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Le Réveil des Combattants N° 774-775 - juillet-août 2011.
Publié le samedi 31 décembre 2011, mis à jour le dimanche 1er janvier 2012

Sommaire :  

  •   LE CAHIER MÉMOIRE : Chateaubriant - Il y aura 70 ans : La fusillade des otages : Edito
  •   LE CAHIER MÉMOIRE : Il y aura 70 ans : La fusillade des otages à Châteaubriant
  •   LE CAHIER MÉMOIRE : Ce jour-là …
  •   LE CAHIER MÉMOIRE : Comment les habitants du pays ont-ils perçu cette tragédie ?
  •   LE CAHIER MÉMOIRE : Fusillés à Châteaubriant parce que communistes et syndicalistes !
  •   La retraite du combattant
  •   La carte du combattant est valable à vie
  •   Mise en place de l’ONAC en Algérie, Tunisie et Maroc
  •   ONACVG : Ce qu’il faut savoir sur le droit à solidarité
  •   Décristallisation : Trois associations crient à la spoliation
  •   L’accessibilité pour les handicapés : Un scandale de plus !
  •   Veuves d’anciens combattants et demi-part d’impôt
  •   Ce qui a changé au 1er juillet 2011
  •   L’importance du travail de mémoire
  •   LIVRES : La Résistance au centre de la France
  •   LIVRE : La mort est sans scrupule
  •   LIVRE : Le complot de l’ordre noir

     

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 a  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Edito
     

    Chateaubriant - Il y aura 70 ans : La fusillade des otages

    Chateaubriant, 22 octobre 1941, 27 martyrs à qui nous devons notre liberté, comme à tous ceux qui tombèrent sous les balles nazies, 27 fusillés sur l’exécution desquels les occupants comptaient pour décourager la Résistance de notre peuple qui s’étendait alors de jour en jour un peu plus.

    Mais ce fut le contraire qui se produisit. D’ailleurs, l’un des officiers allemands, resté présent au camp après l’exécution, l’avait compris. Il déclara : « Les vainqueurs de cette journée ce sont ceux qui sont morts ! » Pour eux, comme pour tous les autres fusillés, tous les déportés qui ne sont pas revenus des camps de la mort, comme pour tous ceux qui ont eu la chance de pouvoir revenir, Paul Eluard a écrit : « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons ! » De toute évidence, si nous n’assumions pas la Mémoire de ces hommes et de ces femmes, courageux jusqu’à accepter la mort pour défendre l’avenir de notre patrie, nous mettrions nos vies, nos familles, nos descendants, notre pays en péril.

    Et c’est à partir de leurs camps d’internement et des prisons où furent enfermés tant et tant de « combattants de l’ombre » que se sont préparées les vérités nouvelles que le Conseil national de la Résistance concrétisa dans son programme. Aujourd’hui, en le défendant, nous défendons l’héritage de ces martyrs, de Jean Moulin et de tous les sacrifiés de cette guerre, notre héritage, en continuant de « conjuguer au présent le verbe résister », ainsi que nous le recommanda la résistante Lucie Aubrac.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 b  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Il y aura 70 ans : La fusillade des otages à Châteaubriant
     

    Châteaubriant le 22 octobre 1941 : pour beaucoup cette date évoque simplement la lettre de ce jeune Guy Môquet. Aujourd’hui encore nous relisons cette lettre avec émotion, mais on ne peut en rester là. A la carrière de la Sablière se retrouvent chaque année des personnes de tout âge (des scolaires aux retraités). Ils viennent de différents points de France ; on rencontre aussi des gens du pays qui se souviennent. La mémoire demeure vivante, il y eut en cet endroit un moment historique important.

    Georges PLOTEAU : Georges Ploteau est membre du Bureau national de l’ARAC et de la commission nationale Mémoire et Octobre 1941

    Depuis juin 1940, les Françaises et Français se sentaient dans leur majorité battus, humiliés. Après la « drôle de guerre », les troupes allemandes avaient envahi la France en quelques semaines. Une large majorité de députés avait voté les pleins pouvoirs à ce Philippe Pétain qui avait alors le litre de maréchal de France ; un armistice honteux avait été signé, la France était coupée en deux : une zone occupée par l’Allemagne nazie et une zone dite « libre » dont le gouvernement était à Vichy.

    La République avait été abolie, mais aussi toute démocratie. Suppression du Parlement, interdiction des partis politiques, suppression des organisations syndicales, des associations de la loi 1901 de toute nature. Seules demeuraient autorisées les organisations et formations qui prônaient plus ou moins ouvertement une collaboration avec le pouvoir nazi. Toute presse et toute radio libres demeuraient interdites.

    Bien sûr, il y avait eu l’appel à la Résistance du 18 juin, lancé depuis Londres par le général de Gaulle et même avant le 17 juin, l’appel de Charles Tillon dénonçant le fascisme hitlérien. Des groupes de résistance, puis des réseaux rassemblant des sensibilités différentes s’étaient organisés.

    20 octobre 1941

    Le feldkommandant Karl Hotz est abattu à Nantes. De 1929 à 1933, Hotz travaillait comme ingénieur à Nantes, il avait donc été nommé commandant des troupes d’occupation de la Loire-Inférieure par le pouvoir nazi. Alors qu’il se rendait à la Kommandantur avec son aide de camp, le capitaine Sieger, trois jeunes résistants de l’Organisation spéciale (Gilbert Brustlein, Spartaco Guisco, un ancien des Brigades internationales et le jeune Marcel Bourdarias) surgissaient et l’abattaient en pleine ville, près de la cathédrale, puis réussissaient à prendre la fuite. Cet officier supérieur n’aurait pas été choisi spécialement. Ces jeunes communistes cherchaient à exécuter un officier de l’armée nazie. Pourquoi ?

    Prétextant le pacte germano-soviétique, y compris en 1939 sous le gouvernement Daladier, des communistes avaient été condamnés, parfois emprisonnés. Parmi eux, les députés communistes, citons parmi eux Prosper Môquet, Fernand Grenier, qui avaient choisi « Le Chemin de l’Honneur ». La chasse aux militants communistes, aux syndicalistes, aux démocrates, aux juifs, aux « indésirables » prenait de l’ampleur. Malgré les risques encourus, des diffusions de tracts, des actions armées de résistance se mettaient en place dès 1940 et le début 1941.

    Juin 1941, l’invasion par les troupes nazies de l’Union soviétique, son entrée en guerre, la résistance des peuples galvanisèrent les énergies. Avec le recul, regardons objectivement ces années : la Grande-Bretagne portait principalement ses efforts sur la défense de son territoire, les USA n’étaient pas encore entrés en guerre. Dans cette année noire de 1941, pour de nombreux antifascistes et dans le mouvement ouvrier, le regard sur l’URSS se modifiait, elle redevenait le fer de lance dans la lutte contre le fascisme et le nazisme. On tentait d’écouter les informations de la France libre à Londres, les yeux se fixaient de plus en plus sur les combats du Front de l’Est.

    Les mouvements de Résistance prenaient une nouvelle dimension. Les militants communistes multipliaient leur activité, animaient des mouvements de rassemblement comme le Front national (aucun rapport bien sûr avec la formation d’extrême droite qui a l’audace de porter ce nom aujourd’hui). Des jeunes se retrouvaient dans l’Organisation spéciale, les Bataillons de jeunesse ; c’est cette organisation qui décida une vague d’actions qu’on ne peut aujourd’hui amalgamer au terrorisme, seules des cibles précises étaient visées : les officiers nazis.

    Le 21 août 1941, Pierre Georges, celui qui deviendra le colonel Fabien, montrera le premier cette détermination contre l’occupant nazi. A la station du métro parisien Barbès Rochechouart, il tirera et blessera mortellement un aspirant de la Kriegsmarine.

