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Le Réveil des Combattants N° 777 - octobre 2011.
Publié le dimanche 1er janvier 2012

Sommaire :  

  •   Communiqué du Secrétariat national de l’ARAC : Le 11 Novembre doit rester le jour de célébration de l’armistice de 14/18
  •   Décès d’Henri Karayan L’un des derniers combattants du groupe Manouchian
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Comme hier, aujourd’hui Combattons le fascisme ! il y a urgence ! : Edito
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Comme hier, aujourd’hui combattons le fascisme ! IL Y A URGENCE !
  •   La CGT de l’ONAC : Non à la casse de l’office - Maintien du service public !
  •   Budget 2012 des ACVG : Au « nouveau » Sénat de s’affirmer !
  •   Commission nationale de la carte du combattant
  •   Le 17 octobre 1961, c’est bien un crime d’État qui a eu lieu
  •   Pension d’invalidité : valeur du point
  •   Pensions de conjoints survivants au taux de soldat
  •   LIVRES : La BD et les guerres
  •   LIVRE : Baron rouge et cigogne blanche

     

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      N° 777 - octobre 2011 a  

    Communiqué du Secrétariat national de l’ARAC : Le 11 Novembre doit rester le jour de célébration de l’armistice de 14/18
     

    Bien qu’il n’ait pas remis en cause la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, le Président de la République demande au gouver¬nement de présenter une proposition de loi faisant du 11 novembre la date commémorative d’hommage à tous « les morts pour la France » de toutes les guerres qu’elle a menées.

    L’ARAC approuve les positions pri¬ses par l’UFAC en la matière, repous¬sant toutes les propositions qui n’ont d’autres objectifs que d’aboutir à l’ins¬tauration d’une journée nationale du souvenir, incompatible avec la symbo¬lique de chacune des grandes dates de notre histoire contemporaine. Ainsi, lors de chaque manifestation patrioti¬que, des grands témoins qui vécurent les tourments et les combats, les té¬moins de témoins comme l’a souhaité Lucie Aubrac, contribuent à l’indispen¬sable travail de mémoire auprès des générations nouvelles leur permettant ainsi de mieux comprendre le présent. Toutes les familles de France, quelles que soient leurs origines géographi¬ques, ont été meurtries par la guerre de 1914-1918. Mais également par toutes les autres guerres qui ont suivi. Ces fa¬milles témoignent d’une manière ou d’une autre de l’impact de ces drames sur leurs vies et celle de leurs proches. Que tous les « morts pour la France » méritent l’hommage de la Nation, c’est incontestable ; mais cet hommage doit prendre en considération les singulari¬tés de chaque conflit. Gommer les signi¬fications de chaque conflit en les com¬mémorant ensemble, c’est occulter les valeurs symboliques spécifiques pour lesquelles nos concitoyens sont morts.

    Vouloir imposer et mêler tous « les morts pour la France », c’est porter atteinte, de façon autoritaire et antidé¬mocratique, au cadre dans lequel doit s’exercer la transmission et l’appropria¬tion de la mémoire historique par les générations nouvelles. C’est découra¬ger par la profusion des motifs en une seule cérémonie la compréhension des citoyens et des citoyennes. C’est aussi réaffirmer la volonté gouvernementale de ne pas reconnaître la vérité histori¬que du cessez-le-feu en Algérie du 19 mars 1962 dont le 50e anniversaire doit être impérativement et largement com¬mémoré en 2012.

    L’ARAC déclare inacceptable cette pro¬position du chef de l’État et elle inter¬pellera l’ensemble des parlementaires et l’opinion publique pour leur faire connaître sa position.

    Souhaitant que tous « les morts pour la France » reçoivent l’hommage de la Na¬tion, l’ARAC demande qu’une journée de mémoire soit consacrée aux « morts pour la France » des OPEX et que le 19 mars de chaque année soit la date de cé¬lébration officielle de commémoration du cessez-le-feu qui permit de mettre fin à la guerre d’Algérie ainsi que l’hom¬mage à tous les sacrifiés de ce conflit.

    Villejuif, le 14 novembre 2011

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      N° 777 - octobre 2011 b  

    Décès d’Henri Karayan L’un des derniers combattants du groupe Manouchian
     

    « Je n’ai jamais tué d’Allemands, je n ’ai tué que des nazis ». Voilà ce qu’avait coutume de répondre Henri Karayan lorsqu’on l’interrogeait sur ses actions armées durant la Résistance. Henri Karayan est décédé mardi 2 novem¬bre. Il avait été l’un des compagnons de Missak Manouchian et était l’un des derniers témoins du groupe des FTP-MOI, de ces hommes et ces femmes, « Français de préférence », dont l’Affi¬che Rouge perpétue le souvenir. Né en 1921à Istanbul, dans une famille armé¬nienne victime du génocide de 1915. Missak Manouchian, intellectuel enga¬gé qui avait adhéré au Parti communiste français en 1934 et qui participait avec Henri Barbusse et Romain Rolland au mouvement Amsterdam-Pleyel contre la guerre, travaillait à mettre sur pied une nouvelle structure : l’Union popu¬laire franco-arménienne. C’est dans ce cadre que la famille Karayan reçoit sa visite. Le jeune Henri a alors 17 ans. Entre le jeune homme et l’intellectuel, le courant passe.

    « Quand nous évoquions l’actualité », té¬moigne encore Henri Karayan, « nous étions si bien en résonance que j’aurais presque pu terminer ses phrases ». En mai 194o, Henri Karayan est incarcéré à la prison Saint-Paul de Lyon. En avril 1943, il s’engage dans la lutte armée. Il est incorporé aux côtés de Marcel Rayman et de Tamas Elek, au groupe de jeunes FTP-MOI, sous le commande¬ment de Missak Manouchian.

    Jusqu’à il y a quelques mois, il n’a cessé de témoigner, d’expliquer les valeurs et les motivations qui l’ont habité, la fraternité qui le liait à ses camarades de combat, leur lutte pour la liberté et l’universalisme. Respect à l’homme et ses combats.

    Le Secrétariat de l’ARAC

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      N° 777 - octobre 2011 c  

    LE CAHIER MEMOIRE : Comme hier, aujourd’hui Combattons le fascisme ! il y a urgence ! : Edito
     

    ÉDITO-Par Paul Markidès

    Comme l’expliquait Henri Barbusse dans l’article du journal japonais Kaizo en 1926 : « La création et l’évolution du fascisme résultent de l’état de malaise et d’incertitude, des difficultés grandissantes de la vie qui surgissent de toutes parts, en un mot de la situation précaire où se dé¬battent… toutes les couches moyennes de la population. » Et j’ajouterai les couches modestes. Il souligne ensuite, « Le vrai moteur du fascisme, ce sont les pouvoirs d’argent. »

    La situation que nous connaissons aujourd’hui en France et en Europe no¬tamment en Hongrie et dans les pays baltes, celle de nos anciennes colonies, celle de nombre de pays sur notre pla¬nète ne peuvent que nous sauter aux yeux en lisant les lignes des articles qui suivent.

    Ne laissons pas surprendre notre vigi¬lance. Avec l’ARAC, opposons-nous à ces politiques qui ouvriront la voie au fascisme si elles étaient poursuivies !

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      N° 777 - octobre 2011 d  

    LE CAHIER MEMOIRE : Comme hier, aujourd’hui combattons le fascisme ! IL Y A URGENCE !
     

    Des années 1920 à ce début du XXIe siècle, dans des contextes historiques différents, les enjeux restent toujours les mêmes : guerre ou paix, dictature ou démocratie, exploitation du plus grand nombre ou partage des ressources entre tous les hommes, entre tous les peuples. Pour l’ARAC, l’objectif reste le même : lutte pour le respect des idéaux républicains, traduits par la devise française issue de la Révolution de 1789 Liberté, Égalité, Fraternité.

