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Le Réveil des Combattants N° 772 - mai 2011.
Publié le mardi 14 juin 2011

Sommaire :  

  •  Pleure Géronimo !
  •  Rassemblement national Tergnier : un moment de mémoire émouvant en prise avec l’actualité.
  •  Rassemblement national Tergnier : INTERVENTION de Christian Crohem Maire de Tergnier
  •  Hommage à Annette : La situation à Chauny sous l’occupation
  •  MÉMOIRE : Annette et Maurice, son petit frère, fréquentaient le lycée Gay-Lussac, à Chauny.
  •  Appel solennel du rassemblement
  •  ARAC et Mutuelle de l’ARAC : Sur les chemins de nos objectifs
  •  OPEX, vers un mémorial ?
  •  OPEX Commémorative Haïti
  •  Rente viagère
  •  Compensation du handicap et perte d’autonomie : Pour un débat national
  •  Relèvement des salaires alloués aux enfants et orphelins atteints d’une maladie incurable ressortissants du code PMI
  •  Alger 21 avril 1961 : l’échec du putsh des généraux
  •  Mémorial de Fréjus : Dépôt de gerbes
  •  Val-de-Marne (94) Cérémonie de dévolution à Créteil
  •  Crouy : Inauguration de la stèle Henri Barbusse
  •  8e course de la paix Henri Barbusse
  •  Anduze : Une allée et une plaque Henri-Barbusse
  •  Galadio Didier Daeninckx- Roman Gallimard -15,5o €
  •  Fusillés - Jean-Yves Le Naour Ed Larousse - 20 €
  •  Charles N’Tchoréré face aux nazis - Louis Bigmann, ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise - Ed Duboiris -15 €
  •  Une histoire américaine - Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Junior, Joey Bishop, Peter Lawford - Georges Apache Ed. Choisel Diffusion - CED/BeIles Lettres - 20 €
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Edito – par Paul Markidès
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Il y a 140 ans : Le pouvoir au peuple CLAUDINE REY
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Nathalie Le Mel, Communarde de l’ombre
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Jaroslaw Dombrowski Général de la Commune CLAUDINE REY
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Eugène Varlin - Syndicaliste et Communard - YVES LENOIR
  •  LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Louise Michel – l’Indomptable - ANNETTE HUET

     

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      N° 772 - mai 2011 a  

    Pleure Géronimo !
     

    Le nom de code « Géronimo » utilisé lors de l’opération des for¬ces spéciales américaines « Navy Seals » qui s’est soldée par l’as¬sassinat du terroriste Ben Laden a suscité la colère des Indiens d’Amérique.

    Selon l’agence de presse internationale Reuter, reprise par de nombreux mé¬dias, le commando US, infiltré en terri¬toire pakistanais, a confirmé la réussite du raid meurtrier, en envoyant un mes¬sage intitulé « Géronimo E-KIA », pour Enemy killed in action.

    La commission sénatoriale chargée des affaires indiennes a été saisie pour débattre de cet amalgame et de l’émoi suscité par le lien établi entre le nom du grand chef Apache, « l’un des plus grands héros indiens américains » et « l’ennemi le plus détesté des États-Unis », a indiqué Loretta Tuell, conseillère juridique de la commission. « Assimiler Géronimo ou quelque autre personnalité indienne américaine à Oussama Ben Laden, mas¬sacreur et lâche terroriste, est douloureux et blessant pour les Indiens d’Amérique » a, de son côté, écrit Jeff Houser, président de la tribu apache de Fort Still, dans une lettre au chef suprême des armées US, Barack Obama.

    Vieux démons ou inconsciente volonté de réécrire l’histoire ? Dans tous les cas, honte à ceux qui se sont permis cette odieuse comparai¬son. Certains stratèges du Pentagone n’ont décidément rien à envier aux ré¬visionnistes, négationnistes de tout poil. Ceux-là même qui nient les chambres à gaz et la Shoa, le génocide arménien, l’esclavage du peuple africain, l’extermi¬nation des Indiens d’Amazonie au nom de la Sainte Église catholique, ou encore le goulag…

    En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine, un Indien Chiraca¬hua, Go khla Yeh, conduit des raids de représailles en territoire mexicain. Un an après, le 30 septembre, jour de la Saint-Jérôme, il sème la terreur dans un village mexicain. Les cris des habitants invoquant saint Jérôme (Géronimo ! Gé¬ronimo ! ) pour leur défense, l’inspirent : Géronimo est né.

    Des années de combat contre l’envahisseur yankee commencent. Les Indiens sont pourchassés, trompés, déportés, parqués dans des réserves, massacrés. La faim, la misère, l’alcool et les mala¬dies « importées » par l’homme blanc les déciment. Des siècles de culture sont niés, anéantis. Pour certains historiens, le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité. Contre tout cela il luttera inlassablement.

    Géronimo était un authentique résis¬tant à l’oppression, à la barbarie, à la colonisation. Un Jean Moulin, un Rol Tanguy, un colonel Fabien. Un com¬battant du peuple. Rien à voir avec le fils d’une dynastie de milliardaires saoudiens, religieux illuminé payé un temps par la CIA, allié des Talibans… un oppresseur.

    Quelques jours avant sa mort, après des années de captivité, le vieux combattant écrivit : « Quand le dernier arbre aura été abattu ; Quand la dernière rivière aura été empoisonnée ; Quand le dernier poisson aura été péché ; Alors on saura que l’argent ne se mange pas ».

    Un peu de respect Monsieur le prix No¬bel de la Paix ! Des excuses ne seraient pas de trop.

    Jean-Pierre Delahaye

    À lire absolument : Pleure Géronimo de Forest Carter, édition Gallimard, collection Folio.

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      N° 772 - mai 2011 b  

    Rassemblement national Tergnier : un moment de mémoire émouvant en prise avec l’actualité.
     

    Le rassemblement national de l’ARAC, tenu à Tergnier (Aisne) dans le parc Sel¬lier, a remporté un vif succès grâce à la participation et aux interventions de sept classes primaires (CM’ et CM2), de deux classes de troisième (collège pu¬blic Joliot-Curie et collège confessionnel Père Joseph-Wresinski) et d’une classe de terminale du lycée Gay-Lussac. Ces jeunes scolaires étaient venus dès le début du rassemblement, ce qui leur a permis de suivre les interventions de leurs camarades des autres établisse-ments. Nous avons aussi remarqué la présence discrète de parents attentifs derrière les chaises réservées aux jeu¬nes.

    C’est à Paul Markidès, vice-président national en charge de la Mémoire et de la Citoyenneté, que revint d’abord le soin d’ouvrir le rassemblement et de saluer les personnalités présentes, de remercier le maire, la municipalité et le personnel communal pour leur aide, et les chefs d’établissements scolaires, les enseignants et les élèves pour leur par¬ticipation concrète au rassemblement, ainsi qu’Antoine Crestani, le comité départemental de l’ARAC et le musée de la Résistance et de la Déportation de Fargniers.

    C’est la classe de CMi de l’école Albert-Camus de Vouel qui donne le départ en présentant au public tous les résistants de Tergnier, dont ils expliquaient le par¬cours, à partir des plaques de rues de la ville : « Nos rues portent leurs noms ! », ont-ils damé. La lasse de CM2 de la même école fit découvrir au public l’action de Rose Walland qui sauva les œuvres ar¬tistiques des musées de France.

    Vinrent ensuite les élèves de troisiè¬me du collège confessionnel Joseph¬ Wresinski qui évoquèrent le combat fraternel des résistants en présentant le poème de Louis Aragon La rose et le réséda, « ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas… ». Ils furent suivis des élèves de CM1 et de CM2de l’école Henri-Decarpigny de Quessy Cen¬tre qui présentèrent les dessins qu’ils avaient réalisés pour dire à leur manière comment ils voyaient la paix.

    Les élèves des deux classes de CM2 de l’école André-Malraux de Tergnier, in¬terprétant le Chant des marais firent dé¬couvrir les « colombes de la paix nées des malheurs de la guerre… », durant l’inter-prétation du dernier couplet. Liberté, de Paul Eluard, vint ensuite prolonger cette allégorie grâce aux élèves de la classe de CM2 de l’école primaire Louis-Blériot.

    L’émotion grandit alors dans l’assistan¬ce, lors de l’intervention des élèves du ly¬cée Gay-Lussac de Chauny qui évoquè¬rent les 75 000 déportés en Allemagne, convoi par convoi, les élèves déportés de leur lycée et la lettre de l’une d’elles qui n’est pas revenue (extrait joint).

    La parole fut ensuite donnée à Didier Le Reste, secrétaire général de la Fédé¬ration CGT des cheminots de 2000 à 2010, qui rendit hommage aux chemi¬nots résistants. Dans la foulée de cette intervention, les élèves de troisième du collège public Joliot-Curie présentèrent une lettre d’hommage posthume aux cheminots résistants et interprétèrent en conclusion Le chant des partisans que l’assistance salua debout.

