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Le Réveil des Combattants N° 773 - juin 2011.
Publié le samedi 31 décembre 2011

Sommaire :  

  •   Dossier OPEX : Quand les mères et les sœurs témoignent
  •   Printemps arabe : Révolution ou manipulation ?
  •   De la mainmise sur le traitement des pensions
  •   Le Conseil constitutionnel valide le défenseur des droits
  •   Macaron de stationnement GIC
  •   Commission nationale d’attribution de la carte du combattant
  •   Soins médicaux GRATUITS
  •   Carte du combattant et nationalité française
  •   RGPP : Reconquérir le service public
  •   Marc Laffineur Nouveau secrétaire d’État aux AC

     

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      N° 773 - juin 2011 a  

    Dossier OPEX : Quand les mères et les sœurs témoignent
     
    Nous publions ici des témoignages de mères, de femmes de militaires traumatisées par le conflit d’Afghanistan.

    Avec ces témoignages tirés du journal La Vie, réalisés par Anne Guion et publiés le 17 mai 2011, nous voulons contribuer à ouvrir dans le Réveil une rubrique pour tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont besoin de témoigner, de se rencontrer, de dialoguer, d’être aidés ou conseillés. Cette démarche est logique de la part de notre association. Ces femmes et ces hommes, soldats ou familles ne peuvent être laissés au ban de la société. Notre organisation se doit, a le devoir, de prendre en compte leur détresse, leurs souffrance, leurs droits.

    Ces femmes et ces hommes ont été sous le drapeau français, ce sont les OPEX, opérations extérieures quand ils en reviennent, ils reviennent marqués, traumatisés, souvent perdus, à la recherche de repère, de soutien. Ils sont des centaines de milliers à avoir été OPEX dans notre pays dans les 20 dernières années. Une étude récente dit que 17 % en reviennent traumatisés.

    Aujourd’hui la France est présente dans 34 pays, cela représente une dépense énorme dans notre budget national (pour la seule intervention en Libye 1,2 million d’euros par jour, soit environ 900 millions depuis le 19 mars à 150 millions d’euros près), mais surtout au nom du maintien de la paix, c’est une véritable présence militaire de type colonial que nous exerçons.

    Ces témoignages d’Afghanistan témoignent de l’inhumanité, de l’injustice, de l’inefficacité de la guerre. Ils sont émouvants et montrent la désespérance.

    Afghanistan, blessées par l’oubli : Anne Guion - La Vie, le 17 mai 2011

    Mères, sœurs ou épouses de militaires, traumatisées par ce conflit qui a causé 61 morts, elles se sentent ignorées par la nation.

    La mort de Ben Laden remet sur le devant de la scène cette guerre oubliée qui a fait pourtant 61 morts parmi les soldats français depuis le début du conflit en 2001 et plus de 30o blessés. Un bilan sans comparaison, certes, avec les pertes américaines : plus de 1 000 soldats y ont été tués. Mais, alors que les Américains suivent avec effroi le décompte de leurs soldats tombés au front, les morts français passent quasiment inaperçus, les blessés n’apparaissent que rarement dans les médias. Les militaires rentrent d’Afghanistan dans l’indifférence. 4 4000 soldats y sont présents en ce moment pour des missions généralement de six mois. Combien y ont été envoyés depuis dix ans ? Difficile d’obtenir ce chiffre. 50 000), peut-être. Autant de familles, partout en France, qui ont été, à un moment ou à un autre, touchées par ce conflit. Mères, soeurs ou épouses, elles ont décidé de témoigner de la vie de ceux qui restent.

    Les habits de son fils lavés, repassés et empilés sur le lit sont restés tels quels. Quelques tee-shirts un peu élimés, des paires de chaussettes. « Je n’ai pas eu le cœur de les ranger », confie-t-elle. Dans son appartement de Versailles, Monique Panezyck, 6o ans, a décidé de parler. Quoi qu’il lui en coûte. Malgré les images qui se forment devant ses yeux. Malgré les larmes qui bientôt se transforment en sanglots. Le 23 août 2010, son fils unique Jean-Nicolas est mort, tué au cours d’une opération au sud de Tagab, dans la province de la Kapisa, en Afghanistan. Une carrière de couvreur, une période de chômage qui s’étire… Le jeune homme avait fini par s’engager dans l’armée en septembre 2005.

    « Des gens m’ont dit : "Il avait signé, il connaissait les risques qu’il prenait." Mais c’est faux : il était jeune, l’armée leur raconte n’importe quoi. Il pensait être protégé », témoigne Monique Panezyck. Un regard si pesant que certaines ont même changé de vie, comme Isabelle, rencontrée dans un petit village du Sud-Ouest. Son fils a été blessé lors de l’embuscade d’Uzbin en août 2008. C’était il y a près de trois ans. « Mais, dit-elle, la famille s’en remet tout juste. » Avec son mari, ils géraient l’épicerie du village. « Après le drame, je ne pouvais plus supporter le regard des clients, leurs réflexions, leur gêne. » Elle décide de ne plus servir à la caisse. Quelques mois plus tard, son mari jette l’éponge aussi. Le couple ferme l’épicerie et change de métier. Le 23 août 2010, Monique Panezyck séjourne chez une amie. Lorsqu’elle reçoit un coup de fil de l’armée lui demandant où elle se trouve, celle-ci comprend tout de suite qu’il est arrivé quelque chose. « Je les avais pourtant informés de mon changement de domicile… » Acculé, son interlocuteur lui annonce alors la mort de son fils… au téléphone. Elle reste seule de longues heures. La nouvelle se répand très vite sur Internet. Les condoléances affluent sur les forums des régiments, sur son mail, alors même qu’aucun gradé ne s’est encore déplacé pour lui confirmer le décès.

