Accueil du siteRevue de presse
   


Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
Publié le dimanche 1er avril 2012, mis à jour le lundi 4 novembre 2013
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 2007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 1er trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 3ème trimestre 2011 ; 4ème trimestre 2011.

 

***********************************

Union120608c - Marne
FISMES : Les anciens combattants en congrès : « Mémoire, source de paix »

Diplômes et médailles ont été remis lors de ce congrès.
  •  Agrandir la photo
  • L’assistance pendant le discours du président
  •  Agrandir la photo
  • Après le discours d’accueil de J.-P. Lagrange, président de l’association fismoise des Anciens combattants et victimes de Guerre (ACVG) qui a tenu à ce que chacun ait une pensée « pour les amis disparus », le président de l’Union fédérale marnaise, Cédric Lacroix a déclaré ouvert le 73e congrès de l’UFM. Durant les travaux, les conjointes des participants ont pu aller visiter le musée du pain de Fismes. Une centaine d’adhérents s’était déplacée pour cette occasion. La présence d’une délégation allemande de Heidelberg, le VDK, témoignait de la force des liens franco-allemands : « Même si l’Europe vit actuellement une situation grave à cause de l’endettement de certains de ses états membres, l’amitié (entre les deux pays) nourrie depuis des années mènera à une solution », a affirmé le représentant de l’association allemande.

    Doléances

    Le thème du congrès « Mémoire, source de paix », a permis à l’auditoire de réfléchir avec M. Kucharzyk, administrateur national de l’Union fédérale, sur la nécessité « d’une mémoire collective consensuelle et positive… civisme, citoyenneté, respect de l’autre, culture de la mémoire » devant être inculqués aux jeunes générations.

    André Doulet, dans son rapport d’activité de l’UFM des ACVG, a fait le point sur ce qu’il fallait retenir des cinq années de quinquennat pour les anciens combattants. Les principales doléances ont été reprises dans la motion présentée par Cédric Lacroix.

    Cette motion regrette la baisse constante des crédits accordés aux anciens combattants et attend que le nouveau ministre fasse avancer le dossier ; elle demande que l’aide différentielle versée aux conjoints survivants et celle attribuée aux anciens combattants les plus démunis, soient revues. Elle réclame que le fonds de solidarité soit étendu aux Opex.

    Annonce est faite que le prochain congrès aurait lieu le 18 mai 2014 à Vertus !

    Avant les cérémonies de dépôt de gerbes aux monuments aux morts, les diplômes de l’UF marnaise ont été remis à MM. Pailloux, Mousseau, Lebouvier, Dumay, Gaudion, Amoury et Boucher.

    Les diplômes de l’UF nationale ont été remis à MM. Janavel et Harrois.

    La médaille d’argent a été remise à MM. Pinon et Daligon et la Médaille de Bronze à MM. Pinon, Leulmi, Léger et Leroux.

    ***********************************

    Union120608b - Marne
    SEZANNE : FNACA / À la découverte du Monténégro

    Le groupe des 40 participants, enchantés de cette escapade.
  •  Agrandir la photo
  •  

    40 personnes ont participé au voyage au Monténégro organisé par la FNACA.

    Ils sont revenus enchantés de leur séjour dans ce pays qui possède un très beau littoral, de montagnes et de forêts sauvages et un canyon impressionnant.

    Le groupe a découvert un patrimoine architectural qui mêle les grandes civilisations.

    La guide a été très appréciée et le chauffeur du bus était aux petits soins du groupe de Sézannais.

     

    ***********************************

    Union120608a - Marne
    EPERNAY : Le débarquement allié commémoré

    Dépôt de gerbe à la stèle Patton.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les cérémonies commémorant le débarquement allié en Normandie du 6 juin 1944 ont débuté place Mendès-France, en présence d’élus et de représentants des associations patriotiques. Encadrés par une haie de porte-drapeaux, Didier Loth, sous-préfet d’Epernay, Philippe Martin, député de la Marne, Hélène Plaquin, conseillère municipale déléguée, chargée des relations avec les associations patriotiques et Raymond Lemaire, représentant la Société nationale d’entraide de la Médaille militaire se sont inclinés devant la stèle érigée à la mémoire du général Patton, commandant des troupes alliées, après y avoir déposé une gerbe.

    L’Avenir Musique a exécuté les sonneries réglementaires, puis « La bannière étoilée » et « La Marseillaise » avant d’emmener le cortège vers la place de la République où une seconde gerbe a été déposée au pied du monument dédié aux martyrs de la résistance.

     

    ***********************************

    Union120603a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Tapis de bombes sur Essen

    Les usines Krupp d’Essen vont être la cible de la RAF.
  •  Agrandir la photo
  • Après le puissant raid opéré sur Cologne, les bombardiers de la RAF récidivent le 2 juin 1942 sur Essen. La nouvelle discipline des raids aériens alliés dont l’objectif est de terrifier les Allemands comme les Anglais l’ont été par la Luftwaffe, suscite le 31 mai un commentaire dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». « Cologne a été le principal objectif de cette attaque massive, la plus formidable depuis le début de la guerre aérienne. Il faut en effet qu’on sache que le vol dans le ciel allemand de mille bombardiers représente environ six mille hommes dont l’action a été préparée, organisée, dirigée et suivie par près de 100.000 hommes. C’est donc une véritable armée qui, au sol et dans les airs, concentre un maximum d’efforts contre des objectifs de la plus haute importance, contre l’un des centres vitaux de l’industrie de guerre allemande », résume le chroniqueur.

    L’idée est d’attester l’incapacité pour la Luftwaffe malgré ses chasseurs de nuit de disposer d’une maîtrise du ciel du Reich. On vante aussi la performance et la précision des frappes même si les justifications données pour garantir la pertinence du propos sont discutables. « De la côte hollandaise, on pouvait voir ce matin les flammes et la fumée des immenses foyers d’incendie allumés par la RAF en Allemagne. Des avions de reconnaissance partis peu après le raid ont rapporté qu’au-dessus des objectifs bombardés s’élevait à plus de cinq mille mètres un immense nuage de fumée. » La radio allemande employait les mêmes arguments lorsqu’à l’automne 40, les norias de bombardiers de Goering pilonnaient les villes anglaises.

    Désormais, on crédite les Britanniques de disposer des moyens pour conduire une puissante politique de bombardement des installations industrielles en Allemagne. L’observateur note encore : « Il convient de remarquer que le raid sur la rhénanie et la Ruhr n’a duré qu’une heure et demie, c’est-à-dire que la brièveté des nuits ne peut plus gêner l’action à longue distance de l’aviation anglaise ».

    L’Allemagne est désormais vulnérable

    Les Français libres en profitent pour démoraliser l’adversaire en comparant ses performances à la même époque de l’année précédente et ce qu’il endure maintenant : « Le mois de mai s’achève mal pour Hitler. L’an dernier, à pareille époque, son aviation achevait en Crète l’œuvre de ses divisions blindées dans les Balkans. Cette année, son aviation subit chaque jour de lourdes pertes en Grande-Bretagne, dans les pays occupés, sur le front russe et sur le front d’Afrique. Quant à ses divisions blindées, leur matériel jonche les plaines d’Ukraine où, chaque jour, tombent des dizaines de milliers d’Allemands ». C’est un peu exagéré mais cela décrit bien que l’Allemagne est désormais vulnérable. Avec la nouvelle frappe sur Essen, un autre commentateur ajoute : « Les Boches seront punis, battus, écrasés. Les gars du bombardement y veilleront ». Avant de conclure en enfonçant le fer dans la plaie : « Le boche devra payer l’enfer de misère qu’il a infligé à l’Europe et cela jusqu’à ce qu’il tombe à genoux en criant grâce ».

    Pierre Bourdan en rajoute le 2 juin en parlant de la peur teutone : « Hier soir, plus de mille avions britanniques attaquaient le district d’Essen, ses forges, ses fonderies. Essen, l’antre de Krupp, a accumulé les ruines. Plus de mille avions, près de deux fois ce que les Allemands avaient été capables d’envoyer sur l’Angleterre dans ces jours heureux où la presse allemande se gaussait de massacrer la population civile anglaise et se vantait de tuer sans discrimination ».

    Le journaliste se réjouit que la terreur ait changé de camp et se moque que la propagande de Berlin parle de barbarie anglaise. Il se montre confiant : « Dans cette année 1942 où l’Allemagne joue ses derniers atouts, chacun de ses efforts est plus pénible, chacune des résistances qu’elle rencontre plus vigoureuse, chacun de ses plans plus précaires ». Le Reich vacille. Ce n’est plus un rêve mais une réalité.


    …..

    Midway : défaite cuisante pour les Japonais

    Le porte-avions américain « Yorktown » est sévèrement touché. Il sera coulé par un sous-marin japonais.
  •  Agrandir la photo
  • L’ « Akagi » et l’ « Hiryu » sont victimes de l’aéronavale US
  •  Agrandir la photo
  • Les premières bombes japonaises tombent dans le port de Dutch Harbor aux îles Aléoutiennes.
  •  Agrandir la photo
  • La carte d’une double action contre les Aléoutiennes et Midway.
  •  Agrandir la photo
  • Pacifique. En quelques heures, la Marine impériale perd quatre de ses six porte-avions lourds tandis que les Américains n’enregistrent que la perte du Yorktown au cours d’une bataille aéronavale sans précédent.

    Le 3 juin au lever du jour, ce sont d’abord les îles Aléoutiennes qui sont sous la menace imminente des forces japonaises. Les Américains parient alors que Kodiak va être attaqué plutôt que Kiska et Attu de manière à menacer directement les ports de l’Alaska. L’amiral Theobald se trompe mais ses croiseurs sont mal positionnés alors que le vice-amiral Kurita fait catapulter depuis les porte-avions « Junyo » et « Ryujo » des appareils destinés à bombarder les positions américaines. Le manque de visibilité contraint les avions à faire demi-tour pour refaire le plein. Ce sont les appareils du « Ryujo » qui les premiers frappent Dutch Harbor. Les Américains sont surpris et les dégâts considérables. Les citernes de carburant sont embrasées et les baraquements des troupes pulvérisés. L’amiral Yamamoto à bord du « Yamato » est informé du succès de l’attaque aérienne sur les Aléoutiennes et manifeste sa satisfaction. Mais il veut surtout des informations sur la progression des porte-avions du vice-amiral Nagumo en direction de Midway. Comme s’il craignait les hésitations de son commandant qui doute de la position probable des porte-avions américains !

    Alerte rouge

    Nimitz est vite informé de la position des forces de débarquement ennemies grâce aux observations précises effectuées par un hydravion Catalina piloté par l’enseigne de vaisseau Jack Reid. Si bien que dans l’après-midi, dix-neuf forteresses volantes en provenance de l’atoll frappent le convoi japonais. Yamamoto sait alors que son plan d’invasion est découvert. Son état-major n’est pas inquiet parce qu’il considère que la puissance nippone est bien supérieure à celle des États-Unis. Les équipages des trois porte-avions américains savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur. Ils ont reçu ce message : « La situation évolue comme prévu. Les objectifs les plus importants des porte-avions seront signalés, vous allez avoir du boulot ». L’alerte rouge est déclenchée à Pearl Harbor ainsi que sur la côte ouest des États-Unis. À ce moment-là, les deux forces adverses sont positionnées à l’extrémité d’un V géant de 320 km de long dont la pointe est Midway. Les Japonais manquent de renseignements précis. Nagumo ne le tait pas à ses subalternes : « Nous ne possédons aucun indice permettant de localiser la présence ennemie dans les parages ». Il décide d’envoyer une première vague d’assaut sous le commandement du capitaine Genda. Soixante-douze bombardiers chargés de munitions à haute capacité explosive et trente-six chasseurs s’envolent avec mission en cas de découverte d’une Task Force ennemie de la détruire. Confiant, Nagumo omet de lancer ses hydravions pour des vols de reconnaissance dans le périmètre maritime de Midway, en particulier au nord de l’atoll. À 4h40, les premiers avions quittent le pont de l’« Akagi » pour Midway sous la conduite du lieutenant Joichi Tomonaga. Il remplace le commandant Fuchida convalescent après une appendicite aiguë.

    L’homme de Pearl Harbor est donc absent. Les hydravions américains en patrouille annoncent l’arrivée de nombreux appareils ennemis en direction de l’île US.

    Fletcher et Spruance contre Nagumo

    La position de deux porte-avions nippons est donnée aussi à bord du « Yorktown » et de l’« Enterprise », on sonne le branle-bas de combat mais le vice-amiral Fletcher et le contre-amiral Spruance ne communiquent que par signaux pour ne pas alerter l’adversaire. L’ordre est le suivant : « Dirigez-vous au sud-ouest et attaquez les porte-avions ennemis dès réception de coordonnées précises ». À 6h16, le radar US identifie l’arrivée des appareils ennemis composés de bombardiers « Val » et « Kate » qui sont escortés de « Zéro ». Un violent combat aérien s’engage au-dessus de Midway mais les chasseurs nippons dominent la situation. Ils sont très supérieurs aux « Buffalo » et aux « Wildcat » US. La défense aérienne de Midway est réduite à néant. L’atoll est pilonné. Les hangars des hydravions sont dévastés, les citernes de carburant en feu et l’hôpital anéanti. Il n’a pas fallu plus de vingt minutes à l’ennemi pour semer le chaos. Alors que les appareils sont de retour sur les porte-avions, l’alerte d’un raid US retentit. Nagumo est surpris mais les canons antiaériens ont raison des six « Avenger » du lieutenant Fieberling qui sont massacrés. Les Américains envoient aussi quatre bombardiers B-26 dont les pilotes n’ont jamais attaqué à la torpille ! L’amiral japonais comprend qu’il doit encore attaquer Midway. Or les quatre-vingt-treize appareils prêts au décollage sont armés de torpilles et de bombes antiblindage pour attaquer les cuirassés.

    Ils ne sont pas équipés pour s’en prendre à des aérodromes. Genda, chef des opérations aériennes lui demande de changer les munitions, ce qu’il ordonne. Comme les Américains craignent que leurs porte-avions soient repérés, tous les bombardiers de l’« Enterprise » et du « Hornet » sont requis pour attaquer les porte-avions ennemis. Spruance peut aussi compter sur Fletcher et la Task Force 16 avec le « Yorktown ». Vers 8h30, les Américains disposent de cent cinquante-cinq appareils répartis en trois vagues pour attaquer les porte-avions de Tokyo. Nagumo apprend alors par un hydravion du « Tone » que les Américains disposent d’au moins un porte-avions dans le secteur.

    Cinq porte-avions en feu

    À 9h18, l’« Hiryu » devance l’« Akagi » de quelque douze kilomètres tandis que le « Kaga » et le « Soryu » sont proches. Au moment où les Japonais catapultent leurs appareils pour une nouvelle attaque, les bombardiers US surgissent dans le ciel. Les Japonais repoussent plusieurs attaques et déciment les escadrilles adverses. À 10h24, l’« Akagi » est touché par une bombe qui traverse le monte-charge et explose dans le hangar au milieu des torpilles. Le bâtiment devient une boule de feu incontrôlable secouée par de violentes explosions. Tandis que le porte-avions amiral est en perdition, le « Kaga » est à son tour touché par quatre bombes. L’une touche la soute à munitions. Le navire est gravement endommagé. Nagumo a deux porte-avions en feu et bientôt les bombardiers en piqué du « Yorktown » s’en prennent au « Soryu ». Le porte-avions est rapidement en flammes. Avant de mourir, le capitaine Yanagimoto tient à présider la cérémonie du transfert du portrait de l’empereur sur un destroyer. Les Nippons pensent alors pouvoir reprendre le contrôle du « Sory » mais le capitaine Brockman du « Nautilus » envoie deux torpilles au but dans l’épave. Le navire coule avec plus de sept cents hommes d’équipage.

    Il ne reste plus que l’« Hiryu » pour rétablir la situation mais déjà Pearl Harbor est vengé en ce 4 juin 1942. Yamamoto reçoit à 11 heures le télégramme de Nagumo : « Incendies à bord du Kaga, du Soryu et de l’Akagi à la suite d’attaques aériennes ennemies provenant du sol et de porte-avions. L’Hiryu attaquera les porte-avions ennemis, nous nous retirons vers le nord ». L’amiral Kondo reçoit alors l’ordre de dépêcher ses deux porte-avions des Aléoutiennes vers Midway. Les bombardiers en piqué de l’« Hiryu » attaquent le « Yorktown » qui est atteint par plusieurs torpilles. Le capitaine Buckmeister décide l’évacuation. Vers 17 heures, les Américains s’en prennent cette fois à l’« Hiryu » qui est touché par au moins sept bombes et se transforme en torche flottante. L’épave sera envoyée par le fond le lendemain par les Japonais. L’amiral Yamaguchi et le capitaine Kaku s’étaient suicidés juste avant selon le rite du « seppuku ».

    Informé de la perte d’un quatrième porte-avions, Yamamoto murmure : « Tout et perdu ». Les Japonais savent qu’ils sont désormais vulnérables sur le Pacifique mais surtout ils ont perdu leur force aéronavale d’assaut.


    …..

    Bir Hakeim : les Français ne cèdent pas un pouce de désert

    Un grand merci à la RAF.
  •  Agrandir la photo
  • Les troupes mènent l’assaut et Rommel suit l’attaque en personne.
  •  Agrandir la photo
  • Si le général Rommel pense convaincre Koenig et ses troupes de capituler, il se trompe. Les FFL résistent aux blindés et aux fantassins de l’Axe. Le 28 mai 1942, le général Rommel est inquiet. Les Italiens ont été tenus en échec devant Bir Hakeim et ses deux divisions blindées sont stoppées au sud d’Acroma par les nouveaux chars Grant mis à disposition de la 1re division britannique et dont le redoutable canon de 75 surclasse les blindés du Reich. Jusqu’au 31 mai, l’accalmie perdure à Bir Hakeim et les Français s’interrogent. Sont-ils désormais exclus de la bataille ? Dans un périmètre de quinze à vingt kilomètres, les FFL mènent la vie dure à l’adversaire et s’assurent de ses positions en multipliant les patrouilles motorisées. Le 30, l’impression est que l’ennemi a disparu. La chaleur est accablante et le vent de sable rend la visibilité très approximative. Toutes les tentatives d’approche du V défensif sont repoussées et les Italiens comme les Allemands enregistrent de nouvelles pertes. Très vite en raison du déficit d’informations en provenance des Anglais, le général Koenig se demande si la contre-attaque de la 8e armée britannique n’est pas sur le point d’échouer. De fait le commandant anglais rate l’opportunité de détruire l’Afrika Korps qui est en réalité encerclée depuis trois jours. Comme les généraux britanniques ne saisissent pas leur chance, ils laissent le temps à l’ennemi de se réorganiser.

    L’Afrika Korps miraculée

    « Nous étions vraiment dans une situation désespérée » a écrit le général Bayerlein, chef d’état-major de l’Afrika Korps. Son analyse est pertinente. Ses forces étaient le dos à un champ de mines, sans vivres, sans eau, sans réserve de carburant ! Les Anglais n’ont pas compris que les Allemands sont au bord de la rupture. Rommel est plus éclairé. Une fois ravitaillé, il reprend le 31 l’offensive et lance trois divisions à l’assaut de Got el Oualeb où les Anglais résistent malgré des pertes considérables. Le 1er avec le renfort des bombardiers de la Luftwaffe, les Britanniques sont submergés et leurs forces écrasées par d’intenses tirs de barrage de l’artillerie ennemie. La chute de Got el Oualeb ouvre une brèche dans la ligne alliée de Gazala.

    Les forces armées de l’Axe disposent désormais d’une voie de ravitaillement direct avec l’arrière et retrouvent une pleine capacité opérationnelle. Koenig doute dans un premier temps du retour en force de l’adversaire mais il comprend vite le 2 juin lorsqu’il observe une colonne de quatre-vingts chars appuyée d’une centaine de véhicules qu’un nouvel assaut se prépare sur Bir Hakeim. Des automitrailleuses surgissent à l’est de la position où bivouaque le King’s Royal Rifles qui n’a que le temps de décrocher pour entrer dans le camp retranché avec l’essentiel de ses armes et munitions.

    Au QG de la brigade alors qu’on analyse la situation, le commandant Babonneau prévient qu’un véhicule muni d’un drapeau blanc s’est présenté avec deux officiers italiens. Ces derniers demandent aux Français de se rendre. Ils sont présentés à Koenig. Ils affirment qu’ils seront exterminés s’ils n’acceptent pas leur reddition. Koenig garde son sang-froid et leur déclare : « Je regrette messieurs, allez dire à votre général que nous ne sommes pas ici pour nous rendre ».

    Les FFL assiégées

    Le siège de Bir Hakeim commence. Vers midi, toutes les unités sont informées de l’ultimatum allemand : « Le général Rommel nous a demandé de capituler en nous menaçant d’extermination. Le général Koenig a refusé. Faites votre devoir ». L’ennemi débarque son infanterie à bonne distance puis profitant de la mauvaise visibilité avance jusqu’à mille mètres du camp retranché avant d’être repoussé par des tirs de barrage des canons de 75. Le 3 juin, le duel d’artillerie reprend dès le lever du jour. Cette fois la Luftwaffe intervient. Un nouvel ultimatum signé du général Rommel est transmis par deux soldats anglais de la 7e DB qui sont prisonniers : « Aux troupes de Bir Hakeim.

    Toute prolongation de la résistance signifie une effusion de sang inutile. Vous subirez le même sort que les deux brigades anglaises de Got el Oualeb qui ont été anéanties avant-hier. Nous cesserons le combat quand vous nous montrerez des drapeaux blancs et viendrez sans armes ».

    Koenig juge inutile de répondre et adresse immédiatement à toutes les unités un ordre général en cinq points : « Nous devons nous attendre désormais à une attaque sérieuse, tous moyens combinés (aviation, chars, artillerie, infanterie). Elle sera puissante. Je renouvelle mes ordres et ma certitude que chacun fera son devoir sans faiblir, à sa place, coupé ou non des autres. Notre mission est de tenir coûte que coûte jusqu’à ce que notre victoire soit définitive. Bien expliquer cela à tous les gradés et les hommes. Et bonne chance à tous ». Du 3 au 5 juin, Bir Hakeim est soumis à des bombardements permanents. Rien que le 4, le camp retranché reçoit au moins six mille obus.

    Durcissement

    Le 5, des explosions plus fortes s’ajoutent aux coups de 105 et de 88. Des pièces de 150 et de 210 sont bien entrées en action. Comme l’observe un officier : « Les défenseurs doivent subir ce martèlement régulier des obus sans pouvoir contrebattre les batteries allemandes qui sont hors de portée de leurs 75 ». Quatre à cinq fois par jour, des Stuka et des Saproni larguent des bombes de 250 et de 500 kilos sur les positions françaises. Heureusement les chasseurs de la RAF s’interposent. Koenig télégraphie alors au général Tedder, commandant des forces aériennes du Western Desert : « Merci pour le sport ». Ces bombardements désorganisent les liaisons de commandement. Koenig est bien appuyé par son adjoint légionnaire le colonel Amilakvari. Deux parlementaires allemands se présentent à nouveau avec un texte rédigé en anglais. Koenig refuse de les recevoir. Le chef de poste, le lieutenant Ferrières leur donne cinq minutes pour s’en aller. Le 5 au soir, le bombardement d’artillerie s’intensifie mais les Français tiennent.

    La contre-attaque décousue des Britanniques est une catastrophe. La 32e brigade y perd de cinquante à soixante-dix chars. Au sud la 5e division indienne s’empare de la crête de Bir el Aslagh et la 22e brigade blindée refoule la division Ariete jusqu’à Sidi Mouftah. Globalement c’est un succès pour Rommel qui se retourne contre les Français : « Nous n’avions plus rien à craindre de voir les Britanniques lancer d’importantes attaques de diversion contre nos forces qui investissaient Bir Hakeim et nous espérions poursuivre notre assaut sans risquer d’être dérangés ». Le 6, l’assaut de la 90e brigade légère est repoussé.

    Le 7 est une journée plus calme parce que l’ennemi reconnaît les contours du dispositif français pour tenter d’identifier une faiblesse défensive et l’exploiter. Koenig est conscient qu’une attaque de grande envergure se prépare. Même si le moral des soldats reste très bon il est certain que sans ravitaillement extérieur l’affaiblissement de son dispositif sera vite quantifiable et qu’il faut déjà réfléchir à un retrait intelligent capable de piéger l’ennemi. Il a raison car le 8, dès le lever du brouillard c’est un ouragan de feu et d’acier qui éclate au cours d’une attaque combinée terrestre et aérienne. La situation est infernale mais Rommel est déçu parce que les gains de territoire sont coûteux et dérisoires.

    ***********************************

    Union120601a - Marne
    MONTMIRAIL : Dédicaces à Montmirail : La Campagne de France : de 1814 à aujourd’hui

    Ce samedi 2 juin, durant toute la journée, le matin et l’après-midi donc, une partie des auteurs du livre, « La Campagne de France - 1814, les dernières victoires vues et revues par les lieux traversés » dédicacera cet ouvrage à la librairie Hubert de Montmirail.

    A cette occasion, l’association MAI. en Mons-Mirabilis, et son président Claude Faivre, raconteront la genèse de ce projet et son contenu original à partir de documents qui n’ont jamais été publiés sous aucune forme (livres, revues ou magasines, …)

    La cible des communes concernées se situe sur le trajet des troupes qui ont participé à ces événements : Arcis-sur-Aube, Baye, Champaubert, Congy, Connantre, Corroy, Etoges, Fère-Champenoise, Fèrebrianges, Le Gault-Soigny, Marchais-en-Brie, Montmirail, Montmort, Nogent-sur-Seine, Saacy-sur-Marne, Saint-Cyr-sur-Morin, Sézanne, Vauchamps, Vertus.

    Les sujets abordés sont aussi divers que « Contrat de remplacement », « Réquisitions », « Engagements volontaires », « Lieux de résidences de Napoléon 1er et Alexandre 1er », « Stèle officier russe », « Inventaire des dégâts et indemnisations », « Commémorations de l’arrivée des troupes », « Rencontre avec l’Empereur », « Ambulances », « Sépultures » et quelques légendes…

    ***********************************

    Union120531a - Marne
    VALMY : C’est sous terre que tout se joue : Construction du centre d’interprétation de la bataille de Valmy

    Jusqu’à septembre 2011, il fallait gravir une petite butte pour accéder au moulin (1). Dès le mois suivant, les engins commençaient à décaisser (2 et 3). Au creux de la craie, le bâtiment du centre d’interprétation a pris sa place. On y accède par cette longue allée (4).
  •  Agrandir la photo
  • La cour intérieure permettra d’accéder au centre d’interprétation ou directement au moulin.
  •  Agrandir la photo
  • Du moulin, voici à quoi ressemble le bâtiment : une vaste ouverture, qui sera fermée par une baie vitrée, et un toit-terrasse, bientôt recouvert de gazon.
  •  Agrandir la photo
  • Le gros œuvre est pratiquement terminé. Reste à couler la dalle de la grande salle semi-enterrée, à réaliser les accès extérieurs et à s’attaquer aux aménagements intérieurs.
  •  Agrandir la photo
  • Le chantier du futur centre d’interprétation de Valmy a bien avancé depuis les premiers terrassements, en novembre l’an dernier.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

     

     

    QUAND un chantier avance bien, on a coutume de se féliciter de voir les premiers bâtiments sortir de terre. A Valmy, le futur centre d’interprétation de la bataille fait plutôt le contraire. Et ce n’est pas une erreur de plans.

    Au cœur de la craie, que les engins de chantier ont creusée en novembre dernier, le bâtiment conçu par l’architecte Pierre-Louis Faloci révèle de plus en plus ses lignes. Paré, pour l’heure, de murs de béton brut teinté dans la masse, il s’ouvre d’un côté sur une vaste cour dédiée aux visiteurs et, de l’autre, sur le moulin.

    « Vous avez remarqué : aucune ligne n’est parallèle », souligne, Jean-Pierre Colinet, l’adjoint du président de la communauté de communes en charge du dossier.

    2,7 M d’euros

    L’effet est saisissant. Du parking, on n’aperçoit guère que des murs qui semblent former un labyrinthe. Une fois dans la cour, les murs et leurs ombres multiplient les angles.

    Le toit est formé d’une dalle en béton qui, une fois l’étanchéité terminée, sera recouverte d’une couche de 30 cm de terre végétale. Celle-ci sera récupérée sur le chantier de construction de la voie d’accès à la future usine Albéa de Sainte-Ménehould.

    Ces jours-ci, les engins sont au point mort sur le chantier. En attendant le feu vert d’un bureau de contrôle, les entreprises ne peuvent pas couler la dalle de la grande salle. « Nous avons l’accord, les entreprises devraient pouvoir reprendre la semaine prochaine », assure Jean-Pierre Colinet.

    Si le coût du projet a progressé - passant de 1,9 à 2,7 millions d’euros - (lire notre édition du 5 avril dernier), les délais, quant à eux, ne sont pas trop malmenés. L’élu, qui préfère se montrer prudent, évoque le printemps 2013.

    Stéphanie VERGER

     

     

     

     

    ***********************************

    Union120530a - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : 180 personnes au thé-dansant

    Catherine Prud’homme entourée de l’équipe des anciens combattants de Mourmelon-le-Petit.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Pour ce tout premier thé-dansant, les anciens combattants de Mourmelon-le-Petit ont fait fort.

    Car ce sont plus de 180 personnes qui se sont déplacées pour passer un après-midi chaleureux et musical au centre culturel Napoléon III de la ville voisine de Mourmelon-le-Grand.

    Certains sont même venus de Saint-Dizier ou Vouziers pour apprécier la célèbre accordéoniste Catherine Prud’homme et son orchestre, qui a su mettre l’ambiance pendant près de cinq heures.

    L’association mourmelonnaise est plus que ravie de ce résultat, d’autres éditions sont donc d’ores et déjà dans les esprits.

     

    ***********************************

    Union120529d - Marne
    EPERNAY : Association nationale des anciens combattants de la Résistance : Une commémoration symbolique

    Une gerbe a été déposée au pied du monument des Martyrs de la Résistance.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les responsables de l’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) et les Amis de la Résistance ont choisi le 27 mai, date hautement symbolique, pour commémorer la fondation du Conseil national de la Résistance dont la première réunion s’est tenue à Paris le 27 mai 1943.

    Encadrés par une double haie de porte-drapeaux, Geneviève Philizot, ancienne résistante et Jean-Jacques Mergen, représentant les Amis de la Résistance ont déposé une gerbe au pied du monument dédié aux Martyrs de la Résistance, tandis que la Champenoise d’Aÿ assurait les sonneries réglementaires.

    La délégation s’est ensuite rendue à La Villa pour déposer une gerbe devant la stèle Jean-Moulin.

     

    ***********************************

    Union120529c - Marne
    EPERNAY : Nouvelle devise pour la Légion d’honneur

    Le maire Frank Leroy a accueilli l’assemblée générale de la société des membres de la Légion d’honneur (SMLH, section Marne) dans les salons de l’hôtel de ville de la capitale du champagne. Après le mot d’accueil, l’énoncé des légionnaires disparus au cours de l’année écoulée et quelques instants de recueillement à leur intention, le président départemental Claude Signoret, a dressé le bilan de l’exercice.

    Il a tout d’abord rappelé les récentes modifications apportées aux statuts de l’association, qui s’appelle désormais société des membres de la Légion d’honneur. Le terme « entraide », inscrit pendant de longues années sur son sigle, disparaît pour exigences administratives et financières. Par contre, la société s’enrichit d’une devise : « Honneur, patrie, solidarité ». Le président a précisé que ces changements ne modifient en rien les priorités inscrites dans le statut de l’association, mais que celle-ci doit s’adapter à l’évolution de la société française ainsi qu’à l’évolution de son recrutement : la Légion d’honneur doit se faire connaître des citoyens et offrir une meilleure visibilité.

    Il a ensuite énoncé les différentes activités de la section, dont un voyage à Colombey-les-Deux-Églises en compagnies d’écoliers lauréats du jeu-concours des « dix mots pour fêter la langue française en Champagne-Ardenne », initié par le comité de Reims.

    Il a également souligné le dynamisme manifesté par chacun des comités, celui de Reims par des conférences, les comités Epernay et Châlons par des visites, ainsi que les actions de solidarité entreprises par l’ensemble des comités auprès de certains sociétaires. De plus, il a évoqué l’élection de Michel Le Dren (actuellement président du Souvenir français de Châlons) à la présidence du comité de cet arrondissement.

    Il cite les nouveaux promus, au rang desquels on note Yvette Lundy, ancienne résistante et déportée, et le général Bernard Jean de Sainte-Ménehould, au grade de commandeur ; Michel Guillot, préfet de Champagne-Ardenne et de la Marne, et Joseph Puzo, officiers ; Jean-Claude Étienne, ancien sénateur et membre du conseil économique, social et environnemental, Jean-Pierre Belfie, maire de Bezannes, Bernard Doucet, maire de Montmirail, Michel Bertorelli, ancien combattant et Jean Diblik, historien et professeur à la retraite, au rang de chevaliers.

    ***********************************

    Union120529b - Marne
    REIMS : Il faut sortir le témoignage de Genevoix de l’oubli

    Une soirée à la médiathèque de Reims a permis de redécouvrir les mots de Maurice Genevoix.
  •  Agrandir la photo
  • Marne. Il arrive que l’on redécouvre un entretien télévisé dont on mesure tardivement la portée. L’entretien entre Pierre Bellemare et l’académicien Maurice Genevoix est un grand moment.

    L’extrait, qui a été présenté au cours de la soirée organisée par la société des amis de la bibliothèque de Reims en présence de la fille et du gendre de l’écrivain, conduit à une conclusion fort simple.

    Il existe un document qui, dans la dernière ligne droite de la préparation du centenaire de la Grande Guerre, mérite d’être édité sous forme de DVD. Il n’y a pas de temps à perdre !

    Ce n’est pas simplement parce que Maurice Genevoix lit un extrait de Ceux de 14 et transporte le téléspectateur sur le champ de bataille par un récit poignant, où le jeune lieutenant du 106e RI de Châlons-sur-Marne revit l’épisode décrit. C’est parce que Genevoix est un témoin supérieur et un conteur d’exception.

    « Bran-car-dier, Bran-car-dier »

    Lorsqu’il évoque ces heures atroces au fond d’un entonnoir du côté des Eparges, au milieu des cadavres, des râles et des questionnements les plus radicaux sur la vie, l a mort, le sens d’être là puis de disparaître, il est à même la terre et la boue, un passeur de l’histoire des hommes. A-t-il conscience de la dimension et de la portée de son propos ?

    Ce contact avec des réalités terribles ébranle le citoyen d’aujourd’hui, parce qu’il montre aussi un amour fusionnel pour la France. Maurice Genevoix incarne la noblesse du serviteur, patriote, à la tête de sa section, comme le corps fracassé de trois balles tirées par le même soldat allemand.

    L’académicien est, comme tous les authentiques survivants, capable d’expliquer pourquoi il faut aimer la vie. Lorsqu’un obus explose si près de vous qu’il tue les dix-sept soldats qui vous entoure pour n’en laisser qu’un indemne, le choc subi ouvre sur bien des pourquoi.

    Quand le blessé hurle dans la nuit « Bran-car-dier, bran-car-dier » alors que son corps est torturé par la douleur envahissante et cruelle, il faut entendre le récit de Genevoix. C’est une leçon de vie. Lorsqu’une balle maudite est stoppée net par un bouton et qu’une manière à soi de boucler sa ceinture et de fermer sa capote aboutit au miracle d’être indemne, on se dit que ce n’est pas le jour. Mais que sera le lendemain ? Lorsque le lieutenant est meurtri dans sa chair, il se remémore les cris de ses hommes fauchés et abîmés, revoit les spasmes rythmiques et profonds de corps à demi démembrés. Il n’y a plus cette fois de balle intelligente mais un homme qui se trouve sur le seuil de la vraie mort.

    On retrouve chez Genevoix une humanité foisonnante. Comme le confie Sylvie Genevoix, son père a toujours voulu témoigner pour la mémoire de ses camarades morts au champ d’honneur. Il n’a jamais toléré qu’on se moque des anciens combattants, parce que ceux qui le faisaient ignoraient chez ces modestes leur passé de gloire.

    Sylvie Genevoix ajoute : « Mon père est un guerrier. Il fait la guerre. C’est un meneur d’hommes. Il tue des soldats adverses. Il se bat pour son pays. » Bernard Maris, l’époux de Sylvie qui est aussi conseiller scientifique de la mission de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, dit sa fierté d’avoir eu Maurice Genevoix comme beau-père : « Avec sobriété, dans une langue admirable, il nous fait comprendre ce qui se passait alors dans l’esprit des Français. » Il remarque aussi que la terrible blessure dont l’écrivain est victime le désespère : « Le fait d’être séparé, arraché de ses camarades. Il le ressent comme une désertion. » Il voulait aussi « aider les mortels, mes semblables » : son essai La mort de près, avec une préface de Michel Bernard, est un petit ouvrage précieux que l’on ouvre pour mieux se redresser lorsque des épisodes de la vie vous font douter.

    Si Maurice Genevoix entre le 11 novembre 2014 au Panthéon, ce sera pour lui un accomplissement, la reconnaissance de la République pour celui qui a su écrire une histoire des hommes dans la guerre, avec une humanité inégalée.

    ***********************************

    Union120529a - Marne
    CHALONS : Journée découverte de la Grande Guerre

    Une journée découverte de la Grande Guerre organisée par le Conseil des sages se déroulera le jeudi 31 mai, départ à 8 h 45. Au programme : visite du centre d’interprétation de Suippes, déjeuner à l’auberge du Pont de Marson, visite de la Main de Massiges et visite de l’atelier d’ornements de toiture de Raymond Kneip.

    Départ en autocar et déjeuner inclus. Prix : 47 euros par personne. Il reste quelques places.

    Réservations à l’Office des seniors au 11, rue Thiers à Châlons. Tél : 03.26.65.15.15.

    ***********************************

    Union120528a - Marne
    CHALONS : Les écoliers rencontrent les anciens combattants à la Butte des Fusillés : Rallye de la Liberté : deux jours pour se souvenir

    Devant le monument érigé à la Butte des Fusillés, une classe châlonnaise accompagnée d’anciens combattants et d’enseignants.
  •  Agrandir la photo
  • A l’initiative du Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre, de la Ville de Châlons, de l’Office national des anciens combattants et de l’Inspection académique de la Marne, il est organisé chaque année le traditionnel Rallye de la Liberté. Cette manifestation s’est déroulée les jeudi 24 et vendredi 25 mai sur le terrain dit de La Folie, à la Butte des Fusillés entre Châlons et Melette, là où 38 patriotes marnais (11 à Châlons) tombèrent sous les balles des pelotons d’exécution allemands.

    Vivre libre

    202 élèves châlonnais de CM1 et CM2 et d’une localité proche ont répondu aux questions posées par les anciens combattants, répartis dans 6 tentes mises en place par l’armée, le 402e régiment d’artillerie en l’occurrence.

    Les questions ont porté sur toute la durée de la guerre, traitant de l’occupation, de la collaboration, de la résistance, de la répression, du débarquement, jusqu’à la libération des camps de concentration et la capitulation des armées nazies le 8 mai 1945.

    Autant de questions qui ont interpellé les scolaires sur ce conflit qui fit pas moins de 60 millions de morts dont 40 en Europe, rendant ainsi hommage à ceux et celles qui n’on jamais abandonné. Cette rencontre entre jeunes et anciens combattants est proposée pour que la mémoire perdure et que les nouvelles générations se souviennent que vivre libre aujourd’hui résulte du sacrifice de ceux qui ont combattu pour cette liberté.

    Parmi les anciens présents qui ont vécu cette douloureuse et tragique période, les écoliers ont pu rencontrer Roger Romagny ancien résistant du groupe Melpomène et déporté aux camps du Struthof et Dachau. Il est aujourd’hui l’un des rares rescapés châlonnais de ces camps d’extermination.

    Une remise de récompenses aux écoles participantes aura lieu le lundi 18 juin à 15 heures dans le grand salon de l’hôtel de ville.

    ***********************************

    Union120527b - Marne
    GIONGES : Hommage à la résistante : Une classe nommée Yvette Lundy

    Beaucoup d’émotion à l’occasion des retrouvailles entre l’institutrice et ses élèves, 68 ans plus tard.
  •  Agrandir la photo
  • Le 19 juin 1944, Yvette Lundy, institutrice du village de Gionges, membre actif de la résistance, était arrêtée par la Gestapo devant ses élèves, pour être ensuite déportée au camp de Ravensbrük.

    Cette salle de classe, actuellement utilisée comme mairie, s’appelle désormais « salle Yvette Lundy ». Le conseil municipal a ainsi souhaité rendre hommage à la Sparnacienne.

    Répondant à l’invitation de Michel Anquet, maire de Gionges, c’est avec émotion que l’ancienne institutrice a dévoilé la plaque commémorative devant ses anciens élèves et les habitants de la commune. Racontant son arrestation, beaucoup de souvenirs douloureux de cette période ont resurgi des mémoires.

    Après une dédicace de son ouvrage « Le fil de l’araignée », sorti à la fin de l’année 2011, la cérémonie s’est achevée par le verre de l’amitié.

    ***********************************

    Union120527a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Molotov à Londres, Cologne sous les bombes

    Une vue aérienne de Cologne après le passage d’un millier de bombardiers de la RAF.
  •  Agrandir la photo
  • Heydrich, grièvement blessé dans un attentat validé par les Alliés.
  •  Agrandir la photo
  • Arthur Harris : rendre coup pour coup en bombardant l’Allemagne.
  •  Agrandir la photo
  • Le 20 mai 1942, Molotov, vice-président du comité de défense nationale d’Union soviétique arrive à Londres pour une série d’entretiens politiques. Il s’agit de sceller l’alliance anglo-russe par laquelle Moscou prend l’engagement solennel de devenir membre des Nations unies et de ne pas intervenir dans les affaires intérieures des autres Etats. Cela se traduit aussi le 26 mai par la signature d’un traité d’assistance. La situation à l’est reste incertaine d’autant que le 27, les Allemands remportent la bataille de Kharkov et éliminent le saillant soviétique à l’est du Donetz.

    Dans le même temps, le cabinet de guerre travaille à une nouvelle stratégie pour frapper l’Allemagne plus fort. Le plan Harris d’opérations aériennes sur l’Allemagne reçoit l’approbation du commandement suprême et du gouvernement. Dans un courrier qu’il envoie aux commandements de l’aviation de défense côtière, de l’aviation de chasse et du soutien aérien, le général Harris exige une collaboration exemplaire. L’objectif qu’il fixe est de raser au cours d’une nuit de raids l’un des principaux centres industriels de l’Allemagne nazie tels Cologne ou Hambourg. Le 26, le feu vert est donné à une opération qui impliquerait simultanément un millier de bombardiers contre un centre industriel majeur de l’ennemi. Les conditions météorologiques sont hélas défavorables, aussi Harris décide de repousser le raid parce qu’il tient à ce que les résultats soient probants. Les Britanniques veulent d’autant plus frapper qu’ils ont appris le 21 mai qu’Hitler a choisi de rapporter l’opération « Ercole » de l’invasion de Malte jusqu’à la conquête de l’Egypte par l’Afrika Korps appuyée par des unités italiennes. Néanmoins, les informations en provenance de La Valette ne sont pas bonnes. Les Allemands n’ont pas renoncé à bombarder les installations aéroportuaires de l’archipel.

    Comme le 30 les prévisions météorologiques sont favorables, Harris choisit Cologne et donne l’ordre de décollage à mille bombardiers. A 22h30, les Stirling du XVe groupe, stationnés à Wyton dans le Huntingdonshire, sont les premiers à s’envoler, suivis par les autres groupes. Un peu avant minuit, le pilonnage commence et c’est rapidement un enfer. Des violents incendies se développent en plusieurs points de la ville. Plus de deux mille tonnes de bombes sont larguées et au matin on recense treize mille habitations détruites et plus de six mille très endommagées. Il y a autour de 45.000 sans abri, 469 morts, 4.500 blessés. Les Anglais perdent trente-neuf appareils abattus pour la plupart par la chasse de nuit. Goering résume ainsi le raid sur Cologne : « Si l’on considère des cas isolés les effets de la guerre aérienne sont certainement terribles, mais il faut les accepter ». Les Britanniques ne font alors que montrer aux Allemands ce qu’ils ont subi pendant des semaines lorsque la Luftwaffe s’acharnait contre leurs villes. Le 27, des patriotes tchèques sont parachutés par un appareil britannique. Leur mission est d’éliminer le Reichprotektor Reinhard Heydrich dont le rôle clé dans la mise en place de la Solution finale a été acté lors de la conférence de Wannsee. L’officier SS se déplace pratiquement sans service de sécurité et aime utiliser les véhicules à ciel ouvert. Le commando parvient à lancer une bombe qui explose et renverse le véhicule d’Heydrich qui est très grièvement blessé. Son pronostic vital est engagé. Dès qu’Hitler est informé de l’attentat, il ordonne des représailles immédiates.


    …..

    Bir Hakeim : l’hécatombe des chars italiens

    De lourdes pertes parmi les chars ennemis.
  •  Agrandir la photo
  • Une vue des espaces désertiques depuis Bir Hakeim.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Koenig : un stratège dans le désert.
  •  Agrandir la photo
  • Des prisonniers italiens de la division Ariete.
  •  Agrandir la photo
  • Libye. Le premier assaut que subit le camp retranché défendu par les Français est italien. Les soldats de Mussolini reçoivent une leçon et enregistrent des pertes sévères de blindés et de véhicules.

    Il sait le choc imminent ! Le général de Larminat se déplace à Bir Hakeim le 25 mai 1942 afin de donner ses ultimes instructions et avertir Koenig qu’il doit se préparer à essayer un choc d’une rare violence dès le lendemain dans l’après-midi. Il effectue une tournée des points de défense. Il progresse jusqu’au PC de la jock colonne du Bataillon de marche n°2 qui opère à une cinquantaine de kilomètres dans le nord-ouest de Bir Hakeim. A La 1re brigade française libre, tout est préparé pour encaisser l’offensive attendue. Les Français craignent que l’ennemi attaque avec les gaz aussi les soldats des différentes unités de première ligne s’exercent au port du masque et au combat avec. Koenig toujours très méthodique répète les consignes. Chaque officier vérifie ses effectifs, l’armement, le niveau des approvisionnements pour s’assurer que la brigade dispose d’une puissance opérationnelle idéale pour dix jours. Le général confie : « J’ai confiance, grande confiance, le moment tant attendu est arrivé, il est sur nous. Deux années après la défaite et pour la première fois, nous allons nous mesurer avec les Allemands en combats terrestres. C’est à la 1re brigade des Forces françaises libres que revient cet honneur. Face à l’Afrika Korps, elle représentera donc l’armée française demeurée au combat ».

    Koenig prêt au choc

    Le 26 mai, tous les hommes sont à leur poste et la vigilance de tous les échelons est à son maximum. Il fait très chaud et une brume de chaleur recouvre l’horizon ce qui limite la visibilité. Toutes les activités habituelles sont assurées et il n’y a pas de stress particulier. Depuis son PC enterré, le général Koenig se fait répéter tous les détails du dispositif. Il s’assure encore une fois que chacun a bien compris quel était son rôle et est prêt à passer à l’action dès que la situation l’exigera. Son seul souci est que la moitié de l’artillerie et environ le tiers des armes antichars soient en extérieur. Les différents pièges destinés à bloquer l’ennemi dans sa progression et à le neutraliser ont certains inconvénients mais il faut oser prendre des risques lorsqu’on sait que l’adversaire est puissamment armé.

    A l’intérieur du V, un détachement de la 3e BLE est en place depuis le 20 mai autour du capitaine de Lamaze et comprend trois sections de brenn-carriers, une section du génie et une section antichar de 75 BB. Sa mission est de surveiller les champs de mines et de maintenir une bonne liaison avec la 150e brigade britannique voisine qui se situe à Got el Oualeb. Des éléments du BM2 avec le commandant Amiel se tiennent devant Rotonda Segnali. Il y a la 6e compagnie du lieutenant Tramon, une section de 75 BB de la compagnie lourde et les deux batteries Quirot et Morlon du 1er régiment d’artillerie. La 7e brigade motorisée du général Renton assure la couverture de tout le front du 30e corps d’armée mais les Français n’ont pas de liaison radio avec eux. Amiel n’a qu’une obligation : ramener ses forces intactes à Bir Hakeim. Alors que la matinée s’est achevée sans observation particulière, à 13 heures, le capitaine Hautefeuille du 2e bureau de la brigade annonce qu’une concentration de véhicules ennemis est en cours.

    Devant Rotonda Segnali l’explication se précise. A 15h15, les automitrailleuses sud-africaines du colonel Newton King chargée de protéger les Français se replient brutalement vers l’est alors que les blindés allemands se lancent à pleine vitesse au contact des Alliés. Les détachements avancés informent qu’ils sont désormais menacés par les tanks de l’adversaire. Amiel est convaincu qu’il s’agit du commencement d’une puissante offensive.

    Code « Rabbit »

    Il lance le nom de code « Rabbit » qui signifie qu’il faut combattre en retraite. Il rend compte à Koenig : « Attaque générale, nous nous retirons du réseau ». Jusqu’à la nuit depuis le PC enterré, on suit le repli méthodique des soldats d’Amiel. Et cela est payant puisque les groupes mobiles M1 et M2 des capitaines Lhuillier et Morlon décrochent sur un front de dix kilomètres mais mettent hors combat plusieurs chars et véhicules ennemis. La nervosité augmente au sein du corps retranché.

    Certains doutent que Rommel mette le paquet mais Koenig est convaincu du contraire. Comme la 8e armée britannique ne lui donne aucune information, il préfère miner la porte ouest du dispositif. Toute la nuit l’incertitude persiste parce que le défaut de communication est un redoutable handicap. La présence d’avions qui larguent de nuit des fusées éclairantes donne à penser que l’ennemi jalonne la position pour mieux y pénétrer. Plusieurs reconnaissances ordonnées par Koenig confirment que les blindés allemands sont proches. Or au lever du jour, tout est désertique à l’horizon. A 7 heures, le lieutenant-colonel Broche observe une colonne motorisée de l’adversaire qui progresse en venant du sud. Les Français apprennent alors que la 3e brigade indienne de la 7e division blindée britannique est attaquée par une forte concentration de blindés. Une demi-heure plus tard, les Anglais annoncent une contre-offensive avec leur 4e brigade blindée. A l’est, l’ennemi est tout au plus à une dizaine de kilomètres. Plusieurs colonnes de reconnaissance ont évité de justesse la capture. A 8h15, une colonne blindée se présente au sud-est et roule vers le camp retranché.

    Elle est composée d’environ quatre-vingts chars et d’infanterie portée. Lorsque les blindés ennemis sont à douze cents mètres de la mer de mines, un premier char saute alors tous les autres ouvrent le feu ! Tous les canons antichars, les 75, les 47 du BIM, les quatre batteries d’artillerie, les Bofors des fusiliers marins répliquent dans l’instant. C’est un déluge de feu et d’acier. Les chars sont les seuls à poursuivre leur progression. Koenig s’aperçoit que ce sont des Italiens qui tombent dans son piège. Ils enregistrent de lourdes peines mais tentent de se reformer.

    Le plus des positions enterrées

    Le combat reprend, très violent mais à 10h15, les Italiens se replient soudainement. Plusieurs équipages ennemis sont capturés. Le colonel Prestisimone, commandant le 132e régiment de chars de la division blindée Ariete qui mène l’attaque est fait prisonnier. Lorsque les fumées sont dissipées, trente-deux chars adverses sont déjà réduits à l’état de carcasses et les légionnaires affichent une centaine de prisonniers. Les pertes de la brigade sont insignifiantes. Le général Koenig déclare : « C’est le triomphe des positions enterrées ! Mes bougres vont-ils enfin le comprendre et le reconnaître ». Ce qui vient de se passer est une victoire des idées tactiques des Français libres et de la défense en hérisson. Le camp retranché qui est solidement défendu par de nombreux canons pour la plupart bien protégés et des champs de mines stoppe l’avancée de l’ennemi. Le colonel italien confirme qu’il avait mission d’emporter d’un assaut la position de Bir Hakeim. Les plans saisis sur l’officier italien permettent à Koenig de comprendre toute la manœuvre de Rommel.

    Les Français ont un gros moral mais le général est prudent. Il sait que l’échelon B de la brigade se trouve sur l’axe de marche de la 21e Panzer. Sans nouvelle des Anglais, il s’inquiète à juste titre parce que s’il tient sa position, le PC tactique de la 7e DB et le général Messervy ont été surpris par l’ennemi et fait prisonnier ! Or la 7e devait contre-attaquer pour dégager Bir Hakeim si nécessaire. La situation peut vite se retourner et devenir critique.

    Textes : Hervé Chabaud


    …..

    Objectifs Midway et Dutch Harbor

    Venger l’humiliation subie à Pearl Harbor.
  •  Agrandir la photo
  • La carte de l’attaque sur les îles Aléoutiennes et sur Midway.
  •  Agrandir la photo
  • Pacifique. Les Japonais veulent s’emparer du caillou du Pacifique pour dominer cet océan et prendre possession des îles Aléoutiennes pour conforter leur puissance maritime.

    Sachant les menaces qui pèsent désormais sur Midway, les Américains parient sur une réparation rapide du porte-avions « Yorktown » endommagé au cours de la bataille de la mer de Corail et espèrent le renforcement des moyens aériens stationnés sur le porte-avions fixe, c’est-à-dire, cette petite île au milieu du Pacifique. Les renforts qui sont arrivés courant mai sont destinés à constituer un bastion de résistance. Vingt-trois hydravions patrouilleurs y sont opérationnels de manière à multiplier tous azimuts des reconnaissances et identifier une progression des colonnes navales de l’adversaire. Vingt-sept chasseurs, dix-sept bombardiers torpilleurs, seize bombardiers en piqué et des B 17 sont prêts à intervenir sur zone. Ces appareils ont été prélevés sur la dotation fixée à Hawaï. Le général Emmons a finalement accepté de stationner cette force aérienne avancée à Midway. Les Américains font le choix de concentrer l’essentiel des moyens dont ils disposent pour contrer l’opération nippone baptisée AF. En revanche, ils savent qu’ils ne sont pas en capacité d’opposer une grande résistance à une autre attaque programmée par Tokyo et visant les îles Aléoutiennes. Le contre-amiral Robert Theobald qui quitte Pearl Harbor le 21 mai en direction de l’Alaska sait qu’avec deux croiseurs lourds, deux croiseurs légers et quatre destroyers, il ne fait pas le poids face à un ennemi qui peut doter sa force d’assaut de deux porte-avions. Il ne peut pas bénéficier d’un appui sous-marin puisque dix-sept unités sont dépêchées pour monter la garde tout autour de l’île de Midway.

    La comptabilité de Nimitz

    Les Américains sont conscients que seul l’effet de surprise peut les aider. C’est pourquoi l’équipage de l’hydravion auxiliaire « Tangier » stationné à Efate et les transmetteurs du croiseur lourd « Salt Lake City » alors en Australie sont chargés d’assurer un trafic radio des plus denses pour laisser croire à l’ennemi que la Task force du vice-amiral Halsey est encore dans le sud-ouest du Pacifique. L’amiral Chester Nimitz sait que ses moyens sont comptés. C’est pourquoi, il cherche à bénéficier chez ses chiffreurs d’un maximum d’informations recoupées pour placer ses unités et notamment ses porte-avions aux endroits les plus stratégiques. Le 25 mai 1942, les Américains pensent avoir progressé dans la compréhension des codes de l’adversaire. Rochefort, l’un de leurs meilleurs analystes, affirme alors à Nimitz que le raid nippon sur les Aléoutiennes aura lieu le 3 juin et que le port de Dutch Harbor sera bombardé. Les estimations laissent croire que les Japonais arriveront du nord-ouest et seront sans doute visibles à environ 280 km de Midway à 6 heures !

    Toutes les informations recueillies sont transmises à l’amiral King à Washington. Il donne son feu vert le 26 mai pour que les vingt-six unités de la Task Force 16 rentrent à Pearl Harbor. « L’Enterprise » et le « Hornet » mouillent dans la rade et le vice-amiral Halsey rencontre immédiatement Nimitz. Il souffre d’une dermite très douloureuse et doit être remplacé à la tête des porte-avions par le contre-amiral Raymond Spruance, un tacticien qui est jusqu’alors le pacha des croiseurs. L’homme est compétent et apte à prendre la tête de la Task Force 16. Le même soir, le « Yorktown » est de retour. Il arrive à petite vitesse et laisse derrière lui une longue traînée d’huile, signe de son avarie. Immédiatement 1.400 ouvriers sont mobilisés vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour effectuer les réparations essentielles à son retour en service opérationnel.

    Task Force 17

    Plusieurs tactiques de combat sont alors envisagées pour que la marine US soit à même de contrer les marins du Mikado. Le 28 mai au matin, le contre-amiral Spruance appareille avec cet ordre : « Le principe qui doit vous inspirer est celui du risque calculé, en évitant d’exposer votre force d’attaque à un ennemi supérieur en nombre si vous n’êtes pas sûr de provoquer des pertes encore plus graves chez lui ». Nimitz sort aussi de sa posture habituelle. S’il n’indique jamais à ses officiers la marche à suivre, cette fois il prévient qu’à tout moment, s’il le juge utile, il peut exercer en tout lieu un commandement opérationnel. On mesure qu’une telle décision chez lui illustre l’importance des combats navals et aériens qui se profilent. Cela peut vraiment être déterminant pour le contrôle du Pacifique et la maîtrise du ciel dans cette immensité. Nimitz surveille aussi les travaux de restauration du « Yorktown ». Sa coque étant retapée, l’immense bâtiment quitte la cale sèche de Pearl Harbor. Le commandant en chef de la marine qui est impatient de le voir reprendre l’océan déclare : « Bonne chance et bonne chasse ». Il s’agit cette fois de la Task Force 17 qui se prépare à prendre la direction de Midway. En rade, on est d’accord pour que cette mission soit la dernière avant un retour plus long pour une révision générale du bâtiment et sa modernisation. Le « Yorktown » reçoit ses avions de soutien alors qu’il est en mer. Ce sont soixante-douze appareils qui appontent. Il y a notamment le dernier modèle de chasseur Wildcat dont les ailes se replient. Le porte-avions a rendez-vous à 560 km de Midway en un point dénommé « Bonheur ». Fletcher et Spruance doivent alors faire le point. Depuis que les bâtiments des deux Tasks Forces ont quitté les eaux du périmètre d’Hawaï, le silence radio est de rigueur. La formidable armada nippone qui fait route en direction de Midway est devancée par les quatre porte-avions du vice-amiral Nagumo appuyés par huit navires citernes escortés de deux cuirassés, de trois croiseurs et de douze destroyers. Les Japonais ont un excellent moral. La dernière répétition théorique de l’opération « AF » s’est effectuée sans aucun incident, aussi tous les atouts sont réunis pour une nouvelle victoire. Quinze transports avec à bord cinq mille hommes de troupes qui doivent débarquer et occuper Midway font également mouvement. Ils proviennent de Saipan avec un croiseur léger et dix destroyers alors que depuis Guam une force d’appoint constituée de trois hydravions de quatre croiseurs lourds et de trois destroyers doit compléter le dispositif.

    Les Aléoutiennes comme cible

    En ce qui concerne les îles Aléoutiennes, deux porte-avions légers, deux croiseurs lourds, deux hydravions et quatre destroyers sont à mi-chemin avec Dutch Harbor comme cœur de cible. Huit transports de troupes doivent amener les régiments chargés d’envahir Kiska et Attu. Ils quittent Ominatu le 30 mai avec deux croiseurs et six destroyers appelés à faire leur jonction avec une autre formation de croiseurs près des îles Kouriles. Les moyens engagés conjointement par l’état-major impérial sont considérables. L’historien américain John Costello indique : « Les chambres de chauffe de cent quarante cinq vaisseaux allaient brûler autant de carburant que l’ensemble de la marine impériale en avait usé toute l’année précédente, peut-être même plus ». Un tel effort pour conquérir un territoire d’un millier d’hectares de sable et de Corail au cœur du Pacifique, cela peut apparaître démentiel mais cette puce au milieu de l’Océan est stratégique.

    Les Japonais sont si sûrs d’eux qu’ils ont déjà rebaptisé Midway du nom d’île du Soleil Levant. L’optimisme de Tokyo témoigne combien l’état-major juge les Américains dans l’incapacité de réagir. Ce qui est une appréciation erronée de la situation.

