N° 731-732 – juin-juillet 2007 a
Guy Môquet fusillé à 17 ans avec 26 autres patriotes, le 22 octobre 1941, dans la carrière de la Sablière à Châteaubriant, près de Nantes.
– 27 hommes dans la force de l’âge qui luttaient pour la liberté et le respect de tous les hommes.
– 27 hommes qui voulaient une vie sociale juste et s’employaient à la construire.
– 27 patriotes français d’origines diverses qui, comme Manouchian, le martyr de l’affiche rouge, n’avaient pas de haine en eux pour le peuple allemand.
– 27 hommes qui voulaient vivre libres dans la fraternité.
– 27 hommes qui nous ont écrit, par la main de Guy Môquet, sur une planche d’une baraque du camp de Châteaubriant :
« Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».
C’est notre combat aujourd’hui pour la paix, pour la vie.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 b
Notre association a réagi immédiatement à la décision du Président de la République lorsqu’il a annoncé qu’il demanderait la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les établissements d’enseignement au début de chaque année scolaire. Elle a non seulement pris acte de cette décision dans un communiqué, mais elle a aussi souligné le caractère indispensable de cette lecture pour l’appropriation de la vérité historique par les jeunes générations.
Il n’y a pas là, en la circonstance, une prise *de position nouvelle. Dans toutes ses, initiatives de mémoire et de civisme, l’ARAC ne manque jamais de mettre en évidence les actions courageuses et les sacrifices de nos nombreux compatriotes qui se sont engagés dans la Résistance. Et parmi ces mises en valeur, celle de Guy Môquet occupe une’ des places les plus importantes. Cela est si vrai qu’en novembre 1999, lors de la clôture de son Congrès national de Périgueux, le Club de la mémoire et de l’histoire appartenant à la section de l’ARAC de Romainville a présenté un spectacle qui débutait par la lecture circonstanciée de la lettre de Guy Môquet.
Par lecture circonstanciée, nous entendons une indispensable présentation préalable de la situation sociale et politique du pays au moment où l’assassinat de Guy Môquet et de ses 26 camarades a été perpétré. Il nous apparaît en effet nécessaire de situer’ l’événement dans son contexte pour comprendre ce qui a conduit Guy Môquet à devoir faire face courageusement à la mort et donc à écrire cette lettre, sa dernière lettre à sa famille. Car Guy Môquet l’a dit lui-même, il voulait que « sa mort serve à quelque chose ».
C’est ce qui explique notre recommandation à nos comités départementaux à qui nous avons demandé de se mettre à la disposition des chefs d’établissements et des enseignants pour leur faciliter informations et témoignages sur les circonstances de la vie sociale, politique en France et en Europe, et même militaire s’il y a lieu, en 1941.
Certains nous ont fait observer que le Président de la République utilisait Guy Môquet et d’autres résistants, (voire la cérémonie à la cascade du bois de Boulogne, celle du plateau des Glières en Haute-Savoie, etc.) pour servir les intérêts de sa politique. C’est une question où chaque citoyen réagit comme il l’entend, mais en tant qu’association particulièrement active sur le plan du travail de mémoire en direction des générations nouvelles, nous devons nous saisir de ce que fait en la matière le Président de la République qui met en évidence les actions et le courage de Résistants. Les initiatives du Président de la République sont donc des opportunités que nous ne pouvons négliger alors qu’il est si difficile de faire connaître le rôle des Résistants comme le pourquoi, le comment et les résultats des guerres qui ont ravagé et ravagent la planète.
Nous restons fidèle à l’appel passionné de notre fondateur Henri Barbusse « Faites la guerre à la guerre » et nous nous saisissons de toutes les opportunités d’où qu’elles viennent pour agir contre l’oubli et rappeler que les Résistants ont été contraints de l’être pour nous recouvrer la liberté et nous ouvrir la voie de l’action pour un monde débarrassé des armes et de la guerre. Nous ne défilons pas avec nos drapeaux et nous ne participons pas aux cérémonies patriotiques pour nous montrer, nous en sommes les participants actifs car elles sont justement le moyen de mettre en évidence les épreuves vécues par notre peuple dont les générations nouvelles doivent prendre connaissance pour s’assurer les bases de leurs vies et agir en conscience pour se protéger, protéger leurs familles, notre pays, l’Europe et la planète entière. C’est ainsi que nous nous efforçons d’être dignes du sacrifice de Guy Môquet et de ses 26 camarades.
Rappelons-nous sa phrase écrite sur une planche de sa baraque du camp de Châteaubriant :
« Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».
C’est l’objet de notre combat d’aujourd’hui pour la paix, pour la vie.
Paul MARKIDES
N° 731-732 – juin-juillet 2007 ab
Le Président de la République, le jour de sa prise de fonction, a voulu faire un geste solennel envers la Résistance française à l’occupant nazi, un geste favorisant le travail pour un passage de la mémoire entre génération.
Et nous apprécions à sa juste valeur son souhait que soit lue, à chaque rentrée scolaire, la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, il avait 17 ans, fusillé à Châteaubriant avec 26 de ses compagnons, tous communistes et nommément désignés pour l’exécution par le gouvernement français de Pétain, son ministre de l’Intérieur français Pucheu, et les gendarmes français qui les remirent aux Allemands.
Nous apprécions cette initiative du Président de la République et nous nous engageons à la soutenir en aidant les enseignants, les chefs d’établissements scolaires, à présenter cette lecture dans son contexte de l’époque : qui étaient ces hommes et ces femmes ? Comment étaient-ils entrés en résistance ? Quelles valeurs défendaient-ils ?
Nous sommes, sur ce plan, à la disposition des enseignants, des parents d’élèves, de leurs associations.
Et, par delà cette lettre, sans doute faut-il associer cette inscription, tracée par Guy Môquet sur les planches de sa baraque au camp de Châteaubriant, alors même qu’il allait en sortir pour monter’ dans le camion qui l’emmènerait à la carrière où il serait fusillés avec les 26, cette inscription conservée au musée de la Résistance nationale à Champigny : « Vous tous gui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».
N° 731-732 – juin-juillet 2007 c
Parmi les dossiers urgents que vont trouver sur leur bureau le nouveau gouvernement et son ministre des Anciens Combattants figure celui du bénéfice de la campagne double en matière de retraite professionnelle pour les anciens combattants en Afrique du Nord devenus fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés. Un problème qui concerne également, le temps venu les combattants des opérations extérieures et des missions humanitaires entrés ensuite dans la fonction publique.
Nos lecteurs connaissent bien ce problème que nous résumons en quelques mots. Une loi a attribué des bénéfices de campagnes (demie, simple et double) en matière de retraite professionnelle, pour les AC devenus fonctionnaires. Si les AC 14/18, de 39-45, de Corée et d’Indochine ont été traités à égalité devant cette loi, les AC en Afrique du Nord se voient toujours refuser le bénéfice de la campagne double.
En 2004, le ministre des Anciens Combattants diligente une enquête conduite par M. Gal, lequel rend son rapport en juin 2005. Le Ministre annonce la remise de celui-ci, pour avis, au Conseil d’État en juillet 2005.
Un an plus tard, ou presque, en mai 2006... le Conseil d’État déclare n’avoir aucune connaissance du rapport Gal ! Branle-bas, ministre convaincu de mensonge, bouchées doubles font que, le rapport retrouvé, le Conseil d’Etat donne enfin son avis et le secrétaire général du gouvernement le communique officiellement au ministre des Anciens Combattants le 5 décembre 2006.
Il stipule (1) que, la loi du 18 octobre 1999 ayant reconnu qu’il y avait eu guerre en Algérie, « le bénéfice de la bonification dite « campagne double » (...) doit, dès lors, être attribué à ceux des ressortissants (...) qui ont participé à des opérations de guerre, c’est-à-dire ont été exposés à des situations de combat. » Puis le Conseil d’État énumère quatre hypothèses pour l’attribution de la campagne double, dont il dit lui-même que les deux dernières (attributions aux seuls pensionnés) sont à rejeter parce que discriminatoires.
Restent deux hypothèses :
– Une mesure générale d’attribution de la campagne double à l’ensemble des militaires ayant participé au conflit (comme ce fut le cas pour 14/18, 39/45, la Corée, l’Indochine, Suez, Madagascar et la guerre du Golfe).
– Lier l’attribution de la campagne double aux périodes passées en unités combattantes.
Mais, ajoute le Conseil d’État : « Une telle mesure ne peut s’appuyer sur aucun précédent. Au surplus, la notion d’unité combattante, qui n’a pas d’existence dans le Code des pensions civiles et militaires de retraite. ne peut servir à l’octroi des bonifications de guerre prévues dans ce code ».
