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Le Réveil des Combattants n°789 de décembre 2012 - janvier 2013.
Publié le mercredi 23 janvier 2013

Sommaire :  

  •  RECONNAISSANCE DU 19 MARS COMME JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR
  •  Budget 2013 des ACVG : Crédits insuffisants et persistance des injustices
  •  VAN CANH : Je reviens de notre village
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Edito André Fillère
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - De 1917 à la guerre d’Algérie
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - L’ARAC et les guerres coloniales
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Cessez-le-feu en Algérie
  •  LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Comment oublier ?
  •  OPEX et carte du combattant
  •  Aide différentielle aux conjoints survivants : Des critères plus restrictifs
  •  Carte du combattant : COMMISSION NATIONALE D’ATTRIBUTION
  •  ROSE-MARIE ANTOINE Nouvelle directrice de I’ONACVG

     

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 a  

    RECONNAISSANCE DU 19 MARS COMME JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR
     

    50 ans après la fin de la guerre d’Algérie Les choses commencent à bouger…

    L’adoption de la loi du 6 décembre 2012 relative à la reconnaissance du 19 mars comme Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc constitue une victoire incontestable de l’ARAC et des associations d’anciens combattants qui depuis le cessez-le-feu du 19 mars 1962 agissaient pour obtenir le vote de cette loi par le Parlement.

    La validation de cette loi par le Conseil constitutionnel puis sa promulgation par le Président de la Ré-publique quelques jours après son adoption par le Sénat confirment cette victoire républicaine.

    Le Président de la République reconnaît lors de son voyage en Algérie, le 20 décembre, les souffrances infli-gées au peuple algérien. C’est un premier pas car il faut aller au bout de la démarche et donc procéder à l’abrogation de la loi du 23 février 2005 qui attribue scandaleusement un rôle positif à la colonisation. De même, l’adoption de la loi du 6 décembre 2012 reconnaissant la date historique du 19 mars ne supporte pas le maintien d’une manifestation officielle ayant le même objet le 5 décembre de chaque année. Nous exigeons l’abrogation du décret pour cette date devenue un point d’appui pour les menées néocolonialistes. La reconnaissance officielle du 19 mars comme les déclarations du Président de la République lors de sa visite en Algérie constituent deux démarches historiques justifiées qui permettent d’ouvrir désormais un nouveau chapitre des relations entre les peuples de France et d’Algérie. L’ARAC, se félicite notamment des propos présidentiels tenus devant le parlement algérien : « Il y a cinquante ans, l’Algérie accédait à l’indépendance, elle s’arrachait à la France, après une guerre longue de huit ans… Elle devenait la République algérienne libre et souveraine. Elle conquérait ce droit, ce droit inaliénable, ce droit de pouvoir disposer pour un peuple de lui-même. »

    L’ARAC estime, comme le Président de la République, que l’amitié entre les peuples français et algérien « pour vivre, pour se développer, doit s’appuyer sur un socle, ce socle, c’est la vérité. Cette vérité nous la devons à tous ceux qui, par leur histoire, par leur histoire douloureuse, blessés veulent ouvrir une nouvelle page… La vérité elle n’abîme pas, elle répare, la vérité ne divise pas, elle rassemble… L’histoire, même quand elle est tragique, même quand elle est douloureuse pour nos deux pays, elle doit être dite. Je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien. Parmi les souffrances, il y a eu les massacres de Sétif, le 8 mai 1945, le jour même où le monde triomphant de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles… La vérité, elle doit être dite aussi sur les circonstances dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée du système colonial, sur cette guerre qui, longtemps n’a pas dit son nom à la France, la guerre d’Algérie… Nous avons le devoir de vérité sur la violence, sur les injustices, sur les massacres, sur la torture… »

    L’ARAC soutient le projet que : « La Méditerranée est un espace politique économique, diplomatique et nous avons le devoir de développer des projets qui bénéficient directement aux populations des deux rives… » que la France et l’Algérie « travaillent ensemble pour le projet méditerranéen. »

    L’ARAC, à l’orée de cette nouvelle étape historique de l’histoire entre les deux peuples français et algérien, appuie et apportera, conformément à ses principes fondateurs, tout ce qui permet de résoudre le dernier défi qu’il y a à relever : « il est pour la paix, la sécurité dans le monde. Nous portons les mêmes principes au plan international : l’indépendance, la souveraineté, le respect des peuples … »

    La reconnaissance et la souveraineté des nations valent pour tous les pays, y compris la France dans le cadre de l’Union européenne.

    Déclaration de I’ARAC Villejuif, le 21/12/2012

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 b  

    Budget 2013 des ACVG : Crédits insuffisants et persistance des injustices
     

    Lecteurs, vous avez la parole !

    Le 5 novembre dernier, la majorité socialiste - Europe écologie - Les Verts a adopté le projet de budget 2013 des ACVG, à l’Assemblée nationale, l’opposition votant contre, de même que le groupe communiste et apparentés, lequel a considéré que le contenu de ce projet était d’autant plus insuffisant que la totalité des amendements proposés pour l’améliorer étaient refusés par le gouvernement et rejetés par sa majorité.

    Le 28 novembre, le Sénat a rejeté la première partie de la loi de finances 2013 relative aux recettes par 165 voix contre et 156 pour, le groupe communiste-républicain-citoyen (CRC) s’étant abstenu, le gouvernement refusant l’examen et rejetant systématiquement les propositions de ce groupe parlementaire. De ce fait, l’ensemble du projet de loi de finances pour 2013 est considéré comme rejeté et l’examen prévu des crédits ACVG le 3 décembre a été annulé, aucune dépense ne pouvant être examinée… faute de recettes.

    Une « navette » entre l’Assemblée nationale et le Sénat s’est donc mise en place par le canal d’une commission mixte paritaire députés-sénateurs. Au terme de cette navette, la décision définitive revient à l’Assemblée nationale - selon la très nocive constitution de 1958 ! - et la majorité a établi la loi de finances 2013 voulue par le gouvernement.

    Un mauvais budget 2013 des ACVG Non seulement il ne contient aucune mesure nouvelle pour résoudre le contentieux, mais les propos du ministre délégué sont alarmants pour certains secteurs du droit à réparation. Outre les baisses de crédits déjà annoncées pour 2014 et 2015, Kader Arif a enterré la Commission Audoin (pas d’indemnisations nouvelles pour les orphelins) et la campagne double (pas de rétroactivité de la loi avant 1999), non sans menacer le principe de la rente mutualiste AC (qualifiée de « niche fiscale » alors que c’est un droit à réparation établi par la loi) et laissé entendre que les AC cotisant au plafond étaient des nantis. De plus, le refus de relever les crédits prévus pour l’aide différentielle aux veuves d’AC (AD S CS) contraint l’ONAC (en 2013) à sortir du système toutes celles qui percevaient cette aide en 2012 mais ne bénéficiaient pas de l’ASPA (aide sociale aux personnes âgées). Ainsi, non seulement rien n’est mis en place pour un système d’aide aux anciens combattants les plus démunis, mais des veuves percevant cette aide vont en être privées !