    ***********************************

    Union120526b - Marne
    FISMES : La guerre d’Algérie exposée au collège

    M. Galentin et des élèves devant l’exposition.
  •  Agrandir la photo
  • Des questions préparées par les élèves de 6e, 5e et 4e avec l’aide de la documentaliste Mme Fournier pour leurs camarades de 3e , une centaine de questionnaires remplis par des élèves volontaires, l’exposition sur la guerre d’Algérie présentée dans le hall du collège Thibaud-de-Champagne semble avoir intéressé un maximum de jeunes.

    De plus, en accès libre, l’exposition a pu toucher l’ensemble des 350 élèves de l’établissement.

    Les enseignants de 3e ont pu utiliser ces panneaux riches en informations et en documents iconographiques pour traiter ce sujet qui est dans le programme de 3e.

    M. Galentin, président du comité fismois de la Fnaca, propose chaque année une exposition sur la guerre d’Algérie qui permet de maintenir le souvenir de cette douloureuse période, de la mort de « dizaines de milliers de jeunes soldats français et de plusieurs centaines de milliers d’Algériens de tous âges… ».

    Les plus jeunes élèves entendaient parler pour la première fois de ces événements rendus plus proches par cette exposition.

    ***********************************

    Union120526a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Voyage scolaire en Argonne : 55 jeunes collégiens sur les traces des Poilus

    Les jeunes ont découvert le site de la Main de Massiges avec beaucoup d’émotion.
  •  Agrandir la photo
  • Un voyage scolaire sur « les traces de la Grande Guerre » était organisé pour cinquante-cinq élèves et leurs professeurs du collège de Gap (Hautes-Alpes).

    Après le Chemin des Dames, ces jeunes touristes de la mémoire sont arrivés en Champagne pour y découvrir le centre d’interprétation de Suippes, l’ossuaire de Navarin et le site de la Main de Massiges avant de rejoindre le champ de bataille de l’Argonne (vallée Moreau puis Vauquois).

    En deux groupes et guidés par Eric Marchal et Jean-Pierre Maisant, ils ont découvert les tranchées champenoises réhabilitées sur le site de Massiges.

    Ainsi, les collégiens ont eu une approche concrète de ce que pouvait être le quotidien des Poilus dans l’enfer des tranchées. De nombreuses questions sur la vie et la mort ont été posées pour mieux comprendre cette époque qui parait bien loin. Beaucoup ont néanmoins remarqué que peu d’années les séparaient de ces hommes qui se sont battus pour la France.

    Avec d’autres classes, rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine.

    ***********************************

    Union120523a - Marne
    EPERNAY : Deux expositions sur la Résistance

    Une quarantaine de panneaux ont été mis en place par Alain Galataud, le président de l’association, et ses équipiers.
  •  Agrandir la photo
  • Le sujet avait été évoqué lors de la dernière assemblée générale du 18 mars à Cumières. L’Anacr (Association nationale des anciens combattants de la résistance) propose une exposition - éphémère, certes - à la maison des associations.

    Inaugurée en présence de Robert Foreau-Fenier, professeur d’histoire et membre du bureau national de l’Anacr, elle est ouverte jusqu’au samedi 26 mai.

    Au départ, elle devait porter sur un thème unique, « Les Allemands dans la Résistance », et rappeler la présence dans certains maquis de déserteurs allemands. Au total, une vingtaine de panneaux abondamment illustrés.

    Ce premier thème est complété par une seconde exposition, mise à disposition par l’Onac (l’office national des anciens combattants), une vingtaine de panneaux également, relatant le parcours de Jean Moulin.

    « C’est une opportunité que nous avons saisie, note Alain Galataud, nous ignorions cette possibilité. L’Onac propose ainsi différentes expositions itinérantes, aux associations qui peuvent en faire la demande, mais aussi aux établissements scolaires. C’est l’occasion de commémorer, au cours de ce mois anniversaire de la Libération, la fondation du CNR, la formation des FTP … ».

    A noter que l’Anacr déposera une gerbe au monument des Martyrs de la Résistance à Épernay, le dimanche 27 mai à 10 heures et une seconde à 10 h 30 à La Villa, au pied de la plaque dédiée à Jean Moulin.

    ***********************************

    Union120522a - Marne
    CNRD : Des jeunes Marnais ravivent la flamme sous l’Arc de Triomphe

    Le ravivage de la flamme par deux élèves.
  •  Agrandir la photo
  • Les lauréats marnais du CNRD sous l’Arc de Triomphe.
  •  Agrandir la photo
  • A l’initiative de Bruno Dupuis, directeur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) de la Marne, les 45 lauréats marnais du Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD), se sont vu offrir un voyage mémoriel de grande qualité.

    Ce samedi 19 mai, les élèves primés ont ainsi visité le Mont Valérien à Suresnes, haut lieu de mémoire, où 1 010 résistants et otages ont été exécutés par la Wehrmacht. Petite clairière au sol imbibé de sang de tous ces héros inconnus, près de laquelle le général de Gaulle a inauguré en 1960 un monument à leur gloire et où chaque 18 juin, le Président de la République en fonction ravive officiellement la flamme.

    Après un pique-nique au Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel, le groupe s’est ensuite rendu aux Invalides où les scolaires ont pu visiter le musée de deux guerres ainsi que le tombeau de Napoléon 1er. Enfin, clou de la journée, ils ont participé officiellement au ravivage de la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

    Une remontée d’une partie des Champs-Élysées, sous la pluie, en défilé derrière les porte-drapeaux, puis la cérémonie rythmée par la musique militaire des troupes d’Infanterie de Marine.

    Lors de la cérémonie, trois élèves ont déposé une gerbe et deux élèves ont procédé au ravivage de la flamme. Ce fut une journée forte en émotion et riche en découvertes, intégralement prise en charge par l’Onac de la Marne.

    Parmi les encadrants, à noter la présence de deux professeurs d’histoire des collèges Notre-Dame Perrier et Saint-Etienne de Châlons et quatre anciens combattants, dont trois de la 4e génération du feu regroupés au sein de l’association des anciens des missions extérieures (AME Champagne).

    ***********************************

    Union120521a - Marne
    REIMS : Centenaire de la Grande Guerre : un hommage à Maurice Genevoix

    Maurice Genevoix a été lieutenant au 106e RI de Châlons-sur-Marne.
  •  Agrandir la photo
  • Le centenaire de la Première Guerre mondiale approche et la préparation de temps mémoriels d’excellence s’impose pour que les Français redécouvrent ce premier épisode terrifiant de l’histoire du XXe siècle, et se souviennent que des soldats de chaque famille ont combattu, ont été blessés, gazés, fracassés, tués au cours des assauts effroyables et des interminables pilonnages d’une artillerie adverse infernale.

    On a beaucoup écrit sur ce conflit. Il y a les lettres des Poilus, les pages des écrivains mais surtout il y a Maurice Genevoix.

    Personne mieux que lui n’a su traduire avec intensité, vérité et émotion le quotidien de ces soldats de France qui, autour de lui, ont été des hommes jeunes, abîmés, déchirés et hachés par la mitraille.

    La Société des amis de la bibliothèque de Reims a choisi de rendre hommage à l’ancien secrétaire perpétuel de l’Académie française qui a été lieutenant au 106e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne.

    Pour donner du sens à ce temps d’histoire et de réflexion, les organisateurs ont invité la fille unique de l’écrivain, Sylvie Genevoix elle-même auteur, directrice de collection littéraire et ancien membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

    L’économiste Bernard Maris, habitué des plateaux de télévision lorsqu’il s’agit d’évoquer la crise où les grands défis contemporains du monde des échanges, sera également présent comme conseiller scientifique de la Mission de la commémoration du centenaire de la Grande Guerre. L’écrivain Michel Bernard, auteur chez La Table Ronde d’un remarquable « Pour Genevoix », est annoncé.

    Cette soirée comprendra la présentation d’un enregistrement télévisé oublié dans lequel Maurice Genevoix parle de son vécu de la Grande Guerre et lit un extrait de « Ceux de 14 », l’un de ceux qui vous ébranlent parce qu’ils vous transportent sur le champ de bataille, avec l’auteur de l’acier chaud, le râle des blessés, la présence de la mort.

    Sylvie Genevoix échangera en toute simplicité avec le public sur la personnalité et l’œuvre du grand écrivain et plus particulièrement sur la signification profonde du témoignage de son père. Sans doute, avec son vécu auprès de l’écrivain depuis son bureau de Vernelles qui dominait le lit de la Loire, pourra-t-elle dire à sa manière ce que Michel Bernard évoque ainsi : « Ceux de 14, est de cette sorte de livres, infiniment rares, qui ne sont pas l’aboutissement d’un savoir-faire ou même d’un grand style, mais l’expression d’une nécessité absolue, qui va droit à ce que l’art comble en nous de plus profond. L’attente, l’espoir de quelque chose qui dans l’humanité ne meurt jamais ».

    Hervé CHABAUD

    A ne pas manquer : « Maurice Genevoix, témoin de la Grande Guerre », jeudi 24 mai à 18 heures, médiathèque Jean-Falala, 2, rue des Fuseliers, 51100 Reims. Ouvert à tous.

    ***********************************

    Union120519d - Marne
    MONTMIRAIL : [DIAPO] 198e anniversaire de la campagne de France de 1814

    Cécile Rochet-Graindorge
  •  Agrandir la photo
  • Cécile Rochet-Graindorge
  •  Agrandir la photo
  • Marne. La reconstitution des victoires napoléoniennes s’achève… Déjà on prépare le bicentenaire. Récit en images.

    EN février 1814, à Champaubert, Montmirail, Château-Thierry ou Vauchamps, Napoléon et sa grande armée ont vaincu les armées alliées. Moins de deux cents ans plus tard, Les Hussards de Lasalle qui avaient convié du 16 au 20 mai, des groupes européens aussi bien qu’américains ou canadiens, ont mis tout en œuvre pour faire revivre l’événement. Environ deux cents personnes ont participé.

    Les groupes repartent aujourd’hui de Montmirail, où un bivouac historique a été établi et ouvert au public jeudi et hier.

    Vendredi de Bannay à Champaubert, en passant par Baye, fantassins, cavaliers, artilleurs en costumes ont participé aux marches, prises d’armes, attaques et embuscades.

    Attendues avec impatience par la population à Champaubert, les troupes ont réitéré des escarmouches près de la colonne commémorative, où un hommage a été rendu à Gilles Brazillet, maire, récemment disparu. Le canon n’a pas sifflé mais a retenti et stupéfié la foule.

    Cliquez ici pour accéder au diaporama

    ***********************************

    Union120519c - Marne
    LA-NEUVILLE-AU-PONT : Angélique Brulon, veuve courage

    Sous le portrait de Marie-Angélique Duchemin veuve Brulon, Jean-Claude Léger a retracé la vie de cette veuve courage.
  •  Agrandir la photo
  • Une dizaine de cousins par alliance d’Angélique Brulon, habitant tous à La Neuville-au-Pont se sont retrouvés pour cette commémoration inédite
  •  Agrandir la photo
  • LA-NEUVILLE-AU-PONT (Marne) A l’initiative d’un historien local, les cousins d’Angélique Brulon ont célébré la mémoire de cette veuve courage, première femme décorée de la Légion d’honneur.

    SON nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, Marie-Angélique Brulon, née Duchemin, le 20 janvier 1772 dans les Côtes-d’Armor, est la première femme à avoir été décorée de la Légion d’honneur.

    Passionné de généalogie depuis plus de 20 ans, l’historien local bien connu, Jean-Claude Léger, a recherché parmi les 3 400 noms qui figurent dans son ordinateur, s’il existait encore des descendants d’André Brulon. Il en a retrouvé quelques-uns dont une dizaine sur la commune de La Neuville-au-Pont.

    C’est ainsi qu’en présence de Jean-Louis Mabire, maire de la commune, les cousins d’André Brulon se sont retrouvés récemment dans la grande salle de la mairie où l’historien leur a rappelé la vie de leur illustre ancêtre.

    Le 15 août 1851, c’est Louis Napoléon Bonaparte, premier président de la République française et futur empereur qui lui a remis cette prestigieuse décoration. Le père d’Angélique, qui était militaire et s’était fait enrôler dans le régiment d’infanterie limousin, lui racontait très souvent des anecdotes au retour de ses expéditions.

    Quand son régiment fut envoyé en Corse, à Calvi, Angélique le suivit. La jeune fille, alors âgée de 17 ans, songeait au mariage. Un jeune champenois, André Brulon, venait d’arriver au régiment. Il n’est pas très beau mais très instruit. Avant de s’engager, il avait étudié le droit. La jeune fille devait tomber amoureuse et André ne restait pas insensible.

    Leur mariage fut célébré le 9 juillet 1789 à Ajaccio. La vie du jeune ménage était douce et Angélique se plaisait à aller rechercher André à la caserne. Elle y croisait très souvent le jeune Napoléon, fringant lieutenant d’artillerie.

    Mais la révolution arriva jusqu’en Corse et le 30 décembre 1791, le caporal André Brulon décéda à l’hôpital d’Ajaccio. La jeune femme se retrouva veuve à 19 ans, seule pour subvenir aux besoins d’une petite fille de 2 ans et d’un nouveau-né qui décéda quelques jours plus tard.

    Une femme sous l’uniforme

    Frappée par ces deuils, Angélique décida de réagir et, peut-être pour conserver la mémoire de son mari, revêtit l’uniforme militaire. Tandis que le 42e régiment d’infanterie préparait l’attaque de Cagliari, la jeune femme, restée à Ajaccio avec son père, jugé trop vieux pour participer aux opérations, ainsi que 126 éclopés, convalescents ou jeunes recrues du régiment, se retrouva à la tête de cette troupe disparate. Elle assumait alors les fonctions de caporal-fourrier.

    La situation s’aggravant sur l’île de Beauté, les gardes nationaux chassèrent Angélique et sa troupe de la citadelle d’Ajaccio. Les autorités locales la dénoncèrent comme chef de complot et l’accusèrent de désertion. On parla même de la passer par les armes mais elle y échappa de justesse grâce aux Ajacciens qui louèrent son courage et sa conduite exemplaire.

    Jetée en prison avec son père et ses camarades, elle fut libérée cinq jours plus tard afin de participer à la défense de la ville.

    Le capitaine d’Arcamont, qui la nomma sergent-major, reconnut qu’elle tenait les états avec beaucoup de clarté et qu’elle remplissait ses devoirs avec zèle et intelligence. Faute de canonniers, elle s’initia au service des batteries et marcha à la tête de son détachement. Sa bravoure et son sang-froid forcèrent l’admiration de tous. Le 1er août 1794, Angélique fut sérieusement blessée à la jambe gauche par un éclat de bombe.

    Angélique l’insoumise

    Dans le même temps, la Convention décida de renvoyer les femmes soldats dans leurs foyers. Une décision qu’Angélique n’accepta pas. Grâce à l’appui du général Petit, elle fut autorisée à continuer son service. Elle partit donc pour Nice. Le 12 janvier 1795, elle apprit la mort de son père des suites de blessures, puis celle de ses deux frères. Elle se retrouva seule, sans personne à qui se confier. Elle prit alors la décision de quitter la troupe pour entrer dans l’administration de l’habillement, de l’équipement et du campement de l’armée d’Italie. Elle n’y resta pas longtemps car le 17 novembre 1797, elle arriva à Paris et rejoignit directement le ministère de la Guerre pour y déposer une demande d’admission aux Invalides.

    A 25 ans, et avec une petite fille de 7 ans à sa charge, elle souffrait de blessures telles qu’elle était à demi impotente. Sa demande fut acceptée et, peu de temps après, son dynamisme et ses qualités furent remarqués par ses supérieurs qui la désignèrent pour conduire un détachement d’invalides en cure à Bourbonne.

    A son retour, elle apprit que l’administration avait décidé de la réformer en lui octroyant une solde provisoire de 5 décimes par jour. Elle fit de nombreuses démarches pour obtenir sa réintégration aux Invalides. Par courrier, le ministre la réintégrera « en considération de ses blessures et de ses malheurs ». Elle revint donc à Versailles le 16 mai 1799 avec le titre de caporal vétéran et y restera jusqu’en avril 1802, date de la fermeture de cette succursale et rejoindra l’Hôtel des Invalides à tout juste 30 ans.

    Une Croix amplement méritée

    Elle mène ensuite une vie tranquille partageant son temps entre l’éducation de sa fille et la gestion du magasin d’habillement. Elle a trouvé le repos dans un endroit où elle avait envie d’aller, sa fille est mariée mais il lui manque une seule chose pour que son bonheur soit complet, c’est la Croix de la Légion d’honneur. Mais l’affaire est délicate car jamais une femme n’a encore fait partie de l’Ordre. Le ministre de la Guerre va présenter une proposition au roi en précisant qu’« à la distinction de ses services, la veuve Brulon réunit le dévouement le plus absolu pour l’auguste dynastie des Bourbons ».

    Le 2 octobre 1822, Louis XVIII lui confère le grade honorifique de sous-lieutenant invalide. Peu après, elle obtient le droit de porter la décoration du Lis mais il n’est plus question de la Légion d’honneur. Le 23 décembre 1848, Jérôme Bonaparte est nommé gouverneur des Invalides et retrouve en ces lieux la femme du caporal Brulon qui lui avait donné des leçons, il y a fort longtemps, à Ajaccio. Elle va donc aller le trouver pour qu’il intervienne auprès du prince-président pour l’obtention de cette décoration tant espérée. Elle aura gain de cause le 15 août 1851. L’année suivante, c’est l’empereur lui-même qui, se rendant aux Invalides, épinglera la croix sur son uniforme de sous-lieutenant des vétérans. La vieillesse aggrave son impotence.

    A 87 ans, elle sent ses forces l’abandonner et elle rédige son testament. Très fatiguée, elle se fait transporter à l’infirmerie et y mourra quatre jours plus tard. (D’après Patrick Delon, Pays de Dinan 1992).

    ***********************************

    Union120519b - Marne
    REIMS : Bientôt le centenaire de la Grande Guerre

    En 2014, on célébrera le centenaire de la Première Guerre mondiale. Ce n’est pas tout de suite, mais d’ores et déjà, l’office de tourisme castel s’y prépare.

    Il compte même rejoindre, d’ici la fin du mois de juin prochain, une association d’offices du tourisme pour commémorer dignement cet événement.

    Y figureraient les offices de Reims, Meaux et Verdun, entre autres. Objectif : travailler sur des actions communes, renvoyer la clientèle d’un site à l’autre, proposer des produits respectifs… Cette association aurait une durée de vie limitée, le temps des commémorations.

    ***********************************

    Union120519a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Le piège de l’ordre nouveau

    L’Allemagne ne cesse plus de vanter l’Ordre nouveau que décline aussi à l’envi le gouvernement Laval. Cela suffit à excéder les Alliés et en premier lieu les Français libres qui décident une double offensive sur le sujet les 16 et 17 mai 1942. Radio Paris multiplie les bulletins avantageux encourageant la construction politique et morale de ce nouvel Ordre qui repose sur la victoire allemande.

    Le seul patriotisme qui compte désormais relève d’une association intelligente autour du Reich et de Berlin. On dénonce cette propagande qui n’en porte pas le nom pour révéler l’ambiguïté de la posture nazie. « Radio Paris ne parle jamais d’Etats-Unis d’Europe formule qui impliquerait le maintien d’Etats souverains et égaux en droits. Les collaborateurs de Radio Paris ne précisent pas et pour cause, le rôle et l’importance de chacune des différentes nations dans cette Europe nouvelle. Ils se contentent d’affirmer que dans ce nouveau paradis terrestre, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

    Les Français libres considèrent que Radio Paris ment puisqu’elle est aux ordres exclusifs des Allemands. La France n’a pas à se lier avec un pays qui l’a dépouillée de sa souveraineté et manipule un gouvernement de complaisance. « Radio Paris n’explique pas en quoi la nouvelle Europe peut servir la France. Mais on trouve dans la propagande allemande d’Allemagne quelques aperçus sur le rôle dévolu aux différents Etats dans cette Europe nouvelle dominée par l’Allemagne ».

    Le chroniqueur a raison d’insister sur la conception des nazis qui est de constituer autour du Reich un glacis d’états satellites soumis. Konrad Meyer dans « Nous et le monde » écrit : « Toutes les terres entre la Baltique et la mer du Nord d’un côté et la Méditerranée et la mer Noire de l’autre, constituent le centre de l’Europe. C’est à nous qu’appartient le droit de régner sur les pays du centre de l’Europe parce que nous seuls formons une véritable nation dans toute l’acceptation du terme. En raison de nos caractéristiques raciales, nous sommes capables de donner aux différents peuples leur véritable place à l’intérieur d’une unité plus grande, parce que nous possédons la supériorité intellectuelle nécessaire à la création d’un ordre nouveau en Europe ».

    On sent bien la supercherie. Il y a un habillage destiné à donner une importance aux Etats qui collaborent avec l’Allemagne mais l’objectif est d’amadouer et séduire pour mieux diriger avec une certaine habileté. Une union ne peut être stable qu’à la condition que chacun occupe la place qui lui est due. Les Français libres puisent dans la presse ennemie pour faire des explications de vocabulaire. « Le Stuttgarter Kurier » ne se charge-t-il pas de définir ainsi la place de l’Allemagne : « Une Europe nationale et totalitaire respectera le rôle directeur de l’Allemagne et la supériorité allemande. Mein Kampf d’Adolf Hitler est la Bible de notre époque, l’Europe révolutionnaire de demain sera une Europe allemande » ? On lit aussi en respect de Mein Kampf : « Peu importe qui a gouverné ou gouvernera la France, l’ennemi mortel du peuple allemand reste la France ».

    Claude Serreulle ajoute que cet Ordre nouveau signifie bien l’asservissement puisque les gens sont contraints de se rendre aux manifestations du parti nazi et dans les entreprises, ceux qui ne se soumettent pas sont licenciés ou contraint de rejoindre le front dans les plus brefs délais. « Nous nous méfions d’instinct de ce bel ordre nouveau que veulent nous offrir ou nous imposer chez nous, l’Allemagne et ses collaborateurs. Car on n’est pas si bête quand même ! ».


    …..

    L’humeur inquiète de Goering

    La fin de l’hiver russe provoque de violents combats près de Kharkov.
  •  Agrandir la photo
  • Hitler avec un groupe d’officier toujours obnubilé par la domination de l’Europe.
  •  Agrandir la photo
  • Hermann Goering : un ton différent du Führer mais une même volonté de domination du Reich.
  •  Agrandir la photo
  • Joseph Goebbels : le maître cynique de la propagande.
  •  Agrandir la photo
  • La priorité allemande est de reprendre l’initiative à l’Est.
  •  Agrandir la photo
  • Doute. Alors que le numéro 2 du Reich atténue certains excès de la propagande nazie, les Français libres et les Alliés auscultent les premiers signes d’un Reich fébrile et dénoncent son appétence à l’embrigadement des plus jeunes.

    Dans le discours que prononce le 20 mai 1942, Hermann Goering, on observe que le Reichmarshall se préoccupe beaucoup de la condition des soldats éprouvés sur le front russe et qui ont enduré de lourdes souffrances pendant tout l’hiver. On remarque une plus grande prudence dans le vocabulaire que chez Hitler. L’orateur n’évoque pas l’avenir avec l’hystérie habituelle du Führer gesticulant devant son micro. Il est donc logique que les observateurs alliés pensent que le doute s’installe à Berlin. Pierre Bourdan pour les Français libres résume ainsi son sentiment : « C’est un discours pessimiste ». Si l’extrême prudence domine le propos du dignitaire nazi, il est patent que l’officier est plus proche que d’autres du vécu de ses hommes. Il sait les difficultés accumulées par les aviateurs et constate que la maîtrise du ciel est un exercice de plus en plus complexe et coûteux en pilotes et en avions. « Ce n’est pas un halluciné comme Hitler ni un propagandiste désaxé comme Goebbels. C’est un Teuton qui connaît et aime la vie et qui comprend les hommes. Il n’en est que plus dangereux d’ailleurs » renchérit Bourdan.

    Pour les chroniqueurs britanniques, Goering se rend compte que la capacité de résistance des Allemands a des limites aussi adapte-t-il sa démonstration à cet état de fait. Bref, il joue à la fois les sociologues et les séducteurs. Il parle alors que chaque jour s’accumulent sur son bureau des rapports détaillés qui attestent les difficultés rencontrées par les armées du Reich sur tous les fronts. Même s’il est convaincu que les troupes allemandes sont capables d’exploits et peuvent réussir de nouvelles conquêtes flamboyantes, il considère que dans le long terme, la capacité à régénérer tout ce qui est dévasté par l’intensification des bombardements alliés est le talon d’Achille des nazis. On sent qu’il est inquiet. Hitler n’a pas cette perception parce qu’il pense exercer un magnétisme apaisant sur le peuple allemand. « Il réagit comme un adjudant et boucle tous ceux qui se plaignent ou les colle au poteau. C’est ainsi qu’il a pris en main la justice ! ».

    En revanche, Goering parlemente et ainsi révèle d’autres traits de sa personnalité. Il n’en est pas moins inflexible lorsqu’il demande, péremptoire, de ne pas écouter la propagande étrangère symbolisant le mensonge permanent. Ce qui signifie que des Allemands sont tentés d’écouter d’autres sources d’information, preuve que les services officiels perdent de leur crédibilité. Mais cela veut dire également que si les Allemands écoutent des antennes ennemies c’est qu’ils sont pris eux aussi de doute.

    Un peu de diversion

    Pierre Bourdan est plus ferme : « C’est qu’ils ont la frousse ». Goering sait que dans un pays où tout est étouffé, caché, déformé, il faut savoir lire entre les lignes. « Et entre les lignes du discours du Reichmarshall, on sent des difficultés intérieures, des inquiétudes, une crise. Elle ne se voit pas. Mais elle est là. Et c’est pourquoi ce discours est réconfortant » ose le chroniqueur des Français libres.

    Goering n’est pas le seul à intriguer. La presse s’interroge sur la mauvaise passe politique que subit Churchill après les défaites enregistrées en Extrême-Orient et les demandes pressantes à la Chambre des communes de réorienter la guerre : « Je ne doute pas que Goebbels et ses sbires n’en tirent toutes sortes d’arguments pour prouver que l’Angleterre traverse une crise catastrophique, que le Premier ministre va être congédié et qu’il y aura demain une émeute devant Buckingham Palace. Laissons-les dire » résume Bourdan. Qu’il y ait des discussions essentiellement techniques sur les évolutions nécessaires à la conduite de la guerre est une réalité encore faut-il savoir en restituer la dimension politique. « J’appelle « politiques » les grands problèmes de guerre, comme par exemple la poursuite du conflit jusqu’au bout et par tous les moyens et même l’ouverture d’un front continental. Sur cette question d’un second front, tout le monde est d’accord. En fait, comme Winston Churchill l’a fait observer, l’opinion publique est 100 % en faveur d’une offensive alliée ». Les Britanniques ne veulent pas céder et ils veulent mettre l’Allemagne nazie à genoux. Alors même s’il y a des discussions, il perdure une volonté inébranlable de victoire. Bourdan rappelle que la France a connu de telles périodes de tension pendant la Révolution mais cela à conduit nos armées à Valmy à Jemmapes.

    Le commentateur ajoute : « Il vaut mieux que le docteur Goebbels au milieu de sa masse amorphe, désenchantée, encore fanatisée, encore abrutie par dix ans d’opium politique et pourtant tourmentée par l’angoisse et la peur, ne rit pas trop haut des jeunes troupes d’Angleterre et d’Amérique qui n’aspirent qu’à monter à l’assaut du continent plongé dans la barbarie allemande ».

    Le gnome Goebbels

    A Londres, chez le général de Gaulle on considère que toutes les troupes du Reich sont désormais engagées et que les difficultés à constituer de nouvelles unités sont une réalité. Ce sont forcément des bataillons et des régiments inexpérimentés et qui n’ont bénéficié que de la formation initiale indispensable à un engagement qui ne peut pas être la première ligne. Bourdan qui suit ce qui se passe en particulier dans la région de Kharkov où les panzers sont concentrés déclare : « La mêlée est furieuse. Nous ne voulons pas faire des pronostics sur l’issue de la bataille qui se livre à Kharkov. Mais nous voyons déjà le formidable contraste entre la farouche énergie des attaques russes et les replis de l’an dernier. Ce n’est pas l’énergie des moribonds ! ».

    En guise de conclusion, il pronostique : « Soyez-en sûrs ! Quand, à leur tour, les armées anglo-saxonnes descendront vers les côtes d’Europe le peuple allemand et même l’état-major et tous les propagandistes du gnome Goebbels n’auront pas envie de rire ! ». D’ailleurs pour que les informations en provenance de la France libre soient plus audibles des efforts sont en cours pour augmenter le nombre d’émetteurs et trouver toujours les voix qui portent le mieux malgré le brouillage. S’il n’y a de moyen pour l’éliminer, il existe des astuces pour l’atténuer. C’est la raison pour laquelle le speaker annonce de nouvelles leçons pratiques d’une juste utilisation du poste TSF. « Les Allemands n’ont pas assez d’émetteurs pour brouiller toutes les émissions de la BBC dans chaque pays. D’ailleurs, nous savons que beaucoup d’entre vous se débrouillent déjà ».

    On tient à ce que les Alliés sachent qu’alors en Allemagne, au-dessus de l’âge de dix ans, les enfants sont retirés à leurs familles pour entrer déjà dans le moule de l’Etat. Cet état de fait est condamné par les capitales hostiles au Reich mais aussi par le pape Pie XII.

    L’archevêque de Valladolid ne dénonce-t-il pas sur instruction du Vatican la revue allemande « Signal » et son orientation païenne que ses rédacteurs tentent d’imposer à la jeunesse ? Jacques Duchesne et Jean Marin, deux des chroniqueurs de la France libre fustigent cette volonté d’embrigader une jeunesse pour mieux se l’approprier : « L’Allemagne nazie doit être présentée sous son véritable jour : celui d’une force qui persécute avec la même violence selon les mêmes méthodes et en vue d’un même but les libertés nationales et les libertés religieuses ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    De Gaulle aux alliés : « On ne me mènera pas par le bout du nez »

    Alain Savary, gouverneur de Saint-Pierre-et-Miquelon.
  •  Agrandir la photo
  • Le général de Larminat un atout dans le dispositif des Forces françaises.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Catroux toujours en cohérence avec de Gaulle.
  •  Agrandir la photo
  • De Gaulle - Catroux : un tandem gagnant.
  •  Agrandir la photo
  • Georges Thierry d’Argenlieu : la fidélité avant tout.
  •  Agrandir la photo
  • Inquiétudes. Le général veut susciter un nouvel élan au sein de ses forces. Aussi motivent-ils ses plus proches collaborateurs tout en prenant des initiatives pour rassembler de nouvelles figures intellectuelles et politiques.

    Inquiet des tâtonnements des alliés britanniques et américains en ce qui concerne leur positionnement avec Vichy, de Gaulle adresse le 16 mai 1942 un télégramme partagé au général Georges Catroux à Beyrouth, au gouverneur général Félix Eboué et au général Philippe Leclerc à Brazzaville, au général Edgar de Larminat au Caire, au haut-commissaire Georges Thierry d’Argenlieu à Nouméa et à l’administrateur Alain Savary à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il ne veut pas que les combattants sincères soient désorientés face au comportement adopté devant les Forces françaises libres : « Les difficultés qu’entraînent pour nous au Levant les vieilles rivalités britanniques, la façon dont les Anglais ont procédé à Madagascar et dont les Américains procèdent à la Martinique, certaines ingérences américaines en Nouvelle-Calédonie peuvent créer parmi nous une certaine impression de malaise », observe le Général. Aussi tient-il à communiquer son sentiment pour qu’il soit diffusé le plus largement possible.

    Les FFL se renforcent

    Même s’il y a des difficultés, les Forces françaises libres (FFL) continuent de s’accroître. Ce n’est pas l’accord passé entre l’amiral Robert représentant Vichy et l’amiral Horne délégué par la Maison Blanche pour s’assurer de la neutralisation de la Martinique qui doit laisser penser que les gaullistes ont l’intention d’abandonner les Antilles. Le Général se réjouit que les liens avec la France métropolitaine s’intensifient : « Le rassemblement national n’est plus une utopie, il est en construction ». Le maillage territorial s’intensifie ce qui permet une organisation de proximité efficace capable à la fois de recevoir des communications et de transmettre des consignes. « Nos alliés sont au courant de cet état de la France. Ils le notent souvent sans bonne grâce parce que leur intérêt pourrait les conduire à désirer une France plus malléable qui ne serait pas la France rassemblée autour de nous, ironise-t-il. Et d’ajouter : De sorte qu’en ne nous épargnant pas les obstacles, ils n’oseront jamais aller aux extrémités. D’ailleurs nous avons parmi eux-mêmes beaucoup d’amis convaincus et partout l’opinion publique nous est élémentairement favorable ».

    De Gaulle partage aussi auprès de ses plus fidèles l’attitude très pertinente de l’Union soviétique. Il constate que les Soviets sont très bien informés de l’état d’esprit qui règne en France et comme ils sont irrités par les tergiversations américaines et anglaises, ils sont prêts à soutenir politiquement les FFL pour qu’elles concourent au rétablissement d’une France forte. « L’action de la diplomatie russe commence à se manifester en notre faveur à Londres et Washington depuis que nous avons à Kuibychev (lieu ou réside le gouvernement soviétique), une représentation active ». Il rapporte que les renseignements recoupés qui lui parviennent confirment que le peuple allemand est à son tour accablé par une guerre qui lui fait subir des bombardements de plus en plus intensifs de la RAF en représailles de ceux de la Luftwaffe.

    Le Général se dit convaincu que si l’offensive annoncée par l’ennemi échoue, il s’ensuivra en Allemagne et en Italie un découragement irrémédiable. Il conclut par ces mots : « Tenons bon, serrons les rangs et soyons optimistes ».

    Rallier de nouvelles personnalités

    Toujours avec la même volonté d’élargir le périmètre de ceux qui le rejoignent de Gaulle adresse deux courriers le 18 mai. L’un est destiné à Pierre Cot qui se trouve au Maryland aux Etats-Unis et que doit lui remettre Camille Paris. Il est non seulement prêt à recevoir cet ancien ministre de l’Air de la IIIe République à Londres mais il tient à couper court aux polémiques : « Je tiens à vous dire qu’à mon avis, votre activité est celle d’un bon Français qui se consacre à la lutte contre le nazisme et le fascisme ennemis de la France ». Il envoie aussi un télégramme très secret à Adrien Tixier son représentant à Washington. Il lui demande de rencontrer Jacques Maritain qui s’est déjà exprimé dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». De Gaulle confie : « Dans les circonstances présentes, je ne puis croire qu’un homme de sa qualité réserve son concours. Je lui demande de venir me voir à Londres afin qu’il puisse prendre une décision en réelle connaissance de cause ». Il lui confie une seconde mission la transmission d’une lettre à l’ambassadeur Alexis Leger : « Je sais comment et avec quelle dignité vous continuez à servir la France. D’autre part, personne ne peut mesurer mieux que vous le poids de la charge que je porte avec mes collaborateurs. Ne croyez-vous pas qu’il serait conforme à l’intérêt national que vous acceptiez de vous associer directement à notre effort dans des conditions en rapport avec votre haute personnalité de grand serviteur de l’Etat ? L’injustice commise naguère à votre égard fut, je le sais, l’un des plus fâcheux résultats des mauvaises influences qui s’exerçaient sur le président Reynaud et que j’ai eu moi-même à combattre par la suite, sans réussir hélas à en triompher. Je suis certain que vous pensez comme moi que le présent et l’avenir de la France sont les seules choses qui comptent désormais ». Alexis Léger a été débarqué du secrétariat général du Quai d’Orsay dès le 21 mai 1940. Hélas ni Jacques Maritain, ni Alexis Léger ne vont donner une suite favorable aux invitations du chef des Français libres.

    Administration malgache

    Le 20 mai, de Gaulle reçoit une lettre d’Anthony Eden relative à Madagascar. Il lui répond sans tarder pour lui apporter plusieurs précisions : « Si comme je l’imaginais lors de notre conversation du 11 mai, les forces britanniques devaient poursuivre sans délai les opérations en vue de l’occupation prochaine de Madagascar, la question de l’administration de Diégo-Suarez ne se poserait évidemment pas d’une manière immédiate. Le Comité national préférerait, en effet, que la libération de l’île fut plus avancée pour que l’organisation administrative soit réglée dans son ensemble. ».

    Le Général conscient que l’Anglais peut lui préparer une entourloupe imagine un autre scénario : « Si l’occupation limitée à Diégo Suarez était appelée à se prolonger, le Comité national considère qu’il aurait à jouer prochainement le rôle qui lui revient dans l’administration de ce territoire français ».

    Comme il n’est pas à bout d’arguments, il évoque la mission temporaire qu’il souhaite confier au colonel Pechkoff et se dit certain qu’Eden ne saurait voir d’objection à ce qu’un officier français se rende dans un territoire français occupé par des forces alliées ! Or les Britanniques s’apprêtent à empêcher le départ du colonel ! Méfiant il l’est tout autant envers les Américains et les Canadiens qui couvent trop les Antilles, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon. C’est la raison pour laquelle il redit à Savary d’être très méfiant et de ne communiquer aucune information sur les moyens défensifs de l’archipel à une autre autorité que le Comité national. Il ajoute : « A fortiori, aucun élément militaire, naval ou aérien d’une puissance étrangère quelconque ne peut avoir accès à Saint-Pierre sans l’autorisation formelle et directe du Comité national ». Savary ne va pas se gêner d’informer les consuls qui résident à Saint-Pierre pour prévenir tout incident et afficher la détermination des FFL.

    ***********************************

    Union120519d - Marne
    CHAUMUZY : Nécrologie : Pierre Alves s’en est allé

    Pierre Alves devant le monument du maquis de Chantereine.
  •  Agrandir la photo
  • La prochaine cérémonie au Maquis de Chantereine sera marquée par l’absence d’un des derniers participants à ce combat d’août 1944, Pierre Alves disparu récemment et pour lequel un hommage a été rendu à Chaumuzy.

    C’est dans cette commune que M. Alves est né le 10 avril 1926. Dans sa jeunesse, il a connu la guerre et fait le choix d’entrer dans la résistance. Un jour d’août 1944, au maquis de Chantereine, il a failli perdre la vie, lors d’une attaque menée par les Allemands. Sa bonne étoile l’a protégé. Et depuis, il était pratiquement présent à toutes les cérémonies commémoratives organisées sur place par l’association des Amis du maquis présidée par Michel Voisin.

    Il a commencé à travailler avec son papa comme marchand de bois avant d’assurer, après le décès de celui-ci, le rôle de chef de famille et d’épouser Juliette avec qui il aura trois enfants : Marcel, Jocelyne et Serge. Pendant ce temps, « Pierrot » multiplie les activités en vendant du fioul, de l’essence, du bois et du charbon. Il fera même le taxi et l’ambulance et tiendra un magasin d’électroménager. Petit à petit, il s’est constitué aussi son lot de vignes en défrichant, replantant…

    La famille s’est agrandie ; des petits-enfants sont arrivés ; d’autres sont partis dont son épouse. Plus tard la maladie est arrivée et c’est Denise qui cette fois a fait face en l’accompagnant tout au bout de la route.

    ***********************************

    Union120519c - Marne
    CHALONS : Les ACPG-CATM en assemblée statutaire : Pérenniser le devoir de mémoire

    Les membres du bureau autour du président Bruno Vazart (au centre).
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée statutaire de l’association départementale des ACPG-CATM regroupant les combattants prisonniers de guerre, anciens combattants d’Algérie-Tunisie-Maroc-TOE-VG et veuves de la Marne, s’est tenue à la salle de Malte à Châlons. Elle était présidée par Bruno Vazart et regroupait les présidents de 26 cantons, lesquels avaient pour tâche de se prononcer pour la réélection du bureau. Après la minute de silence en hommage aux disparus, une pensée a été faite pour Michel Lebonvallet, porte-drapeau départemental disparu en juillet 2011, ainsi qu’aux malades et militaires en OPEX. Il fut également apporté, dans le cadre de la mémoire et de la solidarité, un certain nombre de précisions concernant le monde combattant, ses droits, les aides financières possibles en cas de décès d’un adhérent ou ressortissant, les moyens humains nécessaires pour évoluer favorablement et efficacement.

    Les cérémonies patriotiques, les jeunes à recruter pour pérenniser le devoir de mémoire et assurer la relève des porte-drapeaux vieillissants… autant de sujets qui furent abordés lors de cette assemblée. Il fut donné lecture de la motion qui a été adoptée lors de l’assemblée de l’UDAC Marne en mars, laquelle souhaitait le maintien d’un secrétaire d’Etat aux anciens combattants, souhait également des ACPG-CATM.

    La composition du bureau est inchangée, ses membres ayant été réélus à l’unanimité.

    ***********************************

    Union120519b - Marne
    REIMS : Nuit européenne des musées ce samedi

    Le musée du Fort de la Pompelle est à découvrir
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) Après la soirée à la cathédrale, les familles trouveront de quoi s’enthousiasmer dans quatre musées rémois ce soir.

    QUATRE temps forts pour cette nouvelle Nuit des musées européenne à Reims, avec des animations et des entrées gratuites. Profitons-en, de 20 heures à minuit !

    Love night aux Beaux-arts

    Il y aura encore quelques « nuits » dans le musée actuel des Beaux-arts, avant d’en faire dans le nouveau, au Boulingrin. C’est « l’amour dans tous ses états » qui a été choisi comme thème fédérateur cette année, pour une ambiance festive et dynamique, un moment d’échanges entre les publics, le musée, les acteurs et les structures partenaires.

    A 21 heures et 22 heures, des concerts seront donnés par la classe de composition de Daniel d’Adano et l’atelier d’improvisation de Sébastien Beliah du conservatoire régional ; puis poèmes et contes de 21 h 30 à 23 h 30 intitulés « Les hommes en bleu vous parlent rose ». Et toute la soirée, accueil par des étudiants.

    8, rue Chanzy.

    Reconstitution à Saint-Remi

    Le musée historique Saint-Remi propose une reconstitution (vie quotidienne, artisanat, combats) de l’époque mérovingienne, à l’occasion du 1500e anniversaire de l’implantation à Reims d’une dynastie mérovingienne avec l’exposition « Reims capitale mérovingienne » (jusqu’au 29 juillet).

    En plus de la magie d’une visite nocturne, des rencontres sont prévues avec Marie-Cécile Truc, archéologue de l’Inrap, responsable de la fouille des chefs francs à Saint-Dizier.

    53, rue Simon.

    Film à la Reddition

    Le 7 mai 1945, à 2 h 41 du matin, à Reims, au grand quartier général allié d’Eisenhower (Shaef) fut signée la capitulation des armées allemandes du Troisième Reich, mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe. La salle où s’est déroulée la signature, classée Monument Historique, est restée en l’état.

    Projection du film d’archives « Reims-Berlin, la victoire alliée en Europe » ; livret/questionnaire remis au jeune public pour une découverte ludique des collections du musée de la Reddition. Attention, le musée fermera à 23 heures.

    12, rue Franklin-Roosevelt.

    Combats à la Pompelle

    Le Fort de la Pompelle, classé Monument Historique, fut la clé de voûte de la défense de Reims pendant la Première Guerre mondiale.

    Le musée présente de riches collections relatives aux différents belligérants et évoque au moyen de documents d’époque (pièces d’artillerie, mannequins en tenue et artisanat de tranchée) les péripéties des combats.

    Un livret/questionnaire sur les collections du musée du Fort de la Pompelle sera remis aux enfants. Attention, les horaires sont différents des musées « de ville » : le Fort sera ouvert de 10 à 22 heures.

    Sur la N 44 entre Reims et Châlons.

    ***********************************

    Union120519a - Marne
    CHALONS : Une polémique sans doute évitée de justesse : Haute-Mère Dieu : Massu débâché

    La bâche définitive telle qu’on pourra bientôt la découvrir.
  •  Agrandir la photo
  • La bâche géante qui masquera les travaux de la Haute-Mère Dieu, bâche sur lesquelles apparaîtront des personnages célèbres qui sont passés dans notre ville, sera occultée du général Massu. Il s’agissait d’une erreur selon le cabinet du maire.

    « HIER, aujourd’hui, demain, ville d’accueil ». Jacques Massu en tête de liste, nombre de personnages célèbres qui sont passés à Châlons, Jeanne d’arc, Agnès Sorel, Louis XIV, Jules Mazarin, Victor Hugo, et d’autres, avaient été pressentis pour apparaître sur la grande bâche de la Haute-Mère Dieu. Ce voile en masquera la façade, avant et pendant les travaux qui verront la construction d’un hôtel : (lire notre édition du mardi 15 mai, article intitulé « un cache-misère ingénieux ».

    Une lettre au maire

    Jacques Massu, général de son état, né à Châlons, ne se montrera pas en kaki et béret rouge aux fenêtres factices de la grande bâche : « Quand j’ai vu cela sur une version non définitive, je l’ai fait enlever. Il s’agit d’une erreur. Ce n’est pas la bonne version qui a été présentée », s’excuse Steven Pruneta, directeur de cabinet du maire.

    Massu débâché, c’est sans doute tant mieux pour éviter les grincements de dents. Car il était tout de même moins une qu’une polémique surgisse.

    Du reste, Bruno Malthet, le président de l’association Nouvelle-Catalaunie, avait déjà dégainé plus vite semble t-il que le militaire branchait la gégène et ordonnait des exécutions sommaires.

    Dans une lettre datée du 16 mai et adressée à Bruno Bourg-Broc, le député-maire, le responsable associatif flingue l’idée de la présence sur cette bâche de celui qui organisa le putsch d’Alger : « Que vient faire ce sinistre tortionnaire en tête d’affiche à côté de Jeanne D’arc ? » interroge t-il : « Il ne mérite qu’une seule chose de sa ville de naissance : l’oubli tout comme Châlons a fort heureusement oublié le nom des tortionnaires nazis qui, durant la dernière guerre mondiale, logèrent dans les chambres réquisitionnées de la Haute-Mère Dieu ».

    Montaigne à la place

    Tout est donc rentré dans ce qui n’était pas encore un désordre. A la place de Massu, Bruno Malthet aurait préféré Voltaire, le philosophe des Lumières, qui vint aussi à Châlons.

    « Ce sera Montaigne » précise Steven Pruneta évoquant celui qui s’arrêta à Châlons lors d’un grand voyage à travers l’Europe. Et Montaigne, ce n’est pas mal non plus.

    Reste en tout cas que la mise en place de cette bâche, prémisses d’un projet pour lequel la ville va rétrocéder la propriété aux investisseurs fin juin lors du conseil municipal, est une bonne idée.

    Longue d’une trentaine de mètres, elle s’élèvera sur treize mètres de haut.

    Ce visuel de personnages célèbres opté par la ville a pour but d’inviter les Châlonnais à replonger dans leur histoire. Quand elle sera installée, accrochée aux échafaudages, il sera possible, en pointant un smartphone sur l’un d’entre eux, d’en apprendre les grandes lignes sur sa vie et ses liens avec notre ville.

    Et ce, grâce aux informations renvoyées sur le site internet de la ville. Mais pour les inconditionnels de Massu, il faudra aller ailleurs satisfaire leur curiosité…

    Fabrice MINUEL

    ***********************************

    Union120518e - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Une nomination régularisée au bout de… 46 ans !

    Jean Boiteux n’avait jamais reçu officiellement sa médaille militaire, c’est désormais chose faite.
  •  Agrandir la photo
  • La célébration du 67e anniversaire du 8 mai 1945 dans la commune de Mourmelon-le-Petit a été l’occasion d’une remise de médaille militaire un peu particulière.

    Créée par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la Deuxième République, en 1852, cette médaille était destinée aux non-officiers qui se trouvaient privés de Légion d’honneur (hors cas très exceptionnels). Il s’agissait là de créer un moyen de s’assurer le soutien des officiers, dont nombre n’acceptaient pas de devoir partager cette distinction avec la troupe. En créant la médaille militaire, le prince-président entendait malgré tout récompenser les mérites des meilleurs soldats et sous-officiers, hors notion de grade. Et le mardi 8 mai 2012, c’est une remise très spéciale qui s’est déroulée à Mourmelon-le-Petit. Tout d’abord l’intitulé de celle-ci « Médaille Militaire, valeur discipline, au nom du Président de la République française, délivrée à Monsieur Jean Boiteux par décret du… 3 février 1966 » !

    Beau-père de Bruno Simon (second adjoint au maire), Jean Boiteux ne l’avait jamais reçue officiellement. C’est donc le colonel, commandant l’établissement spécialisé du commissariat de l’Armée de Terre de Mourmelon-le-Petit (accompagné de Jean-Pierre Torres, médaillé militaire officiant en tant que parrain) qui, après 46 ans, a régularisé cette nomination en présence des autorités militaires et civiles.

    ***********************************

    Union120518d - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Souvenir français / Un voyage de mémoire sous un temps maussade

    Le groupe devant la chapelle de Romagne-sous-Montfaucon.
  •  Agrandir la photo
  • Le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François vient de rentrer de son voyage de mémoire qui a conduit une trentaine de personnes dans les Ardennes et dans la Meuse.

    Après un départ ensoleillé, c’est sous la pluie que s’est déroulée la visite de la nécropole nationale de Bazeilles, dans les Ardennes, en hommage aux soldats français et allemands de la guerre de 1870, sous la conduite du président du Souvenir français de Sedan.

    Après un dépôt de gerbes de fleurs au monument commémoratif, les voyageurs ont pu visiter la Maison de la dernière cartouche, en présence du colonel N’Guyen, président de la structure associative des anciens de la coloniale.

    Après un repas tiré du sac, c’est à la plus grande nécropole américaine d’Europe à Romagne-sous-Montfaucon, dans la Meuse, que se sont rendus les adhérents du Souvenir français. 14 246 américains sont inhumés sur une superficie de 52,8 hectares.

    Guidé par l’adjoint du surintendant américain, ils ont pu en savoir plus sur l’offensive Meuse-Argonne qui dura 47 jours et conduisit à l’armistice du 11 novembre 1918.

    Avant de rentrer à Vitry-le-François, une dernière halte s’est faire à Passavant-en-Argonne devant le monument à la mémoire des 49 mobiles vitryats et ménéhildiens tués le 25 août 1870.

    Le voyage de mémoire de l’an prochain devrait avoir lieu du côté de Meaux, avec notamment la visite de son nouveau musée.

    Mais pour l’instant, le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François recherche des photographies d’avions ou d’aviateurs ou bien des informations complémentaires pour compléter une exposition qu’il organisera le samedi 4 et dimanche 5 août, de 14 à 17 heures, à la salle socio-culturelle de Glannes, en hommage aux aviateurs tombés dans l’arrondissement de Vitry-le-François.

    Renseignements au 03.26.72.32.74 ou souvenir.vitry@orange.fr.

    ***********************************

    Union120518c - Marne
    REIMS : Regards de jeunes sur la Déportation

    Des photos, des réactions, des émotions…
  •  Agrandir la photo
  • « Je n’ai pas pu empêcher mes larmes de couler », dit Johanna, 17 ans, de retour d’une visite à Auschwitz. Romain, 16 ans, pense que « le respect des religions, des ethnies et des cultures, doit être un moteur de la vie mondiale ». Deux extraits, parmi d’autres, de textes écrits par de jeunes lycéens, participant à des voyages de mémoire dans des camps de concentration. Des textes qui sont leurs ressentis, leurs réflexions, au retour d’une visite des champs d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek. De superbes photos en noir et blanc, prises par Emilie Daubisse au cours du voyage, ajoutent à l’émotion.

    L’exposition a été réalisée avec le soutien de la Licra, à la demande de la Maison de quartier Clairmarais. « Nous allons nous rendre, avec les jeunes, au camp de Struthof, en Alsace. Cette expo, c’était une manière de les sensibiliser en amont », explique Mokthar Benzaïdi. L’animateur jeunesse de la MQ est plutôt satisfait de l’expérience.

    On peut s’étonner qu’à une époque de communication sur tous supports, une exposition de photos sur la Déportation soit encore nécessaire pour informer les ados. Claude Secroun, président de la Licra Reims, analyse le phénomène : « C’est vrai que l’information, on la trouve. Il y a des films, il y a Internet. Encore faut-il avoir envie de regarder, de faire la démarche ». L’exposition comporte quatorze panneaux, avec un choix très judicieux de paroles de jeunes et de photos des lieux.

    Évidemment, l’idéal est de se rendre sur place. « Le témoignage direct, il n’y a rien de tel. On peut raconter à des jeunes ce qu’était un camp de concentration, cela reste très abstrait. Quand ils s’y trouvent, ils le vivent différemment. Actuellement, la guerre est banalisée, ils ne voient plus très bien la différence entre les événements réels et les virtuels, sous forme de jeux vidéos ». « J’ai grandi, je suis devenue une passeuse de mémoire », note Johanna. Ce sera sans doute le cas des jeunes de Clairmarais, quand ils reviendront de leur visite au Struthof.

    Jusqu’au 25 mai. Maison de quartier Clairmarais, 73, rue Alexandre-Henrot.

    ***********************************

    Union120518b - Marne
    FERE-CHAMPENOISE : Elle symbolise la voie de la Liberté : La borne remise en valeur

    Le nouvel emplacement de la borne a été inauguré.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Fère-Champenoise n’est pas sur la voie de la liberté, car cette voie qui commémore la libération de la France passe dans notre région par la route de Sézanne à Epernay, pour ensuite aller vers Reims. Elle est matérialisée par une série de bornes kilométriques le long du réseau routier entre la Normandie et le Luxembourg, marquant l’itinéraire suivi par la 3e armée américaine commandée par le général Patton.

    Et pourtant (personne ne se rappelle par quel hasard), une de ces bornes se trouvait dans la cour de l’ancienne gendarmerie avenue Pasteur. Celle-ci étant désaffectée et les bâtiments mis en vente, quelques passionnés d’histoire locale ou voulant garder mémoire du passé ont souhaité remettre cette borne en valeur. C’est chose faite. Après restauration, la borne kilométrique a trouvé tout naturellement sa place face à la nouvelle gendarmerie et rappelle la date de la libération de Fère-Champenoise le 28 août 1944.

     

    ***********************************

    Union120518a - Marne
    MASSIGES : Amicale du 22e régiment de Marine : Une assemblée sur les lieux des terribles combats de 1915

    Lors du épôt de gerbe à la nécropole du Pont du Marson.
  •  Agrandir la photo
  • Chaque année, l’Amicale des anciens du 22e régiment de Marine choisit une région de France pour y tenir son assemblée générale. Comme l’a si bien dit le président national Daniel Therby, en ouvrant la séance en Argonne début mai : « Nous sommes ici rassemblés aux portes de l’Est, vers la Main de Massiges, toute proche du Fortin de Beauséjour où notre 22e Ric (régiment d’infanterie colonial) se couvrit de gloire en 1915 et obtint sa première citation, l’inscrivant en lettres d’or sur la soie de son drapeau ».

    La présence à de nombreuses cérémonies, l’entraide et l’assistance aux familles, le travail de mémoire sont les buts principaux de l’association. Le « Trait d’union », journal interne relatant différents faits de guerre, accorde une place importante aux actions du régiment en Algérie. L’âge moyen des membres actifs étant de 78 ans, l’effectif de l’amicale accuse une diminution, ce qui incite les membres du bureau à proposer d’augmenter le champ de recrutement.

    En cortège, les participants se sont rendus à la nécropole du Pont du Marson à Minaucourt pour un dépôt de gerbe en présence des maires des communes voisines, des porte-drapeaux, et des représentants de l’UNC et de Djebel Argonne ainsi que du conseiller général Bernard Rocha. L’après-midi, accueillis par l’association des Amis de la Main de Massiges, ils ont visité de la tranchée. Sur ce lieu et à proximité, le 22e Ric fut engagé en septembre 1915 dans de terribles combats. Cette année, l’association a mis à l’honneur un ancien para, Henri Knoppik, ayant combattu et été retenu trois longues années prisonnier en Indochine.

    ***********************************

    Union120517b - Marne
    EPERNAY : Sur le champ de bataille 198 ans après

    Les coups de canon vont retentir dans les communes !
  •  Agrandir la photo
  • EPERNAY (Marne). Durant trois jours, des reconstitutions ont lieu à Baye, Bannay, Champaubert et Fromentières.

    CHAMPAUBERT, Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps sont les dernières victoires de Napoléon et de l’Empire sur les coalisés. Il y montre tout son génie tactique, et avec ses troupes peu aguerries (les Marie-Louise), il y remporte 4 victoires en 5 jours. Napoléon Ier affronte les troupes coalisées de la Russie, de la Prusse, du Royaume-Uni, de la Suède, de l’Autriche et de plusieurs états allemands, anciens alliés de Napoléon.

    Générosité des paysans

    Les 4 victoires de Napoléon ont profondément marqué, car le passage des milliers de soldats a appauvri encore un peu plus une région agricole qui n’était déjà pas glorieuse. Bien des noms de parcelles portent les traces de ce passage comme les bois des Cosaques, les rues de la Canonnade, de la Victoire…

    Pourtant sur de nombreux tableaux, on voit les paysans champenois aider les soldats de Napoléon à sortir leurs canons de la boue. On peut lire dans de nombreux récits la générosité des paysans, bien que pillés par les armées, surtout russes, donnant à manger à leurs soldats.

    « L’histoire dans la rue »

    Cette générosité paysanne existe encore, car sans elle, l’association des Hussards de Lasalle-Montmirail 1814 n’aurait pas pu organiser le 198e anniversaire de la Campagne de France sur les terrains historiques de Bannay, Baye, Champaubert et Fromentières, cette année du 17 au 19 mai. C’est une entraide qui va du simple particulier prêtant une étable pour loger la cavalerie ou les troupes, ou autorisant une bataille dans son champ, à une population s’organisant pour fournir un repas d’époque à plus de 200 « reconstitueurs » ainsi qu’à des soutiens financiers de coopérative ou de fédération.

    L’association « Les Hussards de Lasalle-Montmirail 1814 », est une association de reconstitution historique 1er Empire, du type loi 1901. Elle s’est fixé comme objectif de faire descendre l’histoire dans la rue. À deux ans du bicentenaire, elle tenait à retourner sur les terrains moins connus de Bannay, de Baye et de Fromentières pour honorer la mémoire des milliers de soldats qui se sont battus dans des conditions très difficiles et ainsi expliquer aux habitants leur histoire locale. La brigade Lasalle est installée dans les communs du château historique de Montmirail, appelés quartier Curély, en hommage au général de cavalerie qui s’est illustré à la bataille de Château-Thierry en février 1814. Elle participe à de nombreuses manifestations tant régionales que nationales et internationales. Du 17 au 19 mai, des groupes de reconstitution historique 1er Empire venant de France, du Benelux, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, du Canada et des Etats-Unis, dont deux canons et une quarantaine de cavaliers, se retrouveront pour bivouaquer à Montmirail et dans ses environs. Des animations gratuites seront proposées au public : démonstrations de tir à la poudre noire, évolutions, combats, visite du bivouac. Le vendredi 18 mai : escarmouches entre Bannay et Baye le matin, combat à Baye, également des escarmouches entre Baye et Champaubert l’après-midi, et combat à Champaubert. Le samedi 19 mai : escarmouches et combats entre Champaubert et Fromentières le matin.

    ***********************************

    Union120517a - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE : War of Marne 2012 : 55 participants à la 5e édition

    Des véhicules sont régulièrement restaurés par l’association.
  •  Agrandir la photo
  • Ce groupe, qui existe depuis 2007 est composé d’une vingtaine de membres et représente la 101 Airborne ainsi que la 83 division d’infanterie.

    La manifestation War of Marne 2012 était déjà la 5e édition. Elle a réuni 55 participants et accueilli le public pendant deux jours ou certains ont découvert cette vie et d’autres ont revu leur jeunesse en revivant toutes les activités de ce camp.

    Au cours de ces deux jours, les participants ont également commémoré le 8 mai à SaintGermain-la-Ville sur les tombes d’aviateurs anglais et canadiens ainsi qu’à Mairy-la-Ville.

    L’association insiste sur le devoir de mémoire et c’est pour cela quelle assiste à diverses manifestations, Bastogne en 2011 pour la bataille des Ardennes, Goronne et Houmont (Belgique), avec des rencontres de vétérans, seuls témoins du passé.

    Ce groupe est en collaboration avec la mairie de Châlons-en-Champagne et aussi avec les anciens combattants. Il gère une dizaine de véhicules qui sont régulièrement restaurés.

    Cette association recrute aussi des jeunes et moins jeunes, hommes, femmes, tous passionnés par l’histoire de la Seconde guerre mondiale et qui veulent transmettre à travers les reconstitutions le devoir de mémoire aux générations futures pour ainsi ne pas oublier le sacrifice des alliés.