Dans ce cas, ne reste que la mesure générale évoquée en premier par le Conseil d’État. Peu nous importe que, selon ce dernier, le gouvernement en accordant la campagne double à nos aînés des conflits précédents soit allé au-delà des obligations qui lui incombaient en application des textes en vigueur. Il a eu la volonté politique de le faire, et il l’a fait !
Nous n’en demandons pas plus, mais nous en demandons autant. Et nous attendons du prochain ministre des ACVG plus de sérieux et de responsabilité.
Que M. Mekachera, avant son départ, ait été contraint à écrire aux associations d’ACVG que « l’avis du. Conseil d’État appelle désormais des travaux complémentaires que le gouvernement va s’attacher à mener dans les meilleurs délais possibles » est à la fois risible et inacceptable dans la situation actuelle. Le temps de la réflexion n’a que trop duré : plus de trois années se sont écoulées depuis le rapport Gal et le nouveau gouvernement ne part pas de zéro en la matière.
Les ACVG exigent donc l’attribution de la campagne double et la présence des crédits 2008 pour ce faire dans tous les budgets ministériels concernés.
(1) La totalité des documents relevant du Conseil d’État sont disponibles dans le Bulletin d’Information de l’ARAC
N° 731-732 – juin-juillet 2007 d
La Commission nationale d’attribution de la carte du combattant et son groupe spécial de travail se sont réunis au ministère des Anciens Combattants à Paris, les 24 et 25 avril dernier. André Filière, qui siège parmi les rapporteurs, évoque les travaux et leurs résultats.
Le groupe de travail a eu à examiner les dossiers des diverses catégories de demandeurs de la carte du combattant, ainsi que quelques cas spéciaux. Les dossiers traités portent sur les AC 39/45, ceux d’Indochine et d’Afrique du Nord, des OPEX et des ressortissants marocains.
– Les dossiers parvenus de 89 services départementaux de l’ONAC (sur 99) sont au total de 1 360, dont 1 121 étaient complets.
– 570 ont été vérifiés et, parmi eux, 38 ont fait l’objet d’une décision directe parce que justifiant déjà des critères d’attribution normaux.
– 790 restent à vérifier et devraient être soumis en septembre prochain au groupe spécial de travail.
– 365 ont été soumis le 25 avril à la Commission nationale de la carte qui les a ratifiés.
Les statistiques font apparaitre que l’attribution de la carte du combattant sur la base de quatre mois de présence dans le cadre des dates officielles a permis l’attribution à 103 261 dossiers.
Quelques informations ont été fournies à la Commission :
– L’annonce d’un décret en préparation qui permettrait aux appelés volontaires l’attribution de la Croix du combattant volontaire.
– La législation relative à l’attribution de la carte du combattant aux ressortissants de la guerre d’Algérie ne peut correspondre à la situation des OPEX. Le vote d’un projet de loi, les projets d’arrêtés et de décrets ayant jusqu’ici été rejetés par le gouvernement, s’avère nécessaire et devrait voir le jour... en 2008. Concernant les unités reconnues combattantes, le service historique du ministère de la Défense, extrêmement sollicité, s’emploie à mettre au point un calendrier de parution des listes tellement attendus.
Rappelons que l’ARAC propose l’attribution de la carte du combattant pour quatre mois consécutifs ou non de présence en OPEX, en missions humanitaires, sur la même base que pour les ATM.
– Depuis début avril, une circulaire permet aux services départementaux de l’ONAC d’attribuer la carte du combattant aux anciens de « Da¬guet », selon les critères et listes d’unités combattantes reçus par eux.
André Filière a demandé la révision des critères d’attribution de la carte du combattant, toujours refusée aux combattants de nationalité algérienne. En effet, il leur faut, pour obtenir la carte, être de nationalité française ou résider en France. De ce fait, des Algériens ayant combattu pour la France sous l’uniforme français se voient refuser la carte du combattant... alors qu’elle est attribuée à leurs camarades de combat marocains, considérés eux comme des ressortissants. Il y a là une ségrégation que n’a pas abolie la décristallisation et l’ARAC réclame que soit effective et égale la reconnaissance officielle de la France envers ceux qu’elle a envoyé combattre sous ses ordres.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 e
La mise en œuvre de l’attribution d’une allocation différentielle aux veuves d’AC dont le revenu n’excède pas 550 euros par mois sera-t-elle utilisée pour remettre en cause l’action sociale de l’ONAC ? Les associations et les administrateurs ACVG de l’ONAC s’y opposent fermement et exigent des crédits budgétaires distincts et clairement identifiés dans le budget 2008 des ACVG.
L’ARAC est sans doute l’une des premières associations d’ACVG à avoir revendiqué l’attribution d’une allocation de solidarité aux veuves d’AC qui, à l’expérience de sa pratique du terrain, étaient au nombre des plus dépourvues. Elle a mené campagne des années durant et sous plusieurs gouvernements successifs, jusqu’à ce qu’enfin, la pression du Mouvement AC s’étant amplifiée fortement, soit mis en place officiellement un groupe de travail chargé d’étudier cette proposition.
André Filière et Isabelle Capela y siégeaient au nom de l’ARAC et participèrent avec efficacité à la conclusion positive présentée par le groupe au Ministère des AC. Une proposition qui précisait non seulement l’urgence de la mise en œuvre de cette mesure de solidarité, mais aussi la nécessité de crédits spécifiques, clairement identifiés par une ligne budgétaire particulière (à l’image des crédits pour le Fonds de solidarité et l’APR servis aux anciens combattants en Algérie chômeurs en fin de droit), rejetant ainsi toute tentation de « piocher » les crédits nécessaires dans ceux réservés à l’action sociale de ONAC.
Cette mesure, non prévue dans le projet de budget 2007, fut donc imposée au gouvernement. Afin de permettre « d’amorcer la pompe » immédiatement, 500 000 euros supplémentaires furent attribués et, pour gagner le temps qu’aurait fait perdre une procédure législative, il fut accepté de les imputer aux crédits sociaux de l’ONAC. C’était, dans l’esprit du Mouvement AC et des parlementaires, une mesure d’exception que rectifierait le prochain budget 2008.
Dans un premier temps, un projet de circulaire relative à la mise en œuvre de cette allocation fut soumis pour avis aux membres du groupe de travail officiel. L’ARAC exprima ses remarques et fit des propositions portant notamment sur la détermination du montant des ressources, duquel elle demandait que soient déduits les loyers, sur les justificatifs des ressources (trop complexes), sur la date d’ouverture des droits et sur la procédure des versements.
Si ces propositions furent bien prises en compte (sauf pour les loyers), la tentative de « fraude » gouvernementale s’exprima à travers la communication n° 10 portant sur ces allocations, lors du conseil d’administration de l’ONAC du 11 avril. Il y était dit en effet :
« Le financement de la mesure est imputé sur les crédits sociaux de l’ONAC... », soit une remise en cause fondamentale de la démarche de solidarité, ce qui, à terme, menaçait de réduire à zéro (faute d’autres crédits) l’ensemble du travail d’action sociale mené par ONAC.
Les débats furent « chauds » et animés dans les deux commissions de travail de l’ONAC et ils reprirent avec force en séance plénière du conseil d’administration à l’occasion du vote de la DM1 où figuraient les 500 000 euros en question. L’ARAC et la FNACA ne furent pas les dernières à dénoncer et à condamner cette frauduleuse manœuvre. Et la protestation unanime des administrateurs AC s’exprima par la lecture de l’explication de vote quant à leur abstention.
« Les commissions des affaires générales et financières et de la mémoire et solidarité informent le conseil d’administration qu’en préalable à la discussion et à l’adoption du projet de décision modificative n° 1 soumis à votre approbation, la budgétisation proposée pour servir les allocations différentielles aux conjoints survivants des ressortissants de l’ONAC âgés de plus de 60 ans ayant de faibles revenus, appelle les plus grandes réserves de la part des anciens combattants et victimes de guerre représentés à ce conseil. En effet, les anciens combattants et victimes de guerre considèrent que le budget afférent à cette mesure doit être isolé dans le budget général de l’établissement public ce qui n’apparaît pas être convenu dans le budget 2007.
Dans le souci de ne pas enrayer le fonctionnement de l’ONAC, il est proposé aux représentants du monde combattant de ne pas voter contre, mais de s’abstenir pour le vote de la décision modificative n° 1. Ils entendent ainsi délivrer un message fort en direction des pouvoirs publics et des parlementaires, afin que la loi de finances pour 2008 réserve obligatoirement une ligne budgétaire spécialement dédiée à la mise en oeuvre de cette mesure, dotée d’un budget suffisant pour répondre à l’attente des conjoints survivants ressortissants de l’ONAC.
