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Le Réveil des Combattants N° 778 - novembre 2011.
Publié le dimanche 1er janvier 2012

Sommaire :  

  •   NON à l’hommage officiel au général Bigeard
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Louis Aragon : La lutte pour le bonheur : ÉDITO
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Éluard, Aragon, le bonheur
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Aragon et la Nation
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Aragon : Poète de la Paix
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Aragon, le témoin des martyrs
  •   LE CAHIER MEMOIRE : Ils ont dit de lui…
  •   LE CAHIER MEMOIRE : « Plus tard, plus tard, on dira qui je fus »
  •   Conseil d’administration de l’ONAC-VG
  •   Communiqué de la CGT-ONAC : KAPTA loin de la coupe aux lèvres !
  •   Budget 2012 des ACVG : Le Sénat 2011 : un grand « cru » et une révélation
  •   Commémoration du 11 Novembre : André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, écrit au Président de la République
  •   Qu’est-ce que le Bleuet de France ?
  •   Paroles de torturés Guerre d’Algérie : 1954-1962

     

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      N° 778 - novembre 2011 a  

    NON à l’hommage officiel au général Bigeard
     

    De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres.

    Cette initiative est doublement pernicieuse. D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français.

    D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ?

    On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française.

    Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer les guerres coloniales, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française.

    L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement.

    Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse.

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      N° 778 - novembre 2011 b  

    LE CAHIER MEMOIRE : Louis Aragon : La lutte pour le bonheur : ÉDITO
     

    Par Paul Markidès

    Aragon, écrivain, poète et homme communiste, a choisi délibérément de lier de façon permanente son écriture et son action politique - ce qui ne l’a pas empêché d’écrire au plus haut de la langue française et d’y consacrer de nombreux textes sur l’amour, dont Jean Ferrat et Léo Ferré furent les porteurs. Ainsi Aragon a pu symboliser avec une aisance tout à fait hugolienne le combat libérateur de notre peuple par la poésie. La rose et le réséda en témoigne. De même, il faut souligner quel utilisateur de la mémoire historique il fut pour contribuer à la compréhension du présent, La semaine sainte en témoigne.

    Quant à moi, je garde toujours en mémoire comme un guide des réflexions sur ma vie la conférence qu’il prononça dans la grande salle de la Mutualité en 1959, devant des jeunes communistes dont j’étais : Il faut appeler les choses par leur nom, conférence dans laquelle, d’emblée, il précisait qu’il n’avait pas toujours été ce qu’il était et qu’il ne le resterait pas par la suite.

    Enfin, il faut aussi souligner qu’Aragon savait mettre en évidence d’autres apports que le sien dans la lutte des hommes pour le bonheur, ainsi que le remarque Roland Leroy à propos de Paul Eluard.

    Alors, commençons par le lire ou le relire pour notre plaisir et l’aliment de notre combat.

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      N° 778 - novembre 2011 c  

    LE CAHIER MEMOIRE : Éluard, Aragon, le bonheur
     

    Par Roland Leroy

    Roland Leroy, ancien Résistant, fut membre du Bureau politique du PCF, député et directeur du journal l’Humanité.

    Dans le dernier chapitre de son livre La quête du bonheur, publié en 1995, Roland Leroy évoque les rapports de Paul Éluard et d’Aragon aux heures tragiques de l’automne 1940. Nous publions ici les dernières pages de son livre.

    Puis vint la guerre. Paul Éluard publie en octobre 1940 Le Livre ouvert aux Cahiers d’Art. Dans le numéro deux de décembre 40-janvier 41 de Poésie 41, paraît un compte rendu d’Aragon non signé. Mais Pierre Seghers nous apprend qu’Éluard ne s’y trompe pas et reconnaît d’emblée l’écriture d’Aragon.

    Enfin, au printemps 43, ils se retrouvent sur le quai de la gare de Lyon. Éluard a écrit Liberté, réadhéré au Parti communiste, pris des contacts avec des écrivains résistants, Vercors, par exemple, a participé à la fondation du Comité national des écrivains pour la zone nord. En même temps, Aragon a travaillé à la constitution du Comité national des écrivains pour la zone sud. Pour l’un comme pour l’autre, il n’est pas d’autre voie que de se retrouver. C’est d’un mouvement naturel qu’Aragon et Elsa prennent le train, c’est d’un mouvement naturel que Nusch et Paul Éluard les attendent. Ils se rencontreront plusieurs fois boulevard Sully-Morland.

    A partir de ce moment, Éluard collabore aux Lettres françaises, il n’y a plus qu’un Comité national des écrivains pour toute la France, Éluard va publier des poèmes d’Aragon dans L’Honneur des poètes. Puis, en 1949, Paul Eluard écrira Les Poètes que j ’ai connus :

    « Les poètes que j’ai connus
    Leur souvenir comme l’automne multiplie le soleil dans l’ombre
    Les poètes que j’ai connus Vivants ou morts faibles ou forts
    Les bienheureux, les douloureux
    Tous ceux que j’ai aimés, compris
    Pleins de défauts pleins de vertus
    Ceux qui voulaient faire naufrage
    Et ceux qui croyaient au salut
    La masse de leur cœur chargé
    Tantôt de cendres tantôt d’or
    Leur parole était entendue
    De plus en plus elle montait
    Le long des lèvres de l’aurore
    Sur des collines de candeur
    Même quand le ciel était gris
    Mais la voûte du ciel s’est brisée sur leur tête
    Mais la source du charme s’est tarie dans l’herbe
    Et les poètes sidérés ont répété l’appel aux armes
    L’appel à la justice à la fraternité
    Et les poètes ont essayé
    De se régler sur leurs semblables
    Et j’arrive chez Aragon
    Et j’entends Aragon parler
    Me parler c’est-à-dire me montrer son cœur
    Notre cœur « Il y a tant d’hommes sur terre
    Bien plus sensibles que nous deux
    Et tant d’yeux sombres et d’yeux bleus
    Prompts à réduire tout mystère
    Tant d’hommes clairs dans leurs desseins
    D’améliorer leur vie la vie
    Que le soleil demain matin
    Figurera leur énergie »
    Avec mon ami Aragon les hommes savent s’exprimer
    Dans leurs limites
    Et au-delà de leurs limites
    Dans leurs frontières
    Et au-delà de leurs frontières
    Le mot frontière est un mot borgne
    L’homme a deux yeux pour voir le monde

    « De tous les poètes que j’ai connus, ajoute Roland Leroy pour conclure, Aragon est celui qui a eu le plus raison, raison contre les monstres et raison contre moi. Il m’a montré le droit chemin ; il le montre encore aujourd’hui à tous ceux qui n’ont pas compris que lutter contre l’injustice, c’est lutter pour leur propre vie, pour une vie fleurie d’espoir et pour tout l’amour du monde. »

    Et en novembre 1952 à la mort de Paul Éluard, Aragon écrira dans Les Lettres françaises : « Désormais, Éluard ne sera plus que l’affirmation du bonheur. Désormais. Pour toujours. Et malgré la neige qui tombe depuis qu’il est mort. Malgré nos larmes, le cœur brisé, Paul Éluard, pour toujours, affirme que le bonheur existe. »