    Le rassemblement proprement dit se termina par la lecture de l’appel du ras¬semblement faite par Raphaël Vahé, président national de l’ARAC. Quel¬ques minutes plus tard, la clôture de la cérémonie fut complétée, dès l’arrivée du sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de l’Aisne, par des dépôts de gerbe et le chant de La Marseillaise.

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      N° 772 - mai 2011 c  

    Rassemblement national Tergnier : INTERVENTION de Christian Crohem Maire de Tergnier
     

    C’est un honneur et un plaisir pour la commune de Tergnier d’accueillir le rassemblement national annuel de l’Association Républicaine des Anciens Combat¬tants et victimes de guerre (ARAC) sur son territoire, comme ce fut déjà le cas il y a quelques années.

    Notre ville partage les valeurs que véhi¬cule l’ARAC, à savoir les valeurs répu¬blicaines et de défense du triptyque « li¬berté, égalité, fraternité ». L’ARAC, c’est également un combat quotidien pour que soient connus et reconnus ceux qui se sont battus hier, pour qu’aujourd’hui nous puissions nous réjouir de vivre dans une démocratie. C’est aussi un combat pour le droit à réparation qui est une impérieuse nécessité de recon¬naissance de la Nation pour ceux qui se sont battus, mais aussi pour ceux qui se battent encore aujourd’hui dans des pays étrangers, pour défendre les va¬leurs démocratiques.

    Vous êtes ici à Tergnier sur une terre qui sait ce que représente la lutte armée. Durement touchée par les deux grandes guerres, Tergnier fut particulièrement active dans les actes de Résistance et, notamment, de résistance cheminoteCM1et héritage est toujours visible par la vigueur de la vie patriotique ternoise, mais aussi par la présence dans notre commune du musée départemental de la Résistance et de la Déportation.

    Pour nous, le devoir de mémoire est une absolue nécessité. Devoir de mémoire, devoir de savoir ce qui s’est passé il n’y a finalement pas si longtemps, devoir de transmission aux générations futures. Comment apprendre du passé si nous ne transmettons pas ? Des rassemble¬ments comme celui d’aujourd’hui, dans lequel des enfants, des adolescents ont été impliqués bien en amont, participent pleinement à ce devoir de mémoire et je ne peux que m’en féliciter. Comment construire son avenir si on ne connaît pas son passé ?

    Mesdames et Messieurs les représen¬tants de l’ARAC, au-delà de la défense des droits des anciens combattants, votre action se situe également dans la défense de ce qu’ont construit nos aînés à la sortie de la Seconde Guerre mon¬diale. Je veux parler, vous l’aurez com¬pris, de ce qu’a mis en place le Conseil national de la ’Résistance, toutes ces mesures qui aujourd’hui encore sont ancrées au cœur de notre pacte social. Et, aujourd’hui tout particulièrement, je tiens à réaffirmer devant vous que ces combats sont malheureusement d’actualité. Rien n’est jamais acquis définitivement. Les attaques contre ce qu’a mis en place ce Conseil national de la Résistance sont incessantes. Parallè¬lement, la fraternité n’est pas toujours d’actualité et certains, pour servir leurs propres intérêts, préfèrent opposer des communautés les unes aux autres. La montée de l’extrémisme, des extrémis¬mes en France en atteste. N’oublions pas la fameuse phrase de Berthold Brecht : « Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde ».

    Jeunes filles et jeunes gens, n’oubliez jamais que, si aujourd’hui vous vivez dans une démocratie, c’est parce que vos aînés ont su, le moment venu, faire le choix de défendre, au sacrifice de leur vie parfois, les valeurs de notre Répu¬blique.

    En conclusion, je tiens à réaffirmer que votre action, notre action, participent pleinement à cet impérieux devoir de mémoire. Ce que nous avons appris du passé guide notre vision de l’ave¬nir, pour un monde que nous voulons meilleur, un monde de paix, un monde où notre devise « liberté, égalité, frater¬nité » soit une réalité pour chacun.

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      N° 772 - mai 2011 d  

    Hommage à Annette : La situation à Chauny sous l’occupation
     

    La ville de Chauny, durant la guerre, se situe en zone occupée à la frontière de la ligne de démarcation de la zone interdite. Dès 194o, le régime de Vichy avait proposé à l’occupant une politique de collaboration qui prend de multiples formes. A propos de la citoyenneté, la discrimination antisémite est officielle¬ment instaurée. En octobre 194o, « c’est le statut des juifs ». Cela les exclut de beaucoup d’activités et de lieux publics. En juillet 1941, ces lois limitent l’accès à l’éducation et à beaucoup de profes¬sions. Et ces lois permettent de les dé¬pouiller de leurs biens. En mai 194a en zone d’occupation, obligation pour les juifs, à partir de 6 ans, de porter l’étoile jaune, cousue bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine. Leur carte d’identité porte la mention « juif ». Lors de la conférence de Wansee signée le 20 janvier 1942, les Allemands dé¬cident de la solution finale qui prévoit l’élimination de ri millions d’individus. Le gouvernement de Vichy apporte son aide en organisant des rafles et des dé-portations vers Auschwitz. Le premier convoi part de Compiègne en mars 1942 avec 1120 déportés.

    Puis des convois partent régulièrement de Compiègne, Beaune-la-Rolande, Pi¬thiviers et Drancy. Au total 66 convois et 75853 déportés.

    Annette Grumblatt est une élève du ly¬cée de Chauny, elle est d’origine juive. Dès 1942, elle pressent le danger qui pèse sur elle et sa famille et en fait part à sa meilleure amie dans une lettre, dont voici des extraits : « Mady, Tu m’as demandé de te laisser quelque chose en souvenir de moi. Et immédiate¬ment je t’ai répondu : mon cahier de poésie. C’est que je l’aime beaucoup, tu peux me croire. C’est tout un passé qui est là, un passé qui n’est plus. Maintenant, quand il m’arrive de relire quelques passages qui m’ont passionnément plus, je m’étonne. Ils n’ont plus pour moi la même saveur. Tu sais comme j’ai changé, et toi seule le sait. C’est la guerre qui a fait cela. J’ai tant vu de choses et j’en verrais encore !

    Mon premier coup, c’est Louise qui me l’a porté. Tu te souviens, Mady, comme j’étais désemparée ? Je ne croyais plus en rien. Évidemment elle n’était pas mon amie, mais je l’aimais beaucoup. Et, par-dessus tout, j’avais confiance en elle. Je n’aurais jamais pu imaginer un si lâche abandon au moment où j’avais le plus besoin de sou¬tien moral. Et à toi Mady je puis dire que ceci m’a fait plus mal que notre cessation de commerce. Je te parais peut-être une fille dégénérée. Je le suis peut-être. Par mo¬ments, je me demande si je ne deviens pas folle, à moins que je ne le sois déjà.

    Plus tard, ça a été le port des insignes, je l’ai porté. Fièrement, car tu sais comme je suis devenue orgueilleuse de ma race. J’en suis presque effrayée. Pourquoi je ne le porte plus maintenant ? C’est ce que tu me demandes souvent et que d’autres aussi me demandent.

    A toi, je puis bien le dire, c’est parce que je suis dégoutée des mensonges. On nous a menti, il paraît, pendant la République, mais maintenant on nous bourrela caisse, tellement que ça en dépasse la mesure.

    Depuis bientôt deux ans, nous n’avons pas touché un seul centime. « Port des in¬signes obligatoire sous peine de camp etc. » Ce qui n’a pas empêché que quinze jours plus tard, les juifs étrangers soient ramassés. Et pourtant ils le portaient. Tu en as un bon exemple dans la femme du tailleur de Roubaix. Alors Mady, pourquoi porter l’insigne puisque ça ne m’évitera pas mon sort ?

    Puis on a ramassé la femme du tailleur de Roubaix. J’ai vu des scènes déchirantes et j’ai vu des gens sincères et émus. J’en ai vu d’autres indifférents et cyniques. J’en ai même vu profiter de son malheur. Je ne puis rien dire pour le moment, ça m’étouffe !

    Je tiens encore à te dire Mady que je t’aime beaucoup, que j’ai confiance en toi. Je crains que nous ne soyons séparées dans un jour proche. Mais quand je serais dans le camp ou autre, je ne me souviendrais que des heureux moments que nous avons pas¬sés ensemble et je serais très heureuse, car je possède un bonheur rare qui compense grandement mes malheurs temporaires et c’est ton amitié. »

    Annette,
    Ce dimanche 11 octobre 1942

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      N° 772 - mai 2011 e  

    MÉMOIRE : Annette et Maurice, son petit frère, fréquentaient le lycée Gay-Lussac, à Chauny.
     

    Le 4 janvier 1944 lors de la rafle, An¬nette, 19 ans, Maurice 13 ans sont arrê¬tés par la police française. Leurs parents Max et Pauline sont arrêtés à leur domi¬cile, rue Carreaux à Fargniers.

