I - L’aide matérielle.
Pour les persécutés et pourchassés, la question de l’hébergement et du ravitaillement est cruciale : pour beaucoup, la fuite s’opère dans l’urgence, en abandonnant biens matériels, sources de revenus, lien familial et social.
Dans un premier temps, les relations personnelles, familiales, professionnelles ou politiques sont sollicitées, mais par souci de sécurité il est préférable d’être hébergé chez une personne avec laquelle on n’a aucun lien. C’est le rôle des filières de trouver ces asiles. Dans tous les cas, la prudence reste de mise. On n’est pas à l’abri d’un voisin étonné d’un va-et-vient inhabituel ou d’un nouveau venu qui semble vouloir éviter tout contact. C’est pourquoi les lieux isolés dans les campagnes ou les bâtiments à entrées multiples dans les villes sont appréciés. Mais la délation facilite souvent le travail de la police allemande ou française.
Les premières initiatives sont le fait d’individus isolés (graveurs ou imprimeurs) qui s’efforcent de copier les documents officiels ou d’agents des administrations qui produisent de vrais documents sous de faux noms. Pour les uns comme pour les autres les risques sont importants.
En effet, la multiplication de documents suspects présentant les mêmes caractéristiques finit par attirer l’attention de la police qui, à défaut d’avoir les moyens d’investigation d’aujourd’hui, sait croiser les informations et remonter à la source.
Parce que la clandestinité est souvent une obligation, les mouvements* se dotent bientôt de services spécialisés dans la confection de faux papiers, en mesure de procurer des documents de plus en plus difficiles à distinguer des vrais. Ceux qui doivent changer de nom, et souvent d’apparence, disposent alors de jeux complets de documents fondés sur une identité fabriquée de toutes pièces (avec la complicité d’un secrétaire de mairie par exemple) ou invérifiable. Les mouvements « Libération-Sud » ou « Défense de la France » ont leur propre service de faux papiers à partir de 1942 qui finissent par travailler pour les autres mouvements. En 1943, l’unification des mouvements de zone sud au sein des Mouvements unis de la Résistance (MUR) permet la création du Service national de l’identité. En 1944, ce service affilié dorénavant au Mouvement de Libération nationale (MLN) produit des trousses de faussaires pour réaliser une cinquantaine de jeux de faux papiers : pour les résistants pourchassés, les réfractaires menacés, les Juifs persécutés, l’aide est plus efficace et l’espoir d’échapper à la traque plus grand.
II - Les lieux de refuge.
Se cacher est une nécessité pour les persécutés et pourchassés.
Progressivement, se créent des lieux de refuge, qui jouent un rôle essentiel pour la survie des populations juives persécutées, notamment les enfants, pour les résistants et enfin pour les réfractaires au STO* à partir de 1943.
Les refuges sont des lieux où l’on réside pour une durée plus ou moins longue, et ce plutôt pour des groupes relativement importants (composés d’individus plus ou moins isolés). Ils peuvent être provisoires, simple étape pour ceux qui poursuivent leur route vers un pays neutre ou vers l’Angleterre.
« Dans un département du sud-est les Basses Alpes qui permit grâce à son sol montagneux et aussi à l’admirable esprit résistant de ses habitants, à des milliers de jeunes Français de se soustraire à la déportation et à s’organiser pour le combat… » (manuscrit autographe de René Char adressé à Francis Ponge pour la publication de son article « Résistance n’était qu’espérance » dans l’hebdomadaire Action du 7 décembre 1945).
La remarque formulée par René Char, le « capitaine Alexandre » de la Résistance, souligne la perception qu’ont les résistants de la montagne comme refuge. La France, essentiellement celle de la zone sud, voit en effet la présence de lieux de refuges qui présentent le plus souvent des caractéristiques proches. Ils sont situés dans le monde rural ou les zones de montagne, à l’écart des axes majeurs de communication. Dans plusieurs cas, le refuge repose aussi sur l’existence de communautés soudées, et bénéficie éventuellement sinon de la complicité tout au moins de l’indifférence ou de la passivité des autorités locales.
Dans les régions de la zone sud existent des maisons d’accueil pouvant abriter des enfants, à l’initiative d’institutions juives telles l’OSE ou des Éclaireurs Israélites de France comme à Chabannes dans la Creuse ou à Moissac dans le Tarn-et-Garonne jusqu’en 1943.
Mais les zones rurales ou montagneuses ne constituent pas les seuls espaces de refuge. Malgré la présence dense des forces d’occupation et des rouages de répression de l’État vichyste et la nécessité de complicités importantes pour obtenir des faux papiers et des fausses cartes de ravitaillement, paradoxalement, les villes, moyennes ou grandes, constituent des espaces abritant persécutés et pourchassés.
En région parisienne ou dans le nord de la France, le milieu urbain constitue un vivier de forces vives habituées souvent à pratiquer la contestation et peut constituer un terrain favorable à une action concrète, en premier lieu la solidarité avec les pourchassés. Mais la ville est aussi un espace où le pourchassé peut se fondre à loisir, bénéficier de l’anonymat ou de complicité.
On peut passer inaperçu dans le dédale des rues, qui se prête par définition aux allées et venus de la population. Ainsi Lyon, avec son dédale de rues étroites est difficile à pénétrer pour qui n’en n’est pas un familier. Le réseau de transport, certes réduit en ces temps de restriction, permet des déplacements rapides, même si les gares et les stations de métro sont particulièrement surveillées. Paris offre aussi aux résistants les facilités d’une grande ville où les possibilités de se cacher sont multiples, les immeubles à double entrée comme les balcons permettent une fuite rapide. Les voisins se connaissent peu, des appartements vides peuvent servir le cas échéant de planques.
Dans les communes de banlieue, le rôle des solidarités communautaires dans ces terres d’immigration qu’elles soient étrangères ou provinciales n’est pas négligeable. Ainsi, le résistant Marcel Hamon est hébergé à La Courneuve en février 1943 chez un habitant originaire du même village breton.
Le tissu associatif peut aussi favoriser des hébergements d’urgence ou des soutiens précieux. Henri Tanguy, « colonel Rol » dans la Résistance, fait jouer la « fraternité du vélo » c’est-à-dire les liens créés avant guerre au sein du Club sportif international, pour disposer de son propre réseau de domiciles clandestins.
Un document interne à l’administration allemande daté du 14 décembre 1943 souligne implicitement ce rôle de la banlieue dans l’aide apportée : « Le criminel, le saboteur, des organisations clandestines opèrent depuis la banlieue de la capitale et s’y tiennent prêt à agir ».
III - Passages et filières.
Pour ceux qui sont persécutés ou pourchassés, le premier souci est d’échapper aux poursuites en franchissant, illégalement ou légalement, les frontières vers une destination plus sûre ou pour rejoindre les territoires contrôlés par les alliés.
Dans la France de 1940 à 1944, le mot frontière désigne non seulement les frontières vers les neutres, la Suisse et l’Espagne, mais aussi les frontières nouvelles créées par la défaite et les conditions imposées par l’occupant comme pour la ligne de démarcation.
De 1940 à 1942, franchir la ligne de démarcation est un objectif essentiel pour des groupes ou des individus.
Après la disparition de la ligne de démarcation, « s’évader de France » devient à la fois vital et plus difficile, tandis que ces tentatives augmentent sans cesse.
Traverser la ligne de démarcation suppose la détention d’un laissez-passer (ausweis) délivré par les autorités allemandes, difficile à obtenir, particulièrement pour les « réprouvés » de la France de Vichy et de la France occupée. Dès 1940, on assiste donc à des passages clandestins de la ligne de démarcation, qui ne cessent jusqu’à la disparition de celle-ci en 1943.
Les sources manquent pour apprécier et quantifier précisément l’importance des passages clandestins qui s’effectuent pour l’essentiel de la zone nord vers la zone sud.
Jusqu’en 1941, les flux sont importants et concernent surtout les prisonniers de guerre anglais ou belges évadés des camps de prisonniers. Le nombre de passages progresse sensiblement en 1941 et 1942, et cesse évidemment avec la disparition de la ligne de démarcation.
Les côtes sont particulièrement surveillées en effet, pour des raisons stratégiques, l’ensemble de la zone côtière est déclarée « interdite » et on ne peut y circuler qu’avec un ausweis spécifique.
De 1940 à 1943, sont organisées des évasions pour rejoindre l’Angleterre et la France Libre. Leurs départs s’effectuent à partir des petits ports, moins facilement contrôlables par les occupants, et où ils bénéficient de complicités dans le milieu des marins-pêcheurs. En dehors de la Bretagne, les évasions par mer sur les côtes de la Manche, de l’Atlantique et de la Méditerranée sont très rares et surtout le fait de réseaux organisés. C’est surtout après 1942 que les côtes bretonnes sont utilisées par les réseaux* d’évasion d’aviateurs alliés.
Plusieurs réseaux se constituent comme le réseau « Var » pour la côte nord de la Bretagne, ou le réseau « Shelburne » à partir de Plouha dans les Côtes d’Armor.
Les départs par les airs sont, quant à eux, très minoritaires, pour des raisons liées aux contraintes d’organisation et ne concernent essentiellement que les et des agents alliés en mission sur le sol français. Dans le cas exceptionnel du départ de Raymond et Lucie Aubrac vers l’Angleterre, l’opération mobilise tous les hommes du village de Bletterans dans le Jura pour désembourber l’avion enfoncé dans le sol !
Échapper aux poursuites, aux rafles, quitter la France, tout cela signifie se rendre vers ces deux « havres de paix », que sont la Suisse et l’Espagne. Mais si ces deux États sont officiellement neutres dans le conflit, les conditions d’évasion, l’attitude de ces deux États à l’égard des populations concernées sont différentes.
Si la Suisse est une destination en soi, l’Espagne est davantage une voie de passage vers les territoires contrôlés par les alliés.
De même, les conditions de passage sont sensiblement différentes. Passer en Suisse présente peu de difficultés physiques, tandis que le franchissement des Pyrénées s’avère bien souvent périlleux. C’est une épreuve car les chemins empruntés sont longs et difficiles à parcourir pour qui n’est pas entraîné Plusieurs personnes y laissent la vie.
Mais dans les deux cas, il faut être capable d’échapper aux gardes frontières et aux douaniers : après l’invasion de la zone sud en 1942, plus de 3 000 soldats allemands stationnent le long de la frontière avec l’Espagne. Les échecs sont nombreux, environ 30 % des tentatives échouant.
Tout cela n’est pas sans conséquence quant aux types de population se dirigeant vers la Suisse ou l’Espagne. Si les populations civiles persécutées sont très majoritaires à partir vers la Suisse, le franchissement des Pyrénées est davantage le fait d’hommes jeunes cherchant à rejoindre des unités combattantes pour la libération du territoire national.
IV - Le monde des passeurs.