    Certes, quelques promesses ont été avancées : beaucoup de « commissions » prévues (dont on sait trop souvent l’inefficacité) et la carte du combattant en 2014 aux anciens combattants en Algérie dont les 120 jours de présence ont débuté avant le 2 juillet 1962… si les crédits le permettent.

    Alors, quelles luttes mener ?

    Face à cette politique dans laquelle « le changement » n’est pas pour maintenant, où les refus s’accumulent tandis que s’intensifient les mesures négatives à l’encontre des salariés et des retraités, quels combats spécifiques va devoir mener l’ARAC au plan du droit à réparation en 2013 ? Certes, celui-ci est tributaire des luttes sociales générales dont nous devons être partie prenante. Mais nul ne mènera à notre place le combat pour nos droits à réparation.

    Alors, sur quel créneau devons-nous monter ? Généralement, contre la baisse programmée du budget ACVG en 2014 alors que, à budget constant, des revendications pourraient être satisfaites ? Sur le relèvement de la valeur du point PMI qui a 42 % de retard ? Sur les crédits indispensables à l’ADCS et le re-lèvement de son plafond de ressources à hauteur du seuil de pauvreté ? Sur la carte du combattant aux ATM ? Sur les OP EX : droit au logement et au travail en fin de contrat, mais aussi droits aux soins, à la réinsertion professionnelle, tant se révèlent de plus en plus à travers les médias (presse, documentaires TV, etc.) l’ampleur des psychotraumatismes, leur nombre et leur gravité (suicides parfois) frappant les OPEX au retour de séjours en Afghanistan et autres.

    Lecteurs, participez aux débats sur les droits préparant le congrès national d’avril 2013 !

    Dans moins de trois mois se tiendra le congrès national du 95e anniversaire de l’ARAC, et c’est lui qui aura à déterminer les orientations de notre action. Une commission du droit à réparation s’y réunira et il est important de prévoir dès maintenant les éléments considérés comme essentiels pour l’action en faveur des droits à réparation. Les congrès départementaux ou des assemblées générales vont se tenir pour préparer ce congrès. Le droit à réparation (rente mutualiste comprise) doit y tenir sa place et faire connaître à la direction nationale la vision des comités départementaux et locaux, celle des adhérents sur cette question. Et nous voulons avoir aussi l’avis des lecteurs sur ce qu’ils estiment possible ou non, sur ce qu’ils souhaitent voir mis en avant. C’est pourquoi nous vous invitons à nous adresser sans tarder votre opinion personnelle. C’est extrêmement important et c’est même essentiel pour agir efficacement en 2013. Car c’est ensemble qu’il nous faut exiger le changement, qu’il nous faut contraindre le gouvernement et sa majorité à prendre en compte la dette que la nation a envers tous les anciens combattants, toutes les victimes de guerre de toutes les générations du feu.

    Par avance, merci de votre contribution.

    André Fillère

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 c  

    VAN CANH : Je reviens de notre village
     

    Le Comité international pour le village de l’amitié de Van Canh se réunit pour faire le bilan tous les deux ans et établir le projet de budget pour les deux années à venir. C’était, en octobre 2012, la quatorzième réunion depuis la construction du village. Je dois avouer que je suis allé à Van Canh heureux de pouvoir voir de mes yeux à quel niveau de construction et de vie nous étions arrivés.

    Vous, chers amis qui avez, par vos actions et vos dons, participé à sortir de terre ce village, à lui assurer son développement et à sa vie au quotidien, vous pouvez être heureux et fiers du résultat. Les enfants, les jeunes et les vétérans qui y sont accueillis, malgré leur handicap, sont heureux à Van Canh. Avec les comités allemands, américains, japonais et vietnamiens (les Canadiens n’ont pas pu venir), nous avons vécu une semaine émouvante avec ces victimes de l’Agent orange. Hébergés dans le village, au dehors des réunions de travail, nous avions un contact permanent avec les « pensionnaires ». Ces quatre-vingts jeunes et enfants, cette soixantaine d’anciens combattants et victimes eux aussi, forment une vraie famille, assistés d’un personnel en permanence auprès d’eux comme des pères et des mères, des frères ou des soeurs. Les incapacités physiques ou cérébrales sont complètement submergées par cette « osmose familiale ». Nous sommes si loin de l’atmosphère des hôpitaux que nous pouvons avoir connu les uns et les autres ! Ils chantent, ils jouent et ils dansent, ils éclatent de rire, ils ont des regards de tendresse qui font de ce village un havre de paix, une oasis de chaleur humaine.

    Je n’étais pas retourné au village depuis quatre ans. Beaucoup de visages d’enfants m’étaient inconnus, mais j’ai eu la joie d’en reconnaître quelques-uns. Je les avais connus marqués par leur malchance avec de rares sourires. Et je les ai retrouvés plus grands, mais surtout épanouis, me montrant bien qu’ils me reconnaissaient, avec des gestes d’enfants retrouvant un grand-père.

    Le village est beau ; les pavillons sinistrés par la grande inondation de 2008 ont été reconstruits plus grands, plus fonctionnels. Le bassin des poissons est plus élégant. Les arbres ont grandi eux aussi. Les allées ont été refaites.

    Alors, tout va bien ? Pas de problèmes ? Le comité international a dû se pencher sérieusement sur les dépenses de fonctionnement et sur la réalité des sommes collectées par les comités nationaux. Il faut, hélas, constater qu’il y a une baisse sérieuse des sommes envoyées au village. Le comité français, lui-même, n’a pas pu envoyer en 2012 une somme équivalente à 2011. Le coût de la vie a augmenté au Viet-nam. Certes, la crise économique dont sont victimes les citoyens de France, des États-Unis, d’Allemagne, du Japon peuvent en partie expliquer cette baisse. Mais quand même ! Est-ce que nous ne pouvons pas faire un peu plus, dans nos localités et nos départements ?

    Et surtout, est-ce qu’il n’y a pas d’autres comités à créer à l’initiative de nos sections et de nos comités départementaux de l’ARAC ? N’est-ce pas aussi un sujet à aborder à notre prochain Congrès national ?

    Au-delà des frais de fonctionnement, il reste à construire dans notre village une piscine médicalisée, indispensable dans le processus de soins pour soigner tous les maux dont souffrent les « pensionnaires » du village. Nous nous sommes engagés à son existence avant la prochaine réunion internationale. Il serait souhaitable que le comité français arrive à doubler en 2013 les sommes envoyées au village.

