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Le Réveil des Combattants N° 747-748 – octobre-novembre 2008
Publié le dimanche 30 novembre 2008

Sommaire :  

  •   Agir et construire de nouvelles solidarités ACVG
  •   Retraite du Combattant : Le gouvernement contraint à lâcher deux points
  •   Assemblée générale de l’UFAC : Motion générale pour la défense des droits
  •   Le 5 novembre, Assemblée nationale : Rassemblement unitaire pour la défense des droits
  •   Indemnisation des « malgré-nous » Alsaciens et Mosellans
  •   Revalorisation du point PMI
  •   Ce que l’Algérie « nous » a appris
  •   ERP-ONAC de Soisy-sur-Seine : Mémoire de Guy Môquet et témoignage d’Odette Nilès
  •   Châteaubriant : Revenir humblement à l’école de la Résistance : Intervention de la FILPAC CGT
  •   Le mont Valérien : Position stratégique et évolution
  •   Déclaration de l’UFAC : L’humanité est en grand danger
  •   Conflits et environnement : de l’écocide à la justice environnementale
  •   Cuba-Europe : Une nouvelle coopération
  •   Le calvaire des jeunes immigrés
  •   Une programmation militaire inquiétante
  •   La Commission nationale de contrôle financier
  •   Nos peines
  •   Livres en vrac : Polars… vite fait
  •   Un Réveil rénové
  •   NOUVEAUX MONTANTS MENSUELS DES PENSIONS ET DE LA RETRAITE A COMPTER DU 1er/10/2008

     

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 a  

    Agir et construire de nouvelles solidarités ACVG
     
    L’issue de la crise du capitalisme et de ses incidences financières est un enjeu politique qui s’impose déjà comme une grande question populaire.

    La question économique et sociale fait irruption brutalement dans la vie quotidienne de millions de gens : défense de l’emploi, du pouvoir d’achat, des salaires, des retraites, de défense du droit à réparation et de son application, maintien des services publics, des finances des collectivités locales qui sont au cœur des inquiétudes du peuple français.

    Le gouvernement prend prétexte de la conjoncture pour redoubler dans l’austérité. Nous venons de le constater, concrètement, dans le projet du budget ACVG 2009, qui est un budget de renoncement et de promesses non tenues.

    Le Conseil national de l’ARAC, réuni les 11 et 12 octobre derniers à Fontenay-les-Briis, a réaffirmé la nécessité d’avoir une ARAC bien présente et active partout où elle existe, avec son Réveil des Combattants, outil irremplaçable pour contrebalancer le matraquage de la pensée unique ; une ARAC qui entend rappeler en permanence le courage des membres du Conseil national de la Résistance (CNR) d’avoir mis au cœur des choix politiques de l’immédiat après guerre : le développement économique centré sur l’efficacité sociale.

    Le rassemblement du 5 novembre organisé par l’UFAC devant l’Assemblée nationale à l’occasion de la discussion du projet de loi de finances 2009 montre qu’on assiste à des prises de conscience et à des solidarités nouvelles dans plusieurs UDAC : unitaires dans l’action, à l’initiative et porteuses sans aucun doute, de nouvelles initiatives plus rassembleuses encore.

    Continuons la lutte…

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 b  

    Retraite du Combattant : Le gouvernement contraint à lâcher deux points
     
    C’est insuffisant : les sénateurs doivent améliorer encore le budget 2009 des ACVG

    Le projet de budget des ACVG pour 2009 a été adopté par les députés de la majorité présidentielle au terme d’un débat mené de 21h 30 le mercredi 5 novembre jusqu’à 1 h30 du matin le 6, puis repris à 9 h 30 le jeudi matin.

    Sous la pression importante du Mouvement AC, dont les délégations étaient venues rencontrer les groupes parlementaires le 5 au matin à l’Assemblée nationale, le gouvernement a été contraint d’amender son projet en y introduisant une mesure restreinte : 2 points de relèvement de la retraite du combattant, à compter du… 1er juillet 2009. Ainsi, le gouvernement introduit une nouvelle donnée dans l’exercice budgétaire annuel, qui ne débuterait plus le 1er janvier de l’année, mais 6 mois plus tard, le I er juillet.

    Tous les amendements visant à améliorer le contenu du budget (relèvement de la retraite du combattant dès le 1er janvier, revalorisation de la rente mutualiste AC, indemnisation des orphelins des victimes de la barbarie nazie, campagne double pour les fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés anciens combattants en Afrique du Nord, relèvement à 817 euros - seuil de pauvreté — du niveau de ressources permettant l’attribution de l’allocation différentielle de solidarité aux conjointes survivantes d’anciens combattants, attribution de la carte du combattant, etc.) ont été soit retirés par les députés de la majorité à la demande du secrétaire d’État aux Anciens Combattants, soit rejetés par eux lorsqu’ils étaient maintenus par les élus de l’opposition.

    Une avancée insuffisante

    Bafouant les engagements et les garanties affirmées en novembre 2007 à l’Assemblée nationale par M. Marleix (alors secrétaire d’État aux AC), le gouvernement a présenté, pour la 2e année consécutive, un projet de budget en baisse de 106 millions d’euros (- 3 %) et sans aucun crédit destiné à poursuivre ou amorcer la concrétisation des engagements formulés par le Président de la République envers les anciens combattants et les victimes de guerre. Et le groupe de travail des députés UMP, censé préparer positivement le budget avant la présentation de celui-ci, n’a été qu’effet d’annonce, le projet étant aussi vide que l’an passé et les marchandages aussi lamentables.

    Il aura donc fallu toute la pression du Mouvement AC, dont celle mise en œuvre par l’ARAC depuis le 16 septembre dernier et reprise les 7 et 8 octobre par l’Assemblée générale de l’UFAC, pour contraindre le gouvernement à réviser « petitement » sa copie.

    Dans ce contexte, les délégations d’ACVG venues rencontrer les députés le 5 novembre au matin ont souligné la volonté des ACVG d’obtenir justice. Un fait d’importance et qu’il faut apprécier à sa juste valeur, car une telle initiative n’avait plus eu lieu depuis le Front uni années 1990. Leur pression sur les députés de la majorité et sur le gouvernement a contraint celui-ci à faire machine arrière et à reconnaître jurisprudence Marleix » instituant un plan d’étalement pluriannuel relèvement de la retraite du combattant jusqu’à 2012, avec pour objectif les 48 points.

    Mais, dans le même temps, cette démarche révèle un blocage inacceptable table. Si, pour le gouvernement, le relèvement de la retraite du combattant est prioritaire et que - faute de crédits, dit-il ! — il ne peut que lui accorder 2 points par an d’ici 2012, cela signifie que tous les autres engagera sont rejetés aux « calendes grecques » et ne pourront être pris en coi qu’après 2012 ! En un mot, ce sont tous les engagements du Président de la République qui sont ainsi jetés par-dessus bord !

    Le 28 novembre au Sénat

    La parole est maintenant aux sénateurs qui devront se prononcer le 28 novembre prochain sur le budget.

    Peut-être faut-il rappeler que les ACVG sont aussi des retraités dont le pouvoir d’achat a baissé de 1,6 % en un an et que plus d’un million de ces retraités vivent sous le seuil de pauvreté.

    Peut-il faut-il leur rappeler que les ACVG exigent que leur dignité soit respectée, y compris par la satisfaction de leur droit à réparation qui en est le complément inséparable.

    Le nécessaire et l’indispensable : telles sont les notions que doivent prendre en compte les sénateurs, face à ce projet de budget.

    Le nécessaire

    C’est le rappel et l’exigence avec force de la satisfaction complète des engagements pris par le Président de la République envers les ACVG. Ils n’en demandent pas plus, mais pas moins non plus. Et au train des deux premiers budgets du quinquennat, il est évident, si rien ne bouge plus et plus vite, que les engagements présidentiels ne seront pas tenus, que les ACVG auront encore une fois été trompés, bernés, floués, et que les promesses sarkoziennes n’auront engagé que ceux qui les ont écoutées et non celui qui les a formulées.

    Un plan pluriannuel précis, avec des engagements et des garanties s’impose donc. Aux sénateurs d’obliger le gouvernement à le concrétiser.

    L’indispensable, c’est d’amender encore ce budget :

  •  en avançant au lei janvier 2009, au lieu du I" juillet, l’attribution des 2 points de relèvement de la retraite du combattant,
  •  en arrachant une étape de revalorisation du plafond majorable des rentes mutualistes, à laquelle le Président Sarkozy s’est engagé formellement. Un geste positif doit être fait dès 2009 (soit 1 point ou 1,5 point de plus) avec engagement de poursuivre un étalement identique permettant d’arriver à l’engagement dès 130 points (au lieu de 125) le plus rapidement possible. La plus grande des vigilances s’impose à la fois quant aux revendications dont l’avancement est « promis » pour 2009 (campagne double, orphelins, allocations aux conjoints survivants, TRN pour les réfractaires aux STO, carte du combattant pour les OPEX, etc.) de même que pour celles superbement ignorées (veuves de grands invalides, rattrapage du retard du point de pension PMI, etc.).

