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Le Réveil des Combattants N° 770-771 - mars-avril 2011.
Publié le mardi 12 avril 2011

Sommaire :  

  •  Marguerite de Navarre et la guerre d’Algérie
  •  Anciens Combattants : Un budget de renoncement
  •  Communiqué de l’ARAC : A la suite du remaniement ministériel
  •  Journée internationale de la paix : Comment agir aujourd’hui ?
  •  Gaza : METTRE FIN à un blocus illégal !
  •  Pour relancer la paix, refuser l’impunité d’Israël
  •  « En Argentina, los ex-combatientes tambien… »
  •  11 novembre 1940 à Noves (13) : Il était une fois…
  •  Guerre d’Algérie : Un groupe pour partager ses souvenirs
  •  Veuves de guerre et conjointes survivantes de grands invalides
  •  La veuve de guerre, le PDG et la politique
  •  Ensemble, pour la défense des droits à réparation
  •  Communiqué de l’ARAC
  •  Rassemblement national du 14 mai : Active préparation en cours
  •  Et si, demain, « elles » disparaissaient ?
  •  Commission nationale de la carte du combattant
  •  Combattants des OPEX
  •  ONAC : Renouvellement des conseils départementaux
  •  Cartes du combattant OPEX
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : EDITO Par PauI Markidès
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : Les causes et la nature de la décolonisation « à la française »
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : 1960 à Brazzaville, on était fiers !

     

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 a  

    Marguerite de Navarre et la guerre d’Algérie
     
    Marguerite de Navarre, c’est le nom du lycée de Bourges (Cher) qui a accueilli en décembre l’exposition de l’ARAC sur la guerre d’Algérie.

    Cette initiative est la septième, organisée par nos camarades de l’ARAC du Cher, qui ont aussi traité, tour à tour, des guerres 1914/1918, 1939/1945, d’Algérie, et du combat antifasciste de notre association. Ainsi nos expositions, assorties de conférences-débats, ont-elles été présentées au lycée professionnel Jean de Berry, à l’IUFM (formation des maîtres), à la salle du Duc Jean (Conseil général) et enfin au lycée Marguerite de Navarre, les 7 et 14 décembre dernier. Après une rapide visite au nouveau musée de la Résistance à Bourges (je vous la recommande vivement), Guy Mousset et Paul Fontaine, accompagnés d’André Filière, ont rencontré =lycéens de terminal, dont une majorité de jeunes filles très réactives au débat.

    En présence du proviseur et des professeurs d’histoire, et tandis qu’était projeté en boucle un diaporama de photos d’Algérie de Paul Fontaine, les deux régionaux de l’initiative résumèrent leur guerre d’Algérie : l’un, engagé volontaire dans la marine pour ne pas faire la guerre d’Algérie s’est retrouvé fusilier marin au Sahara. L’autre, servant de batteries d’armes spéciales, a témoigné de l’emploi de celles-ci (gaz, etc.) durant cette guerre.

    Dans cette vaste salle dont les murs affichaient l’exposition de l’ARAC, les professeurs avaient demandé à André Filière d’animer un débat très particulier : « L’évolution de l’opinion publique française durant la guerre d’Algérie », à partir de leur programme scolaire sur la décolonisation. Ce fut une expérience riche et saisissante, animée par le questionnement des lycéens, en particulier les jeunes filles, à la satisfaction du proviseur, des profs, des étudiants et des intervenants, bien sûr.

    Mais comment clore de tels échanges ?

    Une expérience là aussi enrichissante fut tentée avec succès en proposant aux étudiants d’adresser à nos camarades du Cher les questions qu’ils n’avaient pas eu le temps de poser (par lettre ou par Internet) et auxquelles il leur serait répondu par les mêmes voies.

    Ainsi furent évoqués la torture, l’OAS et la fusillade de la rue d’Isly, la correspondance des appelés avec leur famille et la censure, les événements jugés les plus marquants ou les plus choquants par nous, l’incendie d’un camion-citerne par l’OAS sur les hauteurs d’Alger, comment avons-nous ressenti, durant notre séjour en Algérie, les sentiments de la population française ? Quelle était l’attitude de la presse ? Quels journaux, quelles radios avions-nous ? Comment s’est passé notre retour en France et notre réinsertion dans la vie familiale, la vie sociale, la vie professionnelle ? Avons-nous rencontré en Algérie des personnes qui nous ont marquées et pour quelles raisons ? Que pensez-vous de la reconnaissance tardive de la guerre d’Algérie ? Quelles sont les plaies qui font que, parfois, il semble encore trop tôt pour parler de la guerre d’Algérie ? Pensez-vous qu’après avoir vécu un tel drame, il est possible de se reconstruire totalement psychiquement ? Que pensez-vous et comment voyez-vous la réconciliation entre Français et Algériens ? Etc.

    Une riche moisson soulignant le vif intérêt de ces étudiants dont l’abord de l’Histoire et de la mémoire part avant tout de leur quotidien au présent et pour l’avenir, et non d’un passéisme dont la rancœur et la haine seraient les moteurs principaux. Une moisson qui nous enrichit par sa fraîcheur et l’angle original de ses réflexions et prouve que sans être bien nombreux ni historiens, il est possible d’être les passeurs de mémoire de l’ARAC sur le terrain.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 b  

    Anciens Combattants : Un budget de renoncement
     
    Extraits de la déclaration de Martine Carrillon-Couvreur, députée de la Nièvre, à l’Assemblée générale de l’ARAC de Nevers.

    « En cette période de l’année, c’est pour moi l’occasion d’évoquer avec vous la politique nationale en faveur du monde des anciens combattants. Il n’y a malheureusement pas de surprise. Les déclarations du Président de la République sont déjà loin.

    Comme toujours le budget des anciens combattants est en baisse. Mais pire encore, le gouvernement a voulu le soustraire des débats parlementaires, le reléguant en commission, alors que c’est l’essence même de notre démocratie que de pouvoir exprimer publiquement nos positions. Cette attitude préparait sûrement la disparition du secrétariat d’État aux Anciens Combattants dans le nouveau gouvernement Fillon. Devant une levée de boucliers de la part des députés, un débat fut finalement programmé dans un temps limité à 3o minutes pour les explications de vote et les amendements. Mais le gouvernement n’avait pas mesuré l’ampleur de la mobilisation de la représentation nationale sur ce sujet et, notamment, dans les rangs de l’opposition. Au final, ce fut un débat animé de plus de 4 heures qui se déroula le 10 novembre dans l’hémicycle et qui obligea, par deux fois, le gouvernement à reculer.

    Ce fut ensuite, toujours par un vote majoritaire, l’adoption d’un amendement portant l’allocation différentielle pour les veuves à 887 euros. Le secrétaire d’État s’est alors engagé à prendre position dès le milieu de l’année 2011, à l’issue de l’étude menée sur douze départements pilotes. Enfin, nous avons proposé que les orphelins, dont les parents résistants victimes de la barbarie nazie qui sont morts au combat les armes à la main, bénéficient de la même indemnisation que celle accordée aux orphelins de parents victimes de la barbarie nazie après avoir été arrêtés. Reconnaissant le bien-fondé de cet amendement, le ministre s’était alors engagé à publier un décret très rapidement, en tout cas à remettre le rapport sur l’étude en cours dans le trimestre 2011.

    Ces quelques avancées ne vont pas demeurer très longtemps en l’état. Le 17 novembre 2010 au soir, de façon impromptue, le ministre du Budget a demandé à l’Assemblée nationale de revenir sur le vote d’un grand nombre d’amendements adoptés lors de la discussion sur les différents budgets. Lors de cette seconde délibération, tous les amendements améliorant les crédits des anciens combattants, adoptés contre l’avis du gouvernement, ont été annulés par un nouveau vote des députés de la majorité.

    De ce fait :

  •  l’augmentation de la retraite du combattant de 2 points est alors annulée,
  •  l’augmentation de l’allocation différentielle des veuves est supprimée et le plafond de ressources reste à 817 euros.

    C’est donc un budget de renoncement, le plus mauvais historiquement connu que l’Assemblée nationale a transmis au Sénat et qui a été adopté de manière définitive. Ce mauvais coup s’ajoute à la décision scandaleuse de laisser les 3 millions d’anciens combattants et victimes de guerre, ainsi que les ressortissants de I’ONAC sans un interlocuteur privilégié avec la disparition du secrétaire d’État aux Anciens Combattants.

    On nous dit depuis qu’un ajustement gouvernemental pourrait réparer cette erreur. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas une volonté délibérée de donner du corps à cette politique de justice et de mémoire qu’incarne ce ministère, mais plutôt une nécessité de rééquilibrage politique dans un gouvernement construit à la va-vite et qui a tout simplement oublié de répartir des postes à l’intention de sensibilités de la majorité présidentielle.

    La politique que nous subissons n’est faite que d’annonces médiatiques sans lendemain. Je ne prendrai qu’un exemple, celui du décret portant attribution du bénéfice de la campagne double aux anciens combattants d’Afrique du Nord. Ce décret fixe, de manière tellement restrictive, les conditions d’application de ce dispositif qu’il ne permet pas à la grande majorité de ces derniers le bénéfice de la campagne double.

    Voilà, en quelques mots, les conditions dans lesquelles nous travaillons à ce jour. Le gouvernement ne veut plus entendre le Parlement.

    Alors, en cette nouvelle année où nous aurons des rendez-vous électoraux, je vous invite à vous faire entendre pour porter un autre projet de société, une société plus juste et plus solidaire. Je vous remercie.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 c  

    Communiqué de l’ARAC : A la suite du remaniement ministériel
     
    • Le Chef de l’État vient de nommer Gérard Longuet ministre de la Défense et des Anciens Combattants, sixième responsable ministériel en charge des anciens combattants et victimes de guerre (ACVG) depuis 2007.
    • L’ARAC continue avec le mouvement ACVG d’exiger la désignation urgente et sans attendre d’un secrétaire d’État aux ACVG, comme interlocuteur spécifique des trois millions et demi de ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
    • L’ARAC considère que cette nomination, compte tenu des antécédents et du parcours de l’intéressé, relève plus d’une manœuvre électoraliste destinée à une droite extrême qu’aux réponses attendues par les ACVG sur le respect de leurs droits,
    • sur la justice sociale pour tous, et la défense des valeurs républicaines.
    • Dans ces conditions, I ’ARAC ne participera pas à la cérémonie de la Flamme du mardi 1er mars, à l’occasion de la prise de fonction du nouveau ministre.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 d  

    Journée internationale de la paix : Comment agir aujourd’hui ?
     
    Agir pour la paix, construire la paix… C’est aujourd’hui un défi et une urgence alors que les dépenses d’armement dans le monde ne cessent de croître et dépassent les 1 500 milliards de dollars par an.

    Il est choquant de devoir constater, en même temps, qu’un milliard de personnes souffrent de la faim tandis que les Objectifs du millénaire pour le développement, définissant pourtant des ambitions minimums en matière de développement et de lutte contre la pauvreté, ne seront pas atteints. Même les 0,7 % du PIB pour l’aide publique au développement restent un rêve pour les « pays les moins avancés » alors qu’il s’agit d’un engagement de ce qu’on appelle la « communauté internationale » depuis les années 70.