    Chers camarades et amis, nous avons raison d’exiger des entreprises criminelles US, qui ont fabriqué l’Agent orange déversé sur les populations vietnamiennes, le versement des dommages de guerre, pour rendre moins inhumain ce crime contre l’humanité.

    Mais cette action ne nous dispense pas de notre solidarité pour le village de Van Canh, ce monument international bien vivant, message permanent des anciens combattants qui l’ont voulu comme un phare éclairant le monde de paix et de fraternité dont nous rêvons tous. Après nous, les victimes de l’Agent orange soignées au village de l’amitié, bénéficiaires de notre solidarité seront toujours la meilleure réponse pacifiste aux coupables des guerres et des crimes contre l’humanité. En leur nom, merci pour vos gestes solidaires.

    Georges Doussin

    APPEL DU COMITE INTERNATIONAL POUR LE VILLAGE DE L’AMITIE DE VAN CAHN

    Devant les guerres et la politique des puissances financières qui aujourd’hui tuent et jettent dans la misère des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, le Comité international appelle tous les hommes et les femmes de bonne volonté à s’unir pour remplacer l’exploitation inhumaine des plus faibles par la solidarité, le mépris et la haine par la fraternité.

    « LUTTONS CONTRE LA GUERRE »

    A Van Cahn, nous avons réalisé pour les victimes vietnamiennes de la guerre, le « Village de l’Amitié ». C’était le rêve des vétérans combattant pour la paix.

    Aujourd’hui, pour la survie de l’humanité, nous rêvons d’un monde de paix et de solidarité. Aujourd’hui, la terre est un village. Pour l’avenir de tous les enfants du monde, ensemble, nous devons sauver ce village.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 d  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Edito André Fillère
     

    Faire triompher la coopération, l’amitié et la paix

    La guerre d’Algerie et les combats en Tunisie et au Maroc sont terminés depuis 5o ans.

    Mais il a fallu 12 ans d’actions incessantes des intéressés (dont l’ARAC) et des élus les plus lucides avant que ne soit reconnue la réalité des combattants et que la carte leur soit attribuée par la loi du 9 décembre 1974.

    Mais il a fallu 37 ans d’actions incessantes des intéressés (dont l’ARAC) et des élus les plus lucides avant que ne soit reconnue officiellement la réalité de l’état de guerre d’Algérie par la loi du 18 octobre 1999.

    Mais il aura fallu 5o ans d’actions incessantes d’une majorité d’anciens combattants (dont l’ARAC) et des élus les plus lucides pour que le 19 mars 1962, pourtant date officielle du cessez-le-feu sur le terrain, soit officialisé en tant que journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc par la loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012.

    Aujourd’hui, la journée nationale du 19 mars doit devenir la propriété nationale de l’ensemble du peuple français, car c’est à lui qu’elle appartient, elle fait partie de son patrimoine et n’est plus la propriété de celui-ci ou de celui-là, contre untel ou untel.

    Cette journée, repère officiel pour assumer le passé, transmettre la mémoire, servir l’histoire, doit aider à poser avec force la nécessité de conclure officiellement cette guerre par un traité de paix et d’amitié avec le peuple algérien, permettant une coopération mutuellement avantageuse sur les deux bords de la Méditerranée et même bien au-delà…

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 e  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - De 1917 à la guerre d’Algérie
     

    En menant ce combat contre la guerre, l’ARAC se veut fidèle à sa tradition, fidèle à ses créateurs. Son idée est née dans la boue des tranchées de 14-18, par la rencontre de quatre hommes écoeurés par les massacres inutiles, Henri Barbusse, écrivain, auteur du Feu, journal d’une escouade, prix Goncourt 1916, Paul Vaillant-Couturier, journaliste, Georges Bruyère, ouvrier, Raymond Lefebvre, écrivain.

    Dès sa naissance, l’ARAC en 1917, en pleine guerre de 1914 - 1918, lance un cri : « Guerre à la guerre ! » Et l’applique immédiatement en s’élevant contre les opérations coloniales au Maroc, en Syrie, à peine huit années après la fin de la Guerre mondiale.

    Mais la situation internationale évolue dangereusement. Hitler et le parti nazi ont accédé au pouvoir en Allemagne et ouvrent immédiatement les premiers camps de concentration dès 1933. En Italie, Mussolini et les « Chemises noires » gouvernent le pays et s’emparent de l’Éthiopie par la force des armes. En France, les factieux et les ligues se manifestent avec violence et, en 1934, les anciens combattants de l’ARAC sont dans la rue pour barrer la route au fascisme.

    En 1936, l’association de Barbusse participera et soutiendra le Front populaire… Front populaire qui triomphe également en Espagne républicaine. Ce que ne supporte pas la réaction qui, à travers le général Franco et ses forces coloniales, déclenchent la guerre civile. Des troupes et de l’aviation hitlériennes et fascistes italiennes interviennent directement en Espagne aux côtés de Franco… tandis que les « démocraties » occidentales, France et Angleterre en tête, abandonnent la République espagnole et décrètent…« la non-intervention ».

    Les forces populaires se mobilisent en France et dans le monde. Les Brigades internationales se constituent pour lutter aux côtés des forces républicaines espagnoles. Parmi ces volontaires, des anciens combattants de 14-18, membres de l’ARAC, s’engagent au premier rang.

    Dès septembre 1936, l’ARAC parraine un bataillon de miliciens républicains espagnols. Tandis que l’un des bataillons français des Brigades internationales en Espagne prenait le nom de Henri Barbusse, Paul Vaillant-Couturier (qui lui avait succédé à la présidence de l’ARAC) se rendait en Espagne (mai-juin 1937) où il ap-portait le soutien de l’association. Abandonnée, l’Espagne succombe. De cette époque tragique naîtront les premiers résistants à l’occupation nazie en France (guérilleros espagnols du Sud-Ouest, FTP-MOI, etc.), avec des organisations clandestines animées par des anciens des Brigades internationales, tels Fabien et le colonel Rol-Tanguy (chef militaire des FFI lors de l’insurrection libératrice de Paris), président de l’AVE R et membre de l’ARAC, René Sahors (organisateur de la lutte clandestine de l’ARAC contre l’occupant nazi, fusillé au Mont-Valérien le 31 mars 1942), et tant d’autres.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 f  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - L’ARAC et les guerres coloniales
     

    Pacifistes, les militants de l’ARAC seront parmi les premiers combattants contre l’hitlérisme. Mais dès la guerre finie, ils reprendront leur combat contre une nouvelle guerre coloniale, celle d’Indochine.

    Dès 1954, l’ARAC dénonce la guerre d’Algérie et appelle à la discussion. Le Réveil des Combattants publie en juillet 1955 un reportage en Algérie d’Annette Vidal, qui fut la secrétaire d’Henri Barbusse, où elle décrit la réalité algérienne, dissimulée sous la fiction, de trois départements français semblables aux autres !