    L’ONAC en péril

    D’autant que le gouvernement, dans sa démarche destructrice des services chargés de l’application du droit à réparation (DSPRS) et, à terme, de I’ONAC et de ses services départementaux (bientôt réduits à de simples guichets de renseignements), entend désormais passer vite et en force. Ainsi, des associations d’ACVG sont invitées à « donner leur avis » sur les effets de la RGPP (Réforme des politiques publiques) le 27 novembre prochain à I’ONAC, tandis qu’un Conseil d’administration extraordinaire de I’ONAC serait convoqué le 29 janvier 2009, avec à l’ordre du jour l’adoption du contrat d’objectifs et de moyens 2 (COM 2) conçu pour appliquer la RGPP, entériner la disparition de la DSPRS et modifier le rôle des services départementaux de l’ONAC, avec tous les risques et les craintes que cela comporte.

    Plus que jamais, « l’état d’alerte rouge » du Mouvement AC s’impose donc avec force pour le maintien et l’amélioration du droit à réparation, son exercice au service des ACVG, la pérennité du secrétariat d’État, de l’ONAC, de l’INI, des Maisons de retraite et des Écoles de réinsertion professionnelle.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 c  

    Assemblée générale de l’UFAC : Motion générale pour la défense des droits
     
    L’assemblée générale de l’Union française des associations de combattants et de victimes de guerre, réunie à Paris, Espace Reuilly, les 7 et 8 octobre 2008, prend acte avec satisfaction qu’un secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants ait été nommé le 18 mars 2008, mais déplore que l’appellation « victimes de guerre » n’ait pas été rétablie.

    L’UFAC souhaite vivement que dans le budget 2009, les autres engagements pris par le Président de la République soient tenus, notamment que les anciens combattants et victimes de guerre continuent à bénéficier d’un budget autonome. L’UFAC exige que s’établisse, au-delà des réunions d’information, une réelle concertation entre le gouvernement et les associations d’anciens combattants et victimes de guerre. De plus, l’UFAC regrette que les résolutions de son assemblée générale 2007 n’aient été prises que partiellement en compte dans le budget 2008.

    Toutes les résolutions non satisfaites restent d’actualité. Il en est ainsi de celles concernant les combattants de la Résistance et les Réfractaires pour lesquels il est grand temps de prendre des mesures de justice et d’équité, compte tenu de l’âge des intéressés.

    L’UFAC considère comme particulièrement prioritaires dans le budget 2009 :

    1 -le relèvement d’un second palier d’au moins 2 points d’indice PMI du montant de la retraite du combattant au 1" janvier 2009, conformément aux engagements pris par le gouvernement devant le Parlement lors du débat budgétaire 2008,

    2 - prend acte du relèvement du plafond de ressources de l’Allocation différentielle en faveur des conjoints survivants de ressortissants de l’ONAC (AD-CS) à hauteur de 750 € mensuels et de la suppression de l’Allocation personnalisée au logement (APL) dans le calcul des ressources à compter du 1er janvier 2008 ; demande que, dans le budget 2009, figurent les crédits nécessaires pour pérenniser cette mesure, porter le plafond de ressources à hauteur de 817 € et que ne soit plus pris en compte le montant des loyers,

    3 - le relèvement à ’130 points PMI du plafond majorable de la retraite mutualiste du combattant,

    4 - la révision du rapport constant, le chiffrage du retard accumulé et le rattrapage de celui-ci,

    5 - l’attribution de la campagne double aux anciens combattants en Afrique du Nord, fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés,

    6 - l’application réelle du droit à réparation pour les victimes des psychotraumatismes de guerre, les irradiés et les conséquences des médications préventives et des armes nouvelles sur les combattants et victimes des conflits actuels,

    7 - le principe clairement établi d’égalité et de traitement pour tous les orphelins de guerre, fils et filles des Morts pour la France, y compris pour les enfants des morts au combat durant la Résistance et les orphelins des Patriotes résistant à l’Occupation (PRO),

    8 - le retour à une réelle et juste proportionnalité des PMI de 10 à 100 %, telle que voulue par la loi du 31 mars 1919.

    Ces huit exigences, affirmées par l’UFAC comme prioritaires, n’excluent pas que les autres points du contentieux, notamment les pensions des veuves de grands invalides, l’attribution de la médaille commémorative Indochine pour la période s’étendant du 11 août 1954 au 1" octobre 1957 et l’octroi des bonifications de campagne aux personnels de la Poste interarmées - n’aient pas à être examinés par le gouvernement en partenariat avec les associations d’anciens combattants et victimes de guerre.

    Le principe de base doit rester l’égalité des droits de tous les anciens combattants et victimes de guerre. Aussi, l’UFAC les considère comme devant recevoir impérativement satisfaction dans le budget 2009 du secrétariat d’État à la Défense et aux Anciens combattants. La non-satisfaction de ces points amènera de la part de l’UFAC et de ses instances départementales une action résolue en direction des représentants du gouvernement et des parlementaires.

    L’UFAC demande expressément que la situation budgétaire actuelle ne soit pas prétexte à la non-ap¬plication légitime et complète du droit à réparation et au respect de la dette contractée par la Nation à l’égard des anciens combattants et victimes de guerre. Elle refuse donc par avance toutes mesures de gel des crédits au nom de la rigueur budgétaire. Dans ce cadre, l’assemblée générale de l’UFAC affirme son inquiétude quant aux conséquences de la Réorganisation générale des politiques publiques (RGPP) et exprime sa volonté que l’ensemble des services chargés de l’exercice du droit à réparation demeure placé sous la seule autorité du secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants.

    Non au projet de budget 2009 des ACVG !

    L’assemblée générale de l’UFAC a constaté avec stupeur que le projet de budget des anciens combattants et des victimes de guerre, ne contient aucun crédit permettant la mise en œuvre des engagements formulés par le Président de la République durant sa campagne électorale. En effet, pour la 2e année consécutive, le projet de budget se présente en baisse (-3 %), ce qui est inacceptable. En fait, ces crédits ne permettent que le simple financement des mesures prises antérieurement. Pire même, les engagements annoncés le 8 novembre 2007 à l’Assemblée nationale par Alain Marleix, alors secrétaire d’État à la Défense chargé des Anciens Combattants, sont foulés aux pieds. Rappelons que celui-ci avait garanti la revalorisation de 2 points de la retraite du combattant en 2009, puis 2 points en 2010, 2011 et enfin 3 points en 2012, pour atteindre l’objectif des 48 points.

    Une telle attitude est inacceptable et l’assemblée générale de l’UFAC appelle les députés à tout mettre en œuvre pour que soient acceptés des amendements parlementaires permettant d’améliorer le projet de budget, notamment en matière de relèvement de là retraite du combattant, revalorisation de la retraite mutualiste ancien combattant, indemnisation des orphelins, campagne double, pensions de veuves de guerre et de veuves de grands invalides, etc.

    Soucieuse d’aider à la prise de conscience d’une telle nécessité, l’assemblée générale décide de faire du 5 novembre prochain, date du débat budgétaire à l’Assemblée nationale, une journée de délégation auprès des groupes parlementaires auxquels elle demandera d’être reçue. L’assemblée générale demande aux unions départementales de la Région parisienne de s’associer à cette initiative et aux unions départementales de province de faire de même auprès des députés et des préfets.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 d  

    Le 5 novembre, Assemblée nationale : Rassemblement unitaire pour la défense des droits
     
    Le 5 novembre : rassemblement unitaire des ACVG avec l’UFAC devant l’Assemblée nationale.

    La direction nationale et la mutuelle de l’ARAC, de nombreux militants des comités de l’Ile-de-¬France de l’ARAC, drapeaux en tête y ont participé activement.

    Ils ont participé aux différentes délégations qui ont rencontré les représentants des différents groupes politiques à l’Assemblée pour expliciter leurs revendications unitaires.

    Rencontres et débat "non-stop" avec les députés. En haut : avec Maxime Gremetz, député de la Somme (PCF), de dos sur la photo. A droite, rencontre avec Martine Billard, députée de Paris (Les Verts).

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 e  

    Indemnisation des « malgré-nous » Alsaciens et Mosellans
     
    Une convention entre l’État (représenté par le secrétaire d’État aux Anciens Combattants) et la Fondation entente franco-allemande (FEFA) a été signée à la préfecture du Bas-Rhin le 17 juin 2008. Cette convention va permettre d’accorder une allocation unique de 800 euros aux incorporé(e) s de force survivant(e)s. Cette mesure concernerait 5 800 personnes, pour l’essentiel des femmes âgées de 82 à 85 ans.

    Ainsi pourrait donc se trouver en voie de règlement une revendication ancienne connue sous le nom de « indemnisation des anciens RAD et KHD ».

    Une loi du 26 juin 1935, édictée par le gouvernement du Reich hitlérien, imposait à chaque Allemand (femmes compris depuis 1939) un service consacré à des travaux d’utilité publique, avant le service militaire. Le RAD (Reich¬sarbeitsdienst) était l’organisation paramilitaire qui encadrait ces travaux, et le KHD (Kriegshilfsdienst) en était la branche spécifiquement vouée au soutien de l’armée, la Wehrmacht.