    Avec l’aide indiscutable du gouvernement de Vichy, les nazis vont développer une répression féroce. Des otages seront désignés dans les camps d’internement politiques et les prisons. Ministre de Pétain, Pucheu choisit les otages à livrer aux nazis.

    Après le nouveau coup de force de Nantes contre le lieutenant-colonel Hotz, Hitler aurait été particu-lièrement furieux ; il réclamera la mise à mort de 100 otages. Finalement ce chiffre sera ramené à 5o, la liste définitive sera dressée le 21 octobre par Pucheu, un ministre de Pétain ; il proposera 61 noms. Sur 5o noms désignés, 2 seront graciés. 48 otages sont condamnés à être fusillés en Loire-Inférieure : 27 communistes et/ou syndicalistes à Châteaubriant, 21 résistants à Nantes, 5 autres otages au Mont-Valérien. Le choix de Pucheu par les dirigeants nazis demeure significatif de la collaboration du gouvernement de Pétain avec la répression nazie. Pucheu, cadre supérieur de l’industrie avait fait carrière dans le groupe Worms ; il avait été chargé de la création du Cartel européen de l’acier en responsabilité près de la Chambre patronale de la sidérurgie française. En 1934, il était membre des Croix-de-Feu puis, en 1936, du Parti populaire français de Jacques Doriot. Ceux qui criaient à cette période : « Plutôt Hitler que le Front populaire » pourront donc en cette année 1941 appliquer leurs slogans. Ministre de l’Intérieur à Vichy, Pucheu créera les Sections spéciales, une justice expéditive frappant les anti-nazis. A noter que, voyant le vent tourner, il essaiera par la suite de se rapprocher de la Résistance. Sans succès ! Traduit pour ses actes devant un tribunal de la France libre, il sera fusillé en mars 1944.

    A Châteaubriant, le camp de Choisel

    L’histoire de ce camp reflète le climat politique de ces années. Après juin 1940, environ 40 000 prisonniers de guerre de l’armée française (Indochinois, Marocains, Africains, Français et quelques Anglais) seront internés ensemble sur 4 camps à Châteaubriant dans des lieux insalubres, inondables. Au cours de l’année 1940, avec l’afflux de réfugiés, la population de cette ville, sous-préfecture de Loire-Inférieure (aujourd’hui Loire-Atlantique), serait passée en 1940 de 8 000 à 6o 000 habitants. Malgré la sur-veillance de la gendarmerie française, des prisonniers réussirent à s’évader avec l’aide des habitants, notamment lors de la corvée d’eau dans les villages alentours. Mais en janvier 1941, ces prisonniers de guerre seront dirigés par dizaines de milliers vers les stalags d’Allemagne.

    Un camp important sera aménagé à Choisel. En mars 1941, 335 nomades y sont internés sans aucun service sanitaire. Pourtant, malgré la mortalité qui frappe les enfants, leur nombre ira jusqu’à 567 avant leur transfert dans la Sarthe. Puis ce sera l’arrivée des prisonniers de droit commun, des « indésirables », des prisonniers politiques, des syndicalistes. Selon le rapport précis du sous-préfet de Loire-Inférieure Cornu, le camp pouvait contenir : « 500 nomades, 400 indésirables et… 800 communistes ».

    La population était souvent scandalisée. Une organisation se mit en place ; avec l’aide ou tout sim-plem13h30arfois le silence des Castelbriantais, elle permit l’évasion de dirigeants. Citons, notamment, Fernand Grenier qui sera ministre de la France libre, Léon Mauvais, Eugène Hénaff, Roger Semat, Henri Raynaud… Les évasions de juin 41, entraînèrent un durcissement des conditions de détention. Pourtant,11es prisonniers politiques, des nomades, puis plus tard des familles juives réussiront grâce à ces réseaux locaux à échapper aux camps de la mort.

    Des femmes seront à leur tour incarcérées à ce camp, y compris des jeunes comme Odette Lecland (aujourd’hui Odette Nilès) à 17 ans, du même âge qu’un des détenus, son jeune amoureux, Guy Môquet.

    Au camp de Choisel, depuis août 1941, tous les prisonniers politiques étaient considérés comme « otages ». Parmi les militants communistes incarcérés au camp, Pucheu choisira soigneusement 27 otages. 25 étaient membres du Parti communiste, un autre l’avait quitté en 1939, un était militant trotskiste. On ne peut tous les citer, mais les victimes avaient donc soigneusement été sélectionnées. Parmi ces condamnés : un dépu-té, Charles Michel, des dirigeants ou militants syndicaux comme Jean-Pierre Timbaud, dirigeant de la métallurgie CGT, et le jeune Guy Môquet, 17 ans !

    Courageux, les yeux ouverts

    Dans chaque chambre la porte s’ouvre, un lieutenant de gendarmerie français, un officier allemand, escortés des gendarmes : « Salut Messieurs ! Préparez-vous à sortir à l’appel de votre nom ! » Silencieusement les victimes désignées se lèvent. Baraque ro, un seul nom : Guy Môquet. « Présent ! » aurait-il simplement répondu en rejoignant ses camarades. Les 27 otages sont enfermés ensemble dans la baraque 6. C’est l’abbé Moyon, de la proche paroisse de Saint-Jean-de-Béré qui, bouleversé, passera les derniers moments avec eux ; il recueillera leurs dernières correspondances, puis tiendra tout spécialement à leur faire part de la sympathie des Castelbriantais et de son soutien. Par la suite, il témoignera du courage et de la détermination de ces militants face à la mort. Chacun gardera le respect de ses convictions, pour-tant, avec Charles Michel, ils évoqueront ensemble les premiers martyrs chrétiens.

    Lorsque les trois camions arrivèrent, 9 otages durent monter dans chacun d’eux. Des baraques du camp et des camions éclata soudain La Marseillaise, reprise par les 700 détenus, y compris les prisonniers de droit commun ; les gendarmes français rendent alors les honneurs militaires. Guy Môquet et ses 26 camarades désignés firent face avec courage à cette sauvagerie.

    Les témoignages le confirment : dans les trois camions qui les conduisaient à la mort, on entendait encore chanter La Marseillaise, Le Chant du Départ et l’Internationale qu’un certain nombre appelleront alors : « Leur chant à eux… La lutte finale. » Dans les rues, on entendra aussi les condamnés crier « Vive la France ! » « A bas Hitler ! »

    Arrivés à la carrière vers 16 heures, 9 poteaux d’exécution attendent les 27 otages qui seront fusillés en 3 fois. Ils demandent à avoir les mains libres et tous refusent qu’on leur bande les yeux, face au peloton d’exécution. Ils crient encore « Vive la France ! » mais on entendra aussi « Vive l’URSS ! » « Vive le Parti communiste ! » Timbault criera à ceux qui vont tirer sur lui : « Vive le Parti communiste allemand ! »

    Puis le silence. Les fleurs de la désobéissance

    Sur les 50 otages désignés, deux furent graciés. En plus de ces 27 otages de Châteaubriant fusillés avec la mention « Communiste » 16 le seront à Nantes et 5 au Mont Valérien avec la mention « Action en faveur de l’ennemi ». Puis deux jours plus tard, 5o autres otages seront fusillés à Souge, près de Bordeaux.

    Ces exécutions provoqueront un choc et une émotion en France et dans le monde. Le général de Gaulle invite à une grève générale de 5 minutes, le 31 octobre : « En fusillant nos martyrs, l’ennemi a cru qu’il allait faire peur à la France. La France va lui montrer qu’elle n’a pas peur de lui… »

    Un tract condamnant ces fusillades d’otages sera largué à la fin octobre jusqu’au début de novembre1941, sur la France. Il contenait deux déclarations officielles : l’une du leader britannique Winston Churchill, l’autre du Président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt (importante, car les USA n’étaient pas alors entrés en guerre).

