Accueil du siteRevue de presse
   


Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
Publié le dimanche 2 janvier 2011, mis à jour le lundi 4 novembre 2013
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010.

 

 

 

***********************************

Union110331b - Marne
VITRY-LE-FRANCOIS : Comité des anciens combattants : André Jacquet réélu président

Les participants à la réunion.
  •  Agrandir la photo
  • Le comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre de Vitry vient de se réunir à la maison des associations et des syndicats Lucien-Herr pour son assemblée générale, en présence de Claudine Brocard, adjointe au maire chargée des cérémonies et du général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine. Le bureau a été réélu. Ainsi André Jacquet, président des ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Vitry, est réélu à la présidence du comité d’entente. Jean-Claude Nattier, secrétaire de l’UNC Perthois-Bocage, est confirmé à la vice-présidence. Jean-Frédéric Allerat, président de la 256e section des médaillés militaires, est également confirmé dans ses fonctions de secrétaire et trésorier de l’association. Gisèle Probst reste présidente honoraire.

    Il a été reconduit qu’une gerbe par association serait prise en charge. Les porteurs de gerbes pour les différentes cérémonies ont été désignés. Le repas de cohésion avec les porte-drapeaux aura lieu cette année le samedi 19 novembre à Châtelraould-Saint-Louvent. Il a également été proposé que l’association organise un thé dansant et un loto pour faire rentrer un peu d’argent.

    ***********************************

    Union110331a - Marne
    SEZANNE : Seconde jeunesse pour le Souvenir français

    Serge Finck, trésorier du comité du Souvenir Français du Sud-Ouest marnais : « Il n’est pas décent de laisser mourir le Souvenir ».
  •  Agrandir la photo
  • SEZANNE (Marne). Des bénévoles viennent de relancer le comité du Souvenir Français de Sézanne. Objectifs : entretenir des tombes et faire des émules, en particulier chez les jeunes.

    APRES de longues passées à sommeiller, le comité du Souvenir français de Sézanne renaît. Désormais baptisé comité du Sud-Ouest marnais, il reste fidèle à ses missions d’origine. Et ses membres souhaitent impliquer davantage les jeunes générations. Explications avec Serge Finck, trésorier de l’association.

    Reconnu d’utilité publique

    Qu’est-ce que le Souvenir français ?

    Il s’agit d’une association créée après la guerre de 1870. Elle visait à entretenir les tombes de soldats morts pour la France, enterrés en Alsace et en Lorraine. Cet entretien se faisait par des bénévoles, clandestinement. Le Souvenir français a été reconnu d’utilité publique en 1906. Il a trois objectifs : le devoir de mémoire et l’entretien de tombes de soldats morts pour la France, ceci dans 62 pays différents. C’est une association apolitique, pas religieuse.

    Il n’existait pas de comité du Souvenir français à Sézanne ?

    Si, un comité existait bien à Sézanne. Mais il était en sommeil depuis 15 ou 20 ans. Des bonnes volontés, soutenues par les associations d’Anciens combattants, d’association patriotiques, d’élus, ont décidé de donner un nouvel élan à ce comité.

    Pourquoi vouloir remettre un comité sur pied ?

    Il n’est pas décent de laisser mourir le Souvenir. Pour l’entretien des tombes de ceux qui sont tombés pour la France.

    Il y a de nombreuses tombes de soldats dans notre secteur. Bien sûr, les membres du comité assistent aux diverses cérémonies.

    Et nous espérons impliquer les jeunes générations pour continuer ce devoir de mémoire.

    Pas une association d’Anciens combattants

    Ce comité concerne t-il seulement Sézanne ?

    Il regroupe les cantons de Sézanne, Esternay, Fère-Champenoise et Anglure, nous avons décidé de le baptiser comité du Souvenir français du Sud-Ouest marnais.

    S’agit-il d’une association d’Anciens combattants de plus ?

    Pas du tout. Le Souvenir français n’est pas une association d’Anciens combattants, le Souvenir français se situe en dehors. C’est une association qui est animée par le patriotisme ; et qui a pour objectif de transmettre cette flamme du souvenir aux jeunes. Car dans quelques années, il n’y aura plus d’Anciens combattants.

    Quel est le but de la réunion organisé lundi 4 avril à 18 h 30 à la Maison des sports de Sézanne ?

    Cette réunion vise à recruter davantage d’adhérents. Le bureau de l’association est constitué, nous avons un président, M. Labrune. Nous y avons convié les adhérents des associations d’Anciens combattants notamment. Mais toutes les bonnes volontés seront accueillies à cette réunion de présentation du Souvenir français.

    Selon vous, le souvenir est-il assez entretenu à Sézanne et dans les environs. Y-a t-il assez de monde qui assistent aux différentes cérémonies ?

    Les anciens combattants répondent présent, la population également, en particulier à la belle saison. Mais il manque des écoliers aux cérémonies, en particulier à Sézanne.

    Recueilli par Guillaume TALLON

    Réunion le lundi 4 avril à 18 h 30 à la Maison des sports de Sézanne.

    ***********************************

    Union110327c - Marne
    EXPOSITION : Paris au temps de la Commune

    De nombreuses femmes, comme Louise Michel, se sont engagées dans la lutte. © Albert Harlingue Roger-Viollet
  •  Agrandir la photo
  • 24 mai : incendie de l’Hôtel de ville. Lithographie de Léon Sabatier et Albert Adam publiée dans Paris et ses ruines, 1873. © BHdV Roger-Viollet
  •  Agrandir la photo
  • Gardes nationaux et curieux au pied de la colonne Vendôme renversée. © BHVP Roger-Viollet.
  •  Agrandir la photo
  • HISTOIRE. Jusqu’au 28 mai, l’Hôtel de ville de Paris présente une exposition sur la Commune de Paris de 1871.

    Plus de 200 gravures, photographies, affiches et manuscrits illustrent les événements qui se sont déroulés dans la capitale il y 140 ans.

    C’est un des moments fort de l’histoire de France qui est retracée actuellement à la mairie de Paris à travers la manifestation « La Commune, 1871, Paris capitale insurgée ». L’exposition se déroule comme un parcours chronologique illustré et commenté à travers une iconographie variée par ses supports (photographies, affiches, gravures de la presse) et son contenu, objectif ou partisan. L’idée est de permettre une meilleure compréhension des événements, encore très présents dans la mémoire politique, qui ont eu lieu à Paris de mars à juin 1871 et dont l’Hôtel de ville fut le théâtre principal. Les quelque 200 oeuvres et documents exposés, dont plusieurs manuscrits originaux, proviennent des collections municipales (bibliothèque de l’Hôtel de ville, bibliothèque historique de la Ville de Paris, bibliothèque Marguerite-Durand, musée Carnavalet-Histoire de Paris).

    60 JOURS DANS L’HISTOIRE

    Après avoir résisté pendant quatre mois à un siège militaire, Paris subit l’humiliation d’être occupé par l’armée allemande le 1er mars 1871. Le 18, la ville se soulève contre les décisions impopulaires de l’Assemblée nationale nouvellement élue et du gouvernement dirigé par Thiers qui décide de quitter la capitale pour s’établir à Versailles. Le Comité central de la Garde nationale parisienne organise alors des élections pour la formation d’une Commune qui s’installe le 28 mars dans l’Hôtel de ville pavoisé de drapeaux rouges, en présence d’une foule de dizaines de milliers de sympathisants.

    Pendant ses quelque 60 jours de gouvernement, la Commune de Paris adopte de nombreux décrets. Certains sont d’effet immédiat (liquidation des termes dus par les locataires ; abolition du travail de nuit ; interdiction des retenues sur les salaires…), d’autres prennent date pour l’avenir (abolition de la conscription ; séparation de l’Église et de l’État ; instruction laïque, gratuite et obligatoire ; organisation du travail…). Des mesures symboliques sont exécutées, comme la démolition de la colonne Vendôme.

    JULES VALLÈS, GUSTAVE COURBET, LOUISE MICHEL AUX PREMIÈRES LOGES

    L’assemblée parisienne, reflet de toutes les tendances révolutionnaires, offre un profil exceptionnellement populaire et jeune. Parmi les élus se trouvent des figures illustres tels l’écrivain Jules Vallès ou le peintre Gustave Courbet. De nombreuses femmes, comme Louise Michel, s’engagent dans la lutte et de nombreux réfugiés étrangers combattent pour le mouvement communaliste. Mais l’inorganisation militaire et les dissensions qui éclatent parmi les dirigeants vont rapidement mettre fin à la généreuse utopie des premiers jours. Les troupes versaillaises entrent dans Paris le 21 mai et reconquièrent la ville en se livrant à une impitoyable répression et à des exécutions sommaires qui causent la mort de près de 20.000 personnes.

    De sanglantes batailles de rue ont lieu autour des barricades élevées par les Communards qui mettent le feu à plusieurs monuments (Hôtel de ville, Tuileries…) dans l’espoir de retarder l’inexorable progression de l’armée régulière. Les derniers combats se déroulent dans le cimetière du Père-Lachaise le 27 mai, et s’achèvent à Belleville le 28. Des milliers de prisonniers sont alors emmenés à Versailles où ils vont attendre leur jugement dans des conditions de détention souvent effroyables. Une page de l’histoire de France se tourne.

    Exposition gratuite à l’Hôtel de Ville de Paris. Entrée salon d’accueil, 29 rue de Rivoli, 75004 Paris. Tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10 à 19 heures.

    Une histoire Moderne

    Une fois l’exposition à l’Hôtel de ville terminée, une autre manifestation prendra le relais afin de « célébrer » le 140e anniversaire de la commune. Du samedi 28 mai au dimanche 19 juin, le Réfectoire des Cordelier, rue de l’Ecole de médecine à Paris, accueillera l’exposition « 1871, la Commune de Paris, une histoire moderne ». « Montrer la modernité des mesures prises par la Commune est l’objectif premier de l’exposition, qui promènera le visiteur dans les vingt arrondissements du Paris communard », indiquent les organisateurs. La reconnaissance de l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, le droit au logement, l’affirmation d’une démocratie participative sont quelques-unes des décisions novatrices de la Commune, abordées dans le parcours proposé. Ce rendez-vous mettra en scène des affiches et des documents originaux (lettres, décrets, photos, caricatures…) produits au cours de cette courte période ainsi que des tableaux remarquables et jamais exposés comme ceux de Maximilien Luce sur la Semaine sanglante. « Envisager la Commune en tant que laboratoire d’idées inédites et fructueuses, inscrites dans une géographie et un contexte singuliers permet au visiteur de mieux comprendre la dimension moderne de cette période fondatrice pour l’histoire de Paris », se félicitent par avance les responsables de l’expo.

    ***********************************

    Union110327b - Marne
    Henriette, l’institutrice gaulliste

    L’Ecole de la République à Saint-Pierre-et-Miquelon a honoré l’une de ses institutrices les plus célèbres en donnant son nom quelques années après sa mort à un nouveau groupe scolaire. Pour les habitants de l’archipel ce n’était pas une surprise mais en métropole qui connaît le parcours d’Henriette Gravé-Bonin ?

    Par la philatélie voici le moyen de découvrir qui était cette enseignante. Elle naît le 7 août 1899 à Saint-Pierre dans une famille de Normands qui ont décidé de s’installer dans ces îles qu’on dit inhospitalières. Elle entre tôt à la maternelle alors tenue par les soeurs de Saint-Joseph de Cluny. Lorsque survient la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, elle suit un enseignement laïc. Bonne élève auparavant, elle le demeure. Ses résultats font qu’on la présente au brevet élémentaire de fin d’études auquel elle est reçue première. Elle choisit de devenir enseignante et elle le demeurera jusqu’à son départ à la retraite en 1959. Nommée à Miquelon en 1919, elle y rencontre celui qui va devenir son mari, Marcel Bonin. C’est un élève maître d’école venant de Macon qui s’est engagé dans la marine et a reçu comme mission d’installer le premier poste de TSF sur l’île. Deux ans plus tard ils se marient et vont enseigner tous les deux sur place, d’abord à Miquelon puis sur l’île aux Chiens avant d’intégrer le cours complémentaire de Saint-Pierre. Henriette va y enseigner les lettres et l’histoire. En 1940, les deux époux sont séduits par le contenu de l’appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle. Ils deviennent de fervents supporters du chef de la France libre mais ont rapidement des ennuis. Comme Henriette refuse de faire l’éloge en classe du maréchal Philippe Pétain, refus qu’elle signifie à plusieurs reprises, elle est suspendue. Elle retrouvera ses fonctions après le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre à Noël 1941.

    Son mari meurt brutalement en 1945 mais elle poursuit sa tâche et prend des fonctions de direction jusqu’à son départ de l’Education nationale. Elle demeure sur l’île et écrit un guide touristique sur l’archipel puis un livre de mémoires. Attachante et très aimée, sa disparition est un choc. Le maire de Saint-Pierre choisit d’honorer sa mémoire comme le fait aujourd’hui la Poste de Saint-Pierre-et-Miquelon en émettant un vertical 22 x 36 d’une valeur faciale de 0,58 euro dans la catégorie des personnages illustres.

    ***********************************

    Union110327a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    La fuite de Keren

    La contre-attaque de Rommel est définie sur une carte de l’offensive.
  •  Agrandir la photo
  • Jean Astier de Villatte a bombardé Koufra et avec le GRB1, futur Lorraine, frappe les convois italiens.
  •  Agrandir la photo
  • Le lieutenant Jean Simon appartient à la 13e demi-brigade de Légion étrangère.
  •  Agrandir la photo
  • Alors que les légionnaires français s’activent dans le secteur de l’Engiahat pour obtenir un succès comme les hommes de Leclerc, les Italiens qui craignent un coup fourré des alliés se replient dans un désordre indescriptible et évacuent Keren. L’initiative de l’état-major ennemi est motivée. Une attaque est sur le point d’être déclenchée le 27 mars 1941 à 7 heures avec le concours du 16e régiment du Pundjab et un groupement aux ordres du lieutenant-colonel Cazaud qui est à la tête de la 13e demi-brigade de Légion étrangère. Pour ce faire, un appui d’artillerie et de l’aviation est commandé. La base de feux latérale est placée sous le commandement de l’enseigne de vaisseau Iehlé et dispose d’élément d’appui du 3e bataillon de marche, des fusiliers marins et de la Légion. Les troupes d’assaut ne rencontrent aucune résistance. Les colonnes ennemies sont au loin et visibles à la jumelle. Ordre est donné à la Brigade française de foncer plein sud pour couper la route aux Italiens.

    Cazaud se dirige à marche forcée en direction de l’oued d’Anseba ave son groupement renforcé par une compagnie du 3e bataillon. La route est atteinte le 28 mars au début de la matinée. Surpris par la rapidité et la précision de l’exécution de la manœuvre des alliés, bien des Italiens se rendent sans opposer de résistance. La brigade d’Orient est ensuite regroupée dans la région de Chelamet au nord de l’Engiahat, entre Kub-Kub et Keren. Depuis Khartoum, le général de Gaulle vient lui rendre visite le 30 mars, accompagné du lieutenant-colonel Diego Brosset qui a vanté sur les ondes de la BBC l’épisode de Koufra. Le général félicite chaleureusement les troupes fatiguées par l’effort physique qu’elles ont fourni pour enfermer l’ennemi dans une nasse qu’il n’avait pas imaginé aussi puissante et hermétique.

    Le moral des Italiens est encore à la baisse. La RAF dispose de la maîtrise du ciel et obtient le renfort de l’escadrille de bombardement des Forces aériennes françaises libres commandée par Jean Astier de Villatte qui a déjà pris part aux opérations conduites contre Koufra. Dans le même temps, la progression de la 5e division britannique est constante si bien qu’Asmara tombe le 1er avril. La mise à disposition du port de Massaoua est un enjeu et, pour réussir cette double conquête l’action franco-britannique est bien coordonnée. Le lieutenant Jean Simon fait partie de l’opération et note : « La route suivie depuis Keren était splendide. Elle descendait verticalement de la montagne, en zigzaguant. Sur la surface noire des rochers, on lisait les inscriptions peintes en grandes lettres blanches : Viva il Duce, Viva il Re impera-tore. Pendant ce temps, le groupement Saint Hillier auquel ma section appartenait progressait comme prévu ».

    La section du génie et les pionniers de la Légion étrangère ont déminé les routes de manière à faciliter le ravitaillement. La ration pour la journée ne comporte qu’une boîte de corned-beef et un paquet de biscuits pour deux. Les hommes n’ont qu’un demi-litre d’eau dans leur bidon. Ils connaissent la soif mais ils avancent. C’est moins terrible qu’aux premiers jours du combat de l’Engiahat où les Italiens avaient constitué des batteries de grenadiers. Un homme sur deux portait une hotte chargée de grenades et les balançait à une cadence infernale pour interdire la conquête des pitons !


    ……….

    Déat fait de l’ombre au Maréchal

    Marcel Déat exige que Pétain aille plus loin.
  •  Agrandir la photo
  • Déat se démarque-t-il vraiment de la propagande de la Révolution nationale ?
  •  Agrandir la photo
  • Le drôle de jeu du lieutenant Dannecker.
  •  Agrandir la photo
  • Les athlètes du renouveau ne sont pas critiqués par le RNP.
  •  Agrandir la photo
  • CALCULATEUR. Issu de la gauche, l’ancien professeur de philosophie au lycée de Reims imagine rendre à Paris sa fonction de capitale politique de la France et singe Vichy.

    Si la première réunion publique du Rassemblement national populaire (RNP) a lieu le 2 février 1941 à la salle Wagram, l’autorisation allemande n’est validée que le 23 du mois. La publication au Journal officiel de la création de ce nouveau parti ne paraît que le 23 mars ! Une campagne d’affichage promotionnel est approuvée alors qu’un concours est lancé dans « L’Œuvre » et qu’un insigne est destiné aux militants. Il représente un poing fermé tenant trois flambeaux enserrés dans un fer à cheval. La signification de cet emblème est publiée dans la presse : « Le poing fermé du RNP tient les trois flambeaux tricolores, ce qui symbolise les deux anciens fronts et par conséquent toute la France. Quant au fer à cheval, c’est le symbole commun du monde paysan, de l’artisanat et des grandes industries ». L’équipe dirigeante a adressé dès le 3 mars au maréchal Pétain, une longue de lettre.

    Pas moins de dix pages sont consacrées à la justification de ce nouveau parti. Cette prose est à la fois déférente et menaçante envers le chef de l’Etat français. Marcel Déat regrette l’abandon de Paris comme siège du gouvernement, relève des carences et des insuffisances dans la conduite des affaires, une absence de politique sociale et des vendettas inadmissibles. Il regrette l’étouffement des enquêtes relatives aux origines et à la conduite de la guerre. La lettre s’achève en des termes peu amènes : « L’Etat français s’en va à la dérive. Seul, le Journal officiel entasse les textes confus et contradictoires de décrets, de règlements et de lois que personne ne lit, que personne ne connaît, qu’aucune administration ne peut appliquer. Tous sont prêts à vous continuer le plus large crédit si, demain, vous signifiez une volonté nette d’intégration de la France à l’Europe. Le RNP sera alors avecjoie entre vous et le peuple de France, le médiateur qui vous a manqué depuis juillet ».

    Ce propos est-il destiné à atténuer l’effet de son éditorial du 9 janvier 1941 dans lequel il écrivait : « On ne sait plus très bien si Vichy existe, mais Paris persiste. Vichy c’est une incompréhension majeure sous une façade de bonne volonté. Vichy c’est du raccommodage, du passé fantomatique qui parle d’avenir avec assurance. Voilà, je crois ce que nous pensons tous, nous, habitants de l’éternelle capitale ».

    UN DUO CONTRE NATURE

    Le Maréchal est vexé. Il répond au courrier provocateur dans une lettre destinée à l’amiral Darlan et se justifie de cette méthode tout en ménageant relativement le président du RNP : « Il n’eut pas manqué de répondre directement à M. Marcel Déat, et à lui seul, si ce document n’avait reçu dans les colonnes de L’œuvre une publicité aussi immédiate qu’inattendue. Il n’en reste pas moins sensible à l’esprit de déférence qui anime la lettre de M. Marcel Déat dont les articles avaientjusqu’ici mis en cause les principes de son gouvernement et tenté, parfois, d’atteindre sa personne. C’est dans le concours spontané et désintéressé des meilleurs éléments de ce pays que le Maréchal fonde ses espoirs d’un prompt redressement de la France ». Dans l’entourage du Maréchal, on ne s’explique pas le duo Marcel Déat avec le cagoulard Eugène Deloncle. L’un vient de la gauche socialiste, l’autre de la droite extrémiste. Le premier est un calculateur, le second un imprévisible. Déat compte sur les troupes de Deloncle et confie : « Il aboutissait venant de droite aux positions que nous avions rejointes venant de gauche ». Les deux hommes détestent Jacques Doriot et pour le contrer, ils sont prêts à l’alliance de l’eau et du feu. Déat tient à être présent dans le champ social c’est pourquoi il promeut un Centre syndical de propagande dont l’organe est l’hebdomadaire « L’Atelier ».

    On retrouve dans ce cercle Georges Yvetot, l’une des figures du syndicalisme révolutionnaire d’avant la Grande Guerre, Aimé Roy ancien délégué de la CGT à la propagande pour les assurances sociales et Georges Dumoulin, ancien secrétaire de l’Union départementale des syndicats CGT du Nord.

    Si l’état-major du RNP est installé au 128, faubourg Saint-Honoré, Déat a d’impérieux besoins de locaux. Le lieutenant Dannecker de la police de sûreté qui, sur ordre de l’Office central de sécurité du Reich dirigé par Heinrich Himmler, a pour mission de limiter à son profit l’autorité de l’ambassade d’Allemagne offre sa médiation. Au terme d’un entretien qui a lieu le 28 mars 1941, Déat résume de manière brouillonne son entrevue : « Dannecker informera la police française par des voies absolument neutres, comme convenu, qu’il n’y a pas d’objection de la part de ses services, en ce qui concerne l’emploi de trois maisons pour d’autres buts. En même temps que cette déclaration à la police française, le RNP, devra de son côté, demander ces immeubles pour lui afin d’empêcher qu’ils tombent entre les mains d’autres personnes. De toute façon, j’ai déclaré à Dannecker que ni ses services, ni l’ambassade ou une autre administration allemande devraient apparaître dans l’affaire des immeubles ».

    LA COMPLICITÉ DE DANNECKER

    Parmi les nouveaux locaux ainsi attribués, on relève le 40, rue de Paradis, ex-siège de la Ligue internationale contre l’antisémitisme où doit s’établir la Légion nationale populaire, une troupe de choc.

    On dénombre aussi le 83, avenue de la Grande-Armée, ex-local du Congrès mondial juif, un appartement du 69, avenue Victor-Hugo dont le locataire a été Georges Mandel à quoi il faut ajouter l’immeuble central du faubourg Saint-Honoré. Déat en voudrait plus mais il n’obtient pas le feu vert de l’occupant pour l’attribution de l’immeuble Wildensein au 57, rue de la Boétie et d’une autre propriété de l’antiquaire Rosenberg dans la même rue ! S’il demeure bien des incertitudes sur le financement du RNP, il semble que Déat touche des enveloppes des Allemands pour mettre en place son parti et tous les satellites qui lui sont indispensables à sa propagande et à son rayonnement. Deloncle complète. Il n’empêche que « L’Œuvre » voit dans le même temps son allocation de papier diminuer de vingt-cinq pour cent. Le 31 mars, Déat se déclare préoccupé de voir Pierre Laval : « Dans un singulier état d’esprit assez détaché du RNP et manœuvrer avec on ne sait quels éléments pour se rapprocher du pouvoir ».

    Les premières réunions qui sont orchestrées n’attirent pas les foules. Le 29 mai 1941, à la Mutualité, la salle est à moitié vide, ce que Marcel Déat sans trop y croire met sur le compte d’une publicité insuffisante. Cela ne l’empêche pas de préparer avec beaucoup de soin le premier congrès de son parti qu’il prévoit de convoquer pour la mi-juin. Il maintient des contacts avec les associations combattantes autorisées à Paris conduites par Jean Goy et Georges Rivollet. Il rencontre des syndicalistes comme Froideval et Vigne, se rapproche du journaliste Jean Fontenoy de l’Agence française d’information de presse qui a remplacé l’agence Havas.

    Déat tient à manœuvrer pour convaincre les Allemands et surtout Abetz que la collaboration idéale ne passe pas nécessairement par Pierre Laval. Au café de Paris qui est surnommée la cantine des col-laborationnistes on spécule. Beaucoup ne croient pas que ce nouvel attelage politique soit durable.


    ……….

    Cap Matapan : le Trafalgar italien

    Un tableau qui illustre cet impressionnant combat.
  •  Agrandir la photo
  • La Royal Navy donne une leçon de tactique maritime aux Italiens qui, dépassés, subissent de lourdes pertes en navires et en hommes

    Le 27 mars 1941 à la mi-journée, des appareils britanniques effectuent des reconnaissances aériennes dans le périmètre maritime de la Sicile. Vers 13 heures, un Sunderland identifie à l’est des côtes la troisième division navale italienne qui est constituée des croiseurs « Trieste », « Trento » et « Bolzano ». Les bâtiments progressent en convoi vers le sud-est méditerranéen. L’information est immédiatement communiquée aux autorités anglaises. L’état-major estime que cette escadre a un projet inamical qui vise la Crête et les convois britanniques partant d’Alexandrie pour ravitailler la Grèce métropolitaine. Le rapport de l’aviation précise qu’outre les trois croiseurs confirmés, l’escadre comprend le cuirassé « Vittorio Veneto » parti de Naples la nuit précédente et battant pavillon de l’amiral Angelo Iachino, commandant la flotte en mer ; la première division navale constituée des croiseurs « Zara », « Pola », « Fiume » habituellement basés à Tarente ; les croiseurs « Garibaldi », « Duca degli Abruzzi » qui viennent de Brindisi ainsi que quatre petites formations de contre-torpilleurs. L’importance de la flotte de sur-face qui est ainsi mobilisée, conduit l’amirauté britannique à placer en état d’alerte les navires de la Royal Navy qui mouillent à Alexandrie. A ce moment-là, les Italiens perdent un avantage précieux : l’effet de surprise. Conscients qu’ils ont été survolés, ils estiment que leur supériorité numérique et leur puissance de feu, les mettent à l’abri de toute mauvaise surprise.

    CAP SUR LA CRÊTE

    Vers 19 heures, l’amiral Andrew Cunningham, commandant en chef la flotte britannique de Méditerranée, appareille d’Alexandrie avec tous les bâtiments disponibles dont les équipages ont été consignés et chargés d’assurer la prise de mer dans les meilleurs délais. Ce sont les cuirassés « Valiant », « Barham », « Warspite », le porte-avions « Formidable » et neuf contre-torpilleurs. Les croiseurs « Orion », « Ajax », « Perth », « Gloucester » et quatre contre-torpilleurs qui sont au Pirée, le port d’Athènes, sont également prêts à lever l’ancre.

    Le contre-amiral Henry Pridham-Wippell se tient à bord du croiseur « Orion ». Il prend le commandement des croiseurs et contretorpilleurs « Ilex », « Hasty », « Hereward » et « Vendetta ». Pour ne pas attirer l’attention mais surtout pour tromper le consul du Japon à Alexandrie fortement soupçonné de renseigner les Italiens et les Allemands, l’amiral Cunningham, se présente dans l’après-midi au terrain de golf avec une valise, signe qu’il a l’intention de passer la prochaine nuit à terre ! Le stratagème est réussi puisque le consul est alors persuadé qu’il n’y aura pas de mouvement de la Royal Navy dans les prochaines heures. L’amiral a choisi d’attendre que la nuit soit tombée de manière à induire l’ennemi en erreur. Pourtant à 18 h 40, Cunningham est bien à bord du navire amiral « Warspite » et met le cap sur la Crête.

    Le 28 mars au lever du jour, la flotte italienne est repérée alors qu’elle se situe dans les eaux de l’île de Gavdos dans le sud crétois. C’est alors que la 3e division navale rencontre les bâtiments du contre-amiral Prindham-Wippell. L’engagement d’artillerie est immédiat et dure une quarantaine de minutes. Le pacha anglais se replie et attire dans son sillage les navires italiens. C’est un piège, il les entraîne vers le gros des forces de la Royal Navy mais, l’ennemi ne se doute pas du subterfuge. Seul contre son état-major, l’amiral Iachino exige que les commandants des croiseurs cessent la poursuite et changent de cap. Mais les Anglais changent de cap à leur tour et de poursuivis deviennent des poursuivants. Le cuirassé « Vittorio Veneto » intervient sans résultat probant. Dans l’après-midi, il devient la cible d’un puissant bombardement aérien ordonné par les Britanniques.

    Vers 15 heures, le bâtiment est touché par une torpille bien ajustée par le pilote d’un chasseur-bombardier. Une heure plus tard, sous la protection des croiseurs et des contre-torpilleurs italiens, il reprend sa route mais doit limiter sa vitesse à environ quinze nœuds. La bataille se déplace alors vers le cap Matapan à l’extrémité sud du Péloponnèse.

    A la tombée de la nuit, les Anglais envoient une nouvelle vague de bombardiers. Pour protéger le cuirassé déjà bien endommagé les autres navires ennemis émettent des nuages de fumées et ouvrent un violent tir de barrage contre les avions torpilleurs. Touché par une torpille, le croiseur« Pola » est contraint de stopper les machines. L’amiral Iachino dépêche alors en protection les deux autres croiseurs de la 1re division, « Fiume » et « Zara » ainsi que la 9e escadrille de destroyers commandée par l’amiral Cattaneo et composée de quatre navires : « Alfieri », « Gioberti », « Caducci » et « Oriani ». Comme ils ne s’attendent pas à rencontrer l’ennemi, les Italiens n’ont même pas pris les mesures élémentaires de sécurité. Ils ne bénéficient pas d’un écran de fumée avancé des contre-torpilleurs ainsi qu’on doit le faire lorsqu’on navigue de nuit en temps de conflit. De leur côté, les Anglais qui suivent de près les bâtiments de l’adversaire ont sur les écrans de leurs radars des informa-tions à même de frapper vite et fort.

    PAR LE FOND

    A 22 h 30, alors que le « Pola » n’est plus qu’à 3 500 m des cuirassés britanniques « Valiant », « Barham » et « Warspite » qui pointent déjà leurs pièces de 381, les Anglais constatent alors que les navires de l’amiral Catteano destinés à protéger le croiseur italien immobilisé se rapprochent. Après quelques réglages en urgence, les trois cuirassés de sa Majeste déversent une avalanche d’acier sur les croiseurs et les contre-torpilleurs de l’ennemi. Le « Zara » et le « Fiume » coulent sans avoir eu le temps de tirer un seul coup de canon. Les deux équipages sont décimés. L’amiral Catteano périt avec ses marins. Le « Pola » et les contre-torpilleurs « Alfieri » et « Caducci » sont envoyés par le fond.

    Les Britanniques décident alors de poursuivre le cuirassé « Vittorio Veneto » mais durant la nuit leur chasse est infructueuse.

    Le 29 mars au lever du jour, il se présente devant le port de Tarente. Si les Anglais portent secours à des survivants, ils s’éloignent assez rapidement de la zone critique parce qu’ils sont survolés par des avions allemands de reconnaissance. Sur les indications de ces derniers, le navire-hôpital « Gradisca » est envoyé sur place mais il n’y parvient que le 31 mars. Il portera encore secours à 160 marins. Dans les jours qui suivent, les Grecs secourent plus d’une centaine d’hommes mais les Italiens dénombrent plus de 2400 morts.

    La bataille du cap Matapan est alors considérée comme le Trafalgar italien. La Royal Navy affiche une supériorité stratégique et tactique. Elle démontre qu’elle sait employer à bon escient une aéronavale bien catapultée depuis ses porte-avions tout en bénéficiant d’un atout technologique majeur : le radar.

    Le 30 mars, Cunningham et sa flotte rejoignent Alexandrie où a lieu une célébration religieuse en l’honneur de la victoire de Matapan au cours de laquelle les Anglais n’ont perdu qu’un seul avion !

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110326a - Marne
    REIMS : Journée « Bleu jonquille »

    La journée commémorative « Bleu Jonquille » de l’Amicale des Diables bleus de Reims et la région se déroulera le dimanche 10 avril.

    Au programme :

    11 heures, messe du souvenir à la Cathédrale de Reims.

    12 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts de la ville de Reims.

    12 h 45, dépôt de gerbe au monument des Martyrs de la Résistance.

    13 h 15, repas amical servi dans un restaurant rémois (Inscription obligatoire avant le 31 mars auprès de la trésorière Denise Moreau, 290 rue de Cernay à Reims – 03.26.07.22.18.).

    ***********************************

    Union110325c - Marne
    SAINT-THIERRY : Au collège du Mont d’Hor Yvette Lundy raconte l’insoutenable

    Les 3e, très intéressés, écoutent religieusement Mme Lundy.
  •  Agrandir la photo
  • Après avoir visionné un film sur la déportation des Tziganes, les 3e du collège du Mont d’Hor ont écouté l’insoutenable témoignage de Mme Lundy, 95 ans, grande résistante avec toute sa famille, ce qui constituait un refus spontané d’une présence étrangère voulant imposer sa loi sur le territoire français.

    C’est quant le Général De Gaulle a lancé son appel le 18 juin 1940 qu’elle a reçu l’étincelle du mot « résistant ». Peu nombreux au début, sans arme mais avec de l’esprit, le noyau a grossi, d’abord avec la famille, puis les amis, et ensuite en ayant des contacts avec l’Angleterre.

    Institutrice et secrétaire de mairie, son rôle était de faire des cartes d’identité à des évadés ou des juifs tout en en hébergeant certains en attendant de leur trouver une filière pour l’Angleterre ou rejoindre un groupe de résistants.

    « Mon âme saigne encore »

    Arrêtée par la Gestapo en pleine classe, elle fut emmenée à Châlons avant de partir en car à Romainville puis à la gare de l’Est quai n° 1, qu’elle ne peut toujours pas regarder aujourd’hui. Elle partit avec d’autres à Sarrebruck où ils furent entassés à coups de crosse de fusil et de crocs de chiens dans des camions les emmenant au camp de Neuen Brême où on obligeait les femmes à assister à la maltraitance des hommes avant de repartir pour un voyage de quatre jours et trois nuits dans des wagons à bestiaux jusqu’à Furtenrsberg puis, après une marche de plusieurs km, rangées par cinq et sous les coups, elles arrivent au camp de Ravensbruck où elles furent tondues de la tête aux pieds et dépouillées de tout.

    « Dans les camps, on cherche à se raccrocher à la moindre étoile pour ne pas sombrer ». Mal nourries, malades, elles étaient louées à des usines qui payaient Himmler, constituant ainsi son trésor de guerre, mais le pire était les expériences médicales sur les prisonniers, qui n’y résistaient pas.

    Ils étaient gardés par des êtres d’une ignominie sans nom qui avaient tous les droits sur eux. Un bébé qui naissait était noyé sous les yeux de sa mère. « Mon âme saigne encore », dit Mme Lundy, mais la nature humaine a des ressources incroyables.

    Il fallait aux résistants de l’astuce, du sang-froid et de la rapidité car ils étaient surveillés, dénoncés par des voisins.

    Libérée le 21 avril 1945 par les Russes, Mme Lundy, qui a également eu une sœur déportée et deux frères, dont un qui n’est jamais revenu, n’a rien dit pendant 15 ans car personne ne voulait y croire, et c’est finalement par des témoignages se recoupant alors qu’ils venaient d’horizons différents qu’il a fallu accepter la terrible vérité.

    C’est seulement en 1958 que le concours sur la résistance fut organisé et en 1960 que les victimes eurent été autorisées à parler dans les écoles.

    « Ne vous laissez pas influencer », dit Mme Lundy aux jeunes qui l’écoutent religieusement, « réfléchissez par vous-mêmes, gérez-vous sans vous laisser « bourrer » le crâne ». Belle conclusion pour que plus rien de la sorte ne se reproduise.

    ***********************************

    Union110325b - Marne
    FISMES : Anniversaire du cessez-le-feu en Algérie avec la Fnaca : Le temps du recueillement

    Une quarantaine de personnes a assisté à cette cérémonie.
  •  Agrandir la photo
  • Pour célébrer l’anniversaire du cessez-le-feu en Algérie le 19 mars 1962, une quarantaine de personnes s’est réunie au monument aux morts de Fismes à l’appel de la Fnaca, Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie.

    M. Saucet, président du comité de Fismes, était entouré d’une quarantaine d’adhérents et sympathisants.

    Cette cérémonie a eu lieu en présence de M. Pinon, maire et conseiller général, de M. Fauvet, président départemental de la Fnaca, et de M. Debar, président des médaillés militaires.

    ***********************************

    Union110325a - Marne
    REIMS : Histoire Rhin et Danube : une stèle pour les anciens de la 1re armée

    La stèle réalisée par M. Traxler sera inaugurée le mercredi 13 avril à 11 heures.
  •  Agrandir la photo
  • « NOUS avions depuis longtemps le projet d’ériger à Reims une stèle afin de graver dans la pierre le souvenir de tous ceux qui, au sein de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny sont morts pour la France sur le chemin de Libération, car les héros ne disparaissent vraiment que lorsqu’ils quittent la mémoire des vivants », explique Vilfrid Maack, le président marnais de « Rhin et Danube ». 1,90 mètre de haut

    L’association a obtenu l’accord de la ville de Reims qui a autorisé l’installation du monument constitué d’un monolithe en granit des Vosges d’un poids de seize cents kilos. D’une hauteur d’1,60 m à gauche et d’1,10 m à droite, large d’un peu moins d’un mètre, il reposera sur un socle de même nature de cinq cents kilos, ce qui fera un ensemble d’une hauteur d’environ un mètre quatre-vingt-dix.

    « Dans un premier temps, il avait été envisagé de placer le monument au milieu de la place du maréchal de Lattre de Tassigny au bout de la rue du général Carré mais les contraintes techniques et les difficultés d’accès pour y organiser une cérémonie patriotique nous ont amenés, avec la ville, à préférer le triangle gazonné à l’angle de la rue Saint-Exupéry et de l’avenue du maréchal de Lattre. La symbolique est intacte » précise Vilfrid Maack.

    Le 19 novembre 1961, la maréchale de Lattre de Tassigny était venue à Reims pour l’inauguration de cette avenue dédiée au grand chef de guerre qu’avait été son mari. Elle n’avait pas oublié que c’est aussi dans cette ville que son fils unique Bernard, mort au champ d’honneur à Ninh Binh dans la nuit du 29 au 30 mai 1951, avait été caché au collège Saint-Joseph sous la fausse identité de Robert Laurent.

    Le général était venu remercier les pères jésuites le 18 mars 1945 et avait rencontré les élèves des grandes classes, accompagné de son épouse et de son fils ! Il était revenu en ville, le 8 février 1949 pour donner une conférence sur le maréchal Ferdinand Foch.

    Entraide et assistance

    « Rhin et Danube » rassemble les anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale ayant appartenu à la 1re armée qui a débarqué en Provence le 15 août 1944, libéré plus d’un tiers du territoire métropolitain avant d’entrer en Allemagne et passer en Autriche et d’atteindre le Danube. Cette force était constituée des unités de l’armée d’Afrique ayant participé à la bataille pour la libération de la Tunisie, aux exploits du corps expéditionnaire français en Italie débarqué à Naples sous les ordres du général Juin, aux libérations de l’île d’Elbe et de la Corse.

    Des troupes fraîches l’ont rejointe en août 1944 : « La 1re armée comptait dans ses rangs un petit noyau d’active largement renforcé dès 1942 par la mobilisation générale en Afrique du Nord de vingt-cinq classes de réservistes, de jeunes engagés volontaires pour la durée de la guerre dont des évadés de France par l’Espagne et enfin, après le débarquement de Provence, d’éléments métropolitains et de FFI qui ont rallié ses rangs. On a alors appelé cela l’amalgame », se remémore Vilfrid Maack.

    Depuis, les anciens organisent l’entraide et l’assistance mutuelle, maintiennent des liens de camaraderie et participent au devoir de mémoire.

    Le président évoque l’action de François Taittinger, de Roger Gayet, de Maurice Paroche, René Martina, Marcel Weber, Jean Bouvier, Robert Faye et tous ceux qui ont participé à la vie de la section rémoise. Le souvenir de la 1re armée ne disparaîtra pas.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110324b - Marne
    TINQUEUX : Cinq jeunes reçoivent le prix du civisme 2010

    Les élèves ont restauré des sépultures de soldats de la Grande Guerre, ce qui leur vaut ce prix.
  •  Agrandir la photo
  • Outre assurer leur traditionnelle assemblée générale, qui se tenait dans les exceptionnels bâtiments de la Maison des Comtes de Champagne à Reims, les membres de l’ordre national du Mérite s’étaient fixés cette année un objectif particulier : remettre à de jeunes marnais le prix national du civisme.

    Après le renouvellement du bureau départemental, Mme Danielle Gochard, présidente réélue, donnait la parole à Pierre Marage, auquel il revenait l’agréable mission de récompenser cinq élèves du lycée professionnel Croix-Cordier de Tinqueux, en présence de leur proviseur, Philippe Louges, de leurs parents et enseignants.

    Ces élèves, Steven Billet, Ophélie Dauthuille, Philippe Morlon, Anais Morlon, et Franky Oudot, guidés de M. Christophe, professeur retraité, ont entrepris de restaurer après identification, des sépultures de soldats de la Grande Guerre « morts pour la France ».

    M. Cienki, président du Souvenir français, et Mme Nicole Bauchet, vice-présidente de l’association des membres des Palmes académiques assuraient le soutien matériel pour l’un et financier pour l’autre.

    L’identification de soldats inhumés est une opération longue et nécessite de nombreuses recherches. Ces cinq élèves se sont impliqués avec ferveur dans un devoir de mémoire et de citoyenneté pour « agir et ne pas oublier ». Chacun s’engageant pour les années à venir à entretenir les tombes concernées et y déposer des fleurs lors des cérémonies officielles : c’est ainsi qu’ils conçoivent leur rôle de « parrains ».

    Ils étaient récompensés à cette occasion par le prix du civisme départemental collectif 2010 et le prix national du civisme pour la jeunesse « Témoignage de Reconnaissance » en présence des nombreux membres de l’ordre national du Mérite, de Catherine Vautrin, Arnaud Robinet, députés, et Marie-Thérèse Monnot, représentant la maire de Reims.

    ***********************************

    Union110324a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : « Mailly 3-4 mai 1944 » : Un Vitryat à la tête de l’association

    François Meunier, un passionné d’histoire.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’association « Mailly 3-4 mai 1944 » a depuis quelques jours un nouveau président, François Meunier.

    Habitant à Vitry-le-François, c’est un homme dynamique, entraînant, passionné d’histoire local notamment sur la dernière guerre mondiale. Outre apporter un souffle nouveau à l’association, il compte poursuivre l’enregistrement d’interviews audio et vidéo des personnes ayant vécu cette période trouble de l’histoire.

    Plusieurs témoignages sont d’ores et déjà recueillis sur les faits de guerre, les réseaux de résistances, les réseaux d’évasions des pilotes tombés dans l’Aube et la Marne.

    Pour obtenir plus d’information ou apporter des éléments ou des souvenirs, vous pouvez contacter François Meunier au 03.26.41.34.96.

     

    ***********************************

    Union110323d - Marne
    REIMS : Avec la Fnaca, une cérémonie et des décorations

    Trois décorations ont été remises.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi 19 mars, le comité de Reims de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie-Maroc-Tunisie) a organisé une cérémonie à l’occasion du 49e anniversaire du « Cessez-le-feu » en Algérie.

    Avec le concours de l’Harmonie municipale et en présence en particulier de l’adjoint Jean-Claude Laval, du conseiller municipal Alain Bisteur, du major Goulet représentant le centre des Sapeurs-pompiers, de Jean Marchandeau, président ANCAC et UFAC , des présidents des comités de communes voisines, le président Jean Forget a donné lecture du manifeste national rappelant l’importance du 19 mars 1962 et précisant que depuis 1963, la Fnaca rend hommage, à l’occasion de cette date anniversaire, à ses frères d’armes tués en Afrique du Nord, en y associant ceux disparus depuis, ainsi que les victimes civiles. Elle forme aussi un vœu : « Ne serait-il pas maintenant raisonnable de tendre une main fraternelle à nos adversaires de l’époque ? »

    S’en est suivie une remise de décorations : la valeur militaire à Pierre Marcoup, la croix du combattant à Jean Menu et la médaille commémorative à Serge Batonnet.

    ***********************************

    Union110323c - Marne
    GUEUX : La guerre d’Algérie exposée au collège

    En ce 49e anniversaire de la signature des Accords d’Evian, et avec pour seul désir de mieux faire connaître un pan souvent méconnu, et parfois polémique, de ce qui fut la France, la communauté de communes Champagne-Vesle, en partenariat avec les enseignants d’histoire du collège Raymond-Sirot de Gueux, accueillait du 16 au 22 mars l’exposition « la Guerre d’Algérie, un souci de vérité ». Après la rencontre d’Alain Hermand, de l’Union nationale des combattants de la Marne avec les collégiens et les enseignants, ceux-ci n’eurent qu’à traverser la rue et découvrir, sur une quinzaine de panneaux, textes et photos retraçant un conflit qui vit nos soldats, engagés, appelés et rappelés crapahuter dans ces djebels lointains, et pour certains, mourir. Les civils, pieds noirs, harkis et Français d’origine musulmane, comme l’administration les nommait à l’époque, ne sont pas oubliés, eux qui, pour la plupart, n’aspiraient qu’à la concorde civile.

    Simples événements, guerre coloniale ou de libération ? La IVe République mourra de son impuissance à régler la « question » algérienne. Appelé par les leaders du 13 mai 1958 dressés au balcon du gouvernement général d’Alger, le Général de Gaulle bâtira, sur les braises du conflit algérien, les fondations de notre Ve République.

    A l’heure où les peuples du Maghreb revendiquent leurs droits, et où nos soldats s’apprêtent à leur prêter main-forte, jeunes et moins jeunes ont ainsi pu, grâce à une exposition retraçant une période difficile et combien douloureuse, se plonger dans l’histoire pour mieux comprendre le présent.

    ***********************************

    Union110323b - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Souvenir français : Un repas « de cohésion »

     

    Quoi de mieux que de se retrouver autour d’une table agréable entre amis ! N’est-ce pas plus convivial qu’une froide assemblée générale officielle mais obligatoire ? L’ambiance y est plus chaleureuse et on peut très bien y débattre des problèmes de l’association.

    Ainsi le Souvenir français organise chaque année pour ses membres un « repas de cohésion », le bien nommé. Cela permet de tisser des liens entre personnes venues d’horizons différents.

    Parmi les conversations entendues, le voyage en Pologne à une date non encore définie a suscité quelques échanges ; il y a les partisans d’un voyage en autocar et ceux qui craignent douze heures de « bus » et qui préféreraient l’avion.

    Plus consensuel, le prochain rendez-vous du samedi 21 mai avec la projection d’un film.

     

    ***********************************

    Union110323a - Marne
    REIMS : Bon anniversaire pour les médaillés militaires rémois

    Une gerbe a été déposée devant le monument des médaillés au cimetière du nord.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) La 138e section des médaillés militaires de Reims a fêté ses 100 ans d’existence par une cérémonie au cimetière du nord et au monument aux morts.

    VENDREDI, la 138e section de « Reims métropole et environs » des médaillés militaires a dignement fêté son centenaire en se rendant en priorité au carré des médaillés, au cimetière du Nord, pour une remise de gerbe par le président Pierre David, accompagné du président honoraire Jean Portejoie, de l’adjoint Jean-Claude Laval, de Jean-Paul Martin, secrétaire général de la société nationale et du colonel Meyer de la base 112. Rappelons pour mémoire qu’une concession perpétuelle a été accordée en 1882 aux associations des membres de la Légion d’honneur, des médaillés militaires et des médaillés d’honneur de la Ville de Reims. Le monument a été offert par Charles Rogelet, membre de la Légion d’honneur.

    Le cortège des autorités, drapeaux en tête, est ensuite allé jusqu’à l’hôtel de ville où le président David a retracé l’histoire de la 138e section depuis sa création, dans cette même mairie, le 19 mars 1911.

    Cet exposé a été précédé de précisions concernant la Médaille militaire, instituée en 1852 par Louis-Napoléon Bonaparte « la médaille des braves, avec sa devise « Valeur et discipline », médaille « dépourvue de grades, mettant sur un pied d’égalité du plus humble au plus prestigieux » : les noms cités en exemple en témoignent.

    La société nationale de la Médaille militaire a été créée en 1904 (maintenant Société nationale d’entraide de la médaille militaire) et elle gère 914 sections.

    Celle de Reims, née à la veille de la première guerre mondiale, n’a plus d’archives jusqu’en 1922 mais ensuite son histoire a pu être suivie jusqu’à nos jours.

    Elle se compose actuellement de 206 membres (132 médaillés, 55 dames d’entraide et 19 membres associés).

    Le drapeau est porté par Raymond Nicolas ou Robert Fisher.

    Pour terminer, le président David a remis une écharpe de vice-présidente des dames d’entraide à Mauricette Fleury.

    ***********************************

    Union110322d - Marne
    BETHENY : Commémoration : Jackie Fradin médaillé

    Jackie Fradin a reçu la Croix du combattant.
  •  Agrandir la photo
  • Le 49e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, intervenu le 19 mars 1962, a été célébré samedi après-midi devant le monument aux morts de Bétheny, organisé par les membres de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie). C’est en présence du maire, Jean-Louis Cavenne, et de nombreux membres de l’équipe municipale, que s’est déroulée cette commémoration visant à ne pas oublier les 30 000 soldats français tombés lors des combats.

    Après lecture du Manifeste national et de l’ordre du jour du 19 mars 1962, la Croix du combattant a été remise à Jackie Fradin, qui a combattu au Maroc pendant 27 mois et 27 jours de 1958 à 1960, basé dans l’Armée de l’Air sur la BA 151 de Rabat-Salé.

    Une gerbe a ensuite été déposée.

    ***********************************

    Union110322c - Marne
    EPERNAY : Anciens Combattants en Algérie : Le 19 mars 1962 commémoré

    Dépôt de gerbe effectué par André Richard, président de la section locale, avec à ses côtés Daniel Lemaire et Raymond Galataud.
  •  Agrandir la photo
  •  

    C’est par une cérémonie au square Clevedon que la section locale de la FNACA a commémoré le cessez-le-feu en Algérie. Encadrés par une délégation de porte-drapeaux et d’un détachement de sapeurs-pompiers, André Richard, président de la section locale ; Daniel Lemaire, conseiller général et Raymond Galataud ont déposé une gerbe au pied de la stèle érigée « A la mémoire des combattants de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie entre 1952 et 1962 ».

    Auparavant, José Courtois avait reçu la croix du combattant des mains du président André Richard, qui a ensuite donné lecture du manifeste de la FNACA et de la liste des morts au combat.

    Les sonneries réglementaires ont été exécutées par La Champenoise d’Aÿ, La Marseillaise interprétée par le groupe vocal Inter-Lude et une poésie a été lue par Mauricette Bonna.

     

    ***********************************

    Union110322b - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Guerre d’Algérie : La Fnaca commémore le 19 mars 1962

    Médaille de la Reconnaissance de la Nation pour Christophe Herbach.
  •  Agrandir la photo
  • Pendant l’allocution du président de la Fnaca, Alfred Camus.
  •  Agrandir la photo
  • Trente ans comme porte-drapeau pour Marcel Reichart.
  •  Agrandir la photo
  •  

    A Pargny-sur-Saulx, samedi matin, les anciens combattants d’Algérie ont commémoré le 19 mars 1962.

    Le président de la section locale de la Fnaca Alfred Camus a lu, devant le monument aux morts, l’ordre du jour du général Ailleret du 19 mars 1962, adressé à toutes les forces de l’ordre : « Le cessez-le-feu qui vient d’intervenir met fin à plus de sept années de combats… Aujourd’hui comme hier, dans la paix comme dans les combats, l’armée française reste fidèle à la tradition du devoir ».

    Une gerbe a ensuite été déposée au pied du monument tandis que Musique Champagne Parade exécutait les sonneries et la Marseillaise. On remarquait la présence de Serge Rinaldi, adjoint représentant la municipalité, entouré de Michel Journet président de la communauté de communes Saulx et Bruxenelle, ancien militaire, et de Christian Zapior conseiller général dont c’était sans doute l’une des dernières sorties officielles.

    Deux médaillés

    A l’occasion de cette cérémonie commémorative, deux générations du feu ont été honorées. Christophe Herbach, la nouvelle génération, a reçu la médaille de la Reconnaissance de la Nation pour les Opex (opérations extérieures). Engagé en 1987, il a servi au Liban comme casque bleu, participé à l’opération Daguet pendant la guerre du Golfe, à l’opération Oryx en Somalie et à l’opération turquoise au Rwanda.

    Marcel Reichart représentait les anciens ; il a reçu le diplôme d’honneur et l’insigne « or » pour trente ans de porte-drapeau.

     

    ***********************************

    Union110322a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : 49e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie : Commémoration avec la Fnaca

    Recueillis dans le souvenir.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi, les représentants de la Fnaca n’ont pas manqué de fêter l’anniversaire du 19 mars 1962, jour marquant le cessez-le-feu en Algérie.

    Présents et recueillis à cette célébration, anciens du conflit, ils ont déposé une gerbe et écouté la proclamation du Comité national de leur Fédération, lue par François Hermand.

    Il a été rappelé que cette guerre, au cours de laquelle quelques-unes de leurs frères d’armes ont été tués en Afrique du Nord, a pris fin à cette date.

    La proclamation a souhaité que désormais, des deux côtés de la Méditerranée, « une vraie paix s’instaure définitivement entre deux peuples… dans une démarche de mémoire croisée, commune et apaisée ».

    ***********************************

    Union110321e - Marne
    MEMOIRE : L’ONM défend l’esprit républicain

    Comment l’ordre national du Mérite peut-il être plus visible dans la société et mieux montrer combien il est le défenseur et le gardien des valeurs de la République et combien il agit pour en transmettre les valeurs auprès des jeunes générations ? Le président de l’Association nationale des membres de l’ordre national du Mérite, Jean-Claude Talbert qui était ce samedi l’invité de l’assemblée générale de la section marnaise a, par la pertinence de son discours et l’énergie de son engagement, appelé à une mobilisation intelligente de chacun autour des valeurs qui rassemblent.

    « L’ONM est l’affaire de tous les compagnons » a-t-il martelé avant d’expliquer le souci du général d’armée Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d’honneur et chancelier de l’ordre national du Mérite d’une remise à plat dans la plus grande transparence des actions de l’association.

    Pour agir mieux, le choix s’est fixé sur trois priorités articulées autour des moyens, de l’éthique et de la représentativité. Si le développement des liens informatiques doit faciliter les relations entre les sections, les membres et l’association nationale, c’est dans l’action auprès de la jeunesse qu’un coup d’accélérateur doit être donné.

    Initiative citoyenne

    Une priorité qui sied dans la Marne, d’autant que cette année, le prix du civisme a été remis à cinq élèves du lycée professionnel Croix-Cordier de Tinqueux qui, avec leurs professeurs, leur proviseur, l’appui du Souvenir français et de l’Amopa poursuivent l’identification des sépultures des poilus de la Grande Guerre et, fabriquent des plaques permettant de perpétuer leur mémoire dans le respect de leur sacrifice pour la France et son drapeau. Si ces jeunes venus avec leurs parents et une délégation du corps professoral ont été lauréats du prix départemental, ils ont aussi reçu un témoignage national de reconnaissance et la médaille nationale.

    Par leur intermédiaire, ce sont tous les lycéens associés à ce projet qui ont été récompensés. L’initiative citoyenne mise en place par M. Christophe aujourd’hui retraité est continuée. Une équipe pédagogique soutenue par M. Louge le proviseur perpétue cette démarche liée au travail d’histoire et au devoir de mémoire.

    La présidente de la section marnaise Danielle Gochard et le responsable de la commission du civisme Pierre Marage ont insisté tout comme Catherine Vautrin, vice-présidente de l’Assemblée nationale et la représentante de la maire de Reims Adeline Hazan sur l’utilité de telles actions de mémoire qui témoignent aussi de l’humanisme républicain.

    A côté de ce prix du civisme Jean-Claude Talbert a développé son idée de la création d’un prix de l’Education civique destiné à récompenser dans chaque département des actes éclairés de solidarité, d’aide, de mémoire, à l’exemple de ce qu’il a mis en place dans son département de Corrèze.

    Il a rendez-vous cette semaine au ministère de l’Education nationale avec plusieurs administrateurs nationaux pour développer ce projet.

    Autre point fort de cette journée, le rapprochement décidé avec la Légion d’honneur, pour organiser des temps de réflexion, des conférences, des manifestations pour mieux appréhender la place des ordres nationaux dans la vie de la cité. Les compagnons marnais de l’ONM ont approuvé cette initiative.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110321d - Marne
    MEMOIRE : Concours scolaire de la Résistance a 50 ans, une belle réussite marnaise

    Tandis qu’Yvette Lundy témoigne inlassablement dans les établissements,…
  •  Agrandir la photo
  • … Jean Chabaud, président marnais des CVR, reste très impliqué dans le concours depuis son origine.
  •  Agrandir la photo
  • MARNE. Le département a su maintenir une bonne participation des collégiens et des lycéens grâce à une démarche pédagogique à laquelle les grands témoins ont été associés.

    YVETTE LUNDY, 94 ans, continue de se rendre régulièrement dans des collèges et des lycées pour témoigner de son engagement dans la Résistance et de sa déportation dans un camp nazi. Jean Chabaud, 85 ans, le président des combattants volontaires de la Résistance dans la Marne fait de même lorsqu’il est convié à évoquer l’engagement dans la Résistance d’un jeune de sa génération.

    Ils ne sont plus qu’une poignée aujourd’hui à poursuivre ces temps de rencontre avec ces garçons et filles interpellés par l’histoire contemporaine ou préparant avec leurs professeurs d’histoire et de français le concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation qui se déroule cette année demain, le mardi 22 mars.

    « Le concours a été officiellement créé le 11 avril 1961 mais dans la Marne des initiatives antérieures avaient été prises pour sensibiliser les jeunes sur les engagements de leurs aînés pendant la Seconde Guerre mondiale. Je me souviens qu’en 1957-1958, Henri Bailly, secrétaire général de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance et Jean Ginas de CDLL qui présidera la Confédération, travaillaient la question et ils avaient trouvé dans la Marne un fort soutien. Ce que la Résistance souhaitait, c’était que son esprit et ses exemples soient utilisés par le corps enseignant pour la formation civique et morale de la jeunesse » se remémore Jean Chabaud. « Notre principe à Jean et à moi a toujours été de dire ce que nous avions fait, ce que nous connaissions, jamais d’évoquer ou de broder sur des choses qui n’appartenaient pas à notre expérience. C’est seulement comme cela qu’un témoignage a de la valeur. Nous ne sommes pas des historiens mais des témoins dont le récit est authentique » précise Yvette Lundy.

    Au fil des années

    Lors de sa mise en place, on parle du prix de la Résistance. Les jeunes qui peuvent participer à une épreuve écrite sur la base du volontariat doivent être âgés de quinze ans au moins. En 1964, année de la célébration de Jean Moulin, le concours prend une dimension plus institutionnelle et les lauréats nationaux sont invités aux cérémonies officielles et découvrent de hauts lieux de mémoire de la capitale.

    « Dans la Marne, nous avons toujours eu le souci que les lauréats soient reçus et félicités chaque année. Après des remises de prix tournantes dans les villes du département, l’option d’une cérémonie solennelle à la préfecture a été retenue et encouragée par les préfets successifs. Elle a souvent eu lieu le 8 mai et maintenant à proximité de cette date. Après une interruption liée au terrible incendie dont a été victime la préfecture en 2002, ce rendez-vous a repris. Les lauréats y sont conviés avec leurs familles, leurs professeurs, les chefs d’établissement et cela en présence des autorités. Tout se fait désormais avec l’aide de l’Onac mais nous restons étroitement associés » détaille Jean Chabaud.

    Au fil des années, les sujets posés ont évolué en raison des types d’épreuves au brevet et au bac et des nouveaux moyens d’expression et de technologie : « si la rédaction et la dissertation ont longtemps perduré, il y a eu les mémoires collectifs, puis des travaux communs avec le soutien audiovisuel ce qui est logique à l’heure du multimédia. Il y a aussi maintenant au-delà des travaux de recherche, des études de documents. Candidats en 3e, des lycéens, de 2e, 1re et terminale ont souhaité participer à nouveau. Il n’est pas rare que des lauréats le soient à plusieurs reprises pendant leur scolarité » remarque Jean Chabaud.

    Bref, le concours symbolise le souhait des témoins et de leurs associations de transmettre leurs engagements résistants et leurs expériences et le souci de l’Éducation nationale que la Résistance et la Déportation ne soient pas les parents pauvres de l’enseignement historique et civique.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110321c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens d’Indochine : Quelques années de leur jeunesse

    Des retrouvailles pour les anciens d’Indochine.
  •  Agrandir la photo
  • Comment ne pas avoir un brin de nostalgie et de souvenirs partagés quand une cinquantaine d’anciens combattants d’Indochine se retrouvent après de nombreuses décennies autour d’un repas vietnamien ?

    C’est en effet à l’initiative de Jean-Marie Gagnaire et Pol Cher, tous deux anciens combattants de la guerre d’Indochine que cet indispensable et incontournable rendez-vous a pu se réaliser dans un pur esprit de convivialité.

    Le seul but de cette rencontre : discuter, se remémorer des souvenirs, bons ou moins bons d’un séjour plus ou moins long dans ce lointain pays, lointaines contrées ainsi nommées : Cochinchine, Laos, Cambodge, Tonkin, Annam et d’autres encore…

    Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient (CEFEO) ou Territoires d’opérations extérieures (TOE) « nous étions tous des engagés volontaires, marsouins, artilleurs, aviateurs, marins ; tirailleurs ou légionnaires » a déclaré Pol Cher. Et d’ajouter :

    « Nous sommes ici sans grades ni médailles, nous sommes des hommes que l’on a oubliés, on n’en parle plus, mais nous sommes encore là présents avec nos souvenirs et avec un énorme lien qui nous uni tous ! » Une immense carte d’Indochine a permis à chacun de piquer sur celle-ci un petit drapeau à l’endroit même où il a passé quelques mois, quelques années de sa jeunesse, certains d’entre eux quelquefois étonnés d’avoir côtoyé les mêmes endroits. Une sacrée journée d’amitié et de retrouvailles autour d’un succulent repas typiquement vietnamien.

    Une expérience que chacun à hâte de renouveler dans les mois qui viennent.

    ***********************************

    Union110321b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Algérie / Pour une reconnaissance officielle

    Sobriété au monument de l’AFN.
  •  Agrandir la photo
  • Michel Noël, vice-président local de la Fnaca à la godille des opérations, puis trois interventions : il s’agissait samedi matin au monument marnais des combattants de l’AFN, derrière le monument aux morts, de commémorer le 19 mars 1962, date du quarante-neuvième cessez-le-feu en Algérie.

    Dans leurs sobres et courtes interventions, Daniel Fritz président local de la Fnaca, Claude Fauvet président départemental de cette même fédération, et Pierre Maigret, président local de l’association des cheminots anciens combattants ont été unanimes.

    Chacun avec leurs mots, ils ont dit oui « à la reconnaissance officielle » de cette date par les autorités, oui à « une démarche commune et apaisée entre les gouvernements des deux côtés de la Méditerranée, oui au fait « que les jeunes doivent connaître la vérité » oui aux « témoignages sur cette guerre et ses horreurs » conflit qui a foudroyé 30 000 soldats en pleine jeunesse et fait 250 000 blessés.

    Entre dépôt de gerbe, minute de silence, Marseillaise, cette cérémonie a inclus une remise de médailles à Claude Verita, au titre d’ancien combattant d’Algérie. Mieux vaut tard que jamais que la Nation se souvienne…

    F.M.

    ***********************************

    Union110321a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Cérémonie de la FNACA : En hommage aux neuf Vitryats morts en Algérie

    Le recueillement devant le monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Ce samedi 19 mars en fin de matinée, devant le monument aux morts de Vitry-le-François, la section locale de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie, Tunisie et Maroc (FNACA), présidée par Jean-Pierre Mathieu, a rendu hommage aux 30 000 morts qui sont tombés au service de la France durant la guerre d’Algérie, dont 9 Vitryats : Robert Adam, André Desjardin, Jean Desnoyelle, Paul Champvaveine, Jean Édel, Michel Guillaume, Pierre Ragon, Paul Rigault et le capitaine d’active Albert Velter.

    La cérémonie était présidée par Thierry Mouton, 2e adjoint au maire de Vitry-le-François.

    De nombreux anciens combattants d’Algérie étaient présents mais aussi, Mireille Oudit, sénatrice ; Karine Métivier, conseillère régionale représentant le député ; André Jacquet, président du Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre de Vitry-le-François et de nombreux présidents d’associations d’anciens combattants.

     

    ***********************************

    Union110320c - Marne
    FAGNIERES : La commémoration du 19 mars 1962

     

     

    FAGNIERES. La commémoration du 19 mars 1962 qui marque la fin du conflit en Algérie et en Afrique du Nord a été célébrée au monument aux morts.

    Après les lectures de l’ordre du jour du général Ailleret par le maire Alain Biaux et du manifeste national par Michel Moreau, président du comité Fnaca de Fagnières, une gerbe fut déposée.

     

     

    ***********************************

    Union110320b - Marne
    REIMS : BA 112 :Les anciens de l’armée de l’air n’oublieront pas

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts puis à la stèle du parrain de la base.
  •  Agrandir la photo
  • C’est pour la dernière fois sur la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » que s’est tenue l’assemblée générale de l’Amicale des anciens de l’armée de l’air de Reims et de sa région. Elle est ouverte à tous ceux qui, un jour, ont revêtu l’uniforme aux épaulettes ornées du charognard et porté le calot, sans distinction de grade.

    Bien sûr, une certaine nostalgie régnait lorsque le président Claude Scrabalat a rappelé la réalité de la fermeture de la base à la fin du mois de juin : « lors du conseil supérieur de la fonction militaire de juillet 2008, le ministre annonçait que les élus de la Marne souhaitaient une fermeture rapide, considérant que la proximité de la ville serait un atout de reconversion rapide ». Et d’ajouter : « ce qui est sûr, c’est que les élus venaient de rayer de notre environnement une des premières bases aériennes de France, berceau de l’aviation militaire et du même coup un siècle d’histoire de l’aviation ».

    Devoir de mémoire

    Jean-Claude Laval, adjoint au maire de Reims, Arnaud Robinet député de la Marne, M. Wanschoor, 1er adjoint au maire de Bétheny ont redit leur attachement à l’armée de l’air, à la préservation du patrimoine.

    Le colonel Hervé Chabaud a évoqué les objectifs de l’association Edmond-Marin-la-Meslée qui tient à sauver le musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, les monuments et les stèles implantées sur le site et évaluer les possibilités de développer l’histoire aéronautique en direction de toutes les générations alors que la Marne en est un berceau mondial de l’aviation. Une philosophie d’action autour du travail d’histoire et du devoir de mémoire qui est partagée par l’Amicale.

    Le colonel Jean-Michel Meyer, commandant de la BA 112 et commandant de la place d’armes de Reims a rappelé que la base était pleinement fonctionnelle jusqu’à sa fermeture, que ses personnels conduisaient toujours des missions opérationnelles en Afghanistan et s’entraînaient avec la même implication pour répondre aux missions qui, à tout moment, peuvent leur être commandées. Il a expliqué aussi la mise en place à l’été de l’échelon liquidateur. Il s’est réjoui de retrouver les anciens et de pouvoir dialoguer avec eux dans un esprit fraternel et convivial.

    Après les différentes prises de parole, les participants se sont rendus au cortège au monument aux morts de base où une gerbe à été déposée par le colonel Jean-Michel Meyer et le colonel Louis Carrière ancien déporté-résistant en présence du lieutenant-colonel Réal, commandant l’escadron « Savoie ».

    Les anciens ont ensuite rejoint la stèle du parrain de la base. Le président Scrabalat a lu la dernière citation à l’ordre de l’armée attribuée au commandant Marin la Meslée puis une gerbe a également été déposée par le colonel Meyer et Henri Wenisch, 93 ans, ancien mécanicien de l’as des as de la campagne de 1940.

    Un détachement de jeunes réservistes de l’armée de l’air placé sous les ordres du capitaine Marchwant était également présent.

    Désormais le siège de l’association est transféré à la mairie de Bétheny et la réunion mensuelle des anciens se tiendra à la mairie annexe de la commune.

    La motivation des membres de l’Amicale est intacte pour que l’association vive dans la fidélité aux traditions et dans la mémoire de leurs grands aînés malgré la fermeture de la base.

    ***********************************

    Union110320a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Leclerc : un roc dans les sables

    Félix Eboué nommé dès le 12 décembre1940, gouverneur général de l’Afrique équatoriale.
  •  Agrandir la photo
  • Conforté par son succès à Koufra, le colonel Leclerc jure plus que jamais par sa mission. Il se voit déjà au Caire ! Plaisante-t-il ou croit-il fermement être capable de franchir la frontière égyptienne et de rallier la capitale ? Il faut se méfier de son aptitude à la provocation pour gonfler à bloc le moral des troupes. Il sait aussi les faire patienter alors que les questions fusent. Quand partiront-nous ? Quand nous battrons-nous à nouveau ? Pourquoi untel est-il parti et pas nous ? Le colonel répond : « Quel sera dans cette guerre qui a toutes les chances de devenir mondiale celui qui gagnera ? Sera-ce le combattant dit très gonflé mais vite dégonflé ? Non ! Ce sera celui qui a assez de forces morales et physiques pour tenir. Aujourd’hui, il s’agit de tenir séparés des nôtres, sous un climat éprouvant, dans des conditions morales et physiques souvent pénibles, en ayant parfois l’impression d’être inutiles. Tenez ! Tenez aussi longtemps qu’il le faudra » écrit le chef le 21 mars 1941. Ce qui est important c’est que Leclerc ne s’exclut pas de ces temps difficiles. Il les vit comme ses hommes. Il partage leurs conditions. Il sait que le déshonneur peut être surmonté. Il s’enflamme : « La victoire finale est certaine et mérite tous les sacrifices ».

    Le colonel sait être un vrai colonial et cette aptitude force l’admiration de ses hommes qui ne pensaient pas qu’un cavalier s’adapterait aussi bien dans cette terre plutôt inhospitalière. Ce n’est pas une raison pour qu’il tolère l’indiscipline. Sanctionne-t-il pour autant ces officiers et ces sous-officiers prompts à faire quelques entorses aux règlements ? Non, parce qu’il a compris que les couloirs de Faya ne sont pas ceux de Saint-Cyr. Leclerc grandit encore dans son approche des problèmes et le regard qu’il porte sur la société d’alors. Son aversion pour Vichy est confirmée et il est d’une plus grande sévérité que Catroux. Contrairement au général, il s’oppose strictement à toute tentative de contact et est en phase aussi bien avec Félix Eboué que le médecin en chef Sicé : « Nous devons continuer à exclure toute espèce de relations avec Vichy et marquer, en ce qui concerne les autres Français, que l’autorité de Vichy ne doit pas être reconnue comme pouvoir légitime ». Il anticipe les problèmes, évoque la possible intervention des Britanniques au Levant et tient à ce qu’il n’y ait alors aucun conflit entre les Français libres et les troupes de Churchill : « De toutes les façons, il ne doit pas y avoir de heurt, aucune intervention des Français libres de l’extérieur ne doit être prévue ». En revanche, il suggère de stimuler une révolte à l’intérieur et recommande que le général de Gaulle clarifie les choses par une intervention en : « soulignant la nécessité absolue pour les Britanniques d’occuper avant l’ennemi un territoire que Vichy est incapable de défendre ». Sur le plan militaire, le colonel tire deux enseignements de Koufra. Il lui semble que la prochaine opération doit être coordonnée avec la progression des Anglais en bordure de la Méditerranée et d’autre part qu’il lui faut un tout autre équipement pour tenir la comparaison avec l’ennemi en raison de l’arrivée de l’Africa Korps du général Rommel. « On pourra pondre tout ce qu’on voudra comme papiers, on n’obtiendra jamais de rendements d’unités privées d’armements modernes et trop pauvres en cadres. Je me bats tous les jours pour améliorer le problème, mais il est bien difficile d’actionner le char mérovingien des bureaux d’état-major » tonne-t-il.

    ……….