Alors que les passeurs ont longtemps gardé une image héroïque, renforcés par un imaginaire les assimilant à une tradition solidement établie du rebelle à toute autorité, cependant force est de constater qu’« il existe encore des zones d’ombre sur le monde des passeurs ». Leurs motivations peuvent être très diverses et mêler patriotisme, appât du gain et légitime rémunération de leur activité. Varian Fry, dans son livre La liste noire, place cette phrase dans la bouche d’un passeur marseillais « Je fais ça pour l’honneur de la patrie et pour assurer ma vieillesse ».
À partir des actes de solidarité improvisés dès l’été 1940, le monde des passeurs s’organise progressivement. Travaillant seuls ou plus fréquemment en équipe, ils doivent nouer des liens ou bénéficier de complicités auprès de populations locales.
Si quelques-uns restent complètement bénévoles, la plupart d’entre eux se font payer, pour le temps passé à cette activité, et pour le risque encouru.
Il était le curé de la paroisse de Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie). Le presbytère était situé tout près de la frontière suisse. Au cours des années 1943 et 1944, des dizaines de réfugiés juifs firent connaissance avec sa maison, dont il avait fait un refuge et un relais sur la route de l’évasion.
Les fugitifs passaient chez lui plusieurs heures ou plusieurs jours, en fonction de la situation le long de la frontière. Le curé s’occupait d’eux avec dévouement, ne révélant leur identité à personne, pas même à ses plus proches amis.
Il inspectait quotidiennement la frontière, à la recherche du meilleur point de passage, jusqu’à ce que tous ses protégés aient réussi à passer en Suisse.
Ses amis de la résistance, qui travaillaient avec lui pour sauver les Juifs pendant l’Occupation, parlent de lui comme d’un homme hors du commun. Un homme droit et modeste qui, obéissant aux ordres de sa conscience, se consacrait tout entier à aider les autres.
L’histoire de la jeune Eva Stein est restée gravée dans leur mémoire. Cette enfant était la fille de Juifs allemands venus d’Hambourg qui s’étaient réfugiés à Lyon (Rhône). Durant les grandes rafles de Juifs du mois d’août 1942, les Stein tentèrent de fuir la ville pour se réfugier dans un village voisin. Tous ne réussirent pas. M. Stein et la petite Eva furent arrêtés et emprisonnés. Affolé, M. Stein se suicida. La Résistance réussit à faire sortir Eva de prison. L’enfant fut d’abord placée dans une pension à Crémieu (Isère), puis dans un établissement pour jeunes filles à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie). Quelques jours plus tard, en avril 1943, le Père Jolivet accompagna personnellement Eva en Suisse auprès de sa mère, qui avait réussi à franchir la frontière, ainsi que les autres membres de la famille, grâce à l’aide d’une courageuse jeune femme, Renée Miolane.
Le compositeur Léon Algazi fut au nombre des Juifs que le curé aida à passer en Suisse.
Le Père Jolivet tomba malade et mourut en 1964, laissant le souvenir de sa bonté et de son courage.
La Franche-Comté a été de par sa situation un lieu de passage très utilisé par tous les types de personnes ayant à fuir la France occupée. Ces passages concernent aussi un certain nombre de personnalités comme le professeur Paul Langevin.
La Franche-Comté représente un exemple particulier en raison de sa position dans le découpage administratif imposé par les Allemands et de sa situation géographique. Elle est divisée en trois zones d’occupation : zone occupée, zone non occupée et zone interdite qui va des Ardennes au Jura.
Aussi, permet-elle un passage direct entre la zone interdite et la zone dite libre. La ligne de démarcation isole une grande moitié nord de la région d’une petite partie sud du Jura, et entraîne aussi le développement d’une forte activité de passage dans les deux sens. Région frontalière avec la Suisse sur plus de 100 km, cet espace de la frontière franco-suisse est très surveillé par les autorités d’occupation qui y ont déterminé une « zone rouge » large de plusieurs kilomètres où les contrôles sont très sévères et toute présence doit être justifiée par un laissez-passer spécial. Cette frontière souvent montagneuse, et largement boisée, est donc propice aux activités de contrebande et constitue aussi un atout pour la Résistance et ses réseaux* d’évasion.
Cette particularité explique l’existence de très nombreux passeurs dans la région, certains occasionnels, d’autres intégrés à des réseaux. Dès le lendemain de l’armistice* les passeurs sont à l’ouvrage. L’exemple de Fernand Valnet qui est cité par un rapport de gendarmerie, en septembre 1941, pour avoir permis à plusieurs milliers de soldats d’échapper à l’internement est significatif de cette situation.
Comme les autres activités de la Résistance, le passage est le fait de plusieurs types d’acteurs. On retrouve là ceux qui, comme Valnet, agissent de manière spontanée et immédiate. Puis, vont se constituer des réseaux de passeurs. Ils peuvent être mis sur pieds par des organisations de la Résistance intérieure telle « Combat » dans le Jura ou l’« Organisation Civile et Militaire » dans le Pays de Montbéliard. Mais aussi par la France Libre ou les alliés, sans oublier les services spéciaux de l’Armée d’armistice, qui ont développé en Franche- Comté le réseau Kléber « Bruno ». Enfin, on peut mentionner le réseau de l’OEuvre de Secours aux Enfants qui fait passer plus de 1 000 enfants juifs en Suisse.
Entre 1940 et 1944, la Suisse accueille environ 300 000 personnes. Mais cette hospitalité n’est pas permanente. Les réfugiés se retrouvent ainsi dans des centres en attendant leur éventuel refoulement. En août 1942 les autorités helvétiques décident de fermer de façon hermétique leur frontière face à l’afflux de réfugiés fuyant les persécutions nazies. Cette fermeture s’accompagne de l’ordre de refouler le plus rapidement possible toute personne entrée clandestinement en Suisse et arrêtée dans un rayon de 10 à 15 kilomètres au-delà de la frontière.
Région au statut particulier, la Franche-Comté a donc été un lieu propice pour les passages de toutes sortes. Mais ces passages n’ont pu se faire sans la complicité d’une partie de la population qui savait et qui se taisait, quand elle n’ouvrait pas sa porte à celui qui cherchait un moyen d’échapper à l’occupant ou à ses collaborateurs français zélés. Nombreux sont les Francs-comtois qui ont été déportés pour avoir aidé un aviateur allié ou un résistant à se soustraire aux recherches et à quitter le territoire.
V - Fiche méthodologique n°2 : faire une recherche sur son établissement scolaire ou sa commune.
La rencontre entre des historiens, des professeurs du collège Françoise Dolto et de femmes et d’hommes, anciens élèves de l’école de la rue de Tlemcen dans le XXe arrondissement de Paris, témoins et victimes de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale a débouché sur un travail de mémoire et d’histoire auquel se sont livrés les élèves de ce quartier populaire de la capitale.
Les élèves sont partis sur les traces de leurs aînés et ont essayé de comprendre l’inexplicable et comment « une chape de silence, d’oubli avait occulté l’extermination » d’enfants et d’adultes.
Un ouvrage, publié par le comité « École de la rue de Tlemcen », en retrace les étapes. Il regroupe des témoignages de rescapés des camps de la mort, des témoignages de femmes et d’hommes se souvenant avoir été « des enfants cachés » sauvés par de courageuses familles parisiennes. De nombreux documents originaux y sont reproduits. La démarche s’est avérée enrichissante du fait du nombre et de la diversité des témoignages alternant avec d’émouvants poèmes d’enfants où s’expriment leur incompréhension face au racisme et à l’horreur de ces années. L’ouvrage est illustré par les photos de ceux dont la vie fut brisée et des photos d’aujourd’hui prises lors de « fête du souvenir ». La responsabilité de l’État Français de Vichy, complice actif de ce drame vécu par les Juifs de France y est clairement montrée.
Ce travail de mémoire et d’histoire, commencé en 1997 se poursuit encore aujourd’hui.
Une recherche, surtout collective, portant sur le cadre familier aux élèves qu’est leur établissement, peut susciter de leur part un grand intérêt et développer une dynamique atteignant l’ensemble de l’établissement.
Une simple plaque, quelquefois peu mise en valeur, avec ou sans nom, et évoquant la mémoire d’élèves ou de personnels de l’établissement pendant la guerre peut s’avérer un point de départ suffisant.
De nombreux établissements scolaires actuels existaient pendant la guerre ou se sont transformés depuis 1945.
La recherche du sort d’élèves persécutés pour ce qu’ils étaient, pourchassés pour leur action de résistance, l’étude de leur destin, est un élément permettant d’entrer dans le thème de 2007-2008. De la même façon, des enseignants ont été révoqués en 1940, du fait de leur origine juive, de leur appartenance à la franc-maçonnerie. D’autres ont été pourchassés pour des faits de Résistance.
Que sont-ils devenus ? Quelle a été l’attitude de leurs condisciples ou de leurs collègues ? Quels ont été les actes, spontanés ou exercés dans le cadre d’une action organisée, qui leur ont permis d’échapper, pour certains d’entre eux, à la répression des services de Vichy et des forces d’occupation ?
Il faut d’abord se renseigner sur l’histoire de son établissement et savoir s’il existait pendant la période 1939-1945.
Travailler sur la situation de son établissement scolaire implique d’abord de connaître dans les grandes lignes son passé.
La consultation du site Internet de l’établissement, une documentation déjà existante au CDI permet une première approche (lecture de plaquette commémorative, brochure historique, coupures de la presse locale…).
Si les archives sont conservées dans l’établissement, une démarche doit être effectuée auprès du chef d’établissement, lors d’une rencontre, et formalisée par un courrier demandant l’autorisation de consultation. Le respect des règles de consultation des archives publiques s’impose.
Dans ce cas, il faut s’adresser au service compétent, consulter les inventaires réalisés.
La quasi-totalité des archives départementales disposent d’un service pédagogique .
Un travail collectif (initiation au travail sur archives par exemple) peut être utile en prenant rendez-vous à l’avance.
Des documents administratifs peuvent être exploités pour le sujet d’un dossier : le registre des listes des élèves, les circulaires administratives, les comptes rendus et les correspondances administratives entre les directions d’établissement et les autorités hiérarchiques (académique, ministère…) chargés d’appliquer et de veiller à l’application des mesures discriminatoires et d’exclusion sont souvent précieux. Autant d’occasion pour les élèves de décrypter des formules apparemment anodines et de comprendre le sens de formules neutres lourdes de conséquences.
Si aucune archive ne semble exister ou n’est accessible, on peut travailler à partir de la presse locale ou tenter un appel à témoins par exemple en faisant insérer une annonce dans le bulletin municipal. Certaines bibliothèques municipales détiennent des fonds locaux importants, qui peuvent s’avérer utiles.
La lecture de témoignages publiés de personnalités locales peut être aussi très précieuse.