    La prochaine sortie se déroulera en Normandie pour célébrer le 6 juin 1944.

    ***********************************

    Union120515b - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Anciens combattants : Thé dansant ce dimanche 20 mai

    L’accordéoniste Catherine Prud’homme se chargera de l’ambiance.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    L’association des anciens combattants et prisonniers de guerre (ACPG) de Mourmelon-le-Petit organise un thé dansant le dimanche 20 mai à 15 heures, au Centre culturel Napoléon III de la ville voisine de Mourmelon-le-Grand.

    Ce sera la virtuose de l’accordéon, Catherine Prud’homme, accompagnée de ses 5 musiciens, qui se chargera de l’ambiance. C’est d’ailleurs la première fois que l’artiste se produira à Mourmelon-le-Grand.

    L’accordéoniste est une habituée des plateaux de télévision et des émissions de radio. Elle a notamment participé à des émissions sur France 3 Champagne-Lorraine, Télé Mélody, ou encore TV8 Mont-Blanc.

     

     

    ***********************************

    Union120515a - Marne
    MONTMIRAIL : Reconstitutions / Les soldats de Napoléon à l’attaque

    Le grand public pourra visiter le bivouac des soldats dès ce jeudi 17 mai au château de Montmirail. Archives.
  •  Agrandir la photo
  • MONTMIRAIL (marne) Les reconstitutions de la Campagne de France débutent jeudi à Montmirail. Des combats auront lieu à Baye, Champaubert et Fromentières vendredi et samedi.

    LES reconstitutions de la Campagne de France (1814), c’est une année sur deux. Les dernières s’étaient déroulées en mai 2010. Les combattants reviennent donc en cette fin de semaine, lors de ce long week-end de l’Ascension, entre Montmirail et Champaubert. L’association de reconstitution « Les Hussards de Lasalle » présente la Campagne de France 2012 avec différents rassemblements pendant les trois jours du jeudi 17 au samedi 19 mai

    Les manifestations débuteront jeudi, dès 14 heures avec des présentations de l’infanterie, de la cavalerie, des inspections et passages de troupe en revue. Puis des déplacements auront lieu dans Montmirail avec des démonstrations pédagogiques pour le public.

    Le grand public pourra notamment visiter le bivouac et le quartier Curely, un espace consacré à la médecine de cette époque.

    Vendredi, les présentations de la Campagne de France se feront à partir de 9 heures à Bannay et Baye, avec des escarmouches des troupes françaises.

    En fin d’après-midi, les soldats seront à Champaubert où les figurants montreront d’autres escarmouches. Les Hussards et leurs collègues bivouaqueront à Baye et à Champaubert.

    L’histoire dans la rue

    Samedi, des animations (escarmouches, batailles) auront lieu toute la matinée dans les communes de Baye, Champaubert, et également à la Ferme des Déserts (commune de Champaubert).

    Après l’accueil par la commune de Fromentières, les combattants reviendront sur Montmirail. Une prise d’armes aura lieu dans la cour du château de Montmirail à 14 h 30. Cette cérémonie sonnera la fin des reconstitutions de batailles. Néanmoins, ce grand week-end de reconstitutions ne s’achève pas là. Les visites du bivouac des soldats auront lieu l’après-midi au château jusqu’à 17 heures.

    A noter que des troupes françaises et étrangères (d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie, Benelux, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, du Canada et des Etats-Unis) seront également présentes aux côtés des Hussard de Lasalle.

    A chaque fois, ce type de reconstitution historique attire de nombreux spectateurs. Tout est gratuit.

    « Chaque personnage de la reconstitution est en mesure de donner des informations sur son uniforme, son armement, sa vie en campagne, indiquent les Hussards de Lasalle, notre ambition est de faire descendre l’histoire dans la rue. »

    ***********************************

    Union120514a - Marne
    COURCY : Ils se souviennent

    Devant le char Sherman.
  •  Agrandir la photo
  • Robert Clément, historien local de Courcy, président des anciens combattants du canton de Bourgogne, s’est rendu à Berry-au-Bac jeudi 10 mai, afin d’assister à la Commémoration nationale des Chars de Combat.

    Cette cérémonie présidée par le général de division Rives, commandant les Ecoles militaires de Saumur et l’Ecole de Cavalerie, a revêtu cette année une ampleur particulière. Elle a fêté à la fois les 95 ans du 16 avril 1917, date à laquelle des chars ont été engagés pour la première fois sur un champ de bataille , et le 70e anniversaire de l’Arme blindée.

    Robert Clément a passé une partie de sa carrière militaire à Noyon, dans le Régiment du 7e Cuirassiers, doté de chars AMX13. Il a particulièrement admiré le char Sherman venu d’Hermonville et appartenant à Daniel Pala, de l’association Radar.

    ***********************************

    Union120512f - Marne
    BAZANCOURT : Des hommes méritants

    Un hommage a été rendu aux deux médailles.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Un hommage très solennel a été rendu lors de la commémoration du 8-Mai.

    La célébration a commencé au monument aux morts. Les enfants, en compagnie de leurs institutrices, sous la direction de Jean-Jacques Dumont responsable de l’école de musique de Bazancourt, ont interprété deux couplets et le refrain de la Marseillaise puis en musique.

    Les dépôts de gerbes ont été effectués suivi du discours officiel du secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

    La foule était nombreuse derrière le défilé de la musique et des pompiers jusqu’à la salle des fêtes où le maire a procédé à une remise des décorations : médaille d’argent UNC au titre du Mérite à Jean Bartos, président de la section locale UNC, et médaille d’argent du Djebel au titre du mérite à Henri Andriollo, secrétaire de l’UNC.

     

    ***********************************

    Union120512e - Marne
    SUIPPES : 10 mai 1940 : La commune n’oublie pas

    Un moment de recueillement en souvenir des 70 victimes.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Après la cérémonie militaire du 8 mai devant le monument aux morts, il est habituel, à Suippes, de se rendre, au cimetière civil pour un second dépôt de gerbe.

    Cet hommage est celui rendu aux victimes du bombardement aérien du 10 mai 1940, à 17 h 30, qui fit 70 victimes dont 43 civiles, 13 hommes, 17 femmes et 13 enfants, la plupart reposant en ce lieu.

    Les habitants sont très attachés à cette commémoration, d’autant plus que de nombreuses personnes ayant vécu cette tragédie sont encore vivantes.

     

    ***********************************

    Union120512d - Marne
    JONCREUIL : Inauguration de la croix de Ferdinand à Joncreuil

    L’inauguration de la croix restaurée
  •  Agrandir la photo
  • Qu’était devenue la croix de Ferdinand à Joncreuil… Il aura fallu deux ans pour sa réalisation et faire revivre l’ouvrage de ce villageois qui en 1944, en manipulant les tuiles sur le toit de l’église y avait fait apparaître la croix de Lorraine en vieilles tuiles au milieu du V de la victoire fait de tuiles neuves.

    L’avis favorable du conseil municipal, des promesses de subventions qui ont été tenues puis l’idée de sortir un livre dont le titre était déjà écrit Le coup de folie de Ferdinand… et voilà la croix restaurée ce week-end des 12 et 13 mai qui sera consacré à l’événement avec inauguration ce samedi à 9 h 30.

    Durant les deux jours, une exposition sur la résistance et en particulier sur les insignes fabriqués dans les pièces de monnaie se tiendra en la salle polyvalente de 9 à 19 heures. Le coup de folie de Ferdinand, ouvrage retraçant sa vie et bon nombre d’interviews de maquisards est en vente au rayon librairie des Super U et Leclerc de Vitry où de nouveaux témoignages et l’histoire de la petite médaille de la Croix de Lorraine objet de la seconde parution va très bientôt le rejoindre.

    Pour tous renseignements asclocher.joncreuil@orange.fr ou 03.25.92.99.60.

    ***********************************

    Union120512c - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Ancien Maquisard Jean Mondon n’est plus

    L’un des derniers Maquisards, Jean Mondon, est décédé le 1er mai dernier dans les Côtes-d’Armor.

    Il était titulaire du Certificat d’appartenance aux Forces Françaises de l’Intérieur, donnant droit au port de la médaille commémorative 1939-1945 avec la barrette « Libération » remis par le Colonel de La Hamayde lui-même.

    Jean Mondon s’est engagé dans le Maquis après être, comme beaucoup, passé par la ferme de la Cense Neuve à Margerie-Hancourt où Hélène Valton et Georges Humbert officiaient en cette époque trouble, pour cacher tous ceux qui fuyaient le joug allemand et le service du travail obligatoire, quelle que soit leur nationalité.

    Il était toujours présent aux cérémonies commémoratives du mois de juin en compagnie de sa famille et de ses amis et aimait partager le repas y faisant suite, avec ses camarades de combat.

    En juin 2011, malgré ses difficultés de santé, il avait tenu à assister dans son fauteuil, à la cérémonie qui lui tenait tant à cœur, partageant avec la foule réunie autour de la stèle dans le bois des Laires.

    Cet instant d’émotion le transportait par la mémoire auprès de ses camarades disparus, qui comme lui, avaient vécu ces moments tragiques de la Résistance. Il aspirait par-dessus tout, à marquer par ses actions, ce travail de mémoire auquel il tenait tant.

    Jean Mondon a été inhumé dans le cimetière où reposent les siens à l’aube de ses 90 ans. L’amicale du Maquis des Chênes gardera en elle le souvenir d’un ami simple, sincère et volontaire.

    ***********************************

    Union120512b - Marne
    REIMS : Armée de l’air / Résistance : Le colonel Louis Carrière nous a quittés

    Le colonel Carrière était un authentique résistant et avait connu l’enfer de la déportation dans les camps nazis.
  •  Agrandir la photo
  • Combattant volontaire de la Résistance, membre du réseau Gallia, déporté notamment à Mauthausen et Flossenbourg, il était une figure de l’armée de l’air.

    L’APPEL du 18-Juin du général de Gaulle était pour lui un hymne à la grandeur et à l’honneur et il le portait sur son cœur pour l’éternité. Pour rien au monde il n’aurait voulu manquer ce temps mémoriel qu’il illustrait toujours par le lien intergénérationnel, en demandant à de jeunes lauréats du Concours national scolaire de la Résistance et de la Déportation de lire devant le monument aux morts ce texte fondateur d’une nouvelle espérance. Le colonel Louis Carrière, Rémois d’adoption, est décédé jeudi soir. Sa famille, ses amis, l’armée de l’air, les anciens combattants sont dans la peine. Il était une figure, un exemple, un homme pour qui, l’amitié fidèle, n’était pas une posture mais un état d’esprit. Le jeune garçon de Suizy-le-Franc, élève appliqué et remarqué au collège de Sézanne avant d’entrer en septembre 1938 dans les Écoles de l’armée de l’air, n’imaginait pas encore l’admirable parcours de patriote qu’il allait vivre par conviction au service de la France.

    Agent du réseau Gallia

    Au printemps 1940, fort de son brevet de radio navigation aérienne, il est affecté au groupe de bombardement 1/15 et se familiarise avec le quadrimoteur Farman de Reims à Saint-Yan. Il participe à trois missions de guerre au-dessus de l’Allemagne avant de rejoindre à la mi-juin l’Afrique du Nord. Après l’opération Torch du 8 novembre 1942 et le débarquement anglo-américain sur les côtes d’Algérie et du Maroc, il est rapatrié à Istres et placé en congé d’armistice. L’inactivité et la soumission à l’occupant sont pour lui inenvisageables. Il rejoint alors l’un de ses camarades pilotes et intègre le réseau de renseignements Gallia dans le sud-ouest. Ses aptitudes et son sang-froid font qu’il devient un agent particulièrement apprécié et repéré par la densité et la pertinence de son travail par le Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) de Londres.

    Il est désigné en juillet 1943 pour diriger Gallia à Limoges. C’est au cours d’une liaison qu’il effectue à Toulouse qu’il est appréhendé le 10 octobre 1943 par les nervis de la gestapo au PC du réseau. Commence alors un parcours heurté avec des interrogatoires d’une rare violence à la prison toulousaine Saint-Michel puis dans les geôles du fort du Hâ à Bordeaux. Comme il ne dit mot, il est transféré et placé à l’isolement pendant trois semaines dans le quartier des otages à Fresnes.

    L’enfer des camps

    Louis Carrière se demande alors s’il va être fusillé mais, il est emmené au camp de Compiègne antichambre de l’univers concentrationnaire nazi. Après un voyage pénible par le train, il arrive au camp de Mauthausen où il est placé dans le bâtiment de quarantaine avant d’être affecté au commando de Gusen dans une usine de pièces destinées à l’aéronautique de guerre. Comme ses camarades d’infortune, il vit le quotidien de cet enfer, subit la malnutrition, la déshumanisation, les humiliations des kapos et des SS. Quelques mois plus tard, il est déplacé au camp de Flossenbourg et mis d’office au commando de Leitmeritz à la frontière tchécoslovaque dans une firme de radios.

    Ce n’est que le 26 mai 1945, très affaibli qu’il retrouve la terre de France. Libéré par l’Armée rouge, soutenu par des Tchèques avant son rapatriement en autobus via Francfort puis en train jusqu’à Paris. Après avoir retrouvé sa famille marnaise et six mois de convalescence, il retourne dans l’armée de l’air, fait un séjour en Indochine de juillet 1949 à décembre 1950. Il termine sa carrière militaire en avril 1970 avec plus de 5 000 heures de vol, comme sous-chef d’état-major au commandement des Écoles avant de devenir directeur des ressources humaines d’un grand groupe pharmaceutique.

    Très investi dans le monde ancien combattant, Français libres et anciens déportés, il avait eu la joie d’accueillir à Reims l’amiral Philippe de Gaulle lors du passage en gare de Reims du Train de la France libre.

    Le colonel Louis Carrière était commandeur de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre national du Mérite, médaillé de la Résistance, titulaire de la croix de guerre 39-45 avec palme et titulaires de nombreuses autres décorations.

    À son épouse et à tous les siens, l’union dont il était un ami, adresse ses sincères condoléances.

    Hervé CHABAUD

    Plus d’informations sur le blog d’Hervé Chabaud, L’histoire en rafale

    ***********************************

    Union120512a - Marne
    REIMS : Clairmarais et la Licra s’unissent contre les clichés

    Mohamed Achour (à gauche), directeur de la maison de quartier, et Claude Secroun, président de la Licra, collaborent pour combattre les discriminations en montant des projets concrets.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne). La maison de quartier Clairmarais et la Licra s’unissent pour monter des projets anti idées reçues. Avec au programme du théâtre et un voyage en Israël.

    UNE exposition sur les Harkis, une pièce de théâtre, la visite d’un camp de concentration et un voyage en Israël… C’est grâce à des actions concrètes qu’on fait avancer la tolérance et reculer l’obscurantisme. Partant de là, Mohamed Achour, directeur de la maison de quartier Clairmarais a répondu favorablement à l’appel de la Licra.

    Visite d’un camp de concentration

    Claude Secroun, le président de l’association qui lutte contre l’antisémitisme et le racisme, lui a proposé de monter des projets en commun : « Cette année, nous avions décidé d’offrir nos services aux maisons de quartiers. Celle de Clairmairais s’est montrée intéressée », précise M. Secroun. « Nous avions des projets en tête autour de la lutte contre les discriminations. La collaboration avec la Licra nous permet de les concrétiser », confirme M. Achour.

    Les objectifs sont de casser les idées reçues et de combattre l’ignorance autant des jeunes que des adultes. « Nous avons commencé par une exposition sur les Harkis. Il y avait encore beaucoup d’incompréhension autour de cette partie de l’histoire. »

    Une autre exposition, sur la Shoah cette fois, est prévue en prélude à une visite du camp de concentration du Struthof en Alsace*. On pourrait croire que l’extermination des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ne peut être ni ignorée, ni contestée mais, selon MM. Achour et Secroun ce n’est pas si évident que cela : « Pour les jeunes, cet événement est lointain dans le temps et loin de leur vie quotidienne ». De plus, le conflit israélo-palestinien et surtout la façon déformée dont il est importé dans les quartiers contribuent à troubler les esprits. D’où un projet encore plus ambitieux que la maison de quartier souhaite concrétiser : emmener les jeunes en Israël. « Nous souhaitons les emmener dans le village de Neve Shalom où vivent ensemble autant de Juifs que d’Arabes ». Pour qu’ils en reviennent débarrassés de leurs clichés et qu’ils ne croient pas tout ce qu’ils voient à la télé.

    Les jeunes concernés ont entre 15 et 20 ans. En attendant ce voyage, prévu en 2013 si les subventions suivent, ils s’attellent à un projet de pièce de théâtre sur la thématique du regard que l’on porte sur l’autre. La première représentation est prévue en juin.

    Catherine FREY

    *La visite du Struthof, ouverte à tous, est programmée le samedi 26 mai. Il reste quelques places. Contacter la maison de quartier au 03.26.47.05.11. Quant à l’exposition sur la Shoah, elle sera visible à la maison de quartier du 14 au 25 mai.

    ***********************************

    Union120511g - Marne
    BEINE-NAUROY : Une célébration exceptionnelle

    La bibliothèque et l’association « Les amis de Nauroy » proposent actuellement une exposition sur le Beine et le Nauroy d’avant et d’aujourd’hui. Dans ce cadre, il a été décidé d’inviter pour le 8 Mai une enfant du pays, Yvette Lundy, un grand exemple de courage de la résistance française lors du conflit 39-45.

    Si elle réside dorénavant à Epernay, elle a vécu son enfance à Beine et a toujours de la famille dans la commune. Elégamment de mauve vêtue, Yvette Lundy, 96 printemps, n’a eu besoin de personne pour parcourir les centaines de mètres entre les lieux de commémoration. Et comme toujours, elle n’a de cesse d’expliquer, d’argumenter à la fois en faveur du travail de mémoire, mais aussi pourquoi chacun doit militer en faveur de la paix et de la liberté. Elle en a été privée un long temps, et sa famille a payé un lourd tribut lors de cette guerre. Entrée tôt dans la résistance, elle a été arrêtée en 1944 et déportée à Sarrebrück, puis Ravensbrück et Buchenwald.

    Après l’hommage au monument aux morts, le cortège s’est déplacé vers l’ancienne maison familiale des Lundy où une plaque commémorative a été fleurie en hommage à Georges Lundy, frère d’Yvette, qui n’est malheureusement pas revenu de déportation. Ensuite, un vin d’honneur a été servi à la bibliothèque où Mme Lundy a dédicacé son ouvrage « Le fil de l’araignée » où elle raconte ses souvenirs. « La liberté, on ne prend conscience de son importance que lorsqu’on ne peut plus en jouir, c’est pourquoi il faut la protéger ».

    ***********************************

    Union120511f - Marne
    BERMERICOURT : Ils se souviennent

    Les participants étaient nombreux pour rendre hommage à Robert Gobin.
  •  Agrandir la photo
  •  

    A Berméricourt, ce 8 mai, les participants étaient nombreux.

    Le cortège s’est dirigé vers le cimetière où un hommage a été rendu à Robert Gobin décédé en octobre 2011. Conseiller municipal durant 23 années, médaillé d’honneur en septembre 1999, il était très assidu aux commémorations.

    Afin de lui témoigner sa gratitude, Patrice Chrétien, au nom de tous les habitants du village, a fleuri sa tombe et déposé sur sa sépulture une plaque en souvenir de son engagement et son dévouement.

    Le maire a proposé d’observer une minute de silence, en invitant la population à avoir une pensée pour toutes celles et tous ceux qui sont partis et qui ont partagé la vie de ce village.

    Le cortège a ensuite pris la direction du monument aux morts où a été célébré le 67e anniversaire de la Victoire du 8 Mai 1945.

     

    ***********************************

    Union120511e - Marne
    MUIZON : Victoire 67 ans après…

    Les récipiendaires, de gauche à droite : Anne-Marie Chevalier, Jean-Pierre Bail, son épouse Mireille, Jean-Michel Chevalier, Philippe Rousset.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Mardi matin, une grande partie de la population muizonnaise s’était rassemblée pour célébrer, avec la section UNC de Muizon et Jonchery-sur-Vesle, le 67e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Le défilé partit de la place du Commerce vers 10 h 30 et traversa une partie des rues de la commune, en compagnie des pompiers, des porte-drapeaux, de figurants de l’association GMC en tenue de GI, et avec la musique interprétée par l’harmonie d’Intermezzo dirigée par José Luton.

    Après le dépôt de gerbe, les allocutions et les sonneries au monument du souvenir, tous se retrouvèrent à la salle polyvalente pour le vin d’honneur. Là, l’UNC remit des décorations internes : le président Jean-Michel Chevalier reçut la croix du Djebel, Jean-Pierre Bail et Philippe Rousset la médaille du mérite, tandis qu’Anne-Marie Chevalier et Mireille Bail furent décorées de la croix d’Agadès.

     

    ***********************************

    Union120511d - Marne
    SAINT-HILAIRE-LE-PETIT : Sacrée surprise : Remise de médailles de l’UNC

    Trois anciens combattants ont été récompensés.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le 8 Mai a revêtu cette année un caractère particulier à Saint-Hilaire-Le-Petit car il a été l’occasion de récompenser trois anciens combattants pour leur contribution au sein de l’association du village.

    Après la cérémonie traditionnelle à laquelle les habitants sont venus nombreux, Marcel Dujardin, président des anciens combattants également récompensé par l’attribution de la décoration pour plus de trente ans passés à la tête de l’association, a appelé Michel Gaillet, porte-drapeau des anciens combattants depuis plus de 20 ans et Robert Deflandre qui a assuré le secrétariat de l’association pendant 30 ans pour leur décerner la médaille d’argent du Mérite de l’Union Nationale des Combattants. Surpris et émus par un tel hommage, les deux décorés ont alors exprimé par leur regard rempli d’émotion tout l’honneur qu’ils ressentaient à cet instant d’autant qu’ils n’avaient pas été prévenus, le président souhaitant leur réserver la surprise.

    Ils ont ensuite été congratulés comme il se doit lors du vin d’honneur traditionnel.

     

    ***********************************

    Union120511c - Marne

    FAGNIERES : Bleuet de France : Beau succès pour le premier loto
    Pour trouver les bons numéros du tirage… il fallait avoir l’œil !
  •  Agrandir la photo
  • Ce mardi 8 mai, à l’issue des cérémonies officielles, le premier loto au profit du Bleuet de France à l’initiative de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de la Marne en partenariat avec l’association des missions extérieures (AME), s’est tenu à la salle des fêtes de Fagnières mise à disposition gracieusement par la municipalité.

    Pas moins de 200 personnes se sont ainsi retrouvées en début d’après-midi attirées par la qualité des lots mis en jeu et offerts par de multiples partenaires sensibles aux missions de mémoire et de solidarité.

    De nombreux anciens combattants ont salué cette initiative originale lors de cet après-midi festive, basée sur la solidarité, l’amitié mais aussi la mémoire avec la présence d’expositions, sans pour autant oublier le lien intergénérationnel grâce notamment au partenariat de l’AME regroupant la 4e génération du feu.

    Autant de valeurs qui sont chères au monde combattant et à la mémoire combattante. L’intégralité des bénéfices sera reversée à l’Office national du Bleuet de France dans le cadre de la traditionnelle campagne de générosité publique de ce 8 mai. L’occasion aussi de promouvoir et de renouer le lien entre le Bleuet de France et les nouvelles générations afin d’entretenir ce symbole de mémoire et de solidarité et ce lien entre la Nation et ceux qui l’ont servi ou la serve encore aujourd’hui.

    ***********************************

    Union120511b - Marne
    SAINT-AMAND-SUR-FION : Commémoration en présence du préfet : L’esclavage expliqué aux enfants

    Michel Guillot s’est rendu à l’école de Saint-Amand avec la sous-préfète de Vitry et la directrice académique pour assister à un cours sur l’esclavage.
  •  Agrandir la photo
  • Une gravure illustrant une vente d’esclaves s’affiche sur le tableau numérique de la classe de CM1. Spontanément, une enfant prend la parole. « Ça ressemble à une vente aux enchères. Je trouve ça injuste de vendre des êtres humains comme si c’étaient des objets », déclare-t-elle.

    A l’occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions (placée à la date anniversaire de la loi Taubira), le préfet de la Marne Michel Guillot s’est rendu à l’école de Saint-Amand-sur-Fion avec la sous-préfète de Vitry et la directrice académique pour assister à un cours sur l’esclavage, un sujet délicat de l’histoire de France, enseigné en primaire depuis le début des années 2000. En petits groupes, les enfants ont observé différents documents relatifs à l’esclavage : une gravure de 1760 sur la révolte des noirs en Jamaïque, un tableau de 1849 illustrant l’abolition, le texte du décret du 27 avril 1848 ou encore un dessin montrant les conditions de transports des esclaves dans les bateaux négriers.

    « Faire gagner le bon »

    Au tableau, ils ont expliqué ce qu’ils voyaient, ce qu’ils comprenaient, avec innocence et spontanéité. L’institutrice, Cécile Collard, les oriente, et apporte des précisions en leur parlant de Victor Schœlcher, à l’origine de l’abolition définitive de l’esclavage ou d’Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais aujourd’hui au Panthéon. Au terme de l’exercice, une question s’affiche au tableau : « Et maintenant que faire pour ne pas oublier et ne plus recommencer ? ». Les réponses fusent : « il faut se dire que les hommes noirs sont des êtres humains comme nous », « il faut s’excuser », « il faut continuer d’en parler », « il faut faire des statues »…

    « L’école, c’est le lieu où l’on apprend de manière neutre et où l’on construit sa personnalité. Il y a du bon et du mauvais dans chaque homme, l’école doit apprendre à faire gagner le bon, a expliqué le préfet, admiratif. Cette journée de commémoration est inscrite dans la mémoire de la France, il faut maintenant qu’elle s’inscrive dans la mémoire des Français. » Paraphrasant Samuel Pisar, Michel Guillot a rappelé que « celui qui refuse d’apprendre son passé, est condamné à le revivre ».

    R.H.

    ***********************************

    Union120511a - Marne
    ANGLURE : Nécrologie Daniel Bossuat s’est éteint

    Daniel Bossuat
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le comité Fnaca Conflans-Anglure a conduit à sa dernière demeure l’un de ses adhérents et membre du bureau, Daniel Bossuat.

    Né à Avon-la-Peze, le 9 septembre 1932, où il passera toute sa jeunesse jusqu’à son départ au service militaire, le 1er mai 1953 à la 6e compagnie régionale du train à Metz. De retour dans ses foyers en octobre 1954, il travaillera comme maçon jusqu’en mai 1956 où il est rappelé pour rejoindre le 294e bataillon d’infanterie de Tizi Ouzou en Algérie. Il est titulaire de la carte et croix du combattant, de la médaille de la reconnaissance de la nation, mais aussi de la médaille commémorative de sécurité et de maintien de l’ordre.

    De retour en 56, il reprend son métier d’ouvrier maçon. L’année suivante, il crée sa propre entreprise et déménage en janvier 68 à Saint-Martin-de-Bossenay. Il a formé bon nombre d’ouvriers devenus, eux-mêmes, chefs d’entreprise dont un, a été meilleur ouvrier de France. Il prendra sa retraite en 1992 et recevra la médaille d’honneur en industrie et maçonnerie. Conseiller municipal de 71 à 95, il avait trouvé son domaine dans le comité des fêtes où il fut très actif. Mais aussi pour les fêtes familiales comme son traditionnel méchoui où la djellaba était de rigueur autour du barbecue. La mairie lui témoignera sa reconnaissance par la médaille d’argent d’honneur régional départementale et communale. Jardinage, chasse et brocante dont il était parmi les premiers visiteurs, faisaient partie de ses loisirs.

     

    ***********************************

    Union120510j - Marne
    Aÿ : la tradition

    Ils vont aller déposer une gerbe.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La cérémonie du 8-Mai s’est déroulée dans la tradition à Aÿ.

    Avec le défilé d’abord qui était composé de la batterie-fanfare « la Champenoise », des sapeurs-pompiers, des drapeaux des anciens combattants et des représentants des corps constitués et des associations.

    Avec les dépôts de gerbes ensuite à la stèle des victimes civiles du bombardement, au carré militaire et au monument aux morts.

    Avec enfin la réception à la salle des fêtes pour écouter les prises de parole du maire Dominique Lévéque et du président des anciens combattants Bernard Pitois.

     

    ***********************************

    Union120510i - Marne
    BÉTHENY : Un 8 mai plein d’émotion

    Le maire Jean-Louis Cayenne, les adjudants-chefs Rio et Rahmani et le colonel Villaume devant le monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Dernière cérémonie du 8 mai en activité hier pour l’adjudant-chef Rahmani et l’adjudant-chef Rio, qui font partie des derniers militaires sur la BA 112, qui fer¬mera définitivement ses portes le 30 juin prochain.

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts de Bétheny devant des personna¬lités et une assistance nom¬breuse. Après quoi le maire Jean-Louis Cayenne a annoncé l’inauguration du musée de l’aéronautique aura lieu le mer¬credi 27 juin à 17h 30.

     

     

    ***********************************

    Union120510h - Marne
    CHAMPILLON : l’hommage

    Pendant la lecture du maire.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La municipalité et les habitants de Champillon ont célébré l’anniversaire de la capitulation allemande du 8 mai :1945.

    Le cortège précédé du drapeau et de la fanfare, s’est rendu au monument aux morts pour un hommage en y déposant une gerbe, suivie de la lecture par le maire de la lettre du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense.

     

    ***********************************

    Union120510g - Marne
    CHATILLON-SUR-MARNE : le souvenir

     

     

     

    En ce 67e anniversaire de la Réddition du 8 Mai 1945 et malgré les années qui passent, le souvenir perdure, toute génération confondue.

     

     

     

    ***********************************

    Union120510f - Marne
    CORMONTREUIL : Cérémonies du 8 mai : Enfants et anciens se souviennent

    Claire Maujean et Simon Macadré ont lu les noms des Cormontreuillois morts pour la France.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Un moment d’hommage et de souvenir : la cérémonie commémorant le 67e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie en 1945 et la fin des hostilités en Europe a été empreinte de dignité, suivie par de nombreuses personnalités civiles et militaires.

    Après le dépôt de gerbes aux deux monuments, Claire Maujean et Simon Macadré, élus du conseil municipal enfants ont participé à la lecture des noms des Cormontreuillois morts pour la France. Ont suivi les lectures de la lettre du secrétaire d’État aux Anciens combattants et du texte commun des associations de déportés.

    Précédés de la fanfare L’espérance cormontreuilloise et du corps des pompiers, civils et militaires se sont ensuite rendus à la mairie. « Cette commémoration représente d’abord un devoir de mémoire envers notre passé. Ensuite la défense des valeurs, le respect des autres, l’acceptation des différences et le refus de la violence », a souligné le maire.

    Deux décorations ont été décernées : La croix du combattant a été remise à Hubert Armand, soldat de 1re classe du 2e régiment RSA, en Algérie de 1956 à 1958 ; et Pierre Tarillon a reçu la médaille de dix ans de présence comme porte-drapeau du comité du maquis de Chanteraine.

     

    ***********************************

    Union120510e - Marne
    MAGENTA : la ferveur

    Une gerbe a été déposée au pied du monument aux morts de la commune.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La population de la commune était invitée à se regrouper autour du monument aux morts aux côtés des anciens combattants et de la municipalité.

    Une gerbe y a été déposée par Laurent Madeline, maire, Philippe Martin, député et Christian Cunière, vice-président de l’UNC-AFN.

    Sous la baguette de Marjorie Muller, la musique municipale de Magenta a exécuté les hymnes britanniques, américains et enfin, La Marseillaise.

    Puis à l’Espace culturel Pierre-Godbillon, le maire a retracé la chronologie des opérations qui ont conduit à l’événement célébré aujourd’hui encore avec la même ferveur, salué par les cloches de Notre-Dame sonnant à toute volée.

     

    ***********************************

    Union120510d - Marne
    TINQUEUX : Commémoration du 8 mai 1945 à Tinqueux : Une décoration et du recueillement

    Le président des anciens combattants Gilles Richard félicite Georges Fournier, l’heureux médaillé.
  •  Agrandir la photo
  •  

    À Tinqueux, le 67e anniversaire du 8 mai 1945 a débuté par un dépôt de gerbes devant la plaque des frères Glorieux.

    Les participants ont ensuite formé un cortège pour se rendre au monument aux morts sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette.

    De nombreuses personnalités civiles et militaires étaient présentes, ainsi que les élus des conseils municipaux adultes et enfants, les anciens combattants, les porte-drapeaux, les pompiers, des représentants de la police, de nombreux Aquatintiens.

    Les enfants des écoles ont participé également et répondu à l’appel des morts. Une cérémonie d’une grande sobriété mais émouvante, bien menée par le caporal-chef Jean Andurenq, ponctuée par l’hymne national, le dépôt de gerbes, une minute de silence, la lecture du message de l’Ufac (union française des associations de combattants) et celui du secrétaire d’État aux Anciens combattants. Les participants ont partagé à la salle des fêtes Guy-Hallet le verre de l’amitié.

    Gilles Richard, président des anciens combattants et victimes de guerre de Tinqueux, a remis la médaille de reconnaissance de la Nation à Georges Fournier, appelé au service armé le 18 décembre 1955 au 422 CRI, et dirigé vers l’Algérie le 28 juillet 1957.

     

    ***********************************

    Union120510c - Marne
    VERTUS : le dernier défilé militaire du 8-Mai

    Un grand défilé dans les rues de la commune.
  •  Agrandir la photo
  • Afin de célébrer le 67e anniversaire de la victoire de 1945, c’est un important cortège qui s’était donné rendez-vous sur la place de la Mairie vers 11 h 30.
  •  Agrandir la photo
  • Outre les anciens combattants, les élus, les pompiers et l’harmonie municipale, y trouvaient place les hommes de la 2e batterie du 402e Régiment d’Artillerie dont c’était la dernière apparition aux côtés des officiels de Vertus.

    Plusieurs dépôts de gerbe associant à chaque fois des enfants ont eu lieu. Le défilé a emprunté la rue Thiers et la rue de Châlons pour rejoindre dans un premier temps le monument de la Résistance, puis le cimetière, avant de remonter le boulevard Paul-Goerg et de rendre hommage aux combattants de 14-18.

    C’est devant la salle Wogner, que le cortège s’est disloqué. Au cours de la réception qui a suivi, 4 écoliers ont lu un message officiel en rappelant les débarquements alliés, et les actions essentielles de la Résistance dans la victoire contre le nazisme. Ils ont su saluer le courage de tous les combattants.

    Ce fut ensuite au maire de Vertus, Pascal Perrot, de lire le message officiel de Marc Laffineur, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants en soulignant les efforts des démocraties victorieuses.

    Hommage

    « Les Français ont vécu et survécu avec la crainte et l’espoir ». On a rappelé que l’année 1942 avait été à la fois le temps de la honte, de la faim, de la peur et du mépris, mais aussi l’année des premières ripostes alliées, de l’arrêt de la pénétration allemande sur le front russe, et du débarquement en Afrique du Nord.

    Des efforts et des sacrifices menés jusqu’au temps de la Victoire afin de surmonter l’insurmontable.

    Dans un message plus personnel, Pascal Perrot a tenu à rendre hommage aux hommes du 402e Régiment d’Artillerie.

    « Ils resteront dans nos mémoires ! Ces militaires sont souvent venus rehausser par leur présence nos défilés, c’est pourquoi des représentants du conseil municipal de Vertus seront présents en juin lors de la dissolution du régiment ».

    Pascal Perrot n’a pas manqué d’adresser une chaleureuse pensée aux anciens combattants, ainsi qu’aux soldats du feu, et tout particulièrement aux Jeunes Sapeurs-Pompiers qui s’investissent à leur niveau dans l’apprentissage de leur future mission au service de la population.

    ***********************************

    Union120510b - Marne
    COURTISOLS : Aux aviateurs anglais et canadiens de 1944

    Une cérémonie qui s’inscrit dans le cadre du devoir de mémoire.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi dernier, au cimetière Saint-Memmie, Courtisols a rendu un hommage solennel aux aviateurs anglais et canadiens morts pour la liberté, dans le ciel de Courtisols dans la nuit du 3 au 4 mai 1944.

    Le programme du pèlerinage de mémoire de la Royal Air Force Association ne prévoyait pas, cette année, de halte sur la tombe des aviateurs alliés au cimetière Saint-Memmie. Toutefois le comité du Souvenir Français a souhaité honorer la mémoire des quinze soldats tués sur le sol courtisien et maintenir une cérémonie, à l’avant-veille de la commémoration du 8 Mai 1945.

    À l’issue de l’office religieux, le comité local s’est recueilli sur la tombe des soldats en présence des élus locaux et des portes drapeaux.

    Le groupe de reconstitution châlonnais « Marne Memory » était lui aussi présent, en uniforme d’époque 1944 avec un groupe de 8 personnes

    ***********************************

    Union120510a - Marne
    SEZANNE : Une Campagne de France inédite

    Le livre « La Campagne de France, les dernières victoires vues et revues par les lieux traversés » sera disponible dans les librairies du Sud-Ouest marnais la semaine prochaine.
  •  Agrandir la photo
  • Claude Faivre, qui a coordonné avec René Guyot le travail des auteurs de ce livre.
  •  Agrandir la photo
  • Un collectif d’historiens locaux publie un ouvrage sur l’histoire de la Campagne de France dans le Sud-Ouest marnais. Un livre de plus ? Pas vraiment, car celui-là est composé d’archives jamais montrées auparavant.

    LIVRE coup de canon. Plusieurs historiens du Sud-Ouest marnais vont lancer un pavé dans la Campagne de France : ce collectif d’auteurs publie la semaine prochaine un livre contenant des archives inédites concernant l’histoire de l’année 1814 entre Arcis-sur-Aube et Château-Thierry.

    Publier du nouveau au sujet d’une période déjà bien connue, la tâche n’était pas simple. Le défi est pourtant relevé avec brio avec ce, « La Campagne de France, les dernières victoires vues et revues par les lieux traversés ». Cette somme, agrémentée de grandes reproductions d’archives jamais publiées auparavant ainsi que de gravures, se veut un ouvrage de référence.

    Dans le cadre des cérémonies de 2014

    « Ce livre entre dans le cadre des commémorations du bicentenaire de la Campagne de France en 2014, présente Claude Faivre, président de l’association MAI en Mons, cheville ouvrière de la réalisation de ce livre. MAI fait partie du comité histoire de l’association 1814 V4, qui a pour objectif la préparation des célébrations de 2014 dans la région. Avec René Guyot, du centre d’études du Pays sézannais, nous avons décidé de faire des recherches. »

    L’idée de faire un livre s’est ensuite imposée. Le travail de cette douzaine d’historiens locaux et bénévoles est remarquable. « Il existe encore de nombreux documents inédits au sujet de cette période, indique Claude Faivre, ils sont gardés dans les familles, transmis de générations en générations. D’autres archives sont conservées aux archives départementales ou dans des communes, comme à Montmirail. »

    Sortie anticipée

    L’ouvrage traite de nombreux pans de cette histoire de la Campagne de France entre Montmirail et Sézanne. Des récits tragiques, comme les réquisitions de biens par les deux camps, les dégâts causés par les batailles, la bataille de Fère ou bien les combats de Vauchamps. De l’épique, comme les méthodes de combat du général Girardin à Baye, qui font encore école aujourd’hui parmi les militaires.

    On trouve aussi des passages plus souriants, comme le récit de la construction de la réputation de Champaubert, petit village devenu Champaubert-la-Bataille, lieu connu bien au-delà des frontières de la Marne. A chaque page, c’est un récit très instructif, et (hormis un article) toujours inédit, sur la Campagne de France.

    Un livre qui fera sans doute date, à plus d’un titre d’ailleurs. Car l’ouvrage publié par l’association MAI est aussi un des premiers écrits parus dans le cadre des commémorations de début 2014. « De nombreux livres vont être publiés à l’occasion du bicentenaire de la Campagne de France, en 2014 et même en 2013, explique Claude Faivre, en publiant ce livre dès maintenant, nous pouvons lui offrir une visibilité. » D’ici 2014, le collectif pourra aussi faire la tournée des salons du livre et rencontrer des lecteurs.

    La publication anticipée de cet ouvrage laisse aussi le champ libre aux bénévoles pour se pencher sur l’écriture d’un 2e volume consacré à 1815. Le travail de ces historiens locaux ne sera pas un fusil à un coup.

    Guillaume TALLON

    « La Campagne de France, les dernières victoires vues et revues par les lieux traversés » sera disponible la semaine prochaine au prix de 25 euros dans les librairies de Sézanne et Montmirail.

    ***********************************

    Union120509m - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : D’entre toutes les guerres la plus terrible

    Discours de Léa Morize, et Naomi Mbianda, collégiennes à Saint-Etienne.
  •  Agrandir la photo
  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). La présence d’enfants en ce 8 mai témoignent de ce que les officiels, autorités civiles et militaires, pensent : puisse la jeunesse faire en sorte que plus jamais le monde ne revive pareille horreur.

    Sur une aile du monument aux morts, il existe une plaque de marbre, sur laquelle n’est gravé qu’un seul nom : celui du Châlonnais Mathieu Toinette, militaire infirmier du 402e régiment d’artillerie, décédé à l’âge de 28 ans, en combat extérieur comme on dit.

    Il est aisé pour un photographe de prendre un cliché de cette plaque. Aisé de s’apercevoir de fait qu’en arrière-plan s’érige le monument aux morts, qui rappelle pour sa part le premier conflit mondial. Aisé et pénible de se dire qu’entre l’Afghanistan où Mathieu a perdu la vie et le conflit de 14/18, presqu’un siècle s’est écoulé et que l’épée de Damoclès de l’horreur est toujours là. Terrible de se rappeler qu’entre les deux, il y eut la Seconde Guerre mondiale, avec ces 55 millions de mort. Elle fut la plus meurtrière et la plus aveugle d’entre toutes dans ce qu’elle concentra de massacres civils, de déportation, de solution finale, d’épuration, de crimes contre l’humanité.

    Crimes contre l’humanité pas uniquement signés par l’Allemagne nazie mais aussi par les Français eux-mêmes, tachant le pays « d’une souillure indélébile » a estimé le député-maire Bruno Bourg-Broc.

    La vraie France

    Mais parce la mémoire de l’infirmier Toinette est là au plus près de nous. Parce que l’est encore celle des résistants Raymond Aubrac ou Jean Moulin. Parce que Châlons n’oublie pas Jacques Songy, ancien déporté aujourd’hui disparu, le maire a aussi rappelé qu’en ces temps troublés, une grande majorité de nos compatriotes ont donné leur énergie et leur sang, tant sur les champs de bataille que dans l’ombre. Autant d’exemples « de cette vraie France ».

    Cette vraie France, celle de ceux qui ont combattu ou celle de cette jeunesse qui s’interroge aujourd’hui sur le sens de l’engagement, était présente hier aux monuments aux morts. Belle image par exemple que celle de Léa Morize, et Naomi Mbianda, toutes deux âgées de 14 ans au collège Saint-Etienne, aux côtés de Bernard Haleux, président du comité d’entente des anciens combattants. Les deux jeunes filles ont précédé les propos des officiels, le préfet Michel Guillot étant notamment la voix officielle de l’Etat, Pierre Jules celle de l’amicale Rhin et Danube.

    F.M.

    Neuf militaires décorés

    La cérémonie du 8 mai, célébrée avec deux batteries du 402e régiment d’artillerie qui quittera la ville en juin, a été l’occasion de plusieurs remises de décorations :

  •  Le colonel Desgrange a été promu au grade d’officier de l’ordre national du Mérite.
  •  Le chef de bataillon Bizeau, la major Nondé et l’adjudant-chef de réserve Arnoult ont été nommés chevalier de l’ordre national du Mérite.
  •  Le colonel Gastine, l’adjudant Daubies et le brigadier-chef Cottray ont reçu la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze.
  •  Le capitaine Poillerat et le brigadier-chef Rodier ont reçu la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze.
    ***********************************

    Union120509l - Marne
    EPERNAY : Cérémonies du 8-Mai / Un large itinéraire commémoratif

    La stèle Patton a été fleurie par Didier Loth, sous-préfet, Philippe Martin, député et Franck Leroy, maire.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Si les cérémonies du 8-Mai ont débuté au Technicentre SNCF dès le vendredi 4, elles se sont poursuivies mardi par un dépôt de gerbe au cimetière de La Villa, une cérémonie à la gare, un cortège emmené par l’Avenir Musique d’Epernay, un dépôt de gerbe au pied de la stèle Patton, place Mendès-France, et un autre au monument érigé aux Martyrs de la Résistance.

    Le périple commémoratif s’est ensuite achevé au monument aux morts pour un ultime dépôt de gerbe par le lieutenant-colonel Claude Metzger président du comité d’entente des anciens combattants.

    A 12 heures, couronnant les célébrations, les cloches de Notre-Dame sonnaient à toutes volées.

     

    ***********************************

    Union120509k - Marne
    FRIGNICOURT : Cérémonies du 8-Mai

    Devant le monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le 8 Mai a été commémoré à Frignicourt en présence des sapeurs-pompiers de la commune, de Jean-Claude Louis, porte-drapeau représentant l’association des anciens combattants cheminots, qui était représentée également par le président de la section vitryate Jean Pourcher, et des élus de la commune.

    Ce cortège qui s’était donné rendez-vous devant la mairie s’est rendu devant le monument aux morts de la commune en suivant la fanfare du cercle des XVII.

    Après avoir lu le discours du secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, Marc Laffineur, le maire de Frignicourt, Daniel Yon, a procédé à un dépôt de gerbe au pied du monument aux morts.

     

    ***********************************

    Union120509j - Marne
    GIFFAUMONT-CHAMPAUBERT : Cérémonies du 8-Mai

    Les participants se sont rassemblés hier au « cimetière de regroupement ».
  •  Agrandir la photo
  • La commune de Giffaumont-Champaubert a été retenue cette année pour marquer la cérémonie cantonale du 8 Mai.

    En présence du député Charles de Courson, du conseiller général Jean-Pierre Bouquet et de tous les maires du canton, les anciens combattants, les porte-drapeaux et tous les participants se sont rassemblés au « cimetière de regroupement », où un hommage a été rendu aux morts des communes de Champaubert aux Bois et Chantecoq.

    Le cortège s’est ensuite formé avec les drapeaux et la Batterie Fanfare de Pargny-sur-Saulx pour gagner le monument aux morts de Giffaumont-Champaubert.

    À l’instar de la cérémonie parisienne à l’Arc de Triomphe du matin, c’est l’image d’une France apaisée et unie qui a été donnée, pour perpétrer le devoir de mémoire et transmettre à la jeunesse la grandeur de la nation.

    À l’issue de cette manifestation, la maire Fanny Beaudouin a convié tous les présents à un vin d’honneur offert par la commune à la salle des fêtes.

    ***********************************

    Union120509i - Marne
    IGNY-COMBLIZY : Un nouveau drapeau

    André Dufour, qui tient le nouveau drapeau ACPG-CATM, s’est vu remettre le diplôme de porte-drapeaux.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    A Igny-Comblizy, les cérémonies du 8-Mai revêtaient une importance particulière puisque cette journée avait été choisie pour inaugurer le nouveau drapeau ACPG-CATM de la commune.

    Le discours du maire, Michel Rifflard, a été précédé par la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet par les enfants.

    Les cérémonies se sont achevées par la remise d’un diplôme d’honneur de porte-drapeaux à André Dufour pour le remercier de ses années de fidélité comme porte-drapeaux et de son implication parmi les anciens combattants.

     

     

    ***********************************

    Union120509h - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Cérémonies du 8-Mai

    Avant le dépôt de gerbe.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    En présence des porte-drapeaux, des représentants de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, des élus et d’une centaine d’habitants, le maire Roland Leclère a lu le message du secrétaire d’Etat aux anciens combattants : « 1942 -c’était il y a 70 ans - nous rappelle la mise en œuvre de la Shoa, les fusillades d’otages mais l’arrêt de la pénétration nazie sur le front russe et le débarquement en Afrique du Nord. Le 8 mai est l’aboutissement du temps de l’espoir. »

    Le maire, accompagné de deux adjoints et du capitaine de gendarmerie, a ensuite déposé une gerbe au monument aux morts de la commune.

     

     

    ***********************************

    Union120509g - Marne
    REIMS : 8 Mai : « Ah ! Les Français sont là aussi ! »

    Hippolyte Gobez, lycéen de Croix-Cordier, a lu un discours à la stèle Rhin et Danube.
  •  Agrandir la photo
  • La maire, le sous-préfet (à droite) et des représentants militaires, place de la République
  •  Agrandir la photo
  • Un discours dithyrambique et une médaille d’or, hier, pour le héros d’Afghanistan à quatre pattes.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne). Toute la matinée d’hier a été consacrée aux commémorations du 8 Mai. Le sous-préfet a rappelé le rôle majeur de Reims, lieu de reddition et de réconciliation.

    INTÉRESSANT discours du sous-préfet Michel Bernard lors des commémorations du 8 mai 1945 qui se sont déroulées hier matin à Reims. Le représentant de l’État a choisi de rappeler la petite phrase du commandant des forces armées allemandes et nazi convaincu, Johann Gustav Keitel.

    Lorsque ce criminel de guerre est entré dans la salle où il venait signer la capitulation du troisième Reich en présence des vainqueurs, il a déclaré : « Ah ! Les Français sont là aussi ! ».

    « Il l’a dit sur un ton mêlé de surprise et de mépris », a rappelé le sous-préfet. « Lui qui pensait faire de la France le prochain parc de loisirs de l’Europe nazifiée, il se retrouvait face à une place de vainqueur ». Une place gagnée grâce « aux 260 000 soldats français engagés, à tous ceux qui se sont battus pendant l’occupation et à la volonté d’un homme, le général De Gaulle ».

    Le Général qui, selon Michel Bernard, avait compris que la participation de la France à la victoire, et ainsi sa fierté retrouvée, favoriserait une réconciliation avec une Allemagne débarrassée de ses monstres.

    En attendant le 8 juillet

    C’est à Reims que la reddition a été signée le 7 mai 1945 avant d’être renouvelée à Berlin le lendemain pour contenter un autre genre de criminel de l’Histoire qu’était Staline. C’est aussi à Reims que la réconciliation franco-allemande a été scellée le 8 juillet 1962.

    « Que la ferveur de ce 8 mai soit le prélude à la journée du 8 juillet prochain pendant laquelle nous commémorerons, devant notre cathédrale, le cinquantenaire de la réconciliation. »

    Catherine FREY

    Le héros Baxter décoré

    27 septembre 2010, sud de la vallée de Tagab, Afghanistan. Baxter, n’écoutant que son courage, se lance sous le feu ennemi, à la recherche d’un tireur embusqué qui menace une section d’infanterie.

    « Malgré les balles qui ricochaient à ses côtés, il a poursuivi sa progression avec courage et détermination, permettant de localiser puis de neutraliser l’insurgé. Il a ainsi permis de préserver de nombreuses vies et la poursuite de la mission. Baxter mérite d’être cité en exemple. »

    Baxter est un chien. Après un discours prononcé en son honneur, hier matin place de la République devant des dizaines de personnalités, il a reçu la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze.

    Son maître et équipier, le sergent Adrien Pannet, n’a pas été jaloux du tout : « C’est normal qu’il soit cité en premier, c’est lui qui a risqué sa vie ».

    C’est tout de même Adrien, 22 ans, qui sut lâcher son chien au bon moment pour aller débusquer ce tireur.

    Quand il a vu revenir son animal indemne, ce n’est pas un sentiment de fierté qui lui est venu à l’esprit en premier : « J’étais surtout content de le retrouver vivant ! »

    Les deux inséparables, basés au 132e bataillon cynophile de Suippes, et originaires de Châlons-en-Champagne, garderont un souvenir émouvant de cette cérémonie du 8 Mai. Enfin, surtout Adrien.

    C.F.

    ***********************************

    Union120509f - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Cérémonies du 8-Mai

    Du côté des officiels.
  •  Agrandir la photo
  • Devant les élus, les porte-drapeaux, les représentants de la gendarmerie, les sapeurs-pompiers et les habitants, le maire Raymond Dziéja a rappelé la situation de la journée du 7 mai 1945 lors des négociations de la fin des hostilités.

    Pierre-Marie Delaborde adjoint a lu le message officiel : « Le nazisme anéanti, la liberté l’a emporté ». Le Souvenir Français par la voix de Marie-Odile Hecquet a fait l’appel des morts pour la France de 1939/1945.

    Ensuite trois gerbes ont été déposées par le maire accompagné du général Cieslak, par les anciens combattants, par le conseiller général Bruno Botella accompagné du capitaine de gendarmerie.

    Avant le vin d’honneur, Bruno Botella a évoqué les résurgences d’un nazisme toujours prêt à renaître.

    ***********************************

    Union120509e - Marne
    SEZANNE : Cérémonies du 8-Mai

    La cérémonie s’est tenue dans le square de l’Hôtel-de-Ville.
  •  Agrandir la photo
  •  

    De nombreux Sézannais, élus, responsables d’associations, gendarmes et pompiers ont participé hier matin à la cérémonie du 8 mai dans le square de l’Hôtel-de-Ville.

    Le maire de Sézanne Philippe Bonnotte et le président cantonal des anciens combattants Bernard Louise ont lu des discours.

    Le maire a remercié toutes les personnes présentes pour leur participation à cette cérémonie et a salué particulièrement Marcel Paulet, qui à l’âge de 101 ans continue de porter le drapeau de l’amicale des FFI.

     

    ***********************************

    Union120509d - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : 8-Mai / En présence d’un vétéran australien

    Laurie Woods, 89 ans, vétéran de la Royal Australian Air Force, aux côtés notamment de la sous-préfète Sylvie Cendre, du maire Jean-Pierre Bouquet et du député Charles de Courson.
  •  Agrandir la photo
  • VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Les cérémonies vitryates du 8-Mai ont été rehaussées par la présence exceptionnelle d’un vétéran australien qui voulait que les jeunes générations françaises se souviennent des héros du passé.

    A Vitry-le-François, une cinquantaine de personnes à peine ont assisté aux commémorations du 8-Mai à la nécropole nationale, puis au monument aux morts qui se dresse place Joffre.

    Pourtant, le 67e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie en 1945 revêtait un caractère particulier. Pour la première fois, un vétéran australien de la Seconde Guerre mondiale participait à la cérémonie vitryate. Son nom : Laurie Woods, 89 ans.

    Trente-cinq raids en Europe

    Cet homme alerte, qui vient tout droit du Queensland, faisait partie du 460e « squadron » de la Royal Australian Air Force (RAAF). Il était un « navigator » à bord du Lancaster « Killer II », qui portait une croix gammée ensanglantée avec un poignard sur le fuselage. C’est lui qui déterminait l’endroit où devaient tomber les bombes et à quel moment. Laurie Woods a participé à 35 raids en Allemagne, en France et en Belgique. Il faisait partie du « squadron » qui a notamment bombardé en 1944 une zone de ravitaillement ferroviaire allemande à Revigny-sur-Ornain (Meuse). Cinq lancasters y sont tombés, 5 autres à Mailly-le-Camp (Aube). « Je voulais participer à ces cérémonies pour que les jeunes générations françaises sachent ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale et se souviennent des héros du passé. Ce que j’ai vécu durant la guerre reste gravé dans ma mémoire », explique en anglais cet ancien combattant décoré de la Distinguished Flying Cross. Les 3 et 4 mai dernier, il a participé aux cérémonies de Mailly-le-Camp à côté de trois autres vétérans.

    Hier matin, dans le grand salon d’honneur de l’hôtel de ville, ce vétéran a tenu à réciter un poème de Laurence Binyon, « For the Fallen » (Aux soldats tombés). « (…) Ils ne vieilliront pas, comme nous, qui leur avons survécu ; ils ne connaîtront jamais l’outrage ni le poids des années. Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux ».

    Depuis l’armistice, Laurie Woods n’était revenu en France qu’en 1955. Il avait alors visité Paris. Arrivé dans l’Hexagone le 2 mai dernier, il repartira le 20 mai prochain. « Les gens ici sont merveilleusement chaleureux, aime à répéter ce vétéran. Je compte revenir l’an prochain et les années suivantes. Au moins jusqu’au 70e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie ».

    S.G.

    ***********************************

    Union120509c - Marne
    HERMONVILLE : Le char Sherman de sortie demain

    Le char participera aux commémorations à Berry-au-Bac.
  •  Agrandir la photo
  • À Hermonville, le char Sherman baptisé Moghrane, du 2e Escadron de combat du 12e RCA de la 2e DB, qui a débarqué à Utah Beach le 1er août 1944 pour participer à la Libération de la France, et fait partie de la collection de Daniel Pala, se prépare à sortir.

    En effet, demain jeudi 10 mai, à Berry-au-Bac, ce char et son équipage composé de cinq membres de l’association Radar, dont Daniel Pala et Ange Betka, en uniformes d’époque, participeront aux commémorations des premiers combats de l’armée blindée il y a 95 ans et aux 70 ans de l’arme blindée.

    L’Union nationale de l’armée blindée cavalerie chars (UNABCC), présidée par le général de corps d’armée d’Anselme, la Fédération des chars de combat (FDCC), présidée par le lieutenant-colonel Masson, et le 501e régiment de chars de combat (RCC), commandé par le colonel Reichert, organiseront demain jeudi 10 mai à Berry-au-Bac, la commémoration nationale des chars de combat présidée par le général de division Rives, commandant les écoles militaires de Saumur et l’école de cavalerie.

    Cette journée débutera par un office religieux à 9 h 30, à l’église de Berry-au-Bac, suivi d’une cérémonie militaire au Mémorial aux morts des chars d’assaut à 11 heures, d’une aubade par la Musique de l’arme blindée cavalerie, d’une exposition de chars et d’un vin d’honneur.

    À l’issue, un déjeuner de cohésion réunira les invités dans la salle communale. Outre le char Sherman, un char Leclerc du 501e RCC, un char Renault FT17 et un char obusier M8 seront exposés. Le public pourra assister au déplacement du char Renault FT17, le char de la Victoire de 1918.

    Pour tout renseignement complémentaire, contacter le lieutenant Christian Bureau : redaction@unabcc.org

    ***********************************

    Union120509b - Marne
    TOGNY-AUX-BOEUFS : En mémoire des aviateurs alliés

    Un moment de recueillement au cimetière de Togny-aux-Bœufs.
  •  Agrandir la photo
  • TOGNY-AUX-BOEUFS (Marne). Dimanche, une délégation d’une cinquantaine de membres de la Royal Air Force association a effectué un pèlerinage de mémoire sur les tombes des aviateurs alliés inhumés dans les cimetières français.

    Une délégation de cinquante Anglais et un vétéran australien est venue se recueillir sur la tombe d’un aviateur australien, le sergent Gordon Edwin Beckhouse de la Royal Australian Air Force, tué au combat le 19 juillet 1944 à l’âge de 20 ans, dont l’avion abattu par les Allemands est tombé à Togny-aux-Boeufs.

    Les CATM (combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc) du canton d’Écury-sur-Coole et les villageois étaient présents pour cet émouvant hommage.

    ***********************************

    Union120509a - Marne
    MINAUCOURT : Royal Air Force association : Pèlerinage pour les aviateurs abattus

    Devant la tombe des aviateurs, les vétérans et cadets de la Royal Air Force auprès de la famille du Flight Sergent Robert Urwin
  •  Agrandir la photo
  • La Royal Air Force association organise chaque année, début mai, un voyage pèlerinage en mémoire des aviateurs abattus en Marne, en étroite collaboration avec l’association du Souvenir français de Courtisols.

    Leur périple les a cette fois-ci menés à Courtisols, Mailly-le-Camp, différents cimetières dans l’Aube, Togny-aux-Bœufs, Souain, Navarin… ainsi qu’à Minaucourt où fût abattu le 11 mars 1943 un avion bombardier Stirling. Emma Collins la petite-fille du Flight Sergent Robert Urwin (l’un des sept membres d’équipage) et son arrière arrière-petite-fille étaient du voyage.

    Le groupe a tout d’abord été accueilli sur le lieu du crash. Jean Pierre Adam, maire du village, a retracé les événements : « Repéré par le radar allemand de Minaucourt ; transportant 6 tonnes de bombes, l’avion pesait environ 20 tonnes. Il fut touché vers 21 heures au-dessus de Somme-Tourbe, et acheva sa course aux abords de l’actuel étang de Minaucourt, tout juste à quelques centaines de mètres du radar qui l’avait repéré.

