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Mémoire et Vigilance n° 45 d’avril-juin 2008, bulletin trimestriel de l’AFMD.
Publié le dimanche 10 août 2008, mis à jour le lundi 11 août 2008

Cet article reproduit le n° 45 d’avril-juin 2008 de « Mémoire et Vigilance » , le bulletin trimestriel de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


1948-2008 : Les droits de l’Homme Universels et Indivisibles
60 ans après, faire vivre l’universalité des principes de la Déclaration des Droits de l’homme

SOMMAIRE
  •  Agenda
  •  Éditorial
  •  Congrès
  •  Anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme
  •  Le Père-Lachaise : ce qu’il faut savoir
  •  Eh ! Pourquoi pas ?
  •  Notes de lecture
  •  L’actualité en bref
  •  L’AFMD accompagne un parcours de recherche
  •  Avis de recherche
  •  Distinctions
  •  L’avenir des cérémonies passe par la jeunesse

     


    Agenda… Agenda… Agenda

    Tous parents, tous différents

    Exposition permanente au Musée de l’Homme, qui concourt à situer et à définir l’être humain en rapport avec son milieu, dans le passé comme dans le présent, dans son unité et sa diversité biologique et culturelle. « Tous parents, tous différents » vise à faire comprendre qu’au-delà de leurs différences physiques et culturelles, nous appartenons tous à la même espèce, l’espèce humaine ! Car nous partageons un patrimoine génétique hérité d’ancêtres communs récents. Chacun est unique et différent de tous les autres… La saga de l’homme s’expose aux yeux de tous. Quelle idée du monde ? Qui est l’autre ? L’autre est-il vraiment humain ? Ouvrez les dossiers sensibles de l’Histoire, là où des hommes regardent leurs autres en fixant des limites à l’humain. Ces épisodes de notre grande Histoire rappellent des comportements inhumains, parfois récents, qui ont tous en commun d’avoir employé les différences pour se justifier. En sortant, on ira contempler la vue imprenable sur Paris depuis le Parvis de Droits de l’homme.

    Et puisque vous êtes au Musée de l’Homme, ne manquez pas l’exposition temporaire (jusqu’en septembre) dédiée à Germaine Tillion, que l’AFMD avait fait découvrir à ses délégués au Congrès de Créteil, et l’hommage au Réseau du Musée de l’Homme et à Boris Vildé, ethnologue et « patron » de ce musée.

    Musée de l’Homme, Palais de Chaillot, 17 Place du Trocadéro, 75016 Paris. Ouvert tous les jours. Le billet donne droit à l’ensemble des expositions (sept euros, et cinq euros en tarif réduit, l’entrée est gratuite pour les scolaires et les Centres de loisirs).

    Guernica, la guerre d’Espagne et Oradour-sur-Glane

    Le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane consacre son exposition annuelle à la guerre civile qui a déchiré l’Espagne de 1936 à 1939. Le massacre de Guernica, qui inspira à Picasso sa célèbre toile, est précurseur de celui d’Oradour-sur-Glane. Guernica est évoqué sous forme de vingt et un panneaux qui donnent à réfléchir sur le supplice des habitants de ce village basque bombardé par l’aviation allemande. Une autre partie de l’exposition présente le déroulement des événements qui ont marqué les quatre années de guerre. Il y eut six cent mille victimes. La victoire des franquistes a donné lieu à un véritable exode. Cette exposition, dont l’accès est libre et gratuit, a été réalisée avec le soutien de la Fondation pour la Paix de Guernica et du Conseil général de la Haute-Vienne. Parmi les deux mille réfugiés espagnols chassés par Franco que comptait le département en 1939, certains habitaient Oradour-sur-Glane, comme les dix-huit victimes du tragique massacre, d’autres furent internés au GTE de Confolens.

    Cette exposition sera accompagnée par des conférences et la diffusion de films (tels qu’Espagne vivra, produit par le Secours Populaire, d’Henri Cartier-Bresson).

    Centre de la Mémoire d’Oradour (05 55 43 04 30) - www.oradour.org

    Jeunes en Résistance

    Cette exposition propose un panorama des actions de la jeunesse qui, à partir de l’été 1940, s’engagea dans le combat pour la liberté : ses spécificités comme son implication dans toutes les formes de Résistance. Objets, affiches, tracts, journaux clandestins, lettres, etc., font revivre l’esprit de résistance.

    Jusqu’au 31 octobre, Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne (01 48 81 45 97) -www.musee-resistance.com

    C’est finalement à l’automne que la commission de réflexion sur l’avenir des commémorations, dite commission Kaspi, devrait rendre ses conclusions. Un avocat d’affaires spécialisé en matière de fusion-acquisition, G. De Vries s’est permis, dans une tribune libre publiée par Le Figaro, de vilipender notamment le 11 Novembre et le 8 Mai qui pénaliseraient l’économie française, arguant que ces jours n’ont pas lieu d’être à l’heure de l’Union européenne ! Dossier à suivre, donc, à la rentrée.

    A suivre aussi le sort que les parlementaires voudront bien donner à une proposition de loi déposée au Sénat visant à sanctionner la vente d’objets liés au nazisme ou à d’autres auteurs de crimes contre l’humanité.

     

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    Édito
     
    Notre Congrès 2008 au centre du grand Est, un excellent cru !

    Nancy, ville d’art au cœur de la Lorraine, ville accueillante, fière de son « bijou en or », sa place Stanislas, inscrite au patrimoine de l’Unesco, et de son magnifique Hôtel de ville où s’est déroulée dans ses salons dorés notre Assemblée générale dynamique et démocratique, nous a permis de vivre deux jours d’amitié et de solidarité.

    Ce 13ème Congrès a été celui d’une « maturité avancée », constatée particulièrement au sein des quatre commissions de travail.

    Les nombreux échanges exprimés dans la courtoisie ont permis l’analyse, la réflexion et les actions à mener pour demain.

    Au cours de notre travail collectif, a été évoqué le constat d’une mémoire souvent dispersée, voire de mémoires concurrentes.

    Si la diversité peut être utile, la dispersion est une source de gaspillage, la concurrence s’avérant parfois inefficace.

    Rappelons que nous devons être des rassembleurs et des passeurs de mémoire.

    Haute tenue et émotion, en présence de nombreuses personnalités départementales et locales, animée par les chants de la Résistance, de la Déportation et de l’Internement, aux cérémonies sur les lieux de souvenir à la Malpierre et au monument de Laxou.

    Artistiquement, le spectacle donné à l’Auditorium du musée des Beaux-arts par le théâtre de Jarnisy, intitulé Eh ! Pourquoi pas ? a comblé les spectateurs, les invitant à méditer. Organisation du congrès sans faute.

    Toutes nos félicitations à notre dynamique président, Lamaï Becher, et à son équipe, qui ont mis tout en œuvre pour que ce Congrès soit une réussite.

    Rendez-vous au prochain ! Entre-temps, belles vacances et bonnes perspectives de rentrée.

    Le Président, Dany TÉTOT

    Disparition

    Henri Lerognon, déporté résistant à Flossenbürg, administrateur de la Fondation depuis 1992, en était le délégué permanent auprès de l’AFMD.

    Henri Lerognon avait été déporté avec plus de mille cinq cents autres internés de Compiègne, le 27 avril 1944, par le convoi dit des « tatoués ». Ce convoi avait tout d’abord été dirigé vers le camp d’Auschwitz où les déportés immatriculés et tatoués, restèrent jusqu’au 15 mai 1944, avant d’être acheminés au camp de Buchenwald, leur destination initiale. Brièvement immatriculé dans ces deux camps (185931 puis 52533), il avait été peu après transféré au camp de Flossenbürg et affecté au bloc 5 sous le numéro 9943. Ce camp, peu connu en France, « accueillit » successivement des « rouges » venant de Dachau, des Polonais, des Tchèques, des Soviétiques, des Hongrois… Les Français, au nombre de six mille, dont neuf cents femmes, étaient très minoritaires dans l’effectif total des cent mille détenus qui y passèrent. Henri Lerognon y resta jusqu’à la libération du camp, le 23 avril 1945.