    Toute la famille est transférée et écrouée à la prison de Saint-Quentin. Puis ils partent pour Drancy le 19 janvier 1944. Delà, ils sont déportés vers Auschwitz le 3 février 1944 par le convoi N° 67. Ce convoi emporte 1214 déportés dont :

  •  184 enfants de moins de 18 ans, ainsi que 14 octogénaires, 662 hommes, 552 femmes, le grand rabbin de Stras¬bourg, René Hirscher, qui n’avait ces¬sé de donner un exemple de dignité et de courage a été déporté par ce convoi, son épouse était avec lui,
  •  166 hommes furent sélectionnés à l’arrivée, le 6 février, et reçurent les matricules 173 228à 173 393, ainsi que 49 femmes : matricules 75 125 à 75173,
  •  985 personnes furent immédiatement gazées parmi lesquelles les Grum¬blatt.

    En 1945 il y avait 26 survivants dont 12 femmes. Tous ensemble : Nous ne les oublierons jamais !

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      N° 772 - mai 2011 f  

    Appel solennel du rassemblement
     
    Chaque année le Rassemblement national se tient en lien avec la célébration du 8 mai 1945, commémorant la libération du joug nazi grâce à la victoire commune des armées alliées, États-Unis, Union Soviétique, Grande-Bretagne, France et des Résistances intérieures et extérieures. Ce Rassemblement est également lié à la commémoration du 27 mai 1943 ; date de la première réunion du Conseil national de la Résistance, sous la présidente de Jean Moulin.

    Aujourd’hui, ici à Tergnier, nous nous employons à mettre en valeur les jeunes et les cheminots dans la Résistance.

    Au début du siècle dernier, le fascisme a sévi en Europe, Italie, Allemagne, Es¬pagne et en France, l’ARAC a été, dès 1930, parmi ses combattants antifascistes, honneur de la France.

    Hélas, aujourd’hui le fascisme a de nouveau envahi plusieurs pays d’Europe, il obscurcit aujourd’hui la vie des peuples, il prend appui sur la misère, les difficul¬tés, les inégalités et nous avons le devoir de rappeler à toutes les générations les jours sombres des années 1930 et l’horreur de l’occupation vécue par nos aînés.

    L’Histoire nous enseigne en effet qu’abandonner les principes de la démocratie républicaine, c’est remettre le destin du peuple de France entre les mains de ceux qui rêvent d’exclusion, d’atteintes aux libertés, de règne de la force, de haine et de violence aveugle. C’est risquer de jeter le pays dans les serres d’une dictature qui ne peut exister que par la négation de la liberté, le refus de l’égalité et le rejet passionnel de la fraternité humaine.

    Puissions-nous, ensemble, nous Indigner, résister comme nos aînés et contri¬buer à redonner à notre pays l’espérance d’une paix sociale et de progrès dont bénéficiera le plus grand nombre.

    Le programme du Conseil national de la Résistance, adopté en mars 1944, est plus que jamais d’actualité pour contrer la casse généralisée des services publics, de remploi, des retraites, etc. Il est temps ensemble de relever la tête, de passer du temps des soumis au temps des insoumis.

    Le courage aujourd’hui, c’est de répondre aux besoins urgents du plus grand nombre.

    Le courage aujourd’hui, c’est de refuser la guerre et de dire avec Barbusse Guerre à la guerre », de construire des rapports nouveaux avec les peuples. Le courage aujourd’hui, c’est de s’attaquer aux privilèges.

    Le courage aujourd’hui, c’est d’avoir des principes et de les défendre.

    Le courage aujourd’hui, c’est de vouloir vaincre et vivre à l’instar de Fabien. L’humanité a besoin d’engagements forts, clairs, respectés, pour défendre l’école publique, la santé, la Sécurité sociale, les valeurs républicaines.

    Plus que jamais, nous avons besoin que se construise ensemble un large rassem¬blement capable de donner un nouveau souffle aux acquis démocratiques et sociaux. Engageons-nous sans attendre pour la victoire des valeurs universelles de notre République.

    Tergnier, le 14 mai 2011
    Lu par le président de l’ARAC, Raphaël Vahé

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      N° 772 - mai 2011 g  

    ARAC et Mutuelle de l’ARAC : Sur les chemins de nos objectifs
     

    Après les décisions prises à l’unanimité lors du Conseil national et du Bureau national de l’ARAC, un nombre signi¬ficatif de directions départementales de l’association se sont engagées dans l’action en faveur de la Mutuelle de l’ARAC, de sa pérennité, du respect du droit à réparation au service des anciens combattants et victimes de guerre. Des objectifs de réunions d’informations et d’actions, notamment auprès de l’en¬semble de nos adhérents et des OPEX ont été arrêtés avec la participation de dirigeants de la Mutuelle.

    Un exemple que je viens de vivre en fait la démonstration éclatante. A l’in¬vitation du comité départemental de la Gironde, leur congrès du 21 avril fut excellent, tant au plan de l’organisa¬tion et du déroulement que des heures consacrées aux mobilisations, discus¬sions et objectifs présentés par Jacque¬line Braconnier, membre de l’ARAC et responsable départementale de la Mutuelle de l’ARAC. Les congressistes ont ainsi décidé de s’adresser en premier lieu à chaque adhérent(e) ancien combattant de l’ARAC non mutualiste, bien qu’ayant droit à la rente mutualiste ancien combattant, à la mutuelle santé, aux garanties frais d’obsèques.

    Chaque membre de l’ARAC présent a ainsi décidé d’être un défenseur de la Mutuelle, un collecteur ou une collectri¬ce d’adhésions sachant qu’une perma¬nence ARAC 33 (juridique et sociale) se tient tous les lundis de 14h à 16 h pour y aider. De même, il a été prévu d’or¬ganiser la présence de la Mutuelle de l’ARAC dans toutes les actions (stand, brochure d’accueil, documentation, bulletin d’adhésion 2011 de la Mutuelle et de l’ARAC).

    L’objectif pour 2011 est d’effectuer de 2 à 5 adhésions à la Mutuelle, d’autant qu’une a déjà été confirmée au congrès et que d’autres sont en cours. Un pre¬mier résultat et un encouragement au dévouement collectif, de la section lo¬cale au niveau national (n’hésitez pas à contacter la Mutuelle de l’ARAC au oi 42 ii u oo) au service de nos valeurs républicaines et de nos objectifs les plus marquants : la solidarité, la paix et le bonheur de tous les humains.

    Jacques Goutorbe
    Vice-président de la Mutuelle de l’ARAC - Membre du Bureau national de l’ARAC

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      N° 772 - mai 2011 h  

    OPEX, vers un mémorial ?
     

    Désormais organisme de tutelle de l’ONAC, la Direction pour la mémoire, le patrimoine et les archives (DMPA), dépendant du ministère de la Défense, souhaite développer en 2011 une politi¬que spécifique de la mémoire pour les OPEX. Leurs opérations devront être appréhendées différemment des autres conflits contemporains, car issues d’une nouvelle forme d’action militaire. Pour la DMPA, les OPEX, génération spécifique, différent des autres AC par l’âge, le nombre, la mobilité professionnelle et géographique, leurs pré¬occupations immédiates. Certes, mais n’était-ce pas déjà le cas des anciens combattants en Afrique du Nord, plus jeunes que les AC 39-45, Corée et In¬dochine, répartis dans toute la France et dont les préoccupations immédiates tenaient aussi à leur réinsertion pro¬fessionnelle ? A la différence près que l’Algérie, guerre sans nom, devait être cachée, tue, dissimulée… et que la mé¬moire des p’tits gars n’était pas la bien¬venue, tant par les officiels d’hier que d’aujourd’hui.

    Une prochaine mise en ligne sur le site Mémoire des hommes, rappellera les noms des soldats morts en OPEX, et le ministère de la Défense et des Anciens Combattants entend s’assurer que cha¬que militaire « mort pour la France » en opération figure bien sur le monument aux morts de sa commune de naissance et de résidence. Voeu pieux et partagé… même si nous estimons que le retour en France des dizaines de milliers de militaires français engagés dans 34 territoires d’opérations extérieures correspondrait à l’intérêt national de notre pays et permettrait un moindre foisonnement des plaques mémoriales tellement douloureuses aux familles endeuillées.

    Par ailleurs, une commission ad hoc s’est réunie le 14 avril dernier avec, pour mission, l’érection à Paris — ou ailleurs ? — d’un monument commé¬morant les OPEX.

    Pourquoi pas ? Si cette opération mémorielle ne vient pas isoler les OP EX de la mémoire nationale, ne leur fa¬brique pas une mémoire spécifique, à part de celle de leurs anciens, permet¬tant demain ou après-demain - sait-on jamais ? - de faire tomber en désuétude les cérémonies de la Déportation, du 8 Mai 1945, du ri Novembre et - bien sûr ! - du 19 Mars 1962, et leurs valeurs républicaines.