    Loin d’arrêter les mouvements de Résistance, les fusillades d’otages galvanisèrent les actions contre l’occupant nazi. D’autres officiers allemands seront abattus à Rouen, au Havre, à Paris, à Dijon…

    L’attitude de la population du pays de Châteaubriant est symbolique. Dans cette petite ville et dans les populations rurales alentour, en dehors des ouvriers de petites usines parfois sensibles à l’anarcho-syndicalisme, on était souvent éloigné des idées du Front populaire ou progressistes et même tout simplement loin des préoccupations du monde ouvrier et des gens des villes. Pourtant, cette fusillade causa un choc. Malgré les interdictions et les menaces, des mains déposèrent des fleurs les jours suivants et à la Toussaint à la carrière de la Sablière et sur les tombes des fusillés. On parlait de ces victimes et surtout de ce « Petit Môquet, fusillé à 17 ans ! »

    Progressivement une idée germait : ce pouvoir qui voulait imposer ses doctrines de haine et de racisme pour « mille ans » ne serait pas invincible. De nombreuses petites actions de résistance se manifestèrent. Mais, dans les mois et les années qui suivirent, les réseaux de Résistance se développèrent et s’organisèrent : ils ne pouvaient se maintenir tout spécialement dans les petites villes ou régions rurales qu’avec un soutien de la population locale.

    Sur le plan historique, cette période marqua le passage des actions des mouvements de Résistance à ce qui deviendra dans les années qui suivirent : la Résistance, avec un Conseil national et un gouvernement provisoire. Se rassembler, malgré les différences, pour battre un régime abhorré, construire dans notre pays au lendemain de la victoire une société de liberté, mais aussi d’égalité et de fraternité, l’espoir était possible. « Soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir » : ce message griffonné par Guy Môquet avant son exécution nous interpelle encore aujourd’hui.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 c  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Ce jour-là …
     

    Ce jour-là …
    Odette NILES

    Notre amicale Châteaubriant Voves-Rouillé prépare, pour ce 70e anniversaire des 48 fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, tout un grand rassemblement de la jeunesse pour transmettre aux jeunes générations un passé qui leur appartient, afin que cette jeunesse se réapproprie l’épopée de ces jeunes résistants de la première heure qui s’engagèrent jusqu’à perdre la vie.

    Ainsi, ce 22 octobre 1941, c’est par une belle journée d’automne, suite à l’exécution d’un colonel allemand, qu’est désignée par le sieur Pucheu, ministre du gouvernement Pétain, une liste d’otages remise aux autorités nazies. 48 hommes sont choisis, 27 au camp de Choisel, 21 dans la région nantaise. 48 patriotes d’opinions différentes, des communistes en majorité, des gaullistes et des patriotes anciens combattants. Des dirigeants de grandes centrales syndicales, des élus, des intellectuels, des amis et des jeunes.

    2 jours après, 5o autres otages étaient fusillés à Souge dans le Bordelais. Ce fut le 1er grand massacre collectif de l’année 1941.

    70 années déjà c’est loin, et pourtant on ne peut oublier cette occupation nazie.

    Le 24 septembre 1941, conformément aux ordres du ministre de l’Intérieur Pucheu (ministre du gouvernement Pétain), 18 internés du camp de Choisel sont enfermés comme otages dans une baraque désaffectée du camp. Quatre autres y sont envoyés également le lendemain.

    Lundi 20 octobre, on apprend qu’un colonel allemand a été abattu à Nantes. Immédiatement les nazis exigent des représailles, 5o otages, si les auteurs de cette exécution ne sont pas arrêtés.

    Le choix des otages se porte tout naturellement où sont enfermés les dirigeants du Parti communiste et des grandes centrales syndicales et de nombreux jeunes. A Nantes, on va trouver des résistants gaullistes, des anciens combattants et des jeunes emprisonnés pour leurs actions patriotiques.

    Le 22 octobre à 13h3o par une belle journé1erles Allemands placent un fusil mitrailleur au milieu du camp et tous les internés sont consignés dans les baraques, gardés par des gendarmes. Les Allemands, accompagnés du lieutenant Touya, vont à la fameuse baraque des otages :16 noms sont prononcés, désignés pour rejoindre ir autres détenus pris dans différentes baraques dont Guy Môquet.

    Tous sont dirigés vers le camp P2, dans une baraque inoccupée, près de trois camions bâchés. Enfermés, ils écrivent une dernière lettre à leur famille et sur les planches de cette baraque leur dernière pensée, leur foi en l’avenir ; un abbé requis par les autorités, salue les patriotes et prend la correspondance et les objets pour les remettre aux familles.

    Ils sont ensuite, après une puissante Marseillaise reprise par tous les amis du camp, emmenés dans une carrière située à environ deux kilomètres de la ville, où neuf poteaux ont été plantés. Ils sont fusillés par groupe de neuf, ils refusent d’avoir les yeux bandés et les mains attachées. Ils chantent la Marseillaise, la dernière salve interrompt le chant. Cette dernière salve est entendue au camp, où l’appel aux morts est prononcé par Henri Gauthier.

    Cette action de mémoire se situe dans les combats d’aujourd’hui, mais durant une période marquée par un affrontement idéologique sans précédent. Il est vital que notre jeunesse continue le combat et fasse respecter les acquis obtenus grâce à cette résistance.

    Sécurité sociale, retraite, 4o heures, l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie. La résistance à l’occupant nazi fut un formidable rassemblement de Français et Françaises mais aussi de travailleurs immigrés, ceux de « l’affiche rouge » par exemple, d’hommes et de femmes de sensibilités diverses qui ont largement contribués à la libération de notre pays.

    C’est pourquoi ceux qui se souviennent comme ceux qui n’étaient pas encore nés au moment de la tragédie, nous leur demandons de rester fidèles à l’esprit qui animait la Résistance.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 d  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Comment les habitants du pays ont-ils perçu cette tragédie ?
     

    Je n’avais pas 5 ans, mais je me souviens…

    Marie-Huguette : J’étais une toute petite fille en ce mois d’octobre 1941, presque 5 ans ; pourtant certaines images sont toujours vivantes dans ma mémoire, confirmées plus tard par les témoignages de mon grand-père et de ma mère. La famille… les cousines et cousins, en parlent encore aujourd’hui. Notre grand-père François Ploteau, habitait à Villepôt, une bourgade près de Châteaubriant. Pourtant âgé de 7o ans, un ancien combattant de 14/18, il devait travailler encore. Au service de la commune et de la pa-roisse, il sonnait les cloches, participait comme bedeau aux cérémonies religieuses et entretenait l’église ; il assistait le garde-champêtre et s’occupait du cimetière, car il était aussi le fossoyeur du village.

    Le Réveil : Pourquoi vous êtes vous retrouvée présente dans ce cimetière en octobre 1941 ?

    M-H : Mon père était alors prisonnier en Allemagne. Ma mère et moi étions sorties indemnes du bombar-dement allemand sur les trains de voyageurs et de soldats Plaine de Baud à Rennes. Mais notre maison était devenue inhabitable : depuis juin 1940, nous nous étions réfugiées à Villepôt, chez mes grands-parents.

    C’était avant la Toussaint, ma mère aidait le grand-père François à l’entretien du cimetière et je les accom-pagnais. Soudain, on vit des soldats allemands armés qui sortaient d’un camion avec trois cercueils et en-traient dans le cimetière.

