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Le Réveil des Combattants N° 771 - avril 2011.
Publié le mercredi 18 mai 2011, mis à jour le jeudi 19 mai 2011

Sommaire :  

  •  Mouvement de la Paix : « Arrêtons de préparer les guerres »
  •  La Commune de Paris a 140 ans
  •  L’ARAC et le 8 Mai
  •  8 MAl 2011 : MESSAGE DE L’UFAC
  •  Campagne double : l’UMP tire à blanc !
  •  SOINS MÉDICAUX GRATUITS : Carnet de soins et carte vitale
  •  Riez, camarades OPEX !
  •  Mémoire des hommes
  •  3 décembre à Bobigny (93) : Paul Markidès Chevalier de l’Ordre national du mérite
  •  Gabriel Guiche Chevalier de la Légion d’honneur
  •  ARAC Paris : Café républicain
  •  Section de Riom (Puy-de-Dôme) : Continuité du même combat pacifiste pour la réhabilitation des "fusillés pour l’exemple"
  •  8 mars : Solidarité franco-cubaine
  •  Village de l’Amitié : Comité de Villejuif
  •  VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL : Rassemblement national de l’ARAC Samedi 14 mai 2011 à Tergnier (Aisne) -
  •  Une initiative de mémoire prometteuse
  •  Al’Togo : Morvan et Savoia-Éd Dargaud 10,95 euros
  •  Le colonialisme en question : Théorie, connaissance, histoire
  •  Les Balkans Héritages et évolutions
  •  Chronique qui pique
  •  Un pont sur la Méditerranée
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Edito de Paul Markides
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : De la chasse aux « indésirables à la solution finale : le cas français
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : L’avènement du fascisme en Italie et la mise en place de la dictature (1919-1926)
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Falsification de l’histoire et réhabilitation du fascisme en Italie
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : La montée du nazisme en Allemagne.
  •  LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Un texte significatif de Paul Vaillant-Couturier

     

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      N° 771 - avril 2011 a  

    Mouvement de la Paix : « Arrêtons de préparer les guerres »
     
    Dépenses militaires mondiales 2010 : le scandale continue. Le SIPRI, l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, publie ce 11 avril les données de son étude annuelle concernant les dépenses militaires mondiales.

    « De record en record, les dépenses militaires mondiales atteignent en 2010 la somme extravagante de 1 630 milliards de dollars » dénonce Pierre Villard, coprésident du Mouvement de la Paix. L’institut suédois note une décélération dans l’augmentation qui représente 6 % en dollars constants et 1,3 % en dollars courants. La crise semble donc avoir ralenti la course folle à la mort. « Cette nouvelle hausse, en dollars constants, signifie que la part des richesses mondiales détournées dans les dépenses militaires s’est encore accrue » note le responsable pacifiste qui poursuit : « ilfaut d’urgence mettre un terme à cette course infernale et consacrer ces sommes à la construction d’un monde plus juste et plus sûr ».

    La France, qui se dispute régulièrement la troisième place avec la Grande-Bretagne reste, avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’un des pays les plus à la pointe de cette course mortelle. « Triste record », déplore Pierre Villard, qui poursuit : « Engagée directement, pour la première fois depuis longtemps dans trois conflits, la France aurait tout à gagner à investir dans la construction de la paix, plutôt que dans la poursuite des guerres. A force de mettre au point des armes toujours plus sophistiquées, les hommes ont rendu leur existence sur terre plus dangereuse et plus précaire. C’est particulièrement vrai avec l’arme nucléaire dont la modernisation des arsenaux coûte des fortunes ».

    Le Mouvement de la Paix réitère sa proposition de mettre en débat la réduction de moitié des budgets militaires pour les Io ans à venir. Dans l’immédiat, il appelle les citoyens à se mobiliser à l’occasion de la Journée mondiale du 12 avril contre les budgets militaires. « En France, c’est 10 % du budget militaire ainsi que les sommes prévues pour faire la guerre qui pourraient être consacrés tout de suite d la satisfaction des besoins sociaux (en particulier pour la retraite, l’école, la jeunesse, la santé…), ainsi qu’au développement de l’action publique au service de la cohésion sociale et à la promotion de la paix », souligne Pierre Villard.

    CONTACT : Pierre Villard • Tél. 06 82 92 29 46 pierre.villard@mvtpaix.org

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      N° 771 - avril 2011 b  

    La Commune de Paris a 140 ans
     
    Cette année Paris célèbre le 140e anniversaire de la Commune : théâtre, exposition, conférences… Au-delà de la révolte, la Commune de Paris révèle une œuvre sociale très actuelle.

    Il faut aller voir l’exposition La Commune à Paris, une histoire moderne, qui se tiendra du 28 mai au 19 juin. Cette exposition aborde l’œuvre politique des communards : séparation de l’Église et de l’État, abolition de la peine de mort, gouvernement du peuple par le peuple, émancipation des femmes).

    Une autre exposition se tiendra du 18 mars au 28 mai au Salon d’accueil de l’Hôtel de Ville, sous le nom de La capitale insurgée. Présentation de documents inédits dont des affiches et des manuscrits originaux, qui constitue une parfaite introduction et explication des faits et des idéaux de ce printemps de l’aimée 1871.

    Cette première, près d’un siècle et demi après ces événements, est un passage obligé avant l’obligatoire et traditionnelle « Montée au mur des Fédérés » au cimetière du Père Lachaise (20e) le 28 mai.

    EXPOSITIONS

    • La Commune de Paris
    Du 28 mai au 19 juin

  •  15 rue de l’École de Médecine 75005 Paris
  •  Tous les jours de 11h à 19h et le jeudi jusqu’à 20h30 (entrée gratuite)

    • La capitale insurgée
    Du 18 mars au 28 mal

  •  Hôtel de Ville 29 rue de Rivoli 75004 Paris
  •  Tous les jours de 10h à 19h (sauf dimanche et jours ferlés)

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      N° 771 - avril 2011 c  

    L’ARAC et le 8 Mai
     
    Ce 66e anniversaire du 8 mai 1945, comme les anniversaires passés de cette date mémorielle, ne constitue pas seulement pour l’ARAC l’anniversaire de la victoire des armées françaises, anglaises, américaines et soviétiques, de la Résistance intérieure de la France conduite par Jean Moulin et de la Résistance extérieure avec le général de Gaulle. Il constitue la victoire et l’aboutissement de la lutte antifasciste engagée dès les années 192o par l’ARAC et singulièrement ses dirigeants Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier qui alertèrent les opinions nationale et internationale sur la « nécessité de la lutte pour la paix et contre le fascisme ».

    Cette lutte s’accentua à partir de 1934, année des émeutes fascistes à Paris auxquelles l’ARAC s’opposa avec vigueur aux côtés d’autres organisations démocratiques. Elle redoubla d’énergie lors du Front populaire qui, devant la crise totale concrétisée entre autres par la baisse des salaires des fonctionnaires et des retraites, la suspension des subventions et des crédits pour les agriculteurs, le chômage, exigeait « le pain, les roses et la liberté ». Alors que la droite et les tenants des ligues fascistes criaient « Plutôt Hitler que le Front populaire ».

    Elle devint la Résistance durant l’occupation et le gouvernement du traître Pétain. C’est donc la victoire de cette Résistance à la Libération, tandis que le pays reprenait le chemin de la démocratie et de la liberté avec la mise en œuvre des grandes réformes sociales, économiques et politiques inspirées du programme du Conseil national de la Résistance, en somme la victoire, après d’immenses sacrifices, du Front populaire.

    C’est aussi la victoire de tous ceux qui ont été martyrisés et qui ont donné leur vie, les Jean Moulin, les Guy Môquet, les autres fusillés de Chateaubriand, les Manouchian, les René Sahors et les fusillés du Mont Valérien, les exécutés sans jugements et autres, la liste est longue… C’est la victoire des Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant-Couturier, des Gabriel Péri et Marcel Paul…

    L’ARAC porte en elle cette mémoire et la fait connaître le plus largement possible aux générations nouvelles car elle considère que « rien n’est jamais acquis. » et que « le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde », comme le disait justement Berthold Brecht.