    « Le cratère de l’explosion est encore visible : dans un tonnerre étourdissant, selon les anciens, la carcasse vola en mille morceaux, rebondit puis s’immobilisa dans le marais. L’équipage était composé de sept soldats. Quatre corps furent récupérés aussitôt, deux quelques jours plus tard, et le pilote dans le marécage seulement six mois après. »

    Tous reposent au cimetière civil de Minaucourt, où un hommage leur a été rendu par la délégation anglaise et les habitants du village. Selon le cérémonial britannique, les hymnes français puis britannique ont été joués par la musique des cadets de la Royal Air Force, avant la lecture de poèmes, un dépôt de gerbe et de petites croix.

    Un moment d’émotions pour les proches de Robert Urwin quand leur ont été remis quelques petits débris de l’avion où a péri leur ancêtre.

    ***********************************

    Union120508c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Hommage aux déportés

    Les autorités et personnalités au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • A l’occasion du 67e anniversaire de la libération des camps de concentration et de la journée nationale de la déportation, une cérémonie a été organisée place du Général-Leclerc à Sainte-Ménehould.

    C’est ainsi que plusieurs gerbes ont été déposées au monument aux morts par la municipalité, Rachid Kaci, sous-préfet, directeur du cabinet du préfet de région et représentant celui-ci, et les anciens combattants.

    Les personnalités se sont ensuite rendues dans le hall de l’hôtel de ville afin d’y déposer un bouquet en hommage à la famille Finkelstein, déportée durant la Seconde Guerre mondiale.

    Les sonneries réglementaires ont été interprétées par une délégation d’Argon’Notes.

    Dans son allocution, Jean-Marc Verdelet, adjoint au maire, a rappelé ce qu’était la journée de la déportation en soulignant que nous avions « un devoir de mémoire envers ceux qui ont été déportés à cause de leur nationalité ou de leur religion ». Ensuite, Michel Zarkovic, vice-président départemental des ACPG-CATEM a lu le message consacré à la journée du souvenir. Le verre de l’amitié a clôturé cette cérémonie.

    ***********************************

    Union120508b - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE : Reconstitution d’un camp militaire allié

    War of Marne : cinquième édition !
  •  Agrandir la photo
  •  

    A l’occasion du 67e anniversaire de la fin du Second Conflit mondial, Marne Memory 44 présente « War of Marne édition 5 », aujourd’hui mardi 8 mai à Mairy-sur-Marne, à quelque kilomètres de Châlons-en-Champagne.

    Durant toute la journée et grâce au savoir-faire des organisateurs, vériatblement passionnés et experts dans cette période du XXe siècle, le public pourra revivre la vie d’un camp allié.

    Plusieurs scènes seront présentées : montée des couleurs, accueil par la police militaire, baptêmes de véhicules, présentation d’un hôpital militaire…

    Le public sera accueilli de 9 à 17 heures. Et en ce mardi 8 mai, une cérémonie se déroulera au monument aux morts de Mairy avant de se rendre à Saint-Germain-la-Ville.

     

    ***********************************

    Union120508a - Marne
    CHALONS : Les cérémonies du 8 Mai dans l’arrondissement de Châlons

    Certains faisaient la fête, dimanche, pour l’élection de François Hollande.

    D’autres, en revanche, étaient moins joyeux. Les cérémonies qui se déroulent aujourd’hui dans Châlons et son arrondissement s’adressent cette fois à tous les Français qui veulent célébrer le 67e anniversaire de la victoire du 8 mai 1945.

  •  À Châlons, rendez-vous est donné à 10 heures au monument des martyrs de la Résistance, puis à 10 h 30 à la statue de Jeanne-d’Arc.

    Une prise d’armes se déroulera au monument aux morts rue de la Marne à 10 h 45, suivie d’une réception à l’hôtel de ville.

  •  -À Compertrix, une gerbe sera déposée au monument aux morts à 11 heures.
  •  -À Mourmelon-le-Grand, un rassemblement se fera devant la mairie à 9 h 20, suivi d’un dépôt de gerbe au monument aux morts du cimetière civil à 9 h 30. Un vin d’honneur sera offert salle Joffre à l’issue de la cérémonie.
  •  À Recy, le rassemblement de véhicules est prévu à 10 heures place de la mairie, suivi dès 10 h 15 d’un défilé de voitures dans les rues du village en compagnie d’un joueur de cornemuse.

    2e rassemblement place de la mairie à 11 h 15 et cérémonie à 11 h 30 (dépôt de gerbe, minute de silence, hymne national, Amazing Grace…).

    Vin d’honneur avec concert de cornemuse à la salle Maurice-Simon à l’issue de la célébration.

  •  À Condé-sur-Marne, le rassemblement de la population est prévu devant la mairie à 11 h 30.

    Une cérémonie du souvenir suivra au monument aux morts. Cette célébration se terminera par un vin d’honneur.

    ***********************************

    Union120506f - Marne
    Mémoires / Roland Noël appelé deux ans en Algérie

    Des harkis pris en photo par l’auteur en 1957.
  •  Agrandir la photo
  • Une fresque faite dans un café algérois.
  •  Agrandir la photo
  • Une des fresques réalisées dans la maison de repos et qui lui ont valu d’y prolonger son séjour plusieurs semaines supplémentaires, loin des opérations de maintien de l’ordre !
  •  Agrandir la photo
  • Vieux Rémois aujourd’hui à la retraite dans le Var, Roland Noël nous livre son troisième ouvrage sur ses mémoires. Avec un épisode inoubliable : sa participation au maintien de l’ordre en Algérie où il s’en est bien tiré grâce à son don pour le dessin.

    « LE gouvernement avait beau expliquer que nous n’allions pas faire la guerre, mais juste aider au maintien de l’ordre. On n’y croyait pas, mais on n’avait pas le choix. »

    Deux ans après nous avoir livrés le deuxième tome de ses mémoires consacré à sa vie rémoise de 1946 à 1949 (1) Roland Noël parle dans son dernier livre des deux années qu’il a passé en Algérie comme soldat du contingent. Un récit qui rappellera sans doute beaucoup d’épisodes à tous ceux qui ont vécu ces événements et dans lequel l’auteur, passionné tout gamin déjà par le dessin, montre que c’est sans doute grâce à ce don qu’il a pu finalement passer une guerre beaucoup moins dure que certains de ses copains restés au bled. Un récit dans lequel il évoque de façon un peu plus évasive la vie rémoise mais où l’on retrouve, entre autre, l’environnement de sa rue des Moulins avec « le café de Nièvre » devant lequel discutaient des Arabes, la boutique du photographe Meule, rue Gambetta ; le cinéma « Au Moderne » rue du Barbâtre où il alla voir « Si Paris m’était conté » de Sacha Guitry avec Nadège, une copine de sa sœur.

    Appelé sous les drapeaux en 1956, Roland Noël fait d’abord ses classes dans l’artillerie à la caserne de Niel près de Verdun, où on le retient finalement un an, embauché pour faire des affiches à la gloire de l’armée. Juillet 1957, il apprend qu’il doit finalement partir en Algérie.

    Vite dégoûté de l’armée

    Privé de perm il fait le mur de la caserne et revient à Reims en scooter avec son copain Simon. Cette absence non autorisée lui vaut le mitard et le déshonneur. On lui arrache ses galons de brigadier. De quoi définitivement dégoûter de l’armée le jeune homme affecté au 21e régiment d’infanterie du 2e bataillon. Son appareil photo Photax 6x9 et un carnet de croquis dans ses bagages il embarque sur le paquebot « ville d’Oran ».

    Invité à être prudent à cause des « terroristes » il rejoint une ferme isolée à Téfessour via Sidi Bel Abbès, Le Télagh et Zégla où il découvre la bonne bière BAO. Ils doivent construire et protéger un village de tentes avec à peine vingt fusils pour une compagnie avant de toucher enfin un Mas 49/56. « Je me sens faible, désabusé et prisonnier », explique Roland invité à participer à participer à des opérations de ratissage pour débusquer des caches d’armes.

    En mauvaise santé, Roland est envoyé à l’hôpital Fernand Robert de Sidi Bel Abbès.

    Deux fois sauvé à l’hôpital

    Si on lui diagnostique une hépatite virale, il doit se faire une raison. Les autres patients blessés, des légionnaires qui souffrent sans broncher sont bien des blessés de guerre. Envoyé dans un centre de repos, le Rémois accepte d’y décorer le réfectoire. Un passeport, mais il ne le savait pas encore, vers la planque. Pour terminer son travail puis décorer un restaurant d’Aïn El Turck, l’adjudant de service lui prolonge plusieurs fois son séjour. Le retour au régiment est d’autant plus dur. « Le campement a été attaqué. je ne reverrai plus certains camarades. » Les gardes sur un sol gelé sur fond d’embuscades qui font des blessés l’impressionnent. Nouvelle chance. Pour que les troufions puissent avoir du pain frais on l’envoie faire l’aide-boulanger à Oualla où il rejoint la 8e Compagnie.

    Excepté une permission de dix jours en mars, l’année 1958 n’est pas folichonne. Son copain Hugues meurt dans un attentat commis dans un café. Roland assiste à des scènes pénibles perpétrées sur une jeune combattante du FLN. Après un petit passage dans le centre de repos, une réaffectation à la 5e Compagnie. Référendum le 28 septembre 1958, Roland qui croit que l’évolution nécessaire de l’Algérie doit s’accomplir dans le cadre français vote oui. Octobre, au terme de 27 mois d’armée dont l’essentiel passé en Algérie le Rémois retrouve la rue des Moulins. Pour une nouvelle vie. En vie.

    Alain MOYAT

    Méditations

    Roland Noël prend aussi le temps d’écrire durant son service militaire. Voici son poème intitulé Méditations.

    Être contre son gré
    Dans un pays hostile
    Dans le bled isolé
    Loin de tous ses amis
    Mon visage renfrogné
    S’est beaucoup amaigri
    J’enrage les poings serrés
    Qu’est-ce que je fais ici ?
    Mes paupières sont fermées
    Las, je me suis accroupi
    Une épaisse fumée bleutée
    M’emporte dans la nuit.
    Je plane au-dessus de la mer
    Je me sens tout petit
    À l’horizon une côte apparaît
    Que l’on me laisse ici.
    Soudain des bruits retentissent.
    Je dois me réveiller
    Encore aujourd’hui on est toujours des cibles

    ***********************************

    Union120506e - Marne
    LIVRE : La chair des soldats

    C’est un roman, tonique, construit avec une écriture ramassée et dense qui sied bien à un scénario plongeant le lecteur au cœur de la vie militaire des espaces de formation aux théâtres d’opération. Marc Charuel a du talent pour mettre en scène ses personnages et réussir une synthèse étonnante à partir d’une inspiration nourrie à la source des faits divers pour mieux mettre en relief le questionnement des armées lorsque certains des leurs disparaissent loin des théâtres d’opération. L’auteur a suivi le dossier complexe des disparus de Mourmelon et, à l’évidence cela nourrit son récit mais il a passé au tamis de la compréhension toutes les interventions françaises qui du Liban à l’Afrique, de l’ex-Yougoslavie à l’Afghanistan ont occupé les armées françaises depuis les années quatre-vingt. Cela donne de l’épaisseur.

    Peut-on disparaître du jour au lendemain sans avoir déserté ? La question peut être posée mais l’hypothèse la plus banale évite de trop s’interroger et de s’embarquer dans des procédures interminables. L’armée est-elle prête à faire face ? Charuel atteste l’utilité des réservistes, puisque l’état-major fait appel à un lieutenant, Geoffroy de la Roche, psychologue de son état pour tenter de démêler le vrai du faux. Un choix surprenant puisque le frère du lieutenant aurait lui-même déserté une dizaine d’années auparavant. Alors qu’il cherche à cerner la personnalité de ceux qui ont disparu, le lieutenant reçoit le renfort de deux individus, Dumoulin et Rakovic, dont le passé et les états de service incertains donnent le frisson. Sont-ils objectivement des assistants utiles pour le psychologue ou de vrais boulets destinés à lui interdire de découvrir la vérité ? Dans un milieu où on se livre peu, Marc Charuel réussit à promener son lecteur de Coëtquidan jusqu’aux tragédies de la guerre dans les Balkans avec un appétit du mystère et une façon de jongler avec les mots pour l’insérer dans l’action. Comment ne pas retrouver ici le quotidien vécu par nos soldats à Sarajevo ?

    C’est un thriller d’excellente facture. On ne s’ennuie jamais parce que l’auteur se veut un baroudeur de la plume. C’est de cette manière qu’il hausse l’intensité de son intrigue et met au jour des traumatismes et des aberrations qui ne manquent pas d’intérêt pour comprendre l’exigence d’un temps de décompression après un engagement long où la vie du soldat est sans cesse menacée. L’épilogue est remarquable. A vous de l’apprécier.

    H.C.

    Marc Charuel, « Les soldats de papier », Albin Michel, 460 p., 21,90 euros.

    ***********************************

    Union120506d - Marne
    LIVRE : Point d’histoire sans archéologie

    LIVRE : Point d’histoire sans archéologie
  •  Agrandir la photo
  • Comment envisager les différents registres de l’archéologie ? Comment mesurer l’apport de cette discipline dans la compréhension de l’évolution des peuples, des techniques, des modes d’habitat, des talents artistiques ? Le livre de Jean-Paul Demoule apporte bien des réponses alors que l’archéologie préventive est aujourd’hui si souvent décriée parce qu’elle retarde des chantiers et fait grogner les investisseurs. Dans une France si sensible aux lois mémorielles alors qu’une vérité historique d’Etat n’a aucun sens, il y a lieu de préserver une démarche scientifique rigoureuse à même d’aider à comprendre les évolutions comme les événements.

    L’auteur évoque la plupart des fouilles récentes opérées par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives qu’il a présidé de 2002 à 2008. On ne s’ennuie pas avec ce livre riche de tant de curiosités de notre passé. Si l’on est intéressé par la vie quotidienne il y a cent mille ans, on trouve des informations et des références pour être un peu moins ignorant à l’issue de sa lecture.

    Si l’on aime l’histoire régionale, les exemples ne manquent pas. L’auteur évoque le village néolithique de Cuiry-lès-Chaudardes en bordure de l’Aisne où son équipe d’experts a mis au jour une trentaine de maisons datant de sept mille ans et qui ont été occupées pendant un siècle et demi soit cinq générations. On y apprend qu’il y avait des habitations collectives, qu’on y cultivait le blé, l’orge moissonnés avec des lames de silex et que l’élevage des moutons, des chèvres, des cochons et des bœufs faisaient partie des tâches quotidiennes.

    On peut aussi y découvrir des monuments funéraires comme ceux de Beaurieux toujours dans l’Aisne, la force du métal comme élément de pouvoir, la place des chars que l’on inhume comme à Bucy-le-Long près de Soissons. Les premières fouilles préventives sur deux vastes oppida de plaine, à Villeneuve-Saint-Germain et Condé-sur-Suippe sont évoquées. L’auteur parle de villes comme Soissons et Reims et montrent en quoi la richesse des fouilles entreprises a permis de mieux comprendre leur place et leur importance dès les temps les plus anciens. Il n’omet pas de parler des villages comme Acy-Romance dans les Ardennes, puis, au fil des territoires il nous entretient des artisans et des paysans.

    L’auteur nous emmène au Moyen Age en passant par les secrets de la cathédrale de Reims. Jean-Paul Demoule ose l’archéologie du XXe siècle pour évoquer les guerres, les génocides avant de tirer un certain nombre de conclusions sur l’utilisation d’une science qu’il nous permet d’approcher en ajoutant un tableau chronologique pour bien se repérer au fil des siècles.

    H.C.

    Jean-Paul Demoule, « On a retrouvé l’histoire de France : comment l’archéologie raconte le passé », Robert Laffont, 335 p., 20 euros.

    ***********************************

    Union120506c - Marne
    LIVRE : Sur un fil

     

     

     

    Samedi 10 juin 1944, les Allemands arrivent en vue d’Oradour-sur-Glane. Blandine de Latour, 12 ans, assiste au massacre de ses parents. Elle se retrouve seule face à un officier nazi bien décidé à avoir sa peau.

    Mardi 10 juin 2005, Simon Briot, 13 ans, est victime d’un malaise étrange. Brutalement, il tombe dans un état proche du coma. Lors de ses pertes de connaissance, il se retrouve propulsé dans un château, auprès d’une fillette terrorisée par un officier SS. Le jeune garçon doit sauver sa nouvelle amie. Un récit à deux voix à travers le temps et l’espace, avec en toile de fond le massacre d’Ouradour- sur-Glane.

    Un Fantôme pas comme les autres de Metantropo, Océan fiction ado, 9,90 euros.

     

     

     

    ***********************************

    Union120506b - Marne
    LIVRE : Mère et fille

     

     

    Après la Seconde Guerre mondiale, certains rescapés des camps ont dû apprendre à être revenus vivants. Pour leurs enfants, le problème était différent. Il s’agissait avant tout de vivre sans racine, en cachant une religion qui avait failli tuer leurs parents. Monique Gehler est une fille de rescapée. Son passé : Paris douzième. Une enfance sans famille, sans photo, sans souvenir, auprès d’une mère refusant d’évoquer les camps.

    Née un 27 janvier, date anniversaire de la libération d’Auschwitz, une date que sa mère ne pouvait oublier, Monique Gehler a été contrainte d’aller, elle-même, à la recherche de sa famille. Hongrie, Israël, peu à peu la petite histoire familiale se substitue à la grande Histoire mondiale.

    Mère et fille vont apprendre à vivre avec cette douleur, l’une souhaite l’oublier, l’autre ne peut l’ignorer. Tandis que la fille démêle l’écheveau des souvenirs, la mère, Livia Vajda, artiste peintre superposera les couleurs pour oublier la noirceur des camps…

    Un 27 janvier de Monique Gehler, éditions du Mauconduit, 16 euros.

     

     

    ***********************************

    Union120506a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..*

    Au chevet du Levant

    Catroux et de Gaulle au cours d’une visite au Liban.
  •  Agrandir la photo
  • Le salut d’un soldat libanais au Général.
  •  Agrandir la photo
  • La situation au Levant mérite d’être précisée et, selon le général de Gaulle, plusieurs mois ont été perdus. Dans un télégramme du 4 mai 1942, le chef de la France libre revient sur le document que le général Catroux lui a adressé depuis Beyrouth le 29 avril. Il a fait l’objet d’une étude approfondie devant le Comité national qui a dissocié la question du Liban de celle de la Syrie. En ce qui concerne Damas, la proposition du général Catroux est très proche de celle suggérée dès juillet 1941 par de Gaulle. Elle consiste à remettre en place le président Hachem bey Atassi qui a été écarté des fonctions de président de la République syrienne par les autorités françaises en 1939. Il se ferait confirmer ses pouvoirs par la chambre précédemment élue : « Cette solution m’a toujours paru la plus raisonnable et la plus équitable. Il faudra toutefois expliquer à l’opinion le retard apporté à l’appliquer. Naturellement, des élections ne peuvent être imaginées dans la situation stratégique actuelle de la Syrie ».

    Pour le Liban, des interrogations demeurent sur la solution constitutionnelle la plus adaptée. Le président Emile Eddé a donné sa démission de chef de l’Etat avant la campagne de Syrie en 1941. Des doutes existent sur l’appréciation de la dernière chambre élue. « Nous pourrions considérer comme normal que vous déclariez les traités de 1936 comme base provisoire de nos rapports avec les Etats. Mais il semble que la ratification pure et simple de ces traités risquerait de mettre fin automatiquement au mandat ». Aussi, y a-t-il besoin d’un éclaircissement juridique que peut apporter une personnalité de la qualité du professeur René Cassin. Le Général prudent considère que les directives qu’il a adressées par courrier du 24 juin 1941 ne sont pas obsolètes. Il ajoute : « Je vous rappelle que beaucoup de Libanais, et spécialement le cardinal Tappouni, sont résolument hostiles au traité de 1936 pour le Liban parce qu’il ne protège pas suffisamment les minorités religieuses ». Autant dire que le texte doit être amélioré pour qu’un consensus soit possible et que l’ordre public soit préservé.

    DES PRESSIONS QUI NE SONT PLUS ACCEPTABLES

    De Gaulle souhaite que Catroux soit assez perspicace pour faire comprendre aux Britanniques et en particulier à Spears que ses pressions persistantes ne sont désormais plus acceptables et qu’elles sont susceptibles de représailles proportionnées à leur nuisance. Le chef de la France libre argumente : « Ce qui se passe pour l’indépendance des Indes et la situation de la Palestine sous mandat britannique permettrait certainement à quelques journaux arabes et autres au Levant de lancer des flèches aiguisées. Cela donnerait à entendre aux Britanniques qu’ils ont grand intérêt à s’accorder avec nous vis-à-vis de l’opinion ». Bref, de Gaulle recommande à son ami de dire à Spears que les Français libres peuvent aider les sionistes qui le leur demandent.

    L’abstention française cessera si les Anglais persistent à faire de l’ingérence dans les affaires intérieures libanaises. Roger Maigret, délégué du Comité national à Djeddah, centre diplomatique et commercial de l’Arabie Saoudite peut aussi avertir ses contacts des intrigues de Noury Pacha Saïd, d’Abdullah et de Spears. Il est susceptible d’obtenir du roi d’Arabie Ibn Séoud une déclaration ferme qui tempèrerait les ardeurs anglaises. En conclusion de Gaulle redit que la voie constitutionnelle en Syrie est la bonne solution et demande à Catroux un projet finalisé pour le Liban. Avant de conclure au nom du Comité national : « Nous vous invitons à manier avec prudence et quelque réserve les lourds traités de 1936 ».


    …..*

    « Ironclad » : les Anglais débarquent à Madagascar

    Un assaut sans grand risque sur l’une des plages de débarquement.
  •  Agrandir la photo
  • De Gaulle-Eden : une conversation qui va être explosive.
  •  Agrandir la photo
  • Eden joue la carte britannique avant tout.
  •  Agrandir la photo
  • Pourquoi les plans détaillés proposés par le général de Gaulle pour que les Forces françaises libres débarquent à Madagascar avec l’appui de la Royal Navy et de la RAF sont-ils remisés dans les tiroirs du ministère de la Guerre britannique ? La raison ne tient pas à une négligence britannique surtout après la chute de Singapour. La perte de contrôle de l’océan Indien est un lourd handicap. Mais, les Anglais n’ont pas gardé de bons souvenirs de l’échec de Dakar à l’automne 1940 et la situation au Levant ne leur convient pas, aussi s’interrogent-ils sur la pertinence d’opérations conjointes qui n’assureraient pas une domination régionale à Londres. Churchill est inquiet d’une résistance farouche opposée aux troupes gaullistes. Il a été très marqué par l’intensité de l’épisode syrien. Le Premier ministre ordonne l’élaboration d’un plan strictement anglais. Il ne croit pas contrairement à ce qu’il dit que le gouverneur général de Madagascar, M. Annet empêchera un débarquement.

    Cap sur Diégo-Suarez

    C’est dans ce climat de méfiance que l’opération Ironclad est déclenchée le 5 mai 1942 au lever du jour. La priorité des Anglais est de prendre le contrôle de Diégo-Suarez. C’est chose faite le 7. En revanche Tamatave et Majunga ne figurent pas parmi leurs objectifs immédiats. L’amiral Syfret qui coordonne les opérations d’invasion doit dans un premier temps trouver un casus belli envers le représentant de Vichy pour justifier son intervention mais par télégramme, le gouvernement de Londres lui demande de concevoir un modus vivendi avec les autorités françaises pétainistes de Tananarive !

    Le chef de la France libre est informé à 3 heures par un coup de téléphone d’une agence de presse, du déclenchement de l’opération malgache. De Gaulle est furieux et il invective la photo de Churchill. Le général se calme et prépare une adresse au Foreign Office dont les termes choisis sont vigoureux. Il refuse de rencontrer Antony Eden le ministre des Affaires étrangères et lorsqu’enfin les deux hommes acceptent d’échanger, la tension est perceptible et leurs postures, celles d’un affrontement. Eden est agacé aussi engage-t-il la discussion sur le sujet qui est sûr de fâcher : Madagascar. « Vous n’êtes pas content ? Je reconnais que j’aurais pu vous prévenir, mais nous avons craint que dans ce cas, vous vouliez participer à l’opération ; or nous préférons que l’on ne puisse pas nous reprocher d’amener des Français à se battre contre d’autres Français ». De Gaulle réplique cinglant : « Je prends ces raisons pour ce qu’elles valent ».

    Le ministre anglais reprend : « Je regrette beaucoup que vous ne soyez pas venu me voir lundi 7 mai, nous aurions pu faire ensemble un communiqué dans lequel nous aurions dit que vous participiez à l’administration de l’île ». Le général répond tout de go : « Je n’avais aucune raison de venir, je n’étais informé de rien. D’ailleurs, à l’heure actuelle, savez-vous, vous-même, ce que vous allez faire à Madagascar ? Êtes-vous décidé à prendre toute l’île ? Au cas où vous le décideriez, je maintiens l’offre d’une collaboration militaire. Nous ne savons même pas quelles sont les conditions d’armistice que vous avez conclues avec les gens de Vichy ». Eden ne répond pas directement mais se dit surpris du fait que le Comité national n’ait pas félicité les Britanniques pour la pertinence de leur opération coup de poing dans l’océan Indien.

    De Gaulle considère que son interlocuteur ne manque pas de toupet aussi hausse-t-il la voix : « Comment pouvons-nous nous déclarer d’accord alors que nous ne connaissons pas vos intentions et que vous-même ne savez pas encore ce que vous allez faire ? ». Pour noyer le poisson, le ministre assure que les informations en sa possession attestent que l’occupation britannique est très bien reçue par la population française et en métropole.

    L’estocade du général

    S’il croit ainsi rassurer le chef des Français libres, Eden se trompe : « Je suis sceptique. Je sais ce qui se passe en France par les nombreux émissaires qui vont et viennent. Je sais que lorsqu’en France on a le sentiment que le gouvernement britannique et le Comité national ne sont pas d’accord, ce n’est pas le gouvernement britannique que l’on approuve ».

    Le général porte alors l’estocade : « Comprenez la situation difficile que vous nous faites. Vous ne nous soutenez qu’à moitié. Les Américains font tout ce qu’ils peuvent pour nous nuire. Vous nous empêchez de nous développer. Si les conditions actuelles durent, un jour ou l’autre, nous nous disloquerons. Si c’est ce que vous cherchez, il vaut mieux le dire ; mais rendez-vous compte des conséquences. Avec nous, c’est la France elle-même qui se disloquera ».

    Eden est alors ébranlé et ne veut pas que la conversation s’achève sur un quiproquo ou un désaccord capable de fragiliser les relations bilatérales. De Gaulle est prêt à le croire mais il revient à la charge pour s’insurger contre ce comportement de défiance à l’égard de la France libre. L’occasion est trop bonne pour lui redire que l’attitude anglaise en Syrie est déraisonnable et qu’elle n’est pas constructive. Piqué au vif, le ministre déclare : « Les difficultés ne viennent pas simplement de nous. Elles proviennent bien souvent de chez vous ». « Mais c’est bien vous qui les cherchez », tonne le Général. Lorsque les deux hommes prennent congé, la situation de crise est actée. De Gaulle prévient qu’il peut être amené dans les prochains jours à prendre de graves décisions. Il ne les précise pas mais il sait quelle est la teneur des propositions faites par les Britanniques au gouverneur général Annet. Le texte mentionne : « Si le gouverneur collabore avec les Anglais, il sera maintenu en fonction et il ne lui sera pas demandé de faire rentrer Madagascar dans la guerre aux côtés des Alliés ». Cette posture ressemble à s’y méprendre avec les suggestions faites par les Américains à l’amiral Robert en Martinique. Le Général assimile cela à une trahison envers son mouvement.

    Quitter Londres ?

    C’est la raison pour laquelle, il envisage alors plusieurs scénarios de rupture. Il pense à un repli en Afrique équatoriale, à une dénonciation publique de l’attitude des Anglais et des Américains, à la suspension de toute coopération avec le gouvernement britannique, à un retrait de sa représentation aux Etats-Unis, à un déménagement en URSS avec tout son état-major. Churchill dont le sens politique ne fait aucun doute est très préoccupé par l’évolution de la situation relative à la question de Madagascar et cela au moment où les Japonais sont aux portes de l’Inde.

    De Gaulle veut partir en inspection en Afrique pour manifester sa mauvaise humeur, ce que refuse Churchill et ce qu’Eden lui traduit en des termes diplomatiques : « Votre absence de Londres serait inopportune dans la mesure où le gouvernement de sa Majesté pourrait avoir à vous consulter en ce moment critique de la guerre ». Le Général feint d’être flatté et accepte de différer son déplacement d’au moins un mois. Eden redit alors au Premier ministre qu’il doit avoir une séance d’explications avec de Gaulle. Une épreuve d’autant que le Général a appris que les Anglais et les Américains envisagent une action au Niger et à Dakar sans concours des Français libres ! Aussi Churchill se hâte lentement pour sortir son agenda déjà complet jusqu’à la fin du mois.

    Textes : Hervé Chabaud
    hchabaud@journal-lunion.fr


    …..*

    Muselier et Sautot recadrés par de Gaulle

    Le vice-amiral Muselier s’exclut du jeu.
  •  Agrandir la photo
  • Le gouverneur Sautot appelé à d’autres responsabilités
  •  Agrandir la photo
  • Gérer les hommes demande parfois beaucoup de patience. Le général de Gaulle n’en a pas forcément le temps ni le goût. Lorsqu’il s’agit d’envisager l’avenir de l’amiral Muselier, il met pourtant les formes. Le 2 mai 1942, il le convie à un rendez-vous qui est fixé au 5. En revanche, il est plus ferme avec le gouverneur général Sautot qui a accepté le 30 avril sa décision de le rappeler à Londres mais qui, le 2 mai, sursoit à son départ en raison de graves troubles que cela pourrait provoquer dans la population. Le général réfute l’argumentation et dans un télégramme du 3 mai affirme : « La population de Nouvelle-Calédonie sait que les décisions du général de Gaulle et du Comité national sont prises en ne considérant que l’intérêt général. Je maintiens l’ordre que je vous ai donné de venir me voir à Londres. J’ai besoin de vous pour un autre emploi ». Avant de conclure ironique : « La population ne peut s’étonner de vous voir exécuter mes ordres si vous-même vous abstenez de provoquer son étonnement ». Il s’agit donc d’une invitation pressante adressée à Sautot pour qu’il donne la date de son départ de l’océan Indien.

    UN AMIRAL PROCÉDURIER

    Le Général n’est pas au bout de ses peines puisque le 2 mai (les courriers se croisent), le vice-amiral Muselier lui redit qu’il considère comme illégal le décret du 4 mars 1942 le plaçant en réserve de commandement. Il demande au chef de la France libre si c’est comme commandant en chef des Forces navales françaises libres qu’il sera reçu le 5. Le Général lui répond par retour du courrier : « Ce n’est pas naturellement, comme commandant en chef des Forces navales françaises libres que je vous ai demandé de venir me voir aujourd’hui. Je désire pouvoir vous donner moi-même communication d’une ordonnance et d’un décret du Comité national qui vous concernent personnellement ». De Gaulle considère que la thèse qui est évoquée dans le courrier de l’amiral et qui reprend les arguments de son mémorandum selon lesquels il serait de droit commandant en chef des Forces navales françaises libres n’est pas recevable. Il lui précise que le Comité national n’admet aucun « fief » dans les armées de la République et a regretté ses attitudes récentes.

    Dans un deuxième courrier du même jour relatif à leur rendez-vous, de Gaulle est plus ferme : « Le Comité national n’ayant à céder à aucune condition posée par un officier général placé sous son autorité et ayant déjà arrêté sa décision en la matière, je vous ai fait connaître que je n’acceptais pas votre exigence. Vous vous êtes abstenus de venir ». Comme le chef de la France libre veut répliquer dans l’instant, il adresse une ordonnance et deux décrets du Comité national au viceamiral Muselier. L’ordonnance n°28 crée une inspection générale des Forces françaises libres. C’est la conversion d’une délibération du 29 avril 1942. Quatre articles définissent la création d’une Inspection générale des Forces françaises de Terre, de Mer et de l’Air. Elle comprend un ou plusieurs inspecteurs généraux nommés par décret parmi les officiers généraux des trois armes. Chaque inspecteur est assisté d’un état-major. Les inspecteurs généraux relèvent directement du général de Gaulle, commandant suprême des Forces françaises libres. Ils réalisent en son nom des inspections de la défense des colonies françaises libres et des autres territoires que les FFL ont reçu mission de défendre. Le programme de chaque inspection est fixé par de Gaulle sur la proposition du Comité militaire.

    S’ajoutent quatre autres articles qui précisent les détails des inspections. Les inspecteurs généraux reçoivent les prérogatives de général d’armée, d’amiral ou de général d’armée aérienne selon leur arme d’appartenance. Ces officiers peuvent aussi assurer la coordination supérieure des forces terrestres, maritimes ou aériennes que la situation impose de rassembler sous une même autorité sur un théâtre donné. Les inspecteurs généraux ont le titre de commandant en chef et les honneurs y afférents. En conséquence de ces descriptions techniques et précises, le décret n° 255 porte nomination d’un inspecteur général des Forces françaises libres.

    DÉSIGNÉ INSPECTEUR GÉNÉRAL

    Le vice-amiral Emile Muselier est nommé à ce poste à compter du 1er mai 1942. A la même date, il cesse ses fonctions de commandant en chef des Forces navales françaises libres. Le commissaire national à la Marine, le contre-amiral Philippe Auboyneau est chargé de l’exécution du décret. D’autant que le décret n° 267 porte nomination du commandant en chef des Forces navales françaises libres en date du 1er mai 1942. Auboyneau succède à l’amiral Muselier et c’est comme commissaire à la Marine qu’il est chargé de l’exécution de ce décret ! On mesure toutes les subtilités juridiques et militaires qui sont employées pour mettre Muselier devant le fait accompli et tenter de le ramener à de meilleures dispositions envers le Comité national. Dans le même temps le général suit le dossier Sautot aussi se réjouit-il du télégramme que lui adresse le haut-commissaire Georges Thierry d’Argenlieu le 7 mai : « Je vous adresse ma satisfaction quant au fait que le gouverneur Sautot a quitté Nouméa sans incident notable. Vous pouvez répandre la nouvelle que le rappel du gouverneur Sautot bien loin d’être une disgrâce, est en rapport avec les dispositions que nous pourrons avoir à prendre à bref délai pour ce qui concerne l’administration de Madagascar et de la Réunion ». De Gaulle demande aussi qu’un important document soit remis par d’Argenlieu àVergè, Meurdous, Pognon, Missoulé et au capitaine Dubois : « Votre devoir strict, surtout dans les circonstances présentes, est de donner l’exemple de l’union autour de moi ; c’est-à-dire de mon représentant sur place d’Argenlieu. Je n’accepte naturellement pas votre invitation à rappeler celui que j’ai chargé de maintenir l’autorité de la France et d’assurer la défense de la Nouvelle-Calédonie si vaillante et si chère à mon coeur. Vous vous méprenez totalement sur la destination du gouverneur Sautot que je veux d’abord consulter et ensuite affecter à un poste très important. Ne compromettez pas l’oeuvre patriotique que nous avons entreprise et qui n’a jamais été plus nécessaire. Au surplus, l’un de vous peut, s’il le désire, venir me voir à Londres. Je compte sur chacun de vous ».

    Le Général espère avec ses explications mettre fin à une certaine agitation locale alors que la menace japonaise se fait plus précise. De Gaulle adresse aussi un télégramme complémentaire à Henri Sautot alors qu’il se trouve à Auckland en Nouvelle-Zélande : « Les événements de l’océan Indien doivent maintenant vous faire comprendre certaines des raisons pour lesquelles je vous ai demandé de venir. Arrivez le plus vite possible. Je compte personnellement sur vous pour que vous fassiez dire à vos amis de la Nouvelle-Calédonie que dans la situation actuelle de la guerre, toute manifestation serait coupable aussi bien qu’injustifiée ».

    Sautot est remplacé par Auguste Montchamp qui reçoit son ordre de faire mouvement par le gouverneur général de Brazzaville, Félix Eboué : « Je vous nomme en Nouvelle-Calédonie parce que, c’est un poste de combat hautement exposé et où le maintien de la souveraineté française exige vis-à-vis de nos alliés américains qui y ont des effectifs importants, un homme de qualité supérieure ayant à la fois l’expérience, la fermeté et le tact, comprenant la mentalité anglosaxonne ». Il lui demande de travailler en bonne intelligence avec le haut-commissaire dans le Pacifique, Georges Thierry d’Argenlieu.

    ***********************************

    Union120505c - Marne
    REIMS : Les cérémonies du 8-Mai dans le Pays rémois

  •  Auménancourt. A 11 heures rassemblement devant la mairie avant un dépôt de gerbe devant ler monument aux morts.
  •  Bazancourt. Rassemblement à 11 h 45 au monument aux morts avant une remise de médailles à la salle Michel Prévoteau.
  •  Bermericourt. Cérémonie à 11 heures, sur la place communale, devant le monument aux morts. Un hommage particulier sera rendu à Robert Gobin, ancien conseiller municipal décédé en octobre 2011.
  •  -Bezannes. Rendez-vous sur place à 11 heures. A l’issue de la cérémonie, la municipalité offrira un vin d’honneur.
  •  Boult-sur-Suippe. Rassemblement au monument aux morts à 11 heures avant un dépôt de gerbe.
  •  Cauroy-lès-Hermonville. A 9 h 35 rassemblement devant la mairie de tous les corps constitués des anciens combattants, des sapeurs-pompiers et des habitants du village. A 9 h 45 défilé de la fanfare « La Pouillonnaise », dépôt de gerbe au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur à la salle de la mairie.
  •  Chamery. Rendez-vous devant la mairie à 11 h 30. Dépôt d’une gerbe au monument aux morts. Vin d’honneur offert par la mairie.
  •  Champigny. Cérémonie au monument aux morts à 11 heures, avec la participation de la fanfare « Les Dauphins ».
  •  Cernay-lès-Reims. A 11 h 30 commémoration devant le monument aux morts suivi d’un vin d’honneur à la mairie.
  •  Cormontreuil. A 11 heures, cérémonie religieuse en l’église de Cormontreuil. A 12 heures, défilé avec la fanfare en direction du monument aux morts ; 12h40, cérémonie, dépôt de gerbes, minute de silence, hymnes nationaux, chant du partisan, remise de décorations. A 13 h 15, retour à la mairie en cortège pour le verre de l’amitié offert par la mairie.
  •  Courcy. Cérémonie commémorative à 11 h 30 devant le monument aux morts.
  •  Ecueil. Rendez vous à 10 h 45 au monument aux morts, à 11 heures, dépôt de gerbe et vin d’honneur à la salle des fêtes.
  •  Fismes. A 11 heures au monument aux déportés et au monument aux morts. Rassemblement Place de l’hôtel de ville à 10 h 45.
  •  Hermonville. A 9 h 30, rassemblement au square Jean-Moulin. A 9 h 45, cérémonie du Souvenir pour la journée de la Déportation. A 10 heures défilé. A 10 h 15, cérémonie au monument aux morts pour la célébration de l’anniversaire du 8 mai 1945. A 10 h 30, vin d’honneur à la mairie.
  •  Loivre. A 9 h 30, rassemblement devant la mairie. Cortège jusqu’au monument aux morts et au cimetière pour y déposer des gerbes. Un vin d’honneur sera ensuite offert à la salle des fêtes avec une distribution de brioches.
  •  Les Mesneux. Rendez vous à 11 h 30 au monument aux morts pour le dépôt de la gerbe. La cérémonie sera suivie d’un vin d’honneur dans la salle des fêtes.
  •  Muizon. Avec la section Muizon - Jonchery-sur-Vesle de l’UNC (Union nationale des combattants). A 10 heures, rassemblement général sur la place du Commerce, à 10 h 30 départ du défilé avec des figurants de l’association GMC (Groupe Mémoire et Commémoration) en tenue de GI, accompagnés par l’harmonie de l’école de musique Intermezzo, les pompiers et les porte-drapeaux. A 11 heures, au monument du souvenir, dépôt de gerbe en présence de l’harmonie Intermezzo ; à 11 h 30, retour en fanfare à la salle polyvalente, remise de décorations, vin d’honneur.
  •  Ormes. Rendez-vous à 11 h 30 au monument aux morts. A l’issue de la cérémonie, la municipalité offrira un vin d’honneur en mairie.
  •  Pontfaverger. Rendez-vous place de la mairie à 11 h 30. Défilé avec la fanfare Pontfabricienne. Retour à la mairie. Distribution de brioche aux enfants des écoles. Vin d’honneur.
  •  Pouillon. A 11 h 15, rassemblement devant la mairie suivi d’un dépôt de gerbe avec la fanfare « la Pouillonaise ».
  •  Rilly-la-Montagne. A 10 h 30, rassemblement place de la mairie ; dépôt de gerbe au monument aux morts ; vente du bleuet de France.
  •  Sacy. Rendez vous à midi au monument aux morts et dépôt de gerbe.
  •  Saint-Thierry. La cérémonie de la fête de la victoire est avancée au lundi 7 mai en raison de la brocante du 8 mai. Rassemblement devant la mairie le 7 mai à 18 h 15, cérémonie au monument aux morts, vin d’honneur.
  •  Sermiers. Rassemblement à 11 heures devant la mairie. Un vin d’honneur sera donné ensuite au Foyer rural.
  •  Taissy. A 9 h 30, rassemblement place de la Mairie ; défilé avec la fanfare « Les Copains d’abord » ; dépôt de gerbe devant le monument aux morts.
  •  Tinqueux. Rassemblement devant la plaque des frères glorieux à 10 h 25, rassemblement sur le parvis de l’église Saint-Bernadette à 10 h 50, cérémonie au monument aux morts à 11 heures, dépôt de gerbes, défilé en direction de la salle des fêtes Guy-Hallet. A l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur sera offert dans la salle 500.
  •  Thil. Une cérémonie officielle aura lieu à 11 heures 30 devant le monument aux morts.
  •  Trépail. A 10 h 45, rassemblement place de la Mairie. 11 heures, défilé traditionnel et dépôt de gerbes au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur au Foyer rural.
  •  Villers-Marmery. A 9 h 45, rassemblement place de la Mairie, à 10 heures, défilé traditionnel et dépôt de gerbes au monument aux morts et au cimetière militaire suivi d’un vin d’honneur à la salle polyvalente.
  •  Villedommange. Cérémonie à 11 heures au monument aux morts. A l’issue de la cérémonie, la municipalité offrira un vin d’honneur.
  •  Warmeriville. A 11 h 30, rassemblement sur la place de la mairie avant le défilé au monument aux morts et le traditionnel dépôt de gerbe. A 11 h 45, vin d’honneur au centre associatif.
    ***********************************

    Union120505b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Dans la cité rose et les environs : Les commémorations du 8-Mai

    Comme tous les ans, des gerbes seront déposées devant le monument aux morts à Vitry.
  •  Agrandir la photo
  •  A Vitry-le-François, la cérémonie commémorative de la victoire de 1945 aura lieu le mardi 8 mai à partir de 10 h 30. Le rendez-vous est fixé à 10 h 15 à la nécropole nationale (rue du Souvenir français). Au programme : dépôt de gerbes de fleurs par le comité d’entente des anciens combattants, le comité cantonal du Souvenir français et les autorités sur les marches de la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes ; puis défilé jusqu’au monument aux morts (place Maréchal-Joseph-Joffre). 10 h 45, lecture du message du secrétaire d’État aux Anciens combattants ; dépôt de gerbes de fleurs par le comité d’entente et les autorités ; défilé jusqu’à l’hôtel de ville.
  •  A Frignicourt, une gerbe sera déposée au monument aux morts le mardi 8 mai. Le rassemblement est fixé à midi place de la mairie, cette cérémonie du souvenir sera suivie d’un vin d’honneur servi dans les salles communales.
  •  A Couvrot, rassemblement place de la mairie à 11 h 45 ; départ au monument aux morts à midi ; dépôt de gerbes et allocutions ; retour à 12 h 30 et vin d’honneur à la salle polyvalente offert par les anciens com- battants.
  •  A Glannes, la cérémonie aura lieu à 9 h 30 devant le monument aux morts.
  •  A Huiron, la cérémonie aura lieu à 10 h 15 devant le monument aux morts.
  •  A Courdemanges, la cérémonie aura lieu à 11 heures devant le monument aux morts.
  •  A Châtelraould-Saint-Louvent, la cérémonie aura lieu à 11 h 45 devant le monument aux morts. Les anciens combattants, les sapeurs pompiers, les conseillers municipaux et les habitants des quatre communes de la communauté du Mont Morêt sont attendus.
  •  A Loisy-sur-Marne, rendez-vous devant la mairie à 9 h 15 et dépôt de gerbes à 9 h 30 au monument aux morts, suivi d’un vin d’honneur.
  •  A Saint-Amand-sur-Fion, elle se déroulera à 11 h 45 devant le monument aux morts avec les sapeurs pompiers. À l’issue de la cérémonie, vin d’honneur à la mairie.
  •  A Marolles, la cérémonie aura lieu devant le monument aux morts à 11 heures en présence des enfants de l’école. La population est invitée à y participer. À l’issue de cette cérémonie, un vin d’honneur sera offert à tous les participants.
  •  A Saint-Remy-en-Bouzemont, un rassemblement est prévu place de la mairie à 11 h 30. Départ du cortège vers le monument aux morts à 11 h 45. La manifestation se poursuivra ensuite au cimetière. Un vin d’honneur clôturera le rassemblement à l’ancienne école des filles.
  •  A Sermaize-les-Bains, une cérémonie aura lieu au monument aux morts à 11 h 45.
  •  A Pargny-sur-Saulx, une gerbe sera déposée au monument aux morts face à la mairie à 11 heures.
    ***********************************

    Union120505a - Marne

    CHALONS : Camerone : 30 avril 1863 - 30 avril 2012 : Les Légionnaires se souviennent

    Traditionnelle cérémonie au monuments aux morts
  •  Agrandir la photo
  • Pour la Légion étrangère, Camerone c’est sacré. Un hommage chaque année le 30 avril.

    CHAQUE année, pour la Légion étrangère, la date du 30 avril est l’occasion de rendre un hommage appuyé à la soixantaine de soldats qui, il y a maintenant 149 ans, sous le commandement du capitaine Danjou, ont laissé leur vie lors de l’expédition française au Mexique.

    Une cérémonie s’est déroulée lundi après-midi aux monuments aux morts, près de la cathédrale Saint-Étienne, organisée par Bernard Haleux, président de l’amicale autonome de la Légion et amis de la Légion étrangère de Chalons, en présence de nombreux porte-drapeaux et de présidents d’associations d’anciens combattants.

    Après le récit officiel des faits qui se sont déroulés dans le petit village mexicain de Camaron de Téjéda par le vice-président de l’association James Hariot, Bruno Bourg-Broc, Bernard Haleux ainsi que Serge Helleringer, conseiller municipal délégué aux fêtes et cérémonies patriotiques et aux anciens combattants, sont allés déposer une gerbe au pied du monument.

    A l’issue de cette commémoration, les participants se sont rendus à la Maison du Combattant à la cité administrative Tirlet pour déguster le tradionnel boudin.

    ***********************************

    Union120504a - Marne
    REIMS : Le projet de monument aux héros de l’armée noire se complique

    Le monument avait été élevé en 1924 à Reims, mais enlevé et fondu en 1940 par les Allemands.
  •  Agrandir la photo
  • Des mesures au laser devaient être effectuées à Bamako où se trouve la copie conforme du monument.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) Déjà retardé pour des questions budgétaires, le projet de réalisation à l’identique du monument aux héros de l’Armée noire se complique à cause de l’instabilité politique au Mali. Explications.

    LE projet de reconstruction à l’identique du fameux monument élevé en l’honneur des forces noires qui ont défendu Reims lors de la Première Guerre mondiale est-il maudit ? C’est ce que doivent commencer à sérieusement se demander les acteurs de l’association Aman (Association pour la mémoire de l’armée noire) qui s’activent pour boucler le projet.

    Financement délicat

    En effet, si en novembre 2008, en présence du secrétaire d’État à la Défense, Jean-Marie Mockel, et de Rama Yade, secrétaire d’État aux Affaires Etrangères, la Ville, le Département et la Région tombent d’accord, la main sur le cœur et avec des trémolos dans la voix pour s’engager dans une reconstruction à l’identique du monument élevé en 1924 à Reims, mais enlevé et fondu en 1940 par les Allemands, le temps a passé et le délai retenu de 2010 pour l’inauguration est déjà loin derrière nous.

    « Nous avons déjà pris du retard dans la finalisation du projet puis dans son financement », avoue Jacques Cohen, membre de l’association et adjoint chargé des questions internationales. « À ce jour, seule la Ville de Reims a versé une somme de 50 000 € (sur 120 000 €, NDLR). Ni le département, ni la région, ni le ministère n’ont pour l’instant apporté leur contribution. »

    Risque d’attentat

    Et comme si cela ne suffisait pas, il y a aujourd’hui un os. La récente tentative de putsch perpétrée au Mali par le conseil national pour le redressement de la Démocratie et la restauration de l’État n’arrange pas les choses. « On devait installer des échafaudages autour du monument aux noirs de Bamako, copie conforme de celui qui avait été inauguré en 1924 à Reims », explique l’élu. « Compte tenu des événements, il paraît difficile d’installer en toute sécurité et sans risquer un attentat, un échafaudage de plus de trois mètres de haut en plein centre-ville pour effectuer des mesures au laser du monument et procéder au moulage des cinq personnages en dégradé et d’un parterre qui représente une bataille qui constituent l’œuvre. »

    Travail sur photos et maquette

    Compte tenu de la difficulté à rester longtemps à Bamako, l’association envisage aujourd’hui de changer son mode opératoire. Il n’y aura pas de moulage aux dimensions exactes. Il s’agira de travailler à partir de la maquette existante que possède le musée de Fréjus, de photos faites sur place par un gendarme de l’identité judiciaire qui a accompagné une délégation d’Aman qui s’était déjà rendue à Bamako, mais aussi de mesures qui seront tout de même prises sur place lors d’une courte mission. Au final une statue, au plus près de l’identique, pourrait être faite par un artiste à la suite d’un appel d’offres que pourrait prochainement lancer la Ville. Resterait à la charge de l’association : la recherche de mécènes et les opérations d’accompagnement pour financer le socle du monument.

    L’objectif est d’inaugurer ce monument le 11 novembre 2013. L’ardoise pourrait approcher le million d’euros.

    Alain MOYAT

    ***********************************

    Union120503b - Marne

    AVIZE : Souvenir des déportés : Hommage au monument aux morts

    Pendant l’hymne
  •  Agrandir la photo
  • Le rassemblement s’est opéré directement au monument aux morts. Les pompiers, les trompettes de l’Avenir Avizois et l’Harmonie municipale ont apporté leur concours à la cérémonie.

    Les adjoints, Lionel Chardonnet qui présidait et Isabelle Lemaire, ont déposé une gerbe au monument aux morts et fleuri la stèle souvenir des déportés.

    Après l’exécution de l’hymne national et la lecture, par Lionel Chardonnet, du message des associations de déportés, le cortège s’est formé pour se rendre au Château Desbordes, devant lequel les sociétés musicales ont donné ensemble une courte aubade très appréciée.

    ***********************************

    Union120503a - Marne

    REIMS : Les anciens combattants au musée de Meaux

    Ils ont redécouvert la Première Guerre mondiale en arpentant les salles du musée de Meaux.
  •  Agrandir la photo
  • Un groupe d’anciens combattants et de sympathisants s’est récemment rendu par car au musée de la Grande Guerre à Meaux, pour un voyage saisissant dans l’histoire. Ils ont vu, à travers le champ de bataille reconstitué qui occupe la nef du musée, une multitude d’objets rescapés du conflit qui racontent une histoire vécue.

    Le musée dans son ensemble propose une vision nouvelle du premier conflit mondial en expliquant la guerre, son caractère inéluctable et son carnage, en n’oubliant aucun des trente-cinq pays belligérants.

    Les participants ont pu, après le déjeuner, visiter la ville de Meaux sous la conduite de conférenciers passionnés. La visite d’une fromagerie de Brie programmée ensuite les a aussi beaucoup intéressés.

    Après cette journée très appréciée, le comité donne rendez-vous à ses adhérents pour une sortie à Paris le 2 septembre et le traditionnel déjeuner dansant de l’armistice prévu le 2 décembre.

    ***********************************

    Union120502h - Marne

    TINQUEUX : Journée nationale de la déportation : Un hommage aux victimes et héros

    Hélène Lebrec, Lucienne Becker, Gilles Richard et Cédric Lacroix ont déposé deux gerbes au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Soixante-sept années se sont écoulées depuis la libération des camps de concentration nazis. Dimanche 29 avril à 11 heures, la Ville de Tinqueux et l’association des anciens combattants ont commémoré cette journée du souvenir.

    Lucienne Becker, adjointe, représentant Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, a présidé la cérémonie devant le monument aux morts sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette en présence d’Hélène Lebrec, présidente de l’association des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, des présidents Gilles Richard et Cédric Lacroix, des anciens combattants et d’un petit nombre d’Aquatintiens et d’élus de la commune, des porte-drapeaux, pompiers, des enfants des écoles accompagnés par leurs professeurs Mme Sarrazyn et M. Leuk qui ont répondu à l’appel des morts en déportation.

    Un hommage digne et émouvant à toutes celles et à tous ceux qui ont connu la déportation et pour saluer, avec respect, leur sacrifice et leur courage.

     

    ***********************************

    Union120502g - Marne

    BETHENY : Commémoration : Témoigner pour les générations futures

    M. Cavenne était accompagné, pour cet hommage
  •  Agrandir la photo
  • En cette journée du souvenir, la municipalité de Bétheny a tenu à rendre hommage aux victimes de la déportation et du nazisme, et une gerbe a été déposée dimanche au pied du monument aux morts.

    Dans le manifeste commun lu par l’adjoint M. Pinot, la question était posée : « Pourquoi se souvenir ? Pourquoi témoigner ? » La réponse est évidente, « alors que fanatisme, racisme et xénophobie ressurgissent » aujourd’hui, il est bon de rappeler les leçons de notre Histoire, et particulièrement « cette tragédie humaine de la déportation, vécue par des dizaines de milliers de nos compatriotes ».

    M. Cavenne, maire de la commune, a remercié les personnalités présentes, les membres du conseil municipal, anciens combattants, sapeurs-pompiers et responsables d’associations. Il a dit tenir à ce message, adressé aux générations futures, et donné rendez-vous à tous le 8 Mai.

    ***********************************

    Union120502f - Marne

    VERTUS : Journée nationale de la Déportation / La paix a un prix

    Le défilé dans les rues de Vertus.
  •  Agrandir la photo
  • Moment de recueillement au monument du souvenir.
  •  Agrandir la photo
  • VERTUS (Marne) Garder vivante la mémoire pour que plus jamais les atrocités de la Déportation ne se reproduisent, tel est le message des anciens combattants et des officiels à la population et aux nouvelles générations.

    APRÈS un défilé de la mairie jusqu’au monument du souvenir de la Seconde Guerre mondiale, les officiels, les anciens combattants, et les sapeurs-pompiers ont rendu un vibrant hommage aux victimes de la Déportation. Le cortège s’est dirigé ensuite vers la salle Wogner, sous la conduite des membres de l’Harmonie municipale Les Chardonnay. Il faut néanmoins noter qu’en cette période de vacances scolaires, et de pont du 1er-Mai, la population formait une assemblée légèrement clairsemée.

    « Lucidité et vigilance »

    Dans son allocution, André Doulet, président des anciens combattants du canton de Vertus a réaffirmé l’attachement à cette journée du souvenir, principalement en cette année électorale. « Jamais il n’a été plus indispensable de rappeler notre passé concentrationnaire qui peut sembler lointain aux générations nouvelles. Les enseignements que nous en tirons restent actuels à nos yeux. »

    Il a notamment appelé à la « lucidité et à la vigilance » face au fanatisme, au racisme et à la xénophobie qui sont loin de disparaître. Cette journée du souvenir doit être tournée vers l’action, et la mémoire afin de ne plus jamais laisser les consciences au repos.

    Transmission du témoignage

    Pour sa part, Pascal Perrot, le premier magistrat vertusien, a insisté sur l’importance du rassemblement des hommes et des femmes, de l’hommage de la Nation envers ceux qui ont connu la Déportation, afin de défendre toujours et partout une certaine idée de l’homme.

    Un nécessaire héritage, car si pour lui le XXe siècle fut une période de grands progrès, ce fut aussi celle de grandes horreurs et de tragédies. « Nos pensées vont aussi vers ceux qui ne sont pas revenus. » Le maire en abordant les principes de dignité, de respect et de reconnaissance a martelé le caractère essentiel de la transmission du témoignage et de la vérité.

    « La paix a un prix, et l’actualité nous démontre trop souvent que dans ce domaine le combat n’est jamais gagné. »

    ***********************************

    Union120502e - Marne

    SAINTE-MENEHOULD : AG des anciens combattants / Pas de jeunes pour la relève

    De gauche à droite, Olivier Aimont, conseiller général, Michel Zarkovic, vice-président départemental, Michel Glako, président local et Henri Golebiewski, trésorier.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des anciens combattants et prisonniers de guerre (ACPG) et les combattants d’Algérie, Tunisie, Maroc (CATM) ont tenu leur assemblée générale à l’hôtel de ville de Sainte-Ménehould. Le président, Michel Glasko, a sollicité une minute de silence pour les membres disparus l’an dernier. Il a précisé que l’association compte à ce jour 125 adhérents. Un fait est aussi à noter : l’amenuisement d’année en année du nombre des adhérents, phénomène dû au vieillissement de la population.

    Devoir de mémoire

    Il a également listé les cérémonies auxquelles la section avait participé ainsi que les différentes sorties effectuées en cours d’année 2011. En 2012, une délégation argonnaise participera à l’assemblée générale départementale et d’autres activités sont annoncées.

    Olivier Aimont, conseiller général, a félicité les membres qui assurent le respect du devoir de mémoire. Ce qui a fait rebondir le trésorier Henri Golebiewski qui a tenu à préciser que « depuis le voyage à Auschwitz auquel participait le conseil municipal des jeunes, plus aucun de ses membres n’a assisté à une cérémonie patriotique », « dans un temps assez rapproché, il nous manquera des porte-drapeaux. Nous ne savons pas comment nous assurerons notre présence aux diverses manifestations ». Avant de participer à un office religieux célébré en l’église Saint-Charles, l’assemblée a élu son nouveau bureau qui se compose de Michel Glasko, président, Henri Golebiewski trésorier et France Glasko secrétaire.

    ***********************************

    Union120502d - Marne

    CHALONS : Bombardement du 27 avril 1944 : À la mémoire des victimes

    Le salut aux porte-drapeaux et anciens combattants présents.
  •  Agrandir la photo
  • En souvenir des nombreuses victimes civiles du bombardement aérien survenu le 27 avril 1944, un dépôt de gerbe s’est déroulé devant la stèle commémorative située à l’angle de la rue Maxime-David et de la rue du 27 avril 1944, par Bruno Bourc-Broc, député-maire et Bernard Haleux, président du Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre. Il y a 68 ans, Châlons-en-Champagne a souffert du fait de sa position stratégique et a subi des destructions importantes. Ce bombardement aérien a été le plus meurtrier de l’histoire avec un bilan lourd : 77 civils tués, 90 blessés, 375 familles sinistrées et plus de 55 immeubles rayés de la carte.

    Voyage en Normandie

    À l’occasion du 60e anniversaire du raid des Canadiens sur Dieppe en 1942, un voyage en Normandie est prévu les 18 et 19 mai. Il reste quelques places disponibles. Pour s’inscrire, contacter Mme Cher au 03.26.64.17.81.

    Butte des fusillés

    Dimanche 6 mai à 7 heures, la résistance châlonnaise et les descendants du Groupe Tritant organisent une cérémonie à la butte des fusillés en souvenir du 6 mai 44 où des Châlonnais avaient perdu la vie.

    ***********************************

    Union120502c - Marne

    FISMES : Commémoration de la déportation

    Rassemblement devant la mairie.
  •  Agrandir la photo
  • C’est dans un silence intense que les noms des quatorze résistants fismois morts en déportation ont été égrenés lors de la cérémonie commémorative au monument aux Morts. L’appel à « la vigilance et à la lucidité » face à la réapparition « du fanatisme, du racisme et de la xénophobie » résonnait tout particulièrement dans cette période de grand choix…

    Il a été rappelé que le souvenir de la déportation, les enseignements de cette période devaient rester actuels.