    Cette situation désastreuse pour l’ensemble des peuples du monde appelle un sursaut politique et des décisions majeures touchant à l’ensemble des règles et des institutions qui fondent les relations internationales. Nous avons besoin d’un nouvel ordre international qui puisse assurer la paix et la sécurité dans la satisfaction des besoins sociaux et dans une lutte sans merci contre les stratégies néo-impériales, contre les mécanismes de prédation et d’exploitation générateurs de pauvreté massive et d’inégalités insupportables. C’est sur le terrain de la vulnérabilité économique et sociale que naissent les guerres et la violence politique. Il y a urgence à faire reculer les politiques de puissance, à traiter les conflits et les insécurités qui se nourrissent du mépris des conditions d’existence, des droits et de la dignité des peuples.

    On ne peut marquer la journée internationale de la paix sans souligner l’impasse consternante, et pourtant prévisible, des négociations israélo-palestiniennes en cours. Non seulement le Premier Ministre israélien refuse le geste minimum d’une poursuite du gel de la colonisation, tout en maintenant son refus de toute application des résolutions de l’ONU, mais il reformule aux Palestiniens l’exigence de la reconnaissance d’Israël comme État juif, au mépris des 2 millions d’Arabes palestiniens citoyens de ce pays. Une telle exigence confirme à la fois la volonté de poursuivre la colonisation en Palestine et l’inacceptable discrimination dont sont victimes les Palestiniens d’Israël : une discrimination qui prend des formes multiples et qui s’aggrave.

    Le refus de négocier, le refus d’application du droit international, le refus du principe même d’égalité entre les peuples sont porteurs de tensions exacerbées et de violence. C’est une politique permanente d’agression. Par leur soutien politique et militaire à Israël, ou leur passivité, les États-Unis et les Européens, et notamment la France, portent une responsabilité directe dans cette situation lourde de menaces pour l’avenir. Plus que jamais s’impose le besoin de sanctions contre la politique israélienne et de mobilisation pour une paix dans la justice et le droit et dans la sécurité pour tous les peuples.

    La responsabilité de Washington et des pays européens est aussi engagée dans les autres guerres et conflits du Moyen-Orient, notamment en Afghanistan. L’intervention militaire de l’OTAN est considérée par une majeure partie du peuple afghan comme une occupation. Elle ne contribue en rien à la paix. Elle contribue au contraire à une détérioration préoccupante de la sécurité au profit des groupes de l’islamisme politique le plus violent que l’on prétend pourtant combattre.

    Agir pour la paix aujourd’hui c’est d’abord agir pour la retraite d’Afghanistan des troupes de l’OTAN, pour une véritable politique de reconstruction, pour la recherche d’un consensus régional favorisant la sécurité et la confiance, pour la convocation d’une conférence internationale de paix sous l’égide de l’ONU afin de définir et garantir les conditions et les moyens d’une paix véritable.

    On ne peut marquer la journée internationale de la paix sans souligner l’importance cruciale du désarmement sur le plan mondial et notamment du désarmement nucléaire. On voit comment l’enjeu du désarmement nucléaire et de la non-prolifération est lié aux conflits et aux crises. On ne peut avancer sur la voie de l’élimination de l’ensemble des armes nucléaires sans progrès réels dans le règlement de ces conflits. Une paix durable au Proche-Orient doit prendre en considération l’enjeu nucléaire et poser la question du déséquilibre de la sécurité issu de l’existence du nucléaire israélien.

    Pour construire une zone de paix, exempte de toute arme nucléaire au Moyen-Orient, il est indispensable aussi de résoudre la crise du nucléaire iranien et d’engager un grand effort multilatéral, dans le cadre de l’ONU, pour redéfinir les conditions de la sécurité et d’un processus de désarmement et de démilitarisation d’ensemble. La paix est un défi global et une responsabilité collective qui demandent aujourd’hui un engagement politique, une mobilisation citoyenne, une conscience élevée des réponses nécessaires aux impasses dangereuses dans lesquelles les stratégies de domination et les politiques de guerre et de puissance ont conduit. Construire la paix, aujourd’hui, c’est agir indissociablement pour le désarmement et pour résoudre les crises et les problèmes du nouvel état du monde en ce début de XXIe siècle.

    Claude Delevacq

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 e  

    Gaza : METTRE FIN à un blocus illégal !
     

    Condamné par l’ONU, le blocus de Gaza viole le droit humanitaire et les libertés fondamentales de la population gazaouie.

    Les habitants, enfermés sur leur propre territoire, subviennent de plus en plus difficilement à leurs besoins. L’économie de Gaza est asphyxiée par le blocus. Le taux de chômage s’élève à 4o %, quatre habitants sur cinq dépendent de l’aide humanitaire, 6i % de la population souffrent d’insécurité alimentaire. Une véritable crise humanitaire couve à Gaza. L’ARAC tient à renouveler son appel à la levée totale du blocus israélien sur Gaza.

    Ce blocus économique est doublé d’un blocus politique. La dernière mission parlementaire française n’a pas été autorisée à pénétrer dans la bande de Gaza, contrairement à l’engagement initial des autorités israéliennes. Inacceptable revirement qui prive des parlementaires de l’accès à un territoire autonome et librement administré.

    C. D.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 f  

    Pour relancer la paix, refuser l’impunité d’Israël
     

    Les discussions sont aujourd’hui au point mort entre Israël et l’Autorité palestinienne.

    Après l’attaque de la bande de Gaza en décembre 2o o8, Israël poursuit sa politique de colonisation sauvage des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est au mépris de toutes les règles du droit international.

    Le peuple palestinien se trouve ainsi dépossédé de ses terres, de ses ressources et de son honneur. Cette politique ruine le processus de paix. Elle empêche la création d’un État palestinien souverain et nuit à la sécurité d’Israël.

    Depuis 1947, près d’une trentaine de résolutions adoptées par l’ONU n’ont pas été respectées par Israël : retrait des territoires palestiniens, droit au retour des réfugiés, fin du blocus de Gaza, arrêt des violences… La communauté internationale, dont les États-Unis et la France, ont renoncé à faire appliquer le droit international.

    L’ARAC demande au gouvernement français d’accentuer sa pression diplomatique et économique sur Israël pour relancer le processus de paix et permettre la création de l’État palestinien. C’est la voie pour réaliser le rêve du jeune franco-palestinien Salah Hamouri : une région de fraternité et de paix, où Palestinien et Israéliens bénéficieraient des mêmes droits au sein d’États laïcs.

    C. D.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 g  

    « En Argentina, los ex-combatientes tambien… »
     

    L’Argentine, là-bas en Amérique latine, patrie du tango avec son chanteur idole Carlos Gardel (né à Toulouse !), pays de la meilleure des viandes, des « asados » (grillades de bœuf) et des « empanadas » (chaussons fourrés à la viande, au jambon-fromage, au maïs ou aux épinards, etc.), voilà pour le folklore.

    Nos lecteurs sportifs y associeront les noms de Juan-Manuel Fangio, de Maradona et de Lionel Messi, tandis que d’autres, ou les mêmes, se souviendront que l’Argentine est le pays où est né et a grandi le « Che » Guevara ; ils évoqueront Péron, son épouse Eva (et le film de 1996, Evita, avec Madona et Antonio Banderas) et, surtout, ils se rappelleront les années terribles de la dictature militaire de la junte de Videla qui, du putsch du 24 mars r 976 à1983, fit régner la terreur sur le pays. On estime à 3o 000 le nombre des « disparus » (enlèvements, séquestrations, tortures, assassinats…) au cours de cette période que les Argentins nomment « la guerra sucia » (la guerre sale).

    C’est à Buenos Aires, la capitale, que naquit en 1977, à l’initiative de 14 femmes, le mouvement des « Mères de la place de Mai » qui manifesta chaque jeudi courageusement, bravant la dictature, les interdits et la répression, pour exiger du gouvernement de Videla d’être informées sur le sort de leurs enfants disparus.

    Fin 1981, le général Léopold Galtieri succède à Videla et, afin de se maintenir au pouvoir dans un contexte économique et social explosif, imagine de jouer sur la fibre nationale argentine pour une union sacrée engageant l’armée dans une guerre « de libération » qui chasserait les Anglais des îles Falkland (pour les Britanniques) ou islas Malvinas pour les Argentins (îles Malouines pour les Français), situées au sud du pays, près du cap Horn et de la Terre de feu, dans les eaux antarctiques.

    La guerre de Malouines

    En avril 1982, l’action militaire menée en une nuit atteignit son objectif, notamment en créant une vague d’euphorie nationaliste en Argentine. Mais c’était sous-estimer « la Dame de fer », Margaret Thatcher, alors Premier Ministre d’Angleterre, qui, en 74 jours (et malgré les avions « super étendards » et les missiles « exocet » argentins achetés à la France) infligea une sévère défaite aux jeunes troupes argentines.

    Des combattants non reconnus Cette guerre, qui fit officiellement 904 morts (dont 649 Argentins et 255 Anglais), fut cuisante pour le peuple argentin et une double humiliation pour les soldats argentins. Hier héros, ces jeunes militaires tous conscrits, et venus en majeure partie de l’intérieur du pays, des lieux les plus pauvres, sont rejetés dans l’ombre comme des proscrits, écartés de tout débat public, sans plus aucune assise morale voire sociale (269 d’entre eux se sont même suicidés) et sans aucune reconnaissance officielle de leur qualité de combattant. Certes le Président Duhalde reconnaîtra bien, dans un discours prononcé le 2 avril 2003 à Ushuaia, la dette de l’Argentine envers ses combattants… mais aujourd’hui encore, ils attendent la concrétisation officielle de leur qualité d’ex-combattant.

    Un camp sur la place de Mai

    C’est ainsi que j’ai découvert à Buenos Aires le camp revendicatif de ces ex-combattants, camp ceinturé de multiples banderoles exigeant la reconnaissance de leur statut, un camp en bordure de la place de Mai, à quelque cent mètres de la « Casa Rosada », l’équivalent de l’Élysée à Paris. J’ai pris contact avec ces hommes qui avaient 18 ans en 1982. Ils m’ont accueilli en me disant : « En Argentine, les ex-combattants aussi », et, à les écouter, m’est venu immédiatement à l’esprit ce parallèle avec nous-mêmes, les AC en Algérie, contraints de lutter durant des décennies avant que la guerre ne soit officiellement reconnue.

    Des appelés, comme nous, envoyés dans une guerre perdue d’avance, puis rejetés dans l’ombre, psychotraumatisés et à qui est refusée la reconnaissance de leur qualité de combattant. Certes, ceux qui étaient sur les îles sont reconnus officiellement. Mais tous les autres, ils sont encore 8 000, qui firent « seulement » engagés dans la zone opérationnelle de défense du littoral, le TOAS, « Territoire des opérations de l’Atlantique Sud », voient leur droit à réparation morale totalement nié.

    A l’image de notre carte du combattant, attribuée à tous ceux qui séjournèrent 120 jours en Algérie, le gouvernement argentin ne pourrait-il faire le même geste pour tous ses appelés lancés dans cette guerre, alors même qu’ils sont soutenus par toutes les associations et même « les Mères de Mai », les juristes, les avocats, la Ligue des droits de l’homme, les anciens combattants des autres conflits. C’est ce que réclament ces ex-combattants argentins TOAS, qui souhaitent notre solidarité, celle de l’ARAC et des ACVG français. C’est ce que nous vous proposons de faire, amis lecteurs du Réveil.