    Alors, une mémoire OPEX, pourquoi pas ? A condition que, partie consti¬tuante de la mémoire de tous les ACVG, elle soit en capacité demain, après nous, d’assumer la mémoire nationale et les valeurs de la République à part entière.

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      N° 772 - mai 2011 i  

    OPEX Commémorative Haïti
     

    L’arrêté du 25 mars 2011 a porté créa¬tion d’une médaille commémorative française avec agrafe « Haïti ». Sont concernés tous les personnels ayant pris part à l’opération « Séisme Haïti », qui s’est déroulée du 12 janvier au 3o septembre 2010, pendant une durée minimale de 15 jours sur l’ensemble du territoire, des espaces aériens et mari¬times de la République d’Haïti et de la République dominicaine.

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      N° 772 - mai 2011 j  

    Rente viagère
     

    Revalorisation de la rente viagère allouée aux orphelins de parents vic¬times de la barbarie nazie ou de persécutions antisémites.

    Deux arrêtés, en date du 25 mars 2011, en modifient le montant mensuel al¬loué au titre des dispositions :

  •  du décret n° 2000-657 du 13 juillet 200o, instituant une mesure de répa¬ration pour les orphelins dont les pa¬rents ont été victimes de persécutions antisémites,
  •  du décret n° 2004-751 du 27 juillet 2004, instituant une aide financière en reconnaissance de souffrances endu¬rées par les orphelins dont les parents ont été victimes d’actes de barbarie du¬rant la seconde guerre mondiale.

    Le montant de la rente viagère (identi¬que dans les deux cas) est porté à 492,51 euros par mois, à compter du 1er janvier 2011.

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      N° 772 - mai 2011 k  

    Compensation du handicap et perte d’autonomie : Pour un débat national
     

    Selon le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy, la prise en charge de la dépendance (handicap et perte d’autonomie) devrait être déclarée « 5e risque » de la protection sociale. Qu’en est-il vraiment ?

    Le gouvernement vise ainsi à inscrire certaines mesures dans la prochaine loi de finances et le financement de la Sécurité sociale pour 2012.

    Rejeter la notion de 5e risque

    Ne soyons pas dupes. La notion de 5e ris¬que n’est pas innocente car, aujourd’hui, le « risque dépendance » est déjà pris en charge par l’Assurance maladie. De fait, le gouvernement essaie de fermer le dé¬bat en jouant sur les mots ; car la notion de « risque » appelle celle « d’assurance », et nombre « d’assureurs » rêvent qu’une nouvelle branche spécifique leur soit ouverte, parallèlement à la Sécurité so¬ciale et à côté de la maladie, des accidents du travail, des maladies professionnelles, de la famille et de la vieillesse.

    Il faut donc rejeter cette notion de 5e ris¬que qui oriente vers l’assurance person¬nelle dans le secteur privé. Et au contrai¬re, rester dans le cadre de la Sécurité sociale et sa branche maladie avec une spécificité, par exemple, « d’aide maté¬rielle et humaine à prendre en charge de la naissance à la mort ». Dans la foulée, arrêtons de parler de « dépendance », notion très floue permettant toutes les manœuvres gouvernementales et ne concernant pas seulement les person¬nes âgées. Mieux vaut s’accorder sur la formule « perte d’autonomie » qui unit toutes les populations concernées, sans conditions d’âge, y compris les person¬nes handicapées.

    Que veut le gouvernement ?

    Aujourd’hui, la perte d’autonomie tou¬che plus d’un million de personnes en situation de dépendance. D’ici 2015, la France comptera deux millions de per¬sonnes de plus de 85 ans (1,3 million aujourd’hui) et, d’ici 2040, la progres¬sion prévue est de l’ordre de r % à 1,5 par an. La notion de 5e risque sarkozyenne vise à faire souscrire à chacune d’elles une assurance complémentaire auprès des compagnies d’assureurs privés. Au lieu de renforcer le caractère universel et solidaire de notre protection sociale pour faire face aux conséquences de cette évolution du vieillissement en terme financier et social, ce 5e risque or¬ganise en fait la réduction de la dépense publique en transférant la charge sur les usagers et en donnant la part belle aux assurances privées.

    Par des mesures relatives aux établisse¬ments d’hébergement des personnes âgées, à la Caisse nationale de la solida¬rité pour l’autonomie (CNSA), au pilo¬tage national de la dépendance et des politiques médico-sociales, le gouver¬nement veut encadrer les dépenses des établissements et réduire la contribution publique. Il est d’ailleurs déjà proposé, dans cette voie, de supprimer le béné¬fice de l’APA (Allocation aux personnes âgées) pour les personnes classées en GIR4 ce qui en exclurait la moitié des 6o o 000 bénéficiaires actuels.

    Par ailleurs, sachant qu’actuellement la Sécurité sociale est le financeur princi¬pal (85 %) de la prise en charge de la dé¬pendance, comment ne pas s’inquiéter du glissement prévu de la gouvernance de la politique nationale vers… la CNSA (Caisse nationale de la solidarité pour l’autonomie) ? Ainsi, d’un financement public et solidaire, on pourrait glisser vers des financements privés et du mar¬ché de l’assurance prévoyance.

    Débattre nationalement et agir

    Pour l’ARAC, la démarche gouverne¬mentale est dangereuse, inacceptable, et se situe à l’opposé des mesures de solidarité nationale mise en place par le programme du Conseil national de la Résistance à la Libération en 1945.

    Il importe donc que

    1/ Soit mise en place une réelle poli¬tique sociale face à la perte d’auto¬nomie, laquelle pourrait prendre la forme d’un grand service public. Ce qui nécessite, à l’inverse de la RGPP (Révision générale des politiques publiques), une large concertation, l’évaluation des besoins, et des pro¬positions financières solidaires à la hauteur des besoins.

    2/ Un rejet catégorique de l’interven¬tion des banques, assurances, cais¬ses de rente et de prévoyance dans la gouvernance et le financement du système, afin du maintien du prin¬cipe de solidarité et de gestion de la Sécurité sociale.

    3/ Un refus d’une 5e branche à côté des caisses actuelles, ce qui serait un nouveau coup porté à la Sécurité sociale et une attaque de plus à ses principes fondamentaux : la solida¬rité et l’universalité.

    4/ L’exigence d’un financement pas¬sant par des cotisations sociales (sa¬lariés / employeurs) prélevées sur la création de richesses par les entre¬prises et donc un refus catégorique de la fiscalisation. Plus que jamais, donc, la perte d’auto¬nomie et sa prise en charge, gérée et intégrée dans le cadre de la Sécurité sociale, est à l’ordre du jour d’un débat national que nous devons imposer pour contrer la politique de casse antisociale sarkozyste.

    1/ GIR : Groupes iso-ressources, au nombre de six selon le degré de dépendance et d’autonomie.

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      N° 772 - mai 2011 l  

    Relèvement des salaires alloués aux enfants et orphelins atteints d’une maladie incurable ressortissants du code PMI
     

    En fonction des articles L.19 et L.20, L.54 et L.57 du code des pensions mi¬litaires d’invalidité et des victimes de guerre, le décret n’ 2011-464 a fixé, à compter du janvier 2011, le salaire alloué aux enfants et orphelins atteint d’une maladie incurable (ressortis¬sants du code PMI) à 862 euros par mois, soit 10 344 euros par an.

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      N° 772 - mai 2011 m  

    Alger 21 avril 1961 : l’échec du putsh des généraux
     

    Prise de parole de Claude Ozenne, membre du BN et animateur de la section du Havre et environs (extraits).

    Le 8 janvier 1961, le peuple français approuve par référendum le principe de l’autodétermination de l’Algérie (75,25% de oui en Métropole et 69,09% en Algérie, où les musulmans ont voté aux côtés des colons). Deux mois plus tard, le 3o mars 1961, le gouvernement annonce officiellement l’ouverture de pourparlers avec les représentants du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne).

    Dans une conférence de presse, le 11 avril 1961, le général de Gaulle, Prési¬dent de la République, parle désormais de l’Algérie comme d’un : « État souve¬rain ».