    Parmi les multiples initiatives, ses rassemblements nationaux en témoignent, tel celui du 14 mai prochain à Tergnier qui rendra hommage à la jeunesse indignée et résistante de Picardie et à la ré-sistance cheminote par l’un des siens.

    Et l’ARAC considère aujourd’hui que la situation économique, sociale et politique, au total la crise que vit notre pays fait le lit d’une renaissance du fascisme et de la xénophobie sous de multiples formes et pas seulement celle d’un parti, ce qui justifie amplement l’action de mémoire et de ferme opposition qu’elle conduit.

    Paul Markidès

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      N° 771 - avril 2011 d  

    8 MAl 2011 : MESSAGE DE L’UFAC
     
    L’UFAC (Union française des associations de combattants et de victimes de guerre) souhaite que ce message soit tu par une jeune fille ou un jeune garçon. Il appartient à toute Instance éducative ou associative contactant la future lectrice ou le futur lecteur d’assurer l’information sur le contenu de ce message.

    Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 6.6’ anniversaire du 8 niai 1945, jour où l’Allemagne nazie capitulait sans condition. C’était la victoire des armées alliées, de la Résistance in-térieure et extérieure avec le général de Gaulle et ceux qui l’ont rejoint, telle l’armée d’Afrique.

    En ce jour anniversaire, nous leur rendons hommage, ainsi qu’aux combattants de la liberté de tous les pays et exprimons notre attachement à l’ensemble de nos forces armées.

    La Seconde Guerre mondiale fut, en nombre de victimes, le conflit le plus meurtrier de tous les temps :

  •  55 millions de morts,
  •  3 millions de disparus,
  •  35 millions de blessés,
  •  des veuves, des orphelins et des prisonniers par millions.

    L’horreur des camps de concentration et d’extermination, l’horreur des crimes comme pendant les années d’occupation nazie et fasciste devenaient pour tous une affreuse réalité.

    Notre mémoire collective garde le souvenir des combattants et des victimes civiles. Elle conserve en particulier le souvenir des otages, des exécutions sommaires, des victimes de l’internement, de la déportation et des génocides.

    L’UFAC s’emploie à transmettre aux jeunes générations la mémoire des événements passés. Elle les appelle à une vigilance permanente pour la défense des droits de l’homme et la préservation de la paix.

    Vive la France !
    Vive la République

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      N° 771 - avril 2011 e  

    Campagne double : l’UMP tire à blanc !
     
    Le groupe UMP, ses leaders en tête - Patrick Beaudoin, Georges Colombier (hélas), Jean-François Lamour, etc. - a déposé, le 9 mars 2011, une proposition de loi « visant à rétablir l’égalité entre les combattants d’Afrique du Nord pour l’attribution de la campagne double ». La formule, elle-même, indique la volonté de I’UMP de sortir de la crise ouverte par le contenu du décret du 29 juillet 2010, en ne lâchant quasiment rien sur le fond du problème.

    Rappelons que ce décret n° 2010-890 du 29 juillet 2010 prétend mettre en vigueur deux conditions d’obtention inacceptables à savoir :

  •  l’attribution de la campagne double pour les seuls anciens combattants en Afrique du Nord, fonctionnaires et assimilés partis en retraite après 1999, c’est-à-dire bien peu puisque l’ensemble d’entre eux ont pris leur retraite professionnelle avant 1999,
  •  le calcul de cette campagne double à titre individuel « pour toute journée durant laquelle les appelés et les militaires (…) ont pris part à une action du feu ou de combat, ou subi le feu ( …) établie par les archives collectives de l’unité à laquelle les intéressés appartenaient ou étaient rattachés ».

    Que change cette proposition par rapport au décret ? Rien ! ou si peu… C’est le même texte que celui du décret déjà publié et unanimement contesté à ceci près qu’il pourrait permettre aux intéressés de demander à bénéficier de la campagne après l’entrée en vigueur de cette loi. Encore faudrait-il que le décret soit abrogé. Quant au temps de campagne double, ce sont exactement les mêmes critères que ceux actuellement définis par le décret.

    Ces critères ont été la base de départ pour l’attribution de la carte du combattant, alors que la notion de campagne double y est totalement étrangère. Ils doivent donc être abandonnés pour revenir à ceux utilisés pour la guerre d’Indochine, à savoir : « L’attribution de la campagne double à tous les militaires pour leur temps de séjour en Algérie, Tunisie et Maroc entre le 1er janvier et le 2juillet 1962 » sans limite de date.

    Sous prétexte de débloquer la situation, le groupe UMP vise à atténuer la colère des intéressés ; mais que leur propose-t-il ? Quelques « journées » de campagne double pour les seuls intéressés répondant aux critères définis, dans un contexte tel que le service des archives militaires - déjà surchargé, en sous-effectif et ayant en plus à traiter des OPEX - ne pourra répondre qu’avec beaucoup de retard à la masse des demandes formulées.

    Soit un minimum de bénéficiaires dans les temps les plus reculés ?

    Quant à rétablir l’égalité…

    L’UMP se trompe volontairement de démarche. La question n’est pas de « rétablir l’égalité entre les combattants d’Afrique du Nord », ils l’ont déjà : aucun ou presque ne bénéficie de la campagne double ! L’objectif est de rétablir l’égalité, et dans les mêmes conditions, entre les anciens combattants en Afrique du Nord fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés, avec leurs collègues des guerres précédentes : 1914-1918, 1939-1945, Madagascar, Corée, Indochine, Suez, Golfe, conformément à la loi ayant établi la campagne double. L’UMP manœuvre en retraite et cherche à noyer le poisson. Face à la levée de boucliers du Mouvement AC, l’UMP tente de « sortir » d’affaire le gouvernement et son Président de la République « avec les honneurs » et au moindre coût. Un tel projet élargira sans doute le nombre des bénéficiaires… Mais dans combien de temps et dans quelles conditions minimales d’obtention de temps en campagne double ? C’est une manœuvre de plus visant à soulager la pression à l’approche des élections de 2012, sans pour autant en revenir aux fondamentaux, ce qui continuera de priver la masse des intéressés de leur droit réel. Le Mouvement AC ne sera pas dupe et continuera donc d’exiger le retrait du décret « scélérat » et la parution d’un texte rendant justice à tous les bénéficiaires potentiels de la campagne double, à égalité de droits avec leurs aînés.

    André Fillère

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      N° 771 - avril 2011 f  

    SOINS MÉDICAUX GRATUITS : Carnet de soins et carte vitale
     
    Le Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre (CPMIVG) stipule que I’État doit gratuitement, aux titulaires d’une pension d’invalidité attribuée au titre de code PMIVG, les soins médicaux, y compris les prestations d’appareillage, nécessité par les infirmités pensionnées.

    La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) du 12 décembre 2007 a engendré la disparition de la Direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale (DSPRS), service du Secrétariat d’État aux Anciens Combattants chargé de l’exercice de ce droit à réparation.

    Ces prestations ont donc été confiées à la Direction des ressources humaines du ministère de la Défense (DRH-MD). C’est donc la Caisse nationale militaire de sécurité sociale (CNM SS) qui a reçu mission d’organisation opération pour le compte de l’État. Ce " glissement " a commencé en 20i0 au fur et à mesure de la fermeture des Directions interdépartementales des AC (DIAC), elles aussi victimes de la RGPP qui les a supprimées.