    A partir de 1941 pour les hommes, et de 1942 pour les femmes, les jeunes gens et jeunes filles de la Moselle, du Bas-Rhin, et du Haut-Rhin (trois départements annexés de fait par l’Allemagne nazie en juillet 1940) furent intégrés de force dans ce dispositif.

    Ces dispositions concernèrent environ 10 000 à 15 000 Alsaciens et Mosellans. Les jeunes. Hommes étant le plus souvent incorporés dans la Wehrmacht et envoyés sur le front de l’Est, en Union soviétique. Les jeunes femmes se retrouvèrent majoritairement dans le RAD où, dès l’âge de 17 ans, elles furent incorporées en uniforme dans des, usines d’armements, des hôpitaux, des camps utilitaires, l’administration, les transports ou les télécommunications.

    Indemnisation : les démarches à faire

    Ce sont donc essentiellement ces « malgré elles » qui seront concernées par cette allocation unique de 800 euros financée à parité par l’État et la FEFA. Cette indemnisation est réservée aux seules personnes incorporées de force dans le RAD-KAD et non à celles appelées dans la Wehrmacht. Elle sera uniquement versée aux survivant(e)s, à l’exclusion de tout ayant droit et/ou ayant cause. La limite de dépôt des dossiers est fixée au 31 décembre 2009. Et le formulaire de demande est disponible, depuis le ter septembre 2008 jusqu’au 31 décembre 2009. S’adresser soit aux services départementaux de l’ONAC de Moselle, Haut-Rhin et Bas-Rhin, soit aux directions interdépartementales des AC d’Alsace ou Lorraine, soit à la FEFA(*) qui sera chargée du traitement des dossiers et de leur mise en paiement, ou, naturellement, aux directions départementales et locales de l’ARAC.

    (*) Téléchargement possible de la demande sur le site Internet www.fefa.fr (courriel : info@fefa.fr).

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 f  

    Revalorisation du point PMI
     
    La valeur du point servant à déterminer le montant des pensions d’invalidité et celui de la retraite du combattant a été revalorisée par un arrêté du 2 septembre 2008.

    L’article 1er a fixé à 13,50 euros (au lieu de 13,45) la nouvelle valeur du point à compter du 1 er mai 2008.

    L’article 2 a porté cette valeur à 13,51 euros, à compter du 1er 2008, compte tenu de la variation de l’indice d’ensemble des traitements bruts de la fonction publique.

    La note d’information n° 75/6681/BERG du 24 octobre 2008 (ministère de la Défense) annonce qu’un arrêté porte la valeur du point PMI à 13,55 euros à compter du 1er octobre 2008.

    Le présent Réveil publie donc un tableau des pensions en fonction de la valeur du point à 13,55 (voir p. 6)

    Les trésoriers payeurs recevront mission de régler les pensions PMI et les retraites du combattant en fonction de cette nouvelle valeur de point, en y ajoutant les arriérés à compter du 1 er mai (0,05 centime) jusqu’au 30 juin, puis 1 centime de plus à partir du 1" juillet, jusqu’au 30 septembre, puis 4 centimes à partir du 1er octobre.

    Rappelons toutefois que malgré cette revalorisation, le point PMI compte près de 44 % de retard sur ce qu’il devrait être et que nous en exigeons le rattrapage d’urgence.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 g  

    Ce que l’Algérie « nous » a appris
     
    L’histoire des guerres peut-elle éclairer la situation en Afghanistan ?

    L’Afghanistan est un bourbier, mais partir serait une erreur. Bernard Guetta, dont les chroniques étrangères, sur France Inter, ne sont pas toujours tendres avec les guerres américaines, soutient ce point de vue qui a les apparences du bon sens : laisser le terrain aux terroristes serait pire que tout…

    Cet air-là, on l’a déjà entendu : il y a presque cinquante ans, quand la guerre d’Algérie faisait rage, les partisans de la poursuite du conflit en avaient fait leur ligne de défense : on ne peut pas laisser le terrain aux poseurs de bombes, à ceux qui mutilent nos soldats, aux ennemis de la civilisation ! On sait comment cela a fini, quatre ans plus tard et des centaines de milliers de victimes en plus : une négociation à l’arraché avec les « rebelles », un départ (parfois en catastrophe) des troupes, des pieds-noirs et des harkis, ceux-ci quand ils n’étaient pas sacrifiés après avoir servi une « patrie » qui ne pouvait être la leur…

    L’Afghanistan n’est pas l’Algérie. Les talibans ne sont pas le FLN, mouvement historique de la décolonisation. Mais arrêtons-nous sur le processus des guerres que l’on sait sans issue, parce qu’elles sont, quoi qu’on dise et quoi qu’on veuille, des guerres d’occupation d’un pays par des armées étrangères et qui non seulement se prolongent, mais se radicalisent au fil d’engagements destinés à « ne pas laisser le terrain ».

    Le congrès de la Soummam, acte fondateur du FLN en 1956, n’avait pas prévu la violence érigée en principe, les actes aveugles, le triomphe des militaires sur les politiques, la liquidation d’Abbane Ramdane, l’un des leaders les plus éclairés, par ses frères. À quoi était due cette radicalisation des méthodes ? A la durée de l’occupation étrangère, au sentiment qu’il fallait se battre contre un mur, aux méthodes du contre-terrorisme, à la torture justifiée par la recherche du renseignement qui sauve, etc. Un mot restera dans l’histoire, celui du secrétaire général de la préfecture d’Alger (qui démissionnera) : « Vous avez gagné la bataille d’Alger mais vous avez perdu l’Algérie. » Autrement dit, vous avez maté la rébellion dans la capitale, dans tel ou tel lieu, mais au prix de vous aliéner le peuple que vous prétendiez défendre.

    Si ce rapport à une histoire, qui n’est pas si ancienne que cela, paraît douteux à certains, le général Canin, interrogé sur France 3 le jour même où se tenait le débat sur l’engagement militaire français en Afghanistan à l’Assemblée nationale, s’est chargé de faire le lien. Pour cet « expert » - les guerres ont aussi leur contingent d’experts -, il faut faire en Afghanistan ce que la guerre d’Algérie nous » a appris : « On occupe le territoire, on construit des routes, on ouvre des écoles, on soigne les gens, on aide les populations et, à un moment donné, le rebelle n’est plus chez lui. » On a bien lu : le rebelle est dans son pays, mais il n’est plus chez lui !

    Tout est là, dans ce « chez lui » devenu miraculeusement « chez nous ». A poursuivre dans ce raisonnement absurde, on va fabriquer du taliban à la pelle. Partir d’Afghanistan, ce qui ne signifie pas être indifférent à son sort est une urgence vitale. Surtout lorsque l’on sait que l’engagement de Nicolas Sarkozy n’a rien à voir avec les talibans et tout à voir avec un gage cynique donné à Washington de réintégration dans l’OTAN.

    Charles SILVESTRE,
    Journaliste

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 h  

    ERP-ONAC de Soisy-sur-Seine : Mémoire de Guy Môquet et témoignage d’Odette Nilès
     
    Le 19 octobre dernier, plus de 50 000 personnes se sont, comme chaque année, réunies dans la carrière de Châteaubriant (Loire-Atlantique) pour commémorer l’assassinat par les occupants nazis, avec l’aide de leurs complices du gouvernement de Pétain, de 27 otages emprisonnés dans le camp. Parmi ces 50 000 personnes, près d’un millier de jeunes venus de pays de l’Europe, pour cet hommage aux martyrs de la Résistance, parmi lesquels Guy Môquet, 17 ans.

    L’école de réinsertion professionnelle de I’ONAC de Soisy-sur-Seine (Essonne) s’est associée à cette préparation, comme elle l’avait déjà fait en 2007.

    A l’initiative de I’ARAC de l’Essonne, ERP-ONAC de Soisy a inscrit, dans son programme de travail de mémoire illustrant son enseignement général, une initiative consacrée aux jeunes dans la Résistance à l’occupation nazie 1940-1944.

    L’ARAC a donc présenté, avec le concours du musée de la Résistance nationale de Champigny (Val-de-Marne), une exposition consacrée à Guy Môquet et aux 27 de Châteaubriant. Cette exposition a d’abord permis, durant deux semaines, une première approche du drame par tous les stagiaires, les personnels et les enseignants de I’ERP.

    Le 23 septembre après-midi, l’amphithéâtre de I’ERP affichait donc complet (près de 150 personnes) pour visionner un petit film consacré à Guy Môquet, les racines de son engagement résistant, son assassinat par les nazis. Après quelques instants de pose, indispensables après cette première charge émotionnelle venue compléter l’exposition, Mme Odette Nilès apporta le témoignage de son vécu à Châteaubriant.

    Odette Nilès, veuve de notre camarade Maurice Nilès, ancien résistant, député-maire de Drancy (93), est aujourd’hui, à 84 ans, l’une des trois seules survivantes des emprisonnées à Châteaubriant. Chevalier de la Légion d’honneur, présidente de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, elle consacre son temps et ses efforts à témoigner. Ce qu’elle fit avec brio à l’ERP, émaillant son témoignage d’anecdotes saisissantes, racontant son arrivée au camp, la vie de celui-ci, ses contacts avec Guy Môquet, décrivant le jour du drame, le 23 octobre 1941, puis évoquant les suites et le développement de la Résistance jusqu’à la libération de la France.