    Par Georges DOUSSIN (Extraits)
    Georges Doussin est président honoraire de l’ARAC

    Hélas, le monstre du fascisme a déjà de nouveau envahi plusieurs pays d’Europe et obscurci le ciel de France.

    L’histoire de notre pays nous fait percevoir que les politiciens des républiques qui ont présidé aux destinées du peuple de France ont trop souvent été, et sont en¬core trop souvent, de médiocres gestionnaires des intérêts de tous les citoyens qui les ont élus.

    Mais abandonner les principes de la démocratie républicaine pour remettre le destin du peuple de France entre les mains de celles ou de ceux qui rêvent d’exclusion, d’atteintes aux libertés, de règne de la force, de la haine et de la vio¬lence aveugle, c’est jeter le pays, pieds et poings liés, dans les serres d’une dictature qui ne peut exister que par la négation de la liberté, le refus de l’égalité, le rejet passion¬nel de la fraternité humaine.

    Le fascisme italien est né en 1919 et Mussolini a reçu du roi d’Italie les pleins pouvoirs en 1922. Le fascisme nazi est né également en 1919 et Hitler obtint les pleins pouvoirs en 1933.

    Dès 1926, Henri Barbusse, co-fondateur de l’ARAC en 1917 fait, dans un journal japonais, une analyse lucide des terrains sur lesquels le fascisme prolifère.

    Le vrai moteur du fascisme, ce sont les pouvoirs d’argent « La création et l’évolution du fascisme résultent de l’état de ma¬laise et d’incertitude, des difficultés grandissantes de la vie qui surgis¬sent de toutes parts, en un mot de la situation précaire où se débattent actuellement dans presque tous les pays toutes les couches moyennes de la population.

    Le vrai moteur du fascisme, ce sont les pouvoirs d’argent, qui ont su et qui ont pu, grâce aux moyens gigan-tesques de publicité, de propagande et d’action dont disposent ceux qui disposent des richesses, attacher à leur politique la petite et moyenne bourgeoisie, en canalisant dans le sens de la conservation et de réaction sociale son mécontentement, ses appréhensions et ses souffrances.

    … Partout le capitalisme a suscité le fascisme. Il l’a mis sur pied et lui a donné l’élan. Et ce n’est un secret pour personne que le fascisme italien et tous les autres fascismes nationaux sans exception se sont accrus grâce à l’appui financier de la grande bourgeoisie riche, de la grande industrie et des banques. Le fascisme sort du capitalisme. Il en est la résultante logique, le produit organique. C’est l’armée qu’il jette dans la lutte socia¬le pour maintenir coûte que coûte ce qu’il appelle ses droits et ce que nous appelons seulement : ses profits… En conséquence de ses principes constitutifs, le fascisme a deux buts, l’un politique, qui est l’accaparement de l’État ; l’autre économique, qui est l’exploitation du travail et sa raison d’être… » (Henri Barbusse, journal japonais Kaizo - 1926 - Le Réveil des Combattants, décembre-jan¬vier 2004-2005)

    Le fascisme a vingt masques Appelant les jeunes à participer au Congrès mondial de la jeu¬nesse les 5, 6, 7 août 1933 à Paris, l’écrivain Romain Rolland, an¬cien combattant de 1914-1918 et actif militant de la paix, s’adresse aux jeunes en ces termes, com¬plétant ainsi les propos d’Henri Barbusse :
    « Le fascisme a vingt masques. Il s’accommode au visage de chaque peuple. Il est ici, militaire ou clérical ; il est, ailleurs, capitaliste ou démocratique ; il grimace même le socialisme ; son infection peut se développer dans tous les bouillons de culture et d’inculture. Mais quel que soit son masque, il a toujours le même caractère essentiel : il est un étatisme nationaliste. Il subordonne tout à la maison et à l’État dictatorial qui se personnifie avec elle, pour l’absorber et l’asservir. Nous disons, nous : « Le nationalisme, voilà l’ennemi ! » Jeunes camarades, que ce soit notre devise de combat ! Cet ennemi, nous n’avons pas seulement à le combat¬tre au dehors. Nous devons l’extirper de nos poitrines. Méfions-nous ! Il a des racines bien tenaces. Beaucoup de ceux qui sonnent la charge contre l’hitlérisme, le font, inconsciemment ou consciemment, par nationalisme. Nous avons vu partir en guerre, et dès la première heure, les journaux de l’état-major et de la bourgeoisie co¬cardière, nos vieilles connaissances de la guerre dernière, les jusqu’au-boutistes, les « Souvenez-vous ! » N’oubliez jamais ! … Nous ne mar¬chons pas pour ces gens-là. Et nous non plus, nous n’oublions pas que ce sont eux les premiers responsables du fascisme hitlérien, né du délire et du désespoir d’un peuple exaspéré par ses vainqueurs. Ce sont eux qui ont toujours entretenu les haines mor¬telles contre les nations. Et nous qui répudions les divisions entre nations, si nous avons de la haine à dépenser, réservons-là contre ceux qui vivent de la haine entre les peuples !… »

    Les événements d’Allemagne en 1933

    L’avènement du fascisme hitlé¬rien au pouvoir en Allemagne en 1933 compte pour le plus impor¬tant des évènements d’après 14¬18. Voici comment le décrit Guy Jerram, (Réveil des Combattants de mars 1933) :
    « Les anciens combattants qui ont assisté en 1918, soit à l’armée du Rhin, soit comme prisonniers révolu-tionnaires qui ont entraîné la chute de l’Empire, en sont à se demander par quel concours de circonstances, en moins de 15 ans, le peuple des sol¬dats et des travailleurs, tout puissant alors, tandis que les couronnes des monarques roulaient dans les ruis¬seaux, en soit aujourd’hui à subir les pires violences d’une réaction terrible dont les exploits seront comparés aux périodes les plus obscures de l’histoire de l’humanité.

    Il y a quelques années à peine, les sociaux-démocrates tenaient le pou¬voir dans le Reichs-bund (Assemblée nationale). Quiconque alors aurait prévu l’avènement du fascisme hitlé¬rien aurait été traité par le mépris ou pris tout simplement pour un esprit déséquilibré.

    C’est un tragique dossier à ouvrir que celui des responsabilités dans un tel moment où, des casernes alle-mandes, montent les cris de douleur et les appels de milliers d’hommes parmi les meilleurs qui sont torturés et fusillés par la canaille à la solde des hobereaux et des industriels al¬lemands. Cependant, il ne faut pas hésiter à marquer au fer rouge l’atti¬tude des hommes qui en 1918 et 1919 sauvèrent le capitalisme allemand en assassinant Karl Liebknecht, Loguichès et Rosa Luxemburg, en détruisant le Spartacus Bund et les conseils ouvriers en Bavière et dans toute l’Allemagne.

    Ces mêmes hommes au pouvoir ont détruit l’organisation du Front rouge, alors qu’ils donnaient licence aux bandes hitlériennes naissantes, toutes les possibilités pour s’armer et préparer leur sauvage réaction.

    Par contre, les sociaux-démocrates allemands ont refusé toute action de front unique qui aurait permis de ba¬layer la peste brune… Le Vorwaerts, organe socialiste central, écrit que, sans la constitution de Weimar, Hitler, homme sortant du peuple, n’aurait pu gravir les hauts échelons du pouvoir !

    … Les responsabilités des naufra¬geurs du peuple allemand, crucifié ignoblement par la marée hitlérien¬ne, ne doivent pas effacer les nôtres, anciens combattants français. Nous avons laissé faire la paix de Versailles par les généraux fusilleurs, par les profiteurs de la guerre de notre pays. Le monstrueux traité qui a mis l’Al-lemagne à genoux en lui découpant son territoire, a été générateur de na¬tionalisme. »

    L’année 1933

    L’année 1933 restera dans l’his¬toire une année tragique. Tout d’abord par la montée du fascisme hitlérien, ensuite parce que tous les fascistes d’Europe s’appuient sur un nationalisme exacerbé qui sévit également en France. Henri Barbusse et Romain Rolland mul¬tiplient les initiatives. Le Congrès mondial de la Jeunesse a pour but de rassembler et de mobiliser la jeunesse contre le fascisme.