    L’objectif vise au remboursement des soins gratuits de façon " dématérialisée " avec les professionnels de la santé, l’actuel carnet de soins " papier " devant être abandonné à terme. Mais la mise en place et l’intégration du dispositif " Sesam Vitale " nécessitent de lourds travaux d’adaptation des applications informatiques. Vu les délais de près de 2 ans qu’aura nécessité la mise au point du système Kapta pour l’attribution des cartes du combattant et des Titre de reconnaissance de la Nation, « on n’est peut-être pas sortis de l’auberge »… D’autant que s’y ajoute la prise en compte des feuilles de soins, la liaison avec la Caisse nationale d’assurance maladie du régime général des travailleurs salariés… et le renouvellement progressif de l’équipement des professionnels de santé avec un nouveau logiciel informatique.

    La carte vitale pour 2012 ?

    C’est dire si le processus est complexe ; et l’abandon du carnet de soins gratuits " papier " et son remplacement par un passage à la carte vitale risquent de prendre du temps. Ce devrait être pour 2012 indique le ministère de la Défense… A voir, car il y aura impérative nécessité, face à tous ces bouleversements des habitudes, de mettre en œuvre une très large campagne de commémoration en direction des ACVG bénéficiaires de soins gratuits et des associations d’ACVG.

    Avec, encore une fois, cette exigence que, non seulement le droit et le bénéfice des soins médicaux gratuits continuent de s’exercer, mais aussi que ce droit à réparation demeure spécifique à la législation ACVG et ne se dilue pas, ne disparaisse pas dans une banalisation de la Sécurité sociale.

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      N° 771 - avril 2011 g  

    Riez, camarades OPEX !
     
    La très sérieuse parution du ministère de la Défense et des Anciens Combattants (Secrétariat général pour l’administration) a publié un quatre pages « Regard sur l’invalidité » n° 12 de mars 2011. On y ressuscite les moribonds et on s’y moque du monde.

    Dès la couverture, la couleur est annoncée ; en blanc sur noir, l’inscription : Direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale.

    Sauf que… la DSPRS , pièce maîtresse de l’exercice du droit pour le secrétariat d’État sans titulaire, ni locaux, ni personnels. La grande moquerie, quoi ! Page 2 : « Impact sur la pension militaire d’invalidité (PMI) de l’OPEX comme action de feu ou de combat ». Il y est expliqué ce qu’est et à quoi sert la carte du combattant, quels sont les critères pour l’obtenir, etc. Du droit à pension… Rien, ou plutôt si, un summum. Le voici : « Dès lors qu’un militaire dépose une demande de pension PMI pour une infirmité pouvant avoir un lien avec un séjour en OPEX, il doit joindre à sa demande une copie de la carte du combattant obtenue au titre de cette compagnie. »

    A ceci près que l’arrêté concernant la reconnaissance des unités combattantes n’a toujours pas officiellement paru, et que les cartes du combattant sont donc attribuées au compte-gouttes. Riez, camarades OPEX ! Et patientez encore « un peu », la philosophie - là-haut - est celle de l’attente. Quand vous aurez 6o ans ou 64 ans, si vous êtes encore en vie, vous obtiendrez peut-être la carte, au bénéfice de la longévité. Quant aux pensions PMI…

    Riez, camarades OPEX !

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      N° 771 - avril 2011 h  

    Mémoire des hommes
     
    Mémoire des hommes est un site géré par la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense. Il vient d’être enrichi.

    Ce site comprend notamment les fiches individuelles des « Morts pour la France », du personnel de l’aviation militaire, les journaux de marches et d’opérations des unités combattantes de la guerre 1914-1918.

    Pour la 2e guerre mondiale (1939-1945), le site publie notamment les bases de données nominatives des militaires décédés en service et des fusillés du Mont-Valérien, les Alsaciens-Mosellans incorporés de force dans l’armée allemande, etc.

    Une nouvelle base d’information vient d’être créée pour la guerre de Corée (1950-1953). Elle dresse notamment la liste des 267 militaires français décédés durant ces trois années, membres du bataillon français engagé dans la force multinationale aux côtés de la Corée du Sud, et placée sous commandement américain. Pour les autres conflits, le site donne accès aux fichiers des « Morts pour la France » durant les guerres d’Indochine, d’Algérie-Tunisie-Maroc et des opérations extérieures postérieures au 2 juillet 1964.

    Pour les amateurs, il met aussi en ligne les registres matricules de la Garde impériale et de l’Infanterie de ligne du Premier Empire.

    www.memoiredeshommessga.defense.gouv.fr

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      N° 771 - avril 2011 i  

    3 décembre à Bobigny (93) : Paul Markidès Chevalier de l’Ordre national du mérite
     
    Cette reconnaissance vient à juste titre récompenser 53 ans de direction, d’abord d’associations de culture, de jeunesse, d’éducation populaire et… de l’ARAC, où Paul exerce la responsabilité de vice-président chargé de la mémoire depuis de nombreuses années.

    Le parrain dans l’ordre, Yves Pham-Van, ancien directeur régional de la Jeunesse et des Sports, retraça le parcours singulier et intense de notre camarade auprès des deux cents participants.

    Catherine Peyge, maire de Bobigny, Guy Fischer, vice-président du Sénat, Jacques Goujat, président de l’UFAC, Louis Cortot, compagnon de la Libération et président de l’ANACR, Jean-François Jobez, directeur interdépartemental ACVG, Patrick Staat, secrétaire national de l’ARAC et directeur délégué du Réveil des Combattants ont pu apprécier combien cette « soirée mémorable fut un immense moment de bonheur » partagé avec Paul, sa famille, ses amis, ses camarades, et aussi un moment d’unité sur les valeurs républicaines et d’émancipation, défendues ardemment par l’ARAC depuis sa création.

    Raphaël Vahé

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      N° 771 - avril 2011 j  

    Gabriel Guiche Chevalier de la Légion d’honneur
     
    Gabriel Guiche rejoindra la Résistance à l’occupation nazie et la dandestinité à 16 ans et demi. Responsable des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) en Lot-et-Garonne, puis à Toulouse-Ville et dans les Pyrénées-Atlantiques ensuite, il intègre, en août 1944, l’appareil militaire FTP-FF I dans les Hautes-Pyrénées et participe à la libération de Tarbes.

    Ouvrier métallurgiste, membre du PCF, responsable CGT, il est licencié pour activité syndicale et entre comme rédacteur (1953-1956) au quotidien régional Le Patriote de Toulouse et du Sud-Ouest. Puis il s’établit dans la région parisienne et rentre à la RATP, où il poursuivra toute sa carrière professionnelle et deviendra secrétaire général du syndicat CGT du métro de Paris. Mutualiste et membre du Conseil national de l’ARAC, il fut membre de son Bureau national jusqu’en 2009. Il siège toujours au Bureau national de l’UFAC et préside avec dynamisme et efficacité l’Union départementale de l’UFAC de Seine-Saint-Denis.

    Chevalier de la Légion d’honneur, il est titulaire de la Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-45 et de la Croix du combattant volontaire de la Résistance.

    Un rassemblement fraternel a eu lieu à Villepinte, le 12 février, à l’initiative de l’ARAC 93, pour le féliciter et lui témoigner de toute notre affection ainsi qu’à son épouse Léa.

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      N° 771 - avril 2011 k  

    ARAC Paris : Café républicain
     
    15 mars 2011 : café républicain à la Maison des associations du 3e autour du film de René Vautier ®, Avoir 20 ans dans les Aurès. Après l’annonce par Arlette Cieutat, secrétaire générale du comité de Paris, de la reprise régulière du café républicain de l’ARAC Paris, le film s’ouvre par une bataille dans les Aurès, en avril 1961. Le 25, après l’échec du putsch du « quarteron des généraux félons », les soldats libèrent le lieutenant qu’ils avaient neutralisé. Le chef ramène alors ses hommes au camp de base et ordonne l’exécution de l’Algérien. Le pacifiste décide de déserter en libérant le prisonnier. Ils s’enfuient ensemble et rejoignent le village de l’Algérien. Mais ils seront vite retrouvés et abattus…

    Après la projection du film, le débat est animé par André Fillère, ancien combattant en Algérie, vice-président d’honneur de l’ARAC, qui souligne que le film est fondé sur l’expérience du réalisateur et sur de nombreux témoignages recueillis auprès d’anciens appelés en Algérie. Bien que les appelés ne soient pas très contents d’être dans cette guerre, ils obéissaient aux ordres, et certains devenaient même dans ce climat de terreur et de peur, des êtres inhumains envers des populations, dont la pauvreté était choquante et qui subissaient les horreurs de cette guerre sans nom. Il est également souligné que certains des combattants algériens n’étaient pas en reste en matière d’horreurs.