    Sous les ordres des généraux à la re¬traite : Salan, Challe, Jouhaud et Zeller, dans la nuit du 20 au 21 avril 1961, des hommes du 1er REP pénètrent dans Alger et s’emparent par la force de plu¬sieurs points stratégiques. Ils seront vite rejoints par les 14e et 18e RCP, le 20e GAP, les commandos de l’air. (…)

    Le message est bien reçu par les mili¬taires du contingent lesquels, à certains endroits, vont aller jusqu’à enfermer leurs officiers et même s’opposer en ar¬mes aux mutins. Le mercredi 26 avril, l’échec du putsch est constaté, le com¬mandant Denoix de Saint-Marc et le général Chatte se rendent aux autorités légales. Le 6 mai suivant, le général Zel¬ler se constitue prisonnier à Alger. Les généraux Salan et Jouhaud entrent dans la clandestinité, le premier à Alger et le deuxième à Oran où, pendant plusieurs mois, ils vont couvrir les exactions com¬mises en leur nom par les tueurs de l’OAS, créée deux mois auparavant. Il est bon de rappeler la menace encou¬rue pour la démocratie dans notre pays à cette occasion. Surtout quand on sait le programme des putschistes : déchéance de la Ve République, constitution d’un gouvernement de salut public avec les responsables des mouvements nationa¬listes français et leurs correspondants dans l’armée, le Parlement qui ne peut prétendre à une quelconque représentativité, sinon celle de la lâcheté, sera dis¬sous. Tous les partis sont dissous … ainsi que les associations progressistes… Le document livré par L’Express, le 15 juin 1961, permet d’apprécier le civisme et le courage exemplaire de tous ces sol¬dats anonymes dispersés çà et là dans les djebels et réunis dans un même idéal : leur fidélité à la République évitant à notre pays de sombrer dans le chaos. Aussi, rendons hommage aux appelés du contingent, aux officiers et sous-of¬ficiers républicains qui ont refusé de suivre les généraux félons.

    Fidèles à leur mémoire, aujourd’hui, nous nous opposons de manière résolue à la réhabilitation de tous ceux qui, par la violence et le crime, ont tenté d’empê¬cher le retour à la paix et la fin du colonia¬lisme, ont attenté aux jours du Président de la République, et tentent encore de re¬surgir. Et nous condamnons l’existence des stèles et monuments élevés en leur honneur, y compris la pose de la plaque apposée au Mémorial du quai Branly. Enfin, nous appelons les élus de la Na¬tion et la population à exprimer, dans l’union la plus large, leur volonté de paix et de solidarité entre tous les peuples du monde.

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      N° 772 - mai 2011 n  

    Mémorial de Fréjus : Dépôt de gerbes
     

    L’Association nationale des anciens combattants, victimes de la guerre d’Indochine (ACVGI) serait honorée de votre présence lors du dépôt de gerbes au mémorial de Fréjus, le 20 juillet à ioh3o, en hommage à nos camarades disparus lors de ces guerres.

    Le 20 juillet est la date de la signature des accords de Genève, mettant fin à la guerre Franco-Vietnamienne.

    Le soir du 20 juillet — rendez-vous à l’Arc de Triomphe vers 17h3o où en hommage à nos camarades nous ravi¬verons la Flamme. Bien évidemment si vous vous faites accompagner de vos drapeaux, nous vous en remercions par avance.

    Pour le Bureau de l’ACVGI Michel Bassot

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      N° 772 - mai 2011 o  

    Val-de-Marne (94) Cérémonie de dévolution à Créteil
     

    Cérémonie de dévolution à la ville de Créteil, du mémorial du Val-de-Marne Afrique du Nord 1952-19 62, le 22 octo¬bre 2010. En présence du député-maire de Créteil, Laurent C10h30a, du colonel Dodane, du directeur de l’ONAC 94, Gérard Lamoine, et de Jacques Gou¬torbe, président de l’ARAC 94.

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      N° 772 - mai 2011 p  

    Crouy : Inauguration de la stèle Henri Barbusse
     

    Samedi 7 mai 2011, 11 porte-drapeaux de l’ARAC du département de l’Aisne, auxquels s’est joint le Comité d’entente des anciens combattants de Soissons, soit 24 drapeaux qui ont participé à l’inauguration de la stèle Henri Bar¬busse à Crouy, localité picarde où notre fondateur Henri Barbusse s’est trouvé sur le front de la guerre 1914-1918.

    Jacques Dessalangre, député de l’Aisne, entouré de Paul Markidès qui avait auparavant rendu hommage à Henri Barbusse, et d’Antoine Crestani, tous deux membres du Bureau national de notre association, a dévoilé la stèle.

    Daniel Moitié, maire de Crouy et Roger Devaux, membres de l’ARAC, ainsi que des élus de Soissons dont le maire de cette ville, Crouy, Clamecy, Bray ont participé à cette cérémonie.

    Nos remerciements les plus sincères vont aux donateurs de la stèle.

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      N° 772 - mai 2011 q  

    8e course de la paix Henri Barbusse
     

    Le dimanche 8 mai 2011 s’est déroulé le 8e grand prix pédestre de la paix Henri Barbusse organisé par la section de Crouy, le comité départemental de l’ARAC de l’Aisne et la municipalité de Crouy.

    Antoine Crestani a remis la coupe de l’ARAC nationale à Mister Fuller B, un ancien combattant anglais, qui a termi¬né la course en tenue de combat, ran¬gers et sac à dos de Io kg en hommage à son grand-père tué pendant la guerre de 14/18 et enterré à Crouy.

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      N° 772 - mai 2011 r  

    Anduze : Une allée et une plaque Henri-Barbusse
     

    Anduze, dans le département du Gard, appelée « la porte des Cévennes » est une petite commune qui fut lieu d’habitation de la famille Barbusse… Un hameau Barbusse existe d’ailleurs toujours dans la commune voisine de Tornac. La municipalité ayant décidé (enfin !) d’honorer l’enfant du pays, l’inauguration a eu lieu le 8 mai.

    Notre ami Frédéric Caby, conservateur de la Maison Barbusse à Aumont, a représen¬té l’association des Amis d’Henri Barbusse et a retracé le parcours et l’œuvre de notre fondateur de l’ARAC.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    Galadio Didier Daeninckx- Roman Gallimard -15,5o €
     

    Janvier 1922. Ulrich Ruden naît à Druis¬bourg (grand port fluvial au confluent du Rhin et de la Ruhr) de Irmgard (ouvrière aux aciéries Thyssen) et de Amadou Diallo, soldat « français » d’oc¬cupation du 25e Régiment de tirailleurs sénégalais, natif de Sinéré, Soudan fran¬çais. Ulrich, que sa mère élève seule, et pour cause, est un adolescent comme les autres, un Allemand, sinon que sa peau est… noire. Ils sont une petite centaine, cette géné¬ration de métis née des brefs amours entre jeunes Allemandes et soldats noirs, qualifiés par les nazis de « hon¬te noire » pour l’Allemagne. Didier Daeninckx soulève ici le voile sur une réalité ignorée. Marginale, peut-être… Mais recouvrant l’itinéraire tragique de ces oubliés par l’historiographie du 3e Reich, et pourtant dénoncés par Hitler comme symbole de l’avilissement délibéré du sang aryen par les occupants dégénérés.

    D’abord témoin des violences contre les juifs, Ulrich sera pourchassé à son tour, arrêté et envoyé à Cologne comme sujet d’études pour un institut « scienti¬fique ». Comment Ulrich finira-t-il par s’engager dans les FFL à Dakar, avant de revenir à Druisbourg dans sa jeep militaire, ça… vous le saurez en décou-vrant le livre.

    Mais, par-delà l’odyssée d’Ulrich et la dénonciation vigoureuse du nazisme, Didier Daeninckx rappelle avec force, à travers la destinée d’Amadou, le sort des tirailleurs africains en France. Hors des sentiers battus, le parcours du fils revenu sur les pas du père et confronté à l’assassinat de sa mère (déportée à Da¬chau pour avoir donné la vie à un « bâ¬tard ») nous contraint à une réflexion dérangeante d’un apport singulier.

    1940-1945 Noirs, Blancs, Beurs, libérateurs de la France Charles Onana - Préface de Richard Bohringer - Ed Duboiris 25 €

    Ce document explique en images ce qu’a été l’armée du général de Gaulle, de l’Appel du 18 juin 194o à la Libéra¬tion, le 8 mai 1945. Au fil des pages, on découvre comment les Noirs, les Blancs et les Beurs ont lutté ensemble pour sauver la France de l’occupation et de l’humiliation nazie. Noirs, Blancs, Beurs, de quoi horrifier le Pen et les ra¬cistes de tout poil…

    Et il a bien raison, Richard Bohringer qui écrit : « Il faut que toutes les mères françaises, que tous les pères français, que tous les enfants français sachent ce que le tirailleur sénégalais, malien, ivoirien, ca-merounais, marocain, algérien, tunisien, malgache a fait pour notre liberté ( ). C’était la liberté et la démocratie que ces hommes défendaient. C’était la lutte contre le racisme qu’ils menaient (…). Pour un tirailleur mort, peut-être que cent petits-en¬fants blancs sont restés en vie. Alors, soyons capables, pour l’Afrique, de la même chose. A ce moment-là, je pense que la paix aura gagné, l’égalité et la fraternité auront ga¬gné. Car seul l’actefait la différence. » A l’opposé du discours identitaire et des charters de MM. Sarkozy, Hortefeux et Besson, Richard Bohringer nous invite à la mémoire, à une mémoire de luttes pour une France retrouvée, humaniste, dans un monde meilleur. Merci à M. Bohringer.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    Fusillés - Jean-Yves Le Naour Ed Larousse - 20 €
     

    Cette enquête sur les crimes de la justice militaire est un monument à la mémoire de cinquante victimes d’une machine militaire inhumaine durant la guerre de 1914-1918.