    Qu’en dites-vous ? Ecrivez-nous, car nous reviendrons sur ce sujet dans le Réveil.

    André Filière

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 h  

    11 novembre 1940 à Noves (13) : Il était une fois…
     

    Lors des manifestations du 11 novembre 2010, nous nous sommes souvenus de la manifestation des étudiants parisiens du 11 novembre 194o. Avant d’attendre le 70e anniversaire, je voudrais, au nom des familles concernées, évoquer les faits qui se sont passés à Noves (13) le 11 novembre 1942. En effet, jusqu’au 10 novembre 1942 notre village était en zone libre.

    Le 11 novembre au matin, le bruit courrait que toutes les manifestations étaient interdites. Malgré cela, quelques anciens combattants de la guerre de 1418, accompagnés de patriotes d’autres générations (en tout, ils étaient 16) se rendent au monument aux morts pour y déposer une gerbe.

    A leur retour, sur la place de la mairie, la camionnette de la gendarmerie les attendait et les emmenait sur le champ à la prison Sainte-Anne d’Avignon. Certains dans le groupe étaient particulièrement visés car ils étaient communistes. Mais, tous sont restés soudés et malgré la proposition faite à certains d’entre eux, tous ont été emprisonnés sans distinction d’opinion et n’ont pas abandonné les trois anciens combattants de 1418 qui étaient « censés savoir officiellement que la manifestation était interdite ».

    Ils effectuèrent 33 jours de prison. Mais dès le premier moment ce fut la consternation dans le village et un élan de solidarité exceptionnel se manifesta dans la population. Les jeunes de l’équipe de rugby se relayèrent pour, en vélo, apporter jusqu’à Avignon (12 km) le fruit des collectes de nourriture offertes par la population. De plus, nous n’oublierons pas que dans le groupe se trouvait un épicier qui, généreusement, par l’intermédiaire des membres de sa famille approvisionnait ses camarades et leurs familles dans le besoin.

    Beaucoup d’autres détails pourraient être cités, il y avait à la fois cet élan d’humanité et la peur des familles qui savaient qu’à la moindre occasion ces prisonniers pouvaient être pris en otages. Après ces 33 jours de prison et l’arrêt de la Cour d’Appel d’Aix du 16 avril 1943, l’affaire s’arrêta là. Mais, dans notre village, ce premier acte de résistance a ouvert la voie à d’autres combattants qui se sont engagés dans le maquis et Marcel Ginoux, alors âgé de 20 ans, devenu maire communiste de Noves, aimait répéter que ces faits historiques avaient montré le chemin aux quelque quarante-cinq jeunes qui se sont engagés volontaires en 1944 dans la 1ère DFL.

    Marcelle Rivoire-Donnat, fille d’un des 16 patriotes

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 i  

    Guerre d’Algérie : Un groupe pour partager ses souvenirs
     

    L’ARAC, en association avec Émilie Seguin, psychologue ayant récemment réalisé une étude sur le ressenti des anciens appelés, projette de mettre en place des groupes de discussion ouverts à tous ses adhérents ainsi qu’à leurs proches, autour de diverses thématiques concernant la guerre d’Algérie.

    En effet, aujourd’hui, cinquante ans après les faits, certains anciens d’Algérie manifestent le besoin de ne plus rester isolés dans leurs souvenirs et beaucoup semblent avoir envie de partager et d’échanger, non seulement sur les événements, mais aussi sur leur vécu personnel.

    Ainsi, ce nouveau dispositif se voudrait être un espace de parole, d’écoute et de reconnaissance entre hommes qui ont vécu la même guerre, mais à travers des époques, des lieux, des postes et des ex-périences parfois très différents.

    Bientôt une première séance Chaque réunion sera animée par Emilie Seguin. La première séance aura lieu dès la constitution du groupe (de 14h3o à 16h3o), à l’ARAC, 2 place du Méridien, Villejuif, métro Villejuif-Louis Aragon.

    Cette première réunion sera consacrée au thème du « Retour de l’appelé en métropole ». Pour les anciens appelés, elle pourra être l’occasion de revenir sur ce moment fort, d’évoquer ses joies, son soulagement, mais peut-être aussi ses difficultés ou son sentiment de solitude. Les proches peuvent également participer, épouse, frères, sœurs qui ont attendu leur proche, qui l’ont accompagné dans sa réinsertion, parfois heureuse, parfois plus douloureuse.

    Renseignements, inscription

    Renseignements et inscriptions auprès d’Isabelle Capela (service juridique et social) au 01 42 11 11 13 ou par mail : reveil-des-combattants@wanadoo.fr. Participation gratuite pour les adhérents et leurs proches.

    La séance sera suivie d’un pot amical.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 j  

    Veuves de guerre et conjointes survivantes de grands invalides
     

    L’article 147 de la loi de finances pour 2011 a décidé de la création d’une majoration spécifique en faveur de certains conjoints survivants de pensionnés au titre du code PMI. La note d’information n° 101/136/2011/BERG du 24 janvier 2011 en définit les bénéficiaires et le processus d’application.

    Cette disposition modifie l’article L5 o du code PMI en créant une nouvelle majoration de 36o points applicable aux pensions de réversion des conjoints survivants (ou partenaires d’un pacte civil de solidarité) lorsque l’invalide était pensionné, lors de son décès, à hauteur de 12 000 points d’indice minimum.

    Pension de conjoint survivant

    Les 360 points s’ajoutent à la pension de base du conjoint survivant, calculée aux taux du soldat ou du grade, et se cumulent avec la majoration uniforme de 15 points (article L 51-1 — 2e alinéa du code PMI). Peuvent s’y ajouter, le cas échéant, la majoration applicable aux conjoints survivants ayant apporté leurs soins à l’invalide (titulaire de la majoration tierce personne) durant 15 ans au moins (article L.52-2), ainsi que le supplément exceptionnel prévu par l’article L.51. La majoration de 36o points ne s’intégrant pas au taux de base de la pension de conjoint survivant, elle ne modifie donc pas le montant du supplément exceptionnel possible.

    • Exemples

  •  Pension de base 500 + majoration uniforme de 15 points + majoration de 360 points = 875 points. Soit à 13,81 euros (valeur du point PMI) =1006,98 euros/mois.
  •  Pension de base 500 + majoration uniforme 15 points + majoration de 360 points + 167 points de supplément exceptionnel (versé sous conditions de ressources) =1042 points. Soit 1199,17 euros mensuels.

    En cas de bénéfice de la majoration L.52-2, le montant de celle-ci s’ajoute aux calculs ci-dessus.

    Ces calculs sont basés sur une pension au taux de soldat. En cas de bénéfice au taux du grade, les calculs sont identiques, seul le montant de la pension de base est différent.

    Cas des orphelins

    Selon l’article L55 du code PMI, le titulaire d’une pension d’orphelin (mineur ou majeur infirme) peut bénéficier de la majoration des 36o points, si l’auteur du droit était pensionné pour 12 000 points au moins.
    • Pluralité d’orphelins : les 36o points sont partagés en parts égales entre les orphelins. Lorsque le droit de l’un des orphelins vient à s’éteindre, sa part de majoration est reportée sur les autres orphelins.
    • Partage entre un conjoint survivant et un orphelin d’un autre lit. Dans le cas de partage d’une pension de conjoint survivant avec une pension d’un orphelin d’un autre lit, l’article L-56 du code PMI prévoit que la majoration sera versée pour une demi-part à l’orphelin, soit 36o points divisés par 2 = 18o points.

    S’il y a pluralité d’orphelins, la demi-part sera fractionnée au prorata du nombre d’orphelins.

    Date d’effet de la mesure

    La majoration est applicable à toutes les nouvelles concessions de pension à partir du 1er janvier 2011.

    • Pensions déjà en paiement : le ou la titulaire peut demander à bénéficier de la majoration de 360 points.

    La demande doit être déposée :

  •  soit auprès de la Direction interdépartementale des anciens combattants si le demandeur réside dans le secteur d’une DIAC encore en exercice et si l’invalide était un militaire appelé ou une victime civile de guerre,
  •  soit auprès de la Direction des ressources humaines du ministère de la Défense, sous-direction des pensions, place de Verdun,17016 La Rochelle cedex 1, dans tous les autres cas, à savoir : l’invalide était un militaire engagé ou de carrière ; la DIAC a disparu, remplacée par la sous-direction des pensions du ministère de la Défense. Il n’est pas nécessaire de déposer la demande au service départemental de l’ONAC, mais, si l’intéressé le fait, le service départemental de l’ONAC la fera transiter vers La Rochelle.

    • Pièces à fournir : la demande doit être accompagnée d’une copie du titre de pension de l’invalide faisant apparaître le montant indiciaire de sa pension (au moins 12000 points).

    • Date de mise en œuvre : la date d’effet des demandes émanant de conjoints survivants déjà pensionnés à la date d’entrée en vigueur de la loi de finances 2011 est fixée à la date de réception de leur demande par l’administration.

    Rappelons cependant

    … Que les crédits votés dans la loi de finances pour 2011 ne s’élèvent qu’à 250 000 euros, ce qui relativise « l’effort financier » du gouvernement.

    En effet, 360 points x 13,81 = 4 971,60 euros, soit, traduits en pensionnées, 250 000 divisé par 4971,60 = 5o pensionnées au plan national. Nous nous en réjouissons pour elles, mais, tout en prenant acte de ce relèvement, on ne peut s’empêcher de rappeler qu’il y a encore en France près de 90 000 veuves de guerre, dont une majorité ont des pensions de réversion calculées sur la base 500 + 15, soit 592,68 euros par mois !

    Comment peuvent-elles survivre, simplement survivre… Il est donc plus que temps, pour le gouvernement et les élus, de relever de façon conséquente le droit à réparation des veuves de notre pays.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 k  

    La veuve de guerre, le PDG et la politique
     

    Elle va avoir 75 ans et la guerre l’a douloureusement frappé. Veuve d’un ancien combattant en Algérie, son second mari est décédé il y a quelques années.

    Celui-ci, pupille de la Nation 14-18, s’est engagé en 194o. Il entre dans la Résistance en 1941. Arrêté, c’est Buchenwald puis Mauthausen. Libéré en 1945, Croix de guerre avec palme, officier de la Légion d’honneur, il revient totalement brisé de la déportation, grand invalide pensionné1erec un taux de 11500,50 points.

    Un rein en moins, bi-amputé, dépressif chronique, atteint par la maladie d’Alzheimer (il ne parlait plus les trois dernières années de sa vie), grabataire, la vessie sondée, il n’a jamais été hospitalisé.

    « J’ai mis ma vie entre parenthèse pour m’occuper exclusivement de lui durant 13 ans », écrit sa veuve… qui subit à son tour une grave dépression pendant 10 ans. « Aujourd’hui, ma pension de guerre est de 680 euros par mois ! » Hélas, avec les 11500,50 points de pension du mari décédé, elle est en dessous de la barre des 12 000 points et ne peut prétendre aux 360 points récemment votés.

    Une vie consacrée aux soins, soulignant de ce fait l’économie pour l’État des frais d’hospitalisation durant 13 ans… ça ne « vaut » pas plus de 68o euros par mois ? Une aumône ? La charité ?