    En avril, a lieu à Tours le 15e Congrès de l’ARAC. Le manifeste du Congrès appelle à l’union des anciens combattants et victimes de guerre de France. En septem¬bre, le même appel est lancé par les congressistes et par Barbusse au Congrès de l’Internationale des anciens combattants. Barbusse renouvelle cet appel à Paris au Congrès mondial des jeunesses contre la guerre : « … Tous ceux qui veulent influer, dans un sens ou dans l’autre, sur l’ordre de choses présent, ont les yeux fixés sur la jeunesse. Elle est au foyer, elle est le foyer de l’agita¬tion politique.

    Les rois actuels des pays capitalistes, ceux qui règnent sur les cinq sixièmes du monde, font, aux jours où nous sommes, un effort désespéré pour rallier la jeunesse des villes et des campa¬gnes à leur formule de conservation et de réaction sociales. Ils les appellent à la guerre et au fascisme. C’est que, connaissant l’âme intrépide et frémissante des jeunes gens, on leur présente la guerre et le fascisme dans un rayonnement d’héroïsme et de résurrection…

    Cette tragique duperie doit prendre fin ! Déjà, sur tous les horizons, et de toutes les couches sociales, nous voyons de fortes minorités de jeunes gens s’insurger contre ces sanglants sophismes. Déjà les yeux s’ouvrent et les esprits s’éveillent ; déjà la jeu¬nesse du monde discerne de mieux en mieux ce qui se cache derrière les appels à la guerre, derrière le décor pompeux des « rénovations »fascis¬tes : la tuerie, le charnier, la ruine, l’effondrement du progrès humain. … Nous vous appelons à la lutte uni¬fiée contre les régimes générateurs de tous les fléaux…

    Jeunes gens, dans tous les pays, contre la guerre et le fascisme, unis¬sez-vous !

    (Extrait de L’Appel du Comité mon¬dial aux jeunes - Henri Barbusse, juillet 1933)

    Les années 1934-1935

    En janvier 1934, Camille Chau¬temps était chef du gouverne¬ment. Le scandale surgit d’une escroquerie financière : le « sui¬cide » d’un certain Stavisky qui avait des complicités dans la po¬lice, la magistrature et le Parle¬ment. C’est l’occasion rêvée par les ligues factieuses pour tenter d’organiser des manifestations pour se lancer à l’assaut du Parle¬ment et abattre la République.

    Le 6 février, Daladier doit présen¬ter le gouvernement qu’il vient de former. Ce même jour, l’ARAC a appelé ses anciens combattants à manifester « contre le régime des profits et des scandales, contre ses mandataires, le gouvernement de Daladier, auteur de la révision des pensions, contre la politique impé-rialiste, pour l’arrestation de Chiap¬pe, contre le fascisme et la guerre ». Trois mille membres de l’ARAC sont dans la rue. Ils se battent contre les Croix-de-Feu du colo¬nel de La Rocque soutenu par les militants de l’UNC. C’est là une des grandes pages de l’histoire de l’ARAC. Après ces évènements, l’ARAC appelle au front unique contre les « décrets-lois », contre le fascisme qui monte dans notre pays. Relatant ces événements dans son journal Le Réveil des Com¬battants, l’ARAC précise : « L’âme du complot fasciste, c’était Chiappe ! Chiappe, l’ennemi de toujours de notre association. Chiappe, que les anciens combattants ont toujours trouvé devant eux, lorsqu’ils mani¬festaient à l’appel de l’ARAC pour la défense de leurs droits. Chiappe qui les fit matraquer à maintes reprises et qui fit arrêter arbitrairement les dirigeants de notre association. Oui, l’ARAC était aux Champs-Élysées le 6 février, et c’est à son honneur. Elle s’affirmait ainsi comme une des pre¬mières à comprendre le péril fasciste, et à s’y opposer résolument… »

    Si l’intervention de l’ARAC ne parvint pas à empêcher l’émeute fasciste, on peut néanmoins pen¬ser qu’elle contribua à en affaiblir la portée… Faut-il le rappeler, au lendemain de l’émeute fasciste, quelle part l’ARAC prit aux jour¬nées antifascistes des 9 et 12 fé¬vrier ? Pas un instant son ardeur antifasciste ne se ralentit, puisque aussi bien elle savait que la cause et l’intérêt des anciens combat¬tants se confondent avec le succès de la lutte antifasciste.

    Le 13 mai et le 11 novembre Le 13 mai 1934, pour ne mar¬quer que les principales étapes, l’Union départementale de la Confédération organisait pour la fête de Jeanne d’Arc un défilé « silencieux » et toujours, comme on pense, au nom « de l’honneur et de la propreté » !

    L’ARAC décide, dans les mêmes conditions que le 6 février, de se mêler au cortège. Elle le fit. Elle groupa des milliers de victimes de la guerre au Carrousel. Les cris de « A bas la guerre ! A bas le fascisme ! Rivollet démission, A bas les 3 % ! », retentirent. Et l’ARAC transforma ainsi la manifestation en manifestation de défense des droits acquis.

    Le 6 février 1935

    Quand, pour l’anniversaire du 6 février, les ligues armées me¬nacèrent à nouveau de lancer leurs sections d’assaut, l’ARAC s’empressa de se joindre au vaste mouvement de 98 organisations qui appelaient leurs 500 000 ad¬hérents à submerger toute tenta¬tive éventuelle des groupements factieux. L’ARAC trouvait là, en effet, une application exacte de sa politique : il s’agit pour elle non pas d’opposer un clan à un clan, une troupe de choc à une troupe de choc, mais de réunir tous les anciens combattants sans distinc¬tion d’opinion pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts contre ceux qui veulent y porter atteinte. De là, la position de l’ARAC contre le fascisme. Le fascisme c’est la réduction des pensions. A bas le fascisme ! Le fascisme c’est la suppression des libertés, dont on parlait tant dans les tranchées. A bas le fascisme ! Le fascisme, c’est le surarmement dont Hitler nous offre l’exemple, c’est la mobilisa¬tion à tout bout de champ comme le pratique Mussolini. A bas le fas¬cisme ! L’ARAC poursuivra dans cette voie.

    L’ARAC, face aux trahisons et la barbarie fasciste

    Les luttes contre les intérêts ca¬pitalistes et contre les fascistes de France ont permis l’unité et la victoire du Front populaire. Le lâ¬che abandon de la République es¬pagnole, livrée au fasciste Franco, les honteux accords de Munich, qui laissaient la voie libre à Hitler pour envahir l’Europe, le chemin ouvert à Pétain par toutes les trahi¬sons des gouvernements Reynaud et Daladier et des chefs militaires, organisateurs de la drôle de guer¬re et responsables de la débâcle de l’armée française, ont conduit au désastre de 1940. Mais c’est par décision de ces mi¬nistres capitulards que l’ARAC a été dissoute et ses responsables et ses militants jetés en prison dès octobre 1939. Ils étaient 282 inter¬nés à l’île d’Yeu, lors de l’invasion nazie. Ceux qui ont échappé aux prisons françaises sont rentrés en résistance. Et la liste des militants de l’ARAC, martyrs de la Résistance au nazisme compte plus de 250 noms.

    Si nous rappelons ce passé dra¬matique d’une association d’an¬ciens combattants aux généra¬tions d’aujourd’hui, c’est pour les inciter à se pencher sur le présent et sur l’avenir, pour les voir aussi lucides et autant engagés pour ne pas vivre, à leur tour, les consé¬quences désastreuses de l’aban¬don des idéaux républicains au bénéfice du règne de la contrainte policière, du mépris, de la haine et de la violence, rejetant tout hu¬manisme.