    Les fusillés pour l’exemple, 60o en¬viron exécutés sur les 2 30o soldats français condamnés à mort. Condam¬nés pourquoi ? François-Marie Lau¬rent qui ne connaît que le breton et ne comprend pas les ordres donnés en français, Jean Jacglé parce qu’il porte le même nom qu’un espion allemand, fu¬sillés les soldats de Verdun accusés par un médecin militaire de mutilations volontaires… Fusillés pour galvaniser l’énergie des troupes, avec pour résul¬tat, la plupart du temps, l’écœurement et l’indignation des « poilus » face à des condamnations arbitraires. Des survivants qui ont témoigné, après la guerre, pour lever la honte des familles et réhabiliter ces hommes morts pour rien. Pesanteurs administratives et pro¬messes (Jospin alors Premier Ministre, puis Sarkozy, Président de la Républi¬que), rien de décisif n’a encore bougé. C’est pourquoi l’ARAC, avec la Ligue des droits de l’homme et la Libre pen¬sée agissent pour la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple. Alors seulement, la mémoire de la « Grande Guerre » pourra être fédératrice et fai¬re communier avec l’Histoire.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    Charles N’Tchoréré face aux nazis - Louis Bigmann, ancien président de l’Assemblée nationale gabonaise - Ed Duboiris -15 €
     

    Le capitaine Charles N’Tchoréré était l’un des rares officiers français d’origine africaine appelé à diriger des troupes mixtes. Il était à la tête de la 7e Com¬pagnie du 53e Régiment d’infanterie co¬loniale mixte sénégalais (RICMS). En 1940, les armées nazies déferlent sur le Nord de la France et rencontrent une violente et farouche résistance devant le village d’Airains, dans la Somme. Elles finiront par le prendre d’assaut, le 17 juin, et, au mépris de toute humanité, un officier nazi assassinera le capitaine N’Tchoréré d’une balle dans la nuque. Le fils du capitaine était lui aussi mort au combat. Différentes stèles rappellent le souvenir des 120o morts du 53e RIC MS qui ont lutté les 5, 6 et 7 juin 1940 sur les points d’appui de la Somme. A Airains même, un monument rend hommage à la mémoire du capitaine N’Tchoréré. Contre tout racisme et toute mesure d’exclusion, de charters vers l’Afrique ou l’Europe centrale, rappelons-nous ce que nous disent ces repères de la mémoire : « Passants, ils sont tombés fraternellement unis pour que tu testes français ».

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      N° 772 - mai 2011 s  

    Une histoire américaine - Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Junior, Joey Bishop, Peter Lawford - Georges Apache Ed. Choisel Diffusion - CED/BeIles Lettres - 20 €
     

    « Le Rat Pack » - la bande des rats — ou l’histoire d’un groupe de bringueurs et dragueurs invétérés, fumeurs de Ches¬terfield et inconditionnels du Jack Da¬niel’ s. Des bringueurs aux multiples conquêtes. Marlène Dietrich, Marilyn Monroe, Ava Gardner, Kim Novak, Mia Farrow et bien d’autres ! - qui vont pour¬tant s’engager sur le terrain politique en faisant campagne pour John F. Ken¬nedy, lors de l’élection présidentielle de 196o. Sur fond de société conservatrice gangrenée par le racisme, où le show bisness, la politique et la mafia sem¬blaient faire bon ménage. Une société qui débouchera pourtant sur l’assassi-nat de Dallas et le tragique bourbier de la guerre au Vietnam.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Edito – par Paul Markidès
     

    La Commune de Paris, dont nous célé¬brons cette année le 140e anniversaire, est un élément fondamental de notre histoire nationale. Suites logiques des valeurs de la Révolution de 1789, les valeurs communardes constituèrent une avancée du combat démocratique de notre peuple, riche d’enseignements dans la réflexion qu’exige la lutte que nous menons aujourd’hui pour la dé¬fense des valeurs républicaines.

    La Commune de Paris est la seule pério¬de où ces valeurs ont été défendues et appliquées. Ces valeurs véritablement modernes que sont la laïcité, la sépara¬tion stricte de l’Église et de l’État, la pa¬rité hommes-femmes-jeunes, les entre¬prises autogérées etc. Ces pratiques ont constitué alors une source jaillissante d’initiatives démocratiques.

    L’ARAC se devait donc de mettre en évidence ce grand événement histori¬que en sollicitant pour ce faire les mi¬litants du mouvement démocratique d’aujourd’hui les plus informés à son propos, les animatrices et animateurs de l’association Les Amis de la Com¬, mune de Paris-1871. Voilà qui est fait.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Il y a 140 ans : Le pouvoir au peuple CLAUDINE REY
     

    Claudine Rey est présidente des Amis de la Com¬mune de Paris

    La Commune de Paris 1871 restera dans notre histoire com¬me une tentative d’installer le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple. Un pouvoir qui dura 72 jours du 18 mars au 28 mai 1871.

    Paris, en ce petit matin du 18 mars, est vigilant. Thiers vient de signer l’armistice avec Bismarck. Il paie une lourde rançon, cède l’Alsace et la Lorraine et ouvre les portes de Paris aux Prussiens. Les Pari¬siens sont décidés à ne pas lais¬ser faire ! Ce n’est pas pour rien qu’ils ont acheté, par souscription populaire, canons et armement. Ils veulent défendre Paris. Thiers a peur du peuple en armes. Le 18 mars au matin, il lance une offensive pour reprendre aux Pa¬risiens leurs canons stockés dans plusieurs lieux de la capitale. Le bataillon du général Lecomte entreprend de confisquer ceux de Montmartre. Mais le peuple, dont un grand nombre de fem¬mes levées de bon matin, s’éton¬ne du mouvement de troupe. Les femmes protestent, s’opposent. La troupe hésite. Le général Le¬comte s’énerve : « Feu ! » crie-t-il par trois fois. Mais le sergent Verdaguer lève la crosse en l’air. Ses compagnons l’imitent. C’est le premier jour de l’insurrection. Le général Lecomte, ainsi que le général Thomas, reconnu par les Parisiens comme l’homme de la répression de 1848, seront fusillés par la troupe. La Garde nationale parisienne prend le pouvoir.

    Thiers s’enfuit à Versailles et de¬mande à tous les fonctionnaires de le suivre en emportant les cais¬ses. Il espère ainsi désorganiser Paris.

    Depuis de longs mois, le peuple a soif de démocratie. C’est une volonté déjà réclamée sous le rè¬gne de Napoléon III. La première disposition prise par la Garde na¬tionale - l’organisation d’élections le 26 mars - donne à la Commune un pouvoir légal : le 28, la Com¬mune est proclamée sur la place de l’Hôtel de Ville, dans l’allégres¬se générale.

    L’œuvre moderne de la Commune

    Paris commence alors un autre combat pour une justice sociale, pour la République universelle. Le peuple parisien, qui a pris pour habitude de se réunir dans les clubs, s’en sert de tribune.

    Nombreuses sont les réunions où la population réclame des droits. Les femmes exigent l’égalité. On débat de tout. Les gens proposent, critiquent, sont exigeants car ils croient en ce nouveau gouverne-ment.

    Le pouvoir de la Commune s’organise. Les élus sont révocables s’ils ne tiennent pas leurs engagements. Dix commissions sont nommées, comme celle du travail, dirigée par le Hongrois Frankel. La Commune impose une démo¬cratie concrète en permettant aux associations de prendre en charge l’organisation des revendications. Ainsi, l’Union des femmes pour la défense de Paris qui exige du tra¬vail est chargée de recenser les ate¬liers abandonnés par les patrons qui se sont réfugiés à Versailles. « Elles veulent », disent- elles, « du travail pour en garder le profit. Plus d’exploiteurs, plus de maîtres ! » La Fédération des artistes ouvre les musées fermés pendant le siège, organise des concerts pour aider les veuves des Fédérés et les or¬phelins, car la bataille fait rage. Les Versaillais veulent reprendre Paris.

    Cependant, chaque jour, le Journal officiel de la Commune publie des décrets qui répondent aux soucis de la population : 34 ans avant la loi de 1905, un décret proclame la séparation de l’Église et de l’État et l’installation d’un enseigne¬ment laïc et gratuit pour tous. La Commune remplace dans les hôpitaux les cléricaux par des laï¬ques ; désengagement du Mont de piété des objets indispensables à la vie quotidienne ; versement aux veuves de Fédérés mariées ou non et à leurs enfants d’une pension. C’est en fait la reconnaissance de l’union libre ! Réquisition des lo¬gements vacants pour les victimes des bombardements ; interdiction des amendes sur salaires. A la poste, Theiz, ouvrier ciseleur nommé responsable, fait participer les travailleurs à la gestion de l’entre¬prise. En protestation à la peine de mort, la guillotine est brûlée aux pieds de la statue de Voltaire dans le XIe arrondissement. Le 21 mai, premier jour de la semaine sanglante, le journal Le cri du peu¬ple de Vallès annonce l’égalité de salaire pour les instituteurs et les institutrices. Les mesures sont tel qu’on ne peut, ici, les énoncer toutes !