    « C’était monstrueux de lire tous ces messages. Je me raccrochais encore à l’espoir que c’était une erreur », confie-t-elle. Commence alors le long calvaire des cérémonies officielles : le rapatriement du corps, les hommages de la Nation en présence du Président de la République… Loin d’être réconfortée, elle se sent dépossédée. « J’ai enterré six fois mon fils », dit-elle aujourd’hui. L’armée, qui prend en charge financièrement les funérailles à Versailles, n’avait pas prévu de caveau. « Mon fils s’est battu pour la France, et ils voulaient l’enterrer comme cela, en pleine terre ! J’ai dû me battre. Finalement, c’est la mairie qui a payé. »

    La vie de la maison s’organise alors autour de l’absent. L’ordinateur, par lequel Giselle communique avec son fils, devient le centre névralgique du foyer. « Nous ne sommes pas partis en vacances parce que je ne voulais pas ne plus être joignable lorsquej ’étais dans l’avion », témoigne-t-elle. Toutes racontent ces six mois comme entre parenthèses : « Lorsquej ’appréciais un moment, tout de suite, je pensais à mon frère », se souvient Audrey, jeune Provençale de 26 ans, dont le frère est parti l’année dernière, à 19 ans. « On se dit, là, je rigole, mais imaginons… Un jour, ma mère a vu les gendarmes arriver au bout de la rue. Ils ont garé leur voiture en bas de l’immeuble. Elle les a suivis du regard, terrifiée. Vont-ils sonner à la porte pour lui annoncer qu’il est arrivé quelque chose ? Pendant six mois, ses premiers mots au téléphone ont été : "Tout va bien ?" » Pour beaucoup, l’Afghanistan est entré dans leur vie brusquement. Giselle Sanchez, 49 ans, une chef d’entreprise, se souviendra longtemps de ce jour d’août 2008. Le journal télévisé ouvre alors sur les dix morts français de l’embuscade d’Uzbin. Son fils de 25 ans vient de s’engager à l’armée. « Tout à coup, je me suis dit : "Est-ce qu’il pourrait y aller ?" » Un an plus tard, le jeune homme lui annonce son départ. « Nous avons utilisé tous les moyens pour l’en dissuader, demandes, prières, et même chantage… Et puis, trois semaines avant, j’ai senti qu’il fallait le laisser s’en aller. Il nous a dit : "Ce sera une épreuve très dure, j’ai besoin de votre soutien." Nous le lui avons donné. »

    Surtout, Giselle Sanchez diffuse sur Internet un document intitulé L’Afghanistan expliqué aux soldats et à leur famille. Quelques pages rédigées avec de la documentation qui répondent aux questions essentielles, comme : « Qui sont les talibans ? » Des points qui ne sont pas abordés pendant les six mois de classe avant le départ. « Il y a un terrible manque d’information chez les soldats », dénonce-t-elle. On peut y lire également en filigrane, la question : pourquoi la guerre ? C’est d’ailleurs frappant : la plupart des femmes interrogées avouent leur incompréhension. « Personne, aujourd’hui, n’a une parole claire sur les objectifs des forces alliées en Afghanistan, » s’interroge ainsi Giselle Sanchez. « Sommes-nous là pour former l’armée afghane ou pour combattre les talibans ? »

    « D’un côté, je me dis que c’est bien que tout se termine, mais à quoi auront alors servi toutes ces morts ? » Giselle Sanchez, elle, a vécu par procuration les désillusions de son fils. En mars 2010, terrifié, il lui fait part au téléphone de la multiplication des sorties hasardeuses sur le terrain. « Comme s’ils voulaient atteindre un quota de morts », lui dit-il. Giselle Sanchez demande des explications à la Caf, qui avoue son ignorance. Elle découvre peu après que le général américain Mc Chrystal, à l’époque commandant de l’Isaf (Force internationale d’assistance et de sécurité, sous l’égide de l’Otan), se trouvait en mission dans la zone. Les Français ont-ils voulu faire du zèle ? « Il faut donner aux soldats la reconnaissance qu’ils méritent, parce que la plupart pensent faire le bien, mais pas de façon aveugle. Nous, les familles, avons aussi le droit de remettre en cause le sens de leur mission », dénonce-t-elle. Dans le flou, certaines familles se bricolent un sens, une explication.

    Esseulées, les familles se bricolent une solidarité. Sur les forums internet des régiments, comme sur celui du 8e Rpima, par exemple, elles échangent des informations sur les opérations en cours. « Si un des soldats a pris son téléphone portable lors d’une opération, ce qui est interdit, sa mère va informer les autres parents de l’évolution de la situation sur place… », témoigne l’une des femmes interrogées. »

    À Montmélian, à 3o kilomètres de Chambéry, Virginie Martin, 33 ans, est perplexe. Un an après le retour de son mari, Denis, qui a servi à Nijrab, la jeune femme, infographiste, mère de deux jeunes enfants, balance encore entre la colère contre l’armée et le soutien à son mari. « Je me suis beaucoup documentée », dit-elle. « J’essaie d’y croire, je veux croire que tout ceci a un sens, parce que je veux soutenir mon mari. Mais je n’en suis pas sûre… » L’évocation du retrait des troupes occidentales en 2014 ajoute à sa confusion.

    À Montmélian, lorsque nous rencontrons Virginie, le couple attend avec impatience la réponse à leur demande de mutation de Didier dans un autre régiment. Quelques semaines après notre rencontre, Virginie nous recontacte : la mutation a été acceptée. Toute la famille déménage cet été à Mayotte, où son mari été affecté. Loin de la vallée de la Kapisa. À des milliers de kilomètres de l’Afghanistan. Personne ne rentre vraiment indemne. Depuis 2009, l’armée prévoit un stage de trois jours à Chypre à l’issue des six mois de mission. Un sas de décompression dans un hôtel s étoiles avec séances de sophrologie et présence d’un psychologue pour détecter les stress post-traumatiques (PTS D, post-traumatic stress disorder). Un syndrome que l’armée commence à prendre en compte. Insuffisant pour beaucoup. Toutes ces femmes racontent le mutisme, les difficultés de communication du retour. « Mon mari, qui est d’un naturel calme, s’énervait très vite. Il a fini par s’apaiser avec le temps », se souvient Virginie. Puis, peu à peu les mots arrivent. Tout ce qui a été tu pendant la mission pour ne pas inquiéter s’exprime alors : la mine qui arrache la jambe de l’ami devant ses yeux, les collègues tués, puis vengés. Et, finalement, revient l’angoisse d’un nouveau départ.