    « Une malheureuse victime de la crise », nous diront en cœur M. Sarkozy, le MEDEF, le milliardaire Voboré, les actionnaires de l’Oréal, Vinci, Mouet et Chandon et autres, PDG et administrateurs qui « pèsent », avec leurs 250 000 à 800 000 euros par mois !

    Eh bien oui ! Pour en finir avec ces scandales, nous devons nous mêler de rejeter la politique qu’ils nous imposent !

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 l  

    Ensemble, pour la défense des droits à réparation
     

    Depuis sa création en 1917, l’Arac s’est affirmée à la pointe de l’action revendicative pour le respect, la défense et l’élargissement des droits à réparation de tous les anciens combattants ou victimes de guerre ayant eu à souffrir dans leur corps, leur psychisme et/ou leur affection des méfaits des guerres mondiales, coloniales et autres opérations extérieures actuelles.

    Ces droits ont toujours été tributaires de l’environnement social et politique. Brimés, diminués, voire supprimés lors des périodes les plus sombres de notre histoire, ils se sont au contraire réveillés, renforcés lors de l’épanouissement républicain, telles la libération de la France et l’application du programme du Conseil national de la Résistance. C’est dire si l’existence de ces droits, et leur respect, dépendent d’un monde en paix, d’une société dont le centre d’intérêt est l’homme, d’une situation économique permettant le plein emploi, Ancien combattant ou victime de guerre, seul (e), vous ne pouvez que peu de chose : Avec l’ARAC, le nombre, l’union et la fraternité vous donnent la force et l’impact dont vous avez besoin pour défendre et faire progresser vos droits spécifiques, face à un gou-vernement qui veut faire disparaître de la scène publique les trois millions d’ACVG français et ne leur verse que la moitié de ce qu’il leur doit.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 m  

    Communiqué de l’ARAC
     

    Le France est engagée par le Président de la République dans un nouveau conflit.

    Va-t-on vers un nouvel engagement des troupes françaises sur un 34e territoire extérieur ? Les risques pour notre pays sont lourds de conséquences dans cette région du monde.

    Défendre la démocratie, assurer la protection et le respect des populations civiles, répondre aux attentes des peuples n’implique Jamais le recours à la force. Depuis des décennies, les gouvernements français n’ont eu de cesse d’entretenir des liens obscurs et contestables avec le colonel Kadhafi et son régime. Plutôt que de poursuivre cette politique néo-colonialiste dite françafrique » il aurait mieux valu œuvrer l’ouverture vers la démocratie, répondre aux légitimes aspirations des peuples de cette région du monde, au lieu de favoriser les intérêts des grandes sociétés capitalistes.

    La politique extérieure de la France doit s’exercer dans la durée, en respectant les intérêts de chaque pays, et non par des effets oratoires, incitant à la guerre et ne visant qu’à masquer l’alignement derrière les US, et la situation intérieure française catastrophique.

    L’ARAC soutient, depuis sa fondation, l’aspiration des peuples à la démocratie, à la sécurité, à l’entente, dans l’intérêt mutuel, à la paix. Elle refuse de s’associer à toute démarche visant à une nouvelle répartition des zones d’influence dans le monde, notamment au Proche et au Moyen-Orient et en Afrique.

    L’ARAC est engagée dans le combat républicain pour la démocratie, le respect des droits fondamentaux des peuples à la liberté. Elle s’oppose à tout règlement de conflit par la guerre.

    Villejuif, le 18 mars 2011.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 n  

    Rassemblement national du 14 mai : Active préparation en cours
     

    Notre rassemblement national du 14 mai prochain, à Tergnier dans l’Aisne, se prépare activement. Les enseignants et les élèves des écoles primaires, les directions, les professeurs d’histoire et de géographie et les élèves des classes terminales des collèges et du lycée, mettent au point actuellement les anima-tions qu’ils présenteront sur la scène du Rassemblement.

    Huit établissements scolaires ont accepté d’apporter leurs concours : les écoles primaires Decarpigny de Quessy Centre, Camus de Vouel, Blériot de Tergnier Centre et aussi Malraux de Tergnier Centre ; le collège Joliot-Curie de Tergnier ; le lycée Gay-Lussac de Chauny ; la cité scolaire de l’Immaculée Conception de Tergnier (école primaire et collège).

    A l’heure où nous écrivons ces lignes, chaque établissement prépare son animation et ils ne sont pas tous en capacité de révéler leurs choix car leur décision dépend de l’avis de l’ensemble du collectif constitué pour sa réalisation (enseignants et élèves). Mais nous pouvons déjà indiquer que les élèves du CM1 et CM2 de l’école Decarpigny présenteront au public du Rassemblement leurs dessins sur la paix et ils poursuivront leur découverte après le Rassemblement par une conférence sur la vie d’un enfant durant l’occupation allemande et une projection-débat sur « les fusillés pour l’exemple » en 1914-1918.

    Au sein de plusieurs classes de terminale du lycée Gay-Lussac, l’établissement où se rendent les jeunes de Tergnier, les élèves participant au Concours national de la Résistance avec leurs professeurs d’histoire et de géographie préparent une animation spécifique au lycée qui vécut des heures dramatiques durant la guerre 1939-1945, comme il a été expliqué dans une édition précédente du Réveil. Dix élèves du collège Joliot-Curie préparent une lettre d’hommage aux cheminots résistants et une interprétation particulière du Chant des Partisans. Dans notre édition d’avril, nous présenterons le programme arrêté par tous les établissements.

    D’autre part, une délégation du syndicat CGT des cheminots, conduite par son secrétaire général, Gilbert Carrel, viendra témoigner sur la lutte de leurs aînés durant la guerre 1939-1945.

    Attention

    Le rassemblement commencera à 10 heures précises pour finir à 12 heures par un dépôt de gerbes au monument aux morts. L’accueil se fera à partir de 9 heures 30.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 o  

    Et si, demain, « elles » disparaissaient ?
     
    Aujourd’hui, les gouvernements français ont doté notre pays d’une armée professionnelle.

    Aujourd’hui, les gouvernements du Chef de l’État ont supprimé le poste de secrétaire d’État aux Anciens Combattants, fait disparaître le secrétariat d’État, exploser ses services, atomisés au sein du ministère de la Défense, pour l’essentiel.

    Aujourd’hui, le ministère des Pensions, voulu par la loi du 31 mars 1919, a disparu. Tout est entre les mêmes mains : l’envoi des hommes au combat, le droit à réparation de ceux qui y survivront. Est-il farfelu de penser que, pour ces gens-là, le droit à réparation peut être vu sous un autre angle, voire même disparaître tout simplement ?

    Des accidents du travail ?

    Dès la « suspension » de la conscription, des voix se sont fait entendre dans les milieux plus ou moins officiels, militaires voire secrétariat d’État aux Anciens Combattants… Si les soldats sont tous, désormais, des volontaires, c’est qu’ils ont choisi le « métier » des armes ; et si c’est leur métier, ce qui peut leur advenir relève alors des « accidents du travail » et non plus du droit à réparation. Fort heureusement, la réaction du mouvement anciens combattants fut telle que cette vision des choses sembla être remisée aux « vestiaires ». Mais le temps passant…

    La carte du combattant aux ATM ? Mais le temps passant, la RGPP faisant son œuvre et réduisant les effectifs, la Défense ayant la haute main sur les combattants et les anciens combattants, qui peut assurer que ces « vieux démons » ont bien été chassés ? Les difficultés à mettre en œuvre le logiciel KAPTA et le retard enregistré dans l’attribution des cartes du combattant et des Titres de reconnaissance de la Nation (TRN) ne pourraient-ils servir de « paravents » masquant d’autres projets ?

    Interrogeons-nous ? Le gouvernement, malgré l’engagement de Hubert Falco, alors secrétaire d’État aux Anciens Combattants, a-t-il vraiment la volonté politique d’attribuer la carte du combattant aux anciens d’Algérie présents dans ce pays 120 jours, dont une partie avant le 2 juillet 1962 ? Et ne serait-il pas tentant, pour le gouvernement, de prétexter des difficultés de mise au point de KAPTA pour repousser aux « calendes grecques » la concrétisation de cette mesure ?

    La carte du combattant aux OPEIX ?

    Pourquoi faudrait-il « précipiter » l’attribution de la carte du combattant aux OPEX ? Ils ont déjà le TRN, qui en fait des ressortissants de I’ONAC et leur donne droit de se constituer une rente mutualiste AC. La retraite du Combattant ? Certes les plus anciens des OPEX, ceux des années 1970, atteignent les 6o65 ans et pourraient y prétendre. Mais les autres, les plus jeunes ?

    Alors, n’y a-t-il pas dans la tête de certains, cette idée qu’on peut attribuer la carte du combattant aux plus anciens OP EX et demander aux plus jeunes, ceux d’hier et d’aujourd’hui, ceux de 25 à 55 ans, d’attendre d’avoir 6o ans pour recevoir leur carte du combattant et prétendre à la retraite du combattant ?

    Une carte du combattant ou un certificat de travail pour OPEIX Et pourquoi ne pas pousser jusqu’au bout cette « logique » de « fossoyeur » du droit à réparation ? Si les militaires d’aujourd’hui sont des professionnels, pourquoi s’arrêter à la notion « d’accident du travail » ?

    La carte du combattant, dans le droit à réparation, a été prévue pour tous les appelés, conscrits, mobilisés envoyés à la guerre alors que ce n’était pas leur métier. Mais des militaires professionnels, pourquoi y auraient-ils droit alors qu’ils se sont « engagés volontairement » en connaissant les risques encourus ? Pourquoi ne pas remplacer la carte du combattant par un « certificat de travail » à leur égard ? Ce qui aurait un autre avantage : celui de supprimer la retraite du combattant, puisqu’elle est attachée à la carte du combattant !

    Irréaliste, vraiment ?

    Ainsi présenté, ce « cauchemar » peut sembler bien « farfelu » et loin de la réalité. Voire… « Les accidents du travail » d’hier n’ont pas disparu de la tête de ceux qui nous gouvernent, de la Défense ni du fameux « Observatoire de la santé des vétérans » dont le rôle est nul en ce domaine. Et, quand on voit le sort réservé à la demande de carte du combattant aux ATM « à cheval » sur le 2 juillet ’962, quand on voit la lenteur, pour ne pas dire plus, de la parution des textes permettant l’attribution de la carte du combattant pour les OPEX, quand on voit le sens que prend la réforme engagée du code des pensions militaires d’invalidité, le sort des écoles de réinsertion professionnelle et des maisons de retraite de l’ONAC sorties de celui-ci au bénéfice d’une fondation privée… peut-on être sûr que ces « rêves » de longs retards, de suppression de la carte du combattant, de la retraite du combattant sont des idées fumeuses qui ne trottent pas dans certaines têtes officielles et ne verront pas le jour… si le mouvement ACVG baissait la garde, perdait de sa vigilance et troquait son action pressante contre une confiance aveugle envers les « bons sentiments » de ceux qui nous régissent.

    Réagir et s’unir

    Il est grand temps que les ACVG, victimes de la double peine, touchés par toutes les mesures gouvernementales antisociales comme tous les citoyens, et atteints par toutes les attaques au droit à réparation, dupés par les engagements reniés de Nicolas Sarkozy envers eux, développent avec force leur action revendicative légitime et se mêlent à tous ceux qui agissent pour que les acquis sociaux de la Résistance, pour que le programme du Conseil national de la Résistance ne soient pas écrasés - et nous avec - par la loi du profit maximum des dirigeants filous des sociétés du CAC 4o cotées en Bourse et de leurs complices du MEDEF patronal.