    La rose et le réséda

    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Tous deux adoraient la belle
    Prisonnière des soldats
    Lequel montait à l’échelle
    Et lequel guettait en bas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Qu’importe comment s’appelle
    Cette clarté sur leur pas
    Que l’un fut de la chapelle
    Et l’autre s’y dérobât
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Tous les deux étaient fidèles
    Des lèvres du cœur des bras
    Et tous les deux disaient qu’elle
    Vive et qui vivra verra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Quand les blés sont sous la grêle
    Fou qui fait le délicat
    Fou qui songe à ses querelles
    Au coeur du commun combat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Du haut de la citadelle
    La sentinelle tira
    Par deux fois et l’un chancelle
    L’autre tombe qui mourra
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Ils sont en prison Lequel
    A le plus triste grabat
    Lequel plus que l’autre gèle
    Lequel préfère les rats
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Un rebelle est un rebelle
    Deux sanglots font un seul glas
    Et quand vient l’aube cruelle
    Passent de vie à trépas
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    Répétant le nom de celle
    Qu’aucun des deux ne trompât
    Et leur sang rouge ruisselle
    Même couleur même éclat
    Celui qui croyait au ciel
    Celui qui n’y croyait pas
    L’un court et l’autre a des ailes
    De Bretagne ou du Jura
    Et framboise ou mirabelle
    Le grillon rechantera
    Dites flûte ou violoncelle
    Le double amour brûla
    L’alouette et l’hirondelle
    La rose et le réséda

    Louis Aragon

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      N° 778 - novembre 2011 d  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aragon et la Nation
     

    « J’ai l’air de prendre la défense des nationalistes. A vrai dire, j’ai tout autre chose en tête : ce sont les points de vue nationaux que je défends contre ceux-là qui veulent, sous le nom d’Europe, ou sous tout autre nom, bâtir une singulière superstructure internationale qui n’aurait pas d’infrastructures nationales. J’ai entendu récemment dire qu’il s’agissait de constituer l’inter nation aux dépens des nations, par l’abandon des points de vue nationaux, et comme c’était un Français qui parlait, il demandait que, comme toujours, la France donnât l’exemple. Eh bien non, ni l’homme occidental, ni l’Europe, ni aucune grue métaphysique ne me fera accepter l’abdication de cette réalité vivante qui s’appelle la France. Je pense avec force qu’il ne saurait y avoir aucune entente internationale qui ne suppose l’existence et le respect des nations. »

    Conférence UNESCO-1946

    « Oh que ma patrie devant les nations reprenne enfin son visage de lumière ! C’est en son nom que je vous salue, congrès de la Paix ! » Congrès de la Paix à Vienne -1952

    « Dirais-je à faire crier tant pis qui me lira ! que depuis Barrès en France, je ne connais pas d’écrivain qui ne m’ait donné le sentiment … de la présence infinie autour de lui de sa nation. »

    Le neveu de Monsieur Duval -1953

    « Une nation, c’est une chose vivante, palpitante, une chair qu’on ne peut dissocier sans qu’elle saigne, c’est fait de tout ce qui fait un mois de mai, souvenirs et parfums, morts qui jamais ne meurent, vivants plongés entiers dans la réalité d’une patrie, et vous pouvez bien faucher l’herbe, toujours au mai suivant elle repousse plus fraîche et plus haute, et toute mêlée de fleurs anciennes et nouvelles à la fois, dont on avait oublié qu’elles pouvaient ainsi dire la joie profonde de la terre, et la grande revendication de la vie, et l’émerveillement des couleurs. Pour atteindre une nation, il faut piocher profond, chercher les racines, rompre ces veines du souvenir et ces vaisseaux du jeune amour. Le DDT ne suffit pas, il faut empoisonner la terre dans son cœur. Il faut, pour atteindre une nation, la frapper en ce lieu mystérieux d’où s’élève la flam-me, en ce point changeant d’où naît toute chose, en cette région dont parle profondément le regard, où se forme le chant qui fleurit sur les lèvres.

    C’est pourquoi, d’abord, il fallait que, dans ce pays envahi par les livres et les films d’Amérique, le cinéma, le théâtre, la peinture connussent les limites permises par la commission des activités non américaines et que fut arrêté l’écrivain André Stil. »

    Les Lettres françaises - 3o mai 1952

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      N° 778 - novembre 2011 e  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aragon : Poète de la Paix
     

    « c’est ta notre tâche, a nous intellectuels, notre grande tâche pacifique, et nous ne devons y permettre aucune complaisance ( …) si nous voulons barrer la route à la guerre, au fascisme qui est la guerre, et qui est le mensonge. »

    L’homme contre les nuages -1939

    « Enfin je m’enorgueillissais que dans mon premier roman… il n’y eut qu’une plaisanterie de deux lignes pour indiquer que l’auteur savait qu’il y avait eu une guerre en France en ce temps-là … Nous y voyions la preuve que la bêtise universelle du bien-fondé de notre défi. »

    Pour expliquer ce que j’étais -1943

    « Il faut dire qu’alors cette guerre était déjà devenue une guerre victorieuse. Et cette victoire avec ce que cela comporte de rêves de fin d’année, de liquidation des stocks américains, et d’énorme bordel interna-tional… »

    Pour expliquer ce que j’étais -1943

    « Il ne s’était jamais tout à fait remis de la guerre. Elle l’avait pris avant qu’il eût vécu. »

    Aurélien -1944

    « Mais on traverse une grève comme une guerre, c’est affaire d’honneur, c’est affaire de loyauté à sa classe. C’est aussi affaire de ne pas supporter d’injustice. Par-là, c’est affaire de toute l’humanité. »

    L’homme communiste -1946

    « J’ai buté sur le seuil atroce de la guerre. Et de la poésie, il n’en est resté plus rien. »

    Le roman inachevé-1956

    « Tu n’en reviendras pas, toi qui courais les filles
    Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
    Quand j’ai déchirté ta chemise et toi non plus
    Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille…
    Qu’un obus a coupé par le travers en deux
    Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
    Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
    Tu survivras longtemps sans visage sans yeux »

    Le roman inachevé – 1956

    « Un soldat ne pense pas, ne juge pas, ne décide pas. Je me sens une incroyable propension au métier de rebelle, et au bout du compte aucune au métier de soldat. » La semaine sainte-1958

    « La guerre, on voit ça dans les livres. Une série d’images. Mais la vraie, c’est comme un arrêt de toute exis-tence. »

    Les communistes -1966

    « J’appartiens à une génération qui n’avait pas 20 ans quand la première guerre mondiale éclata en 1914 et dans le sein de laquelle campait une certaine colère. Nous avions vu tous les écrivains français se plier à la loi de cette guerre, s’en faire les justificateurs et les apologistes et nous autres qui n’avions pas encore l’âge des armes ou qui ne l’auraient qu’en raison de la prolongation du conflit meurtrier, nous considérions comme un déshonneur l’attitude de l’Union sacrée … Je me promettais qu’au-delà de cette guerre, quelleL’appeln soitl’issue,je serais de ceux qui travailleraient à rendre impossible la trahison des clercs. »

    L’œuvre poétique -1974

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      N° 778 - novembre 2011 f  

    LE CAHIER MEMOIRE : Aragon, le témoin des martyrs
     

    Nous reproduisons ici des extraits du texte écrit par Aragon en février 1942 à l’aide des lettres des internés de Châteaubriant et des renseignements recueillis sur place, qui les ont transmis par la direction clandestine du PCF.