    Un retrait anticipé ?

    Le 17 août 2008, la mission de Julien, le fils d’Isabelle, prend subitement fin. Il fait partie de la brigade prise à partie dans la vallée d’Uzbin. C’est lui-même qui prévient ses parents, au téléphone le matin. « Maman, on rentre en France, il y a eu du grabuge », leur annonce-t-il, d’une voix monocorde. Victime d’un traumatisme sonore, il reste deux mois au repos complet à la maison. « Il s’endormait lajournée sur le canapé et ne trou-vait pas le sommeil la nuit », se souvient sa mère. « Il tombait parfois dans une sorte de torpeur. Quelque chose a changé aussi dans son regard. Nous avons laissé partir un jeune homme de 20 ans, c’est un homme de 5o ans qui est revenu. »

    Une angoisse qui se vit dans la cellule familiale. Car l’Afghanistan est un sujet tabou. Toutes ont fait du tri parmi leurs amis. « Personne ne sait vraiment ce qui se passe là-bas, mais tout le monde a un avis sur la question, raconte Audrey, et beaucoup ne se gênent pas pour vous le donner. Plutôt que de se taire 5 minutes ou de compatirà votre inquiétude, les gens ont l’impression qu’ils doivent forcément vous balancer leurs principes à la figure… » La jeune femme se souvient ainsi de cette soirée gâchée : « J’ai passé mon temps à me disputer sur le sujet avec l’amie d’une amie, assistante sociale, qui recevait des Afghans qui avaient quitté le pays. » Avec la fin de la conscription, en 1997, et la professionnalisation des armées, tout se passe comme si les soldats faisaient un métier comme un autre, avec des risques qu’ils sont payés pour assumer. « Sauf que tout le monde pleure un pompier qui meurt au feu ! », s’exclame Audrey. Surtout, cette guerre de 10 ans, dont le nombre des victimes civiles ne cesse de croître, a mauvaise presse. Même les familles endeuillées ne sont pas épargnées.

    Mal à l’aise, l’armée a du mal à faire face à l’angoisse des familles. L’institution en fait trop ou pas assez, ne trouve pas le bon ton. Beaucoup de femmes critiquent ainsi, par exemple, les cellules d’aide aux familles (Caf) de l’armée. « C’est comme la section loisir d’un comité d’entreprise, la cellule familiale n’est jamais au courant de ce qui se passe sur le terrain », nous dira même l’une d’entre elles. Une maladresse qui peut se révéler cruelle.

    Le silence laisse souvent la place à toutes les interprétations, et même aux lectures du conflit teintées de « clash des civilisations ». « J’entends de plus en plus les familles dire que, si leur enfant est en Athanistan, c’est pour protéger la France d’une menace musulmane », témoigne ainsi l’une des mères.

    4 000 soldats français sont déployés sur le sol afghan, dans le cadre de la force internationale de l’OTAN (lsaf). La France est le quatrième pays contributeur de l’Isaf en nombre de soldats, derrière les États-Unis (deux tiers des effectifs), le Royaume-Uni et l’Allemagne.

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      N° 773 - juin 2011 b  

    Printemps arabe : Révolution ou manipulation ?
     

    Extraits d’une interview d’Éric Denécé, publiée dans la Tribune du 1er juin 2011

    De retour de mission d’étude en Tunisie, en Égypte et en Libye, Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, ancien du renseignement, livre une lecture nuancée des événements du début d’année. Sans nier les aspirations5des populations, il relativise l’ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.

    Quelle lecture faites-vous du« printemps arabe » ?

    Il y a dans ce pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’ONG américaines, comme Freedom House, l’International Republican institue ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l’ URS S, la révolution serbe, la révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.

    Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?

    Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l’année et la police. Pour la première fois, l’armée s’est désolidarisée dla journéece, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l’essentiel du financement de l’armée, pour obtenir le feu vert des États- Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.

    Ces révoltes seraient donc des coups d’état militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n’avaient pourtant pas l’air manipulés ?

    En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que, dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C’est bien l’indice d’une révolution « sérieusement encadrée ». Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d’état-major de l’année ainsi que l’ancien chef du service des renseignements, et s’est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.

    Et en Tunisie ?

    Le ras-le-bol face à l’avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l’ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu’aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C’est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu’en Égypte, où les événements se sont, pour l’essentiel, limités à la place Tahrir. Mais, comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l’ex-président Ben Ah. Dans les deux cas, tout s’est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L’imminence d’un coup d’État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n’est-il pas approprié de parler de « révolution ». L’Iran en 1979, et l’URSS en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.

    Rien de tel dans les événements récents. Il s’agit d’un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’ac1erjuin Washington, organisé des coups d’État « en douceur », en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d’une grande légitimité et donne le sentiment d’une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D’ailleurs, pour Washington, c’est un « changement dans la continuité » modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu’elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c’est-à-dire qu’elles n’occupent pas le pouvoir « sauf cas de force majeure » mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l’islamisme, qu’elles contribuent à la stabilité régionale et qu’elles ne manifestent pas d’hostilité réelle à l’égard d’Israël.

    Comment lisez-vous la situation actuelle ?

    Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l’armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l’ordre, surtout en Tunisie, en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l’équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu’elle a été flouée. D’où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l’instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu’à quand ?

    Propos recueillis par Valérie Segond.

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      N° 773 - juin 2011 c  

    De la mainmise sur le traitement des pensions
     

    La révision du code des pensions militaires d’invalidité (PMI)était la hantise des dirigeants ACVG de la Première Guerre mondiale. Ils défendaient leur code et le droit à réparation avec pugnacité. Le temps passant, les effectifs diminuant et le viei I I issement opérant, les gouvernements estimèrent venue la possibilité d’aller « toiletter » tout cela, sous prétexte de « modernisation ». Avec les conséquences que l’on vit aujourd’hui.