    En présence d’anciens déportés et de famille de déportés, de Mme Vautrin, député, de M. Pinon, maire de Fismes et conseiller général, des représentants des associations d’anciens combattants, des associations d’anciens déportés et internés, des Médaillés militaires, du Souvenir français, des gerbes ont été déposées aux deux monuments aux morts.

    La présence des sapeurs-pompiers et l’accompagnement de la fanfare ont donné toute la gravité et l’intensité liés à ce moment de mémoire collective.

    ***********************************

    Union120502b - Marne

    DORMANS : Mémorial de Dormans : Hommage aux victimes

    Le dépôt de gerbe a été effectué par Antoine Sarazin et Mme Gisard.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Pour honorer la mémoire des victimes de la barbarie nazie, l’association du Mémorial des Batailles de la Marne Dormans 1914-1918, ainsi que l’association des anciens combattants et victimes de guerre de Dormans, se sont retrouvés au pied du monument aux morts de Dormans ce dimanche.

    Après la lecture du manifeste par Auguste Héry, une gerbe aux couleurs nationales devait être déposée par Antoine Sarazin, ancien de la 2e DB, ainsi que par Mme Gisard.

    Cette femme devait rendre hommage au père Renou qui repose au cimetière. « Il m’a sauvée alors qu’une partie de ma famille était déportée ». Le père Renou a par ailleurs été reconnu Juste à la demande de Mme Gisard.

     

    ***********************************

    Union120502a - Marne

    CORMONTREUIL : La Fnaca en congrès

    Une cérémonie a eu lieu au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Claude Fauvet a été reconduit à la tête du bureau.
  •  Agrandir la photo
  • CORMONTREUIL (Marne) Les anciens combattants étaient réunis à Cormontreuil pour leur 20e congrès. L’occasion d’inaugurer une stèle à la mémoire de leurs frères d’armes tombés en Afrique du Nord.

    C’EST à Cormontreuil que s’est tenu le 20e congrès départemental de la Fnaca. Un congrès organisé, comme le veulent les statuts, tous les deux ans par un des treize comités que compte le département.

    Après l’accueil chaleureux des responsables, les épouses sont parties visiter le musée de la Reddition à Reims. Le moment était venu pour le président Claude Fauvet, d’ouvrir les travaux avant le mot de bienvenue du président du comité de Cormontreuil, Jean Bo et du maire, Jean Marx.

    Après une pause et le dépouillement des élections, les membres du nouveau bureau du comité départemental ont été présentés à l’assistance parmi laquelle se trouvait Jean-Claude Laval, conseiller général, maire adjoint de Reims et conseiller communautaire.

    Plusieurs personnalités étaient absentes « en raison de la période de réserve due aux élections » regrettait toutefois le président.

    Après les différentes allocutions, M. Fauvet, réélu pour deux ans à la tête du comité départemental, invitait les anciens combattants à se rendre au monument aux morts pour y déposer une gerbe. Suivait l’inauguration d’une stèle du 19 mars 1962 « Cessez-le-feu en Algérie », place des Anciens-Combattants en AFN.

    Au cours du vin d’honneur qui suivait, la médaille du 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie était remise à Michel Noël et Mme Chantal Boileau ainsi que le diplôme d’honneur (pour vingt ans) à treize responsables. La journée se poursuivait alors par une après-midi dansante.

    Diplômes d’honneur

    « Une grande réussite au niveau organisation », se félicitait le président de la section locale, Jean Bo, qui tenait à remercier la municipalité « d’avoir enrichi sa commune d’un lieu du 19 mars 1962 et rejoindre ainsi les milliers de communes de France qui perpétuent la mémoire de nos frères d’armes pour les générations futures ».

    Les treize diplômes d’honneur ont été remis à : André Gazengel, Jeam Maillard et Gilbert Loiseau (Reims) ; Pierre Guyot et René Dommange (Marson) ; Daniel Fritz et Stanislas Pawtowski (Châlons-en-Champagne) ; Alfred Camus (Pargny-sur-Saulx) ; Marcel Hany et Daniel Zychla (Sézanne) ; Jean-Claude Richard (Gaye-Pleurs) ; Naniel Bouilly (Châlons-en-Champagne) et Jean-Pierre Rousset, de Reims.

    Fnaca. Siège départemental : 2, boulevard Vasco-de-Gama à Reims. Tél. 03.26.36.05.20.

    ***********************************

    Union120430e - Marne

    SAINT-AMAND-SUR-FION : Le souvenir reste

    Pour ne pas oublier…
  •  Agrandir la photo
  •  

    En cette journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, la commune a tenu à organiser une commémoration devant le monument aux morts, avant de se diriger vers la plaque commémorative Rose Probst située rue des Bas Prés.

    C’est donc en présence de Gisèle Probst (déportée elle-même dans le camp de Ravensbrück où elle a passé six mois), de M. de Courson député de la 5e circonscription de la Marne, de Mme Doremus, 1re adjointe au maire de Vitry-le- François et conseillère générale du canton de Vitry-Est, de M. Bourgeois, maire de Vitry-en-Perthois, lui-même fils de déporté et enfin de M. Dommange, maire de Saint-Amand sur-Fion, ses adjoints et conseillers, que s’est déroulé dans le recueillement le dépôt de gerbes.

     

    ***********************************

    Union120430d - Marne

    SERMAIZE-LES-BAINS : La tradition a été respectée

    Le maire et le vice-président du conseil général se recueillent.
  •  Agrandir la photo
  • Chaque année la ville rend hommage aux déportés.

    Le maire Raymond Dziéja a rappelé les noms des déportés sermaiziens et leur passage dans les camps où le but était « l’élimination en quelques mois par un travail épuisant des races dites inférieures et des opposants au régime ». Il a signalé pour mémoire le voyage à Auschwitz précisant que la France avait aussi son camp, le Struthof.

    Pierre-Marie Delaborde adjoint, a donné lecture du message du secrétaire d’Etat aux anciens combattants et déportés : « Ce passé concentrationnaire peut paraître lointain aux jeunes générations alors que racisme et xénophobie ne cessent de resurgir. »

    En présence des porte-drapeaux, d’une délégation de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers, deux gerbes ont été déposées, l’une par le maire accompagné du vice-président du conseil général, l’autre par le conseiller général du canton accompagné du général Cieslak.

    ***********************************

    Union120430c - Marne

    REIMS : Ancien résistant et bénévole Georges Vaucouleur nous a quittés

    Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, Georges Vaucouleur était titulaire de la médaille de la Ville de Reims, de l’Enseignement technique, de Jeunesse et sport et de la Ville de Salzbourg.
  •  Agrandir la photo
  • Suivies par une assistance très émue, les obsèques de Georges Vaucouleur se sont déroulées dans l’église de Witry-lès-Reims. Né en 1924 dans une famille de 4 enfants dont il est le cadet, avec un papa jardinier, il perd sa maman à l’âge de 6 ans : sa sœur aînée va alors veiller sur toute la maisonnée. Adolescent, il rencontre l’amour le 16 mai 40 sous le grand bombardement de Vitry-le-François et en 1945 il épouse Emilienne, sa compagne de toujours. Ils auront 4 enfants eux aussi.

    Georges a participé à la résistance et il laisse un important travail de mémoire écrit.

    « Bonté et humour »

    Après avoir contribué aux travaux de reconstruction de Vitry, il devient professeur technique du bâtiment puis chef de travaux au Lycée Yser et conseiller en formation continue au Greta de Reims, car il aime transmettre son savoir aux autres pour les aider à acquérir responsabilité et dignité.

    C’est ainsi qu’il va s’engager dans des associations comme Jeunesse et Travail, à l’AROEVEN (Education nationale) - ou il a porté la construction d’un centre vacances pour les élèves et des enseignants dans l’Isère -, à l’AFDET ou il fut administrateur national, trésorier régional et secrétaire général Marne. Il a ainsi initié de nombreuses actions de rapprochement entre les établissements de formation et les entreprises.

    Il laisse un grand vide dans sa famille et chez ses amis, particulièrement ceux du jumelage Reims-Salzbourg, comme l’explique la présidente Viviane Reboud : « L’histoire du Comité Reims-Salzbourg se confond avec celle de Georges. Partant pour tous les projets, il en était souvent l’instigateur. Balayant les obstacles d’un sourire, il s’engageait avec l’ardeur d’un homme qui connaît la guerre et ses déchirures, et qui tient à apporter sa pierre à la construction de l’Europe. À Salzbourg, comme à Reims, comme sans doute partout où lui et son épouse sont passés, subsiste l’image rayonnante de deux belles personnes, pétries de bonté et d’humour ».

    ***********************************

    Union120430b - Marne

    MOURMELON-LE-GRAND : Des militaires et des civils à Mourmelon-le-Grand

    Ne jamais oublier, tel est le but de cette journée nationale.
  •  Agrandir la photo
  • La ville de Mourmelon-le-Grand a également célébré dimanche la 67e journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation.

    Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes pour se rappeler de la libération des camps nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les anciens combattants de Mourmelon-le-Grand et Mourmelon-le-Petit, ainsi que les autorités militaires du camp de Mourmelon, étaient présents.

    Fabrice Loncol (maire de Mourmelon-le-Grand) et Agnès Person (conseillère générale et 1re vice-présidente du conseil général) étaient également présents, c’est d’ailleurs le premier magistrat de la ville qui a prononcé le discours du souvenir.

    Deux gerbes ont été déposées au pied du monument aux morts du cimetière civil de Mourmelon-le-Grand, puis tous ont entonné l’hymne national français.

    Pour terminer, tous sont venus saluer les porte-drapeaux, toujours fidèles aux diverses cérémonies, par tous les temps.

    ***********************************

    Union120430a - Marne

    EPERNAY : Journée nationale de la déportation / Les forces vives du souvenir

    DIMANCHE, la commémoration du souvenir des victimes de la déportation a réuni place de la République, devant le monument aux martyrs, élus, officiels, l’avenir musique, associations patriotiques, porte-drapeaux et un public épars. « Ne jamais laisser les consciences au repos », a martelé Yvette Lundy, qui lisait le message des déportés. Cette seule phrase, dans la bouche d’une femme qui a vécu dans sa chair et dans son âme la dure réalité de la guerre et de la déportation en camp de concentration, a eu une résonance toute particulière dans l’assistance.

    Se souvenir pour éviter le pire

    « Cette journée du souvenir doit être tournée vers l’action. Les détenus, lorsqu’ils furent libérés, s’engagèrent pour que ces drames ne soient pas seulement un objet de commémoration », a-t-elle poursuivi. C’est en effet l’action qui caractérise encore aujourd’hui cette résistante qui, à 96 ans, explique dans les écoles son histoire et celle de ses camarades. « J’ai été très touchée par une lettre d’une jeune fille de 15 ans, qui m’a écrit deux pages ! Nous avons de bons jeunes », a-t-elle confié à la fin de la cérémonie à un interlocuteur. Elle recevra bientôt l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur.

    Pour d’autres membres du public, comme James Guillepain, fils de René Guillepain, cette commémoration est un devoir. « Je ne suis pas ici comme fils de déporté, mais comme président du Toit champenois. Malgré tout, je me sens dépositaire de la mémoire de ceux qui ont disparu et sont inscrits sur ce monument. Il faut tout faire pour que cela ne se reproduise jamais », a indiqué M. Guillepain, prénommé James en hommage à un ami de son père disparu pendant la Deuxième Guerre mondiale. « Mon père parlait peu de son vécu en tant que déporté, j’en ai plus appris pendant ces années où il a présidé au niveau départemental la fédération nationale des déportés internes résistants », explique-t-il.

    Il faut se souvenir pour éviter le pire, car comme l’a si justement dit Léa Forget, lauréate ardennaise 2011 du concours national de la résistance : « La mémoire des victimes de ces événements contribue à la formation du citoyen d’aujourd’hui. »

    Cécile ROCHET-GRAINDORGE

    « ça fait mal »

    Elle a chanté la Marseillaise et tenait à être là. Âgée aujourd’hui de 92 ans, la Sparnacienne Geneviève Philizot se souvient avoir rejoint les FFI comme agent de liaison à 19 ans. Comment a-t-elle vécu cette journée commémorative ?

    « Ca fait mal ! témoigne-t-elle, les yeux humides. Pour tous ces camarades… » De façon entrecoupée elle déclare : « On a été dénoncés… J’ai eu de la chance, je n’ai pas été déportée, il y avait le Seigneur avec moi ». Mme Philizot a eu six enfants. Elle a reculé son départ dans le Sud avec sa petite-fille pour assister à la cérémonie.

    Un jour, un symbole

    Quel sens a cette journée nationale de la déportation ? L’esprit patriotique est-il en perte de vitesse ? Plusieurs présidents d’associations patriotiques donnent leur avis.

    « Ce jour, c’est la libération des camps. C’est une journée très importante. Il faut se rappeler. J’éprouve beaucoup de respect pour tous ces combattants déportés. Les jeunes doivent s’investir plus dans la transmission de l’histoire des anciens », déclare Marcel Carré, président de l’association nationale des francs-tireurs et partisans français.

    Respect et transmission

    « Se souvenir des victimes de la déportation doit être une action au quotidien. Beaucoup sont partis. Je ne fais pas de différence entre les anciens combattants et les déportés. Nous tâchons d’honorer la mémoire de tous lors des cérémonies patriotiques. Je trouve dommage qu’il y ait moins de gens aux commémorations », explique pour sa part Martial Saint-Jeveint, président depuis vingt ans de l’union fédérale des anciens combattants mutilés, réformés et victimes de guerre d’Epernay et sa région.

    Serge Lépine, président de l’union nationale des combattants d’Epernay, Magenta, Aÿ et environs, remarque : « Ce jour est très important : se présenter au monument aux martyrs, honorer les disparus… Je suis un ancien combattant qui a fait l’Algérie. Ce jour-là je ne porterai pas mes décorations, par respect. Beaucoup de jeunes se moquent de ces cérémonies. Que faire pour relancer l’esprit patriotique ? »

    Serge Plaquin, président du Souvenir français, observe : « C’est un devoir de mémoire, une reconnaissance pour l’âme de tous les déportés bien souvent résistants. L’esprit patriotique moins vigoureux ? Absolument pas ! Cela repart. De nombreuses actions de sensibilisation sont conduites auprès des scolaires. J’ai confiance. La flamme n’est pas près de s’éteindre. »

    ***********************************

    Union120429d - Marne

    BLEUET DE FRANCE : Des actions et des collectes pour aider ceux qui restent

    Parmi les nouveautés 2012 annoncées par Bruno Dupuis, directeur départemental de l’ONACVG, la tenue d’un loto « Bleuet de France », le 8 mai dès 14 heures à Fagnières.
  •  Agrandir la photo
  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) La traditionnelle campagne d’appel à la générosité du « Bleuet de France » se déroulera du 2 au 8 mai. Le nouveau directeur départemental de l’ONACVG, Bruno Dupuis, présente les multiples initiatives qui se dérouleront chez nous.

    CHAQUE année les 8 mai et 11 novembre, nombreux sont les bénévoles à collecter des dons sur la voie publique dans le cadre de l’œuvre nationale du « Bleuet de France », et ce, dans les rues des différentes communes de la Marne.

    Que ce soit des membres d’associations d’anciens combattants, des étudiants, des jeunes, des scolaires ou encore des particuliers : les collecteurs viennent à la rencontre des citoyens afin d’engranger des fonds nécessaires au financement de projets sociaux et mémoriaux. Outre ces deux journées solidaires, deux semaines dites d’appel à la générosité publique se déroulent sur le territoire, la prochaine campagne aura lieu du 2 au 8 mai.

    Loto pour la bonne cause|]

    Concrètement, les communes de Châlons-en-Champagne, Reims et Vitry-le-François relayent cette semaine d’action en offrant gracieusement des campagnes d’affichage. Mais Bruno Dupuis, nouveau directeur du service départemental de l’ONACGV (Office national des anciens combattants et victimes de guerre) a souhaité aller plus loin pour davantage d’efficacité.

    « Le nombre de collectes publiques sera en augmentation cette année car la 4e génération du feu (à savoir les anciens d’Opex) a été sensibilisée et avait envie d’agir dans le cadre du « Bleuet de France ». C’est un nouveau maillon à la chaîne, la flamme est reprise », se félicite M. Dupuis, signalant au passage que des collectes sont également réalisées en interne dans les régiments de la Marne.

    Nouveauté cette année, alors que les gendarmes peuvent être ressortissants ONAC au même titre que les militaires, « des collectes seront également d’actualité dans les quatre compagnies de gendarmerie de la Marne, en accord avec le colonel Laurent Vidal », poursuit Bruno Dupuis. Nouveauté encore, un tout premier loto du « Bleuet de France » se déroulera dans le centre culturel André-Gallois de Fagnières, le 8 mai dès 14 heures. En partenariat avec l’association des Anciens des missions extérieures Champagne qui s’est chargée de collecter les lots, l’ONACVG souhaitait mettre sur pied un événementiel populaire dont tous les bénéfices seraient reversés à l’œuvre nationale du « Bleuet de France ». Ce sera chose faite, la mairie de Fagnières mettant sa salle gracieusement à la disposition des organisateurs. L’an passé, près de 60 % des fonds collectés par le « Bleuet de France » ont servi à financer des actions solidaires.

    [|Secours, obsèques, pupilles de la nation…

    Dans la Marne, 400 dossiers ont été présentés (pour une somme totale de 135 000 euros) que ce soit en termes de secours exceptionnels, frais d’obsèques, avances remboursables, aides à trois pupilles de la nation mineures ou encore afin de confectionner les 420 colis douceur distribués dans les maisons de retraite. L’œuvre nationale permet également de financer des voyages mémoriels, des expositions et initiatives liées au devoir de mémoire à l’instar du Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD). Cette année, très exactement le 19 mai, les lauréats se rendront au Mont Valérien, aux Invalides et participeront au ravivage de la flamme du soldat inconnu. Autant d’initiatives rendues possibles grâce à la mobilisation et à la générosité de chacun à l’occasion de cette campagne.

    David ZANGA

    ***********************************

    Union120429c - Marne

    MEMOIRE : Journée nationale de la Déportation / Il ne faudra jamais oublier

    Une impressionnante haie de torches en feu autour du monument aux morts de la Résistance.
  •  Agrandir la photo
  • L’harmonie municipale accompagnée cette année par la Veslardanne.
  •  Agrandir la photo
  • Les portraits de Mme Berthe Aubert (notre photo) et de Georges Simon ont été présentés par des de Croix-Cordier.lycéens. Photos : Aurélien LAUDY
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) Très émouvante cérémonie au monument des martyrs de la Résistance où des jeunes portent le flambeau du souvenir pour que personne n’oublie jamais les morts en déportation.

    SOIXANTE-SEPT ans, déjà que les Forces alliées arrivant en Allemagne découvraient de visu l’horreur des camps de concentration. Depuis, chaque année au mois d’avril, une cérémonie est organisée pour ne jamais oublier toutes les victimes de la Déportation. Hier soir, à l’initiative des Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, d’associations de déportés (1) et de la ville, de nombreux Rémois ont participé à la veillée qui s’est tenue au pied du monument aux martyrs de la Résistance dans lequel est scellée une urne renfermant depuis 1955 les cendres recueillies dans les crématoires de Mauthausen, Flossenburg, Bergen Belsen et Neuengamme.

    Passage de flambeau

    C’est là, au sens propre, comme au sens figuré que les plus anciens ont d’abord transmis le flambeau du souvenir aux plus jeunes (sapeurs-pompiers et lycéens). Sur fond de roulement de tambours, de l’interprétation de « Nuit et brouillard » porté par les choristes de la Veslardanne, l’émotion était palpable.

    En présence aussi des autorités civiles, militaires et religieuses et de porte-drapeaux, à la lumière des torches, chacun a pu voir les portraits de Mme Berthe Aubert et Georges Simon, morts en déportation, portés par quatre élèves du lycée Croix Cordier de Tinqueux. Une façon de rappeler aux mémoires oublieuses que cette commémoration nationale a aussi toute sa justification à Reims où de nombreux Rémois ont aussi connu les camps. « Chant des partisans », « Chant des marais » avec la chorale, « Liste de Schindler » par l’harmonie municipale, la musique a parlé au cœur de tous, tout comme la lecture d’un poème de Marianne Cohn : « Je trahirai demain » et un autre d’Aragon : « Chanson pour oublier Dachau » par élèves du collège François Legros.

    Alain MOYAT

    (1) Fédération des Déportés et internés résistants et politiques de l’arrondissement de Reims et Union nationale des associations de déportés internés et familles de disparus.

    ***********************************

    Union120429b - Marne

    Voyage en Algérie

    Algérie, « Soyez les bienvenus ! », Claire et Reno Marca, La Martinière, 240 pages, 25 euros.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Les éditions de la Martinière ont la bonne idée de proposer une nouvelle version, à prix réduit du livre « Algérie, soyez les bienvenus ».

    A travers un périple de quatre mois et une multitude de rencontres, Claire et Reno Marca sont allés à la découverte de l’Algérie d’aujourd’hui : une Algérie colorée, surprenante, fraternelle et chaleureuse. Du charme désuet d’Alger la blanche et bleue aux verdoyantes montagnes de la Kabylie, des somptueuses immensités du Grand Erg occidental à la joyeuse animation des petites stations balnéaires d’Oranie, de la douceur mystérieuse du massif des Aurès à l’éclatante magie du célèbre Hoggar, les auteurs nous proposent un autre regard sur l’Algérie.

    Illustré par plus de 600 dessins et photographies, ce coffret comprend l’ouvrage en format réduit ainsi qu’un petit carnet vierge (papier à dessin) agrémenté d’une cinquantaine d’aquarelles (dont plusieurs inédits) de Reno Marca.

    Algérie, « Soyez les bienvenus ! », Claire et Reno Marca, La Martinière, 240 pages, 25 euros.

     

     

    ***********************************

    Union120429a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Le bal des laquais

    Abel Bonnard
  •  Agrandir la photo
  • René Bousquet ancien préfet de la Marne.
  •  Agrandir la photo
  • Que représente pour les Alliés le nouveau gouvernement Laval ?

    Une entreprise de recyclage. Enfin presque parce qu’on se moque de Pierre Laval qui, de retour à la tête du ministère a toujours les dents gâtées. Les épithètes utilisées pour qualifier ses collaborateurs sont assassines. C’est ainsi que le ministre d’Etat Lucien Romier est présenté en ce 27 avril 1942 sur les ondes de la BBC au cours de l’émission Le bal des laquais. Il s’agit d’une succession de portraits à l’acide des personnalités du gouvernement. Romier est un confident du Maréchal, titulaire d’un ministère sans portefeuille, vraisemblablement pour mieux surveiller Laval et jouer les petits rapporteurs auprès de Pétain. Joseph Barthélémy en prend aussi pour son grade : « Ce bonhomme blafard à la cuisse flasque est un malin. Ce professeur de droit public n’a pas attendu la capitulation pour défendre des thèses chères au pays. C’est lui qui, en 1938, n’a cessé d’accumuler les arguments perfides pour démontrer que la France n’était liée en rien par les engagements solennels qu’elle avait pris à l’égard de la Tchécoslovaquie ». Le chroniqueur dénonce aussi l’enseignant de droit constitutionnel qui a soutenu les manipulations les plus illégales et honteuses entreprises par Vichy.

    On caricature aussi Pierre Cathala le ministre des Finances. Après s’être demandé s’il s’agit d’un employé aux écritures d’une compagnie d’assurances ou d’un vendeur de magasin de nouveautés, on reconnaît qu’il n’est pas idiot : « Il a fait grâce à Laval une heureuse carrière ». C’est un serviteur zélé prêt à tout accepter pour peu qu’il joue un rôle dans la sphère du pouvoir. Les ministres militaires ne sont pas négligés. Qu’il s’agisse du général Bridoux ou de l’amiral Auphan, on les compare à des animaux de parade. Viennent trois autres personnalités qui symbolisent au mieux la combinaison Laval. Sont désignés Hubert Lagadelle, Jacques Leroy-Ladurie et Abel Bonnard. Lagadelle venu de la gauche est désormais un réac séduit par Mussolini tandis que Leroy-Ladurie à l’Agriculture et au Ravitaillement est désigné comme : « un homme des trusts ». Quant à l’académicien Abel Bonnard, il est résumé en un mot : « avorton ». On considère toutefois que sa présence à l’Education nationale est destinée à y développer la culture fasciste, la mussolinienne et l’hitlérienne : « Aujourd’hui il semble que son admiration soit plus portée vers le Führer. Il est vrai qu’il doit beaucoup à Hitler. L’Allemagne lui a donné des lecteurs. Ou tout au moins les avantages matériels des gros succès de librairie. Grâce à la traduction en allemand de ses ouvrages quasi inconnus du grand public français, Abel Bonnard touche de coquets droits d’auteur ».

    Brévie ancien gouverneur en Indochine est qualifié de secrétaire des Colonies pour la forme. Le docteur Grasset, secrétaire à l’Hygiène est le médecin personnel de Laval. Le secrétaire aux Communication est un polytechnicien qualifié de sans histoire : Gibrat. On se moque aussi de Max Bonnafous, jeune secrétaire d’Etat à l’Agriculture et au Ravitaillement.

    On ne comprend pas très bien ce qu’un Normalien et agrégé de philosophie fait dans cette galère si ce n’est qu’il a été parmi les premiers à se rallier à Pétain et a de bonnes relations avec Déat.

    On montre aussi le secrétaire général à la Police, René Bousquet tout droit venu de la Marne où il a été sous-préfet de Vitryle- François, secrétaire général du département, préfet de la Marne puis préfet de la région Champagne avant d’être appelé à Paris : « Préfet zélé et fidèle à tous les gouvernements, il sera l’auxiliaire obéissant de Laval comme il fut naguère celui des frères Sarraut » pronostique le chroniqueur de l’émission « Les Français parlent aux Français »


    …..

    Hitler cumule tous les pouvoirs

    Une poignée de main historique.
  •  Agrandir la photo
  • De nouveaux bombardements contre les villes anglaises.
  •  Agrandir la photo
  • Rommel n’est pas si confiant que cela.
  •  Agrandir la photo
  • Hitler obtient les pleins pouvoirs.
  •  Agrandir la photo
  • Hitler s’enflamme. Hitler s’embrase contre la France. Est-ce une simple posture, celle d’un discours devant le Reichstag ou la volonté délibérée de s’en prendre à un pays surpris en flagrant délit de collaboration insuffisante ? Toujours est-il que pour les commentateurs alliés, les propos décousus du Führer ne dissimulent pas l’impasse politique dans laquelle il se trouve. On recense les excuses qui n’en sont pas pour expliquer la stagnation des positions de la Wehrmacht à l’est. Mais on comprend pourquoi il le fait. Il estime qu’il doit concentrer tous les pouvoirs pour parvenir à la victoire aussi demande-t-il au Reichstag de les lui attribuer ! Henri Hauck s’en amuse : « Il paraît que les Allemands boudent à leur devoir, que les ouvriers, les soldats, les officiers, les membres du parti nazi, les juges eux-mêmes donnent l’exemple de l’apathie lorsque ce n’est pas celui de la défiance ; aussi Hitler veut-il concentrer entre ses mains le droit de vie et de mort sur les cent millions de ses sujets ».

    Bétonner le nazisme

    Les chancelleries alliées estiment qu’après neuf ans d’un pouvoir pourtant absolu, Hitler a décidé de bétonner sa puissance politique en constituant une forteresse rassemblant autour de lui la totalité des leviers de l’action et à même d’éliminer tous ceux qui seraient tentés de s’y opposer. Les analyses des diplomates sont convergentes. La consolidation de sa dictature avant le commencement de l’offensive de printemps est ce que veut imposer le Führer bien conscient que les difficultés sont croissantes pour le Reich. Le fait qu’il ne parvienne plus à donner des leçons à l’Armée rouge et qu’en Afrique les troupes de Rommel soient loin d’être devenues les patronnes du désert sont les signaux du commencement d’un repli qui, une fois engagé ne pourra plus s’arrêter. « C’est parce qu’il tremble devant l’hostilité contenue mais évidente du peuple français qu’Hitler a arraché le pouvoir des mains débiles et séniles de Pétain pour le placer entre les mains de Laval, son homme de confiance », renchérit Henri Hauck.

    Pourquoi ? Parce qu’assurer les positions des armées du Reich à l’Ouest passe par une répression féroce de ce qui est qualifié d’agitation gaulliste, patriotique, démocratique. Le peuple français serait sur une rampe insurrectionnelle aussi un gouvernement de franche collaboration dirigé par Pierre Laval est le seul à même de renverser le rapport de forces et de contribuer par une offensive sans précédent à la caporalisation de l’Hexagone au service total de Berlin. « Entre l’accession au gouvernement en France du sinistre politicien de Châteldon et les pleins pouvoirs accordés en Allemagne à Hitler, il y a une relation intime, une concordance étroite : le danger mortel que le IIIe Reich sent peser sur lui ». Cette glissade vers un absolutisme sans précédent doit être un encouragement pour les Français à montrer leurs muscles et à résister. L’Allemagne chancelle mais elle veut faire croire qu’elle est droite dans ses bottes. Hauck très en forme reprend : « Le peuple français a appris la vertu de l’offensive. Il sait qu’en harcelant sans cesse l’envahisseur et les traîtres qui le servent, il aide à la victoire des Alliés et à la libération de la patrie ».

    Trois jours en neuf ans

    L’objectif recherché est d’entretenir la flamme dans les entreprises de conforter ceux qui y créent un syndicalisme clandestin en lien avec la résistance de persévérer : « Dans quelques jours nous serons le 1er mai. Les travailleurs français, fidèles aux traditions glorieuses de notre mouvement ouvrier et décidés à libérer la France de l’esclavage où la maintient l’envahisseur sauront répondre aux boches et aux traîtres. Ils sauront en ce 1er mai de guerre affirmer leur volonté de lutter contre la faim, contre la misère, contre la servitude pour le travail libre dans une France libérée ». Dans les chancelleries on s’amuse beaucoup de la remarque du Führer devant le Reichstag assurant que depuis son accession au pouvoir le 30 janvier 1933, il n’a eu que trois jours de vacances. Justement, le calendrier lui donne la chance d’en prendre un quatrième. S’il est avec les travailleurs et les forces de progrès, il va les rejoindre pour satisfaire à leurs revendications et afficher la puissance de sa médiation.

    Un chroniqueur use d’ironie pour décrire le patron du Reich : « J’ai entendu Hitler dire aux ouvriers de Nuremberg qu’il était pauvre. En fait, il est l’un des hommes les plus riches d’Europe ». Qui peut croire comme il le proclamait au micro sous les applaudissements qu’il n’a jamais signé un chèque ? On remarque toutefois que l’aveu du Führer sur son impossibilité de prendre des vacances n’a pas été applaudie au Reichstag : « L’ouvrier allemand pouvait croire qu’Hitler était sans le sou, mai le Reichstag savait à quoi s’en tenir au sujet des longues absences du Führer à Berchtesgaden ; trop de fonctionnaires allemands ont eu à subir les conséquences du refus d’Hitler de s’occuper d’affaires officielles quand il y réside ! ». Ce commentateur qui ne manque pas d’humour assure être allé à deux reprises à Berchtesgaden et il confie envier Hitler au Berghof. Il s’en explique : « D’abord il déjeune au lit, dans une chambre à coucher dont la vue embrasse Salzbourg et les Alpes Bavaroises. Tard dans la matinée, Hitler fait son apparition vêtu en Tyrolien ou en costume de campagne. Puis, si le temps est beau, c’est une promenade dans la montagne. Dietrich, le chef de la presse est là avec les dernières nouvelles, les télégrammes diplomatiques, les rapports militaires ».

    Un fieffé menteur

    On décrit avec soin les journées de cet homme qui ne cesse pas de travailler mais renvoie ceux qui viennent lui apporter les notes de synthèses des dossiers les plus chauds. Bref, le Führer n’a pas le temps de s’occuper de politique trop occupé à préparer le déjeuner qui est servi dans la salle à manger du premier étage où la table est mise devant la baie vitrée qui domine la vallée. Après le déjeuner, on sert le chocolat et les petits fours dans le grand salon du rez-de-chaussée et il n’y a toujours pas de temps pour évoquer les affaires de l’Etat. Comme pendant l’après-midi il ne faut pas le déranger au moment où il marche dans la forêt et lorsqu’il prend le thé sur la terrasse sous un large parasol, on se demande s’il dispose ne serait-ce que d’un quart d’heure pour faire son métier de chef d’Etat. Bref, pour Londres, Hitler est un fieffé menteur qui s’octroie du bon temps. Bien sûr il s’y fait présenter par Albert Speer les plans de ses projets grandioses pour la capitale allemande mais est-ce une occupation prioritaire en temps de guerre ? Hitler dit-on s’amuse avec les crayons, les compas et les équerres et règles de son grand architecte. Pense-t-il à ce moment-là à ses soldats qui, sur le sol soviétique endurent de terribles épreuves face à des troupes de l’Armée rouge bien décidées à chasser les nazis de leur territoire ? Le commentateur assure après s’être moqué du photographe Hoffmann qui immortalise chaque geste de la journée d’Hitler : « Cette existence idyllique se poursuit des jours et des semaines. Hitler peut prétendre que ce ne sont pas des vacances, mais il n’y a pas un ouvrier ou un soldat allemand qui ne serait heureux d’échanger son congé ou sa permission contre quelques jours de repos dans l’atmosphère enchanteresse de Berchtesgaden ».

    Textes : Hervé Chabaud


    …..

    1er mai 1942 : la France du non à l’Allemagne mobilisée

    Le 1er Mai est aussi l’occasion de dénoncer ceux qui vont volontairement travailler en Allemagne.
  •  Agrandir la photo
  • Les 28, 29 et 30 avril 1942, des appels à manifester sans contrevenir aux lois de Vichy sont diffusés sur les ondes de la BBC. C’est Maurice Schumann qui, le 28, ouvre le bal protestataire en s’adressant à tous les hommes et les femmes au-delà de leurs croyances et de leurs opinions philosophiques et politiques. Il ne faut surtout pas se faire voler par Vichy, les collaborateurs et l’occupant le 1er mai la fête des travailleurs. « Vos organisations d’autant plus vivantes qu’elles sont secrètes, après avoir, par le rôle éminent qu’elles ont assumé dans la résistance commune, méritées la gratitude nationale, convient la nation à passer vendredi, après 18 h 30, sans cortège et sans cris devant les statues de la République ou les mairies de nos villes et de nos villages ». L’éditorialiste propose donc une manifestation pacifiste qui peut être démonstrative dès lors qu’elle rassemble beaucoup de familles qui ne font que défiler devant un monument public comme si elles se promenaient. Cette initiative est aussi celle du général de Gaulle et de ses compagnons-délégués de la France combattante sur les champs de bataille : « Ils appellent tous les combattants du front de France, c’est-à-dire tous les Français de la ville et des champs, quels que soient leur passé, leurs croyances ou leur condition à se mêler aux travailleurs, au soir de la fête nationale du Travail, comme les travailleurs s’étaient mêlés à eux, l’an dernier, au soir de la fête nationale de Jeanne d’Arc ». C’est une tentative de créer l’union nationale autour de l’exigence de la libération du joug nazi.

    PAS DE CALICOTS

    Maurice Schumann explique que les travailleurs ont perdu leurs droits lorsque la France a perdu ses armes et qu’ils sont désormais dépouillés du moyen de se faire entendre. Cela peut être rectifié. « Le mot libération, qui résume aujourd’hui toutes leurs pensées, toutes leurs colères, toutes leurs volontés et toutes leurs certitudes, il exprime à la fois la libération sociale et la libération nationale, la sécurité sociale et la sécurité nationale, les deux aspects solidaires d’une seule et même victoire ». Le seul combat juste partagé par tous est de se battre pour la délivrance. « Sous la cendre de la fausse défaite et de la trahison, couve le brasier de la nouvelle Révolution française. Français, le 1er mai 1942 comme le 11 mai 1941 vous vous regarderez l’un l’autre, droit dans les yeux sur les places publiques de nos villes et de nos villages. Et ce regard suffira, sous le signe du Travail comme sous le signe de Jeanne d’Arc. Cette volonté, cette espérance sont et resteront tournées vers le drapeau de la Liberté qui nous semblait si délavé, mais dont nous savons tous maintenant qu’il est toujours bien assez bon contre les étendards de la servitude ».

    Henri Hauck signe le 29 son appel pour le 1er mai qui reprend les consignes données la veille par Schumann : « C’est pour la dignité du travail, pour un ordre social plus juste, pour l’affranchissement des peuples que vous manifesterez en silence. Mais ces buts ne pourront pas être atteints tant qu’Hitler ne sera pas abattu, tant que la France ne sera pas libérée ». Toujours le 29 avril, le professeur René Cassin appelle à la mobilisation des hommes de raison : « Combattants des deux guerres, ces héros et ces espoirs dans le retour des libertés du peuple français, c’est le 1er mai, jour de la fête du travail, que vous aurez cette année à les honorer ». Il explique l’utilité du défilé silencieux devant les symboles de la République : « Votre présence massive signifiera à l’ennemi et à ses collaborateurs que le peuple français est irréductiblement rebelle à toute servitude et qu’il recréera des institutions démocratiques ». Avant de conclure : « Aux forts qui ont été témoins de la défaite momentanée et de la trahison, vous ferez le serment de réaliser le voeu suprême : « Rendre à notre patrie avec son indépendance son renom de patrie de la liberté » ».

    Le 30 avril c’est au tour de Jacques Duchesne de lancer son invitation républicaine : « C’est en France même que le mouvement ouvrier français vous a adressé l’appel que nous allons vous répéter : Français manifestez le 1er mai, pour la dignité des travailleurs, pour un ordre plus juste, pour la France libérée dans une humanité affranchie ! Passez silencieusement et individuellement à partir de 18 h 30 le 1er mai devant les statues de la République et les mairies ». Cet appel que les Français libres font connaître et relaient sur les ondes a été lancé en métropole aussi chaque auditeur est-il interpellé pour en être le messager et participer.

    NON AUX SUPERCHERIES

    Le 1er mai est encore la journée idéale pour dénoncer la supercherie de la collaboration franco-allemande qui n’est bien sûr qu’une duperie scandaleuse. L’occasion est trop bonne pour revenir encore sur les manipulations validées par Pierre Laval et ses valets du Reich. « Aujourd’hui 1er mai 1942, il convient donc de méditer plus que jamais sur cette honteuse duperie qu’est la collaboration entre la France et l’Allemagne nazie. Ce n’est pas à nous de vous expliquer ce que les dictatures en ont fait pour camoufler un système d’esclavage. Tout cela, vous le savez. Nous tenons simplement à dire que notre pensée va tout particulièrement aujourd’hui vers les ouvriers français trompés par les collaborateurs, partis travailler en Allemagne. Nous pensons à leur déception, à l’impuissance totale à laquelle ils sont réduits. Nous pensons à la détresse des femmes, des enfants qu’ils ont laissés en France ».

    L’impératif en cette journée est d’être décomplexé, de ne pas craindre de s’opposer d’avoir une posture hostile envers les occupants et Vichy mais sans les pousser à une réplique capable de provoquer des arrestations massives. Il faut que chacun ait le courage de dire dans son entourage à tous ceux capables d’être séduits par les sergents recruteurs du Reich : « N’écoutez pas les promesses fallacieuses des individus à la solde des nazis. N’oubliez pas non plus vos camarades lorsqu’ils viennent d’Allemagne en France, en congé, ne peuvent pas vous dire toute la vérité parce que la gestapo les tient à sa merci. Attention ! Attention ! N’allez pas en Allemagne forger les chaînes des travailleurs français, c’est-à-dire forger les chaînes de la France ».

    Duchesne revient le 1er mai sur la célébration d’une journée forcément exceptionnelle. Il la considère comme celle du rassemblement de toutes les énergies françaises avant les grands combats de l’été : « La célébration d’aujourd’hui, c’est la réunion autour des travailleurs, autour du peuple de France, de Nation française tout entière. Cette unité, elle est essentielle pour que la lutte soit efficace ». Bien sûr, le chroniqueur énumère quelques constats encourageants qui lui ont déjà été rapportés. L’ouvrier est avec le contremaître, le contremaître avec le chef de service, le chef de service avec le patron. Bref, le 1er mai est un jour d’union de tous ceux qui composent les forces du travail. L’ambition est de citer aussi comme à Marseille, la présence d’étudiants et d’intellectuels auprès des ouvriers.

    Duchesne conclut : « Ce peuple de France est composé de tous ceux qui, sans distinction de classe, d’opinion ou de confession mènent la lutte contre l’oppression allemande et nazie ».

    ***********************************

    Union120428c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Hommage aux déportés

    Les anciens combattants et associations de résistants et déportés rendent hommage aux morts de la Deuxième Guerre mondiale.
  •  Agrandir la photo
  • À Vitry-le-François, la commémoration à l’occasion de la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation aura lieu demain à 10 h 30 devant la stèle de la déportation (face à la gare).

    À Sermaize-les-Bains, la cérémonie se déroule devant le monument aux morts ce matin à 11 heures.

    À Saint-Amand-sur-Fion, le rassemblement a lieu ce soir à 18 h 30 au monument aux morts. À Saint-Dizier, la commémoration se déroule ce soir à 18 h 30 au monument à la mémoire des déportés de Haute-Marne, place du Maréchal-Leclerc : veillée organisée par l’association des déportés, internés, résistants et patriotes de Saint-Dizier, et par l’association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, avec la participation du Souvenir français et du groupe Couleurs tziganes. Seront interprétés le Chant des marais, l’hymne européen, différents chants de mémoire et d’espoir, ainsi que des textes et poèmes évoquant la résistance et la déportation.

    Demain, rendez-vous est donné à 10 heures à la salle de la bourse du travail de la cité administrative, entrée rue de la Commune de Paris : cérémonie multiconfessionnelle célébrée à la demande du comité d’entente des associations patriotiques, d’anciens combattants et de victimes de guerre de Saint-Dizier. À 10 h 45, rendez-vous au monument à la mémoire des déportés de Haute-Marne pour une cérémonie du souvenir, avec la participation de l’Harmonie de l’UJB : appel des déportés avec dépôt de roses en mémoire des déportés disparus, dépôt de gerbe, Chant des marais.

    Au monument aux morts de la ville : hommage à un déporté, Chant des partisans, lecture du message commun des associations de déportés, dépôt de gerbes. Les honneurs seront rendus par un détachement de la base aérienne 113 Saint-Exupéry. Puis rendez-vous à 11 h 15 pour une réception à la salle du conseil municipal de l’hôtel de ville.

    ***********************************

    Union120428b - Marne
    EPERNAY : Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (FNACA) : Les effectifs se maintiennent

    La médaille d’honneur des 10 ans a été remise à Roland Lapierre, porte-drapeau.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale de la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie) s’est tenue à la Maison des associations.

    Le président André Richard a fait observer une minute de silence à la mémoire des anciens combattants disparus. Le rapport moral décliné par Jacky Barré, secrétaire et les différents rapports financiers ont été adoptés à l’unanimité.

    « Non ! »

    Le président a évoqué ensuite les effectifs qui enregistrent une évolution favorable depuis 2008, malgré un vieillissement inéluctable. Autre temps fort, les importantes commémorations du 19 mars, date anniversaire du cessez-le feu en Algérie et la ferme volonté de refus concernant la date du 5 décembre, « date fantaisiste, sans signification quant à la fin de la guerre d’Algérie ».

    S’ensuivait un exposé sur les conditions d’obtention de la carte du combattant et les droits qui y sont attachés, y compris pour les veuves. Le programme des activités proposées pour l’année en cours était ensuite soumis aux adhérents.

    ***********************************

    Union120428a - Marne
    TRIGNY : Médaille et pensées pour les absents

    Alexandre Zentner a remis la médaille à Jean-Claude Ronseaux devant le président Roland Marion.
  •  Agrandir la photo
  • Les anciens combattants et soldats de France UNC de Trigny se sont réunis sous la houlette de leur président Roland Marion pour leur repas annuel, qui a débuté par une minute de silence en l’honneur de leurs camarades décédés et pour les soldats morts pour la France en opération extérieure. Sans oublier ceux qui ont été lâchement assassinés en Afghanistan et en métropole.

    La section est composée de 36 adhérents, une bonne partie de ceux-ci étant des SF, ce qui assurera la relève et la continuité des AC. Puis le président départemental, Alexandre Zentner, a remis la médaille de porte-drapeau SF en reconnaissance de 20 années de fidélité dans cette mission à Jean-Claude Ronseaux, mission qu’il assure avec compétence, dévouement et dignité.

    M. Marion remercia ensuite Henriette Letailleur, veuve de Michel, ancien déporté de Rawa-Ruska et présenta deux nouveaux adhérents : Anthony Guillemart comme SF et Jean-Jacques Sobra comme sympathisant.

    Le président eut également une pensée pour deux camarades hospitalisés, Jean-Louis Sobra et Robert Gauthier, à qui il souhaita un bon rétablissement ainsi qu’à leur président d’honneur Michel Guillemart, malade depuis plusieurs années.

    Sur les tables, chacun remarqua les magnifiques bouquets bleu-blanc-rouge confectionnés par Annick et Denise ; tandis que tous appréciaient aussi les menus avec l’écusson UNC ainsi que la photo de la « main de Massiges », réalisés par Ghislaine et Lucien.

    ***********************************

    Union120427b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Journée du souvenir des victimes de la déportation : « Les gens ont oublié »

    Les organisateurs regrettent tous les ans la faible présence de jeunes aux commémorations en souvenir des déportés. Photo archives
  •  Agrandir la photo
  • VITRY-LE-FRANCOIS (Marne) Des cérémonies officielles sont comme tous les ans organisées à Vitry et Saint-Amand-sur-Fion les 28 et 29 avril, pour la journée nationale de la déportation.

    GISELE PROBST ne veut pas oublier. La déportation, elle l’a connue dans le camp de Ravensbrück où elle a passé six mois. C’est pourquoi cette vibrante octogénaire s’implique toujours avec autant d’énergie pour entretenir le souvenir des camps nazis et de leurs victimes.

    Et organise tous les ans aux côtés des mairies les cérémonies de la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, le dernier dimanche d’avril.

    Un premier rassemblement se tiendra le samedi 28 avril, à Saint-Amand-sur-Fion où elle a vécu une bonne partie de sa vie. Rendez-vous est donné à 18 h 30 au monument aux morts, puis les participants se retrouveront rue des Bas prés.

    Dimanche 29 avril, c’est à Vitry cette fois que se retrouveront ceux qui désirent rendre hommage aux déportés. Le rassemblement aura lieu à 10 heures à la stèle de la gare. Une chorale donnera le chant des Marais, avant un appel des morts en déportation ; la petite-fille de Gisèle Probst lira le poème Il faut que je me souvienne ; le dépôt de gerbes sera suivi par une minute de silence… Un autre dépôt de gerbe est programmé à l’esplanade des résistants, inaugurée l’an dernier.

    Gisèle Probst tient à témoigner. Les jeunes d’aujourd’hui « ont oublié tout ça, ce n’est plus à la mode. Tout ça c’est trop vieux, les gens n’en ont plus rien à foutre. Pourtant, un pays qui n’a pas d’histoire, c’est un pays qui n’existe pas ».

    Fausse carte d’identité

    Alors elle parle. Désormais dans l’incapacité de se déplacer dans les établissements, elle reçoit volontiers chez elles tous les jeunes, envoyés par leurs professeurs ou leurs parents, qui la contactent. « C’est mieux chez moi, je peux leur montrer ma fausse carte d’identité, ma robe de captivité. » Elle peut aussi y exhiber fièrement ses photos « du Grand Charles » qui trônent au milieu de ses images de famille, évoque sa « meilleure amie Geneviève De Gaulle ».

    Elle a également été contactée par une étudiante de la Sorbonne qui écrit une thèse, par le CFA interprofessionnel de la Marne à Châlons pour une conférence… Bref, si elle se plaint que plus personne ne s’intéresse à l’histoire de France (« Il n’y a plus de concours de la Résistance à Vitry depuis deux ans »), elle trouve pourtant toujours des interlocuteurs. « Il suffit de me contacter. »

    C’est qu’elle a beaucoup à raconter. L’emprisonnement bien sûr, mais aussi « Vitry qui brûle » en 40, l’exode, comment elle a atterri en Auvergne. Ou comment son père « n’a jamais digéré ça, mais on n’entrait pas en résistance comme ont s’achète un ticket de ciné ». Le gendarme qui les a dirigés vers les résistants. Le développement du réseau Mithridate « qui de fil en aiguille est devenu le plus gros réseau franco-britannique ». La dénonciation, l’arrestation, les coups de matraque qui lui ont bousillé le dos. Son mari arrêté à Toulouse, écartelé, pendu. Sa fille n’avait alors qu’un an. Une histoire qu’elle ne laissera pas oublier.

    Caroline BOZEC

    ***********************************

    Union120427a - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE : Marne Memory 44 : La reconstitution d’un camp militaire allié

    War of Marne se déroulera sur deux journées.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    A l’occasion du 67e anniversaire de la fin du second conflit mondial, Marne Memory 44 présente « War of Marne édition 5 », le lundi 7 et mardi 8 mai à Mairy-sur-Marne.

    Durant ces deux jours et grâce au savoir-faire, le public pourra revivre la vie d’un camp allié. Plusieurs scènes seront présentées : montée des couleurs, accueil par la police militaire, baptêmes de véhicules, présentation d’un hôpital militaire…

    Le public sera accueilli de 9 à 17 heures.

    Le 8 mai, une cérémonie se déroulera au monument aux morts de Mairy avant de se rendre à Saint-Germain-la-Ville.

     

     

    ***********************************

    Union120426c - Marne
    SEZANNE : Assemblée générale à Sézanne : Le Souvenir français fête ses 1 an

    C’est ce vendredi à partir de 18 h 30 que se tiendra, à la maison des sports, la première assemblée générale ordinaire du Souvenir français de Sézanne (après celle validant les statuts). En un peu moins d’un an d’activité, soixante-dix-sept membres sont venus rejoindre l’association.

    Les objectifs à venir seront d’étendre le rayon d’action à Fère-Champenoise et Anglure en y trouvant de nouveau membres, mais aussi de nouer des partenariats avec la cité scolaire afin d’organiser au moins une sortie par an avec les élèves des classes de 3e.

    Gérard Labrune, président de l’association, se tourne également vers 2014 et la commémoration prévue à cette date, en participant notamment au financement des rénovations et autres cérémonies.

    ***********************************

    Union120426b - Marne
    CHALONS : La 145e section en assemblée : Les médaillés militaires se portent bien

    Des diplômes et des médailles ont été remis pendant la réunion à Mourmelon.
  •  Agrandir la photo
  • Placée sous la présidence de Jean-Marie Gagnaire, président départemental Marne, l’assemblée générale de la 145e section des médaillés militaires a été ouverte par le président et organisateur Gérard Plomion, qui a rappelé que cette année étaient fêtés les 160 ans de la médaille militaire.

    Après lecture du bilan financier et du compte rendu moral et d’activités, par le président (40 sorties dont 31 avec le drapeau), la parole fut donnée à Jean-Marie Gagnaire qui a félicité le président Plomion pour son organisation et a tenu à le remercier pour son invitation.

    Président de l’UD 51 depuis le 1er janvier 2012, Jean-Marie Gagnaire a demandé aux adhérents titulaires de faire un effort dans leur entourage, famille, amis, connaissances militaires, pour recruter d’éventuels médaillés militaires isolés.

    La parole a ensuite été donnée à Serge Masson, adjoint au maire de Mourmelon-le-Grand. Celui-ci a souligné la bonne santé de l’association, ainsi que les nombreuses sorties.

    L’assemblée s’est rendue ensuite à la stèle des Médaillés Militaires pour y déposer une gerbe.

    Diplômes et médailles

    Pour conclure la cérémonie, Gérard Plomion a procédé à la remise de récompenses. Deux diplômes d’honneur ont été remis à deux adhérents titulaires pour plus de 50 ans de port de la médaille militaire ; deux médailles de bronze et trois d’argent à cinq dames d’entraide, totalisant plus de 30 et 40 ans de présence dans la section. Il a aussi remis le diplôme de porte-drapeau CEFEO au président honoraire Paul Larribe. Un vin d’honneur suivi d’un déjeuner dansant jusqu’à 20 heures ont clôturé cette journée dans la joie et la bonne humeur.

    ***********************************

    Union120426a - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Maquis des Chênes Tous enchantés par la Corse

    Un voyage touristique mais également gastronomique.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Après un vol sans histoire, le Maquis des Chênes a atterri à Ajaccio. Au cours de la semaine, les participants ont visité les villes et les villages avec leurs citadelles et tours de guet.

    Cargèse, Piana, Porto, Corte, Calvi, l’île Rousse. Le petit village en altitude de Lumio où demeure Lætitia Casta, puis les villages « Belvédères » perchés sur les montagnes.

    Encore des villages comme Pino, Luri, Erbalunga puis Bastia, Aléria, Solenzara, le col de Larone puis le col du Bavella et enfin Porto-Vecchio. La semaine s’est terminée par un séjour à Bonifacio.

    Enfin retour sur Ajaccio avec arrêt sur la tombe de Tino Rossi et les îles Sanguinaires

     

    ***********************************

    Union120425a - Marne
    CHALONS : En bref

    Cérémonie de Camerone

    La cérémonie anniversaire du combat de Camerone, célèbre fait d’armes de la Légion étrangère le 3 avril 1863 au Mexique, organisée par l’amicale autonome de la Légion et amis de la Légion étrangère de Châlons et des environs, aura lieu le lundi 30 avril à 15 heures au monument aux morts de la ville. Au programme : lecture du fait d’armes par un ancien sous-officier légionnaire, dépôt de gerbe par les autorités, suivi du traditionnel boudin à la Maison du combattant, cité administrative Tirlet.

    Butte des Fusillés

    Le dimanche 6 mai à 7 heures, la Résistance Châlonnaise et les descendants du Groupe Tritant organisent une cérémonie à la Butte des Fusillés en souvenir du 6 Mai 1944 où des Châlonnais avaient perdu la vie.

    ***********************************

    Union120424a - Marne
    EPERNAY : Anciens d’AFN : Hommage et croix du combattant

    René Chopin et Jackie Duval ont été honorés.
  •  Agrandir la photo
  •  

    À l’issue de leur assemblée générale annuelle, les anciens combattants de la section FNACA d’Epernay et environs se sont rendus en défilé au monument du square Clevedon dédié à la mémoire des combattants de la guerre d’Algérie et des combats qui ont eu lieu au Maroc et en Tunisie, de 1952 à 1962.

    René Chopin et Jackie Duval ont reçu des mains du président de la FNACA, André Richard, la croix du combattant d’Algérie.

    Après lecture de la liste nominative des hommes tombés au combat, une gerbe a été déposée au pied du monument, les sonneries réglementaires étant exécutées par la Champenoise d’Aÿ, la Marseillaise par le groupe vocal Inter-Lude de Magenta.

     

    ***********************************

    Union120422d - Marne
    1939 – 1945 : Ces terrains d’aviation disparus

    Incollable sur les avions qui ont occupé la BA 112, Patrick Potier s’intéresse aussi terrains d’aviation qui ont existé dans la région.
  •  Agrandir la photo
  • Le lieutenant A.Cunningham assis dans son chasseur bombardier monomoteur Republic P47D « Thunderbolt » devant un L3*R.
  •  Agrandir la photo
  • Un logo qu’on trouvait sur les bimoteurs Douglas C47 skytrain du 87th TCS du 438th troop carrier basé en février 1945 sur le terrain de Wez.
  •  Agrandir la photo
  • Un logo qui était apposé sur les chasseurs bombardiers Republic P47 Thunderbolt du 378th fighter squadron en septembre 1944
  •  Agrandir la photo
  • Le 5e groupe de chasse III/6 décorait ses Morane Saulnier MS 406C1 avec un masque sévère tandis que le 6e groupe préférait un masque rieur.
  •  Agrandir la photo
  • Passionné d’aviation, Patrick Potier sort le premier ouvrage d’une série sur « les terrains d’aviation en Champagne et Picardie ». Pour les férus d’histoire et d’avions.

    IL est incollable sur le nom des unités aériennes, ses chefs et ses avions qui sont passés sur la base aérienne 112 de 1927 à 2011. Quelques mois après avoir sorti avec Jacques Pernet une mini-bible sur tous les escadrons de la Ba 112 de Reims Courcy, Patrick Potier innove encore. Il publie le premier tome d’une série sur les terrains d’aviation disparus en Champagne-Ardenne et qui ont servi durant la Seconde Guerre mondiale. Le premier ouvrage de 66 pages est consacré à deux terrains : celui de Wez-Thuizy-Prosnes A-79 et de Mourmelon-Bouy A-80.

    Le souci du détail

    « Je m’intéresse aux quinze à vingt terrains d’aviation qui ont servi durant la Seconde Guerre mondiale avant de disparaître », explique l’auteur. « Ces terrains ont été utilisés par les Français en 1939, par les Britanniques en 1940, par les Allemands durant l’occupation puis par les Américains. Ces terrains étaient justifiés par la proximité de la frontière allemande à l’Est. Les Allemands ont utilisé ceux de Picardie pour bombarder l’Angleterre tandis que les Américains ont utilisé ceux de l’Ouest vers l’Ouest, un peu décalés par rapport aux forces armées de Patton. En fait de terrains, il s’agissait la plupart du temps de grands carrés d’herbe. Les Allemands en faisaient des infrastructures plus lourdes avec des pistes en béton tandis que les Américains réutilisaient les pistes qu’ils avaient détruites en y posant dessus des plaques PSP qui s’emboîtent les unes avec les autres. »

    A partir de documents divers de tous les acteurs du conflit collectés dans les archives du Fort d’Ivry mais aussi dans de nombreux livres et sur Internet, Patrick Potier présente les terrains en racontant leur histoire complétée par des plans, des cartes, le nom des unités et des avions qui y ont stationné et les faits marquants qui s’y sont déroulés.

    Alain MOYAT

    « Terrains d’aviation disparus en Champagne et Picardie ». 15 euros. Disponible en librairie. Pour contacter l’auteur à la recherche de documents sur l’histoire des terrains d’aviation de la région : potierpatrick@sfr.fr

    De Thuizy-Prosnes à Bouzy-Mourmelon

    Avec le souci du détail et de nombreuses illustrations, Patrick Potier retrace les passages successifs des armées sur les terrains de Wez-Thuizy-Prosnes et de Bouy-Mourmelon.

    • A Wez-Thuizy-Prosnes

    Le terrain de 95 hectares est occupé de 1939 à mai 1940 par l’armée de l’air française. C’est le groupe de chasse C 1/4 créé à Reims qui l’occupe en premier avec des chasseurs monoplaces américains Curtiss H 75C et se frotte à des Messerschmitt. Le 15 novembre 1940, arrive le groupe de chasse III/6 équipé de Morane Saulnier MS 406CI reconnaissables avec son masque sévère ou rieur. Ils descendent des Dornier DO-17P sur Verdun et combattent contre des Messerschmitt avec des fortunes diverses. L’escadrille de Guet, 5e escadrille du GC II/2 dotée de Potez 631 et deux P630, occupe aussi le site. Accompagnement de Morane MS 406 vers Tunis, attaques de Heinkel HE 111, l’escadrille rejoint Meaux en mai 1940.

    Du 11 au 16 mai, le GC 1/3 arrive sur cette base équipée de chasseurs Dewatine D 520C, avions enfin efficaces contre les Bf 109 de la Luftwaffe. Si le groupe de chasse harcèle l’ennemi, assure la protection de la formation Breguet Br 691 et obtient de nombreux succès, il ne peut empêcher le bombardement du terrain qui est abandonné jusqu’à l’arrivée des Américains.

    Le 362nd Fighter group arrive le 19 septembre 1944 sur cette base et avec ses chasseurs bombardiers Republic P-47 Thunderboldt et remplit des missions d’attaques au sol contre les troupes allemandes. Le 425th night fighter squadron lui succède avec les premiers chasseurs de nuit surnommés « veuves noires » fortement armés (4 mitrailleuses et 4 canons).

    Le 438th Troop carrier group passera là aussi avec des bimoteurs Douglas C 47 Skytrain qui font des missions de ravitaillement des troupes américaines entrées en Allemagne.

    • A Bouy-Mourmelon

    Le site, où Henri Farman a signé son exploit et où existait depuis 1910 une école d’aviation, fut occupé en 1914 par un régiment d’aviation (avec des Vosin type III) puis par deux unités d’observation de l’armée de l’air entre les deux guerres équipées de biplans Breguet XIX. Le terrain devient la base aérienne 131. Fin 1939, y passe le GAO 552 puis dès le 12 septembre 1939 arrive la Royal Air Force équipée de Fairey Battle qui effectue des missions sur Aix-La-Chapelle puis essaie de contenir l’offensive Biltzkrieg avec pas mal de pertes.