    Chargé de représenter la Fondation auprès des instances de l’AFMD, Henri Lerognon était extrêmement assidu et attentif aux activités de notre association, ne refusant jamais une écoute, un conseil, voire des points de vue contradictoires. Une présence fidèle et confiante que, seule, la maladie avait éloigné ces derniers temps.

    Un hommage religieux lui sera rendu en septembre.

     

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    CONGRÈS
     

    Les congressistes de l’AFMD se sont retrouvés les 7 et 8 juin à Nancy, pour un rendez-vous annuel rythmé par des débats en commission, d’émouvantes cérémonies, une évocation artistique, ainsi que notre assemblée générale statutaire en présence des élus de la ville et du département. Que soient vivement félicités les amis de la délégation de Meurthe-et-Moselle pour avoir préparé avec beaucoup de rigueur ces divers temps de rencontres et d’émotions.

    COMMISSIONS : RICHESSE DE LA RÉFLEXION COLLECTIVE

    Comme c’est désormais la règle, la première journée de notre rendez-vous annuel fut consacrée à la réflexion des commissions de travail, au nombre de quatre, chacun des rapporteurs s’attachant ensuite à rendre compte des axes de travail retenus : extraits.

    Commission Histoire et Mémoire : formation, réflexion, action

    Tout d’abord, la commission s’est posée la question de savoir de quelle mémoire parle-t-on ? Souvenirs, mémoire de groupe, mémoire nationale, commémorations ? Il n’y a pas d’Histoire sans mémoire, mais la mémoire n’est productive que si elle est vivante et intégrée dans son contexte historique. Seule l’histoire permet de passer de l’émotionnel au rationnel et donc d’analyser le pourquoi et le comment, et de se projeter dans l’avenir. La commission estime, à partir d’expériences diverses, qu’il ne faut pas s’adresser seulement aux scolaires même si ce sont la cible principale, mais aussi à la société civile. Les délégations insistent sur la formation des militants de l’AFMD, sur la réflexion à mener pour poursuivre le travail lorsque les témoins ne pourront plus se déplacer (projets en collaboration avec les enseignants, même hors établissements, approche « citoyenne », nouvelles formes d’interventions liées à la création artistique déjà expérimentées dans certaines délégations. A propos des enjeux mémoriels, la commission s’est penchée sur le sens perçu des commémorations et a déploré le fait que certains paramètres (répétitivité, rituels, instrumentalisation) en pervertissent le sens aux dépens des aspects éducatifs et de réflexion. Les chantiers de recherche proposés ont été les suivants : travailler sur les origines de la montée du nazisme, du fascisme et du pétainisme, ces phénomènes ayant touché toute l’Europe ; nouer des liens avec des associations de mémoire des différents pays ; progresser dans l’intégration à notre réflexion de la question tzigane ; poursuivre et intensifier le travail de repérage des lieux d’internement ; réagir aux atteintes à la liberté de travail et à différentes politiques contraires à nos valeurs. (d’après les propos du rapporteur, Thérèse Andrzejewski).

    Commission Transmission : le Concours national de la Résistance et de la Déportation, vecteur privilégié

    La question des liens entre "Histoire" et "Mémoire" a été récurrente durant les travaux, même si elle relevait d’une autre commission. Cette commission note la richesse des activités de certaines DT, même si prédomine l’organisation de rencontres avec des déportés : manifestations en partenariat avec des organismes culturels, des collectivités, compagnies ou clubs de théâtre scolaires ; expositions ; visites de musées ; rencontres avec des historiens ; interventions dans les IUFM. La question de la fin de « l’ère du témoin » est posée : certains enfants de déportés se proposent parfois ; mais il leur faut alors être témoins d’eux-mêmes et montrer en quoi le vécu de leurs parents les a eux-mêmes marqués profondément. Car nul, y compris les enfants de déportés, ne peut raconter à leur place, pas plus qu’on ne peut se substituer aux professeurs. Attirer le public non scolaire reste quelque chose d’ardu : des relais (associations, salles de cinéma Art et Essai, comités d’entreprise) doivent être trouvés. Le Concours national de la Résistance et de la Déportation a été réorganisé (BO n° 11 du 13 mars 2008 et n° 13 du 27 mars 2008). Une nouvelle catégorie de travaux est créée. Les travaux collectifs sont subdivisés en deux groupes (pour les lycées et collèges) : on distingue désormais les travaux purement audiovisuels des travaux « papier » associés ou non à d’autres supports. La présence de droit de l’AFMD dans les jurys départementaux est désormais effective. La préparation des sujets de devoirs individuels - jusqu’alors un sujet par département - est simplifiée : un seul sujet par académie, choisi par un inspecteur pédagogique régional d’histoire-géographie en concertation avec un ou deux membres de chaque jury départemental de l’académie (mais la correction reste propre à chaque département). En ce qui concerne l’année 2008-2009, le thème choisi en janvier 2008 par le jury est le suivant : « Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire » (déportés avant dix-huit ans révolus, âge reconnu aujourd’hui par l’ONU pour la définition de l’enfance, vers les camps de concentration et d’extermination). La Fondation diffusera en début d’automne la brochure pédagogique. (d’après les propos du rapporteur, Maryvonne Braunschweig).

    Commission Communication : le fond et les formes

    Les objectifs de la communication ont été rappelés : faire connaître au-delà des adhérents les origines du nazisme, les conséquences sur les personnes, les réflexions à mener pour le présent, tout ceci en s’appuyant sur les travaux de la Fondation… Quelles sont nos propres compétences et spécificités ? Comment donner davantage d’écho aux travaux locaux, qui permettent de faire avancer les connaissances globales, en particulier sur l’internement ? Il s’agit aussi de faire connaître l’activité des Amis, ce qui demande d’élargir le réseau et d’asseoir les ressources, solidifier les engagements, cimenter le groupe pour passer à l’engagement actif. Il faut également répondre aux attentes du public (jeunes, familles de déportés, généalogistes), des institutions et des collectivités territoriales. Mémoire et Vigilance doit être le porte-voix de la Fondation, la vitrine de l’AFMD, une boîte à outils pour l’action : une réflexion sur le fond et la forme du bulletin, dont le comité de rédaction doit être renforcé, s’impose. De même, le site Internet de l’AFMD doit être amélioré dans les contenus et les formes : les DT, des « techniciens » et des « candides » y seront associés afin que le site soit plus interactif et plus dynamique. Notre présence dans le tissu social et culturel est aussi un des piliers de la communication… Enfin, les liens avec les médias se bornent souvent à une approche strictement commémorative et la presse nationale semble hors de portée. Pour toucher de nouveaux publics, il faut sortir du monde « ancien combattant » (d’après les propos du rapporteur, Jean-Paul Baltz, DT 54).

    Commission Projets et développement : développer des partenariats

    Parmi les points directeurs qui ont fait débat : les partenariats et ce que l’AFMD peut en attendre (financement et visibilité) ; la réflexion sur les manières de développer les adhésions et les pérenniser ainsi que sur la manière de promouvoir la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et de Soutenir davantage son action, tout en valorisant le travail des délégations Comment recruter des adhérents, et en particulier les jeunes générations ? Si les autres associations de mémoire sont confrontées aux mêmes difficultés, l’accent doit être mis sur le travail à longue échéance (« semer pour récolter »). Quels objectifs porteurs ? Comment intéresser de nouveaux adhérents ? Les présents soulignent l’importance de mettre la période de la Résistance et de la Déportation à la portée des jeunes générations. Notre démarche n’est pas seulement historique, mais aussi un moyen comparatif avec la réalité vécue de nos jours. Or, les jeunes savent parfaitement prendre en main leurs propres revendications lorsqu’il s’agit notamment de la dégradation de leurs conditions d’études et de leur entrée dans le monde du travail. Nous devons avoir une démarche plus affirmée contre toutes formes de racisme et de xénophobie, bien décrites dans l’article deux de nos statuts, qui reflètent une certaine réalité d’aujourd’hui. Pour la Journée nationale de la Déportation, un projet de lettre rédigé par le bureau national et confié aux responsables de DT leur permettant de s’adresser directement aux collectivités locales dans l’esprit de redonner un certain dynamisme aux DT en difficulté, d’être reconnues et d’avoir toute leur place lors des cérémonies (d’après les propos du rapporteur, Serge Chupin).