    Cette guerre d’Algérie donnera encore lieu à de nombreux débats, à des analyses objectives, pour peu que témoins et historiens s’engagent sur un travail de mémoire permettant que nos enfants et petits-enfants soient informés le plus justement possible. Cette initiative s’est terminée par une collation prise dans un climat convivial réunissant des adhérents de l’ARAC, de la FNACA et l’UDAC 75.

    Maryse Prévost

  •  Disponible en DVD.
    S’adresser au Réveil des Combattants

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      N° 771 - avril 2011 l  

    Section de Riom (Puy-de-Dôme) : Continuité du même combat pacifiste pour la réhabilitation des "fusillés pour l’exemple"
     

    Grâce à I’ARAC, un monument commémorant la mémoire « des victimes des conseils de guerre de 1914-1918 » a été érigé au cimetière de Riom en 1922 !

    « Il est des stèles au pied desquelles la République a mis du temps avant de consentir enfin à s’incliner… » soulignait, à juste titre, un journal départemental en novembre dernier, pour signaler que le maire de Riom, J.C. Zicola et le sous-préfet, Jean-Yves Lallart, avaient choisi d’aller s’incliner après la commémoration habituelle du 11 Novembre au Carré militaire devant l’obélisque dédié aux fusillés « pour l’exemple » de 1917 et aux victimes de la milice française et de la Gestapo entre 1939 et 1940.

    Déjà en 1953, le président de l’ARAC locale, Julien Fayard, y prononçait une allocution 41 ans après !

    En 2010, Georges Fayard, son fils, a pris la parole à la 11e rencontre pacifiste organisée en commun par l’ARAC, l’Association laïque des amis des monuments pacifistes et républicains du Puy-de-Dôme et la Libre Pensée, au nom de l’ARAC 63… Belle fidélité et un bel exemple de transmission de mémoire, plus que jamais indispensable.

    Félicitations aux camarades de la section de Riom de l’ARAC pour leur précieux travail de mémoire, mais aussi pour leur attachement au devoir de vérité défendu depuis près d’un siècle pour la réhabilitation totale des 65o soldats injustement fusillés.

    Un bon conseil aux lecteurs du Réveil : ne pas manquer le détour avec un recueillement devant cet obélisque au passage ou durant un séjour dans le beau département du Puy-de-Dôme…

    Raphaël Vahé

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      N° 771 - avril 2011 m  

    8 mars : Solidarité franco-cubaine
     
    La secrétaire générale de la Fédération des femmes cubaines, Mayda Alvarez Suarez (ONG représentant plus de 4 millions de femmes), a fait le grand honneur à l’équipe d’animation du siège national de l’ARAC à Villejuif de venir à leur rencontre, à l’occasion de la Fête des femmes du 8 mars.

    Cuba occupe la quatrième place dans le monde pour le nombre de femmes au Parlement, et a été le premier pays à signer la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes.

    Solidarité avec les épouses des 5 cubains injustement condamnés et emprisonnés aux États-Unis, lutte contre le blocus inique américain, et solidarités (à concrétiser) à partir d’initiatives de connaissance mutuelle et d’amitié ont été mises à l’étude pour les deux associations.

    R. V.

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      N° 771 - avril 2011 n  

    Village de l’Amitié : Comité de Villejuif
     
    700 repas offerts aux enfants et adultes du Village de l’Amitié. Grâce à la recette obtenue à la « Soirée vietnamienne », plus de 80 personnes présentes ont pu faire l’acquisition de livres, d’artisanat vietnamien et participer à la tombola, ont été charmées par la musique et les chansons de nos amis vietnamiens et ont apprécié le repas préparé par Than et son équipe qui sont l’âme du Foyer des Étudiants au 80 de la rue Monge à Paris.

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      N° 771 - avril 2011 o  

    VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL : Rassemblement national de l’ARAC Samedi 14 mai 2011 à Tergnier (Aisne) - Parc Sellier (derrière l’hôtel de ville)
     
    PROGRAMME

    9h30

  •  Accueil des participantes et participants. Une délégation se rendra devant la gare de Tergnier pour déposer une gerbe en hommage aux cheminots résistants devant le monument les concernant.

    10h00

  •  Discours d’accueil de Christian Crohem, maire de Tergnier - École primaire Camus (Vouel), classe de CM1 : hommage aux Résistants de Tergnier « Nos rues portent leurs noms »
  •  École primaire Camus (Vouet), classe de CM2 : hommage à Rosa Valon qui sauva les oeuvres d’art des musées de France
  •  Collège Joseph Wresinski (Tergnier), classe de 3e : « Des enfants dans la guerre >>
  •  École primaire Malraux (Tergnier), 2 classes de CM2 : « Les Colombes de la paix nées des malheurs de la guerre et « Le chant des marais
  •  Collège Joliot-Curie (Tergnier), classe de 3e : « Lettre d’hommage posthume aux cheminots résistants » et « Le Chant des partisans
  •  Intervention de Gilbert Garrel, secrétaire général de la Fédération CGT des Cheminots
  •  Lycée Gay-Lussac (Chauny), classe de terminale : « Un lycée indigné face aux arrestations »
  •  École primaire Blériot (Tergnier), classe de CM2 : « Liberté » de Paul Éluard
  •  École primaire Decarpigny (Quessy Centre), classe de CM1-CM2 : « Ils ont dessiné pour la paix »

    12h00

  •  Lecture de la déclaration du Conseil national de l’ARAC - Dépôt de gerbes au monument aux morts de la ville

    A partir de 14h30

    Les participantes et participants au rassemblement sont attendus à :

  •  Fargniers, place Carnégie, pour visiter l’exposition permanente du Musée de la Résistance et de la Déportation. - Fargniers, place Carnégie, salle Camégie, pour visiter l’exposition du Musée nationale de la Résistance et de la Déportation sur le Conseil national de la Résistance.
  •  Fargniers, place Carnégie, mairie Annexe pour visiter l’exposition sur le village de l’Amitié au Vietnam
  •  Tergniers, hôtel de ville, pour visiter l’exposition de dessins d’enfants sur la paix de l’école primaire Decarpigny-de-Quessy Centre.

    Pour les expositions présentées à Fargniers : retenir les heures de visite en groupe au musée au 03 23 57 93 77.

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      N° 771 - avril 2011 p  

    Une initiative de mémoire prometteuse
     
    L’ARAC du Val-de-Marne a répondu présente, le 9 mars dernier, à l’initiative organisée en commun avec la Maison de l’histoire et du patrimoine à Champigny-sur-Marne, concernant la visite de la double exposition, admirablement commentée par Elise Lewarkowsky : « La vie à en mourir, lettres de fusillés » et « La Résistance n’appartient pas au passé ».

    Une exposition très riche dans sa clarté, sa diversité, sa cohérence, voire la densité des textes qui retracent cette période porteuse d’enseignements pour notre mémoire du présent et du futur.

    De telles initiatives de mémoire nous rendent fiers de contribuer, en tant qu’ARAC, en tant que citoyens auprès des futures générations, à agir pour l’honneur de ceux qui ont donné leur vie pour des valeurs républicaines inébranlables, incontournables par le temps : l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme, la paix et le bonheur de tous les humains.