    Je ne sais qui lira ce qui va suivre. Je m’adresse à tous les Français et aussi simplement à tous ceux qui, au-delà des limités de la France, ont quelques sentiments humains dans le cœur, quelles que soient leurs croyances leur idéologie, leur nation. Peut-être seront-ils retenus de m’accorder créance, parce que je ne signerai pas. J’atteste qu’il n’est rien au monde que je voudrais autant pouvoir faire que d’avoir l’honneur de signer ceci. C’est la mesure de l’iniquité et de la barbarie qu’aujourd’hui nous ne puissions dire notre nom pour appuyer une cause aussi juste, aussi généralement considérée comme noble et élevée, qu’est la cause de la France. Ceux qui meurent pour elle dans notre pays meurent anonymes ; le plus souvent, on ne dit même pas qu’ils sont morts, et tout ce qu’on ose écrire c’est qu’un individu a été exécuté. Je partage ici le glorieux anonymat de tant de morts ’que vous ne pouvez plus vous étonner de cet anonymat. Si j’élève une faible voix, c’est parce que certains des morts me l’ont demandé, c’est en leur nom que je vous parle. Ils sont tombés sous les balles allemandes. Ils sont morts pour la France…

    Châteaubriant
    20 et 21 octobre …

    Au camp de Châteaubriant, il y avait en octobre 1941, un peu plus de quatre cents prisonniers. On sait ce qu’est la vie dans ce camp, on ne sait pas assez le courage qu’y déploient des hommes et des femmes démunis de tout, mais qui ne paraissent se préoccuper que de maintenir le moral de tous. A Châteaubriant, ils préparaient des divertissements communs, ils faisaient des cotas pour mettre en commun le savoir particulier de chacun.

    Le 20 octobre, un lundi, on y apprend qu’un officier allemand vient d’être tué à Nantes. Vers une heure de l’après-midi, un officier de la Kommandantur confère avec les directeurs du camp. Il s’agit de désigner des otages. Deux cents dossiers environ sont remis par le camps au chef de cabinet du sous-préfet qui les portera à Paris au ministère de l’Intérieur, où seront choisis les otages (…) On prétend que trente otages doivent être désignés dans le camp. Dans la baraque 19, il y a vingt-et-un hommes : une indiscrétion a fait savoir que c’est de cette baraque que viendra le gros du contingent exigé. Vers 9 heures du soir, les soldats allemands reprennent la garde…

    L’appel
    Après la baraque 19

    … L’appel se poursuit dans les autres baraques, deux sont pris ici, un là. Kérivel, David, Batard, Delavaquerie, Lefevre, Tellier, Laforge, Lalet, Le Panse, Pourchasse, Môquet, tous sont emmenés au camp P.2. En passant devant l’infirmerie, ils prennent aussi Gardette qui est malade. Voici les vingt-sept enfermés dans la baraque 6. Chacun reçoit une feuille et une enveloppe pour écrire ses dernières volontés. Kérivel est autorisé à faire ses adieux à sa femme internée dans le même camp…

    La Marseillaise

    … Il faudrait tout citer, chaque écrit, car ils s’éclairent l’un l’autre. Dans cet autre, il y a des larmes aux yeux de ceux qui assistent impuissants au drame. Le geste instinctif de se découvrir quand éclate La Marseillaise des condamnés. Ah ! ce n’est pas César qui salue ceux qui vont mourir, mais la France, mais l’avenir du pays pour lequel ils meurent. Comme ils reconnaissent les voix lointaines, celles de Timbaud, de Môquet ! Après La Marseillaise, il y a Le Chant du Départ et comment lire, dans ce texte d’un homme simple, sans en avoir les yeux humides, cette remarque : « Qu’ils sont beaux, ces vers : un Français doit vivre pour elle ! Pour elle un Français doit mourir ». Puis vient L’Internationale. Et une seule voix, jeune, fraîche, entonne La Jeune Garde. C’est Môquet, pour sûr, le benjamin des otages…

    Est-ce bien la France ?

    … Est-ce bien la France, direz-vous, où se passent des choses pareilles ? Oui, c’est la France, soyez-en sûrs. Car ces vingt-sept hommes représentent la France mieux que ceux qui les ont désignés aux bourreaux allemands. Leur sang n’aura pas coulé en vain : il restera comme une tache indélébile au visage de l’enva-hisseur. Ce sang précieux, c’est le rouge de notre drapeau qu’il a reteint et qui, mieux que jamais, se marie au blanc et au bleu de la France pour marquer l’unité de notre pays contre l’ennemi installé sur notre terre et la poignée de traîtres pourvoyeurs de ces bourreaux.

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      N° 778 - novembre 2011 g  

    [ LE CAHIER MEMOIRE : Ils ont dit de lui…
     

    Le miracle de l’art

    « Aragon, dix ans après sa mort, reste un écrivain capital. Ses romans, la Semaine sainte, Aurélien, ses poèmes en font un des plus grands écrivains de ce siècle. On pourrait dire à son propos ce qu’il disait lui-même de Barrès, qu’il était un des plus grands prosateurs et un des meilleurs maîtres dans l’art d’écrire. Son œuvre passionnante montre que toute oeuvre commence par une phase de destruction des formes an-ciennes, mais se continue par un retour à cette tradition reniée. Aragon a craché sur le roman, y apportant un sang nouveau, une imagination, une fantaisie qui a redonné au genre sa vitalité. Aragon pose une autre question qu’on ne peut éluder : celle de son engagement politique. Il me semble que même si son œuvre, par bien des aspects, évoque cet engagement particulier son génie fait qu’il l’a élevé à la hauteur de l’universel. Aragon n’est pas plus un écrivain catholique ou Faulkner un auteur de romans policiers. Il est au-delà de la politique ( ) »

    JEAN-MARIE ROUART, ÉCRIVAIN, JOURNALISTE À PARIS MATCH

    Vision caressante

    « Aragon, pour moi, sera toujours un poète. Un authentique et merveilleux poète. Dans la lignée de Chrétien de Troyes, de François Villon ou de Baudelaire. Tous temps confondus, dans un style qui est unique au monde, profondément original. Aragon est un troubadour. Un artiste des mots, à la fois jongleur d’images et musicien des phrases. C’est l’auteur de Brocéliande et des Yeux d’Elsa. Avec ferveur, avec pas-sion, s’il a défendu une politique et arboré ses couleurs, il a vécu en poète les idéaux de son coeur. Au royaume des politiques, il fait figure de Pierrot le Fou. Il a vécu la fantaisie, la tendresse, le génie des enfants. J’aime ses romans. Aurélien surtout, qui est une oeuvre plus romantique que surréaliste :j’aime le cycle du Monde réel, Les Cloches de Bâle en particulier, parce que sous l’apparence d’une peinture réelle, historique de la société, l’imagination triomphe : une vision amoureuse, caressante (…) »