    André Filière

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 p  

    Commission nationale de la carte du combattant
     
    Le groupe de travail préparant les travaux de la Commission nationale d’attribution de la carte du combattant s’est réuni le 15 février 2011 à l’Office national des anciens combattants (ONACVG), aux Invalides à Paris. André Filière y a participé.

    Après avoir été informé des améliorations en cours sur le logiciel KAPTA, chargé du traitement des dossiers de demandes de cartes du combattant et de Titre de reconnaissance de la nation, le groupe s’est enquit de la situation des militaires et ex-militaires ayant servi en opérations extérieures (OPEX).

    Un large tour d’horizon a été effectué à partir des textes de décret du 12 novembre 2010 et de l’arrêté du 10 décembre 2010 précisant les critères d’attribution (actions de feu et actions de combats) et la définition de celles-ci au plan des opérations terrestres, maritimes et aériennes. Il appartient maintenant au Service historique de la défense (SH Def) de préciser et publier les listes d’unités re-connues combattantes en fonction des territoires et des périodes retenues. Selon les éléments recueillis, on peut craindre que cette opération nécessite du temps, le SH Def devant déjà remettre à niveau les listes d’unités reconnues combattantes depuis 2005 (par arme et par territoire, sauf le Rwanda), avant de se pencher sur l’ensemble de la situation avec, en priorité, l’Afghanistan. Puis le groupe a, en fonction du travail du service ONAC de Caen et de KAPTA, ratifié l’attribution de 1564 cartes du combattant, lesquelles, après signature par le préfet directeur général de l’ONAC, seront adressées directement aux intéressés.

    Ces 1564 cartes se répartissent ainsi :

  •  25 pour la 2e guerre mondiale
  •  18 pour la guerre d’Indochine
  •  1306 pour l’Afrique du Nord (à savoir 1137 pour la guerre d’Algérie, 114 pour les combats au Maroc et 55 pour les combats en Timide),
  •  215 pour les opérations extérieures. Les 215 cartes des opérations extérieures se répartissent ainsi :
  •  2 pour le Kossovo (mission des Nations unies),
  •  1 pour l’Irak (opération « Ramure » et « Libège »),
  •  6 pour la Côte d’Ivoire (opérations « Licorne » et ONUCI),
  •  2 pour le Cambodge (pays limitrophes et approches maritimes et aériennes,)
  •  2 pour la République Centrafricaine, 1ère période,
  •  12 pour la République Centrafricaine, 2e période,
  •  3 pour la République Centrafricaine 3e période, opération « Boali »,
  •  1 pour le Timor Oriental,
  •  37 pour l’ex-Yougoslavie (opérations « Trident, Astrée et Proxima »),
  •  64 pour l’ex-Yougoslavie (Yougoslavie, Slovénie, Croatie, pays limitrophes et eaux avoisinantes),
  •  4 pour la région du Golfe persique et d’Oman (opérations maritimes),
  •  2 pour la région du Golfe persique et d’Oman (opérations militaires),
  •  1 pour le Tchad (opérations de police des Nations unies, MINURCAT, 1ère e-période),
  •  1 pour le Tchad (opération EUFORTchad/RCA sur le territoire du Tchad, de la République Centrafricaine et pays avoisinants),
  •  2 pour la République du Liban et d’Israël (Opérations Daman FINUL et « Balista »),
  •  9 pour le Liban,
  •  38 pour l’Afghanistan (pays et eaux avoisinants, notamment le Kirghizstan, opérations « Héraclès, Pamir et Epidote »).
  •  1 pour la Somalie et ses approches maritimes et aériennes.

    Les prochaines réunions du groupe et de la Commission plénière sont prévues« pour les 3 et 4 mai prochains.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 q  

    Combattants des OPEX
     

    La France est présente dans 33 pays à travers le monde et impliquée dans des conflits. Huit arrêtés du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, datés du 14 janvier 2011 ont accordé le bénéfice des dispositions de l’article L 4123-4 du Code de la Défense aux militaires parti-cipant à des opérations extérieures sur les territoires suivants :

    1- Opération« Trident » sur les territoires de l’ex-Yougoslavie, à compter du 1er janvier 2010.
    2 - Opération « Épervier » sur les territoires du Tchad et des pays avoisinants à compter du 1er janvier 2010.
    3 - Opération Séisme Haïti 2010 sur les territoires de la République d’Haïti et des pays et des eaux avoisinants à compter du 15 janvier 2010
    4 - Mission des Nations unies de stabilisation en Haïti (MINUSTAH) sur les territoires de la République d’Haïti et des pays et eaux avoisinants, à compter du 19 février 2010.
    5 - Opération « Baliste » et « Daman » sur les territoires de la République du Liban, d’Israël et leurs eaux avoisinantes à compter du 1er septembre 2010.
    6 - Opération « Force multinationale et observateurs » (FMO) sur les territoires de la République arabe d’Égypte, à compter du 1er septembre 2010.
    7 - Opérations « Licorne » et « Calao » (ONUCI) sur les territoires de la République de Côte d’Ivoire et ses approches maritimes, et de la République du Togo, à compter du 18 septembre 2010.
    8 - Mission de l’Union africaine en Somalie (African Mission in Somalia/ AMISON) sur les territoires de la République fédérale d’Éthiopie, de la République de Somalie et ses eaux avoisinantes, à compter du 23 septembre 2010.

    Ces arrêtés portent effet pendant une période de deux ans à compter des dates indiquées ci-dessus.

    • Rappelons que l’article L 4123-4 permet aux militaires participant aux missions extérieures, ainsi que leurs ayants cause, de bénéficier des dispositions du code des pensions militaire d’invalidité en cas de blessures, de maladies, (articles L 2 et L 3), de pensions (articles L5, L12, L13, L15), des pensions de veuves (Art L43), de la Sécurité sociale (L136 bis), des emplois réservés (L393 à L396), des pupilles de la Nation (461 à L490), des transferts et restitution des corps (493 à L5o9), des voyages sur les tombes ou les lieux du crime (L515), du statut de grands mutilés de guerre et de l’allocation spéciale aux grands mutilés de guerre et de l’allocation spéciale aux grands mutilés (L36) et majoration de pensions (L37) dès lors, pour ces deux derniers articles, que les conditions relatives à la nature ou à la gravité de l’infirmité ou des périodes définies sont remplies.

    De plus, les militaires concernés bénéficient des dispositions prévues en matière de blessures de guerre et de délégation de solde.

    • Signalons que la note d’information n° 103/159/2011/BERG du 26 janvier 201i a mis à jour la liste des services ouvrant au bénéfice des dispositions et avantages relatifs aux militaires participant à des OPEX concernés par Parti-de L.4123-4 du Code de la Défense. Cette liste complétée fait état des territoires concernés, des dates du début et de fin d’application de l’article L.4123-4, ainsi que des textes (arrêtés et décrets) applicable à chacun des territoires que nous résumons ici : Afghanistan, Al-gérie, Bosnie-Herzégovine, Cambodge, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Géorgie, golfes Persique et d’Oman, Haïti, Irak, Israël, Kenya, Kosovo, Liban, Libéria, Maroc, Mauritanie, Mer Rouge, Ouganda, Palestine, République Centrafricaine, Ruanda, Somalie, Sultanat1eiOman, Tchad, Timor oriental, Togo, Tunisie, Yémen, Ex-Yougoslavie, Zaïre.

    Soit 37 territoires d’OPEX, échelon1er de 1952 (Tunisie) jusqu’à… 2012 et plus ?

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 r  

    ONAC : Renouvellement des conseils départementaux
     

    Le renouvellement de la composition des conseils départementaux de l’ONAC devrait avoir lieu en juin prochain. Il est recommandé aux comités départementaux de l’ARAC de se préparer à déposer des candidatures dès que l’appel sera lancé par les services départementaux de l’ONAC.

    Un arrêté du 18 janvier 2011 vient de préciser la nouvelle répartition des conseils départementaux de l’ONAC à venir.

    Ils seront composés de :

  •  6 membres maximum au titre AC 1939-1945, Corée, Indochine,
  •  12 membres maximum au titre guerre Algérie, Tunisie, Maroc,
  •  6 membres maximum au titre des OPEX, postérieures au 2 juillet 1964. Lorsqu’il n’y aura pas le nombre suffisant de candidats dans l’une des catégories ci-dessus, le complément pourra être choisi dans l’une ou dans les deux autres catégories.

    Rappelons qu’en dernier ressort, c’est le préfet qui choisit les membres du conseil départemental de l’ONAC au sein de la liste que lui présente la direction départementale de l’ONAC. Les comités départementaux ont donc intérêt à préparer la liste de leurs candidats sans tarder, en favorisant, autant que faire se peut, la présentation d’OPEX.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 s  

    Cartes du combattant OPEX
     

    Le décret n° 2010-1377 du 12 novembre 2010 définit les modalités d’attribution de la carte du combattant aux OPEX. Il comprend 3 articles dont le 1er explique que « constituent des actions de feu ou dé combat ( ), les actions de combat et les actions qui se sont déroulées en situation de danger caractérisé au cours d’opérations militaires dont la liste est fixée par un arrêté du ministre de la Défense. »

    L’article 2, pour sa part, précise que les dispositions ci-dessus « s’appliquent aux opérations militaires qui sont qualifiées d’actions de feu ou de combat à compter de la date d’entrée en vigueur du présent décret. » Cette définition ambiguë (« à compter de la date d’entrée en vigueur ») nécessite d’être explicitée quant à la prise en compte avant ce décret.

    Quant à l’arrêté, qui devrait être officialisé sous peu, il définirait les types d’opérations militaires constituant des actions de feu ou de combats par arme, ainsi réparties :

    • Opérations terrestres : contrôle de zone, interventions sur engins explosifs, mine, piège ou munitions, recherche, sauvetage et récupération au combat, appui, protection, sécurisation des personnes, des biens et des sites, ainsi que les transports associés, évacuation sanitaire ou de personne, rétablissement de l’ordre, contrôle de foule, action de renseignement.

    • Opérations navales : arraisonnement, protection d’espaces maritimes, évacuation sanitaire ou de personnes, recherche, sauvetage et récupération au combat, action de renseignement, protection et sécurisation des transports, déminage, transport, débarquement et embarquement de personnes et de matériel, actions de reprises de vive force dans le cadre de la lutte contre la piraterie, le brigandage et le terrorisme en mer.

    • Opérations aériennes : accompagnement de transports et de troupes au sol, aérolargage, aéroportage ou poser d’assaut, appui feu, bombardement, postes de commandement volants, évacuation sanitaire ou de personnes, défense aérienne, guerre électronique, ravitaillement au sol, recherche, sauvetage et récupération au combat, action de renseignement, protection de l’espace aérien.

    Reste maintenant à attendre la publication des listes d’unités reconnues combattantes en fonction de ces critères et de l’application des actions de feu ou de combat reconnues dans le cadre de dates retenues. Patience, frères OPEX, patience… disent-ils, « là-haut ». L’ARAC, pour sa part, continuera d’appuyer « sur le champignon ».