    La semaine sanglante

    Le 21 mai, les Versaillais entrent dans Paris. Dombrowski, général polonais de la Commune, tente de rassembler les troupes, il se bat avec acharnement, mais sera mortellement blessé le 23 mai. Les rues de Paris se couvrent de cadavres. Les Versaillais avancent, massacrant tout sur leur passage. Des femmes et des enfants sont fusillés. Les cadavres jonchent les rues. Les risques d’épidémies, la lassitude même des troupes ver¬saillaises conduisent Thiers, à ces¬ser les fusillades. Il met en place des simulacres de tribunaux qui jugent dans l’urgence, expédiant à la mort ou à la prison, sans aucun droit à la défense, des milliers de prisonniers.

    Le peuple parisien fait face. Par¬tout les barricades se construisent (il y en aura plus de 900). Celle de la place Blanche conduite par Nathalie Le Mel, responsable de l’Union des femmes, tiendra plus de deux heures. Paris sous les bombardements versaillais et sous l’ultime défense des com¬munards s’enflamme ! Dans la cour de la caserne de la rue Lobau (IVe) les détenus sont exécutés à la mitrailleuse. Le sang coule sous les portes jusque dans la rue. Les lieux de massacres sont nom¬breux. Les eaux du lac des Buttes Chaumont sont rouges de sang ! Ceux qui ne sont pas massacrés seront emprisonnés à Versailles. En longue file, les malheureux traversent Paris. Enfermés dans des conditions innommables, ils sont, pour beaucoup d’entre eux, condamnés à la déportation ou au bagne en Nouvelle-Calédonie. Une semaine qui justifie malheu¬reusement son appellation de se¬maine sanglante.

    1880 : L’amnistie

    Après une longue bataille parle¬mentaire menée par Victor Hugo, l’amnistie est promulguée en 188c). Neuf longues années pour tenter de faire oublier la Com¬mune ! Mais rien n’y fit. Ils re¬viennent la Commune au cœur et créent une association d’anciens combattants de la Commune. Ils veulent la reconnaissance par le pays du combat mené par leurs compagnons morts pour la Répu¬blique sociale et universelle. Ils obtiennent enfin, en 1908, la pose d’une plaque au Père Lachaise, au Mur des Fédérés. Déjà, depuis novembre 1871, l’emplacement est fleuri chaque année. Même les nazis, durant la dernière guerre, ne purent empêcher le fleuris¬sement de la plaque. Un groupe de résistants du XXe, dont Raoul Dubois, ancien président de notre association, lance un bouquet de fleurs par-dessus le mur. Un geste hautement symbolique pour le¬quel ils risquaient leur vie !

    Pour la justice : réhabilitation des communards Aujourd’hui, Les amis de la Commune de Paris 187i, héri-tiers de l’association créée par les communards en 1882, se sont fixés pour objectif d’obtenir la réhabilitation de la Commune et des communard(e)s. Il n’est que temps, 14o ans après, que justice leur soit rendu !

    Nous obtiendrons la pose de pla¬ques dans les mairies de Paris où les communards siégèrent, la reconnaissance matérielle sur des lieux de mémoire comme la plaque qui sera apposée dans quelques semaines rue Lobau, l’attribution de noms de commu¬nards à des rues de la capitale et aussi une place plus importante dans les programmes scolaires pour lever la chape de plomb qui pèse sur l’histoire de la Commune de Paris.

    Réhabiliter les communard(e)s, c’est aussi rester fidèles à leurs engagements, à leurs idéaux.

    Aujourd’hui, nous lançons une pétition demandant leur réhabili¬tation. Elle a recueilli, en quelques semaines, plus d’un millier de signatures ! Pour faire vivre leur souvenir, aidez-nous à la faire si¬gner autour de vous ! Ainsi, nous pourrons dire avec Eugène Pot¬tier : « Non Nicolas, la Commune n’est pas morte ».

    LES AMIS DE LA COMMUNE DE PARIS 1871
    46 rue des cinq diamants
    75013 Paris
    Tél. 01 45 81 60 54
    www.commune1871.org

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Nathalie Le Mel, Communarde de l’ombre - MARIE-CLAUDE LAURORE
     

    Marie-Claude Laurore est membre de la commission littérature des Amis de la Commune de Paris

    26 août 1846, Perrin Nathalie Duval naît à Brest. Très tôt elle prend conscience des difficultés des gens auprès d’un père cor¬royeur (1), d’une mère qui tient un débit de boisson. Elle se marie à 19 ans avec le relieur Jérôme-Adolphe Le Mel qui a sept ans de plus qu’elle.

    1849 : avec son mari et son pre¬mier bébé, elle quitte Brest pour Quimper où elle prend la gérance d’une librairie. Cette féministe qui se mêle de politique est vue d’un mauvais œil.

    Dix ans avant la Commune, les Le Mel quittent Quimper pour Paris. Nathalie trouve du travail dans des ateliers de reliure. Elle y lit à voix haute, selon les rapports de police, « les mauvais journaux ». Elle rencontre Eugène Varlin qui dirige les grèves du secteur de la reliure. Elle est élue aux comités de grèves et milite pour la parité des salaires hommes-femmes. Elle est élue à la commission administrative de la Société civile d’épargne et de crédit des ouvriers relieurs. Elle adhère à l’Internatio¬nale des travailleurs, qui avait été créée en 1864 à Londres.

    1868 : elle dirige « La Marmite » restaurant communautaire dont elle signe les statuts. La discorde s’installe chez les Le Mel : les femmes ne doivent pas faire de politique. Le mari s’adonne à l’al¬cool, elle se réfugie à « La Mar¬mite » avec ses enfants.

    Elle participe à des débats dans de nombreux clubs populaires. Nathalie est proche des idées de Varlin, Fränkel, et d’Elisabeth Dmitrieff (correspondante de Marx à Londres).

    Pendant la Commune, elle or¬ganise avec Elisabeth Dmitrieff, le ri avril 1871, la première orga¬nisation de masse des femmes rassemblant un grand nombre d’ouvrières : l’Union des fem¬mes pour la défense de Paris. Elle va jusqu’au bout de son engage¬ment. Fin mai, elle participe aux combats sur les barricades. Lis¬sagaray, journaliste au temps de la Commune, dans son ouvrage Histoire de la Commune de Paris écrit : « … à la tête d’un bataillon d’une cinquantaine de femmes, elle a conduit la barricade de la place Pigalle… »

    Après la semaine sanglante, elle doit se cacher. Elle est arrêtée le 21 juin 187i. Condamnée à la déportation, elle embarque pour la Nouvelle-Calédonie le 28 août 1872. Les conditions y sont difficiles. Les déportés montent leurs cabanes, travaillent la terre pour compléter une alimentation in¬suffisante. En 1875, transfert dans la baie de l’Ouest. Sa santé se fra¬gilise, elle marche avec difficulté, ainsi que l’écrit Louise Michel dont elle partage la cabane et avec qui elle prend le parti des1860-61 révoltés contre le colonialisme français. 20 juin 1879 : à 53 ans, l’amnis¬tie la ramène en France. Malgré les difficultés, elle se consacre à la renaissance du syndicalisme. Elle reste fidèle à ses idées révo¬lutionnaires. Usée, elle ne peut plus assurer son travail de nuit à L’Intransigeant, le journal de Ro¬chefort. Celui-ci par solidarité lui verse une pension qu’elle refuse le jour où Rochefort glisse dans le « boulangisme ». En 1815, vivant dans la misère, elle entre à l’hospice d’Ivry où elle meurt le 8 mai 1921. Henry Baüer, capitaine d’état-major sous la Commune, écrit : « Une femme d’une intelligence remarquable, l’es¬prit clair et sagace… »

    1/ Corroyeur : ouvrier travaillant à la préparation des cuirs en croûte

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Jaroslaw Dombrowski Général de la Commune CLAUDINE REY
     

    Né en 1836, Jaroslaw Dombrows¬ki arrive en France en 1865. C’est un jeune homme blond aux yeux bleus, mince, de petite taille. Il a la mise impeccable du militaire de carrière. Il a gagné ses galons d’officier dans l’armée russe. En 1863, il organise la révolte en Pologne et est condamné à mort pour menées révolutionnaires ; il réussit à s’échapper. Réfugié en France, il fréquente Delescluze, Vermorel, Varlin et, tout de suite, se met au service de la Commune. Ce qui manque à la Commune, ce sont des cadres militaires. Dom¬browski se voit confier cet impor¬tant secteur de la défense de Pa¬ris. Il fait face aux Versaillais sur le secteur de Neuilly. Il devient le commandant de t100es les forces de la rive droite. Par son courage, il galvanise ses troupes. Il sait le danger de laisser aux Versaillais le mont Valérien, mais Cluseret, commandant en chefdes armées, lui refuse les renforts nécessai res à l’attaque. Pourtant ce talon d’Achille coûtera fort cher aux Fédérés !