Les anciens combattants et victimes de guerre administrateurs de l’ONAC refusent que la réalisation de cette disposition ampute les crédits sociaux de l’établissement public pour abonder les insuffisances budgétaires éventuelles de cette disposition. C’est tout le sens de leur abstention. »
Il y eut bien une ultime tentative de désamorcer la colère des ACVG en présentant au conseil d’administration une nouvelle mouture de la communication n° 10 dans laquelle avait été supprimé le paragraphe incriminé... mais rien n’y fit. Les administrateurs s’abstinrent et le ministre des AC dû lâcher du lest en s’engageant à ce que tout dossier ouvrant ce droit aux veuves soit financé par l’État (et hors crédits sociaux de l’ONAC) si les 500 000 euros s’avéraient insuffisants.
L’examen du projet de circulaire • avait fait apparaître qu’au plan des revenus, l’APL (allocation logement) était prise en compte... alors que le montant de ces mêmes loyers n’était pas retenu. S’appuyant sur une étude réalisée par l’ONAC de l’Essonne, André Filière, qui avait déjà interpellé le ministre en lui rappelant (Journaux officiels en main) ses propos au Sénat, démontrait que sur 41 veuves aidées, 20 avaient plus de 550 euros mensuels de ressources, mais que, loyers déduits, 16 d’entre elles « chutaient » sous la barre de 550 euros... et qu’elles devraient donc entrer dans le droit à l’allocation. Le directeur général Enfrunt reconnaissait le bien-fondé de cette intervention et déclarait vouloir l’étudier.
Rien n’est donc encore entièrement acquis et la vigilance demeure plus que jamais de rigueur pour :
– empêcher tout mauvais coup contre les crédits sociaux de l’ONAC et veiller à l’inscription de crédits spécifiques à l’allocation dans le budget 2008,
– faire déduire les loyers des ressources des veuves d’AC concernées,
– faire relever, dans un premier temps, le montant de cette allocation à hauteur du seuil de pauvreté, soit 637 euros actuellement au lieu de 550,
– prendre en compte les veuves de guerre au taux normal (indice 500) dont les pensions de guerre actuelles s’élèvent à... 556,25 euros/mois (soit 6,25 euros au-dessus du seuil retenu !), ce qui amène à s’interroger quant à la notion de ressortissants de l’ONAC qui pourrait être prise en compte en matière de solidarité.
L’ARAC veillera sur tous ces plans, non sans rappeler que « l’argent existe », ne serait-ce qu’au vu de cette « prime » scandaleuse de 8 millions d’euros empochés par un directeur d’établissement qu’il a mis « en coupe réglée » avant de prendre sa retraite !
N° 731-732 – juin-juillet 2007 f
Il est évident que la nouvelle législation sur la décristallisation des pensions est tout à fait insuffisante.
L’article 43bis (nouveau) de la loi de Finances pour 2007 prévoit expressément « qu’à compter du 1er janvier 2007, la valeur du point de base des retraites du combattant et des pensions militaires d’invalidité est égale à la valeur du point de base retenue pour les retraites du combattant et les pensions militaires d’invalidité servies en France »...
« Les pensions en paiement (retraite du combattant et pension militaire d’invalidité) seront révisées sans ouvrir droit à intérêts de retard à compter du 1er janvier 2007, sur la demande des intéressés déposée postérieurement à l’entrée en vigueur du présent article auprès de l’administration qui instruit leurs droits à pension ».
« A compter du 1er janvier 2007, les indices servant au calcul des pensions servies aux conjoints survivants et aux orphelins des pensionnés militaires d’invalidité... sont égaux aux indices des pensions des conjoints survivants et des orphelins servis en France ».
« Les pensions en paiement visées au présent alinéa seront révisées sans ouvrir droit à intérêts de retard à compter du 1er janvier 2007, sur la demande des intéressés déposée postérieurement à l’entrée en vigueur du présent article auprès de l’administration qui a instruit leurs droits à pension ».
« Le bénéfice des articles L51 (ler et 2e alinéas) et L54 (1er à 4e et 5e alinéas) n’est ouvert qu’aux personnes... résidant de façon stable et régulière en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-mer dans les conditions prévues... par le code de sécurité sociale ».
« A compter du 1er janvier 2007, les pensions concédées aux conjoints survivants des pensionnés militaires d’invalidité sont établies dans les conditions du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre avec décristallisation ».
« Enfin, à compter du 1er janvier 2007, les nouvelles demandes de pensions pour des infirmités non pensionnées sont recevables dans les conditions générales du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre ».
Cette nouvelle législation en amène plusieurs :
– ne sont pas décristallisées les pensions civiles et militaires de retraite,
– ne sont pas décristallisées les traitements de la Légion d’Honneur et de la Médaille militaire,
– ne sont pas décristallisées les pensions d’ascendant.
Il s’avère, en réalité, que cette décristallisation était condamnée depuis plusieurs années par le Conseil d’État (arrêts Diop et suivants) qui considérait que celle-ci était incompatible avec le principe de non-discrimination résultant des stipulations de l’article 14 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l’article ler du protocole additionnel n° 1 de ladite convention.
Les dispositions restrictives concernant les veuves (attribution des prestations complémentaires éventuellement servies aux veuves articles L51 et L54 du code des pensions) sont imprécises. Que viendra décider un décret d’application ou une instruction ministérielle ?
La possibilité de formuler une demande de pension pour une infirmité non encore indemnisée n’est pas une nouveauté. Là encore, et depuis de nombreuses années, la jurisprudence constante du Conseil d’État a érigé en principe que les lois relatives à la cristallisation des pensions ne faisaient pas obstacle aux de mandes déposées par les anciens combattants et victimes de guerre ou leurs ayant droits.
Enfin, et point très important, cette décristallisation, ne prendra effet que sur demande expresse de l’intéressé. Combien de pensionnés ou de futurs pensionnés seront avertis de ces nouveaux textes ? Il aurait été souhaitable que l’État prenne l’initiative et décristallise automatiquement toutes les pensions militaires d’invalidité et les retraites du combattants d’ores et déjà attribuées.
Cette loi de décristallisation prévoit expressément que celle-ci ne pourra prendre effet qu’à compter du ler janvier 2007, alors que toutes les juridictions administratives et les juridictions des pensions prévoyaient, dans leurs décisions, un rappel à compter du jour de l’ouverture du droit à pension ou retraite. Non seulement cette législation n’entérine pas les avancées jurisprudentielles, mais elle apparaît rétrograde par rapport à celles-ci.
Une fois encore, l’État nous leurre en voulant apparaître « grand et généreux » en promulguant une loi qui est rétrograde par rapport aux avancées jurisprudentielles. Il suffisait à l’État d’entériner toutes ces avancées et l’égalité totale aurait pu alors être rétablie.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 g
Réunis le 23 mai dernier au siège de l’UFAC nationale à Paris, les représentants de cinq mutuelles diffusant la rente mutualiste ACVG (ARAC, CARAC, FNACA, France mutualiste, SMRAC) ont examiné la situation au lendemain de l’élection présidentielle, à la lumière des engagements pris par le candidat élu, Nicolas Sarkozy.
D’un commun accord, les dirigeants des cinq mutuelles, dont André Filière et Robert Deberghes (respectueusement président et secrétaire général) pour la mutuelle de l’ARAC, ont décidé d’intervenir sans attendre auprès du gouvernement, afin que figurent dans le budget 2008 les crédits nécessaires pour relever le plafond majorable des rentes mutualistes de 125 à 130 points. Tel est le sens de la lettre adressée à Eric Woerth, ministre du Budget, dont copie a été adressée au ministre de la Défense (et des AC ?), Hervé Morin.
Dans un deuxième temps, les cinq mutuelles sont convenues de procéder à une nouvelle démarche commune auprès des parlementaires dès la rentrée de septembre, toujours sur la base des crédits budgétaires indispensables à la concrétisation des engagements de M. Sarkozy, lequel a notamment déclaré que « cette revalorisation de 5 points était envisagée » et que « sachant que le monde combattant est attaché à l’objectif d’atteindre l’indice 130, (il) peut compter sur ma détermination pour faire avancer cette revendication. »
Nous attendons, par conséquent, la concrétisation immédiate des paroles en acte dès le budget 2008.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 h
L’assemblée générale de la Mutuelle de l’ARAC s’est tenue le 27 avril à Villejuif.
Après avoir rendu hommage aux mutualistes disparus en 2006 (notamment Suzanne Emery et Lucien Le Beguec, secrétaire général adjoint) et s’être associés à la peine des familles, les mutualistes ont débattus de la situation de leur droit à réparation, suite au vote du budget pour 2007.
Ils ont pris connaissance des réponses reçues de certains candidats à l’élection présidentielle, puis ont débattu de l’action à mener cette année, suite au rapport d’activité présenté par Robert Deberghes, secrétaire général.
Claude Masson, trésorier général, présenta le bilan détaillé de la situation financière et, après" le rapport du président de la Commission nationale de contrôle financier, Alexandre Leonoff, le quitus fut donné par l’assemblée générale.