    CÉRÉMONIES

    Après avoir entendu les rapporteurs des diverses commissions, les participants au Congrès se déplacèrent pour rendre hommage aux fusillés de La Malpierre, lieu d’exécution situé sur la commune de Champigneulles. Un lieu très à l’écart de toute présence humaine, en pleine forêt, où les nazis exécutèrent au moins soixante-deux résistants. Une stèle y a été érigée après la guerre et chaque année, une cérémonie commémorative rappelle le souvenir des victimes. On y lit : « Ici les Allemands fusillaient les soldats de la Résistance qui ont espéré et combattu. Passant recueille-toi I »

    Les participants au Congrès, qu’avaient rejoints les élus et les porte-drapeaux de diverses associations, se prirent à espérer qu’un jour peut-être, grâce à la recherche historique, les passants puissent lire sur cette stèle les noms de ces soixante-deux hommes et les circonstances exactes de leur exécution. Après un moment de recueillement dédié à ces ombres et à l’ensemble des victimes du nazisme, portées par une voix puissante, retentirent les paroles de Nuit et Brouillard.

     

    La Malpierre.
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  • De là, les congressistes se rendirent au monument de la Résistance de Laxou, commune jouxtant Nancy. Un monument qui, urbanisation oblige, se trouve enserre clans une zone commerciale. Rejoints là aussi par les élus, les participants rendirent hommage à celles et ceux qui se dressèrent contre l’occupant. A la fin de la cérémonie, ils devaient également découvrir, à portée de regard mais un peu plus en retrait, un second monument. Grâce aux propos improvisés d’un historien local, ils apprirent qu’à cet endroit, dès 1940, avaient été exécutés par l’armée allemande — premier acte raciste d’un régime criminel- des tirailleurs malgaches capturés.

    ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

    Notre assemblée générale comportait, comme d’ordinaire, des exercices imposés statutaires que vinrent rompre, pour notre grand plaisir, les propos des élus et en particulier ceux du président du Conseil général, très vivement appréciés, tout comme la conclusion des travaux présentée par la présidente de la Fondation.

    Non sans avoir à nouveau félicité la délégation de Meurthe-et-Moselle pour le choix du spectacle donné la veille (voir notre article page 11), Dany Tétot devait ouvrir les travaux, remerciant celles et ceux qui, « avec cœur et énergie », travaillent à la pérennisation de la mémoire et, pour être présents, avaient fait un long déplacement. Après avoir salué la présence de Marie-José Chombart de Lauwe, présidente de la Fondation et de son directeur général, Yves Lescure, il rappela les circonstances de la création de l’AFMD, en 1995, selon le souhait de la Fondation d’élargir son audience. Il insista notamment sur la nécessité de lier la connaissance du système concentrationnaire nazi, l’implication très forte des rescapés vis-à-vis du progrès, et l’actualité parfois inquiétante, citant les propos de la présidente de la Fondation : « Le système concentrationnaire a provoqué un sursaut de la conscience mondiale en 1945 et suscité l’universalisation des Droits de l’homme et la formulation de principes nouveaux. » Il remercia ensuite les fidèles amis du siège parisien et les artisans de la réussite du Congrès national, la délégation de Meurthe-et-Moselle et son président, Lamaï Becher, ainsi que le Conseil général et la ville de Nancy et leurs collaborateurs pour leur accueil.

    Après avoir rendu hommage à André Claudel, initiateur de la délégation de Meurthe-et-Moselle, André Lassague évoqua les défis auxquels l’AFMD est confrontée, notamment l’absolue nécessité d’élargir son audience après des générations nées après-guerre. Il attira l’attention de tous quant aux conclusions annoncées de la commission chargée de réfléchir à l’avenir des commémorations et à l’avenir du Concours national de la Résistance et de la Déportation dans une phase marquée par la disparition progressive des témoins. Après avoir rappelé l’extrême diversité des actions entreprises par les délégations, il donna un bref résumé des discussions des commissions tenues la veille. Son rapport d’activité adopté, il cédait la parole à Henri Wilkowski pour les rapports financiers.

    Après les votes d’usage sur les comptes, le budget prévisionnel et le montant des cotisations, l’assemblée générale vota deux motions (voir encadrés) et procéda à l’élection du tiers sortant des administrateurs (tableau ci-après) avant d’entendre les invités. Robert Créange, pour la FNDIRP, exhorta les présents à prendre le relais de la mémoire et dit sa confiance dans l’avenir.

    Président du Conseil général, Michel Dinet, dans une allocution vivement appréciée, rappela que l’écriture de l’Histoire et sa transmission préservent « du poison totalitaire ». Evoquant les serments de Buchenwald et de Mauthausen pour la paix, la fraternité, la justice et la liberté, il insista sur l’exigence du devoir de mémoire, « qui se veut avant tout éducatif, réflexif et porteur d’enseignements » au service d’une société plus fraternelle.

    Après les propos du président de l’Office départemental des Anciens Combattants, la présidente de la Fondation devait conclure le Congrès, soulignant le travail d’approfondissement des connaissances réalisé par les délégations, au service d’une mémoire vivante et vigilante.

    Si la deuxième génération a pour charge de transmettre cette mémoire avec les déportés qui le peuvent, la troisième génération se devra de réactualiser les outils pédagogiques conçus par la Fondation.

    Les administrateurs
    Assemblée générale : des élus présents
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  • Annick ANDRE*,
    Tadeusz ANDRZEJEWSKI,
    Danièle BARON,
    Lamaï BECHER,
    Roger BORDAGE,
    Jean-Paul BORE,
    Henri BORLANT (FMD),
    Maryvonne BRAUNSCHWEIG*,
    Eric BROSSARD,
    Françoise BULFAY*,
    Suzanne CHARPENTIER,
    Serge CHUPIN,
    Daniel CLING,
    Bruno COLLIN,
    Michel DOUARRE,
    Dominique DURAND*,
    Claudine DUREY,
    Arlette HASSELBACH*,
    Jacqueline HOULGATTE,
    André LASSAGUE,
    Carole LEMEE,
    Serge NAIL,
    Jacques PEQUERIAU,
    Gérard PERRIN,
    M. Henri ROLLIN (FMD),
    Denise SCHUHMANN,
    Dany TETOT,
    Agnès VACILOTTO,
    Michel VERNAY,
    M. Jean VION,
    Henri WILKOWSKI.

    *nouveaux élus.

    MOTIONS

    Archives

    L’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD), réunie en congrès le 7 et 8 juin 200, constatant qu’une loi modifiant les règles de communication des Archives nationales risque d’entrer prochainement en application, alors que l’ambitieux projet d’une cité pour les Archives semble marquer le pas, faute de moyens :

    Rappelle :

  •  l’importance des archives pour la connaissance de la Résistance, de la répression et des persécutions, de l’Internement et de la Déportation ;
  •  le rôle du service public des Archives départementales.

    Partage les soucis et les craintes des historiens, des enseignants, des chercheurs en sciences humaines et des usagers

  •  quant à leur libre accès ;
  •  quant aux moyens matériels et humains attribués aux missions publiques de sauvegarde des archives ;
  •  quant aux délais de communication qui, s’ils étaient allongés, entraveraient la recherche historique sur l’occupation, Vichy, etc., et soutient toutes initiatives allant dans ce sens.

    Commémorations

    Le Congrès des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, dans sa tenue des 7 et 8 juin 2008, affirme son soutien à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation :

  •  pour les regrets que la Fondation pour la Mémoire de la Déportation a émis de ne pas avoir été intégrée à la commission présidée par le professeur André Kaspi ;
  •  pour les propositions contenues dans le rapport de la Fondation et réaffirmées par Yves Lescure, directeur général de la FMD, le 8 juin, en vue de réfléchir aux modifications à apporter dans l’organisation des commémorations afin d’améliorer leurs objectifs pédagogiques et de transmission mémorielle.

     

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    Soixante ans après, faire vivre l’universalité de la Déclaration des Droits de l’homme.
     

