujets.

    Yves Perreau, de l’amicale des marins anciens combattants de Reims, a présenté la carrière du commando Philippe Kieffer. Ce fusilier marin a participé aux opérations majeures de la Seconde Guerre mondiale et il a terminé chef de la sécurité à l’Otan.

    Lien entre l’armée et la Nation

    L’assistance a été encouragée à visiter le musée d’Ouistreham Riva-Bella qui présente les actions du n° 4 commando, unité franco-britannique dans laquelle les Français étaient dirigés par le commandant Kieffer.

    L’adjoint Jean-Claude Laval est intervenu en rappelant les statuts de l’association qui font de ses membres un lien entre l’armée et la Nation : « Des passeurs de mémoire pour fixer le cap aux générations nouvelles afin qu’elles sachent et se souviennent ».

    Il a insisté sur le fait que la France doit tenir son rang de grande nation face aux « guerres asymétriques », ces manœuvres de déstabilisation des populations qui, à l’arrivée des soldats français, se sentent rassurées…

    Il a annoncé que le Congrès national des membres de la Légion d’honneur aurait lieu à Reims les 4, 5 et 6 octobre.

    A suivi également un échange à propos du monument dédié à l’Armée noire et qui devrait peut-être être inauguré cette année pour le 11-Novembre. Concernant l’emplacement de ce monument refait à l’identique, il est question du parc de Champagne mais l’adjoint le verrait plutôt au Fort de la Pompelle et cette proposition a reçu l’assentiment des officiers réservistes : « Le parc de Champagne est un lieu de loisirs. Le Fort de la Pompelle est un lieu de mémoire et ce monument y serait plus à sa place. » Un point de vue à défendre avant que la décision ne soit prise…

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    Union130215b - Marne
    REIMS : Les pupilles de la Nation se sentent oubliés de l’Histoire

    L’adjoint Jean-Claude Laval a encouragé l’association à poursuivre ses objectifs de solidarité.
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  • Les adhérents aimeraient être entendus.
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  • « Il n’y a qu’une catégorie de « Morts pour la France », ceux qui hier comme aujourd’hui ont donné leur vie pour la Patrie. Ne considérer que les uns et ignorer les autres, c’est insulter l’Histoire et, pour tout dire, la France elle-même. »

    Cette phrase, extraite d’un édito d’André Lefebvre, président de l’ANPNOGD (Association nationale des pupilles de la Nation et orphelins de guerre et du devoir) à l’occasion d’une manifestation pacifique à Paris le 11 décembre dernier, reflète bien l’état d’esprit des membres de la section Marne, présidée par Bernard le Gall élu en 2012.

    Réunis à la Maison de la vie associative, ils ont reçu les encouragements de l’adjoint Jean-Claude Laval à poursuivre leur œuvre de solidarité et à demander de l’aide si nécessaire en présentant un dossier par exemple à la mairie de Reims.

    Il a remercié le vice-président Michel Huguet qui est aussi un fidèle porte-drapeau.

    Le bureau national organise un congrès les 15, 16 et 17 mai à Boulogne-Billancourt et on peut être sûr que les difficultés rencontrées pour l’indemnisation des pupilles de la Nation et orphelins de guerre seront sur la table des discussions.

    Et Bernard le Gall lance un appel dès maintenant : « L’Association se bat toujours pour promulguer le décret concernant l’indemnisation des Pupilles de la Nation. Deux députés du Puy-de-Dôme ont interpellé récemment le gouvernement à ce sujet. Localement, depuis dix ans que nous existons, l’Association a perdu 20 % de ses adhérents, suite à plusieurs décès et au découragement des autres. Nous pensons qu’il est urgent que nos demandes soient prises en compte. Il y a encore beaucoup de Pupilles qui ne connaissent pas notre Association : il serait bon qu’ils se rapprochent de nous. Nous devons nous regrouper pour être plus forts et nous faire entendre. »

    Envoyer un courriel à ANPNOGD@orange.fr ou écrire à Bernard le Gall, 18, rue Emile-Venz, 51140 Jonchery-sur-Vesle.

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    Union130215a - Marne
    COLONIALISME : Sur les (rares) traces de la colonisation à Paris

    Une céramique, rare trace à Paris de la colonisation, photographiée le 15 février 2013
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  • Commémoration de l’abolition de l’esclavage devant la sculpture de Driss Sans-Arcidet à Paris, le 10 mai 2009
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  • Un Noir en short rayé sert un café à un Blanc en costume : cette céramique en plein coeur de Paris est l’une des rares traces architecturales laissées par la colonisation dans la capitale, qui a pourtant largement profité de la traite négrière.

    "A Paris, la traite a laissé moins de traces visibles dans l’architecture qu’à Nantes ou Bordeaux mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas", souligne l’historien Gilles Manceron, auteur de "Marianne et les colonies".

    Pour "révéler ces traces auxquelles on ne fait pas attention", il a participé jeudi, à bord d’un bus à impériale, à une visite guidée de lieux liés à l’esclavage et à la colonisation organisée par le Conseil représentatif des associations noires (Cran).

    Première étape de ce "colonial tour" : la Place des Victoires, à quelques pas du Louvre, où fut créé le premier lobby de colons esclavagistes en 1789.

    Ici, pas de "têtes de nègres" sculptées dans des macarons sur les façades d’hôtels particuliers, comme dans les grandes ports de l’Ouest français. Le "comité des colons de Saint Domingue résidant à Paris" n’a pas laissé d’empreintes, même l’hôtel Massiac qui l’abritait a disparu.

    Ailleurs, les bâtiments sont toujours là, mais leurs liens avec la colonisation sont méconnus : l’Hôtel de la Marine fut longtemps le ministère des colonies ; la Caisse des dépôts a encaissé les sommes versées par Haïti en contrepartie de son indépendance…

    "A Paris, il n’y a guère qu’un macaron +tête de nègre+, la céramique du Planteur ou l’ancienne école coloniale", comme vestiges évidents de la colonisation, souligne l’historien Marcel Dorigny. Pourtant la capitale fut "le réceptacle de l’Empire", dit-il.

    Fers d’esclaves brisés

    "Armer un navire négrier coûtait très cher, on montait des sociétés par actions pour financer ces expéditions. Ces actions étaient anonymes mais des recherches ont montré que la finance parisienne était majoritaire dans toutes les opérations", explique-t-il.

    Les financiers ne mettant pas tous leurs oeufs dans le même panier, il est toutefois impossible de dire que tel hôtel particulier appartenait à une famille d’esclavagistes.

    En revanche, il reste possible de se recueillir sur les "lieux de mémoire" : une statue "Le Cri, l’Ecrit", dans les jardins du Luxembourg, célèbre l’abolition de l’esclavage ; le Panthéon abrite les tombes des abolitionnistes Victor Schloecher, Condorcet et l’abbé Grégoire ; dans le nord-ouest, un monument représente deux "fers d’esclave" brisés.

    Ces sites sont largement "méconnus" à l’instar de l’histoire coloniale, déplore l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de l’imaginaire colonial.

    "Aux Etats-Unis, le combat pour l’émancipation des Noirs s’est accompagné de revendications sur la mémoire", souligne-t-il. "En France, les différentes communautés liées à la colonisation - pieds-noirs (Français d’Algérie), harkis (forces supplétives en Algérie) ou descendants d’immigrés - s’opposent sur la manière de raconter cette histoire".

    Ces rivalités se sont illustrées en 2001 lors du vote de la Loi Taubira qualifiant l’esclavage et la traite de crimes contre l’humanité, puis en 2005 autour de la loi sur "le rôle positif" de la colonisation, que Jacques Chirac a fait abroger par la suite.

    Pour M. Blanchard, "tant que ces acteurs seront vivants, on aura du mal à aborder en paix cette période. Il faudra 20 à 25 ans."

    © 2013 AFP

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    Union130214a - Marne
    REIMS : BA112 / Marin la Meslée : le souvenir intact

    Une cérémonie empreinte d’émotion.
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  • REIMS (Marne). En cette froide matinée du 12 février, devant le monument aux morts de la Base 112, aujourd’hui désaffectée, une cérémonie solennelle et émouvante a réuni plusieurs associations d’anciens combattants de l’Armée de l’Air pour rappeler le souvenir de tous les aviateurs tombés au champ d’honneur, et particulièrement le commandant Marin la Meslée, as de la campagne de France et parrain de la Base 112.

    Pour cet hommage commun, l’amicale des Anciens de l’Armée de l’Air, autour de son président M. Scrabalat, également maire de Boult-sur-Suippe et maître des cérémonies, amicale dont le siège est maintenant à Bétheny depuis la fermeture de la base, avait réuni l’Anorra, association des Officiers de réserve de l’Armée de l’Air, dont le président est Laurent Marchwant pour la région Champagne-Ardennes, l’Ansoraa, association des Sous-Officiers de l’Armée de l’Air, la 1733e section des médaillés militaires Marin-la Meslée, autour du président Rahmani Chérif, ainsi que l’association Marin-la-Meslée présidée par Hervé Chabaud, ces deux dernières associations basées également à Bétheny. S’étaient joints également à cette cérémonie l’association des Anciens combattants de Courcy, en la personne de M. Clément, la section de Reims des Blessés du Poumon, présidée par M. Gaillard et les Anciens combattants de Suez et Chypre, représentés par Jean-Claude Legendre, président et Jacques Legendre, porte-drapeau.

    Une assemblée nombreuse et recueillie a écouté avec émotion, autour des deux porte-drapeaux, la sonnerie aux morts et la Marseillaise, avant le solennel dépôt d’une gerbe sur le monument aux morts, érigé dans la cour d’honneur en 1933 à la mémoire des morts de la 12e escadre de bombardement.

    On notait également la présence à cet hommage de Mme Martine Joly, maire de Courcy, de son adjoint, M. Hochart, de Jean-Michel Pinot, adjoint au maire de Bétheny, et de Mme Véronique Marchet, représentant le député Arnaud Robinet, « pour qui une telle cérémonie est non seulement un devoir de mémoire, mais aussi un hommage rendu aux militaires qui combattent aujourd’hui, au Mali notamment, pour que triomphent les valeurs de la France. »

    Etait également présent l’adjudant-chef Franck Mestre, qui a travaillé sur la B112 depuis 1993, représentant local de Saint-Dizier et interlocuteur privilégié sur le devenir du site.

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    Union130213a - Marne
    BETHENY : Anciens de l’Armée de l’Air : Une volonté de rassemblement

    L’assemblée de l’AAAA s’est tenue dimanche à Bétheny.
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  • L’amicale des anciens de l’Armée de l’Air de Reims et de la Région, dont le président est Claude Scrabalat, a tenu son assemblée générale dimanche dernier à Bétheny. Créée en 1920, cette amicale a gardé son esprit même s’il n’y a plus de base aérienne. Les adhérents sont fidèles au rendez-vous, fidèles au souvenir, fidèles aux valeurs militaires et au devoir de mémoire. L’AAAA, l’Anoraa, l’Ansoraa, la 1733e section des médaillés militaires « Marin-la-Meslée », et l’association Marin-la-Meslée, invitées et représentées lors de cette assemblée, ont déposé ensemble le 12 février, une gerbe au pied du monument aux morts de la Base, stèle érigée et inaugurée en 1933, en mémoire de la 12e escadre de bombardement, et désormais dédiée à la mémoire du commandant Marin la Meslée.

    L’occasion, comme chaque année, aux environs du 4 février (date de la mort du commandant), d’honorer leurs morts. Des démarches sont actuellement entreprises pour devenir propriétaire de ce monument, situé sur la commune de Courcy. M. Pinot a par ailleurs fait remarquer qu’il ne fallait pas non plus oublier le musée de l’Aéronautique locale, qui comporte une salle dédiée à la BA112, et dont l’association mène un travail pour valoriser ce qui s’est passé sur la base.

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    Union130212b - Marne
    FISMES : Les anciens combattants en assemblée : Hommage à Maurice Browarnyj

    Remise du diplôme d’honneur à l’épouse de M. Browarnyj, entourée de ses deux garçons et des paras.
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  • Claude Moreaux, président de la section des anciens combattants de Fismes et sa région (UNC51), a tenu sa 11e assemblée générale en présence de Jean-Pierre Pinon, conseiller général et maire de Fismes, M. Salomon, représentant Catherine Vautrin, des membres du bureau (Claude Haye, vice-président, et Daniel Jarlier, trésorier, Mmes Browarnyj et Debacq secrétaires) et MM. Merlet et Ternard).

    Après la minute de silence à la mémoire des amis du monde combattant décédés, le président a remercié tous les présidents du monde combattant de Fismes et sa région, des Médaillés militaires, du Souvenir français, et les présidents et présidentes des associations fismoises ; il était très heureux de la présence de nombreux adhérents et il en profita pour remercier également tous les membres de son bureau et du conseil d’administration, ses portes drapeaux et tous les bénévoles.

    Il céda la parole à Claude Haye, vice-président, qui a énoncé le rapport moral avec présentation du bureau et du conseil d’administration, il a également développé les nombreuses activités de l’année précédente et la participation de tous ses adhérents à chaque manifestation patriotique.

    Le rapport financier a été rapporté par M. Jarlier, trésorier, avec des résultats très satisfaisants, le rapport adopté à l’unanimité a obtenu le quitus de Mme Broyart, vérificatrice aux comptes.

    Au cours de cette assemblée, Mme Browarnyj s’est engagée à reprendre les fonctions à l’Action sociale permettant d’obtenir des aides aux anciens combattants ou veuves.

    Ensuite avec beaucoup d’émotion, M. Moreaux a remis un diplôme d’honneur revenant à Maurice Browarnyj, décédé le 18 novembre, fondateur de l’UNC 51 en 2002, à Mme Browarnyj, entourée de ses deux garçons. Une délégation de paras, dont il faisait partie, en a profité pour chanter en hommage au disparu.

    Un cortège fut formé avec beaucoup de drapeaux et accompagné par la fanfare de Fismes, il se rendit vers le monument avec dépôt de gerbes. Un vin d’honneur a été offert à la salle des fêtes suivi d’un excellent repas dansant. Ambiance exceptionnelle pour cette journée conviviale.

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    Union130212a - Marne
    MUIZON : Ils perpétuent le souvenir des conflits : Les anciens combattants font le point

    Une partie des membres du conseil d’administration autour du président Jean-Michel Chevalier (3e en partant de la gauche).
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  • Vendredi matin, la section Muizon-Jonchery-sur-Vesle de l’UNC (Union Nationale des Combattants) a tenu son assemblée générale dans la salle polyvalente de Muizon.

    Pour commencer, le président Jean-Michel Chevalier, également délégué départemental de l’Asaf, a annoncé que, deux ans après avoir accepté que les membres de la section UNC de Jonchery viennent les rejoindre, une partie d’entre eux avait finalement démissionné de l’association, pour des raisons diverses, et former de son côté un groupe d’« isolés ».

    D’autre part, un rapprochement de l’UNC avec le GMC (Groupe Mémoire Commémoration), autre association muizonnaise qui perpétue également le souvenir des conflits en faisant participer ses membres en tenues d’anciens combattants notamment lors de commémorations officielles, avait été un temps envisagé, mais s’avère pour le moment impossible.

    Un regret et des satisfactions

    Après avoir demandé à l’assistance d’observer un instant de silence en mémoire des disparus de l’année, le président a lu le rapport des activités de l’association au cours de l’année écoulée et présenté les projets de 2013, en précisant que certains d’entre eux n’avaient pas encore de date arrêtée.

    Le conseil d’administration regrette par ailleurs que, parmi la centaine de membres que compte l’association, quelques-uns ne s’impliquent guère dans les manifestations organisées, tels que les après-midi dansants. De ce fait, ceux-ci n’auront plus lieu, comme par le passé, dans la salle municipale du Champ-Jeudi à Muizon, mais plutôt dans des restaurants de la région. En revanche, les voyages proposés remportent toujours un beau succès et sont donc amenés à se renouveler de façon aussi régulière.

    En ce qui concerne les actions de l’UNC, la secrétaire Anne-Marie Chevalier, épouse du président, a annoncé que, en 2012, dix-sept dossiers avaient été montés et acceptés par l’Onac (Office National des Anciens Combattants) pour venir en aide à ceux-ci, et à leurs épouses ou veuves.

    Un appel a ensuite été lancé pour obtenir de nouvelles candidatures au conseil d’administration, mais celui-ci n’a guère été suivi d’effets : réélu pour trois ans lors de l’assemblée générale précédente, le bureau se voit donc reconduit dans ses fonctions jusqu’aux prochaines élections en 2015.

    Le trésorier Daniel Deflandre a énuméré les comptes et l’assemblée générale s’est conclue avec les questions diverses, le mot du maire et le verre de l’amitié.

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    Union130211c - Marne
    TINQUEUX : Malgré un effectif en baisse : Satisfaction chez les anciens combattants

    De gauche à droite : Philippe Salmon, Jean-Pierre Fortuné, Gilles Richard, Cédric Lacroix et Georges Mariette.
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  • Les Anciens Combattants de Tinqueux se sont réunis à l’amphithéâtre Paulette-Billa pour leur 32e assemblée générale ordinaire. Une réunion annuelle présidée par Gilles Richard, en présence de Jean-Pierre Fortuné, maire de Tinqueux et conseiller général, de Philippe Salmon, député suppléant de Catherine Vautrin, Cédric Lacroix, président départemental, Georges Mariette de la France Mutualiste, Jean Pierre Lagrange, président des ACVG de Fismes et d’autres personnalités civiles et militaires. Le président a remercié les valeureux porte-drapeaux qui par leur présence et leur patriotisme rehaussent la teneur de cette assemblée. « Aujourd’hui encore, Messieurs, je tiens à vous saluer et vous adresser mes félicitations pour votre courage à tout instant et par tous temps ».

    Pendant la première partie de ces assises, les membres ont travaillé et statué sur les différents rapports d’activité et financier. Le président s’est dit assez satisfait de porter à la connaissance de tous que l’association se portait assez bien. Lucienne Becker, secrétaire démissionnaire, a lu le rapport d’activité. Françoise Druet, trésorière, a présenté le bilan financier certifié exact par la commission de contrôle. L’assemblée a donné également son aval pour laisser la cotisation à 22 € en 2014. Mais Gilles Richard a rappelé une fois de plus que l’effectif avait à nouveau baissé : « Nos associations vieillissent et leurs adhérents aussi. Le nombre d’adhérents diminue fortement tous les ans ».

    MM. Labrousse, Charlier et Bertrand ont renouvelé leur mandat à la commission de contrôle. Le président a procédé ensuite à l’élection au sein du conseil d’administration qui est composé en principe de 17 membres repartis en trois catégories A- B- C. Les membres sortants rééligibles par tiers de la catégorie C cette année sont : François Béreaux, André Aubert et Monique Wuilmet. Seul Jean Thiebaut n’a pas accepté de renouveler son mandat. Gérard Zanivan, Josiane Zanivan et Suzane Fraichain ont démissionné.

    La parole a été donnée ensuite aux invités d’honneur : Georges Marette a fait part des avancées de la France Mutualiste pour rentabiliser et préserver les intérêts de chacun. Cédric Lacroix, président de l’UFM, a quant à lui donné des nouvelles du monde combattant, Philippe Salmon a souligné son attachement au monde des anciens combattants, le maire de Tinqueux Jean-Pierre Fortuné, a conclu en soulignant sa satisfaction de voir une association très bien gérée.

    Tous les participants, se sont dirigés ensuite vers le monument aux morts où une gerbe a été déposée en hommage aux anciens combattants de l’association décédés depuis la dernière AG. Le cortège s’est rendu ensuite à la salle des fêtes, pour le remerciement aux drapeaux, suivi du verre de l’amitié. Tous ont participé au repas amical animé par un orchestre très sympathique.

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    Union130211b - Marne
    CHALONS : Deux croix du combattant

    Les deux décorés Fabrice Papon (à gauche) et Fabien Malbrun, encadrés par Pol Cher et Serge Helleringer.
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  • Une quarantaine d’adhérents a répondu favorablement à l’assemblée générale des anciens combattants et victimes de guerre (ACVG) qui s’est tenue à la Maison du combattant et présidée par Pol Cher.

    A la lecture des différents comptes rendus, adoptés à l’unanimité par les adhérents, il fut spécifié qu’une souscription était lancée pour qu’une plaque, mettant à l’honneur Gilbert Laroche disparu le 2 août 2012, soit apposée à la bibliothèque de la Maison du combattant. Cette plaque sera effectivement mise en place en mars. Pol Cher rappela le travail considérable qui était effectué par Gilbert Laroche, notamment lors de l’organisation des assemblées, ainsi que le nettoyage des locaux, ce qui, désormais, pour l’entretien courant est à la charge de Partage-Travail 51 à raison de deux fois par mois moyennant approximativement 400 euros annuels. Le président également le travail important au niveau de recrutement de « sang neuf » effectué par quelques anciens des missions extérieures. Deux d’entre eux d’ailleurs se voyaient remettre pour leurs séjours en Opex la croix du combattant, par Pol Cher et Serge Helleringer, conseiller municipal délégué aux anciens combattants. Il s’agit de Fabrice Papon et Fabien Malbrun.

    Pour clôturer l’assemblée, Serge Helleringer rappela que le concert habituel du 13 juillet se déroulera dorénavant au Cirque. Le bureau des ACVG est ainsi constitué : président Pol Cher : vice-président Jean-Marie Gagnaire, secrétaire Fabrice Papon ; secrétaire-adjoint Jean Hendziak ; trésorier Michel Lefevre ; porte-drapeau ACVG Michel Poncelet ; porte-drapeau Indochine Dominique Parizet ; vérificateur aux écritures Pierre Gustin.

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    Union130211a - Marne
    MORSAINS : Le sculpteur installé à Morsains expose actuellement à Bruxelles Patrice Alexandre, traducteur de monuments

    Patrice Alexandre réalise toutes ses œuvres dans son atelier de Morsains.
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  • Cette sculpture inspiré du Monument à la gloire de l’infanterie belge de Bruxelles, fait partie de l’exposition qui se tient actuellement au musée de l’armée de la capitale belge.
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  • Un artiste de Morsains, Patrice Alexandre, expose ses sculptures au prestigieux musée de l’Armée de Bruxelles. Il s’est inspiré de monuments aux morts belges, comme il l’a déjà fait dans la Marne, pour en donner une relecture contemporaine.

    LE sculpteur de Morsains, Patrice Alexandre, expose actuellement ses œuvres au musée royal de l’armée et de l’histoire militaire de Bruxelles. Il s’agit de 70 sculptures inspirées de monuments aux morts belges. Un travail conçu spécialement par l’artiste marnais, invité par le musée bruxellois.

    L’art et la guerre au cœur de son œuvre

    La démarche de Patrice Alexandre est similaire à celle qui l’a mené à s’inspirer de certains monuments aux morts marnais, comme celui de Châlons-en-Champagne. Un travail que l’artiste a commencé il y a une dizaine d’années.

    « L’art et la guerre sont des thèmes centraux dans mon travail, explique le sculpteur, qui habite le Sud-Ouest marnais depuis une trentaine d’années, je me suis particulièrement intéressé aux monuments aux morts. »

    Patrice Alexandre a créé de nombreuses sculptures inspirées des monuments marnais, se basant sur des photos et des croquis. Ainsi, comme il l’avait fait pour des monuments de communes du département, il s’est rendu à Bruxelles pour voir des monuments aux morts belges. Ensuite, il a façonné ses sculptures dans son atelier de Morsains.

    Histoire particulière

    « Je propose une relecture contemporaine, une sorte de traduction avec un regard et des techniques actuels, c’est comme si on traduisait du Villon avec des mots d’aujourd’hui », indique-t-il.

    Ces monuments, mille fois vus et revus, se découvrent sous un nouveau visage au travers des sculptures de l’artiste de Morsains. « Ses monuments aux morts ont une histoire particulière, souligne-t-il, c’est la plus grosse commande publique jamais passée. Les sculpteurs qui ont réalisé ses monuments avaient été soldats dans les tranchées. Il est aussi important de noter que ce sont des artistes héritiers de l’académisme qui réalisent ces monuments. Alors qu’au moment où ces monuments voient le jour, ce ne sont pas ces sculpteurs qui se trouvent aux avant-gardes. »

    L’artiste a mené d’autres travaux sur la Grande Guerre, une période de l’Histoire qui semble le toucher particulièrement. La future commémoration du centenaire du début de la Première Guerre mondiale devrait donner un éclairage supplémentaire à ce travail.

    Un livre regroupant toutes les sculptures de Patrice Alexandre, réalisées dans la Marne et à Bruxelles, devrait être publié d’ici quelques mois. Son travail pourrait revenir dans la Marne et y être exposé prochainement.

    Guillaume TALLON

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    Union130210c - Marne
    LIVRE : Roland Dorgelès et les guerres mondiales

    Portrait daté de 1936 de Roland Dorgelès (1885 / 1973).
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  • Réédition. Les éditions Omnibus publient plusieurs ouvrages de Roland Dorgelès, réunis dans un épais volume, sous le titre « D’une guerre à l’autre ». A lire ou relire afin de mieux saisir toute l’horreur de la Grande Guerre.

    Quarante ans après la disparition de Roland Dorgelès, la réédition de sa description des grands conflits du XXe siècle est un événement. Si l’on retrouva dans l’épais volume publié chez Omnibus, des textes connus comme « Les Croix de bois » ou le « Réveil des morts », on pourra lire ceux plutôt oubliés tels « La Drôle de guerre » ou « Retour au front ». Jeune journaliste engagé dans la Grande Guerre, Roland Dorgelès relate son vécu même si parfois on a l’impression d’une mise en scène des faits. Il n’empêche que « Les Croix de bois » sont un succès en 1919 pour lequel l’auteur obtient le prix Fémina. C’est aujourd’hui l’un des classiques sur la Première Guerre mondiale.

    Il y a chez Dorgelès une tentation à la provocation. Sans doute cherche-t-il à faire détester à jamais la guerre. N’écrit-il pas : « C’est une farce, je vous jure que c’est une farce. On la feuillette avec des doigts rouges, c’est tout » ? Pourtant lorsqu’on recherche les motivations de celui qui est à la fois un combattant et un homme de plume on retient cette ambition : « Pas un instant je n’ai songé à tenir le journal de mon régiment. J’avais une ambition plus haute : ne pas raconter Ma guerre, mais La guerre ».

    Temps de violences

    Picard, Dorgelès opte pour la capitale et la butte de Montmartre. Avant que n’éclate la guerre, il fait ses classes dans les quotidiens parisiens et en 1913, il travaille à « L’homme libre », le journal de Georges Clemenceau.

    Réformé en 1907, il avait tout loisir de rester en marge du conflit. Il est engagé volontaire en 1914 et au terme de ces quatre années effroyables qui ont saigné les familles et provoquées tant de douleur, ce chrétien et patriote un rien anar résume ainsi ce temps : « Vivant, c’est mon seul exploit ».

    L’homme qui intègre le 39e RI va combattre sur l’Aisne et la Miette, de la Champagne à l’Artois. Ses descriptions de la vie au front sont violentes, parfois insoutenables : « Du sang partout, des capotes éclaboussées de cervelle, un seul obus qui tue douze hommes et en blesse dix, des centaines de blessés qui se traînent, des morts vite enterrés par un autre obus ». Ses récits sont simples, plus ceux d’un journaliste que d’un écrivain. « C’est de mille traits observés que j’ai façonné chacun de mes personnages », reconnaît-il.

    Les récits de Dorgelès ne font pas l’unanimité même si leur succès populaire est patent.

    L’universitaire Jean Norton Cru y dénonce les témoignages en forme romanesque où l’imagination a trop droit de cité. Il le distingue d’un Maurice Genevoix qui privilégie l’authenticité brutale, celle dont il a été le témoin, le grand blessé dans sa chair. Cru dit de Genevoix : « Il raconte sa campagne de huit mois avec la plus scrupuleuse exactitude e s’interdisant tout enjolivement dû à l’imagination ».

    Les gens d’ici aimeront toutefois retrouver aussi dans le « Réveil des morts », l’évocation des soldats tués du côté de Soissons, de Laffaux, du Chemin des Dames avant de basculer dans un temps oublié qui est pourtant très éclairant pour comprendre la Seconde Guerre mondiale, celui de cette « Drôle de Guerre » qui prépare le monde à une nouvelle tragédie effroyable. Lorsqu’on veut bien comprendre ces conflits déchirants du XXe siècle, lire Dorgelès est important tout en sachant prendre la distance suffisante afin de mesurer l’intensité des faits sans être parfois perturbé par leur présentation.

    Hervé Chabaud
    Roland Dorgelès, « D’une guerre à l’autre », présentation de Jean-Pierre Rioux, Omnibus, 960 pages, 28 euros.

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    LIVRE : L’histoire de France est pleine d’anecdotes

    Didier Chirat est un récidiviste. Après ses « Drôles d’histoires de l’histoire du monde » et ses « Secrets d’alcôves de l’histoire de France », ce professeur d’histoire-géographie propose « les Drôles d’histoires de l’histoire de France ». Comme dans ses précédents ouvrages, l’idée de Didier Chirat est de zoomer sur des faits d’histoire qui ont comme caractéristiques d’être soit étonnantes, surprenantes, drôles, marquantes ou déroutantes.

    Plus d’une centaine de récits sont ainsi proposés, allant de quelques lignes à quelques pages au maximum. On y découvre Blanche de Castille en affreuse belle-mère, Napoléon en cancre en orthographe, ou encore comment Richelieu s’est débarrassé de la favorite de Louis XIII en l’humiliant en public.

    Un épisode à Vitry-le-François

    Un court chapitre évoque également un fait d’histoire durant lequel Louis VII vécut un petit traumatisme sur les hauteurs de Vitry-le-François. C’était en 1143. En guerre contre son vassal Thibaut IV, Louis VII décide d’assiéger le bourg qui s’appelait à l’époque Vitry-en-Perthois et qui était la possession de son rival. Durant les combats la population trouve refuge dans la nef de l’église.

    Mais les hommes de Louis VII attaquent l’enceinte religieuse où l’asile est pourtant sacré. Celle-ci est détruite par les flammes et 1.500 villageois meurent à l’intérieur.

    Assistant impuissant à ce désastre, Louis VII « est frappé d’horreur à cette vision », écrit Didier Chirat. « Il ne s’en remettra jamais totalement. Lui, qui avait failli embrasser une carrière monastique avant de ceindre la couronne, responsable du massacre sacrilège ? Pâle comme un linge, claquant des dents, il est conduit sous sa tente et garde le lit plusieurs jours durant, prostré, sans prononcer un mot. »

    Un fait avéré qui a d’ailleurs déjà été relevé par d’autres historiens. En 1933, Charles Petit-Dutaillis attribue la réorientation ultérieure du règne de Louis VII (rapprochement avec la Papauté et départ pour la croisade, perte d’influence de sa femme Aliénor d’Aquitaine) au « choc nerveux » que lui a causé ce drame.

    G. A.-T.
    Les Drôles d’histoires de l’histoire de France, Didier Chirat, édition la Librairie Vuibert, 176 pages, 14,90 euros.

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    Union130210a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    La poussée de l’Armée rouge

    Hitler est de plus en plus critiqué par l’armée.
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  • Goebbels : un intraitable maître de la propagande.
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  • Grisés par le succès prestigieux remporté à Stalingrad qu’ils estiment à juste titre comme un tournant dans la guerre, les Soviétiques se moquent du gel et du froid intense. Ils multiplient leurs offensives contre les troupes du Reich. Dès le 4 février 1943, leurs colonnes blindées avancent vers Rostov, Kharkov et Koursk. Dans le même temps, des unités d’assaut débarquent sur la côte de la mer Noire près de Novorossiisk mais se heurtent aux détachements puissamment équipés du groupe d’armée A du général von Kleist. Ce dernier est pourtant vulnérable parce qu’il est désormais isolé à l’intérieur d’un bloc défensif fortifié, la « ligne bleu ciel » qui se situe entre Novorossiisk et Krasnodar, entre la mer Noire et la mer d’Azov. Le lendemain, en raison d’une manœuvre convergente, plusieurs détachements qui appartiennent aux IIIe et XIIe armées soviétiques parviennent jusqu’à Staryi-Oskol au sud-est de Voronej et au nord-ouest de Karkhov. La ville d’Izioum au sud-est de Kharkov est conquise par les soldats de l’Armée rouge.

    Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les stratèges allemands puisque le 6 février 1943, les Soviétiques montent à l’assaut et s’emparent d’Iéïsk sur le rivage de la mer d’Azov. Ils sectionnent alors les derniers liens qui existent entre les régiments de Kleist stoppés dans le Kouban et le reste des armées du IIIe Reich. Ces forces sont désormais rassemblées dans un triangle incertain qui relie Iéïsk-Novorossiisk-Krasnodar. Une colonne blindée qui est partie en éclaireur est signalée à moins de huit kilomètres de Rostov. Sur le front du groupe d’armées B du général von Weichs, Kharkov est encore très bien défendue par le dispositif des forces de l’Axe mais la métropole est désormais totalement encerclée par les unités russes !

    Alors qu’au nord d’autres régiments du Kremlin approchent de Bielgorod, au sud les Soviétiques s’emparent sur le Donetz de Lissitchansk. Les échanges d’informations et les réflexions stratégiques partagées entre Manstein et Weichs ne donnent aucun résultat probant. La poussée générale de l’Armée rouge est impossible à contenir d’autant que ses unités bénéficient d’un ravitaillement continu aussi bien en vivres qu’en munitions. Azov tombe à son tour si bien que les Russes envisagent raisonnablement de reprendre Rostov. En Ukraine, les nouvelles sont très bonnes pour eux. Ils occupent Kramatorsk au nord du Donetz mais, mieux, ils interrompent la circulation sur une route essentielle pour les Allemands, celle qui relie Koursk à Orel. Le 7 février 1943, un mouvement inopiné des blindés soviétiques surprend plusieurs régiments de la IIe armée allemande si bien que les Soviétiques entrent en libérateurs dans Koursk dévastée.

    Le 9 février, les soldats de l’Armée rouge interrompent cette fois la circulation ferroviaire entre Koursk et Kharkov alors qu’en même temps ils entrent victorieux dans Bielgorod. Le lendemain, c’est une deuxième ligne ferroviaire qui est à nouveau contrôlée par les forces staliniennes. L’axe Rostov-Novotcherkassk ne peut plus être utilisé par les Allemands et leurs alliés. Plus au nord, deux colonnes blindées qui ont comme destination Kharkov progressent si bien qu’elles délivrent Tchougouïev et Voltchansk. Manstein est très mal à l’aise d’autant que la dégradation de ses positions sur le territoire soviétique est générale et qu’il ne trouve pas, avec ses officiers d’état-major, le moyen de retourner la situation à son avantage. Il ne réussit même pas à stopper les régiments de Staline. Certains officiers, très pessimistes, craignent un effondrement général du front. Manstein et Weichs estiment qu’ils ont les moyens de reprendre l’avantage mais qu’ils doivent tenir dans des conditions infernales jusqu’au printemps. Or les conditions restent très défavorables et le moral des troupes est en berne même si les généraux évitent d’aborder ce sujet dans leurs rapports. Si l’obéissance au Führer n’est pas remise en cause, son appétit de domination est néanmoins critiqué loin de Berlin.


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    Le rassemblement de la Résistance en marche

    Le Comité français de libération nationale est favorable à la constitution d’un Conseil national de la Résistance.
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  • La vie dangereuse des résistants : ici le transfert d’un message de renseignements.
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  • Le colonel Remy de la confrérie Notre-Dame.
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  • Jean Moulin : l’indispensable fédérateur.
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  • Résistance. En février 1943, le préfet Jean Moulin devient de fait le seul représentant permanent du général de Gaulle et du Comité national pour l’ensemble du territoire métropolitain. Délégué général du chef de la France combattante, il a comme mission de rassembler les mouvements de la Résistance intérieure pour qu’ils travaillent tous main dans la main.

    Alors que les ralliements se multiplient, le Général juge nécessaire de renforcer les pouvoirs de Jean Moulin alia « Rex ». Il le lui signifie dans un courrier du 9 février 1943 : « Je suis sûr qu’une autorité accrue vous permettra de développer encore plus votre action. Vous avez toute ma confiance, nous approchons du but. Voici l’heure des durs efforts ». Lorsqu’il s’adresse à l’ancien préfet, de Gaulle lui donne du : « Mon cher ami », signe d’une authentique confiance. C’est aussi le moment où le parti communiste se rapproche du Général. Il est entré en contact depuis de longs mois avec les autorités de la France combattante par la médiation de François Faure qui est l’adjoint du colonel Rémy à la Confrérie Notre-Dame. Lorsque le député communiste de Saint-Denis, Fernand Grenier, mandaté par le parti, fait le déplacement de Londres, Rémy le coache. Il est reçu par de Gaulle qui le désigne comme conseiller au commissariat à l’Intérieur. Puisque les communistes sont dans la lutte, le Général veut les amener à servir. « Pour battre l’ennemi, il n’y a pas de forces qui ne doivent pas être employées et j’estime que les leurs pèsent lourd dans la sorte de guerre qu’impose l’occupation. »

    Le Général et le Comité central

    Le 10 février 1943, le chef de la France combattante s’adresse aux membres du Comité central du Parti communiste français : « L’arrivée de Fernand Grenier, l’adhésion du Parti communiste au Comité national qu’il m’a apportée en votre nom, la mise à ma disposition en tant que commandant en chef des Forces françaises combattantes des vaillantes formations de francs-tireurs que vous avez constituées et animées, voilà autant de manifestations de l’unité française, voilà une nouvelle preuve de votre volonté de contribuer à la libération et à la grandeur de notre pays » remarque-t-il. De Gaulle ne cache pas que les temps sont difficiles et que le PC doit accepter les sacrifices qui lui seront demandés comme ceux qui le sont aux autres mouvements engagés dans la libération du pays.

    Il demande aux communistes de réfléchir aussi à l’unification de la Résistance qu’il appelle de ses vœux et estime comme un passage nécessaire vers plus d’efficacité partagée : « Vous savez comme moi qu’une coordination remarquable des organisations de Résistance est indispensable au but que nous poursuivons en commun : la libération de la France aussi tôt que possible avec la participation active et intense des Français. Je suis certain que les représentants que j’ai désignés trouveront chez les responsables du parti communiste français une volonté de coopération poussée jusqu’à l’esprit de sacrifice et la même loyale discipline qui existe déjà à l’intérieur de vos organisations ». De Gaulle tient à ce qu’il existe un lien de confiance aussi précise-t-il que ses représentants communiqueront les décisions qui ont été prises en la présence de Fernand Grenier.

    Il ne manque pas de redire que dès son entretien concluant avec le parlementaire, il a fait acheminer en Afrique du Nord auprès des députés communistes emprisonnés puis élargis des informations utiles. Il annonce encore : « La mission de liaison de la France combattante qui doit se rendre prochainement en Afrique du Nord portera à vos camarades un message de Grenier ». Avant de conclure, il insiste sur le besoin de fédérer les énergies parce que si les forces de l’Axe reculent, elles sont loin d’être vaincues et la fin de l’occupation en métropole n’est pas pour demain : « L’heure des plus durs efforts approche. Au moment où sous les coups des vaillantes armées russes, la puissance militaire allemande chancelle, il importe que les Français patriotes prennent leur part aux côtés de nos alliés russes et anglo-saxons, à la libération du territoire national. Je sais que la France combattante peut compter sur le parti communiste français ».

    Mobiliser les mouvements

    En URSS plusieurs généraux soviétiques citent en exemple auprès de Staline ces pilotes français volontaires du Normandie qui se battent désormais à leurs côtés et témoignent des mêmes objectifs de libération. Le Kremlin qui n’est pas insensible au geste du général de Gaulle et à l’héroïsme des premiers pilotes du « Normandie » sait aussi donner quelques signes importants aux communistes français. Cette mobilisation de la Résistance fait l’objet de plusieurs lettres qui sont envoyées par le Général auprès des responsables des mouvements Liberté, Egalité, Fraternité, Cercle, Lorraine, Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance. A ce dernier mouvement dont l’un de ses membres Manhès dit « colonel Frédéric » est chargé par Jean Moulin d’une prospection en zone nord, il écrit : « Le compte rendu de votre action que le colonel Frédéric m’a apporté en même temps que votre adhésion me convainc une fois de plus que, par leur discipline et leur union, les patriotes français de l’intérieur pèseront d’un poids essentiel dans l’œuvre de libération de notre payis ».

    Même s’il est convaincu d’avoir été entendu, il ne néglige pas une piqûre de rappel très utile pour que le fond de sa pensée ne soit pas déformé par des commentaires opportunistes : « Il est superflu que je vous répète les assurances que j’ai déjà fournies d’une libre consultation démocratique dans le cadre de la République.

    Par l’effort conjugué de tous les patriotes, la France de demain sera digne de sa tradition millénaire et reprendra, dans l’honneur et la dignité, son rang de grande puissance ». Il tient à ce que tous ceux qui sont impliqués dans la lutte clandestine aient la fierté au cœur, un amour inaltérable de la patrie et qu’ils additionnent leurs forces pour conduire le Reich à l’effondrement. Il achève par cette note complice : « Je sais que les représentants de la France combattante peuvent compter sur votre concours discipliné ».

    Renseigner et harmoniser

    Aux responsables du réseau de renseignement « Centurie », il affirme toujours le 10 février 1943 à leur chef Marcel Berthelot dont le pseudonyme est Lavoisier : « J’ai été très heureux d’apprendre de manière détaillée, l’œuvre que vous avez entreprise et le chemin déjà parcouru dans le sens de l’unité dans la lutte pour la libération. Je profite de cette occasion pour vous dire toute mon estime. A mesure qu’approche l’heure de l’action décisive, la tâche de chacun devient plus lourde et l’union disciplinée est chaque jour plus impérieusement nécessaire. Je sais que je puis compter sur vous ». Il encourage également le Comité d’action socialiste dans un courrier également rédigé le 10 février 1943 à son secrétaire général, Daniel Mayer : « Les manifestes de votre Comité m’éclairent complètement sur la position patriotique et républicaine que vos amis et vous-même avez adoptée à l’endroit de la libération de la France ». Avant d’ajouter : « J’apprécie pleinement votre politique d’effectifs pour les mouvements de résistance et vous demande de persévérer dans cette voie ». Et de conclure dans un esprit conciliant et habile : « Ainsi que je viens de l’écrire au plus éminent de vos amis, il est normal et même souhaitable que la Résistance, tout en demeurant unie et cohérente, se teinte et se nuance de tendances politiques traditionnelles et diverses. La nouvelle formule adoptée et qui vous sera communiquée, vous donnera, je pense, satisfaction ».