    Darlan : la nouvelle voix du déshonneur

    L’amiral François Darlan fait du Laval sans Laval
  •  Agrandir la photo
  • L’amiral François Darlan, est la cible des Français libres.
  •  Agrandir la photo
  • « Les Allemands sont plus généreux et ils montrent une humanité plus compréhensive que les Anglais », cette affirmation du vice-président du Conseil, l’amiral François Darlan soulève une grosse vague de protestations chez les voix de la France libre. Le plus offensif est, le 12 mars 1941, François Quilici : « Le pays de France voit aujourd’hui un amiral de la flotte, la seconde flotte d’Europe, la première après celle de l’Angleterre, un amiral chef du gouvernement, c’est-à-dire un homme paré de tous les honneurs militaires, pourvu de toutes les prérogatives civiles, se faire le portier de l’ennemi ». Un tel discours est interprété à Londres comme une introduction bienveillante à destination de Berlin. Aussi subodore-t-on contrairement à certaines garanties de Darlan aux amiraux que des concessions vont être faites pour venir en aide au Reich. On craint que les ports d’Afrique du Nord soient ouverts aux navires de guerre nazis et que l’appui logistique s’amplifie avec l’intégration de bâtiments français dans les escadres ennemies. Bref, on est prêt à affirmer que l’amiral chef du gouvernement est en réalité un traitre et un collaborateur zélé. « Il entend vanter la générosité du Teuton affameur. Il est son allié alors que le paysan a reçu dans sa ferme les commissions de réquisitions allemandes, que le cheminot a fait partir des trains entiers de victuailles, que le docker de Marseille a transbordé des cargaisons détournées vers le Reich et que la ménagère parisienne rentre souvent sans provisions parce qu’aux Halles, les acheteurs allemands les précèdent ». Les gaullistes veulent élargir la fracture entre Vichy et l’Allemagne hitlérienne. Ils opposent la France qui souffre avec l’occupant faisant bombance et se servant, décomplexé, dans les réserves de l’Hexagone. « Le peuple de France sait, voit qui l’affame pendant que l’amiral Darlan fait des courbettes devant les dignitaires du Reich. »

    Zéro pointé

    Darlan est le meilleur mauvais exemple. Il s’identifie à une France soumise, acquise à l’occupant, suiviste de Berlin : « Les gens de Vichy, les traîtres à la solde d’Abetz connaissent cette réprobation, cette résistance obstinée des masses populaires » mais il fait semblant de ne pas les voir et ignore la montée de la grogne. Le vrai visage du chef du gouvernement est une nouvelle honte pour les Français : « Le peuple de France s’aperçoit aujourd’hui qu’un amiral politicien qui, d’ailleurs, a ramassé ses étoiles de grand chef dans l’ombre des cabinets ministériels, est pire qu’un politicien ». La France de Vichy est celle du mensonge, de la soumission et, toutes les annonces destinées à laisser croire que l’étau des contraintes est desserré, sont une tromperie. D’ailleurs Quilici se réjouit que personne ne soit dupe : « Les Français ne lisent plus les journaux parce qu’ils savent qu’ils ne publient que les nouvelles triées par l’occupant ». Le seul but poursuivi par le gouvernement du maréchal est de faire du Laval sans Laval, de livrer entièrement à l’ennemi la France aux trois cinquièmes occupée.

    Les Français libres ont beau jeu de disserter sur le sujet alors que Demazy sur Radio Paris ne cesse de réitérer l’éloge de Laval : « Peu m’importe si Laval est riche ou pauvre, et à qui il a donné sa fille en mariage. La France de 1789 a commencé sa révolution avec des hommes comme Mirabeau qui n’était pas un ange et Danton qui n’était pas un saint. Puis sont venus Saint-Just et Robespierre ».

    Laval est comparé à l’incorruptible ce qui fait dire à ses détracteurs à la croix de Lorraine qu’il devrait se méfier de ne pas sentir sur sa nuque, la froideur du métal du couteau de la guillotine. Le journaliste avertit les Français contre l’écœurante mascarade des dignitaires du nouveau gouvernement : « Prenez garde des personnages dorés de Vichy aux besogneux engagés par Abetz, tous les laquais de l’ennemi qui se disent vos maîtres veulent nous rejeter dans la guerre, car c’est seulement quand vous êtes prisonniers ou mobilisés qu’ils se sentent en sécurité ».

    Ce qui ne passe pas, comme l’exprime avec son style Christian Fouchet, c’est que Darlan soit aussi complice de cette Allemagne qualifiée de pillard de la France, de geôlier de deux millions de Français : « L’Allemagne généreuse, l’Allemagne humaine ! Jamais chef militaire d’une nation écrasée par elle ne lui a, au cours des âges, décerné un tel témoignage sacrilège ! A plus forte raison, jamais chef militaire gardant en son pouvoir les moyens de la bataille victorieuse, une flotte invaincue, un Empire intact et le moral de la nation ». Fouchet s’autorise même un peu d’humour pour ridiculiser un peu plus les déclarations complaisantes de l’amiral. Pour mieux attaquer sur le caractère supposé humaniste de l’Allemagne nazie : « Le martyre infligé à tant de vaillantes cités françaises, parmi lesquelles nous ne voulons citer aujourd’hui que Besançon, privée de pain, rationnée à l’extrême limite, persécutée de mille manières en punition de sa loyauté nationale, illumine Berlin de son vrai visage ».

    Sacrilège

    Les critiques sont taillées à la serpe et font référence à des événements antérieurs : « Ce n’est pas parce qu’un jour l’amiral Darlan, encadré de deux généreux allemands, semblables à deux policiers, a suivi jusqu’aux Invalides la dépouille du duc de Reichstadt, qu’il peut penser faire oublier au peuple français les crimes et les exactions de l’ennemi. Pour cela, il faudrait autre chose que la profanation de la tombe de Napoléon par des uniformes nazis ». […]

    […] Christian Fouchet conclut : « Nous sommes bien forcés de constater que l’amiral Darlan est parvenu au faîte du pouvoir, avec l’assentiment de l’ennemi. Nous sommes bien forcés de nous rappeler que la presse allemande a accueilli sa nomination de vice-président du Conseil avec une satisfaction évidente ».

    Parce que Berlin croit en sa capacité d’exercer un chantage sur la flotte française : « C’est le chantage à l’emploi de la flotte française, c’est le chantage au sang français versé pour l’asservissement définitif de la France, au roi de Prusse ».

    En somme ente Laval et Darlan, il n’y a comme différence qu’un uniforme mais il s’agit de la même politique et des mêmes complicités. Ce qui est confirmé le 13 mars 1941.

    Quilici revient à la charge pour rappeler que l’honneur de la marine française invaincue mais consignée dans la rade de Toulon est menacé par un amiral prêt à tout céder à l’impitoyable bourreau nazi. Darlan est jugé comme prompt à toutes les félonies.

    Et de dénoncer ce déjeuner entre l’amiral, Laval, Brinon ambassadeur de France (en France !) et le redoutable Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne en France : « L’amiral fera convoyer les bateaux français. Eventuellement, il livrera bataille à la flotte anglaise ».

    Ce qui est décrit depuis Londres est une nouvelle capitulation d’une France déjà asservie et satisfaite de glisser vers le déshonneur le plus honteux.

    Comment résumer mieux que le journaliste cette parodie d’entente cordiale entre l’Allemagne hitlérienne et la France vichyste : « Quarante millions de Français se seront pas dupes une seconde fois d’une poignée de traîtres et de déséquilibrés de l’ambition qui ont capitulé dans leur dos et qui, maintenant, veulent les rejeter dans la fournaise pour mieux les asservir à l’ennemi ».

    ……….

    Les Balkans en effervescence

    Le régent Paul et Hitler : cette alliance provoque le soulèvement yougoslave.
  •  Agrandir la photo
  • La signature de Vienne met le feu aux poudres.
  •  Agrandir la photo
  • Sur le front gréco-albanais, l’inquiétude grandit alors que le 9 mars 1941 l’offensive entre Tomor et le Vijosë débute en présence du Duce. Les Italiens remportent quelques succès localisés au sud-est de Berat, près de Mali Arza et du mont Trebesinj. Cette éclaircie est de courte durée car dès le 14, les Grecs rétablissent la situation et bloquent les soldats ennemis. Le 11 mars, ce sont des manifestations hostiles aux Allemands et aux Italiens qui éclatent en Yougoslavie alors que la XIIe armée allemande constituée de six divisions se prépare pour franchir la frontière entre la Roumanie et la Bulgarie.

    Sur le front gréco-albanais, Mussolini insiste et veut rompre la ligne défensive des Grecs. Il mobilise pour cela trente-deux régiments d’infanterie mais les Grecs en concentrent de leur côté trente-quatre. Ce qui donne lieu à de très violents échanges. Les généraux romains optent pour une poussée en direction de Këlcyrë. Rien n’y fait, les Grecs tiennent solidement leurs positions, aussi l’état-major du Duce pratique une nouvelle guerre d’usure en privilégiant des coups de boutoirs qui sont confiés aux divisions Ferrara et Modena.

    L’instabilité entretenue

    Le durcissement des opérations est aussi confirmé en Grande-Bretagne où de puissants raids aériens ennemis sont de nouveau signalés, ce qui n’étonne pas Winston Churchill. En revanche, l’intervention des forces espagnoles qui, le 17 mars 1941, s’installent dans la ville de Tanger placée sous la souveraineté de Madrid, inquiète le Premier ministre. Il craint que les soldats de Franco annexent Gibraltar pour les beaux yeux de Berlin, même si, jusqu’alors, le Reich a essuyé une fin de non recevoir. Le 19 mars, les Allemands adressent à la Yougoslavie un ultimatum. Ils donnent cinq jours au gouvernement du régent Paul pour adhérer au pacte tripartite et organiser une belle cérémonie de signatures.

    Dès le lendemain, à l’issue de la réunion du Conseil de la couronne, le prince Paul proclame que la Yougoslavie répond favorablement aux propositions d’Hitler et annonce l’adhésion de son pays au Pacte ainsi que la libre circulation des troupes allemandes sur le territoire. C’est le 25 mars à Vienne, en présence du ministre des Affaires étrangères Cinkar Markovitch, que le président du Conseil yougoslave Dragisa Tsvetkovitch appose sa signature au Pacte tripartite. Cette adhésion provoque une nouvelle série de manifestations hostiles à l’égard des Allemands comme des Italiens. Le lendemain, les syndicats, les paysans et l’armée s’insurgent contre cet alignement qui est une soumission au Reich nazi. Lorsqu’ils descendent du train qui les ramène à Belgrade, le ministre des Affaires étrangères Cinkar Markovitch et le président du Conseil Dragisa Tsvetkovitch sont appréhendés alors que le régent Paul se voit assigné à résidence.

    Le 27 mars 1941, des officiers de l’armée de l’air yougoslave avec à leur tête le chef d’état-major, le général Simovitch, mènent un coup d’Etat et parviennent à renverser le gouvernement. Le Conseil de régence est supprimé. Le prince Paul est exilé tandis que le jeune prince Pierre, fils du roi Alexandre assassiné à Marseille en 1934, est désigné pour monter sur le trône. Un gouvernement d’union nationale est constitué et placé sous la direction du général Simovitch.

    Sa première décision est de signer avec Moscou un pacte de non-agression. Furieux, Hitler convoque ses généraux et dicte sa directive 25 : « J’ordonne de liquider la Yougoslavie. Ce pays après le coup d’Etat qui vient d’y être conduit par des officiers félons doit être considéré comme un ennemi et écrasé au plus vite par tous les moyens militaires disponibles ». Cet ordre définitif du führer oblige l’état-major à préparer dans l’urgence de nouveaux plans qui diffèrent l’attaque programmée contre l’Union soviétique. La réaction yougoslave et l’opposition qui s’est manifestée contre Hitler et Mussolini décident le maréchal John Dill, chef de l’état-major général impérial britannique, à se rendre à Belgrade. Il veut connaître les intentions du nouveau chef du gouvernement. Le général Simovitch apparaît bien disposé et est prêt à dépêcher auprès des alliés un représentant afin d’envisager un projet d’alliance balkanique de la mer Egée au Danube.

    Il faut aller d’autant plus vite que Hitler n’a donné que jusqu’au 30 mars pour la finalisation du plan d’invasion de la Yougoslavie. Dill aimerait bien que Simovitch signe un accord privilégié avec l’Angleterre mais le nouveau Premier ministre tient à son indépendance et veut conserver toute sa liberté de manœuvre.

    Un soutien français aux Grecs

    Les Français libres appuient avec conviction tous ceux qui s’opposent aux forces de l’Axe. Maurice Schumann encourage sur les ondes de la BBC la résistance héroïque des troupes hellènes : « Il fallait espérer lorsque le 28 octobre 1940, Mussolini jeta contre 7 millions de Grecs, 45 millions d’Italiens soutenus par 80 millions d’Allemands et nous avons espéré ».

    A la lecture des nouveaux succès grecs matérialisés par l’impossibilité pour les Italiens à s’infiltrer plus avant, il s’enflamme : « Elle fournit aux forces alliées la chance inespérée de tailler en pièces l’Empire de Mussolini, de mettre en fait hors de combat l’Italie fasciste et de réduire l’Allemagne à un isolement mortel au moment où se reforme autour de l’Angleterre, la grande coalition des peuples libres ». Avant d’ajouter : « Et puis quel symbole que cet assaut des dictateurs contre l’Acropole ! Après avoir dressé leur défi monstrueux contre vingt siècles de civilisation chrétienne, les voilà qui traquent l’humanisme jusque dans son berceau. En s’attaquant à toutes nos raisons de vivre, l’ennemi nous donne toutes les raisons de mourir et de vaincre ».

    Cette faculté à se tenir auprès d’Athènes est pour les FFL un bon moyen de rappeler que le gouvernement de Vichy a déclaré dans un communiqué : « Le sort de la Grèce n’intéresse pas la France ». Quelle leçon pour ceux qui prétendent administrer dans l’esclavage le patrimoine incessible de la patrie, que la réponse du général Metaxas au général de Gaulle : « La Grèce tout entière est convaincue que les cœurs de tous les Français battent pour le succès de sa juste cause. La grande nation française, qui a tant de fois suivi les nobles exemples de nos ancêtres et qui nous a vaillamment soutenus lors de notre guerre pour l’indépendance, ne pouvait que se montrer une fois encore à nos côtés ». Pour Schumann, il est patent que la Grèce ramène la victoire dans le camp de la justice : « Le pays, en acceptant un combat inégal, a démontré aux prétendus réalistes que la voie de l’honneur était aussi celle de la victoire, de la victoire finale qui seule importe ».

    Le journaliste français est aussi réconforté par le sursaut yougoslave et la capacité à s’opposer à l’alignement sur les puissances de l’Axe : « Voyez la nation yougoslave dont la trahison des dirigeants indignes ne réussit pas à étouffer la clameur ; voyez tous les peuples asservis, à commencer par le peuple de France qui s’organisent dans un silence frémissant, pour chasser l’envahisseur et châtier ses collaborateurs. Voyez partout se dresser ces multitudes invincibles qui, comme l’enfant grec chanté par Hugo demandent de la poudre et des balles ».

    ***********************************

    Union110319a - Marne
    BETHENY : Exposition-hommage de la Fnaca : Un message de réconciliation

    Le week-end dernier, a eu lieu une exposition sur la présence française en Algérie (1830- 1962) : toute une série de panneaux relatant la vie quotidienne des soldats. Une façon de rendre hommage aux 30 000 contraignants qui y ont laissé leur vie et au million d’Européens qui ont fui le pays. Cette période de l’histoire a profondément marqué le monde contemporain.

    Refusant d’être des hommes du passé, les anciens combattants en Afrique du Nord estiment que cette exposition peut être crédible que si elle est exempte d’arrière-pensées partisanes à l’heure où certains manquent de repères. L’objectif d’une telle démarche se veut de plus en plus pédagogique : c’est la transmission de la mémoire qui constitue l’essentiel pour les jeunes et les générations futures dans les années à venir. C’est donc un message de réconciliation.

    La commission « Guerre d’Algérie Jeunesse Enseignement », pierre originale dans l’important édifice de la Fnaca, pense qu’il est aisé de percevoir que toute date peut être cristallisée pour mémoriser un événement tragique ou agréable.

    Même si elle montre les divers témoignages de la destruction de l’homme, l’exposition ne montrait volontairement pas d’images atroces, de façon à s’adresser aussi à un public scolaire. C’est donc une sélection d’ouvrages qui a été effectuée, sans pour autant nuire à la qualité de l’image.

    ***********************************

    Union110318a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Yvette Lundy raconte sa déportation aux collégiens

    Yvette Lundy a reçu un bouquet de roses par les élèves à l’issue de la conférence.
  •  Agrandir la photo
  • Châlons-en-Champagne (Marne) C’est dans un silence de cathédrale que 80 élèves des classes de 3e du collège Nicolas-Appert de Châlons ont écouté mardi dernier avec une attention particulière Yvette Lundy, 95 ans, ex-résistante et déportée du camp de concentration de Ravensbrück, narrer ce que fut la dernière guerre depuis le début, l’occupation allemande, l’exode, les bombardements, la répression, l’internement d’hommes, de femmes, d’enfants, les camps de la mort…

    Un libre ouvert

    Des élèves très assidus qui, bouche bée, ont entendu Yvette Lundy décrire cette période noire de notre histoire, mais aussi la volonté farouche d’un peuple qui ne s’est jamais avoué vaincu, la Résistance sous toutes les formes, pour tromper la vigilance de l’ennemi et, au travers de ses multiples actions, prouver à l’armée allemande que les Français n’étaient pas d’accord.

    Et la résistante de leur raconter comment se sont formés les réseaux, les filières avec les Alliés, qui étaient ces hommes et ces femmes qui ont lutté pour leur liberté, et à quel prix… « C’était très difficile de faire des actes de résistance, des faux papiers, sans se mettre en danger soi-même ou mettre en danger ses proches ! »

    Comme un livre ouvert, une mémoire intacte, Yvette Lundy a décrit aux collégiens comment elle a travaillé dans l’ombre pour son pays, elle, l’institutrice d’un petit village, comment elle fut arrêtée par la Gestapo, enfermée à la prison de Châlons, malmenée durement, puis transférée ensuite du fort de Romainville devenu camp d’internement, emmenée avec 120 autres personnes dans un wagon de bestiaux à Ravensbrück, camp de concentration pour les femmes.

    Puis elle a raconté tout ce que l’on peut imaginer en matière d’avilissements, d’anéantissement de la personne, de sévices corporels et jusqu’à la libération en 1945.

    « J’ai eu beaucoup de peine à me réadapter, j’ai fait beaucoup de rêves, de cauchemars, mais ma profession d’enseignante m’a beaucoup aidée ! » Les questions ont fusé dans la salle, les élèves en ont encore parlé dans la cour ensuite. Un message est passé…

    ***********************************

    Union110316b - Marne
    OUTINES : Anciens combattants / Un manque de participation aux divers événements

    Le cortège s’est rendu au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Les anciens combattants, prisonniers de guerre et combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc du canton de Saint-Remy-en-Bouzemont, ont tenu leur assemblée générale ce dimanche 13 mars dans la salle de réunions d’Outines sous la présidence de Jean Lelievre, en présence de 22 adhérents, de Jean-Pierre-Bouquet conseiller général et de Ghislain Maillot, maire d’Outines. Le président a d’abord demandé à l’assemblée d’observer une minute de silence en souvenir des anciens combattants disparus au cours de l’année, puis il a présenté son rapport d’activité.

    Cette assemblée est la 65e pour les ACPG, la 39e pour les CATM et la 24e depuis la fusion des deux sections.

    Les événements de 2010 ont été évoqués : voyage, congrès national à Troyes, soirée dansante, remise de médailles, assemblée générale statuaire à Châlons, cérémonie au maquis des Chênes, réunion organisée le 5 décembre à Orconte avec fanfare.

    Le président regrette le manque de participation à ces divers événements, ce qui entraîne un déséquilibre financier. Les manifestations prévues pour 2011 sont : samedi 2 avril, assemblée générale de l’UFAC, dimanche 22 mai congrès départemental à Saint-Martin-d’Ablois, dimanche 19 juin cérémonie au maquis des chênes, samedi 5 novembre soirée dansante.

    Le voyage aura lieu au cours de la dernière semaine d’août et il faudra choisir entre Bretagne, Alsace, Corse…

    Après la réunion, une brève cérémonie religieuse a eu lieu en l’église Saint-Nicolas d’Outines, dirigée par Pierre Clement. Puis derrière les trois drapeaux, le cortège s’est rendu au monument aux morts ou a eu lieu le mot du président, l’appel aux morts, suivi d’un dépôt de gerbe.

    Enfin la médaille commémorative a été remise à René Simmonet.

    ***********************************

    Union110316a - Marne
    EPERNAY : Médaillés militaires : Que de souvenirs

    Des médaillés qui vont recevoir un diplôme d’honneur.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La 593e section d’Epernay des médaillés militaires vient de tenir son assemblée générale à la maison des associations.

    A cette occasion, James Sommesous a été promu médaillé militaire, et cinq anciens médaillés recevront cette année le diplôme d’honneur décerné pour cinquante ans de médaille militaire.Il s’agit de MM. Lesanne, Degardin, Laville, Frangville et Lheureux.

    A l’issue de l’assemblée, une cérémonie du souvenir avait lieu au monument aux morts de Moussy, suivi d’un vin d’honneur et d’un déjeuner.

     

    ***********************************

    Union110315c - Marne
    BETHENY : Inauguration de la place : Une cérémonie riche en émotions

    La plaque « 19 mars 1962 » vient d’être dévoilée.
  •  Agrandir la photo
  • Beaucoup de monde pour une cérémonie pleine d’émotion, afin de dévoiler la plaque portant le nom « Place du 19 mars 1962 - cessez-le-feu en Algérie » dans le square du monument aux morts. Comme toutes les communes françaises, Bétheny perpétue, avec dignité et respect, le souvenir de l’histoire de notre pays. A l’occasion de cette inauguration, à quelques jours de la date d’anniversaire de fin de guerre en Afrique du Nord, une partie des conseillers municipaux et de nombreux adhérents Fnaca étaient présents, dont le président du comité rémois Jean Forget.

    Alain Bisteur, président de la commission jeunesse enseignement au sein de la Fnaca, a expliqué les divers objectifs : « Il est essentiel de rendre hommage aux 30 000 soldats français morts ainsi qu’aux victimes civiles de la Guerre d’Algérie, des combats de Tunisie et du Maroc. Il ne faut jamais renoncer au devoir de mémoire ; nous sommes tous fiers d’avoir servi loyalement. Les jeunes doivent être sensibilisés pour se sentir héritiers de ceux qui ont défendu la patrie. Tous ont le droit de savoir ».

    Se souvenir pour préserver l’avenir constitue certes une priorité pour l’avenir des jeunes générations.

    A la suite de la pose de plaques sur le monument aux morts en mai 2003, rendant hommage à Michel Robert, décédé à 22 ans, et à Bernard Bartholomé, mort à 21 ans, c’est désormais la plaque dans le square portant le nom du 19 mars 1962 qui a été posée. Pour conclure la cérémonie, Jean-Louis Cavenne, maire de la commune, a invité officiellement les Béthenyats à revenir sur les lieux le 19 mars prochain à 18 heures pour la cérémonie anniversaire du Cessez-le-feu.

    ***********************************

    Union110315b - Marne
    LE-MESNIL-SUR-OGER : Anciens combattants en congrès ACPG-CATM : mémoire et solidarité

    Trois porte-drapeaux ont été honorés.
  •  Agrandir la photo
  • Les ACPG-CATM-STO-TOE et conjoints survivants du canton d’Avize, ont tenu, sous la présidence de René Trubert, leur congrès cantonal en la salle des fêtes.

    Le président local, Jean Solor, a prononcé quelques mots d’accueil. Noël Tessier a donné lecture du PV du congrès 2010 à Grauves et Gaston Bertin a présenté son rapport financier.

    Les rangs s’éclaircissent, 122 en 2009, les adhérents sont 107 en 2011.

    Au calendrier on trouve le dimanche 22 mai, à Saint-Martin-d’Ablois, le congrès départemental pour lequel il y a lieu de s’inscrire auprès des présidents locaux. Le lundi 5 décembre, la commémoration des victimes d’AFN se fera au Mesnil. Le premier dimanche de mars 2012, Oger accueillera le congrès cantonal.

    Le monde combattant regroupe des hommes de paix a déclaré Jean Mondet, qui a remercié Pascal Launois, maire, pour son intervention écrite relative au pôle de mémoire. (André Tessier a fait de même). Le délégué départemental a donné des informations puis s’est livré au jeu des questions.

    En ce moment important pour les élus, Pascal Launois a dit les efforts déployés au Mesnil pour le devoir de mémoire.

    Pascal Desautels, conseiller général, a livré quelques réflexions sur l’apport possible des élus aux anciens combattants, puis il a fait lecture d’un long communiqué du député Charles de Courson, faisant le point sur le budget des anciens combattants et l’évolution des décrets.

    Les congressistes, derrière les porte-drapeaux, les pompiers et la fanfare, sont montés vers le monument aux morts pour un dépôt de gerbe.

    Bruno Vazart, président départemental, a remis à Lucien Guiborat (Le Mesnil), Henri Ploix (Grauves) et Jean-Claude Bristiel (Cramant) la médaille pour 10 années de porte-drapeau.

    De retour à la salle des fêtes, en prélude au vin d’honneur, Jean Lechanteur a reçu la médaille de fidélité.

    ***********************************

    Union110315a - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Association Souvenir et sauvegarde : Un cinéma de campagne allemand renaît de ses cendres

    Le cinéma de campagne allemand sera reconstruit sur la base de celui d’origine.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi après-midi, dans la salle de réunion de la maison du pays d’Argonne de Vienne-le-Château, les membres du bureau de l’association du comité franco-allemand Souvenir et sauvegarde des monuments et sites en Argonne ont donné rendez-vous à leurs adhérents.

    Après avoir rendu un hommage au vice-président Henry Chaput récemment décédé, la réunion a débuté par le bilan de l’année 2010. Parmi les actions citées, on retiendra la randonnée du 1er mai, la commémoration de la Gruerie, la fête de la moisson de Cernay-en-Dormois, ainsi que la présentation d’une pièce de théâtre. C’était également l’occasion de rappeler que le camp est ouvert aux visites tous les samedis matin de 10 à 12 heures, mais également les 1er et 3e dimanche des mois de juillet et août.

    Du côté des travaux en cours : le nettoyage du site et la réfection de la chapelle des poilus de Saint-Thomas sont une grosse partie de l’activité.

    Pour la restauration de la chapelle, une subvention de 3 000 € a été attribué, l’association du Souvenir 82, du Tarn et Garonne va s’associer financièrement aux travaux de restauration.

    L’inauguration pourrait avoir lieu en même temps que celle de la nouvelle voirie de Saint-Thomas. La réalisation d’un parking est en cours de finition.

    L’hiver a causé quelques dégâts : un mur a été détruit et beaucoup de nettoyage reste à faire. Les actions de l’an dernier sont reconduites. L’association participera donc à la journée du patrimoine, la fête des moissons de Cernay prévue le 7 août, la randonnée du 1er mai, ainsi que divers rallyes du souvenir.

    Il va également falloir réorganiser le musée, car le musée de Sainte-Ménéhould doit récupérer ses œuvres prêtées sur la base d’une convention. Les membres de l’association espèrent que les œuvres seront mises en valeur comme elles l’étaient à Vienne-Le-Château. La cérémonie de la Gruerie aura lieu le dimanche 3 juillet. Une découverte a été faite non loin de là, dans une ferme. Un paysan a fait appel à l’entreprise Collot pour le débarrasser d’encombrants et c’est un cinéma de campagne allemand qui a été découvert. Malheureusement peu de chose ont pu être sauvées. Toutefois, grâce à de nombreuses recherches et l’aide de deux professeurs Allemands, le cinéma va être reconstruit.

    L’association prendra en charge le coût du bois (1 500 €) et les Allemands la façon et le transport. Des collégiens seront présents fin avril début mai pour installer sur le camp, ce cinéma de campagne.

    ***********************************

    Union110314b - Marne
    SOMPUIS : Anciens combattants : assemblée et banquet

    L’assemblée a réuni 75 personnes.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le président des anciens combattants du canton de Sompuis, Henri Mauclaire, a réuni samedi 12 mars, les membres de l’association pour son assemblée générale annuelle dans la salles des fêtes du village.

    Les 75 personnes présentes ont écouté avec attention, François Lefort délégué départementale, sur les droits et les aides financières dont peuvent bénéficier les anciens combattants.

    Après une courte cérémonie au monument aux morts en l’honneur de leurs camarades tombés, des soldats et des victimes des différents conflits passés et actuel, le verre de l’amitié puis un repas fort convivial ont clôturé cette journée.

     

    ***********************************

    Union110314a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Cheminots anciens combattants / La sérénité est revenue dans les rangs

    Pierre Maigret (au centre), nouveau président de l’ANCAC.
  •  Agrandir la photo
  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Les adhérents de la section locale de l’association nationale des cheminots anciens combattants (ANCAC) se sont retrouvés samedi à la maison du combattant de Châlons-en-Champagne, pour assister à leur assemblée générale annuelle sous la présidence de Pierre Maigret avec à ses côtés Serge Helleringer, conseiller municipal délégué aux anciens combattants. Un grand absent, Pierre Cornil, le président disparu récemment.

    En sa mémoire l’assistance a respecté le silence, comme elle l’a fait pour les disparus de l’association et les victimes du séisme au Japon. Pierre Maigret a rappelé que l’association « battait de l’aile » et que grâce à l’impulsion de Pierre Cornil, la sérénité était revenue dans les rangs. Ce qui n’a pas empêché au nouveau président, lors de cette assemblée, « qu’il faut parler et agir » pour défendre les valeurs de l’ANCAC. Et d’informer l’assistance que l’objectif futur est de rassembler les stèles en une seule et unique, laquelle pourrait voir son emplacement sous l’horloge à l’extérieur de la gare, ceci pour des raisons de tranquillité notamment le bruit et manœuvres des convois lors des cérémonies. Un projet qui est soumis aux services de la ville en coordination avec les cheminots. Yves Schmitter, président d’honneur de la section était quant à lui quelque peu réticent pour cet emplacement. Il fut évoqué aussi les problèmes non encore résolus dans leur totalité, concernant : l’attribution de la carte du combattant, la campagne double, le droit à réparation, la réversion de la retraite du combattant à leurs veuves…

    Les différents rapports ont été adoptés à l’unanimité, il fut ensuite procédé à la constitution du nouveau bureau de la section locale qui se compose désormais ainsi : président Pierre Maigret ; vice-président René Collignon ; secrétaire Marie-Françoise Lebas ; trésorière Denise Cornil ; vérificateurs aux écritures Pierre Freymann, Francis Didier, Marie-Françoise Lebas ; porte-drapeau Francis Didier, suppléant Claude Poterlot. Une gerbe était ensuite déposée au pied du monument, sur le quai de la gare.

    ***********************************

    Union110313b - Marne
    BOUQUINS : Marc Bloch : l’audace de la méthode

    ESSAI. A l’histoire-récit, il substitue l’histoire-problème pour mieux comprendre les sociétés d’hier.

    On n’en finit pas de redécouvrir Marc Bloch, sans doute parce que les travaux sur le Moyen Age de ce Normalien agrégé d’histoire demeurent une contribution essentielle à la compréhension de l’époque médiévale. La réédition des Mélanges historiques qui lui ont été consacrés est une heureuse initiative parce qu’on y retrouve les contributions des meilleurs universitaires avec une méthodologie rigoureuse qui s’inscrit dans une approche renouvelée de la matière où l’économie, la démographie, les croyances, les mentalités, les habitudes ne sont pas omises comme clés de lecture et d’analyse du passé. Qui est Bloch ? Son engagement pendant la Grande Guerre puis sa détermination à résister dans la Seconde éclairent le personnage, un Républicain authentique posant de vraies questions sur le sens de la vie, la foi, le service de son pays. Né à Lyon en 1886 d’une famille alsacienne qui n’a pas voulu entendre parler du rattachement de sa région à l’Allemagne, il manifeste dès l’enfance un intérêt marqué pour l’histoire. Il s’inscrit dans une passion familiale puisque son père est un spécialiste de la Rome antique. Si la pensée de Marc Bloch marque la recherche bien au-delà de sa génération, c’est aussi parce que son regard dépasse nos frontières. Sa curiosité intellectuelle l’a fait fréquenter les universités de Berlin et de Leipzig, aussi ressent-il les tensions fortes et préoccupantes qui se manifestent au cœur de l’Europe. Il craint une nouvelle déflagration continentale. Ce qui ne l’empêche pas de commencer des travaux sur les populations rurales de l’Ile-de-France tout en étant professeur à Montpellier puis en Picardie à Amiens.

    La Première Guerre mondiale suspend son œuvre de chercheur mais le jeune officier fait honneur au drapeau. Personne n’a oublié sa description de Sainte-Ménehoud, le récit des durs combats d’Argonne et son comportement héroïque qui lui vaut la croix de chevalier de la Légion d’honneur et la croix de guerre avec palme. Après l’armistice du 11 novembre 1918, il redevient enseignant chercheur et soutient en 1920 sa thèse d’Etat consacrée aux « Rois et serf, un chapitre d’histoire capétienne ». De l’enseignement secondaire, il passe à l’enseignement supérieur et devient professeur d’histoire médiévale à l’université de Strasbourg. En 1919, il fonde une revue qui va transformer la pensée et la pratique de l’histoire : « Les Annales d’histoire économique et sociale ». Il est aidé par son collègue et ami Lucien Febvre.

    Il quitte l’Alsace non sans un pincement au cœur pour occuper la chaire d’histoire économique et sociale de la Sorbonne. Il s’inquiète à nouveau des menaces et du risque d’un conflit transcontinental majeur. La Seconde Guerre mondiale bouleverse ses projets. Mobilisé, il combat avec dignité. Après son retour en métropole, il enseigne à l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand puis à l’université de Montpellier plutôt que de partir pour les Etats-Unis où on lui déroule le tapis rouge. Il veut résister. Appréhendé par la gestapo le 8 mars 1944, il est exécuté à Sai nt- Didier- de- Formans. La somme de ses travaux est un précieux trésor pour les étudiants et les chercheurs d’aujourd’hui. HERVÉ CHABAUD

    « Mélanges historiques de Marc Bloch », CNRS Editons, 1108 pages, 29 euros.

    ***********************************

    Union110313a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Les Anglais soutiennent les Grecs

    Anthony Eden accompagné des généraux John Dill et Archibald Wavell, de l’amiral Andrew Cunningham et du maréchal de l’air Arthur Longmore.
  •  Agrandir la photo
  • Préoccupée par la situation en Grèce, la délégation britannique chargée de mettre au point le transfert d’un corps expéditionnaire en cours d’équipement en Afrique atterrit à Athènes le 22 février 1941. Conduite par le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden, elle comprend aussi le chef d’état-major impérial sir John Dill, le général Wavell, commandant en chef des troupes anglaises du Moyen-Orient et un représentant de la Royal Navy mandaté par l’amiral Cunningham.

    Le lendemain, le Premier ministre grec Koritzis accepte l’offre qui est faite aux autorités de son pays. 100.000 hommes, 240 pièces d’artillerie de campagne, 32 canons de moyen calibre, 192 canons de défense contre avions et 142 chars constituent les moyens humains et matériels de la force alliée destinée à soutenir une armée grecque fatiguée par de longues semaines de lutte contre les Italiens qu’elle a repoussés. Pour conforter leur implantation, les commandos du Royaume-Uni conduisent le 25 février sur l’île de Kastellorizon dans le Dodécanèse, une opération éclair. La garnison italienne est piégée avec une facilité déconcertante.

    Furieux d’avoir été ainsi surpris alors qu’ils pensaient exercer une surveillance absolue sur la mer Egée, les Italiens contre-attaquent et, le 27, débarquent un contingent pour reprendre possession de l’île. A Londres, la conjoncture hellénique interpelle le cabinet de guerre. D’autant que le 2 mars, les troupes allemandes qui sont destinées à combattre en Grèce pour se substituer à celles de Mussolini qui ont été incapables d’obtenir des résultats probants, traversent le Danube et entrent en Bulgarie.

    C’est la première conséquence majeure de la signature la veille au château du Belvédère à Vienne par les représentants bulgares de leur adhésion au pacte tripartite en présence du ministre des Affaires étrangères allemand Ribbentrop, de son homologue italien Ciano et du général Oshima, ambassadeur du Japon à Berlin.

    LE GÉNÉRAL MAITLAND WILSON PREND LES COMMANDES

    Les moyens allemands qui foncent sur les routes bulgares sont conséquents. Les rapports font état de la XIIe armée composée des 4e, 11e, 14e, 18e et 30e corps, du groupe blindé de von Kleist fort des 5e, 9e et 11e divisions et renforcé par la 2e division blindée du 11e corps d’armée. Enfin, le 8e corps aérien du général von Richthofen complète le dispositif du Reich. Eden souhaiterait associer les Turcs à une coalition contre les forces de l’Axe qui se renforcent dans la grande région mais, les négociations qu’il mène à Ankara sont décevantes.

    En l’espace de quarante-huit heures, les troupes hitlériennes se répartissent le long de la frontière grecque. Le 4 mars, le premier convoi britannique comprenant des troupes et des équipements quitte le port d’Alexandrie en direction d’Athènes alors que le général Maitland Wilson, désigné le 28 février pour prendre le commandement des forces anglaises en Grèce, s’installe dans la capitale.

    Dans le même temps, à Berchtesgaden, Hitler conduit une négociation secrète avec le prince Paul, régent de Yougoslavie. Il lui demande l’adhésion de son pays au Pacte tripartite et lui promet en échange qu’il pourra annexer le port de Salonique ainsi qu’une partie de la Macédoine grecque. Churchill rompt les relations diplomatiques avec la Bulgarie. Le 7 mars, les premiers éléments du corps expéditionnaire britannique font leur entrée au Pirée et à Volos. Ces troupes sont très attendues. Les services de renseignement pronostiquent une attaque imminente des Italiens en Albanie où le pays est à moitié occupé par les régiments grecs. Ce qui devient effectif le 9 mars sans que les assaillants ne marquent des avantages déterminants.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ……….

    Des Françaises citées en exemple

    Pour se détendre, rien de mieux que ce jeu de fléchettes qui sera également proposé aux corps féminins.
  •  Agrandir la photo
  • Les Britanniques ont développé depuis le début de la guerre une vaste campagne de recrutement féminin.Les Forces françaises libres font de même et veulent le faire savoir.
  •  Agrandir la photo
  • RECRUTEMENT.Alors qu’en Grande-Bretagne 100.000 femmes sont déjà sous l’uniforme, sans compter les infirmières dans les hôpitaux, les Français libres insistent sur leur concours pour la Victoire alliée qui est à venir.

    Si des hommes ont rallié le général de Gaulle, les Français libres souhaitent convaincre le maximum de femmes ou de rejoindre les forces armées ou de s’impliquer dans les réseaux naissants de la Résistance. Prendre l’Angleterre comme exemple est le meilleur moyen de les valoriser en démontrant le rôle actif qu’elles tiennent aussi bien dans l’armée de Terre que dans la Royal Air Force ou la Royal Navy. Sur les 100.000 femmes qui sont sous les drapeaux, 40.000 sont au service des régiments terrestres, 30.000 sont affectées dans l’aviation et 15.000 opèrent dans la marine. Leur nombre doit encore augmenter de 15.000 puisque Winston Churchill encourage ces recrutements. K Cela permet d’envoyer plus d’hommes en Afrique, en Orient et de débarrasser les bureaux militaires des combattants que les femmes remplacent tout aussi bien sinon mieux » analyse Jean Oberlé.

    Pourtant les commentaires misogynes n’ont pas manqué tant du côté allemand que de Vichy pour se moquer de ces choix inutiles. Des slogans sont repris sur les ondes ennemies : K Dès qu’une bombe explose, elles ont une crise de nerfs », K On dit que le métro de Londres est devenu le repaire des femmes soldats apeurées », K Elles ont un uniforme mais ne savent pas porter une arme ». Autant de compliments qui omettent de mentionner que les Allemands emploient également des femmes dans l’armée. Elles sont surnommées : K les souris grises ». Ce regard mesquin et réducteur fait fi des femmes courageuses qui, pendant les intenses bombardements de Londres, ont conduit les ambulances sans broncher. On cite en exemple les infirmières qui, dans les hôpitaux londoniens jamais épargnés par les explosions, descendent les malades dans les abris à une vitesse époustouflante puis participent à la fouille des décombres pour porter au plus vite les premiers soins aux blessés ensevelis.

    Les femmes ne sont pas seulement employées dans les bureaux à des tâches administratives mais s’avèrent excellentes dans les transmissions, le codage, le décodage, l’analyse de documents. Sur les aérodromes on les affecte aussi à des missions de secours et de lutte contre les incendies en plus de leurs tâches fonctionnelles du quotidien. Elles aident même au transport de munitions et en évacuent aussi dans l’urgence lorsqu’une attaque aérienne est signalée. K Toute cela se fait sans chiqué, sans criaillerie, sans nervosité. Plusieurs ont été décorées par le roi. Elles l’ont bien mérité » remarque le chroniqueur. Ces beaux exemples incitent les Françaises de Grande-Bretagne à s’interroger sur la meilleure manière de servir leur pays et la cause alliée. Entre les Françaises qui résidaient déjà outre-Manche avant la guerre et celles qui y sont arrivées depuis l’invasion par les troupes du Reich, il y a des convergences de comportements remarquables : K Les premières ont l’habitude de la vie anglaise et de l’esprit de corps, de la discipline. Les secondes ont été mêlées à la retraite, à la débâcle, aux bombardements. Elles n’ont plus peur de rien. C’est ainsi que pour les bureaux de son état-major, le général de Gaulle a pu trouver facilement des femmes soldats » commente début mars 1941 Jean Oberlé.

    UNE CHAMPIONNE DE TENNIS

    Il reprend à souhait les exemples qu’il a donnés quelques jours plus tôt sur les ondes. Le journaliste explique qu’il fait un reportage sur ces femmes engagées. Il sonne dans un quartier chic de Londres à la porte d’un immeuble austère qui ressemble à un couvent. On le reçoit et on le fait patienter quelques instants avant de le faire entrer dans le bureau du lieutenant Mathieu : K J’attends dans un beau vestibule. A la rampe du grand escalier, un drapeau tricolore, au mur, l’affiche bleu-blanc-rouge du général de Gaulle : K Appel à tous les Français ». Dans un bureau qui fut sans doute une lingerie, je trouve Mme Mathieu, championne de tennis, aussi célèbre que Jean Borotra ou Cochet et actuellement vêtue d’un uniforme kaki avec deux galons de lieutenant sur les manches. A côté d’elle, une dactylo en uniforme de simple soldat ». Ce lieutenant français commande le corps féminin et coordonne l’action d’une centaine de volontaires. Elle insiste sur le terme qu’elle préfère à celui de soldate ! Lorsqu’elle est interrogée sur le sens de l’engagement de ces femmes, la réponse fuse : K Elles sont toutes anxieuses de servir leur pays, navrées de le voir sous la botte du vainqueur. Leur courage et leur discipline sont admirables ». Les Français libres tiennent compte de leurs conditions de vie. Celles qui sont mariées sont autorisées à vivre en ville tandis que les célibataires disposent de chambres collectives sur place. Il suffit d’apprécier la description qui en est faite pour comprendre combien les exigences militaires sont assimilées et la rigueur vécue au quotidien : K Lits de fer, couvertures pliées, le paquetage serré dans un sac de toile, contre le mur. Sur les étagères où furent des bibelots, des objets d’art, il y a de petites photos : le mari, les enfants, le fiancé, les parents, les petits frères et les petites sœurs ». Dans chaque chambrée, il y a une photo du général de Gaulle. Le lieutenant Mathieu confie : K Il est venu inspecter la caserne. Il a été émerveillé de l’ordre et de la propreté ». Ces femmes qui ont appris sous l’uniforme à vivre en collectivité sont respectueuses les unes des autres et tiennent à un bon entretien de leurs locaux de travail et de leurs pièces de repos.

    Jean Oberlé ne cache pas qu’il est impressionné : « La responsable de la cuisine, celle qui dans l’armée serait caporal d’ordinaire est une jolie brune à l’accent des Pyrénées. Elle est de Lourdes. Elle est couturière à Londres depuis des années. Tout marchait bien. Six ouvrières, et le mari chef de cuisine dans un grand hôtel. Une bombe est tombée sur leur maison. Plus de couture ». On montre ainsi comment une Française révoltée par une telle violence n’a pas hésité un instant à s’engager dans le corps féminin et à accepter toute mission pour être le plus utile possible à la France libre.

    12 FRANCS PAR JOUR

    Secrétaires d’état-major, conductrices, estafettes, cuisinières, employées au foyer du soldat, traductrices, elles gagnent environ 12 francs par jour. Elles suivent les exercices physiques qui sont programmés trois fois par semaine et parfois on y retrouve la mère et la fille parce qu’elles sont engagées avec la même volonté d’agir. Oberlé assène : « A ceux qui préfèrent leurs pantoufles et leur fauteuil, je dis que je préfère ces femmes qui sont des exemples de courage ».

    A celles qui ont réussi un périple audacieux pour se retrouver au Royaume-Uni, il y a des témoignages qui font mouche. Pourquoi n’êtes-vous pas restée en zone libre ? A cette question, une jeune volontaire réplique vivement au journaliste : « Vous voulez dire la France non occupée. La France libre c’est ici, nulle part ailleurs ». Les exemples sont choisis à souhait. Il s’agit de donner envie, de réveiller l’audace, de provoquer juste ce qu’il faut pour que des talents émergent à l’exemple de cette jeune femme de Saint-Nazaire, blessée dans un hôpital anglais pendant un bombardement, et qui s’est engagée dans le corps féminin de la France libre comme secrétaire : « Nous sommes sûrs que la victoire viendra et qu’elle nous ramènera tous chez nous ».


    ……….

    L’esprit de Lyautey à la rescousse

    Le maréchal Lyautey est pris en exemple et sa mémoire associée aux combattants des FFL.
  •  Agrandir la photo
  • Côté France occupée on recommande des recettes économiques.
  •  Agrandir la photo
  • HUMANISME. Même la prophétie de sainte Odile remontant à 1916 est utilisée ainsi que la sagesse proclamée de Lyautey pour provoquer l’esprit païen de l’occupant décrit en affameur de la France.

    « Puisque surplace les chefs vivants se taisent, c’est au chef mort de commander », ainsi s’exprime-t-on sur la BBC le 5 mars 1941 en faisant appel à la sagesse de Lyautey. La raison en est simple, la crainte d’une prise de contrôle imminente par le Reich de toute l’Afrique du Nord alors que les Italiens ont mis en danger les positions de l’Axe sur le continent.

    « La situation, il faut que tous la connaissent. Il y a maintenant au Maroc des centaines d’agents allemands. Le contrôle des centres importants et des points stratégiques se prend. Les fournitures d’essence, les autorisations de vol, l’activité des aérodromes, c’est sous l’oeil des Allemands que tout cela se fait. » Cette certitude qui est affirmée par les Français libres résulte de renseignements recoupés. On peut ajouter alors qu’une section de la commission allemande réfléchit aux meilleurs points de la côte pour établir des bases de sous-marins afin de mieux intercepter les navires britanniques et prendre progressivement le contrôle de la circulation maritime sur la Méditerranée.

    Les agents du Reich ne s’intéressent pas qu’à la région d’Agadir et la mission qui est confiée à M. Auer a bien pour vocation de s’étendre à l’ensemble du Maghreb. On interpelle le maréchal Lyautey et on le fait parler pour mieux embarrasser l’autre maréchal, celui de Vichy : « Tout cela n’est pas nouveau, les agents allemands, je sais comment on les traite. Les frères Manessman, en 14, je les ai fait fusiller. A ce moment, l’ennemi était encore aux frontières de la France. Aujourd’hui la partie est plus facile encore et plus nécessaire. Car aujourd’hui, toute la France est enrôlée dans la résistance passive. Au Maroc où l’on peut résister activement avec le secours des alliés de la France, tous les musulmans sont avec nous. Mon œuvre a porté ce fruit. Les musulmans détestent l’Allemand comme l’Italien. Si la France se bat, ils la suivront. Car ils ne suivent que des chefs qui commandent. C’est pourquoi en Islam, l’audace paie toujours. Mais l’audace paie partout. On ne soutient que les forts, mais on les soutient toujours ».

    L’idée est qu’il faut faire basculer le Maroc et l’Algérie dans le camp des alliés et ainsi refouler les pions de Vichy sur la seule métropole. L’adresse est encore plus ciselée lorsqu’il s’agit de viser les officiers des affaires indigènes. Lyautey, d’où il est, les sollicite pour qu’ils fassent le bon choix pour la France : « Ma Lorraine, l’Alsace, la Picardie, la Flandre ne sont plus françaises. Est-ce que vous acceptez ? L’Allemagne menace le Maroc avec la connivence de certains. Est-ce que vous acceptez ? Est-ce que vous allez importer la capitulation en Afrique du Nord ? Donner aux Allemands l’avantage en Méditerranée, leur assurer des bases dans l’Atlantique pour retarder les envois de l’Amérique aux combattants de la liberté ? Songez-y c’est grave. L’inertie des états-majors, l’enchaînement des habitudes, tout cela doit maintenant cesser. Soyez prêts ».

    Bref, en faisant ainsi parler Lyautey, on trouve une autre figure élevée à la dignité de maréchal de France mais qui n’a pas l’uniforme taché de compromissions avec Hitler comme l’est celui de Pétain. Il y a chez les Français libres la volonté de faire surgir une fracture parmi les grands noms qui ont fait la fierté de nos armées. Le mot d’ordre que l’on estampille des valeurs défendues avec honneur par Lyautey est : « Nous rendrons la France à la France et nous referons l’Empire ! ».

    LES BÉBÉS N’ONT PAS DE LAIT

    Humiliée, la France l’est chaque jour et, le compte-rendu donné le 2 mars d’une manifestation dans plusieurs arrondissements de Paris concernant le manque de lait, atteste cette volonté d’affamer les Français.

    Alors que des mères avec leurs enfants dans les bras demandaient du lait, des nurses allemandes en ont fait une généreuse distribution aux soldats allemands, sous les yeux de la population. « Comme dans tous les pays nordiques, les Allemands aiment et boivent du lait comme les Français boivent du vin. C’est supérieurement hygiénique, nous n’en doutons pas un seul instant ; d’ailleurs la France comme nous le savons est un pays laitier par excellence. Aussi étions-nous étonnées du rationnement du lait en France, dont il est impossible d’accuser le blocus ». On fait passer le message que les bébés français seront désormais sevrés trop tôt, qui plus est lorsque les mamans ne peuvent plus allaiter, pour satisfaire les petits plaisirs des soldats en charge de l’occupation. Les gaullistes s’insurgent contre le scandale : « Il s’agit de les abreuver de lait pendant que les mères n’en ont pas pour leurs petits ».

    On s’interroge alors à Londres pour savoir quelles sont les explications que va trouver « Radio Paris » pour justifier de telles attitudes en dehors des mensonges éhontés habituels. Si le speaker à toutes les sympathies de l’ennemi, il a tout le mépris des mères de l’Hexagone.

    Georges Boris en ajoute une couche le 4 mars 1941 lorsqu’il s’élève contre le nouveau rationnement du pain : « Du jour en lendemain, d’une manière aussi imprévue que soudaine, la ration de pain a été abaissée de 350 à 280 grammes dans la zone dite libre. Elle n’atteint plus que les deux tiers de la ration française normale d’avant-guerre ».

    En plus de l’action tentaculaire destinée à tout contrôler de ce qui a été français, le Reich soutient une politique capable d’apporter la famine en France.

    Les Français libres espèrent que cette menace redoutable va faire se lever un puissant vent de révolte. « Les Allemands infligent aujourd’hui à la zone dite libre le blocus du pain. Ce blocus allemand est un acte de chantage éhonté. Car c’est à la faveur de ce blocus allemand du pain dont vous êtes victimes, Français de la zone dite libre, que le traitre Laval, devenu affameur de la France, doit s’emparer du pouvoir. C’est à la faveur du blocus allemand du pain qu’on veut vous imposer la collaboration afin que vous coopériez à une victoire allemande qui signifierait, pour notre pays, l’asservissement, la misère et la faim pour longtemps ».

    On utilise aussi la prophétie de sainte Odile pour tenter de semer le doute dans l’esprit païen des nazis. « Il est venu le temps où la Germanie sera appelée la nation la plus belliqueuse de la Terre ».

    A la manière du récit de l’Apocalypse, les prévisions les plus effroyables sont symbolisées par des allégories. Et de prédire : « Le conquérant aura atteint l’apogée de ses triomphes vers le milieu du sixième mois de la deuxième année des hostilités. Ce sera la fin de la première période, dite des vic-toires sanglantes. Il croira alors pouvoir dicter ses conditions ».

    La description qui est continuée est à la fois optimiste et complexe : « La seconde partie de la guerre égalera en longueur la moitié de la première. Elle sera appelée la période de diminution. Elle sera féconde en surprises qui feront frémir les peuples ». La troisième période sera courte, ce sera celle de l’invasion, un juste retour des choses. Le pays du conquérant sera envahi de toutes parts : « Les armées seront décimées par un grand mal et tous diront : le doigt de Dieu est là ».

    Et d’ajouter ce dernier tableau : « Tous les peuples spoliés recouvreront ce qu’ils auront perdu et quelque chose de plus ». "

    ***********************************

    Union110312d - Marne
    CHATILLON-SUR-MARNE : Association des anciens combattants : Objectif : « manger les fonds »

    L’assemblée générale aura lieu à Passy-Grigny en 2012.
  •  Agrandir la photo
  • En présence de Jacques Morange, maire de Châtillon-sur-Marne, de Françoise Ferat, sénateur maire de Cuchery, les anciens combattants -ACPG-CATM- de la section locale du Châtillonnais, viennent de se retrouver à la mairie de Châtillon pour, comme en 2004, y tenir leur assemblée générale, une nouvelle fois placée sous la présidence de Christian Chabrouillet.

    Ce dernier devait rapidement tracer un tableau bien noir sur le devenir de l’association, même si celle-ci fut particulièrement active l’an passé avec des délégations en nombre sur des cérémonies, des réunions et sur un voyage.

    La minute de silence observée en début de réunion à la mémoire des camarades disparus, devait rapidement axer les débats sur le vieillissement inexorable des effectifs. A ce jour, la section est composée de 59 adhérents. « Le temps passe hélas et j’espère que l’oubli ne viendra pas trop vite devait appuyer le président. Notre association est appelée à disparaître, faute de combattants ». Et ce manque d’anciens combattants fit même dire aux présents que l’association devrait disparaître d’ici une dizaine d’années. Aussi, l’idée fut-elle lancée de : « Pourquoi ne pas manger les fonds », en proposant par exemple un voyage pour tous à destination de Colombey-les-Deux-Églises. « Il reste une réserve financière de 9 années à l’association, après la présentation des comptes de l’an passé, légèrement déficitaire ». Françoise Ferat devait s’associer à « Cette très bonne idée, d’un voyage à destination de la tombe du Général. Les associations n’ont pas le droit d’avoir un bas de laine… » Il semble donc que ce voyage en autobus sera bien organisé et que l’achat de palmes pour tous soit une perspective trop macabre pour être retenue dans l’immédiat. Cette AG avant un dépôt de gerbe au monument aux morts et un repas où 69 convives se retrouvèrent fut aussi l’occasion de parler de la carte du combattant, du congrès départemental qui aura lieu à Saint-Martin-d’Ablois en mai prochain ou encore de maintenir à son poste le président, ainsi que les délégués communaux ou le commissaire aux comptes.

    ***********************************

    Union110312c - Marne
    LA NEUVILETTE : Trois questions à… Jean Ledoux président des ACVG de la Neuvillette

    Jean Ledoux : « Notre effectif est relativement constant ».
  •  Agrandir la photo
  • Jean Ledoux, vous êtes président de la « société des Anciens combattants et victimes de guerre de la Neuvillette » : qui sont vos adhérents ?

    « Actuellement la société compte 97 membres dont 17 de 39/45 et TOE, 61 d’AFN, et 7 veuves d’anciens combattants. S’y ajoute une cinquantaine de sympathisants. Elle a été créée il y a 50 ans par Pierre Collinet, maintenant président d’honneur et j’ai repris le flambeau il y a 10 ans. Notre effectif est relativement constant mais nous avons quand même mis à l’ordre du jour de notre AG la question générationnelle au sein du monde combattant. Car il faut savoir que bientôt les associations comme la nôtre n’existeront plus si on n’agit pas… Les poilus ont disparus, les combattants de 39/45 ont au moins 85 ans, les anciens d’Algérie et d’Indochine sont âgés de 70 ans pour les plus jeunes. Les camarades qu’on qualifie de « 4e génération du feu » ont participé à des interventions partout dans le monde mais les conditions ne sont pas réunies pour susciter chez eux un sentiment d’appartenance spontanée ».

    Que préconisez-vous pour maintenir vivant l’indispensable devoir de mémoire ?

    « Nous pourrions mettre en œuvre des actions communes sous l’égide de notre fédération l’UNC et créer une section des militaires des opérations extérieures dénommée UNC-OPEX : cette idée va dans le bon sens puisqu’elle sous-tend l’intention de leur faire confiance et de les préparer à prendre des responsabilités ».

    En attendant, quels sont les projets 2011 pour faire vivre votre comité ?

    « Nous les avons déjà entamés avec notre fameux bal à papa qui a connu un franc succès le 6 février dernier. Nous participerons au congrès de l’UNC à Courtisols le dimanche 10 avril. Le samedi, 16 avril nous visiterons le mémorial de Péronne. En septembre est prévue une sortie à Paris et en novembre le déjeuner-dansant de l’Armistice. Et bien sûr nous sommes présents à toutes les cérémonies patriotiques des grandes dates. Je reste à la disposition des personnes qui souhaitent se renseigner sur leurs droits (carte et retraite du combattant) au 03.26.09.02.43 ».

    ***********************************

    Union110312b - Marne
    REIMS : Comment enrayer la baisse des effectifs ?

    A l’heure des récompenses.
  •  Agrandir la photo
  • Lors de son Assemblée générale, l’UNC Reims a observé une minute de silence pour ses adhérents disparus, en y associant les soldats tombés récemment en opérations extérieures.

    Dans les assemblées générales d’associations d’anciens combattants, la baisse des effectifs est presque toujours à l’ordre du jour : Serge Gourlin, président de l’UNC Reims, a lui aussi cité « les difficultés à mobiliser nos amis de plus en plus âgés, handicapés, fatigués et même désabusés… ». Il a expliqué qu’une étude avait eu lieu et qu’il semblerait que le regroupement des associations soit une solution… Il est toutefois difficile et « ce n’est certainement pas pour demain »…

    Alexandre Zentner, président départemental de l’UNC Marne, a cependant précisé que certaines sections en ont accepté le principe, comme l’Union nationale du Perthois et du Bocage, calquée sur les communautés de communes.

    Gloire et douleur

    Avec émotion et lyrisme, le colonel Carminati a ensuite évoqué le devoir de mémoire en retraçant les événements qui, depuis un siècle ont offert aux anciens combattants « des habits de gloire et de douleur », une épopée avec les Poilus, les monuments aux morts érigés à la demande de Clemenceau dans 36 000 communes, les 50 millions de victimes faits par le monde en 40/45, les effets de la décolonisation avec les conflits d’Indochine et d’Algérie…

    L’adjoint Jean-Claude Laval a souligné que chaque citoyen peut juger selon ses convictions, sans esprit revanchard, rappelant que Reims est marquée par des moments forts de réconciliation et que « l’histoire ne doit pas paralyser l’action ».

    Il a ajouté que « la vie avancant avec ses conséquences, le devoir de mémoire va incomber à la société civile » et il a affirmé que la Ville de Reims tient à s’associer à toutes les grandes dates de commémoration.

    Des récompenses

    La matinée s’est terminée par une remise de médailles internes à l’association ou officielles.

  •  Croix du Djebel « argent » à Michel Billet, Richard Jacquemart, René Mahuet et Jean-Paul Royer.
  •  Croix du Djebel « diamant » à Lionel Malle.
  •  Mérite UNC « vermeil » à Yves Bossard.
  •  Médaille militaire : remise à Claude Nouvion, par Pierre David, président des médaillés militaires.

    Les récompenses suivantes ont été remises ensuite à Lucien Léger lors d’une cérémonie au monument aux morts : croix du combattant, médaille titre de reconnaissance de la Nation, médaille commémorative agrafe « Algérie ».

    ***********************************

    Union110312a - Marne
    SEZANNE : Anciens combattants Bernard Louise nouveau président

    Le bureau autour du nouveau président.
  •  Agrandir la photo
  • Après dix années passées à la présidence de l’association des anciens combattants et prisonniers de guerre du canton de Sézanne, Bernard Obara n’a pas souhaité se représenter. A l’issue d’une réunion extraordinaire en présence des délégués des communes, c’est Bernard Louise, le vice-président durant de nombreuses années qui a été élu.

    Domicilié à Linthelles dont il est conseillé municipal, il connaît bien le canton. Il est en outre membre de l’association départementale. Bernard Obara lui a présenté ses vœux de réussite et déclarait qu’il partait, « en toute tranquillité sachant que le nouveau président saurait maintenir un esprit d’équipe dans l’association ».

    Le bureau de l’association est composé comme suit : 1er vice-président, B.Barthélémy ; 2e vice-président, G.Delizée ; secrétaire, J.C. Méret ; vice-secrétaire, M.R. Boulanger ; trésorier, A.Barrat ; vice-trésorier, M. Depoivre.

    Membres : M.Richard, A.Maudier, JJ.Moret. Porte-drapeaux : JJ.Moret, P.Léglantier, C. Lagirarde. Responsable des veuves, G.Delizée.

    ***********************************

    Union110311b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Résistance : En souvenir de Pierre Semard

    Pierre Maigret a évoqué la vie militante de Pierre Semard.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Il avait décidé de commémorer la mort de Pierre Semard. Pierre Cornil, président de la section locale de l’association nationale des anciens combattants cheminots (Ancac), est malheureusement disparu trop tôt, il y a quelques semaines seulement.

    Pierre Maigret, son vice-président, a tenu à respecter son vœu, à savoir rendre hommage à ce fervent syndicaliste et résistant qu’était Pierre Semard, cheminot fusillé par les Allemands à l’âge de 57 ans le 7 mars 1942 à la prison d’Evreux. Les cheminots se souviennent… Chaque année, en effet, sur le quai de la gare, face au monument, là où sont gravés les noms des cheminots qui ont combattu pour la patrie, qui ont été fusillés ou déportés, morts victimes de leur devoir, les anciens cheminots se réunissent et s’inclinent lors de chaque cérémonie patriotique locale ou nationale devant ce monument. Pierre Maigret, en souvenir de son camarade, du président disparu qui laisse un grand vide à l’Ancac, a rappelé ce que fut Pierre Semard, sa vie de syndicaliste et son ardente implication au sein de la Résistance.

    En présence de nombreux présidents d’associations d’anciens combattants, de porte-drapeaux, auxquels se sont associés Serge Helleringer, conseiller municipal délégué de la Ville aux anciens combattants, de Michel Le Dren, vice-président de la société d’entraide des membres de la Légion d’honneur (SEMLH), une gerbe fut déposée au pied du monument par les autorités.

     

     

    ***********************************

    Union110311a - Marne
    REIMS : Retraités militaires : l’esprit combattant intact

    Le tout nouveau drapeau a été remis à Henri Joly.
  •  Agrandir la photo
  • Récompenses aux bénévoles dévoués avec félicitations des officiels.
  •  Agrandir la photo
  • A la suite de l’affiliation à la fédération nationale André-Maginot de l’Asso 51, le groupement 101 des retraités militaires et veuves a reçu un drapeau neuf qui sera porté vaillamment par le fidèle Henri Joly.

    POUR l’assemblée générale des retraités militaires et veuves qui s’est tenue à Reims au centre des congrès, le président Claude Scrabalat et les membres du bureau ont communiqué sur la vie de l’association avant de laisser la parole à Alain Clerc, secrétaire général de la FNAM, non sans avoir rappelé que, grâce à l’intervention du président national Charles Berder, l’association 51 est affiliée à la fédération nationale André-Maginot depuis l’an dernier.

    Alain Clerc a présenté cette fédération, insistant sur « l’aide qu’elle apporte au monde combattant par les allocations sociales versées aux 260 groupements affiliés », aux adhérents en difficulté, aux maisons de retraite de l’Onac, aux grandes causes humanitaires et à la recherche, aux hôpitaux militaires et à l’Institution nationale des Invalides.

    A noter aussi l’organisation du prix annuel de la mémoire du civisme, qui s’adresse à plus de 16 000 jeunes « sans oublier le sort des militaires en activité, au maintien et à la défense de leurs droits ».

    S’adressant au député Arnaud Robinet, Alain Clerc a dit qu’il y avait grand besoin d’avoir un secrétaire d’Etat aux anciens combattants…

    Ciel unique

    Le lieutenant-colonel Bare, de la Base 112, a ensuite donné des précisions sur les opérations de transfert engagées jusqu’au 30 juin : « Il restera ensuite quelques mirages dans le ciel champenois : ceux qui participeront au défilé aérien du 14 Juillet »… ensuite ce sera fini…

    Sauf que « l’armée de l’air ne vous quittera pas complètement : elle est présente depuis 40 ans au sein du pôle Farman, avec dix personnes. Mais l’effectif pourrait être augmenté jusqu’à cinquante d’ici 4 ans, avec un projet pionnier sur Reims ».

    Il s’agit d’un « ciel unique » européen sous contrôles civil et militaire qui travailleront ensemble.

    L’adjointe Christiane Kutten a souligné « l’esprit combattant » de l’association pour défendre les siens et leurs droits.

    Nouveau drapeau

    La matinée s’est terminée par l’attribution de récompenses aux bénévoles dévoués et par la remise au groupement 101 d’un drapeau flambant neuf, grâce à une subvention exceptionnelle de la fédération.

    Alain Clerc l’a déposé dans les mains de Claude Scrabalat… qui l’a ensuite remis au dévoué porte-drapeau Henri Joly, geste symbolique accompagné de la Marseillaise.

    ***********************************

    Union110310c - Marne
    COURCY : Les anciens combattants du canton réunis à Courcy : Après la cérémonie, les médailles

    Des remises de médailles ont suivi la cérémonie au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le dimanche 6 mars, les anciens combattants du canton de Bourgogne ont organisé une cérémonie officielle au monument aux morts de Courcy, à laquelle participait la fanfare de Bourgogne.

    Ils venaient de tenir leur assemblée générale ordinaire, et d’élire Robert Clément en tant que président.

    Ils étaient accompagnés par le sénateur Yves Détraigne, par Monique Dorgueille, représentant Eric Kariger, conseiller général, et par Martine Jolly, maire de Courcy.

    Des distinctions ont été remises. Ainsi Felix Buczek, Roland Daux et Claude Pannet ont reçu la médaille au titre de Reconnaissance de la Nation, ainsi que la médaille commémorative avec agrafe Algérie, et Bernard Henry a reçu la médaille au titre de la Reconnaissance de la Nation

     

    ***********************************

    Union110310b - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Anciens combattants : Une section dynamique

    La section de Sermaize compte 100 adhérents.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La section de Sermaize des anciens combattants a tenu dimanche matin son assemblée générale à la salle des fêtes. Après une minute de silence à la mémoire des adhérents disparus et les excuses du plus ancien d’entre eux, l’abbé Regnault aujourd’hui centenaire, le vice-président Jean Posson a présenté les effectifs. Sur exactement 100 adhérents, les anciens d’Algérie-Maroc représentent le plus gros bataillon (61) suivi par les veuves (19) ; il y a encore 5 anciens de 39/45 et aussi 9 sympathisants. Le président Jean François a retracé les activités de l’association avant que le trésorier ne présente un bilan financier où les recettes et les dépenses s’équilibrent. Les membres sortants du bureau ont été reconduits à l’unanimité ; nouvelle entrante Marie-Paule Gris, responsable de la commission sociale.

    Le secrétaire général départemental a traité de l’action sociale, constatant que le seuil de pauvreté augmente : sur les 17 dossiers déposés dans le département, 11 sont du secteur de Sermaize. Le président de la section de Thiéblemont qui s’est regroupée avec Vitry a plaidé pour un regroupement des petites sections (une section toute proche n’aurait plus que 6 adhérents (veuves comprises). Quant à Mathieu Leblanc, président de la section Opex de la Marne, il a plaidé la cause des combattants des opérations extérieures.

     

    ***********************************

    Union110310a - Marne
    MONTMIRAIL : Le devoir de mémoire toujours bien assuré

    Les médaillés ont reçu différentes décorations.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le congrès cantonal des anciens combattants a permis de souligner la bonne affluence aux cérémonies officielles. Quatre anciens combattants ont été médaillés.

    LE congrès cantonal des anciens combattants de Montmirail s’est déroulé sous la présidence de Bernard Lefèvre et en présence de Bernard Doucet maire de la commune ainsi que d’Henri Mauclaire, délégué départemental.

    Après avoir observé une minute de silence pour les disparus et veuves de guerre ainsi que pour les soldats morts en Afghanistan et sur l’ensemble des terrains d’opérations militaires, le président a remercié les maires qui assistent à l’assemblée et qui leur accordent une subvention.

    Il a rappelé les différentes manifestations qui ont eu lieu l’année dernière et a remercié les différents porte-drapeaux qui participent aux cérémonies officielles. Notamment Bernard Lelong, délégué cantonal et membres du bureau départemental de Ufac et vice-président de l’association. Michel Zarkovic, le 1er vice-président départemental et membre de l’Ufac. Et Jean-Pierre Bénier, délégué de l’association Mondement 1914.

    Bernard Lefèvre a indiqué : « Comme vous pouvez le constater, notre canton est bien représenté. Il nous faut être nombreux dans nos actions et surtout ne pas oublier notre devoir de mémoire. » A l’issue, l’ensemble des membres s’est rendu au monument aux morts pour un dépôt de gerbe. Puis c’est dans la salle de la Halle aux veaux qu’a eu lieu une remise de décoration. Bernard Doucet et Léon Mathieu ont reçu le mérite fédéral, André Crapart a reçu la médaille de fidélité et Guy Debarle la médaille du mémorial AFN.

    C’est par un banquet que cette assemblée s’est terminée.

     

    ***********************************

    Union110309b - Marne
    TRIGNY : Les anciens combattants en agapes

    Le président Roland Marion (à gauche), les anciens combattants, soldats de France UNC, les conjoints et amis.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les anciens combattants et soldats de France UNC de Trigny se sont réunis samedi midi autour d’une bonne et belle table décorée aux couleurs du drapeau français, avec conjoints et amis, sous la houlette de leur président Roland Marion. Le président a d’abord demandé une minute de silence pour les anciens combattants décédés depuis l’an dernier et pour les soldats tombés en Afghanistan. Il a remercié Mme Letailleur, âgée de 90 ans et veuve de Michel récemment décédé, qui avait été déporté à Rawa-Rushka, de les honorer de sa présence ainsi que le docteur Jean-François Jounion, petit-fils de Gaston Jounion, mort pour la France et inscrit au monument aux morts de Trigny. Il a également salué les nouveaux membres sympathisants qui sont venus les rejoindre cette année, permettant de maintenir l’effectif et éviter des regroupements comme c’est le cas dans d’autres sections du département.

    Il invite ensuite toutes les personnes présentes à venir et à inviter toutes les personnes intéressées et les scolaires, le dimanche 17 avril de 9 à 17 heures, salle de réunion de la mairie, afin de voir l’exposition UNC intitulée « La guerre d’Algérie, une exigence de vérité ». Il rappelle enfin que l’UNC, créée par le révérend père Brothier et approuvé par Clemenceau, rassemble des adhérents de toutes origines, convictions et engagements, a acquis depuis plus de 90 ans une remarquable notoriété.

     

    ***********************************

    Union110309a - Marne
    COURCY : Les anciens combattants en assemblée : Robert Clément élu président

    Robert Clément est titulaire de la croix du Combattant.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’assemblée générale ordinaire des anciens combattants ACPG, CATM, du canton de Bourgogne, s’est tenue dimanche 6 mars à Courcy, en présence d’Yves Détraigne, sénateur, et de Monique Dorgueille, représentant Eric Kariger, conseiller général.

    Une minute de silence a été observée à la mémoire de Roger Delorme, le président récemment disparu. Ensuite, Robert Clément a été élu président. Né en 1933 à Reims, engagé en 1952 au 7e Régiment de Cuirassiers de Reims, sous-officier, il a été rappelé en Algérie au 3e Régiment de Zouaves à Constantine. Promu adjudant, libéré en 1956, il est titulaire de la croix du Combattant.

    Le rapport financier pour l’exercice 2010, a fait apparaître un solde positif, et le quitus a été donné à l’unanimité. Le bureau a été réélu dans son ensemble ; vice-président, Camille Bœuf ; secrétaire, René Machet ; trésorier, Jean-Claude Petit. Le nouveau président a fait part des projets : le Souvenir français a décidé de mémoriser les tombes des militaires dans les cimetières communaux et d’assurer leur entretien.

    Au programme du 9 avril, le ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe. Le congrès départemental se tiendra le 22 mai à Saint-Martin-d’Ablois. Le 2 octobre, une cérémonie sera organisée à Auménancourt pour les 100 ans du président Nicolas.

     

    ***********************************

    Union110308a - Marne
    SEZANNE : Anciens combattants ACPG-CATM : Dernière assemblée pour Bernard Obara

    70 personnes ont assisté à cette assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  •  

    C’est à Linthelles que s’est tenue l’assemblée cantonale des Anciens combattants et prisonniers de guerre, combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc (ACPG - CATM) en présence de Roger Rouvray, délégué départemental et de Bernard Obara, président cantonal. 70 personnes étaient présentes.

    Bernard Obara a remercié les communes qui versent chaque année une subvention à la section. Les ACPG-CATM et veuves de guerre comptent 117 adhérents. Bernard Obara a rappelé que l’association est présente avec son drapeau à toutes les cérémonies patriotiques ou du souvenir.

    A l’issue de cette assemblée, M. Labrune a rappelé qu’une section du Souvenir français existe à Sézanne. Une réunion aura lieu le 4 avril à Sézanne pour en parler.

    Enfin, le président Bernard Obara a souhaité passer la main. Une réunion extraordinaire sera prévue avec tous les délégués de commune pour reconstituer le bureau et élire un nouveau président.