    En novembre 1955, la conférence nationale de l’ARAC réunie à Bourges considère que « les solutions de force, employées jusqu’à ce jour, ne font qu’aggraver la situation et ne peuvent que créer la haine », et demande « qu’il soit mis fin à l’effusion de sang en Afrique du Nord, conformément à l’esprit de Genève (lieu où vient de se tenir une conférence des chefs d’État en juillet 1955 dans un climat de détente internationale. NDLR), par l’ouverture immédiate de négociations ».

    En février 1956, Me Paul Prompt, avocat du Secours populaire, témoigne dans Le Réveil des Combattants de l’utilisation de la torture dans les commissariats de police et dans les locaux de la gendarmerie, dénonce les condamnations arbitraires militaires et conclut ainsi : « Il est bien évident que de telles méthodes, au demeurant parfaitement illégales et condamnées par les traditions républicaines de notre pays, ne peuvent pas contribuer au règlement du problème algérien. Il faudra bien un jourfinir par où on aurait dû commencer : négocier. »

    Contre la torture

    L’ARAC, dès le début de la guerre d’Algérie, dénonça l’emploi de la torture et son institutionnalisation à travers la bataille d’Alger. Avec son journal, elle se joindra à toutes les campagnes contre cette gangrène, notamment lors de la parution du livre La question, écrit par Henri Alleg, directeur du journal interdit Alger Républicain, arrêté et torturé par les parachutistes au printemps 1957.

    Tout au long de la guerre d’Algérie, l’ARAC mènera campagne, et la poursuit encore aujourd’hui au côté de la veuve du général Paris de Bollardière (qui démissionna plutôt que cautionner la torture) et des signataires de L’Appel des douze, réclamant la reconnaissance du crime d’État que constitue la torture durant la guerre d’Algérie.

    En 1957, le journal de l’ARAC, sous le titre « Assez de sang, assez de larmes », publie la liste de 32 soldats de Saône-et-Loire tombés en Algérie. En juin, un congrès national de l’association souligne que « sous le vocable de pacification se poursuit en fait une véritable guerre » et dénonce les méthodes de répression employées en Algérie. Un appel est lancé dans le journal pour la libération d’Alban Liechti, jeune soldat du contingent qui, ayant refusé de prendre les armes contre le peuple algérien, a été condamné par un tribunal militaire à deux ans de prison. Février 1958, c’est le bombardement par l’aviation française de la ville tunisienne de Sakiet-Sidi-Youssef, causant 69 morts et 13o blessés. La guerre, qui n’ose pas dire son nom, se poursuit. La prise du siège du gouvernement général à Alger par les extrémistes pieds-noirs et une partie de l’armée entraîne la chute de la Ive République et ramène de Gaulle au pouvoir.

    En 196o, alors que des pourparlers sont engagés à Melun, Casimir Lucibello, secrétaire général de l’ARAC, écrit : « Le succès des négociations dépend avant tout de l’action » des Français eux-mêmes, face aux complots réitérés des ultras d’Alger et de leurs complices en France.

    Vérification en est faite avec le putsch du « quarteron de généraux en retraite »

    Dans son numéro de mai 1961, Le Réveil des Combattants exige « le châtiment exemplaire des coupables (et) la paix en Algérie ». Il appelle à « soutenir les soldats du contingent qui refuseront de se ranger aux côtés de la rébellion ». Un soutien lucide et clairvoyant qui s’exprime également envers les officiers et sous-officiers républicains de carrière ayant refusé de s’associer aux généraux factieux félons.

    En mai, une délégation conduite par le président national, Félix Brun, se rendra à Évian, porteuse d’une résolution de l’ARAC remise à chaque délégation, française et algérienne, demandant la réalisation rapide d’un accord pour l’application du droit à l’autodétermination, de prendre des mesures pour qu’aussitôt intervienne le cessez-le-feu, pour jeter les bases des liens d’amitié.

    Le 17 octobre 1961, c’est à Paris le massacre des Algériens manifestant pacifiquement contre le couvre-feu qui leur est imposé. Frey, Papon et leur police assassinent en toute impunité.

    Le 8 février 1962, c’est la tuerie du métro Charonne par les mêmes. L’ARAC rend hommage aux victimes des répressions policières et proteste contre l’indulgence dont bénéficient les assassins et plastiqueurs de l’OAS. Parmi les victimes, Édouard Lemarchand, ancien résistant, membre de la 9e section de l’ARAC de Paris.

    Enfin, le cessez-le-feu intervient et le 26 mars 1962, l’ARAC, dans une déclaration solennelle, notait l’importance de l’évènement en saluant : « avec d’autant plus de joie, la signature du cessez-le-feu en Algérie qu’elle n’a cessé, contre cette guerre cruelle et ruineuse, de proclamer que le drame algérien ne serait pas résolu par la force des armes mais par la négociation avec ceux contre qui on se bat, sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’ARAC, approuvant sans réserve les accords d’Évian, appelle à répondre OUI au référendum du 8 avril prochain », et s’engage à défendre les droits et aspirations des anciens combattants et victimes de guerre.

    Lutter pour la paix et défendre les droits

    Même pendant les années de guerre, la défense des droits des anciens combattants aura été une constante de l’action de l’ARAC. Dès le début de la guerre d’Algérie, l’ARAC ouvre les portes de ses permanences locales aux familles de rappelés et d’appelés. Elle s’emploie à leur faire obtenir de l’aide sociale en cas de besoin et, hélas, quand survient le drame du fils tué ou blessé, à épauler les familles dans les démarches officielles.

    Dès 1956, l’ARAC organise à Paris, notamment dans le 13e arrondissement, des réunions destinées aux rappelés, avant leur départ ou après leur retour, pour les aider à revendiquer des droits à réparation identiques à ceux de leurs aînés des conflits précédents.

    A plus forte raison la paix revenue, il faut pallier aux séquelles du conflit : blessures, mutilations, traumatismes psychiques de guerre de dizaines de milliers de victimes laissées sans soins, et que l’égalité du droit à réparation est officiellement contestée.

    Il faudra alors des décennies de luttes et d’initiatives les plus diverses pour faire évoluer au service des anciens combattants en Afrique du Nord une législation et un Code des pensions militaires d’invalidité puisant ses racines dans la guerre de 14-18. Les batailles seront rudes et longues pour faire évoluer des gouvernements qui, refusant de reconnaître la réalité de la guerre en Algérie, niaient tout droit à l’attribution d’une carte du combattant, à des pensions militaires au titre « guerre ».

    Après le Titre de reconnaissance de la nation (dont les pouvoirs publics espéraient bien que se contenteraient les anciens d’Algérie), il fallut combattre la notion d’une carte du combattant spécifique pour d’Algérie, et imposer en février 1975, l’attribution de la carte du combattant, la même pour toutes les générations, mais sous certains critères très restrictifs.