    Le 10 décembre 1948, cinquante-huit Etats, alors membres des Nations unies, réunis à Paris, au Palais de Chaillot, adoptaient la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

    Les bases en avaient été jetées dès la signature de la Charte des Nations unies, en juin 1945 : la guerre allait encore durer quelques semaines, mais les crimes de guerre et contre l’humanité perpétrés par le nazisme et ses alliés avaient provoqué une prise de conscience à l’égard de la famille humaine, dont des composantes avaient été froidement assassinées, dont la dignité avait été foulée. On oublie souvent le rôle de premier plan tenu dans cette rédaction part Eleanor Roosevelt, militante des droits civiques avant la guerre, qui avait aussi joué un rôle important dans la décision des États-Unis d’entrer en guerre. C’est elle qui présida le comité de rédaction (photo page 9) chargé de rédiger ce texte fondateur, qui fut ensuite complété par des pactes relatifs aux droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques. Paradoxalement, certains États ont ratifiés la Déclaration mais pas les pactes (exemple des USA), tandis que d’autres ont ratifiés les pactes mais pas la Déclaration (exemple de la Chine). Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres : l’affirmation de ces principes, y compris lorsque les États se sont engagés à les respecter en ratifiant les textes, ce qui n’est pas toujours le cas, continue à souffrir de dénis exorbitants.

    Eleanor Roosevelt
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  • Les organisations de l’ONU constatent ainsi que huit cents millions d’êtres humains peinent à survivre en dessous du seuil de l’extrême pauvreté (en contradiction avec les articles 1 et 25 de la Déclaration) ; que cent quatre-vingt onze millions d’enfants de moins de quatorze ans travaillent sur la planète ( en contradiction avec l’article 26) ; que cent trente millions de femmes sont victimes de mutilations (en contradiction avec l’article 5) ; que quarante millions d’entre elles ont disparu dès leur naissance en Inde, coupables d’être nées filles (en contradiction avec les article 1 et 3) ; que les conflits de cette dernière décennie ont tué deux millions d’enfants et en ont mutilé six millions (en contradiction avec les articles 1,3, 25 et 26) ; que de nombreuses personnes sont détenues à la seule raison de leurs opinions (en contradiction avec les articles 2, 6, 9, 20, entre autres) et torturées (en contradiction avec l’article 5), etc. Dresser la liste des pays non respectueux de ces droits humains et celle des droits bafoués serait trop long.

    Louise Arbour, ex-procureur des Tribunaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, vient de quitter le poste de haut commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme. Elle se dit pessimiste : « Peut-on accepter longtemps encore des inégalités aussi profondes et injustifiables entre les pays et à l’intérieur des pays ? » « Quelle est la différence entre un gouvernement qui tue une partie de sa population et un gouvernement qui la laisse mourir de faim ou de maladie par négligence criminelle ? », poursuit-elle. De la phase d’élaboration des textes et des normes, on est passé à un travail de suivi de leur mise en application, avec un mécanisme « d’examen périodique universel » placé sous la tutelle du Conseil des Droits de l’homme créé en 2006 : les États ont désormais des comptes à rendre. Or, depuis quelques années, la « notion d’universalité des droits humains » semble remise en cause : « Les démocrates tolèrent une érosion », accuse-t-elle, pointant le danger d’un « relativisme culturel et religieux ». Parallèlement, la lutte contre le terrorisme a entraîné des empiétements sur les libertés ou des niveaux de « secrets » abusifs - au nom de la sécurité des États — dont on prendra toute la mesure dans quelques années », estime-t-elle.

    Le comité de rédaction
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  • En France, les associations de défense des Droits de l’homme estiment abusifs certains fichiers ou dispositifs. C’est le cas du fichier Edwige, où pourraient figurer dès l’âge de treize ans, des personnes dont des mineurs de treize à seize ans, d’après des critères de dangerosité potentielle » qui sont flous, et donc susceptibles d’être à l’origine de dérapages. C’est le cas d’un autre fichier répondant au nom de Périclès, qui croiserait de nombreuses données personnelles touchant à la vie intime des uns et des autres. C’est aussi le cas d’un dispositif envisagé dans un projet de loi qui pourrait autoriser, entre autres, des perquisitions » en ligne sur les ordinateurs des citoyens sans les en avertir : un dispositif qui serait encadré par un juge (mais, comme l’on sait, des règles similaires ont déjà été transgressées en matière d’écoutes téléphoniques et au mépris de la vie privée).

    S’il est bien évidemment dans les missions de l’Etat de garantir la sécurité des citoyens,

  •  faut-il pour autant introduire dans le champ du droit commun des dispositions d’exceptions ?
  •  La fin justifie-t-elle tous les moyens ?
  •  Que dire si, d’aventure, ces instruments se trouvaient entre les mains d’un pouvoir de nature totalitaire ?
  •  Faut-il rappeler comment la législation nazie imposa peu à peu, à coups de lois d’exception, un ordre inhumain ?
  •  Faut-il rappeler qu’un certain 10 juillet 1940, le Parlement français abdiqua ses pouvoirs au profit d’un seul homme, avec les conséquences que l’on connaît ?

    Ces mêmes associations s’inquiètent également de nouveaux programmes d’éducation civique en cours d’élaboration, qui proposeraient une vision restrictive des droits fondamentaux (réservés aux seuls étrangers en situation régulière par exemple).

    Cet automne, toute une série d’initiatives auront lieu pour célébrer ce soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, parmi lesquelles :

  •  la création d’une coalition française de villes contre le racisme ;
  •  des expositions itinérantes, dont une consacrée à Martin Luther King, visible au Champ de Mars ;
  •  une réunion solennelle du Parlement européen ;
  •  la réalisation d’un documentaire consacré à René Cassin, l’un des principaux rédacteurs de la Déclaration (avec notamment la chaîne Public Sénat) ;
  •  un festival du film des droits humains à Dijon ;
  •  un rassemblement national des clubs UNÉSCO et écoles associées le 5 décembre à Paris ;
  •  des colloques et conférences variés à Paris et en région.
  •  Le point d’orgue pourrait être la remise, en novembre, du Prix des Droits René-Cassin par le ministre de l’Éducation nationale, à l’occasion du rassemblement international de la Fédération Internationale des Droits de l’homme.

    L’identité de l’AFMD, fondée sur la connaissance du passé, sur une réflexion des mécanismes du « mal absolu » et sur des valeurs de respect de la dignité humaine, peut concourir à « faire vivre l’universalité de la Déclaration des Droits de l’homme » .

     

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    Ce que nous devons savoir… LE PÈRE-LACHAISE
     

    Ces simples mots réveillent en vous un tas de souvenirs, de voyages, de visites… en ce lieu riche d’histoires et d’Histoire… En effet, c’est dans ce cimetière de Paris situé près de la mairie du 20ème arrondissement, place Gambetta, que se trouvent les monuments à la mémoire des déportés(es) victimes des camps de concentrations et d’extermination nazis. Mais aussi que de travail pour arriver à une situation qui maintenant nous donne entière satisfaction.

    Comme vous le savez, depuis quelques années des visites guidées ont été initiées par l’Hôtel de Ville de Paris, non sans mal, mais nous avons la chance, d’abord qu’elles existent, et surtout que nous avons un conférencier, un jeune historien, très compétent et avec lequel nous entretenons d’excellentes relations.

    D’autre part, à la suite du départ de M. Christian Charley, historien du service des cimetières de la ville de Paris, que nous avions souvent rencontré, nous avons eu des entretiens avec Mme Martine Lecuyer, non seulement pour la connaître, mais aussi pour parler des futures visites et apporter des améliorations quant à leur déroulement.

    Un plan Les monuments des camps de concentration et d’extermination, avait été édité par la mairie de Paris, et une plaquette réalisée par Eric Brossard, agrégé d’histoire, professeur relais au Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne, avec le concours de Julie Baffet, Christian Charlet, Guy Krivopissko et Christine Lévisse-Touzé, où tous les monuments sont présentés dans l’ordre chronologique de leur inauguration et pour lesquels figurent un résumé des caractéristiques artistiques et architecturales, les textes inscrits sur le monument ou dans son périmètre, une notice sur le ou les camps concernés, en fonction des informations connues actuellement qui peuvent ne pas correspondre à celles mentionnées dans les textes les plus anciens, vient de voir le jour, ce dont nous nous réjouissons.