    Après les travaux de l’assemblée, c’est derrière la fanfare de l’Etoile broyenne et les porte-drapeaux que les anciens combattants sont allés déposer des gerbes au monument aux morts. Guy Chardin de Broussy et Maurice Jamard de Sézanne ont été décorés de la Croix de combattant.

    Un vin d’honneur et un repas convivial ont conclu cette journée.

     

    ***********************************

    Union110307a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens combattants UNC-AFN : encore de nombreuses revendications

    L’hommage des autorités au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • C’est après un dépôt de gerbe au monument aux morts avec le député-maire Bruno Bourg-Broc, et quelques minutes de recueillement au mémorial AFN, que François Kermann, président local de l’UNC-AFN a réuni ses adhérents à la maison du combattant pour l’assemblée générale annuelle.

    Nombreux étaient ces adhérents pour suivre les travaux qui ont permis d’aborder les différents problèmes liés au monde combattant.

    Le président a longuement parlé de quelques-uns de ces problèmes non encore résolus dans leur totalité qui sont : l’attribution de la carte du combattant, la campagne double pour les anciens d’AFN remplissant les conditions, l’action sociale, le recrutement, les fusions, l’accueil des anciens des missions extérieures (Opex)… Pour ceux-ci, un bureau se met en place avec les Camps de Champagne. « C’est la relève assurée et nous leur souhaitons un très bon accueil ! » a déclaré le président.

    Sur le plan local, les effectifs sont très stables avec la venue de nouveaux adhérents. « Nous restons vigilants aux problèmes de nos anciens d’AFN de même que pour les veuves ! » a ajouté François Kermann.

    Il a remercié les membres de son bureau pour leur travail, ainsi que l’action sociale de deux responsables en collaboration avec l’Onac, comme il a congratulé également les porte-drapeaux pour leur travail toute l’année.

    ***********************************

    Union110306a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    La joie de Brosset

    Koufra : un point sur la carte dans le désert.
  •  Agrandir la photo
  • Diego Brosset décoré par de Gaulle alors qu’il a reçu ses étoiles de général. Il était déjà en première ligne en 1941.
  •  Agrandir la photo

  • C’est Diego Brosset qui, dans l’émission « Les Français parlent aux Français » évoque le 3 mars la conquête de Koufra par Leclerc. Il ne parlera qu’à trois reprises sur les ondes de la BBC avant de rejoindre le front le 16 mars 1941.

    Sa comparaison est osée. Pour construire son commentaire il utilise tous les arguments puisés dans l’actualité. Il prend en compte les annonces des journaux français comme quoi le gouvernement de Vichy se prépare à abandonner une partie de l’Indochine au Siam pour opposer à cette triste nouvelle la prise de Koufra. Il exagère en parlant d’un millier de prisonniers mais c’est pour lui l’opportunité de poser la question qui fâche : qui donc trahit la cause et livre l’Empire ? Il s’exprime ainsi : « La vérité c’est que d’un côté on est sur une pente savonnée de la défaite, tandis que de l’autre, on est sur celle de la victoire ».

    Brosset explique alors aux Français qui n’ont pas une carte de l’Afrique en tête ce qu’est Koufra : « Il s’agit d’un groupe d’oasis du grand désert libyen à 1500 kilomètres au nord-est du lac Tchad, à 1000 kilomètres du Caire et, au plus près, à 600 kilomètres de la Méditerranée : nos postes du Tibesti en Afrique française libre en sont à 600 kilomètres. C’est de là que sont parties les troupes du colonel Leclerc ». Rusé Diego Brosset fait une rapide leçon d’histoire pour mieux déconsidérer les Italiens et réaffirmer l’exploit français : « Koufra c’est le refuge sacré des Sénousites. Lorsqu’en 1931, les Italiens s’en emparèrent à l’aide d’une colonne motorisée de trois cents camions éclairée et protégée par vingt avions, elle était presque inconnue. Inconnue sauf par le rapport d’un Français, le maréchal des logis Lapierre et d’une Anglaise Miss Rosita Forbes. Il y a des traditions d’audace qui se conservent ».

    Reprendre Koufra non pas en partant de la Méditerranée somme toute voisine mais du Tchad, c’était un coup à tenter les Sahariens des Forces françaises libres. C’est résumer tous les faits d’armes qui ont été réalisés depuis le début de l’année et qui confirment la débandade italienne abondamment commentée. La chronologie qui est affichée respecte bien les progressions confirmées. La description est enthousiaste et épique et ne peut que captiver les auditeurs d’alors : « Il faut comprendre l’audace de ce siège par une troupe qui doit se défendre contre les éléments nomades cherchant à forcer son blocus ».

    Pour l’officier français la chute de Koufra traduit aussi le désespoir que les assaillants ont su imposer à l’horizon des Italiens convaincus qu’ils n’obtiendraient aucun secours depuis le ciel ou depuis le désert. Brosset évoque déjà l’avenir et le déclic que Koufra peut déclencher dans toutes les unités des FFL : « Ce matériel, ces ressources, le colonel Leclerc et ses hommes y comptaient pour pousser plus loin, pour aller de l’avant. Ils ne manqueront pas de le faire. Ils sont décidés à frapper vite et fort. Ils sont portés par leur succès et veulent être dignes de leurs aînés. Déjà ils les dépassent. Oui, il y a chez nous des traditions qui se conservent ! Sahariens français, saluez le colonel Leclerc et ses hommes ! Saluez et songez aussi à partir vers des conquêtes pour lesquelles on vous saluera ! ».


    ……….

    Koufra : le succès de Leclerc

    Une progression pas toujours simple vers l’oasis de Koufra.
  •  Agrandir la photo
  • L’un des fanions saisi dans le fort italien
  •  Agrandir la photo

  • En cette fin février 1941, les revers monumentaux enregistrés par les troupes italiennes en Cyrénaïque plombent le moral des soldats. Le Duce apprend cette déprime qui gagne les unités comme une épidémie de grippe aussi, essaie-t-il d’exalter leur courage. Ce sont déjà 250 000 Italiens qui ont été mis hors combat par les 35 000 hommes commandés par le général Wavell qui, avec son flegme britannique, fait ses additions avec un sourire discret. Les troupes de Leclerc encerclent toujours l’oasis de Koufra dont le ciel demeure vide. Les avions italiens ne s’y aventurent plus. Leur chef souhaite une assistance des bombardiers anglais mais sa requête n’est pas suivie d’effet alors que le général de Larminat lui transmet l’impatience d’un résultat manifestée par de Gaulle. Bien sûr le colonel séduit les indigènes, leur explique ses motivations et le combat qu’il entreprend contre les ennemis de la France. Pour gagner leur confiance, il leur sert abondamment du thé et leur donne du sucre. Il se présente en libérateur.

    Un drapeau blanc

    Si les forces de l’Axe sont isolées, elles peuvent tenir encore plusieurs semaines dans la forteresse. Soudain, le 27 février, le lieutenant Ceccaldi prévient que les Italiens ne tirent plus et qu’ils ont amené leur drapeau. Leclerc réagit et file avec une garde réduite vers le fort. Il n’hésite pas à traverser un espace désertique. En réalité, l’ennemi n’a pas retiré ses couleurs mais la drisse a été sectionnée par un tir d’artillerie ! Les Italiens ouvrent un feu imprécis qui blesse un membre du groupe. Le repli est décidé. Le 28 février, la porte du fort s’ouvre et les Français qui surveillent tous les mouvements observent un ascari qui est un indigène enrôlé dans l’armée du Duce se diriger vers eux. Il se présente avec un message du capitaine Colonna qui réclame aux assaillants d’épargner l’angle nord-ouest du fort où sont soignés les blessés.

    Leclerc qui comprend que les Italiens doutent de s’en sortir exige de s’entretenir avec un officier. Sûr de son fait, il le fait recevoir par deux de ses adjoints Guillebon et Sammarcelli. Il leur demande alors les conditions d’une reddition. Dès que l’émissaire est de retour à l’intérieur du fort, Leclerc donne l’ordre d’augmenter la cadence des tirs. Le 1er mars au lever du jour alors qu’il procède à l’inspection détaillée des défenses du fort, le lieutenant Ceccaldi constate que le drapeau blanc est hissé. Le lieutenant Milani est envoyé devant le fort pour discuter des conditions de la capitulation mais les Italiens palabrent ce qui excède Leclerc. Il se rend sur les lieux descend de sa voiture accompagné du capitaine de Guillebon et du sous-lieutenant Ruais. Le colonel entre malgré les protestations et indique qu’il rend visite au commandant.

    Une fois dans le fort où le capitaine Colonna tente de l’empêcher de pénétrer plus avant, il se rend tout droit dans la salle d’honneur et y fait rassembler tous les officiers. Son propos est vif et bref : « Vous vous rendez sans condition. Je passerai la garnison en revue dans une demi-heure ». Il se radoucit : « Vous avez offert une belle résistance. Il n’y a pas déshonneur à se rendre dans de semblables conditions ». Puis se tournant vers le commandant de la place : « Prenez un papier, je vais vous dicter l’acte de reddition du fort ». Leclerc, toujours avec la même audace convie le chef adverse à dîner dans sa propre salle à manger. Colonna confie alors : « Voyez-vous, mon colonel, c’est vraiment le premier repas tranquille que je prends depuis dix jours ».

    Le 2 mars, devant une centaine de soldats rassemblés dans l’enceinte du fort, le drapeau de la France libre est hissé au grand mât au cours de la cérémonie des couleurs. La prise de Koufra vient de coûter la vie à quatre Français libres et faire vingt et un blessés dans leurs rangs. L’inventaire du matériel confisqué fait état de quatre canons de 20 mm, d’une cinquantaine de mitrailleuses et d’un peu de munitions. La saisie est assez faible mais conséquente pour une troupe qui n’a pas grand-chose et a un impératif besoin d’étoffer sa puissance de feu. Leclerc lit à ses soldats, le télégramme qu’il va adresser au chef de la France libre : « Ça fera plaisir au général de Gaulle qu’on lui fasse hommage de cette victoire importante pour le Tchad. C’est capital pour le Tchad mais pour la France c’est très peu. Ne croyez pas que cela va s’arrêter. Au fond, nous ne déposerons les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur Metz et sur Strasbourg ». On ne dispose pas d’une transcription exacte de ce discours dont l’essentiel ici et le fruit du croisement des souvenirs des témoins de cet acte fondateur. Le serment de Koufra est né et il va avoir un retentissement que son auteur n’imaginait pas. Les FFL sont capables de victoires et cette certitude acquise au feu doit être renouvelée. La valeur symbolique de Koufra n’échappe pas au général de Larminat qui choisit d’en faire une large publicité.

    De Brazzaville à Londres

    Sur les ondes de Radio Brazzaville, Larminat qui, a plusieurs reprises a dit l’action engagée par Leclerc et la détermination avec laquelle les FFL assiégeaient l’adversaire relate l’exploit. Il parle de : « Koufra inexpugnable derrière 700 kilomètres de désert et de solides fortifications ». Il réitère la maîtrise de l’offensive et évoque : « Koufra attaquée, harcelée, à l’existence de plus en plus précaire est tombée ». Il n’hésite pas à faire de cette victoire réelle un événement hors du commun. Dans le télégramme qu’il envoie à de Gaulle il mentionne : « Vous annonce que Koufra a capitulé le 1er mars à 9 heures. C’est le premier poste ennemi conquis par les armes françaises, le premier pas vers la victoire. Vive la France ! ».

    Le chef des Français libres se réjouit de cette nouvelle qui donne plus de crédibilité à ses forces mais il est moins démonstratif envers Leclerc. Il lui adresse un message sobre : « Vous avez ramené la victoire sous les plis du drapeau. Je vous embrasse ». Cette modestie n’est pas reprise par Larminat qui communique plus que jamais et décrit Leclerc comme un très grand : « Qui a fait preuve d’un coup d’œil, d’un sens de la manœuvre et d’un culot extraordinaires et aussi d’une réelle capacité d’organisation et d’improvisation. C’est un chef de guerre de grande classe qui s’instruit chaque jour ».

    Pourquoi donner autant d’importance à Koufra alors que le premier poste enlevé aux Italiens par les FFL se situe 1500 kilomètres plus à l’Est en Erythrée ? Le 23 février, une semaine avant l’exploit de Leclerc, le bataillon de marche du capitaine Garbay, que Leclerc a été contraint de céder à la brigade d’Orient a pris Kub Kub. La bataille a été dure, sans doute plus que dans le désert libyen. La raison est évidente. Elle est politique. Koufra est une victoire 100 % française libre, commandée par un Français, initiée depuis un territoire français et qui n’a pas bénéficié d’un appui britannique comme la brigade de Monclar qui est intégrée dans une force anglaise ! Koufra n’a aucun intérêt colonial pour la France mais c’est un bon argument pour justifier d’une place encore plus grande dans le dispositif britannique. De Gaulle résume bien les événements du 1er mars : « Koufra est une démonstration de notre volonté de combat ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    ……….

    Philippe Leclerc acclamé, les traîtres accablés

    Leclerc : exigeant mais parfois armé d’un sourire caustique.
  •  Agrandir la photo
  • Un honneur supplémentaire pour le drapeau.
  •  Agrandir la photo

  • « Le succès français de Koufra est une grande date dans l’histoire de la libération de la France. Je vous en félicite et vous en remercie personnellement comme des autres succès remportés en Erythrée par les troupes de l’Afrique française libre que vous avez formées. Veuillez faire connaître au colonel Leclerc que je lui décerne la croix de la Libération et lui transmettre de ma part le message suivant : les cœurs de tous les Français sont avec vous et avec vos troupes. Colonel Leclerc, je vous félicite en leur nom du magnifique succès de Koufra. Vous venez de prouver à l’ennemi qu’il n’en a pas fini avec l’armée française. Les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire », ainsi s’exprime le général de Gaulle en tant que chef de la France libre dans le télégramme qu’il adresse à Brazzaville au général de Larminat, depuis Londres le 3 mars 1941. Trois jours plus tard, la citation à l’occasion de la nomination du colonel Philippe Leclerc comme compagnon de la Libération est publiée : « Chef de la plus haute valeur, admirable d’ardeur et d’énergie. Blessé au cours de la bataille de France, s’est évadé des mains de l’ennemi et a rejoint les Forces françaises libres. A pris une part décisive dans le ralliement du Cameroun, qu’il a ensuite, comme gouverneur, organisé pour la guerre, et dans la libération du Gabon. Commandant les troupes du Tchad, a préparé et conduit magnifiquement les opérations victorieuses de Morzouk et de Koufra qui ont ramené la gloire sous les plis du drapeau ». Ces bonnes nouvelles s’inscrivent dans la juste espérance appelée de ses vœux par le général lors de ses souhaits réalistes de nouvelle année.

    Un tour de cochon

    En ces temps particuliers on semble retrouver le goût de plaisanter. Une histoire de cochon fait beaucoup rire et elle fait même l’objet d’une relation dans l’émission favorite des Français sur la BBC. Hitler et Goering sont dans une voiture qui roule à vive allure sur une route de l’Hexagone. Soudain dans un village, elle se trouve nez à nez avec un verrat. Le conducteur ne parvient pas à l’éviter et la bête meurt écrasée. Le führer ordonne à un officier subalterne d’aller indemniser l’éleveur. Quelques minutes passent et l’officier revient les bras chargés de victuailles. La délégation l’interroge et ne comprend pas. On craint qu’il n’ait volé le tout. L’officier qui redoute d’être sanctionné s’explique : « Je me suis rendu à la ferme et j’ai dit au paysan Heil Hitler ! Le cochon, il est mort. Alors le paysan a eu l’air très content. Je ne sais pas pourquoi et il m’a donné volailles, légumes et fruits ».

    D’autres nouvelles sont beaucoup plus inquiétantes et font l’objet d’une présentation par Maurice Schumann. Le reporter de la France libre a lu dans un journal allemand de langue française dirigé par Jacques Doriot « Le cri du peuple » que : « La marine de la France est par la force des choses, sur le point de lutter contre l’Angleterre ». Et d’extrapoler pour mieux justifier la part honteuse de la rencontre entre l’amiral Darlan et l’ambassadeur Otto Abetz : « L’ennemi par des moyens variés, vise un but immuable : entraîner la France dans la guerre, dans la guerre à ses côtés, dans la guerre pour l’Allemagne, dans la guerre contre la France. Il y a longtemps que nous vous l’avons dit : Hitler veut se battre jusqu’au dernier marin, en attendant de se battre jusqu’au dernier soldat français ». Pour Schumann les manœuvres allemandes sont grotesques et ne dupent personne. L’objectif recherché est simple : « L’ennemi somme les hommes de la capitulation qui sont devenus les hommes de la collaboration, de forcer le blocus britannique en provoquant des incidents meurtriers. Il y a déjà des bateaux qui arrivent à Marseille. Où vont leurs cargaisons ? Dans la proportion de plus de 80 %, elles sont expédiées vers l’Allemagne dont la machine de guerre est des plus voraces ».

    Les Français libres tiennent à profiter de l’éclaircie de Koufra pour défigurer un occupant qui se comporte comme un voleur. Cette citation d’un haut fonctionnaire de Vichy est retentissante et fait mouche lorsqu’elle est prononcée sur les ondes : « La France peut vivre jusqu’à la fin mars. Après quoi, l’existence de 40 millions d’être humains sera dans les mains de Dieu ». La remarque de cet homme est pertinente puisque toutes les informations convergent pour confirmer l’accélération des confiscations imposées par l’ennemi. Mais les Français libres choisissent de lui donner tort : « Parce que le sort des Français comme celui de tous les peuples asservis est entre les mains de ceux qui combattent, oui, qui combattent pour la justice de Dieu ». Avant de conclure : « Les opprimés savent qui les libérera parce qu’ils savent qui les torture ».

    Le tango des traitres

    Le raisonnement est clair, les FFL soutiennent la guerre pour la France mais surtout pas la guerre pour consolider les intérêts de l’affameur. Doriot en soutenant la collaboration renforcée se comporte en traître endurci. Déat est qualifié à son tour de traître intransigeant. Bref, il y a dans la mouvance de Vichy des plus ultras que ceux qui siègent au gouvernement. Ils sont prêts à toutes les compromissions et soutiennent la nécessité d’affamer les familles françaises pour mieux les soumettre au joug nazi. « La faim, la faim par laquelle le Reich veut contraindre les ouvriers à travailler dans ses usines, la faim organisée dont il a tenté de rejeter la honte sur le Maréchal pour arracher la réintégration de Laval au gouvernement, la faim par laquelle il détruit la jeunesse de France emprisonnée dans ses camps, les petits enfants dans leurs maisons sans feu, demeure pour le führer, la dernière manœuvre d’un suprême chantage ».

    Laval est de nouveau dans le collimateur des Français libres. La position d’Hitler d’encourager le retour de l’ancien vice-président du Conseil signifie qu’il incarne à ses yeux le visage parfait de la collaboration et qu’il est prêt à signer une alliance exemplaire avec Berlin. Laval peut-être plus encore que Jacques Doriot et Marcel Déat est une peste politique. Pour les Gaullistes, il ne faut pas tergiverser et se taire pour mieux confirmer le principe : nourriture contre silence et obéissance. Et de prévenir : « Tenter de forcer le blocus britannique, c’est collaborer avec l’Allemagne, c’est accepter les risques de cette collaboration, c’est une duperie. La France continuera à avoir faim parce que Berlin en a décidé ainsi ».

    Alors la métropole est-elle dans une impasse ? Oui, si elle accepte et vaque à ses occupations dans une indifférence coupable. Or la seule attitude qui vaille, la seule qui soit française au sens noble du terme réside dans la reprise de la lutte armée auprès de la Grande-Bretagne : « Aux efforts du Reich pour assujettir notre flotte et notre Empire, on mesure qu’ils sont des facteurs décisifs du conflit. Qu’on cède au führer et la France aura faim pour des siècles ». La vie ne redeviendra normale qu’à la victoire aussi faut-il tout faire pour la hâter et stopper ce temps de souffrances.

    La victoire de Koufra indique le chemin. Tous ceux qui se rallient accélèrent le mouvement qui va dans le sens de l’histoire, celui qui s’inscrit dans la liberté.

    ***********************************

    Union110305a - Marne
    EPERNAY : Association nationale des anciens combattants de la résistance Pour ne pas revivre l’histoire

    Geneviève Philizot, ancienne résistante, Hélène Plaquin
  •  Agrandir la photo
  • L’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la résistance) a tenu son assemblée générale dimanche à la Maison des associations, en présence de nombreuse personnalités.

    Le président, Alain Galataud, a décliné un rapport moral en forme de long plaidoyer en faveur du maintien de toutes les commémorations patriotiques, d’une part. D’autre part, il a vivement et longuement regretté que le terme de « terroristes » soit trop souvent dévoyé, allusion, entre autres, aux résistants souvent qualifiés comme tels par les autorités en place. Et de conclure : « Ceux qui oublient l’histoire sont condamnés à la revivre ».

    Marianne Pernet a ensuite présenté le drapeau de l’association, entièrement refait à neuf et évoqué les possibilités offertes par une exposition itinérante sur la résistance mise à la disposition des scolaires.

    L’assistance s’est ensuite rendue place de la République pour le dépôt d’une gerbe au monument des Martyrs de la Résistance, encadré par une double haie de porte-drapeaux, et salué par les sonneries réglementaires exécutées par Jean-Marc Devavry.

    ***********************************

    Union110302a - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Maquis des Chênes : Un travail de mémoire à conserver

    L’assemblée générale s’est tenue samedi dernier.
  •  Agrandir la photo
  • La section de l’Union nationale des anciens combattants de Chavanges, présidée par Hubert de la Hamayde, a tenu son assemblée générale samedi dernier, une assemblée exceptionnelle en raison de la disparition de son président d’honneur Georges Humbert décédé le 16 juillet dernier. Une minute de silence à laquelle étaient associés les anciens maquisards disparus, a été respectée.

    A la suite du bilan des activités de l’année 2010, amputé de la journée de commémoration des Aviateurs alliés annulée en raison du décès de Georges Humbert, le président a tenu à remercier toutes les personnes et en particulier les porte-drapeaux toujours présents lors des différentes manifestations.

    Le trésorier Jacques Berthel a tenu à préciser que lors de la prochaine journée de commémoration du Maquis le 19 juin 2011, l’amicale sera contrainte de modifier un peu le menu du repas pour ne pas modifier les tarifs de l’année précédente afin de garder les convives les moins fortunés.

    Après la réélection des membres du bureau sortants, le président a félicité Gérald Gaillet pour sa médaille d’argent de la jeunesse, des sports et de la vie associative.

    Chaque personne présente, comme Jean-Pierre Bouquet ou Charles de Courson, s’est plu à souhaiter un plus grand travail de mémoire, en questionnant les anciens, mais surtout en expliquant aux jeunes dans les écoles, collèges ou lycées avec l’aide des professeurs d’histoire, ce que nos aînés firent afin que nous vivions libres. Egalement présent, le Général Lemoine fit remarquer que ce travail de mémoire existait souvent dans les communes par des écrits réalisés par des anonymes qui n’adhèrent à aucune association. Ce travail méconnu du grand public ou de ses proches disparaît très souvent avec son auteur.

    Pourtant, cet état d’esprit est déjà très avancé par les recherches de François Meunier qui enquête sur tous les fronts afin de reconstituer dans la mesure du possible et avec la véracité que la mémoire nous autorise les faits et les drames que ces anciens maquisards qui se comptent aujourd’hui sur les doigts des deux mains, ont vécu. La journée commémorative du Maquis des Chênes se déroulera cette année le dimanche 19 juin à Margerie-Hancourt.

    ***********************************

    Union110228b - Marne
    HERMONVILLE : Anciens combattants : En attendant le congrès

    La section locale compte 18 membres, dont 15 étaient présents à la réunion.
  •  Agrandir la photo
  • La section des anciens combattants d ’Hermonville a tenu son assemblée générale mercredi 23 février, en présence de Joël Gourmand, maire. Le président André Carlier a ouvert la séance en demandant une minute de silence à la mémoire des camarades disparus. Il a ensuite fait le point pour 2010 en constatant que rares sont les anciens combattants acceptant d’assumer des responsabilités.

    Le mât qui porte le drapeau sur l’aire du monument au morts a besoin d’un coup de peinture, un support pour déposer les fleurs serait utile : les dispositions sont déjà prises. Marcel Cossu, le trésorier, a lu les comptes 2010, et ils ont été approuvés. Le président a annoncé le congrès départemental prévu à Courtisols le 10 avril. Le transport, subventionné par l’UNC Marne, se fera en car avec les sections de Trigny, Prouilly, Fismes et Hermonville.

    Une bonne nouvelle : l’indice de la retraite du combattant va augmenter. Marcel Cossu a indiqué que lorsqu’un combattant ou une veuve, a une retraite très basse, un dossier présenté à l’Onac peut améliorer la situation. Le maire a conclu la séance en félicitant la section pour l’excellente tenue des cérémonies officielles.

    ***********************************

    Union110228a - Marne
    MORONVILLIERS : Les militaires n’avaient buté que sur une pierre

    Samedi, les sapeurs-pompiers avaient établi, avec l’aide de la gendarmerie, un cordon de sécurité autour du site. Une équipe de spécialistes du déminage du régiment de génie de Charleville-Mézières avait alors été dépêchée sur place. Christian Lantenois.
  •  Agrandir la photo
  • MORONVILLIERS (Marne). Injoignable samedi, l’Armée n’a pas hésité hier à joindre notre rédaction pour signaler que « l’obus » retrouvé à proximité du CEA de Moronvilliers n’était en fait qu’une simple pierre de silex.

    L’ALERTE avait été donnée samedi vers 14 heures. Un obus venait d’être découvert sur le camp militaire de Moronvilliers au cours d’un entraînement. (l’union d’hier). Une trouvaille qui ne présentait aucun caractère exceptionnel compte tenu de la situation géographique du terrain militaire. Situé sur une zone rouge, pour avoir été le théâtre de nombreux bombardements durant la Première Guerre mondiale, le site regorge encore d’obus dont près de 25 % n’ont jamais explosé.

    Ce que d’ailleurs la préfecture n’a pas hésité à nous confirmer dès les premières minutes de cette alerte. Malgré tout, la présence de cet obus, car il s’agissait encore bien de cela aux alentours de 16 heures samedi, n’avait rien de rassurant compte tenu de sa proximité avec le Centre d’expérimentation atomique (CEA).

    Le polygone d’expérimentation de Pontfaverger-Moronvilliers, centre de recherche du commissariat à l’énergie atomique qui s’étend sur près de 500 hectares, est chargé d’étudier à froid le fonctionnement de l’arme nucléaire. On le sait, c’est à Moronvilliers qu’a été effectué en 1958, le premier essai non nucléaire de la bombe atomique.

    Une forte odeur incommodante

    « Cette découverte intervenait dans le cadre de l’exercice annuel de transmissions des forces terrestres se déroulant dans la région et dans lequel 1 270 hommes étaient engagés », annonçait, dans un communiqué, la direction de l’exercice qui souhaitait apporter « un démenti » sur l’article paru hier.

    Tout au plus une précision sur la teneur de l’objet retrouvé mais identifié qu’en toute fin de journée.

    « Samedi, vers 13 heures, confrontés à des précipitations, les militaires d’un petit détachement implanté sur le Mont Haut de ce terrain, avaient creusé une rigole autour de leur tente. »

    « L’un d’eux a alors donné un coup de pioche sur objet dur, duquel s’était dégagée une forte odeur, avant de se plaindre d’irritation aux yeux. » Ce que nous signalions déjà hier.

    Et la direction militaire d’ajouter : « Compte tenu des soupçons pesant sur la nature de l’objet et par mesure conservatoire, la direction de l’exercice a aussitôt fait éloigner les personnels et prévenu les sapeurs-pompiers. Ces derniers ont alors établi rapidement, avec l’aide de la gendarmerie, un cordon de sécurité autour du site. »

    « Le terrain dépendant de la Défense, une équipe de spécialistes du déminage du régiment de génie de Charleville-Mézières a alors été dépêchée sur place pour procéder aux investigations d’usage, en présence de personnels de la sécurité civile ». Il s’est alors avéré que l’objet incriminé n’était rien d’autre qu’une grosse pierre en silex de forme arrondie, « dégageant une forte odeur lorsqu’elle est brisée ». Finalement, après avoir été examinés par un médecin, tous les personnels militaires, présents sur le site avaient pu reprendre leurs activités.

    Pas de quoi faire des étincelles en somme ! Tout juste de quoi gagner la guerre… du feu.

    C.L.

    ***********************************

    Union110227e - Marne
    MORONVILLIERS : Un obus de 14/18 mis au jour au cours d’un exercice militaire

    L’important cordon de sécurité placé par les sapeurs-pompiers de Reims a été levé vers 16 heures avec l’arrivée des démineurs ardennais.
  •  Agrandir la photo
  • Ch. LANTENOIS
  •  Agrandir la photo
  • Quel impact pourrait avoir une explosion sur ce site sensible ? Hier, pour les militaires et les sapeurs-pompiers, il n’était pas question de prendre le moindre risque.
  •  Agrandir la photo
  • Le Centre d’expérimentation atomique (CEA) de Pontfaverger-Moronvilliers étudie à froid le fonctionnement de l’arme nucléaire. D’où les précautions très particulières prises hier.
  •  Agrandir la photo
  • Moronvilliers (Marne) Branle-bas de combat hier, autour du Centre d’expérimentation atomique après la découverte d’un engin explosif sur le terrain militaire situé à proximité.

    HIER matin, la manœuvre a tourné court pour une partie des 1 270 militaires engagés sur le secteur de Mourmelon et de ses environs dans le cadre d’un exercice national des forces terrestres. La découverte d’un obus à proximité du Centre d’expérimentation atomique de Pontfaverger-Moronvilliers a nécessité l’intervention des sapeurs-pompiers et des démineurs et la mise en place d’un important cordon de sécurité.

    « On se trouve dans une zone classée rouge tant a elle a été bombardée lors de la Première Guerre mondiale », rappelle Damien Gérard, le président de l’association de défense de l’environnement de Pontfaverger et de sa région. « Environ 25 % des obus qui ont été tirés à cette époque n’ont pas explosé, d’où la menace. » Et du côté de la préfecture, on assure que la découverte de telles armes intervient régulièrement.

    Pourtant, celle effectuée hier par les militaires présentait un caractère exceptionnel, non pas en raison de l’engin mais de sa situation géographique.

    Ce samedi, en fin de matinée, cinq militaires, faisant partie de cette manœuvre, se trouvent sur le Mont haut, un terrain militaire de plusieurs centaines d’hectares. Le sol a été rendu boueux en raison des dernières pluies tombées sur la région. Alors qu’ils s’activent dans un trou rempli d’eau et de boue, l’une des pioches heurte un engin métallique qui s’avère être un obus de la Première Guerre mondiale. L’alerte est donnée à leur hiérarchie vers 13 h 30.

    Expérimentation de l’arme nucléaire

    Rapidement un cordon de sécurité est mis en place par les sapeurs-pompiers de Reims et de Warmeriville, notamment sur RD 64. Seule, cette petite route départementale sépare le terrain militaire du Centre d’expérimentation atomique.

    Ouvert depuis la fin des années cinquante sur 500 hectares, le polygone d’expérimentation de Pontfaverger-Moronvilliers, centre de recherche du commissariat à l’énergie atomique (CEA) rattaché alors au centre d’études de Vaujours, étudie à froid le fonctionnement de l’arme nucléaire. C’est d’ailleurs à Moronvilliers qu’a été effectué en 1958, le premier essai non nucléaire pour le programme de la bombe atomique.

    Un site sensible même si plus que des expériences concernant les explosifs chimiques associés aux têtes nucléaires, il s’agit pour les techniciens de la bombe de faire des expériences détoniques sur des matières nucléaires. Pour faire simple, on teste les explosifs des têtes nucléaires sur des répliques d’éléments constitués de matière se rapprochant des matières nucléaires utilisées pour la bombe réelle.

    Quel impact pourrait avoir une explosion sur le site ? Pour les militaires et les sapeurs-pompiers, pas question de prendre le moindre risque ! « De toute façon, on ne sait pas ce qu’il se passe véritablement au CEA, pas plus qu’on ne connaît la dangerosité des produits manipulés », confie l’unique automobiliste circulant hier sur la RD 64 lors de cet événement.

    Une transparence que Damien Gérard réclame lui aussi au travers de son association.

    Des démineurs de Charleville

    Vers 14 heures, l’intervention de démineurs s’avère indispensable. Pas question de faire venir l’équipe de la sécurité civile se trouvant à La Veuve près de Châlons-en-Champagne. « On se trouve sur un terrain militaire », précise-t-on à la préfecture.

    Finalement, l’état-major fera appel aux démineurs du Génie de Charleville-Mézières, dans les Ardennes.

    Vers 16 heures, les pompiers chargés de garantir l’efficacité du périmètre de sécurité lèvent le camp, laissant le champ libre à l’unité carolomacérienne.

    Hier soir, l’obus qui se trouvait toujours sur place, avait été stabilisé dans l’objectif sans doute de le rapatrier dans les Ardennes. A l’heure actuelle, aucune évacuation de la population n’a été envisagée.

    Fort heureusement, hier, la découverte « explosive » des militaires marnais n’a fait aucune victime dans leur rang.

    Corinne LANGE
    clange@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110227d - Marne
    LIVRE - SAINTE-MENEHOULD : La fuite de Louis XVI redevient accessible à tous : Un nouveau livre sur Varennes

    Le village de Varennes tel qu’il était en 1792 selon les témoignages.
  •  Agrandir la photo
  • Michel Godard présentant les épreuves de l’ouvrage à venir.
  •  Agrandir la photo
  • La fameuse berline de Louis XVI, redessinée d’après les données historiques.
  •  Agrandir la photo
  • L’ÉQUIPÉE tragique de Louis XVI et de sa famille depuis sa fuite des Tuileries jusqu’à quelques centaines de mètres de la rive où auraient dû l’attendre les représentants salvateurs de Bouillé a tenté bien des romanciers. Emportés par le caractère anecdotique du récit d’un roi en fuite avec sa famille, certains ont même refait et raconté ce qu’ils ont pu retrouver sur les détails de l’équipée, autant avec la berline du souverain que sur les traces des fuyards dans les relais. Le caractère romanesque du fait leur a souvent tenu la plume et écarté de la sécheresse et de la brièveté du déroulement.

    Une référence

    Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire s’accordent pour donner à Mgr Charles Aimond la référence de base en matière de documentation sur la fuite manquée. La préface de son ouvrage « l’énigme de Varennes » énumère les raisons de ce choix. Charles Aimond est un enfant du pays. Devenu « Monseigneur », il a eu connaissance des annales, des institutions, des antiquités de la Lorraine et du Barrois. Il a vécu sur les lieux mêmes, a interrogé les archives de sa ville avant leur destruction en 14. Il reprendra dans le détail les phases de la préparation, du déroulement de l’équipée et saura « passer au crible les opinions les plus autorisées ». Il écrira avec un scrupule rare, en se basant sur sa documentation, citant ses sources.

    Sa première édition, en 1936, préfacée par un académicien meusien, Louis Bertrand, sera suivie d’une seconde dans laquelle, en préface, il apportera quelques corrections minimes. Il rappellera, note personnelle émouvante, que son aïeul paternel, né en 1784, a pu voir l’arrestation du roi, avant de servir dans les Armées de Napoléon. Il insistera sur la meilleure évocation possible du drame par l’authenticité des témoignages du passé de « sa petite Patrie ».

    Sur son récit, on approuvera les mots de Louis Bertrand, qui lui trouvent « un accent du terroir, une belle tenue littéraire. ».

    Trois éditions épuisées

    Michel Godard, président de l’Association « Terres d’Argonne », rappelle que le livre a eu trois éditions successives, et qu’elles sont à ce jour totalement épuisées. Reprenant, à quelques exceptions près, le texte de cette référence en matière d’histoire locale, il a pensé en refaire une nouvelle.

    À la deuxième édition du texte, il avait constaté l’impact des croquis d’itinéraires, plans cartes et photo.

    Avec une rare patience il a, en face du texte, apporté sa note de qualité : des dessins pour la plupart inspirés par des documents iconographiques d’époque. Pas entièrement dans le style des « BD » qui passionnent tant la jeunesse, mais en illustrations suivant le déroulement de l’action.

    Le crayon et les couleurs de Fabien Clesse, illustrateur verdunois, apportent au texte un complément visuel soulignant les visages et suggérant leur personnage, reproduisant des scènes, ressuscitant des bâtiments. Quelques bulles avec du dialogue apparaissent pour donner la parole aux personnages, technique habituelle de la bande dessinée.

    Le format est conséquent, pour un bel ouvrage, qui sera, à ne pas en douter, une pièce majeure de bibliothèque en histoire locale, basée uniquement sur un texte qui est unanimement reconnu comme une référence, avec plus de 300 illustrations adaptées pour une lecture vivante et un rappel réitéré d’un événement historique lié au nom du village où il s’est déroulé.

    ***********************************

    Union110227c - Marne
    LIVRE : 1941 : la guerre devient mondiale

    Max Gallo, « 1941, le monde prend feu » XO, 368 p., 19,90 euros.
  •  Agrandir la photo
  • Max Gallo passe au crible de son esprit critique le gouvernement de Vichy dont il pointe les hésitations et les insuffisances.Photo DR
  •  Agrandir la photo
  • HISTOIRE. L’académicien Max Gallo a choisi de revisiter la Seconde Guerre mondiale en publiant une chronique événementielle chronologique de ces temps perturbés.

    Cette fois, Max Gallo centre son propos sur 1941 qui est l’année de la mondialisation du conflit. C’est la raison pour laquelle, il s’intéresse aux combats menés en Afrique du nord et aux défaites cumulées en-registrées par les Italiens qui y perdent pied alors qu’excédé par l’incurie des armées du Duce, Hitler confie au général Erwin Rommel, le soin avec l’AfrikaKorps de redresser la situation et de contraindre les Britanniques et les Français au repli.

    Mais pour l’auteur, les deux dates majeures de 1941 sont à la fois le 22 juin avec le déclenchement de l’opération Barbarossa contre l’Union soviétique de Staline et le 7 décembre 1941 avec l’attaque de l’aéronavale japonaise contre la base américaine de Pearl Harbour.

    Le führer croit encore que le meilleur moyen de faire plier la Grande-Bretagne est de lui ôter l’espoir d’un allié comme l’URSS. Or Churchill s’est toujours beaucoup méfié du dictateur du Kremlin et il compte sur l’implication à terme des Etats-Unis pour provoquer l’effondrement des puissances de l’Axe. Staline est surpris par la puissance de l’attaque aérienne et terrestre contre son pays et dans un premier temps, son silence témoigne de son désarroi mais bientôt, il reprend le dessus pour mobiliser autour du parti l’Armée rouge et engager un combat sans merci. D’autant que les Allemands ne parviennent pas à occuper Moscou en décembre après avoir semé la désolation sur leur passage. Pour les Etats-Unis, l’attaque des appareils japonais embarqués sur six porte-avions est le 7 décembre 1941 une vraie dé-faite. C’est aussi la justification de l’entrée en guerre de l’Amérique et la mise au service de la cause de l’indépendance et de la liberté d’un immense empire industriel et technologique : celui de la première puissance mondiale. C’est l’amorce d’une entente de fait entre Washington, Londres et Moscou pour écraser l’Allemagne mais aussi régler son compte au Japon qui est membre du pacte tripartite.

    L’auteur ne néglige pas de passer au crible de son esprit critique, le gouvernement de Vichy dont il pointe les hésitations, les insuffisances et les déconvenues d’une collaboration que l’occupant juge toujours insuffisante.

    Max Gallo se penche aussi sur les relations entre la France libre et les autorités britanniques et américaines. Et de noter : « On voit bien se dessiner les heurts qui vont opposer Roosevelt, de Gaulle, Churchill sur la question de la place de la France, de Gaulle tenant évidemment à ce que la France retrouve son rang ». Synthétique, illustré sans abus, ce récit se lit comme une chronique et le décou-page du livre permet une bonne assimilation de ce temps d’histoire.

    ***********************************

    Union110227b - Marne
    LIVRE : Fachoda : l’honneur d’un capitaine

    Dans l’Afrique du XIXe siècle, le gain de positions géographiques assure une puissance impériale. La compétition est sévère entre le Royaume-Uni et la France.

    Et la politique domine parfois l’audace militaire.

    Né en 1863 dans une famille modeste de l’Ain, Jean-Baptiste Marchand n’a pas vocation à devenir un officier de l’armée française. Il ne se résout pas à être un employé aux écritures chez le notaire de Thoissey. A 13 ans, son ambition n’est pas de demeurer petit clerc toute sa vie et Me Blondel encourage le jeune garçon qui tient à découvrir le monde. Il l’aide à s’émanciper du porte-plume et des registres et lui suggère de s’engager dans l’infanterie de marine dont les régiments sont envoyés aussi bien en Afrique qu’à Madagascar et en Indochine. Jean-Baptiste obtient l’accord de ses parents et est incorporé le 17 septembre 1883 au 4e régiment d’infanterie de marine de Toulon. C’est le début d’une vie de découverte d’un continent, l’Afrique où le climat est rude et où les maladies déciment alors une partie de la troupe. Marchand n’échappe pas à des poussées de fièvre qui vont le blinder pour l’avenir.

    Il devient un jeune officier audacieux et, lors de la prise de Koudian, il est blessé à la tête mais obtient la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Promu capitaine en 1893, Marchand repart en Afrique et conduit plusieurs expéditions vers les possessions transnigériennes. Mais la volonté de gagner le haut Nil met les Français en compétition avec les Britanniques qui ont également des prétentions sur le secteur. Fachoda devient un objectif pour une exploration qui peut se transformer en occupation. Le président de la République Sadi Carnot est favorable à une installation française à Fachoda aussi, fait-il voter les crédits pour qu’elle soit menée à bien. L’instabilité ministérielle contraint Marchand à patienter jusqu’au 25 février 1896 pour obtenir les instructions ministérielles qu’il juge indispensables à l’accomplissement de sa mission. On exige de lui qu’il dissimule au mieux sa progression pour ne pas dé-clencher l’ire des Anglais ! Pierre Pellissier nous plonge dans l’histoire de Marchand et de ses périples africain du Congo à l’Oubangui, jusqu’au pays de Fachoda. Son récit est prodigieux parce que le luxe de détails accumulés donne l’impression que l’auteur a vécu ces temps de conquête au cœur de l’Afrique du XIXe siècle.

    C’est précis, fouillé et jusqu’à l’arrivée le 10 juillet 1898 de la colonne du capitaine à Fachoda, c’est épi-que. Reste le plus dur, la victoire militaire de Marchand est suivie d’une défaite diplomatique en novem-bre. Le capitaine doit se retirer sur l’ordre du ministre Delcassé. Il est froissé, humilié dans son honneur de soldat. Pierre Pellissier relate cet épisode oublié avec le talent d’un romancier et la précision d’un historien. Le résultat donne un bon livre.

    Pierre Pellissier, « Fachoda et la Mission Marchand », Perrin, 382p., 22,90 euros.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110227a - Marne
    HISTOIRE 1941

    ……….

    Le suspect de Madrid

    Après Hitler, c’est cette fois Mussolini qui tente d’obtenir des avantages géopolitiques de l’Espagne.
  •  Agrandir la photo
  • Il faut se méfier du général Franco. Les Français libres n’ont aucune confiance dans l’attitude à la fois distante et protectrice que le dictateur espagnol pratique avec les représentants des puissances de l’Axe. Pierre Bourdan met en garde contre les ententes suspectes qui sont en cours de négociation. Il développe l’idée que la déconfiture italienne en Afrique du Nord justifie l’initiative de Mussolini de s’attirer les faveurs franquistes pour ouvrir, via la péninsule ibérique, une route à double sens. Elle permettrait aux Allemands de traverser la Méditerranée pour aller se battre et aux Italiens de se replier dans des conditions honorables depuis la Libye en utilisant les routes de l’Afrique du Nord qui lui seraient autorisées par Vichy pour accéder ensuite jusqu’aux côtes espagnoles.

    « Hitler l’a déjà demandé à Franco. Et l’Espagne le lui a refusé. Si l’Espagne a refusé à la puissante Allemagne, ce n’est pas pour l’accorder sur l’intercession de l’Italie en pleine déconfiture » pronostique l’analyste gaulliste.

    Le journaliste s’en amuse parce que la pression de Rome et les propos verbeux du Duce font sourire les dirigeants espagnols. Comment faire confiance à un Mussolini : « Beau donneur de conseils, dont l’humeur aventureuse vient de coûter à l’Italie son Empire ! ». Bref, pour les Forces françaises libres, la diplomatie cajoleuse du fasciste italien est destinée exclusivement à obtenir : « la route de sortie d’Afrique ». Le Duce est dans le pétrin et il ne sait plus comment éviter le chaos alors il cherche désespérément le moyen d’éviter l’humiliation finale. « Il n’a fait qu’insulter la France par toute sa crapule de service depuis cinq ans et voulait la piller quand il l’a crue morte. Il est assez mal placé pour lui demander des faveurs. Alors on fait appel à l’ami espagnol qui, lui, est en bons termes avec le chef de l’Etat qu’on a tour à tour traîné dans la boue et essayé de détrousser. Cela s’appelle d’un autre mot italien : combinazione ». Bourdan exclut que Pétain mette la flotte au service de l’Italie pour prendre en compte ses fuyards et les ramener en toute sécurité en métropole.

    Même si le Maréchal est ancien ambassadeur de France à Madrid, Franco sera un mauvais avocat de Mussolini. Il sait pourtant en ce 14 février 1941 que le général espagnol s’est entretenu avec le chef de l’Etat français : « Hier Franco a rencontré Pétain. On dit qu’à Montpellier on leur a fait une ovation. Le Maréchal et son hôte n’ont pas dû se tromper sur le sens de cette ovation : elle allait à ceux qui, dans l’esprit des Français, ne se sont pas soumis aux nouvelles volontés de l’Axe. Elle allait à l’esprit de résistance ». En dénonçant une France qui jouerait la carte italienne en facilitant le repli de ses troupes défaites, de Gaulle tient ferme. Son porte-parole met en garde : « Les Italiens nous dépouilleraient si leur sort piteux ne les rendait aussi serviles qu’ils ont été arrogants, si enfin la France africaine convoitée par l’Italie victorieuse, servait d’antichambre à l’Italie en fuite ».

    Pour parasiter l’issue de ces rapprochements diplomatiques intéressés, Bourdan suggère à Pétain une réplique digne : « Nous espérons que la France répondra à Mussolini par un mot qui, lui, ne sera pas ita-lien mais bien français ». Il est en cinq lettres !

    Il est certain que le dictateur fasciste qui comptait faire main basse sur l’Egypte et le canal de Suez a perdu la moitié de son Empire nord-africain pendant que les alliés préparent sans défaillance la conquête de l’Afrique orientale italienne.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journaL Lunion.fr


    ……….

    Darlan : un cumulard seconde Pétain

    Ci-dessus : le nouveau duo de l’exécutif, Pétain et Darlan.
  •  Agrandir la photo
  • Ci-contre : René Belin reste au Travail.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Huntziger conserve ses fonctions.
  •  Agrandir la photo
  • V I C HY. Vice-président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Marine et secrétaire d’Etat à l’Information, il est le nouvel homme fort.

    Il a manœuvré pour être le nouveau dauphin du Maréchal. Il est parvenu à ses fins. Son équipe ne présente pas de grandes surprises. Le tombeur de Laval, Bouthillier est maintenu aux Finances et à l’Economie. En revanche, Raphaël Alibert est remplacé comme garde des Sceaux par un juriste professeur des universités Joseph Barthélemy. Le général Huntziger conserve le ministère de la Guerre ce qui ne sied qu’à moitié à l’amiral bien décidé à le placer sous surveillance. L’ex-cégétiste René Belin est confirmé au ministère du Travail. Pierre Pucheu fait son entrée à la Production industrielle. C’est un ancien proche de Jacques Doriot dont il a été le trésorier pour développer le PPF en obtenant d’importants soutiens auprès des milieux patronaux.

    Ce remaniement déçoit les milieux collaborationnistes qui parlent de colmatage et dénoncent un gouvernement insuffisamment renouvelé. On lui reproche d’entrée de ne pas avoir créé le grand ministère de l’Action franco-allemande qui était recommandé par Berlin et Otto Abetz. Pierre Laval en profite pour exprimer sa profonde déception et considérer que ce n’est pas ainsi que la Révolution nationale va être au service de la nouvelle Europe. On le soupçonne même d’être à l’origine d’une cam-pagne de dénonciations des agents des trusts judéo-anglophiles au sein du gouvernement ! L’amiral Darlan remet à l’ambassadeur d’Allemagne un cahier de doléances qui recense l’ensemble des souhaits formulés depuis l’armistice et qui n’ont pas été satisfaits. Abetz ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques pour indiquer à son interlocuteur qu’il n’a pas le pouvoir de trancher : « J’expédie les réclamations françaises à Berlin ! » annonce-t-il sur un ton badin.

    Laval poursuit son travail de sape et indique à ses amis allemands que son retour à Vichy aurait permis des aménagements significatifs pour engager une collaboration franche et utile aux deux pays. L’ancien vice-président du Conseil parie : « Le ministère Darlan sera éphémère, il est composé de trop de gens mous ». L’amiral ne pipe mot mais mène avec une rare discrétion des intrigues aussi condamnables que celles, publiques, d’un Laval nostalgique de ses responsabilités d’hier.

    UN DAUPHIN IMPULSIF

    L’amiral Darlan n’est pas un facile. Ceux qui le connaissent bien le décrivent comme un impulsif capable de colères homériques. Au cours d’une conversation où son propos ne semble pas faire l’unanimité, il est capable, pour rétablir un rapport de forces en sa faveur, d’être d’une rare violence verbale. Il sait que ses propos dépassent souvent sa pensée aussi effectue-t-il des revirements spectaculaires pour éviter de cristalliser les hostilités. Pour d’autres, cette façon d’être atteste ses facultés de louvoiement qu’il a déployées depuis son entrée au gouvernement le 16 juin 1940 comme ministre de la Marine militaire et de la Marine marchande. Au fil des mois, il devient un architecte discret de la collaboration mais il en discerne les limites et surtout ressent une hostilité grandissante au sein de la population. Il s’impose comme le vrai chef du gouvernement parce que deux semaines avant sa prise de fonction, il a été officiellement désigné par l’Acte constitutionnel n°4 « quater » successeur éventuel du Maréchal.

    Le voici à la tête d’un pays rationné, qui a faim et froid et attend toujours le retour d’environ 1.500.000 prisonniers ! Cet autodidacte né à Nérac dans la Lot-et-Garonne a réussi une ascension stupéfiante dans la marine. Il est un carriériste assumé et confie à ses camarades stupéfaits par ses promotions météoriques : « Je suis l’officier le plus pistonné de toute la marine » ! Il a aussi des qualités. C’est un organisateur-né, il aime les dossiers bétonnés mais préfère le travail avec une équipe restreinte qui compose aussi un réseau les « Amis de Darlan ». Même s’il se tait, il a en réalité un programme politique très précis. Il ne livrera pas la flotte française aux Allemands. Il ne leur accordera rien qui soit contraire aux intérêts du pays. A ceux qu’il interroge, il tempère mais affirme toutefois : « Je n’accorderai rien sans contrepartie ». Il n’exclut pas une négociation permanente avec l’occupant pour obtenir quelques concessions utiles à la paix intérieure. A son premier cercle il déclare : « Jamais je ne céderai un pouce de la souveraineté française, ni dans la métropole, ni dans l’Empire ». L’ambition est réelle mais dans un pays désarmé, partiellement occupé, avec une ligne de démarcation étanche et des menaces d’aggra-vation des conditions quotidiennes de vie, quelle est réellement sa marge de manœuvre ? Darlan bombe le torse mais il a prise sur bien peu de choses,, aussi dès les premiers jours de son gouvernement, il met tout en œuvre pour gagner du temps, faire patienter. Entre les impératifs de la collaboration et ceux de la Révolution nationale, il adopte le mouvement de la marée. Il avance pour mieux reculer.

    PROPAGANDE

    L’ouverture d’une exposition industrielle allemande au Petit Palais à Paris qui est qualifiée par Radio Paris d’événement le plus important depuis l’armistice témoigne de la tutelle allemande imposée au gouvernement. « Le but de l’exposition est de montrer aux industriels français les nombreux objets dont l’Allemagne a besoin et qu’elle invite à fabriquer pour elle ». On croit rêver mais il n’y en a pas moins de quinze mille ! Cela va de l’automobile en passant par le tracteur, les chaudières et les combinés té-léphoniques, les masques à gaz et l’outillage agricole. Georges Boris n’est pas dupe. Le 25 février 1941, sur les ondes de la BBC, il indique : « L’intérêt de l’exposition au Petit Palais, c’est qu’elle matérialise les mots collaboration économique :elle nous fait toucher du doigt tout au moins une partie de ce qu’ils cachent ». Darlan est-il à même de dénoncer la supercherie ? Personne n’y croit. Les Français libres ont beau jeu d’ajouter à leur commentaire : « Il s’agit pour les Français de travailler et de fabriquer pour l’Allemagne, de livrer l’Allemagne. Mais on ne nous dit rien sur la contrepartie de ces fournitures, c’est-à-dire sur la nature de la collaboration allemande, sur le travail allemand, sur les fabrications allemandes pour la France, sur les livraisons allemandes à la France ». Si le silence est de rigueur, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une exigence à sens unique qui préfigure des privations accrues pour la France occupée et par incidence sur la France encore libre. Boris le synthétise ainsi : « C’est en réalité une prestation de vaincu au vainqueur, une prestation de main-d’œuvre qui travaille et se fatigue, d’outillage qui s’use, de matières premières qu’on ne remplace pas. Cette collaboration n’est pas pour la paix mais pour la guerre ». Darlan est-il prêt à s’insurger alors que le ministère des Finances du Reich n’a pas l’intention de débourser un centime pour payer les fournitures à l’industrie française ? Il ne versera pas d’huile sur le feu. Entre Laval et Darlan, c’est blanc bonnet et bonnet blanc : « N’oubliez pas que tout ce qui sera fabriqué en France pour l’Allemagne retardera la défaite allemande et prolongera vos souffrances » conclut la BBC.


    ……….

    Hitler : « La France n’existe plus »

    Le drapeau à croix gammée bien mis en valeur pour dire que la France n’existe plus.
  •  Agrandir la photo
  • La grande mise en scène nationale socialiste est destinée à humilier la France.
  •  Agrandir la photo
  • Le mythe de la parade et des accusations martiales.
  •  Agrandir la photo
  • REICH. Faut-il fustiger les affirmations fielleuses du führer ? Alors que des lueurs d’espérance se manifestent sur le front africain où les Italiens en perdition ont lancé un SOS, les Allemands contraints s’y implantent.

    Le maître du Reich au cours d’un discours hystérique à Munich affirme que la France n’est plus que virtuelle ce qui provoque une réplique féroce de Maurice Schumann dans sa chronique du 15 février 1941 : « Ce cri d’un cœur vil et fanfaron nous rappelle une des images les plus dégradantes qui ait jamais fixé pour la postérité les traits du dictateur : à Berchtesgaden, dans son nid d’aigle ou, plutôt, de vautour, l’homme de proie vient d’apprendre que la France s’est abandonnée, que la France se croit vaincue ; alors il est saisi par une sorte de danse du scalp ; la bouche tordue par un mauvais rictus, il saute, il bondit, il gambade, il perd à tel point le contrôle de ses réflexes qu’il laisse un photographe prendre un cliché de cette scène répugnante ». Ce comportement offre un angle d’attaque politique contre le Reich. La France libre développe le raisonnement que si l’Europe a été à feu et à sang et est désormais sous le joug nazi, c’est que cette guerre a une nature pathologique. Elle est la résultante d’un individu puissant mais qui est un grand malade capable des exploits les plus dévastateurs, dont l’aspiration de domination passe par la mort de ses adversaires. « On a beau donner à l’hystérie con-tagieuse le nom d’ordre nouveau et à la contagion même le nom de collaboration, l’épidémie sera pourtant enrayée, après avoir hélas entassé des millions de victimes, par la destruction du foyer bacillaire. Et c’est parce qu’il le sent que le microbe prend peur », analyse encore Schumann.

    INVERSER LA PROVENANCE DE LA PEUR

    L’émission « Les Français parlent aux Français » s’applique à justifier que l’Allemagne doit avoir peur de cette nouvelle France qui, depuis Londres et l’Empire, atteste son talent et son envie de liberté. Elle est l’âme de la résistance et l’espérance des peuples asservis. « Cette flamme que le fou dansant d’Obersalzberg croyait avoir éteinte, est aujourd’hui le foyer d’espérance des martyrs et des justes. » De fait, la presse libre aux Etats-Unis et dans le monde recense plusieurs événements qui, pour ses analystes, témoigne que l’insoumission au régime de Vichy et aux exigences de l’occupant croît. On enjolive la présentation des manifestations du 11 novembre à Paris et dans plusieurs villes de province. Mais l’effet est là parce que la rédaction et la proclamation du message sont très travaillées : « Le 11 novembre, des étudiants et des lycéens parisiens, filles et garçons se rendent silencieusement à l’Arc de Triomphe. Survient une troupe de jeunes matadors à baudriers qui saluent à l’hitlérienne le tombeau du Soldat inconnu. Nos jeunes gens ne peuvent retenir un cri d’indignation et entonnent la Marseillaise. Cela suffit pour que les Allemands aux aguets foncent avec des automitrailleuses et tirent sur des jeunes filles qui chantent. Ainsi le gouvernement prétendait faire appel à la jeunesse pour étayer l’ordre nouveau. Il lui a suffi de prononcer le mot de collaboration pour recevoir sa réponse. C’est avec son sang qu’elle a écrit non sur la place de l’Etoile ».

    C’est fort, c’est poignant, cela permet de revenir sur des événements déjà anciens. Or il faut s’inscrire dans l’avenir. Si le travail critique doit s’opérer sur plan moral, il est aussi opérationnel, sur le terrain par l’engagement des forces constituées de ralliés au gaullisme de combat. Il est naturel de dessiner de l’espérance et de se projeter dans un avenir favorable conforté par des événements militaires décisifs : « Qu’arrivera-t-il quand les troupes impériales et les soldats du général de Gaulle atteindront Tripoli ? Il n’est pas difficile de prévoir de quel côté pencheront les troupes intactes, les jeunes troupes de Tunisie, d’Algérie et du Maroc français ». C’est le moyen de donner un rôle déterminant aux combattants d’Afrique et de bien les convaincre que leurs missions déstabilisent les forces de l’Axe : « C’est le grand cauchemar des oppresseurs de vos foyers ».

    L’HEURE A SONNÉ

    Les soldats, dans les difficultés au quotidien de la vie dans le désert des raids et des escarmouches, s’interrogent encore pour savoir si leur action est efficace : « De votre promptitude à saisir l’occasion dépend la date à laquelle les vainqueurs de la Libye pourront consacrer leurs forces disponibles à sauver les Balkans de la prochaine agression germanique dont le dispositif est presqu’entièrement installé ». L’heure a sonné de contrer avec encore plus de force un ennemi qui s’interroge sur la pertinence de ses choix. Il ne suffit pas de disposer d’une puissance de feu et d’un matériel considérable, encore faut-il bien les utiliser et les FFL installent le doute chez l’adversaire. Au moins par les mots, ce qui a la vertu de stimuler les combattants. « Vous le savez, une défaite allemande, c’est la défaite allemande. C’est la liberté rendue à la France enchaînée, le ciel de France à nos prisonniers torturés, les fruits de la terre de France à vos familles affamées par l’ennemi ». Il faut convaincre chacun de ne surtout plus attendre. « Attendre quoi ? Attendre que les Italiens en fuite aient pénétré chez nous par la ruse pours’y maintenir ensuite par la force des baïonnettes allemandes ? » Renforcer l’action, c’est répondre aux cris d’une France avilie et torturée par un occupant odieux. Il s’agit pour de Gaulle et les siens de sublimer l’engagement et l’esprit de sacrifice : « Nous ne sommes ni avec les résignés qui s’accommodent de l’ignominie, ni non plus avec les patients qui attendent le salut d’un miracle auquel ils n’auront pas collaboré ». Dans le même temps, il s’agit de ne pas épargner tous ceux qui se félicitent de la collabo-ration. C’est ainsi que Marcel Déat, ancien professeur de philosophie au lycée de Reims et devenu un promoteur zélé de l’axe Vichy-Berlin, est qualifié par Pierre Bourdan : « de cireur de bottes officiel du führer s’obstinant à hurlersur les tréteaux de la foire de Paris que ce sera bientôt la fin finale de l’Angleterre et qu’il faut collaborer, collaborer et sans délai ». C’est le temps choisi pour dénoncer le bluff allemand. Pour les FFL la conquête de la Grande-Bretagne par le Reich relève de l’illusion. On n’a pas vu l’ombre d’un planeur, d’un parachutiste, de péniches de débarquement, de chars amphibies. Pas plus en février qu’en septembre dernier ! « Pendant que les collaboraillons de Paris battent la grosse caisse pour racoler le public et donner la chair de poule aux 42 millions de Français qui leur rient au nez, Hitler travaille dans d’autres directions. »

    On éveille le danger persistant représenté par l’Allemagne nazie qui va se substituer à l’Italie affaissée pour mieux dénoncer : « la vermine fasciste qui grouille pour pourrir la vraie France ». Il faut accréditer l’idée que : « la racaille collaborationniste » n’aura pas le dernier mot. Le peuple français ne doit pas être dupe de la manœuvre révolutionnaire dans l’Hexagone, des menaces allemandes et des intrigues italiennes. La France doit parier sur les FFL et la résistance. De Gaulle ne doit pas décevoir.

    ***********************************

    Union110226e - Marne
    REIMS : Dépôt de gerbe Fidélité à toute épreuve des porte-drapeaux

    L’Amicale a déposé une gerbe au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • En prélude à son assemblée générale du 19 février, l’amicale des porte-drapeaux de Reims et environs a déposé une gerbe au monument aux morts avec la participation de personnalités civiles et militaires.

    Le temps était humide et froid mais cependant moins périlleux qu’en février 2010, où ces valeureux anciens combattants avaient dû affronter une mémorable tempête… Ce qui veut dire que ces hommes, animés d’une foi inébranlable en leur mission, répondent toujours présent malgré les difficultés.

    Trouver la relève

    Lors de l’assemblée générale (ouverte après une minute de silence pour les membres disparus l’an dernier) qui s’est tenue en présence d’élus et de représentants d’autres associations d’anciens combattants, le président Michel Bonon a rappelé que l’amicale avait participé à près de 50 cérémonies durant l’année 2010 : veillées, commémorations locales et nationales, inaugurations, messes, etc.

    Des missions de moins en moins faciles à assurer, car l’âge aidant, les rangs s’amenuisent… Jacques Clerc a évoqué « le problème de relève qui se pose dans toutes les associations d’anciens combattants et même à la Légion d’honneur où il est d’usage de faire porter le drapeau par un légionnaire ayant combattu pour la France… Sauf que maintenant, il y a parmi eux 70 % de civils pour 30 % de militaires »…

    une remarque qui a provoqué un débat sur le rapport à maintenir entre « récompenses et services rendus »… Le député Arnaud Robinet a félicité les trente-huit porte-drapeaux qui ont assuré, le matin même, la cérémonie d’hommage aux combattants et adressé ses félicitations à trois jeunes bénévoles porte-drapeaux : « C’est un symbole fort et un espoir ».

    Félicitations reprises par l’adjoint Jean-Claude Laval qui a souligné « leur sens du devoir. Il y a là une graine à semer partout pour faire vivre les valeurs reçues ».

    Médaillés

    Une remise de récompenses a suivi l’assemblée générale : Yves Perreau, président des anciens marins, a reçu la médaille de bronze des porte-drapeaux de France et François Bourd’hui la médaille d’argent du Dévouement européen à titre civil et militaire.

    ***********************************

    Union110226d - Marne
    EPERNAY : Amicale des porte-drapeaux : L’heure du bilan

    Le rôle éminent des porte-drapeaux était aussi rappelé.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Joël Wimann a présidé les débats de l’assemblée générale en présence d’une nombreuse assistance. Le bureau de l’Amicale des porte-drapeaux se compose désormais comme suit : président, Joël Wimann ; vice-président, Odil Vallois ; vice-président, Guy Lallemant ; secrétaire, Jacky Barré ; secrétaire-adjoint, Gilbert Griveau ; trésorière, Michelle Moigneau ; trésorier-adjoint, André Richard ; membres du bureau, James Sommesous, Jean-Pierre Drouet, Francis Risselin.

    Jean-Daniel Courot, directeur du service départemental de l’ONAC, a confirmé qu’il y aurait bien un pôle mémoire à Châlons. Les participants se sont également rendus en cortège à l’hôtel de ville, précédés de la Fanfare de La Champenoise d’Aÿ. Au pied du monument aux morts, entre deux haies de porte-drapeaux, une gerbe a été déposée par Claude Metzger, président du Comité d’entente des Associations d’Anciens Combattants ; Hélène Plaquin, conseillère municipale en charge des relations avec les associations patriotiques et Joël Wimann, président de l’Amicale des porte-drapeaux.

     

     

    ***********************************

    Union110226c - Marne
    JONCHERY-SUR-VESLE : Le Mérite colonial pour deux anciens combattants

    MM. Voisin, N’Guyen et Mailfait.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    L’assemblée générale des anciens combattants d’Extrême Orient, des Coloniaux et des Troupes de Marine vient d’avoir lieu dans la salle de cinéma de Jonchery-sur-Vesle mise gracieusement à disposition par la Municipalité.

    À l’issue de cette réunion, M. N’Guyen, administrateur de la Fédération nationale des anciens d’Outre-Mer, a remis le Mérite colonial à Jean Voisin, ancien combattant d’Indochine résidant à Fismes, et à Claude Mailfait de Cormontreuil, qui lui, a fait son service militaire dans les parachutistes coloniaux.

     

     

    ***********************************

    Union110226b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Sous-officiers de réserve : Inquiétude face à l’effondrement des associations

    Le président (au centre) avec à ses côtés Serge Helleringer et Maurice Roustan.
  •  Agrandir la photo
  • Après un dépôt de gerbe au monument aux morts, en présence du député-maire Bruno Bourg-Broc, de Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants de la ville et de Michel Le-Dren, vice-président de la société d’entraide des membres de la Légion d’honneur, les présidents et adhérents de l’association des sous-officiers de réserve (SOR) présidée par Philippe Escalier, se sont retrouvés à la maison du combattant pour leur assemblée générale annuelle.

    Après le compte rendu des activités de l’année précédente évoqué par le secrétaire Maurice Roustan, le président déclare à l’assistance que la principale inquiétude des SOR est « l’effondrement des associations », comment trouver le moyen de recruter, car a-t-il dit « Nous filons droit au mur et à court terme » Comment faire venir les jeunes ? Garder le devoir de mémoire, renforcer le lien Armée-Nation, inciter à l’engagement de la réserve, participer à l’instruction militaire et l’aide à la reconversion, tels sont également les objectifs primordiaux des sous-officiers de réserve.

    « Notre âge à tous nous amène au bord du précipice ! » a précisé le président. Le Pôle mémoire était également au centre des débats avec l’intervention de Gaëtan Charlot qui a fait un gros travail pour conserver un Pôle mémoire à Châlons, une autre antenne étant à Charleville-Mézières.

    Les porte-drapeaux ont été aussi au centre des débats ce samedi et notamment avec l’intervention du porte-drapeau de l’association M.Berthelot, 85 ans et 50 ans de porte-drapeau lequel voudrait bien trouver un remplaçant au plus vite.

    Serge Helleringer a clôturé cette assemblée en s’adressant au président ainsi qu’à ses membres « Ne soyez pas pessimistes, continuez comme vous l’avez déjà fait dans le passé ! »

    ***********************************

    Union110226a - Marne
    REIMS : Décoration : La médaille de l’aéronautique pour le colonel Meyer

    Le général Paloméros félicite le colonel Meyer auprès duquel se tient Jean-Pierre Casamayou rédacteur en chef d’Air et Cosmos, également décoré.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Le colonel Jean-Michel Meyer, commandant de la BA 112 « Commandant Marin-la-Meslée de Reims » a reçu des mains du général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air, la médaille de l’Aéronautique au cours de la cérémonie des couleurs qui s’est tenue sur la BA 117 Paris-Ballard.

    Arrivé, il y aura deux ans cet été, à la tête de la seule base spécialisée dans la reconnaissance aérienne en France, il a coordonné toutes les missions qui lui étaient dévolues y compris au Tchad et en Afghanistan tout en travaillant à sa fermeture.

    Conciliant l’exigence opérationnelle et la disponibilité des moyens pour satisfaire les engagements de la France, il a su imprimer un style et servir avec toutes ses équipes à la belle image de l’armée de l’air. Cette médaille, créée le 12 janvier 1921 à l’initiative du sous-secrétaire d’Etat à l’Aéronautique et aux Transports aériens, récompense l’homme, le pilote, le chef. Une juste distinction pour le colonel Meyer.

     

     

    ***********************************

    Union110224b - Marne
    REIMS : Collège François-Legros L’honneur aux résistantes

    Les femmes du quartier écoutent attentivement les élèves.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Une fois encore, comme en 2009, le collège François-Legros a hébergé l’exposition « Grandes résistantes contemporaines », proposée par le conseil régional : 25 photos de femmes de différents pays accompagnées de leur biographie, pour découvrir des figures emblématiques de lutte et de résistance à toute forme d’oppression, de vies consacrées à défendre des valeurs qui devraient fonder nos sociétés.

    Cette expo, réalisée par le photojournaliste Pierre-Yves Ginet qui a rencontré ces femmes, était visible dans les couloirs de l’établissement avec des textes d’accompagnement et, pour l’essentiel, dans le Centre de documentation et d’information animé par Hayat Elhila, documentaliste.

    Chacune de ces résistantes, des femmes à l’engagement exemplaire, a été « adoptée » par un ou une élève du niveau 6e qui l’a présentée à un groupe de femmes de l’espace Pays-de-France de la Maison de quartier Croix-Rouge, femmes venues visiter l’exposition au collège.

    De grands moments d’émotion pour les élèves comme pour les adultes.

     

    ***********************************

    Union110224a - Marne
    REIMS : Anciens marins : « Solidarité et culte du souvenir »

    Les anciens marins souhaitent donner le nom de Georges Brière à une rue. En médaillon : le président Yves Perreau.
  •  Agrandir la photo
  • C’est dans les locaux du refuge à Cormontreuil que s’est tenue l’assemblée générale de « L’Ancre de marine » regroupant les anciens marins de Reims et de la région. Le président, Yves Perreau, après la minute de silence en mémoire des membres disparus, a présenté les différents rapports avant la présentation du calendrier 2011.

    Deux étoilés

    Il a ensuite rappelé les buts de la FAMMAC (Fédération des associations de marins et marins anciens combattants) en particulier « la solidarité, la promotion de l’image maritime et le culte du souvenir ». À ce titre, l’association espère « qu’un jour une rue de Reims portera le nom du marin rémois Georges Brière, qui repose au mont Valérien ».

    Une autre piste est envisagée grâce à l’Education nationale et à la création d’un lycée de la Défense à Reims et qui porterait ce nom.

    Les principales manifestations prévues en 2011 sont : les cérémonies patriotiques à Reims et dans d’autres localités (Sommepy-Tahure, Paris, Ouistreham, Laffaux, etc.) ; une conférence sur les décorations, le 24 mai à Tinqueux ou encore un barbecue et un thé dansant à Fresne-les-Reims.

    L’assemblée a renouvelé son bureau : président Yves Perreau, trésorier Maurice Lerolle, secrétaire Marie-Noëlle Gros, porte-drapeau François Mayoly.

    La réunion s’est terminée par la remise de l’Etoile européenne du dévouement civil et militaire à MM. Bourdaud’hui et Labaume.

    Renseignements : Yves Perreau, 7, rue de la Vallée, 51110 Fresne-les-Reims. Tél. 03.26.97.51.70.

    ***********************************

    Union110223a - Marne
    SOUVENIR FRANÇAIS : Le Souvenir français : un passeur d’histoire

    Conserver la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France ou qui l’ont honorée par de belles actions, notamment en entretenant leurs tombes ainsi que les monuments élevés à leur gloire tant en métropole qu’à l’étranger, transmettre le flambeau aux générations successives en leur inculquant par le maintien du souvenir le sens du devoir, l’amour de la patrie et le respect de ses valeurs, telles sont les missions affichées par le Souvenir français.

    L’œuvre accomplie est concrète et s’effectue dans la proximité des lieux de vie. Ils sont huit cents Marnais à partager les objectifs assignés et à se mobiliser sur le terrain. Récemment deux nouveaux comités ont été créés à Dormans et à Sézanne si bien que le département en compte douze si l’on y ajoute Épernay, Fismes, Reims, Sainte-Ménehould, Somme-Vesle, Courtisols, Châlons-en-Champagne, Poix, Vitry-le-François, Sermaize-les-Bains.

    Deux autres pourraient bientôt voir le jour à Montmirail et Fère-Champenoise.

    Autant dire que l’association est dynamique ce que confirme Pierre-Marie Delaborde, délégué général adjoint de la Marne qui, avec le délégué général, M. Michel, poursuit l’implantation marnaise du Souvenir français.