    Versailles tente de l’acheter par l’intermédiaire d’espions. Dom¬browski propose de faire semblant d’accepter pour tendre un piège à l’ennemi, mais, là encore, il n’est pas suivi. Le piège aurait-il fonc-tionné ? En tout cas le manque de confiance des communards fut une grande douleur pour lui. Il jouissait pourtant auprès de ses soldats d’une grande estime. Courageux, téméraire, toujours en première ligne, ils avaient fini par le croire invincible. Lorsque les Versaillais entrent dans Paris, Dombrowski réclame à nouveau des renforts. Il tire le bilan de la situation et constate amèrement que « près de 3o 000 Versaillais sont déjà dans la ville et il n’y a que 9 000 hommes pour les affronter ». Il s’oppose à la proposition de Delescluze d’appeler les Fédérés à quitter l’armée pour défendre leur quartier. Un ordre malheu¬reusement aussitôt accepté par les soldats qui veulent protéger leur maison, leur famille.

    Sa fin tragique est héroïque, mal¬gré des bruits qui circulent dans Paris sur sa soi-disant trahison. Il pouvait s’enfuir, il hésite, mais reste jusqu’au bout. Lui ne défend pas son quartier, il est étranger, mais ce qu’il défend c’est la Ré¬publique universelle qui l’a fait s’engager dans ce combat. Il est mortellement blessé le 23 mai, dé¬fendant une barricade. Les soldats qui avaient été sous ses ordres surent reconnaître sa valeur et son courage. Ils le prouvèrent en défilant devant sa dépouille place de la Bastille et en le conduisant avec les honneurs jusqu’au Père Lachaise.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Eugène Varlin - Syndicaliste et Communard - YVES LENOIR
     

    Yves Lenoir est membre de la commission communication des Amis de la Commune de Paris

    Eugène Varlin naît en 1839 à Claye-Souilly, en Seine-et-Marne, dans une famille de souche répu¬blicaine. Bien que vivant pau¬vrement, ses parents l’envoient à l’école, payante à cette époque. Eugène la quitte en 1852 pour faire son apprentissage de relieur à Paris. En 186o-6i, il complète son instruction générale en sui¬vant des cours du soir.

    Les ouvriers relieurs font grève en août 1864. Varlin crée alors la Société civile d’épargne et de cré¬dit mutuel des ouvriers relieurs de Paris, dont il est élu président. En 1864, a été créée à Londres la gère Internationale, à laquelle Eugène Varlin adhère en 1865. En septembre 1866, il est délégué à son premier congrès. Il y propose l’amélioration des conditions de travail des femmes et l’instruction obligatoire pour tous les enfants. L’Internationale soutient les grè¬ves et impulse la collecte de fonds pour les grévistes. Dans ses notes préparatoires au second congrès de l’Internationale, qui a lieu en septembre 1868, Varlin propose la réduction de la journée de tra¬vail à huit heures. Il ne peut pas participer au congrès car il a été condamné à trois mois de prison lors du deuxième procès intenté à l’Internationale.

    Varlin sort de prison en octobre 1868. Il faut reconstruire l’Inter¬nationale qui a été déstructurée par les procès. Il s’y emploie avec vigueur et succès en s’appuyant, en 1869, sur les importants mou¬vements de grèves. Il pense que l’organisation des forces révolu¬tionnaires du travail est la ques¬tion préalable à toute réforme et que la grève est une école de lutte. Il s’affirme ainsi comme l’initia¬teur du syndicalisme français. Au printemps 187o, l’Internationale est à l’apogée de son influence en France, avec environ 100 000 membres.

    Fin avril, Varlin, menacé d’arres¬tation, doit se réfugier en Belgi¬que. Il rentre en France après le 4 septembre. Sa préoccupation principale est alors celle de la dé¬fense de Paris. Il s’engage dans le 193e bataillon de la Garde nationa¬le, dont il est élu commandant. Le 15 mars 1871, il devient membre du Comité central. Il est élu membre de la Commune dans le VIe arrondissement. Il est successive¬ment membre des commissions des Finances, des Subsistances et à l’Intendance.

    Pendant la semaine sanglante, il se bat sur les barricades dans les VIe, Ve et XIe arrondissements. Le 27 mai, il combat, avec Jean-Baptiste Clément et Ferré sur la barricade de la rue de la Fontai¬ne-au-Roi. Dans l’après-midi, il est arrêté et emmené sous les injures et les coups dans le XVIIIe arrondissement. Défiguré, un œil pendant hors de l’orbite, ses bour¬reaux l’assoient sur une chaise pour le fusiller. Il meurt en criant : « Vive la République ! Vive la Com¬mune ! »

    La veille de sa mort, Varlin avait confié à Jules Vallès : « On a tué les combattants. On tuera les prison-niers. On achèvera les blessés. Ceux qu’on épargnera, s’il en reste, iront mourir au bagne. Mais l’histoire finira par voir clair et dira que nous avons sauvé la République. »

    Eugène Varlin a laissé l’image d’un militant fidèle, jusqu’à sa mort héroïque, à ses idéaux de justice sociale, d’internationa¬lisme et de liberté.

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      N° 772 - mai 2011 s  

    LE CAHIER MEMOIRE : La Commune de Paris – 18 mars – 28 mai 1871 : Louise Michel – l’Indomptable - ANNETTE HUET
     
    Annette Huet est responsable de la commission litté¬rature des Amis de la Commune de Paris

    Louise Michel, dont le destin est exceptionnel, est née à Vroncourt dans la Haute-Marne, le 29 mai 183o. Elle reçoit une éducation im¬prégnée de l’esprit des Lumières et devient institutrice en 1852. Elle exerce alors dans une école libre, car elle ne veut pas prêter serment à l’Empire. Elle vient à Paris, où elle avait déjà fait un séjour.

    Lors des émeutes contre la faim auxquelles elle participe en no¬vembre 1870, Louise est arrêtée et libérée grâce à l’intervention de Victor Hugo. Elle préfigure déjà la grande figure de la Commune qu’elle est devenue. Elle collabore alors à des journaux d’opposition, milite pour l’émancipation des femmes, est membre de l’Inter¬nationale et entretient une cor¬respondance suivie avec Victor Hugo.

    A la chute de l’Empire, le 4 sep¬tembre, elle est dans la foule qui proclame la République. Le siège de Paris par les Prussiens avait été une épreuve effroyable pour les Parisiens. Lorsque, après les élections, l’Assemblée est ma¬joritairement monarchiste, P ar¬mistice avec la Prusse signée à Bordeaux, Thiers confirmé dans ses fonctions, pour la population, c’est une provocation. La créa¬tion de comités de vigilance dans les arrondissements répond à la volonté des républicains de sur¬veiller un gouvernement dans lequel ils n’ont pas confiance, Louise est présidente de celui de Montmartre.

    Le 18 mars, au petit matin, les troupes du gé¬néral Lecomte tentent de re¬prendre les ca¬nons achetés par le peuple de Paris et concen¬trés sur la butte Montmartre. L’alarme est donnée, Loui¬se Michel se répand parmi les femmes. La population exhorte les soldats à ne pas tirer et ceux-ci, malgré les ordres, mettent crosses en l’air. A dater de ce jour, Louise n’a d’autre vie que la Commune. Elle est tour à tour, soldat, ambulancière, ora¬trice. Elle lutte sur les barricades avec un grand courage.

    Pendant la semaine sanglante, elle parvient à s’échapper, puis se livre pour libérer sa mère, arrêtée à sa place. Lorsqu’elle comparait, le 16 décembre 1871, devant le tribunal, elle est déjà la figure célèbre de la Commune. Elle refuse d’être défendue, ainsi que toute mesure de grâce. Condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée, elle arrive en Nouvelle-Calédonie en décembre 1873. Elle y observe cette nature nouvelle, la faune et la flore, se lie avec les Ka¬naks, donne des leçons de français et en échange s’initie aux dialectes de l’ile. Elle prend la défense des autochtones lors de leur révolte, comme elle soutient les Kabyles condamnés après leur soulève¬ment.

    De retour en 188o, elle est anar¬chiste et conteste toute forme de pouvoir. Elle est accueillie à la gare Saint Lazare par une foule en liesse, parmi laquelle Rochefort et Vallès. Les armées suivantes, elle subit des condamnations et des séjours en prison. Elle est obli¬gée, pour éviter l’enfermement, de s’exiler à Londres mais elle revient et reprend ses tournées de propagande en France et à l’étranger. Alors qu’elle est déjà malade, elle part en Algérie en 1904 pour un circuit de conférences, dont les thèmes sont essentiellement la religion et l’antimilitarisme.

    Elle revient épuisée et meurt à Marseille le 9 janvier 1905. Celle qui fut un exemple, repose au cimetière de Levallois, après une vie de combat.

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      31 décembre 2011

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