    Dernièrement, notre président, Dany Tétot, accompagné de Jeannine Repussard et d’Eric Brossard, a eu un rendez-vous avec Mme Catherine Vieu-Charier, nouvelle Conseillère municipale de Paris en charge de la Mémoire et du Monde combattant, et le futur augure d’un bon travail tant pour la question du Père-Lachaise que pour notre Association.

    Mais, comment faire pour que ces visites guidées soient connues et que des visiteurs, toujours plus nombreux, et régulièrement, viennent au Père-Lachaise ? La dernière en date, le lundi 12 mai, a été très réussie…

    Une trentaine de personnes venant soit par le bouche à oreille, soit du monde de la déportation, soit par l’intermédiaire d’une mairie de Paris… D’autre part, nous pensons que pour les DT assez rapprochées de la Région parisienne, des visites peuvent être organisées. Et ce fut le cas pour notre DT de la Marne, venue en autocar ; il y eut également la visite de la crypte de la Déportation, sur l’Ile Saint Louis et une promenade dans la capitale. Et pourquoi ne pas envisager cette activité non seulement pour les adultes, mais aussi pour des élèves ? La prochaine visite guidée aura lieu le dimanche 26 octobre 2008, rendez-vous à 15 heures rue des Rondeaux.

    A bientôt !

     

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    Eh ! pourquoi pas ?
     

    Il est des créations artistiques qui, transportant l’auditoire entre humour et gravité, affûtent l’attention et aiguisent l’intelligence. C’est le cas de « Eh ! Pourquoi pas ? », spectacle que les congressistes de l’AFMD ont pu découvrir à Nancy.

    Qui ne se souvient de La fourmi, qui s’achève sur ce Eh ! Pourquoi pas ? », du Pélican ou d’autres courts poèmes, venus tout droit de notre enfance à l’école primaire, que nous récitions d’un ton léger ? C’est en voulant faire un spectacle de Chantefables et Chantefleurs, comptines écrites sous l’Occupation par le poète résistant Robert Desnos (éditées en 1970), que le comédien Yves Thouvenel et la plasticienne Brigitte Bourdon ont décortiqué ces textes d’abord anodins, convaincus d’y trouver des sens cachés. « Rappeler au public qu’il peut y avoir des sous-entendus », « théorie du double sens indispensable à la poésie », avait écrit Desnos. Alors, l’un et l’autre se sont livrés à la traque des messages subliminaux contenus dans ces poèmes et les ont décryptés, s’aidant de dictionnaires et ouvrages érudits, cherchant les sens inusités des mots choisis en toute connaissance de cause par le poète.

    Nous y voilà : Chantefables et Chantefleurs » ne sont décidément pas d’innocentes fabulettes ! Il est question, à mots couverts, de privations et de rationnement, de guerre et d’occupation, des trois couleurs du drapeau français, d’espoir dans un prochain débarquement, de déportation et de persécutions antijuives également. Comme Pierre Seghers le proclame en 1942 : « Nous sommes au temps de l’infrarouge ! » (référence directe à ce rayonnement électromagnétique situé dans une région spectrale invisible à l’œil humain « Les poètes, s’ils veulent résister par leur plume, sont contraints à un « travail de faussaire », usant d’allusions, de métaphores, de variations imagées, somme toute un jeu de cache-cache et de « berne-censure », selon la formule de Claude Roy. Ce travail sera qualifié plus tard de « littérature de contrebande » par Elsa Triolet. Victime des préjugés, la poésie passait pour un art mineur et futile. C’est peut-être ce qui en fit la force dans la résistance de l’esprit ! Quoi qu’il en soit, Desnos fut un maître contrebandier : l’improbable Fourmi de dix-huit mètres fait, par exemple, allusion directe à la longueur de certaines locomotives utilisées pour les convois de déportation.

    Ce spectacle, conçu pour de petits auditoires afin de garantir une bonne qualité d’écoute, d’une centaine de personnes, est particulièrement enrichissant et tient son public en haleine ! Un dispositif visuel, composé de formes et d’ombres animées, éclaire et accompagne le décryptage des Chantefables et Chantefleurs. Parfaitement adapté à des approches pluridisciplinaires (Lettres-Histoire) de la période de l’Occupation, de la Résistance et de la Déportation telles qu’on les enseigne, par exemple, en classe de troisième, Eh, pourquoi pas ? est avant tout un moment fort et jubilatoire ! Spectacle de proximité, il peut aussi être adapté dans des lieux tels que bibliothèques, établissements scolaires… Il est proposé par le Théâtre du Jarnisy, qui développe une démarche de création artistique empreinte du souci permanent d’élargissement du public. Cette compagnie conduit aussi des ateliers destinés aux élèves, aux enseignants, des stages de formations. Enfin, le comédien Yves Thouvenel montre ici sa fidélité à une mémoire qui nous est chère, puisqu’il avait en 1995 conçu - déjà - un événement national autour de l’œuvre de Charlotte Delbo.

    Contact : théâtre du Jarnisy BP 48, 54802 Jarny Cedex (03 82 33 28 67) contact@jarnisy.com.

    Né en 1900 à Paris, Robert Desnos vit de petits travaux pour se consacrer à la poésie. Il rejoint le mouvement surréaliste - André Breton dit qu’il en est le « prophète », puis s’en sépare. Il s’engage contre le nazisme bien avant la guerre, aux côtés des Républicains espagnols. En 1942, il intègre le réseau Agir, transmet des renseignements et fabrique des faux-papiers ; il est aussi dans la mouvance des Editions de Minuit. Arrêté par la Gestapo en février 1944, il est interné à Compiègne puis déporté. C’est dans le camp de Terezin où il a été évacué, qu’il a succombé au typhus le 9 mai 1945, quelques jours après la libération du camp.

    Danièle Baron

     

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    Notes de lecture
     

    Citoyen sans frontières, Stéphane Hessel conversations avec Jean-Michel Helvig

    Editions Fayard, 318 p., 20 euros.

    Nous avons le bonheur de retrouver Stéphane Hessel dans le dernier livre qu’il publie chez Fayard. Il s’agit d’un livre de « conversations » recueillies par le journaliste Jean-Michel Helvig, dans lequel Stéphane Hessel revient sur ses multiples parcours et engagements. Né à Berlin en 1917 dans une famille d’intellectuels allemands, il arrive en France à l’âge de sept ans. A la déclaration de guerre, il est déjà deux fois normalien, cosmopolite et polyglotte. Fait prisonnier par l’armée allemande en juin 1940, il s’évade et s’engage dans la France Libre. En mission en France, il est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald, Rottleberode et Dora d’où il finira par s’évader. Dès son retour des camps, il continue sa vie d’homme révolté (« J’ai toujours été du côté des opprimés », écrit-il), prêt à se battre contre toutes les injustices sociales ou autres, sa vie de « citoyen sans frontières » qui le verra successivement à l’ONU où il participe à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, au Vietnam, en Algérie, à Genève, etc. Homme de conviction, cofondateur du Club Jean Moulin, il se mobilise pour les causes justes, de la décolonisation à la coopération, l’Europe, la défense des Palestiniens et plus récemment des mal-logés, des sans-papiers, la défense de la planète. Aucun combat ne lui est étranger. Profondément humaniste, homme engagé aux multiples facettes, il ne cesse d’être le témoin de son temps, comme il l’a encore montré il y peu au Plateau des Glières, pour rappeler les valeurs du programme du CNR, ou aux funérailles de Germaine Tillion pour prononcer son éloge. Homme de culture, il termine son ouvrage par un poème d’Apollinaire, qui peut nous inviter à lire ou relire Ô ma mémoire : la poésie, ma nécessité, qu’il publia en 2006. Longue vie à cet homme exemplaire !

    Annick André

    Résister, de Mauthausen à mai 1968

    Georges Séguy, Editions de l’Archipel, 230 p, 18,95 euros.