    Les années qui ont suivi la victoire sur le fascisme nazi, malgré une France ruinée par la guerre et l’oc-cupation hitlérienne, ont été des années de progrès et d’espérance portés par la mise en application du programme adopté par le Conseil national de la Résistance et ratifiée par les gouvernements issus de la Libération.

    Il a fallu le terrain mortifère des guerres coloniales pour voir re¬naître et ressurgir de plus en plus actifs et de plus en plus dange¬reux, la xénophobie et le racisme, éléments constructeurs des idéo¬logies fascistes. C’est dans les années dramatiques de la guerre d’Algérie que le fascisme s’est de nouveau présenté à visage décou¬vert. Après 6 ans de guerre en Al¬gérie, en 1961, le 22 avril, sous la conduite de 4 généraux félons, les factieux s’emparent du pouvoir en Algérie, sans résistance des auto¬rités françaises en Algérie. Leurs buts : empêcher la paix en Algérie et instaurer le fascisme en France. C’est au cours de ces événements que les « appelés » en Algérie font obstacle aux officiers factieux en refusant leur participation au coup d’État militaire. En mai, les attentats OAS continuent en France, en Algérie et s’amplifient en juillet. En août-septembre, on dénombre 1072 plasticages OAS. Le 19 novembre, le gouvernement interdit la manifestation anti-OAS prévue à Paris. Le 23 novembre, 13 plasticages à Paris.

    1962, la France face à la menace fasciste

    L’année 1962, les crimes de l’OAS continuent. Le 8 février, pendant les manifestations pour la paix en Algérie, 8 manifestants sont tués (dont un militant de l’ARAC, Édouard Lemarchand) par la po¬lice de Papon.

    Et c’est enfin la signature des Accords d’Évian qui permet le ces¬sez-le-feu le 19 mars, et qui ouvre une ère de paix que n’avait pas connu la France depuis 1959. Le 8 avril, les Accords d’Évian sont rati¬fiés dans un référendum par 91% des citoyens français. Le 21 août, le général de Gaulle échappe à un at¬tentat au Petit Clamart. Ce sont les fascistes coupables de cet attentat que les fascistes d’aujourd’hui ho¬norent en leur élevant des stèles et en organisant des cérémonies où ils sont traités en martyrs et en héros.

    Cette situation, Le Réveil des Com¬battants paru en mars 19 62 l’a décrite sans équivoque : « L’OAS poursuit impunément son activité criminelle. Attentats au plastic, as¬sassinats, rapts d’enfants, opérations de racket se multiplient. On a pu dé¬nombrer en un an plus de six cents attentats, quatre cents pour la région parisienne. Il est impossible d’en éta¬blir la liste pour l’Algérie où chaque jour apporte, hélas, son contingent de morts et de blessés, victimes des fascistes.

    En France, ils ont tué lâchement Camille Blanc, le maire d’Évian, Georges Mulard, ouvrier de l’aéro¬port d’Orly, Alfred Locussol, inspec¬teur de l’Enregistrement à Alençon, Roger Boissier, employé au Quai d’Orsay. Ils ont fait des dizaines de blessés, parmi lesquels des enfants ont été grièvement atteints. La petite Del-phine Renard est défigurée.

    A la vérité, l’OAS n’est pas autre chose qu’une organisation fasciste dont les buts sont nettement définis dans les documents publiés par son chef, l’ex-général Salan. Il s’agit non seulement de s’opposer au rétablis¬sement de la paix en Algérie, mais d’instaurer en France une dictature fasciste…

    Comme chacun le sait, l’OAS est condamnée par l’immense majorité de l’opinion publique française. Elle tire son audace des complicités dont elle bénéficie au sein de l’armée, de la police, de l’État lui-même. Son arme préférée est la terreur.

    Au lendemain de l’affreuse mutila¬tion de la petite Delphine, l’émotion fut des plus grandes dans le pays. Une manifestation fut décidée, à la¬quelle notre association donna son accord, en vue d’exiger la mise hors d’état de nuire de l’OAS et de protes¬ter contre la mansuétude dont fait preuve le pouvoir à son égard. Plus de 20 associations s’associèrent à cette manifestation qui revêtit une grande ampleur et se déroula de la façon la plus pacifique. Jusqu’au moment de la dislocation où la police, sous la responsabilité du préfet Papon, char¬gea avec une sauvagerie inouïe. Neuf démocrates, dont trois femmes, un enfant de 16 ans, devraient trouver la mort sous les coups de la police… Une vague d’indignation et de colère souleva le pays, qui s’exprima par la grève générale du 13 février et par l’organisation d’obsèques grandioses où participèrent un million de Pari¬siens… »

    Dans les années qui suivent les guerres coloniales, les ennemis de la République se servent tou¬jours de la xénophobie et du ra¬cisme comme vecteurs de leur propagande. En France, ce sont les travailleurs immigrés et leur famille qui sont leur cible de pré¬dilection, ce qui amène Pierre Paraf, président du Mouvement contre le racisme et l’antisémi¬tisme, à préciser cette situation dans le Réveil des Combattants de mai 1971 :

    « … Racisme des castes dans l’Inde, racisme de la misère du fond de l’Amazonie à l’Asie du Sud-Est, où les trois quarts des hommes, des femmes, des enfants du globe ne mangent pas à leur faim, il s’inscrit partout ce racisme sur la carte de la terre, comme la manifestation de tous ces témoins de l’injustice et de la haine que nous, les anciens com¬battants, espérions avoir abattu. Notre déception est amère de nous confronter à lui jusque dans l’union socialiste, où le vieil antisémitisme hérité des tsars est loin d’être résorbé, jusqu’en notre France des droits de l’homme, où le venin raciste distillé sous l’occupation nazie empoisonne encore les consciences.

    Trois millions et demi de travailleurs étrangers sont nos hôtes. Et dans cette masse de main-d’œuvre indis-pensable à notre économie, un grand nombre d’entre eux, Portugais, fils de l’Afrique Noire ou de l’Afrique du Nord, constituent un sous-prolétariat accablé à la fois par l’isolement, l’hostilité ou tout au moins l’indiffé¬rence de ceux qui les environnent, les conditions défectueuses de l’emploi et du logement. »

    XXIe siècle : au carrefour de l’angoisse et de l’espérance

    Nous sommes rentrés dans le XXIe siècle, laissant derrière nous ce XXe siècle au cours duquel les peuples du monde ont connu des progrès scientifiques et techni¬ques qui ont créé une véritable révolution pour toute l’humanité mais qui, hélas, ont subi des guer¬res atroces, des génocides, des misères économiques, sociales et politiques qui ont fait des mil¬lions de morts, des centaines de millions de victimes de la faim, de la maladie, de la violence et de la haine aveugle.

    Mais, aujourd’hui, nous sommes toujours au carrefour de l’angois¬se et de l’espérance. Nous voulons garder l’espoir mais, dans notre pays, en Europe et dans toutes les parties du monde, nous avons peur de l’avenir. Ce qui me faisait écrire en décembre dans le Réveil des Combattants, l’ar¬ticle suivant : « Le populisme et le sécuritarisme : deux pentes qui des¬cendent vers le tunnel du fascisme ». En voici deux extraits :
    « Qu’est-ce que le populisme ? Le populisme a été la première expres¬sion du fascisme mussolinien et hit-lérien. Il est, aujourd’hui, le langage des Le Pen et consorts pour gagner à leur cause les gens les plus en dif-ficulté, leur proposant la haine des autres, des « coupables » à bon mar¬ché : les étrangers, les arabes, les juifs, les jaunes, les noirs et les tziganes, et pourquoi pas les Parisiens (pour les provinciaux), les paysans (pour les citadins). Le populisme c’est aussi le refus des règles démocratiques au profit de la violence et des mesures discriminatoires : « Mettons-les en tôle », « Faisons la chasse à tous ceux qui mangent notre pain et l’argent de la Sécurité sociale ». On commence comme ça et l’on finit par des pogroms…

    Le sécuritarisme guide la politique intérieure du gouvernement Raffa¬rin, si bien incarnée par Sarkozy, véritable shérif des temps modernes, qui se déplace aussi vite que Super¬man.