    Le Réveil : En effet, les corps sanglants des vingt-sept otages fusillés furent jetés dans des cercueils numérotés et ramenés dans la cour du château de Châteaubriant. Le dégoût et la colère montaiM-H. :ans la population. Pour éviter que l’on puisse se rassembler en leur mémoire, l’ordre avait été donné de disperser les corps : 3 par 3 dans 9 cimetières des petites communes voisines, celles qui n’avaient pas le chemin de fer comme, par exemple, Noyal-sur-Brutz, Ruffigné, Villepôt…

    M-H : Ma mère et moi avons alors été conduites et enfermées dans la ba. raque du cimetière, là où le grand. père rangeait les outils. Un soldat allemand était posté devant la porte, l’arme à la main. Curieuse, j’étais sans cesse derrière la petite fenêtre pour tenter de vo:r. Pour m’en empêcher, ma mère m’avait cette fois autorisé à jouer avec les perles des couronnes mortuaires entreposées à cet endroit.

    Mais elle pouvait suivre la scène : le grand-père réquisitionné creusait les fosses mais tenait tête aux soldats allemands. Pour lui, ces fusillés devaient être enterrés dignement comme les paroissiens de la commune, il maugréait et finit même par se mettre en colère : « les Prussiens n’allaient pas le commander ! », à tel point que ma mère M-H. :nait pour notre vie à tous les trois. J’ai toujours gardé la mémoire de mon grand-père rebouchant les tombes. Pourtant habitué à enterrer les morts du village, il resta choqué plusieurs mois. Il ne voulut jamais remettre ses sabots tachés de boue et de sang , il les conserva, semem-e-t-il comme des reliques, pendant de nombreuses années.

    Le Réveil : Et ensuite ?

    M-H. : Mes grands-parents entretinrent et fleurirent les tombes. Ils conserveront des liens d’amitié avec les familles. L’identité de ces trois fusillésfat révélée, près de la grande croix de pierre bleue du cimetière de Villepôt. Ils reposèrent donc pendant plusieurs années avec les défunts du village, ces trois militants communistes de la région parisienne : Edmond Lefèvre, 38 ans, père de 4 enfants d’Athis-Mons, métallurgiste ; Jean Poulmarc’h, pans, d’Ivry-sur-Seine, père de 2 enfants, secrétaire général de la fédération CGT des Produits chimiques ; Pourchasse Henri, 34 ans, père d’un enfant, d’Ivry-surSeine, responsable de la fédération CGT des Cheminots.

    Lors des vacances en famille, nous nous rendions parfois en velo au Monument de la Sablière. Notre mère échangeait les souvenirs de cette tragédie avec la dame de la ferrne ’ située au-dessus de la carrière.

  •  La ferme sera rachetée par l’Amicale en 1986 pour devenir le musée – NDLR

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 e  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Fusillés à Châteaubriant parce que communistes et syndicalistes !
     

    Didier LE RESTE

    En cette année 2011, nous allons commémorer le 23 octobre prochain le 70e anniversaire de l’assassinat des vingt-sept otages Ju camp de Châteaubriant par les nazis, avec la collaboration du gouvernement de Pétain-Laval.

    Le temps passe, mais le temps ne tue pas le passé quand les enseignements d’hier conservent un caractère d’actualité. La tendance, par rapport à l’Histoire, c’est toujours de perdre la relativité. Dans les conditions du XXIe siècle et face aux politiques ultralibérales qui n’ont de cesse de démolir le modèle social issu, entre autres, du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), nous avons maintes occasions et le de-voir de résister et de nous battre pour un monde meilleur.

    Résister, c’est être fidèle !

    Fidèle aux idéaux, aux combats de ceux qui, au prix de leur vie, nous permettent aujourd’hui d’être libres. C’est grâce à eux, à Guy Môquet et à ses 26 camarades du camp de Châteaubriant, ainsi qu’à Ces nombreux résistants, français ou étrangers, à ces patriotes qui n’ont jamais courbé l’échine pour maintenir la France au combat contre la plus abominable entreprise de barbarie que l’humanité ait connue.

    Résister et combattre, c’est être fidèle à l’appel de Guy Môquet, écrit sur une planche de la baraque 19, avant d’être fusillé : « Les copains qui restez, soyez dignes de nous ! » Au moment où j’écris ces lignes, je pense bien naturellement au lourd tribut que la corporation des cheminots a payé à la liberté, à l’indépendance et à la paix ; dans une période où certains révisionnistes tentent de réécrire l’Histoire à leur façon en dénaturant les faits pourtant reconnus historiquement. Nous ne laisserons pas salir la mémoire de Pierre Semard et de tous ceux qui, par des actes de résistance, ont péri sous les balles nazies pour nous libé-rer de l’occupant, des collabos et des traîtres du gouvernement de Pétain-Laval.

    Oscar Wilde disait : « La jeunesse est le seul bien qui vaille ». Soixante-sept ans après sa publication, les valeurs que le programme du CNR affirme : « Liberté, justice sociale, solidarité » sont à l’évidence à leur seul énoncé, les seules susceptibles de constituer le socle d10ne république citoyenne où la jeunesse peut trouver les repères dont elle a besoin.

    A cet égard, il est bien de souligner l’impulsion donnée par la Confédération CGT pour sensibiliser le monde du travail à la commémoration du 70e anniversaire de la fusillade de Châteaubriant. Pour sa part, et il convient de le valoriser, la fédération CGT des Cheminots va inviter sur deux jours 8o jeunes cheminot(e)s à participer à ce devoir de mémoire, initiative qui va se conjuguer avec celles que vont organiser en même temps les fédérations CGT des Métaux et de la Chimie.

    Parmi les vingt-sept de Châteaubriant, exécutés dans la carrière de la Sablière, livrés aux balles fascistes par le sinistre Pucheu, ministre de l’Intérieur de Pétain, nombreux étaient communistes et syndicalistes. Citons, entre autres, Jean-Pierre Timbaud, communiste, responsable du syndicat CGT des Métaux de Paris, Charles Michels, communiste, secrétaire de la Fédération CGT des Cuirs et Peaux, Jules Vercruysse, communiste, secrétaire de la fédération CGT du Textile, Jean-Marie Poulmarc’h, communiste, secrétaire général du syndicat CGT des Produits chimiques de la région parisienne et Guy Môquet, le plus jeune des fusillés, fils de Prosper Môquet, syndicaliste cheminot de la CGTU, député communiste du Front populaire, emprisonné en 1939 sur ordre de Daladier. Guy considéra alors qu’il devait remplacer son père dans la résistance au fascisme, comme Georges Seguy l’a fait pour venger l’assassinat de Pierre Semard par les nazis en 1942.

    Le 20 octobre 1941, des jeunes résistants abattent en pleine rue du Roi-Albert à Nantes, le lieutenant-colonel Holtz, commandant de la place. En représailles, Hitler et Stuelpnagel, responsable de la zone, décident que 50 otages doivent être fusillés. Parmi les 50 « sélectionnés », 35 étaient des militants actifs des organisations communistes et syndicales qui avaient poursuivi leurs activités dans la clandestinité.

    Le sinistre Pucheu, ancien grand commis de la haute finance, savait bien combien d’années de luttes quotidiennes il fallait pour former des dirigeants de fédérations syndicales ouvrières de la trempe de ceux qu’il envoyait à la mort. Inscrire ceux-là en première place des hommes à fusiller, c’était amputer la classe ouvrière, la « seule restée fidèle à la Nation profanée », comme l’écrivit François Mauriac.

    Le génie de la CGT illégale aura été de lier les actions revendicatives aux actions patriotiques, faisant jouer à la classe ouvrière un rôle déterminant dans la Résistance intérieure. Exécuter les résistants, les syndicalistes, c’était un service rendu à la grande bourgeoisie française, celle qui préférait Hitler au Front populaire, en rayant du monde des vivants les meilleurs de ceux qui la combattaient, qui avaient empêché la montée du fascisme et imposé des avancées sociales avec le Front populaire. Quand on sait que lesvingt-sept de Châteaubriant montèrent dans les camions pour se rendre au peloton d’exécution en chantant La Marseillaise et l’Internationale et qu’ils refusaient de se laisser bander les yeux et ligoter les mains, quelle leçon de courage, de patriotisme, d’abnégation ils nous donnèrent ! A l’aune de ce que nous vivons dans cette société capitaliste et sans vouloir comparer les périodes, l’action de ces femmes et de ces hommes doit nous transcender dans les luttes actuelles portant à la fois le devoir de fidélité, la défense du programme du CNR et la conquête de nouvelles avancées sociales.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 f  

    La retraite du combattant
     

    Créée par une loi du 31 mars 1932 (article L255 du Code des pensions), son évolution a subi bien des vicissitudes. Cette retraite, qui n’est pas réversible, fut accordée en témoignage de la reconnaissance nationale.