    Les premiers pas de la « réorganisation » anticipèrent la RGPP puisque, dès le 12 octobre 2006, des premières mesures étaient prises quant aux dossiers de demande de pension PMI, tandis qu’était revalorisé le montant des honoraires des médecins experts et diminué de 4 à 3 le nombre des membres des com-missions de réforme. Parallèlement, une étude de modifications de la chaîne de traitement des PMI était entreprise… dont les conclusions furent présentées et acceptées le 12 décembre 20o7 lors de la réunion du conseil de modernisation des politiques publiques.

    La RGPP dans toute sa splendeur

    A peine quelques mois après l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, la machine révisionniste se mettait donc en branle :

  •  Suppression de la Direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale (D SP RS ) et transfert de ses missions concernant les pensions PMI… à la Direction des ressources humaines du ministère de la Défense (DRH-MD) : exit le secrétaire d’État aux Anciens Combattants…
  •  Fermetures des Directions internationales des anciens combattants (DIAC), de la structure des ressortissants résident à l’étranger, et transfert de l’ensemble du traitement des demandes de pensions PMI à la sous-direction des pensions (SDF) de la DRH-MD. C’est le tout défense qui se met en place. Plus de 314 000 dossiers vont ainsi être transférés à la SPD en 2010. 4 290 dossiers en cours d’instruction sont arrivés à leur tour au 1er janvier 2011 et 1,3 million d’autres devraient suivre en 2011.

    Ces destructions du secrétariat d’État aux Anciens Combattants, de ses structures, de ses services avec mutation des personnels au profit de la Défense, se sont opérées au prétexte des meilleures intentions affichées : améliorer le service rendu, renforcer les structures d’accueil, d’écoute et de conseil des res-sortissants (alors que, dans le même temps, on fait des coupes sombres dans les effectifs des services départementaux de l’ONAC, RGPP oblige), simplifier les procédures et les délais de traitement… A voir la façon dont le logiciel Kapta piétine depuis 2010 en matière de carte du combattant et TRN (les commissions départementales de l’ONAC attribuant les titres ayant été supprimées), on ne peut que douter et craindre.

    Pourtant, 320 000 pensionnés, ça ne se traite pas à la légère !

    C’est en effet le nombre actuel de ressortissants pensionnés du code PMI, une population regroupant tous les militaires, anciens militaires et victimes de toutes les guerres, jusqu’aux victimes d’attentats, d’actes de terrorisme, ainsi que les ascendants, conjoints survivants, orphelins… Sans oublier les OPEX qui, hélas, payent à leur tour un lourd tribut à la politique gouvernementale les « extériorisant » sur les 34 territoires étrangers où ils sont dispersés actuellement.

    L’ONAC mis à contribution

    Si le pouvoir directionnel appartient à la Défense, ce sont les services départementaux de l’ONAC qui serviront d’abord de « petites mains ». A eux de recevoir les demandes, de vérifier les dossiers, d’assurer le contact avec les ressortissants, etc. Et1eris, le dossier en ordre de marche… la Défense entre en scène. Comme la RGPP et sa réforme ont tout bousculé : disparition des tribunaux départementaux des pensions, des centres d’expertises, etc., il a fallu innover… ce qui avait été supprimé. Ainsi, pour permettre la réalisation des expertises médicales et organiser les commissions de réforme, il a été créé, au sein de la DRH-MD, des Centres d’expertise médicale et de commission de réforme (CEM/CR), hébergés par les services départementaux de l’ONAC, appelés à se substituer aux Centres de réformes des DIAC… supprimées par la RGPP ! D’où la réforme du code des pensions PMI !

    Notez qu’il n’est plus question de « toilettage » ni de « révision » du code, mais bel et bien de Réforme. Ainsi, « la réforme de la chaîne de traitement des PMI intervenue à compter du 1" mars 2010, a conduit à modifier les dispositions du code des pensions PMI (…) suite à l’ordonnance du 25 décembre 2009 et à deux décrets du 3o décembre 2009 ».

    Notons au passage qu’à aucun moment les parlementaires n’ont eu à se prononcer sur cette « réforme ». Il en va ainsi de la gouvernance sarkozyenne : le gouvernement peut engager des troupes en Afghanistan ou en Libye sans demander l’avis des élus de la Nation et modifier les règles du droit à réparation qui concerneront les OPEX à leur retour, sans l’avis de quiconque. C’est tout de même un drôle de « truc » que la démocratie…

    Résultat

    Le code PMI réformé, ses textes d’application ont été également modifiés… par circulaire du 12 février 201o. Et la Défense, depuis le ler janvier 20II, « assure » le suivi du budget « réparation » relatif à l’administration de la dette viagère, la retraite du combattant, la majoration des rentes mutualistes AC, le paiement des expertises médicales, des frais médicaux liés aux expertises et aux frais de déplacements, la réparation des conséquences sanitaires des essais nucléaires français. Avec tout cela, pourquoi réclamer la nomination d’un secrétaire d’État ou ministre délégué aux ACVG ? Il n’aurait plus rien à faire… La Défense « assure » !

    Demain l’ONAC ?

    Loin de baisser les bras et de subir toujours plus, le mouvement anciens combattants se doit de réagir avec force pour préserver l’existence, l’application, l’élargissement, les moyens financiers et en personnels pour l’exercice du droit à réparation.

    La « règle d’or » de l’UFAC demeure donc d’actualité qui exige :

  •  une interlocution spécifique au gouvernement,
  •  un budget autonome,
  •  le respect du droit à réparation et les institutions pour l’exercer.

    D’autant que, dès 2012, qu’en sera-t-il de l’ONAC, de ses missions, ses moyens et ses services départementaux ? Le Contrat d’objectifs et de moyens qui le régit va arriver à son terme. Quel avenir préparent-ils, « là-haut », à l’ONAC ? Les craintes sont vives parmi les personnels, et aussi chez certains hauts responsables de l’ONAC. D’autant que, dans le même temps, le processus visant à lui ôter ses Écoles de rééducation professionnelles (ERP) et ses maisons de retraite pour en faire cadeau à une fondation… perdure.

    Après avoir vidé le secrétariat d’État aux Anciens Combattants de tout contenu pour le faire disparaître, l’ONAC v1er-il à son2011r être la cible, s’amenuiser, devenir un organisme d’assistance périphérique de la défense ?