Les élections pour le renouvellement d’une partie du conseil d’administration et de la Commission de contrôle financier, permirent l’accession de trois nouveaux administrateurs. L’arrivée de combattants des opérations extérieures (OPEX) et des missions humanitaires fut particulièrement appréciée, ainsi que le souligna dans son salut fraternel le président Raphaël Vahé au nom de l’ARAC nationale.
Le conseil d’administration, réuni le 7 juin dernier a élu, au terme de ses travaux, le nouveau bureau national et reconduit
– André Filière à la présidence nationale,
– Robert Deberghes au secrétariat général
– et Claude Masson à la trésorerie.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 i
– Député UMP, journaliste. Né le 2 janvier 1946.
– Diplôme d’études supérieures de Sciences politiques et de Sciences sociales.
– Chef du service politique du journal La Nation (1968-76).
– Secrétaire général adjoint du RPR chargé des fédérations (1979-86),
– puis chargé des élections (1988-90).
– Député européen (1984-93) ;
– élu à l’Assemblée nationale depuis 1993.
– Ancien vice-président du conseil général du Cantal.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 k
Traditionnellement, la Fédération des officiers de réserve républicains (FORR) et celles des sous-officiers de marine républicains et des sous-officiers républicains (FSORR) ravivent la Flamme sur le tombeau du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe à Paris, le 1er mai.
Cette année,l’ARAC, représentée Raphaël Vahé, André Fillère, Lucien Duverger, s’était jointe à eux.
C’est le général Henri Paris (président de la FORR) qui, en compagnie de deux enfants, a procédé au geste symbolique, en présence du général Combette.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 l
Le 28 et 29 mars dernier, à’ l’occasion d’un voyage de mémoire organisé à Tulle et Oradour par la municipalité de Savigny-sur-Orge pour cent collégiens de cette ville, la direction nationale de l’Association – en coopération avec l’ARAC de Corrèze – a rendu un solennel hommage publique à la Résistance unie de Corrèze et aux valeurs patriotiques qui l’animaient.
André Filière (vice-président national de l’ARAC) a prononcé, à cette occasion, une allocution devant le mémorial corrézien situé sur l’air de repos de Vi¬trac de (autoroute 89) marquée par l’immense Croix de Lorraine dont le corps vertical est formé de deux fûts symbolisant l’union des FTPF et de l’AS dans la Résistance.
« A l’union de la résistance corrézienne que symbolise ce mémorial, à l’union des combattants de l’ombre de l’Année secrète et des Francs-Tireurs et Partisans Français, vous, les anciens des Forces françaises de l’intérieur, les FFI, vous ajoutez aujourd’hui une dimension nouvelle porteuse d’espoirs en l’avenir, porteuse des valeurs républicaines : vous ajoutez les relais de la mémoire dans l’union des jeunes et des anciens.
Et à ces jeunes qui, nous regardent aujourd’hui et voient en nous de vieux messieurs et de vieilles dames, je voudrais rappeler qu’en 1940, ils avaient votre âge ou presque. Comme vous, ils aspiraient à vivre joyeux à danser, à rire, à travailler...
Et ils ont tout laissé, tout quitté, risqué et, pour certains donné leur vie, pour que vous et nous puissions vivre libres et en paix, tout simplement, dans une France souveraine et indépendante. »
« Le soleil du Front populaire de 1936 brillait dans leurs yeux. Mais, hélas, autour d’eux la croix gammée et la terreur hitlérienne régnaient sur l’Allemagne nazie, le fascisme des « chemises noires » de Mussolini gouvernait l’Italie, et la République espagnole de Front populaire était assaillie par Franco, aidé militairement par les troupes d’Hitler et de Mussolini, sans qu’aucune aide officielle ne se manifeste envers cette République.
Et déjà des jeunes se dressaient, vos grands-parents, pour aller combattre le fascisme avec les Brigades internationales en Espagne républicaine, car en défendant Madrid ils défendaient déjà Paris, auprès de ces étrangers et nos frères pourtant...
Et ces jeunes, vos grands-parents, seront les premiers à entrer dans la Résistance dès l’occupation de la France par l’armée nazie.
Ils étaient pourtant différents les uns des autres. Ils étaient nés aux quatre coins de France, ou en Afrique du Nord, en Afrique occidentale ou équatoriale, en Indochine..’. Certains croyaient au ciel et d’autres n’y croyaient pas... Hommes et femmes, ouvriers et paysans, enseignants et scientifiques, fonctionnaires, employés, mères de familles, ils ne regardaient pas la couleur de leur peau. Ils étaient rassemblés, unis par une même volonté : vaincre le nazisme, le fascisme, le racisme et l’antisémitisme. Ils seront les premiers à refuser de collaborer avec l’ennemi, alors que les y appelaient Pétain et son gouvernement à la solde d’Hitler.
Ils seront les premiers à répondre à l’appel lancé le 18 juin 1940 par le général de Gaulle à Londres, .à répondre aux ’appels lancés du sol de France par des patriotes de toutes opinions, des syndicalistes, des chrétiens et par le PCF qui créera les FTPF Ils seront les premiers à rallier la croix de Lorraine sur le drapeau tricolore jusqu’à son triomphe sur la croix gammée, l’emblème nazi. »
« La sombre nuit de l’occupation s’était appesantie, avec sa terreur sur les villes et les campagnes françaises, sur cette Corrèze et ses villages. Et pourtant ces hommes, ces femmes, ces ombres résistaient à l’occupant, dès 1940 et au cours des années 1941-42-43, où l’espoir ne brillait guère et où leur seule perspective immédiate était la mort, le risque d’être pris, torturés, emprisonnés, fusillés, déportés. Patriotes et lucides, ne confondant pas le nazisme et l’Allemagne, au point de déclarer ; devant le peloton d’exécution : « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand ». Ils avaient choisi l’honneur car, comme l’écrivait Aragon : « La mort n’éblouit pas les yeux des partisans ».
Ils se servaient simplement de leurs armes et ils les forgeaient avec ce qui allait être l’essentiel pour leur victoire : l’union de la Résistance que symbolise ce mémorial corrézien. L’union, qui se concrétisera le 27 mai 1943 lors de la 1re réunion clandestine du Conseil national de la Résistance à Paris occupé. Ainsi, l’écho de l’Appel du 18 juin 1940 trouvait son aboutissement dans ce CNR et son programme qui prévoyait, dès l’occupation, la résurrection de la France libérée. Et c’est pourquoi nous estimons que cette date du 27 mai 1943 devrait être commémorée comme Journée nationale de la Résistance.
La poignée des Résistants clandestins corréziens de 1940 allait donner naissance à l’une des plus magnifiques épopées que nous allions découvrir à la Libération. Ils seront plus de 14 000 FFI officiellement reconnus sur cette terre de Corrèze et, parmi eux, nombreux étaient membres de l’ARAC. »
« Et face à leur action armée, il tenta de les vaincre par la terreur sur d’innocentes victimes, sur des populations paisibles, comme en témoignent ces actes terroristes atroces que furent la pendaison de 99 otages à Tulle et le massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane, au souvenir desquels il faut ajouter ; pour prendre toute la mesure de la sauvagerie nazie, outre la déportation et les camps d’extermination, les massacres des populations de Maillé, Ascq, Vassieux et la Chapelle-en-Ver-cors, en France, de Marzabotto et Rome en Italie, de Distomon (Grèce), de Kathyne, en Union soviétique où, pour la seule Biélorussie, 209 villes et 3 200 villages furent incendiés et 2,3 millions d’habitants, le quart de la population, massacrés. Avant elles, la ville espagnole de Guernica fut écrasée il y a juste 70 ans, en mars 1937, par l’aviation nazie au service de Franco, et celle de Varsovie (Pologne), sous les bombardements hitlériens.
Mais, la terreur n’arrête pas les peuples en lutte pour leur liberté. Et c’est dans l’Union de la résistance que ces patriotes vont répliquer au terrorisme nazi en détruisant sa machine de guerre, en le chassant de Corrèze, au moment même où le peuple de Paris libérait lui-même la capitale avec l’appui de la 2e DB du général Leclerc.
L’ARAC tint sa place dans ces combats. Interdite en 1939 par le gouvernement collabo de Pé¬tain, elle se reconstitua dès 1940, clandestinement dans la Résistance. Ses membres tombèrent par centaines, les armes à la main dans les maquis, déportés ou fusillés. Et je leurs rends hommage ici et à tous ceux qui sont tombés, à travers vous, mes camarades corréziens, à travers votre mémorial. »
« Mais le sens de cette cérémonie demeurerait incomplet si nous nous contentions d’évoquer seulement les nuits de terreurs et les jours de gloire du passé. Et, en cette année du 90e anniversaire de la création de l’ARAC par Henri Barbusse et ses compagnons, le cri de ces poilus. de 1917, dans les tranchées : « Guerre à la guerre ! » demeure plus actuel que jamais.