    A l’origine, elle était servie à tous les anciens combattants titulaires de la carte du combattant âgés de 5o ans et son montant était augmenté à raison de l’âge de l’intéressé. Une loi du 31 décembre 1953 a reporté l’âge de la retraite à 65 ans à compter du ler mai 1954 (décret du 16 avril 1954) et octroyé la retraite, à partir de l’âge de 65 ans, aux retraités qui, au Ter mai 1954, avaient atteint cet âge. La touchaient à partir de 6o ans, les retraités bénéficiant pour cause d’invalidité de l’allocation aux vieux travailleurs salariés ou de l’allocation spéciale, ainsi que les bénéficiaires de la loi du 2 août 1949.

    La retraite supprimée !

    Avec l’arrivée de la 5` République, intervient l’ordonnance du 3o décembre 1958, qui limita l’attribution de la retraite du combattant aux seuls bénéficiaires du Fonds national de solidarité, tout en abaissant l’âge de la retraite de 65 à Go ans. Elle a néanmoins maintenu certains droits acquis, notamment à des pensionnés à un taux d’au moins 5o % et aux anciens combattants d’Outre-mer.

    Une levée de boucliers par les associations d’anciens combattants, et notamment l’ARAC toujours en première ligne, s’en suivit. La bataille fut longue et difficile mais la victoire obtenue. Et il fallut attendre la loi du 3o décembre 1977, applicable à compter du ler janvier 1978, pour voir rétablie pleinement la retraite du combattant avec un seul taux, sans avoir à s’interroger sur le conflit au titre duquel la carte de combattant avait été obtenue, ni aux conditions à remplir pour prétendre à la retraite et le taux auquel elle sera accordée.

    Cette fois encore le courage, la ténacité et la volonté du monde anciens combattants ont eu raison du mépris de l’État envers ceux et celles qui ont versé leur sang pour la patrie.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 g  

    La carte du combattant est valable à vie
     

    Les cartes du combattant sont valables à vie. L’ONAC est intervenu auprès des impôts en le précisant quant à l’attribution de la demi-part fiscale aux anciens combattants.

    La première carte du combattant (de couleur verte) et l’arrêté du ler mars 1928 qui la régissait ne comportaient aucune date de validité.

    L’arrêté du 3 juillet 1933, en renouvelant le modèle de la carte du combattant (couleur chamois) en a fixé la validité de durée à 5 ans (article A. 143 du Code PMI). Pour la circulaire du 12 juillet 1933, la carte du combattant constituait en quelque sorte un certificat de vie, le renouvellement de cette carte tous les 5 ans permettant de s’assurer que leurs titulaires étaient toujours en vie pour recevoir leur retraite du combattant. Durant des décennies, donc, des arrêtés ont prorogé régulièrement la validité des cartes arrivant à expiration, le dernier (du 16 juillet 1966) précisait que les cartes de plus de 5 ans à cette date demeuraient valables jusqu’au fer janvier 1975. Face à cette situation, un arrêté du 27 janvier 1989 a abrogé l’article A-143, annulant du même coup le p1ercipe d’une date butoir de validité de la carte du combattant. Une nouvelle carte tricolore voyait le jour par arrêté du 2 novembre 1995, laquelle n’avait plus aucune référence de validité.

    Aujourd’hui, dans le cadre de l’informatisation de la délivrance de la carte du combattant, les nouveaux modèles vont changer de format (type « carte bleue ») et, sauf 300 d’entre elles émises par erreur avec une date de validité de 10 ans, elles sont valables à vie. En fait, aucune des cartes délivrées depuis 1928, qu’elles soient vertes, chamois ou tricolores, n’ont été invalidées et toutes demeurent donc valables à vie.

    Aucune des cartes émises n’est périmée

    Dans ce contexte, l’ONAC a donc alerté le ministre du Budget, la Direction générale des impôts et la Direction de la législation fiscale quant à cette validité permanente, afin que nul des intéressés ne soit privé de la demi-part fiscale sous prétexte de carte du combattant périmée.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 h  

    Mise en place de l’ONAC en Algérie, Tunisie et Maroc
     

    Suite à la disparition du secrétariat d’État aux Anc1ers Combattants, un arrêté du 3 janvier 2011 a défini l’organisation des services déconcentrés de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre au Maghreb.

    Suite à la disparition orchestrée du secrétaire d’État aux AC, de la Direction des statuts des pensions et de la réinsertion sociale et des Directions interdépartementales des AC, l’ONAC « hérite » de la gestion de « services déconcentrés » en République algérienne, au Royaume du Maroc et en République de Tunisie. Chacun de ces services déconcentrés est dirigé par un directeur et a en charge d’exercer les missions suivantes auprès des ACVG algériens, tunisiens et marocains ressortissants de l’ONAC :

  •  l’action sociale : attribution ou rejet des demandes de secours financiers,
  •  délivrance des cartes de veuve, d’ascendant et d’orphelin,
  •  nécropoles : mise en œuvre de l’entretien de leur garde et de leur rénovation, transfert et restitution des corps, prise en compte des frais de pèlerinage sur les tombes.

    Sous réserve d’une convention entre l’État et l’ONAC, ces services déconcentrés auront également à exercer, pour le compte de l’État, les missions ci-après : - autorisation ou refus de prise en charge des frais afférents aux prestations médicales, paramédicales, chirurgicales, pharmaceutiques et d’appareillage (ar-ticle L.115 et L.128 du code PMI),

  •  agrément, non renouvellement et retrait d’agréments des médecins experts chargés d’examiner les demandeurs de pension PMI,
  •  organisation des expertises médicales réalisées dans le cadre de l’examen des demandes de pension.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 i  

    ONACVG : Ce qu’il faut savoir sur le droit à solidarité
     

    Il est capital, avant de s’adresser au service départemental de I’ONACVG, de savoir quoi demander, pour quel type de ressortissants et ce qui peut être obtenu. Petit guide simplifié pour ce faire.

    Bénéficiaires des interventions sociales de I’ONACVG

  •  L’ensemble des ressortissants de l’ONAC, résidant de façon régulière et stable dans le département (ou le ressort géographique) du service où est déposée la demande.
  •  Les pensionnés « hors guerre » et leurs veuves.
  •  Les pupilles de la Nation et orphelins de guerre âgés de moins de 21 ans ou poursuivant des études.
  •  Non resso1erssants de l’ONACVG : depuis le Ier janvier 2000, l’ONAC peut intervenir en faveur de non res-sortissants. Mais cette aide ne relève pas des commissions départementales des services ONAC ; elle est gérée directement par la direction générale de l’ONAC, département solidarité.

    Les secours

    Ainsi peuvent être attribués des secours permanents, selon leur situation sociale et financière :

  •  aux anciens militaires non pensionnés, non titulaires d’une retraite militaire (ainsi qu’à leur veuve ou compagne), - aux amputés et aveugles ex-militaires ou victimes civiles dont l’infirmité est survenue au cours du service ou du fait de guerre dans des conditions n’ayant pas permis l’attribution d’une pension PMI,
  •  aux descendants ou collatéraux (à l’exclusion des veuves) ayant servi de tierce personne à un invalide et qui, au décès de celui-ci, se trouvent dans une situation précaire,
  •  aux compagnes de militaires ou de victimes civiles décédés ou disparus au cours de la guerre.