    DOMINIQUE BONA
    ÉCRIVAINE

    Une drôle de famille

    « Il se place, me semble-t-il, dans le sillage de Barrès. Je crois qu’il serait d’accord. Il y a là une drôle de fa-mille : à côté d’Aragon, Mauriac et Montherlant, Malraux et Drieu, peut-être Cocteau. Ce fut une famille déchirée, mais aujourd’hui sa cohérence me frappe. En poésie, le romantisme, évidemment, les élégiaques, mais il y a aussi les poètes savants, les précieux (…) »

    FRANÇOIS NOURISSIER
    ÉCRIVAIN, ANCIEN PRÉSIDENT DE L’ACADÉMIE GONCOURT

    Le paradoxe le plus haut

    « (… ) Etant donné ses origines, non seulement sociales, mais je dirais presque poétiques, il est allé au plus difficile, à ce qui leur était le plus contraire, mais juste, à ses yeux, et à ceux de l’Histoire, tant pis pour ceux que ce mot fait pour un bref instant sourire. Il était parti pour être le plus « dandy » des surréalistes. Il l’a été, pour le bonheur et l’impatience de ses amis. Il l’est resté dans tous ses recoins. Mais il a élevé ce « dandysme » à tout autre chose, dont la grandeur se verra mieux d’un peu plus loin que dix ou vingt ans. Il a visé, touché, vécu le coeur de son temps, ni le plus beau ni le plus laid comme tous les autres temps, à sa façon ( ) »

    ANDRÉ STIL
    ÉCRIVAIN, MEMBRE DE L’ACADÉMIE GONCOURT

    Éclosion d’images

    « ( ) Aragon s’éloigne, l’homme qu’il fut, en proie comme nous tous au devenir, au doute, au grand mou-vement. Son oeuvre s’est mise à vivre de la vie sourde des oeuvres achevées, quand tout est dit et l’auteur absenté. Du temps a passé, les derniers ouvrages se sont fondus dans l’ensemble qu’ils masquaient, comme un ultime promontoire. C’est tout un pays, une profondeur qui s’éveillent. On ne distingue plus comme avant, des livres, des titres, des genres, des moments, une chronologie. On entend plutôt une voix, neuve, étrangement, où se mêlent des accents qui furent d’abord, comme les jours, successifs, contraires, séparés. Ce sont des vers qui reviennent, parfois rien qu’un écho, qui nous atteignent dans ce monde où nous sommes après tant d’autres, qui nous ont précédés. Ils ont tracé, le long du chemin, des figures où nous reconnaissons au passage - et c’est un réconfort, un grand bonheur - l’énigme de notre expérience, la tragédie de notre condition.

    Peut-être que c’est ça, pour finir, ou pour commencer une oeuvre. Non pas les volumes ordonnés, sur les rayons, sous l’impalpable poussière qui tombe, continuellement, le papierfriable, les titres pâlis, mais une voix fidèle qui nous accompagne, une subite éclosion d’images, un vers qu’on se dit, sur le grand chemin. »

    PIERRE BERGOUGNOUX
    ÉCRIVAIN

    Le moderne par excellence

    « Aragon n’est pas seulement, avec Apollinaire et Péguy, avec Claudel et Valéry, un des plus grands poètes de notre siècle. Héritier de Chateaubriand et de Hugo, il inscrit son nom dans la lignée sans égale de cette littérature française qui, de la Cantilène de sainte Eulalie, vers la fin du IXe siècle, ou de la Chanson de Ro-land, dont tous les écoliers connaissent au moins le nom, jusqu’à Julien Gracq ou Marguerite Yourcenar, court de gloire en gloire sur un peu plus de mille ans. Il contribue à constituer ce trésor commun qui fait l’essentiel de la communauté à laquelle nous appartenons tous : la langue de notre pays. Et il l’illustre mieux que personne. Célebrer ce chef-d’oeuvre collectif qui est notre bien à tous et à chacun : la langue et la littérature française.

    Ce qui frappe d’abord chez Aragon, c’est la diversité de ses dons. Il est journaliste, il est romancier, il est poète, il est essayiste, il est critique d’art et polémiste. Et dans chacun de ces genres, dont un seul suffirait à assurer une durable célébrité, il excelle. Aragon est un créateur aux multiples visages et à la facilité déconcertante. Il n’exerce pas seulement dans des genres différents. Il épouse tour à tour toutes les passions du siècle. Comme un Picasso, comme un Chaplin, comme un Einstein, il incarne son époque. Il se confond avec elle. Il la traduit et il la marque. »

    JEAN D’ORMESSON
    ÉCRIVAIN, MEMBRE DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE

    Immense, tout simplement

    « Je me suis mis à ne plus lire que ça, Aragon. A lire en particulier des poèmes que je ne connaissais pas, les poèmes d’amour du Parti communiste. J’ai été extrêmement ému par eux. J’aurais pu être scandalisé, mais pas du tout, j’étais bouleverse D’abord par leur intelligence, leur souffle et puis, je ne sais pas, je crois que j’ai identifié quelque chose de moi, peut-être l’amour que j’ai pu éprouver pour le Théâtre du Soleil et que j’éprouve toujours, l’amour déçu, et un peu cette recherche d’une famille idéale qu’il y avait chez Aragon. Je me suis dit : ce serait formidable de jouer cela pour les jeunes communistes. Je pensais surtout ces jeunes militants qui, peut-être, ne connaissaient pas bien eux-mêmes leur poète, qui avaient peut-être des idées préconçues : Aragon « crapule stalinienne », avec l’image de CohnBendit hurlant, devant lui, en 68 :
    « Même les traîtres ont droit à la parole » - ce qui d’ailleurs aujourd’hui peut faire sourire. Quoique j’aime beaucoup Cohn-Bendit… Donc, j’avais, comme d’autres, cette image d’Épinal, du traître entre guillemets. Traître à quoi je ne sais pas, parce que c’est l’inverse d’un traître. Aragon, c’est au contraire le seul qui est resté fidèle du début de son engagement à la fin de sa vie. Cela m’a ramené à ma propre histoire de trahison, qui a été un grand ressort de mon oeuvre autobiographique. Et puis, surtout, en lisant beaucoup, je me suis rendu compte que c’était un immense poète, tout simplement. »

    PHILIPPE CAUBÈRE COMÉDIEN

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      N° 778 - novembre 2011 h  

    LE CAHIER MEMOIRE : « Plus tard, plus tard, on dira qui je fus »
     