    SVP, un président pour Epernay

    Bien sûr l’action des uns et des autres est bénévole, au service de la mémoire et de l’histoire de France. Seule petite ombre au tableau : Épernay. Les Sparnaciens ne boudent pas l’association. Ils sont au moins deux cents à y adhérer et à en partager les objectifs mais il n’y a plus de président ! Il va de soi que pour donner de l’impulsion et répondre aux besoins de conservation, de restauration et de valorisation, il faut un relais local. C’est lui qui coordonne l’action et entretient le lien entre les différentes générations qui se veulent gardiennes de la mémoire. Jusqu’ici l’homme ou la femme providentielle ne s’est pas présenté. Mais il n’est pas trop tard et cela vaut le coup.

    Lorsqu’on observe les investissements réalisés pour sauver ici une tombe dans le Vitryat ou réaliser avec le concours de jeunes du lycée professionnel Croix Cordier de Tinqueux des plaques à poser sur les tombes de poilus morts au champ d’honneur pendant la Grande Guerre, on discerne la richesse de l’œuvre à accomplir dans un esprit de fraternité.

    « Le Souvenir français n’a pas d’attaches politiques, il est libre de tout lien confessionnel ou philosophique mais il est éternellement ouvert à toutes celles et tous ceux qui, Français ou étrangers, ont une certaine idée de la France et de l’idéal de liberté pour lesquels les anciens se sont sacrifiés » comme le souligne le président général, le général Delbauffe.

    N’en doutons pas, un président pour le comité d’Épernay, ce n’est plus qu’une affaire de jours. Pas un élu, pas une association ne peut refuser de venir en aide au Souvenir français.

    ***********************************

    Union110221b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Témoignage : Yvette Lundy raconte sa déportation aux collégiens

    Des élèves très impressionnés par les propos de Mme Lundy.
  •  Agrandir la photo
  • « La liberté, on ne prend conscience de son importance que lorsqu’on ne peut plus en jouir. C’est pourquoi il faut la protéger. » C’est par ces mots que, devant les élèves de 3e du collège Louis-Pasteur de Suippes, Madame Yvette Lundy a commencé le récit de ce qu’elle a vécu durant la seconde Guerre Mondiale, comment elle fut une résistante de la première heure, son arrestation et sa déportation au camp de Ravensbrück.

    Pour que ses élèves appréhendent les faits historiques de manière plus concrète M. David, professeur d’histoire géographie au collège, emmène chaque année ses élèves de 3e au Centre d’interprétation de Suippes et invite Mme Lundy, un des derniers témoins d’une autre période sombre de notre histoire.

    Pendant plus de deux heures, les élèves ont ainsi écouté attentivement ce message de paix et posé de nombreuses questions.

    Arrêtée en classe devant ses élèves

    Madame Lundy leur a expliqué qu’au début de la guerre, Pétain jouissant d’une réputation auréolée de son succès lors de la Première Guerre mondiale, il y avait eu d’abord peu de résistants dans la Marne car être résistant était un peu considéré comme n’allant pas de soi.

    Pourtant la famille de Mme Lundy s’est trouvée engagée dans la Résistance dès l’appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940. Elle recueillait les prisonniers évadés du camp de Bazancourt et leur fournissait des vêtements. Grâce à son emploi d’institutrice et de secrétaire de mairie à Gionges, Mme Lundy fabriquait de faux papiers d’identité qui leur permettaient ensuite d’obtenir des cartes d’alimentation.

    Tous aidaient aussi des familles juives ou des aviateurs anglais tombés sous les tirs de DCA et qu’il fallait renvoyer en Angleterre le plus rapidement possible.

    Dénoncée, elle fut arrêtée par les Allemands dans sa classe sous les yeux de ses élèves ! Elle a malgré tout réussi à convaincre les Allemands qu’elle était orpheline et fille unique et n’a donc pas mis en danger ses frères et sœurs.

    Après plusieurs jours et nuits de voyage passés dans un wagon à bestiaux dans des conditions inhumaines, elle est arrivée au camp de Ravensbrück où les jours étaient ponctués de hurlements, de coups, d’aboiements, d’appels qui duraient des heures dans le froid, la neige….

    « Tout était fait pour dépersonnaliser les prisonniers. » Son matricule 47360 était son « unique identité et devait être énoncé en allemand sans erreur faute de représailles. C’était le néant physique et psychologique ». Peu et mal nourrie, elle usait ses forces à des travaux épuisants (casser des blocs de pierre…).

    Des nuits peuplées de cauchemars

    C’était selon ses dires « marche ou crève. C’était aussi voir d’autres prisonniers mourir de maladie ou d’épuisement, partir pour les chambres à gaz ou être emmenés pour servir à des expériences médicales ».

    Libérée par les Russes le 21 avril 1945, elle est rentrée en France après maintes péripéties. Son premier réflexe fut d’embrasser le sol français.

    « Plus de 15 ans ont été nécessaires pour récupérer physiquement mais surtout psychologiquement. » Encore aujourd’hui, ses nuits sont parfois peuplées de cauchemars.

    Comme chaque année, les élèves ont été très marqués par ce témoignage et l’énergie que Mme Yvette Lundy met, à 95 ans, pour témoigner et répondre à leurs questions. Sa motivation, « c’est qu’ils puissent apprécier leur bonheur et leur liberté, qu’ils soient conscients que c’est un bien inestimable et fragile qui doit être défendu ».

    ***********************************

    Union110221a - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Mise au point : La FNACA « ni politique ni religieuse »

    « Aujourd’hui, l’UNC cherche à nous récupérer. »
  •  Agrandir la photo
  • Samedi soir, la section locale de Pargny-sur-Saulx de la FNACA tenait son assemblée générale au local Jean-Moulin. Avec sept personnes autour de la table, dont l’invité d’honneur Christian Schlick, président départemental des médaillés militaires et adhérent de la FNACA. Il faut bien admettre que les anciens combattants d’Algérie disparaissent petit à petit et qu’il n’y a pas de renouvellement. Si le président Alfred Camus a évoqué les manifestations passées et à venir, c’est bien l’avenir tout court qui a été au centre des débats.

    Répondant à un participant qui regrette que la FNACA soit, par certains, « considérée comme communiste », Christian Schlick a précisé : « La FNACA n’est ni politique, ni religieuse. On laisse ses idées à la porte. » Puis il a développé ses origines : « Les premiers anciens d’Algérie ont été refusés par l’UNC parce que c’était du maintien de l’ordre, pas une guerre. J.J.Servan-Schreiber a alors créé « A.A. » devenu FNACA et les premiers aux commandes ont été des communistes. Aujourd’hui l’UNC cherche à nous récupérer. »

    Journée nationale ?

    La question de la date du 19 mars 1962 revient régulièrement, la FNACA rappelle qu’elle demande à en faire une journée nationale, mais « fin des combats » ou « date du cessez-le-feu ? » « Et la rue du 19 mars 1962 à Pargny-sur-Saulx ? » s’inquiète un participant. Mais là, chacun est-il prêt, quelles que soient ses origines, à accepter que l’on célèbre la fin de combats fratricides ? Autre point évoqué, le recrutement. Ne pourrait-on accepter les anciens combattants des « Théâtres extérieurs » comme sympathisants ou associés ?

    En l’absence d’autres candidatures, le bureau sortant a été reconduit : président Alfred Camus, secrétaire Claude Pégurri, trésorier Daniel Chenet.

    ***********************************

    Union110220e - Marne
    SEZANNE : Assemblée générale des Hussards de Lasalle de Montmirail : L’Empire contre-attaque

    Les Hussards de Lasalle ont le souci de l’authenticité et s’entraînent selon les méthodes pratiquées sous l’empire.
  •  Agrandir la photo
  • APRÈS avoir déposé une gerbe à la stèle Larrey de Montmirail, situé rue de Montléan, les membres de l’association « les Hussards de Lasalle » se sont retrouvés dans un restaurant de Montmirail pour leur assemblée générale. 11 membres étaient présents, sur les 20 personnes que compte l’association.

    Lors de la présentation du calendrier 2011, les Hussards ont décidé de programmer des entraînements internes au quartier Curély, siège social de l’association situé au Château de Montmirail, pour mettre en pratique les règlements de l’époque, la confection de l’équipement et du matériel. Ils y accueilleront les Grenadiers d’Ile-de-France, le 6e Régiment d’Infanterie de ligne (Belgique) et le 2e Régiment de dragons (Belgique).

    Le programme des sorties et animations prévoit déjà : du 4 au 6 mars un bivouac à Craonne (Aisne), le 17 mars, une visite des champs de bataille autour de Montmirail, le 9 avril, le bal d’Empire à Sedan (Ardennes), les 18 et 19 juin, bivouac et bataille de Plancenoit (Belgique), du 24 au 26 juin, bivouac multi-époques à Marle (Aisne), du 1er au 3 juillet, bivouac à Wavre (Belgique), les 17 et 18 septembre, journées du patrimoine au château de Montmirail, et du 14 au 16 octobre, combats de Iena et Auerstedt (Allemagne).

    Par ailleurs, la prochaine campagne de France est déjà en préparation. Melle Bruneaux et M. Gambart ont rencontré les maires des villages de Baye et Champaubert, autour desquels devraient avoir lieu les combats en mai 2012.

    Histoire vivante

    Lors du renouvellement du bureau, il n’y a pas eu de changement. Celui-ci a été reconduit comme suit : président Thierry Lepièce, président délégué Christophe Crochet, vice-président Philippe Lafargue, trésorier Christian Gambart, secrétaire Elisabeth Gambart, 1er assesseur Éric Prochasson, 2e assesseur Corentin Faivre.

    L’association des Hussards de Lasalle s’est fixée comme objectif de faire descendre l’histoire dans la rue en restituant à ses contemporains une tranche d’histoire vivante liée à la période du Premier Empire.

    Elle participe à des reconstitutions de batailles, des rassemblements historiques, ainsi qu’à diverses festivités ayant un rapport avec la période indiquée. Elle se produit également, à la demande des enseignants pour présenter aux élèves (à partir de 6 ans) des équipements, des uniformes et ainsi que le service de santé à l’époque de Napoléon 1er.

    Pour tous renseignements, contacter la secrétaire au tél. 03.26.59.96.41 ou par courriel : lhlsecretariat@hotmail.com

    ***********************************

    Union110220d - Marne
    ALGERIE : L’opposition algérienne ne veut pas baisser les bras : Avec la promesse de revenir

    Aux cris de « Pouvoir assassin » ou de « Vive l’Algérie libre et démocratique », les opposants au régime ont pris l’engagement de se retrouver samedi prochain pour manifester leur colère. Il s’agissait hier de la deuxième mobilisation de ce type en huit jours.
  •  Agrandir la photo
  • Des policiers ont dispersé hier après-midi dans le centre d’Alger un demi-millier de manifestants qui, s’inspirant des mouvements de révolte qui secouent une partie du monde arabe, voulaient organiser un défilé au départ de la place du 1er-Mai.

    Les protestataires, qui scandaient « Algérie libre et démocratique ! », ont été repoussés à deux pâtés de maisons de la place, dans la cour d’un ensemble d’immeubles résidentiels, sous la pression de centaines de policiers en tenue anti-émeute. Plusieurs centaines de badauds, ainsi que quelques partisans du gouvernement, ont également été pris dans ce mouvement.

    Un impressionnant dispositif policier

    A 14 heures, les manifestants se sont finalement dispersés, sans incidents signalés, et la circulation est redevenue normale dans le secteur.

    « Si les autorités sont vraiment démocratiques, pourquoi ne pas autoriser cette marche ? », s’interrogeait une manifestante.

    Les policiers ont interpellé Belaïd Abrika, figure de l’opposition qui fait campagne pour les droits des Kabyles. Un important dispositif policier avait été mis en place pour empêcher ce défilé.

    Plusieurs heures avant l’heure fixée pour le début de la manifestation, des dizaines de fourgons de police et des véhicules militaires étaient déjà déployés dans la capitale algérienne.

    Des policiers avaient pris position sur les axes menant à la place du 1er-Mai, non loin du port, appuyés par des véhicules équipés de canons à eau. Un hélicoptère de la police survolait le quartier.

    Quelque 150 manifestants s’étaient déjà réunis samedi dernier place du 1er-Mai et avaient promis de s’y retrouver chaque semaine pour demander des réformes démocratiques.

    « Nous avons besoin de changer le système politique mais je ne crois pas que le changement puisse venir de ces manifestants », écrivait hier l’éditorialiste du journal indépendant El Khabar. Les experts doutent toutefois d’un scénario à l’égyptienne ou à la tunisienne, le gouvernement semblant disposer des ressources nécessaires, via la manne énergétique, pour répondre à la plupart des revendications.

    La levée de l’état d’urgence, décrété en 1992 dans le cadre de la lutte contre l’islamisme, devrait intervenir d’ici la fin du mois, parallèlement à l’annonce de plusieurs décisions relatives au logement, à l’emploi et à l’administration, ont annoncé mercredi les autorités.

    ***********************************

    Union110220c - Marne
    BOUQUINS : La Révolution, l’Amour, le Diable…

    Auteur d’une biographie sur Robespierre qui lui a pris cinq ans, Laurent Dingli connait fort bien la Révolution française.

    ROMAN MALIN. Vous voulez savoir ce qu’a réellement été la Révolution française,en chair et en os ? Vous voulez néanmoins vous distraire, être emporté comme dans un film d’aventure ? Lisez « Dans l’ombre des Lumières » de Laurent Dingli.

    Alors que l’on assiste en direct aux révolutions de Tunisie et d’Egypte, cela fait drôle de replonger soudain deux siècles en arrière en pleine Révolution française, qui reste la mère de toutes les révolutions. L’occasion nous est donnée grâce à Laurent Dingli qui publie chez Flammarion non pas un ouvrage d’histoire mais un roman sur cette période essentielle de notre modernité. Si je précise un roman, c’est parce que Laurent Dingli est également historien. Qu’on lui doit des biographies sur Colbert, Louis Renault et surtout, pour le sujet qui nous concerne, Robespierre. Gros travail d’érudition qui lui a permis d’accumuler un savoir bien utile pour planter le décor très fouillé de son roman intitulé Dans l’ombre des Lumières.

    LE MOTEUR DE L’AMOUR

    Le titre tout d’abord. Il est coutume de dire que la Révolution française est la fille des Lumières. Que sans le travail de sape des Encyclopédistes qui ont pour nom d’Alembert, Diderot, Voltaire, jamais la monarchie héréditaire n’aurait découvert ses pieds d’argile. Or, ces Lumières ont leur part d’ombre. La Révolution, dont le projet est la justice et la liberté, n’a pas moins généré son lot de servitudes et d’injustices. On se souvient de la Terreur, des révoltes des Chouans en Vendée et de la répression qui a suivi, répression assimilée parfois à un génocide.

    Laurent Dingli, qui concède avoir « une vision noire de l’Homme », a fait un pari audacieux. Donner les deux points de vue sur la Révolution en cours, celui des républicains et celui des royalistes, ce qui aurait été difficilement faisable dans un livre d’histoire. Pour ce faire, le romancier a choisi de camper un héros venu de Toulouse : Antoine Loisel qui, à deux consonnes près, pourrait se confondre avec le héros romantique Antoine Doinel de François Truffaut. Le jeune Antoine est le fils d’une riche famille de commerçants installée à Toulouse. La géographie a son importance. De ses origines protestantes, le jeune Antoine a gardé une méfiance certaine envers le pouvoir central et la religion dominante (c’est un peu la même chose), et une admiration sans borne pour Henri IV, le roi de la tolérance religieuse. Aspirant peintre qui a fait un petit tour à Rome, le jeune Antoine est ouvert au monde qui vient. Quoi de plus naturel, quand on est artiste, de rejeter les vieilles barbes de l’académisme ? Plutôt que des sujets mythologiques, Antoine Loisel rêve de peindre les gens du peuple comme ont pu le faire avant lui les peintres flamands. Quoi de plus naturel donc que de prendre fait et cause pour ces petites gens qui prendront la Bastille ?

    Il y a de la générosité dans la vision du jeune homme, il y a forcément de la naïveté. Sur cette toile de fond historique, précise (l’auteur a été jusqu’à consulter le dictionnaire d’argot du petit peuple de Paris au XVIIIe pour faire parler ces gens) Laurent Dingli brosse son motif romanesque. Et quoi de plus romanesque que l’amour ? Concession aux codes du genre, Antoine Loisel tombe follement amoureux d’une belle aristocrate, Amélie de Morlanges dont la famille pauvre vit dans la région du Poitou. Cette histoire d’amour, avec ses rebondissements dignes d’un film de cape et d’épé, est un roman à elle seule. Beaucoup de romanciers s’en seraient contenté. Pas Laurent Dingli qui tel le démiurge n’a de cesse de pousser son héros dans les vents mauvais de l’histoire.

    L’OMBRE DU DIABLE

    Républicain enthousiaste et intransigeant, qui doute cependant du bien-fondé de l’exécution du roi, Antoine Loisel finira aux côtés des Chouans, révolté par les tueries innommables des Républicains. A ce propos, l’auteur n’a pas eu besoin de faire preuve de beaucoup d’imagination pour nous restituer l’horreur des massacres. Il lui a suffi de se reporter aux archives. Où l’on s’aperçoit que l’époque moderne n’a rien inventé en la matière, et que les massacres au Rwanda sont cousins de ce qui se passa jadis en Vendée. Antoine Loisel joue donc à merveille son rôle : il nous permet de passer de l’autre côté du miroir, de voir comment les idées abstraites s’incarnent, deviennent chair, puis chair à canons et à baïonnettes. Reste le fond du roman. Le jeune peintre, jouet plus souvent qu’acteur, est-il vraiment le héros ?

    En fait, le personnage central même s’il n’apparaît pas toujours, le point aveugle du système donc, c’est le comte de Saint- Amant, alias Gaspard de Virlojeux, le mentor d’Antoine Loisel. On l’a croisé dès le début du roman dans la diligence qui amenait le jeune Antoine à Paris. On le retrouve ensuite dans les cercles de l’aristocratie, puis de la Révolution. C’est lui qui chaperonne Antoine dans le monde, lui encore qui l’appuie dans sa quête amoureuse. Tout au long du livre, il semble soutenir notre héros à bout de bras. Seulement, comme on le découvrira en fin de roman, il soutient son protégé comme la corde soutient le pendu. Gaspard de Virlojeux c’est l’incarnation de l’esprit mauvais. Le Mal fait homme. Ceux qui ont vu le film l’Associé du Diable avec Keanu Reeves et Al Pacino se feront une idée du personnage.

    Avec toute cette matière, Laurent Dingli construit un roman érudit, ample (grâce à la multiplication des points de vue), exigeant enfin car on ne peut pas ne pas se poser des questions sur l’homme qui fait l’Histoire. Le plus pervers au fond dans ce roman sur le Mal, c’est qu’il se lit avec délice. Laurent Dingli serait-il diabolique ?

    BRUNO TESTA
    btesta@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110220b - Marne
    BOUQUINS : Les amours des tyrans

    Eva Braun va tenir une place particulière dans la vie d’Hitler.
  •  Agrandir la photo
  • INTRIGANTES. Elles ont été des épouses fortes ou transparentes, des maîtresses intrigantes, des concubines machiavéliques. Elles ont été les égéries de Staline, Mao, Mussolini, Hitler mais n’ont pas été épargnées par la politique ni les règlements de comptes. Les portraits des femmes de dictateurs nous apprennent-ils à mieux cerner la personnalité complexe, insupportable et violente de ces hommes qui n’ont rêvé qu’à être des maîtres du monde ? Dans l’ouvrage qu’elle consacre à ces figures souvent méconnues, Diane Ducret nous éclaire avec une galerie remarquable de ces compagnes intéressées de mégalomanes et de despotes dont les mains sont couvertes de sang. Leur fin peut être d’une rare violence à l’exemple des outrages inouïs infligés à Clara Petacci, la fidèle de Mussolini qui, après les dernières humiliations, a été pendue par les pieds auprès du Duce sur la piazzale Loreto de Milan. Mussolini était un mangeur de femmes. Il butinait chez les bourgeoises comme chez les filles du peuple, tout en ayant une femme officielle mère de ses enfants pour l’affichage.

    Au volage italien on peut opposer la sauvage soviétique. Staline n’est pas qu’un tyran au Kremlin. Odieux, manipulateur, il pousse son épouse Nadia Allilouïeva au suicide. Il lui avait fait subir, lui aussi bien des humiliations.

    Doit-on ajouter que, comme sa belle-soeur refusait ses avances pressantes, il l’envoie au goulag ! Il doit se contenter d’une gouvernante rigide et désagréable pour finir ses jours.

    Que dire aussi d’Hitler que beaucoup de femmes admirent jusqu’à s’offrir à lui-même si, Eva Braun, va tenir une place particulière dans sa vie, surtout dans les derniers temps d’un Reich aux portes de l’abîme.

    Ces femmes qui nous sont présentées au fil des pages ne sont pas pour la plupart imperméables à la politique. Certaines y sont terriblement impliquées et personne n’a oublié dans les années Mao et après la figure de Jiang Qing. C’est une intrigante et une pourvoyeuse de chair fraîche auprès du Grand Timonier dont la libido semble insatiable et qui, lui aussi odieux à l’extrême, affirme se laver dans le corps des femmes.

    On ne peut laisser de côté Elena Ceaucescu dont la fin tragique auprès de son mari témoigne un partage fusionnel des convictions du dictateur roumain.

    On s’amusera à découvrir les jeux impatients d’Antonio Salazar, le dictateur portugais, un ancien séminariste dont les renoncements ne se limitent pas au don de sa vie à Dieu.

    On ne manquera pas d’observer les pratiques de la femme de Bokassa, séductrice d’un rare professionnalisme lorsqu’il s’agit de servir la politique étrangère de son mari aux prétentions impériales. Enjouée, rieuse, elle sait délaisser les honneurs pour s’amuser avec ses amies. Il est vrai qu’elle profite des fastes de l’Empire centrafricain et du budget shopping illimité dont elle dispose à la plus grande satisfaction des plus prestigieuses enseignes parisiennes.

    Bref, un ouvrage avec lequel on passe de bons moments et dont les chapitres se lisent dans l’ordre que l’on souhaite.

    HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110220a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ----------

    Perdus dans le désert

    Le Bristol Blenheim, photographié tel qu’il fut retrouvé en 1959.
  •  Agrandir la photo
  • Georges Le Calvez peignant le symbole de la France libre.
  •  Agrandir la photo
  • Si dans le magazine anglais « Rotol Social and Welfare », le général de Gaulle défend le 20 février 1941 la place de l’aviation dans la guerre, il sait aussi les risques pris par les équipages en Afrique. Même s’il déclare : « L’aviation est l’arme principale de la guerre mondiale » avant d’ajouter : « L’aviation est l’arme qui convient par excellence à la force britannique, car il y faut la qualité des hommes et la puissance de l’industrie » pour mieux pronostiquer : « La Royal Air Force vaincra pour la gloire de l’Empire britannique et pour la liberté du monde », il sait ce qu’il en coûte aux Français. Le 5 février égaré au cours du retour d’une mission sur l’oasis de Koufra, l’équipage d’un Blenheim du groupe « Lorraine » à court de carburant est contraint de se poser dans le désert et perdu à tout jamais. Peu avant 10 h 30, quatre Bristol Blenheim Mk IV qui appartiennent à la première escadrille du groupe réservé de bombardement n° 1, (le futur groupe « Lorraine »), décollent du terrain d’Ounianga- Kébir en direction du nord-est. Le colonel Leclerc vient d’ordonner un nouveau bombardement sur l’oasis de Koufra contrôlée par les forces italiennes. Les problèmes mécaniques s’accumulent.

    Un premier appareil doit faire demi-tour tout en indiquant qu’un autre est contraint de se poser en urgence à soixante-dix kilomètres au nord de Tekro où son équipage est secouru le 8. Seuls les deux derniers appareils frappent Koufra mais aucun ne parvient à regagner sa base. L’un perdu se dirige vers le Tibesti et tombe presque par hasard sur le petit poste de Gouro, à 110 km ouestnord- ouest d’Ounianaga-Kébir. En revanche, le dernier équipage composé du sous-lieutenant Gérard Claron, navigateur et chef de bord, du sergent Georges Le Calvez le pilote et du sergent Fernand Devin, radio-mitrailleur demeure introuvable. A 15 h 26, le dernier message reçu clairement est explicite : « Nous sommes perdus ». A 15 h 48, tout contact avec l’appareil est sans réponse. Des recherches sont entreprises mais en vain. « Le silence va durer dix-huit ans », relève Frédéric Lafarge, administrateur du musée de la BA 112 de Reims « commandant Marin-la-Meslée ».

    C’est en mars 1959 que le lieutenant Estienne, commandant le 8e groupe nomade aux confins du Tchad et de la Libye apprend qu’un avion est accidenté dans le secteur d’Erdi-Fochimi, région désertique à 200 km à l’est d’Ounianga-Kébir non loin du point de jonction des frontières de la Libye, du Soudan et du Tchad. En octobre 1959 l’authentification est effective. Le Blenheim posé sur le ventre est dans un très bon état de conservation. A côté de l’appareil se trouvent les restes momifiés de l’équipage. Le sergent Le Calvez est le premier qui est décédé. Il a été inhumé dans un parachute sous le nez de l’avion. Le sous-lieutenant Claron et le sergent Devin sont retrouvés entre les fuseaux moteurs et le fuselage du bombardier. Ils y avaient creusé des niches pour s’abriter du vent, du soleil et des charognards. Devin avait sorti la batterie pour envoyer des messages qui ne sont jamais parvenus. Tous trois sont morts de faim et de soif.

    Dans le journal de bord qu’ils ont tenu jusqu’au bout est mentionné ceci en date du 6 février : « Un gobelet d’eau, tomates, une boîte de lait, un gâteau ». Au 19 février on lit : « Poulet, confitures, chaleur accablante ». Y apparaît la détresse qui gagne les trois aviateurs. Au 24 février : « Poulet. A midi notre provision d’eau est terminée ». Une dernière inscription illisible est portée au 1er mars. Tel est le destin tragique de ces valeureux aviateurs ! « Le 5 février 1960, dix-neuf ans jour pour jour après leur départ en mission, un Noratlas 2501 de Villacoublay avec à son bord le corps des trois aviateurs s’est posé sur BA 107. Tous les survivants du Lorraine de Koufra étaient présents pour leur rendre hommage » conclut Frédéric Lafarge. Au musée de la BA 112, cet épisode est rappelé.


    ----------

    Leclerc devant Koufra

    Le colonel Leclerc : une âme de général.
  •  Agrandir la photo
  • Roger Ceccaldi : Leclerc peut compter sur lui.
  •  Agrandir la photo
  • Le général de Larminat veille à la coordination des moyens.
  •  Agrandir la photo
  • Cette croix de Lorraine, Leclerc veut la voir claquer au vent de Koufra.
  •  Agrandir la photo
  • Les Italiens ont de mauvais souvenirs de duels d’artillerie navale.
  •  Agrandir la photo
  • DESERT LIBYEN. La pression française s’accroît autour de l’oasis mais les Italiens ne renoncent pas à défendre leurs positions et répliquent sur terre et dans les airs.

    Leclerc a de la suite dans les idées. C’est la raison pour laquelle il prend la tête d’une reconnaissance terrestre vers Koufra. Plusieurs de ses officiers croient de leur devoir de lui signaler qu’il prend un gros risque et s’expose trop. Sa réponse est cinglante : « Il y a à Londres des colonels pour me remplacer ! ». L’un d’eux qui ose sous-entendre que, s’ils sont dans la capitale britannique, c’est qu’ils ne préfèrent pas être ici, est puni sur le champ. Il ne participe pas au raid. Le 7 février 1941, vingt-deux véhicules arrivent à proximité de l’oasis contrôlée par les troupes italiennes. Trois patrouilles sont immédiatement dépêchées en reconnaissance. Les lieutenants Geoffroy et Arnaud ont la responsabilité de l’infiltration militaire tandis que Leclerc, convaincu par Guillebon, se concentre sur une mission plus politique avec un contact auprès du chef de village.

    Vers 2 heures les patrouilles sont de retour et le débriefing aboutit à la conclusion que le plus grand calme règne à Koufra. Le colonel est déterminé à frapper vite et fort. Une attaque est déclenchée contre le terrain d’aviation où stationnent deux appareils. Le repli est laborieux et des voitures sont détruites pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi qui réplique et envoie trois avions mitrailler la colonne française. Elle n’a pas les moyens de se défendre. Leclerc peste : « contre ces démons du ciel ». Il n’est pas dépité pour autant et retouche son plan pour reprendre au plus vite l’offensive. Il ne veut pas y associer les automitrailleuses et les deux canons de 75. Le lieutenant Ceccaldi proteste, met ses trois camions équipés dans la balance et obtient de son chef, le sourire en coin, le droit d’emporter l’un des canons de 75 ! Informé de l’évolution satisfaisante des combats au nord de la Libye et de l’avance significative des Britanniques vers Tripoli, Leclerc veut en finir. Le 14 février, il reçoit un télégramme du général de Larminat qui lui indique : « Britanniques avertissent, Italiens évacuent Koufra. Agissez toute urgence pour accrocher et occuper ». L’information est erronée mais la colonne se remet en marche. Leclerc retrouve l’avant-garde constituée de deux pelotons motorisés. Il veut d’abord se débarrasser d’éléments blindés lourds de l’ennemi qui appartiennent à la Saharienne. C’est un jeu de cache-cache auquel se livrent les soldats français. Le 18 février, les patrouilles motorisées conduites par les lieutenants Geffroy et Rennepont pénètrent dans la palmeraie de Koufra. La Saharienne quitte le fort tandis que le reste des troupes s’y barricade. Debout dans sa camionnette, Leclerc, calme, donne les ordres mais bientôt les blindés lourds prennent à revers les Français et bénéficient de l’appui de sept avions ennemis. Le colonel ne doute à aucun instant. Il divise ses voitures en deux groupes pour prendre à son tour l’adversaire à revers ! L’unique canon de 75 est remorqué autour du fort. Il fait de l’effet puisque les Italiens se croient encerclés par plusieurs batteries d’artillerie ! En infériorité numérique, Leclerc bluffe, fait tourner les camions phares allumés pour faire croire à l’arrivée de renforts. Certains de ne pas pouvoir disposer d’appuis britanniques à court terme, il courtise les indigènes qui vivent autour du fort.

    La reddition n’est pas encore obtenue. Pourtant sur la BBC, dès le 12 février, 234e jour de la résistance du peuple français à l’oppression, Jacques Duchesne fait preuve d’un optimisme forcené : « Tout le monde a dû frémir de joie et de fierté en apprenant hier soir qu’une colonne motorisée française avait pris pied dans le groupe d’oasis de Koufra à 800 kilomètres du Tchad. Tout le monde a dû être impressionné par un succès qui a comporté un bombardement exécuté par nos escadrilles. Tout le monde a dû être porté par un tel sentiment de reconnaissance envers ce colonel Leclerc qui, avec sa troupe a enlevé d’assaut la base aérienne italienne ». La description est épique. Dans la réalité la chose est un peu moins grandiose. Les officiers ont compris que leurs soldats n’avaient pas encore assez de métier pour donner le maximum. En revanche, ils se félicitent de leur courage et de la confiance qu’ils manifestent envers leur chef, ce cavalier intrépide de Leclerc ! Duchesne exulte : « Voici une des premières fois que nous nous retrouvons dans notre glorieuse tradition française en voyant une troupe française agissant seule remporter un de ces succès qui ressemblent à tant d’histoires du passé. Et vous avez noté que nos avions étaient là, que notre colonne motorisée était là ». L’occasion est trop belle pour susciter la conscience de ceux qui restent encore l’arme au pied alors que leurs frères d’armes sont ardents à l’assaut. « Des faits d’armes comme celui-là font réaliser à tant de Français, à tant de soldats et d’officiers d’hier, leur cruelle impuissance d’aujourd’hui. Chez certains, nous le savons, c’est un sentiment qui va jusqu’à la colère. Ils se disent comment pourrions-nous prendre part, comment pourrions-nous nous employer, au lieu d’être des spectateurs de la lutte qui se poursuit ? ».

    Duchesne extrapole et diversifie ses exemples : « Il y a quelques jours en écoutant le récit du bombardement de Gênes, combien de marins français, tout en se réjouissant, se sont souvenus de ce qu’ils avaient fait eux-mêmes dans ce port de Gênes, juste avant l’armistice, trop tard ». Pour mieux inviter ses auditeurs à la patience : « Si irritant que ce soit, il n’y a que la patience qui puisse compter, qui puisse aider aujourd’hui ; patience et vigilance ». Il y a ici un nouvel appel à la résistance, à être utile même lorsque les Allemands réquisitionnent des hommes et des matériels pour s’entraîner. Il faut tout faire pour qu’ils échouent dans leurs préparatifs. Et le journaliste d’avertir tous les orateurs de l’Axe : « On ne réduira pas un pays qui, par sa situation géographique est une des clés du monde, qui par son histoire est des plus grands du monde, si ce pays est uni dans la Résistance. On ne le réduira pas quand certains de ses fils battent l’ennemi sur le champ de bataille extérieur et quand la force anglaise, la force alliée, est résolue à aller jusqu’au bout et à mourir plutôt qu’à céder ». Ainsi, alors que les forces de Leclerc harcèlent un ennemi qui se défend encore vigoureusement, on profite à Londres de cette éclaircie sur le front pour déjà en tirer des conclusions avantageuses. Les Italiens se sentent assiégés dans le fort mais les Français n’ont pas encore trouvé la faille pour obtenir la capitulation des soldats de Mussolini. Pour sa part, Maurice Schumann qui s’insurge contre les palinodies du Duce proclame au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français » : « Voilà, marins, soldats de l’Empire, ce que vous dit le message victorieux des combattants de Mourzouk et de Koufra : En vous appelant au secours, la patrie vous appelle au combat ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    ----------

    Les Français libres pèsent en Extrême-Orient

    Vichy tente de maintenir l’unité de l’Empire.
  •  Agrandir la photo
  • Une unité de la marine de guerre japonaise dans le port de Saïgon.
  •  Agrandir la photo
  • L’empereur Hiro Hito doit admettre un gouvernement ultranationaliste.
  •  Agrandir la photo
  • Joseph Hackin : rigoureux et efficace.
  •  Agrandir la photo
  • Les pressions nippones augmentent sur l’Indochine.
  •  Agrandir la photo
  • La pression japonaise sur l’Indochine devient en ce mois de février 1941 beaucoup plus contraignante. Les informations qui remontent à Londres inquiètent le général de Gaulle et son entourage. Le gouvernement nippon cherche à consolider ses positions économiques et militaires sur la grande région. Aussi, ses représentants poussent-ils le Siam à contrôler les rives du Mékong. Ce qui peut se révéler un lourd handicap pour garantir les échanges commerciaux. Les observateurs comprennent que la possible entrée en guerre de l’Empire d’Hiro Hito constitue une menace potentielle sur la Nouvelle-Calédonie, les archipels du Pacifique, les Etablissements français de l’Inde et pourquoi pas, à plus long terme, sur Madagascar. Même aux Etats-Unis, la Maison Blanche surveille de près les ambitions japonaises qui se traduisent par des discours de plus en plus hostiles, relayés par les médias du sudest asiatique.

    On retrouve cette préoccupation dans les télégrammes que s’échangent le général de Gaulle et son représentant à New York Garreau- Dombasle. Le chef de la France libre freine certaines ardeurs et affiche sa différence : « Votre proposition concernant corps expéditionnaire français Singapour irréalisable, nos forces étant actuellement affectées à d’autres opérations également de première importance » relève-til. De fait, les Force françaises libres sont engagées dans les raids conduits avec les Britanniques aux confins du Tchad et de la Libye. Les FFL visent en totale autonomie l’oasis de Koufra puis la prise de contrôle de l’ensemble du Fezzan. Le général se préoccupe aussi des conséquences d’une telle initiative conduite depuis Singapour. Il n’exclut pas une violente réaction japonaise susceptible de soumettre les territoires français sans possibilité de réaction immédiate. De Gaulle se méfie et redit à Garreau-Dombasle : « Vous rappelle que politique américaine vis-à-vis Japon a été constamment pousser France et Angleterre à prendre initiative et attitude ferme mais à ne jamais s’engager soi-même. Vous demande vous souvenir toujours cette tendance quand vous discutez problème Indochine avec personnes responsables ».

    Dans le même temps, de Gaulle écrit à Schompré à Singapour et tance l’attitude de son correspondant : « Réprouve votre initiative d’entrer en négociation en mon nom avec autorités américaines Philippines pour envoi avions destinés à l’Indochine. Vous prie vous abstenir tout contact avec autorités américaines sur ces questions qui sont défendues par mon représentant aux USA ». Le 12 février 1941, il intervient auprès du docteur Béchamp alors à Tchong-King pour qu’il envisage son transfert à Hong Kong. Il lui demande d’engager un plan de communication pour mieux faire connaître la France libre en Extrême-Orient : « Vos relations personnelles rendront faciles les conversations que le gouvernement chinois, par ses agents de Hongkong, désirerait avoir avec nous au sujet de questions intéressant les deux parties en ce qui concerne la Chine libre et occupée, l’Indochine et les territoires du Pacifique de notre juridiction ». Le général juge indispensable de faire passer un message niant au gouvernement de Vichy la représentation de la France. « Les Forces françaises libres continuent la lutte aux côtés des Alliés, soutenues par les encouragements de toute la nation. Le jour où un gouvernement français libre existera à nouveau hors du contrôle de l’ennemi, le général de Gaulle, comme il l’a affirmé publiquement, se rangera derrière lui. La victoire alliée étant certaine, la résurrection de la France dans toute sa puissance, l’est donc aussi ». Les Français de Londres estiment qu’ils doivent porter une diplomatie dynamique dans cette région du monde et structurer un pôle d’accueil et de recrutement de volontaires prêts à s’engager dans l’entreprise exaltante de reconquête de la liberté. De Gaulle s’appuie sur le comité local de sympathisants de Hongkong qui est présidé par le tonique M. Piot. Au docteur Béchamp il précise : « Vous m’adresserez un rapport d’ensemble tenant compte de l’importance particulière du recrutement des volontaires que je désire voir intensifier en Extrême-Orient ».

    DE GAULLE CONSOLIDE LES LIENS AVEC HONGKONG ET LES MILIEUX GOUVERNEMENTAUX CHINOIS

    Pour consolider l’action, le général envoie un excellent connaisseur de cette région du monde qui est Hackin. Il prévient aussi le docteur : « En vous rendant à Hongkong, vous ferez escale à Tchong-King pour y prendre contact avec l’ambassadeur de Grande-Bretagne et, dans la mesure opportune, avec les milieux gouvernementaux chinois ». Il peut compter sur le consul général britannique de la ville pour relayer l’appel à s’engager dans les FFL. Le général planifie strictement l’action : « Vous voudrez bien, par l’intermédiaire du Colonial Office, m’adresser le projet de budget de votre action en tenant compte du fait que j’ai décidé de vous donner comme collaborateur M. Guibaut qui pourrait de préférence résider en Chine libre ». Le 15 février 1941, le général écrit à nouveau à Schompré à Hongkong pour l’inviter à se rendre sans tarder au Caire. Il insiste sur le fait que le docteur Béchamp a été désigné comme son correspondant en Chine libre et son représentant à Hongkong. Son arrivée de Chengtu doit avoir lieu dans les plus brefs délais. Très intéressé par tout ce qui se passe en Chine, le général écrit le 22 février 1941 à Archibald Clark Kerr pour améliorer les contacts et les échanges avec les agents français qui s’y trouvent. « D’après les renseignements qui me sont rapportés par Marc Leclerc, agent de police à Shanghai, il y aurait environ 300 soldats français de l’infanterie coloniale prêts à rejoindre les FFL. Ce qui empêcherait ces soldats de se déclarer est qu’aucun arrangement n’a été fait avec le consulat britannique à Shanghai pour qu’une fois sortis de la concession française, ils soient munis de papiers britanniques leur permettant de partir. Il y a un tel intérêt politique actuellement à ce que le plus grand nombre de Français rejoignent les FFL que j’espère que, quels que soient les inconvénients locaux qui pourraient résulter de l’action que je suggère, les grands intérêts en cause du point de vue de l’attitude de la France dans la guerre prévaudront ».

    De Gaulle mentionne encore dans une note datée également du 22 février que le moment est venu de répéter à la radio et dans la presse la déclaration des FFL relative à l’Indochine. Il exige qu’on télégraphie aux représentants amis à Singapour, Tokyo, Tchong-King ainsi qu’aux Indes néerlandaises toutes les informations utiles pour qu’elles soient systématiquement diffusées. Il ajoute que la radiodiffusion doit être faite en français mais également en anglais pour Sydney, Bombay, Singapour et toutes les villes où la langue administrative est l’anglais. A André Labarthe qui dirige la revue « La France libre », il dit sa confiance mais ne tient pas à évoquer les sinistres événements de 1940 pour les mettre en perspective. « Je suis dans l’action et les prises des décisions les plus urgentes intéressent nos intérêts et ceux des alliés. Le temps viendra de retracer toute cette histoire, une fois la victoire acquise ».

    ***********************************

    Union110217b - Marne
    EPERNAY : Commémoration ce dimanche Les « poilus » se rendent à Verdun

    En tenue gris de fer bleuté ou en bleu horizon comme ils l’étaient à l’époque.
  •  Agrandir la photo
  • Une vingtaine de « poilus » de l’association du poilu de la Marne sont invités à se rendre à Verdun, ce dimanche pour commémorer le 95e anniversaire du déclenchement du premier assaut de la bataille de Verdun, qui avait eu lieu le 21 février 1916. Une cérémonie aura lieu au bois des Caures, à la stèle du Lieutenant-Colonel Driant qui, a trouvé la mort à la tête des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied.

    Une cérémonie à laquelle le président Didier Blanchard tient à participer. « Mon grand père, Georges Blanchard était dans les chasseurs à pied au 120e bataillon. C’est un moment pendant lequel j’aurais une pensée particulière pour lui et ses camarades qui ont participé à cette boucherie », commente Didier Blanchard.

    Tous les membres de l’association du poilu de la Marne seront habillés en tenue gris de fer bleuté ou en bleu horizon comme ils l’étaient à l’époque, les festivités débuteront à 11 heures, par une messe en l’église de Vacherauville et un dépôt de gerbe au monument aux morts, puis à 16 heures, ce sera la cérémonie commémorative, au bois des Caures en présence du 16e bataillon de chasseurs et des autorités civiles et militaires.

    ***********************************

    Union110217a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Conférence au collège Saint-Etienne Un ancien combattant témoigne

    Des collégiens très intéressés par le conférencier.
  •  Agrandir la photo
  • C’est devant un jeune public studieux et attentif du collège Saint-Etienne, environ une quarantaine des classes de 3e et 4e, sous la houlette de leur professeur Céline Biava, que Pol Cher, président des anciens combattants et victimes de guerre de Châlons, est venu parler de la colonisation et de la décolonisation.

    Le jeune public, très attentif (on aurait entendu une mouche voler), s’est entendu conter, par Pol Cher, l’histoire de la et de sa campagne d’Indochine, d’Algérie, sans oublier 39/45 et pourquoi, aujourd’hui, la France est un pays de liberté, une liberté conquise grâce au sacrifice de milliers d’hommes.

    « Vous avez certainement parmi vous, un grand-père, un oncle, un membre de votre famille qui a vécu cela ! », a ajouté l’ancien combattant. Fier de son parcours, dans de nombreux pays lors de ses campagnes, de ses blessures dont il porte encore aujourd’hui les cicatrices, il a voulu démontrer à cette jeunesse avide de savoir que l’être humain possède encore quelque chose de bon en lui et aussi à transmettre aux autres. Et de rappeler à ces collégiens ce qu’est le drapeau français et pourquoi il a ces trois couleurs.

    Et Pol cher d’ajouter : « Je vous demande du fond du cœur de vous arrêter lorsque quelque part, devant un monument, lors d’une cérémonie patriotique, vous entendez la Sonnerie aux morts ou la Marseillaise. » Il leur a demandé aussi de venir à la Maison du Combattant visiter le musée de toutes les guerres ou la bibliothèque qui contient plus de 4 000 ouvrages sur tous les conflits. Un coup de fil au 03.26.64.17.81 pour prendre rendez-vous, c’est simple…

    ***********************************

    Union110216b - Marne
    REIMS : Le Souvenir français n’oublie pas l’abbé Miroy

    Une sculpture réaliste et émouvante.
  •  Agrandir la photo
  • Au cimetière du Nord, une tombe est fleurie et honorée : celle de l’abbé Miroy. Un hommage vient de lui être rendu par une association rémoise.

    « POURQUOI venons-nous déposer une gerbe sur cette tombe ? Parce que c’est la date anniversaire de l’exécution de l’abbé Miroy, fusillé par les Prussiens le 12 février 1871 », explique Jean Cienki.

    Accompagné de quatre autres membres, le président du comité rémois du Souvenir français a tenu a honorer la mémoire de ce curé de Cuchery, accusé -sans doute à tort- d’avoir exhorté ses paroissiens à la résistance et d’avoir caché des fusils dans son église. Condamné à mort par un tribunal d’exception, il fut exécuté, contre le mur du cimetière du Nord, où il repose désormais.

    L’abbé Jules Sacré, qui l’a assisté dans l’épreuve, a relaté l’événement, soulignant la dignité et le courage de Charles-Eugène Miroy : « Une telle acceptation en face d’une telle mort me paraît ce qu’il y a de plus magnifique. » Si l’association a tenu à commémorer cet anniversaire, c’est parce qu’elle a pour mission d’honorer ceux qui ont défendu les valeurs de la patrie. « Nous nous occupons aussi de l’entretien des tombes de tous ceux qui sont morts pour la France. Et enfin, nous nous chargeons aussi de transmettre, aux plus jeunes, le sens du devoir de mémoire. »

    A ce titre, l’association organise des visites de scolaires, avec leurs enseignants, sur les lieux de mémoire.

    Sa tombe continue d’être fleurie

    La délégation s’est recueillie sur la tombe, regrettant que la statue, qui l’ornait encore il y a deux ans, ait dû être déposée et mise en lieu sûr, pour la préserver des vols ou dégradations (l’union du 24 janvier). Le monument a été payé par souscription de la population rémoise, révoltée par l’injustice de cette exécution. La statue a été exécutée par le jeune sculpteur René de Saint-Marceaux, qui l’a terminée en 1872. Lucette Turbet, historienne, a consacré à l’abbé Miroy un article dans un numéro de « La Vie en Champagne » : « Le monument est inauguré le 17 mai 1873. Le maire, Victor Diancourt, prononce un discours, dont voici un extrait : Sa figure, endormie dans la mort, n’est ni farouche, ni menaçante : elle n’est pas l’image de la colère ; elle n’est pas non plus celle d’une lâche résignation ; c’est celle de la protestation du droit et de l’humanité. » L’héroïsme de l’abbé et le romantisme de la statue ont touché le cœur des Rémois : sa tombe continue d’être fleurie par des mains inconnues…

    ***********************************

    Union110216a - Marne
    BETHENY : Histoire de l’aviation : Une association pour sauver le musée de la BA 112

    Les membres du conseil d’administration (au centre Philippe Marin la Meslée et Hervé Chabaud).
  •  Agrandir la photo
  • Tout espoir ne semble pas perdu ! Le sauvetage du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale est en cours… Jeudi dernier, s’est tenue l’assemblée générale constitutive de l’association Edmond Marin la Meslée dont la priorité est de sauver ce musée, administré par Frédéric Lafarge, avant qu’il ne soit trop tard. Le 30 juin prochain, la base ferme et l’ensemble des locaux se trouveront déserts, sans électricité, sans Internet, les stèles et les avions se situant dans le périmètre immédiat, devant être défendus.

    Heureusement, cette association, dont le président d’honneur est Philippe Marin la Meslée, le fils de l’aviateur, et le président Hervé Chabaud, par ailleurs rédacteur en chef de l’union, a vu le jour, et le conseil d’administration, dont les membres ont été cooptés jeudi, veut faire avancer les choses rapidement. « Je trouve formidable ce que vous faites », a dit M. Marin la Meslée, aux membres de l’association qui se sont tous présentés, et qui sont tous des passionnés d’histoire de l’aviation, intéressés par la sauvegarde du patrimoine local, membres pour certains de l’Anoraa (Association nationale des officiers de réserve de l’Armée de l’air).

    Devoir de mémoire

    La Ville de Bétheny est représentée par l’adjoint Jean-Michel Pinot, et la Ville de Reims par l’adjoint Jacques Cohen. M. Chabaud a expliqué, lors de cette assemblée, le travail d’histoire nécessaire pour accomplir le devoir de mémoire. Ce musée doit vivre dans la perspective d’un élargissement, d’ici cinq à dix ans, en lui adjoignant d’autres fonctions, pourquoi pas utiliser ici des collections inconnues du public qui dorment dans les réserves du musée du Bourget, pourquoi pas y accueillir des conférences sur la richesse de ce qui a été vécu ici : création de l’aviation de chasse, naissance de la patrouille de France, seule base à faire de la reconnaissance aérienne…

    « Il y a moyen de construire quelque chose d’intéressant sur ces bases », a conclu M. Chabaud, en ajoutant, quant à l’avenir de M. Lafarge, qui a créé et administré ce musée avec beaucoup de pédagogie et de passion, « il serait néfaste qu’il ne puisse demeurer à Reims ». Mais, pour le garder avec le musée, il est urgent de lui créer un poste. Qui pourra le prendre en charge ? La Ville de Bétheny ne peut l’assumer seule, mais peut collaborer, de même pour la Ville de Reims. D’après les élus des deux villes, la solution semble être du côté de la communauté d’agglomération de Reims Métropole. D’ici trois semaines, la décision doit être prise, car M. Lafarge doit assurer son avenir.

    Le dernier point abordé, lors de l’assemblée, a été de missionner des personnes compétentes pour inventorier, en dehors du musée, tout ce qui peut être gardé sur la base. MM. J.-P. Calka, F. Lafarge et J.-M. Villaume ont été désignés.

    ***********************************

    Union110215b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Association de la Main de Massiges : À la mémoire des combattants

    Devoir de mémoire, les enfants ont dévoilé la plaque et déposé la gerbe.
  •  Agrandir la photo
  • Un travail de mémoire remarquable, entamé il y a quelques années par l’ association de la Main de Massiges, est celui de la reconstitution d’une tranchée Française située sur la côte 191.

    En hommage, sur ce site qui a vu tant de nos poilus nous quitter, les bénévoles, en partenariat avec le service des nécropoles de Metz, ont pu ériger un monument en reconstituant un pilier provenant du cimetière militaire de Saint-Jean-sur-Tourbe.

    Le samedi 12 février, une plaque commémorative a été dévoilée par des enfants « A la mémoire des marsouins et de tous les combattants de la Main de Massiges et de ses environs 1914 - 1918 » suivit d’un dépôt de gerbe. En présence du colonel Jean-charles Vuillemin, du colonel Norbert Mery, président de l’association de Navarin, de Paul Jeny, président de Djebel Argonne, d’Henri Golebiewski, représentant les ACPG de Sainte-Menehould, et de Bruno Dupuis de l’ONAC. Et le président Jean-Pierre Mainsant de s’exprimer : « un des premiers vœux de l’association est ainsi réalisé avec l’aide de la subvention accordée par l’ONAC (office national des anciens combattants), la côte 191 commence à être connue et le nombre de visiteurs augmente régulièrement, et ceci grâce à nos adhérents parmi lesquels des familles de disparus, merci à vous tous ».

    ***********************************

    Union110215a - Marne
    REIMS : Le Bal à Papa, une valeur sûre

    L’occasion pour tous les amateurs de danses de salon et modernes, de passer un agréable et convivial après-midi au cœur de l’hiver.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La foule des grands jours s’est pressée pour danser au caveau où le comité des anciens combattants de La Neuvillette organisait tout récemment le 42e Bal à Papa.

    Les organisateurs se sont réjouis de voir un certain renouvellement s’établir parmi le public de ce fait quelque peu rajeuni sans préjudice pour les anciens et même très anciens tels que Pierre Collinet, le président d’honneur des anciens combattants, créateur du Bal à Papa, et Odette Petit, élue en son temps super-mamie, tous deux dépassant allègrement les 90 printemps.

    Les danseurs ont fait un triomphe à l’orchestre d’Alberto Garzia et à Catherine Prud’homme, virtuose au sommet de son art.

     

    ***********************************

    Union110213e - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Le martyre de Vaihingen

    Bien des années après, Serge Lampin était retourné au Struthoff, point de départ vers sa déportation à Vaihingen.
  •  Agrandir la photo
  • Il avait survécu au massacre de la forêt de Trois-Fontaines puis à la déportation dans un camp allemand. Serge Lampin est décédé la semaine dernière. Son histoire valait bien un hommage.

    La semaine dernière, nous relations l’héroïsme du résistant argonnais Serge Lampin, arrêté en juillet 1944, torturé puis déporté. Quelques heures avant la parution de cet article, il rendait son dernier souffle. Après avoir survécu au massacre de ses camarades résistants, en juillet 1944, dans la forêt de Trois-Fontaines, Serge Lampin avait subi les interrogatoires zélés et musclés de la Gestapo à Châlons-en-Champagne. Puis il avait été envoyé au camp du Struthoff. De là, il sera dirigé vers un des sous-camps dépendant du premier, celui de Vaihingen, sur la ligne Karlsruhe-Stuttgart.

    Ce camp sera ouvert le 13 août 1944 par 2 188 juifs survivants de la ville polonaise de Radom, sélectionnés et épargnés temporairement, le reste de leurs frères ayant été envoyés à Auschwitz. L’implantation dans cette petite vallée faisait suite à une directive des autorités du Reich concernant la fabrication d’armes à l’abri des incursions de l’aviation alliée. Une usine souterraine avait donc été édifiée par creusement d’une carrière souterraine très profonde. Deux mois et demi d’un travail d’enfer par des équipes se relayant jour et nuit. 600 déportés y ont laissé la vie. Puis il faut abandonner le travail. Le camp de Vaihingen devient alors un vaste mouroir de malades qui recueille des déportés de tous les camps à la ronde jusqu’à l’ultime évacuation le 1er avril 1945.

    Mi-décembre 1944, après Dautmergen, étape de sa « villégiature concentrationnaire », Serge et quelques compagnons de misère passent en train à Schomberg, d’où un nouveau train les emmène péniblement à ce vallon. Un camp en deux rangées de baraques séparées par une allée centrale. Le tout encerclé par les miradors et les barbelés, architecture classique des camps nazis.

    Combat contre les maladies

    On les pousse jusqu’au fond. Ils dorment à même le sol. Serge dénombre des déportés de toutes nations, dont des Polonais, des Russes, des Français, des Néerlandais, des Norvégiens, des Belges. Nombreux sont ceux décorés du triangle jaune, des juifs venus de Pologne qui espèrent être oubliés du cauchemar de la mort de leurs congénères.

    Le premier jour sera marqué par un événement heureux : une douche, la première depuis trois mois. Trop brève, elle ne permettra pas un séjour suffisant de leurs frusques à l’étuve pour éliminer les parasites, les poux qui continueront à prospérer. Les premiers travaux seront le dégagement des routes, sous les coups des gardiens. La nourriture : la soupe aux choux-raves, un classique. Bientôt la dysenterie, les engelures, les infections de toutes sortes. Serge contracte un phlegmon au cou qui mettra deux mois à guérir.

    Sous les ordres d’un nouveau chef de block, il est affecté au montage d’une nouvelle baraque. Il s’entend bien avec ses camarades, utilise au mieux ses connaissances de l’Allemand. Au début de l’hiver, il s’installe avec Charles, un frère de la résistance à ce block 4.

    La baraque va accueillir de nouveaux malades en provenance des camps voisins, celui de Neckar Elz. Les agonisants vont peupler les lits, cloués sur leurs paillasses. Serge s’efforce de les réconforter. Il leur procure du charbon de bois pour tenter de limiter leurs douleurs intestinales. Il leur faut protéger les malades des rôdeurs qui tentent de dérober leur portion de soupe ou leur couverture.

    La baraque est devenue un lieu de refuge de toutes les maladies possibles. Les SS ne s’y aventurent plus, surtout à cause de la puanteur ambiante. Dehors, la neige et le froid règnent en maîtres. La vermine, à l’aise, y progresse.

    Le typhus fait son apparition. Serge est touché. Huit journées de la plus totale inconscience, après la mort de son camarade de résistance. Il en sort, vacillant sur ses jambes. Deux amis le soutiendront, renfort moral inestimable.

    Une désinfection générale est ordonnée. Alors qu’ils sont aux douches, les Allemands liquident tous les grabataires par le gaz.

    Dans les premiers jours du printemps qui revient, le passage des avions alliés les réconforte, alors que le bruit du canon vient se rapprocher. Le 1er avril 1945, c’est l’évacuation du camp pour un transport qui se termine à Dachau dans des conditions d’entassement indicibles. Serge Lampin dénombre 30 morts dans son wagon.

    Le 3 avril 1945, à Vaihingen, ce sont les soldats français de la 5e DB qui découvriront quelques dizaines de rescapés squelettiques, laissés là par les SS lors de leur retraite. Des renforts tenteront de soigner les survivants. Pour les morts entassés dans une fosse, ils ne pourront que leur rendre les honneurs militaires, arrivés trop tard pour limiter leur massacre

    ***********************************

    Union110213d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Le coup de cœur du bouquiniste : Vers la terre promise d’Algérie

    Paris, 1848. Six péniches en convoi s’éloignent du quai de la Rapée, sous l’immense clameur d’adieu de dizaines de milliers de Parisiens. Leurs frères des barricades, ouvriers, artisans de la capitale et aussi paysans venus de toutes les provinces de France, s’en vont à jamais.

    Ils ont répondu à l’appel du gouvernement qui leur fait miroiter la promesse d’une nouvelle vie sur les terres à défricher de la dernière des provinces de France, l’Algérie. Que vont y trouver Germain, le tailleur de pierres républicain, révolutionnaire impétueux, Clément, le calme et raisonné paysan lorrain, Amélie sa femme, qui le prend pour un fou, leurs enfants et Nicolas, le jeune frère de Clément.

    Beaucoup plus que ce qu’ils avaient imaginé dans leurs rêves d’Eldorado les plus fous ; mais pas tout à fait dans le sens espéré… Plus tard, on appellera leurs descendants les Pieds-Noirs. Ils avaient tracé leurs sillons dans la souffrance, ils les abandonneront dans la douleur. Ce que raconte la suite du présent ouvrage, le « 13e convoi », qui couvre la période 1901-1962.

    « Le 13e convoi » de Jacques Roseau et Jean Fauque, Chronique romanesque 1848-1871, est une sélection de la Bouquinerie de l’Argonne de Hans. Tél : 03.26.60.29.67.

    ***********************************

    Union110213c - Marne
    ALGERIE : Manifestations à Paris et en province pour soutenir la marche en Algérie et fêter l’Egypte

    Plusieurs manifestations se sont déroulées samedi à Paris et en province pour soutenir la marche pour la démocratie organisée en Algérie et pour fêter la chute d’Hosni Moubarak, mais sans rassembler de cortèges très importants, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    A Paris, environ un millier de personnes se sont retrouvées dans deux rassemblements place de la République, l’un pour fêter le départ de Moubarak, l’autre pour soutenir la démocratie en Algérie à l’appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD, formée de représentants de partis politiques, de la société civile et de syndicats).

    "A Bas Bouteflika, à bas les généraux, à bas le FLN", pouvait-on entendre comme slogans. "On en a marre de ce système, on veut qu’il s’en aille", témoigne Ali Akika, cinéaste, tout en se montrant prudent sur les chances de voir la contestation monter en Algérie.

    "Il nous manque cette spontanéité de la jeunesse. Le régime a une petite marge de manoeuvre parce qu’il a une base sociale avec la rente pétrolière, il peut jouer sur le régionalisme, la légitimité historique. Et on payé cher 20 ans de violence avec 150.000 morts", estime-t-il.

    "Ce qui est passé en Egypte c’est extraordinaire. Le Caire a toujours été la locomotive du monde arabe, dans tous les domaines", rappelle à ses côtés Mohamed Kacimi, écrivain.

    Autour de la statue de la République, plusieurs centaines d’Egyptiens clamaient de leur côté leur joie, sur fond de chansons de Fairouz, en brandissant des drapaux égyptiens, mêlés à quelques drapeaux marocains, tunisiens ou algériens.

    "Le peuple a abattu le régime", "Hosni m’a volé, je veux mon argent, je veux mes droits", scandaient en arabe les manifestants.

    A Marseille, partis du haut de la Canebière, plusieurs centaines de manifestants ont marché vers le centre aux cris de "pouvoir, assassins" et "généraux, assassins" et derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : "pour une Algérie libre et démocratique".

    Des pancartes sur lesquelles étaient écrits des slogans comme "Egypte - Algérie : 1-0. Droit au but !" ou encore "Généraux, dégagez" ainsi que des drapeaux algériens, tunisiens et égyptiens étaient visibles dans le cortège.

    A Toulouse, entre 320 personnes selon la police et 500 selon les organisateurs ont défilé "pour la démocratie en Algérie". De nombreux slogans mettaient en parallèle les sorts de l’ex-président tunisien Ben Ali, de l’Egyptien Moubarak et "…bientôt Bouteflika".

    A Strasbourg, une centaine de personnes, d’origine française, algérienne et tunisienne se sont réunies au centre de la ville.

    Sur une unique banderole, confectionné par l’Association des travailleurs maghrébins de France et l’Union juive française pour la paix était inscrit "Tunisie, Egypte démocratie ! Algérie aussi".

    ***********************************

    Union110213b - Marne
    REIMS : Base de la BA 112 : Le dernier hommage à Marin la Meslée

    Le 4 février 1945, le commandant Edmond Marin la Meslée est en opération aérienne, à bord de son Republic P-47 Thunderbolt. Près de Colmar, son appareil subit la DCA ennemie. C’est la mort d’un des plus grand pilote de la campagne de France. Et le début d’une véritable légende. Sa renommée sera si forte que le 14 février 1953, la base aérienne de Reims le choisit comme parrain à titre posthume.

    Avant la fermeture de la base, les hommes du colonel Meyer ont rendu un ultime hommage à cet as des as. Fait exceptionnel pour cette dernière sur la base qui porte son nom, ses deux enfants, Catherine et Philippe était présent alors que d’habitude, ils se recueillent sur le lieu même du crash, à Dessenheim, dans le Haut-Rhin.

    Les honneurs rendus au drapeau de la 33e escadre de reconnaissance se sont donc faits sous les yeux des enfants de ce héros et notamment de Philippe qui a reçu, à titre posthume, la légion d’honneur.

    Il n’avait que sept ans lorsque la Grand Croix lui fut remise.

    Mais il n’y avait pas que les enfants du héros qui étaient présents puisqu’Henri Weinich, 93 ans, l’ancien mécanicien d’Edmond Marin la Meslée, a tenu à venir sur la base pour se recueillir devant la majestueuse stèle.

    Cette cérémonie à celui qui porte le nom d’une base historique de l’armée de l’air était la dernière. L’année prochaine, les avions et les militaires seront tous partis ou presque. Le souvenir de Marin la Meslée continuera lui à perdurer…

    Th.D.

    ***********************************

    Union110213a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ----------

    L’Empire debout

    Les raids franco-britanniques dans le désert
  •  Agrandir la photo
  • « Ne pas faire la guerre à l’ennemi, c’est faire la guerre pour l’ennemi » ainsi se résume la position des Français libres réaffirmée le 7 février 1941. Londres s’inquiète des revendications réitérées par Hitler qui désormais réclame Bizerte tout en souhaitant une reconquête à terme de la Cyrénaïque où les Italiens ont été sévèrement corrigés par les Alliés. « La Technique du combat adoptée par les dictatures se retourne contre elles en Afrique, comme demain, elle se retournera contre elles en Europe. Les peuples enchaînés comprennent que les méthodes de la guerre moderne les libèreront aussi vite qu’elles les ont asservis » résume Maurice Schumann. La dialectique est constante. Ce n’est pas par des demi-mesures, qu’un pareil défi sera relevé. En face d’un individu comme Hitler, résister un peu, à moitié, c’est se condamner tôt ou tard à céder tout à fait.

    Il est patent que dans toute l’Afrique française, la confirmation des victoires contre les armées italiennes gonfle le moral. Même si Vichy affirme qu’il ne leur livrera pas Bizerte, les FFL n’ont aucune confiance dans les affirmations en provenance de l’Allier. D’autant qu’aux frontières de la Tunisie et du réduit de Tripolitaine où le maréchal Graziani rassemble en hâte les restes de ses unités disloquées, des soldats, des marins, des aviateurs s’impatientent. Ils veulent faire claquer au vent le drapeau tricolore en signe de victoire ! « C’est trop peu d’attendre, d’attendre vainement, d’attendre toujours ; ce qu’il faut c’est agir, c’est-à-dire combattre ». Cette remarque de bon sens est justifiée puisque le Duce malgré ses échecs à répétitions revendique la Tunisie, Djibouti sans oublier le rattachement à Rome de Nice et de la Corse ! « Tout se passe précisément comme si, pour dévorer l’Empire de la France, l’ogre menteur allait recourir à de nouveaux artifices ». Et de s’en prendre aux propagateurs de fausses nouvelles sur le poste de Radio Paris. Il est patent que le 8 février, sur les ondes contrôlées par le Reich, on ne mentionne plus l’exigence de la flotte et des bases françaises mais la collaboration totale et immédiate de la France, Afrique comprise.

    Un ennemi pris par l’ivresse d’un fol orgueil

    En somme Hitler cherche à conquérir par l’intérieur ce à quoi il ne peut parvenir par l’extérieur. Maurice Schumann s’amuse de cette présentation pour mieux dire : « Qu’on le veuille ou non, l’Empire rentrera dans le camp de la victoire alliée, où il entrera dans le camp de la défaite ennemie. Qu’on le veuille ou non, l’Empire avec ses ressources et tôt ou tard avec ses hommes, combattra soit en France et contre lui-même, soit pour lui-même et pour la libération de la France. Elles ont tranché le dilemme, ces colonies de l’Empire français libre qui, en rentrant dans la guerre, ont reconquis à la fois les avantages économiques de l’indépendance, les avantages politiques de la liberté et les devoirs militaires de la souveraineté ».

    Bref, il faut que l’Empire soit debout, ne se laisse en rien ébranler par les discours stéréotypés et laisse un ennemi pris par l’ivresse d’un fol orgueil, oubliant que 1941 n’est pas 1940.

    Si les combattants gaullistes de la première heure se redressent, c’est que leur sens du devoir nourri de sagesse est survitaminé par les premières étapes victorieuses de la reconquête. Ils souhaitent leur espérance contagieuse pour fracturer le mythe sacrilège de la collaboration. Et Schumann d’asséner : « Oui ! C’est le jeu de l’ennemi que de dissimuler ses desseins implacables derrière des révolutions de tréteaux ». Pour mieux prévenir : « Les idoles dressées par l’orgueil retombent vite en poussière ».

    ----------

    Cinquante-six jours et Flandin s’en va

    Pierre-Etienne Flandin choisit
  •  Agrandir la photo
  • de démissionner.
  •  Agrandir la photo
  • Y a-t-il encore un gouvernement à Vichy ? Telle est la question réitérée à plusieurs reprises pendant la première décade de février 1941. Pierre-Etienne Flandin qui a succédé à Laval est transparent tandis que le général Georg Thomas, chef du groupe « Economie de guerre » s’entretient avec le maréchal Keitel des moyens d’activer une exploitation plus complète du potentiel économique de la France, en particulier dans la zone non occupée. Flandin est muet et invisible. Il prétexte la grippe mais ses absences correspondent à un certain vide du pouvoir !

    Sa discrétion pour gérer les relations extérieures fait sourire l’amiral Darlan qui vise le quai d’Orsay, et toute opportunité à même de lui donner un rôle décisif dans la gestion des affaires. Le silence du maréchal aggrave la situation alors que les Allemands affichent leur volonté d’embaucher des travailleurs français pour les transférer dans les usines de l’autre côté du Rhin. La pression sur les préfets est patente. Une ordonnance de janvier a prescrit la constitution d’équipes départementales de secours. L’occupant en profite pour imposer des prélèvements de matériels. Ainsi, le préfet de l’Aisne reçoit l’ordre de la kommandantur de réquisitionner 3.000 hommes, 250 camions, 55 voitures, 60 motos et de prévoir 45.000 litres d’essence ainsi que 3.000 couvertures et deux jours de vivres pour les personnes concernées.

    Du beurre contre des canons

    Cette dégradation du climat d’occupation renforce l’analyse présentée par Boissanger qui a fait ressortir : « Le lien qui existe nécessairement entre la production industrielle et le ravitaillement de la population ». Autrement dit, la recette c’est du beurre contre des canons !

    L’inspecteur des finances Maurice Couve de Murville critique à son tour la situation : « Les rations françaises sont très inférieures aux rations allemandes. Ces dernières correspondent au minimum alimentaire alors que les attributions françaises sont très inférieures au minimum indispensable ». Le haut fonctionnaire évalue les manques et relève : « Le déficit est de 9 millions de quintaux de blé, de 900.000 pour la viande, de 650.000 pour le poisson en conserve. Pour le bétail, il y a aussi un déficit de 17 millions de quintaux d’avoine, de 23 millions de quintaux de paille ». Il prône à Flandin trois mesures d’urgence : « Il faut cesser les exportations vers le Reich des produits déficitaires en France. Les livraisons à l’armée d’occupation doivent être réduites et les importations allemandes doivent être plafonnées ».

    En réalité, le gouvernement de Vichy est incapable de dire les prélèvements opérés par l’Allemagne. D’autant que la douane française n’a plus aucun droit d’exercice sur les frontières du Nord et de l’Est. Tous les rapports qui arrivent sur les bureaux des ministres sont alarmants et soulèvent la menace d’une famine !

    Toutes ces difficultés embarrassent Flandin qui, le 9 février 1941, décide d’adresser sa démission à Philippe Pétain. Dans sa lettre explicative, il mentionne la complexité de la mise en place de la politique de collaboration : « Il n’a pas dépendu de moi que cette politique puisse être appliquée ; c’est ce que les circonstances m’obligent à affirmer ». A Vichy, on fulmine contre ce départ. Flandin est accusé de torpiller la réconciliation en cours et de se décerner : « La palme du martyre » sur le dos de ses collègues du gouvernement.

    Pourtant s’il jette l’éponge c’est aussi parce qu’il a eu vent que le 3 février, l’amiral François Darlan, ministre de la Marine et Pierre Laval ont rencontré à Paris l’ambassadeur d’Allemagne Otto Abetz pour évoquer l’entrée de la France dans l’ordre nouveau.

    Abetz qui est bien disposé propose une solution réaliste pour alléger les maux de la France : « Collaborer de plus en plus étroitement avec les Allemands ». Le vice-président du Conseil n’a pas envie d’être une marionnette dont l’occupant tire les ficelles aussi se retire-t-il, laissant la place pour de nouvelles intrigues.

    Le même jour Darlan reçoit le portefeuille des Affaires étrangères et s’attend à être désigné comme vice-président du Conseil ! Flandin, qui mise en secret sur la défaite du Reich et la victoire de la Grande-Bretagne, est dans l’incapacité de mettre en place une politique de résistance passive qui lui sied bien.

    De fait malgré les apparences, le pillage continue et si les mines du Nord et du Pas-de-Calais ont repris une exploitation normale, le charbon n’est pas livré dans les villes occupées. De même les accords annoncés avec la métallurgie sont un jeu de dupes. « L’Allemagne a besoin qu’on fabrique pour sa guerre, qu’on collabore à sa guerre. Elle vient donc dire aux industriels de la métallurgie française : je vais avoir l’extrême bonté de vous faire tenir du charbon et du fer (généreuse Allemagne qui nous cède du charbon de nos propres houillères, du fer de nos propres mines). Mais écoutons encore le commandement de l’Allemagne ! » tempête dans l’émission « Les Français parlent aux Français », le reporter Georges Boris.

    Et d’ajouter : « Avec ce fer et ce charbon, avec notre outillage, nos ingénieurs, nos ouvriers, nos industriels, nos machines-outils, camions, motos, vélos, locomotives, wagons, outils de précision ; si vous fabriquez vite et bien, je vous permettrai à la rigueur de disposer d’une certaine proportion de vos fabrications pour le marché intérieur français ! »

    Faire valoir Pétain

    Les Français libres dénoncent avec vigueur ce jeu de dupes et rient du départ de Flandin qui, pour eux, ne servait à rien, si ce n’est de faire valoir à Pétain. Il faut ancrer dans les esprits l’idée que les confiscations s’accélèrent et deviennent de plus en plus insupportables pour la vie quotidienne. « Cette étonnante combinaison, cette escroquerie qui consiste à exploiter nos bras et nos cerveaux, à user notre outillage et à obliger la France à plus d’inflation encore, cette escroquerie s’appelle collaboration économique ».