L’exploitation des archives se fait en confrontant celles-ci à d’autres documents, aux résultats déjà acquis de la recherche historique, pour en dégager le sens.
La problématique et les pistes de réflexion et de recherches s’avèrent identiques.
On privilégiera alors les archives communales ou départementales, qui peuvent d’ailleurs permettre de développer davantage que le sujet précédent les enjeux de mémoire locale depuis 1945. Les noms de rue, les monuments, les plaques commémoratives peuvent alors faire l’objet d’une étude spécifique.
II - Les lieux et espaces de sauvetage.
III - Les organisations de sauvetage nées pendant la guerre.
IV - Les hommages des États.
V - La mémoire du sauvetage dans les oeuvres de fiction.
VII - Fiche méthodologique n°2 : recueillir des témoignages oraux.
La Seconde Guerre mondiale a vu la naissance de « mémoires cloisonnées, comme étanche les unes aux autres » au delà des « grandes mémoires structurant le champ politique ».
Cette réalité se reflète dans la chronologie des actions mémorielles, qui selon les périodes et les régions, mettent l’accent sur telle ou telle action de sauvetage différente.
I - « Au revoir les enfants » : la mémoire du Père Jacques d’Avon à Mauthausen. Histoires et Mémoires du sauvetage.
La personnalité exceptionnelle du Père Jacques est désormais célèbre depuis la sortie en 1987 du film de Louis Malle Au revoir, les enfants. Sa mémoire est conservée tant par des plaques commémoratives que des noms de rues ou de places.
1 - Qui était le père Jacques ? Quelle fut son action ?
Lucien Bunel est né le 29 janvier 1900, à Barantin dans la Seine-Inférieure (actuelle Seine-Maritime) au sein d’une famille ouvrière. Après des études au séminaire, il est ordonné prêtre en 1925, prend le nom de Père Jacques et fonde en 1934 le « petit collège d’Avon ».
Arrêté le 15 janvier 1944, il est déporté dans un camp de concentration et décède à Linz le 2 juin 1945. Il est inhumé à Avon (Seineet- Marne).
Directeur du petit collège d’Avon jusqu’à son arrestation, le père Jacques manifeste très tôt une attitude hostile aux lois antisémites de Vichy. Il manifeste concrètement ses convictions en procurant un emploi à un professeur juif révoqué, en accueillant plusieurs enfants juifs parmi ses pensionnaires. Il autorise aussi l’accueil de jeunes réfractaires au STO* et entretient des contacts avec la Résistance.
Son action n’aurait pu avoir lieu sans la complicité de membres de la municipalité d’Avon, notamment le maire Rémy Dumoncel et le secrétaire de mairie Paul Mathery, tous deux morts en déportation.
2 - Le souvenir du père Jacques
a - Une plaque à Mauthausen
La mémoire du Père Jacques est perpétuée au camp de Mauthausen, en Autriche, où il fut déporté d’avril 1944 à mai 1945.
La plaque est apposée sur le « monument des Français », érigé en 1949.
b - Une rue à Avon
L’ancienne rue de la Charité, désormais rue Père Jacques, le long du couvent des Carmes, a été inaugurée le 28 octobre 1945.
Sa ville natale, Barantin en Normandie, perpétue sa mémoire en ayant donné son nom à l’ancienne place de l’église.
c - Une plaque « Au Révérend Père Jacques » à Avon
La plaque a été apposée en janvier 1965 sur le mur du cimetière des Carmes, à l’initiative de la communauté israélite de Fontainebleau.
3 - Témoignage : Le Père Jacques à Mauthausen
« J’ai connu le Père Jacques à Mauthausen, dans le camp annexe de Gusen en Autriche rattachée au IIIe Reich, où il a été déporté d’avril 1944 à mai 1945.
Les prisonniers polonais étaient nombreux à Gusen. Certains d’entre eux avaient réussi, du fait de leurs compétences, à occuper des postes importants dans la hiérarchie des détenus du camp ; en particulier dans les équipes de travail des usines Messerschmitt et Steyr qui, depuis 1943, louaient aux SS* de plus en plus de détenus, ainsi soustraits aux carrières de granit meurtrières qui furent à l’origine du camp.
Dès que la communauté polonaise de Gusen sut qu’un prêtre français était arrivé, elle décida de lui venir en aide. Le Père Jacques fut affecté au End Kontrol – contrôle final – de l’usine d’armement Steyr installée à proximité du camp.
Les détenus employés dans ce service étaient chargés de contrôler à l’aide de calibres les pièces produites dans les halls de fabrication. Il s’agissait d’un travail peu pénible par rapport aux autres postes de l’usine. De plus, les Polonais fournissaient régulièrement au Père Jacques des suppléments de nourriture (des parts de pain, le plus souvent).
Dans la situation exceptionnelle qui lui était faite, le Père Jacques ne gardait jamais pour lui-même les suppléments de nourriture qu’il recevait, mais les distribuait à ses compagnons les plus affaiblis. C’est grâce à la protection du Père Jacques que Jean Cayrol a travaillé également au contrôle final de l’usine Steyr et a pu écrire ses poèmes publiés après la guerre. Le Père Jacques avait dit aux Français étonnés : « Vous avez un grand poète parmi vous ».
Pour aller plus loin
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Maryvonne Braunschweig et Bernard Gidel, Les déportés d’Avon. Enquête autour du film de Louis Malle, Au revoir les enfants, éditions La Découverte, 1989
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Je rencontrais souvent le Père Jacques le soir, après le retour au camp des équipes de travail et avant le couvre-feu du coucher dans les baraques. Dès son arrivée, il rechercha le contact avec les déportés de la Résistance française, déclarant bientôt : « Je sens que nous allons pouvoir faire quelque chose ici ». Ce qui fit dire à l’un de mes camarades : « Il y a un fou parmi nous ». J’avais l’avantage de pouvoir, de plus, prendre contact avec le Père Jacques sur son lieu de travail à l’usine à laquelle j’étais aussi affecté. Ma connaissance scolaire de l’allemand m’avait permis d’être désigné comme secrétaire du hall où je travaillais, composé majoritairement de déportés français. À ce titre je disposais d’un laissez-passer me permettant de sortir de mon hall pour aller aux services centraux de l’usine. Ainsi, lorsqu’aucun SS n’était dans les parages, je pouvais m’asseoir auprès du Père Jacques sur son banc de contrôle et discuter avec lui. Il aimait me questionner sur ma scolarité au lycée de Bordeaux, sur les auteurs que j’avais préférés : Molière, Vigny…
Son érudition me captivait. Il me faisait sortir du camp pendant quelques minutes. Jamais il ne m’a parlé de religion. J’ai réalisé qu’il pratiquait les principes de l’Évangile. Lorsqu’un embryon de groupe de résistance fut créé à Gusen, le Père Jacques en fit partie.
Le camp d e Mauthausen fut libéré par l’Armée américaine le 5 mai 1945. Le Père Jacques, très affaibli, est mort d’épuisement le 2 juin 1945 dans un hôpital de Linz. »
Témoignage de Jean Gavard, déporté 25 319 à Mauthausen.
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II - Les lieux et espaces de sauvetage.
Les « lieux de souvenir », pouvant devenir des lieux de mémoire, sont légion sur le territoire national et forment un véritable paysage du souvenir.
Parmi tous ces monuments, nombreux sont ceux qui perpétuent le nom et l’action de ceux qui, au prix de bien des sacrifices, assurèrent la sécurité ou l’évasion de France des persécutés et pourchassés.
Deux types de monuments seront ici distingués ceux à l’échelle d’une région, qui commémorent un acte, un lieu ou l’action d’un groupe déterminé et celui qui à l’échelle nationale, marque le souvenir de l’ensemble des passeurs.
1 - Les régions.
La densité de monuments consacrés à la mémoire du sauvetage et de l’aide est naturellement plus forte dans les régions de passage ou ayant abrité des populations persécutées.
Les passeurs voient leurs actions célébrées dans des régions où leur activité a été importante comme dans le Nord– Pas-de-Calais (stèle des passeurs à Clairfayts) et en Moselle. De même, la présence de plaques ou de stèles est fréquente dans les localités situées tout le long de la ligne de démarcation.
Enfin, les frontières suisse et espagnole, au-delà des monuments existant, connaissent aujourd’hui un véritable « tourisme de mémoire » avec l’organisation de randonnées sur le parcours des « évadés de France » dans les Pyrénées ou la découverte des chemins de la Franche-Comté.
2 - À l’échelle nationale.
Pour aller plus loin
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Serge Barcellini et Annette Wieviorka, Passant, souviens-toi ! Les lieux du souvenir de la Seconde Guerre mondiale en France, Paris, Plon, 1995.
Numéro spécial de La Lettre de la Fondation de la Résistance, décembre 1998, publié à l’occasion du Concours national de la Résistance et de la Déportation 1998- 1999 dont le thème portait sur les lieux de mémoire (plaques, stèles et monuments)
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Donon dans les Vosges a vu s’édifier le monument national des évadés et des passeurs.
Environ 10 000 prisonniers évadés empruntèrent les sentiers de ce secteur forestier grâce au dévouement et à l’abnégation des passeurs. L’initiateur du Mémorial est James Genel, ancien prisonnier évadé, directeur de l’école Marcel Leroy à Nancy et dirigeant de l’Union Nationale des Évadés de Guerre et des Passeurs (UNEG). Le monument est constitué d’un menhir de granit rose d’environ 60 tonnes.
Cet énorme et massif bloc de granit taillé symbolise la captivité avec ses chaînes mais également la force et la résistance indestructible des sentiments de Liberté.
Depuis 1960, une cérémonie d’hommage se déroule annuellement chaque 3e dimanche du mois de septembre.
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Deux plaques situées dans le corridor de Metz de l’Hôtel national des Invalides à Paris en l’honneur de Georges Morin. La première a été réalisée au lendemain de la guerre (à gauche), la seconde a été inaugurée le 26 avril 2001 par le Premier ministre.
Ces deux plaques ont été apposées à des périodes différentes. On peut relever des différences sensibles quant aux formules utilisées, à la décoration, et aux informations fournies sur Georges Morin
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III - Les organisations de sauvetage nées pendant la guerre.
Pendant la guerre, de nombreuses organisations se sont créées pour venir en aide aux persécutés et pourchassés.
Plusieurs d’entre elles demeurent actives après la fin des hostilités afin non seulement de maintenir la mémoire de leur activité mais aussi de faire face à des situations créées pendant le conflit voire de prolonger cette action humanitaire au-delà du contexte initial de création.
Parmi d’autres, on peut notamment citer l’Union Nationale des Évadés de Guerre et des Passeurs (UNEG) regroupant des prisonniers de guerre évadés et des passeurs, le COSOR ou la CIMADE.
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IV - Les hommages des États.
1 - Les « Justes parmi les Nations ».