    LOUIS ARAGON

  •  1897 : naissance à Paris le 3 octobre, de Marguerite Toucas et de Louis Andrieux, déjà marié et père de famille, ex-préfet de police, homme politique et ambassadeur de France.
  •  1903-1904 : écrivain précoce, il écrit Quelle âme divine et un roman, Les Rouné.
  •  1907-1915 : scolarité à Neuilly, rencontre les frères Prévert et Jacques Tréfouél.
  •  1916-1918 : inscrit en 1916 à la faculté de médecine, ses études sont interrompues en juin - 1917 où il est mobilisé en formation de médecin auxiliaire. Au Val-de-Grâce, Il rencontre André Breton.
  •  1919 : démobilisé, il fonde Littérature, avec André Breton et Philippe Soupault.
  •  1920-1922 : il expose un Projet d’histoire littéraire contemporaine (édité en 1994), et Feu de joie illustré par Picasso.
  •  1924 : il rédige un premier Manifeste du surréalisme.
  •  1926 : il publie Le Mouvement perpétuel et Paysan de Paris.
  •  1927 : il adhère au Parti communiste français
  •  1928 : rencontre Mabkovski et Elsa Triolet. Publie sous le manteau Le con d’Irène, puis un Traité de style. 1930 : voyage en URSS avec Georges Sadoul, il a des divergences avec les surréalistes au Congrès international des écrivains à partir d’un texte mettant l’activité littéraire « sous le contrôle du parti 1931-1932 : participe à l’organisation de l’exposition anticoloniale. Ayant publié en 1931 Le front rouge, il sera inculpé en 1932 pour cet écrit mais refuse le soutien des surréalistes.
  •  1933 : adhère au Mouvement Amsterdam-Pleyel. Secrétaire de rédaction avec Paul Nizan de la revue Commune, journaliste à l’Humanité.
  •  1935 : il participe au Premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, dirigé par Gide et Malraux.
  •  1936 : obtient le prix Renaudot 1936 avec Les beaux quartiers. 1940 : mobilisé, il participe à la campagne des Flandres.
  •  1941 : il est arrêté et emprisonné à Tours avec Elsa Triolet et Georges Dudach. Libéré, il rejoint le Parti communiste clandestin, vit à Nice et rencontre Matisse. Publications de Le crève-cœur, Cantique à Elsa et Les voyageurs de l’impériale.
  •  1942 : l’année des Yeux d’Elsa, de Brocéliande, du Témoin des martyrs et Du crime contre l’esprit, ouvrages censurés.
  •  1944 : A la libération, il reprend la direction de Ce soir. Publication d’Aurélien et de Je te salue ma France.
  •  1945 : Elsa Triolet reçoit le Prix Goncourt pour Le premier accroc coûte deux cents francs.
  •  1949 : début de la publication des Communistes, qui seront réécrits en 1966.
  •  1953 : Aragon prend la direction des Lettres Françaises. Son hommage à Staline est condamné par le PCF qui désapprouve en même temps le portrait fait par Picasso. Le journal défend les époux Rosenberg. 1954 : Aragon entre au Comité central du PCF.
  •  1958 : publication de La semaine sainte.
  •  1959 : Antoine Vitez devient secrétaire d’Aragon. Publication de Elsa. Aragon donne une série de conférences aux Jeunesses communistes : « Il faut appeler les choses par leur nom » .
  •  1960 : Aragon démissionne de l’association des écrivains combattants qui a approuvé les poursuites engagées contre les signataires du manifeste des 121. Parution de Les Poètes et d’Elsa Triolet.
  •  1961 : Léo Ferré met en chanson des poèmes d’Aragon.
  •  1970 : mort d’Elsa Triolet le 16 juin. Elle est inhumée à Saint-Arnoult. 1977 : Aragon remet ses archives et celles d’Elsa Triolet au CNRS
  •  1982 : mort d’Aragon le 24 décembre.

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      N° 778 - novembre 2011 i  

    Conseil d’administration de l’ONAC-VG
     

    Le Conseil d’administration de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONAC-VG) s’est réuni à Paris le 26 octobre dernier, au Cercle national des armées de terre, mer et air. C’était, pour le secrétaire d’État M. Laffineur, sa première présidence du Conseil d’administration. Et c’était, pour les administrateurs, la dernière réunion de l’exercice avant son renouvellement prévu, en formation plus restreinte (40 membres au lieu de 70), pour février 2012.

    Réunion de quasi-routine donc, avec 9 points à l’ordre du jour, vite expédiés entre 14113o et 16h30, heure à laquelle était présentée la nouvelle thématique personnalisée des campagnes du Bleuet de France.

    André Filière et Jacqueline ThabeaultAlcandre ont participé à cette dernière session et y sont intervenus, notamment sur les points suivants :

    Projet de budget 2012

    Présenté en équilibre, il n’en est pas moins tributaire d’une mise en réserve de o,75 M€… qui, s’il demeure gelé, ne permettra pas à l’ONAC de bouder son exercice 2012 autrement qu’en déficit. Malgré les « bonnes paroles » de M. Laffineur assurant que le dégel des crédits aurait bien lieu - alors, pourquoi les mettre en réserve ? - André Filière et Jacqueline Thabeault-Alcandre ont refusé de se prêter à ce jeu de dupes et de voter un projet de budget qui fut donc adopté à la majorité.

    Rapport de performances

    Car tel est le nouveau vocable : « performances ». Elles vont devoir guider les personnels dans leur travail et, en la matière, la direction de l’ONAC n’est pas à la traîne. Elle se félicite même, en matière de réduction des effectifs, d’avoir atteint dès 2011 les objectifs fixés pour 2013 ! Mais rassurez-vous, amis lecteurs, cette même politique se poursuivra en 2012, au titre de la réorganisation du travail. Et la RGPP qui ne prévoyait qu’un remplacement pour deux départs à la retraite… s’adapte à la crise : ce sont 8 départs sur Io qui ne seront pas compensés en 2012 à la Défense.

    L’ONAC ne pourra échapper à cette razzia. Et déjà, certains de ses « hauts dirigeants » qui avaient hier, pour la RGPP et les contrats d’objectifs, des yeux pleins d’amour… déchantent amèrement aujourd’hui.

    Suppression de la formation des personnels

    « Compte tenu de la mise en réserve (de crédits), un certain nombre d’opérations de formation sont supprimées. Ainsi les dépenses de formation… sont réduites et n’intègrent plus, notamment, les cycles de formation continue ( ) concernant les nouvelles missions de proximité, la mise en oeuvre d’opérations mémorielles et, surtout, la mise à niveau des agents des services départementaux sur la nouvelle version de l’application de gestion des cartes et des titres Arnoult

    Nos lecteurs se reporteront au communiqué de la CGT-ONAC et pourront constater que les services départementaux de l’ONAC vont être encore plus touchés, au détriment et des personnels et des ressortissants que nous sommes, notamment les OPEX !

    Les écoles de rééducation professionnelle de l’ONAC

    Si leur « intégration » dans une « Fondation » est reportée à 2014, la situation demeure sérieuse pour elles. Alors que la qualité et les résultats de leur enseignement et reclassement professionnel sont reconnus unanimement, les manœuvres pour les transformer uniquement en établissements médicaux sociaux se poursuivent, ce qui aboutirait à leur faire abandonner leur cœur de métier, notamment l’enseignement d14h30nt qui fait leur originalité spécifique.

    Quant au « rebasage » du prix de séjour, encore faudrait-il que les ARS (Agences régionales de santé) aient elles-mêmes les crédits suffisants pour y faire face… ce qui est loin d’être le cas. M. Laffineur, interrogé par nous (ARAC) quant à l’action qu’il compte entreprendre au sein du gouvernement pour le déblocage de ces crédits… a utilisé jambe et langue de bois pour « botter en touche ».