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    La rationalisation des usines de mort

    Les camps de concentration : une industrie au service de la guerre.
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  • Reinhardt Heydrich : un effroyable concepteur.
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  • La Solution finale mise en oeuvre.
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  • Les camps de concentration et d’extermination nazis bénéficient d’investissements prioritaires pour renforcer la politique de la Solution finale mais encore pour accélérer, par des conditions de vie extrêmes, la fin des résistants et politiques qui y ont été enfermés.

    Le 10 février 1943, Marcel Sullerot n’est que depuis quelques jours à Heinkel au hall 3, mais ce déporté d’Oranienbourg-Sachsenhausen est comme tous ses camarades d’infortune de son bloc recouvert de vermine : « A 20 heures, on nous jette dehors, tout nus avec juste nos galoches. Il fait -14°. Nous devons attendre sans bouger qu’une équipe désinfecte l’intérieur du block et les châlits sur lesquels nous avons laissé nos vêtements. Pour mieux résister au froid, nous nous serrons les uns contre les autres. Ceux qui sont sur les bords sont défavorisés et exposés à la bise glaciale, mais par une entente tacite, nous occupons cette place à tour de rôle. Quelques-uns, s’écartant du groupe pour aller aux nouvelles, reçoivent des seaux d’eau. Beaucoup de camarades s’écroulent ». Cette description du quotidien terrifiant de la vie dans un camp de concentration nazi est l’ordinaire de ces lieux implacables de détention où les hommes et les femmes doivent être liquidés dans un délai maximum de six mois après avoir tout donné de leur force de travail. Pas un de ces lieux est moins effroyable que l’autre. Il s’agit de produire pour l’industrie de guerre et d’éliminer ceux qui se sont opposés à l’occupation de leur pays et contestent l’autorité du Reich. Que pense Sullerot de cette déshumanisation en marche ? Il reprend : « A 4 heures, les gardiens nous lancent des haillons en vrac qu’il faut enfiler rapidement sans considération de taille. Puis nous sommes entassés sur de maigres paillasses étendues dans le réfectoire. Les coups pleuvent jusqu’à ce qu’il n’y ait absolument plus aucun vide entre les corps allongés. Une heure après, nous nous retrouvons dehors pour l’appel et une autre journée de travail. C’est seulement le soir que nous récupérons, non sans peine, nos vêtements et reprenons possession du dortoir et de nos châlits. Mais deux jours après, nous sommes à nouveau couverts de poux ».

    Accueillir plus pour tuer plus

    La rationalisation du fonctionnement des camps de concentration et d’extermination est une priorité rappelée par le Führer. L’accélération des travaux destinés à augmenter le potentiel d’élimination des Juifs à Auschwitz-Birkenau est patente en cette première quinzaine de février 1943 puisque les ordres qui ont été donnés sont précis. Il faut que soient opérationnels pour le début printemps cinq ensembles supplémentaires de trois fours crématoires, une salle de déshabillage et une vaste chambre à gaz.

    A Buchenwald, dans la forêt de Thuringe, sur le versant nord de la colline de l’Ettersberg, un vrai courant d’air, glacial l’hiver, les nazis stimulent le fonctionnement d’un camp programmé pour alimenter à terme soixante-dix kommandos allant des îles de la Manche à la frontière polonaise ! Doté d’une effroyable place d’appel de deux hectares, les nazis disposent d’un périmètre de plus de cinquante hectares pour développer cette usine à avilissement. Plus de 40.000 personnes y ont été internées en 1942 et le 5 février 1943, un officier ose dire qu’il est prêt à en accueillir le double au cours de l’année en cours ! A Dachau, tout est parfaitement rodé puisque c’est le 21 mars 1933 que le préfet de police de Munich Himmler y a annoncé la construction d’un camp de concentration de cinq mille places destiné à recevoir des prisonniers politiques.

    En ce mois de février 1943, ce camp est devenu gigantesque et est une usine de la mort. Ceux qui y entrent et passent sous un porche dont la grille porte en lettres de fer forgé l’inscription « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre) ne peuvent pas s’imaginer ce qui les attend, ni les appels interminables sur l’Appelplatz. Que peuvent-ils penser de l’inscription portée sur le toit d’un long bâtiment administratif : « Il existe un chemin vers la liberté. Ses bornes sont : obéissance, zèle, honnêteté, ordre, propreté, tempérance, esprit de sacrifice et amour de la patrie » ? La SS administre le camp sur un principe qui a ainsi été édicté par Himmler qui n’emploie pas le terme de déporté : « Celui qui surveille ces internés a un service plus pénible que celui qui fait l’exercice. Celui qui l’accomplit et vit à côté de ces hommes négatifs, apprendra en trois ou quatre mois la façon de lutter contre les inférieurs et les races inférieures ».

    De nouvelles implantations

    Le même Himmler considère que les camps sont presque à un niveau de saturation et estime qu’il faut envisager d’autres implantations. Parmi celles qui sont fléchées en février 1943, il y a le sud du massif du Harz. A Flossenbürg, créé par un kommando venu de Dachau, le camp tout proche de la frontière tchécoslovaque est initialement prévu pour accueillir mille six cent détenus et est équipé de seize baraques, d’une prison, d’un crématoire et de deux bâtiments administratifs et d’entretien.

    Pourtant, ce camp va bientôt alimenter quatre-vingt-quinze kommandos dont vingt-six situés en Tchécoslovaquie. Le régime y est particulièrement sévère et le taux de mortalité très élevé. En ce début 1943 l’exploitation du granit n’est plus l’activité exclusive de la zone où sont implantés des ateliers de montage du chasseur Me 109 de chez Messerschmitt.

    A Gross-Rosen, situé au sud-ouest de Wroclav en Pologne, c’est un kommando de Sachsenhausen qui est transformé en camp indépendant. Les déportés sont soumis à un travail harassant dans les carrières. Une situation que l’on retrouve à Mauthausen édifié dès 1938 dans les semaines qui suivent l’annexion de l’Autriche. Le camp est à proximité de Linz et de Braunau, le bourg où est né Hitler. A l’origine, il est prévu pour trois mille détenus mais les nazis ne vont pas cesser d’en augmenter la capacité d’accueil pour mieux anéantir les déportés dans l’éprouvante carrière du site. Mais le camp alimente aussi environ soixante-dix kommandos en soutien aux industries d’armement ! A Neuengamme, le grand camp d’Allemagne du nord à environ vingt-cinq kilomètres de Hambourg dans un coude de l’Elbe est également un centre de bestialité servile. Il est lui aussi opérationnel depuis 1938, date à laquelle c’est encore un kommando venu de Sachsenhausen qui l’a développé pour assurer la production d’une grosse briquetterie.

    En France aussi

    La situation est également horrible au seul camp français même s’il se trouve dans cette Alsace-Lorraine annexée. Il s’agit de celui de Natzweiller-Struthof installé dès mai 1941 sur les pentes nord du rocher Louise à huit cents mètres d’altitude. Il domine alors le col du Donon, la vallée de la Bruche, les villages de Rothan et Schirmeck. Les représailles et les exécutions gratuites y sont fréquentes. Dans tous ces camps le principe sans cesse réaffirmé par Sauckel est appliqué avec un zèle glacial : « Les détenus des camps de concentration doivent être utilisés jusqu’à épuisement de toutes leurs forces à l’effort de guerre allemand ».

    Ravensbruck, le principal camp de femmes ouvert en mai 1939 avec huit cent soixante Allemandes et sept Autrichiennes devient en 1943 l’un des grands camps de concentration du Reich dont le commandant Fritz Suhren prend les dispositions utiles pour le transformer à la demande en pôle d’extermination ! D’effroyables expériences y sont déjà menées sur des adolescentes en majorité polonaises par le chirurgien SS Gebhardt tandis que les bébés qui y viennent au monde sont tués devant leur mère. Les détentions de masse dont les Alliés ont connaissance suscitent d’autant plus d’embarras que les états-majors ne voient pas comment détruire ces centres de déshumanisation sans tuer la plupart de ceux qui y sont rassemblés. En outre, ils savent que d’autres seront construits dans l’urgence s’il le faut parce que le système s’est donné les moyens de survivre ainsi.

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    Union130209a - Marne
    RESISTANCE : Chemin faisant / « Mon compagnon d’éternité »

    Alphonse Masier, héros de la Résistance, fusillé par les Allemands sur le plateau de Berthaucourt, le 23 septembre 1943.
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  • JACQUES Rousseau est là, devant moi, à la table où il vient de me conter son passé de résistant puis de combattant dans le bataillon de choc de la 1re Armée du général de Lattre de Tassigny. Le regard baissé sur ses mains jointes, il murmure le prénom et le nom de celui auquel il voue un véritable culte : Alphonse Masier. Un long silence : « Un saint, Alphonse, oui, un saint » me dit-il, tandis que sa voix enfle et que ses mains s’agitent. Il revit la scène qui n’en finit pas de le hanter, scène que j’ai rapportée le 26 janvier dernier, dans la première des trois chroniques que j’ai tenu à consacrer au grand patriote sedanais Jacques Rousseau.

    9 juin 1943. Dans la cour de l’usine de textile de Torcy où le combattant de l’ombre Alphonse Masier est dessinateur industriel, Jacques le supplie de monter dans la Peugeot 202 dans laquelle avec Paul Moreau et René Masier, le frère d’Alphonse, ils fuient la Gestapo. Au « Monte, Alphonse ! », trois fois répété, l’unique réponse sera la sérénité d’un regard illuminant ces mots : « Je reste, je n’ai pas peur ! »

    Jeté le lendemain dans une cellule de la prison de Charleville, située place Carnot (aujourd’hui, place Churchill), il sait ce qui l’attend : le peloton d’exécution. Il n’a pas peur. Cette mort signifie pour lui l’accomplissement d’un idéal sublimé par sa foi en Dieu. Dans sa cellule, il chante à tue-tête des cantiques et des airs d’opéra. De l’avoir entendu parler de son amour de la France, émeut l’aumônier autrichien de la prison, au point que célébrant la messe lors d’une permission dans sa paroisse, près de Linz, il en témoignera dans son sermon.

    « Un chevalier »

    L’anecdote, Jacques Rousseau la tient de l’avocat ardennais Marceau Vignon. « Marceau défendait les résistants emprisonnés à Charleville, m’explique-t-il. Résistant lui-même, il parlait fort bien l’allemand. A mon retour de la guerre, je me suis empressé de lui demander de me parler des derniers jours d’Alphonse. Il l’a fait avec une grande humanité. D’emblée, nous sommes devenus amis ».

    Le 21 septembre 1943, trois mois après leur arrestation, les « terroristes » Alphonse Masier, 21 ans, employé dans une usine textile de Torcy, et Emile Paris, dix-huit ans, cultivateur à Autrecourt, sont traduits devant le tribunal militaire allemand qui siège dans une salle proche de la prison de Charleville. Grand, athlétique, le regard planté droit dans les yeux de ses juges, Masier affirme haut et clair qu’il a accompli le devoir que tout homme doit à sa Patrie.

    Après la déclaration apeurée d’Emile Paris et la brillante, mais fatalement vaine, plaidoirie de maître Vignon, les deux terroristes sont condamnés à mort. Le jeune Paris s’effondrant en larmes, Masier l’empoigne et s’écrie : « Pas ici, Emile, pas devant les Boches ! Chantons La Marseillaise ! » Les deux condamnés et leur avocat entonnent l’hymne national. « Il s’est passé une scène extraordinaire, me confie Jacques Rousseau. Le président du tribunal s’est écrié : « Masier, je viens d’apprendre la mort de mon fils sur le front russe. Il était, comme vous, un grand patriote. Masier, vous êtes un chevalier ! »

    Jacques Rousseau est assis devant moi. Il neige. On entend des cris et des rires d’enfants. « La nuit qui a précédé l’exécution, me dit-il, Alphonse a écrit deux lettres. Les voici, lisez-les ! » L’une est adressée à son avocat, l’autre à Jean Rousseau, le père de Jacques, patron de l’usine de Torcy où il travaillait. « Je viens à l’instant de recevoir les derniers sacrements, écrit-il à Marceau Vignon. Vous dirais-je que c’est avec joie que j’attends les derniers moments ? […] Merci encore, de tous vos bons offices ».

    Au père de Jacques, il écrit : « Mon cher Monsieur Rousseau, merci de tout ce que vous avez fait pour moi. On vient de m’apprendre que la sentence sera exécutée dans deux heures […] Lorsqu’après la guerre, vous reverrez Jacques, vous lui direz que j’ai beaucoup pensé à lui ces derniers temps et que je resterai toujours de cœur avec lui, dans ses futurs projets… Adieu Monsieur Rousseau, nous serons tous un jour réunis en Jésus-Christ et je suis le premier parvenu au port ».

    Je tends les lettres à Jacques Rousseau. Il les dépose sur la table, serre ma main dans les siennes. Un long silence. « Alphonse Mazier, me dit-t-il, c’est mon compagnon d’éternité ».

    La croix

    Suit son récit de l’aube du 24 septembre 1943, tel que Maître Vignon, témoin capital, le lui a rapporté. Les mains liées dans le dos, Masier sort de la prison par la porte qui donne sur la rue Métézeau. « Maître, crie-t-il, à son avocat, prenez la croix que je porte au cou. Vous la donnerez à maman ! » Les gardes laissent faire. Pour aider le condamné à monter dans le camion, l’un d’eux installe sur le sol une caisse en bois que Masier fait valdinguer d’un magistral coup de pied. Devant les gardes médusés, d’un saut de carpe, il tente de bondir dans le camion, s’aplatit, recommence, réussit son coup.

    A l’orée de Mézières, sur le plateau de Berthaucourt où les feux de l’automne s’allument dans le petit matin radieux, lié au poteau, Alphonse Masier refuse qu’on lui bande les yeux. Son Vive la France ! anéantit le Feuer ! des bourreaux.

    La mère du héros exigera qu’en reconnaissance de ce qu’il avait fait, Maître Marceau Vignon conserve la croix que son fils portait au cou. « La dernière fois que j’ai rendu visite à mon cher ami Marceau, me dit Jacques Rousseau, peu de temps avant sa mort, il m’a fait cette confidence : « Tu vois, Jacques, j’ai été longtemps foncièrement incroyant. Mais à force de méditer devant la croix d’Alphonse, aujourd’hui, je crois ».

    Qu’en pensent les chênes de nos forêts ?

    Yanny HUREAUX

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    Union130207a - Marne
    REIMS : Diables bleus

    L’assemblée générale de l’Amicale des Diables bleus de Reims et la région (anciens chasseurs à pied, alpins, portés ou mécanisés) se déroulera samedi 9 février à 15 heures, dans la Maison de la vie associative (salle 102), 122 bis, rue du Bar¬batre à Reims, avec renouvellement de la moitié des membres du Comité.

    Renseignements auprès du président, José Domice (tél. 06.08.91.43.49.).

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    Union130205b - Marne
    REIMS : 8e festival du film antifasciste

    REIMS (Marne). La 8e édition du festival du film antifasciste se déroulera de ce mardi 5 au vendredi 15 février.

    Outre quatorze projections de films ou de documentaires pour tous les âges dans différents lieux de la ville ainsi qu’à l’Opéra, enrichies d’interventions diverses, cette huitième édition se veut éclectique dans ses thématiques (FN et extrêmes-droites, colonialisme, racisme et préjugés, Roms et sans-papier, urbanisme et ségrégation, sciences et contrôle social, manipulation des masses, totalitarisme, harcèlement sexuel, questions de genre, homophobie.) Les projections au cinéma Opéra seront proposées à tarif réduit (6,30 €) tandis que l’entrée aux autres projections sera à « prix libre ».

    Mardi 5 février.- A 19 heures, inauguration sous le signe de l’humour et de la Résistance. Sur réservation : CLA@rlfreims.lautre.net

    Mercredi 6 février.- A 15 h 30 au cinéma Opéra, 3, rue Théodore-Dubois : « Zarafa » dessin animé jeunesse de Bezançon et J.-C. Lie (à partir de 5 ans). C’est l’histoire d’une amitié entre Maki, un jeune enfant de dix ans et Zara, une girafe orpheline sur fond d’un fait historique. Le pacha d’Egypte offrit au roi de France Charles X une girafe afin que ce dernier l’aide à libérer Alexandrie. Prix : 6,30.€

    Mercredi 6 février.- A 20 h 30 à l’Ecluse, 4, rue de la Cerisaie : « Boys don’t cry » de Kimberly Pierce. Entrée libre. Film choc, fidèle à la véritable vie de Teena Brandon. Agée de 20 ans, Teena quitte sa famille, prend l’identité de Brandon Teena et se fait alors passer pour un homme. (Déconseillé aux moins de 16 ans).

    Jeudi 7 février.- A 20 h 30, au cinéma Opéra : « Les femmes du bus 678 », film égyptien de Mohammed Diab. Faysa, Seba et Nelly, trois femmes égyptiennes d’aujourd’hui, issues de milieux sociaux différents, régulièrement victimes de harcèlement sexuel au Caire s’associent pour combattre ce fléau national. Prix : 6,30.€

    Vendredi 8 février.- A 20 h 30, au cinéma Opéra : « Indignados » de Tony Gatlif. Librement inspiré de « Indignez-vous » de Stéphane Hessel. L’ouvrage a été le moteur d’un réveil brutal transgénérationnel animant toute l’Europe au bord d’une implosion dans sa cohésion sociale. Avec plusieurs intervenants : Betty Honore Diallo et Isabel Vendrell Cortes, actrices principales du film. Prix : 6,30.€

    Samedi 9 février.- A l’Ecluse, à 19 heures « Noise and resistance », un documentaire allemand de J.Ostertag et F.A. Andrade, portrait de la scène Diy (Do It yourself punk à travers l’Europe). A 21 heures concert.

    Dimanche 10 février.- A 20 h 30, au cinéma Opéra : « On est là », un documentaire de Luc Decaster. Clean multiservices est une société de nettoyage ordinaire. Pour les clients, tout semble propre effectivement jusqu’au jour où des employés en ont assez d’être traités comme le papier avec lequel ils font briller les toilettes. Entrée : 6,30 €.

    Lundi 11 février.- A 17 heures à la Maison des syndicats, 15 boulevard de la Paix : « Main brune sur la ville », un documentaire de Bernard Richard. Pourquoi des citoyens accordent-ils leur confiance à l’extrême droite, et comment peut-elle se maintenir au pouvoir dans certaines villes malgré une gestion désastreuse ?
    Avec pour intervenant Jean-Paul Revaux de Vigilance et initiatives syndicales antifascistes. Prix libre.

    Lundi 11 février.- A 21 heures, à l’Ecluse : « Bunker cities », un documentaire de Paul Moreira. Un peu partout sur la planète, des populations décident de se retrancher dans des résidences sécurisées cernées de hauts grillages ou même de barbelés. Entrée libre.

    Mardi 12 février.- A 18 h 30 à l’Espace billard, 12, 14, rue Pierre-Taittinger : « Pistés par nos gènes », un documentaire de P. Borrel et G. Charles. Pourquoi des biologistes de l’université de Pensylvanie s’intéressent-ils à des Auvergnats amateurs de généalogie ? Prix libre.

    Mercredi 13 février.- A 14 h 30 à la médiathèque Falala, 2, rue des Fuseliers : « Les sorciers de la guerre », ovni animé par Ralph Bakshi. Plongée dans un monde post atomique où s’affrontent la croyance et la technologie sur fond de combat fratricide entre un magicien rondouillard et alcoolique défenseur de la nature et un sorcier noir qui exhume de vieilles bandes de propagande nazie. Prix libre.

    Mercredi 13 février.- A 18 h 30, à la Maison de la vie associative, 122 bis, rue du Barbâtre : « Prison valley », un documentaire de D. Dufresne et P. Brault. Road Movie au pays du Business carcéral : le comté de Frémont dans le Colorado. Prix libre.

    Jeudi 14 février.- A 18 h 30, à la maison de quartier Maison-Blanche, 41, boulevard des Bouches-du-Rhône : « Fahrenheit 451 » de François Truffaut. Dans cette société, la lecture est rigoureusement interdite. Elle empêcherait les gens d’être heureux. Prix libre.

    Vendredi 15 février.- A 18 h 30, à la Maison de la vie associative : « Stella », documentaire de Vanina Vignal. Derrière les mendiants roumains du métro parisien se cachent des vies ignorées. Prix libre.

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    Union130205a - Marne
    EPERNAY : La Fnaca Epernay, Aÿ et Oiry ont dégusté les galettes

    Que de têtes couronnées !
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  • Les adhérents de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, (FNACA) se sont retrouvés dernièrement à la salle des fêtes de Oiry pour y tirer les rois en compagnie de leurs épouses, de leurs familles ou amis. Parmi les 120 participants, de très nombreuses têtes ont pu ceindre la couronne après avoir dégusté la galette.

    L’après-midi a été un réel moment de convivialité et de fraternité qui a permis au président du comité, André Richard, de présenter ses vœux et de rappeler les prochains rendez-vous de cette année 2013, à savoir : le 19 mars, commémoration à Epernay, puis grand rassemblement national à Paris, le 6 avril, assemblée générale à la Maison des associations.

    Renseignements, s’adresser à André Richard, 2, rue de Normandie à Epernay. Tél. 03.25.54.16.64.

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    Médiathèque de la Suippe
    BAZANCOURT : Projection d’un film amateur sur la guerre 39-45

    Nous avons reçu ce mél :

    Bonjour,

    Bibliothécaire à la médiathèque de la Suippe à Bazancourt, j’organise la projection d’un film amateur sur la guerre 39-45 ; suivi d’une rencontre avec la réalisatrice.

    Isabelle Saunois a retracé le chemin de son grand-père, un "combattant de l’ombre" comme elle le nomme. Elle a donc retrouvé et interviewé, entre autre, les résistants qui l’on sauvé, dans un village des Ardennes.

    Je pense que cet événement pourrai intéresser vos adhérents. Pouvez-vous mettre un petit mot sur votre site ou à vos contacts ?

    Voici notre lien internet http://www.bazancourt51.fr/culturel.php ?action=rubrique&id=44 et notre texte de communication :

    "Adrien Saunois, mon père, un combattant de l’ombre - un film d’Isabelle Saunois - vendredi 8 février à partir de 17h - Entré libre - Ado-Adulte

    « C’est une quête qui prend les allures d’un voyage, un voyage en forme de quête. Je pars interroger les lieux qui portent l’histoire de mon grand-père, disparu le 3 mai 1945 avec 7000 autres déportés lors du naufrage d’un paquebot de luxe allemand, le Cap Arcona. Ce jour-là, la Royal Air Force a mené une attaque en baie de Lübeck, tout au nord de l’Allemagne. ».

    Plongez-vous dans ce témoignage émouvant de notre passé. Cette projection sera suivi de la rencontre avec la réalisatrice"

    N’hésitez pas à me contacter pour avoir plus d’informations.
    A très bientôt,
    Bien cordialement,

    Aurore FREROTTE
    Médiathèque de la Suippe
    51110 Bazancourt
    03.26.48.65.00

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    Union130204a - Marne
    CHALONS : Ancien déporté-résistant Lucien Hubler est mort

    Homme doté d’un vrai sens du dialogue, Lucien Hubler savait ce que la négociation constructive apporte à la vie sociale.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Combattant de 1940, prisonnier évadé, résistant, déporté, syndicaliste, chef de division au centre des chèques postaux de la Marne, Lucien Hubler est décédé hier matin à Châlons dans sa 99e année.

    Mercredi dernier, bien que pensionnaire de la maison Sarrail, il n’avait pas pu participer à la labellisation « Bleuet de France » de l’établissement ni assister à la présentation du dévédérom sur l’histoire de la Résistance dans la Marne.

    Sa santé s’était brutalement dégradée. Lucien Hubler nous a quittés hier matin. C’est une figure de la vie marnaise qui disparaît. Présent dans la vie du monde combattant en raison de son passé prestigieux de soldat, de prisonnier évadé, de résistant, de déporté, il était une figure de l’administration postale tout en ayant au sein de Force ouvrière une présence syndicale redoutée.

    Homme doté d’un vrai sens du dialogue, d’un authentique respect d’autrui, cet ami personnel d’André Bergeron savait ce que la négociation constructive apporte à la vie sociale. Il avait aussi œuvré pour que la Caisse primaire d’assurance maladie de la Marne réussisse son développement et pour cela il avait été appuyé par Jean Taittinger.

    Son expérience au feu pendant les combats de 1939-1940, son engagement dans la Résistance, son arrestation, la torture puis les mauvais traitements endurés pendant sa déportation avait donné à cet homme une puissance de caractère et une volonté d’agir pour les autres.

    A son retour des camps, il était comme ses camarades de souffrance, pâle et squelettique et sa famille et ses amis de Sermaize-les-Bains à Châlons-sur-Marne étaient épouvantés par cet homme fracassé par les épreuves mais qui les rassuraient. Sa formidable envie de vivre l’a sauvé et son envie de venir en aide aux autres a été un moteur.

    Le sens de l’engagement

    Fils d’officier tué dans les combats de la Main de Massiges pendant la Grande Guerre, pupille de la Nation, Lucien Hubler est incorporé au 163e régiment d’artillerie de Moulin-les-Metz, effectue des manœuvres intenses à Suippes et concourt avec sa batterie au maintien de l’ordre lors des grèves d’Ars-sur-Moselle. Libéré en août 1937, il est rappelé en septembre 1938 jusqu’à la signature des « lamentables » accords de Munich.

    A la mi-août 1939, il est de retour sous l’uniforme au 153e RA d’Hinkange en Moselle, unité qui appartient au 6e corps d’armée et qui est chargée de combler les intervalles entre les ouvrages de la ligne Maginot. C’est au cours d’une permission à Châlons que l’attaque aéroterrestre du printemps 40 le surprend. Il rejoint son régiment, se bat en Lorraine. Fait prisonnier, il refuse l’enfermement et prépare son évasion. Le 8 mars 1941, il parvient à s’échapper du Stalag 12B dans le Palatinat après avoir creusé avec un petit groupe un tunnel ! Il arrive à Nancy le 20 mars puis gagne Châlons. Il se présente à la direction de La Poste mais on lui recommande de gagner la zone libre. Avec des papiers adéquats, il arrive à Vichy, est affecté au service des prix officiels et commence à détourner des courriers et à renseigner la Résistance sur les actions de l’administration. Il est ensuite affecté à Clermont-Ferrand puis transféré à Angers où il intègre le groupe « Pont de Cé ». Il est très actif dans le renseignement mais, le 10 juillet 1944, il est arrêté par la gestapo et subit d’effroyables interrogatoires. Il est intégré dans un convoi qui part de Belfort le 29 août 1944 en direction du camp de concentration de Neuengamme.

    Il y devient le n° 44 156, vit des mois difficiles où les privations auxquelles s’ajoutent la déshumanisation et l’humiliation au quotidien le font vaciller. Il est libéré en mai 1945 et revient dans la Marne affaibli. Il apprend alors à revivre parmi les siens et s’implique dans la vie du monde combattant auprès des anciens déportés, des combattants volontaires de la Résistance et de l’Amicale de la résistance châlonnaise.

    A sa fille, à ses petits enfants et à toute sa famille, l’union présente ses condoléances émues.

    Hervé CHABAUD

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    Union130203f - Marne
    ARAC : L’ambition de vivre ensemble

    Autour du président, Jean-Noël Grebert.
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    Dans le cadre de son discours introductif le dynamique président de l’Association républicaine des anciens combattants de la section de Soissons, Jean-Noël Grebert, a, en préambule, tenu à rappeler que le 19 mars 2012 signifiait la célébration du 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Un anniversaire salué comme tel par l’ARAC qui exprime toute sa reconnaissance à tous les adhérents et amis, ainsi qu’à tous les élus dans leur diversité républicaine qui ont en permanence appuyé une action commune permettant aux côtés de la FNACA de faire du 12 mars une journée nationale du souvenir.

    Le président, Jean-Noël Grébert a de surcroît profité de l’occasion pour remercier la très forte délégation des porte-drapeaux et en particulier leur chef Jackie Chapuis pour leur implication dans la totalité des cérémonies dédiées à cultiver le devoir de mémoire.

     

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    Union130203e - Marne
    VALMY : Un Gribeauval pour le musée de Valmy ?

    Lors des cérémonies de la Sainte-Barbe, l’an dernier aux Invalides, les canons Gribeauval étaient à l’honneur puisque le thème des démonstrations était Valmy.
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  • SAINTE-MENEHOULD (Marne). Pour enrichir le futur centre d’interprétation de la bataille de Valmy, la communauté de communes de Sainte-Ménehould tente de mettre la main sur un canon Gribeauval.

    On ne peut évoquer la bataille de Valmy sans parler de canonnade. Certains historiens la sous-estiment. D’autres affirment que, ce 20 septembre 1792, 70 000 hommes et 120 canons se sont affrontés et que 40 000 boulets ont été échangés. Il en remonte encore aujourd’hui des profondeurs du sol…

    Dans cet exceptionnel combat d’artillerie, le canon français conçu par le maréchal Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval affirme pour la première fois sa suprématie. Il s’avère notamment bien plus précis que les armes des Prussiens.

    Héros de la bataille au même titre que Kellerman ou Dumouriez, le canon aurait toute sa place dans le futur centre d’interprétation de Valmy. Encore faut-il retrouver la trace d’une pièce datant de la Révolution. Une quête dans laquelle la communauté de communes de Sainte-Ménehould s’est lancée en faisant jouer ses contacts.

    Au fil de ses recherches, la chargée de mission muséographie Claire Depalle a pu déterminer deux sources potentielles : des musées russes et celui des Invalides à Paris.

    Le ministre de la Culture sollicité

    De concert avec l’ancien ambassadeur des Pays-Bas Johannes Landman, Bertrand Courot a adressé une requête à l’ambassade de Russie en France. « Grâce à ce courrier, nous avons découvert que nos musées avaient des canons Gribeauval », reconnaît le secrétaire du service culturel de l’ambassade de Russie.

    Il en existerait peut-être quelques exemplaires au musée du Kremlin mais surtout dans celui de la bataille de Borodino qui constitua l’offensive la plus sanglante de Napoléon durant la campagne de Russie. « Nous avons adressé un courrier au ministre de la Culture de la fédération de Russie en lui demandant de bien vouloir accorder un genre de prêt, précise le secrétaire d’ambassade Alexandre Makogonov. Nous faisons de notre mieux pour favoriser la coopération entre les musées russes et français. Si nous arrivions à avoir un exemplaire de ce canon, ce serait un petit miracle ! »

    Le fait que la Russie possède encore des pièces d’artillerie datant de l’Empire voire de la Révolution est déjà une surprise. Bien souvent, ces prises de guerre étaient fondues pour refabriquer d’autres armes. Autre « front » sur lequel la communauté de communes se démène : elle sollicite le musée parisien des Invalides.

    « Ils seraient peut-être disposés à nous prêter un canon de l’an II de la Révolution, explique Jean-Pierre Colinet, le vice-président chargé du chantier du centre d’interprétation. Toutefois, ce ne serait que la bouche à feu, nous n’aurions pas l’affût. »

    En fin d’année dernière, à l’occasion des festivités de la Sainte-Barbe, des photos et des vidéos ont pu être prises dans la cour des Invalides où le thème de la démonstration d’artillerie était justement la bataille de Valmy.

    L’occasion aussi de voir les fameux Gribeauval de plus près. « Si nous pouvions en obtenir un, nous aimerions le placer dans la salle de la bataille, non loin de la baie vitrée qui donne sur le moulin », imagine Jean-Pierre Colinet.

    Les démarches sont en cours. Si elles ne constituent pas une priorité en terme de conception muséographique, ce serait, comme le confie le vice-président de la com com, « la cerise sur le gâteau ». Un gâteau auquel on ne goûtera pas avant l’été prochain…

    Tous les sites qui disposent de canons Gribeauval n’ont pas été identifiés. Si des collectionneurs ou des institutions possèdent des informations permettant de faire avancer le projet du centre d’interprétation de Valmy, ils peuvent se mettre en relation avec la chargée de mission Claire Depalle au musée d’art et d’histoire de Sainte-Ménehould, tél : 03.26.60.62.97.

    Stéphanie VERGER

    Un étonnant coup de fil

    La semaine dernière, Jean-Claude Léger, historien de la Neuville-au-Pont bien connu des Argonnais, a découvert un étonnant message sur son répondeur téléphonique. Une voix inconnue lui annonçait faire suite au courrier qu’il avait adressé à l’ambassade de Russie pour un dépôt de canons Gribeauval au centre d’interprétation de Valmy.

    Ignorant tout de la démarche engagée par la communauté de communes (lire plus haut) et songeant à un canular, notre homme s’est lancé dans une recherche internet pour vérifier le numéro laissé par son mystérieux correspondant. Or il s’agissait bel et bien du service culturel de l’ambassade de Russie.

    Interpellé, notre historien local s’est piqué au jeu. Au passage, il fait une suggestion : « que les canons Gribeauval soient restitués à la France par Gérard Depardieu », lequel pourrait bien devenir le ministre de la Culture de l’une des républiques de la fédération russe.

    Voilà encore une idée à creuser. Après tout, après avoir incarné Danton, le comédien castelroussin pourrait se glisser dans l’habit de Kellerman.

    Sûr qu’une livraison par ses soins à Valmy, cela aurait de la gueule… sans parler du gros coup de pub !

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    Union130203d - Marne
    TINQUEUX : Aviation : L’hommage à Henri Wénisch

    Henri Wénisch ici avec le général Denis Mercier,
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  • Une petite fleur de papier blanc posée avec tendresse par une arrière-petite-fille saisie d’émotion, ce premier geste poignant a marqué la cérémonie d’adieu à Henri Wénisch en l’église Sainte-Bernadette de Tinqueux.

    Le mécanicien personnel du commandant Edmond Marin la Meslée, As des as de la campagne 1939-1940 était entouré de sa famille, de la communauté paroissiale, de ses amis parmi lesquels de très nombreux aviateurs et acteurs du tissu associatif. Dans la même communion symbole de fidélité et de fraternité, il y avait cette envie autour des porte-drapeaux d’être près de lui en ce temps du passage où la peine est intense mais l’espérance intacte chez le chrétien dans la prière pour l’âme du défunt.

    Simplicité et dignité

    Il y a eu beaucoup de simplicité et de dignité au cours de cette cérémonie, riche de ces petits gestes qui attestent la grandeur d’esprit, l’authenticité de la vie de celui qui est parti, les beaux enseignements qu’il a donnés à ses enfants, petits enfants et arrière-petits-enfants.

    Sur le cercueil drapé des trois couleurs de la France, il y avait les décorations du soldat témoignant son ardeur de servir son pays et de ne jamais oublier tous ceux qui ont été jusqu’à donner leur vie pour une France libre et debout.

    Chacun s’est remémoré un souvenir, un moment choisi de la vie de la BA 112, un temps passé avec un homme qui avait le sens de l’accueil, de la mesure, de la fidélité, de l’écoute attentive envers celui qui doute pour mieux le redresser. Le vieux monsieur était capable d’apaiser les douleurs des plus jeunes de les relever par quelques paroles où son propre vécu devenait une aide utile à l’autre.

    Lorsque certains ne savaient plus le chemin, il avait les mots pour leur donner la bonne direction. Beaucoup étaient venus de loin, comme le général Henri Switzer, Frédéric Lafarge.

    Les honneurs militaires, présidés par le général d’armée aérienne Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air et ancien commandant de la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » de Reims lui ont été rendus à l’issue de l’eucharistie d’adieu sur le parvis de l’église aquatintienne par des aviateurs du 2/3 « Champagne » de la BA 133 « commandant Henry Jeandet » de Nancy entourés de dizaines et de dizaines d’aviateurs de toutes les générations.

    L’esprit de corps était là, puissant, les évocations riches et profondes envers ce mécanicien si attachant, passeur de mémoire, attaché à l’histoire vraie et acteur jusqu’au bout de cette exigence de témoigner pour comprendre les valeurs inaltérables qui animent ceux qui, sous l’uniforme, ont choisi de servir la France et d’être fiers, de se donner pour elle et ce qu’elle incarne dans le monde. Henri Wénisch repose en paix au cimetière de Tinqueux mais il vit toujours dans le cœur de toute sa famille et de tous les aviateurs qui sauront évoquer sa mémoire, pour ce qu’il a été un aviateur d’excellence, un homme digne et droit.

    Hervé CHABAUD

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    Union130203c - Marne
    REIMS : Les terrains d’aviation disparus en Champagne et Picardie

    Ici, un Fairrey Battle manœuvrant directement sur la RN 44 Reims-Laon.
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  • Les premiers avions à réaction allemands, les Arados, ont aussi rempli des missions photographiques à la mi 1944.
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  • Un hangar en béton en forme de voute, semi-enterré côté ouest de la RN 44.
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  • Beaucoup d’images dans le second ouvrage de Patrick Potier sur les terrains d’aviation disparus.
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  • REIMS (Marne). Passionné par l’aviation, Patrick Potier sort son deuxième ouvrage sur les terrains disparus de la région. Cap sur l’étonnant terrain de Berry-au-Bac-Juvincourt.

    Avec modestie mais précision, Patrick Potier réveille les mémoires en explorant les terrains d’aviation disparus en Champagne-Picardie. Après avoir présenté celui de Mourmelon-Wez/Thuizy, il dédicacera samedi 9 février à 16 heures, à la librairie Guerlin-Chapitre, un second ouvrage de 92 pages fort illustré sur le terrain de Berry-au-Bac-Juvincourt, l’un des plus importants du secteur durant la Seconde Guerre mondiale.

    Campagne de France

    Si le terrain d’aviation de Berry-au Bac-Juvincourt n’a que peu servi durant la Première Guerre mondiale - il a accueilli en 1917/1918 l’escadrille américaine SP A62 et l’Expeditionary force - il n’en a pas été de même lors de la Seconde Guerre.

    Ce sont les Britanniques avec la Royal air force et les escadrons 12 et 142 avec leur Fairey battle qui ont pris position sur un terrain en herbe détrempé dès le rude hiver 1939.

    Si les officiers vivaient au château de Guignicourt, les pilotes ont payé un lourd tribut durant la Campagne de France, du Luxembourg à Sedan en obtenant certes 111 victoires avec l’Escadron number one et leurs chasseurs Huricane 1, mais en perdant globalement 248 avions.

    Constructions de hangars souterrains, pistes en béton (3), voie ferrée : les Allemands qui occupent cette base dès juin 1940 multiplient par quatre la surface de l’aérodrome. La Luftwaffe déploie ses bombardiers Dorniers et ses Junkers pour attaquer l’Angleterre. Ses chasseurs Messerschmidt 110 font des ravages. Dans la nuit du 10 au 11 décembre 1943 la défense aérienne (flak) de la base abat un Westland Lysander MK III H allié qui devait se poser à Vervins pour exfiltrer des agents. C’est justement l’avion qui devait prendre en charge Pierre Brossolette, un des dirigeants de la résistance française (Libé Nord) arrêté quelque temps plus tard par la Gestapo et qui se suicida plutôt que de parler.

    C’est de Juvincourt aussi que décollèrent en juin 1944 les premiers avions à réaction prototype V5, V7, des biréacteurs Arado décollant à l’aide d’un pod de fusées.

    L’US Army air force en 1944

    Volant à 740 km/h à 10.500m d’altitude et équipés de caméras, ils ramenaient en un vol plus de photos qu’en deux mois. Ils eurent une vision exceptionnelle du débarquement de Normandie, mais il était trop tard. Naturellement c’est en septembre 1944 que l’Us Army s’installe sur la base. Le fighter group avec notamment ses Thunderboldt et autres Douglas C 47 participe à la bataille des Ardennes avant de poursuivre jusqu’en Allemagne.

    L’auteur montre de nombreuses images sur la vie de la base où le champagne était vendu 1 dollar la bouteille tandis que l’État-major était installé au château de Cormicy. Après le 8 mai 1945, les Alliés utilisèrent aussi cette base pour l’opération Exodus consistant à rapatrier en Lancaster et en Dakota des prisonniers britanniques ou australiens.

    Retenu un temps, après la guerre, comme base d’opération, Juvincourt qui ne fut pas utilisé par l’Otan fut déclassé du domaine de l’État en 1970. Ne subsiste plus sur le site qu’un centre d’essai de frein pour la firme Bosch.

    Dédicaces du tome 2 de « Terrains d’aviation disparus en champagne et Picardie », samedi 9 février à 16 heures à la librairie Guerlin-Chapitre.

    Alain MOYAT

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    Union130203b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : 220 ans après l’exécution du roi : En mémoire de louis XVI

    Pascal Metzger
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  • Le soleil vient de se coucher sur Vitry-le-François. Au fond de la collégiale un petit groupe réuni pour une cérémonie plutôt atypique. 220 ans que Louis XVI s’est fait décapiter. Et pourtant, vendredi soir, près de vingt personnes commémoraient ce roi. L’office a été célébré par le père François de Mianville.

    « La monarchie a légué les richesses de la France, explique Pascal Metzger, organisateur de l’événement et complètement royaliste. On organise des messes pour les chefs d’Etat, alors pourquoi pas pour lui ? »

    Pascal Metzger a partagé le testament de Louis le Dernier. Sur fond de musique douce. Le portrait à ses pieds. Une lecture de dix minutes. Avec émotion comme pour un poème. Jusqu’à même remercier le défunt guillotiné. « C’est un testament immortel, modèle de foi religieuse et de bonté paternelle », pense-t-il. Avant de prier : « Nos pensées vont à la famille, afin qu’elle repose en paix. »

    Puis dépôt de gerbe et moment de recueillement. Face à lui, beaucoup de seniors. Ses parents et ses enfants sont aussi là. Question de « soutien », assurent Clément et Denis, 14 ans tous les deux.

    Jean-Claude, 62 ans, était également présent. Un fan d’histoire et de rois. Sans être pour autant royaliste. « Je ne remets pas en cause la République, précise-t-il. Ça me fait plaisir de venir écouter les écrits du monarque. Et puis les Vendéens l’honorent bien plus que nous… » Dans son adoration, Pascal Metzger n’a pas hésité à qualifier Louis XVI de « bon et grand roi. » Danton et Robespierre doivent se retourner dans leur tombe.

    Meddeh BELKANICHI

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    Union130203a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Pacifique : MacArthur fulmine

    Une carte des hostilités dans le Pacifique.
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  • La reprise des combats en Birmanie est imminente.
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  • Les bilans sont lourds de part et d’autre. Le convoi de ravitaillement nippon bombardé par les Américains.
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  • Le convoi de ravitaillement nippon bombardé par les Américains.
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  • EXTRÊME-ORIENT. Les Japonais enregistrent de nouveaux revers et constatent que la cadence des ravitaillements aériens américains des C 47 de la 5e Air Force les handicape beaucoup plus que prévu. A son quartier général de Rabaul, le général Imamura considère que la présence nippone en Nouvelle-Guinée est précaire.