    Il n’en avait jamais autant parlé : l’ancien dirigeant syndicaliste consacre plus de la moitié de son ouvrage à témoigner. Sa vie d’engagements commence très tôt. L’apprenti typographe de Toulouse, membre des Jeunesses Communistes, n’a pas quinze ans que déjà, il participe à la confection et à la livraison de faux-papiers dans l’imprimerie des frères Lion. Arrêté sur dénonciation en février 1944, il est interné à la prison Saint-Michel de Toulouse. Il est déporté à partir de Compiègne le 22 mars 1944 : il vient tout juste d’avoir dix-sept ans. A la carrière de Mauthausen, où il est devenu le 60581, il charrie les « pierres de la douleur ». Il raconte, sans détour, la haine, la peur, la perte d’identité, les générosités et les lâchetés, ses propres craintes. Lors de la libération du camp, le tout jeune homme, atteint d’une pleurésie qui l’a mené au Revier, a perdu vingt-six kilos. De retour à Toulouse, il s’étonnera du nombre de personnes qui se réclament de la Résistance…

    Même si ce témoignage déborde largement du thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation proposé aux candidats (« Le sort des enfants et adolescents dans le système concentrationnaire »), son auteur reste l’un des résistants à avoir connu cette douloureuse expérience concentrationnaire si jeune.

    D.B.

    La France, l’Allemagne et la Seconde Guerre mondiale quelles mémoires ?

    Sous la direction de Stefan Martens, Presses Universitaires de Bordeaux, 2008 (288 p, 26 euros).

    A cette question, divers historiens, germanistes, politologues et sociologues ont été invités à apporter leurs contributions. S. Martens prend soin, en premier lieu, de prendre ses distances avec la notion de « réconciliation franco-allemande », qui implique une réciprocité dans la faute et une égalité dans la pardon. Il plaide donc pour une culture commune assise sur la connaissance des faits : « On ne peut guérir les plaies de la mémoire par une pédagogie fondée sur l’oubli des contentieux. C’est au contraire la capacité à les expliciter « scientifiquement » c’est à dire à la faire sortir du domaine insaisissable de la mémoire qui offre la perspective d’une construction politique assainie. » On retient par exemple le constat d’Edouard Husson, qui pointe notamment le rôle des faiseurs d’opinion qui, obnubilés par Vichy, délégitiment la Résistance.

    Outre-Rhin, comme le démontrent certaines contributions, la Résistance, réelle (un million d’arrestations, sept cent mille internements), demeura longtemps largement occultée et son histoire empêchée par la division du pays et la guerre froide. Si les puissances de l’Ouest décidèrent - à moment où elles assignaient à la RFA un rôle de rempart contre le communisme - que l’on pouvait parler de cette résistance allemande, la vision de cette résistance resta longtemps réduite à des « valeurs humanistes » floues et totalement dépolitisées. Tandis qu’en RDA, seule la résistance communiste était reconnue comme telle, en RFA, les seuls résistants légitimés étaient ceux de l’attentat du 10 juillet ou les jeunes de la Rose Blanche. Par ailleurs, depuis les années 1980-1990, l’interprétation des circonstances de la défaite allemande, résultant d’une capitulation tardive dans cette guerre criminelle, fait débat : le regain du phénomène de victimisation du peuple allemand y alimente le relativisme. D’autres auteurs soulignent la légende entretenue en Allemagne d’une occupation « correcte », sous-estimant les responsabilités criminelles de l’armée allemande dans la répression. En regard, la Résistance française resta longtemps méconnue dans ses motivations, sa pluralité, son programme. Parmi les résultantes de ces constats : les relations franco-allemandes se fondèrent sur bien des occultations tandis que la réunification culturelle de l’Allemagne, qui nécessite que le travail historique passe dans les veines de la société, n’est pas achevée. Cet ouvrage - certes parfois un peu ardu - donne matière à réflexion et éclaire bien des débats actuels qui ne sont pas prêts d’être clos.

    D.B.

     

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    L’ACTUALITÉ EN BREF
     

    Klagenfurt (Autriche)

    Milivoj Asner, ancien chef de la police oustachis, déambulait paisiblement, avec son épouse, au milieu des supporters heureux de l’équipe croate de football lors de l’Euro. Cet ancien criminel a été tout à fait par hasard filmé et identifié par un journaliste d’un quotidien britannique. Natif de Croatie, il avait appartenu à cette sinistre police, issue du mouvement nationaliste fondé par Ante Pavelic, responsable de la déportation de Serbes orthodoxes refusant d’être convertis au catholicisme, de communistes croates, de juifs et de tziganes. Démasqué en 2004 dans le cadre d’une ultime recherche visant les criminels nazis de divers pays, dont les pays baltes, il se réfugia en Autriche sous le nom de Georg Aschner. Objet d’un mandat international, il bénéficie du soutien de Jörg Haider, chef de file de l’extrême droite autrichienne et gouverneur de Carinthie, où il vit tranquillement. La justice autrichienne avait jugé en 2007 que son état de santé ne permettait pas son extradition.

    Budapest (Hongrie)

    Sandor Kepiro avait activement participé au massacre de plus de mille juifs et Serbes en janvier 1942 dans la ville de Novi Sad, au nord de la Serbie alors sous occupation hongroise. Lorsqu’à la fin de la guerre le régime de l’amiral Horthy, allié des nazis, chercha à signer une paix séparée et à se redorer un blason, Keiro fut condamné pour avoir « déshonoré » la police. Puis il disparut, comme bien d’autres criminels nazi, en Amérique latine. En 1996, il revint au pays sans être le moins de monde inquiété. La justice hongroise aura-t-elle le courage de remuer ce passé ?

    Berlin

    John Demjanjuk, quatre-vingt-huit ans, pourrait être inculpé par la justice allemande. Il s’agirait de la fin d’une course judiciaire entamée il y a plus de trente ans. Installé aux Etats-Unis, le bourreau de Treblinka surnommé « Ivan le Terrible », son vrai nom est Ivan Nikolaevitch, aurait aussi été en poste à Sobibor. Sera-t-il extradé ?

    Maillé (Indre-et-Loire) - Dortmund (Allemagne)

    Retour d’histoire, retour de justice ? Moins connu qu’Oradour-sur-Glane, le village martyr de Maillé connut le 25 août 1944 le massacre de cent vingt-quatre des siens, âgés de trois mois à quatre-vingt-neuf ans. La veille, une patrouille allemande avait été accrochée par un groupe de résistants. Comme les soixante-sept civils d’Argentan-sur-Creuse, les cinquante-deux de Mussidan ou de bien d’autres, ils avaient été victimes de représailles menées par la Wehrmacht ou la SS : « C’est la punition des terroristes et de leurs assistants », disait un des rares documents sur cette affaire. En 1952, un sous-lieutenant allemand, Gustav Schueter, avait été condamné à mort par contumace, sans que l’on sache jamais, exactement, les circonstances exactes de ce crime de guerre et si d’autres responsables étaient en cause. De quoi hanter les esprits des quelques rescapés de la bourgade, qui s’est dotée d’une maison du souvenir voici deux ans. Le procureur général de la ville de Dortmund, alerté par un historien allemand, doit prochainement se rendre sur les lieux. Se peut-il que l’on découvre encore, si longtemps après les faits, de nouveaux éléments ?

    Saint-Michel-sur-Orge (Essonne)

    Un groupuscule néo-nazi était à l’origine d’une fusillade qui avait éclaté dans cette localité, fusillade au cours de laquelle trente-cinq balles de 9 mm avaient été tirées d’un véhicule. L’enquête, suivie de perquisitions, permit de découvrir un arsenal important, armes et munitions de guerre comprises, et de la « littérature » d’extrême droite, notamment un exemplaire de Mein Kampf. Trois individus mis en cause appartenant au groupe « Nomad88 », dont le titre est à lui seul une révérence à Hitler, et dont une officine assure le « service d’ordre » de manifestations d’extrême droite. D’où venaient ces armes ? De quelles ramifications dispose ce groupe ? L’enquête se poursuit.