    Plus de 66 ans d’opérations extérieures

    En 2011, la France est présente dans 33 pays à travers le monde et impliquée dans des conflits. La note d’information n° 103/159/2011/BERG du 26 janvier 2011 a mis à jour les territoires sur lesquels des militaires français ont servi en OPEX. Très curieusement, on y trouve l’Algérie et le Maroc, mais ni Madagascar, ni la Corée, ni l’Indochine.

    On estime que 300 000 à 500 000 militaires français ont servi en OPEX au-delà de 1962, date de la fin de la guerre d’Algérie. On dépasserait donc les 3 millions si l’on prend en compte le tableau en question de la défense.

    Ainsi, au-delà de la décennie 1952-1962 (Tunisie, Maroc, Algérie) on peut relever encore : le Cameroun (1956-1958 puis 1959-1963) et la Mauritanie (1957 1959).

    • De 1962 à 1970 :

  •  le Tchad (1969-durée non limitée !)

    • De 1970 à 1980 :

  •  Le Liban (1978)
  •  La Mauritanie (1977-1980)
  •  La République Centrafricaine (19791982)
  •  Le Zaïre (1978-1981)

    • De r980 à i990 :

  •  Golfes Persique et d’Oman (19871990)
  •  Le Liban (1984 à 199o)
  •  Le Tchad (1983à 1990)

    • De 1990 à 2000 :

  •  Le Cambodge (1991-1994)
  •  Le Congo (1997-2000)
  •  Les golfes Persique et d’Oman (1990 à 2000)
  •  L’Irak (1991 durée limitée !)
  •  Le Kosovo (1999)
  •  Le Liban (1990-1999)
  •  La République Centrafricaine (1996-1999)
  •  La Somalie (1992-1995)
  •  Le Tchad (1992-2000)
  •  L’Ex-Yougoslavie (1992-2000)

    • De 2000 à aujourd’hui :

  •  L’Afghanistan (depuis 2001)
  •  La Bosnie-Herzégovine (2003-2009) - Le Tchad (2000 à 2011… et plus ?)
  •  Le Congo (jusqu’à mars 2000)
  •  La République démocratique du Congo (2003-2011… et plus ?)
  •  La Côte d’Ivoire (2002-2012 ? et plus ?)
  •  Djibouti (2008-2010)
  •  L’Égypte (2006-2012 ? Et plus ?) - L’Érythrée (2007-2009)
  •  L’Éthiopie (2007-2008 ? et plus ?) - Le Gabon (2003-2011 ?)
  •  La Géorgie (2008-2010)
  •  Le Golfe (2000-2003)
  •  Haïti (2004-2010)
  •  L’Irak ( ?)
  •  Israël (2006-2012 ? et plus !)
  •  Le Kenya (2008-2010)
  •  Le Kosovo (2008-2010)
  •  Le Liban (2000-2012 ? et plus ?) - Le Libéria (2007-2011 ?)
  •  La Mauritanie (2007-2011 ?)
  •  La Mer Rouge (2008-2010)
  •  L’Ouganda (2003-2011)
  •  La Palestine (2005-2008)
  •  La République Centrafricaine (200220I1)
  •  La Somalie (2008-2012 ? et plus ?) - Le Sultanat d’Oman (2008-2010) - Le Timor Oriental (2000-2001)
  •  Le Togo (2004-2012 ? et plus ?)
  •  Le Yémen (2008-2010)
  •  L’Ex-Yougoslavie (2000-2011 ?) Ainsi, on est amené à constater que, dans le même temps où se menait la guerre d’Algérie, des troupes françaises intervenaient au Cameroun et en Mauritanie.

    De 1962 à 1970, seul le Tchad était « au tableau » ; de 1970à 1980, on passe de à 5 interventions OPEX ; de 1980 à 1990, ce sont 6 interventions ; de 1990 à 2000, les OPEX sont dans 13 États. Et de 2000 à 2011, c’est l’explosion avec 33 interventions dont certaines sont programmées jusqu’à 2012 et au-delà. Voilà qui illustre éloquemment l’affirmation que la « Françafrique » est loin d’avoir vécue et que « la politique de la canonnière » a pris des dimensions telles que grandissent en proportion les risques de conflit généralisé attisés par l’OTAN et ses « gendarmes » dont notre pays, hélas !

    Alors, plus que jamais, « Guerre à la guerre ! »

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 q  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : EDITO Par PauI Markidès
     
    Notre association, à l’initiative de deux de ses fondateurs, Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier, a engagé la lutte anticolonialiste dès le début des années 30.

    Henri Barbusse, en particulier, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la réalité du colonialisme à son époque : « Les pays colonisateurs font prisonnières les populations faibles, confisquent les territoires, et l’indigène est l’ennemi et l’animal domestique. On le pressure, on le décime, on le condamne aux travaux forcés et, s’il veut sa liberté, on l’exécute… C’est un régime pénitencier à rendement intensif… » (extrait de Paroles d’un combattant).

    A partir de la fin des années 5o, la lutte des peuples colonisés et celle des peuples des pays colonisateurs ont conduit à ce qui est appelé « l’accession à l’indépendance des peuples colonisés », à la décolonisation. Mais cette décolonisation est en fait une - colonisation sous une autre forme, une colonisation économique. C’est à démontrer cette nouvelle situation que nous avons consacré cette édition du Cahier de la Mémoire.

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      N° 770-771 - mars-avril 2011 r  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : Les causes et la nature de la décolonisation « à la française ». ALAIN RUSCIO
     

    Hô Chi Minh et la révolution vietnamienne, Modibo Keita et la révolution malienne

    Tenter une comparaison entre ces deux leaders, entre les deux processus, est évidemment un exercice périlleux. Des milliers de kilomètres séparent les deux pays. Les histoires nationales, avant la colonisation, furent différentes. Mais un élément extérieur a réuni ces deux pays, ces deux hommes : ils furent confrontés à la même domination coloniale.

    Hô Chi Minh est né en 189o, Modibo Keita en 1915. Une génération les sépare donc. Lorsque le Vietnam fonde le PC indochinois, en 1931, après déjà vingt années de vie clandestine, le Malien est lycéen. Lorsque Hô Chi Minh devient chef d’un État indépendant, en 1945-1946, Keita est l’un des membres fondateurs du RDA (Rassemblement démocratique africain). Quand le Mali parvient à l’indépendance, le Vietnam l’a déjà conquise depuis six années. Leur seul point commun chronologique, hélas, est le terme de leur parcours politique et humain : Keita est victime d’un lâche coup d’État, en 196fondateursinh meurt en 1969.

    Les traits communs, pourtant ?

    Il me semble qu’ils figurent avant tout dans une formule : le Vietnamien et le Malien ont toujours fait preuve de patriotisme, d’anticolonialisme, mais ils n’ont jamais été anti-français. Ils ont tous deux, au contraire, cherché à se faire du peuple de France un allié, comme en témoignent, dans la biographie d’Hô Chi Minh, sa longue période de militance (1918-1923) au sein du Parti socialiste, puis du tout jeune PCF, mais aussi ses efforts désespérés, en 1946, lors de son voyage en France, pour contrer les plans bellicistes de Bidault-Moutet-d’Argenlieu, son adhésion sincère à l’Union française. Mais à y regarder de près, ne fût-ce pas, dans des conditions évidemment différentes, le cas de Modibo Keita ? Ne fut-il pas un des inspirateurs du programme du RDA qui théorisait l’union avec le peuple de France, qui affirmait son adhésion à l’Union française ? Plus tard, sa vice-présidence de l’Assemblée nationale française puis sa participation aux gouvernements Bourgès-Maunoury puis Gaillard, ne furent-elles pas des tentatives de tirer de la loi-cadre de 1956 tous les éléments démocratiques pour hâter la marche vers l’indépendance ?

    A cette bonne volonté, qu’a opposé l’impérialisme français ? La guerre au Vietnam, la répression et la manœuvre politicienne partout. Sans pousser trop loin la comparaison, n’est-il pas troublant de constater que le système a tenté, au Mali comme au Vietnam, de jouer la partition contre l’unité ? Qu’a fait Paris pour tenter de répondre au défi de l’indépendance vietnamienne proclamée par Hô Chi Minh ? Des politiciens ont voulu jouer la carte Bao Dai, expérience qui s’est achevée de la façon que l’on sait. N’est-ce pas une manœuvre du même type qu’a tentée, et hélas réussie, Paris lorsqu’il a brisé, avec la complicité de politiciens sénégalais, la toute jeune Fédération du Mali ? J’ajoute un second parallèle : la volonté passionnée de situer les processus révolutionnaires des deux pays dans le contexte régional et mondial. Hô, patriote vietnamien, s’est toujours proclamé internationaliste, militant de l’Internationale communiste, attaché par ailleurs aux processus révolutionnaires, dans son continent, l’Asie, comme en attestent ses passages clandestins en Chine et en Thaïlande. Keita fut, de son côté, un militant et un homme d’État malien, évidemment, mais aussi un homme-dé du non-alignement (son rôle majeur au second sommet, à Belgrade, en 1961) et de l’Unité africaine (il fut l’un des rédacteurs de la Charte de l’OUA).

    Je vois un dernier trait commun entre les deux hommes : portés par l’Histoire et porteurs de l’Histoire, ils sont tous deux restés modestes. Et l’on sait bien que ce ne fut pas une évidence. On sait combien la mégalomanie, la prise de distance avec le peuple, ont été des maux terribles qui ont atteint une grande partie des dirigeants à l’origine démocrates au passé irréprochable, tant ici en Afrique que dans des pays d’Europe, qui se voulaient construire le socialisme. Quelle distance entre les idéaux égalitaires des origines et ces hommes bardés de médailles, inaccessibles sur leurs estrades ! Je lisais, afin de préparer cette intervention, le témoignage de Gilbert Julis, ancien responsable des questions internationales de la CGT, qui fut chargé par le gouvernement malien nouvellement indépendant, de l’école de formation des cadres du jeune mouvement syndical malien, durant les premières années de l’indépendance. Julis y côtoya durant ces années Modibo Keita. Dans son témoignage il soulignait : « Il avait le souci de l’homme, de l’homme responsable, du militant engagé, ce terme revenait souvent dans ses in-terventions ». Il ajoutait qu’il avait également tin sens aigu de la place de la classe ouvrière, pourtant jeune, et faible, dans le processus engagé alors au Mali.

    Comment, en lisant ces lignes, ne pas penser à l’onde Hô ?

    Quelques réflexions sur la décolonisation « à la française »

    Décolonisation : interrogeons-nous sur ce que signifie ce mot, décoloniser. Cela signifie que les puissances européennes ont toujours et partout conservé l’initiative historique. Elles ont colonisé lorsque cela était conforme à leur intérêt, puis ont maintenu le système aussi longtemps que cela les arrangeait. Enfin, à un certain moment, elles ont décolonisé, selon toujours leur intérêt, au rythme et dans les formes choisis par elles.

    On pourrait d’ailleurs étendre cette critique à ce qui touche la période précédente, marquée par la traite des Noirs : l’homme blanc a esclavagisé puis, toujours quand cela l’a arrangé, il a désesclavagisé, pardon pour les néologismes. Je n’exagère pas. Tout un courant de l’historiographie, en France, en est resté là. En histoire de l’esclavage et de la colonisation, le péché majeur de la société française, l’intériorisation, souvent sincère, de la formule creuse « France, pays des droits de l’homme » fait des ra-vages. Et son corollaire, la foi dans les grands hommes porteurs de l’émancipation.