    Pour essayer de reprendre l’avantage, le général Imamura choisit d’envoyer six mille hommes en renfort à bord de huit transports qui sont escortés par huit destroyers. Ils sont dirigés vers Lae et Salamaua. Le convoi d’assistance prend la mer dans la nuit du 31 janvier 1943 alors que les météorologues japonais assurent que la couverture nuageuse empêchera les avions US de le repérer. La vigilance américaine est parfaite puisque des appareils de reconnaissance identifient le convoi ennemi et précisent les coordonnées de sa progression. Le général US Kenney donne alors l’ordre aux équipages de deux cents bombardiers stationnés dans la péninsule de Papoua de décoller et d’aller à leur rencontre.

    LE RICOCHET DES BOMBES

    Le 1er février, une escadrille de B-25 de la 5e Air Force repère le convoi nippon qui suit la côte de Nouvelle-Bretagne. Le lendemain alors que les conditions météorologiques s’améliorent, les frappes aériennes US commencent et plusieurs vagues d’appareils attaquent les navires ennemis. Les Américains expérimentent alors le bombardement par ricochet. Cette technique s’avère redoutable. Les équipages placent leurs avions de manière à ce que les bombes ricochent comme des pierres sur l’eau. Elles frappent alors la coque des bateaux avec la violence et la précision d’une torpille. Huit transporteurs et quatre destroyers sont ainsi envoyés par le fond si bien qu’en fin de journée, le convoi n’est plus que l’ombre de luimême. Dans le même temps un violent combat aérien s’engage et très vite les Japonais y sont dominés. Ils perdent de nombreux jeunes pilotes. Au soir, il manque à l’état-major nippon une soixantaine de chasseurs tandis que les Américains en ont perdu quatre. La leçon des USA n’est pas terminée. Les combats continuent pendant toute la nuit. Les Américains utilisent alors des flottilles de patrouilleurs- torpilleurs. Les quatre destroyers ennemis rescapés ne peuvent même pas secourir deux mille hommes. Quelques rescapés parviennent sur les côtes de Nouvelle- Guinée et sont faits prisonniers. La bataille dite de la mer de Bismarck est une victoire pour les Alliés. C’est en fini de l’impatience japonaise à renforcer ses garnisons stationnant en Nouvelle-Guinée à partir de la Nouvelle- Bretagne.

    C’est une réplique cinglante à la bataille aéronavale de l’île de Rennell aux Salomon qui se déroule les 29 et 30 janvier 1943. Une escadre de croiseurs et de contre-torpilleurs US qui escorte un convoi attendu à Guadalcanal est alors attaquée par l’aviation nippone. Des appareils américains venant de Guadalcanal interviennent alors sur zone mais les Etats-Unis perdent dans cette opération le croiseur lourd « Chicago » coulé par un avion torpilleur. A Guadalcanal, la progression des soldats US semble irrésistible même si le franchissement du Bonegi est très coûteux en raison de la résistance des fantassins ennemis qui protègent ceux des leurs qui sont rembarqués. En Nouvelle-Guinée, bien appuyées par l’artillerie, les troupes australiennes repoussent les Japonais vers la côte le 3 février.

    En Birmanie, le 1er février la 55e brigade indienne qui a succédé à la 47e attaque sans succès les positions de l’adversaire très bien défendues à Donbaik et qui plus est équipées de canons antichars. Le lendemain dans le secteur d’Arakan, la 122e brigade indienne attaque Rathedaung mais là encore, elle ne parvient pas à progresser en raison des défenses japonaises bien étagées et puissamment armées.

    « ELKTON » DIVISE L’ÉTAT-MAJOR

    MacArthur qui s’est juré de mettre le Japon à genoux use de communiqués spirituels pour encourager les troupes US à la reconquête : « Une providence miséricordieuse nous a accordé une grande victoire » commente-t-il. Il profite de cette réussite dans le Pacifique pour réclamer à Washington cinq divisions supplémentaires, mille huit cents avions en renfort et recommande qu’on lui affecte aussi une force navale équipée de porte-avions. Ce sont les moyens qui lui paraissent indispensables pour engager l’opération « Elkton ». Il s’agit de progresser en cinq temps en Nouvelle- Guinée et dans la région de Rabaul tout en conduisant une puissante offensive vers le nord des Salomon depuis Guadalcanal. Ce qui bloque l’ambition de MacArthur, ce sont les décisions qui ont été actées au cours de la conférence d’Anfa au Maroc. Le général Marshall ne peut pas s’engager sur de tels moyens tandis que l’amiral King n’apprécie guerre que la task force de vice-amiral Halsey passe sous le contrôle de MacArthur !

    King veut garder des forces pour mener à bien une offensive qu’il tient à conduire dans le Pacifique centre. C’est la raison pour laquelle l’opération « Elkton » est différée. MacArthur est furieux et s’en prend avec véhémence à la marine dont il dénonce : « la médiocre cabale des petits chefs ». Hors de lui, il télégraphie au général Marshall que la campagne décisive pour la Nouvelle-Guinée est : « temporairement suspendue faute de matériels et d’effectifs ». Il est patent qu’une rivalité stratégique apparaît et qu’il y a des divergences au plus haut niveau sur les raisons objectives de conduire une action plutôt dans le Pacifique Sud que dans le Pacifique Centre.

    LA CHINE TEND LA MAIN

    Ces différends sont préjudiciables pour le rythme de la guerre parce que les Américains se contentent alors de contenir l’ennemi mais ils se privent de l’opportunité d’offensives alors qu’ils sont capables de faire la différence. Ce dont MacArthur est certain par sa connaissance de la grande région, n’est pas partagé par l’état-major aux Etats-Unis qui reste sur des considérants trop théoriques. Ce qui agite les plus hauts responsables militaires est une question essentielle : comment gagner deux guerres à la fois, une en Europe et une autre en Asie du Sud-Est. Bien sûr le travail considérable accompli par les services alliés du chiffre permet de mieux comprendre la stratégie et la tactique japonaise dans chaque secteur où les soldats du Mikado font la guerre mais cela est insuffisant. Il faut inscrire un plan qui les amène à accumuler les défaites et entretienne le doute sur leur capacité à préserver leurs propres îles métropolitaines.

    Le 4 février 1943, se déroule à New Delhi une conférence des chefs militaires alliés à laquelle prennent part le maréchal Wavell, le général américain Stilwell, le maréchal de l’air Dill et les généraux Arnold et Somerwell. Tous s’accordent à ce que la reconquête de la Birmanie est une priorité parce qu’elle est le meilleur moyen de partir ensuite à l’assaut des troupes japonaises qui stationnent en Chine. Il s’agit de donner un gage supplémentaire de la bonne volonté alliée au général Tchang Kaï Chek. Un plan d’action doit d’ailleurs lui être soumis même si son appréciation stratégique n’est sans doute pas des plus élaborées. Mais pour prévenir les susceptibilités, on use d’une diplomatie de circonstance. Le généralissime chinois ne se fait pas prier pour exprimer sa satisfaction intéressée, aussi adresse-t-il un message au président Roosevelt dans lequel il s’engage à contribuer à la campagne de reconquête de la Birmanie. Mais il y a un bémol à son enthousiasme. Comme d’habitude, il monnaie son assistance et demande une aide pécuniaire supplémentaire au trésor américain.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Rester un allié loyal mais exigeant

    Tunisie, la bataille se précise.
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  • Comment le général de Gaulle envisage-t-il les relations avec les Alliés après son retour à Londres ? On le sait toujours préoccupé mais décidé à maintenir dans toutes ses dimensions l’authenticité de la France combattante. C’est dans cet état d’esprit qu’il a écrit au général de Larminat au Caire et au général Leclerc à Brazzaville le 29 janvier 1943. Il n’est pas question de corriger en quoi que ce soit les précédentes orientations secrètes sur la conduite des opérations auprès des Britanniques : « En particulier, la participation aux opérations actuelles en Libye et éventuellement en Tunisie du Sud de tous les moyens en mesure de combattre tant dans la Force de Larminat que dans la Force de Leclerc, est le but immédiat à poursuivre. Cette participation est à réaliser avec la VIIIe armée britannique ». Le Général compte aussi sur ces deux chefs pour que de nouvelles unités soient constituées dans les meilleurs délais et renforcent leur potentiel. La France combattante est dans la guerre et aussi bien à Londres qu’à Washington, chacun doit être convaincu qu’elles y demeurent.

    De Gaulle s’ouvre de l’incertitude des temps à venir dans un courrier qu’il adresse à l’un de ses anciens camarades du collège de Vaugirard, désormais moine bénédictin sur l’île de Wight. Au frère Xavier de Beaulaincourt qu’il tutoie comme à l’adolescence, il exprime les difficultés à conforter une politique cohérente : « Bien que nous n’ayons pu parvenir à une fusion dans nos entrevues au Maroc, nous établissons contacts et liaisons, espérant qu’il en sortira, comme il se doit, l’union dans l’honneur pour la guerre de libération ». Il forme le voeu que les prières de son ami lui donnent toujours plus de forces pour la France. Le Général ne perd pas de temps. Il tient à ce que ses services de renseignements renforcent leurs points d’information en Afrique du Nord. C’est la raison de l’ordre de mission qu’il signe le 1er février 1943 : « Le lieutenant-colonel Passy, chef du BCRA, se rendra en mission à Alger dans les conditions qui lui seront fixées par le colonel, chef de l’état-major particulier ».

    Il ne faut surtout pas que les Français libres doutent. A Pierre Tissier qui a écrit un ouvrage sur le procès de Riom, le général qui salue ce travail et insiste sur sa clarté s’engage à ce que les coupables soient traduits devant la justice à l’issue de la guerre. Dans la courte lettre qu’il adresse à l’auteur il ajoute : « Restons fermes. Marchons droit. Vous verrez qu’on reconnaîtra que nous fûmes les plus habiles parce que nous fûmes les plus simples ». Le 2 février 1943, il atteste à Ludovic Chancel qui est à Djibouti son esprit d’ouverture mais aussi son respect des choix de chacun. Bien sûr, il encourage toujours les ralliements mais il interdit que des brimades soient faites à ceux qui ne franchissent pas le pas : « Si le général Dupont se rallie, je l’accepte avec son grade. Dans ce cas, il y a lieu de le diriger sur Beyrouth. En tout cas, les officiers de Djibouti non ralliés ne seront aucunement, je le répète aucunement dégradés ».

    Toujours le même jour, il répond à un télégramme de Leclerc qui lui a annoncé le 27 janvier que ses soldats ont conquis l’oasis Libyenne de Ghadamès : « Félicitations. J’approuve pleinement la récupération de Fort- Saint. Mais je n’approuverais pas que vous le rendiez à l’Afrique du Nord dans les circonstances actuelles ». Cette prudence confirme que le Général s’interroge encore sur les manigances possibles des Américains et des Anglais. Il reste dans un état d’esprit où il est hors de question de capituler et de s’aligner sur une approche de l’avenir qui ignore le chemin accompli en métropole dans le combat contre le gouvernement de Vichy. Et à l’extérieur, il tient à ce que soit acté que forces de la France combattante sont de tous les combats pour la libération et dotée d’une volonté et d’un moral d’acier.


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    Stalingrad : Paulus capitule

    Le maréchal Paulus capitule. Hitler est furieux.
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  • Un mitrailleur allemand peu de temps avant la reddition.
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  • Une longue colonne de prisonniers allemands s’étend dans les ruines de Stalingrad.
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  • LA FIN. Même si Hitler élève le général commandant de la 6e armée encerclée à la dignité de maréchal, la bataille est perdue depuis longtemps. S’il ne l’écrit pas, Paulus a fait le choix de la reddition dans l’espoir que ses hommes ne soient pas anéantis jusqu’au dernier.

    Le 30 janvier 1943, cela fait dix ans qu’Adolf Hitler a été nommé chancelier du Reich mais à l’heure du bilan d’une décennie de pouvoir absolu, l’optimisme fait défaut. Les combattants de la Volga sont en perdition mais le général Paulus lui envoie tout de même une lettre sans évoquer ce qui lui semble la seule issue : la reddition à Stalingrad : « Au dixième anniversaire de votre accession au pouvoir, la 6e armée acclame son Führer. Le drapeau à croix gammée flotte toujours sur Stalingrad. Puisse notre combat servir d’exemple aux générations présentes et futures, pour leur apprendre à ne jamais capituler, même dans une situation désespérée, car alors l’Allemagne, finira par triompher ». Paulus pense-t-il ce qu’il écrit ? C’est improbable mais il est un militaire et il obéit à son chef. Les quelques grenadiers qui résistent encore avec ardeur autour du colonel Günter Ludwig près de la place Rouge à proximité du théâtre Gorki vivent leurs dernières heures de liberté. Lorsque l’officier supérieur reçoit l’ordre de se rendre au quartier général de la 6e armée, il se demande à quoi cela peut encore bien servir. A moins que le chef d’état-major, le général Schmidt ait été mis au courant qu’un officier soviétique a proposé la capitulation aux soldats tenant l’un des derniers points de résistance de la grande métropole, celui qu’il commande.

    DISCUSSION EN SOUS-SOL

    Il rejoint Schmidt dans les sous-sols de ce qui reste du magasin « Univermag ». Il lui demande des précisions sur le système défensif mis en place autour de la place Rouge. Ludwig explique mais l’autre l’interrompt et, comme pour mieux le culpabiliser, lui déclare qu’il a appris qu’il négociait sa capitulation : « Vous employez là un mot bien particulier. J’ai eu un contact avec un officier soviétique mais cela n’a rien changé à la mise en état de défense des positions dont je suis responsable » assure le colonel. Schmidt revient à la charge : « Vous auriez pu m’avertir. Cela aurait pu nous intéresser de savoir ce que les Russes proposent ». Même si la cessation des combats est officiellement exclue, il y a bien une réflexion conduite pour savoir comment éviter l’anéantissement total des survivants encerclés dans Stalingrad. Ludwig suggère de reprendre contact et d’organiser une rencontre avec un officier parlementaire de l’adversaire. Schmidt répond par l’affirmative : « Voyez ce que vous pouvez faire en ce sens. Je suis prêt à discuter ». Au sein de l’état-major de la 6e armée, les exigences de Berlin ne sont plus à l’ordre du jour. La fin des combats est alors jugée par Paulus et Schmidt de leur seule responsabilité. De son côté le général Roske qui a succédé à Hartmann à la tête de la 71e division rencontre à son tour le commandant de la 6e armée et lui précise que la pression des soldats de l’Armée rouge est considérable : « Mes grenadiers ne peuvent plus arrêter les Soviétiques. Ils font de leur mieux mais ce n’est plus possible. Je crois que tout est fini. La 71e division s’est battue avec vaillance depuis le premier jour de la bataille mais nous n’avons plus rien pour nous battre ».

    « GENERALFELDMARSCHALL »

    Paulus réfléchit encore mais tous les messages qui lui parviennent insistent sur le fait que toute prolongation des combats est inutile. Alors qu’il sait que cette fois il n’y a plus aucun espoir, Hitler prend une décision surprenant en ce jour anniversaire où il aime annoncer des promotions : « Je vais nommer Friedrich Paulus, Generalfeldmarschall ». Autour de lui Keitel et Bormann manifestent leur surprise puisque ce titre est réservé à celui qui a commandé et obtenu une grande victoire.

    Or Hitler change la donne et, même s’il ne s’est pas résolu plus tôt à ordonner une retraite échelonnée ou une capitulation, il tient à ce que cette promotion signifie le sacrifice de toute une armée et de son chef pour la seule grande cause qui compte : le IIIe Reich. On craint qu’un maréchal soit annoncé comme prisonnier de guerre. Hitler ne le croit pas : « Je suis certain que Paulus aura assez le sens de l’honneur pour se donner la mort. Ce sera sa manière de rendre hommage à tous les hommes qui sont tombés sous ses ordres ».

    C’est par la radio que le commandant de la 6e armée apprend la dignité à laquelle il est élevé. Cela ne modifie en rien sa décision. Elle a été murie depuis plusieurs jours. Il va se rendre et cela malgré l’ordre qu’il a relayé de Berlin, celui d’Hitler de se battre jusqu’au dernier obus et la dernière cartouche. Au lever du jour le 31 janvier 1943, le capitaine Boris von Neidhardt, un officier allemand qui est d’origine balte et parle parfaitement le russe traverse la place Rouge de Stalingrad.

    Il est précédé par un de ses hommes qui porte un drapeau blanc. Il va vers un char soviétique et déclare au chef de bord : « Notre commandant suprême désire parler au vôtre ». L’autre lui répond sèchement : « Je crois qu’il a autre chose à faire mais vous pouvez me parler ». Brusquement plusieurs soldats soviétiques en armes encerclent le capitaine allemand et son soldat. Le chef de char descend de son blindé et avec deux de ses hommes accepte de suivre Neidhardt. Deux généraux viennent à leur rencontre dans les décombres du magasin Unimag. Ce sont Roske et Schmidt.

    AVEC SON LIVRET MILIAIRE

    Le chef d’état-major de la 6e armée déclare : « J’ai tout pouvoir du maréchal Paulus. Il a décidé de se rendre. Il faudrait qu’une voiture vienne le chercher devant son poste de commandement ». Le lieutenant de l’Armée vérifie si cela est possible puis le maréchal se présente. Il monte à bord du véhicule qui prend la direction des quartiers méridionaux de Stalingrad, franchit la rivière Tsarista et rejoint le faubourg de Beretovka. Le Maréchal remet son livret militaire à un général soviétique qui lui propose à manger. Paulus interroge : « Est-ce que mes hommes recevront de quoi se nourrir ? ». Son interlocuteur lui répond par l’affirmative. Le général Tchouïkov, commandant les forces soviétiques de Stalingrad est heureux d’apprendre la capitulation conjointe de plusieurs généraux. Il est des plus corrects et dit sa certitude : « Nous ferons un jour la paix et nous travaillerons ensemble ! ».

    La nouvelle de la capitulation de Paulus parvient à Berlin et est le seul sujet à l’ordre du jour de la réunion quotidienne du grand quartier général le 1er février 1943. « Ils se sont purement et simplement rendus » hurle Hitler. Et d’ajouter : « Autrement, on se serre les coudes, on forme un hérisson, et, de sa dernière cartouche, on se fait sauter la cervelle. Je ne peux pas éprouver d’estime pour un soldat qui craint de se donner la mort et préfère aller en captivité ». Avant de conclure : « Chez nous, on a trop cultivé l’intellect et trop peu la fermeté de caractère. Personne ne sera plus promu maréchal au cours de cette guerre ».

    Les derniers noeuds de résistance sont pilonnés par l’artillerie soviétique le 2 février. Les quelques survivants tirent encore lorsque soldats de l’Armée rouge s’approchent aussi lorsqu’ils sont capturés, sont-ils rudement malmenés. Les prisonniers sont transférés dans le faubourg de Beretovka. Les jours suivants, 36.000 soldats allemands vont mourir d’épuisement, de faim, d’absence de soins. Sur les 107.000 Allemands faits prisonniers par les Russes à la fin de la bataille de Stalingrad, 5.000 ont revu leur pays après la reddition nazie selon plusieurs études historiques concordantes. Bref, les Allemands ont payé très cher leur résistance à Stalingrad et ceux de la 6e armée ont payé les crimes commis au cours de l’invasion de l’URSS.

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    Union130202c - Marne
    RESISTANCE : « Mon sauveur a surgi sous la mitraille »

    Octobre 1945. Jacques Rousseau, appuyé sur des béquilles, son père (au centre) et son « sauveur » René Masier, devant les Ets Cardot de Douzy, dont le propriétaire, le résistant Ernest Cardot fut assassiné en 1943.
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  • 7 juin 1943. L’assassinat de leur chef Ernest Cardot ayant ameuté la Gestapo, le résistant sedanais Jacques Rousseau, vingt-et-un ans, et ses compagnons du maquis ardennais d’Autrecourt, Paul Moreau et René Masier, fuient les Ardennes. A bord d’ une Peugeot 202, ils échouent près de Gisors, dans le Vexin normand, où les héberge la belle-sœur de Paul. Traqués par les Allemands, ils n’ont pas le choix. Soit se séparer, soit prendre contact avec un réseau de résistance local, chose que Jacques Rousseau entreprend, grâce à un cultivateur du coin.

    « Je me suis trouvé en présence de deux gaillards à l’allure terrifiante, me dit-il. Comme ils voulaient que je leur prouve que je n’étais pas un espion, l’un d’eux m’a tendu un revolver et m’a ordonné d’aller abattre un berger du coin, soi-disant collabo. Je lui ai répondu que je n’étais pas un tueur, mais un patriote résistant. J’ai bien cru qu’il allait me descendre. »

    Les trois résistants ardennais se quittent. Paul Moreau file à Lille, René Masier en Belgique. Propriétaire de la brasserie de Torcy, près de Sedan, Jean Philippoteaux fait savoir à Jacques Rousseau qu’il peut aller se réfugier chez ses amis les Renard qui possèdent une laiterie-fromagerie à Asfeld, dans le sud des Ardennes.

    « René Masier m’a fabriqué une fausse carte d’identité au nom de Jacques Renard, m’explique Jacques Rousseau. Belle ruse, puisqu’en cas de contrôle, j’étais un membre de la famille qui m’hébergeait ! Pendant un mois, à Asfeld, j’ai tué et dépiauté des lapins et retourné des fromages. »

    Un camion américain

    Trop dangereux de rester dans les Ardennes. Il s’en va, près de Corbeil, demander asile au Centre d’Etudes Dominicaines. Le Père prieur qu’il avait connu au temps où il était scout, s’empresse de l’inscrire comme « postulant novice » et de lui choisir une cellule, d’où, si besoin, il pourrait aisément s’échapper dans la forêt de Sénard. Il survit grâce à la liasse de billets parachutés de Londres qu’André Point, le chef de la Résistance ardennaise, lui remet à Paris.

    A la mi-juin de 1944, venu en trombe à bicyclette de Versailles où réside sa famille, le frère de Jacques lui annonce qu’il doit déguerpir, les Allemands ayant retrouvé sa trace. Il court se terrer dans la forêt, où tombant de l’arbre qui lui sert de poste d’observation, il se tord la cheville droite. « Comprenez mon désespoir !, me dit -il. Les Américains venaient de débarquer en Normandie et moi, à cause de mon pied qui enflait à vue d’œil, je savais qu’aucun maquis ne voudrait de moi ! »

    Il veut filer, à bicyclette, à la rencontre des Américains. Chaque coup de pédale est un supplice. Un camionneur l’embarque avec sa bécane. Ils sont bientôt arrêtés par les SS de la division Das Reich, dont un officier, persuadé que le passager est un « terroriste », veut l’abattre quand, miracle, surgissent des maquisards ! Après un périple mouvementé par Poitiers et le domaine d’un cousin vigneron au pays du muscadet, il est verbalisé par des gendarmes français parce qu’ à l’approche de Paris, à vélo, il roule accroché à un camion américain !

    En janvier 1945, Jacques Rousseau et René Masier décident de terminer la guerre, les armes à la main. Les voici enrôlés dans le 4e commando du bataillon de choc de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny. Équipés par les Américains, entraînés au combat corps à corps, un poignard collé au mollet droit, une grenade dans chaque poche, armés d’une mitraillette Thomson, en mars 1945, ils commencent par mener une guerre en dentelle dans l’Alsace déjà libérée. Ah, ces belles Alsaciennes qui se donnent sans retenue aux héros !

    La croix de guerre

    Une fois le Rhin franchi sur un pont de bateaux, près de Speyer, le 4e commando constitué uniquement d’anciens maquisards, subit, en Allemagne, son baptême du feu. Le 3 avril 1945, à Blankenloch, lors d’un sanglant accrochage, Jacques Rousseau et René Masier participent à la capture de cinquante prisonniers.

    Le haut fait d’armes est salué par De Gaulle. Il demande que soient désignés quatre valeureux combattants des « commandos de France » qu’il entend décorer en personne, de la croix de guerre. Le brigadier-chef Rousseau en est.

    Trois jours plus tard, près de Karlsruhe, au volant de la jeep de son chef, le célèbre capitaine corse Biaggi, Jacques Rousseau entre le premier dans Koenigsbach. Silence de mort. Nul ennemi.

    Les civils sont terrés dans les caves. Le lendemain, un tir d’artillerie précède la ruée d’un millier de fantassins allemands. S’engage un combat de rues, au corps à corps. Légèrement blessé, Jacques Rousseau refuse d’être évacué. Il ouvre le feu sur un char Tigre dont la terrifiante riposte tue près de lui, cinq de ses frères d’armes. Jacques Rousseau se relève. Criblé d’éclats d’obus, il s’affaisse.

    « J’avais l’artère fémorale gauche perforée, me dit-il. Je me vidais de tout mon sang. Je savais que j’allais mourir pour la France. Mon sauveur a surgi sous la mitraille ». C’est René Masier, son chef dans le maquis ardennais d’Autrecourt, son merveilleux René dont le frère Alphonse, l’héroïque Alphonse a été fusillé, en 1943, sur le plateau de Berthaucourt.

    Sous la mitraille, René traîne le corps sanglant de Jacques dans des ruines fumantes où un interne en médecine, engagé volontaire dans le bataillon de choc de la 1re armée, stoppe l’horrible hémorragie.

    Le brigadier-chef Rousseau attend des heures avant d’être évacué dans un half-track où l’interne en médecine, grièvement blessé, meurt dans ses bras.

    Les yeux embués, Jacques Rousseau me regarde. Long silence. « Pour moi, dit-t-il, la guerre était finie. A l’hôpital, un officier m’ a apporté ma citation à l’ordre de l’armée, signée Charles de Gaulle. Dire que si je n’avais pas été blessé, j’aurais eu l’immense honneur de recevoir la croix de guerre avec palme, des mains du chef de la France Libre ! »

    Qu’en pensent les chênes de nos forêts ?

    Yanny HUREAUX

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    TINQUEUX : Commémoration : Hommage à Georges Brière

    Une cérémonie présidée par le vice-amiral d’escadre Christophe Prazuck, Eliane Nocton, représentant le maire de Tinqueux, de nombreux membres de la famille de Georges Brière.
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  • Vendredi dernier, à la suite de l’inauguration du nouveau lycée Georges-Brière sur le site de Reims, une délégation s’est rendue sur à Tinqueux pour rendre hommage à ce jeune engagé de la Seconde Guerre mondiale, mort au combat et enterré au Mont-Valérien. Assistaient à cette cérémonie le vice-amiral d’escadre Christophe Prazuck, directeur du personnel militaire de la Marine, Eliane Nocton, représentant le maire de Tinqueux, de nombreux membres de la famille de Georges Brière, des représentants de l’armée de Terre et de la Marine dont une garde d’honneur dépêchée pour l’occasion par l’Ecole de Fusiliers-marins de Lorient (G. Brière avait intégré le 1er Régiment de Fusiliers-Marins). Le mot d’accueil du proviseur du lycée, Philippe Louges, a notamment rappelé la spécificité de l’établissement qui prépare des jeunes élèves de bac pro, au travers d’une convention, à rejoindre la Marine. A l’arrivée de cette délégation, tous les élèves se sont rendus dans la cour de l’établissement, accompagnés de leurs enseignants. L’assistance a écouté attentivement le récit de la vie de Georges Brière, lu par une élève de terminale. Une plaque à l’effigie de Georges Brière a ensuite été dévoilée par l’amiral Prazuck et Mme Nocton avant qu’il soit procédé à une minute de silence observée en hommage au dévouement et à l’engagement de celui dont le lycée porte le nom. Pour terminer cette commémoration, le proviseur et le vice-amiral se sont félicités de la pérennité et du rayonnement de la convention qui existe depuis 1995 entre le lycée et la Marine. Ce partenariat fructueux s’est même élargi en 2011 par un accord similaire entre l’armée de Terre et le bac pro « Maintenance des Equipements Industriels ». Avant de repartir, les marins se sont vus proposer une visite des ateliers d’électrotechnique et de maintenance, guidés par les élèves conventionnés, et une rencontre avec les élèves et leur famille. Le vice-amiral Prazuck a conclu cette visite par la signature du livre d’or de l’établissement et donné l’assurance de poursuivre le développement du partenariat existant.

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    REIMS : Le Rémois Henri Wénisch nous a quittés

    Henri Wénisch était un grand mécano, une figure de l’armée de l’air, ici sur la BA 112 auprès d’un Curtiss H 75.
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  • Il était le mécanicien personnel d’Edmond Marin la Meslée.

    Il était aussi une figure de l’armée de l’air, un bel exemple pour les jeunes générations tant son amour de l’Arme était indissociable de sa personnalité. Il était l’incarnation de ce mécanicien complice du pilote dont il a la responsabilité de l’appareil. Il était aussi un humaniste, un homme chaleureux, attachant, bienveillant à la mémoire prodigieuse, un grand témoin. Henri Wénisch, 95 ans, nous a quittés et a rejoint au ciel celui qu’il a admiré jusqu’à son dernier souffle, le commandant Edmond Marin la Meslée.

    L’armée de l’air est en deuil et il manque à tous ses amis dans la peine, tant sa modestie, sa lucidité, sa pertinence, sa bienveillance et sa fidélité en imposaient. Lorsqu’il arrive sur la base aérienne de Reims en 1936, il est un simple soldat qui sort de l’École des mécaniciens de l’armée de l’air de Rochefort. Il ne connaît pas encore celui qui va marquer sa vie, un pilote prodigieux, futur As des as de la campagne de France de 1939-1940, Edmond Marin la Meslée auquel on reconnaît seize victoires certaines et quatre probables. Il arrive dans la Marne confiant.

    « Avec mes cinq camarades de promo, on se disait : chic, on va pouvoir faire des heures de vol parce qu’on pensait être affecté dans un groupe de bombardement, et là le mécanicien monte à bord. Manque de pot, on s’est retrouvé dans la chasse », se remémorait-il. Qu’à cela ne tienne, Henri Wénisch s’adapte et il va devenir l’un des meilleurs experts du Curtiss H 75 dont le groupe de chasse 1/5 auquel appartient Marin la Meslée va être doté avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. C’est ainsi qu’en juin 2011 lorsque le Curtiss H 75 n°82 a atterri sur la BA 112 « commandant Marin la Meslée » de Reims pour la cérémonie de sa fermeture, il était présent et avait donné à tous les témoins une leçon extraordinaire sur cet appareil historique dont il n’avait rien oublié, évoquant au passage le CV du patron du 1/5, le commandant Murtin, du capitaine Accart, du lieutenant Dorance et de bien d’autres. Il rappelait alors avec un large sourire : « J’ai été envoyé en formation à Bourges sur une chaîne de montage de Curtiss dès février 1939. Au 1er juillet, il y en avait cinquante-quatre qui équipaient la 5e escadre et quarante autres la 4e ».

    Jusqu’en Afrique du Nord

    Lorsque la guerre menace, les appareils stationnés à Reims, qui est alors la plus grande base aérienne militaire de France, sont répartis sur des terrains secondaires. Henri Wénisch suit le lieutenant Marin la Meslée à Suippes et l’évolution du conflit va les contraindre à un repli progressif jusqu’à franchir la Méditerranée et se poser en Afrique du Nord. Après l’opération Torch, le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942, une nouvelle page de l’histoire glorieuse de la Libération va être écrite et Marin, le héros qu’Henri Wénisch a dû se résoudre à quitter en raison d’un franchissement de grade mourra en service aérien commandé le 4 février 1945 dans le ciel d’Alsace.

    Lorsqu’il quitte l’armée de l’air, Henri Wénisch est adjudant-chef. Il est titulaire de la Médaille militaire et de la Médaille de l’aéronautique et de plusieurs autres décorations. Il ouvre en décembre 1960 un garage avec son ami Jean Prott et ils seront concessionnaires BMW. Henri Wénisch, très investi dans le tissu associatif, président d’honneur des anciens combattants de Tinqueux, était aussi un artiste. Il aimait peindre des aquarelles qui représentaient des combats aériens mais aussi de beaux paysages. Il en avait offert plusieurs au musée de la BA 112 et jamais il n’a manqué une journée du patrimoine, où sur la base, il accueillait les visiteurs dans la salle Marin la Meslée. Aujourd’hui transféré à Bétheny derrière la mairie, il a coupé en juin 2012 le ruban lors de son inauguration avec le maire Jean-Louis Cavenne. Il avait confié tous ses souvenirs au cours d’un entretien filmé et conservé grâce à une équipe de lycéens volontaires de la section audiovisuelle de Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle accompagnés de leur professeur. Ce témoignage est un authentique document. Les obsèques d’Henri Wénisch auront lieu à l’église Sainte- Bernadette de Tinqueux ce samedi à 10 heures.

    Hervé CHABAUD

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    Union130201a - Marne
    REIMS : Diables bleus

    L’assemblée générale de l’Amicale des Diables bleus de Reims et la région se déroulera le samedi 9 février à 15 heures, dans la maison de la vie associative (salle 102), 122 bis rue du Barbâtre à Reims.

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    Union130131b - Marne
    CHALONS : Sarrail : la reconnaissance du monde combattant

    Les élèves de Saint-Etienne, passeurs de mémoire pour les générations de demain.
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  • L’hommage des anciens combattants à un Ehpad de grande qualité.
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  • La maison de retraite Sarrail vient de se voir décerner un label de qualité pour la qualité de ses prestations et son engagement dans le secteur des ex-soldats du feu. Une première dans la région.

    QUALITÉ des prestations de l’établissement, engagement de la structure envers le monde combattant : tels sont les deux critères majeurs retenus pour la délivrance du label « Bleuet de France ». Un label délivré depuis douze ans par les instances de l’Onac, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

    Devant une forte délégation d’officiels, de porte-drapeaux, de jeunes aussi -témoins les élèves de Saint-Etienne-, la labellisation a été officialisée hier matin. L’Ehpad Sarrail (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes) a ainsi rejoint les 87 établissements déjà répartis sur 55 départements du pays.

    Dix-neuf combattants

    Au travers de cette distinction, les établissements qui entrent dans le réseau, -et c’est écrit noir sur blanc,- « adhèrent à la charte des droits et libertés de la personne accueillie. Chaque structure garantit le droit au respect, à la dignité, à la sécurité matérielle et médicale, au bien être et à la préservation de l’autonomie ».

    Bruno Bourg-Broc s’est félicité que la ville soit ainsi récompensée à travers la maison de retraite Sarrail, d’autant que l’établissement est le premier ainsi distingué en Champagne-Ardenne.

    Le maire de Châlons a fait observer que l’établissement dirigé par Viviane Riché est à la pointe en la matière, comme dans d’autres du reste. Car le label induit des obligations, celles notamment de réserver au moins quinze places aux anciens combattants : « Cette obligation est largement satisfaite dès aujourd’hui car 19 combattants sont accueillis ici. Et les associations ont l’habitude de se rendre ici, en particulier pour distribuer les colis douceur en lien avec l’Onac ».

    Aux yeux du maire, ce label conforte aussi la qualité de l’accueil des militaires et anciens combattants dans notre ville « qui a toujours été une cité militaire qui aime ses soldats ».

    Liens consolidés

    L’Ephad Sarrail est « un établissement de grande qualité », a également estimé Marie-Claire Nossovitch, la directrice générale adjointe de l’Onac. Une responsable qui voit ainsi compléter son offre d’hébergement à l’échelle nationale. Elle a souligné en Sarrail la philosophie cette structure de proximité, dotée d’une grande réactivité et installée au sein d’une ville préfecture et de sa tradition de garnison. En ce lieu de référence et de mémoire, elle a rappelé au passage que notre département était l’un des treize situés sur la ligne de front durant la Première Guerre mondiale. Au travers de cette convention, le sous-préfet Jean-Edmond Beyssier a notamment mis en avant, « les liens qui seront consolidés » entre le monde combattant et le monde civil.

    F.M.

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    Union130131a - Marne
    RESISTANCE : La Résistance dans la Marne : un DVD

    A Châlons, ils avaient pour nom Romagny, Songy, Degrandcourt, Chabaud, Tritant. Parce que l’ennemi était là, des hommes et des femmes se sont insurgés, dans l’ombre. Ils étaient terroristes pour l’Allemand, résistants pour nous, Français.

    En leur hommage, et en hommage à tous les résistants du département, un dévédérom vient de sortir, fruit d’un travail conséquent, présenté hier par Thierry Toti, directeur du centre régional de documentation pédagogique de Champagne-Ardenne.

    Un travail porté par deux autorités en la matière, Jean-Pierre et Jocelyne Husson.

    Base formidable d’informations, outil de référence, au sein de ce dévédérom se nichent 2 000 fiches biographiques et thématiques, un fonds exceptionnel de 3 000 photographies, environ un millier de sources recensées et classés, des croquis, des dessins des cartes, des clips vidéo, des témoignages.

    Ce travail de mémoire intègre en outre les contributions d’Hervé Chabaud, notre confrère de l’union, celles d’Elisabeth Yverneau-Glasser, professeur d’histoire et de Céline Biava, assistante à l’Onac. « Résistances dans la Marne-Histoire en mémoire 1939-1945 » est destiné à tous les publics.

    Il est disponible dans les librairies, ainsi que les CDDP et CDRP.

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    Union130130b - Marne
    ANGLURE : Assemblée générale de la Fnaca Des anciens combattants actifs

    Les diplômés pour vingt années au sein du bureau, ont dégusté avec le reste de l’assemblée la traditionnelle galette.
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  • Les membres de la Fnaca d’Anglure ont tenu leur assemblée générale en présence de Jean-Marc Albault, maire d’Anglure et Daniel Grosbety, conseiller général.

    Le bureau, qui est resté inchangé, a fait état d’un bilan financier, apportant une certaine souplesse pour l’année 2013. Parmi les animations de 2012, c’est au Portugal, que s’est déroulé leur voyage annuel.

    Pour commencer le planning 2013, le président Kléber Carouge a tout d’abord rappelé la décision du Sénat, qui a adopté en novembre 2012, la date du 19 mars comme journée nationale du souvenir du Cessez-le-feu en Algérie. « Merci à tous ceux qui se sont battus pour cela », a conclu Kléber Carouge.

    Quant aux réunions et autre manifestations, les dates à retenir sont les suivantes.

    Le dimanche 10 février le repas annuel. Le mardi 19 mars, le dépôt de gerbe se déroulera à Anglure et la messe anniversaire sera le samedi 23 mars à Esclavolles-Lurey avec remise de médailles. La destination du voyage a été modifiée et sera finalement les Baléares du samedi 27 avril au samedi 4 mai, des places sont encore disponibles. Et puis le dimanche 24 novembre, il y aura le thé dansant animé par René Grolier.

    Cette réunion a donné l’occasion de remettre le diplôme d’honneur pour 20 années de bon service au sein du bureau à Claude Larciot, Eliane Levèque, Jean-Claude Finot et Roger Pericard, absent.

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    Union130130a - Marne
    REIMS : Résistance marnaise

    Lancement aujourd’hui même, dans la série « Histoire en mémoire 1939-1945 », du nouveau DVD-Rom édité par le CRDP de Champagne-Ardenne et la Fondation de la Résistance.

    Son titre : « La Résistance dans la Marne ». Un outil de référence pour découvrir et comprendre l’histoire de la Résistance dans sa diversité et sa complexité.

    Au menu : près de 2 000 fiches biographiques et thématiques, une chronologie détaillée recensant plus de 2 000 événements, un fonds exceptionnel de plus de 3 000 photographies, de nombreux documents d’archives, tracts, affiches, journaux clandestins, des témoignages, des croquis et des dessins, etc.

    Où se procurer ce DVD-Rom ? Dans toutes les librairies du réseau Scéren de l’académie de Reims (adresses sur www.cndp.fr/crdp-reims) ainsi que dans les librairies indépendantes. Également disponible sur le site www.sceren.com.

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    Union130129b - Marne
    CHALONS : James Hariot : la Légion perd un képi blanc

    Le légionnaire James Hariot a notamment reçu la Médaille militaire.
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  • Avec le décès de James Hariot, la Légion perd un de ses plus fidèles serviteurs.
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  • Bernard Haleux, président d’une association qu’il veut pérenne.
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  • « IL était le seul à porter haut le message de Camerone, sans micro. Sa voix portait partout. Il vivait chaque seconde du message. Quand l’ancien président est mort en 2005 il était venu me voir pour me dire qu’il fallait que quelqu’un reprenne l’association. Il ne voulait pas qu’elle meure. J’ai hésité, et puis j’ai dit oui. Alors, il est allé à sa voiture et Il m’a rapporté un sabre de cavalerie pour me remercier. Cette association, il l’avait dans les tripes ».

    Camerone. Une incroyable bataille, au sein d’une auberge de la commune de Puebla située au Mexique, opposant l’armée du pays aux képis blancs de la Légion. Les premiers étaient 2 000, les seconds 63.

    Trois d’entre ces derniers seulement s’en sortiront à l’issue d’une bataille héroïque, toujours célébrée. Bernard Haleux, président de l’association le martèle : James Hariot, son vice-président, ancien légionnaire, emporté samedi par la maladie dans sa 75e année, était imprégné de cette histoire. Imprégné de cette arme de prestige qu’il servit durant cinq ans après un passage au troisième groupement nomade. Ancien frère d’armes, Alexandre Zentner se souvient : « A la légion, il avait terminé chef de peloton au deuxième Régiment d’infanterie ».

    Un homme libre

    James Hariot était né en 1938, à Saint-Memmie. Jeudi, à l’heure de ses obsèques, il sera soulevé quelques pans de la vie ce personnage atypique. Bernard Haleux soulignera notamment qu’en Algérie, « il commandait une harka (troupe de harkis) dans le sud de l’Algérie. On l’appelait le gladiateur ». Il rappellera qu’il était titulaire notamment de la croix de la Valeur militaire synonyme de deux citations, donc de faits d’armes et de la Médaille militaire : « C’était également un mec bien.

    Un mec droit ».

    Fils adoptif de James Hariot, Thierry Perardelle, journaliste à l’union (envers qui vont toutes nos pensés, ainsi qu’à la famille du défunt et sa compagne Marie-Thérèse) n’a pas de mots différents. Jeudi, lui aussi mettra en exergue les qualités de cet ancien combattant « courageux et fort ». Lui aussi dira quelques mots sur la vie mouvementée de cet homme libre, de son amour pour la mer, les grandes étendues, les contrées reculées, et « son goût indéfectible pour l’aventure » : James en effet n’avait-il pas été orpailleur en Guyane Française durant dix ans ?