    Jacques Goutorbe

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      N° 771 - avril 2011 q  

    Al’Togo : Morvan et Savoia-Éd Dargaud 10,95 euros
     
    Cinquième et dernier élément de la série signée par Morvan (scénariste) et Savoia (dessinateur).

    La fin de l’histoire de deux jumeaux recueillis par un soldat de l’ONU, après le massacre de leurs parents au Darfour. Albertus M’Natago, dit Al’Togo, fait partie de l’équipe opérationnelle numéro 6 de l’Europolice. Mais, entre les polices européennes et celles des USA, tout ne tourne pas rond. Surtout quand Bruxelles mêle ses diplomates, ses barbouzes et ses truands dans de sombres et fructueuses magouilles. Les petits Africains vont en être les victimes désignées.

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      N° 771 - avril 2011 r  

    Le colonialisme en question : Théorie, connaissance, histoire Frederick Cooper - Éd Payot - 27,50 euros
     
    Frederick Cooper, spécialiste de l’histoire africaine du XXe siècle, est professeur d’histoire à New-York University, professeur-invité à l’université de Paris 7, à l’École normale supérieure et à l’École des hautes études en sciences sociales. Le point de vue américain sur le colonialisme, les empires coloniaux, leurs « vérités » et leurs « imaginaires », les concepts d’identité, de globalisation, de modernité, de domination et d’oppression sont abordés par son livre. Pour lui, colonialisme, histoire et politique sont inséparables, d’où les rôles à retenir de Toussaint Louverture à Haïti, des jeunes Turcs, de Léopold Sédor Senghor et d’Aimé Césaire.

    Une étude de cas traite de la fin de l’Afrique française à partir des interactions entre syndicalisme et politique en France et en Afrique. Un livre ardu, mais intéressant, puissamment charpenté par une vision vigoureuse de l’histoire.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    Les Balkans Héritages et évolutions Paul Garde - Éd. Champs actuel/ Flammarion -8 euros
     
    Paul Garde, professeur émérite à l’université d’Aix-en-Provence, a également enseigné à Yale et Colombia (USA) ainsi qu’à Genève. C’est un spécialiste des Balkans où il nous emmène sur les ruines de ce que fut la Yougoslavie de Tito, vaste pays au socialisme autogestionnaire, devenue aujourd’hui un territoire éclaté couvert de postes frontières et de vieilles haines. Ce fut le prétexte du déclenchement de la guerre de 14/18 (l’attentat de Sarajevo), puis, à la fin du XXe siècle, le théâtre des affrontements nationalistes et des bombardements de l’OTAN sur la Serbie. L’horreur de la guerre et la passion prenant le pas sur la rigueur, comment s’y retrouver aujourd’hui ? Ce petit livre peut être d’une aide efficace en évoquant les vieilles fractures religieuses et culturelles, le poids des oppressions anciennes et récentes, un héritage de la conception de la Nation poussée à ses extrêmes conséquences et l’exploitation permanente des situations conflictuelles locales par les grandes puissances… au gré de leurs propres intérêts.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    Chronique qui pique Joan Dirétan - Éd Le Travailleur du Lot-et-Garonne - TSO 18 rue Jules-Ferry - BP 50222/47006 Agen cedex - 24 euros, expédition comprise
     
    Joan Dirétan, de son vrai nom Edmond Coédelo, a publié 151 articles, de janvier 10o6 à janvier 2010, dans Le Travailleur du Lot-et-Garonne. Ils portent sur la vie en société, les problèmes politiques et idéologiques, les luttes sociales, l’évolution du monde, des mentalités, le tout dans un style sarcastique, persifleur, tantôt démystificateur, tantôt pédagogique. Il faut lire ses Histoires de droit à la presse dans lesquelles il laisse la parole… à d’autres, avant d’y mêler son grain de sel. Exemple : « Depuis 200 ans, la France n’a connu aucune période totalitaire » (Nicolas Sarkozy)… « A part trois rois, deux empereurs et le régime fasciste de Vichy avec Pétain, Laval, Darlan… » commente Joan Dirétan, dont on sent bien qu’il meurt d’envie d’y ajouter… Sarkozy.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    Un pont sur la Méditerranée Georges Gonzalez - Éd. l’Harmattan -20€
     
    Un roman ou une biographie ? L’auteur est né à Alger. Enseignant de 1954 à 1962 en Algérie avec une parenthèse de 26 mois pendant laquelle il vécut la vie traumatisante des jeunes Français appelés et maintenus dans la guerre d’Algérie, enseignant « coopérant » dans le nouvel État algérien pendant deux ans, il a connu toutes les situations des familles de travailleurs Français et Maghrébins dans cette période faite de combats, de déchirements, de traumatismes individuels et collectifs. Retraité, il est aujourd’hui membre de notre ARAC.

    Si son livre est présenté comme une fiction, les personnages qui l’habitent sont trop réels, trop représentatifs de toutes les victimes et de tous les coupables de ce drame atroce pour nos deux peuples pour ne pas retrouver, à chaque page, ces vécus qui nous hantent encore aujourd’hui, que nous soyons Français de la métropole ou rapatriés de « là-bas », Algériens, moudjahidines, harkis ou travailleurs immigrés. Le Pont sur la Méditerranée, c’est ce qui unit tous ces « arrachés » et ces rescapés de la terre d’Algérie, l’amour de la terre natale qui emplit leur mémoire et leur cœur.

    Vraiment, un livre qui incite à la réflexion et qui invite à l’humanisme, la seule voie qui permet de supporter les plaies et les cicatrices et qui invite en même temps aux combats solidaires pour plus de justice et de bonheur.

    Sur la première page du livre, l’auteur a écrit, en guise de dédicace :

    « A l’ARAC.
    En hommage à l’Algérie et à son peuple. En hommage à tous les exilés et sans-papiers du monde.
    Je serai toujours du côté de ceux qui n’ont rien. »
    ( Fédérico Garcia Lorca, assassiné par les franquistes à Niznar, le 19 août 1936)

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Edito de Paul Markides
     

    Dans le courant des années 20, plusieurs pays de l’Europe occidentale ont vu l’extrême droite apparaître sur leurs scènes politiques.

    Devant la crise économique, les baisses des salaires, notamment ceux des fonctionnaires, et des retraites, l’augmentation des impôts, les suspensions des subventions et des crédits pour les agri-culteurs, le chômage, l’extrême droite lance des réponses démagogiques trompeuses pour les populations. En Allemagne, Hitler et le Parti national-socialiste, en Italie, Mussolini et le Parti fasciste arrivent au pouvoir. En France, l’extrême droite, avec Pétain, arrive à la tête de l’État dans l’Hexagone grâce à l’occupation nazie. D’autres pays d’Europe sont engagés dans les mêmes voies. Il est nécessaire pour comprendre la situation de notre pays aujourd’hui de prendre connaissance de ces événements pour nous éclairer dans les combats que nous menons aujourd’hui contre la droite et l’extrême droite.

    Avec Annie Lacroix-Riz, nous découvrons ou redécouvrons le fascisme en France. Ludmila Acone pour l’Italie et le regretté Gilbert Badia pour l’Allemagne nous éclairent sur la montée de l’extrême droite dans ces pays.

    Il n’échappera à personne le fait que ces informations sont aujourd’hui d’une utilité certaine pour le présent.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : De la chasse aux « indésirables à la solution finale : le cas français ANNIE LACROIX-RIZ
     
    En janvier 2010, lors de notre premier cahier de la mémoire sur le fascisme, Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, avait commencé le cheminement du fascisme en France. Avec l’article suivant, elle poursuit cette étude.