    C’est l’action de la Révolution Française, non celle des révoltés guadeloupéens, martiniquais ou haïtiens, qui est présentée comme l’initiative historique qui a présidé à la première abolition, celle de 1793. Faut-il citer ici notre grand Beaumarchais ?2. En 1790, il fait donner son opéra Tarare. Il met en scène son héros humaniste qui promet le bonheur (mais non la liberté) à un chœur de nègres éperdus de reconnaissance, à qui il fait dire : « Bon blanc pour nègre, il est humain - Nous, bon nègre a cœur sur la main. Nous, pour blanc - Sacrifie - Donner sang - Donner vie ».

    Ce n’est pas du meilleur Beaumarchais, Plon-1970t significatif de l’état d’esprit d’une époque. Franchissons un demi-siècle. En 1848, c’est l’action de Schoelcher, non la lutte des esclaves, qui est présentée comme la seule explication de la seconde abolition. Immédiatement après sera peint un tableau célèbre, l’abolition de l’esclavage, de François-Auguste Biard (l’archétype du mauvais peintre selon Baudelaire). On peut y observer, à gauche, les abolitionnistes français montrant d’un geste noble le drapeau tricolore à des nègres, à droite, fous de bonheur, certains encore à genoux, d’autres debout, leurs chaînes brisées à la main ; une jeune négresse, également à genoux, devant deux blanches, que l’on devine femmes de colons, baise la main de l’une d’elles. Mais cet écœurant paternalisme qui pouvait, à la rigueur, s’expliquer en 1848, avait toujours cours lors des cérémonies du centenaire et de l’entrée des cendres de Schoelcher au Panthéon ou, plus près de nous, en 1998, pour le cent cinquantenaire, une affiche fut éditée : « Tous nés en 1848 ». Comme si l’abolition avait également pu effacer les déportations, les souffrances et les morts d’avant cette date. Au 20e siècle, à propos du processus de décolonisation, c’est exactement le même raisonnement qui est appliqué. Ce serait Mendès-France qui aurait été l’homme de la paix en Indochine, de Gaulle, l’homme de la décolonisation pacifique de l’Afrique noire avant d’être celui de la paix en Algérie. …Raccourcis vertigineux qui gomment derrière des formules imbéciles trois guerres coloniales (car on oublie en France celle qui présida à l’élimination de l’Union des populations du Cameroun, UPC, et la mort de dizaines de milliers de Camerounais), trois guerres coloniales, avec leur cortège de tortures, de corvées de bois, d’élimination physique des patriotes, qui masquent également la répression, précisément en Afrique noire, contre le RDA, l’emprisonnement de ses leaders, l’opposition farouche de de Gaulle à l’idée même d’indépendance des colonies à Brazzaville (1944) et dans les années qui ont suivi, la mise en place, par un ministre UDSR de la France d’outre-mer, François Mitterrand, dix ans avant les indépendances de ce qui ne s’appelait pas encore la Françafrique, l’imposition de la balkanisation par un ministre socialiste, Gaston Deferre (loi cadre de 1956), puis les manœuvres gaullistes de communauté en communauté rénovée, pour repousser les échéances.

    La thèse sous-jacente est : il y eut des Français racistes, des Français colonialistes, des Français chicoteurs, des Français napalmiseurs ? Oui, hélas ! Mais il y en eut tant d’autres lucides ! Et, si les seconds l’emportèrent finalement, c’est bien que la vraie France, la France pays des droits de l’homme, s’est réveillée. C’est à elle que reviennent logiquement les honneurs. Les méchants et les bons, singulière science historique ! Tout cela est bien loin d’investigations profondes sur ce que fut la décolonisation à la française.

    Exposons ces investigations, sans avoir bien sûr la prétention d’être pionnier. Il y a heureusement des décennies que ces sornettes ont trouvé des réponses argumentées.

    Je partirai d’une citation du général de Gaulle, encore : « Notre conception pour l’Algérie est complè-tement différente de celle que nous avions pratiquée depuis la conquête, et cela parce que toutes les conditions, françaises, algériennes et mondiales de cette affaire ont complètement changé » 3. Avant de nos ébahir devant une telle lucidité, précisons tout de suite que cette phrase a été prononcée le 5 septembre 1961, c’est-à-dire après sept années de guerre, dont trois sous de Gaulle lui-même. Mais soit ; reprenons la thématique gaullienne, elle nous convient : françaises… algériennes… mondiales ; remplaçons seulement algériennes par coloniales, puis inversons l’ordre en : coloniales… mondiales… françaises… et nous avons là un triptyque explicatif, me semble-t-il, assez convaincant.

    Causes propres au système colonial et aux luttes des peuples colonisés

    Les premiers acteurs de la décolonisation furent les colonisés eux-mêmes. Nous n’affirmons pas cela par on ne sait quelle volonté démagogique d’évoquer d’abord les principales victimes du système, mais parce que c’est la vérité.

    Il est historiquement incontestable que les peuples colonisés se sont toujours opposés à la conquête, puis à la paix française, que les révoltes n’ont pas cessé, de Woyowoyanko sur les terres qui nous accueillent aujourd’hui, à Yen Bai au cœur du Tonkin, de la révolte de Ataï, en Kanaky, à la résistance de Samory en Afrique, des maquis du De Tham en Indochine à la République du Rif d’Abd-El-Krim…*

    Ces révoltes et contestations prirent, après la seconde guerre mondiale, une dimension et surtout une généralisation sans précédent. Partout, ce fut l’effervescence, comme si les peuples colonisés que d’aveugles colonialistes croyaient endormis avaient compris que les failles du système n’attendaient plus que d’être agrandies. De1945à1947, l’Empire, rebaptisé Union française par une pudeur frisant l’hypocrisie, connaît une crise majeure dont on peut dire à présent qu’il ne se relèvera plus. Partout, les peuples secouent le système. C’est, en respectant la chronologie, Thiaroye (décembre 1944) Sétif et Guelma (mai 1945), la proclamation de la République du VietnDe1945 à 1947bre 1945), la fondation du RDA à Bamako (octobre 1946), le début de la guerre d’Indochine (novembre 1946), l’insurrection de Madagascar (mars 1947), le discours de Tanger du Sultan du Maroc (avril 1947) et j’en passe.

    De tous ces faits majeurs, j’insisterai sur la première des guerres de décolonisation, celle d’Indochine. Non par vietnamophilie exacerbée, mais parce que je crois sincèrement que l’action de Hô Chi Minh et de ses camarades fut déterminante, au sens propre du terme, pour tous le processus de la décolonisation.

    Des indices permettaient de penser que la lutte entreprise au Vietnam était suivie bien au-delà de ses frontières, dans le monde colonisé. En 1949, l’écrivain conservateur Maurice Genevoix voyage en Afrique noire française. Il écrit : « Partout où je suis allé, Tunisie, Algérie, Maroc, Sénégal, Soudan, Guinée, Côte d’Ivoire ou Niger, il était tout de suite évident que l’importance des événements d’Indochine était tenue par avance pour décisive. Les silences, sur ce point, étaient plus éloquents que les paroles. Quand se rompt le cordon qui retient les grains d’un collier, les grains filent tous, l’un après l’autre : le problème de l’Union française est un. » 4 C’est surtout la date de ce journal de voyage qui est intéressante :1949, soit cinq année avant Dien Bien Phu. Autre fait qui dépasse largement l’anecdote. En 1949 toujours, Hô Chi Minh, du fond de son maquis, apprend que le vieux lion du Rif, Abd-El-Krim, a réussi à échapper à ses geôliers français et vit en exil au Caire. Les dirigeants du Viet Minh lui écrivent et lui demandent de tenter de persuader les soldats maghrébins de déserter l’armée française. On ne sait comment la lettre lui parvint, on ne sait pas plus comment Abd-El-Krim fit parvenir son appel en Indochine. Mais il le fit, et ce texte est un des joyaux de l’histoire de l’internationalisme 5.

    Vint Dien Bien Phu. Nous manquons de témoignages sur l’écho qu’eut l’annonce de la victoire vietnamienne en Afrique noire. Nous avons, par contre, des témoignages sur l’accueil de Dien Bien Phu au Maghreb. Le 11 mai 1954, moins d’une semaine après la victoire du Viet Minh, Christian Fouchet, simple député gaulliste, signale, outré, à la tribune de l’Assemblée nationale que des Français du Maroc ont reçu par la poste de petits cercueils avec ce seul nom gravé : Dien Bien Phu. Des années plus tard, le premier président du gouvernement algérien (GPRA) Ferhat Abbas, se souvenait : « Dien Bien Phu ne fut pas seulement une victoire militaire. Cette bataille reste un symbole. Elle est le « Valmy » des peuples colonisés. C’est l’affirmation de l’homme asiatique et africain face à l’homme de l’Europe. C’est la confirmation des droits de l’homme à l’échelle universelle. A Dien Bien Phu, la France a perdu la seule légitimation de sa présence, c’est-à-dire le droit du plus fort. » 6 Un an après Dien Bien Phu, c’était Bandoeng.

    Mais la libération en Afrique vint surtout de l’action de ses propres enfants. L’épopée du RDA mériterait en soi une étude exhaustive. Le ciment idéologique de ce rassemblement était un réel attachement à l’africanité, que l’on ne peut certes pas appeler toujours et partout nat20nalisme. En outre, la référence au marxisme, si elle était superficielle pour beaucoup, était réelle pour d’autres, symbolisée par le compagnonnage de route avec le PCF. Ce RDA, première organisation de masse (il dépassa le million d’adhérents) de l’histoire de l’Afrique contemporaine, préfiguration de ce qui aurait pu être une Afrique unifiée, fut en butte à une répression intense : morts d’hommes lors des manifestations (Treichville 1949, Dimbroko 1950.4 éliminations physiques ou politiques d’opposants ou de dirigeants non mal-léables (Boda, Côte d’Ivoire 195c), Boganda, premier président de la Centrafrique 1959, Olympo, premier président du Togo 1963, Modibo Keita, premier président du Mali 1968, Diori, président du Niger 1974, plus tard le capitaine Sankara, Burkina Faso 1987 …). Sans compter la guerre ouverte contre l’UPC et l’assassinat de ses dirigeants.

    Lorsque les leaders africains étaient considérés comme intégrables - un mot qu’aiment les colonialistes - ils étaient tout simplement approchés, travaillés, comme Léopold Senghor, ou retournés, comme Houphouët-Boigny, par François Mitterrand. Insister sur cet aspect me paraît indispensable. Vous savez tous que la légende dorée d’une décolonisation pacifique de l’Afrique subsaharienne court encore en France, colportée par des politiciens, des intellectuels et des journalistes sans mémoire. A ceux-là, nous répondrons, paraphrasant un certain président, que bien des Français ne sont pas entrés dans l’histoire… critique.

    Nous dirons en conclusion sur ce point que c’est donc de la périphérie du monde colonisé qu’ont été allumées les flammes qui allaient finalement brûler tout l’édifice. Ce sont les nouveaux damnés de la terre qui ont, sinon fait table rase du passé, du moins sont entrés de plain-pied dans le présent, qui ont fermé la parenthèse de la domination coloniale qui, à l’échelle de l’histoire, n’aura été finalement qu’un épisode.