    Secours occasionnels

    Ils sont accordés une seule fois en raison d’une difficulté passagère aux anciens militaires non ressortissants de l’ONACVG, aux ayants cause d’anciens militaires et de victimes civiles (veuves non pensionnées, orphelins mineurs, ascendants), aux pensionnés hors guerre, aux compagnes d’anciens combattants.

    Dans tous les cas, les dossiers de demandes sont à déposer au service départemental de l’ONACVG qui transmettra à l’ONAC, département de la solidarité.

    Les types de solidarité

    Les secours

    Ils sont dits « secours d’urgence » et visent à apporter une réponse financière immédiate à des situations exceptionnelles (aide alimentaire, nuit d’hébergement, transport, etc.) Ils peuvent se faire par la remise d’un chèque de service ou sous forme financière, sur décision du directeur du service départemental de l’ONACVG concerné, lequel en informera ensuite la commission départe. mentale qui entérinera. Le montant de ce secours d’urgence peut aller de 5o à 310 euros maximums et peut être renouvelé auprès du ressor tissant autant que de besoin.

    Les aides financières

    Elles peuvent porter sur 3 secteurs : -les dettes locatives, les factures impayées,

  •  les frais médicaux (participation au) frais d’hospitalisation, de dépassements d’honoraires, de mutuelle, etc.),
  •  les frais d’obsèques (seulement pouf les obsèques d’un(e) ressortissant(e de l’ONACVG quelle que soit la personne qui les règle, ressortissant cii ressortissante de l’ONACVG).

    Ces trois types d’aide ne sont pas sys tématiques et se chiffrent en fonctior des difficultés financières engendrée par la dépense occasionnée. Les a1ers financières peuvent s’échelonner entre 160 et 800 euros et les services départementaux peuvent régler directement les créanciers (avec subrogation du bénéficiaire) ou les pompes funèbres. En cas de décès d’un ressortissant isolé ou sans famille. Elles peuvent même aller au-delà du plafond de 800 euros si le cas le nécessite avec l’accord de l’ONAC. La situation d’un même ressortissant peut justifier l’attribution de plusieurs aides au cours de la même année civile. Il faudrait y ajouter la possibilité de pr&s (jusqu’à r5oo euros) sans intérêt.

    Signalons encore qu’en 2010 ce sont 20 millions d’euros d’aide sociale qui ont été attribués pour 65 000 dossiers en France et aux ressortissants dans 40 États dans le monde.

    L’ADCS

    L’Aide différentielle en faveur des conjoint(e)s survivant(e)s d’un ressortissant vise à assurer aux personnes concernées un montant plafond de ressources mensuelles (817 euros au Ier janvier 2011). Les conditions sont au nombre de quatre et se cumulent :

  •  justifier de la qualité de conjoint survivant ressortissant de l’ONACVG (veuves de guerre, conjoints survivants pensionnés, conjoints survivants de titulaire de la carte du combattant ou de bénéficiaires de code PMI),
  •  avoir au moins 6o ans à la demande, - avoir un niveau de ressources men. suelles inférieur au montant du plafond (817 euros),
  •  justifier d’une résidence stable, elfe. tive et régulière dans le ressort eyra. phique du service départemental où est déposée la demande.

    En 2010, ce sont 4 537 demandes qui ont été allouées et, actuellement, k nombre s’élève à 3 705, soit plus qu’au 1er mars 2010.

    Participation financière au maintien à domicile Cette participation est destinée à toit types d’aide :
    1- Frais d’aide-ménagère restant à charge effective d’un ressortissant.,
    2- Participation aux frais de maintien à domicile :

  •  frais de télésurveillance, de portages de repas à domicile (sur la base de frais restant à la charge effective du ressortissant),
  •  adaptation de l’habitation des ressortissants âgés et/ou handicapés après obtention des différentes aides dans le cadre des dispositifs de droit commun (ANAH, Pact arim, Allocation personnalisée pour l’autonomie, aide service départemental, subventions des caisses de retraite, etc.),
    3- Colis des ressortissants âgés hébergés en établissement ou maintenus à domicile.

    Ce n’est ni une obligation ni une priorité ou l’action sociale des services départementaux de l’ONACVG, sachant que le maximum de dépenses autorisées pour ce faire ne peut excéder 5 % du budget social annuel (40 € maxi par colis).

    Financement des budgets sociaux des services départementaux

    Ils sont financés par trois sources : - la subvention de l’État, votée chaque année par le Parlement lors de l’adoption de la loi de finances,

  •  les produits de la collecte du Bleuet de France : 58 % du produit annuel sont consacrés à l’action sociale,
  •  les autres ressources, subventions des collectivités territoriales, les dons et legs. Ils reçoivent 8o % du total en début d’année. Au terme du ler semestre, le bilan examiné permet (ou non) dprêtsisager u15oovolution de la dotation en fonction des disponibilités financières ; et le solde est mis en place début septembre.

    Les Commissions départementales d’aide sociale

    Elles doivent se réunir au moins quatre fois par an, à savoir (théoriquement) en janvier, mai, septembre et novembre. Dans les faits, le temps que soit débloquée la Ire tranche budgétaire, c’est plutôt fin janvier début février pour la 1ere.

    Quant à novembre, c’est au plus tard le 15 du mois car, dans la pratique, au-delà du 18 novembre, le système est tel que les fonds non consommés sont récupérés par le budget.

    Recours à l’encontre des décisions

    Les décisions de rejet ou d’octroi d’aide financière prononcée au plan départemental sont susceptibles de recours devant la commission concernée du Conseil d’administratiopla l’ONACVG, laquelle se réunit deux fois par an.

    La demande de recours est à remettre au service départemental de l’ONACVG concerné qui transmettra à la Commission nationale. A l’issue de la réunion, le ressortissant plaignant est informé individuellement de la dé1erion 1errue. S’il a obtenu satisfaction à son recours, le service départemental concerné effectuera le paiement de l’aide accordée dans le mois suivant la réception de la décision de l’ONACVG national.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 j  

    Décristallisation : Trois associations crient à la spoliation
     

    S’exprimant sur la décristallisation des pensions des anciens militaires et fonctionnaires de l’ex-empire colonial français, trois associations dénoncent une nouvelle stratégie de spoliation par le gouvernement français.

    Dans un communiqué, l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATM F), le Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits (CATRED) et le Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), tout en saluant la victoire politique que constitue l’abrogation des lois de cristallisation avant le ler janvier 2011, accusent le gouvernement de mettre en œuvre une nouvelle stratégie de spoliation.

    Outre le fait que cette décristallisation ne prévoit aucune compensation rétrospective pour les armées de 1959 à 2010, les trois associations dénoncent l’absence de toute mesure officielle d’information auprès des bénéficiaires. En effet, le gouvernement s’est opposé aux amendements parlementaires prévoyant l’information systématique individuelle et a seulement annoncé de façon très vague qu’un décret fixerait des mesures d’information à venir ! Les trois associations reprochent cette situation déjà 1er1er 1err des premières décristallisation de janvier 2007, lesquelles avaient amené la cour des comptes à dénoncer un « manque patent de l’information apportée aux anciens combattants cristallisés ». Selon les trois associations, deux ans après la première réforme (soit 2009) plus de 57 000 personnes percevaient toujours leur retraite du combattant au taux cristallisé et environ 17 000 des 18 000 pensionnés militaires d’invalidité (soit 9 sur o !) étaient e1er1ere.ere.ent à ce taux cristallisé. Le même processus semble à nouveau engagé, d’autant qu’aucun budget n’est prévu pour informer les intéressés et que, Révision générale des politiques publiques (RGPP) oblige, le service chargé de ces dossiers subit une diminution de ses personnels.