    Alors, on va vendre « les bijoux de la couronne », notamment les superbes parcs des ERP de Soisy-sur-Seine et de Oissel, réalisant ainsi, à la place de la « Fondation », des « rentrées » juteuses. Si encore cette vente d’une parcelle du parc, à Soisy par exemple, était reversée à l’ERP pour y construire sur place un internat dont l’établissement a grand besoin… Mais, malgré notre insistance (ARAC), aucune assurance officielle n’a été donnée. C’est donc une opération que nous combattrons, dans le même temps où nous continuerons d’intervenir pour que l’Armée honore son contrat avec l’ONAC en envoyant par centaines les OPEX en fin de contrat, se reclasser professionnellement au sein des ERP.

    A moins que, profitant du renouvellement du Conseil d’administration de l’ONAC, M. Laffineur ne décide de se débarrasser des « trublions » de l’ARAC… ce qui serait une autre histoire !

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      N° 778 - novembre 2011 j  

    Communiqué de la CGT-ONAC : KAPTA loin de la coupe aux lèvres !
     

    « ( ) Nous nous faisons l’interprète de nombre de collègues dans les services départementaux, exaspérés de ne pas voir la situation s’améliorer rVedettes et certains blocages perdurer alors que, dans le même temps, les annonces se succèdent pour dire que tout va se rétablir rapidement.

    Si des améliorations, que nous avons volontiers saluées, sont intervenues - en particulier pour le délai de traitement des demandes de carte entre le retour de vérification de l’autorité militaire et le passage en commission - le rythme actuel des retours de vérification demeure largement insuffisant pour espérer résorber les instances (… ) Nous avons suggéré que se mette en place un soutien entre les services en dif-ficulté et ceux qui le sont moins, mais ce soutien, pourtant validé par la Direction générale, ne s’est toujours pas concrétisé. Il serait utile de se demander d’où vient le blocage !

    Le problème des TRN pour les OPEX

    Autre problème récurrent : le traitement et l’attribution effectives des Titres de reconnaissance de la Nation (… ) Pour les dossiers des conflits antérieurs, les services départementaux ont conservé la maîtrise de l’instruction et, lorsque cette dernière est effectuée, un numéro de TRN est automatiquement généré par l’application. Bien que le problème (non résolu) de l’impression el de l’envoi effectif de ces titres subsiste, les services départementaux sont en mesure de délivrer une attestation qui permet de satis.re, en partie, l’attente des intéressés (… Mais pour les dossiers OPEX, le problème est plus profond1erEn effet, les services départementaux ne sont pas autorisés à instruire. Résultat : des milliers de demande : restent au stade « dossier en instruction durant des mois, sans que les services soient en mesure de fournir la moindre indication sur l’état d’avancement du dossier, ni sus les délais d’attente, aux demandeurs qui les relancent (… )

    La Direction générale est totalement muet te sur cette question. Pourtant, des réponses précises sont attendues dans les services : qui est effectivement chargé de l’instruction de ces dossiers ? Quels moyens sont mis en œuvre pour résorber les retards ?

    Il résulte de cette situation, une tension permanente que subissent les collègues de la part des ressortissants ( ) Lorsque certains services, à cours d’argument pour faire patienter leurs interlocuteurs, les orientent vers la Direction générale, on leur indique qu’il faut orienter les demandeurs vers la DRR de Caen. Or, cela ne vaut que pour les demandes de carte et, pour ces dernières, la DRR n’est, en rien, responsable du retard. Les demandes de TRN, elles, ne dépendent pas d’un avis de la commission nationale et n’ont pas à transiter par Caen.

    • Pour que les cartes et titres transitent pas les services départementaux de l’ONAC. Par ailleurs, lorsque les dossiers sont enfin passés en communication et ont fait l’objet d’une attribution, le mystère demeure total sur l’envoi effectif des cartes et des titres. Ce sont, la plupart du temps, les ressortissants eux-mêmes qui informent les services départementaux qu’ils ont reçu leur carte ou leur TRN, parfois l’un sans l’autre, ce qui génère de nouvelles interrogations auprès des collègues qui ne disposent, de leur côté, d’aucune information et passent, du coup, pour des incompétents. La CGT a demandé, depuis longtemps, que ces documents transitent par les services départementaux qui doivent demeurer les interlocuteurs di-rects des ressortissants. La Direction générale « y réfléchit », mais rien ne change et cette situation perdure. Pour une bonne formation des personnels

    Il faut la formation, mais aussi la bonne information des services pour leur permettre de traiter dans les meilleures conditions les demandes, particulièrement celles liées aux OPEX.

    Dans un certain nombre de services, souvent du fait de départs de collègues en retraite ou ailleurs et de leur non-remplacement, le « savoir-faire » en matière de cartes et titres a pu en pâtir. Les agents en charge de ce secteur ont besoin d’une formation adaptée leur permettant de faire face, notamment dans le cas de services où peu de dossiers OPEX sont traités et ou le manque d’habitude peut jouer. Au lieu de cela, on met en place une formation limitée à l’utilisation du logiciel proprement dit et à ses nouvelles fonctionnalités. Sans nier son intérêt, cette formation-là ne répondra pas aux besoins réels des agents.

    Pour une bonne information des personnels

    Les services ont aussi et surtout besoin d’une bonne information sur la manière de traiter correctement les dossiers OPEX. Or, dans ce domaine, il y a de graves carences. On ne compte plus le nombre de messages adressés à « support Kapta », demandant une aide concrète pour le traitement d’un dossier resté sans réponse ; mais, surtout, l’absence d’une circulaire complète permettant de répondre à l’ensemble des cas de figure qui peuvent se présenter est un handicap évident. Il n’est pas normal que chacun doive se débrouiller dans son coin pour savoir quel type d’attestation de service doit être produit, quel niveau de certification des services doit être exigé, que service d’archives interpeller en fonction de la situation du demandeur, etc.

    Cette circulaire a été demandée par le CGT depuis près d’un an… On l’attend toujours ! Pourtant ( ) si les services départementaux ne sont plus en mesure de constituer des dossiers valablement, c’est toute la filière de traitement qui en subira les conséquences et les retards continueront à s’accumuler au détriment de l’image globale de l’ONAC.

    La CGT souhaite (… ) permettre une prise de conscience de l’ampleur des difficulté objectives auxquelles les agents de terrain sont confrontés, pour aboutir à des solutions à la hauteur de ces difficultés (… ). »

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      N° 778 - novembre 2011 k  

    Budget 2012 des ACVG : Le Sénat 2011 : un grand « cru » et une révélation
     

    Le Sénat a débattu, le 24 novembre dernier, du projet de budget 2012 des ACVG. Le « passage à gauche » de la Haute Assemblée a permis un débat sérieux et responsable débouchant sur l’adoption de 7 amen-dements PCF-PS et Verts répondant aux revendications légitimes des ACVG. Et ce, comble d’ironie ( !), sous la présidence de M. Raffarin, ancien Premier Ministre. Enfin, une révélation symbolique : Cécile Cukierman, sénatrice benjamine du Sénat (35 ans, groupe communiste) qui a imposé, face au secrétaire d’État aux AC, la voix des ACVG.

    Ainsi qu’on pouvait l’espérer, le Sénat, affirmant sa nouvelle majorité de gauche, s’est montré attentif aux revendications légitimes des ACVG et les a prises en compte… dans les limites de la Constitution gaullienne de 1958 qu’il faudra bien remettre en cause un jour prochain.