    Et il faudra plus de 3o ans encore pour aboutir à la législation actuelle tenant compte du caractère spécifique de la guerre d’Algérie pour l’attribution de la carte du combattant.

    Il faudra également 37 années de lutte pour imposer au gouvernement et au Parlement le vote unanime d’une loi reconnaissant officiellement le caractère de guerre en Algérie et celui des combats au Maroc et en Tunisie. C’était en 1999.

    Et toujours cette nécessité d’agir, sans relâche, opiniâtrement contre les refus permanents officiels des revendications dont certaines demeurent en suspens (campagne double, psychotraumatismes, etc.), inachevées ou à peine évoquées (veuves, ascendants, orphelins, etc.). En bref, encore bien des pages à écrire auxquelles l’ARAC s’emploie dans l’intérêt des anciens comme des nouveaux, les combattants des opérations extérieures (OPEX) et ceux des missions humanitaires.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 g  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Cessez-le-feu en Algérie
     

    Depuis 1964, chaque 19 mars a été commémoré par les anciens combattants en Algérie, Tunisie et Maroc comme la date marquante du cessez-le-feu qui ouvrit la voie à la fin d’une guerre qui coûta la vie à 30 000 soldats, fit 300 000 blessés et malades, meurtris dans leur chair et dans leur esprit, psychotraumatisés pour certains, tandis que le peuple algérien pleurait plus d’un million de tués ou disparus.

    Une guerre qui allait entraîner le douloureux déracinement des Français de « là-bas » et la cruelle tragédie du sort des harkis en Algérie, mais aussi le drame en France pour ceux qui purent la rejoindre. Certains voudraient effacer cette date, mais elle est symbolique. Ainsi, en 1978, seize ans après cette fin officielle de la guerre, le journal pose la question des relations entre les peuples français et algériens en s’interrogeant : « N’est-il pas temps d’envisager l’avenir des deux peuples d’une manière plus sereine, moins passionnelle mais plus réaliste ? » Il annonce la décision de la direction de l’ARAC de « prendre les premiers contacts avec les anciens combattants algériens ».

    C’est ainsi qu’André Filière, accompagné de Jean Sirodeau, rédacteur en chef du Réveil, débarquent à l’improviste à l’aéroport d’Alger, puis à la villa Boumaraf, siège de l’Organisation nationale des moudjahiddines, les anciens combattants de l’Armée de libération nationale algérienne, entament un dialogue qui conduira à des échanges de délégations, des rencontres d’étude, des voyages d’anciens combattants en Algérie reçus à bras ouverts par le peuple algérien.

    Parallèlement se développe, durant deux ans, un débat de fond dans l’ARAC, dans chaque comité départemental, notamment dans le sud de la France où les Français rapatriés et les anciens harkis sont largement présents dans l’association, sur le thème : « Faut-il nouer des relations avec les anciens moudjahiddines ? Et si oui, ne faut-il pas les inviter aux congrès nationaux de l’ARAC, au même titre que les autres délégations internationales ? » De la quasi-majorité des membres de l’ARAC monte l’affirmation de la nécessité de faire ce pas en avant, de tendre la main par-dessus la Méditerranée, de rouvrir une passerelle, fragile sans doute, mais que le temps et les efforts de tous conforteraient. Et c’est ainsi qu’au 40e Congrès national de l’ARAC, tenu du 22 au 25 novembre 1979à Montpellier dans l’Hérault, fut reçue pour la première fois une délégation de l’ONM conduite par Nourredine Khelladi, secrétaire national chargé des relations internationales, qui prit la parole et salua le Congrès au nom des anciens combattants algériens et du peuple algérien.

    En 1982, pour le 20e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, l’ARAC décide de lancer une série d’initiatives publiques rassemblant anciens combattants et victimes de guerre, familles, ami(e)s et population pour générer un mouvement le plus large possible, à la fois pour la satisfaction des droits à réparation et pour imposer la date du 19 mars (1962) comme commémoration officielle de la fin de la guerre d’Algérie.

    Le coup d’envoi est donné à Paris, dans la grande salle des fêtes de la mairie du Xe arrondissement, où André Filière, secrétaire général, appelle, au nom de la direction nationale de l’ARAC, à intensifier la campagne pour la 19 mars et magnifier les commémorations en les élargissant à tous les républicains, à tous ceux qui, épris de paix et d’amitié entre les peuples, ont agi hier pour la paix en Algérie et continuent aujourd’hui, avec ceux qui n’ont pas connu cette guerre, à lutter pour un monde sans arme et solidaire.

    Une série de fêtes, nommées « Fêtes d’hiver des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc, et des familles », vont alors se mettre en place et perdureront pendant près de 15 ans.

    La première eut lieu à Paris, boulevard Blanqui, le 26 novembre 1977. Elle fut animée par Claude Vinci, chanteur et écrivain membre de l’ARAC, jeune mêlé à la Résistance anti-nazie dont les chansons et les livres conserveront les traces des blessures et des drames qu’occasionnent les guerres. Suite à son tour de chant fut projeté le film de René Vautier Avoir 20 ans dans les Aurès, suivi d’un buffet campagnard et d’une soirée dansante.

    Ces fêtes d’hiver, avec leur style propre - un chanteur tel Francis Lemarque en après-midi, la choucroute garnie, puis le bal en soirée - s’avéreront des moyens extraordinaires qui formeront des milliers de militants et de responsables anciens combattants en Afrique du Nord, assureront une cohésion fraternelle et souvent familiale entre les anciens combattants des diverses générations du feu (14-18, 39-45, Indochine, Algérie) et ancreront à jamais la revendication de la commémoration officielle du 19 mars 1962 comme fondamentale pour tous. Pour le trentième anniversaire de la fin de la guerre, en 1992, le président national, Georges Doussin, appelle à faire de cette commémoration une nouvelle étape dans la prise de conscience collective que « le temps des guerres doit être définitivement révolu ».

    Le 19 mars 1995 sera marqué de façon originale et exceptionnelle par l’ARAC. En effet, pendant que, dans toute la France, l’association se rassemble pour participer avec la FNACA, l’ANCAC et les associations d’anciens combattants participant aux commémorations locales et départementales, toute la direction nationale de l’ARAC se déplace à Marseille où elle organise, avec le concours efficace de l’ARAC des Bouches-du-Rhône, un symposium international consacré aux problèmes des psychotraumatismes de guerre. Deux jours durant, scientifiques et anciens combattants français, américains, anglais, italiens, hollandais, allemands, norvégiens, etc., échangent et débattent de cette question, des soins à prodiguer, des moyens de le faire, du droit à réparation, de la réinsertion sociale des victimes de psychotraumatismes…

    Une grande première internationale, ignorée volontairement par le gouvernement français de l’époque, et qui trouvera son prolongement à travers le colloque de la Fédération mondiale des associations de combattants (FMAC) à Cracovie. Une manière spécifique pour l’ARAC, de lier la guerre, ses effets et les soins à prodiguer, autant d’éléments à ne pas séparer du souvenir, de la mémoire et du 19 mars.