    La Luftwaffe occupe le terrain dès juin 1940, terrain détruit par leurs propres avions. Elle remet l’unité en état avant de repartir sur le front de l’Est.

    Enfin l’US Army Air Force y restera de septembre 1944 à juillet 1945 avec des chasseurs bombardiers Republic p47D Thunderbolt qui combattent sur l’Est de la France, sur Bastogne et des raids incendiaires sur Donnage, Noville, Drinklange etc.

    D’autres groupes passeront à Bouy-Mourmelon : le 358th Fighter group et le 434th troop carrier group.

    ***********************************

    Union120422c - Marne
    SEZANNE : Campagne de France napoléonienne et Grande Guerre : 2014, une année de commémorations

    Le public a écouté les initiateurs du projet : de gauche à droite Michel Tellier, Joseph Puzzo, Rosemonde Roullot, Jean-Pierre Béal.
  •  Agrandir la photo
  • C’est dans l’Orangerie du château de Montmirail que s’est tenue la réunion sur le projet d’organisation des festivités du centenaire 1914/2014 et du bicentenaire 1814/2014. Différentes manifestations devraient se produire en 2014. Cette réunion fait suite à l’appel du SIMR (syndicat d’initiative de Montmirail et sa région), de l’association 1814V4 que préside Joseph Puzzo et de l’association Mondement 1914 présidée par Michel Tellier.

    Les personnes présentes, représentants des communes, des Hussards de Lassalle, de la CCBC, du comité de jumelage, des randonneurs montmiraillais, ont posé de nombreuses questions sur ce « projet 2014 ».

    Joseph Puzzo a proposé que divers thèmes soient abordés tels que la gastronomie, la musique et la danse, la chirurgie, les musées, les randonnées, les flâneries musicales, les circuits napoléoniens…

    Festivités et recueillement

    Chacun a pu donner ses idées. Il en découle que la priorité à l’heure actuelle est la création d’un comité de pilotage. Les deux associations historiques ont donné leur avis, l’association 1814V4 a pour vocation de créer des événements très variés sur la zone géographique des quatre victoires de 1814, pour expliquer la campagne de France de Napoléon 1er.

    L’association Mondement 1914, quant à elle, perpétue le souvenir du sacrifice, du courage et des souffrances des soldats de la Marne, et perpétue la mémoire des grandes batailles de la Marne de la Première Guerre mondiale.

    Jean Pierre Béal a rappelé quelques points nécessaires pour réaliser le projet tel que : pourquoi organiser sous beaucoup de formes, pourquoi former une équipe de relais privilégiés, et quelles conditions de réussite. Les deux anniversaires ne devraient pas prendre la même tonalité puisque le bicentenaire devrait être festif alors que le centenaire, un moment de recueillement. Quelques objets comme le bicorne ou le casque Adrien pourraient fournir des idées de cadeaux… Un gros travail reste à faire et les volontaires ou bénévoles sont très attendus, ont conclu les responsables.

    ***********************************

    Union120422b - Marne
    BOUQUINS : IIIe Reich : l’énigmatique Canaris

    Qui était le chef des services secrets militaires d’Adolf Hitler, l’amiral Wilhem Franz Canaris ? On a souvent lu qu’il était un dissident et s’efforçait d’atténuer les décisions radicales du Führer.

    Eric Kerjean ne se laisse pas impressionner par les portraits d’habitude. Sa démarche rigoureuse est destinée à dépoussiérer le mythe comme si depuis 1938, le patron de l’Abwehr était un résistant et que sa pendaison dans la cour centrale du camp de Flossenburg le 9 avril 1945 pour haute trahison attestait une opposition construite contre le dirigeant suprême du Reich. N’a-t-on pas même suggéré que l’amiral aurait été un agent double rendant de précieux services aux Britanniques ? N’a-t-il pas été rapporté devant le tribunal militaire international à Nuremberg que Canaris avait incarné une résistance allemande ? L’auteur remet les pendules à l’heure.

    SERVITEUR FIDÈLE

    Que Canaris ait été en opposition à Hitler sur plusieurs sujets stratégiques pour l’avenir de l’Allemagne est probable mais, il est patent qu’il a servi le régime nazi en faisant de l’Abwehr un service du renseignement efficace, adapté à l’exigence de domination du Reich. Il a été capable de constituer une institution s’articulant autour d’environ 30 000 agents et supplétifs. Est-ce un hasard si les Américains dès le 11 mars 1942 attestent que l’amiral est aussi puissant qu’Himmler et dispose d’un réseau d’espionnage bien ramifié en Allemagne comme à l’étranger ? Eric Kerjean fait le portrait de Canaris déterminé à devenir marin au grand désespoir de son père.

    Après la Première Guerre mondiale sa détestation pour la conspiration marxiste-léniniste est évidente ce que le décide à rejoindre la révolution conservatrice. Son parcours comme juge assesseur près la cour martiale chargée du procès des assassins de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg démontre sa capacité à se situer aux frontières de la légalité pour mieux les dépasser au moment où on s’y attend le moins. Canaris est un homme du renseignement. Il a cela dans la peau. Il est rusé et sait comment inonder les services étrangers de fausses informations. Il cohabite avec Himmler qui n’hésite pas à lui rendre service et à le protéger de ses ambiguïtés qui lui apparaissent pertinentes dans le contexte de la guerre. Les deux hommes ne travaillent- ils pas à un projet commun ? S’ils savent qu’il existe à l’intérieur du régime national socialiste des opposants farouches à Hitler, eux tiennent à manifester une loyauté indéfectible au Führer.

    Himmler et Canaris veulent entretenir des passerelles avec l’ouest pour envisager d’éventuelles négociations dans l’avenir.

    C’est sans doute peine perdue puisque les alliés depuis la conférence de Casablanca (février 1943) veulent la reddition sans condition des armées nazies. Le 12 février 1944, Canaris est limogé de la direction de l’Abwehr qui intègre l’appareil de la SS. Il est arrêté le 23 juillet, trois jours après l’opération « Walkyrie » reconnu coupable de crimes de haute trahison et de trahison en temps de guerre et condamné à mort.

    Ne s’était-il pas rapproché des conjurés pour mieux les situer et démanteler leur organisation ? Lâché par Himmler, Canaris a assuré ne pas être un traître. Il a été victime du système qu’il n’avait que trop bien servi.

    H.C.

    Eric Kerjean, « Canaris, le maître espion de Hitler », Perrin, 227 p., 21 euros.

    ***********************************

    Union120422a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Pluie de bombes sur Malte

    Des Maltais dans les abris. L’île subit de violents bombardements. Malte résiste.
  •  Agrandir la photo
  • Une escale rapide sur l’île.
  •  Agrandir la photo
  • Malte agonise. Malte est épuisée. Malte appelle au secours. Et la résistance héroïque de ses combattants n’est pas inutile. Le 19 avril 1942, quarante-six Spitfire s’envolent du porte-avions américain « Wasp » pour rejoindre l’île au coeur de la Méditerranée et en assurer la police aérienne. Ce qui est un ballon d’oxygène inespéré pour les Britanniques. Les habitants aussi reprennent espoir car ils craignent que les forces de l’Axe ne se contentent plus de bombarder leurs installations et leurs maisons mais qu’elles débarquent sur leur sol. Les 20 et 22 avril, les bombardements sont très intenses et la Luftwaffe organise une noria d’appareils qui viennent déverser leurs cargaisons de mort. Presque tous les avions qui avaient été envoyés en renfort sont détruits au sol, endommagés dans des combats ou abattus. Après un moment d’euphorie, le moral est de nouveau en berne. A Londres, on considère la situation si critique qu’on imagine qu’à tout moment les soldats allemands et italiens peuvent prendre pied à Malte et priver les Britanniques de ce pôle névralgique entre l’Italie et la côte d’Afrique du Nord. Les services de renseignements alliés savent qu’il existe un plan d’invasion baptisé « Opération C 3 ». L’amiral italien Vittorio Tur est chargé de le mettre à exécution tandis que le général allemand Kurt Student tient à disposition ses unités parachutistes pour prendre le contrôle de tous les points sensibles. Il est parvenu, l’année précédente, à s’emparer de la Crête autre base stratégique de la Méditerranée. Le commandant italien insiste pour que les forces soient engagées sans tarder mais Hitler fait la sourde oreille. « Ce qui sied à Mussolini et à son état-major n’est pas prioritaire », grommelle-t-il.

    Les Anglais décident dans le même temps d’accroître leur pression sur la Sicile. Le 22 avril, ils mènent à bien deux puissants raids aériens contre Raguse et Comiso. Les Italiens annoncent que ces deux opérations sont des échecs, qu’il n’y a aucune victime et seulement des dégâts légers. Il s’agit en réalité de désinformation. Ce qui n’empêche pas, dès le lendemain, deux nouvelles frappes contre les villes siciliennes alors que les sirènes retentissent à Malte où les bombardiers allemands et italiens reviennent vider les soutes y compris sur les terrains de Micabba, Hal Far, Luka, et Gudia. Plusieurs positions de DCA de l’île sont dévastées alors qu’en Sicile, Catane est cette fois la cible de la RAF.

    Depuis début avril, les informations en provenance de Malte sont alarmantes. Le mois a débuté par la destruction de deux sous-marins anglais par des avions torpilleurs italiens et l’ennemi a prévu un contingent de 7.000 tonnes de bombes rien que pour le mois pour attaquer le port de La Valette et toutes les installations militaires de l’île ! La Royal Navy ne dispose plus que de quatre croiseurs, d’une quinzaine de contre-torpilleurs contre quatre cuirassés, neuf croiseurs, cinquante-cinq contre-torpilleurs et une soixantaine de sous-marins chez ses adversaires. Le déséquilibre est admis par Churchill qui considère que la Grande-Bretagne est désormais très vulnérable dans la grande région. Comme il n’est pas possible de déshabiller les forces dans l’océan Indien déjà bien malmenées par les Japonais, le Premier ministre britannique compte sur la détermination de ses forces et sur la chance !

    Les Anglais ne peuvent plus garder au mouillage des bâtiments à Malte. Ils y ont ainsi perdu un contre-torpilleur et ont eu deux autres navires sérieusement endommagés. Or la préservation de chaque unité de combat en surface ou sous la mer est primordiale pour ne pas laisser la Méditerranée sous le contrôle exclusif de Rome et de ses alliés berlinois.


    …..

    Laval : le maquignon de Berlin

    Pierre laval : le valet du Reich.
  •  Agrandir la photo
  • Fernand de Brinon : un lavaliste du premier cercle.
  •  Agrandir la photo
  • Otto Abetz : l’ambassadeur manipulateur.
  •  Agrandir la photo
  • Laval sur le chemin de la nouvelle collaboration avec le consul Schleier.
  •  Agrandir la photo
  • Jean Bichelonne, secrétaire d’Etat à la production industrielle relais deLaval auprès du ministre du Reich Albert Speer.
  •  Agrandir la photo
  • POUVOIRS. Pierre Laval, le nouveau chef du gouvernement est raillé par les alliés et les Français libres qui le décrivent en valet idéal du Reich certifié conforme par Hitler.

    Laval est pilonné comme vient de l’être Tokyo ! Les Français libres affirment, le 18 avril 1942, qu’il n’y a rien à attendre du gouvernement de ce sinistre individu et que ce n’est pas lui qui va donner plus de pain aux Français mais plutôt exiger une collaboration accrue à l’égard du Reich. On se moque encore lorsqu’on rappelle que l’Agence officielle allemande a voulu être la première à publier la liste de son gouvernement. Pour les gaullistes c’est une évidence puisque ce ministère a été constitué à Berlin : « Pierre Laval est un homme qui tient compte de l’opinion publique, de l’opinion publique allemande, cela s’entend. La liste ministérielle a exactement l’air d’avoir été combinée de façon à concilier les besoins de l’Allemagne et les ambitions personnelles de certaines personnalités vichyssoises qu’il fallait ménager ». On insinue sur des ministres qui ne sont que de l’habillage. Dans un régime autoritaire, policier et de collaboration, il n’y a pour les Français libres que trois postes qui comptent : « les Affaires étrangères, c’est-à-dire le ministère des instructions de Berlin, l’Intérieur, c’est-à-dire les moyens de les faire appliquer et la Propagande, c’est-à-dire les moyens de les faire digérer. Bien entendu nous retrouvons à chacun de ces points stratégiques l’aimable personne de Pierre Laval ».

    LA LISTE DES PALEFRENIERS

    Personne n’est dupe. Il est bien l’homme fort et celui qui contrôle non seulement la cohérence du gouvernement mais les ministères stratégiques. Il dispose de plusieurs agents d’exécution zélés qui se réjouissent de pouvoir se mettre en valeur en permanence auprès du chef du gouvernement. On cite Fernand de Brinon, Jacques Benoist-Méchin. On n’hésite pas à être cruel mais si réaliste : « Parmi les belles figures du règne, cet égout charrie également des personnages comme Abel Bonnard qui organisait de véritables jeux floraux à l’occasion du départ de la Légion française pour le front russe et bien entendu notre vieil ami Paul Marion ». L’important est de montrer à l’opinion publique que Laval détient en fait tous les pouvoirs et qu’il a tissé une toile d’araignée qui contraint tous ceux qui gravitent autour de lui à demeurer dans sa proximité pour exécuter docilement ses ordres favorables au Reich. Il est l’homme des mouchards, des rapports trafiqués, des dénonciations mensongères.

    Londres résume : « L’ordre nouveau boche lui fournit la trique. Laval fournit la glu ». Bref, s’il faut résumer Pierre Laval : il est le ministre d’Etat de la bocherie ! Les Français libres préviennent ainsi leurs compatriotes métropolitains : « Laval aura pour tâche de vous empêcher simplement de servir la cause alliée en cas d’intervention alliée, ou de vous lancer peu à peu dans une entreprise allemande si l’Allemagne veut parer à cette intervention par une initiative où la France pourrait jouer un rôle. Dans le premier cas, il faudra tenir. Dans le second, il faudra barrer la route à ses projets ». D’évidence, il faut ouvrir l’oeil de manière à anticiper ses manoeuvres pour mieux y apporter une réponse sans concession : celle de la Résistance.

    LA VOIX DE SON MAÎTRE

    Jacques Duchesne analyse pour sa part les réactions de la presse anglaise au retour de Laval. Il cite en particulier le Daily Express qui mentionne : « Nous devons constamment distinguer par la pensée le gouvernement de Vichy et le peuple français. Le peuple de France d’un mouvement spontané exècre Laval et ses maîtres allemands. Nous devons aider les gens de France à combattre les tricheurs et les traîtres qui sont prêts à livrer la France à Hitler ».

    De son côté le Daily Telegraph raille le vice-président du Conseil : « Laval va sans doute s’engager avec prudence dans sa carrière de collaborateur actif. Mais quelque prudence qu’il montre, il ne peut aboutir à rien et cela pour trois raisons. La première c’est qu’il n’y aura pas de victoire allemande. La deuxième, c’est que Laval ne sera pas suivi par le peuple français. Et la troisième c’est que si les Allemands étaient victorieux, il n’y aurait pas de place en Europe pour la France ». Les autres journaux sont sur le même ton. Laval incarne le mensonge, les tripatouillages politiques, les petites ententes avec Berlin, le collaborationnisme le plus vil.

    Le 20 avril, les Français libres ne relâchent pas la pression puisqu’ils ont suivi attentivement le discours de Pierre Laval. Bien sûr son propos d’un quart d’heure n’est que la lecture d’un discours qu’on assure confectionné à Berlin ou à l’ambassade d’Allemagne à Paris.

    Le chef du gouvernement use de tous les trucs et de toutes les formules qu’on connaît trop bien chez lui pour tromper les honnêtes gens : « Cela lui a toujours servi dans sa carrière de maquignon pour aller de combinaison en combinaison, d’escroquerie en escroquerie et de trahison en trahison ». On le soupçonne de rechercher à instaurer un culte de la personnalité tant il a pris soin de parler de lui, de sa vie, de ses engagements. Ne s’est-il pas posé en victime d’une machination occulte destinée à le déstabiliser alors qu’il vient entreprendre une oeuvre de redressement de la France ? N’affirme-t-il pas qu’il est le seul sauveur possible de la France ?

    Ce qui suscite cette remarque depuis le studio français de la BBC : « Quand on est ainsi amené à constater l’impudence de ce personnage qui, ce soir, n’a pu parler de Vichy devant un micro que parce qu’Hitler en a donné l’ordre, on est pris d’écoeurement ».

    GUIGNOL D’EXÉCUTION

    Pourtant on trouve son propos intéressant. Il confirme l’intérêt du Führer de disposer : « d’un guignol d’exécution » près du Maréchal. Le couplet sur la nécessité du rapprochement franco-allemand est jugé made in Berlin : « On sait depuis longtemps qu’il est l’agent de l’Allemagne en France, qu’il avait reçu mission dès le début de la guerre de saboter la résistance française, puis de préparer la capitulation, puis d’engager la France dans la voie de la collaboration, enfin, aujourd’hui d’intervenir en force pour transformer la France en province satellite du Reich ». Le moment est alors venu pour les orateurs de l’équipe de l’émission Les Français parlent aux Français de porter l’estocade : « S’imagine-t-on un seul instant qu’Hitler l’autorise à autre chose qu’aux monosyllabes obséquieux d’un valet, Quant à dire que l’Allemagne n’a jamais cherché à humilier la France, Laval est allé trop loin sur ce point dans la voie de la flagornerie et de l’abjection. Il a surenchéri là même où la plus élémentaire habileté eût dû lui suggérer de procéder par nuances ou même par silences prudents. Il a prononcé là les paroles qu’il n’aurait jamais dû prononcer ». Il est bel et bien le complice du pillage de la France et foule aux pieds les valeurs intellectuelles et morales de son pays. Pendant que les Français ont faim et froid, l’armée d’occupation gavée est bien chauffée. Sans doute est-ce parce qu’il est peiné de la situation de ses compatriotes, qu’il suggère d’intégrer la France dans l’Europe nouvelle. Pour en faire une vache à lait du Reich. Et les Français libres concluent : « La vérité est toute simple. Laval prend le pouvoir parce qu’Hitler se trouve engagé dans la phase la plus périlleuse de sa carrière. Il prend le pouvoir parce qu’Hitler a peur de tout ce que lui révèle la résistance grandissante des Français. Il prend le pouvoir pour mettre toutes les ressources de son pays entre les mains de l’ennemi ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD


    …..

    Bombes américaines sur le Japon

    Depuis le Hornet, les bombardiers ont décollé pour Tokyo avec Doolittle et ses équipages.
  •  Agrandir la photo
  • VENGEANCE. Si la frappe de la capitale et de plusieurs métropoles japonaises en représailles de Pearl Harbor est un succès psychologique, les réactions nippones en Chine sont d’une violence meurtrière extrême.

    Le 17 avril 1942, la Task Force Mike se trouve à vingtquatre heures du point de lancement de ses B25 pour une frappe de représailles sur Tokyo et plusieurs ports de l’Empire. Sur le pont du porte-avions Hornet, les équipages vérifient leurs appareils et se préparent mentalement à cette opération audacieuse. Les bombes sont déjà dans les soutes et certaines portent des dédicaces très claires : « Je ne veux pas mettre le feu au monde ; juste à Tokyo », « Bons baisers de Pearl Harbour », « Souvenez-vous du 7 décembre dernier ». A la nuit tombée, un radar détecte un bâtiment rapide de la marine nippone aussi le cap de la Task Force est légèrement corrigé de manière à éviter cette déplaisante rencontre. Le répit est court. Vers 7 h 30, un avion de reconnaissance ennemi repère Mike et parvient à d o n n e r l ’ a l e r t e avant d’être abattu par les canons d’un croiseur. Le lieutenant- colonel Doolittle et le contreamiral Halsey décident alors d’attaquer sans attendre, même au risque d’ajouter près de 200 km au parcours des bombardiers dont les équipages doivent être récupérés en Chine car ils ne disposent pas de l’autonomie suffisante pour revenir vers leur pont d’envol. Halsey communique alors au Hornet : « Ordre de départ immédiat. Bonne chance à tous et que Dieu vous garde ». Doolittle ajoute : « Ça y est les gars, on y va ».

    LE PONT DU « HORNET »

    Pour les pilotes c’est une première. Ils n’ont jamais décollé du pont d’un porte-avions avec une telle charge et des conditions météorologiques aussi désastreuses : « Le vent et la mer étaient si forts que des paquets d’eau venaient s’écraser par-dessus les rampes du Hornet. A 8 h 24, le dernier B25 s’envole sans incident. Halsey fait alors noter sur le journal de bord : « Changement de cap de 90° ; nous nous retirons de la zone d’envol à vingt-cinq noeuds ». La Task Force s’éloigne vers l’est tandis que les bombardiers sans couverture de chasse progressent vers le Japon avec comme objectif prioritaire les zones industrielles de la capitale. Chaque pilote a une cible : une aciérie, une manufacture, une usine de textile. Si un appareil est touché, l’ordre donné au pilote est de piquer plein gaz sur un édifice dont la destruction est souhaitable. Peu avant 10 h 30, les bombardiers survolent la baie de Tokyo. Il n’y a pas de comité d’accueil et les avions progressent sans tirs hostiles ni escadrilles d’interception. Leur tâche est même facilitée puisque le barrage de ballons censé protéger la capitale a été abaissé en raison d’un exercice de routine. « Le vol se poursuivit à basse altitude vers le sud jusqu’au centre est de Tokyo », mentionne le lieutenant-colonel Doolittle. Avant de préciser : « Nous montâmes à 360 m, obliquant au sud-ouest et lâchâmes nos bombes incendiaires sur un secteur très inflammable. La défense antiaérienne se révéla alors très active mais un seul des tirs se rapprocha de nous. Nous rasions presque le toit des maisons et survolions les faubourgs ouest enveloppés de flammes et de fumée. Puis nous virâmes plein sud en direction du large ».

    Dans la capitale c’est la surprise et les sirènes interpellent une population qui ne comprend pas le danger immédiat. Les habitants pensent d’abord qu’il s’agit d’une démonstration urbaine de l’aviation japonaise mais ils déchantent vite ! C’est en écoutant la radio ennemie que les équipages dans le Pacifique apprennent que l’opération de Doolittle est une réussite. Les avions US qui arrivent par petits groupes sont difficilement repérables. Les trois qui survolent Nagoya, Osaka et Kobé font croire à une attaque multisites si bien que le temps que les contrôleurs de la chasse ennemie comprennent le stratagème, les bombardiers filent au-dessus de la mer de Chine vers une terre amie. Quinze B25 atteignent les côtes chinoises sans incidents. Un appareil ayant des problèmes de carburant se pose à Vladivostok au grand étonnement des Soviétiques qui enferment l’équipage ! En revanche, les très mauvaises conditions météos empêchent les appareils d’atteindre les aérodromes nationalistes où ils sont attendus. Le brouillard en est grandement responsable. La plupart réussissent l’exploit de ne pas se crasher. Il manque néanmoins onze aviateurs. Des accidents à l’atterrissage font trois morts. Huit autres sont capturés par les Japonais, interrogés et torturés.

    LE DÉMON US MONTRÉ DU DOIGT

    La presse de Tokyo dénonce une attaque sanguinaire. Asahi Shimbun titre en pleine une : « Les démons ennemis mitraillent une cour d’école » et qualifie le bombardement de criminel, sans choix d’objectifs. Les Nippons oublient de rappeler leur raid sur Pearl Harbor. Les aviateurs prisonniers sont traduits en justice et condamnés à mort. Deux pilotes et un mitrailleur sont exécutés puis l’empereur commue les autres peines en détention à vie. Les dégâts provoqués par le bombardement américain sont limités. Quatre-vingtdix immeubles sont détruits et les sauveteurs recensent une cinquantaine de victimes civiles. En revanche, Washington vient de marquer un point en démontrant au Mikado que son aviation e m b a r q u é e est capable de frapper le Japon au coeur et que la supériorité aéronavale de Tokyo est bien contestée. Cette réplique plus psychologique que puissante interroge les stratèges nippons. Les Japonais mobilisent d’importants moyens pour organiser la chasse contre la Task Force qui a osé s’approcher si près de l’archipel. Yamamoto est très en colère parce que l’espace aérien sacré du palais impérial a été violé ! Les opérations engagées par l’étatmajor général ennemi ne donnent aucun résultat. Grâce à leurs radars, les Américains sont en capacité d’éviter bien des interceptions et comme de surcroît, l’océan est démonté, ils peuvent rebrousser chemin avec un gros moral et sans réel danger. Le moral revient aussi à Washington où les journaux saluent l’exploit de Doolittle. L’émotion au Japon est considérable et l’état-major général décide de rapatrier de Chine des escadrilles de chasse pour assurer la protection des îles de l’archipel.

    L’amiral Nagumo jusqu’ici rétif à conduire une opération sur Midway décide d’accepter le plan de Yamamoto pour élargir la ceinture de protection de l’archipel. Deux jours après la frappe sur Tokyo, le plan d’attaque contre cette puce de terre dans le Pacifique est avancé d’une semaine. Le gouvernement exige aussi des opérations de représailles en Chine puisque l’armée nationaliste a été complice de l’action des Amricains en réceptionnant ses équipages.

    Cinquante-trois bataillons sont lancés à l’assaut des provinces de Che-kiang et du Kiang-sou. Un vrai massacre est soigneusement planifié et confié à des unités endoctrinées. Les soldats doivent ouvrir le feu sur tous les Chinois rencontrés. Au cours de leur progression, les régiments nippons détruisent tout sur leur passage. Environ 250.000 paysans chinois sont exécutés. Le choc est considérable et les relations entre les Etats-Unis et le général Tchang Kaï-chek se refroidissent d’autant que le chef chinois ne connaissait pas l’objectif de la mission qu’il était appelé à soutenir ! Washington comprend aussi que toute atteinte à la terre sacrée du Mikado est capable de provoquer des réactions fanatiques d’une violence inouïe contre des populations civiles innocentes. En Birmanie, le général Ida reçoit l’ordre de lancer sa XVe armée avec encore plus d’énergie contre les pôles de résistance locaux afin de couper définitivement la route de ravitaillement de la Chine et contraindre Tchang à déposer les armes.

    ***********************************

    Union120420b - Marne
    CHALONS : Entre-Sort de Furies / Une soirée dédiée aux harkis

    Le public avide de pouvoir témoigner sur une période douloureuse de l’histoire.
  •  Agrandir la photo
  • A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’Entre-Sort de Furies organisait samedi en fin d’après-midi une soirée dédiée aux harkis et plus largement aux relations franco-algériennes. Deux films étaient diffusés à la soixantaine de personnes présentes (une centaine la veille lors de la première projection). Le premier, « Conversation » a été réalisé par deux personnes dont un Châlonnais, Pierre Naas. Il s’agit en fait d’un reportage faisant état de la situation des harkis aujourd’hui dans la ville préfecture. Le second, « Le choix de mon père » réalisé par Rabah Zanoun (présent ce samedi) relate l’histoire d’un harki ayant combattu auprès des forces armées françaises lors de la guerre d’Algérie. A la suite de ces deux projections, un débat s’est ensuite engagé avec la salle. Les témoignages des uns et des autres ont fait prendre conscience de l’émotion que génère encore cette période difficile de l’histoire pour bon nombre de harkis ou enfants de harkis.

    Et au cours du débat, un participant venait d’apprendre via internet la position du président français par rapport à la communauté harkie. Il n’a donc pas manqué d’en faire lecture. « A huit jours du premier tour de la présidentielle, cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie et cinq ans après l’avoir promis, Nicolas Sarkozy a reconnu, ce samedi 14 avril la responsabilité historique de la France dans l’abandon des harkis ». Cette déclaration a quelque peu ému le public même si certains y ont vu là une annonce de futur candidat à l’élection présidentielle.

    ***********************************

    Union120420a - Marne
    MONTMIRAIL : Mobilisation générale pour les cérémonies de 2014

    Les Hussards de Lasalle devraient prendre part aux commémo-rations du bicentenaire de la campagne de France.
  •  Agrandir la photo
  • MONTMIRAIL (Marne) Le Sud-Ouest marnais commence à préparer les deux grandes commémorations de 2014. Une réunion rassemblant plusieurs associations a lieu aujourd’hui à Montmirail. Des animations ont déjà été mises sur pied.

    LES habitants du Sud-Ouest marnais ont décidé de prendre en main les commémorations de 2014.

    Car c’est une année chargée qui s’annonce. 2014 sera l’année de la commémoration du bicentenaire de la campagne de France, et des batailles de Fère-Champenoise, Champaubert ou Montmirail. 2014 sera également l’année de la commémoration du déclenchement de la Première Guerre mondiale, et plus localement, de la Première Bataille de la Marne (septembre 2014).

    Fête et recueillement

    Différentes manifestations sont en projet. Une réunion de préparation et de présentation de plusieurs idées est organisée aujourd’hui à Montmirail.

    Une réunion à l’appel du syndicat d’initiative de Montmirail et sa région, de l’association 1814 V4 et de l’association Mondement 1914. Les trois associations sont réunies sous une même bannière, le « projet 2014 ».

    Elles invitent à cette réunion celles et ceux qui peuvent jouer un rôle dans l’organisation de ces deux rendez-vous d’importance, qui pourrait donner un bon coup de projecteur sur le Sud-Ouest marnais.

    Tout en créant une animation touristique, et donc rémunératrice localement.

    « Nous souhaitons organiser d’une manière coordonnée, les animations de ces deux commémorations, avec pour objectifs d’augmenter la notoriété de notre territoire local en France et dans les pays limitrophes, et de contribuer à l’amélioration de notre économie locale », notent les associations qui sont à l’origine de la réunion de ce vendredi.

    Les commémorations qui concerneront le Sud-Ouest marnais ne devraient pas prendre la même tonalité, comme le notent les associations du « projet 2014 » : « Le bicentenaire de la campagne de France de 1814 au premier semestre, qui a un caractère festif, et le centenaire de la Première Bataille de la Marne de 1914, au second semestre, qui a un caractère de recueillement. »

    Mondement en première ligne

    Bien avant cette réunion, des choses en rapport avec ces commémorations ont été réalisées : sentier pédestre autour de Montmirail baptisé « 1814 » et autres circuits pédestres dans le canton de Montmirail, réseau de producteurs du terroir, bals de l’empereur avec danses et même recettes de pâtisseries de l’époque, travail sur l’histoire, les arts, les sciences de l’Empire.

    Dans un rapport remis dernièrement au président de la République, le site de Mondement a quant à lui été identifié comme « pleinement approprié pour l’organisation d’une telle commémoration ». Ce rapport précise également que, « à l’occasion du centenaire de la Bataille de la Marne, une commémoration d’envergure pourrait être organisée à proximité de l’un des sites du champ de bataille ou près de l’un des monuments emblématiques bâtis pour perpétuer la mémoire de l’événement. »

    Guillaume TALLON

    ***********************************

    Union120419b - Marne
    ÉPENSE : Les anciens combattants en assemblée générale : L’heure des médailles

    Guy Decoster a reçu la croix du combattant des mains de Roger Rouvroy.
  •  Agrandir la photo
  • Si l’assemblée générale de l’association ACPG/ACTM a eu lieu ce week-end à Epense, c’était pour honorer deux anciens du village mais aussi l’occasion de délivrer à Guy Decoster la croix du combattant qui lui a été remise solennellement par Roger Rouvroy, membre du bureau départemental, devant le monument aux morts du village en présence de ses amis et combattants. La cérémonie a été relevée par la clique de Givry, toujours fidèle aux rendez-vous. En quelques mots, le président François Lefort a rappelé que Guy était à l’origine, avec Jean-Claude Cassiaux et Claude Legrand, de l’association créée en 1972 et qui a fusionné avec les ACPG en 1987.

    De parents belges, Guy fait le choix de faire son service militaire en France. Il part le 1er juillet 1961 et rejoint le 14e régiment de chasseurs parachutistes à Toulouse. En avril 1962, il embarque pour l’Algérie, direction Bône puis Constantine et ensuite le 9e régiment des chasseurs parachutistes près du village Cap-Aokas en petite Kabylie où il est affecté à la police militaire parachutiste jusqu’au 26 février 1963.

    L’honneur aux plus anciens du village s’est effectué moins solennellement, à la salle des fêtes d’Epense, où le groupe a été accueilli par le maire Claude Neury. Bernard Roger, prisonnier de guerre, est né le 7 février 1916 à Epense. Il est incorporé le 2 septembre 1936 au 41e colonial. Il retrouve son foyer le 18 août 1938 puis il rejoint le 43e colonial à la déclaration de la guerre en 1939. Le 10 juin 1940, il était à Tilloy-Bellay avec le régiment d’infanterie coloniale où il y a eu 450 tués sur les 500 soldats présents ! Il est fait prisonnier à Charmes et s’est retrouvé au stalag près de Hambourg. Il est libéré par les Américains en 1945. Aussitôt, il adhère à l’association des ACPG et devient porte-drapeau, fonction qu’il a assurée durant plus de 50 ans. Pour que Bernard n’oublie pas cette journée, Yves Périnet, vice-président des ACPG/CATM, lui a remis la médaille de fidélité de l’association.

    Médaille de fidélité également à Jean Brodier, remise par le vice-président Claude Lecoq, né en 1930 à Givry. Il s’est engagé pour 3 ans en 1948 devant l’intendant militaire de Toulon. Suivront diverses affectations, Hanoï, Haïphon, Suippes… Entre-temps, il est nommé brigadier-chef puis maréchal des logis. Puis c’est un engagement de 4 ans en Algérie en 1959. Se succèdent ensuite le 8e Rama Trèves, Châlons, Niamey, le Sénégal… Jean est admis dans le corps des sous-officiers de carrière depuis 1967 et renvoyé dans ses foyers en 1971.

    Sur 107 adhérents que compte l’association, il en reste quatre qui ont combattu en 1939/45 : André Boivin de Dampierre-le-Château né en 1913, Roland Wadel à la Marpa de Vanault né en 1915, Bernard Roger d’Epense né en 1916 et Pierre Naulot de Somme-Yèvre né en 1916

    ***********************************

    Union120419a - Marne
    GAYE : Soirée projection : Mémoires de Gaye fait salle comble

    Un nombreux public s’est déplacé.
  •  Agrandir la photo
  •  

    A croire que la période noire de la guerre s’avère encore de nos jours un sujet très proche car à l’occasion de la vidéo projection sur le thème « A Gaye, une famille dans la guerre » proposée par l’association Mémoires de Gaye, la salle d’évolution était bien pleine.

    Plusieurs générations étaient présentes, des plus anciens, témoins des faits aux plus jeunes, avides de connaissances.

    Certes, il était question de parler des faits tels qu’ils étaient ressentis à l’époque mais parfois entrecoupés par des anecdotes parfois cocasses et l’évocation surtout de la vie au village durant ces années tragiques.

     

    ***********************************

    Union120418b - Marne
    CHAMPIGNEUL-CHAMPAGNE : Assemblée à la mairie : Les anciens combattant en congrès

    Recueillement devant le monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Le congrès cantonal des ACPG-CATM-TOE de la section d’Ecury-sur-Coole s’est tenu dimanche à Champigneul.

    Une cinquantaine d’anciens combattants étaient présents à l’assemblée générale organisée à la mairie.

    Après le mot de bienvenue du maire Marcel Leherle, la réunion fut mise en place par le président cantonal Claude Launois, assisté de Henri Mauclaire délégué départemental. Charles de Courson député et Daniel Collard conseiller général, ont assisté à cette réunion.

    Après le compte rendu d’activités présenté par le secrétaire, le trésorier a ensuite listé le bilan financier dont le résultat reste positif avant que les personnalités ne s’expriment lors de diverses allocutions.

    L’assemblée s’est ensuite retrouvée à l’église où une messe fut célébrée à la mémoire des combattants disparus, en présence d’une nombreuse assistance et de la participation de la musique du Mesnil-sur-Oger.

    A la fin de l’office, un dépôt de gerbe avait lieu au monument aux morts avec les sonneries réglementaires et un appel aux morts était prononcé par le maire de la commune avant une remise de médaille à d’anciens combattants.

    Tous les participants à cette cérémonie étaient alors conviés à la salle communale pour un vin d’honneur offert par la municipalité.

    Les congressistes accompagnés de leurs épouses et d’amis se réunissaient enfin dans cette même salle pour y apprécier un excellent repas et terminer la journée du congrès en toute convivialité.

    ***********************************

    Union120418a - Marne
    CORMICY : Hommage aux soldats morts en 14-18

    M. Christophe a retracé la vie des soldats de la Grande Guerre devant une centaine de personnes venues leur rendre hommage.
  •  Agrandir la photo
  • Orchestré par le président des anciens combattants, Claude Hivet, et le Souvenir français, un hommage aux soldats morts en 1914-18 a été rendu ce dimanche à Cormicy.

    En effet, des élèves du lycée professionnel de la Croix-Cordier à Tinqueux ont rénové dans le cimetière civil, une vingtaine de sépultures de soldats tombés sur le territoire de Cormicy durant la Grande Guerre.

    M. Christophe a retracé la vie des soldats à cette époque, des correspondances poignantes relatant la cruelle réalité du front et des conditions dans lesquelles ces hommes ont dû vivre, affronter l’horreur et la mort.

    C’est entourés d’une centaine de personnes que les soldats Arnould, Blouet, Charpentier, Danysz, Dérodé, Duloquin, Fernande, Jullien, Lemoine, Lesas, Leurs, Mallet, Nicolas, Quissac, Repetto, Rousseau, Scouvemont, Vaganez et trois inconnus reposent en paix dans le cimetière du village.

    ***********************************

    Union120417a - Marne
    CORMONTREUIL : Souvenir : Une stèle et un rond-point en hommage

    Les porte-drapeaux ont eu bien du mal à tenir leurs drapeaux.
  •  Agrandir la photo
  • Un nombreuse assistance au milieu du rond-point.
  •  Agrandir la photo
  • 2 mars 1956, indépendance du Maroc. 20 mars 1956, indépendance de la Tunisie. 19 mars 1962, cessez-le-feu officiel de la guerre d’Algérie. 5 décembre 2002, inauguration du Mémorial national pour la guerre d’Algérie…

    Quatre dates qui ornent, depuis quelque temps le rond-point situé au carrefour de la rue des Blanc-Monts et de l’avenue des Goisses à Cormontreuil. Et qui, depuis ce dimanche, se dénomme officiellement « Place des Anciens combattants d’Afrique du Nord ».

    Une dénomination réclamée de longue date par la section locale de la Fnaca et qui a été acceptée par le conseil municipal. Aussi l’inauguration de cette stèle a pu avoir lieu dimanche à l’occasion du congrès départemental de la Fnaca, qui se tenait justement à Cormontreuil. Et le président départemental, Claude Fauvet, de féliciter l’initiative de la municipalité. « Votre commune peut, à juste titre, s’enorgueillir de participer à l’écriture de l’histoire de France » se félicitait-il en rappelant les grandes dates de ce conflit.

    Les porte-drapeaux ont eu bien du mal à assurer leur mission en raison du vent violent qui soufflait tandis que la circulation était déviée pendant la cérémonie.

    Les deux bus (mairie et MJEP) avaient en effet été réquisitionnés pour véhiculer les nombreux participants ainsi que la fanfare.

    ***********************************

    Union120415c - Marne
    ALGERIE : Sarkozy tient sa promesse de 2007 Harkis : la « responsabilité » de la France

    À une semaine du premier tour, Nicolas Sarkozy a respecté une de ses promesses de 2007 en reconnaissant officiellement la « responsabilité historique » de la France dans « l’abandon » des harkis à la fin de la guerre d’Algérie.

    LE temps était compté. À un mois de la fin de son mandat, le candidat UMP a brièvement repris sa casquette de chef de l’état pour satisfaire enfin, comme il s’y était engagé il y a cinq ans, une vieille revendication des anciens supplétifs de l’armée française en Algérie et de leurs descendants, une communauté riche de quelque 500 000 personnes.

    Après une visite - une première pour un président de la Ve République - du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) où de nombreux harkis ont été parqués à leur arrivée en France en 1962, Nicolas Sarkozy a saisi l’occasion d’une remise de décoration d’un de leurs anciens officiers, le général François Meyer, pour prononcer des mots attendus depuis cinquante ans.

    « La France se devait de protéger les harkis de l’histoire, elle ne l’a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l’histoire, c’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître ici à Perpignan », a-t-il dit sous les applaudissements de nombreux harkis et rapatriés d’Algérie.

    « La France doit, comme elle l’a toujours fait, regarder son histoire en face et assumer les erreurs qu’elle a pu commettre. En l’occurrence, rien ne peut expliquer, rien ne peut excuser l’abandon de ceux qui avaient fait le choix de la France », a insisté le chef de l’Etat, « maintenant que la faute a été reconnue, c’est le temps du pardon et de la réconciliation ».

    Au lendemain des accords d’Évian du 18 mars 1962 consacrant le retrait français d’Algérie, 55 000 à 75 000 harkis, selon les historiens, ont été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles. Quelque 60 000 ont été admis en France, logés dans des camps de fortune du sud du pays.

    Depuis 2001, une journée nationale d’hommage aux harkis commémore l eur engagement pendant la guerre d’Algérie.

    Et pendant sa campagne électorale en 2007, M. Sarkozy avait promis de reconnaître « officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis », ainsi que des « réparations », une promesse que leurs associations lui reprochaient jusque-là de ne pas avoir tenue. À l’approche de la présidentielle et du 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, ce dossier est revenu en tête des priorités du président-candidat, avec l’ambition de regagner les voix d’une communauté des harkis et des rapatriés d’Algérie que lui dispute âprement le Front national.

    Les membres de la communauté eux-mêmes ont accueilli avec prudence le geste de Nicolas Sarkozy. « C’est un premier pas », a confié Nordine Abid, responsable d’une association de harkis de l’Hérault, « mais gare aux effets de manche, le combat continue ». « Il avait cinq ans pour le faire et il vient à une semaine des élections », a grogné, amer, Mohammed Bounoua, « c’est notre bulletin de vote qui l’intéresse, pas nous. »

    Une promesse de 2007

    ***********************************

    Union120415b - Marne
    ALGERIE : Bye bye Ben Bella ….

    Les responsables de l’actuel désastre algérien, Ben Bella et Houari Boumédiène, qui ont redoublé la dictature des assassins du FLN par celle de l’armée…

    Quand les assassins sont fêtés comme des héros, c’est que quelque chose ne tourne pas rond… Ahmed Ben Bella est passé de vie à trépas, mort dans son lit quand il avait sur la conscience tant et tant de victimes innocentes. Toute l’Algérie et tous les Algériens ne le pleurent pas, loin s’en faut, et surtout pas les Kabyles qu’il a massacrés allègrement en 1963, ni les Harkis, traités pire que des bêtes entre1962 et 1963… Nous passerons encore sur les « rapatriés », ce million de Français qu’ignorent les belles âmes du Mrap qui ne leur reconnaît pas même le statut de victimes, parce qu’ils étaient du mauvais côté de la décolonisation… Ben Bella qui est loin d’être étranger au massacre d’Oran le 5 juillet 1962… Ben Bella sur la disparition duquel, en France, on verse des larmes de crocodile, les uns saluant un « héros », les autres un « mythe », n’était ni l’un ni l’autre, il avait les mains sales, comme tous ses camarades, qui le lui ont bien rendu, et si l’on devait retenir un qualificatif, le concernant, ce serait sans doute celui de criminel de guerre.

    ARRÊTÉ EN PLEINE NUIT ET EN PYJAMA

    Quelle autre qualité reconnaître à un homme qui a fait massacrer indifféremment, hommes, femmes et enfants, civils et innocents, pour satisfaire aux nécessités d’un terrorisme méthodique requalifié depuis en « lutte contre le colonialisme ». Pour avoir été l’un des neuf chefs historiques proto-FLN, et le premier président et premier ministre de la République « algérienne démocratique et populaire » (sic), il a été viré par le coup d’État de son complice, vice premier ministre, le colonel Houari Boumédiène, arrêté en pleine nuit et en pyjama, le 19 juin 1965. Flanqué en taule jusqu’en juillet 1979. Libéré en octobre 1980, il filera se planquer en Suisse, puis en France où le gouvernement l’accepte en le priant gentiment de ne pas faire trop de bruit. Il ne rentrera en Algérie qu’en septembre 1990.

    Là il prendra le parti de Saddam Hussein, un autre grand démocrate, contre l’agression US, appellera les Algériens à aller combattre en Irak, « car là-bas ce sont les intérêts de tous les Arabes qui sont menacés et nous assistons à la naissance d’une croisade, une autre croisade lancée contre les peuples arabes… » Il prendra de même fait et cause pour les Palestiniens, se proclamera altermondialiste… Enthousiasmée par un tel curriculum, l’Union africaine en fera le président de son « groupe des Sages »… Et dans la foulée sera recruté comme membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine.

    « IL ÉTAIT PARTICULIÈREMENT RACISTE »

    Ce machin-là n’est en rien une instance judiciaire internationale, tout juste une chambre d’écho des supporters de la « cause » palestinienne, tels Stéphane Hessel l’indigné de service, Leila Shahid, déléguée générale de l’Autorité Palestinienne auprès de l’Union Européenne, entre autres humanistes. Faire parrainer une démarche supposément fondée sur le Droit international par un terroriste patenté… c’est là le nec plus ultra du cynisme.

    Quoi qu’il en soit, début janvier 2012, Ben Bella se trouve mal… d’abord hospitalisé à l’hôpital militaire d’Alger, il est « évasané » d’urgence vers un hôpital parisien et réjoint en séjour hospitalier une autre « huile » algérienne, Chadli Bendjedid, qui se fait soigner pour un cancer… On connaît la suite. Pour l’anecdote, Ben Bella, le taulard du FLN, portait sur ses ex-potes de la belle époque un regard peu amène, pour lui, Bouteflika était par trop durablement « célibataire », Ait Ahmed, était trop « kabyle », quant à Boudiaf c’était un « zéro » s’agissant de la chose militaire.

    L’actuel président du gouvernement provisoire kabyle M. Mehenni, a eu ces mots en guise d’épitaphe : « Ben Bella était responsable de la confiscation de l’indépendance de l’Algérie pour laquelle le peuple kabyle avait tout donné (…) Il était particulièrement raciste envers les Kabyles. Même agonisant, il avait eu le temps de déclarer que Hocine Ait Ahmed s’est toujours comporté davantage en Kabyle qu’en Algérien (…) La Kabylie qui n’a de leçon de nationalisme à recevoir de personne aurait souhaité que Ben Bella réponde de son vivant des crimes qu’il a commis en Kabylie en 1963-64 (…) nos martyrs de cette période auxquels s’ajoutent ceux du Printemps noir 2011 tués par Bouteflika continueront de crier justice depuis leur tombe que seule l’Histoire saura leur rendre par l’exercice prochain du droit à l’autodétermination de la Kabylie ».

    ***********************************

    Union120415a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Les boutons de la BBC

    L’équipe des « Français parlent aux Français » ne faiblit pas.
  •  Agrandir la photo
  • Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    Comment capter Londres à la radio ? C’est parce que des demandes en nombre proviennent de France qu’une explication est donnée dans l’émission « Les Français parlent aux Français » diffusée le 12 avril 1942. Il s’agit d’une leçon d’utilisation de son poste TSF qui est proposée, particulièrement à ceux qui ne sont pas habitués aux ondes courtes où les mesures exactes en mètres ne peuvent pas être utilisées.

    « Regardez le cadran de votre poste. Prenez d’abord les grandes ondes. Les services européens de la BBC sont diffusés sur la longueur d’onde de 1.500 m, que vous trouverez vers le milieu de l’échelle. Si votre cadran porte le nom des stations, vous verrez probablement le nom Droitwich, ou, sur les postes plus anciens, le nom Daventry National. »

    Cette première prise de contact étant effectué, on demande à l’auditeur de s’intéresser aux ondes moyennes : « Les services européen de la BBC sont diffusés sur les longueurs d’onde de 373,1 m (marquée généralement Welsh ou West) ; 285,7 m (marquée généralement Start Point ou Scottich National) ; et 261,1 m (marquée généralement London National). En kilocycles, les chiffres correspondent sont 804, 1050, 1149 ». Une fois que les utilisateurs ont bien fait la distinction et se repèrent mieux sur leur cadran, on peut passer aux ondes courtes : « Le cadran est divisé en bandes. Nos émissions européennes en utilisent plusieurs par exemple les postes GSA dans la bande des 49 m, GSW dans celle des 41 m et CRX dans la bande des 31 m ».

    Lorsque l’auditeur les a trouvées, il doit marquer l’emplacement exact sur son cadran, de façon à pouvoir passer rapidement de l’une à l’autre. Chacune des bandes d’ondes courtes comprend un certain nombre de stations, et il ne faut qu’un très petit mouvement du bouton pour passer de l’une à l’autre. Les postes les plus récents possèdent un dispositif qui permet d’élargir le cadran des ondes courtes, facilitant ainsi la recherche des stations.

    Seulement, ce type de matériel est très rare en zone occupée et la plupart des familles qui cherchent à s’informer autrement que dans les journaux soumis à la censure et les radios aux ordres, disposent de postes achetés avant-guerre.

    « C’est une confirmation des difficultés de l’Allemagne »

    Le technicien qui fait la leçon précise : « Rappelez-vous qu’il convient de tourner le bouton très lentement quand l’aiguille pointe sur l’une des bandes d’ondes courtes, sans quoi vous pourriez manquer la station que vous désirez ».

    Il est alors patent que les bandes de 49 et 41 m ont leur meilleure réception dans les régions qui avoisinent les îles britanniques ; celles des 19, 25 et 31 m dans les régions plus éloignées comme l’Espagne et le Portugal ainsi que dans les Balkans. Le technicien conclut : « C’est par l’expérience que vous pourrez trouver les stations qui vous donnent les meilleurs résultats aux différentes heures de la journée ».

    C’est l’occasion de renouveler les attaques contre la politique allemande d’oppression en France. Pierre Bourdan qui tient la chronique suivante s’y applique. Il met en garde contre la volonté de l’ennemi de convaincre les ouvriers français de venir remplacer les travailleurs allemands dans leurs usines et s’interroge sur les vues que porte la Kriegsmarine sur la flotte au mouillage dans le port de Toulon.

    Il craint une volonté renforcée de Berlin d’accaparement des biens humains et matériels de la France. Il dénonce aussi un projet nazi qui reviendrait à créer une Fédération latine rassemblant la France, l’Italie et l’Espagne et dans laquelle les forces françaises pourraient être employées au service d’un soutien à l’Allemagne.

    « C’est une confirmation des difficultés de l’Allemagne. Ce doit être un encouragement à tous les Français à poursuivre et accentuer leur résistance jusqu’à l’inévitable libération », conclut-il.


    …..

    Le procès de Riom suspendu

    Procès suspendu pour Maurice Gamelin, Guy de la Chambre, Edouard Daladier, Léon Blum et Louis Jacomet.
  •  Agrandir la photo
  • Une petite affiche moqueuse.
  •  Agrandir la photo
  • Les avocats des accusés à la sortie du palais de justice de Riom.
  •  Agrandir la photo
  • Les magistrats autour du président Caous et du procureur général Cassagneau.
  •  Agrandir la photo
  • Les dossiers du procès représentent plus de100.000 pages.
  •  Agrandir la photo
  • Justice. Prodigieux ! Les accusés sont devenus les accusateurs et la rigueur de leur argumentation contraint le pouvoir sous la pression de Berlin d’interrompre les audiences de la cour afin de densifier le dossier des charges. Une manière élégante de mettre un terme à un simulacre de justice.

    Comme le mentionne dans son journal de captivité Edouard Daladier, le 14 avril 1942, il a l’intuition alors qu’il prépare son départ de la maison d’arrêt de Bourrassol pour la prison de Riom que quelque chose va se produire. A 9 h 30, le commissaire Morel se présente devant lui avec un exemplaire du Journal officiel. Il lit le décret loi qui ajourne le procès pour supplément d’information. Cette proclamation fait rire tout le monde. D’autant que le texte n’a pas été communiqué aux magistrats de la cour qui se préparent à la reprise de l’audience ! Ni le président Caous, ni le vice-président Maillefaud n’ont été informés. Me Ribet, l’un des avocats qui s’est rendu au commissariat de police pour obtenir un bon d’essence, se fait poliment éconduire : « Inutile, maître puisque le procès est suspendu ». Le commissaire lui présente à son tour l’exemplaire du JO. Ribet se rend immédiatement au palais de justice où il avise les juges et les personnes du greffe qui ne sont pas au courant.

    Deuxième armistice

    C’est depuis la maison d’arrêt de Bourrassol que l’avocat général Bruzin téléphone afin qu’on lui fasse parvenir de toute urgence un exemplaire du JO dont on a donné communication aux détenus Daladier qui écrit : « Toute la journée, c’est un va-et-vient d’avocats qui me demandent un autographe en signant leurs cartes d’entrée au palais de justice. Ainsi se termine la tentative de Vichy, de Pétain et des ministres de faire porter à la République la responsabilité de la défaite. D’accusé, je suis devenu accusateur ; ne pouvant plus contester mes accusations, ils ont tout simplement annulé le procès mais, bien sûr, sans nous libérer ». Robert Jacomet secrétaire général du ministre de la Guerre du 3 septembre 1936 au 1er mai 1940 glisse malicieux : « Une fois de plus, Pétain a ordonné l’armistice ». On se moque. N’a-t-on pas repeint la salle des assises du tribunal de Riom, fait poser des lustres en cristal et des tapisseries d’Aubusson pour que siège la cour spéciale et tout cela pour aboutir à une suspension ? N’a-t-on pas sollicité le Mobilier national pour qu’il fournisse des chaises et fauteuils de style pour les témoins et le procès s’arrête ? N’a-t-on pas dépensé 600.000 F pour cette triste mascarade judiciaire ? Comment en est-on arrivé à cette extrémité ? Le gouvernement de Vichy est ridiculisé au fil des audiences par la verve d’Edouard Daladier et les redoutables interventions de Léon Blum dont les qualités de tribun vitrifient la cour. Dans un rapport transmis au Maréchal le 11 avril, l’amiral Darlan confirme la pertinence du message de Pétain du 16 octobre 1941 : « Un pays qui s’est senti trahi, a droit à la vérité, toute la vérité ». Mais il préconise que pour rendre l’arrêté qui satisfera la justice et apaisera les esprits, il est indispensable que la cour réalise un supplément d’information relatif à toutes les responsabilités encourues par les personnes visées par l’article 1er de la loi du 30 juillet 1940 dans les actes qui ont concouru au passage de l’état de paix à l’état de guerre. L’Amiral argumente : « Cette recherche de la vérité complète mettra enfin un terme aux campagnes pernicieuses qui, amplifiant ou déformant les allégations des accusés, tentent de diviser à nouveau notre opinion publique et vont par leur déchaînement jusqu’à menacer notre sécurité extérieure en compromettant nos relations internationales ». Ce bavardage destiné à ce que la cour étende son information n’est qu’un prétexte.

    Arracher une signature

    Vichy a été placé chaque jour un peu plus devant ses contradictions et les témoignages à charge sont d’une mauvaise foi et d’un ridicule confondants. L’Amiral ne tient pas à mettre les magistrats en porte-à-faux : « Cette mesure que nous vous proposons ne comporte aucune réserve à l’égard de la cour, des grands juges qui la composent et de son parquet ; personne ne met en doute leur haute impartialité, leur compétence et leur sentiment du devoir, auxquels il est nécessaire et juste de rendre hommage ». C’est sur ces motivations que Darlan demande à Pétain de signer le projet de loi de quatre articles. Le premier précise : « Les débats actuellement en cours devant la Cour suprême de Justice instituée par l’acte constitutionnel n° 5 en date du 30 juillet 1940 sont suspendus à compter de la publication du présent décret au Journal officiel ». L’article 2 justifie la mesure d’interruption en ces termes qui reprennent les propos de l’Amiral : « La cour complètera son information à l’effet de rechercher et de juger toutes les responsabilités, quelles qu’elles soient encourues par les personnes visées à l’article 1er de la loi du 30 juillet 1940 dans les actes qui ont concouru du passage de l’état de paix à l’état de guerre avant le 4 septembre 1939 et dans ceux qui, commis avant ou après cette date, ont aggravé les conséquences sur la situation ainsi créée ».

    Le texte est signé le 11 avril 1942 et paraît le 14. On a déjà oublié la dernière déposition enregistrée le 2 avril, celle de l’intendant général Bernard relative à l’emploi judicieux des crédits affectés à cette administration militaire.

    La charge contre Daladier y avait été grossière et, besogneux, l’intendant général avait énuméré les fournisseurs recensés pour fournir les couvertures, les brodequins. Il avait alors cité l’entrepôt d’effets de Troyes et déclaré : « Je suis allé le visiter au printemps 1940, j’y ai trouvé deux milliards d’effets neufs. On voit bien que l’intendance a bien utilisé les crédits qui lui étaient donnés ». Une querelle sur une avalanche de chiffres avait suivi, rendant très aléatoire la compréhension des approvisionnements aux armées. Cela donne une impression terrible et détestable de micmac où tous les raccourcis sont utilisés pour accabler ceux qui ont dû faire face à l’assaut aéroterrestre des forces armées du IIIe Reich au printemps 1940.

    Les mensonges de Vichy

    Le 14 avril 1942 est aussi une dure journée lorsque les Français libres font le point sur toutes les denrées qui manquent en métropole et dont l’absence leur est signalée. Londres dénonce les accusations portées contre les paysans qui auraient donné le blé au bétail et organiseraient le marché noir. « Le premier devoir du gouvernement de Vichy serait d’exposer franchement la situation, de dire toute la vérité. Ce qu’on attend de Vichy, c’est un bilan sincère, un bilan du ravitaillement qui réponde à ces questions très simples : de quelles quantités de blé disposait-on ? Où sont-elles passées ? ».

    Or comme le pouvoir est incapable de prendre ses responsabilités et cherche des boucs émissaires responsables de la guerre mais qu’il est obligé de renoncer à un procès retentissant qui devient le sien, il y a peu de chance que la vérité surgisse. « En mettant l’industrie française au service de l’Allemagne, au lieu qu’elle reste au service de la France, Vichy a rompu l’équilibre économique de la France ; il a supprimé le courant des échanges nécessaires entre ruraux et citadins ».

    Pour les Français libres après l’épisode scandaleux et pitoyable de Riom c’est la conséquence inéluctable de la politique de capitulation et de collaboration.

    Sur le site, retrouvez « L’histoire en rafale », le blog d’Hervé Chabaud


    …..

    Pierre Laval le tout puissant

    Laval se rend à l’hôtel du Parc et rencontre Pétain.
  •  Agrandir la photo
  • Krug von Nidda, consul du Reich à Vichy.
  •  Agrandir la photo
  • La poignée de main de réconciliation entre Laval et le Maréchal.
  •  Agrandir la photo
  • Après la trêve pascale, le Führer lance un ultimatum à Pétain via Abetz et Fernand de Brinon. Il doit accepter le retour de Laval ou de lourdes mesures de représailles vont être prises contre la France. A Vichy, Krug von Nidda ne dit pas autre chose à Darlan.

    Dans un premier temps, le Maréchal envisage en accord avec Darlan de confier le ministère des Affaires étrangères à Laval. Tous deux espèrent qu’il va refuser comme il l’avait fait en décembre 1940 lorsque les portefeuilles de l’Agriculture et de la Production industrielle lui avaient été proposés. Laval est clair. Il exige la direction du gouvernement. Seulement, le 13 avril 1942, lorsque l’Amiral veut aller à Paris remettre au général von Stülpnagel, une lettre de Pétain informant le chef de l’administration militaire d’occupation en France que le refus de Laval met un terme définitif aux discussions en cours, Otto Abetz qui est informé de la démarche par Krug von Nidda, interdit au vice-président du Conseil l’accès à la capitale ! Fernand de Brinon se rend alors à Vichy bien décidé à convaincre le chef de l’Etat qu’il doit jouer la carte Laval pour sauver la France ! Lorsqu’il a connaissance de la lettre, l’ambassadeur s’insurge et estime que ce serait commettre une grave erreur que de la faire remettre à Hitler via la délégation française de Wiesbaden. Lorsqu’il rencontre le Maréchal, Brinon déclare : « La collaboration Laval-Darlan est la solution optima ». Et Philippe Pétain de lui répondre : « Il y a longtemps que c’est mon avis ». Aussi demande-t-il à Darlan de rencontrer d’urgence l’homme qu’il a chassé le 13 décembre 1940 ! Le 14 avril, Laval rencontre le Maréchal pendant deux heures. Les fonctionnaires se pressent pour saluer l’homme qui est revenu en grâce et repart pour Paris. Brinon regagne aussi la capitale et rend compte à l’ambassade d’Allemagne de l’imminence du retour de Laval et de sa propre nomination comme secrétaire d’Etat.

