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Le message de l’ARAC aux cérémonies du 19 mars 2006 "irrite" le Président de la FNACA
Publié le jeudi 16 mars 2006, mis à jour le vendredi 17 mars 2006

 

Notre Comité Départemental a été informé par notre Président National d’un échange de courrier avec le Président National de la FNACA qui s’est dit irrité par le contenu de notre message à lire aux cérémonies commémoratives, le 19 mars 2006.

Notre Comité de la Marne est imprégné par notre devise créée en 1917 par Henri BARBUSSE, un de nos Fondateurs : "Tout faire pour unir, rien pour diviser, le Monde Combattant".

Nous refusons donc toute polémique et reproduisons uniquement, ci-dessous, les éléments de ce différend dans l’ordre chronologique ; chacun pourra se faire un avis.

  1. Message de l’ARAC à lire aux cérémonies commémoratives, le 19 mars 2006.
  2. Lettre du Président National de la FNACA, du 20 février 2006, en réaction à ce message de l’ARAC.
  3. Lettre du Président National de l’ARAC, du 27 février 2006, en réponse, au Président National de la FNACA.
  4. Lettre de notre Président, du 27 février 2006, nous informant de l’échange de courrier.
  5. Message national de la FNACA pour le 19 mars 2006 d’après le site de l’Eure.

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  •  Message de l’ARAC à lire aux cérémonies commémoratives, le 19 mars 2006.

    Les accords d’Evian du 18 mars 1962, approuvés par 91 % des Françaises et Français lors du référendum du 8 avril 1962, marquent la fin de la guerre d’Algérie. Ces accords ont été le fruit de la lutte inlassable et opiniâtre des forces de paix.

    Ce cessez-le-feu - proclamé simultanément sur le terrain le 19 mars 1962, à midi, par les Etats-majors de l’Armée française et de l’Armée de libération nationale algérienne -mettait officiellement fin à huit années de guerre en Algérie.

    Après 37 ans d’action inlassable du Mouvement Anciens Combattants - au premier rang duquel l’ARAC, la FNACA, I’ANCAC et certaines organisations syndicales, politiques et associatives - la reconnaissance officielle de cette guerre d’Algérie, a été enfin obtenue en 1999 par un vote unanime du Parlement.

    L’immense majorité des Anciens Combattants d’Algérie est attachée au 19 mars 1962 car elle est la seule date historique mettant fin officiellement à cette guerre. Celle-ci aurait dû permettre l’ouverture de Père de la solidarité et de la coopération entre les peuples de France et d’Algérie. C’est pourquoi I’ARAC oeuvre pour que le 19 mars devienne une Journée d’Amitié franco-algérienne et exige avec détermination la reconnaissance et la commémoration officielles du 19 mars 1962.

    La solidarité et la coopération entre les peuples français et algérien dépendent aussi de la reconnaissance des faits qui ont marqué ce conflit. Toute occultation de ces réalités constitue un obstacle à leur réalisation.

    C’est pourquoi l’ARAC dénonce et rejette la date du 5 décembre sans attache historique avec la guerre d’Algérie.

    Sans pour autant rejeter le droit à l’indemnisation des victimes de cette guerre (hormis les anciens de l’OAS), l’ARAC exige l’abrogation de la loi inique du 23 février 2005 qui entend imposer une révision officielle de l’histoire du colonialisme en portant entre autre reconnaissance, dans son article 4, du « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », ou dans son article 2 légalisant la date du 5 décembre.

    L’ARAC exprime également son indignation devant les propos haineux tenus fin novembre 2005 par la majorité gouvernementale à l’Assemblée nationale, porteuse d’un racisme que l’ARAC condamne catégoriquement.

    L’ARAC appelle la population, les élus, le Mouvement ancien combattant et les forces vives de la Nation à commémorer, dans un esprit de large union, le 19 mars et à soutenir son exigence de l’abrogation de la loi du 23 février 2005.

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  •  Lettre du Président National de la FNACA, du 20 février 2006, en réaction à ce message de l’ARAC.

    Paris, le 20 février 2006

    Monsieur Raphaél VAHE
    Président de l’ARAC
    2, place du Méridien
    94807 VILLEJUIF CEDEX

    Monsieur le Président,

    Je viens de prendre connaissance du message de l’ARAC pour les cérémonies du 19 mars 2006. Vous êtes libres, naturellement, de rédiger un message pour les cérémonies que vous organisez de votre côté.

    Par contre, nous n’admettons pas que vous citiez la FNACA, sans notre accord, dans ce texte où vous vous livrez ainsi à un amalgame que nous n’acceptons pas.