    Causes liées à l’évolution des relations internationales

    Cette décolonisation s’est également déroulée dans un contexte international nouveau. La constitution à partir de 1945 d’un camp socialiste en Europe, renforcé à partir de 1949 en Asie par la victoire de la révolution chinoise, fut un coup dur porté à l’hégémonie de l’impérialisme, peu contestée depuis 1939. Si l’aide directe aux mouvements de libération nationale ne fut pas déterminante, à l’exception de l’Indochine, le seul poids de cet acteur nouveau des relations internationales a obligé l’Occident à revoir ses valeurs, à repenser sa politique vis-à-vis de ce que l’on n’appelait pas encore le « tiers-monde ».

    Notre propos est de constater que l’impérialisme a été contraint de composer, du fait même de l’existence d’un autre camp, perçu par des millions d’hommes dans le monde colonisé ou para colonisé comme un espoir, une alternative possible. L’impérialisme n’avait pas les mains libres. Cela peut entraîner bien des réflexions sur l’actualité, alors qu’il n’y a plus -même si c’est beaucoup - que la détermination des peuples face à l’Occident.

    L’autre fait historique majeur de ces décennies décidément riches en bouleversements est le sur-gissement des peuples jusque-là colonisés ou para colonisés, l’émergence de ce que sera appelé dès 1952, le « Tiers Monde », Là aussi, l’histoire s’est accélérée : Inde 1947, Chine 1949, Bandoeng 1955…

    Causes internes à la société française

    Nous avons dit que c’est de la périphérie, donc au sein même du monde colonisé, qu’ont été allumées les flammes qui ont finalement fait brûler tout l’édifice. Façon de dire : ce n’est pas du centre, de la métropole.

    Cette décolonisation s’est faite en inversant les schémas habituels de la gauche française selon lesquels la démocratisation du centre entraînerait l’amélioration du sort des colonisés, puis la sortie en douceur du système colonial. Illusion pure, la vie l’a prouvé, mais aussi vision qui a durablement érodé la qualité des relations entre cette gauche française et les forces patriotiques des pays colonisés. Lorsque je dis : la gauche, j’introduis évidemment des graduations entre un Parti socialiste empêtré dans la coresponsabilité des guerres coloniales, de Léon Blum et Marius Moulet en 1946 en Indochine, à Guy Mollet et Robert Lacoste, dix ans plus tard en Algérie, sans compter une omniprésence dans toutes les administrations de la France d’outre-mer, et un Parti communiste qui a clairement affirmé le droit à l’indépendance des peuples colonisés, même si sa politique connut des hésitations (attachement tardif à l’Union française), des méandres (vote des pouvoirs spéciaux en Algérie 1956) et des fautes gravissimes d’appréciation (Sétif 1945). Mais enfin, pour ne parler que de l’Afrique, le PCF a bel et bien été un solide appui des luttes anticoloniales.

    En 196o, vient en débat à l’Assemblée nationale la ratification des accords déjà passés entre la France et certaines anciennes colonies. Robert Ballanger y affirme d’emblée : « Le fait a précédé le droit. Rien ne s’est fait de bon gré, mais sous la contrainte, sous la pression des faits… ». Le groupe communiste, annonce-t-il, votera en faveur de la ratification, tout en regrettant certaines clauses limitant les droits des nouveaux États. En août, on le sait, le Sénégal rompt unilatéralement l’union avec le Mali. La presse, en général, défend Senghor contre Modibo Keita. Dans un portrait de celui-ci dans Le Monde, on peut lire qu’il a dans son entourage « de nombreux partisans des méthodes autoritaires et des solutions marxistes, des problèmes africains », ce qui n’était pas un éloge sous la plume du journaliste anonyme. Le discours de l’Humanité fait contraste. Les prises de positions progressistes de Modibo Keita sont citées, avec un intérêt non feint. Presque seule dans la presse nationale, elle expose sa méfiance envers Senghor, rendu coupable de la crise. On sait que, un an plus tard, le président Modibo Keita devait utiliser une formule qui collera à la peau du président du Sénégal (« Senghor qui, comme chacun le sait, est plus Français que le plus Français des Français ») 8. L’Humanité, pour sa part, n’oubliait cependant pas de dénoncer avant tout le pouvoir gaulliste, machiniste machiavélique.

    En fait, comme le pressentaient tant de leaders progressistes africains que des hommes de gauche en France, cet épisode, l’un des premiers actes de la Françafrique après les indépendances, préfigurera ce que devait être la pratique de Paris sous six présidents, de de Gaulle à Sarkozy, un interventionnisme permanent.

    Conclusion

    Cela m’amène à une conclusion sur l’articulation entre formes anciennes et formes nouvelles de la domination occidentale. Je partirai de 2 citations : la première émane de deux hauts fonctionnaires. L’une de Claude Cheysson, intéressante par sa date, 1955, un an après le début de la guerre d’Algérie, cinq années avant les indépendances africaines : « Le Français… ne sait pas et ne veut pas évoluer. Il est sincèrement convaincu que la présence française avec l’exercice de l’autorité, le maintien des troupes et du drapeau… Le jour où ces attributs lui sont retirés, il estime que la partie est définitivement per-due… Une tâche urgente est donc d’éclairer, par des études objectives, les milieux intéressés, organisations spécialisées, grandes entreprises industrielles, commerciales et bancaires, presse, étudiants… La mise sur pied de vastes programmes d’assistance économique et technique au profit des territoires et États associés, l’élaboration d’une politique à long terme, seraient vaines si l’opinion française n’était pas au préalable convaincue de la possibilité pour la France d’être présente sous de nouvelles formes, aussi fructueuses que celles du passé, mais mieux adaptées à la conjoncture actuelle et, par conséquent, plus durables. »9

    Vingt années plus tard, en 1976, l’autre est celle du haut fonctionnaire étroitement lié aux milieux d’affaires, François Bloch-Lainé. Il écrit : « Il était clair, dès le début des années 1950, que la souveraineté française allait évoluer beaucoup. Et que les liens monétaires seraient les plus durables, susceptibles de survivre aux liens politiques. »10 Il est difficile de mieux définir le néocolonialisme.

    Mais ce mot est-il adapté ? Ne cache-t-il pas un autre mot : impérialisme ?

    Impérialisme : il faut reconnaître que ce mot est autrement plus explicatif, qu’il a l’avantage de recou-vrir toutes les formes de domination d’un pays sur un autre ou sur une région, toutes les formes, les politiques et les autres, militaire, financière, économique, mafieuse. Qui oserait dire, aujourd’hui, que les troupes américaines sont sur le pied de guerre sur tous les continents, que des troupes françaises, italiennes, allemandes, japonaises même les épaulent, aujourd’hui qu’une crise boursière à la Bourse de New York appauvrit les petits propriétaires français, plonge dans la misère les paysans maliens et fait mourir les enfants bengalis, aujourd’hui que les capitaux des pays riches circulent et que les hommes des pays pauvres sont pourchassés, que l’impérialisme n’existe plus ?

    L’impérialisme français est une réalité séculaire qui a entremêlé, selon les époques et les circonstances, des rapports d’hégémonie et d’exploitation de toute nature. La domination politique directe, celle qui fit flotter le drapeau tricolore sous les Tropiques, celle qui impliquait la présence du gendarme, du missionnaire, du fonctionnaire et du colon, n’aura été finalement qu’un épisode de cette domination. Le colonialisme est la forme particulière, l’impérialisme la forme générale. Aussi, je me permets de m’étonner de la quasi disparition de ce mot dans le vocabulaire politique contemporain. On dit aujourd’hui globalisation, mondialisation pour ne pas dire impérialisme, comme on dit libéralisme, fût-il sauvage, pour éviter le gros mot de capitalisme.

    Alain Ruscio est président du Centre d’information et de documentation sur le Vietnam contemporain
    1/ Bulletin de la Fondation Modibo Keita -Revue du Cerma, Montreuil n°1-1987
    2 / Marcel Rouff, Un opéra politique de Beaumarchais. Revue d’histoire moderne et contemporaine -14 octobre 1910.
    3 / Conférence de presse, 5 septembre 1961 : Discours et messages, vol. III - Avec le renouveau -1958-1962. Paris, Pion-1970.
    4 / Afrique blanche, Afrique noire -Paris - Flammarion —1949.
    5 / Cité par Abdallah Saaf, Histoire d’Anh Ma - Paris -l’Harmattan-1996.
    6 / Guerre et révolution d’Algérie, la nuit coloniale - Paris - Julliard -1962.
    7 / Le Monde du 21 août.
    8 / Discours. Bamako, 20 août 1961 : Site interne Modibo Keita.
    9 / Claude Cheysson et Charles Frappait : Présence française dans des États indépendants associés - Revue La Nef- Juin 1955 - numéro spécial.
    10 / Profession : Fonctionnaire- Paris Le Seuil 1976.

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    ************************************************

      N° 770-771 - mars-avril 2011 s  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Réflexions sur la décolonisation « à la française » : 1960 à Brazzaville, on était fiers !
     

    François, de nationalité congolaise, est aujourd’hui infirmier à domicile dans Le Blosne, un quartier sud de Rennes. Nous lui avons demandé qu’il évoque non une analyse politique, mais quelques souvenirs.

    Vous étiez adolescent è cette période. Comme avez-vous vécu l’indépendance du Congo ?

    Colonisé par la France à la fin du XIXe siècle, le Moyen Congo, comme on l’appelait à l’époque, faisait partie de l’Afrique équatoriale française. Comme dans beaucoup de familles, on ne s’intéressait pas à la politique, on lisait rarement les journaux. Mais on savait qu’en 1940, le gouverneur général Félix Eboué avait choisi la France libre, que le général de Gaulle était venu en 1944 faire un important discours à Brazzaville. On espérait nous, les indigènes, que nous aurions plus de droits. Après 1958, la création de la République du Congo, ce fut l’indépendance en août 196o, les jeunes étaient dans la rue.

    Comme spectateurs ?

    Mais non ! Les collégiens défilaient dans les rues avec leurs professeurs. Il y avait rassemblé les drapeaux français avec nos nouveaux drapeaux de couleur verte, jaune, rouge. C’est le ministre André Malraux qui représentait la France, il nous fit un grand discours. A la tribune, il était avec celui qui serait le Président du Congo, l’Abbé Fulbert Youlou, que moi comme beaucoup de jeunes, j’admirais à l’époque. C’était la liesse !

    Pourquoi un tel enthousiasme ? On était d’abord contents que cette indépendance se passe ici « en douceur ». Et nous étions fiers : nous aurions une administration, un gouvernement de Congolais. A Brazzaville, on habitait dans des quartiers différents ; ici, un blanc ne devait jamais se montrer inférieur, c’est toujours lui qui devait diriger. Un cousin était venu en France et avait vu un ouvrier parisien ramasser les poubelles, il nous disait : « Est-ce vraiment un blanc, il doit être africain ? » Donc, il n’y aurait pas le Moundélé le blanc à nous dire toujours : « Fais ceci ! Fais cela ! »

    Année après année, des enseignants, des médecins, des infirmiers congolais ont été formés dans la coopération avec la France. Beaucoup d’évènements et de drames se sont passés depuis, mais aujourd’hui, je garde en mémoire ces moments d’espoir.

    Propos recueillis par Georges Ploteau

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