    Autour d’une assiette

    Le 15 se tient un déjeuner important au Cercle européen. Laval, Brinon, Déat et Guérard discutent de la formation du prochain ministère. Les ambitieux sont nombreux à frapper à la porte. A Vichy quatre hommes essaient de les torpiller : Darlan, Moysset, Bouthillier, Romier. Au Maréchal qui martèle rappeler Laval afin « d’éviter aux Français des malheurs et des souffrances », ses interlocuteurs lui opposent leur pensée résumée par cette phrase : « Les risques d’un refus sont bien moins grands que ceux d’une acceptation des exigences allemandes ». Le raisonnement de Darlan est recevable. Il considère qu’à la veille de l’offensive de printemps des forces armées du Reich en URSS, le commandement allemand n’immobilisera pas en France « les dix ou douze divisions nécessaires à l’occupation de la zone libre ». Moysset est plus direct : « L’Allemagne a perdu la guerre. Elle entraînera dans son gouffre tous ceux qui auront marché ou semblé marcher dans son sillage. Prenez garde M. le Maréchal, de ne pas survivre à votre gloire ». Pétain doute et finit par dire qu’il n’acceptera pas le ministère Laval en raison de sa composition. C’est faire bien peu de cas de la capacité du revenant à séduire et à passer en force. Le 16, la discussion s’engage. Le Maréchal défend les ministres sortants mais l’ancien vice-président du Conseil tient à exclure tous ceux qui ont convaincu Pétain de se séparer de lui en décembre 1940. Si le Maréchal croit gagner du temps, les ingérences inadmissibles de Berlin dans la composition du gouvernement se multiplient. Le docteur Michel, chef de la Section économique de l’administration militaire allemande en France refuse la désignation de Gigoux come secrétaire d’Etat à la Production industrielle. Il veut que ce soit Jean Bichelonne qualifié de : « mathématicien prodigieux, d’esprit presqu’anormal par sa puissance de travail et sa mémoire exceptionnelle ». Pétain ne veut pas d’Abel Bonnard qu’il surnomme la « Gestapette » pas plus que de Benoist-Méchin et de Paul Marion. On négocie alors pour qu’ils ne soient pas ministres de rang et ne participent pas au conseil des ministres. Darlan pour sa part ne veut plus faire partie du gouvernement mais tient à demeurer le successeur désigné du Maréchal.

    Le 17 avril, l’Amiral est même nommé commandant en chef des forces de Terre, de Mer et de l’Air. S’il en est satisfait, il en est un qui fulmine. Il s’agit du général Bridoux, nouveau secrétaire d’Etat à la Guerre. Laval se moque que Darlan ait la haute main sur la totalité des forces françaises et les services de renseignement. Il est tout aussi indifférent au fait qu’il peut utiliser chaque mois dix millions des fonds secrets. Comme il est politiquement éliminé, le vice-président du Conseil estime qu’il lui faut bien « un petit lot de consolation ».

    Un parfait cumulard

    Laval de retour est un vrai cumulard. Il est chef du gouvernement, ministre de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Information. Le Maréchal confie par l’acte constitutionnel n° XI à Pierre Laval « la direction effective de la politique intérieure et extérieur de la France ». Pétain vit un 13 décembre à l’envers même s’il prend encore le soin d’écrire à l’amiral Darlan : « Vous savez bien que vous avez toute ma confiance et que je ne puis envisager l’idée que vous ne conserviez pas la direction du gouvernement ».

    Le 19 avril 1942, dans un message qui est inspiré par Laval mais rectifié par Fernand de Brinon sous la dictée de Krug von Nidda, il déclare aux Français : « Dans un moment aussi décisif que celui de juin 1940, je me retrouve avec M. Pierre Laval pour reprendre l’œuvre nationale et d’organisation européenne, dont nous avions ensemble jeté les bases ». Le « revenant » indique que désormais il aura une heure de conversation quotidienne avec le chef de l’Etat français. Il parle en privé d’une « heure de pénitence » ! Le retour de Laval est salué par la presse aux ordres et qui est exceptionnellement autorisée à paraître le dimanche 19 avril. Certains éditorialistes s’enflamment et se ridiculisent. Claude Jeantet n’écrit-il pas dans « Le Petit Parisien » : « Si dès 1934 et 1935, on avait laissé faire et suffisamment secondé Pierre Laval, la France n’aurait connu ni la guerre, ni la défaite ». « Au Pilori » voit en Laval « Le dernier espoir du pays » et se réjouit que les ministres anti-allemands aient été débarqués avec l’Amiral. Alphonse de Chateaubriand ajoute dans « La Gerbe » : « A l’heure qu’il est, à l’heure qui sonne, nous le déclarons, nous Français et nous le déclarons parce que nous le savons, le retour de Pierre Laval sauve la France du plus grand danger ». Avant de réclamer que les cloches de Reims, de Chartres, d’Orléans, de Vézelay et de Bourges sonnent à sa gloire ! Laval est celui qui doit désormais régler les problèmes nés d’une guerre perdue qu’il n’a pas voulue par pacifisme commode. Son pari est de jouer à fond la carte allemande tandis que la Maréchal cherche toujours à concilier l’inconciliable puisqu’il promet même à l’ambassadeur US Leahy, avant son retour aux Etats-Unis en raison du décès de sa femme, qu’il s’assurera de relations confiantes avec Washington. Et de confier : « Cette guerre est une guerre civile dont Staline sera le seul vainqueur si les démocraties continuent à lutter contre le Reich ».

    ***********************************

    Union120412a - Marne
    RESISTANCE : Raymond Aubrac, figure de la Résistance, est décédé

    Cofondateur du mouvement « Libération Sud », arrêté en même temps que le préfet Jean Moulin, président du Conseil national de la Résistance, le 21 juin 1943 lors d’une importante réunion organisée à Caluire (Rhône) chez le docteur Dugoujon, Raymond Aubrac, 97 ans, une figure de la Résistance française est décédé à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris mardi soir.

    Né à Vesoul le 31 juillet 1914, le jour de l’assassinat de Jean Jaurès, Raymond Samuel (Aubrac sera son nom dans la clandestinité) suit des études qui le conduisent au lycée de Dijon. Il vit dans une famille juive où le papa est plutôt conservateur tandis que la maman affiche des idées progressistes. Très tôt, il s’affirme de gauche.

    Un duo de choc

    Il rejoint Paris pour suivre les classes préparatoires scientifiques au lycée Saint-Louis et réussit le concours de l’École des ponts et chaussées. En 1937, il obtient une bourse d’études à l’université de Harvard aux États-Unis. Il apprécie le New Deal. Même s’il n’aime pas l’armée, il fait son service dans le génie à Strasbourg et c’est au cours de son séjour alsacien qu’il rencontre Lucie Bernard, une jeune agrégée d’histoire. Il l’épouse le 14 décembre 1939. Survient la drôle de guerre, l’exode, les replis stratégiques qui masquent l’échec des armées françaises contre les forces aéroterrestres d’invasion allemandes. Raymond Aubrac est fait prisonnier mais il s’évade déjà avec la complicité de sa jeune épouse. Tous deux gagnent la zone sud. L’armistice et l’occupation sont pour le couple insupportables. Ils n’acceptent pas la défaite ni l’esprit de renoncement.

    C’est une résistance fusionnelle se développe au fil du temps. Elle est critiquée après la fin de la guerre. L’avocat de Klaus Barbie le bourreau de la gestapo de Lyon leur reproche des zones d’ombre dans leur parcours et les met en cause. Lucie et Raymond Aubrac se sont toujours défendus contre les attaques injustes portées à leur encontre. Personnage clé du mouvement Libération Sud, Raymond Aubrac structure, organise méthodiquement la Résistance. Il est très apprécié par son chef Emmanuel d’Astier de la Vigerie pour la qualité de ses analyses et le soin qu’il apporte au maillage territorial du mouvement. Lorsqu’à l’été 1942, « Libération-Sud » crée un secteur paramilitaire, c’est Aubrac qui en reçoit le commandement. Le 15 mars 1943 il est arrêté une première fois à Lyon par la police française ainsi que plusieurs membres de l’Armée secrète. Il est libéré le 10 mai et ses camarades le 24 après une opération qu’il codirige avec Lucie. Il tombe dans la souricière tendue par le chef de la gestapo de Lyon Klaus Barbie qui a forcément bénéficié d’un renseignement des plus fiables.

    Raymond Aubrac est emprisonné au fort de Montluc. Lucie jure de le faire évader et monte une opération incroyable qui réussit et suscite admiration et stupeur à Lyon le 21 octobre 1943. C’est au cours d’un transfert en fourgon depuis l’École du service de santé des armées qu’il est libéré par un commando effectivement dirigé par sa femme. Il s’échappe ainsi que quatorze résistants. Il quitte alors avec les siens l’Hexagone par Lysander pour rejoindre d’abord Londres puis il gagne Alger et devient délégué à l’Assemblée consultative en juin 1944.

    À la libération, Raymond Aubrac devient commissaire de la République à Marseille mais les socialistes puissants dans la région n’apprécient guère sa proximité avec le parti communiste. Il y demeure d’août 1944 à janvier 1945. Il est également responsable du déminage du littoral. Il est témoin à charge en 1947 et 1950, lors du procès du résistant René Hardy qui est alors accusé d’avoir dénoncé Jean Moulin mais qui sera acquitté par la justice.

    Inspecteur général de la reconstruction (1945-1948), il fonde le Bureau d’études et de recherches pour l’industrie moderne spécialisé dans l’organisation du commerce avec les pays communistes d’Europe de l’Est. Il dirige cette société pendant dix ans. Il poursuit sa carrière comme directeur de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), poste qu’il a occupé de 1964 à 1975. Il a témoigné avec son épouse jusqu’à sa disparition en 2007 auprès des jeunes générations pour expliquer ce qu’avait été la Résistance. Il a continué seul ensuite, ne se ménageant guère.

    Il est venu à plusieurs reprises en Champagne-Ardenne et en Picardie. Le 2 décembre 2008, il s’était exprimé devant trois classes de terminale du lycée Gay-Lussac de Chauny. Il y avait déjà été accueilli l’année précédente et y était revenu une dernière fois en 2010.

    Raymond Aubrac était grand officier de la Légion d’honneur, titulaire de la croix de guerre 39-45 avec palme et de la Médaille de la Résistance avec rosette. Il avait reçu plusieurs autres décorations. Il y a quelques semaines, celui qui a été aussi l’ami de Hô Chi Minh, avait appelé à voter François Hollande à l’élection présidentielle.

    Il restera une grande figure de la Résistance.

    Hervé Chabaud

    …..

    Raymond Aubrac, l’un des derniers chefs de la Résistance, est mort

    Raymond Aubrac pose le 25 septembre 2010 à Paris lors de la manifestation annuelle d’Handicap International contre les mines antipersonnels

    Le grand résistant Raymond Aubrac, l’une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce à 97 ans, a annoncé mercredi sa famille à l’AFP.

    Cofondateur du mouvement Libération Sud, il était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire, près de Lyon, avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR) Jean Moulin.

    Sa femme Lucie Aubrac, épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, était morte en 2007 à l’âge de 94 ans. Ils avaient trois enfants et dix petits-enfants. Le père et la mère de Raymond Aubrac, Albert et Hélène Samuel, avaient péri en camp d’extermination.

    Nicolas Sarkozy a rendu, "très solennellement, hommage" à cette "figure héroïque de la Résistance". "Ces héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres", a commenté le chef de l’Etat. "Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au coeur de notre mémoire collective".

    Né le jour de l’assassinat de Jean Jaurès le 31 juillet 1914, juste avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, de son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac était resté un citoyen très actif, marqué à gauche, se rendant pendant des années dans les collèges et les lycées en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance.

    "Je ne supporte pas la solitude après 67 ans de vie commune. Alors quand je me suis retrouvé seul, j’ai été heureux d’avoir des invitations de scolaires qui me donnaient le sentiment d’être encore un peu dans la vie", expliquait-il en 2010.

    Pour lui, résister, c’est "surveiller ce qui se passe, essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu’on est devant une injustice, réagir à l’injustice et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose".

    Un temps compagnon de route du parti communiste, il avait appelé à voter François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle.

    Réagissant à son décès, le candidat socialiste a assuré que "dans les périodes les plus sombres de l’histoire de notre pays, il fut, avec Lucie Aubrac dont nous célébrons en juin le centième anniversaire de la naissance, parmi ces justes qui trouvèrent, en eux-mêmes et au creuset des valeurs universelles que porte notre République, la force de résister à la barbarie nazie".

    Grand’croix de la Légion d’honneur, Croix de guerre 1939-1945, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac avait publié en 1996 son autobiographie, "Où la mémoire s’attarde".

    Cet ingénieur civil des Ponts et Chaussées s’est engagé dès 1940 dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l’état-major de l’Armée secrète.

    Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance, un épisode au centre du film de Claude Berri, "Lucie Aubrac" (1997).

    Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l’Assemblée consultative en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction.

    Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a assuré que "Raymond Aubrac nous laisse en partage une certaine idée du courage et de l’honneur".

    Pour François Bayrou, candidat centriste à l’Elysée, le défunt était "une extraordinaire figure", et il a "passé sa vie" à "raconter ce que la Résistance avait été" avec "force, vie, volonté et amour". Eva Joly, candidate d’EELV, a jugé que l’engagement de Raymond Aubrac était "une leçon de courage et de résistance pour tous".

    "Combattant toute sa vie, il sera un symbole maintenant qu’il nous a quittés : le symbole du courage et de la lutte contre la barbarie", a réagi le président de SOS Racisme Dominique Sopo.

    © 2012 AFP

    …..

    Éditorial / La parole des grands témoins

    Les historiens les redoutent parce qu’ils ne résultent pas d’une analyse scientifique et du croisement des sources mais d’un seul vécu, pourtant lorsqu’on écoute les témoins relater une page d’histoire dont ils ont été les acteurs, cela a plus de force qu’un livre.

    Il est des écrivains qui ont été des combattants et sont parvenus par leur talent à restituer l’innommable à la force des mots. Genevoix est l’un de ces géants. Il est précieux, mais au fil du temps, rares sont ceux capables d’une telle intensité. Après les poilus voici leurs cadets de la Résistance et de la Déportation qui, comme Raymond Aubrac, disparaissent victimes de l’inexorable loi du temps. Le silence envahit l’espace mémoriel, orphelin de la parole des combattants mais comblé par des livres qu’il faut oser ouvrir.

    S’il n’y a pas des historiens courageux et des professeurs volontaires pour aider les plus jeunes à s’approprier les leçons des deux grands conflits du XXe siècle, il y aura un manque et, comme la nature a horreur du vide, les menteurs, les falsificateurs, les révisionnistes et les négationnistes structureront une corruption de la mémoire pour mieux infuser une histoire privée de la sève nourricière de ceux qui l’ont faite.

    Ces figures qui ont une parole forte, un parcours exemplaire et ont contribué par un pèlerinage éducatif à ouvrir les yeux à combien de générations de collégiens et de lycéens doivent être enregistrées pour que leurs voix portent au-delà de la mort et demeurent une lumière intense qui éclaire les chemins de l’honneur.

    Ceux que les républicains du XXIe siècle se doivent de suivre s’ils tiennent à être les relais confiants des valeurs qui, dans les moments les plus durs, ont fait que la France est demeurée la France. Peut-être est-ce une douce utopie dans un monde pressé et obnubilé par l’immédiateté mais, il faut savoir prendre le temps de comprendre pour ne pas se mettre hors du champ de l’histoire.

    Hervé CHABAUD

    …..

    Blog / Grand résistant : Raymond Aubrac est décédé

    Cofondateur du mouvement “Libération Sud”, arrêté en même temps que le préfet Jean Moulin le 21 juin 1943 lors de la réunion de chefs de la Résistance organisée à Caluire (Rhône) chez les docteur Dugoujon, Raymond Aubrac, 97 ans, une figure de la Résistance française est décédé à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris mardi soir.

    Retrouvez le billet d’Hervé Chabaud sur le blog L’histoire en rafale en cliquant ici.

    …..

    Hommage unanime

    La classe politique unanime évoque la mémoire de Raymond Aubrac disparu à l’âge de 97 ans. Le président de la République Nicolas Sarkozy a salué : « une figure héroïque de la Résistance » et rappelé : « son évasion grâce au courage de sa femme, qui est entrée dans l’histoire de France ». Et d’ajouter : « Ces héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France à un moment où elle semblait perdue disparaissent les uns après les autres. Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective ».

    François Fillon, le Premier ministre a indiqué que Raymond et Lucie Aubrac font partie : « de la grande histoire de France ». François Hollande, candidat PS à la présidence de la République s’est dit aussi ému : « Dans les périodes les plus sombres de l’histoire de notre pays, il faut avec Lucie Aubrac dont nous célébrons en juin le centenaire de la naissance, parmi ces justes qui trouvèrent eux-mêmes et au creuset des valeurs universelles que porte notre République la force de résister à la barbarie nazie ». Martine Aubry, première secrétaire du PS avait salué : « Le grand résistant, le grand républicain et l’humaniste ».

    ***********************************

    Union120411a - Marne
    ALGERIE : Décès à 95 ans d’Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante

    L’ancien président algérien Ahmed Ben Bella le 5 novembre 2001 à Beyrouth au Liban
  •  Agrandir la photo
  • Ahmed Ben Bella vote pour la nouvelle constitution le 9 septembre 1963 à Alger
  •  Agrandir la photo
  • L’ex-président Ahmed Ben Bella , 95 ans, l’un des pionniers du déclenchement de la guerre d’indépendance de l’Algérie, est décédé mercredi à son domicile d’Alger et sera enterré vendredi dans le cadre de funérailles nationales.

    Elles auront lieu vendredi après la prière du Dhor (après 13H30, 12H30 GMT) au grand cimetière El Alia d’Alger, dans le Carré des martyrs, a annoncé la présidence qui a décrété à partir de ce mercredi un deuil national de huit jours.

    La dépouille de ce héros de la lutte contre le colonialisme français, premier président de l’Algérie indépendance, sera exposée au Palais du Peuple, ancienne résidence -d’architecture ottomane- des gouverneurs d’Alger jeudi à partir de midi pour permettre à la population de lui rendre un dernier hommage.

    "Ahmed Ben Bella était plutôt en forme hier (mardi), mais il s’est ensuite senti très fatigué et est remonté dans sa chambre dormir. Il est parti dans son sommeil vers 15h00 cet après-midi, entouré de ses deux filles Mehdia et Noria", a déclaré à l’AFP son biographe Mohamed Benelhadj. "Quasiment tout le gouvernement est là", au domicile du "Vieux", comme on l’appelait familièrement dans son entourage, avait-il précisé en début de soirée. La maison n’avait pas désempli des heures plus tard.

    Ben Bella avait été admis à deux reprises, il y a plus d’un mois, à l’hôpital militaire d’Ain Naadja, après un malaise, ce qui avait amené la presse à annoncer à plusieurs reprises son décès, que sa fille Mehdia avait démenti à l’AFP.

    "Nous perdons aujourd’hui un des dirigeants les plus valeureux de l’Algérie contemporaine, a déclaré le président algérien Abdelaziz Bouteflika dans un message de condoléances lu à la télévision nationale. "Un sage parmi les sages du continent africain", a ajouté l’ex-camarade de lutte de Ben Bella.

    Les deux hommes s’étaient considérablement rapprochés après l’élection de M. Bouteflika à la présidence en 1999.

    Ben Bella avait été renversé de la présidence algérienne en 1965 par le colonel Houari Boumediene -dont M. Bouteflika était proche-, puis emprisonné durant une quinzaine d’années.

    Ce dirigeant fort et têtu est resté politiquement actif "quasiment jusqu’à la fin de sa vie", selon M. Benelhadj. Président depuis 2007 de la Commission des Sages Africains, chargée de la prévention et solution des problèmes du continent noir, il avait dirigé une ultime réunion l’an dernier à Alger.

    Actif et passionné de football jusqu’à la fin de sa vie

    L’an passé également, il avait reçu chez lui le député socialiste de Corrèze François Hollande. Et, rieur, il avait parlé de football -une de ses passions- avec celui qui est devenu l’actuel candidat officiel du PS, avait constaté une journaliste de l’AFP.

    "L’Algérie vient de perdre un grand homme, un militant, un moudjhahid (combattant)", a déclaré solennellement mercredi soir à la radio le secrétaire général du Front de libération national (FLN parti présidentiel) Abdelaziz Belkhadem. "C’est une perte importante, il fait partie de ceux qui ont participé à la restauration de l’Etat national algérien après l’indépendance", a-t-il ajouté.

    Pour Miloud Chorfi, porte-parole du Rassemblement National démocratique (RND), parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, ce décès "est une perte pour l’Algérie et le monde, particulièrement en cette conjoncture où l’Algérie se trouve à un tournant historique en vue d’un changement pacifique (législatives du 10 mai)".

    Charismatique et populaire, Ben Bella, né le 25 décembre 1916 à Maghnia (Ouest) dans une famille de paysans originaires du Maroc, aura tenté d’implanter le "socialisme autogestionnaire" après son arrivée au pouvoir en septembre 1962.

    Premier président de l’Algérie indépendante, élu en 1963 pour deux ans avant son renversement par Boumedienne, il a payé son engagement politique de 24 ans de prison, dont une dizaine dans les geôles françaises.

    Ben Bella voulait incarner aux côtés du Cubain Fidel Castro, de l’Egyptien Gamal Abdel Nasser, de l’Indien Nehru et du Chinois Mao Tsé-Toung la lutte "anti-impérialiste" et le "non-alignement" du Tiers-Monde émergent.

    ***********************************

    Union120409a - Marne
    EPERNAY : Yvette Lundy commandeur de la Légion d’honneur

    Yvette Lundy figure dans la promotion de Pâques de la Légion d’honneur. Elle est nommée commandeur de l’Ordre.
  •  Agrandir la photo
  • EPERNAY (Marne). La Sparnacienne dont le nom a été donné au collège d’Aÿ figure dans la promotion de Pâques du premier Ordre national. Ils ne sont que vingt-quatre à recevoir la cravate rouge.

    QUELLE est cette force intérieure qui lui apporte ce puissant souffle pour témoigner de l’authenticité de la Résistance et du quotidien éreintant et déshumanisant des camps de concentration nazis ? La fidélité éternelle envers ses camarades qui ne sont pas revenus et l’exigence d’une parole vraie pour que certains ne s’approprient pas une histoire qui n’est pas la leur.

    À quelques jours de ses 96 ans, elle a été nommée commandeur de la Légion d’honneur. La République sait parfois être reconnaissante envers ses fils et ses filles dont les valeurs et l’idéal pour une France libre et debout ont été le ferment de l’action. Yvette Lundy n’a jamais souhaité mourir en martyre derrière les barbelés ; mais après avoir été appréhendée par la gestapo dans sa classe de l’école de Gionges, elle a continué, à Ravensbrück, le combat avec la certitude intellectuelle que cette Résistance-là, encore plus complexe, saperait ses bourreaux dans leurs fragiles postures d’assassins.

    Leçon de vie

    Yvette Lundy est une personnalité marnaise, toujours rayonnante, optimiste et bienveillante, qui a fait de la rencontre avec des collégiens et des lycéens des temps forts pour qu’ils comprennent la vie pendant la Seconde Guerre mondiale tout comme la réalité brutale des camps de concentration. Combien de générations de jeunes Marnais, mais aussi de jeunes Axonais, Ardennais et des départements voisins, ont pu bénéficier de ses conférences et de fructueux temps de dialogue ? Quelques milliers qui ont conservé de cette femme attachante, l’image d’une grande dame portée par les valeurs humanistes.

    Avec Jean Chabaud, président des combattants volontaires de la Résistance, elle a donné de l’épaisseur au concours scolaire de la Résistance et de la Déportation dans la Marne. Elle a encouragé les professeurs, soutenu les jeunes désireux d’un moment de réflexion pour mieux apprécier le sens de l’engagement et l’amour que l’on peut porter à son pays. Il faut lire son livre « Le Fil de l’araignée » qui est l’itinéraire d’une résistante déportée marnaise. Elle l’avait présenté en décembre dernier en mairie d’Epernay. Cet ouvrage a été écrit en vérité avec le concours de Laurence Boisson-Barbarot. C’est une incomparable leçon de vie qui redonne des forces lorsqu’on vient à douter de l’avenir parce que cette Âme française, portée par l’espérance, donne envie d’aimer la vie.

    Le conseil général a souhaité lui exprimer sa reconnaissance en baptisant en sa présence le collège d’Aÿ de son nom. Elle a retiré une fierté intérieure bien légitime et n’a pas cessé de donner de son temps en ménageant ses forces. Vice-présidente des combattants volontaires de la Résistance de la Marne, Yvette Lundy est déjà titulaire de la Médaille militaire. Elle est commandeur de l’ordre national du Mérite, titulaire de la croix de guerre avec palme, de la Médaille de la Résistance, des Palmes académiques et de plusieurs autres décorations. l’union lui présente ses sincères félicitations à l’occasion de sa promotion pascale.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120408c - Marne
    SEZANNE : Canton de Sézanne : Bernard Louise réélu président des Anciens combattants

    Le nouveau bureau.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale des Anciens combattants ACPG -CATM du canton de Sézanne s’est tenue dernièrement. Les membres présents ont procédé à la nomination du nouveau bureau.

    Après les décès de Marie-Rose Boulanger et Germaine Delizée, qui représentaient les veuves de guerre au bureau, deux nouvelles dames ont accepté de rentrer au bureau. Claudine Mercier de Lachy et Geneviève Moussy de Gaye. Bernard Louise a été réélu président pour la seconde année. Le bureau est le suivant : Bernard Barthélémy, vice-président, Jean-Claude Méret secrétaire, Claudine Mercier, vice-secrétaire, André Barrat, trésorier, Michel Depoivre, vice-trésorier, Bernard Obara, président d’honneur et membre, Geneviève Moussy, responsable des veuves, Marie Richard, André Maudier et Jean Jack Moret, membres. Porte-drapeau : Jean Jack Moret, Pierre Léglantier et Claude Lagirarde.

    Les permanences ont lieu le 2e mercredi du mois, de 17 heures à 18 h 30, salle de la mairie de Sézanne, au rez-de-chaussée. Le bureau se tient à la disposition de toutes les personnes concernées pour l’obtention de la carte du combattant, de la demande de retraite du combattant, les droits pour les veuves de guerre ou la retraite mutualiste.

    ***********************************

    Union120408b - Marne
    LIVRE : La fabuleux destin d’Abd el-Kader

    Djemaï a redonné à l’Emir toute sa grandeur et son humanité. Photo E. Marchadour
  •  Agrandir la photo
  • Grand homme. Beaucoup d’ouvrages paraissent à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Mais s’il me fallait n’en choisir qu’un, je prendrais sans hésiter le récit de mon ami Abdelkader Djemaï qui trace dans La dernière nuit de l’Emir un fabuleux portrait de l’émir Abd el-Kader, celui qui lutta contre l’invasion de l’Algérie avant de finir sa vie en exil en Syrie.

    Que reste-t-il dans l’imaginaire français de l’émir Abd el-Kader qui fut un peu le Vercingétorix des Algériens, celui qui essaya de fédérer les tribus pour s’opposer à l’envahisseur français ? Quelques images d’Epinal que les écoliers de France épinglaient jadis dans leur mémoire comme on épingle des papillons dans un album. La vaillance d’un homme à cheval, brave mais barbare. La prise de la Smalah d’Abd el-Kader par le duc d’Aumale dont le peintre officiel Horace Vernet a fait un gigantesque tableau (21,39m sur 4,89, 100 m2 de surface, soit la plus grande huile sur toile de l’histoire de la peinture) que l’on peut voir au musée national du château de Versailles. Enfin, la fameuse casquette du maréchal Bugeaud, féroce conquérant de l’Algérie resté dans la mémoire populaire dans ce refrain un brin ridicule et bon enfant
    « L’as-tu vue la casquette, la casquette
    _l’as-tu vue la casquette du père Bugeaud ? ».
    Chanson qui fait référence à l’anecdote selon laquelle le maréchal aurait perdu sa casquette lors d’une attaque de nuit ! Une chanson débonnaire, ce que n’était pas forcément Bugeaud qui, de l’hiver 1841 à l’automne 1847, pratiqua en Algérie une guerre totale appliquant ce qu’il est convenu d’appeler « la politique de la terre brûlée ». Une férocité qui n’épargna pas ses compatriotes.

    Le féroce père Bugeaud

    Abdelkader Djemaï rappelle fort à propos cet épisode que l’on n’enseigne pas beaucoup dans les livres d’histoire : « C’est le même homme qui, peu avant d’être envoyé en juin 1836 en Algérie, avait contribué, les 13 et 14 avril 1834, à l’écrasement de l’insurrection qui soutenait, à Paris, la révolte des canuts de Lyon ».

    Ce préambule ne doit pas faire penser que le livre de Djemaï, qui porte le prénom combien honorifique (« fils du Destin ») de son héros, est un récit polémique ou un pamphlet. C’est au contraire un récit bâti comme on bâtit un conte. Il raconte la dernière nuit d’Abd el-Kader, le 24 décembre 1847, lorsque l’émir acceptant librement de se rendre doit avec les siens quitter sa terre natale à bord du navire Le Solon. Mais laissons le conteur dresser le décor.

    « Depuis deux jours et deux nuits, il pleuvait sur Djemâa-Ghazaouët, un petit port au nord-ouest de l’Algérie situé à une centaine de kilomètres de la frontière marocaine. Ce soir-là les larmes de l’émir Abd el-Kader et de ses compagnons étaient cachées au fond de leur cœur. Ils venaient, après une résistance longue et acharnée, de connaître la défaite. »

    Cette date du 24 décembre 1847, c’est un peu la pierre qu’Abdelkader Djemaï lance dans l’eau de l’Histoire. Et tout son art sera de décrire les cercles qu’elle engendre. Souvenirs, sensations, odeurs, émotions, petites histoires qui croisent la grande. A partir de tous ces fils ténus, Djemaï tisse une toile souple et résistante comme les tentes qui composaient la Smala (voir encadré). Une toile sur laquelle s’imprime en filigrane le visage de l’Emir.

    Un fin lettré

    Alors qui était Abd el-Kader ? Un « sauvage inculte et sanguinaire » comme l’ont caricaturé certains politiques, journalistes et dessinateurs de l’époque ? A vrai dire il s’agit de l’éternelle propagande qui vise à discréditer celui que l’on combat. Mais ses contemporains de valeur (écrivains, francs-maçons, politiques) ne s’y sont pas trompés qui le considéraient comme un sage et un savant. Ses alter ego non plus dont le duc d’Aumale et surtout Napoléon III qui avait une grande estime pour lui. Alors qui était cet homme que même son ennemie, la France, finit par reconnaître et honorer en lui décernant la grand-croix de la Légion d’honneur, frappant même une médaille avec cette inscription : « Jugurtha moderne, il a tenu en échec, l’un des plus grandes puissantes nations de la Terre […]. La France qu’il a combattue l’aime et l’admire ». Abd el-Khader n’était pas qu’un guerrier mais également un fin lettré, explique Djemaï.

    « Dès son plus jeune âge, à la lumière du jour, des bougies ou des feux de campement, il lisait et écrivait. Fidèle à la parole du Prophète qui recommandait d’aller chercher le savoir même s’il fallait pour cela se rendre en Chine, il s’intéressa au soufisme, aux sciences islamiques, à l’astronomie, à la géographie et au progrès sous toutes ses formes. Des centaines d’ouvrages, la plupart calligraphiés, étaient conservées dans de volumineuses caisses en bois et dans les rayonnages de son immense et fastueuse bibliothèque. »

    Veut-on plus de précisions sur l’étendue du savoir de l’émir ? « Chez lui, les auteurs arabo-musulmans comme Ibn Sina, El-Gazhali, Ibn Tufayl ou Ibn Rochd côtoyaient des penseurs occidentaux tels Platon, Pythagore et Aristote, qu’il portait au pinacle. » On pourrait dire de l’émir qu’il incarne à sa manière cette civilisation de Cordoue qui sut, plus que nulle autre, synthétiser ce qui se faisait de mieux chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.

    Pour le dialogue des religions

    Elevé dans un milieu cultivé, très fortement imprégné du soufisme de Ibn Arabi qui invitait ses disciples à briser les miroirs intérieurs, Abd el-Kader a composé « des poèmes et des ouvrages comme Le Livre des Haltes, Qitab el-marwaqif, un recueil d’enseignements qu’il dispensa, durant un quart de siècle, à la mosquée des Omeyades de Damas, où il finit ses jours en mai 1833 ». Mystique à sa façon, Abd el-Kader n’est pas un fanatique qui aurait oublié de vivre dans son siècle.

    Contrairement aux fondamentalistes de tous bords, dont les fondamentalistes américains qui refusent toujours en 2012 dans certains Etats que l’on enseigne Darwin, Abd el-Kader était un grand défenseur de la science. Djemaï nous rappelle que dans son épître aux Français publiée en 1858, il écrivait : « La science est l’arme suprême, le sabre n’étant jamais que l’instrument de ceux qui ont renoncé à régner par l’esprit ». Et encore : « Les Prophètes ne sont pas venus pour controverser avec les philosophes, ni pour annuler les sciences de la médecine, de l’astronomie ou de la géométrie. […]. La chose essentielle est que l’existence du monde vient du Tout Puissant, celui qui affirme que les connaissances scientifiques sont opposées à la religion pèche contre la religion. »

    Adepte du dialogue des religions, l’émir est un homme éminemment moderne. Courageux et humaniste, il intervient physiquement à Damas en 1860 pour sauver des chrétiens (maronites), et même des consuls dont celui de France, des mains des Druzes.

    « Son action lui valut de nombreux hommages des représentants des empereurs d’Autriche et de Prusse, des princes, de chefs d’Etat et du pape Pie XI ».

    La parole bafouée

    C’est cet homme donc qui, vaincu, quitte son pays le 24 décembre 1847. A l’origine l’émir doit aller en exil à Saint-Jean d’Acre ou Alexandrie. Durant la traversée, il apprend qu’il n’en sera rien. Le duc d’Aumale qui a engagé la parole de la France vient de la bafouer. Le chef vaincu est donc acheminé à Toulon et débarqué « au lazaret de Saint Mandrier, une vieille léproserie où étaient placés en quarantaine les voyageurs suspectés de maladie. Jusqu’au 23 avril 1848, ils restèrent enfermés, dans des conditions indignes, dans les forts de Malbousquet et de Lamalgue ». Il faut attendre la révolution de 1848, et la nomination du poète La Martine au gouvernement, pour qu’on installe l’émir et les siens dans de meilleures conditions matérielles, au château de Pau où est né… Henri IV ! Il sera ensuite « l’hôte » du château d’Amboise avant d’être libéré par Napoléon III qui viendra en personne, le 16 octobre 1852, lui annoncer la bonne nouvelle. Commence alors un nouvel exil jusqu’à Damas où Abd el-kader finit sa vie le 25 ou 26 mai 1883. Enterré près du tombeau de son maître Ibn Arabi, Abd el-Kader a depuis retrouvé sa terre natale. « Le 5 juillet 1966, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’indépendance, sa dépouille a été transférée à Alger, au carré des Martyrs du cimetière d’El-Alia. »

    Quel destin fabuleux que celui d’Abd el-Kader qu’un autre Abdelkader a su rendre en 150 pages avec profondeur et chaleur, générosité et simplicité. Quel grand film cela ferait !

    Bruno Testa
    btesta@journal-lunion.fr

    La dernière nuit de l’Emir, Abdelkader Djemaï, éditions du Seuil.

    La Smala

    « C’était leur ville nomade, leur capitale itinérante, composée de sept mille tentes au-dessus desquelles flottaient de nombreux étendards bordés de vert et ornés d’une étoile rouge et d’un croissant blanc. Les tentes de l’émir et de sa famille, de ses collaborateurs et de ses lieutenants étaient dressées au centre d’un dispositif formé, pour mieux protéger la communauté, de quatre enceintes concentriques. Elles abritaient aussi des armuriers, des selliers, des tailleurs, des fabricants de tente, des ferronniers et d’autres corps de métiers. […] Regroupant trois cent soixante-huit douars de quinze à vingt familles chacun, cette ville ambulante s’installait au gré des affrontements et des migrations, dans une plaine, au pied d’une montagne ou au fond d’une vallée. […]

    L’armée de la conquête avait mis longtemps avant de s’apercevoir de l’existence de la Smala. Elle formait pourtant, sur plusieurs kilomètres, un cortège innombrable et impressionnant. Portée par un souffle lent et léger, elle se déplaçait toujours chaude de ses couleurs, de ses bruits, des vagissements des bébés, des voix qui l’emplissaient, des cris des animaux et des gestes de ceux qui l’habitaient. […]

    Nuit et jour, à chaque minute, à chaque seconde, elle réunissait vingt mille personnes, au milieu de centaines de chevaux, de bœufs, de récipients en terre, de coffres en bois, de bagages, de moutons, de chèvres, de mulets et de chameaux. Parfois, lors de manœuvres militaires ou des rassemblements avec d’autres tribus, sa population doublait ou triplait. Le soir, avec ses points de feu et ses longues fumées blanches et grises comme l’écume de la mer, on aurait dit qu’un morceau de ciel découpé en cercle était posé, tel un immense napperon, sur le sol. Un cercle comme une représentation du monde où chacun trouvait, dans une sorte de chaos familier, sa place et un sens au combat de l’émir. » (extrait de La dernière nuit de l’Emir).

    ***********************************

    Union120408a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Les petits secrets de Belin

    Le ministre du Travail Belin est dans le collimateur des gaullistes.
  •  Agrandir la photo
  • S’il faut dénoncer les manœuvres collaborationnistes destinées à pousser les travailleurs de l’Hexagone à partir travailler en Allemagne, les Français libres sont déterminés à cibler les personnalités engagées auprès de Vichy pour conduire une politique contraire aux intérêts du pays.

    Si l’appétence berlinoise de Jacques Doriot est considérée comme une insulte aux vraies valeurs de la France républicaine, René Belin, le ministre du Travail est dénoncé le 3 avril 1942 comme étant le complice des basses oeuvres.

    Les deux hommes se ressemblent selon les comparaisons qui sont effectuées. Belin est décrit comme : « Un grand gars taillé à coups de serpe, avec des cheveux noirs touffus et des lunettes. Et lui aussi sait ce qu’il veut ». Le chroniqueur s’amuse des ressemblances entre ces activistes dont les postures nuisent à la France : « Doriot veut que Jacques soit maître Jacques. Et Belin que René soit maître René. C’est tout simple. La politique, le syndicat, la classe ouvrière, ce sont des marchepieds commodes, voilà tout. Et Belin grimpe dessus et les écrase de tout son poids ».

    Comment expliquer le parcours d’un homme qui, après avoir défendu les travailleurs est désormais l’un de leurs ennemis de l’intérieur ? Il a débuté dans les services postaux et a été un syndicaliste suffisamment impliqué pour devenir secrétaire-adjoint de la CGT.

    En désaccord avec les communistes, il prend la tête d’une opposition qui se révèle selon les commentaires d’alors comme un creuset de pacifistes munichois. Belin ne veut pas être taxé de défaitisme aussi affirme-t-il son patriotisme en donnant des conférences ultra nationales. Les gaullistes rappellent que l’homme avançant masqué a osé en son temps déclarer en Grande-Bretagne : « Les Français combattront jusqu’au bout ». Ce qui en avril 1942 est le fait d’une minorité mais existe bel et bien. Pourtant après l’armistice, l’individu s’affiche parmi les pacifistes les plus caricaturaux. N’est-il pas un bras armé antisocial du Maréchal ? N’a-t-il pas besoin d’un bon ministre capable de supprimer la CGT et de transformer les syndicalistes en auxiliaires d’un patriotisme favorable à la Révolution nationale ?

    Belin obtient un ministère et le chroniqueur est formel : « Il est haineux, autoritaire, maladroit. On le déteste dans les syndicats. On le déteste même dans le clan syndicaliste nazi ». Une façon de dire qu’on n’aime pas les gens qui retournent leur veste et sont prêts à tous les compromis pour demeurer sur le devant de la scène.

    Le jugement qui est ici résumé est alors très sévère : « Il ne sert plus à grand-chose. Les patrons qui le méprisent commencent à l’écarter. On lui retire la production nationale pour ne lui laisser que le travail. Et encore d’autres lascars guignent sa place : quelques collaborateurs comme Vigne et Froideval. Et il est si brutal avec ses anciens collègues que Pucheu rogne ses attributions et marche sur ses plates-bandes. Dans les antichambres de Vichy, on parle de lui trouver une retraite. On a pensé à en faire un conseiller d’Etat ! »

    Le 5 avril 1942, Georges Boris met en garde contre les mensonges du Reich et affirme que les prisonniers de guerre ne seront pas libérés si les jeunes Français partent travailler de l’autre côté du Rhin. Il pose cette question pertinente : « Alors que les Allemands se livrent dans toute la zone occupée à un racolage intensif d’ouvriers spécialisés français, comment voudrait-on qu’ils renvoient chez eux les ouvriers français qui sont leurs prisonniers ? »

    Personne ne doit se faire d’illusions. Les Allemands ne lâcheront jamais les prisonniers français. Il conclut : « Il est dans la manière nazie d’ajouter le supplice de l’espérance à toutes les autres tortures. Au besoin pour aggraver le supplice, ils renverraient une poignée de prisonniers et feraient croire pendant un temps que les autres vont suivre ».

    Pour les gaullistes ces méthodes sont celles de cyniques et de falsificateurs au service du Reich.


    …..

    Darlan défend sa place Holweck défend la France

    Au Stade de Vichy, le maréchal Pétain prononce la formule rituelle du serment des anciens combattants. Darlan est à sa gauche, Valentin, directeur de la Légion française des combattants à sa droite.
  •  Agrandir la photo
  • Darlan en promenade le jour de Pâques dans les rues de Vichy. Laval tient déjà son poste.
  •  Agrandir la photo
  • Le duo Pétain- Darlan prend fin même si le Maréchal l’assure de sa plus haute considération.
  •  Agrandir la photo
  • L’amiral Darlan se sait désormais en difficulté. Dans un discours radiodiffusé par les postes allemands, le vice-président du Conseil durcit le ton, évoque l’ordre nouveau et s’en prend aux agitateurs gaullistes : « En dehors des difficultés inhérentes à la défaite française, il y a le changement des positions politiques opéré par nos anciens alliés qui sont désormais ceux du bolchévisme, c’est-à-dire des plus dangereux ennemis du peuple français ». À Londres, la réaction de Jean Marin est immédiate. Si, dans sa chronique du 6 avril 1942, il se refuse à commenter l’attaque vichyste, il ne se prive pas de dire au micro : « Les Français ont depuis longtemps fait connaître leurs sentiments à l’égard d’une alliance qui a pour but et qui aura pour résultat de détruire l’ennemi de notre pays, son envahisseur et son oppresseur ». Comme la presse métropolitaine a été très tendre et même enthousiaste dans ses analyses du discours de l’Amiral, Jean Marin estime que la montée au front médiatique du vice-président du Conseil après un si long silence, témoigne de ses craintes alors que de multiples postures de résistance à Vichy sont signalées en Zone occupée comme en Zone libre.

    La barre toute à Berlin

    « On peut dire même sans forcer les termes que la discrétion de l’amiral Darlan a été à la mesure de son impopularité. De longs mois de silence ont été le prix de l’imbécile maladresse qu’il avait commise en célébrant la générosité allemande », s’amuse le commentateur. Chez les Français libres, on est persuadé que ce réveil soudain vient en réaction des intrigues multiples de Pierre Laval qui se propose de prendre sa place ou au moins de jouer un rôle prépondérant de médiation entre Berlin et Vichy. « Ce chantage hitlérien vient d’avoir ses premiers effets : l’amiral Darlan a donné un nouveau gage à Hitler en appelant la Russie l’ennemi le plus dangereux du peuple français. On ne prendrait même pas la peine de relever incidemment une phrase de l’Amiral si l’on n’avait de cette façon l’occasion de diagnostiquer la grave maladie qui, entre autres afflictions, sévit à Vichy », s’amuse Marin. Tous ceux qui gravitent autour de Pétain et de l’hôtel du Parc tiennent à leur place c’est pourquoi ils sont prêts à toutes les adaptations de langage et à toutes les pirouettes déclaratoires pour faire allégeance au Maréchal.

    La charge des Français libres contre Darlan s’explique parce que dans l’entourage du général de Gaulle, on ne le trouve pas courageux. On le juge plutôt comme un manipulateur médiocre. « Depuis six mois l’Amiral a eu vingt fois l’occasion de rompre son silence diplomatique : il aurait pu vingt fois et c’est un minimum protester contre les vexations, les violences et les crimes de l’Allemagne et de ses associés. Toutes ces occasions, il les a laissées passer ». Il fait preuve de suivisme envers le Maréchal et de bienveillance envers le Reich jusqu’au jour où il s’aperçoit qu’il n’apparaît plus comme l’homme idoine d’une collaboration qui suscite un rejet populaire de plus en plus marqué. Darlan réagit mais il s’interdit une attaque frontale contre Laval. Il a une occasion inespérée de mettre en garde contre l’agent de l’ennemi qui est adoubé par Goering et une partie de l’administration nazie. Il s’en abstient. « S’il intervient, c’est pour surenchérir et pour faire savoir à Hitler que celui-ci a bien tort de songer à utiliser Laval alors qu’il lui est si aisé et si fructueux d’utiliser Darlan » !

    Marionnettes de l’anti-France

    Jean Marin ajoute que l’Amiral n’est pas à sa place et lorsqu’il appelle à l’unité nationale, il veut vendre une deuxième fois la Révolution nationale qui monte les Français les uns contre les autres. Le chroniqueur vante l’unité nationale mais il précise : « Elle ne s’est pas faite autour des entrepreneurs de la capitulation, autour des prêcheurs de la collaboration avec l’ennemi. Elle s’est faite autour de la Résistance à l’ennemi, autour de l’espoir et de la volonté de libération, autour des hommes qui veulent cette résistance et cette libération, c’est-à-dire autour de toutes les forces vives de la nation française et non pas autour des marionnettes de l’anti-France ».

    À Londres, on ne croit pas un instant que l’Amiral va sauver sa place parce que l’activisme de Hitler contre la France ne se résume pas à rétablir Pierre Laval comme le second et le garde du corps de Philippe Pétain. Le Führer cherche avant tout à discréditer l’homme du 18 juin, celles et ceux qui l’ont rejoint, l’alliance avec la Grande-Bretagne et les États-Unis. Marin dénonce la propagande faite dans les cinémas d’Afrique du Nord autour de documentaires ambigus relatif au bombardement par la RAF des usines Renault de Billancourt. Il contre-attaque : « C’est uniquement parce qu’elle a échoué dans la France occupée qu’elle espère que son odieuse exploitation du raid dressera l’opinion française de la zone occupée contre les Alliés ». Il se félicite qu’en Afrique du Nord on ne soit pas dupe des manigances nazies. L’Allemagne tutoie le mensonge au quotidien. « Tous les films de propagande allemande n’y pourront rien changer. Bien au contraire, ces tentatives auront pour seul effet de cimenter encore davantage l’union de tous les Français ».

    Pierre Bourdan est du même avis lorsqu’il fustige les manœuvres du Reich et ne discerne à Berlin que des bourreurs de crânes. « Il paraît que toutes les nations sont faites pour s’entendre et pour soutenir de concert l’édifice européen sou l’hégémonie allemande. C’est une supercherie en même temps qu’une grossièreté politique ». Le journaliste n’a pas de mots assez durs pour qualifier : « la propagande teutonne » qui parle beaucoup des succès nippons en Asie mais peu des difficultés rencontrées par la Wehrmacht en Union Soviétique. Or l’Allemagne perd beaucoup d’hommes et Bourdan d’ajouter : « C’est d’ailleurs bien pour cela qu’on emploie Doriot et sa bande. Mais la recette n’est plus aussi bonne que du temps où M.Doriot dénonçait le militarisme allemand ».

    Physicien et résistant

    Aux collaborateurs qui font honte au pays, les Français libres préfèrent rendre hommage le 8 avril 1942 à Fernand Holweck, un physicien et authentique résistant français. « Nous savions depuis toujours que les Allemands se heurteraient au rempart imprenable de l’intelligence française, nous savions que les laboratoires de la Sorbonne se dresseraient en bastions formant une nouvelle ligne de défense autour des secrets éternels de la patrie ». De Gaulle explique pourquoi il est fier d’Holweck : « Parce qu’il n’a pas voulu leur livrer le secret de sa mitrailleuse à air comprimé à haute fréquence, les Allemands l’ont martyrisé et assassiné ! ». L’universitaire exécuté est à juste titre qualifié comme un très grand chercheur : « Holweck était la personnification du génie créateur français entre les deux guerres. Les Allemands nous ont traités de décadents, Holweck était la réplique. Holweck était un artiste de la physique. Il était même habile de ses mains, de ses belles et longues mains ». Le professeur s’est refusé à ce que l’ennemi ne s’accapare un savoir français pour accumuler encore plus de crimes et d’atrocités. Désormais, la gestapo n’hésite plus à entrer dans les laboratoires, à se frayer un chemin de mort entre les tubes à rayons X et les éprouvettes pour confisquer le savoir que l’Allemagne n’a pas. Le chroniqueur achève cet éloge émouvant par ces mots : « Jusqu’au bout, Holweck est resté invaincu. Français, retenez toujours ce nom, Holweck, c’est un grand nom français sur la route de la France ».

    Textes : Hervé CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    Océans Indien et Pacifique : la guerre des nerfs

    L’empereur du Japon, le Mikado.
  •  Agrandir la photo
  • Comme un débarquement à Hawaï appuyé par la flotte combinée semble pour l’état-major impérial irréalisable, l’amiral Isoroku Yamamoto propose de mener une offensive à l’ouest en direction de l’océan Indien avec comme premier objectif l’île de Ceylan au sud de l’Inde. Sa conquête constituerait une base d’attaque pour engager la prise de contrôle de l’Inde et en chasser définitivement les Britanniques. L’Amiral ne parvient pas à convaincre de la pertinence de son plan ! Dès le 26 mars 1942, l’amiral Nagumo à la tête de cinq porte-avions, de quatre cuirassés rapides, de trois croiseurs et de neuf destroyers, fier d’avoir conquis les Indes néerlandaises, met sa puissance opérationnelle au service d’Hiro Hito pour offrir une nouvelle victoire à l’empereur. Il quitte l’île de Célèbes près de Bornéo, franchit le détroit de Malaca et entre ainsi dans l’océan Indien. Dans le même temps, une force commandée par le vice-amiral Ozawa et comprenant un porte-avions léger, six croiseurs et huit destroyers quitte la Malaisie pour mener des raids maritimes dans le golfe du Bengale.

    TERREUR SUR L’OCÉAN

    Les incursions nippones sont un succès et Nagumo conteste la souveraineté océanique de la Royal Navy.

    Les grandes bases britanniques de Colombo et de Trincomale à Ceylan sont bombardées par les escadrilles de l’aéronavale japonaise. De son côté Ozawa et ses marins coulent en cinq jours tous les navires anglais qui croisent leur route. Cent mille tonnes sont envoyées par le fond du golfe du Bengale ! La flotte britannique d’Orient commandée par l’amiral James Somerville n’est dotée que de deux porte-avions et d’une petite centaine d’avions aussi ne peut-elle qu’essayer d’esquiver l’ennemi. Cette tactique se révèle inefficace. Les Anglais perdent les croiseurs lourds « Dorsetshire » et « Cornwall » ainsi que le porteavions « Hermès ». Londres juge alors plus opportun de replier le reste de la flotte d’Orient vers l’Afrique orientale.

    Alors que les avions et les navires de Nagumo créent la terreur dans l’océan Indien, l’amiral Isoroku Yamamoto et l’état-major de la Flotte combinée réfléchissent à une opération visant l’île de Midway qui est située en plein océan Pacifique à 1100 milles à l’ouest d’Hawaï.

    L’Amiral estime qu’une attaque de cette position attirerait la flotte américaine sur zone et donnerait l’opportunité à l’Empire de la détruire une fois pour toutes au cours d’une bataille décisive. Dans le cas où les Américains refuseraient d’engager le combat en raison de l’insuffisance de leurs moyens, Midway densifierait le périmètre défensif du Japon. Le 2 avril 1942, le capitaine de frégate Watanabe Yasugi soumet le projet d’assaut sur Midway à l’état-major général de la marine qui se prépare alors à mener une action invasive vers la Nouvelle- Calédonie, la Nouvelle-Guinée et les îles Fidji.

    L’état-major critique vigoureusement le projet défendu avec ardeur par le jeune officier supérieur. La capitaine de frégate Miyo Tatsukichi qui représente l’armée de l’air au sein du bureau des opérations, s’inquiète que le Japon envisage de livrer une bataille qualifiée de décisive sur le terrain de l’adversaire. Il estime que les Américains disposent à Midway de pistes et d’avions en nombre et peuvent bénéficier du soutien de bombardiers à long rayon d’action venus d’Hawaï.

    L’officier craint que l’aviation embarquée soit insuffisante pour conquérir la maîtrise du ciel et garantir la sécurité des porte-avions. Il se dit convaincu que les Américains ne se laisseront plus surprendre dans cette grande région maritime. « Acheminer des forces d’occupation jusqu’à Midway à portée des sous-marins et des avions américains put se révéler un vrai cauchemar ». Avant d’ajouter : « J’estime que la Nouvelle-Calédonie constitue une possession plus précieuse que Midway et offre l’avantage d’être plus éloignée des États-Unis et donc de rendre difficile leur intervention dans ce périmètre ». Les objections et critiques qui sont développées sont loin de faire l’unanimité. L’amiral Nagano intervient en chef d’état-major de la marine et rappelle que toutes les opérations qui ont été initiées jusqu’alors par la Flotte combinée ont été des succès patents. Aussi estime-t-il qu’il serait déplacé de douter de l’intelligence manoeuvrière de ses stratèges. Ses seconds qui sont le vice-amiral Ito Seiichi et le contre-amiral Fukudome Shigeru, deux anciens chefs d’état-major de Yamamoto hésitent à le contrer. Lorsque le capitaine de frégate Watanabe propose qu’on téléphone à Yamamoto pour recueillir son avis éclairé, tous ceux qui s’opposaient jusqu’alors à l’opération de Midway se taisent brutalement.

    Pourtant il semble bien que l’amiral Nagumo et plusieurs de ses officiers d’état-major et commandants de navires étaient plus que réservés sur le scénario d’une attaque massive contre Midway. Nagumo n’insiste pas parce qu’il a été fragilisé par ceux qui lui ont reproché de ne pas avoir le 7 décembre 1941 ordonné un raid supplémentaire sur Pearl Harbor pour terminer le travail !

    LES SECRETS DU « HORNET »

    Le grand quartier général demande une relecture approfondie du plan d’attaque contre Midway le 8 avril 1942. Les plus hautes autorités militaires nippones, ignorent alors que le 1er avril, sur la base aéronavale d’Alameda en Californie, seize bombardiers B25 de l’US Air Force ont été hissés sur le pont du porte-avions « Hornet ». Le bâtiment qui vient juste d’arriver de l’océan Atlantique via le canal de Panama doit officiellement rejoindre la Task Force de « L’Enterprise » commandée par l’amiral Halsey. En réalité, une opération secrète est en préparation.

    Il s’agit de conduire une frappe de représailles contre le Japon en réponse à Pearl Harbor et ainsi démontrer au gouvernement impérial que son archipel n’est pas à l’abri de bombardements aériens et de toute autre opération militaire.

    Le président Roosevelt a souhaité qu’un raid sur Tokyo réponde à l’humiliation du 7 décembre 1941. Lors de la conférence Arcadia, le maréchal de l’air britannique Charles Portal avait également suggéré au général Arnold un raid contre le Japon. La préparation de la mission est confiée au lieutenant-colonel James H.Doolittle qui est à la fois un pilote audacieux et un ingénieur de très haut niveau.

    C’est lui qui estime que le B25 est le seul bombardier apte à être embarqué sur un porte-avions, à en décoller et à mener à bien un raid de grande envergure.

    La frappe envisagée de Tokyo ne présente aucune justification stratégique sérieuse. En revanche, elle est à même de provoquer un choc psychologique et d’améliorer le moral des alliés, loin d’être au beau fixe. Les équipages s’entraînent sur un terrain discret de Floride pour que les équipages s’habituent à des décollages très courts comme ceux qu’ils devront réussir depuis le pont du « Hornet ». Seulement, lorsque le porte-avions lève l’ancre, aucun des pilotes n’a pu réaliser un test depuis son pont ! Le « Hornet » bénéficie d’une escorte composée de deux croiseurs, de quatre destroyers et son rendez-vous avec la Task Force 16 du vice-amiral Halsey au nord de Midway est prévue pour le 13 avril.

    C’est seulement à ce moment-là que les bâtiments mettront le cap sur le Japon. Les Américains doivent être prudents parce que Yamamoto qui craint leur réaction a établi un pôle de vedettes rapides qui rayonnent autour de l’archipel pour identifier toute intrusion suspecte.

    ***********************************

    Union120407b - Marne
    LA NEUVILETTE : Société des anciens combattants et victimes de guerre de la Neuvillette : Une page d’Histoire et des médailles

    Les personnalités ont félicité les récipiendaires.
  •  Agrandir la photo
  • Avec une centaine d’adhérents, la Société des anciens combattants et victimes de guerre de la Neuvillette-Reims, présidée par Jean Ledoux, fait toujours preuve d’une belle vitalité : l’assemblée générale tenue au centre des congrès en a été la preuve.

    Outre les rapports d’usage, l’assistance a pu suivre une intervention de l’historien Hervé Chabaud, qui avait été sollicité pour apporter un éclairage sur la guerre d’Algérie, ses raisons, ses suites. Son exposé a été écouté avec grande attention par l’assistance, dans laquelle on remarquait des responsables d’associations amies.

    « Toujours si active »

    Pierre Collinet, président d’honneur et créateur de la Société, s’est déclaré « heureux qu’une association issue d’un petit quartier puisse ainsi se montrer toujours si active… », participant à toutes les manifestations patriotiques, drapeau en tête. Le matin même, une cérémonie a d’ailleurs eu lieu au monument de la Neuvillette avec dépôt de gerbe.

    L’association est affiliée à l’UNC Marne, présidée par Alexandre Zentner. Celui-ci a expliqué que « la génération Opex » prenait maintenant des responsabilités. Un constat fait aussi par Jean Ledoux, signalant « l’arrivée dans nos structures des nouvelles générations combattantes. Nous n’en comptons pas dans notre association mais avec les Soldats de France, c’est à ces hommes que nous confierons l’accomplissement du devoir de mémoire ». Il a été annoncé qu’une cérémonie dédiée aux 81 soldats tombés en opérations extérieures aura lieu à Mourmelon le 8 juin prochain.

    L’adjoint Jean-Claude Laval a déclaré être sur la « même longueur d’ondes » qu’Hervé Chabaud : il a apprécié le regard porté par l’historien, sans politisation, sur des pages de notre histoire qu’il convient de continuer à étudier pour mieux les comprendre et les transmettre aux plus jeunes car « l’histoire doit être la boussole du présent ».

    La matinée s’est terminée par une remise de récompenses : médaille du mérite UNC argent pour Georges Frérot, médaille du Djebel bronze pour Claude Tupenot et Hugues Mary, cadeaux à des bénévoles dévouées, Bernadette Deligny et Jeannine Grosboilliot.

    ***********************************

    Union120407a - Marne
    TOURS-SUR-MARNE : Mémoire, médaille et insigne

    Avant l’assemblée générale, la section a déposé une gerbe au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • La 39e section des AFFAA de Reims-Champagne (82 adhérents) a déposé une gerbe au monument aux morts « Croix de Lorraine » de Tours-sur-Marne, accompagnée de la municipalité du village, d’une délégation de 16 porte-drapeau, de la fanfare, de la cavalerie d’Avize et des adhérents, afin de rendre hommage à une génération sacrifiée pour la survie de notre nation.

    Puis, au Champ-Chapon, les anciens des Forces Françaises en Allemagne et en Autriche, couvrant la Marne, les Ardennes et la Picardie ont tenu leur assemblée générale, durant laquelle le président Guy Maillet a fait observer une minute de silence à la mémoire des disparus de la section et des soldats tombés pour la liberté de la France.