    L’assistance, littéralement tenue en haleine par la sincérité et la simplicité du témoignage, s’inscrivit ensuite dans le débat avant de faire une véritable ovation unanime à Odette Nilès, témoignage d’un message fort et clairement reçu quant aux racines, aux raisons et à la clairvoyance de l’engagement résistant et du sacrifice de ces jeunes pour une France libre et souveraine, telle que la concevait le Conseil national de la Résistance et son programme. Merci à Odette Nilès pour ces moments de si forte émotion.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 i  

    Châteaubriant : Revenir humblement à l’école de la Résistance : Intervention de la FILPAC CGT
     
    La jeunesse est un privilège éphémère. Nous sommes venus, à plusieurs centaines de jeunes de la CGT, témoigner de notre conscience de détenir un bien volatile. Il n’en est pas de même pour les fusillés de Châteaubriant. Ils seront jeunes à jamais. Raison de plus pour ne pas les laisser vieillir.

    On ne veut pas savoir les noms de leurs bourreaux. Nous voulons tout savoir de leur sacrifice. En tant que secrétaire de la Filpac CGT, je voudrais immédiatement m’effacer devant l’un des 27, Même s’il est à peine imaginable de les séparer.

    Il s’agit de Désiré Granet, secrétaire de la fédération du papier-carton pendant le Front populaire en 1936. Un drôle de gars, qui, selon des faits bien établis, a opté pour la solidarité avec ses camarades otages, plutôt que de prendre la tangente individuelle. En effet, une semaine avant son exécution, un nommé Chassagne, militant comme lui avant de devenir chef du cabinet du ministre de l’Intérieur de Pétain, lui avait offert son intervention pour le faire libérer.

    Désiré lui répandit : « Je ne veux aucune faveur. Seule la libération de tous me convient. » Et ce choix l’a conduit au peloton d’exécution, sans le moindre souci de savoir si on parlerait de lui un jour. Un héros’ ? Non. Un militant, engagé, simple et droit. Sacrée leçon, en ces temps où il est tant recommandé de rentrer en concurrence les uns contre les autres. En ces temps où le nombrilisme impudique et le paraître conformiste cachent mal .le vide intérieur.

    Beaucoup d’efforts du haut de l’État sont accomplis depuis plus d’un an pour en finir avec la Résistance, pour établir une histoire officielle, qui banalise les hommes et efface les circonstances qui les ont conduits à un destin hors du commun.

    11 est fascinant de voir leur faculté à fabriquer des images d’Épinal et des icônes. Par exemple, il fallait banaliser le Che, ils en ont fait un visage figé de Christ rouge, perdu dans les replis froissés du T-shirt de l’été.

    Pour moi ceux de Châteaubriant ne sont pas des noms intouchables, passibles du Panthéon et de la sacralisation officielle. Je suis là pour clamer qu’ils sont vivants ! Vivants parce que leur engagement est d’une évidence omniprésente, d’une actualité hurlante. Pas seulement parce que l’extrême droite et le fascisme, en Europe, relèvent partout .la tête.

    Surtout parce que l’individualisme, arme du libéralisme politique, a été utilisé comme contre-feu à la lutte collective, à l’idéal militant, au sens de l’intérêt général.

    Et si Désiré Granet est pour moi autre chose qu’un portrait sacré qui orne le siège du Bureau fédéral de la Filpac, c’est bien que l’héritage historique est pour nous, à la fédération CGT des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication, une affaire d’orientation, de pratique, un principe d’organisation ! Il s’agit moins d’un culte laïc de héros consensuels que de leçons mille fois répétées, et repassées.

    Le doute sur notre idéal est permis, mais il ne peut avoir qu’un temps, court, parce que leur situation, à eux, en comparaison de la nôtre, n’impliquait aucune nuance. Ou le renoncement ou l’engagement. C’est pour cela que je suis ici, au nom de ma fédération. Pour prendre un bain de jouvence, et revenir, humblement, à l’école de la résistance.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 j  

    Le mont Valérien : Position stratégique et évolution
     
    Qui ne connaît pas le mont Valérien comme le lieu d’exécution des résistants pendant la seconde guerre mondiale ? Mais la destinée du mont Valérien n’a pas toujours été ainsi sombre.

    Dès le XVIe siècle, le mont Valérien accueille quelques laïcs désireux de mener une vie solitaire faite de prières et de méditations. Dès la fin du XVIe, une communauté d’ermites se constitue. Ces laïcs vivent de leur travail, et prononcent des vœux temporaires, accueillant même parfois des hôtes célèbres pour de courtes retraites.

    La création du pèlerinage du mont Valérien vient plus tard en 1634 à l’initiative d’un certain Hubert Charpentier professeur de théologie et prédicateur de renom. Mais cette destination religieuse disparaît avec la Restauration. Le fort, construit à partir de 1840, participe à la fortification de Paris, décidée par Thiers. Sa position menace sans cesse les troupes prussiennes lors de la guerre de 1870. Pendant le soulèvement de la Commune, il est le seul fort parisien à échapper aux Fédérés.

    Après avoir été le symbole de la résistance contre l’Allemagne, le fort devient le lieu d’exécution des résistants pendant la seconde guerre mondiale. Il abrite à l’heure actuelle le 8e régiment de Transmission et le musée de la colombophilie militaire.

    Le mont Valérien accueille également le cimetière américain, inauguré en 1919, et surtout le mémorial élevé le 18 juin 1960 en mémoire de tous ces résistants jeunes et moins jeunes, de confessions et d’engagements politiques différents, mais d’un idéal commun : la lutte contre l’envahisseur et le nazisme et l’amour de leur pays : la France.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 k  

    Déclaration de l’UFAC : L’humanité est en grand danger
     

    1- En cette année marquée par le 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Union française des associations de combattants et de victimes de guerre (UFAC), réunie en assemblée générale à Paris, les 7 et 8 octobre, exprime, plus que jamais, sa très vive inquiétude face à la persistance de la violation de ces droits et, au-delà, à la violation fréquente du droit international. Cette situation se traduit par le recours à la violence et aux armes pour résoudre les différends internationaux et nationaux.

    2 - L’histoire a amplement illustré les effets négatifs et pervers de ces violations. Elles sont causes de conflits, les aggravent et compromettent toute solution. De surcroît, lorsque celle-ci est ainsi imposée, elle s’avère généralement fragile et de courte durée. A long terme, l’ignorance des droits de l’homme et du droit international humanitaire, en alimentant la spirale violence/répression, a été souvent porteuse de la recrudescence des conflits et constitue l’un des terreaux du terrorisme international.

    3 - La globalisation du monde, l’interdépendance entre ses différentes composantes qui en résulte, élargissent les répercussions financières, économiques, sociales et écologiques de conflits qui vont bien au-delà du lieu où ils se produisent. La raréfaction des ressources naturelles et des sources d’énergie face à l’augmentation des besoins, les menaces qui pèsent sur l’environnement rendent le seul recours à la force par rapport au droit de plus en plus aléatoire et dangereux pour la survie même de l’humanité. Une solidarité effective entre les États et entre les peuples pour favoriser le développement durable et la lutte contre la pauvreté n’est donc plus seulement une aspiration d’ordre éthique ; elle devient une nécessité vitale.

    4 - L’UFAC estime donc indispensable que les États et les gouvernements fassent davantage usage des institutions et du corpus de droit international dont dispose la communauté internationale. Créées depuis 1945, dans le Cadre de la Charte des Nations unies dont les principes ont fait l’objet d’un engagement solennel de tous les États membres de l’ONU de les respecter, ces institutions offrent de larges possibilités de négociation, de médiation et de prévention de conflits, à la condition que les États concernés aient la volonté politique d’y avoir recours, ce qui malheureusement est loin d’être toujours le cas. L’UFAC réaffirme son attachement indéfectible au rôle irremplaçable de l’ONU et demande avec force aux États membres, de respecter et d’appliquer ses décisions.

    5 - L’UFAC souligne aussi le rôle de plus en plus important que permet de jouer à l’opinion publique et aux organisations non gouvernementales le développement des moyens de communication et en particulier l’Internet. Dans le passé récent, la Convention sur l’interdiction des mines anti-personnels, lé progrès réalisé en ce qui concerne l’interdiction des armes à sous munitions, en sont des illustrations. Il est donc important, là aussi, que les possibilités offertes au niveau des gouvernements, des institutions internationales et au niveau de l’opinion publique par une action concertée, soient soulignées afin de contrecarrer un certain scepticisme qui se manifeste à cet égard.

    6 - L’UFAC lance un appel solennel aux États et aux opinions publiques afin qu’ils prennent en compte d’urgence les périls dont l’humanité est menacée.

    Claude DELEVACQ

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 l  

    Conflits et environnement : de l’écocide à la justice environnementale
     
    Nous publions ici l’introduction de Georges Doussin, président honoraire de l’ARAC, à la deuxième séance du colloque de Dijon, des 25 et 26 septembre, consacré aux « conflits et environnements ».