    Amoureux des arts, philosophe, curieux, l’ancien légionnaire avait fait également mille métiers. Thierry, qui partageait parfois de longues journées de pêche avec lui, soulignera qu’il avait été toujours en phase avec la nature « qu’il aimait tant ».

    Fabrice MINUEL

    James Hariot sera incinéré jeudi à 10 heures au crématorium de Châlons. Le verre de souvenir sera partagé avec le boudin, une des symboliques des képis blancs.

    L’amicale de la légion : « On continuera malgré tout »

    « Quand on a appris la nouvelle, l’assemblée générale était terminée. On en était au boudin… »

    Bernard Haleux, président de l’amicale autonome de la Légion dont l’assemblée générale s’est déroulée samedi matin à la maison du combattant, avait clos les travaux quand l’annonce de la mort de James Hariot, le vice-président, est arrivée sur son téléphone mobile.

    Nul doute que le boudin a été mangé de moins bon appétit, nul doute que le verre de l’amitié n’avait plus la même saveur.

    Restait le compte-rendu de l’assemblée générale d’une association qui, peu à peu, perd ses membres. Mais une association qui « continuera malgré tout », a commenté le président Le bureau a été réélu à l’issue de cette assemblée et se compose ainsi autour du président Bernard Haleux.

    Vice-président : Pierre Picard. Secrétaire : Martial Pison. Secrétaire-adjoint : Pierre Maigret. Trésorier : Patrice Bonifay. Trésorier - adjoint : Michel Noël. Vérificateur aux écritures : Daniel Fritz. Porte-drapeau titulaire : Marcel Plu. Porte-drapeau suppléant : Pierre Picard.

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    VITRY-LE-FRANCOIS : Légion d’honneur : Des membres assidus

    Au cours de l’assemblée, le bureau a félicité Jean Roucheau, porte-drapeau.
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  • C’est devant une vingtaine de personnes que s’est tenue samedi, à l’hôtel « Au bon séjour », l’assemblée générale de la Société des membres de la Légion d’honneur du comité vitryat (SMLH).

    En présence du colonel Claude Signoret, président de la section Marne, Jean-Marie Lemoine, président d’honneur, a rappelé les nombreuses activités passées et à venir.

    Porte-drapeau, Jean Roucheau a été félicité pour sa présence à chaque manifestation patriotique. Le colonel Claude Signoret a remercié le comité vitryat pour sa vitalité et sa présence aux multiples cérémonies et commémorations.

    Après quelques questions diverses, l’assemblée s’est clôturée par le verre de l’amitié en présence des conjoint(e)s des participants.

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    SEDAN : Chemin faisant / Jacques Rousseau voulait « mourir pour la France »

    Jacques Rousseau dans l’imposante bibliothèque de la grande demeure familiale de Sedan. En 1940, à l’âge de 19 ans, bouleversé par la vue du drapeau nazi, il jure de venger l’honneur de la France.
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  • ARDENNES. Voici la première des trois chroniques que Yanny Hureaux consacre au destin d’un grand patriote ardennais.

    NÉ à Sedan en 1921, viscéralement ardennais, humaniste chrétien de grande culture, archiviste passionné, Jacques Rousseau, à 92 ans, demeure doté d’une vivacité d’esprit et d’une mémoire époustouflantes. Comment ne pas vous faire partager au fil de trois chroniques successives, l’honneur et le bonheur qui furent miens de pouvoir récemment m’entretenir avec lui de son engagement dès 1940 dans la Résistance, puis quatre ans plus tard, dans le bataillon de choc de la Première Armée du maréchal de Lattre de Tassigny.

    Élevé dans le milieu feutré et aisé de la bourgeoisie du textile sedanais, instruit jusqu’à l’âge de 11 ans par une préceptrice à domicile, déjà possédé par l’étude du passé de ses aïeux, une fois bachelier, il rêve d’intégrer l’École des Chartes, au grand désespoir de sa mère qui le voyait ingénieur. Sinistre ironie de l’histoire, l’attaque allemande en mai 1940, précisément dans sa ville natale, le jette avec sa famille sur les routes de l’exode.

    Jacques a 19 ans. Le spectacle des soldats français en déroute l’horrifie et le révolte. Réfugié à Tulle, en Corrèze, le 18 juin 1940, il y entend à la radio de Londres l’appel d’un général inconnu des Français, mais que lui connaît : De Gaulle ! Quand il séjournait à Sept-Fontaines dans la propriété de ses beaux-parents, Charles de Gaulle ne manquait jamais d’aller à Sedan saluer son cousin Paul Lombard, l’oncle de Jacques qui fut son compagnon de captivité durant la Première Guerre mondiale, et avec qui il tenta de rocambolesques évasions.

    Ernest Cardot

    Suivant ses parents de Tulle à Lisieux où, en 1914, le repli de l’usine familiale avait été organisé, Jacques Rousseau est pétrifié en franchissant la Ligne de démarcation. « En voyant le drapeau nazi flotter au sommet d’un mât immense, j’ai éclaté en sanglots, me confie-t-il. A cet instant, j’ai juré que je ne reprendrais pas mes études. Je voulais mourir pour la France. »

    A Lisieux, en juillet 1940, convié par un universitaire à une réunion secrète, il y entend pour la première fois le mot Résistance. Deux mois plus tard, ses oncles lui annoncent que le sous-préfet de Lisieux les a confidentiellement mis au courant de ses activités clandestines et qu’il risque d’être arrêté. Jacques décide de s’engager dans l’armée dite « d’armistice ». Il choisit La Coloniale, dans l’espoir d’aller en Afrique se battre avec la France Libre.

    A Marseille, à peine arrivé dans la caserne, sous la protection de Notre-Dame de la Garde, il se lie d’amitié avec Alphonse Mazier, une nouvelle recrue venue du Limousin où il était dessinateur industriel. Bientôt les voici comme frères, unis qu’ils sont dans leur volonté farouche de se battre contre l’occupant. Ils rongent leur frein jusqu’en novembre 1942, date à laquelle, suite au débarquement américain en Afrique du Nord, la Wehrmacht pénétrant en zone libre, l’armée d’armistice est dissoute. Jacques Rousseau révèle alors à Alphonse Mazier qu’il s’en retourne à Sedan pour y « faire de la Résistance ». Réplique évidente d’Alphonse à Jacques : « Je te suis ! »

    Au risque d’être fusillé, Jacques Rousseau cache le revolver de son capitaine dans ses bagages et expédie à Sedan, par le train, une valise remplie de munitions. Dans ses Ardennes retrouvées, il s’empresse de prendre contact avec le résistant Ernest Cardot, entrepreneur à Douzy qui, insigne honneur, lui fait directement rencontrer André Point, alias « le commandant Fournier », chef de la Résistance ardennaise. Mission lui est confiée d’assurer des contacts avec des personnalités locales et d’en tirer de précieux renseignements. Sa première cible fut un ami de sa famille, François René de Foville, sous-préfet de Sedan.

    Le maquis d’Autrecourt

    Embauché à Torcy dans l’usine textile du père de Jacques, Alphonse Mazier y est bientôt rejoint par son frère René. Sous l’autorité d’Ernest Cardot, ils intègrent avec Jacques un réseau clandestin de l’OCM (Organisation Civile et Militaire). En février 1943, il leur incombe de cacher les Ardennais qui refusent d’aller travailler en Allemagne, comme vient de l’exiger le STO (Service du Travail Obligatoire).

    « Je me vois encore contacter mon amie Geneviève Marzloff, me conte Jacques Rousseau. Bien que je lui aie précisé les risques effrayants qu’elle encourait, magnifique patriote, elle a accepté d’emblée de cacher des réfractaires au STO dans sa propriété proche de Mouzon. » Le renfort de ces jeunes gens et le recrutement de nouveaux résistants entraînent la création d’un maquis dit « d’Autrecourt » dirigé par René Mazier.

    « Quatre mois plus tard, en juin 1943, il s’est produit un drame épouvantable, me confie Jacques Rousseau. Un conseil de guerre présidé par André Point venait de condamner à mort un des nôtres, un certain Ravenel considéré comme extrêmement dangereux. Employé aux Etablissements Cardot, à Douzy, il s’affichait résistant, exhibait partout son revolver, s’en servait pour tirer les sangliers.

    Ernest Cardot, Achille François et Alphonse Mazier l’ont attiré dans le bois de l’Alma, près de Mouzon. Ravenel a deviné leur intention. Il a sorti son revolver et abattu Ernest Cardot et Achille François. Alphonse n’ayant pu le maîtriser, Ravenel s’est enfui. »

    Un long silence. Jacques Roussseau poursuit d’une voix blanche : « Comme je savais que la Gestapo n’aurait pas besoin de torturer Ravenel pour qu’il livre tous nos secrets, j’ai donné l’ordre de dispersion immédiate ». Jacques Rousseau se lève, tourne en rond dans la pièce, s’arrête.

    Étreint par l’émotion, il confie : « Ayant la Gestapo aux trousses, par trois fois, j’ai supplié en vain Alphonse Mazier de monter dans la Peugeot 202 où j’étais assis avec son frère René et Paul Moreau. Alphonse nous a dit : ’’Je ne crains rien’’. Je n’oublierai jamais la sérénité de son visage. Il avait quelque chose de christique. Alphonse faisait don de sa vie à la France. »

    Qu’en pensent les chênes de nos forêts ?

    Yanny HUREAUX

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    Union130127b - Marne
    14 – 18 : Truman et Patton en première ligne

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    Il faudra attendre 1918 pour que le village de Chepy soit libéré. Cette libération, qui visera aussi Vauquois, sera l’œuvre de la 35e division américaine. Cette troupe est plus particulièrement composée de volontaires du Missouri et du Texas. Les historiens se plaisent à y rappeler la présence du futur président des États-Unis, Harry Truman, commandant ses tirs en liaison avec une brigade chars, aux ordres de Patton.

    Les assauts eurent lieu les 24, 25 et 26 septembre 1918. La défense de Cheppy par les Allemands était assurée par 6 mitrailleuses réparties sur une colline dominant la rivière Buanthe. Le premier assaut américain fut un échec et les assaillants se retrouvèrent pris au piège. On cite à cette occasion la belle conduite d’un officier américain, le capitaine Skinker, venu reconnaître les emplacements des mitrailleuses ennemies et qui laissa sa vie dans cette expédition. Patton lui-même sera blessé à Cheppy dès les premiers jours des combats.

    Rendu à la vie civile, le village entamera très vite sa reconstruction. A l’instar des valeureux combattants tombés au champ d’honneur, le village martyr fut décoré de la croix de guerre le 18 mars 1921.

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    Union130127a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Victoire anglaise à Tripoli

    Les troupes britanniques entrent à Tripoli acclamées par la foule.
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  • Le 26 janvier 1943, le général de Gaulle est de retour à Londres. Après la dure épreuve d’Anfa, le chef de la France combattante ne modifie en rien le cap militaire et politique qu’il s’est fixé depuis un certain 18 juin. Devant le Comité national, le Général reprend les éléments qu’il avait déjà communiqués au commandant Tochonà Casablanca. Il spécifie bien le sens d’une cohabitation toute relative avec un Giraud en qui il n’a pas confiance : « C’est un homme dont le ton et la stature peuvent impressionner mais qui me fait un peu l’effet, militairement et politiquement, d’un revenant de 1939. Il n’aperçoit ni le fait que la France est en pleine révolution précisément contre le système et les hommes de Vichy, ni le danger qu’il fait courir lui-même à la souveraineté française dans l’Empire et demain, à l’indépendance nationale en se mettant dans la main des Américains. Je crains enfin qu’on le manoeuvre aisément en pesant sur sa vanité ». Il est certain que de Gaulle n’a pas l’intention d’accepter la combinaison américaine mais s’il donne l’impression d’avoir plié c’est pour mieux se redresser brutalement dans les mois à venir.

    « La solution que je poursuis depuis le premier jour est l’extension de l’autorité de la France combattante à l’Afrique du Nord et à l’Afrique occidentale par le moyen du Comité national élargi en conséquence dans sa composition. Ainsi seraient réalisées l’union de l’Empire dans le sens que souhaite l’immense majorité de nos concitoyens et la conjugaison de l’effort de guerre de l’Empire avec la Résistance en France même. » C’est comme cela que le Général pense qu’on peut constituer une forte représentation française à l’extérieur et donner un meilleur équilibre aux différentes forces qui constituent les moyens opérationnels alliés. Il ne voit Giraud qu’en militaire et envisage son commandement de la principale armée française d’opération qui peut être constituée en Afrique par la fusion des unités présentes sur le territoire et les forces conduites par les généraux Leclerc et de Larminat.

    De Gaulle est aussi très soucieux de faire passer tous ces éléments de réflexion à René Capitant, professeur à l’université d’Alger et chef du mouvement de résistance gaulliste Combat en Afrique du Nord. Il tient à bien montrer à ceux qui le soutiennent qu’il ne les a pas trahis. Politiquement solide, de Gaulle tient à l’être militairement. Avant même son voyage au Maroc, il a validé une instruction secrète destinée à ce que les unités des Forces françaises combattantes soient bien en première ligne. Il le confirme dans un télégramme adressé au général de Larminat au Caire et au général Leclerc à Brazzaville le 27 janvier 1942. « La participation aux opérations actuelles en Libye et éventuellement en Tunisie du Sud de tous les moyens en mesure de combattre tant dans la Force de Larminat que dans la Force Leclerc est le but immédiat à poursuivre. Cette participation est à réaliser avec la VIIIe armée britannique. L’organisation des unités nouvelles doit être réalisée par la suite et dans le plus bref délai possible. »

    De Gaulle est en cela pertinent. Le 23 janvier 1942, poursuivant sa progression vers l’Ouest, la VIIIe armée britannique entre dans Tripoli et les cornemuses du 51e régiment d’Highlanders ouvrent le défilé de la force mécanisée alliée qui vient de remporter une nouvelle victoire. Le 26 janvier, la colonne Leclerc rejoint Tripoli dans la continuité logique de sa victoire totale remportée au Fezzan. Si bien que le 27, la VIIIe armée avec l’appui français se tient à la frontière de la Libye et de la Tunisie et se prépare à engager la grande bataille annoncée. De Gaulle montre malgré les difficultés politiques et diplomatiques que les unités de la France combattante sont pleinement opérationnelles et revendiquent leur part dans l’effort à venir pour chasser les Italiens et les Allemands de Tunisie.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Conférence de Casablanca : de Gaulle supporte Giraud

    Roosevelt et Churchill répondent aux journalistes au cours d’une conférence de presse.
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  • Staline ne participe pas à la conférence d’Anfa mais formule des demandes
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  • Giraud et de Gaulle avec Roosevelt et Churchill : une photo par obligation.
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  • La poignée de main entre Giraud et de Gaulle
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  • MANOEUVRE. Si sur la colline d’Anfa les Alliés s’entendent pour ouvrir un deuxième front en Europe du Sud et obtenir à la fin de la guerre une reddition inconditionnelle de l’Axe, ils ne placent pas la France sous tutelle. De Gaulle tolère Giraud pour mieux lui porter le jour venu l’estocade politique.

    L’atmosphère est électrique le 22 janvier 1943 sur la colline d’Anfa. Le premier entretien entre de Gaulle et Giraud a été décevant. Ce dernier ne croit pas à l’existence d’une Résistance intérieure. Tout juste admet-il qu’il existe une élite qui s’interdit de comprendre le maréchal Pétain et fait fausse route ! En outre, la confiance qu’il manifeste envers plusieurs proches de Vichy excède le chef de la France combattante. Il s’en ouvre à Winston Churchill et le ton est glacial. D’entrée il regrette de s’être déplacé et affirme qu’il est inacceptable en terre française de voir autant de baïonnettes menaçantes américaines. Le Premier ministre britannique est cramoisi de colère et menace de Gaulle de le liquider ! Baissant d’un ton, il lui propose une solution à la crise franco-française qui passe par la constitution d’un triumvirat au sein duquel le pouvoir sera partagé. De Gaulle devra travailler avec les généraux Giraud et Georges.

    MAGOUILLE US

    L’homme de l’appel du 18-Juin est à son tour courroucé : « Pour parler ainsi, il faut que vous perdiez de vue ce qui est arrivé en France » tonne-t-il. Il entend encore le chef du gouvernement anglais défendre l’idée d’associer des hommes de Vichy au nouvel ordre français et recommande des personnalités haïes des Français libres comme le gouverneur général Boisson, le général Noguès, l’ancien ministre Peyrouton. Les faire entrer au Comité national est une vraie provocation parce que ces personnages ont pratiqué un suivisme navrant à l’égard du Maréchal et de l’occupant. Churchill ajoute, montrant combien la Maison Blanche joue le chef d’orchestre d’une nouvelle donne française qui serait actée en Afrique du Nord : « Les Américains les ont maintenant adoptés et veulent qu’on leur fasse confiance ».

    Comment de Gaulle peut-il accepter cette accumulation de nonsens et l’expression politique d’une analyse à courte vue, déconnectée des réalités vécues dans l’Hexagone ? C’en est trop. Il se lève et snobe un Churchill auquel il déclare en forme de conclusion : « Je ne suis pas un homme politique qui tâche de faire un cabinet et tente de trouver une majorité ». L’Anglais réplique avec véhémence : « Ce soir, vous conférerez avec le président des Etats- Unis et vous verrez que, sur cette question, lui et moi sommes solidaires ». Il est patent qu’il existe une entente cordiale entre Roosevelt et Churchill destinée à faire plier le chef de la France combattante. L’entreprise de sape de la diplomatie US est déjà à l’oeuvre. Avant même d’accueillir le général, le président américain a confié aux émissaires du secrétaire d’Etat Cordell Hull, le soin de semer le doute dans l’entourage du sultan du Maroc. La France ne serait plus dans l’avenir à même de tenir son rang. Ces pratiques, dignes de « bandits de Chicago » comme le gronde de Gaulle ne sont pas faites pour détendre l’atmosphère. Lorsque le Général entre accompagné de Claude Hettier de Boislambert dans la villa occupée par Roosevelt, le point de rupture est atteint. Le président des USA fait mine que tout va bien puisqu’il s’autorise même un accueil des plus sympathiques : « Je suis sûr que nous parviendrons à aider votre grand pays à renouer avec son destin ». Ce discours est l’inverse de celui qui est tenu auprès des notables marocains. L’entretien débute sous haute mais discrète surveillance. Roosevelt n’y va pas par quatre chemins : « Les nations alliées exercent en quelque sorte un mandat politique pour le compte du peuple français » !

    PAS DE TUTELLE ÉTRANGÈRE

    De Gaulle qui le fixe n’apprécie guère ce ton condescendant entrecoupé de compliments à son égard. La France n’a certainement pas besoin d’une tutelle étrangère. Le Général résume avant de se retirer : « La volonté nationale a déjà fixé son choix ». Ce qui signifie qu’elle fait d’abord confiance à la France combattante et n’a pas l’intention d’être placée sous le contrôle des Alliés même si elle tient à concourir auprès d’eux à la libération de l’Europe occupée.

    Le Général charge alors Boislambert de transmettre un message à l’un de ses anciens élèves qui stationne à Casablanca : le commandant Tochon. La missive est intéressante parce qu’elle confirme le sentiment du général d’être prisonnier virtuel des anglo-américains qui ont l’intention de fixer autoritairement l’avenir de la France : « Il s’agit d’obliger la France combattante à se subordonner au général Giraud. Le désir des Américains est de maintenir Vichy pour le ramener dans la Victoire et établir un pouvoir français qui ne tienne que grâce à eux et n’ait par conséquence rien à leur refuser ». Craignant d’être accusé de tous les maux, il adresse ce courrier de manière à ce que la vérité française soit diffusée pour contrer le mensonge anglo-saxon.

    Le deuxième entretien entre de Gaulle et Giraud est encore très froid. Le chef de la France combattante lui rappelle sa déclaration de fidélité à Pétain puis se moque de l’arrogance de son interlocuteur : « En somme, c’est le Consulat à la discrétion de l’étranger. Mais Bonaparte obtenait du peuple une approbation quasi unanime ». Pour de Gaulle il est hors de question de signer un quelconque accord mais il ne ferme pas la porte à une conversation avec Churchill et Roosevelt. Le 24 janvier 1942, le Premier ministre anglais hurle à de Gaulle qu’il lui prépare son exécution politique à la radio, à la Chambre des Communes et dans l’opinion mondiale. Le Général le regarde de haut et cingle : « Libre à vous de vous déshonorer ». A Roosevelt, il dit encore qu’il ne signera pas un communiqué avec lequel la France combattante ne peut être en phase.

    UNE SIMPLE PHOTO

    Le président des Etats-Unis lui demande s’il est d’accord pour être photographié avec lui, Churchill et Giraud. De Gaulle ne s’y oppose pas. De même il accepte de serrer la main de Giraud devant les photographes convoqués tout exprès. Les anglo-saxons ont des images qui donnent crédit à leur initiative mais ils n’ont pas un accord de fond si ce n’est peut-être que tous sont favorables à une reddition sans condition des armées nazies. Encore faut-il rédiger au moins un communiqué même s’il ne veut pas dire grand-chose. La première rédaction ne sied pas à Giraud, horrifié par l’expression : « libertés démocratiques » mais enclin à accepter celle de : « libertés humaines ». De Gaulle ne chicane pas. Le texte est enfin prêt : « Nous nous sommes vus. Nous avons causé. Nous avons constaté notre accord complet sur le but à atteindre qui est la libération de la France et le triomphe des libertés humaines par la défaite totale de l’ennemi ». De Gaulle tient à quitter au plus vite le Maroc pour rendre visite au général Leclerc mais on lui signifie que le seul appareil disponible est anglais et qu’il est en partance pour Londres. Le Général sait que tout va être fait pour l’embarrasser peut-être même le ridiculiser. D’autant que la propagande US est redoutable et dans la presse on explique que Roosevelt a été un médiateur éclairé pour que de Gaulle et Giraud conviennent de travailler ensemble pour le bien de la France. Pour la France combattante, cette fin janvier 1943 est redoutable d’autant que Churchill perfide s’amuse à dire qu’il a pris soin du général de Gaulle : « Un peu comme on élève un jeune chien qui mord maintenant la main qui l’a nourrie ». Il ajoute craindre l’autoritarisme du général français capable de se transformer en sympathies fascistes ! Trop c’est trop. Néanmoins le positif d’Anfa est d’une part la décision prise d’un débarquement en Sicile, d’une intensification des bombardements sur les zones industrielles de guerre du Reich, et la capitulation des puissances de l’Axe. Les Anglais obtiennent enfin que le débarquement à l’Ouest, sur les côtes françaises soit différé.


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    Stalingrad : la catastrophe finale

    Une carte du mouvement des troupes autour de la métropole assiégée.
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  • Des conditions de vie toujours aussi infernales comme dans cette tranchée.
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  • Des soldats de l’Armée rouge au milieu des ruines interminables de Stalingrad.
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  • Ils se demandent si ce ne sont pas leurs dernières heures de liberté.
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  • A l’abri dans une cave de la métropole assiégée, le général Paulus fait installer un poste de radio émetteur-récepteur pour conserver un dernier lien avec le monde extérieur. La situation de la VIe armée est désormais hallucinante.

    Comment tenir encore comme l’exige le Führer alors que sur les 100.000 survivants de ses troupes, la moitié des soldats est hors de combat ? C’est le dilemme du général allemand qui n’est pas entendu à Berlin. « Situation effroyable à l’intérieur de la ville où vingt mille blessés sans soins cherchent un coin pour s’abriter parmi les ruines. Il y a avec eux le même nombres d’hommes affamés, aux membres gelés et pour la plupart sans armes en état de fonctionner » tel est le message adressé à Manstein par un Paulus qui lui répète que le combat est sans issue. Las de cette situation inextricable, le commandant en chef allemand se refuse à adresser un message personnel à Hitler. Il veut s’entretenir directement avec lui. « Les souffrances de la VIe armée sont désormais inutiles mein Führer. » A l’autre bout du fil, il s’entend répondre : « Non Manstein. Chaque heure gagnée à la Volga immobilise des forces soviétiques importantes et permet de tenir sur le reste du front de l’Est à commencer par le Caucase ».

    JUSQU’AU BOUT

    Hitler estime que Staline ne fera jamais de prisonniers aussi est-il convaincu qu’il faut se battre jusqu’au dernier vivant. D’autre part, il réfléchit à la manière d’informer son peuple que les difficultés s’accumulent à l’Est. Il faut à la fois masquer l’échec, contrer la propagande adverse qui parle déjà de déroute et redonner confiance à ceux qui doutent en parlant de l’exigence tactique de restructurer le front. Le Führer l’air sombre grommèle : « Jamais les vaillants soldats de Stalingrad ne reverront leur digne patrie ». Il ne se trompe guère même si ses troupes regroupées dans le coeur de la ville consolident des pôles défensifs parmi les immeubles éventrés et les artères défoncées. Le dernier avion qui parvient à décoller de Goumrak emporte plusieurs sacs de courriers qui sont comme le testament des condamnés de la ville soviétique. Un officier dont on ne connaît pas l’identité écrit à sa femme : « La vérité est que nous luttons de toutes nos forces bien que la situation est irréversible. Misère, froid, faim, renoncement, doute, désespoir et perspective d’une mort affreuse, voilà mon horizon. Je ne puis plus en dire davantage ». Comme tous les terrains d’aviation sont désormais aux mains de l’Armée rouge, les soldats allemands retraitent à partir du 24 janvier 1943 vers le centre de la ville. Les chutes de neige redoublent. Les Soviétiques avancent par sauts de puces. Ils encerclent un groupe de maisons dévastées puis s’infiltrent dans les éboulis pour réduire au silence les points de résistance. Ils sont sans pitié. Ils se battent au corps à corps lorsqu’il le faut et font peu de prisonniers. En fin de journée, Paulus adresse un nouveau télégramme à l’état-major du groupe d’armées du Don. Le maréchal Manstein qui en est le destinataire comprend que cette fois, ce n’est peut-être plus qu’une question d’heures : « Attaques toujours aussi violentes. Retraite vers l’Est depuis ce matin, pour se former en hérisson dans une ancienne usine de tracteurs. Des percés locales sont à signaler. Front Volga et nord-est sans changement. Dans la ville conditions atroces. Beaucoup de mourants faute de soins. Feu massif d’artillerie. Sous commandements énergiques d’officiers valeureux autour hommes encore valides on tiendra peut-être encore demain ». Paulus rend la situation présentable parce qu’elle est si alarmante que même les officiers supérieurs rescapés se transforment en simples fantassins et font le coup de feu.

    L’ENVIE DE SE RENDRE

    Plusieurs officiers envisagent de se rendre même si des ordres contraires leur parviennent toujours du QG de la VIe armée. Au sein du XIVe corps qui comprend en particulier les 3e et 29e divisions d’infanterie motorisée, le moral est au plus bas. Les survivants n’ont plus un seul véhicule en état de fonctionner. Calfeutrés dans ce qu’il reste de l’immeuble de la Guépéou, la terrifiante police politique soviétique, les soldats à bout de forces, planqués dans les caves profondes manquent de tout. Leur chef, le général Edler von Daniel se saoule pour ne plus voir ce qui l’entoure. D’autres généraux sont également découragés. Qu’il s’agisse de Pfeiffer du IVe corps, Schlömer du XIVe, Seydlitz-Kurzbach du LIe, tous supplient Paulus de donner l’ordre de cesser le combat. Bien qu’épuisé et malade, le commandant de la VIe armée ne veut pas enfreindre les ordres. Comme il est à bout, il demande à son chef d’état-major le général Schmidt de donner les derniers ordres de résistance. Le général Hartmann, commandant la 71e division d’infanterie se fait tuer alors qu’il tire sur l’ennemi avec une mitrailleuse légère. Selon les grenadiers qui l’entourent, c’est un suicide. Le général Stempel, commandant la 371e division d’infanterie se tire une balle dans la tête. Le général von Drebber, commandant la 297e division d’infanterie hébété est capturé par les Soviétiques. Un officier lui demande d’écrire une lettre à Paulus comme quoi les prisonniers sont bien traités. Le message lui est porté. Il le lit quelques instants après avoir reçu reçu des soins ainsi que plusieurs de ses officiers, blessés par des éclats de briques après l’explosion d’un obus devant l’entrée de son PC. « C’est incroyable. Drebber me dit que les Russes traitent correctement les prisonniers » murmure-t-il. Avant d’ajouter : « Peut-être ferions-nous mieux de nous rendre dès maintenant ».

    EVITER LE PIÈGE FATAL

    Schmidt n’est pas de son avis : « C’est probablement un message écrit sous la contrainte. Nous ne devons pas en tenir compte ». Comme la pression est de plus en plus forte, Paulus transfère le 26 janvier 1943 son PC dans l’ancien magasin « Unimag » sur la place Rouge de Stalingrad. Les suicides se multiplient. Le 27 au soir, parce qu’ils n’ont plus de pain, qu’il ne leur reste que quelques cartouches, des groupes de soldats se rendent et sont regroupés par les Soviétiques dans le ravin de la Tsaritsa. Ils sont pris en photos comme des bêtes curieuses, les vainqueurs se moquent de leurs tenues en lambeaux mais ils ne reçoivent ni soins ni à manger. Les généraux Schlömer, Seydlitz-Kuzrbach demandent à Paulus de capituler. Ils envisagent même de neutraliser le commandant de la VIe armée pour obtenir gain de cause. Il ne se laisse pas impressionner par la rébellion de deux commandants de corps d’armée et les renvoie au front. Le 27 janvier 1943 au soir, l’armée allemande est éclatée en trois petits pôles de résistance dont les tirs faiblissent. Comme la liaison radio est encore possible Paulus diffuse ce message alors qu’une pluie d’obus de mortiers s’abat sur les ruines de son QG : « Nous avons l’ordre de refuser toute capitulation et je suis décidé à faire appliquer cet ordre jusqu’au bout ».

    Quel effet peut encore avoir un tel message ? Paulus considère que le devoir de l’officier est d’obéir jusqu’au bout quitte à se sacrifier pour le Reich. Il sait qu’il peut encore compter sur ceux qui conservent quelques forces pour vendre chèrement leur peau mais il est certain qu’il ne verra pas le mois de février, s’il le voit, en homme libre.

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    Union130126b- Marne
    CORMICY : Anciens combattants : Des sorties et des projets

    Des AC et sympathisants à l’écoute du président.
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  • L’association des AC de Cormicy s’est réunie à la Maison des jeunes de Cormicy, sous la présidence de Claude Hivet. Malgré le froid matinal et la neige tombée en abondance, une vingtaine de personnes ont fait le déplacement sur les 44 adhérents que compte l’association.

    La commune de Cormicy était représentée par Francine Girard, 1re adjointe, en charge des associations.

    Le renouvellement du bureau a fait l’objet d’un vote unanime : Claude Hivet est reconduit dans son poste de président, Joseph Marchwiki, vice-président, Jacqueline Hivet, trésorière. Nicole Kreit est nouvellement élue au poste de secrétaire, en remplacement de M. Meuleman. Michel Gouby reste porte-drapeaux. Les rapports d’activités et financier ont été adoptés à l’unanimité, validés par Guy Jules, commissaire aux comptes.

    Plusieurs sorties sont prévues cette année dont une à Vaux-le-Vicomte avec d’autres associations de Cormicy. La commune peut compter sur eux pour participer aux commémorations officielles.

    Plusieurs projets sont en cours de préparation pour le centenaire du début de la Grande Guerre, avec notamment la réhabilitation d’une céramique qui recouvre une tombe, où six soldats de la 20e compagnie du 332e régiment d’infanterie sont inhumés.

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    Union130126a- Marne
    BAZANCOURT : Union nationale des combattants : L’association dévoile ses projets

    L’UNC compte 48 adhérents.
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  • Le Président de l’UNC, Jean Bartos, vient de tenir l’assemblée générale de l’association en présence des 48 adhérents, du nouveau président départemental Damien Ducros des Opex (Opérations en milieux extérieurs), et du maire de Bazancourt.

    Le rapport des activités a été rappelé conjointement par le président et le secrétaire, puis les comptes soumis à l’approbation par le trésorier. Ensuite il a été proposé de désigner et voter pour les membres du 1/3 sortant

    Le calendrier des activités pour 2013 a été proposé tout en rappelant les moments forts de 2012 dont les remises de médailles à Mourmelon en juin, le voyage à Meaux et Provins en septembre, les commémorations officielles accompagnées par l’Harmonie municipale et l’interprétation de la Marseillaise par les enfants des écoles le 8 Mai, l’organisation du thé dansant.

    A noter dans les agendas le prochain thé dansant au bénéfice de l’association UNC aura lieu le 17 mars à la salle des fêtes Michel-Prévoteau de Bazancourt.

    Des informations ont été données par M. Bernard concernant les actions sociales de l’UNC, ainsi que des précisions concernant les déclarations de revenus. Le congrès départemental de l’UNC se tiendra le 5 mai à la Chaussée-sur-Marne. Damien Ducros, tout juste retraité de l’armée, a présenté son CV à l’assistance, ses projets.

    Puis, le maire Yannick Kerharo, à l’issue de cette assemblée, a remercié et félicité le président et les membres de l’association pour leur attachement à ces hommes et ces femmes, les valeurs qu’ils incarnent, soulignant le fonctionnement exemplaire de cette association, l’assiduité lors des manifestations.

    Il les a assurés du soutien de la commune et adressé ses vœux pour cette nouvelle année.

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    Union130125c- Marne
    AVIZE : Les anciens combattants font le point

    Les opérations de pointage et de mise à jour des cotisations effectuées, la section locale des ACPG-CATM-STO-TOE a tenu son assemblée générale.

    Ouvrant les travaux, le président Lucien Diot a présenté ses vœux et salué la mémoire des disparus de l’année. Les rangs s’éclaircissent… Le bilan financier, présenté par le trésorier Gaston Bertin, fait apparaître un exercice déficitaire qui a entamé les réserves. Le secrétaire a donné le compte rendu des activités 2012 et des perspectives 2013 : en mai, le congrès départemental à Montmirail. Le 11 novembre, la section avizoise a partagé le repas, salle des ventes.

    La journée nationale de commémoration des morts en AFN du 5 décembre a été marquée par une cérémonie cantonale à Oger. René Trubert en a rappelé la signification.

    Une réunion a été tenue en préparation du congrès cantonal qui, cette année, se tiendra à Avize, le 3 mars.

    Le rendez-vous est donné à 10 heures au Château Desbordes.

    Avec les trompettes de l’Avenir Avizois, les congressistes se rendront au monument aux morts, puis reviendront au château pour le vin d’honneur et les remises de décorations.

    Le repas est prévu pour 13 heures à la salle des fêtes.

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    Union130125b- Marne
    REIMS : Georges Brière repose dans une crypte au Mont Valérien

    Le fils du brocanteur a suivi des cours du soir. N’acceptant pas la débâcle de mai 1940, il s’est engagé dans les fusiliers marins et a eu un comportement héroïque. Mort à 22 ans, il repose au Mont Valérien.
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  • REIMS (Marne). Fils d’un brocanteur, le Rémois Georges Brière, héros de la Nation combattante, donne aujourd’hui officiellement son nom aux lycées Murigny et Croix-Cordier fusionnés.

    SYMBOLE de l’engagement, de l’énergie et du courage de la jeunesse au service d’un idéal de liberté, le Rémois Georges Brière, dit « Jojo » (1922-1944) va officiellement donner aujourd’hui son nom aux deux lycées professionnels Val-de-Murigny et Croix-Cordier qui ont fusionné déjà depuis avril 2012.

    En lisant l’opuscule qui lui est consacré par son petit-neveu René Dubois et intitulé « Pauvreté ou misère ? Jojo ou Georges Brière » aux éditions La Plume Boissièroise, on comprend pourquoi l’équipe éducative, regroupée autour de Philippe Louges, a choisi de donner le nom de Georges Brière au nouvel établissement.

    Volontaire et courageux

    Natif de Reims où il a vu le jour le 24 décembre 1922 dans un vieux baraquement de la rue Albert-Schweitzer, Georges Brière est l’aîné d’une fratrie de neuf enfants.

    Fils d’un récupérateur brocanteur qui faisait de l’économie sociale et solidaire sans le savoir, le jeune garçon ne passe pas longtemps à l’école des Belges. A 12 ans, il doit distribuer les journaux chaque matin. Volontaire, ado, il prend des cours du soir à Jolicœur (aujourd’hui le lycée Roosevelt).

    Il veut devenir charpentier. La guerre ne lui en laissera pas le temps. Humilié par la débâcle de mai 1940 et refusant l’Armistice, il traverse la Ligne de démarcation et s’engage dans la Marine à Toulon en février 1941, d’abord comme « canonnier défense contre avion d’Oran » puis dans le 1er régiment des fusiliers marins de la France Libre.

    Mitrailleur sur jeep durant la campagne d’Italie et malgré une santé précaire, il fait partie des libérateurs des Vosges et de l’Alsace.

    Malheureusement grièvement blessé lors d’une contre-attaque à la Chapelle-sous-Rougemont (Territoire de Belfort), il meurt le 25 novembre 1944. Médaillé militaire, Croix de Guerre 39/45 avec palme, titulaire de plusieurs citations pour son dévouement, son courage, son sang-froid et son mépris du danger, le Rémois, en temps qu’ancien soldat des forces de la Marine, eut l’honneur en 1960 d’être choisi avec quinze autres héros représentant tous les corps de troupe de la France Libre pour reposer dans la crypte d’un mémorial de la France combattante au Mont Valérien (commune de Suresnes.)

    Juste retour des choses

    « Comm’c’est drôl’aujourd’hui d’voir ton nom sur ta terre
    Aux frontons d’deux écoles, deux lycées populaires
    Où l’espoir d’s’en sortir construit notre lumière…
    Un juste retour des choses d’la pensée ouvrière »,
    note René Dubois dans un texte appelé « Slam à Jojo ».

    Ce n’est pas drôle, c’est un juste retour des choses pour ce garçon qui s’est battu pour progresser en prenant des cours du soir dans un contexte familial pas forcement porteur.

    Et dans cet esprit, le lycée Brière entend bien réussir avec son dispositif « microlycée » sa lutte contre le décrochage scolaire. Ce n’est pas un hasard non plus quand on sait, qu’aujourd’hui, le lycée Brière permet de préparer des bacs pro aux métiers de la marine.

    Alain MOYAT

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    Union130125a- Marne
    EPERNAY : Tags racistes : Quatre jeunes avouent

    Les tags nazis et néo-nazis sont l’œuvre d’un jeune homme au domicile duquel des vêtements et drapeaux du même acabit ont été retrouvés.
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  • EPERNAY (Marne). Les auteurs des tags et autocollants racistes et nazis apposés sur les murs de l’association sparnacienne Ahmadiyya sont en garde à vue. Ils seront déferés ce matin au parquet de Châlons-en-Champagne.

    « C’est une belle réussite du commissariat d’Epernay » a commenté hier le procureur de Châlons-en-Champagne, Christian de Rocquigny, en annonçant la mise en garde à vue des auteurs de tags néo-nazis et de pose d’autocollants du Bloc identitaire à l’encontre de l’association Ahmadiyya d’Epernay. Les faits se sont passés dans la nuit du 7 au 8 novembre 2012 rue de l’Hôpital à Epernay.

    Deux jeunes ont été placés en garde à vue mercredi lors d’une première vague d’arrestations, puis deux autres hier pour ces mêmes faits.

    Les auteurs, quatre jeunes de la région d’Epernay, 20 ans de moyenne d’âge, seront déferrés au parquet de Châlons-en-Champagne ce matin, en vue d’une convocation rapide devant le tribunal correctionnel par le procureur.

    Provocation à la haine raciale, destruction du bien d’autrui en fonction de l’appartenance à une race, une religion sont les chefs d’accusation portés à leur encontre. Ils encourent jusqu’à un an d’emprisonnement et jusqu’à 45 000 euros d’amende.

    Des symboles nazis

    « Pas de mosquée chez moi », « Face à la racaille faisons bloc », « Burqas, kébabs, mosquées… Assez ! » pouvait-on lire sur les autocollants signés Bloc identitaire apposés sur le local de l’association Ahmadiyya. Sous l’intitulé de l’association « Amour pour tous haine pour personne », les vandales avaient aussi taggé une croix gammée, une croix celtique et le symbole des Waffen-SS. Ces symboles nazis, ces slogans xénophobes, ont laissé l’association pacifiste et ses quarante membres bouleversés. Une plainte avait été aussitôt déposée.

    Postérieurement à ces faits, et après leur médiatisation, l’association reçoit début décembre deux courriers contenant des menaces et injures à caractère raciste. Deux autres plaintes sont alors déposées par l’association. Une minutieuse enquête dont un gros travail de renseignement fourni par le service départemental d’information générale (SDIG), avec les investigations conjointes et complémentaires du commissariat d’Epernay, a permis de déclencher un renseignement anonyme. Il a conduit la BSU, brigade de sûreté urbaine, vers un homme du bassin sparnacien qui détenait des informations sur ces événements. Cette personne, entendue par les enquêteurs, a désigné deux noms comme ceux de personnes ayant participé directement à l’apposition de tags et d’autocollants. Ces jeunes gens ont été placés en garde à vue mercredi en fin de matinée au commissariat d’Epernay. Leur audition a permis de mettre en cause deux autres garçons pour les mêmes faits. Ceux-là ont été récupérés et placés eux aussi en garde à vue hier, tandis que celle des deux premiers était prolongée.

    Des vêtements et drapeaux nazis découverts

    Lors de leur audition, chacun des quatre jeunes a reconnu individuellement sa participation aux faits reprochés. L’un faisait les tags tandis que les trois autres autocollaient. L’organisation Bloc Identitaire qui niait sa participation dans cette affaire a été mise hors de cause.

    Le taggeur est celui qui avait acheté les autocollants sur Internet. Les enquêteurs en ont retrouvé chez lui lors des perquisitions, ainsi que des vêtements et drapeaux nazis et néo-nazis. Au lendemain des faits, lors du travail de constatation, un fonctionnaire d’Epernay a effectué des relevés de police technique et scientifique sur les autocollants apposés.

    Ces relevés, avec le travail complémentaire de comparaison effectué par le SRIJ, service régional de l’identité judiciaire du SRPJ de Reims, a permis de corroborer les éléments déjà en possession des enquêteurs. L’empreinte du taggeur figurait sur ceux-ci. « C’est satisfaisant pour la sécurité publique que les auteurs soient retrouvés. Il est important de ne pas laisser les populations inquiètes » constate le commissaire d’Epernay Benjamin Daubigny. « C’est aussi un très bon travail de coopération entre services de police, tant dans le renseignement et son exploitation que dans le travail de police scientifique ».