    Les gaullistes craignent que les nazis et les dirigeants d’entreprises s’entendent pour favoriser l’embauche des ouvriers français en Allemagne. « Nous croyons que dans leur immense majorité, les industriels français n’ont pas envie de devenir les fournisseurs en chair humaine, les négriers d’Hitler. Les industriels français qui ont vu les Allemands voler leurs stocks et leurs machines, fracturer leurs coffres, exiger des participations et la livraison de leurs secrets de fabrication, perçoivent ce que sont la collaboration et l’ordre nouveau. »

    Pour Georges Boris, les patrons doivent oser, prendre leurs responsabilités, faire preuve de courage civique avant de penser simplement à commercer. « Sauf une poignée de vendus, qui touchent le prix de leur trahison, il n’est plus une catégorie de Français qui ne sache que l’Allemand est l’ennemi qui le menace, menace d’asservissement d’abord, d’anéantissement ensuite. Il n’est plus une catégorie de Français qui puisse avoir d’autre espérance que la victoire. »

    Jacques Duchesne ironise à son tour en évoquant la rencontre de la honte à Paris : « Quand on revoit M. Laval, c’est signe que ça va plus mal ! »

    Hervé Chabaud

    ----------

    Un nouvel appel aux armes

    Une forme de provocation : porter sur soi la croix de Lorraine en parallèle de la campagne du V.
  •  Agrandir la photo
  • Winston Churchill est auprès des siens touchés par la guerre mais soutient les Français libres sur la BBC.
  •  Agrandir la photo
  • Gaston Palewski est conforté dans ses missions.
  •  Agrandir la photo
  • Les innombrables revues allemandes exaltent les victoires du Reich et encombrent les kiosques !
  •  Agrandir la photo
  • Début février 1941, le service de mesure et d’analyse d’audience de la BBC rend un rapport que Jean-Louis Crémieux-Brilhac résume en quatre points : « La BBC est écoutée. Les sympathies pro-alliées s’étendent et sont plus répandues en zone occupée qu’en zone dite libre. De Gaulle y est largement associé. Les groupes réceptifs sont plus variés que pendant la drôle de guerre. A côté d’anciens militaires fidèles à la tradition de l’honneur, il y a un public populaire, des éléments dirigeants de la classe ouvrière, des instituteurs et des professeurs et surtout des jeunes ».

    Ce tableau plutôt statistique doit être complété par le concret du quotidien des Français. Il est logique que l’écoute de la radio britannique soit plus importante dans la zone Nord pour d’évidentes facilités d’écoute. Même si les services allemands brouillent les émissions avec plus ou moins d’efficacité.

    La BBC est un sujet de conversation au lycée, à l’université. On commente, on disserte sur les propos tenus par les journalistes de la France libre, on se sent concerné. On se moque de la propagande allemande, de la radio métropolitaine aux ordres. « Les Français parlent aux Français » est une lueur d’espérance dans un pays occupé et durement sanctionné. « C’est la radio de Londres qu’on veut entendre, pas celles sous le contrôle des allemands » entend-t-on.

    Sur la BBC, il n’est pas question de querelles entre la France libre et ses alliés ni des campagnes du groupe antigaulliste de Londres. C’est de Gaulle qui apparaît comme le chef, celui qui est capable de redresser la France. Si Pétain est très critiqué, on suppose encore quelquefois sans trop y croire qu’il joue un double jeu. Ce qui conforte le succès de l’audience de la BBC et de fait la popularité acquise par le général, c’est le succès des consignes adressées aux Français. La campagne des « V » en est un premier exemple. Elle est la reprise d’une initiative de la section belge de la BBC du 13 janvier. La section française étudie le moyen de la mettre en place en France et d’engager une grande campagne d’action en mars. Elle va être employée dès lors qu’un acte de résistance intéressant est signalé en Europe pour qu’il soit encouragé par ces manifestations anonymes et cette envie de victoire tracée sur les murs.

    Dans le même temps, la France libre s’affirme devant le gouvernement anglais et répond à une note des autorités britanniques. Le 3 février 1941, le général écrit à Winston Churchill et le prévient : « La France libre n’est pas seulement un mouvement mais aussi une entité territoriale, militaire, économique, morale, dont la direction composée de moi-même et d’un Conseil de défense de l’Empire français, a des devoirs, et par conséquent, des droits nationaux et internationaux. Dans ces conditions, je dois supposer que la note dont il s’agit ne peut être qu’un projet. Il me paraît, en effet, convenable et indispensable que les modalités de la liaison entre le gouvernement britannique et la direction de la France libre soient arrêtées d’accord et non unilatéralement ». Cette observation à la fois ferme et diplomatique témoigne que le général n’a pas l’intention d’être dépouillé de sa puissance opérationnelle et relationnelle sur les FFL. Il tient aussi à ce que des échanges réguliers et sincères s’exercent au plus niveau entre Churchill et lui : « Je ne puis m’en remettre exclusivement à des officiers ou à des fonctionnaires britanniques si compétents soient-ils, du soin de représenter mes vues, auprès des autorités britanniques qualifiées pour la décision ».

    Conscient qu’il dispose désormais d’un état-major étoffé avec des spécialistes dans les différents domaines, il prône pour plus d’efficacité que des relations particulières soient développées avec les départements anglais pour gagner du temps dans la coordination des politiques pour une meilleure complémentarité de l’action. « Cela s’applique en particulier aux affaires militaires, navales, aériennes, économiques, à celles qui concernent l’armement, à celles qui se rapportent à l’information et enfin au service des renseignements ». Le général exprime sa satisfaction pour ce qui est des relations extérieures et le concours des transports britanniques à l’acheminement des Français libres. Mais il soumet bel et bien sa requête afin que les officiers et fonctionnaires qu’il a désignés puissent établir quand cela est utile une liaison directe avec les départements britanniques. En ce qui concerne l’armée, c’est le général Petit, chef de son état-major qui est désigné. Pour la marine, le vice-amiral Muselier, commandant les Forces navales françaises libres ou le capitaine de vaisseau Moret son chef d’état-major ont toute compétence pour agir.

    Pour l’armée de l’air, cette mission revient au lieutenant-colonel Pijeaud chef d’état-major. Les questions économiques relèvent de la compétence de René Pleven, directeur des services extérieurs et économiques, celles de l’information de Gaston Palewski et de Massip, celles du renseignement du commandant Passy, chef du 2e bureau de l’état-major. L’armement est à la charge du commandant Morin. Clair sur ses intentions, de Gaulle précise : « Il va de soi que mes Services tiendraient la mission du général Spears au courant de toute démarche qu’ils entreprendraient auprès des Services britanniques ». L’opportunité est saisie de distribuer quelques compliments : « Je tiens à faire ressortir que moi-même et mes collaborateurs avons la plus haute estime et la plus grande confiance à l’égard du général Spears, chef de la représentation du gouvernement de Sa Majesté auprès de la France libre ainsi qu’à l’égard des officiers et fonctionnaires appartenant à sa mission ».

    De Gaulle adresse le 6 février 1941 un télégramme à tous les comités France libre à l’étranger. L’objectif est clair : « Le moment est venu de faire comprendre à tous les Français des territoires de l’Empire non encore ralliés à la lutte contre l’Allemagne et l’Italie et en particulier aux Français d’Afrique du Nord, qu’il est de leur devoir de participer à la guerre ».

    Le général fait preuve d’optimisme et imagine déjà des scénarios réalistes mais qui ne vont pas se produire. Il voit tout l’intérêt qu’il y aurait à ce que des Français partent de Tunisie pour donner le coup de grâce aux troupes italiennes déjà sonnées par des défaites en cascades. Il s’en explique : « Prolonger l’attente actuelle ne ferait que prolonger les souffrances des Français de la métropole et retarder leur libération ». Le général encourage les Français libres à lancer un appel aux armes. Il suggère une campagne intensive de télégrammes individuels aux personnalités civiles et militaires et à tous leurs amis, Français de l’Empire pour leur confirmer que le temps de l’action est venu et que : « Toute collaboration avec l’ennemi ou toute prolongation de l’attente actuelle serait interprétée dans le monde entier comme un second et définitif abandon ». Il leur demande aussi d’engager toutes les initiatives qu’ils jugent utiles ou opportunes. Et de conclure : « Je compte sur vous pour que cette action d’ensemble soit rapide, massive et persuasive ».

    H.C.

    ***********************************

    Union110212f - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Récompense : Marcel a reçu la médaille de porte-drapeau

    Marcel, avec sa fille Valérie et le président de l’Ancac, Pierre Cornil.
  •  Agrandir la photo
  • La médaille de porte-drapeau pour avoir brandi celui-ci durant 36 ans à toutes les cérémonies où la SNCF était présente, c’est pour Marcel Départ une récompense inestimable et attendue.

    La fidélité de Marcel était sans limite et maintenant, à 93 ans, c’est un beau cadeau.

    Marcel en est fier même s’il ne peut plus être avec ses camarades au pied des monuments.

    Pierre Cornil, le président de l’association nationale des cheminots anciens combattants (Ancac) s’est fait un plaisir de remettre la belle médaille à l’ancien chef de manœuvre dans sa chambre où il est hospitalisé pour quelque temps encore avant de rejoindre la maison de retraite Sarrail où il coule des jours heureux.

    Marcel a également reçu récemment le diplôme d’honneur attribué aux anciens combattants de 39/45.

    « J’ai été fait prisonnier à Dunkerque le 4 juin 1940 et envoyé au Stalag 6 A près de Dortmund pendant un mois puis envoyé dans une ferme avant d’être libéré car j’étais soutien de famille. Nous étions 11 enfants ! » dit Marcel. Le nonagénaire a encore bonne mémoire et pourrait ainsi en parler durant des heures.

    ***********************************

    Union110212e - Marne
    CHAUMUZY : Souvenir : Les anciens combattants se serrent les coudes

    Le président Jean Léger a ouvert l’assemblée générale, entouré de Michel Caquot, Pierre Pangaut, André Visneux et Jean-Claude Chaumet.

    Cette année, l’assemblée générale des ACPG-CATM du canton de Ville-en-Tardenois avait lieu à la salle des fêtes de Chaumuzy, sous la présidence de Jean Léger et en présence d’André Visneux, maire de Chaumuzy, Michel Caquot, conseiller général du canton, et Pierre Pangaut, délégué départemental des ACPG-CATM de la Marne. C’est vers 10 heures que Jean Léger a déclaré ouverte l’assemblée générale.

    Le secrétaire, cantonal, Jean-Claude Chaumet, avant de présenter le rapport moral et le rapport d’activité, a rendu un dernier hommage à Roger Delorme, président du canton de Bourgogne et membre très actif au Département, dont les obsèques ont eu lieu à Lavannes, la veille de l’assemblée générale (lire aussi ci-contre).

    Cherche volontaires

    Le compte rendu financier a été ensuite présenté par le trésorier-adjoint Jean Follet et la parole donnée ensuite aux personnalités présentes : Pierre Pangaut a rendu compte à l’assemblée de la situation de l’association départementale et a fait appel aux volontaires pour étoffer le bureau à Châlons. Michel Caquot a rappelé à tous son attachement à l’association en souhaitant un peu de paix en ces jours difficiles tant en France que dans les pays au seuil d’une révolution.

    André Visneux, maire de la commune, heureux d’être parmi les anciens combattants leur a renouvelé son invitation à bénéficier de la salle des fêtes de Chaumuzy, lorsqu’ils en auraient besoin.

    Après avoir procédé aux élections et questions diverses, le président a clôturé les débats. Il n’y a pas de changement au conseil d’administration, ni au bureau, et aucune candidature nouvelle n’a été présentée. L’ensemble de l’assistance avec les invités, les porte-drapeaux et la fanfare de Sacy, ont déposé une gerbe au monument aux morts du village et sont revenus ensuite à la salle des fêtes où la commune de Chaumuzy leur a offert le vin d’honneur.

    Convivialité

    Pendant ce temps de convivialité, le secrétaire a procédé à la vente des billets de la souscription destinée aux œuvres sociales de l’association départementale.

    Toujours dans cette belle salle des fêtes, le boucher-traiteur local avait préparé un succulent repas. En fin d’après-midi, les convives se sont séparés en souhaitant être tous encore présents en 2012 dans une autre commune du canton.

    Jean-Claude Chaumet, secrétaire cantonal, a remercié le maire et la commune de Chaumuzy pour le très bon accueil, également la fanfare de Sacy présente aux côtés des anciens combattants depuis de très nombreuses années et, enfin l’équipe d’anciens combattants de Chaumuzy et Sarcy, sans qui cette journée n’aurait pu se dérouler dans d’aussi bonnes conditions.

    ***********************************

    Union110212d - Marne
    CORMONTREUIL : Bon à savoir : Anciens combattants : infos, aides et conseils

    Une grande partie des 110 adhérents était présente. En médaillon, le président, Claude Viéville
  •  Agrandir la photo
  • Si les associations ont du mal à faire le plein lors des assemblées générales, il n’en est pas de même avec la section locale des anciens combattants UNC de Cormontreuil qui étaient particulièrement nombreux, dimanche en la salle polyvalente. Cette section, créée en 1920, qui compte 110 adhérents dont 4 anciens de 39-45, a connu six présidents dont Claude Viéville, en poste depuis vingt et un ans.

    Evoquant sa présence à toutes les cérémonies, M. Viéville insistait sur la date du 5 décembre « reconnue officiellement par le gouvernement journée nationale de mémoire aux victimes de la guerre d’Algérie, Tunisie, Maroc ». Rappelant son hostilité à la date du 19 mars, le président demande l’attribution de la carte du combattant jusqu’au 2 juillet 1964. « Car entre 1962 et le 2 juillet 1964 il y a eu de nombreux morts ». Et de préciser que « pour l’attribution de la carte du combattant en AFN, quatre mois de présence en Algérie suffit ».

    Parmi les autres manifestations, M. Viéville citait le maquis de Chantereine, dont le nouveau président est Michel Voisin.

    Participant aux travaux de l’Office national des anciens combattants, le président incitait les veuves d’anciens combattants à s’inscrire à cet organisme. « La demande ne se fait pas automatiquement et vous pouvez prétendre à certaines aides (frais d’obsèques, frais médicaux, maintien à domicile, amélioration de l’habitat, télé alarme…) ». Pour tout renseignement, tél. 03.26.65.17.60.

    La collecte du Bleuet (8 mai et 11 novembre) permet de distribuer chaque année des colis douceurs à la maison de retraite.

    La France compte 4 millions d’anciens combattants dont 1 million seulement touche la retraite de l’état. « C’est la preuve que beaucoup ne connaissent pas leurs droits ». Et de rappeler qu’« à partir de 75 ans, on a droit à une demi-part de déduction fiscale supplémentaire aux impôts ».

    Mais aussi, en s’adressant au maire « que nous n’avons toujours pas de réponse au sujet du transport gratuit pour les anciens combattants. Il faudra peut-être que l’on manifeste, comme pour les retraites ».

    Outre le rappel de toutes ces aides possibles, dont la retraite mutualiste (Carac), le président évoquait les festivités dont un ou deux repas dans l’année, qui permettent à tous de se retrouver.

    Pour tout renseignement : Claude Viéville, tél. 03.26.82.08.02.

    ***********************************

    Union110212c - Marne
    LAVANNES : Roger Delorme n’est plus

    Roger Delorme nous a quittés.
  •  Agrandir la photo
  • Les obsèques de Roger Delorme viennent de se dérouler à Lavannes. C’est à Caurel, le 24 août 1935, qu’il a vu le jour. Il a fréquenté l’école du village jusqu’à l’âge de 14 ans pour ensuite travailler à la ferme familiale. Il a effectué son service militaire aux chasseurs à Reims, durant une année, et a ensuite servi sous le drapeau durant quinze mois en Algérie à Sidi-Bel-Abbès. À son retour en France, il prend en charge la ferme parentale avec un de ses frères. Il se marie à Lavannes, en avril 1960, avec Françoise Millart, née en 1941 au village.

    En 1995, Roger Delorme devient président des ACPG-CATM (anciens combattants prisonniers de guerres, combattant Algérie, Tunisie, Maroc) du canton de Bourgogne.

    Il jouait aussi du clairon à la Caurelloise et il en était le trésorier. Roger, avec son épouse, fréquentait la section randonnée du club Joie de vivre puis du club Atlas de Bazancourt et ce jusqu’à ce que des problèmes de marche lui imposent d’arrêter cette activité.

    Il restera pour tous ceux qui l’ont connu un homme souriant et toujours disponible.

    ***********************************

    Union110212b - Marne
    FISMES : Souvenir français : Le devoir de mémoire

    M. Galentin a remis un diplôme de reconnaissance à Mme Mangin.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale de la section fismoise du Souvenir français s’est réunie le 5 février. Ce fut l’occasion pour son président, M. Galentin, de rappeler la nécessité que « la mémoire de ceux qui sont morts pour la France perdure ».

    Cette association, qui compte une cinquantaine de personnes, a pour mission essentielle de transmettre le devoir de mémoire aux nouvelles générations, mais aussi veille à l’entretien des tombes et monuments et participe aux cérémonies patriotiques.

    En présence du maire de Fismes, le bureau a été reconduit.

    L’année 2010 a été marquée par l’exposition sur le camp du Struthof au collège de Fismes. Une sortie avec l’association de la ligne Maginot de Reims est prévue à l’Historial de Péronne, ainsi qu’un dépôt de gerbe à l’Arc de Triomphe.

    M. Galentin, qui déplore la difficulté à renouveler les membres de l’association, souhaiterait « impliquer les jeunes par le biais des familles et de l’Education nationale ».

    Recrutement rendu difficile à cause « de la triste réalité des programmes d’histoire qui se réduisent », regrette M. Galentin.

    A l’occasion de cette assemblée, un « diplôme de reconnaissance », diplôme remis à des personnes non adhérentes investies dans l’action de l’association, a été remis à Jocelyne Mangin.

    ***********************************

    Union110212a - Marne
    REIMS : Grand soldat de l’Air : « Marin », ce champion parmi les champions

    Les personnalités civiles et militaires ont été accueillies dans l’amphithéâtre du lycée Saint-Jean-Baptiste de la Salle par le lieutenant-colonel Engrand.
  •  Agrandir la photo
  • En hommage à Edmond Marin la Meslée, une soirée commémorative a suscité l’émotion des invités civils et militaires par la richesse des témoignages.

    A l’approche de la fermeture de la base 112, une soirée commémorative en l’honneur d’Edmond Marin la Meslée a été suivie le 10 février par son fils Philippe, qui avait participé le matin à une dernière cérémonie devant la stèle de la Base portant le nom de son père depuis 1953, à l’initiative du colonel Jean-Mary Accart.

    Les personnalités civiles et militaires ont été accueillies dans l’amphithéâtre du lycée Saint-Jean-Baptiste de la Salle par le lieutenant-colonel Engrand, président de l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air (Anoraa). Celui-ci n’a pas caché son amertume, parlant de « crève-cœur » pour tous ceux qui se sont investis depuis 44 ans dans « une chaîne de compétences uniques ». Mais « il faut s’incliner devant la mutualisation des moyens des bases de défense : c’est une révolution culturelle… mais aussi un grand chambardement ».

    Entouré d’objets provenant du musée de la Base 112, Frédéric Lafarge a commenté un montage photographique retraçant la vie d’Edmond Marin la Meslée, « un champion parmi les champions ». Né à Valenciennes en 1912, il a trouvé la mort en mission le 4 février 1945, la veille de son 33e anniversaire. Il était saisissant de voir une photo de son fils Philippe, qui à 7 ans portait la Croix de guerre de son père lors des obsèques…

    Intense émotion

    A la retraite près de Reims, le mécanicien Henri Wenish a longtemps travaillé auprès de « Marin » et il aurait aimé être présent mais en raison d’un petit problème de santé, son témoignage a été enregistré et projeté sur écran. Un moment d’émotion intense : « J’ai eu la chance de partager tant d’années glorieuses avec lui »… avec des épisodes racontés de manière précise et imagée à propos des opérations de la campagne de France puis en Afrique du Nord sur les différents appareils qu’il avait connus, en particulier la série des Curtiss, « un bon taxi en voltige »…

    Devant le fanion de l’escadron de chasse 2/3 Champagne, porteur de deux Croix de guerre avec palmes et de la citation du groupe de chasse 1/5, Philippe Marin la Meslée et le lieutenant-colonel Lapray (qui a commandé jusqu’en 2009 l’escadron héritier) ont débattu avec le colonel de réserve Hervé Chabaud. Là encore, le matériel a été évoqué mais aussi les « erreurs » faites entre les deux guerres avec de mauvaises prévisions politiques, un découpage pas assez novateur des disponibilités et des capacités de l’armée de l’air.

    Pour le lieutenant-colonel Lapray, le devoir de mémoire reste une priorité : « Nous sommes les héritiers de ces escadrilles qui ont porté haut les couleurs de la France. Notre identité d’aujourd’hui est forgée par ces grandes figures d’hier ».

    A noter que Philippe Lafarge et Jean-Pierre Calka ont écrit un ouvrage sur l’histoire de la Base aérienne 112 de Reims (Marines-éditions).

    ***********************************

    Union110211c - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Anciens combattants en assemblée : Une belle osmose entre trois sections

    Organisée dans la salle d’honneur de la mairie de Saint-Martin d’Ablois, dirigée par Bernard Joffre président de la CATM de Saint-Martin, avec la participation de la section d’Epernay présidé par M. Huet, et de l’UNC Magenta présidé par le vice-président M. Cunière, la troisième assemblée générale tri-section a confirmé l’excellent resserrement de ces anciens combattants.

    Plus de deux cents personnes ont assisté aux travaux et participé au défilé en compagnie de la musique municipale de Magenta et d’une vingtaine de porte-drapeaux issus des sections et de l’amicale d’Epernay, réunion à laquelle participaient notamment le député Philippe Martin, le conseiller général Daniel Lemaire, Serge Plaquin du comité d’entente, MM. Lalu président cantonal CATM et Kermann vice-président UNC Marne.

    Ont été abordés les sujets suivants : la démission d’Henri Huet Henri de son poste de président (une assemblée extraordinaire va être mise en place pour apporter une solution avec la possibilité de fusionner avec Saint-Martin d’Ablois), le point sur les retraites, l’aide aux veuves, l’augmentation en vue pour l’allocation différentielle, le maintien de la demi-part pour les impôts des anciens combattants et leurs veuves, l’attente trop longue pour l’obtention de la carte d’anciens combattants après le 1er juillet 1962, la réponse à la demande de la campagne double, l’excellente initiative de l’UNC pour son exposition sur la guerre d’Algérie, les difficultés pour la fusion ou le regroupement d’associations d’anciens combattants devenues nécessaire, la baisse des effectifs due au vieillissement, la relève et le devoir de mémoire à continuer par les Opex… Enfin, une gerbe fut déposée au monument aux morts.

    ***********************************

    Union110211b - Marne
    ALGERIE : « Le changement oui, le chaos non »

    Une manifestation est prévue demain à Alger. Il n’est pas sûr qu’elle fasse le plein.
  •  Agrandir la photo

  • Si de nombreux Algériens estiment que leur pays a besoin d’un changement à la tête de l’État, ils mettent en garde contre une transition trop brutale et brandissent le spectre de troubles qui pourraient faire replonger le pays dans le chaos des années 1990.

    Les Algériens ont observé avec fascination et intérêt les manifestations contre le régime égyptien d’Hosni Moubarak et celles qui ont conduit à la chute du président tunisien Zine Ben Ali à la mi-janvier.

    Des organisations algériennes de la société civile, des syndicats et des petits partis politiques ont annoncé leur intention de braver l’état d’urgence en vigueur depuis 1992 en organisant un rassemblement demain.

    Mais si le pays est confronté aux mêmes problèmes de chômage et de précarité que ses voisins, rien ne semble indiquer jusqu’à présent que la manifestation remportera le même succès qu’en Tunisie ou en Égypte.

    « Le changement oui, le chaos non », assène Aïcha Chikoune, une employée d’un bureau de poste du centre de la capitale, résumant bien la position de la population algérienne. « Nous ne devons jamais oublier les années de sang et de larmes des années 1990 après la mort et la décapitation quotidienne de centaines de personnes », dit-elle.

    Le pays avait sombré dans le chaos en 1992 après l’annulation par le gouvernement du second tour des élections législatives, que le parti islamiste était sur le point de remporter. Selon des estimations indépendantes, 200 000 personnes ont trouvé la mort dans les violences qui ont suivi cette décision. « Il n’y a pas assez de cercueils », avaient alors l’habitude de dire les Algériens.

    Bien qu’ayant considérablement diminué en nombre, les attaques et les attentats menés par des insurgés liés à Al Qaïda se sont poursuivis ces dernières années. Le retour d’une certaine stabilité a toutefois permis aux Algériens de prendre conscience de leur niveau de vie et de leur mécontentement grandissant.

    Où est passée la manne pétrolière ?

    À l’image de la jeunesse tunisienne et égyptienne, ils dénoncent le chômage, la hausse des prix des produits alimentaires, la corruption, et se demandent pourquoi ils n’ont tiré aucun profit des milliards de dollars des ressources pétrolières et gazières du pays.

    Afin d’apaiser la colère des manifestants et de prévenir tout risque de scénario « à la tunisienne et à l’égyptienne », le président Abdelaziz Bouteflika a promis la semaine dernière de lever l’état d’urgence et a ordonné à son gouvernement d’adopter des mesures favorables à la création d’emplois.

    Des mesures jugées insuffisantes par les organisateurs de la manifestation de samedi qui appellent à la démission de Bouteflika. « Nous défilerons parce que c’est notre droit de manifester pacifiquement et c’est au gouvernement de nous protéger », martèle Rachid Malawi, responsable du Syndicat autonome des travailleurs de la fonction publique.

    Le 22 janvier, une manifestation non autorisée organisée par le parti Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) n’était parvenue à rassembler qu’une poignée d’Algériens sur la place du 1er-Mai, au centre d’Alger, en raison d’un déploiement important des forces anti-émeutes et du peu d’intérêt de la population.

    « Nous ne devons jamais oublier qu’il n’y a pas une seule famille algérienne qui n’ait pas été touchée par le chagrin ces 20 dernières années », souligne l’avocat et militant des droits de l’homme, Mokrane Ait Larbi au quotidien « El Watan ». « Nous ferons tout notre possible pour faciliter un changement pacifique et éviter les bains de sang. »

    Reflétant l’opinion publique, les islamistes ont fait savoir qu’ils ne participeraient pas au rassemblement de demain.

    ***********************************

    Union110211a - Marne
    ALGERIE : Bistrot / Un air d’Algérie au Strasbourg

    Fodil Hamida, ici avec Bilel : « J’ai repris ce café pour occuper ma retraite. »
  •  Agrandir la photo

  • Nous sommes dans le quartier Jean-Jaurès, entre l’avenue du même nom et la rue de Cernay. Au Strasbourg, dans la rue qui s’appelle comme lui, flotte un air non pas d’Alsace, mais d’Algérie. Ce petit zinc de quartier qui ne paye pas de mine est en effet tenu par un originaire de là-bas, Fodil Hamida. « J’ai repris ce café pour occuper ma retraite », confie-t-il.

    Auparavant, il avait pas mal roulé sa bosse à Reims dans diverses activités : ouvrier chez Citroën, intérimaire - « A cette époque, il y avait du boulot ! »-, il a aussi bossé en cuisine avec un ami au Charles-VII, à l’hôtel Frantel devenu Mercure, ainsi qu’au défunt Restory du boulevard Dieu-Lumière. « J’ai aussi travaillé seize ans et demi au Continental, à la plonge et à la cuisine », raconte notre homme.

    Le Strasbourg est quasiment le seul commerce de sa rue. On ne peut pas dire que celle-ci soit particulièrement passante.

    Et ce sont surtout des retraités originaires d’Afrique du nord qui se retrouvent là. On parle largement arabe autour des tables, et on lit aussi l’union. « Ils ne prennent que du café, commente le patron, jamais d’alcool ; l’alcool, c’est juste pour les Français qui passent de temps en temps. » Du coup, il avoue que les recettes sont limitées : « Ça me paye juste le loyer et les charges. » Alors va-t-il continuer longtemps ? « J’ai pris un contrat pour un an ; je verrai bien au bout de ce temps-là si ça vaut le coup de continuer ou pas. » Pas évident que l’air algérien continue de souffler longtemps sur le bistrot de la capitale alsacienne…

    A.P.

    ***********************************

    Union110210a - Marne
    BETHENIVILLE : A la recherche de la bombe perdue

    Le jour du bombardement, Jean Oudin n’était alors qu’un jeune garçon d’environ 8 ans, mais son souvenir ne l’a jamais quitté.
  •  Agrandir la photo
  • Les recherches devraient reprendre aujourd’hui en fonction des conditions météorologiques.
  •  Agrandir la photo
  • BÉTHENIVILLE (Marne). Les démineurs ont repris hier leurs recherches entamées il y a plusieurs jours pour localiser une bombe larguée sur la commune de Bétheniville en 1943. N’ayant pas explosé, elle avait été enfouie dans un champ sur ordre des Allemands par le père de Jean Oudin, propriétaire des terres. Ce dernier souhaite aujourd’hui sécuriser les lieux pour les générations futures.

    JEAN OUDIN n’aura pas l’esprit tranquille tant qu’une bombe restera enfouie dans son champ. Cela fait en effet plus de soixante ans que cet agriculteur de 74 ans attend le moment où elle sera enfin extraite de son cercueil de terre afin qu’elle n’explose pas à la figure des générations futures. « Ces terrains vont être constructibles dans les années à venir et je suis la seule mémoire vivante de sa présence ici, explique-t-il. C’est mon devoir de citoyen que de faire quelque chose pour sécuriser les lieux. »

    Aussi, lorsqu’il a appris l’existence de sonars pouvant sonder jusqu’à six mètres de profondeur, celui-ci n’a-t-il pas tardé à solliciter le centre de déminage de Châlons-en-Champagne. Car jusque-là, « avec les poêles à frire, ça ne donnait rien », souligne-t-il.

    Barres de fer et clous

    La menace n’a pas manqué d’être prise très au sérieux et voilà donc plus d’une semaine que des démineurs châlonnais ont entrepris des recherches sur les quelques hectares de son champ situé à environ 150 mètres des premières habitations de Bétheniville. Munis d’un détecteur de grande profondeur dont le principe repose sur le champ magnétique terrestre, trois d’entre eux se sont une nouvelle fois rendus sur zone, dès hier matin, pour poursuivre leurs investigations sur des parcelles non encore explorées. Jusqu’à présent, seules des barres de fer ou des clous ont été déterrés. Mais toujours pas de bombe. Une bombe de plus de 300 kg, selon l’agriculteur, qui aurait été larguée en 1943 par les alliés canadiens - ou britanniques selon les démineurs - alors que les Allemands occupaient la commune dans laquelle ils construisaient notamment des planeurs qu’ils acheminaient ensuite par chemin de fer.

    Le jour du bombardement, l’homme n’était alors qu’un jeune garçon d’environ 8 ans, mais son souvenir ne l’a jamais quitté. « Trois bombes ont atterri dans ce champ, se souvient-il. Deux ont explosé, mais pas la troisième. Les Allemands ont alors obligé mon père à l’enfouir lui-même dans son champ. »

    Assurément prévoyant, feu Georges Oudin avait cependant pris le soin de faire un plan localisant l’endroit où il venait d’enterrer la bombe. Pour cela, « il avait pris un arbre le long de la route comme repère, ainsi qu’une borne et une ligne perpendiculaire au clocher du village, poursuit son fils. Il l’a ensuite confié au berger de la ferme, mais celui-ci l’a égaré depuis. »

    Croquis

    Qu’importe. Grâce à ses souvenirs et à tout ce que lui en a dit son père, Jean Oudin espère désormais aider les démineurs dans leur quête grâce à ses indications et un croquis qu’il a tenté de reproduire au mieux. « Le problème, c’est que l’arbre choisi par mon père, a depuis longtemps été abattu », fait-il cependant remarquer.

    Toujours est-il que les démineurs ne sont pas restés bredouilles. Faute de bombe pour le moment, ils ont en effet décelé hier, à environ 1,50 m de profondeur, deux structures en béton et fer à béton qui pourraient être des casemates, ou bunkers, datant de la Grande Guerre. Les recherches devraient reprendre aujourd’hui en fonction des conditions météorologiques afin d’entamer la détection des quelque trois hectares restant à sonder. Ce qui pourrait encore prendre deux ou trois jours. Jean Oudin, lui, n’attend plus que de trouver la bombe.

    Franck BRENNER

    ***********************************

    Union110209a - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Henri Chaput n’est plus : Adieu, monsieur l’instituteur

    Instituteur et élu de Vienne- le-Château pendant trente ans, Henri Chaput s’est éteint le jour de ses 78 ans.
  •  Agrandir la photo
  • Une plaque de verglas a fait basculer la vie d’Henri Chaput, au matin du 1er février dernier. Grièvement blessé dans un accident de voiture, l’ancien instituteur s’est éteint le 4 février, à l’âge de 78 ans. A Vienne-le-Château, son nom résonne de l’école à la mairie en passant par la société de chasse. Autant de lieux qu’il a fréquentés et dans lesquels il a laissé son empreinte.

    « Cela fait cent ans qu’il y a des Chaput à Vienne », explique sa fille Sylvie. Deux générations ont œuvré à l’éducation des jeunes Viennois. Les parents d’Henri sont instituteurs dans la commune dès 1928. Après son bac « maths élem », Henri entre dans l’enseignement à son tour, en 1952. A 19 ans, il envisageait une tout autre carrière. « Cela va sans doute surprendre mais mon père ne voulait pas être instituteur. Il aurait aimé faire l’armée. C’était un grand passionné de la guerre de 14. Et de celle de 40 qu’il avait un peu vécue. Il aurait aimé aller au combat. »

    Bataillons d’écoliers

    Ses parents, qui n’ont qu’un fils unique, le dissuadent toutefois de revêtir l’uniforme. Il ne le portera que durant son service militaire, qui le conduira tout de même jusqu’en Algérie. A son retour, il enseigne à Saint-Thomas-en-Argonne puis à Vienne. Et s’implique dans son métier. « C’était quelqu’un de très sévère mais de très juste. Il n’a jamais ménagé son temps mais il a été payé en retour. » Des bataillons d’écoliers lui doivent ce qu’ils savent. Conseiller municipal de Vienne-le-Château depuis 1978, Henri Chaput a mis sa retraite à profit, à partir de 1989, pour s’investir encore plus dans son mandat.

    De 1993 à 2008, il devient premier adjoint. Durant ses divers mandats, il mène de nombreux projets : la création de l’école maternelle, le redressement du cours de la rivière pour faciliter le travail de Cebal, la restructuration de la mairie, la construction de l’usine relais Plastiques d’Argonne, celle du Tulipier… Ils devraient être nombreux, cet après-midi, à partir de 14 h 30, à venir lui rendre un dernier hommage, sur cette terre d’Argonne à laquelle il était passionnément attaché. A sa famille, l’union adresse ses condoléances.

    S.V.

    ***********************************

    Union110208c - Marne
    REIMS : BA112 / Un hommage solennel lui sera rendu jeudi : Edmond Marin la Meslée : un pilote de légende

    Edmond Marin la Meslée, as des as de la campagne de France.
  •  Agrandir la photo
  • C’EST la dernière fois que sur la BA 112 en activité, les aviateurs rendront hommage à leur parrain le commandant Edmond Marin la Meslée, as de la chasse française pendant la campagne de 1940, mort glorieusement en service aérien commandé au-dessus de la plaine d’Alsace le 4 février 1945 aux commandes de Republic P 47 Thunderbolt.

    Une cérémonie présidée par le colonel Meyer aura lieu, ce jeudi à 11 heures, au pied de la stèle qui a été élevée à sa mémoire par le talent d’Henri Desdouits et sous la haute surveillance de l’ingénieur René Bonnard.

    C’est le samedi 14 février 1953 que le général Vallin, grand croix de la Légion d’honneur, inspecteur général des forces aériennes françaises prononce ces mots qui comptent : « Base aérienne 112, vous vous nommerez désormais base Marin-la-Meslée ».

    Un officier exemplaire

    L’inauguration a lieu par un temps hivernal avec un vent glacial qui chasse en rafales quelques gros flocons de neige. Le monument est béni par le chanoine Aust.

    Devant tous les aviateurs rassemblés, le général Vallin insiste : « le nom de Marin la Meslée donné à la base de Reims est remarquablement bien placé. Reims fut toujours une pépinière de jeunes chasseurs et l’escadre actuelle comprend de ces jeunes pilotés éprouvés à la croix de guerre bien garnie ».

    Il s’inscrit sur la même piste que Michel Mohrt confiant : « Marin la Meslée et Accart sont deux noms qui ne peuvent être prononcés dans un mess d’aviation sans provoquer aussitôt des commentaires, éveiller des regards, des sourires qui en disent long ».

    Cette évocation fait référence au célèbre groupe de chasse 1/5 stationné à Reims, la plus importante base aérienne de France avant la Seconde Guerre mondiale.

    Elle est aussi l’illustration de pilotes qui vont tout donner pour que l’armée de l’air même dominée en nombre ne renonce pas.

    Marin la Meslée, l’enfant de Valenciennes au parcours hérissé d’embûches toutes surmontées par une volonté et une envie qui forcent le respect est de ceux-là.

    Le général Pascal de Chassey résumait ainsi l’officier : « sans jamais s’écarter d’un devoir dont il avait l’idée la plus haute, Edmond Marin la Meslée a accompli son destin : huit ans d’apprentissage, cinq semaines de combats aériens éclatants en 1940, trois ans d’épreuve et de travail acharnés, et enfin quatre mois exténuants de campagne pour la libération de la France ».

    La manière dont il s’illustre avec le 1/5 dans le ciel de la région est exemplaire et le héros aux vingt victoires dont seize en 1940 présente une croix de guerre impressionnante où se succèdent les palmes.

    Un temps d’histoire

    De son parcours, de ses victoires, de son caractère, de la trace qu’il a laissé par son analyse lumineuse du conflit, on en parlera au cours de la soirée organisée par l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air (Anoraa) du secteur Champagne-Ardenne au lycée Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle de Reims. Ce temps fort aura lieu en présence de Philippe Marin la Meslée, le fils de l’as français qui est aussi le président d’honneur de l’association Edmond-Marin-la-Meslée dont le premier objectif est de sauver le musée de la BA 112 et de mettre en valeur tout le patrimoine en lien avec l’histoire de l’aviation. Après un diaporama commenté par Frédéric Lafarge, administrateur du musée de la BA 112, le témoignage de l’ancien mécanicien d’Edmond Marin la Meslée, Henri Weinich, 93 ans, une discussion avec Philippe Marin la Meslée et le lieutenant-colonel Olivier Lapray, auteur de « Curtiss au combat : le groupe 1/5 dans la campagne de France » et ancien commandant du 2/3 Champagne dont l’ancêtre est le GC 1/5, aura lieu suivi d’un échange avec l’auditoire.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110208b - Marne
    DORMANS : Constant Rebillon : L’histoire d’un soldat centenaire

    Ce centenaire alerte est venu combattre à Dormans.
  •  Agrandir la photo
  • Le 11 juin 1940, le 47e Régiment d’Infanterie de Rennes prenait position à Dormans pour arrêter l’avance des Allemands qui déferlaient depuis l’Aisne. À peine débarqués des trains en gare, les bataillons qui se mettaient en place pour occuper les postes de combat sur la rive gauche de la Marne subissaient de violentes et successives attaques aériennes.

    Gravement blessé

    Le soldat Constant Rebillon et son groupe de mitrailleurs avaient pris position à l’extrémité du quai de la gare quand il a été atteint par les éclats d’une bombe qui venait d’exploser à quelques mètres de lui.

    Grièvement blessé au bras gauche et à la tête, il avait pu rejoindre l’infirmerie de campagne installée dans le bois de Varennes à quelques centaines de mètres de là. A près les premiers soins, il avait été évacué par l’arrière.

    Mais dans la confusion de la retraite, son évacuation avait duré plusieurs jours avant d’atteindre l’hôpital de Poitiers alors que la gangrène avait déjà infecté le bras. Après l’armistice, il avait été reformé et il avait rejoint des foyers avec comme récompense, la satisfaction du devoir accompli.

    Le 11 juin 2006, soixante-six ans après, il était revenu à Dormans où, malgré son grand âge il avait refait pour la caméra de France 3 son parcours du combattant du 11 juin 1940. L’accueil qu’il avait reçu sur l’esplanade du Mémorial de Dormans était digne de l’hommage de Dormans envers l’un de ses défenseurs.

    Quel bonheur pour cet ancien soldat à l’allure encore gaillarde d’avoir entendu retentir, pour lui, le commandement du chef des porte-drapeaux et les sonneries « Au garde à vous » et « Au drapeau » lancées par la trompette du jeune Grégoire Henry, âgé de 12 ans, de la musique municipale de Dormans.

    Toujours en contact

    Emu mais fier et digne, Constant Rebillon s’était dirigé vers l’ossuaire pour y déposer la gerbe de fleurs qu’il avait offerte à la mémoire de ses camarades tombés au champ d’honneur et des combattants de 1914-1918 qui reposent anonymes dans l’ossuaire.

    De ces deux brefs séjours à Dormans, il en a gardé un souvenir inoubliable et il s’est attaché à l’œuvre de la mémoire et à la défense du mémorial. Il en est devenu un fidèle et farouche défenseur. Ce qu’il affirme dans les correspondances qu’il entretient avec les membres de l’association.

    Il n’a pas voulu laisser passer l’anniversaire de ses 100 printemps, sans exprimer ses sentiments de reconnaissance.

    ***********************************

    Union110208a - Marne
    AY : C’était l’heure de l’AG : Les Anciens Marins sur le pont

    L’amicale met un point d’honneur à perdurer.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’assemblée générale des Anciens Marins s’est déroulée dans la salle de réception du champagne Hamm, à Aÿ. L’occasion pour le président Michel Lemoine, après une minute de silence « pour les copains disparus » de faire un bref retour sur l’année passée et de présenter les projets 2011.

    Même si avec la disparition des anciens « l’amicale se réduit » il n’en est pas moins que la volonté de poursuivre est intacte.

    Un beau moment partagé avec la remise par Yves Perreau, président des Anciens Marins de Reims, de la médaille européenne du Dévouement civil et militaire à Michel Lemoine.

    Pour l’occasion, une cuvée de 20 ans d’âge fut servie dans la tradition des bonnes coutumes…

     

    ***********************************

    Union110206b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Juillet 1944 : les maquisards ménéhildiens sont pris au piège Trois-Fontaines : le survivant témoigne

    Une cérémonie brève et émouvante s’est déroulée au soir du 31 août 2000, en forêt de Trois-Fontaines.
  •  Agrandir la photo
  • Serge Lampin, unique rescapé de ce tragique moment de la Seconde Guerre mondiale.
  •  Agrandir la photo
  • Un monument rappelle ce douloureux épisode.
  •  Agrandir la photo
  • L’ÉVACUATION dramatique de juin 40 l’avait préparé à refuser de se soumettre aux autorités allemandes. Serge Lampin avait en effet subi le bombardement de la gare de Sainte-Ménehould, puis accompagné son grand-père dans le train des réfugiés, hospitalisé celui-ci à Issoire où il était décédé et retenu de son aïeul un refus total de subir toute domination. Il avait aussi entendu le message du Général de Gaulle.

    Ayant rejoint Sainte-Ménehould, après avoir passé avec l’Ausweiss exigé pour l’entrée de la zone, il y constate l’omniprésence de l’occupant.

    Le drapeau à croix gammée flotte sur la Caisse d’épargne, le Cheval Rouge est transformé en Soldatenheim et l’hôpital a été purement et simplement annexé. Serge Lampin rallie le groupe d’André Noizet et milite aux côtés de ceux de la Résistance locale. Il effectue des missions de liaison avec les groupes de la Meuse et héberge un résistant recherché par la Gestapo.

    Coups de main contre l’occupant

    Embauché à la gare, il renseigne sur les mouvements spéciaux de la Wehrmacht. Au fil des mois, ce sera les faux papiers, les cartes d’alimentation, les tracts. A Dommartin-la-Planchette, son grand-père disposait d’une villa en bas du village.

    La cave va lui servir à essayer des armes. Prévenus du Débarquement, le 5 juin 1944, ils se mettent en route à 10 combattants. Première étape, le moulin de Daucourt, puis Coole le long de la N4, dans une ferme à 3 kilomètres de la route.

    Ils forment un groupe de 30. Avec un armement réduit, ils opèrent quelques coups de main contre l’occupant. Les cultivateurs locaux leur fournissent de la nourriture. Quelques véhicules leur permettent des actions. Ils mitraillent un command-car ennemi, abattent deux feldgendarmes, célèbrent publiquement la 14 juillet à Possesse et Vanault-les-Dames. Repérés, ils changent d’emplacement pour finir à Trois-Fontaines.

    Une unité allemande spécialisée dans la recherche des maquisards est à leurs trousses. Un matin, alors qu’ils ont scindé leurs effectifs, Serge Lampin est parti avec trois de leurs prisonniers allemands à une source proche pour la toilette.

    Ils ignorent que le siège de leur cabane est en préparation. Au retour, la fusillade crépite. Sur ordre des Allemands, le premier des maquisards sort, et est immédiatement abattu. Suivi par un second qui s’écroule à son tour.

    Serge sort et attend la mort. « Nicht schiessen ! » (ne pas tirer). Les Allemands embarquent Serge à la Gestapo à Châlons-en-Champagne, non sans avoir procédé sur lui à un échantillon vigoureux de leur aptitude à torturer. Serge, meurtri, est menotté et encadré par deux soldats, baïonnette au canon.

    En partant, il a encore le temps de contempler leur camionnette en flammes et les deux corps de ses camarades qui gisent devant leur cabane.

    A partir de cet instant, son martyre commence. Après les interrogatoires à la Gestapo, il se retrouvera au Struthof. De là, il ira à Dachau, puis dans un commando meurtrier, à Vaihingen et Dautmergen, en Forêt noire, un retour à Dachau.

    Encore vivant malgré les épreuves et le typhus, survivant miraculeux, on le verra être enfin libéré par les Américains.

    Il sera de ceux qui auront refusé une passivité complice et pour cela, auront choisi de faire jusqu’au bout le sacrifice de leur existence.

    ***********************************

    Union110206a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ----------

    Le Négus relève la tête

    Les combattants du Négus.
  •  Agrandir la photo
  • Le Négus veut reprendre le contrôle de l’Ethiopie.
  •  Agrandir la photo
  • Les premières victoires alliées sont saluées avec ferveur par les Français libres. « Tobrouk n’est pas une défaite. C’est une déroute de première grandeur », assure Maurice Schumann, citant l’attaché militaire allemand à Rome, le général Von Rintelen. Et de commenter : « C’est par un coup de cravache que l’état-major allemand prend le commandement direct de l’armée italienne ou de ce qu’il en reste ». Cette appréciation s’appuie sur le résumé de plusieurs télégrammes anglais. « Plus de 100.000 prisonniers expédiés, généraux en tête vers les rives pacifiques du Gange ou de l’Indus », telle et la première conséquence de la conquête de la place forte de Cyrénaïque. Londres se réjouit aussi du développement de la révolte en Ethiopie encouragée par le Négus d’ores et déjà rentré sur le sol de son Empire.

    Chassé par les Italiens en 1935, il a hâte de prendre sa revanche et de profiter de la désorganisation des forces de Mussolini pour prendre l’avantage. « Rallier au son du tambour tous les Abyssins que n’ont pas asphyxié les gaz délétères des colonisateurs fascistes, et le maréchal Badoglio, coupable d’avoir prévu les désastres auxquels le Duce a conduit son pays, virtuellement arrêté par les policiers d’un régime moribond, on se dit que les revanches du destin ne sont pas toujours si lentes », se satisfait Schumann. Le moment est choisi pour engager une nouvelle offensive politique contre le pouvoir de Rome. Il s’agit de hacher menu toutes les décisions prises par le gouvernement mussolinien.

    « Ce sont les mêmes qui depuis cinq ans, paralysent les initiatives diplomatiques et militaires de la France au nom de la plus ridicule et de la plus funeste des légendes : l’infaillibilité de Mussolini, la toute puissance des aigles fascistes ! ». L’opportunité de tancer Vichy est aussi saisie afin de discréditer le Maréchal et ses collaborateurs : « Avant d’être le Gauleiter d’Adolf Hitler, Pierre Laval fut le chambellan de Mussolini. Mais ces gens-là, n’abuseront plus la France ».

    « UN AVEU SANS SURPRISE »

    Le reporter gaulliste se réfère à l’analyse développée dans un journal allemand de langue française « La France au travail » qui conclut par les limites de la collaboration en raison du fait qu’elle n’est pas du goût des Français. Suit ce commentaire vif : « Nous enregistrons cet aveu sans surprise, au moment où le Duce, s’accrochant aux Basques du führer, coule à pic dans sa Mare Nostrum ». Pour mieux prédire qu’il va se faire corriger sans tarder par les Ethiopiens soutenus par les Alliés pour parvenir à la libération de leur territoire. Cette succession d’événements favorables permet de relier l’information positive aux engagements inscrits de l’appel du 18 Juin. Schumann ne manque pas cette piqûre de rappel : « Le Général vous disait toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances. Elles n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là ». Pour le porte-parole des FFL, les premiers succès engrangés attestent la pertinence du discours gaullien et une formidable capacité à se projeter dans l’avenir avec l’assurance que le chemin tracé est le bon. Et pour mieux montrer la participation française auprès des Britanniques, le journaliste singe l’aveu de l’état-major italien qui, dans la reconnaissance de la chute de Tobrouk parle du concours : « D’une unité française soi-disant dissidente ». Schumann l’assure les FFL ont frappé en osmose avec les Anglais.


    ----------

    Nemrod pris au piège de l’Abwehr

    Honoré d’Estienne d’Orves quelques minutes après son arrestation à Nantes.
  •  Agrandir la photo
  • Le poste émetteur du réseau Nemrod destiné à transmettre des informations à Londres.
  •  Agrandir la photo
  • Maurice Barlier, une des figures du réseau, arrêté aussi.
  •  Agrandir la photo
  • Alfred Gaessler a « donné » son chef D’Estienne d’Orves.
  •  Agrandir la photo
  • Les services allemands pistent les premières organisations de résistance et mobilisent leurs agents pour démembrer les réseaux en cours de constitution. Le commandant Honoré d’Estienne d’Orves s’emploie avec un petit groupe d’hommes sûrs à constituer le réseau Nemrod dont la finalité et de recueillir de précieux renseignements pour Londres. Malheureusement, tout le travail minutieux accompli depuis plusieurs semaines est stoppé et brutalement déstructuré. Dans la nuit du 21 au 22 janvier 1941, à Nantes, une vaste opération d’interpellations est conduite par les unités de l’occupant. A 1 heure, plusieurs véhicules de la Feldgendarmerie foncent sur le boulevard de la Liberté puis empruntent le boulevard Garibaldi en direction du quartier du Bois-Haligand. Les hommes savent où ils vont et disposent d’informations recoupées.

    L’opération est pilotée par une vingtaine d’agents du contre-espionnage du Reich. Munis d’échelles, ils franchissent le mur d’un jardin et encerclent une maison avant d’y pénétrer en force. Ils choisissent d’abord de neutraliser les occupants de deux chambres : celle où se tient le commandant d’Estienne d’Orves et celle où dorment ses logeurs, les Clément. L’officier français se débat et fait tout pour s’échapper. Après avoir rossé les premiers ennemis, il se précipite dans les escaliers où il est malheureusement appréhendé par des renforts. Bloqué dans une pièce il ne renonce pas à faire le coup de poing et se fait rosser. Son objectif est double : prévenir ses amis qui sont dans les chambres voisines et appliquer un principe absolu pour un soldat : rester en liberté. Il échoue et lorsqu’il est évacué, tout ce qui est autour de lui ressemble à champ de bataille. Les meubles sont renversés, les décorations fracassées. Le visage ensanglanté, il est ligoté avec du fil de lampadaire et reçoit une série de coups de crosse.

    Imprudence ou trahison ?

    Les Allemands poursuivent les arrestations et interviennent chez Le Gigan, au 46, rue Gutenberg, dans la maison qu’il occupe avec sa vieille maman. Ce sont ensuite Léon Sétout et André Chauvet qui sont interpellés. Tous ces résistants sont transférés au 24, boulevard Gabriel-Guist’hau dans l’immeuble qui a été réquisitionné par le contre-espionnage allemand. Les prévenus sont séparés et mis au secret dans les caves. D’Estienne d’Orves fulmine et s’interroge sur les raisons de cette intervention très préparée de l’ennemi. Y a-t-il eu une imprudence d’un des membres du réseau ? Y-a-t-il eu une trahison ? Un agent double a-t-il été infiltré ? Le commandant se demande même s’il n’a pas été repéré alors qu’il multipliait ses contacts à Paris avant de revenir en Bretagne. Il doute. Comment a-t-il pu être suivi sans rien remarquer alors qu’il a toujours fait preuve de prudence ? L’explication est hélas beaucoup plus simple ; Alors que d’Estienne d’Orves est dans la capitale, l’un des membres de son équipe Alfred Gaessler « Marty » se rend à la Nebenstelle de Nantes qui est l’antenne de l’abwehr dont le siège régional est à Angers. Il rencontre le capitaine de corvette Pussbach, un homme de confiance de l’ambassadeur Otto Abetz. Il le sollicite pour du travail. L’Allemand est méfiant aussi en réfère-t-il à son chef, le major Dernbach, commandant de l’Abwehrstelle (AST) d’Angers qui est avec Paris et Dijon l’une des trois divisions du contre-espionnage du Reich en France.

    L’ennemi comprend tout son intérêt à employer un traître pour désorganiser les filières gaullistes qui tentent de mailler le territoire. Si depuis plusieurs mois, les indicateurs nazis, les « V. Manners » pistent les agents de la France libre, leurs résultats sont ridicules. Ils ne parviennent pas à recueillir des informations fiables. Dernbach, choisit de traiter personnellement « Marty ». Son interlocuteur confie qu’il vient d’Angleterre et participe à une mission en Bretagne destinée à implanter le réseau Nemrod. Il indique aussi la présence d’un poste émetteur ce qui confirme les Allemands dans leurs soupçons d’émissions interdites dans le secteur. Dernbach propose à Marty de reprendre sa place auprès d’Honoré d’Estienne d’Orves mais de lui transmettre au préalable tous les messages qu’il doit chiffrer pour Londres. Le traître lui assure qu’il le préviendra immédiatement du retour du commandant à Nantes. Le major voit l’opportunité d’un coup de filet.

    Un rare courage

    Pourquoi un tel retournement ? Si l’on a appris que le père de « Marty » était enthousiasmé par l’idéologie nazie, il semble surtout qu’il n’ait pas digéré la décision d’Orves de le renvoyer en Grande-Bretagne en raison de son manque de rigueur et de discrétion. Si dans un premier temps, le commandant est trop confiant, il comprend son erreur. Il est déjà trop tard. Gaessler n’a pas le profil d’un agent secret. Il rêve de la grande vie et n’imagine pas devoir se terrer dans une petite chambre pour accomplir son devoir en chiffrant des messages. Il s’étonne que la population se résigne à l’occupation et ne s’enthousiasme pas devant le courage et les engagements des Français libres. Bien des pièces fournies par la DST en 1945 attestent une trahison de l’individu dès son arrivée en métropole. Toujours est-il que le major Dernbach profite de cette occasion unique qui lui est donnée pour manifester à sa hiérarchie sa compétence opérationnelle. Au lendemain des arrestations, il transforme la villa Ty Brao où a été arrêté d’Orves en une souricière. Son but est d’identifier et d’appréhender le plus grand nombre de personnes en liens avec le réseau Nemrod.

    Eugénie Le Barze qui vient simplement prendre son service chez ses patrons déjà emprisonnés est la première interpellée. Suivent Maurice Allain des Beauvais, Yvonne de la Patellière piégée alors qu’elle sonne chez les Gigan. Affirmant qu’elle rend simplement une visite à la vieille maman de Jean, les Allemands ne trouvent pas les documents qu’elle dissimule dans ses bas, aussi est-elle libérée le lendemain. Jeannette Bridoux, Daniel Dohet, Maurice Barlier font également les frais du piège mis en place par l’ennemi. A Paris, un message parvient à Jean Maigne par télégramme : « Maladie contagieuse à Nantes ». Sans tarder, il cherche à alerter ses agents de la capitale mais les Allemands sont rapides. Déjà l’Abwehr se présente rue Roncin et Stéphanie Lacasse est appréhendée. Elle a le temps de dissimuler une carte et d’avaler une liste de terrains d’aviation. L’ennemi se heurte néanmoins au cloisonnement du réseau qui fonctionne plutôt bien. Plusieurs agents ne sont pas inquiétés et sont même en capacité de contrer l’ennemi. C’est ainsi que Heilbronn apprend l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves par un Allemand !

    Trois jours après, les membres du réseau Nemrod sont enfermés à la prison du pré Pigeon. Ils sont placés sous régime sévère, privés de nourriture, de siège et de lit. Ces hommes font alors preuve d’un rare courage. A l’exemple de Barlier : « Je suis à bout de forces. Je vais donc parler. Je commence mes déclarations pour vous dire que je sais de source sûre que le pape est juif. Je n’ai pas besoin de vous dire que je me rétracterai à l’audience ». Dernbach décide alors d’utiliser le traître Marty sous le nom de « Samuel » moyennant la coquette somme de 4.500 F par mois. Le 26 janvier, il communique avec l’Angleterre et réitère l’exercice dans les jours qui suivent. Pour endormir Londres, il fait état d’une grosse activité ennemie sur les côtes occidentales alors que Berlin concentrent ses troupes à l’Est !

    Hervé Chabaud

    ----------

    Ornano le héros de Mourzouk

    La cavalerie s’entraîne dans le désert.
  •  Agrandir la photo
  • Jean Colonna d’Ornano est mort en héros.
  •  Agrandir la photo
  • KOUFRA. Les Français portent leurs premiers coups dans la guerre du désert avec les Britanniques.

    Ils sont très motivés.

    Leclerc veut mener une opération exemplaire sur Koufra. Cela fait des semaines qu’il cogite mais pour cela il a besoin de renseignements que seule l’aviation est en capacité de lui donner. L’objectif se situe à plus de mille kilomètres du dernier poste français de Tekro. Il lui faut aussi préparer une colonne à même de conduire un raid en profondeur dans le désert. Elle est alors en cours de constitution au bord du lac tchadien d’Ounianga. Comme la météo est assez imprévisible et que les vents de sable empêchent les décollages, Leclerc qui porte une vareuse de marsouin à double rangée de boutons et une longue djellaba s’impatiente : « Si les aviateurs ne sont pas capable de faire leur travail, nous nous passerons d’eux ! ». Moment de mauvaise humeur sans doute, mais le tempétueux chef sait que voler dans de telles conditions est suicidaire. Le lieutenant Pierre Tassin de Saint- Péreuse le lui a dit : « Dans le désert, le danger ne vient pas de l’ennemi mais du pays ».

    Une réflexion d’autant plus pertinente que la plupart des cartes sont incomplètes ou erronées et que la brutale levée du vent est prompte aux accidents. L’impatience de Leclerc est patente ce qui préoccupe le général de Larminat, haut-commissaire. Il craint une insuffisance des préparatifs et insiste sur la question du ravitaillement en eau, en essence et en armement. Il souhaite aussi que de meilleurs renseignements soient recueillis sur la situation de l’objectif. Enfin, il tient à ce que l’aviation de bombardement ne soit pas accaparée alors qu’elle est attendue pour soutenir les opérations terrestres alliées en Erythrée.

    IMPÉTUEUX

    Leclerc bénéficie de l’appui du lieutenant-colonel Jean Colonna d’Ornano qui, depuis le ralliement du Tchad piaffe de mener une opération punitive éclair sur le Tedjéré. Il s’agit d’un poste libyen situé à trois cents kilomètres de la frontière tchadienne. Le prédécesseur de Leclerc, le colonel Marchand s’inquiète de l’impétuosité de Colonna : « Qui ne doit pas aller se faire casser la figure avec une trentaine de poilus ». Les Britanniques se posent moins de questions et sont bien décidés à multiplier les missions de harcèlement dans le désert en s’appuyant sur les « Long Range Desert Group » (LRDG). Ces colonnes équipées de véhicules tout terrain et surarmés conduisent des opérations musclées destinées à créer de l’insécurité chez l’ennemi.

    Pour mener à bien ces raids, ils dissimulent des réserves d’essence et des munitions dans le désert. Le major Ralph Bagnold et ses hommes sont devenus de redoutables combattants des sables aussi, les Français sans complexe sont convaincus qu’ils peuvent faire aussi bien. Son dernier plan ne concerne pas le Tedjéré mais Mourzouk, capitale du Fezzan, un bourg de 2 000 habitants comprenant une garnison italienne de 200 hommes et un terrain d’aviation.

    Si dans un premier temps Leclerc est réservé, il accepte finalement d’engager des troupes françaises sur Mourzouk sans renoncer au raid de Tedjéré avec le concours des chameaux du groupe nomade du Tibesti. Les Britanniques ne négligent aucune carte et emportent avec eux le frère d’Ahmed Bey, le cheikh Abdel-Jellil Sif-En-Nar afin d’encourager à la révolte les tribus du Fezzan.

    Comme les Français libres ne tiennent pas à ce que les Anglais contrôlent cette vaste région où ils ont leurs propres prétentions, ils sont du voyage ! L’attaque sur Mourzouk dure trois jours. Trois avions ennemis sont incendiés et plusieurs installations sérieusement endommagées. Un télégramme italien intercepté précise : « Les Anglais se retirent et les Français attaquent : 24 morts, 9 sentinelles blessées et un pilote italien prisonnier.

    Pas de Français ni d’Anglais blessés ou tués. Deux véhicules franco-britanniques touchés mais retirés par l’attaquant ». C’est inexact. Au cours de l’engagement le lieutenant Massu est blessé mais les Français enregistrent la perte du lieutenant-colonel d’Ornano fauché alors qu’il tirait au fusil-mitrailleur depuis la voiture du major Clayton.

    Lorsqu’il apprend le drame Leclerc ne tergiverse pas : « Il faut serrer les dents et le venger. D’Ornano avait bien la trempe des officiers français de 1914, il l’a prouvé par toute sa carrière et sa mort ». Il se reprend très vite et suggère au général de Larminat d’exploiter la mort splendide du colonel. Les Anglais sont bluffés par la description des combats qui est faite sur la BBC. Ils n’en veulent pas aux Français de tirer avantage d’une opération où ils ont été actifs mais minoritaires. Dans un communiqué qui est lu au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français », le 29 janvier 1941, les Forces françaises libres indiquent : « Dans le courant de janvier, des éléments de nos troupes du Tchad ont exécuté un raid profond en Libye italienne dans la région du Fezzan. Nos troupes ont atteint et détruit la base de Mourzouk et enlevé le poste de Gatroum, infligeant à l’ennemi des pertes sérieuses en hommes et en matériels. Plusieurs avions italiens ont été incendiés sur place. Le lieutenant-colonel d’Ornano a été tué au cours de l’opération des troupes du Tchad sur Mourzouk. Le général de Gaulle a décerné à titre posthume au lieutenant-colonel d’Ornano la croix de l’ordre de la Libération et l’a d’autre part cité à l’ordre de l’armée pour le motif suivant : officier supérieur réputé pour son énergie et son courage, tué à l’ennemi en enlevant à la tête de ses troupes une position fortement tenue ».

    DEUX CANONS DE 75

    Le raid franco-britannique se poursuit sur Traghen qui tombe à son tour. En revanche, les alliés renoncent à l’assaut d’Um El-Araneb et de Gatroum parce qu’ils se savent attendus par l’ennemi. Britanniques et Français tirent la conclusion que la combinaison de l’effet de surprise et de la puissance de feu est très efficace. Le commandant italien du poste de Mourzouk évoque : « Une horde ennemie avide de sang ». A Tedjéré, l’assaut des méharistes est repoussé ce qui décide Leclerc à ne pas les employer pour ce type d’opération. Néanmoins, dressant le bilan des activités des derniers jours, le major Ralph Bagnold se félicite du travail des hommes de Leclerc : « Ils pourraient très bien être Anglais et ce n’est pas faire insulte à la mémoire de d’Ornano que de le dire ». Les officiers du LRDG sont scotchés par la détermination des Français qui imaginent tous les scénarios pour s’enfoncer dans le désert avec un armement suffisant pour soumettre l’ennemi.

    Leclerc n’est pas peu fier de présenter aux alliés les deux canons de 75 qu’il compte tracter à plus de mille kilomètres pour régler leur compte aux Italiens. Il est patent qu’avant de foncer sur Koufra, les Français cherchent quel est l’armement le mieux adapté pour éventrer les murailles du fort et neutraliser les points de défenses de l’adversaire.

    Dans la plus grande discrétion, la colonne française s’ébranle de Faya le 23 janvier. La voiture de commandement de Leclerc est une camionnette dont il a fait percer le toit pour observer le paysage et donner ses ordres ! Il mène la même vie que ses hommes, dort au pied de son véhicule en ayant creusé un trou dans le sable. Le 28 janvier, la colonne atteint Ounianga où elle récupère le groupe nomade de l’Ennedi et effectue une pause de quarante-huit heures.

    HERVÉ CHABAUD

    ***********************************

    Union110202c - Marne
    ESTERNAY : Bilan et projets abordés par la Fnaca

    L’assemblée générale s’est déroulée à la maison du temps libre
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les anciens combattants se sont réunis à la maison du temps libre pour assister à l’assemblée générale de la Fnaca.

    Le président, Pierre Delannoy, en a profité de transmettre ses vœux et rendre hommage à tous les disparus.

    Tous les invités présents ce soir-là ont d’ailleurs bien insisté sur un message : « Sortir entre amis et profiter des animations proposées par l’association comme des après-midi dansants. »

    Outre toutes les commémorations effectuées, un voyage est prévu du 9 au 18 mai en Turquie puis un week-end en août.

    Le repas traditionnel à Pleurs aura lieu le 20 mars prochain. La galette des rois devenus a conclu cette assemblée générale.

     

    ***********************************

    Union110202b - Marne
    CORMICY : Ils n’oublient pas

    Des invités et adhérents attentifs aux propos du président.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des anciens combattants de Cormicy s’est réunie à la maison des jeunes de Cormicy. Malgré le froid matinal, 25 personnes ont fait le déplacement sur 45 adhérents, en présence du maire, Dominique Décaudin, et de son adjointe, Francine Girard, en charge des associations. Sous la présidence de Claude Hivet, les rapports, moral et financier, ont été approuvés par l’assistance.

    Le renouvellement du bureau a fait l’objet d’un vote unanime : Claude Hivet reste président, Joseph Marchwiki, vice-président, Serge Hivet, trésorier, et Jean-Pierre Meuleman, secrétaire de l’association.

    M. Décaudin a pris la parole afin de féliciter les bénévoles pour leurs actions et leurs participations aux commémorations des 11 Novembre, 8 Mai et la marche de Sapigneul. Il rappelle qu’hélas, il n’y a pas de commémoration pour nos soldats disparus lors des autres conflits, tels que la guerre d’Algérie ou du Vietnam. Ces cérémonies pourraient être organisées mutuellement avec les communes du secteur… A suivre !

    Il propose également de rendre hommage lors de la prochaine cérémonie du 8 Mai à Emma Vérachten-Mols, habitante de Cormicy (La Neuville). Résistante, elle a été arrêtée en août 1942 et déportée en janvier 1943. Autre proposition de M. Décaudin : la réhabilitation des tombes de soldats décédés lors de la Première Guerre mondiale avec l’aide du Souvenir français.

    ***********************************

    Union110202a - Marne
    TINQUEUX : Galette et danse : Les paras fêtent les rois

    Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, est venu saluer les anciens paras, leurs familles et leurs amis.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’Union Nationale des parachutistes, comme chaque année a fêté les rois en la salle des fêtes de Tinqueux. Environ 150 personnes, dont une trentaine d’anciens paras ont dégusté la fameuse galette, accompagnée d’une flûte, et surtout d’une excellente participation de l’école de danse de la ville qui n’a pas manqué une démonstration de pas sur la piste au grand plaisir de tous les participants.

    Tous ces anciens paras ne manqueront pas de se retrouver l’année prochaine, en souhaitant en attendant, voir leur rang se grossir par ceux qui ont servi dans cette arme magnifique, et qui, on en est persuadé, retrouveraient une ambiance, une camaraderie, qui sont acquises et restées dans l’esprit para.

    Le président Jean-Louis Leboeuf a remercié le maire de Tinqueux et son épouse pour leur présence, Robert Bertrand, ancien para également, et son épouse pour l’ensemble de l’organisation de cet après-midi.

    Union Nationale des parachutistes de la Marne : Jean-Louis Leboeuf, président, au 03.26.57.94.63 ou Robert Bertrand au 03.26.08.49.94.

     

    ***********************************

    Union110201a - Marne
    TINQUEUX : Souvenir : Les anciens combattants unis

    De gauche à droite à la tribune : Arnaud Robinet, député, Jean-Pierre Fortuné, maire de Tinqueux, le président Gilles Richard, Cédric Lacroix et Georges Marette.
  •  Agrandir la photo
  • Les Anciens Combattants et Victimes de Guerre de la ville de Tinqueux avaient participé aux obsèques de Michel Prola, vendredi après-midi en l’église Sainte-Bernadette pour honorer sa mémoire. Membre de l’association depuis 1986, successivement secrétaire, vice-président, il n’a ménagé ni son temps, ni sa peine pour servir l’association.

    Dimanche matin, ils se sont réunis au collège Paulette-Billa pour leur 29e assemblée générale ordinaire. Le président Gilles Richard a déclaré les assises ouvertes en regrettant l’absence de nombreux adhérents, il a remercié les personnalités et les membres présents ainsi que les porte-drapeaux. Il a demandé ensuite à l’assemblée d’observer quelques instants de recueillement à la mémoire des disparus de l’année 2010 et début 2011.

    Lucienne Becker, secrétaire, a lu le rapport d’activité. Françoise Druet, trésorière, a présenté le bilan financier certifié exact par la commission de contrôle. L’assemblée a donné son aval puis adopté la proposition de porter la cotisation 2011 à 20 €.

    Gilles Richard a rappelé encore une fois que le nombre d’adhérents diminuait fortement, qu’il était indispensable de faire appel aux jeunes anciens combattants des missions extérieures, de recruter des membres sympathisants et de fidéliser les adhérents, afin d’éviter à court terme la disparition des associations patriotiques.

    La parole a été donnée ensuite aux invités d’honneur : Georges Marette qui a fait part des avancées de la France Mutualiste pour rentabiliser et préserver les intérêts de chacun. Cédric Lacroix, président de l’UFM, a quant à lui donné des nouvelles du monde combattant, il a insisté sur la baisse du budget général attribué par le Gouvernement et regretté l’absence de budget pour les anciens des missions extérieures.

    Hommage

    Arnaud Robinet, député de la Marne, a souligné son attachement au monde des anciens combattants, il a assuré qu’il s’attacherait de son mieux à obtenir l’amélioration du budget pour le bien-être des anciens combattants. Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, a conclu en soulignant sa satisfaction de voir une association très bien gérée.

    Tous les participants, se sont dirigés ensuite vers le monument aux morts où une gerbe a été déposée en hommage aux anciens combattants de l’association décédés depuis la dernière AG. Le cortège s’est rendu ensuite à la salle des fêtes, pour le remerciement aux drapeaux, suivi du verre de l’amitié. Tous ont participé ensuite au repas amical animé par un sympathique orchestre.

    ***********************************

    Union110131a - Marne
    SAINT-THIERRY : Anciens combattants : L’amicale à l’heure du bilan

    Le maire, Michel Bernard (debout à droite), et le président, M. Mathern
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les adhérents et leurs conjoints de l’amicale des anciens combattants du massif de Saint-Thierry se sont réunis sous la houlette de leur président, M. Mathern, et en présence du maire de Saint-Thierry, Michel Bernard.

    Le président a d’abord présenté ses vœux avant d’avoir une pensée émue pour Roger Guillon, adhérent et néanmoins ami, disparu récemment. Il a ensuite retracé les activités de l’année 2010 qui ont commencé par son élection en février en remplacement de Bernard Goulinet après une mandature de six années. Il a évoqué la belle réussite du méchoui le 24 juin et celle de la soirée beaujolais du 25 novembre, ces deux manifestations seront renouvelées en 2011 ainsi qu’une sortie à Roucy (Aisne).

    Tout le monde s’est retrouvé ensuite autour de la table pour la galette des rois dans une ambiance sympathique.

     

    ***********************************

    Union110129c - Marne
    SUIPPES : Centre d’interprétation Marne 14-18 : Une entrée payante égale une entrée offerte

    Cette opération commerciale est valable du 1er au 28 février.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le Centre d’interprétation Marne 14-18 ouvre pour une nouvelle saison.

    A cet occasion, du 1er au 28 février, il offre une entrée gratuite pour une entrée achetée (cette offre ne peut se cumuler avec une autre réduction).

    Le centre offre ainsi de découvrir l’histoire de la Première guerre mondiale de façon interactive.

    Grâce à votre empreinte digitale, vous endossez le rôle d’un personnage de la Grande guerre tout le long de la visite…

    Avec le film émouvant sur la famille Papillon, confrontée aux événements dès le début du conflit, le visiteur plonge de suite dans le quotidien de l’époque.

    S’installer dans la tranchée, et assister à l’animation audiovisuelle permet de se placer au cœur d’un assaut.

    Ouvert du mardi au dimanche de 13 à 18 heures.

    Contact : Marne 14-18 - Centre d’interprétation 4 ruelle Bayard 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09. contact@marne14-18.fr - www.marne14-18.fr

     

    ***********************************

    Union110129b - Marne
    REIMS : Médaillés militaires / Les sections marnaises ont 100 ans

    Des récompenses et des félicitations de personnalités pour les adhérents méritants.
  •  Agrandir la photo
  • L’année 2011 marquera le centenaire de la 138e section des médaillés militaires de Reims métropole et de ses environs. Deux cérémonies sont prévues : le 18 mars d’abord, puis le 27 mars pour les trois sections marnaises.

    DEPUIS le 1er avril 2010, la 138e section des médaillés militaires de Reims et sa région est devenue section de Reims métropole et de ses environs. C’est sous cette nouvelle appellation que le président Pierre David a déclaré ouverte la 95e assemblée générale dans la salle Clovis du centre des congrès de Reims.