    Mais, sincèrement, pensez-vous que seule la répression permettra de régler tous les problèmes de notre pays ? Sur la route, à l’école, dans les quartiers populaires où tant de gens jeunes et vieux attendent ? Attendent quoi ? C’est bien là la question ! Ce qu’ils attendent ? C’est pouvoir vivre dé¬cemment, c’est du travail pour leurs enfants, après une formation adap¬tée aux besoins du monde moderne, c’est une retraite décente pour les anciens, ce sont des conditions de lo¬gement avec des loyers abordables… Et tout ça ne dépend pas du nombre d’émigrés en France mais d’une dis¬tribution moins injuste des richesses de notre pays… »

    Et lorsque Nicolas Sarkozy, Pré¬sident de la République, lance sa campagne sur « l’identité natio¬nale », l’ARAC clame son oppo¬sition résolue à ce concept qui ne peut que réjouir les xénophobes, les racistes les ultranationalistes, les fascistes de la terre entière.

    Adresse aux citoyennes et aux citoyens

    C’est au nom des valeurs d’hu¬manisme fondées sur la justice sociale, la solidarité nationale et internationale, la paix que lui ont laissé ses fondateurs que l’ARAC exprime sa très vive opposition au concept d’ « identité nationale », habilement choisi par le Président de la République, visant à établir, sur un fond de relent nationaliste, l’exclusion de « l’autre », l’étranger, qu’il soit né ou pas en France. Avec l’objectif d’aligner la France et l’Europe sur la mondialisation capitaliste, cette opération procè¬de de l’entreprise de démolition du modèle social français et de re¬cherche de boucs émissaires dans la population immigrée… Elle ne concerne donc pas seulement le monde combattant, mais l’en¬semble de la société française.

    L’ARAC n’a pas la naïveté de penser que ce faux débat va amé¬liorer la défense des valeurs de la République, de la transformation sociale et de la paix dans le mon¬de. Au contraire, le gouvernement est en train de détruire : les ser¬vices publics, les droits économi¬ques et sociaux, les programmes de recherche, la DS PRS pour les anciens combattants et victimes de guerre. Il poursuit sa politi¬que de mise en concurrence des salariés et des peuples. Le peuple de France souffre. Le MEDEF en veut toujours plus, les riches s’en mettent plein les poches !

    La vraie identité de la France est gagnée par les luttes sociales et po¬litiques comme l’illustrent la Ré¬volution française, la Commune de Paris, le Front populaire et le Programme du Conseil national de la Résistance et par l’instaura¬tion d’une République fondée sur les principes de « Liberté, Égalité, Fraternité » sur celle de la Décla¬ration des droits de l’homme de 1948.

    L’histoire de la France et de son peuple s’est forgée dans l’accueil de tous ceux qui sont venus au cours des siècles, apportant la di¬versité de leurs cultures, de leurs connaissances, de leurs expérien¬ces…

    Aujourd’hui, les progrès scientifi¬ques et techniques, les enjeux des problèmes planétaires placent les adhérents de l’ARAC dans le che¬minement des luttes et des com¬bats menés, qu’il faut poursuivre avec détermination pour plus de démocratie, plus de liberté, plus de progrès humain dans le respect de l’autre, des valeurs du « vivre ensemble » républicain et d’une laïcité partagée. C’est dans ce contexte et compte tenu des enjeux que l’ARAC estime le moment venu de jeter les bases à l’élaboration d’un projet de VIe République.

    Nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle et nous voyons grandir à la lumière des sondages la cote de popularité de Marine le Pen. Certes, elle a poli les rugosités du langage de son père. Elle essaie de substituer aux violences verbales de Jean-Marie le Pen un langage moins scandaleux. Elle veut faire moins peur aux braves gens malgré tout attachés à la culture républicaine dont ont hérité les citoyens de no¬tre pays depuis la Révolution fran¬çaise. Mais, fondamentalement, la politique menée par le Front national est toujours la même. Aussi, ne commettons pas l’er¬reur fatale !

    Certes, les gens sont en colère, les gens ont peur de l’avenir pour eux et pour leurs enfants. Les re¬traités voient leur pension fondre. Les bilans falsifiés ne peuvent ca¬cher le nombre grandissant de chômeurs. Beaucoup de salariés vivent dans la crainte permanente de perdre leur emploi. La qualité des services publics (Poste, SNCF, santé, Éducation nationale…) ré¬gresse à grande vitesse, victime d’une politique forcenée de priva¬tisation et de réduction d’effectifs. Cette colère des gens se transfor¬me même en désespoir.

    C’est sur ce terrain de la peur et de la désespérance que se développe la campagne de Marine le Pen et du Front national. Ils n’inventent rien ! Mussolini et Hitler l’ont fait avant eux, car c’est bien sur ce ter¬rain de la précarité, de la misère et de la peur du lendemain que prolifèrent les plantes vénéneu¬ses de l’ultranationalisme, de la xénophobie et du racisme qui mè¬nent droit à l’abandon des idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité, au repli sur soi, à la violence haineuse qui sont les vices permanents de tous les fascismes…

    N’oublions jamais que lorsque les puissants ne peuvent plus gé¬rer leurs intérêts sous une forme plus ou moins démocratique, ils ont toujours recours à la dictature, au fascisme.

    Alors ! Que faire ? Il n’y a donc pas de solution ? Si ! Une seule ! Com¬me au temps du Front populaire, comme au temps de l’occupation nazie et de la Libération, résister et faire front. Ne déléguons pas nos pouvoirs, ceux du peuple ci¬toyen, à ceux qui s’en servent ou voudraient s’en servir pour nous tromper et asseoir leur puissance. Seule l’union de toutes les victi¬mes de ce capitalisme mortifère peut arrêter les régressions éco¬nomiques, sociales, politiques, et inverser le cours de l’Histoire. Ensemble, construisons nos projets pour le monde du travail, pour la santé, pour l’Éducation nationale, pour un logement dé¬cent et abordable pour tous, pour une agriculture favorable aux paysans et aux consommateurs, pour une terre vivable pour tous les humains.

    L’union sur toutes les valeurs républicaines de la France, c’est ce dont rêvent les militants de l’ARAC, ce pourquoi ils se sont toujours battus, se battent aujourd’hui et se battront encore de toute leur force demain.

    Aujourd’hui, comme hier, contre toutes les injustices générées par le système capitaliste, contre tous les intégrismes, tous les fascismes qui se nourrissent de peur, de vio¬lence, de mépris et de haine, la ré¬sistance se conjugue au présent. Résistons tous ensemble !

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      N° 777 - octobre 2011 e  

    La CGT de l’ONAC : Non à la casse de l’office - Maintien du service public !
     