    La même nuit à Fontaine-sur-Aÿ

    Les quatre jeunes ont reconnu d’autres faits du même type. Une pose de ces mêmes autocollants lors de l’été 2012 sur la commune d’Aÿ. Et aussi, la même nuit du 7 novembre pour l’association Ahmadiyya, une 20e d’autocollants racistes du Bloc identitaire apposés sur différents bâtiments de Fontaine-sur-Aÿ, en zone gendarmerie. Une plainte de la commune de Fontaine-sur-Aÿ a été déposée hier. A noter que le parquet de Reims, compétent sur ce territoire, s’est dessaisi au profit du parquet de Châlons-en-Champagne.

    Courriers de menaces : sans lien

    Il a été impossible de faire un lien entre l’écriture des courriers et les individus interpellés. Aucun élément de police technique et scientifique ne permet de relier ces objets à ces personnes. « Les courriers sont intervenus un mois après les faits et leur médiatisation. Il est envisageable que d’autres personnes en soient les auteurs. Une enquête reste en cours sur ces courriers » confie le commissaire Benjamin Daubigny.

    Fabienne NOUIRA HUET

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    Union130124c- Marne
    FISMES : Devoir de mémoire : Le comité du Souvenir français fête ses 80 ans

    M. Pinon au premier plan, MM. Galentin, Le Roux et Saucet au second.
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  • « Le comité du Souvenir français de Fismes a 80 ans d’âge cette année », remarquait Claude Galentin, en introduction du rapport moral de la 11e assemblée générale dont il assure la présidence. Il a tenu à remercier de leur présence M. Pinon, conseiller général et maire de Fismes, l’adjudant-chef, F. De Decker et les présidents d’associations patriotiques et civiles locales. Il a rappelé la triple mission du Souvenir français : conserver la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, veiller et participer à l’entretien de leurs tombes et transmettre le devoir de mémoire aux nouvelles générations.

    Avec 56 adhérents, M. Galentin déplore une baisse d’effectif. Il a demandé d’observer une minute de silence à la mémoire de J.-P. Duhamel, H. Caron, M. Browarny et Mme Hiernard, ainsi qu’aux militaires tombés au Mali et en Somalie.

    Puis, il a repris les événements marquants de l’année dont l’inauguration du carré du Souvenir à la clairière de Rethondes, honorant tous les combattants de tous les conflits. Il a tenu à citer l’adoption par le Parlement d’une nouvelle mention « mort pour le service de la Nation », ainsi que la validation de la loi reconnaissant le 19 mars comme journée officielle de célébration d’hommage aux morts d’Algérie, Tunisie et Maroc. A titre personnel, il tient à s’élever contre cette décision, rappelant qu’après cette date, près de 1 000 soldats sont encore morts pour la France et des milliers de Harkis et leur famille ont été massacrés.

    Puis, M. Galentin a détaillé plus d’une vingtaine de participations de l’association aux cérémonies patriotiques ou événements locaux. Il tient à remercier particulièrement les bénévoles qui ont quêté durant le week-end de la Toussaint pour le financement des actions du Souvenir français.

    Après l’adoption du rapport financier, M. Pinon, dans son discours, a remarqué « l’importante présence patriotique à Fismes ». Il a tenu à citer les actions de la municipalité qui témoignent du « devoir de mémoire », telles que la réfection de la place du Monument aux morts ou le regroupement des corps de militaires au cimetière.

    La réunion s’est poursuivie par la remise de récompenses : la médaille d’argent du Souvenir français à Nestor Giraud et des diplômes d’honneur à Raymond Le Roux et à Daniel Saucet.

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    Union130124b- Marne
    REIMS : Au Flambeau ce soir : Ce fameux convoi…

    Un spectacle théâtral pour évoquer le voyage vers Auschwitz.
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  • Elles étaient 230, âgées de 17 à 69 ans dans les wagons qui les emportaient à Auschwitz- Birkenau, le 24 janvier 1943. Et elles firent face : refusant de s’incliner devant l’occupant, elles chantèrent dans les camions qui les emportaient vers la gare de Compiègne pour être déportées, elles chantèrent dans les wagons et elles chantèrent la Marseillaise en franchissant le portail du camp d’extermination.

    C’est à ces femmes que rend hommage « Le convoi », spectacle théâtral présenté par les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, écrit et mis en scène par Gérard Thévenin. Treize comédiens et comédiennes pour jouer les 21 personnages de la pièce et évoquer la Résistance, la répression, le voyage et l’arrivée à Auschwitz.

    Première du spectacle aujourd’hui jeudi 24 janvier à 20 h 30 à L’espace Le Flambeau.

    La pièce sera donnée également le samedi 2 février à 20 h 30 et le dimanche 3 février à 15 heures au Centre culturel du Crous, rue de Rilly-la-Montagne à Reims.

    Réservations : Jocelyne Batteux (AFMD) au 03.26.85.84.71 et Gérard Thévenin au 03.26.02.33.92 (gerardtap@live.fr).

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    Union130124a- Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Un royaliste rend hommage à Louis XVI

    VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Depuis lundi, date du 220e anniversaire de la mort de Louis XVI, les cérémonies religieuses se suivent pour rendre hommage au dernier roi de France. Vitry aura aussi sa célébration… le 1er février. Explication.

    « On organise des messes pour des grands hommes d’État français défunts. Alors pourquoi pas Louis XVI ? Il fait partie de l’histoire de France ». Installé depuis un an et demi à Maisons-en-Champagne, Pascal Metzger, royaliste de 49 ans, moustache en guidon, organise une messe en mémoire du roi Louis XVI le vendredi 1er février, à 18 h 30, à la Collégiale Notre-Dame de Vitry-le-François.

    Il y a 220 ans, le 21 janvier 1793 précisément, Louis XVI, roi des Français, était guillotiné par les Révolutionnaires à Paris, sur l’actuelle place de la Concorde. Il avait été inculpé pour « trahison ».

    « Il mérite une pensée »

    De Louis XVI, ce royaliste et ancien militaire ne veut garder que le portrait d’un roi modèle. « C’était un grand roi qui aimait les Français », estime-t-il. Il sort un document qui retrace les actions du dernier roi de France. Des actions soigneusement choisies comme la création du premier corps des pompiers, le rétablissement d’un mont-de-piété à Paris, le droit de vote accordé aux femmes dans le cadre de l’élection des députés de l’assemblée des états généraux, l’édit de tolérance des Protestants ou encore la fondation de l’École des mines.

    Lorsque la tentative de fuite du roi et son arrestation à Varennes en 1791 sont abordées, une seule réponse fuse : « Je ne fais pas de politique ». Ce royaliste préfère insister sur les qualités humaines de Louis XVI. « Il était très croyant. D’ailleurs il était surnommé le roi prêtre. Il mérite une pensée pour lui, pour le repos de son âme », déclare-t-il.

    Après le dépôt de gerbe à 18 heures à la chapelle Jeanne d’Arc, Pascal Metzger lira le testament du roi. « On ressent quelqu’un emprunt d’humanité chrétienne. Il se sent innocent, et pardonne à ceux qui le condamnent. En même temps, on voit l’amour qu’il porte à Dieu et à sa famille. C’est beau. Un chrétien ne peut pas rester insensible », reconnaît-il.

    « Béatification »

    C’est la première fois depuis bien longtemps qu’une telle messe est célébrée à la Collégiale Notre-Dame. Fraîchement arrivé de Mayenne, Pascal Metzger s’en étonne. « Pourtant, Vitry-le-François a été construite par un roi : François-1er. Des fleurs de lys ornent l’hôtel de ville et un tableau, offert par le roi Louis-Philippe en 1835, est accroché à l’intérieur de la collégiale », fait-il remarquer.

    Contrairement à d’autres, ce royaliste ne milite pas en faveur de la réhabilitation de la mémoire de Louis XVI, mais pour « sa béatification » par le pape. Il met en avant un précédent : le roi Louis IX canonisé en 1297. « Louis XVI sera peut-être un jour le deuxième saint Louis ? »

    Stéphanie GRUSS

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    Union130123a- Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Les porte-drapeaux rhabillés !

    L’association des anciens combattants et prisonniers de guerre (ACPG) de Mourmelon-le-Petit s’est réunie pour la traditionnelle galette des rois.

    Une cinquantaine de membres étaient présents en salle de la Pomme d’or, dont Jacques Goupil le 1er adjoint au maire de la commune, Guy Bernard le président des ACPG, Gérard Plomion le président de la 145e section des médaillées militaires de Mourmelon-le-Grand, et un représentant de la gendarmerie.

    Durant cette réunion, le président des ACPG de Mourmelon-le-Petit, Philippe Filipiak, a tenu à saluer le courage des porte-drapeaux, toujours présents aux diverses cérémonies, et ce malgré la pluie, le vent, ou la neige.

    Pour les remercier de leurs efforts indéniables, le président leur a offert des parkas qu’ils porteront désormais lors des cérémonies, leur permettant d’avoir un peu plus chaud, et d’être protégés.

    Le président des ACPG a ensuite fait le rappel des diverses activités de l’association en 2012, puis a souhaité la bienvenue à Michel Liénard et Claude Guyot, deux nouveaux arrivants à l’association. Il a également eu une pensée pour les trois personnes qui sont décédées l’an dernier.

    Le secrétaire de l’association, Gérard Masson, a ensuite projeté des photos des activités 2012, mais aussi de vieux clichés de la guerre d’Algérie, datant de 1954 à 1962.

    Tous ont ensuite partagé le verre de l’amitié avant de déguster les délicieuses galettes des rois.

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    Union130122d- Marne
    DORMANS : Quel avenir pour le Mémorial ?

    L’association Mémorial de Dormans 1914-1918 ne manque pas d’idées pour faire connaitre ce haut lieu historique.
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  • DORMANS (Marne). En assemblée générale samedi matin, l’association Mémorial de Dormans 1914-1918 a d’abord voté les différents rapports d’activité, de trésorerie et moral. Unis pour continuer de faire vivre le Mémorial, les membres de l’association ont trois types de mission : la muséographie, l’accueil du public et les cérémonies.

    Frédéric Daubock, le conservateur, a rappelé que les priorités de la muséographie sont l’artisanat de tranchée et l’achat d’uniformes, casques et tableaux pour compléter la deuxième salle d’exposition. Gérard Niger a indiqué que, depuis trois ans, le nombre de visiteurs est stable, environ 17 000 par an.

    Parmi les touristes de toutes origines, on relève un nombre croissant d’Américains, beaucoup d’Hollandais et de Belges. On note, cependant, un déclin du nombre de groupes. Gérard Goin, vice-président, a souligné la dimension populaire des différentes cérémonies de 2012.

    L’an dernier, une nouvelle date été rajoutée au calendrier : la commémoration de la libération de Dormans avec un concert de jazz le 26 août.

    Considérant que Dormans est en train de se refaire un nom grâce à la visite d’illustres personnalités comme le général d’Armée Bruno Cuche le 8 juillet dernier, le soutien sans faille du comte de la Rochefoucauld, et le maintien de la tradition du dépôt de la gerbe présidentielle (Dormans étant le seul mémorial à la recevoir), Jean-Claude Robert, le président, s’est, néanmoins, interrogé sur le devenir du devoir de mémoire à l’aube du centenaire de la Grande Guerre.

    Un vice-président de plus

    Christian Bruyen, maire de Dormans et propriétaire des lieux, a indiqué qu’en ce qui concerne 2018, il faut faire de cette commémoration un événement populaire, avec des reconstitutions, pour faire venir un public qui ne viendrait pas normalement.

    Plus généralement, il faut transmettre aux générations futures en mêlant mémoire et histoire afin de maintenir un nombre de visiteurs suffisant. Un classement au titre des monuments historiques peut aussi être envisagé.

    Pour M. Bruyen, qui considère qu’il serait approprié que les gros travaux de restauration du monument soient pris en charge par l’état, la partie muséographique par les collectivités territoriales et locales, on peut aller vers ce classement mais seulement quand les travaux seront engagés.

    Il est aussi important de conserver le schéma de fonctionnement actuel avec des gardiens bénévoles et des salariés, une complémentarité qui donne au lieu son âme. L’assemblée générale extraordinaire a permis de faire évoluer les statuts, notamment le passage de deux à trois vice-présidents.

    La composition est la suivante : Jean-Claude Robert, président, Gérard Goin, vice-président, responsable des manifestations officielles, Gérard Niger, vice-président, responsable des visites, Didier Michelet, vice-président, chargé du patrimoine, Christian Bruyen, secrétaire, Monique Dujarier, trésorière.

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    Union130122c- Marne
    REIMS : Assemblée générale des médaillés militaires Le souvenir et l’entraide

    Un dépôt de gerbe a eu lieu au monument aux morts en présence des autorités civiles et militaires.
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  • Présidée par Pierre David, l’assemblée générale de la 138e section des médaillés militaires de Reims métropole et ses environs a été précédée d’un dépôt de gerbe au monument aux morts devant les personnalités civiles et militaires venues également pour le Congrès de l’Union départementale.

    L’assemblée générale s’est ensuite déroulée au Centre des Congrès en présence des présidents des sections, ordres et associations patriotiques. Le sous-préfet Michel Bernard a ouvert la séance en présentant les projets concernant les commémorations prévues en 2014.

    Parmi les remerciements formulés, un hommage a été rendu aux porte-drapeaux et aux anciens présidents, dont Jean Portejoie, excusé.

    Pierre David a rappelé que « la médaille militaire a été créée en 1852 et nous fêtons cette année son 161e anniversaire, tout comme celui de la 138e section de Reims qui a 102 ans. Le 9 novembre 2012, elle a été attribuée à Roger Digrazia, Léon Montagne, Pierre Marcoup et Guy Merlot ». Pierre David a aussi évoqué la mémoire du général de corps d’armée Jacques Lemaire : « le 7 décembre 2012, Je suis allé aux obsèques de celui qui fut mon chef ». Il a aussi souligné une sage décision : « Deux associations d’anciens combattants de Reims, l’UNC et les ACVG de la Neuvillette, ont émis le souhait de s’associer pour former une grande association rémoise. C’est l’avenir ».

    A suivi un moment de recueillement pour les membres - médaillés, membres associés et dames d’entraide - disparus récemment et pour les militaires tués en opérations extérieures. Il a ensuite été question du délai trop long pour l’octroi de la médaille militaire aux anciens.

    La section a accompli des actions d’entraide envers les sociétaires les plus démunis et les pupilles de la nation. Elle a attribué des bourses scolaires. Elle a aussi un partenariat avec une société de télé-alarme : les renseignements peuvent être obtenus à la Maison de la vie associative, 122 bis, rue du Barbâtre, avec permanence les 1er et 3e jeudis après-midi au bureau 306.

    Jean-Claude Laval a rappelé, au regard des graves événements actuels, « l’esprit de sacrifice de ceux qui servent la France en exerçant des métiers à risques pour des causes nobles ».

    La matinée s’est terminée par une remise de diplômes pour 50 ans de médaille militaire à Charles Haingue, Denise Lange et Emile Lerrede. Michel Chabrillanges et Jean Mareschal (absents pour raisons de santé) recevront également ce diplôme. Dix diplômes d’honneur ont été attribués et 10 médailles de bronze. Daniel Charlier et Raymond Triboux ont reçu la médaille d’argent. Le vermeil est allé à Nicolle Druelle, Renée Petit, Denise Poiryadjian et Annick Vuillemot.

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    Union130122b- Marne
    CORMONTREUIL : Des petits rois dans les maternelles

    Robert Brujère a répondu aux questions pertinentes des enfants.
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    Depuis six ans maintenant s’est instaurée une jolie tradition à Cormontreuil : le comité local de la Fnaca offre la galette des rois aux enfants des écoles maternelles.

    Jeudi, les bénévoles de cette association se sont donc rendus dans les deux établissements (Saint-Exupéry et Enelle), les bras chargés de ces délicieuses pâtisseries. A l’heure de la récré, les bambins se sont donc sagement attablés ; certains ayant même anticipé la découverte de la fève en arborant de jolies couronnes qu’ils avaient préparées auparavant.

    A l’école Enelle, certains en ont profité pour poser quelques questions à leurs bienfaiteurs : « Vous êtes des anciens combattants de 1914 ? » ; « Pendant combien de temps avez-vous fait la guerre ? »… Bref, une animation gustative alliée à une petite leçon d’histoire… où toutefois les rois n’ont pas été évoqués…

     

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    Union130122a- Marne
    ARZILLERES-NEUVILLE : Les deux monuments aux morts inaugurés

    Lors de l’inauguration du monument aux morts de Neuville…
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  • … et celui d’Arzillières.
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  • Les habitants de la commune d’Arzillières-Neuville étaient conviés devant les deux monuments aux morts, à la suite des travaux de rénovation effectués par les pompes funèbres Phélizon de Frignicourt.

    Le premier rendez-vous avait été fixé à Neuville-sous-Arzillière, où deux soldats, morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale, figurent sur la plaque du monument aux morts. Leurs sépultures dans le cimetière de Neuville devraient faire l’objet de travaux, dans les mois à venir.

    Au monument aux morts d’Arzillières, les habitants étaient nombreux pour honorer les quatorze morts pour la France, dont un sergent mort au Vietnam et deux victimes civiles de la Seconde Guerre mondiale dont le maire conseiller général de l’époque Émile Bouilly et l’institutrice Odile Weiss, épouse Masset, décédés le 15 juin 1940 lors de l’exode sous les bombardements d’avions à Les Riceys (Aube). Les deux cérémonies du souvenir se sont faites en présence de trois porte-drapeaux, de Bruno Dupuis, directeur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de la Marne, du Lieutenant (RC) Gérald Gaillet, président cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François, de Jean Lelièvre, président des ACPG-CATM du canton de Saint-Remy-en-Bouzemont, et du conseiller général Jean-Pierre Bouquet.

    Dans son discours, le maire, Michel Cappé, a rappelé la décision du conseil municipal de rénover les deux monuments aux morts pour un coût de 1 850 euros.

    Le ministère de la Défense et le Souvenir français ont accordé une aide financière à ces deux opérations du souvenir et de mémoire.

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    Union130121e- Marne
    EPERNAY : Comité d’entente des sociétés d’anciens combattants « Le laxisme du pouvoir politique et la justice »

    « Le comportement délinquant d’une frange de notre jeunesse est inquiétant pour l’avenir de la Nation ».
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  • Avant d’aborder les travaux statutaires de l’association, le lieutenant-colonel (H) Claude Metzger a proposé une minute de recueillement à la mémoire des disparus de l’année écoulée, Maurice Lesanne en particulier, mais également toutes les victimes des guerres. Il a ensuite communiqué les dernières évolutions de la législation applicable au droit à la réparation. En première ligne, la retraite du combattant et les pensions militaires.

    Délinquance

    Autre sujet de préoccupation du monde combattant : « Le comportement délinquant d’une frange de notre jeunesse, largement médiatisé, et qui est inquiétant pour l’avenir de la Nation. Le laxisme manifesté par le pouvoir politique et la justice sont de mauvais augure pour notre civilisation ». Concernant la repentance ou les excuses demandées à la France à l’égard des actes commis sous la colonisation de l’Algérie : « Il faudrait donc que la France s’excuse ? S’excuser de quoi ? » « Il faudrait plutôt que tous ceux qui parlent de génocide et de repentance demandent repentance à l’Algérie pour ce million de français qui a abandonné son pays pour ne pas être égorgé, pour ces 150 000 harkis torturés puis assassinés, pour ces milliers d’Européens tués ou disparus à Oran, le 5 juillet 1962, pour ces 200 000 Algériens tués pour avoir refusé le parti unique, pour le terrorisme aveugle, les égorgements, attentats, crimes gratuits ».

    A noter que le Comité d’Entente a participé à 56 cérémonies, manifestations ou assemblées générales au cours de l’année 2012. Si la date du 19 mars n’y figure pas, c’est qu’il en conteste l’opportunité pour des raisons historiques. Le bureau de l’association est ainsi renouvelé : président honoraire, René Guillepain, ; président, lieutenant-colonel (H) Claude Metzger ; vice-président, Robert Gautier ; secrétaire, lieutenant-colonel Serge Plaquin ; trésorier, Raymond Lemaire ; vérificateur aux comptes, Alain Lépicier.

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    Union130121d- Marne
    SEZANNE : Association Mondement 1914 : Des projets pour préparer 2014

    Une centaine d’adhérents a assisté à l’assemblée générale.
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  • Richebourg, Les Eparges, Reveillon, Dormans, Navarin, Le fort de la Pompelle, Montmirail, Fère-Champenoise, beaucoup d’autres lieux encore et surtout Mondement : les membres de l’association Mondement 1914 sont présents lors de nombreuses commémorations, ce qui a été présenté en images et commenté par Franck dupré, l’un des vice-présidents de l’association.

    C’est sous la présidence de Michel Tellier qu’a eu lieu l’assemblée générale de cette association forte de 278 adhérents.

    Si l’année 2012 a été très animée, 2013 va connaître une intensité particulière en vue de la préparation du 100e anniversaire de la première bataille de la Marne, ce qui n’empêchera pas de poursuivre les activités habituelles : permanences au musée de Mondement, recherches historiques, présence le 11-Novembre sous l’Arc de Triomphe pour une cinquantaine d’écoliers afin de ranimer la flamme du soldat inconnu, intervention au sein des écoles… Dans l’association, une section jeunes, ouverte aux étudiants a également été ouverte, toujours avec le même objectif : le devoir de mémoire.

    « Dans les cartons de l’association, il existe également un projet important, un projet mémoriel dénommé Visages qu’il convient de faire avancer rapidement afin de pouvoir utiliser le centenaire de la Grande Guerre comme un tremplin et ainsi capter les flux touristiques », a souligné le président.

    Ce projet repose sur trois thèmes : le patrimoine historique, naturel et culturel. Il s’étendra sur 3 secteurs : Mondement, Fère-Champenoise, Esternay et est lié à la construction d’un bâtiment d’accueil sur l’axe Epernay Sézanne, à Soizy-aux-Bois.

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    Union130121c- Marne
    CHENAY : Vœux du maire : L’intercommunalité en ligne de mire

    Les habitants de Chenay étaient nombreux à avoir répondu à l’invitation du maire.
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  • Beaucoup de monde à la mairie de Chenay samedi après-midi pour les premiers vœux de Franck Jacquet, maire de Chenay, dans la communauté de communes Champagne-Vesle, cette année étant une année charnière pour la commune avec le changement d’intercommunalité à la suite de la réforme. Ils intègrent 32 autres communes, la fiscalité restera la même à la source, seules la répartition entre la commune et la CCCV est différente.

    Chenay aura plus de ressources mais aussi plus de compétences à gérer. Pour ce qui concerne la crèche, elle donne entière satisfaction et la commune devrait en reprendre la gestion au 1er janvier 2014, quant à la carte scolaire, elle n’est pas encore établie. Quant aux futurs travaux, les débuts de la réfection de la traverse devrait commencer 2e quinzaine de février pour se terminer fin août.

    La commune devrait faire l’acquisition de la maison de M. Herteler, rue Philbert, et a acquis la maison Savoyen, celle-ci présentant un risque majeur pour les occupantes qui ont été relogées.

    Les sablières qui sont sur les trois communes de Châlons, Chenay et Merfy, sont de plus en plus propres grâce à l’action de l’association, de son président Jean-Marc Roze, de Catherine Vautrin qui a accordé une réserve parlementaire, de Jean-François Gascon et son groupe de travail pour la protection du site.

    Remerciements

    Il remercia ensuite Jean-Louis Legay et son groupe de travail (Léon Pauteaufeux, Serge Fouchet, Claude Libert et J.-F. Gascon) pour leur travail de mémoire en vue de la commémoration du centenaire de la guerre 14-18. Ces remerciements allèrent ensuite à Pascal Fenborbauer pour son travail gracieux à la réfection des bancs de l’église ainsi qu’à tous les bénévoles qui œuvrent à travers les commissions : CCAS, fleurissement, chemins, comité des fêtes et à l’équipe municipale.

    Il présenta les nouveaux habitants et les nouveaux nés de la commune à qui il fut offert une serviette éponge avec leur prénom à l’effigie de Chenay, avant de remercier Marie-Noëlle Alix en lui offrant un téléviseur pour 10 ans de bons et loyaux services en tant que secrétaire de mairie et qui part vers d’autres horizons, le maire accueillit ensuite sa remplaçante Nathalie, avant de passer la parole à Philippe Feneuil, 1er vice-président de la CCCV qui présenta la CC, laquelle fêtera ses 40 ans cette année avec l’arrivée de Bouleuse, Chenay et Courtagnon, soit 600 habitants mais qui en perd malheureusement une de 1 200 : Champigny qui a fait le choix de rejoindre l’agglomération rémoise. Après l’inauguration d’un groupe scolaire à Faverolles entièrement construit par la CCCV, un autre est en projet.

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    Union130121b- Marne
    CHIGNY-LES-ROSES : Centenaire de la Grande Guerre : Déjà un projet pour 2014

    Le maire a fait le bilan de l’année passée.
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  • « Le bilan de 2012 est assez consistant, mais nombre de travaux ne sont pas terminés. » Claude Doreau, est revenu sur les travaux en cours. A commencer par la zone 30 « toujours en suspens à cause de l’enfouissement ». Les trottoirs sont donc prévus pour mars 2013. Le curage du bassin d’infiltration est terminé et l’assainissement de la Pissotte pour la part communale est prêt à fonctionner. La rue Loubet est terminée. Et le maire de rappeler que « c’est le président Emile Loubet qui, en 1902, a ratifié le nom de Chigny-en-Montagne par Chigny-les-roses à la suite à sa visite ».

    En ce qui concerne la route de Reims, des malfaçons ont été constatées et une expertise est en cours, ne permettant pas le marquage au sol. Plusieurs travaux de bâtiments ont été réalisés ; ceux de l’ancienne poste progressent. « Nous pourrons certainement mettre ce logement en location à partir du 15 février. » Le remplacement des tuyaux de plomb suit son cours sur ce réseau « qui date d’avant 1929 ».

    Après les travaux, le maire évoquait les manifestations et festivités de l’année dont le rendez-vous « Art et passion » « qui a montré qu’il y avait énormément de talents cachés dans notre village ».

    Pour sa première année, le comité des fêtes a eu moins de chance : brocante, fête de la musique, fête patronale se sont déroulées sous la pluie. Seule la chasse aux œufs a eu lieu dans de bonnes conditions.

    Après avoir souhaité la bienvenue aux nouveaux habitants, Claude Doreau notait qu’il y a peu d’animations et de commerces. « Nous allons essayer d’y remédier, mais il fait bon vivre quand même à Chigny. »

    Concernant 2013, « nous allons essayer de terminer les travaux en cours et limiter nos projets afin d’essayer de maintenir notre fiscalité en l’état ».

    Le maire se projette déjà en 2014 où sera célébré le centenaire de la Grande Guerre. « Pour cette commémoration, une idée a germé : pourquoi ne pas organiser une exposition sur cette guerre 14-18 »… L’idée est lancée !

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    Union130121a- Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : L’ancienne synagogue restera « un lieu de mémoire »

    VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). À l’occasion de l’inauguration des travaux de rénovation de la plaque à la mémoire des juifs morts en déportation, le maire a indiqué que l’ancienne synagogue pourrait accueillir des associations de conservation du patrimoine.

    « ILS étaient tous innocents, ils étaient tous justes ». Devant une cinquantaine de personnes, Mardoché Ifrah, président de la synagogue de Saint-Dizier, a récité le Kaddich - la prière des morts - en hébreu, puis en français, devant l’entrée de l’ancienne synagogue de Vitry-le-François. Aux côtés de nombreux élus, représentants de l’État et de la communauté juive, il était venu inaugurer les travaux de rénovation de la plaque à la mémoire des juifs morts en déportation. Une plaque de 35 noms dont l’inscription était devenue illisible avec le temps. « Le souvenir s’effaçait et le négationnisme pouvait se développer dans l’esprit des Vitryats », a expliqué le Dr Josette Viniaker, fille de déporté rescapé d’Auschwitz.

    Il a fallu une dizaine d’années pour que le Souvenir français rénove cette plaque ainsi que la stèle des combattants juifs morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. Coût de ces travaux : 2 000 euros, financés par le Souvenir français, la ville de Vitry-le-François et les pompes funèbres Ceotto. Le monument « A nos frères » a par ailleurs été déplacé. Il ne se dresse plus au milieu de la petite cour. Il se trouve désormais protégé sous un abri.

    Un édifice reconstruit en 1957

    Après cette émouvante cérémonie, la question de l’avenir de cette ancienne synagogue était sur toutes les lèvres de la communauté israélite présente. Reconstruit en 1957 dans la rue du Mouton, cet édifice religieux a servi de lieu de culte de la communauté juive de Vitry-le-François* jusqu’en 2007. Il a ensuite été cédé à la ville de Vitry-le-François pour devenir « un lieu culturel, pédagogique et de mémoire ». Une nouvelle vocation scellée le 29 février 2008 par Michel Biard, maire de l’époque, et le Dr Henry Viniaker, président de la communauté juive de Vitry-le-François.

    Oui mais voilà, près de cinq ans plus tard, le bâtiment reste inoccupé. Aucune association ne s’y abrite. Aucune exposition, aucune conférence ne s’y tient. « Je ne vais pas faire d’effet d’annonce, a déclaré le maire PS, Jean-Pierre Bouquet. Mais le dossier est en cours ». Des travaux ont été réalisés sur la toiture de cette ancienne synagogue. Les fuites ont été colmatées et les carreaux cassés, remplacés. Une réflexion est actuellement menée avec la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) pour inscrire cette ancienne synagogue à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. « Cela permettrait à ce bâtiment remarquable d’être protégé durablement », confie l’élu.

    Un appel lancé aux mécènes

    Des réunions se tiennent également avec la sous-préfète de l’arrondissement vitryat pour rendre accessible cet édifice religieux aux personnes à mobilité réduite comme l’exige la loi. De lourds travaux sont à prévoir. Pour les financer en partie, le premier magistrat de la commune compte sur le… mécénat.

    L’ancienne synagogue pourrait alors accueillir des associations de conservation du patrimoine comme la Société des Sciences & Arts ou l’association de sauvegarde du patrimoine du Pays vitryat qui conserve des vestiges de l’histoire de la cité rose. Le maire n’y exclut pas non plus la création « d’un lieu d’exposition ». À suivre…

    Stéphanie GRUSS

    * En 1882, la communauté juive de Vitry-le-François comptait 185 personnes. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une poignée de familles.

    Une exposition sur la Shoah à voir jusqu’au 1er février

    L’exposition « Les juifs de France dans la Shoah » a été inaugurée hier matin dans le patio de l’Hôtel de Ville en présence d’Olivier Lalieu, responsable de l’aménagement des lieux de mémoire au Mémorial de la Shoah, à Paris. À travers une vingtaine de panneaux, elle présente les persécutions infligées aux juifs, la législation antisémite mise en place par le régime de Vichy, ainsi que les rafles et la déportation des juifs. Il s’agit d’une adaptation de l’exposition « Le Temps des rafles » conçue sous la direction de Serge Klarsfeld en 1992. L’on y apprend notamment que 43 convois sont partis de France vers Auschwitz durant la seule année 1942. Des 35 Vitryats juifs morts en déportation, une seule personne est revenue des camps de concentration et d’extermination : Jeanine Marx, mère de trois enfants, qui habitait dans la rue des Minimes. Elle avait été déportée à Auschwitz. Cette exposition didactique n’a laissé personne indifférente. « Ça m’a profondément touchée, confie une ancienne Vitryate de la communauté juive. Ça fait du bien, surtout dans une époque tellement difficile… » « C’est quand même une histoire lourde dans la mémoire », lui a-t-on répondu. L’exposition « Les juifs de France dans la Shoah » est visible jusqu’au 1er février.

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    Union130120f - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Une exposition pour se souvenir des déportations

    La synagogue a été dynamitée par les Allemands en septembre 1941. Elle a été reconstruite en 1957 dans la rue du Mouton.
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  • VITRY-LE-FRANÇOIS (Marne). À la synagogue, la plaque à la mémoire des juifs morts en déportation vient d’être rénovée. Elle est dévoilée ce matin. Tout comme l’exposition sur « Les juifs de France dans la Shoah » qui ouvre ses portes demain dans le patio de l’hôtel de ville.

    ELLE devait commémorer l’an dernier le 70e anniversaire des rafles et des déportations de l’année 1942. Dans la Marne, l’exposition « Les juifs de France dans la Shoah » sera inaugurée aujourd’hui à Vitry-le-François, en même temps que les travaux de rénovation du monument aux morts 1914-1918 et de la plaque à la mémoire des juifs morts en déportation, à la synagogue.

    Un choix voulu par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) de la Marne. « Nous voulions la relier à une actualité pour que cette expo ait davantage de sens », explique le directeur, Bruno Dupuis, qui souhaitait également organiser une manifestation en rapport avec le devoir de mémoire non pas à Châlons-en-Champagne ou à Reims, mais à Vitry-le-François.

    Seuls 2 500 survivants

    Réalisée par le Mémorial de la Shoah en partenariat avec l’Onac, l’exposition « Les juifs de France dans la Shoah » présente, à travers une vingtaine de panneaux, les persécutions infligées aux juifs, la législation antisémite mise en place par le régime de Vichy, ainsi que les rafles et la déportation des juifs. Une exposition très pédagogique. L’on y apprend notamment que 330 000 juifs vivaient en France en 1939. Pas moins de 76 000 ont été déportés. Seuls 2 500 sont revenus des camps de concentration et d’extermination.

    À Vitry-le-François et dans l’arrondissement, peu de juifs ont été arrêtés durant cette année 1942. « La plupart avaient quitté la ville à la suite des bombardements de 1940 », indique Augustin Brau, ancien secrétaire de la Société des Sciences & Arts de Vitry-le-François, qui animait hier une conférence sur les juifs dans la cité rose, à l’espace Paul-Bert. Selon lui, seules cinq personnes d’une même famille ont été arrêtées à Somsois, trois à Merlaut et une à Aulnay-l’Aître. « Aucune d’entre elles n’est revenue », précise-t-il.

    Bousquet, ancien sous-préfet vitryat

    Certains Vitryats ont toutefois été arrêtés dans d’autres départements français. C’est le cas de Léon et Renée Baumann. « À leur retour d’exode en Dordogne, ils avaient trouvé leur maison épargnée par les bombes mais occupée », raconte Jocelyne Husson dans son livre « La déportation des juifs de la Marne ». Le couple part donc rejoindre des cousins à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). C’est là qu’il est arrêté le 23 octobre 1943. Des démarches sont tentées auprès de René Bousquet, ancien sous-préfet de Vitry-le-François devenu secrétaire général de la Police, en faveur de la famille Baumann qu’il connaissait bien. « Il y avait chez certaines familles juives et en particulier à Vitry-le-François où il avait été en fonction, le sentiment que René Bousquet pouvait les aider », écrit-t-elle. En vain puisque Léon et Renée Baumann ont été déportés le 20 novembre 1943. L’exposition « Les juifs de France dans la Shoah » est visible dès demain et jusqu’au 1er février dans le patio de l’hôtel de ville. Ces vingt panneaux ont vocation à tourner et notamment dans les établissements scolaires. C’est du moins le vœu du directeur départemental de l’Onac, Bruno Dupuis. « Lorsque l’on sait, on ne reproduit pas les mêmes erreurs ».

    Stéphanie GRUSS

    L’exposition est visible jusqu’au 1er février du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h 30 et de 13 à 17 heures, dans le patio de l’Hôtel de Ville.

    Des juifs sous surveillance à Champaubert-aux-Bois

    À Champaubert-aux-Bois, le chantier forestier n° 1 854 employait entre une trentaine et une cinquantaine de juifs, souvent d’origine polonaise, venus de la région parisienne ou de Lille. Ces ouvriers étaient recrutés par le Commissariat à la lutte contre le chômage de l’Office central de reclassement professionnel de la main-d’œuvre. « Ils y étaient sous très haute surveillance. Toute absence devait immédiatement être signalée à la préfecture par les chefs de chantier, sous peine de poursuites judiciaires en cas de négligence », raconte Jocelyne Husson dans son livre « La déportation des juifs de la Marne » publié aux Presses universitaires de Reims. Les gendarmes de la brigade de Saint-Remy-en-Bouzemont venaient régulièrement vérifier les effectifs et constataient fréquemment des « départs sans autorisation ». Certains en restaient là. Oui mais voilà, le 19 février 1943, le ministère de l’Intérieur donne ordre aux préfets de la zone occupée d’interner les juifs étrangers de sexe masculin, âgés de 16 à 65 ans. Le préfet Peretti della Rocca charge alors le commandant de gendarmerie de Châlons-en-Champagne de procéder à des arrestations sur le chantier forestier de Champaubert-aux-Bois. Le 20 février, un seul juif de la liste est pris et transféré au camp d’internement de Drancy. En fuite ce jour-là, quatre autres sont toutefois arrêtés dans les semaines suivantes, puis déportés.

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    Union130120e- Marne
    REIMS : Congrès départemental des médaillés militaires Entraide et mémoire

    Les personnalités civiles et militaires ont salué les porte-drapeaux.
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  • Le congrès des médaillés militaires de la Marne s’est tenu à Reims, conjointement avec l’assemblée générale de la 138e section rémoise.

    Le président Jean-Marie Gagnaire (qui quittera ses fonctions le 31 décembre) a expliqué que, ne recevant plus d’aide du conseil général, cette formule avait été choisie pour l’organisation de la rencontre, qui se déroulait au centre des congrès (sections et élus).

    Jean-Paul Martin, secrétaire général de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire, s’est dit très attaché à ces rassemblements qui sont « des moments de fraternité » et donnent l’occasion de prendre des nouvelles de ceux qui ne peuvent plus se déplacer… Il a précisé qu’il y avait en France 865 sections rattachées à 79 unions départementales. Jean-Paul Martin souhaite que soit effectué un rapprochement avec les camarades d’active pour renforcer les rangs.

    La Société nationale d’entraide a aussi pour objectif « d’aider les grands blessés à reprendre une vie normale ». M. Dupuis, directeur de l’Office national des anciens combattants de la Marne a réaffirmé que l’avenir passe par la fédération des petites sections, « réunies pour une même cause, celle de l’entraide et celle de la mémoire. Et gardons l’esprit tourné vers le théâtre d’opérations qui vient de s’ouvrir ».

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    Union130120d- Marne
    39-45 : Au cœur du QG oublié d’Hitler

    Depuis 2007, les membres de l’association ASW2 réhabilitent le site pour lui redonner vie.
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  • Des visites sont régulièrement organisées par l’association de sauvegarde du site.
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  • Le chalet d’Hitler était construit au-dessus de son bunker. C’est là qu’il mangea lors de sa venue au W2 le 17 juin 1944.
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  • Le site abrite plus de 900 ouvrages bétonnés, dont 475 bunkers.
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  • Certains bunkers ont été remis en état par l’association ASW2 en y incorporant des mannequins en situation.
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  • L’intérieur du bunker d’Hitler en 1944. C’est dans cette salle, et à cette table, qu’a eu lieu la conférence. Seul luxe, une cheminée avec une statue bas-relief de Napoléon à cheval.
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  • Furieux de l’avancée des troupes alliées en Normandie, Hitler convoque ses officiers au W2 le samedi 17 juin1944.
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  • La reconstitution d’une ville a été aménagée sur le site dans les années 70 afin de permettre l’entraînement de commandos.
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  • AISNE. C’est un lieu incroyable, unique en Europe et pourtant très peu connu. Situé au nord de Soissons, le W2, c’est son nom de code, a été construit entre 1942 et 1944 par 22.000 ouvriers. Plus de 900 ouvrages de béton armé dont 475 bunkers forment la zone de protection du seul quartier général d’Hitler encore intact aujourd’hui. Depuis 2007, une association se bat pour sauvegarder le site et lui donner toute sa place dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Denis Bouet habite le secteur depuis toujours, ou presque. Plus jeune il se promenait souvent dans les bois du côté de Margival, Laffaux, Neuville… Ces grillages de protection, ce camp militaire, il les connaît bien mais cela ne fait que quelques années qu’il a découvert qu’à l’intérieur se cachait un ancien QG d’Hitler. Et pas des moindres puisque celui-ci s’étend sur près de 90 hectares avec un centre opérationnel entouré de deux ceintures de protection, le tout abritant plus de 900 ouvrages bétonnés dont 475 bunkers ! Il est le seul QG vraiment terminé et non saboté.

    « C’est lors d’une journée du Patrimoine que je suis venu et que j’ai découvert cela, se souvient-il. A l’époque il y avait une association qui venait de se créer pour sauvegarder le site. Il y avait Didier Ledé ? le président, Eric Trinon, Thierry Depret. Il leur fallait un quatrième larron, ce sera moi ! ». Si les lieux sont restés si longtemps secrets, et finalement préservés, c’est qu’ils ont été occupés par l’Otan qui en avait fait une base importante jusqu’en 1967, puis par l’armée française (voir par ailleurs) jusque dans les années 90.

    Dans les villages alentours, le site était d’ailleurs l’objet de tous les fantasmes, jusqu’à ce que l’association de sauvegarde du W2 (ASW2) se mette en place. W2 comme Wolfsschlucht 2, Ravin du loup 2, nom de code de ce quartier général du Führer. « C’est Hitler qui avait surnommé l’endroit ainsi car le loup était son animal préféré, raconte Denis Bouet. Enfant, sa mère l’appelait Wolfy… »

    Mais pourquoi les Allemands avaient-ils décidé d’installer ce QG sur cette zone située au nord de Soissons. « Dès 1940, Hitler recherche un endroit pour y installer son QG dans l’optique d’envahir, après la France, l’Angleterre. Le site a l’intérêt d’être dans une vallée, en bordure d’une voie ferrée (celle de Laon à Paris). Il y a un tunnel qui permet de cacher son train blindé, une ligne de haute tension qui donne une énergie indispensable pour le fonctionnement des installations. La région peut par ailleurs fournir une partie des matériaux indispensables à un tel chantier sans parler des nombreuses sources faciles à capter. »

    Bref les lieux sont parfaits pour vivre en parfaite autonomie. La petite histoire veut aussi qu’Hitler ait opté pour ce secteur car il y avait été blessé avec l’armée allemande à la fin de la Première Guerre mondiale. Il était d’ailleurs retourné sur place en juin 1940, dans la ferme de Cerny-lès-Bucy précisément où il s’était reposé après sa blessure en 1918 et aussi à Laon où il avait été hospitalisé.