    Ce qui vaut pour le fascisme vaut pour l’antisémitisme, dont la France, puissance impérialiste et coloniale, fut comme le Reich allemand un modèle depuis la première grande crise du capitalisme, celle de 1873. La fusion fasciste déjà mentionnée s’accompagna d’une grande violence antisémite, mais l’inspiration et l’allure très germanique de celle-ci dans les années 193o ne sauraient gommer l’apport d’une histoire nationale illustrée par l’affaire Dreyfus et ses suites. Parangon de la droite « modérée », Pierre-Étienne Flandin, chef de l’Alliance démocratique, anglophile spectaculaire de l’après-Première Guerre mondiale, était devenu depuis 1938 un agent hitlérien stricto sensu. Il tonnait régulièrement (ainsi le 6 juin 1939) contre la « juiverie internationale qui, aujourd’hui, non seulement voulait déclencher une guerre punitive contre l’Allemagne et l’Italie, mais dont les organisations s’ef- forçaient d’accuser l’Europe entière de tolérer la persécution des Juifs et de [la] punir par une guerre générale ». Il fut aussi, à l’époque de Munich où il brûla publiquement de passion pour Hitler, et au-delà, un des champions contre la « colonisation de la France par l’étranger et surtout par l’étranger indésirable ». Ce mot d’ordre, au congrès de son parti, l’Alliance démocratique, le 14 novembre 1938, couvrait entre autres les plans assassins contre les frontières nationales et le régime républicain.

    Les complices « républicains », actifs et passifs des conjurés, à commencer par Daladier, participèrent à la chasse à ces « indésirables », via une avalanche de décrets-lois depuis mai 1938. Dans une France où le grand capital avait géré le « dumping social » par l’importation massive de main-d’oeuvre depuis les années 1880, cette curée visait notamment les juifs venus de l’Est dans les années 192o et les juifs allemands réfugiés depuis 1933. Elle constitua un pan de la guerre contre les salaires et les salariés étrangers mais aussi français, autant et plus qu’une simple croisade idéologique « anti-métèque » des seuls éléments excités de la petite et moyenne bourgeoisie fasciste. Les décrets xénophobes furent certes peaufinés, pour leurs aspects politiques, par des chefs de la police « républicaine » qui haïssaient les étrangers autant que les antifascistes français et qu’on retrouverait, soudés à la Gestapo occupante, au premier rang de la répression antijuive et anticommuniste. Mais les vrais inspirateurs de ceux qui frappèrent, avec les droits démocratiques des étrangers, leurs conditions de vie (et celle de tous les salariés, français compris) furent les maîtres de l’économie. Les chefs synarcho-cagoulards 0) de la chambre de commerce de Paris se flattèrent légitimement d’avoir tenu la main des rédacteurs « po-litiques » des décrets-lois.

    C’est sous la République que des éminences d’apparence « modérée », adeptes de l’Action française, préparèrent, outre l’assassinat de la République, la législation antisémite qui serait celle du régime successeur. Le juriste Raphaël Alibert, naguère dirigeant du Redressement français, une des ligues fascistes financées par le magnat de l’électricité (et synarcho-cagoulard) Ernest Mercier, mit au point sous la République les mesures antisémites fin prêtes avant la fondation officielle de Vichy : « Statut des juifs » du 3 octobre 194o compris, qu’il signa comme (premier) ministre de la Justice de Pétain, sans préjudice de ses mesures contre les communistes, les francs-maçons et les fonctionnaires. Des synarcho-cagoulards distingués, dont certains inconnus du public, d’autres plus connus tel Du Moulin de Labarthète, avaient œuvré à ses côtés. Son successeur, sous le cabinet Darlan (février 1941-avril 1942) Joseph-Barthélémy, grand professeur de droit, personnalité de l’Alliance démocratique, un temps délégué de la France à la SDN, salarié du Comité des forges et rédacteur du plus grand journal du tuteur sidérurgique de la France, Le Temps, (ancêtre du Monde), chargé d’y porter, en avril 1938, un coup fatal à la Tchécoslovaquie alliée, compléta le premier « Statut des Juifs » par celui du 2 juin 1941. Il continua, jusqu’en mars 1943, son œuvre antisémite (anticommuniste, antimaçonnique…) sous Laval, naguère « républicain » et parlementaire, dans la phase décisive de la solution finale en France. L’aryanisation, première étape, comme l’a montré Raul Hilberg (2), de la destruction des juifs d’Europe - ceux de France indus - avait eu pour père, non pas Xavier Vallat, Action française et antisémite notoire (qui n’eut même pas à la Libération à fuir en Espagne comme son successeur Darquier de Pellepoix), mais un brillant inspecteur des finances : le synarque Pierre Fournier, gouverneur de la Banque de France qui avait cautionné avec son pair de la Banque d’Angleterre, l’hitlé-rien Montagu Normarr, la livraison au Reich de l’or de la Banque nationale d’Autriche (mars 1938) puis celui de la Banque nationale de Tchécoslovaquie (mars 1939), avant de livrer à Franco - décision purement française de juillet 1939 - celui de la République espagnole, confié depuis la création de celle-ci, en 1931, à la Banque de France. Fournier, remplacé en septembre 194o à la Banque de France par Bréart de Boisanger, qui piaffait de remettre au Reich l’or de la Banque nationale de Belgique (quatrième forfaiture, deuxième directe, menaçante en cas d’avenir non allemand), accepta un poste de consolation qui pesa lourd dans l’histoire française de l’antisémitisme (et de l’anticommunisme) : la présidence, de septembre 194o à août 1944, de la SNCF, dont les chefs synarques, lui indus, réalisèrent jusqu’à la Libération la déportation des juifs de France - et montrèrent grand zèle dans la chasse aux résistants, communistes au premier chef. Fournier présida aussi, de décembre 194o à mars 1941, l’institution aryanisatrice qui devint à cette dernière date, le Commissariat général aux questions juives : les noms de Xavier Vallat et Darquier de Pellepoix sont connus, celui de Fournier ignoré.

    A l’antisémitisme violent des élites françaises qui avait caractérisé l’alliance « continentale » (franco-allemande) fit suite, à l’ère de l’hégémonie américaine, ce qui s’est récemment transformé en emballement philosémite, forcément suspect. Ceux qu’ébranle l’argument de la réflexion sur le passé, voire de la repentance sincère devraient faire de l’histoire, d’autant plus que le racisme envers les peuples naguère sous tutelle coloniale fleurit presque aussi librement dans la crise présente que l’antisémitisme de naguère. L’histoire du racisme, antisémite ou non, ne relève pas plus de l’idéologie exclusive que du fascisme.

    1/ Synarchie : théorie selon laquelle existait un complot réel ou supposé, cherchant à imposer à la France un régime technocratique international à la solde des juifs.

    2 / Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, Gallimard, 1991

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : L’avènement du fascisme en Italie et la mise en place de la dictature (1919-1926) LUDMILA ACONS
     
    L’affirmation du fascisme en Italie se déroule en plusieurs étapes. Depuis la formation du Faisceau de combat par Mussolini en 1919, la montée du fascisme est marquée par la violence de masse et se termine par la crise consécutive à l’assassinat du député socialiste Matteotti. Il ne faut pas oublier que, dès 1914, Mussolini était exclu du Parti socialiste pour avoir voté, contre la majorité du Parti, pour l’entrée de l’Italie en guerre.