    À l’issue de cette assemblée générale, Guy Maillet a remis la médaille RRT à Claude Michelin et l’insigne de porte-drapeau à Etienne Duval, suppléant de Roger Richard.

    La journée s’est poursuivie par un repas dansant, animé par Catherine Prud’homme. Contact : Maillet Guy, 68, rue du Neuf-Bourg, 51490 - Bétheniville. Tél. 03.26.91.15.20.

    ***********************************

    Union120401a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    L’intransigeance de Sauckel

    Le Maréchal se réfugie derrière la charte du travail et élude la menace.
  •  Agrandir la photo
  • Fritz Sauckel : le gauleiter intraitable.
  •  Agrandir la photo
  • Ce n’est pas un hasard si Fritz Sauckel est désigné depuis le 21 mars 1942 comme plénipotentiaire au recrutement et à l’emploi de la main-d’œuvre. Survient la loi du 26 mars qui crée le service de la main-d’œuvre française en Allemagne. Le Reich est clair dans ses objectifs : il ne doit plus y avoir de problème de main-d’œuvre ! Sauckel est un individu redoutable, grossier et sans état d’âme.

    Il accuse de trahison tous ceux qui ne partagent pas son avis. Nazi de la première heure, il a expérimenté ses méthodes expéditives comme gauleiter de Thuringe dès 1927 puis, comme gouverneur de la province dès 1933. Il ne s’intéresse qu’aux résultats aussi, estime-t-il que toutes les méthodes sont recevables dès lors qu’on parvient à ses fins.

    S’il est théoriquement placé sous l’autorité de Goering, il ne dépend en réalité que du Führer. Il est autorisé à « donner des directives aux plus hautes autorités du Reich, à leurs sections et à leurs organismes affiliés au protecteur du Reich ». Son pouvoir est considérable en ce qui concerne les embauches, les salaires, les placements. N’est-il pas alors le maître du destin de dizaines de millions d’hommes et de femmes dans l’Europe occupée ? Doit-on aller vers l’asservissement ou une nouvelle forme de la collaboration ? Il assure qu’il va apporter des réponses. Le général Laure qui gravite auprès du Maréchal ne mentionne pas que les Allemands font pression sur le gouvernement pour obtenir sans délais des travailleurs qualifiés pour leurs usines.

    Qu’écrit-il : « La situation est tendue avec l’Allemagne dont les sourires trompeurs se sont effacés et qui nous étreint par ses réquisitions : après les 52.000 chevaux, ils exigent maintenant la livraison de 40.000 camions et de 400 locomotives. Nous résistons de notre mieux ». Dans les ministères on assure toujours qu’au cours de la seconde quinzaine de mars, les demandes allemandes ont porté sur les produits alimentaires et industriels. Pourtant en cherchant un peu on trouve cette note du 18 mars signée du docteur Michel, chef des services administratifs du commandement militaire en France où il est bien fixé que 15.000 ouvriers spécialistes devraient partir en Allemagne mais, aucune mesure de coercition n’est envisagée si le résultat n’est pas obtenu.

    Pourtant le ton de l’occupant est différent. Le général Karl Oberg, commandant supérieur des SS est porteur d’une lettre d’Hitler à Pétain où il est mentionné : « Le gouvernement français doit donner immédiatement les ordres nécessaires à l’administration française pour que celle-ci collabore correctement, et sous menace des plus graves sanctions avec les services allemands ». Or Oberg est considéré comme le bras armé de Sauckel.

    Laval s’en mêle dès avant son retour au pouvoir. Le 1er avril 1942, il confie au journaliste Pierre Nicolle que les efforts du Reich : « portent actuellement sur le recrutement massif de main-d’œuvre française au bénéfice des entreprises allemandes ». On s’aperçoit qu’il anticipe sur la politique qu’il est prêt à conduire si le Maréchal lui rétablit sa confiance. Or l’occupant a les moyens d’imposer ses exigences. Dès l’automne 1941, il a donné à ses Feldkommandanturen locales, l’autorisation de fermer des usines et une ordonnance du 2 février 1942 a confirmé cet état d’esprit. Berlin réclame aussi une déclaration solennelle du gouvernement de Vichy en faveur du travail en Allemagne. La demande a été formulée le 24 janvier. Elle n’a toujours pas été exécutée lorsque Sauckel est désigné mais, la nouvelle loi française s’inscrit bien dans cette logique détestable. Au ministère de la Production industrielle, on ne s’en formalise pas.


    …..

    Laval fait de l’ombre à Darlan

    René de Chambrun et son épouse Josée Laval.
  •  Agrandir la photo
  • Pierre Laval veut la place de l’amiral.
  •  Agrandir la photo
  • Darlan avec Pétain : un tandem en sursis.
  •  Agrandir la photo
  • L’ambassadeur Otto Abetz toujours manoeuvrier.
  •  Agrandir la photo
  • Politique. L’ancien vice-président du Conseil chassé par Pétain s’active afin de revenir en grâce et compose avec Goering pour asseoir sa stratégie de recours français pour une collaboration exemplaire et inédite.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    Darlan est-il en danger ? Toujours est-il que des bruits d’un remaniement ministériel à Vichy sont accrédités par des commentaires inquiets. Le jeudi 26 mars 1942, le général Laure, secrétaire général de l’administration du maréchal Pétain et ami de toujours du chef de l’Etat français classe ses dossiers et semble sur le départ. L’officier est vexé et, depuis deux jours, il reste confiné dans sa chambre de l’hôtel de Sévigné bien décidé à ne regagner l’hôtel du Parc que pour remettre sa démission.

    Quelle est la raison de cette rupture méditée ? Le scénario paraît secondaire mais il témoigne d’une méfiance accrue entre les gens qui gravitent autour du Maréchal et signifie que les grandes manœuvres ont commencé.

    Le 24 mars, en ignorant totalement Laure, Bernard Ménétrel organise une entrevue entre René de Chambrun et le Maréchal. Or les règles établies prévoient jusqu’alors qu’aucune audience n’est accordée sans le visa du secrétaire général ! Or, Chambrun est le gendre de Pierre Laval, ancien vice-président du Conseil remercié le 13 décembre 1940 mais dont on évoque de plus en plus souvent le retour. Il a la confiance des autorités d’occupation et ses discours sont une invitation permanente au renforcement tous azimuts de la collaboration. Laure qui est bien au fait de la chose politique est sûr que cet entretien est une étape déterminante recommandée par Berlin pour faciliter le rapprochement avec Laval ! Il en obtient la confirmation lors d’un échange avec Moulin de Labarthète : « Vous aviez raison. Le Maréchal se rend en forêt de Randan pour converser avec Laval tandis que Darlan est convié dans l’après-midi à un rendez-vous mystérieux ».

    Bavardage dans les bois

    Laure compare Laval au diable et il n’a aucune confiance en lui. Un sentiment que partage Moulin de Labarthète. Les deux hommes estiment que leur ennemi est prêt à conduire une politique de rupture et d’entière soumission au Reich. Chambrun affirme au Maréchal que son beau-père se doit de lui parler d’un sujet capital pour la survie de la France.

    En forêt, Laval fait un résumé de son entretien avec le Reichmarshall Hermann Goering. Il s’agit d’une rencontre qui a été organisée dans l’urgence au terme d’un déjeuner réunissant le colonel SS Knochen, le maire de Bordeaux Adrien Marquet et Pierre Laval ! Tout a été préparé avec une extrême discrétion parce que l’amiral Darlan fait surveiller de près son prédécesseur avant la parenthèse Flandin, surtout lorsqu’il prospecte dans la capitale et s’affiche avec des diplomates. L’entretien avec le numéro 2 du Reich a lieu au Quai d’Orsay et est piloté par Knochen.

    Dans un premier temps, la rencontre est glaciale parce que l’Allemand exprime toute son amertume liée aux résultats insuffisants enregistrés après l’entretien de Saint-Florentin avec le Maréchal. Pis, il s’insurge contre la politique de Vichy en Afrique du Nord. Goering veut que les ports servent aux ravitaillements de Rommel et que les forces armées françaises qui s’y trouvent soient engagées contre les Anglais.

    Il vocifère aussi contre le marché noir qui devient une institution en France et s’étonne que les habitants s’accommodent des rigueurs de l’occupation, suggérant que les conditions imposées ne sont pas encore assez sévères. Le Reichmarshall interpelle Laval : « Nous nous sommes trompés lorsque nous avons cru que nous pouvions rechercher avec votre pays une collaboration sincère. Nous avons révisé notre politique et désormais, nous traiterons la France en fonction des sentiments d’hostilité qu’elle ne cesse de nous manifester ».

    Laval dont l’interprète est le général Hanesse, ancien attaché de l’air à Paris, oppose que rien à l’avenir ne peut opposer la France à l’Allemagne. Son désir d’une paix éclairée avec Berlin ne reçoit aucun écho bienveillant du maréchal nazi.

    Avant de conclure cette audience d’une diplomatie relative, Goering déclare : « Si le Maréchal vous offre de revenir au pouvoir, refusez. Ce serait pour vous trop tard ou beaucoup trop tôt. Vous avez été pour nous un ennemi honnête. Nous nous retrouverons peut-être un jour après la guerre, quand la paix sera signée, et alors vous pourrez défendre les intérêts de votre pays ».

    Le numéro 2 du Reich ajoute que leur conversation doit rester secrète et ne même pas être évoquée avec les diplomates de l’ambassade d’Allemagne à Paris.

    En revanche, il ne s’oppose pas à ce que Philippe Pétain soit informé à condition que son entourage soit tenu à l’écart.

    On mesure la subtilité de Berlin qui, pour rétablir des relations acceptables avec Vichy, tient à désigner son médiateur et Laval peut très bien jouer ce rôle tant son ambition est réelle. Il est prêt à se vendre au Reich mais il fait valoir ses talents au Maréchal en se présentant comme un recours : « Je barre la route aux entreprises de Goering, à la polonisation, au massacre des otages » plaide-t-il.

    Le manipulateur de Chateldon

    Pétain est ébranlé et demande à Darlan de se rendre à Chateldon pour le convaincre de revenir au gouvernement. Il se souvient des propos de son interlocuteur au Quai et ne donne pas suite tout en donnant une justification plus que douteuse : « Je refusai, j’étais pressé par tous les membres de ma famille de ne revenir au pouvoir sous aucun prétexte. Je n’ai jamais connu un tel trouble dans ma conscience. Il est difficile parfois de trouver le vrai chemin où le devoir doit vous conduire. Je comprenais les raisons invoquées par les miens. Mais il suffit qu’on invoque mon intérêt personnel pour que j’accomplisse à mes risques et périls mon devoir vis-à-vis de notre pays. Je me jugeais gravement coupable de me dérober si, par ma présence, par mes actes et par mes propos, je pouvais atténuer un peu la misère de la France et des Français ». C’est à la fois pathétique et relève d’une mise en scène soignée, celle de l’homme d’Etat prêt à tous les sacrifices pour servir avec exemplarité son pays. Pierre Laval qui, en cette seconde quinzaine de mars 1942 ne croit pas à la victoire des alliés, imagine le scénario qui peut lui être plus profitable. L’ambassade d’Allemagne développe depuis la fin du mois précédent une argumentation pour contraindre au remplacement de Darlan. La première des raisons est qu’Abetz ne supporte pas l’amiral qu’il soupçonne non sans raisons de discuter et traiter les problèmes avec les militaires de l’hôtel Majestic plutôt qu’avec les diplomates de la rue de Lille. Le professeur Grimm, envoyé par Hitler, est favorable au débarquement de Darlan. Il estime que Laval pourrait stopper le procès de Riom qui tourne à la confusion de ses promoteurs. Les collaborationnistes jugent le tandem Pétain-Darlan trop tiède et s’époumonent que les deux hommes aient refusé de venir à Paris pour les obsèques des victimes civiles du bombardement de la RAF sur les usines Renault de Boulogne-Billancourt.

    Le Maréchal mesure aussi les tensions avec les Etats-Unis. Le 30 mars, il reçoit l’amiral Leahy qui est porteur d’un ultimatum du président Roosevelt. La Maison Blanche menace et fait passer ce message : « Le retour au pouvoir de Pierre Laval conduirait à la rupture des relations franco-américaines ». Le Maréchal le rassure et affirme qu’il n’en est pas question ! Le 2 avril, il l’informe qu’il n’a nullement l’intention de lui donner les clés du gouvernement. Il va bientôt changer d’avis.


    …..

    Les commandos anglais frappent Saint-Nazaire

    Les combats au sol entre Allemands et Anglais ont été violents.
  •  Agrandir la photo
  • Une vue aérienne des dégâts occasionnés par le commando.
  •  Agrandir la photo
  • Le 26 mars 1942 à 15 heures, un corps expéditionnaire britannique constitué de trois contre-torpilleurs, d’une canonnière, de quelques vedettes lance-torpilles et de canots à moteur occupés par des commandos quitte la baie de Falmouth en Grande-Bretagne et se dirige vers la côte française. L’objectif qui a été fixé par l’état-major est d’effectuer un raid contre la base de sous-marins allemands de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Le lendemain, le groupe d’assaut approche de l’estuaire de la Loire. Vers 23h30 pour faciliter le débarquement des commandos, la RAF bombarde les installations de la base ennemie mais sans grand résultat tant les travaux pour bétonner les carapaces destinées à protéger les U-Boote en cours d’armement ou de réparation ont été conséquents. Le 28 mars à 0h30, la formation anglaise entre dans l’estuaire et ne se fait pas remarquer si bien que les bâtiments réussissent à s’approcher discrètement du port.

    Contre l’écluse

    A 1h34, le contre-torpilleur « Campbeltown » chargé à l’avant de plusieurs tonnes d’explosifs et destiné à sauter le lendemain est envoyé à pleine vitesse contre l’écluse du bassin de carénage de la base navale. La puissante explosion qui s’en suit provoque d’importants dégâts sur l’infrastructure et la mort de nombreux soldats allemands qui étaient montés à bord du navire pour l’inspecter. Les Anglais ne quittent pas indemnes le secteur puisqu’ils perdent environ 170 hommes tués dans des échanges nourris ou portés disparus.

    L’effet surprise est salué puisque cela montre que les Allemands peuvent être piégés malgré les systèmes défensifs impressionnants qu’ils construisent et déploient le long de la côte. Dans l’émission « Les Français parlent aux Français » du 29 mars, Paul Bouchon revient sur l’opération : « Le raid combiné des trois armes : marine, aviation et corps de débarquement, effectué contre la base devenue allemande de Saint-Nazaire, a porté un rude coup aux Allemands » annonce-t-il à ses auditeurs qui n’ont pas été informés par la presse des détails. Le chroniqueur se veut optimiste : « A la lumière des informations qui parviennent au fur et à mesure que les unités engagées rentrent, on s’aperçoit que l’objectif fixé a été atteint, pleinement atteint ».

    On considère à Londres qu’en faisant un communiqué annonçant leur victoire contre une tentative de débarquement alliée, les Allemands ont surtout cherché à se rassurer parce qu’ils ont été incapables d’identifier une menace imminente et ont subi des dégâts et des pertes sur l’une de leurs bases stratégiques. Si l’ennemi montre les muscles, il sait qu’il a des faiblesses défensives et les Britanniques viennent de le lui montrer. « Il s’agit bel et bien d’une défaite et d’une défaite grave » renchérit Bouchon.

    Le but qui était de faire sauter la porte de l’écluse du grand bassin de radoub qui relie l’estuaire de la Loire aux chantiers de Penhoet est un succès. « Ce bassin mesure près de 350 mètres de long. Il pouvait contenir le transatlantique « Normandie » qui y fut lancé », rappelle non sans plaisir le journaliste. Avant d’ajouter : « Son importance pour les Allemands est énorme, car il est le seul en France qui pourrait servir de base au cuirassé allemand « Tirpitz » dans le cas où cette unité réussirait à quitter la mer du Nord pour aller opérer dans l’Atlantique ». Les Britanniques espéraient sans doute plus du raid mais ils ne sont pas mécontents. Néanmoins, les abris pour les sous-marins construits sur ordre du docteur Todt sont indemnes.

    Un bassin hors service

    Les Français libres ne sont pas économes de détails pour rappeler ainsi que la guerre continue bel et bien : « Le bassin est inutilisable et il le sera pour longtemps. Nos bulletins de nouvelles vous ont appris comment un vieux destroyer sacrifié, chargé de cinq tonnes d’explosif a été lancé contre ses portes et les a détruites en explosant. Quand le bâtiment a sauté, il se trouvait engagé dans l’écluse exactement jusqu’à la passerelle ».

    On relate aussi qu’au cours de l’opération, le commandant du navire a péri pour mieux marquer sa bravoure. Pour contrer l’effet du communiqué de l’ennemi, les alliés ne nient pas leurs pertes et n’excluent pas que des prisonniers soient entre les mains des Allemands. Paul Bouchon précise : « L’amirauté britannique, en calculant sa tentative, n’avait jamais pensé qu’une action aussi hasardeuse pût s’accomplir sans dommage. Il fallait rendre inutilisable le bassin de Saint-Nazaire. Il a été rendu inutilisable ».

    On compte à Londres que les résultats incontestables acquis sur le terrain vont avoir des conséquences. Même si l’état-major allemand se tait, il ne peut qu’être furieux des résultats de ce raid. Winston Churchill donne ainsi un avertissement au Reich qui mène une guerre à outrance contre les convois dans l’Atlantique.

    Les sous-marins envoient par le fond beaucoup de navires, mais les commandos anglais peuvent frapper à tout moment les installations ennemies. Le chroniqueur français précise : « On a toute raison de croire que le raid de Saint-Nazaire grèvera d’un lourd handicap la machine de guerre navale allemande. Mais autre chose encore doit gravement préoccuper l’ennemi, c’est de savoir que les Alliés non seulement n’hésitent plus mais encore sont capables de mener à bien des opérations offensives aussi importantes contre des forces de défense considérables ».

    De fait il s’agissait bien pour les Anglais de tester la capacité défensive d’une base très protégée à plus de cinq cents kilomètres de leur côte et, en pénétrant les positions ennemies, d’y frapper fort.

    Un simple hors-d’œuvre

    Cela est réussi, Paul Bouchon insiste : « Cette attaque prive les Allemands de la meilleure base qu’ils avaient sur toute l’immense côte atlantique qu’ils occupent. Certes, il leur reste Brest, mais on sait que Brest n’est pas un asile sûr pour les navires allemands puisque la RAF réussissait à y paralyser le « Scharnhorst » et le « Gneisenau ». Il y a aussi Lorient mais, en dépit d’une puissante DCA, Lorient est vulnérable ». Le chroniqueur demande encore de la patience à ses auditeurs. S’il reconnaît que les hostilités sont déclenchées pour faire chuter l’Allemagne, elles ne font que commencer : « En Norvège à Bruneval et surtout à Saint-Nazaire, les nazis ont été frappés. Ils le seront encore et souvent jusqu’à la fin. Mais, un jour, il ne s’agira plus de raids mais d’opérations beaucoup plus vastes ».

    Avant de conclure : « Si l’explosion du vieux destroyer qui fit sauter les portes de l’écluse de Saint-Nazaire a été entendue à Nantes, les Nantais ont dû penser qu’un jour, les otages seraient vengés ».

    Le 30 mars, Jean Oberlé raille ces soldats allemands qui s’amusent à Paris pendant que leur armée reçoit une leçon aux portes de l’océan. Il se moque des maisons de tolérance qui sont fréquentées comme jamais, des établissements de nuit qui font le plein de vert-de-gris. Il fustige le patron de la Rôtisserie périgourdine qui se promène dans le Sarladais en camionnette pour ramasser les truffes à prix d’or qu’il cuira sous la cendre pour les officiers allemands.

    Et de faire ce dur commentaire : « Les Parisiens qui, eux, mangent du rutabaga et méprisent les Allemands, seront heureux de savoir que les officiers boches qui se baladent le monocle à l’œil et font claquer leurs éperons sur les Champs-Elysées ne seront pas cuits sous la cendre mais gelés sous la neige qui s’amoncellera sur leurs cadavres de conquérants tués par les Russes ».

    ***********************************

    Union120331c - Marne
    CHALONS : Spectacles signés Furies dans le cadre du cessez-le-feu : L’Algérie pour les nuls

    Nedjma et Karim : un duo de choc et de sensibilité.
  •  Agrandir la photo
  • Un spectacle monté à partir de témoignages de Châlonnais.
  •  Agrandir la photo
  • A partir de neuf témoignages de Châlonnais sur la guerre d’Algérie, un spectacle sensible mêlant le son et la musique à l’expression corporelle est proposé lundi et mardi. Entrée libre.

    « COMMENT faire pour ne pas oublier quelque chose que l’on n’a pas vécu et qui est pourtant imprimé profondément dans la mémoire ? ».

    Nedjma Benchaib, danseuse, s’interroge : dans le cadre du cinquantième anniversaire du cessez-le feu en Algérie, les spectacles assurés lundi et mardi, avec les souvenirs de la guerre au centre de la prestation, avec ses questionnements toujours douloureux, avec ce qu’il reste de ce conflit dans l’imaginaire de chacun, seront-ils davantage perçus comme un documentaire ou bien comme une création artistique ?

    Tout le challenge est là entre les mains des créateurs mandatés par l’Entre-sort de Furies. Lesquels créateurs qui, pour cette proposition, ont voulu éviter l’écueil du trop facile rappel des événements historiques raconté par les observateurs ou belligérants aux visages multiples : « Il y a les encyclopédies pour cela, ou internet ».

    Neuf témoignages

    Ont-ils réussi dans leur approche ? A l’heure des répétitions, la réponse n’appartient déjà plus à ces créateurs qui règlent en tout cas les détails d’une proposition originale. Le talent restera déjà pour eux de l’avoir imaginée. L’idée a été de faire converser les acteurs de ce spectacle avec les habitants de Châlons. Cette proposition est intitulée « L’Algérie pour les nuls, valse en 9 T ».

    Une valse à neuf temps. C’est-à-dire le nombre d’années qu’a duré ce conflit. Pour ce spectacle, neuf personnes de tous âges, de toutes positions, de toutes conditions, ont été invitées à évoquer leurs sentiments quant au sujet. Neuf de tous souvenirs, neuf de tout vécu, neuf au ressenti proche ou lointain rapport à cette guerre, son avant, son pendant, son après. Toutes interviewées dans Châlons grâce au réseau associatif de l’Entre-sort grâce notamment à Kamel Zidour et Leila Filali.

    De la parole au geste

    Ces neuf personnes se sont livrées durant deux heures devant le micro des initiateurs, Nedjma donc, mais aussi Laure Saupique, metteur en scène, et Karim Messaoudi, autre danseur acrobate. Qui sont-ils ? « Nedjma est mi-marocaine, mi-algérienne, Karim Messaoudi est mi-marocain, mi-flamand, et Laure Saupique est mi-figue mi-raisin » plaisantent-ils. Plus sérieusement annoncent-ils que tous trois ont un point commun : « Nous n’étions pas nés au moment de la guerre d’Algérie ». Bref, 18 heures de conversation en tout dont le nec plus ultra intime, le nec plus utile, le nec plus sensible, a été happé par les acteurs à qui il a été donné carte blanche. Les auteurs le savent. Tout art est subjectif. La difficulté a été pour eux de choisir, restituer, retranscrire la parole à l’expression corporelle. Autour des phrases faites de douleurs, de couleurs ou d’interrogations, l’ensemble sera animé d’une gestuelle mise en valeur par une musique signée Laure Brisa : « Et les propos donneront un corps sonore au spectacle ».

    Fabrice MINUEL

    ***********************************

    Union120331b - Marne
    TORTURE : L’initiative a suscité un tollé : La vente d’instruments de torture suspendue

    La vente aux enchères controversée d’instruments de torture, prévue mardi à Paris, est suspendue « dans un esprit d’apaisement », a annoncé hier la maison d’enchères Cornette de Saint Cyr.

    « Devant l’émotion suscitée par cette vente, nous avons décidé de la suspendre afin que toutes les parties concernées puissent examiner dans le calme le contenu réel de cette collection », a déclaré le commissaire-priseur Bertrand Cornette de Saint Cyr.

    Cette vente d’objets de torture rassemblés par l’ex-bourreau français Fernand Meyssonnier a suscité l’indignation d’associations de défense des droits de l’homme. Mais elle est légale, selon le Conseil des ventes.

    Fernand Meyssonnier a procédé à 198 exécutions judiciaires en Algérie entre 1957 et 1962. La vente est réalisée à la demande de la famille du bourreau décédé en 2008 à l’âge de 77 ans.

    « Barbarie »

    Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a annoncé hier qu’il souhaitait « très fermement » l’annulation de cette vente intitulée « Peines et Châtiments d’autrefois », qui rassemble 350 objets et documents sur la torture (corde de pendaison, écrase-main, « poire d’angoisse »).

    « La collection concernée relève par sa nature plus de la morbidité et de la barbarie que de la culture et soulève par sa provenance de douloureux questionnements historiques », a estimé le ministre dans un communiqué.

    « Après avoir consulté l’avis du Conseil de ventes volontaires et informé l’étude concernée de sa vive désapprobation, le ministre souhaite très fermement l’annulation de cette vente », a indiqué le communiqué.

    Plusieurs associations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé mercredi cette vente aux enchères, critiquant une initiative « très choquante et contraire à toute morale ».

    ***********************************

    Union120331a - Marne
    SUIPPES : Centre d’interprétation de Suippes : C’est gratuit pour les handicapés !

    A l’occasion des Journées nationales tourisme et handicap ce samedi 31 mars et dimanche 1er avril, le Centre d’interprétation propose la gratuité à toutes les personnes handicapées.

    Depuis son ouverture en 2006, le Centre d’interprétation mène une politique en faveur de l’accessibilité de la structure et de l’accueil pour les personnes présentant un handicap.

    Le Centre d’interprétation Marne 14-18 a obtenu le label Tourisme et handicap en 2008 pour les quatre handicaps.

    Ces journées sont donc l’occasion de faire découvrir les installations et les efforts fournis pour accueillir tous les publics mais aussi de recueillir les impressions en vue d’améliorations futures.

    Contact : Marne 14-18 Centre d’interprétation - 4 ruelle Bayard 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09 ; contact@marne14-18.fr - www.marne14-18.fr

    ***********************************

    Union120329b - Marne
    SEZANNE : Assemblée générale de l’association des cadres de réserve : Le conflit afghan passionne

    De nombreuses personnes sont venues écouter le commandant Gaudillat.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des cadres de réserve vient de tenir son assemblée générale.

    Après avoir remercié les membres présents, le colonel Serge Finck, président de l’association, leur a exprimé sa satisfaction de les accueillir toujours nombreux à toutes les manifestations organisées par elle ainsi qu’aux cérémonies patriotiques.

    Après le compte rendu d’activités, le bilan financier positif, présenté par le trésorier Jacques Hémard a été adopté à l’unanimité et le comité en exercice a été reconduit dans ses fonctions.

    A l’issue de l’assemblée générale, de très nombreux invités sont venus grossir les rangs des réservistes et ce sont ainsi 120 personnes qui ont écouté avec le plus grand intérêt,- l’exposé du commandant Gaudillat, qui leur a fait découvrir l’Afganistan, le pays, son peuple, ou plutôt ses populations et leurs mentalités, l’économie, le conflit armé et les difficultés d’adaptation des Occidentaux.

    C’est Jean Agrapart, maire adjoint et correspondant défense, qui a conclu en redisant tout l’intérêt des conférences d’information organisées par les cadres de réserve, conférences toujours en phase avec l’actualité.

    ***********************************

    Union120329a - Marne
    EPERNAY : Ecole Sainte-Marie : Les CM2 au Centre d’interprétation 14-18

     

    Vendredi dernier, les quarante-six élèves des classes de CM2 de l’école Sainte-Marie d’Epernay se sont rendus à Suippes pour visiter le Centre d’interprétation Marne 14-18, en lien avec leur programme d’histoire.

    Après avoir découvert le monument aux morts de Suippes, ils ont pu, en s’identifiant à un personnage, découvrir la vie des Français, militaires ou civils, durant les années 1914-1918.

    Au travers d’objets ou de documents, ils ont ainsi visualisé les différentes étapes de cette période depuis la mobilisation des soldats jusqu’à l’armistice de 1918.

    Les élèves ont fortement apprécié cette journée ainsi que l’accueil qui leur a été réservé.

     

    ***********************************

    Union120327b - Marne
    MARCILLY-SUR-SEINE : Huit anciens combattants médaillés

    Il a été précisé aux huit médaillés : « Arborez-la le plus souvent possible, soyez un exemple pour les générations futures. »
  •  Agrandir la photo
  •  

    Samedi 24 mars, de nombreux participants se sont retrouvés au monument aux morts pour le dépôt de gerbes, après l’office religieux célébré à l’occasion du 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

    Le comité Fnaca Anglure-Conflans a honoré par la médaille de la reconnaissance de la nation Khoudir Choubane, Claude Cordier, Raymond Ferry, Jean Laurent, Raymond Louvet, Jean-Philippe Marie Joseph, André Minel et Alain Soyer (absent).

    Puis, de retour à la salle des fêtes, une médaille du 50e anniversaire a été offerte à Patrick Muller, maire de Marcilly-sur-Seine, et Guy Dollat, maire de Perigny-la-Rose.

     

    ***********************************

    Union120327a - Marne
    GAYE : Mémoires de Gaye : Les passionnés d’histoire ne chôment pas

    Un programme riche pour l’année 2012 a été annoncé en AG.
  •  Agrandir la photo
  • L’association Mémoires de Gaye vient de tenir son assemblée générale. Les adhérents ont pu découvrir un programme riche en rendez-vous sur des thèmes très différents.

    Ainsi, deux sorties botaniques organisées par Michel Seurat sont prévues : une au printemps et une en automne. Une conférence sur le thème « une famille gayonne pendant la guerre » est prévue le vendredi 13 avril à 20 heures à la salle d’évolution.

    Une sortie ouverte au public sur le camp de Marigny sera organisée le vendredi 13 avril par Jean-Brice Rougemont, membre du conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne, suivie d’une conférence sur l’histoire du camp de Marigny-Gaye (l’expropriation, la construction, l’occupation militaire, le rassemblement gitan, les rave parties, puis tous les projets proposés à la suite du retrait de l’armée, Natura 2000, et bien d’autres parfois très surprenants !) à la mi-mai.

    Une exposition des articles de journaux consacrés à Gaye est programmée à l’automne, de même qu’une exposition photos qui sera proposée le 1er week-end de décembre sur le thème « le sport à Gaye ».

    À ces occasions, l’association fait appel aux conservateurs de souvenirs qui alimentent ces actions, et souligne que les habitants répondent amplement à ces appels. Toute l’année, les activités sont nombreuses et consistent en des recueils de photos et documents, des recherches, des préparations de conférence ou encore des interviews.

    ***********************************

    Union120325d - Marne
    LIVRE : Procès de Riom : une farce judiciaire

    A Riom en 1942, le gouvernement de Vichy a tenté de fabriquer le procès de la République.
  •  Agrandir la photo
  • Qui se souvient du procès de Riom ? Ceux qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale et les dures privations de l’Occupation ? Ceux qui connaissent la carte judiciaire des cours d’appel ? Pourtant dans cette petite ville du centre de la France, le gouvernement de Vichy a tenté d’y fabriquer le procès de la République qui s’est retourné contre lui. Au point d’être contraint d’ajourner cette caricature de justice en prétextant le besoin légitime d’un supplément d’information. En réalité, c’est Hitler qui a exigé cette suspension, mesurant combien cette mise en scène cynique pouvait handicaper une collaboration boitant bas.

    Dans un ouvrage qui fait une synthèse de l’événement, propose au lecteur la chronologie au jour le jour du procès et y adjoint les remarques de Léon Blum et le journal de captivité d’Edouard Daladier, Julia Bracher coordonne un vrai document et montre comment ceux qui ont été accusés par le maréchal Philippe Pétain ont retourné la situation à leur avantage.

    En insistant sur l’argumentation soigneusement préparée par les accusés pour contrer avec brio l’accusation, l’auteur passe au scanner à notre plus grand bonheur les pièces judiciaires qui représentent des dizaines de milliers de pages. On discerne ainsi comment Pétain reproche aux accusés de ne pas avoir su préparer la guerre et quelles sont les réponses de Maurice Gamelin, d’Edouard Daladier, de Léon Blum et de leurs collègues. On comprend quelle confusion a recherché Vichy puisque le parquet général directement briefé par le Garde des sceaux considère que les lois sociales du Front populaire constituent la matrice de l’impréparation militaire, du renoncement à l’effort, de l’assouplissement coupable des conditions de travail.

    UN THEATRE DE L’ABSURDE

    Mais pourquoi donc se limiter à la période 1936-1939 ? A juste titre Daladier redit qu’en 1934, le gouvernement a réduit les crédits militaires de 20 %. Or le ministre de la Guerre est alors un certain Philippe Pétain ! Blum s’amuse lorsqu’il déclare que si les réformes du Front populaire ont été si piteuses, il faut poursuivre tous ceux qui les ont rendues possible et tous ceux qui les ont applaudies. On a l’impression au fil des audiences de se retrouver dans un théâtre de l’absurde. D’autant que la censure imposée à la presse aboutit à des comptes-rendus d’audience insipides et systématiquement à charge contre les accusés. Tout ce qui ne concerne pas les responsabilités du Front populaire doit en être banni.

    Heureusement dans l’émission « Les Français parlent aux Français » sur la radio de Londres, de larges extraits des plaidoiries sont lus ce qui permet aux auditeurs de mesurer la capacité de désinformation du gouvernement de Vichy. Blum en remerciera le général de Gaulle. Le 11 avril 1942, le Journal officiel abrège cette comédie minable qui déshonorait l’idée même de justice.

    Hervé Chabaud h.chabaud@journal-lunion.fr

    Julia Bracher, « Riom 1942 : le procès », Omnibus, 1088 p., 29 euros.

    ***********************************

    Union120325c - Marne
    LIVRE : Police expéditive

     

    La garantie de l’Etat de droit à la Libération a été un rude combat pour le gouvernement du général de Gaulle en raison d’officines interdites qui ont conduit une épuration ciblée contraire aux principes généraux qu’une démocratie doit garantir. Les deux auteurs reviennent sur des enlèvements et séquestrations suivis d’exécutions clandestines qui ont lieu dans la capitale et qui font de leurs auteurs des criminels. Selon Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre une quarantaine de cadavres ont été repêchés dans la Seine entre le temps de la libération de Paris et le22 septembre 1944. Ils identifient les responsables comme étant un groupe composé d’un noyau de bourreaux issus des Francs-tireurs partisans.

    Si parmi leurs victimes il y a des collaborateurs certains et plusieurs personnes sans doute gênantes en raison de ce qu’elles savaient des activités de ce commando de nettoyeurs basé à l’institut dentaire de l’avenue de Choisy, il s’agit bien d’assassinats. Or si les gens inquiétés et éliminés méritaient d’être jugés en raison de leurs activités sous Vichy, ils méritaient un vrai procès. Les auteurs s’interrogent aussi sur ce que savait le parti communiste de ces agissements alors qu’il ambitionnait de peser sur la vie politique nationale.

    H. CH.

    Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, « Ainsi finissent les salauds », Robert Laffont, 429 p., 22 euros.

     

    ***********************************

    Union120325b - Marne
    LIVRE : Décodage russe

    Qu’apporte ce dialogue surprenant entre Vladimir Fédorovski, diplomate de la planète russe et Alexandre Adler qui, historien et géopoliticien, a une solide culture marxiste confortée par un passage au PCF avant son émancipation fruit d’intelligentes déductions ? Un dialogue passionnant et des propos recueillis par Patrice de Méritens.

    Ce n’est pas tant leur première rencontre autour d’une bouteille de vodka à la cerise ou ce premier déjeuner « Chez Dominique » qui retient l’attention du lecteur quoique l’on sait alors que ceux-là sont de bons vivants. Ils partagent aussi le goût de l’histoire et une fascination pour les constructions intellectuelles qui reposent sur une authentique réflexion et ne sont donc pas biaisées par un militantisme conduisant au fanatisme. Fédorovski qui a gravité entre les factions qui ont pesé sur le pouvoir en URSS. Il montre comment après la mort de Brejnev, Andropov prend le pouvoir pour quinze mois mais doit gérer des révoltes d’insubordination. Il ne peut alors tenir qu’en s’appuyant sur la hiérarchie du KGB. Après la parenthèse ahurissante de Konstantin Tchernenko, l’arrivée de Gorbatchev ouvre des perspectives nouvelles. Le réformiste est vite dépassé par ses réformes qui conduiront Boris Eltsine à s’emparer du pouvoir ! Les deux auteurs proposent d’intéressants portraits de tous ceux qui ont compté dans l’histoire soviétique puis de la Russie retrouvée où Vladimir Poutine a compris comment des institutions démocratiques pouvaient être à son seul service. Adler et Fédorovski ne sont pas toujours d’accord mais leur confrontation pose un regard neuf sur le pourquoi de la Russie de maintenant.

    C’est à la fois passionnant mais parfois inquiétant.

    H. CH.

    Vladimir Fédorovski et Alexandre Adler, « Le Roman du Siècle rouge », Editions du Rocher, 224 p., 19,90 euros.

    ***********************************

    Union120325a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    La fermeté du Général

    Le capitaine de vaisseau Philippe Auboyneau promu contre-amiral et commandant des FNFL.
  •  Agrandir la photo
  • Le capitaine de vaisseau Paul Ortoli remplace Auboyneau comme commandant du « Triomphant ».
  •  Agrandir la photo
  • Le général de Gaulle réunit les commissaires nationaux le 23 mars 1942 à Londres en raison des problèmes inhérents au fonctionnement de la Marine des Forces françaises libres et de l’application par la Grande-Bretagne des sanctions décidées envers le capitaine de vaisseau Moret, ancien chef d’état-major du vice-amiral Muselier. Le commissaire des Affaires étrangères est prié d’apporter devant le Comité national le dossier complet de l’affaire et un projet de mémorandum relatant tous faits et toutes négociations qui s’y rapportent et destiné à servir d’annexe à une note qui pourrait être adressée au gouvernement britannique et aux gouvernements alliés et associés.

    On sait alors que les Anglais sont très mécontents de la mise à quai de Muselier mais la fermeté argumentée du chef de la France libre conduit toujours le 23 le représentant du gouvernement de Winston Churchill auprès du Comité national, Charles Peake, à remettre au Général un courrier dans lequel le 10, Downing street renonce à exiger le maintien du vice-amiral français dans ses fonctions antérieures. Néanmoins, les Britanniques réclament qu’une affectation conforme à son rang et à ses services lui soit attribuée. De Gaulle s’y est déjà engagé.

    Le 22, le Général a écrit à Philippe Pierrené, délégué de la France libre à Ottawa pour lui signaler qu’il avait demandé au capitaine de vaisseau de Villefosse de remettre son commandement à Saint-Pierre-et-Miquelon au plus ancien officier présent dans l’archipel et de rentrer à Londres sans délai. Il demande à son correspondant de lui faciliter son voyage s’il choisit de passer par le Canada ce qu’il ignore. Et d’ajouter : « Vous veillerez à ce qu’il ne fasse aucune déclaration sur aucun sujet. Vous donnerez de ma part la même consigne à Quedrué. Si cela était nécessaire, je suis convaincu que les autorités canadiennes vous prêteraient sur ces divers points leur concours discret et amical dans l’intérêt commun ».

    Le 25, il adresse un nouveau télégramme au contre-amiral Auboyneau où il lui demande de faire le maximum pour être le plus rapidement auprès de lui : « En ce qui concerne le commandement du « Triomphant », j’envoie d’accord avec Gayral, le commandant Ortoli qui nous paraît le plus qualifié. Moret s’est mis en effet dans une situation telle qu’il est impossible, je répète impossible, de lui confier un commandement aussi important même si l’on admet qu’il présente la qualification technique nécessaire ». Le même jour, il demande à la délégation de la France libre à Washington de démentir les commentaires fantaisistes qui sont repris aux Etats-Unis sur la démission de Muselier alors qu’il a quitté sur sa demande le Comité national et y a été remplacé par un autre marin : « Toutes les histoires politiques ou autres greffées autour de cela ne sont que d’absurdes fantaisies. La France libre et les forces françaises libres sont plus unies et résolues qu’elles ne l’ont jamais été ».

    C’est à la même date et après en avoir informé le Comité que de Gaulle transmet ce télégramme à Brazzaville au général Leclerc, commandant supérieur en Afrique française libre : « Je vous ai nommé par décret et je désire que vous rejoignez votre nouveau poste et preniez vos fonctions immédiatement et sans délai. Veuillez me proposer d’urgence votre successeur dans ce commandement des troupes du Tchad que vous avez si glorieusement exercé. Mes profondes amitiés ». Il succède au général Serres qui est mis à disposition du général Catroux mais de Gaulle lui exprime toute sa reconnaissance pour « les excellents services que vous avez rendus à la France, tant dans la libération de l’Afrique équatoriale en août 1940 que dans les actions de guerre si brillamment menées par nos glorieuses troupes coloniales d’Afrique ». Le chef de la France libre muscle les commandements stratégiques en y nommant les meilleurs.


    …..

    Echec à Malte, succès à Lübeck

    Le « Breconshire » en grande difficulté devant Malte.
  •  Agrandir la photo
  • L’Allemagne veut recruter des travailleurs robustes.
  •  Agrandir la photo
  • Un poste de commandement de la RAF : on suit la progression des bombardiers.
  •  Agrandir la photo
  • La RAF charge les munitions avant de frapper Lubeck.
  •  Agrandir la photo
  • Manœuvres. Si l’Axe remporte un succès en Méditerranée, les usines allemandes semblent plus vulnérables aux raids des bombardiers britanniques.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    En Méditerranée, à l’aube du 20 mars 1942, un convoi anglais destiné à ravitailler l’île de Malte qui subit des bombardements intensifs au quotidien se dirige vers La Valette. Il comprend quatre cargos, le « Breconshire », le « Clan Campbell », le « Talabot » et le « Pampas » qui ont quitté le port d’Alexandrie. La situation devient critique et la population locale retranchée dans des caves manque désormais de tout. Cette opération baptisée « Sauvetage de Malte » doit réussir. Elle est considérée par les stratèges comme l’offensive de la dernière chance. Sans munitions et produits manufacturés de première nécessité, l’île affamée risque d’être conquise par les Italiens et les Allemands dont l’ambition est de contrôler non seulement la circulation maritime mais d’acquérir la maîtrise du ciel méditerranéen. Les cargos sont escortés par les croiseurs « Dido », « Euryalus », « Cleopatra » qui porte le pavillon de l’amiral Vian, du croiseur léger « Carlisle » et de dix-sept contre-torpilleurs. Depuis Malte, deux bâtiments doivent venir à la rencontre du convoi. Le croiseur « Pénélope » et le contre-torpilleur « Légion » sont désignés pour réussir ce relais. Winston Churchill de méchante humeur a exigé une mobilisation sans précédent de toutes les unités navales de Méditerranée pour donner une nouvelle leçon à l’ennemi.

    Une chasse à mort

    Cet impressionnant mouvement n’échappe pas aux avions de reconnaissance de la Luftwaffe. Le commandement italien qui a deviné l’objectif donne l’ordre à ses forces d’appareiller sans tarder et d’intercepter le convoi. Dans la nuit du 21 au 22 mars 1942, l’amiral Iachino quitte Tarente à bord du cuirassé « Littorio ». Il est escorté de quatre contre-torpilleurs. Dans le même temps, l’amiral Parona à la tête d’une autre force sort de Messine accompagné des croiseurs « Gorizia », « Trento », « Bandenere » ainsi que de quatre contre-torpilleurs. Les navires italiens mettent le cap sur la Grande Syrte au large des côtes libyennes. Les marins italiens comptent intercepter le convoi et couler la flotte britannique afin d’assurer définitivement la sécurité de leurs propres cargos destinés à approvisionner le corps expéditionnaire de l’Afrika Korps du général Rommel. Le 22 mars 1942, des avions torpilleurs italiens S-79 attaquent la formation britannique qu’ils ont repérée dans l’axe de Malte mais ils ne touchent aucun de leurs objectifs. Vers 12h40, le pilote d’un appareil de reconnaissance du Trento transmet une information et assure avoir identifié les Anglais qui ne disposent pas de couverture aérienne. L’amiral Iachino apprécie cette bonne nouvelle et, deux heures plus tard, les croiseurs de l’amiral Patona qui sont envoyés en approche aperçoivent les bâtiments anglais et ouvrent immédiatement le feu.

    Les Britanniques développent un épais écran de fumée, aussi le convoi n’est-il pas touché et l’amiral italien donne l’ordre de cesser le feu. Vers 16h30, le « Littorio » aperçoit un croiseur britannique mais comme la météo est défavorable, il n’insiste pas d’autant qu’il ne dispose pas de radar. Dès que le nuage de fumée se dissipe un peu, les Italiens ouvrent le feu et parviennent à toucher le « Cleopatra ». A 18h30, les amiraux italiens sont certains d’avoir verrouillé la zone aussi estiment-ils que les Anglais vont tomber dans la gueule du loup. Les Britanniques ne renoncent pas. Le 23 mars 1942, les quatre cargos qui poussent au maximum leurs machines ne parviennent pas à se mettre à l’abri avant le lever du jour. Les avions de l’Axe attaquent en plusieurs vagues. Le « Talabot » et le « Pampas » sont malheureusement touchés alors qu’ils sont déjà entrés au port et coulent avant que leur cargaison ait pu être déchargée. Le « Bresconshire » se fait remorquer mais est également atteint. Enfin le « Clan Campbell » est envoyé par le fond alors qu’il se trouve à une cinquantaine de Miles de Malte. Des 26.000 tonnes de mazout que transportait le convoi, 5.000 seulement sont récupérées ! L’amiral britannique Cunningham fait la moue : « Les forces de l’Axe ont en grande partie atteint leur objectif : empêcher le ravitaillement de Malte ». L’Axe maintient la pression et envisage de larguer des unités parachutistes pour conquérir l’île et profiter de la faiblesse relative de la Royal Navy en Mediterranée. Les Anglais ne disposent plus alors que de quatre croiseurs, quinze contre-torpilleurs contre quatre cuirassiers, neuf croiseurs, cinquante-cinq torpilleurs et une soixantaine de sous-marins pour les adversaires de l’Axe. Les stratèges ennemis préparent le bombardement coordonné des terrains de Miccaba, Hal Far, Luka et Gudia.

    Ils espèrent attaquer par surprise et neutraliser un maximum d’appareils au sol.

    Frapper au cœur du Reich

    A Londres, Churchill étudie de nouvelles ripostes avec ses chefs d’état-major. Le 28 mars, il donne le feu vert à une puissante frappe aérienne contre les installations industrielles de Lübeck. 243 bombardiers sont mobilisés et réussissent leur attaque. Les destructions et dégâts enregistrés sont considérables et l’ampleur du raid décide Hitler à rappeler immédiatement de Sicile deux groupes d’aviation de bombardement afin de préparer des représailles sur des villes anglaises historiques. Vociférant contre les tueurs de Londres, il ordonne que la Luftwaffe mette au point des raids de destruction des villes d’Exeter, York, Canterbury et une nouvelle campagne contre le cœur de la capitale du Royaume-Uni. Le Führer a raison d’être inquiet parce que le succès des Britanniques au-dessus du Reich tend à confirmer que la RAF a conquis la supériorité aérienne dans le ciel européen. Pour la simple raison que la sollicitation des escadrilles de Goering sur le front de l’est ne permet plus une couverture de sécurité du ciel allemand. Ces résultats positifs pour les Anglais sont aussi un excellent moyen pour dissuader les ouvriers des pays européens occupés d’aller travailler en Allemagne. Cette démarche est assimilée à une marche vers la mort. Georges Boris résume avantageusement la situation : « Traité comme du bétail humain, ils travaillent comme des bœufs de labour, dix à douze heures par jour. Et si, à ce régime, ils tombent malades, ils ne reçoivent pas les soins qui sont dus à des êtres humains. Une ordonnance du ministre du travail allemand commande de restreindre au minimum l’admission des ouvriers étrangers dans les hôpitaux ; quiconque est atteint d’une affection trop grave pour être guéri en moins de trois semaines ne peut être hospitalisé. Il est renvoyé dans son pays avec toutes les souffrances et tous les risques que le voyage comporte pour un malade ». Boris sort aussi des statistiques qui attestent que les ouvriers étrangers sont placés dans les usines les plus exposées aux bombes ennemies. Il cite des statistiques belges publiées dans la presse de ce pays. Il y est écrit que 6.000 ouvriers du petit royaume sont tombés victimes des raids de la RAF sur Hambourg, Kiel, Mannheim et dans d’autres villes dont les noms ne sont pas donnés. Or d’après les statistiques allemandes, il n’y a que 120.000 Belges qui travaillent outre Rhin. Et de commenter : « Pour qu’une si forte proportion d’entre eux ait pu, en un temps aussi court, être atteinte par les bombes de la RAF c’est bien la preuve que les ouvriers sont concentrés dans les zones dangereuses ». Avant de conclure : « Ils ne sont pas seulement des bêtes de labour ; ils sont aussi des bêtes de boucherie ».


    …..

    Désert libyen : contrer les chars ennemis

    Le général Edgard de Larminat : méthodique et redoutable.
  •  Agrandir la photo
  • Rommel et l’un de ses officiers d’état-major préparent une nouvelle offensive contre les alliés dans le désert libyen.
  •  Agrandir la photo
  • Les colonnes françaises dans le désert libyen sont sous la coordination du général Koenig qui compare la situation à une guerre maritime : « Les automitrailleuses constituent en quelque sorte la ligne de surveillance des bâtiments légers, indispensables pour éclairer et fournir le renseignement mais incapables de résister aux formations plus lourdes croiseurs légers, encore moins aux escadres lourdes constituées par les patrouilles ou escadrons de chars. Les jocks colonnes interviennent alors pour arrêter l’escadre adverse ou les croiseurs isolés forceurs de blocus ». De fait, comme des navires, les véhicules légers qui effectuent des patrouilles systématiques dans tous les secteurs qui leur sont attribués se déplacent en formations régulières et n’ont pas d’autres choix que de naviguer avec boussole et compas solaire. Les colonnes se guident également avec les bornes qui sont espacées de cinq à dix kilomètres. Elles sont constituées de trois fûts de deux cents litres superposés et marqués d’un numéro distinctif reporté sur la carte que possèdent les chefs de colonne.

    Koenig installe son PC dans une zone accidentée. Il transforme son véhicule bien dissimulé en poste d’état-major et ainsi suit à la radio la progression de ses patrouilles. Il écoute les conversations et les messages de manière à se faire une idée la plus précise possible de la situation. Les colonnes effectuent des reconnaissances le matin et le soir et se mettent à l’abri au plus chaud de la journée. Elles se regroupent à la tombée du jour après s’être abritées de l’aviation ennemie qui multiplie les sorties diurnes. Comme elles ne bénéficient pas d’un appui aérien, elles ont leur propre DCA mais elles sont insuffisamment protégées des attaques des Messerschmitt de la Luftwaffe et des Macchi italiens. Les pertes en véhicules et en hommes sont importantes et cela préoccupe Koenig. C’est la raison qui le pousse à multiplier les coups de main nocturnes et surtout à harceler l’ennemi. De petites équipes constituées autour de lieutenants volontaires obtiennent en cette seconde quinzaine de mars 1942 des résultats encourageants. Toutefois cette guerre du désert est compliquée et le risque de méprise important.

    « Valse Lente »

    Pour se prémunir des raids des forces de Rommel, Koenig met au point l’opération « Valse lente » qui consiste à ordonner un repli en position de combat aux patrouilles dès lors que des formations motorisées ennemies sont signalées. Les véhicules français sont vulnérables et on se méfie des tirs des chars Mark IV de l’Afrika Korps. La lourde déconvenue enregistrée le 16 mars par la colonne du lieutenant-colonel Broche qui s’est aventurée jusqu’à une centaine de kilomètres à l’ouest de Bir Hakeim sert de leçon. Les escarmouches se transforment parfois en rudes batailles. Le 20 mars, les colonnes en patrouille participent à un exercice d’attaque générale lancée par la 8e armée pour attirer sur elle le gros de la Luftwaffe pendant qu’un convoi de la Royal Navy s’efforce de ravitailler Malte où la situation est alarmante. Les colonnes de la brigade française foncent sur Bir el Hamarin puis se rabattent vers le nord avant d’envoyer quelques éléments au-delà de la piste de Mechili à Tmimi. Pendant ce temps, les automitrailleuses et les éléments mobiles de la 1re division sud-africaine attaquent des aérodromes situés à Tmimi et Martouba. Cette diversion atteint son objectif puisqu’on n’enregistre qu’une dizaine de véhicules perdus pendant les violents accrochages avec l’aviation ennemie. Les Français sont conscients que leur brigade est composée de bons soldats, mobiles, intuitifs mais elle manque de puissance offensive parce que les blindés lui font défaut. Elle ne peut s’engager efficacement que pour des missions semi-statiques parce que ses dotations sont bien inférieures aux unités britanniques. Koenig constate aussi que le 75 antichars porté n’est pas assez maniable même s’il est utile. Si son transport est amélioré puisqu’il est placé sur des camions Chevrolet à deux ponts, il reste un handicap incorrigible en l’état. Le champ de tir horizontal de la pièce, solidaire du véhicule, ne dépasse pas quelques degrés ce qui empêche une instantanéité de riposte. Comme les Français libres tiennent à combattre les Allemands à armes égales, ils suivent les aménagements réalisés par les coloniaux du 2e bataillon de marche.

    Des bricoleurs de génie

    Deux officiers de réserve, un vétérinaire et un transporteur les capitaines Bayrou et Bélin réalisent un véhicule porte-canon de 75 qu’ils baptisent BB3. C’est un vrai canon automoteur au champ de tir horizontal de 60°. Il se révèle redoutable au cours des patrouilles si bien que le général de Larminat donne l’ordre de transformer tous les 75 antichars sur ce modèle et de porter de trois à six pièces, la dotation de cette arme dans chaque bataillon d’infanterie et cela en puisant dans le parc d’artillerie du Levant. Ces ingénieurs amateurs ne s’arrêtent pas là. Ils transforment les camions Chevrolet et le canon de 75 et en récupérant des tourelles de chars italiens, ils fabriquent un canon automoteur capable de tirer tous azimuts. On va l’appeler le « Conus-gun » du nom du lieutenant Conus, chasseur de fauves en Afrique et chargé d’en superviser la fabrication dans un atelier du Caire. La Légion travaille de son côté à l’amélioration d’une chenillette d’infanterie conçue initialement pour le transport de mortiers et de munitions. Le lieutenant de réserve Dewey, un cheminot breton, le métamorphose en un petit char d’assaut en renforçant son bouclier, tout en fixant à l’avant du châssis un canon de 25 mm ou une mitrailleuse lourde. On va ainsi composer des sections de cinq chenillettes destinées aux reconnaissances et à la réserve mobile des bataillons. Les Britanniques s’irritent de ces transformations qu’ils estiment contraire aux règlements mais très vite ils constatent que les améliorations apportées par les Français sont astucieuses et leur sont utiles. Tout est fait pour renforcer les moyens opérationnels des unités et toutes les entourloupes destinées à obtenir plus de matériels dans les rangs des Forces françaises libres sont utilisées. Elles témoignent d’une volonté de combattre au mieux.

    A Bir Hakeim sur un terrain inhospitalier, les positions sont désormais bien organisées mais creuser est un travail harassant. Koenig motive ses hommes et rappelle la condition du fantassin pendant la Grande Guerre : « Un homme résolu dans un trou est un seigneur, maître du terrain environnant ». Les fantassins multiplient les « fox holes », les trous de renard pour un ou deux hommes. Les artilleurs installent leurs canons dans des fosses circulaires à ciel ouvert, ce qui leur permet de tirer tous azimuts. Là encore ce sont les armes antichars qui posent le plus de problèmes. On ne peut pas les enterrer à plus de cinquante centimètres sans quoi elles ne pivotent pas à hauteur des essieux de roue. Pour les prémunir des tirs précis des chars ennemis, elles sont protégées par des parapets de sacs de sable faciles à bouger. Les véhicules sont dissimulés dans des caches, moteur à l’avant. Les PC, les centres de ravitaillement, le carburant et les munitions sont placés sous terre. Tout comme l’antenne chirurgicale.



  • Articles de cette rubrique
    1. Cérémonie commémorative de la guerre d’Algérie, le 19 mars 2006 à Reims.
      19 mars 2006

    2. Honorabilité des Anciens d’AFN et Mémorial à Trois-Puits.
      20 mars 2006

    3. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2010, pour le 65e anniversaire de la victoire sur le nazisme.
      24 mai 2010

    4. Des « Justes » de la région honorés au Panthéon
      18 janvier 2007

    5. La retraite du combattant a sensiblement augmenté selon l’UNC-Reims.
      21 mars 2006

    6. Le site internet de l’ARAC de la Marne analysé par le journal "L’Union"
      28 juin 2006

    7. Les cérémonies du 11 novembre 2006 dans la Marne
      22 novembre 2006

    8. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - année 2007
      24 décembre 2006

    9. Des mesures au profit des anciens combattants
      23 janvier 2007

    10. Assemblée Générale de l’AFMD de la Marne le 28 janvier 2007
      23 janvier 2007

    11. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/1
      28 janvier 2007

    12. Le film vidéo de la cérémonie commémorative du cessez le feu de la guerre d’Algérie au Monument Aux Morts de Reims, le 19 mars 2006.
      4 février 2007

    13. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    14. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    15. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/2
      26 avril 2007

    16. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/3
      1er juillet 2007

    17. La galère d’un anticolonialiste durant la guerre d’Algérie
      13 juillet 2007

    18. La Marne en fête pour le 14 juillet 2007
      16 juillet 2007

    19. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/4
      29 septembre 2007

    20. Marnais morts pour la France pendant la guerre d’Algérie
      16 octobre 2007

    21. Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
      17 octobre 2007

    22. L’hommage à Guy Môquet dans la Marne à l’occasion du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    23. Journal de l’AFMD51, N°1
      30 décembre 2007

    24. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1er semestre
      1er janvier 2008

    25. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1/4
      1er janvier 2008

    26. Notre Camarade Fernand Eliet est mort.
      21 janvier 2008

    27. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2/4
      9 avril 2008

    28. Les derniers combats décisifs de la guerre 1914-1918
      7 juin 2008

    29. Journal de l’AFMD51, N°2
      12 juin 2008

    30. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Troisième trimestre.
      2 juillet 2008

    31. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2ème semestre
      2 juillet 2008

    32. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2008 dans la Marne.
      17 juillet 2008

    33. Hommage aux Poilus marnais de 1914-1918 à partir des documents conservés par les familles.
      4 août 2008

    34. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Quatrième trimestre.
      1er octobre 2008

    35. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - Premier trimestre.
      2 janvier 2009

    36. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 1er semestre.
      2 janvier 2009

    37. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2011, pour le 66e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazi.
      11 mai 2011

    38. Rapports des travaux de février 2009 des commissions de l’UDAC de la Marne.
      28 février 2009

    39. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - deuxième trimestre.
      2 avril 2009

    40. Les cérémonies et festivités du 64e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 8 mai 2009, dans la Marne.
      17 mai 2009

    41. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - troisième trimestre.
      1er juillet 2009

    42. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 2ème semestre.
      1er juillet 2009

    43. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2009 dans la Marne.
      30 juillet 2009

    44. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
      6 octobre 2009

    45. Cérémonies du 11 novembre 2009 dans la Marne pour la célébration du 91ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2009

    46. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
      31 décembre 2009

    47. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier semestre.
      31 décembre 2009

    48. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième trimestre.
      2 avril 2010

    49. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
      1er juillet 2010

    50. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième semestre.
      1er juillet 2010

    51. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2010 dans la Marne pour la commémoration de la Révolution.
      23 août 2010

    52. Marche, le 30 octobre 2010 à Paris, pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan.
      13 septembre 2010

    53. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
      2 octobre 2010

    54. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92ème anniversaire de la victoire de 1918.
      13 novembre 2010

    55. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92e anniversaire de la victoire de 1918.
      16 novembre 2010

    56. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
      2 janvier 2011

    57. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er semestre.
      2 janvier 2011

    58. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
      3 avril 2011

    59. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème semestre.
      1er juillet 2011

    60. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
      1er juillet 2011

    61. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale dans la Marne, les 13 et 14 juillet 2011, pour la commémoration de la Révolution.
      17 juillet 2011

    62. essai
      10 août 2011

    63. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
      30 septembre 2011

    64. Les cérémonies dans la Marne, le 11 novembre 2011, pour le 93ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

    68. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 3ème trimestre
      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

    70. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
      1er janvier 2013

    71. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er semestre.
      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010