    Sans attendre d’hypothétiques changements de l’après 2012, le mouvement ACVG a intérêt à « retrousser ses manches » dès aujourd’hui pour mettre vigoureusement en échec les menées de ces « briseurs » de code et préserver le droit à réparation imprescriptible que lui a reconnu la Nation.

    André Fillière

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      N° 773 - juin 2011 d  

    Le Conseil constitutionnel valide le défenseur des droits
     

    Réforme venue après la modification de la Constitution, le Conseil constitutionnel vient de valider la loi organique créant le « défenseur des droits », sorte de médiateur à la française.

    Le défenseur des droits prévus par la révision constitutionnelle de juillet 2008 sera nommé en conseil des ministres sur proposition du Président de la République. Il sera assisté d’adjoints et de collègues dans les trois domaines de compétence, de la déontologie, de la sécurité, du défenseur des enfants et de la lutte contre les discriminations.

    Dans ce cas de loi organique, la saisine du Conseil constitutionnel est automatique après le vote du Parlement. Elle ne peut être promulguée qu’après validation faite par les « sages ».

    Cependant le Conseil constitutionnel a émis plusieurs réserves, dont une visant à limiter l’immunité pénale du futur titulaire de la fonction et de ses adjoints : « Cette immunité ne saurait s’appliquer qu’aux opinions émises et aux actes accomplis pour l’exercice de leurs fonctions. Elle ne saurait exonérer les intéressés des sanctions encourues en cas de violation des règles relatives aux secrets protégés pour la loi et à la protection des lieux privés. » Deux autres réserves portent, d’une part sur les modalités de révocation des adjoints (le Premier Ministre, l’autorité de nomination, est obligé de se conformer à la volonté du défenseur) et, d’autre part, sur le pouvoir du défenseur en matière de poursuites disciplinaires (il ne peut en engager à l’encontre des magistrats).

    Que penser de cette loi ?

    Va-t-elle permettre par la facilité de sa saisine et l’étendue de ses pouvoirs de renforcer la protection des droits et des libertés des personnes ? L’avenir nous le dira… Mais n’oublions pas l’intervention encore capitale du Président de la République dans la nomination de la personne de ce défenseur… Sera-t-il vraiment indépendant du pouvoir exécutif ? Affaire à suivre…

    A.F.

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      N° 773 - juin 2011 e  

    Macaron de stationnement GIC
     

    Depuis le 1er janvier 2011, le macaron GIC métallique de couleur bleu, apposable sur les pare-brises des véhicules pour leur stationnement, n’est plus officiellement valable. Il est désormais remplacé par la seule carte de stationnement pour handicapé. Les intéressé (e) s doivent donc en faire la demande, s’ils ne l’ont pas encore fait, auprès du Service départemental de l’ONAC de leur lieu de résidence. Cette demande peut être effectuée sur papier libre, accompagnée d’une copie recto verso de la carte d’invalidité à double barres rouges et bleues et d’une photo d’identité récente et en couleur.

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      N° 773 - juin 2011 f  

    Commission nationale d’attribution de la carte du combattant
     

    La Commission nationale restreinte, puis la Commission nationale plénière se sont réunies les 3 et 4 mai 2011 au siège de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) aux Invalides à Paris. André Filière y participait.

    Au cours de ces travaux, deux informations sur l’attribution de la carte du combattant aux demandeurs algériens et sur le fonctionnement du logiciel Kapta furent fournies. Vint ensuite un long exposé sur le système mis en place pour l’attribution de la carte du combattant aux OPEX, exposé sur lequel nous reviendrons en détail.

    • La Commission nationale restreinte a eu à se prononcer sur 1507 dossiers auxquels furent attribuées la carte du combattant, ainsi répertorié par conflit :

  •  1939/1945 14,
  •  Indochine : 16,
  •  Afrique du Nord : 1423 (soit 1352 pour l’Algérie, 47 pour le Maroc, 24 pour la Tunisie),
  •  OPEX : 54 (soit Kossovo,1 ; Côte d’Ivoire, 2 ; République Centrafricaine, 2 ; Congo, 1 ; Mauritanie le période, 1 ; Mauritanie 2e période, 1 ; Ex-Yougoslavie, 17 ; Golfe Persique et d’Oman, 7 Tchad, 3 Liban, 2 Afghanistan, 16 ; Somalie, 1).

    • La Commission nationale plénière a eu a examiner 795 dossiers parmi lesquels 352 se sont vus attribuer la carte du combattant et 443 ont reçu un avis défavorable. Ils concernent :

  •  hors-conflits : I avis défavorable,
  •  TOE : 1 avis défavorable,
  •  1939/1945 : 4 avis favorables, 57 défavorables,
  •  Indochine : 10 favorables, II défavorables,
  •  Afrique du Nord : 248 favorables (F) 190 défavorables (D) : soit Algérie : 128F-141D - Maroc : I8F-IoD - Tunisie : I2F-5D et 34 rejets de demandes concernant l’après 2 juillet 1962,
  •  OPEX : 90 favorables, 183 défavorables (soit : Afghanistan : 22F-35D Côte d’Ivoire : 3F-3oD - République Centrafricaine : 1e période : oF-3D / période : 9F / 3e période : IF-3D - Gabon : oF-6D - Mauritanie : r période : IF-ID / 2e période : 1F-0D - Ex-Yougoslavie : 41F-27D - Golfe persique et d’Oman : 7F- 8D - Kossovo : oF- 7D - Tchad : 4F-35D - Liban : IF-I9D - Liban et Israël : oF- 7D)

    • Par ailleurs, la commission plénière a examiné et débattu de huit dossiers de recours, pour lesquels elle a émis les décisions suivantes :

  •  3 de 1939-1945 : 2 F et 1 D,
  •  1 armées alliées 39/45 : I F,
  •  2 Indochine :1 F, I D,
  •  2 Afrique du Nord : 2 D.

    La Commission a décidé d’accélérer le rythme de ses réunions (autant que le permettra le fonctionnement du logiciel Kapta), les prochaines étant fixées aux 16 juin et 5 juillet 2011.