 Jean Nallit, Juste parmi les Nations devant le mur des Justes à Paris en janvier 2007.
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Pour aller plus loin
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Sous la direction d’Israël Gutman, Dictionnaire des Justes de France, Jérusalem, Yad Vashem, Paris, Fayard, 2003.
Cet ouvrage contient les notices biographiques des Justes de France avec l’indication de la commune où ils ont agi.
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En 1963, le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, créé le titre de « Juste parmi les Nations » pour honorer les personnes qui ont risqué leur vie pour venir en aide à des Juifs. Au 1er janvier 2007, à travers toute l’Europe, 21 758 personnes, dont 2 740 en France, étaient reconnues comme « Justes ».
Pour que le titre soit décerné, il faut que les demandeurs prouvent que la personne a aidé des Juifs menacés de mort ou de déportation, en étant consciente du fait qu’elle risquait sa vie et sans avoir recherché de contrepartie.
Les « Justes » reçoivent un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée une phrase du Talmud (le commentaire de la Bible) : « Quiconque sauve une vie, sauve l’univers tout entier » et leur nom est gravé sur un Mur d’honneur, dans le jardin de Yad Vashem.
L’aide apportée aux Juifs durant la guerre a revêtu des formes très diverses : hébergement, aide à se faire passer pour un non-juif (en procurant des faux papiers d’identité ou des certificats de baptême), aide à gagner un lieu sûr ou à traverser une frontière. Les personnalités des « Justes » et leurs motivations sont également très variées. Simples civils, hommes d’Église, policiers, diplomates voire militaires allemands, ce sont des personnes de tous âges et de toutes origines qui ont su dire « non » à l’idéologie nazie. Certains agirent pour des raisons religieuses, d’autres pour des raisons humanitaires, politiques ou simplement par affinités. Enfin, il existe trois cas de médaille remise à titre collectif : le pays du Danemark, et ses mouvements de résistance, le village de Nieuwlande aux Pays-Bas et celui du Chambon-sur-Lignon, dans le sud de la France.
Lors de l’hommage rendu par le président de la République Jacques Chirac aux « Justes » de France, le 18 janvier 2007, Simone Veil expliquait : « En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité ».
2 - Un passeur et résistant honoré par les alliés : Charles Cliquet (1891-1956)
Pour aller plus loin
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Le musée de l’ordre de la Libération a mis en ligne les biographies des 1038 Compagnons de l’Ordre de la Libération. http://www.ordredelaliberation.fr/
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Dès juin 1940, Charles Cliquet aide des soldats français et des prisonniers évadés à franchir la ligne de démarcation. Ce sont plusieurs centaines de personnes qui passent en zone non occupée grâce à lui, parmi eux des aviateurs alliés et des résistants. Il participe aux activités de services de renseignement de mouvements* et de réseaux*.
Surveillé et arrêté à plusieurs reprises, il est déporté à Buchenwald en 1943.
Il est titulaire de la Medal of Freedom (États-Unis) et de la King’s Medal for Courage (Royaume- Uni).
D’autres passeurs ou sauveteurs ont reçu l’hommage des alliés comme Camille Chevalier.
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L’arrêté du 4 mai 1948 concernant l’attribution de la carte de combattant de la guerre 1939-1945 aux membres de la Résistance précise les conditions d’obtention de ce titre. Parmi les 10 actes individuels de Résistance qui devait avoir été accompli pendant trois mois consécutifs ou non pour prétendre à ce titre se trouvent : l’« hébergement gratuit et habituel de résistants traqués ou blessés au cours d’une action militaire, de militaires français ou alliés évadés ou de parachutistes des armées alliées » mais aussi le « passage habituel, à titre gratuit, de résistants ou de militaires évadés hors du territoire occupé vers la France libre ou les pays alliés ».
Ce qui est frappant à la lecture de ce texte c’est qu’au lendemain de la guerre, seule est reconnue par la Nation l’aide apportée aux personnes pourchassées à la suite de leur engagement dans la Résistance ou aux militaires alliés. À cette époque l’aide apportée aux « réprouvés » de la France de Vichy et de la France occupée n’est pas considérée comme une action ayant contribuée à lutter directement contre l’occupant allemand ou l’État Français et elle n’est donc pas prise en compte
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V - La mémoire du sauvetage dans les oeuvres de fiction.
1 - L’exemple de la bande dessinée
 Marcel Gotlib « Sur l’air du Traderi- dera. Chanson aigre douce », Rubrique-A-Brac in Pilote n° 525 du 27 novembre 1969. Extraits de planches reprises de l’album La Rubrique A Brac, publié aux éditions Dargaud.
– Agrandir la photo
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Caché en Eure-et-Loir, dans une famille, le jeune Marcel échappe au sort tragique d’une partie des siens, son père ayant été arrêté et mort en déportation. Marcel Gotlib dédie ces deux pages à sa fille Ariane qui vient de naître.
Dans ces deux planches, publiées dans l’édition hebdomadaire de Pilote, destinée à un jeune public, Marcel Gotlib revient, de manière pudique, sur ses années de jeunesse pendant la guerre.
En faisant une simple allusion à « l’orage » lointain sous lequel se trouvent ses propres parents, il évoque de façon métaphorique la guerre et les persécutions antisémites.
Son séjour dans le monde rural, où il est hébergé par une famille de paysan, est décrit de façon douce-amère, le seul lien affectif étant celui entretenu avec la chèvre de la maisonnée.
Rythmé par une comptine enfantine, le récit s’étire sans rebondissement, jusqu’à la référence finale à l’avenir de sa propre fille.
Quelques années plus tard, il évoque ainsi les paysans l’ayant hébergé : « C’est assez étrange, d’un côté ces gens nous ont sauvé la vie, à ma soeur et à moi. De l’autre, c’étaient de vrais salauds, totalement dépourvus de générosité : ils profitaient de la misère des autres […]. Du coup, je n’arrive pas à leur vouer la moindre parcelle de reconnaissance ».
C’est une des rares fois, dans cette période de la fin des années soixante, que se trouve ainsi évoquée, de façon allusive et dans une publication destinée à la jeunesse la situation de la France pendant le conflit et le sort des Juifs persécutés
La fiction, sous différents supports, notamment le roman, a souvent fait référence à la période de la guerre.
De nombreuses œuvres au caractère autobiographique prononcé permettent un travail commun avec des enseignants d’autres disciplines, lettres ou langues vivantes par exemple.
Le choix de l’œuvre peut être effectué en fonction des classes de collège ou de lycée.
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VI - Sauveteurs et sauvés pendant et après la guerre
1 - Pendant la guerre
Pendant la guerre, les relations entre sauveteurs et populations civiles persécutées peuvent être très diverses selon les situations.
Les témoignages font état quelquefois de sévices ou d’exploitation par le travail de cette main-d’œuvre par des familles d’accueil sans scrupule.
D’autres témoignages font état de relations affectives nouées pendant cette période noire et qui survivent à la fin de la guerre.
Ces témoignages apparemment contradictoires reflètent la diversité des situations rencontrées mais aussi le travail propre de la mémoire de chaque individu.
2 - Après la guerre, entre oubli et retrouvailles.
Une fois la guerre terminée, les relations nouées peuvent perdurer ou, bien souvent, se rompre.
Les raisons en sont diverses comme l’exil ou le départ des survivants, ou la simple reprise d’une « vie normale » qui met entre parenthèses, quelquefois pour plusieurs décennies, la période de la guerre. Ainsi, Jean-Pierre Vernant, résistant, constate qu’il ne reprit jamais contact avec la femme l’ayant sauvé des miliciens lors d’une opération militaire particulièrement dangereuse.
Dans certains cas, quelques décennies plus tard, sauveteurs et sauvés peuvent se retrouver, notamment à l’occasion de cérémonies commémoratives.
3 - Témoignage : Le sauvetage raconté aujourd’hui par une Éclaireuse Israélite de France
« Ce que, pendant les années noires de l’occupation, des jeunes ont fait pour sauver d’autres jeunes nous réconcilie avec notre condition humaine. Combattants sans armes, garçons et filles frôlent mille fois la mort, certains hélas la rencontrent, parcourant la France à la recherche de cachettes pour ceux dont ils assument la responsabilité. Travail anonyme, ardu, accomplissement d’un devoir. Les Éclaireurs et Éclaireuses Israélites de France sont déjà préparés à cette tâche. Leur devise est « servir ». Elle le restera jusqu’au bout. De leur rang est issue la Sixième, son réseau clandestin créé en août 1942, à l’aube des grandes rafles de la « zone sud » d’alors, zone dite « libre ».
J’ai eu le privilège d’appartenir depuis mon plus jeune âge à ce mouvement scout dont les chefs s’étaient révélés visionnaires, ayant réalisé, dès la montée du nazisme, au début des années trente, le danger mortel auquel seraient confrontés, en temps de guerre, les Juifs vivant alors en France, Juifs étrangers en priorité.
Ma tache au sein de la Sixième consistait, comme pour mes camarades, à trouver des lieux et des personnes qui accepteraient en connaissance des dangers encourus, de “planquer” ceux qui nous étaient confiés, auxquels nous devions fournir tous les faux papiers indispensables à leur survie, et conserver avec ces jeunes des liens aussi fréquents que possible. Nous nous sentions pour eux le représentant de leurs parents que tous avaient l’espoir de revoir, espoir trop souvent déçu. Les planques étaient diverses, obtenues grâce à diverses complicités courageuses et bienveillantes : autres mouvements scouts, particuliers, employés de mairie, commissaires de police, institutions religieuses, collèges d’État, fermiers etc. Tous ceux que l’on appelle aujourd’hui les Justes parmi les Nations, que la France a récemment honorés lors d’une belle cérémonie au Panthéon.
À ma grande satisfaction, j’ai pu conserver avec certains de ceux qui étaient alors mes « enfants cachés » des liens permanents et, en raison de notre petite différence d’âge, ils sont devenus au fil des ans, davantage des frères et soeurs parfaitement intégrés au sein de ma propre famille. »
Liliane Klein-Lieber, membre des Anciens de la Résistance Juive en France.
1 - Chercher des informations sur le mouvement auquel appartient Liliane Klein-Lieber.
2 - Quelles sont les raisons de l’engagement de l’auteur du témoignage ?
3 - Quels sont les éléments permettant l’action engagée ?
4 – Quelle mémoire de l’aide est évoquée ici ?
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VII - Fiche méthodologique n°2 : recueillir des témoignages oraux.
Le recueil de témoignages oraux est un élément important du travail des élèves pour le Concours.
Document d’histoire à part entière, il doit être utilisé à partir d’une méthodologie rigoureuse.