    Pour le 19 mars 1999, le journal manifeste son approbation « de la décision prise par le gouvernement d’utiliser enfin officiellement le terme de « guerre d’Algérie » (votes unanimes du 10 juin 1999 à l’Assemblée nationale et du 5 octobre au Sénat). C’est là un acte de lucidité et d’honnêteté intellectuelle qui met fin à trop d’années passées dans la négation de l’évidence, négation insultante pour toutes les victimes et leurs familles, et justifiant toutes les injustices dont elles sont encore victimes aujourd’hui par le non-respect de leur droit à réparation ».

    Le 40e anniversaire de la fin de la guerre est marqué par la tenue d’un colloque international organisé par l’ARAC à l’hôtel de ville de Paris, les 4 et 5 mars 2002. Colloque d’autant plus novateur qu’il réunit des acteurs du conflit et des historiens, des philosophes et des écrivains des deux rives de la Méditerranée, des Algériens et des Français. Concluant les travaux de ce colloque, Georges Doussin soulignait l’importance du 19 mars, déclarant que pour l’ARAC, « il est évident qu’aucune autre date que celle du 19 mars ne peut être la date officielle de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie ». Il recherchait dans l’attitude négative de certains députés « l’expression du refus du jugement de l’Histoire et des hommes sur le caractère colonialiste de la guerre d’Algérie, sur ses causes, ses pratiques, ses séquelles et ses conséquences, l’expression de leur volonté d’empêcher la mémoire nationale, la conscience nationale de se cristalliser autour de cette date, l’expression de leur volonté de taire l’action menée pendant la guerre d’Algérie par des Françaises et des Français de plus en plus nombreux de 1954 à 1962, dans toutes les couches de la population pour la paix en Algérie ».

    Utilisant cette question de la date comme « pomme de discorde » entre les associations d’anciens combattants, les gouvernements successifs refusent le 19 mars. Puis sont contraints de mettre sur pied une commission « équilibrée » dans laquelle l’ARAC et la FNACA sont confrontées à une majorité d’associations pour la plupart non représentatives mais dotées du droit de vote. Nous y défendrons l’authenticité de la seule date commémorative ayant un rapport direct avec la guerre d’Algérie, celle du19 mars 1962, celle de la proclamation officielle sur le terrain du cessez-le-feu par les états-majors de l’Armée française et de l’Armée de libération nationale algérienne. Le gouvernement et ses « alliés » imposèrent pourtant, par le nombre des associations invitées arbitrairement et non par leur réelle représentativité, la date du 5 décembre 2002 qui vit le Président de la République inaugurer le mémorial d’AFN, quai Branly à Paris.

    Enfin officialisé en 2012, le 19 mars 1962 est aujourd’hui une date inscrite sur les plaques de nombreuses rues et places de France, inaugurées par des conseils municipaux à la demande de l’ARAC ou de la FNACA. Ce sont les murs de nos villes qui témoignent de la fin de cette guerre.

    Tout cela explique pourquoi l’ARAC considère qu’il ne peut y avoir d’autre date commémorative de la fin de la guerre que celle du 19 mars.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 h  

    LE CAHIER MÉMOIRE : Faire la guerre à toutes les guerres, y compris aux guerres coloniales - Comment oublier ?
     

    Comment oublier le soleil d’Afrique et la soif en crapahutant dans le djebel ? Comment oublier les ratissages, les villages dévastés ? Comment oublier les cris des torturés ? Sinon en luttant contre ce qui provoqua ces temps maudits, en faisant en sorte que le 19 mars soit la date de la victoire « de guerre à la guerre » ! Et que cessent les drames notamment en Irak, en Israël/Palestine, en Afghanistan, en Afrique. L’Algérie, c’était… en 1954, dix millions d’habitants dont un million d’Européens et neuf millions d’indigènes, auxquels s’ajoutaient les 20 000 Algériens résidant en France.

    La guerre d’Algérie a duré huit années, de 1954 à1962. Deux millions de militaires français et musulmans profrançais ont affronté 90 000 militaires de l’Armée de libération nationale algérienne appuyée sur un peuple dont 2 millions ont vu leurs villages rasés devenus zone interdite, eux-mêmes 780nt déplacés en camps dits de « regroupement ».

    Avec les 3o 000 militaires français tués (Io par jour), les plusieurs centaines de milliers d’appelés revenus blessés, malades, psychotraumatisés, le million d’Algériens tués ou blessés ou disparus, torturés, chaque famille des deux peuples a eu à souffrir de cette guerre. Ce sont deux peuples qui ont été traumatisés, assassinés, abandonnés pour certains, déracinés pour d’autres, meurtris pour tous.

    Il a fallu 8 années de luttes du peuple français auxquelles l’ARAC participa dès le premier jour,

  •  pour que s’impose la négociation avec ceux qui se battaient pour l’indépendance du peuple algérien,
  •  pour que soient signés les Accords d’Évian le 18 mars 1962, - pour que soit proclamé officiellement le cessez-le-feu sur le terrain, le 19 mars 1962, par les deux états-majors des armées au combat, française et algérienne de libération nationale.
  •  pour que s’ouvre enfin la voie de la paix.

    8 années au cours desquelles la France fut menacée dans ses fondements, dans ses valeurs républicaines par des gouvernements aussi bien de droite que socialiste dont les pratiques permirent l’existence d’un terrorisme d’État (tortures, DOP, bataille d’Alger, « crevettes Bigeard », zones interdites, populations mises dans des camps, disparitions et assassinats tel Maurice Audin, détournement aérien, exportation dans les dictatures d’Amérique latine des escadrons de la mort qui allaient ensanglanter les peuples de ce continent, répressions féroces en Algérie comme en France : 17 octobre 1961, 8 février 1962 à Charonne).

    8 années qui virent des putschs militaires mettre fin à une République et menacer l’existence de la suivante, qui virent se mettre en place un pouvoir personnel et une Constitution - celle de 1958 - dont les effets nocifs sévissent encore aujourd’hui.

    8 années où fascisme et racisme se mêlaient dans les crimes de l’OAS, ses multiples attentats sanglants, sa politique de terre brûlée, ses règlements de compte affolant les populations françaises d’Algérie et précipitant leur fuite vers la métropole, tandis que le gouvernement prenait la responsabilité d’interdire la venue en France des harkis, des supplétifs et de leurs familles, les livrant ainsi sans état d’âme aux représailles hélas tellement prévisibles… tandis qu’il parquait dans des conditions inhumaines ceux qui avaient réussi à franchir la Méditerranée. Et, aujour2011i, les séquelles de la guerre perdurent : racisme, glorification des crimes de l’OAS, refus de reconnaître l’histoire, la vérité, d’assumer officiellement, d’aller vers la réconciliation.