    Si le sénateur Marini, rapporteur spécial de la Commission des finances, se déclara, sans surprise, favorable au vote du projet de budget, en revanche Gisèle Printz, rapporteuse pour avis de la Commission des Affaires sociales, en montra toutes les faiblesses et les attentes non satisfaites… ce qui amenait la commission à donner tin avis défavorable aux crédits présentés.

    Huit sénateurs vont participer ensuite au débat général : Cécile Cukierman (PCF) et Christianne Kammerman (UMP), Robert Tropeano (RDSE, sans étiquette), Jean Boyer (UCR Centriste), Ronan Kerdraon et Alain Néri (PS et Verts), Raymond Couderc et Marcel-Pierre Cléach (UMP), ce dernier, ne pouvant masquer son dépit, allant jusqu’à accuser la présidente de la Commission des affaires sociales d’être la proie « de passions courtisanes » en n’appelant pas à voter le budget !

    Les sept amendements adoptés La majorité sénatoriale de gauche, consciente de l’impossibilité d’accepter mi tel projet de budget ignorant les revendications essentielles des ACVG, choisit au contraire de s’engager dans la voie des amendements. Profitant avec lucidité des suppressions de crédits imposés par le gouvernement à l’Assemblée nationale (13 millions 2011 pour les « Vedettes de Taiwan »,12 millions par la loi de finances rectificative et 14 millions avant même le vote des députés), les sénateurs Cécile Cukierman (PCF) et Alain Néri (PS et Verts), ex-député devenu sénateur, défendaient une série d’amendements esquivant l’article 40, mais auxquels la Commission des Finances se déclarait défavorable, ainsi que Marc Laffineur au nom du gouvernement.

    Ils durent pourtant s’incliner face aux votes majoritaires de la gauche sénatoriale qui adopta des crédits pour la mise en œuvre :

  •  De l’attribution de la carte du combattant aux anciens combattants en Algérie ayant servi 120 jours au moins lors de leur séjour commencé avant le 2 juillet 1962.
  •  La campagne double aux AC d’Afrique du Nord fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés, quelle que soit la date de départ en retraite et ayant servi au moins 120 jours sur place, sans aucune discrimination.
  •  Des crédits pour renforcer les actions de mémoire en amplifiant la coopération avec l’Éducation nationale et en obligeant l’État à participer auprès des collectivités territoriales pour la mise en valeur du patrimoine mémoriel.
  •  La prise en compte du droit à réparation des enfants de « Morts pour la France », notamment les orphelins des Résistants tombés les armes à la main, les otages et autres victimes de la barbarie nazie.
  •  La mise en œuvre des 4 points de relèvement de la retraite du combattant dès le ler janvier 2012.
  •  La création d’une aide sociale différentielle pour les anciens combattants les plus démunis.
  •  Le relèvement du plafond de ressources de l’aide sociale différentielle pour les conjoints survivants à hauteur du seuil de pauvreté à 954 euros.
  •  Le relèvement de 3 points (indice 128 au lieu de 125) du plafond majorable des rentes mutualistes AC.

    Pas d’illusions immédiates, mais des garanties pour l’avenir

    Ainsi, premier constat, les interventions de l’ARAC et du mouvement ACVG auprès des sénateurs ont porté leurs fruits et se sont traduites de façon positive dans le débat budgétaire au Sénat. Certes, ne nous berçons pas d’illusions… Le système actuel, issu de la Constitution de 1958, est tel que le gouvernement impose le dernier mot. Le budget voté par le Sénat va être réexaminé par une « navette parlementaire » - commission mixte paritaire composée de sénateurs et de députés, chargée de trouver un terrain d’entente entre l’Assemblée nationale et la Haute Assemblée. Compromis ou pas, le vote décisif reviendra à l’Assemblée nationale… qui rétablira vraisemblablement les crédits dans leur version initiale, lors du vote définitif de la Loi de Finances en décembre prochain. Ceci étant, la nouvelle composition du Sénat montre le point d’appui important que cette Assemblée constitue maintenant pour l’action du mouvement ACVG. Non seulement, en cette enceinte, vont pouvoir se faire entendre pleinement et officiellement les voix et les attentes des anciens combattants et victimes de guerre, mais il n’est pas impossible que puisse ponctuellement s’y concrétiser des avancées impossibles jusqu’ici à envisager.

    Par ailleurs, la nature même des amendements adoptés par la majorité de gauche au Sénat montre le souci des formations politiques dont sont issus leurs élus quant aux ACVG. Et c’est manifestement une indication de ce que pourrait être demain, en 2012 après la présidentielle et les législatives, la nouvelle orientation favorable à nos droits à réparation… en cas de conjugaison à gauche du « locataire de l’Elysée », d’une Assemblée nationale « revue et corrigée » à l’image du Sénat actuel.

    Une révélation sympathique : Cécile Cukierman

    La benjamine du Sénat (35 ans), toute nouvelle élue de la Loire, Cécile Cukierman s’est imposée avec brio, lucidité et beaucoup de punch en tant que porte-parole des ACVG au nom du groupe communiste au Sénat. Succédant à notre ami Guy Fischer, qui lutte avec courage contre la maladie et à qui nous disons à nouveau notre profonde affection et nos vœux de rétablissement, Cécile Cukierman a été la révélation symbolique de cette génération de jeunes et de femmes qui, non-combattant(e)s, s’investissent pourtant pleinement et avec talent dans le rôle de « haut-parleur »11t de défense de nos droits.

    Conseillère régionale Rhône-Alpes, sénatrice de la Loire, cette jeune enseignante en histoire géographie a fait preuve d’une connaissance remarquable des problèmes et revendications des ACVG, qu’elle a exposés avec fougue et clarté en tant que première oratrice lors du débat budgétaire au Sénat. Lucide et ne laissant rien passer, elle s’est mesurée avec efficacité au secrétaire d’État aux Anciens Combattants, relevant et s’opposant aux propos provocateurs de M. Laffineur, déclarant : « Nos cultures, décidément s’opposent. Entre la raison et le déficit à tout va, il y a un gouffre ». Mme Cukierman lui répliquait fortement : « Deux cultures, oui, mais à qui prend-on l’argent, à qui le rend-on ? Nos choix de ce point de vue ne sont pas les vôtres. Les Français jugeront au printemps prochain », affirmant aussi que, contrairement à la logique sarkozyste consistant à prendre toujours plus au peuple pour donner toujours plus aux riches, ses engage-ments à elle, femme de gauche, étaient de prendre au MEDEF et à la grande finance pour mettre à la disposition du peuple et des intérêts de la France ce qui leur revient et ce dont ils ont besoin. Bravo, Mme la Sénatrice et je ne résisterai pas à la tentation d’avoir « les yeux de Chimène » pour interpréter à l’attention de cette « benjamine », les vers du Cid de Corneille : « Elle est jeune, il est vrai mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. Ses pareils à deux fois, ne se font point connaître. Et pour un coup d’essai, veulent un coup de maître. » Mme Cukierman, vous avez fait souffler un vent de jeunesse ardente, fougueuse et juvénile qui a bien bousculé la poussière de ce vieux Sénat. Mais n’est-ce pas l’un des fondateurs de l’ARAC, Paul Vaillant-Couturier, qui nous fit chanter : « Nous sommes la jeunesse ardente qui veut escalader le ciel » ?