On pourra consulter et télécharger librement la fiche méthodologique sur l’entretien sur le site de la Fondation de la Résistance, dans La Lettre de la Fondation de la Résistance no 31 de décembre 2002 aux pages 20 et 21 (http://www.fondationresistance.com/pages/lettres/)
Le questionnaire type présenté ici se doit d’être adapté à chaque situation du témoin selon qu’il s’agisse d’un acteur du sauvetage et de l’aide aux persécutés et/ou pourchassés ou de personnes elles-mêmes persécutées ou pourchassées.
1 - Un exemple de questionnaire :
a - Qui étiez-vous ?
– État civil (nom, prénom, date et lieu de naissance)
– Situation familiale : célibataire /marié /enfant(s) /nombre de frères et soeurs, autre…
– Lieu de résidence.
– Activité professionnelle.
– Niveau scolaire.
– Engagement politique/Militantisme/ Syndicalisme ?
– Éducation religieuse ? Si oui, laquelle ?
b - Pourquoi ?
– Quelles sont les motivations qui vous ont porté vers le sauvetage de persécutés ou pourchassés ?
– Vous êtes-vous engagé (e) spontanément ou à la suite d’une longue réflexion ?
c - Comment ?
– À quelle date remonte votre action ? Dans quelles circonstances ?
– Agissiez-vous à l’insu de votre famille ?
d - Quels risques ?
– Aviez-vous conscience des risques encourus ?
– Aviez-vous conscience de la menace éventuelle pesant sur vos proches ?
– Avez-vous été arrêté ? Incarcéré ? Déporté ? Si oui, quand, dans quelles conditions et où ? Par qui ?
e - L’après-guerre
– Que retenez-vous de cette époque ? Quels enseignements en avez-vous retirés ?
– Vous êtes-vous engagé dans la vie associative ? Si oui, Pourquoi ?
– Que vous a apporté votre expérience ?
– Intervenez-vous auprès des jeunes ? Si oui, pourquoi ?
2 - Deux exemples de témoignages de persécutés et pourchassés
a - Le témoignage de Rachel Jaeglé, « enfant caché » pendant la guerre
Pour aller plus loin
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Florence Descamps, L’historien, l’archiviste et le magnétophone : de la constitution de la source orale à son exploitation,
Paris, Comité pour l’Histoire économique et financière de la France, 2001.
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« Rue de Belleville, au petit matin du 16 juillet 1942, de grands coups sont frappés à la porte : face au policier qui lui ordonne d’habiller ses filles, maman, armée de ses grands ciseaux de couturière, refuse d’obtempérer. Confronté à sa détermination, le policier passe outre les consignes données aux “agents capteurs”. Il décide de nous accorder 24 h. si... une voisine prend elle aussi le risque de désobéir aux ordres, trouve un médecin qui devra, par écrit, me déclarer intransportable : nous échappons à la rafle... Mais où aller ? Une couturière du quartier nous recueille pour la nuit dans son atelier. Courte étape ensuite dans une maison d’enfants, puis chez une nourrice. La traque s’intensifie : une institutrice, jeune maman, nous cache chez elle aux Lilas, plus longtemps. La crainte d’une dénonciation s’accroît : son père, directeur d’école dans un village charentais, décide de venir nous chercher. Avec la complicité du maire il nous confie à une famille qui tient un café-salon decoiffure, où nous restons protégées jusqu’à la Libération.
Au 18, rue de Belleville, nous sommes les seuls enfants juifs survivants.
Personne ne parle alors de “Justes”, la résistance citoyenne n’est pas reconnue.
Ma mémoire d’enfant garde à jamais une reconnaissance affectueuse, admiration et respect pour ceux qui ont, maille après maille, tissé notre survie. Ils ont refusé la passivité, l’indifférence, l’obéissance aveugle. Ils ont choisi, malgré la répression, de faire vivre leurs valeurs, dans l’anonymat.
À mes yeux, ils ont été, ils resteront des résistants authentiques, acteurs multiples de la grande Histoire. »
b -Un bel hommage à l’esprit de résistance français. Merci la France ! Par le général Derek Lang
Blessé et fait prisonnier à Saint-Valéry-en-Caux en 1940, un officier écossais du régiment des Cameron Highlanders réussit à s’évader avec quelques camarades. Pendant cinq mois, ils furent hébergés et protégés par des Français de tous milieux qui leur permirent de rejoindre par Marseille les forces britanniques en Syrie.
Dans Lille, ils furent pris en charge par le chirurgien Georges Siauve-Evausy et son épouse Sally qui animaient un très efficace réseau* de résistance.
Traduction par Maggy Savoye, maire adjoint honoraire de Saint-Valéry-en-Caux, en 1989, pour les éditions Bertout-Luneray, de Return to Saint-Valery publié en Grande-Bretagne en 1974.
De nombreux témoignages d’aviateurs britanniques, canadiens ou américains existent.
Les rechercher, les traduire et les analyser peut faire l’objet d’un travail pédagogique dans le cadre du Concours avec les enseignants d’anglais.
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« Il semblait indispensable, pour être assurés du succès, de nous procurer des faux papiers pour traverser la France. Ce n’était pas facile. Les cartes d’identité étaient généralement délivrées en ville.
Avant d’en obtenir une, il fallait avoir des photographies estampillées. Sally s’était procuré, je ne sais comment, un tampon officiel allemand avec l’aigle au centre. Restait donc à faire des photos !…On décida que le risque était à prendre. Un jour, Sally, Anne-Marie et moi sommes montés dans l’auto pour le Bon Marché. […]
Nous nous sommes faufilés dans le magasin par une porte de côté et avons avancé entre les comptoirs jusqu’aux deux cabines pour photos. Quelques personnes attendaient leur tour, nous avons donc traîné aux environs, essayant de ne pas paraître préoccupés, tandis que des militaires allemands nous croisaient. Sally était formidable.
Elle bavardait tout naturellement, alors que je devenais blême, n’osant jeter un coup d’oeil à droite ou à gauche. J’opinais juste de la tête, de temps en temps pour montrer que j’avais compris…
Quand ce fut mon tour, le supplice ne prit pas fin. Il fallait attendre vingt minutes pour le développement. Nous avons erré dans le magasin en nous mêlant aux autres acheteurs. Je croyais que tout le monde m’épiait et remarquait mes mouvements. Pour donner le change, à un moment donné, j’ai pris une bouteille d’encre en l’examinant avec intérêt. Tout de suite, la vendeuse s’est précipitée, me disant rapidement quel en était le prix et demandant si je la désirais. J’ai paniqué et replacé bien vite l’article sans un mot… Je me sentais idiot et plus voyant que jamais […]
La dame, ou plutôt notre “fil conducteur” depuis le départ de chez Sally, donna un coup de coude à un employé de la gare.
Celui-ci se retourna et sourit à Georges.
Ensuite, elle nous fit un signe de tête indifférent en passant et disparut dans la foule…Son rôle était à présent terminé et nous ne devions jamais la revoir. Notre nouveau guide, avec hardiesse, nous fit un chemin au milieu des voyageurs jusqu’au portillon du quai. Il se pencha en soufflant quelque chose au contrôleur qui opina de la tête. Ignorant la queue d’attente, il nous fit signe de la dépasser et nous escorta sur toute la longueur du train jusqu’au dernier wagon…Le chef de train nous y attendait. Notre agent embrassa Georges chaleureusement sur les deux joues, “à la Française”, et partit. Nous nous sommes rendus compte que nous étions confiés à un autre membre du réseau. Tout était réglé comme sur du papier à musique et c’était très rassurant de se sentir dans les mains d’une équipe si bien organisée. Une surprise en supplément, quatre sièges nous étaient réservés …performance difficile à accomplir dans de telles conditions ! Nous nous y sommes installés avec l’impression d’être considérés plus comme des personnes de qualité que comme des hommes en fuite porteurs de faux papiers […] »
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Sommaire
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I - Aide à la recherche
1 - Ressources documentaires
2 - Notions clés
3 - Orientation chronologique
a - Résistance intérieure et extérieure
b - Vichy - l’occupation allemande - répression - pérsecution
II - Message aux élèves des collèges et lycées qui présentent le concours par Stéphane Hessel
III - remerciements
I - Aide à la recherche
Seuls quelques titres ont été retenus (pour plus de détail se reporter à la bibliographie mise en ligne et régulièrement actualisée sur le site Internet de la Fondation de la Résistance www. fondationresistance.org à la rubrique « Actualités pédagogiques/ Concours résistance »).
1 - Ressources documentaires
a - Ouvrages de base sur la période
– Jean-Pierre Azéma et François Bédarida [dir.], La France des années noires, Paris, Le Seuil, 1993.
– Yves Durand, La France pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Armand Colin, 1993.
– François Marcot [dir.], Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006.
– Dominique Veillon, Vivre et survivre en France, 1939- 1947, Paris, Payot, 1995.
b - Ouvrages pédagogiques sur la Résistance
– Buton Philippe et Veillon Dominique, Résistance, 1940-1945, La Documentation photographique n° 6106, 1990.
– La Résistance. Ces Français du refus, TDC (Textes et documents pour la classe) n°750, CNDP, 1998.
– Dossiers pédagogiques réalisés et édités par les Fondations de la Résistance, pour la Mémoire de la Déportation, Charles de Gaulle et France Libre à l’occasion du Concours national de la Résistance et de la Déportation.
– 1997. Les femmes dans la Résistance (épuisé).
– 1998. Les étrangers dans la Résistance.
– 1999. Les lieux de Mémoire.
– 2000. L’univers concentrationnaire dans le système nazi.
– 2001. Naissance et unification de la Résistance.
– 2002. Déportation et production littéraire et artistique.
– 2003. Les jeunes dans la Résistance.
– 2004. Les Français Libres.
– 2005. La Libération des camps et la découverte de l’univers concentrationnaire.
– 2006. Résistance et monde rural.
– 2007. Le travail dans l’univers concentrationnaire
c - Outils multimédia
– Association pour les Études sur la Résistance Intérieure (AERI), collection nationale « Histoire en Mémoire 1939-1945 ». L’AERI édite une série de CD-Roms et DVD-Roms sur l’histoire de la Résistance dans les départements ou régions.
Déjà parus depuis 2003 : l’Ardèche, le Calvados, la Charente, la Corse, le Doubs, la Haute-Marne, l’Ile de France, la Lozère, la Manche, l’Oise, l’Yonne, l’Indre-et-Loire, l’Orne.
– Nicolas Arnaud, Laurent Garbin, La France et les Français pendant la Seconde guerre mondiale, coffret multimédia, Hachette éducation/ Scéren / Amis du musée de la Résistance et de la Déportation, 2005.
– La Seconde Guerre mondiale, coffret de trois CD-Roms publié par Mindscape éditions en 2003 contenant en particulier de Bruno Leroux et Laurent Douzou [dir.], La Résistance en France. Une épopée de la Liberté.
d - Des lieux-ressources pour préparer le concours
Des informations pratiques figurent sur le site de la Fondation de la Résistance : www.fondationresistance.org
On y trouve notamment une bibliographie et des documents progressivement mis en ligne sur le thème du Concours.