    Alors… Cinquante ans plus tard, n’est-il pas temps de leur claquer la porte de l’Histoire sur le nez, à ces fauteurs de guerre, ces fauteurs de haines, ces aveugleurs de la conscience humaine ? Car la lutte contre le racisme est inséparable de celle pour la paix. Tel est le défi de ce XXIe siècle. Et pour nous, citoyens français, le rejet de l’esprit colonial, le refus du racisme et le combat pour la paix, l’amitié et la solidarité sont le socle républicain à sceller plus fortement chaque jour autour des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 i  

    OPEX et carte du combattant
     

    Différents arrêtés prolongeant les périodes reconnues combattantes en opérations extérieures (OPEX) ou définissant les unités combattantes sont parus récemment.

    Ainsi, pour l’Afghanistan, la date de fin de période prévue est annoncée au 2 octobre 2013, pour le Libéria, c’est le 3o avril 2013, la République dé30cratique du Congo (opération Ma(10 et Monuc) 1er juin 2013.

    Par ailleurs, un arrêté vient de préciser les périodes reconnues combattantes (de 2002 à 2 0 0 8) pour les formations et détachements de l’Armée de Terre et de la gendarmerie nationale ayant participé en Afghanistan aux opérations Enduring Freedom, Heraclès, Pamir, Epidote et Arès. Ces dispositions concernent également les éléments de la force de sécurité internationale stationnée en Afghanistan, ainsi que les « opérational mertoring and liaison teams » au sein des corps, bataillons ou compagnies de l’armée afghane.

    Cet arrêté précise également les actions de feu et combat réalisées au total (2 681 entre 2002 et 20 0 8) soit 71 en 2002, puis 222 en 2013, 704 en 2004, 531 en 20 05,338 en 2006, 674 en 2007 et 141 en 2008, ainsi que les bonifications accordées à certaines opérations de combats très dures, soit 78o jours au total pour la même période de 2002 à 2008.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 j  

    Aide différentielle aux conjoints survivants : Des critères plus restrictifs
     

    Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement et sa majorité PS-Écologie à l’Assemblée nationale, ayant refusé d’accorder 1,4 million d’ euros pour boucler le budget de l’ADCS en 2013, ont contraint l’ ONAC à modifier les critères d’attribution de cette aide différentielle afin de rester dans l’enveloppe (insuffisante) prévue dans le budget.

    Ainsi, des veuves d’AC ayant perçue cette ADCS en 2012 en seront exclus en 2013 si, âgées de 6o à 65 ans, elles ne perçoivent pas au minimum les 417 euros mensuels alloués par le RSA (Revenu de solidarité active). Il en sera de même pour celles âgées de plus de 65 ans qui devront justifier au minimum des 777 euros de l’AS PA (Allocation spécifique de solidarité aux personnes âgées). Dans les deux cas, l’aide différentielle mensuelle sera de 483 euros au plus (moins de 65 ans) et de 123 euros au plus (plus de 65 ans). De fait, les intéressées doivent donc impérativement et dans tous les cas faire valoir leurs droits aux dispositifs sociaux :de droit commun (RSA ou AS PA) préalablement à leur demande.

    Manifestement, ces dispositions visent à écarter le plus possible de candidatures nouvelles de l’AD C S et à faire sortir le plus possible du système 2013 des conjointes aidées en 2012.

    Comme si la vie était meilleure pour elles ! Pour du changement, elles sont servies.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 k  

    Carte du combattant : COMMISSION NATIONALE D’ATTRIBUTION
     

    La Commission nationale de la carte du combattant s’est réunie le 29 novembre 2012, aux Invalides à Paris. André Filière y participait. Elle a examiné 5 256 dossiers auxquels elle a attribué la carte du combattant selon la répartition suivante :
    • 26 AC 1939-1945,
    • 113 AC en Indochine,
    • 1500 AC en Afrique du Nord, dont 1356 en Algérie, 92 au Maroc et 52 en Tunisie,
    • 3 167 AC en OPEX, dont notamment

  •  Afghanistan, 1174
  •  Ex-Yougoslavie,XXIe3
  •  Côte d’Ivoire, 251
  •  Tchad, 227
  •  République du Liban et Israël, 102
  •  Région du Golfe Persique et d’Oman, 64
  •  République Centrafricaine, 62
  •  Cameroun, 33
  •  Gabon, 27.

    Et les 40 autres réparties entre 13 théâtres d’opérations différents (liste consultable auprès du Service juridique national de l’ARAC).

    La Commission a constaté une très nette amélioration du travail des différents services permettant d’attribuer 24 192 cartes en 2012 contre 13 591 en 20II et… 2 252 en 2010 !

    Les prochaines réunions de la Commission auront lieu le 15 janvier 2013 puis les 12 e3013 mars.

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      N° 789 - décembre 2012 - janvier 2013 l  

    ROSE-MARIE ANTOINE Nouvelle directrice de I’ONACVG
     

    Rémi Enfrun, directeur général de I’Office national des anciens combattants et victimes de guerre étant atteint par la limite d’âge, le Conseil des ministres réuni le 19 décembre 2012, a nommé sur proposition du ministre de la Défense, Rose-Marie Antoine (administratrice civile hors-classe, travaillant déjà au sein de la Défense), pour le remplacer à compter du 14 janvier 2013.

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  • Articles de cette rubrique
    1. Le Réveil des Combattants N° 735-736 – octobre - novembre 2007
      10 décembre 2007

    2. Le Réveil des Combattants N° 768-769 - janvier-février 2011.
      24 février 2011

    3. Ne pas demeurer l’arme au pied
      14 septembre 2006

    4. Campagne double : Vigilance et urgence
      14 septembre 2006

    5. En suivant la retraite du combattant
      14 septembre 2006

    6. Carte du combattant, proposition de loi 1939-1945
      14 septembre 2006

    7. L’Arac reçue par le ministre des Anciens Combattants
      14 septembre 2006

    8. Agent orange, dioxine et leurs conséquences
      14 septembre 2006

    9. Alerte ! Les anciens de l’OAS relèvent la tête
      14 septembre 2006

    10. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’août-septembre 2006.
      14 septembre 2006

    11. ARAC-Cuba solidarité
      15 septembre 2006

    12. Papon : un nouveau scandale
      15 septembre 2006

    13. Veuves d’anciens combattants : Groupe de travail sur leur situation financière
      15 septembre 2006

    14. Cérémonies du souvenir organisées par l ’ARAC
      15 septembre 2006

    15. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’avril-mai 2006.
      20 mai 2006