Certes, aujourd’hui, les temps ont heureusement changé. Mais sous d’autres formes, « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ». La vigilance et les réactions nécessaires dans l’union demeurent indispensables face aux résurgences fascisantes, face au racisme, face à la misère, à la violence, aux guerres, et à la famine qui continuent d’ensanglanter le monde. C’est à cet engagement sans arme, mais tout aussi dur dans le combat des idées et la pratique du quotidien que vous invitent ces rescapés de la Résistance.
Henri Barbusse a écrit : « Quel que soit l’espoir ; si on ne le confie pas à la jeunesse, à qui va-t-on le confier ? » Alors, jeunes d’hier, combattants de la Résistance, et vous, jeunes d’aujourd’hui, bâtisseurs de l’avenir, merci de vous être retrouvés dans l’union et autour des valeurs que symbolise ce mémorial. Qu’il rappelle à chacun qu’il n’y a pas d’autoroute de la paix et de la liberté. Qu’il rappelle à chacun de quel prix se paye la guerre et combien la vie et la liberté demeurent nos biens communs le plus précieux. »
N° 731-732 – juin-juillet 2007 m
Il y a 120 ans, le 15 janvier 1887, naissait en Saône-et-Loire Pierre Semard, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, fusillé par les nazis le 7 mars 1942 à Evreux.
Pierre Semard était entré dans les chemins de fer. en 1911 comme employé aux écritures. En 1915 il est versé au service des trains.
Militant syndicaliste, membre du Parti communiste français dont il fut un temps le secrétaire général, il s’opposa à la guerre du RIF menée par le gouvernement fran¬çais au Maroc. Cette action anticolonialiste lui vaudra de connaître, en 1927, la prison de la Santé dont il sortira un an après.
Au titre de la représentation des personnels, il avait été nommé au conseil d’administration de la SNCF. Il en a été révoqué pour avoir signé des tracts appelant à la grève en 1938 et sera, de plus, traduit devant le conseil de discipline. De nouveau arrêté en 1939, il est encore incarcéré à la Santé. En 1940, il est révoqué cette fois de la SNCF et est transféré de la Santé à la prison de Fresnes puis à celle de Bourges. Simultanément ses proches sont aussi victimes de la répression. Au début 1942, il sera transféré à Gaillon et se retrouvera avec des prisonniers de droit commun. Le 6 mars 1942, il subit son dernier transfert pour Evreux où il sera fusillé par les nazis le lendemain, en tant qu’otage. Sa mort sera un choc pour toute la corporation cheminote.
De nombreuses places et rues ont été renommées en hommage à sa personne. Nous lui rendons aujourd’hui un hommage de mémoire pour que les générations’ nouvelles puissent prendre en considération son combat de Résistant, d’homme politique et de syndicaliste conséquent, confiant dans la lutte de notre peuple pour sa libération et son avenir de progrès social et de démocratie réelle.
Voici les dernières paroles qu’il a prononcées avant de mourir :
« Je meurs avec la certitude de la libération de la France. Dites à mes amis les cheminots qu’ils ne fassent rien qui puisse aider les nazis. Les cheminots me comprendront, ils m’entendront, ils agiront ! J’en suis convaincu.
Adieu, chers amis, l’heure de mourir est proche. Mais je sais que les nazis qui vont me fusiller sont déjà vaincus et que la France saura poursuivre le bon combat... »
Paul MARKIDES
N° 731-732 – juin-juillet 2007 n
Près de deux cents députés européens demandent au gouvernement américain d’ac¬corder des visas de visite aux familles des cinq antiterroristes cubains injustement emprisonnés aux USA.
Depuis 1998, cinq antiterroristes cubains, Antonio Guerrero, Fernando Gonzàlez, Gerardo Hernandez, Ramon Labanino et René Gonzalez, sont incarcérés dans des conditions extrêmement pénibles dans des prisons américaines. Leur crime ? Avoir infiltré des organisations terroristes anticastristes de Floride, pour dénoncer à la CIA les attentats en préparation contre leur pays. Plutôt que reconnaissante pour cet engagement antiterroriste, la CIA les a fait jeter en prison, condamner, et le gouvernement Bush refuse même le droit de visite à leurs épouses et familles directes.
Près de deux cents députés européens se sont émus de cette situation indigne. Ils ont réagi en proposant au parlement de l’Union européenne d’intervenir pour que cesse cette scandaleuse atteinte aux droits de l’homme et à la dignité des familles.
Le 11 décembre 2006, les députés européens Ignasi Guardans Cambo (Espagne), Panayiotis Demetriou (Chypre), Ana-Maria Gomes (Portugal), Gérard Onesta (France) et Sylvie-Yvonne Kaufmann (Allemagne) se sont adressés au parlement européen (s’appuyant sur l’article 1166-142 du règlement) pour dénoncer le refus des autorités américaines de prolonger les visas des familles des cinq détenus. Ils rappellent notamment que le groupe de travail des Nations unies sur les détentions arbitraires déclare que celle des cinq détenus doit cesser.
En janvier 2006,. Amnesty International a appelé le gouvernement des USA à ne pas soumettre les cinq à un régime d’emprisonnement extrêmement dur et à garantir leur traitement correct. Cette démarche repose également sur la position de parlements nationaux, d’organisations internationales et de personnalités universellement connues dont neuf lauréats de prix Nobel.
Cette déclaration a reçu la signature de 187 députés européens, de tous les groupes politiques, représentant 25 pays membres de l’UE. Seuls manquent celles des représentants de Malte et de la Slovaquie. Elle a reçu l’appui de l’ex-président du parlement européen, Joseph Borrell, ainsi que celui de sept vice-présidents (sur 14). Celui également de Mia de Vits (questeuse belge) et de Sylvia Kaufmann, vice-présidente du parlement jusqu’à janvier dernier.
L’ont également signée, la présidente de la délégation pour l’Amérique centrale et Cuba, le président du groupe d’Amitié avec Cuba au parlement européen, et ses deux vice-présidents qui ont aidé au travail de mobilisation pour les députés. De même, des personnalités engagées en faveur des droits de l’homme, au parlement européen, tels Simon Coveney et Elena Valenciano, ont soutenu cet appel.
– Groupe socialiste : 84 signataires
– Groupe confédéral de la gauche unitaire européenne/gauche verte) nordique : 38 signataires (sur 41) dont celle du président de groupe Francis Wurtz.
– Groupe alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe : 23 signataires.
– Groupe gauche verte : 20 signataires.
– Groupe du parti populaire européen : 15 signataires.
– Groupe union l’Europe : 5 signataires.
– Groupe identité, tradition, souveraineté : 1 signataire.
– Non inscrit : 1 signataire.
Certes, la déclaration n’a pas été adoptée, la signature de la moitié des députés européens étant nécessaire pour ce faire. Ceci étant, le résultat obtenu est positif, tant quantitativement que qualitativement, et les efforts pour les droits des cinq et leur libération peul prendre appui sur cette initiative européenne.
Nos lecteurs pourront prendre connaissance du texte proposé à la signature des députés européens, et l’utiliser pour l’indispensable campagne de pétitions et d’initiatives aussi multiples que diverses, réclamant la libération des cinq injustement emprisonnés ; à l’exemple de nos camarades de l’ARAC de Brest qui, présents et dynamiques sur une fête populaire du Finistère, ont recueilli 45 signatures au terme d’un débat sur leur stand consacré à la solidarité avec Cuba.
N° 731-732 – juin-juillet 2007 o
Tandis que, depuis 1998, cinq citoyens cubains antiterroristes croupissent en prison américaine, au mépris même des lois américaines, et se voient refuser tout droit de visite par leurs familles, un authentique terroriste, anticastriste celui-là, est remis en liberté par l’administration Bush. Sous le soleil de Satan, même l’ombre des justes demeure emprisonnée.
Posada Carrilès, policier à Cuba sous la dictature sanglante de Bastita, a été recruté par la CIA en 1961 et, depuis, c’est à son service qu’il a pratiqué sa sale besogne de terroriste international. Ses méfaits s’exerceront d’abord contre Cuba (participation à la tentative d’invasion de mercenaires à la baie des Cochons, attaques terroristes contre des hôtels cubains, attentat contre un avion de la Cabana qui fera 73 victimes à la Barbade, etc.). Puis Carrilès sera aussi membre du contre-espionnage des services de au Venezuela, où il sera coupable de tortures et d’assassinats d’opposant politiques et syndicalistes. Réfugié au Salvador, il dirigea les mercenaires « Contras » dans leur sale guerre contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Finalement arrêté en mai 2005 en Floride pour « fraude et fausse déclaration dans sa demande de naturalisation », le gouvernement Bush le couvrit de sa protection. Dans le même temps où il s’opposait aux demandes d’extradition du criminel Posada Carrilès, émanant des gouvernements de Cuba et du Venezuela, il annulait tous les chefs d’accusation contre lui et, le 19 avril dernier, le remettait en liberté conditionnelle contre une caution de 350 000 dollars !