    Par courrier adressé au gouvernement, à I ’ONAC, à ses administrateurs et aux présidents d’associations d’ACVG, « le syndicat CGT-ONAC réaf¬firme la place de toutes les composantes de l’ONAC (services départementaux, nécropoles, écoles de reconversions professionnelles et maisons de retraite) dans le service public et dans la fonction publique comme solution (. . .) d’avenir. »

    Services départementaux de l’ONAC

    Pas assez de personnels, plus de mal-vivre. Dans ce long envoi de trois pages, la CGT-ONAC dénonce notamment la diminution du nombre de fonctionnai¬res. « Ses effets négatifs , écrit-elle, ont des répercussions dans les services départe¬mentaux (de l’ONAC) où (…) le nombre d’agents qui se révèle insuffisant - couplé à la mauvaise qualité du système informa¬tisé défaillant et mal conçu - ne rend plus le service que les ressortissants (de l’ONAC) sont en droit d’attendre. ( ) Il ne s’agit pas d’accuser les agents, ils font leur tra¬vail et le font bien, vous (la direction de l’ONAC) l’avez reconnu. Mais la charge de travail est accrue et les mouvements de personnels n’assurent plus la transmission des compétences nécessaires pour répondre aux attentes et aux questions des usagers. L’image des Services départementaux en est appauvrie et les conditions de travail de¬viennent difficiles, générant, comme dans d’autres postes de travail de l’ONAC, des situations de mal-être de plus en plus nom¬breuses, de plus en plus visibles. »

    Le service public bradé au privé

    La CGT de l’ONAC dénonce « l’exter¬nalisation », c’est-à-dire la remise au « privé » (qui sera payé pour ce faire) des services d’entretien des nécropoles et des lieux de mémoire. Et la CGT-ONAC « se positionne pour (leur) maintien dans le service public et (l’entretien réalisé) par des agents de la fonction publique de ces postes de travail ».

    • Contre la « Fondation » livrant ERP et maisons de retraite de l’ONAC aux intérêts privés, le syndicat CGT-ONAC réaffirme son « opposition à cette mise à l’écart des maisons de retraite et des écoles de réinsertion ( ) ».
    • Les maisons de retraite verraient leur prix de journée augmenter « dans une structure où la solidarité et la mémoire auraient laissé place à une démarche marchande ».
    • Les écoles ont un rôle unique à jouer dans le domaine de la reconversion professionnelle. « C’est leur cœur de métier et leur mission ( ) et l’excellence de leurs résultats aux examens et leur taux de placement (est reconnu) dans un contexte de l’emploi par ailleurs diffi¬cile. Elles ont un avenir dans un paysage économique qui ne doit pas échapper à l’ONAC (… ). Elles seules assurent le seul moyen d’accès à l’emploi qualifié et di¬plômé pour les travailleurs handicapés, à l’heure où non seulement les employeurs mais l’Europe demandent des diplômes pour garantir la qualité des candidatures à l’emploi. »

    Non à l’éviction de la CGT du CA de l’ONAC

    La CGT-ONAC dénonce enfin, dans le cadre des « nouvelles dispositions » qui vont présider à la mise en place du nouveau conseil d’administration de l’ONAC en décembre prochain, son éviction programmée de cette instance de direction. Actuellement, les trois syn¬dicats représentatifs de l’ONAC (CGT, CFDT et FO) siègent au CA de l’ONAC avec voix consultative. La « refonte » de l’ONAC ne prévoyait plus que deux de ces syndicats, écartant de fait la CGT. Puis est venue une autre mouture pré¬voyant un représentant des person-nels cadres et un des personnels non cadres, tous deux « élus ». Comment, sous quelle forme ? Mystère… Aussi la CGT-ONAC - « représentative d’un taux conséquent de personnels aux élec¬tions professionnelles (…) et siégeant au CTP (Commission technique paritaire) » considérant que « les dispositions (mises) en place ne (laissent) pas apparaître le rôle de dialogue souhaité dans ce conseil d’ad¬ministration (…) demande (à nouveau) en toute logique (…) sa place dans ce nou¬veau CA ».

    Demande que les deux administra¬teurs actuels de l’ONAC membres de l’ARAC, Jacqueline Thabeault-Alcan-dre et André Filière, appuieront sans réserve avec force, de même que les autres points soulevés dans ce courrier de l’ONAC-CGT.

    A. F.

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      N° 777 - octobre 2011 f  

    Budget 2012 des ACVG : Au « nouveau » Sénat de s’affirmer !
     

    Le projet de budget 2012 des ACVG a été adopté - avec une nouvelle baisse des crédits de 14 millions d’euros ! - par la majorité sarkozyste à l’Assemblée nationale le 4 novembre dernier à 2h15 du matin. Le Sénat va devoir se pro¬noncer à son tour le 24 novembre prochain.

    Sa nouvelle majorité « à gauche » pour¬ra-t-elle prendre en compte les reven¬dications légitimes des ACVG ? Dans chaque département, le mouvement ACVG, et en premier lieu l’ARAC en tant que telle, se doit donc d’interve¬nir en ce sens auprès des sénateurs de son secteur. Ensuite, chacun jugera les siens…

    Prévu pour 15 heures le 3 novembre, puis reporté à 17 heures, le débat à l’As¬semblée nationale n’a commencé qu’à 19h15, pour se terminer à 2h15 du matin le 4 novembre.

    Après les rapports de Jean-François La¬mour (UMP), soit 15 minutes pour le rapporteur spécial de la Commission des finances, puis de Patrick Beaudoin (UMP), 10 minutes au rapporteur pour avis de la Commission de la défense na¬tionale, qui appelèrent tous deux à voter ce budget, huit orateurs se succédèrent à la tribune : deux du groupe Nouveau Centre (15 minutes) et quatre de l’ UMP, 25 minutes (tous POUR le vote des cré¬dits), puis un socialiste (10 minutes) et un communiste (5 minutes) qui, criti¬quant la baisse des crédits, invitèrent l’Assemblée nationale à les amender… sinon ils voteraient CONTRE.

    Leur succéda, Marc Laffineur, secrétaire d’État aux AC, pendant plus de quarante minutes, qui répondit ensuite aux ques¬tions de 23 députés (i Nouveau Centre 11 UMP, 10 PS et 1 PCF) avant que le débat ne se poursuive par l’examen de plus de 25 amendements ( !), tous rejetés par la majorité sarkozyste sauf 2… pré-sentés par le gouvernement.

    Une nouvelle baisse des crédits budgétaires

    Ce fut le coup de théâtre du 1er amende¬ment présenté par M. Laffineur : sup¬pression de 14 millions d’euros sur les crédits consacrés aux droits à réparation des ACVG, dans le cadre de la « mise en œuvre du plan d’économies supplémentai¬res d’un milliard d’euros annoncé par le Premier Ministre le 24 août 2011 »… Que les députés de la majorité votèrent à l’unanimité et sans état d’âme !

    L’autre seule modification porte sur l’al¬location exceptionnelle de 36o points en faveur des veuves des plus grands invali¬des (50 en tout) dont l’accès sera ouvert aux conjointes survivantes dont la pension du défunt s’élevait à au moins 11 000 points (contre 12 000 l’an passé), M. Laffineur ayant tout de même refusé un amendement ramenant le seuil à 10 000 points.

    Les tricheurs !

    Les tricheurs, ce sont tous ces députés de la majorité sarkozyste et leur secré¬taire d’État qui n’arrêtent pas de clamer que : « le budget des ACVG n’est pas un budget comme les autres, qu’il affirme le respect, la considération, la reconnaissance et la solidarité que le gouvernement et eux-mêmes portent envers les ACVG » et qui, les belles tirades à peine prononcées, vo¬tent sans vergogne les diminutions de crédits et repoussent sans état d’âme les amendements présentés en faveur de l’amélioration des droits des ACVG ! En fait, ils se retranchent derrière les 4 points de relèvement de la retraite du combattant, dont ils ont refusé la mise en œuvre proposée dès le 1er janvier 2012, pour affirmer (sans rire) qu’ainsi les engagements d’avril 2007 du candi¬dat Sarkozy à la présidentielle… étaient tenus. Aveuglement ou hypocrisie ?

    • Le bilan sera vite fait :

  •  le 29 juillet 2011, le gouvernement ré¬cupère 13 millions sur les crédits votés pour les ACVG,
  •  le 24 août 2011, le Premier Ministre annonce son plan d’économies sup¬plémentaires,
  •  le 19 septembre 2011, la loi de finan¬ces rectificative prélève à nouveau 12 millions d’euros sur les crédits ACVG 2011,
  •  et, troisième atteinte, ce sont 14 mil¬lions qui sont détournés avant même le vote du budget 2012 !