On pourra consulter, selon le choix du sujet retenu par les élèves et enseignants, les sites des principales Fondations de mémoire et d’histoire
– Fondation pour la Mémoire de la Déportation : www.fmd.asso.fr
– Fondation de Gaulle : www.charles-de-gaulle.org
– Fondation de la France Libre : www.france-libre.net
– Fondation pour la Mémoire de la Shoah : www.fondationshoah.info
Dans toute la France, les musées et institutions consacrés à l’histoire de la Résistance et de la Déportation mettent en ligne documents, informations complémentaires et proposent des animations pédagogiques liées à la Seconde Guerre mondiale et au thème du Concours. Ils peuvent proposer des rencontres avec des témoins et acteurs des événements. Leurs sites mettent en ligne de nombreuses informations et document sur le Concours national de la Résistance et de la Déportation.
On peut notamment citer :
– Mémorial Leclerc-Musée Jean Moulin : www.v1.paris.fr/musees/memorial/accueil
– Musée de l’Ordre de la Libération : www.ordredelaliberation.fr
– Mémorial de la Shoah : www.memorialdelashoah.org
– Musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur- Marne : www.musee-resistance.com
– Mémorial de Caen : www.memorial-caen.fr
– La Coupole-Centre d’histoire et de mémoire du Nord – Pas-de-Calais/St Omer : www.lacoupole-france.com
– Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon : www.citadelle.com/musee_resistance.php
– Centre National Jean Moulin à Bordeaux : www.bordeaux.fr(rubrique du centre Jean Moulin)
– Centre historique de la Résistance et de la Déportation de Lyon : www.culture.lyon.fr
– Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère (Grenoble ) : www.resistance-en-isere.com
– La Fondation de la Résistance et le musée de l’Ordre de la Libération organisent des modules pédagogiques communs, comprenant une présentation du thème de l’année avec les ressources documentaires de la Fondation et une visite du musée, avec comme fil conducteur le thème du concours. Chaque module, pour une classe ou un groupe d’élèves, s’effectue en une demi-journée, en fonction des plages horaires disponibles.
Pour tout contact : Hervé Guillemet, Fondation de la Résistance : herve.guillemet@club-internet.fr
Les principales associations et fédérations de résistants et de déportés au niveau national (FNDIR-UNADIF, FNDIRP…) accordent une large place au Concours dans leurs différentes publications.
À l’échelle locale, on peut prendre contact avec le service départemental de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONAC), établissement public administratif sous tutelle du ministère de la Défense. Chaque service départemental met en oeuvre la politique de mémoire définie au plan national. Le délégué à la mémoire combattante a la charge de valoriser l’histoire nationale et locale à travers des activités pédagogiques. Une des missions de ces délégués est la participation à l’organisation du Concours national de la Résistance et de la Déportation. www.defense.gouv.fr/onac
Enfin, les services d’archives des collectivités territoriales peuvent disposer de documents sur le thème du concours. On peut, en fonction des situations locales, les contacter pour organiser des séances de travail sur documents.
www.archivesdefrance.culture.gouv.f...
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2 - Notions clés
Armistice : Philippe Pétain, nommé président du Conseil le 16 juin 1940, demande à l’Allemagne la signature d’un armistice. Celui-ci est signé le 22 juin 1940 à Rethondes (où fut signé celui de 1918). Hitler impose à la France des clauses draconiennes. L’armée française est désarmée, la France doit entretenir les troupes allemandes basées sur son territoire, une ligne de démarcation est créée, l’Alsace et la Moselle sont annexées, enfin les prisonniers de guerre français sont maintenus en captivité.
BCRA : Bureau central de renseignements et d’action de la France libre. Un service de renseignement est mis sur pied dès 1940 à Londres par André Dewavrin, dit « colonel Passy ». Il implante d’importants réseaux en France : Brutus, Cohors, Confrérie Notre-Dame (CND), Manipule et Phalanx sont parmi les plus connus. En 1942, il prend le nom de BCRA, qui concrétise l’élargissement de ses missions à tous les types de liaisons avec la métropole, dans le cadre de la préparation militaire et politique de la Libération.
CNR : Conseil National de la Résistance. Créé le 27 mai 1943 le CNR parachève l’unification de la Résistance intérieure, dont de Gaulle a confié la réalisation à Jean Moulin, en rassemblant à la fois les principaux mouvements (Combat, Franc-Tireur, Libération-Sud, Libération-Nord, le Front national, Ceux de la Résistance, Ceux de la Libération et l’Organisation Civile et Militaire) et des hommes issus de différentes sensibilités politiques, ainsi que deux syndicats (la CGT et la CFTC). D’abord présidé par Jean Moulin puis, après l’arrestation de ce dernier en juin 1943, par Georges Bidault, le CNR élabore un programme (15 mars 1944) qui prévoit « un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la libération du territoire, un ordre social plus juste. ».
FFI : Forces Françaises de l’Intérieur. Le 1er février 1944 sont instituées les FFI, regroupant les diverses formations paramilitaires de la Résistance. Le général français Koenig, reconnu par les Alliés, en dirige l’état-major à Londres. Après le débarquement du 6 juin 1944, les FFI apportent, par leur connaissance du terrain, une aide précieuse aux soldats alliés dans leur progression pour le libérer. En septembre 1944 les FFI sont intégrées dans l’armée française.
FFL : Forces Françaises Libres. Formées par de Gaulle au cours de l’été 1940, les FFL regroupent d’abord des unités rapatriées de Dunkerque, de Narvik et de l’armée du Levant, rejointes par quelques soldats et civils (tels les pêcheurs de l’île de Sein) de métropole qui ont réussi à parvenir jusqu’en Angleterre. Les FFL possèdent également une marine, les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) et une aviation, les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL). Rassemblant à la fin de 1943 environ 60 000 combattants, les FFL se sont illustrées sur différents théâtres d’opérations en Afrique et en Europe (la 1re brigade française libre à la bataille de Bir Hakeim en Libye, les unités du général Leclerc à Koufra, au Tchad et au Fezzan).
Front National : le Front National de Lutte pour la Liberté et l’Indépendance de la France est créé en 1941, d’obédience communiste, il générera les FTP (voir définition). Rien à voir avec la formation politique actuelle.
FTP : Francs-Tireurs et Partisans. Créés en 1942 les FTP regroupent des organisations paramilitaires (Organisations Spéciales, Jeunesses communistes, MOI), et sont placés sous le commandement de Charles Tillon. Très structurés, les FTP sont partisans de la guérilla urbaine et de l’action immédiate. En 1944 les FTP sont rattachés aux FFI.
Gestapo : abréviation de Geheime Staatspolizei, police secrète d’État allemande. Active, entre autres, dans la lutte contre les résistants.
GPRF : Gouvernement Provisoire de la République Française, institué et présidé à partir du 3 juin 1944 par le général de Gaulle.
IS : Intelligence Service (service secret britannique). En place en France dès 1940.
Milice : créée sur décision de Pierre Laval, alors chef du gouvernement, le 30 janvier 1943. Est une force répressive particulièrement à l’égard de la Résistance. Constitue depuis avril 1943 une direction autonome de la Police mise à la disposition des préfets. Avec ses propres tribunaux, elle a le droit de justice et de police.
Mouvements de Résistance : apparus progressivement à partir de l’automne 1940, les divers mouvements structurés (Combat, Franc-Tireur, Libération- Nord, Défense de la France, Front National, etc.) font suite le plus souvent à des formes moins organisées de Résistance. En zone nord, ils s’opposent avant tout à l’occupant ; en zone sud leur hostilité se tourne plutôt vers l’idéologie vichyste.
ORA : Organisation de Résistance de l’Armée. Née en novembre 1942, elle rassemble au début des officiers de l’armée d’armistice dissoute.
Organisations de solidarité : plusieurs organisations ont aidé à la protection des personnes recherchées ou persécutées par le gouvernement de Vichy ou par les Allemands. Certaines ont en particulier permis de sauver les populations juives. On peut retenir le cas de la CIMADE, Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués, créé en 1939 ; l’OSE, OEuvre de Secours aux Enfants ou encore le Secours populaire, clandestin durant la guerre.
OSS : Office of Strategic Services (services spéciaux américains à partir de 1943 en France).
Réseaux de Résistance : organisations clandestines apparues dans la France occupée dès l’été 1940, les réseaux développent essentiellement des activités d’aide aux prisonniers de guerre, de renseignement, d’évasion, de sabotage et fournissent aux Alliés une aide militaire précieuse. Plusieurs organismes ont créé des filières en France et recruté de nombreux agents : les services britanniques du SOE et de l’IS (voir définition), les services américains de l’OSS (voir définition) et ceux du BCRA (voir définition). 266 réseaux ont été officiellement reconnus (homologués) à la Libération, regroupant environ 100 000 agents.
Révolution nationale : elle caractérise le régime de Vichy mise en place par Pétain dès qu’il obtient les pleins pouvoirs, le 10 juillet 1940. Antirépublicaine, antidémocratique, passéiste, la Révolution nationale fondée sur la devise, « Travail, Famille, Patrie » adopte des pratiques dictatoriales. Des lois d’exclusion ont été promulguées (ex. : statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941).
SOE : Special Operations Executive (Services des opérations spéciales). Créé à l’été 1940 par les Britanniques pour encourager la lutte armée dans les pays européens occupés par l’Allemagne nazie. La France est une de ses principales cibles, avec notamment une section RF coopérant avec le BCRA et, surtout, une section F dirigée par le colonel Buckmaster. En juin 1944, 45 réseaux « Action Buck » sont effectivement en contact avec Londres.
SS : Schutzstaffeln (groupe de protection).
STO : Service du Travail Obligatoire. Institué par le gouvernement de Vichy par une loi du 4 septembre 1942 pour répondre aux exigences allemandes de main d’oeuvre, le STO constitue le prolongement de la politique vichyste de la « Relève » mise en place début 1942, qui consistait à envoyer en Allemagne des travailleurs spécialisés volontaires en échange du retour de prisonniers de guerre (trois travailleurs pour un prisonnier). L’échec de la « Relève » et la faiblesse de ses résultats entraînent l’instauration d’une nouvelle loi du 16 février 1943 modifiant le recrutement du STO : il ne se fait plus selon un critère professionnel mais sur une base démographique, les réquisitions concernant désormais tous les jeunes nés entre 1920 et 1922. Très impopulaire, le STO a provoqué une hostilité croissante de l’opinion, et il a entraîné une partie des réfractaires à s’engager dans la Résistance, en particulier au sein des maquis.
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3 - Orientation chronologique
a - Résistance intérieure et extérieure
1940
18 juin : appel du général de GAULLE à poursuivre le combat et à résister.
28 juin : le général de GAULLE est reconnu par le gouvernement britannique comme « chef des Français Libres ».