    Les trois associations, spécifiant que l’administration verse déjà aux intéressés leur pension et retraite (à un niveau amputé du fait de la cristallisation), demandent l’application automatique de la revalorisation des pensions et retraites au même niveau de taux que les Français et la mise en place d’un mécanisme de réparation pour la discrimination opérée pendant un demi-siècle. L’ARAC soutient leur démarche et demande que, pour le moins, une information simple et systématique soit adressée aux intéressés concernés afin de leur permettre de faire valoir leurs droits.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 k  

    L’accessibilité pour les handicapés : Un scandale de plus !
     

    Des lois existent qui prévoient que, pour chaque construction neuve des règles d’accessibilité soient respectées pour les handicapés. Nc seulement elles ne sont guère respectées, mais voilà que I ’UMP, Sénat, « ouvre une porte » aux bâtisseurs pour y déroger !

    Deux lois (1975 et 1991) , bien que votées, n’ont jamais été appliquées. La troisième, celle de 2005, exige qu’au moins trois critères soient respectés dans les bâtiments neufs : l’accès, la circulation et la possibilité d’aménager le logement dans le futur. Est-ce trop demander que le respect de ces trois obligations légales ?

    Oui, répond le sénateur UMP Paul Blanc, lequel a fait adopter par le Parlement un texte de loi permettant aux constructeurs de bâtiment neuf de ne pas appliquer systématiquement les mesures d’accessibilité aux handicapés, si… « le maître d’ouvrage apporte la preuve de l’impossibilité technique de les remplir pleinement ». Mais quelle impossibilité technique peut-il y avoir quant à rendre accessible un bâtiment… qui n’est pas encore construit ?

    Elle a bonne mine, Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité, d’affirmer devant la Conférence nationale du handicap 2011, qu’en matière d’accessibilité : « les efforts à fournir sont encore importants, mais notre détermination est intacte ! » Et ils étaient tous là pour l’applaudir : Valérie Pécresse, Luc Chatel, Xavier Ber-trand, Nadine Morano, tous ministres, et même le Président Nicolas Sarkozy. Tous, sauf le sénateur UMP Paul Blanc, sans doute trop occupé à faire adopter « sa » loi démolisseuse.

    Ainsi, à un moment où l’Association des Paralysés de France réclame, pour le bien-vivre au quotidien des handicapés, mais aussi des personnes âgées, des blessés temporaires, des enfants…, que soient ajoutés aux obligations légales la présence d’une douche à l’italienne (sans bac), de toilettes suffisamment grands pour permettre la rotation d’un fauteuil roulant et d’un évier évidé dans la cuisine… la majorité sarkozyste leur enjoint de ne pas demander « la lune » et de se contenter de promesses jamais respectées.

    Or, disait un ancien président national de l’ARAC : « Au pays des promesses, on crève defaim ». Les anciens combattants et les victimes de guerre en savent quelque chose, face aux engagements de 2007 reniés par leur auteur… Nicolas Sarkozy. Ils sauront le faire valoir, en 2012.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 l  

    Veuves d’anciens combattants et demi-part d’impôt
     
  •  Les veuves âgées de 75 ans au moins, et dont l’époux décédé était titulaire de la carte du combattant, ont droit à une demi-part supplémentaire leur procurant un avantage fiscal plafonné à 230i euros.
  •  Les veuves ayant élevé seules un ou plusieurs enfants pendant au moins cinq années bénéficient également d’une demi-part non dégressive, avec un avantage fiscal plafonné à 897 euros sur les revenus, et ce quelle que soit la date du décès de leur époux.
    La même règle s’applique pour « enfant rattaché » de moins de 21 ans ou de moins de 25 ans (poursuite des études) ou handicapé quel que soit son âge.
  •  Les veuves dont le mari est décédé en 2008 ou avant cette date bénéficient encore provisoirement de la demi-part ; mais celle-ci ne procure plus qu’un avantage fiscal dégressif plafonné à : 68o euros sur les revenus 20I0, 400 euros sur ceux de 2011, 120 euros sur ceux 2012 et o euro à partir de 2013.
  •  Enfin, les veuves ayant perdu leur mari en 2009, 2010 et 2011 ne bénéficient plus de la demi-part d’impôt accordée aux conjointes survivantes ayant élevé au moins un enfant.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 m  

    Ce qui a changé au 1er juillet 2011
     

    Retraite : entrée en vigueur de la réforme de 2010

    L’âge légal va progressivement passer de 6o à 62 ans, à raison de 4 mois supplémentaires chaque année. Les premières personnes concernées sont celles nées après le 1er juillet 1951.

    L’âge du taux plein est progressivement relevé de 65 à 672301 de 2016 à 2023. Les personnes justifiant d’un taux d’incapacité permanente au moins égal à 20 % continuent à pouvoir partir à 6o ans, ainsi que celles justifiant d’un taux d’incapacité permanente compris entre Io et 20 % après avis d’une commission pluridisciplinaire.

    Transports

    Les forfaits Pass Navigo de la RATP augmentent de 2,7 % sauf la zone 5. La zone 6 est supprimée et fusionnée avec la 5, ce qui fera baisser de11H % le prix payé par ses usagers, ramené de 123,60 € à 109,90 € pour un forfait mensuel. Dans le détail, l’abonnement mensuel des zones :1 et 2 passe à 62 € (+ 2,6 %), I à 3 passe à 80,30€ (+ 2,7 %), I à4, 98,Io € (+ 2,7 %). Le ticket à l’unité demeure à 1,70 €. Le ticket de bus passe à 1,90 € (+ 5,5 %) tandis que le carnet de Io tickets passe à 12,50 € (+ 4,2 %). Les tarifs des trains inter cités et TER augmentent en seconde classe avec des hausses comprises entre Io centimes et 2,70 € en fonction des destinations. Le prix des cartes de réduction reste inchangé.

    Énergie, électricité

    La facture des ménages augmente de 2,9 % au le’ juillet, celle des industries et des grandes entreprises de 4,4 % à 4,9 1erGaz : pas1951.ausse de tarif. Consommation, La Poste Le prix du timbre pour les envois de lettres de moins de 20 g augmente de 2 centimes : 0,58 à 0,60 €.

    SMIC

    Pas d’augmentation automatique du SMIC. Elle pourrait intervenir, la revalorisation du salaire minimal étant automatique, dès que la hausse des prix aura atteint 2 % depuis sa dernière revalorisation, à savoir le 1err janvier.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 n  

    L’importance du travail de mémoire
     

    Lors de la réunion, le 10 juillet 2011 à Montreuil, pour célébrer l’appel à lction et au rassemblement contre l’occupant du 10 juillet 1940 à l’initiative de Jacques Duclos et Maurice Thorez, Patrick Staat est revenu sur l’importance de ces initiatives et du travail de mémoire. Surtou98,10n moment où la volonté du gouvernement est de s’attaquer et de détruire tous les acquis du programme du CNR, de démant110r les services publics avec la RGPP.