    Les adhérents étaient au rendez-vous, auprès des élus et représentants des autorités civiles et militaires, sans oublier les fidèles porte-drapeaux et les dames d’entraide.

    Une minute de silence a été respectée pour les membres disparus et pour les militaires d’active tués en opération extérieure ou en service commandée : « Le 53e est tombé au champ d’honneur samedi 8 janvier 2011 », a rappelé le président.

    Le nombre d’adhérents reste stable (134). Par ailleurs, sept dossiers sont en cours pour l’attribution de la médaille militaire en 2011 et 2012. Sont aussi en examen deux dossiers pour la Légion d’honneur (grade de commandeur) et trois pour l’ordre du Mérite.

    Le président a rappelé que la revue trimestrielle « La Médaille militaire » permet de se tenir informé sur ses droits. En 2011, le congrès national sera organisé à Besançon au mois de juin.

    Hommage

    Un hommage a ensuite été rendu aux porte-drapeaux de la section, en particulier Raymond Nicolas (62 sorties en 2010) et son adjoint Robert Fischer.

    En 2011, la section aura 100 ans : un anniversaire qui sera marqué par une cérémonie le 18 mars à Reims. Autre date à retenir : le 27 mars à Mourmelon pour le centenaire des trois sections marnaises.

    Le président départemental Robert Cochot a félicité la section pour la qualité de ses bénévoles et leur dynamisme.

    Première adjointe de Cormontreuil, Virginie Tambour a dit que sa commune continuerait à mettre des salles à disposition de la section.

    Revalorisation

    La députée Catherine Vautrin a donné quelques chiffres sur la revalorisation de la retraite du combattant « qui n’avait jamais été améliorée entre 1978 et 1988… Elle était de 33 points de PMI en 2007. Elle est calculée, depuis le 1er juillet 2010, sur la base de 43 points PMI, ce qui représente une hausse de 36 % en quatre ans. Un amendement devrait faire passer la retraite du combattant à 44 points au 1er juillet 2011 ». La même mesure est annoncée pour les deux années suivantes. La matinée s’est terminée par une remise de récompenses aux adhérents méritants suivie d’un dépôt de gerbe au monument aux morts avec l’adjoint Jean-Claude Laval et l’adjudant-chef Rahmani, de la base 112.

    ***********************************

    Union110129a - Marne
    LA CHEPPE : Association autour du Camp d’Attila : Toujours autant de dynamisme

    L’assemblée générale de l’Association autour du Camp d’Attila (ACA) s’est tenue vendredi 21 janvier, à la salle des fêtes de La Cheppe, en présence d’Agnès Person, conseiller général, de Marcel Bonnet, maire de la Cheppe et d’une vingtaine d’adhérents, accueillis par Maryan Nijakowsky, vice-président.

    Sylvain Duthoit, trésorier, a montré le travail accompli par l’Association en 2010 et remercié toutes les personnes qui ont participé.

    Pour rappel :

  •  Action au niveau de la mare, créée en 2006, animation autour de celle-ci le 30 janvier 2011 pour la Journée internationale des zones humides.
  •  Débroussaillage des talus et des belvédères, qui sera continué en 2011 avec la commune, les bénévoles de l’ACA et le service technique de la communauté de communes.
  •  Mise en place du chemin sommital avec les marches d’accès et les panneaux.
  •  Installation des tables et des bancs. Les pelouses sèches ont fait l’objet de plusieurs jours de travail par le Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne Ardenne (CPNCA).

    Au plan archéologique, la campagne de prospection a été intéressante avec deux ramassages de surface et un relevé topographique financé par le Service régional archéologique (SRA). Cette opération sera reprise en 2011.

    Il faut noter aussi la présence de l’ACA sur le stand de la communauté de communes à la foire de Châlons, à renouveler aussi en 2011.

    Enfin, le fait d’avoir trois intervenants pour la journée du patrimoine sera sûrement reconduit en 2011.

    Il est d’ailleurs prévu une animation en octobre et des visites guidées, sur rendez-vous, d’avril à début juin et de mi-juillet à octobre, avec Jean Grosos de l’ACA. Il semble que la communication reste à améliorer par le biais de la publicité, d’un site internet et de différentes manifestations comme la foire de Châlons et la fête de la Moisson 2011 qui se déroulera sur le site du Camp dit d’Attila. Des idées, des réalisations, une continuité dans le travail entrepris, cela montre un suivi régulier et beaucoup de dynamisme.

    ***********************************

    Union110128d - Marne
    AFMD : Mémoire de la Déportation

    L’association départementale de la fondation pour la Mémoire de la déportation (AFMD 51), présidée par Hélène Lebrec, tiendra son assemblée générale demain samedi 29 janvier de 9 heures à 12 h 30 à la Maison de la vie associative, 122 bis, rue du Barbâtre à Reims.

    Après l’accueil à 9 heures suivi des rapports, vote et élections, il est prévu, de 10 h 45 à 12 h 30, une intervention de Marie-José Chombart de Lauwe, présidente nationale de la Fondation, qui parlera des femmes dans la Résistance et la Déportation, en particulier au camp de Ravensbrück. La rencontre aura lieu en salle 102 et elle est ouverte à tous.

    ***********************************

    Union110128c - Marne
    REIMS : Diables bleus

    L’assemblée générale de l’Amicale des Diables bleus de Reims et la région se déroulera demain samedi 29 janvier à la Maison de la vie associative, 122 bis, rue du Barbâtre. Ouverture de la séance à 15 h 30. A l’ordre du jour, renouvellement de la moitié des membres du comité.

    ***********************************

    Union110128b - Marne
    SAINT-PIERREMONT : Nécrologie : André Godet s’est éteint

    Cette grande figure locale laisse plusieurs souvenirs aux habitants de la commune.
  •  Agrandir la photo
  • Il venait d’entrer dans sa 99e année, bien entouré des siens et de ses auxiliaires de vie de l’ADMR de Marle et c’est à cet âge respectable qu’André Godet s’est éteint. Ayant exercé la profession d’agriculteur au village de Saint-Pierremont, le défunt, homme simple et discret, en était aussi l’ancien maire. André Godet avait exercé cinq mandats, ce qui lui avait valu de recevoir, des mains de Charles Brazier, alors vice-président du conseil général de l’Aisne, la médaille régionale, départementale et communale, échelon or. Son fils, Alain Godet a obtenu de son côté la médaille d’argent pour trois mandats.

    Appelé sous les drapeaux en 1932 dans l’artillerie, André Godet avait, après son retour dans le civil repris le métier de la terre, tout en suivant diverses périodes de formation militaire jusqu’en 1939.

    Ce qui lui a valu de devenir maréchal des logis et de se voir confier le commandement de la pièce maîtresse dans sa batterie. Rappelé à la déclaration de guerre, il a été versé au 132e RALCA, dans lequel se trouvait également un notaire marlois, aujourd’hui disparu, Pierre Delachambre. Le drapeau du 132e RALCA est détenu par l’association des artilleurs de Picardie dont fait partie, André Godart, ancien président du conseil général.

    En mai 1940, il se trouvait, avec l’armée Corap, à la frontière belge au Haut du Waltia où il a subi le baptême du feu par l’aviation ennemie, les sinistres Stukas. Replié, dans le désordre, sur Dunkerque, il parvint à embarquer pour l’Angleterre d’où il reparti aussitôt pour Cherbourg avec un nouveau matériel afin de poursuivre le combat dans les Alpes jusqu’à la Victoire.

    Titulaire de la croix de guerre, de la médaille de la Résistance et de plusieurs autres décorations civiles, André Godet a été conduit à sa dernière demeure entourée des drapeaux des anciens combattants de Tavaux et de ceux des Artilleurs de Picardie. Son éloge funèbre a été prononcé par Jacque Riera, de Tavaux, titulaire de la Légion d’honneur à titre militaire. Nos condoléances à la famille Godet.

    ***********************************

    Union110128a - Marne
    CORMONTREUIL : Jean Caillaud à l’honneur

    Jean Caillaud a reçu son diplôme des mains de Jean Marx et Virginie Tambour.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Pour raison de santé, il n’avait pu être présent lors d’une précédente cérémonie commémorative.

    C’est donc à son domicile que le maire, Jean Marx, assisté de sa première adjointe, Virginie Tambour, sont allés remettre, mardi soir, le diplôme d’honneur aux combattants de l’armée française 1939/1945 à Jean Caillaud.

    Ce diplôme, signé par Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants récompense les mérites de M. Caillaud, né en 1921.

    Celui-ci, en zone libre, s’est engagé dans l’infanterie coloniale au Maroc avant de rejoindre la 3e Division algérienne. Atteint de dysenterie, il est hospitalisé à Tunis puis rentre à Casablanca. De là, il est envoyé en renfort en Angleterre où il rallie la célèbre 2e DB. Au cours de son périple, il participe à diverses opérations : Normandie, Vosges, Strasbourg, Berchtesgaden ainsi que la libération de Paris…

     

    ***********************************

    Union110127d - Marne
    BOULT-SUR-SUIPPE : Ancien combattant Raymond Berthelemy nous a quittés

    Le maire lui avait remis, fin décembre, le diplôme d’honneur aux anciens combattant de l’armée française de 1939/1945.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Raymond Berthelemy, né le 3 juin 1916 à Rennes (Ille-et-Vilaine), demeurant à Boult-sur-Suippe nous a quittés le 9 janvier dernier. Il était le dernier ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, mobilisé en 1939. Il était canonnier dans la compagnie 1033/404 dans le Régiment d’artillerie de défense aérienne.

    M. Berthelemy était titulaire de la médaille délivrée par la ville de Dunkerque en mémoire des combats de mai et juin 1940 du livre d’or 34 202. A ce titre, il fut reconnu ancien combattant, titulaire de la Croix du combattant 39/45. Fait prisonnier à Dunkerque, envoyé dans un camp de prisonniers en Allemagne pendant cinq ans, il a été libéré en 1945.

    M. Berthelemy exerçait le métier de receveur à la poste de Boult-sur-Suippe. En compagnie de son épouse Lucienne, née Soleger le 18 janvier 1917 à Dreux (Eure-et-Loir), ils vivaient une paisible retraite au village.

    Le maire lui avait remis, le mardi 28 décembre 2010, le diplôme d’honneur aux anciens combattant de l’armée française de 1939/1945, décerné par Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

     

     

    ***********************************

    Union110127c - Marne
    BAZANCOURT : Union Nationale des Combattants : Election du nouveau bureau

    L’UNC vient de tenir son assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale de l’UNC (Union Nationale des Combattants) s’est tenue dernièrement à la salle de formation en mairie de Bazancourt en présence de Yannick Kerharo, maire de la commune.

    Jean Bartos, président de la section, a présenté ses vœux à l’assemblée, demandé le respect d’une minute de silence en hommage à tous les anciens combattants, les morts en opérations extérieures. Bilan et examen de l’exercice écoulé ont été approuvés à l’unanimité. A suivi la réélection du tiers sortant : Tony Mauclaire ne s’est pas représenté et Gilles Senecaille a rejoint le comité.

    A la date du 20 janvier, il a été procédé à l’élection du bureau : Edmond Mlynarzyk, membre fondateur, président d’honneur ; Jean Bartos président ; Noël Marlette, vice-président et porte-drapeau adjoint ; Henri Andriollo secrétaire ; Bernard Delatour secrétaire adjoint ; Michel Coutin trésorier ; André Ghyllebert trésorier adjoint porte-drapeau ; Bernard Savart et Marie-France Guyot, chargés des relations sociales.

    Le comité est composé de quatre membres : Daniel Collot, Denis Dufresne, Czewlas Kucharski, Gilles Senecaille (Opex).

    ***********************************

    Union110127b - Marne
    MUIZON : GMC : groupe mémoire et commémoration Une association dédiée au souvenir

    Le président Gilbert Bureau, entouré des membres du conseil d’administration, a présenté un diaporama des activités de l’année passée…
  •  Agrandir la photo
  • Vendredi soir, à la salle polyvalente de Muizon, s’est déroulée l’assemblée générale du GMC (groupe mémoire et commémoration).

    En présence du maire Germain Renard, de son adjoint Jean-Paul Soria et d’un petit nombre d’habitants, le président Gilbert Bureau a présenté les activités : « Le GMC est une association créée par des passionnés d’histoire vivante. C’est pourquoi régulièrement, notamment aux commémorations du 8 mai et du 11 novembre, comme au 14 juillet, ou à d’autres occasions, ses membres n’hésitent pas à revêtir des tenues d’époque, ce qui étonne et passionne souvent les jeunes générations, et peut rappeler quelques souvenirs aux personnes qui auraient vécu ces périodes sombres de l’Histoire. Le GMC a notamment participé, le 29 août dernier, avec le SHAEF, association historique de Reims, Bétheny et Tours-sur-Marne, à l’anniversaire de la libération de Muizon en 1944 : ce fut un grand moment pour tous, avec une exposition d’objets, de matériel et de véhicules sur les terrains du parc du Champ-Jeudi, et un superbe défilé dans les rues de la commune, avec, en point d’orgue, les témoignages de deux dames qui avaient vu les premières Jeep américaines arriver par la rue des Vautes ».

    En ce qui concerne les projets de 2011, le GMC continuera ses prestations costumées dans la commune aux mêmes dates, mais également à Poilcourt-Sydney et Asfeld, dans les Ardennes. Bien entendu, l’association sera présente, au milieu de toutes les autres et de la municipalité, lorsque Muizon accueillera, le 2 juin prochain, la 38ème édition de la Marche des Elus.

    Au bureau, Florence Wary devient secrétaire, en remplacement de Rémi Monginot, qui ne quitte cependant pas le bureau mais préfère devenir vice-secrétaire.

    Pour conclure, l’association a annoncé qu’elle était actuellement en cours de recherche d’un logo d’identification, puis l’assemblée s’est conclue avec le mot du maire, suivi du verre de l’amitié.

    ***********************************

    Union110127a - Marne
    REIMS : Déportation / Yvette Lundy témoigne devant des lycéens

    Yvette Lundy : la sincérité du témoignage, la pédagogie du récit.
  •  Agrandir la photo
  • Yvette Lundy témoigne. Inlassablement. Toujours avec une extrême rigueur.

    Ce qu’elle dit est ce qu’elle a fait dans la résistance en tant qu’institutrice et secrétaire de mairie du petit village de Gionges. Ce qu’elle décrit est ce qu’elle a subi comme déportée dans les camps de concentration nazis.

    Invitée par une équipe pédagogique du lycée Saint-Jean-Baptiste de la Salle de Reims avec le concours de l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air et l’équipe du musée de la BA 112 « commandant Marin-la-Meslée » qui œuvrent également pour le travail d’histoire et le devoir de mémoire, Yvette Lundy a expliqué pendant près de deux heures son parcours qu’elle a replacé dans le contexte historique d’alors avant de répondre à des questions majoritairement posées par des lycéennes !

    Authenticité et enthousiasme

    Une belle leçon d’histoire et aussi une solide invitation aux jeunes pour qu’ils s’approprient les valeurs civiques et morales de la République et qu’ils vivent la liberté avec ses droits mais aussi ses exigences.

    Elle a aussi expliqué avec beaucoup d’authenticité sa faculté à s’adapter, sa ténacité à résister et lutter, son envie de survivre malgré l’accablement et puis son enthousiasme intact pour aller à la rencontre des collégiens et des lycéens et les aider à préparer le Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation.

    Un temps fructueux qui a été prompt à une réflexion sur le sens de l’engagement, le respect des valeurs, l’implication d’une famille puisque les frères et la sœur d’Yvette Lundy ont également été d’actifs résistants.

    Remerciée par plusieurs élèves pour cette leçon de vie, Yvette Lundy en nonagénaire tonique a un agenda bien rempli pour les prochaines semaines !

    H. Ch.

    ***********************************

    Union110126a - Marne
    SHOAH : les rails de la mémoire

    L’ancienne gare de Bobigny, d’où 22 047 juifs ont été déportés à bord de vingt et un convois vers les camps d’extermination,
  •  Agrandir la photo
  • La gare désaffectée de Bobigny (Seine-Saint-Denis) avait été portée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2005 pour avoir servi de plate-forme de départ des juifs vers les camps d’extermination nazis en 1943 et 1944.

    Elle est depuis hier un lieu de mémoire et traduit la volonté de la SNCF de contribuer au travail d’histoire et au devoir de mémoire sur les épisodes les plus dramatiques de la Seconde Guerre mondiale.

    Il s’agit d’inscrire cette démarche dans le souci d’affronter la complexité des choses après les accusations portées contre la SNCF en France mais surtout aux États-Unis pour avoir participé au transport des futurs martyrs. Il faut garantir à la fois la rigueur méthodologique et scientifique qui sied à l’historien et apprendre ce qui s’est passé à ceux qui ignorent tout. Dès lors, ce n’est ni par l’esprit de simplification, ni par la multiplication des accusations que la transmission se fera.

    Le don pour l’euro symbolique de cette gare construite en 1928 ainsi que du terrain de 3,5 hectares qui l’entoure finalise le projet de lieu de mémoire sur la déportation des juifs.

    Dans la démarche qui a conduit le président de la SNCF à valider cette opération, il y a les polémiques du semestre dernier en Californie et en Floride mais surtout le discours de Jacques Chirac lors de la commémoration de la rafle du Vel’d’Hiv en juillet 1995. Le président de la République n’avait-il pas déclaré : « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé, à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. » Les chemins de fer n’ont pas maquillé la réalité et le président Guillaume Pépy le rappelle lorsqu’il déclare à propos de l’intervention du Président : « En tant que bras de l’État français, la SNCF reprend à son compte ces mots et la peine qu’ils reflètent pour les victimes, les survivants et leurs familles qui ont souffert à cause de notre rôle pendant la guerre. »

    À ceux qui persistent à dénoncer la responsabilité accablante de la compagnie ferroviaire française, le travail de l’historien Christian Bachelier remet les choses à leur place et démontre que la SNCF n’était qu’un rouage de la machine infernale de la Déportation.

    Il est, sur ce point, en phase avec Serge Klarsfled, président de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, et avec son fils Arno, aujourd’hui Conseiller d’État qui, alors avocat de la SNCF dans le procès formé par la famille Lipietz, avait redit ce que beaucoup de cheminots résistants avaient déclaré il y a fort longtemps : « La réquisition était un mode d’autorité auquel la SNCF ne pouvait se soustraire. »

    L’important est que, loin de toutes passions, l’histoire soit dite, et ce nouveau lieu de mémoire à Bobigny y concourt en invitant à la vigilance de tous. Comme l’écrit Alain Finkielkraut : « La mémoire doit respecter la distance qui nous sépare des suppliciés. Nous ne sommes pas là pour nous revêtir des oripeaux et des souffrances que nous n’avons pas connues. Mais pour honorer ceux qui ont souffert, comprendre ce qui s’est passé. »

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110125a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Rififi à l’amicale parachutiste : L’assemblée tourne au règlement de comptes

    Echanges de propos houleux entre René Beaujoin…
  •  Agrandir la photo
  • … et les trois « indésirables »
  •  Agrandir la photo
  • Les autres amicalistes pour le moins déroutés.
  •  Agrandir la photo
  • Dimanche, l’assemblée générale de l’amicale parachutiste a été pour le moins agitée. Les trois « indésirables » qui avaient critiqué la gestion du président René Beaujoin dans nos pages ont été radiés.

    LE président René Beaujoin l’avait annoncé. Il prévoyait de répondre aux accusations portées par ses ex-vice-présidents, Gilbert Charlier et Claude Henriot et l’ex-trésorier de l’amicale Régis Fagot. Ce dernier avait été démis de ses fonctions par René Beaujoin, les deux autres avaient démissionné, dénonçant le manque de concertation et de communication du président, parlant même d’une gestion dictatoriale de l’association (voir notre édition du 7 décembre 2010). René Beaujoin souhaitait que l’AG « se déroule dans le calme ». Ce fut loin d’être le cas.

    Dépôt de plainte

    « Cet article de presse a mis en danger l’association estime-t-il. J’ai été personnellement attaqué, et cela a eu des conséquences pour ma famille. Au nom de l’amicale, j’ai déposé plainte à la gendarmerie contre Messieurs Fagot, Charlier et Henriot. Ils ont commis une faute grave et seront radiés », a-t-il annoncé d’emblée. L’ancien parachutiste a tout de même répondu point par point aux critiques formulés par ses détracteurs.

    Claude Henriot, premier vice-président, lui reprochait de s’être désisté au dernier moment d’un voyage en Angleterre. « Tout était préparé, il avait juste à s’assurer du bon déroulement de l’excursion. C’est son rôle de vice-président », a estimé René Beaujoin.

    Régis Fagot ne comprenait pas les raisons de son écartement. « J’ai constaté un problème grave dans la trésorerie d’une autre amicale, celle du 9e RCP, que je présidais et dont M. Fagot était aussi le trésorier. Le bureau a décidé de l’écarter. Mais nous avons eu un mal fou à récupérer les cahiers de compte et le carnet de chèques de l’amicale parachutiste », a-t-il expliqué sans en dire plus sur le fameux « grave problème ».

    « M. Charlier était en charge du recrutement, mais il n’a pratiquement rien fait. Il nous faut des jeunes, sinon nous allons mourir », a averti René Beaujoin avant de lâcher entre parenthèses : « Il a profité de l’argent de l’amicale à plusieurs occasions ».

    Face à tant de sous-entendus, l’ambiance est vite devenue électrique dans la salle de la cafétéria Chez Loulou.

    Gilbert Charlier, assis au fond de la salle avec Claude Henriot et Régis Fagot, se lève à plusieurs reprises pour tenter de donner sa version des faits. En vain.

    René Beaujoin lit des courriers de soutien qu’il a reçus de membres et de sympathisants de l’amicale, pendant que son épouse Hélène, secrétaire de l’amicale, s’assure de l’attention de tout le public en lançant des « Écoutez bien là-bas au fond ».

    Triste spectacle

    Puis le bureau, bien qu’amputé de trois de ses membres, se prononce pour la radiation de MM. Fagot, Henriot et Charlier. « On aurait dû laver notre linge sale en famille. Un vrai para ne tire pas dans le dos de son ami, ni même de son ennemi », justifie René Beaujoin. Il demande l’avis de l’assemblée sur la question par un vote à main levée…

    La majorité n’y est pas mais tant pis, selon les statuts, c’est le bureau qui a le pouvoir de décision. « Je vous demande de quitter la salle », ordonne-t-il. Les trois hommes concernés refusent et l’assemblée générale tourne au règlement de comptes.

    « Vous vous faites payer vos factures de téléphone et même vos PV par l’association ! Vous avez profité d’une location de salle payée par l’amicale, pour organiser une soirée privée ! », accusent les radiés. René Beaujoin ne dément pas tout. Son épouse vient le soutenir en interpellant l’assemblée. « Si vous n’êtes pas d’accord avec la décision du bureau. Vous pouvez tous nous virer, maintenant. » Pas de réaction du public. La foire d’empoigne se poursuivra jusqu’à la fin de l’assemblée. Un triste spectacle donné par cette association dynamique qui comptait 120 membres. 117 depuis dimanche.

    R.H.

    Des scènes hallucinantes

    Si aucune insulte ni aucune violence physique n’ont été constatées, on a assisté à de scènes incroyables dimanche matin.

    Au beau milieu d’échanges tendus, le portable de René Beaujoin a sonné. « C’est la gendarmerie, a-t-il affirmé avant d’expliquer au téléphone : « L’AG ne se passe pas très bien. Vous pouvez envoyer un fourgon, il y a sept personnes à embarquer ! » On n’a vu aucun gendarme arriver Chez Loulou. Peut-être était-ce un coup de bluff du président pour pousser vers la sortie les « indésirables »…

    Un peu plus tôt, Gilbert Charlier avait expliqué à René Beaujoin, qu’il acceptait de rendre l’imperméable des porte-drapeaux mais qu’il gardait son insigne. « Gardez-le votre insigne. Vous pouvez vous le carrer bien là », lui a répondu le président en pointant le doigt vers son postérieur.

    Pas très classe tout ça.

    Au programme des activités
  •  Dimanche 6 février : Sainte-Agathe à Écriennes, danse avec Jacky G.
  •  Dimanche 13 février : thé dansant à Sommesous.
  •  Dimanche 13 mars : thé dansant à la salle du Manège à Vitry.
  •  Mercredi 13 avril : spectacle Holiday on Ice à Reims.
  •  Dimanche 1er mai : méchoui à Écriennes avec le trio Musette.
  •  Samedi 21 et dimanche 22 mai : meeting avec sauts en parachute à Vauclerc.
  •  Samedi 28 mai : voyage annuel, croisière sur le Rhin.
  •  Samedi 18 juin : ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe à Paris.
  •  Samedi 24 septembre : fête de la Saint-Michel à Bignicourt-sur-Marne.
  •  Dimanche 30 et lundi 31 octobre : hommage aux disparus.
  •  Samedi 12 novembre : repas annuel.
  •  Dimanche 18 décembre : Noël de l’amicale.
    ***********************************

    Union110124b - Marne
    JONCHERY-SUR-VESLE : Les combattants dans les rangs de Muizon

    Large présence des adhérents.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’assemblée générale des anciens combattants de Jonchery-sur-Vesle vient de se tenir à la salle du cinéma en présence de Michel Hannotin, maire, de Jean-Pierre Pinon, conseiller régional et maire de Fismes, et de Jean Cieubi, président du comité rémois du Souvenir français.

    Au cours de cette réunion, malgré les exhortations de Michel Hannotin et de Jean Pierre Pinon, aucun volontaire ne s’est présenté pour occuper des places de responsabilité au sein de l’association, en remplacement du président et de la trésorière, tous deux démissionnaires pour raisons personnelles. En conséquence, les adhérents ont opté pour se regrouper avec la section des anciens combattants de Muizon, seule section qui a accepté de le faire. Ce regroupement aura lieu en cours d’année.

    Après l’assemblée, tous les présents ont partagé le verre de l’amitié et la galette des rois.

     

    ***********************************

    Union110124a - Marne
    EPERNAY : Plus de 3 000 visiteurs au Salon des antiquités militaires

    Baptiste, Henri et Valentin… Ils ont entre 15 et 18 ans et se passionnent déjà pour l’histoire, la Première guerre plus particulièrement.
  •  Agrandir la photo
  • Le Salon des antiquités militaires fait toujours autant recette : près de 3 000 visiteurs tout au long de la journée, avec un pic dès les premières heures.
  •  Agrandir la photo
  • Mathieu, 28 ans, a intégré l’association du Poilu de la Marne à l’âge de 16 ans.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Ils n’ont pas 20 ans et ont déjà quelques années de collection derrière eux. Et pas n’importe quelle collection, celle des antiquités militaires… Un virus qui ne les lâche pas.

    A L’ÂGE où d’autres économisent pour se payer leur première mobylette ou autres jeux vidéo, ils arpentent les allées des salons, surfent sur le net… à la recherche de morceaux de leur histoire. Des pièces d’antiquité qu’ils collectionnent depuis leur plus jeune âge pour certains.

    Hier, un vent de jeunesse a soufflé sur le Palais des fêtes, à l’occasion de la 19e édition du Salon des antiquités militaires. Le plus gros salon militaria de l’Est de la France : une centaine d’exposants et près de 3 000 visiteurs sur la journée.

    Chez les Poilus à 12 ans

    « C’est un phénomène qui a pris il y a 4 à 5 ans, » remarque Didier Blanchard, président du Poilu de la Marne, organisateur de l’événement. « Les jeunes se passionnent de plus en plus pour l’histoire, les guerres… Sur la quarantaine de membres que compte l’association, un tiers a moins de 18 ans ».

    Valentin a 15 ans. Originaire de Reims, il est entré à l’âge de 12 ans au sein de l’association. « J’aimais l’histoire. J’ai découvert les Poilus sur internet… Je n’ai pas un budget très élevé dans la mesure où je ne travaille pas, mais je collectionne tout ce qui touche aux Français, toutes les guerres, le petit équipement… ».

    Baptiste, jeune Châlonnais de 18 ans, s’est passionné pour l’époque de la Première guerre mondiale il y a 4 ans. « Ça m’est venu très jeune, suite à la découverte d’un casque et aux récits des grands-parents, à leurs souvenirs. C’est venu comme un virus. Aujourd’hui, je collectionne tout ce qui touche à la Première guerre. Français, Russes, j’ai même un peu d’Allemands ».

    Henri, également 18 ans, reconnaît que son budget n’est pas élevé. « Je vais aux vignes pour gagner un peu d’argent. J’ai intégré les Poilus il y a 3 ans. C’est venu petit à petit. Aujourd’hui, je collectionne tout ce qui touche à la Première guerre, tous les pays, tous matériels. Ça va de la boîte d’allumettes à l’uniforme. C’est une petite collection privée, chez moi à Chavot-Courcourt. Je rénove également les pièces ».

    A 28 ans, Mathieu compte déjà 12 ans de présence chez les Poilus. « Au départ, j’ai trouvé des objets. De fil en aiguille, je me suis intéressé à l’objet, à son histoire. Il faut dire qu’on est dans une région particulièrement marquée par les combats. J’en suis venu à me passionner pour l’histoire, pour les hommes… Aujourd’hui, j’ai un musée assez modeste. Je m’intéresse davantage à ce qui touche aux soldats français de la Première guerre et à la résistance ».

    Hier, ils étaient des milliers comme eux à sillonner les allées bondées du Palais des Fêtes à la recherche de l’objet rare, celui qu’ils n’étaient pas forcément venus chercher. L’achat coup de cœur.

    Caroline GARNIER

    Photos : Remi WAFFLART

     

     

    ***********************************

    Union110123b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Résistance / FTP en Savoie : Deux Ménéhildiens tombent sous les balles allemandes

    AU lieu-dit Les Glières Blanches près de Grignon en Savoie, est érigé un monument qui rappelle que trente et un résistants y ont été fusillés le 23 juin 1944.

    Parmi eux, deux Ménéhildiens, Jean et Pierre Collin qui étaient ouvriers aux aciéries d’Ugine et appartenaient à la 1re compagnie des Francs-Tireurs et Partisans de Savoie. Faits prisonniers par les Allemands après les combats d’Arêches, le 22 juin 1944, ils tombent sous les balles du peloton d’exécution le lendemain. Que s’est-il passé pour que ces jeunes Marnais, Jean 23 ans et Pierre 20 ans tombent sous les balles ennemies ?

    Le 21 juin 1944, la 1re compagnie attaque les douaniers du Reich qui stationnent à Beaufort-sur-Doron au cœur du Beaufortin.

    Ce sont quatorze Autrichiens qui ont en responsabilité ce secteur. La mission est confiée à la compagnie « Henri Barbusse » dont le chef est Paul Dionis, un combattant d’origine russe qui s’est battu au sein des Brigades internationales pendant la Guerre civile espagnole. Dionis choisit l’objectif Beaufort-sur-Doron mais cette audace ne satisfait pas tout le monde.

    La volonté d’en découdre depuis l’annonce du débarquement est patente mais la prudence est recommandée et les responsables de l’Armée secrète freinent les ardeurs pour prévenir des drames inutiles.

    Cela n’empêche pas Dionis d’étoffer sa compagnie en recrutant des jeunes prêts à se battre et de les motiver pour concourir à la libération de la Patrie.

    Pour échapper au travail obligatoire

    Le 21 juin 1944 à 5 heures, l’attaque contre l’hôtel de la Roche où résident les douaniers est déclenchée. Ils résistent jusqu’à 10 heures.

    Les résistants ayant mis le feu au bâtiment, les douaniers tentent une sortie. Quatre sont tués, trois sont blessés et sept sont faits prisonniers. Les FTP comptent quatre blessés. Tous sont soignés par les docteurs Lambert et Debeauvais. Les partisans se replient alors vers Arêches près des chalets d’alpage de Saint-Guérin. Pendant ce temps, les Allemands inquiets de n’avoir aucune nouvelle de leur unité de Beaufort dépêchent des renforts depuis Albertville et apprennent ce qui s’est passé.

    Après quelques heures de tension, le maire parvient à calmer le jeu et tout rentre dans l’ordre. en revanche, une compagnie allemande qui manœuvre vers le Cormet d’Arêches reçoit l’ordre de rechercher : « Un groupe de terroristes bien armés », en aval de ce col. Le 22 juin dans la matinée, elle parvient à encercler la 1re compagnie de FTP. Alors que les plus aguerris forcent le passage à la grenade, les douaniers prisonniers sont libérés. Ceux qui s’échappent gagnent le col du Pré et Roselend. Plusieurs résistants sont tués les armes à la main, les autres se rendent une fois leurs munitions épuisées. Attachés deux par deux avec du fil de fer, ils sont transférés à Beaufort et sont enfermés dans la cave de l’hôtel de la Roche. Le lendemain, ils sont emmenés à Albertville et exécutés à la mitraillette au lieu-dit des Glières Blanches. Parmi eux quatre partisans qui n’avaient pas 18 ans échappent au peloton d’exécution mais sont déportés à Dachau.

    Selon Éric Le Normand, chargé d’études AERI-ONAC en Savoie, les frères Collin sont venus en Savoie en 1943 pour échapper au Service du travail obligatoire : « Les aciéries d’Ugine permettaient aux ouvriers d’échapper à cette contrainte car elles travaillaient pour les Allemands ce qui autorisait des exemptions pour ses employés ». Le chercheur indique aussi : « Les deux frères Collin ont rejoint la 1re compagnie entre le 4 et le 18 juin 1944 comme me l’a confirmé un ancien résistant d’Ugine, engagé dans cette même unité ». Si des Ménéhildiens en savent plus sur ces jeunes patriotes, nous ne manquerons pas de revenir sur leur parcours.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union110123a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Les mensonges de la presse

    La cascade de contre-vérités sur les ondes de l’Hexagone comme dans les journaux aux ordres de Vichy contraint la France libre à réagir. C’est René Cassin qui est envoyé sur le front médiatique pour attester les mensonges prononcés et dénoncer dans le même temps une propagande inique destinée à l’avilissement du peuple de France.

    Cette hystérie politique résulte selon l’universitaire des échecs et des déceptions enregistrés depuis plusieurs semaines par Berlin et qui décuplent la rage des nazis. Les manoeuvres en cours sont destinées à fracturer une nation déjà fissurée de toute part en raison du poison de la collaboration.

    Cassin se plaît à mettre au jour les contradictions avérées. « Radio Paris fait savoir que le commandant des troupes allemandes d’occupation ne reconnaît pas, dans la zone, la légalité de la Légion française créée le 26 août 1940 par Vichy, mais seulement quatre groupements anciens et bien connus : Union fédérale, Union nationale des anciens combattants, Union nationale des mutilés et réformés, Comité des grands invalides ». Pour mieux signaler que Radio Lyon dans le même temps proclame que « la Nouvelle Légion française est un groupement d’unité patriotique, dépouillé de tout esprit partisan ». Pourtant quarante-huit heures après, son directeur général prononce une violente diatribe, exclusivement dirigée contre ceux qui persistent à être fidèles à l’alliance britannique !

    René Cassin confirme son analyse antérieure et explique : « La grande idée de la Légion unique des combattants a été sabotée et est devenue impopulaire parce que ses dirigeants effectifs ne représentent en rien l’ensemble des poilus de 1914 et les militaires de 1939. Ceux-ci ont offert leur poitrine sans distinction d’origine, de confession ou d’opinions politiques ».

    Ce grand Français libre réagit aussi en soldat de la Grande Guerre aux états de service prestigieux : « Combattants, mes camarades de qui je reçois tous les jours des encouragements et des preuves de fidélité, vous n’allez tout de même pas supporter qu’une ligne de démarcation taillée par l’ennemi dans la chair de la France, crée entre vos âmes une barrière ». Il leur recommande d’agir pour une refonte complète de la Légion française : « De manière qu’elle exprime enfin l’unité de vos coeurs, aussi bien dans la France enchaînée par l’Allemand que dans celle qui subit ses chantages ».

    Pour mieux marteler : « Ce sont vos frères, animateurs des comités de la France libre à l’étranger qui vous demandent par ma bouche de secouer le joug des tyranneaux de Vichy ». Il les encourage à l’audace : « Le devoir des anciens combattants des deux guerres est tout tracé : ils doivent fermer toutes les fissures par où l’ennemi cherche à dissocier les forces spirituelles de la France. C’est vous qui déjouerez ses desseins ».

    Sur la même ligne, Pierre Bourdan présente une revue de presse de tous les titres attestant la désinformation organisée des Français. Ses exemples sont choisis ne trompent personne : « Des milliers de bombes sur Londres », « Contre offensive italienne en Libye », « Moscou ne fait pas d’objection au passage de troupes allemande à travers la Bulgarie ».

    Le journaliste met en garde contre les communiqués tronqués, les aberrations, les exagérations calculées. Il dénonce cette posture de plusieurs éditorialistes affirmant : « La principale mission d’un journaliste est de servir de lien entre le gouvernement et l’opinion publique ». Il y oppose cette définition : « La mission d’un journaliste est de renseigner avec bonne foi les lecteurs qui lui font confiance ».


    ……….

    Les bavardages de La Ferté-Hauterive

    Pierre Laval reprend ses petites manœuvres en ambitieux.
  •  Agrandir la photo
  • Joseph Goebbels toujours excellent manipulateur.
  •  Agrandir la photo
  • Le maréchal Pétain perd un peu plus de son crédit.
  •  Agrandir la photo
  • C’est le 19 janvier 1941 à la Ferté-Hauterive, près de Vichy, que l’ancien vice-président du Conseil, Pierre Laval, remercié en décembre par le chef de l’Etat, obtient une entrevue politique avec Pétain. Il veut lui soumettre un projet ambitieux pour une nouvelle France dans une Europe allemande.

    Toujours obséquieux, l’homme biaise, enveloppe, suggère avec un aplomb suffisant que ses propositions répondent aux vœux du maréchal, à sa droiture intellectuelle, aux valeurs traditionnelles qu’il incarne, à la lucidité dont il ne cesse de faire preuve depuis l’armistice. Bref, Laval est le flatteur de la fable de La Fontaine mais peut-être omet-il cette maxime : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Laval qui a retrouvé du tonus et sait compter sur l’appui total de l’ambassadeur d’Allemagne Otto Abetz dresse un bilan catastrophique du premier mois de gouvernement de son successeur Flandin. Il dénonce son absence de vision, son étroitesse d’esprit, son comportement de petit fonctionnaire zélé, son obéissance qui dissimule une absence de discernement des choses importantes de la société française. Pour lui c’est un mauvais choix qui risque d’altérer l’efficacité de Vichy dans la relation politique renouvelée qui est indispensable avec Berlin. Comme par hasard, l’intervention de Laval a lieu alors qu’Abetz adresse au Maréchal une missive on ne peut plus claire : « Flandin est persona non grata pour l’Allemagne ».

    Ces manigances de Laval n’échappent pas au général de Gaulle. Maurice Schumann fait le point avec lui. Il présente une analyse fine des médias qui atteste la volonté du Reich de soumettre définitivement Pétain. Il retient que dès le 18 janvier, le poste hitlérien de Radio Paris a diffusé à plusieurs reprises cette menace : « La France est maintenant aux mains des Allemands. Eux seuls peuvent décider du sort du pays ». Il mentionne aussi cette assertion du National Zeitung, le journal dirigé par Hermann Goering, le patron de la Luftwaffe : « L’hostilité de presque toute la nation française à la collaboration est une insulte à l’Allemagne. Le führer a plus d’une raison historique d’obliger les Français à expier leurs péchés ». Le journaliste recense tous les éléments qui confirment l’occupant dans sa certitude que « la France est aux mains des Allemands ». Pour lui, il n’y a aucun doute. Laval s’inscrit dans cette logique et revendique de fait le poste de gauleiter d’une France définitivement soumise à la hiérarchie et à l’ordre nazi. Il est l’homme d’Hitler : « Sur son ordre, sur son diktat, Laval chassé par la porte, rentre par la fenêtre. Un Gauleiter sous le visage d’un traître, voilà le maître qu’Adolf désigne à la France non-occupée, c’est-à-dire à la France occupée par personnes interposées ».

    Ouvrir les yeux

    Chez les Français libres, la même préoccupation demeure. Il faut ouvrir les yeux à tous ceux qui sont sous le joug nazi : « Jamais dans le passé, pareille humiliation ne fut infligée à un maréchal de France. Le 13 décembre 1940, le maréchal recueille la preuve que son ministre des Affaires étrangères est un scélérat aux gages de l’ennemi. Pis encore, qu’il a médité de le séquestrer pour le compte de ses maîtres à la faveur d’un complot nocturne. Aussitôt il le chasse, il l’enferme ».

    Schumann dénonce alors la façon dont l’occupant a réagi pour que Pétain apparaisse publiquement désavoué. « Le chantage à la famine, aux prisonniers, enfin et peut-être surtout par l’assaut concerté de ses mercenaires parisiens qui moyennant quelques centaines de marks traduisent en français les mots d’ordre de Goebbels, Hitler s’est lâchement attaqué à un maréchal de France ». Il s’agit par cette interprétation de susciter la révolte dans l’esprit des anciens combattants qui conservent leur estime au général de la Grande Guerre. Le journaliste enfonce le clou avec une subtilité gaullienne du récit : « On nous rapporte que le Maréchal avait revêtu des habits civils pour aller affronter le sourire narquois d’un Laval embusqué en 1914, défaitiste en 1917, traître en 1940, qui sera moins insolent, soyez-en sûrs, le jour où les baïonnettes et les argousins de l’ennemi ne seront plus là pour protéger ses pas et pour assurer sa fortune. Des habits civils ! On comprend M. le Maréchal, que vous ayez voulu épargner cette suprême insulte à l’uniforme de Verdun ».

    Cette démonstration est à la fois terrible par le sens politique qu’elle porte mais très éclairante pour dissiper le brouillard soigneusement maintenu par les ardents partisans d’une collaboration honteuse.

    Cette dénonciation féroce mais nécessaire de toutes les compromissions en cours relève du rôle d’opposition à Vichy que les Français libres assument sans faiblir. Le 20 janvier 1941, Schumann renchérit avec toujours Laval dans le collimateur : « Il faut vraiment qu’elle soit bien glissante, la voie de la collaboration, c’est-à-dire de la trahison pour que Vichy s’incline devant le diktat de l’Axe, au moment même où l’Axe est partout en échec. Tandis que la déroute fasciste s’aggrave en Albanie et en Libye, une nouvelle offensive victorieuse commence en Erythrée. La prise de Kassale apparaît comme le prélude d’opérations décisives contre l’Empire de Mussolini. Déjà sa radio prépare l’opinion aux plus mauvaises nouvelles, en avouant que l’Afrique orientale italienne est coupée de la métropole ».

    Nous travaillons à la libération

    Pour de Gaulle, les conditions sont réunies pour que la collaboration totale soit activée par les autorités du Reich. Si en décembre, Pétain a placé de manière éphémère Laval en résidence surveillée, la situation présente doit être abordée avec gravité : « Aujourd’hui, l’ennemi s’apprête à imposer au Maréchal et à vous imposer la dictature de Pierre Laval. En votre nom, nous déclarons à la face du monde que la nation française ne subira pas le jour d’une poignée de traîtres. En votre nom, nous travaillons à la libération par les armes, que votre résistance, organisée sur place, hâte et prépare à la fois ».

    Ce discours énergique de la France libre est sans pitié pour le Reich mais aussi destiné à remuer Pétain pour le mettre face à ses contradictions et bien dissocier les valeurs qu’il promeut de l’application qu’il en donne. De Gaulle pense qu’en suscitant le concours actif des populations martyrisées par l’ennemi, la détestation à l’égard de Vichy ne va pas cesser de croître. Il est donc important de montrer qu’un nouveau recours à Laval serait une catastrophe pour le pays.

    Dans les esprits, l’homme doit revêtir le portrait du traître idéal compromis avec Rome, tenu par Berlin et heureux d’être l’agent d’exécution en chef de leur appétit envers une France réduite en esclavage. Avec le soutien de la Grande-Bretagne, le général sait que c’est par une information permanente sur la réalité des événements que les lignes peuvent bouger. Comme le reconnaît le 22 janvier 1941 Jacques Duchesne : « Tout Français sait au fond de lui qu’il ne peut attendre de l’Allemagne que l’extermination de la race française, que le salut ne peut venir que de l’Angleterre et de l’Amérique. Si la France s’abandonne de quelque façon que ce soit, elle sera en effet vassalisée. Elle le sera fatalement ».

    Hervé Chabaud


    ……….

    La chute de Tobrouk

    Les apparences sont trompeuses, le führer enrage contre le duce et les échecs répétés de ses armées.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Erwin Rommel a une piètre opinion des armées italiennes.
  •  Agrandir la photo
  • Le 19 janvier 1941, devant la situation de plus en plus critique des unités italiennes sur tous les fronts, une rencontre au sommet entre Hitler et Mussolini est programmée à Berchtesgaden. Si le duce a sa mine des mauvais jours, il fait sa sélection dans les aides que lui propose le führer. Il décline l’envoi de troupes allemandes en Albanie. En revanche, il juge opportune une assistance en Afrique du Nord alors que la Luftwaffe intensifie ses bombardements sur Malte pour neutraliser les aéroports de Luka et Hal Far.

    Cet activisme politique n’empêche pas les Britanniques de reprendre leur offensive. Le général Platt, commandant les forces anglaises au Soudan engage une vaste attaque contre les Italiens en Erythrée. Pour mener à bien cette opération, il dispose de la 4e division indienne du général Bresford-Peirse, de la 5e division indienne du général Heath et des forces de défense du Soudan. Les troupes italiennes sont placées sous les ordres du général Frusci qui a massé ses régiments dans la région de Kassala et renforcé les points d’appui dont il dispose aux frontières. Il compte sur ses 17.000 hommes possédant des blindés légers et de l’artillerie pour contrôler la situation. Les Britanniques ont Tobrouk comme objectif et n’ont pas ménagé leurs efforts pour progresser sans tarder. La marche d’approche des Anglais a été compliquée. Les soldats ont été soumis pendant quatre jours à une intense tempête de sable qui a stoppé leur progression. L’eau a été rationnée ainsi que la nourriture. Les hommes tiennent bon et, même s’ils rencontrent parfois une résistance inhabituelle de la part des soldats italiens, le scénario qu’ils ont déjà vécu à Bardia se reproduit.

    Alors que les sapeurs anglais profitent de la nuit pour nettoyer un champ de mines, ils permettent aux éléments avancés de la 6e division australienne d’entrer dans le périmètre fortifié de la place. Les Italiens sont surpris de la facilité avec laquelle les Anglais investissent le coeur de leur défense. A l’exemple du général Pitassi Mannella, commandant de la garnison de Tobrouk qui est capturé dès le commencement de l’offensive. Le lendemain, c’est au tour du général Della Mura, commandant la 66e Sirte d’être fait prisonnier. Si au cours des combats les Britanniques perdent environ quatre cents hommes, ils font 25.000 prisonniers et surtout préservent intactes une partie des installations portuaires ainsi que les stocks d’eau, de charbon, de carburant. La centrale électrique est préservée. Devant la situation générale du front le maréchal Graziani exprime son pessimisme. Il redoute un encerclement terrestre et maritime des divisions dont il peut encore disposer. Il s’interroge sur l’emploi à venir de la 17e division « Pavia », de la 25e « Bologna », de la 55e « Savona » de la 60e « Sabratha » et redoute l’inefficacité de la brigade blindée Babini. Il est aussi déstabilisé par les menaces incessantes formulées par Mussolini qui exige des têtes et des châtiments exemplaires de ceux qui ont failli.

    Pour venir en aide dans l’urgence à son allié de Rome, Hitler décide le 20 janvier 1941 d’envoyer la 15e division blindée du général Erwin Rommel qui, depuis la Première Guerre mondiale a une piètre opinion des soldats italiens. Le 21 janvier, les Anglais prennent possession de Kassala à l’ouest de la frontière entre le Soudan et l’Erythrée. Incapables de résister à la pression qu’ils subissent, les Italiens se replient en direction d’Agordat avant d’opter pour la place forte de Keren. L’infanterie australienne continue le nettoyage de Tobrouk totalement bouclée par la 7e division blindée britannique.

    UNE RÉUNION EXPÉDITIVE ET PRÉCISE

    A Londres, la réunion d’état-major à laquelle participe Churchill est à la fois expéditive et précise. Les commandants des forces terrestres et des forces navales qui opèrent en Méditerranée reçoivent un plan d’action. L’amiral Cunningham doit doter sans attendre Malte des moyens aériens qui sont nécessaires à sa défense. Le général Wavell doit s’emparer de Benghazi. Si l’offensive peut apparaître simple sur le papier encore faut-il lui donner sa dimension opérationnelle dans un terrain hostile. Bien sûr, il peut compter sur la 4e brigade australienne sous les ordres du général O’Connor qui avance en direction d’El-Mekhili, l’une des places fortes de Cyrénaïque. Sa conquête donnerait un avantage géostratégique évident.

    Le 22 janvier, la reddition de la garnison italienne de Tobrouk est actée. Les Anglais recensent la saisie d’un impressionnant matériel de guerre. Deux cents pièces d’artillerie intactes et une soixantaine de chars sont confisqués. Dans la soirée, les messages adressés au général Wavell confirment que la 7e brigade blindée britannique est désormais à une petite trentaine de kilomètres de Derna. Quelques patrouilles de la 4e brigade prennent les pistes qui partent de l’ouest, du sud et du sudouest d’El-Mekhili. Il s’agit d’évaluer la capacité de résistance ou de contre-attaque de l’ennemi et de mesurer aussi la pertinence des ordres transmis par Rome. Les Britanniques sont aussi à l’offensive en Afrique orientale italienne puisqu’ils franchissent en force la frontière de la Somalie dans la région de Giuba pour aller occuper Gelib. Les troupes italiennes n’opposent aucune résistance. Elles ont reçu l’ordre de retraiter. La journée du 23 est toujours très défavorable aux Italiens. Les Anglais en profitent pour peaufiner l’aide qu’ils doivent apporter aux Grecs Le 24 janvier 1941, en Cyrénaïque, près d’El-Mekhili se produit la première grande bataille de chars de la campagne d’Afrique. La 7e division blindée britannique qui est au contact de l’ennemi perd un char lourd et six chars légers. Elle détruit huit tanks italiens.

    En Erythrée, la 4e division indienne atteint Agordat. C’est une mauvaise nouvelle pour l’état-major de Graziani qui ordonne à ses troupes positionnées sur Barentou pour ralentir la progression des forces de Wavell, de se replier au plus vite dans les montagnes du Sud-Ouest et de s’y fortifier. Le maréchal italien envisage déjà un plan de retrait vers la Tripolitaine tandis que l’état-major allemand enrage de constater avec quelle facilité les Anglais désorganisent leur adversaire et marquent des points déterminants sur le terrain. Même Hitler n’exclut pas une perte totale de l’Afrique du Nord si Rommel ne réussit pas à stabiliser une situation alarmante pour l’Axe. Et de s’expliquer devant les chefs de la Wehrmacht : « Militairement parlant, cette défection serait acceptable. Mais l’effet moral serait désastreux. La position stratégique de l’Italie est importante et nous avons nousmêmes un flanc faible dans le sud de la France. Il est donc nécessaire que l’Italie soit soutenue ». Ce qui signifie que les blindés qu’Hitler avait refusés à Mussolini lors de leur entretien de Berchtesgaden vont lui être accordés. Seulement les stratèges du Reich conditionnent cette aide à l’envoi en Afrique par l’Italie de la division blindée Ariete, à la fin de la guerre statique conduite depuis l’attaque britannique et à la coordination de l’ensemble des unités rapides sous l’autorité d’un général allemand.

    C’est à prendre ou à laisser.

    HERVÉ CHABAUD

    ***********************************

    Union110122a - Marne
    HISTOIRE : Deux guerres vues d’ici

    La cathédrale Notre-Dame prise depuis
  •  Agrandir la photo
  • L’inquiétude peut se lire sur les visages : on se presse pour fuir le néant.
  •  Agrandir la photo
  • L’exode… c’est parfois avec une simple bicyclette ou une brouette. La population part alors sur les routes avec le strict nécessaire.
  •  Agrandir la photo
  • Le pack histoire est dès aujourd’hui chez votre marchand de journaux ! Il comprend trois hors-série 1918, Reims ville martyre et 1940 qui correspondent à des séquences majeures de l’histoire régionale pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale.

    Vendu 4 euros, c’est l’occasion de réunir ce panorama sur des épisodes douloureux, des temps d’espérance et de reconstruction avec des témoignages poignants qui aident à mieux comprendre ce qu’ont vécu nos aînés. L’Aisne, les Ardennes et la Marne sont des terres d’histoire où les séquences mémorielles sont nombreuses. Il y a des raisons à tout cela et vous le retrouverez au fil de plus de trois cents pages avec des illustrations qui ajoutent de l’émotion à ces événements retenus par l’histoire de France. Il s’agit d’une série limitée. Profitez-en !

    Quatre questions à Hervé Chabaud

    Le journal sort le « pack histoire » qui rassemble trois de vos hors-série 1918, Reims ville martyre et 1940 qui sont remis en vente ce samedi. Pourquoi instituer cette liaison dans le temps ?

    Parce que les deux conflits mondiaux du XXe siècle sont indissociables et ont terriblement ébranlé notre région qui a été durablement marquée par ces épisodes sanglants et dévastateurs.

    C’est une manière de revivre par le récit et les témoignages de gens qui ont été en première ligne de ces événements effroyables, ce qui s’est passé.

    La Grande Guerre qui s’achève en 1918 par la victoire des alliés et la signature de l’armistice, le 11 Novembre, dans un wagon stationné dans la clairière de Rethondes laisse de profondes cicatrices.

    Pis, le traité de paix de Versailles de juin 1919 ne permet pas de cautériser les différends. Aussi les tensions demeurent et la fragilité des relations intra-européennes s’avère préoccupante pour l’avenir.

    La montée du populisme et du fascisme n’est pas jugulée.

    Dans nos départements de l’Aisne, des Ardennes et de la Marne qui ont été le théâtre de combats effroyables et meurtriers pendant quatre ans, des villes sont défigurées et des populations entières ont dû fuir face au déluge d’acier.

    Dès lors les crispations qui marquent les années trente ainsi que l’ascension du nazisme conquérant aboutissent dès le 3 septembre 1939 à une nouvelle guerre.

    Si les premiers mois sont marqués par un front immobile, la puissance attaque aéroterrestre conduite par le Reich à partir du 10 mai 1940 contre le Benelux et la France aboutit à un exode de masse et à l’effondrement du pays.

    Le maréchal Pétain demande l’armistice et l’obtient. La France est zonée, en partie occupée et subit le joug d’une Allemagne nazie triomphante tandis que le général de Gaulle refuse la défaite et dans la logique de l’appel du 18 Juin fonde les Forces françaises libres.

    1940 est l’année de la défaite mais on prend date pour l’avenir.

    Pourquoi l’image de Reims « ville martyre » a-t-elle autant été reprise dans le monde ?

    Reims possède un riche patrimoine et en particulier avec la cathédrale Notre-Dame, elle symbolise de grands épisodes de l’histoire.

    C’est ici que Remi a baptisé Clovis le roi des Francs, c’est l’édifice du sacre royal dont l’importance dans l’histoire de la monarchie n’échappe à personne.

    Cible privilégiée de l’ennemi dès septembre 1914, elle est humiliée, défigurée et outragée par la violence du feu et des explosions des obus.

    Ce chef-d’œuvre du patrimoine européen devient un grand blessé de pierres et cela émeut, les reporters.

    La description que fait Albert Londres de l’agonie de Notre-Dame émeut au-delà des océans et le bombardement de la cathédrale illustre la barbarie d’un ennemi prêt à tous les excès pour imposer sa puissance.

    En outre, comme Reims est une ville de front pendant quatre ans, elle subit des destructions considérables qui font qu’elle est méconnaissable et que ses derniers habitants doivent la quitter sur ordre des armées au début de 1918. Reims est une immense ruine au cœur de durs combats parce qu’avec sa ceinture fortifiée, elle est aussi un verrou pour interdire l’accès à la vallée de la Marne et empêcher de trop se rapprocher de Paris.

    En reprenant les principaux événements et batailles tout au long de la Grande Guerre, on comprend les souffrances extrêmes de Reims et des Rémois et la volonté de mécènes venus d’Amérique de lui venir en aide pour qu’elle retrouve sa dignité, ses couleurs et sa place parmi les grandes villes françaises.

    « Dans Reims ville martyre », les photos montrent une cité devenue une ruine géante !

    Votre regard sur 1940 s’intéresse à la fois à la situation politique, militaire et à celle des civils contraints à l’évacuation. Qu’apportez-vous de nouveau ?

    Un ensemble d’instantanés vécus par des familles axonaises, ardennaises et marnaises, par des soldats de chez nous servant dans différentes armes et qui, souvent ont dû se battre dans un paysage certes familier mais rendu très dangereux par l’excellente coordination réalisée par l’ennemi entre son aviation et ses troupes progressant au sol.

    On retrouve la relation de vrais combats. 1940, ce n’est pas la débandade avec ses clichés faciles mais, dans nos départements, des batailles meurtrières où les Allemands sont stoppés en bien des endroits avant d’enfoncer les lignes françaises dès lors qu’ils bénéficient de renforts bien équipés. Souvenons-nous de Moncornet dans l’Aisne, de Monthermé, de Stonne, de Rethel dans les Ardennes, d’Auménancourt, de Suippes, de Châlons-sur-Marne, de Pogny, de Vitry, dans la Marne. Et puis parmi les témoignages de l’exode, il y a cette détresse, cette brutalité, cette misère, la mort sur les routes en raison des bombardements iniques de stuka.

    Ce sont des choses vécues que j’ai recueillies auprès de gens dont la mémoire est sculptée par ce vécu et dont l’émotion qu’ils vivent à les relater peut se révéler bouleversante d’humanité.

    Pourquoi cet intérêt constant pour l’histoire contemporaine ?

    C’est une vraie passion conséquence d’une histoire familiale dont j’ai voulu me montrer digne et c’est aussi un besoin celui de faire partager le fruit de mon travail, d’intéresser nos lecteurs de toutes les générations à l’histoire de France et l’histoire de leur région. Le passé est riche d’événements et d’enseignements. Le connaître est d’une aide appréciable pour bâtir en ayant le sens des valeurs, l’audace, l’envie de construire l’avenir.

    S’il est un devoir de mémoire, il ne se fait pas sans un travail de mémoire. Il faut savoir ce qu’on commémore sinon on ne sait pas d’où l’on vient et peut être même qui l’on est.

    Notre-Dame symbolise de grands épisodes de l’histoire « Un travail de mémoire »

    1918 : des peurs du printemps à la joie de l’automne

    1918 est une année chargée de rebondissements. Le retour de Clemenceau aux affaires depuis novembre 1917 est une chance selon l’ambassadeur de France en Grande-Bretagne, Paul Cambon : « vous ne pouvez-vous imaginer ce qu’était le gouvernement de Painlevé et de Franklin-Bouillon, ces deux hommes bourdonnants et impuissants ». Au printemps, les Français et leurs alliés britanniques et américains semblent proches de la rupture.

    Avec la paix séparée à l’Est, Guillaume II a réussi le transfert de l’essentiel des forces qui étaient disposées à l’Est pour percer le front et foncer sur Paris.

    Plusieurs options s’offrent à lui. Une saignée en Picardie pour filer vers la capitale, une fracture du front marnais pour franchir la vallée de la Marne à la fois vers Épernay, Dormans mais aussi Château-Thierry et ainsi se donner les moyens de s’emparer de la capitale.

    La poussée allemande laisse craindre le pire puisque le recul est effectif et que le secteur de Dormans-Château-Thierry est sur le point de rompre.

    Le 27 mai 1918 est une journée noire puisqu’un enfer de flammes et d’acier s’abat sur les lignes françaises. Près de 6 000 canons disposant de deux millions d’obus ouvrent simultanément le feu et ne laissent rien au hasard sur plus de cinquante kilomètres de front. La décision in extremis d’une puissante contre-attaque pour repousser un ennemi trop confiant dans ses chances de succès est prise par le généralissime Ferdinand Foch. Il ne le sait pas encore mais la guerre est en train de basculer. Le 18 juillet est le début du retournement.

    Les alliés forts de renseignements précis anticipent la nouvelle pression ennemie en attaquant puissamment. Contraints au repli, les soldats du Reich sont définitivement dans l’incapacité de reprendre l’offensive. Ce qui ne signifie pas leur démission.

    Les batailles de l’été à Villers-Cotterêts, dans la région de Fismes et de l’automne tant dans l’Aisne et la Marne puis les Ardennes s’effectuent de manière ordonnée.

    Le retrait a lieu échelon par échelon. Qu’on se situe dans le Laonnois, du côté de Sissonne, dans le secteur de Reims, de Bazancourt, en Argonne avec l’épisode du « Lost Battalion » puis dans la vallée de la Retourne ou à l’approche de Charleville et de Mézières, les échanges sont durs et meurtriers.

    Ce n’est pas parce que les Allemands abandonnent beaucoup de ravitaillement du côté de Signy-l’Abbaye ou qu’ils cherchent dans un ultime sursaut à tenir sur la Meuse que leur défaite prochaine ne s’inscrit pas dans les faits. L’approche des plénipotentiaires s’effectue par la Thiérache axonaise, le Chaunois.

    La discussion préparatoire à l’armistice est aussi l’occasion de mettre en condition les envoyés allemands en leur montrant l’ampleur des dégâts qu’ils ont provoqués.

    La fin de la guerre permet aux familles qui ont payé un très lourd tribut de reprendre espoir.

    Jules Clin est à Poix-Terron dans les Ardennes : « ma petite maman, c’est fait c’est sûr. C’est l’armistice. Il paraît que c’est la révolution en Bochie. On entend les cloches qui sonnent à la volée dans la campagne ardennaise et le soleil est de la partie. On a l’été de la Saint-Martin pour la fin de la guerre. Je suis heureux ma petite maman tu vas retrouver ton pays qui est redevenu français. J’ai hâte de rentrer te serrer dans mes bras. Ton Jules qui a 20 ans ».

    Mais il faut d’abord dresser le bilan des morts, des blessés, des mutilés, des veuves et des orphelins.

    Le défilé de la victoire au 14 juillet 1919 éclipse le temps d’une manifestation patriotique des alliés, l’exigence de reconstruction des dix départements qui ont constitué la ligne de front et la remise en route d’une économie lourdement handicapée par le conflit.

    Les familles ont payé un lourd tribut

    1940 : le retour des temps tragiques

    En mai et juin 1940, le sacrifice des soldats et celui des civils sur les routes est un vrai drame humain.

    À Châlons-sur-Marne, le 12 juin, un jeune officier le lieutenant Pierre Loyer, instituteur en Seine-et-Marne écrit l’une de ces pages de bravoure. Avec un petit groupe de soldats du 485e régiment de pionniers coloniaux il choisit de défendre l’hôtel de ville. Il n’a pas la mentalité d’un fuyard, même le repli l’insupporte.

    Lucide, il mentionne sur son carnet : « Le poste que j’occupe laisse peu d’espoir de retour. Je vais donner le signal de l’alerte à l’arrivée des chars blindés… Je suis prêt à offrir ma vie pour mes enfants et pour la France… Je demande à Dieu de faire généreusement le sacrifice de ma vie pour toi, pour mes enfants, pour la France ». Alors que la pression se fait de plus en plus forte autour de la mairie, le lieutenant se poste à une fenêtre et tire sur un blindé au fusil-mitrailleur.

    Puis il se met en embuscade à une autre jusqu’à ce que, vers 16 heures, il soit atteint d’un projectile en pleine tête.

    Il meurt quelques instants plus tard.

    Il est l’un de nos héros du printemps 1940 tombé au champ d’honneur comme ceux tombés à Monthermé, devant Sedan, à La Horgne à Stonne ou devant Rethel dans les Ardennes. C’est aussi le temps de l’exode.

    Parfois, il n’y a même pas le temps d’évacuer comme le relate Jean Beudy qui réside alors à Rozoy-sur-Serre mais il y a aussi des fuites éperdues dans l’Aisne comme le remémore en historien Guy Marival. L’exode c’est aussi devoir fuir même lorsqu’on vient tout juste d’accoucher ainsi que le décrit Germaine Chardonnet.

    André Massart quitte Plivot pour se diriger vers la Côte-d’Or mais du côté d’Euvy et de Faux-Fresnay, il est témoin de scènes effroyables. Les civils sont pilonnés par la Luftwaffe.

    Robert Clément n’a que sept ans mais il est marqué à tout jamais par son périple qui le conduit depuis Courcy jusqu’à Gien où il traverse la Loire juste avant le massacre.

    Pierre Robin est trois semaines sur les routes, la famille Rey vit d’incroyables péripéties. Le chemin de l’armistice est cruel mais après un premier message lancé de Savigny-sur-Ardres, le général de Gaulle lance son appel du 18 juin sur les ondes de la BBC.

    La République est assumée, Pétain et Laval composent un obscur duo tandis que s’ouvre un temps de haine et d’intolérance.

    Les premiers temps de l’occupation sont difficiles comme on le constate d’une ville à l’autre. Sedan est une ville défigurée, Charleville est inhabitable, Châlons a subi un gros incendie.

    La vie reprend lentement.

    Toutes ces séquences sont détaillées dans 1940.

    « Je suis prêt à offrir ma vie pour la France »

    ***********************************

    Union110121b - Marne
    FISMES : Assemblée générale de l’UNC51 et AFN : A ceux qui donnent leur vie pour la nation

    Les membres du bureau avec le maire et l’adjudant-chef Ducros.
  •  Agrandir la photo
  • Plus d’une centaine de personnes étaient présentes à l’assemblée générale de l’UNC 51 et AFN. Cette association compte 85 anciens combattants « nouvelles générations et opérations extérieures » de Fismes et sa région. Le rapport moral, approuvé par l’assemblée est présenté par M. Moreaux, vice-président, le rapport financier par M. Jarlier. Mme Browarny, secrétaire de l’association, annonce le calendrier des événements et festivités de l’année à venir, et développe les actions sociales d’aide et de secours aux adhérents et veuves en difficulté. Elle déplore que leur nombre s’accroisse et précise que l’aide est prise sur les cotisations des adhérents. M. Merlet, porte-drapeau, est satisfait de cette association, « solide et qui se porte bien », et le président M. Browarny, dit qu’elle assume le devoir de mémoire dans les cérémonies patriotiques. Il remercie vivement la municipalité pour son aide, son vice-président, Claude Moreaux, pour son efficacité, et la troupe musicale pour son animation.

    Puis l’adjudant-chef Ducros de la cellule de l’Opex retrace les opérations extérieures françaises depuis la fin de la guerre d’Algérie. Il souhaite que la jeune génération d’engagés volontaires, qui a participé à des missions, rallie l’association des anciens combattants. Il souligne le courage de jeunes engagés, qui peuvent perdre la vie dans des missions telles que l’Afghanistan, et souhaiterait leur voir reconnu un statut différent, selon les risques encourus (opérations extérieures, opérations intérieures, maintien de l’ordre,…). M. Pinon, maire de Fismes, exprime sa reconnaissance à ceux qui donnent leur vie pour la nation.

    Puis un dépôt de gerbe, au son de la fanfare, a eu lieu au monument aux morts.

    Un repas dansant a prolongé cette journée très conviviale.

    ***********************************

    Union110121a - Marne
    REIMS : Décoration Le ruban bleu pour Guy Col de la Chapelle

    Guy Col de la Chapelle vient d’être fait chevalier de l’ordre du Mérite.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Dans son appartement rémois, de manière très simple, familiale et amicale, Guy Col de la Chapelle vient d’être fait chevalier de l’ordre du Mérite par Germain Teschner, président des Amis du Fort de la Pompelle.

    Né en 1930, petit-fils d’un directeur de journal et fils d’un journaliste parlementaire - qu’il perd lorsqu’il a 17 ans -, Guy Col de la Chapelle a été formé dans une école de cadres de l’armée avant de devenir chef de service dans les transmissions durant des circonstances historiques particulièrement difficiles. Dans le civil, il a assuré une longue carrière de chef du service des ventes chez Peugeot jusqu’à sa retraite.

    Comme l’a souligné Germain Tescher, ce qui caractérise le récipiendaire, c’est son dévouement au service des autres dans des associations caritatives (Secours populaire, Paralysés de France) et aux Amis du Fort de la Pompelle durant plus de dix ans.

    Son goût pour l’histoire a fait de lui un collectionneur passionné, spécialiste de documents d’imagerie militaire relatifs à la Grande Guerre : un savoir qu’il accepte parfois de partager lors de conférences très appréciées.

     

    ***********************************

    Union110120b - Marne
    SAVIGNY-SUR-ARDRE : Disparition du porte-drapeau : Daniel Montmayeur nous a quittés

    Daniel Montmayeur avait reçu la médaille d’or de porte-drapeau l’année dernière.
  •  Agrandir la photo
  • Le corps de Daniel Montmayeur a été accueilli par l’abbé Michel Couvreur, 82 ans, curé de la paroisse, devant l’église Saint-Martin où l’attendait une haie d’honneur de 45 personnes composée de camarades, anciens combattants, de six portes drapeaux et du corps de sapeurs-pompiers du village, de Serzy et de Faverolles.

    Daniel, « mon cadet » pour les intimes, est né à Savigny en 1935 ; il y a grandi et y a effectué sa scolarité. Appelé sous les drapeaux dans un régiment de chasseur hélico-porté, son goût pour la musique le porte volontaire dans la musique militaire de son régiment. Il montre son savoir-faire pour le clairon et le corps de chasse. Dans le civil, il est tambour à la fanfare du village.

    En 1957, il part en Algérie, où il restera vingt-quatre mois. Rendu à la vie civile, Daniel retrouve sa vallée de l’Ardres où il y reprendra par la suite l’exploitation agricole de ses parents où y ajoutera ensuite la viticulture.

    Homme d’action et de service, il rejoint le corps des sapeurs-pompiers du secteur et y mène à bien de multiples interventions et ce durant quarante-trois ans ce qui en dit long sur son esprit de dévouement.

    Daniel est également vice-président de la société de chasse où il sait fédérer de nombreux amis autour de lui.

    Mais avant tout, son cœur balance vers l’esprit patriotique : Daniel est à l’origine avec quelques amis, comme Jacques Delmote, Gilbert Plateau, J.-C. Montmayeur entre autres, de la création en 1974 de la section UNC AFN de la vallée de l’Ardres.

    Puis, lorsque le drapeau arrive à la section, Daniel devient tout naturellement porte-drapeau et ce jusqu’à aujourd’hui c’est-à-dire durant trente ans porte-drapeau officiel, « toujours présent à toutes les cérémonies qu’il pleuve, vente ou neige », commentent ses amis. Il y a quelque temps Daniel a été décoré de la médaille d’or de porte-drapeau.

    Daniel a été également conseiller municipal.

    ***********************************

    Union110120a - Marne
    VERVINS : Des croix gammées partout en ville

    Sur l’abri du parc Tronquoy, la croix gammée est toujours visible aujourd’hui.
  •  Agrandir la photo
  • Vervins (Aisnes). Depuis fin décembre, une dizaine de croix gammées ont été recensées dans les rues de la ville. La mairie a porté plainte.

    LES Vervinois n’ont jamais vu ça. Depuis fin décembre, des croix gammées fleurissent partout en centre-ville : des grosses, des plus petites, partout sur les murs des habitations, les portières des voitures et les façades de certains bâtiments publics. Des insultes telles que « Mort aux putes » ont aussi vu le jour, au même moment et toujours sur le même mode opératoire : les inscriptions sont faites la nuit, avec une bombe de couleur noire.

    Une première vague de tags a, en effet, eu lieu dans la nuit du 27 au 28 décembre dernier. « Le lendemain matin, on a retrouvé trois tags sur les portes de deux garages et sur la façade d’une habitation », explique le capitaine Bouvier, de la compagnie de gendarmerie de Vervins. A ce moment-là, c’est la rue Général-Deville et l’intersection avec la rue Albert-Ier qui trinquent.

    La seconde vague a eu lieu il y a une dizaine de jours, dans la nuit du 7 au 8 janvier. Plusieurs croix gammées apparaissent alors dans les environs du parc Tronquoy. Cette fois, c’est l’abri du parc, lui-même, qui en prend pour son grade, en même temps qu’un transformateur électrique, des poubelles et la façade d’une maison de l’impasse Jean-Marie-Caillard. Avant ça, les auteurs ont, semble-t-il, pris pour cible la façade d’une maison, rue des Lys, en y tatouant plusieurs croix gammées et des insultes. En tout, une dizaine de croix gammées ont été recensées dans toute la ville. Aujourd’hui, l’ensemble de ces tags ont été « effacés » par les services techniques. Certaines restent cependant visibles…

    Qui sont les auteurs des faits et dans quel but ont-ils agi ? Si le symbole de ces tags rappelle la teneur de certains mouvements extrémistes aujourd’hui bien implantés à Chauny, le but de ce « périple nazi » n’aurait, cependant, rien à voir avec ce que connaît la cité des Singes aujourd’hui.

    Plusieurs plaintes

    Selon le capitaine Bouvier, « le phénomène est nouveau et particulièrement désagréable. Mais de toute évidence, il ne s’agirait pas d’un mouvement politisé. » Une enquête est en cours. Selon le capitaine, elle progresserait doucement. « On espère toucher du doigt les responsables. Nous avons une idée sur la question, mais elle reste à développer. »

    Pour le premier adjoint Jean-Paul Bodson, c’est en tout cas « une situation déplaisante », qui a mené la mairie à déposer plainte. « Trois autres personnes ont aussi déposé plainte au même titre que la mairie », indiquait hier soir le capitaine Bouvier.