    Mesdames, Messieurs,

    Il m’échoit l’insigne honneur de présider la deuxième séance de ce colloque. Je n’ai guère de qualité pour ce faire, n’étant ni chercheur ou universitaire, ni juriste. Cependant, ancien combattant et militant d’association d’anciens combattants et victimes de guerre au plan national et international, je me sens directement concerné par cette initiative qui ne peut que me réjouir de son existence.

    Le Village de l’Amitié de Van Canh : un village pour les victimes de l’agent orange. Le Comité international pour le Village de Van Canh, dont j’ai l’honneur d’être l’un des fondateurs depuis 20 ans maintenant, vit au quotidien le drame des victimes militaires et civiles de trois générations, un million de Vietnamiens, enfants, hommes et femmes victimes de l’agent orange.

    L’action unie des associations d’anciens combattants pour le droit des victimes des guerres contemporaines.

    L’ARAC, I’UFAC, les associations des victimes des essais nucléaires, Avigolfe, la BMAC, sont confrontées à la fois aux drames des psychotraumatisés, des victimes des guerres chimiques qui n’osent pas dire leur nom, des vaccins-poisons, des munitions à uranium dit appauvri, des gaz chimiques d’aujourd’hui.

    Voilà des dizaines d’années que I’ARAC, I’UFAC, la BMAC se battent sans beaucoup de résultats pour la reconnaissance de ces maux engendrés dans les guerres contemporaines et dont souffrent dans le monde des millions de victimes militaires et civiles. Quelques portes qui s’entrouvrent sont, dans les faits, la plupart du temps refermées par des experts. Il semble en effet, que la tâche essentielle des experts est d’écarter tous les cas concrets qui se présentent devant les commissions qui dépendent, de fait, du ministère de la Défense nationale ou d’autres officines gouvernementales. Il est vrai que des firmes aussi financièrement et politiquement puissantes que Monsanto font la pluie et le beau temps à l’échelle mondiale. Et toute la planète en souffre.

    Avril 2009 : un colloque est organisé par la BMAC pour traiter internationalement des besoins de toutes les victimes des guerres contemporaines.

    En avril prochain, à l’initiative de la BMAC, les associations d’anciens combattants et victimes civiles affiliées à la BMAC se retrouveront à Moscou pour un nouveau colloque qui essaiera se faire le point sur la législation actuelle pour les anciens combattants et victimes civiles, victimes de ces guerres contemporaines. Nous essaierons de faire un état comparatif des situations très diverses de ces victimes d’un pays à un autre. Le bilan sera d’autant plus difficile à établir que les frontières entre les catastrophes guerrières et écologiques sont de plus en plus floues parce que, dans leur folie, des hommes, criminels envers l’humanité, agissent à la fois sur les plans militaire, économique, sanitaire et écologique.

    Une fois de plus, il s’agit de voir comment, de la recherche fébrile du profit, on peut passer à des actes de justice, d’une justice plus forte que la course aux profits, parce que reposant fondamentalement sur le respect de la personne humaine, le respect de tous les hommes, de tous les peuples de la terre. C’est là le seul moyen de survie pour toute l’humanité.

    Je souhaite de tout mon cœur que ce colloque contribue aux progrès pour lesquels nous agissons tous à notre échelle.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 m  

    Cuba-Europe : Une nouvelle coopération
     
    Jeudi 23 octobre, Cuba et l’Union européenne ont repris officiellement leur coopération, après cinq années de sommeil dans les relations diplomatiques.

    Aujourd’hui un accord a été signé à La Havane par le commissaire européen au Développement. Louis Michel, et le chef de la diplomatie cubaine, Belipe Perez Roque. Bien que l’avancée • soit importante, il reste beaucoup de choses à faire et de questions à régler. Il s’agit d’un nouveau départ et il faut que le dialogue porte sur tous les sujets, y compris les plus difficiles, avec respect pour toutes les parties.

    Depuis 2003, l’Union européenne, emboîtant une nouvelle fois le pas des Etats-Unis, n’avait eu de rencontre ministérielle. Comme les États-Unis, l’Union européenne encourageait les dissidents cubains et de nombreuses sanctions étaient prises à l’encontre de la grande île Caraïbe.

    Louis Michel devait par ailleurs se rendre dans une zone dévastée fin août, début septembre par les ouragans Ike et Gustav. Il devait proposer une aide immédiate de 2 millions d’euros, puis 30 millions en 2009. Une aide précieuse mais ô combien faible, face aux dégâts matériels chiffrés actuellement à 5 milliards de dollars. L’approvisionnement en vivres est critique, les cultures de canne à sucre et de tabac totalement dévastées. Une mobilisation exceptionnelle de la population permet une reconstruction des régions les plus touchées.

    Un voyage organisé par I’ARAC séjourne actuellement dans l’île et nous ne manquerons pas de vous le relater dans notre prochain numéro.

    Mais dès à présent, dans le cadre d’ARAC-Cuba-Solidarité, nous avons remis 5 000 euros à nos camarades anciens combattants (ARC).

    Claude DELEVACQ

    Vous aussi versez pour la solidarité : chèque à libeller à ARAC-Cuba-Solidarité, 2 place du Méridien, 94807 Villejuif Cedex.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 n  

    Le calvaire des jeunes immigrés
     
    Nous vous donnons à lire ici, un texte d’une incroyable actualité sur l’immigration, écrit par Paul Vaillant-Couturier, en 1935.

    Il y a deux sortes d’étrangers. Les bons et les mauvais. C’est du moins la bourgeoisie qui l’affirme. Il ne se passe pas de jour, en effet que, dans ses journaux, elle ne se lamente sur la crise du tourisme et l’absence des voyageurs étrangers en France d’une part, et, d’autre part, ne se plaigne que les ouvriers étrangers retirent le pain de la bouche des ouvriers français.

    Autrement dit, il n’y a pas, en France, assez d’étrangers riches et trop d’étrangers pauvres. Cela donne tout de suite une idée de la relativité de la fameuse formule : « la France aux Français », chère aux fascistes !

    Soyez un étranger riche, la France vous appartiendra, que vous soyez escroc, roi déchu, espion, russe blanc ou chef fasciste préparant des attentats. Elle vous offrira les trésors inemployés dont elle regorge, ses vins, ses poulets, ses fruits, ses tableaux, ses maisons, ses autos et ses filles par-dessus le marché.

    Soyez un étranger pauvre, c’est-à-dire l’un de ceux ou le fils ou la fille de l’un de ceux qui ont contribué avec leur force vitale à produire toutes les richesses, on vous priera de prendre la porte. Pour quel résultat ? Donner du travail aux Français ? Allons donc !

    Pour permettre aux Français pauvres de crever en famille, devant les montagnes de denrées réservées aux étrangers riches et aux Français riches qui n’arrivent pas les consommer. Quel que soit le nombre des étrangers pauvres qu’on expulse, ça ne changera rien du tout à la misère forcément croissante de l’immense majorité des travailleurs français. Des dizaines de milliers d’ouvriers étrangers ont été expulsés l’année dernière et, dans le même temps, le chômage « officiel » a grandi du double ou du triple.

    Seulement, n’est-ce pas, quand on ne veut pas montrer la véritable origine de la crise, il faut bien trouver un responsable au malheur des temps. C’est « l’étranger », en France, comme Allemagne, c’était le juif. Dans l’ancienne Rome, c’était le chrétien qui servait à détourner la colère des masses.[…]

    Le but de la campagne contre les étrangers, c’est de diviser les travailleurs pour mieux organiser la baisse des salaires. En effet, les ouvriers immigrés traqués, menacés d’être privés de leur carte de travailleurs ou sans carte, se laissent, pour vivre, embaucher à des salaires de famine et sont obligés de se montrer plus dociles que les autres. Les patrons fascistes, entrepreneurs italiens ou russes blancs (qu’il n’est pas question d’expulser ceux-là) sont les premiers à exploiter cette situation aux côtés des plus ardents patriotes français.

    L’ennemi du travailleur français, ce n’est pas le travailleur immigré, c’est l’employeur de ce travailleur immigré qui spécule sur sa détresse morale et matérielle, sur le fait que souvent son propre pays lui est fermé, ce qui le contraint, s’il ne veut pas mourir, à un épouvantable travail forcé que pas un Français n’accepterait. Tout ce qui oppose le jeune travailleur français au jeune travailleur immigré est un coup porté au jeune travailleur français. Tout ce qui les rapproche l’un de l’autre, pour leur défense commune, est autant de gagné pour le jeune travailleur français.

    En définitive, de quoi s’agit-il pour les deux ! De se disputer le travail ? Il s’agit de consommer, non de manger. […] Quand on vous dit : « Chassons les ouvriers étrangers », répondez comme lorsqu’on vous dit : « Il faut briser les machines et arrêter le progrès technique ». Répliquez simplement : « Diminuez les heures de travail sans diminuer les salaires. Et il y aura du travail pour tout le monde ».

    Paul VAILLANT-COUTURIER

    23 février 1935

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 o  

    Une programmation militaire inquiétante
     
    C’est dans la plus grande discrétion que le Conseil des ministres a examiné le 29 octobre 2008 la nouvelle loi de programmation militaire (2009-2014).