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      N° 778 - novembre 2011 l  

    Commémoration du 11 Novembre : André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, écrit au Président de la République
     

    M. le Président de la République,

    J’apprends, ce jour de commémoration du 11 Novembre, votre intention de changer le sens de cet anniversaire, destiné jusqu’ici à célébrer la victoire et le sacrifice de tous ceux qui sont tombés pendant la guerre de 1914-1918 pour défendre le sol de notre nation. Vous prétendez en faire une journée nationale pour tous les militaires morts sur les champs de bataille où notre drapeau est et a été présent.

    Je pense tout d’abord qu’une telle décision ne peut pas être prise sans que les associations d’anciens combattants et victimes de guerre ne soient consultées. Cette initiative interpelle, sur le fond, la société française dans son ensemble. Aussi, exigeait-elle une large concertation en amont.

    Pour ma part, je considère que cette suggestion n’est pas conforme à l’intérêt de l’histoire et donc à celui du peuple de France. En mêlant ainsi, indistinctement, tous les champs de batailles, vous signifiez, de facto, que toutes les guerres se valent. Vous accréditez l’idée que le combat des « Poilus », sacrifiés à Verdun en 1916, aurait le même sens que la mort de nos malheureux engagés militaires français tombés à Dien Bien Phu en 1954 en Indochine. Pensez-vous aussi que mourir sous les balles et les obus nazis, dans le verrou de Sedan ou au mont Mouchet, a la même signification que d’être, hélas, tué sur les rives du Canal de Suez en 1956, ainsi que lors des guerres coloniales passées et actuelles ?

    Monsieur le Président, j’ose espérer que vous conviendrez que mourir contre l’oppression et pour la liberté n’a pas le même sens que de mourir, que l’on soit appelé ou volontaire, au service de l’oppression, quelle que soit son origine.

    Si l’on commémore des événements aussi importants que le zr novembre 1918, c’est non seulement pour se souvenir des faits mais surtout pour les comprendre. Aussi, je crains vraiment, Monsieur le Président, que votre proposition précipite nos jeunes dans la confusion plutôt que de les éclairer.

    Je me tiens à votre disposition et vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma haute considération.

    André Chassaigne

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      N° 778 - novembre 2011 m  

    Qu’est-ce que le Bleuet de France ?
     

    Depuis plus de 8o ans, le Bleuet de France est le symbole national de mémoire et de solidarité. Au quotidien et avec attention, il vient en aide aux anciens combattants et à leurs jeunes frères d’armes, à leurs femmes, enfants et familles en cas de blessure ou de décès ainsi qu’aux victimes d’attentats.

    Aujourd’hui plus que jamais, donner au Bleuet de France, c’est aider ceux qui restent ! Comment est utilisé votre don au Bleuet de France ? 58 % va à l’action sociale, 25 % à la transmission de la mémoire et 17 % au budget de fonctionnement . L’Oeuvre nationale du Bleuet de France est reconnue d’utilité publique, votre don est déductible des impôts (reçu fiscal). Magali (notre photo), 25 ans, pupille de la Nation : « Je n ’ai pas hésité une seconde à dire oui au Bleuet de France pour cette nouvelle campagne car depuis ces dernières années, le Bleuet de France est toujours là, au quotidien, pour veiller sur mes sœurs et moi et nous aider dans nos études,.. »

    Vous pouvez envoyer un don à l’Œuvre nationale du Bleuet de France ; organiser une collecte dans votre ville, votre régiment ; devenir bénévole ou tout simplement en parler autour de vous. Merci de votre aide précieuse !

    Service communication du Bleuet de France

    Tél. 04 49 55 62 77. E-mail : odile.charbonneau@onacvg.fr www.bleuetdefrance.fr

    Prévenez votre comité départemental de l’ARAC et la direction nationale si vous pouvez préparer une initiative pour le 8 mai prochain…

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      N° 778 - novembre 2011 n  

    Paroles de torturés Guerre d’Algérie : 1954-1962
     

    Jean-Pierre Guéno, Édition Jacob Duvernat, 20 euros

    La fin des années 1950… la seconde moitié du XXe siècle… C’est la fin du baby-boom, l’apparition des premiers ordinateurs français, la 3e semaine de congés payés, les premiers disques d’Elvis Presley en vente en France, le triomphe de Dalida, la naissance de l’Europe des six et le pétrole qui jaillit au Sahara.

    Et, dans le même temps, au ministère de l’intérieur, au labo photo des renseignements généraux, un policier photographe reçoit chaque jour les pellicules arrivant d’Algérie. Les RG, à l’époque, photographiaient les corps retrouvés noyés, sommairement enterrés ou abandonnés dans les djebels ou sur la voie publique, suite aux horreurs commises dans les deux camps. Terribles pièces à conviction secrètes, cachées, conséquences tragiques des attentats, des assassinats, des centres de tortures, des « corvées de bois », de toutes les « bavures » commises au nom de la pacification selon les uns, de la lutte de libération pour les autres.

    Tous les soirs, le ministre de l’Intérieur trouvait sur son bureau un album grand format, avec les photos des exactions et atrocités commises. Le père de Jean-Pierre Guéno (12 ans à l’époque) était l’homme qui développait, tirait, agrandissait les photos et préparait chaque jour l’album des horreurs. Lui, l’ancien résistant des maquis de Montluçon, respectueux du devoir de réserve, vécut la plus grande dépression nerveuse de sa vie, constatant chaque jour que, même parmi ses collègues qui avaient pourtant vécu les horreurs de la Gestapo, il y en avait qui les commettaient à leur tour…

    Pourtant, des acteurs de cette guerre, torturés, simples témoins et parfois tortionnaires, se sont exprimés, qu’ils soient civils ordinaires, appelés en Algérie, militaires, étudiants algériens résidant en Algérie ou en métropole… ils envoyaient des lettres à des journaux ou à la justice. Du 6 décembre 1951 (Claude Bourdet, l’Observateur) à mai 1963 (rapport de Jean-Marie Robert, sous-préfet d’Akbou), en passant par Camus, Polesti, l’aspirant Henri Maillot, le général Paris de Bollardière, le Colonel Trinquier et le père Delarue, Djamila Bouhired, Henri Alleg, Maurice Audin, les prêtres ouvriers, le chanoine Brenckle, le Manifeste des 121, Henri Pouillot, Papon, Charonne, etc, ce sont 136 lettres ou articles de journaux, documents militaires français ou algériens qui sont rassemblés dans ce livre que Jean-Pierre Guéno dédit à son père Pierre Guéno.

    Dédié également par l’auteur, et nous le citons : « A Josette Audin, l’épouse du mathématicien Maurice Audin, qui n’a jamais retrouvé le corps de son jeune mari supplicié, à tous ceux qui ont vécu les événements d’Algérie et ont endossé des fardeaux mémoriels dont as ne se libèreront jamais tout à fait ». Dédié enfin à tous les enfants du XXe siècle pour qu’ils soient déterminés à faire de la torture une pratique définitivement prohibée.

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    1. Le Réveil des Combattants N° 735-736 – octobre - novembre 2007
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