Alors que des milliers de victimes de Carrilès et des intellectuels aussi renommés que les prix Nobel, Nadine Gordimer et Harold Pinter (littérature), Adolfo Perez Esquivel et Rigoberta Menchu (paix), Zhores Alfiorov (physique) et bien d’autres pressent le gouvernement des États-Unis de cesser « les manœuvres pseudo-légales » de protection de ce terroriste, Bush et sa justice lui ouvrent les portes de sa prison et l’envoient se dorer en toute impunité au soleil de Floride, à Miami.
Sous le soleil de Satan, mieux vaut être un criminel au service de la CIA, qu’un immigré sans papier, un antiterroriste cubain, un noir ou un chômeur.
Tel est donc l’exemplaire « pays de la liberté » que certains veulent imposer comme modèle pour la France.
Non, merci ! Sans façon...
N° 731-732 – juin-juillet 2007 p
Interview de Dariusz Zalega, rédacteur en chef d’hebdomadaire de gauche polonais, « Trybuna Robotnicza »(1)
Dans quelles conditions des citoyens polonais ont-ils été conduits à rejoindre les Brigades Internationales en Espagne républicaine ?
Les premiers Polonais qui ont rejoint les rangs de l’Espagne républicaine ont été les participants de Spartakiades ouvrières de Barcelone, en juillet 1936. En août 1936, le groupe polonais travaillant dans le bassin minier français, a franchi la frontière espagnole, le 24 octobre, à Albacete : le bataillon de Jaroslaw Dombrowski était né. Ce bataillon a été le noyau initial de la 13e Brigade internationale de Jaroslaw Dombrowski (août 1937) dite : le « Dombrowszczak ».
Les Polonais ont participé aux principaux combats de la défense de la République espagnole : Guadalajara, Jarama, Brunete, Ebre... Ils ont quitté l’Espagne en février 1939. La majorité des Polonais qui a lutté là-bas est issue des descendants de l’immigration polonaise en France. En 1937, les milieux de la gauche polonaise ont construit un réseau de solidarité pour les volontaires qui sont allés en Espagne. Globalement, pour la défense de la République espagnole c’est environ 5 000 Polonais, le deuxième groupe de volontaires après les Français, qui sont venus combattre. La Pologne, gouvernée par la droite autoritaire, les a privés de la citoyenneté polonaise.
Les survivants de la guerre espagnole ont participé à la Résistance au fascisme en Pologne mais aussi en France, en Italie et ont contribué à former l’armée de la Pologne populaire. Au début des années 50, beaucoup d’entre eux ont passé des mois dans les prisons de la période stalinienne en Pologne, mais ils n’ont jamais renoncé à leurs convictions communistes. Un détail inconnu qu’il est bon de rappeler ici : en octobre 1956, quand il y eut la menace de l’intervention militaire soviétique en Pologne, le congrès de la « Dombrowszczak » a demandé des armes « pour la défense du pays si besoin, et de Varsovie », comme il l’avait fait pour Madrid. L’histoire de la « Dombrowszczak » est une partie de l’histoire de la gauche polonaise et elle illustre combien cette histoire est complexe.
Quelles décisions le gouvernement polonais a-t-il pris à l’encontre de ces anciens brigadistes polonais encore vivants ?
L’Institut de mémoire nationale, instrumentalisé par la droite revancharde et réactionnaire, a défini les « Dombrowszczak » comme « les acteurs de la politique stalinienne en Espagne ». La droite veut les priver du droit de réparation pour les anciens combattants dans l’actualisation en cours de la loi les concernant. Prétexte : le combattant ne peut être seulement qu’une personne qui a lutté « pour l’indépendance de la Pologne » et, comme le souligne Januz Krupski, directeur de l’Office des combattants, « en Espagne, on n’a pas lutté pour l’indépendance de la Pologne ». C’est significatif : il n’est plus question de la mémoire de la lutte contre le fascisme, en Europe, à cette époque.
Comment le gouvernement polonais, alors que la Pologne est aujourd’hui membre de l’Union européenne, a-t-il pu prendre ces décisions alors qu’ailleurs en Europe, les brigadistes sont respectés, traités comme des « anciens combattants et même en France, honorés par le chef de l’État ?(2)
La droite polonaise, qui avant la guerre mondiale avait des liens avec les fascistes italiens et les nazis allemands, veut monopoliser l’histoire de la Pologne. Le gouvernement actuel est revanchard, paranoïaque. Présentement, il débaptise le nom des rues. En fait, il change surtout les noms de rues qui portent des noms de personnalités de gauche reconnues et honorées ! On assiste à une sorte de fuite en avant, parce que le soutien pour le gouvernement actuel est très bas dans la population. A noter que cette offensive idéologique de la droite polonaise a été rendue possible par la gauche postcommuniste, social-libérale, qui, au gouvernement deux fois après 1989, a délaissé totalement la défense de la mémoire de la gauche polonaise, ainsi que celle de la Pologne populaire.
Comment a réagi la population polonaise à ces décisions gouvernementales ?
Les Polonais ne connaissent pas bien l’histoire de Dombrowski et ses camarades de combat. Toutefois la majorité de la population polonaise, comme on peut le voir dans les sondages, doute du bien-fondé de ces dispositions et sont contre ces manipulations de l’histoire.
(1) Hebdomadaire polonais, animé par une jeune équipe de journalistes polonais progressistes, avec lequel le Réveil des Combattants entretient une coopération dans le cadre de ses relations d’ouverture, au plan européen.
(2) Une pétition de protestation à l’intention du gouvernement polonais, lancée par l’Association des amis des combattants en Espagne républicaine, soutenue par l’ARAC, circule (cf. Réveil des Combattants n° 729-730, avril-mai 2007).
A signer et faire signer
N° 731-732 – juin-juillet 2007 q
Une interview d’Alain Richard, dirigeant fondateur
En octobre 1988, lors du congrès de l’ARAC au Havre, fut lancée une campagne de solidarité en faveur des anciens combattants et victimes de guerre du Vietnam. A la suite de cette campagne, des contacts furent pris entre l’ARAC, des associations d’ACVG américains, anglais et japonais, auxquels se joignirent des pacifistes allemands, pour lancer le projet d’un Village de l’amitié pour les enfants vietnamiens victimes de la guerre. Nous approchons ainsi du vingtième anniversaire de ce projet qui sera célébré à Hanoi l’an prochain. C’est donc pour le Comité du village une date importante. Nous organisons un voyage sur place, ouvert à tous, en mars prochain, pour commémorer cet événement.
Réveil des Combattants : Comment fut réalisé ce village ?
Alain Richard : En 1991, au Congrès de l’ARAC à Nantes, fut créé le Comité français du Village de l’amitié dont le président était Georges Doussin. Chaque pays participant institua son comité national pour le Village de l’amitié et l’ensemble de ces comités fut réuni dans un Comité international du Village de l’amitié dont le président • était Georges Mizo, ancien combattant américain, pacifiste et lui-même victime de l’agent orange. Georges Doussin fut le premier vice-président de ce Comité international.
Le gouvernement vietnamien approuva chaleureusement cette ini¬tiative et réserva pour ce projet un vaste terrain à Van Canh, village situé à 11 kilomètres d’Hanoi.
RdC : Où en est aujourd’hui la construction du village ?
A.R. : Le village est actuellement en voie d’achèvement, une quinzaine de pavillons d’habitations sur les 20 projetés ont été réalisés. Ils peuvent accueillir près de 200 enfants et vétérans. Des salles de classes et des salles de travaux manuels, une polyclinique, cuisine et réfectoire, bâtiments administratifs, salles de réunions ont été construits dans un paysage de rizières, avec des jardins potagers, un verger, des cultures de plantes médicinales. Le vieux village de Van Canh vit en symbiose avec le nouveau village avec lequel les échanges sont multiples.
RdC : La conception du village a-t-elle évolué ?
A.R. : Le village avait été initialement conçu comme un simple centre d’accueil pour des orphelins et des anciens combattants. Puis, progressivement, les responsables du village ont constaté que les personnes accueillies étaient pour la quasi totalité des victimes de la dioxine répandue sur le Vietnam pendant la période 1961-1971 où, pendant 10 ans, l’aviation américaine a répandu 89 millions de litres de défoliant contenant 390 kilos de dioxine pure, le poison le plus violent qui existe au monde.