    Bien ficelé par les experts proches de Nicolas Sarkozy, le document baptisé projet n’attend plus que son passage devant le Parlement début 2009.

    Nul doute qu’il y trouve facilement adoption. Sans doute le Livre blanc sur la Défense, présenté avant l’été par le Président lui-même, ouvrait la voie aux mesures retenues. Cependant il ne s’agissait que d’orientations, d’options stratégiques envisagées, mais avec la Loi de programmation militaire adoptée, on passe aux travaux pratiques, l’application.

    Un montant budgétaire impressionnant

    En six ans, la Défense doit bénéficier de 185 milliards d’euros, dont 101 milliards affectés aux équipements (entendre essentiellement les armements). Ce qui représente une moyenne annuelle de 30 milliards d’euros 2008. Ce sont, dans les conditions financières actuelles, des sommes énormes.

    Alors que l’austérité est promue et que des coupes sombres sont opérées dans les secteurs sociaux oh sait, depuis la présentation du budget 2009, que la Défense échappe à toutes restrictions, plus ses crédits progressent (+ 5,2%).

    Selon le ministre de la Défense, Hervé Morin, ce ne serait pas exceptionnel. Lors d’un entretien accordé au journal Le Figaro il a tenu à préciser « que malgré la crise on ne touchera pas aux crédits de la Défense ».

    Certes, avancera-t-on que des économies sont aussi réalisées dans ce secteur par la suppression de 54 000 emplois d’ici à 2015 au sein des forces armées dont les effectifs se montent présentement à 320 000.

    Une mesure qui, doit-on le souligner, suscite la grogne, tant au sein des militaires, qu’au niveau des collectivités territoriales qui voient disparaître de leur site nombre de bases d’affectation. Il reste qu’à l’analyse ce sont les armements qui bénéficieront pour l’essentiel de ces économies.

    Le vent en poupe pour les armements

    Pour ce qui concerne les armements, avec une moyenne annuelle de 17 milliards d’euros c’est une modernisation à grande vitesse. Les objectifs du Livre blanc sont honorés : la priorité accordée à la fonction stratégique « connaissance et anticipation », le programme de satellites d’observation « Musie », la création de 700 postes supplémentaires pour les services de renseignement et en particulier la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le programme de détection de missiles grâce à des satellites d’alerte avancés, des radars de longue portée…

    Côté armements proprement dit ; sont prévus l’arrivée d’avions de combat « Rafale », de sous-marins nucléaire d’attaque « Barracuda », de frégates « Freem », d’hélicoptères « Tigre » et « NH90 ».

    On notera la part toujours plus prépondérante du nucléaire absorbant 23 % des crédits. A cet égard, la Force océanique disposera de quatre sous-marins lanceurs d’engins nouvelle génération (SNLE NG), armés de missiles intercontinentaux, équipés de têtes nucléaires TN75 et à partir de 2015, de têtes nucléaires dites « océaniques » adaptées à de plus longue portée.

    La composante aéroportée, quand à elle, bénéficie, avec la mise en service du « Rafale », de missiles air-sol moyenne portée améliorés (ASMPA), équipés d’une nouvelle tête nucléaire aéroportée (TNA). Parallèlement, la recherche sur la fiabilité des armes, anciennes ou nouvelles, sera poursuivie (essais par simulation).

    Ce sont là les programmes les plus saillants. Viennent s’y adjoindre de nombreux dispositifs d’intervention sur un spectre large d’opérations. Seul manque au programme le très hypothétique deuxième porte-avions pour lequel, néanmoins, des crédits d’étude sont conservés afin de maintenir les compétences.

    Comme on le voit, la programmation 2009-2014 est d’envergure et il est déjà projeté de l’articuler étroitement à la suivante 2015-2020. Ce qui semblerait refléter cette expression d’Hervé Morin de « prendre une Défense d’avance » !

    La question qui vient spontanément à l’esprit est celle-ci : une telle panoplie, un niveau aussi élevé d’engagements opérationnels sont-ils indispensables à la sécurité de la France ? Sont-ils susceptibles de permettre à notre pays de jouer un rôle actif et positif dans le monde d’aujourd’hui ?

    Les autorités françaises n’ont-elles pas tendance à s’inscrire dans des politiques de force, axées sur le militaire pour répondre aux défis posés par le monde contemporain ?

    Dans cette optique la loi de programmation militaire situe l’engagement accru de l’Europe et de la France dans un arc de crises qui va de l’Atlantique à l’Océan Indien, en soulignant le risque d’une connexion des conflits entre le Proche et le Moyen-Orient et la région du Pakistan et de l’Afghanistan.

    On soulignera au passage que cette analyse rejoint celle des stratèges américains.

    Un vaste programme déjà marqué par l’enlisement des politiques de force. On notera aussi l’analogie avec les thèses développées par l’OTAN dans laquelle s’inscrit d’emblée le document.

    C’est visible dès le premier chapitre : « La France s’engage en faveur de la rénovation de l’OTAN, qui ira de pair avec le renforcement de l’Union européenne dans le domaine de la gestion des crises et la recherche (l’un meilleur partage des responsabilités entre Américains et Européens au sein de l’Organisation atlantique ».

    Une vision occidentalo-atlantiste de l’ordre du monde

    Cette convergence n’est pas sans rapport avec l’inquiétude des puissances occidentales vis-à-vis des évolutions internationales actuelles. Après avoir perçu, avec la chute de l’URSS, l’avènement d’un siècle américain et le triomphe des valeurs occidentales, comme a pu l’exprimer Francis Fukuyama dans son article de 1989 La fin de l’histoire : « Nous assistons au point final de l’évolution idéologique de l’humanité et à l’universalisation de la démocratie libérale occidentale comme forme finale du gouvernement humain », force est pour elles de constater un basculement des relations internationales.

    Au monde unipolaire et dominé par l’Occident succède maintenant une nouvelle géopolitique marquée par la multiplication des acteurs influents ouvrant, comme l’évoque Jacques Sapir dans un ouvrage récent (Seuil) Un nouveau XXIe siècle. Le livre blanc sur la Défense le reconnaît lui-même : « Le monde occidenta soit essentiellement l’Europe et l’Amérique, n’est plus le seul détenteur de l’initiative économique et stratégique au sens où il l’était encore en 1994 ». Avec l’émergence de nouvelles puissances, notamment en Asie, avec l’échec du projet d’hégémonie globale des Etats-Unis, c’est- la domination occidentale qui est mise en question dans les rapports de force et jusque dans les conceptions idéologiques et politiques.

    Cette évolution est perçue à l’Occident comme comportant de nouveaux risques et une vulnérabilité accrue. La défense des valeurs occidentales est considérée comme une tâche essentielle, sinon existentielle.

    L’analyse n’est pas très éloignée de la thèse formulée par Samuel Huntington, largement diffusée, du choc des civilisations.

    Dans cet esprit, il conviendrait sous la houlette de l’OTAN d’engager une nouvelle croisade contre les « barbares » qui cherchent à détruire l’Occident. En découle naturellement une vision euro-atlantique sécuritaire et militaire.

    C’est ce qu’exprime, quand à elle, la loi de programmation militaire. Nicolas Sarkozy, quasi assuré de prolonger sa présidence de l’Union européenne pour six mois en partenariat avec le président Tchèque et d’assumer de concert avec l’Égypte la présidence de l’Union pour la Méditerranée, va-t-il valoriser ses orientations stratégiques pour faire prévaloir les ambitions de la France lors du sommet du soixantième anniversaire de l’OTAN à Strasbourg-Kehl en avril 2009 ? On sait que la contestation grandit à cette perspective. Une alternative possible

    Si la partie semble engagée, elle n’est pas pour autant jouée. L’orientation en matière de défense nationale et de sécurité, de relations internationales ne peut être le seul fait du prince car il s’agit de maîtriser l’avenir du pays dans le contexte mondial.

    La loi de programmation militaire est encore présentement à l’état de projet.

    Ne convient-il pas de faire monter la pression en suggérant des alternatives aux options actuellement retenues ?

    La France ne devrait-elle pas, plus que jamais, dans le nouvel environnement mondial défendre des valeurs universelles, penser le futur en s’inscrivant dans la voie d’une régulation progressiste des relations internationales, pour un règlement politique des conflits, pour une diplomatie de la prévention et du multilatéralisme, pour une sécurité partenaire au niveau mondial.

    Ce sont sans nul doute des idées à promouvoir.

    Jacques LE DAUPHIN
    Directeur de l’Institut de documentation et de recherche sur la Paix,
    collaborateur de la revue Recherches Internationales

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 p  

    La Commission nationale de contrôle financier
     
    La Commission s’est réunie le 2 octobre au siège de l’ARAC à Villejuif en présence de Michel Derbois, Guy Re¬versat, Christine Rolland. Irène Doussin et Brigitte Laget étaient excusées.

    Après avoir fait les sondages sur la caisse, la banque et contrôlé les justificatifs correspondants aux frais et dépenses de l’activité de l’année 2008, consulté le bilan, la CNCF a constaté avec objectivité que la gestion des comptes était exacte et régulière et a donc donné quitus pour ce dernier exercice qui est équilibré.