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      N° 773 - juin 2011 g  

    Soins médicaux GRATUITS
     

    L’arrêté du 2 novembre 2010 a décidé du transfert des compétences des services déconcentrés de l’ex D S PRS vers le ministère de la Défense.

    Cet arrêté stipule que les activités des directions des services interdépartementaux des ACVG en matière de soins médicaux gratuits et d’appareillage des pensionnés sont transférées à la Direction des ressources humaines du ministère de la Défense, et qu’elles seront traitées par la Caisse nationale militaire de Sécurité sociale. Il en est de même du service chargé des ressortissants résidant à l’étranger, qui passe à la DRH/ Défense/Caisse nationale militaire de Sécurité sociale (CBMSS/DSMG). Ces dispositions sont entrées en vi-gueur lep décembre 2010 et la CNMSS est à contacter au : 247 avenue Jacques-Cartier - 83050 Toulon Cedex 9.

    Tel. 04 94 16 96 20.
    www.cmmss.fr

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      N° 773 - juin 2011 h  

    Carte du combattant et nationalité française
     

    L’obligation de nationalité française pour l’attribution de la carte du combattant aux supplétifs de la guerre d’Algérie est supprimée.

    En effet, le Conseil constitutionnel, saisi le 7 juin de cette question, a statué, par décision n° 2010-18 QPC du 23 juillet 2010, et déclaré par son article i, que « Dans le 3e alinéa de l’article L253 bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre, les mots « possédant la nationalité française à la date de la présentation de leur demande ou domiciliés en France à la même date » sont déclarés contraire à la Constitution ».

    Il ressort de cette décision que les supplétifs officiellement reconnus avoir servi durant la guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc (19521962) ont désormais droit à la carte du combattant selon les critères en vigueur, même s’ils ne sont pas de nationalité française ni domiciliés en France.

    Par conséquent, pour les dossiers en cours de traitement, l’attribution de la carte du combattant se fera à partir de cette nouvelle décision. Par contre, les intéressés dont la demande a déjà été rejetée, ou qui formulent une première demande, devront faire personnellement et individuellement une demande dite « reconventionnelle ».

    Autre problème, à quelle date interviendra cette attribution qui compte pour le service de la retraite du combattant ? Celle de la décision du Conseil constitutionnel (23 juillet 2010) ou celle de la date de la demande de carte du combattant, laquelle peut-être antérieure ? Voilà qui ne va pas simplifier le fonc-tionnement des services de l’ONAC et arrive comme cadeau de Noël dans la hotte d’Anita Roth, toute nouvelle chargée de mission sur ces questions… Bon courage à vous, madame !

    A. F.

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      N° 773 - juin 2011 i  

    RGPP : Reconquérir le service public
     

    Ce n’est pas nous qui le disons, c’est le Médiateur de la République dans son rapport remis le 21 mars 2011, nous le citons : « Le service public ne porte plus son nom- Contacter les administrations est devenu compliqué. L’administration a perdu sa capacité à faire du sur mesure pour les personnes en difficulté… »

    Un exemple tout simple : lui à 75 ans, elle est invalide à plus de 8o %. Ils attendent un colissimo. Seulement voilà… Privatisation et réduction d’effectifs entraînant une surcharge des tournées, le préposé ne monte plus dans les étages (3e avec ascenseur) ; il met l’avis dans la boîte à lettres une Ire fois, puis une 2e : « il passera entre 16 et 18 heures ». A 18 heures 05, lui, inquiet, descend visiter sa boîte… Que n’a-t-il campé devant, assis sur un tabouret, à partir de 16 heures ! Le 2e avis est déjà dans la boîte et il devra, avec des amis, aller en voiture au bureau de poste faire la queue pour retirer son colis trop lourd pour ses 75 ans.

    C’est ce qu’un énième rapport du Conseil de modernisation des politiques publiques (CM PP) appelle « l’amélioration des services publics » ! Une amélioration qui laisse le quart des patients… « patienter » aux urgences durant plus de 4 heures dans les hôpitaux, qui entraîne l’incapacité, face au chômage, de Pôle emploi largement offert à des prestations privées, tandis que l’Éducation nationale et tous les autres secteurs sont mis à mal, tant les politiques publiques sont de moins en moins au service de tous et de plus en plus au service des grandes firmes et des couches les plus fortunées.

    Quant à la réduction des dépenses publiques… elle évolue à géométrie variable. Pour les uns, assureurs, banques, grandes entreprises, l’État (gérant des dépenses publiques) est venu à leur secours à grands coups de millions d’euros, au prétexte de la crise. Cadeaux au patronat, suppression de la taxe professionnelle, allégement offert aux couches les plus riches avec la modification de l’impôt sur les fortunes, etc.

    Et puis, l’externalisation…

    Avec le groupement d’intérêt public France Haras, c’est la centralisation des « missions concurrentielles dont l’État doit progressivement se désengager au profit d’un financement privé ». Le sport de haut-niveau n’y échappe pas, dont le recentrage aboutit à la fermeture de 8 CREPS (Centres régionaux d’éducation populaire et de sport) en région.

    Une externalisation bien calibrée, le CM PP ayant décidé de procéder « à une évaluation des opérations d’externalisation conduites par les ministères et, ainsi, de mettre au point une méthodologie permettant d’identifier les externalisations prioritaires et de préciser les conditions de leur réussite ».

    La paix des cimetières

    RGPP exige, l’entretien des cimetières et des nécropoles militaires a été confié à l’ONAC, avec mission de les « externaliser ». Objectif avoué : « La poursuite des réductions d’effectifs par le développement de l’externalisation, notamment. »

    De fait, en 2010, ce sont déjà six cimetières dont l’entretien a été externalisé au privé : dans le secteur de Bray-sur-Somme, c’est le carré militaire de Lille-Sud et le cimetière national de Haubourdin. Pour le secteur de Colmar, les cimetières nationaux de Dannemarie, de l’Altkirch et de Haguenau pour le secteur de Metz, le cimetière national de Vitre-mont. Et naturellement, le mouvement s’accentuera en 2011/2012.

    La « modernisation de la fonction publique », parlons-en !