    Delphine OLIVA

    ***********************************

    Union110119b - Marne
    EPERNAY : Comité d’entente des sociétés d’anciens combattants Un ardent défenseur des valeurs républicaines

    Le bureau est reconduit dans ses fonctions.
  •  Agrandir la photo
  • Après ses vœux, le président du comité d’entente, le lieutenant-colonel (H) Claude Metzger, a rappelé les nouvelles conditions d’attribution de la Médaille militaire qui ne peut plus désormais, être décernée aux anciens combattants précédemment décorés de l’ordre national du Mérite.

    Dans un autre registre, il évoque la position du gouvernement norvégien qui considère paradoxal d’accepter sur son territoire la construction d’un lieu de culte islamique alors que « l’établissement d’une communauté chrétienne en Arabie Saoudite est considéré comme un crime ». Les très nombreuses activités du comité d’entente sont rappelées, ainsi que le contexte dans lequel elles se déroulent.

    Un contexte d’érosion des effectifs dû au vieillissement. Un contexte marqué également par une déperdition des valeurs républicaines

    Président : lieutenant-colonel (H) Claude Metzger, président honoraire : René Guillepain, vice-présidents : Robert Gautier et Serge Plaquin, secrétaire : Raymond Lemaire, trésorier : Martial Saint-Jeveint, vérificateur aux comptes : Alain Lépicier.

    ***********************************

    Union110119a - Marne
    EPERNAY : Salon des antiquités militaires Bientôt 20 ans !

    Une centaine d’exposants est attendue au palais des fêtes.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Entre 2 500 et 3 000 amateurs sont attendus ce dimanche de 8 h 30 à 16 heures au palais des fêtes à l’occasion de la 19e édition du salon des antiquités militaires, organisée par l’association du Poilu de la Marne. Un salon qui fait le plein chaque année. Exposants et visiteurs y font d’ailleurs la queue. La plus grande de l’est

    « Nous ne pouvons accueillir qu’une centaine d’exposants, » explique Didier Blanchard, le président. « Cette année, nous avons dû refuser environ 25 exposants… et le jour J, dès 7 heures, il y a du monde qui fait la queue devant les portes. Il s’agit de la plus grande bourse militaria de l’Est de la France ».

    Armes anciennes (neutralisées), matériel militaire, uniformes des guerres napoléoniennes à la guerre d’Algérie… Toutes les collections pourront être assouvies.

    Entrée : 4 euros.

     

    ***********************************

    Union110116c - Marne
    BINARVILLE : la légende du Lost Battalion : Ils doivent la vie à un pigeon

    Un monument, entre Binarville et Apremont, célèbre l’héroïque fait d’armes de ce bataillon américain.
  •  Agrandir la photo
  • Le message porté par le pigeon Cher Ami donnait la position exacte du Lost Battalion, invisible depuis le ciel tant il était masqué par la forêt.
  •  Agrandir la photo
  • Sur les 700 hommes emmenés par le major Whittelsley (à gauche avec des lunettes), 167 ressortiront du ravin où ils s’étaient perdus.
  •  Agrandir la photo
  • ILS appartiennent à la 77e division d’infanterie. Ces 26 000 hommes, porteurs de l’insigne bleu et or marqué de la statue de la liberté, sont connus sous le nom de « ceux de New York ». Entraînés avec les Anglais, ils ont débarqué à Calais, au début de l’été 1918. Dans la nuit du 16 au 17 septembre, des camions les ont transportés à Florent-en-Argonne d’où ils ont entamé leur progression à travers la forêt.

    Le 26 septembre au matin, ils entament l’opération Meuse-Argonne qui débute par l’entame d’un saillant dans les lignes allemandes, dans le secteur de Binarville. Le 27 septembre, le bataillon de Whittelsley commence une progression difficile avec une résistance marquée de l’ennemi. Les compagnies sont dispersées, la pluie devient un fléau. Pendant ce temps, l’ennemi se réorganise. Un nouvel objectif est fixé : avancer et rejoindre le moulin de Charlevaux. Le « Lost Battalion », le bataillon perdu, entame sa légende.

    Le 2 octobre, premier assaut des 700 hommes de Whittelsley, qui échoue. Ce sont ensuite 675 hommes qui atteignent difficilement le ravin de Charlevaux après avoir fait des prisonniers. Ils s’y installent mais sont isolés. Et bientôt encerclés.

    Cher Ami est leur dernier espoir

    Le 3 et le 4, avec les souffrances des blessés, la situation empire. Il faut repousser les assauts ennemis. Le major lâche l’un des trois pigeons dont il dispose pour avertir le QG des pertes subies. Il lui reste 400 hommes valides pour repousser l’ennemi sur les côtés. Un renfort, sous forme d’un bombardement par l’artillerie américaine, les rassure. Mais, bientôt, les obus tombent sur les défenseurs de la poche et 20 soldats sont tués. Whittelsley lâche son deuxième pigeon pour arrêter le massacre. Les bombardements cessent mais les renforts envoyés ne peuvent percer. Et la situation des encerclés empire car l’eau commence à manquer. Plusieurs Américains sont tués en allant à la source autour de laquelle les Allemands ont mis des mitrailleuses en batterie.

    5 octobre. L’espoir vient du ciel. Les biplans américains de Remicourt, en difficulté pour les repérer dans l’épaisseur de la forêt, leur jettent des médicaments en colis ainsi que des messages d’espoir. Les soldats tentent de faire des signes aux avions. Peine perdue, l’encerclement persiste. Les soldats encore capables de porter les armes paient chèrement leur progression victorieuse des débuts.

    Le dernier pigeon envoyé par les encerclés a lui aussi son quart d’heure d’héroïsme. Son nom est Cher Ami. C’est un vétéran de la guerre avec onze missions dans le secteur de Verdun. Dernier espoir des assiégés, il porte, fixé à sa patte, le message d’alerte qui demande que cesse le tir ami qui fait des ravages dans les rangs, en même temps qu’est précisée la situation exacte du bataillon. Les Allemands l’aperçoivent, le mettent en joue. Cher Ami atteindra quand même le QG couvert de sang, 20 minutes plus tard. On le décorera de la Croix de guerre avec palmes, il aura à son actif le sauvetage de 200 soldats américains

    6 octobre. A 17 heures, nouvelle offensive germanique, les Américains y laissent leurs dernières munitions, alors que le nombre des blessés augmente.

    « Allez au diable ! »

    Le 7 octobre, plusieurs patrouilles tentent la liaison avec l’arrière. Quatre soldats meurent et quatre autres sont capturés. L’un d’entre eux est porteur d’un message rédigé par le lieutenant allemand Prinz. Il incite le patron de la mission américaine à se rendre, argue de la situation des blessés dont il prétend entendre les cris, et incite à envoyer en tête un porteur de drapeau blanc. La réponse est nette : « Allez au diable, si vous nous voulez, venez nous chercher ».

    Le feu des batteries allemandes s’intensifie. Les Allemands utilisent le lance-flammes. Les soldats US encore valides savent que c’est la mort et n’en combattent que plus vigoureusement. Et le miracle se produit : une estafette US entre dans la poche et annonce l’arrivée victorieuse des renforts par le flanc droit. Le 307e régiment d’infanterie est entré dans le ravin.

    Le bataillon est maintenant retrouvé. A l’aurore, c’est l’arrivée de denrées alimentaires, l’évacuation des blessés jusqu’à l’hôpital de campagne. Le major Whittlesley rassemble alors ses 167 valides sur les 700 qui sont rentrés dans la poche du ravin le 2 octobre et les ramène au Quartier général. Un monument le long de la route D442, entre Binarville et Apremont, célèbre l’héroïque fait d’armes de ce bataillon américain.

    ***********************************

    Union110116b - Marne
    LIVRE : Pierre Brossolette : un chevalier de la Résistance

    Eric Roussel, Pierre Brossolette, Fayard-Perrin, 352 p., 25 euros.
  •  Agrandir la photo
  • Brossolette,
  •  Agrandir la photo
  • A-t-on compris le rôle joué par Pierre Brossolette dans la structuration de la Résistance, sa perception, sa méthode dans cette France sous la botte de l’occupant ? Pour ce brillant intellectuel, dont l’esprit est porté par une réflexion incessante et féconde, l’inertie face à une France affaissée, ayant démissionné devant l’ennemi et subissant son joug est inacceptable. Eclairé par une pensée socialiste qui n’est pas enfermée dans le périmètre des combinards et des intrigants du pouvoir, il utilise sa liberté pour concourir à rétablir la France dans ses droits et ses valeurs qui font signe au monde.

    Le cuir durci par une vie intense à l’écoute des bruissements du monde, Brossolette, cacique de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, deuxième du concours d’agrégation d’histoire derrière Georges Bidault n’en devient pas moins un éditorialiste dont la pertinence dérange ceux qui se réfugient dans le simplisme ambiant. Libraire par nécessité d’avoir pignon sur rue tout en jouant de discrétion, il est convaincu que seul, le général de Gaulle est à même d’être le pivot de la Résistance et le meilleur garant du retour d’une France, fleuron de la démocratie républicaine. Capable d’une opposition flamboyante au chef de la France libre lorsqu’il estime son caractère trop rude et ses méthodes abruptes, il est d’une loyauté absolue. Il s’impose comme le meilleur philosophe du gaullisme parce qu’il en a l’expérience d’homme, de citoyen, d’acteur et de combattant.

    Dans le livre qu’il lui consacre Eric Roussel dévoile l’épaisseur de Pierre Brossolette et tient par une démonstration rigoureuse à ce qu’on lui reconnaisse la place éminente qu’il a occupée. Elément clé du Bureau central de renseignement et d’action militaire, il travaille avec un rare sens de l’intelligence opérationnelle. Il a une authentique complicité avec le colonel Passy même si le polytechnicien Dewavrin, n’a pas le même parcours que lui. Preuve que dans la Résistance, le souci de la France domine et de loin les nuances de sensibilités politiques lorsqu’il s’agit de trancher pour le bien commun. Brossolette se révèle un interlocuteur exigeant mais efficace avec les principaux chefs de réseaux.

    Bâtisseur et fédérateur

    Il rencontre à Laon Jean Moulin « Rex » chez Mme Bréat-Gerbaut. Les deux hommes ne portent pas le même regard sur la manière d’unifier la Résistance. Brossolette (Brumaire) avec le colonel Passy (Arquebuse) et le Britannique Yéo Thomas va mener à bien la mission confiée par de Gaulle. Il confirme qu’il existe en France des « partenaires sérieux, consciencieux et pleins de bonne volonté ». L’auteur montre bien toute la complexité de l’action à conduire dans la clandestinité, toute la diplomatie et la poigne dont il faut faire preuve pour dominer les rivalités rampantes et construire dans le respect de chacun et l’exploitation de tous les talents. Passy et Brossolette s’inquiètent de l’organisation de l’Armée secrète du général Delestraint. Ils suggèrent des améliorations. Moulin juge l’ex-Cacique indiscipliné, parfois trop critique.

    Brossolette n’en demeure pas moins une grande voix de la France combattante. Cette citation à l’ordre de la France libre en témoigne : « Officier d’une rare énergie et d’une ténacité remarquable. Faisant preuve d’un mépris total du danger a contribué avec un plein succès à l’organisation de la Résistance en France et à l’union de tous les Français contre l’envahisseur ».

    A l’automne 43, la multiplication des arrestations le préoccupe. Il voit la Résistance en danger. Une évacuation depuis l’Aisne qui échoue, un naufrage, une dénonciation, voici venir sa propre interpellation. De Rennes, le voici transféré à la gestapo de Paris. Ses bourreaux s’acharnent sur lui mais il ne dit rien. Pour échapper aux nervis nazis, il profite d’un instant d’inattention et se précipite dans le vide. Après une longue agonie à La Pitié, il meurt. Il est déjà un héros. Roussel le relate merveilleusement.

    Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110116a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Excuses anglaises

    Eden et de Gaulle n’évitent pas d’aborder le cas de l’amiral.
  •  Agrandir la photo
  • Les Anglais présentent leurs regrets à Muselier.
  •  Agrandir la photo
  • Conscient de l’énorme boulette commise peut-être par la faute de l’Intelligence service, le gouvernement britannique s’excuse auprès du vice-amiral Emile Muselier. Dans un message personnel qu’il lui adresse, le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden exprime les profonds regrets de la Grande-Bretagne pour l’erreur commise et indique : « Le gouvernement de Sa Majesté espère continuer sa collaboration avec vous-même et avec les Forces navales françaises libres, sous votre commandement, qui rendent des services si signalés à la cause alliée ». Dans un deuxième temps, il est convié à déjeuner au 10, Downing Street par Winston Churchill puis il est reçu en audience par le roi Georges VI. De Gaulle doute alors de la pleine sincérité des autorités du Royaume-Uni ce que le patron des FNFL n’apprécie guère. Sans doute est-il hostile aux sollicitations du général envers de hauts responsables de la marine française restés fidèles à Vichy. Le contact pris avec l’amiral de Laborde qui le déteste témoigne d’une volonté d’obtenir de nouveaux ralliements mais cette initiative agace ceux qui ont été les plus prompts à rejoindre la France libre.

    Que dit le général au commandant de l’escadre de Toulon dont les bâtiments en rade l’intéressent au plus haut point ? « Je vous écris comme un Français à un Français, d’un soldat à un marin, d’un chef à un chef. Il n’est pas possible que la marine ne veuille pas jouer contre l’envahisseur de la France, le grand rôle national qui lui revient. Amiral, tel ou tel de vos pairs (De Gaulle vise ici Darlan) peut poursuivre de médiocres plans pour satisfaire son ambition médiocre. Vous, vous avez autre chose à faire. Vous avez à mener la guerre de libération de notre belle et puissante marine. Vous êtes pour les grandes choses, seul chef désigné, et vous savez bien qu’elle, la marine, vous suivra. Moi-même et mes compagnons ne voudrions rien d’autre que joindre nos armes aux vôtres. » Ce courrier est resté sans réponse d’autant qu’en janvier 1941, l’amiral de Laborde fait pression sur Vichy pour obtenir le commandement d’un corps expéditionnaire destiné à reconquérir le Tchad rallié à la France libre depuis le 26 août 1940 ! Le contentieux avec Muselier n’en est qu’à ses débuts. Le vice-amiral est loin de partager toutes les options du général et le lui a déjà signifié par écrit dans le courant octobre. Après l’épisode malheureux et scandaleux de son arrestation par les Britanniques, aucun rapprochement ne s’opère. Il semble qu’une méfiance réciproque s’installe mais il n’y a pas un climat de rupture.

    Muselier reprend son travail et fort de l’appui de Marie-Alix Michaelis, la femme française d’un milliardaire sud-africain qui finance les opérations de la France libre, il peut disposer d’un immeuble à Westminster House, au 2, Dean Stanley Street. L’installation de l’ensemble des bureaux doit être achevée pour le 22 janvier au plus tard. Les locaux mis à la disposition par la mécène permettent de faire travailler 130 personnes dans des conditions bien meilleures que celles de Carlton Gardens.

    Grâce à l’argent des Michaelis, un projet de club de marins est validé pour être installé à Stanhope Gate où les hommes sous les drapeaux pourront se loger et se nourrir à un tarif défiant toute concurrence. Un club pour les officiers de la marine et de l’armée de l’air est également établi à Teufton Street. En collaboration avec la Croix-Rouge anglaise, une maison de convalescence d’une cinquantaine de lits est créée à Beaconsfield et bientôt une cantine, une infirmerie et un sanatorium à Clapham. L’épouse du riche homme d’affaires concourt aussi au financement du foyer militaire français de Camberley.


    ……….

    La nouvelle entente cordiale

    L’Afrique Noire est toujours en première ligne pour soutenir le général.
  •  Agrandir la photo
  • Le cardinal Hinsley, archevêque de Westminster sentretient avec de Gaulle.
  •  Agrandir la photo

  • En ce début d’année 1941, un Conseil de défense de l’Empire qui a pour mission de maintenir la fidélité à la France, de veiller à la sécurité extérieure et à la sûreté intérieure, de diriger l’activité économique et de soutenir la cohésion morale des populations du territoire et de l’Empire est créé. Cette nouvelle institution a vocation d’exercer des responsabilités dans tous les domaines de la conduite générale de la guerre en vue de la libération de la patrie. Le général de Gaulle est à la fois pédagogue et directif : « Vous avez tous compris les trois grands enseignements de ce texte historique. D’abord le Conseil de l’Empire ne fonctionne que jusqu’au jour où le peuple français libéré pourra, dans sa souveraineté, choisir son gouvernement et sa représentation. La législation qu’il s’applique est celle que le peuple français s’est donnée jusqu’au 23 juin 1940, c’est-à-dire jusqu’au jour où, sans l’avoir consulté et sans avoir jeté toutes ses forces dans la lutte, on l’a fait passer sous le joug de l’ennemi. Enfin le but unique que s’assigne le Conseil est de faire, d’étendre et de continuer la guerre jusqu’à la libération totale de la mère patrie ».

    Il est clair que pour le chef de la France libre, il importe de garantir le fonctionnement d’institutions démocratiques et de rendre la parole au peuple afin qu’il élise ses représentants.

    A la légitimité de la poursuite du combat s’ajoute le souci de la légalité et de l’apport de garanties pour l’avenir. « Si l’Empire libre applique les lois qui régissaient le peuple français avant la capitulation, s’il entend laisser le peuple français seul juge de son destin, cela signifie nullement que nous entendions retomber dans les errements anciens ». Le général souhaite déjà dépasser les institutions de la IIIe République pour contribuer à la naissance d’une France nouvelle qui défende les valeurs faisant son identité : « Soyez-en sûrs, d’une France fortifiée par le martyre et rajeunie par la lutte que rêvent ces hommes fiers et neufs qui n’ont jamais désespéré de la patrie, surgira un pays retrouvé ». De Gaulle en est convaincu et il le martèle : « Cette France nouvelle, c’est la nation française qui la reconstruira à l’image de la France. La révolution nationale ne surgira que de la victoire ! »

    Maurice Schumann s’enthousiasme des choix opérés par le président Roosevelt décidé à soutenir la Grande-Bretagne qui lutte contre le nazisme. Le porte-parole de la France libre a recensé dix-sept articles de journaux américains dont quinze sont favorables à contrer Hitler et sa puissance dévastatrice en Europe. Le « Los Angeles Times » remarque : « Nous sommes formellement engagés aux côtés des nations qui résistent aux dictateurs. Nous leur expédierons des armes et nous sommes prêts à en subir les conséquences ». Le « Detroit Free Press » est sans ambiguïté : « Nous participerons à la guerre s’il le faut, pour sauver l’Angleterre. La déclaration de guerre surviendra quand les Etats-Unis ou l’Allemagne le jugeront nécessaire ». Pour le « Morning News » de Dallas : « Le président a déclaré la guerre aux Etats totalitaires. Il demande au Congrès de soutenir la lutte avec l’arme dont il dispose : à savoir l’aide à l’Angleterre. Il est indubitable que cette manière de voir est partagée par le pays qui considère comme très probable que la guerre des mots deviendra demain une guerre véritable ». Le « Chicago Journal of Commerce » estime que : « Le message marque la fin de la prétendue neutralité des Etats-Unis ». Le « Philadelphia Record » conclut : « L’Oncle Sam a fini de plaisanter ».

    Cette réorientation de la politique de la Maison Blanche n’échappe ni à Berlin ni à Rome. La presse et la radio italienne s’insurgent contre les Etats-Unis accusés de faire la guerre sans l’avoir déclarée

    Cette vive réaction s’explique par les revers enregistrés par le duce. De fait, les soldats de Mussolini reculent en Albanie tandis que 100.000 Italiens sont mis hors de combat en Libye par les Britanniques et des colonnes de soldats de la France libre. Schumann s’amuse : « On imagine l’effet que les criailleries fascistes peuvent avoir sur les Etats-Unis ! Quant à l’Allemagne, sa tactique est plus simple : elle déclare, sans doute pour se rassurer elle-même, que le blocus maritime et aérien des îles britanniques empêchera les fournitures américaines de parvenir aux Alliés. Malheureusement, pour elle les chiffres lui répondent ». Effectivement, pendant les trois dernières semaines de 1940, les pertes enregistrées par la marine marchande alliée ont été de 43.000, 41.000, 37.000 tonnes, contre une moyenne de 63.000 tonnes au cours de la première année de guerre.

    « l’amitié n’a jamais été plus grande »

    Pour le journaliste français, l’évolution du discours américain résulte d’une réelle prise de conscience. L’océan Atlantique ne protège plus de l’impérialisme hitlérien, aussi les Etats-Unis ne peuvent pas prendre le risque d’être menacés par l’absolutisme nazi. « Cette situation est évoquée au cours du grand banquet qui est préparé en l’honneur du général où se manifestait à nouveau l’amitié franco-britannique, où se proclamait à nouveau la permanence de l’alliance franco-anglaise » relate alors Jacques Duchêne pour l’émission « Les Français parlent aux Français ». Parlant du général de Gaulle, le cardinal Hinsley se permet cette réflexion : « Il a bien mérité de son pays et du monde libre. Il aura fait beaucoup pour renouveler les rapports entre la France et l’Angleterre ; grâce à lui, l’amitié qui unit les deux pays n’a jamais été plus grande qu’elle ne l’est aujourd’hui ». Si la majorité des convives est composée de Britanniques qui soutiennent les Français libres, il y a aussi des représentants officiels des pays opposés à Hitler.

    C’est à la fin du repas que le général prend la parole : « Je mesure mieux que jamais l’amitié que, malgré tant d’événements douloureux, le peuple anglais conserve à mon malheureux mais noble et grand pays ». De Gaulle insiste sur le fait que la France n’est pas vaincue et que rien ne peut être mené à bien pour libérer l’Europe sans le concours des Anglais : « Tandis que l’Empire britannique porte à son tour héroïquement le poids presque total de cette lutte gigantesque, la France libre fait en sorte que des Français combattent à ses côtés jusqu’à la mort ou jusqu’à la victoire. Elle entretient dans le peuple français cette fidélité de sentiment à l’égard des alliés qui, seule, empêche aujourd’hui l’ennemi d’utiliser pour sa guerre la nation qu’il tient en servitude, et qui, seule, permettra demain de reconstruire l’Europe dans le droit et dans la liberté ». Bref, la volonté de réaffirmer la puissance de la nouvelle Entente cordiale entre les deux pays est patente.


    ……….

    Un quotidien de souffrances et une lueur d’espoir

    On évoque même les restrictions avec humour.
  •  Agrandir la photo
  • Les queues s’allongent devant les magasins pour acheter les denrées de première nécessité.
  •  Agrandir la photo

  • Les nouvelles mesures de droit social qui sont instaurées par le gouvernement de Vichy sont mal reçues par bien des familles qui souffrent de l’absence d’un père ou d’un mari prisonniers en Allemagne. La décision d’exclure les femmes mariées de leur emploi est une mesure discriminatoire. Pourtant elle est justifiée par une presse aux ordres dont la pauvreté des arguments n’empêche pas la mise en place d’un principe qui met en danger le quotidien de bien des fratries dont les ressources sont désormais assurées par la femme. La colère des victimes est balayée par ce discours ânonné sur les ondes et publié dans les journaux : « Voici des places vacantes pour les chômeurs. Le retour souhaitable au foyer de la femme, de la mère de famille est un choix raisonné. Voici enfin des bras pour l’agriculture dont la loi n’a pas restreint la main d’œuvre » ! Cette politique appuyée par l’occupant est dénoncée par les Français libres qui évoquent l’accablement pour celles qui ne vont plus pouvoir nourrir, habiller et loger leurs proches. « Une fois de plus, l’envahisseur s’est servi du gouvernement pour réduire une autre branche de l’activité française » s’émeut à la BBC, Mme Paris. Et d’expliquer : « Le sacrifice est vain, ce ne sont pas les chômeurs qui prendront ces places vides. Les Allemands ne cherchent nullement à résorber le chômage, ils se désintéressent de tous ceux qui ne travaillent pas directement pour eux ».

    De Gaulle pour sa part est certain que le Reich tient à déplacer le maximum d’ouvriers qualifiés vers le centre de l’Allemagne pour servir l’industrie de guerre nazie. Il est tout aussi convaincu qu’une politique d’échanges va être développée pour inciter les Français à aller gagner leur vie outre Rhin au prétexte que, s’ils font l’effort, des prisonniers de guerre seront rendus à leurs familles. Bien sûr, les mères de plus de trois enfants peuvent conserver leur emploi mais pour les autres ? Mme Paris cite l’exemple d’une de ses amies qui a deux garçons de 14 et 15 ans. Elle passe désormais sa journée à faire la queue devant les magasins sans y trouver de quoi nourrir ses enfants. « Exclure la femme du marché du travail, c’est exactement une régression sociale. Dans les pays à civilisation avancée, le travail de la femme a pour résultat une élévation souhaitable du niveau de vie. Dans ces mêmes pays, l’activité de la femme s’exerce librement et d’une manière heureuse ». Bref, le choix opéré par Vichy sur la lourde recommandation de Berlin est une étape supplémentaire vers l’asservissement de la France. Dès la mi-janvier, on confirme qu’une commission allemande accompagné d’un officier d’intendance français a déjà réquisitionné 60 % de la prochaine récolte. Il n’en restera que 40 % pour les exploitants agricoles. Ce qui en dit long sur les restrictions qui seront imposées aux Français puisqu’il n’y aura pas suffisamment de céréales et de plantes sarclées pour satisfaire les besoins intérieurs.

    Ce qui fait dire à René Rous qui examine la situation de l’activité économique et de l’emploi en métropole que Vichy et Berlin rivalisent de balivernes : « Vous ouvriers d’usine, vous avez le chômage parce qu’il manque des matières premières. Vous êtes-vous demandé la raison de ce manque de matières premières ? Croyez-vous, comme on vous le dit que c’est la faute au blocus ? Ne savez-vous pas que c’est l’Allemagne qui vole ces matières premières, qui a fermé et déménagé vos usines, qui vous a réduits au chômage pour mieux vous faire admettre sa collaboration. Tant que la botte d’Hitler sera sur la France, vous n’aurez rien, vous ne pourrez rien avoir ». Le commentateur fait volontairement une intervention politique : « Cette guerre, c’est la guerre des masses ouvrières, pour la liberté paysanne et ouvrière, c’est la guerre contre les dictateurs pour la victoire des démocraties ». Et d’appeler à un sursaut syndical à une réaction de dignité face à une situation intolérable : « Faites comprendre aux valets d’Hitler qui sont à Vichy, que c’en est fini de vous bafouer, de vouloir vous réduire à la misère avant de vous rendre à l’esclavage ». L’opportunité est de pouvoir dire aux travailleurs dans la difficulté qu’ils ne sont pas abandonnés à leur triste sort : « Ecoutez nos voix, nous serons toujours ici avec vous, avec nos camarades anglais. Groupez-vous pour continuer la résistance des masses ouvrières à l’oppression ». C’est au nom du Centre syndical français en Grande-Bretagne que Rous adresse ses vœux pour la libération de la France ouvrière ! C’est dit. A ceux qui pourraient affirmer que les Français libres radotent, le porte-parole se justifie : « Nous préférons vous avertir trop souvent et avec trop d’insistance qu’avec une discrétion qui nous plairait davantage mais qui risquerait de ne pas être comprise. Nous sommes vos interprètes. Nous savons vos difficultés ». Rous recommande que chacun continue à employer un langage de vérité. « Vous avez des prisonniers en Allemagne, mais nous aussi nous en avons. Vous êtes séparés de vos maris, mais nous aussi nous sommes séparés de nos enfants. Vous êtes bombardés par les avions anglais qui ne peuvent pas vous libérer sans vous frapper, nous avons les avions allemands et quelquefois les Italiens ». Ce qu’il tient à faire passer comme message c’est que la souffrance est partout et qu’il faut s’armer de courage pour tenir. C’est encore une opportunité pour les Français libres de condamner la Révolution nationale et ses conséquences néfastes pour les familles : « Ce n’est pas ainsi que la France se relèvera, vous le savez bien ! Elle se relèvera parce qu’elle a tous les jours davantage la conviction qu’elle est encore forte au-delà des mers, libre dans ses colonies tandis que la défaite lamentable de l’associé de l’Axe annonce bien la fêlure du pacte d’acier ». Mme Paris supplie les Français de métropole : « Aidez-nous de toute votre confiance avec votre gratitude pour l’élan généreux de ces milliers de soldats qui se battent à nouveau sous la conduite de leur grand chef.

    Ainsi la France ne perdra pas l’honneur, ni la vie ». Jacques Duchesne profite de cette situation pour revenir sur les manques croissants et préoccupants dans les villes. S’il reconnaît qu’on peut se débrouiller à la campagne et avec un peu de jugeote et de volonté trouver le nécessaire pour manger à peu près à sa faim, il décrit une situation alarmante dans les périmètres urbains. Aussi pose-t-il les questions qui fâchent : « Trouve-t-on du lait pour les nouveaux-nés ? Si on a un garçon ou une fille de 6 à 10 ans peut-on trouver la viande et le sucre dont on a besoin à cet âge-là ? ». Le journaliste cite le témoignage adressé par une habitante de Nîmes qui s’insurge contre les détournements des aides alimentaires américaines parvenues dans l’Hexagone : « Ma voisine est une réfugiée des Ardennes ; ils ont cinq enfants. Elle avait dressé une liste de ce qu’elle avait besoin. Elle a eu du cacao, des raisins secs, de la soupe en farine. Elle a eu un peu de saindoux : en échange de ses tickets du mois, chose injuste encore. On lui a refusé des couvertures et une personne derrière elle, Alsacienne en a eu. Pourquoi ça ? Elles sont toutes les deux réfugiées. Mais il est à craindre que les boches se soient servis avant ». Ce n’est pas parce que les Allemands sont en général polis qu’ils ne pillent pas les silos et ne prélèvent pas selon leur bon vouloir dans tous les stocks. Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110115a - Marne
    CHALONS : Le Souvenir français regrette que la guerre 1870 n’ait pas sa commémoration : Fusillés oubliés…

    Christian Michel (à droite), aimerait qu’on n’oublie pas la guerre de 1870.
  •  Agrandir la photo
  • « ON ne parle jamais de la guerre 1870. On dépose de gerbes pour les commémorations des deux premières guerres mondiales, jamais pour celle-ci, je sais bien que cette guerre on l’a perdue, mais bon… »

    Président du souvenir français, Christian Michel ira seul, le 22 janvier, déposer une gerbe de fleurs au pied du monument un peu oublié. Celui qui, au cimetière de l’ouest, évoque un sinistre épisode de la guerre 1870 aimerait qu’il soit rappelé au souvenir des Châlonnais, à l’image d’autres événements.

    Cet événement avait eu pour cadre le manège de la caserne Chanzy.

    Tués l’un après l’autre

    Au pied d’un mur de cet établissement, à 8 heures du matin, quatre hommes, parmi ceux soupçonnés d’avoir pris part à la défense du pays, avaient été choisis au hasard et fusillés par les Prussiens.

    Ces Français, axonais, faisaient partie d’un groupe de neuf personnes arrachées à leur famille. Ils avaient été arrêtés au hasard près du village de Vendières, à la suite de l’attaque d’un convoi Prussiens par des francs-tireurs. De Vendières à Châlons, ils avaient été traduits ensuite devant une sorte de cour martiale, pour y subir un interrogatoire de pure forme et un simulacre de jugement. C’était la veille de leur exécution. Voici comment Eugène Perrier, maire de Châlons à l’époque, racontait le calvaire des prisonniers le jour de l’inauguration du monument : « nous revoyons encore ces malheureux traînés dans une charrette, se jeter dans les bras des deux prêtres, chargés de les assister et se confondre avec leurs larmes et leurs adieux à la terre ».

    Un maire qui se souvient d’une mise en scène particulièrement odieuse des Prussiens : « leurs cercueils se trouvaient sous leurs yeux, et les fosses, creusées à l’avance, avaient été ouvertes à quelques mètres du lieu d’exécution ». Et, comble de sadisme, ils ne furent pas tués tous en même temps, mais l’un après l’autre, chacun devant quarante fusils prussiens, à attendre son tour…

    Une plaque détruite par les Allemands

    Au cimetière de l’ouest, seuls reposent encore deux corps, les deux autres ayant été réclamés par leurs familles.

    Le monument qui rappelle le sanglant événement est situé juste à gauche après l’entrée principale.

    Il a été construit par le Châlonnais Geisenger.

    Il a été élevé par souscription et inauguré le 22 janvier 1891.

    Il précède un édicule, dressé auparavant en mémoire des enfants de la Marne, tombés devant l’ennemi pendant la guerre 1870-1871.

    Sur le mur extérieur de l’un des bâtiments du quartier Chanzy, une plaque, - qui avait été détruite par les Allemands aux premiers mois de l’occupation avant d’être remplacée en 1945, rappelle aussi cette inique condamnation. La dernière manifestation de la commémoration de cet événement châlonnais date du 22 janvier 1939.

    Une trop longue absence aux yeux de Christian Michel…

    F.M.

    ***********************************

    Union110114b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Au profit des œuvres sociales des anciens combattants : Thé dansant réussi au Manège

    Plusieurs générations réunies sur la piste de danse.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Dimanche 9 janvier, plus de deux cents danseurs sont venus se divertir lors du thé dansant organisé dans la salle du Manège de Vitry.

    Pour ce début d’année c’est avec les musiciens de l’orchestre Francis Carlier qu’André Jacquet, président de l’association des ACPG (anciens combattants prisonniers de guerre) et CATM (anciens combattants d’Algérie Tunisie Maroc), a ouvert le bal.

    Ce moment de détente sur des airs de musette a permis aux danseurs de se retrouver et d’apprécier valses et tangos de 15 à 20 heures.

    Deux thés dansants sont ainsi organisés dans l’année au profit des œuvres sociales de l’association.

     

     

    ***********************************

    Union110114a - Marne
    REIMS : Appel citoyen

    Face aux événements tragiques subis par les peuples algérien et tunisien, un rassemblement à Reims se tiendra demain samedi 15 janvier à 14 h 30, Fontaine de la solidarité, place d’Erlon, à l’initiative de

    ***********************************

    Union110113d - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Le Souvenir français : Contre notre capacité à oublier

    Parmi les nombreux participants.
  •  Agrandir la photo
  • Le Souvenir Français section de Thièblemont-Heiltz-le-Maurupt a tenu son assemblée générale samedi, à la salle des fêtes de Sermaize-les-Bains. Une soixantaine de membres étaient présents. Le président Pierre-Marie Delaborde a indiqué que l’association présente dans 68 pays étrangers comptait 320 000 membres actifs.

    Il a rappelé les actions et les réalisations de l’année 2010 : voyage pour les élèves de 3e du collège et concours avec remise de prix, voyage des adhérents au Musée de l’Histoire à Bruxelles, restauration de tombes à Saint-Vrain et Sermaize pour un montant de 4 915 €.

    En 2011, trois tombes seront restaurées à Saint-Vrain, Cheminon et Vroïl et l’action vers la jeunesse sera poursuivie.

    Le maire de Sermaize a cité pour mémoire une anecdote locale : au cimetière la tombe d’un soldat français de 1870 en très mauvais état et la tombe d’un soldat allemand très bien entretenue !

    Le conseiller général a salué le travail d’équipe et l’action auprès des scolaires. Pour le député les tombes délaissées sont le signe de notre capacité à oublier, or « un peuple sans histoire n’a pas d’avenir » et « 65 ans sans guerre n’était jamais arrivé dans notre pays, cependant la paix est toujours une situation précaire ».

    ***********************************

    Union110113c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Présidents d’associations patriotiques : Le rendez-vous annuel à la Maison du combattant

    L’assemblée de l’association était présidée par Pol Cher.
  •  Agrandir la photo
  • Une trentaine de présidents étaient réunis à la Maison du combattant
  •  Agrandir la photo
  •  

    De nombreux présidents adhérents de la Maison du combattant ont assisté, mardi, à l’assemblée générale de l’association du même nom présidée par Pol Cher et les membres de son bureau.

    A la Maison du combattant, ce même jour, une trentaine de présidents ont assisté aux travaux où l’on notait la présence de Yann Bignon, nouveau directeur de service départemental de l’Onac Marne avec à ses côtés Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants pour la Ville de Châlons.

    Aux dires du président, une diminution de la fréquentation de ce lieu par les élèves était constatée l’année passée.

    D’où vient cette diminution ? Sans doute de ne point en parler, de ne pas faire suffisamment passer le message auprès des enseignants.

    Pol Cher se dit prêt à accueillir ces derniers. Il suffit de lui en faire la demande. Le musée est très bien achalandé en souvenirs des différentes guerres comme la bibliothèque qui ne regroupe pas moins de 400 ouvrages sur tous les conflits. Les livres relatant de ces périodes guerrières y sont prêtés gracieusement.

    Il a été décidé à l’unanimité que la petite salle attenante à la grande salle de réunion, et en principe réservée aux membres des différentes associations patriotiques pour des rendez-vous hebdomadaires ou autres, pourra être mise sur demande au président Pol Cher à la disposition de l’association des donneurs de sang bénévoles qui ont de sérieux problèmes de salles. La course de la Liberté annuelle (date restant à fixer avec les organisateurs) fut également évoquée lors de cette assemblée.

    Pour conclure, Yann Bignon, au nom de l’Onac, confirmait la volonté de reconduire les colis de Noël aux anciens combattants en maisons de retraite ou résidences, bien que la restriction était déjà mise en place par le directeur général de l’Onac.

    De faire un geste personnel pour apporter un peu de douceurs à nos anciens combattants était aussi la pensée profonde de chacun.

     

    ***********************************

    Union110113b - Marne
    FISMES : Les anciens combattants en agapes : Joyeux début d’année à l’UNC

    Lors de la soirée du 7 janvier.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le jeudi 7 janvier à Fismes, les membres de la très active association UNC51 se sont réunis autour d’un bon repas à la salle municipale du CAC.

    Puis, ils ont procédé à la distribution de cadeaux à la troupe musicale de l’association, récompensée ainsi de la joyeuse animation qu’elle a créée au cours de spectacles mémorables !

    Tous les acteurs étaient présents ainsi que la petite Jeanne, mascotte de l’UNC.

    Le lendemain, le président de l’association a adressé ses vœux aux adhérents et sympathisants. Et le partage de la galette des rois a clos cette sympathique réunion.

     

    ***********************************

    Union110113a - Marne
    MEMOIRE : Académie de Reims / Écoliers, collégiens et lycéens Concours École-Médias 2011 : le devoir de mémoire comme thème

    Le recteur Alexandre Steyer relance le concours « Ecole-Médias » qui est ouvert à tous les élèves des écoles mais aussi des collèges et des lycées.

    Ils sont invités avec le concours de leurs professeurs à réaliser un article de presse, une contribution internet, un reportage audio ou audiovisuel sur le thème retenu qui est : « Médias et devoir de mémoire ».

    Le recteur insiste beaucoup auprès des chefs d’établissements et des corps d’inspection sur l’utilité de concourir : « Je vous demande de diffuser très largement l’information auprès des enseignants et des élèves de votre établissement. » Les volontaires doivent s’inscrire au plus tard le lundi 31 janvier.

    Dans la catégorie « Meilleur article de presse », le texte de quatre-vingts lignes doit être réalisé avec un traitement de texte. Le titre sera présenté en gras, comme les intertitres et le reportage sera accompagné d’une photo numérique légendée, positionnée à la moitié du papier. La signature sera également portée en gras. Chaque équipe de rédaction sera composée dans un maximum de trois ou quatre élèves.

    Dans la catégorie « Meilleur reportage radiophonique », la réalisation comprendra un trois minutes sur CD avec enrobé, une présentation et une conclusion, deux interviews de 20 à 30 secondes, une illustration sonore éventuelle. Chaque équipe sera composée de trois ou quatre élèves qui porteront sur le document, le sujet, le nom et la fonction des interviewés, la durée de l’interview, la date et le lieu de la réalisation, les moyens techniques utilisés.

    Pour le « Meilleur reportage télévisé », il sera de trois minutes, porté sur un DVD avec jaquette avec le nom des membres de l’équipe (cinq ou six maximum), le rôle de chacun, le titre du sujet. Il comportera une interview illustrée, un commentaire, une illustration sonore éventuelle. Devront être indiqués nom et fonction de l’interviewé, les dates et lieux de la réalisation, le mode de réalisation avec le type de caméra, de montage et le matériel utilisé.

    Inscriptions auprès de : celine.harasiuk@ac-reims.fr

    ***********************************

    Union110110a - Marne
    ALGERIE : Le climat est à l’apaisement en Algérie

    Les funérailles du jeune homme tué à Bou Ismaïl ont été célébrées hier.
  •  Agrandir la photo
  • Le calme est revenu hier dans plusieurs villes d’Algérie secouées ces derniers jours par des émeutes liées à un taux de chômage élevé et à une forte hausse du prix des produits alimentaires de base.

    On n’a pas signalé de troubles d’ampleur notable dans la nuit de samedi à dimanche, la première à connaître une accalmie depuis mercredi, jour où les incidents avaient éclaté à Alger avant de s’étendre à d’autres villes.

    Le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, a confirmé la mort de deux personnes dans les manifestations. Selon des sources proches des services de sécurité, un jeune homme est mort à Msila, à 250 km au sud-est d’Alger, et un autre à Bou Ismaïl, à environ 50 km à l’ouest de la capitale. De nouvelles émeutes avaient éclaté samedi en Kabylie, à l’est d’Alger. A l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a annoncé samedi la réduction des prix de certains produits alimentaires, et promis des mesures pour atténuer l’impact des relèvements de prix sur la population.

    Le calme est aussi revenu dans des quartiers d’Alger où des jeunes s’en étaient pris les nuits précédentes à la police en lançant des pierres ou en saccageant boutiques et autres bâtiments. De nombreux commerçants avaient barricadé leurs boutiques depuis le début des incidents. « Les magasins sont ouverts. Aujourd’hui, tout est normal. J’espère que nous allons passer une nuit tranquille », confiait un habitant du quartier algérois de Bab El Oued, où se sont produits quelques-uns des affrontements les plus violents.

    Le gouvernement algérien a notamment décidé samedi de supprimer à titre temporaire les droits de douanes et la TVA sur le sucre roux et les huiles alimentaires, dont la hausse a été un déclencheur des manifestations.

    Alger a précisé que ces mesures resteraient en vigueur jusqu’au 31 août. Les prix de la farine, du sucre et de l’huile alimentaire ont doublé ces derniers mois pour atteindre des niveaux record. Le kilo de sucre, qui valait 70 dinars il y a quelques mois, est ainsi passé à 150. S’agissant de la farine, le gouvernement ne modifiera pas le prix du blé qu’il fournit aux minoteries mais augmentera les quotas de blé tendre.

    ***********************************

    Union110109c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : « Un Poilu de la Forêt d’Argonne » réédité : La guerre racontée par un instituteur

    « Un Poilu de la forêt d’Argonne » livre le témoignage poignant d’un instituteur mobilisé en 1914
  •  Agrandir la photo
  • DANS « Un Poilu de la forêt d’Argonne », le lecteur plonge dans les carnets de guerre d’un instituteur de Nanterre, que la mobilisation conduira jusqu’au plus profond de l’Argonne. Quelques jours après la distribution des prix, l’enseignant part à Sens rejoindre son régiment. Le sergent Gérin livre le récit de la marche initiale, les équipements distribués, la traversée de la ville sous les vivats, puis le départ en wagons pour la Belgique. Et c’est immédiatement la participation à la bataille de Charleroi, les replis successifs jusqu’à Rethel avec enfin le succès de la bataille de la Marne. Les Allemands se replient à leur tour. La ligne de front se stabilise et la troupe du régiment du sergent Gérin va se trouver en position au sud d’une ligne Servon-Varennes. La dure bataille de tranchées en Argonne commence.

    Le carnet de guerre fournit des détails précis sur les localités traversées, leur appellation, les relations avec les habitants, leurs travaux, leurs coutumes. Toujours avec ce souci pointilleux de l’instituteur relatant ses impressions. Première station : Florent-en-Argonne. Le village est envahi par la troupe. Pour se loger, les militaires construisent des « cagnas » dans les jardins, avec des pièces de bois et de branchages coupés à La Bardelle. L’accueil des habitants est fraternel. Avec sa section, le sergent part en première ligne, à La Harazée.

    Il y réussit une mission de reconnaissance sur les terres de l’ennemi d’en face qui prépare une offensive, laquelle sera pour lui un échec. Au passage, il reconnaît l’abbaye de La Chalade et nous en fait la description et un rappel de son passé. Après un affût de nuit réussi, une bataille avec les Wurtembourgeois des tranchées allemandes, c’est le repos à Florent. Il est logé chez un M. Daquin.

    Première blessure

    Il repart aux tranchées, au ravin de Courte Chausse, fait connaissance et combat avec les Garibaldiens dont il loue l’ardeur combattante. A l’occasion d’un déplacement, il trouve à Clermont en ruines un ami à lui, loue au passage l’action héroïque de Sœur Gabrielle. Un combat contre l’ennemi lui donne l’occasion de river son clou à un officier prussien qui les insulte toutes les nuits. Un coup de main réussi le fait prisonnier. Les combats continuent, de tranchée à tranchée. Les lettres de ses élèves sont pour lui des rayons de bonheur.

    Une première blessure, une balle à la cuisse, lui fait connaître la chaîne des évacuations, le ramassage sur le terrain, l’acheminement au village, l’ambulance pour l’hôpital de Sainte-Ménehould. Lavé par des femmes volontaires, il rejoint Bar-le-Duc par le train sanitaire. Puis c’est la « convalo », en famille, qui lui donne l’occasion d’évoquer pour ses élèves, Sainte-Ménehould en guerre.

    Après un passage à Valmy, il se retrouve dans la vallée de la Biesme, nous décrit les localités en guerre traversées, la Grange-aux-Bois, les Islettes, la Chalade. Il assiste à la chute, sous ses yeux, dans les lignes françaises, d’un Aviatik qui explose à l’arrivée au sol.

    Amputation et Légion d’honneur

    A Varennes, les combats continuent et ce sera pour lui la première sanction de son courage, une médaille militaire. A Saint-Rouin, au passage, nouvelles retrouvailles avec un médecin, l’aide major Maillard qui lui fait visiter son ambulance. On retrouve sous sa plume ce lieu transformé en hôpital et en plus une évocation de son fondateur. Le même médecin l’emmène à Passavant et c’est en plus le récit du massacre de 1870 évoqué devant le monument défiguré. Il est nommé sous-lieutenant.

    Après une attaque aux gaz, et lors de l’enlèvement de la butte de Vauquois, il est blessé à nouveau, amputé à l’hôpital de Clermont. Une Légion d’honneur remise sous le préau de son école, devant ses élèves, clôture le récit.

    Le lecteur quitte, à regret, cette aventure, transporté dans sa propre région par la plume d’un instituteur qui a su en apprécier le charme et l’histoire, dans un moment où, pourtant, rien ne rappelait la poésie du temps de paix.

    « Un Poilu de la forêt d’Argonne » par Ernest Deliège aux éditions Le livre d’histoire.

    ***********************************

    Union110109b - Marne
    ALGERIE : Émeutes : Trois morts en Algérie

    ALORS que les émeutes font figure de test pour la stabilité de l’Algérie, le gouvernement a décidé hier de supprimer temporairement certaines taxes sur le sucre et l’huile alimentaire, dans l’espoir d’enrayer la hausse des prix et les manifestations dans plusieurs villes d’Algérie.

    Depuis mercredi, le pays est en proie à de violentes émeutes déclenchées par un taux de chômage élevé et une hausse récente des prix des produits alimentaires de base.

    Les prix de la farine, du sucre et de l’huile de table ont doublé ces derniers mois pour atteindre des niveaux records. Le kilo de sucre, qui valait 70 dinars il y a quelques mois, en coûte désormais 150.

    Selon le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, trois personnes ont été tuées et 400 autres blessées depuis jeudi dans les manifestations. « Je confirme le décès de trois jeunes à M’sila, Tipaza et Boumerdès », a déclaré le ministre à la chaîne Canal Algérie.

    De nouvelles émeutes ont éclaté hier en Kabylie, à l’est d’Alger, notamment à Tizi Ouzou et à Béjaïa, ont rapporté des témoins.

    Selon APS, des bâtiments gouvernementaux, des banques et des bureaux de poste ont été mis à sac par des émeutiers dans plusieurs villes de l’est du pays, notamment à Constantine, Jijel, Sétif et Bouira, jeudi soir et vendredi matin.

    La présence policière a été renforcée vendredi aux abords de mosquées et sur les grandes artères des principales agglomérations. Des matches de football ont été reportés par mesure de sécurité.

    « La tension reste vive. Les gens ont peur. Dans mon quartier, ce matin, il n’y avait pas de pain ni de lait, rien », a indiqué Abdallah Chiboud, un retraité de 65 ans, qui vit à Bab Ezzouar, à l’est d’Alger.

    Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika n’a fait aucune déclaration officielle sur la situation. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, avait indiqué pour sa part que des mesures d’urgence allaient être prises pour réduire la pression qui pèse sur la population. « À partir du début de la semaine prochaine, la situation va s’améliorer », a-t-il déclaré.

    Trois morts durant les émeutes en Algérie

    Un policier anti-émeutes au cours des émeutes, à Belcourt, quartier d’Alger, le 7 janvier 2011.

    Trois personnes ont trouvé la mort durant les émeutes contre la vie chère depuis le 5 janvier en Algérie, selon un nouveau bilan annoncé samedi par le ministre de l’intérieur Dahou Ould Kablia.

    Un précédent bilan officiel faisait état de deux morts et de quelque 400 blessés, dont 300 policiers.

    "Je confirme le décès de trois jeunes à M’sila, Tipaza et Boumerdès", des villes respectivement à 300 km au sud-est, 70 km à l’ouest et 50 km à l’est d’Alger, a déclaré le ministre à la chaîne de télévision Canal Algérie.

    "Dans les deux premières wilayas, les personnes décédées ont été retrouvées sans vie lors des émeutes, des enquêtes sont en cours pour en déterminer les causes", a-t-il indiqué.

    La troisième personne, décédée à Tidjelabine (Boumerdès), a été retrouvée brûlée dans un hôtel incendié par les émeutiers, a-t-il ajouté.

    ***********************************

    Union110109a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Le SOS de Benito

    Les bavardages martiaux de Mussolini n’empêchent pas l’Italie d’être défaite sur tous les fronts.
  •  Agrandir la photo
  • L’agence officielle italienne Stefani est dans le collimateur des Français libres. C’est Pierre Bourdan qui se charge de mettre au jour les mensonges des journalistes aux ordres fascistes. Il s’amuse des certitudes affirmées au Nouvel an, assurant que l’Italie saurait vaincre seule les difficultés qu’elle subit et que Mussolini n’envisageait pas de réclamer l’appui des Allemands. Or, le 3 janvier 1941, un communiqué officiel de Rome précise : « L’aviation allemande vient au secours des Italiens en Albanie et en Libye ». L’agence Stefani indique : « Cette union dans la lutte consacrera la fraternité d’armes de l’Italie et de l’Allemagne ». Bourdan fait une tout autre lecture et voit dans cette alliance obligée le ridicule du régime mussolinien et l’incompétence à tous les niveaux de l’armée italienne et des administrations de la péninsule. « La rodomontade alterne avec la panique : elle consacrera le pitoyable échec de cette vaniteuse entreprise des commis voyageurs de la gloire italienne, dont il ne reste aujourd’hui que la phraséologie verbeuse, empruntée par Mussolini au poète d’Annunzio ». Le porte-parole français se délecte à mettre au jour les contradictions qu’il recense avec soin. Ceux-là même qui affirmaient réduire les Anglais au silence en Afrique ont subi l’intelligence stratégique et tactique britannique à Sidi Barrani. Adieu leur voie triomphale imaginée tracée sans encombre jusqu’à Alexandrie ! Bourdan dénonce ces baratineurs qui manquent de courage et sont de vils profiteurs : « Voilà des gens qui n’ont cessé d’allier l’insulte à la bassesse, la vantardise à la férocité, la couardise à la cruauté et qui, aujourd’hui ayant armé plus de six millions d’hommes, ayant armé leurs enfants dès l’âge de huit ans, n’ayant parlé que de pourfendre, que de détruire et de conquérir depuis plus de vingt ans, voilà des gens qui ayant à lutter en Grèce contre une poignée d’hommes, en Egypte contre un des armées que l’Angleterre met sur pied pour se protéger contre l’assaut de 130 millions d’hommes, voilà des gens qui sont obligés d’aller mendier à l’Allemagne, l’assistance de son aviation ». Cette analyse est fracassante de vérité et montre l’impéritie italienne à tous les niveaux. L’Italie fasciste est comparée à un tonneau des Danaïdes et l’Allemagne qui tient à préserver un rapport de forces de puissance en Europe est contrainte de pallier les insuffisances des matamores de Rome et de supporter leurs fanfaronnades sur les places publiques. L’arrivée des escadrilles de la Luftwaffe signifie que Goering doit rétablir la maîtrise du ciel dans toute cette région alors que la RAF y développe des raids de harcèlement. « Ce ne sont pas les plumitifs pompeux du palais Chiggi qui joueront ce rôle. Ils n’ont pas assez d’esprit pour cela ». Berlin n’a pas l’intention d’être l’auxiliaire ou le renfort de luxe de Mussolini. Hitler a donné ses ordres et ils sont clairs : les Allemands travaillent pour leur propre compte et doivent rétablir une situation critique sur tous les fronts où l’Italie est en première ligne. Pour Bourdan ce qu’il faut retenir : « C’est l’échouage piteux de l’orgueil fasciste. C’est la Canossa de l’histrion romain après vingt ans de morgue insupportable, d’insultes, d’oppressions envers les faibles. C’est le commencement de l’inféodation italienne à l’Allemagne.

    C’est le nouveau fardeau imposé au maître du Reich ». Bref, pour les gaullistes, le soutien du führer à l’Italie va limiter à terme ses ambitions et c’est tant mieux.


    ……….

    Les Anglais arrêtent l’amiral Muselier

    Les fusiliers-marins de la France libre ont confiance en leur chef.
  •  Agrandir la photo
  • Anthony Eden informe le général de Gaulle des charges pesant contre l’amiral.
  •  Agrandir la photo
  • Muselier n’a jamais voulu donner le Surcouf à Darlan.
  •  Agrandir la photo
  • Le vice-amiral Muselier, commandant des Forces navales françaises libres.
  •  Agrandir la photo
  • L’amiral Muselier est transféré à la prison de Brixton.
  •  Agrandir la photo
  • INCARCÉRÉ. Le chef des forces navales françaises libres est accusé de trahison par les Britanniques. De Gaulle obtient sa libération mais les relations sont alors tendues entre les deux officiers.

    Le 2 janvier 1941 à 9 h 30 alors qu’il regagne son domicile londonien au 49, Hallam Street, le vice-amiral Muselier, commandant des Forces navales françaises libres qui doit déjeuner le jour-même avec le secrétaire d’Etat à la Guerre, est appréhendé par le capitaine de frégate Stephens de la Royal Navy et deux inspecteurs de Scotland Yard.

    Sur le coup, l’amiral pense à une regrettable méprise et n’oppose pas de résistance. Les trois hommes sont accompagnés par une vingtaine de policiers qui arrêtent à leur tour son chauffeur et son maître d’hôtel. Transféré à Scotland Yard, Muselier exige qu’on lui signifie les raisons d’un tel comportement. La seule réponse qu’il obtient est la copie d’un décret d’expulsion du Royaume-Uni ainsi que celle d’un décret d’incarcération pour toute la durée de la guerre. Les deux documents sont signés du Premier ministre Winston Churchill. Aucun chef d’accusation n’est porté sur ces duplicatas d’actes authentiques. En milieu d’après-midi, l’amiral est emmené à la prison de Pentonville. Il est soumis à une fouille méticuleuse et le contenu de son portefeuille soigneusement examiné. Il est ensuite photographié et mesuré avant d’être conduit en cellule.

    Alors que les mesures d’écrou sont en cours, le ministre anglais des Affaires étrangères Anthony Eden reçoit le général de Gaulle et lui signifie qu’Emile Muselier est accusé de haute trahison. Les accusations portées contre lui sont graves. On lui reproche d’avoir livré au gouvernement de Vichy, les plans de l’opération de Dakar et d’avoir négocié la cession du « Surcouf », le plus grand sous-marin du monde à l’amiral François Darlan. Le chef de la France libre est stupéfait et réplique : « Ce ne peut être qu’une énorme erreur ». Il formule les plus extrêmes réserves sur l’arrestation qui a été exécutée par les officiers de la sûreté militaire anglaise et les inspecteurs de Scotland Yard. Il s’insurge qu’on le mette devant le fait accompli. Il réclame sur le champ un double du dossier d’accusation pour l’étudier sans tarder. Mais il semble qu’il n’exige pas la libération immédiate du patron des FNFL. C’est en tout cas ce qu’a affirmé plus tard Muselier. Le général convoque le capitaine de vaisseau Moret et lui demande d’examiner sans attendre les documents transmis par les Britanniques. Il s’agit de cinq lettres qui portent l’en-tête du consulat de France à Londres, datées du moins d’août 1940 et adressées par un certain général Rozoy, attaché de l’air français dans la capitale anglaise et ayant depuis rejoint le gouvernement du maréchal. Ces courriers contiennent effectivement des renseignements sur l’opération de Dakar qui sont présentés comme provenant de Muselier ainsi qu’une proposition du rapatriement depuis un port anglais moyennant finances du « Surcouf ». De Gaulle s’aperçoit à l’évidence que le style employé n’est pas celui d’un général français. Moret considère que ce sont des faux grossiers et il s’en ouvre au général : « Qu’on accuse l’amiral d’avoir voulu détourner de ses devoirs une femme de Premier ministre, je dirai peut-être. Mais une trahison, je n’y crois pas une seconde ». De Gaulle écoute Moret avant de prendre un temps de réflexion. Mais dans l’après-midi, le général semble préoccupé alors que son interlocuteur insiste : « Le temps passe et nous ne faisons rien contre le traitement ignoble imposé à l’amiral ». De Gaulle tonne et réplique : « Moret, sortez, où je vous envoie rejoindre votre amiral ! » se souvient Robert Mengin.

    Dans la soirée, de Gaulle téléphone à Moret et lui confie alors sa conviction. Les papiers en possession des Anglais sont des faux grossiers. Il émet l’hypothèse d’une machination conduite par Vichy. Il lui demande d’être présent le 3, en début de matinée pour rédiger une lettre au gouvernement britannique. Une fois le courrier prêt, le général se rend au Foreign office où il est reçu par le ministre des Affaires étrangères Anthony Eden. Il lui fait alors part de ses certitudes et exige la libération sans attendre de l’amiral. Il insiste aussi pour pouvoir le rencontrer. Muselier est soumis au régime des prisonniers ordinaires. Il a les mêmes repas que les autres, est soumis à deux séances d’exercices physiques par jour. Il subit les vexations de l’administration pénitentiaire. L’amiral refuse qu’on le sépare de son manteau et c’est sur une intervention personnelle du directeur de l’établissement qu’on accepte de le lui maintenir. Muselier s’oppose également qu’on lui ôte son insigne de commandeur de la Légion d’honneur. La nuit du 2 au 3 janvier est pénible. L’amiral ne comprend pas que de Gaulle ne se soit pas encore manifesté. Il fait l’inventaire des personnes qui peuvent avoir intérêt à ce qu’il soit enfermé. Comme à la veille de son arrestation il a appris que des négociations secrètes seraient menées par les Anglais avec Darlan, il pense que son enfermement est peut-être une exigence formulée par son vieux rival. Il craint même que de Gaulle l’ait sacrifié pour que les flottes française et britannique puissent se retrouver combinées contre le Reich. Frigorifié et fiévreux, il demande à être vu par un médecin. On accepte. Le toubib n’est guère aimable. Muselier s’en étonne : « Savez-vous que je suis un amiral français et invalide de guerre ? ». Le médecin répond : « Si vous étiez amiral, vous ne seriez pas là ».

    Dans l’après-midi, il est transféré dans un établissement plus salubre : la prison de Brixton. La cellule est plus confortable mais tout aussi froide. La nuit suivante, il est très mal mais on fait peu attention à lui en raison d’un nouveau raid aérien ennemi sur la capitale. Au matin, sa santé inquiète ses geôliers qui exigent pourtant qu’il efface les traces de son indisposition. On le place à l’infirmerie de l’établissement. Il peut recevoir plusieurs de ses collaborateurs dont le capitaine de vaisseau Auboyneau et le lieutenant Serreules. Tous deux le pensent innocent. Le 6 janvier, il reçoit de son officier britannique de liaison, le capitaine de frégate Collet, des livres, du linge et des vivres. Les officiers de son cabinet militaire lui rendent visite. Il ne sait pas qu’ils ont demandé à être incarcérés avec lui. Le 7, Muselier est enfin entendu dans les bureaux de Scotland Yard. Il nie les accusations qui sont portées contre lui et évoque les faux qui lui sont opposés. La fausseté des pièces est confirmée par des experts anglais. C’est alors que le chef des Français libres débarque à Scotland Yard. Muselier l’accueille poliment sans plus. De Gaulle s’en rend compte, lui redit sa confiance et exige sa libération. L’amiral lui exprime sa déception et s’étonne qu’il n’ait pas réagi plus tôt. Le général écoute mais ne réplique pas et remet le mémorandum rédigé avec Moret pour obtenir la libération du chef de ses forces navales. Il menace de rompre le lien entre la France libre et le Royaume-Uni si sa demande n’est pas exaucée dans les plus brefs délais.

    Muselier n’est pas relâché dans l’instant mais il est alors assigné à résidence à l’Ecole de Greenwich et apprend que dix-huit arrestations dans son entourage étaient prévues. Le 10 janvier 1941, l’amiral est enfin blanchi. Il refuse de s’exprimer devant la presse : « Il fallait avant tout gagner la guerre et je ne voulais diminuer en rien le prestige du gouvernement Churchill que les journaux auraient pu attaquer ».


    ……….

    Des alliés offensifs et organisés

    Les Australiens à l’assaut de Bardia corrigent les Italiens.
  •  Agrandir la photo
  • La reddition des soldats italiens à Bardia est photographiée.
  •  Agrandir la photo
  • BARDIA. Se moquant des discours lénifiants des Allemands et des Italiens, les Anglais et les Français libres mettent la pression sur l’ennemi.

    Est-il certain de ce qu’il affirme ? Lorsqu’Hitler s’adresse aux Allemands, le 1er janvier, il leur promet une année de domination : « En 1941, l’armée de terre, la marine et l’aviation allemandes seront tellement renforcées et bénéficieront de perfectionnements tellement inouïs que le coup qu’elles porteront entraînera la fin des fauteurs de guerre et ouvrira la voie à un nouveau style de vie, à un ordre nouveau dans les relations entre les peuples ». Les assertions martiales du führer ne sont pas partagées par tous. Aux Etats-Unis, les conseillers du président s’interrogent sur la capacité du Reich à dominer durablement l’Europe. Dans le bureau ovale, Roosevelt ne tergiverse pas en palabres et le 8 janvier, il donne l’ordre : « de compléter progressivement jusqu’à leur effectif de guerre, les équipages de tous les bâtiments de la marine américaine ». Il demande aussi à disposer d’un point quotidien sur les engagements britanniques en Méditerranée et sur les capacités d’action des forces italo-allemandes. De fait, dès le 3 janvier, après avoir reçu le renfort de la 6e division australienne qui se substitue à la 4e division indienne dépêchée au Soudan, les Britanniques reprennent l’offensive en Cyrénaïque et investissent la place forte italienne de Bardia. Ce périmètre fortifié sur la frontière égyptienne, ne peut pas être ravitaillé par air ou par mer. Les Anglais parviennent à bousculer les lignes de défense italiennes en employant leurs chars « Matilda », beaucoup plus rapides et mobiles que les blindés de l’ennemi.

    Les Italiens sont pris au piège parce que dans cette large enceinte se sont regroupées les troupes qui avaient fui après la chute de Sidi-Barrani et celle de Solloum. Ce sont 45 000 hommes commandés par le général Bergonzoli surnommé « barbe électrique » en raison de son agitation permanente, qui se trouvent en difficulté. Dans le même temps l’état-major général de Londres demande au général Wavell, commandant suprême des forces britanniques au Moyen-Orient d’envisager le transfert en Grèce d’un important corps expéditionnaire. Il n’a pas d’autres choix que de prélever les moyens demandés sur les troupes dont il dispose en Egypte. Or, comme les Italiens sont en pleine déroute, il aimerait bien prendre un avantage décisif. Peut-il en prendre le risque avec des moyens réduits ? Il sait aussi grâce à un message de synthèse daté du 4 janvier, que les Grecs fatiguent en raison de la disproportion des moyens qu’ils sont capables d’opposer à des Italiens qui se reprennent et renforcent leurs matériels. Entre d’un côté une division australienne dont les chars matent les dernières résistances fascistes à Bardia et une commande politique de Londres pour soutenir Athènes, il faut bien répondre d’abord aux exigences gouvernementales.

    Le général de Gaulle suit de très près l’accélération des mouvements militaires en Afrique du Nord et ne se désintéresse pas de la situation dans les Balkans. En ce début d’année son emploi du temps est très chargé mais il prend le temps d’écrire aux siens. Le 6 janvier, il envoie cette lettre à sa femme Yvonne qui se trouve à Ellesmere au Pays de Galle. Très tendre, il l’intitule : « Ma chère petite femme chérie ». Le général se confie : « Je reçois ce matin ta lettre du 3 et j’en suis heureux. Viens à la fin de la semaine et téléphone-moi le jour et l’heure. J’ai beaucoup à faire en ce moment et me trouve dans de grandes difficultés. Les Anglais sont des alliés vaillants et solides mais bien fatigants ». Il précise également qu’un renfort de choix est arrivé : « Le colonel Petit est auprès de moi. J’en suis content car j’avais besoin d’un chef d’état-major expérimenté et sûr ». Le même jour et de manière à améliorer le fonctionnement de son état-major et de démontrer aux Britanniques sa fonctionnalité opérationnelle pour mieux intégrer les FFL partout où l’on se bat, de Gaulle finalise les choses. Comme commandant en chef des Forces françaises libres, il a directement sous ses ordres le général haut-commissaire de la France libre en Orient pour ce qui concerne l’exercice de son commandement militaire. Il a de même autorité sur le vice-amiral, commandant des Forces navales françaises libres et provisoirement les forces aériennes qui vient d’être accusé à tort par les Anglais. Il exerce aussi son autorité sur le général haut-commissaire de l’Afrique française libre et commandant supérieur des troupes de l’Afrique française libre pour ce qui est l’exercice de son commandement militaire. Il se prévaut des mêmes compétences auprès de l’officier général ou supérieur commandant les forces terrestres en Grande-Bretagne et auprès de celui qui exerce des responsabilités équivalentes auprès des troupes du Pacifique.

    Cette clarification est aussi l’occasion de présenter l’état-major dans ses structures générales. Il est composé en toute logique d’officiers des armes de terre, de mer et de l’air. Il est constitué de la manière suivante : un chef d’état-major, un sous-chef d’état-major, un premier bureau qui comprend l’organisation générale, les effectifs, le personnel, les promotions, les mutations, les décorations, le recrutement. Un deuxième bureau a en charge toutes les questions relatives aux renseignements. De Gaulle ne donne pas plus de détail en raison du caractère confidentiel et secret que les missions ici données exigent. Le 3e bureau est destiné à réaliser les études des opérations combinées à mener à bien et à rédiger les directives générales en particulier destinées à la formation et à l’instruction des troupes dévolues à la libération de la France. Le 4e bureau reçoit toutes les tâches de services, de transports ainsi que l’entretien des différentes bases des FFL.

    Enfin est mise en place un commandement de quartier général. On retrouve dans cette dernière structure, le directeur de l’intendance, le chef du service des fabrications et de l’armement, l’inspecteur du service de santé, l’aumônier général. On précise également que le courrier comme le service de sécurité relèvent directement du chef d’état-major.

    Il y a urgence dans tous les domaines propres à cette architecture de commandement. A peine annoncée, la question de l’intégration d’Autrichiens dans la Légion étrangère est évoquée. Pour le général : « Rien ne s’oppose à ce que des Autrichiens soient engagés à la Légion sous réserve que les conditions habituelles soient observées ». La raison en est simple. De Gaulle a plusieurs fois affirmé depuis juin 1940 que les Autrichiens opprimés désireux de s’affranchir du joug du Reich devaient être accueillis comme les autres, si l’authenticité de leur engagement était vérifiée. Le renforcement des effectifs est important. Le général tient à ce que le gouvernement britannique mesure bien que le gaullisme étend son influence et que les valeurs qu’il affiche motivent des jeunes pour rejoindre le combat et le drapeau à croix de Lorraine. Comme le général le confie toujours le 6 janvier à Elisabeth de Miribel qui se trouve alors en mission au Canada : « Ici, les choses vont à peu-près. Il faut toujours porter sur son dos la montagne. En Afrique tout est très bien dans notre morceau d’Empire. En France, nous avons pris le premier plan ».

    Textes : Hervé Chabaud _h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union110108a - Marne
    ALGERIE : Cherté de la vie Algérie : le désespoir des émeutiers : Lourdes tensions : La tension persiste en Tunisie

    A Al-Harrach, dans la banlieue d’Alger, des centaines de manifestants face aux forces de l’ordre.
  •  Agrandir la photo
  • DE nouvelles émeutes contre la cherté de la vie et le chômage ont éclaté hier à Alger et dans l’est de l’Algérie, où la présence policière a été renforcée aux abords de mosquées et sur les grandes artères des principales agglomérations.

    Un journaliste de Reuters a constaté le maintien d’effectifs importants de policiers en tenue anti-émeutes et équipés de grenades lacrymogènes et de matraques autour des principales mosquées et avenues d’Alger.

    Dans le quartier populaire de Belcourt, les troubles ont repris après la prière hebdomadaire. Des jeunes gens ont lancé des pierres sur les policiers et bloqué des accès.

    Selon l’agence de presse officielle APS, des manifestants ont saccagé dans la nuit des édifices publics, des succursales de banque et des bureaux de poste dans plusieurs villes de l’Est, dont Constantine, ainsi qu’à Jijel, Sétif et Bouira.

    « L’agitation a repris à Ras el Oued hier matin […] Des édifices d’intérêt public ont été gravement endommagés comme ceux de la Sonelgaz, des sièges communaux, de la direction des impôts […] ainsi que plusieurs établissements scolaires », écrit l’APS.

    « Désir de changement »

    Des émeutes ont également éclaté hier après-midi à Annaba, à un demi-millier de km à l’est d’Alger, et à Laghouat, à 700 km au sud, d’après le récit de témoins.

    Les cités pétrolières du Sud sont, en revanche, épargnées pour le moment. « Tout est normal à Hassi Messaoud, le calme règne », a déclaré un habitant du plus grand centre pétrolier du Sahara algérien.

    La Fédération algérienne de football a, de son côté, annoncé le report des matches de championnat pour éviter la tenue d’éventuels rassemblements, proscrits dans le pays depuis l’instauration d’un état d’urgence en 1992.

    Pour des analystes, ces troubles sont loin pour le moment de plonger le pays dans l’agitation politique des années 1990 qui avait été le prélude à dix ans d’une guerre civile sanglante.

    En début de semaine, des centaines de jeunes se sont affrontés aux forces de l’ordre dans plusieurs villes et ont saccagé des magasins dans la capitale. Mercredi, les policiers anti-émeutes ont dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes des jeunes gens dans le quartier de Bab el Oued, théâtre des plus violents heurts.

    Les prix de la farine et de l’huile de table ont doublé ces derniers mois pour atteindre des niveaux record. Le kilo de sucre, qui valait 70 dinars il y a quelques mois, en coûte désormais 150.

    Peu après les premières émeutes, mercredi soir, dans la capitale, le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, avait déclaré aux médias d’Etat que les prix du sucre et de l’huile de table baisseraient « dans les jours qui viennent ».

    Le Conseil des ministres se réunira aujourd’hui en séance extraordinaire pour débattre de la question des prix.

    Le taux de chômage se situe officiellement autour de 10 %, près de 25 % à en croire des organisations indépendantes. Les statistiques officielles font état d’un taux d’inflation de 4,2 % en novembre après avoir atteint 5,1 % en juillet 2010.

    « Sans une force politique ou sociale derrière les émeutiers, ce sera très difficile pour ce mouvement spontané de durer », estime Mohamed Lagab, analyste politique et maître de conférence à l’université. Pour lui, les Algériens expriment à travers ces émeutes un désir de « changement, de liberté et de développement ».

    De leur côté, les islamistes salafistes se sont déclarés hostiles au mouvement en cours. « Nous sommes contre des soulèvements. Ce n’est pas la meilleure façon de changer les choses », a déclaré le cheikh Abdelfateh Zeraoui, un prédicateur réputé à Alger.

    Le gouvernement a, pour sa part, annoncé un plan d’investissement d’un montant de 286 milliards de dollars dans les quatre ans à venir visant à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie. Le président Abdelaziz Bouteflika a également promis un million de nouveaux logements d’ici 2014.