    Je vous demande donc, Monsieur le Président, de supprimer la référence à la FNACA dans votre message pour le 19 mars 2006 e de veiller à ce que pareil fait ne se reproduise pas à l’ avenir.

    Pour notre part, nous demandons à nos comités départementaux et locaux que seul le message national de la FNACA soit lu lors des cérémonies organisées sous P égide de notre fédération afin d’éviter toute confusion avec votre message qui ne revêt pas la même signification.

    Avec l’expression de notre vive irritation, Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes sincères salutations.

    Wladyslas MAREK Président National

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  •  Lettre du Président National de l’ARAC, du 27 février 2006, en réponse, au Président National de la FNACA.

    Villejuif le 27 février 2006

    Monsieur Wladyslas MAREK
    Président National de la FNACA
    37/39 rue des Gâtines
    75973 PARIS CEDEX 20

    Monsieur le Président,

    J’ai bien reçu votre lettre du 20 Février.

    Nous vous exprimons notre regret de constater que les défenseurs du 19 Mars 1962 comme date commémorative de la fin de la guerre d’Algérie ne s’unissent pas pour ce combat difficile.

    Certes, nous n’ignorons pas que « le 19 mars 1962 » n’a pas exactement la même signification pour tous les citoyens Français. Mais, au delà de ces différences d’analyse, il serait particulièrement souhaitable que nous sachions au moins nous retrouver ensemble devant les monuments, porteurs de la même volonté du respect de l’Histoire.

    Cette date, étant une date historique que nous ne désespérons pas de voir reconnue officiellement un jour, n’est pas par ailleurs la propriété exclusive d’aucune association. Elle doit pouvoir permettre le rassemblement de tous, quels que soient les messages différents qu’elle suscite dans la conscience de chacun.

    Nous demandons à nos instances départementales de continuer à favoriser les plus larges rassemblements dans les cérémonies du 19 Mars.

    Avec l’expression de nos sentiments amicaux, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes sincères salutations.

    Raphaël VAHÉ Président National

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  •  Lettre de notre Président, du 27 février 2006, nous informant de l’échange de courrier Villejuif le 27 février 2006.

    Le Président National de l’ARAC
    Aux
    Présidents départementaux
    Membres du Conseil National titulaires et suppléants

    Chers Camarades,

    Vous trouverez ci-jointes la lettre du président de la FNACA concernant notre message pour le 19 Mars et la réponse que je lui ai adressée.

    Il va sans dire que nous regrettons les termes de la lettre du président Marek, qui manifestement, n’est pas aujourd’hui, prêt au combat unitaire pour la commémoration du 19 Mars 1962.

    Elle doit cependant susciter dans nos rangs une volonté, plus grande encore, de favoriser les actions communes, au delà de nos divergences d’analyse.

    Il appartient à chaque section, à chaque comité départemental, d’apprécier ce qu’il est possible de faire en unité avec nos amis de la FNACA, sachant combien sont différentes d’un département à un autre les attitudes des dirigeants de la FNACA.

    En vous souhaitant de conserver la patiente détermination qui est celle de l’ARAC dans cette bataille unitaire, je vous assure de mes sentiments les plus fraternels.

    Raphaël VAHÉ Président National

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  •  Message national de la FNACA pour le 19 mars 2006 d’après le site de l’Eure.

    Message National pour le 19 Mars 2006

    Le lundi 19 Mars1962 à midi, il est mis fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l’ensemble du territoire algérien. C’était l’application des accords signés la veille à Evian entre le gouvernement français et le GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne).

    C’était la fin officielle de 10 années de guerre en Algérie, au Maroc et en Tunisie. La seule journée, parce que historique, qui convienne pour la commémorer.

    Un lourd et tragique bilan :

  •   30.000 militaires français tués pour la plupart au printemps de leur vie.
  •   300.000 blessés ou malades.
  •   des dizaines de milliers de victimes civiles.
  •   des milliers de harkis abandonnés à un effroyable destin.
  •   1 million de personnes contraintes à quitter la terre ou elles sont nées.

    Aujourd’hui, devant ce monument, les noms gravés invitent au recueillement et au souvenir. Nous ne pouvons oublier nos frères d’armes !

    Aujourd’hui, anciens combattants de toutes générations, affirmons notre volonté de témoigner dans un esprit de conciliation et un élan de Paix.

    Que les jeunes s’inspirent des leçons du passé pour construire un avenir meilleur !

    Si la défense est le prix de la liberté, la Paix est le gage d’un monde solidaire et plus humain !

    La Paix est la victoire de la fraternité sur l’intolérance !

    La Paix est la victoire de la raison sur les passions !

    La plus belle des victoires, celle de la Paix sur la Guerre !

    Le Comité National de la FNACA.
    Le Comité Départemental de l’Eure.