    18 mois de travaux 7 jours sur 7

    L’endroit choisi, des travaux commencent en 1941. Ils sont interrompus quelques mois car Hitler doit revoir sa stratégie. En 42, les Anglais et les Canadiens tentent un débarquement à Dieppe. Le Führer est alors persuadé qu’il va devoir affronter un nouveau front rôt ou tard à l’Ouest. Tandis que ses troupes sont en Afrique du Nord et en Russie, il demande la construction de QG renforcés proches de l’Atlantique. Commence alors des travaux pharaoniques sur le site de l’Aisne. De 1942 à 1944, 22.000 ouvriers vont y travailler non-stop (par roulement de 12 heures). Il s’agit de volontaires français et étrangers, de prisonniers de guerre et de droit commun et de personnes requises de force avec l’autorisation du gouvernement de Vichy. La plupart étaient logés dans des camps de travailleurs construits près des chantiers ou dans les casernes et établissements de Soissons.

    A l’arrivée, le quartier général se compose d’un ensemble de 40 gros bunkers construits le long de la voie de chemin de fer. Il est entouré de deux ceintures de protections. Constituées de bunkers de combats (certains camouflés en maisons ou construits dans des granges), mines, l’une était sous les ordres de l’armée de terre et l’autre sous les ordres de la Luftwaffe (armée de l’air). Les huit villages qui sont englobés dans le périmètre de défense du W2 sont évacués de leur population début mars 1944.

    La piscine Eva Braun

    Le W2 abritera le plus grand centre de transmission allemand de la seconde guerre. Le bunker n° 1, celui d’Hitler, n’est pas très loin de la voie de chemin de fer. Il possède un abri antiaérien avec des parois de plus de quatre mètres d’épaisseur. Les deux colonnes carrées de l’entrée rappellent la porte d’honneur de la cour intérieur de la chancellerie du Reich à Berlin. A proximité, un chalet a été construit (il n’existe plus aujourd’hui), avec une piscine qui sera appelée longtemps la piscine d’Eva Braun bien que la compagne d’Hitler ne soit jamais venue sur place.

    Tout cet ensemble de fortification n’aura finalement servi à Hitler que douze heures le 17 juin 1944 (voir par ailleurs) et à l’armée allemande de mars à août 1944. Les Alliés y sont entrés sans combattre le 1er septembre 1944 et ont découvert le W2 complètement abandonné.

    Si aujourd’hui nombre de bunkers des deux ceintures sont disséminés dans des champs ou chez des particuliers, les bâtiments clés du W2, dont celui où Hitler est venu, sont toujours bien là.

    Ce sont ceux-là que l’association ASW2 tente de sauvegarder depuis 2007 grâce à un énorme travail de ses bénévoles. Petit à petit, avec leurs moyens, ils remettent en état les lieux, y font des reconstitutions, organisent des visites, des expositions pour préserver ce lieu où en 1944 se sont joués en quelque sorte la réussite du débarquement allié et le sort de Paris (arrivé au W2, le message d’Hitler demandant de faire tirer tous les armes secrètes V1 et V2 sur la capitale ne fut jamais transmis aux forces allemandes sur le terrain, le général Speidel refusant de le faire et le détruisant).

    Renseignements, dons : association de sauvegarde du W2, 1 place Cholon à Laffaux. _
    Renseignements sur le www.asw2.new.fr.
    Dossier : Grégoire Amir-Tahmasseb
    Fonds d’archives USNA
    gamir-tahmasseb@journal-lunion.fr

    17 juin 1944, 8 heures : le Führer arrive au W2

    Furieux de l’avancée des troupes alliées en Normandie, Hitler convoque ses officiers au W2 le samedi 17 juin1944.

    Hitler ne « profitera » vraiment de son QG axonais que quelques heures, le 17 juin 1944. Au départ, il aurait dû venir s’installer au W2 dès le 6 juin 1944. Mais une entente entre les Anglais, Américains et les Russes déclencha deux offensives simultanément. L’une en Normandie et l’autre sur le front de l’Est. Pour Hitler, la menace russe était beaucoup plus sérieuse que le débarquement allié. Il décida donc de rester pour s’occuper de ce front-là.

    Par ailleurs, persuadé que les Alliés débarqueront par le Pas-de-Calais, il refuse de déplacer la 15e armée du Nord de la France pour l’envoyer en Normandie alors que Rommel insiste pour cela. Furieux de l’avancée des troupes alliées en Normandie, Hitler convoque ses officiers au W2 le samedi 17 juin1944.

    Rommel et Von Rundstedt furent prévenus le jour même à trois heures du matin qu’il avait rendez-vous au poste de combat W2 près de Soissons à 9 heures du matin.

    Hitler, lui, devait atterrir près de Laon mais les terrains avaient été endommagés par les bombardements alliés. Son avion se posera finalement le 16 à Metz et c’est dans un convoi blindé qu’il se rendra dans la nuit du 16 au 17 au W2. Il sera sur place à 8 heures.

    La réunion est houleuse. Rommel défend ses hommes et demande des renforts. Hitler ne veut pas en entendre parler. A 11 h 30, une alerte aérienne oblige tout le monde à se rendre dans l’abri antiaérien situé à l’arrière du QG. Hitler parle alors pour la première fois d’une arme secrète, les bombes V1 et V2, susceptible de lui faire gagner la guerre. Mais celle-ci n’est pas assez fiable.

    A 12 h 30 tout le monde quitte le bunker pour se rendre au chalet où le repas est servi. On sait que le Führer mangea des haricots verts, du riz et du fromage blanc. Il prend également beaucoup de pilules…

    Dans l’après-midi la réunion reprend de plus en plus houleuse. Rommel aborde notamment la possibilité de traiter avec les Alliés et de trouver une sortie politique de la guerre. Hitler est furieux et renvoie tout le monde. La conférence prend fin.

    Le Führer reste sur place. Il monte jusqu’au plateau de Laffaux, sans doute pour voir de loin la région de Lizy où il a combattu comme caporal pendant la Première Guerre mondiale. C’est là qu’on lui apprend qu’une de ses fameuses armes V1, déréglée, était venue s’écraser ce 17 juin au petit matin à deux kilomètres du W2. Du coup Hitler, qui s’était laissé finalement persuadé d’aller inspecter le front de l’ouest pour voir l’état d’avancement des Alliés, décide de rentrer chez lui. Il reprend son avion qui est venu le chercher sur la piste de Laon Couvron qui entre-temps avait été remise en état.

    Il est 20 heures. Hitler quitte définitivement son QG axonais.

    Base de l’Otan puis centre de commandos

    La reconstitution d’une ville a été aménagée sur le site dans les années 70 afin de permettre l’entraînement de commandos.

    Après la guerre, en 1945, le W2 fut notamment utilisé par les armées américaine, française, anglaise comme centre de formation des personnels de transmissions. En 1950, l’Otan entreprend d’y installer son poste de commandement numéro 2. Elle y fera pendant deux ans de gros travaux de réhabilitation et de modernisation. De 1952 à 1966, près de 1.500 militaires travaillent dans ce centre de transmission européen de l’Otan. D’après les documents récupérés par l’association de sauvegarde du W2, ce lieu était prévu pour accueillir l’état-major de l’Ouest en cas de Troisième Guerre mondiale.

    Lorsque la France se retire de l’Otan en 1966, c’est l’armée française qui reprend les lieux. La reconstitution d’un village y fut réalisée dans les années 70 afin de permettre l’entraînement de commandos. Le GIGN s’y entraînera aussi tandis qu’au milieu des années 80 un centre de maîtres-chiens de l’armée s’installe sur place. Le site servira également de lieu de manœuvre pour différents régiments.

    Au début des années 90, l’armée abandonne les lieux, laissant alors place aux vandales, récupérateurs de métaux. En 2000 les communes de Laffaux, Margival et Neuville, dont le territoire occupe l’essentiel du W2, rachètent leur parcelle à l’état. Des projets sont envisagés mais rient de concret n’aboutit.

    Face à cet abandon programmé d’un lieu chargé par l’histoire, l’association de sauvegarde du W2 voit le jour en 2007. Même s’il reste encore beaucoup à faire, c’est à elle que l’on doit le renouveau de la partie stratégique du site.

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    Union130120c- Marne
    LIVRE : Il était une fois la Pologne

     

     

    Nous sommes à la veille de la Seconde Guerre mondiale en plein cœur de la Pologne.

    L’auteure, Brigid Pasulka qui vit aux Etats-Unis, revient sur les traces de ses origines polonaises. Elle a besoin de connaître l’histoire de ses aïeux, et se met à écrire leur roman. Celui d’un couple très amoureux dont la vie pleine de promesses est perturbée par la guerre.

    Une histoire presque vraie précise le titre. Brigid est en effet réellement originaire de Cracovie. C’est elle, Beata, la petite-fille de son roman qui apprend tout de la Pologne d’aujourd’hui. Ce pays lui offrira-t-il à elle aussi un avenir radieux ?

    F.K.

    En route vers un avenir radieux. Brigid Pasulka. ZdL éditions. 540 pages. 21,90 euros.

     

     

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    Union130120b- Marne
    LIVRE : Charles Péguy : l’ultime chemin

    L’écrivain Charles Péguy fut tué au front, lors de la Première Guerre mondiale, au début de la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914.
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  • Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Charles Péguy en lieutenant de réserve remplit son devoir et répond à la mobilisation. Normalien, écrivain, patriote, catholique, il est un défenseur éclairé des valeurs qui concourent à l’identité de la France. Il sera combattant par devoir et remplira sa mission dans l’honneur en menant ses hommes au combat pour empêcher l’envahisseur de s’emparer de son pays. Les débuts du conflit sont difficiles et lorsqu’il quitte la Seine-et-Marne où il a rejoint le 276e régiment d’infanterie de Coulommiers, il ignore que quelques semaines plus tard, presque revenu à son point de départ il tombera au feu en soldat glorieux.

    Michel Laval revient sur le dernier mois de vie de Péguy qui disparaît le 5 septembre 1914 à Villeroy. Victor Boudon qui en son temps avait fait ce travail mémoriel de son dernier mois auprès de son lieutenant décrivait ainsi Péguy qui, sans précaution encourageait ses soldats à ouvrir le feu contre l’ennemi hurlant : « Tirez ! tirez ! Nom de Dieu ! » Et le témoin d’ajouter : « D’aucuns lui crient et je suis de ceux-là : nous n’avons pas de sac, mon lieutenant, nous allons tous y passer ». Péguy n’en a cure car il n’est pas question chez cet homme entier qui assume toujours la totalité de ses engagements de reculer ou de renoncer : « Moi non plus je n’en ai pas ! Voyez, tirez toujours ! ». Il est face aux lignes allemandes qu’il scrute avec méthode pour tenter de comprendre ce que prépare un adversaire tout aussi déterminé. « Au même instant, une balle meurtrière brise ce noble front. Il est tombé tout d’un bloc, sur le côté et de ses lèvres sort une plainte sourde, comme un murmure, une dernière pensée ».

    C’en est fini d’un géant de l’écrit. « La démence de haine et d’inhumanité » a eu raison de lui ». Glorieux mort, resté fidèle jusqu’au dernier souffle à ses promesses, il a « rendu son sang pur comme il l’avait reçu ». Il est écrit-on encore : « Couché dessus le sol à la face de Dieu ». Péguy avant de tomber a partagé la condition des pantalons rouges et a puisé au cœur de ses certitudes et de sa foi les raisons qui lui font admettre la nécessité de se battre, d’admettre dans un premier temps que l’ennemi est puissant et peut-être capable de s’emparer de Paris.

    Les militaires ennemis qui progressent et qui pillent les bourgs et villages qu’ils conquièrent l’affirment. La France va tomber et leur empereur sera roi de France. Péguy a raison d’espérer parce qu’à force d’avancer trop vite, Joffre est en capacité sur la Marne de retourner la situation et de contraindre des Allemands certains d’une guerre courte, rapide et victorieuse à rebrousser chemin et à constituer un front immobile précurseur de la guerre de position. Péguy rêvait aussi d’un conflit bref mais au terme de quatre années d’une guerre totale et meurtrière, la France éreintée est debout parce que d’autres ont relayé son esprit. Comme l’écrivait Maurice Barrès : « Et maintenant que vous connaissez la chaude pensée animatrice qui le place dans le droit fil de la France éternelle, regardez-le agir et mourir tel que le portraiture son témoin véridique ».

    Hervé Chabaud

    « Tué à l’ennemi, la dernière guerre de Charles Péguy », Michel Laval, Calmann-Lévy, 432 p., 22 euros.

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    Union130120a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Exploiter la victoire du Fezzan

    Leclerc prêt à l’action.
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  • Les Anglais capturent un lance-fusée en Tunisie.
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  • Encore un long chemin jusqu’à Tunis.
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  • Claude Hettier de Boislambert : un voyage inconfortable.
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  • Libye. De Gaulle invite Churchill à associer les Forces françaises libres à la VIIIe armée britannique pour gagner les batailles de Tripolitaine et de Tunisie. Il tient à ce que les forces de Leclerc soient associées pour conforter aussi la pertinence contestée de la France combattante ainsi que sa légitimité.

    Lorsqu’il écrit à Churchill le 15 janvier 1943, de Gaulle ne sait pas qu’il est plus que jamais menacé de marginalisation. Il tient à rappeler au Premier ministre anglais que le succès remporté par le général Leclerc au Fezzan permet sans attendre d’engager la bataille décisive qui doit être menée en Tripolitaine et en Tunisie où la résistance des troupes italo-allemandes peut être brisée, pour peu que les Américains et les Britanniques n’oublient pas qu’ils ont d’autres alliés opérationnels et rodés à la guerre dans des espaces désertiques. « L’occupation du Fezzan par les Forces françaises venues du Tchad et l’incorporation des troupes de Djibouti dans les forces combattantes me permettent de consacrer à ces opérations, une division légère motorisée, une division d’infanterie à trois brigades, une brigade d’infanterie non endivisionnée », résume le chef de la France combattante.

    De Gaulle sait très bien que tout peut basculer. Il en informe Leclerc pour qu’il redouble de vigilance. Il accuse le pseudo-Conseil impérial d’Alger de manipuler l’information pour faire croire que les troupes de la force L vont passer dans les jours prochains sous l’autorité du général Giraud. « Je vous demande donc instamment d’observer et de faire observer à tous une complète réserve vis-à-vis du général Giraud. Et d’expliquer : Ces histoires ont pour objet de tromper l’opinion française et mondiale au moment où la France combattante mène une partie très dure mais pleine d’espérances dans l’affaire de l’Afrique du Nord ».

    Leclerc conforté

    Pour encourager les soldats qui se battent avec le même enthousiasme et dans l’esprit des valeurs et des principes actés lors de l’appel du 18 juin, le général de Gaulle adresse le 17 janvier 1943, un télégramme au général Leclerc qui est à Brazzaville : « Je vous prie de notifier aux troupes et services qui ont participé aux opérations du Fezzan l’ordre suivant de ma part : la victoire française du Fezzan est une étape importante vers la libération et la vengeance de la patrie ». Il valorise les qualités d’un Leclerc dont il comprend le rôle dans l’ensemble des engagements qui exigent de l’audace opérationnelle : « Général, sous votre commandement habile et audacieux, les troupes et l’aviation du Tchad ont su préparer méthodiquement et exécuter hardiment une des opérations offensives les plus difficiles de cette guerre. Les trésors d’ardeur et de discipline et de courage qu’elles ont dépensés constituent pour les Français soumis à l’oppression de l’ennemi, un puissant réconfort et pour le monde une preuve nouvelle de ce que valent nos armes quand elles sont confiées à des chefs dignes de la France ».

    Il est clair que ces félicitations justifiées qui sont adressées comprennent une critique évidente des officiers généraux opportunistes qui cherchent à profiter des transformations politiques en Afrique du Nord pour obtenir des responsabilités des Américains. Etre Français est pour de Gaulle une fierté qui ne souffre pas les accommodements pour satisfaire son ego. « Demain soyez-en certains, les Forces françaises, inspirées par l’exemple et animées par l’esprit des troupes que vous commandez, seront rassemblées pour les grandes victoires ». C’est aussi reconnaître à Leclerc un rôle majeur dans les combats qui vont être conduits. En adressant une copie à toutes les délégations de la France combattante, l’Homme du 18-Juin prend date et consacre Leclerc comme un très grand de la France libre.

    Etre en bon ordre

    Dubitatif sur l’esprit qui prévaut chez les Anglais et les Américains, de Gaulle adresse dans un second télégramme en date du 17 janvier 1943 plusieurs indications à Leclerc : « Vous allez recevoir des instructions personnelles et secrètes relatives à la concentration de troupes à opérer en Afrique du Nord, plus particulièrement des troupes sous votre commandement avec celles provenant de Djibouti et du Levant ». Le Général prévient : « Ces nouvelles dispositions vous éloigneront de votre commandement de l’AFL qui deviendra un commandement territorial ». Le chef de la France combattante envisage deux commandants pour se substituer à Leclerc, le général Marchand ou le colonel Ingold qui a été à la tête d’une colonne motorisée lors de l’offensive du Fezzan.

    Il est patent que de Gaulle veut assurer l’avenir de la vraie France. S’il est mis en difficulté ou empêché alors Leclerc couvert de la gloire récente du combattant victorieux pourrait surgir avec une toute autre légitimité que celle revendiquée par un général Giraud certes évadé d’Allemagne mais qui n’a jamais exprimé un commencement de sympathie gaulliste. Toujours le 17 janvier, de Gaulle écrit une instruction personnelle et secrète au général Catroux, au général François d’Astier de la Vigerie, au contre-amiral Auboyneau, au médecin général inspecteur Sicé qui sont alors à Londres ainsi qu’au général de Larminat au Caire et au général Legentilhomme à Madagascar. Il s’agit d’un document très secret où de Gaulle prépare l’engagement durable en Tripolitaine et Tunisie.

    Comme il ne sait pas si les conditions vont enfin être réunies pour placer sous un commandement unique toutes les Forces françaises d’Afrique, il tient à ce que les FFL s’investissent complètement aux côtés de la VIIIe armée de Montgomery. Il détaille tous les moyens qui doivent être disponibles. Il veut placer ces unités sous la direction du général de division de Larminat et il lui désigne un chef d’état-major le colonel Vautrin. On remarque aussi le souci gaulliste d’un emploi judicieux d’une brigade d’infanterie des troupes spéciales qui est confiée à un colonial, le colonel Lelong.

    La volonté d’associer toutes les armes de la France combattante dans cette bataille qu’il estime décisive pour libérer l’Afrique de la présence des troupes de l’Axe est évidente. C’est pourquoi il prévoit de maintenir à disposition de Larminat le groupe d’aviation « Bretagne » ainsi qu’une division légère de deux contre-torpilleurs, une division légère de trois avisos et de deux patrouilleurs destinés à participer aux opérations navales en Méditerranée orientale. Avant de conclure : « J’interviens auprès des chefs d’état-major britanniques à Londres pour que les mesures concernant le transport, la concentration et le complément d’armement et d’équipement de tous les éléments de ces forces soient hâtées de toute urgence ». La même demande doit être relayée par le général Catroux, commandant en chef au Levant, auprès du commandement britannique en Middle-East.

    Le dernier télégramme transmis le 17 janvier 1943 à Leclerc est destiné à être porté à la connaissance des populations du Fezzan : « Généreuses et vaillantes populations du Fezzan, je vous adresse le salut de la France dont les armes viennent de réaliser votre libération et assurent désormais votre protection. Au Fezzan comme partout ailleurs, la France est et demeurera l’amie sincère et éprouvée des musulmans. Grâce à la défaite de notre ennemi commun, le Fezzan va trouver sous l’autorité française, l’ordre et la paix, s’il plaît à Dieu ». De Gaulle affirme donc son autorité et tient à ce que les affaires françaises ne soient pas traitées par les Alliés qui n’ont pas à se substituer à la légitimité qu’il incarne. Il se veut le gardien d’une souveraineté française dont seul le peuple de France peut choisir demain par les urnes l’expression.


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    L’audace du capitaine Behr

    Les derniers assauts sur Stalingrad vus par deux peintres soviétiques.
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  • Que peuvent encore Paulus et ce qui reste de sa VIe armée à Stalingrad ? Le 13 janvier 1943, le général allemand dépêche au quartier général du Führer le capitaine Winrich Behr.

    Il doit rendre compte en personne à Adolf Hitler de la situation désespérée des combattants allemands dans la ville soviétique en ruines. L’appareil qui transporte l’officier se pose à Novocherkassk pour ravitailler et rejoindre l’Allemagne. Le maréchal Manstein ne s’oppose pas à cette démarche et demande à ce que Behr prenne avec lui une copie du journal de marche de la VIe armée, très explicite sur la situation au front.

    Paulus recense désormais ses unités anéanties au cours des dernières heures. La tragédie est sans précédent pour l’armée allemande. Les 44e, 76e, 113e, 297e, 376e, 384e, qui sont des divisions d’infanterie mais aussi les 3e et 60e divisions motorisées sont hors de combat. En revanche, la 29e division motorisée du général Leyser est encore en capacité de mouvement et prête à percer à l’Est si l’ordre lui en est donné.

    Arrivé à Rastenburg, Behr est impressionné par tous les officiers qui cogèrent le grand quartier général. Hitler le reçoit et lui demande de s’exprimer en toute liberté. Le maître du Reich ne l’interrompt pas lorsqu’il détaille le quotidien des combattants et recense toutes les difficultés accumulées qui empêchent les régiments de reprendre le contrôle de la situation. Après un temps de silence, Hitler s’exprime : « Des erreurs ont été commises mais une contre-offensive reste possible. Il faut seulement rassembler les forces nécessaires. Pendant ce temps, Paulus sera ravitaillé par avion ». Or les norias ne peuvent plus être assurées que par une soixantaine d’appareils ! Un officier d’état-major conforte les propos du Führer. Le pont aérien promis par Goering doit tout résoudre.

    Behr est stupéfait et renchérit : « Ce pont aérien ne fonctionne même pas tous les jours en raison des conditions météorologiques. Lorsqu’il est opérationnel, il est très insuffisant ». Hitler reprend : « Ce n’est pas ce qu’affirment les rapports de la Luftwaffe ! ». Le capitaine veut à nouveau s’exprimer mais le maréchal Keitel lui fait signe de s’abstenir. Il passe outre : « Beaucoup d’appareils décollent sans doute, mais beaucoup sont abattus par l’artillerie antiaérienne ou la chasse ennemie. Quant aux parachutages ils tombent fréquemment en zone tenue par l’adversaire ».

    Behr très grave conclut : « Le problème capital est celui du ravitaillement mein Führer. C’est une question de vie ou de mort. Ou nous serons ravitaillés dans vingt-quatre, quarante-huit heures tout au plus ou nous ne pourrons pas survivre ».

    Hitler écourte l’entretien alors que Keitel est furieux de l’attitude d’un simple capitaine : « Je vous remercie de votre franchise. Je vais examiner la situation avec les responsables. Vous pouvez vous retirer ». Behr quitte la salle des cartes. Il a brisé le front des mensonges autour du Führer mais il ne croit pas au miracle et il sait l’étau que serre l’ennemi autour de Stalingrad. Le terminus du pont aérien est sur le point de tomber entre les mains des Soviétiques.

    Les premiers T 34 sont en bout de piste et on fait décoller en urgence les six derniers Messerschmitt 109 qui s’y trouvent. Pitomnik est tombé et voici que même Manstein est contraint d’évacuer son PC de Novocherkassk. Il se replie sur Taganrog, à une centaine de kilomètres à l’ouest. C’est tout le groupe d’armées du Don qui vacille désormais.

    Du côté de la Luftwaffe, le général Erhard Milch reçoit l’ordre de tout tenter pour ravitailler Stalingrad. Cent appareils supplémentaires sont mis à sa disposition. Les transporteurs en ont déjà perdu quatre cents. Comme Pitomnik est tombé, ils décident d’utiliser Goumrak or les chasseurs ne peuvent même plus s’y poser ! Et le génie de la Luftwaffe a été décimé ! Les survivants sans nourriture et épuisés n’ont plus la force de remettre la piste en état. Manstein le reconnaît : « C’est trop tard ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Anfa : un premier entretien glacial

    Roosevelt à son arrivée au Maroc.
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  • De Gaulle se rend chez le ministre anglais des Affaires étrangères.
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  • Le général Giraud discute avec Lord Gort et le ministre résident britannique Harold Macmillan.
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  • Tension. Lorsqu’il arrive le 17 janvier à la mi-journée au ministère des Affaires étrangères à Londres, de Gaulle imagine, un nouveau coup du gouvernement anglais. Eden lui annonce une « communication hautement confidentielle ». Il va devoir se rendre au Maroc.

    Le ministre des Affaires étrangères est préoccupé lorsqu’il accueille le chef de la France combattante en compagnie de sir Alexander Cardogan. Il explique à son interlocuteur que le Premier ministre Winston Churchill et le président des Etats-Unis Franklin Roosevelt sont au Maroc. Il lui remet alors un télégramme du chef du gouvernement britannique. « Je serais heureux que vous veniez me rejoindre ici par le premier avion disponible que nous fournirons. J’ai en effet la possibilité d’organiser un entretien entre vous et Giraud dans des conditions de discrétion complète ».

    Une réponse cinglante

    Le Général estime qu’il lui faut réfléchir et interroge sur les commanditaires de l’invitation : « S’agit-il du seul Premier ministre du Royaume-Uni, ou est-ce à la fois Winston Churchill et le président des Etats-Unis ? ». Il se demande aussi si le chef du gouvernement anglais ne cherche pas à avoir son poulain comme le président américain a le sien avec Giraud. Il hausse alors le ton à l’adresse du ministre des Affaires étrangères : « Est-ce ainsi que l’on traite la France ? Dans un territoire sous souveraineté française ? ». Il prend congé puis est de retour au Foreign office vers 17 heures. Il lit alors à Anthony Eden la réponse qu’il adresse à Churchill : « Votre message est pour moi assez inattendu. Je rencontrerai volontiers Giraud en territoire français où il le voudra et dès qu’il le souhaitera mais l’atmosphère d’un très haut aréopage allié autour de conversations Giraud-de Gaulle et d’autre part les conditions soudaines dans lesquelles ces conversations me sont proposées ne me paraissent pas les meilleures pour un accord efficace ».

    Eden est très embarrassé parce que le chef de la France combattante est convaincu que le Premier ministre anglais a assuré l’administration de la Maison Blanche que son déplacement ne serait qu’une simple formalité. De Gaulle tient à se différencier pour évaluer jusqu’où il peut aller face aux Anglo-saxons. Il éprouve leurs nerfs mais sait aussi qu’il peut mettre Churchill en difficulté face à Roosevelt. Le Général essaie de se montrer constructif et un rien conciliant. Pour contrer un coup de gueule de l’homme fort du 10, Downing street, il recommande des entretiens simples entre Français pour poser les conditions d’un accord utile pour tous. C’est d’une rencontre entre Français que de Gaulle veut et il n’accepte pas que Giraud revendique son autorité de général d’armée pour tout régenter alors qu’il a été trop de fois ambigu sur le fond de sa pensée.

    Emploi du temps maintenu

    « Que veulent les Alliés ? Un nouveau Montoire à leur profit ? », questionne ironique de Gaulle. Lorsqu’il quitte pour la seconde fois le Foreign office, le Général est agacé et il confie son irritation à son aide de camp le capitaine Teyssot : « Ils veulent me faire avaler Vichy. Il n’y a rien à faire, je ne marche pas ». Pour l’heure, il n’est pas question qu’il change son emploi du temps. Il doit se rendre le 18 auprès des Forces navales françaises libres à Weymouth, où se trouve son fils Philippe. Il maintient cet engagement et prend son temps pour bien être au fait des formations en cours, des besoins pour renforcer les unités, des difficultés et de la manière dont elles sont surmontées. Lorsqu’il est de retour à Londres, il s’attend à ce qu’un télégramme vindicatif et véhément du Premier ministre anglais l’attende sur son bureau.

    Il n’en est rien mais le 19 janvier 1943, le message arrive et le met en colère : « Je suis autorisé à vous signifier que l’invitation qui vous a été adressée vient du président des Etats-Unis aussi bien que de moi-même ». Après quelques phrases destinées à expliquer cette démarche conjointe, il se fait plus menaçant : « Si vous persistez dans votre refus, les conséquences porteront un grave dommage à la France combattante ». Churchill précise que si de Gaulle préfère la politique de la chaise vide, les conversations auront lieu en son absence et les décisions qui seront prises s’imposeront à lui. Le Général estime qu’il est face à une forme de chantage aussi choisit-il de réunir de toute urgence le Comité national.

    Devant les commissaires, il explique ses réserves qui sont même des réticences mais la majorité du Comité se prononce en faveur de ce voyage au Maroc même s’il est d’une certaine manière imposé. Il n’est pas question que les Américains et les Anglais décident pour la France avec l’aval d’un général français aux postures incertaines et dont l’antigaullisme est notoire. De Gaulle est un peu déçu mais il se soumet au résultat du vote et déclare : « J’irai au Maroc pour me rendre à l’invitation de Roosevelt. Je n’y serai pas allé pour Churchill seul ». La décision étant actée, il rencontre à nouveau le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden.

    L’atmosphère est glaciale et il lui lit sans y mettre le ton le texte de sa réponse : « Vous me demandez de prendre part à l’improviste à des entretiens dont je ne connais ni le programme ni les conditions et dans lesquels vous m’emmenez à discuter soudainement avec vous des problèmes qui engagent à tous égards l’avenir de l’Empire français et celui de la France », insiste-t-il pour mieux exprimer son mécontentement et son sentiment d’un déplacement forcé. Avant d’ajouter : « Mais la situation générale de la guerre et l’état où se trouve provisoirement la France ne me permettent pas de refuser de rencontrer le président des Etats-Unis et le Premier ministre de sa Majesté ». On remarque que sciemment, il ne cite que les fonctions mais pas les noms.

    Ne rien céder

    L’avion qui est affrété pour le voyage est inconfortable et est parallèlement utilisé pour acheminer des matériels. C’est ainsi que Claude Hettier de Boislambert qui l’accompagne doit s’asseoir à même le sol devant le Général. Le capitaine Tayssot n’est pas dans une meilleure posture. Il y a ici de la part des Anglais, une forme de mépris à l’égard de la France combattante. De Gaulle fait étape à Gibraltar où il est correctement reçu par le général MacFarlane. En revanche, lorsque son appareil se pose le 22 janvier sur l’aéroport de Fedala au Maroc, il manque de s’étrangler. Le chef de la France combattante n’est pas diplomatiquement accueilli. Sur un territoire français, il s’agit d’un manquement inadmissible mais probablement volontaire. Bien sûr, un général américain Wibur est chargé de le prendre en charge. L’entourage de Roosevelt a choisi un officier qui a suivi les cours de l’Ecole de guerre à Paris. Il y a également, un fonctionnaire délégué par Churchill ainsi que le colonel de Linarès, dont la mission semble être de transmettre simplement une invitation à déjeuner du général Giraud. Pis au moment où il monte dans le véhicule qui lui est indiqué, le Général constate qu’on macule les vitres de boue pour que personne ne puisse le reconnaître. Il se croit la vedette malgré lui d’un pitoyable scénario de roman de gare. Il est clair que son arrivée est maintenue secrète. Il est conduit sur la colline d’Anfa où doivent se tenir les conversations. De Gaulle se sent captif mais il est déterminé à ne rien céder. Il rencontre Giraud qui lui lance un : « Bonjour Gaulle ».

    Le chef de la France combattante réplique : « Bonjour mon général. Je vois que les Américains vous traitent bien ! ». Avant d’ajouter cinglant : « Je vous ai par quatre fois proposé de nous voir et c’est dans cette enceinte de fil de fer, au milieu des étrangers, qu’il me faut vous rencontrer. Ne sentez-vous pas ce que cela a d’odieux au point de vue national ? ». Cela promet d’autant que de Gaulle exige que sa protection soit assurée par des soldats français et non des sentinelles américaines. Et il obtient gain de cause !

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    Union130119a - Marne
    REIMS : Mercredi 23 janvier à la Maison de quartier de Reims L’histoire des harkis de Reims

    Mercredi 23 janvier à l’initiative de la Licra et de la Maison de quartier des Épinettes aura lieu à 18 h 30 à la Maison de quartier la projection du film « L’Histoire des Harkis de Reims ». Au programme en première partie : Mektoub, en Algérie de 1954 à 1962 et en deuxième partie : Le pont de Witry de l’arrivée à Reims à nos jours.

    Installés à Reims dans le quartier du Canada, dit Le pont de Witry, puis devenu Les Épinettes, les Harkis subissent une double discrimination et leurs descendants eux-mêmes ont reçu le nom de Harkis qui les désigne comme une population à part : ni totalement « Français », ni vraiment « Algériens ». C’est de leur histoire que la Licra a voulu témoigner en demandant à Pierre Coulon de réaliser un film.

    La première partie : « Mektoub » raconte la vie de ces populations et tente d’expliquer leur engagement auprès des troupes françaises.

    La seconde partie, « Le Pont de Witry », est faite de récits croisés d’histoires vécues à Reims qui, en même temps témoignent de la vie des Harkis en France de 1962 à nos jours.

    Mercredi 23 janvier à la Maison de Quartier des Épinettes, 5 rue du Général-Corbineau.

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    Union130118b - Marne
    CHALONS : Au CSC Schmit Les porte-drapeaux ont tiré les rois

     

    La manifestation très attendue des porte-drapeaux de Châlons, c’est bien le tirage des rois. Cette réunion l’une des plus conviviales s’est tenue au CSC Schmit, organisée par Gérard Coqueret, le président de l’amicale châlonnaise, avec la présence d’une soixantaine de personnes, porte-drapeaux, épouses et amis sympathisants.

    Le président a adressé une pensée particulière aux adhérents touchés par la maladie, une meilleure santé leur étant souhaitée. Après avoir dégusté la galette et levé le verre de l’amitié, une tombola était également organisée et chaque participant est reparti avec un petit cadeau.

    Trois porte-drapeaux, fidèles de toutes les cérémonies, ont été félicités par le président. Il s’agit du plus ancien, Roger Berthelot, 86 ans porte-drapeau de l’amicale des sous-officiers de réserve, de Georges Louvel, 58 ans, qui porte le drapeau des STO et Dominique Parizet, 58 ans également, porte-drapeau des anciens d’Indochine.

     

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    Union130118a - Marne
    14-18 : Les munitions de 14-18 polluent-elles l’eau du robinet ?

    L’Agence régionale de santé de Champagne-Ardenne a lancé une campagne d’analyses de l’eau distribuée via nos robinets pour déterminer le niveau de perchlorate d’ammonium qu’elle recèle.
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  • MARNE. Du perchlorate d’ammonium se trouve-t-il en quantité supérieure à la norme dans l’eau des robinets marnais et ardennais, comme c’est le cas dans la région Nord- Pas-de-Calais ? La forte présence de munitions explosives de la guerre 14-18 dans nos sols peut le laisser penser. L’Agence régionale de santé a lancé une campagne d’analyses dont les résultats seront connus au printemps.

    NE tombons pas dans l’habituel cliché de la guerre qui continue de tuer près d’un siècle après son déroulement… Néanmoins, les stigmates du conflit de 14-18 empoisonnent encore le quotidien des populations de nos régions. Chacun a, un jour ou l’autre, été confronté à la découverte d’une munition de la Première Guerre mondiale, en subissant les conséquences par une évacuation, une perturbation de circulation ou, encore plus directement, par sa proximité. Eh bien, le désagrément de 14-18 pourrait devenir journalier avec un degré de dangerosité encore bien incertain.

    L’Agence régionale de santé de Champagne-Ardenne (ARS) a lancé une campagne d’analyse de l’eau distribuée via nos robinets pour déterminer le niveau de perchlorate d’ammonium qu’elle recèle. Or, si le perchlorate d’ammonium demeure utilisé par l’industrie, sa plus grande application est celle des munitions explosives. Dès lors, la Marne et les Ardennes ne peuvent être épargnés par cette présence…

    Nourrissons et femmes enceintes

    D’ailleurs, il convient de souligner que les autorités sanitaires du Nord-Pas-de-Calais, autre théâtre du conflit de 14-18, ont détecté des concentrations anormales depuis septembre 2011. Après, un an d’analyses, l’origine industrielle de cette pollution y a été écartée. En analysant la cartographie des lieux les plus pollués, la transposition avec les zones de ligne de front de 14-18 a déterminé l’origine du perchlorate : les munitions de guerre. Une telle campagne d’analyses a simultanément été déclenchée dans l’Aisne, autre scène du conflit.

    Comme souvent, les autorités, plutôt que d’évoquer une crise sanitaire, préfère mettre en avant une suspicion de problème de santé publique, invoquant le principe de précaution en l’absence d’étude. Néanmoins, attendons de connaître les résultats des analyses au printemps, pour savoir si, comme dans la région Nord-Pas-de-Calais, des recommandations de consommation pour les populations à risques (femmes enceintes, nourrissons…) seront dans nos départements !

    Frédéric GOUIS

    10 à 20 tonnes découvertes par an

    Les munitions chimiques, la Marne connaît très bien. C’est en effet au sein du camp de Suippes que toutes celles découvertes en France sont stockées en attendant d’être détruites dans l’usine qui doit entrer en service en 2016 à Mailly-le-Camp.

    Actuellement, plus de 250 tonnes sont stockées au sein du C4 (Centre de coordination sur les chargements chimiques), car leur destruction est interdite à l’air libre depuis 1997. Et depuis, de 10 à 20 tonnes de ces munitions continuent d’être découvertes annuellement en France.

    • « Perchlo » quoi ?

    Les divers sels de perchlorate (dont celui d’ammonium) sont une substance chimique utilisée dans des produits industriels, militaires et de l’aérospatiale : munitions, explosifs, fusées, feux d’artifice mais aussi le traitement des cuirs.

    Les perchlorates peuvent se retrouver dans l’environnement à la suite de rejets industriels, mais également dans des zones ayant fait l’objet de combats pendant la Première Guerre mondiale.

    • Quels risques pour la santé humaine ?

    Les perchlorates ne sont pas à ce jour classés comme cancérogènes ou mutagènes. Le risque pour la santé humaine concerne la fonction thyroïdienne. Le perchlorate inhibe le captage par la glande thyroïde de l’iodure présent dans la circulation sanguine. Or, ce captage est essentiel pour que la glande thyroïde produise des hormones qui interviennent dans le métabolisme freinant le développement neurologique et la croissance. Ces effets se matérialiseraient chez les personnes qui souffrent déjà d’hypothyroïdie ainsi que chez les femmes enceintes et les enfants.

    • Quelles restrictions ?

    Lorsque le taux de perchlorate dépasse 4 microgrammes par litre d’eau pour les nourrissons de moins de 6 mois ou dépasse 15 microgrammes pour les femmes enceintes et allaitantes ainsi que les personnes déjà frappées d’hypothyroïdie, la norme française actuelle déconseille la consommation. Pour en savoir plus, le ministère de la Santé livre quelques explications : www.sante.gouv.fr/perchlorates-dans-l-eau-du-robinet-questions-reponses….

    « Pas un vrai risque sanitaire »

    Chef du Pôle santé-environnement à l’ARS de Champagne-Ardenne, Laurent Caffet dévoile le processus mis en place dans la Marne et les Ardennes pour détecter la présence et le niveau de perchlorate dans l’eau distribuée dans nos communes.

    Le Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne ont engagé des analyses de l’eau de consommation, qu’en est-il de la Champagne-Ardenne ?

    « Nous sommes en train de réaliser une campagne d’analyses pour détecter la présence de perchlorate dans la Marne et les Ardennes depuis l’automne. L’objectif est d’obtenir des résultats complets pour ensuite communiquer au printemps, une fois la cartographie complète réalisée comme cela a été fait dans le Nord-Pas-de-Calais. Nous procédons à des analyses sur les 600 captages. »

    Le perchlorate est dangereux pour la santé ?

    « La problématique est encore en cours de recherche et est sujette à évaluation par l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire). Les valeurs retenues pour le moment sont extrêmement sévères. Mais aucune étude épistémologique ne montre d’effet sur l’organisme tout comme aucune étude ne peut conclure à l’innocuité de cette substance… De plus, les valeurs relevées sont-elles sujettes à fluctuation dans les nappes phréatiques comme le sont les nitrates ? Nous essayons de lever ces interrogations en pratiquant des confirmations des analyses des captages. »

    Cette substance n’était pas déjà recherchée lors des analyses ?

    « Non, car cette molécule a été redécouverte récemment lors d’une pollution industrielle en Aquitaine. Suite à cela, le champ de recherches a été étendu à différentes zones. »

    La présence de perchlorate dans l’eau peut-elle déboucher sur des restrictions de consommation ?

    « Si une action est décidée, je pense qu’elle prendra la forme, comme en Nord-Pas-de-Calais, de recommandations plutôt que de restrictions car nous ne sommes pas face à un vrai risque sanitaire. D’ailleurs, si l’hypothèse de lien avec les munitions du conflit de 14-18 se vérifie, nous le verrons en rapprochant la cartographie avec les lignes de front, on sait déjà que cette pollution très ancienne n’a pas entraîné de répercussion sur la santé, aucune observation sur les populations locales ayant été relevées. »

    Existe-t-il des systèmes de purification pour éliminer ces perchlorates de l’eau ?

    « Ces ions sont difficiles à traiter avec des procédés traditionnels comme les charbons. Cela peut se faire avec des résines échangeuses d’ions, un procédé est en cours d’évaluation dans le Nord mais semble assez difficile à réaliser. »

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    Union130115b - Marne
    LA NEUVILLETTE : Anciens combattants : Le Bal à Papa c’est le 24 février

    Un comité très actif.
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    Lors de la première réunion du comité des anciens combattants de La Neuvillette de 2013, le président Jean Ledoux avait mis à l’ordre du jour bon nombre de questions.

    Dans l’immédiat, c’est de l’organisation du fameux Bal à Papa qu’il faut s’occuper. Le partage des tâches est effectué selon des principes maintenant bien rodés.

    Ce grand bal, le 44e du nom, se déroulera le dimanche 24 février à partir de 15 heures au caveau De Castelnau, 5 rue Gosset à Reims. La réunion s’est terminée par le partage de la galette des rois dans une ambiance conviviale.

    Réservation à partir du 11 février, 142, rue de Vesle à Reims, tél. 03.26.47.10.11.

     

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    Union130115a - Marne
    REIMS : [BILAN 3/3] La Pompelle : monte en puissance

    Le fort est désormais dans le giron de la Ville.
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  • Le fort a désormais en ligne de mire le centenaire de 1914
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  • Archives l’union
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  • REIMS (Marne). Suite et fin de notre tour d’horizon des musées. La Pompelle mise gros dans la perspective de 2014.