    L’augmentation inconsidérée de produits de première nécessité est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des insatisfactions des Algériens. La raison de la colère et des violences qui se sont multipliées dans les quartiers populaires d’Alger résulte d’un mal vivre amplifié par les passe-droits et la corruption institutionnalisée. Dans un pays où les trois-quarts de la population ont moins de 30 ans, la réaction brutale des forces vives du pays n’est pas une surprise. L’autisme gouvernemental et la faculté de mobiliser toutes les forces militaires et de police pour faire disparaître tout ce qui peut être dissimulé des affrontements et pas seulement à Bab el Oued, témoignent d’une volonté politique de minimiser les incidents pour mieux prendre le contre-pied des informations alarmantes venues de l’étranger. C’est pourtant bien d’un climat de guerre civile larvée dont il s’agit et personne ne peut prendre à la légère cette poussée de fièvre au bord de la Méditerranée. La capacité à réprimer comme à interpeller les fauteurs de troubles existe. Le régime de Bouteflika est à bout de souffle et le président incarne un parti ridé par un conservatisme sclérosant. En cherchant à faire peser sur les autres les difficultés réelles du pays, le pouvoir algérien s’est affranchi de l’obligation de se regarder dans le miroir pour mieux identifier ses insuffisances et oser quelques pas de modernité.

    En s’enfermant dans leurs certitudes, les autorités d’Alger concourent à entretenir une tension sociétale prompte à réveiller l’appétit d’islamistes prêts à tous les opportunismes. Ce ne sont pas quelques petits arrangements avec des centrales d’achats, des grossistes et des livreurs qui vont modifier le fond du problème.

    Par Hervé CHABAUD

    Précurseur des heurts qui secouent actuellement l’Algérie, la Tunisie est, depuis trois semaines, en proie à des manifestations. Défilés dans les rues, grève des avocats, tentatives de suicide et arrestations d’internautes, l’agitation sociale s’est poursuivie ces jours-ci malgré des mesures d’apaisement annoncées par le gouvernement.

    Tout est parti de Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis), où la plupart des lycées et collèges étaient en grève en décembre au lendemain de l’enterrement de Mohamed Bouaziz, un responsable syndical local.

    Le jeune homme, âgé de 26 ans, s’était immolé le 17 décembre pour protester contre la saisie de son étal de primeurs par des agents municipaux. Il était venu vendre des produits de la ferme dans le centre de la ville. Il est devenu le symbole d’une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés qui ne voient aucune perspective d’emploi après leurs études.

    Le mouvement, qui s’est étendu depuis à d’autres régions enclavées du centre et du sud-ouest, a gagné ce jeudi des localités du littoral-est plus nanti.

    ***********************************

    Union110106b - Marne
    LOISY-SUR-MARNE : Officier de la Légion d’honneur il y a 47 ans : Renée Germémont, une grande dame de la Résistance

    Renée Germémont a été promue officier de la Légion d’honneur il y a 47 ans, le 7 janvier 1964.
  •  Agrandir la photo

  • Demain, cela fera 47 ans que Renée Germémont a été promue officier de la légion d’honneur. C’était le 7 janvier 1964 précisément. L’occasion de rappeler qui elle était.

    Renée Germémont aurait fêté ses 100 ans l’an dernier. Née le 15 décembre 1910 à Courmelois, cette enfant du pays fut une grande résistante de la cité rose.

    Déportée, elle est entrée dans le réseau de résistance Robin-Buckmaster de Loisy-sur-Marne en 1943.

    Elle est chargée des liaisons et de ravitailler le maquis. Ce réseau avait pour mission de récupérer des armes et des munitions avant de les distribuer aux résistants de la région.

    Cependant, la Gestapo voulut récupérer ces armes et venait tous les jours terroriser la population.

    En août 1943 a lieu le sabotage de la voie ferrée à 500 mètres de la gare. Le trafic est suspendu pendant 24 heures. En septembre, commence alors l’arrestation de résistants de Loisy. Renée Germémont sert d’intermédiaire entre les autres maquisards et le chef Maurice Dargelas qui se tient dans le Maquis.

    En pleine nuit, elle le prévient de nouvelles arrestations de plusieurs membres du groupe, malgré la surveillance des Allemands.

    Renée Germémont est arrêtée sur dénonciation par la Gestapo le 23 octobre 1943, à 5 heures du matin, à son domicile de Loisy-sur-Marne. Elle laisse ses deux fils déjà orphelins âgés de 8 et 12 ans.

    Emmenée à la prison de Châlons-sur-Marne, elle est internée jusqu’au 28 janvier 1944. Elle est ensuite conduite à Compiègne. Elle est déportée dans un train à bestiaux au camp de concentration de Ravensbrück, sous le matricule 27.124.

    En décembre 1944, elle est transférée au camp de Holleischen en Tchécoslovaquie jusqu’au 23 mai 1945 sous le matricule 50.324. Elle a vécu l’enfer concentrationnaire pendant dix-neuf mois.

    Quelques jours après la libération du camp par les Américains, elle revient à Loisy-sur-Marne avec son habit de déportée sur le dos. Sa tenue de déportée est actuellement conservée par l’une de ses petites-filles.

    Un témoignage important

    De nature discrète et dévouée, Renée Germémont était un exemple pour les siens.

    Ancienne résistante et déportée donc, ancien sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes, elle aurait fêté ses 100 ans en famille à Loisy-sur-Marne.

    Elle a vécu ses dernières années entourées de son fils, Pierre, de sa belle-fille et de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. C’était une femme formidable qui ne parlait de cette époque pour que les générations futures n’oublient pas. Son témoignage devait servir à comprendre ce qu’a été l’horreur du système concentrationnaire nazi. Elle a imprégné sa famille de son vécu et tenait à ce qu’on n’ignore pas l’horreur des camps.

    En 1996, à 86 ans, elle a évoqué la déportation devant des écoliers de CE2, à l’école Jules-Ferry de Châlons-en-Champagne parmi les élèves, figurait l’un de ses arrière-petits-fils. Les camarades de ce dernier se rappellent encore aujourd’hui l’émotion ressentie à l’écoute de ce témoignage, véritable leçon d’histoire vivante pour tous.

    Cependant, toujours de nature optimiste, elle racontait la complicité avec les autres déportées et, avec toujours beaucoup de nostalgie, celle avec son amie israélite.

    De nombreuses distinctions

    Citée à l’Ordre de l’armée, Renée Germémont a reçu la médaille de la Résistance, la médaille des déportés et la Croix de Guerre 39/45 avec 2 Palmes le 14 janvier 1948.

    Elle a été nommée au grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur le 17 janvier 1962.

    Elle fut promue officier de la Légion d’honneur par décret du 7 janvier 1964 et reçut cette distinction des mains de son parrain le lieutenant-colonel Trioulet : « C’est une agréable mission qui m’a été confiée que de vous recevoir ce jour dans la Légion d’honneur, une distinction bien méritée par la résistante de la première heure que vous avez été », avait déclaré à l’époque le colonel.

    Elle fut également nommée commandeur de l’ordre Franco-Britannique dans les années 70. Décédée en mai 2007, elle est la seule personne à Loisy-sur-Marne avec de telles distinctions.

    ***********************************

    Union110106a - Marne
    REIMS : 6e édition du festival du film antifasciste de Reims

    « Pour nous, la culture est une très bonne arme pour lutter contre les discriminations,le racisme et les idéaux nationalistes et franchouillards », dixit Élodie Lebourcq.
  •  Agrandir la photo
  • La programmation du 6e festival antifasciste le fait entrer dans la cour des grands avec des longs-métrages et des invités à ne pas manquer.

    « POUR nous, la culture est une très bonne arme pour lutter contre les discriminations, le racisme et les idéaux nationalistes et franchouillards », prévient Élodie Lebourcq, la présidente du Collectif de lutte antifasciste (ex-Ras-le-front). L’affiche du festival, qui représente un Jean Mineur lançant sa faucille vers une croix celtique, symbolise ce travail de la culture combattant le repli identitaire.

    Au fil des années - c’est sa 6e édition -, le festival a bien grandi. Il dure aujourd’hui quinze jours, mais surtout la qualité des œuvres offertes au public en fait un vrai rendez-vous ouvert à tous et plus aux seuls militants de gauche.

    « On n’avait pas envie de se restreindre aux documentaires, le festival compte cette année autant de fictions que de documentaires et de nouvelles formes d’œuvres, comme une cyber enquête, ainsi qu’un film tourné à Reims, spécifiquement pour le festival, sur les difficultés d’application de la loi Veil sur l’IVG dans notre ville. »

    Le cinéma Opéra partenaire

    « Notre objectif est de faire réfléchir le grand public en allant au-delà du cercle militant et de le faire si possible avec des films agréables à regarder, comme « Le Labyrinthe de Pan » et plein d’autres. »

    Le pari est en passe d’être gagné grâce à l’arrivée de nouveaux partenaires, comme par exemple le cinéma Opéra et la présence d’invités rares comme Pierre Carles, empêcheur de copiner tranquille et réalisateur du documentaire « Fin de concession » sur le renouvellement de la concession de la première chaîne de télévision française. Edifiant.

    Alexandre ROGER

    Un programme pour se réveiller

    Samedi 15 janvier

    Dupont Lajoie (participation aux frais : 2 €)

    A 18 h 30, maison de quartier Maison-Blanche, 41, rue des Bouches-du-Rhône.

    Drame social (1975). Inspiré par la vague de meurtres racistes commis dans le sud de la France au début des années 70, Yves Boisset nous livre à travers ce film une peinture sans complaisance de gens ordinaires qui, dans une sorte d’hystérie collective, se laissent gagner par le racisme le plus primaire. Une démonstration imparable !

    Dimanche 16 janvier

    Projection en appartement à 18 heures. Réservation : CLA@rlfreims.lautre.net Pour tous les amoureux de séries TV alliant kitsh, reptiles et antifascisme.

    Lundi 17 janvier

    Le Labyrinthe de Pan

    Entrée : 6 €. À 20 h 30 au cinéma Opéra. Projection suivie d’une discussion animée par Didier Martz.

    Conte fantastique (2006). Espagne, 1944, la jeune Ofelia suit sa mère remariée avec un terrible capitaine de l’armée franquiste. Guidée par un étrange insecte, la jeune fille découvre, au cœur d’un labyrinthe voisin, un faune qui lui fait une révélation. Avec ce film, Guillermo del Toro met en parallèle le monde des contes de fées et celui de la cruauté humaine, les deux univers se répondant sans cesse.

    Seconde séance le 18 janvier à 21 heures.

    Mardi 18 janvier

    Le Silence des nanos (participation aux frais).

    Projection suivie d’une discussion à 18 heures. Au Comptoir des rêves, 6, rue du Barbâtre.

    Cyberdocumentaire (2008). De lien en lien, Julien Colin nous fait découvrir l’histoire de ces technologies émergentes, les visions et les rêves dont elles procèdent ou qu’elles génèrent. En ressort alors une multitude de questions économiques, sociales et éthiques.

    Mercredi 19 janvier

    Victor (gratuit)

    A 14 heures, à la Maison de la vie associative, 122, rue du Barbâtre (salle 101).

    Témoignage (2009). En Argentine, 30 000 personnes ont disparu sous la dictature militaire. Victor Basterra est l’un des rares survivants des camps de détention du régime. Témoin clé, il revient aujourd’hui sur sa détention, son travail de mémoire et sa résistance.

    Persepolis (gratuit)

    A 17 h 30 à la maison de quartier Maison-Blanche, 41, rue des Bouches-du-Rhône. Film d’animation (2007). Téhéran, 1978, la petite Marjane suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du shah. Avec l’instauration de la République islamique débute le temps des commissaires de la révolution, qui contrôlent tenues et comportements.

    Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression devient chaque jour plus sévère. Sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche où elle y vit sa deuxième révolution : l’adolescence mais aussi l’exil, la solitude et la différence. Cette histoire bouleversante racontée avec un humour féroce est issue de la fameuse BD de Marjane Satrapi.

    Jeudi 20 janvier

    Ulysse clandestin (participation aux frais)

    A 18 heures à la médiathèque Falala (auditorium). En présence du réalisateur, Thomas Lacoste.

    Documentaire + court-métrage (2010). La création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, le débat sur l’identité nationale et toutes les dérives verbales qui l’ont accompagné… comment en est-on arrivé là ? Comprendre les enchaînements qui conduisent à cette régression, comprendre le contexte dans lequel se déploie ce nationalisme dangereux en France et un peu partout en Europe. Interroger la récurrence et les usages des thématiques racistes, notamment dans les périodes où le capitalisme entre en crise. Combattre cet amalgame entre immigration et insécurité.

    En partenariat avec Attac Reims.

    Vendredi 21 janvier

    Punishment Park (gratuit)

    A 20 h 30/Le Cri du Peuple, 67, avenue Jean-Jaurès. Projection suivie d’une discussion.

    Fable politique (1971). La guerre du Vietnam s’enlise. Face à la contestation pacifiste, Richard Nixon décrète l’état d’urgence. Militants des droits civiques, anarchistes, objecteurs de conscience ou encore féministes sont arrêtés et conduits devant un tribunal exceptionnel. Au terme d’une procédure sommaire, ils sont condamnés lourdement.

    Ils peuvent cependant échanger leur peine contre un séjour à Punishment park. Peter Watkins explore les conséquences que le McCarren Act, autorisant à placer en détention « toute personne susceptible de porter atteinte à la sécurité intérieure », aurait pu avoir.

    Samedi 22 janvier

    Fin de concession (gratuit)

    A 17 h 30, Espace Louise-Michel, 1, place Lili et Nadia-Boulanger (quartier Wilson). En présence du réalisateur Pierre Carles.

    Enquête (2010). Avec ce troisième volet, Pierre Carles poursuit une critique aiguë des médias français. Après Pas vu, pas pris et Enfin pris, il s’interroge sur la privatisation de TF1 et sa concession renouvelée automatiquement depuis 1987. Mais face aux nouveaux gardiens du PAF, il se voit dans l’obligation de battre le rappel de ses amis et de changer de méthode… Dorénavant, finies les concessions !

    Lundi 24 janvier

    4 mois, 3 semaines, 2 jours (gratuit) + Film de L’Alternative tourné à Reims

    A 18 heures à la Maison de la vie associative, 122, rue du Barbâtre (salle 101). Projection et rencontre avec les associations féministes rémoises.

    Fiction (2007). Roumanie, fin du règne de Ceausescu, une étudiante tente de se faire avorter avec l’aide de sa colocataire. Avec ce film poignant, le Roumain Cristian Mungiu présente l’avortement comme un moyen de contrôle de sa féminité et de son corps, mais aussi comme un acte de résistance contre la dictature en place.

    Mercredi 26 janvier

    Walter, retour en résistance (gratuit)

    A 14 heures à la Maison de la vie associative, 122, rue du Barbâtre (salle 101). Témoignage (2010). Gilles Perret place sa caméra dans les pas de Walter Bassan, résistant déporté à Dachau. Il s’interroge sur ce que nous avons fait des idéaux du Conseil national de la Résistance. Ce documentaire révèle l’actualité, l’importance et la nécessité d’une résistance au quotidien.

    Jeudi 27 janvier

    Spécial étudiant (gratuit)

    A midi à la faculté de lettres. Sélection de courts métrages sur les questions de genre. En partenariat avec Homozygote.

    Vendredi 28 janvier

    La Cité des Roms

    A 20 heures, à l’auditorium de la médiathèque Falala. Projection suivie d’une discussion. Documentaire (2009). À contre-courant d’une sempiternelle approche folklorique ou misérabiliste, Frédéric Castaignède nous présente la chronique d’un ghetto rom, celui de Nadejda en Bulgarie.

    Métaphore de l’apartheid qui frappe aujourd’hui l’immense majorité des Roms d’Europe, mais aussi parabole d’un combat universel contre toutes les formes de discrimination raciale. En partenariat avec Attac Reims.

    Samedi 29 janvier

    Concert de soutien (participation aux frais : 5 €)

    A 20 h 30 à l’espace Apollinaire (quartier Val-de-Murigny).

    Festival du film antifasciste, du 15 au 29 janvier. Plus d’infos sur : clareims.canalblog.com

    Le pass du festival qui donne l’accès à toutes les projections coûte 10 euros. Il est en vente

  •  à la permanence du collectif (Maison de la vie associative)
  •  au Comptoir des rêves (5, rue du Barbâtre)
  •  au Cri du Peuple (67, rue Jean-Jaurès)

    http://clareims.canalblog.com/

    Collectif de lutte antifasciste/
    Maison de la vie associative, boîte 214-006. 122 bis, rue du Barbâtre, 51100 REIMS

    ***********************************

    Union110102b - Marne
    BOISSY-LE-REPOS : Il rend hommage à sa commune : A la mémoire des disparus

    Paul Bachelard présente son livre.
  •  Agrandir la photo

  • « AU cours d’une cérémonie commémorative du 11 novembre, à l’appel des disparus, j’ai eu une idée ».

    Cette idée, pour Paul Bachelard, était d’écrire un livre traitant des hommes de Boissy-le-Repos, son village, mort pour la France.

    Cinq ans après, l’ouvrage est terminé. L’objectif est aujourd’hui de « pouvoir en distribuer un exemplaire à chaque Boissyfontain ».

    Malheureusement, le coût de l’édition est trop important et l’auteur est à la recherche d’une solution permettant de faire ce cadeau à tous les habitants.

    Un itinéraire au jour le jour

    « Je ne suis pas un historien. Juste un passionné et c’est la première chose que j’explique dans ce livre. » Le travail de recherche est conséquent.

    Des carnets de bord de tous les bataillons français engagés dans les guerres successives tenues à Fontainebleau aux cimetières militaires de la Somme et du Pas-de-Calais, Paul Bachelard a retracé le parcours des quinze Boissyfontains mentionnés sur le monument aux morts de la commune jusqu’à leur lieu de dernier repos.

    Contre la folie

    Qu’ils aient péri lors de la Grande Guerre, de la seconde guerre mondiale, de celle d’Indochine ou d’Algérie, on y retrouve tous leurs états de service.

    « Le but n’était pas de faire l’éloge de héros ou de martyrs. » Ce sont les mots qui lui viennent à l’esprit lorsqu’il parle de sa démarche. « Plutôt de montrer à tout le monde et aux plus jeunes en particulier jusqu’où peut mener la folie de la guerre. De montrer qu’au-delà des morts sur le champ de bataille, les dégâts dans les familles ont été considérables au sein des différents camps qui s’affrontaient. »

    À cette fin, on retrouve également un résumé chronologique des conflits évoqués avec quelques anecdotes concernant la région.

    Ainsi, on peut y trouver la lettre d’un poilu destinée, après-guerre, au maire de Boissy, racontant les circonstances de la bataille de Charleville lors des premiers jours du mois de septembre 1914. six cents hommes avaient péri et un bon nombre s’était retrouvé alité dans tous les bâtiments disponibles de la commune en attente d’être rapatrié vers des hôpitaux disponibles.

    Un livre destiné, comme son titre l’indique, « Aux enfants de Boissy, d’hier, d’aujourd’hui et de demain. »

    Vianney PANNET

    ***********************************

    Union110102a - Marne
    HISTOIRE : 1941

    ……….

    Des vœux de combat

    Pétain s’affiche sur le calendrier des postes de 1941
  •  Agrandir la photo

  • Il faut encore renforcer les ralliements et les engagements de jeunes recrues. De nouvelles signatures qui font plaisir.
  •  Agrandir la photo

  • NOUVEL AN. La réalité de la guerre n’empêche pas le général de Gaulle d’adresser ses vœux aux Français et de leur demander dès le 1er janvier un acte de résistance.

    Le 28 décembre 1940, le chef de la France libre choisit de s’adresser aux Français pour qu’ils ne perdent pas espoir et se tiennent sur les fonts baptismaux de la libération. Quelle est la vérité dans l’Hexagone en partie occupé ? « La réalité, c’est l’ennemi. L’ennemi exploitant la servitude pour exiger plus de servitude. L’ennemi pressant les collaborateurs pour en tirer plus de collaboration. L’ennemi jouant du déshonneur pour imposer plus de déshonneur ». Cette description dynamique exige un sursaut pour ne pas subir, chaque jour un peu plus l’esclavage nazi. Face à cette France affaissée dotée d’un gouvernement aux ordres de Berlin, les Français libres ne doivent pas rester inertes : « Nous avons le droit et le devoir de parler ferme et de parler haut. Nous en avons le droit car nous n’avons jamais subi la loi de l’ennemi ». Le général rappelle l’implication désormais au front des FFL auprès des troupes britanniques dans l’œuvre de reconquête et de libération. Il prévient : « La France livrée, écrasée, bâillonnée, ne parle que par notre voix ». Qu’on ne compte pas en 1941 sur les gaullistes pour baisser le ton. Le choix de l’offensive sur le front, sur les ondes, dans les territoires occupés témoigne de l’envie d’approfondir le combat contre l’occupant et le gouvernement de Vichy .

    « Nous proclamons que l’ennemi est l’ennemi. Quand l’Allemand est à Paris, à Bordeaux, à Lille, à Reims, à Strasbourg, quand l’Allemand et l’Italien prétendent dicter leur loi à la nation française, il n’y a rien à faire que de combattre. Traiter avec les ennemis, accepter leur contrôle, collaborer avec eux, c’est au sens propre du terme, trahir la patrie ».

    De Gaulle profite de cette intervention pour redire ce qui a son avis a provoqué la défaite. Il n’évoque, comme dans l’appel du 18-Juin, que la perte d’une bataille et martèle avec une voix puissante et déterminée comme au premier jour : « La France, elle n’a pas perdu la guerre ». Il reprend ses arguments ce qui confirme la constance de son analyse et de l’appréciation des événements : « Cette guerre est une guerre mondiale ». Avant de justifier son optimisme et de démontrer comment les choses peuvent basculer : « Si l’ennemi a pu d’abord remporter des victoires, il n’a pas gagné, il le sait bien. Déjà de durs revers le frappent. Et dans le monde entier des forces immenses se lèvent pour l’écraser ». Enthousiaste, de Gaulle remarque l’évolution des mentalités : « Cela a été compris par tous les alliés de la France, Polonais, Tchécoslovaques, Hollandais, Belges, Norvégiens, Luxembourgeois, Grecs ». Pour mieux fustiger les positions de Vichy, il ajoute : « Pas un seul gouvernement des Etats belligérants n’a traité avec l’ennemi. Pas un seul, excepté celui qui se dit le gouvernement de la France ».

    DE GAULLE ENCOURAGE À REPRENDRE LA LUTTE

    Le général de Gaulle dessine quelques perspectives pour favoriser de nouveaux basculements. Il considère que, dans l’action, la France doit jouer un rôle décisif. « Notre Empire est intact. A l’heure même où je parle, si notre Afrique du Nord, notre Syrie, notre flotte combattaient pour la France, la grande bataille de Méditerranée se terminerait d’un seul coup par une grande victoire française ». C’est confiant qu’il encourage les citoyens à reprendre la lutte : « Partout où des Français, quels que soient leur poste, leurgrade, leurs opinions voudront reprendre la lutte pour la France, nous serons avec eux sans délai et sans condition ». Il ne ferme pas la porte à ceux qui dans un premier temps ont pu croire à la sincérité du maréchal et désormais veulent rejoindre les FFL : « Nous proclamons que tous les chefs français quelles qu’aient pu être leurs fautes, qui décideront de tirer l’épée qu’ils ont remise au four-reau, nous trouveront à leurs côtés sans exclusive et sans ambition. Nous proclamons que si l’Afrique française se lève enfin pour faire la guerre, nous ferons corps avec elle par notre morceau d’Empire ».

    Le chef des Français libres suggère à ses compatriotes de commencer l’année en manifestant leur défiance à l’égard de l’occupant et du gouvernement de Vichy : « Le 1er janvier, en observant l’heure d’espérance, en s’abstenant de paraître au-dehors de 14 heures à 15 heures pour la France non-occupée, de 15 heures à 16 heures pour la France occupée, en faisant pendant ces soixante minutes le vide dans les rues de nos villes et de nos villages, tous les Français montreront à l’ennemi qu’ils ne le tiennent que pour l’ennemi. Par cet immense plébiscite du silence, la France fera connaître au monde qu’elle ne voit son avenir que dans la liberté sagrandeur que dans l’indépendance, son salut que dans la victoire ». C’est avec une déclaration de la même veine que le 30 décembre, le gouverneur général Bru-not s’adresse aux Français de l’Empire. Il justifie cette déclaration solennelle : « Parce que je suis le doyen des administrateurs coloniaux, parce que je suis à Londres aux ordres du chef des Français libres, je porte cet appel aux soixante millions de Français de l’Empire ». Il supplie tous ceux qui hésitent encore de reprendre la lutte et salue les beaux exemples d’engagement déjà constatés. Il se veut lui aussi confiant : « Le premier jour de cette année 1941 qui sera l’année du redressement qui doit précéder la Victoire, vous affirmerez votre foi dans le vrai destin de la France par une manifestation silencieuse et symbolique ». C’est pourquoi il souhaite que les Français de l’Empire observent cette même heure d’enfermement chez eux, de 14 à 15 heures. Et il leur recommande : « Pensez à la France, à la douce France, à la vraie France que notre chef, le général de Gaulle représente seul, aujourd’hui, et qui toujours vous chérit du même amour fraternel ». Le Nouvel an est encore le moment choisi par d’autres figures gaullistes pour ajouter aux propos du général leurs propres certitudes qui donnent encore plus de poids au message initial. Comment passer à côté des convictions réitérées du gouverneur général de l’Afrique équatoriale française, Félix Eboué ? : « De la capitale de l’AEF, plus française aujourd’hui que jamais, j’adresse au peuple de France, au nom des populations noires élevées, grâce à lui, à la dignité des hommes libres, l’assurance d’une fidélité renforcée dans l’épreuve et la promesse d’aider de toute leur force à la libération ». C’est Henri Sautot, haut-commissaire des Etablissements français du Pacifique qui formule ses souhaits : « Colons, soldats, marins et fonctionnai-res français, unis aux habitants des îles en une même inébranlable foi dans les destins du pays, adressent par ma voix, leurs vœux respectueux au général de Gaulle qui incarne aujourd’hui l’âme de la patrie. Ils pensent avec douleur à leurs compatriotes malheureux et, au seuil de l’an nouveau, veulent leur redire encore la certitude de la victoire ». Le capitaine de frégate d’Argenlieu, commandant les Forces françaises libres sur les côtes d’Afrique n’est pas en reste : « Les équipages des navires de guerre et des bâtiments de commerce de la France libre se joignent à moi pour vous exprimer en cette fin d’année leur fidélité et leur résolution de poursuivre jusqu’au bout le combat pour la libération. Ils adressent au peuple de France leurs seuls vœux qu’il vaille la peine de formuler : courage, confiance et patience. Nous vaincrons sous le signe de la croix de Lorraine ».


    ……….

    Des bombes sur la City

    Les bombardiers allemands s’en prennent à la City de Londres : les dégâts sont considérables.
  •  Agrandir la photo

  • Bombes incendiaires et bombes explosives ravagent des trésors de l’architecture londonienne.
  •  Agrandir la photo

  • Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 décembre 1940, Londres subit un bombardement d’une intensité inouïe qui sonne comme un avertissement du Reich à quelques heures de la Nouvelle année. C’est le choix de Goering pour affirmer que 1941 sera l’an de l’effondrement de la Grande-Bretagne. C’est principalement le cœur historique de Londres, la City qui est touché. Des maisons anciennes, des monuments sont anéantis. La RAF communique quelques informations sur ce puissant raid aérien ennemi. Ce sont 136 bombardiers de la Luftwaffe qui ont déversé 22 000 bombes incendiaires sur la capitale. Les Luftflotte 2 et 3 ont opéré en parfaite coordination. Le gigantesque brasier qui s’en est suivi a détruit huit églises de Wren, le tribunal d’Old Bailey ainsi que trois hôpitaux. Guildhall, le siège du gouvernement de la City n’est plus qu’une ruine géante et les rues sont jonchées de gravats. Les bureaux du grand quotidien « Daily Telegraph » situés dans Fleet street sont dévastés. Les avions ennemis ont également largué des bombes explosives. Les experts anglais pensent que plus de cent tonnes ont été déversées sur la ville.

    L’un des premiers commentaires d’un reporter qui se rend sur les lieux immédiatement après le drame résume ainsi ce qu’il voit : « Il est plus facile d’énumérer les bâtiments encore debout que de faire l’inventaire de tous les immeubles qui ont été saccagés, dévastés, incendiés et se sont écroulés sous l’intensité de la chaleur. Des flammes gigantesques parviennent à communiquer des incendies de l’autre côté d’une rue. C’est impressionnant ». Saint-Paul semble épargnée au milieu des ruines fumantes des maisons voisines. Plus une n’est debout ! Dans la cathédrale des cierges de Noël brûlent encore. La radio allemande multiplie dans le même temps les communiqués de victoire et assure que Londres est en flamme et que bientôt la ville ne sera plus qu’un : « terril de cendres ». La BBC réplique et dénonce les mensonges diffusés sur les ondes ennemies. La Banque d’Angleterre est intacte. Il en est de même pour Mansion House. En revanche, les Anglais admettent que St Bride est rasée. Ses cloches dont l’une pesait plus d’une tonne sont fracassées au sol et les statues de Gog et Magog, qu’on surnommait les sentinelles de Guildhall ont totalement disparu. Girdlers Hall nqui avait été construit au XVIe siècle ainsi que St Lawrence Jewry qui possédait les sculptures de Gibbons, sont perdus à jamais. Si certains vêtements sacerdotaux ont été préservés par le révérend Sankey, la plupart des registres paroissiaux ont brûlé. La ville de Londres mobilise 20 000 pompiers pour venir à bout des incendies. Pour Anthony Eden qui a retrouvé le ministère des Affaires étrangères après le remaniement technique du gouvernement, la tâche s’avère complexe mais il en était convaincu avant d’accepter le poste. C’est Margesson qui le remplace à la Guerre tandis que lord Halifax rejoint l’ambassade du Royaume-Uni à Washington.

    Les Britanniques ne comptent pas plier mais ils sont convaincus que le Reich n’a pas fini sa stratégie de harcèlement et de destruction des infrastructures dans le Royaume. Le président Roosevelt condamne ce bombardement de Londres. Il sait qu’il bénéficie désormais du soutien de cent cinquante personnalités emmenées par le républicain conservateur Hamilton Fish qui lui demandent de mettre en œuvre une politique à même de défaire les puissances de l’Axe.


    ……….

    Un seul souhait au cœur : la Victoire

    Philippe de Gaulle a rejoint les Forces navales françaises libres.
  •  Agrandir la photo

  • COMMUNICATION. Dans son message radiodiffusé du 1er janvier le chef de la France libre exalte le souffle de la liberté et l’envie de bouter hors de France l’ennemi devenu l’occupant.

    Entre Noël et le Jour de l’an, le général de Gaulle ne relâche pas son activité. Le nombre de télégrammes qu’il adresse à ses représentants dans l’Empire témoigne de son souci de répondre dans les meilleurs délais aux besoins en matériel et aux exigences d’une bonne coordination entre les uns et les autres. Il est tout aussi soucieux d’une parole française mieux relayée depuis Radio-Brazzaville. C’est le sens d’une note dans laquelle il observe qu’on se contente de diffuser des extraits de la presse anglaise tels que la BBC les donne. Cela ne lui convient pas. C’est pourquoi il précise : « Il faut donner à ce poste un caractère beaucoup plus français et France libre ». Pour ce faire il réclame qu’on envoie chaque jour à Brazzaville un télégramme avec les nouvelles qui concernent l’Afrique française libre : « Lui dire de faire faire de très courts mais très nets broadcasts africains sur les événements. Lui dire de composer sa partie musicale et d ’y jouer toujours Marche de Lorraine et Marseillaise. Lui dire de donner en anglais chaque jour des informations et quelquefois des commentaires très courts se rapportant à l’Afrique française libre ». Bref, le général de Gaulle soigne l’information et la communication des hommes à la croix de Lorraine. Il n’existe ici aucune défiance à l’égard des Bri-tanniques mais simplement le souhait qu’ils ne disposent pas du monopole de l’expression.

    En ces derniers jours de l’année, il prend aussi la plume pour s’adresser à son fils Philippe. Le 29 dé-cembre, il se livre avec affection : « J’ai bien pensé à toi, mon fils dont je suis fier le jour de tes dix-neuf ans. J’ai formé beaucoup de souhaits à ton intention et tu peux imaginer comment ces souhaits se résument dans l’immense drame que nous vivons ». Le chef des Français libres est heureux que son garçon soit à l’Ecole navale de Portsmouth. Il pense aussi à son habillement et espère que désormais, il réalise des sorties en mer pour mettre en pratique les apprentissages scolaires militaires : « Une canadienne et des gants t’ont été envoyés hier. Tu me diras si tu les as reçus ». Puis il lui donne son sentiment sur les événements écoulés et les comportements qu’il analyse avec finesse et sont fina-lement pour lui sans surprise : « Les gens de Vichy sont en train de choisir décidément entre le crime et le salut. D’après mes renseignements, l’opinion française et même les hommes de Pétain ont fait des progrès dans le bon sens au cours des dernières semaines. Mais tels que je les connais, personnages au fond falots et d’ailleurs très compromis par leurs précédents abandons, je serais surpris qu’ils adoptent une attitude vraiment nationale et rentrent dans la guerre. Pourtant c’est toute la question ». Le général se veut aussi rassurant puisqu’il donne au jeune marin quelques autres nouvelles de sa famille : « J’en ai de bonnes de Maman et de tes sœurs que j’irai voir le 1er janvier : Bonne année mon vieux garçon. Je t’embrasse de tout mon cœur. Ton papa très affectionné ».

    C’est toujours dans l’action qu’il se prépare à souhaiter ses vœux aux siens. Le 28 décembre dans l’un des nombreux télégrammes qu’il adresse au général de Larminat à Brazzaville, il lui rappelle pour plus de sécurité : « Faites observer autant que possible l’heure d’espérance le 1erjanvier ». Il sollicite pour la même raison le général Catroux au Caire et espère que le passage en 1941 va provoquer de nouveaux ralliements. Dans le même temps il lui confie que pour armer un deuxième bataillon en Egypte il peut adresser sans tarder un millier de fusils de 8 millimètres, douze mitrailleuses de même munition, trente fusils mitrailleurs de sept millimètres et demi, cent pistolets et revolvers, douze canons antichars de 25, le tout avec un approvisionnement notable en munitions. Il est encore certain d’obtenir quatre canons de 75 pour une batterie, si les effectifs sont disponibles pour en armer une. Et de presser son interlocuteur : « Veuillez me dire si vous pouvez utiliser cet armement à bon escient ».

    Il est très élogieux pour le général Sergej Ingr, ministre de la Défense tchécoslovaque en exil à Londres : « Je vous remercie très vivement pour les vœux qu’en votre nom et au nom de l’armée tchécoslovaque vous voulez bien m’adresser au seuil de la nouvelle année. En mon nom et au nom de mes troupes, j’y réponds avec toute l’affection que nous éprouvons pour vos glorieux soldats qui combattent pour le même idéal ». A son tour, il manifeste son envie que les liens déjà tissés soient encore renforcés : « Je souhaite que l’année nouvelle leur offre l’occasion d’ajouter de nombreux succès à ceux qu’ils ont déjà remportés dans cette guerre ». Le général évoque ainsi l’engagement des aviateurs et d’une division tchécoslovaque sur le territoire métropolitain en mai et juin 1940 avant que tous ne soient rapatriés en Grande-Bretagne. « Les sacrifices endurés côte à côte sur la terre de France n’ont fait que renforcer les sentiments d’amitié et d’estime qui unissent nos deux nations aujourd’hui éprouvées et que seule la victoire commune pourra libérer du joug de l’ennemi ».

    Tout est prêt pour qu’un message à la fois de confirmation et d’affection soit adressé en ce 1er janvier 1941 à toute la France. Le général de Gaulle est au rendez-vous de la tradition et surtout il répond à sa manière au message du 29 du maréchal Pétain : « Réunis entre Français, nous échangeons nos vœux de Nouvel an à la française. Et nous constatons aussitôt qu’à tous le même souhait vient au cœur : la Vic-toire ! ». L’occasion est trop belle pour secouer les consciences : « Ceux-là même qui, chez nous, par crainte, félonie ou désespoir affectent de proclamer le contraire n’en croient pas, c’est le cas de le dire un traître mot ». Le général résume tout le sens de ce 1er janvier : « La France n’espère et n’attend rien que de la Victoire ». L’instant est parfait pour cette piqûre de rappel destinée à ce que chacun manifeste son rejet de l’occupant et du pouvoir complice. Comme dans les jours précédents, il réitère son in-vitation : « L’heure d’espérance du 1er janvier, pendant laquelle nul Français ne paraîtra au-dehors, voici ce qu’elle voudra dire : nos provinces sont à nous, nos terres sont à nous, nos hommes sont à nous.

    Celui qui nous prend nos provinces, qui mange le blé de nos terres, qui tient nos hommes prisonniers, celui-là est l’ennemi ». Dès lors on imagine que la rhétorique gaulliste n’attend rien de ces Allemands-là, occupant la mère patrie si ce n’est : « Qu’ils s’en aillent, qu’ils s’en aillent vaincus ». De Gaulle le redit : « L’ennemi est entré chez nous par la force des armes. Un jour la force des armes chassera l’ennemi de chez nous. Rira bien qui rira le dernier ». Et de conclure magistral : « C’est cela que tous les Français vont signifier à l’ennemi en observant l’heure d’espérance ».

    On lui doit encore cette recommandation en ce premier jour de l’année : « Nourrir les prisonniers, les préserver de la maladie et du désespoir, c’est déjouer la conspiration de l’ennemi contre l’avenir de la race française ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union101226d - Marne
    SEZANNE : Comité Fnaca Anglure - Conflans-sur-Seine : Claude Leoni nous a quittés

    Claude Leoni vivait à Romilly-sur-Seine. Il est décédé à 75 ans.
  •  Agrandir la photo

  • Le comité FNACA Anglure Conflans-sur-Seine a conduit dernièrement Claude Leoni, l’un de ses adhérents, à sa dernière demeure.

    Claude effectue sa scolarité, un apprentissage en menuiserie aux établissements Lasman puis chez Boyer jusqu’à son départ pour l’armée en Algérie. Il embarque à Marseille le 9 novembre 1957 pour arriver à Alger et n’en repartir que 28 mois et 28 jours plus tard à la libération le 17 février 1960.

    A son retour, il travaille aux ateliers SNCF jusqu’à sa retraite où il s’occupait de jardinage et de fleurs.

    Il aimait la nature.

    Claude Leoni était serviable et généreux. Il y a 6 ans, pris par la maladie et hospitalisé à Villejuif, il a participé à des protocoles de recherche.

    Claude était titulaire de la carte et de la croix du Combattant, de la médaille commémorative de sécurité et maintien de l’ordre, titre de reconnaissance de la Nation.

    ***********************************

    Union101226c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Conscrits de 1960 : la classe 41 au conseil de révision : La fête avant le service

    Sur la photo, les noms des participants qui pourront s’y retrouver, au moins ceux cités dans la liste : B.Rocha, R Guillaume, J.-P. Person, J.Jussy, J. Foulain, G. Chevalier, H. Hannetel, P. Pouyet, M. Aumignon, G. Igier, J. Dauchy, M. Roucroy, A. Duhal, J. Pardis, J. Humbert, J. Rualte, J.-C. Perrin, P. Fave, R. Gouth, G. Varlet, P. Muzika, M. Ikovic, J. Grandjean, R. Aubriet, M. Tessier.
  •  Agrandir la photo

  • QUI a connu le conseil de révision, cette tradition qui date du temps du service militaire obligatoire ? En 1960, Sainte-Ménehould, chef-lieu de canton hébergeait le célèbre conseil dans sa mairie. Pierre Pouyet s’en souvient. Partie prenante de cette opération, il raconte le déroulement de la séance et les réjouissances qui en découlaient, pour une journée qui annonçait la période de leur contribution à la vie de la nation. Le conseil, pour la classe concernée, se tenait au printemps, pour une incorporation qui allait suivre à l’automne.

    Sans vêtement pendant longtemps

    Il est bon de rappeler que les jeunes gens de la classe considérée, rejoints par les ajournés des séances précédentes, étaient tenus de se présenter, les absents sans excuses étant alors d’office considérés comme aptes au Service Armé.

    Dans le déroulement de la journée, les conscrits se déshabillaient au premier dans le local des agents de ville, ne conservant sur eux qu’un slip. On peut retenir que longtemps, l’opération ne prévoyait aucun vêtement, tradition quelque peu humiliante heureusement abandonnée par la suite.

    Ils étaient admis ensuite dans l’actuelle salle des mariages où siégeaient les membres de la commission. Un jury comprenant des représentants du préfet, un membre du conseil général, le maire (Alix Buache à cette session) accompagné d’un ou plusieurs conseillers, un officier supérieur, un sous-intendant militaire, le commandant du dépôt de recrutement, un médecin militaire.

    La séance était, en principe publique. A tour de rôle, les jeunes gens, subissaient un premier examen par le médecin en blouse, stéthoscope autour du cou. L’examen était superficiel, complété par la prise de mesures, dont le passage à la toise et le poids, l’auscultation rapide. On notait les imperfections visibles. L’examen médical était complété par la prise en note du niveau d’instruction. Avec le premier dossier établi, en fin d’examen, le jury prononçait son verdict : on était « Bon pour le Service armé », ou « Service auxiliaire », ou « Réformé ».

    Un verdict qui à l’époque faisait date pour la vie professionnelle du convoqué, le dernier étant heureusement exceptionnel.

    Vendeurs de cocardes

    À l’issue de l’épreuve, les conscrits quittaient la mairie pour subir l’assaut bien préparé des vendeurs de cocardes en place. Le modèle le plus courant était le nœud papillon tricolore prolongé par deux rubans et agrafé au revers de la veste. La broche en métal portait le « Bon pour le service armé », verdict triomphant de la journée. Ainsi classés et décorés, nos futurs soldats, rassemblés sur la place se plaçaient devant le monument aux morts pour la photo classique. Mme Ragon, correspondante de l’union, était l’opératrice du jour. Formés en monôme, ils entamaient alors un joyeux tour de ville en chantant pour informer la population de l’événement. Le tour se prolongeait par un investissement pacifique et rigolard du Quartier Valmy. Le préposé au portail, après avoir prévenu les officiers des deux établissements, soulevait la barrière. Le cortège, toujours en chansons, effectuait le tour de la Pharmacie et du Magasin, applaudi par les jeunes filles aux fenêtres des établissements et sous les yeux des militaires d’active officiers et sous-officiers, compréhensifs et tolérants.

    Il ne restait plus à nos fêtards d’un jour qu’à gagner l’Hôtel de La Poste en bas de la colline où les attendait une omelette géante et de quoi se désaltérer. Cette journée reste mémorable pour tous les participants, même si l’envoi pour celle qu’on n’appelait pas encore la guerre d’Algérie était dans tous les esprits et assombrissait quelque peu leur avenir militaire.

    ***********************************

    Union101226b - Marne
    LIVRE : Bonne indignation 2011 !

    Tous les combats de Stéphane Hessel (écologie, anticolonialisme, défense des Palestiniens) ont le même but : la dignité de l’Homme.
  •  Agrandir la photo

  • Pour les meilleurs vœux 2011, je ne vais pas vous faire le coup de la paix, de l’harmonie sur Terre, et tout ce folklore gnangnan style « Imagine » de Lennon ou, pire, Mireille Mathieu dont on n’oublie pas les sirupeuses paroles :

    « Que la paix soit sur le monde
    Pour les cent mille ans qui viennent
    Donnez-nous mille colombes
    A tous les soleils levants
    Et des millions d’hirondelles
    Faites un jour que tous les hommes
    Redeviennent des enfants ».

    Une colombe ça va…

    Non pas que je ne sois pas pour la paix ! Mais c’est pas en chantant ces paroles-là qu’on va y arriver, bien au contraire. D’abord parce que contrairement aux idées vaguement poétiques, quand les oiseaux débarquent par milliers sur les arbres dans les villes, en hiver par exemple, c’est des dégâts assurés. Les fientes par kilos, ça vous pourrit l’ambiance et vous ferait détester la nature pour les cent mille ans qui viennent, voire devenir colombophobe ! Les colombes c’est bien quand il y a en une. Quand il y en a plusieurs, ça se gâte. C’est comme pour les Auvergnats, comme dirait qui vous savez.

    Je ne vais donc pas vous souhaiter des milliers de colombes dans votre jardin ni d’hirondelles. A la rigueur une tourterelle style Julien Clerc qui a plus le sens de la mesure que Mireille Mathieu.

    « Et c’est comme une tourterelle
    Qui s’éloigne à tire d’aile
    En emportant le duvet
    Qu’était ton lit
    Un beau matin. »

    Mediator ou Terminator ?

    En fait, en y réfléchissant bien, mieux vaut souhaiter des choses simples, pas forcément poétiques, mais efficaces. Par exemple que l’Etat contrôle mieux l’industrie pharmaceutique qui vous vend du Mediator qui se révèle au final un vrai Terminator. On invoque les risques inévitables des médicaments, et patati et patata. Il conviendrait plutôt de s’interroger sur la déontologie des industries pharmaceutiques. Les sommes en jeu sont tellement colossales (comme pour les armes), que le principe de précaution n’est pas le principe premier (comme pour les armes). John Le Carré dénonce le lobby pharmaceutique dans un roman terrible dont l’action se passe en Afrique : La Constance du jardinier.

    On va me dire, faites-nous rêver un peu, plutôt que de nous rappeler cette lugubre actualité. Où est l’espérance dans tout ça ? Au moins Mireille Mathieu avec ses milliers de colombes essayait ! Et même si sa chanson a des allures de majorette, avec clairon et roulements de tambour, c’est toujours mieux que rien !

    D’accord. J’accepte la critique. Et pour repartir sur un bon pied ou sur une note d’espérance, je ne vous souhaite qu’une seule chose pour l’année qui vient : indignez-vous !

    Un homme dans l’Histoire

    Indignez-vous ! C’est le titre d’un tout petit livre qui fait fureur en ce moment alors qu’il est écrit ni par une vedette ni par un people comme on dit, mais par un jeune homme de 93 ans. Un petit livre ou plutôt livret qui fait quinze pages toutes mouillées de chaud, se lit en 15 minutes à peine, ne coûte que 3 euros et qui pourtant a su toucher le cœur de milliers de lecteurs. Il faut dire que son auteur n’est pas n’importe qui. Il se nomme Stéphane Hessel et son parcours épouse à merveille le siècle qui vient de s’écouler. Stéphane Hessel est né en 1917 en Allemagne, à Berlin plus exactement, dans un milieu juif lettré et artiste. En 1924 sa famille s’installe à Paris. Le jeune Stéphane, naturalisé français depuis 1937, intègre la prestigieuse Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, celle qu’ont fréquenté les Sartre, Aron, Nizan et tant d’autres. On est en 1939. La guerre interrompt des études et un scénario de vie tout tracé. Mobilisé lors de la drôle de guerre, le soldat Hessel rejoint en mai 1941 le général de Gaulle à Londres. C’est sa deuxième naissance. Débarqué en 1944 en France pour contacter les réseaux de résistants à Paris, il est arrêté et torturé par la Gestapo puis envoyé à Buchenwald. Il ne doit sa survie qu’à la chance. Plus tard Stéphane Hessel sera diplomate. Il participera à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948 par les Nations Unies au palais de Chaillot, à Paris. Il sera de tous les combats contre le colonialisme et l’apartheid. Après avoir été ambassadeur auprès des Nations Unies à Genève, ce militant infatigable continue aujourd’hui d’arpenter le monde et les plateaux télé. Que ce soit pour défendre les Palestiniens, les sans-papiers ou tout simplement l’écologie. Car de toute cette période, Stéphane Hessel a tiré une philosophie qu’il résume en quelques mots : il faut s’indigner. Ce qui dans sa bouche signifie : résister.

    L’appel de la Résistance

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son livret, qui aurait tout aussi bien pu être écrit en forme de lettre, part de l’expérience fondatrice de la Résistance et plus exactement du programme adopté par le Conseil national de la Résistance le 15 mars 1944 et remis à de Gaulle le 25 août 1944. Ce programme, que l’on attribue abusivement à de Gaulle, était bien le fruit d’un collectif animé par Jean Moulin même s’il est vrai que de Gaulle l’a mis en œuvre. Sa philosophie : l’intérêt général doit primer sur les intérêts privés et mercantiles. D’où la création de la Sécurité sociale, la nationalisation des sources d’énergie (électricité, gaz, charbonnages, assurances, banques, etc.). Le conseil proposait également une presse indépendante « des puissances de l’argent et des influences étrangères », l’instruction pour tous. Bref, ce que devrait être une République fidèle à sa devise.

    Ce socle sur lequel s’est édifiée la société française d’après-guerre, est-il aujourd’hui remis en cause ? Oui, répond Stéphane Hessel qui montre du doigt « l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ».

    D’où le titre de ce livret, cette exhortation à ne pas laisser le monde en l’état, avec son cortège d’injustices qui ne peuvent mener qu’à la haine et la destruction.

    Pour « une insurrection pacifique »

    Ce petit livre est bien entendu un testament. Comme le décalogue n’a pas besoin d’un millier d’articles pour donner une orientation morale, ce testament n’a pas besoin d’un millier de pages pour dire l’essentiel. Indignez-vous c’est presque une ritournelle, une petite musique à chanter pour ne pas baisser les bras. S’indigner pour ne pas être indifférent car « la pire des attitudes est l’indifférence ». S’indigner parce qu’il y a matière : « Le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste ».

    Réunis le 8 mars 2004 à l’occasion du 60e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance, les anciens résistants dont fait partie Hessel n’appelaient-ils pas « à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie générale et la compétition à outrance de tous contre tous » ?

    A chacun son indignation

    Cela dit, la liste des indignations n’est pas close. Stéphane Hessel le dit à l’intérieur de son livre : « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous un motif d’indignation. C’est précieux ».

    En cherchant bien, dans les mois qui viennent, vous devriez bien trouver un motif d’indignation : envers votre conjoint, vos enfants, votre patron. Mais attention, n’oubliez pas : l’indignation doit avoir pour but l’intérêt général et pas son seul nombril. Autrement ce n’est plus s’indigner, c’est râler. Et ce n’est pas exactement la même chose. Sur ce, bonne indignation 2011 !

    Bruno Testa
    btesta@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union101226a - Marne
    HISTOIRE : 1940

    ----------

    En ordre de marche

    Le général Wavell : un vétéran de la guerre des Boers à l’élégance intellectuelle.
  •  Agrandir la photo

  • De Gaulle en discussion avec Masaryk
  •  Agrandir la photo

  • Avant Noël 1940, le général de Gaulle confirme les urgences de la France libre. Le télégramme qu’il adresse au général Catroux illustre ses préoccupations. Il est dans le droit fil de leur dernière discussion à Fort-Lamy. Le principal effort militaire à accomplir doit être dirigé contre les Italiens au Moyen-Orient. Cette fois, les FFL alignent la premier brigade qui se compose de six bataillons de la Légion, un détachement de la marine, six bataillons de Sénégalais, une compagnie de tanks Hotchkiss 1939, une section d’artillerie de 75 mm, un détachement de transmissions, des éléments de divers corps dont un service d’ambulances, sous le commandement du colonel Magrin-Verneret dit Monclar. Cette brigade est apte à rejoindre le Moyen-Orient. Le général recommande qu’elle soit transférée sans tarder par la voie maritime. Il précise que les Sénégalais doivent faire route depuis le Tchad jusqu’à Khartoum. Et d’annoncer : « Cette brigade est destinée à une opération au Soudan en accord avec le général Wavell ». Il profite de cette information pour rappeler à Catroux que le haut-commissaire Sautot s’applique à la constitution du régiment du Pacifique qui est composé à la fois d’Européens et d’Indigènes. Il assure : « Ce régiment est destiné à se rendre en Egypte à votre propre requête. Un premier bataillon de sept cents hommes se tient maintenant près de Nouméa alors qu’on prend des dispositions pour son très prochain départ ». De Gaulle recommande implicitement à Catrou d’en envisager l’emploi dans les meilleurs délais.

    Certaines des formules employées par le chef de la France libre ne manquent pas d’originalité. Il explique ainsi à son interlocuteur comment il va lui adresser des moyens supplémentaires afin de mener à bien sa tâche : « Je donne ordre que toutes les armes françaises restant en Angleterre soient rassemblées et pour qu’une cargaison vous en soit expédiée très rapidement. Je crois pouvoir vous fournir assez de matériel pour équiper convenablement le régiment du Pacifique aussi bien que le 2e bataillon d’Egypte que vous mobilisez actuellement ». Ces précisions données, le général insiste encore sur les besoins de recrutement. Il est conscient que l’encadrement doit être renforcé. C’est la raison pour laquelle il recommande de nouveaux transferts de Grande-Bretagne vers l’Egypte. « Il est convenu que dès le moment où ces éléments sont ou seront au Moyen-Orient, ils sont ou seront placés sous votre commandement, leur utilisation étant soumise à un accord entre vous et le général Wavell à moins qu’une décision n’ait déjà été prise à leur sujet par moi-même et par le gouvernement britannique. » En clair, de Gaulle laisse une marge de manœuvre assez confortable à Catroux mais ne tient pas à ce que des susceptibilités s’affirment sur le terrain si des décisions conjointes sont prises entre-temps à Londres. Le général donne à son homologue une information plus personnelle qui confirme une confiance mutuelle : « J’attends d’ici peu le colonel Petit que vous connaissez je crois déjà et qui deviendra mon chef d’état-major ».

    Conscient des besoins des FFL, le général répond dans le même temps à Jan Masaryk, le ministre des Affaires étrangères tchécoslovaque, pour resserrer les échanges et désigne Georges Monod et le capitaine Gilles Clarac du Vivier pour assurer la liaison. L’officier est un bon connaisseur de l’Europe centrale. A l’autre bout du monde, il demande à son représentant à Rio de Janeiro, le colonel Guériot de transmettre un message personnel au général de Lavallade dont la mission va s’achever : « Je vous demande instamment de nous rejoindre pour combattre les ennemis de la France. Nous avons maintenant des forces notables notamment coloniales et nous avons besoin de vous pour un commandement important ».


    ----------

    Christmas célébré malgré tout

    Ces jeunes enfants anglais respectent la tradition de Noël.
  •  Agrandir la photo

  • En ce jour de Noël 1940, la Luftwaffe s’abstient de raids sur la Grande-Bretagne et célèbre la Nativité autour du sapin.
  •  Agrandir la photo

  • Même en la fête de la Nativité, le Tommy est présenté comme le dernier rempart face aux éléments déchaînés (la mer représente les nazis).
  •  Agrandir la photo

  • GRANDE-BRETAGNE. Les Anglais font tout ce qui est possible pour que la fête de la Nativité tienne la même place que d’habitude mais ils redoublent d’attention pour les combattants engagés en Afrique et en Palestine.

    Comment Noël 1940 est-il regardé par les Britanniques et ceux qui sont sur le sol anglais ? Il y a d’abord les confidences de Betty Stockfield qui s’exprime assez souvent pour ses amis français. Elle tient à marquer la distinction entre les fêtes de la Nativité de 1939 et celles de 1940. La guerre était pourtant présente mais personne n’en connaissait alors l’issue dramatique. Betty dit sa compassion pour les Français placés sous le joug de l’occupant et se remémore le passé récent : « Noël en France est si gai, si joli, la messe de minuit, le réveillon. L’hiver dernier j’étais à Paris où je travaillais. Comme Paris était merveilleux ! Et tous ces soldats alliés, les officiers en permission, comme l’avenir nous apparaissait avec confiance et certitude ». Un an après, imaginer Noël en France occupée ressemble à une mission impossible. Pourtant, elle dépeint une situation en phase avec la réalité décrite. Avec des familles fracassées, dispersées, séparées, elle considère qu’il est bien difficile d’avoir un esprit festif et peut-être même de se raccrocher à l’espérance. En Grande-Bretagne, la situation est différente parce que le quotidien n’est pas rythmé par les bruits de bottes de l’occupant : « Christmas est toujours notre plus grande fête. La famille est ici rassemblée sous les branches de houx et de gui, sous lesquelles on s’embrasse. Sur la table, la dinde et le pudding que l’on flambe au dessert, on chante de vieilles chansons que chacun connaît par cœur ». Cette réalité est maintenue d’autant que les Allemands ne sont pas parvenus à débarquer au Royaume-Uni. Elle insiste aussi sur la tradition de la carte de Noël que les Britanniques ne manquent jamais de s’adresser. Toute une opération est menée à bien pour que les soldats canadiens, anglais, français, australiens et néozélandais reçoivent leur petite carte : « Pensez qu’il y a des soldats ce soir à Bethléem ! ».

    Le climat particulier de cette fin du mois de décembre 1940 est justifié par l’absence des combattants de leur foyer : « Nous pensons à ceux qui se battent, qui nous défendent, qui défendent la liberté de notre cher et grand pays ». Betty Stockfield n’oublie pas toutes les femmes engagées dans l’action : « Beaucoup sont dans les hôpitaux, les camps, les ports, les aérodromes, en uniforme, elles travaillent comme des soldats ». La solidarité envers les Français de Londres est réaffirmée pour qu’ils passent un bon Noël. On insiste aussi sur la présence d’adolescents âgés de 14 à 16 ans, venus de France. Elle confie : « Je les ai visités et j’étais si heureuse de voir leur bonne mine. Ils jouent au football, ils font de la boxe et ils apprennent très vite l’anglais. Les dames anglaises les trouvent si sympathiques qu’elles les gâtent beaucoup ». Avant de confier : « Une amie à moi leur a même crocheté une petite poupée de quatre centimètres en laine bleu, blanc et rouge pour porter sur leurs chaussettes de football. Courage, mes chers amis français, ne désespérez pas de l’avenir. Ayez confiance ». Elle conclut avec ces paroles lucides : « C’est un Noël difficile pour les grandes personnes et pour les enfants. C’est un Noël triste à cause des séparations forcées ». Mais elle y voit la condition à endurer pour que la victoire soit au rendez-vous et la paix à nouveau possible.

    Que peut dire à son tour un soldat français à Londres le soir de Noël. Il faut d’abord camper le paysage pour susciter la plus vive émotion. Sur la BBC on n’hésite pas à cette mise en scène : « Un soldat français est là, l’arme au pied, sur le trottoir. Il monte la garde. C’est la nuit de Noël.

    Au-dessus de sa tête dans la nuit claire flotte doucement le drapeau tricolore ». Cela peut sembler anonyme mais l’essentiel vient après : « C’est le quartier général des Forces françaises libres ». Alors on le décrit pour insister sur sa jeunesse et sa motivation : « Il a une bonne figure de chez nous, sous le grand béret bleu à cor de chasse jaune des chasseurs alpins. Une veste fourrée ramenée de l’expédition de Norvège lui tient chaud. La longue baïonnette luit sous la lune ». A cette scène si bien reconstituée est opposée celle d’un soldat allemand qui monte la garde à Paris, en vainqueur, avec le drapeau à croix gammée qui claque au vent. Bien sûr on évoque le fait que sa famille lui manque, on pense aux images de Paris qu’il a adressées aux siens mais lui c’est un occupant. L’opportunité est idéale pour revenir aux pensées du jeune soldat français montant la garde devant le QG gaulliste : « Il pense à sa famille dont il n’a pas de nouvelle. Il pense à sa chère France occupée par l’ennemi allemand, italien, pillée, volée, rançonnée de toutes les manières et avant tout désarmée ». Malgré la domination mécanique de l’ennemi, il n’a pas renoncé. Ce qui explique sa présence dans la capitale britannique : « Il est ici pour rentrer en France en vainqueur. Il voit que si la France a été battue, l’Angleterre ne l’est pas et qu’elle continue la lutte toute seule, mais aussi pour le compte de ses alliés. Et elle n’a jamais considérée la France comme une alliée perdue ».

    Il faut insister sur le fait que ce soldat n’est pas seul. Beaucoup d’autres comme lui ont fait le choix de continuer le combat. Ce qui n’empêche pas ses camarades de célébrer Noël à leur façon : « Dans le corps de garde, ses copains boivent du vin chaud. A minuit, ils lui en ont porté un quart et il a trinqué dehors avec eux, l’arme au pied ». La description imagée est même théâtrale puisqu’on le met encore en scène : « Dans les rues, il entend des Canadiens bras dessus bras dessous avec des soldats français chanter « Auprès de ma blonde » ou « Derrière chez moi il y a un petit bois » ». Mais le sérieux n’est pas mis entre parenthèses avec la fête. On s’empresse de rappeler que les dirigeants britanniques sont au travail pour concevoir les nouveaux plans de bataille.

    De l’autre côté du parc, Churchill travaille avec ses amiraux et ses généraux. Les nouvelles sont bonnes : « Les Italiens sont battus en Libye par des soldats français aux côtés des soldats britanniques ». Qu’est-ce qui doit motiver encore le soldat français ? Cette certitude : « Dans cette nuit de Noël, les usines anglaises n’arrêtent pas de tourner, de produire des avions des obus, que les bateaux de l’Empire sillonnent les mers, que le long de la côte anglaise, les guetteurs veillent et que les canons sont bra-qués. La mer clapote au pied des falaises blanches, cette mer qui l’a sauvé en juin et qui lui permettra de vaincre ».

    Quels sont les vœux adressés à ce jeune soldat français en cette nuit de Noël ? Ce sont des certitudes : « Il verra un jour les trois couleurs qui flottent au-dessus de sa tête, flotter sur la France délivrée et radieuse ». Yves Morvan qui décrit une nuit de Noël passée sur un bâtiment des forces navales françaises libres décrit la fête et le temps du Minuit chrétien. Il évoque ce clairon sonnant « Aux champs » alors que la bénédiction de l’Enfant Dieu tombe sur la foule des têtes inclinées cueillant l’espérance dans la nuit.

    HERVÉ CHABAUD


    ----------

    Noël de douleur et d’espérance

    De Gaulle s’adresse à la France et aux Français.
  •  Agrandir la photo

  • L’espoir peut-il venir par des tracts tombés du ciel : l’opération est très compliquée.


  •  Agrandir la photo

  • Pour Noël 1940, Pétain sensibilise les écoliers : « Serrez-vous autour de moi pour que la France neuve et saine grandisse et se fortifie ».
  •  Agrandir la photo

  • FRANCE. Les Français libres veulent que la métropole comme l’Empire vivent un Noël d’espérance. Aussi multiplient-ils les initiatives pour marquer les esprits.

    Si les idées ne manquent pas, encore faut-il être en mesure de les mettre en application. Le général de Gaulle en mesure la difficulté dans un courrier qu’il adresse au général Spears le 20 décembre 1940. La volonté de larguer avec la complicité de la RAF des tracts pour la fête de la Nativité n’est pas si simple. Ce que le chef de la France libre admet : « La Fleet Air Arm peut avoir des objections contre un tel usage de quelques-uns de ses avions ». En revanche il prévient : « Je ne pourrais accepter facilement qu’une communication que je désire faire aux Français dût être soumise au préalable à l’agrément du Foreign Office ». C’est la raison pour laquelle il demande que sa suggestion envoyée au major Morton le 4 décembre et confirmée le 12 soit considérée comme : « nulle et non avenue ». Est-ce le moment de rester inerte ? Il n’en est pas question et le général travaille à un message destiné aux Français. Parmi les brouillons conservés on peut lire : « La France souffrante accueille Noël dans la douleur. Mais la France militante rassemble en ce Noël son courage et son espérance. Un jour la France triomphante retrouvera la douceur de Noël ».

    D’autres figures du mouvement choisissent Noël 1940 pour adresser leurs messages. Eugène Houdry, président de « France Quand Même », association des Français libres aux Etats-Unis, le confesse : « Nous sommes heureux de saisir l’occasion des fêtes de Noël pour exprimer notre profonde gratitude et notre dévouement absolu à nos alliés britanniques et aux Forces françaises libres qui luttent à leurs côtés. Nous renouvelons l’assurance de notre fidélité au général de Gaulle jusqu’à la victoire finale ».

    Albert Guérin, président du Comité d’Argentine est dans le même état d’esprit : « A nos soldats et marins qui se battent, à nos compatriotes écrasés et asservis, les Français d’Argentine adressent à l’occasion de Noël, leurs vœux les plus sincères et les plus ardents. Ils disent au général de Gaulle toute leur admiration et toute leur foi en la venue de l’heure inéluctable où la France libre reprendra par les armes, côte à côte avec ses alliés britanniques, un pays enfin redevenu libre à son tour ».

    Guy de Schompre, représentant de la France libre d’Extrême-Orient montre combien Noël rapproche les peuples dans une prière intense auprès de l’enfant de la crèche pour que le monde change : « Au nom des Français libres d’Extrême-Orient et dans la conviction d’exprimer aussi la pensée de nos compatriotes d’Indochine à qui le silence est imposé par la force, j’adresse au peuple de France en ce jour de la Nativité, le message d’espoir et de confiance qui lui apportera la fidèle pensée de ses frères lointains ». Pierre Cournarie, gouverneur du Cameroun ne manque pas ce rendez-vous du calendrier pour redire : « De Douala où les Français libres sauront faire en sorte que l’ennemi ne revienne jamais et au nom de la Colonie, je renouvelle, à la patrie en deuil, le serment de fidélité du Cameroun tout entier ».

    Il a aussi une volonté de dramatiser mais de le faire avec une grande qualité de l’expression qui traduit une immense souffrance en métropole. Le 24 décembre 1940 au soir, l’émission « Les Français parlent aux Français », l’adresse aux enfants de France est grave et sentie : « Dans vos cheminées sans feu, quelle main maudite a déposé le malheur ? Pourquoi vos yeux plein de larmes regardent-ils vos souliers vides ? ». La réalité est que ce jour de fête est placé sous le signe des restrictions et la seule façon de se réchauffer le cœur est de penser à la signification chrétienne de la fête de la Nativité dans le souvenir d’un passé récent : « Ce soir sur le seuil de la Sainte étable, je te revois, toi, le dernier enfant qui m’ai parlé sur le sol de France. C’était à Rennes le 17 juin, jour noir. Assis parmi la foule des réfugiés, tout sales et tout défaits, nous pensons avec envie à nos camarades tombés entre la Somme et la Seine. Pour la première fois nous étions accablés. Une voix et quelle voix venait de nous dire que nous n’avions plus le droit de perdre notre vie pour la sauver ». Le message est ici à la fois militaire et spirituel et au deuxième degré une invitation pressante à résister. L’approche estintelligente : « Le vautour est revenu. Le vautour est resté. Et maintenant des maîtres égarés veulent te contraindre non seulement à le subir, mais à l’admettre, presqu’à l’aimer. Mais toi, dont le martyre a trempé la tendre jeunesse, je vois ta petite tête qui dit non ».

    La voix de Londres ajoute à l’émotion des mots, celle du ton, de la parole délivrée : « Je sais bien ce que tes grands yeux tristes et profonds cherchent dans tes souliers vides, devant la cheminée sans feu. Ils cherchent le visage protecteur qui n’est plus là pour protéger. Ils cherchent le visage invisible et présent de ton père ». Il y a ici la volonté de se souvenir de tous les absents, de tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, de ceux dont on est sans nouvelle, de ceux qui ont rejoint de Gaulle et se battent déjà pour que le pays redevienne libre. « Où est-il, ton papa ? Est-il resté là-haut, couché dessus la terre à la face de Dieu, abattu par le même agresseur qui, quand il était petit, lui avait déjà tué son père à lui, ton grand-papa ? Tu sais bien : celui dont ta maman t’a montré la photographie toute jaune, quand tu marchais à peine en te disant, avec un sourire triste, que jamais, il ne deviendrait vieux. » Noël est le moment pour transcender la famille abîmée par la guerre et l’occupant arrogant. On interpelle l’enfant d’ici, protégé par l’enfant de la crèche pour qu’il ait une pensée tendre pour ce papa absent : « Est-il avec les pères de millions d’autres enfants, en train de t’appeler tout au fond d’un camp de forçats où l’ennemi qui le retient prisonnier l’a transformé, lui si fier en esclave ? ». Et le speaker d’accroître la force émotive de son propos : « Entends-tu sa voix qui te dit : mon petit sois un homme. Quand tu vois ta maman blessée par la mitraille allemande, exténuée, meurtrie, s’écrouler le soir après avoir gagné quelques sous qui t’empêchent de mourir de faim, et fait la queue, pendant des heures, dans le froid, sous la pluie, pour te ramener un peu de pain de la terre de France que l’Allemand n’a pas volé ; quand tu vois ta petite sœur pleurer parce que le père Noël cette nuit, ne lui apportera rien, Il te faut l’espérance ».

    L’espérance est bien là parce que pour les Français libres, la crèche de Noël n’est pas vide. La France a toujours des soldats. S’ils ont quitté leur famille et leurs enfants c’est pour mieux revenir en leur apportant la liberté retrouvée et la joie. Alors, le journaliste explique aux petits enfants qu’ils ne doivent pas pleurer, mais patienter. Il ne faut pas montrer à l’ennemi qu’on se sent accablé et toujours penser aux soldats de la France libre. Ils sont ceux qui apporteront avec leurs alliés la délivrance. Plutôt que regarder les souliers vides devant la cheminée, la voix des FFL conclut : « Entrouvre la porte. Va respirer une bouffée d’air pur. Prends bien garde que les hommes verts ne te voient pas. Et dans la nuit tu sentiras la main robuste des Croisés de la Libération du général de Gaulle et de ses compagnons qui te soulèveront doucement, pour que tu vois briller de plus près, dans cette ombre terrible d’où renaîtra le jour, l’étoile de la France éternelle ».

    H.C.



  • Articles de cette rubrique
    1. Cérémonie commémorative de la guerre d’Algérie, le 19 mars 2006 à Reims.
      19 mars 2006

    2. Honorabilité des Anciens d’AFN et Mémorial à Trois-Puits.
      20 mars 2006

    3. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2010, pour le 65e anniversaire de la victoire sur le nazisme.
      24 mai 2010

    4. Des « Justes » de la région honorés au Panthéon
      18 janvier 2007

    5. La retraite du combattant a sensiblement augmenté selon l’UNC-Reims.
      21 mars 2006

    6. Le site internet de l’ARAC de la Marne analysé par le journal "L’Union"
      28 juin 2006

    7. Les cérémonies du 11 novembre 2006 dans la Marne
      22 novembre 2006

    8. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - année 2007
      24 décembre 2006

    9. Des mesures au profit des anciens combattants
      23 janvier 2007

    10. Assemblée Générale de l’AFMD de la Marne le 28 janvier 2007
      23 janvier 2007

    11. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/1
      28 janvier 2007

    12. Le film vidéo de la cérémonie commémorative du cessez le feu de la guerre d’Algérie au Monument Aux Morts de Reims, le 19 mars 2006.
      4 février 2007

    13. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    14. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    15. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/2
      26 avril 2007

    16. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/3
      1er juillet 2007

    17. La galère d’un anticolonialiste durant la guerre d’Algérie
      13 juillet 2007

    18. La Marne en fête pour le 14 juillet 2007
      16 juillet 2007

    19. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/4
      29 septembre 2007

    20. Marnais morts pour la France pendant la guerre d’Algérie
      16 octobre 2007

    21. Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
      17 octobre 2007

    22. L’hommage à Guy Môquet dans la Marne à l’occasion du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    23. Journal de l’AFMD51, N°1
      30 décembre 2007

    24. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1er semestre
      1er janvier 2008

    25. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1/4
      1er janvier 2008

    26. Notre Camarade Fernand Eliet est mort.
      21 janvier 2008

    27. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2/4
      9 avril 2008

    28. Les derniers combats décisifs de la guerre 1914-1918
      7 juin 2008

    29. Journal de l’AFMD51, N°2
      12 juin 2008

    30. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Troisième trimestre.
      2 juillet 2008

    31. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2ème semestre
      2 juillet 2008

    32. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2008 dans la Marne.
      17 juillet 2008

    33. Hommage aux Poilus marnais de 1914-1918 à partir des documents conservés par les familles.
      4 août 2008

    34. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Quatrième trimestre.
      1er octobre 2008

    35. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - Premier trimestre.
      2 janvier 2009

    36. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 1er semestre.
      2 janvier 2009

    37. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2011, pour le 66e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazi.
      11 mai 2011

    38. Rapports des travaux de février 2009 des commissions de l’UDAC de la Marne.
      28 février 2009

    39. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - deuxième trimestre.
      2 avril 2009

    40. Les cérémonies et festivités du 64e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 8 mai 2009, dans la Marne.
      17 mai 2009

    41. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - troisième trimestre.
      1er juillet 2009

    42. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 2ème semestre.
      1er juillet 2009

    43. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2009 dans la Marne.
      30 juillet 2009

    44. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
      6 octobre 2009

    45. Cérémonies du 11 novembre 2009 dans la Marne pour la célébration du 91ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2009

    46. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
      31 décembre 2009

    47. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier semestre.
      31 décembre 2009

    48. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième trimestre.
      2 avril 2010

    49. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
      1er juillet 2010

    50. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième semestre.
      1er juillet 2010

    51. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2010 dans la Marne pour la commémoration de la Révolution.
      23 août 2010

    52. Marche, le 30 octobre 2010 à Paris, pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan.
      13 septembre 2010

    53. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
      2 octobre 2010

    54. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92ème anniversaire de la victoire de 1918.
      13 novembre 2010

    55. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92e anniversaire de la victoire de 1918.
      16 novembre 2010

    56. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
      2 janvier 2011

    57. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er semestre.
      2 janvier 2011

    58. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
      3 avril 2011

    59. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème semestre.
      1er juillet 2011

    60. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
      1er juillet 2011

    61. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale dans la Marne, les 13 et 14 juillet 2011, pour la commémoration de la Révolution.
      17 juillet 2011

    62. essai
      10 août 2011

    63. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
      30 septembre 2011

    64. Les cérémonies dans la Marne, le 11 novembre 2011, pour le 93ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

    68. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 3ème trimestre
      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

    70. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
      1er janvier 2013

    71. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er semestre.
      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010