    « Sécurité sociale, nationalisation, droit au travail, la liste est longue de ce qui constitue aujourd’110 un véritable recul de la société (…) Nos enfants, nos petits-enfants vont-ils vivre plus mal que les générations qui les ont précédées et qui se sont battues 1e’r une société démocratique et solidaire. C’est un enjeu majeur des combats d’aujourd’hui (…) Dans les heures les plus sombres de notre histoire, des hommes et des femmes se sont levés pour défendre les valeurs et acquis républicains, la liberté, la dignité humaine, le respect de chacun, le droit de vivre dignement (…) Nous sommes les héritiers de1789, des grandes avancées de la Révolution française, des espoirs et des utopies de la Commune de Par1ers (…) Toute cette histoire, toutes ces luttes, toutes ces actions pour construire jour après jour le pays d’aujourd’hui, doivent être connues (…) Oui l’histoire de France, l’histoire de notre pays est un combat permanent. C’est le combat de l’émancipation humaine (…) Tous ces appels à la Résistance de l’été 4o auront peu à peu la plus grande résonance et l’influence la plus déterminante. Ils seront la base de grandes convergences patriotiques qui constituera le ciment de l’union de la Résistance, de la mise en place du programme du CNR (…) Permettez-moi enfin pour finir d’avoir une pensée particulière pour Jacques Duclos (…) Il est bon de rappeler l’un de ses derniers messages : « Ce que mes yeux ne pourront peut-être pas voir, d’autres yeux le verront, et la lumière l’emportera sur les ténèbres, la vie sera plus forte que la mort » (…) C’est pour cela que le travail de mémoire est un travail d’aujourd’hui, d’actualité, d’éducation, une action qui permet de comprendre les enjeux, les combats, les responsabilités d’hier pour mieux construire notre avenir (…) Comprendre les enjeux d’hier, c’est avoir plus de lucidité pour s’engager dans les combats d’aujourd’hui. »

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 o  

    LIVRES : La Résistance au centre de la France
     

    Pierre Louty et les éditions de la Veytizou ont voulu donner la parole à la Résistance, aux maquis et aux ombres tragiques de cette terrible période. D’où la trilogie évoquée ci-dessous.

    Au cœur du maquis

    Ce tome II se veut encyclopédie de la Résistance en Allier, Cantal, Charente et Charente-Maritime, Cher, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde, Indre, Lot, Puy-de-Dôme, Haute-Vienne. Y apparaissent le commandant « Soleil » et ses hommes (dont Amigo et Routat, gardes du corps de René Cousteillier, Brandely, etc), le colonel Bernard, Georges Guingouin et tant d’autres, paysans, ouvriers, artisans, commerçants, fonctionnaires… dont certains subiront encore la haine des ex-collabos après la Libération.

    Au coeur du Maquis , 704 pages, 49,95 euros A commander aux Editions de La Veytizou, 87130 Neuvic-Entier.

    C’était le maquis

    A travers vingt-quatre récits, ce tome I évoque les débuts de la Résistance sous l’occupation, les premiers tracts appelant à la Résistance, les filles et les garçons audacieux qui allaient braver l’occupant et écrire en lettres de sang, sur notre sol, l’épopée des maquis dans le Limousin, la Haute-Vienne, en Charente, Charente-Maritime, Auvergne, Périgord, Poitou, Quercy, Montagne Noire, Gironde, toute une épopée racontée et illustrée à travers les hommes et les femmes de la Résistance.

    C’était le Maquis, 352 pages, 29,50 euros A commander aux Editions de La Veytizou, 87130 Neuvic-Entier.

    Histoires tragiques du maquis

    C’est un long martyrologue que présente ce 3e volume à travers le calvaire de résistants du pont Lasveyras au bois Combert, du Petit Parry à la forêt d’Aulnay, à ceux de Lanobre, Sarlando, Grammont et du Sidobre, aux pendus de Tulle, aux martyrs d’Oradour, aux massacrés du Lot et de Combeauvert, terrible calvaire de ceux qui, par-delà les sanglantes représailles, allaient refuser la terreur de l’occupation. Ces Francs-tireurs vont se redresser, se rebiffer, entrer dans l’action de Montluçon à Mazamet, de Beaulieu-sur-Dordogne à la forêt de Rochechouart, de la ferme aux Loups de Sainte-Pezenne aux portes de La Souterraine. Certains n’avaient pas encore 20 ans et d’autres deux ou trois fois plus. Ils chantaient La Marseillaise ou l’Internationale en tombant ; d’autres priaient ou se taisaient. Mais tous avaient au coeur la certitude de la victoire finale sur le nazisme. Leurs sacrifices ne seront pas vains et ils méritent que ce livre les honore et que leur mémoire continue de nous guider.

    Histoires tragiques du Maquis, 970 pages, 59,5o euros A commander aux Editions de La Veytizou, 87130 Neuvic-Entier.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 o  

    LIVRE : La mort est sans scrupule : Philippe Pivion, Éditions du Losange, 20 €
     

    Le premier livre de Philippe Pivion. Dans ce roman, qui peut être qualifié d’historique, se tricotent quatre périodes essentielles, quatre moments tragiques de l’histoire du 20e siècle : la première guerre mondiale (1914-1918), la crise de 1929 nourrissant la montée du fascisme, l’invasion nazie de 194o et l’État pétainiste, la Libération et la victoire du 8 mai 1945.

    Pris par les pages « historiques », décrivant la situation tragique des combats de 14-18, me revenaient en mémoire les pages du Feu de Barbusse. Mais je pensais aussi au Week-End à Zuydcote de Robert Merle en lisant les pages consacrées à juin 1940. Et le lecteur vit toutes les souffrances des combattants trahis par les responsables de « la drôle de guerre ». Il vit aussi, le sort dramatique des juifs traqués et massacrés.

    Les héros de Philippe Pivion s’agitent dans le tunnel des événements tragiques, bousculés par les drames des guerres militaires et civiles, mais ils ont la liberté d’obéir à la fatalité ou de défendre leur « cheval d’orgueil », ce cheval breton qui reste la propriété de chacun, même lorsque rien ne lui appartient plus. Les couleurs des pages de La mort est sans scrupule sont souvent grises ou noires. Mais il est vrai que la période dans laquelle vivent les personnages ne prête guère aux couleurs tendres de l’aurore.

    Dans la nuit des bombardements, des exodes, des camps de concentrations et des prisons, luisent, de temps en temps, les lueurs entretenues par ceux qui luttent encore et ne désespèrent jamais. Ce sont ces lumières qui donnent encore l’espérance de vie et de liberté. C’était vrai hier. C’est encore vrai aujourd’hui.

    G. D.

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      N° 774-775 - juillet-août 2011 o  

    LIVRE : Le complot de l’ordre noir
     

    Le premier livre de Philippe Pivion, La mort est sans scrupule, nous tenait en haleine sur trois guerres : 14/18, 1939/1945 et la guerre d’Algérie. Les personnages de ce deuxième livre vivent seulement l’année 1934. Cette année-là commence avec l’affaire Stavisky et est particulièrement marquée par la montée du fascisme. 6 février 1934, le jour où l’ARAC a dû combattre sur le pavé les activités de l’Action française et des Croix-de-Feu du colonel de La Rocque.

    Le complot de l’ordre noir, c’est celui qui coûta la vie au ministre Barthou, ouvrant la voie à tous les abandons qui plaçaient la France sur la pente fatale menant jusqu’au désastre de l’invasion nazie et de la collaboration pétainiste. Philippe Pivion a le secret pour faire de ces événements un récit haletant comme le meilleur des romans policiers. On découvre aussi Louis Barthou comme un héros pacifiste qui paie de sa vie ses efforts contre la guerre. On comprend mieux pourquoi l’Histoire officielle l’a jeté dans les caves de l’oubli, son courage rendant encore plus odieux le défaitisme et les trahisons des Daladier, des Mauras, des Weygand et des François Poncet. Et la balle qui a tué Barthou provenait des armes de la police française…

    Le livre de Philippe Pivion est une oeuvre romanesque. Mais le 93 de Victor Hugo était aussi une oeuvre romanesque et qui mieux que Victor Hugo nous a fait connaître et vivre la chouannerie et les luttes des Bleus républicains ? Un livre à lire pour le plaisir et aussi pour la connaissance de cette année 1934, à la fois glorieuse pour les combattants antifascistes et si terriblement efficace pour la montée du fascisme et de la guerre.

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    1. Le Réveil des Combattants N° 735-736 – octobre - novembre 2007
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      24 février 2011

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      14 septembre 2006

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      8 avril 2007

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      31 décembre 2011

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      31 décembre 2011

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    85. 90e anniversaire de la création de l’ONAC
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