    Pour le fort de La Pompelle, site mémoriel dédié à la Grande Guerre, la fréquentation a fait preuve de stabilité en 2012. Sur cette question, c’est le conservateur, Marc Bouxin, qui répond : « Le nombre de visiteurs en 2012 s’est élevé à 11 353 exactement, ce qui est à peu près la même chose que l’année précédente ; c’est un bon résultat, compte tenu du fait que le site a été globalement ouvert moins longtemps sur l’année en raison du changement de gestionnaire. »

    Salle multimédia et effets spéciaux

    Depuis le 1er janvier 2012 en effet, ce fort est passé dans le giron de la Ville de Reims, alors qu’auparavant c’était une association loi 1901 qui tâchait de le faire vivre. 2012 aura aussi été marquée pour ce monument par des travaux qui auront pu, eux aussi, perturber quelque peu les visites ; travaux portant sur le réaménagement de la porte d’entrée. Certains passants auront pu croire, à tort, qu’on ne visitait pas pendant cette période.

    Quant à l’année 2013, elle sera essentiellement une année de transition : étant donné sa thématique, le fort de La Pompelle va, comme on peut s’en douter, miser gros plutôt sur l’année 2014 marquant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Dans cette perspective, une autre série de travaux de consolidation de l’existant ont été lancés il y a deux mois environ et plusieurs tranches vont se succéder ; du coup, la surface accessible au public devrait à terme être accrue de quelque 40 % ! Sont concernées, entre autres, les cours intérieures et une sorte de blockhaus d’angle qui pourrait devenir l’élément vedette du site, « la caponnière double ».

    Et pour renforcer l’attractivité de la visite, est prévue notamment une salle multimédia avec effets spéciaux. L’adjoint concerné, Jacques Cohen, aurait même l’idée, selon le conservateur, d’une reconstitution de bataille aérienne qui permettrait au visiteur de se glisser dans la peau d’un pilote ou d’un navigateur…

    Voilà qui met en appétit et qui, en tout cas, romprait sensiblement avec le côté très (trop) statique des vitrines d’aujourd’hui.

    Antoine PARDESSUS

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    Union130113f - Marne
    VALMY : Pire que la gastro, le « mal prussien » !

    Quelques mois après la bataille de Valmy, un médecin mandaté par la Convention estima qu’environ 1 000 habitants répartis dans 16 villages voisins du site avaient été affectés par la « courée prussienne ».
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  • Les raisins de Valmy ne furent sans doute pas les seuls responsables de la dysenterie qui décima l’armée prussienne.
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  • SAINTE-MENEHOULD (Marne). Le dernier numéro du Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne fait la lumière sur un élément controversé de la bataille de Valmy : le fléau de la « courée prussienne ».

    Le 20 septembre 1792, les combats font rage sur le plateau de Valmy. Dans les rangs des Prussiens, des milliers de soldats se tordent de douleur. Ils n’ont pas tous été touchés par un tir. Certains, pliés en deux, souffrent d’un mal à qui on a donné le surnom de « courée prussienne » ou « mal prussien ».

    Dans son numéro de décembre 2012, Le Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne éclaire, sous la plume de John Jussy, ce qu’on a pris, parfois, pour une simple colique liée à la consommation des raisins de Valmy. « Des Prussiens affamés qui mangent des raisins, qui attrapent la colique et qui en perdent la guerre, voilà un cliché amusant et qui fait plaisir… mais où est la vérité ? », s’interroge le responsable de la revue d’histoire locale.

    Décimés par la dysenterie

    L’affaire est plausible. Il y avait effectivement de la vigne un peu partout en Argonne à cette époque et les soldats, français comme ennemis, volaient les échalas pour alimenter leurs feux. Pour ce qui est des raisins, ils ne sont sans doute pas les seuls responsables de la dysenterie qui affecta l’armée prussienne à l’époque de la bataille.

    Un mois après les combats, la Convention envoya en Argonne deux officiers de santé chargés d’évaluer l’état sanitaire de la région. Après qu’ils eurent remis leur rapport, on mandata sur place l’un des meilleurs médecins du secteur. C’est lui, le premier, qui évoque une « dysenterie épidémique » propagée par l’armée prussienne. Ce mal se serait répandu dans la population civile locale et jusqu’à Châlons. Le mauvais temps, le manque de nourriture et d’eau potable facilitèrent la contagion.

    Un millier de malades dans la population locale

    Selon la revue d’histoire locale, le Dr Auger estima que, dans les 16 villages du secteur, 1 000 individus sur 4 000 habitants avaient été touchés de manière plus ou moins grave par la maladie. Car il ne s’agissait effectivement pas d’une vulgaire colique. Les symptômes de la dysenterie allaient de la « diminution des forces, frissons légers, serrement douloureux des entrailles » à des développements plus graves de type lientérie et des cas mortels engendrés par une « gangrène aux intestins ». Les soldats n’ont évidemment pas été les seuls à contracter la maladie. Les habitants de Valmy et des villages voisins aussi en ont souffert.

    Lorsqu’il ne raconte pas des histoires dans Le petit journal de Sainte-Ménehould, John Jussy anime des visites guidées sur le site du moulin de Valmy. Il y évoque souvent cet épisode consécutif à la bataille. Il souligne ainsi le sort des militaires prussiens morts de la « courée » et qui ont été enterrés à la hâte dans des tranchées creusées à la Côte de la Lune où était leur campement. Un camp que les paysans du coin surnommèrent le « camp de la crotte »…

    L’affaire des raisins de Valmy et bien d’autres articles étonnants sont à retrouver dans le n° 57 du Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne paru en décembre.

    Stéphanie VERGER

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    Union130113e - Marne
    Ardennes : les archives départementales lancent un appel

    A l’occasion du 100e anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, une vaste campagne de collecte de documents est lancée par les archives départementales.
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  • L’année 2014 marquera le centième anniversaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, événement fondateur de notre histoire contemporaine qui occupe aujourd’hui encore une place centrale dans la mémoire collective.

    Sa dureté a en effet marqué à jamais chaque famille et chaque commune ardennaise et le département des Ardennes a été le théâtre d’immenses destructions matérielles et humaines, qui donnent plus qu’ailleurs une résonance encore profonde dans nos mémoires.

    Le conseil général des Ardennes est d’ores et déjà attentif à la préparation de cette grande échéance mémorielle. C’est la raison pour laquelle les archives départementales lancent une vaste campagne de collecte de tous documents (photographies, affiches, correspondance, journal de guerre, presse, etc) sur cette période, en français ou en allemand, susceptibles d’être détenus par les particuliers, les familles, les professionnels, retraçant les événements et le quotidien de la Grande Guerre. Ces documents viendront enrichir les fonds d’archives déjà conservés par les archives départementales ou combler des lacunes au regard des nombreuses pertes et destructions d’une partie des archives au cours des opérations de guerre.

    Cet appel a pour but de collecter, par don ou achat de documents originaux, les derniers témoignages des événements de la Grande Guerre pour les transmettre aux générations futures, afin qu’elles n’oublient pas ces événements qui ont marqué les Ardennes et qui ont contribué à la naissance de notre monde actuel, il y a cent ans.

    Les personnes disposant de documents peuvent s’adresser aux archives départementales des Ardennes, 10, rue de la Porte de Bourgogne, 08011 Charleville-Mézières Cedex (tél.03.24.57.40.06, courriel : archives@cg08.fr).

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    Union130113d - Marne
    Un livre sur Soissons au cœur de la Grande Guerre

    Jean-François Jagielski travaille sur la Grande Guerre depuis plus de vingt ans.
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  • AISNE. Jean-François Jagielski signe un nouvel ouvrage qui est une plongée au cœur de la Grande Guerre dans le Soissonnais mais aussi dans la période moins connue de la reconstruction.

    On pourrait penser que tout a été dit, écrit, analysé, sur la Grande Guerre. On en est loin, tant cette période tragique de notre histoire, qui a particulièrement meurtri la région, demeure un champ inépuisable d’études pour tous ceux, à l’image de Jean-François Jagielski, qui s’intéressent à cette période.

    C’est en visitant, il y a plus d’une vingtaine d’années, les carrières de Confrécourt avec Jean-Luc Pamart, le fondateur et président de l’association Soissonnais 14-18, que cet historien avait pris conscience de l’importance que revêt, ici, cette guerre que l’on croyait être la Der des ders.

    Depuis, Jean-François Jagielski n’a eu de cesse, avec d’autres, d’en explorer tous les aspects. Avec le nouveau livre que viennent de publier les éditions du Trotteur Ailé*, l’enseignant a choisi de se plonger Au cœur de la Grande Guerre mais avec une double particularité.

    Là où tout se noue et se dénoue

    « C’est le premier ouvrage synthétique consacré à cette période sur le Soissonnais, à l’ouest, au sud et au nord de Soissons. Curieusement, cela n’avait jamais été fait alors qu’il s’y passe énormément de choses. C’est dans toute la vallée de l’Aisne que se nouent et se dénouent les événements », explique tout d’abord Jean-François Jagielski, qui a aussi fait le choix d’écarter le Chemin des Dames de cette étude, tant, à l’inverse du Soissonnais, « ce plateau de sombre renommée a déjà fait l’objet de nombreuses publications historiques centrées, pour l’essentiel, sur l’année 1917 et les combats liés à l’offensive du général Nivelle ».

    Dans le Soissonnais, rares auront été les communes à échapper aux rigueurs de la guerre, même si certaines y ont, plus que d’autres, payé un lourd tribut, comme Cœuvres, Fontenoy, Crouy, Nouvron et évidemment Soissons, « cité martyre et héroïque ».

    Lors de ses recherches, Jean-François Jagielski s’est notamment intéressé aux « rumeurs que sécrète chaque guerre ».

    « Pays aplatis »

    L’autre spécificité voulue par l’auteur, c’est de ne pas se limiter aux seules quatre années de la guerre, mais de s’intéresser également à l’après-guerre puisque le livre couvre la période allant jusqu’à 1935, autour de trois verbes clés : revenir, reconstruire, commémorer dans cette région que l’écrivain Roland Dorgelès, rappelle l’historien, qualifiait de « pays aplatis où il n’y avait plus à récolter que de la ferraille et des os ».

    L’un des immenses « chantiers » de l’après-guerre concerne notamment « toute la gestion de la mort », de la recherche et l’identification des corps jusqu’à leur inhumation. La création de nécropoles, comme celle d’Ambleny qui est la plus vaste de l’Aisne, fait ainsi office, relève Jean-François Jagielski, de « thérapie de groupe ».

    Dans cet ouvrage, un soin particulier a enfin été apporté au travail sur l’iconographie, des « documents historiques qui méritent d’être décryptés et replacés dans leur contexte, et non pas compilés et empilés ». Le poids des mots, la force des photos.

    * Jean-François Jagielski, « Au cœur de la Grande Guerre : le Soissonnais, 1914-1935 », 14,60 euros, éditions du Trotteur Ailé.

    Philippe ROBIN - probin@journal-lunion.fr

    L’auteur : un spécialiste

    Enseignant âgé de 50 ans, Jean-François Jagielski est membre du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre 1914-1918 (Crid 14-18).

    Auteur ou co-auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la Première Guerre mondiale, il a notamment publié Le Soldat inconnu. Invention et postérité d’un symbole et, en tant que co-auteur, Combattre et mourir pendant la Grande Guerre.

    Il travaille actuellement sur un nouvel ouvrage consacré à la Grande Guerre, écrit en collaboration avec Thierry Hardier.

    « Cela fait vingt-cinq ans que je travaille là-dessus mais je n’en ai pas fait le tour », assure Jean-François Jagielski qui, à l’approche de 2014, attend du centenaire de la Grande Guerre que ce soit, au-delà de « l’aspect commémoratif et émotionnel », l’occasion de « continuer à s’intéresser à cette période et l’étudier ».

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    Union130113c - Marne
    1940-1945 : 44 témoignages belges qui comptent

    Philippe Carrozza a fait un travail de journaliste en recensant et écoutant le témoignage de Belges de la province de Luxembourg qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale et ont été impliqués parfois dans des épisodes héroïques de la Résistance et de la Libération.

    Sa patience, son souci de la précision, de la cohérence et de la diversité géographique de ses interlocuteurs lui ont permis de réunir dans un ouvrage passionnant quarante-quatre récits dont certains concernent des communes frontalières avec les Ardennes comme Arlon, Bouillon ou Florenville.

    Ce sont des mémoires d’hommes qui sont ainsi regroupées avec soin, dans le respect de ceux qui ont été des acteurs d’un temps complexe, celui de la Deuxième Guerre mondiale. Ces témoins parlent aussi pour certains de l’exode et des épreuves qu’ils ont vécues dans les Ardennes, la Marne, l’Aube. Reporter à L’Avenir, Philippe Carrozza met dans ces récits beaucoup de sensibilité.

    Charles Grimonster était sergent en permission chez ses parents à Arlon le 10 mai 1940 lors de l’attaque aéroterrestre des forces armées du Reich. La destruction d’un pont fait que la projection d’un bloc de pierre lui provoque une fracture de deux orteils ! Impossible pour lui de rejoindre son unité. Le voilà bientôt transporté en voiture jusqu’à l’hôpital de Namur. Cela ne dure pas longtemps et le voilà transféré en France et cela jusqu’à Pont-Saint-Esprit. Après l’armistice en France, les autorités belges rapatrient dans le Royaume leurs troupes qui stationnaient dans l’Hexagone.

    Il tombe de haut lorsqu’il comprend en 1942 que Pétain joue bien la carte allemande et n’a jamais cherché à déjouer la collaboration. Il évite le travail forcé, falsifie des documents administratifs est arrêté le 15 mars 1944 et sa guerre est loin d’être terminée. La suite vous la trouverez dans cet ouvrage si dense de sincérités. On lira aussi les témoignages d’Auguste Rossignon d’Aubange, d’Arthur Mousty de Bouillon, de Jean Musty de Chiny. Leur présentation permet de lire ce livre comme on tourne les pages de l’éphéméride en choisissant un récit par jour.

    HERVÉ CHABAUD

    1940-1945, ils m’ont volé mes plus belles années, Philippe Carrozza, Weyrich, 480 pages, 29 euros.

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    Union130113b - Marne
    FRANÇOIS SOMMER : Un des Compagnons de la Libération

    Le général d’armée Valin remet à François Sommer les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur.
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  • François Sommer (à gauche) a effectué de nombreux vols de guerre dont une émission de fumée devant les corps de débarquement en Normandie le 6 juin 1944.
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  • François Sommer fait partie des 1038 Compagnons de la Libération. Mobilisé en septembre 1939 à la 34e Escadre de Bombardement il effectue avec cette unité aérienne 25 missions de guerre jusqu’en juin 1940. Replié en Afrique du Nord au moment de l’armistice, il est démobilisé en août. De retour en France occupée, il entre en contact en décembre 1940 avec le mouvement de résistance « Ceux de la Libération » (CDLL) dont il devient l’un des responsables. Recherché activement par les Allemands, il reçoit l’ordre de rejoindre l’Angleterre en décembre 1942. Il quitte la France le 9 janvier 1943 par les Pyrénées. Arrêtés deux jours plus tard par la Guardia Civile, il est emprisonné à Lérida.

    Après un mois d’incarcération en Espagne, François Sommer parvient finalement à Londres le 16 mars 1943. Engagé immédiatement aux Forces Aériennes Françaises Libres, il obtient, malgré son âge, d’être affecté comme observateur au Groupe de Bombardement « Lorraine ». Il effectue 53 vols de guerre dont une émission de fumée devant les corps de débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Fin octobre 1944, il est nommé lieutenant et chef de cabinet du général Valin, chef d’Etat-major général de l’Armée de l’Air.

    Puis il est officiellement Compagnon de la Libération par décret du 29 décembre 1944. Après cinq ans et deux mois passés en activité de service, il est démobilisé fin 1945.

    Membre du conseil de l’ordre de la Libération depuis novembre 1963. Il a également été commandeur de la Légion d’honneur, obtenu la Croix de Guerre 39-45 avec sept citations, la médaille de la Résistance et la Distinguished Flying Cross (Etat-Unis).

    La guerre sera sans aucun doute l’acte fondateur de l’engagement de François Sommer. « Il avait le sens de l’intérêt général, souligne François Chemel, auteur d’une biographie sur Sommer qui sortira en février. Comme nombre de résistants et de combattants de la France Libre, il était prêt à faire le sacrifice de sa vie. Ce ne sont pas que des mots, en période de guerre ! Il avait complètement intégré l’esprit des Compagnons de la Libération. C’était un gaulliste convaincu, ardent. Il n’était pas guidé par l’argent à proprement parler, mais il a fait en sorte d’en gagner beaucoup pour avoir les mains libres, et poursuivre ses passions, faire aboutir ses idées. »

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    Union130113a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Leclerc gagne au Fezzan

    Leclerc et ses officiers ont pris le Fezzan.
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  • Le 12 janvier 1943, le général Leclerc annonce au général de Gaulle la fin de la conquête du Fezzan par les forces françaises combattantes. Qu’il s’agisse de Mourzouk la capitale religieuse et de Sebha, principal centre militaire, l’occupation française y est effective avec le positionnement des troupes du colonel Ingold. Le colonel Delange assume pour l’heure les fonctions de gouverneur militaire de la province. Dès le 9 janvier, de Gaulle informe les Anglais de la progression significative des unités françaises libres : « Les opérations au Fezzan vont bientôt prendre fin. Le gros des forces italiennes est en fuite et les troupes se sont repliées dans la direction de Hone. Pour me permettre d’exploiter au-delà du Fezzan, je demande au commandement britannique de me ravitailler en essence, afin d’augmenter mes possibilités d’action ».

    Cette information à laquelle est associée une demande précise est destinée à vérifier que Londres est toujours bien intentionné envers les combattants à la croix de Lorraine. De Gaulle fait pression : « Je vous serais très obligé en conséquence de bien vouloir intervenir auprès du général Alexander, afin que puisse être donnée très rapidement satisfaction à la demande du général Leclerc ». Très habile, le chef de la France combattante recommande : « Vous serez certainement d’avis, comme moi-même, qu’une augmentation de la capacité offensive des forces du général Leclerc, ne pourra que contribuer à renforcer encore l’action de la VIIIe armée ». En fait le Général peaufine un courrier destiné à Winston Churchill qui s’appuie sur la même démarche politique et militaire. Il tient à ce que les Français libres aient un concours significatif auprès de l’armée Montgomery pour mener à bien les opérations offensives et défensives indispensables pour chasser les militaires de l’Axe de Tripolitaine et de Tunisie.

    De Gaulle a une idée précise qu’il résume ainsi : « L’occupation du Fezzan par les Forces françaises venues du Tchad et l’incorporation des troupes de Djibouti dans les Forces combattantes me permettent de consacrer à ces opérations les éléments suivants : une division légère motorisée, une division d’infanterie à trois brigades, une brigade d’infanterie non endivisionnée ». Cette force globale, le Général tient à ce qu’elle soit confiée à la direction du général Edgar de Larminat mais il précise : « Je suis disposé à les mettre, pour la bataille, à la disposition du général commandant la VIIIe armée britannique ».

    Très au fait des susceptibilités et avec le souci de ne pas indisposer Churchill, de Gaulle mentionne : « Je vous serais reconnaissant M. Le Premier ministre, de bien vouloir intervenir auprès du haut-commandement britannique pour que les mesures concernant le transport, la concentration et le complément d’armement de ces éléments puissent être effectuées dans les plus courts délais possibles ». De Gaulle reste toujours très vigilant. Il s’en est déjà ouvert le 11 janvier 1943 dans un télégramme « secret absolu » au gouverneur général Eboué à Brazzaville, à son correspondant Adrien Tixier à Washington ainsi qu’à Roger Garreau à Kuibychev. « Roosevelt et Churchill, le second surtout, auraient beaucoup désiré dans ces conditions un accord entre nous et le soidisant Conseil impérial d’Alger, de façon à donner le change à l’opinion et à procurer une base nationale aux combinaisons d’Alger. »

    L’exécution de Darlan et les maladresses accumulées par Giraud ont rebattu les cartes mais de Gaulle sait très bien que tout est étudié pour l’écarter du premier cercle de décision. Il précise encore et cela démontre combien il maîtrise politiquement la situation : « Boisson, gouverneur général de l’Afrique occidentale française, Noguès, résident général au Maroc, et Châtel gouverneur général d’Algérie tolèrent Giraud mais entendent rester seigneurs dans leurs fiefs ». De Gaulle estime que le succès de Leclerc, la cohésion en marche des forces de la Résistance, le succès imminent des Soviétiques à S t a l i n g r a d sont de bonnes nouvelles aussi est-il prêt à une liaison discrète avec Giraud pour mieux le neutraliser.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Les préparatifs de la conférence de Casablanca

    Les Américains défilent à Casablanca et à Alger.
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  • Giraud est un piètre politique.
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  • Robert Murphy, l’homme de Roosevelt à Alger.
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  • De Gaulle ne sait pas que Churchill s’est envolé pour le Maroc.
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  • MAROC. Churchill arrive au Maroc le 13 janvier 1943 alors que le président des Etats-Unis y est attendu le lendemain. L’objet est de mettre un terme parmi les Alliés à ce que Londres et Washington ont qualifié d’imbroglio français. De Gaulle refuse de s’effacer même si tout est fait pour le marginaliser.

    C’est un Premier ministre préoccupé qui atterrit à Casablanca. Sur les conseils de son ministre des Affaires étrangères Anthony Eden, il manoeuvre pour obtenir l’établissement en Afrique du Nord d’une autorité unique qui associe à la fois les Français de Londres et les Français giraudistes. « Il est impossible à l’heure actuelle de priver totalement les Français de toute forme de représentation nationale. Il nous faut promouvoir une entrevue entre de Gaulle et Giraud avec Harold Macmillan qui vient d’être nommé ministre résident auprès du quartier général allié à Alger » redit le chef du gouvernement anglais à sa diplomatie. Il tient à ce que les Anglais soient bien convaincus que leur Premier ministre ne construit pas sa politique contre le chef de la France combattante. Mieux, il aimerait qu’on lui soit gré de tempérer la « gaullophobie » maladive du secrétaire d’Etat américain Cordell Hull.

    Eden est pour sa part agacé par le maximalisme formulée par la Maison Blanche et le jeu dangereux de Churchill. Il a exprimé ses plus vives réserves contre les appréciations tranchées des diplomates US parce qu’ils ne comprennent pas l’état d’esprit des Britanniques et négligent l’état de l’opinion française dans un pays dont l’espace métropolitain est complètement occupé.

    UN PEU DE PRAGMATISME

    Le ministre britannique des Affaires étrangères est indigné des insinuations américaines comme quoi les Anglais sont associés à une propagande gaulliste destinée à dresser l’opinion contre le gouvernement des Etats-Unis. « Nous n’avons qu’un seul objectif et je l’ai dit aussi au général Eisenhower pour que dans cette affaire française, tout soit fait pour rassembler les Français afin qu’ils participent aux combats décisifs contre les puissances de l’Axe. Toutes les autres supputations ne sont qu’un verbiage inutile », tempête Eden. Au 10, Downing street, le gouvernement est conscient que les Anglais n’aiment pas le gouvernement de Vichy ni ceux qui l’ont servi et ont viré casaque pour se retrouver par opportunisme et ambition auprès des plus forts. Churchill est convaincu qu’il doit ramener Roosevelt à la raison mais aussi parvenir à ce que de Gaulle et Giraud se parlent. Le Premier ministre britannique est bien optimiste parce qu’avant de se rendre en Afrique du Nord, le président des Etats-Unis n’a pas fait de la question française sa priorité. Il a demandé à Robert Murphy, le consul général américain à Alger de s’entendre avec Harold Macmillan pour établir un projet d’accord que la conférence alliée approuvera.

    Cette rencontre doit se tenir sur la colline d’Anfa à Casablanca. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises. L’armée américaine s’y est déployée de manière à filtrer toutes les allées et venues et les villas cernées de magnifiques jardins tropicaux sont réquisitionnées pour accueillir les membres des délégations.

    Churchill espère lever les ambiguïtés et décrisper l’atmosphère. Ses conseillers l’ont mis en garde contre toutes les mesures qui pourraient affaiblir de Gaulle, le Comité national et la Résistance. Elles seraient mal reçues y compris les Parlementaires anglais. A la Chambre des communes réunie en comité secret, Churchill a irrité plusieurs députés qui l’ont trouvé trop prévenant à l’égard de la Maison Blanche et n’ont guère goûté ses critiques du général de Gaulle.

    N’a-t-il pas déclaré : « Je ne vous recommanderai pas de fonder tous vos espoirs et votre confiance sur cet homme. Il ne faut pas croire qu’à l’heure actuelle notre devoir serait de lui confier les destinées de la France, pour autant que cela soit en notre pouvoir. Nous ne l’avons jamais reconnu comme représentant de la France. Je ne puis croire que de Gaulle incarne la France ». La presse s’insurge de la tiédeur du Premier ministre.

    Les journalistes politiques n’admettent pas que les fonctionnaires de Vichy soient maintenus à leurs postes en Afrique du Nord, que les gaullistes soient arrêtés et que le Service d’ordre légionnaire y fasse plus ou moins la pluie et le beau temps. Les journaux de Londres s’interrogent sur la pertinence d’un suivisme américain qui peut désorienter les Français et susciter chez eux des interrogations légitimes sur la confiance manifestée envers les courageux combattants à la croix de Lorraine sur les théâtres d’opération comme clandestinement dans la France hexagonale.

    UNE MÉFIANCE JUSTIFIÉE

    L’effet de cette situation notamment sur la Résistance en France est préoccupant : « Quelques gaffes supplémentaires commises par les Américains et la Résistance ne croira plus à la capacité et la pureté de la France combattante. Ce sont les communistes qui se présenteront comme les durs et les purs alors qu’ils ont commencé la guerre en désertant le combat, alors qu’ils ont attendu l’entrée en guerre de l’URSS pour me faire un signe et ne plus m’attaquer » résume le Général. En tout cas, de Gaulle est exclu pour l’instant de cette conférence programmée au Maroc.

    Les appréciations portées à son endroit par Roosevelt sont non seulement sévères mais méprisantes : « Ce de Gaulle personne ne l’a élu. C’est une fanatique et une nature fasciste ». Il ne semble pas être choqué par les façons de faire de Pétain et de ses ministres depuis la signature de l’armistice ce qui est un comble ! Visiblement le président américain n’a aucune information sur les nouveaux ralliements à de Gaulle, en particulier sur le long courrier que Léon Blum va lui transmettre depuis sa prison ainsi qu’à Churchill. L’homme fort du Front populaire propage cette idée avec l’autorité qui est la sienne : « On sert la France démocratique en aidant le général de Gaulle à prendre dès à présent l’attitude d’un chef ».

    Or les conseillers de Roosevelt en sont encore à un Blum ayant applaudi les accords de Munich, favorable le 16 juin 1940 à un gouvernement Pétain mais ils ignorent le Blum pragmatique qui a compris que le concours de la France combattante est indispensable pour rendre à la France sa liberté et favoriser le retour d’institutions démocratiques. De Gaulle n’est engagé que pour son pays et tient à ce que l’esprit du 18 juin ne soit pas contourné ou détourné par de pâles manoeuvres politiciennes. Or Roosevelt qui croit à l’indépendance des pays d’Afrique estime que de Gaulle n’a qu’une priorité, reconstituer l’Empire colonial de la France. Il se trompe mais a-t-il seulement été briefé sur la culture et les valeurs françaises ?

    Le 13 janvier 1943, de Gaulle ignore que Churchill a quitté la Grande-Bretagne pour rejoindre le président américain à Anfa. Il ne sait pas plus que Staline a été convié à cette importante réunion mais qu’il a décliné l’invitation en raison des décisions militaires déterminantes pour l’avenir qui doivent être prises au Kremlin. Depuis plusieurs semaines l’homme fort de l’URSS multiplie les pressions sur les Britanniques et les Américains pour qu’ils ouvrent un nouveau front à l’ouest contraignant le Reich à éparpiller ses forces pour contenir les assauts de ses adversaires. Sur cet avenir immédiat des combats en Europe, il y a avant même Anfa des divergences d’appréciation entre les Anglais plutôt favorables à un débarquement en Italie, le maillon faible des forces de l’Axe et les Américains qui veulent intervenir sur le sol métropolitain français.


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    Stalingrad : le commencement de la fin

    Le maréchal von Manstein gère la pénurie.
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  • Une vue du terrain de Pitomnik pilonné par l’artillerie soviétique.
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  • Rokossovski : son plan fonctionne.
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  • Le dimanche 10 janvier 1943, sept mille canons et mortiers soviétiques ouvrent le feu et écrasent les positions allemandes de Stalingrad encore défendues. Les soldats du Reich sont submergés et en cinq jours leur poche de résistance est réduite de moitié.

    Des hommes se rendent. D’autres se suicident. Le général Paulus adresse ce télégramme à Hitler : « Commandement devenu impossible. Troupes sans munitions ni vivres. Dix-huit mille blessés privés de secours médicaux, pansements, médicaments. Insensé continuer résistance, écroulement inévitable. Requiers autorisation capituler immédiatement pour épargner destruction troupes survivantes ». La réplique du Führer est dure et immédiate : « Vous interdis de capituler. La VIe armée tiendra ses positions jusqu’à son dernier homme et sa dernière cartouche. Son héroïque endurance apportera une inoubliable contribution à l’établissement d’un front défensif et au salut du monde occidental ». L’idée que des panzers de la Waffen SS transférés de France vont dégager Stalingrad comme l’a imaginé le général Hube est une complète utopie. Qui le croit lorsqu’il dit que les troupes doivent tenir encore deux semaines, au maximum un mois avant de bénéficier de l’appui d’unités mécanisées d’élite, fierté de la cavalerie blindée des forces de l’Axe ?

    DÉLUGE D’ACIER

    Paulus a relu les messages du Grand quartier général et notamment les propos d’Hitler : « Chaque jour que vous tiendrez sera un jour gagné pour l’ensemble de nos troupes du front de l’Est ». Le commandant de la VIe armée sait qu’en refusant la reddition que lui a proposée le général Rokossovski, il condamne ses régiments ou ce qu’il en reste à l’anéantissement. Il assiste impuissant à cette humiliation de ses troupes dont les survivants cherchent à s’abriter sous un déluge d’acier dans les caves des maisons en ruines et dans les abris qui n’ont pas été pulvérisés. Dès que l’artillerie se tait ce sont les bombardiers soviétiques qui interviennent.

    La puissance des déflagrations, les vibrations incessantes provoquent des réactions hallucinantes des militaires. Des sections entières sont enterrées vivantes par la violence du souffle des bombes.

    Le colonel Albert Selle qui commande les unités d’intervention du génie est le premier à subir l’assaut de l’adversaire qui a décidé de réduire méthodiquement la zone de résistance des Allemands. Il observe l’efficacité du ratissage qu’opèrent les militaires soviétiques aussi choisit-il de se rendre vers l’une des unités dont les positions lui semblent les plus exposées. Il s’agit de la 76e division d’infanterie qui est dirigée par le général Karl Rodenburg. Son analyse de la situation est lucide : « L’ennemi est parvenu à enfoncer la partie charnière de ma ligne principale de résistance. Je ne dispose plus d’aucun renfort aussi m’est-il impossible de colmater la brèche qu’ils ont ouverte ».

    Les tirs de l’artillerie visent désormais ses arrières. Le général recommande au colonel de partir au plus vite pour rejoindre ses sapeurs.

    Le terrain de Pitomnik sur lequel se posent les avions de transport de la Luftwaffe est pilonné à son tour mais les militaires de la logistique s’activent pour décharger un maximum de vivres et de munitions. L’intendant Karl Binder constate que le ravitaillement est insuffisant. Au même moment une prodigieuse déflagration se produit. Le dépôt de munitions vient de sauter. La précision des pointeurs russes est fatale aux Allemands. Toutes les divisions d’infanterie sont ébranlées.

    Qu’il s’agisse de la 113e du général Sixt von Arnim, la 76e de Rodenburg, la 44e de Deboi, la 376e d’Elder von Daniel, la 384e de Gablenz, partout les fissures deviennent des fractures et la progression des redoutables chars T34 soviétiques est irrésistible.

    La situation est dramatique que l’on regarde vers le nord ou vers le sud. La 297e division d’infanterie de von Drebber subit des pertes désastreuses entre les villages de Zybenko et de Petschanka.

    Les défenseurs de Babourkine sont à la tour submergés malgré l’héroïsme du capitaine Pohl commandant le 1er bataillon du 134e régiment d’infanterie appartenant à la 44e division « Hoch und Deutsche Meister ».

    Le 11 janvier 1943 est une journée tout aussi terrible. Les tirs de l’adversaire reprennent et soutiennent une cadence infernale. Le terrain d’aviation de Pitomnik ressemble à un immense champ parsemé de cratères larges et profonds entre lesquels surgissent les épaves incendiées d’appareils fauchés par les obus. Des centaines de blessés attendent une hypothétique évacuation. Entassés dans des tentes, ils manquent de tout. Les médecins n’ont plus rien pour soulager la douleur des grands blessés et n’ont plus le nécessaire pour soigner les plaies les plus sérieuses. Le chef d’état-major de la VIe armée, le général Schmidt n’a que de mauvaises nouvelles à transmettre au général Paulus. Il résume la tragédie et conclut qu’il n’y a plus qu’à Marinovka où les Allemands sont encore en capacité de stopper les soldats ennemis dans leur progression constante et générale. Or Marinovka est le village le plus éloigné de la métropole !

    SUBMERGÉS PAR LES VAGUES D’ASSAUT

    Deux unités d’élite de panzergrenadiers y sont engagées à savoir la 3e division d’infanterie motorisée du général Hanstein et la 29e du général Leyser. Les deux officiers sont conscients qu’ils vont être réduits à peu de chose s’ils ne décrochent pas en bon ordre. C’est ce qu’ils choisissent de faire. Leur explication est motivée : « Les Soviétiques sont trop nombreux et leur puissance de feu est si dense qu’ils disposent d’un rouleau compresseur de feu qui nous sera fatal si nous tenons le terrain. Mieux vaut se replier d’autant qu’ils bénéficient aussi de renforts en chars et ce sont des T34 ! ». Les Soviétiques sont impressionnants. Le 12 janvier 1943, ils poussent des cris que l’on entend au loin : « Hourré, Hourré ». Même si les soldats de l’Armée rouge n’ont pas encore repris la totalité de Stalingrad, ils ont définitivement brisé le moral des Allemands. Pis la seule solution pour les survivants des régiments allemands de ne pas être faits prisonniers immédiatement est de se replier vers le centre de Stalingrad. Or cette solution simple sur la carte est un piège cruel. Sur les 10.000 hommes que comptait la 76e division, elle n’est plus en mesure que d’en aligner 500 ! Rodenburg ordonne de signaler à l’état-major de la VIe armée qu’il a perdu 95 % de ses effectifs. Paulus répond : « C’est un véritable cataclysme. L’effondrement de toute la partie occidentale de notre dispositif défensif est définitif. Il faut rétablir coûte que coûte une ligne de défense qui empêche la parcellisation de nos pôles de résistance ». Schmidt décrit ainsi au groupe d’armée du Don la situation : « L’ennemi a enfoncé nos lignes sur la quasi-totalité du front. Des points d’appui isolés sont encore intacts. Nous essayons de rassembler les éléments disponibles pour édifier une nouvelle ligne de résistance mais nos chances de succès sont de 50 % ». Tous les hommes valides des différentes armes sont rassemblés avec une seule mission tenir sur place jusqu’au « sacrifice suprême ». Le deuxième message que le chef d’état-major de Paulus transmet livre une conclusion dramatique : « L’ennemi a subi de lourdes pertes et les nôtres sont considérables. La résistance des troupes diminue rapidement à cause de la pénurie de munitions, du très grand froid et de l’impossibilité de s’abriter contre les bombardements de l’ennemi ». Le 12 en soirée, on signale à Paulus plusieurs cas de désertion. Le 13 janvier 1943 à 9h30 les encerclés émettent ce message : « Les munitions sont presque épuisées. Pour porter secours à des troupes presque à bout de forces, nous n’avons plus de réserves en hommes et en panzers, en pièces et en armes lourdes, en canons et en mortiers. Plus que jamais la mort rode ».

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    Union130112b - Marne
    CHALONS : A la Maison du combattant Les médaillés militaires ont tiré les rois

    Les médaillés militaires et leurs épouses étaient réunis
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    Les médaillés militaires de la section châlonnaise et leurs épouses se sont retrouvés mercredi à la Maison du combattant lors d’une petite réunion conviviale.

    A cette occasion, ils ont pu tirer les rois.

    Jean-Marie Gagnaire, le président, qui passera bientôt le flambeau à André Procureur, en a profité pour rappeler que l’année 2012 fut fructueuse en terme de nouveaux recrutés puisque onze médaillés ont rejoint la section et ce, grâce à l’implication d’un ancien des OPEX, à savoir Patrice Papon, très actif au sein du monde combattant.

    La galette des rois était excellente lors de cette rencontre qui permet entre autre d’échanger de nombreux souvenirs.

     

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    Union130112a - Marne
    CHALONS : Comité du Souvenir Français : Un voyage à Compiègne le 13 avril

    Des diplômes d’honneur pour des adhérents actifs.
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  • Le comité du Souvenir Français de Courtisols a tenu son assemblée générale en présence de nombreux élus, anciens combattants et membres bienfaiteurs.

    Après avoir observé un moment de recueillement en mémoire des militaires tombés en opérations et des membres décédés dans l’année, l’assemblée a écouté le bilan de l’année 2012. Mais c’est la présentation du calendrier 2013 qui a retenu toute l’attention des participants avec notamment l’organisation d’un voyage à Compiègne le 13 avril. Des renseignements peuvent être obtenus auprès du président du comité (06.71.50.55.09 ; clôture des inscriptions le 29 janvier).

    Le rassemblement cantonal des anciens combattants aura lieu quant à lui à Courtisols pour la commémoration du 8 mai 1945. La concertation entre la municipalité et les associations patriotiques contribuera à la réussite de ce rendez-vous mémoriel. Le calendrier prévisionnel du centenaire de la Grande Guerre a été enfin présenté.

    Après avoir adressé ses remerciements à tous ceux qui soutiennent l’action du Souvenir Français, le président a salué le travail effectué par les membres du comité. Alain Herbinet, Catherine Pannet, Frédéric Cottenet et Thierry Lallement ont reçu un diplôme d’honneur.

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    Union130110b - Marne
    REIMS : Le musée de la Reddition mise sur la Belgique

    Le musée de la Reddition s’est contenté de stabiliser son nombre d’entrées.
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  • Archives l’union
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    Le musée de la Reddition pour sa part a enregistré l’an dernier un peu plus de 12 300 visiteurs, soit à peu de chose près autant qu’en 2011.

    « Ce n’est pas si mal étant donné que nous étions alors dans une phase de réappropriation du public, commente le même conservateur Marc Bouxin, après une phase difficile de travaux liés au tramway d’abord puis à la construction d’immeubles de bureaux dans le voisinage. »

    L’avenir pour sa part s’écrira en mode international : le musée rémois jouxtant le lycée Roosevelt, derrière la gare, mise en effet sur son partenariat avec son homologue belge de Bastogne, qui va inaugurer en juin prochain sa nouvelle configuration élargie de « musée de la guerre ».

     

     

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    Union130110a - Marne
    Analyse Vœux aux armées : un Président rassurant

    Pour ses premiers vœux aux armées depuis le 12e cuirassiers d’Olivet (Loiret), François Hollande s’est voulu classique même s’il a cherché à s’écarter de la lecture d’un texte aride pour donner de la chair à son propos. Dans un contexte où le nouveau livre blanc en cours de préparation est vu par beaucoup comme un manuel de magie noire destinée à amaigrir la défense de la République jusqu’à la rendre très vulnérable, le président de la République, qui est le chef des armées, a tenu à rassurer tous les militaires.

    Le budget de la défense ne peut pas être une variable d’ajustement du budget général de la nation. Parce que la sécurité de la France est en jeu mais aussi sa place dans les grandes alliances stratégiques et, enfin, parce que son industrie de défense ne peut perdre en inventivité, en performance et en capacité à s’imposer sur les marchés à l’exportation. Si l’on en croit François Hollande, on n’usera plus du rabot à outrance. On a envie de lui dire chiche !

    On saura très vite, lorsque la loi de programmation militaire sera votée à l’été, si ses paroles de début d’année étaient de l’affichage de séduction ou si un cadre strict et une évaluation régulière de l’application des choix stratégiques retenus sont bel et bien appliqués.

    Le chef de l’Etat a voulu encore apaiser les militaires après les dysfonctionnements aberrants du système de paiement des soldes « Louvois », une usine à gaz qui a mis en difficulté bien des familles. Des mesures d’urgence ont été mises en place par le ministre de la Défense pour pallier ce tangage inadmissible. Le Président a dit exiger une mission d’évaluation. On en attend les conclusions, alors que le terrain n’est pas encore totalement déminé.

    François Hollande a repris à son compte les fondamentaux de la défense nationale. Il garantit la dissuasion nucléaire sous sa double composante sous-marine et aérienne, la capacité à se projeter sur un théâtre extérieur dans le cadre d’une mission autonome et dans une coalition pour une stabilisation régionale ou le maintien de la paix. Alors que l’on fête le 22 janvier le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée scellant la réconciliation franco-allemande proclamée le 8 juillet 1962 à Notre-Dame de Reims, le chef de l’Etat a défendu l’idée d’un approfondissement du concept de défense européenne.

    Enfin, il a souhaité la pleine association des armées aux grandes commémorations immédiates, celles du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et celle du centenaire à venir de la Grande Guerre. Il a répondu au passage aux inquiétudes argumentées des historiens en garantissant la dissociation des deux grands conflits du XXe siècle pour en comprendre les causes, les dimensions et les tragédies.

    Bref, des combattants d’hier à ceux d’aujourd’hui tout en pensant à ceux de demain, le Président a salué des serviteurs de la France.

    Par Hervé CHABAUD

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    Union130109a - Marne
    CHALONS : Les recrues à la rencontre des anciens combattants

    A l’initiative du service départemental de l’ONAC Marne et son directeur Bruno Dupuis, les autorités du 8e régiment du matériel de Mourmelon (8e RMAT) ont sollicité récemment l’organisme châlonnais dans le but d’organiser une rencontre intergénérationnelle entre de jeunes engagés et les anciens combattants.

    A cette occasion, Pol Cher, président des anciens combattants et victimes de guerre de Châlons, avec l’aide de quelques anciens combattants et présidents d’associations a ouvert toutes grandes les portes de la Maison du combattant à une trentaine de jeunes recrues qui n’avaient pas encore revêtu l’uniforme.