    La baisse effective des adhérents dans notre association s’est accentuée. C’est inquiétant et nécessite un gros effort de recrutement. Il est encore temps de réagir ! Il faut absolument donner un nouvel essor à l’ARAC avec un esprit offensif, créatif et novateur_ Il est également bon de rappeler que le non-respect des statuts pénalise gravement la bonne marche de notre association et peut remettre en cause l’existence de notre ARAC.

    La CNCF pense qu’il est indispensable que les membres du Conseil national et toute l’ARAC s’engagent résolument dans la bataille financière pour le « Nouveau Réveil » sans oublier la campagne des « Bons de soutien ». Les finances du Réveil sont autonomes, mais il n’y aura pas une grande ARAC sans le succès du Réveil !

    Dans la tradition de nos fondateurs, nous devons exiger la poursuite de notre action pour la défense des droits, le recrutement de combattants pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme, l’anticapitalisme et la paix entre tous les peuples !

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 q  

    Nos peines
     
    L’ARAC adresse aux familles et aux amis de nos camarades décédés ses sincères condoléances.

    ■ AIN (01)

    Pont-d’Ain :
    Pierre GAUTARD, 83 ans, AC 39-45. Elie TENAND, 89 ans, résistant

    ■ AISNE (02)

    Gauchy :
    Jean LEFEVRE, 73 ans, AC ATM.

    ■ ALLIER (03)

    Commentry :
    Albert LAGRANGE, 86 ans, AC 39-45.

    Meillard :
    Jules AUBERGER, 90 ans, AC 39-45.
    Robert GAULMIN, 84 ans, AC 39-45.
    Fernand MALOT, 71 ans, AC ATM.

    Saint-Germain-des-Fossés :
    Franéo CANCIAN, AC ATM, trésorier.
    Raphaël CASTILLO, déporté.
    Jean DURIN, AC 39-45.
    Georges PALOT, ATM ATM. 
    Raymond TIVELET, AC 39-45, 1ère Armée française.
    Bernard TROUCHON, AC ATM.

    ■ BOUCHES-DU-RHONE (13)

    Cornillon-Confoux :
    Barthélemy BORGHINO, 72 ans, AC ATM.

    Le Canet :
    Jean TORRES, AC 39-45.

    Septemes-les-Vallons :
    _ Emmanuel POLASEK, AC 39-45, trésorier et porte-drapeau de la section.

    Saint-Barnabé : Marcel HUSSON, AC 39-45, président de la section.

    Saint-Chamas :
    Jean ROBERT, AC ATM, porte-drapeau de la section.

    Velaux :
    Jean QUEYREL, 73 ans, AC ATM.

    Vellutini-Saint-Just :
    Mme Jac-queline BOSSA, veuve AC. Henri MARTIN.

    ■ CHARENTE (16)

    Ruelle :
    Mme Odette MUNIER, amie.

    ■ CHER (18)

    Bourges :
    Achille CHERRIER, AC 39-45.

    ■ FINISTERE (29)

    Fouesnant :
    Noël Paul JEZEQUELLOU

    ■ GARD (30)

    Alès :
    Robert DURAND, 84 ans, AC 39-45, résistant.

    ■ ILLE-ET-VILAINE (35)

    Rennes :
    Mme Léa CHARPENTIER- LE PEN, 86 ans, AC 39-45
    Raymond VERRON, 87 ans, combattant volontaire de la Résistance. TM.
    Jean SERA, 97 ans, AC 39-45.

    ■ ISÈRE (35)

    Échirolles :
    André CALVI, 83 ans.
    Marceau MARUEJOLS, 90 ans, déporté.
    Raymond VINCENT, 83 ans, résistant.

    ■ LOIRE (42)

    Saint-Chamond :
    Joannes ABBOT, AC ATM. 
    Saddek KALKOUL, AC ATM.

    Saint-Étienne :
    Roger CHARLAT, AC 39-45, ancien président de la section, officier de la Légion d’honneur.
    Boudjamaa MNII, AC 39-45, Croix de guerre, Médaille militaire.

    ■ LOIRET (45)

    Montargis :
    Maurice CHANDIVERT, 87 ans, AC 39-45, résistant.

    ■ MEURTHE-ET-MOSELLE (54)

    Villerupt :
    Jacques CARRARA, AC ATM.

    ■ MOSELLE (57)

    Yutz :
    Robert SANTUCCI, ami.

    ■ NIEVRE (58)

    Clamecy :
    Mme Marguerite BIZOT

    Nevers :
    Raymond DIEU¬LEVEUT, AC 39-45.

    Saint-Léger-des-Vignes :
    Serge MIGNOT, 73 ans, AC ATM

    ■ PUY-DE-DOME (63)

    Aubière :
    René BREYSSE, AC ATM.

    Clermont-Ferrand :
    Jean DEAT, 91 ans, AC 39-45.
    Mme Léontine DEPINAY, veuve AC.
    Nham DAO QUANG, 90 ans, AC 39-45, Rhin et Danube.

    Messeix :
    René MARTIN, AC ATM.

    ■ HAUTES-PYRENEES (65)

    Isolés :
    Camille MEYER, AC 39-45.

    ■ PYRENEES-ORIENTALES (66)

    Perpignan :
    Maurice SIANO, AC 39-45.

    Prades :
    Gilbert CHAVIN, 82 ans, AC 39-45.
    Mme Louise SARDA, 83 ans.

    ■ SEINE-ET-MARNE (77)

    Mitry-Mory :
    Henri SYLLA.

    ■ SOMME (80)

    Moislans :
    Guy TABLIER, AC ATM.

    ■ ESSONNE (91)

    Vauhallan :
    Roger LE BOUC, 96 ans, ami.

    ■ HAUTS-DE-SEINE (92)

    Boulogne-Billancourt :
    Michel LE METAYER, 73 ans, AC ATM

    ■ SEINE-SAINT-DENIS (93)

    Romainville :
    Paul GARDAIS, AC 39-45.
    Mme Lucie WARCONSIN, veuve AC.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 r  

    Livres en vrac : Polars… vite fait
     
    L’affaire de Road hill House

    Kate Summerscale - Christian Bourgeois éditeur - 25 €

    C’est le récit d’une véritable affaire de meurtre dans l’Angleterre des années 1860, l’assassinat du petit Saville Kent. Cette enquête du Yard, qui inspira même Charles Dickens, expose les secrets les plus sombres de la classe moyenne victorienne. Un livre captivant.

    A contre-courant

    Richard Flanagan - 10/18 domaine étranger)

    La mort au détour d’un bras de rivière. Un homme qui este au fond et des souvenirs qui font surface. Juste un instant d’éternité et cette vraie question : « Qui suis-je ? »

    L’Homme du lac

    Arnaldur Indridason - Ed. Mé¬taili -noir - 19 €

    Prix du polar européen « Le Poila » 2008

    Un tremblement de terre. Les eaux d’un lac qui baissent… Un squelette qui fait surface, lesté par un émetteur radio portant des inscriptions de caractères cyrilliques à demi effacés. Des étudiants islandais, des jeunesses socialistes, boursiers en Allemagne de l’Est durant la guerre froide, la tragique histoire d’un amour victime de la cruauté de l’Histoire. Le commissaire Erlendun mène l’enquête.

    La couleur de la peau

    Ramon Diaz - Eterovic noir - 18 €

    Alberto Coiro, comme beaucoup de jeunes Péruviens, est venu chercher du travail à Santiago du Chili. Sa disparition brutale intrigue Heredia, détective privé désabusé, qui part en quête dans l’univers des vagabonds, des chiffonniers, des jeux clandestins et des salles de billard, du trafic de cocaïne. A ses côtés, ses aides habituels : Simenon (son chat et ses conseils philosophiques), Seron (flic à la retraite), Anselmo (kiosque turfiste) et Campbell le journaliste qui, tous, nous entraînent dans le Santiago de l’émigration et du racisme.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 s  

    Un Réveil rénové
     
    Un magazine vivant, ouvert… Ça y est le Réveil rénové arrive. Il sera là dans quelques semaines avec notre prochain numéro de janvier.

    Pour mieux répondre aux attentes de nos adhérents, de nos lecteurs et d’ouvrir davantage notre audience, le Réveil des Combattants change…

    Pour l’action des anciens combattants et victimes de guerre, des articles, des analyses toujours plus incisifs sur la défense du droit à réparation, son application, permettant de réagir vite en rassemblant, et contrebalancer le rôle du compresseur de la « pensée unique ».

    Pour les enseignants d’histoire, leurs élèves, les étudiants, les élus et responsables administratifs des collectivités territoriales, un dossier mémoire : le cahier-mémoire … avec des précisions sur la recherche historique en cours, des points de repères, des témoignages inédits ou oubliés, des filmographies et bibliographies. Après le premier dossier sur la guerre 1914-1918, le prochain aura pour thème : « La guerre d’Algérie, la guerre sans nom »…

    Pour les militantes et militants de la solidarité concrète, de l’antifascisme de l’amitié entre les peuples et la paix, des points de vue d’experts, d’acteurs associatifs engagés dans l’action, du tourisme solidaire, un travail de connaissance et de compréhension du passé pour agir pour l’avenir…

    Un magazine unique, écrit par une équipe de journalistes et de spécialistes indépendants intergénérationnels, bénévoles, des animateurs et témoins de l’ARAC à tous les niveaux (local, départemental et national).