Été : Les premières attitudes de refus de la défaite sont le fait d’initiatives individuelles :
– Jean MOULIN, préfet d’Eure-et-Loir, tente de se suicider, à Chartres (17 juin), plutôt que de signer un texte déshonorant pour l’armée française ;
– graffitis hostiles à l’occupant, tracts (Edmond MICHELET à Brive…) ;
– aide aux soldats alliés ou français par des filières d’évasion en formation ;
– récupération d’armes, de munitions et de véhicules abandonnés par les troupes en déroute ;
– premiers sabotages qui sont autant de démonstrations d’hostilité à l’occupant ;
– constitution de noyaux d’opposition à l’occupant et à Vichy (comme le réseau dit du Musée de l’Homme).
10 juillet : 80 parlementaires s’opposent au vote des pleins pouvoirs à Philippe PÉTAIN.
Août : création des premiers réseaux de renseignement rattachés à la France Libre (réseau Saint Jacques) et aux Britanniques ou prise de contact avec des groupes constitués (réseau polonais F2).
7 août : accord entre le gouvernement britannique et de GAULLE sur le statut des Forces Françaises Libres
27 octobre : à B r a z z av i l l e (Congo) de GAULLE crée le Conseil de défense de l’Empire
11 novembre : première manifestation publique d’opposition contre l’occupant : des étudiants et lycéens manifestent à l’Arc de Triomphe de Paris.
1941
Développement des mouvements souvent autour d’un journal clandestin :
– En zone nord : Organisation Civile et Militaire, Ceux de la Résistance, Défense de la France, Libération nord, Ceux de la Libération ;
– En zone sud : Combat, Libération sud, Franc-Tireur, Témoignage Chrétien, Libérer Fédérer.
Les réseaux se développent en se spécialisant : renseignement (CND Castille,
Alliance), évasions (Ligne Comète), action (SOE et France Libre). Les sabotages et les attentats se multiplient.
Mars : création du comité d’Action Socialiste de zone sud après celui de zone nord créé en janvier.
Mai : grande grève dans les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Création du Front National de Lutte pour la Liberté et l’indépendance de la France par le Parti communiste.
21 août : le responsable communiste Pierre GEORGES, futur colonel FABIEN abat un officier allemand à Paris.
24 septembre : constitution à Londres du Comité National Français.
1942
Janvier : Jean MOULIN parachuté en France, comme représentant du général de GAULLE et délégué du Comité national pour la zone non occupée, est chargé d’unifier la Résistance en zone sud.
Mars : naissance des FTPF.
Avril : Voyage à Londres de Christian PINEAU qui ramène le premier message politique du général de GAULLE à la Résistance intérieure.
1er mai et 14 juillet : à l’appel de la Résistance et de la France Libre, de nombreuses manifestations ont lieu dans les grandes villes.
11 juin : après 14 jours de combats sur ses positions, la 1e Brigade Française Libre rompt l’encerclement à Bir Hakeim et rejoint les forces alliées.
14 juillet : la France Libre prend le nom de France Combattante pour marquer le rapprochement en cours avec la Résistance en métropole.
22 octobre : le général DELESTRAINT est nommé chef de l’Armée Secrète.
Novembre : invasion de la zone sud (le 11) et dissolution de l’Armée d’armistice. Une partie des cadres crée l’Organisation de Résistance de l’Armée. (le 29). Mise en place d’un comité de coordination des mouvements de zone sud présidé par Jean MOULIN.
1943
12 janvier : adhésion du parti communiste à la France combattante.
26 janvier : fusion des trois principaux mouvements de zone sud (Combat, Franc-Tireur, Libération) qui donnent naissance aux MUR (Mouvements Unis de la Résistance).
Fin février : nombreux sont les réfractaires au STO.
Printemps : La mission BROSSOLETTE- PASSY aboutit à la coordination des grands mouvements de l’ex-zone Nord. Deuxième mission de Jean MOULIN. Il revient en France comme représentant du général de GAULLE, chargé de créer et de présider le Conseil National de la Résistance-CNR (15 mai).
27 mai : première réunion du CNR sous la présidence de Jean MOULIN.
Juin : a r r e s t a t i o n d u g é n é r a l DELESTRAINT (le 9 à Paris), de Jean MOULIN et de ses compagnons (le 21 à Caluire).
3 juin : formation du Comité Français de Libération Nationale (CFLN), présidé par de GAULLE et GIRAUD.
14 juillet et 11 novembre : manifestations de masse et grèves dans les grandes villes.
30 août : BIDAULT devient président du CNR.
Automne : la délégation générale et le CNR commencent à préparer clandestinement la mise en place de l’administration de la France libérée.
17 septembre : création de l’Assemblée consultative provisoire d’Alger.
29 décembre : accord FTPF-AS qui préfigure la formation des Forces Françaises de l’Intérieur.
1944
5 janvier : les MUR intègrent une partie des mouvements de zone nord et deviennent « Mouvement de Libération nationale » (MLN).
10 janvier : à Alger, une ordonnance crée les commissaires de la République.
Février : création des Forces Françaises de l’Intérieur par la fusion des formations militaires des mouvements de Résistance, des FTPF et de l’ORA.
15 mars : publication du programme du CNR.
4 avril : François BILLOUX et Ferdinand GRENIER mandatés par le PCF entrent au CFLN.
3 juin : le CFLN devient Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).
6 juin : la Résistance exécute les plans de sabotage prévus par les Alliés, retardant l’arrivée des renforts allemands en Normandie.
9 août : ordonnance promulguée à Alger rétablissant la légalité républicaine en Métropole.
15 août : débarquement de Provence (général de Lattre de Tassigny).
19-25 août : libération de Paris par les FFI et la 2e DB du général LECLERC avec l’aide de la 4e division d’infanterie américaine.
31 août : installation du général de GAULLE et du GPRF à Paris
15 septembre : création des cours spéciales de justice chargées de la répression des faits de collaboration.
23 novembre : LECLERC libère Strasbourg.
1945
10 février : la première armée française (qui s’est renforcée de volontaires FFI) et des troupes américaines achèvent de libérer l’Alsace.
4 mai : la 2e DB s’empare de Berchtesgaden.
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b - Vichy - l’occupation allemande - répression - pérsecution
1939
26 septembre : dissolution du PCF et de ses organisations.
1940
16 juin : démission de Paul REYNAUD. Formation à Bordeaux du gouvernement PÉTAIN.
17 juin : le maréchal PÉTAIN demande l’armistice (signature le 22).
10 juillet : le Parlement réuni à Vichy vote les pleins pouvoirs à PÉTAIN.
Fin de la IIIe République. Début de l’État Français.
22 juillet : une loi institue une commission chargée de réviser toutes les naturalisations accordées depuis 1927. 15 000 citoyens dont 6 000 Juifs perdent la nationalité française.
2 août : le « colonel de Gaulle » est condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand.
20 septembre : le retour en zone occupée interdit aux Juifs et aux étrangers.
27 septembre : première ordonnance allemande prescrivant en Zone occupée le recensement des Juifs.
3 octobre : premier statut des Juifs en France décrété par le régime de Vichy.
24 octobre : entrevue de Montoire entre HITLER et PÉTAIN engageant la France dans la collaboration.
13 décembre : arrestation de LAVAL sur ordre de PÉTAIN.
1941
10 février : DARLAN remplace LAVAL.
14 mai : arrestation à Paris de Juifs étrangers.
2 juin : second statut des Juifs publié à Vichy.
12 août : Vichy interdit toute réunion publique. Discours du « Vent mauvais » du maréchal PÉTAIN marquant un durcissement du régime.
14 août : un serment de fidélité à la personne du Chef d’État est désormais exigé des hauts fonctionnaires, magistrats et militaires.
24 août : création des sections spéciales près les cours d’appel et les tribunaux militaires (loi antidatée du 14).
16 septembre : le maréchal KEITEL adresse un ordre : pour tout soldat allemand tué, 50 otages seront exécutés.
30 septembre : Otto von STÜLPNAGEL publie le « code des otages ».
12 octobre : la Légion des Volontaires Français prête serment à HITLER.
21 octobre : exécution de 48 otages dont 27 à Châteaubriant en représailles de l’attentat de Nantes.
7 décembre : le maréchal KEITEL signe le décret « Nuit et Brouillard » instaurant une procédure secrète contre les résistants des pays d’Europe de l’Ouest pour les faire condamner et « disparaître » dans le Reich.
15 décembre : exécution de 100 otages en France.
1942
19 février : procès de Riom (il sera suspendu le 14 avril).
27 mars : départ du 1er convoi de « déportés raciaux » de France vers Auschwitz.
Avril : installation de la Gestapo en zone occupée.
17 avril : démission de l’amiral DARLAN et retour de LAVAL au pouvoir.
29 mai : en zone occupée, tous les Juifs de plus de six ans sont obligés de porter « l’étoile jaune ».
22 juin : discours radiodiffusé de LAVAL : « je souhaite la victoire de l’Allemagne »
4 juillet : le gouvernement de Vichy donne son accord à la déportation de Juifs étrangers des deux zones.
16-17 juillet : rafle du Vel’ d’Hiv à Paris. 12 884 arrestations dont 4 051 enfants et 5 802 femmes.
26-28 août : rafles de Juifs en France dans la zone non occupée (environ 7 000 personnes).
23 août : l’archevêque SALIÈGE proteste à Toulouse contre la persécution des Juifs.
11 novembre : occupation allemande de la zone sud de la France.
27 novembre : sabordage de la flotte à Toulon.
1943
30 janvier : création de la Milice française par le gouvernement de Vichy.
16 février : instauration du Service du Travail Obligatoire en Allemagne. Les classes 40-41-42 sont mobilisées pour le STO.
5 avril : l’État Français livre à l’Allemagne BLUM, DALADIER, REYNAUD et GAMELIN.
1944
20 janvier : institution de cours martiales expéditives contre « les activités terroristes ».
27 janvier : la Milice étend ses activités en Zone Nord.
21 février : exécution de 22 partisans de la MOI condamnés dans le procès de l’ « affiche rouge ».
26 mars : avec l’aide des miliciens, les Allemands attaquent le maquis des Glières.
2 avril : 86 otages massacrés à Ascq (Nord).
26 avril : PÉTAIN à Paris prononce une allocution contre tout soutien à la Résistance.
Juin-Juillet : combats à Saint- Marcel (Bretagne), au Mont- Mouchet (Auvergne). Anéantissement du Vercors par les Allemands.
8 juin : la division Das Reich se met en branle pour « exterminer les bandes terroristes ». Mobilisation générale de la Milice contre le maquis.
9 juin : la division Das Reich pend 99 habitants de Tulle.
10 juin : massacre de 642 habitants d’Oradour-sur-Glane par la division Das Reich.
20 juin : assassinat de Jean ZAY par les miliciens.