    Total : 39 millions d’euros récupérés au détriment des ACVG ! 39 millions qui auraient dû permettre de répondre à certaines de nos demandes - telle la carte du combattant aux ATM pour leur 120 jours de présence « à cheval » sur la date du 2 juillet 1962, ou encore pour la rente mutualiste AC : les 5 points à rattraper et promis valent 28 millions d’euros ! ¬et qui nous ont été confisqués, au nom du « respect, de la considération, de la reconnaissance et de la solidarité » que ces gens clament avoir pour nous !

    • M. Laffineur, l’art de l’escamotage, de l’agressivité et de la mauvaise foi.
    L’autre enseignement de ce débat aura été la découverte de la vraie nature du secrétaire d’État aux Anciens Combat¬tants. Ses apparences d’homme calme, pondéré, à l’écoute et tolérant, ont volé en éclats pour céder la place à l’agressivi¬té, les éclats de colère, l’art de dénaturer les choses, celui de donneur de leçons… même à la présidence de séance !

    Patelin en apparence - tout le monde « il » a raison, dit-il, et pose des « ques¬tions pertinentes et judicieuses », etc. - mais en fait il ne supporte pas que l’opposition lui démontre l’échec de la politique sarkozyste, le non-respect des engagements pris et, encore moins, le 19 Mars ! Alors là, il pique des colères, invective les députés, leur « interdit » de dire ceci ou cela. « Les AC, vous vous en fichez ! » leur lance-t-il. « Vous cherchez à diviser les Français et à les monter les uns contre les autres ! Vous ne pensez qu’à dé¬penser, à faire des dépenses ! Vos discours sont incohérents… La nature de l’opposi¬tion, c’est d’augmenter les dépenses publiques et vous ne pensez qu’à ça ! », etc. Pour un homme qui affirme qu’il ne doit pas y avoir de polémique et qui prê¬che « l’unité nationale », quel spectacle affligeant ! De telles attaques portent autant atteinte à la dignité des élus qu’à celle des ACVG que nous sommes. Elle dévalorise même la fonction de secré¬taire d’État aux Anciens Combattants. C’est intolérable, inacceptable !

    Et si l’on comprend l’attitude digne et calme des élus de l’opposition (PCF-PS, etc.), on en vient tout de même à regret¬ter que, à une timide exception près, M. Lebranchue, ils n’aient pas rappelé fermement à M. Laffineur leur bilan en faveur des ACVG et toutes les attaques nombreuses de sa famille politique à no¬tre encontre, de 196 o (suppression de la retraite du combattant) à nos jours.

    Et maintenant, le Sénat

    Le passage à gauche de celui-ci pourra-t-il permettre aux sénateurs d’apporter un contre-feu à l’incendie budgétaire attisé par la majorité sarkozyste ? Abro¬ger l’amendement gouvernemental et réintégrer les 14 millions d’euros dans le budget, avancer la mise en oeuvre des 4 points pour la retraite du combat¬tant au 1er janvier, opérer un rattrapage (même symbolique) pour la rente mu¬tualiste AC, ramener à 10 000 points le bénéfice de l’allocation pour les veuves de grands invalides et se pencher sur la carte du combattant pour les ATM « à cheval » sur le 2 juillet, tout en rappelant l’ensemble de contentieux (retard de 43 % de la valeur du point PMI, etc.) qui doit être satisfait ? La Haute Assemblée devrait tout tenter en ce sens.

    Certes, M. Laffineur s’emploiera à brandir tous les articles possibles de la constitution gaulliste (le 40 etc.) pour empêcher le Sénat d’avoir les moyens financiers d’être vraiment « solidaires » des ACVG. Mais ni lui, ni son gouverne¬ment, ni « leur » Président de la Répu¬blique n’en sortiront grandis. C’est 2012 qui se prépare aujourd’hui. Et, à l’heure du bilan du quinquennat, il faudra bien régler les comptes présidentiels et ceux des députés.

    En 2012, l’heure sera à… remettre les pendules à l’heure !

    A. F.

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      N° 777 - octobre 2011 g  

    Commission nationale de la carte du combattant
     

    La Commission spéciale et la Commis¬sion plénière nationale d’attribution de la carte du combattant se sont réunies les 27, 28 septembre et 24 octobre 2011 à l’ONAC, aux Invalides à Paris. André Filière en est l’un des rapporteurs. L’exa¬men général de la situation a permis de constater que le logiciel Kapta avait été sérieusement amélioré, permettant la totalité du traitement des dossiers, de la demande à la vérification au BCAAM de Pau, leur présentation en Commission et l’information des services départe¬mentaux de l’ONAC quant à l’attribu¬tion de la carte ou au rejet de celle-ci. S’agissant des ressortissants algériens, tous les dossiers en retard ont été ins¬truits et sont en attente au BCAAM. Ils se chiffrent à 15 ou 16 000 et devraient être tous traités d’ici fin mars 2012. Quant aux OPEX, si les listes d’unités combattantes sont connues pour l’ex-Yougoslavie, elles ne paraîtront qu’en fin d’année pour le Kossovo. Elles de¬meurent bloquées pour l’Afghanistan faute de personnels pour analyser les journaux de marche officiels (J M 0) des unités. Le renfort de trois officiers et deux sous-officiers prévu n’a pu être concrétisé au Service historique de la Défense… faute de crédits ! On ne peut à la fois gaspiller de l’argent à bombar¬der la Libye et s’occuper de la carte du combattant des OPEX, n’est-ce pas ? Les prochaines réunions des Commis¬sions auront lieu les 22 novembre 2011, puis les ro janvier et 21 février 2012.

    Résultats des commissions

    Les trois commissions ont examiné 5 o88 dossiers, parmi lesquels elles ont donné 4 250 avis favorables et pronon¬cés 818 rejets.

    • Les avis favorables concernent :

    39/45 : 21, Indochine : 39, ATM : 2908 et OP EX : 129o, les plus gros contingents relevant de l’ex-Yougoslavie (lis¬tes d’unités combattantes publiées) et l’Afghanistan (citations individuelles). Sont également concernés le Cambod¬ge (5), le Congo (3), la Côte d’Ivoire (30), le Gabon (4), l’Irak (3), le Kossovo (ii), le Liban (45), Madagascar (3), la Mau¬ritanie (i), la Méditerranée Orientale (2), l’Ouganda (i), le Golfe persique et d’Oman (ro 6), la République Centrafri¬caine (36), la République démocratique du Congo (i), la République du Liban et Israël (i4), le Rwanda (i), la Somalie (3), le Tchad (94), le Timor Oriental (2) et le Zaïre (3).

    • Les rejets

    Ils sont au nombre de 409 pour l’Afri¬que du Nord (377 Algérie, 12 Maroc et 14 Tunisie) et de 416 pour les OPEX. Les intéressés, dès notification officielle, pourront donc, s’ils l’estiment justifié, présenter un recours… ou attendre la parution de nouvelles listes d’unités combattantes pour représenter leur demande.

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      N° 777 - octobre 2011 h  

    Le 17 octobre 1961, c’est bien un crime d’État qui a eu lieu
     

    Un crime d’état commis au cœur de la capitale française, sans équivalent dans l’histoire répressive du monde occidental moderne. Le plus important massacre d’ouvriers à Paris depuis la Commune. Ce mardi 17 octobre 1961, c’est une véritable chasse à l’homme, à « l’Arabe », avec un massacre qui fut organisé par le préfet Papon avec pour seul objectif de réprimer la volonté d’in¬dépendance du peuple algérien après la manifestation de Sétif du 8 mai 1945, départ de la lutte pour l’indépendance acquise en 1962.