    Pour la RGPP, la modernisation c’est l’accélération des restructurations de services, la flexibilité de l’emploi, le non remplacement d’un départ en retraite sur deux, le gel de la valeur du point d’indice pour 3 ans, etc. Le résultat, pour les ACVG, leurs pensions, retraites du combattant, rentes mutualistes AC bloquées pour 3 ans au même niveau en dépit de l’augmentation du coût de la vie ; c’est la disparition du secrétaire d’État aux ACVG, du secrétariat d’Été de tous ses services chargés de l’exerc du droit à réparation.

    C’est aussi l’ONAC placé désormais sous la tutelle de la Délégation pour la mémoire, le patrimoine et les archives (DMPA), c’est-à-dire directement la telle de la Défense, si ce n’est celle l’Élysée qui régente tout… et ne tient toujours pas ses engagements écrits 2007.

    Ce sont des milliers d’AC attendant d puis plus de deux ans leur carte du con battant, leur TRN, parce que le système Kapta (modernisation) n’est toujours pas au point et ne le sera sans doute pas avant 2012 ! Ce sont les pensionnés en attente également, parce que leur dossiers sont bloqués à Toulon, faute d. bras pour les ouvrir, etc.

    Fédérer les luttes
  •  Si la RGPP n’est pas faite pour améliorer le travail du service public, le rendre plus efficace au service des citoyens, - si la RGPP n’a d’autres buts que de détruire les services publics et privatiser toutes ses activités commercialisables,
  •  si l’objectif clairement énoncé de la RGPP est de supprimer 150 000 em- plois et de revenir au niveau des effectifs de 1990 pour les services publics, alors il faut bien reconnaître que les ACVG n’échappent pas à cette casse entreprise qui voit leur marginalisa• tion, la disparition de leur secrétariat d’État et de ses services, les externalisations menées par l’ONAC, etc.

    Par conséquent, puisque les luttes se développent dans la fonction publique, le mouvement AC, s’il veut vraiment agit dans l’intérêt des ACVG, ne peut ni ne doit s’isoler. Il faut, au contraire, fédérer nos luttes avec ces alliés naturels que sont les fonctionnaires, au traitement desquels sont rattachées nos pensions d’invalidité et nos retraites du combattant. Tel est, en toute conscience et responsabilité, l’engagement de l’ARAC.

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      N° 773 - juin 2011 j  

    Marc Laffineur Nouveau secrétaire d’État aux AC
     

    M. Marc Laffineur (65 ans), député-maire d’Avrillé (Maine-et-Loire) vient d’être nommé secrétaire d’État aux Ancien Combattants, le 29 juin dernier, à l’occasion du remaniement ministériel, faisant suite du départ de Christine Lagarde pour le FMI.

    Ex UDF, député UMP, benjamin d’une famille de 16 enfants et lui-même père de trois enfants, il a profité du refus de Marc Philippe Daubresse, (secrétaire adjoint de l’UMP), tout d’abord sollicité, mais déçu de ne pas avoir obtenu le « maroquin » du ministère de l’Enseignement et de la Recherche qu’il convoitait. Comme on peut le constater, ces manœuvres politiciennes sont bien loin des engagements et des réponses qu’attendent les ACVG.

    Cette nomination, après la disparition discrète du 8e secrétaire d’État aux AC, il y a sept mois, est sans doute due à l’action tenace du mouvement ACVG (de l’UFAC et notamment de l’ARAC toujours en première ligne), et nous prenons acte de cette nomination… Sans nos interventions répétées et insistantes, tous azimuts, le Président de la République se serait bien accommodé de ce « vide » qu’il a lui-même organisé en imposant au travers de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) la casse du secrétariat d’État aux AC, de ses services et la fonte des effectifs de la fonction publique.

    Ceci étant, trois millions et demi d’AC, de veuves, d’OPEX, d’orphelins, d’ascendants, de victimes civiles de guerre et de victimes hors guerre… ça vote ! Et dans les perspectives électoralistes de 2012, avec le silence catastrophique sur les engagements 2007 non tenus, mieux vaut ne pas trop tirer sur une ficelle déjà par trop usée.

    M. Laffineur va donc devoir s’accrocher à un exercice de haute voltige, pour faire prendre, dans le cadre du projet de budget 2012, des vessies de cochons pour des lanternes magiques, à un mouvement ACVG bien décidé, lui, à ne plus s’en laisser compter !

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  • Articles de cette rubrique
    1. Le Réveil des Combattants N° 735-736 – octobre - novembre 2007
      10 décembre 2007

    2. Le Réveil des Combattants N° 768-769 - janvier-février 2011.
      24 février 2011

    3. Ne pas demeurer l’arme au pied
      14 septembre 2006

    4. Campagne double : Vigilance et urgence
      14 septembre 2006

    5. En suivant la retraite du combattant
      14 septembre 2006

    6. Carte du combattant, proposition de loi 1939-1945
      14 septembre 2006

    7. L’Arac reçue par le ministre des Anciens Combattants
      14 septembre 2006

    8. Agent orange, dioxine et leurs conséquences
      14 septembre 2006

    9. Alerte ! Les anciens de l’OAS relèvent la tête
      14 septembre 2006

    10. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’août-septembre 2006.
      14 septembre 2006

    11. ARAC-Cuba solidarité
      15 septembre 2006

    12. Papon : un nouveau scandale
      15 septembre 2006

    13. Veuves d’anciens combattants : Groupe de travail sur leur situation financière
      15 septembre 2006

    14. Cérémonies du souvenir organisées par l ’ARAC
      15 septembre 2006

    15. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’avril-mai 2006.
      20 mai 2006

    16. Trois questions à Claude Delevacq, secrétaire général de L’ARAC
      20 mai 2006

    17. Loi de finances 2006 : Les dispositions définitives.
      21 mai 2006

    18. Yzeure (Allier) : L’agent orange fait toujours des victimes au Vietnam
      21 mai 2006

    19. Yvonne Hagnauer : résistante, pédagogue et Juste parmi les Nations
      21 mai 2006

    20. Le cri des enfants de harkis
      21 mai 2006

    21. Le 19 mars est un combat
      21 mai 2006

    22. Dans l’union, les cinq mutuelles AC en action
      21 mai 2006

    23. Psychotraumatismes de guerre : Un colloque en préparation
      21 mai 2006

    24. Les articles de notre journal : "Réveil des Combattants".
      21 mai 2006

    25. Campagne double : Scandaleuse attitude du ministre des Anciens Combattants.
      5 juillet 2006

    26. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de juin-juillet 2006.
      5 juillet 2006

