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Déclaration du Bureau National de L’ARAC sur la Loi du 23 février 2005
Publié le lundi 27 février 2006, mis à jour le mercredi 1er mars 2006
jeudi 15 décembre 2005

L’ARAC réitère avec grande insistance sa demande d’abrogation non seulement, de l’article 4 de la loi inique du 23 février 2005 mais aussi l’abrogation de ses 4 premiers articles qui affirment :

Art.1. « la reconnaissance de la Nation pour l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française ».

Art.2. qui officialise la date de commémoration au 5 décembre, laquelle n’a aucun rapport historique directe avec la guerre d’Algérie,

Art.3. crée une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, fondation dont le rôle est d’hors et déjà dénoncé par les historiens.

Art. 4. décide d’une réécriture officielle de l’histoire et en justifie le « rôle positif » du colonialisme français.

En engageant ainsi une démarche officielle de réhabilitation du colonialisme, en s’efforçant de faire disparaître la commémoration de la date officielle du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars 1962, le gouvernement se conduit de manière provocatrice et ouvre la voie aux associations revanchardes d’extrême-droite.

Il est intolérable de voir procéder ainsi à une réécriture officielle de l’Histoire qui gomme l’esclavagisme, toutes les guerres coloniales et impose une conception révisionniste de l’histoire à l’ensemble des citoyens, notamment aux élèves des écoles primaires jusqu’aux étudiants de l’université, aux enseignants, aux chercheurs, aux historiens.

L’opposition résolue de l’ARAC à cette interprétation de la mémoire de l’histoire a déjà été exprimée à propos d’une loi du même type adoptée en juin 2004, et réaffirmée clairement pour cette loi du 23 février 2005 lors de son 52ème Congrès en octobre 2005. Jointe à celles émanant de différentes organisations et personnalités, Elles ont conduits les partis de gauche à en demander l’abrogation de l’article 4. La majorité gouvernementale a refusé cette décision.

Face à cette protestation qui continue naturellement de s’amplifier, le Président de la République et le Premier Ministre ont été contraints de faire des déclarations se voulant atténuantes mais celles-ci n’en modifient pas pour autant le texte de la loi.

L’ARAC réaffirme sa dénonciation des 4 premiers articles de cette loi du 23 février 2005, véritable réécriture mensongère de l’histoire qui réhabilite le colonialisme et a pour conséquence d’en faire disparaître les effets et d’encourager la vague raciste qui tente de submerger l’opinion publique française.

L’ARAC reste disponible pour agir dans l’unité afin d’obtenir cette abrogation.

Villejuif le, 15 décembre 2005