    A la sortie de la guerre, les « deux années rouges » marquent une forte combativité ouvrière : « Depuis les mouvements contre la vie chère […] on passe aux grèves ouvrières du Nord qui débouchent sur les tentatives d’occupation des terres en 1919 et des usines pendant l’été 192o. Le pays traverse une crise politique, économique, sociale et culturelle qui marque d’abord la crise puis l’écroulement de l’État libéral. » (1)

    Dans cette période, les fascistes n’ont eu […]cesse de commettre des actes de violence contre les bourses du travail et les paysans en lutte. Après la marche sur Rome du 26 octobre 1922, Mussolini obtient d’être nommé président du Conseil par le roi, non pas à la suite d’élections, mais en jouant alternativement des menaces et de la négociation avec les libéraux au pouvoir. Le roi déclare alors : « Le seul moyen efficace pour éviter des délégitimantgereuses est d’associer lefascisme au gouvernement par des voies légales. »(2)

    « Face au danger d’une révolution bolchévique, qui tend à s’inspirer de l’exemple russe, l’Église catholique, représentée par le Vatican, les industriels rassemblés dans la Confédération générale des industriels, les propriétaires fonciers représentés quant à eux par les organisations syndicales et par les journaux, se placent tous du côté du mouvement fasciste. » (3)

    Dans les années 1922, 1923 et 1924, la situation politique est telle qu’elle ne permet pas à Mussolini et au Parti fasciste de mettre les libéraux de côté et de gérer seuls le pouvoir. Le tournant décisif vers la dictature se met en place après deux années de gouvernement et naît de la nécessité pour Mussolini de dépasser la crise qui a suivi l’enlèvement et l’assassinat de Giacomo Matteotti.

    « Les mesures prisent par le gouvernement de Mussolini dans les années 1925-26 sur les prérogatives du chef du gouvernement (décembre 1925), sur les facultés du pouvoir exécutif d’émettre des normes juridiques (janvier 1926) transforment le régime parlementaire en une dictature qui met Benito Mussolini au centre du système, réduit le parlement à une assemblée dépourvue de pouvoir, et fait naître en quelques années ( de 1923 à 1929) d’autres pouvoirs du nouvel État fasciste comme le Grand Conseil fasciste (1928), le Tribunal spécial (1926) contre les opposants au régime, la police politique secrète, l’OVRA (1927). »(4)

    Dans les deux années qui suivent le tournant du 3 janvier 1925, Mussolini complète la marginalisation de l’opposition en construisant le Syndicat fasciste des entrepreneurs et des travailleurs à la place de la pluralité syndicale, le parti unique remplaçant les partis existants, en décrétant la suppression formelle du système des administrations locales. Dans les provinces, les nouveaux préfets, représentants de l’État fasciste, sont tous puissants.

    Enfin la dictature règle le problème représenté dans la société civile par la présence autonome de l’Église catholique avec la négociation puis la signature des accords du Latran en 1929.

    En quelques années, le fascisme a imposé sa dictature à l’ensemble de la société et est prêt à se lancer dans des aventures guerrières vers l’extérieur.

    Le député socialiste Giacomo Matteotti, secrétaire des socialistes réformistes, a été enlevé puis assassiné après avoir dénoncé au Parlement les fraudes électorales massives commises par les fascistes aux élections de 1924.

    1/ Ibid. 3 / Tranfaglia, Nicola, La prima guerra mondiale ed il fascismo, Torino, Utet, 1995. 4 / Ibid.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Falsification de l’histoire et réhabilitation du fascisme en Italie LUDMILA ACONE
     

    Début avril, un groupe de sénateurs de la majorité de droite en Italie, le PDL, déposait une proposition d’abrogation constitutionnelle de l’article qui « interdit la reconstitution du parti fasciste, sous toutes ses formes » (1).

    Le succès des mesures visant à la réhabilitation du fascisme en, acte en Italie depuis plusieurs années passe nécessairement par une attaque frontale contre la Constitution de 1948, couronnement des principes émanant du Conseil national de la Résistance. Ainsi la ministre de l’Éducation nationale, Maria Stella Gelmini, a repris un cheval de bataille de la Destra du Latium : réécrire les manuels d’histoire jugés inexacts et partisans.

    Il est de bonton de proclamer l’inutilité d’employer, aujourd’hui, des formes analogues à celles de l’ancien parti fasciste pour mettre en oeuvre une politique que l’on pourrait définir sinon comme fas-ciste au sens large, au moins d’extrême droite. La ligue du Nord en est une illustration.

    Il importe cependant d’effacer la mémoire des crimes de guerres commis par l’Italie fasciste afin de permettre une plus grande marge de manoeuvre lors des opérations de soi-disant maintien de la paix, qui ne sont en réalité que des actions de guerres, pourtant interdites par l’article ii de la Constitution. En somme, la Charte fondamentale est encore perçue, par cette majorité, comme un verrou qui empêche la totale remise en cause des droits sociaux qui garantit la séparation des pouvoirs, empêche le pillage des ressources humaines, économiques et naturelles du pays. Une autre proposition, issue du PDL, confirme ce dessein. Elle vise une modification constitutionnelle qui attaque les pouvoirs du président de la République, garant de la Constitution, coupable d’avoir refusé d’apposer sa signature sur plusieurs textes émanant de la majorité, et de la magistrature, seul organe qui résiste encore aux coups de boutoirs de Berlusconi. Cette offensive de la droite s’appuie sur cinquante ans de refus, (de la part de certains organes de l’État et d’une certaine historiographie), de dresser un bilan réel de l’expérience fasciste et, depuis plus de trente ans, d’une tentative de réhabilitation, d’abord mezzo voce, qui connaît actuellement une accélération croissante. Selon l’historien Angelo Del Boca « Dans les dix dernières années, l’usage politique de l’histoire, qui n’a rien à voir avec la recherche historiographique, n’a épargné aucune des grandes questions de notre histoire nationale […]. Il s’agit de la plus vaste et sournoise offensive visant à l’effacement de la mémoire historique et au total refoulement des crimes commis en Italie, en Afrique, dans les Balkans, en Union soviétique[…] une tentative de réécrire l’histoire contemporaine en Italie et en Europe en relativisant les horreurs du nazisme et de la solution finale, en dédouanant le fascisme et sa classe dirigeante, en délégitimant la Résistance et en diabolisant le communisme. »

    Dans le livre La Storia negata (2), Del Boca y est épaulé par les dix meilleurs historiens du fascisme et du colonialisme qui, chacun dans son domaine, dressent un bilan de l’état de cette offensive. Il est question, conclut Del Boca, de s’opposer « au risque d’une falsification totale de l’histoire » (…) « sans prétendre à la vérité absolue » contre « la nébuleuse de contrefaçons qui nous opprime, nous étouffe, nous avilit » (3). Car, en effet, le seul moyen de s’y opposer est encore et avant tout d’essayer de com-prendre comment tout cela a pu se produire. Nicola Tranfaglia, Il ventennio del fascisrno dans La storia negata, Angelo Del Boca, Vicenza, Neri Pozza, 2009.

    1/ Norme transitoire, article XII de la Constitution italienne. 2/ Angelo Del Boca, La Storia negata, Vincen.. za, Neripozza, 2009, en cours de traduction en français aux éditions Delga. 3/ Id, PP. 34-35

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : La montée du nazisme en Allemagne. GILBERT BADIA
     
    Gilbert BADIA, décédé le 4 novembre 2004, était un universitaire apprécié, un historien de renom qui avait acquis des connaissances approfondies sur l’Allemagne et s’est efforcé de les faire connaître au plus grand nombre.

    Deux de ses travaux sont particulièrement démonstratifs de ses connaissances : L’Histoire de l’Allemagne contemporaine 1917-1933 et L’Histoire de l’Allemagne contemporaine 1933-1962. Il nous a paru nécessaire d’extraire de son premier ouvrage 1917-1933 un passage significatif sur la montée du nazisme en Allemagne (p. 273 et suite).

    C’est surtout le parti national-socialiste qui va profiter du mécontentement des classes moyennes et de la paysannerie. Dans les élections locales, les nazis enregistrent des gains considérables. En Saxe, ils ont recueilli 14,4 % des voix. En Thuringe, depuis 193o, c’est un national-socialiste, Frick, qui est ministre de l’Intérieur. Il s’emploie aussitôt à truffer la police et l’administration de ses partisans et laisse sans réponse les représentations du pouvoir central qui conteste la légalité des nominations effectuées. Severing, puis Wirth, finiront par composer avec Frick en reconnaissant le fait accompli.