    27. Colloque sur les psychotraumatismes de guerre
      5 juillet 2006

    28. Services départementaux de l’ONAC : Quel recrutement dans les cinq ans ?
      5 juillet 2006

    29. Croix de guerre Algérie-Tunisie-Maroc - Médaille des évadés
      5 juillet 2006

    30. L’ARAC représentée au CA national de l’ONAC.
      5 juillet 2006

    31. Des anticolonialistes en assemblée générale.
      5 juillet 2006

    32. L’ARAC au Tréport : Succès du rassemblement national.
      5 juillet 2006

    33. Le génocide arménien : Un crime imprescriptible oublié
      6 juillet 2006

    34. Anciens d’Algérie , appel à témoignage
      6 juillet 2006

    35. Guantanamo : A propos des emprisonnés
      6 juillet 2006

    36. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’octobre-novembre 2006
      21 novembre 2006

    37. Legs aux associations
      21 novembre 2006

    38. Jeunes porte-drapeaux à l’honneur
      21 novembre 2006

    39. Avec le Comité Vietnam : « Les enfants et le buffle »
      21 novembre 2006

    40. Mutisme et "silence radio" sur la campagne double
      21 novembre 2006

    41. Cuba élu au Conseil des droits de l’homme à Genève
      21 novembre 2006

    42. Cuba : Solidarité, liberté et justice
      21 novembre 2006

    43. Cuba : Mieux se connaître pour mieux coopérer
      21 novembre 2006

    44. Aide cubaine à la santé et à l’éducation en Bolivie
      21 novembre 2006

    45. Professionnalisation des armées : Réserve opérationnelle et réserve citoyenne
      21 novembre 2006

    46. Le 14 Juillet aux Ulis
      21 novembre 2006

    47. Assemblée générale de l’UFAC : Des revendications réaffirmées clairement
      21 novembre 2006

    48. Carnet de santé et aménagements des automobiles
      21 novembre 2006

    49. Les 90es anniversaires du feu d’Henri Barbusse et de l’ONAC sont bien engagés
      21 novembre 2006

    50. Veuves d’anciens combattants : Une allocation pour les plus démunies
      27 janvier 2007

    51. ONAC : Une carte de la France interactive
      27 janvier 2007

    52. Rente mutualiste : Le plafond porté à 1 649 € au 1er-01-2007
      27 janvier 2007

    53. Anciens harkis et supplétifs : Revalorisation de l’allocation de reconnaissance
      27 janvier 2007

    54. La décristallisation : "Une indemnité de rupture"
      27 janvier 2007

    55. Frais des bénévoles et réduction d’impôts
      27 janvier 2007

    56. Cébazat (63) : Exposition cour la mémoire
      27 janvier 2007

    57. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de décembre 2006 - janvier 2007
      27 janvier 2007

    58. Les Ulis (91) : Un débat d’actualité
      27 janvier 2007

    59. Le Réveil des Combattants N° 727-728 – février-mars 2007
      8 avril 2007

    60. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de février - mars 2007
      8 avril 2007

    61. Le Réveil des Combattants N° 729-730 – avril-mai 2007
      27 mai 2007

    62. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants" d’avril-mai 2007
      27 mai 2007

    63. Le Réveil des Combattants N° 731-732 – juin-juillet 2007
      9 juillet 2007

    64. Le Réveil des Combattants N° 733-734 – août-septembre 2007
      23 septembre 2007

    65. Le Réveil des Combattants N° 737-738 – décembre 2007 - janvier 2008.
      19 janvier 2008

    66. Le Réveil des Combattants N° 739-740 – février - mars 2008
      24 mars 2008

    67. Le Réveil des Combattants N° 741-742 – avril-mai 2008
      5 mai 2008

    68. Le Réveil des Combattants N° 772 - mai 2011.
      14 juin 2011

    69. Le Réveil des Combattants N° 743-744 – juin-juillet 2008
      3 juillet 2008

    70. Le Réveil des Combattants N° 745-746 – août-septembre 2008
      27 septembre 2008

    71. Le Réveil des Combattants N° 747-748 – octobre-novembre 2008
      30 novembre 2008

    72. Le Réveil des Combattants N° 759 – février 2010
      2 mars 2010

    73. Le Réveil des Combattants N° 764 – août-septembre 2010.
      30 septembre 2010

    74. Le Réveil des Combattants N° 766-767 – novembre - décembre 2010.
      31 décembre 2010

    75. Le Réveil des Combattants N° 770-771 - mars-avril 2011.
      12 avril 2011

    76. Le Réveil des Combattants N° 771 - avril 2011.
      18 mai 2011

    77. Le Réveil des Combattants N° 777 - octobre 2011.
      1er janvier 2012

    78. Le Réveil des Combattants N° 776 - septembre 2011.
      1er janvier 2012

    79. Le Réveil des Combattants N° 773 - juin 2011.
      31 décembre 2011

    80. Le Réveil des Combattants N° 774-775 - juillet-août 2011.
      31 décembre 2011

    81. Le Réveil des Combattants N° 778 - novembre 2011.
      1er janvier 2012

    82. Le Réveil des Combattants n°789 de décembre 2012 - janvier 2013.
      23 janvier 2013

    83. 8 mai 2006 : Message de l’UFAC
      20 mai 2006

    84. 8 mars 1962 : Charonne : La mémoire des crimes
      27 janvier 2007

    85. 90e anniversaire de la création de l’ONAC
      5 juillet 2006

    86. 90e anniversaire de l’ARAC : Le combat d’un siècle pour la paix, pour la vie
      27 janvier 2007

    87. 1936 : Solidarité avec l’Espagne républicaine berceau de la Résistance française.
      5 juillet 2006