Les efforts du comité français en liaison avec les autres comités ont rencontré un précieux encouragement quand le Premier Ministre, Lionel Jospin, a remis le 11 décembre 2001 à l’ARAC, comme initiateur du projet, et au Comité du Village de l’amitié, le prix des Droits de l’Homme. En janvier 2004, la Fédération mondiale des anciens combattants et victimes de guerre a attribué à l’ARAC le prix de la Réadaptation en reconnaissance des travaux entrepris au Village de l’amitié.
RdC : Les différents comités soutiennent-ils les actions en réparation tentées par les citoyens vietnamiens ?
A.R. : Oui. Des Vietnamiens ont voulu mettre en cause la responsabilité des fabricants de défoliants utilisés pendant la guerre, en portant l’affaire devant un tribunal fédéral à New York. Le 10 mars 2005, leur plainte a été rejetée par le motif que si les conventions internationales interdisent l’utilisation de poisons en temps de guerre, il n’était pas établi que les défoliants mis en œuvre au Vietnam contenaient un poison, affirmation contestée par l’unanimité de la communauté scientifique internationale... Le 18 juin 2007, la cour
de New York va juger cet appel ; des vétérans américains sont aussi partie à ce procès car ils contestent la « réparation » que leur ont octroyé en 1984 les sociétés ayant fabriqué les herbicides.
Mais il est évident que, quelle que soit la décision de justice rendue le 18 juin prochain, la campagne de soutien et de sensibilisation ne doit pas s’arrêter là. Le véritable objectif est la mise en jeu de la responsabilité américaine devant l’opinion internationale en s’appuyant sur les conventions internationales qui condamnent le recours à toute guerre chimique et oblige à réparation les gouvernements qui enfreignent les prescriptions de ces conventions.
Pour le 20e anniversaire du Village de l’amitié Van Canh
– Du 15 au 29 mars 2008 (date à reconfirmer) Prix : 1 780 € environ
– Circuit de Hanoi à Ho chi Minh Ville, avec la baie d’Halong, Hué, Hoï, An, delta du Mékong...
– Et de nombreuses rencontres : journée au Village de l’amitié (20e anniversaire), visite d’un orphelinat, visite des tunnels de Cu Chi, rencontres avec la population.
Permanence téléphonique Comité Vietnam : tous les jeudis de 10 h à 16 h.
Tel. 01 42 11 11 14.
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– Quelles sont les causes de la défaite de 1940 ?
– Comment, en quatre années, du Front populaire triomphant à la débâcle de 1940, la France a-t-elle pu sombrer si vite et si bas ?
– Il semble y avoir comme un trou noir entre ces deux dates, avec seulement les éclairs de feu et de sang de la guerre d’Espagne. Pourquoi la « non-intervention » alors que la République de Fronte popular est assaillie par Franco, avec l’aide des troupes d’Hitler et de Mussolini ?
Annie Lacroix-Riz, agrégée d’histoire et professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 7, analyse ici l’histoire des années 1930 pour dissiper les ténèbres des raisons de la défaite de 1940.
Le grand historien Marc Block écrivait, en avril 1944 : « Le jour viendra (...) où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939, en faveur de l’Axe Rome-Berlin, pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » De fait, la France n’a pas été simplement vaincue en cinq jours par une Wehrmacht invincible. Elle a été sacrifiée par le haut patronat français, soucieux de faire triompher son plan de « réforme de l’État » (copié sur les voisins fascistes) et son obsession d’un accord avec le Reich.
L’accès aux archives françaises et étrangères permet de mettre en lumière, durant la décennie 1930-1940 et même au-delà, à partir de 1920, l’action des élites, militaires, politiciens, journalistes, et surtout hommes d’affaires qui régnaient sur tous les autres avec à leur tête, la Banque de France et le Comité des forges du grand patronat français. C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta et imposa, tant aux politiciens qu’aux journalistes et aux militaires, le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920, et sabota l’alliance russe « de revers » qui avait évité la défaite en 1914.
La politique de « non-intervention » face à la guerre d’Espagne apparaît alors comme un test grandeur nature qui prendra d’abord en compte les intérêts des puissances financières françaises en Espagne, les intérêts de la Banque de France quant à l’or espagnol. Test militaire préparant la guerre, certes, mais aussi quant à la collaboration à venir avec un état-major français factieux et pro-franquiste.
C’est un chapitre qui nous concerne particulièrement, auquel Annie Lacroix-Riz consacre une part de son étude. Non seulement on y retrouve mêlés les dirigeants de l’UNC de l’époque (Jean Guy, Robert Monnier, etc.), mais aussi ceux de l’Union Fédérale (René Cassin, Henri Pi¬chot), la Confédération française des anciens combattants (André Neau), l’Association des anciens prisonniers de guerre et la Fédération interalliée des anciens combattants (Jean Desbons), la Semaine du combattant (Olivier), les Aveugles de guerre (Scapini), les Croix de Feux (de La Roque) qui tous fréquentèrent et banquetèrent avec les envoyés nazis en France, quand ils n’iront pas, pour certains, faire allégeance directement à Berlin. Jean Goy promit même de « rédiger une préface (au « Mein Kampf » d’Hitler) dans laquelle il expliquerait le changement profond qui s’était produit dans les sentiments du Führer pour la France ».
Dès le début notre Association dénonce les menées de ces dirigeants d’association d’ACVG, édite et distribue des tracts circulaires, notamment après l’entrevue Jean Goy-Hitler... L’ARAC (p.. 160-161) y fustige la complicité de Jean Goy et « de l’incendiaire du Reichstag (Hitler, NDLR), de l’assassin de tant de travailleurs, du barbare fasciste qui promène sa torche dans les bibliothèques (allusion aux autodafés publiques de livres d’Allemands antinazis, mais aussi de Barbusse et d’écrivains français - NDLR), du sadique qui, dans les camps de concentration (dénonciations, donc, dès 1933-1934-NDLR) et dans les prisons, torture de nombreux AC allemands, coupables d’avoir défendu la paix et la liberté. »
Et l’ARAC de poursuivre sa vigoureuse dénonciation. Elle demande publiquement, notamment, si ces dirigeants d’associations d’ACVG n’avaient « pas discuté plutôt, au cours de l’entrevue de Berlin, de l’aide qu’Hitler pourrait donner aux incendiaires du 6 février » (1934).
Et, preuves à l’appui, elle rappelle les liens entre les milieux financiers, la droite et Jean Goy... « stipendié (...) en 1920 (...) par les de Wendel français et les Rôchling allemands (...), l’homme de Taittinger (...) l’homme du 6 février (1934). Ce jour-là, il a échoué ; mais son grand espoir c’est de réussir demain. Aussi, c’est pour aller serrer la main de l’homme du 30 juin (la « Nuit des longs couteaux » au cours de laquelle Hitler fit assassiner, en 1934, les chefs de la SA, ses propres sections d’assaut - NDLR) qu’il est allé à Berlin ».
Certes, les temps ont changé et le mouvement anciens combattants a lui aussi changé. Mais, face aux résurgences fascisantes en France (OAS, etc.), face à celles qui fleurissent en toute impunité en Allemagne (meetings nazis, associations nazies, violences, attentats, incendies, racisme et antisémitisme impunis), ignorer son passé, c’est être condamné à le revivre un jour.
La salle de médiation, au terme du parcours terrible du mémorial d’Oradour-sur-Glane, ce petit village paisible incendié où furent assassinés 642 hommes, femmes et enfants le 10 juin 1944 par les SS nazis, nous invite non seulement à la vigilance, mais aussi à l’indispensable connaissance de cette période 1920-1940 qui vit l’embrasement de l’Europe, le triomphe de la barbarie et la glorification du nazisme et du fascisme. Le prix à payer fut terrible, avant que ne soient terrassés les monstres hitlériens, mussoliniens, japonais. A chacun d’entre nous d’en transmettre la mémoire, la connaissance comme un outil capable, dans l’union, d’en éviter le retour.
L’ARAC, comme en 1933-1934, comme de 1940 à 1945, forte de son patrimoine et de ses luttes contre la guerre et la barbarie (Corée, Madagascar, Indochine, Algérie), poursuivra inlassablement son action pour la paix, la justice, la liberté, l’amitié et l’antiracisme.
Son héritage, son patrimoine de valeurs républicaines doivent continuer de se transmettre et de vivre en coopération et dans l’union des anciens et des plus jeunes, ceux anciens combattants des Opérations extérieures (les OPEX) et ceux des non combattants qui luttent au quotidien pour la paix et l’amitié entre les peuples.
Le livre d’Annie Lacroix-Riz nous y aide en réveillant de l’oubli une histoire tellement contemporaine qu’elle enfante notre quotidien et éclaire notre chemin à venir.