    Quelques informations ont été données dans un premier temps, afin de leur faire connaître l’univers du monde combattant, son fonctionnement, ses objectifs, ses valeurs avant de terminer la matinée par une visite des locaux avec notamment la bibliothèque qui renferme près de 4 000 livres sur tous les conflits, le musée avec ses archives militaires et les véhicules militaires ayant été utilisés lors de la dernière guerre et en Algérie.

    Une rencontre donc très enrichissante pour tous ces jeunes qui, dans quelque temps, après leurs classes, seront intégrés au sein d’un régiment dans la spécialité de leur choix avant certainement pour certains un premier séjour à l’étranger, en opérations extérieures.

    Une vraie rencontre intergénérationnelle aussi avec les anciens combattants, ravis d’évoquer avec eux leur vécu, leur expérience et quelques bons conseils à exploiter pour les futures jeunes recrues.

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    Union130108a - Marne
    CHALONS : Fnaca : une galette pour les anciens d’Algérie

    Une sympathique cérémonie à la maison des combattants.
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    La maison du combattant a été le cadre de la traditionnelle galette des rois dimanche, galette organisée par la section locale de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie Maroc Tunisie).

    Au programme, des vœux et quelques animations particulièrement remarquées de la part des membres de l’association.

    L’occasion par ailleurs pour le président Daniel Fritz de se féliciter de la date officielle du 19 mars 1962 reconnue à présent comme celle du cessez-le-feu dans la guerre d’Algérie. Et de remercier les officiels locaux aussi pour la mise en place de cet anniversaire à Châlons.

     

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    Union130107a - Marne
    EPERNAY : L’hommage à Maurice Lesanne

    Maurice Lesanne a été inhumé à Brieulles-sur-Meuse.
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  • Il y avait de la gravité, de l’émotion, de la dignité, pour, dans une même communion d’esprit dire adieu à Maurice Lesanne, inspecteur divisionnaire honoraire de la police nationale et grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Il y avait samedi matin en l’église Notre-Dame d’Epernay, les personnalités, les délégations de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire, de l’ordre national du Mérite, de la police nationale, des anciens combattants, du vignoble et tous ces anonymes qui, par leur présence, venaient dire un ultime merci à un humaniste qui a porté haut le drapeau et les valeurs de la France.

    Tous étaient avec la même humilité en proximité avec la famille du défunt. Des hommages civils à la célébration religieuse, s’est manifestée cette continuité, ce fil qui a toujours relié le républicain et le chrétien : l’engagement à servir l’autre que l’on regarde comme un frère en humanité et, pour cela, être prêt à donner sa propre vie pour sauver celle des autres, recherchés, persécutés et poursuivis. Maurice Lesanne a par sa vie et ses choix éclairés montré ce qu’est la laïcité dans toute la noblesse de ce qu’elle représente pour la société : la tolérance, l’exigence, la bienveillance, la surveillance et la défense des valeurs indestructibles pour que l’homme debout soit lumière de la France éternelle.

    Esprit de résistant

    C’est en sage, toujours avec discernement et méthode que Maurice Lesanne a agi et qu’il a constitué autour de lui de solides réseaux d’action. Au fond il a gardé cet esprit du résistant authentique qui ne s’accommode jamais des choix qui font honte à la République, à la France et à l’homme. On comprend dès lors pourquoi le deuil n’était pas simplement celui d’une famille, d’Epernay, du monde des anciens combattants mais qu’en ce jour, le pays avait le droit d’avoir les larmes aux yeux alors que les drapeaux s’inclinaient autour de la dépouille du disparu. Tous ceux qui se sont exprimés l’ont dit, avec leurs mots et avec leur cœur, il manquera à beaucoup et ce n’était pas un propos de circonstance.

    Michel Guillot, préfet de la région Champagne-Ardenne, préfet de la Marne, Philippe Martin député, Franck Leroy, maire d’Epernay, Annie Brégal, directrice départementale de la sécurité publique qui conduisait avec le commissaire Benjamin Daubigny une importante délégation intergénérationnelle des services de police dont le renseignement intérieur, tous les présidents d’association et amis, ont été auprès de la famille du défunt.

    Maurice Lesanne a été inhumé samedi après-midi dans le village lorrain de Brieulles-sur-Meuse, berceau de sa famille.

    Hervé CHABAUD

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    Union130106b - Marne
    VILLERS-EN-ARGONNE : Un train mitraillé à Villers en 1943

    Le jour de leur mésaventure, Robert Noël (notre photo) était accompagné de son camarade Pierre Devaux.
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  • Le train de munitions mitraillé par l’avion des Alliés s’étirait sur les voies depuis la maison du garde-barrière de Villers-en-Argonne, encore visible aujourd’hui.
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  • VILLERS-EN-ARGONNE (Marne). 1943. Les avions des Alliés traversent le ciel marnais. Au-dessus de Villers- en-Argonne, ils ciblent un train de munitions allemand. Des curieux qui passaient par là racontent l’histoire.

    L’HISTOIRE se déroule vraisemblablement en 1943, époque à laquelle l’aviation alliée effectue de nombreux passages dans le ciel de notre région.

    Robert Noël travaille dans l’entreprise de son oncle. Ce jour-là, son attention est attirée par les évolutions répétées d’un avion allié mitraillant un objectif au sol, à un endroit qu’il repère être dans la direction de Daucourt. En compagnie d’un camarade, Pierre Devaux, le voilà qui enfourche son vélo et gagne la route de Givry-en-Argonne, pour bifurquer vers celle de la ferme des Mares qui va vers Villers.

    Devant l’étang de La Hotte, les deux garçons prennent à gauche sur la route qui mène à Châtrices. Ils y croisent un véhicule militaire allemand avec un équipage comportant vraisemblablement un soldat blessé. Ils continuent leur chemin tandis que le véhicule croisé fait demi tour. Bientôt ses occupants les accostent en hurlant « parachutistes, parachutistes ». Les militaires les forcent à monter dans le véhicule, les coincent contre le moteur arrière, armes braquées sur eux.

    Le véhicule rejoint la voie ferrée, la traverse, escalade la côte qui mène à la route de Sainte-Ménehould. De là, ils aperçoivent enfin le spectacle deviné. Sous leurs yeux, étiré depuis la maison du garde barrière n°62, tout un train de munitions allemand est immobilisé. Des explosions se produisent le long des wagons tandis que les convoyeurs militaires allemands sont prudemment retirés au large.

    Sauvés in extremis

    Les émotions persistent. Les Allemands, appréhendant les deux victimes qu’ils pensent associées au drame, descendent par la prairie, les poussent pour les faire descendre au train. Avec force hurlements et gestes d’intimidation, ils veulent leur faire décrocher la locomotive, geste qu’ils n’osent pas faire eux-mêmes compte tenu de l’explosion terminale redoutée. Les deux curieux sont terrorisés.

    Et un miracle se produit. Sur la route de Menou, le véhicule de l’officier de gendarmerie français, le lieutenant Contosset, apparaît. Il est reconnu de loin par les deux victimes qui l’appellent à leur secours. « Nicht parachutistes, aber Fransozen von Menou », s’explique calmement l’officier, par ailleurs excellent en langage germanique. On montre les papiers, et on les libère, avec quelque regret cependant chez les Allemands.

    Les deux curieux ne se font pas prier et refont en sens inverse le trajet effectué sous la contrainte. Ils récupèrent leurs vélos et regagnent leur point de départ. Ils n’en parleront pas à leur famille, n’étant pas bien fiers de leur mésaventure. Ils se désintéresseront même de l’histoire de ce train, trop heureux d’avoir vu, sans connaître ni subir la suite.

    Ce n’est que de nombreuses années plus tard que Robert Noël racontera cette histoire dans les colonnes du n°79 d’Horizons d’Argonne.

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    Union130106a - Marne
    HISTOIRE : 1943

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    Le Général ne se soumettra jamais à Giraud
    Montgomery ne lâche rien.
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  • Le général Giraud compte tirer son épingle du jeu.
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  • Pour le général de Gaulle, l’honneur de la France est en jeu.
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  • Devant le Comité national, de Gaulle refuse de se soumettre à Giraud.
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  • Leclerc : une valeur sûre de la France combattante.
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  • Où sont Rommel et Nehring ?
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  • Mise en garde. Convaincu que les Alliés persistent à lui préférer Giraud, de Gaulle prépare sa réplique et prend une série de décisions destinées à garantir la continuité de la France combattante et à conduire une diplomatie de la fermeté.

    A quoi jouent les Anglais ? Le 4 janvier 1943, le général de Gaulle est de mauvaise humeur. Dans un télégramme qu’il adresse au général Legentilhomme alors à Djibouti, il critique les déclarations qui lui sont attribuées sur la radio de Londres et craint que son interlocuteur ait été manipulé : « Je vous mets en garde une fois de plus contre les suggestions britanniques qui sont toujours erronées et intéressées quand il s’agit des choses françaises, c’est-à-dire des choses qui ne regardent que les Français. Je suppose en particulier que Platt voudrait voir les troupes de Djibouti maintenues longtemps en Abyssinie ou en Erythrée pour que l’action britannique puisse s’exercer sur elles notamment sur nos Sénégalais ». Le chef de la France combattante enrage contre ces postures caméléons qui font que les Anglais changent d’avis quand cela les arrange. Il met en garde : « Souvenez-vous que Giffard a incorporé nos propres Sénégalais en Gold Coast et qu’Auchinleck a pris à son compte nos Sénégalais mutinés d’Egypte pour les envoyer à Aden ».

    Surveiller les Anglais

    De Gaulle presse Legentilhomme de se conformer strictement à ses télégrammes et lui demande de protester auprès de Platt contre l’interruption des communications. On ne peut que s’interroger sur les arrière-pensées des services britanniques. Il est clair qu’il est hors de question de se soumettre aux manœuvres des agents anglais. On sent la tension avec les représentants de Winston Churchill palpable dans le télégramme que le Général adresse le 6 janvier 1943 au gouverneur Capagorry à Saint-Denis-de-la-Réunion. Il lui explique qu’il est hors de question de s’entendre avec le gouverneur de l’île Maurice pour organiser le transfert d’escadrilles anglaises à La Réunion : « Je réserve ma décision à ce sujet jusqu’à ce que j’aie reçu le rapport du haut-commissaire de France. Il s’agit d’une question de souveraineté », maintient de Gaulle.

    Il n’est pas plus question que les Alliés se mêlent de l’affectation d’unités françaises sur les théâtres d’opération. Le Général refuse à ce qu’un bataillon du Levant soit envoyé à Djibouti puisqu’il ne s’agit pas d’une décision qu’il a validée. C’est l’occasion pour lui de préciser qu’il maintient l’affection du bataillon de marche n° 4 à la force Leclerc, du BM 2 à Madagascar tandis que les BM 6 et BM 7 demeurent au Levant. Il tient à ce que Catroux coordonne l’ensemble et prévient : « Il faut éviter absolument que tout soit désorganisé au départ par des affectations précipitées de fragments ou de cadres de la force L ». Le chef de la France combattante ne compte pas plus remettre en cause l’affectation du BM 9 qui doit être dirigé sur Djibouti et dont le maintien est, certes provisoire, sans obérer son redéploiement futur au Levant. Il précise : « Les mouvements sur Djibouti et le Levant seront préparés par la mission de liaison au Caire d’accord avec les autorités britanniques et exécutées sans délai ».

    En remontrer aux Américains

    De Gaulle travaille beaucoup l’articulation de sa politique étrangère de manière à ne pas être pris dans un étau diplomatique serré conjointement par Washington et Londres. C’est le sens de l’information confidentielle et dont il exige le secret le plus absolu qu’il partage avec son représentant aux Etats-Unis, Adrien Tixier, avec Roger Garreau qui se trouve à Kuibychev en URSS et avec le gouverneur général Félix Eboué à Brazzaville. Il revient sur les opérations américano-britanniques qui ont été conduites en Afrique du Nord. Il ne fait pas de doute que le président Roosevelt a pris à son compte le plan établi par son secrétaire d’Etat Cordell Hull et par le consul général américain à Alger Murphy. Il prévoyait l’utilisation lors du débarquement au cours de l’opération Torch des partisans de la France combattante, en dehors du général de Gaulle puis des arrangements avec les autorités de Vichy pour achever une occupation en bénéficiant de la bienveillance des troupes stationnées et encore fidèles au Maréchal.

    De Gaulle explique : « C’était accepter un grave préjudice moral. Mais on comptait balancer ce préjudice vis-à-vis de l’opinion en Europe et ailleurs par l’avantage stratégique obtenu et la perspective prochaine d’une offensive en Italie ». Le Général ajoute ce point de vue très personnel : « Churchill était certainement d’accord sur tous les points à l’insu d’une partie de son gouvernement ». Ce que de Gaulle reproche aussi bien à la Maison Blanche qu’au 10, Downing Street c’est une analyse trop superficielle de la réalité de la France combattante et une appréciation erronée des capacités persistantes du Reich. La première erreur commise par les Alliés est de ne pas avoir compris que les Allemands étaient en capacité de prendre position très vite en Tunisie. Le deuxième handicap relève selon le chef de la France combattante d’un commandement anglo-saxon qu’il qualifie : de « médiocre » et qui est aggravé par : « L’inexpérience des états-majors américains ».

    Penser à la Tunisie

    Pour lui, il est patent que l’avantage stratégique qui était escompté n’a pas été obtenu : « La base de départ vers l’Europe qu’aurait présentée l’Afrique du Nord n’est plus qu’un espoir lointain. Les Allemands ont maintenant en Tunisie, une armée puissante, bien appuyée par l’aviation ». Rommel peut effectivement se joindre à Nehring, commandant en chef des troupes de l’Axe pour la Tunisie et constituer une force redoutable. Le Général considère que Rommel est un officier d’exception mais que c’est jusqu’ici l’articulation défaillante entre les forces allemandes et italiennes et la différence de niveau entre les deux partenaires qui l’ont conduit à de sévères déconvenues. De Gaulle prévient même si l’état-major britannique le snobe sur le sujet : « Montgomery est beaucoup trop étiré pour pouvoir intervenir puissamment en Tunisie avant plusieurs mois ».

    Pour ce qui est des Américains, ils accumulent les péchés de jeunesse. Le Général considère que les troupes mises à la disposition d’Eisenhower manquent de cette expérience du combat et accumulent ces petites erreurs capables de fragiliser un plan d’ensemble. « La perspective d’une offensive allemande en Tunisie et en Algérie se dessine à l’horizon. Il faudra aux Alliés pour prendre Bizerte et Tunis de longues et dures batailles auxquelles ils sont loin d’être préparés ». « Tout le poids de la confusion politique et du trouble moral créé par le plan Murphy-Hull commence à peser lourdement et sans compensation sur Churchill et Roosevelt », assure de Gaulle. Il pronostique que les Alliés aimeraient un accord rapide entre la France combattante et le soi-disant Conseil impérial d’Alger de manière à donner le change à l’opinion. « C’est pour cela que Roosevelt me demandait d’aller le voir à Washington. L’exécution de Darlan a suspendu son initiative parce qu’il a espéré que Giraud se rendrait seul maître de la situation et qu’ensuite on pourrait nous amener à nous placer simplement sous sa coupe ».

    Les approximations politiques de Giraud ont ajouté à la confusion, c’est pourquoi le Général n’a pas l’intention de céder et il fait comprendre à ses partenaires qu’il ne sera jamais le second d’un officier aussi brouillon aux positionnements incertains et qui n’a jamais manifesté sa sympathie envers la France combattante.


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    L’empereur renonce à Guadalcanal

    Une patrouille de soldats US progresse sur l’île de Guadalcanal.
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  • L’empereur Hiro Hito est mécontent. Le 1er janvier 1943, il apprend la destruction quasi-totale de l’important convoi que l’état-major avait envoyé à Guadalcanal pour en chasser les Américains. Les régiments qui composent la 28e division commandée par le général Sano sont anéantis. Sur les onze navires chargés du transport de ces forces de débarquement, six sont coulés, un est gravement endommagé et quatre sont échoués. Le quartier général impérial décide alors le retrait nippon de Guadalcanal. Cette décision stratégique a des conséquences considérables. Cela signifie pour les généraux et les amiraux de Tokyo la perte des îles Salomon donc l’impossibilité de mettre en place des bases de départ pour mener à bien l’invasion de l’Australie.

    Cela témoigne aussi d’un doute exprimé par les Japonais. Ils ont dressé le bilan de leurs moyens opérationnels et surtout ont effectué un comparatif entre leurs forces alignées à l’été 1942 et celles qu’ils sont en capacité de déployer désormais. Depuis août, au moment où les marines US ont établi leurs premières têtes de pont à Guadalcanal jusqu’à ces premiers jours de janvier 1943, les Nippons ont perdu soixante-cinq navires de guerre et au moins huit cents avions. Les pertes humaines se chiffrent par milliers. Hiro Hito comprend que le prix à payer est trop élevé et que le contrôle de l’Asie du Sud-Est exige des priorités dans l’affectation des moyens disponibles. Il approuve l’évacuation mais pose plusieurs conditions. D’une part il tient à l’organisation planifiée du retrait qui ne doit pas être brutal. Il ne faut pas donner l’impression que le Japon perd la face. Le repli graduel se fera par l’emploi de contre-torpilleurs qui appartiennent au « Tokyo night express » et dont les équipages interviendront de nuit pour rembarquer les unités auxquelles des rendez-vous précis auront été donnés par des messages codés.

    Le contre-amiral Tanaka, qui a la responsabilité de l’exécution de ce plan, ignore que les Américains déchiffrent beaucoup des messages de l’armée impériale. En revanche il sait que les marines du général Vandegrift ont été remplacés par des troupes fraîches et redoutables qui appartiennent à la 2e division de marines, celle qui est appelée la division Americal et le 25e régiment d’infanterie, rassemblés dans le 14e corps dont le général Patch doit prendre la tête. Pendant ce temps, les Américains ne laissent aucun répit aux cinq cents Japonais qui défendent la pointe de Gifu. Le 2 janvier, les compagnies du 132e régiment d’infanterie US repartent à l’assaut et parviennent à conquérir l’un des collines de ce point d’appui ennemi. Le lendemain les combats sont rudes sur le Mont Austen qui se trouve devant Gifu. Les soldats japonais qui sont pris en étau ne renoncent pas et les combats, souvent au corps à corps font de nombreux morts.

    De leur côté les Américains multiplient les raids contre les installations ennemies. Dans la nuit du 4 au 5 janvier, une escadre de croiseurs et de contre-torpilleurs commandée par le contre-amiral Ainsworth, s’en prend à la Nouvelle-Géorgie et pilonne l’aéroport de Munda ainsi que des installations logistiques japonaises. Le 5, le général Patch recompose les forces d’assaut du Mont Austen en demandant aux soldats de la 25e division de maintenir la pression alors que de nouveaux renforts débarquent par mer et par norias aériennes. Les Américains ont un peu de chance et ils savent en profiter. Le 6 janvier 1943, des avions de reconnaissance alliés identifient un convoi nippon de ravitaillement qui se déplace de Nouvelle-Bretagne vers Lae en Nouvelle-Guinée. Des bombardiers US en piqué et des chasseurs effectuent plusieurs attaques et obtiennent des résultats remarquables.

    A Guadalcanal, toujours le 6 janvier 1943, Patch fait le point de ses effectifs. Il dispose de 50.000 hommes dont 24.000 sont engagés au sol. Ils ont face à eux entre 10.000 et 12.000 Japonais. Les informations qui sont transmises à Washington au président Roosevelt sont plutôt optimistes.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Stalingrad : une offre de capitulation

    Des militaires soviétiques dans la ville de Stalingrad dévastée.
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  • La pression soviétique s’accentue encore : un mortier chargé dans la neige.
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  • Janvier 1943. Ce qui importe le plus, ce n’est plus pour les dignitaires du Reich de consolider les victoires acquises et de présenter de nouveaux plans de conquête mais de structurer une retraite qui ne se transforme pas en débâcle.

    Le maréchal Manstein passe un sale Nouvel an dans son quartier général de Novocherkassk. Il réétudie les cartes et croise les renseignements qui lui parviennent. Il n’y a pas la moindre lueur d’espoir. Les rapports allemands convergent pour s’inquiéter d’importants mouvements de blindés sur le front tenu par les Soviétiques. A Goumrak, au quartier général de la 6e armée, le chef d’état-major, le général Schmitt confirme au général Paulus que l’Armée rouge prépare une nouvelle offensive et qu’elle dispose de moyens d’une densité inédite. « C’est une certitude, ils savent que nous sommes à bout. Ils vont porter l’estocade ». Le général allemand résume à la perfection la situation. Comme les réserves de munitions sont très faibles, il ne peut même pas ordonner des tirs bien ajustés contre les colonnes de chars qui s’approchent. Il lui est impossible de faire tirer ses nids de mitrailleuses contre les fantassins adverses qui se regroupent. L’intense agitation devant les lignes du Reich bouleversées mais tenues est destinée à provoquer une perte de sang-froid parmi les officiers qui tiennent les derniers pôles de résistance. Les soldats soviétiques sont impatients de planter le drapeau rouge au cœur de Stalingrad.

    Périmètre mortel

    Le plan de Rokossovski est approuvé. Il prévoit une puissante attaque du nord, de l’ouest et du sud pour repousser vers l’Est et le cours gelé de la Volga, tous les Allemands qui sont regroupés dans le périmètre central de la cité. Les militaires d’Hitler doivent tomber entre les mailles du filet des défenseurs russes bien positionnés dans les têtes de pont qu’ils ont sécurisées sur la rive droite du fleuve, face à leurs adversaires qui, lorsqu’ils ont atteint la métropole n’imaginaient pas un tel retournement de situation. « Depuis Noël les carottes sont cuites mais on imagine encore un miracle de la nouvelle année », grommelle-t-on dans l’entourage de Paulus.

    Les Soviétiques n’ont que faire des états d’âmes des officiers du Reich. Ils veulent leur victoire et sont prêts à patienter le temps qu’il faudra pour que les Allemands viennent à eux avec le drapeau blanc signer leur reddition. Ils ont raison parce qu’ils savent que l’évacuation par l’ennemi de ses blessés est devenue quasi impossible. Ils ont acquis la certitude que l’ont meurt aussi de faim de l’autre côté. Des combattants sont pris de malaise et on ne peut pas les ranimer. Les cimetières sont trop exigus pour recevoir tous les cadavres dont le nombre augmente de jour en jour. Les survivants perdent le moral lorsqu’ils voient leurs camarades s’effondrer alors qu’ils sont eux-mêmes des ventres creux. Des guetteurs s’endorment à leur poste et ne se réveillent plus.

    Manstein prêt à démissionner

    La contre-attaque du général Hoth et de sa 4e armée blindée est un échec. Les panzers promis qui doivent ouvrir un couloir d’évacuation vers Stalingrad pour éviter d’être décimés sont obligés de reculer au sud-ouest. Ils n’ont plus comme mission que de couvrir la retraite des éléments de secours ! Hoth qui comprend le danger affirme à ses officiers : « Il n’est plus question de délivrer la 6e armée ou ce qu’il en reste à Stalingrad mais de sauver Rostov si nous le pouvons encore. Il n’existe pas d’autre solution que de se replier vers l’ouest en suivant le cours du Don. Je ne vous cache pas que c’est une manœuvre très complexe en plein hiver mais nous n’avons pas le choix ». Le 5 janvier, si ce plan a l’aval du maréchal Manstein, il est rejeté en bloc par le Führer. Hitler exige de stopper immédiatement le recul des forces mécanisées et de l’infanterie : « Nous devons faire face sur place à l’offensive générale des forces soviétiques et la briser pour leur donner la seule leçon qu’elles méritent. Nous remporterons un grand succès sur la Volga encore faut-il que vous le vouliez », assène-t-il aux généraux dubitatifs à l’examen des données qui leur ont été transmises.

    Ereinté par l’autisme du Führer, Manstein se fâche et affirme que les options de Hoth sont les seules capables d’éviter l’anéantissement de la 4e armée blindée. Il redit que Stalingrad est une position perdue et qu’il faut désormais penser la guerre dans un périmètre plus contraint. Il propose sa démission à Hitler et demande à ce que le grand quartier général cesse de contester et de critiquer toutes les décisions adoptées par le groupe d’armées du Don. Les Russes se rapprochent de Rostov. Ils sont à moins de cent kilomètres. Son chef d’état-major Schulz lui confirme : « Les Soviétiques ont reconquis Kotelnikovo. Ils ne sont plus qu’à quatre-vingts kilomètres de l’embouchure du Don et de la mer d’Azov ». Si Paulus peut encore tenir un peu, cela peut aider Hoth à conforter ses forces. Bref, le rôle des pauvres hères en guenilles, encerclées dans Stalingrad est de fixer sur les bords de la Volga quelques centaines de milliers de soldats soviétiques pour les empêcher de déferler à l’ouest dans un élan victorieux. Manstein le résume à ses proches : « Jamais l’expression de mission de sacrifice n’a eu autant de sens. C’est à coup sûr désastreux pour l’avenir. L’Allemagne est à un tournant mais le Führer ne veut pas le reconnaître ». Dans la zone de Marinovka à l’extrême ouest du môle de résistance des soldats du Reich, soit à une trentaine de kilomètres de Stalingrad, les grenadiers d’un avant-poste de la 3e division motorisée du général Schlömer voient arriver devant leurs positions, un officier soviétique porteur d’un drapeau blanc. Le major Willig est informé et se rend sur les lieux. Le délégué de l’Armée rouge est porteur d’un courrier à destination du général Paulus.

    Des tracts venus du ciel

    Le pli est immédiatement emmené auprès du commandant de la 6e armée à Goumrak. Il lit la lettre et dit à son chef d’état-major Schmidt : « Ils nous proposent de nous rendre. Il n’en est pas question. Que personne ne parle de ce contact ». Paulus décide de transmettre la missive du général Rokossovski au grand quartier général allemand pour qu’Hitler mesure enfin la réalité d’une situation qui n’est plus alarmante mais désespérée. Paulus veut obtenir du Führer sa liberté d’action. « Ce sera alors à moi seul de décider quand nous ne serons plus capables de continuer le combat ». Schmidt lui confie qu’il doute qu’Hitler le laisse décider à sa guise. Paulus lui répond : « Je suis entièrement d’accord avec vous ». Les Soviétiques sont quasi certains que le commandant de la 6e armée ne va pas accepter la capitulation. Ils décident alors d’utiliser leurs services de propagandes pour influencer les soldats et provoquer des remous dans les rangs. Certains vont jusqu’à imaginer une mutinerie.

    Ils larguent donc des tracts : « Nous garantissons à tous les officiers, sous-officiers et soldats qui cesseront de résister, la vie, la sécurité, et, à la fin de la guerre, le retour en Allemagne ou dans tout autre pays de leur choix. Les membres de la Wehrmacht appartenant aux troupes qui se rendront, garderont leur uniforme, leurs insignes de grade et leurs décorations, leurs affaires et leurs valeurs personnelles. Les officiers supérieurs conserveront leur épée ». Le même tract, dont les premiers exemplaires sont lus le 6 janvier 1943, évoque l’exigence d’une réponse pour le 9 à 15 heures, heure de Moscou. Il y est encore mentionné : « Les officiers, sous-officiers et soldats qui se constitueront prisonniers, recevront immédiatement un ravitaillement normal. Les blessés, les malades et les hommes souffrant de gelures bénéficieront de soins médicaux ».

    La conclusion est redoutable : « Au cas où l’offre de capitulation serait refusée ; l’aviation et l’Armée rouge seraient dans l’obligation de procéder à l’anéantissement des troupes allemandes encerclées ».

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    Union130105a - Marne
    VIRGINY : UNC Djebel Argonne Tranmission de mémoire

    Les adhérents de l’UNC Djebel Argonne étaient nombreux à participer à l’assemblée générale qui s’est déroulée dans la salle de la Forge à Virginy. Le président Paul Jeny remercia ceux qui, par leur présence aux diverses cérémonies commémoratives, contribuent à la transmission de mémoire. « Dernièrement, nous étions nombreux à Hans où nous avons déposé une gerbe au monument aux morts puis fleuri la tombe de quatre de nos anciens adhérents, la journée s’est poursuivie dans la convivialité autour d’un agréable repas ». I

    Il revint sur la réussite du pèlerinage rencontre des anciens AFN de Lourdes qui se déroule tous les deux ans et où 165 Marnais se sont rendus en juin. Cette fois, trois cars ont été nécessaires à cette organisation menée à bien par nos adhérents : Aimé Gomérieux et Guy Cellier. Le trésorier Aimé Gomérieux présenta des comptes équilibrés et le renouvellement des membres du bureau fut sans surprise, Geneviève Cellier y entre en remplacement de son époux disparu. Le repas dansant annuel aura lieu le dimanche 17 février.

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    Union130103b - Marne
    EPERNAY : Maurice Lesanne : la mort d’un grand résistant

    « Je ne suis pas un héros. J’ai agi en homme de conviction, en patriote, en policier, pour le bien de mon pays, la France, c’est tout ». Maurice Lesanne est décédé à l’âge de 93 ans.
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  • EPERNAY (Marne). Il était un exemple de la Résistance au sein de la police nationale et son expertise sur les temps de l’occupation était redoutée. Ce grand patriote est décédé hier matin.

    « Je ne suis pas un héros. J’ai agi en homme de conviction, en patriote, en policier, pour le bien de mon pays, la France, c’est tout ». Ainsi s’exprimait Maurice Lesanne lorsqu’on l’interrogeait sur ses motivations de résistant pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Un regard bien modeste sur une vie exemplaire menée avec discernement dans une lutte implacable contre l’occupant. Il nous a quittés hier matin à l’âge de 93 ans et tous ceux qui l’ont connu sont dans la peine et unis au deuil de sa famille.

    Chacun retiendra chez cet homme attachant le républicain exigeant, le serviteur exemplaire d’une France debout, l’humaniste fraternel. Au pays du champagne, il est devenu à l’âge de la retraite, après une carrière remarquée à la Direction de la surveillance du territoire (DST) puis aux Renseignements généraux (RG), un courtier respecté, là encore pour la pertinence de ses choix et son aptitude à bien conseiller.

    L’âme du combattant

    Mobilisé en 1939, Maurice Lesanne a connu les combats du printemps 1940, la retraite obligée face à l’assaut aéroterrestre de l’ennemi et la réponse choisie par le maréchal Pétain : le renoncement antichambre de la collaboration. Il ne peut pas accepter cette situation et se promet de rester un combattant sans uniforme.

    Le jeune fonctionnaire de police au commissariat d’Épernay met en place un redoutable système pour contrer à la fois Vichy et la Gestapo. Il travaille en lien étroit avec Pierre Servagnat futur commandant des FFI de l’arrondissement sparnacien. Que d’actions glorieuses menées à leur terme ! Juste après la rafle du Vel d’hiv en juillet 1942 à Paris, il avertit plusieurs familles israélites du danger encouru.

    Mme Wiener, des Soieries et Lainages de la rue Saint-Martin à Épernay rapporte cet épisode du 20 juillet 1942 : « Sachant que j’avais des ennuis avec les Allemands, Maurice Lesanne est venu me prendre avec ma fille âgée de six ans et il nous a mises en sécurité pendant une journée chez des paysans de Damery. Puis ils nous a escortés jusqu’à la gare d’Austerlitz à Paris et mis dans le train pour Angoulême où grâce à ses contacts nous avons pu franchir la ligne de démarcation ». Toujours poli et attentionné, Maurice Lesanne sans l’air d’y toucher espionne tout, repère ce qui est suspect et se fait un plaisir de contrer la Gestapo avec ses armes, la ruse et l’intelligence.

    « Il a été un policier courageux mais d’abord un vrai Français, le drapeau sur le cœur. Il a rendu d’incalculables services aux organisations de la Résistance dans la région d’Épernay », résumaient aussi Pierre Servagnat et Camille Rousseaux.

    De CDLR au BCRA

    Membre éminent de Ceux de la Résistance (CDLR), agent du bureau central de renseignement et d’action (BCRA), il prévient ceux que la Gestapo se prépare à appréhender, leur facilite les choses pour qu’ils disparaissent dans la nature. Maurice Lesanne évite ainsi à Fernand Gauché du Bureau des opérations aériennes (BOA) et officier départemental du BCRA d’être capturé lorsqu’il le voit revenir à Épernay le 16 décembre 1943 alors que depuis 5 h 45, la Gestapo perquisitionne son domicile ! L’inspecteur prend en charge cache et organise l’exfiltration de plusieurs aviateurs britanniques et américains dont les appareils ont été abattus dans la région. Il aimait recevoir encore les derniers survivants il n’y a pas si longtemps.

    Alfred Pointe, professeur d’éducation physique et sportive du collège de garçons d’Épernay a témoigné lui aussi : « Le 19 novembre 1943, j’ai demandé de l’aide à Maurice Lesanne parce que j’avais eu l’occasion de découvrir ses opinions très favorables à la Résistance. Pendant toute la matinée Lesanne et moi ainsi qu’un gardien qui conduisait la voiture, nous avons recherché de village en village des fermes amies susceptibles de prendre en charge des aviateurs cachés au fond de la Citroën. Nos amis furent mis à l’abri dans l’après-midi et aucun ne fut repris ».

    Et d’ajouter : « le 13 janvier 1944 vers 16 heures, Maurice Lesanne m’apprit que la Gestapo me recherchait et venait de trouver les renseignements de l’état civil lui permettant de m’interpeller d’un instant à l’autre. L’intervention de Lesanne m’a permis de me soustraire à une arrestation qui m’aurait certainement conduit à rejoindre mon fils dans un camp de concentration ».

    Tel était l’inspecteur. Des témoignages comme ceux-là, il en existe plusieurs dizaines.

    Maurice Lesanne était officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, titulaire de la Médaille militaire, de la croix de guerre 1939-1945 avec trois citations, de la Médaille de la Résistance et de nombreuses autres décorations.

    Épernay mérite qu’une rue porte son nom. Ses obsèques auront lieu samedi à 9 h 30 en l’église Notre-Dame d’Epernay.

    Hervé CHABAUD

    Hyperactif dans le tissu associatif

    Maurice Lesanne, bien que retraité, entretenait toujours des rapports étroits avec les services de police. A Épernay mais pas seulement. Ce natif de la Meuse qui aimait aussi évoquer les combats terrifiants dans la Grande Guerre aimait ce contact : « J’aime discuter avec les nouveaux. Avec mon parcours, ils me disent souvent que je suis un peu un exemple. Je suis flatté mais je leur dis surtout d’être authentiques et droits dans tout ce qu’ils font ».

    Il ne manquait jamais une sortie de promotion de l’École nationale de police de Reims et était à la tête des anciens combattants de la police pour ce temps fort de vie.

    Il était toujours très actif dans le tissu associatif comme président des Médaillés de la Résistance, à la Légion d’honneur (il en a été le président), à la Médaille Militaire (président de 1975 à 1996), à l’ordre national du Mérite (Délégué d’arrondissement puis vice-président départemental).

    Le samedi 9 octobre 2010 il avait été élevé à la dignité de grand officier de l’ordre national du Mérite par une autre figure du monde combattant, le colonel Charles Flamand, héros des Forces aériennes françaises libres, grand officier de la Légion d’honneur et en présence d’Yvette Lundy déportée-résistante et autre figure admirable de la lutte dans la clandestinité et dont l’autorité morale dans ce département est unanimement reconnue.

    À cette occasion l’Association des anciens du Renseignement intérieur résumait : « Cette prestigieuse décoration récompense son engagement fidèle au service de la France et vient couronner son dévouement et son brillant parcours ».

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    Union130103a - Marne
    AY : Un obus découvert dans un chemin

    Operation de deminage mercredi matin à Aÿ. (Photo d’archives).Karen KUBENA
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  • AY (Marne). Les conflits du passé se rappellent une nouvelle fois à notre bon souvenir… Hier matin, vers 10 heures, un riverain a découvert un engin explosif d’une trentaine de centimètres de long et 8 cm de diamètre, chemin des Mayeurs à Aÿ. Immédiatement alertée, la police municipale de la commune a contacté les services de la police nationale d’Epernay, qui se sont rendus sur les lieux afin de mettre en place un périmètre de sécurité. Aucune évacuation n’a été nécessaire, la zone concernée étant en bordure de Marne et dépourvue d’habitations. C’est d’ailleurs certainement cette proximité avec l’eau, propice aux mouvements de terrain, qui a permis à l’obus de refaire surface.

    Engin de l’artillerie française

    Contacté par la police, le service régional de déminage de Châlons-en-Champagne s’est très rapidement rendu sur site afin de prendre en charge l’objet qui s’est avéré être un engin explosif, précisément un obus de 75 mm de l’artillerie française de la Première Guerre mondiale, mais heureusement dépourvu de dispositif de mise à feu.

    Ainsi, le service de déminage a-t-il pu procéder rapidement à son enlèvement sans danger et l’emporter. Vers midi, à l’issue de l’intervention, le périmètre de sécurité pouvait être levé.

    En un peu plus d’un an, c’est la troisième ou quatrième intervention de ce genre des policiers sparnaciens sur la circonscription.

    Marion DARDARD

    Attention danger !

    Plus de 36 tonnes de munitions ont été ramassées en 2011 dans la Marne. La découverte d’engins de guerre reste un véritable risque pour lequel un certain nombre de précautions doivent être prises.

    Une plaquette élaborée par le Service régional du déminage de Champagne-Ardenne, en association avec la préfecture de la Marne, et disponible sur le site internet de la préfecture, présente les procédures à observer face à de telles situations.

    En cas de découverte d’engin de guerre ou d’objet suspect, ne pas s’en approcher, ni le toucher ; ne pas le déplacer, le localiser, rester discret pour éviter d’attirer les curieux et aviser immédiatement les autorités de sécurité (police, gendarmerie) ou la mairie. Ces services se chargeront d’aviser le service déminage ou la préfecture et doivent empêcher par tous moyens la manipulation ou le déplacement de l’engin découvert.

    Plus de renseignements sur www.marne.pref.gouv.fr/sections/rubriques/securite/securite_civile/le_deminage/procedure_en_cas_de/view

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    Union130102a - Marne
    EPERNAY : Le résistant Maurice Lesanne est mort

    Maurice Lesanne avait reçu le titre de commandeur de l’ordre du mérite à Epernay de la main de son parrain. Francois NASCIMBENIi
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    EPERNAY (Marne). Ancien inspecteur de la DST et des RG, figure respectée et reconnue de la Résistance marnaise, président des médaillés de la Résistance du département, le Sparnacien Maurice Lesanne, 93 ans est décédé ce matin.

    Cet homme attachant et généreux agent très actif du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) avait sauvé de nombreux Marnais de l’arrestation mais avait aussi secouru plusieurs aviateurs alliés rescapés qu’il avait exfiltré de la région.

    Maurice Lesanne était officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, titulaire de la Médaille militaire, de la croix de guerre avec trois citations et de nombreuses autres décorations.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Union120819a - Marne
    HISTOIRE : 1942

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    Impressions du Levant

    De Gaulle fait porter la responsabilité des troubles à Spears.
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  • Le Général poursuit son voyage d’inspection.
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  • Alors que le général de Gaulle continue son voyage d’inspection des territoires et des troupes de la France combattante au Levant et en Afrique, il se tient au courant de tous les événements. C’est ainsi que pour maintenir la pression sur les Américains afin qu’ils fournissent aux Français libres des avions de transport, le Général adresse le 16 août 1942 depuis Beyrouth un télégramme au général Leclerc qui se trou- ve à Brazzaville concernant la venue de l’Américain Fitzgerald : « J’approuve toutes dispositions que vous avez réglées avec lui. Mais je vous rappelle que vous devez interdire, je répète interdire toute utilisation de Pointe-Noire par avions militaires américains jusqu’à ce que je vous autorise à permettre cette utilisation ».

    Bien sûr, si la Maison Blanche se montre compréhensive, les appareils US obtiendront immédiatement le droit de se poser. Le 17 août, il adresse cette fois un télégramme confidentiel où il manifeste une analyse bien actualisée de la position politique, militaire et morale des Etats du Levant. « La réalité est que jamais l’action de la France ne se serait exercée plus aisément et utilement à l’égard de la Syrie et du Liban sans les ingérences britanniques. » De Gaulle manifeste son agacement sur la persistance de comportements parasites qui entretiennent un avenir incertain et expriment surtout des prétentions territoriales pour l’après guerre. « Ces ingérences, presque toujours injustifiées, ont même revêtu à divers égards un caractère de sabotage. J’ajoute qu’elles ne sont pas le fait des éléments proprement militaires. Ces éléments collaborent au contraire avec les nôtres dans l’esprit de l’alliance. »

    De Gaulle fait porter la responsabilité des troubles à Spears qui, avec ou sans instruction, intimide Casey, Auchinleck et Lampson et les engage dans des interventions abusives. Le Général persiste à croire que la présence française n’est pas menacée : « Personne ne voudrait voir l’Angleterre se substituer à nous. C’est pourquoi les oppositions demeurent inconsistantes et se dénouent comme elles se nouent ». Le chef de la France combattante redit que l’autorité du général Catroux est incontestée avant de porter cette appréciation : « Bien que la situation générale de la guerre, l’influence souterraine de l’Axe et, et par-dessus tout, les menées britanniques nous aient amenés à reporter les élections à des temps plus favorables, il n’est pas douteux que ces élections devront être faites un jour ».

    Engagements tenus

    Le Général maintient ses engagements. Il est favorable à l’indépendance de ces Etats et au maintien d’une alliance particulière avec la France qui aurait une base constitutionnelle. S’il n’y a pas de désir immédiat d’élection en raison de la priorité donnée par tous au ravitaillement, la question doit être travaillée. De Gaulle est satisfait de constater que les troupes, les services et l’état-major sont en bon ordre. Il conclut : « Il saute aux yeux que si l’année dernière notre action de force en Syrie-Liban a malheureusement fait couler le sang, cette action a bien servi la France. Je compte prononcer avant de quitter le Levant et dans des conditions aussi solennelles que possible, un discours sur notre position en Orient et sur le rôle essentiel que la France joue dans la guerre et qu’elle jouera dans la paix ». De Gaulle visite Damas, Soueïda, Palmyre, Deir-ez-Or, Alep, Hama, Homs, Lattaquié et comme il le confiera aussi bien à Maurice Dejean, commissaire national aux Affaires étrangères ou encore dans les Mémoires de guerre, il est enthousiaste de la ferveur sincère et exceptionnelle qui est manifestée envers la France : « Notre position morale est certainement meilleure qu’elle n’a jamais été. Il reste à affermir et éclaircir notre position politique ».



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