    Toulouse

    Huit suspects, tous connus pour leur appartenance à l’extrême droite, ont été arrêtés dans la région de la ville rose dans le cadre d’une enquête ouverte après l’incendie de la mosquée de Colomiers. Un ancien légionnaire serait à la tête de ce groupe dont on ignore les effectifs.

    Lyon

    L’entreprise Bosch de Vénissieux a été condamnée pour discrimination raciale ou sexiste. L’équipementier automobile doit verser des dommages et intérêts aux sept salariés dont les carrières ont eu à pâtir de leur couleur de peau ou de leur sexe.

    Nanterre

    Le Tribunal de grande instance est saisi d’une affaire de fichage ethnique impliquant la société Daytona, spécialisée dans la mise à disposition d’hôtesses d’accueil et de commerciaux. Certains postes portaient même la mention « nationalité française et pure white ». Ce fichage et le stockage de données concernant les origines raciales ou ethniques est interdit par l’article 226-19 du Code pénal.

     

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    Parcours de recherche
     

    Comme beaucoup d’orphelins de déportés, je ne savais rien du parcours de mon père, Claude Moreau, arrêté par la Gestapo le 12 février 1944 à Cluny et décédé le 12 avril 1945 au camp de Mauthausen après un séjour terrible à Gusen.

    J’avais à l’époque dix ans, et aux questions que je posais à mon entourage familial, on me promettait de tout me dire lorsque je serais grande. Des années ont passé, je suis devenue « grande », puis mère et grand-mère et je ne savais toujours que peu de choses concernant la déportation de mon père, en dehors des dates précises sur quelques papiers officiels jalonnant les passages dans les prisons de Montluc à Lyon, puis à Compiègne et l’arrivée au KZ de Mauthausen. Malgré mon intérêt, il m’avait été difficile d’obtenir des réponses aux questions que j’avais posées aux amis de mon père, rescapés, ceux-ci étant discrets ou muets et peu enclins à me parler de souvenirs lourds à porter. Mon désarroi augmentait et je ne savais par où commencer mes recherches.

    A l’arrêt de mes activités professionnelles, en 1999, avec plus de temps disponible, je décidais de prendre le problème à bras-le-corps. J’apprenais par hasard l’existence de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et participais au premier stage de formation à la transmission instaurée par cet organisme. Malgré les nombreuses lectures, les films à travers lesquels j’avais pu découvrir l’enfer de !a Seconde Guerre mondiale, je comprenais mieux l’Histoire dans un univers de connaissances exceptionnelles avec des personnes également exceptionnelles. Je citerai Marie-José Chombart de Lauwe, par qui je fus fort impressionnée, et Catherine Breton, qui m’accueillit aux « Amis de !a Fondation » dès mon retour de stage.

    Je prenais contact également avec l’Amicale de Mauthausen avec laquelle je découvrais, en 2004, le camp autrichien et ses Kommandos. Ce pèlerinage fut pour moi déterminant dans la prise de conscience de ce drame qui avait bouleversé mon enfance et qu’il me fallait comprendre. Les Archives officielles commençaient tout juste à être consultables au ministère de la Défense à Caen, plus de cinquante après les faits. Internet était entré dans ma vie de retraitée et, sur un plan pratique, décuplait les possibilités pour faire des recherches.

    Je rencontrais, grâce à, l’Amicale de Mauthausen, une fille de déporté, Michèle Madère, avec laquelle je partageais un point commun : nos pères étaient morts à la même date, le 12 avril 1945, l’un à Gusen, l’autre à Mauthausen. Nous avions le même désir d’en savoir davantage et ce lien qui devint d’amitié nous permit de faire nos recherches ensemble.

    Nous avons fait, en septembre 2006, des demandes officielles pour accéder aux services des Archives du ministère de la Défense à Caen et après avoir reçu un agrément dans les trois mois environ, nous nous sommes retrouvées au bureau des Archives à Caen, très émues devant ces dossiers de vieux papiers concernant nos pères. Nous avons été reçues d’une façon magnifique par des gens compétents, chaleureux, qui comprenaient notre trouble devant nos découvertes. Nous avions toutes deux pris connaissance de documents qui nous permettaient de reconstituer le parcours de nos pères, sous forme de lettres de témoignages dont nous ignorions l’existence auparavant. Nos mères savaient peut-être mais elles avaient occulté volontairement ce qui leur paraissait trop dur pour leurs jeunes enfants.

    Quelques jours après notre visite à Caen, nous nous retrouvions au Congrès de l’Amicale à Nantes, où quelques rescapés de Gusen et Mauthausen nous confirmaient ce que nous venions de découvrir. Certains avaient très bien connu le témoin qui avait à son retour pu attester de l’état de mon père au camp, qui ne laissait aucun doute sur les traitements qu’il avait subis et qui donnait à penser que sa fin était proche. J’ai pu prendre des contacts avec la famille de cette personne et l’émotion bien sûr était au rendez-vous. En quelques jours j’avais l’impression d’avoir renoué avec ce passé si lourd à porter lorsque l’on vit dans l’ignorance et l’incompréhension.

    Le deuxième volet de ces recherches concerne les Archives de la Résistance, au ministère de la Défense au Fort de Vincennes. Le processus est identique pour obtenir une autorisation, le délai de réponse est le même. Pour ma part j’ai recueilli moins d’informations sur les activités de mon père avant sa déportation, mais ce que j’ai appris à Vincennes m’a confirmé les connaissances qui m’avaient été transmises familialement.

    Toutes ces démarches ne me rendront jamais celui qui m’a manqué toute ma vie, mais je me sens un peu moins orpheline… Tous ces éléments regroupés autour d’une personne qui mérite qu’on ne l’oublie pas, font que la transmission peut se faire en apprenant, dans mon cas, à mes trois fils et mes sept petits-enfants l’histoire de ce grand-père qui a donné sa vie comme tant d’autres pour qu’ils puissent vivre dans un pays libre.

    Marie Viguier

     

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    Avis de recherche
     

    Henning Fauser, étudiant allemand, fils d’Ellen Fauser, directrice du Mémorial de Langenstein-Zwieberge, cherche des témoi¬gnages d’anciens déportés sur leur perception de l’Allemagne et des Allemands. Il a déjà écrit un mémoire sur ce sujet à l’aide de témoignages et de livres d’anciens déportés de Buchenwald, Dora et Langenstein-Zwieberge. Il souhaite à présent élargir ses recherches dans le cadre de l’obtention du Master.

    Il recherche des souvenirs personnels concernant les périodes suivantes :

    1- L’entre-deux-guerres : influence de la famille, de l’école et des médias sur la représentation des Allemands ; conséquences de la politique intérieure (persécutions contre les juifs et contre les opposants au régime) et extérieure (« l’Anschluss », Munich) de l’Allemagne nazie ;

    2- Seconde Guerre mondiale : événements ou incidents survenus pendant l’Occupation et pendant la Déportation (vécus person¬nellement, transmis par d’autres personnes) qui ont eu une quelconque influence sur l’image des Allemands ;

    3- Libération : sentiments à l’égard du peuple allemand après la libération ;

    4- Epoque de RFA et RDA : perception de ces deux pays, réaction face à la réunification ;

    5- Allemagne d’aujourd’hui : image actuelle des Allemands, opinion de la gestion de la mémoire des victimes du Troisième Reich dans l’Allemagne de nos jours.

    Pour ceux et celles qui souhaiteraient des questions plus détaillées, un questionnaire complet leur sera volontiers expédié. Contacter : Henning FAUSER Fondation pour la Mémoire de la Déportation, ministère de la Défense Rue Neuve Bourg l’Abbé - BP 552 - 14037 CAEN Cedex ou : henning.fauser@gmx.de

     

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    Distinctions
     

    La Fondation pour la Mémoire de la Déportation et ses amis viennent d’être honorés par deux distinctions attribuées à leurs prési¬dents respectifs.