André FILLERE
N° 731-732 – juin-juillet 2007 s
Itinéraire indicatif susceptible de modifications
1er jour : Paris/Santiago de Cuba
Départ dans l’après-midi de Paris pour Santiago de Cuba, vol régulier de Cubana de Aviacion. Arrivée à l’aéroport Antonio Maceo en fin d’après-midi. Accueil et transfert à l’hôtel.
2e jour : Santiago de Cuba
Tour de ville de Santiago, visite de la forteresse d’El Morro. Puis découverte du centre ville avec la Plazza Dolores, le parc Cespedes, et la maison de Diego Velazquez. L’après-midi, visite avec les anciens combattants cubains du musée du 26 Juillet (ancienne caserne Moncada).
3e jour : Santiago/Guantanamo ou Pilon
Excursion à Guantanamo ou à Pilon, plages du débarquement du Granma, bateau transportant les révolutionnaires cubains. Retour à Santiago en fin de journée.
4e jour : Santiago/Bayamo/Trinidad
Départ pour Trinidad, superbe ville coloniale classée par l’UNESCO « Patrimoine de l’Humanité ». En cours de route, vous découvrirez la magnifique Valle de Los Ingenios, avec la fameuse tour Iznaga.
5e jour : Trinidad
Visite de Trinidad, ses musées, ses demeures coloniales et ses rues pavées. Vous irez à la taverne La Canchanchara, où vous pourrez déguster, en musique, le cocktail typique du même nom. Temps libre pour flâner dans la ville ou sur la plage.
6e jour : Trinidad/Santa Clara/Cienfuegos
Départ pour Santa Clara. Visite de la ville : la place de la Révolution avec le monument dédié au Che. Visite du musée et du célèbre train blindé, visites en partenariat avec les anciens combattants de la ville.
7e jour : Cienfuegos
Visite de cette ville industrielle de Cuba qui a joué et joue encore un grand rôle dans la révolution cubaine. Après-midi libre pour rencontres et découverte des projets de solidarité.
8e jour : Cienfuegos/La Havane
Le matin, rencontre avec un médecin de famille, cheville ouvrière du système de santé cubain. Ensuite, direction pour La Havane en passant par la baie des Cochons où un ancien combattant racontera cette bataille.
9e jour : La Havane
Le matin, rencontre avec les anciens combattants cubains qui feront visiter l’école parrainée par l’ARAC. Dans l’après-midi, visite la vieille Havane, coeur de la ville merveilleusement conservé.
10e jour : La Havane/Vinales
Excursion à la vallée de Vmales, avec ses « Mogotes » et ses champs de tabac, jusqu’à la fresque préhistorique. Visite- de la manufacture de cigares, avant de rencontrer un CDR en fin d’après-midi qui vous invitera à dîner pour découvrir leur rôle et leur fonctionnement.
11e jour : Vinales Havane
Matinée libre afin de profiter des magnifiques paysages de la vallée avant de reprendre la route de La Havane dans l’après-midi.
12e jour : La Havane
Cette journée débutera par une découverte de la nouvelle Havane, le port, la place de la Révolution, le cimetière Christophe Colomb... Dans l’après-midi, selon les disponibilités de chacun, possibilité de rencontrer le syndicat des travailleurs cubains à la maison Victor Hugo ou de visiter le journal Juventud Rebeldes puis visite de l’aquarium de La Havane.
13e jour : La Havane
Excursion à Matanzas avec les anciens combattants cubains : la capitale de la province, berceau d’un grand nombre d’artistes aux influences afro-cubaines.
14e jour : La Havane/Paris
Petit-déjeuner. Temps libre. Déjeuner à l’hôtel puis, en fin d’après-midi (en fonction des horaires de vol), transfert à l’aéroport et envol pour Paris sur vol régulier et direct de Cubana de Aviacion. 15e jour : Paris
Arrivée à Paris en début d’après-midi.
Prix indicatifs : Base 30 participants payants : 1 670 € - Supplément chambre individuelle : 150 €
Le prix comprend :
– le transport aérien Paris/Santiago de Cuba/La Havane/Paris sur vols réguliers (CU)
– Les transports aéroports/hôtels/aéroports
– Les transports intérieurs en autocar climatisé
– L’hébergement en chambre double en hôtels 3* et 4* (classification locale)
– La pension complète
– Les visites prévues au programme (avec entrée sur les sites, musée, excursions)
– L’assistance d’un accompagnateur de Paris à Paris
– L’aide d’un guide-interprète cubain pendant tout le séjour
– L’assistance du représentant permanent de LVJ à Cuba
– L’assurance voyage (bagages, soins médicaux, rapatriement) obligatoire.
Il ne comprend pas :
– les boissons
– La taxe d’aéroport et de sécurité à Paris, ainsi que le supplément fuel susceptible d’augmentation (135 € au 15/05/05, à payer individuellement sur place, à l’embarquement)
– La carte de tourisme (25 € au 15/05/07) obligatoire
– L’assurance annulation (3 % du prix du voyage) facultative
– Les dépensés personnelles (pourboires, activités optionnelles, etc.)
Remarques : Les prix sont donnés sous réserve de disponibilité au moment de la commande. Les prix ont été calculés par personne sur la base des conditions économiques, du coût des carburants, du taux de change au 15/05/07 (ICUC = 0,92 €)
Ils peuvent être révisés en cas de modification de ces éléments notamment les surcharges de fuel, totalement imprévisibles
N° 731-732 – juin-juillet 2007 t
Pension complète, hors voyage
– Un balcon sur la Méditerranée, situé dans le golfe de Saint-Tropez. Le Capet accueille ses hôtes à quelques minutes à pied des plages de sable fin et du centre-ville. Ouvert jusqu’au 28 octobre 2007
– Entre 280 et 490 € selon la semaine
(tarifs particuliers pour les enfants)
Le séjour
– En été, séjour à la semaine du dimanche soir (dîner) au dimanche midi (déjeuner). 95 chambres, sanitaire privé, téléphone direct, télévision.
– Le bar et son salon vous accueilleront pour votre détente et des jeux en musique. Terrasse ombragée de platanes.
– Parking privé
Loisirs, animations
– L’équipe d’animation vous propose : jeux, tournois sportifs, soirées dansantes, spectacles...
– Une magnifique piscine, terrain de volley et de pétanque, ping-pong.
– Bibliothèque, salle vidéo avec grand écran...
– Mini-club en été pour les enfants de 6 à 12 ans encadrés par une monitrice qualifiée.
A proximité (activités payantes)
– Tennis, VTT, activités nautiques, plongée sous-marine, promenades en mer, pêche aux gros, excursions, casino, golf
– Menton, station balnéaire élégante et animée, est aussi célèbre pour la douceur de son climat. El Paradisio, magnifique demeure au passé prestigieux, vous offre la Méditerranée à perte de vue, le port Garavan à vos pieds et les plages à proximité.
– Ouvert jusqu’au 28 octobre 2007.
– Entre 315 et 483 € selon la semaine. (tarifs particuliers pour les enfants)
Le séjour
– En été, séjour à la semaine du dimanche soir (dîner) au dimanche midi (déjeuner). 40 chambres : sanitaire privé, téléphone direct, télévision et ascenseur.
– Le bar et son salon vous accueilleront pour votre détente et des jeux en musique. Parking privé
Loisirs, animations
– L’équipe d’animation sera à votre disposition pour vous aider à réaliser des visites de la région comme Vintimille, San Remo, Monaco ou l’arrière-pays.
– Terrain de pétanque, superbe salle d’animation où vous seront proposés des jeux, soirées dansantes, spectacles...
A proximité (activités payantes)
– Tennis, VTT, activités nautiques, voile, plongée sous-marine, promenades en mer, pêche, Casino avec discothèque, marché nocturne en été.
– La Balagne, une région bénie des dieux pour la beauté de ses plages et la limpidité de ses eaux. C’est au coeur de cette île aux merveilles que vous trouverez la résidence Joseph Charles, lovée dans un écrin de verdure, sur la plage et à proximité du centre-ville. Ouvert jusqu’au 28 octobre 2007
– Entre 280 et 539 € selon la semaine
(tarifs particuliers pour les enfants)
Le séjour
– En été, séjour à la semaine du dimanche soir (dîner) au dimanche midi (déjeuner).
– Les pieds dans l’eau, face au port, à 900 m du centre-ville par le bord de mer. 42 chambres : sanitaire privé, télévision.
– Le bar vous invite à vous désaltérer dans une ambiance de détente et de convivialité. Parking privé, restaurant s’ouvrant sur la mer.
Loisirs, animations
– L’équipe d’animation vous propose des soirées animées et variées - Volley, pétanque, ping-pong.
A proximité (activités payantes)
– Activités nautiques, plongée sous marine, escalade, équitation, promenade vers le port, le phare de la Pietra par le train corse, visite des vieux villages, golfe de Porto...