    Le racisme, la croyance en la domina¬tion de la race blanche, rejetant toutes les autres « races » dans le sens huma¬nité en est le centre.

    Octobre 1961 n’a pas été une bavure mais un paroxysme. Bien avant cette date, alors que le pouvoir voit échapper cette Algérie qui veut son indépendan¬ce, des actes de violence contre les tra¬vailleurs algériens vivant en France se multiplient. Depuis 1954, un climat de suspicion, de contrôle et de répression multiformes s’accentue. Les brutalités, les arrestations arbitraires et les vexa¬tions sont devenues le lot quotidien de chaque Algérien à toute heure du jour et de la nuit dans les rues, chez soi et sur son lieu de travail.

    Un véritable couvre-feu est imposé à des citoyens français avec interdiction de circulation en fonction de leur faciès. L’exaspération au sein de la commu¬nauté algérienne monte d’un cran et c’est dans ce climat que la Fédération de France du FLN décide d’organiser la riposte et appelle à cette manifestation pacifique contre ces mesures, le mardi 17 octobre 1961.

    50 ans après, il faut reconnaître enfin la responsabilité de l’État françai1945,s ce massacre. Paris, sept villes des Hauts-de-Seine dont Bagneux, mais aussi dans le Val de Marne, comme Villejuif, Ivry-sur-Seine, etc, ont commémoré le mas¬sacre du 17 octobre 1961, sauf Neuilly¬-sur-Seine, ce qui est significatif.

    Au-delà des réticences, des dénis et des négationnistes de tout poil, le rassem¬blement à Paris a été couronné d’un fort succès, des fleurs ont été déposées et des prises de parole officielles ont ré¬clamé la reconnaissance par l’État de ce massacre.

    La liberté, l’égalité et la fraternité sont des notions vides de sens, lorsqu’elles ne s’adossent pas solidement à la vérité et à la justice. Il y va du passé bien sûr, mais surtout de l’avenir qu’il nous re¬vient de construire.

    Jean-Claude Fèvre

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      N° 777 - octobre 2011 i  

    Pension d’invalidité : valeur du point
     

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      N° 777 - octobre 2011 j  

    Pensions de conjoints survivants au taux de soldat
     

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      N° 777 - octobre 2011 k  

    LIVRES : La BD et les guerres
     
    La Première Guerre mondiale en caricatures
    Mark Bruyant, Ed. Hugo et Cie, 25 euros

    Excessives, incisives et parfois de très mauvais goût, les caricatures racon¬tent la Première Guerre mondiale plus vite, plus fort et de manière parfois plus émouvante que bien des livres de texte. C’est que, bien avant l’existence de la radio et de la télé, l’impact des caricatu¬res était immense, accessibles sur tous les supports et dramatiques en leur noir et blanc. Cet album, découpé chronolo¬giquement année par année, de 1914 à 1918, nous propose des dessins prove¬nant de journaux, de magazines, d’affi¬ches, de posters d’époque, chaque cha¬pitre étant introduit par un court rappel des faits historiques évoqués.

    Guerre et match
    Frano Pertrusa, Ed. Dargaud, 14,50 euros

    Zagreb, 1999, championnat national junior de basket. La petite équipe de Dewescak a créé la surprise en se his¬sant en finale où elle va rencontrer le favori Dario. L’entraîneur craque sous la pression de la rencontre : la guerre atroce qu’il a vécu déferle soudain dans son esprit et la violence le submerge… Psycho-traumatisme. A deux pas de lui, Frano, le narrateur du récit et joueur de l’équipe, est tétanisé par le trac, la peur de jouer. Les deux hommes doivent af¬fronter leurs propres démons. Victoire ? Défaite ? Quelle clef au bout du score ?

    Commando colonial : Fort Thélème
    Appolbo et Bruno, Ed. Poisson Pilote, 10,95 euros

    C’est le tome 3 de la série, qui voit le major Robillard et le quartier-maître Rivière, soldats réunionnais des For¬ces françaises libres, à la recherche du trésor de la France libre dans le désert africain. Tempêtes de sable, oasis, danseuses, Afrika Korps… un pastiche qui nous renvoie à notre enfance avec l’illustré Coq Hardi et Les trois mous¬quetaires du maquis au lendemain de la Libération.

    Football, Football
    Bouzard, Ed. Poisson Pilote, 10,95 euros

    C’est l’album « saison 2 » où le dessi¬nateur Bouzard s’efforce de répondre de façon documentée, et très complè¬tement tordante, à des questions du style : A quoi ça sert les « jonglages » ? Comment Platini digère-t-il le fait que Thierry Henri lui ait piqué le record de buts ? Qu’est-ce qui pousse l’arbitre amateur à quitter sa famille tous les dimanches pour aller sur des terrains boueux ? Du virus H1IN’ à la Coupe du monde, en passant par la main d’Henry et les affres de Domenech, vous saurez tout… tout… tout… sur le ballon rond.

    Re-mind
    Mutti et Alcante, Ed. Dargaud, 10,95 €

    Thriller, action, espionnage, anticipa¬tion, cet album mêle tous les genres en posant les éternelles et tragiques questions : « La fin justifie-t-elle les moyens ? » « Peut-on tuer un homme pour en sauver des milliers ? » Comme on est aux USA et que le FBI, sur les dents face à un possible attentat bac¬tériologique, possède une technologie (Re-mind) capable de lire dans l’esprit d’un être au seuil de la mort, je vous laisse à votre suspense…

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      N° 777 - octobre 2011 l  

    LIVRE : Baron rouge et cigogne blanche
     

    Patrick de Gmeline - Ed. Presses de la Cite - 24 euros

    L’idée était intéressante : narrer, en pa¬rallèle, la vie de deux « as des as » de la guerre aérienne de 1914-1918, Manfred von Richthofen (et son Fokker triplan rouge) et René Fonck (et son S PAD) de l’escadrille des Cigognes. Ils n’ont ja¬mais combattu l’un contre l’autre. Von Richthofen (80 victoires homologuées, abattu le 21 avril 1918) et René Fonck (75 victoires homologuées et 52 non homo¬loguées), jamais abattu, jamais blessé, mort à 59 ans, le 18 juin 1953, d’une hé¬morragie cérébrale.

    La première partie est intéressante, qui fait revivre de grandes figures de l’aviation tels Roland Garros, Georges Guynemer… dont les récits ont fait vi¬brer notre enfance. Hélas, l’auteur ne peut s’empêcher de laisser percer ici et là son antisoviétisme (p 244à 246), et son anticommunisme (p 274).

    Ce qui entraîne le dérapage de la 2e par¬tie du livre. Car si von Richthofen est mort, les pilotes survivants allemands (Udet, Gôring et consorts) ont servi l’ar¬mée nazie. Et Fonck, vivant, va les fré¬quenter… et servir PéN1n. Non content d’accuser Pierre Cot, ministre de l’Air, d’avoir affaibli l’armée française, voilà que s’étale la plus grande complaisance pour Pétain et le gouvernement de Vichy dont René Fonck va devenir le mes¬sager personnel et secret. D’où un « dé¬lire », Pétain et de Gaulle alliés, Pétain renseignant les Américains, etc.

    La théorie des « deux fers au feu » fait que Fonck est à la fois collaborateur et « résistant ». Mais pourquoi un pilote de cette classe - l’as des as - n’a-t-il pas ral¬lié l’Angleterre, combattu avec la RAF, dans les Forces aériennes françaises libres, comme Pierre Closterman, le commandant René Mouchotte, Saint-Exupéry, ou avec l’escadrille Norman¬die-Niemen auprès des Soviétiques ? Parce qu’on ne le lui a pas demandé, que sa femme Irène ne voulait pas aller à Londres et qu’il n’avait qu’un chef : le maréchal Pétain…

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      8 avril 2007

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