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Les traumatismes psychiques de guerre
Publié le mardi 28 février 2006, mis à jour le mercredi 1er mars 2006

Notre Association s’efforce, depuis bientôt vingt ans, de faire reconnaître officiellement l’existence de psychotraumatismes de guerre et de les faire prendre réellement en compte, tant au plan du droit matériel à réparation qu’en matière de soins.

Nous constatons le refus réitéré opposé par le gouvernement aux propositions de l’ARAC pour résoudre ce problème.

En effet, un rapport daté de Novembre 2002, portant sur les psychotraumatismes de guerre - rédigé par cinq médecins militaires - conclut au refus des propositions concrètes formulées par l’ARAC et l’UFAC en matière de soins gratuits de proximité et de droit à réparation des victimes de traumatismes psychiques de guerre.

Nous avons toujours dénoncé ce rapport, soigneusement écarté du débat parlementaire, pourtant primordial en matière de législation. Il est contraire aux intérêts des victimes et de leur famille. Il a été rédigé sans aucune concertation avec les spécialistes de ces problèmes dans les Association d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre ni avec des experts pluridisciplinaires ayant enrichi les travaux et conclusions des commissions officielles du Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants (1985-1990), ni avec le symposium international organisé par l’ARAC à Marseille en 1995, ni avec les colloques nationaux et internationaux de l’UFAC à Paris et de la FMAC en Croatie.

Ce rapport est bien souvent mensonger, soit par omission, soit en s’appuyant sur des chiffres contestables, voire en dénaturant les écrits et les bilans français et étrangers.

  •  FACE A CE REJET GOUVERNEMENTAL,

    Nous estimons indispensable et urgent de réaffirmer nos analyses, expériences et propositions par le détail, avec le souci d’entraîner dans l’action l’ensemble du Mouvement Anciens Combattants.

    Nous demandons l’exploitation des conclusions du symposium pluridisciplinaire international organisé à Marseille en 1995 par l’ARAC, et la publication des actes,

    Nous demandons l’organisation systématique d’une large diffusion du « Dossier pourpre » afin de prendre à témoin l’opinion publique et de l’entraîner à réagir auprès des élus et des pouvoirs publiques jusqu’au vote de la loi demandée.

    Nous dénonçons le parti pris de rejet systématique des experts et de la Commission Consultative Médicale, face aux demandes de pensions formulées sur cette base.

    Nous réaffirmons l’exigence de soins psychothérapeutiques pour les traumatisés psychiques.Cela correspond à une réalité qui touche aussi bien les Anciens Combattants que les Combattants des conflits actuels, la population victime des guerres et du terrorisme et toutes les personnes frappées par les catastrophes naturelles et civiles.

  •  PAR CONSEQUENT,

    Il est scandaleux que plus de quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, rien de concret n’ait encore été entrepris au service de ceux qui sont rentrés marqués par les guerres, par ce qu’ils avaient souffert, vu, fait ou entendu.

    Cette carence est d’autant plus insupportable que plusieurs grandes administrations (pénitentiaire, police nationale et SNCF) ont déjà réalisé des campagnes de prévention et de soins efficaces.

    C’est pourquoi, depuis 1983, date des premiers travaux d’une Commission spécialisée de la pathologie auprès du Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, l’ARAC agit pour que tout soit mis en œuvre afin de rendre pleine capacité de vivre, aimer et travailler à tous ceux que les guerres ont psychologiquement éprouvés.

    Les séquelles psychiques de guerre, comme celles secondaires à des catastrophes civiles ou naturelles, doivent être reconnues comme des processus susceptibles de créer des troubles chroniques ou tardifs et requièrent donc une législation spécifique.

    Aucun argument dit scientifique ne saurait justifier de nouveaux atermoiements, les modalités d’intervention psychothérapique ayant vu leur efficacité reconnue depuis des décennies.

  •  CE QUE DEMANDE L’ARAC

    Face à l’inadaptation des institutions sociales et sanitaires ordinaires et devant l’absence de services compétents spécialisés, l’ARACdemande :

    • la mise en place sans délai de centres médicaux psychothérapiques et sociaux dotés d’un personnel formé à cet effet : consultations proches des lieux de vie, gratuites, offrant les meilleures techniques psychothérapiques issues des découvertes psychanalytiques et des mesures efficaces de réinsertion sociale et professionnelle où seront reçues les victimes et leur famille.
      De tels centres permettront en effet d’étendre les soins et la prévention des psychotraumatismes aux combattants et victimes des autres conflits, ainsi qu’à celles des catastrophes civiles ou naturelles, pour qui si peu a été fait jusqu’à présent dans notre pays.
    • Un programme de recherches devra accompagner le vote d’une loi et la création des centres, afin d’en mesurer l’efficacité, d’y proposer les correctifs nécessaires et d’en prévoir l’extension à toutes les formes de traumatismes psychiques.
  •  LA NECESSITE D’ADOPTER UNE LOI

    Une loi, telle que proposée dans le « Dossier pourpre » doit donc être votée constatant l’existence des psychotraumatismes de guerre (immédiats ou différés) et ouvrant la possibilité de solutions psychothérapiques et socioprofessionnelles gratuites (tant pour les anciens combattants, les victimes d’attentats, etc., que les membres de leur famille), dans le même temps qu’elle décidera et financera les recherches épidémiologiques, sociologiques et psychologiques complémentaires indispensables.

    Nous demandons au Gouvernement et au Parlement de concrétiser les engagements pris, car il est du devoir de l’Etat de prendre les mesures qui s’imposent pour qu’une invalidité psychique secondaire à une guerre ne devienne pas, pour certains, le facteur déterminant de leur exclusion.

  •  PAR CONSEQUENT NOUS RECLAMONS :
    • la convocation immédiate d’une réunion de toutes les parties concernées, reprenant les propositions concrètes des commissions de 1985 et 1990, afin d’aboutir à :
    • la mise en route de formations spécifiques des responsables des centres psychothérapiques et sociaux demandés,
    • la réalisation d’une enquête épidémiologique avec le concours du CNRS et de l’INSERM,
    • la création de quelques centres psychothérapiques expérimentaux dans le cadre de l’ONAC,
    • le présentation d’un projet de loi clair, net et précis tel que défini dans la présente résolution.