    Dans le Brunswick, en septembre, les nationaux-socialistes, qui ont 9 élus sur les 40 députés du Landtag, participent également à la coalition gouvernementale avec les partis de droite. Les masses populaires se jettent aux extrêmes : elles se radicalisent. Si les gains du Parti communiste sont moindres que ceux des nazis, il faut en chercher la raison dans l’histoire de la République de Weimar. Depuis 1918, tous les partis, de la social-démocratie à l’extrême droite, ont pratiqué l’anticommunisme. Parfaits démagogues (1), les nationaux-socialistes jouent à la fois de l’antimarxisme, de l’antisémitisme et l’anticapitalisme. La brutalité de leur comportement (suppression physique de l’adversaire politique) fait croire à l’intransigeance de leurs conceptions. Ils sont portés par le grand courant nationaliste qui n’a perdu de sa force qu’en apparence. Enfin, ils bénéficient du soutien avoué ou tacite d’une partie de l’appareil d’État et des fonds d’une fraction de la grande industrie (2).

    Hitler est un excellent orateur, moins soucieux de faire réfléchir que d’entraîner, de fanatiser les foules qui l’écoutent. Il propose des slogans simplistes, inlassablement répétés, et désigne des responsables à la colère des masses : les judéo-marxistes, le système des partis (3), ceux qui ont signé l’armistice et le traité de Versailles ; il fait appel aux « forces saines », veut tirer l’Allemagne de sa léthargie, son slogan préféré est Deutschland erwcache ! (Allemagne réveille-toi !).

    Il propose à ceux qui l’écoutent un avenir de grandeur et de prospérité, du travail pour tous et un Reich millénaire. Il exalte ainsi les idées pangermanistes. Il dénonce, dans le traité de Versailles et le plan Young, la cause essentielle de la crise économique que traverse le pays.

    Aux petits commerçants, il promet la suppression des magasins à prix unique ; aux paysans, la remise de leurs dettes et des prix rémunérateurs ; aux ouvriers, du travail et une rémunération juste ; à tous, le châtiment de leurs exploiteurs. Sa propagande, en cet été 193o, est axée sur la formule « So wie bisher geht es nicht weiter » (ça ne peut plus continuer ainsi), qu’approuvent sans hésiter toutes les victimes de la crise économique. Le programme initial du NSDAP (4) prévoyait la nationalisation des trusts (point 13), la réforme agraire sans indemnisation (point 17), la participation des ouvriers aux bénéfices (point 14). Mais dès 1927, Feder, l’auteur de ce programme, rend hommage aux Krupp, Thyssen, etc., « grands créateurs de l’industrie allemande ».

    Le programme est remanié. La propriété privée devient respectable et sera protégée. Seules sont désormais promises à la nationalisation « les entreprises anonymes et sans personnalité ». Quant à l’ex-propriation sans indemnité, elle ne s’appliquera « qu’aux biens fonciers acquis de manière illégitime… donc en premier lieu aux sociétés juives de spéculation foncière ». (5) Le 14 avril 193o, la fraction par-lementaire nationale-socialiste dépose un projet de loi prévoyant « la nationalisation des banques. » (6)

    Non seulement ce projet ne sera pas discuté, mais Hitler lui-même donnera au groupe parlementaire l’ordre de le retirer. Il ne sera jamais plus question de nationaliser quelqu’entreprise que ce soit. M. Vermeil a raison d’écrire : « leur prétendu socialisme [des nationaux-socialistes) n’a été qu’un trompe-l’oeil destiné à mettre le travail allemand au service du patronat (7)

    C’est de cette époque que date aussi la distinction, reprise sans pudeur par Hugenberg, entre le « capitalisme national » honorable et le « capitalisme international » d’où seraient venus tous les maux de l’Allemagne.

    1/ A aucun moment par exemple on n’a envisagé, sous la République de Weimar, de faire appel aux communistes pour former une majorité. Les partis bourgeois et la social-démocratie les excluent par avance du jeu parlementaire. En pratique, les voix communistes « ne comptent pas ».

    2/ Une résolution du Bureau politique du KPD du 4 juin 193o note parmi les raisons de la poussée fasciste : l’agitation démagogique contre « l’asservissement du peuple allemand par le capital étranger » (plan Young), la crise économique et le pseudo-anticapitalisme des hitlériens, le soutien du capital financier qui se sert des bandes nazies pour imposer à la classe ouvrière des diminutions de salaire, la politique du cabinet Brüning dont font partie plusieurs membres du Casque d’acier, allié des nationaux-socialistes, le début de la mainmise des hitlériens sur l’appareil d’État (dans les Länder notamment), la politique de compromission avec la bourgeoisie pratiquée par la social-démocratie qui exaspère de larges masses, l’essor du mouvement révolutionnaire qui provoque le rassemblement de toutes les forces contre-révolutionnaires.

    Zur Geschichte, o.c. pp. 274-275

    3 / L’expression même, « le système » pour désigner le régime des partis, semble bien avoir été forgée par Hitler.
    4 / NSDAP : Parti national-socialiste.
    5 / Ce même Feder déclarera au Parlement le 4 décembre 5930 : « Vous n’avez aucune raison de nous supposer des tendances socialistes. » ll reconnait « l’importance sociale du banquier ». Et à la même époque l’organe central des nazis, le Vôlkischher Beobachter « reconnalt les droits légitimes du capital à être garantis et à recevoir un intérêt approprié ».
    6 / « Toute la fortune des princes dela banque d de la bourse, tous les bénéfices de guerre, de la période d’inflation ou de déflation, seront confisqués sans indemnité au profit du peuple allemand », déclarait le projet de loi.
    7 / E. Vermeil L’Allemagne contemporaine, t.11 p.194.

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      N° 771 - avril 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aspects de la montée du fascisme en Europe : Un texte significatif de Paul Vaillant-Couturier
     
    L’assaut fasciste de février 1934 a été repoussé. Le Front populaire est en formation : il ne peut laisser de côté ceux qui se sont laissés tromper par les ligues factieuses.

    Volontaire national, où vas-tu ?

    Nous ne doutons pas qu’il y ait, parmi les Volontaires nationaux, des jeunes gens convaincus, angoissés, animés du désir que ça change et qui veulent faire quelque chose, tout de suite. Ceux-là, qui ne sont pas tous liés à la classe dirigeante, qui sont souvent des employés, des fils de petits commerçants, des travailleurs longtemps abusés par un bourrage de crâne éhonté, ne vont-ils pas achever d’ouvrir les yeux ?

    On leur a beaucoup menti sur nous. C’est entendu. Mais on leur avait aussi menti sur le rôle que leur chefvoulait leur faire jouer. Qu’ils aillent jusqu’au bout, maintenant, dans leur recherche de la vérité.

    Nous n’avons à l’égard des travailleurs, des employés, des techniciens égarés parmi les Croix-de-Feu et Volontaires nationaux aucune animosité. Ils ont cru aller vers quelque chose de propre. Ils découvrent soudain la marchandise malpropre que cachait le pavillon du colonel . Ils ont cru aller vers quelque chose de neuf Ils ont été vers les plus vieilles formes d’oppression de droit divin. Ils ont cru aller vers quelque chose de dégagé de toute emprise politicienne. Ils ont dégringolé dans le château de cartes des formules les plus éculées et les plus impuissantes.

    Entre eux qui veulent honorer dans sa pureté l’idée d’une patrie qu’ils croient à eux et nous qui aimons notre pays et qui voulons conquérir notre patrie pour ceux qui travaillent et pour eux seuls, entre eux qui veulent la réconciliation française et nous qui la faisons dans le Front populaire pour la dense de la liberté, il n’y a qu’un malentendu entretenu par le capital à son profit exclusif.

    12 juillet 1935

    « Colonel » : la plus puissante ligue mêlée aux émeutes de février 1934 était dirigée par le colonel Casimir de La Rocque.

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