7 juillet : assassinat de Georges MANDEL par la Milice.
5 août : PÉTAIN désavoue la Milice.
7 septembre : départ de PÉTAIN et de LAVAL pour l’Allemagne.
10 septembre : la législation de Vichy est abolie.
1945
26 avril : PÉTAIN rentre en France et est interné au Fort de Montrouge.
23 juillet-15 août : procès et condamnation par la Haute Cour de Philippe PÉTAIN à la peine de mort (commuée en détention à perpétuité par le général de GAULLE).
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II - Message aux élèves des collèges et lycées qui présentent le concours par Stéphane Hessel
À vous, jeunes lycéens et collégiens engagés dans le Concours national en cette année 2008, j’adresse le salut et les encouragements d’un vieux survivant de cette période sur laquelle vous allez vous pencher pour en comprendre les drames humains et en dégager le message pour la société qui vous attend au sortir de vos études.
Pour avoir connu les combats de la France Libre sous la conduite du général de Gaulle, les périls encourus par les résistants sous le joug des nazis et avec le concours scandaleux du régime de Vichy, pour avoir terminé la guerre dans un camp de concentration dont les deux tiers de mes camarades ne sont pas revenus, je sais combien l’évocation de ces années de souffrances peut être douloureuse.
Vous aurez à coeur de ne rien omettre des injustices commises, des crimes engendrés par le racisme, l’antisémitisme, la chasse impitoyable donnée aux résistants. Mais vous y trouverez aussi le message humain essentiel porté par nous, les survivants.
C’est d’abord la ferme volonté de donner force et efficacité à l’Organisation mondiale née à la suite de ces horreurs, à la suite d’Auschwitz et de Hiroshima, l’Organisation des Nations Unies où j’ai eu la chance de travailler comme collaborateur de son premier Secrétaire général et dont la Charte adoptée en juillet 1945 exige de tous les États membres (et aujourd’hui ils sont 192) de donner désormais la priorité dans leur politique non pas seulement au maintien de la paix, mais à la promotion et au respect des droits de la personne humaine.
Soixante ans après les drames n’ont pas pris fin, le monde n’est ni moins injuste, ni moins fragile, mais l’objectif à poursuivre reste le même et les moyens nouveaux que la science met à votre disposition feront de vous, si vous savez vous en servir avec intelligence et courage, les vrais héritiers de nos combats.
Stéphane Hessel

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Fils de l’écrivain Franz Hessel et d’Helen Gründ, Stéphane Hessel est né à Berlin en 1917. Arrivé à Paris en 1924, il est naturalisé Français avant la guerre. En 1939, Stéphane Hessel, jeune normalien, est mobilisé comme officier dans la Sarre.
Fait prisonnier par l’armée allemande, il s’évade après avoir entendu parler de l’Appel du 18 juin et tente de rejoindre la France Libre à Londres. En mars 1941, il arrive en Angleterre et après une formation de navigateur observateur, il rejoint les Forces Aériennes Française Libres*. En mars 1942, il fait partie du BCRA*. Souhaitant regagner la France et participer à la lutte clandestine, il obtient la direction de la mission Greco, chargée d’organiser la couverture radio sur l’ensemble du territoire français en vue du débarquement. Dénoncé, Stéphane Hessel est arrêté en juillet 1944. Déporté à Buchenwald, il est transféré au camp de Dora à la suite d’une tentative d’évasion. Face à l’avance alliée, les Allemands se replient vers le nord et, au cours d’un transfert, Stéphane Hessel saute du train et rejoint les forces armées américaines à Hanovre.
Dès son retour des camps nazis, il participe à la construction de la nouvelle institution de l’ONU dont il occupe un poste au secrétariat général à New-York (1946-1950). Il trouve là le terrain propice au projet de toute sa vie : oeuvrer en faveur d’un monde pacifique, tolérant et ouvert. Il occupe par la suite divers postes difficiles en Afrique et devient le champion de la défense des Droits de l’Homme. Il est élevé à la dignité d’Ambassadeur de France en 1981.
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III - remerciements
Ce dossier a été conçu et élaboré sous le pilotage de la commission pédagogique de la Fondation de la Résistance, présidée par Monsieur Jean Gavard, vice-président de la Fondation de la Résistance, Inspecteur général honoraire de l’administration de l’Éducation nationale, à laquelle ont bien voulu s’associer la Fondation pour la mémoire de la Déportation, la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation de la France Libre, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie, le Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord – Pas-de-Calais, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, le Mémorial de Caen, le Mémorial du maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean Moulin (Ville de Paris), le Mémorial de la Shoah, le Musée de l’Ordre de la Libération, le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, le Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne.
La réalisation du dossier est soutenue par le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Défense (direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives).
La Fondation de la Résistance, la Fondation pour la mémoire de la Déportation, la Fondation Charles de Gaulle et la Fondation de la France Libre remercient vivement de leur participation à la réalisation de cette brochure :
Les membres du groupe de travail chargé de la rédaction du dossier :
Thierry Barthoulot (service éducatif – Musée de la Résistance et de la Déportation
de Besançon), Joëlle Boyer (enseignante – Mémorial du maréchal Leclerc de Hauteclocque-Musée Jean Moulin, Ville de Paris), Éric Brossard (professeur-relais – Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne), Aleth Briat (Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie), Hervé Guillemet (enseignant – Fondation de la Résistance), Pierre Jautée et Cyrille Le Quellec (enseignant et documentaliste à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation) Guy Krivopissko (enseignant, conservateur du Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne), Frantz Malassis (responsable archives et documentation – Fondation de la Résistance), Claude Marmot (enseignante – Fondation Charles de Gaulle), Aurélie Pol (coordonnatrice historique – Association pour des Études sur la Résistance Intérieure), Viviane Prévost (DMPA) Claude Singer et Fabrice Teicher (Mémorial de la Shoah) Emmanuel Thiébot (historien au service événements culturels – Mémorial de Caen), Dominique Trimbur (Fondation pour la Mémoire de la Shoah), Vladimir Trouplin (conservateur du Musée de l’Ordre de la Libération), Monique Vidal (Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah).
Les enseignants et personnalités qui ont bien voulu contribuer à l’élaboration du dossier :
François Boulet, Maryvonne Braunschweig, Nicole Dorra (Ciné Histoire), Patricia Gillet (conservateur en chef au Centre historique des Archives nationales), Marcel Gotlib, Rachel Jaeglé, Liliane Klein- Lieber, Éric Lafon (Musée de l’Histoire vivante à Montreuil).
Ainsi que, pour leurs précieux conseils et leur soutien :
Victor Convert (directeur général – Fondation de la Résistance), Joëlle Dusseau (inspectrice générale de l’Éducation Nationale, présidente du jury national du Concours de la Résistance et de la Déportation), Yves Lescure (directeur général – Fondation pour la Mémoire de la Déportation), Yves Le Maner (historien, directeur de La Coupole, Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord – Pas-de-Calais), Bruno Leroux (directeur historique à la Fondation de la Résistance), Christine Levisse-Touzé (directeur de recherche associé à Montpellier III – directeur du Mémorial du maréchal Leclerc de Hauteclocque - Musée Jean Moulin, Ville de Paris).
Elles adressent également leurs vifs remerciements aux associations et organismes suivants qui soutiennent fidèlement l’organisation de ce concours :
– AFMD Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation,
– Amicale des Anciens de Dachau,
– Amicale de Buchenwald-Dora,
– Amicale de Buna-Monowitz,
– Amicale de Dora-Ellrich,
– Amicale de Flossenbürg,
– Amicale de Mauthausen,
– Amicale de Neuengamme,
– Amicale d’Oranienburg-Sachsenhausen,
– ANACR Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance,
– ANCVR Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance,
– Association Libération Nord,
– Association Libre Résistance,
– CAR Comité d’Action de la Résistance,
– COSOR, Comité des OEuvres Sociales de la Résistance,
– FNDIR Fédération Nationale des Déportés Internés de la Résistance,
– FNDIRP Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes,
– MER Association « Mémoire et Espoirs de la Résistance »,
– ORA Organisation de la Résistance de l’Armée,
– UAR Union des Aveugles de la Résistance,
– UNADIF Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus,
– Union des associations d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie,
– Union des blessés de la face et de la tête – Les Gueules cassées.
Il faut signaler enfin l’action des associations suivantes qui proposent aux lauréats de poursuivre des études et des recherches initiées lors de leur participation au Concours et les encouragent à entreprendre avec elles leur approfondissement :
– Association « Mémoire et Espoirs de la Résistance » 16/18 place Dupleix. 75015 PARIS.
Tél. : 01 45 66 92 32.
– Association pour des Études sur la Résistance Intérieure (AERI) 16/18 place Dupleix. 75015 PARIS. Tél. : 01 45 66 62 72.
– Association « des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation » 31, boulevard Saint-Germain 75005 PARIS. Tél. : 01 43 25 84 98.
Crédits photographiques :
Collection Archives municipales de Nantes : p. 13 ; Collection du Comité d’Histoire du Haut-Pays : couverture et p. 3, Collection Mémorial de la Shoah – Paris : p. 6, p. 16-17 (en haut), p. 20 (en bas), p. 27 (en haut) ; Collection du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Toulouse : p. 9 ; Collection Musée de l’histoire vivante – Montreuil : p. 16 (en bas) ; Collection du Musée de l’Ordre de la Libération – Paris : p. 11 ; p. 27 (en bas) ; Collection Musée de la Résistance et de la Déportation – Besançon p. 20 (en haut) ; Collection du Musée de la Résistance
nationale – Champigny-sur-Marne : p. 12 ; Collection du Service historique de la Défense : p. 5, p. 8, p. 18, p. 19 ; Collection particulière : p. 10 ; p. 24, p. 25 ; p. 29 ; Photographie Frantz Malassis : p. 26 ; Photographie Marc Fineltin : p. 35.
Éditeur : Fondation de la Résistance, Reconnue d’utilité publique par décret du 5 mars 1993. Sous le Haut Patronage du Président de la République 30, boulevard des Invalides – 75 007 Paris – Téléphone : 01 47 05 73 69 – Télécopie : 01 53 59 95 85 – Site internet : www.fondationresistance.org Courriel :fondresistance@club-internet.fr
Directeur de la publication : Pierre Sudreau, Président de la Fondation de la Résistance
Directeur délégué de la publication : François Archambault
Rédacteur en chef : Frantz Malassis
Maquette, photogravure et impression : SEPEG, Boulogne-Billancourt. 92 100.
Revue trimestrielle - Abonnement pour un an : 16 € – N° 51 : 4, 50 €
Commission paritaire : n° 1110A07588 – ISSN : 1263-5707
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Sources :
http://www.fondationresistance.org
En particulier :
http://www.fondationresistance.com/pages/action_pedag/concours_r.htm