    Aujourd’hui, le Réveil est au seuil d’une nouvelle étape… Pour se développer, pour se faire connaître, il a besoin de moyens nouveaux…

    • Le plus sûr moyen est d’augmenter le nombre de ses abonnés… Dès aujourd’hui, abonnez un ami, un voisin ou un parent…

    • De plus, l’appel du Conseil national des 11 et 12 octobre derniers est de demander à chacune et chacun des lecteurs un don de soutien pour le développement du Réveil…

    L’objectif fixé est de parvenir à 100 000 euros au prochain Congrès national d’octobre 2009, en trois étapes : 30 000 € au 31-12-2008, 35 000 € au 31-03-2009 et 35 000 € au Congrès.

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      N° 747-748 – octobre-novembre 2008 r  

    NOUVEAUX MONTANTS MENSUELS DES PENSIONS ET DE LA RETRAITE A COMPTER DU 1er octobre 2008
     
    L’article est consultable et téléchargeable à cette adresse :

    NOUVEAUX MONTANTS DES PENSIONS ET DE LA RETRAITE A COMPTER DU 1er octobre 2008

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  • Articles de cette rubrique
    1. Le Réveil des Combattants N° 735-736 – octobre - novembre 2007
      10 décembre 2007

    2. Le Réveil des Combattants N° 768-769 - janvier-février 2011.
      24 février 2011

    3. Ne pas demeurer l’arme au pied
      14 septembre 2006

    4. Campagne double : Vigilance et urgence
      14 septembre 2006

    5. En suivant la retraite du combattant
      14 septembre 2006

    6. Carte du combattant, proposition de loi 1939-1945
      14 septembre 2006

    7. L’Arac reçue par le ministre des Anciens Combattants
      14 septembre 2006

    8. Agent orange, dioxine et leurs conséquences
      14 septembre 2006

    9. Alerte ! Les anciens de l’OAS relèvent la tête
      14 septembre 2006

    10. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’août-septembre 2006.
      14 septembre 2006

    11. ARAC-Cuba solidarité
      15 septembre 2006

    12. Papon : un nouveau scandale
      15 septembre 2006

    13. Veuves d’anciens combattants : Groupe de travail sur leur situation financière
      15 septembre 2006

    14. Cérémonies du souvenir organisées par l ’ARAC
      15 septembre 2006

    15. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’avril-mai 2006.
      20 mai 2006

    16. Trois questions à Claude Delevacq, secrétaire général de L’ARAC
      20 mai 2006

    17. Loi de finances 2006 : Les dispositions définitives.
      21 mai 2006

    18. Yzeure (Allier) : L’agent orange fait toujours des victimes au Vietnam
      21 mai 2006

    19. Yvonne Hagnauer : résistante, pédagogue et Juste parmi les Nations
      21 mai 2006

    20. Le cri des enfants de harkis
      21 mai 2006

    21. Le 19 mars est un combat
      21 mai 2006

    22. Dans l’union, les cinq mutuelles AC en action
      21 mai 2006

    23. Psychotraumatismes de guerre : Un colloque en préparation
      21 mai 2006

    24. Les articles de notre journal : "Réveil des Combattants".
      21 mai 2006

    25. Campagne double : Scandaleuse attitude du ministre des Anciens Combattants.
      5 juillet 2006

    26. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de juin-juillet 2006.
      5 juillet 2006

    27. Colloque sur les psychotraumatismes de guerre
      5 juillet 2006

    28. Services départementaux de l’ONAC : Quel recrutement dans les cinq ans ?
      5 juillet 2006

    29. Croix de guerre Algérie-Tunisie-Maroc - Médaille des évadés
      5 juillet 2006

    30. L’ARAC représentée au CA national de l’ONAC.
      5 juillet 2006

    31. Des anticolonialistes en assemblée générale.
      5 juillet 2006

    32. L’ARAC au Tréport : Succès du rassemblement national.
      5 juillet 2006

    33. Le génocide arménien : Un crime imprescriptible oublié
      6 juillet 2006

    34. Anciens d’Algérie , appel à témoignage
      6 juillet 2006

    35. Guantanamo : A propos des emprisonnés
      6 juillet 2006

    36. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’octobre-novembre 2006
      21 novembre 2006

    37. Legs aux associations
      21 novembre 2006

    38. Jeunes porte-drapeaux à l’honneur
      21 novembre 2006

    39. Avec le Comité Vietnam : « Les enfants et le buffle »
      21 novembre 2006

    40. Mutisme et "silence radio" sur la campagne double
      21 novembre 2006

    41. Cuba élu au Conseil des droits de l’homme à Genève
      21 novembre 2006

    42. Cuba : Solidarité, liberté et justice
      21 novembre 2006

    43. Cuba : Mieux se connaître pour mieux coopérer
      21 novembre 2006

    44. Aide cubaine à la santé et à l’éducation en Bolivie
      21 novembre 2006

    45. Professionnalisation des armées : Réserve opérationnelle et réserve citoyenne
      21 novembre 2006

    46. Le 14 Juillet aux Ulis
      21 novembre 2006

    47. Assemblée générale de l’UFAC : Des revendications réaffirmées clairement
      21 novembre 2006

    48. Carnet de santé et aménagements des automobiles
      21 novembre 2006

    49. Les 90es anniversaires du feu d’Henri Barbusse et de l’ONAC sont bien engagés
      21 novembre 2006

    50. Veuves d’anciens combattants : Une allocation pour les plus démunies
      27 janvier 2007

    51. ONAC : Une carte de la France interactive
      27 janvier 2007

    52. Rente mutualiste : Le plafond porté à 1 649 € au 1er-01-2007
      27 janvier 2007

    53. Anciens harkis et supplétifs : Revalorisation de l’allocation de reconnaissance
      27 janvier 2007

    54. La décristallisation : "Une indemnité de rupture"
      27 janvier 2007

    55. Frais des bénévoles et réduction d’impôts
      27 janvier 2007

    56. Cébazat (63) : Exposition cour la mémoire
      27 janvier 2007

    57. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de décembre 2006 - janvier 2007
      27 janvier 2007

    58. Les Ulis (91) : Un débat d’actualité
      27 janvier 2007

    59. Le Réveil des Combattants N° 727-728 – février-mars 2007
      8 avril 2007

    60. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de février - mars 2007
      8 avril 2007

    61. Le Réveil des Combattants N° 729-730 – avril-mai 2007
      27 mai 2007

    62. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants" d’avril-mai 2007
      27 mai 2007

    63. Le Réveil des Combattants N° 731-732 – juin-juillet 2007
      9 juillet 2007

    64. Le Réveil des Combattants N° 733-734 – août-septembre 2007
      23 septembre 2007

    65. Le Réveil des Combattants N° 737-738 – décembre 2007 - janvier 2008.
      19 janvier 2008

    66. Le Réveil des Combattants N° 739-740 – février - mars 2008
      24 mars 2008

    67. Le Réveil des Combattants N° 741-742 – avril-mai 2008
      5 mai 2008

    68. Le Réveil des Combattants N° 772 - mai 2011.
      14 juin 2011

    69. Le Réveil des Combattants N° 743-744 – juin-juillet 2008
      3 juillet 2008

    70. Le Réveil des Combattants N° 745-746 – août-septembre 2008
      27 septembre 2008

    71. Le Réveil des Combattants N° 747-748 – octobre-novembre 2008
      30 novembre 2008

    72. Le Réveil des Combattants N° 759 – février 2010
      2 mars 2010

    73. Le Réveil des Combattants N° 764 – août-septembre 2010.
      30 septembre 2010

    74. Le Réveil des Combattants N° 766-767 – novembre - décembre 2010.
      31 décembre 2010

    75. Le Réveil des Combattants N° 770-771 - mars-avril 2011.
      12 avril 2011

    76. Le Réveil des Combattants N° 771 - avril 2011.
      18 mai 2011

    77. Le Réveil des Combattants N° 777 - octobre 2011.
      1er janvier 2012

    78. Le Réveil des Combattants N° 776 - septembre 2011.
      1er janvier 2012

    79. Le Réveil des Combattants N° 773 - juin 2011.
      31 décembre 2011

    80. Le Réveil des Combattants N° 774-775 - juillet-août 2011.
      31 décembre 2011

    81. Le Réveil des Combattants N° 778 - novembre 2011.
      1er janvier 2012

    82. Le Réveil des Combattants n°789 de décembre 2012 - janvier 2013.
      23 janvier 2013

    83. 8 mai 2006 : Message de l’UFAC
      20 mai 2006

    84. 8 mars 1962 : Charonne : La mémoire des crimes
      27 janvier 2007

    85. 90e anniversaire de la création de l’ONAC
      5 juillet 2006

    86. 90e anniversaire de l’ARAC : Le combat d’un siècle pour la paix, pour la vie
      27 janvier 2007

    87. 1936 : Solidarité avec l’Espagne républicaine berceau de la Résistance française.
      5 juillet 2006