    Marie-José Chombart de Lauwe vient d’être promue Grand Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Engagée alors qu’elle était étudiante en médecine dans le réseau 31 Georges-France basé notamment à Paimpol pour transmettre des renseignements d’ordre stratégique, elle fut arrêtée sur dénonciation à l’âge de 18 ans, le 22 mai 1942. Transférée à Angers, puis à La Santé et Fresnes, elle fut déportée le 26 juillet 1943 pour le camp de Ravensbrück (bloc n° 32, celui des déportées « N.N. »). Affectée en septembre 1944 à la Kinderzimmer, elle y découvrit l’horrible sort réservé aux nouveaux-nés et participa au sauvetage de quelques uns d’entre eux : cette expérience marquait à jamais ses choix futurs. Evacuée sur Mauthausen le 8 mars 1945, elle fut, le 22 avril 1945, libérée par la Croix-Rouge. Elle regagna la France, reprit ses études et passa un doctorat en psychologie infantile. Dès 1950, elle témoigna à charge au procès du commandant de Ravensbrück, Franz Suhren. Directeur de recherche en psychosociologie au CNRS, elle fut et reste l’une des animatrices de l’amicale de Ravensbrück, de la FNDIRP, participa aux travaux du Comité national consultatif d’éthique, s’engagea à la Ligue des Droits de l’Homme. Elle succèda en 1996 à Marie-Claude Vaillant-Couturier à la tête de la FMD.

    Quelques jours avant cette promotion, elle avait remis les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Dany Tétot, prési¬dent de l’AFMD, et évoqué le souvenir de son père Henri, déporté en 1943 au camp d’Oranienbourg-Sachsenhausen ; citant ses engagements, notamment dans le monde périscolaire auprès des jeunes et dans la vie de la cité, elle souligna le fait que nombre de descendants de déportés avait intégré les valeurs fondamentales qui émergent du vécu de ces derniers, face à l’inhumaine conception nazie du monde. Elle réaffirma aussi l’important rôle des Amis de la Fondation. La rédaction de Mémoire et Vigilance salue également, dans cette même promotion du Mérite, la nomination de Gisèle Guillemot, déportée-résistante à Mauthausen et adhérente de l’AFMD, au rang d’Officier. Félicitations à tous.

     

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    L’avenir des cérémonies passe par la jeunesse
     

    Au moment où l’avenir des cérémonies fait débat, l’AFMD rappelle, avec la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, que cet avenir nécessite que la réflexion historique sur le sens des événements commémorés et le caractère éducatif de ces cérémonies doivent primer sur des conceptions routinières.

    Lorsque les éducateurs et les autorités font l’effort de donner leur sens aux commémorations et qu’ils y associent les jeunes, ceux-ci répondent présents, comme ici à l’Arc de Triomphe ou ailleurs.

    Clichés du Ministère de la Défense ; tous droits réservés.

     

     

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    3. L’ARAC et la Mémoire des guerres de 1914-18 et de 1939-45
      7 mars 2006

    4. Dossier guide pour la préparation du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2011-2012
      3 décembre 2011

    5. Message de l’UFAC du 11 novembre 2011 pour les cérémonies patriotiques du 93ème anniversaire de la victoire.
      21 octobre 2011

    6. « Le Dora-lien » N° 10 de janvier 2011 de la Commission Dora Ellrich de la FMD.
      7 février 2011

    7. Message de l’UFAC pour les cérémonies patriotiques du 11 novembre 2008.
      6 novembre 2008

    8. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2008-2009.
      21 novembre 2008

    9. Décès de René Riffaud l’un des derniers poilus
      17 janvier 2007

    10. Les « Justes » au Panthéon : de "Chambon-sur-Lignon" à "Lidice" par "Chabra et Chatila"
      20 janvier 2007

    11. Jeanne-Andrée PATÉ, notre Camarade, ancienne déportée à Ravensbrück et Holleischen.
      27 mars 2006

    12. Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944.
      8 avril 2006

    13. Le 92ème anniversaire de la bataille de la Marne commémoré à Mondement
      4 septembre 2006

    14. Fernande Servagnat, grande résistante, n’est plus
      26 décembre 2006

    15. Marcher sur les traces des poilus : une leçon d’histoire
      1er février 2007

    16. Guy Môquet : Une vie volée.
      6 juin 2007

    17. Promenade des bleuets et pèlerinage contre l’oubli sur le Chemin des Dames
      1er juillet 2007

    18. Heinz Barth, l’assassin d’Oradour-sur-Glane, est mort dans son lit à 86 ans.
      14 août 2007

    19. La lettre de Guy Môquet : « le fait du prince » pour les profs.
      30 août 2007

    20. Message de l’UFAC pour les cérémonies patriotiques du 11 novembre 2007
      16 octobre 2007

    21. Notre Camarade Jeanne-Andrée Paté lit la lettre d’un jeune Résistant assassiné par les nazis comme Guy Môquet.
      21 octobre 2007

    22. Dossier Guy Môquet du journal "l’Union" du 22 octobre 2007
      22 octobre 2007

    23. Dossier spécial « Guy Môquet » du journal « l’Humanité » du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    24. Conférence « QUI ÉTAIENT-ILS ? » de Madame Jacqueline Husson le 28 novembre 2007 sur les Résistants Marnais.
      17 novembre 2007

    25. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : partie 1/4
      2 février 2008

    26. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : Sommaire et introduction.
      2 février 2008

    27. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : partie 2/4
      2 février 2008

    28. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2007-2008
      13 janvier 2008

    29. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : partie 3/4
      2 février 2008

    30. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : partie 4/4
      2 février 2008

    31. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation : Aide et conclusion.
      2 février 2008

    32. Lazare Ponticelli, le der des der de la « der des der », est mort
      13 mars 2008

    33. BUCHENWALD : où est passée la Mémoire Communiste ?
      2 avril 2008

    34. Mémoire et Vigilance n° 44 janvier-mars 2008, bulletin trimestriel de l’AFMD.
      31 mai 2008

    35. Livres et films sur la guerre 1914-1918.
      26 juillet 2008

    36. Mémoire et Vigilance n° 45 d’avril-juin 2008, bulletin trimestriel de l’AFMD.
      10 août 2008

    37. Message de l’UFAC pour le 8 mai 2011, 66 ème anniversaire de la victoire sur le nazisme.
      4 mai 2011

    38. Participez au rallye de la mémoire « sur les traces des fronts de Champagne et d’Argonne – 1914/1918 » du 21 mai 2011.
      5 mai 2011

    39. Le dernier "poilu" de la Première Guerre mondiale est mort.
      7 mai 2011

    40. Musée de la Résistance et de la Déportation de Forges-les-Eaux
      10 avril 2009

    41. Odyssée du Drapeau du 306ème Régiment d’Infanterie en 1940.
      16 avril 2009

    42. Jeanne-Andrée Paté, matricule 35 265 à Ravensbrück, craint la montée du fascisme.
      25 avril 2009

    43. Dossier du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2009-2010.
      26 décembre 2009

    44. Message de l’UFAC pour les cérémonies patriotiques du 8 mai 2010.
      4 mai 2010

    45. Message du 11 novembre 2010 du Secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants.
      9 novembre 2010

    46. Message de l’UFAC pour les cérémonies patriotiques du 11 novembre 2010.
      18 novembre 2010

    47. LIVRE : Traits résistants : La Résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours.
      18 avril 2011

    48. Recherche de personnes figurant sur des photos et des films.
      18 avril 2011

    49. Message du Ministre de la défense et des anciens combattants pour le 8 mai 2011.
      11 mai 2011

    50. Brochure pedagogique du Concours national de la Resistance et de la deportation - annee 2010-2011.
      18 mai 2011

    51. Les fusillés pour l’exemple : Rencontre organisée par l’association " Bretagne - Chavagne, Mémoire et Patrimoine ".
      18 juin 2011

    52. « Le Dora-lien » N° 11 de juin 2011 de la Commission Dora Ellrich de la FMD.
      8 août 2011

    53. Message du Président de la République pour la cérémonie d’hommage aux soldats morts pour la France, le 11 novembre 2011.
      11 novembre 2011

    54. Message de l’UFAC pour les cérémonies du 8 mai 2012 célébrant la victoire sur l’Allemagne nazie.
      26 avril 2012

    55. 22 Octobre : Commémoration du souvenur de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés ; les textes officiels
      29 octobre 2007

    56. 160 lycéens champardennais à Auschwitz
      10 février 2007