    16. Trois questions à Claude Delevacq, secrétaire général de L’ARAC
      20 mai 2006

    17. Loi de finances 2006 : Les dispositions définitives.
      21 mai 2006

    18. Yzeure (Allier) : L’agent orange fait toujours des victimes au Vietnam
      21 mai 2006

    19. Yvonne Hagnauer : résistante, pédagogue et Juste parmi les Nations
      21 mai 2006

    20. Le cri des enfants de harkis
      21 mai 2006

    21. Le 19 mars est un combat
      21 mai 2006

    22. Dans l’union, les cinq mutuelles AC en action
      21 mai 2006

    23. Psychotraumatismes de guerre : Un colloque en préparation
      21 mai 2006

    24. Les articles de notre journal : "Réveil des Combattants".
      21 mai 2006

    25. Campagne double : Scandaleuse attitude du ministre des Anciens Combattants.
      5 juillet 2006

    26. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de juin-juillet 2006.
      5 juillet 2006

    27. Colloque sur les psychotraumatismes de guerre
      5 juillet 2006

    28. Services départementaux de l’ONAC : Quel recrutement dans les cinq ans ?
      5 juillet 2006

    29. Croix de guerre Algérie-Tunisie-Maroc - Médaille des évadés
      5 juillet 2006

    30. L’ARAC représentée au CA national de l’ONAC.
      5 juillet 2006

    31. Des anticolonialistes en assemblée générale.
      5 juillet 2006

    32. L’ARAC au Tréport : Succès du rassemblement national.
      5 juillet 2006

    33. Le génocide arménien : Un crime imprescriptible oublié
      6 juillet 2006

    34. Anciens d’Algérie , appel à témoignage
      6 juillet 2006

    35. Guantanamo : A propos des emprisonnés
      6 juillet 2006

    36. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", d’octobre-novembre 2006
      21 novembre 2006

    37. Legs aux associations
      21 novembre 2006

    38. Jeunes porte-drapeaux à l’honneur
      21 novembre 2006

    39. Avec le Comité Vietnam : « Les enfants et le buffle »
      21 novembre 2006

    40. Mutisme et "silence radio" sur la campagne double
      21 novembre 2006

    41. Cuba élu au Conseil des droits de l’homme à Genève
      21 novembre 2006

    42. Cuba : Solidarité, liberté et justice
      21 novembre 2006

    43. Cuba : Mieux se connaître pour mieux coopérer
      21 novembre 2006

    44. Aide cubaine à la santé et à l’éducation en Bolivie
      21 novembre 2006

    45. Professionnalisation des armées : Réserve opérationnelle et réserve citoyenne
      21 novembre 2006

    46. Le 14 Juillet aux Ulis
      21 novembre 2006

    47. Assemblée générale de l’UFAC : Des revendications réaffirmées clairement
      21 novembre 2006

    48. Carnet de santé et aménagements des automobiles
      21 novembre 2006

    49. Les 90es anniversaires du feu d’Henri Barbusse et de l’ONAC sont bien engagés
      21 novembre 2006

    50. Veuves d’anciens combattants : Une allocation pour les plus démunies
      27 janvier 2007

    51. ONAC : Une carte de la France interactive
      27 janvier 2007

    52. Rente mutualiste : Le plafond porté à 1 649 € au 1er-01-2007
      27 janvier 2007

    53. Anciens harkis et supplétifs : Revalorisation de l’allocation de reconnaissance
      27 janvier 2007

    54. La décristallisation : "Une indemnité de rupture"
      27 janvier 2007

    55. Frais des bénévoles et réduction d’impôts
      27 janvier 2007

    56. Cébazat (63) : Exposition cour la mémoire
      27 janvier 2007

    57. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de décembre 2006 - janvier 2007
      27 janvier 2007

    58. Les Ulis (91) : Un débat d’actualité
      27 janvier 2007

    59. Le Réveil des Combattants N° 727-728 – février-mars 2007
      8 avril 2007

    60. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants", de février - mars 2007
      8 avril 2007

    61. Le Réveil des Combattants N° 729-730 – avril-mai 2007
      27 mai 2007

    62. A lire dans notre journal, "Le Réveil des Combattants" d’avril-mai 2007
      27 mai 2007

    63. Le Réveil des Combattants N° 731-732 – juin-juillet 2007
      9 juillet 2007

    64. Le Réveil des Combattants N° 733-734 – août-septembre 2007
      23 septembre 2007

    65. Le Réveil des Combattants N° 737-738 – décembre 2007 - janvier 2008.
      19 janvier 2008

    66. Le Réveil des Combattants N° 739-740 – février - mars 2008
      24 mars 2008

    67. Le Réveil des Combattants N° 741-742 – avril-mai 2008
      5 mai 2008

    68. Le Réveil des Combattants N° 772 - mai 2011.
      14 juin 2011

    69. Le Réveil des Combattants N° 743-744 – juin-juillet 2008
      3 juillet 2008

    70. Le Réveil des Combattants N° 745-746 – août-septembre 2008
      27 septembre 2008

    71. Le Réveil des Combattants N° 747-748 – octobre-novembre 2008
      30 novembre 2008

    72. Le Réveil des Combattants N° 759 – février 2010
      2 mars 2010

    73. Le Réveil des Combattants N° 764 – août-septembre 2010.
      30 septembre 2010

    74. Le Réveil des Combattants N° 766-767 – novembre - décembre 2010.
      31 décembre 2010

    75. Le Réveil des Combattants N° 770-771 - mars-avril 2011.
      12 avril 2011

    76. Le Réveil des Combattants N° 771 - avril 2011.
      18 mai 2011

    77. Le Réveil des Combattants N° 777 - octobre 2011.
      1er janvier 2012

    78. Le Réveil des Combattants N° 776 - septembre 2011.
      1er janvier 2012

    79. Le Réveil des Combattants N° 773 - juin 2011.
      31 décembre 2011

    80. Le Réveil des Combattants N° 774-775 - juillet-août 2011.
      31 décembre 2011

    81. Le Réveil des Combattants N° 778 - novembre 2011.
      1er janvier 2012

    82. Le Réveil des Combattants n°789 de décembre 2012 - janvier 2013.
      23 janvier 2013

    83. 8 mai 2006 : Message de l’UFAC
      20 mai 2006

    84. 8 mars 1962 : Charonne : La mémoire des crimes
      27 janvier 2007

    85. 90e anniversaire de la création de l’ONAC
      5 juillet 2006

    86. 90e anniversaire de l’ARAC : Le combat d’un siècle pour la paix, pour la vie
      27 janvier 2007

    87. 1936 : Solidarité avec l’Espagne républicaine berceau de la Résistance française.
      5 juillet 2006